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Full text of "Nouveau traité de diplomatique, où l'on examine les fondemens de cet art on établit des regles sur le discernement des titres, et l'on expose historiquement les caracteres des bulles pontificales et des diplomes donnés en chaque siècle ... par deux religieux bénédictins de la congrégation de S. Maur"

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NOUVEAU  TRAITÉ 

D E 

DIPLOMATIQUE 

TOME  SECOND. 


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NOUVEAU  TRAITÉ 

DIPLOMATIQUE, 

OU  VON  EXAMINE 

LES  FONDEMENS  DE  CET  ART. 

ON  ETABLIT  DES  REGLES 

SUR  LE  DISCERNEMENT  DES  TITRES, 

ET  VON  EXPOSE  aiSTORiqi/EMENT  LES  CARACTÈRES 

DES  BULLES  PONTIFICALES  ET  DES  DIPLOMES 

Donnés  en  chaque  Siècle  : 

AVEC 

DES  écLAIRCJSSEMENS  SUR  UN  NOMBRE  CONSIDERjIBLE 

de  peints  d’HiJleire , de  Chronelegïe , de  Littérature , de  Critique  & de  DifeipUne  } 
cria  Réfutât ien  de  diverfes  aceufatiens  intentées  contre  beaucoup  d archives 
célébrés , & fur  tout  contre  celles  des  anciennes  Eglifes, 

Par  Dipx  RtLiciEux  Bénédictins  de  la  Congrégation  de  S.  Maur. 

TOMESECOND. 


A PARIS, 

Chez  OsiLiADUi  Desfrez,  Imprimeur  du  Roi  & du  Clergé  de  France , 
rue  S.  Jacques,  à S.  Profper  & aux  trois  Vertus. 

M.  D C C.  L V. 

AVEC  AP,PR0BAT10N,  ET  PRIVILEOE  D U RO  I, 


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P « £ F A C F.. 


J.  . 


',1  : J-  i,i:' 


^ s recherches  fans  nombre , que  nous 
avons  été  obligés  de  Faire,  pour  àprofbn- 
dir'un  lujec  jtifqu’iciittairé  aflèz  légére- 
'ment furtout  en  Fraiice & les  travaux 
incroyables  que  noiis'àvons  eflTuyés,  pour 
mettre  ce  fécond  tome  en  état  de  foutenir  les  regards 
du  public  éclairé  , nous  tiendront  lieu  d’apologie 
fur  le  long 'efpace  de  tems',  quïs’eft  écoulé  dépuis  la; 
puWicatioh  " du  premier.  Ce  retardement  eft  venu 
iurtout  de  la  gravure  ,•  & de  l’arangement^fy Héma- 
tique desdix-lept  grandes  planches',  qui  entrent  dans 
ce  volume.  . ^ • ■ 

• * f ^ T ^ 

' Toutes  les  'écritures  latines  làpldairès'&  métalli- 
ques,'employées  depuis  trois  niille  ans  ^ font  repré- 
lenrées , &>diftinguees  parleurs  genres  & leursefpèces.' 
Ces  planches  ofrent  un  nombre  prodigieux  d’infcrip- 
tions  de  tous  les  fiècles  & de  tous  les  *païs  , ou  la 
langue  latine' a eu  courS. ^ L’irttîme  liai/bh  'de  ces 
monunaens'l' avec 'les  rnlf  & les  diplomeS*^  prouve  la 
néccinté  de  ne  les  pas  né^ger , dà'ns'^iin  tràité  gé-' 
néral  de  Diplôtnatiqué.  ’ Lès  plahcheS  alphabétiques 
contiennent  plus^de  trehré^nullè'càraélères  , choilis 
Tome  II.  a 


J bv  C 


ij  PREFACE. 

fur  trois  à quatre  cent  mille.  A peine  un  travail  opi- 
niâtre de  deux  années  a-t-il  fuh  , pour  former  nos 
: .i, alphabets  généraux  des  lettres  capitales  , onciales^ 
f ! 3emi-onciales  , minufcules  , curfives  & gothiques  , 
tirées  des  marbres  , des  tables  de  bronze  , des  mé- 
dailles, des  fceaux , des  m(T,  des,  diplômes  ou  chartes 
i-  -demeure  4’Etriope.  Combien  de  combinaiibns  n’a-t-  - 
il  pas  falu  f^e  pour  fixer  la  defcendance,  la  figure, 
la  durée , la  fortune  & les  iriétamorphofes  de  chacune 
des  vingt-trois  lettres  de  ralphabct  latin  ? Cette  étude 
acablante  a produit  une  hiltoire  abécédaire  , que  les 
iàvans  defiroient  depuis  long  teiçs.  y trouvera 
l’art  de  déterminer  l’age  & la  patrie  deS  caradères 
par  la  variété  des  figures  &c  des  traits,  qu’ils  ont  con- 
tradés,  depuis  leur  origine  jufqu’au  xvI^  üècle.  D a 
donc  falu  extraire,  defüner&  faire  graver  une  multi- 
tude de  lettres  extraordinaires.  Toutes  ces  opérations 
nous  ont  infiniment  plus  coûté  , qu’au  Libraire- 
Imprimeur  ; quoique  de  fon  côté  il  ait  été  obligé  de 
faire  de  très-grands  ftab  , fur  lefquels  il  ne  comptoir 
pas  i lorfqu  if  prit  des  engagemens  avec  le  public , 
par  des  foufcriptions.  ^ . • - , 

Nous  n’^fnçcerons  pasici  dansle  ^tail  queftions 
importantes  & des  dificultés  épineufes, 'éclaircies dan^ 
ce  volume  ; foit  pour  venger  la  fcieacc  dSf  écritures 
antiques  j foit  pour  montrer  qu  un  antiquaire  , égale- 
ment judicieux  & éclairé, ne  manque  poim  4e  moyens, 
pour  fixer  quelquefois  le  tems  précis , & toujours  le 
fiècle  des,  n>ir.  ôc  .des  diplômes.  Les  aimteurs  del’ann 
tiquité  trouveront  à.f^ins^e  leur  goût  4ans  lesr  clu- 
pitres  hiftbriques , ou  Ton  fait,conoitre  l’état  & Tu- 
lige  plus  ou  moii>s,fréqH€n)ç,4f  faix  deÇi^iseen  chaque 


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PREFACE,.  iii 

iiècle.  Les  Jurirconfulces  faifîronc  fans  peine  ^ dims  le 
chapitre  de  la  vérification  des  écritures , les  marques 
de  leur  vérité  ou  de  leur  faulTeté.  Ce  feul  article  eft 
le  réfultat  d’une  multitude  de  faits  , d’une  leéfure 
immenfe , & d’uné  infinité  de.réfléjdons  combinées, 
fur  les  écritures  des  mlT.  & des  chartes  , dont  nous 
avons  fait  un>  rigoureux  examen.  Quoique  la  tablé 
des  fommaires  placée  à la  tête  de  ce  fécond  tome,  foie 
un  précis  des  points  de  diplomati^è  dt  de  littérature 
également  curieux  & intérelTans , qUè  nous  y «tritons 
avec  le -plus  de  foin  & d’exaélitude  qu’il  nouseû  poA 
fible  ; il  n’y  faut  point  chercher  quantité  d’obier- 
vations  hilloriques  & critiques  , répandues  dans  le 
corps , &c  dans  les  notes  de  l’ouvrage.  L’explicatioii 
des  inferiptions , renfermées  dans  kps  dix  dernières 
planches , produit  une  variété  furprename  d’écritUres 
& de  faits  hilloriques , concernant  les  meeurS  les 
ufâges  des  anciens  } fans  parler  des  fecours  , qu’y 
trouveront  les  dcchifoeurs , les  médailliffes , & géné^ 
râlement  tous  ceux  qui  afpirent  à la  qualité  tfanti- 
quaires.  C’eft  principalement  en  fàveUr  de  ces  derniers 
que  le  plan  de  ce  volume , purement  éléméntaire,  a 
été  dirigé. 

Nous  comptions  y faire  entrer  les  écritures  latines 
des  mff.  & des  diplômes  , les  liaifons  de  lettres , les 
notes  de  Tyron,  l’orthographe  des  anciens  , la  ponc- 
tuation , les  accens  & les  chifres  romains  arabes  , 


a ij 


1 


U)  Emydof. 

t.  4.  ».  roi 8. 
r«/.  1. 


(i)  V.  tutre  i. 
tout.  p.  ti.  C 
fiiiv. 

(t)  Eticythp. 
t.  iw.p.  loro. 


(</j  Ibid.p.  1015. 


(t)  Ibid.p.  1014. 
(/;  Jbid.p.ioi^. 


P R 'E  ’F  ' A C E. 


A méfure  que  nous  âvançons  ; nous  reconoiflôns  de 
plu^ en  plus  la  nécelTicé  d epuifer,  s’il  eft  poflîble , tout' 
ce  qui  eft  nécclfairement  lie  avec  la  fcience  des  m(T. 
6i  des  diplômes.  Ce  qui  achevé  de  nous  en  convain- 
cre ; ce  font  les  écarts  continuels  de  ceux  , qui  entre- 
prennent’ d’écrire  fur- ces  matières , peut  être  moins 
conues  en  France  ;quepartout  ailleurs.  Qu’on  prenne 
la  peine  , pr  exemple , d’examiner  férieufement  l’ar- 
ticle , Diplomatique , inféré  au  iv*.  tome  de  la  nou- 
velle Encyclopédie',  & fourni  par  M.  l’abbé  Lenglet.' 
Quels-  pradoxes  cet  auteur  n’y  avance-t-il  pas  ! A 
proprement  prier  , cet  article  n’eft  qu’un  aflèmblage 
d’acufations  deftituées  de  preuves , qu’un  tiflu  de  dé- 
clamations {i)  frivoles',  extraites  de  la  Méthode  pour 
étudier  f hijîoiré , & réfutées  dans  notre  premier- 
tome.  L’auteur  prétend  néanmoins  donner  des  règles 
de  Diplomatique  , mais  quelles  règles  ! 

, »' Les  diplômes , dit-il , [d)  font  des  aiftes  émanés 
» ordinairement  de  l’autorité  des  Rois  f & quelque-' 
M fois  de  perfoi-mes  d’un  grade  inférieur  ; « tels  que* 
les  Comtes-, des  Ducs  ,' les  Princes, des  Evêques  &c. 
Ce  font  donc  des  aûes  publics , folennels  , & beau- 
coup plus  (^)  authentiq^ues  , que  ceux  qui  ont  été' 


f*  I j •>  Le  P.  Jourdan  <jç  la  conjpa- 
»'prrie  de  Jefus  , fe  déefcmi , dit-\l. 
^ (()  Lengfct, contre  Ict  rirces  & les 
» diplômes  en  génial , dans  fa  Cri- 
n tique  de  rori|ine  de  la  ruai  Ton  de 
»■  France.  « Ci  la  prouve  tout  au  plus , 
que  CCS  monuniens  font  (d ) txptfei 
a U crittijMt  <ut  à Ij  mauvaifi  humeur 
des  frv.i7is.  Au  lieu  de  fc  rendre  cf- 
ckvc  des  icntiroens  du  P.  Jourdan, 
de  MM.  Baudclot , Wanhon  Scc.  il 
faloit  en  examiner  la  folidité.  Quant 
au  premier , fi  l’on  en  juge  par  fon 
texte  i il  fcmble  n'en  vpuloir  qu’aux  I 


chartes  pai  tiaiKèrcs , produites  par  le 
liuc  d’tpcmpn  , & non  aux  Diplo-’ 
mes  en  génital.  C’eil  furquoi  il  étoit.- 

fiarfaitenicnt  d’acord  a. ce  D.  Mabil- 
on:  D'ailleurs  pour  deux  ou- trois  Je-- 
fuites , qui  n’auront  pas  clé  favorables 
anx anciennes  archives-;  nous  foninies 
en  état  de  citer  un  nombre  confidéra- 
blc  de  favansde  la  nicmc  Société  ; qui 
fc  font  fcit  im  devoir  de  les  vengtt 
. de  cette  (ej  foupçoneufe . imiuii  tanmt 
t SifdUte  en  t hue  , ^ui  ( f)  vtim  ftu- 
vent  de  U nusugnité  des  liemmes. 


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PREFACE.  V 

partes  devant  les  fîmples  notaires  depuis  le  xi  i'.  fiècle. 
Point  du  tout  ; fi  l’on  s’en  raporte  à notre  diploma- 
, tifte  , les  chartes  (a)  & les  diplômes  font  des  aSes 
particuliers  , dont  la  certitude  doit  être  vérifiée  fur 
l’aé^e  public.  Quel  eft  donc  cet  a6le  public  , donc 
l’autorité  eft  fupérieure  aux  lettres  patentes  des  Rois  ? 
Car  c’eft  le  nom  qu’on  peut  (i)  aonner  aux  anciens 
diplômes.  Ne  font-ce  donc  là , que  des  aRes  particu- 
liers ? Comme  s’ils  n’étoient  pas  revêtus  de  formalités 
& de  marques  d’authenticité  plus  frapantes,  que  celles 
de  la  plupart  des  pièces  , qu’on  garde  depuis  les  bas 
tems , dans  les  archives  publiques  : M.  Lenglet  con- 
fond vifiblemenc  les  diplômes  avec  les  notices  pri- 
vées J qui  réellement  n’ont  pas  la  même  autorité  que 
les  aÂes  publics  j quoiqu’elles  fulTent  (c)  autrefois  re- 
çues en  juftice. 

Les  diplômes , pourfüit  notre  {d)  auteur , font  de 
peu  d’ufage  pour  l’hiftoire  générale.  A ce  compte , 
on  a eu  grand  tort  de  les  faire  entrer  dans  la  collec- 
tion des  Hiftoriens  de  France , dont  le  plan  a été  con- 
certé avec  les  plus  favans  hommes  de  notre  fiècle  , & 
à la  tête  defquels  fe  trouvait  feu  M.  le  Chancelier 
Da^erteau , dont  les  lumières  fupérieures , la  fageflè 
& 1 érudition  ont  briHé  avec  tant  d’éclat.  Quoique  le 
célèbre  Père  Daniel  ait  fait  ufage  des  chartes  dans  foii 
Hiftoire  de  France  ; ne  lui  a-t-on  pas  reproché  dans 
des  écrits  publics  d’avoir  trop  négligé  ces  fources  ? 
Arturément  l’hiftoire  de  la  Maifon  d’Autriche  fait 
partie  de  l’hiftoire  générale.  Le  favant  P.  Fdergott  ne 
i’a-t-il  pascompolec  fur  (e)  les  chartes  &:  les  diplômes  î 
Les  commencemens  de  la  troifième  race  de  nos  Rois 
ae  font  prefque  connus  que  par  ces  momimens.  Au 


{()  Encycltjf. 

t.  4.  p.  lOlJ. 
CW.  I. 


il)  Ilid.p.\oxi~ 

ctl.  I. 


{()  F.  mttei.- 
tom.  p.  299.  (X 
fkiv. 

U)  Encjclop. 
ib.  p.ioi^.ctEi. 


(f)  IbÙL  u- 


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U)  Jeun,  des 
frvans  1704. 
f.  61S. 


{b)  Etujchp. 
ibii.  f.  1025. 
ni.  2. 


(()  Ibidtm, 


(d)Ibid.f.ioig. 
$d.  2. 


vj  PREFACE. 

moyen  des  anciens  titres  , on  fuplée  fouvent  au  fi- 
lence  des  hiftoriens  : les  anciens  titres  fervent  (a)  à 
corriger  ce  qu’il  y a de  défedueux  dans  les  auteurs  , ^ 
furtout  par  raport  aux  généalogies , à redifier  les  da- 
tes , & a fixer  les  époques  des  règnes  des  Rois.  Tel 
eft  l’ufage  qu’en  ont  fait  depuis  plus  de  deux  fiècles 
un  nomore  de  favans  du  premier  ordre.  Et  l’on  vien- 
dra nous  dire  que  les  diplômes  fervent  peu  à l'hif 
toire  générale.  \ 

» Il  eft  certain,  ajoute  (^)  l’encyclopédifte , qu’on  a 
n de  vrais  ades  ; furtout  dès  que  l’intérêt  n’y  eft  pas 
fi  mêlé.  « Si  l’intérêt  dégrade  les  ades  , jufqu’à  les 
rendre  fufpeds  j il  n’en  eft  aucun  fur  lequel  on  puifle 
compter.  Eh  î qui  s’eft  jamais  avifé  d’en  demander  , 
d’en  drelTer  & d’en  confe^ver  un  feul  , où  il  n’eut 
quelque  intérêt  dired  ou  indired*  ? Les  ades  vérita- 
Hes  , comme  les  faux,  fupofent  néceflàirement  le  mo- 
tif d’aquérir , d’ufurper  ou  de  conferver  quelque  avan- 
tage. L’intérêt  (c)  a toujours  été  , je  ne  dis  pas  la 
pierre  de  touche  , mais  le  grand  mobile  des  aSions 
humaines.  Quelle  règle  de  diplomatique  , que  celle 

3ui  met  l’intérêt  en  ligne  de  compte , quand  il  s’agit 
e difeerner  les  ades  douteux  des  véritables  i 
En  voici  deux  autres  , que  les  antiquaires  ne  pou^ 
ront  entendre  fans  étonnement.  La  première  porte  , 
fi  que  des  chartes  qu’on  {d)  croiroit  du  x*.  fiecle  ou 
aes  précédens , & qui  cependant  feroient  marquées 
» par  les  années  de  l’ère  chrétienne , qui  n’a  été  en 
n uûge  dans  ces  fortes  de  monumens , que  dans  l’on- 
« zième  fiècle  , « feroient  par  cela  feul  convaincues 
de  faux.  Ce  n’eft  point  ici  une  de  ces  méprifes , qui 
peuvent  èchaper  am  écrivains  les  plus  exads.  M, 


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PREFACE.  vij 

Lenglec  répète  (a)  jplus  bas  la  même  chofe  d’un  ton  nid.p.ioii. 
capable  d’en  impofer.  Pour  faire  voir  la  faufleté  de 
fa  règle , & de  la  fupofition , fur  laquelle  elle  eft  fon- 
dée -,  n’en  apellons  pas  à D.  Mabillon  , quoiqu’il  ait 
très-bien  prouvé,  que  (^)  Charlemagne  & Louis  le 
débonaire  datoient  des  années  de  J.  C,  au  moins  les  /.is/.Tja  ***' 


aébes  les  plus  importans  , qui  concemoient  le  bien 
de  l’Etat.  Ne  nous  prévalons  ps  d’un  nombre  d’ori- 
ginaux du  x'.  fîècle  , & même  des  précédens  , cités 
(c)  ou  publiés  (4)  dans  la  Diplomatique , & datés  des  (o  md.f.  17,. 
années  de  rincamation.  D.  Mabillon  (c)  a voulu  ’‘(d)'ub.6.p.^7^. 
foutenir  & défendre  les  titres  de  fon  Ordre,S>c  dès-là,  fi  ^79- 

l’on  s’enîraporte  à M.  Lenglet, on  ne  peut  plus  (/)  comp-  'tîd- 
ter  avec  certitude  fur  les  règles  y c^vit  ce  grand  homme  a 'fflibid.  c*i.  i. 
propofées.  Opolôns  uniouementà  fon  cenfeur  l’auto- 
rité de  favans  nullement  recufables.David  Cafley,garde 
de  la  bibliothèque  du  Roi  de  la  grande  Brétagne , 
parmi  les  modèles  d’écriture  qu’il  a publiés  , nous 
{g)  ofre  vingt-deux  chancs  des  rois  anglofaxons , tou-  (•)  ac4ui»i. 
tes  datées  des  années  de  l’Incarnation;  à commencer 
à l’an  680.  jufqu’en  ^éx.  Les 
ne  du  X*. 

n.  portent  tous  la  meme  date. 

Il  eft  iacile  de^  s’en  convaincre  en  parcourant  les  (^)  (/,)Chr«f.Gu. 
modèles  publiés  par  Godfroi  Von-BeflTel.  Ce  favant  wk.  Ub.  1 1. 
abbé  croit  n^me  que  l’ère  chrétienne  étoit  quelque- 
fois employée  dans  les  diplômes  de  nos  Rois  de  l^t 
féconde  race.  Ex  t^uibus  apparet  diplomata  cpmplurk 
(r)  quamvisjion  ità  fréquenter , annis  Incarnationis  . 
fub  Carolo  & Ludovicopio  fuljfe  notata.  ^ 

. Si  d’Allemagne  nous  pflbns  en' Italie  ; nous  y croa- 
•vons  la  ^e  de  leré  chrétienne  ; introduite  dans  les 


empereurs  d’Allemag 
«ad  I.  iu£qu  à Henri 


diplômes  originaux  des 
fiecle,  ou  depuis Con- 


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(j)  Antiq.  ital. 
t.  }.  dijfirt.  J 4. 
cal.^&feq. 


{h)  Encjdtp.  ib. 

f.  lOi}. 


U)  Annal.  Bt- 
utd.  t.  4.^.  184. 


id)  Ordtn.  dtt 
Biit  de  France, 
t.  i.p.  713. 

(e)  Annal.  Be- 
ntd,c.  ).p.  6Sj. 


viij  PREFACE. 

diplômes,  deux  (îècJes  avanc  l’onzième.  M.  Muratori , 
dont  la  critique  en  fait  de  cliartes  eft  fi  févère , fe  dé- 
clare [a)  hautement  pour  la  certitude  & l’authentici- 
té de  plufieurs , données  aux  i x & x'.  avec  l’époque 
des  années  de  J.  C.  La  règle  propofée  dans  l’Ency- 
clopédie eft  donc  manifeftement  faufle  &c  dangereufe. 

La  fécondé  ne  mérite  pas  d’être  mieux  acueillie. 
» Il  faut,  dit-on , (^)  examiner  fi  les  fceaux  font  fains 
>1  & entiers  , fans  aucune  fraéhire , fans  altération  & 
3j  fans  défauts.  « L’altération  du  fceau  , opérée  par  la 
fraude , décèle  la  fupofition  des  chartes.  La  règle  eft 
certaine.  Mais  pretend-on  que  les  aétes  , dont  les 
fceaux  font  altérés  , brifés  , perdus  par  quelque  acci- 
dent ou  par  vétufté , foient  autant  de  pièces  fupofées 
ou  falfifiees  ? L’abfurdité  de  la  règle  faute  aux  yeux. 
En  éfet , combien  les  dépôts  publics  ne  renferment- 
ils  pas  de  milliers  d’aéles  îincères , dont  les  fceaux  font 
altérés  , mutilés  , défectueux  , brifés  , détachés , 
perdus  î Si  l’on  fe  rabat  à dire  , que  l’altération  ou 
la  perce  des  fceaux  rend  les  chartes  invalides  ; ôn  con- 
tredit l’uf^e  &c  la  jurifprudence  des  Tribunaux  du 
royaume.  Dès  l’an  loti.  nous  voyons  le  roi  (c)  Ro- 
bert confirmer  & renouveller  les  diplômes  de  Clo- 
vis & de  Charlemagne , dont  les  fceaux  étoient  tota- 
lementdécruits.  On  a (^/)  desaCtes,  où  il  eft  dit, qu’ils 
devront  toujours  valoir , quand  même  le  fceau  vien- 
droip  à k perdre.  Malgré  le  mauvais  état  (e)  de  la 
bulle  d’or  , qui  s’étoit  détachée  par  vétufté  d’un  di- 
plôme de  Chérie  le  chauve  , acordé  à l’Eglife  de 
Compiégne  ; ce  titre  fut  déclaré  authentique  l’an 
Ï17X.  par  le  Roi  même.  Ce  fait  fe  trouve  configné 
dws  les  regîtres  du  Paclenjent  de  Paris.  En  1571. 

Charles  V. 


-PREFACE.  ix 

Ch  rks  V.  confirma  (a)  des  lettres  , nonobftant  la  (“)  Ordo».  des 
fradion  du  fceau.  Le  Roi  Jean  fit  la  même  chofe  {h)  {b)  'hid.^t!%' 
par  raport  à des  privilèges  , dont  le  fceau  étoit  fé- 
paré.  Enfin  du  Luc  raporte  un  (c)  arêt  rendu  en  fa-  u\Lib.<}.tit.s, 
veur  de  Catherine  de  Médicis,  comtelfe  de  Clermont , 
contre  M.  Duprat  évêque  de  cette  ville  , lequel  pré- 
cendoit , que  les  fceaux  perdus  ou  confumés  ren- 
doient  nuis  les  titres , que  cette  Princelfe  lui  opofoit. 

Ce  n’ell  pas  ici  le  lieu  de  traiter  ces  matières  avec  plus 
d’étendue.  Le  peu  , que  nous  en  avons  dit , doit  fufire 
pour  montrer  la  faulleté  des  règles , que  notre  ency- 
clopédifte  a données  pour  fûres  ; en  même  tems  qu’il 
{d)  a voulu  rendre  fufpeéles  celles , que  D.  Mabillon  (<0 
a établies  fur  une  longue  expérience  , fur  des  faits 
conftans  &c  des monumens  certains.  Lorfque  M.  Len-  W ibid-p-iot^. 
gletnous  {e)  débite  , que  les  archives  des  cathédrales  &c 
des  abbaVes  font  remplies  de  pièces  de  mauvais  aloi  ; 
on  eft  porté  à croire , qu’il  n’a  jamais  examiné  un  feul 
original , ni  vu  d’archives.  M.  Lancelot  de  l’Acadé- 
mie royale  des  Infcriptions  & Belles-Lettres , fi  verfé 
dans  la  fcience  des  diplômes  , ayant  oalTé  la  plus 
grande  partie  de  fa  vie  a feuilleter  les  cnartriers  tant 
des  Eccléfiaftiques  que  des  Laïques  ; déclare  dans  une 
lettre  imprimée  à Paris  en  1731.  qu’r/  a [f)  trouvé 
TRES-PEU  d’ originaux  faux  , & qu  il  a vu  au  con- 
traire des  chartes  de  tous  les  fècles  refpeclables  par 
les  marques  les  plus  certaines  d' authenticité public 
jugera  fans  peine  , auquel  de  nos  (i)  deux  favans^on 


(1)  M.  Lenglct  n’eft  pas  plus  d’a- 
cord  avec  M.  l’Abbé  de  Longuerac 
fur  le  tems , où  les  prétendus  faux 
aéle*  ont  été  fabtic^ucs  » C'eft  suR- 
»>  TOUT,  dit  alui-ct,  (?)  dans  le  xi. 
M & XI 1'.  fiècles , que  Te  font  fait  les 

Tome  II. 


>■  faux  titres.  <•  Celui-là  au  contraire , 
à l'exemple  du  P.  Germotj , place  la  Longuet U4- 

fabrication  des  pièces  fupofecs  fous  >*4 purs.  i.p.  lo. 
la  première  fie  ilcondc  race.  •>  Dés 
qu’on  ib)  c/l  arivc  à la  troifième  (")  tincjtlop. 

» race  de  nos  rois,dit  l’Entvdopcdiftc,  ^ 1 0^4-  *• 


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U)  Engtt/op.  ib. 

p.  101^. 


X P R F F A C E. 

doit  plutôt  s’en  raporter.  D trouvera  encore  dans  le 
volume  , que  nous  lui  préfentons  , la  réfutation  de 
plufîeurs  paradoxes  de  M.  Lenglet  fur  la  vérificatioa 
des  écritures , fur  la  durée  de  la  romaine , qu’il  pré- 
tend (fl)  n’avoir  été  d’ufage  que  jufqu’au  v'.  lîècle,&: 
fur  les  archives  des  anciennes  Eglifes  , qu’il  fcmble 
avoir  pris  à tâche  de  décrier. 

A peine  ce  volume  étoit-il  a moitié  imprimé,  qu’une 
mort  prématurée , hélas  ! a enlevé  à la  République  des 
Lettres,  & à notre  Congrégation , le  principal  auteur, 
non  feulement  des  deux  premiers  tomes  de  cet  ou- 
vrage , mais  encore  de  plufîeurs  portions  confidéra- 
bles  de  ceux  qui  fuivront  ; s’il  plait  au  Seigneur  de 
bénir  nos  travaux  & de  nous  donner  allez  de  fanté 
& de  force  pour  fuporter  les  fatigues , qui  en  font  in- 
féparables.  La  mémoire  d’un  favantdu  mérite  de  Dom 
Touftam  , & les  fentimens  d’eftime  , de  refpeét  & 
d’amour  qu’il  a laiffés  dans  les  cœurs  de  tous  ceux  qui 
l’ont  connu  particulièrement , ont  fait  fur  le  mien  une 
trop  vive  imprellîon,pournepas  les  tranfmettre  à ceux, 
qui  liront  le  nouveau  Traité  de  Diplomatique.'  Tou- 
jours pénétré  de  la  douleur  la  plus  amère  & la  plus  fenfî- 
ble,  cauféepar  la  perte  irréparable  d’im  collègue,  qui 


» on  convient  qu’ii  Te  trouve  bcau- 
« coup  moins  de  ch.iitcs  faulTes  ou 
ualu-rics.  Ainfi  cela  met  les  grandes 
•>  maifô  is  à l’abri  des  foupçons  qu'on 
» pouroit  tiret  des  chattes  comre  l’an- 
» cicrncic  de  leur  origine.  *«  Dans  le 
vrai,  ces  deux  auteurs  nous  ont  don- 
ne leurs  imaginations  pour  des  réa- 
lités. L’un  & l’autre  ne  font  pas  plus 
croyables  que  le  P.  Hardouin  , qui 
vouloir  que  les  anciens  diplômes  de 
France  , d’Italie  , d'Allemagne  Arc. 
fuirent  une  produélion  du  xiv.  ou 
du  x\  '.  fiécle.  Ou  poura  plus  fure- 


ment  aprétier  à leur  julle  valeur  tous 
c.s  fyltèmes  , dont  les  uns  fc  dé- 
truifent  pat  les  autres  ; lorfque  nous 
aurons  donné  la  partie  oe  notre  nou- 
velle Diplomatiqiic,  où  nous  expo- 
fons  les  cmrepriîls  des  faulliircsslé- 
couvertes  ,&  réprimées  dans  tous  les 
tems,  à Commença  depuis  le  ptanier 
fièclc  : les  loix  portées  contre  eux  par 
les  deux  Puillinces , & les  punitions 
exemplaires  de  ces  impollcurs , oui 
n’ont  jamais  été  fi  nombreux  que  de- 
puis le  XVI'.  fiède. 


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PREFACE.  xj 

m’étoic  fi  cher  & fi  néce(Iàire  ; je  fens  tout  ce  que  le  de- 
voir & la  reconoiflance  exigent  de  moi  en  cette  ocafion. 
Lié  avec  lui  d’une  amitié  tendre , réciproque  & prefque 
fans  exemple , pendant  près  de  quarante  ans  ; j’ai  été 
plus  à portée  que  perfonne  de  conoitre  à fond  , d’ai- 
mer &c  d’admirer  les  excellentes  qualités  de  cœur  & 
d’efprit  , l’étendue  de  génie  , les  grands  talens  , les 
vertus , en  un  mot  tous  les  dons  de  la  grâce  &:  de  la 
nature , dont  Dieu  avoh  enrichi  mon  incomparable 
ami.  Le  public  a donc  droit  d’atendre  de  moi  un  ta- 
bleau fidele  du  mérite  littéraire  & perfonel  d’un  au- 
teur , dont  rhumilité  furpalfoit  la  vafte  & profonde 
érudition. 


ELOGE  HISTORIQUE  DE  DOM 

CHARLE-FRANÇOIS  TOUSTAIN. 

D O M Touftain  ilTu  d’une  ancienne  famille  du 
pa’is  de  Caux  , autrefois  fort  (i)  diftinguée  , na- 
quit .au  Repas , proche  Briouze  , diocèle  de  Séez. 
Il  rc<jut  une  nouvelle  nai  {Tance  en  J.  C.  par  les  eaux 
ûcrées  du  Batème  le  dix-neufvième  jour  d’Oétobre , 


( I ) Des  mémoires  conferves  dans  la 
famille  de  D.  Touftain , nous  apiai- 
nent  , que  fes  ancêtres  croient  fei- 
gneurs  de  Bleville  & Mandréville.  En 
1480.  ils  furent  obUgésde  quiter  le 
pais  de  Caux , défolé  par  les  cavages 
des  An^ois.  Jean  Touftain  reigneut 
de  Bleville  epoufa  Jeanne  de  Robil- 
lars.  De  ce  mariage  fonic  Aimon 
Toiift.'iin,  Commandant  du  fccOnd 
bataillon  de  Picardie,  qui  époufaMa- 
tie- Anne  Saler , fille  deSainfon  S-ilet 
chevalier.  Seigneur  du  Repas,  & Pro- 
cureur Gcnérid  au  Parlemeut  de  Nor- 
mandie. Aimon  eut  pour  fils  Jaque 
Touftain  feigneur  des  Landelles , qui 
époufa  Françoife  le  Hallier  , d'une  I 
des  meilleures  fainillesd’ Alençon.  De  | 


ce  inariage  vint  Jague  Touftain , pète 
d’une  nombreufe  famille,  dont  notre 
refpeâablc  défunt  étoit  le  cadet.Trois 
de  fes  fières  font  mons  au  (êrvice  du 
Roi , & y out  dépenfe  leurs  biens. 
D.  Touftain  fe  trouvoit  allié  à plu- 
licurs  familles  qui  fubliftent  aujour- 
dui  avec  éclat  ; ceft  furquoi  fa  nio- 
deftie  hil  iit^lâ  toujours  on  pro- 
fond filence.  Il  avouoit  feulement  i 
fes  amis , que  par  Françoife  le  Hal- 
lier  fa  grande  mère , il  avoir  l'avan- 
tage d'apartenlr  à M.  de  Fontenelle , 
dont  le  mérite  eft  fi  célèbre  par  toute 
l’Europe , & qui  f.iit  tant  d’honneur 
à la  republique  des  Letnes  depuis 
quatre-vingt  ans. 

bij 


xij  ' ^PREFACE. 
l’an  1700.  Il  écoit  fils  de  Jaque  Touftain  de  Berge- 
ville,  Lieutenant  de  cavalerie,  & de  FraiKjoife  Eudes, 
alliée  d’aflez  près  à l’illullre  maifon  de  Refnel  ; mais 
encore  plus  refpeûable  par  fa  vertu  , que  par  la  no- 
blcfle  de  fon  origine  D.  Touftain  fe  trouvoit  le  ca- 
det d’une  nombreufe  famille.  Dès  l’enfance  on  lui  inf- 
pira  du  goût  ^our  la  profellion  des  armes.  Mais  né 
avec  un  caraélere  doux  & tranquille  , naturellement 
férieux  & porté  à l’étude  ; Dieu  fembloit  le  deftiner 
à une  milice  d’un  genre  tout  diférent.  Il  aprit  avec 
beaucoup  de  facilité  les  premiers  élémens  du  latin 
dans  la  maifon  paternelle.  D.  Nicolas  Touftain  fon 
frère  ainé , alors  Religieux  de  l’abbaïe  de  S.  Martin 
de  Séez , l’atira  dans  cette  ville  , pour  lui  faire  conti- 
nuer fes  premières  études  au  petit  Collège  de  la  ca^ 
thédrale.  Dès  - lors  on  remarqua  en  lui  une  maturité 
& une  prudence,  qui  ne  fe  trouve  guère  que  dans  un 
âge  avancé.  En  1714.  il  fut  envoyé  au  Collège  de 
S.  Germer  , & placé  au  rang  des  jeunes  Gentilsnom- 
mes,  ^u’on  (i)  y élévoit.  D.  Paulin  Maille  , homme 
de  mérite  & Prieur  de  cette  abbaïe , eut  toujours  pour 
le  jeune  Touftain  une  eftime  &:  une  afeébon  fingu- 
lière.  Dès  fon  entrée  dans  ce  Collège , alors  fort  nom- 
breux , le  fage  étudiant  demanda  à être  agrégé  à la 
Congrégation  de  l’Enfant  Jésus  , établie  pour  les 
écoliers.  Il  en  fuivit  tous  les  exercices  avec  tant  de 
piété  & d’exaétitude  , qu’il  devint  le  modèle  des  Con- 
gréganiftes.  La  pureté  de  fes  mœurs , fon  aplication 
continuelle  à l’étude,  & fes  inclinations  toutes  portées 

(1)  Les  fonds  de  deux  Pricurcs3(r«  j Religieux  par  les  abbés  commenda- 
eonfid-  r.-'bles  , étoient  employés  à I taires  ; on  n’a  plus  éfé  en  crat  de  ren- 
cette  bonne  œuvre.  Mais  ces  doux  I dre  cet  iuipouant  fctvke  à la  Nr>- 
Bt':nélices  ayant  été  enlevés  aux  I bldTc. 


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PREFACE.  xiîj 

au  bien  & à la  vertu  le  rendirent  aimable  , & refpec- 
table  même  , non  feulement  aux  penfionaires  & aux 
écoliers  ex’terncs  j mais  encore  à fes  ProfelTeurs  & aux 
autres  Religieux  de  la  communauté.  Les  Congréga- 
niftes  de  l’Enfance  de  Jésus  ne  tardèrent  pas  à l’élire 
pour  leur  Préfet  -,  quoiqu’il  fut  l’un  des  plus  jeunes 
d’entr’eux.  Il  remplit  les  fonéVions  de  cette  première 
place  avec  autant  de  prudence  ^ue  de  religion. 

Lorfqu’il  eut  achevé  fa  Rhétorique  avec  fuccès, 
fous  le  vénérable  & très-habile  Profefleur  D.  Gabriel 
Guérin  ; il  ne  penfa  plus  qu’à  fe  confacrer  à Dieu 
d’une  manière  plus  ç>articuliere.  Mais  il  ne  le  fit  pas 
fans  une  mure  délibération.  Après  avoir  bien  pelé  , 
avec  des  perfones , qu’il  eftimoit , l’importance  d’un 
engagement  qui  dure  autant  que  la  vie  ; il  fe  rendit 
au  Noviciat  de  l’abbaïe  de  Jumiège  , où  il  prit  l’ha- 
bit religieux  au  mois  de  Juillet  1717.  & prononça 
fes  vœux  folennels  le  lo.  du  même  mois  de  l’année 
fuivante.  La  ferveur  extraordinaire  , avec  laquelle  il 
avoir  fait  fon  année  de  Noviciat,  ne  fe  ralentit  jamais. 
L’efprit  de  pénitence  &:  de  recueillement , la  lecture 
alfidue  de  l’écriture  fainte  & des  meilleurs  livres  de 
piété  , furtout  de  ceux  dont  M.  l’abbé  Duguet  a en- 
richi l’Eglife  : un  éloignement  parfait  du  monde , & 
de  tous  les.  emplois  & les  dignités  du  Cloître  , l’a- 
mour de  la  pauvreté  & de  la  fimplicité  religieufe  : une 
piété  tendre  , folide  , éclairée  , jointe  à une  grande 
délicateffe  de  confcience  , &àune  parfaite  foumiflion 
à fes  Supérieurs  en  tout  ce  qui  concerne  la  règle , qu’il 
avoit  embraffée  , furent  les  vertus  de  tous  les  rems  de 
là  vie  religieufe. 

Apres  avoir,  feit  avec  diftinclion  Ion  cours  de 


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xiv  PREFACE. 

Philofophie  & de  Théologie  dans  l’abbaïe  de  Fécam , 
fous  d'excellens  maîtres  ; fes  Supérieurs  l’envoyerent 
en  lyzj.  au  monaftère  de  Bonnenouvelle  de  Rouen 
avec  plufieurs  de  fes  confrères  , pour  y aprendre  les 
langues  grèques  & hébraïques.  Avec  une  mémoire 
heurcufe  & une  aplication  continuelle , il  fit  des  pro- 
grès rapides  dans  cette  étude.  Il  ne  fe  borna  pas  la  ; il 
voulut  aquérir  des  notions  de  toutes  les  autres  langues 
orientales.  U étudia  même  alTez  l’italien , l’allemand  , 
l’anglois  & le  hollandois  , pour  fe  mettre  en  état 
d’entendre  les  auteurs  de  ces  diférens  pais.  Si  d’au- 
tres études  n’avoient  mis  fin  à celles-ci  ; on  peut  af- 
fûter qu’il  feroit  devenu  un  des  plus  habiles  hommes 
de  fon  tems , dans  la  conoifl'ance  des  langues. 

La  haute  idée  , qu’il  avoit  conijue  du  Sacerdoce , 
& la  crainte  de  recevoir  cet  Ordre  facré  contre  la  vo- 
lonté de  Dieu  , le  retinrent  cinq  à fix  ans  dans  le 
degré  du  Diaconat  ; quoique  fes  Supérieurs  l’eulTent 
plufieurs  fois  follicité  de  fepréfenter  a divers  Evêques. 
Ce  ne  fut  que  par  l’avis  de  Direéleurs  , làges  & éclai- 
rés , & fur  un  ordie  exprès  du  Chapitre  général  de 
l’an  1719  , qu’il  alla  recevoir  la  Pretrife  des  mains 
de  M.  le  Blanc  évêque  d’Avranches.  Jamais  D.  Toufr 
tain  ne  dit  la  Mefle  qu’avec  tremblement  & de  lon- 
gues préparations.  Pénétré  de  la  grandeur. des  faints 
myftères  i il  lescélébroit  toujours  diftindtement,  fans 
précipitation  , avec  une  ferveur  & une  décence  , qui 
touchoit  les  alfiftans.  Ses  aétipns  de  grâces  étoient 
fouvent  acompagnées  d’une  grande  abondance  de 
larmes , qu’il  répandoit  devant  Dieu.  Mais  il  avoit 
grand  foin  de  cacher  ce  don  précieux  de  componétion, 
<&  plufieurs  autres  faveurs  nngulières , qu’il  recevoir 


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PRE’  Fa  C E.  XV 

de  rems  en  rems  de  la  bonté  de  notre  Seimeur.  Il 
n’en  devenoit  que  plus  humble  , plus  recueilli  & plus 
mortifié.  Outre  les  jeûnes  & les  autres  rigueurs  de  la 
Règle  J il  pratiquoic  des  auftérités  particulières  , ca- 
pables de  ruiner  fon  tempérament  foible  & délicat. 
Pendant  un  rems  confidérable , il  ne  coucha  que  fur 
le  plancher  de  fa  cellule , & fon  Direéleur  fut  obligé 
d’ufer  de  fon  autorité  , pour  lui  faire  reprendre  l’u- 
fage  de  fon  lit , c’eft-à-aire  d’une  paillaüe  couverte 
d'un  drap  de  laine.  } 

Pendant  cinq  ans  que  D.  Touftain  demeura  au 
Bec , fa  folitude  ne  fut  jamais  oifive.  Il  compofa  un 
grand  nombre  d’écrits  fur  des  queftions  de  Philofo- 
phie , de  Théologie  , & fur  des  points  de  morale  fort 
délicats.  Il  étudia  la  Géométrie  , l’Algèbre  & l’A- 
rithmétique. U aprit  la  Botanique  dans  fes  heures  de 
récréation  , rangeant  par  dalles  , par  genres  & par 
efpèces  les  plantes  de  l’enclos  &:  des  environs  du  mo- 
naftère.  Il  infpira  le  goût  de  cette  fcience  utile  & 
amufante  à plufieurs  de  fes  confrères  & à quelques 
laïcs  de  mérite  , qui  formèrent  une  très-aimable  fo- 
ciété.  M.  le  duc  de  Brancas , qui  s’étoit  retiré  de  la 
Cour , pour  vivre  en  folitaire  dans  l’abbaïe  du  Bec  , 
honoroit  D.  Touftain  de  fon  eftime  & de  fi  bien- 
veillance , lui  en  donnoit  des  marques  en  toute 
ocafion. 

Cependant  les  Supérieurs  majeurs  voulant  mettre 
à profit  les  grands  talens  de  leur  confrère , le  char- 
gèrent de  travailler  conjointement  avec  fon  ami  , à 
une  édition  des  œuvres  de  S.  Théodore  Studite , dont 
près  des  deux  tiers  n’ont  pas  encore  vu  le  jour.  Un- 
• ouvrage  de  cette  importance  demandoit  des  fecouis^. 


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(j)l''.ce  ii.tm 
f- }9i- 


xvj  PREFACE. 

3u’on  ne  trouve  point  dans  une  folitude  ; quoique 
ailleurs  aflez  bien  fournie  de  livres,  D.  Toullain 
alla  donc  avec  fon  collègue  demeurer  dans  l’abbaïe 
de  S.  Ouen  de  Rouen , où  il  travailla  fans  relâche  à 
revoir  &:  à examiner  les  écrits  du  faint  Abbé  de  Stude. 
Par  l’étude  qu’il  fit  des  diférentes  fortes  de  vers  em- 
ployés par  les  anciens  Poëtes  grecs  ; il  vint  à bout  de 
découvrir  l’efpèce  de  poëfie  , dont  S.  Théodore  s’eft 
lervi  dans  la  compofition  d’un  très-grand  nombre 
d’Hymnes  & de  Cantiques , qu’on  trouve  écrits , fans 
diftinélion  & en.  forme  de  profe , dans  les  livres  mir.& 
imprimés.  Cette  découverte  le  conduifit  à celle  de 
la  mefure  & de  la  qualité  des  vers , dont  les  écrivains 
ficrés  ont  fait  ufage  dans  un  nombre  de  Pfeaumes 
de  Cantiques  de  l’ancien  Tellament.  C’eft  ainfi  qu’il 
retrouva  (a)  l’ancienne  profodie  hébraïque.  Il  avoit 
apris  par  cœur  plufieurs  pièces  de  cette  Poëfie  facrée  : 
il  les  répétoit  dans  fon  lit  avant  le  fommeil  ; & afin 
de  les  repalTer  plus  fouvent , il  portoit  toujours  fur  lui 
un  Pfeautier  en  hébreu, 

D.  Toullain  vint  palTer  un  an  à Paris  pour  conful- 
ter  les  mlT,  qui  renferment  des  ouvrages  entiers  ou 
des  morceaux  de  S.  Théodore  Studite.  Il  fouilla  dans 
toutes  les  bibliothèques  & fit  un  amas  prodigieux  de 
pièces  nouvelles  , de  variantes  & de  matériaux.  Pen- 
dant ce  féjour  dans  la  Capitale  , les  difputes  excitées 
à l’ocafion  du  nouveau  Millèl  de  Troyes , lui  donnè- 
rent ocafion  de  rechercher  dans  les  plus  anciens  mo- 
numens , quel  avoit  été  l’ufage  de  l’Antiquité  fur  le 
fecret  des  faints  my Hères  : c’eft-à-dire  fur  le  ton  de 
voix  ôc  la  manière  , dont  on  prononçoit  autrefois 
les  paroles  de  la  confécration.  Ce  nouveau  travail  • 

produifit 


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PREFACE.  xvij 

produifit  une  DifTertation  , ou  plutôt  un  Traité  en 
forme  , où  le  laborieux  & favant  îuteur  éclaircit  la 
fignihcation  de  l’ancienne  rubrique & des  au- 
tres termes  de  la  liturgie  , qui  ont  avec  elle  quelque 
raport  de  reflemblance  ou  d’opofition.  Ce  ne  fera 
point  ma  faute  ; fi  les  amateurs  de  l’Antiquité  éclé- 
lîaftique  ne  jouiflent  pas  bientôt  de  cet  ouvrage,  où 
règne  une  critique  fine  , fage  &c  judicieufe. 

Dom  Toufuin  étant  de  retour  à Rouen  , fe  livra 
de  nouveau  à l’étude  des  ouvrages  de  S.  Théodore  ; 
il  en  commeneja  la  tradudion,  &:  compofa  plufieurs 
( 1 ) differtations  &c  beaucoup  ^le  notes  curieufes , pour 
éclaircir  quantité  de  points  de  la  vie  & de  la  dodrine 
de  S.  Théodore,  aufll  bien  que  de  l’hiftoire  affez  ob- 
^ feure  des  tems  , où  cet  Abbé  de  Conftantinople  fiii- 
foit  un  fi  grand  perfonage  dans  l’Eglife.  D.  Touftain 
n’étoit  cependant  pas  fi  ocupé  de  l’Mirionde  ce  Père, 
qu’il  n’entreprit  de  tems  en  tems  d'autres  ouvrages 
particuliers.  On  a de  lui  deux  volumes  in-i  a.  & quel- 
ques autres  écrits  moins  étendus , dont  le  flyle  feroic 
honneur  aux  meilleures  plumes.  Il  a laifle  un  mf.  fort 
lumineux  au  fujet  du  livre  de  Ratram  touchant  l’Eu- 
charifHe  ; fans  parler  de  plufieurs  autres  , qui  ne  font 
pas  ind^nes  de  voir  le  jour. 

Un  mémoire  publié  à Rouen  contre  les  anciennes 
archives , & en  particulier  contre  celles  d’une  abbaïe 
célèbre , vint  tout-à-qpup  interrompre  notre  édition 


(i)  i“.  Dlferuth  hiftoric4  de  Sime- 
niiuü  4fud  Greets  ftckU  v 1 1 1“ , ^ 
turbu , qtut  eerum  tuefitne  nncit4U 
fimt. 

_ i“.  DiÿèrtefM  qiû  demenfiretur  vi- 
gbui  dues  coHtties , qui  vu^  tribuuH- 
tur  feptimu  Spudo  geuer4Ù , mn  fuijfe 

Tome  II. 


4b  ei  itudites  neque  éditer 

5°.  Dijfert4lie  de  Peulicientrum 
ermue,  nemine  , hifierii  , pregreffu, 
ujque  ad  S,  Tbeedon  Studita  lentpere , 
iequevariarum  htreticerum  diftrimiiu. 
Cette  dernière  diflertadon  eft  ctès- 
ravantc  & très-curieurc. 


C 


i 


xvüj  PREFACE. 

de  S.  Théodore  , déjà  fort  avancée.  D.  Touftain 
amateur  du  vrai*ne  put  foufirir  une  entreprife  auflî 
téméraire.  Il  fe  crut  obligé  de  faire  rentrer  dans  le 
néant  , des  fables  dont  le  vulgaire  fupofè  ordinaire- 
ment la  réalité , fans  en  examiner  les  preuves.  Il  com- 
pofa  donc  l’ouvrage  intitulé  : Dkfenfi  des  Titres  de 
Vabbaie  de  S.  Ouen  de  Rouen.  On  y trouve  la  Ré- 
futatlon  de  l'écrit  d’un  anonyme  , inféré  dans  les 
mémoires  de  (a)  Trévoux  &c.  Quant  à cette  dernière 
partie  , D-  Touftain  voulut  bien  céder  ta  plume  à 
fon  collègue.  Le  tout  fut  imprimé  à Rouen  en  174  j . 
dans  un  volume  in-4"’.  ^131.  pages  -,  fans  compter 
les  pièces  juftificatives. 

incontinent  après  , les  Supérieurs  majeurs  nou» 
cfargèrent  de  recueillir  les  mémoires  concernant  l’hif- 
toire  de  l’abbaïe  de  S.  Vandrille , depuis  l’introduc- 
tion de  notre  Réforme  jufqua  ces  derniers  tcms.. 
D.  Touftain  pafla  trois  mois  dans  ce  monaftère  avec 
fon  compagnon  d’études , &c  y compofa  un  ouvrage 
aflez  confidérable  , donc  un  exemplaire  demeura  dans 
la  bibliothèque  de  S.  Vandrille , & l’autre  fut  envoyé 
à S.  Germain  des  Prés,  On  y trouve  bien  des  faits  in- 
tércflans  , tant  pour  l’hiftoire  écléfiaftique  moderne 
du  diocèfe  de  Rouen  , que  pour  celle  de  la  Congué-t 
gation  de  S.  Maur. 

A la  demande  du  très  - Révérend  Père  Général  , 
D.  Touftain  écrivit  une  lettBt  latine  de  54.  pages 
in-4®.  à M.  le  cardinal  Querini.  Elle  fut  imprimée  à 
Paris  au  mois  d’Avril  1744.  & non  pas  1754.  comme 

f orte  la  date.  On  y rend  compte  à fon  Eminence  de 
édition  de  S.  Théodore , &:  l’on  fait  voir  que  ceux- 
là  fe  trompent,  qui  refuTent  de  reconoitre  une  véritable 


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PREFACE.  xix 

pocfie  dans  les  Tropaires  & autres  Cantlmies  qui  por- 
tent fon  nom  chez  les  Grecs.  On  propofe  de  fofides 
dificultés  au  favant  Cardinal , qui  avoir  écrit  fur  cette 
matière.  On  caraAérife  les  ouvrages  du  faint  Abbéde 
Stude  , qui  ont  été  confondus  avec  d’autres , & que 
l’on  a perdus.  Cette  lettre , où  l’érudition  n’eft  pas 
épargnée  , pût  paroitre  obfcure  à ceux  qui  n’étoient 
pas  au  fait  des  ofices  de  l’Eglife  grèque.  Mais  elle 
étoit  adreflee  à un  favant  Cardinal  de  notre  Ordre  , 
fon  verfé  dans  ce  genre  de  littérature.  Si  l’on  joint 
à cette  lettre  ce  que  D.  Remi  Ceillier  a dit  de  notre 
édition,  à l’article  de  S.  Théodore Studite  ; l’on  aura 
le  plan  d’une  entteprife  littéraire , qui  nous  a coûté 
une  infinité  de  peines  & de  travaux. 

Dès  la  fin  de  l’année  Ï74J . parut  la  JufiLfication  du 
mémoire  , queD.  Touftain  avoir  fifolidement  réfuté. 
Il  crut  devoir  non  feulement  répondre  pié  à pié  à ce 
nouvel  écrit  ; mais  encore  venger  les  anciennes  ar- 
chives des  aeufations  injuftes  portées  contr’elles  , en 
difeutant  les  faits  & éclairciflant  plufieurs  dificultés , 
que  le  P.  Mabillon  n’avoit  pu  prévoir.  Et  afin  de  dé- 
f^mer  une  bonne  fois  la  critique  téméraire  , en  fi- 
xant les  formules  & les  ufàges  de  chaque  fiècle  ; il 
fe  détermina  avec  fon  college  à compofer  l’hiftoure 
diplomatique  des  bulles  des  Papes , des  aéles  écléfiaf- 
tiques , des  chartes  des  Princes , des  Seigneurs  & des 
perfones  privées  , depuis  la  naiffance  de  J.  C.  jufqu’à 
préfent.  Il  travailla  fur  ce  plan  jufqu’à  Pâques  de  l’an 
1747.  Alors  le  très-Révérend  Père  Général  le  fit  ve- 
nir à Paris  avec  fbn  ami  inféparable,  pour  faire  impri- 
mer ce  nouvel  ouvrage , fous  le  fîmple  titre  d’Eclair- 
ciffemens  fur  la  Diplomatique.  Pluueuis  fâvans  à qui 

c ij 


XX  PREFACE. 

le  mf.  fut  communiqué , confeillèrent  aux  auteurs  de 
n’en  point  faire  à deux  fois  , &:  de  travailler  à un 
nouveau  traité  de  Diplomatique  en  notre  langue, 
dans  lequel  on  fupléât  au  grand  ouvrage  latin  de  D. 
Mabillon.  D.  Touftain  necrut  pas  devoir  s’afujettir  1èr- 
vilement  à répéter  en  francjois  , ce  qui  avoir  été  dit 
en  latin.  Il  porta  fes  vues  plus  loin , & ne  tarda  pas  à 
reconoitre  la  néceflïté  d’examiner  de  nouveau , & de 


traiter  à fond  quantité  de  points  & de  c^ueftions  de 
diplomatique  , qui  ne  lui  paroilToient  point  fufilàm- 
ment  éclaircis.  Avec  un  génie  vafte  & pénétrant,  il  ne 
pouvoit  manquer  de  fare  beaucoup  de  découvenes 
dans  les  mlT.  & les  diplômes.  J1  trouva  la  clé  des  no- 
tes tyroniennes  ; en  forte  <^u’il  expliquoit , par  princi- 
pes, toutes  celles  qui  fe  préfentoienr,  & lifoit  couram- 
ment le  très-ancien  Pfeautier  de  l’abbaïe  de  S.  Ger- 
main des  Prés , écrit  en  ces  notes.  Malheureufement 
le  tems  ne  lui  a pas  permis  d’expliquer  lui  meme,  l’ar- 
tifice de  cette  efpèce  d’écriture , d’en  donner  les  règles, 
& d’en  former  unDiétionaire,comme  il  l’avoitprojetté. 

Le  travail  exceflif  auquel  il  s’étoit  livre  , pour 
donner  le  fécond  volume  de  cette  nouvelle  Diploma- 
tique , avoit  beaucoup  altéré  fà  fanté.  Il  avoit  même 
des  predèntimens  que  fa  fin  aprochoit.  Il  m’a  dit  plu- 
fieurs  fois , qu’en  le  mettant  au  lit , une  foffe  ouverte 
fe  préfentoit  devant  lui.  Quoiqu’il  ne  fit  pas  grand 
fond  fur  ce  phénomène  fingulier  ; il  penfoit  ferieu- 
fement  à la  mort.  Il  s’apliqua  néanmoins  tranquille- 
ment à l’étude  jufqu’au  lo,  de  Mai , que  fur  les  inf- 
tances  de  fès  amis  & l’avis  du  médecin , il  alla  à Saint- 
Denis  en  France , pour  fe  rétablir.  Les  remèdes  furent 
poux  lui  un  poifon  mortel , & lui  cauferent  un  flux 


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P.REF/AÇE.  xxj 

hépatique , que  rien  ne  put  arêter.J^d»nt  40.  jours  ^ 
que  dura  une  fi  cruelle  maladie;  on  admira  Ta  patieijtce* 
fa  confiance,  fa  tranquillité , fa  parfaite  réfignation  àU, 
volonté  de  Dieu.  Jamais  on  ne  vit  plus  de  grandeur* 
dame  & de  préfence  d’efprit.  Me  voyant  plongé  dans 
l’afliélion  la  plus  amère  , &c  prêt  à fuccomber  Tous  le 
poids  de  ma  douleur  ; il  m’infpiroit  du  courage  par 
des  réflexions  folides&  chrétiennes.  Dès  les  commen- 
cemens  de  fa  maladie , il  fit  une  çonfeflîon  gé^nérale^ 
& me  témoigna  un  grand  defir  de  recevoir  les  der-^ 
niers  Sacremens.  Il  çonfentit  néanmoins  qu’on  dife- 
rât  ; parceque  le  médécin  ne  voyoit  point  encore  de 
danger.  Mais  le  mal  fàifànt  de  nouveaux  progrès , j’ac- 
quief^ai  à la  volonté  du  refpeélable  malade,  & lui  ad- 
miniftrai  d’abord  l’Extrême -OnéHon  , &jle  lende- 
main le  faint  Viati<^ue.  Il  reçut  l’un  & l’autre  Sacre- 
ment avec  l’humilité  la  plus  profonde  , la  foi  la  plus 
vive  , & la  piété  la  plus  tendre.  Je  le  vis  fondant  en 
larmes^  la  bouche  colée  fur  les  piés  dç  fon  crucifix, 
ne  vodhnt  pas  par  humilité  la  porter  aux  mains  & 
au  vifage  de  l’image  de  fon  Sauveur.  Il  renouvella 
cette  pieufe  pratique  plufieurs  fois  le  jour  jufqu’à  fâ 
mort.  Le  defir  ardent , qu’il  avoit  de  s’unir  de  plus 
en  plus  à J.;C.  ne  lui  permit  pas  d’être  long  tems 
/ans  recevoir  la,fainte  Eucharillie.  Je  célébrai  les 
divins  niyllères  dans  la  chapelle  voifine  de  fa  cham- 
bre , & lui  donnai  encore  la  communion  trois  fois 
pendant  fa  maladie.  Dans  une  éfiifion  de  cœur  très- 
fenfible,  & des  plus  touchantes.,  lorfque  jetois  fcul 
avec  lui  ; il  demanda  à notre  Seigneur  avec  larmes  la 
. grâce  de  donner  fa  vie  pour  lui , s’il  revenoit  en  fanté. 
.11  me  recommanda  en  même  tems  ,de  tenir  fccret  ce 

" • I 


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0 


m 

ixij  P RE  F AC  E> 

mouvement  de  ferveur  qui  lui  étoit  échapé.  Car  il 
avoir  grand  foin  de  fuprimer  & de  cacher  tout  ce  qui 
pouvoir  donner  de  lui  des  idées  avantageufes.  On  eut 
de  la  peine  à lui  faire  abandonner  la  récitation  de 
fon  Bréviaire  , & la  leékure  de  fon  nouveau  Tefta- 
ment  grec  , qu’il  portoit  toujours  fur  lui  avec  quel- 
ques reliques  de  o.  Benoit  , de  S.  Charles  , & de 
quelques  autres  fàints.  Pour  le  confoler  , je  récitois 
l’office  divin  à fes  côtés , & lui  fàifois  de  tems  en 
tems  des  leélures  de  piété.  Après  lui  avoir  lu  les  ad- 
mirables lettres  de  M.  Dùguet  fur  le  defir  de  la  mort  ', 
& fur  les  motifs  d’une  efpérance  humble  & chré- 
tienne \ il  me  pria  un  jour  de  prendre  fon  nouveau 
Teftament , & de  lire  le  premier  chapitre  de  l’épitre 
de  S.  Paul  aux  Ephéfîens  : lorfque' j’eus  achevé  , il  me 
dit  d’un  ton  qui  marquoit  fon  contentement  ; voila 
l’original  ; il  eft  bien  au-deffius  de  l’éloquence  & de  la 
fublimité*  des  penfées  de  M.  Duguet. 

D.T ouftain  conferva  toute  fa  ferveur  & fon  bon  fens 
jufqu’au  dernier  foupir  , qu’il  rendit  le  premllr  Juillet 
17J4.  fans  agonie  & fans  éfort , en  bailànt  l’image  de 
fon  Sauveur  expirant  fur  la  croix , à laquelle  il  étoit  lui- 
même  ataché,parla  difpofîtion  de  fon  cœur.  Il  n’é- 
toit  âgé  que  d’environ  55.  ans.  Après  fa  mort  on  re- 
marqua fur  fon  vifàge  un  air  de  beauté  & de  majefté, 
qu’on  n’avoit  point  aperçu  de  fon  vivant  -,  quoique  fa 
phyfionomie  annonçât  la  férénité  &:  la  candeur  de  fon 
ame.  Une  mort  fi  fainte  a été  le  fruit  &:  la  récom- 
penfe  d’unie  pureté  angelique , d’un  amour  ardent  pour 
J.  C.  & pour  fon  Eglife , a’une  ferme  confiance  dans  la 
feule  miféricorde  de  ce  Dieu  fait  homme  pour  notre  fa- 
lut.Unatachement  inviolable  à tous  les  aevoirs  de  fon 


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PREFACE.  fxüi 

état , une  modeftic  aimable  » une  irçible  &:  religieufe 
implicite  ; une  fincérité  vraiment  chrédcnne  & à l’é- 
preuve de  tout  ; une  prudence  confonunée  avec  beau- 
coup de  fermeté  ; une  retenue  .admirabk  danç.  les 
converlàtions  } une  piété  éclairée , une  humilité  pôr- 
'tée  jufqu’à  defirer  de  pafTer  pour  un  homrhe  de  peu 
d’efprit  6c  digne  de  mépris  : une  étude  affidue  avec 
beaucoup  de  pénétration  ; une  vie  toujours  férieufe 
& ocupee  de  la,  leâure  6c  de  la  ptièrc  : une  grande 
douceur  de  mœurs  ^ b^ncoup  depolitelTe  & de 
patience,  malgré  un  fond  de  vivacité  naturelle  : toutes 
ces  grandes  parties  forment  le  portrait  de  D.  Touf- 
tain  , dont  la  mort  a excité  les  regrets  , non  feule- 
ment des  Savans  les  plus  diftingués,  & de  toute  notre 
Congrégation  ; mais  encore  de  piufieurs  Magiftrats 
infiniment  rcfpedables , 6c  furtout  de  Monfeigneur 
le  cardinal  Paffionci.  Son  Eminence  a bien  voulu 
prendre  part  à notre  afliéHon  , 6c  exprimer  de  la  ma- 
nière la  plus  énergique  6c  la  plus  noble , la  haute  idét 
& l’eflime  infinie  qu'elle  avoir  conçjes  du  mérite  de 
notre  vénérable  Confrère.  ^ ' 

La  belle  épitaphe  latine,  qu’un  de  fes  amis  & des 
miens  a compofée  ; le  peint  avec  des  couleurs  fi  vives 
& fi  naturelles , que  ceux  qui  font  fréquenté  , ‘ n’au- 
ront pas  de  peine  à le  reconoitre.  Il  faut , pour  fentir 
toute  l’énergie  6c  la  délicateflè  de  cette  pièce  j être 
auffi  rempli  que  l’auteur  des  penfées,&:  de  l’efprit  de 
fEcriture  6c  des  faints  Pères , donc  la  leéhire  éléve 
l'ame,  en  nàême  cenis qu’elle  fprttie,^'pnrj,fie le coéut- 

■ . • a;-;.  I 1 

e J.  ■ .V-'  .•  » . 

• ii'.jbh  il  iTiwOi.v;-'  ■ 


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D O-  ' M 

In  laudem  gloriat  gratix  fux.  ' 

Hic  requUfcit  à laboribus  fuis 

' DOMNUS'CAROLUS-FRANCISCUS  TUSTINUS 

Fresbyter  ù'Monackus  BenediSinus  Congreg.fanBi  Mauri , 
, ' ‘ Queni'  ' 

Lacrymis  magis  quant  encomüs  . . . 

Profequi  facile  : 

Quein  ' 

‘ ' • ’ ÏMtidibus  aquè  ac  oBibus  > • • • - 

-,  ' ^ , AJfkqui  difficUe  : ' 

Quem 

Tatrien  p<fl  gloriofam  confummationem 
Celebrare  tumm  efi  : 

Pojl  triumphalem  in  portu  Jlationem 
> Magnificarf  fecurum. 

•'  • : . HIC 

Mundum  à tentris  j cum  de  mundo  non  ejjit , coûtas  transfuga  deferetu , 
. . Tenerum  innocentie  florem, 

Thefaumm  J utt  cui  unicè  timebat  ^ ipfomet  exila  de  Ægypto 
, . Félix  in‘  tuto  coUocavit. 

In  profejfusne  fanclâ  yfpinas  inter  mortificaiionis  ^eandem  excolens  ^ 
Illibatum  felicior  confervavit. 

Jnnumeris  àm  vireutum  augmentis  , dante  incrementum  Deo  , ensariens, 

’ Felicijftmus  exornavit , ctanulavit. 

H 1 c 

Pra  laboris  ajjîduitate  , in  omni  feri  honefiarum  fcientiarum  genere 
Ferfaeiffimus  : 

Preingenitâ  mentis fagacitatejprofundiffunas  dificaltatum  latebras  rinuai 
SolertiJJimas  : 

Pra  accepté  defuper  fapitntU  menfurâ  j aliis  loco  preefe 
• ^ Dignifimus: 

Pré  eximiâ  , quam  Deus  dat  parvulis  intelligentiâ  j 'cw^lio  prodefje 
Potentijfimus  : 

Laxere  nu^is  quam  lucere,  ardere  quant  fplendere  Jluduit  ; 

, “ • ' Imo  luxit  inde  magis  & arjît. 

■ . 1 .HIC 

Mitiffuni  omnium  magijbi  auditor  Jiientiofus  , & aSuofus  imitator  ^ 
Humiles  & tutos  vallium  , in  quibus  pinguedo  ejî  y colles  femper  incejfit  ^ 
Oifcipuliu  mitls  & humilis  corde. 

SaaBifftmi  omnium  Patriarché  fecutus  exempta  j fpiritum  aïïicutus  ^ 
Extra  monajlicé  difcipUné  cancellos  numquam  excejju  j 
CicnoDiu  prudent  & fidelis. 

Sapientiam 


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XXV 

tni'um  miiqiltrttm,  d'iH4  PMntm,  C/tmiM  Scriptiir^umfilerfer  txquirtttt , 
A fanoTvm  formà.  verborum  ne  latum  un^m  retenu  j 
Theologus  doâior  quam  nocior. 

NIC 

Sincere  , defccata  , que  ad  omnia  utilis  ejl , 

Pietatis  cultor  ajjiduus  j 

Sic  modica  non  fpemere  ^ quajl  qui  ad  fonia  manum  non  mijijjit  ; 
Sic  graves  etiam  inter  lahores  or  are  , quajl  qui  id  unum  ageret: 

Sic  multis  intendere  , ut  non  minor  ad  Jîngula  Jitret. 

HIC  « 

Ordinatijfimâ  charitatis  igné  ; 

Quem  de  excelfo  miferat  Deus  in  ojftbus  ejus, 

Affatim  eruditus  , 

In  fanSuarium  , nonniji  vocatus  à Deo  , tamquam  Aaron  intravit  : 
Ad  aras  nunquam  , nijl  diligenter  purgatus , accejpe  : 

Aris  nunquam  , nijl  vehementer  accenfus  , tdlitit  : 

Ab  aris  numquam  , niji  multo  lacrymarum  imbre  perfufus  , difceffic. 

Quin 

Et  extra  aras  , hojliam  fanclam  , Deo  placentem,  corpus  fuum  exhibent^ 
Debitum  etemo  Numini  juge  facrijùium  obtulit , 

Sacerdos  non  ad  horam  minijlrans  , * 

Sacrificus  non  alienam  tantum  camem  immolons. 

Quid  plura  ; 

Sponji  & Jponfa  , Chrijli  fcilicet  & Ecclejlé  , qelator  Jîagranti£îmus  ! 
Hune  totus  exprejjît  j hanc  totus  deperiit  : 

Kee  nijl  de  commUnibus  utriujque  lucris  Utari  , damnifve  dolere  fcivit , 
Homo  femper  in  Domino  gaudens  r 
Homp  femper  pro  Ecclefiàgemens. 

Non  Omni  fpiritui  credere  , (ion  circumvenientium  fraude  feduci  ; 
Non  doclrinâ  fuâ  fallere  ^ non  alienis  erroribus  falli: 

Non  cedere  mundi  amoribus  , non  terroribus  JleSi  : 

Non  multigenis  , quos  fuper  peccatores  pluit  Deus  y laqueis  irretiri: 
Non  propria  curare  j non  aliéna  faflidire  , non  alta  fapere  potuit 
Vir  oculatijfimus  , vir  conjlantijjlmus  y vir  prudentijjimus  , 

Vil  ipfe  fibi  viliflimus. 

TANDEM 

Arduo  y abfirufo  , magneque  molis  operi  dum  defudat  ultra  vires 
Scriptoi  animofus , 

Immaturos  foetus  dimittere  non  tam  fuadetur  quam  cogitur  , 

Ipfe  Cslo  jam  macunis  : 

Et  per  XL.  dierum  moUJliJpmam  amtudinem y 
Membrorum  hinc  compage  refohità  y 
Excoclis  inde  ( quas  heu  ! nec  religiojiora  corda  vitant)  y mimttis  fordibus , 
Pane  interea  paftus  > qui  confirmât  cor  hominis,  & oleo  unclus , quod 
exhilarat  faciem  ; 

Tome  IL  d 


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xxvj 

Faufium  Jihi , eonjunHiJJùno  acjîdijjtmo  laborum  foclo  infaujlijjtmum  i. 
Diem  fupremum  obiit , 

IngreJJùfjue  ejl  in  cbwidantiâ  fepulchrum  , quaji  infertur  acervus  tricici- 
In  cempore  fuo. 

ANNO  REPAR.  SALUT.  M.  DCCLIV.  CALEND.  JUL.. 

ÆtAT.  VERi)  SUÆ  UV.-  . 

HOC  • 

Qualecnmque  memoris  ac  grati  animi  monumentam  xter- 
nz  fpeflandi , & defideratifllmi  Amici  memoriz  confecrabar 
• Fr.  Michael  Hautement  , Profcflus  cjufdem , cujus  ille , 
Congregatioais  &c  Ordixûs  Monachiu. 


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TABLE 


DES  SOMMAIRES 

CONTENUS  DANS  CE  II.  VOLVME. 


SUITE  DE  LA  SECONDE  PARTIE, 

Ou  Von  continue  de  donner  les  éUmens  de  U Diplomatique,  page,  i . 

SECTION  III. 

Lettres  latines , Ifur  origine  , leurs  formes  , leurs  tranfmutations  t 
alphabeu  généraux  : divifmn  de  nos  écritures  par  claffes  , genres  , 
efpèces  : révolutions  qu'elles  ont  ejfuyées  en  divers  pais  , en  diférens 
fiicles  : quels  effets  & quelles  variétés  ont  produit  Us  liaifons  & con- 
jonüions  des  Uttres  , Us  abréviations  des  mots  ? Ufage  des  figUs  , des 
notes  de  Tyron  & autres  fignes  : recherches  fur  Us  nopihres  ou  chifres^ 
fur  la  ponctuation  , Us  accens  , & certaines  figures  , q(ti  entrent  dans 
V écriture  J qui  lui  fervent  dt ornement , & qui  concourent  à déterminer^ 
le  fiicU  , auquel  elU  apartient  : principaux  avantages  ^ qu'on  peut  tirer 
(Us  matùres  traitées  dans  la  préfente  feSion.  pag.  j. 

, CHAPITRE  PREMIER. 

Origine  immédiate  des  Uttres  latines  ; additions  anciennes  & nouvettes 
à V alphabet primitif,  réeUes  ou  fupofées  : Uttres  tranfportées  de  Grèce 
en  Italie  : ffième  de  M.  U Préfident  Bouhier  , fur  Uur  nombre  & fur 
. V ancien  état  de  V alphabet  : Uttres  de  ü empereur  Claude  : partage  des 
favans  fur  celles  du  Roi  Chi^eric  I : nouveaux  éclaircijfemens  fur  la 
figure  , V ufage  , Vorigine,  & la  valeur  de  ces  caraclères.  pag.  8. 

Article  Premier. 

Lettres  latines  aportées  de  Grèce  en  Italie'.  Uur  nombre  cheq  Us  Grecs  & 
Us  Latins  : additions  anciennes  faites  à Uur  alphabet  primitif,  p.  9. . 

I.  Rigine  des  lettres  latines  : elles  ont  palTé  de  Grèce  en  Italie. 
V-/  11.  Rerteinblance  ou  meme  identité  des  lettres  latines  les  plus 

antiques  avec  les  gtèqucs  du  m«ne  âge.  UI.  Syttèpie  de  M.  le  PrcEdecc 

dij 


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xxviij  TABLE 

Bouhier  fur  l’origine  des  alphabets  grec  & latin.  Ce  dernier , félon 
lui , plus  ancien  que  le  Cadméen , dont  il  ctoit  diférent , & (e  même 
que  l’attique , fut  aporté  en  Italie  par  les  Pclafges.  IV.  Continuation 
du  m-me  fujet.  Nombre  des  lettres  pclalgiques  , arriques , latines , 
Cadméennes,  ioniques.  V.  Ancien  fyftème  redific  : nulle  conoiflànce 
des  lettres  chez  les  Grecs  Sc  chez  les  Latins  avant  Cadmus  : les  uns  de 
les  autres  ont  reçu  fon  alphabet.  VI.  Comment  l’ancien  alphabet  des 
Grecs  & des  Latins  a-t-il  pù  palier  pour  n’etre  que  de  feize  lettres,  » 
ou  de  dix-huit  au  plus  î^lL  L’alphabet  cadmeen  , grec  & latin 
ctoit  compofe  de  vingt-deux  clémens.  VIll.  Règles  pour  difeerner  les 
lettres  primitives  des  lecondaires  : ccHes  qui  furent  ajoutées  à l’alpha- 
bet cadméen  , en  tirent  leur  origine.  IX.  Cbangetnens  furvenus  si 
quelques  lettres  de  l’ancien  alphabet.  X.  Etat  del’alpnabet  Latin,  depuis 
près  de  deux  mille  ans. 

Article  II. 

Lettres  poJUrUurement  ajoutées  ^ ou  qu'on  prétend  F avoir  été  à celles  de» 
Latins  : vaines  tentatives  ^ pour  en  introduire  quelques-unes  dans 
leur  alphabet  : lettres  de  l'empereur  Claude,  pag.  j 6. 

1.  Inventeurs  ou  plutôt  redaurateurs  & réformateurs  des  lettres  G te 
K.  1 1.  C’eft  fans  fondement  que  les  lettres  P.  Q.  ont  été  aeufées  dé 
nouveauté.  III.  Prétendue  invention  de  l'R  ; à quel  tems  & è quel 
auteur  attribuée  î IV.  Ufage  de  l'X.  bxé  mal-à-propos  au  fiècle  d’Au- 
gufte  : il  doit  remonter  bien  plus  haut.  V.  L’Y  £f  le  Z précédèrent  de 
plulieurs  fiècles  celui  d'Augulte.  VI.  L’F  n’eft  point  une  lettte  de  nou- 
velle invention  : origine  du  digamma  : parallèle  de  celui  des  Eoliens 
& des  Latins  : leur  ufage.  Vil.  Digamma  de  Claude , fa  ligure , les 
monumens  où  il  fe  trouve , fon  emploi , fa  duree  , fes  fuites.  VIII.  Deux 
autres  lettres  inventées  par  Claude- 

Article  III. 

Lettres  inventées  par  le  Roi  Chilperic  I,  leur  nombre  , leur  jigare  , leur 
ufage  J leur  origine  : les  favans  , les  mffl  & les  imprimés  peu  d'acord 
fur  ces  points  : parallèle  des  mJJ'.  & des  imprimés  : nouveaux  éclair- 
cijjimens  fur  la  forme  & la  valeur  de  ces  caraSères.  pag.  50. 

I.  Partage  des  favans  fur  les  lettres  de  Chilperic  : les  mlT.  te  les 
imprimés  de  Grégoire  de  Tours  & d’Aimoin  de  Fleuri  ne  paroillent 
pas  conformes  rientimens  de  Pafquiet  & de  VolTius.  II.  Opinion  de 
Wormius  combatue  par  D.  Ruinart.  Nouvelles  preuves  contre  lui  ; 
fon  lyllème  quoique  reformé , ne  fauroir  être  admis.  Fil.  Syftème  de 
M.  Eckhart , déleâueux  dans  prefque  toutes  fes  parties.  IV.  Senti- 
mens  de  MM.  Faucher , Duclos  & Schoepflin  fur  les  lettres  deChiU 
péric.  Furcnr-elles  inventées  pour  la  teformation  des  écritiues  fle  des 
livres  Tudcfques  ? V.  Opinion  de  ceux  qui  trouvent  les  lettres  de  < 'hil- 
péric  dans  l’ancien  gotnique  : tous  les  fentimens  ptopofés  jufqu’ici 


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DES  SOMMAIRES.  xxix 

noui  laifTent  dans  l’incettitude.  VI.  Par  quels  moyens  peut-on  par- 
venir à conoître  an  jufte  les  lettres  de  Chiîpcric  î V II.  V taies  figures 
& valeurs  des  lettres  de  ce  Prince. 

CHAPITRE  II. 


Lettres  nationales  ^ lapidaires  , métalliques  j en  relief,  en  creux  , a 
claire  voie  : lettres  dorées  , argentées  , bronqées  , étaimées  , rouges  , 
vertes  , & d’autres  couleurs  : lettres  initiales  , grifes  , ou  hijloriées  , 
repré fentant  toutes  fortes  de  figures  , dt hommes  , de  quadrupèdes  , 
d’oi/eaux  , de  poijjbns  , de  ferpens,  de  monfires,  de  fleurs  , de  fieu- 
^ rons  , de  feuillages  , de  grotefques  : lettres  brodées  , entrelajfées  , 
poncluées  , blafonées , en  chaînes  , en  treillis , en  pUafires , en  mar- 
queterie , en  gerbe  , en  chevelure  &c.  en  quel  fiècle  , en  quel  pais 
chacune  de  ces  efpèces  eurent-elles  cours  : quel  fut  leur  commence- 
• ment  & leur  durée  ? Obfervations  hifioriques  & critiques  fur  leurs  di- 
férens  ufages  & fur  divers  autres  caraSires  , qui  montrent  avec  elles 
une  forte  cTafinité.  pag.  6 y 


I.  Lettres  grèques  relativement  d la  Diplomatique  : lettres  ephé* 
fiennes  , thraciennes , folutoites  , magiques  , écléfiaAiques  ; caraâères 
grecs  fur  les  monumens  & dans  les  aâes  publics  des  Latins  : lettres 
grèques  atribtiécs  aux  Gaulois.  11.  prétendues  lettres  gauloifus  ; lettres 


Icripturales  & rabbiniques  : noms  des  lettres  hébraïques  en  France  au 
VI.  fiécle,  dans  les  mil.  latins  : additions  aux  lettres  étrufques  : aboli- 
rion  des  lettres  tuniques  dans  le  Nord  : lettres  des  Francs  &;  des  Bté- 
tons.  111.  Lettres  des  Itlandois  : peut-oq  compter  fut  leur  vérité? 
l’antiquité  de  leurs  caraélères  & de  leurs  mlT.  eft-elle  fufifamment 


eut-oq  compter  fut  leur  vérité  ? 


conllatée  l IV.  Suplémens  de  lettres  chez  les  Péruviens  , les  Mexicains, 
Virginiens,  Camadois  iQuipos  , leurs  divers  ufages.  Ils  étoient  bien 
inferieurs  i nos  lettres  , quoique  d'une  autorité  égale  à celle  de  nos 
écritures  publiques.  Roues  niétoglyphiques  de  petites  pierres,  de  grains 
de  mays  , en, peinture  &c.  V.  Diverfes  fortes  de  lettres,  pour  la  plu- 
part nationales  ; lettres  de  forme  de  cours , de  tournure  t lettres 
ooiirgeoifes , aldincs , romaines , bullatiques , impériales , bâtardes  £c 
autres.  VI.  Lettres  folides,  en  marqueterie , en  telief,  en  broderie,, 
de  pierre , de  marbre  , d’or , d’argent , de  bronze  , & autres  métaux , 
ou  fur  des  matières  dures.  VII.  Lettres  fur  l’ivoire  8c  les  os  : jurif- 
prudence  des  Gaulois  r examen  d’un  texte  important  du  Querolus  : 
quel  âge  peut-on  acorder  à cette  comédie  ? Vlll.  Lettres  écrites  , ou 
peintes  fur  les  briques,  les  urnes,  les  amphores,  les  tombeaux  :-re- 
cette  de  l’ancre  des  anciens.  iX-i  Lettres  de  liqueurs  métalliques -fur 
le  vélin  pourpré  : velin  de  couleur  de  fafran  8c  de  pavot  : commen- 
cement de  l’ecriture  fur  le  velin  en  pourpre  ; fon  progrès , fa  durée, 
fa  décadence.  X.  Lettres  de  liqueurs  métalliques , furtout  d’or  Sc 
d’argent,  écrites  fur  le  vélin  8c  le  papier  blanc.  XI.  Anciens  chryfo- 
ipapnes  , enlumineurs,  calligraphes  , t.aehygraphes  ; l’art  de  faire  des 
lecties  d’or,  d’argent , de  bronze , de  fer  8cc  : lettres  vemillees  ôc 


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XXX  TABLE 

cirées.  Xll.  Lettres  rouges  & d’autres  couleurs  : lettres  ronges  de- 
venues blanches  par  vetulté.  XIll.  Lettres  enclavées , liées , conjointes, 
monogrammatiques  , perlées  , initiales  &c.  XIV . Lettres  hiftoriées  en 
forme  d’hommes,  de  quadr^des , d'oifeaux , de  poilTôns  ; lettres  fleu- 
ronnées  , brodées  , encrelalTées  , blazonées  , ornees  d’arabefques  , de 
feuillages , de  grotefques  : lettres  à filigranes , en  chevelures  en  mi- 
niatures &c. 

CHAPITRE  .III 


Vfage  des  atphatets  dans  quelques  cirémonies  ddéfiajüques  : compila- 
teurs d'alphabets  étrangers,  latins,  modernes  & (Récritures  des  derniers 
Jiècles  : coUeâions  (R alphabets  & de  modèles., tirés  des  anciens  marbres, 
bronzes  , mjf  diplômes,  drejjïs  ayant  & depuis  1700.  pag.  114. 

1.  Auteurs  , qui  ont  publié  quelques  alphabets  latins  .parmi  un 
plus  grand  nombre  d’étrangers  : alphabets  de  Raban  , de  Ttithème  , 
de  Hephutne , de  Vigencte  , de  Van-Helft , de  Vulcanius  de  Bruee, 
de  Nicolas  Schmid.  1 1.  Continuation  du  même  fiiict.  Alphabets  «TE- 
douard  Bernard,  de  M.  Bourguet,  de  Don  Velalquez.  III.  Compi- 
lateurs d’alphabets  & de  modèles  d’écriture  latine  des  derniers  fiècles  : 
Wirlllin , b'anti  8c  antres  maitres  de  l’art.  IV.  Alphabets  8c  modèles 
de  Jean-Baptifte  Palatino,  deToti,  de  JolTe  d’Hond  , de  le  Gagneur, 
&c.  V.  Auteurs  qui  ont  compilé  des  alphabets  de  mlT.  de  diplômes  3ç 
d’autres  monumens  avant  notre  fiècle  : alphabets  8c  modèles  de  Ha- 
mon  : D.  Mabillon  juftijfié.  VI.  Alphabets  8c  modèles  de  Bouteroue 
8c  de  D.  Mabillon.  VU.  Autenrs  qui  depuis  notre  fiècle  ont  recueilli 
d’anciens  alphabets  latins , 8c  futtout  ceux  des  chanes.  Alphabets  8c 
modèles  de  D.  de  Montfeucon , de  Hickes  , de  Heineccius , de  Brenc- 
mann  , de  D.  Huebet , de  Schanai , de  Duellius.  VUI.  Alphabets  8c 
modèles  de  Scheuchzet,  de  D.  Godfiroi  Von-Beflèl , de  Bating,  de 
Don  Naflare  8c  de  Don  Rodriguez  , d’Anderfon  , de  Walther.  IX.  Id^ 
des  monumens , fur  lefquels  doivent  être  drelTés  des  alphabets  géné- 
raux ! eoUeékion  complété  d’alphabets  particuliers , inmfifante  d’une 
part , 8c  de  l’autre  impouible.  X.  Inoonveniens  des  alphabett  par  fiècles. 

CHAPITRE  IV. 

Recherches  fur  la  defcendance  , la  figure , la  fortune  & les  tranfmuta- 
tions  de  chacune  des  vingt-trois  lettres  de  notre  alphabet , dans  les 
infcripùons  lapidaires  & métalliques  , les  mff.  & les  diplômes  : avec 
l'art  d'en  fixer  Rage  , par  la  variété  des  formes  , des  contours  ,&  des 
traits  quelles  coatraBent  de  fiècle  en  fiècle.  pag.  145. 

1.  Conformité  des  A phéniciens  avec  les  plus  anciens  A d’Eur^e  •. 

{principales  métamotpholes  des  A latins  ; duree  des  a a cc  dans  les  mlT.  8c 
es  diplômes.  A des  écritures  alongées  8c  des  notes  de  Tyron.  H.  Obfer- 
varions  fut  les  figures  du  b 8c  du  B 8c  fur  l’age , qu’elles  indiquent  ; 
queue  du  b curM  8c  des  autres  letues  > dont  l’élévation  efi  égale  , 


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DES  S O M M A I R E S.  xxx) 

peoc  {«vil  i fixer  leur  antiquité.  I 11.  r & C meme  lettre  : C carré 
anguleux , gothique  à pièces  détachées  : K Q X grec  pris  pour  des 
C en  notes  de  Tyron  : quel  ufage  peut-on  faire  des  c niinufcuks  & 
cutfift , pour  diftinguer  les  écritures  des  ficelés  3 IV . Reports  entre  les 
principaux  D d’europe  : origine  des  D courbe , oncial , minufcule  fie 
curfif  : quels  moyens  fonmiScnt-ils  pour  conoitre  l'age  des  mlT.  fie  des 
chartes , où  ils  fe  trouvent  3 Quand  le  V s’y  eft-ii  introduit  3 fes  progrès , 
fon  règne.  V.  Prefque  tous  les  E des  Orienuox  Se  des  Occid^taux  fe 
reflêmolent  : commencement  des  E ronds  fie  fermés  : lettre  originale 
d’Yves  de  Chartres,  juftifiée  de  faux  contre  le  P.  Hardouin.  E d’Ef- 
pagne  8c  des  mlT.  e minu&ttle  fie  curfif.  VI.  Origine  de  l'F  fie  fes 
cransformarions  : elles  fervent  à fixer  l’age  de  diverfes  écritures.  VII.  Le 
G prefqae  femblable  an  C , en  fut  diftit|gué  par  une  virgule  : varia- 
rions  de  ce  trait  fervant  à fixer  i’age  des  inlcnptions  fie  des  mflT.  g des 
chartes  : G des  notes  de  Tyron,  Vfll.  Origine  fie  forme  de  l’H.-  ^ur- 
quoi  placée  au  commencement  des  noms  propres  3 Papebroc  réfuté  fur 
la  necellité  de  l’H  à la  tète  de  celui  de  Louis  le  débonaire.  IX.  Pour- 
quoi ri  eft-il  fi  diférent  de  I primordial  3 Formes  diverfifiées  de  l’I , dans 
les  écritures  Se  les  notes  de  Tyron  : prétendus  I grec  fie  celtibérien  : 

1 alongé  : points  fie  accens  fur  l’i  J confone  fie  I voyelle  : comment  fie 
pat  quels  degrés  leur  difiiaéUon  s’efl-elle  établie  3 A.  Ufage  du  K : fes 
lévomrions  : fa  Forme.  Le  K commençant  le  nom  de  Châtie  dans  les 
diplômes  du  vni*.  fiècle,  fie  le  C.  dans  ceux  du  ix^.  loin  de  fournir 
contre  eux  des  moyens  de  faux , ne  doivent  pas  meme  les  rendre  fuf- 
peéls.  XI.  Uniformité  des  L de  divers  peuples  : variétés  des  L tyro- 
niennes  ; L fur  les  médailles  égyptiennes  fie  fyriennes , ou  le  Lycabas  : 
forme  de  L des  marbres  y des  mlT.  fie  des  diplômes.  XII.  Raports  de 
notre  M avec  celle  des  autres  nations  : fa  figure  dans  les  notes  tyro- 
niennes  : induâions,  qu’on  peut  tiret  de  fa  forme,  pour  fixer  l’age  des 
écritures.  XIII.  Notre  N majufcule  fie  minufcule,  dans  le  famaritain 
fie  l’éaufque  :Tes  finîtes  dans  les  notes  de  Tyron.  A-t-elle  été  ajoutée 
BU  retranchée  mal-a-piopos  par  les  copHles  des  mlT.  3 Origine  fie  an- 
âqufcé  de  l’N , pour  exprimer  on  nom  incertain  : fes  diverfes  formes 
fie  iisscInRgemetis.  XIV . L’O  chez  les  Orientaux , chez  les  Ermfqnes , . 
dans  les  noces  de  Tyron  r fes  tapotts.  finguiiers  avec  le  point  r diverfité 
de  fes  figures.  XV.  P latin  fie  .grec  anaennement  le  même  : P ryro- 
niens , oillingués  par  leur  pofinon  t feutes  da  P énoncent  leur  âge. 
XVI.  Q des  diverfes  écritures  : fupreluon  de  l’«  précédé  du  Q ; juget 
de  l’age  des  mfT.  fie  des  diplômes  pat  la  forme  de  cette  lettre.  XVIl.  Pa- 
tailèle  de  nts  R avec  cellet  des  autres  peuples  : R tytonienne  âge 
des  anciens  monumensindiquépac  la  diverfitédes  fomiesde  cette  lettre. 
XV 111.  Origine  de  l’S  latine  : S tytonienne  rfopreffion  de  l’S  : die  fe 
traveftit  en  Z : rettanchoit-on  i ou  hi  dans  l'écriture  ; pareequ’on  l’ajou. 
toit  à l’S  dans  la  prononciation  3 Petite  s finale , quand  devenue  d’un 
ufage  ordineite  ragé  des  mlT.  fir  des  chartes  déterminé  par  la  diférence 
des  S ; elles  ptènMRC  la  forme  de  beaucoupde  caraâères  des  alph.ibet$ 
lària  fit  grec,  fie  des  Ghtficec-ea^es.Xl'X,  T en  croix  chei  les  peuples 


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xxxij  TABLE 

d’Europe , d’Afie  & d’Afrique  : T majufcules  & minufcules  des  notes 
de  Tyron  : fuprellîon  du  T : âge  des  nilT.  Sc  des  chartes  reconnu  par 
les  diverfes  figures  de  cette  lettre.  XX.  Comparaifon  de  TV  latin  avec 
ceux  des  autres  nations  : deux  fortes  d’U  en  notes  de  Tyron  : divers 
ufages  des  u voyelles  ôc  confones , ronds  , carrés  , aigus  ; juger  par  leurs 
figures  de  l’age  des  mlT.  des  chanes  & même  des  imprimés.  XXI.  Ori- 
gine & ulage  de  l’X  latin , X.  des  notes  de  tyron  & des  diférens  ficelés. 
XXll.  Pourquoi  les  notes  de  Tyron  manquent  d’Y  : antiquité  de  cette 
lettre  & du  point  defilis  : juger  par  la  figure  des  y & par  l’ufage  ou 
l’omiflion  de  ce  point , de  l'antiquité  des  mlT.  & des  autres  monumens. 
XXllI.  Raports  du  Z des  anciens  peuples  : Z ryronien  : idée  des  Z des 
diférens  fiècles.  XXIV.  Conclufion  : on  peut  juger  de  l’age  des  mlT.  & 
des  diplômes  par  la  forme  des  lettres  qui  s'y  trouvent  employées,  Sc 
pat  les  autres  caraâères  , dont  ils  font  révêtus  : précautions  , dont  on 
doit  fe  fervir , pour  ne  pas  faire  un  ulâge  téméraire  de  la  figure  des  lettres. 

CHAPITRE  V. 

Obfervdtions  fur  Us  quatre  pLinches  alphabétiques  des  lettres  latines  ; Uur 
dijlribution  par  colones  , fériés  & fou-feries  : leurs  fources^  leur  ufage, 
Uur  reffembtance  , Uur  diférence , leurs  tranfmutations  : caraS'eres 
dijlinUifs  des  capitaUs  f onciales  f minufcules }curfives ^ ôc.  page\iO^. 


1.  Plan  des  alphabets  latins  contenus  dans  ce  volume  : leurs  fources, 
leur  utilité  pour  déchifrer  les  écritures  antiques  , & conoitre  les  révo- 
lutions Sc  l’age  des  lettres  : lent  arangement  fyftématique  : réponfe  aux 
dificultés , tirées  de  la  rcfiemblance  de  quelques  figures  , apartenant  i 
des  lettres  três-diférentes.  II.  Caufes  des  transformations  des  lettres  : 
infufifance  des  alphabets  jufqu’ici  publiés  : lettres  plus  ou  moins  fu- 
jettes  aux  métamorphofes.  111.  Idée  générale  de  la  planche  XX°.  com- 
prenant les  caraâères  romains  , employés  dans  les  inferiptions , pen- 
dant prés  de  trois  mille  ans.  IV.  Expofiiion  détaillée  de  la  première 
folone  de  notre  XX*.  planche,  où  l’on  raporte  l’age,  la  durée , & les 
traits  caraéïérifliques  des  grandes  Sc  petites  fériés  des  A , B , C , D , E. 
V.  Colone  II'.  où  l’on  trouve  les  diverfes  divifions  Sc  fou-divifions 
des  F , G , H , I,  K,  L , M.  VI.  Age  Sc  caraâériftiqucs  des  fériés  & Ibu- 
féries  de  la  111'.  colone , où  fe  voient  les  N , O , P , Q j R.  VII.  Qua- 
trième colone  , où  font  renfermées  les  lettres  S , T , V , X , Y , Z. 

VIII.  Planche  XXI'  : conrrafte  de  figures  alphabétiques  , méthode  re- 
jetée : lettres  hiftoriées  admifes  avec  téferve  : onciales , capitales , go- 
thiques Sc  quelques  minufcules  ou  curfives , diftinguées  par  fériés. 

IX.  Parallèle  des  lettres  nationales  minufcules  Sc  curfives  des  mlT.  Par 
quels  élémens  de  l’alphabet  la  minufcule  fe  di(Ungue-t-elle  de  la  ca- 
pitale & de  l’onciale  } En  quoi  confide  la  diférence  & relTemblance 
des  lettres  nationales  î Obfervations  for  la  planche  XXll*.  X.  Idée  de 
la  planche  XXllI , contenant  les  alphabets  diplomatiques  d’Italie  , 
France,  Allemagne  , grande  Bretagne  , Efpagne  : leur  diftribution  par 
ficelés  Sc  fériés  : avintages  qu’on  en  peut  tirer  pour  4 diftinûion  des 

çfpcccs 


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DES  S‘0  M Ki  A I R E S.  xioriir 

efpèces  de  caraâères , la  comparaifon  de  leurs  raports  d’opoCtion  & 
•de  conformité  , leur  durée  , leurs  métamorphofes.  ’ 

CHAPITRE  VI.  ' 

* V . .1  . , 

Scietue  des  écritures  antiques  j fort  aquilon  nullement  impoÿibU.  Au- 
cune comtradidien  n'en  fauroit  ébranler  la  tertitude.  A-t-elle  des 
moyens  généraux  pour  reconoitre  avec  ajfurance  leur  fincérité  ou  leur 
' fupofition  ? Raports  de  dijjèmblance  & de  conformité  des  écritures  , 
degrés  de  variations  par  où  elles  pafferent , démontrent  leur  perpétuité 
& leur  exijlence  j rélatrve  à chaque  nation  , comme  à chaque  Jiècle. 
I/écriture  ahfolument  ifolée  de  celle  , qui  Vavoifine  par  les  lieux  ou 
par  les  tems,  porte  un  caraSére  de  réprobation  ^ aujfi  formel  que  f écri- 
ture enchaînée  avec  celle  , qui  la  devance  ou  qui  la  fuir  , eft.  évidem- 
ment marquée  au  coin  de  la  vérité,  pag,  344. 

I.  Les  anciens  monumens  doivent-ils  palTêr  pour  rufpeéU  , i pro- 
portion de  leur  antiquité  ? Ne  leur  donne-t-elle  pas  au  contraire  une 
autorité  plus  grande  ? Exiftence  aâueUe  des  prétendues  écritures  bar- 
bares avouée  : mais  leurs  liailbns  avec  de  plus  anciennes  éc  de  plus  re^ 
tentes , méconnues  par  le  P.  Germon.  1 1.  Râpons  de  conformité  entre 
les  écritures  du  meme  üéclc  St  de  la  meme  nation.  Diverfité  fenfible 
entre  les  écritures  des  divers  (iécles  & des  diverfes  nations.  On  peut 
diftinguer  les  lîécles  par  la  forme  du  caraâère,  fans  crainte  de  méprife 
conlîdérable.  111.  Variation,  décadence,  tranfmutation  , renouvelle- 
ment, fources  de  lumières,  |>ouren  bien  juger.  Petites  notices  endoilces 
fur  les  chartes  peuvent  contribuer  â découvrir,  leur  âge , leur  vérité  ou 
leuriiipofirion.  IV.  Les  barbares  devenus  maîtres  des  provinces  romaines 
de  l'Occident , en  adoptèrent  l'écriture  : les  raports  St  la  diverfité  de 
leurs  caraâéves  St  de.ceiut  des  Romains  en  prouvent  la  cenitude  & la 
fincérité.  V.  Diplômes  mérovingiens  & loinbardiques , tous  fabriqués 
par  des  impofteurs  3 fupofition  impolfible  : travaux  d'Hercule  renou- 
velés par  les  prétendus  faullâites  , félon  le  P.  Hardouin , pour  ruiner 
les'  anciens  monumens  firan^ois  , lombards , efpagnols.  V 1.  Inconlé- 
ouences  des  lettres  des  médailles  é l'écriture  couraïue , & de  la  fauHêté 
oe  quelques  chattes  il  leur  totalité.  Vil.  L'écriture  d'un  ou  de  deux 
fiécles  bien  conftatée , on  peut  delà  remonter  avec  certitude  aux  plut 
anciens  monumens  du  meme  genre.  ImpolTibilité  d'une  parfaite  imita- 
tion des  anciens  titres , ou  que  des  pièces  foufies  de  nouvelle  fabrique, 
& données  pour  très-antiques , ne  foient  pas  reconues  pat  d'habiles 
antiquaires,  atentifs  i fuivte  leiirs  principes.  Vlll.  Difcememcnt  des 
anciennes  écritures  non-feulement  polfible,maû  réel.  Grand  nombre 
«l'ancicru  originaux  fabriqués,  & confervés  neanmoins  depuis  bien  des 
ficelés  , fupofition  fans  vraifemblance.  I X.  Les  vrais  principes  du  dif- 
cemement  des  pièces  mis  i quartier,  les  autres  ou  rendus  fufpieâs  ou  in- 
fufîfans  i on  fait  tomber  dans  le  décri  tous  les  moniiiaent  de  l’antiqqité. 
, Objeélion  répondue»  Dépôts  publics , . où  l'on  a alilleidexpièccs  fauÎTes. 
Tome  IL  . c 


- ,:t_  X jA.  ft  T " ' 

C H A..P  1 T R E VII,. 


Travaux  enfftpris  par  Us  rpodfsmfs-t  ppur  itctOre  la  conoiffânee  des 
anciennes  écritures.  EJl-U  pojJihU  defixer  UfiUU  des  mjj:&  des  di- 
_ plomas,  même  amm  CharUme^  par  U coup  (T-eM^par.  ks  püeet. 
de  cemparaifon^  par  la  forme &Xefpèce  4e  leurs  dcritufes  t par  leurs 
tireonJlaitces  & Uars  acceÿôires  , ^ User  combincdfon  nci^oquef  Jji 
réunion  de  tous  les  moyens  de  juger  ^-elU  nécefpùre  f Suj^-elie  tou- 
jours ï pag,  J74! 

1.  Diflitiftion  «ifée  des  éaimm  aiw:icnn«s^iBC:«6<l^  -P«it\on 
fixei  le.fiède  vi  Répoufe  «1  mMquis  li„L’imitaHon  «t  lfan- 

ûenne  édinjre  pu  de*  copiAes  poÛctieurs , read'telkk  &»uion  de  l’age 
de  plidieurs  mlT  extrètnement  dificüe  îPeuMn  affignerie  ûèele  de  ceux 
qui  ont  plus  de  mille  ans  > 111.  Coup  dœil  de  l’aimquaire  décide  ordi- 
nairement avec  fuccès  de  l’age  dev anciennes  écritures.  IV.  Mil.  & 
diplômes  ektés  fournirent  des  pièces  de  comparufon  , pour  juger  de 
ceux  qui  ne  le  font  pas^Ces-dates  ne  doivent  pas  être  admifes  fans  exa- 
men. Pu  quels  fignes  s’elTute-t-on  de  lage  des  mlT.  hébreux.  V . Moyens 
de  M.  Mafféi , infufifans  .pour  teconoitre  le  üccle  de  réeriturça  ceux 
de  Cafley  réunis,  fervent  à le  découvrir  : ifolés , ils  n’y  parviennent 
pas  furement.  VI.  Quels  font  les  moyens  diftingués  de  l’éctitute , pour 
juger  de  l’age  des  ancien»mlT.  jXe  jilus  ou  le  moins  de  changemens  de 
lettres,  de  folécifmes  & de  barbariOnes,  VU.  Velin  très-mince , lignes 
tirées , points  perçans  , alinea,  mlT.  catéSi.colones.'VUl.,Stiques  ou 
wotfets  : divifion  des  livres  faints  en  chapitres  : indices  des  paflages  de 
l’£ctiture  : tang  des  Evangcliûes  cliaogc  : S.  Luc  apelé  Lucanus  .•  ufa« 
de  la  vetfionitalique  i titre  de /a/nt  ûmeimé.  IX. indices  de  l’age, des 
anciennes  écfitnres  , tirés  ■ des  citcotdWcs  qui  ic*.  accompagnent  ; 
nonduation  verfets , continuité  de  l’écriture , intervales  entte  les  mots , 
^ints  fut  les  i , ancienoeimaiW»tc  d’éoriieksoiueun.,;lcs<livres  lacrés 
& lesiadesi  X ÀbteviacioBS  fmgoUetcs , Cgfes/cgquentes  .miiiialcs  des 
mures  j;plac»s  des  conjondions  dcilçtues,  fignuures , feclames.  XI. 
^yen»  tirés  de  l’éoficute  meme  , pour.jugetrde  fou  âge.  Xil.-ElLil 
impoHiisle  dodifcemer  auquel  des  ix.  x.  xi'.dîèdes  .apameanent  les 
a*î.  copiéscdepuisi’an  Üoo,  julqu'en  ixco.iMsOTiles  fut  l’âge  des 
mff.  oD  B'cn  peuc  ôcn  coaclute.  XUl.  On  ji»e.ae  loge  dca-mU. «par 
Jts «haïtes  ,-^c  de  eblui  des  chartes  par  lesrmlT. 

CIH  A P I T R E VJII.-  . 

, Combien  il  fut  dificiU  en  tout  tems  funoae  dans,  les  bas  _^cUsj.de 
.lire  les  plus  anciennes  écritures.  Cette  difictdté  amfiatée  i depuis  i 
Ki;*i  fièelc  prouve,  f antiquité  de  leur  exijlence.  Juconveniens.  nés  de  la 
.■  npeine  y que».  auoitèii.dechtfrer  ces  vieux  nwmaaeos.-</irt- d'écrire  en 
...  .emaéunemsipeu  tuUné  , ignoré  du  ammupdet^laiques  , des  >graak 


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DES  a M:M;'A  TR  E S.  snmr 

' mémtt,  G ^ti^efbit  dis-gouif^fe-.  Qudles  m fifent  tes  fitiie» 
Ceean  a.t-H  Jamais'erfft  d'érre  en  vigaaa-f  Jufqtt*à,quei  j>oiu'.s?.^ 
U mmiatenu  dans  tout  ksfiieUt  ? Ritabüffiment  desjignai^,.à  /ro» 
portion  qae  U nomkrt  deceast-y  qui  furent  écrire  fe  rmiltijdia.pt 

L Gcandccdificultér  (ie<üre  le*  ancnnnes  éctitnns  poui^lear  contem» 
por.iins , pki»  grande  pour  lei  itècle»  pofléheuie  n’a  é^é-ionnotnéev 
que  long  tcfnt  aprèr  I»  renaUTimoe  des  letttet.  Cooféqueneee  dr  cette 
ificolte^,  par  raeoit  aux  tnC  & aux  chartes , dont  les  otigkuna.  Ibnc 
petdur.  H.  L'arr  d'éctire  eftimé  des  Romains  : les  fenateurs  Sd  leeeCdare» 
lecnkiwnt;  le*  barbare» le  négligent , par  une  fuite  de  leur  m^is  pour 
Icsletttes.  llli  Roi»rteine$  , empereurs  , qui  ne  raxoienrpaeccnnii' 
Chademagne  ëtok-il  de«e nombre  ? Aunes  rois,  princes^  grands , à 
quiracrd'écnre-fur  (Onjoacsineonmi.  IV.EdélUfti^acsqai  neiaetiienc: 
pasdcrire-,  oaqnimc  ctognoient  pas  ligner.  V.  EroK41-d'iilàge!de  hiire 
dam  Ict-aâes  publies  St  privds  tm  aveu  Iblennel  de  fon-  tucapacitd 
diëcrirerDiplonNS'difëiens,  oàla  fignature  des  rois  mënmnmeas  ëroic 
n’ëtoirpa»  emploiëe;  VL  Contnts  fans  écriture  ; on  y fiiplée  par  les 
insefticaret<,  1er  ferment , les  duels , les  notices.  Moines  8s  clercs 
drei&m  pieft|ue  coHSilesaâes.  VU.  Eh  vert  moyens  de  IMéer  aux 
fignanint , en<fiteeurds  ceuxqui  ne'&voMne  pasécriie.>Seurcnptions 
pourtdVwmrt  fueaux , témoins,  croix-,  mamueev  monogramet  avec- 
des  eftampiUésea'lamesen'reiwNnrlieu,  Viii,  Art  d'écrire  non  rota-’ 
letnent  étranger  aux  laïques  dans  ro«  les  tems  : par  quels  degrés  il  fc 
renouvella  parmi  eux.  Un  en  peur  juger  par  le  progrès  du  récablulèmpac 
des  fignatures.  • '■  ’ 

-n  . e H A- ÏM<..T  RiÈ  -IX.  ■ 

' . ■ . . j ' 

yérification  des  écritures  r à-  quetUs-  marques  râteneU-m  leur  vérité  tnt 
leur  fcaifprté  f ‘Concours de  fous  les  oaraSireSy  queiquefirâ , mais  pat 
toujours  nécefpùre  : fujrériorké  de  la  preuve  par  éetif  fur  toutes  Ut 
autres , & notamment  fur  ceüe  par  comjraraifon  d écriture  : reconoif- 
fance  de  la  figncuure  jrarticipe  à-cef  avantage  : incertitude  de  la  jrreuve 
par  comparaifon  y fon  infufifance  y furtout  en  matière  criminelle.  Quel- 
ques difirences  entre  Us  Urieures  ne  prtntveat  point  qu'elUs  frient  dé 
à^irentes  jrerfrnes.  QiteUe  drilM  jrtut-ort  fr  promettrr*dervérifita- 
tions  d'écriture  / A qui  cet  office  apartieru^  , G quelU*  dldpent  être 
Us  qualités  du  vérificateur  ? Nécejfué  du  recours  aux  antiquaires  , par 
raport  aux  anciennes  chartes.  Ufrge  des  pièces  de  comparaifon  : ne 
point  outrer  Us  jsréjugU  coutre.  kuvMté  eût oMiens  titres  G des  o3es 
récqns..  Divers  moyens  pour  déeouurir  iet  artffiaes  des.fiofjfritqf^  juf- 
quk  quel  point  jseue-onyt  compter,  f Que  doitttn  conclure  de  Iqdi- 
fércnce  ou  de  la  conformité  de  fie'ncre  ? jmg.  4}>. 

. 1 :lj  . „ii.  ■ , >.i  f 

I»  Jttfqu'iifasf^pmMy  iaro  dikhuéfirox,  uti  afte  doit-i|>(»n« 
-tredire'i'inftoirB,pes'ta  Aro£rmeeinpanbilkédes'Eii(s',  foiravec'laiduev 
À»de  oelle-<ù  avee  (atviatuvaof  iDtMsdlieudkH  •otcntiqMSÿ'dTdiH 

ev 


Twtvj  ^ T 'A-  ' B t E"  ’ ' 

nairemenf  préférables'  à celles , fournir  Thiftoire.  1 1.  Concom^  de 
tous  les  caraâèrcs  contraires  ou  tavorables  J pour  juger  delà  vérité  ou 
de  la  faulTeté  des  aétes  anciens  :fentitnent  de  D.  JViabtllon  mal  expofé 
par  quelques  auteurs,  réduit  i fa  jnl^e  valeur.  lll>  Force  de  la  preuve 
par  &rit  : croît-elle , ou  décroît-elle  par  la  mort  de  fes  auteurs  ? Parmi 
les  preuves, .celle  par  comparaifon  d'écritures  n’a  de  fa  nature,  que  le 
dcrrder  rang.. IV.  Reconoiîrance  de  l’écrirure,  fupérieure  à toutes  les 
vérificatians  : à quelles  conditions  admet-on  la  preuve  par  comparaifon 
d’écriture  ? Examen  des  titres  diftinguéde  leur  vérification.  V.  Partage 
des  JC,  fut  la  preuve  par  comparaifon  d’écritures  : fon  incertitude  , font 
infuEfance  en  matière  criminelle.. VI.  Utilité  de  l’art  de  vérifier  : juf- 
qu'où  va  quelquefois  fa  certitude.  VII.  Qui  font  les  vérificateuis  ;• 
quelles  doivent  être  leurs  qualités  leurs  talons.  VllI.  Js’écefliré  d’avoir 
recours  aux  antiquaires.,  ^ur  la  vérification  des  écritures  antiques.. 
IX.  Contralle  de  la  capacité  de  l’antiquaire.  Si  drl’iacapacité  du  maitrei 
écrivain,  pour  juger  des  ancierts  titres.  X.  Pièces  de  comparaifon ,. 
quand  inutiles  ou  néeelfaircs  : avec  quelles  précautions  doit-on  s’en> 
fervirîXI..Y  a-t>il  plus  d’aâes  faux  ou  fufpeéls , que  de  véritables? 
Quels  font  ceux  dont  ou  dcùt  futtout  fe  défier  5 L’expert  déclaté  pour 
le  titre  ancien  plus  croyable  que  celui  j qui  le  réprouve.  XII.  Moyens- 
pour  découvrir  les  artifices  des  fau/Taires.  XllI.  Anifices  des  faullaires 
relatifs  à lacontrefaéhon,par  relTemblance  d’écriture  : moyens  emploiés' 
par  les  experts,  pour  difeerner  les  faulfes  écritures  des  véritaÛes.  X 1 V.Di- 
férences  entre  les  .fignatuies  de  la  même  perfone , ne  prouvent  pas  que: 

' l’nne  ou  l’autre  , ou  toutes  les  deux  foient  faulfes  : lincérité  des  ligna  • 

rures  du  roi  Thierri  111.  Si  du  référendaire  Wulfolaecus.  XV.  Caraélè- 
res , félon  les  expeco  ,.  d’écritures  vraies-  & fauHês  : en  font-ils  vérita- 
blement diirinéUfs  î Air  de  l’écriture , leur  demiere  relTource , rarement 
décifif.'XVl.  Difétence  & conformité  d’encre  : qu’eia  peut-on  con-, 
dure  fur  j’agp  des  pièces , pour  ou  contre  leur  vérité  î Uniformité 
d'encre  prouve, qu’une  pièce  n’eft  point  decliféreos  tems. 

C H.  A P 1 T.  R E X.. 

-• 

Ecritures  UttitUi  ; 'leurs  -notions  générales  caraSérijliques  : leurs  difiàtc- 
. ■ tiens  & do>i/îons  : Uuf  nomenclature  , leur  deÇcnpàon  , leur  origine  j 
> ' Uur.aaeiquiléj  (eur-iufage  ét.  leurs,  révolutions,  pag.  479.,_ 

A.  R.  T 1 c i E 1. 

Oioifiens  &■  notions  générales  des  écritures  ■;  leur  defcenddnce  : matières  .. 
•\;a\  ' fpécialement  deflinées  k -la  majufiùle  , là  minufiule  & la 
-■Al  V»  V..  vn,..,',.,  - emtfive.  pag. 

-•  - • 

I.  Panage  des  favans  fur  l'unité  & la  multiplicité  de  l’écriture  ro- 
maine-: c^k<les  tnanuicrits  & des  diplômes  traitée-de  barbare  an  xv*. . 
Çàde  : divifion/des écritures  .avant  D.Mabillon  : fan  fyftème  combat» 
ê py^M^Mafféi.;  le»  4à>ginûiatj»iia, dw- ccôtaie»  nationales  duiveM.-.- 


DES  SOMMAIRES.  xxrcvij 

idlës  être  banies  du  langage  î 11.  DiviCoii  des  écritures  en  majufcule  , 
minufcule , curfive  & mixte,  propoféc  par  M.  MàfTéi.  Eft-elle  récevable 
& fans  ineonvenient  J 111.  Divifion  des  écritures  en  lapidaire  & mé- 
tallique , en  écriture  des  mlT.  & en  celle  des  diplômes.  Inconveniens 
des  autres  divifions  dans  l’exécution  de  cet  ouvrage.  IV . Quelles  font 
en  général  les  écritures  majufcules  , minufcules  , curfives  & mixtes  > 
Leurs  vraies  & faulîès  notions.  V.  Comment  font  nées  les  dîférentes 
écritures  : leurs  qualités  elTèntielles  & accidentelles,  fervant  à produire 
fie  à diftingner  leurs  genres  fit  leurs  efpèces.  VI.  Quel  ufage  fir-on 
des  écritures , fit  fur  quelles  matières  les  employa-t-on  î Julqn’à  ouel 
point  fie  à quel  tems  furent-elles  reçues  fur  les  matières  , qui  ne  leur 
étoient  pas  fl  particulièrement  réfervees  î 

Article  II. 

Notions  diJUn3ives  & caradérijliques  des  diverfes  fortes  tf  écritures  ma- 
ju feules  : leur  nomenclature  , leurs  définitions  & deferiptions  ;■  leur 
état  y leur  ufage  dans  les  inferiptions  y Us  mjf.  & les  autres  monu- 
mens.  pag.  497. 

S.  h 

Capitali  antique  & moderne  : fes  principales  efpeees.  /«.49  s. 

I.  Quelle  eft  l’écriture  capitale  î Source  de  fes  genres  fit  de  fes  efpèces. 
II.  Divifion,  nomenclature  ^ fit  defeription  des  diverfes  écritures- 
capicalcs. 

«.II. 

Eeritare  onciale,  pag.  yotf.' 

r.  Quelle  eft  l’écriture  onciale  : difere-t- elle  de  la  capitale  } II.  Ecri- 
rnre  onciale  confondue  avec  les  autres  .*  noms  qui  lui  ont  été  donnés  : 
fes  efpèces.  111.  Quelle  étoh  l’onciale  de  S.  Jerôme  , félon  Calley  M 
Cet  auteur  a-t-il.  eu  raifon  de  nier  l'exiftence  de  cette  écriture.}  IV^. 
Ufage  de  l'écriture  onciale  : fa  durée  fit  fa  fin. . 

Article  111. 

Etat  de  t écriture  majufèuU  y confiderée  dans  fes  principaux  genres-, 
depuis  Us  premiers  tems  y jufqu^à  la  renaifiance  des  BelUsAettres  y 
au  XV.  fiècU.  Coup  d’ail  des  révolutions  de.  toutes  Us  écritures 
latines,  pag.  514. 

I.  Hiftoire  de  l’écriture  antique  des  Romains  ; deux  fortes  d’écritures 
majufcules  ou  capitales  du  fiècle  d’Augufte , l’ancienne  fit  la  nouvelle  : 
monumenrde  la  première  ; elle  fe  divife  en  irrégulière  fit  ruftiqufl  : 
en  r&uliète  fit  polie.'  1 1.  Quelle  étoit  la  double  épiture  ancienne  ; - 
perpewté  de  la  ruftique.  111.  Ecriture  capitale  ruftique,  ou  plus  fim- 
ple  fit  négligée , employée  dans  les  mfT.  IV . Belle  capitale  , fa  forme , 
fes  commencemens , fes  principales  efpèces , durant  te  haut , bas  fie 
moyen  empire  : préfages  de  fa  chute.  V . Décadence  de  toutes  les  ef- 
pèces der  capitales  romaines.  VL  Coup_  d’œil  des  révolutions  de  toutes-' 
Irii  ioinues  latines.-  . ^ 


-xxxviij 


TABLE 

CHAPITRE  XI. 

Ecritttres  gravées,  empreintes,  tracées  <m  peintes  fur  les  métaux.  Ut 
marbres  , Us  pierres,  t ivoire  , les  vafes  de  terre  ou  de  vent , 

Us  briques , la  cire  &c.  pag.  5jj. 

I.  Néc«flité  de  tcûrer  det  écritures  métalliques  & lapidaires.  IL 
Aâes  publics  ^ particuliers  fut  les  marbres  & les  métaux  : infcriptione 
«nvifagées  comme  des  archives  publiques  : néceUitc  de  les  biui  consi- 
tte^  pour  en  faire  le  difcememenc. 

Article  I. 

Ecritures  capitaUs  lapidaires  & métalliques , fans  mélange  de  Uttres 
onciaUs  , minufcules  & curfives  x première  Divijîon.  Ecriture  étrufque 
p-éeurfive  de  la  romaine  antique  .*  pUuuhes  XXIV.  xxv.  XXvi,- 
XX  vu.  expliquées. p.  557. 

«.  L 

Ecritures  primitives  des  Etrufques  , Latins  & Romains.  Explication  de 
la  planche  XXIV,  où  font  renfermés  Us  premier  , fécond , treÿîè- 
me  & quatrième  genres  de  la  première  claffe  , & delà premUrt  di- 
, vijîon  des  écritures  lapidaires  & métalliques,  pag.  558. 

1.  Ecritnte  primitive  des  Etrufqnes , ou  Tofcans , mère  de  la  romaine. 
11.  Ecriture  latine  antique  dérivée  de  l’étrufque.  III.  Ecriture  ruftique 
née  de  la  plus  ancienne  des  Latins.  IV.  Ecriture  à traits  arondis  parles 
i>outs.  V.  Ecriture  inclinée  en  divers  fens. 

S.  I I. 

Explication  delà  planche  X XV . renfermant  Us  cinq  ,Jbe  & feptiéme  gtnreu 
des  écritures  latines  , tirées  des  marbres  , des  piares-,  dex 
métaux,  6c  pag,  f6s, 

I.  Eaiture  élégante , dilHnguée  pat  les  bafes  & les  fommets  de  Tes 
caraâères.  H.  Ecnn^  en  petites  capitales  i bafes  Sc  fommets.  III.  Ecri- 
ture capitale  ordinaire , dont  les  bafes  & fommets  nailTent  dn  coips  dn 
lettres.  IV.  Ecriture- i trian^,  coins  & angles  faiJlans  & retRtans. 

ç.  1 1 1. 

ExpUcation  de  la  planche  XXVI.  pag,  ftf. 

K Bcritnt^ètraits  làperflus , brifés , en  (orme  de  cornes  dcc.  U.  Ectî. 
nse  capitale  à traats^  obliques  dxcedens  & courbes. 

«.  IV.  . 

Elanché'e  XXvii.  expliquée,  pag.  594. 

E Bvritutb  ntëlét!-de  iemet , donr  lès  jambages , les  traverios  6t  lev  ' 
bifetf  oudes  fommets  paroilTeni  coocbes.  11.  Ecrictuc  en  putes  ktoes 
capitales  . conjointes  &:  enclavées. 


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P .E  s -S  O M M A m E S.  xxi^K 

' A k T I c :i  E 11. 

' Ecritures  apitoies  miUes  de  lettres  oaciaUs  ,,mmifcHUsj  -mjfives.t 
renverfies  ; de  lettres  grèques  é*  barbares.  Seconde  dtvijion.  Explica- 
tion des  pUxnchesvingt-JuùtyVingt-neuf,  trente  & trente-unie  me.  p.  607. 

- • ■ «,  I. 

Planche  yingt-hukiéme  contenant  le  premier  St  jècond,genre  des  écritures 
capitales  mélangées,  pag.  608. 

’I.-MêI#nge  d’écriture  onciale  avec  U capitale.  II.  Ecritiues  capitales 
-«iêWearie  lettre*  minufcoles. 

4-  U. 

.Ecriture  curfive  che\  les  anciens  Romains  , confiatée  par  les  infcriptions  ; 

' planche  vingt-neuf,  renfermant  les  trois  ^ quatre  , cinq  & -fixième 
genres  de  la  fécondé  cUvfion.  pag.  (Su. 

I.  Ecritoie  majuTcule,  lapidaire  & métallique,  mêlée  de  cur^ve  : , 
infcription*  totalemenr.«n  ce  cataâire.  ll.  Ecrinice  toucnée-dans  des 
fens  contraires  d Tapolition  naturelle.  III.  Ecriture  irr^aliète  dansia 
' forme  , ou  la  poficioa  de  fes  lettres.  IV.  Ecriture  ^mélaugée  de  letcies 
grèques  & latines. 

S.  III. 

Ecritures  capitales  mêlées  de  lettres  réputées  barbares  ^;hétérocUtes  , 
grèques  y .enclavées  , conjointes  &c.  Explication  de  la  planche  XXX  ^ . 
renfermant  les  feptième  & huitième  genres  de  la  fécondé  divifton.p.  641. 

I.  Ecriture  nielee  de  lettres  eftimécs  barbares.  II.  Ecritures  encla- 
vées , coojointes , irrégulièseirienc  cUrpofées , hétéroclites  &c. 

' ■ S.  IV. 

Mélanges  des  lettres  oaciaies,  tninufcules  ^’cur/îves , avec  les  capitales 
enclavées  & conjointes.  ExpUtatian  de  la  planche  XXXI.  contenant 
le  IX'.  genre  de  la  fenoade  Dùtjfitm.çPfg. 

1.  Ecritures  enclavm»;tt3(SMV>.4iifcl*^  lettres  onciales.  II.  EcrU- 
mies  enclavées,  ft  miili'i  ridniifnilr-  & cuihves. 

ifc  111. 

Ecriture  gothique  modernè-i^f^iaittions  , fon  origine  , fes  commen- 
cement, fon  progrès^  fa  duéle fes  genres  & fes  efpèces.  J il*.  Di- 
vifion  de  la  claff:  des  écritures  lapidaires  & métalliques,  p.  6 
I.  Quel  efi  le  caraâère  gothique,  &.d'où  lui  vient  cette  dénomi- 
uation  } Ses  commencemens.  1 1.  Comment  le  gothique  moderne  s’eft-  - 
il  formé  ; Sources  diverfes  de  ce  caraâère.  III.  Progrès , diftinâions, . 
ufage,  durée,  &.  abolition  du  gothique  majufcule  & minttfcule.  ■ 

S.  1. 

Gothique  métallique  & lapidaire  en  forme  majufcule.  Explication  delà  ' 
planche  xxxii'.  où  font  repréfentés  les  cinq  premifrs  ggtires  dé  Ida 
des  éeriairts  eapitaies.  pag.  .6C6,. 


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xl  TABLE  DES  SOMMAIRES! 

I.  Commencement  du  gothique  modetme.  1 1.  Progrès  de  cette  écn- 
ture.  III.  Ecnture  capitale  i demi-^othiaue.  1 V.  bcntures  capitales  > 
où  le  gothiqae.eft  domiftAHt.  V.  Capirate  parement  gothique. 

i.  II- 

Suite  de  lapremiire  Subdivijion  des  dentures  gothiques  : explication  de 
la  partie  de  la  planche  xzxiii.  où  font  renfermas  les  VI,  ^ vil*, 
genres  du  gothique  majufiule,  pag, 

L Ecritare  capitale  gothique  malEve.  1 1.  Ecritote  gothique  .capitale 
ineguliere , ou  plus  barbare.  111.  Ecriture  gothique , .melce  de  lettres 
maj^cules  K tmnufcules. 

— <■  III. 

' Gothique  mintfcule  ^ & outra  icritura  contemporaines  , lapidaires  St 
métalliques,  ü'.  Subdtvijion,  Explication  de  la  fécondé  partie 
de  la  planche  xxxiti.  pag,  68^7 

I.  Ecriture  en  pur  petit  roroaio.  II.  Ecriture  en  petit  lotnain,  melie 
^le  majufcules  & de.cutfives.  III.  Ecriture  minufcule , mélangée  de 
gothique.  IV.  Ecriture  minufcule  à demi-gothique.  V,.  Ecrinue  nù- 
nufcule  purement  gothique. 


’ " TABLE 


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TA  BLE 


DES  PLANCHES  DU  TOME  IL 


Planche  XVII.  repréléntant  l’écriture  lombardique 
marquetée  , la  vifigothique  capitale  ornée  de  fleurons  , 
la  franco-gallique  ou  mérovingienne  de  lettres  capitales  en 
broderie  à filigranes  , avec  un  alphabet  de  lettrines  brodées 
de  la  meme  écriture.  Page  88. 

Planche  XVIII.  contenant  un  modèle  d’écriture  faxone 
en  grandes  lettres  dracontines  , mélangées  de  capitales*, 
d’onciales  , de  demi-onciales  & de  curûves  j avec  aeux  al- 
phabets Taxons  j l’un  de  lettres  initiales  ferpentines  , tirant 
fur  l’écriture  curfive  ; l’autre  de  lettres  initiales  , capitales , 
onciales  , demi-onciales  , perlées  , dorées  , argentées 

pag.  114. 

Planche  XIX.  Alphabets  de  lettres  à figures  d’hommes  , 
de  quadrupèdes  , d’oifeaux  ; de  poiffons  , de  ferpens  , de 
fleurs , de  fleurons  &cc.  tirés  des  anciens  mfT.  p.  lao. 


Planche  XX.  Alphabet  général  des  lettres  latines , tirées 
des. ombres  , des  tables  de  bronze  , des  .médailles  , des 
fceaux  & . autres  madères  dures  , depuis  la  fondation  de 
Rome  ou  environ  , juTqu’au  xvi®.  uècle  dè'  l’cre.  chré- 
denne,  ' v;  j ; - '•‘’pàg.  312. 

•\'*l  <■  ■'»  - * 

Planche  XXI.  Alphabet  général  des  lettres  capitales , on- 
ciales ,'ihaju(cules  gothiques  des  manufcrits  ,^àvec  quelques 
caraâèrès  minufcules  & cûrûfsV  furtout  "de  ceux  qui  Te  gliA 
foient'^ciénnement  dans  récricâre  onciale  j pag.  332^ 

t-"  1 f • 


Pl^cl^  ^X  ^1,1.  Alpfiabçt  général,  [des  lettres  latines 
Tonte  ai  ■/ 


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xlij  -•  DES.  PLANCHES. 
minu(^es  & curfives  avec  quelques  onciales  , depuis  les 
premiers  ficelés , jufqu’au  xvi  i®.  toutes  tirées  rcfpeétivemenc 
des  nilT.  romaios  , îombardiques  , wifigochiques  , iâxons , 
gallicans  , mérovingiens , allemans , carlovingiens , capétiens 
& gotlwques , — - pag. 

Planche' XXIII.  Parallèle  a^habéti<^e  des  lettres  majuf- 
cules  , minufcules  8r  curfives  des  nations  d'Europe  du  rit 
latin  . propres  de  leurs  diplomes  ou  chartes  ,.diftribuées  pat 
nombres  correfpondans  & par  ficelés,  depuis  fe  iv*.' jufqu’au 
XVII®.  ou  alphabets  généraux  des  lettres  curfives  d’Itdie  , 
de  France  , d’Allemagne  , de  la  grande  Brétagne  & d’Efi- 
pagne,  pag.  340. 

Planche  XXIV.  Ecricutes  primitives  des  Etrufques , La- 
t'ms  & Romains.  Première  clafTe  , où  font  renfermées  les 
écritures  latines  lapidaires  , métalliques  &c.  i.  1 1.  1 1 1. 
IV®.  genres  avec  leurs. foudivifions , pag.  539, 

Planche  XXV.  Ecritures  latines  ou  romaines , renfermant 
les  V.  VI.  & vil®. genres  de  la  première  divifion  des  capi- 
tales , fans  aucun  mélange  d’onciales , de  minufcules , Sc  de 
curfives  ; tirées  des  maires , des  bronzes  Sc  des  médailles 
&c.  pag.  j6i. 

Planche  XXVL  Suite  de  la  première  claflb  des  écritures 
lapidaires  Sc  métalliques  6cc.  où  fe  trouvent  renfermées  les 
diverfes  efpèces  du  vi  1 1®.  genre  de  capitales  à traits  excé- 
dons âcfupetflos,  pag. 

Planche  XXVU.  Genres  ix.  & x.  de  la  première  divi- 
fiqn  des  écritures  lapidaires  & métalliques , ou  font  renfer- 
mées les  infcflptions  en' pures  capitales  , extraordinairement 
courbées  , enclavées,  Sc  conjointes,  pag.  594. 

Planche  XXVIII.  Seconde  divifion  de  la. clafTe  des  écri- 
tures lapidaires  & métalliques  SCc.  renfermant  le  i.  &le  ii. 
genre  des  lettre;  capitales,  mêlées  d’onciales  Sc  de  minuf' 
cules , ' ' pag.  tfo8‘. 

Planche  XXIX.  Genres  ni.  iv.  v.  vjT.  de  U fécondé 


TABLE  DES  PLANCHES.  xliij 
Divifion  des  écritures  lapidaires  & métalliques  , contenant 
des  infcripcions  mélangées  de  lettres  curfives  , renvetfées  , 
couchées  , tranfpofées,  irrégulières , grcques,  pag.  6it. 

Planche  XXX.  Genres  vi  i.  & vi  1 1.  de  la  fécondé  di- 
vifion des  écritures  lapidaires  & métalliques  , où  font  com- 
prifes  diverfes  infcriptions  en  capitales  , mêlées  de  lettres 
barbares  , hétéroclites  , grcques  ; enclavées , conjointes  , ir- 
régulièrement difpofées.  pag.  641. 

Planche  XXXI.  Suite  de  la  première  clalTe  des  écritures 
lapidaires  & métalliques , contenant  le  ix*.  genre  de  la  fé- 
condé divifion  , où  l’on  voit  les  mélanges  des  lettres  onciales, 
minufcules  &c  curfives  , avec  les  capitales  enclavées  & con- 
jointes , pag.  ^ J a. 

» 

Planche  XXXII.  Troificme  divifion  des  écritures  lapi- 
daires & métalliques  , contenant  les  cinq  premiers  genres 
de  majufcules  gothiques  modernes  , où  l’on  repréfente  le 
commencement  , le  progtès  Sc  le  règne  de  ces  caraâères , 

pag.  667. 

Planche  XXXIII.  Suite  de  la  première  fubdivifion  des 
écritures  gothiques , contenant  les  plus  malfives  , irrégulières 
&:  mélangées , tirées  des  métaux  6c  des  marbres,  ii*^.  Sub- 
divifion  renfermant  la  minufcule  gothique  & les  autres  con- 
temporaines , lapidaires  , métalliques  6cc.  p.  68a. 


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nouveau 


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CiuJferic  a/imir  ^tutin  a l <iif*ntihfi  l*ihn  Cr^.  Tm^^- 


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I 

NOUVEAU  TRAITÉ 


DIPLOMATIQUE. 


SUITE  DE  LA  SECONDE  PARTIE , 

Où  l’on  continue  de  donner  Us  éUmens  de  cetteS cience, 

Ous  avons  fini  le  précédent  volume  , en 
remontant  aux  fources  , d’où  les  lettres  font 
émanées  : nous  les  avons  vu  le  partager  en 
divers  canaux  , & le  répandre  d’abord  lùr  les 
contrées  les  plus  proches  de  leur  origine.  Nous 
alons  voir  dans  celui-ci  les  progrès , qu’elles 
ont  faits  vers  l’Occident  , comment  elles  en  ont  renouvelé 
toute  la  face , combien  elles  s’y  font  multipliées.  Oublions 
toutes  les  écrimres  du  monde  , pour  nous  ocuper  de  celles 
Tome  U.  A 


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s NOUVEAU-  TRAFTÉ: 

d’Europe.  Atachons-nous  particulièrement  aux  Latinei  : ellèt. 
nous  font  propres , & nous  intérelTent  par  une  infinité  d’en- 
droits.. Suivons  les  depuis  leur  naiffance  jufqu’à  nos  jours  , 
fous  toutes,  les  formes  , qu’elles  ont  prifes  , dans  toutes  les  - 
révolutions,  qu’elles  ont  éprouvées  : nous  ferons  dédomagés- 
des  travaux  inconcevables  , où  il  a falu  nous  eng^er  , pour 
débrouiller  ce  calios  ; fi  le  Public  en  recueille  des  fruits  , qui 
aient  quelque  proportion  avec  nos  peines.  Sans  parler  de  bien 
d’autres  avantages , qui  fe  feront  fentir  dans  la  fuite  ; le  génie 
des  écritures-,  & la  figure  des  lettres  ne  feront  pas  d’un  petit 
fecours , pour  découvrir  le.tems  de  la  plupart  des  manufcrits. . 
L’utilité  des  obfervations  , qui  fixent  l’age  des  écritures  par 
leurs  caraébcres  fpécifiques^,  éclate  encore  plus  à l’^ard  de  cer- 
tains ficelés  , où  il  étoit  rare  , que  les  dates  ftifT^  apofées- 
aux  chartes.  .Mais , quand  il  s’agit  de  pi^cs  fauflèis  ou  fufpeéfes^ . 
c’eft  alors  fur-tout  que  le  caraûère  des  écritures,  avec  toutes, 
fes  circonftances , fournit  à la  critique  les  armes  les  plus  vio- 
oorieufèst 


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1 


DE  DIPLOMATIQUE:  f 

II.  PARTIE. 

SfcT.  ni. 


SECTION  III. 

Lettres  Latines  , leur  origine  , leurs  formes  , leurs 
tranfmutations  : alphabets  généraux  : divifon  de 
nos  écritures  par  cl^es  y genres  , ejpèces  : révolu- 
lions  quelles  ont  effuyées  en  divers  pais  , en  difé- 
rensjiècles  : quels  effets  & quelles  variétés  ont 
produit  les  liaijons  & conjonaions  des  lettres  , les 
abréviations  des  mots  ? Ufage  des  fgles  , des 
notes  de  Tyron  & autres  Jignes  : recherches  Jiir  les 
nombres  ou  chifres  y fur  la  ponSuation  , les  accent 
& certaines  figures  , qui  entrent  dans  l'écriture  , 
qui  lui  fervent  d’ornement , & qui  concourent  k 
■ déterminer  le  fiècle  , auquel  elle  apartient  : prin- 
cipaux avantages  , qu  on  peut  tirer  des  matières 
traitées  dans  la  préfente  Jeclioa, 


Ne  laifTons  pas  tout-à-falc  en  (ufpens  l’efiirlt  du 
leâeor  fur  les  détails  , auxquels  il  faudra  (e  prêter 
touchant  l’origine , la  forme , & les  tranfmutations 
des  lettres.  Ces  claffes , ces  genres,  ces  efpcces  d’écritures  , 
qui  vont  l’ocuper  dans  la  fedion  , où  nous  entrons , lui  pré- 
lenteront  des  images  & des  fyftcmes  d’un  goût  & d’un  en- 
chaînement fi  nouveau  ; qu’il  pouroit  croire  n’avoir  rien  vu 
de  pareil  dans  les  monumens  antiques  : quoique  tout  notre 
travail  en  ce  genre  fè  réduife  à les  copier  avec  choix  ,&  à 
les  ranger  avec  ordre.  Peutctre  meme  ferok-il  plus  étoné  , 
que  fatisfah  d’un  fi  grand  apareil  de  planches  & de  recher- 
ches ; s’il  en  ignoroit  l’ufage , 6c  s’il  ne  voyoit  pas , de  quelle 
importance  il  eft  , qu’il  ait  fur  toutes  ces  chofes  des  idées 


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II.  PARTIE 
St  CT.  III. 


4 NOUVEAU  TRAITÉ- 

nettes  & des  conoifTances  exaftes.  On  fe  livre  avec  phis  dd 
confiance  à une  leûure , dont  l’utilité  nous  eft  connue. 

En  attendant  des  éclaircifTemens  plus  aprofondis,  réfervés 
pour  les  endroits  mcines,  où  nos  anciennes  écritures  feront  dé- 
velopées  mifes  fous  les  yeux  du  Public  : nous  devons  fpé- 
cialement  lui  rendre  compre  des  raifons,  pour  lefquelles , au 
lieu  de  fuivre  l’ordre  des  tems , dans  l’arangement  de  nos 
modèles  ; nous  paroifTons  nous  atacher  à des  fyUcmes  , dont 
le  feul  nom  femble  devoir  aujourdui  mettre  en  garde  tout  le 
monde  contre  l’erreur  ou  contre  l’illufion. 

Notre  ouvrage  réimit  deux  méthodes , la  fynthétique  &: 
l’analytique.  Celle-cî^îon vient  particulièrement  à nos  derniers 
tomes.  En  y rapelant  les  formules  des  aftes  à certains  chefs  ; 
on  ne  laiflera  pas  de  procéder  à bien  des  égards  , félon  les 
règles  de  l’analyfe.  La  diplomatique  pour  lors  devenue  hif- 
torique  , fera  nécelTairemenr  alfujettie  à l’ordre  dcs  tcms.  Il 
n’en  ell  pas  ainfi  de  la  diplomatique  élémentaire , qui  fera 
le  fujet  du  préfent  volume  & du  fuivant , comme  elle  l’a  déjà 
fait  du  premier.  Elle  doit  principalement  être  guidée  par 
l’autre  méthode , qui  n’eft  point  ennemie  des  fylièmes  bien 
entendus.  11  eft  de  fon  efl'ence  d’envifager  le  tout  ;.  avant  que 
de  s’ocuper  de  fes  parties , d’arcter  fes  regards  fur  l’arbfe  en- 
tier, avant  que  de  les  porter  (ucceflTivement  fur  fes  branches,. 
& d'en  examiner  jufqu’aux  derniers  rameaux.  Ce  n’eft  qu'en 
ce  fens,  qu’on  peut  attendre  de  nous  des  fyftèmey.  Donner 
en  fait  d’écritures  de  l’ordre  à des  modes , à des  manières  ; 
des  Vues^  générales  defeendre  aux  paniculières  ; du  grôs  pa(^ 
fer  au  détail  ; voilà  quelle  eft  notre  façon  de  bâtir  des  fyC- 
cèmes.  Sous  ce  point  de  vue  , ils  n’ont  rien  que  de  très- 
innocent. 

Il  n’en  eft  pas  des  fyftèmes  de  littérature  , comme  de  ceux, 
de  phyfique.  On  ne  peut  manquer  de  s’égarer  dès  qu’on, 
veut  pénétrer  le  fecret  de  la  nature , dont  Ibn  auteur  s’eft. 
rélérvé  la  conoiftance.  Mais  réduire  une  fcience  en  fyftcme 
c’eft  en  faciliter  l’étude  à ceux  , qui  prétendent  s’y  rendre 
habiles.  La  phyfic^e  meme  , quand  elle  fait  fe  borner  à des 
fyftèmes  de  dénombremens,  à conftater  l’état  des  erres.,  leurs 
qualités  , leur  utilité,  leurs  raports  : loin  de  travailler  en  vain 
four  cette  vie  périftable  j peut  fervir  avancageulëxnenc  ai^ 


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I 


DE  DIPLOMATIQUE/  f 

feul  folide  & vrai  bonheur  de  l’homme.  Elle  fournit  des 
armes  à la  Religion , fait  admirer  la  fagelTe  du  Créateur 
dans  fes  ouvrages  , excite  dans  un  cœur  chrétien  les  plus 
vifs  tranfports  de  refpcél , de  reconoiflance  &:  d’amour,  pour 
cette  Majefté  bienfaifante  , qui  fe  fait  fentir  de  toutes  pans, 
& dont  les  perfeélions  infinies  font  peintes  jufquc  dans  les 
plus  foibles  produdions  de  la  nature.  Si  les  fyftèmes  & les 
hypothèfes  memes  de  phyfique  ocafionoient  des  fentimens  fi 
purs  ; ne  feroit-il  pas  jufte  de  fe  réconcilier  avec  les  uns  &c 
les  autres  ? Quand  les  fyllcmes  ne  meneroient  pas  fi  direc- 
tement à Dieu  : ne  fufiroit-il  pas  qu’ils  lui  fuflent  raportés  pat 
amour , pour  être  irrépréhenlibles  : puifqu’on  ne  fauroit  rien 
lui  raporter  de  mauvais  î 

Mais  fans  infifter  fur  la  fin  des  fyftcmes  ; à ne  les  confidé- 
rer  , que  du  côté  des  moyens  les  plus  propres  à faciliter  l’a- 
quilition  des  Iciences  : n’a-t-on  pas  réduit  avec  grand  fiicccs 
les  animaux , les  végétaux , les  minéraux  en  dalles , genres  , 
fou-genres,  efpcces  ? Quoiqu’on  n’ait  pas  encore  ateint  à cette 
précilion  , capable  de  fixer  la  Cngularité  &c  la  bifarerie  de 
certains  êtres,  qui, le refulènt  opimatrément  auxafibeiations, 
auxquelles  on  voudroit  les  agréger  : les  fyftcmes  plus  ingé- 
nieux les  uns  que  les  autres  , inventés,  pour  tout  aftujétir  à 
des  dénombremens  Icientific^ues , ne  laiüent  pas  d’avoir  leut 
mérite.  Leur  utilité  fe  manifefte  à proportion  qu’ils  apla- 
niftent  plus  de  dificultés  , qu’ils  fervent  a mettre  plus  d’or- 
dre, & d’enchaînement  dans  nos  idées.  Si  foqs  cq  coup  d’œil 
on, peut;  rédqirç  en  fyftcme  certaines  portions  des  ouvrages 
ou  Créateur  ;'on  pputà  plni  forte  raifon  y foumettre  ceux 
de^,créacures , les  diylfer  , les  fubdivifer  , en  décrire  .les  ufa- 
ges , les  goûts,  les  modes  , conformément  au  génie  de?  di- 
vefrs.fièdcs  Sc  des  diférentes  n^om.  Ce  que  l’on  peut  en 
géqéral,  par  report  4ux  fcîer»çe$&. aux, arts  ,.on  le  peut  en 
particulier  par  tapott  i' celui  d’écrire.  Il  n’en  eft  point  ^ qui 
ait  .porté  plus  loin  la  yariété  , qui  ait  plus  fouvent  diangé, 
de  forme , qui  ak  éprouvé  plus  de  viciftitudes.  Quelques  tra-t 
vaux  que,  de  trcs-habiles  gens  aient  entrepris  en  genre  ÿ 
tout  refte  encore  a faire  du  côté  de  la.  méthode.  Ce  font  dei^ 
matériaux  épars  , qu’il  faut  ralTemblet , pour^en  cqnftruirc 
^ édifice,. où  règne  l’ordre  , la  fymmécrie  Sc  l’unité» 


II.  partie, 

SsCT  lil, 


Digi  ^ ‘V- C-- 


Il  Partie. 

«ICT.  III. 


t NÔTTVËAlT  TRAltÊ 

Parmi  les  diftributions  diverfes  , dont  il  efl  ftifceptîble  ; 
nous  donnons  la  préférence  à celle  , dont  l’enfeinble  réunie 
plus  de  limplicité  6c  de  noblefl'e  avec  plus  de  coniodités.  On 
aime  mieux  tâcher  de  mettre  les  clafles  des  écritures  dans 
un  bel  ordre  , que  de  les  ramener  à des  idées  trop  fyftémati- 
ques.  Rien  de  plus  fimple , rien  de  moins  afeûé , que  la  dit 
tribution  de  nos  écritures.  Les  marbres  & les  bronzes  d’une 

{>art , les  manuferits  de  l’autre , enfin  les  aétes  & les  diplômes 
es  diviiènt  ,en  autant  de  clafles.  Ce  font  comme  les  trois 
régnés  de  la  nature  , où  fe  trouve  renfermé  tout  ce  qui  vé- 
gète , tout  ce  qui  vit , 6c  tout  ce  qui  refpire.  Ces  grands  ob- 
jets fixenr  tout  d’un  coup  les  idées  , fe  laiffent  faifir  fans  éfort, 
gravent  dans  la  mémoire  des  traces  profondes  6c  prefqu’iné- 
taçables. 

La  diftributlon  des  écritures  en  majufculcs , minufcules  6£ 
curfives  n’a  rien  de  fi  faillant.  D’ailleurs  chacune  d’cntr’elles 
(c  réproduit  Ibuvent  fiir  les  marbres  6c  les  bronzes , dans  les 
manuferits , dans  les  diplômes.  On  les  voit  toutes  concourir* 
plus  d’une  fois  dans  la  meme  pièce  , dans  la  meme  page.  A 
s’en  tenir  à cette  diftribution  ; le  paflage  feroit  fréquent  des 
marbres  aux  manuferits , 6c  des  diplômes  aux  bronzes.  De-lk 
naitroit  la  confiifioti  6c  le  défordre  dans  les  idées  : au  lieu 
^u’en  fiiivant  notre  méthode , tout  eft  à la  place,  tout  favo- 
rife  les  opérations  de  la  mémoire.  Nous  commençons  donc 
par  les  écritures  lapidaires  6c  métalliques  , nous  continuons 
par  celles  des  manuferits , nous  finilTons  par  celles  des  char- 
tes. Leurs  mélanges  enfrntent  des  fubdivifions , comme  leurs 
difërcnces  produiTcnt  des  genres  6c  des  efpoccs. 

Que  tout  y foit  réglé  fiir  la  nature  des  choies  ; fans  que 
jamais  il  s’y  glifle  rien  d’arbitraire  : on  ne  doit  pas  l’exiger 
en  rigueur  , nous  n’olbns  pas  meme  l’elpércr.  Il  eft  allêz  di- 
ficile  de  réduire  en  méthode  des  ufages  , où  le  caprice  des 
nations  6c  des  particuliers  eut  tant  de  part  ^ fans  laiffer  rien 
échaper,  qui  s’en  reflente.  Les  produftions  de  la  nature,  toutes 
formées  6c  difpofées  qu’elles  font  par  une  fagefle  fuprème  , 
n’ont  pu  jufqu’à  ce  jour  être  expofées  fyftematiguement 
fans  mclai^e  de  vues  6c  de  divifions'  arbitraires.  Si  c’eft  ua 
défaut  dans  la  defeription  des  êtres  créés  6c  ordonés  avec 
«me  de  poids  6c  de  mefure  j U eft  aftlirémeac  fore -léger , s’il 


Di.,  i.  «d  by  Google 


DE  DIPLOMATTQ'ÛE.  ?7.  _ 

•n’eft  pas  nul , dans  un  fyftème  -de  modâ  , d«  tàsa&èm  àc  *J 

de  rapoits , auxquels  le  halârd  phxcôt  qu’ùuaîn  defleinipr^-  n.  p'autie. 
médité  lêitible  aroir  donné  nailtance.  'Mais  quand  meme  ce  i ii. 

feroit  un  vrai  défaut  , il  éft  .peucccie  nécelTaire  ,*  il  eft  au 
moins  racheté  par  des  avantages 'tnen  réels.  Quand-ce  défaut 
devroit  être  mis  uniquemenc  fur  notre  conque  j tout  lefûc- 
-cès  pofühle , du  côté  de  la  précifion  , -fùt-il  ordinairement  le 
prix  d’un  premier-coup  d’elTai  i Combien  moins  le  pouroit- 
il  être  dans  tme  matière  fi  vafbe  & il  dificile  ? Le  grand  ob- 
jet eft  de  la  traiter  avec  méthode.  L’a-t-on  trouvée  cette  mé- 
" chode  ? Quelque  imparfaite  qu’elle  foit  fiipofëe , on  a couché 
&u  but.  D’autres  moins  ocupés{x>uront4a.porcec  au  degré  de 
perfeftion  , dont  elle  eft  -fulceptiHe. 

Quoiqu’il  en  foie  : les  caraétères  diftinâifii  les  plus  irapans 
n’étant  pas  toujours  les  plus  généraux  ; leur  dîfcertiemeht  a 
dû  nous  donner  beaucoup  d’exercice , & h’a  pu  être  fc  réful- 
tat , que  d’une  longue  fuite  de  combinaifims.  , 

Mais  quel  fera  le  fruit  des  détails  , où  nous  nous  enga- 
geons fur  les  lettres , fur  les  écritures  Sc  tant  d’autres  objets  î 
Ce  fera  de  favoir  aprécier  les  antiques  , de  juger  fainement 
de  Page  des  anciennes  inlcripcions  , des  manuferits  & des 
chartes  fims  dares , de  rendre  homage  au  Vtai , dès  qu’il  fe 
préfente , de  réprouver  le  faux  avec  conoifiàace  de  caufê , de 
banir  les  critic^ues  téméraires  & fuperficielles  , de  laper  le 
pyrrhonifme  hiftooqae  par  les  fondetnéns de  former  des 
antiquaires.  Quoique  tooeea  les  parties  de  notre  ouvrage 
ceucottient  à ces  6as  ;t!  n’en  eft  aücuDè  qtd  puift  en  fournir 
des  moyens  plus  fûrs& plus  multipliés ^quela^âipn  préfente; 
s’il  efft  poilue  d’y  traiter  tour  cb  qu’elle  anonce^ans  letâne. 

Le  détartl  de  la  feiraae  des  teores  , les  diverfês  lottes  dlé- 
critures , les  abréviations  [éosou  mém  nombmtfes,  lêicmia 
diverficé  des  fiècles  & la  nature  des  ouvrages  , Pédat  des  obi- 
fres  anciens  , l’incrûdoâion  des* nouveaux  , la  figure  éts 
points,  leur  omiinon , leur  qfk^  plus  ou  moins  étendu  , ;ta 
difttnéhon  des  mots , les  oorreaieos  fiâtes  en  divers  temsatUc 
manuferits  & une  mifinité  d’autres  obfervations  n’aaiDicBOt 
pu  manquer  de  répandre  de  grandes  lumières  fin:  un  fujsc 
aufli  intére&nc  <£  tout  neuf  ; s’il  eût  été  n!unié  par 

des  hommes , dantle  tbeoe  du  génie  , la  multiplicité  des 


Digiî.tûd  by  L '-Ogk 


II.  PARTIE. 
Sic  T.  III. 


* .NOUVEAU  TRAITÉ 

talens  & la  variété  des  conoi/Tances  euflent  eu  quelque  pro- 
porcioD  avec  fon  étendue  & fa  profondeur.  Mais  s’il  ne  nous 
eft  pas  donné  de  réullir  fur  tant  de  matières  réunies  ; du 
moins  ell-il  de  notre  devoir  de  vifer  làns  cefle  à ce  but.  Une 
entreprife  d’ailleurs  aufli  vafte  que  la  notre , envifagée  dans  là 
totalité  , ne  permet  pas  de  franchir  les  bornes  étroires  , où 
chacune  de  fes  parties  doivent  être  reflerrées.  Nous  ne  lailTe- 
Tons  cependant  pas  de  nous  étendre  alTez  , pour  ceux  , qui 
n’exigent  pas  toujours  , que  tout  foit  épuité.. 


CHAPITRE  PREMIER. 


Origine  immédiate  des  lettres  latines  : additions  anr 
ciennes  & nouvelles  à V alphabet  primitif ^ réelles  ou 
fupofées  : lettres  tranfportées  de  Grèce  en  Italie  : 
fyjlème  de  M.  le  Préjident  Bouhier  fur  leur  nom- 
bre & fur  l'ancien  état  de  l’alphabet  : lettres  de  l’em- 
pereur Claude  : partage  des  favans  fur  celles  du  Roi 
Chilperic  I : nouveaux  écUircijfemens  fur  la  f- 
gure  y tufage , & la  valeur  de  ces  caraBères. 

SI  les  lettres  latines  doivent  leur  nailTance  aux  caraâères 
orientaux  ; elles  l’ont  fucceffivement  donnée  à ceux  de 
prefque  cous  les  Peuples  d’Eutope.  François , Allemans  , Po- 
îonois , Efpagnok  , Anglois  , Danois  , Suédois  , Italiens , 
nous  n’employons  point  de  lettres  diférentes.  Nos  écritures 
communes  & nationales  reconoiffent  toutes  le  même  principe, 
toutes  anoncent  le  même  génie  , toutes  portent  la  même 
forme  & la  même  figure.  Parmi  les  Européens  , chez  qui  les 
lettres  latines  font  en  ufage  ; ceux-ci  n’en  ont  jamais  eu  d’au- 
tres : ceux-là  les  ont  adoptées  , au  préjudice  de  celles  , qui 
leur  étoient  propres  : tous  y font  revenus  plus  d’une  fois , 
après  s’en  être  écartés  en  diverfes  manières.  Ce  ne  font  point 
feulement  nos  capitales,  que  nous  tenons  des  Romains  ; nous 
ne  leur  fommes  pas  moins  redevables  de  nos  écritures  mi- 
nufcules  & curflvés , fous  quelques  formes  ic  dénominations 

qu’elles 


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DË  DIPLOMATIQUE-,  9 

tpi’elles  foient  connues.  Apres  des  aveux  fi  précis  , les  fages 
Italiens  peuvent-ils  envier  à Charlemagne  rhonneur  de  leur 
avoir  rendu  leur  belle  écriture  , qu’ils  avoient  comme  nous , 
& peutêtre  plus  que  nous  perdue  en  la  défigurant  ? Il  ne  doit 
point  leur  paroitre  honteux  de  tenir  quelque  chofe  des  Fran- 
çois ; fi  nous  ne  devons  pas  rougir  d’avoir  tant  reçu  d’eux. 


Article  Premier. 


Lettres  Latines  aponies  de  Grèce  en  Italie  : leur  nombre  che^ 
les  Grecs  If  les  Latins  : additions  anciennes  faites 
à leur  alphabet  primitif. 

I.  A N E confidérer,  que  les  raports  généraux  des  caraûcres 
Xa.  Phéniciens  , Ettufques  , Latins  , fie  le  commerce  des 
Sidoniens  fie  des  Tyriens  oans  la  Méditerranée  ; rien  n’em- 

Scche  de  croire  , qu’ils  ont  eux-mêmes  porté  la  conoilTance 
e leurs  lettres  en  Italie,  Mais  les  ( 1 } premières  colonies 


( I ) Fond^  Tur  les  témmgnages  des  an- 
cteas , M.  Goti  dans  les  Prolteomènes  de 
Too  Uufium  Esrmftmm  p.  L.  écablic  comme 
nn  fait  coadaiR  , que  les  premiers  ,‘qui 
oeopereoe  l'Iralie^  Aufones  ou  Aura  nets , 
Pélarges  , Arcadiens,  Oeaotriens  <i  Tpr- 
thdnkns , dtoient  Tortis  de  la  Grèce.  Sur- 
qaoi  il  renvoie  à une  DilTercacion  f * J de 
Théodore  Ride , qu’on  lâic  avoir  pris  on 
parti  fort  difèrtnede  celui  de  (i)  Clavier , 
anfujee  des  premiers  habluos  de  l'Italie. 
Notre  habile  Antiquaire  reproche  i Ta- 
cite d'avoir  fait  communiquer  aux  Etnif- 

3ues  par  Oèmarate  l'ufaec  des  lettres , 
ont  ils  étoient  en  pollcnioo , long-tems 
avant  la  naidance  de  ce  Cotinihien  , & 
plus  de  trois  ficelés  avant  le  liège  de 
Troie,  On  pouroit  peutêtre  bien  en  ra- 
batte au  moins  deux , làns  craindre  d'ftre 
convaincu  d’erreur  chronologique  par  ce 
lavant  homme. 

D.  J.  Manin  dans  iôn  Ui^clrt  fts  Cm- 
dtiGMMloiiX.  i.  p.  17t.  & dans  fa 
première  Dijf.  h^arijitt  p.  7.  rèveodique 
■ux  Gaules  les  Aufones , Aarunccsou  Ar- 
vemes  ; ainC  que  les  plus  anciens  habitans 
d'Italie , Aborigènes  , Ombriens  , Teu- 
tons, Sicuirs.  Selon  lui  , ccs  colonies 

Tome  fl. 


Gaaloifes  ont  fait  de  cMtMffhes  {<) 
Grtts  , mntérifttremfnt  su  ttmt  quê  ett 
mimti  cMfMàhrtt  »nt  été  pwtét  dsm  l* 
Grèce,  Voilà  , concioue  t'il , une  de  ces 
vérités  étmhliés  fttr  des  principes , qm*en  ne 
ptm  rejeter  fntu fe  breuiller  nvec  tome  t An- 
tiquité. Les  Gaulois  s^nnt  peurmnxime  (d) 
fendnnsentnle  de  ne  rien  écrire  ; en  m igneré 
jnfqus  Cé/nr,  nen  feulement , fils  sveient 
des  cmrnÜères  « mtsts  encere  pefi  quUs  tuf- 
ftnt  itt  (mrsUerei , ^KtUt  m iuil  t»  fttmt. 
La  conciliation  de  ces  deux  vmWr  ne  Te 
fera  peutêtre  pas  fentir  à cous  les  favans 
aulfi  vivement , qu’à  leur  auteur.  Peutêtre 
même  fe  trouvera-t-il  des  efprin  , qui 
auront  peine  à concevoir , comment  des 
lentes  pouvoienc  être  Grèqoes , avancd'ê- 
ire  connues  des  Grecs  ; comment  elles  fe 
confervoienc  au  milieu  d'un  peuple  , qui 
avoit  pour  maxime  de  ne  rien  écrire  : 8C 
rupofê  qu'il  en  fit  quelque  ufage  1 com- 
ment je  la  forme  (c  I cxiltcnce  même  des 
caraâères  Gaulois , quoique  plus  anciens 
que  Cadmus , quoique  répandus  en  Italie 
par  les  colonies  Gauloifes  avant  l'arivée 
des  Pélafges , ont  été  ignorées  de  cette 
multitude  de  peuples  d'Europe  , d'Afie  je 
d'Afiique  , avec  qui  les  Gaulois  avoicot 


II.  PARTIE. 

$ E c T.  III. 

Ch  Af,  I. 


Origine  des  let- 
tres Latines  : clins 
ont  palK  de  Grèce 
ça  Italie. 


{»  ) üt  frimit 
hMU  hUiùs  CMf. 

7. 

(h)  IiMlUsnti^, 
lit.  ). 

Ç t)  Dijfert.  X.' 
bîfior.f.  19, 

{f)  liif.f.  I*. 
& I#. 


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II.  PARTIE. 
SBC  T.  ni. 

C H A B.  7, 
A'X  T i c 1 1 J. 


{a)  s.  CyprÎAH. 
éU  Idoi.vAmt^im- 
tu» 

(b)  QrAmmsii^ 
tà  LAtinA  •fiudio 
HtliAputfehisHA- 
nrvtA  Uoy.  4*. 
MAximi  ViÜor'in* 
4e  re  GrAmmstuÀ 
h *>44- 

(f)  DioHyf.  H4- 

/if-  lit.  I . .Hfgin 

cap. 

itb.  J. 

{4)  Ijider,  erig, 

I.  r.  ^.Macreb. 
SAt$fmAl.  itb,  X.. 
e.  f»  Marsuj  Vie-- 
tùr,col.  1448, 

(f)  AtrnAl.  tih. 

4.. 


,ô  NOUVEAtT  TRAITÉ 

étrangères  , qui  l’ont  peuplée  , la  conformité  rigoureulè  Je 
fes  lettres  avec  les  plus  anciennes  des  Grecs  , fes  monumens- 
des  tems  les  plus  réculés , où  l’on  retrouve  le  fond  de  la  lan- 
gue Grcque,  & les  témoignages  fans  nombre  des  auteurs , de- 
puis deux  mille  ans , ne  nous  laiflTent  pas  la  liberté  de  chercher 
ailleurs , que  dans  la  Grèce , l’origine  immédiate  des  caraéleres 
Latins , Etrufques' , Pélafgiques , Arcadiens.  N’a-t-on  mis  en 
ouvre  que  le  Syriaque  & l’Hébreu  , pour  expliquer  les  ta- 
bles Eugubines . ôc  les  inferiptions  antiques  en  lettres  Tof- 
canes  î Les  ténèbres  , qui  les  envelopoient  , lêmbloient  s’é- 
paiflit  ; à proportion  des  éforts , qu’on  faifoit , pour  les  dif- 
liper.  Rébuté  du  peu  de  fucccs  de  cette  méthode  ; s’eft-on 
ataché  particulièrement  à la  langue  Grcque à fes  dialeftes, 
ainfi  qu’à  l’ancien  Latin  ? Des  dificultés  infurmontables  fe 
l'ont  aplanies  : on  a commencé  à pénétrer  dans  des  myf- 
teres , où  tout  demeuroit  voilé , depuis  tant  de  Cèdes,  A des 
'traits  fl  frapans  , qui  ne  reconoitra  la  fource  des  lettres  La- 
tines , envilàgées  fous  toutes  leurs  faces  î r 

Il  n’eft  pas  aufli  facile  de.fe  décider  fur  le  nom  du  prenaier 
inftituteur  des  écoles  Latines  ; qu’il  l’eft  de  montrer  le  pais,  où 
il  avoit  puifé  la  conoilTance  des  lettres.  Les  uns  (a)  atribuent 
cet  honneur  à Saturne  , les  autres  [b)  à Hercule  , la  plupart 
(c)  à Evandre  , d’autres  (d)  à Nicoftrate  fa  mère,  fumommée 
Carmente  , quelques-uns  à Mercure  , pluûeurs  à Janus.  Ta- 
cite partage  (e)  entre  Evandre  & Démarate  la  gloire  d’avoir 
enlèigné  les  lettres  aux  (i)  Aborigènes  & aux  Etrufques. 


eu  tant  d'afaires  & de  raports^pcadanc  une 
£ longae  fuiic  de  ficelés.  L'hooacardc  la 
France  fecoit  rouhaiter , que  le  Fond  de 
ccRc  opinion  fe  iroüvâtapuyc  fut  des  (on- 
démens  alTcz  folidcs , pour  réunir  an  jour 
tous  les  fufrages.L'autcur, qui  a fait  des  ce- 
ckctchesfi  extraordinaires  8c  finombreu- 
fes  , téferre  aparamment  fes  plus  fortes 
preuves  pourladificrtatioa.qu'il  nous  pro- 
met fur  la  conformité  des  langues  Of- 
que  8c  Gauloife.  Engagé  i faire  voir  au 
public  , djHt  Ia  ÎAn^ut  dts  Oftts  ttoit 
frtfit  peur  ruet  Ia  lAngue  det  Cehei , outre 
l'avantage  , qu'if  prétend  en  tirer  , pour 
prouver , que  les  Romains  font  d'origine 
Celtique  ; il  nous  femble  , que  notre  lan- 
gue poutüit  y gagner  beaiicoup.EnfuiYant 


cette  veine  dans  toutes  fes  branches  ti 
rameaux  on  parviendroit  peutêtre  i 
donner  des  notions  plus  jufies  de  la  bar- 
barie de  nos  anciens  monumeos , bronzes,  . 
marbres,  manuferits  , diplômes-,  on  rc- 
monteroit  à la  fource  du  François  : une 
langue  originairemenc  commune  à plo- 
lîcurs  peuples  d'Italie  & des  Gaules , nous 
convainctoit , qu'its  fortent  de  la  même 
Touche  : notre  langue  paroitroit  moins 
une  langue  nouvelle  quant  au  fond  , que 
quant  à la  forme. 

. ( r ) Suivant  Denis  d'HalicamalTc,  liv.  s. 
Tonifiés  par  des  renforts  de  Pélalges  te 
d'autres  Grecs  ; ils  chaflerent  du  Latium 
les  Sicules,  qui  palToicot  pour  en  avoir  été 
les  p^eraicnuatuMBs.Sailjp(éiaoignagc9-v 


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T5E  DIPLOMATIQUE.  ti 

XJne  fi  grande  diverfité  d’opinions  en  laide  fabfUlerune, 
qui  les  réunit  toutes.  L’Italie  , de  l’aveu  des  anciens  &c  des 
modernes , a reçu  Ces  lettres  de  la  Grèce.  Des  peuplades  de 
Pélafges  ôc  d’Arcadiens  , qui  fe  font  fuivies , les  ont-elles 
aprifes  aux  nations,  qui  les  avoient  précédées  en  Italie  : ou, 
ce  qui  pourtant  ne  paroit  pas  meme  probable  , fes  plus  an- 
ciens habirans  en  étoient-ils  inftruits  , lorfque  les  nouveaux 
y fondèrent  des  établilTemcns  ? L’origine  des  lettres  eft  tou- 
jours la  meme  : la  Grèce  n’en  a pas  moins  l’avantage  de  lut 
avoir  donné  fon  alphabet , fa  littérature , les  fciences  Sc  les 
loix.  Mais  les  raports  de  limilitude  des  anciens  caraâères 
Grecs  & Latins  Ibnt-ils  aülli  réels,  qu’on  nous  le  fait  en- 
tendre ? 

IL  Que  récriture  Latine  originairement  dérivée  de  celle 
des  Orientaux  fût  exaâemeat  la  meme  , que  celle  des  an- 
ciens Grecs  ; nous  en  avons  pour  garans  (a)  Tacite  , & (é) 
Pline  l’Hiftorieru  Jls  avoient  encore  fous  les  yeux  une 
foule  de  monumens  publics  , propres  à conftater  la  relTem- 
blance  primitive  des  lettres  Grcques  & Latines.  Le  premier 
n’y  apercevoir  nulle  diférence  : forma  litteris  Latinis,  difoit- 
il , qua  veurrimis  Gracorum.  Pline  donne  pour  preuve  de 
leur  conformité  une  table  d’airain  du  premier  âge  , tranf- 

{)ortée  de  Delpheau  (i)  Palais  de  Rome.  S’il  ne  dit  pas  , que 
a (i)  relTemblance  continuoit  d’être  parÉiite  ; c’eft  que  les 
lettres  Latines  de  Ion  tems  , comparées  aux  anciennes , n’é- 
toient  plus  tout-à-fait  les  memes.  AulTi  Tite-Live  fupofe-c-il 
-quelque  dilTemblance  entr’clles  ; lorfque  parlant  de  certaines 
rinferiptions  (c)  Latines , il  fait  oblêrver , qu’elles  étoient  en  let- 
:tres  antiques.  Quintilien  ajoute,  qu’elles  n’étoient  pas  (d)  à cous 


-Je  Porcîus  Caton  & de  Caias  Sempro- 
AÎus , les  plus  favaus  d'entre  les  Romains , 
^ plus  encore  fur  la  foi  d'Anriochus  His  de 
Xenophane»  qui  avoir  conTulcc  d'anciens 
monumens  ; le  meme  auteur  recarde  les 
Aborigènes»  comme  de.s  peuples  d'Acliaie 
oud'Arcadie»  qu'il  croit  Ocnotricns.Quoi- 
que  originaires  du  pais  de  la  Grèce»  oii  les 
lettres  turent  le  plutôt  connues;  lU  n'en 
avoient  pas  la  plus  légère  teinture  » avant 
Tarivee  cTEvandre  en  Italie»  au  jugement 
4e  Denis  (niaUcaiaglTc:  puifquc  c'cApar 


ce  Prince  Arcadien  , qu'il  leur  fait  com* 
muniquer  la  conoiiîance  des  lettres.  Ainlî 
quand  les  Oenotriens  & tes  Aborigènes 
(orcirent  de  Grèce , les  lettres  ècoicnr  pour 
Tes  habitaas  un  phénomène  inouï.  Voila 
ians  doute  un  préjugé  bien  fort  contre  les 
prétendues  Ictues  Attiques  Sc  Pclafgica* 
nés,  anterieures  à Cadmus. 

(i)  Il  écoit  dans  fa  X.  région. 

(x)  Vittrtt  Grâcéts 
^«4  nmic  fu»s  LsiinÀ, 

B 4 


II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  A 7.  I. 
AXTlClt  I. 


Re/Temblancc  ou 
même  idcncicc  Jcü 
lecEces  Latines  1er 
plus  antic|ues  avec 
les  Grcques  du 
même  âge. 

(m)  Aans/.  IH, 
XI.  ».  4. 

(i)  Lit.  7-f  J». 


(0  T.ih.  nt. 

t.  J . tdit.  Cnnro, 
(d)  I«/l.  M.  4. 
«»p.  7. 


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II.  PARTIE. 
SlCT.  III. 
Cm  A P.  I. 
JLkt  1 cxi  I. 


l»)  PnUttr. 
Gr*c.f. 


Vt  NOUVEAU  TRÀlTf 

égards  conformes  à celles  de  fon  rems  : nec  fimiUs  hîs  noflrîs 
earum  forme  fuerunt  : texte  qu’il  ne  faut  pas  trop  prelTer. 
Quelques  modernes  ont  prétendu  retrouver  l’écrirure  des  an- 
ciens Latins  dans  les  caraftères  Attiques.  Mais  où  (ont  ces. 
caraûcres  certainement  & purement  Attiques  des  premiers 
tems  ? Si  l’on  en  montre  de  quatre  à cinq  cents  ans  avant 
J.  C.  ils  difcrent  peu  de  l’écriture  Grèque  ordinaire  du  meme 
âge.  On  avoir  beaucoup  compté  lùr  les  colones  Hérodiennes. 
On  en  eft  revenu , depuis  que  les  uns  n’y  voient , que  des 
lettres  (a)  Ioniques  ; les  autres  , qu’une  infeription  du-  fécond 
ficelé  , dans  laquelle  on  a , dit-on  , mal  rendu  les  anciens 
caraûcres  Grecs  en  général , qu’on  afeûoit  d’imiter.  S’apuyer 
fur  ces  colones  , comme  fur  de  bons  modèles  des  anciennes 
lettres  , foit  Attiques  , foît  Ioniques  : c’eft , félon  M.  le  Pré- 
fident  Bouliier  , donner  dans  une  infigne  méprife  , quoique 
d’après  les  Scaliger  & les  Saumaife.  Au  furplus  il  faur  le  con- 
foler  du  peu  de  fuccès  des  tentatives  faites , pour  difeerner 
les  anciens  caraélères  Attiques  des  Cadméens.  Cette  diftinc- 
tion  eft  au  fond  peu  nécelfaire  , & probablement  (i)  impof- 
fible.  Peutêtre  n’eft-on  pas  mieux  autorifé  à confondre  les 
chifres  Latins  avec  les  Attiques.  On  ne  fiiuroic  pourtant  y 
méconoitre  de  vrais  raports , une  manière  de  procéder  prel- 
que  uniforme  , une  opofition  égale  aux  chifres  des  Orien- 
taux & à ceux  de  la  plupart  des  Grecs. 

Mais  fans  s’atacher  à certaine  efpèce  de  caraÛères Grecs,' 
plutôt  qu’à  toute  autre  jil  nous  fufit  »ï  montrer  la  reflemblance 


(2)  si  les  lettres  Attiqoes  Tont  radica- 
lement les  mdmes,  que  les  Cadméennes; 
•n  fent  la  principale  caufe  de  cette  im- 
polEbilitd.  Les  unes  & les  autres  , il  cll 
vrai , quelle  cirentielletnent  femblables, 
auraient  pu  fe  direrüfier  avec  la  tems  : & 
c'eft  fur  quoi  sous  ne  contellctoos  pas. 
Mais  tant  qu'on  n'acoidera  , que  Icize 
lettres  à l'alphabec  Attique  rimpoHibili- 
td  de  le  dillingucr  du  Cadm^en  poura 
bien  rdüAer  à tous  les  monumens  décou- 
yens  & i découvrir,  St  l'on  le  contentoit 
de  ceux , qui  précédèrent  la  pcrmillion  de 
faite  ufapc  dans  Athènes  des  lettres  lo- 
niqucs;ce  qu'on  cherche  depuis  deux  cents 
ans , on  pouroit  peutêtre  le  trouver  fur 
■enuibte  deNoimcl , confctvé  daru  le 


Cabinet  de  l'Académie  des  Belles-lettres. 
Il  renferme  ces  lerrres  ABA^EXHQ 
IK^MNO^ft^Ty®X.  Mais 
comment  fe  pctfuader  , qu'il  ne  manquât 
àl'alphabet  Astique  , que  les  lettres  3C*0; 
Si  d’un  autre  côté  cinq  dès  nouvelles  s'jr 
étoient  déjà  glilTées  ÿâquoi  bon  faire 
tant  de  bruit  pour  trois,  qui  en  étoient 
exclues  } Pourquoi  Axer  , comme  a fait 
Eusèbe  , l'époque  de  l'iunoduétion  de 
huit  lettres  chez  tes  Athéniens  à la  94. 
Olympiade,  c'ell  à dirc  40).  avant  J.C  ! 
Dès  Pan  457.  avant  l'Incarnation , ne  les 
empleyoient-ils  pas  prefque  toutes , jul- 
que  dans  les  monumens,  drelSs  par  l'au- 
torité publique  , tel  que  celui  , dont  OB. 
vient  de  repiéfcatcrlcs  Iccuea  l 


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1 


DE  DIPLOMATIQUE;  rj 

des  lettres  Grcques  en  général  avec  les  Latines  , pour  con- 
ftater  l’origine  immédiate  de  ces  dernières.  Or  qu’on  jette 
la  vue  lür  l’alphabet  Grec  , tel  qu’il  s’eft  conftamment  fou- 
tenu  , depuis  plus  de  deux  mille  ans  ; n’y  reconoit-on  pas  du 

• premier  coup  d’œil  ces  douze  lettres  Latines  ABEZHIKM 
N O T Y ? Qu’on  cherche  enfuite  les  autres  , qui  femblent 
diférentes  ; non  fur  les  monumens  Grecs  du  bas  ou  du  moyen 

•âge  ; mais  fur  ceux  de  la  haute  antiquité  , bronzes , marbres-, 
médailles  : n’y  trouve -t -on  pas  aifément  ces  autres  let- 
-tres  Latines  CDFLQCJRSV  ;au  lieu  de  celles  - ci 
TASTa^PSY,  quoique  pourtant  plus  ordinaires  ? 
D’ailleurs  les  anciens  f des  Latins  ne  dircroient  point  de 
ceux  des  Grecs.  Tels,  ou  à peu  près , oh  les  retrouve  encore 
fur  bien  des  médailles  Latines,  jufqu’au  fécond  fiècle.  Comme 
chez  les  Grecs  on  voit  des  Y fans  pié  ; chez  les  Latins  on  en 

• remarque  avec  un  pié  , lors  meme  qu’ils  ne  peuvent  être  que 
des  V.  De  part  &c  d’autre  on  a des  C & des  r mus  cette  forme 

• E carée.  Si  les  anciens  Latins  ne  fe  fervirent  point  du  © : ce 

• que  nous  ne  femmes  pas  à portée  de  vérifier  pleinement  ; les 
Etrufques  en  firent  grand  ufage.  Les  Latins  memes  des  tems 
poftérieurs  afbâèrent  en  diverfes  ocafions  de  lui  donner  rang 
dans  leur  écîiture.  Refte  le  s des  Grecs , dont  les  Romains 
femblent  avoir  totalement  changé  la  figure.  Avant  que  la 
mode  eût  prévalu  de  l’employer , pour  rendre  les  deux  con- 
fones  , qu’il  réunit  ; les  Grecs  exprimoient  leur  double  fou 
tantôt  par  K S,  & tantôt  pat  X S.  A leur  exemple , après  avoir 
d’abord  peint  le  même  fon  par  X S , comme  le  démontre  la 
VU.  table  Eugubine  ; les  Latins  fe  contentèrent  de  la  pre- 
mière de  ces  £ux  lettres  , pour  figurer  leur  X.  Ainfi  l’on  ne 
peut  fouhaiter  une  plus  parfaite  reflemblance  entre  toutes 
les  lettres  Grèques  (i)  & Latines  , prifes  d’apres  les  monu»- 
mens  de  la  vénérable  antiquité. 


(i)  Lcj  râpons  des  lettres  Grcques  & 
Latines  font  fi  grands  ; qu'on  ne  lauroic 
manquer  de  pafler  fans  celTc  des  unes  aux 
autres,  quand  on  traite  de  leur  origine. 
C'eft  ce  qui  nous  cft  arivé  plus  d’une  fois 
dans  notre  premier  volume , au  fojet  des 
lettres  Grcques.  Il  s'agit  ici  des  Latines. 
Si  nous  ae  pouvons  dvitet  de  tevenu  feu-  ' 


vent  fur  les  Grcqnes  nous  faifons  dn 
moins  enfotte  de  ne  pas  nous  répéter. 
Mais  pouioit  on  ttonver  mauvais , qu'on 
traitât  plus  à fond  une  matière  , qui  n’au- 
roit  ète  qu'é'jauchèe  î Qj'on  fe  rapcile 
ue  l’ècriijie  cil  la  bafe  Bc  le  fondement 
e toute  Irttèrature  , & fpèeialcmcnc  d'un 
ouvtagc  de  la  oaiaie  du  nêcse  : ti  foo 


II.  PARTIE, 

Si  CT.  III, 
Car.  I. 
Aaricis  1, 


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T4 


NOUVEAU  TRAITÉ 


II.  PARTIE. 
S te  T.  III. 
Ch  A».  I. 
.AUTICtl  J. 


■Syftcme  de  M. 
,|e  Ftdlidcnt 


Mais , dira-t-on  ; quoique  communément  on  ne  poufle  pas 
fi  loin  cette  telTemblance  ; il  n’cft  peutetre  point  aujourdui 
de  favant , qui  la  mcconoifl'e.  II  en  cft  peu , qui  ne  remontent 
aux  lettres  des  Grecs  , pour  découvrir  l’origine  immédiate 
de  celles  des  Latins.  La  gtande  Jificulté  confifte  à fixer  le 
nombre  (i)  Sc  des  caraclères  , dont  les  uns  & les  autres  fi- 
rent d’abord  ufage  , & des  additions  , qui  furent  fucceflive- 
ment  admilês  dans  leur  alphabet.  C’eft-là  le  feul  point  fuC- 
ceptible  d’éclaircilTemens  conlidérables.  Au  milieu  du  par- 
>.cage  des  anciens  & des  modernes  & de  ceux-ci  entr’eux  j 
.c’efi  furquoi  l’on  ne  fait  à quoi  s’en  tenir. 

Sans  prétendre  concilier  tant  de  fentimeiu  divers  ; nous 
«elTairons  de  les  raprocher , au  moyen  de  quelques  nouvelles 
vues.  Mais  comme  tout  le  monde  n’eft  pas  égalemenot  au 
fait  de  ces  difputes  ; on  ne  peut  fe  dilpenfer  d’en  retracer 
une  légère  idée.  Nous  l’emprunterons  d’un  auteur  , plus  iJ- 
luftre  encore  par  fon  favoir , <^ue  par  le  rang  difiingué  , qu’il 
tenoit  dans  le  monde  : ou  plutôt , a cet  égard , nous  nous  bor- 
nerons à l’expofition  de  fon  fyftème , qui  ne  peut  fe  foute- 
nir  , que  fur  la  ruine  de  tous  les  autres. 

III.  Quelques  travaux  qu’aient  entrepris  Scaliger  , Sau- 
maife , Voflius  & plufieurs  autres  fur  l’origine  lettres 


fcca  charmi  de  voir  l'origine  de  nos  let- 
tres , dibaralTrlc  de  tant  d'opinions  con- 
traires , qui  ne  fervoient , qu'à  l'obrcur- 
cir.  Qu'on  Te  demande  en  quel  rems , le 
de  quelles  contrdes  de  la  Grèce  ècoient 
fortis  les  Peuples , qui  rèpandirenr  l'ufage 
des  lettres  en  Italie  ; & l'on  contiendra  de 
TimpolTibilitè  d'en  fixer  l'époque  , lâns 
avoir  décerminè  en  quelque  Ëifon  celle  de 
l'arivèe  des  colonies , de  qui  les  Grecs  re- 
f orenr  leurs  premiers  caradlcres. 

(r)  Certe  dificulté  fe  trouve  expofèe 
|./.  ]J.  avec  force  par  l'auteur  (a)  du  Traité Jt 
rincerlitutU  tUiStùnctSf  traduit  de  l'An- 
glois.  » A la  véricè  , dit-il , les  lettres  La- 
n tines  fcmblent  dènvéesdes  Gtèques , les 
» Gtèques  des  Phéniciennes  , & les  Phé- 
M niciennes  des  Hébraïques.  On  a tâché 
*>  de  prouver  cela , tant  pat  Philloire,  que 
M par  le  raport  des  lettres , en  tournant 
w les  cataélères  Hébreux  à main  droit*  , 
<i)PaX-}4*  aslcloa  floue  nuniitc  d'écrire.  Mais 


» comment(é)répondre  après  à l'objeéUoa 
n fuivante  ! Cadmus  qui  npotta  les  lettres 
•>  Phéniciennes  chez  les  Grecs  n'en  anor- 
» U , dit-on  , que  feize.  Il  en  avoir  donc 
» lailTé  quelques  - unes  en  arière.  Car 
» depuis  que  nous  avons  eu  des  écrits  en 
» Phénicien  ou  en  Hébreu  , Talphaberde 
» chacune  de  ces  langues  a toujours  été  6- 
» xe , & de  la  même  étendue  qu'il  eft  à 
» préfent.  Ce  qui  ell  évident  par  plulîeat* 
» pfcaumes&  chapitKS  chifrtt  par  les  lec- 
» très  de  rtlphabct.  S'il  y avoir  plus  de 
» certitude  fut  l'origine  des  lettres  ; il  lo- 
» roit  moins  dificile  d'en  déterminer  le 
» nombre  Sc  d'en  fixer  la  valeur  : mais  oo 
» ne  fait  que  décider  fut  ces  deux  pointas 
» je  les  critiques  font  en  grande  dilpute 
» à l'égard  de  quelques  lettres  , lavoir  B 
» c'en  eft  ou  non  «.  Ces  incertitudes  jof- 
cifient  de  refte  les  difcullîoas  ,atU9UsUqfl 
flous  aloos  BOUS  livrcfl 


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t>E  DIPLOMATIQUE;  if 

<5rcques  & Latines , fur  la  forme  & la  diférence  des  caraûcres 
Ioniques  & Attiques  ; ils  ne  répandirent  point  fur  un  fujet  fi 
întérefiant  ces  vives  lumières,  qu’on  avoir  lieu  d’attendre  de 
leurs  recherches  & de  leur  capacité.  On  croit  toujours  éga- 
lement embaralTé  à favoir , quel  fût  le  nombre  des  lettres  de 
Cadmus  : fi  fon  alphabet  fiit  le  meme  , tjue  celui  des  Grecs 
h'abitans  de  l’Artique , & des  Latins  , qui  le  reçurent  d’eux. 
M.  le  Préfident  Bouhier  frapé  des  contradiâions  & des  incer- 
titudes , auxquelles  on  s’étoit  livré  jufqu’alors  , propofa  vers 
le  comencement  de  ce  ficelé  un  fyftcme  plus  lié  , que  ceux 
qui  l’avoient  précédé  dans  la  même  caricre.  L’étendue  de  fa 
dilfertation  (i)  ne  nous  permettant  pas  de  la  raporter  ici 
toute  entière  , on  nous  faura  gré  d’en  donner  au  moins  le 
précis.  Malgré  l’eftime  & les  égards  , que  méritent  les  fenti- 
mens  de  ce  grand  homme  ; nous  ne^  nous  ferons  pas  fcrupule 
dans  l’ocafion  de  les  explicjuer  , de  les  reftreindre , de  les  com- 
batre.  Mais  ce  ne  fera  maintenant  que  par  des  notes , pour  ne 
pas  rompre  l’enchaînement  de  fes  principes. 

Nos  lettres  Latines  originaires,  non  d’Egypté,  encore  moins 
du  Nord  , mais  de  Phénicie , tranfplantées  en  Grèce  , avant 
Cadmus  &c  Deucalion  , font  abfolument  les  mêmes  , que 
celles  des'Pélalges  &’des  Athéniens.  Elles  n’avoient  point 
encore  de  nom  fixe  , lorfqu’elles  entrèrent  en  Grèce  : fi  ce 
n’en  que  les  Pélafges  les  eufiênt  oubliés , au  milieu  du  bruit 
des  armes  & de  leurs  migrations  continuelles.  Au/fi  les  noms 
des  lettres  Hébraïques  & Grèques  d’une  paît  ',  & des  Latines 
(i)  de  l’autre  , n’ont  enfemble  aucune  afmité.  Diodorede  Si- 
cile reconoit  des  lettres  Pélafgiques  ; mais  il  a tort  de  les 
faire  naître  des  Cadméennes.  Loin  d’avoir  adopté  l’.ilphabet 
Cadméen  , ou  de  lui  avoir  donné  leur  nom  , les  Pélalges  fu- 
rent les  ennemis  jurés  de  Cadmus.’  De  maitres  de  la  Grèce 
qu’ils  étoient , ils  furent  diflipés , cIialTés  de  contrée  en  con- 
uée , exterminés  , anéantis  même  en  quelque  forte  , jufqu’à 


II.  PARTIE.- 

SlCT.  III. 

Ch  AP.  I. 

A A T 1 c n I.' 

Bouhier  fur  ton- 
ginc  des  alphabetf 
Grec  8c  Latin.  Ce 
dernier , félon  lui, 
plus  ancien  que  le 
Cadmeen , dont  il 
droit  diferent,  8c 
le  meme  que  l'Ar- 
liquc , fut  aportd 
en  Italie  pat  ict* 
Pdlafges. 


(i)  De  ftri/ch  'Grâcerum  ec  tatînorum 
huent  DiJfertMtio.  Elle  efl  à la  fin  de  la  Pa- 
Idbgrapbic  de  Di  Beto.  de  Montfaucon. 

(i)  Si  l’on  prouve  , que  les  lettres  La  • 
aines  ne  font  point  Cadméennes  , mais 
Attiques  : parcequ'etles  ne  portent  point 
kt  fionu  Qttlfh» , h(t»  I > tuais 


iT.),  Bé,  Cr'  : il  faloii  donc  que  les  lettres 
Attiques  ne  fulTent  pas  apellécs  ttlfha  , 
Hm  8cc.  mais  A , Bé8cc.  Or  c'eft  ce  que 
pcrfonc  n'a  jamais  dit , & ce  que  notre 
iiabile  Magilcrat  n'auroitpas  ofé  avancer  ‘ 
lui-mcmc.  Voila  donc  un  argunicnt,qu'oa  ' 
peut  couiocr  ça  preuve  (ouuc  loi. 


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II.  PARTIE. 
Sect.III. 

C H A P.  I. 
AftTIClE.  I. 


té  NOUVEAU  TRAITÉ 

perdre  leur  nom  : &:  perfone  ne  contribua  plus  que  Cad- 

mus  à leurs  dilgraces. 

On  a COI)  tondu  avec  aufll  peu  de  fondement  les  lettres 
Pélafgiques  Cadméeimes , que  celles-ci  avec  les  Attiques. 
Les  Ioniennes  au  contraire  ne  fe  diftinguèrent  des  Cadméen- 
nes , que  par  le  changement  de  quelques  traits  , & l’addition 
de  quelques  caratlères.Au  raport  de  Zénobius,  Cadmustua(i) 
Linus  , parcequ’il  enfeignoit  des  élémens  diférens  des  fiens. 
Il  y avoit  donc  des  lettres  en  Grèce  avant  Cadmus.  £h  1 
être  autres , que  les  Pélafgiques  ? Au  tems  de 
faûions  s’élévcrent  en  Grece  , au  fujet  des  let- 
tres. Cadmus  avec  fes  Phéniciens  n’oublioit  rien , pour  faire 
prévaloir  fon  alphabet  : Orphée , Linus , Pronapide  tenoient 
pour  celui  des  Pélalges  , & s’opofoient  à toute  nouveauté. 
De  là  l’atachement  national  des  Athéniens  pour  leurs  an- 
ciens caraâères.  S’ils  fe  prêtèrent  dans  la  fuite  à la  commo- 
dité des  lettres  Ioniennes  ; ils  s’opiniâtrèrent,  pendant  plus  de 
mille  ans  ,à  les  exclure  de  (a)  leurs  monumens  publics  : car 
ils  ne  furent  pas  fort  dificiles , à les  admettre , dans  leurs  écri- 
tures ordinaires. 

Les  Pélafges  portèrent  les  premiers  en  Italie  les  lettres  At- 
tiques , qu’on  apeloit  aulTi  Pélafgiennes.  Ainli  nulle  difé- 
rçnce  entre  l’alphabet  des  Attiques  &:  des  Latins.  Si  ces  der- 
niers avoient  reçu  celui  de  Ca^us , auroient-ils  négligé  l’a- 
vantage de  fes  lettres  numérales , qui  dévoient  en  être  envi- 
fagées,  comme  la  (3)  partie  la  plus  elTentielle  , & qui  ofroienc 


pouvoient-elles 
Cadmus . deux 


(i)  Cent  vengeance  aonût^t^  plus  na- 
tvellc  ; fi  Linos  eût  connefaic  les  caraâé- 
res  de  Cadmus,  s'il  en  eût  cbangd  la  forme, 
QU  s'il  eût  voulu  fe  taire  palTcr  pour  en  être 
fauteur.  Par  de  femblables  maneuvres,  l'o- 
rigine des  plus  belles  ddcouvertes  fut  cent 
fais  obfeorcie.  De-U  combien  de  cruelles 
difpQtes  parmi  ley  AriiAes  & les  gens  de 
lentes  1 

(s)  Si  l'on  en  croit  M.  Boubier  , les 
Atbdnieas  n^voient  alots , <]ue  feize  let- 
tres. Cependant  l'on  en  trouve  vingt  fur 
le  marbre  Atbdoien  de  Nointel.  M.  Gori 
va  encore  plus  loin,  par  rapon  à l'alphabet 
Etruf^ue.  Il  ofe  avancer , <]u’il  ne  tut  d'a- 
Irotd  compofiij^ue  de  douze  lentes, & 


enfuire  de  feize.  Diftf»  dtlV  mlphtlti» 
f.  cxxxtv.  lien  juge  aparamment  par  le 
nombre  d'dldmens , dont  il  croit , que  les 
Tofeaos  pouvoient  ou  ne  ponvaient  pas 
fe  palfcr.  On  verra  bientôt  , fi  l'on  doit 
beaucoup  compter  fur  la  force  de  cet  ar- 
gument. 

(ÿ)  Il  n'étoit  pas  inutile  de  le  prouver. 
M.  Boubier  ne  l'a  pas  fait.  Quand  nous 
naiterons  des  nombres  ; nous  cfpdrons 
montrer , que  les  lentes  de  Cadmus  n'd- 
toient  point  numériques  , lorlqu'il  les 
apona,  qu'elles  ne  le  devinrent,  qu'aprés 
que  l'alpbabcr  Grec  fat  complet,  & meme 
probablement  depuis  Homère. 

des 


Diyi'izc“J  by  Googh 


BE  diplomatique;  \j 

3es  commodités  merveilleuiès  , pour  les  opérations  les  plus 
dificiles  de  rarithmétique  : au  lieu  qu’il  étoit  prefque  im* 
poflible  aux  Latins  d’en  venir  à bout  avec  leurs  chifres.  Qu’ils 
aient  emprunté  ceux  des  Atti<]|ues , comme  l’avancent  Scau- 
nis  &c  Prifcien  , ou  qu’ils  les  aient  trouvés,  en  comptant  fur 
leurs  doits  ; l’arithmétique  Cadméenne  n’en  fera  pas  moins 
regardée  comme  poftérieure  à celle  des  Latins.  11  eft  de 
principe , que  les  arts  vont  en  fe  perfeéÜonant.  Les  nombres 
Attiques  & Cadméens  mis  en  parallèle  ; les  derniers  font 
incomparablement  plus  expéditifs.  On  ne  préfère  pas  une 
méthode  fort  embaraflante  à une  trcs-aifée  ; lorfqu’on  peut 
opter , Sc  que  la  tyranie  de  la  coutume  n’afTujétit  pas  à des 
pratiques  dificiles.  Quel  argument  plus  viélorieux  , pour  con- 
ftater  l’antiquité  de  l’alphabet  Attique  fur  le  Cadméen  ? 

M.  le  Préfident  ne  diflimule  pas  , qu’il  s’élève  contre  une 
opinion  univerfellement  reçue  , en  donnant  aux  lettres  Grè- 
ques  & Latines  une  origine  antérieure  à l’alphabet  de  Cad- 
mus.  Il  ne  laiffe  pas  néanmoins  de  s’autorifer  du  fufrage  de 
Diodore  de  Sicile  , qui  fupofe  des  monumens  littéraires  en 
Grèce  avant  Cadmus  , & qui  atribue  aux  Pélafges  ( i ) des 
lettres  particulières  ; d’Eufthate  , aux  termes  duquel  les  feuls 
Péla%es  confervèrent  l’ufage  des  lettres  après  le  deluge  * -, 
de  Paufanias  , qui  avoit  vu  l’épitaphe  de  Crotopus , contem- 
porain de  Deucalion.  Telles  font  les  autorités  formelles  du 
l'avant  Magillrat  : fès  raifonemens  feront  le  relie. 

Toute  la  Grèce  fut  apelée  Pélafgie  ; 'parceque  les  Pélafges 
la  poffédoient  d’abord  toute  entière.  Comme  ils  fe  maintin- 
rent principalement  dans  l’A  nique  ; les  lettres  Pélafgiques, 
anciennes , indigènes  , Anigues  font  les  mêmes , fous  difé- 
rcns  noms.  Les  Pélafges  les  introduifirent  (a)  en  Italie , vers 
le  tems  de  Deucalion , ou  du  fiége  de  Troie.  Auffi  M.  Bou- 
hier  rapone-t-il  aux  caraélères  Aniques  tout  ce  qu’ont  dit  les 


(t)  Diod«re  leor  aligne  des  lettres 
propres , mats  dont  ils  ^coient  redevables 
a Cadmus.  Il  parle  de  monumens  anrd* 
rieurs  an  deluge  de  Deucalion  : mais  Té- 
po<]ue  de  ce  deluge  eft  fort  luTpcâe  , & 
Diodore  a pu  , comme  tant  d‘autrcs,  tom- 
ber dans  onc  faute  de  chronologie  : EoT- 
cbatc  apuie  le  non  de  divins , doond  aux 

Tome  IL 


PélaTges , fur  ce  qu’ils  avoient  confervé 
les  lentes  pdries  dans  le  deluge  de  Deu- 
calion  : mais  outre  qu’EuIttiace  efl  bien 
éloigné  de  leur  tems  ^ fon  autorité  pofe 
fur  un  déluge  , qui  a tout  Tair  d’être  une 
fable  ,& de navoir  point  d autre  fonde** 
ment,  que  le  déluge  univerfcl,  plus  ancien 
que  celui  de  DcucaUoa  de  1 4 - à 1 5 - Hccies. 

c 


I 't 

II.  PARTIE, 
Sect.  III. 

C H A P.  I. 

AftTlCll  L 


* De  Dcuctliofl 
rus  doute. 


{ A ) Pliftt 
lit.  7.f.  f(. 


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JI.  PARTIE. 

SlCT.  III. 

C H A r.  I. 

A R T I C I.  X I. 

Conrînuation  du 
irfme  (ujet  Nom- 
bre des  lettres  Pd 
bfgiques  , Atti- 
ques  , Latines  , 
Cadméennes  , lo- 
siques. 


t8  NOUVEAU  TRAITÉ  ' 

auteurs  fur  la  reflemblance  des  lettres  Latines  & Grcque#* 
IV.  Selon  la  plupart  des  Anciens  , les  xuies  & les  autres  ne 
furent  d’abord  qu’au  nombre  de  feize..  S.  Ifidore  en  donne 
dix-fept  aux  Latins  ; mais  il  ne  faut  pas  l’écouter.  Ariftote 
en  compte  dix-huit  primitives  chez  les  Grecs  ; mais  il  faut 
l’expliquer.  Scaliger  & Saumaife  fe  font  trompés  , quand  ils 
ont  cru  trouver  dans  les  colones  Farnefiennes  d’Hérode  les  an- 
ciennes lettres  Atrit^ues , mal-à-propos  apelées  Ioniques  pat 
Scaliger.  Les  premières  ne  furpaficrent  jamais  le  nombre  de 
feize;:  & l’on  en  remarque  dix-huit  fur  ces  colones  ; outie 
le  B ,qui  n’y  paroit  pas,  & fur  l’exiftence  duquel  on  ne  peut 
néanmoins  former  aucun  doute.  Loin  de.  cônfêntir  ,qu’oa> 
juge  des  lettres  Latines  par  les  (i)  Aniques  ; c’oft  par  celles- 
là  que  M.  Bouliier  veut  faire  juger  de  celles-ci.  S’en  rapor- 
tera-t-il  aux  anciens  grammairiens  ?■  Ils  varient  à bien  des 
égards.  Ils  font  quelquefois  entrer  dans  l’alphabet  primitif 
des  caraderes.,  qu’il  en  exclut  : ils  en  rétranchent  , qu’il  y 
admet.. 

Il  aime  donc  mieux  établir  pour  règle , qu’on  n’à  d’abord  em- 
ployé,quedes  lettres  (z)  abfolumentnéceuaires.Les  autres  ont 


(t)  Il  femblE  que  pour  en  d^tetminer 
la  (igarc , on  dcvtoit  s'acaefaer  an  maibce 
de  Noiotel , pidfïrablcmcoc  à tout  antre 
aïoyen.  Il  cft  aaedrieur  de  pins  de  ;o.  ans 
à la  permilHoo  d'employer  les  lentes  Io- 
niques, dans  les  ftionumens  publics  d'A- 
tbeocs.  On  n'en  pouroit  pas  conclure  . il 
cil  vrai , que  les  Atbdniens  fiiflent  bornés 
d feize  Icrtres  ; mais  les  témoins  , qui  dé- 
|»fcnt  en  faveur  de  ce  nombre  , ne  Ibnt 
pps  allez  voilîotde  l'age  d un  monoitKnt 
Îî  dé'.ilif,  pour  en  étrexnisfurleurparolc. 

(i)  Ce  principe  ne  paroit  pas  trop  cer- 
tain. I*.  Ne  faut-il  pas  une  métaphylïque 
arammaticalc,du  moins  aulE  fubtilc,  pour 
décompofer  les  Ions , & les  dillinguer  pat 
des  lignes  fpécifîques  , que  pour  réduire 
plulïeurs  de  ces  fons  fous  un  même  ligne  ) 
a°.  E(l-on  aujouidui  bien  en  état  de 
prononcer  fur  ccui , qui  dévoient  ou  qui 
ne  dévoient  pas , il  y a près  de  4000.  ans, 
être  néccffairemcnc  formés  par  des  hom- 
tnes , dont  on  ne  connoir  pas  même  la 
langue  ! Quoique  nous  ayions  celle  des 
S.omairts  prcfque  en  Ton  entier  j fetioas- 


nous  bons  juges  de  leur  prosonciatien  : 

R nous  n'étions  guides, par  un  nombre  in- 
fini de  monument  contemporains , Se  pat 
tant  d'obfetvarions  gtammaiicales  , que 
les  Anciens  nous  ont  tranfmifcs  I Com- 
ment donc  pourions-nous  étte  b portée  de 
juger  des  fous  de  la  voix  du  peuple , in- 
venteur des  lettres:  Se  conléqaemmcnt  de 
! 'celles , dont  il  pouvoir  , on  dont  il  ne 
r pouvoir  point  fe  pafetl  Si  ce  peuple  cH 
dillingué  des  Hébreux  4 il  ne  nous  en 
I tefte  aucun  monument , qu’on  puilTe  feu- 
lement déchifrer.  S'il  n'en  eft  pas  difé- 
rent  ■,  on  fera  forcé  de  lui  donner  bien  pbt 
de  feize  lattes.  Les  Astiques , dit-on  , let 
Latins  Se  meme  les  Grecs  en  général  n'en 
avoient  pas  vingt-deux  r*'  ,'jord , comme 
les  Hébreux.  Mais  pourquoi  ne  pas  fnpo- 
fer  plutôt,  que  tout  restent  l'alpbabet  de 
ces  derotets  dans  toute  Ion  intégrité  ; ; 
quoique  tous  n'aient  pas  fiiit  un  égal  ulâ- 
ge  de  quelques-uns  de  lents  caiaocret  ? 

)*.  Ce  n'ell  point  une  rigearcafe né- 
cclfité  , qui  détermine  d recevoir  nne  pir- 

cic  det  IcKtcx  d'iio  xlpiiabcc  écnugti,  k- 


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DE  DIPLOMATIQ.UE; 

hé  dans  la  fuite  mventëes  par  les  grammairiens , pour  ré- 
duire plufieurs  caraâères  en  un  fèul , diftinguer  les  brèves  des 
longues  , fixer  le  fon  vague  de  quelques  lettres.  Cela  pofé, 
rV  (i)  cft  une  nouvelle  lettre  chez  les  Latins.  Mitoyenne  en- 
tre ri  & l’O , qui  la  remplacèrent,  jufqu’à  l’empire  d’ Ai^fte  ; 
de  quelle  utilité  pouvoit-elle  être  î L’H  eft  (i)  ime  afpirée , 
pluroc  qu’une  lettre  : fit  nouveauté  paroit  donc  avérée.  Celle  du 


i rejner  fiutFe.  Il  %ac  en  avoir  laie  on 
long  ofiige , poor  èae  en  ^tat  iToblcrvet 
celleijdonton  D*apas  belbin.  On  com- 
nenee  pat  conc  adincette.  Le  dirccme- 
mentdu  n^cclTaire  , de  rocile  , Sc  du  fu- 
jierflu  ne  vient  qo'aptèv  bien  des  expé- 
ziences  & des  tdll^xions.  Telle  eft  la  mar- 
che de  telprit  humain. 

4*.  Cet  dldment , adgligî  par  les  ont 
comme  inutile  i l'êta  rail  en  envre  par  les 
autres.  La  divetlitd  des  dialeâes  eoei  les 
’Ctecs  devoit  produire  beaucoup  de  varia- 
tions. Qni  peot  ezptimct  tons  les  difil- 
tens  (bos , tons  les  divers  accent , qui  le 
firent  entendre  dans  chaque  contede  de  la 
Crèce,  depuis  le  fidclc  de  Cadmut , jul^ 
qu'au  tems  , on  les  auteurs  couuiKnci- 
reot  à nous  aprendre  quelques  particula- 
litds  fut  les  lettres  Grdquet  ? Quel  nom- 
breux alphabet  ces  Ibns  te  ces  accens 
iTantoienrils  pat  enfantd;  fi  l'on  avoir 
pris  k tâche  de  les  rendre  par  autant  de 
caraftdres  i II  s'en  fimdroit  bien  , que  le 
nombre  de  IHic , te  mjmede-vingt  qoa- 
tre,eûtpn  Tafite.  Qn'nne  langue  conti- 
nue d'dtre  vivante  , pendant  un  milier 
'fi'années  s à peine  fera  t-elle  reconoilla- 
We  ; loin  que  la  ptononciarion  Ibit  la 
m£me  k tons  dgards.  De  nouveaux  Tons 
Teront  introduits  à la  place  des  anciens  , 
donc  pluficnrs  lê  fêtant  petdas.  Commu- 
ndment  néanmoins  la  néceffiié  ne  lait  rien 
ajouter  arts  lettres  : le  fuperfio  o’y  lait 
lien  rétranchet.  L'alphabet  cft  toujours  le 
même.  On  n*en  change  pas  les  caraâéres; 
mais  on  en  fait  des  nfages  incomms  anx 
Cèdes  prècèdens  s mais  ou  fiiptée,  comme 
proA- 
ne  pas 

(i)  Il  cft  Bouctanr  ordinaire  dans  les 
trois  ubIesifEagabio  en  lettres  latiaes,Si,  ^ 


on  peut, a Ion  indigence  ; mats  on 
guc  le  fuperflu  , on  l’on  lèmUe 
daigner  s*en  fetvir. 


pateeqoe  I'l  & l'O  ont  été  fttbftitaés  â fV: 
ce  caraâère  doit  être  tenu  pont  inutile  : 
comme  il  n'eft  aucune  voyelle , qni  ne 
cède  lônvent  (à  place  à aoe  on  plufieott 
de  lès  compKnes  ; en  reftera  t-il  une  , 
dontrinatilicene  fort  démontrée  ; T aura- 
t-il  même  nne  feule  eonfone , dont  on  ne 
puiflê  en  dire  autattr  ! En  tm  iiKit , cft-il 
ancon  élément  de  l'alphabet , auquel  ors 
n'ait  fubftitné'divetfes  leitics  ? Qnoiqne 
ro  êe  ri  aient  été  mis  pour  l'y,  jufqn'au 
legne  d’An^uftcKpIufieunGéclesdepaitt 
il  iK  s’enfiuc  pas  que  l'V  ne  fût  pas  em- 
ployé ponr  lui-raéme.  Les  monomeot  , 
où  pacoilfent  ces  fabfticucions , Ibnt  pleint 
d'exemples  , od  elles  ne  pacoilTenc  pas. 

( 1 ) M.  Bonhier  adopte  Sc  combat 
tont  à tout  cette  ptétenrion  finguliére. 
Il  s'en  amorife,  par  taport  à l'alphabet  La- 
tin , dont  il  exclut  fH  ; il  la  lejetie  com- 
me abfurdc,  par  rapott  à l’alphabec  Grec:, 
od  il  fadmet.  Antre  ehofe  eft  de  ne 
reconeiere  une  lettre  ai  pour  voyelle  ni 
pour  conibne;  autre  ehofe  de  la  cooviin- 
cre  d'être  de  nonvelle  date.  Ceft  an  ju- 
gement de  Prifeien  (a)  feulement  une  af' 
ptrée  I qni  n'a  la  cpifticé  ni  de  voyelle  ni 
de  demi-voyelle  ni  de  muette.  Vemus, loin 
de  (ê  déclarer  (ij  poitr  la  nouveauté  de 
rH,en  apuie  l'antiquité,  par  le  fufrage  de 
quatre  anciens  Grammairiens  ; par  un  mi>- 
nnment,  odron  voulut,  au  fécond  liécle, 
imiter  la  manière  d'éctitc  des  tems  les 
plus  reculés  , pat  l'nlâge  des  anciens 
Ioniens  , fuivanr  leqnél  on  peignoit 
HEKATON  pour  iiucrif , par  celai  d'é- 
crire THEOS  . nniAOS  , ■HAPO;< 
sour  9EOS , «lAOS  . XAPON  , svant 
l'inctoduébon  des  O « X ; ou  plutôt  par- 
ceqne  la  mode  de  s'en  fetvir  n'écoit  pat 
encore  géoéialemcat  autotilée. 


II.  PARTIE.' 
SïCT.  III. 

Chap.  I. 
AXTicia  L 


W C#/.  S44i 


(é)Lié.  i.r.iC. 


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II.  PARTIE. 
S £ c r.  III. 
Chip,  I. 
AjI  X I c £ 1 I» 


20  {NOUVEAU  TRAITÉ  ' 

(i)G&du  Z n’a  pas  befoin  de  preuves.  Quoique  plufieurS 
auteurs  anciens  nomment  l’inventeur  du  K (a)  chez  les  Latins; 
ceux-ci  n’ont  jamais  pu  s’en  palTer.  Prifcien  mec  l’F  parmi 
les  lettres  ajoutées  : mais  M.  Bouhier  le  réfute.  Il  conclut 
que  l’alphabet  ancien  des  Latins  , &c  par  conféquent  des 
Attiques , confifloit  dans  ces  lettres  (jjABCDEFIKLM 


(t Le  G commun  dans  les  tables 
Zügabiacs.  Qoand'cclles^qui  font  cq  leC' 
tscs  Launes  auroienc  été  gravées  lo(^ 
tems  après.les  Etrufquesi  >1  fcroïc  di^ 
cile  de  rabaider  les  premières  au-dedbos 
de  l'age  de  la  colonc  DuUlieone  » oti  l'oo 
ne  voit' point  de  G.  Mais  on  le  voit  dans 
tmc  Cl  CS- ancienne  iafccipüon  , fîgorée  à 
Ja  page  460,  du  Vtrwenfe,  Ce 

luononient  oc  fcmble  pas  non  plus  d'un 
âge  iufèncur  à la  colone  Dullîiennc.  Il 
pouroic  même  être  bien  plus  ancien.  De 
ce  que  cette  colone  , qui  d'ailleurs  o'efl 
pas  hors  de  tout  foupçoo  , emploie  le  C. 
pour  te  G > & de  oc  que  Carvihus  fixa  i'u- 
fage  de  J un  & de  l'autre  ; il  ne  s'enfuit 
pas  plus  , que  cette  lettre  n'ècoit  point  en- 
core invcmcC)  qu'on  le  pouroit  conclure 
d'une  ancienne  table  d'airain,  publiée  par 
M.  le  Marquis  MafTéi , dans  Ion  Mufemm 
IWucaycpag.  4)7  t ^clle  n'éroit  que  de 
treize  ligne#.  En  elFet  pas  un  feul  G n'y 
paroit  i tandis  qu'on  y trouve  plus  d'une 
fois  le  C mis  pour  le  G : par  exemple 
dans  N EC  OTI.A..  Mais  les  lignes  luU 
Tantes  ofretu  beaucoup  de  G.  Enfin.,  ce 

3ui  Tupofe  une  bien  plus  haute  antû]aité 
u G , qu'oo  ne  penfe  ) les  Latins  fermé* 
rent  leur  G du  Z des  Grecs , donc  il  ocupe 
Téricabicmem  la  place.  Ce/l  un  fiiic , 
donc  VolBfis  oedi/convicntpas;  A l’égard 
du  Z Lacin , en  tant  que  dtmngué  du  G : 
cm  ne  prétend  pas  le  faire  remonter  aux 
premiers  tems , non  plus  que  l’Y  diûia* 
gué  de  rV, 

(1)  Cette  lettre  , quoique  d'au  .grand 
tl/âge  chez  les  Ecrufques , ne  paroit  point 
dans  récriture  Latine  des  tables  de  Gu> 
%lo.  N'en  inférons  pas  néanmenas,  quelle 
fût  étrangère  à l’alphabcc  Latin  s mais 
qç'uDc  lettre  ne  Fe/l  point,  pour  ne  pas  fc 
trouver  daus  quelques  monumens  con/î> 
dérables,  ou  dans  un  grand  nombCc  d*aU' 
tus  de  peu  d'étendue. 


(j)  Le  fy/lémcdc  l'illu/lrc  Magiftrar, 
tout  ingénieux  qu’il  e/l , vient  écboucr  .* 
devant  les  tables  Eugubioes.  Les  carac* 
teres  Latins,  qu'elles  renfenneuc  , font 
ABCDEFGHJLMNOPQJISTVX. 

Il  n'y  manque  que  les  élémens-  K T Z , 
dont  le  premier  n*c/l  sûrement  pas  nou- 
veau i quoiquede  peu  d'ufiigc  en  certains 
tems  , en  certaines  contrées , oti  il  étoic. 
remplacé  par  le  C ou  le  Q.  Un  monu- 
I ment  de  . cette  antiquité  doit  l'emporter  ^ 
fur  les  auteurs  anciens  & modernes , qui 
difputenc  eotr'eux  du  nombre , de  la  date . 

^ ftc  des  ioventeurs  de  tant  de  lettres  ) fans 
pouvoir  convenir  fur  un  feul  article. 
Quelqu'un  prendra  peutétte  ocafion  de 
rV  âc  de  IX,  pour  rabatre  beaucoup  de. 

‘ J'age  , qu'on  atribue  aux  cables  Eugubi* 
nés  ) fous  prétexte  que  le  premier  n'eft 
pas  de  raÿha^t  Cadméen  » £c  que  le 
fécond  , a'il  en  étoic , s'y  crouvuic  déjà  r 
déplacé.  Mais  jufqu'ici  la  foule  des  favans 
's'eil  alTcz  conflammeoc  réunie  , pour, 
acotder  à ces  tables  l'antiquité  la  plus  re*  ^ 
culée.  Du  moins  ne  peur-on  nier, qu'elle# 
ne  foient  fort  anciennes.  Quand  même 
00  prouvccoic  aufC  aifément , qu'on  a pu 
l'avancer , que  leur  écriture  Ladne  ne 
• précéderoic  pas  de  beaucoup  rèce  Cbré** 
tienne  f on  ne  poureic  difeonvenir , qu'el- 
,lcs  D'culTenc  été  traafccites  fur  des  mo**^ 

' numeos  très  anciens  , dont  il  n-eap». 
croyable , qu'on  cât,ak<cé,totl><>Snpa'-  • 
D'un  ,&de  l'X 

chez  le*  Xadinpoimnt  bien  toucher  au. 
' tenu  de  l'enttde  des  lentes  en  Italie.  Il  y 
aplatsrv  quanta  Ta  fiy;Dte  , 8c  à U. 
valeur  , a-  pu  faire  pattie  de  l'al^habe* 
Cadméen  , en  fupolânt  qu'il  tenou  avec 
l'F  le  lixiètue  rang.  , & qu'alnn  leurs  Ions 
& leurs  ufages  étoient  confondus.  Si  i’é- 
criturc  Latine  des  tables  (fEugubio  e(l 
aufli  ancienne  , qu'on  le  penle  ordinain* 

■ tcmcBt } quelle  pteorç  , que  fX- 


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t)E  DlFLOMATIQiUr.’  5» 

No  P R ST.  Il  y fait  répondre  celles-ci  : ABTAE  (i) 
HIKAMNOnPST.  Il  n’eft  point  de  mot  Grec  , qui  ne 
puilîe  être  rendu  par  ces  derniers  caraûères  : comme  il  n’en 
eft  point  de  Latin , qui  ne  puidé  l’être  par  les  premiers.  j 
Que  les  lettres  © s X û.  foient  nouvelles  ; c’eft  fiit 
quoi  to;i5  les  auteurs  font  d’acord  : quoiqu’ils  atribuent  les 
unes  à Simonide  , les  autres  à Palamède  , à Epicharme  à 
Cadmus  le  Milélien,  Ariftotc  a rangé  Z T ® parmi  les  plus 
anciennes  : mais  il  ne  faut  pas  prendre  cela  plus  au  pié  de  la 
lettre,  que  quand  il  les:  fait  monter  à dix-huit.  D’ailleui;s  le 
2 ell  une  double  lettre  , &c  conl'équemmcnt  nouvelle.  Sui- 
das en  raporte  l’invention  tantôt  à Simomde  , tantôt  à Pa- 
lamcde.  D’autres  la  donnent  encore  à Cadmus  de  Milet.  Les 
Pélafges  ne  l’avoient  pas  r puifqu’ils  n’en  ont  point  fait  part 
«ux  Lacins.  Et  preuve  que  ces  derniers  ne  s’en  fervirent  pas 
d’abord  ; c’eft  que  (i)  Vélius  Longus  , Curtius  Valérien  &c 
éâint  Ilidore  en  reconoiifent  la  nouveauté.  Celle  du  $ n’eft 
pas  incertaine  : quoiqu’on  puilTe  douter , fi  c’eft  de  Palamè- 
de  ou  de  Cadmus  lè  Miléfien , qu’on-l’a  ro^e.  Quant  àl’V  , 
on  ne  difpute  pas  moins  fur  fon  inventeur.  C’eft  Palamède 
iblon  les  uns  , Simonide  félon  les  autres  : plufieurs  l’atri- 
buent  à Pythagore  de  Samos*  Si  cette  lettre  étoit  de  la 
pretnicre  antiquité  ; l’on  ne  pouroit  rendre  raifon , pour- 

2uoi  les  , anciens  auroient  (j)  toujours  écrit  o pour  OT.  En- 
n les  Latins  auroienCu  employé  ceae  lettre  : ce  qù’on  ne 
peut  apuyer  d’aucune  preuve.  Au  refte  elle  n’étoit  pas  non 
plus  nécefiaire  aux  Grecs.  , > 

Us  n’eurent  donc  point  d’autres  lettres  qu- ABrAEHIKAM 


, .-J'  ; Ui  U,-. 

jiOCDpat  i^oint  alon  &ns  ralphabei  La- 
tin la  même  place , «piedaiu  le  Grec  ! Le 
^co  d'ulâee  , au  on  en  fiiroit  , n'auioit- 
jl  pas  pudana-la,  Càtc  ocaConcr  Ion  dé- 
placement I 

te  V e ) ^ qDeIo|M  niTons  aparentes 
^*on  a autotife  { m répondra  tonjoun 
jna  i l'F.  Il  y a dans  te  Latin  ooe  autre 
Jemc  telatÎTe  à l’R  II  y a dans  le  Grec 
V»  autre  cataâéte  corteipondjuii  à IT. 

(ij  Ceux  qui  prêtent  cette  opinion  i 
:M>neaateac  , ont  pris,  upc  objeéiion, 
^'il  fe  fait  , pour  tbo' lêntimcnt.  Car 
^alficôc  il  le  décbmjyw  rwtiqiâié  da 


Z I te  même  II  en  demne  des  prenvee. 

(l  ) LcaauKon , qui  apoitent , qne  les 
anciens  écrivoient  O pour  OU,  Mes  mo- 
.numens , dont  ils  apoient  ce  fait , font 
poftérieurs  i d'autret , où  l'on  trouve 
également  O pour  OU  ; mais  fur  lef- 
quels  on  voit  auÆ  des  V en  grand  nom- 
bte.  Nul  monument  des  Latins , quelque 
ancien  qn'il  puilTe  être  , où  l'V  ne  fe 
montre.  S'il  en  eft  quelqu'un  , dont  il 
paroillê  exclus;  on  no pioavera  jamais , 
qu'il  Ibit  «Tune  antiquité  fupériente  i 
ceux , où  rv  eft  employé.  L’V  ne  remonr  - 
IC  P»  moussais  cnez  lcs  Ctccs.- 


y 

11.  l'ARTIE; 
SfCT.  III. 
Ch  A P.  I. 
Ak.T(  c Ll  U 


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n.  PARTIE. 

SiCT.  III, 
C H A r.  I. 

A R T I c l Z I. 


Ancien  fyliime 
ccAifié  : nulle  co- 
noifTancc  des  let- 
etes  chez  les  Grecs 
& chez  les  Utms 
avant  Cadmus  : les 
uns  *c  les  autres 
ont  re(u  Ton  al- 
fhabec. 


tîaUVEAU  TRAITÉ 


N O n P 2 T , jufqu’à  l’arivée  de  Cadmus.  Il  faut  bien  quH 
ait  aporté  de  grands  changemens  à leur  alphabet  : puHque 
de  leur  confencement  prefque  unanime  ,d  ena  palTé  (i) 
pour  l’inventeur.  Toutefois  il  ne  l’avoit  enrichi  que  de  llx 
caraâcres  fur  le  modèle  des  Phéniciens.  De  ce  nombre  trois 
feulement  avoient  chez  les  Grecs  la  valeur  de  lettres , & trois 
de  fignes  numériques.  Z © H reviennent  aux  jaî/i , thith  àc  (i) 
ScAin  des  Hébreux.  Les  deux  premiers  conl'ervent  dans  l’un 
& l’autre  alpliabet  le  meme  rang.  L'autre  ne  l’aura  (3)  per- 
du , que  par  la  faute  des  Pélafges.  L’alphabet  de  Cadmus 
fut  donc  compofé  de  dix-neuf  lettres  vériubles.  Un  palTage 
de  Tzetzes  en  fait  la  preuve.  Les  Grecs  , félon  ce  texte  , 
n’eurent  d’abord , que  leize  lettres  ; enfuite  dix-neuf  -,  enha 
vingt-quatre , qui  hirent  réunies  en  un  alphabet  par  Calliftra.- 
te  ^ Samos.  Voila  donc  trois  états  bien  marqués  de  l’alpha- 
bet Grec.  Les  Pélafges  l’aportcrent  , Cadmus  l’augmenta 
les  Ioniens  (4)  y mirent  la  demicte  main  , &c  le  communi- 
quèrent à tous  les  Grecs. 

V.  Tel  eft  en  racourci  le  fyftème  de  M.  Bouhier.  Si  l’on 
peut  tenir  contre  la  force  des  preuves  , qui  l’apuient  ; on  ne 
fauroit  fe  refiifec  aux  éloges  qu’il  mérite.  Mais  fes  belles 
proportions  ne  lui  donnent  pas  toute  la  folidité  delirable. 
Les  notes  dont  on  vient  d’acompagner  l’efquilTe , qu’on  en 
a tracée  , auront  commencé  fans  doute  à découvrir  la  fra- 
gilité de  quelques-uns  (^)  de  fes  fondemens.  A des  autorités 


(i)  S'il  l'cft  en  eSêt  , l'objeâioo  Ce 
tourne  en  preuve. 

(t)  On  ponroit  fur  ccli  former  Je 
grandes  dihcoltés.  A <]Boi  bon  reconrir 
au  Sehiit  ; tandis  que  nous  avons  le  Sm- 
mtc  , qui  ocupc  pidciRment  dans  J'al- 
phabet  Hdbreu  lamdme  place  que  le  B 
dans  le  Grec  ! La  relTcmblance  du  Sa- 
mec  Phénicien  on  Samaritain  avee  le  S 
Grec  , e(l  bien  phis  marquée , que  celle 
du  dernier  avec  le  Schin. 

(jJ  Si  le  SMk  a été  fubftitué  par  les 
Pélafges  au  Saiwec , quand  ils  l’ont  fait 
palTcr  dans  l'alphabet  Grec , fous  le  nom 
de  2 , & C cette  lettre  eft  Cadméenne  : 
donc  les  Pébfgcs  tenoieot  leur  alphabet 
de  Cadmus.  Ceft  une  contradiéUon  écha- 
fée  à l'atcncion  du  lavant  Magiftiat. 


(4)  Auparavam , chacun  avoii  le  lien  | 
parccqu'il  n'y  avoir  prclqu'aueunc  cou- 
tree , prefqu'aucnne  ville , qui  n'eût  quel- 
que lettre  particulière  , ou  qui  n'en  fie 
quelque  ulagc  lingulier  , ou  qui  ne  re- 
tranenût  un  ou  pluficun  élémeat  de  l'al- 
phabet , du  moins  dans  laptalime.  Mais 
enfin  l'ionien  eompolï  , non  de  vingt- 
quatre  , mais  de  vingt-fept  caraéiètes  , y 
compris  les  épisèmes  , lempUfa  fcul  tous 
les  antres. 

([)  Tous  n'ont  pas  téellement  ce  dé- 
fini. Acotder  vingt-deux  caraélères  à Pal- 
phabet  de  Cadmus , & S'élever  contre  l« 
préjugé , qui  le  bornoit  û feize  , tien  de 
mieux  penlï  i mais  les  fopofc  dcs-Ioi» 
numériques  j c'eft  trop  anticiper  fur  la 
cems.  Les  Grecs  ne  conuicnc,que  pluCcnif 


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.1 


OE  DIPLOMATIQUE.*  Zf 

fëellement  trop  équivoques  , pour  nous  engager  dans  des 
routes  contraires  à celles , que  les  anciens  nous  ont  firayées  ; 
^pol'ons  'des  témoignages  ^emptoires;  Prouvons  qu’avant 
Cadmus  les  lettres  furent  incooimes  à l’Italie  , comme  à la 
Grèce.  Le  filtrage  d’Hérodote  pouroit  feul  nous  tenir  lieu 
de  beaucoup  d’autres, 

!'•.  Nous  n’avons  point  d'auteur  plus  ancien  , qui  ait  fait 
autant  de  recherches  l'ur  l’origine  des  lettres,  ll  femble  avoir 
pu  d’aflèz  bons  mémoires , touchant  leur  i<itroduâ:ion  en 
Grèce  par  les  PJiéniciens  ; puifqu’il  entre  lut  cela  dans  des 
détails  , qui  montrent  un  homme  bien  au  fait  de  ùl  matière. 
Il  avoir  examiné  les  monumeiu  de  fa  patrie.  Si  lés  lettres 
y eulTent  été  mifes  en  ufage  avant  Cadrnus  ; eft-il  probable , . 
qu’il  n’en  eût  découvert  aucun  , qui  précédât  l’arivée  de  ce 
prince  i S’il  eût  feulement  oui  parler  de  quelqu’un , dans  tant 
ce  voyages  , entrepris  pour  perfeéÜoner  fon  hilloire  ; zélé 
qu’il  étoit  pour  la  gloire  de  ion  païs  , il  n’eût  eu  garde  de 
fe  déclarer , en  termes  aufli  forts  , contre  l’exillence  même 
des  lettres  chez  les  Grecs  avant  Cadmus.  » Les -Phéniciens 
i»de  fa  (d)  compagnie  dit-il  , entre  plufieurs  autres  fortes 
V de  belles  conoiilances , dont  ils  enrichirent  les  Grecs  , leur 
» aportèrent  celle  des  lettres.  Audi  ne  s’en  trouvoit-il  point , 
và  mon  avis  , chez  eux  auparavant  Ce  texte  (i)  eft  d’une 
toute  autre  clarté  , pour  nier  qu’il  y eût  en  Grèce  des  lettres 
plus  ancieimes  ; que  ne  le  font  ceux  , qui  femblent  en  acri- 
Duer  aux  Pélafges  avant  cette  époque. 

a°.  Des  écrivains  de  beaucoup  pôftérieurs,  & d’ailleurs  en 
contradiélion  avec  eux-mêmes  , peuvent-ils  balancer  l’au- 
torité du  père  de  l’hiftoire  ? Elle  va  , cette  contradiéHon  ; 
jufqu’à  reconoiae . Cadmiu  pour  le  premier  introduâeur  des  ' 
lettres  en  Grèce  , qu’on  y lupofe  en  ufage  , &c  meme  con- 
figjiées  fur  des  raonumens  antérieurs  au  débarquement  de 
Odmus.  Veut-on  épargner  à ces  écrivains  la  honte  d’une' 


f2cleiaptjs,ratilit^  d’an  alpbabct  de  chi- 
fr« , & les  Phéniciens  ciu-mémcs  o'en 
louilToienc  pu  encore. 

( I ) Si  l'a^on  contraire  étoit  connoe , 
dés  le  tems  d'Herodotc  ; elle  ne  pooToit 
ttre  apoyée  , que  fat  des  bruits  vaeaes. 
fov  (râ  qn'dk  eût  ta  qqclqne  le^té 


de  vraiicnblance  , comme  elle  étoit 
honorable  à la  Grèce  j cet  bifloiicn  n'an- 
toit  pu  dédaigné  d'en'  faire  do  moine 
une  mention  eapreHc  : au  lieu  qu'en  l'in- 
flouant  à peine  s il  montre  (Olÿica  J>f  B ' 
elle  étoit  fondée. 


( 


n.  PARriE.. 

s ICI.  III. 

C H A F.  I. 

A K T-I«  li- 


(a)  Lit.  J.  c.  s*\. 


Digitiz&d  by  Coogit- 


NOUVEAU  "TRAITÉ 

- -ü'!— J"  pareille  abfurdité  ? Il  faudra  donc  dire  , qu’il  ya  vdritàbl«l 
Il  P ' R.T/E.  ment  erreur  dans  leur  chronologie  : mais  qu’ils  n’ont  jamais 
C^H  A^i>  * r rrcrendu  faire  ériger  ces  monumens  avant  Cadmus  : ou  bien 
A R n c L I t il  faudra  fupofer , qu’ayant  été  dreffés  après  coup , ils  font  d’un 
âge  plus  récent  que  celui,  dont  ils  femblent  porter  la  date. 
Mais  dans  l’un  & l’autre  cas , M.Bouhier  perd  tous  les  avanta- 
ges, qu’il  prétendoit  tirer  de  ces  textes  raffemblés  ^ grands  frais. 
Au  contraire  aime-t-il  mieux , qu’on  ne  touche  pas  à l’anti- 
quité des  monumens  alégués  ? Le  petit  nombre  des  auteurs,' 
iur  lefqueis  il  apuie  l’ulâge  des  lettres  en  Grèce , avant  Cad- 
mus, fe  réduira  nécelTairement  prefque  à rien  , Sc  meme  doit 
être  compté  pour  rien  ; puifqu’ils  dilènt  fur  le  meme  objet 
le  pour  ù.  le  contre. 

}®.  Il  n’en  eft  pas  ainfi  de  ceux , qui  prennent  le  parti  de 
Cadmus  : leur  fufrage  n’eft  point  chancelant.  Tous  tien- 
nent le  meme  langage , quant  à ce  fait  principal  : La  Grèce 
doit  fes  lettres  à Cadwtfj.  Point  de  variation  à cet  égard,  de 
•la  part  d’aucun  ancien  de  quelque  nom.  S’ils  fe  panagent,' 
c’cft  fur  les  circonftances. 

Ce  que  les  auteurs  dilènt  des  lettres , aportées  de  Phénicie 
en  Grèce  par  Cadmus  v le  dilènt  des  lettres  Cadméennes 
aportées  de  Grèce  en  Italie.  Les  témoimages  , par  rapoK  au 
dernier  point  , font  encore  plus  uniformes.  Il  feroit  inu- 
tile de  citer  les  Scaliger  , les  Saumailè , les  Bochart  , les 
-Vollius  t/C  tant  d’autres.  Ces  modernes  ne  font  que  les  échos 
des  grammairiens  &c  des  hilforiens  Romains  fie  Grecs , qui 
dépolènt  en  faveur  de  l’alphabet Cadméen, introduit  en  Ita- 
Marius  Viûorin  (a)  ne  fe  contente  p^  d’en  augmenter 
mlul.  « ‘0^-  le  nombre  ; il  s’autorilè  encore  d’un  ancien  Latin  nommé 
Cincius  , dont  le  témoignage  eft  précis.  Denis  d’Halicar- 
naftè , l’un  des  auteurs  le  mieux  inftruit des  antiquités  Ro- 
lit.  t.f.n-  niaines,  nous  {i>)  aprend , que  les  peuples  , qui , foixmte  ans 
avant  la  guerre  de  Troie  , vinrent  , fous  la  conduite  dE- 
vandre  , s’établir  en  Italie  , y aportèrent  les  premiers  les 
lettres  Grcques  , dont  l’ufage  étoit  encore  tout  récent  chez 
les  Arcadiens.  Or  comme  ces  peuples  étoient  Attiques  & 
Pélafges  , il  fuit  qu’il  n’y  avoit  en  Grèce  ni  lettres  Atti- 
Pélafgiennes , antérieurement  àl’arivée  de  Cadnuis. 
r.'Tp. " Aufli le  cardinal(c)Corradini,dans  fon  ouvrage  fur  les  premiers 

peuples 


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t)E  DIPLOMATIQUE. 


>peaplcs  de  l’ancien  Latium  (i)  , fe  déclare-t-il  popr  cette 
lopinion  préférablement  à celle  (i)  de  Pline  : quoiqu’on  lui 
falTc  dire  le  contraire  dans  la  table  des  madères  , par  une 
inatention  , qui  doit  être  mife  fur  le  compte  de  l’éditeur. 
Quand  on  n’auroit  que  les  autorités  d’Hérodote  , de  Cin- 
cius  , de  Denis  d’Halicxu-nalfe  ; ne  renverferoient-clles  pas 
.par  les  fondemens  tont  TyAcme  , qui  rupoleroit  des  lettres  , 
. Pélafgiques  en  Grèce  , Attiques  en  Italie  av^c  Cadmus  ? 
M.  Bottliier  a-t-il  un  feul  témo^iuge  aufli  formd  i Nous 
ne  pouvons  donc  le  fuivre  fur  ce  point  ; mais  nous  embraf- 
ferons  volontiers  fon  opinion  , aumjet  des  vingt-deux  lettres 
,de  l’alphabet  Cadtnéen  , & nous:  nous  éforcerons  bientôt 
de  la  conhnuer  par  de  nouvelles  preuves.  t 

,,  VI.  Mais  fi  les  Grecs  & les  Latins  reçurent  d’abord  vingt- 
deux  lenres  ; d’où  vient  que  tant  d’auteurs  anciens  & mo- 
dernes n’en  ont  compté  que  feize  , ou  bien  dix-huit  tout  au 
plus  ? 1°.  en  tenant  ce  langage,  ils  ne  parloient  point  des 
UpLsèmes  .,  qui  ne  laiBbient  pas  d’etre  de  vraies  lettres  , chez 
.^uelqtke»-an»ide  cês  peuples  , & notamment  chez  les  La- 
tins ; quoiqu’ils  fufient  reftreints  aux  pures  fonctions  de  chi- 
fres  chez  plufieurs  des  Grecs,  a”,  les  variations  perpé- 
.tuelles  de  ces  auteurs  fur  les  inventeurs  de  chacune  des  pré- 
tendues lettres  ajoutées  décèlent  la  foiblelTe  de  leurs  té- 
jxioignages  à çet  égard.  Tout  eft  chez  eux  plein  d’incertitude  ; 


• (j.)  Ptfri  MarctUini  Ctnaéliiti  S.  R.  E. 
Cardiaalis  de  primii  MntitjHi  Latii  populis 

Rems  1748. T*w.  1.  lit.  i.  cap.  4. 

n. 

(i)  L4  diftrcQCc  iformion  entte  Plioe 
& le  'Cardinal  ne  inmDe  pas  Tur  Tintto- 
dudtion  des  lenres  en  Grdce  pu  Cadmus  ; 
mais  fur  pelles  des  memes  lentes  en  ba- 
lie  par  les  Arcadiens  ou  les  Wlafgcs.  Le 
Cardinal  en  fait  exprelTcmcnc  honneur 
aux  prémices  , Pline  eu  raporte  la  gloire 
aux  leeonds.  Mais  Pline , t]ui  die  I.  4.  c.t. 
que  l’Arcadie  fut  apciidc  Pdlafgie  , put 
bien  dd  patladc  des  Pdlafges , rie  les  point 
diHingucr  des  Arcadiens.  C'dtoit  mdme 
une  voie  , .pour  concilier  les  opinions  des 
tutturs  i qui  ftnt  aporter  in  Italie  les 
lottrcs  tantâe  par  Ici  Aicadil^ , te.  tantôt 
t>at  les  Pcialgcs,  tient -pas^ 

* Tome  II  ■ 


moins  pour  un  fait  certain , que  Cadmus 
incioduifii  les  lettres  en  Grèce  , mtjtu  ta 
Graciant  mtulijfe  cVherticeCadmimi.lih.7 . 
c.  s*  r cela  fupofe,  qu'elles  o'y  avoicnc 
pas  pénétré  avant  lui  ,'Sc  que  les  Pclafges 
avoicnc  adoptéTcsIctttc's  , quoique  peut- 
être  en  y faifaAt  .des  «hsigemens  conli- 
détahlcs.  L'écrmte  bmfrapMdna  > ou  i 
marche  alcetnacivcmrnr  contraire  , en 
auroit  pû  être  nn  de  lent  invenrion.  Du 
moins  les  exemples  en  patoilTecc  ils  plus 
fréquens  d^ns  le  Péleponcfc  , que  par 
tout  ailleurs.  Ces  Thytrénlens  au.  con- 
traire , comme  Lydiens  , retinrent  Pécri- 
cure  propre  aux  Orientanx  , alant  d* 
.droite  à gauche.  C'efl  uqe  obfervacion 
jultifiée  par  les  plus  anciens  ihoniuuciii 
Ectufques.  > : 

d' 


II.  PA  RTIE. 
Sic  T.  III. 
C H A P.  I. 
Ait  TI  en  L 


Comment  Pan. 
cien  alphabet  des 
Grecs  & des  La* 
tins  a-c  il  pû  paf- 
fcrpourn’ctrc  que 
de  Icire  lentes,  ou 
de  dix -huit  au 
plus  ; 


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Il  PARTIE 

S t CT.  III. 
Cmap.  I. 

. Akt  I CLI.  I. 


•1^  NOUiYEAU.i  Tll  AITÉ 

parceque  au  lieu  de  remonter  à U fource  ,'ils  ont  jugd 
du  paiticulicr  au  gdaéral.  Un  monument  en  lettres  anti- 
ques leur  a taie  prélümer  , que  tous  les  auttes  étoienc  fem- 
blables.  Ils  ont  conclu  d’un  texte  mal  entendu  f,  que  tel 
avoir  été  l’inventeur  de  certains  caraûcres  , qui  ne  les  avoit 
4 qu’actddités , & tout  au  plus  fait  revivre,  ou  fervir  à un  nouvel 
,ulà^.  De  la  leur  peul  de  concert  fur  les  lettres  inventées 
apres  coup  , & fur  leurs  inventeurs-  j“.  Il  ailé  de  com- 
prendre , comment  ils  ont  pris  le  cliange  fur  un  fait  aufli 
-obfctu:  , qu’éloigné  de  leur  rems.  Nuis,  textes  formels  d’au- 
teurs de  la  plus  liaute  antiquité  ne  portèrent  la  conviélion 
.dans  leur  efprit^dls  ne  rédailirent  si  feize  lettres  l’alphabet 
primitif  de  Cadmus  , des  Pélalges  & des  Arcadiens , que  pat 
ignorance  du  nombre  des  lettres,  dont  l’alphabet  Phénicien 
étoit  compofe  ; que  liir  des  raifons  grammatiesdes , qui  fupo- 
lènt  toutefois  dans  l’alphabet  les  lettres  mêmes , qu’ils  préten- 
dent devoir  en  être  rétranclrées ’,  liir  l’ufage  des  licclcs  voitiiis 
du  leur,  où  certaines  lettres  n’a  voient , pour  ainli,  dire,  plus 
de  cours  , quoiqii  elles  ne  fùrtênt  pas  banies  de  f alphabet^ 
lût  une  étude  trop  fliperfîcielle  des  monumens  antiques  ; fur 
des  notions  peu  exaûes  des  lettres  , qui  avoient  aquis  une 
nouvelle  valeur  , ou  quelque  autre  fon  aprochant  de  leur  fon 
primitif.  i ..  ^ il  ' ■- 

Or  l’ignorance  „où 'les  anciens  étoient  furie  nombre  des 
élémens  Phéniciens  , ne  manifefte-t-elle  pas  la  première 
caufe  de ‘leur  erreur  fur  celui  des  élémens  Grecs  & Latins?. 
Qu’une  lettre  ne  puilTe  erre  cenfée  niconfbnc  ni  voyelle, 
mais  feulement  afpiréc  ; (èra-ce  une  railbn  pour  décider  j 
qu’elle  n’étoit  pas  en  ufage  , du  moins  fous  ce  dernier  rap- 
port ? Une  lettre  cil  acréditéé  dans  un  tems  ; la  mode  s’en 
pafle  dansim  autre  : elle  eft  aflbrtie  à l’idiome  de  certain 
pais  J elle  ne  convienf  pas  à un  aiitre.  S’enfuit-il  qù*élle 
Ibit  exclue  de  l’alpliabèc  ? C’ën  feroit  donc  fait  du  K en 
France , en  Italie  ^ en  Efpagiije.  ^ ‘ • 

Telle, Icttee,: donc  un  monument  fêta  dépourvu-,  fe  moiw- 
trera  fur  un  antre  du  même  t^ms  ,,  où  qaelcju’une  de  cellei, 
^’on  avoir  trouvées  fur  ïe  premier  ne  paroitra  pas.  Secoatrif 
râifonablc  de  les'juger  étrangères  à l’alphabet^  fur  des  auto- 

tités  û ciwncelantes  ? On  Exé  la  prohonciation  cTmie  lettre  *. 

O.  .1  tiusv  - ^ 


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I 


DE  DIPLOMATIQUE.  17 

dont  le  Ibn  étoit  incertain  ; cette  nouveauté  détruit-êlle  Ibn 
être  ? Le  changement  lîirvenu  ne  prouve-t-il  pas  au  contraire  la  • * J ^ 

réalité  de  fon  ancien  état  ? On  diftingue  plufieurs  fons  dans  c«”p  i. 
une  lettre  : on  les  aproprie  à difêreiues  figures  , fous  lef-  AancL»  l. 
quelles  on  avoir  déjà  coutume  de  la  peindre.  Soit  qu’on 
lailfe  ces  fignes  \ leur  place , ou  qu’on  les  rélégue  à la  fin 
de  l’alphabet  : la  prononciation  de  la  lettre  eft  déterminée , ♦ 

le  figne  qui  doit  la  répréfenter  cft  devenu  certain  ; mais  ce 
caraâcre  étoit-il  privé  de  fa  propre  exiftence  ? N’avoit-il 
pas  fous  lui  les  memes  figures  î Ne  fcrvoient-elles  pas  aux 
memes  fbns  ? N’eft-ce  pas  ce  que  nous  avons  vu  prefque 
de  nos  jours  avant  la  diflinftion  de  l’I  voyelle  & de  l’J  con- 
fone  , de  l’V  confone  &:  de  l’U  voyelle  ?i  Pourquoi  n’en  fe-* 
roit-il  pas  arivé  , par  exemple  , à peu  près  autant  au  fixième 
élément  de  l’alphabet  Grec  ? Quoi  de  plus  fimple  & de  plus 
naturel , qu’outre  l’épisèmon  il  fe  foit  partagé  en  F d V ? 

Ses  fons  &:  fes  figures  auront  pam  d’abord  les  memes  : on 
les  aura  renfermées  fous  im  feul  élément  : fês  fignes  fe  feront 
multipliés  :1a  diverfité  des  fons  aura  été  aperçue , fans  qu’on’ 
en  ait  alors  conflamment  varié  les  fignes  : on  s’en  fera  fèr- 
vi  indiféremment.  Enfin  l’on  en  fera  venu  par  degrés  à la 
fixation  des  uns  &c  des  autres.  La  multiplicité  des  figures' 
de  la  môme  lettre  aura  fourni  aux  diférens  emplois , qu’on 
en  aura  voulu  faire.  Les  méprifes  des  auteurs  &:  les  diverfet 
caufes  de  leur  illufion  n’em^chenf 'donc  pas  , iqùe  fes  Grecs 
n'aicrit  rdçu  vingt-deux  lettres  de  CadmuS  i^’faVoir"  lés  trois 
épisèmts  èc  toutes  les  voyelles  Sc  confones  j qui-prédcdeiîC 
l’Y  ou  rV.  Cette  lettre  & les  quatre  fuivantes  âaifont'  été 
ajoutées  dans  la  fuite  : aparamment  farts  aucune  créatibti' 
nouvelle  de  caraûères  : mais  avec  une  aplication  fpécifii^ue 
des  diférentes  figures  , que  plufieurs  des  anciens:  élémèhs 
contenoient  déjà. 

VII.  Le  plus  grand  nombre  des  auteurs  ( i ) borne  l’al^iliabec  L airhibet  CaJ; 


(i)  Quand  on  commença  parmi  Ici 
Grcca  & les  Latins  à réfléchir  fur  l’ori- 
gine des  ufages  -,  on  Te  figura  , que  tal- 
phabec  de  Cadmos  n’aToic  iti  compofé 
que  de  Tciae  lettres , ou  de  dix-huit  tout 
au  plus.  Artflote , au  tapoit  de  C»)  Pline , 
droit  de  ce  dcmict  xris.  PtUtien  , (S) 


Maxime  (r)  Viâorin,  Marins  (d)  ViOorin  M Hift.  1. 7.c.  jS, 
n’acordoient  aux  anciens Giecs que  reize  (S) 
lettres.  S.lfidoccen  fiioit(r)  le  aombic  à (c)  De  n gram* 
dix-rept.Ilauroitfiilulerdduiceàquinze,  mmt.cel.  194^. 
le  meme  à quatorze  , fi  l’on  avou  prit  à (d)  An  ünunmdti 
la  Icmc  tout  ce  qiie  des  traditions  incct-  <«l>a4SS.  ; 

aines  publiai  eut,  toBcfaaotfcsiaaeBteut»  {•)  l-ii.  t.  tnr 

Dij 


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i8  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  Cadmus  à feize  lettres.  Cependant  quelques-uns  les  fonc 
monter  à dix-fept , d’autres  juiqu’à  dix-huit.  Si  l’on  pefoirles 
fulrages , au  lieu  de  les  compter  ; les  derniers  pouroient  faire 
pancher  la.  balance;  Ariftote , à plus  d’un  titre  mérite  cette 


II.  PARTIE. 

StCT.  111. 

Ch  A P.  1. 

ÜRT.IC.1.X.  L 

iti^en  Grec  & La  diftinétion.  U fc  poutoit  bien  faire , qu’il  n’auroit  eu  en  vue  , 
un,  (ftoit  conifoCc  que  les  lettres  antiques  , dont  l’ufage  s’etoit  perpétué  jufqu’à 
de  viogi-dtuxcié-  ^^)n  tems.  Ainll  ne  comptant  pour  rien  les  épisèmes  ou  chi- 
fres  numériques  ; li  ce  n’cll  en  tant  que  l’un  d’eux,  auroic 
été  transforaié  en  un  autre  caraâcre  :-il  ne  fe  ferok  trom- 
pé , que  fur  les  dciLx  lettres , qu’il  atribuè  à.Epicharme.  On 
peut  en  dire  aut.mt  de  Marins  Viftorin  ; quand  d’une  part 
j1  admet  trois  épisèmes-  Sc  dans  l’alphaE>*:r  Grec  nouveau  Sc 
dans  l’ancien  ; &:  que  de  l’autre  il  . les  reconoit  dans  le  di- 
gamma  Eolique  , qui  n’étoit  pas  un  fimple  cKLffe  , &:  dans» 
les  lettres  F.  G Q des  Latins  ^ qui»  l’étoient  encore  moins. 
Voila  des  caraéleres  ;incierts  , fclan  lui , quoique  non  com- 
pris dans  rénumération  de  fes  feize  lettres.  Ün  peut  juger, 
j'ar  11 , que  les  autres  écrivains  Latins  & Grecs  (bufenten- 
dent  cgalepient  les  épisèmes  , Jorfqp’ils^réduilènt  les  élémens» 
Cadmégns  à feize , ou  dix-huit,.  r' 

A ces  preuves  déjà  d’un  art'ez  grand  poids  s’en  joignent- 
d’autres,  qui  paroilî'ent  beaucoup  plus  prefl'ante$,.i'  , 
L’alphabet  des  Phéniciens  & des  Hébreux  renfèrinoit 
vingt-dsux  élémens , comme  il  eft  dénmntré  par  les/livrei  da 
Moyfe,-  Celui  de  Cadmus , poftérieunà  Moylê  jin’éroit  donc 
pas  Iculement  de  feize , ni  meme  d’une  ou. dedeux  lettres  de: 
plus.  Le  premier  aporta  fans  doute  en.Grèce  toutes  celles  „ 
dont  on  faifoit  ulagc  en  Phénicie.  Or  ces  lettres  étoienc 
conftamment  au  nombre  de  vingt-deux, 

Quand  l’hiftoire  garderoit  le,  lilence  fur  l’origine  des  let- 
tres Grcques  ; leur  tcOemblanca  ayet;.  les  Plwïiiciennes  la. 


U. 


s, 


de  pJuHcucs  ^cmcDS.  A B r A E 

' iK  A M ^ O n ’P  £T , nul  cara^rc- ne 

Teroir  fùrcnicnt  Cadméen.  On  iroitmeme 
coBceftetrOà  Cadmus»  £. Ton 
ëcoucoic  (4^  Maxime  Viâorio.Ji  rafor> 
19^^  te  de  plus  à.-PalaoBéde  1*Y  , que  dancrcs 

onciale  pa/fax  pour  une  ktrre  inrcncce. 

Ib:4i, . pacPytUagoK.'  PlvilcBcs  onc  voula»  que 

tiff.  Patamede  ak  uouvA0  S (P  X » fe.Siino^ 
Mdc  Miüa  AôÂotc  idvcadjqnc 


O X a rpicharme;  Sâiht  Tfidorc  , quf 
(é)  ne  patle  ôidioairemcnc , quad'apn^s 
les  anciens  , donne  à Palamcdc  H X û » 
ÀSlmonidc  S B Mavtme  Vidona  \ à 
Palamcdc  H O Xs  'i'  , à Siinooido 
/(r)OT.  Marius  Viâorin^corde  àSimonide 
(t)  b gloire  de  rinvennon  de  f>  # XtCcA 
donc  un  fait  démontre*,  que  les  auccuis, 
ne  s'icordcsc  pas  fut  rmventeur  d'ua& 
feule  de  CCS  Jeetres» . 


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DE.  DrP  LO’M  ATIQUE.  X9 

J’écouvriroic.  Perfone  ne  fe  refufe  à l’évidence  de  cette  rai- 
fan.  Pourquoi  donc  ne  paS'  reconoitre  , que  k-$  épisimes  &c  partie. 
les  lettres  Z H©  S Portent  de  la  même  fourca  J Leur  con-  chap.  i. 
formité  avec  les  caraûères  Phénicieirs  n’eft-elle  par  égale  à Astich.  h- 
celle  des  autres  lettres  Grèques  ? Le  rang  de  part  & d’au- 
tre n’eft-il  pas  le  même  î Leur  nom  eft-il  aiférent  ? Ont-elles 
été  ajoutées  depuis  Cadmus  à l’alpliabot  Phénicien  ? Auroit- 
»1  .rétranché  du  lien  des  lettres , dont  les  Grecs  poiivoient  11 
peu  fe  palTer  , qu’ils  lurent  obligés  de  les  inventer  dans  la 
îuke  , s’il  eft  vrai  que  d’abord  leur  alphabet  en  fut  dépourvu  ? 

La  réunion  de  toutes  ces  preuves  équivaut  fans  douce  à une 
démonllracion. 

J VIII.  Il  eft.tems  d’établir  quelques  règles  ,,pour  diftina  Règle* pour d;f.' 
guer  les.  lettres  Gadraéennes  de  .celles  , qui  ne  le  font  pas  j d« 'fe- 

£c  de  faire  voir  , d’où  les  dernières  tirent  leur  origine,  ' condaires  : celle» 
f Première  règU,  Toute  lettre  de  l’alphabet  Grec  ou  Latin  , “i°“- 

qui  s’acorde  avec  une  autre  du, Phénicien  ou  de  l’Hébreu  Cadm*ei***^!'n'uî 
pour  le  nom , le.  rang  &c  la  figure  , doit  être  efUméc  Cad-  *enc  leai  origiac,- 
méenne.- î ' ;ifn.  j,t  srrxno'.’i  > 

. Cette  règle  ; fur  tout  après  "ce  qui  a été  dit  plus  haut", 
doit  pàroitre  d’unç  fi  parfaite  évidence , qu’elle  ne  lailfe  pas 
h plus  léger  prétexte  au  douce.  Mais  il  s’enfuit  de  là  , que 
les  lettres  z H © s ne  font  de  l’invention  ni  de  Palamède , , 
ni  de  tout  autre  Grammairien'  ou  Philofophe  qu’on  voudra. 

Seulement , & c’eft  à quoi  Palamède  auroit  pu  contribuer 
par  fon  exemple  Sc  fon  autorité  ; l’ufage , qu’on  en  faifoit  , 
de  rare  & d'incertain  qu’il  étoit , fera  devenu  plus  fréquent  ; 

Ü aura  pris  plus  de  confidence  & de  faveur.  Enfin  perfone 
n’aura  plus  fait  dificulté  de  s’en  fervir  , depuis  que.  l’alpha- 
bet Ionique  fût  adopté  de  tous  les  Grecs. 

Seconde  règle.  Les  lettres  fiirnuméraires  à l’alphabet  Phé- 
nicien , & qui  n’y  lai/fcnt  aucun  vuide  , font  ajoutées  aux . ... 

Gadméennes.  • 

Cette,  règle  n’efi  qu’un  corollaire  de  là  précédente.- Aînfi 
dans  le  Grec  T ® X ■4'  il  font  ajoutées  , & dans  le  Latin. 

V Y Z.  Mais  comme  Yépisemon  n’eft  pas  réellement  fur- 
nuxnéraire  à l’alphabet  Phénicien  , fit  que  fa  place  demeure 
vuide  dans  îè  Grec  : puifque  nul  caraâère  Grec  ne  répond 
direéfcmenc  au  Tfade  -,  le  déplacemeoc  du  SanpJ  ne.  doit- 


• ■» 


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II.  PARTIE 
S H C T.  III. 

C H A r.  I. 

A K T 1 c 1. 1 I, 


f a)  De  tnht- 
^r.lfb.  mpud  Putsc, 

{.  iif4. 

{h)  Tem.  I.pl 
VII. 


3d  NOUVEAU  TRAITÉ 

pai  le  faire  méconoicre  pour  un  caraâèfe  d’origine  Phénii 
cieniie  : d’autant  plus  qu’il  en  conferve  toujours  (i)  la  figure. 
Par  la  meme  raifon  l’X  Latin  ne  fera  regardé  que  cbfn> 
me  une  lettre  , qui  du  14'.  rangea  été  renvoyée  au  11®.' 
Montrons  maintenant  , que  les  lettres  , même  furnumérai-* 
res  à l’alphabet  Cadméen , en  font  nées.  ' > 

Il  en  fut  des  lettres  chez  les  Grecs  , par  taport  à leur  al-* 
phabet , comme  des  dialeâes  , par  raport  à leur  langue.  Le 
même  élément  , le  même  mot  iè  font  diverfifiés , fuivant  le 
génie  Sc  l’accent  des  diférens  peuples  de  la  Grèce.  Mais  dès 
que  les  fons  & les  caraélères  commencèrent  à fe  fixer  ; on 
conferva  dans  leur  rang , ceux  qui  s’écartoient  le  moins  de 
la  forme  & de  la  prononciation  primitive  , & l’on  rélégua  à 
la  fin  de  l’alphabet , ceux  qui  s’en  étoient  le  plus  éloignés. 
Si  le  pofte  qu’ocupent  l’Y  & le  «D  prouve  , qu’il  leur  fut  affi- 
gné , depuis  l’établiflement  de  l’alphabet  Cadméen  : on  n’en 
doit  pas  inférer  , qu’ils  en  fulTent  abfolument  exclus.  La 
fixième  lettre  leur  à douné  nailTance  , ainfi  qu’au  digammet 
Eolique  & à (1)  i-nlcnnnof  €aû.  Comme  la  même  lettre  pro-* 
duifoit  au  moins  trbis  fons  -diférens  ; en  confervant  au  dt~ 
gànana  fa  place  ^Üi  &dutMeh  rejeter-  à la  fin  de  l’alphabet 
Î’V  & le  C’eft  la  pteimère  addition  faite  à l’alphabet 

( 1)  O A o'â  qu'à  comparer  la  Tfadt  de 
U prclAicre  colooede  notre  VI!’.  j>lanchc 
du  L tome  , Sc  les  Ssnpi  des  planches  X. 

& XI.  Sc  l'on  fe  convaincra , que  la  ref- 
fcmbUnce  ne  pouvoir  guère  être  plus 
grande. 

(aj  L'épiiimm  la»  des  GrCcS  , apclè 
vit  par  In  Grammainens  Latins  ; lorfque 
l'empire  Romain  Tubniàoit  encore  , cib 
bien  vi/iblemcnt  le  même,  que  le  Van  des 
Hébreux  le  des  Phéniciens.  Scaures  nous 
(a)  eft  témoin  , que  quelques  Grecs  ape- 
loicnt  Vam  leur  digamma.  Cette  lettre  . 
qui  n'ed  autre  , que  notre  F , ne  Te  voir* 
elle  pas  Ions  le  lîiicme  élément  dans  l'al- 
phabet  général,  que  nous  avons  donné 
(é)  de  l'ancien  Hébreu  , Phénicien  ou  Sa- 
maritain I On  ne  fauroit  y méconoitre  le 
digamma  Eolique  j dans  la  quarricme 
figure  8c  les  fuivantes  , ni  l'T  ou  l'V 
dans  les  deux  premières.  N'y  découvre- 
t-on  pas  même  le  O dans  les  cinq  avant 


dernières  de  la  première  ligne  , pour  nt 
point  parler  de  plulleuts  autres  figntei 
renserfées  ! Qu'on  jetté  apres  cela  Ica 
yeux  fur  le  premier  alplnbct  Grec  gé- 
néral. Les  dix  premières  figures  de  l'rpùè-, 
mtn  haa  Ibnt-cllcs  autre  enofe  que  des  F f 
On  ne  peut  donc  nier  , que  FF  , le  di~ 
gamma  Eolique , I' V,  IT  St  le  q>  oc  foienr 
nés  du  fiiicme  élément  Cadméen.  Le  fi- 
gne  numérique  & l'F  Latine  ont  confervd 
leur  place.  L’V  , I T , 8c  le  ® ont  été  ren- 
voyés à la  fin  de  l'alphabet.  Après  cela 
l'on  ne  doit  pas  trouver  étrange  , que  la 
digamma  Eolique  fe  confonde  (buvenc 
avec  l'V  confone.  Il  femble  que  l’V  ocu- 
poit  déjà  la  dernierc  ou  l'avant  demièrà 

fdace , locfqu  il  fut  porté  en  Italie  avec 
es  autres  lettres.  La  même  pofition  dans 
l'un  8c  rautre  alphabet  Grec  8c  Latin  eii 
fait  naitrc  l'idée  , l'autolitc  d'Arillote  la 
confirme , les  plus  anciens  monumens  des 
deux  nanons  v mettent  le  fceau. 


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PE  DIPLOMATIQUE.  .'31 

(CrtCC,  àinû. qu’il  eft  invincibkmçnt  prouvé  pat  le  rang  , 
:quc  ces  deux  caraclct»  tiennent  comme  lettres  & comme 
chiîres  ; par  des  mooumens  de  la  plus  haute  antiquité  , où 
l’on  trouve  l’V  d’un  ufage  ordinaire  ; par  des  inferiptions  , 
qui  n’ont  pas  moins  de  700.  ans  avant  J.  C.  où  le  4^  le  reiv 
.contre  j enfin  par  l’auixirité  d’Ariftote , qui  raettoit  ces  deux 
lettres  au  nombre  des  Ciuàméçmçs.  h’ épisèmon  quopa  n’eft 
autre,  que  le  Q des  Latins.  U le  rnaintint  non  feulement  chez, 
eux  en  qualité  de  lettre  , mais  encore  parmi  quelques  na- 
tions Grcques  , comme  leurs  monoies  en  font  foi.  Lu  Q 
faifoit  (ill’ofice  de  Imrc  chez  les  Grecs  : Matius  Vidorin 
(a)  fatefte , fit  r>otts  déclare  en  meme  tems  , qu’on  pouvoit 
aprendre  dans  les  livres  des  Pontifes , pourquoi  il  avoit  CelTé 
d’en  remplir  les  £bnétions.  Bientôt  Û fit  oaitre  , ou  remar- 
quer un  autre  fou  aprochanc  du  lien.  Quand  donc  on  vou- 
lut les  dilHnguer , d’une  manière  confiante  ; on  eut  foin  de 
renvoyer  à la  fin  de  l’alphabet  le  x Gtcc  , qu’il  avoit  fait 
^loce.  L’irmtilitd  du  Tfadt  Cadméen  écoic  ptefque  (t) 


( i)  Beaucoup  d'auteurs  fore  lavans  nom 
point  compris  le  fena  de  ces  paroles  de 
Ylâorio  : Ntc  G ^mdtm  ncc  ^ Liuiaai 
jittmc  ùarcduxit.  Ils  en  ont  eemeju  , que 
les  Latins  n'avoient  ni  G ni  Q.  Ce  n'efl 
^la  penfô*  de  notre  Grammairien.  Cc« 
rim»  Içmc*  ]io«voi«nt  être  cosrtragits  , 
fÇnyitC  purcmept  l.atiaci.  & non  Grc- 
Met:  Lq  r Grec  ocupoir  me  place  fort 
oiftcéhtt  du  G latia  , & le  Q ne  paroiir 
&ic  peine  dao<  les  livtct  Greee.  Il  Ceta- 
bleit  donc  tuturcL  d'en  raporret  llnvcn- 
lion  anr  Latins.  Viflorin  art  comraite 
fetttiewi'^  tnne  ft  l'wrc  lettre  font. 

d’oseille  tÿl  ^paixm'dUs  fe 
maintenoient  dans  leur  âlpU|^  i qoe 
k^fhev  ks.Gr>eei  après  «oie  dâSint 
ktOK  otdnsaite,  nroic/lilcoaiinud  de  i'é- 
etc  pour  les  rasTons  , qu'on  pouvoir  apren- 
4ie,dans  les  livres  des  Poori&s.  Loin 
donc  d(|  ecpuler  ta  bsecies  , eoiiime 
q*apMt(  ara  d'esude  ^dans  ^'èctitocc 
LatincH  il  les  iugccHt  lî^rapies  à leur 
knj^e  i ilMI(e.«scqK>lteeiigèdctdp<m- 
l'irrreotien 

aux  fculs  Latiia  ,'à  l'exclulîon  des  Grecs. 
Toik  peenanc  imo^  des  railbnt  ^qei  dd- 
•cxœipeM.  Gotià  banii  de  Ton  alphabet 


'■  Etruftjuc  le  C Sc  le  Q.  Mufaon  Eeruje. 

• tem.  i.f.  4I<.  ' ' ‘ 

Poux  pcmiver , que  les  irois  dpisèmes 
Te  font  maintenus  dans  l'alphaber  Grec  , 
on  pent  aléguet  les  pontificaux  Latins , 
où  l'en  voit  que  l'Evopie  , qui  fiùfiiit  la 
dédicace  d'une  EgULe  . éciivott  les  17, 
lettres  ou  eataélères  de  l'alphabet  Ciec , 
avec  (5  ctofTe  fur  le  pave  , couvert  de 
cendre.  Oc  les  trois  épiièmes  écoteot  de 
ce  nombre  , Se  conlecvoicnt  la  m£mc 
place  , que  dans  l'Hèbtcu  , ciceplé  l'rpt- 
limm  fmfi,  relégué  d la  60  de  l'alphabcc. 
Pom  Manèae  (èj  cite  en  preuve  7.  Pomà. 
/veaux,  dont  le  plus  ancien  cil  de  800.  an^ 
& le  plus  moderne  de  }'.  d 400.  Plolicur^ 
-miT.  d'envifofi  fvtUeans  ont  de*  alpha, 
bers  Grecs  fbunis  des  *7.  lUêmcs  lettres. 

(1)  Les  Grecs  pmeiit  bien  d'abord  en 
faire  quelque  ufage  ; mais  il  ne  lotpas  de 
(buée.  On  a beu  de  croire  néwuiiaios , 

I qq'ils  fapçriùcnt  eu  Italie.  Cqtie  S fiir- 
m notée  dun  accène  dans  les  tables  <fF.u- 
gubio  en  éerirure  Laririe  a vont  l'aie  d'uix 
Efiut*.  y;ell«eAàpeafics  lârfigyrc  dan* 
prcfqi/e  cous  les  cataélèces  Oricniaui.*' 
^ G*riDiftfa4M' jUfkiAM^Eirmt*  I74S^ 
,trtf.i.L¥L.  ...  II-.  . 


IL  PARTIE. 
StCT.  III. 
c H * P.  I. 

A K T I c 1. 1 I. 


(m) 


(h)  R//,  n&v. 

1. 1.  cffi. 

,i; . : 1 . . 


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•ji  NOUVEAU  TRAITÉ 

— généralement  reconnue.  Les  Grecs  n’avoient  pas  un  (êul  motj 
ir.  PARTIE.  .qiiJ  commençât  par  ts  : ils  s’avisèrent  d’en  laiieun  l'p.  C’eft 
Chef.  I.  donner  le  nom  acpisemon  janpi.  Mais  comme 

A a T.  J.  Je  pf  (è  trouve  à la  tête  de  quatre  fois  plus  de  mots  que  fp  ; 

par  une  tranfpofition  , dont  les  exemples  ne  font  pas  rares , 
on  en  forma  le  4 » ^ut  rejeté  à la  queue  de  l’alphabet , 
avec  les  autres  lettres  de  nouvelle  création.  Ainfi  le  4 n’eft 
point , à proprement  parler  , forti  du  l'ein  de  la  lettre  Cad* 
méenne  , qui  y répond.  Elle  a léulemcnt  ocalioné  fa  naif- 
fance , de  même  que  celle  du  Janpi  , s’il  a réellement  eu 
quelque  emploi  dillingué  des  fondions  de  chifre. 

■ . , Les  produdions  nombreufbs  des  lettres  vau,quoph  8c  tfade  les 
épuisèrent  an  point  de  demeurer  fans  valeur  alphabétique.  Les 
nouveaux  fons , qu’elles  avoienr  mis  au  jour , firent  oublier  les 
anciens.  Et  ces  élémens  mêmes  auroient  été  bientôt  oubliés  , 
fl  l’arithmétique  nouvelle  des  Orientaux  , apliquée  aux  let- 
tres Grcques , n’eùt  confervé  le  nom  8c  le  rang  aux  deux  i 
Car  pour  la  troifième  , elle  avoir  déjà  perdu  l’un  8c  l’autre, 
8c  couroit  grand  rifque  d’être  enfevelie  dans  un  éternel  oubli. 

Les  O longs  s’écrivirent  d’abord  par  un  limple  0 , 8c  depuis 
par  deux.  En  les  raprochant  il  enréfulta  une  feule  lettre,  qui 
s’étant  acréditée  peu  à peu  , ne  lailTa  pas  d’être  réléguée  à la 
dernière  place  , où  avec  le  tems  elle  devint  clUfre  , comma 
celles  qui  l’avoient  devancée  , 8c  s’y  transforma  en  une  in- 
finité de  figures.  L'afedation  de  finir  l’alphabet  (i)  par  une 
. voyelle  n’entra  pour  rien  dans  la  formation  de  cette  lettre. 

La  prétention  contraire  de  Gudling  n’eft  pas  foutenable. 
dungemtns  IX.  Si  les  inventeurs  des  lenres  ajoutées  à l’alphabet  Cad- 
futrenns  à quel-  mécn  Ont  été  confondus  enfemble  ; les  lettres  ajoutées 
mêmes  celles  qui  n’avoient  éprouvé  que  des  révo- 
lutions , n’eurent  pas  un  meilleur  fort.  Nous  avons  vu  les  pre- 
mières , d’abord  équivalemment  contenues  dans  l’ancien  al- 
phabet , enfuite  débufquées  de  leur  place  , puis  fucceflîve- 
ment  réléguées  a la  dernière.  Voyons  maintenant  à quelles 
viciffitudes  fiitcnt  expofées  ceües  , qui  fc  trouvoient  expref- 
fément  renfermées  dans  l’alphabet  ; mais  qui  n’étoiqnt  point 
parfaitement  afforties  au  génie  de  la  langue  Grcque.  Elles  nq 

(i)Gmdling.Oiftnivùnmti  feUamum  | 1701,  Itm.  (,f>  2-0. 

Ttm  Untr*ri»m  fftilAniium,  U»U  | 1 ^ 

pouvoient 


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DE  DIPLOMATK^UE.  5j 

•pouToieflt  manquer  de  (ubir  divers  changemens , jufqu’à  ce 

aue  le  tems  & la  réfléxion  en  euflcnt  irrévocablement' fixé  * i'  ^ ‘ 

J*  - Seci.  III. 

Chae.  I. 

- Un  alphabet  porté  d’une  nation  aune  autre  , dontlalan*  Aancttl, 
gue  eft  abfolument  diférente  , ne  conviendra  pas , à tous 
égards , aux  font  de  cette  nouvelle  langue. . 11  aura  des  ca- 
taâères  , qui  lui  lèront  inutiles  ; il  en  manquera  , qui  lui 
feront  néceflaires  : parcequ’il  n’a  pas  été  précifément  fait 
pour  elle.  Qu’arivera-t-il  donc  ? Il  faudra  rétrancher  des  let- 
sres  , leur  en  fubftituer  d’autres  ; ou  fi  l’on  ne  les  rétran- 
che pasd’ufage  en  deviendra  nul  ou  rare  : à moins  qu’on  n’en 
falTe  une  apUcation  diférente , de  celle  qu’elles  avoient  ori- 
ginairement. Cependant  comme  la  langue  Grèque  avoit  au- 
tant de  dialeâes  , que  de  peuples  qui  la  parloient  ; ces  dia- 
leéles  ocafionoient  diverfes  prononciations.  De  là  tel  ca- 
raûère  Phénicien , qui  ne  fervoit  point  dans  une  contrée  de 
la  Grèce  , fe  foutint  dans  tme.autre.  Il  aura  même  pu  revi- 
vre chez  des  peuples  , qui  l’.avoienc  rejeté  , comme  de  nul 
olâge  : parceque  la  prononciation  de  ceux  , qui  l’avoient 
conferve  , aura  prévalu  fur  celle  de  leius  voifins.  C’eft  ce 
qui  aura  fitit  conferver  au  (i)  2 & au  0 leur  ancien  polie  , 
à peu  près  leur  fon  primitif.  Les  plus  anciens  monumens 
*Crecs  & Latins , 8c  le  chifte  Attique  Hixaror  dépofcnt  en 
faveur  de  l’antiquité  de  l’H.  Mais  de  pure  alpirée  qu’elle 
droit  alors,  changée  depuis  en  E long  ; elle  remplaça  chez 
les  Grecs  feulement  les  deux  E , qu’on  découvre  encore  au- 
jourdui  fiir  les  infcriptions  Grèques , dont  l’age  fe  perd  dans 
l’obfcurité  des  premiers  tems.  L’H  ni  chez  les  Latins  , ni 
chez  les  Eoufqùes  ne  perdit  point  fa  qualité  de  pure  afpirée. 

Audi  quelques  anciens  grammairiens  l’onc-ils  rejetée  com- 
me inutile  , mais  jamais  comme  de  nouvelle  date. 

Le  E n’étoit  point  originairement  cenfë  lettre  double. 


(i)  L’origiaeduZ  , Ci  place  natatcHe 
conferr^e , & l'autoriij  d'Atifloce  , qui 
range  cette  lettre  parmi  les  plus  ancien- 
nes , doivent  pont  le  moins  contrebalan- 
cer rargument,  tiré  du  double  Ton,  qu'elle 
laiflè , dit-on , entendre  , qu'elle  a pu 
contraâcr  arec  le  tems  dans  certaines 
province* , qu'elle  n'avoit  pas  fans  doute  s 
quand  elle  entra  dans  la  Grèce , St  qu'elle 

Tome  IL 


n'a  pas  encore  parmi  nous.  Quand  le  3 
aurait  eu  d’abord  un  double  fon  , eft -il 
prouvé  que  les  Phéniciens  n'avoient  au- 
cune lettre  de  ctttefortclMaia Vélius(a)  Ditnkefr, 

Longes  fourient  & prouve  même  , que  u p,  là^p. 

Ton  l'examine  avec  foin  , on  n'y  trouve- 
ra point  ce  double  fon.  Prefque  lonces  les 
niémes  raifons  militent  en  faveur  du  O. 

E 


Digiti,<ed  by  C;  ’Ogk 


II.  PARTIE. 
S ï C T.  III. 

ÇA  A>.  ï. 

A*itcx£  ir- 


Erat  Hé  !‘.ilphi- 
bv'[  Latin  depuis 
pics  de  deux  mille 
ans. 


(s)  V«î.  S4i. 


34  .NOUVEAU  TRAITÉ: 

C’ërolt  le  Samec  des  Hébreux  , dont  le  fon  ne  parue  peu£« 
érre  pas  d’abord  rourafiit  correfpondant  à la  lanpiiie’  dc»^ 
Grecs.  En  qualité  de  lettre  double,  le  H fera  donc  nouveau ,i 
fi  rdn  veut  : mais  il  exiftoit  fous  un  autre  r.iport , qui  ne  ÿé- 
loignoit  pas  de  la  prononciation  K 2.  Quand  on  celfa  d’em- 
ployer ces  deux  caraélèrcs , &:  peutetre  de  les  prononcer  aulli- 
durement  ; la  lettre  s reprit  faveur  , & fon  ufage  fut  fixé 
fans  retour.  Si  le  Tfadc  des-lors  eût  eu  une  valeur  numéri-' 
que  , il  eût  coafervé  fa  place.  Mais  le  'p  &:le  ^ ,,  qui  en 
éroicnt  Ibrtis  n’aquirent  cette  qualité,  que  depuis  leur  dé- 
placement. Quand  donc  tous  les  carafteres  eurent  une  v.i- 
îcur  certaine  5 comme  il  en  manquoit  un  , pour  rendre  l’a- 
rithiÿétique  Grcqne  aufli  complète , que  commode  dans  fes 
chifres  : on  fe  rapela  l’ancienne  figure  du  Tfade  fort  peu  difé^ 
renie  LeA«/7y>/,qui  s’étoit  mal  foutenu  dans  fon  porte,' 
tomme  lettre  , reparut  dans  un  autre  , comme  chifte.  Tiré 
de  l’oubli , il  ferma  pour  toujours  l’alphabet  Grec  , fans  en 
être  envifagé  comme  la  dernière  lettre.  On  a tout  fujet  de 
croire  , qu’il  en  avoir  été  rétranché  , avant  que  l’alpliabet  des 
Ioniens  devint  numérique.  Autrement  jamais  on  ne  l’eût  dé-# 
pouillé  de  fa  valeur  de  90 , pour  en  revêtir  Vipisèmon  quopat. 
S’il  en  fi.it  dédomagé  par  celle  de  900  j il  femble  qu’on  ne  fe  ® 
fouvint  de  lui  , que  quand  tous  les  autres  caracicrcs  curenr 
des  valeurs  afl'urées , qui  ne  permirent  plus  de  leur  faire  per- 
dre leurs  places. 

X.  Prilcien  aurtl  peu  inftruit  des  origines  de  l’alphabeti 
Grec,  que  de  celles  du  Latin  , en  jugeoit  aparamment  pat 
voie  de  comparaiibn.  Il  avoir  lu , que  les  Latins  reçurent  feu 
ze  lettres  des  Grecs.  Il  ne  voyoit  point  l’F  parmi  celles  de 
ces  derniers  : pareequ’au  VI.  ficcle  , où  vivoit  cet  auteur  , 
Vipisèmon  n’én  conferv’oit  pas  ménfite  la  figure.  Il  crue 
donc , que  les  Latins  avoient  ajouté  l’F  aux  lettres  reçues  des 
Grecs.  L’X  Latin  ne  fe  raporte  au  3 Grec  ni  pour  le  rang  , 
ni  pour  la  figure.  D’ailleurs  on  le  croyoit  de  nouvelle  inven- 
tion , chez  les  Grecs.  U n’en  faloit  pas  tant  à Prilcien  , pour 
le  déclarer  ajouté  chez  les  Latins.  Encore  veut-il  bien  acor- 
der  (fl)  à ces  deux  le  nom  de  lettres.  Mais  à peine  daigne-t- 
îj  eu  ufer.avec  la  même  générofité  , à l’égard  de  celles , dont 
ils  enrichirent,  félon  lui,  leur  alphabet  dans  iafuhe.  Le  K- 


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p E P I;P  L O M A-T  I Qcy  E.  « 3f 

iBc,le-Q  font  (i)  inutiles  : 1-Y  &:  le  Z font  étrapjPrs  : TH 
ji’eft  qu’une  afpiration  , & non  pas  ime  lettre.  Nprs  .«ï’aj^es 
.grammairiens  plus  anciens  que  Prifcien  , & Prifcien  lui- 
même  reconoilfent  vingt-trois  lettres , chez  (a)  les  Latins. 
Ils  alfignent  à chacune  leurs  fondions  , & font  voir  , qu’on 
*he  peut  s’en  palTer  ; ou  du  moins  , qu’on  ne  "doîr  pas  e"n 
banir  l’ufage.  Selon  Maxime  yidoria , op  a {b)  befoin  du  K -, 
lorfqu’il  eu  liiivi  de  la  (z)  voyelle  A , comme  dans  kalendce  \ 
du  Q , lorlqu’il  précède  l’U  voyelle  , comme  dans  Quintes. 
Sans  l’Y  & le  Z ^ au  lieu  â^Hylas  &c  de  Zephynis  ,-il  taudroit 
écrire  Hoelas  & Depherus.  L’H  meme  , quoique  alpirée  , 
ne  lailTe  pas  d’être  une  lettre.  Il  n’en  eft  pourtant  pas  moins 
^vrai , que  l’Y  &c  le  Z font  des  lettres  ajoutées  à l’alphabet 
Romain , pour  rendre  plus  aifoment  les  mors  Grecs.  Le.Z 
cependànt  n’ell  peutetre  pas  aufli  récent  , qu’on  le  prétend 
d’ordinaire  : ‘puifqu’au  raport  de  (c)  Velius  Longus  , il  fe 
trouvoit  danslesvea  des  Saliens., Mais, quant  aux  vingt  une 

Vautres  lettrcJ,'Afi»'k  jeime’  ^^iomede'lcs  do'qàtept  pour 
Xatines.. , (<^  dit  çq..^rnier  , unà ^ .yiginù.f 
tÇraàe  duce  Y Z.  • ' ‘ ‘ , ' ' . _■* 

Qu’il  nous  foit  donc  permu  de  conclure  , que  les  Latins 
«urent  d’abord  leurs  dix-neuf  premières  lettrés , èc  peutet^c 
-meme  leur  alpirabet  complet,  excepté  l’Y  &c  le  Z.  Les  té- 
moignages incertains  de  quelques  grammairiens  mis  à part^-, 
«pn  né  fouroit  alTigner  d’époque  , où  IV  & fX  âi^  cpi^ 
'1sner<ç4' chez,  les’ Latins.  Nul  monument  né,  peut^établircèctc 
Vpmi9n.^,^S  J3lus  anciens  la  démentent." 

, ( ij  Çy  kogfgei^tonromic  à celui^  ! 

^inp.ira.n« 

( z)  Voila  ■»  Ht.  ' 

Céclc  K»nht  t pliislbir'Cftgve  cart/izi, 
dont  oiifaifoic  plus'J’ufage  au  VIII.  fut 
,4<t  nioaoiea. Od  ^tudioit  alun  lu  gtam-. 

,|Oaiiiqas  at,cc  ardeur.  La,ddcilioa  de 
«oflquet-uns  d’entt’eux  fut  embralTile  par 
myjffU  (avant,  pidfitablejoeot  à ropinion! 

‘wiiweica,  M'ao^n'avoit  peutécre  pas»-l| 
cotabtanduam,  ouquon  oc  jugeoir  pas’ 

,dcvoiifa|i{ia^()udciaiuearsplut  an-, 

‘créas  pat  ndcedâite’ 

re«o«Ws!ÿtt  J^ut  , pour  nous, 
aprendre  ce  qui  poRnt  alors  )es.  peuples 
yeaus  du  Nord, à fe  (suit du  K pluciâr  que*, 


■ n-j.’o.'TC 


duC.Siccla  dtoifioo  pe  co)npreadroitpM, 
pourquoi  les  Anglois , enÂ)te  plus  peu- 
ples du  Nord  , que  nous,  auroiénr  retenu 
l'ufase  du  Cl  s tandis  qir  lê  Ki  aarair,  ftc 
employé  pat  les  François  , comme  par 
les  Suédois,  y .^ThefuuruM  munhtâj'um 
Sueco  - ÜDihicorum  jiuiUo  Elit  Brrni/eri 
StKkolm  17}  I.  4”.  Au  relie  l'époque  de 
ce  changement  n'cIF  pas  précüemcoc  ata- 
ebée  à l'cmpur  dp  Chulemagna.  ^Oe-. 
puis  c«tce  date , on.  ae  reuvafa  pas  coia- 
lemenc  d l'ulâgc  du  C.  devant  l'A  ; pas 
meme  roucafaic  dans  1 lot  monogmmes. 
Sculcmeiu  le  K prie  faveur  h £iu'  les 
diplômes  & fut  les  meoeiet , où  le  C ae 
parut  plus  4 ordwaUement.  f.i.l,-;} 


II.  PARTIE. 
S I c T.  III. 

C H A r.  I. 
Art  I c L r I. 

(a)  Ditmtil.  lii.i, 

(b)  Ctl,  tp41.‘ 


(c)  Dt  trlbt- 
irtfh.f.  IZI7. 

(J J Tntfeh. 
p.  4IJ.  & l7^St 


ir 

'.I  ■ U.  . 

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I-  V'-  t':  s 

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II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
Chaf.  L. 


(.î)  Dsnie»  Lit- 

ttTAtUT»  • 0/aj 
yitrmii  - 
mi.fel.  cnfiW, 
f.Jx.yf.CMf.X). 
/.  itf. 

(l)  UU,  (.  10. 

t-io}. 


NOUVEAU  TRAITÉ. 

■ 11  ne  fufit  pas  d’avoir  montré  l’origine  & le  nombre  de  nbs 
lettres  ; il  faut  encore  parler  de  celles , qu’on  prétend  y avoir 
été  ajoutées  , fit  des  tentatives  inutiles  faites  , pour  enrichir 
notre  alphabet  de  nouveaux  caraûcres. 


Article  II. 


Lettres  poJUrieurement  ajoutées  , ou  tju'on  prétend  T avoir 
été  à celles  des  Latins  ; vaines  tentatives',  pour  en 
introduire  quelques-unes  dans  leur  alphabet  ;.  lettres  de 
l’Empereur  Claude.  i 

LEs  Perfàns  & les  Turc$  ont  ajouté  plufieurs  caraélcres 
à ceux  dès  Arabes.  Divers  autres  Peuples  d’Orienr  dû 
Midi , du  Septentrion  , & les  Goths  memes  ont  augmenté 
de  quelques  élémens  l’alphabet , dont  ils  étoient  redevables 
aux  Grecs.  Si  les  nations  Européennes , qui  tiennent  lé  leur 
des  Latins  en  eulTent  ufé  de  la  forte  ; chacune  auroit  pour- 
vu le  fien  d’un  amplè  fuplément.  Au  relie  C elles  ne  l’ont 
pas  fait  V ce  n’ell  point  que  des  particuliers  n’afent  enfanté 
bien  des  projets  en  ce  genre  j mais  inutilement.  Les  Prin- 
ces eux-mêmes  ne  lèroient  pas  plus  fùrs.  d’y  réuffir  , que 
■ Claude  cinquième  Empereur  des  Romains,  &Chilpéric  , Roi 
des  François.  Leurs  nouvelles  lettres  tombèrent  dans  l’ou- 
■ bli  prefqu’aulTitôt  qu’elles  eurent  vu  le  jour.  Ceux  qui  le 
bornèrent  a réformer  la  figure  , ou  à.  fixer  la  valeur  des  lèt- 
tres  , anciennement  reçues  dans  l’alphabet , eurent  commu- 
nément plus  de  lùccès.  Souvent  même  on  leur  fit  (i)  l’ho- 
, neur  de  lès  regarder  comme  auteurs  des  leares  , dont  Hs 
avoient  feulement  déterminé  la  valeur , 3c  réglé  l’ufage. 


(i)  Wâldèmat  II.  qui  regnoir  cit  Dan- 
Dtmatk , au  coonnencemenc  (aj  du  crei- 
lidme  ficcit  , paflê  peur  avoir  enrichi 
Oilpbabec  Runique  des  lettres  ponâades. 
Cette  addition  , fcloti  Wormius  & quel- 
ques autres  auteon , cenpreod  lëpt  let- 
tres. Mais  on  anta- petitdtre-  pris  pour, 
augmematién iTàlphaect , un  rcglemem , 
dont  le  vrai  but  étoit  de  bien  diftinguer; 
auelquer  dl2mens , qu'on  avoir  coutume 
de  coBlondtfi'  Woiiskn  ltti-m£me  oc. 


' paroit  pas  trop  lêrmc  dans  (on  lènriment. 
Il  femble  en  cfFct  (i)  FabandoBcr , pour 
attibuer  à Utphilas  uneaugmcnrarion  de 
IctitcT  aua  ftiie  , dont  il  prdtènd,  que  fes 
Goriis  dtoienc  depuis  fi  long  tems  en  poP- 
rqlCon.  la  prononciation  de  certaines  let- 
■très  auta  donc  feulement  dtd  ddtermince, 
'à  la  faveur  des  points  par  Waldemar, 
■que  Wormius  écrit  prefque  aufiî  fouveot 
'Woldcmai.  ' 


./?/ 


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DE  DIPLOMATIQUE.’  37 

T.  Les  Latins  reçurent  des  Grecs  le  r & le  K avec  les  au-  

très  élémens  de  leur  alphabet.  Mais  l’arondilTement  dur, 

aulfi  fréquent  en  Italie,  que  rare  en  Grèce  , le  fit  confondre  ch*i-.  i. 

avec  le  K.  On  commença  par  détacher  la  perpendiculaire 

de  celui-ci  : l’en  continua  par  courber  fort  angle  obtus  : on  finit  inventenn  on' 

par  fuprimer  fa  hafte.  On  ne  retint  ( i ) donc  du  K , que  l’angle  î’tuKy'r*]fo[mV 

réduit  en  forme  de  C.  La  proximité  de  fon  des  deux  let-  tenrs  des  lettres  g- 

très  K Sc  T , &c  l’ufage  réciproque  de  l’une  pour  l’autre  dei- 

vinrent  une  nouvelle  fource  de  confùlîon  , &c  firent  infenfi^ 

blement  perdre  de  vue  tous  les  moyens  de  les  diftinguer. 

Les  grammairiens-,  qui  fleurirent  feptou  huit  ficelés  , après 
ces  révolutions  alphabétiques  , ne  trouvant  point  , ou  prçf. 
que  point  de  K , dans  les  anciens  livres  , fuposcrent  que  les 
premiers  Latins  l’avoient  bani  de  leur  alphabet.  Les  inferip- 
tions  des  Etrufques  , fi  voifins  des  Latins  ,«leur  auroient 
infpiré  d’autres  idées  ; fi  ces  monumens  leur  eulTent  été  con- 
Rus , comme  à nous.  Le  déplacemement  du  G devoit  au 
moins  leur  défliller  les  yeux  : mais  ils  ne  les  ouvrirent , que 
pour  confondre  encore  cette  lettre  avec  le  C , âc  cottfé- 
quemment  avec  le  K. 

Quand  on  (ê  fut  avifé  de  fixer  les  limites  duC  &duG’, 

& d’ôter  les  caufes  de  leur  confiifion  ; on  voulut  aulfi  met- 
tre quelque  diftinâion  entre  le  C & le  K.  Si  leur  pronoiv 
ciation  n’en  fournifibit  pas  de  railbn  fufifante  ; leur  figure 
en  fervit  de  prétexte  : la  dernière  lettre  devait  encore  dois 


(i  ) A U vue  de  notre  alphabet  Samari- 
tain ou  Phdnicien  , fl»acbt  Vil, 
umt  1,  f.  < (4  ; on  penc  fe  figurer , pat 
quelle  gradation  le  K fe  cfaaoge  en  C ca- 
/dou  tond.  Mais  comœctet-  Latins  habi- 
loieoi  dans  le  voifinage  des  Eiiufcjues  , 
>at  qu'une  autre  fuite  de  mdtamorphofes  , 
dit»  les  K de  Jenr  alphabet , mène  droit  à 
la  même  figure  du  C } il  ell  plus  naturel 
de  penfer , que  les  K de  l'un  de  ces  deux 
'peuples  auront  fubi'  le  forE  dd  ccax'de 
'f'antre , dans  les  translbrmations  , qu'ils 
auront  éprouvées.  LoTfqae  de  part  fit  d'au- 
tre les  deux  bouts' de  deux  chaînes  voifi- 
•es  ft  rrottrent  les  mêmes  i n'eR-il  pas 
'laifonablc  de  juger  des  aneaux  imer- 
'médiaircs  de  l'une,  qui  fe  font  perdus, 
f/a  ccaz  de  l'auuc  , qui  fnbfiftcBC,  daas-, 


tonte  leur  étendue  ’ Qii'on  jette  donc  les 
yeux  fur  l'alpliabct  général  des  Etrulqucs, 
on  y remarquera  des  K,  dont  le  bâton  eft 
féparé  de  l'angle  , & d'autres  donc  l'an- 
gle s'arondit.  Le  cctrifiéme  clément  de  cet 
alphabet  ofre  des  C , qui  ne  font  que  la 
portion  du  Kfans  halle,  fout  la  figure  d'à- 
bord  d'un  angle  , enfuice  d'un  demi  cer- 
cle. PliifieuTS  auteurs  , te  priBcipalcmenc 
le  célèbre  Abbé  Cori  , n'ont  pas  fait  difi- 
culté  de  réunir  lôus  un  feul  élément  tov- 
' tes  CCS 'figures.  L'éxincnce  d'un  bien  plik 
grand  nombre  de  ctés-ancienS  monamerix 
désEcnifquesque  des  Latins  , aucorife  'à 
s'en  rtpotter  plutét  à ceu»  des  premiers 
que  des  féconds  : quoiqn'il  s'agi/Te  de  ju- 
ger des  degrés  dé  tran (mu cations,  par  kfi- 
quele  ont  paflé  Icare  letttet;- 


« 


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II.  PARTIE 

J l C T.  III. 

Ch  AT,  I. 
A*r.  II. 


Ia)  Art.  I.  », 

J y,  VI  U, 


(i)  StntUMt-t,  it 
'Sdcchviml,  txfli- 
cstit,f,  i}7. 


•36  .-iNOUVEAU  TRAITÉ 
fe  montrer  fur  quelques  anciens  monumens  : 6c  le  conmier. 
ce  avec  les  Etrufques  &c  les  Grecs  d’Italie  ne  peimettoit  pas  , 
qu’on  perdît  jufqu’au  fouvenir  de  fon  exiftence  primitive. 
Peutetre  meme  qu’ alors  la  prononciation  du  C la  plus  exaâe 
répondoit  au  r Grec  , & celle  du  G au  nôtre  , quand  il  pré- 
cède l’E  &c  l’L  Ainfi  le  K ne  devoir  pas  être  aufli  inutile  , 
qu’il  le  devint , quelques  iiccles  plus  tard.  La  diférence  du 
C & du  K , quant  au  Ibn  , put  s’éfacer  pendant  l’intervale 
du  tems  , qui  s’écoula  encre  les  grammairiens  , donc  nous 
avoos  les  ouvrages , &c  ceux  à qui  l’on  doit  le  rétablilTemenc 
de  l’ancien  ordre  entre  les  élémens  de  l’alphabet  Latin.  Ce 
qui  n’écoic  aux  yeux  de  ceux-ci , que  rendre  en  partie  au 
la  première  valeur  , parut  à ceux-là  un  nouveau  préfent  de 
la  Grèce,  ou  meme  une  véritable  invention. 

L’antiquité  du  G Latin  a été  (a)  prouvée  par  les  tables  Eu- 
-gubines  & autres  monumens  , par  le  texte  même  de  quel- 
ques anciens  grammairiens  , dont  on  fe  fervoit  pour  l’ex- 
clure de  l’alphabet  Ladn  , 6c  par  divers  autres  argumens. 
En  vain  Diomède  l’apelle-t-il  nouvelle  : en  vain  Plutarque, 
Maxime  Vidorin  6c  Scaurus  nomment-ils  fon  inventeur.  En 
vain  Mathieu  Egizzi  déctaie-c-il , que  (fi)  la  taUe  du  Séna- 
tus-confulce  des  Bacchanales  renferme) des  G -,  patcequ’elle 
eft  poftérieure  à ce  prétendu  inventeur  : 6c  que  celle  de 
Duillius  cn  eft  dépourvue  ; parcequ’elle  le  précède.  Trois 
caufes  onD  jeté  danscette  erreur  la  plupart:  des  ; anciens  6c 
des  modernes.  1°.  Le  C Latin  ocupe  le  rang  du  r : donc , 
felon  eux  , le  G & le  C ne  dévoient  pas  être  diférens.  1®.  Le 
C'fiç-le  G lèjConfondoient  (i)  anciennement  pour  le  fon  : 
nouvelle  railbn  de  les  confondre auHi  pour  la  fi^re.  5^.  Leur 
diftiriêtion  même  de  ce  côté-là  n’étoic  pas  ancipanmient 
.alTez  fenlîble  : donc  dans  des  tems  beaucoup  plus  reculés'^ 


(i)  Cette  confulion  datoic  encoie  au 
tenu  d’Augnde.  Le  Cardinal  Noris , dans 
les  Cénotaphes  de  Pife,  fait  voir  col.  747, 
que  ces  deux  lettres  fe  prcooicnr  encore  < 
indiféremment  l'aoc  pour  l'autre..  Mais , | 
<]uoi  qu'en  dife  D.  Lancelot,  dans  là  oou- 
velle  Méthode  i il  ne  fcmble  pas  , qu'on  | 
lit  poud'é  la  confuiion  entre  ces  deux 
lettres,  jufqu'à  fubftuuct  le  C auC, dansai 


l'alphabet  Latin.  Viélorin , dont  il  s’au- 
torife , ne  paroic  pas  lui  être  favorable.' 
Enelfct,  Maxime  Si  Marius  Viétorini, 
que,  nous  avons  fous  les  yeux  , nous 
montrent  le  C & le  G , plac^  à leur  rang 
.alphabétique.  Conutient  auroicnt-il  donc 
avancé  le  contraire  ! Voyez  leur  ouvra- 
ges , dans  la  collcâiondos  grammaifiegs 
j,par PutfcJiius,  t.  ■ 


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D E . D I PLO  M A T I Q U E.'  >5! 

fturs  fibres  n’avoidntf  pas  ixé  marquées  par  <ks  traits  plus 
pfopres  à les  diftinçuer. 

• Les  auteur#  atnbuerit-Ia  prëtendue' invention  du  G a 
Carvilius  , qui  [à)  florilToic  vers  l’an  540.  de  Rome.  Plu- 
tarque {ly)  &c  Maxime  Vidorin  d’après  lui , l’apellent  Carbi- 
Kus  Spurius.  D’autres  , parmi  Icfquels  Terentius  Scaunis  (i) 
tient  le  premier  rang , le  nomment  Carrutius.  Quoi  qu’il  en 
fbit  de  Ion  vrai  nom  ; on  peut  fans  fcrupule  le  dépouiller  de 
la  qualité  d’inventeuf  du  G.  Il  fufic  de  lui  confêrver  le  titrç 
de  réformateur  de  cette  lettre.  Elle  exiftoit  en  éfet  dès  le 
éommencement  dans  le  Z , dont  elle  continua  toujours  d’o- 
cuper  la  place  , & dont  probablement  elle  eut  d’abord  1© 
fon.  Si  l’on  en  croit  qnelques  favans  antiquaires  , Carviliok 
(c)  ne  fit  qu’ajouter  un  petit  trait  au  bas  du  C , pour  dif- 
tfingiier  le  G de  ce  caraflcre  , avec  lequel  il  s’étoit  confon- 
du , de  la  façon',  que  nous  l’avons  expofë  plus  haut. 

L’inventeur  du  K fut  Salvius , fuivant  une  leçon  de  faint 
Ifidore  [<t)  de  Séville  , ou  félon  une  autre  plus,  autorifée , 
ce  fut  Sîdufte , non  l’hiftorien  ; mais  le  grammairien  , quien- 
feignoit  à Rome  entre  les  deux  dernières  guerres  Puniques. 
Pierre  diacre  du  Mont  CalTin,  dans  fon  livre  des  notes , ou  plu- 
tôt des  SigUs  Romaines  ; fans  parler  de  Salufte , dit  que  Sal- 
vius (1)  fut  le  premier , qui  ajouta  le  K aux  lettres  Romaines. 
- II.  A l’ocalion  d’une  infeription  , où  le  A (3)  tenoit  la 

f I j n tcconoit  II  lettre  G pont 
iat^rieotcà  CarrHiua  ipaiftju’elle  ne 
Oit  pat  Teulemeot  conlervje  , fcloa  loi , 
dans  le  traité  d'alliance  avec  la  Grèce  i 
mais  encore  dans  les  Xlt.  tables , dont 
r)  cite  le  mot  farmu.  Il  ne  croyoic  donc 
pas  , que  CaiviUin  teâi  mvaatde  : il  pen- 
fott  feulement  qu'il  lui  ivoit  donné  une 
Ibrme  nouvelle.  C'eft  en  effet  ce  que 
pottent  fes fcmlet bien  entetidas.p.ai(  ). 

, (sy  litHram  K Salviai  mafifiir 
jnmus  Rtmmis  aJjtcit.  Oaufqaius,  dans 
Ibn  Traité  de  l'onliogtaphe  , cite  ces 
mèMer  paroles.  Après  qooi  il  indi^oc 
feulement  celles  de  laint  llîdore  , qui 
airibuent  à Salufte  l'bouneur  de  l'ioven-. 

(ton  du  Kt  lytdiwib  . . . SalU^um  ntmi- 
nmtmtiSortm  vsfipCependaot  le  Diâion- 
pairc  de  Morcri , ddiciondc  171t.  s'ex- 
I^queaiofi  si  /on  fdj©  ;«DM^nnBdit 


» après  Salufte  ,que  l'inventeur  du  K fut 
« un  nommé  Salvius  , & que  cette  lettte 
» étoic  commune  parmi  les  ancient  Ro- 
» mains.  •>  Le  grand  Dnftiontire  de  Tré- 
voux, édition  de  17 ;i.  répète  prefque 
mit  i mot  les  mêmes  paroles  : ft  ce 
n'eft  quîl  fait  dite  à Daufquiut  , «m 
cene  ijttrt  a été  incoantu  aux  aaeiem  Ra  - 
aiaiaj.  Par  ce  dernier  trait , on  anra  lins 
douta  vonlu  coriger  Morcri  , dont  l'ex- 
picflîua à cet  égatd  nérrut  guère  moins 
fondée  dans  Daufquios , que  celle  du  Dic- 
rionaire  de  Trévoux.  Mais  les  vraies 
bévues , devoioK  ûutcc  am . peux  , 
ont  été  fidèlement  cranferites  , Sc  précicu* 
fcméut  confcrvécs,daus  les  demienrs  édi- 
tions sic  CCI  grands  corps  de  Diébenaircs. 

f ))  On  y lifoit  pour  P£NAS, 

Ptaatt. 


II.  PARTIE. 
S a c T.  1 1 L 
C H A ».  I. 
Ann.  IL 

(")  lie  aru 
graaim.  ht.  I . raf. 

*%)  Qae/l.  Rsu 
maa.  LIV, 


(fj  NartJ  C<nt8! 
tajfit.  Vifaa,  Dijf. 
4.cel.  74  é. 


fd)  Orig.  I.  U 
f.  4. 


Ceft  fans  ions 


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JI.  Partie. 
.S  R C T.  J 1 1. 

C H A P.  I. 
Art.  II. 

âemenc  (|uc  les  lec- 
ttes  P.  Q.  ont  ité 
Rculîes  de  non- 
▼eaacd. 

(«)  AnimMÂv.  i» 
thrmt.  Bttfetii, 
f.  tij. 

{i)Orig  l.  t.r.4. 

(f)  Matiï  VîHt- 
r)»i  An  p»m. 

l.  t.f.  14J<. 

(d)^,ZÀt  Baeeh. 

t-  «f». 

(f)  AiUi  DmMii 

*a». 


(f)  Vtlim  Itr- 
2«i  it  cnhûptfh, 
f.l-xt*. 


Préteodoï  înTcn- 
cion  de  t'K  : à 
^i.cl  teins  &R  quel 
auteur  auibudc  i 


40  NOUVEAU  TRAITÉ 

place  du  P , Denis  d’Halicarnaflê  avance  , que  la  dernière 
lettre  ne  fût  pas  toujours  en  ufage  chez  les  Latins.  Mais  Sca-^ 
liger  (it)  rejette  cette  fupofition  , comme  une  faufl'eté  ma- 
mfefte.  Nous  ne  croyons  pas  non  plus  devoir  prendre  la  peine 
de  la  réfuter  : tant  elle  eft  deftituée  de  toute  aparence. 

On  ne  comprendroit  pas , comment  S.  Illdore  de  Séville  (^) 
aurait  donné  le  Q pour  étranger  aux  langues  Hébraïque  Sc 
Grcque  , &r  même  à toute  autre , qu’à  la  Latine  ; fi  d’anciens 
grammairiens  n’avoient  traité  cette  lettre  d’inutile  , &c  ne 
l’avoient  crue  de  nouvelle  date.  A leur  avis  , avant  qu’elle 
fut  inventée  , les  mots , dont  la  fucceflion  des  ficelés  l’a  mile 
en  polTellion, s’écrivoient  par  le  C.  Varron,  auraportde  Cen- 
forin  , concluoit  à la  banfr  de  l’écriture.  Licinius  Calvus  (c) 
ne  voulut  jamais  s’en  fervir.  Quelques-uns  en  ont  dit  autant 
de  M.  Caton  & de  Térence.  Mais  Matlileu  Egizzi  (d) 
s’élève  fortement  contre  une  prétention  fi  dénuée  de  preu- 
ves. D’un  autre  côté  Donat  (i)  taxe  d’ignorance  ceux , qui 
traitent  la  lettre  Q d’inutile.  Leurs  déclamations  font  en 
partie  ^apuyées  fur  fa  nouveauté.  Cependant  ces  deux  acu- 
fations  le  détruifent.  Si  elle  eût  été  fuperflue  j pourquoi  l’au- 
toit-on  inventée  ? pourquoi  l’auroit-on  reçue  ? Si  elle  étoic 
étrangère  à l’ancien  alphabet  ; pouvoit-on  l’y  faire  entrer 
par  un  autre  motif,  que  parce  quelle  étoit  nécelTaire  ? 

Au  défaut  de  moyens , qui  fixent  le  cems  de  fa  prétendue 
invention  ; on  a recours  à la  conjonftion  des  deux  (/)  let- 
tres C & V , renfermées , dit-on  , dans  le  Q : Si  pour  la 
faire  mieux  paroître  , on  prête  au  Q cette  figure  , qu’on 
fupofe  d’un  âge  égal  à fon  origme.  Mais  , malgré  l’anti- 
quité confiante  du  fl , ôc  non  pas  de  cette  autre  figure  ar- 
bitraire ; une  imagination  plus  fpécieufe  que  folide  ne  fau- 
roit  preferire  contre  une  lettre , qui  prend  fa  fource  dans  le 
Phénicien  , que  le  Grec  conferve  dans  l’é^isèmon  Quopa  , 
que  les  tables  Eugubines  renferment  , qui  le  trouve  confi- 
gnée  fur  les  plus  antiques  monumens  , Si  fpécialement  fur 
las  monoies  aes  anciennes  colonies  Grcques , fondées  en  Ita- 
lie, vers  lestems  héroïques. 

III.  Les  Latins  n’auront  point  eu  d’R  anclenement  fi 
Ton  s’en  raporte  à la  plupart  de  nos  modernes.  Un  auteur 
laborieux  donne  pour  un  fait  confiant  & admis  par  tous 

U». 


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X 


DE  DIPLOMATIQUE.  4i 

lef{a)  favans , qu’alors  la  lettre  R n’ était  pas  (i)  encore  in- 
ventée. A l’entendre  , les  {b)  peuples  d’Italie  n’ayant  point 
cette  lettre  dans  leur  alphabet  ydifoUnt  mclioiibus  &:  Valefii, 
pour  melioribus  & Valerii. 

Du  moiiu  ne  s’eft-il  pas  chargé  de  nous  aprendre  , jufqu’au 
nom  de  l’inventeur  de  l’R.  C’eft,  devoir  nous  dire  (c)  le  P.  Hu- 
gueJéfuite  , Claude  Centinianus.  M^s  parune  contradiûion 
Imgulicre  avec  Pomponius,  qu’il  cite  pour  garand;  au  lieu  d’af- 
furer à Ibn  Centinianus  l^gloire  de  l’mvention  de  cette  lettre, 
il  le  repréfentc  aullitôt  comme  lui  ayant  fubftituc  l’S. 

. On  ne  faifoit  nul  ufage  de  l’R  avant  Appius  Claudius , 
ainfi  parle  Thomas  {d)  Dempfter  : mais  depuis  qu’il  l’eut 
inventée  , on  fe  lervit  indifétemment  de  l’R  &c  de  l’S.  Cet 
Appius  fiirnomraé  CralTus  fût  , ajoute-t-il  , Confiai  avec 
Camille  l’an  40 y.  dS  Rome.  Matthieu  Egizzi  vient  à l’apui 
de  Dempfter  , & s’en  autorife.  Selon  Angelo  {e)  Roccha  , 
ce  ne  fut  pas  Centimanus  , comme  quelques-uns  l’écri- 
vent mal  ; mais  Appius  (1)  Centimalus  , qui  introduiiit  l’u- 
fage  de  l’R. 

Il  feroit  inutile  de  faire  palfer  en  revue  une  foule  d’au- 
tres auteurs  , qui  ne  font  que  rebatÆ  le  même  difcours. 
Tous  s’autorifent  (/)  du  manuel  de  Pomponius.  Il  tranche 
éfeélivement  le  mot.  Appius  Claudius  , dit-il  , inventa  (j) 
l’R  : auparavant  on  écrivoit  Valefii  éc  Fufii:  Valerii  bcFurii 


(i  ) L’invention  nouvcile  de  la  lettre  R 
n'eil  point  nécelTaite  à cet  auteur , pour 
ttayer  Ton  fyRcme.  Il  fe  routiendroit 
dj^alement , l’il  eût  dtd  d'uGige  de  fub- 
Ibtuer  l’S  à l’R.  Or  cet  ufage  n’eft  nulle- 
ment douteux.  Au  rcRe  tout  les  favans 
ne  lant  pas  de  Ibn  avis.  Funccius , Trot- 
zius  , & tout  récemment  M.  TerralTon  , 
ont  pris  le  parti  cootrairc. 

(i)  Valére  Maxime  M l’apelle  Clau- 
dios  Centumalus.  Mais  l’éditeur  du  Va- 
létc  Maxime  VMriorMm  le  fait  vivre  plus 
de  cent  ans,  apres  la'date  fixée  par  Demp- 
Aer  & Matthieu  Egizzi. 

( 1 ) jlffim  Cludius , wuu  tx  dtnm- 
■tins  . . . Vtfl  hune  Affim  Clnndmi  tjuf- 
dem  geaeris  mnximnm  feienlinm  hniuu  ; 
hic  Centtmmnnuj  npfiUmtui  ijl , AffUm 
vum ...  tdfm  Affim  Clmedim , 

II. 


II.  PARTIE. 
S EC  T.  II  I. 
Ch  A P.  I. 
AxTtcti  II; 
(a)  H^.  drtGatt- 

In  <$•  dti  GxfiUjs 
t.i.  Difin.i.f.i.x. 

(h)  LrO.  i.f  t«4. 
(f)  De  prHn 
ferih.  crig.  c.  4. 


(W)  De  E/mr.  ret 
gnii.l.  I.f.  i.p.  i. 


(»)  Bihlleih.  Pa- 
ticMii.  f.  14*" 


(f)  Digtfl. 

lit.  1.  L.  1.  y.  }t. 


ijui  videmr  ni  hee  fraeeffl^e  , R liiternm 
invenit  : UWt  Vnlefi  Vnlerii  effent  , (J* 
fe»  fupii  turii.  Le  prétendu  inventeur  . 
de  l’R  n’cA  peutetre  pas  le  meme  oue 
Centemmaous.  A s’en  tenir  à la  force  des 
termes , on  diroit  plutôt  qu’il  en  feroit 
defeendn.  Autrement  d faodroit , qu’ai 
hue  tombât  fur  l’Appius  Décemvir.  Eu 
quoi  l'on  feroit  violence  au  texte.  A la 
vérité  idem  paroit  identifier  l’inventeur 
de  TR  avec  Centemmanns  ; mais  on  pou- 
roit  avoir  mis  ce  mot  pour  hem.  Le  r & 
le  d fe  piononçoicnt  te  s’écrivoieot  faut 
celte  l’un  pour  rautre.  Les  exemples  eu 
font  fans  nombre , & dans  les  mit.  & dans 
les  diplômes  , jufqn’au  neuvième  fiècle. 
L'inventeur  de  l'R  , que  Pomponius  avoir 
en  vue  , feroit  donc  moins  ancien  , que 
l’Appius  CralTus  de  DcmpAcr , ti  même 

F 


{g)  L.  t.  r.  a. 


m-i 


■1 


0igitLdl||pHl^OOgIé 


II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 

C H « P.  I. 

A I T 1 C l I II. 
[ji)  Vamil.  /.  9* 

il. 

(^)  Jnliùit;,  lîh, 
1.  r.  4. 


(f)  Tw(i.  Ktt* 
iaHu^.p.  3 fi. 


Ufagc  de  rX, fixé 
mal  - a - propos  au 
fiècle  d'Augufte  : 
il  doit  rcmontet 
bien  plus  haut. 

(d;  Lii.ljcl.fii. 

U)0risMuc,4. 

if]  Marti  Vic- 
tfTwt  an  Gram- 
mat.LucçLx466» 


NOUVEAU  TRAITÉ 

leur  furent  fubftitués.  Aux  termes  de  Ciedron  , les  (a)  Pa- 
piriens  étoient  encore  apelds  Papifiens , durant  le  quatrième 
kccle  de  Rome  ;mais  l’an  41  j Lucius  Papirius  Crafl'us  cefl'a 
de  fe  nommer  ainfi.  Cette  époque  qiudre  alTez  avec  celle 
de  Dempfter.  Quintilien  (é)  parle  d’un  tems  , où  l’on  (i) 
dilbit  > y arbos  , labos  , vapos  , clamas  , pour 

Kalerii  y Furii  , arbor*  labor  , vapor  'clamor.  Feftus  tient 
le  (1)  meme  langage.  Mais  ni  lui  , ni  Cicéron  , ni  Quin- 
tilien  n’imaginoient  pas  , qu’on  emploiroit  leurs  fufrages  ^ 
pour  prouver  , que  les  anciens  Latins  n’avoient  point  d’R. 
Quintilien  fupofe  vifiblement  le  contraire.  A-t-on  jamais  dit 
Jbbus  pour  rohur , asbos  pour  arbor , Soma  pour  Roma  , So- 
mutus  pour  Romulus  ? Eft-il  néceflaire  de  rapeler  , que  l’R 
fe  trouve  dans  les  plus  anciens  monuiçens  d’écriture  Ro- 
maine , & notamment  fur  les  tables  Eugubines  ? Appius 
Claudius  ne  fiit  donc  pas  Tinventenr  (c)  de  cette  lettre  ; 
mais , tout  au  plus , il. en  étendit  l’ufage  à quelques  mots  ou 
fyllabes , exprimées  auparavant  par  une  S.  Voila  le  feul  moyen 
de  concilier  l’expreflion  peu  exade  de  Pomponius  avec  les 
montunens  antiques.  _ 

IV.  Au  jugement  de  divers  auteurs  , les  trois  dernières 
lettres  de  notre  alphabet  n’étoient  pas  encore  reçues  chez- 
les  Romains , du  rems  d’Augufte.  Si  nous  écoutons  Prifeien , . 
l’X  apres  coup  inventé  par  les  Grecs , fut  {d)  adopté,  par  les 
Latins  ; mais  il  ne  dit  point  en  quel  temf.  Plufieurs  auteurs 
en  atribuent  l’invention  à l’Empereur  Claude..  S.  Ifidore  (e) 

Pierre  diacre  après  lui  , fe  contentent  de  dire  , qu’on  n’en.-, 
ufbit  point  avant  Augufte.  Nigidius  {f)  Figulus  , par  une 
fingularité  digne  d’un  Grammairien  , ne  voulut  jamais  s’en . 
fêrvir  dans  fes  ouvrages. . 


c)ue  le  Ccntomalus  de  Valérc  Maxime. 
Ce  qui  ne  s’ajudcioit  pas  fi  bien  arec  le 
calcul  de  Cicéron.  Au  fond  , il  cil  peu 
joiponanc  de  favoir , auquel  des  Appius 
Claudius  on  doic  rapoircr  l'invention  chi- 
mérique de  la  letrre  R.  Laiifons  donc 
cette  qjcAion  dans  fon  état  probléma* 
tique. 

(i)  A l'oca/ion  de  cette  ancienne  pro- 
nonciation des  Romains,  Vigeuére  dit 
que  c cil  » ce  qu'ont  uiutc  les  rariHeos 


*»  de  tres  longue  main  ; mais  le  polifTc- 
S»  ment  de  la  langue  , ajoutc-t-i! , leur  a 
w enfin  fait  laiflec  ce  mafy  tnafaMlt^  pour 
i S)  mary  maratûi  ; & au  contraire  , rarrttm  ■ 
■ »>  pour  raifoH  »».  Traité  des  thifrts  f, 

(x)  Arbofimfro  arbore  antiqui  dteebant, 
rc^o/em  pro  robore.  Sexe.  Pomp.  Fefti 
Marci  Verrii  Flacci  de  Verborum  figni- 
ficationc  hbri  xx,  — Notis  illurtravit 
Andr,  Daccrius  — 4%^-  }S* 

m 


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DE  DIPLOMATIQUE.  * 43 
Tout  cela  ne  fauroit  obfcurcir  la  certitude  , où  nous  fom- 
mes  , de  l’exiftence  de  c^te  lettre  chez  les  Romains , avant 
l’empire  d’Augufte.  Plaute , Tùrence  & les  autres  écrivains 
Latins  du  premier  âge  l’ont  employée.  Cicéron  dans  Ibn 
Orateur  , adrelTé  à Brunis  , loin  de  regarder  l’X  comme  une 
lettre  nouvelle  , en  parle  comme  d’un  caraûcre , qu’on  ré- 
tranchoit  dc  plufieurs  (i)  mots,  afin  d’adoucir  l’ancien  lan-« 
gage. 

*V.  L’Y  & le  Z font  des  lettres  deux  fois  empnmtées  des 
Grecs.  Les  Latins  avoient  d'abord  reçu  d’eux  l’une  & l’au- 


I î.  P A i E» 

S IC  T.  111. 
Ch  AP.  I. 
Art  icbi  11, 


LT  & le  Z pré. 
cédèrent  de  plâ- 
tre dans  l’V  &c  le  G.  Le  fon  &c  la  figure  de  ces  deux  lettres  d’AiIg^ftcl  * 


s’étant  altérés  , partie  chez  les  Grecs , partie  chez  les  Latins  3 


(i)  Il  cite  poor  exemple  sxilt»  , me- 
tcillu  , tnxillm , vexillum , fxxillm , mé- 
tamorphofét  eo  xl» , , tulm  , vt- 

Inm  , f*lm.  On  liroic  du  cems  dc  Quin- 
tilien,  fut  (ii)Ics  monumens  deXome  les 
plus  anciens,i1/ex«»rrr.  Grand  nombre  de 
tables  d'airain , lenfetmant  autant  de  Sé- 
natus-Confultes  , gravés  long-tcms  avant 
Augufte  , & rapottés  par  Gtuter , font 
un  nlâge  ordiiuire  de  fX.  Il  en  e(l  dc 
meme  dc  celles , où  les  Loii  agraires  & 
la  probibition  des  Bachanales  (ont  con- 
tenues. On  voit  cette  lettre  fur  la  co- 
lone  Duillicnne  , au-delà  dc  lacjnelle  les 
auteurs  n'ont  pas  coutame  de  poulTcr 
leurs  rcchercbes.  cX  fc  trouve  de  plus 
dans  une  des  tables  Eugubines  en  let- 
tres Romaines  & en  langue  Pélafgiqne. 
Les  plus  antiques  médailles  des  Romains 
la  repréfentent.  Rien  n'anoncc  donc, 
qu'elle  fût  fous  Augufte  dc  fraîche  date  : 
& cette  mnltitude  de  faits  entaffés  les 
uns  fur  les  autres  demontte  bien  clai- 
xement  tout  le  contraire. 

Mais , dira-t  on , tous  les  anciens  gram- 
mairiens tombent  d'acotd  , qu'avant  fin- 
vention  de  FX  | les  mots,  où  il  entre  , 
étoient  écrits  par  cr  ou  ft.  Tory  (i)  dit 
avou  vu  à Rome  de  vieilles  épitaphes, 
SJÙ  ectte  orthographe  étoit  fuivic.  Vof- 
fiut  atede  , que  cet  ufage  (ûc  encore  ob- 
fervé  (f)  depuis  l'Empire  des  Antonins , 
& qu'il  eft  eonfigné  fut  des  monumens 
Lombardiques.  Voila  donc  des  preuves 
jurées  de  la  nouveauté  de  l'X. 

La  fubfiitution  de  quelques  auues  let- 


tres à rx  , continuée  tant  de  (iccles , de- 
puis qu'il  fût  d'un  ufage  commun  , de 
i'aveu  de  tout  le  monde  , peut-elle  être 
un  garant  bien  sur  de  la  nouveauté  de 
cet  élément  ? On  aura  beau  reculer  juf- 
qu'au  premier  âge  Forthographec  > 3c//, 
au  heu  dc  l'Xi  on  n'en  inférera  pas  mieux 
fa  non  exidcncc  alors  , qu'on  l'autoit 
fait,  depuis  les  Lombards  : fous  prétexte 
qu'on  l'cxprimoit  encore  dc  leur  tems 
par  c/.  Pouroit-on  d'aillenis  nous  répon- 
dre , lî  les  c/  & les  /r , qui  n'ont  pour- 
tant jamais  prévalu  , n'auroient  pas  été 
introduits  par  des  fantaiücs  de  gram- 
mairiens . prévenus  dc  cette  idée , que 
toute  vraie  lettre  ne  devoir  renfermer 
qu'un  fcul  fon.  Oc  comme  celle-ci  en 
lailToic  entendre  deux  ; il  faloit , confé- 

3ocmmenc  à leur  principe , la  partaget  en 
eux  lettres.  On  (ait  à quel  excès  de 
délicatelTe  en  ce  genre  fc  porl#cnt  le  fa- 
meux Nigidius  (d)  Figulus  , Lucius  Ac- 
cius  & Licinins  Calvus.  ^ 

11  cil  ù peu  vrai,  que  FX  ait  ociginqire- 
ment  ptis  la  place  des  et  3c/t  ; que  ceux 
qui  Fcroploycrcot , oc  cefserent  pat  poqc 
cela  d'y  ajouter  FS.  Audi  voit-on  , dans 
les  plus  anciens  monumens , prtxfumut , 
mxxfKmxt  (J*c.Cette  onhogtaphe  fe  véri- 
fie encotc  dans  quelques  médailles  des 
Empereurs  Galba  , Vitcllius , Vcfpalîcn  , 
Domicicn  ; (ans  parler  d'une  infinité 
(Fautics  preuves , qu'on  oc  croit  pas  dc- 

Ivoir  acumulcr  ici , & qu'on  oc  pouia  -Ct 
difpcnfcr  dc  touebex  ailleurs.  * 

Fi; 


(a)  l«fl.  OrA/i 
I,  I . c.  4. 


(i)  L'xrt  ô>  fdtn- 
et  lit  l»  vrait  frt- 
ptnitn  lits  teçiix, 
fcl.lii.f.  ♦ 

(c)  De  xrte  /rua^ 
Lue.  XI.  A 


(d)  Mar. 

rin.  nTt/nun.  /.I, 
etl.  lift. 


II.  PARTIE. 
Sici.  III. 

C H A P.  I. 

A r T I C LÏ  II. 

(.»)  Orii.  t.  1. 
«•  4- 

fi)  Art  grtm. 
i.  14JJ. 


LT  n'eft  point 
une  lettre  de  nou- 
« inreoùoa  ; 


M 


'44  NOUVEAU  TRAITÉ 

ces  derniers'  les  adoptèrent  de  nouveau , fous  la  forme 
&:  de  Z , &c  avec  la  meme  valeur  ,^11’elles  avoient  alors  en' 
Grèce.  Mais  en  quel  tems  cette  adoption  fe  fit-elle  ? Saint 
Ifidore  (a)  nous  dit , que  (1)  jufqu’autems  d’Augufte  on  ne; 
les  écrivoit  point. 

Marius  {b)  Vièlorin  nous  afllire  , qu'Accius  ne  voulut  ja- 
mais faire  ufage  ni  de  l’Y , ni  du  Z.  D’où  l’on  pouroit  peut- 
.êtte  conclure  la  (a)  nouveauté  de  ces  lettres  ; fi  le  goût  de 
fingularité  n’étoit  ordinairement  fa  caufè  de  ces  fortes  d’aa- 
fedacions.  Cependant  les  fragmens  de  ce  Poëte  renfermenr 
beaucoup  à’y.  Mais  acordons  le  fait  d’Accius  , comme  in- 
dubitable ; il  s’enfiiivra  du  moins,  que  ces  deux  lettres  pré— 
cédèrent  de  plus  d’un  fiècle  l’empire  d’Augufte.  Tous  , ou 
prefque  tous  les  auteurs  Latins  s’en  (ont  lêrvis.  Nous  avona 
des  Poctes,  qui  plus  de  100.  &c  même  ajo.  ans  avant  l’ère- 
Chrétienne  , ont  compofé  des  Pièces  dramatiques  &:  autres , 
où  ces  lettres  font  fouvent  employées.  Nous  pourions  citer  en. 
faveur  de  Vy  grec  Andronicus  , Ennius  , Plaute  , Narvius  , 
Pacuvius , Cxcilius  &c.  A l’égard  du  Z , on  eu  voit  plufieurs 
exemples  dans  Plaute , dans  Nxvius  , & dans  Cæcifius.  Il 
feroit  inutile  de  nommer  un  plus  grand  nombre  de  Poëtes 
& d’auteurs  plus  récens  , quoiqii’autérieurs  à l’empire  d’Au- 
gufte. Il  faut  donc  faire  remonter  ces  deux  lettres au  moins 
quelques  Cèdes  au-dcfliis  du  V'.  de  Rome.  * 

VI.  Quelques  auteurs  ont  atribué  l’invention  de  l’F  aux 
Eoliens  : mais  ces  Grecs  , ainfi  que.  les  Etrufques  & les 


U)  Put/ch.  ttl. 

ïiU. 

(ff)  Ihid.  col. 

ttSÿi 

i',  Cd.  Il  17, 


( i)  Il  i^uce  , qu'en  leur  place  on  le 
fervoit  de  deux  ff'icàc  l’i.  On  fubftituoit 
certainement  à l Y encore  plutôt  1'  V,  que 
cette  deinictc  lettre. 

(i)  Prifeien  jugeoit  fansdourc  Tintro- 
dadlion  de  l'Y  grec  & dû  Z cher,  les  La- 
bas  d'un  terne  fort  tecultf.  Car  il  ne  dit 
pas , que  les  anciens  le  fervitenede  I'h  , 
de  deux  Jf  ou  A’fd  j avant  qu'ilS  eulîint 
emprunté  l'Y  & lé  Z des  Grecs  : mais 
qu’ils  les  changèrent  en  « , en  ^ , en  /d , 
cnrh,  & en  d : ce  qui  fupofe  evidem- 
incnc  leur  introdudlion  plus  ancienne. 
Agn.ras  (r)  Cotnutus,  raportd  pat  CalTio- 
dorc  , dans  (bn  Orthogtaphe  , avpit  oh- 
fervé , dans  les  anciens  livtes , des  Z tan- 
tôt employés , dc  tantôt  remplacés  par  Jf.. 


Sut  quoi  cet  auteur  reproche  à quelque» 
anciens  d'avoir  poulTé  la  faulTe  dclica- 
tcH'e  , jufqu'à  ne  pas  vouloir  ufer  de» 
lettres  des  Grecs , dont  ils  ne  faifoient 
pas  didculcé  d’employer  les  cxprdlîor.r. 
Curtnis  (d)  Valctianus  répète  , mot  pour 
mot , le  meme  reproche.  Or  ces  plain- 
tes cuflènc  été  fort  mal  fondées;  fi  le 
Z n'avoit  pas  été  déjà  reçu  chez  les  La- 
tins , au  tems  donc  iis  parient.  Les  uns 
en  faifoient  donc  ufage  ; candis  que  les 
autres  refufoient  de  séu  lcrvir.  Velius 
Longus  (e)  jugeant  cccte  lettre  d'une  an- 
tiquité plus  grande  , qu'on  ne  penfe  d'or- 
dinaire , en  donne  pour  preuve , qu’elle 
fe  trouve  dans  les  vers  des  Salicns. 


DE  DIPLOMATIQUE.  îff 

Latins , n’ont  fait  que  nous  la  conferver  &c  nous  la  tranf- 
mettre.  A entendre  (a)  le  Père  Hugue  Jéfuite  ,^es  derniers 
la  reçurent  des  Eoliens  , ôc  l’ajoutèrent  à leurs  anciennes  let- 
tres. Sans  rapeler  ici  les  principes  établis  plus  haut  ; toutes 
les  dificultés  fur  la  nouveauté  de  l’F  difparoifl'ent  'devant 
l’obfervation  fuivante.  Des  monumens  latins  , où  l’F  fe  trou- 
ve , furpalTent  de  beaucoup  en  anciquit^ceux  des  Eoliens , 
où  elle  le  rencontre.  Donc  ils  ne  l’ont  pas  communiquée 
après  coup  aux  Latins  : puifque  ceux-ci  en  étoient  en  pof- 
fefllon  ; nnon  avant  les  Eoliens  ; du  moins  avant  le  tems  , 
où  l’on  fupofe , que  ces  Grecs  l’auroient  inventée  ^ ou  qu’ils 
l’auroient  fait  adopter  à l’Italie. 

Le  digamma  n’eft  point  le  nom , fous  lequel  cette  lettre 
fiit  d’abord  connue  en  Grèce.  11  tire  viliblement  cette  dénomi- 
natidn  des  grammairiens  Grecs.  A force  de  réfléchir  «fur  fa 
ligure  , ils  crurent  y découvrir  deux  r.  Comme  ils  ne 
voyoient  plus  de  lettre  femblable  dans  leur  alphabet  ; parce- 
que  Vépisemon  iau  avoit  clrangé  de  figure  , &c  que  le  vrai 
vau  fe  trouvoit  déplacé  ils  prirent  !•  parti  de  nommer  l’E 
digamma.  Les  Latins , à cet  égard  , ne  firent , que  fuivre  fie 
les  idées  fie  les  expreffions  des  Grecs.  Cependant  plufieurs 
habiles  grammairiens  de  l’une  fie  de  l’autre  nation  , comme 
Didyme  , Diomède  , Varron  , Prifeien  , Cenforin  , ont  re- 
connu en  termes  formels  , ou  équivalons  , que  les  Eoliens 
apeloient  autrefois  vau  leur  digamma.  Les  Latins  eux- 
racmes  le  qualifièrent  ainfi. 

Tous  les  ufages  que  les  Eoliens  firent  de  leur  digamma, 
les  Latins  fe  les  aproprièrent.  Mais  ,.au  lieu  que  pour  le  ren- 
dre , les  premiers  fe  contentèrent  prefque  de  la  feule  F ; 
les  féconds  pafTent  pour  avoir  beaucoup  plus  varié  : fans 
doute , pareeque  leur  F avoit  un  ufage  fixe  , qui  ne  fe  pré- 
toit  pas  toujours  aux  emplois  finguliers  , qu’on  faifoit  du 
digamma.  De  meme  que  les  {b)  Eoliens  écrivirent  èc  pronon- 
eexent  QpitTup  pour  px'rap  *,  les  anciens  Latins  (i)  dirent  Bru- 
ges pour  fruges.  Inférer  l’F  entre  deux  voyelles  ^ lut  le  plus 

(i)  Quand  les  Eolleni  mùcnc  Cfiraf 
{tout  /rru;  > on  tu  une  Icuie  ptendre  la 
|dace  d'un  cfpnc.  Mats  dans  irugit  pour 
fruttf  ^op  p'aperjoit  ^auucIcKcc  fûblli- 


■ vact  a une  ancre,  Ainn  , quoi^u'en  dilcnc 
Pcircien  Sc  cane  d'aucccs  grammairiens 
modernes  ; le  digamma  ne  femble  pas 
avoir  ui  une  aplicarion  fore  jufte. 


II.  PAR  TI  H. 
s ÉC  T.  III. 

C H a P.  I. 
Axt  ici.a  II.. 

origine  du  digam- 
ena  ; parallèle  d'à 
celui  des  Eoliens 
& des  tarins  : Itur 
ufage. 

(a)  Dt  fritiut 
f(rU.  mi-  c.  4-. 


(l>)  frife.  ttU- 
J47. 


■V 


Digitiz 


JI.  PARTIE. 

S E C T.  III. 
Ch  AP.  I. 
Aaricii  II. 

(a)Vrifc.l.  I. 

t.  f.co/.l47. 

(i)  Ib.ctl.  J4<. 

(f)  Vtjîm  dt 
mrt.  immm.  I.  I. 
c.  If. 

{i)  Sfmheim  tU 
frtft.  mumtfm.Dif- 
ftrt.  1.  f.  107. 
loS.  tdit.  Ltnd. 
1706. 

(r)  Nflirv.  mi~ 
thod,  Quelq.  cb~ 
firv.  e,  li.  ».  7. 


(/)  î'f-i- 
(^)  New.  iw/rif». 


ih)  Vcjf.  de  âtti 
gTÂm.Ub,  X9, 


W IijfîTi.  r.  r.4. 


(t)  M»/  Tpm». 
/.  XCI. 


(/)  Ttilluih.Vitt. 
*■  14#. 


4«  NOUVEAU  TRAITÉ 

grand  uiâge  , qu’en  firenc  les  Eoliens.  Leur  but  (a)  étoit 
d’éviter  l’hStus  : les  Latins  marchèrent  encore  ici  fur  leurs 
traces.  Chez  les  uns  &c  {h)  les  autres , quelr^uefois  le  digamma 
fe  compta  pour  rien.  Tantôt  il  (c)  tint  heu  d’efprit  doux  , 
tantôt  d’efprit  rude.  Pour  exprimer  celui-ci , les  Attiques 
continuèrent  d’ufer  de  l’H  purement  afpirée  : les  autres 
Grecs  le  rendirent  par  ce  caradcre  î ; tandis  que  pour 
reprélênter  l’efprit  doux  , ils  fe  fervirent  de  cette  (i)  autre 
•i  figure. 

Le  diganuna  EoUque  avoir  fouvent  la  force  (</)  de  l’H.' 
Dom  Lancelot  obferve  (e)  d’après  S.  Ifidore  , Chekus  5c 
Volllus,que  l’H  femble  être  née  des  efprits.  Il  conjeélure 
que  U digamma  F , qui  repréfentoit  prejque  la  moitié  d’un 
H , a fouvent  paffé pour  l’efprit  rude.  Mais  les  efprits  font 
plutôt  nés  (1)  de  l’H  , quelle  ne  tire  d’eux  fon  origine  ; 
puifqu’elle  remonte  à la  plus  haute  antiquité.  Peutctre  (eroit- 
il  aulli  naturel  de  faire  fortir  les  efprits  de  l’F , que  (3)  de  l’H. 

Si  l’on  en  croit  Ovide , le  X des  Grecs  s’eft  adouci  juf. 
qu’à  faire  (f)  Flora  Chloris.  Dom  Lancelot  au  contraire 
{g)  prétend  , que  l’efprit  rude  s’étant  changé  en  C , de  là  eft 
venu  » que  le  C dans  les  langues  vulgaires  , n’ell  quelque- 
» fois  que  la  marque  d’une  afpiration  , ou  prononciation 
•.  plus  forte  , comme  nous  voyons  encore  dans  Clotaire  , 
» qui  eft  le  même  que  Lotkaire  ; dans  Clovis  , qui  eft  le 
» même  que  Louis , ou  Louys  5c  autres^  fèmblables.  •*  Mais 


(i)  Lcx  mlT.  latins  ('A)  renferment 
quelqnes-uccs  de  ces  moicks  d'H  réelles, 
ou  prétendues.  Saumaife  , dans  fes  notes 
fur  la  colonc  Hétodienne  , le  prouve  par 
des  glofes  de  la  Bibliothèque  Palatine  , 
par  un  S.  Ifidore  & par  d’autres  mlf. 
Qaiotilien  (i)  parle  de  l'une  te  de  l'autre 
afpiration  , de  l'une  St  de  l'autre  figure. 
Plulieuts  anciens  geammairiens  riennenr 
le  même  langage.  En  un  mot,  on  remar- 
que une  afinité  très-grande  lé)  encre  l'ef- 
pric  rude  Sc  tF  des  Grecs  , des  Eoliens  & 
des  Latins. 

(1)  C'eft  le  fentiment  de  Prifeien  I.  i. 
tel.  5 <0.  Sergius  fut  la  première  édition 
de  Donat  , avance  précifémenc  tout  le 
contraire.  »/.  iSxp. 

If)  Dans  Udctnici  cas , il  faut  couper 


l'H  en  deux  ; ee  qui  fent  plus  la  réfléiioa 
do  grammairien , que  la  produétion  du 
rems , que  l'ouvrage  d'une  longue  habitu- 
de. C'eR  néanmoins  à cet  caufes  , qu'il 
faut  raporcer  les  vidlTitudes  des  ufimes. 
Dans  le  premier  cas  on  n'clt  oblige  de 
faire  perdre  h TE  qu’un  périr  trait , doue 
elle  a Ibuvent  été  dépouillée  , & cheas 
les  Grecs  le  chez  les  Latins.  D'ailleurs 
la  double  marche  de  l'ancienne  écriture 
Gtèque  oftoic  des  F tournées  de  l'un  tc 
de  l’autre  fens.  Quoiqu'il  en  foie  , les 
taports  de  l'F  avec  l'H  furent  fi  mule»- 
pliés , que  les  anciens  confondirent  en- 
femble  ces  deux  lettres , & que  des  peu- 
ples les  confondent  encore.  On  dtfoic 
autrefois  (/)  ferdinm  pour  herdmm , lr»fk 
pour  trahe  , vefo  poux  veh».  , 


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DE  diplomatique.  47 

h manière  d’écrire  & de  prononcer  Hlothanus  Sc  Chlo- 
tharius  , Hludovuicus  Sc  a-t-elle  rien  de  com- 

mun avec  l’efprit  rude  des  Grecs  ? II  n’avoir  pas  meme  la 
forme  de  c , lorfque  ces  noms  s’écrivoient  de  la  forte  : il 
refTembloic  plutôt  à un  h ou  à un  L . 

Le  digamma  eut  principalement  la  valeur  de  PV  confone. 
Ainli  le  des  Grecs  , fut  le  ¥t<mptt  des  Eoliens , & 

le  vefpera  des  Latins.  Ceux-ci  exprimoiertt  quelquefois  leur 
digamma  par  deux  V V fous  fo)  Augufte  : mais  TO  fut  fob- 
ftitué  au  {p)  fécond  V avant  l’Empereur  Claude. 

VII.  Ce  Prflce  employa  la  periliafion  (c)  & l’autcwrité  , 
pour  faire  recevoir  trois  nouvelles  lettres  de  fon  invention, 
fous  autant  de  nouvelles  (d)  formes.  La  première  étoit  un 
caraftère  uniquement  deftiné  à faire  difeerner  les  V confones 
des  V voyelles , qui  retinrent  leur  ancienne  figure.  Quinti- 
Een  (tfj  ne  jugeoit  pas  défavantageufement  de  l’utilité  du  (ij 
digamma  de  Claude.  Mais  quelle  fut  fa  figure  ? Tous  con- 
viennent , qu’il  avoir  la  forme  d’une  F : tous  ne  conviennent 
pas  de  la  manière  , dont  elle  étoit  tournée. 

Sans  parler  des  fituations  obliques  ; notre  F eft  lûfoepti- 
ble  de  huit  pofitions  principales  , horifontales  & perpendi- 
culaires. Il  ne  s’agit  ici , que  des  dernières.  Il  n’eft  aucune 
des  quatre  fituations'perpendiculaires , que  peut  prendre  l’F, 
qui  n’ait  été  attribuée  au  digamma  de  Claude.  Un  des  pre- 
miers continuateurs  du  Journal  des  (/J  favans  , en  1677. 
fait  ce  Prince  inventeur  de  IT.  L’auteur  de  la  Bulle  d’or(^) 
des  enfans  Romains  de  qualité  raporte  une  fameufe  infcrip- 
tion  de  Claude , déjà  publiée  par  Angelo  Roccha  , Gruter 
& Fabretti , depuis  négligée  &:  perdue  , enfin  retrouvée  SC 
confervée  par  les  feins  du  célèbre  Ficoroni.  L’F  de  Claude 
y paroir  deux  fois  , dans  les  mots  AMPLI  A '51 T- 
TERMINA5  ITQ.  Mais  elle  n’eft  , comme  on  voit , 
que  tournée  vers  la  gauche.  M.  Gori  (â)  juge  pourtant  cette 
figure  préférable  à celles  , qu’on  a données  jufqu’à  préfent 
du  digamma  de  Claude.  Mais  peutétre  ce  favant  homme 
n’aurai«-il  point  fait  atention  à une  remarque  dé  fi)  Ml  Fi- 
coroni , portant  , que  ces  deux  F étoient  doublement 

(t } Nous  aprenons  d*Aniueus  Cornotos,  I faiic  xcsCYOii  ccuç  ictuc  aux KoDuains. 
9UC  Yatton  xyou  uwi  faoj  fucccs  d» 


II.  PARTIE. 
Sic  T.  III. 
Chat.  I. 
Articil  II. 


(a)  Keris  Csto. 
tmfh.  Vif.f.  7(9. 

(i)Ii.p.7)7. 

Digamma  <Tc 
Claude  ,*fa  6gure, 
les  monumens,  où 
il  Ce  trouve  , fon 
emploi , fa  darde , 
fes  fuites. 

(e)  /.  p; 

r*p.  41. 

(d)  T/tcit.  »nn*l. 
l,  I I.  e.  4. 

i.r.» 


(f)  Tm.f.f.jS, 
(dit.  de  Cielt. 

Cî)  Vui-  68. 


(/.)  Muf.  tmtfël- 
».i.p.4ij. 


[0  r« 

ro  de'  fetnciuli 
hili  Rêm/eni- 


Diglti.r.xJ  by  Cooglc 


II.  PARTIE, 
Se  CT.  ni. 

C H A P.  I. 
Article,  II. 

(a)  Dif'f»  JeW 
sJfahftfi.  p,  8l. 
{b)NtHv.  mith. 

p.  714. 

(c)-Grmer.p.  r 3 <. 
CenotMph.  Pif.  coi, 
738. 

(d)  SeltO»  nu- 
mifmml»  Lcutt, 
Pcrif.  K84.  4“. 

P-  «»J-  * 

(»)  Deprcfl.  nu- 
tmfmMum . Diÿin. 
p.  n.p.p.  109. 


(f)  Marri  Valt- 
trii  Prohi  dt  notes 
Roman  Lajd.Ba- 
tav.  ijjÿ.  8”. 

A.. 10. 

UU'i-  J- 
(h)  Col.  J4J. 


(<)  dimal.l.  1 1. 

a-  a- 

{k)Lib.  j.f.41. 

(/)  Tacha  ihido 

{m)  'SùriiCcn^m 
tf^h.  Vif,CQÎa“}^$a 


4J?  NOUVEAU  TRAITÉ 

renverfôes.  Au  refte  , comme,  dans  un  ouvrage  pofténeur J 
M.  Gori  (a)  repréfente  les  deux  mêmes  mots  avec  des  j j 
on  a lieu  de  croire , qu’il  fera  revenu  à l’opinion  { i ) com- 
mune. D.  Lancelot  (é)  nous  donne  cette  figure  pour 
celle  du  digamma  inventé  par  Claude. 

Les  anciens  marbres  du  tems  de  cet  Empereur,  Sc  ceux  qui 
les  ont  (c)  confultés , dépofent  en  faveur  de  la  fi^re  j.  Chrif- 
tiem  Frédéric  Rube  dans  fon  Specimen  Philologue  nujnif- 
matico-Latitue  , imprimé  en  1708.  raporte  une  partie  des  mo- 
numens  , où  le  digamma  s’eft  confervé.  L’on  n’en  a peut- 
être  pas  de  plus  célèbre  & de  plus  avéré  , touchant  la  for- 
me du  digamma  de  l’Empereur  Claude  , qu’une  de  fes  mé- 
dailles , publiée  par  {d)  M.  Seguin  , & cité»  par  le  (e)  Ba- 
ron de  Spanheim.  Du  pié  d’une  q ainfi  difpofée  , fort  une 
palme.  C’eft  un  trophée  érigé  au  digamma  , ou  plutôt  à fon 
auteur , à caulè  de  la  viûoire  remportée  fur  les  Brétons.  On 
reconoit  (l)  au  digamma  Içs  monumens  du  tems  du  même 
Enyjereur, 

( 1/  Le  plus  grand  nombre  des  anciens 
Al  des  modernes  nous  le  pcigoeor  ainfi  j. 

Il  fufira  de  citer  parmi  cem-là  Probos 
(/) , Marcicn  (j  ) Capcile  , 8c  Ch)  Prif- 
cicn.  Le  premier  vivoit  fous  Ndron , fé- 
lon Eusèoe  : il  cft  d'ailleurs  ciré  par  Sud 
tone  8c  par  Aulu-Gelle.  Il  pounoic  bien 
avoir  écrit  fon  livre  de  noces  fous  Clau- 
de, ou  cres-peu  après  3 fi  l'on  en  juge  par 
la  manière , dont  il  s’exprime  au  fujee  du 
digamma  Éelique , en  raporcanc  les  Si- 
fltt  de  l’F.  Voici  fes  termes  i j pr»  V ut 
SERiVS,  iVLGVS  , lIXIT  pro  fervos  , 
vulgus  , viiir.  £r  digamma  JSolicam 
apellatur. 

(a)  Tacite  fait  mention  (<)  des  tables 
de  baoBZc , où  ce  caraâère  le  confervoit. 

Elles  noient  expofées  à la  vue  de  tout  le 
monde  , dans  les  temples  8c  les  places  pu- 
bliques. Suétone  dit , que  cette  manière 
d’écrke  (k)  fubfiftoit  de  fon  tems  , dans 
les  monumens  , 8c  la  plupart  des  livres. 

Mais  l'ulage  du  digamma  de  Claude  8c 
des  deux  autres  Icnrcs  de  fon  invention 
ne  fc  foutint  , que  (I)  de  foo  vivant. 

On  peut  joindre  à Tacite  , qui  noos 
l'alTurc  , Quincilicn  , Ptifeien  , 8c  Dio- 
mède. On  reprit  l'VY  (»>}  après  1a  mort 

VIII. 


de  cet  Empereur.  Le  cariinarNons  ajou- 
te , que  fous  Marc  Aurdle  on  Ce  fervic 
d‘vê.  Par  exemple  , on  difoic  ftrv«m  • 
crrvom  &c.  Du  cems  de  CaHîod^re  oa 
étoic  revenu  aux  deux  VV.  Ces  deux 
lettres  de  ^icc  avoieoc  principalemeac 
déterminé  Claude  ji  fubfticuer  à la  pre- 
mière (bn  digamma.  Mais  on  ne  lailla 
pas  den  ufer  aulTl  , devant  les  autres 
voyelles,  comme  dans  dUO,  jAL£,  lE- 
TV$,pour  valftVifus.  Il  (croit  peut- 
être  étranger  à notre  deifein  de  nous 
étendre  davantage  fur  la  prononciation 
de  rv  , ou  du  digamma  de  Claude.  Mais 
on  f»c  fera  pas  f^ché  de  trouver  ici  ce 
qu’en  penibic  Je  trés  doâe  Abbé  Renan- 
dot.  n II  ne  fiiuc  pas , dit-il , s’étoner  » 
» qu'il  y ait  tant  de  variations  dans  les 
» langues  Tur  la  valeur  de  cette  lettre  , 
*>  dont  peutétre  nous  ne  favons  pa^  en- 
n core  la  véritable  prononciation.  Car  il 
» n’y  a aucune  aparence  , que  les  an- 
» ciens  Hébreux  la  pronon^aHênt,  corn- 
» me  nous  prononçons  l'V  confone.  Les 
» Syriens  & les  Arabes  , aulTi-bien  que 
» la  plupart  des  Orientaux  , la  pronon- 
» cent  comme  v &:  comme  W des  na- 
« tioûS  du  Nord.  Il  n‘y  a que  les  Tnres 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ^9 

VlII.  L’antifigœa  fous  la  figure  de  deux  C adoffés  DC  , 
iut  le  fécond  caradère  incroduit  par  Claude.  Il  avoir  la 
valeur  du  P & de  l’S , ou  du  B & de  l’S  ; peutccre  même 
de  deux  SS,  d’un  ufage  bien  plus  fréquent  dans  le  Latin, 
que  les  précédentes.  Etienne  (a)  Morin  , après  avoir  fait 
exprimer  le  -ir  par  rantiiigma  , conjeûure  , qu’il  auroit  pu 
avoir  la  force  du  cA  ou  dix  X des  Grecs.  Prifcien  eft  plus 
croyable  , quand  il  atribue  à la  fécondé  lettre  de  Claude 
un  ton  ii>)  équivalent  au  -i-.  Selon  notre  grammairien  ce  fon 
étoit  beaucoup  plus  doux  , que  celui  du  ps  ou  ès  des  Latins  : 
mais  ils  n’osèrent  ,nous  dit-il , changer  leur  ancienne  écriture. 

Les  monumens  drelTés  fous  l’empire  de  Claude  , ne  nous 
ont  point  encore  fait  voir  fbn  fècoiul  caradère.  S’il  y,  fut  a(E> 
mis  , on  pouroit  entendre  les  termes  de  Prifcien  des  tems 
poflérieurs  à la  mort  du  même  empereur.  Alors  au  plus 
tard , cette  lettre , ainfi  que  fes  compagnes , furent  condam- 
nées à un  éternel  oubli. 

Nul  ancien  ne  nous  a feit  conoitre  , quelle  fiit  la  troifîè- 

me  lettre  de  Claude  : nul  moderne  (i)  ne  l’a  pu  deviner. 

L > • . 

pas  plus  d'atention.  Sur  un  texte  mal 
eoteodu  de  Velius  Loogus  , il  inuginoic 
je  ne  lai  tpicUe  lettre  inTcmce.parClan* 
de  , pour  adoucit  l'apretc  de  l'R. 

Tconins,  dans  Tes  notes  fur  U prtimhri 
origitttiU  ticritur*  , tdfnte  le  P.  Herman 
Hugue  , pour  avoir  donné  l'X  , com- 
me une  lettre  de  l’empereur  Claude  : 
quoiqu’elle  fe  trouve  fur  la  coloné  Duil- 
licnne  , fur  les  tables  d'airain  de  la  Loi 
agraire , & fur  plulîcurs  autres  anonur 
'mens  des  plus  antiques.  Juftc-l.ipfc, com- 
mentant Tacite  , regarde  comme  infou- 
tenable  l'opinion  de  ceux  , qui  font 
honneur  1 Clande  de  ripventibn  de  l'X 
latin.  Le  P.,Hugue'(c)  i upréx en  avoir 
averti , ne  iaülè  pas  de  Ce  déclarer  encore 
plus  formellement  un  peu  après  en  fa- 
veur de  la  prétention  r^roUvée  par  cec 
illullre  auteur.  Mais  , comme  il  ne  nont- 
me  point  fes  garant  j elle  peut  d'aucanc 
moins  être  étayée  fur  fa  propre  autorité, 
que  rantinnué  de  TX  eft  démontrée  an- 
térienre  à Claude  de  plulicurs  (éclcs. 

P.  CoAadau  n'ell  pas  plus  heureux  ; lorf- 
que  par  (J)  deux  fors  il  nous  donne  cét 
empereur  pour  inventeut  de  iioccc  X.,  X 


•>  8t  les  Perfans,  qni  l'ont  apris  d'eux  apa- 
» remmène , qui  la  prononcent  comme 
» confone.  Les  Romains  la  prononfoient 
» comme  W dufUx.  C'eft  pourquoi  les 
» Giecs  l’ont  fouvent  exprimée  par  « , 
» comme  va'rpat  V»mn  , ce  qu'ils  &i- 
» foient  aulG  jpar  B : & c'étoic  apatem- 
» ment  à canfe  de  cette  di&culié  pour 
» bien  évaluer  V , que  Claude  , qni  fiii- 
» foit  le  capable , incroduiCt  le  digamma. 
U Cai  on  voit  dans  les  inferiptions 
» AUrtlAVlT,  TEXMINAFIT  Scc.  Ontrou- 
•>  ve  cett9  mime  divetfité  dans  toutes  les 
langues  d'Europe  , qui  viennent  du  La- 
tin  , pour  la  prononciation  de  V».  La 
plupart  des  Allcmans  le  prononcent 
toujours  comme  confone  , te  difent 
» m , ifvtd  &c  Les  Angloit  comme  i»  i 
» les  Efpagnols  te  la  plupart  des  Italiens , 
» le  ptooonfant  comme  voydle  , lui 
» doiinooc  la  valeur  d'M.  « Uim.  fur  f*- 
rif.  de>  leur.  jrij.  , par  M.  l'Abhi  Rc- 
■nuudot.  Mon.  dt  fAtud.  dtt  lufcrip.  ».  i. 

fMf.  lîI-AÎs.  I 

(i)  On  doit  compter  peut  rien  ceux., 
'qui  ont  avancé  , que  Claude' avoit  in- 
croduit l'R  ciicz  les  Romains'.  Le  fufrage 
de  Marcus  Vetranius  Maurui  ne  méwe 

Tome  IL 


II.  PARTIE. 

St  CT.  III. 
Chat.  I. 
Article  II. 

Deux  autres  let- 
tres inventées  pat 
Claude. 

(m)  Exereit,  dt 
Ling.f.  184. 

(é)  Pm/th.  tel. 
il». 


y.i  ' Il 
-1/  De  primM 
firiif,  oHg,  c,  4. 


(J)  Trmitt  hifii 
des  fiinet,  t.  X- 


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yo  NOUVEAU  TRAITÉ 

Cependant  l’auteur  de  la  (a)  Bibliothèque  Vaticane  lènible 

ai.  PARTIE.  Hipofer  d’après  Lipfe  , que  cette  lettre  étoit  le  4>,  diférente 

.SE  CT.  III,  J * ^ I l 

Ch  A P.  1.  oc  notre  F pour  la  valeur. 

R R TIC  Li  II.  , Au  défaut  de  certitude  , qu’il  foit  permis  de  fe  livrer 

UJfms.hj.  pour  un  moment  à la  conjeélure.  Les  anciens  grammai- 
riens , comme  Charifius  , Diomède  , Térentien  , Prifcien  ,, 
diftinguent  chez  les  Latins  un  I voyelle  , & un  l 'confone  , 
un  V confone  & un  V voyelle.  Les  figures  deftinées  à ren- 
dre ces  lettres  , en  tant  que  voyelles  Sc  confones  , n’étoienc 
|H>int  fixées.  Ce  qu’on  a fzk  depuis  plus  d’un  fiècle  , Claude 
voulut  l’exécuter  , en  diftinguant  par  le  digamma  l’V  con- 
fone de  l’V  voyelle  , lailTée  en  poflèflion  de  l’ancierme  fi- 
gure. Il  étoit  naturel  , qu’il  fit  la  meme  chofe  , pour  diC- 
tinguer  l’I  voyelle  de  l’I  confone.  CTeft-là  que  dévoient  le 
porter  fes  vues  , après  avoir  atribüé  des  figures  propres  aux 
deux  leares  parallèles  à ces  deux  dernières. 


l'  A-rticleIIL 

Lettres  inventées  par  le  Roi  Chilpéric  /.  leur  nombre  , leur 
figure  , leur  ujage  , leur  origine  r les  fav ans  , les  impri- 
més , ù Us  mÿ.  peu  (tacord  fur  ces  points  : parâlCele- 
des  mff.  Ù des  imprimés  : nouveaux  écltùrciffemens  fur 
la  forme  Ù la  valeur  des  ces  caraSères- 

i-  N n’eft  pas  moins  partagé  fur  les  lettres invent^ 

de  chiipéiic  : l«  par  Chilpérîc  1.  que  certains  auteurs  ont*mal-à- 

miT.  & In  impn-  pfopgj  apclé  {b)  Childéric  , & meme  (c)  Childebert.  Les  uns 
de  Tours,  atd’Ai-  les  Cirent  du  Grec  , les  autres  du  Ruiuque  , quelques-uns 
moin  de  Fleuri  Jg  l’Hébrcu  , d’auttes  du  Gothiquc  , du  Lombard  , de 
confoVmc!'"L''iî!  l’Angle  - Saxon.  Certains  les  font  venir  des  écritures  bar- 
mem  de  Pafquicr  batés  en  général  , fans  en  fpéclfier  aucune.  S’il  eft  des  fa- 
<*=  Voiiius.  ^ qm  croient  l’ufage  de  ces  lettres  borné  au  lêul  Teu  i 

tonique  ; la  plupart  l’écendent  de  plus  à la  langue  Latine.. 
Sitfh.  Merim.  E-  La  matière  intérelTe  trop  nos  antiquités  Françoilës  les  plus- 
trr  ^ reculées , pour  qu’il  nous  foit  permis  de  la  traiter  fuperfi.- 

Tf)  Nrv*  müa  cidlement.  . , t 


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DE  DIPLOMATIQUE.  • 


Grégoire  (i)  de  Tours  & Aimoin  font  les  feuls  anciens  , 
qui  nous  aient  conlèrvé  la  mémoire  xl’un  Sic  ü finguliec. 
Mais  , loin  d’ctre  d’acord  enlêmble  fur  la  forme  & le  (btt 
des  lettres  inventées  par  Chilpéric  ; ils  ne  le  paroiffent  pas 
avec  eux-mêmes  , ou  plutôt  leurs  éditions  & leurs  mlT. 
lemblent  fe  contredire  à divers  égards.  D’un  autre  côté  , û 
l’on  celToit  de  les  prendre  pour  guides  ; tout  deviendroic 
arbitraire  , fie  l’on  retomberoit  d^  de  plus  grandes  iilcer- 
titudes , que  celles , dont  on  cherche  à le  tirer.  Au  furplus 
les  deux  témoignagnes  n'en  valent  qu’un.  Aimoin  (a)  n’a 
viliblement  puile  murs  aucune  autre  fource  le  fait , qui  nous 
ocupe , que  dans  le  feul  Grégoire  de  Tours.  Si  donc  il  fe 
trouve  entr’eux  quelque  diférence  réelle  ; elle  exiftoit  fans 
doute  entre  les  mlT.  de  Grégoire.  Autrement  il  fâudroit 
convenir , qu’elle  s’eft  glilTée  depuis  dans  ceux  d’ Aimoin  ; 
ou  bien  plulieurs  de  ces  caufes  ont  concouru  aux  variations , 
qu’on  remarque  entre  ces  auteurs  fie  leurs  mlT. 

L’a*  mis  par-tout  à la  tête  des  nouveaux  caraâères  de  Chil- 
péric ne  devrait  être  fujet  à nulle  conteftation  : il  n’en  eft 
pourtant  pas  à couvert.  Les  autres  n’excédoient  certainement 
pas  le  nombre  de  trois.  Cependant  quelques  modernes  (2.) 


(i)  Il  s'exprime  ainü  (S)  Ar  riavencioa 
des  lettres  de  Chilpdric.  AdJuUt  mttm 
ér  Huerai  liitnii  aajîrii , id  tjl , a , Jitm 
<jTÂti  hakem  , te  , tbe  , lAli  , ^uaram 
(haraStrf!  fatferiffimm,  Hi fiau  Q i'  Z a. 

mijît  tfifitlai  i»  mùvtrfas  civttaui  rt- 
pii  fie  fueri  detmnotr,  ae  litri  aati- 

^ailHi  firipii,  planait  pumiet  referittrentnr. 

( 1)  Si  les  autres  mfT.  de  S.  Grégoire  de 
Tours  coatCDoieDC  eux]  canâ^res  Chil- 

S^ticiens  , comme  oo  pouroir  le  penCet 
e celui  du  Bec , quoitjue  d’ailleurs  U fem- 
ble  n'en  anoncer  que  quatre  ; on  auioir 
liijet  de  croire  , qu'ils  autoient  fourni 
quelque  prdtczte  à ces  auteurs.  Mais  ils 
ne  paroiflcnt  pas  avoir  eu  conoidance 
de  ce  mf.  ni  d'autres  , qui  renformairent 
plus  de  quatre  lettres.  Pafouiet  , fans 
faire  mention  de  Va  , joint  le  S à ces 
lettres  : oc  comme  la  ptemidre  n'eft  pas 
douceufe  ; fi  l'on  récoutoit , on  autoit  Hx 
dlémens  Chilpdticieu , au  lieu  de  quatre. 
Mais  on  ne  fauroic  regarder  ces  pcopo- 
fitions  , pour  ainfi  due  , aranedea  en 


l'air , que  comme  des  paroles , auxquelles 
la  rdflAion  & l'examen  n'eurent  aucune 
part.  Toutefois  , puifque  tant  d'auteurs 
ont  fdrieufement  infiftd  fut  les  Ictcccs 
9 ÿ X 4'  i ‘I  ndcelTairc  de  relever  en 
peu  de  mots  les  inconvéniens  de  leur  fy f. 
céme.  Sous  ce  point  de  vue , il  n'dcoit  pas 
naturel  d'introduire  le  eii  des  Grecs , ab- 
folumenc  femblabic  , pour  la  figure, à 
rx  des  Latin  ; à moüu  que  l'on  n'eût 
fuptimd  celni-ci  cpmme  inutile  : ce  qui 
p’ariva  pas  ; ou  qu'on  ne  lui  eût  aifiaad 
quelque  nouveau  ligne  : chofe,û  quoi  roa 
ne  penià  pas.  Si  l'on  ne  vouloir  parler, quo 
de  notre  X , qui  avoit  aulTi  la  valeur  d’uue 
lettre  doublc;oul  motif  n'obligeoit  de  l'in» 
venter;  poifqo'il  droit  employd  chez  lesLa- 
tiaSidepuit  tant  de  fidcles.  Une  langue,  qui 
pour  lors  avoit  dans  PF  us  cataâete  , au 
moins  ptcfqoe  eorrclpondaoc  au  O ne 
pouvoir  au  plus  drer  ifutilicd  de  ceç 
dldmcnt , que  par  raport  û quelques  mots 
Grecs.  Le .{.  paroifibit  encore  moins  nd- 
ceilâiie  : puifque  le  nombre  de  ceux , 

Gij  . 


II.  PARTIE. 
Skct.  III. 
Ch a.r.  I. 
Akticli  I1I« 


fa)  AJmem.  lit, 
l.C.qo. 


(d)  Hifi  Fraart 
lit.  J-.  c.  4f.  tel, 
Xft.  Htv.edil.- 


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JI.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Chat,  I. 

JI  A T I c L E III. 

(<•1  Stcherchri  île 
Taftjuier  /.  8.  p, 
74^.e/û.  del66^. 
ii)  Deariepsit!. 
UK  t.e.  f. 

Opinion  deWor- 
itmis  combattic 
pat  D.  Ruinart  i 

le)  De  UnerMtu- 
tà  Bjenie».  e.  p. 


NOUVEAU  TRAITÉ 


les  font  monter  (a)  jufqu’à  quatre  , fupofant  que  CKilpé- 
ric  , outre  l’«  pavoit  ajouté  à notre  alphabet  ces  quatre  let- 
tres doubles  des  Grecs  0 <p  x 

Voflîus  {i>)  eftimoit  grcques  toutes  les  lettres  de  Chilpé- 
ric  ; quoique  quelques-unes  foient  repréi'entées  par  Grégoire 
de  Tours  & par  (i)  Aimoin  , fous  une  figure  fort  difcrente 
des  caraûcres  grecs  , & quoique  plufieurs  foient  rendues 
par  ^es  fons  fon  diftingués  de  ceux  des  lettres  grcques  , 
qui  devroient  leur  répondre. 

' II.  Mais  Olaus  Worm  , toujours  (c)  atentif  à faifir  ce  qui 
pouvoir  rehaufler  la  gloire  de  fa  patrie  , combat  Voflius  ^ 
& révendique  aux  runes  les  quatre  lettres  de  Chilpéric. 


taxquels  il  pouvroit  s^apliqucr  Ce  réduit 

SreHqDC  à rien.  Nous  cojioilTons  cepen- 
anc  un  Plraucicr  la:in  de  l’Abbaie  de 
È.  Ouen,  ou  pftlmMSy  r^péid  en  ritte  à la 
^cc  de  chaque  pfeaume  , dl  prerque  con 
^mmcnc  écrit  par  ]c  Les  noces  de 
ecmf.  cinploicnc  tégulîcrcmcnt  la  roeme 
femc  t uu  comincncemcnt  du  meme  mot. 
Ce  mC  CD  caraélcFC  Saxon  peut  remon' 
ter  au  feptième  (îccle.  Mais  les  autres 
expreflions  , où  entre  le  p/,  fans  en  ex- 
cepter ffalterium,  &c.  ne  font 

jamais  rendues  par  le  4^*  Ainfi  Ton  a 
tout  fujet  de  croire , que  ce  raf.  copié 
en  Angleterre  , n‘imitc  aucune  des  let- 
tres de  Chilpéric.  Atr  contraire  Fafeéh- 
tion  , alors  alTcz  cemmune  de  mêler 
quelques  lettres  gréques  parmi  les  lati- 
nes , ici  fe  fint  (enrir. 

(i  .)  Trois  éditions  d'Aimoin  repréfen- 
tent  les  lettres  de  Chilpéric  x » 
^ th  f ^th  , d'iine  manière  uniforme.  ITn 
nf.  iffn  récent  vient  à l'apui,  des  im^ 
phmés.Si  Ton  veut  admettre  quelque  cor> 
niption  dans  les  éditions  & les  mlT  d’At- 
moin  : elle  Hoir  plutôt  être  imputée  au 
tems,  qu'àun  ddTein  prémédité. Du  moins 
ne  feroit-il  pas  jufte  d en  charger  fau- 
teur lui-même.  Un  de  fes  mfT.  de  plus  de 
5t>o.  ans  fc  raproche  beaucoup  des  H* 
gures , 5:  pttas  encore  des  valeurs  élémen- 
taires, exprimées  dans  les  mlT.  de  Gré- 
goire de  Tours,  Voici  les  propres  ter- 
xnes  d'Aimoin  t AddiMt  autem  { C/br/pv- 
rirus  ) noftrit  Utteris  o ethomigsm  Gra- 
y très  siims , quarttm  ch^ra/ieret 
sh  tffe  invertin  (um  frottis  ^eois  tne  fu9- 


fcriffimtis  S'  jM  , T the  y ami/.  Au  fujet 
de  ce  mf.  d'Aimoin  j la  noce  de  Grégoire 
de  Tours  de  D.  Ruinart  porte  a/w«  , au 
lieu  du  dernier  caraé^rc  aw/ , qui  fé 
trouve  dans  ion  addition  à la  Diplomatie 
que.  Ix  mf.  de  S.  Grrmain  des  Prez  , 
que  nous  avons  confulté  , pour  favoir 
quelle  étoit  fi  véritable  leçon  , nous  a 
convaincus,  qu’il  faloit  lire  i*.  othomt^ 
g»m  en  interligne  , defUné  à cxpliv^ucr, 
ce  que  c’cR  que  1’»:  , fuhfcribimm  y 

f\OMt  fiâbferipfimnf  ! j®*.  encore  inter* 
inéaire  cR  explicatif  du  4t  auiTi-bicm 
que  explicatif  du  Quant  au  der- 
nier ^ , il  cil  fuivi  de  mii  , qu'on 
peut  aud)  lire  mu  , & mieux  ui'i.  On 
ne  pouvoir  ^ftingucr  ces  lettres , il  y a 
poc.  ans  dans  la  minufculc , que  par  la 
force  du  fens.  C'eft  dans  ce  mf.  félon 
D.  Rljinarr  qu’il  faut  poifer  la  vraie 
leçon  d’Aimom.  Le  texte  même  des  édb 
rions  le  prouve.  Car  fi  toutes  les  let- 
tres de  Chilpéric  convenoient  avec  les 
grètjucs,  6c  quant  à la  valeur  , & tjti.int 
a la  ligure  i Aimoin  amoir  il  réduit  a une 
lettre  gr}que  , favoir  à Fce , les  quatre  , 
que  chilpéric  avoir  inventées  : Comme 
fl  les  autres  cufTcnr  été  étrangères  an 
grec  ? Celles-ci  étoicnr  par  conféquent 
bien  diférentes  de  la  première.  Voila 
néanmoins  un  fait  décifif , conf^até  non 
fealemcnt  par  ce  mf  \ mais  encore  par 
cpüs  les  imprimés.  D*oti  s’enfuit  , que 
CCS  trots  dernières  Ictrrcs  , aux  termes 
d’Aimoin  , étoicnr  diilinguées  des  grev 
ques. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  H 


'A  l’enteiidre  , ce  Prince  n’aura  fait , qu’adopter  ces  carac- 
cères  feptent^naux.  Du  refte  il  avance,  tantôt  que  (a)  les 
copHies  ont  défiguré  ces  lettres  , qu’ils  n’entendoient  pas;  chIp.i.  . 
tantôt  que  les  imprimeurs  manquant  de  caradères  , pour  a»ticli  iir. 
les  rendre , leur  ont  fubftitué  des  élémens  de  l’alphabet  nouTciies  preuves 
grec  , qui  avoieM  avec  eux  quelque  afinité  . ^ 

' D.  Ruinait , dans  la  nouvelle  Appendice  (b)  a la  Diplo-  réformé , ne  fau- 


matique  du  P.  Mabillon , s’éleva  contre  (i)  Olaus  Wormius. 
Sans  avoir  vu  fon  livre , il  étoit  fort  au  fait  de  fes  prétentions. 
Il  eût  toutefois  été  à fouhaiter  qu’il  l’eût  lu  ; fes  réponfes  fe- 
roient  plus  préclfes  , 8c  nous  n’ aurions  pas  befoin  d’y  reve- 
nir. Malgré  l’altération  , que  les  lettres  runiques  ont  éprou- 
vées dans  les  éditions  de  Grégoire  de  Tours  ; elles  ne  lait 
fent  pas , félon  Wormius  , d’être  reconoiflables.  Remplacez 
(c)  le  y par  le  -f  , vous  aurez  l’ae  de  Chilpéric,  Au  lieu 
du  Z , mettez  le  -1  ; ce  fera  fon  lA  : au  n fubftituez  le  Ji  ; 
vous  trouverez  l’V  , l’U,  6c  VW  runique  , dont  la  valeur 
répond’  à celle  du  dernier  caradere  du  même  Roi.  La  di- 
vÔ£té  des  deux  premières  lettres  runiques  avec  celles  de 
Chilpéric  , n’arcte  pas  notre  auteur.  Il  compte  fi  fort  fur  leur 
reffemblance  de  fon  , qu’il  n’en  fera  point  a deux  fois.  Tan- 
dis qu’il  eft  en  train  , il  va  livrer  à fes  runes  !’« , qu’il  étoit 
fi  naturel  d’abandoner  au  grec.  Pour  plus  grande  fureté  , il 
le  métamorphofera  en  ^ , c’efl-à-dire  en  o runique  , fans 
trop  s’inquiéter  de  la  diférence  de  ces  deux  figures.  Il  le 
cbnfirmeta.  dans  fon  fentiment -.^areeque  les  Weftgoths  , 
fon  terme  , pour  exprimer  les  Wifigoths,  ocupoient 
alors  la  France  6c  l’Efpagne  , 6c  qu’ils  ufoient  de  lettres  ru- 
niqaes.''Mats  c’eft  fe  reiuermer  dans  un  pofle  dont  il  nous 
lêra  facile  dé  fè  dlfUgiifiia^;  quand  nom  traiterons  de  l’ancien- 
ne écriture  gothique  d*Eljiaga«^ 

(i)  Nulle  des  lettres  runraues,  puhiitfcs  s'acotde  pâs  moins  atec  eellcs-d  » 
^arHickes,  dans  fon  Tr//#r  déf vcc  les  tuniques.  Cette  figure  4^  t 
ftptentritHMles  f o‘eil  conforme  à celles  de  Grégoire  de  Tours  rend  par  4#, eft  l'M  ru* 
Chilpénc,  ni  pour  le  fon^ni  pour  la  figure,  nique,  & leth  d'autres  langues  fepten* 
Ce  fi’cft  pas  qu’il  n’y  en  aie  quelques-unes  trionalc5,dontHickcs  a publié  les  aipha- 
de  part  ée  d'autre  , qui  fe  rcficmblenr.  bets.  Il  en  faut  pourtant  ciccptcr  celui 
Mais  le  (bo  que  Grégoire  de  Tours  & Ai-  des  Huns,  ou  elle  vaut  cx.j  . Tel  cft  Je 
auoin  leur  atribuent , n'eft  pas  le  même  précis  des  raifoos  de  O.  RuifUit  , coatrt' 
des  deux  côtés.  Quoique  Wormius  me  , la  cticfe  de  Wormius. 

^‘dJes  (bicDt  grcques  -,  Icoi  forme  oc 


roic  être  admis. 

fa)  Ihi/i.  p. 

(h)  De  re  diplomt 

I7cp«r 


(r)  Df  lîatratttrâ 
Tun  e.  1. 


Digi’'  ' Coogit 


II.  PARTIE. 

S ECT,  III. 
Ch  A P.  I, 
Àkticli  III. 

(«}  Tm.  I. 

/.  711. 


SylUmc  deM. 
Eckhait  , d^fc- 
Aueux  daoi  prcf- 
que  coûtes  Tes  par- 
ties. 

(i)  CtmiumlM- 
rius  Je  rebut  Vrttn~ 
eu  Orienuüs,  1. 1 . 
t-  I»7. 


j4  NOUVEAU  TRAITÉ 

Wormîus  auroic  pu  propofer  quelque  chofe  de  plus  fpé- 
deux  ; s’il  avoir  fu  mettre  à profit  tous  les  avantages , que 
lui  fournifToit  fon  Runique.  Qu’on  jette  les  yeux  lur  notre 
(a)  XIV'.  planche  : la  colone  des  runes  compofées  donne- 
ra , première  ligne  , « , qui  aproche  du  ÿ , quatrième 

ligne  ea  O , dont  (i)  la  prononciation  dans  le  Nord  re- 
vint à celle  de  Va.  Ce  fera  donc  la  deuxième  lettre  de 
Chilpéric.  Au-deflbus  , dans  la  colone  des  runes , dont  les 
figures  font  femblables  & la  valeur  diférente  , on  voit , li- 
gne troifième , ce  caraâère  H . Sans  en  réformer  les  traits  , 
changez-en  la  pofition  ;»vous  aurez  le  Z.  La  ligne  dernière 
vous  ofre  encore  cette  figure  7 , peu  diférente  du  Z.  Toutes 
les  deux  valent  également  le  r.  Ce  fera  donc  la  troifième 
lettre  de  Chilpéric.  L’alphabet  runique  contient  ces  carac- 
tères n h A , répondant  à l’V  &:  a l’Y.-'  Le  premier  eft 
toUt-à-fait  conforme  à la  figure  du  quatrième  élément  de 
Chilpéric  dans  les  imprimés  , ôc  le  troifième  aproche  de 
celle  , qu’il  a dans  la  plupart  des  mff.  Telle  fera  donc  fa 
quatrième  lettre.  Voila  tout  ce  que  le  Runique  a de  plus 
relTemblant  avec  les  lettres  de  ce  Prince.  Mais  ce  dénou- 
ment  ne  fatisfait  point  : pareeque  la  relTemblance  des  let- 
tres de  part  & d’autre , n’eft  pas  entière  : outre  que  c’eft 
aller  chercher  bien-loin  les  caraûères  de  Chilpéric  , que  de 
prétendre  les  trouver  dans  les  runes. 

III.  M.  Eckhart  (i)  traite  également  d’erreurs  les  fentÎA 
mens  de  Gérard  Volfius  ê£  d’Olaus  Wormius.  Le  premiet 
ne  voyoit  que  des  lettres  grèques , & le  fécond  que  des  runi- 
ques  , dans  celles  de  Chilpéric.  Au  contraire  , félon  notre 
favant  Alleman  , il  faut  y voir  une  lettre  Lombardique  , 
une  Gothique  , une  Angloife , & même  une  note  deTyron. 

Piiifque  le  texte  de  S.  Grégoire  n’exprune  que  le  fou 
(1)  de  trois  lettres  ; il  eft  certain  , dit-il,  que  Chilpéric  n en 
inventa  pas  davantage.  Le  Z étant  un  caraêlcre  fuperflu  , 


^i)  Cej  déni  caraâèrej  mniquet  ont 
sn  tapon  tout  autrement  marqué  aiec 
le  V , que  le^  de  Wonnioï.  II  eft  éton- 
nant , qu’il  n’y  ait  point  penfé , non  plus 
qu'aux  figures  du  iiiivaot. 

(ij  II  n’étoit  pas  nécef&iie  de  mar- 
quer le  û>a  de  U lettre  • > apti»  1 aroii 


déclaré  conforme  it  celai  des  Grecs , tt 
poar  la  valeur  »c  pour  la  figure.  C'eft 
ce  qn'énonccnt  clairement  cet  parole* 
du  père  de  notre  biftoire  : a fieu  Grtcà 
buhtni.  Cependant  pluficun  de  fes  mit 
le  teàdent  exprclTénicnt  pat  un  ». 


Dicii".  .^.1  by  Google 


-DE  DIPLOMATIQUE.  yy 
:j«  le  crois  ajouté  par  la  feute  (i)  des  copiftes,  ou  bien  l’on 
exprime  par  ce  .caraûère  la  particule  et. 

La  plupart  eftiment  , que  la  première  lettre  eft  l’omega 
çrec  ; mais  ils  le  trompent.  Car  elle  a pour  fon  , l’«  ou  l’^ 
Xj«rmanique.  Chilpéric  jugea  fon  addition  nécdlàite.;  parce- 
que  Va  avoit  une  double  valeur  chez  les  Romains  & les 
f rançois.  Aulfi  pour  l’exprimer  adopta-t-il  Va  Lomhardique, 
oiffez  iêmblable  à T»  grec.  Telle  eft  la  (z)  figure  , que 
donnent  à celui-là  divers  modèles  (a)  delà  Diploimui^iede 
D.  Mabillon. 

Le  fécond  caraûère  de  Cliilpéric  eft  le  -i'  pour  le  tA^. 


U.  PARTI.E- 

S I C T.  111, 

Cha?.  I. 

AKT  1 C L E IIJ. 


(4)  De  re  dipUmi 
ub.  XLVirr, 
XLIX./.438.++>; 


(i)Cene  pitendoe  ioterpobtioa  Ce-^ 
«oit  donc  bieo  ancienne,  £Ue  Te  aoave- 
^ic  conlîgndc  d'ans  deux  nsiT.  piefciue 
conicmpotains  de  Grégoire  de  Tours.', 
4c  qui  n onr  point  été  copiés  l'an  Tar 
’i'auttc.  Le  Z eft  prerqae  nnifotme  dans 
-tous  ceux  , dont  les  anciens  & nouveaux' 
éditeurs  ont  fait  ufage.  Il  eft  dans  cinq, 
des  plus  beaux  & des  plus  anciens  ,> 
^ue  nous  avons  examinés  neus-mémes  ,1 
où  dont  nous  avons  fait  figurer  les  ca-' 
jaâéres  par  des  perfoots  , fur  l’exac- 
linidc  & la  capacité  desquelles  on  peut 
complet.  C'eft  par  un  tétrancbetnentde 
-fi  bafe  , que  le  T lui  Ait  fubftitné  dans 
■quelques  exemplaires  d'Airooin.  Scs  édi  - 
-ceurs  n'ont  changé  leT  en  é,  que  pour  faire 
quadrer  fafigureavec  (a  valeur  ilù,e{hmée 
Ctcnuc.  En  dépit  de  tous  lesmonomens, 
fimdta-t-il  donna  anéantir  eette  lettre  i 
Aéduitc  le  Z en  7 , ne  ftipofe  que  la  fu- 
pre£on  d’une  ligne  : mais  faire  valoir  au 
Z «I , au  lieu  de  th  ; c'eft  contredire  tous 
les  mST.  da  Grégoire  de  Tours  te  d'Ai- 
jnoin.  Etoit-il  naturel , pour  fignificr  l'ec , 
de  l'inlcrcr  tous  cerre  7 , au  mi- 

fieu  de  caraéicccs  de  nouvelle  invention  t 
'K*auroit-on  pas  couru  rifquc  de  le  con- 
dbndre  avec  les  lettres  de  Chilpéric  î 
Caillcnrs  le  7 pour  fignificr  « étoit  bien , 
an  ufage  aux  VI.  & VU',  fiècles,  dans 
les  notes  de  Tyton  : mais  rétoit-il  dans 
récriture  majnScule  î Cependant  tous 
les  quatre  élément  de  Chilpéric  apane- 
JKuent  à ce  genre  de  lettres, 

(1)  La  coofiMinité  de  l’a  des  Eom- 
fiards  avec  l'a  eft  incooreftablc.  Cepen- 
dant nnlls  aparence  ^ la  figots.  da 


dernier  ait  été  tirée  de  leur  écriture , 
dans  un  tems  ,où  Us  ne  fiulôieot  , qoe 
commencer  à s'établir  en  Italie.  L'ori- 
gine mémo  de  l'a  Lombardiqge  eft  pure- 
ment Romaiae  Un  le  trouvera  de  plus , 
s'il  le  fiinc  , dans  derécritutcs-Gallica- 
nes,  antérieures  à Chilpéric  ; mais  il  eft 
tellement  cutfif  ; qu'il  ne  pent  convenir 
ni  à la  majufcale  ni  i la  minufegle.  Les* 
|.  antres  lettres  de  Chilpéric  font  toutefois 
des  majufcules  alTorncs  à l'onciale.  Pour- 
quoi donc  la  premiéra  aoroit-elle  été 
prife  de  la  cutfive  I N'auroit-il  pas  été 
ridicule  d'ajufter  enfemblé  des  lettres  de 
dififrens  ordres  > Sa  figure  vérifiée  fur  les 
mlT.  des  Cathédrales  de  Paris , de  Cam- 
brai , & de  l'Abba'ie  du  Bec  , eft  réelle- 
ment majafcule , & ne  relTemble  que  peu- 
ou  point  à r«  Lombardique.  Si  l'on  fe 
donnoit  la  peine  de  oonfulcer  les  autres 
mlT  } on  ne  tematqucroit  pas  dans  la 
plupart  beaucoup  plus  de  taport  avec 
cet  4 , auquel  M.<  EcLhatt  femble  avoir 
voulu  faire  ;oner  on  ce  nain  rfile . en  le 
plaçant  à ia  tête  des  caraâéres  Chilpé- 
ticiens.  Sa  découverte  n'eft  doue  apoyee  , 
que  fiir  l'épatgoe  des  édtnnts  . qU  fe 
(ont  contentés  des  caraâéics  , que  leur 
fonrniftbit  l'imprimerie.  Mais  la  V|lcur 
de  l'ar  apliqué  i l'a  contre  ta  foi  des 
,mtr.  fafit  pour  décrier  le  fpftéme  de  cer 
habile  homme.  S'il  avoir  mieux  fait  fes 
recherches  dans  les  noces  de  Tyron  j 
probablement  il  ne  fe  têroit  pat  borné  au 
Z de  Chilpéric  : il  y auroit  encore  re- 
connu ton  a valant  l'«  : & fans  douce  qu'il 
lui  auroit  acotdé  la  préfétence  fur  fon  a 
Xombardique, 


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II.  PARTIE. 

S C C T.  111. 
Ch  AP.  1. 
Aki  IC  L 1 1 1 1. 


ScDcimcns  de 
M M.  Fauchée  , 
Duclos  Se  Schoep- 
Bin  fur  les  lettres 

(a)  Wm.  dtl'A- 
t»i.  dis  Infcrift, 
t.lS-f.  17«.74J- 


(F)  Uteutil  d»  f«- 

ri’oudiULmpu 
Pcrjît  FrMn- 
fcifl  f.  \ t.  (dttJt 
P»rh  1 } 8 1 . 

(c)  Alfmti*  illtif- 
trMM.f.  814. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
emprunté  des  Goths.  C’eft  ainfi  qu’il  eft  figuré  dans  les 
Evangiles  d’Ulfila.  Le  troificme  eft  le  v Anglois  ou  le  A ren- 
verfé  , qui  r^ond  au  W.  Voila  tout  le  fyftème  de  M. 
Eckhart  expofe  par  lui-même.  La  manière  d’expliquer  les 
deux  dernières  lettres  de  Chilpéric  ne  lui  eft  point  particu- 
lière. 

IV.  M.  Duclos  , dans  fon  Mémoire  fur  l’origine  & les 
révolutions  des  langues  Celtique  6c  Françoife  du  19.  Fé- 
vrier 1740.  nous  (a)  donne  pour  lettres  (i)  de  Chilpéric  , 


{1}  » Grdgoitc  de  Tours  te  Aimoin 
•9  parlent  de  plulieurs  ordonnances  de 
39  Chilpdric  , touchant  la  langue.  Ce 
n Prince  fit  ajouter  à l'alphabet  les  quatre 
99  lettres  grcques  O , 'P , Z , N.  C'elt  ainfi 
>9  qu'on  Ijs  trouve  dans  Grégoire  de 
>9  'Tours.  Aimoin  dit  , que  c'étoient 
uS,  0>,X,  n,tc  Fauchet  prétend 
>9  fut  la  foi  de  Pithou  , 8t  fur  celle  d'un 
» mf,  qui  avoit  alors  plus  de  cinq  cents 
99  ans.^ue  les  caraéicres,  qui  furent  ajou- 
99  tez  al'alphabet  étoient  l'O  des  Grecs  , 
99  le  n , le  {3  te  le  T des  Hébreux  ; c'ell 
99  ce  qui  pouroit  faire  penfer , que  ces  ca- 
99  raderes  , fittent  introdnits  dans  le 
99  Franctbcuch  pour  des  fons  , qui  lui 
99  étoient  particuliers , te  non  pas  pour  te 
99  Laûo  9 à qui  fes  caraéléres  fufilbicnr.  II 
99  ne  feroit  pas  étonnant  , que  Chilpéric 
99  eût  emprunté  des  caraéicres  Hébreux  ; 
99  fi  l'on  (ait  atention , qu'il  y avoit  beau-  < 
99  coup  de  Juifs  à là  Cour  , te  entr'anres 
99  un  nomme  Prife  , qui  étoit  dans  la  plus 
99  grande  faveur  auprès  de  ce  Prince.  » 

£0  parlant  du  FI , quatrième  earaélère  \ 
4e  Chilpéric  , lèlon  les  imprimés  de  faint 
-Grégoire  de  Tours  ; le  Préfident  ( i ) 
Fauchet  ajoute  : 99  que  M.  Pithou  ficur  de 
99  Savoye  , très-favant  avocat  en  la  Cour 
99  de  Parlement , dit  être  le  grand  Û des  j 
99  Grecs  ou  v , te  les  chtt  , rXofi  te  vmu 
99  dès  Hébreux  , dont  les  noms  fe  trou- 
99  vent. encore  écrits  fut  les  caraéléres  , 

99  qui  bien  que  mal  reptéfentez  en  fes 
99  exemplaires  te  les  miens  écrits  à la  main 
99  y a cinq  cens  ans  te  plus.  Ccqui  lui  lait 
99  vrai-fcmblablement  penfer  , que  ces 
99  tettres  hircot  adjoutées  par  ce  Roy  , 
.99  non  tant  pour  la  langue  Latine  , ( qui 
>9  toujours  s'étoit  cooicutéç  des  ficones , j 


99  que  poue  ùder  le  Franciktbcufch  : 
99  ( c’elt  - à - ditç  Françoife  Thioife , ) la- 
99  quelle  avoit  befoin  de  fcmblables  let- 
91  très , pour  fitire  fonner  plus  onvccte- 
99  ment  fes , W , « W , clir , fit , » , mk  , 
99  te  autres  prononciations , qui  lui  fonc 
99  fréquentes  , te  ne  penvent  fc  reptéfen- 
99  ter  par  de  fimpics  lèttrcs  Latines.  « Le 
M.  Pithou  de  Fauchet  fc  prévaut  égale- 
ment do  crédit  de  Prife  , pour  Elire  voir, 
comment  Chilpéric  avoir  pu  chercher 
dans  l'Hébreu  fes  caraéléres  , qui  raan- 
quoient  à fa  langue  maternelle. 

Fauchet  a de  plus  recours  à OtftiJ 
Moine  de  Wiffemboorg  , pour  montrer 
la  nécelTité  d'ajouter  des  caraéléres  nou- 
veaux aux  lettres  Latines  , fetvant  à écri- 
re l'ancien  François.  Cependant , fi  l'oa 
ptedôit  un  peu  ces  paroles  d'Otfrid  , ra- 
ponées  par  Fauchet  , touchant  le  non 
ulâge , ou  étoient  au  neuinémc  fiécle  Ica 
Allemans  d'écrire  en  leur  langue  : Sac 
mir»  , t/un  m/igiitt  vires  , , . t^itm  fcrif~ 
turi  in  prepri/i  iingnn  non  bsbere  .*  on  en 
concluroit , que  Chilpéric  auroit  plutôt 
travaillé  en  faveur  du  Latin  , que  de  fil 
propre  langue  i quand  il  introduifit  fea 

Quatre  nouvelles  fetttes.  La  verfion  Tu- 
efque  (c)  ioteilinéaire  de  la  Règle  de 
S.  Bénolt  faite  par  le  Moine  Kéron  , vers 
Tan  710.  ne  fufiroitpas,  pour  nous  in- 
fpirer  d'autres  penfées  : puifqu'on  la  re- 
garde comme  le  premier  ouvrage  écrit  ca 
cette  langue.  Mais  du  texte  d'Otfrid 
Fauchet  infère  feulement  pag.  14.  qpe 
99  l'intention  de  Chilpéric  n'avoit  été  ta- 
99  eue  des  liens , non  plus  que  les  vers  , 
99  les  hymnes  & fes  Mclfes  : pour  le  peu 
99  de  jcfpcél , qu'ils  porcùscnt  h fa  mé- 
99  moire  depuis  Ik  mort  , ou  par  leur 

feloa 


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DE  DIPLOMATIQUE.  -^7 

iclon  Aimoin , © ® X n,  & félon  S.  Grégoire,  O ■V'L  N.  Quant 
aux  élémens  , que  Chilpérk  voulut  faire  recevoir  dans  lès 
états  ; il  embralTe  l’opinion  ic  les  raifons  conieéhirales  du 
Préfident  Fauchet , qui  prétendoit , fur  la  foi  dé  M.  Pithou , 
& d’un  ancien  mf , que  les  trois  dernières  lettres  de  Chilpéric 
étoient , aux  termes  du  Mémoire , & non  pas  de  Fauchet , le 
he  , le  theth  &c  le  {a/n  des  Flébreux. 

Mais  que  devierment  le  ÿ & le  A de  Grégoire  dé  Tours  ? 
Comment  les  retroüver  dans  le  n dans  le  y î Par  quel 
lècret  tirera-t-on  la  valeur  du  uui  de  ce  dernier  élément  î 
Faudra-t-il  la  chercher  dans  l’N  ? Hé  ! quel  rapoit  a-t-clio 
avec  le  W î 

Du  refte  , Fauchet  ne  paroit  pas  avoir  été  fort  prévcml 
pour  lès  caraâcres  hébraïquesipuifqu’il  nous  ligure  ces  deux(i) 
lettres  d > d’après  un  mf.  ancien , comme  répondans 
à la  quatrième  de  Chilpéric.  Ce  Roi  auroit-il  donc  em- 
pnmté  le  'P , du  Saxon  p ? Il  vaut  précifément  l’W  ou  le 
uui  des  mf.  & des  imprimés  de  Grégoire  de  Tours.  Il  ne 
difère  prefque  en  rien  de  la  quatrième  lettre  figurée  dans 
Fauchet.  Il  eft  alTez  dificile  de  n’etre  pas  fiapé  'œ  la  con- 
venance du  A ou  du  avec  le  Saxon  7 . Où  trouver  dei 
raports  plus  marqués  , & pour  la  figure  & pour  valeur  ? 

Malgré  le  parfait  acora  des  mR.  8c  des  imprimés  de 
lâint  Grégoire  de  Tours  &d’ Aimoin,  fur  la  première  lettre' 


propre  aoocluUace.  ••  H c(l  certain 
d'aillcua  , qne  Chilpéric  caltiToit  le  La- 
tin , préférablemeoc  i fa  langue  macer- 
nelie.  D'oii  Forraoat  prend  ocafion  de  cé- 
lébrer ce  Prince.  Si  fes  érudet  ^étoient 
portées  rers  le  Franc-théocilqoe  ; le  Pté- 
lar  poète  naaroir  pas  ttouré  grand  Injet 
d'éloges , dans  Ion  aplication  a une  bn- 
gne  barbare  , qa'ilne  jugeoiedigne  , que 
de  mépris. 

Au  refte  , ni  Pithoo  ni  Fauebet  n'oor 
jamais  donné  le  H Sc  leT.maislensc  leq, 
pour  des  letues  de  Chilpéric.  Nul  mf. 
de  Grégoire  de  Tours  ne  range  FN  par- 
mi celles  de  ee  Prince.  Comment  auroic- 
9 ajouté  ro,  le  Z,  de  l'N  à l'alphabet,  loir 
Latin  , Ibit  Franc-théoiifque  l Ces  kt- 
1res  n'y  étoient-cjles  pas  avant  lui  ! ' Ce 
detnicr  at^abeci  fmoté'^â  saiftkv. 

Tome  U. 


n’étoit-il  pat  identique  avec  le  Latin 
dont  il  devoit  être  emprunté  1 Après 
tout , les  méprifes , que  nous  relévons 
ici  , ne  font  peutétre  que  des  fautes 
de  copiftes  ou  d'imptimeur  , trop  mniti-' 
pUées  en  peu  de  lignes.  Mais  les  grandr 
noms  , h l'oanbre  delqucls  elles  paroift.' 
fent , pouroient  en  impolct  , h l'on  né- 
gligeoit  d'en  avenir.  On  ne  fantoit  être' 
trop  atentif  , pour  empêcher , que  des 
fuircs  de  quelque  conféquence  , & qu'on 
o’aperçoir  pas  fans  travail , ne  t'autoti- 
Icot , 8c  ne  le  perpétuent.  j 

(i)  Elles  ne  parndëbt  poOrtaot  pas  dans' 
le  mf  de  M.  Pithou  , enfuite  de  M. 
Colhen,  maintenant  ;sti.  de  labiblio-; 
theque  du  Roi.  La  figure  qu'il  repréfentt. 
8c  qui  n'eft , que  d'une  main  poftérieoie  , 
aptochc  plus  du  A,  que  de  l'W  ftutoa. 


IL  PARTIE.' 
Sect  IU. 
Ch  AP.  I. 
AaTICLE  II  Li 

de  Chilpéric.  Fu- 
rent-elles inven- 
tées pour  la  réfbr- 
marioo  des  écri. 
entes  tti  des  livra# 
Tudefques  1 , .. 


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JI.  PARTIE 
S E CT.  I i L 
C M A P.  I. 
Art  1 C IIJ« 

(A)P^.IOf. 


•Opinion  dé  cenx 
<|Bi  tiooTCst  In 
kttto  de  Chilp^. 
pic  dans  l'ancien 
Gothii^ue  : tous 
les  rcntiniens  pro- 
pofés  jufqu'ici 
nous  laiirenc  dans 
riocetticude.. 


(M  cmimmu;  Jt 
ft.  Fraac.  OrsflU. 
ht.  }.f.  lit.. 


j8  ^ NOUVEAU  TE.AITÉ 

chÜpéric’cime  , que  tous  difent  être  Yo  ou  Yomiga , èt  qn'Aî-s 
mo:n  don:  e expreffémenc  pour  grcque  ; M.  Schoepflin,  dan», 
fon  (fl)  Aljcce  Wujirée.,  y fubftitue  le  Tf^.  A ce  caraflère  fl-' 
joinc  ceux-ci  ,^20,  aont  le  dernier  fe  trouve  lèulement 
^ns  les  vieilles  éditions  de  Grégoire  de  Tours.  Et  cepen- 
dant , c’eft , dit-il',,  (ut  Fautorité  des  tneillears  (i)  mflT,  qu’if 
atribue  ces  quatre  lettres  à Chilpéric. 

‘ V.  Ceux  <pù  prétendent  tirer  de  l’ancien  Gothique  les. 
inemes  caraâeies , trouvent  tant  d’afinité  entre  le  n des  vieif- 
fes  éditions  dcGr^oire  deTours  & l’ f^de  l’ancien  Gothique; 
qu’ils  (è  flatenr  d’avoir  découveit,dans  le  raport  de  cette  lettre 
avec  la  quatrième  deChilpéric,un  figne  diftinéüf  de  l’Ü  voyelle 
êc  de  FV  ednfone.  Ç’aurott  été  un  motif  afTez  légitime , pour 
ttiécoduTre , dans  lé  Latin  ce  quatrième  caraâcre.  Cependant 
plufleurs  excellens  mC.  & de  la  première  anti^iité , le  pei- 
gnent ainfi  A.  D’autres  y font  des  changemens  , qui  tou- 
jours en  confervent  à peu  près  le  triangle. 

Mais,  outre  ce  caraâère , Fancien  Gothique  renferme  juP- 
tement  trois  élémens  extraordinaites  , dont  le  Latin  ne  co- 
Boit  point  l’ulàge.  Le  St  difêrent  pour  la  figure  du  jJF 
Saxon,  convieac  a^écioi  pom  ïztvdiailr.  Le  ' qu’on  doit  (i) 


(s)  Les  meilttars  mit  ne  féroieotyas 
&ns  dôme  trop  bot» , pose  contredira  à 
ee  point  , fat  k ptemiére  lettre , tous 
eenz  qui  onr  terri  anx  anciennes  & non- 
TcUet  dditioBS  de  Grd^ire  de  Tours.  En 
a-t-on  de  nraillcors  , .cm  do  moins  de  plus 
anciens  , que  cetn  dé.  Cambrai  8c  de  M. 
3oU  ! Tous  detiz  (onc  prelquc  concempo- 
nins  à leos  ameor.  Dés  mU.  plus'  anciens 
oo  plot  czceBcos  mdriroieot  bien  d'être 
nommés.  Mais  notre  lavant  Academi- 
câen  n'en  fyéciSe  aocun.  Ses  trois  ancres 
lettrer  ne  paroilTenc  pas  plus  faenteole- 
ment^fiitéet;  Nous  les  piélenter  lâns  anr 
rie  enpKcation  i c'éft  raanifeftement  les 
fupolcr  gtdques  , an  moinsie  S'  8c  le  ü. 
er,fi  Ict  n'étoitpas-toat.à.laic  inocilean 
ISititi  , pour  lequel  notre  aotenr  con- 
•sieot.,  que  ChilpM  anen  ttavatllé  s le  B 
8tle  Z',  en  aùgc  depuis' (i - ioogeems, 
■'étoienc  pas  des  élélneiis,  doml’învtn- 
âoa  fût  néceflûire  i cette  langue.  L’ou- 
stage,  donc  M.  Seboepflin  vient  ifcniâ- 


' chirlâ  RépiAliqne  des  lettres , eft  ifane 
'éroditian  u vafte  , fi  pcolônde  , fi  rér 
cherchée  5 qu'on  ne  œir  pas  lui  fài- 
' re  de  mocts  fiir  quelques  petits  é- 
catts  , Iw  quelles  légères  inatentions. 

: Auin  ne  Tondtions-iKMS  pas  teléser  cel- 
. les,  qui  (croient  tant  lent  peu  étrangèces  d 
notre  rujet.  Néus  aimerions  mieux  pro- 
'■  filer  dé  lés  cnmaz , que  de  les  critiquer. 
Ici-  même  nous  D'aariaas  aucune  répu- 
gnance à lôttfcntc  à&m  qpiaioa  , fur  la  - 
<date  )8o , M'rrTéKmdfrATee  H.  Jean  (t) 
Gcomd'Ecfcliatc„onniac'CcUedela  loi 
port»  par  Chilpéric  , pour  finre  rece- 
Toit  fes  quatre  léttics. 

(a.)  De  1<  (ôtme  8c  dé  la  Tafeur  de  eo 
' caràéUre , l'Abbé  de  CudUric  prend  oc»> 
(îoa  de  eondore  , que  les  lettres  gothi- 
ques , dites  dUtphila , étoicot  en  oClge^ 
chez  les  Fcaacs.  I7h  monunKot  en  kur- 
ptnS  aïKkane  écriture  , m'fi  poomec  dq 
poblkr  dsns  1a  fœic  , M paroit  Cr^ 
{uopté  fi  bmctàs  Cl  coniç^nc. 

• J— 


Digitized  >y 


DE  DIPLOMATIQUE.  y9 

Tendre  th , nes’ajufte  pas  moins  bien  avec  la  figure  du  fécond 
caraûère  de  Chüpéric  , qu’avec  le  fon  du  5'.  Une  ancienne 
faute  de  copifte  auroic  pu  ocaûoner  cette  tranfpoûtion.  Ea.. 
fin  le  troilleme  caraâère  particulier  à l’ancien  Gothique  f(S- 
roit  le^  , dont  il  n’eft  pas  pofllble  de  bien  fixer  la  pro- 
nonciation en  notre  langue.  Oeft  (a)  le  Axr  des  Anglo- 
Saxons  , le  des  Anglois , le  auA  des  EcolTois.  Le 
trouvé  par  Fauchet  dans  im  mf.  ae  faint  Grégoire  , n’a  pas 
peu  de  raport  avec  le  ^ , celle  de  toutes  nos  lettres  , qui 
aproche  davantage  de  la  Gothique  , dont  nous  parlons. 
Mais  les  raports  entre  ces  caraéleres  8c  ceux  de  Chilpéric 
font  forcés  , foit  du  côté  de  la  figure  , (bit  du  côté  de  la 
valeur. 

Veut-on  maintenant  (è  décider  par  autorité  î On  eft  a 
portée  de  prendre  parti.  L’Hébreu , le  Grec  , le  Saxon , le 
Gothique  , le  Runique  , 8c  le  Lombardique  meme  , vous 
invitent  à puilêr  dans  leur  alphabet  les  lettres  clierchées. 
Les  uns  veulent  tout  donner , fans  fouirir  de  partage.  Les 
autres  fe  contentent  de  fournir  leur  contingent.  Mais  fii> 
pofé  que  les  trois  dernières  lettres  euflènt  été  d^  la  pure 
invennon  de  Chilpéric  ; on  perdroit  bien  fon  tems  a les 
chercher  dans  ces  alphabets  énangers.  Si  tant  de  difouilions 
8c  de  recherches  ne  portent  pas  la  conviâion  dans  les  ef- 
prits  ; qu’on  juge  pr  là,  quels  nuages  épais  le  tems  peut 
répandre  fur  des  événemens  d’une  notoriété  publique.  Au- 
toiton  pu  prévoir  nos  doutes  fur  un  fait  , dont  tout  le 
royaume  de  Chilpéric  rétentiflToit  ; lorfqu’il  puUia  lès  nou- 
velles lettres  , 8c  qu’il  les  envoya  dans  toutes  les  villes , 
avec  commandement  exprès  de  les  enfeigner  , 8c  d’éfiicer 
avec  la  pierre  ponce  les  (i)  livres  , pour  y fubllituer  fes  ca- 
taélères  aux  anciens  } 


f I)  ••  Ceft-i-dite , comme  le  mmar- 

— (]uc  fort  bien  {t>)  Bouieroue , reolemeac 

- les  lentes  , qu'il  vouloit  cbaogec  , te 
" qu'en  U place  des  d&cdcs  , on  dcriioit 
U celtes  .qu'il  avoit  inveatdcs.  « Les  mlT. 
ae  nous  ont  conTcrvé  aol  vellixe  de  Tc- 
sécucion  de  ces  ordres.  Gt^oire  de 
Tours  & Aimoin  ne  nous  aprènent  pointi 
quel  en  ftu  le  ruceds.  Mais  à sa  joget 


par  le  lîlence  des  moaumens,  qui  nous 
fcfteiK;  ou  croira , que  leur  ulâgc  fut  au 
plus  renlcrmd  dans  les  bornes  du  règne 
de  ebilpètic.  Il  a'eft  pourtant  pas  in- 
croyable , qu'on  a'en  pnifTe  découvrir 
quelques  traces  dans  des  monaincns  , qui 
ne  uor  pas  connus  , ou  qu'il  n'eu  caille 
même  dans  ceux  , qui  le  lonr  .auxquelles 
ou  a'aiitoit  pas  fait  alTc?.  «facreatioa. 

Hij 


II.  PARTI 
Sect.  III. 
Ch  AF.  I, 
AarsciE  IIL' 

(a)  HUta.  Tl*. 
/mt.  veitr.  limg^ 
fMTH  l.f.  I. 


fi)  Rxckrcl.  r«F.’  ■■ 

dis  SMiwiM 
Trimttf.  19U 


Dir  ■ - ~:l  by  CiKjgk 


r «I 


■ II.  PARTIE 
S rcT.  III. 

C H * r.  I. 
iAsTictt  III. 


go  NOUVEAU  TRAITÉ 

Le  mal  eft-il  donc  fans  remède  ?Seroit-il  impoflîble  de  mon- 
trer précifcmenc , quelles  fiirent  les  quatre  lettres  de  Cliilpé- 
ric  , &:  quanta  la  figure  , Sc  quant  à la  valeur  ^ Un  fi  grand 
partage  d’opinions  nous  avoit  d’abord  fait  envifager  ces  co- 
noiffances  comme  perdues , pour  la  République  des  lettres , 
, ou  du  moins  comme  des  faits  , fur  lefquels  il  faloit  fe  con- 

tehter  de  conjeéiures  & de  prol^abilités. 

Par  (jncis  moyens  VI.  Mais  ayant  fait  réfléxion  , que  les  textes  les  plus  co- 
conoi°re*^a”^u'fte  '’^mpus  lè  rétablilfent  , foit  par  le  concert  ou  la  pluralité 
les  lettres  de  chil-  des  mlT,  foit  pat  l’autorité  prépondérante  dcs  plus  (i)  anciens, 

f étic  I 


“( i)  Les  principaux  & lespliis  aneiens 
md'.  Te  tduniITentà  rendre  les  Ions  des 
ipetrer  de  Cbil^dric  par  ccHcs-cr  Mtihaùi 
rangées  de  fuite  , St  lâos  dtftinâion.  On 
peut 'donc  demander  , (î  pour  aplltjucr 
tes  Ibns  aux  quatre  caraâdres  nou- 
veaux i il  faut  divifer  CCS  S.  lettres  ex- 
plicatives deux  i deux  : ou  d elles  ne 
Ibnr',  que  la  valeur  des  trois  derniers  : 
Mcqdu , que  Gidgoire  drTouss , làiranc 
£iirc  d'abordibande  à part  à l'oméga , Sc 
déterminant  Ion  ^triage  par  cette  ob 
ftrvation  ; fitm  Grfci  hihml  | avoit  fufi- 
6mment  dxé  le  fon  de  la  piemicre  let- 
tre chilpéricicnne.  Suivant  la  première 
fupolîtion,  Ils  vaudroic  te  th  ,Z  ru , 
A ni.  Suivant  la'  ibeoade  , l'a  feroic  renr 
du  par  ^ par  te , Z par  tiw , Sc  A par 
mù.  Le  mf.  de  l'Eglife  de  Paris  , autre 
lots  de  Coibie  , tranfeen  au  pllis  tard  fur 
le  déclin  do  feptidme  liccle  , ne  favori- 
fe  pas  plut  l'une  de  ces  hypothères  , que 
IVutre  : li.  ce  n'eft  par  rabrurdité  , qu'il 
ÿ auioit  à donner  à l'«  le  fon  de  l'te , 
avoir  repiérenté  celui-là  ^ comme 
Icmblabic.à  cous  égards,  à la  dctniéie  lét^ 
Ire  des  Grecs. 

Le  mf.  de  l'Eglife  de  Cambrai  , du 
moins  copié  vers  le  milieu  du  même 
fiéclè , pxroit  décidé  pour  la  diliribation 
des  lettres  explicatives,  conformément  à 
la  lecondc  lùpolîtion  ; en  quoi  il  cil 
.1  :t  - .1  parfaitement  d'acotd  uvet  prefque  tous 

* r.  crm,Ji!e  , vr^,  «jo'eprés  «oit 

•J  fT  U * premier  carteWre  avant  la-va- 

rLj-lr  J X-  litrr  s iJ  précé^^rlts  fliivaos  des  Ict- 
fnbatvi{i»n  des  ér  . ^ i • ^ r . i 

. •'  . / très,  qui  rendent  lèurs  fons  , & nue  le 

uitufts  cnctmltt  , ? i c • i 

tdifgvm^mu,.  pwiroitpaioitre  uucfigiuc  a|OUtéc 


apres  coup.  Mais  Ü fufîr , <|u*êne  foie 
de  la  main  d'un  correâcur  tre»- ancien  ', 
& oiie  chaque  caràdlèrc  foie  acompagné 
de  r»  propre  valeurs  Peu  îmwrtc  , qu'cllç 
le  précède  , ou  qu’elle  le  loivc.  Donner 
O^our  fécond  caraâère  de  Chilpéric , U 
par  confcqueiit  lui-  en  prêter  cinq  : ou 
prétendre, que  ^ n’eft  que  le  2,  ou  que 
doit  fbnnerr/;c,  & ^ ee  feroit  cou« 

per  toutes  les  voies  de  concilia:i<m  entre 
ce  précieux  mf.  & les  aatres  : ce  feroit 
Ce  replonger  daos  un  cabos , dont  on  ne 
Ibrtiroic  jamais.  Il  ferme  dc’ plus  abTiirdi 
de  n'a'cordcf  nulle  valeur  exprefte  au 
premier , & furcout  au  fécond  caraélére 
. chilpéricien  : tandis  que  les  trois  autres 
fecolpnc’  efeortés  de  leurs  lettres  expli- 
. catives.  On  parle  ici  dans  l'hypothèfc  des 
^cinq  nouveaux,  élémens':  quoique  la  né* 
èeftité  ttéviter  cer  inconvenicnr  dur  fu- 
ftre,  pour  étabnr  Tidentité  de  T»  de  de 
En-reduifaot  à quatre  ces  lettres  ajou- 
tées à l’alphabet  *,  ft  lloo  dit  que  le  0^ 
valant  ilr  joiotà  rend  rô^il  s’enfuivra, 
^e  deux  de  ces  caraâcres  aatont  valu 
car  il  n’ÿ  avoir  point  alors  de  diféreoce 
fcnüble  cotre  lès  -foiit  dW  ie  d>  ; comme 
*Iè  prouvent  une  infioitc  dc  mutations 
réciproques  dc  ces  lettres , dans  les  icfT. 
du^Kim.  Enfin*,  quoi  dc  pKis  ridtcnlc , 
que  dé  rendre  un  cara^re  inconnu  pac 
une  lettre  grcque  & deux  lacioes } Si  l'otr 
:f  quelque  peine  k concevoir  ce  qui  vienr 
d’érrt'die , au  luict  du  mf;  dc  Cambrai  r 
on  le  comprenora-  aifémenc  eu  jeaaoo 
les  yeux  fur  le  morceau  , que  nous  eir- 
avons  fait  graver , dans  nos  modèles  d'é-^ 
.ci](ttr(s*oociaks.. 


Digiiiiied  by  '' 


£)E  DIPLOMATIQUE.  ét 

ou  des  plus  excellens  ; nous  avons  eu  recours  à cette 
feflburce  : & fans  vouloir  prévenir  le  jugement  du  public  ; 
nous  efpérons , pour  le  moins  , que  nos  recherches  ne  ièront 
pas  tout-à-fait  mfrudhieufes.  ..  • 

Après  avoir  confulté  le  mf.  d’Aimoin  delà  bibliothèque 
de  S.  Germain  des  Prés  ; nous  avons  cru  pouvoir  tirer  quelque 
éclaircidêment  du  célèbre  mf  (i)de  M Joli.  Nous  n’ayons  pas 
pour  cela  négligé  les  mlT.  1451. & J9ir.  de  la  bibliothèque  du 
Roi  , dont  le  premier  apartonoit  autrefois  à l’abbaïe  de 
■S.  Maur-des-Foflés  , & le  fécond  à M.,  Pithou.  Quoique 
celui-ci  ne  Ibit , que  du  xi®.  fiècle  , & celui-là  du  x'  ; nous 
les  avons  examinés , avec  autant  de  foin  , que  s’ils  dévoient 
Jêuls  décider  la  queftion.  Le  mf.  de  l’abbaïe  du  Bec  , que 
nous  eftimons  du  xii®.  Cède  , ne  nous  a pas  paru  (1)  devoir 
être  mis  à l’écart.  Mais  celui  de  Royaumont  n’anonçoit 
rien  , qui  prévint  afTez  en  fa  faveur , pour  enchérir  , par  de 
nouvelles  recherches , fur  celles  du  dernier  éditeur  des  ouvres 
de  S.  Grégoire  de  Tours. 

11  ne  nous  rdloit  donc  plus  à confulier  , que  le  mf.  da 

I 

1.4  mfT  14; I.  <9c  labpbliothéquq^ÿu 
Soi  , ne  confond  poini  les  fonrdes  uoù 
derniers  caraâores  de  Chilpétic  : mais 
comme  celui  du  Bec  , i)  les  didii^ae 
•ioA  par  des  poin»  ce.  (Suie.  imw.  Quant 
aux  caraflcres  meitKS  de  nouvelle  in- 
Tenticn  ; il  commence  par  » , Cir  lequel 
il  pofe  an  a : ce  eft  mis  fur  ÿ*  , (Se  fur 
Z , WM  fur  a.  (ar  une  «(00(1  à peu 
ÿr^  fcmblaUe , quoique  dgalemcnc  Uns 
conféquence , le;mf.  du  Bec  ne  place  pas 
to  fur  l'a , mais  celui-cr  fur  le  e.  Eu  té~. 
fompenfe  , les  mêmes  caraâêres  , que 
dans  le  mf.  précédent  .ilôiurfuamoocéa  i 
(Tes  fons , ce , tht , en».  - 

Le  mf.  du  Roi , n’.  jyii.  du  xi'.  (îc- 
'ck  , ell  conforme  aux  deux  premiers  , 
en  ce  qu'il  prdfcnee  indiftluâcmcnc  les 
focs  téfhtmù.  Enfuite  il  les  seprend  pat 
deux  It  par  trois  t de  forte  qu'ce  précédé 
y , rSe  Z , ami  a.  Pour  plus  grand  éclait- 
«iircmeut , ont  main  poftérieure  ; mais 
pourtant  ancieune  , a mis  fut  l'a  un  e > 
fiir  ce  4’,  <(  fur  l'a  . Ainfi  , jponr  peu 
qu'on  s'en  rapone  aux  ralT}  le  ion  '«  de- 
atachd  au  premiu  caraélèrc  ,.«e 


‘air fécond  , tq  au  eroifiésne  , «u  au  quav 
l'.tiicmc.  Cette  fixation  de  leurs  valeurs 
une  fois  bien  conllacéc  , rétranchc  tout 
d'un  tX>up  une  foule  de  diücultés  très- 
épineulcs. 

(i)  Cet  ilIullre'Chanoinc  dcrEglifcdq 
Paris , fis  ptéfent  de  &n  mf.  à la  biblios 
, tfaèt^ue  du  Chapitre.  M.  l'Abbé  de  Fleurj 
ne  s cil  pas  contenté  de  nous  en  acotdeq 
la  conlmanication;  il  nous  a facilité  touq 
let  mopeni  d'en  fait;  tirer  des  axalèlcs 
exaéb  , en  noos  le  confiant  arec  u^ 
zèle  pour  les  lettres , telévé  par  les  ma-, 
nières  les  plus  oblizeantes.  Nous  avons 
entt'autret  eboifi  & pafiôgo.  même  d* 
Grégoire  de  Tours  furies  lettres  de  Cbil- 
périe.  Ou  le  verra  dans  nos  écritures  cw- 
. fives  Mccoviugiennes. 

(i)  Nous  nous  fommes  adrelIZs  à Oom 
Trabouillard , bibliotbécaire  de  cette  ab- 
Inue.  Il  a bien  voulu  nous  copier  le  texte 
de  Grégoire  de  Tours , figurer  les  carac- 
tères de  Chilpétic  , exprimer  leur  va. 
leur.  Son  exaâitude  nous  répond  de  lent 
patlàite  conformité  avec  l'osiginal.. 


II.  PARTIE. 
S £ C T.  III. 

C H A V.  J. 

A X.T  I C L £ Il  l 


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ïl.  PARTIE. 
S K C T.  III. 
Ch  AP.  I. 
Axr  te  LM  III. 


Vraies  figures  8C 
valeurs  des  lettres 
ideCbilpdnc. 


gt  NOUVEAU  TRAITÉ 

la  Cathédrale  de  Cambrai , qui  ne  cède  à nul  autre  & pots 
la  beauté  & pour  l’age.  Nos  delîrs  n’ont  pas  plutôt  été  con- 
nus à M.  FAbbé  Marion  , par  une  lettre  de  D.  Bouquet  ; 
qu’au  lieu  des  caraâères  chilpériciens  , dont  nous  avions 
uniquement  demandé  la  figure  ; fans  difërer  un  inftant , il 
<i)  nous  a fait  tirer  quinze  Ugnes  de  ce  mf.  avec  une  dév 
gance  , qu’on  pouroit  à peine  égaler  ^ daiu  la  capitale  du 
royaume. 

VU.  Munis  de  ces  aouveaux  fêcours  , nous  entreprenons 
de  fixer  les  figures , auflU^ien  que  Les  (bns  des  lettres  ^ Clril- 
péric  : ou  plutôt  il  nous  fufira  de  mettre  les  imprimés  & les 
mlT.  de  Gloire  de  Tours  & d’Aimoin  en  parallèle  fiir  (z)  dix 


(i)  Quand  nous  nous  répandrions  en 
éloges  & en  rémoignages  de  rceonoif- 
fance  : les  nns  Sc  les  autres  en  diroient 
moins,  ^e  la  limple  ezpofinon  d'un  fait, 


Conformément  à 1a  difttibntion  des  va- 
leurs de  chaque  caraâéte  des  autres  mfT  ; 
noos  ftilêas  , dans  la  quatrième  eolone , 
l'aplicanea  des  lettres  ntthnuù  , lëule- 
ment  rangées  tout  de  Ciite , dans  le  mf 
de  la  Cathédrale  de  Paris.  Dans  celui  du 
Roi  t4fi.  les  fécondés  doubles  valeurs  , 
pbcées  fin  les  csraâéres  de  Chilp^c  , 
font  d'une  mtin  poltérieore.  Un  écrivain 
plus  {éctoc  < mis  hCi  daoslcjqf  du 


qui  moucre  un  homme  de  lettres  , i qui 
rien  ne  coûte  , quand  il  s'i^tt  d'en  bien 
ffiétitex.  > 


Roi  fpsi.  le  3 contourné  for  l'o,Ie'i'  fiu 
M,  le  A fut  ^ . Ceft  vifiblement , pour 
espliqncr  ou  rcâifiet  les  figures  , em- 
ployées par  le  premier  copiAe.  Aiufi , 
taat  rail,  qu'imprimés  , tout  (ont  oni- 
fooncs  fur  l'o  , premict  cstaélète  du 
Chilpdric  & fur  fil  valeur,  O. 

Pentétre  nous  obieâera-t-on  le  0 dq 
mf  de  Cambrai , pUeé  à la  fiiim  de  fo» 
coouBC  aiwofint  quelque  fim  étranger^ 


I. 

(t)  Amâtnrus 
éditiom  4e  S» 
Crtinre  4e 
Tems, 

m • 

ie  me 

Z the 

n m$tm 

II. 

Edùùm  mtmvtl- 
Ui  dtt  Bint- 
diMiiu. 

O • 

y « 

Z il> 

V «*** 

I II. 

ilf.d4  Cmmkrmi, 
mm  mmms  dm 
miliem  dm  7*. 
RUU. 

UJ  0 

Sp  mt 
7^  tht 
^ mmi 

I V. 

Mf.dtUCmthd. 
drmUdtPmrit, 
écrit  fm  U dt- 
cUmdu-j'fiitU. 

U)  a 
« 

Z tht 
A imi 

v. 

Alf.  t4;i.  dt 
Jm  hilitlhi^mt 
dmRti  dm  10'. 
fiiclt. 

uo  • 

ÇJ  mt 

Z thmt  tht 
^L/  mmi  mim, 

VI. 

vu. 

VIII. 

IX. 

X. 

Hf,  J9XI.  delm 

ilf.  dm  Bec  dt 

Mfm  dm  t Ahhmïe 

Mf.  fAitneim  , 

Mf.  4'Aimetm 

hiitiMhifu  dm 

QxkftH  umti 

dt  Btymmmtnt. 

S.  Germmm 

de  100.  mm 

R«  , 1 1*.  /&- 

dSW, 

dtt  Prêt  , df 

Ô*  Ui 

€k. 

fhudtjoommt. 

mis. 

U>  0 

xaca^  d • 

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A,  ^ mm 

^3  Qimuoomm' 

^ ttui 

. pit- 

Digitized  by  Google 


DE  DIPLOMATIQUE.  kf 

loTones  , pour  faire  comprendre  auflitôt  quels  furent  ces  ca-  — ^ 
radlcres , qu’on  cherche  aux  quatre  coins  de  TEurope , tan- 
dis  qu’on  les  a fous  les  yeux.  Les  diiicultés  ocaGonées  par  ch\p.  i. 
le  laps  dutems  , par  l’ignorance  des  anciens  ufages  ,par  les  iifv 

méprifès  des  copines , (ont  rélblues  dans  les  notes.  Ajoutons 
néanmoins  deux  mots , pour  éclakcic  la  a;^e  des  lettres -de 
Chilpéric. 


vu  comme  repréTeataiit  onc  figvre  d>fo- 
hmenc  diftiogu^e  de  l'v.  Mvit  en  a tout 
lieu  de  ctoiie  j qu'elle  ne  Tait  Fom^a  , 
que  pour  en  rendre  la  valeur.  Seroit-il 

Srobable,  qu'aprdt  avoir  maniieftd  le  Ton 
es  CTO»  dernières  lettres  en  conunua  par 
sahtmi  ; Fauteur  ou  Fjerivain  fit  une 
Splication  fpfciale  des  dlfmens  corref- 
pondans  i chacune  d'entr'elles;  fans  en 
nfer  de  même  à Fêgard  de  la  première , 
fiutout  après  l'avoir  rêMtêe  i la  tête  des 
aunes  i Ainfi  , l'on  nen  fautosc  difeon- 
venir,  cet  8,  qui  b fuit  itamêdiatemene, 
an  doit  être  le  fôn.  Les  mfT.  dit  même 
fêcle  Sc  des  fmvaiia , insèrent  louvent  le 
peiat  au  milieu  de  FO.  lia  le  font  parti- 
culiètement  , quand  if  cfV  eaelainaiif 
eu  long.  Saint  Grégoire  , on  du  moins 
ibo  ancien  copiAe  , n'anm  donc  pré- 
tendu mnrqner  qu'un  O long  parce  point 
dans  FO.  lofiftera-t-on  fur  te  que  cet  « 
pooéfaié  Feit  aui  Grecs  de  9 , Sc  au{ 
Goths  J'If'/r  i Le  t du  mf.  du  Bec  fera- 
t-il  invoqué  , pour  Fervir  d'apoi  i une 
giétcmieBaoflî  iéoéhtenfh  qu'ineettame  ? 
Maia  fi  Chilpéric  avoic  vonlh  introduire 
ik  9 S il  éioir  tout  fimpte  , qu'il  le  fie  va- 
loir ih  : ^«itanc  plus  qu'il  publiait  un 
aaraâèrc , poot  rendre  cefon.  Loi  don- 
ner la  valeur  d'as , ç'aatoit  été  choquer 
la  fens  commun.  Se  figater,  qoeac  Rot 
aum  voulu  par  Tes  nouveaux  earaâèrea 
•nriehir  la  langue  Latine  ou  Tudef^ue 
de  ktticagothiqaci  iC^rflune  pure  ima- 
ghnaiea  , démentie  par  lea  Mes.  ^os 
pâte  de  l'étude  particulièic  , qn'avoit 
&it  ee  Mttec  do  Latin;  les  aidtcs  quV 
envoya  dan  teutes  ût  villes  de  ’fbn 
reyaome , pour  éftcet  Ica  anciens  cnne- 
lêres  des  livies  , «c  poury  iiibftituer  les 
dens , pouveteni-as  t'aehyiti  d dtottes 
heres , qn'i  ceux , ma  éteient  écrits  en 
Angne  Latine  ? QaeU^^we  auroitpn 
Aire  JTh  4uf  le  haûn  è côté  dTami  ; An 


eofuniiu  , on  eoufoit  tifêmcnt , qu’on 
aura  voulu  rendre  l'O  long  des  Latins  pat 
ceini  des  Grecs. 

Le  mf.  duBec , loin  de  tepréfenter  1» 
ÿ , comme  une  lènrc  difénnte  de  Fo  y 
met  celle-ci  defTos , pour  lui  -fecvii  d'ex- 
plication. Ceft  donc  évidemmenc  une 
mêipe  lettre.  Un  mf.  tel  que  eeliit 
de  Cambrai  , n'aura  point  été  compris 
pat  le  copifte  du  Bec.  Il  aura  ignoré  r 
que  longtems  avant  lui  l'en  jnetcoic  le 
point  dans  qnelquesO.  PtenaAt  cette  fi- 
gure pour  un  9 , il  l'anra  réduite  à une 
rotroe , qnii  lui  était  plus  eoonae.  U au- 
ra même  cm  , que  Cnilpéric  avoit  don- 
né à fon  V la  figure  d'un  9 ; mais  il  n'en 
aura  pas  été  momt  convaincu , que  Fun  de 
ces  caraâêtts  étoit  explicadi  de  Fau- 
tre.  Cette  objeélion  fc  tourne  donc  en 
preuve.  Le  3 d'un  des  mfT.dn  Roi  ne  &u- 
roit  Ëüre  de  difieulté  lailboable  ; c'eft 
vifiblemenc  on  O , qui  n'kA  pas  toucaikiir 
achevé. 

La  feeonde  %ate  te  Cm  valeur  et  font 
eonftantes  dans  tous  les  imprimés  & les 
mff.  de  Grégoire  de  Touit  & d'Aiaoin. 
On  n'en  peut  eiccpter  , que  le  mf.  do 
Reyaumotit , un  d'Aimein  très  récenq|b 
te  les  éditkmt  de  Rt  auteur.  Encore  ioF 
nos  Sc  les  antres ik  s'écatsene-ilsiquepen 
de  ta  aaêma  fimsn.  Dn  refte  le  mf.  do 
Royaoaaom  n'eit  point  ancien , te  ne  pa- 
rait pas  d’âne  grande  aoeotité.  Le  mfl 
moderne  d’Ainunn  te  lès  imprimés  ne 
^ font  fondés  , que  far  la  ùalQê  fupofi- 
tioa , que  les  lenres  deOiilpétic  écotenr 
grèques  , tc  quant  è la  figure . tt  quanr 
ilatndear.  Da^Ooa  &ie  1%,  du  Z un 
T,enfmtelin  9 , afin'Be  k nire  mieux 
qtmdret  avec  1a  valeur  tht.  Enfin , pour 
l' qu'il  ne  manqdlt  aucune  desafpiréei  grè- 
‘ ques  aux  lettres  de  Chilpéric  ; les  édi> 
teurs  d'Aimoin  Ott  mis  le  « vdampi>,  au* 
lieu  de  la  deniète  lettre  <ln  ntèotm 


’-iy  Cîotjgle 


<T4  'NpUV'EÀU  TRAITÉ 

~ Son  i^.  caraâcre  eft  l’il , qu’il  voulut  introduire  chez  IcK 
Î h ^ l’exemple  des  Grecs  , pour  diftinguer  l’o  long  de  l’o 

Char.  I.'  bref.  Le  (i)  1®.  £,n’eft  qu’un  compofé  del’a  & del’c  , donc 
AiTiciiui.  en  éfêc,il  a la  valeur.  Le  (i)  3®.  /A,n’eftnon  plus  qu’une 
jonâion  du  & de  1’  , dont  on  flipole  ici  la  halle  répé- 

tée. Si  ces  doubles  lettres  ne  font  pas  ailées  à faillr  dans 
les  mlT.  modernes  ; elles  le  font  dans  les  anciens.  C’eft  fur- 
tout  celui  de  Cambrai  , qui  nous  en  a fait  naître  l’idée. 
Le  goût  de  ces  tems-là , pour  les  conjonétions  de  lettres , 6c 
la  facilité  de  l’aplication  montrent  la  folidité  du  dénouement.' 
Le  quatrième  caraûcre  (3)  n’eft  qu’un  V fermé,  un  peu 
panché  vers  la  gauche  , pour  valoir  le  W , ou  l’V  conlone 
(«)  V.  U létu  t-  devant  l’U  voyelle.  Beaucoup  de  (a)  noms  propres  des  Fran- 
’ qu’on  avoir  alors  coutume  de  iatimfer  , s’écrivoienc 
‘ par  uui , comme  Widolaîcus  , Winnocus  6cc. 

Ainû  tous  ces  caraélères  avec  leurs  fons  ne  convenoienc 


Ptince.  Mail  cet  trois  eanâitet  oe  t'a- 
cocdeot  ni  arec  Ict  impnaWs , ai  arec  les 
inlT.  de  Grégoire  de  Tours. 

La  6guie  de  la  croilicmc  lettre  e(l  in- 
variable, dans  tous  les  mlT,  te  dans  toutes 
les  éditions  du  même  hillorico.  Il  n'y 
manque, qu'une  bafe,  dans  le  mr.d'Aimoio 
de  S.Gcrmain  des  Peés.  A l'égard  de  la  va- 
leur; tooc'cd  d'aeord  : fi  l'on  en  excepte  on 
mr,qui  oe  mérite  pas  beaucoup  d’atention. 

Enfin  tous  les  mlT.  de  Grégoire  & celui 
d'Aimoin  de  foo.  ans  , rédoiTcot  la  qua- 
trième lettre  de  Chilpéric  à une  figure 
triangulaire , ou  fort  aptochante  du  trian- 

t.  Les  ouvettotes  de  quelques  - unes  , 
les  arondilTemeos  de  quelques  autres 
ne  font , que  des  variantes  de  copiftes. . 
Sa  valeur  eA  encore  mninc  fujerte  aux 
changemens  te  aux  dilTcmblaaces,  Car , 
que  les  uns  ajoutent  no  « , les  autres  un 
s de  plus  ; ou  qu'au  lieu  de  «m  , on  life 
«m , uim  . ceU  o'afeâe  en  rien  le  foo , 
•O  du  moins  n'y  caufo  aucune  diforence . 
notable. 

Le  mf.  du  Bec  donne  pour  quatrième 
eataâère  une  figure  aproclunte  de  l'a , à 
laquelle  il  en  ajoute  une  autre  roonfttueu- 
Te  ; s'il  n'a  pas  prétendu  l'expliquer  par 
foo  moyen  : auquel  cas  ce  ne  feroit , 
nue  le  W mal  fiùt,  (tOBt  fut  le  Go- 
uiqiK  ooderae, . ; 


j'I  ] Souvent  les  A n'avoient  point  alort 
de  traverfe.  Si  l'on  aime  mieux  inclinée 
ce  caiaâère  d'un  autre  fens  ; on  y re- 
trouvera l'a  te  l'c.  Mais  il  faut  fc  foove- 
nir  , qu'au  fixième  fiècle  les  lettres  coo- 
toumées  te  renverfées  étoient  fort  è la 
mode.  En  un  mot  c'eft  ici  l'ancien  e à ce- 
dille.que  Chilpéricadopta  ; s'il  n’en  fotpxe 
l'inventeur.  Telle  étoit  alors  fa  figure  p i 
(1)  La  reifemblance  du  Z avec  ce  ca- 
raaère  aura  été  caufo , que  les  copiiles 
de  Grégoire  de  Tours  , acoucuinés  à 
peindre  la  dernière  lettre  de  l'alphabet , 
en  auront  tellement  raproché  le  troifiè- 
me  élément  de  Chilpéric  , qu’ils  ne  tar- 
dèrent pas  à confondre  leurs  figures.  M. 
l'Abbé  Lebeuf  a découvert  , dans  un 
mf.  écléfiaftique  d’Autun,one  éctime  ia- 
connue  , oii  ce  caiaéièse  $ revient  fou- 
vent.  S'iU  du  tapwt  «wee  l’ardu  fécond 
mf.  du  Roi,  il  en  a aullt  avec  le  Z,  Oa. 
tctsouveiait  encore  plus  ailïmeqt , dans 
celui  d'Autun  , les  aatres  lettres  chilpérU 
cicanes , du  moins  quant  à la  figpre. 

())  Le  A grec  n'a  cettaimtmeoc  nullo 
analogie  avec  la  valeur  «w  , que  lec 
anciens  mC  donnent  à cette  dernière 
Içme  de  Chilpéric.  Mais  en  fupofimt  ua 
V formé  par  une  ligne  ; on  apccfoit  aifo-, 
ment  un  grand  taport  entre  la  figure  tç 
lefonaar.  _ 

ya 


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t>E  DIPLOMATIQUE. 

■pas  mal  à l’état  où  le  trouvoit  pour  lors  la  langue  Latine.  ' — 

Les  trois  derniers  rédui/bient  , fous  une  feule  figure  , ce  P ART  il 
qu’on  étoit  obligé  d’exprimer  par  plufieurs.  Rien  déplus  aV”  iii. 
fimple  , que  cette  explication  : rien  de  plus  conforme  a la 
pluralité  des  mlT.  aux  plus  excellens  , aux  plus  anciens. 

Aucune  de  celles , que  a’autres  ont  propofées , ou  que  nous 

avions  imaginé  nous-mêmes,  ne  nous  contentoit.  Celle-ci, 

qui  de  toutes  eft  la  moins  recherchée  , Sc  la  mieux  alTor- 

tie  à la  nature  des  caraêlcres  , emporte  fans  peine  notre  i’ 

aquielcement.  Olèrions-nous  aufli  nous  flater , qu’il  en  lèra 

de  même  de  celui  du  public  ? 


CHAPITRE  II. 

Lettres  nationales  , lapidaires  , métalliques  j en 
relief , en  creux , à claire  voie  : lettres  dorées  , 
argentées  , bron:^èes  , étaimées  , rouges  , vertes  & 
d autres  couleurs  : lettres  initiales  , gfifs  ou 
hijloriées  , repréfentant  toutes  fortes  de  figures  , 
d hommes  , de  quadrupèdes  , d'oifieaux  , de 
poijfons , de  fierpens  , de  monjlres  , de  fleurs  , de 
fleurons  , de  feuillages  , de  grotcfques  : lettres 
brodées  , entrelajfées  , ponctuées , blafonées  , en 
chaînes  , en  treillis  , en  pilaflreSy  en  marqueterie  y 
en  gerbe  , en  chevelure  &c.  En  quel fiècle , en  quel 
pais  chacune  de  ces  ejpèces  eurent-elles  cours  : 
quel  fut  leur  commencement , Çt  leur  durée  ? Ob^ 
fervatidns  hifioriques  & critiques  fur  leurs  difé- 
rens  ufàges  , & fur  divers  autres  caraWeres  , qui 
montrent  avec  elles  une  forte  d'afinité. 

IL  ne  fufit  pas  d’avoir  examiné  l’origine  de  nos  lettres 
& d avoir  cxpofé  les  augmentations  réeles  ou  prétendues, 
qu  a éprouvé  l’alphabet  Latm , depuis  deux  mille  ans  ^ il  faut 
encore  faire  conoitre  fes  éléraens  par  leur  nomenclature 
Tome  II.  ^ I 


II.  PARTIE. 
Sect.  II  f. 

c H A P.  il. 


lettres  grècjucs, 
icUtivcmenc  a la 
Diplomarinue  : 
lettres  Ephéficn- 
DCSyThracieoncs^ 

(«)  Biblhtiüqtu 
Lorf.rine  - far  D. 
C^lms:-préf-  p.  ix. 


è6  NOUVEAU  TRAITÉ 

générale  & particulière  , repréfenter  leurs  diférences  fpéci- 

fiques,  rapeler  toutes  les  notions,  qu’elles  emportent  avec  elles.. 

Les  unes  tirent  leurs  dénominations  aes  peuples  ou  des 
perfones  , qui  palTent  pour  en  avoir  fait  ufage  , ou  meme 
pour  les  avoir  inventées  : les  autres  des  matières  , dont  elles 
ont  été  formées  , plufieurs  des  figures  , quelles  ont  prifes , 
quelques-unes  , des  accidens  , qu’elles  ont  elTuyés.  11  eft 
bon  nombre  de  ces  lettres , fur  lefquelles  on  coulera  légè- 
rement ; parcequ’elles  rentrent  dans  le  chapitre  des  écritu- 
res , qui  exigent  de  nous  des  dilcullions  plus  profondes. 

I,  On  a long-tems  retenu  quelque  ufage  des  (i)  lettres  grè- 
ques  , chez  les  Latins  ; comme  des  lettres  latines  , chez  les 
Grecs.  Les  inferiptions  lapidaires  , bronzes  , monoies  , mlT,, 
(a)  aftes  publics  , lettres  formées,  bulles,  diplômes  (i)  , Sc 


(h)  T«».  I. 

f.  704.  ^os• 


(i)  Outre  les  krtres  latines,  les  Grecs 
ont  auHl  quelquefois  employé  la  langue 
Romaine  l'ur  des  monumens  publics  , où 
ils  ne  failbicnc  entrer  que  les  caraéléres 
grecs.  Ceft  ainfi  qu’une  médaille  de 
Macrin, fabriquée  à Ephefe,  porte  ♦OTA 
£4>£Cl,pour  VOTA  Efkesiorum. 

(i)  Par  exempte  , dans  deux  diplômes 
de  Coaile  le  chauve  , de  la  quatrième  & 
de  la  trCDte-uaicmc  année  de  foa  règne, 
on  écrit  1>  d’amen  par  une  H.  La  meme 
chofe  Ce  remarque  dans  un  diplôme  de 
Charte  le  lunple  , de  la  feizième  de 
foo  rcgnc4  Les  originaux  des  trois  di- 
plômes , qui  donnent  lieu  à cette  note  , 
(bot  gardés  à la  bibliotbèquc  du  Roi.  On 
trouve  plo/ieurs  lignanircs  gréques , dans 
Its  aâes  publics  d'Icalie.Des  éclclîadiques 
de  divers  auttes  pais  ,foit  par  vanité , foie 
par  quelque  autre  motif  , fouferivent 
quelquefois  en  Grec.  Mais  le  plus  fou- 
Tcot  ces  Signatures  font  mclccs  de  let- 
tres grèques  & latines.  Ou  n en  dira  pas 
davantage  fur  les  fouferiptions  en  let- 
tres grenues  J pareequ’on  fe  verra  dans 
la  fuite  oblige  d y revenir.  On  ne  s’arrê- 
tera pas  non  plus  aux  mots  grecs , qui  fe 
renconcrent  dans  les  m(T.  U cil  ordinaire 
de  les  rendre  eo  caraâcrcs  grecs  , bien 
ou  mal  Hgufés.  Ils  le  lurent  communé^ 
ment  alTez  mal , depuis  le  lixièmc  fièclc. 
Cela  va  jufqu'à  menre  des  M pour  des 
H,  comme  dans  le  mf.  du  Roi  ]8io, 
.Pcuècrcxccic-cc , parccqu’alors  l'M  la- 


tine empraotoit  de  tems  en  tems  la  forme 
de  TH. 

Tandis  que  nous  Tommes  fur  les  let- 
tres grci]ucs,il  ne  fera  pas  mutile  d'ob- 
ferver  l'C  parfaitement  rond,  6c  l’S  ca- 
réc  , dans  des  monumens  de  plus  de 
800.  avant  J.  C , publiés  au  xvi^.  vo- 
lume des  Mémoires  de  rAcadéinie  des 
BclIes-lcttrcs.  Ce  fait  c(l  bien  opofe  aux 
idées  de  quelques  fav.ins  auteurs.  On  peut 
remarquer  aulTi  , fur  les  mêmes  monu- 
mens , les  crois  conjonébons  fuivantes  de 
Icnres  ^ U , fc  ra  , ^ tr.  Nousajou- 
ccroDS  encore  ici  quelques  lettres  grè- 
ques plus  récentes , pour  compléter  nos 
alphabets- 4 A A.  «C  Xtt  3 

Èe.  ih  r 71  t*.  J ^ Jl. 

A A -6-  î)  X ^8^ 

i H H H h H ^ A 

i>C.  >•  A'  iC  P -X  2* . 0 *0  . 

TT  -tf  7^  *1,.  î -V  . r y 7^. 
/Si  ï;  <S.i  X fh  5ft. 

tf%  J*.  Ô A A (D  üi . 900  A. 

En  raporcanc  (^)  l’épitaphe  de  Gordien 
Martyr,  la  feule  de  toutes  les  inferip- 
tions en  Icrcrcs  gauloifes  , fur  laquelle 
D.  Mabillon  croyoit  , qu’on  pouvoir 
compter  nous  nous  fommes  comcotés 
d’tnunucr  nos  doutes.  Mais  nous  conoiT- 
Tons  maintenant  tant  d*lnferipcions  en 
lettres  grcques , ou  partie  grèques  6c  la- 
tines , quoiqu’en  langue  Romaine  j qu'il 
nC  nous  ell  guère  po/Tible  de  nous  loidic 
cooiie  le  lutimcnc  de  ceux  , qui  ne 


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DE  DIPLOMATIQUE.  67 

■antres  pièces  juridiques  des  uns  & des  autres  , & plus  en- 
core des  Latins  que  des  Grecs  , en  font  témoins.  Ces  mo- 
numens  foumifl'ent  quelquefois  des  lettres  grèques  extraor- 
dinaires , qu’on  ne  prétend  pas  raflembler  ici.  On  fe  con- 
tentera d’en  avoir  mis  en  notes  quelques-unes , qui  ne  le  trou- 
vent pas  aflèz  précifément  figurées  , dans  les  alphabets  de 
notre  premier  volume. 

Parmi  les  lettres  grèques , dont  les  noms  font  empruntés 
des  nations  ou  des  villes  , chez  lefquelles  elles  ont  eu  cours , 
nous  avons  quelques  peinwÉL  ranger  les  (a)  Ephéfiennes  & 
Thraciennes.  L’ufage  en  füMcrné  à la  fuperftition  , qui  leur 
avoit  donné  l’être.  Les  magiciens  , au  raport  (^)  de  Plutar- 
tarque  , failbient  réciter  les  premières  aux  démoniaques  , 
fous  prétexte  des  prétendus  foulagemens  merveilleux , qu’elles 
pouvoient  leur  procurer.  Les  Grecs  s’en  fervoient  aufli  en 
guife  de  phylaûères  & d’amulètes.  On  croit  <^ue  les  livres 
(c)  brûlés  (i)  parles  Ephéfiens , après  leur  converlion , avoient 
raport  à ces  caraâères.  Les  lettres  thraciennes  , plus  com- 
munément apelées , cables  thraciennes  , paflbient  pour  être 
de  l’invention  d’Orphée.  Cependant  Pline  (</)  avance , que 
toute  la  Thrace  étoit  exemte  de  magie.  Les  lettres  folu- 
toires  ou  relaxatoires , litterce  folutorue  , défignent  une  au- 
tre efpcce  de  caraâères  ( z ) magiques  , dont  la  vertu 


veulent  pas  atribuer  anx  Gaulois  cene 
écriture  , à l'cxclulîoo  des  autres  peu- 
ples. L'inrcription  , dont  il  s'agit  , n'a 
dté  ,•  félon  (e)  M.  MaiFiü  , jugée  bar- 
bare , & de  Tancien  caraâére  gaulois , 
mélé  de  runique  ; que  parcequ'elle  ren- 
ferme quelques  lettres  minofcules  , qui 
ne  (ont  pas  ordinaires  aux  marbres.  Ce- 
pendant fean-Chridophe  Harenbcrg  \f) 
regarde  l'épitaphe  de  Gordien  , com- 
me alTez  conforme  à récriture  des  Ger- 
mains. 11  cite  meme  un  ancien  incetprète 
de  Cé(âr  , pour  prouver  l’nfage  des  let- 
tres grèques  , chex  les  Gaulois  & les 
Germains.  Mais  , comme  il  femble  fon- 
der fon  raifonement  , (ür  ce  que  les 
Druides  étoient  communs  aux  Gaulois  & 
aux  Germains  t il  contredit  ouTcrtement 
Céfac  , donc  voici  les  propres  termes  : 
Ctrmsiü  . . . ntjiu  Dntiiti  baient  , jui 


reheu  eUvinii  frtfim.  De  bcllo  Gallico  I.  (. 

( i)  Du  moins , aux  termes  de  l'écri- 
vain (âcré , ne  s'agilToit-il  que  de  livres  , 
ni  ttaitoient  de  chofes  curieufes  , mais 
c nulle  utilité.  Ainfi  l'on  ne  dévoie  pas 
avancer  , dans  le  DiéUonaire  Empclopé- 
dique  1. 1.  p.  Z J I,  que  les  premiers  Chré- 
tiens , ociώs  d'abord  uniquement  de 
leur  falot , ptulérenc  tous  les  livres , qni 
n'avoicnc  point  de  rapon  h la  Religion, 
famais  les  Chréticos  n'ont  fait  la  guerre 
par  principes, nianx.fcienccs, ni  aux  beaux 
arts.  S'ils  ont  détroit  qoelquea  chefs-d'oeo- 
vre  des  plus  fameux  artiftes  ; c'ed  à la 
venu  , c'ed  aux  bonnes  moeurs  , qo'ils 
en  ont  (ait  le  facrifice. 

(z)  Un  mf  de  j oo.  ans  {f)  de  la  bi- 
bliothèque Impériale  , en  langue  Alle- 
mande , contient  le  détail  des  foies  cé- 
rémonies , de  la  compoCtion  de  l'cnctc 

lij 


II.  PARTIE. 
S t c T.  III. 
c H A P.  II. 

folutoires , magi- 
ques , écléliafli- 
ques  : caraélères 
grecs  fut  les  monu- 
mens  & dans  les 
aâcs  publics  des 
Latins:  lettres  giè- 
ques  atribuéesaus 
Gaulois. 

(a)  Déprima  fer. 
erif.  em  netat  ad- 
jecù  C.  W.  Tm/s 
P-  itd  &fe<l<l. 

{b)  liha 

T.eptufi.  J. 

(c)  AS.  19  , I>. 


(d)  Lii.  ;o.  c.  I, 


(r)  DelC  ijferla  de 
Verena  p,  }Z9. 


(/)  Ui/leria  Ec- 
el^ia  Ganderihe~ 
enenfiteaih.  eel- 
tegiau  diplemaii- 
ta.  - Haaevera. 
>714- M 


(g)  Treie  itiJ, 
p.  JIJ.  }tt. 


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II.  PARTIE 

S I C T.  III. 
Ch  A P.  II. 


(«)  H,/l.  Aitgl. 
1.  +.  f.  zs. 

{h)  ht/i.  eccitf, 
hl'.  li.c.  li. 


{.-)  P-tf.  J77 

fl*' 


(d)  Pt.  XXXVI. 
71.  (J-  /un. 


68  NOUVEAU  TRAITÉ 

confiftoità  mettre  à couvert , difoit-on , des  liens  & de  la  cap- 
tivité , ceux  qui  les  portoicnt.  Il  eft  parlé  de  ces  lettres , 
dans  riiiftoire  {a)  du  vénérable  Bcde.  Celles  des  anciens 
Egyptiens  , & (lirtout  leurs  lettres  facerdotales  , n’étoient 
non  plus  , au  jugement  {b)  de  Rufin  , qui  avoit  voyagé  en 
Egypte  , qu’une  forte  de  (i)  caraûcres  magiques.  Mais  c’eft 
peutctrc  trop  s’arêter  fur  des  lettres  , qui  ne  méritent , que 
d’être  enfévelies  dans  Toubli.  Nous  avons  même  héfité  , fi 
nous  devions  parler  des  lettres  Ephefiennes  & Tliraciennes. 


Mais  quelqu’im  auroit  pu  s’ima 
caraftcres  grecs  , comme  des  1^ 
ques  : ce  qui  lèroit  une  grande  erreur , en  fait  de  littéran;re. 
Nous  nous  porterons  plus  volontiers  ^ s’il  eft  polfible , à 


r , qu’il  faut  juger  de  ces 
s Ioniques  èc  (i)  Atti- 


& du  rofcau , avec  lequel  dévoient  être 
écrites  les  lecties  > qu’on  faifutt  fervir  à 
de  fcinblablcs  opérations.  Les.  caraélcrcs 
magiques  de  toutes  les  façons  , plus  ex- 
travagantes  les  unes  que  tes  autres , fc 
trouvent  dans  divers  mil.  des  grandes  bi- 
bliothèques & des  cabinet^  des  curieux  ; 
mais  nous  n'avons  garde  de  nous  en- 
foncer  dans  des  recherches  auflî  vaines , 
dont  on  ne  pouroit  tirer  d'autres  fruits  , 
que  de  prouver  » jufqu'à  quel  excès  (Tc- 
garcment  peut  fe  porter rciprit humain, 
abondoné  aià  preste  corruption. 

(i)  On  n’a  pas  coutume  de  traiter  de 
magiques  les  lettres  facerdotales  des 
Egyptiens: quelque  rupcrflitieui que  fut 
(puvent  l’ufagc  , qu’en  faifoient  leurs 
prêtres.  Jurqu’à  préfent  les  favaos  n’ont 
pas  réuin  à les  dêchifrer.  Sans  favoir 
que  M.  Warbunon  eût  prétendu  , que 
les  Jctci^s  facrées  6c  communes  , s’il 
faut  les  difliDguer  , furent  formées  fur 
le  modèle  des  iîguics  hiétoglyphiques  i 
nous  avons  reconu  cette  dcfccnaaDce 
dans  notre  premier  (r)  volume  , au 
moins  à l'égard  de  quelqucs-uacs  : & 
pour  en  donner  un  exemple  , nous  avons 
fait  voir  , que  la.  lettre  O , commune 
aux  alphabets  des  Orientaux  6c  des  Oc* 
cidentaux  > flgoifiant  l'ail  en  Hébreu , 
étoir  reprcfcntéc  fous  cette  forme  parmi 
les  hiéroglyphes  » 6c  fuj^.  les  to\iu  dot- 
tes  des  murnics.  M.  lo  Gmuc-dc.  Caylûs, 
dans  Ton  exccUeju  VitfueU  {4) 

£^yftiennrs , a de  beaucoup  enchéri  far 
les  vues  diiiM*  Waibucton  > en  fkilàoc  un 


parallèle  de  it.  hiéroglyphes  avec  un 
nombre  égal  de  lettres  curlivcs  des  Egyp- 
tiens. II  Elut  y joindre,  un  fécond  parallèle 
de  fept  autres  hiéroglyphes  , avec  au- 
tant de  caraclères  d’une  infâriptioa  , mais 
dont  quelques-uns  reviennent  aux  pre-^ 
mters.  Quoique  cet  illudrc  favant  n'aic 
point  tenré  de  donner  au  public  un  alpha- 
bet Egyptien  > il  eût  pu  fans  douce,  s’iK 
i'cûx  voulu  , établit  une  forte  d'analogie,., 
au  moins  conjeéiuralc  , entre  plulicurs 
des  caraélères  comparés , 6c  ceux  efes  Hé- 
breux , des  Samaritains  6c  des  Grecs.  ^ 
Ç’auroit  peuterre  été  quelques  pas  de 
plus  vers  la  conoifTance  de  réertrure 
Egyptienne  , qui  manque  à la  Républi- 
que des  lettres.  Malgré  les  avances  , que. 
nous  tirerions  de  fes  travaux  j nous  n'o- 
ibns  pas  hezarder  ce  qu'il  n’a  pas  juge  à 
propos  d'entreprendre. 

Quelques  uns  pouroicnt  néanmoins  re- 
garder ces  écritures  , plutôt  comme  des 
caraétcrcs  de  Bafîlidicns,  que  comme  des 
'monumens  de  la  haute  antiquiré  Egyp- 
tienne. Sans  parler  de  pïuficurs  figures  , 
autauc  du  goût  de  ces  fameux  hérériques,^ 
que  des  Egyptiens;  le  nom  de  J ESI/ 
qu’on  lit  a la  planche  xi.  col.  y.  li^.  $. 
I^pouroit  faire  atrîbuer  ces  pièces  a de 
faux  Chrétiens , anciens  ou  modernes  ^ 
qui  cepeodant  auroient  copié  des  ca- 
raâêres  antiques  , propres  aux  Egyp» 
tiens. 

(i)  On  peut  voK  ce  que  nous  avons 
dit , au  fujet  de  ces  lettres , t.  r.  /.  6 34^. 

^8i.  r.  1.  r.  i.  art.  i. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  €9 

contenter  la  louable  curiofité  de  ceux  , qui  voudrolent  (à-  ^ 

voir,  ce  qu’on  dok  entendre  par  écrire  en  (i)  lettres  éclé- 
fiaAiques.  Cuaf,  ii. 

Les  expéditions  des  a£les  , drelTés  par  les  Tribunaux  fé- 
culiérs  , étoient  rédigées  fur  des  rouleaux  de  papier  d’Egyp- 
te , apelés  volumes.  Ils  étoient  écrits  en  lettres  curfives  , af- 
•fez  compliquées  , mais  fort  lifibles  pour  ces  tems-là.  Les 
écléfiaftiques  au  contraire  portoient  les  copies  des  aûes , 
qu’on  nommeroit  aujourdui  grolTes  , fur  des  livres  coupés 
par  les  bouts  , à peu  près  comme  les  nôtres.  De  là  le  nom 
<le  (z)  tome , qui  fignifie  tranché  , coupé.  L’écriture  ^ dont 
ils  ufoient  alors  , n’étoit  pas  la  curfive  , mais  l’onciale  ou 
kl  minufcule.  C’eft-là  , félon  toutes  les  aparences  , ce  qu’ü 
faut  entendre  par  lettres  écléfiaftiques. 

On  ne  fera  mention  des  lettres  dominicales  du  calen-  — ^ r-- 

drier  , II  connues  de  tout  le  monde  que  pour  obferver  , ’ 

quelles  n’ont  nul  raport  à la  matière  que  nous  traitons. 

II.  Tory  (a)  s’étoit  perfuadé,  qu’avant  les  Romains  ; non  retendues  fettre» 
feulement  les  lettres  grcques , mais  encore  les  (3)  hébraïques  gmioifcf  : itmcf 


( 1 ) On  a parM  de  lettres  cck^fîaftiqucs, 
prifes  dans  un  autre  fens  , t.  i.p.  1)9. 

ici  «jucAiOn  de  lettres  grcques.  M. 
TIeori  {h)  laportc  , d’après  Tèpiloguc  d’A- 
^tboo , kiUrd  (c)  au  VI*.  tome  des  Con* 
cilcs , que  ce  diacre  de  C P.  mit  au  nec^ 
en  lettres  écUfMjiiques , tous  les  :emes  des 
aAetdu  Vr  Concile  gtfnéral , qui  furent 
auflitoLfcell^s  & ddpofës , danr  le  palais 
4e  l’Empereur.  Ce  même  Agachon  , en 
qualité  de  Qoeaite  ^ aToit  écrit  en  minute 
ou  en  noces  , avec  pluileurs  autres  ad- 
joints t les  aâes  du  même- Concile , qu'il 
rédigea  depuis  i loiAr  en  lettres  ecUfiaf- 
signes , apclêcs  amEpar  opoEtion  aux  1er- 
ties  Jaïquesi  Suivant  l’ancien  ulàge  des 
tribunaux  Romains  , même  depuis  que 
les  magiArats  curant  embraflé  le  Clirif 
tianifmei  tout- ce  qui  s y difotc  far  une 
afairc  , une  de  la  parc  des  gens  de  Juf- 
tice  , que  des  perfones  int^elTêes  , s’é- 
crivoit  en  même  cems , qu'il  éroir  pio- 
noncé.  11  faloit  pour  cela  , que  les  no- 
uires  employalTenc  les  notes  dcTyron, 
ou  une  écriture  coulée  , pleine  d'abré- 
vcations  , ca  atteodanc  qu'ils  le  oilTent 
au.  na> 


(1)  M.  rieuri  aoroic  pu  , dans  locafîon  («)  Vart  it  U 
préfente , éviter  de  mettre  le  mot  volumt  fitence  de  U vrmie 
pour  celui  de  terne.  Le  premier , comme  fropertion  des  /«- 
on  fait , rire  fon  origine  de  velvere  roa*  tres.fel.  it. 
lcr,  veittmen  rouleau  » & le  fécond  de  . 

T.>«  Km»,  couvé.  (?)  fiv*- 

(})  Il  en  aleguoit  pour  preuve  uni  *" 

grmdi  film  , qu'il  avoir  vue  » en  l'hô- 
» tel  de  Fefeamp  , fitui  en  rUniverfied  (c)  Lslti  lim.  S.- 
» de  Paris , où  font  , dit-il  , graYdet  ai.  140}.  14041. 
a maintes  bonnes  lettres  hébraïques  : pa- 
a icillemcnr,  continue-t-il  , j'en  ai  vn 
a deux  autres  pierres  auflï  gravées  en 
a Hébreu  , qui  Ibnt  en  la  mueaille  de  la 
a court  de  la  maifon , où  pend  pour  l'cn- 
a feigne  de  trois  boittes  , aflife  en  lame 
a de  la  Harpe  , droit  devant  le  bout  de 
a la  me  du  Foin.  J'en  ai  vu  audî  une  au- 
” tre  pràs  les  Coideliets  , qui  fut  trou-  '■ 

a vée  en  la  place  , où  eft  de  ptéfent  édi. 

.1  liée  une  mailbn  neuve,  qui  eft  entre 
.a  la  porte  de  llIiiiverCcé  pour  fottir  à 
a S.  Germain  des  Prés  te  Icfdiclz  Corde- 
-a  deliers,  te  de  ptéfent  y ell  cncores  à 
a dciny  eferipte  , pour  autant  qu’on  l.'a 
a rciailicc.  Et  la  fait  on  fetvit  foubs  un 
a cfgout.  « On  a fujet  de  cioirc , car. 


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II  PARTIE. 

S Z C T.  III. 

Chat.  II. 

fcriptimlcs  & rab- 
bioicjucs  : nomi 
des  lettres  hébraï- 
ques en  France,au 
Itzicme  liccIe,<IaDS 
lestnlT.  latins  : ad- 
ditions aux  lettres 
étrufques  : aboli- 
tion des  lettres  tu- 
niques dans  le 
Nord  : lettres  des 
Francs  Si  des  Bté- 
tons. 

(a)  Vtir  îJlariM 
di  Verats  lit.  XL 
x»l.  iXf. 


70  NOUVEAU  TRAITÉ 

avoient  eu  cours  dans  les  Gaules.  Quoiqu’il  procédé  en 
preuves  par  monumens  , fur  la  vérité  defqueb  on  n’a 
pas  fujet  de  contefter  ; nous  n’en  jugerons  pas  plus  favora- 
blement de  lès  prétentions. 

M.  Mafféi  s’étant  propofé  de  faire  remonter  fort  haut 
l’age  de  l’écriture  courante  , & voulant  tirer  une  induûion 
en  fa  faveur  de  celle  des  Juifs  ; de  quelle  antiquité  , s’écrie- 
t-il  , n’eft  pas  chez  les  (a)  Hébreux  , l’écriture  rabbinique  , 

Îui  n’eft  autre  que  la  curCve , diftinguée  de  cette  manière 
’écrire  majeftueulè , ^lée  feriptur^e  ! Il  pouroit  (è  faire  , 
que  les  Rabbins  auroient  eu  de  très-bonne  heure  une  écri- 
ture curfive.  Mais  le  favant  Marquis  auroit  vraifemblable- 
ment  bien  de  la  peine  à en  faire  la  preuve.  Loin  de  pouvoic 
produire  de  l’écriture  rabbinique  d’une  antiquité  fort  recu- 
lée ; on  n’a  pas  meme  encore  montré  de  mlT.  hébreux  ea 
feripturaU , certainement  plus  anciens , que  le  dixième  fiècle. 
D’ailleurs  (1  la  curlive  rabbinique  eft  fi  ancienne  ; pourquoi 
la  Germanique  eft-elle  encore  fi  peu  liée  ? Les  lettres  ferip- 
turales  ont  pris  ce  nom  des  faintes  Ecritures  ; parcequ’elles 
fervent  à les  tranferire , te  que  les  Juife  ne  croient  pas  per- 
mis de  les  copier  en  d’autres  caraâères. 

' Au  V.  ou  VI'.  fiècle  , chez  les  Latins  , plufieurs  lettres 
hébraïques  portent  des  noms  (i)  un  peu  diiérens  de  ceux,' 
^u’on  a coutume  de  leur  donner. 


ces  infcriptioDS  h&nïaites  ne  loDt  qne 
des  ^phaim  es  de  Juifs  déplacées.  On  en 
«rouve  de  remblabics  en  bien  (raacies 
villes  de  France , Si  des  n>;raames  voi- 
fins  : & d’ailleurs  l'ancien  cimetière  des 
Juifs  a'étoit  pas  éloigné. 

.(1)  Danslepfeaiune  BejUiïi)»»«rii/4(> 
du  pfeauciec  , en  lettres  d'or  & d'ar- 
gent , de  S.  GcAnain  éseque  de  Paris  ; 
siod  eft  apelé  Ipih  , le  lamcd  Itbd  , le 
smn  Btnn  , le  famech  fmneh.  Quelques- 
sins  de  ces  caraétères  conferrent  les  mè- 
anes  dénominations , qu'ils  ont  aujottt- 
dbiii.  Les  autres  n'en  ont  aucune.  Un 
mC  en  notes  de  Tyron  do  vti.ou 
VI 1 1’.  fiècle  mec  pour  zain  nsi  , pont 
iod  üt  . pour  lamëd  lunch  , pour  fa- 
mée ftuncth , pour  jw  ft  ,pour  fehin  ftn. 
Vaaaaei»r.'Mhttiuèai«  fiècle, lèonidant 


crois  veslïoos  des  pfêaoraes  ï répète 
autant  de  fois  les  lettres  hébra'ïques,  dana 
le  pfeaume  i iS  : mais  ne  difere des  nâ- 
tres , que  dans  le  delah  pour  dalctb  , W 
xsi , Tûih  , le/>  , le  /n>.  La  'même  no- 
mehclature  a lien  dans  Falphabet  de  Ra- 
ban  , à l'exception  dn/<  ; mais  on  y voie 
de  plus  Umteh.  Tous  les  alphabets  des 
lamentations  de  Jérémie  du  mf.  iy.de  S. 
Germain  , écrit  en  toy.  font  conformes 
à l'hébreu  d'apcéfeoe  ; fi  ce  n'eft  à l'é- 
gard du  dtlcth  Si  do  ùth.  Les  méaiet 
dénominations , lavoir  le  nsi,  le  Umtch 
Si  le /mh  pour  le  fehin  teparoifiTent  dans 
un  autre  mf.  poftérieur  de  douze  années. 
Du  tefte  l'alphabet  hébraïque  de  Rabaa 
eft  conforme,  quant  anx  figures,  à la  plu- 
part de  celles  , qu'on  a ceptéfentées  uns 
notre  ptemiet  tome  , planche  Y n I, 


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DE  DIPLOMATIQUE.  71 

Nous  ne  rapelerons  ici  les  lettres  Etrufques  , que  pour  (i) 
enrichir  l’alphabet  général  de  notre  premier  tome  de  quel-  partie. 
ques  caraélères  , que  des  monumens  nouvellement  décou-  c 
verts , nous  ont  fait  conoitre. 

Nous  croyons  avoir  donné  une  idée  rufifante  des  lettres 


f apres  le  mf.  royal  i j 4«-  Quelques  unes 
ont  plus  oa  iDoifiS  d afinicé  avec  les  carac- 
tères des  deux  alphabets  du  mf  17.de 
Tabbaïc  de  S.  Germain  des  Prés.  Nous 
n’en  relèverons  pas  les  diftrcnces.  Tout 
autre  peut  les  remarquer.  R^ao  e(l  trop 
commua , pour  que  la  comparaifon  fait 
fort  dilîcile.  D.  Calmct , dans  fa  Biblia- 
Ltrrswt , dit  avoir  remarqué  des 
iCaraèlères  hébreux  èbrt  diférensdes  nôtres, 
dans  plulîeura  anciens  mlT.&fur-touc  dans 
ceux  des  abbaies  de  Thole)r,  de  Muibach 
de  de  S.Gal.  Ils  revieoneoc , fcloa  lui,  aux 
«araélcrcs  Samaritains  ou  anciens  Hé- 
breux. Qu’il  nous  Toit  permis  de  douter 
de  cette  tcnemblancc.  Peutétre  e(l  ellc 
plus  réele  avec  les  prétendus  alphabets 
nébreux  des  mlT.  latins  • publiés  dans  no- 
tre premier  corne.  11  en  cR  à peu  près  de 
même  de  l’alphabet  hébreu  du  mf.  1-5&. 
du  Roi.  Les  formes  de  Tes  lettres  fc  ra- 
porteot  à celles  des  deux  mlT.  cités.  La 
figure  ffp  du  famech  cil  celle  de  toutes, 
oui  s’en  écarte  le  plus. 

(0  -A  JH  hM. 

9 f.f  M M , Ue  ce  nombre  n^n- 
noins  , quelques  lettres  nous  paroiflent 
Joutcuîes  I quant  à l'aptopriation  à tel  ou 
«cl  élément.!!  n'en  ell  toutefois  aucunes  , 
•CD  faveur  dcfquellcs  un  on  pluiîeurs  de  nos 
rtllauratcurs  modernes  de  rdtrufque  ne 
fe  Ibicnt  ddclatds.  Si  l'on  s'en  raporte 
(«)  à l'un  des  plut  célèbres } il  fàudroit 
encore  joindre  à notre  C le  ^ & Je  3'. 
Quoique  la  ligure  3 ■ pourdclîgner  le  t 
■e  fait  pas  iuceruine  , fit  que  le  meme 
auteur  Ufe  OiA  po"  • en  prenant 
l'I'  pour  le  £ ; U elHi  décidé  (é)  pont  leP 
éttufquc  i qu'il  n<  balance  point  à lire 
EBIS  , pour  déllgnct  Hébé  épaule  de 
Hercule , mot  qu'on  avoit  toujours  lu 
ETHIS  auparavant.  Mais  lî  M-PalTcri  lé- 
«endique  aux  Etiufques  le  S cooue  M. 
Cori  i il  agit  avec  lui  de  concert  , pour 
Icas  enlévci  l'O.  Une  des  plus  fones 


preuves,  qu'on  aitaportées,  pour  leur  cen- 

fetver  cette  lettte  i c'ell  qu'elle  fe  trouve  , , , « 

dans  l'HERKOLE  d'une  patèie  de  la  ta-  , . V 1'  , 

bic  VI.  de  Dempfter.  Mais,  dit  il , fi  elle  J"‘ 

renoit  (r)  lieu  d’une  vraie  lettre  i on  ne  ■'*7^ 

l'aurait  pas  faite  plus  petite , que  les  'H"/* 

autres,  ni  déplacée.  Et  qu'on  ne  loi  ré- 

ponde  pas  , que  le  graveur  s'apercevant  *J'”*“* 

de  fomilGond’nn  O , l'aura  mif  après  T'”  ' ^ ^ 

coup.  S'il  eût  été  fi  fcrapulcux,  U auto»  '74*- 

ajoute  une  F , qui  manque  , félon  lui , 

dans  le  nomvoifio  MENREA  , an  lieu  de 

MENERFA  : la  néccllitéde  cette  F étant 

prouvée  pat  les  pAères  v.  fie  vi‘.  du 

même  ouvrage.  Qu'il  foit  permis  de  re-  (i)  DlJJrrt.  it 

pliquer  I °.  qu'on  rencontre  lot  divers  mo-  HtUnifm*  Etntf, 

numcoi  bien  des  exemples  de  lettres  fmf.  jo. 

plus  petites  ou  déplacées  ; fans  qu'on 

en  puilTc  conclure , que  ce  ne  font  pas 

de  véritables  lettres.  x°.  Nous  avons  leus 

les  yeux  la  Cxième  planche  de  Deaipfter. 

L'o,  quoique  plus  petit , n'y  eft  point  hors  (e)  JM.  ».  4»; 

de  fa  place  , fit  MENERFA  s'y  trouve 

écrit  à côté.  ) *.  M.  PalTeti  loi-meme  con- 

vieot,que  cette  lettre  oc  manque  pas  à la 

lïxicmc  patère , qu'on  ne  lâutoit  dillin- 

guet  de  la  fixième  planche.  4°,  Quand  la 

lautc  fetoit  rèele  ^ fuivant  M M,  Gori  fie 

PilTetl , chez  les  Ecrurques,!!  y avoir  plu* 

d'une  manière  de  pionoocet  MENERVA. 

La  diminution  de  l'«  n'cft  pas  rate 
fur  les  monumens  antiques  ; parriculiè- 
rcmeoc , letfqu'il  clf  bref.  Quant  au 
de  M.  Gori  , qu'il  rend  par  le  K ; nom 
ne  lui  envions  point  l'honneur  de  cette' 
découverte.  Mais  pourquoi  nepoaraic-oa* 

: pas  lire  HERTVL  > Qui  ne  conooit  la 
traBfmutation  du  T en  R chez  des  peuples 
alTcz  voifios  de  ceux  d’HcxcuIanc  ? Ce»-' 
l' deux  lentes  dévoient  donc  Itre  pour  eux' 

; d'une  prononciation  peu  diférente.  Par 
cette  lolution  l’on  évite  d'atribucr  au  K 
une  figure , qui  ne  femble  pas  trop  na- 
turelle , ni  ifftz  ualogue  avec  celle  du  > 

I K Etatique.  Au  centmire  elle  ed  puiàitn-- 
l.ment  aflônieauT. 


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71  NOUVEAU  TRAITÉ 

II.  PARTIE  même  volume.  Il  né  nous  refte , (ju’ï 

Se  CT.  III.  f^re  quelques  obfervations  fur  leur  durée  & leur  abolition, 
c H A P.  II.  Avant  rintrodudion  des  lettres  (a)  latines  dans  le  Nord  ; les 
runes  étoient  également  en  ufage  chez  les  Suédois  , les 
#4"  & «‘mim,  Norvégiens , les  Danois  & les  Idandois.  Sperling  , comme 
•nuquà  ghrii.  on  l’a  (^)  remarqué  , les  fait  celTer  totalement  au  XV'.  Cède. 
cçmmem»rioiusO-  L’autcuT  .dcs  Chroniqucs  Suédoifes  .livre  premier,  raconte  ’ 
Ji»fnU.—  1 6J4.  raport  de  (c)  Wormius , qu  Olaus  Scotkomng  roi  de  Suède 
f- 80-  . abolit  les  lettres  runiques  par  une  loi  : or  ce  prince  mou- 

(i)T<rm.i.;.7ii  rut  en  loi 8.’ Notre' auteur  ne  lailTe  pas  de  fupolêr  , que 
(f)  litttrutHrM  les  runes  fe  feront  encore  maintenues  quelque  tems  chez; 

IJ4.  les  particuliers  depuis  cette  ordonance.  Les  runes  avoienc 
déjà  commencé  à tomber  dans  un  grand  diferédit  , fous 


M i'Ugrû  Crifi  (r)  Quelques  ïuteurs  (/)  en  diftinguent 
V .F , dt  runis  Hr?-  de  deux  Ibrtes  ; les  runes  ordinaires  & 
celles  de  la  province  de  Hellîngue  en 
Suède.  Les  premières  n'exigenc  pas  de 
• ■<  ■ ■ nouveaux  èclaircilTemens  : Tes  fécondés 

- n'onr  belbin  , que  de  l'addicion  des  per- 

pendiculaires  . communes  aux  autres , 
pour  leur  redembler  avec  la  plus  grande 
«xaâirude.  Ainlï  pat  l’addition  d'un  trait 
aux  unes  , ou  par  la  (budraèlion  du  même 
trait  aux  autres  , toute  difèrence  celTe. 
M.  Eclchan  (r)  dillingoe  aulli  deux  for- 
tes de  runes  , les  communes  b les  ma- 
giques : diflinèlion  qui  n’emporte  pas 
divetfiré  de  caraèières.  Notre  auteur  hait 
les  plus  grands  èforrs  , pour  enléver 
aux  peuples  duNord  l'invencion  des  runes, 
b pour  la  revendiquer  à là  nation.  Qu'ils 
ne  fe  glorifient  pas,  dit-il , de  l’anriqui- 
ti  de  leurs  runes.  Nous  en  avons  fait 
ufage  longrems  avant  eux.  Il  cite  en 
preuve  ces  vers  de  Vènance  Fortunat  : 

E«rd«r«  (/)  frMxintit  finiMur  rn»» 
umUit , 

Qiudqiu  ffj/rm  agit  , virgiJs  flan» 
valet. 


(r)  Cemment.  de 
reins  franc. 
Orien.t.i.Ub.  tf. 
f.  Il*' 


if)  ta.  7. 

Ctirm.  11. 


'Or  par  bartara  rsm»  , Fortunat  dèligne 
récriture  des  Germains  : puilqu’il  entend 
ailleurs  par  Barbarie  , la  Gennanie  b la 
•Q)  Ibii.  f,  4I#J  France.  Mais  on'regardoit  alors  comme 
barbare  quiconque  n’étoit  ni  Grec  ni  Ro- 
enaiu.  Fortunat  conoilToic  les  Goths 
d’Italie  b d’Efpagne.  Ces  peuples  avoient 
ppotté  avec  eux  quelques  BoauiQcns  de 


leurs  runes  : c’eft  à quoi  le  Poète  Hue 
allnfion. 

M.  Eckhar:  ig)  n’ell  pas  plus  heu4 
reux  , quand  il  fait  abolir  les  runes  ger> 
maniques  par  faiat  Boniface  : fout  pré- 
texte qu'il  interdifoit  par-tout  les  pbp- 
laâères  , amiilètes , b ligatures  fupetfti- 
tieufes.  Mais  les  runes  en  étoieor-elles 
inféparables  ? A ce  compte  leur  ulâge 
antoit  été  commun  en  France  , en  Ica. 
lie  , en  Grèce.  Nous  y voyons  la  fuper- 
Ibition  des  phylaâcrcs  très  acrédicée  , aa 
huitième  (iècle.  Les  faints,  qui  s’élévè- 
rcnc  à Cooftantinople  contre  ce  relie 
d’idolâtrie  , s’oposèrenc-ils  doac  à l’ufage 
des  tunes  en  Orient  î Les  tunes  vien- 
nent de  trouver  un  nouveau  déitnfeac 
en  Italie  , dans  la  perfone  d'un  ano- 
nvmc  , qui  a publié  en  17 J i.  une  bro- 
enure , fous  le  tiCTC  de  Unev»  Tra^sfu.- 
ratitite  delle  lettère  Eirufehe.  Toutes  les 
écritures  prifes  jufqu'à  préfent  pour  étruf- 
ques  font  runiques  , félon  lui.  Les  Gotha 
répandus  en  Italie  les  écrivirent  ou  les 
firent  graver.  L’idée  paroit  originale  , 
mais  elle  n’ed  pas  neuve,  Plufieurs  la- 
vans  du  Nord  , zélés  pour  leur  runes 
ont  (eutenu  la  même  thefe.  Ils  l’onc 
étendue  aux  médailles  Elp^noles  b Pu- 
niques. Ils  n’en  font  pas  encore  demeu- 
rés là.  Les  runes  , à les  entendre  , Ibnt 
la  fource  de  toutes  les  écritures;  Nous 
ne  croyons  pas  devoir  réfuter’ lérieufe-, 
racnc  des  wiaginatioas  li  fingulictes. 

Lrri() 


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DE  DIPLOMATIQUE.  73 

*Errîc  le  viûorieux  , père  d’Olaüs  Scotkoning.  En  Dane-  ^ 

mark  elles  ont  duré  bien  davantage.  Wormius  cite  en  preu-  *sg<,V*n  ^ 
ve  les  Fartes  danoifes  , portant  pour  date  l’an  1328.  Mais  chap.  ii’ 
déjà  les  runes  n’étoient  plus  d’un  ulàge  aufli  commun  , que 
les  caraélcres  latins.  Les  prémières  ne  furent  profcrites  par 
aucun  decret  chez  les  Danois.  Infenfiblement  ils  s’acoutu- 
mèrent  aux  lettres  latines  , introduites  avec  la  Religion 
dans  le  Nord.  Elles  ne  furent  (a)  portées  en  Iflknde  par  les  «7.’ 

• Danois  , qu’au  quarorzicme  ficcle,fous  Valdemar  IV'. 

Les  lettres  & les  prétendus  alphabets  des  Francs  , fous 
les  noms  de  Warthalae  , de  Doracus  d’Hicluis  , nous  pa- 
roirtent  trop  fufpeâs , pour  nous  en  ocuper  férieufement  : ♦ 

d’autant  plus  qu’on  ne  reconoit  (i)  ces  caraéfères,  dans  au- 
cun monument  de  la  langue  de  nos  ancêtres.  Nous  ne  ju- 
geons pas  plus  avantageuTement  de  ceux  (2)  des  anciens 
Brétons.  • 


(i)  Cependant  (A)  Hickes  , dont  la 
critique  eft  ronvent  ftvire  à l’excAs , 
'Combat  VoflTius  & le;  autres  auteurs  , 
qui  ont  jugé  peu  favorablement  de  l'al- 

Îhabet  des  Francs.  Il  néfout  parfaitement 
ien  l'objeâioa  , tirde  de  Tacite  De  m»- 
ribmGtrmmerMm,  par  laquelle  on  prdten- 
doit  prouver,  que  les  Germains  n'avoient 
nulle  conoilTance  des  lettres.  II  apuie  fur 
le  témoignage  de  l'abbé  Trithcme  , qui 
avoit  cité  l'aJpliabct  de  WalFbalde  d'un 
oif.  (î  vieux  , qu'à  peine  en  pouvoit  '^n 
diftinguer  les  caraélères.  Il  ajoute , que 
l'alpbabet  de  Doracus  fe  trouve  dans  le 
ml.  de  Hunibalde , & qu'outre  les  grands 
raports  , qu'ont  ces  deux  alphabets  avec 
plufenrs  lettres  gréqncs  & runiques  ; ils 
en  ont  de  plus  avec  celles  <fun  très- 
ancien  mf.  des  Evangiles  de  l'églife  de 
Lichclield  , écrit  en  lettres  onciales.  En- 
fin il  conclut  , que  la  cenfure  de  Vof- 
fius  contre  Hunibalde  manque  du  côté 
de  l'équité.  Mais  la  plupart  des  favans 
ne  font  pas  plus  favorables , que  Vollîus  , 
à cet  auteur  &buleux.  Quelques-uns  ne 
le  croient  même  , que  du  douzième 
fiècle.  An  relie  Hickes  découvre  des 
traits  de  conformité  entre  les  alphabets 
francs  & fon  mf.  de  Licheficld  , où  d'au- 
tres en  trouveroient  de  dilTemMance.  Tl 
confond  la  figure  de  quelques  Ictties  , 

Tome  IL 


pour  n'avoir  pas  fait  atencion  à Icufs  {^)  GrMmmatirs 
tranfmutiitions  réciproques.  Quoique  p.  t, 

M.  Bourguec  aie  pris  la  peine  de  tirer  de  4* 

Trithcme  ces  alphabets  des  Francs  , &dc 
les  inférer  dans  (bn  Recueil;  il  ne  laiilè 
pas  de  les  traiter  de  cbimcriqucs.  Et  cciE 
l'opinion  , qui  nous  paroit  incomparable'* 
ment  ta  plus  fure.  Au  premier  coup  <Ta;il, 
entre  Talphabct  de  Doracus  & le  mf.  de 
Lichefîeld  > on  croit  apercevoir  beaucoup 
de  rclTcmblaDce.  Elle  difraroic  , dès 
qu'en  détail  on  compare  chaque  carac- 
tère. Ce  mf.  n'cft  réellement  , qu'une 
écriture  Anglo  • faxonc  caréc  j avec  un 
très -petit  nombre  de  lettres  (înguliè- 
rcs.  Hicices  Tupofe  , que  dans  fon  mf.  la 
même  figure  H ferviroir  pour  le  p , Je 
ph  & l'ivf.  L'exemple  alégué  de  fa  part 
n'anonce,  qu'une  faute  de  copifle  , ou  un 
changement  de  Pen  M,c(5mmc  étant  let- 
tres du  même  organe  , S:  par  conféquent 
fort  fujcccs  à être  lubO^icuccs  les  unes  aux 
autres, 

(t)  D.  Hyacinthe  Morice  nout  avoir* 
communiqué, d'après  D.  le  PeUcrier,  deux 
alphabets  fe)  des  anciens  Brérons  Armori-  f/)  4 l* 

cains.  Mais  Us  om  tonc  l'air  d avoir  été  fin  de  Uprgfjta  àh 
faits  à plaifir.  AufTi  n’aw.nvnous  p.7S  cm  diJhKmire  de  Is 
devoir  les  publier.  M.il  à-propos  vou-  Unguf  R .* 

droit'on  les  apuyer  fur  deux  îuGrnpt/onsj  p-.Uié  k Paris  en 
l'une  trouvée  à riouviu  , au  diocefe  de  175a» 

K 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Chap.  II. 

Ictrrcî  des  Iilan- 
dois  : peut  - on 
compter  fur  leur 
vente  ? l’antiquité 
de  leurs  earaélércs 
éc  de  leurs  mlT. 
cil  elle  fulîram- 
jficaL  coallatée  i 


(jt)  Msf/ff.  Paris, 
Viu  Ahbatum  S. 
Albani. 

1^44. 


74  NOUVEAU  TRAITÉ 

III.  Les  Irlandois  fe  glorifient  d’avoir  eu  un  alphabet 
particulier  , avant  leur  converfion  à la  Religion  chrétiennei 
Ils  l’apellenc  Beth-luis-nion  ; pareeque  le  ^ , 1’/ , \'n  en 

furent  les  trois  premières  lettres  , & que  ces  mots  en  leur 
langue  fignifient  trois  fortes  d’arbres  fort  communs  , donc 
ils  tiroient  les  tables  &c  les  écorces  , fur  lefquelles  ils  avoienr 


Léan  , l’aucie  à faiat  Micbcl  de  Grève,  au 
diocère  de  Tréguier.  A peine  y pouroit- 
on  découvrir  une  lettre,  qui  Te  rapottât  à 
celles  des  prétendus  alpnabets  Btétons. 
On  ne  fait  même  , u loii  doit  trop 
compter  fut  ces  infetiptions.  La  plupart 
des  lettres  y font  conformes  aut  nôtres. 
£n  renverumt  la  premicte  on  lit  ail2- 
ment  un  mot  latin.  Les  deux  , qui  le 
précèdent  &:  le  fuivent , pouruient  être 
des  noms  propres.  Le  dernier  répond 
peutètrt  à durer.  La  dcusicme  fcmbic  dé- 
buter par  les  voyelles  de  l'alphabet , en 
répétant  TA  & l'O  par  deux  fois  : fuit  le 
mot  lAy.  Le  ttoilicme  8c  dernier  mot  cH 
aparammene  un  nom  propre.  Du  relie 
on  n'a  garde  de  faire  de  grands  éforts  , 
pour  déchifrer  ces  deux  infcriptions  , 
qui  pouroicnt  bien  n'étre  qu'un  jeu. 

Vers  la  fin  du  dixième  ficclc  , ou  le 
commencement  dn  onzième,  Eailmet  (a) 
Abbé  de  faint  Alban  , faifant  faire  des 
démolitions  conlidétabics  à Wctbm  ou 
Wéiulam,  ville  ruinée  à une  journée  de 
Londres  ; on  découvrit  un  dépôt  de  ma- 
nuferits  , dans  la  concavité  du  mur  d'un 
ancien  palais.  Là  , parmi  quelques  petits 
livres  8c  rouleaux  , un  volume  fixa  par 
Ton  élégance  la  curlolicé  des  Ipcéla- 
tenrs.  D'abord  il  ne  fe  trouva  petfonc 
capable  de  le  déchifrer.  Enfin  un  Prêtre 
cxcrcmcmcnc  aeé , mais  fort  habile  dans 
la  conoWIâncc  des  vieilles  écritures  , des 
idiomes  8c  des  amticjuités  britanniques , 
vint  à bout  de  le  lire  8c  de  l'cnteodre. 
Au  raport  de  Mathieu  Paris  , l'écruure 
8c  la  langue  de  prcfquc  tons  ces  mlT 
ésoient  cclice,  douc  onufoic;  lorfqoe  la 
ville  de  Wérulam  fublifloic  encore.  C'efl 
pcucctrc  la  meilleure  preuve  , qu'on 
puilTc  alégucc  en  faveur  de  I écriture 
patticuliète  aux  Btétons.  Elle  ■‘eA  toute- 
fois pas  décifive.  Il  fufifoic  que  ces  ca- 
raélèrts  , foit  romains  , foit  anglo- 
âuoBsfuilêQC  du  v ouvif.lièdc,  pour 


paroictc  indéchifrablcs.  Que  rcAoit-il 
apres  cela , finon  d'en  faire  honneur  aux 
plus  anciens  habicans  du  pais  i Quoique 
notre  hiAorien  ait  pu  fuivre  de  bons 
mémoires  ; comme  U n'en  fait  aucune 
mention  , il  lailTe  la  liberté  de  croire  .. 
qu'il  fe  fera  fondé  fur  quelque  traJicioa 
furanéc.  Ainli  le  fait  n auroit  pour  apui  , . 
qu'un  témoignage  poAérieur  de  plus  de 
deux  ficelés.  11  cil  d'ailleurs  un  peu  fâ- 
cheux , pour  la  vérification  de  cette  dé- 
couvcitc  , que  les  mlf.  aient  été  con> 
damnés  au  feu  ; zuljitôc  qu'ils  futenb 
rcconus  , pout  renfcimcc  des  fupetAi- 
tions  payennes  : plus  faclicux  encore , 

3ue  ce  beau  livre  , coutenaot  l'hiAoire 
c faine  .Mban.n'atendlc  que  le  moment., 
où  elle  fcroïc  mifc  en  latin , pour  fe  ré- 
duite audâiût  en  poulTière.  Il  n'exiAoie 
donc  plus  de  monument  ^cs  faits  rapor- 
tés  , au  tenu  de  Mathieu  Paris.  Mais, 
quand  lent  vérité  fetoie  inconteflablc  i 
quelques  mots  lâchés  pat  notte  auteur  , 
feroicne  douter  i fi  ces  livres  n'éioient 
pas  en  Anglofaxon,  8c  pour  la  langue 
Scgouc  l'écriture  : Antijim  dit-il. 

vel  Briimniet  $dummli  cmfiriflum.  Les 
mêmes  mlT.  aptenoicnt  les  invocatiooet 
8c  les  rites  du  culte  rendu  pat  les  \é- 
rulamoisà  Mercure,  à qui  ilsacordoienCc 
le  fécond  tang  parmi  leurs  faux  dieux.. 
8c  qu'ils  adoroicnt  fous  le  nom  de  W'o- 
den  , coofervé  dans  celui  do  mercredv 
des  Ai^lois.  Qt  il  s'y  maintient  ciitÿse- 
aujourdui  : au  lieu  que  le  bas  Oiétoo. 
8c  le  Galois  emploient  pour  l'cxprimer- 
un  autre  terme.  Pat  conlSqucnt  on  doù- 
atribucx  plutôt  aux  Anglois , qu'aux  Bré~ 
tons  ces  mlT  i quoique  Mathieu  Patis  Ics- 
donne  tantôt  aux  uns  8c  tantôt  aux  au- 
tres. Pcrfonc  du  rcAe  n'ignore  l'étcn-. 
due  du  culte  de  Vodan  chez  les  nationt- 
fcptcnttionales  , avant  Icut  couvetfioaA. 
la  foi  cluéuconc. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  71. 

coutume  d’écrire. .Ils  donnoient  encore  aux  lettres  en  géné-  7i  partie 
tal  les  noms  de  bois  ou  de  forêt.  11  eft  lingulier  , que  leur  s i c r.  Ii i. 
alphabet  ne  s’acordàt  pas  mieux  , félon  (u)  Kennedi  , avec  c h a p.  1 1. 
ceux  des  Grecs  & des  Latins  , qu’avec  aucun  autre  du  mon-  ^ cirntitgi- 
de  , ni  pour  le  nombre  des  élémens  , ni  pour  l’ordre  , ni  rW  , 
pour  la  figure  , ni  pour  les  dénominations.  Les  Irlandois 
avoient  de  plus  une  autre  écriture  réfervée  à leurs  doûes.  KofMiftmUy  ofihè 
Elle  repréfentoit  des  (i)  branches,  deschifresfic  des  points,  Siu»rti—hy  Ma- 
int de  petites  lames  , dont  i’arangement  étoit  une  fcience  , 

& dftnt  les  caraélères  renfermoient , nous  difent-ils  , bien  m-  i7oj.  8'. 
des  chofes  en  peu  de  figures.  Kennedi , qui  nous  (r)  aprend 


(i)  Les  caraâéres  inconnas  , obfccvés 
(S)  par  M,  TAbM  Lebcof.fur  nne  mo- 
ooie  gaaloife  , trouvée  proche  Auxerre  , 
n’auroicnt  ils  point  ijnelque  rapotr  avec 
ceux  des  ItUndois  ! On  y voit  des  6- 

fures  , qu'on  peut  qualifier  chifies  , & 
'autres  Icmbiab^  a des  branches  ou  à 
des  épi5.Sone.ce  des  lettres,  ou  des  hiéro- 
^lypbcs , ou  quelque  autre  chorc’ 

(i)  Notre  auteur  fait  remonter  ü des 
iniiliets  d'années  avant  J.  C.  les  antiqui- 
tés irlandoires.  Il  n'ignore  pas  , combien  ; 
les  étrangers  font  prévenus  contre  leur  i 
vérité.  Mais  une  fuite  de  livres  & de  I 
monumens,  gardés  en  diférenres  églifcs , 
lui  parole  un  moyeu  fufilânt  , pour  les 
&ire  rtioropherde  la  contradtCion.  Cotn- 
jDcnt  pooroit-on  fe  refufer  à tant  de 
Eiits  hiftociques  ; s'ils  étoient  puifés  dans 
ks  originaux  , ou  fi  du  moins  il  en  exif- 
toit  quelques-uns  de  ces  anciens  tcms  , 
s]oi  pulTenr  venir  à l’apui  de  ceux  , dont 
cm  n'autoit  que  des  copieaé  Mais  à peine 
«n  cite-t-il  un  feul  , qui  ne  foir  pofté- 
lienr  au  onzième  ficelé.  Que  diroit-on 
-de  nos  diplômes  & de  nos  .mlT  : fi  l'on 
o'en  produilbit  aucun  d'un  âge  antérieur 
■U  dixième  fiècle;  & fi  , pour  les  tems 
les  plus  reculés  , les  marbres  & les  bron- 
zes ne  fupléoienc  pas  à leur  défaut  ! 
Cependant  la  caulê  des  mlT.  & des  di- 
plômes feroit  incomparablement  plus 
tàvorabic.  Le  concert  de  toutes  les  na- 
tions à conftater  les  mêmes  (airs  par  des 
monumens  . donc  elles  feroient  ronces 
dépofitaircs  , ne  lailTeroic  pas  d'être 
d'an  xtes  - grand  poids  , quoique  les 


originaux  u'exifiafTciic  plus.  Ceux  des  Ir- 
landois  n'onr  poin^'aucrcs  garans  qu'eux-  Htauil  it  d>- 
mêmes.  Si  , depuR  un  millier  d'années  , ttm.  t. 

leurs  écrivains  ont  donné  dans  la  firble  ; ^ 
ce  n'elf  pas  un  titre  pour  les  réalifer,  dans 
un  fièclc  aultî  éclairé  que  le  nôtre.  Ici  la 
polTefiion  fans  titre  ne  fufit  pas.  Les  Ic- 
iandois , il  cil  vrai  , font  valoir  un  al- 
phabet particulier  1 leur  nation , avant 
qu'elle  eue  embralTé  le  Clirifliauifme.  Ils 
alègucnt  en  faveur  de  leurs  prétentiont 
une  forte  d'écriture  encore  plus  ancienne, 

3u'ils  juflifienc  pat  des  lames  , chargées 
c cacaéleres  , donc  ils  ne  donnent  point 
l'explication.  Pour  en  juger  toutefois , 
avec  quelque  alîucance , il  faudroit  qu'on 
pût  les  lire  & les  entendre.  Sans  cela , 
qui  pouroit  nous  garantir,  que  ce  ne  font  * 

pas  des  monumens  faits  , (bit  à plaifir  , 
fou  fans  mauvais  dclfcin  , foie  même 
pour  en  impofer  ! Admettons  - les  pour 
véritables  ; qui  nous  répondra  , que  ce 
ne  font  pas  des  éciiturcs  inintelligibles  , 
fort  diférenres  des  iilandoifes  ( Malgré 
ces  dificultés  , qui  difparoicroicnt  fana 
doute  , en  préfcnce  de  monumens  anti- 
ques & non  équivoques  : mais  qui,  au  dé- 
faut de  cette  condition  , doivent  paroi- 
cre  alTez  forces  ; nous  nous  concenterous 
de  fufpendrc  notre  jugement.  La  ma- 
tière n'ell  pat  fufifammcnc  difeutée  ; ou , 
fi  elle  Tell  , noos  n'en  fommes  pas  alTcz 
bien  inllruics,  pour  prendre  un  parti  ir- 
révocable. 

Il  cil  de  la  gloire  de  la  nation  irlan- 
doife  , de  nous  faire  revenir  de  nos 
ptévencions  , fi  clics  font  mal  fondées, 

KiJ 

t 


» 


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II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 

C H A P.  II. 

Suplémens  de  let- 
tres chez  les  Péru- 
viens, Méxicains, 
VirgiiMCos,  Caoa- 
dois  : quipos  > 

(a)  Kpuv.  tfMÏti 

ii  Diptomat,  t.  i-. 
/■ 


(é)  W"MrÂi~ 
àt  IJilerniâ  (5*  sn- 
ti  ;titMtihu$  tjus 

j.c;8.  »*, 


P 


fï)  Nflifw.  Tr,  di 
df.  /.  n p.  ioj, 

<c^ 

(d)  Uv,  <.  r.  8. 


7^  " NOU.VEAU  TRAITÉ. 

tout  ce  détail  , dans  fa  differtation  angloife  fur  la  famille 
royale  des  Stuarts  , ajoute  , que  Dudley-mac-Firbifch  avoit 
entre  les  mains  cent  cinquante  de  ces  lames  , & que  le 
Chevalier  Ware  en  conlervoit  un  livre  tout  rempli. 

IV.  Si  l’antiquité  de  ces  caraflères  étoit  bien  avérée  , &C 
leur  valeur  afl'ez  connue  ; paitctre  y découvriroit-on  quel- 
que analogie  avec  les  manipules  de  cordelettes  des  pre- 
miers (a)  Chinois  6c  (i)  des  Péruviens.  Ce  n’étoient  m des 


Ih  n’y  réurtironr  pas  par  des  raifonc- 
joeny  II  nous  faut  des  monumens 
certains  , & mis  à la  portée  du  com- 
mun des  gens  de  lettres.  En  vain  lépon- 
droicQC‘ils  , que  le  chevalier  Makenli 
avoit  entre  les  mains  im  mf.  contenant  le 
catalogue  des  Rois  dVlande  , écrit  lis 
générations  avant  le  tems  de  faint  Pa 
tnce.  Par  le  terme  écrit  » il  faut  aparanw 
ijicnt  entendre , compûfé.  Ainli  le  mf. 
peut  n être  pas  fort  ancien.  ReAc  à fa- 
voir,  quelle  foi  Ton  peut  ajouter  à ce  ca- 
talogue. Au  rcAc  il  s'en  faut  bica  , que 
Warc  (é)  porte  auffi  haut , que  Kennedi, 
les  atitiquités  bibcrnolfes.  L’auteur  de 
VEJpti  critique  fur  les  uacierts  huhiturts 
des  parties  feptentrionalts  de  la  grande 
Bretagne  en  de  i'ïxojft , imprimé  à Lon- 
dres en  17x9.  obfcrvc  , que  les 

termes  hiberoois  , qui  figniEcnt  lettre , 
livre  y /ira  , écrire  , £bnt  radicalement 
latins , avec  une  rerminaifoo  irlandoife. 
Or,  comme  les  Romains  ne  firent  point 
la  conquête  de  l'Irlande  ul  conclut , que 
ces  exprdiîons  avec  1 art  d'écrire  , n’y 
auront  été  introduites  , qu’au  cinquième 
fiécle  par  faint  Patrice  & les  autres  raif- 
fionaircs.  Cer  argument  mérite  atenrion  : 
en  fupofant  la  vérité  du  fait,  les  Irlsndois 
feroient  obligés  de  rabatre  beaucoup  de 
l’antiquké  de  leurs  caraâcres  ,,  & con- 
traints de  renoncer  raac  à leur  alphabet 
autochthonc  qu’à  leurs  lames  iodéchifra- 
blcs. 

(i)  L'hiftotxc  des  Yncas , roft  du  Pé- 
toD , compofée  par  GarciîafTo  de  la  Véga , 
traduite  & imprimée  en  Hollande  , ran 
1704.  panicularifc  encore  plus  la  ma 
nière  de  fisrmer  les  noeuds  , tenant  lieu 
d'écriture  aua  Péruviens  , que  ne  le 
font  les  auteurs  cités  j dans  noue  (cj 


précédent  volume.  Le  fujet  cft  diplomati- 
que par  tant  d'pndroits  , 6c  d’ailleurs  (l. 
curieux  , que  nous  ne  devons  pas  cram* 
dre  d’y  revenir,  jj  Lorfquc  les  Indiens , 

U dit  (d)  l’auteur  , vouloicnt  faire  leurs 
» comptes  , qu’ils  marquoienr  par  le* 
n mot  quipu  y qui  (îgnific  ruuer  ou  nœud , 
w & fc  prend  pour  !c  compte  même  , 
» pareeque  les  ncrods  fc  faifuient  de  tou— 
*>  ce  forte  de  chofes  ; ils  pienoient  orui— 
>*  nairement  des  fils  d^  difcrentcs  cou*» 
i*  leurs.  Car  les  uns  n'en  avojenc  qu’une 
» feule  , les  autres  deux  , les  autres: 
» trois , & ainfi  du  rcfle.  Chaque  cou- 
, « leur  , foit  qu’elle  fut  (impie  ou  me— 
w lée  , avoit  (à  fignificatien  particulière., 
w Ces  cordons , qui  étoient  de  trois  oo« 
» quatre  fils  retors , gros  comme  de  la 
>»  moyenne  ficelle  ,6c  de  U longueur  de 
»>  crois  quarts  d'aune  , étoient  enfilés  par 
» ordre  en  4ong  dans  une  autre  ficelle  ; ce 
>3  qui  faifôic  une  cfpéce  de  frange.  Oiv 
» jugeoic  du  contenu  de  chaque  fil  par 
U la  couleur  : comme  , par  exemple  , le 
» jaune  défigooit  l’or , te  blanc  marquoir 
*>  l’argent , 6c  le  rouge  les  gens  de  guerre. 

H Que  s’ils  VQsdoicnr  défigner  des  cho- 
I » (es  , dont  les  couleurs  ne  fu(TeDC  point 
< » remarquables  y ils  les  mcttoienc  chaco- 
»>  ne , félon  Cots  rntie , cosmnençant  dc~ 

I » puis  les  plus  con(idéraMes  , jufqu'aux< 

! n moindres.  Ainfi  y par  exemple  , s'il  (e» 

I-  » f&c  agi  de  blé  ou  de  légumes  , ils  au- 
I rt  roieni  mis  prcmicrcmenr  le  fromenr, 

' 91-puis  le  f2gle»  les  pois,  les  fèves,  le* 
j n miller  8<c.  De  même,  quand  ils  avoient 
» à rendre  compte  des  asmes  , ilr  met- 
» roienc  les  premières  , celles  , qoHIs 
f cflimoient  les  plus  noblès , comme  le» 
» lances , oc  enfuire  les  fiècfaet , les  arcs^. 
, » les  javelots  I k$  maiTacs  les  dmehoe^. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  77 
lettres , ni  des  écritures  ; mais  des  fuplémens  aux  unes  & aux 
autres , chez  ces  derniers. 


« les  frondes  Jtc.  Que  s'ils  vouloienc  fai- 
« rc  un  compte  des  valTàux  , ils  com* 
^ mcn^oienc  par  les  habitans  de  chaque 
n ville  , puis  par  ceux  de  chatjue  provin- 
n ce  : ce  qu'ils  faifoiciir  ainli.  Ils  mer- 
» toient  au  premier  lil  les  vieillards  de  foi- 
Xante  ans  & au-delTus  , au  fécond  ceux 
» de  cinquante  , au  trcHlîdme  ceux  de 
n quarante,  & ainli  des  antres,  en  def- 
Cendant  de  dix  en  dix  ans.jufqu’aux  en- 
u iàns  à la  mamelle.  Ils  lenoient  le  compte 
T>  des  femmes  , félon  leurs  âges  , dans  le 
a même  ordre.  Il  y avoit  dans  quelques- 
a unes  de  ces  ficelles  d'autres  petits  fils 
» lôrt  ddlids  d'une  même  couleur,  de  qui 
» fcmbloicnt  dire  des  exceptions  de  ces 
» autres  règles  gènètales  : comme  par 
a exemple  , les  petits  als  , qui  ètoient  au 
w>  cordon  des  femmes  ou  des  hommes 
a mariés  de  tel  de  td  âge  , lî^ifioicnt 
a ce  qu'il  y avoit  de  veufs  de  de  veuves 
a cette  année  là.  Car  ces  comptes  ètoient 
a commt  des  annales  , qui  ne  randoient 
a raifon  que  d'une  année  feulement.  On 
a obfctvoic  toujours  dans  ces  cordons  , 
a ou  dans  ces  filets,  l'ordre  d'unité,  com- 
a me  qui  dirait  dixaine  , centaine , mille, 
a dixaine  de  mille  : ils  palToieor  rarement 
a la  centaine  de  mille...  Chacun  de  ces 
anombres,qu'ils  comptoient  parles  noeuds 
a des  filets  , éioit  divifé  de  l'autre  , de 
a les  noeuds  de  chaque  nombre  dépen- 
a doient  d'un , comme  ceux  d'une  coide- 
a Uère  : ce  qui  fc  pouvoir  fisire  d'autant 
a plut  facilement , qu'ils  ne  palloienr  )a- 
a mais  neuf,  non  plus  que  las  unités  de 
s les  dixaines  die.  Ut  mettoiciit  le  plus 
» grand  nombre  , qui  droit  la  dixaine-vlc 
a miHean  pins  haut  des  filets , dt  plus  bas 
a le  mille  , de  ainfi  du  telle.  Les  noeuds 
a de  chaque- fil  de  de  chaque  nombre 
a étotem  éganrlea  uns  aux.  auties,dc  pla- 
Mcét  de  la  même  manière,  qu'on  boo 
a ahcfactnéticien  a coutume  de  les  pefet , 
a peut  fâiic  une  giande  fuppmacxia. . . . 

a Ils  comptoient  par  nonids,  continue 
a (a)  natte- aoteor,  toet  1er  tribut* que 
a i"Y^nca  teceveii  ^cnx  chaque  annee; 
a fans  qu'il  y eât  aoconc  maifoa  , qui  n'y 
«niât  l^ifiée , feloA  fan  genre  te  la 


» quahté.  On  y voyoit  le  rfile  des  genr 
a de  guerre , de  ceux  qu'on  y avoir  tués , 
a des  enfans  qui  nailToicnc , de  de  ceux 
a qui  mouroient  cous  les  ans  , donc  ilsdè' 
a ngnoieat  le  nombre , félon  les  mois,  htr 
a un  mot , on  cnmprencit  dans  ces  netud* 
a toutes  les  choi'es  , qui  pouvoient  être 
a fuputées  par  des  nombres  , jufqu'à  y 
a marquer  le  nombre  des  batailles  de  des 
a rencontres , des  ambalTadcs  de  la  parc 
a del'Tnca  , de  des  déclarations,  que  le; 
a Rois  avoient  données.  s»_ficlon  le  même 
(è)  autcus  a 'ils  Ce  fctv^^c  aufii  quel' 
a quefois  de  leurs  noeuds  , quand  il* 
a avoient  quelque  nouvelle  à porter  ; ils 
a les  marquoicni  en  divers  fils  rangés  par 
a ordre  , de  dont  les  couleurs  écoieat  di- 
a férenccs.  Mais  néanmoins  ils  n'obfcr- 
a voient  pas  toujours  en  cela  la  même 
a méthode.  Car  tantôt  ils  menoient  une 
a couleur  devant  l'anite , de  tantôt  ils  la 
a changcoicnc  au  rebours.  Ces  nccuds 
a étoicnc  comme  autant  de  chifres , paf 
a où  l'Yncade  fes  gouvernents  s*entcn- 
a doient  enfcmble  , de  làvoienc  ce  qu'il 
a fiiloit  fiuce  eus-mémesi  tes  couleurs 
a des  filets  marquoient  le  nombre  des 
a nns  de  guerre  , les  munitions  de  les 
a habits  qu'il  làloit  euvoyer  ou  tenir 

a pects.  « 

LejournaliAe  (r)  de  Trévoux  rtendant 
compte  d'uoe  A^logie  Italienne  des  let- 
tres PéiuTiennes  , en  ce  qui  tegatde  le* 
ymfei , commence  pat  raportet  les  parO' 
les  de  Madame  de  Geafigoi  ; puis  aptèa 
bien  des  détails  étrangers  aux  yaipsr  : il  y 
revient  (d)  avec  fon  auteur.  Ou  ciK  Gai- 
cilalEs  de  la  Véga  , pour  lui  faire  dire  en  • 
cre  autres  ebofes , que  fn  ftwiti  dm 

ytûptt , pwr  cmftrvn  Uitri  iht$  , 
mmfitim  ,f»mr  nmmmiuymT  Imrs  füttt 
dmmujîyÉu.  Le  Péruvien  cité,  comme  oo. 
le  verra  bientôt , avance,  ptécifément  conn 
le  cooctaire.  Umi$  ym  ftmrtii ,.  enocinue-. 
t-oo,  mffifmir  rntyntràM  Ut  dtftiiumtiu  <U 
ettcMlmrtiKoue  Icalicnconjeâure 
mtim  , ymmU  Utm  ftmitit  ftrvir  iiiuti- 
yturDém,  gnérmi Ut ^ 
ytu  l»  emlnr  tU  chair  drvtii  tut  la  tuar- 
fu  dt  Chtmmti  {«s /s  HtatùufCt^îP» 


II.  PARTIE. 

Si  CT.  111. 

Chas.  II, 

leurs  divers  u'à- 
ecs.  Ils  étoient 
bien  inferieurs  à 
nos  lettres  ,quoi' 
que  d'une  autorité 
égalé  à celle  de 
nos  écritures  pu.- 
bliques.  Ri.ues 
liiétoglyphiqucs 
de  petites  picires,. 
de  grains  de  mays,, 
en  peinture  , dcc. 

(a)  Chaf.  *. 


(i)  Ci^.  7; 


(e)  Fét*<««755: 

p.  ili.&fyit. 


(J)  lihê 


'--1 


Digiti2t,Ki  by  Googit 


II.  PARTIE. 
S t C T.  III. 

Cu>«.  IL 


(4)  K^.Ui.  lii. 
«.cl. 


()}  ïiv.  t.t.  f. 

(c)  liv.  J.  e.  Xf. 

(d) Chtf.  If. 

(<}  lUd.  c.  S. 
if)  1. 1. 1.  ij. 


ji  NOUVEAU  TRAITÉ 

Les  hiéroglyphes  des  Egyptiens  &:  des  Méxicains  ne 


d^i»3if  dtls  huit  GarciUflb  ^ dont 
oa  s'auCDtife  , donne  , coame  on  i'a 
'VU  , des  figuifcihons  bien  dilürcntcs 
b ces  couleurs.  » Les  teaics  des  cordons , 
U pourfuic  le  Joumalilce,  tantôt  pendans, 
M taotâc  en  cercle  j les  ircdes  des  nœuds , 
M taniôc  üiuples  , tantôt  doubles,  triples , 
» (|nadruplû  &c.  ne  pouvoient  aulE  man- 
» quer  de  fetvir  d'indices , pont  les  di£l- 
a«  rens  objets  «.  Ceft  fut  quoi  loTepb 
Acofta  It  GarcilaHô  oe  s'expliquent  point. 
L'auteur  , dont  on  rend  compte  dans  le 
Journal  >>  fait  une  elpcce  de  diâionaire 
»>  de  tous  les  4Ê^ , qu  il  a ph  recueillir  de 
» la  langue  pZtuvienne  -,  il  les  place  dans 
B des  taUes  aa-delTus  des  jtôfps  figutds 
M le  eolotids  , qui  les  repréiêntent  : il 
B donne  fut  la  fin  de  Ton  livre  , une  force 
«d'alpbabec  , propre  à rendre  familier 
B l’ufage  des  fxÿar  ; & il  avoue  , qu'il  a 
B pris  tellement  l'habitude  de  cet  petits 
B cordons  & de  cet  nœuds  , qu'il  ponr- 
B toit  Ce  pafiêr  cotalemenc  tffcrimre  , 
B d'encre  & de  papier.  « Si  Ton  prend 
Cet  paroles  au  pid  de  la  lettre  : on  con- 
viendra , qu'il  cil  bien  plus  habile  dans 
cet  an , que  ne  le  furent  jamais  tous  les 
Pdruviens  enfemble. 

Si  Ton  prcfiàic , il  cil  vrai , les  expref- 
fions  d'Acolla  , l'on  concevroit  une  gran- 
de idde  de  l'habilecd  de  ces  peuples,  en  Eut 
de  danfar.  On  croiroit , qu'ils  («)  utoiCnt 
de  leurs  nœuds  St  de  leutb  cooleUia  difif- 
rcmes  , roue  ce  que  nous  pourions  cirer 
de  nos  vingt  • trois  lettres  de  l'alphabet. 
Une  Péruvienne  vous  Esta , dit-il , fa  con- 
EtlEon  générale  , jufqu'aux  plus  légères 
circOnlUnces , avec  une  poinée  de  cor- 
des. Mais  Garcilafib  de  la  Véga  Péruvien 
lui-mémc  , né  à Cufco  capitale  des  Yn- 
cas , de  la  Eimille  royale , ic  feit  exercé 
dans  la  feienee  des  en  rabat  bean- 
coop.  On  ne  pouvoir  pas,  félon  (i)  loi, 
exptimer  pat  des  nœuds  le  contenu  d'une 
ambalTaifc , les  paroles  exptefles  d'une  dé- 
elamtion  do  Rot , a te  tels  autres 
B aneasbiftohqaes  J pareeque  ceschoE»: 
B confiAoicnt  en  des  termes  acticaWtte’ 
B vive  voix  on  pat  écrit , te  que  Iwnttuds 
s marquoienc  bien  le  nombre,  mais  non 
a paslapatok.  Pour  Ibfléeali ce  définie.. 


; » Les  Quipucamayus  ( ou  gardes  des  fisi- 
» par } afrtntitm  par  rawr  la  fub/latut  des  ' 
» Lola  tcc.  & les  enfeignoient  les  uns  aux 
» autres  par  tradiiion  , te  de  père  en  fils. 

» Ils  fe  fcrvoienc  encore  , d'un  antre 
>a  moyeu , pour  cranfmettre  à la  pollérité 
B leurs  exploits  mémorables , les  ambaf- 
» finies  Eûtes  h IToca  , te  les  téponfes  , 

» qu'il  y avoir  rendues.  Les  Amautas  les 
» mettoient  en  profit , & les  téduifoiene 
» fucciotemeot  eu  ferme  de  fables , tfiia 
1 » que  les  pères  les  racontalTenc  à leurs  en- 
a,  fins  le  les  bourgeois  aux  gens  de  villa- 
I aa  ge . . . Les  Araviens  ou  leurs  poètes 
; aa  compofeienc  exprès  de  petits  vos  , 

; a,  dans  Iciquels  ils  comprenoieoc  fuccin> 

' aa  élément  rhifloire  , l'ambalTade  on  U 
aa  téponfe  du  Roi  , te  exprimoieoc  de 
aa  cette  manièce  ce  qu'ils  ac  pouvoient 
aa  comprendre  pur  leurs  nœuds  ....  Ccn 
I aa  pendant  toutes  ces  chofes , comme  l'ex- 
‘ aa  périeoce  le  montre  , ne  pouvoient  fer- 
la  vir , que  pour  un  tems  à laite  parler  de 
ai  leurs  exploits;  puilquc  les  grandes  ac- 
aa  dont  ne  peuvent  être  immottalifilcs  , 
aa  que  pat  le  féal  moyen  des  lettres.  <» 
C'ell  à l'ignorance  des  lettres , que  Gar- 
cilalTo  atribue  l'oubli  de  grand  nombre 
(c)  de  particularités  liiiferiqnes , qui  n'é- 
toienc  pas  éloignées  d'un  fiècle  le  Jetai  de 
fon  cens.  On  voir  clairement  pat  là , que 
les  aaifn  ne  pouvoient  ceoit  lieu , que  de 
ebifres;  quils  tendoieot  quelques  idées 
'grollières , te  non  pas  les  paroles  , en- 
core moins  les  fons.  Par  cooféquenc  on 
étoic  bien  éloigné  d'cii  cirer  tout  ce 
[ qu'oo  poncoic  tiret  des  lettres  de  notre 
alpbabec.Dn  refte  les  répartitions  des  im  y 
poR  publics,  dit  (d)  Acofta . émsfenc  xé- 
glées  fut  des  manjpiftuuftu  cuïdelectcS.  Oa 
y lifoit  enalédilieceai  ebaqiic  parcicu-: 
lier ,.ebaqDeiiMi|ttae , chaque  pcovin- 
• ce  dnniait  onnttifaoer.  Toutes  les  afeiies 
>.fay  -'d'ént  , de  police  <c  de  guerre  j- 
I;  éioienc  teofiernies.  Tantes  leurs  cétémo- 
I nies  y étoinac  eomprifes.  De  gn»  8e  pe- 
l/fài'isM^  , des  filcR  blancs  , bleus, 
tj  verd* . 8c  ranges  décidnienc  de  tout.’ 
Cependant  Acofta  (/)  ne  croyoit  pas 
que  leurs  hiftoiics  pulTenc  remonter  au- 
I ddà  de  quatre  cents  ans.  GatciJalIb  de  1% 


DE  DIPLOMATIQUE' 

Solvent  pas  nou  plus  palTer  pour  des  lettres  v^tni&les  j 


» 


Y^ga  L*)  fiiienàoit  (culemcm , qu’elles 
Revoient  être  kcuI^cs  <1c  deux  cena  ans 
4c  plus  pour  le  moins. 

Oo  ajoutoic  foi  aux  ^mptt , comme  à 
4e(cfriturcs  publiques.  On  t'en  fervo  c 
«oncre  les  véxatious  dcsoiiclers.  Les  plus 
(nsplec  pauiculicis , leur  ijuifti  à la  main, 
fes  convainquoient  de  inalverl'acion  de 
saur  les  Commiflâires  , envoyés  pour  ré 
parer  les  torts  , ils  Ëtifoieot  voit  qu'on 
leur  droit  redevable  de  tant  : puifqu'au 
lieu  de  payer  laaotalité  des  marebandifes 
Bvrées , oo  ne  leur  en  avoir  fait  toueber , 
que  teUc  panic.  Les  Quipucamayus,  ou 
gardes  des  quipos  étoicnr  regardés  eux- 
qiémes , comme  des  perfones  pubbques  , 
dont  le  cémoigoage  méritait  une  entière 
cxéaocc.  . 

» Le  nombre  de  ces  Quipucamayus  , 
a ou  de  CCS  maicrcs  de  coiapccs  , ainlï 
a parle  (é)  GaccilalTo  , devoir  eue  pto- 
a poctioané  aux  babkans  de  coures  les 
a villes  des  provinces.  Pourit  petite  que 
a 6ÛC  une  ville  , il  falloir  qu'il  y en  e&c 
a quatre , k ainlï  toujours  en  montant 
a ju&u'à  vingt  & à trente  ; bien  qu'ils 
a eu  Uct»  tfws  un  même  regidre,  •<  Mats 
on  ne  les  raulciplioic , que  pont  prévenir 
la  Ctpccchciie.  a Lotfque  les  canumt  ou 
a gewtlsbommcs,  ajoute  le  même  auteur, 
a uouloient  (r)  lavoir  rbidoite  de  Icuts 
aïeuls, ou  ce  qnis'étoit  padé  déplus 
>v  ipusiaïqttable  dans  quelque  province,  ils 
a aloieoc  tsouver  aullîtôc  ces  Quipuca- 
a quyus , qui  pat  le  moyen  des  net  ods , 
a qn'ils jnrdoacac , & qui  leur  cenoienc 
a lien  AsDasie  , <f annales  te  de  tegif- 
a ties  , pouvoiept  tendte  un  fidèle  oomp- 
» te  tk  tons  les  èvénemeos  les  plus  mé* 
a rpotoblcs,  CcF  Quipucaroayns  ètoient 
aeUigéSj  pat  Je  devoir  de  leurs  char- 
r-dc  sendip  KHlbn  de  tout  ce  qu'on 
aléar  dcmandqic  fur  leui  kiftaise.  Afin 
at|eaïtaaqaiieraTccplutd'faonneut,  ils 
a èyadioivnc  ibas  ccuc  cet  Doeods , pour 
abiaaxstaujipayeacarlaciadicion  , qu'ils 
3>  a*okntJ||(it  opioindc  leurs  ancêtres, 
a OoJcscxanxqitdo  xrimi  otdiaaiceAe 
a^Vutautr4t)lâpviccs,afin  qu’ils  eof- 
s^rqas  Je  Joilix  fie  s'y  pétfcâieoaer  tous 
atlaU'yOSBS.  ‘Par  ce  mta/t  moyeo  ils  fe  t 


a tendoieoc  capables  de  dJUbowir  do  leurs 
a (oix  < de  leurs  ordonnancos  , de  leurs 
a coutumes , k de  leuis  cérétiwoiss.  Car 
a pat  la  couleur  du  filet  k pw  la  nom- 
» bre  des  noeuds  , ils  aptenoianc  ce  que 
a telle  ou  telle  loi  ddlendotl  > k queUo 
a punition  devoir  ècte  faite  de  ceux  qui 
a la  violoient  . . . Enfin  riaa  n'écéiapoie 
a à Icui  conoilTance  , & ilspouypieut  pat- 
a 1er  pertinemment  de  toutes  iss  ebofes 
a de  leur  pais , qu’ils  avoient  apcifes  par 
a ceeurét  par  iradiiion.  Car  cbaque  mec 
I » ou  chaque  iiooud  leur  remettoie  en  raè- 
I a moire  ce  qu'il  contenoic.  » Les  fsbpM 
' fctvoient  donc  de  lignes  propres  à fou- 
lager  la  mémoire  k à tapclet  les  ebo-' 
fes  , qu'en  avoir  aptifes.  Sans  cette  pté- 
Cjution  en  vain  cût-oufu  la  valeur  k dsa 
coulcats  k des  uiruds  k des  filées. 

Les  quipos  de  cordotu  ou  de  filets  u'é- 
ooient  pat  1a  feule  manière  , donc  fc  fer- 
voient  les  l’éruvicna  , pour  fupléer  à nos 
leucet.  Ils  y rcu/IilToicac  paiement  avec 
de  petuet  pierres  , difpofi^  en  roue.  Ils 
cniployoïcut  ce  moyen  , au  rapoïc  d’A- 
coua  , pour  aptendee  par  coeur  le  fym- 
bole  k les  prières  , que  tout  fidèle  eft 
obligéde  favoii.  S’ils  maoquoienc  en  les 
téciianci  il  leuc  fufifoitpour  fe  redtefiêr, 
de  jeteer  un  coup  d'ocil  fur  leurs  quipos. 
Car  Ut  étcnJoieot,fcloo  lui,ce  nom  à leurs 
rouet  de  picrtes.*Aulli  voyoic  - on  beau- 
' coup  de  cet  roues  dans  leurs  cimcàéfesaa 
feixiéme  fiède  , qui  ècoit  le  premier  de 
leur  couveefion.  Les  tègles  d'amhmèxique 
les  plus  dificUet  ne  Ut  embasaUbteoe  pat. 
lit  s'en  ciroienc  aifèmcoc  par  divets  aran- 
Çewens  de  grains  de  mays  , dont  ^ 
•loient  'iesaas  , At  déplaçoiciK  les  autresi 

Les  Béciurient  crosvoienc  encon  na 
aune  fupUmenc  d'écriture  dans  les  pein- 
tures i mais  lit  n’y  écoiena  pat  aMiî  üabh- 
les  , que  les  Méxicains.  Cependant  le  Jé- 
fuite  Aeofta  (J)  dit  avoir  vu  la  ctwfellioa 
généxalc  d’on  Péravien  , où  tes  dix  corn- 
maodemenx  de  Ditn  étoiciK  peints  avec 
des  sni^uet  en  ferme  de  chifiics,  qqii 
défignoient  les  péchés  contraires.  11  pidé 
tend  que  te  plut  habile  ffpt^ODl  ifqit  c4|- 
pH  iliit  «aqu»  en  dueaBam,. 


II.  PA&TI& 

Sx  CT.  111. 
Cnap.  II.  ' 

W Uv.i.ibXTi 


(é}lsvi-d;.r.  i; 


(f)  Ch*p.  }^ 


(H)  JJH/,  4.  t,  fy 


.11.  PARTIE. 

St  CT,  1 1 E 
•CK.tr.  II. 

(•)  ItiJ. 


(l)  De  SpIù  hifl. 
it  U een^Hhe  du 
Mexique  tradMst  de 
/£ffxiatl.l.t.t,  8. 


(e)  NrtMW  Ortis 
t.  S-e,  lo. 

(d)  Actft».  i,  {, 
c.  17. 


■%6  NOUVEAU  TRAITÉ 

,(i)  mais  pour  des  peintures.  Les  carailères  des  fauvages  de 


(1)  Quand  les  Erpagnols  s'emparèrent 
du  (tl  Mèsique  , ils  y trouveren:  des  li- 
vres equaris  ic  pliès  , compofôs  de  feuil- 
les d'arbres  , cnargècs  de  peintures.  Ils 
rouloiene  fur  les  antiquités  du  pais . la 
conoilTance  des  tems , des  plantes , des 
•nimauz  , Sc  autres  curioficés  naturelles. 
Des  mlT.  remplis  de  Bgures  & de  carac- 
tères inconnus  , furent  jugés  , par  ces 
nouveaux  venus  , livres  de  mi^ie  , St 
comme  tels , condamnés  au  feu.  Les  plus 
fages  Lfpagnols  dans  la  fuite  en  regté- 
tèrent  la  pette.  Mais  le  mal  étoit  fait. 
Tous  les  livret  Mexicains  ne  fureur  pour- 
tant pas  dénuits.  Plulicurs  calendriers 
entre  autrea  > & quelques  cadalfrcs  ou 
ccnfïcrs  écbapèreot  on  naufrage.  On  fau- 
va  même  les  annales  du  Méxique.  En 
éfet , tous  les  Efpaenols  ne  févirent  pas 
contre  les  livres  Mexicains  avec  la  meme 
ignorance  , que  firent  quelques-uns  d'en- 
tr'eux  , dans  certains  cantons.  Cortès  lui- 
meme  & fa  troupe , lerfqu'ils  virent  pour 
{b)  la  première  fois  trois  ou  quatre  li- 
vres des  Méxicains  , gardés  dans  leurs 
temples  en  connurent  plus  d’admiration , 
que  d'envie  de  les  détruire.  » Ces  livres 
» étoicnt  de  toile  , enduite  d’une  efpcce 
» de  gomme  ou  de  vernis. Leur  figurcetoit 
•>  commecellcdcsancienstitrescompofifs 
» de  plufieurs  peaux  de  parchemin  fort 
M larges  8t  collées  cofcmÜe.  Ils  plioicnt 
•>  cette  toile  , enlôrtc  que  chaque  double 
» fâifoit  une  feuille  , & tout  enfcmbic 
>’  compofciient  le  volume.  « Ils  écoient 
écrits  des  deux  côtés  , ou  plutôt  chargés 
d'images  & de  chifres.  Depuis  la  coaqué- 
tç  des  Efpagnok  , les  Méxicains  contl- 
ouèreut  d'écrire  comme  auparavaac  en 
hiéroglyphes.  Tout  ce  qui  étoit  fufeepti- 
ble  d'image  . ils  le  reptéfentoieot  par  fâ 
propre  figure  : tout  ce  qui  ne  fétoit  pas , 
ils  le  rcodoient  pat  des  caraéleres.  C'eA 
ainfi  que  les  nouveaux  ptofélytcs  éert- 
voient  le  fymbolc , l’orailon  dominicale , 
leur  coofdTeoa  &c.  La  fàciUté  avec  la- 
quelle ils  caprimoient  les  nocions  d'une 
Religion  fi  élevée  an-dclTus  des  feus, 
écoaoh.foavenc  les  Millionaircs. 

Mais  rien  de  plus  fingulicc , sfpc  la  coa- 
flruâion  des  caleodripci  & des  annales 


de  CCS  peuples.  La  plus 
grande  révolution  de 
rems  chez  eux  étoit  de 
S a.  années , apres  la- 
quelle ils  atendoient  la 
fin  du  monde.  Voyant 
qu'elle  n'étoit  pas  encore 
arivée  , ils  rccammcii- 
(oient  un  nouveau  fié- 
de  .dont  la  durée  dcvoit 
toujours  être  la  meme. 
Ch.tquc  lièclc  étoit  re- 
préfenté  par  une  roue  , 
partagée  en  quatre  pé- 
riodes de  1 ) . années. 
Quatre  couleurs  diverfes 
fcrvoicot  à les  diflin- 
guer.  Ces  quatre  parties 
etoient  à leur  tourfubdi- 
vilîfcs  par  quatre  années, 
diférentiées  par  les  qua- 
tre lignes  do  couteau,  ou 
du  caillou,  de  la  maifbn, 
du  lapin  8c  du  rofeau  , 
toujours  répétés  dans  le 
même  ordre.  Le  nombre 
des  années  joint  à ces 
lignes  , 8c  marqué  par 
autant  de  petits  cercles 
ou  de  zéros  , achevoir 
de  les  eataélérifcr  ; au 
moins  durant  chaque  pé 
riodede  1 ans.  Quand 
le  compteétoitpluscon- 
lidérablc  : on  mfoit , à 
tant  de  maifons  , à tant 
de  rofeaux  du  fièclo  cou- 
rant , tel  événement  ell 
arivé.  Pour  être  mieux 
entendus  , nous  fiiifons 
rcprélcntcr,  d’après  Jean 
(r)  de  Laet , une  période 
de  CCS  treize  années.  A 
côté  des  (d)  roues,  les  évé- 
oernens  mémotablcs  de 
chaque  année  écoient 
peints.  Au  ligue  du  to- 
feau , pat  exemple , l'en 
tréc  des  Efpagiiols  au 
Méxique  étoit  déligm'c 
par  un  homme  vetv 


"0 


Digitized  by  Gi  )Ogle 


DE  DIPLOMATIQUE.  8i 

( 0 Virginie  étoienc  aufli  hiéroglyphiques.  Il  en  eft  de  meme' 


de  rouge,  Sc  couvert  d'un  drapeau.  Quand 
il  furvcnoit  tjuclcjuc  cboTc  d'inrportaut  , 
on  en  ira^oit  la  fîguie  , ti  l'on  la  dcp£- 
choit  en  Cour.  C'cA  ainli  («}  que  fur  des 
dcapeaus  , l'arivéc  des  Efpagnols  fut  pein- 
te te  prcfcntdc  au  Roi  du  .Mexique.  Cot- 
tds  voyant  (i)  les  peintres  Mexicains  o;u- 
pés  à ngurci  fa  petite  armée , te  que  leurs 
images  étoient  lâns  vie  te  Ctat  mouve- 
nicni  ; à defTcin  d’imprimer  plus  de  ter- 
reur à leur  maître  , i!  fît  faire  rcxcrcicc 
à là  cavalerie  & donna  ordre  , que  fa 
jnoufqueterie  & fon  artillerie  fît  une  dé- 
charge générale.  Les  foldats  rangés  en 
bataille  , les  chevaux  dans  fardeur  du 
combat , le  feu  , la  fumée  Sc  le  bruit  des 
canons , après  avoir  éfrayé  ces  peintres , 
échaufèrent  tout  autrement  leur  imagi- 
nation , Sc  leur  fournirent  des  cxprcllions 
incomparablement  plus  vives. 

L’écriture  des  Méiicains  s’élévoit  ré- 
gnlicremcni  de  bas  (r)  en  haut.  Mars  , à 
régard  de  leurs  roues  j c’étoit  du  centre 
1 la  circonfcreiKC  , qu’elle  procédoit.  Le 
foleil  ocupoit  1c  centre  : de-li  partoient 
(dj  quatre  lignes,  verte , bleue  , rouge  , 
jaune , ou  bruire  , fclcn  de  Lact.  Flics 
ipartageoicnt  la  roue  en  quatre  parties 
égales,  dont  chacnne  éioit  fubdivilcc  par 
itcire  degrés  , faifant  une  période  d’an- 
nées. Celle-ci  (ôrmoit  un  premier  cercle 
inferit  (e)  dans  un  autre  beaucoup  plus 
grand , (ut  lequel  on  éctivoit  les  evé- 
nwens  du  fiècle  les  plus  remarquables, 
on  eonferve  dans  la  bibliothèque  du  Va- 
tican des  annales  méxicaincs  , tracées 
dans  ce  goût.  On  voit  quelques  mot- 
ceaux  de  ces  hiéroglyphes , dans  le  Af«- 
yîur/n  l'ermrairwm.McIchiiédcc Thevenot, 
au  fécond  rome  de  fes  Relations , a fait 
repréféntei  les  annales  hiéroglyphiques 
des  Mexicains.  Elles  remontent  jufqii’à 
la  fondation  de  leur  capitale  , Axée  à 
I an  r 5 a I . Leurs  Ictrrtïs  en  donnèrent 
l’explication  , par  ordre  du  Gouverneur 
Ffpagnol.  Après  avoir  fait  traduire  cette 
interprétatiim  enfa  langue;  celui-ci  l'en- 
voya û Châtie- Quint  Mais  le  vaiftèau , 
qui  la  portoit , fut  pris  par  les  François  , 
& rhiltoire  méxicaine  tomba  entre  les 
mains  d'André  Thévet.  Scs  hétitiers  la 
vendirent  depuis  i fcfacluyt  aumônier  de 

Tomé  IL 


rambad'adeue  d’Angleterre  en  Ftanec. 
Une  nouvelle  traduélion  de  Fcfpagnol 
en  anglois , Sc  tes  follicitations  de  Spel- 
man ci^agètcat  Purchas  à en  faire  gra- 
ver les  ^utes  hiéioglyphiqucs  , publiées 
dans  la  fuite  par  'Thevenot  , avec  une 
verlion  ftançoife.  Les  figures  de  la  pre- 
mière partie  de  ce  livre  renferment  les 
annales  du  Méxiquc  depuis  i)xi.  juf 

3u’à  la  conquête  des  Efpagnols  : celles 
e la  deuxième  , les  revenus  Sc  les  tributs 
du  royaume  i celles  de  la  troifièrac  fes 
céiémonies , fa  politique  , fa  difeipline. 
Outte  les  caraârtcs  , pour  marquer  les 
unités  ; les  Méxicains  en  avoient  pour  les 
viugtaiiMf  ,lcs400,les  Soo.Le  (igné  deio. 
avoir  du  raport  F une  clé  , celui  de  400. 
étoit  un  demi  eetcle  fui  monté  d'une  ef- 
pèce  de  pyramide.  Cinq  clés  fur  une  ligne 


Ainfi  des  autres  caraélères  répétés  au- 
tant de  (bis  , qu’il  en  étoit  befoin.  Oc 
Lact  n’avoit  point  remarqué  de  nom- 
bre ni  plus  petit  ni  plus  grand  , dans 
un  ancien  livre  de  leurs  tributs  , que  les 
croie  , donc  on  vient  de  parler , Se  donc  on 
voit  ici  les  figjitct.  Au  furplus  il  étoit  im- 
poffible  , félon  jofeph  (f)  Acofia  , tfen- 
feigner,  avec  le  fecouts  des  hiéroglyphes, 
les  pièces  compofées  par  les  Poètes  & les 
orateurs  Méxicains.  Mais  ils  avoicnc  des 
Colégcs  , où  Ton  les  faifoit  aprendre  par 
coeur.  Ainfi  les  drfeours,  qui  ne  ponvoienc 
être  exprimés  par  leurs  cataéleres , (ê  con- 
fervoient  de  vive  voix  Sc  par  tradition.  Et 
quand  les  Efpagnols  leur  eurent  fiiit  co- 
noitre  l'art  d'écrire  ; ils  s’en  fervirent,pour 
tranfmcttre  à la  podéricé,  les  harangues 
Sc  les  poèmes  de  leurs  anciens  auteurs , 
qu'ils  n'avoient  jufque  là  retenus  que  par 
mémoire. 

(ij  Outre  Ici  chanfous , pat  lefquuUes 

L 


II.  PARTIT. 
S t c r.  111. 
Ch  a P.  II. 

(a)  Actfin.  l.  7. 
t.  14. 

(à)  De  Selit  liv. 
X.  e.  I.  t.  p.  S7. 
à"  fuiv. 


(e)  Ateft»  ilU, 
c.f. 


(A)  Itid  e.  t. 


(t)  De  Selii^ln. 
i eh.  17. 


(/)  Uv.^.e.7, 


D 


ti  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  ceux  «les  Canadois.  Le  Baron  de  la  Hontan  «iaris  lés' 
” cx*iT/^  Mémoires  fur  l’Amérique  feptencrionale  , a fait  repréfenter 
Ch  A F.  II!  luie  expédition  des  François  contre  eux  , en  leurs  caraclcres 
hiéroglyphiques.  Les  favans , qui  font  dificulté  d’acordet  L: 
titre  d’hiéroglyphes  à ceux  des  Chinois  & des  Japonois  ^ 
n’y  fautoîént  méconoitre  au  moins  des  chifres  , plutôt  rer 
préfentatils  des  penfées  que  des  ions.  ^ 

‘ * . ,;Nous  nous  étendons  fans  feçon , dans  nos  notes , fur  lei 

Iliplémens  d’écriture  des  Américains  : nous  n'en  ulerons  pas 
ainfî,à  l’égard  des  lettres  memes  des  Africains  & des  ( i j Alia- 
tiques  : quoique  la  plupart  de  ces  dernières  ne  s’écartent  en 
rien  de  la  nature  des  vrais  élémens  alphabétiques.  Les  Eu-' 
ropéens  font , depuis  ^lus  de  deux  lîècles  , maitres  de  l’A- 
mérique. C’efl:  donc  en  quelque  forte  travailler  pour  lètif 
^ littérature  , que  de  Elire  conoitre  celle  des  habitans  du 
nouveau  monde  , qu’ils  ont  fubjugué , & de  fes  vaftes  con- 
trées , dont  ils  fe  font  mis  en  polfelTion. 

Diverfes  fortes  dt  Nous  renvoyons  aux  écritures  , les  lettres  italo-gothi- 
fcitrcs,pourlapla-  anciennes  gotliiques  , vifigothiques  ou  de  Tolède  1 

lettres  de  forme , “aiico  - galliqucs  ou^  mcrovmgiennes  , lombardiques  , la-» 
de  cours . de  tour!  xonès , catoupcs , cà^tienncs  , gothiques  modernes  , & 
nure:  lettres  bout-  toutes  Celles  , (^ui  tirent  leur  dénomination  des  peuples , qui 
jeoifes  ,aldiaes , pattâgcnt  aujourdui  l’Europe.  On  traitera  encore  moins 


(m)  Jes 

/AVMns  dt  1^81. 

)dArs4rt,  4, 


les  Affiéricaios  de  Virginie  conngnoiencà 
leurs  defeendans  la  ni(îmoire  des 
lucns  galles  y outre  les  mooumens  c|u'ils 
dfigeotem  fur  leurs  champs  de  batailles  « 
& qui  confiHoient  en  des  monceaux  de 
pierres , donc  le  nombre  égaloic  celui  des 
morts  , reûés  Hir  la  place  fils  ufoient  en- 
core , comme  les  Mexicains  , de  roues 
hiéroglyphiques  , compolccs  de  ibixaucc 
années  , figurées  ^ar  autant  de  rayons , 
acompagnes  dliicroglyphcs  , pour  mar> 
Guer  les  principaux  fans  arirés  , durant 
chacune  de  ces  années.  Par  exemple  , un 
cygne  nageant  & jcttanc  par  le  bec  de 
la  Fumée  & du  feu  , dclignoïc  le  premier 
abord  des  Européens  dans  leur  contrée  : 
pareequMs  étcienc  blancs , qu'ils  fe  fer- 
voient  d armes  à feu  , & qu’ils  étoient  ve- 
nus par  mer.  Ces  roues  niéxoelyphiqucs 
peintes  fur  des  peaux  rcponooicnt  à la 
duiicdc  leur  liéclc  , & fe  coofcrvoicnc 


dans  leurs  temples.  Les  Virgrniens  avoient 
une  autre  (brtede  caraéleres  , oui  leur 
étoient  communs  avec  pluficurs  lauva^es 
dAmértque.  Ils  gravoient  dans  Icurv 
voyages  fur  leurs  bâtons  , 3c  dans  leurs 
expéditions  militaires  , fur  leurs  arcs  , 
certaines  lignes  ou  figures , pour  fe  » 
peler  les  ciiofes , dont  ils  apréhendoienc 
de  perdre  le  Ibuvenir.  Ceft  ce  t|uc  nous 
a prenons  d’une  lettre  (<s)  de  M.  Sponfe 
fils  à M.  l'Abbé  de  la  Roque  , tirée  des 
Mémoires  de  Lejcrer  , revenu  de  YirgU 
tiic  ^ après  dix  ans  de  féjour. 

fsl  Comens  d'avoir  fait  conoitre  U 
marclie  de  leur  écriture  s nous  avons  ob- 
fervé  , que  celle  des  peuples  de  rindoflan 
va  de  gauche  à droite.  N^ms  aurions  po 
leur  alTocicr  nommément  les  infulaires 
de  C cyian  & de  Java  , dont  la  manière'" 
d’écrire  ne  s acordc  pas  moins  bica  > à cer 
égard  ^ avec  la  notre. 


Digitized  by 


DE  DIPLOMATIQUE.  gj 

*£hiellement  des  lettres  efpagnoles , françoifes , italiennes , 
angloifes  , allemandes  , napolitaines , florentines  , flaman- 
des &c.  ■« 

On  entendoit  autrefois  par  lettres  pifanes , les  anciens  ca- 
raûcres,  dont  les  Pandcâes  (i)  de  Florence  font  écrites.  Il 
eft  parlé  des  lenres  boulonoifes  dans  un  ( a ) inventaire  de 
Jean  duc  de  Berri.  Conçues  dans  le  goût  italien  , avec  de 
grands  raports  aux  lettres  de  (i)  forme  ; elles  étoiem  moins 
chargées  de  pointes.  Celles-ci  tenoient  lieu  de  notre  petit 
romain  ; lorfque  le  gothique  moderne  regnoit  encore.  La 
plupart  des  livres , & fur-tout  ceux  d’égliie  , étoient  en  ce 
caradcre. 

Les  lettres  go^es  , telles  qu’on  les  entendoit  au  commen- 
cement du  feizieme  ficcle  , n’étoient  qu’une  efpcce  de  ma>- 
jufcule  gothique  , deux  ou  trois  fois  plus  liaute  que  large. 
En  partie  d’une  é^lTeur  outrée  , en  partie  d’un  délié  fans 
proportion  avec  le  plein  ; elles  parurent  formées  d’une  mai* 
nicre  bifarc , & comme  découpées  par  les  bords  ; fans  parler 
des  pointes , dont  elles  furent  hériflfces.  On  peut  en  juger 
par  cette  . Malapropos  Tory  s’étoit-îl  figuré  , que  ces  let- 
tres avoient  (é)  cours  cirez  les  Goths , qui  réduifirent  Rome 
en  cendres.  Ces  lettres  n’avoient  pas  de  fon  teras  deux  cents 
airs  d’antiquité.  U les  apellc  lettres  { j ) lourdes  ; mais 


II.  PARTIE. 
Sect.  III. 

C H A P.  II. 

romaines,  bullati- 
c|uet , impéiialei , 
bâ:ardcs  & au:rci. 

( •)  Ltinf,  Rr- 
cuei{^  Ht  itiv.  rei. 
$.  t.  f.  t<o.  iSl. 


(i)  Elles  furent  prifes  ^ns  nn  pillage 
'^Amalpfu.  LesPinint , entre  les  mains  de 
()ui  elles  cnmbcreot  , les  confcrvèrcnc 
loi^-tems  dans  leur  ville , avant  qu'elles 
filent  tranfporcées  à Florence. 

(t)  Aux  quatorzième  & quinzième  fié- 
des  on  les  apelott  en  vieux  François  tet- 
très  d4  fourme.  La  reine  Vérité  du 
dmviel  Péîérin  de  Philippe  (c)  de  Mailîè- 
tes  , vit  k Rome  pns  « jui  mvoient  une 
'kmmmhe  wrmeiUe  y en  ImifueUe  uvok  qua- 
tre lettres  de  fostrme  S.  P.  Ç.  R.  Si  elles 
éiircnt  atnfî  figurées  par  rameur^  il  s'en- 
ioivroit,  qu'elles  devroicm  plutôt  Ce  ra- 
|K>rter  aux  capitades  , qu'au  petit  romain. 
Mais  Tory  8c  Sigifmood  Fanri , qui  vi- 
voieot  au  commencement  du  Arizicme 
fiède  , où  les  lettres  de  forme  étoient 
«ncorc  en  ufage  , ne  les  repréfenient  , * 
que  comme  minufcules.  Tory  leur  donne 
beaucoup  ck  hauteur,  Cetu  lettre  , foloa 


lui,  (d)  veut  lire  eimj  fois  aujp  large  que 
haute  : ce  qui  ne  doit  pas  s'entendre  de  ta 
largeur  totale  de  la  luctre  ; mais  de  l'é- 
paifTeur  de  fes  ^mbages.*  11  ajoute  , que 
les  lettres  longues , comme  kdfhlpq 
f t XK.  y doivent  ètrt  fepcfoii  aufiî  hautcf« 
que  larges  ; c'eft-i-dire , qu’épaifics. 

f f ) Otfft  efl  expliqué  leesrdaut  par  M. 
Ménagé.  Il  le  tire  de  ptfa  ou  eufa  -y  qu'il 
rend  d'après  Saumatfe  veflitnemum  /pif- 
fttm  ^ viltefnm.  M.  du  Gange  , auquel 
il  renvoie  , for  te  motbigera  , entend  par 
ce  terme , des  capes  de  Beam.  Dans  un 
glofiaire  en  deux  grands  volumes  sn-fol. 
en  caraâères  lombardiquos  du  huit  ou 
neuvième  fiècle  , hgera  eft  défini  b^s 
J id  efi  vellata  : c'efl-à-dire  , habit 
velu.  D.  Rivet  (e)  ne  dit  rien  autre  chofe 
de  ce  mf.  finon  , que  (àioc  Ifidore  eft  le 
dernier  auteur,  qiF-on  y trouve  cké  , 8c 
qti'il  paaoit  plut  ancka  que  ceux  , dopt  il 

L ij 


(r)  JU(i.  de  VA^ 
eadém,  desînfctipt, 

t.  lé.p.  XX4. 

(d)  Van  la 
feience  de  la  vreie 
freport.fel,  i)8. 


(e)  HiJI.  lirt.  de 

la  l'raxe,  t.  4. 
p.  i8o. 


{ 


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II.  PARTIE. 

S tCT.  III. 

C H A F . II. 


(I)  Cluf.  4. 


(c}Pmx.  tf. 
{d)  Ptf.  140. 


g4  NOUVEAU  TRAITÉ' 

elles  p^choient  beaucoup  plus  par  afeélation  exceflrve  d’été- 
gance  mal  entendue  , que  par  un  excès  de  gioiriéreté.  Ces 
memes  lettres  éroienr  qualifiées , avec  plus  de  fondement  , 
impériales  & bullatiques  : parcequ’alors  on  en  faifoit  quelque 
ufage  , de  dans  les  diplômes  des  Empereurs , &c  dans  les  bulles 
des  Papes. 

Les  lettres  de  cour  ou  de  cours  ne  fe  diftinguoient  pas  de 
récriture , employée  pat  les  oficiers  des  tribunaux.  L’inven- 
taire du  duc  de  Berri  fe  fert  de  ces  mots  , comme  de  ternies 
fynonimes.  Toutes  ces  lettres  n’étoient  pas  feulement  d’ufa- 
ge  aux  XIV.  & xv*.  ficelés  ; elles  y étoient  encore  diféren- 
tiées  par  la  meme  nomenclature. 

Les  lettres  torneures  des  xv.  dc  xvi'.  ficelés  nous  (ont 
repréfentées , vers  la  fin  del’.^r/  ô*  fcience  de  la  vraie  pro~ 
portion  des  lettres  , par  Tory.  Elles  ne  font  autres  , que  les 
kttres  majufcules  gothiques  des  m/T.  & 4es  imprimés.  Les 
anciens , félon  cet  auteur , les  (a)  employoient  fur  les  tom- 
bes , les  vitres , les  tapilFeries.  Les  imprimeurs  en  faifoienr  en- 
core , de  fon  tems  , le  frontifpice  des  livres  de.  les  titres  des 
cliapitreî.Les  mêmes 'fans  doute  s’apellent  lettres  tournées 
ks  \b)  Aflifes  ( i ) de  Jérufalem.  Elles  auroient  pu  refl'embler  à 


YCTToit  de  parler , quoique  tous  db  ncu- 
viéme  {îéclc  \ & meme  de  la  fin  du  hui- 
tième. Il  fut  donné  eo  1680.  par  M Joli 
ehancre  de  la  cathédrale  de  Parû  ; à l’ah- 
haïe  de  (âim  Germaio  des  Prés.  Uoe  noce 
poflérieure  à fa  donation  » porcc  que  M. 
de  Cafeacovedans  fc«  OiigincS)  cite  fou- 
Kcnc  le  gloHaire  d'Anfdeubiis  évéqueGoüi, 
auteur  peu  connih  Sur  les  termes  »r- 
futiriet  y moHtên  > ; les  citations  de 

ce  Mooficuc  fe  rcnconttenc , dit  en } dans 
le  glofTaire.  Dod  l'on  conjcâure , que 
c'cfl  fon  Anfilcubus.  Cacel  cite  ^(Tt  le 
glofTaire  d'Anfileubus  ou  d'Angi’euSus  y 
qu'il  avoic  copié  fur  un  mf.  de  rabbaïc  de 
MoifTac.  Mais  les  tcitcs  raportés  par  cet 
auteur  prouvent  , que  les  m(f.  n.  & 
2).  de  faine  Germain  cn*font  diférens. 
Quelques  noces  éciires  dans  le  même 
glofTaire , il  y a plus  de  deux  cents  ans  , 
ic  donnent  avec  encore  moins  de  fonde- 
Sientà  Papias  : puifque  , fuivant  la  chto- 
pique  d'Aibeiic  , il  flpriflbic  au  milieu  du, 


otiTicme  fîcefe.  Qiîoiqu'il  en  foit  & d'As* 
filcubus  êt  de  fon  glofTaire  ; il  réfultc  du  * 
palTagc  y que  nous  oTre  ce  grand  diélio- 
n.iire  de  faim  Ccimain  des  Prés  & des 
textes  de  M.  du  Cange  , que/^  fîgr.ifîe 
encore  plutôt  xc/m/  que  IcknU  , 3c  que 
cette  fîgniôcacion  apliquéc  aux  habits 
étoit  connue  des  le  neuvième  fiècic.  l.ea 
lettres  peuvent  donc  être  opofees  ^ 
aux  lettres  tondue* , donc  ii  fera  bien-cot 
parlé.  Si, vers  le  tems  de  la  renaifTance  dés 
lettres , on  apliqua  la  Cgniôcation  de  /mou 
: des  aux  premières  » c'efi  aparamment  paiv- 
cequ'cife  coovcfiou  d’une  part  aux  habits 
, 3c  que  de  Taucre  on  cotnmençoic  à 
regarder  ccrmmegrofhèrcs  les  lettres  chat' 
de  poils  ou  de  barbe>  telles  qu'etoient 
les  gothiques  d'alors. 

( s)  ïl  y cl>  dit , que  les  (c)  ^ 

O*  c^urrui  tjioient  eferit  chucuu  par 
foi  de ^runt  lettres  tournéti,  La  Thaumaf> 
ficre  ) dans  fes  {d)  notes , les  explique  par 
Uttret  m*jti/eules  0%  grAndtt  Ititra»  U 


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I 


DE  DIPLOMATIQUE.-  8f 
celles  de  Tory  ^ fi  elles  n’écoient  -,  que  du  quatorzième  fiècle  : 
mais’  en  les  raportant  à celui  ( i ) de  Godfroi  de  Bouillon  , 
elles  ne  pouvoient  pas  être  aufli  gothiques.  Leur  dénomina- 
tion étoic  empruntée  particulièrement  de  leur  rondeur  , ou 
de  ce  quelles  fembloient  faites  au  tour.  Le  mot  de  tournure 
s’apliquoit  aux  lettres  , dès  le  tems  de  l'aint  Bernard.  On 
loue  , dit-il , Ja  main , &c  non  pas  la  plume  de  la  bonne  tour- 
nure d’un  lettre  : de  bonâ  {a)  liteera;  tornaturâ. 

Les  lettres  bourgeoifes , qui  tiennent  le  milieu  entre  les  go- 
thiques curfives  Scelles  d’apréfent , pafl'ent  pour  avoir  été  in- 
ventées par  les  imprimeurs , vers  la  fin  du  xv'.  fiècle.  Mais 
ce  ne  fut  qu’une  forme  d’écriture  pour  lors  ufitée  , qu’ils 
adoptèrent.  Les  minufcules  (i)  romaines  furent  à la  vérité 
mifes  en  euvre  par  Alde-Manuce  : mais  celles  , qu’on  apelle 
aldines , ne  font  autres  , que  notre  italique  maigre  & ferrée , 
qui  fait  place  aujourdui  à une  autre  plus  élégante.  Quant  aux 
capimles  romaines,  on  les  tira  des  Anciennes  inferiptions.  Voi- 
ci des  lettres  ^ qui  touchent  de  plus  près  la  diplomatique. 

paroitroit  fort  extraotdinaire,  (jii’on  écri- 
vit encore  alors  des  livres  entiers  , & 
fur-tour  des  coutumes  en  lettres  majuf- 
cules.  Mais,  comme  cc^Jrançois , itanf- 
portes  en  Syrie , pouvenRt  afcâer  de  fui- 
vre  les  ufages  des  Syriens  , au  milieu  def- 
quels  ils  babiioienc , & qui  durant  le  dou- 
aidroe  liccle  derivoient  encore  leuts  mlT. 
en  eftranglièlcs  ou  maj^fcules  •,  de  pa- 
reilles letucs  laupes  ou  franfoifes  de- 
vroient  moins  nous  dtoncr  , que  li  I on 
les  voyoit  alors  en  Europe.  D'un  autre 
côté  Icsaflifcs , drcirdes  en  date  du  is. 

Janvier  fotu  ici  mention  d’autres 

jUifcs  plus  anciennes, dutems  deCodüoi 
de  Bouillon.  Des  livres  entiers  en  majuf- 
cule  , au  commencement  du  douaicme 
;ficcle  , quoique  très-rares  , & peutetre 
fans  exemple,  nous  furprendruient  moins, 
que  s'ils  ètoient  écrits  K la  forte  au  qua- 
lonicme.  Mais  ce  qui  doit  faite  cdTer 
toute  furptife , c'elEque  ces  aflifes  cioicnt 
.plutôt  en  forme  dv  ebartes,  que  delivres 
Elles  font  en  é£:y  apciées  ehanct , Uurtt 
, du  frp$Ucht4  : ii  y eft  fait  mention  de 
,fceaux  & moqogrames  do  Koi , du  Pa- 1 
tiùicbc  & du  Vicomte,; Pt  on  4 deti 


exemples  de  cliane»  entièrement  écritea 
en  letucs  majiifcules,  au  xi'.  liècle. 

(1}  Une  des  plus  cc'lèbtcs  rèdaèlioac 
des  Ajp/ei  de UmfMltm  fut  laite  en  ix;o. 
pat  Jean  d ibelin , Comte  d’Afcalon.  Ceft 
même  fous  foo  nom,qti'cllcsoHt  vu  le  jour. 
Mais  elles  ne  s’étoient  pas.jufqu'a  lui.con- 
fervées  feulemcnr  par  traditiond:.llcs  por- 
tent (é)  exprebément , qu  elles  fmtiii  ém- 
btifs  O'mifes  en  e/irii  pat  lifiiie  Gtdfrej  de 
Bcuiilent  lequel  fie  ehteee  nRûjf  P*  a Seigner 
deu  dit  tejaume.  Les  quatre  premiers  cba- 
pitres  de  ces  a/nfesoc  permeuent  pas  non 
plutde  teculçr  leur  première  collcèlion  à 
ides  tems  poftérieuts  au  règne  de  Go<b- 
’ ftoy  ,qui  commenfa  en  lopp.  St  Soit  en 
1 1 00.  , ' 

(1)  Les  lettres  d'imprimerie,  romaine»., 

italiques  , conlïdérées  lelon  leurs  di- 
vetfes  proponions  , aparrieonent  plutqc 
aux  arts,  qu’à  la  diplomatique.  Ainli  noua 
nous  abbicndrons  d’en  patler.  On  perse 
voit  fut  le  mot  tereSère  le  Diéhonaire 
Encyclopédique,  où  la  matière  nouspv 
roit  epuifee , d’après  les  méiaokc»  d* 
M.  fessunsee, 


11.  PARTIE, 
S a c T.  III. 
Chat.  II. 


la)  Bpifi.  Iff. 
tdii.  léÿO.lfm.t. 

f-  ni- 


(i)Peg.  t; 


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$6  NOUVEAU  TRAITÉ 

■ Vers  les  commcncemens  du  i j Cède , on  diRlnguoic  prîiW 
II.  PARTIE,  cipalement  dans  les  bulles  deux  fortes  de  caraftères  , les  lettres 
c'h^a  P.  1 1.  (**)  tondues  , tonfte  iaterte , &c  les  lettres  barbues  ou  chargées 

(4)  Hmhniusprt-  mêmcs  probablement  que  les  goffes.  Une  tniUe 

f^t.in  diplem.fun-  de  Grégoire  ( i)  IX.  de  l’an  1118.  porte  expreffément  la  pre- 
dM.  4-  micte  dénomination  : &c  quoiqu’elle  n’énonce  pas  en  termes 

formels  la  feconde  , elle  la  fupofe  vifiblement.  On  employok 
alors  communément , dans  les  bulles  & diverfes  autres  char- 
^s , des  lettres , foit  chargées  de  poils  ou  de  pointes,  com- 
me par  étajges , foit  enflées  de  traits  fuperflus  , ou  qui  mon- 
toient  & oefcendoient , dans  quelques  caraélcres  , au-defl'uS 
& au-defl'ous  de  leurs  voilins.  Il  étoit  aflez  naturel  de  qualifier 
lettres  j tondues  celles  , d’où  de  pareilles  fuperfluités  fe  troaA 
voient  rérranchées.  Ces  dernières  étoient  Amples  , aprochane 
de  la  minufcule  : où  (i  elles  tenoient  encore  un  peu  de  U 
curfive  ; du  moins  rabatoient  ou  refleroient-elles  leurs  traits  j 
loin  de  les  alqnger  ou  de*les  multiplier.  j 

Nos  lettres  bâtardes  de  la  fin  du  quinzième  fiècle  & du 


( I } Ce  Pape  Hc  entrer  dans  une  bulle , 
t'aeifTtnc  de  renouveler  » ces  deux 
(ortes  de  knecs , afin  de  dtftingoer  fes 
iaddkions  de  l'ancien  texte.  Sollicitée  par 
4‘cmpcreur  Conrad , pour  autorilcr  la  tran- 
Oacion  dulîége  épitcopaldeCixeàNaum- 
bourg,  & acordéc  en  1019. par  JcanXIX^ 
elle  avotf  été  rculcment  écrire  fur  da  pa> 
) pier.  Durant  le  cours  de  deux  fiécles , 
plus  par  négligence  ou  d'autres  accidens , 
ue  par  un  a§c  fore  extraordinaire  ;*ellc 
cojccQ  partie  eonfumée  de  vétullé  : & 
d'ailleurs  les  lettres  , fort  diférenres  de 
celles  , dooc  on  ufok  au  1 fiècle  , en 
l’endoicnt  la  ledure  diücile.  CeA  pour- 
<|Uoi  le  Pape  Grégoire  , à la  demande  du 
Ciiapitre  de  cette  égUlê , rétablit  fon  ti- 
tre primitif  , par  une  bulle  à Iac]uelle  il 
^tfnÎDUa  la  même  autorité  , <^u'à  l'origi- 
nal , fuplcam  & les  kteres  & les  fyllaocs 
les  mors  , <]U'on  préfamoir  avoir  été 
.emplo)^} , dans  les  endroits  détruits  ou 
éfacés.  Ce  A>nc  ces  Taplémens  , <pii  fu- 
rent écrits  en  lecrres  tondues  : tmfdenupu^ 
tiÊitsà  éiferettmii  J,  romiS  litifris  exMrafi 
Lococion  (tflgalière  ,:mais  inconue 
aux  auteurs  de  U dcnuéfc  édiuM  dcM. 
du  Cange, 


Simon^Frédéric  Hahn  , dans  fon  di- 
plôme de  la  fondation  du  monaAcre  de 
Berg  fur  l'Elbc  , prétend  , qu’en  compa- 
rant te  texte , qu’il  cite  , avec  celui  de 
Pierre  le  vénétaÉjAe  , où  il  cA  parlé  du 
pier  de  chife;*  fera  démontré  , qu'aa 
zl^  fiècle , on  écrivott  , non  feulement 
les  livres  en  ce  papier  > mais  même  les 
privilèges  6c  les  bulles.  Notre  aureift 
ignoroit  aparatrwnenc , que  l’ufagc  du  pa- 
pier (fEgypte  fublîAou  encore  , apres  le 
milieu  du  xx%  fiècle  , 6c  qu'on  1 conoif- 
fancc  de  bulles  « en  ce  papier,  de  Bénotc 
IX.  6c  de  Viâor  II.  fuccclfcurs  de  Jean 
XIX.  La  fieone  doit  donc  être  ajoutée 
aux  preuves  de  Tcmploi  du  papier  d'E* 
gypte  chez  les  Latins, au  11*.  fiècle.  A 
l'égard  de  celui  de  chife , il  cA  inouï'» 
qu'on  l’axe  mis  en  euvre , on  ne  dit  pas 
pour  acorder  des  nrivilègcs  ou  des  bulles  ( 
mais  des  aélcs  ^ la  moindre  procédure 
juridique,  plus  d'un  fiècle  après  Jean  XIX. 
Ce  n'cA  pas  encore  afiêz  : on  pourotc 
ajourer , plus  de  deux  6c  peucétre  plus  de 
trois  ficelés  : poirque  les  phxs  ancienne» 
pièces  juridiques  en  ce  papier , qu’on  ak 
jurqu*ict  prodirires  , fnieat  dcefiécf  aAèv 
avant  (Uns  le xiY*. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  «7 

commencement  du  xvi'.  ne  refTembloient  guère  \ celles,  ^ 

qu’on  nomme  ainli  maintenant.  On  en  ufoic  alors  dans  les  if-  partie. 
imprimés  , lorfqu’on  y parloit  François,  Elles  peuvent  fe  ra*  chV».  if. 
porter  à la  Civilité  gothique  , qu’on  Fait  encore  lire  aux  en- 
fans.  Elles  étoient  elUmées  françoifes , aufli-bien  que  les  let- 
tres de  forme  , de  tournure  &c  les  cadeaux  : quoique  par  r.i- 
port  à tous  ces  caraûcres  , le  tems  eut  amené  des  ditérences, 
ptopres  à chaque  nation. 

Les  cadeaux  (i)  Font  de  grandes  lettres,  qu’on  place  à la 
tête  des  pièces  curlives , des  livres  &c  des  chapitres  , où  l’é- 
criture courante  eft  employée.  Souvent  autant  ou  plus  larges 
que  hauts  ,yils  Font  rélévés  de  toutes  Fortes  d’omemens.  Mais 
les  cadeaux  des  tems , dont  on  vient  de  parler  , n’étoient  pas 
plus  femblables  aux  nôtres , que  le  gothique  à la  belle  écri- 
ture. La  lettre  ronde  de  ces  ficelés  revient  .à  notre  financière; 
comme  la  lettre  de  fomme  &c  la  lettre  bourgeoife  ou  des  mar- 
Hl^ands  à notre  expéditive  ou  coulée.  Au  relie  les  écritures 
rondes  & .carées  de  diverfes  Forces  , dont  nous  Ferons  obli- 
gés de  parler  dans  la  fuite  , nous  difpenfcnt  ici  de  nous 
étendre  fur  ces  lettres.  Les  longues  ou  alongées  , cubitales , 
onciales  , capitales  , majufcules  , demlonciales  , minufcules , 
très-menues , font  également  renvoyées  aux  écritures. 

Il  ne  faut  pas  s’imaginer , que  les  fameufes  lettres  apelées 
laureata  , dont  il  eft  fi  fouvent  fait  mention , dans  les  an- 
ciens auteurs  latins  , fulTcnt  des  caraélcres  ornés  de  lau- 
riers. On  doit  entendre  par  cette  exprelfion,  les  cables  ou  les 
lettres  miflives , que  les  empereurs  ou  généraux  (a)  Romains  {»)  Dtmf/ifr  m- 
envoyoient  au  S'énat,&  qu’ils acompagnoient  de  lauriers,pour 
marque  de  quelque  viûoire,  remportée  fur  les  ennemis.  » / . 6 j. 

VI.  Si  les  lettres  en  marqueterie  ,literx  lithoflratx  , fem-  lettres  fondes, 
• blenc  du  premier  coup  d’œi^un  peu  étrangères  à la  diplo-  ’ 

matiquedes  chartes&:  des  m(T;  elles  ne  le  font  pas  à celle,  qui  dciie,de’pîerre°ÿ 
s’étend  jufqu’aux  inferiptions.  Agncllus  {b)  parlant  d’un 'i':  ■nature  , d'or, 
ouvrage  à la  raofaique  , qu’on  voyoit  aux  côtés  d’une  églilè, 
fait  mention  de  fix  lettres  , qu’il  qualifie  lithojlratas.  Elles  taux  , OU  fur 
, pouvoient  induire  en  erreur  : parccque  chaque  fyllabe  du  matières  dures. 

(i)  Mcnage  dérive  ce moc  de  ra/«n«  t I pzr.ifcs , donc Icscadeaux  font compofès,  i.p.x. 

étymologie,  qui  ne  s’acorde  pas  jnal  I ou  qui  leur  lemsi  d'oroemeiu, 
avec  les  eaciiaiucmcns  , cmtclalTeincns  , | - . • ■ . 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 
C K A P.  il. 


( m)  î*Ut/ti  rudeiis 
mâ.  5.  Sc,  1. 


Vônmnini'4^ 

Ænt.  Hûfu  lih.  I. 
J.p.  4J. 


88  NOUVEAU  TRAITÉ 


mot , qu’elles  compofoient , étoit  féparée  par  un  point.  Du 
relie  on  trouve  beaucoup  de  lettres  capitales , furtout  dans  les 
mil.  lombardiques , par  compartimens  de  difèrentes  couleurs. 
On  diroit  d’autant  de  pièces  de  raport,  qui  concourent  à les 
former.  Par  cet  endroit  les  lettres  ( i ) en  marquéterie  ou  bien 
à la  inoliiïque  rentreroient  fans  contredit  dans  le  plan  de  la 
diplomatique;  fùt-elle  bornée  aux  mlT,à  l’exclulion  des 
bronzes  &c  des  marbres. 

■ Nous  ne  nous  arcterons  point  à ces  lettres  de  pierre  , en 
forme  de  longues  (a)  balullrades  à claire  voie  , au-dedans& 
au-delîors  de  quelques  cgiilês.  II  en  ell, où  l’on  lit  tout  au  long 
VAve  Maria  , le  Salve  Résina  , \lnviolata  , ou  quelque 
chofe  de  pareil.  On  en  voit  des  exemples  remarquables  au 


(1)  Les  dcox  premières  & la  qaarTÎcmc 
lignes  du  num  I.  de  la  XVII.  planche 
ferons  aif<fmcnc  coacesroir  ce  c]uc  nous 
entendons  par  lettres  en  nurqucrcrie  ou 
à pièces  de  raport.  Ce  meme  nomeio  rc- 
préfente  la  première  page  foho  du  tnf. 
X05.  de  Ja  biI>tiotl)dquc  de  S.  Cermain 
des  Près.  Il  cfl  du  8 ou  fîccic.  Voici 
la  leâure  de  ce  morceau  : \n  nom  ( no- 
minc  ) Dî  { Dei  ) Pstris  eipotentis  ( om- 
nipotenris)  încipï  ( incipit  ) üi  ( liber  ) 
Examnon  ^ id  rjl  ^ ftx  Memm , fe$  ( fanc- 
6 ^ Ambropi  fpifeopi.  La  croifîcnie  ligne 
ic  les  tcois  dernières  font  plutôt  beriolccs 
^u'cD  mofaîque.  Les  diferentes  couleurs , 
dont  CCS  lettres  fc  trouvent  peintes  font 
biafonèes  fur  notre  planche  , fuivanr  ics 
s;cglcs  de  l'art  hcraldicjUC.  C'cH  ce  que 
nous  obfervcrons  conRamracnt , par  ra- 
port aux  lettres  hiflorièes  ygrifes  ou  de 
toute  autre  couleur  que  le  rn>ir. 

La  première  page  fol.  verfo  du  mf.  de 
faint  Germain  num.  ii).du  même  âge 
ail  également  en  marquéterie  , mais 
d'une  manière  alTcx  difcrcote.  Nous  en 
inférerons  deux  lignes , dans  notre  ca- 
pitale lombarJique  > pour  mettre  le  lec- 
teur à portée  d*cn  juger  Cette  magni- 
ôque  pagceH  au  xefle  cbllribuéc  en  deux 
coiones.  Cliaçune  contient  fept  lignes , 
donc  la  hauteur  ell  d'un  bon  pouce  , ex* 
cepte  les  fécondes  & avant-dcrnicrcs  , 
qui  furpaflcnc  les  autres  d uo  quart  en 
fus.  Les  diftances  desligocs  noot  qu'uu 
<icrs  de«la  bauuur  de  celles-ci  ^ & un 


quart  de  l'élévation  de  ccllcs-Ià.  Trois  co- 
iones ou  pilafVrçs , fcnitcnanc  deux  voû- 
tes , avec  leur  mallir  co  treillis  , renfer- 
ment  fle  partagent  récriture.  Au  dcifoi^ 
des  voûics  , & au-dclTus  de  chaque 
mière  ligne  paroiAcnc  deux  jeunes  per- 
foncs  , montées  fur  de  grands  oifeaux 
bridés  , mais  fans  étrier.  Elles  fe  tendent 
(a  mam  , en  fe  quinanc  & fc  tournant 
le  dor.  Le  nombre  14.  du  préfent  chapi- 
tre , douncra  l'explication  des  autres  pao 
tics  de  notre  planche.  Quant  au  modèle 
lombardique  , qu'on  vient  de  voir  ; nous 
eu  dévcloperons  bientôt  quelques  autrci 
particularités.  Cctcc  gravure  cil  eiaâc- 
ment  conforme  à l'original , même  à l'é- 
gard des  dimenfions  ; fi  ce  n'cil  que  ce 
acriiicr  furpaHc  la  copie  d'un  tiers  de 
pouce  dans  fa  totalité. 

fl)  Ces  lettres  excèdent  debcaucorp, 
6c  même  incomparablement  en  luuccur  » 
celles  donc  les  anciens  ne  parloient  > qu’a- 
vec hyperbole.  Ils  les  apcloîcnt  lettrée 
4rèS'gran>$  , lettres  longues  d'une  coa- 
dcc,  liuoTA  gfMndts  ^ mAximt,dtcutnxné^ 
eubitum  («)  Ungk  /mrra.Nous  ne  nions  pas 
néanmoins  , qu'ils  n'culTcnc  des  lettres 
très-longues  » relatives  à la  hauteur  des 
moiiumens  ^ où  elles  éioient  placées. 
Telles  font  celles  qui  compofent  l’infcrip- 
tion  de  l’arc  de  triomphe , érige  à Sepeime 
Sévère, & à fon  fils  Marc-Anconin  Lie. 
Elles  n'ont  pas  moins  (b)  de  deux  pics 
I d'elevatioo, 

dedans 


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Lomluiri, 


ira 

luH 

'maflWÈî 

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DE  .DIPLOMATIQUE.  89 

dedans  & au-dchors  de  l’églife  paroifliale  de  la  petite  ville 
de  Caudebec  en  Normandie. 

L’ufage  de  graver  fur  la  pierre  ou  fur  le  marbre  des  épi- 
taphes  &c  autres  infcriptions  , &c  de  les  remplir  de  marbre 
d’une  autre  couleur  , de  cuivre  lîmple  ou  doré , ou  de  quel- 
<jue  autre  métal , étoit  fort  à la  mode  en  France  , il  y a trois 
à quatre  cents  ans.  Quelquefois  on  le  contentoit  de  faire 
creuler  de  petits  filions  fur  les  bords  de  la  tombe  , qu’on 
remplilfoit  de  lames  de  bronze , portant  en  creux  ou  en  re- 
lief les  inlcriptions  ou  les  épitaphes  , dont  on  vouloit  les 
décorer.  L’origine  de  cet  ulàge  remonte  fort  haut.  Des  mo- 
numens , du  tems  des  Céfars , confervés  à Rome  , & même 
du  tems  de  la  République  Romaine  , trouves  dans  les  rui- 
nes de  ( I ) Herculane , en  font  foi.  Pline  prétend, qu’il  y avoit 
de  fon  tems  un  chêne-verd  (a)  dans  le  Vatican , plus  ancien 
que  Rome  , fur  lequel  étoit  une  infeription  en  lettres  étruC- 
ques  d’airain. 

Les  Romains  , loin  d’avoir  configné  leurs  loix  & les  faits , 
qu’ils  vouloient  tranfmettre  à la  poftérité  , fur  les  lames  de 
bronze  ou  les  (z)  tables  d’airain  ; n’y  employoient  encore , 


(i)  Dans  les  premières  fouilles  ,quc  fit 
faire  co  1 7 1 1 . à Portici  le  Prince 
dui  duc  d'Elbeuf  i encre  autres  monumens, 
OQ  découvrit  un  marbre  caré  , ou  une  ba* 
fe,fur  laquelle  on  lifoic,  en  grandes  lettres 
d'airain^ofèrèes  dans  le  marbre  :APPIUS 
PUICHER  CÂII  FILIUS.  M.Gori,  qui 
nous  (i)  atelVe  le  fait  , ajoute  , que  ces 
lettres écoient  en  airain  de  Corinthe.  Pour 
confirmer  ce  dernier  point  par  d’autres 
exemples  i il  rapone  , qu’au  pié  du  mont 
capitolin  , Tous  Septime  Sévère  , un  arc 
de  triomphe  fut  érigé  en  l'honneur  de  cet 
empereur  Sc  de  Ton  fils  Marc-Aurèle  An* 
tonin  Pic  ; que  cet  infîgne  monument  de 
la  magnificence  Romaine  fubfifle  encore } 
de  qu'on  y voit  4)).  lettres  , creufées 
dans  le  marbre  & remplies  d’airain  de 
Corinthe.  11  cite  pour  fes  garans  Famia- 
Bo  (e)  Nardini  , & le  célèbre  (d)  Fon- 
tanini  archevêque  d'Ancyre.  La  continua- 
tion du  même  ufage  en  Italie  cH  confia* 
tée  par  les  tombeaux  des  grands  Ducs  de 
Tofeane  , oii  les  lettres  des  épitaphes 
(bot  fcellécs  avec  beaucoup  d'art  , en 

Tome  IL 


cuivre  blanc , dans  des  traces  auparavant 
gravdcs  fur  le  porphyre.  De  p;ircilles 
infcriptions  de  bronze  ou  de  pierre  noire 
ornent  les  tombeaux  des  peribnes  de 
dilhoAion  de  Florence.  Quelquefois  cet 
genres  font  dorfos  , principalement  quand 
elles  font  fur  des  tombes  de  marbre 
noir  , apeld  parangon  La  France  a beau- 
coup d'epiupfaes  fomblables  ou  dans  le 
même  goût.  On  croit  de  plus  fe  fouvenir 
d'eu  avoir  vu , dont  les  lettres  font  de 
marbre  blanc  ou  de  Ihic.  Mais  elle  en  a 
perdu  bien  davantage' en  métal.  Celles 
fur  tout , qui  étoient  cncha/fées  pat  la- 
mes de  cuivre  aux  extrémités  des  pierres 
fépulchrales  , ont , pour  la  plupart  , été 
enlevées , avec  les  épitaphes  , le  vifage  je 
les  mains  , qui  étoient  de  meme  matière. 
Aparamment  que  ces  dégradations  de 
tombeaux  arivèrent,  daas  les  ravages  des 
Fluguenois.  Auffî  ces  obfervations  ont- 
elles  plus  fpécialcment  Icuraplication  aux 
villes  jt  provinces,  qui  s'y  trouvèrent  les 
plus  expofées. 

i:(s)Lesédilcs  je  les  tribuns  du  peuple 

M 


II.  PARTIE, 
Sec  T.  III. 

C H * F.  II. 


{»)  nifi.lii.  K. 

c.  44. 


(i)  SymMt  littf 
tarit  — Admi- 
randa  amiquit. 
Hrrealan.  f.  107, 
lol. 


(c)  Ktma  va. 
/.J  .r.  (. 

(d)  Dt  aniiquil. 
Harta.  I.  I.  c.  ). 
t'*S- 


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II.  PARTIE. 

S t C T.  III. 

C H A P.  II. 


(t)  Lih.  ». 
(c)  Lit.  10. 


(</)  S.  C/fr.  md 

ZiMMt. 

(r)  tlmcTfi,  lit. 
tdt.  c.  f. 


(f)  Tm.  amiMl. 


(/)  Cie.  },  Cési- 
ii». 


(t)  Im  I.  Qdî  ta- 
bulam.  t.  D.  *d 
l*i>  ]td,find. 

(i)  faujim.  l.  J. 
€.  JI. 

(k)  Lckbart  cêtn- 
mmi.dt  rtt.Frjmc. 
ftim.  ».  i.f.  S), 


90  NOUVEAU  traité 

fous  Tullus  Hoftilius  , félon  (a)  Denis  d’HalicarnafTe  , que  deç 
planches  de  chêne.  Mais  cette  opinion  ne  s’acorde  pas  avec 
i’infcription , raportéepar  Pline.  D’aütres  auteurs  contredi- 
fent  également  cette  prétention  , du  moins  par  raport  aux 
traités  d’alliance.  Les  Etrufques  leurs  voilins , gravant  des 
lettres  fur  le  bronze  & les  (ij  lames  de  plomb  ; eft-il  vrai- 
femblable , que  les  Romains  ne  prohtalfenc  pas  d’un  exemple , 
qui  ne  pouvoir  être  indiférent  a des  hommes  aulTi  paffionés 
pour  la  gloire  î 

A l’égard  des  loix  des  douze  tables , Tite  (i)  Live  & Denis 
d’Halicarnafle  (c)  difent  en  termes  formels,  qu’elles  furent  gra- 
vées fur  l’airain.  Elles  l’étoient  encore  au  troifième  fiède  ; 
non  feulement  à Rome , mais  aulTi  dans  les  autres  villes  de 
l’empire.  Partout  on  les  voyoit  expofées  dans  le  bateau.  In- 
cifie  [d]  fini  licit  Uges  duodecim  tabuluù publico  acre  prctfixœ. 
Nous  ne  rapelerons  point  ici  les  lettres  d’or  (e)  fur  des  colones 
(i)  d’argent , érigées  en  l’honneur  de  Julc  Céfar , ni  la  (lame 


eorent  d'abord  l'intendance  des  cables  de 
bronze,  conferydes  au  capicole  & dans 
les  temples  de  Saturne  Se  de  Cérds.  Le 
C>in  en  fut  dans  la  fuite  confid  aox  (ju^f- 
ceors.  Mais  , comme  on  n'en  crda  point , 

?endant  l'abfence  de  Jule  Cdfac  , d.ux 
dilcs  en  furent  chargés.  AiigulEe  {f)  leui 
(iiblUcua  des  préteurs  ou  des  ptéteciens 
Claude  tétaldit  les  queftcucs,  Néron  m e, 
en  leur  place  des  préfets  du  'Tréfor.  L'a  > 
StS.  de  Rome , S»,  ans  avant  l'ère  chré- 
tienne ,1a  foudre  (; ) ébndit  plufieurs  u- 
blcs  d'airain  II  y en  eue  bien  davantage 
de  confumées , dans  l'incendie  de  Rome 
lôus  Néron.  Les  combats  du  parti  de  Vi- 
ullius  contre  celui  de  Vefpafien  causè- 
rent encore  la  pene  d'un  nombre  conlî- 
dcrable  de  ces  anciens  monument.  Mais 
ce  dernier  empereur  les  rétablit , autant 
qu'il  lui  Alt  poOîble.  Selon  le  J c.  Vé- 
nuleius , on  fe  rendoit  coupable  (S)  du 
crime  de  péculat  en  aracham  ou  chan- 
geant quel  ;ue  ebofe  aux  tables  de  bron- 
ze, expoléet  en  public  , fur  lefqnelles  les 
loix  étoienc  écrites,  ou  les  bornes  des 
champs  figurées.  Tout  ce  qni  concerne 
les  cwlcs  d'airain  , gardées  à Rome  eA 
tnùié  fiatt  an  long  pat  Matthieu  Egizxij 


dans  fon  explication  du  Sénanis-confnlte 
des  bacbanalcs  pag.  1*4.  tt  fuivanics. 

(i)  Les  Béotiens  (i)  des  environs  du 
mont  Uélicon  , monrrétent  é Paufanias 
auprdHe  la  foouine  d'Hippocréne  un 
rouleau  de  plomb  fart  endommagé  par 
le  lems.  On  ne  laifibit  pas  d'y  voir  écrit 
le  poBrae  «THéfiode , intitulé  : Ltt  tmrm- 
ft>  d»!  j*mi.  Il  Amble  qu'ils  vouloient 
faire  entendre,  que  ce  monumenc  étoie 
contemporain  du  même  poète  , ou  qu’il 
en  aprochoir  fort.  Mais  l'ufage  d'écrire 
far  des  lames  de  plomb  tire  du  livre  do 
lob  des  preuves  d'une  antiquité  bcati- 
conp  plus  reculée. 

(a)  An  ix‘.  (iécle,Ia  fimplicité primitive 
avoir  repris  une  bonne  panic  de  les  droits. 
Le  monument  trouvé  par  Marquard  Fre- 
her  (k)  dans  le  cabinet  de  l’éleéteur  Pala» 
tin  eA  plus  propre  à la  conAatet , qu'à  y 
donner  ateinte.  C'cA  une  verge  oe  fes 
de  la  grolTeur  d’un  doigt  , fur  laquelle 
on  avoir  écrit  en  lettres  d'argent  p«r,ft  dit 
fiécle  de  Charlemagne  : Kaaïut  iMta. 
lUssiT  cvBiTÛ  iSTs  sacus  lUXTO. 
uiNsvaaM  suAM. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ,i 

d’Apollon , fur  lacuifle  (i)  duquel  le  nom  du  fculpteur droit 
écrit , en  petits  caraûères  d’argent.  Nous  ne  dirons  rien  non 
plus  d’un  volume  (i)  déterré  , dans  les  ruines  deHerculane. 
Le  cycle  de  Méton  , ou  nombre  d’or  , renfermant  une  pé- 
riode de  dix  - neuf  ans  , parut  aux  Athéniens  une  invention 
fi  merveilleufe  ; qu’ils  la  firent  peindre  ou  graver  en  grands 
caraûcres  d’or,  au  milieu  de  leur  place  publique. 

Les  Sénatus-confultes  drelTés  au  fiijet  ( a)  de  la  puifTance 
Tribunicienne  , que  Tibère  avoir  demandée  pour  fon  fils 
Drufus  ; le  Sénateur  Hatérius  , par  un  excès  de  flaterie , 
opina  pour  les  faire  écrire  en  lettres  d’or.  Il  fut  ordoné  par 
un  decret  femblable , que  l’éloge  de  Claude  , compofé  par 
(é)  Sénèque  , & lu  (c)  par  Néron  en  plein  Sénat , feroit  gravé 
for  une  colone  d’argent , &:  recité  à cluque  nouvelle  promo- 
tion de  Confuls. 

La  flaterie  la  plus  outrée  des  Romains  pour  leurs  empe- 
teurs , n’a  jamais  pouffé  la  magnificence  auffi  loin  , dans  des 
cas  rares  & fans  conféquence  , qu’on  la  voit  portée  chez  les 
Siamois , dans  des  conjonûures  aflez  ordinaires.  Toutes  les 
fois  que  leur  Roi  écrit  aux  grands  Princes  , il  le  fait  toujours 
for  l’or.  Les  lettres  , qu’il  adrefla  au  Pape  & à Louis  XIV, 
étoient  écrites  chacune  fur  une  lame  d’or  , d'un  pic  de  lon- 
gueur Sc  d’un  demi  pié  de  largeur  & d’épaifleur.  Les  lettres 
d’or,  fur  des  étofes,  dont  parle  (d)  Apulée , étoient  fans  dou- 
te plutôt  faites  en  broderie,  que  peintes  avec  une  liqueur  d’or. 

VII.  Les  loix  des  Décemvirs  auroient  été  écrites  fur  douze 
tables  (3)  d’ivoire , fi  l’on  écoutoit  le  jurifconfulte  Pompon ius. 
Mais  cette  (4)  opinion , qui  paffe  pour  fingulière  , lui  atire 
tous  les  jours  les  reproches  des  favans.  La  difpuce  gît 


(i)  L'alâgedes  inrcriptioïKfur  lacui/Te 
«InAatues  étoic  fort  conna  dcs^ncieas  , 
ft  ttés-cominun  chez  les  Eirnf<]Ues.  Saine 
Jean  dans  l'Apocalypre  (t'  y fait  une  al- 
lalïon  manifclte.  Lt  Vni*  dt  Ditm  , nous 
dit-il , ptruh  icrit  fur  ft»  habit  ^ fur  fa 
tuijji  : Li  Roi  ois  Rois  it  le  Sei- 
ONEoa  Dtt  Seioneuxs. 

(a)  Ccd,  félonies  noimlles- publi- 
ques , une  lame  ou  rouleau  d'argent , 
mince  comme  du  papier.  Quoiqu'on  y ait 
décosTcrt  des  caraâiics  grecs  , on  o'eo 


fait  pas  te  cootenu  : pareeque  la  crainte 
de  les  endomager  , fait  , qu’on  o'ofe  es 
ôter  la  rouille , ou , félon  M.  Bonami , le 
dérouter  ; peutftre  faut-il  lire  tUrtmUar. 
())M.Tcrrairon  prend  un  milieu. Cet  loix 
furent.felon  lui, d'abord  écrites  IbrTivoirc, 
& bientôt  aptes  gravées  fur  le  bronze. 

(4)  Saint  Prudence  lib.  i.  emira  Sjftm- 
machum,  femble  pounant  la  fiivoiifet  par 
cet  paroles  : 

Dicant  eur  taniUda  fil  Itx  • 

Bit  ftx  in  labulii. 

Mij 


Il  PARTIE. 
S a c T.  1 1 1. 
Ch  A r.  II. 


(a)  Taeil.  An- 
nal.  l.  f.n.  lo. 


(b)  Ibid.  /.I). 

».  r. 

(e)  Dionit  — 
tiie.  rtrum  Rem- 
tfhem.  auth.  Je. 
Xifhitine  — La- 
tent— I J J I ■ ,4*- 
p.  I4*.r  p- lif- 
lis. 


(d)  LA.  S. 

lettres  fut  l'i- 
voire 8t  les  os  : ju- 
rifpiudence  des 
Gaulois  : examen 
d un  teste  impor- 
tant du  Qaerèlm  : 


(e)  tf.lS. 


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II.  PARTIE. 

S B C T.  III. 

C H A P.  II. 

quel  agc  peut  on 
acorder  à cccrcco- 
jncdic* 

(m)  Ncmv.  Tr.  dt 
Dift.t.  I./.  4Î4- 


{h)  I'.  cUf.  )'• 
dtvifn  1.  fuhdxv* 

9.  1. 


(r)  QueroIus,4s* 
comâdiA  nun- 
^UMm  mnuhAt  tdi- 
tM  , qu4  m vttufto 
cùd.  mi*.  P.auti 
A\3\\i\AÛz,infcTtbi~ 
tur , nnne  primitm 
à Fttro  DétnitLe 

AkTelio  lucedcnA^ 
14  , uêtis  iüuf- 
nStM, 

(d)  litfi.  Uit.  de 
2«Fr4»./.  j.p.184. 

(/)  M.  Ac€éii*lMM‘ 
li  eemed.- — JlMdéo 
induftrid  frid. 
TentmAAni.  i Cox. 
4\f.  ix6i. 


91  NOUVEAU  TRAITÉ 

uniquement  dans  le  fait  : car  la  dificulté  n’eft  pas  de  favoir  ; 
fl  l’on  pouvoit  écrire  avec  des  liqueurs  fur  l’ivoire  , ou  bieiï 
y graver  des  lettres.  Il  eft  ITir  qu’on  faifoit  l’un  &c  l’autre. 

Il  ne  paroit  pas  nécefl'aite  de  rien  ajouter  à ce  que  nous 
avons  dit , touchant  les  écritures  (a)  fur  cette  matière  : fi  ce 
n’efl:  pour  joindre  les  lettres  en  relief  aux  lettres  tracées  avec 
des  liqueurs , ou  gravées  en  creux  fur  1 ivoire.  Mais  les  pre- 
mières (è  faifoient  plutôt  par  l’enlevemcntde  l’intervalle  des 
lettres , que  par  l’élévation  de  celles-ci  au-delfus  du  niveau 
des  tables  memes.  Ainfi  c’écoient  là  proprement  des  lettres 
toutes  d’ivoire.  Tels  font  les  caraélè’res  des  diptyques  du  xv', 
fiècle  , dont  nous  donnerons  un  modèle , dans  [o)  notre  x'. 
planche  gothique. 

Les  os  furent  aufli  employés  aux  mêmes  ufages , Sc  par- 
ticulièrement chez  les  Gaulois  de  la  Loire.  Ils  écrivoient  défi- 
fus  les  fcntences  de  mort , qu’ils  avoient  prononcées  au  pié 
des  chênes  ; fi  l’on  prend  ( i ) à la  lettre  , comme  l’ont  niir 
jufqu’ici  tous  les  auteurs  j un  texte  (i)  fort  fingulier  , & fort 


(1)  Le  Ayle  comique  ne  s'acorticroit 
pgs  mal  de  fenceDces  de  more,  auHitôt  exé* 
cu(ce&  que  rendues , de  fcnrcnccs  unique- 
ment écri  es  fur  les  os  du  sOLipable.  Scri- 
kmntHr  in  e^tbusîev<ïïi2\\\x(\oti  au  genre  de 
Tuplice,  employé  par  les  Gaulois , Sc  non 
pas  à la  maciere  . fur  laquelle  ils  écri- 
voient éfeélivemcnt  leurs  aiéts  de  mort. 
Par-lii  Ton  feroitpIutAt  entendre, qu'ils  ne 
les  écrivoient  point  du  tout. 

(l)  lÎAbee  (r)  <j$ied  exoptAS  , VAde  , Ad 
Ligerem  vivite  •*  Q^itid  tum  f lllie  jure 
gentium  vtvunt  hemines  : iii  nuitum  eji 
pre^gium  : ibi  fentenùà  CApitAtts  de  re- 
bore  preferuntuT  (J*  îeribuntur  in  effibm  : 
illic  eÙAm  ro^iei  perofAnt  privA/i  jndi- 
CA  »/  ; ibi  tetum  licet  : fi  diva  fueris  , pA~ 
tm  ApellAberis  : fie  nofirA  loquitur  GreciA  : 
O filvA  y 0 /ùiitMdines  l quii  ves  dixis  tibe^ 
rAs  } multù  mnjefA  funly  tpuA  tAcemus  : ra- 
men  tnterem  hoc  fufiieit»  Ne^e  drvtt  ego 
fum  y ne^ue  robere  $fti  e$ipio  : nolo  jurA  hee 
filveJhÎM,  La  comédie,  d'où  ces  paroles 
Tooc  tirées,  porte  pourritre  : PUuti  Que- 
relus  , ou  bien  A$eiulmriA.  Elle  fut  publiée 
in  8*.  A Paris  , chez  Robert  Etienne  en 
iy<4.  par  Pierre  Daoici  Oitéaaois , & 


depuis  réimprimée  par  Commeim , avec 
les  noces  du  premier  éditeur , de  Kicters- 
hulîus  & de  Gruter.  Pierre  Daniel  bailli 
de  l’abbaïe  de  S.  Bénoit-fur-Loire  , qu'ü 
qnatiHcde  phis  célébré  & de  premier  co- 
Icge  de  toute  la  France , profita  du  pillage 
de  ce  monaflcre , fait  par  les  Huguenots. 
Après  s'étre  emparé  d'une  bonne  partie 
de  Tes  mlT,  il  eut  l'adrcllè  d’en  racheter  à 
vil  prix  plufieors  autres.  Celui , dans  le- 
quel notre  jlululAtiA  Ce  trouva  renfer- 
mée , écoic  l'un  des  plus  anciens.  L'ab- 
baie  de  S.  Rémi  de  Reims  en  conferve, 
un  autre  , d’un  mérite  à peu  près  égal. 
D.  Rivet  (d)  n'a  pas  co  de  peine  à prou- 
ver , que  l'auteur  de  ce  drame  clè  fort 
diflingué  de  S Gildas  de  Rhuis,oudcGil- 
tlas  le  fage  , à qui  ouciques-uns  (#)  l’ont 
ambué  par  une  méprilc  vifible.  D'autres 
l'ont  cru  de  la  fin  du  vi*.  fiècle  : quoi- 
que le  IVyie  foir  d'an  goût  bien  diféreot , . 
& que  , ibus  nos  premiers  Rois  François  , 
on  n'ait  jamais  rendu  la  juflice  d'une  ma- 
nière pareille  à celle  , qu'on  voit  ici  dé- 
crue. Selon  PierrcDanicl , les  Juges  Gau- 
lois mis  en  jeu  ,n'étoicnt  autres  , que  les 
Druides  J aiiiiî  uommés  : parccqu'ils 


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DE  DIPLOMATIQUE.  9}. 

propre  à éclaircir  la  manière  , dont  les  Gaulois  adminif- 
troient  la  juIHce.  Les  Danois  , nous  le  répétons  d’après  (a) 
D.  Mabillon . avoient  coutume  d’écrire  leurs  lertres  , non  feu- 


lement fur  le  hêtre  &c  le  frêne 
furies  os. 

prononçoicnc  leurs  ju^emens  fous  les  ché> 
lies  > comme  il  yatoic  de  Ton  cems  , die- 
il , des  juges,  qui  ezerçoicnc  leurs  foac- 
üons  fous  les  ormes.  O ciiUs  avoicor  pris 
le  nom  de  fout  l'êtm*. 

O.  River  à raifon  de  faire  remonter 
le  Querotuty  au  moins  au  comm^ccmenc 
du  fîccic.  Ce  quil  prétend  prouver 
par  fa  dédicace  à Rutilius  Numacianus. 
Mais  ce  dernier  mot  cfl  de  trop  , & ne 
paroit  point  dans  la  dédicace.  Le  nom  de 
Kutilius  ne  fut  pas  rare,chea  lesRomains: 
& plu/icurs  perfonaecs  di(Hngués  le  por- 
tcTcnc  >du  tems  de  la  République  & fous 
les  Céfars.  L'opinion  de  ceux,  qui  fixent 
Je  Qjtcrolm  à Tempire  de  Thédofe  , cft 
Tans  doute  la  plus  commune.  Son  pre- 
mier éditeur  l'avoic  cmbralfcc,  fans  pour- 
tant Tenvifager  autrement  , que  comme 
une  conjeélure.  Taubman  & d'autres  n'y 
trouvèrent  rien  à redire.  M.  Goujer,  dans 
Ibn  premier  fuplcmemau  Moreri , mer  la 
compofition  de  la  pièce,  fousTliéodofc  le 
Jeune. 

Mais , qu'alors  les  Gaulois  de  la  Loire 
exerça/Tent  le  droit  de  vie  & de  mort , 
ne  la  plaidoirie  y abandooéc  à de 
mples  paiTans , que  des  perfones  privées 
J pronoD^afieoc  des  fcntcnces  de  mort 
fans  apel , en  un  mot , qu'il  y régnât  une 
licence  entière  ; ce  font  des  faits,  qu'on 
ne  perfuadera  pas  aifcmcnc  à ceux  , à qui 
la  politique  romaine  nc(ï  pas  tou»fait 
inconnue.  Elle  confilloic  principalement 
â dépouiller  les  peuples  vaincus  du  droit 
«iu  glaive,  Sc  (buvencà  leur  faire  recevoir 
la  jurifprudencc  des  vainqueurs.  On  a des 
preuves  en  grand  nombre  , qu'elle  fut 
lacroduite  dans  les  Gaules , bienroc  apres 
leur  conquête.  S'il  faut  en  excepter  la 
Gaule  feptcotrionale  3 on  ne  prouvera 
pas  , que  cette  exception  s’étendit  au 
droit  de  vie  & de  mort.  On  ne  maoque- 
roir  pas  même  de  raifons  , pour  aller  plus 
loin.  Les  Gaulois  feptentrionaux  peuvent 
avoir  mieux  confervé  pluficurs  de  leurs 


, mais  encore  fur  les  cornes  Sc 


anciennes  coutumes  , ejuc  la  plupan  des 
autres  peuples.  Mais  rouicnir,  cjuc  le  droit 
roinam  n'ait  jamais  pénetri!  dans  la  Gaule 
Cilligéntanc  , pas  iiicmc  à qucli|ucs 
égards  ; cette  pictention  paroit  fujcite  à 
de  grandes  difîeuicés.  Coitimcnt  l'acoidcr 
avec  les  tciiamcns  de  S.  (i)  Ré.iii  évcs]ue 
de  Reims,  de  S.  Petpet  (r)  évétjuc  Je 
Tours , de  {d)  Chadoin  & de  Bc;  tram  évé- 
<]ucs  du  Mans  , d'Ernicntrudc  (.)  & de 
plu/ieuis  autres , dreliés  dans  les  ptovin- 
CCS  fcptcntrionalcs  des  Gaules  î Les  For- 
mules Angevines  , au  moins  en  (/partie 
du  commencement  du  V I lîèclc,  ne  ren- 
ferment clics  pas  divers  monumens  de  la 
jurifpnidcacc  romaine , & meme  de  l'é- 
tabliircmcnt  d'un  tribunal  à Angers  , où 
la  julticc  étoit  tendue  , préciE'cmcnt  fé- 
lon le  droit  romain  î Marculfc  autoit-il 
inféré  des  formules  romaines  (,)  dans 
:bn  recueil  ; (i  le  droit  romain  eût  été 
totalement  étranger  à la  France  fepten- 
ttionale  , pour  laijucllc  il  écrivoit  î Les 
mff.  mêmes  du  code  Tliéudolicn  ou  de 
fon  interprétation , écrits  dans  les  pro- 
vinces fcptcnttionales  , k notamment  (h) 
dans  le  dioccfc  de  Bayeux,  au  ix'.  ficelé , 
ne  fcmblcnt-ils  pas  dipofer  en  faveur  du 
droit  romain  , dans  ces  contrées  i Com- 
bien d'autres  preuves  ne  pourions-nous 
pas  acumulcr  i combien  d'excepiions  aux 
allégations  contraires  n:  pouriens  - nous 
pas  aporter  j fi  nous  ne  craignions  de  nous 
écarter  trop  de  noire  but  î Qu'on  falfc 
donc  remonter,  fi  l'on  veut  , tjuelqucs 
branches  du  droit  coutumier  , jufqu'aux 
anciens  Gaulois  ; loin  d'y  trouver  à redire; 
on  auroit  tort  de  ne  pas  aplaudir  aux  fa- 
vanies  rechtrehn  , qu'on  a produiies  fut 
une  matière  aufli  intércirame  : mais  Pex- 
clufîon  totale  donnée  au  droit  romain  , 
dans  une  partie  fi  confîdérabic  des  Gaules, 
ne  peut  manquer  de  trouver  des  comra- 
diéicurs. 

Si  le  texte  rapotté  ne  convient  pas  au 
fiècle  des  Xhéoslorcs,faudn-t-iil'enieDdic 


II.  PARTIE. 
S e c T.  III. 

C H A P.  II. 

(«)  Di  Tt  Difl. 
I'l>  i.  c.  I.  ».  7, 
f.  48. 


(h)  ZMlfbâBthltffthi 
novn  mjf.t,  I.  p, 
Sotf,  Ai.r/.r  tîiji, 
Rrm.  t.  I.  /.  i, 

e.  I t.p.  180. 

fe)  SpieiJtg.  t.  y, 

f.  lof. 

(d)  Mdbil,  Ana- 
lecl.  t.  f.p.  loj. 
1^0. 

(r)  Dt  Tt  diflom. 
fitpltm.  p,  pi. 

(/)  V.  noire  t. 
tom.p.  30).  J04. 

(/)  Bouquet  t.  4, 
p.  4«J.  tyyêj.  , 


(*)  Mf.  dti  Roi 
».  44'}- 


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II.  PARTIE. 
S E C T.  III 
C H A P.  II. 

tetties  écrites  ou 
peioccs  fur  les  bri- 
ques , les  urnes  , 
les  amphores , les 
toml-ieauz  i recet- 
te de  l encte  des 
anciens. 

(»)  Gwi  Diftf* 
MC  •IfAbct» 

t-  »«•  9i- 

(k)  P.  DMttitl 

M4- 

(f)  Ikùl.f.  }6, 


(W)IW.p.I4. 


(»)  illaf- 

trMA auBot,  Je. 

ÜAtiitl  Sthttf- 
fimtu.  Ptrùdm 

itlticA.f.  84.  81, 

ïmAtUu  Rmbma, 
/• 


if)  Sirstm  Uk.  4. 

(|)  La  Ptligicn 
du  GauIau  >.  I. 
f.  *9- 

(i)P-M- 
(i)  P-sy.  18. 


^ NOUVEAU  TRAITÉ 

VIII.  Les  anciens , fie  particulièrement  les  (a)  Etrufoues  i 


du  tems  de  Plaute  , od  les  Gaulois  admi- 
nidroient  certainement  la  juftice , fui- 
vant  la  (implicité  de  leurs  anciennes  cou- 
tumes f fans  aparcil  de  tribunaux  , làns 
chicane , fans  avocats  , fans  procureurs , 
fans  tables  de  cire  ni  de  bronze  î Mais 
l'auteur  fe  diftiiigue  nettement  de  Plaute 
8c  des  anciens  dramatiques  fatins.  Ce  ca- 
taélcte  n’obligeroit  pas  à la  vérité  de  le 

filacer.aprés  la  conqué  e enttere  des  Gau- 
es  ; s'il  ne  citoif  (é)  Ciceron.Sc  s'il  ne  fai- 
foit  une  allufioD  (c)  manifcfte  irEncide 
de  Virgile.  Nulle  autre  preuve  inconte- 
ftable  , du  côté  des  ttJits  relatifs  à l'hif 
toire  , ne  le  fera  dcfceii  ire  aii-delfous  de 
remplie  d'Augufte.  La  defetiption  d'ail- 
leurs , qu'il  fait  de  la  jurifprudence  8c  des 
moeurs  gauloilcs  : (bn  lîlênce  (ur  celles 
des  Chrétiens  81  fiir  leur  Religion  ; quoi- 
qu'il eût  des  ocafîons  continuelles  d'en 
parler , ou  du  moins  d'en  peindre  quel- 
que traits  ; les  cenfeurs  otdinaires  fupofés 
en  plein  (d)  exercice  de  leur  charge  , 
quoique  abolie  . ou  plutôt  réunie  à 
rempire  par  Augulle  : les  fencences  de 
vie  8c  de  mort  , atribuées  aux  Druides  ; 
quoiqu'ils  culTcne  été  prolcrits  (e)  des 
Gaules  pat  les  loix  te  les  édits  de  Tibère 
8c  de  Claude  , fembicsic  devoir  l'emponer 
fur  les  objeâioDS  chancelantes , tirées  du 
llylc  I 8c  fur  des  ulàgcs  en  vigueur  , dès 
le  commcnccfficnr  du  j 1 1'.  fiècle  ; mais 
dont  forigine  peut  temoutet  bien  plus 
haut.  M.  Schocpâin  . dans  l'excellent  ou- 
vrage , qu'on  vient  de  citer , apuic  ce  der 
nier  fait  fur  Pline , Hijl.  haï,  /.  lo.  c.  t . 
fur  Suétone  in  ClAud.  c.  if.  fur  Aurclius 
Viaot  de  CefATitu!  c.  4.  Il  »jou«  pag' 
]<1  .qu'il  n'ell  point  douteux,  que  fous 
Claude  les  Druides  ne  Ce  foient  réfugiés 
au-delà  du  Rhin , pont  s'y  mettre  en  fii 
reté.  Il  avoit  dit  p.  84.  qu'ils  avoient 
peutetre  pafTé  chez  les  Germains.  Le  tex- 
te de  Pline  fur  la  piofcription  des  Drui 
des  cft  formel.  Qui  fait  même,  (i  ces  fen- 
tenccs  prononcées  par  les  Druides , aux 
piés  des  chênes  , 8c  fuivies  d'exécutions 
Unglantes  , n'atirèrent  pas  contre  eux 
ces  loix  foudroyantes  des  empereurs  Ro- 
mains î Ils  n'étoient  pas  moins  jaloux  du 
diok  de  vie  8c  de  mon , qu'ufuipoieut  ces 


Gaulois  , qu'ennemis  des  facriliecs  , od 
ils  immoloient  ou  faifoieni  (/*;,  immoler 
des  viâimcs  humaines.  De  pareil  facri- 
ficcs  fupofoien-  quelques  foites  de  fen— 
tcnces , ponces  coin  te  ceux , dont  le  fang 
devoit  être  lépandu.  On  fait , que  les 
Druides  éioient  juges  8:  f i ) fa  :nlicareuts 
a la  fois  Quelques  progrès  qu'eût  fait  le 
droit  romain  , dès  le  tems  de  Jule  l é- 
far  , par  toutes  les  Gaules  -,  les  Druides 
s'écoient  maintenus  , julqu'au  tems  de 
Tibère  , dans  la  polfcirion  d'immoler  des 
hommes  , de  le  choUii  des  viélimes  , 8c 
par  conféqnent  dcprononcer.rclacivemcnc 
a la  Religion  , des  arers  de  mort  : cc  qui 
dut  fiifite  à I auteur  de  notre  Comédie , 
pour  lancer  contre  eux  des  traiis  faryti- 
ques,  Ainli  nous  ferions  portés  à la  croire 
antérieure  à la  fin  du  i.  fiècle  , 8c  poUé- 
ricure  à Tibère.  Comme  étranger  , le 
poëte  dramatique  pouvoir  ignorer,  que  la 
dignité  de  fimpic  ceofeut  eut  été  fuprimée 
à Rome  ; fupofé  que  l'âge  de  la  pièce 
aproche  de  cette  époque.  S'il  paroit  s'atri- 
buct  (h)  un  difcours  barbare  5 ce  n'eft 
pas  fans  doute,  parccqu'il  étoit  lui-même 
baibare  , ou  pareequ'iJ  tomboit  dans  de 
frèquens  barbarifmcs  ; puifqu'il  écrit  ei^ 
latin  , 8c  qu'il  s'exprime  en  bons  ter- 
mes. Mais  c'eft , ou  parccqu'il  foie  parler 
aux  feiences  des  Grecs  une  langue  bar- 
bare , en  leur  faifanc  parler  celles  des  La- 
tins : 

Qni  Grararam  difeifUnAt  en  nAtrAt 
hArbAre 

£t  iMinerum  veluJlA  veftn  neelit  tem- 
fert, 

ou  plutôt  parcaqu'étant  Grec  lui-même  ,' 
il  s'exprimoit  en  une  langue  étrangère  , 
qui  par  conféqnent  écoit  pour  lui  barbare. 
Ces  mots  i Sic  (i)  nefirA  lefnitnr  GréctA  , 
femblent  défigner  un  auteur  Grec  , 8c 
peutêtre  un  Maifcillois. 

Au  lieu  de  fcrihAntm  in  ejpbni , Pierre 
Daniel  veut  faire  lire  fcritmntnr  ejibm  : 
pareeque  les  ftylecs  de  for  ayant  été  in- 
terdits aux  Romains , ils  forent  obligés 
d'en  fuhflituer  d'os  , pour  écrire  fur  leurs 
tablettes  de  cire.  Mais  féditeur  oublie  , 

I qu'il  s'agit , félon  lui.de  la  manière,  dont 
1 les  Gaulois  lendoient  U julUce  , 8c  qu'on 


Digitized  Dy 


DE  DIPLOMATIQUE.  5>î 

traçoient  des  lettres  en  (i)  encre  noire  ou  rouge  ; non  lêule- 
ment  fur  des  tables  de  métal  ou  de  marbre  , mais  de  plus 
fur  des  urnes  cinéraires  àc  autres  vafes  de  terre  cuite  ou  de 
verre.  On  a déterré  de  ces  antiques , dont  les  lettres  font  eiv 
cote  d’un  noir  aufli  vif , que  fi  elles  venoient  d’être  peintes. 
Les  Académiciens  de  Cortone  , les  Muratori  , les  Bocchi , 
les  Gori  ont  à l’envi  célébré  la  haute  antiquité  des  briques 
découvertes  en  1737.  à cinq  milles  d’Adria.  Elles  font  cou- 
vertes de  lettres  alTez  femblables  aux  étrufques.  On  croit 
meme  y remarquer  (a)  plufieurs  chifres  romains.  Le  dernier 
auteur  ne  relève  pas  {b)  avec  moins  d’admiration  la  fraiclieur 
& la  vivacité  des  lettres  rouges  de  deux  autres  urnes  de 
terre.  Plufieurs  anciens  monumens  rendent  témoignage  à la 
coutume  établie  chez  les  Etrufques  , d’orner  leurs  tombeaux 
d’inferiptions  en  lettres  rouges  ou  noires.  Les  (c)  Romains 


l’opofcà  celle  Jes  Romains. Ainfi  fon  éru- 
dition cil  en  pure  perte.Quelque  atccotifs 
que  nous  ayons  été  nous  mêmes  à nous  en 
tenir  au  pue  nécclTaire  : nous  craindrions 
d’avoir  palTé  ks  bornes  d'une  note  ; (i  le 
fiijec  étoic  moins  important  , & s'il  ne 
fembloit  pas  remonter  à la  Tource  des 
formalités  les  plus  antiques  de  la  jurif- 
prudence  gauloife. 

(i)  Il  nous  eft  revenu  , que  dans  le 
chapitre  , où  nous  avons  traité  des  li- 
queurs , dont  00  s'cH  anciennement  fervi 
pour  écrire  ; quelques  perfones  ont  é;é 
feandalirées  de  ne  pas  voir  cité  une  feule 
fois  Cancparius  ; quoiqu'il  ait  compofé 
un  gros  volume  , intitulé  : Dt  MrAmnt- 
tis  cuju/cÊimiftêe  ifTuris.  Peutétre  même 
s'e(l-oo  imaginé  .que  nous  l'aurions  pillé 
£uis  te  nommetree  qui  fetoit  un  grand  cri- 
me , en  fait  de  littérature.  Mais,  pour  nous 
l’imputer,  il  faudtoit  n'avoir  lu  .que  le  d- 
tte  de  noue  autcnr.Son  livre  eli.lî  l’on  veut 
très-digne  de  l'atention  des  médecins , des 
cfaymi Iles , des  natutaliftes , des  peintres 
& des  teinturiers  ; mais  peu  ou  point  des 
autiquairet.  Après  l'avotr  lu  ou  parcouru 
avec  foin  i nous  avons  été  furptit  . que 
cet  ouvrage  ait  C peu  de  taport  h notre 
bat.  A peine  en  pouvons -nous  détacher 
quelques  traits,  qui  t'y  raportent.  Nous 
aurions  pu  tout  an  plus  adopter  fa  re- 
cette  de  l'cucce  dei  aacieoa , qu’il  avoii 


empruntée  du  livre  i}.  d'Oribalë.  Ils  la 
(dj  compofoient  , félon  lui , d'tme  mine 
de  noir  de  fumée , d'une  demie  livre  de 
gomme , d'une  once  & douve  oboles  de 
colle  de  taureau  , d'un  denier  & trois 
oboles  d'encre  des  ouvriers  , qui  travail- 
lent fur  le  cuir.  Les  premiers  imprimeurs 
fc  font  fervis  de  l'cncte  des  anciens.  On 
a depuis  inventé  d'autres  compolîcions  , 
qu'il  ne  nous  apariient  pas  plus  de  dé- 
crire , que  les  diverfes  manières , dont 
les  modernes  font  leur  encre  Si  les  pein- 
tres leurs  couleurs.  Caneparius  (r)  aprend 
encore  la  compoCtion  de  l’encre  perpé- 
tuelle ou  du  Ituc  , dont  on  remplit  les 
lettres , creufées  foc  les  cables  de  mar- 
bre. Il  feroit  peutétre  plus  dangereux 
qu'utile  de  copier  les  fecrcts , qu’il  en- 
feigne  , ainlî  que  plufieurs  autres  au- 
teurs, pour  faire  évanouir  l'écriture  au 
bouc  d'un  cenain  cems  , pour  l'éfâcer  Sc 
pour  la  faire  paroitre  au  gré  de  l'écri- 
vain , ou  de  celui  qui  fetoit  initié  aumy(^ 
tere.  Enfin  il  donne  le  fecrec  de  faire  re- 
vivre les  anciennes  écritures  , donc  on 
ne  fauroic  blâmer  l’ufage  légitime  , Sc 
liirtooc  quand  on  Ftplique  aoi  vieux  miC 
Au  cédé  s'il  entend  , qu'on  puilTe  faire 
di^aroitee  une  écriture  , fans  qu'il  en 
relie  aucune  trace;  ce  fiüc  ell  camefté  par 
les  plus  habiles  vérificaKats. 


II.  P A R I I E. 
S E c T.  III. 
Cua?.  II. 


(•)  Difef»  Jtlt  ' 

a.’pl-afrrii.  p/ry. 

exxn.  cxM'u. 

{b)  Paf. 

CLXxxyti. 

(r)  Gw<  monu* 
menium  Jivt  C9- 
lumbAtium' p»  $%• 

59- 

(«/)  Defeript,  4, 
f.  5.  ^ tj7. 

Lcnd. 


(i)  Tdg, 


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II.  PARTIE. 

S I C T.  III. 

Chay.  II. 

(a)  Lih.  1. 1,  1. 
;.ÿ4.  518. 


(h)  'Rudcns 

mil.  1.  f<en.  j. 

(c)  It/id.  Pœntd. 
mii.  ^.fan.  i. 


(</)  Aftd.  t.  d, 

(»)  Plmut.  Cajîrtm. 
mff.  1.  /ce».  6. 


(f)  Euftb.  kifi. 
lÀ.  5.  r.  I. 

(i'j  Hift.  lih.  X. 

{h)  Lih.  1.  (.  t. 

(i)  Vendredi  faim 
J.4T/.7.JI.  Jû, 


96  NOUVEAU  TRAITÉ 

avoient  peutctre  emprunté  d'eux  cet  ufage.  Ils  employoienc 
l’encre  éc  le  ( i ) vermillon  fur  les  tuiles  , les  vafes  de  verre 
&:  les  bierres  : pratique  , qui  fut  imitée  par  les  Chrétiens  , 
comme  le  prouve  Boldetti , dans  fes  (a)  obfervations  , au 
fujet  des  anciens  cimetières  des  martyrs  & des  premiers 
Chrétiens. 

Les  autres  vales  deftinés , foit  à puifer  l’eau  , (bit  à con- 
ferver  le  vin , pendant  une  longue  fuite  d’années , ou  à quel- 
que autre  ufage  , éroient  aulTi  très-fouvent  chargés  de  let- 
tres ou  d’infcriptions.  De  là  les  noms  A'Urnœ  (i)  litteratæ  , 
de  Utterat(s  (c)  fi3Ues  epiJloLe  , donnés  à ces  vafes.  Ojn  di- 
Ibit  aufli  enficulus  lituratus.  Ces  lettres  étoient  tantôt  gra- 
vées en  creux  ou  en  relief , tantôt  écrites  avec  des  liqueurs 
fur  les  urnes  ou  les  amphores  : quelquefois  on  fe  contentoit  d’y 
atacher  des  billets  , qui  marquoient  leur  ufage.  Souvent  les 
tuiles , les  briques  &c.  portoient  des  inferiptions  , où  l’on 
anonçoit  le  tems  , le  lieu , le  propriétaire  , l’entrepreneur  6c 
les  ouvriers  de  leur  fabrique. 

Il  n’étoit  pas  rare  d’imprimer  des  lettres , jufque  fur  le  front 
des  efclaves  ; d’où  viennent  ces  expreflions  chez  les  anciens  : 
frontes  {d)  literati  , ou  Amplement  (e)  literati.  L’empereur 
Théophile  pouffa  la  cruauté , jufqu’à  faire  écrire  douze  vers 
iambes  , fur  le  front  des  SS.  Théodore  & Théophane  , en 
conféquence  furnommés  Graptes.  En  général  ces  lettres  le 
faifoient  d’abord  avec  un  fer  chaud  : enfuite  on  les  remplif- 
foit  d’encre  , afin  que  leur  impreffion  (z)  durât  toujours. 


( I ) Les  lettres  fur  l'or , comme  fur  le 
marbre  , dont  on  d^coroit  les  tombeaux , 
en  dtoienc  remplies  : & elles  en  jettoient 
plus  dVclat.  Uinimm  . . . eUricreJqM  li- 
lermt , v*t  in  mnrâ  , vtl  in  mnrmor.  eiinm 
in  fefnlchrhfntii.rUn.  lib.  a.c.  7. 

(1)  Au  lieu  de  les  imprimer  ainli  fur 
la  cbair , on  fe  contentoit  fouvent  de  les 
peindre  , foit  en  noir , foit  en  rouge  , 
aptes  les  avoir  gravées  fur  une  tablette  de 
bois.  On  ponoit  cet  écriteau  devant  les 
criminels  , 00  les  en  chargeoit,  on  l'éle- 
Toit  au-dclTus  de  leur  tête.  S.  Anale , l'un 
des  manyrs  de  (/j  Lion  , fut  obligé  de 
faire  le  cour  de  ramphicbéacre , précédé 
d'une  table.portanc  cecte  infeription  laci- 
oe  : Hic  est  Attalcs  Christianvs. 


Nous  ne  conoilTons  tien  en  ce  genre 
qui  mérite  une  aullï  grande  vénération  , 
que  le  titre  écrit  par  Pilate  , & mis  fur  le 
haut  de  la  croix  de  notre  Sauveur.  Il  fut 
retrouvé  par  faintc  Héléne  avec  la  vraie 
croix.  Rufin  (f  ) Sc  Sozomène  (h)  atef. 
renc  le  fait.  Le  dernier  décrivant  la  ta- 
blette de  bois  , où  étoic  ce  titre  , femble 
infinuer , qu'elle  avoir  été  blanchie  , poiic 
recevoir  des  lettres  d'une  autre  couleur  : - 
mais  il  fait  expteflémcnc  envif»er  l'inf-, 
cription  , comme  s'étant  confervée  en 
caraéicces  hébraïques , grecs  St  latins  , 
conformément  à ridée  i qu'en  donne  la 
texte  facré.  Comment  après  cela  M.  Bail- 
lée auroit-il  pu  faite  dite  (i)  à Sozo- 
mcnc  , que  /«  Itortt  en  éteiau  tenue 

Dao$ 


i, -ed  by  GdOgle 


♦ 


DE  DIPLOM  A-TIQUE.  97 

Dans  les  ficelés  gothiques , qui  précédèrent  le  renouvellement  — 

des  lettres  , on  a fouvent  rempli  d’encre  les  lettres  gravées  fiir-  ‘ 

les  monumens  , & notamment  fur  les  pierres  fépulchrales.  chap.  li. 
IX.  On  vient  de  confidérer  les  lettres , comme  écrites  ou 


gravées  fur  les  métaux  , les  pierres  , les  verres , les  terres  cuites 
&c  ; maintenant  il  faut  les  envilàger , en  tant  que  tracées  avec 
des  liqueurs  métalliques  ou  minérales , fur  le  vélin  ou  fur  le 
papier.  Les  mff.  totalement  en  lettres  d’or  { i ) ne  paroiflent 
guere  moins  rares , que  ceux  , dont  toutes  les  feuilles  font 
teintes  en  pourpre.  Parmi  ces  derniers , les  uns  font  enrichis 
de  lettres  d’or , les  autres  de  lettres  d’argent.  Mais  alors  le 
premier  métal  (è  rélerve  certaines  portions  de  ces  mff,  telles 
que  les  titres  , les  noms  de  Dieu  &:c. 

Il  ne  faut  pas  confondre  le  vélin  teint  en  pourpre  avec  le 
parchemin  , couleur  de  (i)  fafran.  Mais , fi  l’on  peut  diftin- 
guer  l’écriture,  dite  {3)  in  papavere  , de  celle  qu’on  traçoit 


Lettres  de  li- 
queurs métalli- 
ques fur  le  vélin 
pourpré , de  cou- 
leur de  fafran  ou 
.de  pavot  : com* 
mcncemcns  de 
récriture  fur  le  vé- 
Jin  en  pourprerfoa 
progrès , fa  du  ce, 
ùl  décadence. 


rongées^  quaid  on  la  déterra^s’il  n'avoir  pas 
écrit  avec  un  peu  trop  de  précipitation  > 
& s'il  ne  s cioit  pas  fié  plus  que  de  raifon 
à la  fidélité  de  fa  mémoire  1 Le  titre  de 
la  croix  » fi  l’on  ajoute  foi  aux  préten- 
dons des  Romains , fut  aporté  par  faintc 
Hélène  à Rome,  & dcpolédans  l’églifc  de 
(àinte  Croix  de  Jérufalem.  Après  avoir 
^é  perdu  de  vue  & caché  , pendant  plus 
de  mille  ans , il  fut  (4}  découvert,  fous 
le  pontificat  d’ionocent  VIII.  eu  1491. 
Une  relation  du  tems  nous  aprend  . qu'on 
trouva  dans  une  caHette  , indiquée  par 
cette  infeription  fîlic  ejl  sitului  vgr£  cru- 
tiSf  une  tablette,  où  ces  paroles  écoicot 
gravées  & peintes  en  rouge  , Jésus  Na-  I 
ZARENUs  Rex  Juoaeorum.  Lcs  deux  ^ 
4crnicrcs  lettres  avoient  péri  par  véruilé. 
Le  mot  entier  écoic  extrêmement  endom- 
magé Tant  ^64.  £ni<48.  il  ncrcRoit  (h) 
plus  quf  Naz  ARENUS  RE.  Lcs  icttics  hc> 
DraVques  & grcqucsn'icoiem  donc  plus  au 
tems  de  cette  decouverte. moins  les 
amcucs  n*cn  foqt-ils  nulle  mention.  »Au- 
w jourdui  (c)  le  dtre  ne  paroit  plus  blanc, 
V ni  les  lettres  rouges . foie  à cau^e  déjà 
M longueur  du  tems , folt  qu’à  force  d'étre 
l»^mauié  , CCS  couleurs  aient  difparu.  <* 

(i)  Quoique  dans  notre  premier  volu- 
me , on  ait  déjà  parlé  des  écritures  en  or  > 
la  matierc  n'cft  pas  tellement  epurfee  , 

Tome  II, 


qu'on  n'y  puilTc  ajouter  des  chofes  aulll 
curieufes  qu  i(ité:cllànics.  O'atÜcurs  c*cll 
un  de  CCS  fujets , qui  fc  préfenccut  fous  (*)  BulU  ttAU- 
I plitficurs  faces.  Celui-ci  convient  égale-  xAnd.  VI.  dm  1;. 

I ment  aux  liqueurs» donc  on  fe  fcrvic pour 149^.  £#- 

! écrire  » & aux  lettres  memes.  fixs  irsÛ.  d»  crtu4 

I (1)  Saint  Ifidorc  (</)  diftiiiguc  crois  for-  i.  c.  n. 

' tes  de  parchemins»  le  blanc»  le  jaune 
& le  pourpre.  Quoiqu'on  difc(r)  D.  Ma-  (h)  J,  Lipf.  de 
bülon  i ou  a plus  que  fujet  de  douter  » fi  crucelik.  | . r.  14. 
le  parchemin  apelé  » félon  lui  » par  Anaf-^ 
talc  le  bibliotliécaire  ,crocMtmm  & ero-  Hemore  dt  S**, 
ceem  , était  réellement  pourpré.  Ces  ^xrie  R^éx.  fmr 
noms  s'ajuftem  mieux  avec  la  couleur 
jaune  , qu'on  donnotc  à certains  parchc-  J-  ^jfers.  4.  mrt, 
mius.  D'ailleurs  le  (/)  creceù  *•  J*  *• 

ic  \c  eci/Axei  xçcxaIcTs,  répétés  plufieurs  ^ . 
fois  dans  la  X.  aéïion  du  vi®.  concile  de  ' ^ Orig. 

CRi  ne  défignent  , que  des  parchemins^ 

jaunes.  Libre  {g)memhrA»Mcee  croemte  / x ... 

pas  non  plus  une  autre  fignificationj  * !, 

Le  terme  xjM.ttro7$  rendu  par  cretem 

Sc  crocAtms  t h^fiiüc  ccnzincmcnt  ceuleur 

de  fmfrmn.  n n'cfl  pas  nécenaire  d'en  apc-  ^ Cencü.  Lsk. 

1er  à tous  les  léxicographes  , pour  reéli- 

fier  une  Inatcntion.  Si  la  faute  cR  d'une  {Alhid  rt/791 

auuc  nature  ; c’eft  que  D.  MabiUoan'a; 

voit  pas  vu  d'ancien  vélfo  jaune. 

fj)  Au  xif.  ficelé  On  trouva  {h)  dans  Be- 

11c  tombeau  de  S.  Jlnrcruin  une  înferip-  xed.fetuî.  6.t,  9. 
cioi^,  énonçant  fon  nom,  & le  jour  de  809, 

N 


Oi.jiî  by  Googk 


II.  PARTIE. 
S E CT  III. 

C H A F.  II. 

(«)  3o/efh.  Aali- 
juh,  JmL  l.  II. 

t.  i. 


Xk)  Piiit.  ht.  8. 
*.  4*- 


(r)  SlymtltfU. 
{d)  Pmi,  titi. 
»M7. 


XO\t.  IJ. 


(/)  Csjr^  fttf, 

t-  xni.. 


pg  NOUVEAU  TRAITÉ 

en  lettres  <for  ou  d’argent , fur  le  vélin  teint  en  pourpre  ; oi» 

ne  peut  nier , qu’il  n’y  eût  des  raports  entr'elles. 

On  ne  doute  point , que  les  Latins  n’aient  apris  (a)  dei- 
Grecs  ou  des  Orientaux  à rendre  l’or  liquide  , pour  en  écrire 
des  livres  : mais  on  ne  fait  pas  bien  au  jufte  , s’ils  tiennent 
d’eux  l’art  dépeindre  le  vélin  en  pourpre»  On  a pourtant  tout 
lieu  de  le  prélumer. 

Peutctre  n’a-t-on  aucun  exemple  plus  ancien  de  livres  en 
pourpre  , que  ceux  , dont  parle  Jule  Capitolin  , dans  fon. 
hiltoire  de  Maxirain  le  Jeune.  En  le  mettant  fous  la  con- 
duite d’un  certain  grammairien , fa  mère  fi  ) lui  fit  préfent 
de  tous  les  livres  d’Homère  en  pourpre  Sc  pn  lettres  d’or.  Le 
vélin  pourpré  n’étoit  pas  fans  doute , au  commencement  du 
I r ï'.  Cccte  , une  invention  toutafaic  nouvelle.  Capitolin 
n’auroit  pas  manqué  de  reléver  le  prix  des  livres  d’Homère 
par  cette  circonftance.  Mais  le  filence  de  Pline , fur  cet  ulà- 
ge  de  la  pourpre , femble  nous  ôter  la  liberté  de  le  faire  re- 
monter au-delà  de  la  fin  (i)  du  liccle.  C’étoit  encore 


Ion  martyre.  Or  t prendre  ^ b lettre  les 
termes  de  l’hiftoire  de  fa  tranfiation  , 
cette  infeription  droit  en  pavot  : rror  m- 
um  /crifium  in  pMfnvtre.  Une  ancienne 
charte  , mife  i la  fuite  de  la  cbroniqoe 
«TVpfal  de  Jean  Scheffèrpag.  iji.nir 
mention  de  dalmatiqucs,  de  chapes  , de 
draps  & d'autres  ornemens  de  pnfMvart. 
Les  robes  pnptmrMtt  étoienr  con- 

nues des  anciens , 8t  fournirent  matière 
à quelque  trait  fâtyriqne  de  Lucilios  con- 
tre Torqnare.  Voflius  (r)  fupofè  ces  èto- 
fts  tiffues  de  fin  lin.  Saumaile  {d)  fur  So- 
lin  les  prétend  d'une  efpèce  de  ehevelure 
ou  de  laine,  qu'on  tiroir  de  la  pourpre,  du 
buccin  & de  quelques  autres  coquillages, 
le  P.  Hardouin  entend  pat  ce  terme  les 
toiles  , qu'on  rendait  èiclatantee  avec  un 
certain  pavot.  Pline  , k b vérité  , par- 
lant (r ) d'une  forte  de  pavot , dit  que  fa 
flfmcnce  ea  été  donne  an  lin  de  féclat  : 
plufîeuts  auteurs  y ajoutent  de  la  blan- 
cheur. anciens  aient  bien  ou 

ihal  pris  l'étofe  pMpMvernlM  , pour  une 
toile  de  fin  lin  , apclé  kyjpnm  } il  n'eff 
guère  polTifle  <fcn  faire  faplication  aux 
chapes , aux  daliaati^ues , i l'infcription, 


dont  on  a parlé.  D'un  autre  c6té  lea 
anciens  ont  entendu  pat  yu>’<  ■>  ou  pnpMner 
une  partie  du  corps  de  la  pourpre.  Ainfï 
nous  ferions  fort  portés  à croire  , que 
ces  ornemens  des  bas  fiècles  , défignés 
fous  le  nom  dt  pnpMvcrt  , étoienr  teintr 
en  violet  ou  biao  eu  pourpre , mais  d'un 
degré  inférieur  à la  belle  k vraie  pour- 
pre des  anciens.  L'infcription  pouroit 
donc  avoir  été  écrite  avec  une  liqueur 
pourprée  , ou  fur  une  étofé  ou  du  vélin- 
de  cette  couleur.  Permis  aulli  de  raportec 
les  eiprclTioos  pMpmvmum , dt  pnpMwrt,. 
in  p^Mvne,  moins  à la  teinture , qu’h  I» 
matière  de  l'étofe  ou  toile  tirée  de  la  poutc 
pre  ou  d'autres  coquillages  lanugineux. 

( I jNous  ne  pouvons  nous  réfoudre  à ren- 
dre par  fa  parente  rcs  mors  , ijuttnin  pn~ 
rtns /ms. Nous  croyons.qu'il  y a une  fautr 
dans  ^MtdMm-.tm  aura  lu  juidjtm,  qui  fe  ra- 
porte  à;r«f)ii»iui»,pout  enidsm.  On  trou- 
ve  bien  des  excmplcs,daos  les  plus  anciena 
mfT.  de  la  tranfmutatioR  réciproque  du- 
If  le  ia  r.  Des  éditeurs  peu  au  tait  auront 
mal  h propos  corigé  jntdnm , pour  faire 
acorder  ce  relatif  avec  ferrai. 

(i]  Si  l'on  s'en  «pone  à (f)  Cafley  j 


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DE  DIPLOMATIQUE.  99 

-quel<|ue  chofê  d’afTez  rare  vers  le  coauoencemeot  4u  ly*. 

L’évéque  Théonas  , qui  florilToit  alors , confeille  (a)  \ Lit- 

cien,  grand  chaml^llan  de  l’enrpereur  , de  ne  point  faire  Chap.  Ii. 

écrire  lûr  le  pourpre  fie  en  lettres  d’or  les  mlT.  entiers , deC-  (a)  spicilt^i.ii. 

tinés  pour  la  bibliothèque  du  Prince,  lins  un  ordre  exprès  t f**- 

de  fa  part.  Mais  fur  le  déclin  du  même  hècle  , les  mornes 

(b)  memes  s|ocupoient  à faire  du  vélin  pourpré  : ce  qui  fu-  (i)  s.  Efhrem. 

polè , que  l’ufage  en  étoit  devenu  bien  plus  commun.  S.  Jé- 

rome  en  (cj  parle  comme  d’une  mode  de  fon  tems  fort  (i)  154;”*  ' * 

acréditée  : injiciuntur  membranet  colore purpureo  : aurum  li-  (t)  tt. 

Îmejcit  in  Hueras.  Elle  fe  maintint  avec  diltinélioa , durant 
CS  V.  fi£  vi',  ficelés. 

A peine  s’aper^-on  , que  la  barbarie  [i)  des  vu.  fi£ 

VIII.  eût  fait  perme  au  vélin  pourpré  quelque  choie  de  fou 
éclat , ou  qu’on  fût  moins  curieux  de  fe  procurer  des  livret 
£ précieux.  Mais  malgré  le  goût  décidé  du  ix'.  fiède,  pour 
la  magnificence , en  genre  de  mlT;fur  fon  déclin  , l’art  même 
de  teindre  le  vélin  en  pourpre  parut  fort  déchu  de  fon  an- 
cienne perfèâion.  Dès  lors  on  ne  vit  guère , que  des  mlT.  en 
pourpre  rembrunL  Ce  violet  éclatant  , ce  rouge  foncé  , ce 
bleu  gracieux  , quoiqu’un  peu  fombre  , ne  s’y  (})  montrent 
plus  avec  leurs  agrémens  primitifs. 


long  cems  iraac  S.  T^rotne  , ob  faifbit 
nfagede  la  couleur  de  pourpre  fur  le  pa- 
pier ou  le  parebemio.  Il  o'ea  a pas  d’au- 
tre preuve  que  ce  vert  : 

Ntc  (d)  r>  pMrfmm  vtUnt  smsccmm 
fucco. 

Ovide  ne  parle  ici  toutefois , que  d’une 
«ouleur  poorprde.bien  infif  ticutc  a la  vraie 
pourpre.  Il  cil  clair  d’aüleuts  , qu’elle 
a'dtoir  pas  rdpandue  fur  rintdricur  du  li- 
▼re.mais  fculcmcot  fur  la  couverture. Ainlî 
BOUS  ne  cecoooitrons  point  dans  et  texte 
le  vdlin  pourprd. 

(1)  Quelques  feuilles  écrites,  Sc  de  vdlin 
«n  pourpre . font  confervdci  dans  la  bi- 
bliothèque  Cortooienne.  Certains  An- 
glois  ne  font  pas  dificultd  (r)  de  ks  pren- 
slre , pour  les  débris  de  cet  mir.  magnifi- 
«joes  , dont  { f)  parloit  S.  /écorne. 

(1)  S.  Wilftidc  archevêque  cTYorc, 
snivti°.  £éele,  fit  à fon  éÿife  (f  ) uo 
ptéfcnt , qui  parut  bien  tUBCVcilleux  aux 


Anglais  j lorfqu’il  lui  donna  un  livre  des  (d)  tr'^,  l,  t.‘ 
Eraugilcs  de  vélin  pourpré , écrit  en  let-  ,l,g_ 
très  ^or , <c  couven  de  lames  d’or  & .de 
pierreries.  Ce  n’étoit  point  un  ancien  mf  (<)  Cefity  prif. 
qu’il  eût  aporté  d’Italie  ou  de  Frauce.  Il  p.  XII.  BiUuih. 
le  fit  écrire  (S)  8c  orner  lui-mcaic.  Il  y Brita».  17}  f- 
ajouta  , félon  (r)  D.  Mabillon  , une  bi-  l.f.  part.  t.«rr.|. 
bic  fcmblabk  à tous  égacds.Ce  qui  prou-  p.  ] Jo. 
ve  .que  fur  la  fin  du  vit*  Gécle  , 8c  le 
commencement  du  v 1 1 1 ‘ ,00  n’avoit  pas  f r\  -p  a 
toterrompu  i'ufage  d'écrire  eu  or  8c  fur  le  1/1  rrafat.  m 
pourpie. 

())CcponrpK  eftpour  k moins  ob-  . , . ... 

feur , rembruni , 8c  par  conféquenc  fana  ' rltmn  bfi. 
éclat.  Il  n’a  ni  le  beau  violet  du  pfcauckc 
de  S.  Germain  des  Près  , ni  k bleu  ceo-  (h)  UaUt.  A3m 
dré  d’une  parc,  8c  de  l'antre  k clair  8c  bril-  SS.  futd.  4.  paru 
lauc,  quoique  un  peu  foncé  du  rof  des  i.p.ffx. 
évaagiles  de  la  mcine  abbaic.  La  dernière 
quali^  eft  commune  au  beau  mf.  des  (i)  Br  rt  iBpUat. 
epicies  8c  des  évangiles  de  M.  k cardinal  p.  44. 
de  Soiihifc , 8c  à la  plus  grande  partie  de 

N ij 


100  NOUVEAU  TRAITÉ 

' ■■  — ^ Rarement  la  pourpre  fe  répand-elle  fur  les  mlT.  enriers;- 

*s  Elle  n’en  ocupe  fouvent , que  certaines  portions,  comme  le 

c^nlr.  II.  canon  de  la  Mefl'e,.  le  frontifpice  des  livres  , les  titres  , les 
• endroits  les  plus  remarquables,  ordinairement  bornés  à des  ca- 

dres (1.I  ou  bandes  de  pourpre.  Tantôt  elle  ne  s’étend  , que 
fur  une  ou  deux  lignes , tantôt  que  fur  un  mot  , tantôt  que 
fur  quelques  lettres.  Elle  règne  précifément  fur  les  morceaux 
d’écriture  , qu’on  veut  rélever  , au-dellus  des  autres  ; dans  ‘ 
les  mff.  memes  , où  tout  le  refte  du  vélin  reçoit  immédia- 
/ tement  les  lettres  d’dr.  Telles  font  les  bibles  & les  {i)  heu- 

res de  Charle  le  chauve  de  la  bibliothèque  du  Roi  , aux- 
quelles nous  ajouterons  quelques  fuperbesmlf.  du  Tréfor  de  - 
S.  Denis  en  France  & de  plulieurs  autres  églifes. 

Quoique  nous  ne  prétendions  pas  faire  conoitre  tous  leS' 


celai  de  la  bible  de  Charle  le  chaave  ) 
donnée  par  les  chanoines  de  Mecs  à M. 
Colbert.  Mais  la  totalité  des  trois  pre- 
miers cfè  en  pourpre  : au  lieu  que  le 
Wlin  du  dernier  n eo  cfl  teint , que  dans 
un  très-petit  nombre  de  feuillets , & eih' 
core  pas  toujours  en  entier,  te  vélin  de 
ces  tnlTide  fombre  qu’il  ell,  avant  que 
decre  eipofé  à la  (plcndcur  du  grand 
)our , paroic  d’un  pourpre  éclatant , lorf- 
^ qu’on  place  le  feuillet  encre  i’uiil  & la  lu- 

mière. 

^i)  Les  cadres  ou  fonds  de  pourpre 
♦ Hblés , & fouvent  placés  au  commcncc' 
ment  des  livres  , font  alTez  fréi^ucns , fur 
• les  plusprécinjx  mlT.  du  ix'.fièclc.  Le  cé- 

• lébrc  raf.  des  évangiles , donné  par  Char- 

• • Icmagne  à Aix-la  Chapelle , réunit  le  vé- 

lin pourpré  avec  récriture  en  Icctrcs  d’or. 
(M)tMf»htc.C»nh  Le  pfeauiier  dédié  par  cer  empereur  au 
de  UkL  Ca-  pape  Adrien  I,  quoiqu’il  ne  l’ait  pas  reçu  : 
fur,  /.  1.  e,  5.  peucétre  parccqu’il  vint  à mourir  dans  la 
p.  x$6. 197.  circonllancc  , où  il  dévoie  lui  erre  pré- 
fenré  i el^  à la  vérité  en  lettres  d'or; 
(b)  Ibid.  p.  aéi.  mais  U n’a  que  quelques  portions  en  pour- 
pre. Ecrit  («)  par  Oagolfo,  & d'abord  dé- 
(tf)  Ihid.p.  die  à Charlemagne  lui-méme,  il  fiit  de- 
*■  puis  donné  à S.  Willchade,  premier  évé- 

que  de  Brème.  Cette  églife  l’a  coofervd , 
(d)  Cmjîey  pref.  Jurant  viii.  ficelés.  Lambécius  (t)  ne 
f,  Xll.  BibUcth.  favoit  pas,  comment  U avoic  de  là  palTé 
BritMnni^u*  jgg^  bibliothèque  de  l'empereur.  Nous 

31^-  fovons  encore  moins  , commem  (e)  ce 


favant  homme  avoic  pu  fe  perfuader,' 
qu’Adricn  eût  fait  fi  peu  d’cftimc  du  pri- 
(ent , de  I.i  dédicace  Sc  da  vers  d'un  fi 
grand  monarque  , pour  s’en  défaire  de 
fon  vivant , en  faveur  d’un  de  fes  fujets. 
Oi>  trouve  beaucoup  de  mfT.  & iurtouc 
de  pontificaux  du  ix^.  ficelé , où  feule— 
ment  quelques  feuillets  ou  portions  de 
pages  font  pourprées.  Cette  décoration  cfo 
parciculicremcnt  réfervée  pour  les  canoay 
de  la  Mcifc.  Un  mf.  des  (d)  évangi- 
les de  la  bibhochèque  du  roi  d’Anglc-» 
terre  n*»  que  quelques  feuillets  de  cou-* 
leur  de  pourpre , écrin  en  lettres  d’or  & 
d’argent  , avec  des  enluminures  égale- 
ment précieufes.  La  bibliothèque  Cotco- 
nicnne  renferme  un  mf.  des  évangiles  , 
fur  lequel  le  roi  AthcH^an  ordona  , qaer 
fes  foecclTcurs  prèceroient  fenncncà  leur 
facre.  Mais  il  n’y  n que  les  deux  pre- 
miers feuillets  de  S.  Mathieu  , qui  foicnc 
teints  en  pourpre  , & que  les  deux  oir 
trois  premières  pages  de  chaque  évangi- 
le , qui  foient  en  lettres  d'or  capitales. 

(1)  On  a d'autres  heures  de  Charles  lo 
chauve  à peu  près  fcmblablcs  , dans  la 
bibliothèque  impériale  devienne.  Ce  mC 
aparcenoit  autrefois  à un  monadère  de 
religienfes  de  Zuric.  Il  fut  imprimé  a 
IngoHlad  en  i(8f.  Celles  de  la  biblio- 
th^ue  du  roi , toutes  en  lettres  d'or , fo- 
rent écrites  vers  le  milieu  du  fiècle. 


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loi 


DE  DIPLOMATIQUE. 

m(T,  totalement  en  vélin  pourpré  , & d’ailleurs  en  lettres  d’or  — 

& d’argent  ; nous  ne  laiderons  pas  de  donner  une  idée  f i)  de  W.  partie. 

quelques-ims.  ^ . Chap.  ii. 

Pour  rendre  plus  compaffés  les  caraftcres  en  or  , on  trace 


^ I ) Parmi  les  plus  inlîgnn  mlT.  en  une  mcprile  pareille  , <jue  le  mf,  de 

pourpre,  le  P.  Biancliini  (a)  cdlèbre  ccui  Brefcia  pall'oit  pour  être  écrit  avec  l'îii-  r \ tr-  j-  ■ 

des  évangiles  de  Péroufe  , de  Brefcia  Si  cre  d'or , i]UoiI|u'il  fin  en  lettres  d'argent.  c»- 

de  Vérone.  Leur  couleur  eft  d'un  bleu  A ces  mil.  en  poupre  il  joint , d'aptes  (d)  /enp/Kr, 

obfeur  , qui  ne  permet  de  les  lire  , le  P.  le  Long  , la  bible  , que  Théodulfe  ''  * • 

qu'à  U faveur  d'une  lumière  éclatante.  11  éveijue  d'Orléans,£t écrire  vers  l'an  7?or 

ne  donne  pas  moins  de  i aoo  ans  au  pre-  une  autre  apelée  de  S.  Maur  , copiée 

micr.  Le  (ceoud  ell  celui , dont  M.  Car-  vers  l'an  iy6.  Si  depuis  donnée  par  le  roi 

bclli  rend  un  compte  fort  détaillé  dans  Cbarle  V.  à l'abbaic  de  S.  Denis iquoi-* 

Une  lettre  , inférée  au  premier  tome  (i)  que  le  pourpre  ne  s'y  montre  , que  fui  (b)  ecelxMxi  i 

de  la  Défenfc  des  écritures  canoniques,  quelques  morceaux.  Le  P.  Bianchini  par- 

Plulieurs  de  fes  feuilles,  dit-il  ,patoif-  le  encore  de  quelques  autres  mlT.  de  la  ^ 

fent  bleues,  quoiqu'elles  aient  été  teintes  même  couleur  , qu'on  trouve  au  Vati- 

en  pourpre.  Les  caraéléres  font  en  ar-  can  , àS.  Tcande  Catbonarade  Naple  , à 

gent  : mais  cette  couleur  s'étant  éva-  Cotbie , à S.  Germain  des  Pris.  11  n'a 

Bouie  en  bien  des  endroits  , femble  y pas  été  mieux  informé,  au  fujet  de  la  A-  c.  fv 

avoir  été  remplacée  par  celle  de  l'or.  On  bibliothèque  de  faint  Germain  , que  de  f-  • *o- 

y feroit  trompé  , fi  l'on  n'y  tegatdoit  de  celle  de  Cerbie  ; quand  par  raport  à la  W ^xcr. 

bien  près.  Ccfl  pourquoi , cominue-t-il , première  , il  repiéfcnte  fon  manuf-  c- 4- *1^» 

nous  l'apclioiis  autrefois  livre  iter  ; au  cri»  des  épitres  (ej  de  faint  Paul  , en  mj 

lieu  que  nous  le  nommons  maintenant /i-  grec  Si  en  latin  , comme  écrit  fur  du  ' ' * 

vre  d'xr^enir  La  peinture  en  eft  tantôt  vélin  pourpré.  Ce  mf.  très  - antique  , 

unie , tantôt  raboteufe.  On  ne  fait , fi  n'eft  ni  en  lettres  d'or  ou  d'argent  , ni 

Ton  doit  en  rejeter  la  caufe  , foit  fur  les  en  pourpre.  On  n’en  conoit  point  non 

diférentes  mains  des  enlumineurs  , (bit  plus  de  ce  genre  à Cotbie.  C'eft  encore 

fur  la  matière  , foit  enfin  fur  les  pincéanx.  Fabricins , qui  l'a  induit  en  erreur,  ait 

L’obfervation  de  M.  Garbelli , au  fujet  fujet  é/)  du  mf.de  S.  Germain.  Le  P. 

de  la  peinture  d'argent  , ici  polie  , là  Bianchini  ne  parle  pas  d'un  antiphonier  (/’) 

lude  Si  épaiffe  fc  vérifie  encore  plus  fou  écrit  fur  le  pourpre  par  ordre  de  l'ahbé 

vent , pat  raport  aux  lettres  rouges  des  A nfegife  ,&  dont  il  eft  fait  mention  dans 

mlf.  du  VI  II',  ficelé.  On  ne  s'arétera  la  chronique  de  Fontencllc.  M.  de  Mef- 

point  à décrite  le  mf.  de»  évangiles  de  mes  Ig)  avoir  un  mf.de  l'Ecriture  fainse  (rJLeLext  Bibl 

Notre-Dame  de  Reims,  n eft  également  en  pourpre  & en  lettres  d'or , terminé  pat4y^„_  j P itt 

en  Ictrtcsd'oi&d'aigenr.&furvélin  pour-  une  chronique  d'Ifidore  & par  un  opuf-  ’ ’ 

pré.  Celui  de  S.  Denis  en  France  , en  ca-  cule  de  S.  Eucher  en  fetrres  d'argent. 

raélèrcs  d'argent  fur  le  pourpre  , ne  pa-  Charlemagne  fit  préfent  à S.  Angilbett 

roit  que  du  ix'.  fiècle.  En  parlant  d'un  abbé  de  S.  Riquicr  d'un  texte  des  évart- 

mf.  des  évangiles  , confervé  à UpfaI  ; le  giles  , écrit  en  lettres  d'or  fur  du  véliti 

P Bianchini  le  donne  pour  la  verfion  go-  pourpré.  D.  Martène  , qui  l'avoit  vu  dans 

tliiquc  dTJIphila  , Si  prétend  fur  le  té-  fes  conrfcl  littéraires  , en  fait  une  (A)  (h)  Vtyxg.  lift.- 

moigni^e  de  (ej  Fabticius , témoin  ocu-  mention  exprclTe.  Nous  avons  fait  repré-  i’.  fxrt.f.  v}f,- 

laire  , oo’H  eft  écrit  fur  le  pourpre  en  fentet , dans  la  planche  XIL  de  notre 

lettres  «'or.  C’eft  pourtant  le  fameux  !i-  premier  volume  , l'écriture  de  deux  mlT. 

vre  d'argent , qui  ne  porte  ce  nom  , que  grecs  en  pourpre  & en  lettres  d'or  8c  d'ar- 

parce  qu'il  eft  écrit  en  lettres  d'argent,  gent,  tirés,  l'un  delà  bibliothèque  im- 

a l'exception  des  titres  8c  de  quelques  let-  périale , Ôc  l'autre  de  ccUc  de  Zuiic.- 

aes  iuitiales , qui  font  ca  or.  C'eft  par  > 


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ioz  NOUVEAU  TRAITÉ 

( I ) deux  lignes  blanches , fervant  à borner  la  hauteur  de  ceEes 
^Sîcr^Ti^’  récriture. 

Ch  A P.  IL  X.  Les  mlT,  où  les  lettres  d’or  rempliflent  des  pages  en- 
Lettres  de  li-  ticrcs , fc  rencontrcnE  plus  fréquemment , que  les  pourprés  ; 
queuts  radtalii-  principalement , que  ceux  , qui  le  font  dans  toute  leur 
ioV&^arecnt“l  étendue.  Sans  parler  des  orientaux  & autres  , en  quelque 
écrites  far  le  vdlin  forte  plus  (i)  étrangers , quoique  plus  voifins  ; on  en  connoic 
IC  le  papier  blanc,  ^ proportion  de  grecs  , que  de  ( 5 1 latins  , où  l’or 

brille  , aux  titres  des  livres  Sc  des  chapitres  memes.  Ceux  , 
où  il  éclate  , <îàns  la  totalité  de  l’écriture  , paroilTent  un 
peu  plus  rares.  Cette  forte  de  magnificence  eft  particulière- 
ment renfermée , dans  les  viii.  ix.  &x'.  ficelés.  Elle  s’é- 
tend furtout  aux  livres  d’églife  , comme  (4)  épitres,  évangiles, 
• pontificaux  , à plufieurs  mlT.  des  livres  facrés  , à prefqiÆ 
tous  ceux , qui  furent  deftinés  à l’ufage  des  empereurs,  rois, 
princes  & princefies.  Tels  font  les  deux  premiers  mC  de 
la  bibliothèque  du  roi.  Ce  font  deux  bibles  magnifiques  ", 
toutes  deux  préfentées  à Charle  le  chauve  ; mais  la  première 


(a)  ilMth.  Puris. 
Vitd  dhb.  S.  Athd~ 
ni. 

{h)Ttm.  i.p. 1 5 . 

(f)  Annnl.Tmir. 
i.S.c.  II4- 

W)  Ilifl.  dt  Fdi- 
ia:t  dt  S.  Dtttii. 
t-  5 >7. 

(f)  Hifl.  litttr. 
t.  4.  p.  181. 

(/)  ’Xhtf.  *nnd, 
».  j.p.  jol. 


( i)  Les  mlT.  poorprds  font  foovent  ré- 
glés de  la  forte.  Partout  ailleurs  on  ren- 
contre diBcilemcnt  des  lignes  d écriture  , 
renfermées  entre  deux  parallèles  blan- 
ches. Il  eft  (Tufage  , qu  elles  ne  portent , 
que  fur  une  hortzontale  , qui  fert  à les 
tendre  droites. 

(i)  L’or,  dont  les  titres <Tune  hifloire 
(a)  de  S.  Alban  étoient  ornés  , u'atita  pas 
moins  les  yeux  des  curieux  , quand  on 
en  fit  1a  découverte  , que  les  lettres  bté- 
tones  t ou  plutôt  anglo  - faxoncs  , dont 
elle  étoit  écrite.  Elle  parut  fi  vieille  ; 
’qu'à  peine  fe  ttouva-t-il , au  commen- 
cement duxi'.  fiècle,  un  homme,  qui 
pût  la  déchifter.  Nous  ne  parlons  point 
de  roiT.fyricns  en  or, 8c  furtout  des  arabes, 
où  fouvent  on  voit  briller  for  , jufque 
dans  les  points. 

(i)  Dans  un  diplôme  acoedé  à l'ab- 
baïe  de  Pmm , Lotbiite  fait  mention  des 
images  & des  cataâètes  en  or  , dont 
étoit  orné  le  commencement  des  mrt"  , 
qu'il  avoir  donnés  à fon  gouverneur. 
Nous  tranferivons  il  peu  près  les  piopres 
termes  de  la  pièce  , rap<«ée  dans  (è) 
' la  ebrooi^ue  dn  Codwic  , daptès 


ff)  Brovems.  Un  mC  de  la  bibliothèqne 
Cottoniennerepréfente  les  noms  des  bien- 
faiteurs de  réglifc  de  Durham,  en  or  8c  en 
atgent  : mais  depuis  le  toi  Adelllan  , 
ils  font  en  encre  otdinaire.  Manuel  Pa- 
léologue  (d)  fit  préfent  en  1408.  à l'ab- 
baie  de  S.  Denis  en  France  des  cuvres  , 
atribuées  i S.  Denis  TAréopagite  , avec 
les  fcholies  de  S.  Maxime.  Outre  les  ti- 
tres 8c  les  lettres  initiales,  on  y voit  des 
pages  entières  en  écriture  d'or.  Mais  le 
mC  cil  du  tems  même,  auquel  il  fut  don- 
mé.  Ainfi  les  Grecs  n'ont  jamais  perds 
l'ufage  d'écrire  en  or.  On  pouroic  ca 
citer  une  foule  trcxempics  antérieurs. 

f4)  D.  Rivet  fcmbic  y joindre  (e)  les 
calcndricts  , martyrologes , Icéliouaires, 
mifiels  , pénitenticls  , facramentaires  , 
antiphoniers  8c  autres.  Il  fait  expreifé- 
ment  mention  , d'après  {/)  le  P.  Mar- 
tène  , d'un  antiphoniet  en  lettres  d’or  , 
dont  le  moine  Gontbert  enrichit  l’ab- 
baie  de  $.  Bcrtin.  En  général  la  mode  des 
mlT.  en  lettres  d'or  , 8c  fingulièremeot 
des  livres  d'ufage  , dans  la  folcmnité  des 
faints  offices  , n'eut  peutétre  jamais  plut 
dc  coutf,  qu'au  sa',  fiècle. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ïoj 

( i)  avolt  au  moins  été  deftinée  pour  Charlemagne.  Quoique  — ^ 

ces  bibles  ne  foient  (z)  j>as  entièrement  écrites  en  lettres 
d’or  -,  les  titres  , les  premières  pages  de  chaque  livre , les  ini-  cnle.  1 1'. 
tiales  des  alinea  ne  manquent  guère  , dans  l’une  ou  l’autre, 
d’être  formés  de  cette  précieufe  encre  ; au  lieu  {j)  que 
tout  eft  or  dans  les  heures  de  Charle  le  chauve.  11  exifte  en- 
core de  nos  jours  beaucoup  de  m(T , dont  les  (4)  lettres  en 


En  itys-  Ici  cbanoloes  de  Men 
eti  firent  pr^fent  à M.  Colbert.  Elle  avoit 
dté  ofiertc  en  S;o,  ou  tjs.  à Charle  le 
chauve  , pat  l'abbé  Vivien  &par  les  moi- 
nes de  S.  Manin  de  Tours.  C'eft  une 
tnéprife , dans  le  P.  Longueval , de  («} 
l'avoir  fait  préfenter  i ce  prince  , par 
Ut  moirui  Â4  S.  }Aiirtin  i»  Mut.  Nous 
ae  dilfimnicrons  pounant  pas  , que  M 
Baluze  (l>)  eft  avant  lui  tombé  dans  la 
meme  finite  , & D.  Calmet  (r)  après. 
Mais  ces  auteurs  font  rcdrclTés  par 
D.  Mabilloa  h par  { t)  D-  Rivet.  La  fe- 
oonde  bible  donnée  par  Cbatle  V.  à 
S.  Denis  , fiit  remife  en  iS9f  - entre  les 
mains  de  M.  le  Piéfident , garde  de  la  bi- 
bliothèque du  roi^Tuivant  l'atèi  de  la  Cour 
ihi  10.  ilm  atw'r  ifOatirt,  Elle  avok  fervi 
à l’édition  de  la  bible  de  Robert  Etienne 
en  ift».  Châtie  le  chauve  fit  oréfenti 
Tabbaie  de  S.  Denis  d'un  livre  des  évan- 
giles , écrit  l'an  870.  en  lettres  d’or.  Il 
rat  dans  la  fuite  cédé  à l'emperenr  Ar- 
Boul.  Ce  Prince  le  dépofa  dqns  le  tréfor 
de  S.  Emmeran  de  Ratilbonne  , où  il  fc 
conicrve  anjourdui.  Ceft  aparamment 
per  pure  confiifion  d'idées,  que  Godefroi 
de  Beflel  (/)  fiiic  donner  s cette  abbaie 
le  même  mf.  par  Charle  le  chauve.  D. 
Mabillon  déclare  n'avoir  jamais  rien 
rien  vu  de  femblable.  Snrquoi  il  ren- 
voie à Ion  Iitr  Gtrpumieim.  Il  s'p  ez- 
phqoe  avec  plus  de  précifion  , quand  il 
dit  pag.  qu'il  n'a  point  vu  de  livré 
dévaogdes  plus  précieux  & plus  él^anr. 
L'abbé  de  Godsric  en  a fait  reptélcntet 
un  modelé  , dans  là  chronique  pag.  4S. 
où  l'en  n'aperpoii  rien  du  côté  de  1 écri- 
ture de  phis  merveillem  , que  dam  les 
bibles  de  la  bibliothèoue  du  coi  , <C  les 
beures  de  Charle  le  enaove.  Mais  ta  ri- 
cheire  de  la  coavetture  a dû  encrer  pour 
^clqua  chofe  dans  l’éloge  , qu'eo  fait 


le  favanc  Bénédiâin.  Le  ftontifpice  du 
mf.  oc  lui  donne  pas  moins  de  rclièf.  On 
y voit  pour  le  tems  une  magnifique  pein- 
ture de  Charle  le  chauve , aflïs  ftir  Coa 
trdne  , avec  tous  les  ornemens  & Ica 
acompagnemens  , qu'on  a repréfemés  , (a)  Hjf(.  itTfil. 

an  tome  1.  de  la  France  orientale  de  M.  fiilUr.  t.  1. 1.  17. 
Eckhartpag.  î«4.  /-}•?. 

(1)  Nous  palTons  fous  fileoce  une  in- 
finité de  mlT,  où  l’on  trouve  quelques  pot-  ^4 j Ctpiml.  i.t. 
rions  d'écriture  en  or  : mais  nous  ne  de-  p.  1 jyi. 
vons  pas  oublier  de  faire  une  mention 
fpéciaic  d’un  mf.  des  évangiles  du  1 x'.  (iè-  fc)  Biblinh.  Ltr- 
de  , où  toutes  les  paroles  de  J.  C.  font  rmint  prtf.  ».  J 5. 
en  lentes  d'or.  Ceft  le  157'.  de  la  biblio-  f.  IX. 
chèque  du  toi. 

( ) ) Le  P.  Hardonin  a bien  ofé  jeter  des  (<0  Dr  ri  iipUm. 
foupfons  fur  ces  nois  mlT.  Il  prend  oca-  f-P'  5^4- 
(ion  d’un  diplôme  d'Octonl.cn  lettres  Hift.  liittr. 
d’or , pour  les  décrier.  Le  prix  de  l’écri-  »,  j.p.  1 17, 
cure  eft  précifément  ce  qui  la  lui  rend 
plus  fufpcde.jljm  prtliiyfar  fcriputru  , ib  (fJChrmic.Gid- 
chmM  tn»its fufpiSéfidà  tfi  Sic/»»»  ii-  srvk.l.i.r.  i J1-4. 
Wx»  & pneu  hir»ri£  Carili  tuivi  MSi  , 

4»t  Hidlutfmt.  Vlumbum  fub  aun  Uni. 

De  diplomat.  figillis  At  nnmiftnat.  impe- 
laiornm  le  regun  Germaniz  (îvc  Ro- 
man. $.  t.  p.  f,  do  mf.  du  Roi  6ii6, 

A.  in  4*. 

(4)  A S.  Martin  de  Tours  on  garde  un 
mf.  des  évangiles  , en  lettres  d’or  oncia- 
les. Il  doit  l'emporter  par  Ibn élégance  , (f)  Aimid.'Bmi. 
comme  par  foo  antiquité  fur  celui  de  ».  J.p.  i<4- 
S.  Emmeran  ; fi  l’on  en  juge  pat  les  mo- 
dèles , que  nous  en  donnerons.  Jufti- 
nien  dans  fes  Inftitutes  [h)  enfeigne  , 1.  tir.  I- 

' que  les  écritures  inlürées  dans  les  parche-  i.  } }• 
mins  ou  papiers  , apartenanc  à une  autre 
perlbne  ; fnlTent-cllcs  en  lettres  d'or , ne 
donnent  nulle  ateinre  à fa  polTelIîon  an- 

Itéricute.  C'eft  la  même  choui , que  fi  l’onl 
bâtiftbit  ou  plantoir  fut  le  terrein  d'au- 
ciui.  Cette  maxime  fait  fcuûr  ^ combre* 


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II.  PARTIE 

S I C T.  III. 
C H A P.  1 1. 


(a)  Opofctli  ec- 
cUj.f.  1. 


(i)  F/i/î.  t8.  t- 
du,  Serrurn  /.40. 


f c)D  .^ivei  .lliji . 
iuth,  t,  4 />.  5* 


{d)  D/  n diplem. 
fitfdem,  cMp.  XL 

f.  Ji. 

J D/V7.  f7U)clop, 
1Î4- 

(f)}bid.p.  mt. 

(f)  }tlMTÙne  Vcy. 
Uttir,  1. 1.  p.  154- 
ijî. 

(b)  Spieiltg,/.  1. 
t-  494- 

(i)  Cnfln  prff- 
p.Xll,  BlUhih. 
Britiai.p.  JJO. 
ÎH- 

(l)  Pa^.  lop. 


104  NOUVEAU  TRAITÉ 

or  rempliflent  toute  l’étendue.  Les  titres  des  livres  & des 
chapitres  des  plus  beaux  mfT.  écoient , dit-on  , pour  l’ordi- 
naire à lignes  alternativement  en  lettres  d’or  & d’argent  ou 
d’autres  couleurs.  M.  Maft'éi  a cru-  trouver  des  preuves  de 
cet  (a)  ufage,  dans  le  mlL  de  Vérone  : mais  des  titres  tota- 
lement en  or  ne  font  pas  moins  magnifiques. 

Lorfque  les  lentes  font  argentées, on  diroit  qu’on  auroitapli- 
qué  fur  le  vélin  une  première  couche  de  verd.  L’argent  déta- 
ché,fouvent  il  ne  relie  plus  que  des  lettres  vertes.  Quelquefois 
aufli  les  lettres  d’argent , à force  d’être  déteintes,  paroifl’ent  (i) 


auvi^  fîccic  rufaec  dcsJcttrcsd'or^coic 
commun.  S.  BoniUcc  {b)  apûctc  de  l’Al- 
lemagne , demande  à l’abbclfc  Eadburgc 
de  lui  écrire  les  épitrcs  de  S.  Pierre  en 
lettres  d'or  : & cependant  il  fcmblcdcf- 
ciner  à ccc  ouvrage  le  prêtre  £oba.  Au 
meme  (Icclc  les  iciigicufcsd'Eikc  dans  la 
Belgique  , fc  rcndircot  {e)  célèbres  par 
les  pfeauciers , les  évangiles  & autres  li- 
vres faints , quelles  écrivirent  en  lettres 
d*or.  Dans  la  collegiale  de  S.  Jean  d Her- 
ford  en  WcHpliaiie  , on  voit  le  mC  des 
évangiles  de  Witikind  , prince  ou  petit 
roi  des  Angiivaiicns  , cerk  en  lettres 
dor.  Louis  le  débonaire  fit  preftot  d'un 
rnf.  fcmblable  à labbaïc  de  S.  Médard 
de  SoifTons , oii  il  s cil  conferve,  jufqu  a 
notre  tems.  Le  P.  Dumolincc , au  troi- 
fîcme  journal  des  favans  de  janvier  1684  , 
nous  décrit  un  mf.  des  quatre  évangiles 
d'une  égale  riebed'e , apactenanr  à lab- 
baie  de  lainte  Geocvicve.  Il  rprtime  du 
tems  du  meme  empereur  ou  de  Cbarlc 
le  chauve.  Sous  l'empire  de  Louis  le 
pieux,  le  moipc  {d)  Placide  écrivit  en  let- 
tres d'or  un  livre  des  évangiles,  qu'on  re- 
trouve encore  aujourdui,  aans  l'abbaie  de 
Hautvillicrs.  Un  autre  mf.  toujours  (r) 
en  lettres  d'or  , apartenant  à la  biblio- 
thèque de  fiâlc , fut  d'un  grand  fccours 
à Eiafnie  , pour  coriger  ta  verfion  du 
Nouveau  Tcftamcnt.  De  pareils  Aâcs 
des  Apôtres  fc  (/J  cooreoent  au  Vati- 
can , avec  bien  d'autres  mlT.  tres-pré- 
cieui.  Celui-ci  éiit  donné  au  pape  Ale- 
xandre VI.  par  une  reine  de  Chypre  : 
mais  il  fut  dépouillé  d'une  couverrurc 
d'or  , eonchre  de  pierreries  / lorfque 


Rome  fut  facaeée  fous  ChaHe  • quinr. 
L’empereur  Lothairc  (g)  fit  préfent  d'un 
pfeautier  en  lcrctesd’or  à J’aÛiaïcdc  faîne 
Hubert  des  Ardennes , qui  le  pofiede  en> 
cure.  Le  comte  Evrard  [h)  par  fon  te( 
tarococ  de  l’an  867.  lègue  à fon  fils  Bé- 
renger un  pfeautier  en  caraélères  d'or  , 
3c  à Ibn  autre  fils  Adalard  un  leélionaire 
avec  les  épitrcs  3c  évangiles , écrits  de 
meme.  Le  cartulaire  ou  mf,  des  dona- 
tions faites  à l'abbaie  de  Winchefler  (t) 
fut  en  fié.  coralcmeot  écrit  en  lettres 
d'or,  il-cfl  aujourdui  gardé  daqs  la  biblio- 
thèque Cottonicnne.  Le  comte  d’Ox- 
ford  avoic  dans  fa  riche  bibliothèque  un 
mf.  des  évangiles  , donc  toutes  les  pages 
font  en  caraélcres  d'or.  Voyez  D.  Rivet, 
HifV.  licttér.  c.  4.  p.  181.  z8i.  18). 
Théophile  Rainaud.  t.  1 p.  édit,  de  Ltoiv 
166^.  p.  1^4.  Car  on  ne  finiroit  pas , 6. 
l'on  vouloir  rapclcr  ici  cous  les  m(f.  en 
lettres  d’or , répandus  dans  les  diféren- 
tes  églifps  & bibliothèques  d'Europe» 
Ceux  de  papier  d’Egypte  en  Ictcces  d'or 
font  très-rares.  Tel  efi  néanmoins  , fc-^ 
loo  Trorzius  (kj  le  livre  des  évangiles, 
donc  on  fe  fçrt  au  facre  de  l’empereur.  11 
u'emend  pas  fans  doute  autre  chofe  que 
ee  papier , par  le  terme  d'écprets, 

( t)  Quand  on  expofe  à un  jour  clair 
quelque  feuillet  de  vélin  pourpré,  écrie 
en  lettres  d'argent  i l'éctiture  de  la  page 
opofeeparoit  noire  6c  bien  plus  niarquéc^i 
que  les  lettres  argentées  , qu'on  a fous 
les  yeux.  Dans  etc  afpeél , des  pcrfbncs 
exercées  à lire  à rebours , comme  les  gra« 
veurs  en  lentes  , 3c  les  compoHceurs 
d'impeimexie  , iLroienc  plus  facilcmeoc 

noires. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  lOf 
noires.  Mais  (i)  cette  couleur  varie  , lèlon  qu’elles  font  ' - 

expofées  ,foit  à l’ombre,  foit  à la  lumière.  Les  lettres  en  or,  ^5^ ’ 
après  avoir  été  beaucoup  moins  employées  , durant  (ij  les  chaf.  m 


récriture  de  la  page  tournée  du  côté  du 
jour  , que  de  celle , qui  l'ell  de  leur  côté  ; 
s'ik  avoiem  quelque  ufage  des  caraActes 
antiques. 

( t ) M.  Gaibelli , dans  Ta  lettre  au  P. 
Biancbioi , eu  (4}  infère  , que  les  carac- 
tères d'or  te  d'argent  étoient  écrits  à deux 
reprifes  : la  première  par  le  copifte  avec 
ia  plume  te  l'encre,  la  féconde  par  l'en- 
lumineur avec  le  pinceau  te  la  liqueur 
d'or  ou  d'argent.  D.  Mabillon  (è)  ayant 
•obfervé  fur  un  mf.  en  lettres  «Tôt  de  l'ab- 
Jniïc  de  Hautrilliets  audiocèfe  de  Reims, 
les  images  peintes  des  quatre  Evangélif- 
tes , tenant  des  plumes  , en  avoir  con- 
clu , que  l'ufâge  (c)  de  s'en  rctvir  étoic 
fùremenc  reçu  ven  le  commencement  du 
IX*.  fiècle.  M.  Garbelli  a bien  fenti , 

Îju'il  en  réliiltoic  encore  une  autre  con- 
éwence  : fàvoir  qn'on  ufoic  de  plumes . 
meme  pour  écrire  les  mlT.  en  caraâcres 
d'or  te  d'argcnr.Pour  parer!  ccttedificul- 
té , il  fait  employer  la  plume  par  le  co- 
pille  , qui  les  tranrcrit.flc  le  pinceau  par  le 
peintre,  qui  recouche  les  mêmes  lettres  te 
les  couvre  de  la  liqueur  d'or  & d'argent. 
Elle  eft  en  quelques  endroits  de  fbo 
inf.  de  S*v.  Julie  de  Brefcia,  fi  épailTe  te 
Tl  élevée  ; qu'une  mouche  s'v  étant  prife , 
avant  que  la  matière  fût  féchée  , s'y  eft 
confervée  jufqu'à  ptéfient.  La  preuve  de 
Tencre  noire  , fetvant  de  bafe  à celle 
d'or  te  d'argent  de  fou  mC  Te  tire  prin- 
cipalement , félon  lui  , du  commence- 
ment des  évangiles  de  S.  Luc  £c  de  S. 
Jean,  d'on  le  précieux  métal , après  avoir 
difparu  , n'a  laifTé  que  la  première  cou- 
che en  noir  des  anciennes  lettres.  Mais  . 
ÿil  faloic  toujours  admettre  deux  écri-  i 
sures  réunies  , l'une  fondamentale  , & 
l’autte  fuperficielle  dans  les  livres  , où 
les  caraâetes  d'or  te  d'argent  font  mis 
en  euvre  ; nous  aimerions  mieux  dite , 
que  l'argent  aurore  poreé  fur  une  liqueur 
verte  St  l’or  fiu  une  rouge.  Beaucoup  de 
mlT.  nous  foumUTent  un  grand  nombre 
d'exemples  de  lettres  venes  , auparavant 
atgeotto  . te  d'écritures  rouges , anpa- 

Tome  IL 


ravanc  dorées.  Les  fécondés  couleurs  dif- 
fipées  ont  donné  aux  premières  pleine  li- 
berté de  fe  montrer  i leur  tour , mais 
avec  plus  de  fimpheité.  Quant  aux  traits 
noirs  te  aperçut  fut  des  mff.  en  pourpre , 
après  que  l'or  o«  plutôt  l'argent  s'en  eft  ViniUe.  em- 

décaché  i ils  peuvent  avoir  été  caufés  par  firifin’.  1.  t. 
l'impreflion  ne  la  linueur  «Tôt  ou  d'ar-  f.CCCLXXXlII. 
gent  , ou  bien  par  rincercepeion  de  la 
teinture  de  pourpre.  Nous  voyons  meme 
fouvent  des  encres  rottges  te  d'autres  (i)  Dt  n Jifltm. 
couleurs  lailTer  des  impreflions  étrange,  fxffhm.  f.  pi. 
res  , produites  par  le  mélange  ou  la 
compohrion  des  rlrogues , dont  clics  (ont 
formées.  A combien  plus  forte  raifbn  a- 
c-il  dû  ariver  quelque  chofe  de  pareil  (or 
le  pourpre,  à taifon  foie  de  fa  nature  , (c)  V.  ndrt  t. 

foit  de  la  compolîtion  de  la  liqueur  d'ar-  t.  ,f  jjy. 
genr  9 An  cas  néanmoins  que  les  com- 
mencemens  des  évangiles , dont  l’or  ou 
l'argent  fc  font  évanouis , lai/TalTcnt  voir 
des  vefhges  de  véritable  encre  fi  évident, 
qu'on  ne  pût  les  révoquer  en  doute  ; on 
(ouhaiceroir , qu'on  fe  fût  bien  alTuré  , 
qu’ils  n'ont  pas  été  récrits  par  une  main 
poftéricute. 

Rien  en  cfTct  de  plus  commun  , que  de 
rencontrer  des  portions  de  m(T.  dont 
les  lettres  éfacées  ont  depuis  été  récrites 
avec  l'cncre  ordinaire  : quand  même  l’é- 
criture originale  anroit  été  d’une  antre 
couleur.  Cette  opération  cft-clle  fiiite  par 
une  main  malhabile  9 Le  travail  parait  (ï 
groflîer  ; qu'il  n’eft  perfbne  , qui  puiilè 
s'y  méprendre.  Eft-il  d'un  écrivain  , qui 
n'air  point  encore  perdu  l'ufage  du  ca- 
raéiére  oncial , on  dont  fatenrion  fe  foie 
portée  à repalTcr  ciaâemcnt  la  plume  fur 
les  anciennes  traces  ou  les  traits  primi- 
tifs 9 Alors  fouvent  il  parait  alTcz  difi- 
cile  de  démêler  les  travaux  de  la  pre-  ^ 
mière  main  , d'avec  ceux  de  la  féconde. 

Il  eft  rare  néanmoins  , qn'on  ne  s'en 
aperçoive  ; quand  on  eft  prévenu , qu’on 
s'en  défie . ou  qn'on  y fait  atention. 

( 1 ) Que  les  lentes  d'or  n'aient  point 
alors  été  abolies  ; l'abbé  de  Godvic  en 
donne  pour  eiemple  un  mf  de  S.Picrrede 

O 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  lit. 

Ch  AP..  IL 


(«)  tien-J.  tttili 
À*  Uiffcm.  t.  1 . 
f-  S •&/'"«■ 

Anciens  chryfa- 
graphcs,  enlumi- 
neurs , calligra- 
plics  , tachygra- 
phes : l'art  de  fai- 
r<  des  lettres  d'or, 
d'argent , de  bron- 
ze» de  fer  &c  : let- 
tres vcrnilfcts  & 
etrdes. 


hthraicM  parte  i. 
luf.i./ecl,j.p.}os. 


(f)  SyUegt  vario^ 
rum  depUmatario- 

rum.p. 

jn- 


(djPajj.  109* 

(r)  Ve  crèt.  mff, 

^ VU. 

[f)  Chfonu„Ced- 
vwir.p.  1 5», 


xo6  NOUVEAU  TRAITl^ 

XI.  XI  ».  & XIII*.  ficelés  , reprirent  une  nouvelle  faveiir  * 
aux  XIV.  XV.  & XVI*.  iurcout  dans ‘les  heures  des  perfoiies. 
de  diftinftioa  : mais  elles  font  d’un  goût  bien  difetent  de 
celui  des  fiècles.  antérieurs.  Souvent  on  diroit  , qu’on  apli- 
quoit  des  (i)  feuilles  d’or  fur  le  vélin , pour  en  former  {i)  des 
lettres  , ou  quelques-unes  de  leurs  parties.  Si  la  liqueur  d’or  y 
étoit  admife  , ce  n’étoit  guère  , que  pour  les  peintures  , de- 
venues plus  à la  mode , & les  lettres  initiales , apelées  depuis 
lettres  grifes.  Les  diplômes  impériaux  en  pourpre* 8d  en  let- 
tres d’or,  ne  font  pas  fans  (a)  exeiMle,  aux  vi  ii.  ix.  x.  xi. 
& XII*.  ficdes.  Nous  n’en  conoifions  ni  d’antérieurs^ ni  de 
pofiérieurs. 

XL  Les  chryfographes  , calligraphes  , tachygraphes  for- 
moient  autant  de  clalTes  d’écrivains  , que  l’antiquité  ne 
confoadoit  pas.  Les  premiers  employoient  l’aicre  d’or  : les- 
féconds  écrivoient  pofément  , les  troifièmes  promptement. 
Tout  cela  étoit  aflez  bien  exprimé  par  les  noms  , qu’ils  por- 
toient  d’écrivains  en  or  , d’écrivains  élégans  Sc  d’écrivains 
rapides.  Au  raport  de  quelques  (5)  hiltoriens  , l’art  (4) 


Salibourg  du  xi'.  ficxle,  Jean-Clitinoplie 
Wolf  (I)  icnJ  compte  d'ua  mf.  hébreu 
de  Berlin  , qu'il  traite  d'incompatabic  , 
& qu'on  cllimc  du  xl  1 1 hècle  , où  les 
titres  k les  premiers  mots  des  chapitres 
font  en  lettres  d'or,  l'armi  les  mlT..  de  la 
cathédrale  de  Mayence , Gudenus  (e)  cé- 
lèbre un  livre  intitule  Kmtl/tlicm , achevé 
l'an  ii8c.  Il  ell  enchanté  du  merveilleux 
éfet,  qu'y  produit  l'écljtdc  l'or,  joint  à la 
Tatiéte  des  cojleurs.  Un  mf..  des  décré- 
tales de  Grégoire  IX  , quoique  feulement 
de  l'an  1400.  n'a  guère  moins  eu  de  part 
è fes  éloges.Il  n'oublie  pas  d'y  reléver  fur- 
tout  les  lettres  d'or , dont  il  eft  airiehi. 

( r ) Ces  feuilles  d'or  remplilTbiencqucl- 
quefois  des  pages  enticies.  Elles  éioient 
b minces  St  fl  bien  apliquées  fur  le  vélin; 
qu'il  n'cd  pat  pollible  de  les  en  détacher. 
L'ulâge  en  étoit  établi,  dès  le  x i ’.  Cède , 
comme  le  prouve  le  mf.  de  S.  Pierre  de 
Salzbourg.  Il  noos  femble  même  en  avoir 
vu  de  plus  anciens  avec  des  iiruges  k 
des  lettres  grifes , formées  en  bonne  par- 
tie de  ces  feuilles. 

(s)  Ttotxius  {dj  prétend,  qu'au  moyen 


âge , on  eut  recours  à cet  art  ; pareequ'on 
avoir  perdu  celui  d'écrire  en  or.  Sttuve  , 
auquel  il  renvoie  , ne  fait  point  tomber 
la  petto  de  ce  fccret  fur  l'écriture  d'or  j 
mais  fur  (r)  l'aplieation  des  feuilles  d'or  , 
qu'on  otnoit  de  peintures  de  diverfes  cou- 
leurs. En  éfet , on  voit  Ibuvent  des  por- 
traits , dont  le  fond  ell  ou  d'or  ou  de 
pourpre  , ou  d'azur  kc.  Mais  il  elf  éto- 
nant , que  Struve  regarde  l'aplieation  des 
feuilles  d'or  fur  le  parchemin  , comme 
un  fecrct  perdu  ou  du  moins  inconnu. 
L'abbc  de  Godwic  (f]  rient  le  même  lan- 
gage- 

())  Siméon  le  I.ogotlKCe  le  dit  d'Artc- 
mius  , autremcnc  Anallafc,  k Cédrénus- 
de  Théodofe  Adramitin.  Mais  Pierr*. 
Chrétien  orthodoxe  â Aiexiendrie  , dans  foo 
expoCtion  abrégée  des  tcms  , ne  le  fur- 
nomme  point  auitcmcnt  que  calligra- 
phe.Lc  mf.  grec  ity.  de  S.  Germain  des 
Prés , qui  conllaie  ce  fais,  ell  de  la  fin  du- 
IX'.  ficcle. 

(4)  II  étoit  apelé  chez  tes  Grecs  wv- 
oeyfoL^ML,  M.  duCange  dans  Ibnglnllairc 
de  ü moycone  k balte  Gtécité  , dotuic. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  107 
des  chryfographes  fut  exercé  par  des  empereurs , avant  qu’ils 
fulTent  revêtus  de  la  pourpre.  Lors  même  qu’un  mf.  étoit 
en  lettres  d’argent  , on  dilUnguoit  l’écrivain  du  chryft^a- 
phe.  Cela  eft  manifefte  par  le  plèautier  de  S.  Germain  de 
Paris.  Les  lettres  d’or  ne  font  évidemment  pas  de  la  même 


d'aptes  deux  raff.  de  la  bibliothèque  du 
loi , fur  le  mot  , deux  ma- 

nières de  faire  l'encre  d'or  ; mais  fans 
traduire  le  grec  moderne  , dans  lequel 
elles  font  expofees.  O.  Bernard  de  Mont- 
faucon  (a)  les  a rendues  en  latin.  Voici  la 
ftemière  en  fublVance. 

Il  faut  polvèrirci  un  bol  tiré  des  mines 
d'or  ou  d'argent  , tel  qu'ètoit  l'ancien 
cinabre,  féparcrlc  blanc  d'un  oeuf,  le 
battre  dans  un  vafe  avec  de  l'eau  , en 
ôter  tonte  l'ècuœe  , mêler  une  partie 
de  cette  eau  avec  le  bol , le  laifTcr  fè- 
cher  , l'arofcr  une  fcconde  fois  du  relie 
de  l'ftu , rexpofex  à l'air , le  rendre  poli 
de  brillant  avec  une  pierre  de  toucbc. 
Telle  ell  notre  manière  de  concevoir  le 
fecret  des  anciens , qui  ne  patoit  guère 
moins  obfcur  dans  la  vctiîon  , que  dans 
le  texte.  Le  fuivant  femble  un  peu  plus 
clair. 

Pour  faire  les  tirres  de  leurs  livres , les 
Crées  pulvèrifoicnt  l'or , le  méloient  avec 
l'argent  , l'apliquoiciK  an  feu  , y jet- 
toienc  du  foupntc  , rèduilbient  fur  le 
marbre  le  tout  en  poudre , le  mettoient 
dans  un  vafe  de  terre  vcrnillèc  , fexpo- 
Xoieni  à un  fen  lent  , infqu'à  ce  que  la 
matière  devint  rouge.  Refroidie  , re- 
mife  fur  le  porphyre  , batue  avec  une 
peritc  éponge  & beaucoup  d'eau , ils  ra- 
malToieoc  cette  matière , la  vcrlbient  dans 
un  vafe  net , atendoient  qu'elle  lût  def- 
cendue  au  fond , y remettoient  de  nou- 
velle eau  pour  la  laver  , julqu'à  ce  qu'ils 
en  eulTeni  détaché  les  parties  hétérogè- 
nes. La  veille  du  jour  qu'ils  vouloicnt 
s'en  feevir  , ils  jettoient  de  la  gomme 
dans  l'eau  , la  lailoient  chaufér  avec  l'or 
préparé  , demt  cnfuiie  ils  traçoient  leurs 
lettres  , & les  couvroient  avec  on  pinceau 
d'une  autre  liqueur  faite  de  gomme  ara- 
bique le  d'octe  ou  de  cinabre.  Souvent 
pour  préliminaire , ^lès  avoir  bien  baco 
avec  (é)  du  plaire  te  de  la  ccrufe  , les 
céodres  d'os  de  boucob  brûlés  & les 


avoir  mêlées  avec  la  colc  de  poilfon,iIs  en 
enduifoient  les  places  , où  ils  vouloicnt 
apliriuec  l'or,  comme  pour  laifctvirde 
mordant.  Lambécius  ( e ] fait  mention 
d'un  mf.  grec  de  la  bibliothèque  impé 
riale  , ^ui  aprend  le  fecret  de  préparer 
la  matière  , propre  h fermer  des  let- 
tres d'or.  Les  favans  le  fupofenc  fem- 
blable  aux  précédais;. 

A ces  deux  méthodes  da  Grecs  , M. 
du  Cange  en  joint  une  antre,  particulière 
aux  Latins , tirée  d'un  ancien  auteur , fout 
le  nom  de  Pallade.  Egalement  propre  à 
la  fermation  des  lettres  d’or  ou  de  bron- 
xe  J elle  conlifte  à limer  l'or  on  le  cui- 
vre avec  une  pierre  de  touche  , à laver 
cette  poudre  dans  plulïeurs  eaux  , à la 
mêler  avec  de  la  colle  très  luilânte  de 
patchemin  , à s'en  fervir  dans  des  lieux 
où  il  fa/Te  chaud  , à froccr  cette  écriture 
avec  une  pierre  d'onix  très-polie  , pour 
lui  donner  de  la  conlUlaoce  St  de  la  cou- 
leur, 

Papiat  fur  le  mot  likri , enfeigne  auQ! 
le  feern  de  faire  des  lettres  tfor , d'ar- 
gent • d’airain  , de  fer,  C’ed  de  réduite 
en  poudre  très-fine , dans  un  vafe  du  mé- 
tal , dont  on  veut  faire  l'encre  , la  fleut 
d'airain  avec  de  l'alun , parties  égales. 
Ponr  les  lettres  de  bronxe  8c  de  fer  , il 
ajoute  le  fcl  & l'infufion  de  vinaigre.  La 
matière  propre  à tracer  les  lettres  dur  (i 
fait  avec  la  même  infofion  , fi  l'cn  en 
excepte  le  fcl.  Dans  tous  ces  cas  les 
couleurs  doivent  être  réduites  i 11  con- 
fiflancc  du  miel.  Au  refie  leur  prépara- 
tion efl  mot  pour  mot  dans  le  grand 
glofiaire  en  lettres  lombardiqucs  de  S- 
Germain  des  Prés.  Il  la  donne  meme 
comme  de  S.  Ifidorc  , qu'il  cite.  Ccfl 
donc  au  moins  1 lui  , 6c  non  à Papias  , 
qu'il  faut  la  raporter.  Les  modernes  ont 
bien  d'autres  moyens , pour  préparer  les 
liqueurs  métalliques.  Mais  ce  détail  n en- 
tre pas  dans  notre  plan. 

O ij 


II.  PARTIE. 

S E C T.  III, 
Ch  a F.  il 


(a)  Pa/aafr,  Gr. 

p.  J.  i. 

{h)  nu.  pi. 

(r)  Cùmment, 
Biil.Ctf.1,7. 
P-9S- 


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II.  PARTIS. 
S t c T.  IM. 

.Ch* P.  II. 


io8  NOUVEAU  TRAITÉ- 

main , que  celles  d’argent.  Si  , comme  il  arivoit  plus  ordi- 
nairement , on  le  contentoit  de  peindre  des  lettres  de  di- 
verfes  couleurs  ; l’enlumineur  , qui  s’en  chargeoit , n’ëtok 
pas  non  plus  communément  le  meme  , que  (i)  l’écrivain. 
De-là  tant  de  lettres  initiales  , lailTées  [z)  en  blanc , furtouc 
dans  les  mlT.  des  bas  ficelés. 

Les  lettres  métalliques  5c  autres  font  quelquefois  ver- 
ni fiées,  même  avec  tout  ce  qui  les  environe.  La  cire  fer- 
voit  de  vernis  aux  Grecs , beaucoup  plus  qu’aux  Latins.  Les 
peintures  (})  à la  cire  étoient  néanmoins  très-connues  des 
uns  Sc  des  autres  , avant  l’inondation  des  barbares  ; & les 
Grecs  en  ont  long-tems  depuis  confervé  l’ulage.  Il  eft  fou- 
vent  foullble  , non  feulement  dans  les  peintures  de  leurs  mlT, 
mais  encore  dans  leurs  lettres  hiftoriées  5c  leurs  majufcules 
des  titres.  Nos  Latins  n’ufoicnt  pas  moins  vifiblement  de 
blanc  d’œuf  ; comme  on  pouroit  le  prouver  par  des  mlT.  dtt 
I x'.  liccle.  * 


f«)  Biiliuh.  ht-  (i.)  tes  copifles  (*)  ilcs  m(T.  hébreux , 
hrMic.lih.i  ft3.\.  & ceux,  que  clans  la  ruice  en  6ièrcnt  la 
f.  fi6.Lii.  i.r.i.  leânre  par  des  points , lûrcni  auflî  pour 
n.  X.  137.  ÿ*  l’ordinaire  dilHngnés.  Un  mf.  hdorcu 
fifj.  tranferit  & ponâné  par  difdrences  mains 

ne  re{uc  Ibuvcnt  cette  dcmicre  façon , 
qu'apms  plufîcurs  anndes  Sc  des  (iecics 
mfmts.  Ceux , qui  apofoicnc  les  points 

Ce  qualifioicnt  Tj?J  j c'eft-à-dire , 

fmtSMmi  : tandis  que  les  derivains  fe 
nommoient  5 c'cll-à-dire  firi~ 

hd.  La  diflin^ion  de  leurs  âges  fe  ma- 
sifelle  par  la  difêreoce  de  l'encre  & du 
caraâére.  Ils  rempli/Toieat  de  plus  les 
&>n^ons  de  nos  anciens  correâeurs  de 
mâ*.  grecs  & latins.  Avant  levix^^ltc- 
cle«  ceux-ci  femblcot  avoir  écddescof' 
Kdleurs  en  titre  2 mais  depuia  il  fufiroit 
d’étre  00  de  le  croire  habile  » pour  en 
exercer  Tohee.  Le  nombre  en  fut  grand 
au  IX*.  liccle  ^ & l'on  ne  rencontre  pref- 
que  aucun  mf.  aot^rieur  , qui  n'atr  alois 
fubi  la  corre^ion  ; quoique  long-tems 
auparavant  il  eût  pafTl  par  les  mains  d'au- 
tres corrcâeurs.  Depuis  le  xii^.  fièclc 
' Tes  corrélions  des  miT.  latins  foot  plus 

tares. 

(x)  M.  de  la  Cume  de  laîntc  Palaye  , 


qui  s'ed  beaucoup  exerce  fur  Tes  oilT.  pof- 
céricurs  au  xii*.  Hècle  , nous  a conr- 
miiniqué  une  cbfervacion  , que  nous 
avions  fouvent  faire  par  nous  •memes, 
& que  nous  nous  fai  foDS  un  grand  plaifff 
d'apuyer  de  Ton  témoigne.  « On  rcmar- 
M que  un  otage  très  - fréquent  dans  tes 
M anciens  mu.  Céioir  de  taifTcrdes  pla- 
» ces  vuides  ponr  placer  des  miniatures , 
n ou  pour  écrire  d une  encre  ou  couleur 
M diférente  du  relie  des  titres  ou  des  lec- 
» très  capi  aies.  Souvent  on  a négligé  de 
n remplir  ces  vuides.  Quelquefois  on 
» trouve  à coté  , d’Unc  écriture  fort  me** 

» nue  , les  Icctrcs  ou  les  rirres  , qui  dé' 

» voient  être  é'crrts<func  encre  diftrente  : 

« quelquefois  meme  on  voit  les  premiers 
» traits  des  miniatures.,  qui  dévoient  être 
M peints.  M Mémoire  communiqué  par 
M.  de  Sainte  Valaye.  Les  imprimeurs  da 
XV*.  lîcclc  lailToicnt  au/n  daus  les  livres* 
des  efpaccs  vuides  , pour  peindre  tes 
Icnrcs  capitales.  Mais  de  peur , que  l'cn- 
lumincur  ne  s'y  trompât , Ibuvcnt  ils  les 
menoient  en  plus  petits  caraélères. 

M.  du  Gange  expofe  cette  forte dt 
peinrure  avec  un  grand  détail  de  cira* 
tfons , dans  Ton  glo/Taire  de  la  balle 
moyenne  Grécxrc,  fur  le  mot 


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DE  diplomatique;  109 

Plufieurs  écritures  barbares , & furtouc  les  anglo-làxones  , 
admettant  quelquefois  le  noir  pour  bafe  des  couleurs.de  leurs 
grandes  lettres  initiales^  on  fe  borne  à les  vernir  foit  d’un 
rouge , (bit  d’un  jaune  pâle  ou  foncé.  Plus  fouvent  encore  on 
les  relevc  d’une  multitude  de  (i)  points  rouges  , ou  de  quel- 
que autre  couleur.  En  général  cet  enduit  ou  vernis  étoit 
d’un  grand  ufage  au  ix'.  ficelé. 

Xil.  Le  (i)  rouge  , vermillon  ou  cinabre  étoit  la  couleur, 
diférenté  du  noir , la  plus  employée  dans  les  mlT.  Souvent 
elle  étoit  la  bafe  des  écritures  métalliques.  Sur  un  fond  rou- 
ge on  peignoir  les  lettres  dorées,  argentées  , bronzées , étai- 
mées  , plombées.  On  trouve  beaucoup  de  lettres  rouges  , 
qu’on  ne  foupçoneroit  pas  d’avoir  été  couvertes  d’aucune 
liqueur  métallique  ; fi  les  relies  , qui  s’en  font  confervés  fur 
quelqu’unes  d’entr 'elles  , ne  failbient  foi , que  leurs  voilures 
l’ont  totalement  perdue. 

Les  drogues  , qui  compofent  les  encres  , où  l’on  fait  en- 
trer les  métaux  , ^nètrent  pour  l’ordinaire  le  parchemin.  Il 
n’eft  guère  plus  rare , quelles  forment  des  lettres  pochées. 
Une  extrême  vieillelTe  ou  des  accidens  équivajlcns  ont  fait 
quelquefois  blanchir  (a)  les  lettres  originairement  rouges  : 
comme  on  le  voit  dans  le  mf.  de  S.  Germain  des  Prés , où 
les  fragmens  des  anciennes  loix  wifigothiques  font  conte- 
nus , 6c  dans  plufieurs  autres.  Le  plomb  ou  l’étaim  , encore 
plus  que  l’argent  , fe  détachent  des  lettres  , où  ils  furent 
apliqués.  H ne  relie  fouvent  , qu’une  couleixr  fombre  , qui 
anonccle  métal,  dont  les  lettres  rouges  furent  enduites. 

Le  vermillon  dans  de  très-anciens  mlT.  macule  ordinai- 
rement plus  ou  moins  la  page  opofée  , 6c  fe  détachant  à pro- 
portion de  fa  place  naturelle  , en  enlève  beaucoup  de  let- 
tres. Tels  font  les  ineltimables  mlT.  des  épitres  de  (})  famt 


(i)  les  points  acompaç;Dtot  aulfi  k$ 
initiales  ou  lettres  grifes  des  peuples  di- 
fdrens  des  Saxons  , mais  plus  rarement. 
Ceux-ci  les  employoîent  même  aux  let- 
tres ,<]nUêrvent  de  fignatures  aux  cayets. 
les  points  noirs  ont  ignclquefois  des 
ul'ages  i peu  pids  (cmblables.  On  voit 
■uin  des  lettres , acompagndes  de  points 
vetds  argentés , dans  les  mlT.  en  pour- 
pre. Il  en  cA  d'autres , donc  la  pondlua- 


tion  entière  oft  en  rouge.  Ces  otnemens 
ponâucs  curent  principaleroeor  cours  aux 
VIII.  de  II',  fiècles.  C'cA  furtouc  au 
commencement  des  livres  Sc  des  chapi- 
tres , qu'il  faut  les  chetcher. 

(x)  On  écrivoit  en  lettres  rouges  les 
noms  des  cnipcccurs  fut  tous  les  èicodats. 
y.  Suei.  Vtff.  t.  i.  Dim.  l.  40. 

())  Ce  défaut  afcélc  ptelque  égale- 
ment l'éctuuK  DoiK  de  cemf- 


y 

II.  PARTIE. 
SICT.  III. 

C H a r.  11, 


Lettres  ronges  & 
d'autres  couleurs: 
lettres  rouges  de- 
venues blanches 
pas  vécullé. 


(4)  M/.  JU  S. 

Grrmtin  dts  très, 
I17K. 


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il.  PARTIE. 

S E C T.  III. 
£ H A P.  II. 

(a)  Dt  ml.  MJf. 
§■  }■ 


(h)  Trifl.  I.  E/ej. 


(f)  Mf.  <413. 
4t  la  Ml,  lia  nu'. 


(J)  Mf. 

la  btU.  Ha  ni. 


(r)  Mf,  da  ni 
440  J • 


iTd  NOUVEAU  TRAITÉ* 

Paul  , de  S.  Prudence  , de  S.  Profper  de  la  bibliothèijue 
royale  , tous  trois  au  moins  du  vi®.  ficelé.  Cet  accident 
leur  eft  commun  avec  beaucoup  d’autres. 

Struve  (a)  avance  fans  citer  fes  garans  , que  les  anciens, 
awient  coütume  d’écrire  en  rouge  des  livres  (i)  entiers  : 
mais  , quand  il  nous  montre  cette  couleur  , comme  fingU’. 
licrement  afeélée  aux  titres  des  livres  , il  s’autorife  {h)  d’O* 
vide  avec  fondement. 

Les  deux  , trois  ou  quatre  premiers!  mots  des  livres  (c) 
de  certains  mff  , font  prefque  toujours  en  lettres  rouges. 
Plus  communément  cette  couleur  ne  s’étend  pas  au*  ielà  de 
la  première  lettre  d’un  (d)  alinea  , Sc  des  premières  lignes 
d’un  livre.  , 

Outre  qu’on  emploie  le  rouge  , 'tant  aux  titres , qu’au 
commencemeiu  (1)  des  livres  , des  chapitres  Sc  des  alinéa  \ 
on  le  fait  fervir  à bien  d’autres  ufages.  Quelquefois  dans  les 
referits  impériaux  on  lui  réfèrve  (c)  la  formule  de  la  date 
ou  du  mois  , & -dïuis  les  livres  des  loix  , les  noms  des  ju* 
rifconfultes.  Quelquefois  même  , & principalement  tant  au 
IX®.  ûècle , qu’aux  fuivans  , les  lettres  onciales  ou  capitales 


(i)  s'il  n'aToit,  comme tlparoit,  d'aa- 
(fi  Litr.  5 3.  e.  7.  autorité  , q«c  celle  de  (f)  Pline j fa 
proMÜtion  rcroic  fort  mal  apuyée.  Celui- 
ci  dit  rculenicAt  c <jue  récriture  qn  Tcr- 
iBillon  étoi^  employée  dans  lej  livret. 
Miniam  in  valaminibai  qtuqat  firiftara 
Vfarfatar  : ce  qui  ne  (upofe  pasdet  livres 
entiers  en  lettret  tot^et.  On  autoit  du 
jtioins  des  privilèges  , écrits  totalement 
avec  l'encrc  de  pourpre  , fï  Ton  écouioit 
•Henri  Salmnth  (g)  te  Jean  (è).Heuman. 
JMais  , ou  ils  n’onc  pas  entendu  Balde . 
.qu'ils  citent  , ou  ils  ne  fc  font  pat  ci- 
primés  aflez  clairement.  Balde  parle  d'un 
diplôme  écrit  fut  du  vélin  pourpré  , & 
non  pas  écrit  avec  l'encre  de  pourpre. 
Voyez  notre  premier  tome  p.  335. 

(t)  Les  plus  anciens  mlT,  tels  que  l'in- 
compatable  Virgile  du  Vatican  , celui 
de  liorence  , le  lâintCyprieo  de  S.  Ger> 
main  des  Prés  , le  faint  Auguftio  n*.  134. 
de  la  même  aÙ>aïe  , commencent  régu- 
(i)Vn.TtJlam.  licrement  chaque  livre  par  trois  lignes 
jaxtmo.idn.ETn.-icn  vermillon.  Or  quand  un  mf.  obferve 
0rali.i.  i.frafai^  cet  ulâge  , OU  peut  k fcgatdet «1  moins 


(^)  Ca!d.  Paiifi- 
ntli  Riram  mtmt- 

rab.  Francf- 

farti.  16}  t.  l.  I. 
tu.  s. 

(b)  Canuntar.  dt 
rt  difltm.  e.  t. 
».xi.p.  t. 


comme  du  v i^.fiécle.  Quand  le  nombre  de 
trois  lignes  ne  feroit  pas  ezaélemcnt  gat- 
dé;1e  mf.  ne  feroit  pas  moins. ancien  : file 
commencement  de  chaque'  livre  ofroic 
quatre  on  cinq  lignes  en  rouge  3 tandis 
que  le  titre  ne  changeroit  point  de  con- 
Icnr.  Les  quatre  ou  cinq  premièm  lignes 
des  livres  faiftoriques  ic  prophétiques  du 
{1}  mC  Alézandrin  d'Angleterre  Ibnten 
rouge,  aulC-bien  que  les  tines  des  pfeau* 
mes.  Ce  fera  toujours  une  grande  mar- 
que d'antiquité  3 fi  après  les  titres  , en  li- 
gnes alternativement  rouges  Si  noires  , 
chaque  livre  d'un  mf.  dérate  pat  quel- 
ques lignes  rouges.  Ou  relie  il  n'eft  pas 
douteux  , qu'il  n'y  ait  eu  , de  qu'on  ne 
puilTe  trouver  des  titres  de  livres  en  ver- 
millon bien  plus  anciens.  Mais  ce  ca- 
raélère  n'eft  pas  propre  à les  diftinguer 
des  mlT.  plus  récens.  Ceux-ci  réirancbenc 
ordinairement  le  rouge  , i proportioa 
qu'ils  font  plus  modernes  : qooiqu'au  ix*. 
liècle  on  en  voie  encore , ou  le  rooge  Ce 
montre  à pages  cntièRS. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  .m 

^ titfes  & des  alinéa  font  (i)  écrites  fur  un-f<)*d-  rouge.  -F 

Tantôt  le  noir  & (2)  le  rouge  partagent  entre  eux  les  li- 
gncs  des  titres  & les  ornemens  , qui  les  acompagnent  : tart- 
tôt  ces  derniers  prennent  alternativement  l’une  ou  l’autre 
couleur  : tantôt  l’alternative  de  l’une  ôc  de  l’autre  tombe 
fur  l’argument  (3)  d’un  livre  ; comme  il  cft  conftaré  par  le 
fameux  Virgile  du  Vatican  n°,  3223.  tantôt  elle  s’aplicjue  à • 

des  rangs  de  points  ou  d’ornemens  , qui  féparent  les  pièces } 

Ôc  quelquefois  même  aux  commencemens  de  livres.  Les  cotr 
jredionsdesmir.  font  plus  rarement  en  rouge.  On  en  remarque 
pourtant  dans  le  fameux  Virgile  (4)  deFloraice  r mais  on  les  ' . ) 


• (i)  Si  le  veroiillon  n!bci^c  <)itelq«er 
plis , (]ue  le  ptcmicr  mot  j’üne  pièce  ; 
qùeliiueroU  aaHi'Ie  borne-c-on  aux  li- 
gnes marginaux  , rèpondaos  à nos  guil- 
Lmccs.  Dans  lesmC  pourprés  ces  lignes 
en  ferme  i'S  rouges  couchées  , feuvcnc 
■compagnées  de  points  de  la  même  cou- 
leur, Te  momreoc  furmot  , lotfque  le 
lems  en  a fait  dirparoitte  toc.  Au  coo- 
traire  ils  ne  fenc  que  verds  , lorfqucj’âr- 
geot  en  ell  déucné.  Le  vefminlmhis  ir- 
griu  (4)  du  Cantique  des  cautiqpes, 
n’auroic-il  point  ici  fen  aplication  ? Quel- 
quefois les  (If)  lettres  tOuges  dlflingucm 
tous  les  textes , cités  de  l'ancien  Tefia- 
XDCDC  , lotfque  le  inf.  renferme  les  li- 
vres du  nouveau.  Dans  les  mlT.  pourpiés 
«les  évang^cs  les  chifres  de  chaque 
chapitre  du  texte  feront  matqués  en 
marge  avec  le  cinabre  , le  plus  feuveix 
chargé  <for  : randis  que  les  divifions  8c 
des  verfets  teJarifs  des  antres  évangiles  , 
fc  irouTctont  délignés  en  verd  ou  plutôt 
en  argent.  Les  titres  , dans  les  mu.  des 
VI I.  8c  VI 1 £ccles , font  plutôt  eu  ver. 
milloD  , que  les  pcemicus  lignes  de  l’ou- 
viagc.  C'eft  tout  le  conuairc  dans  ceux 
du  V.  8c  du  vi'.  Un  mf.  apaiiicut  à 
l'antiquité  1a  plus  tccoléc  , lotfeue  les 
quatre  on  cinq  premières  lignes  Je  cha- 
cun de  fes  livres  font  t^alièreœent  en 
onciale  rouge , fans  ancun  autre  ligne  dp 
dillinâioD  : li  ce  n'eft  que  Ips  titres 
marquant  la  fin  d'un  livre  8c  lecaounen-' 
oemem  d'un  autre  foient  pcucétxc  à li- 
gnes altctnativcmcnt  rouges  8c  noires. 

l'culumincui  8c  l'écâvaia 


en  noir  n'époieot  commuoéiaeiu  pas  les  \ 

mêmes  i il  cft  quelquefois  ativô  , que  s.4»r.  I,  10, 

l'an'ajrant  rempli  fon  miniftére  ,<r  l'au.. 

tre  ne  s'en  étant  point  aquicé  , . les  lignes 

louges  OU  noires  fonideineucccscn  blanc. 

M.  Baluze  (r)  alèguc  un  exemple  de  li- 
gnes noires  oubliées.  Ceux  des  titres  IC 
cl«  letiscs  jnitjaltsomircqfeoc beaucoup  (i)  Uf.  iH  tm. 
plus,  fréqncwps.  Quelquefois  aulfi  téen-  lo?. 
voit^-on  en  rouge  ce  que  récHvain  avoir 
i tracé  «O  ooir...VoUa  Uoedet  priocipates 
-rnifons,  po'u^uoi  l'oq, trouve  je  lougp 
fur  le  noir. 

' .(;)  Les  rubriques  des  mlT  liturgiques  , (t)  Htghâ  PrHm, 
des  cations édéliaftiipies,  8c  furtout  des 
loix  civiles  étoicat  ordinairement  eiT 
rouge.  Cette  couleur,  fuivant  (rf) Colé-  Thef.Jur.t.u 
rus  , anoiMtt  quelque  chofe  de  langlant  p„fn  c.  17. 

8t  d'boribfe  : Sc  c'eft  pourquoi  elle  étoit 
dcftiiK’C  Ipécialcment  aux  rubriques,  des 
loix.  Ttotzius  (r)  le  réfute  trcs-iîrieufe-  (*)  }J7.-d*' 

meut  par  une  feule  d'exemples,  auxquels  fijj. 
il  auioitpu  en  ajouter  encore  beaucoup 
d’âuttct.  Mais  fans  prodiguer  rérudirionj 
cft- ce  que  les  loix  p’éioient  pas  encore 
. plus  terribles , que  leurs  rubriques  ? I*ourr 
quoi  donc  cctie  couleur  menaçante  n’en 
ocupoir  cite  pas  plutôt  tout  le  texte  ? 

, (^)  Son  fâvani  éditeur  doute,  lî  ces  Ict- 

tfcs  rouget  n'onc  pas  été  tracées  fur  des 
noires , nu  li  pour  les  fermer , on  ne  le  fc- 
roit  pas  fervid'encre  ordinaire  8c  de  vermil- 
lon mêlés  enfembic.  Comme  U plupart 
de  CCS  lettres  rouges  combeat  fur  des  noires 
' du  texte  même  ; peutéire  auHî  fouvent 
pour  le  moins  , que  fur  des  correélions , 8c  , . 

,qit'clicj  ne  changeât  ppiacUfecmc  des  Qoet 


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htt  NOUVEAU  TRAITÉ 

croit  de  la  lêconde  main.  Les  lettres  des  {Ignatures  des  em^» 
^stcT.^il  pereurs  (a)  de  Conftantinople  étoient  (i)  en  cinabre  ou  en 
Chat.  it.  pourpre. 

(4)  Brifm.  For-  Lcs  lettres  vertes  ne  le  montrent  fouvent  que  fur  les  mlT. 

i.f  iés.  pourprés.  Mais  l’argent  détaché  ; la  feule  couleur  verte  pa- 
roit  pour  l’ordinaire  ; foit  qu’elle  nailfe  de  la  pourpre  , ou 
&fmv.  de  la  compofîtion  de  l’encre  d’argent  , ou  du  concours  de 

l’une  & de  l’autre.  Il  eft  pourtant  d’autres  mff , meme  du 
vu',  iîècle,  où  l’on  rencontre  quelques  lettres  initiales  en 
verd  , fans  aucun  raport  avec  l’encre  d’argent.  Les  anciennes 

(5)  t»  ThAumMf.  ajjifes  {bj  de  Jirufalem  , en  forme  de  chartes  fceilées  & fi- 

«•4 •/.  IJ.  gnées  , commençoient  par  une  lettre  enluminée  d’or  & tou- 

. I • . ; . tes  les  autres  rubrices  étaient  rermeiUées,  En  cela  les  ajjî~ 

fes  de  la  haute  court  Sc  celles  des  bourgeois  étoient  fem- 
hlables. 


(4}  La.  t; 

W M. 


On  ne  s’arêtera  point  aux  lettres  bleues  & jaunes  , en» 
core  moins  à celles  , qui  réunilfent  les  couleurs  métalli- 
ques Sc  minérales.  Les  noires  varient  beaucoup  dans  leurs 
nuances  Sc  leurs  teintes.  Les  imes  fent  trcs-noirés  , les  au- 
tres d’un  noir  pale  Sc  déteint , plulieurs  jaunes  ou  rougeâ- 
tres. Ces  variétés  afeûent  également  les  anciens  mlT.  & les 
chartes.  Les  écritures  des  papiers  d’Egypte  font  plus  conl^ 
camment  très  (a)  noires. 


S:  d«  autres  i ilfemblc  (]iK'ce  o'ell  qu'un 
jeu , le  non  f as  un  travail  fiirleuT  : fi  cb 
n'clV  que  quelque  perfone  ait  iU  obligée 
de  retracer  ces  traits  , pour  lui  fervir  de 
témoins , qu'elle  autoit  lu  S(  entendu  Vir- 
gile , ou  pour  tenir  lieu  de  variantes  , ou 
pour  faite  revivre  des  earaélcres  , qui 
commençaient  à difparoiire.  Cepen^nt , 
fi  l'on  veut , que  ce  foient  de  véritables 
eortcébons-,  nous  né  prétendons pas  eoin- 
batre  cette  opiniod  comme  fi  te  rouge 
n'étoit  pas  une  couleur , qui  pût  leur  con- 
venir: Nous  citerons  même  le  mf.  du  toi 
17)1.  donc  la  première  partie  eu  eède  à 
peine  au  Virgile  de  Florence  en  antiqui- 
té. Oc  les  cèneâlonsp  font  faite*  en  ver- 
millon. 

(i)  Quoique  Pachymére  (c)  dife  , 
qu'ils  avoieoc  fublFitné  le  cinabre  à la 
pourpre  , dans  leurs  (ignatures  ; Nicétas , 
au  (J)  premier  livre  de  la  vie  de  Manuel, 
lès  fiiic  fbufecire  avec  l'eactc  de  pourpre. 


propiement  dite.  Werveton  , moine  de 
Liège , ne  s'eiprime  pas  en  termes  moins 
formels  dans  fa  cbroiuquc , iotfqn'il  parle 
de  la  fignacure  faite  i Rome  par  Jean 
Paléologue , long-tems  après  Pachymère. 

(t)  Wanley , dans  là  préface  fur  les  li- 
vre*  Sc  les  mif.  fepeencrionaux  , relève 
l’encre  , donc  anciennement  on  fe  fêrvoit 
en  Angleterre  , bien  au-delTus  de  celle 
des  autres  nations.  Elle  lui  fembloic  fai- 
te , pour  durer  écemellemenc.  Il  déclare 
n'avoir  preique  tien  vu , qui  lui  foit  com- 
parable parmi  les  ouvrages  des  étrangers 
du  même  âge.  Mais  , quoique  poné  k 
croire , que  le  fang  des  féches  fût  uoe  des 
principales  drogues  , qui  entroicnt  dans 
fà  compofition  ; il  ne  laifTe  pas  d'en  re- 
garder la  recette  comme  inconnue,  & de 
regretet  la  perte  de  cet  excellent  fïcrer. 
Des  m(T.  Sc  des  diplômes  écrits  de  fi  bonne 
encte  font  pourtant  fufpeéb  à cCrrains  au- 
ceun  ! pareeque  U couleur  en  paroir  trop 

xm. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  113 

XIII.  Les  lettres  enclavées  ou  renfermées  dans  d’autres  

remontent  fort  haut.  Elles  écoient  d’un  ufice  ordinaire,  H- I’artie. 
dans  les  mlT.  des  vi.  & vi  i',  ficelés.  Il  eft  vrai , qu’elles  ne  chap.  u. 

fe  mettoient  alors  , que  dans  les  initiales  des  livres  , des  i.et-res  enda- 

ehapitres  ou  des  alinéa.  Les  diplômes  le  prcccrent' quelque-  vées, liées,  coa- 
fois  à cette  mode.  Plufieurs  originaux  de  Pépin  , fils  de 
Louis  le  débonaire  , en  font  la  preuve.  On  en  conferve  un  pcrié«r*niu'alcs 
entre  autres  à la  bibliothèque  du  roi.  Dès  l’an  17.  de  J.  C. 
nous  voyons  (a)  des  lettres  enclavées  dans  d’autres.  Au  x i J4)  Hfi. 
liècle  ,1a  coutume  d’enclaver  les  lettres  des  titres  avoit  pré- 
valu.  A force  de  les  multiplier  &:  de  les  déplacer  ; on  reuf- 
Ct  fouvent  à rendre  énigmatique  la  leéhire  des  monumens  , 
où  ces  lettres  font  employées.  Long-tems  auparavant , on 
voit  des  mlT.  non  feulement  renfermer , dans  la  capacité  de 
quelques-unes  de  leurs  lettres  initiales, le  commencement  des 
lignes  fui  vantes  ; mais  encore  s’en  faire  précéder.  Les  mo- 
nogrames  fe  raportent  aux  lettres  enclavées , liées  & conjoin- 
tes. Ces  trois  aernièreS  efpèces  de  lettres  doivent  ici  d’autant, 
moins  nous  ocuper  , que  nous  ferons  obligés  d’en  parler  avec 
plus  d’étendue  ; quand  nous  traiterons  des  écritures  &:  des 
abréviations.  Du  refte  elles  influent  dans  tous  des  genres 
d’écritures,  ôc  julque  dans  les  notes  de  Tyron. 

Les  lettres  perlées  font  au  moins  fufceptibles  de  trois  (é) 
fubdivifions.  Ou  elles  Ce  trouvent  totalement  compofées  de 
perles  : ou  elles  ne  les  portent  qu’à  leurs  extrémités  , à leurs  //»««, 
jointures , à la  nailTance  de  leurs  traverfes  ; fouvent  meme 
ne  les  reçoivent-elles*,  qu  a quelques-unes  de  ces  parties  : ou  l'a.w. 
elles  ne  les  admettent , que  comme  enchalTées  dans  le  malfif 


vive  , & conftqucmmcnt  trop  tcccntc. 
Du  reflc,  maigre  la  préfcrcnce , acordéc 
par  Wanlcy  à l’cncre  d'Anelcrcrre  fur 
celle  des  peuples  voi/Ins  $ ils  a'onc  pas 
Uiifé  d*en  avoir  de  parfaite.  £llc  fc  con- 
ferre  dans  toute  Ci  bcaun^  , depuis  plus 
de  mille  ans  : & cette  qualité  convient 
fWcialcmcm  à la  plus  ancienne.  Les  fic- 
elés poftericurs  ont  aulTi  des  miT  &i  des 
chartes  en  encre  tres-ooire  6c  crcs-Iut- 
fancc  : mais  d'autres  du  même  rems  ne  fe 
diOinguent , que  par  une  couleur  plus  ou 
moin»  pâle  , plus  ou  moins  jaunâtre. 
Eqcic  les  XIV.  premiers  ficelés,  il  q'cd 

Tome  U. 


efl  aucun , où  l’on  ne  trouve  de  l'encre 
de  tous  les  degrés , d.  puis  le  noir  le  plus 
foncé  , juf]u'au  plus  foibic.  Il  en  va  de 
même  de  la  blancheur  ou  de  la  falcté  d« 
vélin.  Ces  variétés  doivent  être  rapoitées 
à la  compoficion  de  l'cncrc  , à ta  con- 
fervation  des  chartes  & des  mlf,  à i'ufa- 
ge  qu’on  en  a fait.  Si  fur  tout  cela  les 
antiquaires  peuvent  faiür  des  nuances , 
concourant  à\s  décider  fur  l age  des 
pièces  &:  fur  leur  vérité  ; elles  ne  pa« 
roificDC  pas  à portée  du  commun  des 
gens  de  îctircs.  Ce  goût  exquis  oc  s'a- 
quiert , que  par  une  longue  cxpéiience. 


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II.  PARTIE, 

Se  CT.  III. 
Chat.  ÎI. 


(4)  Vtytt.  ttm.  I . 
flmncht.  yjl. 

(t)  Ibid.  fl.  X* 


(eJUid.fl.XIU. 


(d)  V.le  J'frn- 
rt  dt  Kps  écriiHTts 
métMil/qUCS  Q* 

liddùns* 


ir4  NOUVEAU  TRAITé. 

de  leurs  principaux  traits.  Nous  voyons  l’ufage  des  premières 
introduit  chez  les  Grecs  Sc  les  Latins  : mais  celui  des  fé- 
condes y fixt  plus  folidement  établi.  Elles  eurent  grand 
cours  chez  les  Orientaux  , & dans  les  villes  grcques  ^ 
{bumifes  aux  Sëleucides.  E)epuis  leur  affujétiflement  aiMC 
Romains , elles  continuèrent  de  les  imprimer  fouvent  fur  leurs- 
médailles.  Nous  en  remarquons  lur  les  mmioies  juives  oix 
(a)  famaritaines  » aufli  bien  que  fur  celles  des  {^)  Giecs  , en. 
l’honneur  de  la  république  &c  des  premiers  empereurs  ro- 
mains. Si  les  lettres  perlées  ne  firent  pas  la  meme  fortune  en  Oc- 
cident ; on  ne  lailTe  pas  d’en  découvrir  bon  nombre  fiir  des  mo- 
noies  antiques,  foit  latines,foit  (c)  africaines  ,foit  efpagnoles,8c 
meme  anglo-faxones.  Nos  François  s’en  fervirent  arillî , fous  les. 
deux  premières  [J)  races.  La  troifième  forte  de  lettres  perlées 
renferme  celles,  qm  font , quant  à leur  figure , daiule  goût  ( i ) 

(i)  Les  perles-fc  trouvent  fouvent  en- 
chafTées  dans  ccrtaioesJecrrcs  anglo-faxo- 
^es^noires ou  bleues,  de  la  bible  ou  mf.i. 
de  la  bibliorhè(]ue  du  roii-C'ed  régulti* 
xemeot  aux  extrémités  ou  bien  aux  joio- 
mes  , -quelles  font  placées.  Elles  figurent 
oocore  au  milieu  du  mafTif  de  pluficors 
de  CCS  lettres.  On  nous  entendra  mieux  , 
a Ton  jette  un  coup  d'ocil  fur  la  croifîènie 
divifjon  de  notre  XYIIP.  planche,  La 
plupart  des  élémens . qui  compofeor  cet 
alphabet , font  tirés  des  ncres  de  la  bible 
citée.  On  uy  voit  pas  fculcmcm  des 
lettrcsperlces  & ponâudcs  à la  fois^  mais 
qui  réuniiTent  à ces  orncmcos  celui  d’étre 
armées  de  Hcches.  Jointes  ou  féparées , 
ces  parures  banifTent  aufTi  quelquefois 
les  perles.  Outre  le  noir  & le  bleu  , l'or 
9c  Targcm  forment  bon  nombre  de  ces 
caraâères.  Quelques  lettres  du  même  al- 
phabet , fans  autre  décoration  , <|ue  celle 
dCx  longues  pointes , aparciennent  à d'au- 
tres mil*,  réellement  anglo-faxons. 

Toute  la  divifon  1*.  de  la  XVIH*, 
planche  contient  un  alphabet  purement 
anglo-faxoo  , pulfé  dans  un  pfeaurier  de 
l'al^aiedeS.  Ouen  de  Rouen  du  vt  I . ou 
VIH*,  ficelé.  11  n’en  feut  excepter,  que 
les  G , K , Z , empruntés  d’ailleurs.  Les 
cmrelanemeos  des  lettres  initiales  ou  ca- 
deaux de  chaque  pfeaume  paioiffem 


(fautant  plus  extraordinaîrer  j que  rdcri* 
turc  du  texte  fcmbic  plutôt  mioufcu)e>qae 
curlîvc.  A cca  cadeaux  ifolés  , noua  ca 
ajoutons  de  conjoints , à caufe  de  leur 
linguiaricé.  ,£n  général  les  plus  pecitc»> 
lettres  initiales  de  ce  mf.  nom  pas  un 
pouce  d’élévation  , & les  plus  hautes  en 
ont  à peine  deui.  Nous  les  réduifoos  à 
peu  près  à faniforme  , comme  il  fc  pra- 
’ tique  dans  les  alphabets.  Les  lettres  da 
' nôtre  fdm  au  m(^os  répzéfcntécs  , fuU 
yant  leur  hauteur  la  plus  ordinaire. 

La  première  divifion  de  laplanche  ren«^ 

; ferme  le  coinmcnccmcot  de  l'évangile 
L de  S.  Jeaa  >1»  principra  er«r  Fcrôiwo  ^ 

I gfM/  Mptd  Dm  ( Dtum  ) ^ £>/ 

; ( Detts  ) fféit  Verbutn^  hoc  erst  in 
) fio  sfiuiDi  ( Denm,  ) Ce  morceau  rem- 
plir toute  la  première  page  du  quatrième' 
HA'angile  du  mf.  loS.in-^iadc  fabbaie 
, de  $.  Germain  des  Prés.  Les  diinenfionr 
de  récriture  de  U planche  font  exaéle- 
. ment  les  mêmes  : fi  n'éO  que  nous- 
avons  été  forcés  de  réduire  à un  grand 
pouce  & demi  de  moins  le  premier  I N ^ 
& de  récranchcr  une  bordure , qui  r^oe 
aux  marges  fupérieure , inférieure  & Ja>^ 
cérale  extérieure.  Elle  ell  le  double  des 
malTîfs  de  V/  & de  l’N.  Toutes  les  lettres- 
|-  du  frontifpicc  de  S.  Jean  font  ponûoécr 
I à points  rougcs,cxccpté  Icscntxelaflemcas- 


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inUtalùt,  C^Ipttales,  omtales,  Jemt-ûndal&f, peri^,  doretis,  arpenbia  SCc. 


■%' 


DE  DIPLOMATIQUE.  ny 

ànglo-faxon.  On  jugera  de  leur  ftruûure , & de  la  manière  , 

dont  les  perles  y font  enchaffées  par  le  fécond  alphabet  de  la 
planche  XVIII.  On  ne  peut  pourtant  pas  dire  , fi  ces  lettres  fe  c h a r.  I u 

rencontrent,  dans  les  livres  anglo-faxons.  Il  en  eft  de  même 
de  celles,  qui  font  terminées  en  flèches.  Les  unes  & les  autres 
font  deftinées  à la  parure  de  livres  écrits  en  France.  Elles  y 
font , il  eft  vrai , rarement  employées  Sc  n’y  femblent  in- 
troduites , cjue  pour  la  variété  des  décorations. 

Nous  lerions  trop  longs , fi  nous  nous  étendions  fur  les 
diverfités  des  lettres  , caraélérifées  par  leurs  figures.  Il  fàu- 
droit  parler  de  lettres  ruftiques , triangulaires , hétéroclites , 
barbares  , diverfement  inclinées , de  lettres  en  grifes  , en 
batans  , en  olTelets  , à boutons  , à bafes  & fans  bafes,  à traits 
luperflus , & de  tant  d’autres  , dont  nous' donnerons  des  mo- 
dèles , 6c  que  nous  réduirons  en  claiTes  , divifions  , genres, 
efpcces  : lorfque  nous  examinerons  les  diférentes  écritures 
des  peuples  d’Occident , chez  qui  la  langue  6c  les  caraélcres  • 
des  Latins  furent  en  honneur.  On  croit  devoir  couler  encore 
plus  légèrement  fur  les  lettres  hachées  , de  quelque  manière 
qu’elles  le  foient  : les  monumens  figurés , où  elles  fe  trou- 
vent , ne  fufifênt  pas  , pour  en  aflurer  l’antiquité.  Les  let- 
tres à jour^  ou  blanches , cirées  d’après  les  infcriptions  des 


intermédUiret  des  deux  premictes  , al- 
terDatiTcmeat  à points  souges  & noirs. 
Nous  avons  fait  blafoncr  le  tond  des  Ict- 
ères , confbrmdmcnt  aux  couleurs  du  mf. 
Cette  plaucbc  a paru  un  cbef-d'euvre  aux 
cntoilTcurs.  La  pretnictc  partie  furtout 
fiiit  au  burin  du  giaveur  un  heuneur  bien 
sudriid. 

A la  tête  dCiCbaque  évangile  , tonjouts 
•U  folio  rcâo  du  mhne  mf.  les  prcmiéies 
pages  (but  encore  plus  décorées  , fans 
jamais  s'écarter  dugoùt  anglo-faxon.Ccile 
^ucDOus  avaasfait  gcavcrcHlaplus  (impie 
& la  moins  chargM  (fomemens.  Les  li- 
gnes du  frontifpicc'de  S.  Luc  n'ont  pas 
toutafàitnn  pouce  : mais  ell«  (bot  (épa- 
tées par  Cx  bandes  de  points  noirs  & 
touges , avec  de  pareils  entrelaflémeo; 
des  mêmes  conteurs  , fervant  de  ma(Tif  à 
CCS  bandes.  Celles  du  commencement  de 
S.  Marc  faite  femblables  , mais  plus  étroi- 
tes. Les  letues  s’y  didinguent  par  leur 


épailTeor  & par  une  plus  grande  variété 
de  coulcutx.  Ced  le  (cul  endroit , où  le 
'pourpre  Toit  admis.  Le  (tontifpice  de  faine 
Mattnicu  e(l  le  plus  (inguUer  de  tous. 
Il  n'a  que  quatre  lignes  : mais  fans  parler 
des  premières  lettres  de  U première  ligne; 
les  deux  dernières  ont  deux  pouces  de 
hautcuc,  avec  une  épaUrcuc  pcoportiooée. 
Les  lettres  alTcz  maigres  des  trois  autres 
lignes  font  fouvent  tiès-entrelallécs  les 
unes  dans  les  auues.  Elles  s’élès^t  à un 
pouce  & demi  de  hauteur.  ‘Nous  palTona 
fous  lilence  les  douze  portiques  ou  colo- 
nades  des  canons  évingéliques  , placés  i 
la  tète  de  ce  mf.  Les  deux  prAniers  (bat 
à cinq  coloues  ou  piladres.  Les  treillages 
k les  dragons  à l'anglo-fazone  leur  tien- 
nent lieu  de  malTif.  Le  blanc  , le  noir , le 
ronge  , le  nourpre , le  jaune  & le  bleu 
font  les  feu.  ^ couleurs  , qu'on  y fàlfe 
conttaAet. 

Pi; 


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II.  PARTIE. 

Se  CT.  III. 
Cil  A P.  II. 


(a)  Trxhf  Jes  J:~ 
’ft  Ht  rtvsfenjeel 
l.f.  Jll. 


iiiî  NOUVEAU  TRAITÉ 

marbres  & des  bronzes  , doivent  être  aufli  mUès  fur  le  conv^ 
pte  des  graveurs.  Les  m(T.  nous  fournilTent  cependant  Sc 
des  capitales  , &c  des  onciales  , &c  des  minufcules  à jour.. 
Ce  ne  Ibnt  pas  feulement  quelques  lettres  , mais  des  pages 
entières.  On  diroit  qu’elles  auroient  été  tracées  par  des  plu- 
mes ou  plucôc  des  calamus  à deux  becs  ou  à double  ouver- 
ture. Les  exemples  en  font  fréquens  , dans  les  mil',  des  vu. 
& VI  II®,  ficelés.  Les  tems  pollérieurs  n’en  font  pas  même 
dépourvus.  Quoiqu’on  répande  diverfes  lettres  tremblantes  , 
dans  nos  alphabets  de  curlive  ; on  réfervera  pour  les  écrita- 
rcs  les  oblervacions , qu’elles  doivent  faire  naitre. 

Il  n’eft  pas  rare  de  voir  des  lettres  à contre  fens  , ou  dans 
une  policion  étrangère  à leur  fituation  naturelle  , &c  meme 
tenverlee.  Seulement  contournées  , elles  fervent  Lur  les  an- 
ciennes inferiptions  romaines  à défigner  les  prénoms  des  per- 
fones  du  Icxe.  Mais  le  P.  Coftadau  (a)  n’en  devoit  pas  faire 
une  règle  générale.  11  en  eli  certainement  un  nombre  , dont 
on  faifoit  une  aplication  bien  diférente.  Les  lettres  renver- 
fées  font  alTez  fréquentes  furies  valês  antiques  & lur  les  mo- 
noies.  Si  elles  le  font  encore  plus  fouvent  fur  les  fceaux  , 
les  aneaux  &:  les  pierres  précieufes  en  creux  , ou  plutôt 
fur  leurs  empreintes  ; c’eft  ordinairement  par  pure  méprifê- 
Au  furplus  la  maladrelfe  des  ouvriers  n’eft  pas  la  féule  caule, 
fur  laquelle  il  faut  rejeter  le  renverfement  des.  lettres.  Le 
caprice  , les  modes  bizates  & autres  motifs , qu’il  n’eft  pas 
uécelfaire  ici  d’aprofondir , y ont  eu  quelque  part. 

Toutes  CCS  lettres  palferont  en  revue  , dans  nos  modèles 
d’écritures.  Les  lettres  initiales  des  livres  , des  chapitres  fie 
des  alinéa  étoient  d’abord  d’un  goût  beaucoup  plus  fimple , 
qu’elles  ne  commencèrent  à le  paroitre  au  vu',  fiècle  , Sc 
mcm*ftir  la  fin  du  vi'.  Ces  ornemens  furent  prodigués  de 
plus  en  plus  dans  la  fuite.  Moins  un  mf  afeéfe  les  lettres 
hiftoriées  à la  tête  des  livres  & des  chapitres  ; moins  il  em- 
ploie de  lettres  initiales  d’un  plus  grand  volume  , que  celles 
du  texte  aux  alinea  : plus  on  doit  juger  ( i ) ce  mf.  ancien  j 
s’il  cft  écrit  en  onciale  ou  demi-onci^e.  Par  exemple  , les 

0)  Ce  n*c(^  p:is  néanmoins  un  Hgne  I cBaque  oavrage  plus  erandes,  qoe les  au* 
toniraire  à la  plus  h?.ucc  antiquité  , tjuo  I ères  : furtouc  û elles  font  Hmptcs  & üaê 
4*ayoii  les  premieses  Icmcs  du  texte  de  { otnemtos*- 


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DE  DIPLOMATIQUE;  117 

premières  lettres  des  pfeaumes  du  célèbre  pfeautier  " c^u’oii 
croit  avoir  été  à l’ufage  de  S.  Germain  évêque  de  Paris  au 
vi'  fiècle  , ne  font  point  fupérieures  à celles  du  texte.  Mais 
parcequ’il  nous  faudroit  anticiper  la  diftindion  de  l’écriture 
onciale  & capitale  ; û nous  voulions  traiter  ici  à fond  la  ma- 
tière des  alinéa  ; nous  nous  bornons  à ces  deux  obfervations, 
C’eft  encore  une  marque  d’une  belle  antiquité  ; lorfqu’on 
trouve  la  première  lettre  de  chaque  page , ou  feulement  de 
la  plupart  des  pages  d’un  mf.  commençant  par  une  grande 
lettre  , tandis  qu’on  n’en  met  , que  d’une  taille  ordinaire  à 
la  tête  des  livres  des  alinéa.  Tels  font  les  fragmens  d’un 
Virgile  , dont  on  a donné  le  modèle , dans  la  nouvelle  ap- 
pendice de  la  diplomatique  de  D.  (a)  Mabillon,  & au  troi- 
fièine  genre  de  notre  deuxième  clalTe  des  écritures.  Tel  eft 
lè  mf.  960.  de  la  bibliothèque  de  S.  Germain  des  Prés, 

XIV.  Il  n’eft  peutêtre  point  de  caraêlère  plus  facile  à fal- 
fir  , ni  plus  propre  à déterminer  l’age  des  mu , que  celui  qui 
téfulte  de  la  forme  & du  génie  de  leurs  lettres  (1)  hiftoriée$> 


( r)  Les  traits  hiftoriqaes  , dont  elles 
Ttptéfenccnt  les  images , leur  ont  fait  im- 
pofer  le  nom  d'hiftorifes.  Lef  plus  an- 
ciennes font  fouvent  relativei  an  dif- 
Cours , <]a’ellcs  conuaencent.  D.  Bernard 
{i)  de  Montfaucon  explique  en  ddiail , à 
quoi  fe  rapottent  plufieurs  de  celles  . qui 
«cotent  les  mff.  grecs.  Il  en  a même 
lait  graver  qnelques  unes  dans  là  Paldo- 
grapnie.  On  y voit  un  S.  Jean  Chryfof- 
some  la  plume  à la  main , à la  tf  te  du  pre« 
Biier  livre  du  facerdoce.  Sa  hoindlie 
au  peuple  d’Antioche  commentant  par 
ces  mots  : Hier  Htm  rruinmes  i»  etHibti , 
clf  prdccdfe  d'un  E , d'on  s’élance  un 
uciier  armé  d’une  pique.  Pour  lettre 
iftotiée  d’une  autre  pièce  , od  il  eft 
parlé  des  peines  de  l’enfer  , paroit  un 
ferpent  monftmeux  , qui  dévore  on  hom- 
me. C’eft  le  premier  K de  notre  alphabet 
de  Etplanche  fuivante.  Quelquefois  la  li- 
gure, de  la  lente  grife  ne  fe  rapone  qu’au 
premier  mot.  Mais  l’imagination  de  Ven- 
iumincor  eft  le  fond  inépuilâble  , d’od 
la  plupart  de  ces  Icnres  font  cirées. 

Les  Latins  ftirenc  un  peu  moins  aten- 
lifs  , qoe  les  Gtccs  à bure  quadter  l’ima- 
ge avec  les  faits  senfesmés,daqs  les  pa- 


roles. S’ils  donnent  davantage  an  pur  ca- 
price i ils  ne  lailfent  pas  auffi  de  confor- 
mer les  portraits  de  leurs  lettres  initia- 
les aux  fujets  , qui  doivent  fnivre.  On 
Ce  contentera  d’en  indiquer  quelques 
exemples  , empruntés  du  facramentaire 
de  Gellone.  Ils  figurent  dans  notre  plan- 
che des  lettres  en  forme  d'hommes  , de 
quadrupèdes  & d'oifeaui.  On  y verra  un 
crucifix  , fervant  de  T au  commence- 
ment du  canon  de  la  MelTe  : les  animaux 
myftécieox  défignant  les  quatre  évangé- 
liltes  à la  tête  des  difeours  , où  l’on  cx- 
pofe  les  laifons  de  ces  lymboles  : un 
cbarpentioi  *taillant  un  aibrc , aparam- 
menr  pour  faite  trois  croix  , qui  concou- 
rent avec  lui  h former  la  lettre  initiale 
de  la  colleâe  , pour  la  fête  de  l’inven- 
rion  de  la  fainte  Croix  : un  cavalier  armé 
de  pied  en-cap  , pour  première  lettre  de 
l’orailbo  de  la  McITe , qu’on  devoir  dite 
en  tems  de  guerre.  Dans  l’alphabet  vé- 
gétal , le  dernier  de  la  X I X’.  planche  ; 
le  premier  B eft  un  pampre  de  vigne  ,. 
chargé,  de  feuilles  Sc  de  grapes  ; parce- 
qn’il  eft  à la  tête  de  la  bénédiébon  des 
raifins  nouveaux.  Le  fécond  T porte  de* 
ihiiu  de.  difècea»  genm  : parceqp’U 


IL  PARTIE. 

S E C T.  111, 
C H A ?.  II. 


Lettres  hiftortées 
en  forme  d’hom- 
mes , de  quadru- 
pèdes, d'oifeaux. 


(i) 

p.  SJ4-  & 


V.  rtttrt  fltai[i0 
XIX. 


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II.’  Partie. 

S E c T.  III. 

C H A P.  II. 

de  poillons  , de 
ferpens  j lettres 
flcuionées  , bro- 
dées , enttelalTécs, 
bUzonéeSi  ornées 
d’arabefqucs  , de 
feuillages,  de  gro- 
cefciues  : lettres  à 
filigranes , en  ehe- 
velure , en  mioia- 
tuie  écc. 


(4)  GtliUf  Re- 
mua jtUmM.  !■  I- 
î-  4»- 

{ITChrm.Gtdw. 
lit.  t.e.  1.4.  I* 
f~  tf. 

(c)  Efi/I.  v.p.ij. 
gdà.  BmImz* 

{d)  Dt  Mgrffmm 

twnditUmhus 
tênftitmtiMiyui  li* 
mittm.f.  204. 


lit  NOUVEAU  TRAITÉ  - 

répondant  à nos  lettres  gri  fes.  En  général  leur  rareté  dans' 
les  mlT,  où  d’ailleurs  on  ne  s’eft  point  négligé  fur  l’élégance  , 
eft  en  proportion  avec  leur  antiquité.  Si  ce  caraûère  n’étoh: 
démenti  par  aucun  autre  ; on  pouroit  eftimer  du  v'.  fiècle  ou 
du  VI'.  au  moins  tout  mf,  où  l’on  n’en  découvriroit  aucune. 

Du  refte  on  ne  prétend  pas  fixer  au  dernier  l’origine  des 
lettres  hiftoriées.  On  ne  fauroit  mcmeprefquc  douter , qu’elle 
ne  foit  bien  plus  ancienne. 

En  effet  , le  vi',  fiècle  n’étoit  pas  untems  fort  propre  x 
faire  éclore  des  nouveautés  fi  recherchées.  Ces  lettres  font 
apelées  (i)  capitulaires  , parcequ’elles  étoient  placées  au 
commencement  des  chapitres  &c  des  livres. 

Les  lettres  en  broderie  , commencent  à reléver  les  mfT. 
du  VI'.  fiècle.  Au  vii'.  elles  deviennent  plus  fréquentes  6c 
rempliffent  quelquefois  la  première  page  (1)  d’un  livre.  I 


commence  la  bénédiéboo  des  fcolcs  aon- 
veaux.  Non  padbns  on  agneaa  avec  une 
croix  & un  rameau  d'arbre , fornanc  le 
D initial  de  la  bénédiélion  de  l'agneau 
pafcal , un  autre  D pareil , compolc  d'un 
poilTon , d'un  bras  élévé , tenant  un  verre 
long , mais  fans  pare  , au  commence- 
menc  de  la  bénédiélion  du  vin  nouveau. 

(1)  Cette  exprefCon  eft  plufieuia  fois 
employée  par  Ekkard  le  (4)  jeune.  Les 
lettres  capitulaires  o'avoient  (t)  point  de 
mefure  fixe  , fdon  fabbé  de  Godvric  : 
<c  cependant , contre  le  lëntimept  de  D. 
MabÛlon  , il  penle  , que  c'eft  de  ces 
letties  ; éc  non  pas  des  onciales  , dont 
Loup  de  Ferrière  (r)  demande  la  mefure 
à Eginbatd.  M.  du  Cange  renvoyant  de 
ces  lettres  à celles  > que  lesv(téj  aotenrs 
des  limites  apellcnt  liant  ctfiimiut  , 
infinue  par-là  , qu'elles  avoient  enfemble 
des  raports. 

(s)  Elles  y Ibrmeot  de  tems  en  tems 
des  lignes  d* un  pouce  de  haut , & confé- 
quemmeot  onciales , dans  la  plus  grande 
rigueur  de  ce  terme.  Il  n'eft  pas  meme 
fins  exemple  , qu'elles  furpaflent  cette 
inéfur: , ou  qu'elles  ne  l'égalent  pas.  De- 
puis le  milieu  du  vu  °.  fiècle  , jufqu'au 
milieu  du  vt  1 1'  , ces  lettres  s'alongent 
4t  s'amaigrilTcnc.  Souvent  elles  font  rcc- 
Biinécs  pu  des  filigianci  en  voluu. 


Sonvent  des  poilibns  en  (ont  partie  ; quel- 
quefois elles  en  Ibnc  entièrement  corn— 
pofées.  Les  lettres  brodées  fe  rencon- 
trent principalement  dans  les  mC  méro- 
vingiens. 0*où  l'on  pouroit  conjcânrer, 
que  fi  l'oo  en  trouve  aulli , dans  pluficora 
mlT.  en  onciale  i c'eft  qu'ils  ont  été  tranf- 
ctits  dans  les  mêmes  pais , où  l'on  ulôit 
d'écritures  mérovingiennes  : d'autant  pion 
que  les  m(L  où  celles-ci  (ont  employées  , 
ne  lailTent  pas  de  faire  ufage  de  lettrea 
ordinaires  capitales , onciales  , mioufeo- 
les.  Notre  alphabet  de  lettres  brodées 
tE°.  I V,  eft  principalement  tiré  des  mlT.  de 
S,  Germain  des  Prés  i;4.  400  éir.  7S1. 
7>y.  840.  tti.  yj(.  Le  feul  mlT.  784. 
en  a fourni  pour  fa  part  plus  d’une  demi 
douzaine.  Ajootez-y  lep&  le  f d'une  hau- 
teur démeiurée  , quoiqu'elle  ait  été  ré- 
duite de  plus  de  moitié.  Ceft  aullï  de-Ià  . 
ue  nous  avons  tiré  le  troifiésne  modèle 
e la  planche  XVII.  Deux  coloncs  éfi- 
lées,  evalées  parle  haut  , te  qni  fem- 
blent  préluder  a l'architeâure  gothique  , 
le  tenfetmeac.  Elles  ne  Ibutiennent  poiaa 
une  voûte , mais  de  gros  cordages  Ùo 
zigzag  , terminés  pat  dci  fièchea  te  des 
bouquets:  le  tout  colorié  , comme  les  let- 
tres. Les  dimenfions  de  l'écriture  du  mf. 
te  celle  de  la  gravure  , font  dans  lent 
totalité  piécifémcDt  les  tnéincs.  Malt 


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DE  DIPLOMATIQUE.  irj 

Aux  lettres  brodées  en  France  üiccéda  la  mode  des  let- 
tres en  (i)  treillis  ou  à mailles.  Leur  madir  commença 
d’abord  par  recevoir  des  chainettes.  Bien -toc  elles  fe 
multiplièrent  , au  point  de  produire  des  lettres  treffées  & 
cntrelalTées.  Le  règne  de  cccaîraflère  défignetes  vii  ix®.' 

Cèdes. 

Les  arabelques  parurent  fur  les  lettres  Iiiftorléés , dès  Is 
vu  I*.  Leur  faveur  s’acrut  dans  la  fuite  : leur  crédit  fe  fou- 
tint , an  moins  jufqu’au  xi  i«  ; mais  depuis  le  x',  ce  fut  avec 
.un  dépéri/Tement  fcnCble  du  côté  du  goût. 

Les  lettres  blafonées , ou  pour  ainC  dire  en  fi)  marqueterie, 
apartiennent  à l’écriture  lombardique.  Elles  font  extrèmé- 
ment  rnadves  : quelquefois  même  leur  largeur  excède  leur 
hauteur. 


IVI^ation  dei  ligne*  de  copie  eft  an 
pca  plus  uDifoimc  , que  celle  de  l'otigi- 
nal.  Dans  ce  detniet , depuis  la  premim 
l'^ne  , d'un  demi  ponce , jnlqu’à  la  qoa- 
tricme , elles  *onc  croillâm  de  qoelqnes 
lignes.  Après  quoi  elles  ddccoiireac  , (âi- 
uanc  la  même  proportion.  Qnoiqae  le 
folio , où  Ce  'trouve  le  modèle  (bit  efai- 
fte  r i il  e(l  précédé  de  deux  autres  ftuil- 
îets.  Sur  le  verfo  du  premiet  domine  une 
croix  pâtée  le  en  broderie , à la  traverfe 
de  laquelle  pendent  l'A  8c  11Q  , irec  cette 
infeription  t Cnuc  mIpim  fitlfit , en  let- 
Rcs  d‘on  pouce  de  haotenr  , également 
brodées.  Les  omemens  , qui . l’environ- 
nent,font  des  étoiles  en  flècae,  des  fleurs, 
des  oifeaux  -,  des  poiflbns  , 8c  TurcoVe  de 
gros  cordages , aboatilTani  i c-  grands  C, 
rcfpcâivemenc  afrontés  , au  milien  des 
qnarre  marges.  On  les  voit  d’une  ligure 
plus  commune, à la  page  fnivante,  adoflés 
vers  le  milieu  des  marges  intérieure  8c 
extérieure.  Ces  lettres  donnent  la  pre- 
mière du  mot  Crux.  Au  relie  les  deux 
papes  du  fécond  iêuillet  font  dans  le 
meme  goût , mais  d'un  deflein  diférenr. 
Par  tout  la  croix  eft  reprélcntéc  , fous  di- 
Tcrfes  formes.  Quxnc  à IS  première  page 
du  troifième  feuillet  ou  de  notre  modèle , 
sa  voici  ta  leaure  : iHeifti  Hier  Omtlis- 
itMti  Grtgerü  mriis  K&m*e 

mepHuimie  in  Sc»  Hitudntl  {JmSt  kxx- 
etrel  ) frcfhttn. 

(i)  On  peut  en  produite  quelques 


exemples  anlG  anciens  que  ceux  des  let- 
tres brodées.  Ces  treflês , ces  chaînes , ces 
bandes  de  mailles  fe  maintinrent  long- 
tems  for  les  lettres  grifes.  Mais  jamais 
tlies  ne  furent  plus  à la  mode,  jamais  les 
filets  de  ces  lettres  oc  fe  répandirent  avec 
plus  de  profiifion  , jamais  elles  o'aqoircnt 
lus  de  grâces , qu'au  i x'  fiècle.  Les  bi-- 
les  8e  les  heures  de  Cbaric  le  chauve  , 
gardées  à la  bibiiatbèqae  du  roi , en  (boc 
remplies. 

(x)  Elles  ocupent  qoelqnefbis  route  la 
première  pMc  d'un  livre.  Mais  alors  leur 
nauteur  n’elr  pas  toiqonrs  onifbrroe.  Elle 
change  ici  («)  prelquc  i cbaqoe  ligne. 
Les  unes  font  de  près  de  trois  pouces , les 
autres  d'un  peu  moins , d’autres  de  deux 
ou  d'un.  Qnelqaes-unes  ont  à peine  le* 
denx  tiers  do  pouce  ou  même  de  là  moi- 
tié. Plafieurs,8c  meme  des  lignes  entières, 
prennent  la  forme  d'oifeaux  on  de  poif- 
fons.  Le  malEf  des  autres  eft  com- 
pofé  de  feuillages  ou  de  parquetage  : 
coûtes  font  en  raofarqoe , ou  du  moins 
bariolées  de  diféreotex  couleurs , m.ris  i 
grands  compartimens.  Ceft  à ce  dernier 
trait  fattont  , que  les  lombardiques  fc 
diftinguent  de  la  plupart  des  lettres  hi(^ 
toriées.  Les  coulenrs  des  unes  femblcnc 
former  des  dcnteller  ou  des  broderies  , 
8c  celles  des  autres  des  pièces  de  ra- 
porr , ou  le  coloris  Tarie  aiicaoc  que  la 
figure. 


II.  PARTIE. 
Sicr.III. 
Cmap.  U. 


(n)V'.Uflmat 

XVII, 


îlo'  NOUVEAU  TRAITÉ 


■ Loi-rque  les  lettres  grifes  (i;  wi%othiques  font  plus  fim; 

* s ’ï  C * Ml*  images;  elles  le  paroiflent  auffi  du  côté  des  coït 

■CnVr.  n!  général  elles  font  très-compofées , furtout  dans 

les  livres  d’églife.  Ce  font  des  lettres  à figures  d’hommes , ou 
de  qurtques  parties  de  leurs  membres.EUes  repréfentent  (i)  des 


i 


(i)  Si  l’on  veut  fe  former  une  idée  de 
celles , <]ui  font  pittic  des  titres  ou  des 
<ommencemens  de  livres  du  mf.  i £ j . de 
S.Germain  des  PréS)  on  peur  confultci  la 
planche  XVII.  num.  i.  Le  faeramentaire 
dcGcIIonc  ne  renferme  point  de  pareils  ti- 
tres en  lettres  plus  petites.  Elles  y font 
quelquefois  d'un  gtand  pouce  , quelque- 
fois elles  n'en  ont  que  la  moitié.  Sou- 
vent pinlieurs  lignes  du  même  titre  s’é- 
lèvent à diférentes  hauteur;.  II  faut  lire 
ici  ; In  XP  J.  nemi  .•  incpi.  tn.  epïsl. 
fiiftT.  ptfilii.  In  frimit.  dt  Kàlit 

DU.  Et  uns  abréviations  : In  Chr^i  n»- 
min»  ineipinnt  btnedi3icn»i  tfifcefnltt  fn- 
fer  ptpulnm  in  frimis  dt  yifiJid  Nntnlii 
Domini.  Les  deux  V , ou  l’Y  & l'V  j & 
la  base  du  mot  mcifimu  font  d’une  main 
plus  récente  , quoiqu’ancienne.  Ce  mor- 
ceau cft  tiré  du  mf.  de  S.Germain  16} . 
folio  149.  ÿ. 

(i)  Pour  en  concevoir  une  idée  plus 
julte  I on  peut  jeter  les  yeux  lut  nos 
alphabets,  nnihr»f»nurfhiyn»  , c'eft-à- 
dirc  de  lettres  à figure  humaine  : zttgrn- 
fUnu , en  forme  d’animaux  ; trnitiutid», 
en  forase  d'oifeaux  : ûhtfytnurftiyn»,  en 
forme  de  poüTons  : tfhitmorfhiynt , en 
forme  de  fetpens  : nmhtphyUtéid» , en 
forme  de  fieurs  Sc  de  feuillages.  Il  a falu 
séduire  ces  lettres  II  une  grandeur  tmi- 
forme  , pour  pouvoir  les  ranger  en  al- 
phabets. Quelques-unes  Ont  dans  lesmlT. 
environ  un  pied  de  hauteur.  Mais  il  en 
efi  peu , qui  n'aicot  au  moins  quelques 
pouces  d’élévation.  On  n'a  pas  cru  de- 
voir s’opiniâtrer  à compléter  chacun  des 
alphabets  de  cctic  planche  , non  plus 
que  ceux  des  autres  lettres  grilcs.  Leur 
véritable  uuUté  fe  borne  à manifefter  le 
goût , avec  lequel  eUcs  furent  dclfinées 
& peintes.  Il  faudtoic  être  autrement  fe- 
courus,  ou  bien  avoir  eu  du  tems  de  telle, 

* pour  feuilletée  des  millieu  de  mlT , dans 
i'cfpérancc  alTcz  incertaine  d'y  déterrer 
les  lettres , qui  nous  manquent . D'aillcuis 


on  s’étoit  fait  d’abord  une  loi  de  rébutet 
tout  ce  qui  fe  trBuvccoit  pollécicur  au 
IX'.  fiécic.  Cette  referve  a dû  nous  met- 
tte  à l'étroit  & prcfque  nous  réduite  i 
l’impolTibilité  d’en  découvrir  davantage. 

Si  dans  la  fuite  on  s’cll  dilpenlé  de  cctro 
loi  J ce  n’eft  qu'à  l’égard  de  l’f  , tirée 
d’un  mf.  de  S.  Martin  de  Pontoife  du 
XI  i'.  (iccic.  On  n’a  emprunté  qu’un 
très-petit  nombie  de  lettres  déjà  gra- 
vées , dans  la  Paléographie  & la  Chroni- 
que de  Godwic.  Quand  les  figures  de  la 
mène  lettre  font  crès-diférentes , on  ne 
fait  nulle  dificulté  de  les  multiplier.  Mais 
pont  quelques  doubles  ou  triples , aux- 
quelles on  acotdc  l'entrée  j on  donne 
fouvent  l'exclufion  à bien  d’autres  : on 
parccqu’elles  ont  plus  de  rclTcmblaoce  h 
cclle,dont  on  a déjà  fait  ufage  ; 4>u  paree- 
que  leur  multitude  ne  permet  pas  de  les 
admettre.  Les  lettres  , donc  on  compofo 
ces  alphabets  font  ordinairement  initia- 
les. Il  y a peu  de  lettres  de  la  planche 
XIX.  for  lelquelles  nous  n’eumont  des 
remarques  à foire  ; fi  nous  ne  craignions 
d’ccre  trop  longs  te  de  tomber  dans  la  • 
minutie.  On  peut  cependant  donner  des 
explications  alfcz  curieufes  de  plulieurs 
lettRs  fymboliques.  En  voici  quelques- 
unes  au  fujee  do  premier  alphabet  feu- 
lement; S.  Michel  Archange  étoofonc  un 
fcrpenc  dans  fes  mains  ell  reptéfoncé  par 
le  premier  D , lettre  initiale  de  l’oraifon  , 
pour  la  dédicace  de  fa  balïliquc.  Au  fé- 
cond D , une  main  Coupe  la  barbe  à un 
homme  , avec  des  cizeaux  , donc  la  for- 
me cil  d’autant  plus  finguUére , que  leurs 
deux  côtés  ne  fe  tiennent  que  par  un 
bouc  arondi  à la  manière  des  pincettes. 

C’cfl  la  première  Icttie  de  l’oraifon,  qu’on 
devoir  dire  fur  ceux  , à qui  l’on  foifoic  la 
barbe  pour  la  première  fois.  L’E  com- 
mence l’otaifon  , où  l’églife  prie  Dieu  . 
; de  lui  acorder  de  le  fervir  avec  une  li- 
berté , que  rien  ne  trouble.  Il  femble  , 
quoB  y ait  voulu  peindre  l’^Iife  foifanc 

animaux 


DE  DIPLOMATIQUE.  .iii 

animaux  à quatre  pieds , des  oifeaux  , des  poiflbns  , des  fèr- 
pens , des  fleurs  , des  fleurons  , des  feuillages.  Un  infigne  (i) 
nif.  de  la  fin  du  VI 1 1'.  ficelé  , ou  du  commencement  du 
fuivant , nous  a fourni  la  plupart  de  celles  , qu’on  a fait  en- 
trer dans  notre  planche  XIX.  Les  vi  i . & v 1 1 1'.  fiècles  font, 
à proprement  parler , ceux  des  lettres  compofées  d’un  ou  de 
plufieurs  animaux  à quatre  piés  , d’un  ou  de  plufieurs  oifeaux, 
poiflbns  , ferpens  , ou  de  diférens  aflbrtimens  de  ces  ani- 
maux entr’eux , ou  meme  avec  les  hommes.  Les  uns  & les  au- 
tres formèrent  originairement  le  corps  des  lettres.  Mais , dans" 
le  moyen  âge  , communément  ils  n’y  parurent , que  com- 
me des  décorations , qui  n’empêchèrent  pas  , qu’on  n’y  figu- 
rât (2.)  les  lettres  à l’ordinaire. 


tomber  les  liens  des  mains  8c  des  pi^s 
d*un  Quand  on  cenoic  le  ferutin, 

pour  préparer  au  barème  les  cathécu- 
mènes  compérens  > apres  que  le  diacre 
avoir  tu  le  commencement  de  chaque 
évangile  : le  prêtre  expofoic  les  raifons , 

Îiu'on  avoir  eues  de  peindre  leurs  auteurs» 
bus  les  figures  d’un  homme  » d’un  lion , 
d’un  boeuf  & d’une  aig.[e.  Notre  F repré- 
fente  le  premier  évangélide  , tenant  dans 
{a  main  gauche  un  livre  » fur  lequel  cA 
écrit  MATH  EUS.  Il  a dans  là  droite  une 
crofTc  , qui  n'eA  pas  moins  remarquable» 
que  Ton  pallium  8c  fa  chafuble.  Le  pre- 
mier I , place'  à la  tête  du  racramentairc 
deGellone  n’eA  autre , que  la  faiote  Vier- 
ge » élevant  une  croix  avec  (a  gauche  , & 
avec  fa  droite  un  encenfoir , qui  ne  ref- 
fcmBle  aux  nôtres  » que  par  le  bas.  Sa 
robe  & fa  coefure  font  fingulières , mais 
conformes  à celles  de  fainte  Agathe,  dont 
le  porcraicIcA  le  fécond  1 de  notrealphaber» 
& la  première  lettre  de  l’oraiAsn  de  fa  fête. 
Cette  Ste  martyre  porte  de  plus  une  lat^ 
gc  ceinture,  une  croix  & fon  nom  écrit  de 
haut  en  bas  deux  fois  de  la  forte  fur  fes  ha- 
bits : Sce  AfMte  m.  See  AgMte  ma.EA-cc  de 
p£ur  qu*oo  ne  la  prenne  pour  une  autre?  Il 
croît  plus  aîf^  de  fc  tromper  k l'image 
précéaeote.  Auffi  n’a-t-on'pas  manqué 
d’écrire  fur  Ai  tète  1 Scs  Msris,  Ces  deux 
portraits  peovent  Faire  conoitre  aux  cu- 
rieux rhabiltement  des  femmes  de  la 
FVancc  méridionale  aux  vin'.  & zx*. 
fiècles.  Le  troificme  I cA  la  lettre  ini- 
tiale de  l’oraifon  de  S.  Hermès  martyr. 

Tome  II. 


\ Son  habit  a la  forme  il'nne  aube  , <]uoi- 
qa'il  n'cD  ait  pas  la  couleur.  Il  tient  une 
colooe  ou  poteau  , qu’on  croyoit  alors 
probablement  l’un  des  inftrumcns  de  fon 
fupiiee.  Quand  le  premier  O ne  ferait 
pas  à la  if  ce  de  la  bdnddiâion  des  fonts  ; 
on  y rcconoitroit  le  batéme  de  J.  C.  au 
S.  Efprit  , qui  defeend  fur  lui  , & à la 
croix  , qui  parait  dans  le  limbe  de  gloi- 
re , dont  fa  tête  eft  environne.  Ce  limbe 
n’dtoit  pas  même  fuptimd  dans  les  cruci- 
fix , contme  le  prouve  notre  T.  Le  Sau- 
veur du  monde  y parait  fur  la  croix , 
couvert  depuis  la  poitrine  jufqu'aux  ge- 
noux. Le  dernier  O commence  la  prière  , 
pour  la  confure  clcricaleile  premier  P.cclle 
pour  la  recommandation  de  t'ame  : le  fé- 
cond, l’oraifon,  pour  une  armée,  qui  mar- 
che au  combat  : ôc  l’V.laconféctacioo  des 
mains  du  pontife.  Tout  cela  n’cA  pas 
mal  rendu  par  les  figures  fymboliqucs , 
qu'on  y voit  exprimées. 

(i)  II  apattienc  aujourdiii  ^ l'abbaïe  de 
S.  Germain  des  Prés.  C'eft  le  célèbre  fa- 
cramcncaire  de  Gcllonc  , maintenant  S. 
Guillelm  du  Dcfcrt. 

(1)  Les  mlT.  les  plus  précieux  des  fic- 
elés polléricurs  rcpréfencenc  anlli  des  fi- 
gures humaines  , mais  d’un  goût  fort 
diférent.  Celles  lies  teins  antérieurs  com- 
polcnc  régulièrement  le  coras  de  la  let- 
tre , ou  du  moins  en  forment  une 
portion  conlidèrablc.  Celles  des  autres 
ne  les  admettent  le  plus  fouvent  , que 
comme  des  bots  d'euvre  , comme  des  or- 
ncmcos  étrangers.  Tantôt  les  petfonaget 


II.  PARTIE. 

Si  CT.  III. 
Chat.  II. 


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JI.  PARTIE. 
S f CT.  III. 

C H A P.  II. 

r.//.  XVIII. 


(j)  Chrentc.  GfiJ- 
tnu.f.  f J. 


(i)  Uii  f.  SI. 


(0  PlmthtXIX. 


m NOUVEAU  TRAITÉ 
Les  lettres  liiftoriées  (i)  anglo-faxones  fê  diftinguent  des  au- 
tre.s  : parcequ’elles  aboutiflent  en  têtes  & en  queues  de  ferpens  : 
parcequ’elles  (ont  (a)  bordées  de  points  : parcequ’elles  pa- 
roiflent  dans  leur  maflif  garnies  de  perles  : parcequ’elles  por- 
tent fur  un  fond  , foit  rouge  , bleu  , jaune , foit  niiparti 
ou  écartelé  dt?-  ces  couleurs.  Ces  lettres  gril'es  terminées  en 
tête  ou  en  queue  de  ferpeps  , de  dragons  , de  monftrcs  : ou  les 
repréfentant  dans  leur  maflif  , ont  été  moins  imitées  des 
autres  nations  , que  les  précédentes.  Le  treillage  &:  les  en- 
tortillemens  ont  ibuvent  lieu  , dans  ces  fortes  de  lettres  C’eft 
furquoi  nous  renvoyons  à notre  premier  alphabet  anglo-faxon, 
- Les  lettres  fleuronécs  ou  fleuries , conflammenr  employées 
dans  les  mfl.  ont  pafl'é  de-là  dans  les  imprimés.  Leur  va- 
riété prelcjue  infinie  ouvroit  fans  doute  un  vafte  champ  à 
l’imagination  des  peintres  de  mlT.  Aufli  fe  donnèrent-ils  ca- 
ricre  en  ce  genre.  Aux  vi  ii.  &:  ix'.  ficelés  ils  diverlificrent 
prodigieufement  leurs  lettres  liiftoriées.  Souvent  les  cou- 
leurs les  plus  vives  & les  plus  tranchantes  y contrafterent. 


paroifTent  encadrée  dans  le  maflif  d'une 
lettre,  prcll|uccn  forme  de  piUftre  : tan- 
tôt on  n'y  voir,  que  des  médailles  , des 
budes , des  moulures  ; rantôt , pour  en 
venir  aux  exemples  , ce  font  les  lignes 
du  zodiaque  , qui  ferveDC  à décorer  une 
de  CCS  lettres.  Tel  cft  un  D en  or  de 
la  bible  , écrite  pour  Chailemagnc  , mais 
réellement  oferte  à Charie  le  chauve. 
Vers  les  xi.  & xii*.  ficelés  les  portraits 
font  plutôt  renfermes , dans  le  feindes 
lettres  grifes,  qu  ih  n’encrent  dans  leur 
contour  , ou  qu'ils  ne  contribuent  à leur 
format  ion. 

(ijLcsornemens  dcsicnres  grifes  anglo- 
faxoncs  fcmblcnt  n’etre  le  fruit  ,quc  d’i 
maginations  atroces  & mclanclioliqucs. 
Jamai<:  d'idées  riantes  : 'out  fc  rc/Tent  de 
la  dureté  du  climat.  Lorfque  le  génie 
oc  manque  pas  abfolumenc;  un  fond  de 
rudeffe  & de  barbarie  caiaélcrifc  <Tautanc 
mieux  tes  mfT.  & les  lettres  hifioriées, 
qu'on  a plu^afcélé  de  les  embellir. 

(i)  Quoique  toutes  les  lettres  ponéluées 
ne  fbicnc  pas  anglo'faxoncs,  9c  que  toutes 
les  anglo-faxones  ne  foient  pas  pouéluécs^ 
e’cft  néanmoins  un  caraélere  , qui  leur 
convient  plus  particulicremcnc , qu’à  nul 


autre  genre  d’écritutc  } futcout  quand 
cites  font  majufcules  : comme  il  cft  aifé 
d’en  juger  par  notre  planche  XVIII.  God- 
froi  de  Bdicl  a fait  rcpréfcnccr  un 
morceau  d’un  mf.  de  la  cathédrale  de 
Virszbourg  ,‘donc  IcS  deux  premières  li- 
gnes en  titre  , font  entourées  de  deux  pa>  ^ 
rallclogrames  dt;  points.  La  lettre  gnlc  , 
placée  à la  tcce  , en  cfl  toute  environée. 
Cependant  cette  écriture  n'cft  au  plus 

?iuc  dcmi-fàxone.  Le  même  auteur  (&}  a 
air  figurer  un  autre  modèle  d’un  mf.  de 
S.  Pierre  de  üalfbourg  , qui  fc  dit  du  x% 
fiècic.  La  plupart  des  lettres  majufcules 
de  fa  première  ligne  (ont  garnies  de  deux 
gros  points.  Ce  font  - là  fans  doute  des 
plus  anciennes  lettres  de  ce  goût.  Le  go- 
thique récent  en  a fouvenc  fait  ufage. 

Les  autres  pe  iplcs  n'auroienc-ils  poinr 
emprunté  des  Saxons  cet  ornement 'bi- 
zarc  ? Que  toutes  les  lettres  entourées  de 
points  r.e  fbicnc  pas  anglo-faxonOson  peur 
s'en  convaincre  par  notre  alphabet  (r) 
anthopfrfllocide.  Qu'on  jette  furtout  les 
yeux  fur  fon  fécond  A & fa  fécondé  M ;; 
ils  prouveront, qn'on  employoit  lespointSy 
même  dans  le  «'iligochiquc. 


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DE  DIPLOMATIQUE.-  iij 

Ritadans  la  nature  , dont  ces  lettres  n’aient  emprunté  la 
forme.  Mais  , après  l’avoir  pour  ainfi  dire  épuifée  ; à force 
de  vouloir  rafîncr , les  enlumineurs  & les  peintres  tombèrent 
dans  le  ridicule  &c  dans  l’extravagant.Toutefois  avant  le  x 1 1 1 
fiècle , ils  s’en  préfervèrent  en  quelque  force  ; fi  l’on  com- 
pare les  produâions  de  leur  imagination  la  plus  égarée  avec 
celles  des  liècles  fuivans.On  ne  vit  plus  alorsces  lettres  garnies, 
que  de  têtes  déplacées , avec  des  nés  monftrueux , ou  bien 
elles  fe  chargèrent  de  lignes  de  diverfes  couleurs^  en  barbes , 
en  gerbes  , en  chevelures  bouclées  par  les  extrémités.  Souvent 
leurs  extenfions  polUches  ne  le  bornèrent  pas , Ibit  à remon- 
ter au  haut  , foit  à defeendre  au  bas  de  la  page  ; mais  fe 
replièrent  encore  le  long  des  marges  fiipérieures  Sc  infe- 
rieures.Cependant  le  corps  dq  la  lettre  proprement  dite  n’avoic 
ordinairement  guère  plus  d’un  pouce  de  diamètre.  Les  exten- 
fions chevelues  afedoient  des  couleurs  opofées  à celle  du  fond 
de  la  lettre.  Deux  filets  voifins  foutenoient  fouvenc  leur  alter- 
native de  couleur  , autant  de  fois  qu’ils  écoient  répétés.  Dans 
leurs  intervales  , d’autres  petites  lignes  , qui  ne  tenoient  à 
rien  , fe  trouvoient  placées.  Souvent  elles  écoient  en  vis  ou 
en  volute.  Quand  les  filigranes  n’avoient  pas  lieu  : les  écha- 
pemens  des  lettres  prefque  en  forme  d’antennes , ne  laiflbient 
pas  d’ocuper  autant  ou  plus  de  terrein  ; lors  même  qu’on  leur' 
donnoit  pour  fond  (i)  des  feuilles  d’or.  En  un  mot  , tout  ce 
qu’un  goût  dépravé  peut  produire  de  plus  abfurde  , tout.ee 
qu’un  cerveau  ■frénétique  peut  enfanter  de  chimères,  fut 
prefque  l’unique  apanage  des  lettres  hiftoriées  des  x 1 1 1 . x t v. 
&c  XV'.  fiècles.  • . • 

Cependant  c’eft  au  xv'  , qu’on  commence  un  peu  à fe  ré- 
concilier avec  la  belle  nature.  On  en  découvre  même  quelques 
foibles  préludes  dès  le  xiv'.  Ces  filigranes  & ces  échapemens 
de  lettres  hiftoriées  donnèrent  lieu  à des  vignettes , à des 
rinceaux  , où  l’on  vit  naitre  des  fleurs  &:  des  fruits.  Les  en- 
lumineurs s’exercèrent  d’abord  beaucoup  fur  les  fraifes  : 6c 


(i)  Les  lettre^ pofôcs  fur  un  foodd*or, 
cm  difcrcnc  de  leur  couleur  particulière  , 
furent  frequentes, dans  certaines  écritures 
Jonibardiqucs , au  IX*.  ficcie  , te  même 
aux  fuivans  > dans  ics  divctfes  (brtes  de 


romaines  ordinaires.  Souvent  elles  afec- 
tent,  non  feulement  les  lettres  des  ti- 
tres ; mais  encore  celles  des  mlinta , dans 
la  gorkique  moderne. 

Qij 


Il  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  AP.  II, 


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114  NOUVEAU  TRAITÉ 

■ — ~ c’eft  peutêtre  en  quoi  ils  réufliflbient  le  mieux.  Leurs  de^- 

feins  au  refte’étoient  des  pièces  mal  afforties.  S’ils  s’avifoienc 
d’orner  les  mlT.  de  portraits , leurs  perfonages  étoient  roides 
& fans  vie.  Mais  peu  à peu  leurs  rtiignatures  devinrent  plus 
douces  , plus  finies  & plus  naturelles.  Les  vignettes  & les 
peintures  furent  détachées  des  lettres.  Les  portraits  devenus 
un  peu  plus  animés , fur  la  fin  du  xv*.  & le  commenceme'ne 
du  XV i'.  ficcle  ne  fervirent  plus  , que  d’ornemens  ifolés  ; 
& les  vignettes , de  cadres  & de  bordures.  Les  rinceaux  de 
feuillages  y paroiffoient  fouvent  fiir  un  fond  d’argent  ; & 
les  fleurs  fur  un  fond  d’or.  Des  oifeaux  , des  dragons  , des 
reptiles  Sec.  faifoient  quelquefois  lîn  effet  affez  gracieux  , 
dans  ces  cadres  & ces  bordures  ; quoique  la  nature  n’y  fut  pas 
encore  toutafait  copiée  dans  fa^  beauté.  Les  lettres  initiales 
étoient  fouvent  elles-mêmes  décorées  de  plantes , garnies  de 
feuilles , de  fleurs  Sc  de  fruits. 


CHAPITRE  III. 

Ufage  des  alphabets  dans  quelques  cérémonies  écU~ 
JiaJliques  : compilateurs  ^'alphabets  étrangers  , 
latins  y modernes^  & d'écritures  des  derniers  Jiècles  : 
colleSions  d'alphabets  & de  modèles  , tirés  des  an- 
ciens marbres  , bron:^es  t mjf.  diplômes  , drejfés 
avant  & depuis  lyoo. 

» 

« 

L’E  G 1 1 s B , dans  une  de  fes  plus  auguftes  cérémonies^ 
fait  de  l’alphabet  un  ufage  , qui  femble  devoir  lui 
donner  bien  du  relief.  Après  que  l’éveque  a figuré 
avec  fa  croffe  les  lettres  A & n fur  la  porte  du  temple  y 
dont  il  commence  la  dédicace  : il  écrit  par  trois  fois  fur  les 
murs  extérieurs  ABC.  Entré  dans  la  nouvelle  églife  ; fur 
la  cendre  , qu’un  des  miniftres  vient  de  répandre  en  for- 
me de  croix  de  S.  André  , il  repréfenre  avec  le  bout  de 


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DE  DIPLOM  ATIQUE.I  ny 
fon «bâton  paftorai  toutes  les  lettres  des  (i)  alph^jb^ts  grec 
Sc  latin  au  nombre  de  50.  D’abord  il  part  de  l’angle  gau- 
che oriental , 6c  va  jufqu’à  l’angle  droit  occidental  , trapnt 
les  élémens  de  l’alphabet  grec  : enfuite  de  l’angle  droit 
oriental  il  avance  vers  l’angle  gauche  occidental  , formant 
ceux  de  l’alphabet  latin.  Dom  Hugue  Ménard  , dans  fes  no- 
tes fur  le  Sacramentaire  de  S.  Grégoire  ajoute  , qu’ancien- 
nement  l’évcque  figuroit  encore  l’alphabet  hébreu.  Mais  les 
pontihcaux  cités  {a)  par  D.  Martcnc  ne  font  mention,  que 
du  grec  6c  du  latin.  Nous  aurions  bien  d’autres  avantages  à 
relever*  dans  les  alphabets  ; s’il  nous  étoit- permis  de  diférer 
plus  long  tems  à donner  quelque  nbtions  & des  compila- 
teurs 6c  des  coUeftions  principales  d’alphabets  latins. 

I.  On  ne  doit  pas  néaiunoins  atendre  de  nous  un  catalo- 
gue exaâ  des  auteurs  , à qui  le  public  etl  redevable  des  al- 
phabets , tirés  des  marbres  , bronzes  ,.m(T,  diplômes  6c  au- 
tres aftes  publics  ou  privés.  La  multitude  des  matières , qui 
nous  ocupent , ne  nous  permet  pas  toujours  de  pouffer  fur 
chacune  nos  récherches  , jufqu’aux  derniers  ( z ) détails.  11 


( I ) Les  noms  <f MinJuriiim  , mirUM- 
riiim,  le  tant  d'autres  dénominations  bar 
barcs , donc  Te  rervent  les  pontifîcani  ne 
doivent  pas  noos  arêcer.  On  peut  les 
voir  dans  le  nouveau  Glofl'aircde  M.du 
Cange.  On  n y trouvera  pourtant  pas 
l’ABCTCPtUM  , (]ue  D.  Martène  répété 
deux  fois , d'apres  un  iTlf.  de  Reims  du 
VII  i‘.  lîccle.  CeO  apaiammcnt  le  même, 
i]uc  cite  D.  Mcnaid  , comme  portant 
AicTURiUM.  Ou  trouve  bien  des  exem- 
ples du  P pour  l'R  : pacceqne  le  premier, 
en  tant  que  grec , n'eft  point  dicérent  de 
la  féconde  , & qu'on  aimoit  i mêler  les 
kttrcsgrcques  avec  les  httoes. 

(a)  On  ne  fe  propofe  point  non  plus  de 
dannet  un  état  des  mlT.  anciens  ; où  l'on 
trouve  un  nombre  plus  ou  moins  grand 
d'alphabets  réels  ou  prétendus  , famari- 
uins , hébreux  , grecs  , normans , tuni- 
ques , latins  tic.  On  en  a , dans  le  pré- 
cédent volume  indicjué  quelques-uns.  On 
poncoit  dans  celui- Cl  en  ajouter  pluücurs 
autres.  Mais  comme  il  en  réfultcroit  tccs- 
peu  d'utilité  ; l'on  croit  devoir  s épargner 
ati  ttayaii,  dom  les  fois  excédetoient 


de  beaucoup  le  produit.  A peine  en  ex- 
cepterons - nous  la  collcélion  d'alphabets 
de  Raban  {b)  Maur.  tlle  (c  réduit  à cinq  , 
un  de  lettres  hébraïques  , donc  il  fait 
Moyfe  l'inventeur  i un  de  gccqucs , donc 
il  poulie  le  nombre  jufqu'à  xf.  aioutanc 
aux  trois  épisemes  cette  figutc  ^ , em- 
pruntée du  latin  , pour  valoir  mille.  Son 
troilième  alphabet  cfl  le  latin,  & n'a  cien 
de  lïngulicr,  que  l'C  tond.  II  n'eu  éll 
pas  de  même.du  quaciiéme  , qu'il  donne 
fous  le  nom  d'Æthicus,  philofophc  cof- 
mogrlphe  , Scythe  de  nation.  Il  devroie 
par  conféqucnc  être  fcychiquc.PIulïeorsdc 
fes  caraâcrcs  néanmoins  aprachcnc  fore 
de  celui  d'Hichut  , accibué  aux  Francs 
ou  aux  Marcomans.  Il  a'a  guère  moins 
d’alioiié  avef  divetfes  lettres  do  l'alpha- 
bet paleAin  de  Hephuroe.  Mais  il  ne 
rcircmble  en  rien  ni  à fon  feythique  ni 
i fon  mtlTaeétique  , ni  au  tartarique 
moderne.  Rwan  , qui  prétend  l'avoir  ciré 
de  S.  Jérome  , ne  lailTc  pas  de  demai^- 
der  grâce  , pour  les  fautes  , qu'il  aura 
faites  en  le  leptéfentant.  A l'égacd  du  eitï- 
quicme  ou  deiBÎcr  , il  te  lapotce  aiw 


II.  PARTIE. 

S SCT.  III. 
Cha>.  III. 


(»)  De  mnij: 
Eeel.  rittiiulit.  i, 
‘•t-  if.mev.eJit. 
lem.  1.  cei.  <78. 


Autents , qui  ont 
publiéquelqnes  al- 
phabets latins  , 
parmi  un  plus 
grand  nombre  d'é- 
ctangers  : alpha- 
bets de  Raban  .de 
Ttithcme  , de 


(b)Tcm.  «./•}>  J- 
JI4- 


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II.  PARTIE. 

$f  CT.  III. 

Chat.  III. 

Hephurnc , de  Vi* 
génère , de  van^ 
HcUl , de  Vulca- 
nitis  de  Bruge  , de 
NiLüItf  Schmid. 

ia)Pa£.6j9.  & 
fmv» 


(^)  De  lUttrU 
hityià  Getétrum  (i- 
•je  ijûthorum.  p.i. 

tf)  Itiit.p.  10. 


(J)  Dereiifltm. 
t-  4;-4<- 


iiTî  NOUVEAU  TRAITÉ 


nous  fufÎKi  de  faire  conoicrc  les  travaux  de  ce  genre , entrer 
pris  par  un  certain  nombre  de  gens  de  lettres , & quelque» 
rois  d’en  porter  notre  jugement. 

Déjà  dans  le  volume  (a)  précédent  , on  a commencé  la 
notice  des  compilateurs  d’alpliabets.  PluGeurs  auteurs , parti- 
culièrement apÛqués  à recueillir  ceux  des  étrangers  , en  ont 
aufli  publié  d’écriture  latine:  quelques-uns  même  l’ont  fait, fous 
le  nom  des  nations  , qui  l’ont  adoptée.  Telsfonj:  les  alphabets 
allemans , françqis  , idandois  , écolTois  , du  P.  Bonaventure 
Heplmme.  La  feule  lettre  gothique  moderne  , majufcule  &c 
minufcule  des  imprimés  & des  chartes  récentes  (i>*s’y  fait 
remarquer.  Nous  ne  cfoyons  pas  devoir  nous  aréier  aux  al- 
phabets (i)  de  l’abbé  Trithème. 

A proprement  parler  le  traité  des  chiites  de  Vigenère  (3) 
ne  renferme,  qu’un  alphabet  de  cudîve  , fouvi  par  chaque  élé* 
ment  de  4.  ou  3 . Ggures,  qui  puillènt  fe  raporter  à notre  objet. 

En  1 387.  Nicolo  van-Helft  mit  au  jour  à Rome  quatorze 
alphabets  , parmi  lefquels  on  en  compte  fept  latins  , tous 
d’écriture  curlîve  du  tems  , tous  diftingués  par  les  déno- 
minations nationales  d’italique , de  belgique  , d’hifpanique  , 
de  germanique , de  firançoile  , d’angloife  , de  polonoilè , ou- 
tre la  latine,  ordinaire , à lettres  capitales. 

Un  anonyme  publié  (é)  parVulcanius  de  Bmge  en  1 397.tira 
un  alphabet,  réputé  ancien  gothique,  du  livre  d’argent  de  l’ab- 
baïede  Werden.  Il  y joignit  un  (c)  alphabet  de  prétendues  (4) 


Marcomans  ou  Normans , d’où  forcent  , 
félon  lui  , ceux  qui  parlent  la  langue 
théotifque.  Nous  l’avons  fondu  dans  no- 
tre alphabet  général  des  runes , planche 
XIV.  tom.  I.  p.  711. 

(t)  l’artni  les  71.  alphabets  de  ce  com- 
pilateur ; nul  autre  , qui  ait  trait  aux 
latins.  D.  Mabillon  (d)  ne  conoilfoit 
fon  ouvrage  , que  par  je  licic  , & par  ce 
que  lui  en  avoir  apris  Wo^ius.  Il  ne 
lailTe  pourtaut  pas  d'en  donner  une  idée 
afTcz  juAe  : fi  ce  n’eft  qu'il  ne  dit  pas , 
qu’environ  la  moitié  de  fes  alphabets 
(ont  chimériques.  Bons  te  mauvais  , ils 
fç  trouvent  acompagnés  d’autant  d’em- 
blèmes en  l’honneur  de  la  faintc  Vierge  , 
avec  des  inferiptions  dans  la  langue  Sc 
l’écriture  coiicfpondanteti  ces  alphabets. 


(1)  Nous  trouvons,  an  cinquième  li- 
vre de  fa  polygraphic  , tiaduite  par  G«- 
brûl  d»  CtU»nge  , nmtif  de  Teters  en  Au- 
vergne ,.ti  imprimée  à Paris  en  Ij7t. 
treize  alphabets  en  cataâères  extraordi- 
naires. Quelques-uns  font  étrangers  , lea 
autres  ne  doivent  palTer , que  pour  de 
purs  ebifres.  L’alphabet  tyronicn  ou  en 
notes  de  Cicéton  s'y  voit  au  feuillet  tSf, 
avec  tous  les  defauts , qu’on  fpécifira  ca 
parlant  de  celui  de  M,  Bourguec. 

(;)  Il  en  eA  à peu  près  de  fes  ji.  al- 
phabets , inférés  dans  fon  traité  deschi. 
fies,  imprimé  en  i;8d.  comme  de  ceux 
du  P.  Hephume.  Les  uns  font  vrais  , 
les  autres  fupofés , d’autres  mêlés  de  ca- 
raAcres  vrais  & faux. 

. ( 4 } Aprendee  le  lombard  au*. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  117 

jiores  lombardiques,  qu’il  avoit  puifées  dans  ce  mf.  ou  dans  un 
aucre  , qu’il  qualifie  également  d’argent.  V ulcanius  lüi-mcme 
(a)  quitte  le  perfonage  d’éditeur  , pour  prendre  celui  d’au- 
teur. Et  d’abord  il  débute  par  quatre  alphabets  niniques  : 
mais  il  les  intitule  (i)  gothiques. 

Il  y a plus  d’un  ficcl^  que  le  fameux  Nicolas  Schmidt , 
autrement  apelé  Cuntzel  - von  - Rodenacker  fe  propol'a  le 
plan  le  plus  vafte  en  fait  d alphabets  Sc  d’écritures.  Il  ral- 
lèmbla  celles  de  prefque  tous  les  peuples  4e  la  terre  , tant 
anciennes , que  (a)  modernes  , Sc  les  acompagna  d’alphabets. 
11  drefia  pluiieurs>  exemplaires  des  unes  & des  autres , Sc  les 
dépofa  dans  les  bibliothèques  de  divers  princes  d’Allemi- 
gne.  Struve  rend  (c)  compte  d’un  de  ces  mif.  contenant  l’o- 
tailbn  dominicale  en  cinquante  & une  largues  , avec  plus  de 
cent  trente  alphabets.  Mais  les  travaux  du  célèbre  païfan 
d’Allemagne  ont  peu  de  rapott  aux  mlT.  &c  aux  diplômes  an- 
ciens : quoiqu’il  ait  quelquefois  multiplié  les  alphabets  fur 
la  meme  langue  , Sc  qu’il  Ai  ait  recueilli  de  la  plupart  des 
peuples  de  l'Europe  , fans  parler  de  ceux  des  autres  nations. 
Mars  il  n’a  pas  Eut  dificulté  d’en  grofllr  le  nombre  , de  ceux 
qu’il  avoit  tirés  d’auteurs , qui  n’avoient  pas  fu  diftinguer  les 
fabuleux  des  véritables. 

II.  Edouard  Bernard  , profefleur  d’Oxford  a doiuié  , dans 
Con  Diagramma , 19,  alphabets  , eftimés  des  fàvans.  Mais  il 
s’atache  particulièrement  à ceux  des  Orientaux.  Tous  font 
étrangers  au  latin  , à l’exception  de  fept  , qu’il  Eût  com- 
mencer à l’an  714.  avaiu  (1)  J.  C.&:  finir  l’an  y 00.  depuis 


anibaflàdcun  Gotht  , Sc  les  mettre  en 
état  de  confifter  avec  tes  princes  dlcalie , 
fbt  , félon  l'anonyme  , l'ufage , qu'on 
pidteodit  Aire  de  ces  notes.  Surqooi  l'é- 
diteur ne  fe  rend  (d)  pas  garant  de  Ton 
tciiteur.  Ceft  trop  peu  dire  : les  notes  lom- 
bardiques  en  quellion  ne  font  autres, 

3ue  les  romaines , connues  fous  le  nom 
e notes  de  Tyson  , de  Sénèque  &c.  Ce 
<]ui  femble  avoit  indnit  en  erreut  l'ano- 
nyme ; c'eft  qu'ayant  trouvé  ces  notes 
(>)  dans  le  mf.  d'argent , il  s’étoit  ima- 
giné , qu  elles  dévoient  être  relatives  ^ 
rancien  gothique.  Au  tcrie  il  ne  (ê  bot- 
■c  pu  aux  deux  alphabets  ; il  donne  plu- 


lieors  modèles  imprimés  de  ce  mf.  de 
Werden  , otitte  des  lilles  de  noces  tyro- 
nicnnes  en  alfez  petit  nombre  , <i  l'on 
les  compare  avec  l'ample  recueil  de 
Gtttcer. 

(i.)  On  les  trouvera  dans  notre  XIV*. 
planche.  Quelques  inferiptions  tuniques 
les  acompagnenc.  Les  morceaux  , qu'il 
ajoute  de  Romance  , d'aptes  Nithard  . 
de  tcDConiqne  , de  Axon  , de  perfan , 
de  bafque  , de  friAn  , d'idandique  , 
avtc  quelques  liflcs  de  mots  de  ces  lan- 
gues & autres  , font  étrangers  à noue 
lu jet. 

(1)  Son  fécond  alphabet  latin  cil  d« 


» 


IJ.  PARTIE, 
Se  c T.  III. 
C H A P.  III. 

(a)Paj{.  43. 


0 SiTHv. décrit. 

n<7  S-  *. 

« 


(c)  CcHeHnnett 
mjf.  ÏAfcicfl.  I« 
f.  194,. 


Continuation  éa 
même  fujet.  AI- 
pfaabets  d'Edouard 
Bernard  , de  M. 
Bourguet , de  Dos 
Yelafquei. 


(d)  Prtf.  f.  1 1. 


(f)  Ibid.  f. J. 


Dlyitized  by  Go  i«Ii' 


IL  PARTIE. 
S E c r.  111. 
Chap.  111. 


•V.  . .* 


{m)  tnfmo  fûhu 
Us  .ttphAbew  dt 
las  letTAS  dtfiono^ 
üidAs  * per  Don 
Luis  ]pffph  Velnf- 
qutx,'  1711.  4*- 


ni  NOUVEAU  TRAITÉ 

l’Incarnation,  Cinq  font  putement  latins , un  faxon  , un  fiant 
çois  ; c’eft-à-dire  , dont  on  ufoit  en  Trance  , immédiate- 
ment après  que  l’empire  romain  y fut  détruit.  Les  figures 
de  la  lettre  la  plus  abondante  n’y  paiTent  point  le  nombre 
de  quatre.  Prefque  toutes  ont  été  puifées  dans  les  inferip- 
tions.  • ^ 

M.  Boutguet,  qui  avoit  (i)  compilé  tous  ces  alphabets, 
y joignit  ceux  de  la  Propagande.  Sous  le  nP.  8.  fê  trouvent 
renfermés  deux  hibêmois  dans  le  goût  faxon  , deux  ita- 
liens de  romaine  ordinaire , deux  allemans  de  pure  gothique 
récente,  n>ujours  alternativement  majufcules  6c  minufcules.Li 
même  colleâion  préfente  un  alphabet  en  lettres  minulcu- 
les  pour  la  forme  ; quoique  fort  hautes  , garnies  de  para- 
phes , hérilTées  d’ailleurs  de  pointes  anguleufes , qui  carac- 
cérifènt  parfaitement  le  gothique  moderne.  On  y voit  de 
plus  un  prétendu  alphabet  de  notes  de  Cicéron  , d’après 
Trithème.  Mais  à peine  s’en  trouve-t-il  quelqu’unes  de  vé-, 
ritables  ; encore  doivent-elles  pfutôt  être  regardées  comme 
des  mots  , que  comme  des  élémens.  Ses  lettres  doubles  ne 
valent  pas  mieux.  Ainfi  tout  ce  qu’a  reffemblé  ce  favanc 
homme  , pat  taport  au  latin  fe  réduit  à fort  peu  de  chofe, 
& n’a  pas  vu  le  jour. 

L’année  dernière  ,’Don  Velafquez  de  l’Académie  royale  de 
l’hiftoire  , mit  au  jour  un  E£ai  (a)  fur  Us  alphabets  des 
lettres  inconnues  , oui  fe  rencontrent  dans  Us  plus  ancien~ 
nés  médailles  d’Ê/pagne.  Pour  parvenir  à les  lire  , ‘il  com- 
pare (a)  les  lettres  primitives  de  fes  habitans  avec  les  alphabets 


la  pKmicfe  ano^e  de  l'cre  chrétienne  , 
le  de  fof  ,1e  4'.  de  490  , le  s’- 
ainfi  que  le  franfois  ic  le  faxon  de  (00. 
Ces  dates  prifes  en  rigueur  patoirroicnc 
un  peu  haeardées  : à moins  que  fes  al- 
phabers  n'aient  été  tirés  de  monumens  , 
qui  portalfcnt  ces  dates.  Alors  il  faudrait 
beaucoup  relfcrrcr  l'idée  , que  l'on  1^- 
roic  fe  former  de  l'étendue  de  leur  ulagc. 

(i)  Il  en  avoit  en  même  tcms  recueil- 
li un  nombre  prodigieux  d'ércangets  , 
&.  fuitout  d'indiens  , qui  paroilTent  faire 
la  principale  richelTe  de  Ton  mlT.  Les  mo- 
dèles des  écritures  de  ces  nations  y vont 
4.C  paix  arec  Icun  alpbabeu. 


fl)  L’auteur  en  fiit  le  parallèle , au 
moyen  de  fept  planches.  La  première 
renferme  crois  alphabets  : 1*.  le  grec 
commun , dont  les  caraâèrcs  n'excèdenc 
jamais  le  nombre  de  quatre  ; 1°.  le  grec 

Erimitif  } quoiqu'il  ne  remonte  pas  plus 
auc , que  fix  cents  ans  avant  l’ète  chté- 
cienne  , où  les  figures  de  chaque  élé- 
ment , quelquefois  réduites  è deux  , ne 
fe  trouvent  pas  multipliées  au-dellus  de 
dix  : )°.  fuit  l’alphabet  étrulque , médio- 
crement garni  de  caraâèrcs.  La  Iccon- 
de  planche  contient  les  alphabets  arca- 
dicn  , pélafgiqne , latin  ancien  , gothi- 
que, dicd’Ulphila  & le  luniquc.  Celui-ci , 

orlencauxq 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


T19 


«rientaux  , çrecf  , tuniques  , latins.  Il  a puifë  ceux-ci  daift 
Ça)  une  partie  des  memes  foutees  que  nous.  Mais  ils  font 
incompûablement  moins  étendus , que  les  nôtres.  Quant  au 
ladn  ; il  n’eft  compofé , que  des  quatre  d’Edouard  Bernard  , 
£jndus  en  un  feul. 

III.  Léonard  WirlUin  ou  Wagner  , moine  de  S.  Ulric 
d’AuIbourç  avoir  réuni  dans  un  feul  volume  , qu’il  préfenta 
en  I $07.  a l’empereur  Maximilien  , cent  fones  d’éciicures , 
toutes  poftérieures  au  xii‘,  dccle.  Nous-  ne  conoilTons  ce 
mf.  que  par  la  dilTertation  (l)  préliminaire  au  premier  tome 
duTréfor  des  anecdotes  de  D.  Bernard  Pez.  U eft  intitulé  ; 
Proba  centum  feripturarum  diverfanun  unâ  manu  exarata- 
/inn.  Quoiqu’on  ne  nous  aprenne  point,  fi  ces  (i)  modèles 


le  plas  abondant  de  tons  , lait  i peine 
le  quart  du  nôtre.  Lucent  rdl^e  les 
ififtmit  à la  fin  des  alphabets  de  la  deux 
premières  planches  , Sc  de  la  5'.  & : 

eomme  s'ils  n'avoient  pas  en  leur  rang 
aiarqud  , parmi  les  lettres! 

Les  alphabets  hébreu , fytiaque  ancien 
on  eftranghcle  , qu'il  apelle  caldéen,  fy- 
liaqne  Tnigaice  , phénicien  ou  iâmari- 
uin  d'Edouard  Bernard  k du  P.  de 
Montâucon  ocnpcnt  la  troi/ième  plan- 
tbe.  Les  trois  pieraiers  Coat  fimplcs  : 
c’xft-l-dire , que  chaque  élément  n’a  pas 
plus  d'une  figure.  Les  deux  autres,  tirésde 
CCS  deux  auteun , (bot  connus  du  public. 

On  voit  dans  la  quatrième  planche  les 
alphabets phéniciens , famaritains , 1*.  de 
Scaliger  , aV  de  Bochart , 1°.  de  Wal- 
lon , 4°.  de  ChishuI , j".  le  phénicien  de 
Svinton  , é°.  le  pnnique  de  l'abbé  Four- 
mont  , 7*.  le  phéiuciea  erpagool  de 
Rhcnfcrd.  Excepté  le  dernier  ie  celui  de 
Ssrinton  , qui  n'a  paru  que  depuis  notre 
premier  volume , nous  y avons  fait  uCige 
« tous  les  autres. 

Les  s , t.  te  7°.  planches  (ont  bol- 
nées  aux  alphabets  celtibérien  ou  de  la 
province  Tarraconoife  , tudenan  on  de 
la  Bétiqne  , baftulo  - phénicien  , propre 
aux  colonies  phéniciennes  te  catthagi- 
noifes. Lcpremict^àpcudechorc  près, 
paroit  très-bon,  le  utcond  palTable,le  tni- 
fième  prerqoe  atbitrâre.  Mais  il  ne  faut 
pas  oublier,  qneDon  Vclalcpiez  ne  donne 
Ibn  travail , que  comme  un  ellâi , te  Cet 
liécouvertes , que  comme  des  cooicânees. 

Tome  il. 


Pour  Ini  reodn  une  pleine  juflice  { il  faut 
reconoitre , qu'il  y en  a d'heuteufes , que 
Ton  deficin  e(l  bien  pris  ; que  l'exécunon 
en  eft  conduite  avec  méthode , que  l'é- 
rudition y eft  répandue  avec  fitsciTe  , te 
qu'il  ne  peut  manquer  , que  de  monu- 
meos  , pour  mettre  la  conoifTance  des 
antiquités  ePpagn^s  au  niveau  de  celte 
des  ectulqoes.  Quelques  fiuxes  de  détail 
inléparablcs  de  l’humanité  ne  doivent  tica 
prendre  for  l'eftime  , que  mérife  l'ou- 
vrage de  ce  lavant  académicien.  Nous 
(bmmes  même  dilpoQsL  adopter  fes  trois 
derniers  alphabets  i quoique  noos  Ibn- 
hairtions  qull  les  perfeâiooe.  La  voie 
de  compataifon  avec  les  auues  alpb*a- 
bets  étrangers  ne  donnera,  que  des  vtai- 
fcmblanccs  : celle,qui  s'apuic  fur  des  fio- 
numeos  nnKôtmes  , 8c  dont  les  carac- 
tères moins  coonus  fetont  éclaircis  par 
d’autres  plus  coonus , mèneront  droit  an 
cenain  , ou  du  moim  en  aprocheront. 

(i)  Les  noms  alTcx  bixares  de  ces  écri- 
tures fe  trouveut  dans  les  Anecdotes  ci- 
tées. Les  ctmtmoateocs  du  GIolTaire  ladn 
de  M.  duCangeles  ont  rangées  par  ordre 
alphabétique  , (bus  le  mot  , fnfyMr*. 
Cependant  ils  en  ont  omis  deux  , (avoir 
mnrf»UcMn»  meMm  , je  mtadslit  ilti*- 
!»  , qu'ils  n'auroot  peutétre  pas  voulu 
répéter.  Nous  renvoyons  aux  livres  in- 
diqués , ceux  qui  feroient  curieux  de  ces 
dénominations  , dont  noos  croyons  la 
plupart  de  rinvention  de  ranteur.  Il  Ce 
ponroit  bien  faite  auilî , qtfil  aoroit  ima- 
giné bon  nombre  de  cet  écritures. 

R 


II.  PARTIE. 

Sic  T.  Iir. 
Chap.  III. 

{s)  Pay.  X». 

Compilateurs 
d'alphabets  & de 
modèles  d’écriture 
latine  des  derniers 
fiècles  : Wirftlin, 
Faoti  je  autres 
maictetderart. 

(*)  fmj.  xxxr. 


Digi  Googit 


li.  PAR  TI  H. 
Se  CT.  III. 
Chat.  ni. 


rjo  NOUVEAU  TRAITÉ" 

dfécticures  font  acoaipa^nés  d’alphabets  -,  lingiilaricé  de 
cette  colleâiôn  , qui  a’aiUeuis  eft  une  des  plus  anciennes  en 
ce  genre , ne  nous  permet  pas  de  la  paiTer  fous  ûlence. 

, Le  Tr^rdes'.écnvains  , ârédes  auceutsr(i)  les  plus  et 
timés  , furtout  de  Sigifmond  Fanti , noble  Ferratois  , com- 
pofé  par  Ange  de  Modcne , parut  en  Italien,  l’an  if  jz.  11 
fiit  gravé  en  bois  par  Hague  de  Carpi  , qui  devoir  avoir 
pour  fon  art  des  talens  peu  communs.  Outre  un  très-grand 
nombre  d’exemples  d’écritures.,  donc  les  plus  antiques  , ne 
remonteiic  pas  au-delà  du  xi  1 1*.  ûccle  ; ce  Tréfor  ctnrienc 
/ . 37.  alphabets  (z)  d’écritures  rondes,  bâtardes  , impériales,, 

bullatiques , expéditives , de  chancelerie  de  toutes  les  for- 
tes , de  commerce  , de  piinute  , de  gotliiqiie  de  diverlês 
façons  &c.  Le  meme  livre  &:  autres  lèmblables  , plus  à l’u- 
fage  des  écrivains  de  leur  tems  , que  des  aftiqoaires  , fen- 
fermencau  moins  lés  diféféntcs*efpccesd’écritures,employées 
dans  les  fiècles  les  pais  , où  ils  ont  vu  le  jour.  On  jugera 
doncàjufte  titre  de  celles  d’Italie  des  xv.  & xvi'.  fi^es 
par  cet  ouvrage 

Ai()habets&  mo-  IV.  On  y peut  joindre , fi  l’on  veut , celui  de  Jean-Baptifte 

Palatin,  imprimé  a Rome  en  1^44:  quoique  le  privilège  Sç 
Tori , de  Joüe  l’épitre  dédicatoirc  Ibienc  de  1340.  Aux  termes  de  (a)  D* 
d’Hond^.dcicGa-  Mabilloii , il  reptélênte  l’écriture  romaine  de  chancelerie, 
des  bulles  apoRoliques  &c  des  négocians  j la  firançoilè  , la 

1"'*  ..ité-Ttri  . 'b  i 

préAcc  fur  la  Diplomatique . 8c  an  cha- 
pitre XI..  du  livre  I.  parle’  de  deux  pet*- 
foncs  , (Uii,  Ibus  le  pontificat  de  Paul  III; 
c‘cfl-à-dire  , un  peu  avant  le  milieu  du 
xvi'.  (idcle  , Tune  à Rome  , l'autre  1 
Veoilé  , avoicnc  talTcmbld  des  exemples 
de  toutes  fortes  d'écritures  : quoiqu’elles 
Ce  fulfeoi  prelque  uniquement  wotnées 
afx  plus  récentes..  Il  n’éu  donc  pas  étran- 
.^cr  à notre  dcircin  de  dire  quelque  cho* 
fi  des  travaux  de  cette  nature.  Nous  ne 
defeendrOBS  pas  néanmoins  ao-deflôu» 
•du  regue  de  Henri  IV  , te  nous  ne  pré- 
tendons pas  même  noos  aftreindre  i 
faire  mention  ni  de  tous  les  alphabets , 
publiés  aux  XV.  8C  xvt*.  liccics  , ni  dé 
leurs  auteurs. 

(t)  On  ne  die  tien  de  ceux  des  lettre», 
étrangères.. 


gneut  8ec. 

(a)  Dire  iifl. 
t-  *5- 


(i)  La  plupart  des  compitaienrs  d'an- 
ciens alphabets  ne  làifanc  pas  dihculté 
d'en  recueillir  de  nïtionaux  , 8c  même 
d'affez  modernes  , nous  aucotifcnc  à ne 
pas  coutafàic  négliger  ceux  des  maicrcs 
de  l’aic  des  xv,  8c  sv  i *.  fiècles  8c  du  com- 
mcnccmcnc  duxvii^.  Les  alphabets  des 
dccD'.crsont  meme  furies  auttcsphificurs 
avantages..  Ils  font  en  plus  grand  nom- 
bre, ils  paroifTcnt  mieux  eholds  , ils  s’é- 
tendent a pUis  de  nations , ili  momrtnt 
une  plus  grande  variété  de  caraâércs , 
ils  fervent  de  modèles  à ceux  , des  fté- 
cks  fuivans.  Ces  ouvrages  ne  font  fou- 
vent  d’aillcuts  , que  des  compilatioos 
.di’alphabets  8c  d’écritures  de  diférens  peu- 
ples. Leurs  auteurs  ont  pour  l'ordinaire 
Influé  dans  les  cbangeireqs , arives  à l'é- 
Gtiturc.  D,.  MabiHon  lui- même,  dans  fa 


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DE  DIPLOMATIQUE.-.  iji 
napolitaine  , la  lombarde , l’efp^nole  , l’allemande  , la  fla- 
mande  , la  florentine , la  • notarelqae , l’incife  ( i ) Ou  cpuoée , *s  i c t *i  n ^ 
6c  autres  arbitraires.  Il  joignit  à ces  alphabets  des  modelés  Ch*p.'  ni, 
d'écriture  moderne  , 6c  même  d’ancienne  lombardique,  j 
Lan  & la  fcience  de  la  vraie  proportion , des  lettres , pur 
Geofiroy  Tori  , fiit  imprimé  en  1549.  à Paris.  L’auteur  yi 
donne  fept  alphabets  latins  , dont  cinq  font  de  cadeaux^ 
de  lettres  bâtardes  , de  ^ffes  , autrement  impériales  ou  bül- 
latiques,  de  forme  &:  de  (i)  tomeure.  Ces  cinq  alphabets 
françois  font  gothiques. 


(i)  Struve , qui  («J  copie  ici  D.  Mabil- 
loii , oc  rend  pas  fidèlement  le  fens  de  fes 
paroles.  Le  premier  fait  imprimera  Vc- 
oife  , & le  Iccoad  à Rome  le  livre  de 
Jeaa-Bapcille  Palacino.  Struve  apellc  une 
de  Tes  écritures  ropufemm , & la  diflin- 
Rae  de  Xituifi  ou  coupée.  D.  Mabillon 
U nomme  rtgmfsm  , te  dit  caprclTè- 
meot , que  l'auteur  Italien  lui  donne  1e 
nom  Sinàfmm.  La  méprife  de  Struve  fur 
le  lieu  de  l'imprcllian  , vient  fans  doute, 
de  ce  que  le  P.  Mabillon  parle  en  même 
Cems  <TUQ  autre  écrivain  , qui  avoir  pu- 
blié un  pareil  ouvrage  i Veuife.  Pour 
oe  tien  diHimalctj  le  lavant  Bénédiélin 
a lui-méme  été  mal  fervi , fut  le  compte 
de  Palatino.  Dans  le  livre  de  ec , det- 
nicr  auteur  , nul  modèle  d'écriture  fla- 
mande, HMitrtfytu  , bttift.  Il  u'entend 
point, pat  Ivrtfra  ra/w/â,uae  e(pèce,roais 
une  mauvaife  qualité  d’écriture  , à la- 
quelle ilt^int  celle  de  fnurt*  , c'eft-à- 
uire  pâle  ou  |auoâtre.  Aufli  n’en  parle- 
t-il  , que  relativement  à l'encre  trop  flui- 
de , â la  récherelTe  ou  à la  mdelTe  de 
la  plume.  On  fait , ou  du  moins  dl  il 
aile  de  lavoir , ce  qu'en  italien  lignifie 
npuf*.  Les  écritures  marchandes  de  Mi- 
lan , de  Rome , de  Venife , de  Florence , 
de  Gène , de  Génère  , figurées  par  no- 
tre écrivain  , ont  cnfcmble  beauconp  d'a- 
finité.  Ce  font  des  mélanges  de  cnrlive  ét 
de  rainurcule,  tenant  encore  beaucoup  du 
gothique.  Son  modèle  des  ballet  apofto- 
liqucS  Ib  raporte  à celles  dulttri*.  fiè- 
de.  Sa  Inirt  dt  bref  revient  â l'italique 
ancienne  ; la  emnetümref^m  ftrmh  â la 
twuvelle  ; Ta  napolitaine  â notre  minuf- 
cule  j là  fraufoife  à celle  des  vieilles  , 


I Civiliiis.  Son  elpagnole  dirércroit  peu  de 
la  minufculc  , fi  quelques  lettres  curlî*r 
les  excédanres  haut  éc  bas  oe  la  défign-^ 
roient.  Sa  lombardique  a trait  i celle  du 
1°.  fiècle.  Suivent  deux  exemples  d'é- 
criture allemande , une  de  lettre  Fran-’ 
(oife  , dans  le  goût  de  nos  épitaphes  de 
}oo.  ans.  C'cH  la  pure  gothique,.nériirce 
d’angles  & de  pointes  : mais  aveé  des  cx- 
tenf^s,  SC  des  eatrclairegaens  de  trais,' 
dans  l'intervale  des  ligncs.Toas  ces  mode'-, 
les  fout  acompagnês^  leuts  alphabets.  II« 
intitule  lettre  mmeine  une  écriture  tour-' 
née  vers  la  gauche , ét  qu'on  ne  lit  qu'au 
miroir.  Sa  Ihutm  framtAt»  , également 
faite  à plaifir , cil  cOmpofée  de.  majaf- 
calcs  curfiiics  liées, 'entceUlTées,.matla-i 
vées.  Après  un  alphabet  de  capital^  ro- 
maine, il  pafl'e.à/la  eryptopsfhu , doo£ 
il  enfeigne  divers  fecrets,  fuivisde  deuq 
modèles  , de  douze  chi/rri  curit , ét  de 
quatre  planches  de  rthu.  Il  revient  aufll- 
tôt  aux  «Iphabets  : preTque  tous  font 
étrangers,  éc  en  caraâçies roajufcales.  A 
l'eicmcion  da  latin  , du  grec,  du  pce- 
miet  hébreu , de  l’éthiopien  , qu'il  nom- 
me caldécn  éc  de  l’arabe  ; tous  font 
fbux  , ou  du  moins  rtès-fufpcéls.  Un  mo- 
dèle éc  deux  alphabets  eu  Ictttcs  de  for- 
me majulcule  éc  minufculc  tertninent 
là  collcÀion.  Le  telle  ne  cunfillc,  qu'.cn 
des  avis  à l'aprenilféctivain  fuc.kl,  iolâ 
crumens  de  l'écriture  , fur  la  raille  dedfl 
plume  éc  la  manièce  d'ea  . faite  ulâgc.; 

(i)  Au  fujet  de  ces  lettres , l'auteur  (Ij 
dh  que  les  tntiim  en  » eferipuoient 
» épitaphes  fus  les  tombes  des  trcfpallea. 

» Iis  en  eferipuoient  aufli  en  pitres , co 
» tapillcries  , comme  on  peut  le  venir 

Rij 


(4)  T>e  criterih 
mjf.  VllI. 


i'tt 


i 


{tf  Fol.  lyt  'jt 


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II.  PARTIE. 
S I c T.  Ht. 

C H A r..  I H. 


131,  NOUVEAU  TRAITÉ 
Le  théâtre  de  l’art  d’écrire  en  latin  fut  mis  au  jour  l’an 
1394.  par  les  foins  de  Jofle  d’Hond.  Ses  exemples  &c  fes  (i) 
^phabets  font- tirés  des  plus  habiles  maicres  Italiens  , Fran- 
çois , Allemans , Anglois  , Flamans.  On  y remarque  des  écri- 
tures gothiques  , propres  de  tous  ces  peuples.  11  y en  a de 
françoife  & de  romaine  ronde  y d’angloile  & de.  flamande 
courante , de  curfive  liée  & d’italienne  ppfée , vieille  & nou- 
velle , de  cancellarefque  , de  françoife  & d’angloife  bâtar- 
des , encore  bien  diferentes  de  celles  d’apréfent. 

Au  commencement  du  xvii'.  Cède  le  Gagneur  publia  fa: 
{%)  Technographie , renfermant  divers  modèles  d’écriture  8c 
d’alphabets  , qui  conftatent  Tétât  de  la  belle  écriture  en. 
France  fous  le  règne  de  Henri  IV. 

U pamt  un  nouvel  Art  d’écrire  à Zuric  en  rgof , où  l’on 
(3)  donne  des. exemples  8c  des  alphabets  latins  , allemans^ 
françois  8c  italiens. 

V.  Pierre  Hamon  fecrécaire  de  Charlè  IX.  avoir  (a)  pro- 

compiWdesaiph»-  jg  mettre  au  jour  des  modèles  de  toutes  les  écritures 
^"ome$”îfi’au-  du  naoude , anciomes  8c  modernes.  Outre  les  tréfors  littérai- 
ùa°aoaamcm  a-'cci  dc.  la.  bibliothcquc  du  roi qui  lui  étoient  ouverts  : il 
vaitt  TOtie  fiicie  : pénétra  dans  plulieurs  archives  ,8c  fpécialement  dans.cellesi 
diîa  deHwn^  de  S.  Germain  des  Prés  8c  de  S.  Denis.  Il  mit  tout  de  bon; 
D.  Mabuion  jolu  la  maîn  à l’eiivre  en  if<6.  8c  U tira  des  modèles  flxc 

fié. 

(m)  Dt  n£pUm. 

& i-  4J- 


AnKBR,<|UI  ont 


a co-bcaacoap  dcTicalxinoDa(Utejr,ina» 
lit  aujoard'hui  les  imprimcun  en  (bm  les 
a comineacemcns  de  lenn  Unes  Sc  des 

a chapitres (TIceax.EniniwIfiooyamain- 

» tes  direrfes  maniérés  Je  letttes:commc 
rt  lettre  de  Torme , qu'en  diâ  canon.  Lct- 
A tte  balbrde  de  laquelle  on  a toujeaspar 
» ej  devant  imprima  Hures  en  Fmneois. 
J»  Il  y a lettre  bouigeoilë,  lettre  de  lom- 

» met , lettre  Romaine lettre  Al- 

» dine . qui  elt  dicte  poureeque  Aide  le 
B noble  imprimeur  Romain  demoorant 
»tc  imprimant  nagucces  en  Venife  a 
m mis  en  ofage.  « 'Toutes  les  lettres  cur- 
fiacs  de  Tory  dtoicm  encore  gothiques. 
Son  dcriciire  bâtarde  ne  rcflemblc  poinc 
â ht  nâtre. 

(i)  11  commence  par  trois  alphabets 


alphabets  Ant  ibasent  Fbornis  de  plu- 
ficots  fettes  de  caraâèrcs  , fous  chiâque 
ëldmenc. 

(s)  On  peut  y compter  (égp  oahuia 
alphabets  , en  lettres  tondes  , italiennes  , 
cancellacelques  te  fermées.  Cette  der- 
nidee  tericure  n'a  rien  de  commun  avec 
celle  de  Tory.  C'eil  ptécifdment  la  belle 
italique  aomainc  , qu’on  inttodüitdepuis 
qoelqne  temt  dans  nos  impteflions  , aia 
lieu  de  l'italique  aldinc. 

( ) ) Ce  livre  eft  en Alleman.  Il  ddbute 
pat  un  alphabet  de  gothique  majafcule 
en- dcbiqoicr.  Chaque  lettre  eii  de  trois 
pouces  en  card,  & chargde  de  quelques 
centaines  de  traits.  Il  continue  par  un  al- 
phabet de  ronde  ftancoiCc  : fuivent  deux 
d'italienne  ou  bâtarde  , cinqd’alle- 


dé  capiules  entfives.  Il  y en  a de  ftan-  mande.  On  crouveroic  dihcilemeoc  plus 
cois  , d’iileroans  , d’efpagnols  , dlta-  d’eiemples  rdunis  de  divetfes  formes  de 
Ikwi/Hi nombre  de  dix.  En  gdndtal.ces  .la  gothique  de  çe.tems. 


elt 


L^.yilizGd  by  Googk 


DE  DIPLOMATIQVE.  xjj 

les  originaux  avec  beaucoup  d’adrefle  ; mais  ils  demeorèrenc 
manumrics. 

Communiqués  à D.  Mabillon.Iorfqu’qn  imprimoic  fa  Di- 
plomatique , quelques-uns  furent  jugés  dignes  de  figurer  par- 
m (i)  fes  inodèles.  Mais  Hamon  ne  drefla  qu’un  petit  nom- 
bre d’alphabets  latins  ; quoiqu’il  eût  formé  le  deflein  d’en 
publier  (a)  fie  tous  les  agïs^ 

Od’  aoKoit  pu  , Iclon  loi  , £ôic  ferrir 
cccte  ii.fcripcion  à coovaiacte  cooce  U 
pièce  de  faux.  Noui  oc  pouvons  joindre 
nos  regrecs  aux  liens  , fur  ooe  li  grande 
percc^  Quel  plailît  pour  U P,  Germon  , 
s'il  eût  pu  flétrie  la  lâmeufe  cbarie  en 
dcricute  romaine  de  la  bibliotfa^c  roya- 
le 1 Mais  jamais  l'épigraphe  perdue  ne 
lui  auroic  procuré  ce  pk^r  , qu'eu  lui 
iaiCut  prendre  la  vccicé  pour  le  men- 
fonge.  Elle  exifte  encore  dans  la  Diplo- 
matique cette  épigraphe  fi  regrecée-  Loin 
de  ^voic  démontrer  la  lâhricacioo  de 
Ùc  pièce  , ftii  laquelle  elle  fric  peutètte 
frauduleureaicnc  mifè  s dans  les  deux  pe- 
tites lignes , qui  U confUmenc  plus  de 
dix  preuTcs  d'incompatibilité  entre  rune 
te  rancre  (c  manifenetoM  à quiconque 
aura  bien  préfcnc  à Tclpric  la  forme  te 
le  contour  des  caraélèrts  éc  des  traits  de 
ta  cbane  de  pleine  fécurité.  Ainli  la  fanf- 
feté  do  rétiquetcc  ne  lâoroii  rejaillit  fut 
la  pièce  originale.  Au  refte  la  prétendue 
toile  du  P.  Germon  prouve  encore , que 
fa  mémoii#  ne  lui  repréfentoic  pas  fi- 
dèlement les  objets  mêmes  , qu'il  dit 
avoir  ( r)  vus.  ‘Tout  le  monde  peqt  fe 
convaincre  pa^is  yeitx , qoe  la  charte 
de  pleine  Heuffié  n'eft  point  colée  fut 
de  la  toile.  Si  l'on  y avoit  apliqné  ce  re- 
mède i le  commencement  ne  xen  ferait 
point  détaché , comme  il  l’efi  aujourdul. 
Elle  fiic  feulement  revêtue  de  papier  fort. 
Noos  en  ignorent  te  tenu.  Si  ce  fut  par 
les  foins  de  Hamon  s cela  ponroic  Eure 
retomber  fur  lui  ritnpofhite.  PeutêtR 
auroic- il  colé  dcfTns  du  papier  , autant 
pour  ne  laifTcr  nulle  preuve  de  lôo  men- 
Ibnge  , que  pour  cotiAiver  un  monu- 
ment , qui  pouvoicalors  palTer  en  France, 
pour  tmiqnc  en  fon  cfpèce.  Sans  endh- 
m^er  la  pièce  , peutètre  ne  fcroit-il  pas 
impolliblede  vérifier  ce  fait  , fi  l'oir  t» 
étoiifbtccatieux.- 


(i)  On  poutoit  dire  qu'il  en  autoit 
pris  mal  à D.  Mabilloo , de  les  avoir  em- 
ployés ; fi  les  reproches  , qn'on  lui  en  a 
êè)  fiiits , avoient  du  moins  quelque  fon- 
dement. Mais  depuis  onand  la  candeur , 
la  droitorc  je  l'humilité  la  plus  chrétienne 
ooc-cllcs  mérité  les  traits  de  la  critique, 
qu'elles  dévoient  défarmet  iNc  fut-ce  pas 
P.  Maillon  lui-même , qui  pouvant  ca- 
cher l'illufion  , que  lui  avoir  fait  une  épi- 
graphe fraudoleu(c,doDt  il  n'étoit  il  portée 
de  vérifier  la  fàufieté  ni  fut  l'origmal  ni 
fut  des  pièces  de  comparaifon  j fut  le 
premier  (r)  à b publier  , Æus  fe  livre 
ménve,od  cette  méptHt  lui  étoirêchapée) 
Et  qui  t'en  ferou  idors  apetfu  , s’il  n'en 
eût  pas  averti  i An  telle  en  qnoi  confilloit 
rimpoflure  ! Dans  riufcriptioo  de  Ti^«- 
mmi  de  Jti/e  Ctfmr  , au  lieu  de  Ci/$rte 
dê  Vjntmtu.  Le  titre  qu'avoit  vu  D.  Ma- 
Eilloa  n’étoit  point  l’enquette  réelle  ou 
prétendtK  de  rancographe , mais  du  mo- 
dèle nié  pat  Hamon.  la  pièce  originale , 
qpc  D.  Mabillon  a publiée  , au  fuplé- 
ment  de  fà  Diplomatique,  fe  conferve  i la 
bibliothèque  du  roi.  Ccfl  un  des  pins 
beaux  monaincns  de  ce  genre  , dont  on 
ait  coDoUTance  , St  contre  lequel  tous 
les  éfbns  de  la  critiqu  échoutoieot  ira- 
manquablemcnt.  L'oRtipiion  trompen- 
fe , qu'on  y fnpofe  apolée  ne  l’aurait 
été  , que  pour  en  re^fier  le  ptô.  Ht 
P.  Mabillon  , dans  là  Diplôroaiiqne 
avoit  déchargé  Hanran  de  cette  fupec- 
chciie  : mais  il  laiflc  cntievoit  quelque 
totMffaa  contre  lui  , dans  fbn  rnplémcnt. 
11  nana  parok  probable , fi  elle  exiila  aS- 
kan , qu'à  la  tne  du  modèle  de  Hamon , 
qn'eBc  fut  coaamifc  par  quelqu'un  de 
ceux , qui  vendirent  la  pièce.  Le  P.  Ger- 
mon (d)  Ce  plaint  de  ce  qu'on  a Eut  dif- 
aatoitre  la  faulTe  étiquette  du  dos  de  la 
^anc  de  pleine  fécorké  , pat  1a  toile ,, 
donè  on  la  tcvéïue  , poux  U coAfëivcr. 


II.  PARTIE. 
Sa  CT.  III. 
CUA».  LIE 


(«)£r1veramdira 
f- SS' 

(é)  Gemm.  Dif- 
teft.  i.f,  ta.  Dt 
vtttrA.  hârti. 
t-  44>- 


(r)  Dtrt  d^lm. 
t-  J44. 


(d)' Bifitft.-  ri 
p.  il. 


(r)  Dr  vrfrr.fia*' 
m.  p.  44P-- 


t-  *J7-  )7J. 


,j4  NOUVEAU  TRAITÉ 
^ VI.  Bouteroue  (a)  a donné  deux  alphabets , le  ptea»$rpeuf' 
^s’  c T Gaulois  : le  fécond,  comme  propre  des  François,  fous 

CHAt.  III.  la  première  race.  L’un  & l’autre  font  tirés  de  leurs  monoies. 
Aiphibe«&mo.  Mais , après  avoir  confrortté  l’alphabet  gaulois  de  cet  auteur 
dèies  de  Bouteroue  médailles  j nousavons  reconnu,  que  les  caraâètes  les 

& de  D.Mabiiion.  de  fcs  monoics  ne  s’y  trouvent  pas , que 

{«)  Ktcbenbeseu-  Jej  grecs  pcuvent  apartenir  à des  méflailles  vériuMement  gtè- 
««</»<  JtstMBous.  ^ gauloifes  , 6c  que  les  autres  font  purement  latins. 

■ A l’égard  de  l’alphabet  JîIus  latin  que  François;  une  quinzaine 
de  fes  figures  ne  paroillent  point  fur  les  monoies  françoifes , 
6c  un  peu  plus  de  lettres,  rares , que  nous  y avons  remarquées , 
«lanqÂenr  à cet  alphabet. 

D.  Mabillon  n’a  pas  lailTé  de  (i)  l'inférer  làns  change- 
ment dans  fa  Diplomatique.  Nous  y voyons  aufli  de  la  fa- 
çon de  ce  doâe  6c  laborieux  Bénédiétin  dix  (z)  alphabets, 
y compris  (5)  celui  des  Pandeûes  de  Florence  , tranfporté 
par  D.  Ruinart  du  Mufeum  italictm  dans  la  Diplomatique 
de  l’édition  de  1709.  ’ . 

Quelque  eftimables'  que  Ibient  les  liaifons  de  lettres  6c 
les  alphabets,  que.D.  Mabilbn  a publiés  ; cen’eft  prefque 
rien  en  comparaifon  de  fes  modèles  d'écritures.  A cet  égard 
quelques-uns  ont  bien  pu  le  furpaffer  du  côté  de  la  magni- 
ficence 6c  de  la  beauté  oes  geayures  : mais  du  côté  de  la  ti- 
chefle  6c  de  la  multiplicité  des  pièces  en  tout  genre  ; il  né 
s’eft  encore  trouvé  jaîtlbne , qui  l’ait  égalé.  Ce  n’eft  pas  alTez 

Dcdx  m>r.  tn^ronngiens  o«  liranco-ga!- 
liqacs  CO  ont  fbnmi  deux  , laixis  an  pen 
après  d’un  alpba||«  aoglo-faxon  Sc  Joa 
lombaidique  , drclRi  d'apiès  le*  modè- 
les d’un  très-petit  nombre  de  mff.  Ceft 
* qaoi  Te  rédaiCent 


aoiüMior-* 

(i)  II  cil  vrai , qu'il  ne  le  donne  pas 
pour  quelque  ebofe  de  merveilleux , 
si  fur  quoi  l’on  puifTe  furcment  compter. 

(1)  II  en  a publié  un  autre  dans  Tes 
annales, tom.  I.  p.  «J7. 

( ) ) Des  neuf  autres  , tous  (impies  : 
c'ell-à  dire  fans  répétition  du  meme  clé- 
ment , divetfement  figuré  ; quatre  font 
en  lettres  capitales  , & cinq  en  curfives. 
Encore  fur  les  quatre  premiers  , deux 
font-ils  étrangers  an  latin  , & deux  feu- 
lement empruntés  de  monumens  ro- 
mains , antérieurs  à J.  C Le  premier 
des  cinq  en  éctitute  courante , (bit  des 
ro(T,  (bit  des  diplômes , (ut  ouifii  dans 
un  fragment  de  la  charte  de  pleine  (ccu- 
sicé,  ou  plutôt  d'une  copie  de  ce  morceau. 


quoi 
Mabillon 


les  alphabets  de  O. 
b moins  qn'on  n'p  veuille 
ajouter  celai  des  notes  tyroniennes.  U 
l'avoit  pris  (or  One  copie  , tirée  pat  Ha- 
mon  , «Ton  mff.  de  la  bibliothèque  du 
roi.  Mais  e’eft  plntôt  un  écliantilloo  de 
mots  commençant  par  toutes  les  let- 
tres , rangées  félon  l'ordre  alphabétique  ; 
qu'une  fuite  d'élémciis , qui  puiflent  fot- 
mer  un  véritable  alphabet  tyronien.  Il  eft 
à pen  près  dans  le  meme  goût  , que  celui 
de  D.  Carpentier , mais  plus  abrégé. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  13, 

dire  : la  République  des  lettres  n’a  nul  ouvrage  de  cette 
nature  , qui  lui  folt  comparable. 

VII.  D.  Bernard  de  Montfaucon  n’a  pas  autant  enrichi  le 
public  par  fes  alphabets  latins  , que  par  lès  colleéHons  d’al- 
phabets grecs.  Il  a pourtant  {a)  publié  deux  alphabets  en  let- 
tres onciales  ; le  premier  tiré  d’un  beau  mf.  de  Laclance  d» 
vl.  ou  vu',  liècle  , de  k célèbre  bibliothèque  des  chanoi- 
nes réguliers  de  S.  Sauveur  de  Bologne  en  Italie  ; le  fécond 
d’un  ml',  des  {b)  évangiles  de  Vcrceil  , qu’on  prétend  avoir 
été  tranferit  de  la  propre  main  de  S.  Efcèbe  , évêque  de 
cette  ville  , au  mileu  du  iv=.  liècle. 

Hitkes  fait  entrer  beaucoup  d’alphabets  ,dans  fon  Tréfor 
des  langues  feptentrionales  , publié  en  170J.  Sans  parler  des 
étrangers, qui  (e  raportent  prelque  tous  aux  runes  ; treize  font 
(i)extraits  de  (c)  mil  . anglo-faxons&:  demi-faxons.  A deux  [d\ 
{impies  alpabets  de  majufcules  &c  de  minufcules, conformes  aux 
lettres  gallo-romaines  , qu’ Alfred  le  grand  introduifit  en  An- 
gleterre , il  en  ajoute  (e)  quatte  autres  des  x i . & x 1 1 '.  liècles. 
Il  confacre  une  page  (/)  entière,  pour  faire  reprélèntet  f 1) 
les  alphabets  des  Normaos  & des  François  , 6c  une  {g)  au- 
tre pour  l’alphabet  des  monoies  anglo  - faxones  & anglo- 
daniques.  Rarement  ces  alphabets  admettent-ils  multiplici- 
té de  caraélères , fi  l’on  en  excepte  les  deux  de  monoies. 
Quelque  exaét  que  foit  cet  auteur  ; il  n’a  pourtant  pas  épuifé 
la  nutière  , meme  par  raport  aux  deux  derniers  alplrabets. 
Cacà-l’égard des  autres, à peine  eft-elle  éfleurée. 

Une  planche  d’alphabets,  difpofés  par  fiècles , termine  le 
traité  desTc^ux  d’Heineccius  , imprimé  in  1709.  Il  les 
commence  au  v=.  6c  les  finit  au  xv'.  fictle.  Non  feulement 


II.  PARTIS. 
Sect.  III. 
Ch  A P.  III, 

Auteurs , qui  de- 
puis notre  ficelé  , 
ont  recueilli  d'an- 
ciens alphabets  la- 
tins , de  furtout 
ceux  des  chaiter. 
Alphabets  & mo- 
delcs  de  D.  de 
Montfaucon  , de 
Hickes  , de  Hei. 
neccius,  de  Btenc- 
mann,  de  D.  Hur- 
ber,  de  Scha..j-at , 
de  Duclliii' . 

f*:  r>!.tr 

t-  4'T''. 

(.Jl, 

(0 ...... 

Pi-  * 

M nu.  -,  ;s. 

{•)  IIU./,. 

(f)  lUrlei.f  I 

(})  Dijfnt.  c;vi', 

f.  i<8. 


4-' 


(i)  Il  les  termine  par  des  lettres  lides 
OU  conjointes  & par  des  abrdviaiions. 
C'cll  une  méthode  , cju'il  Ifiit  volontiers, 
dans  cous  fes  alphabets  : mais  il  s'y  bor- 
ne coajours  à quelques  échantillons.  Scs 
modelés  des  écritures  runiques  , latines , 
anpIo-Cuones,  françoifes  îc  normandes  , 
gothiques  anciennes  Sc  modernes  , lont 
donnés  non  Cmlemcoc  d'après  les  pierres 
& tes  mlTj  niais  encore  d'après  les  di- 
otnes.  C'eft  furtont  en  fait  d'anglo- 
xoncs  qu'il  cA  le  plus  abontbne. 


(1)  On  V voit  les  alphabets  des  Nor- 
mans  d'aptes  Trithème  , Raban  Maur, 
le  véncraole  Bcdc.  11  y joint  celui  de- 
WaAbald , celui  des  Francs  de  Do- 
rac , l'alphabet  fccret  de  Charlemagne. 
Ceux-là  font  étrangers  au  latin.  Mais 
il  n'en  eA  pas  de  meme  des  trois  (jii- 
vans  , donc  deux  A>nt  puifes  dans  deux 
mlT.  & le  troificme  dans  le  Traité  des 
monoies  de  M.  le  Blanc.  Ce  dernier  eA 
le  plus  étendu  , & néanmoins  plufieurs 
. figures  de  Icmcs  Cnguhctcsy  font  oinifet. 


II.  PARTIE. 
S I C T.  III. 

Chap.  III. 


(«)  DUctf.Td. 
tùm,  f.  i}4* 


ijtf  NOUVEAU  TRAITÉ 

les  lettres  curfives  en  font  exclues  , nuis  à peine  y rencontre-* 
t-on  quelques  minufcules  , fi  ce  n’eft  au  xiv*.  Chacun  de 
lès  alphabets  fe  borne  à un  très-petit  nombre  de  caraû^es.  La 
plupart  ne  lailTent  pas  d’être  fiiivis  de  quelques  lettres  con-t 
jointes  & d’abréviations. 

• Brencnunn  publia  fon  hiftoire  des  Pandeûes  de  Florence 
à Utrech  en  1711:  il  y fit  entrer  un  alphabet  , qui  paioit 
recueilli  avec  foin , & d’après  l’original.  Nous  ne  penfons  pas 
moins  favorablement  des  modèles  d’écritures , qu’il  y avoit 
puifés.  ** 

La  meme  année  D.  Philibert  (1)  Hueber  mit  au  jour  (bn 
'Autriche  illujlrie.  U l'enrichit  d’une  planche  alphabétique , 
cirée  des  chartes  de  l’abbaïe  de  Mêle , depuis  l’an  1108.  juf- 
qu’en  1400.  L’age  précis  de  chaque  lettre  eft  marqué  fous 
Ion  pié.  Malgré  cette  précaution  ; quelques  - unes  nous 
font  pour  le  moins  fiifpeâes  , non  de  faux , mais  de  n’étre 
pas  teHes , qu’elles  femblent  anoncées.  En  général  on  temar» 
que  ici  plufieurs  lettres  très-extraordinaires. 

Jean  Frédéric  Schannat , à la  fin  de  la  première  coUeéUon 
de  fes  Vendanges  lutiraires  , publiée  en  lyzj.  fit  reprélèn- 
ter  des  modèles  de  trois  célèbres  mC  de  S.  Bonirace  de 
Mayence  , & les  acompa^tu  (i)  de  trois  alphabets. 

Deux  ans  après , on  vit  paroicre  à Leipfic  un  ouvrage  de 
Raimond  Duellius  , fous  le  isxx^dî Extraits  généalogiques  & 
hifioriques.  L’auteur  le  commence  par  des  modèles  (3)  de 
nm.  depuis  le  v<.  fiècle  exclufivement , jufqu’au  xvie.  11  le 


(i)  Noos  ne  parlons  pr^nt  ic  lès  nom- 
brtofes  tables  oc  fceauz , ni  d'une  renie 
planche  ttlchnire  , reniftmant  deux 
modèles  , Sc  quelques  abréviations. 

(i)  Le  premier  eft  i la  page  tit.  Il 
conlifte  en  Teize  lettres,  fermées  de  poif- 
fons.  Il  eft  tiré  du  fécond  de  ces  tnlT. 
Les  deux  aunes  fe  voient,h  la  page  xiS. 
L'un  eft  en  majafcnles , prerqoe  toujours 
carées  , Fautre  en  demi  - onciales  angu- 
leufes.  Tous  les  deux  teofermenrdes  ca- 
raAéres  'très  - finguUers.  Les  morceaux 
d’onciale  , de  minofcnle  te  de  fexone  ne 
palTent  pas  le  nombre  de  neuf  ou  dix. 
Ils  les  redonne  preCque  tous  an  public  , 
avec  les  mêmes  obfervations',  dans  fon 
•Dmtfi  il  hiii.  Mais  fe  léponfe  à 


Eckiun  renferme  douze  gmndes  planches 
d’écriture  diplomatiqA,  depuis  le vi  1 1*. 
liccle , jnfqu'an  xi  1 II  y lepètc  encore  le 
diplôme  de  Pépin  , qu’il  venoit  de  («) 
publier  ailleurs.  Ses  autres  ouvrages  prou- 
vent , qtt’ilaimoitii  reproduire  les  mêmes 
planches. 

())  Scs  modèles  ocnpenc  it  peine  qua- 
tre pages  8c  demie.  Ceux  des  trois  pre- 
mières fent  tous  tiiés  de  D.  MabUloii 
le  de  Schannat  , h l'f  xception  de  trois  , 
pris  dans  les  mlT.  de  S.  Germain  des 
Prés  , 8c  d’un  autre  do  X 1 1 *.  fiècle.  Le 
refte  , confiftant  en  une  page  8c  demie  , 
ne  commence  .qu’aux lit',  fiècle.  En- 
core y voit-on  figurer  deux  modèles  d< 
la  Diplomatique  £o.  Mabillon. 

borne 


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DE  DIPLOMATIQUE.  157 
borne  à fix  alphabets  Amples  , dont  quelques-uns  font  em- 
pruntés de  la  Diplom.'iriquc  de  Mitbillon  &c  de  Schannat. 

Vm.  En  1730.  M.  Scheuchzer  fit  graver  des  alphabets, 
tirés  des  diplômes  &c  des  m(T.  d’une  abbaïe  d’iin  canton  de 
Suilfe.  Ils  ne  commencent  qu’à  Charlemagne.  Quoiqu’ils 
aient  leur  mérite  ; le  nombre  en  eft  trop  peu  confidérable  , 
pour  répondre  à toutes  les  formes,que  l’écriture  latine  a prife, 
dans  tous  les  tems,&  chez  toutes  les  nations, qui  l’ont  adoptée. 

* En  1731.  Godfroy  von-Beflel  immortaliià  fon  nom  par  l'a 
( I ) Chronique  de  Gotwic  : mais  les  alphabets  n’en  font  p.as  le 
principal  mérite.  11  les  a renfermés  dans  l’étendue  (a)  d’une 
page  , dont  la  meilleure  partie  eft  employée  en  omemens  & 
en  efpaces  vuides.  Un  tiers  (z)  eft  deftiné  aux  lettres  mona- 
chales  majufcules  & minufcules.  Les  unes  &c  les  autres  font 
très-gothiques.  S’il  les  a mifes  fi  au  large  , U a prodigieufe- 
ment  (3)  refterré  un  autre  alphabet  (h)  de  lettres  fleuries  , 
avec  queltjues  figures  d’animaux. 

Ce  feroit  ici  le  Ueu  de  faire  mention  du  Catalogue  des  mjf. 
du  roi  d’ Angleterre  j publié  par  David  Cafley  en  1734  ; s’il 
étoit  aufli  riche  en  alphabets  , qu’en  (4)  modèles  & de  di- 
plômes & de  mlT. 


La  Clé  eüplomatûjue  de  Daniel  Eberliard  Baring  parut  en 
1737.  à Hanover.  Si  l’on  en  excepte  daix  Amples  alphabets , 


; (i)S<mi>rtitùetTolanereiiAsinçD«if 
^bnehes  ac  mfT,.  donc  les  modèles  coffl- 
mencéot  au  vit*.  Iîèe1e,tc  finilTcnt  au 
xr.  Celles  des  diplonics  des  empcceuts 
t'cccodenc,dcpuii  l'an  p i } .iurqu'en  ( s ) 7. 
On  peut  juger  fur  ces  monumens  , des 
anciens  mC  d' Allemagne  & des  dipIBmcs 
impériaux. 

(s)  Les  deux  autres  tien  de  ceccc  plan- 
cUc  , qui  n'ocupe  pas  toute  rétendue  de 
la  page , font  remplis  pat  Talpiiabct  ru- 
uique  , St  celui  d'Ulphila. 

t il  Cent  cinquante -quatre  caraéléres 
des  lettres  fleuries  s’y  trouvent  réduits  an 
point  de  ne  tenir  , que  le  quan  d'une 
page.  Des  lettres  d'un  pié  de  nauc  n’ocu- 
penr  qu’un  erpace  de  moins  d'un  pouce  , 


/a)  Seixe  planches  de  chartes'Sc  de’ 
mÏT.bicn  économifées  nous  fournilTent  le» 
écrirates  d'Angleterre  , flt  . furtout  lea. 
angltS-faxones , carolines  te  normandes ,, 
depuis  le  VI  i'.  fiècle  , jufque  vers  le  mi- 
lieu du XVI*.  Ses  modèles  procidcni pref- 
que  conjoucs  par  dates.  Mais  nous  n'a- 
vons pas  entiepris  de  parler  des  auteurs  , 
qui  o'ont  publié  , que  des  modèles  de 
mfl*.  4c  dediplcnnes.  Sans  cda.  nonsa'ou- 
blicions  pas  la  bibliothèque  impériale  de 
Lambecius , celle  de  Turin  , le  Prapy- 
Itum  d'avril  du  P.  Papebnic,  les  Liturgies 
te  les  Ecrivains  de  l'billoire  d'Italie  de 
L Muratoti , la  Délênre  des  écritures  cano- 
^ niques  par  le  P.  Bianchini , le  tant  d'au- 
très  , dont  nous  avons  les  ouvrages  encre 


cloti  fi  extraordinaire  répand  nécclTaire 
mcat'de  la  confrfioA'  lut  la  plupart  de 
ces  lettres. 


Ac  les  autres  a pi^ottioo.  Une  téduc-  « les  mains  ; outre  ceux  que  noos  n'avont 


pas , ou  qui  ne  font  point  venus  à notro 
conoilTance. 


Tome  IL 


S 


IL  PARTIE. 

StCT.  III. 

C H A r.  1 1 L 

Alphabets  te  mo- 
dèlcs  de  Scheuch- 
xer,  de  D.  God- 
froy  von  - BclTcl  , 
de  Baring  , de  D. 
NalTare  te  de  D. 
Rodriguez,  d'An- 
derlbn  , de  V/al- 
ther. 

{•)  Lit.  i.f.  71. 


(è)IW.  p.  qj. 


Digiiized  by  G<  -^li' 


11.  PA 

S I C T. 
Ci(-A  r. 


RTIE 

III. 

. III. 


T38  NOUVEAU  TRAITÉ 

tirés  de  diplômes , &c  fept  d’aftes  de  notaires  , tous  les  autres 

font  empruntés  de  D.  Mabillon , de  D.  Hueber  &c  de 

Scliannat. 

A la  tête  de  {^-Bibliothèque  univerfelle  de  la  poly graphie 
espagnole  , publiée  à Madrid  en  1738  , D.  Nafl'are  bibliotlié- 
caire  du  roi  d’Efpagne  mit  un  prologue , enrichi  de  quelques 
alphabets,  & de  plulieurs  modèles, tirés  demir.&  d’infcriptions 
anciennes  & modernes.  Pour  ne  tien  dire  des  alphabets  des 
langues  étrangères  ;il  répète  la  planclic  de  l’abbé  de  Go tvic, 
dans  laquelle  les  lettres  monàdiales  font  inférées.  Elle  ell  fui- 
vie  de  trois limples  alphabets  pris  fur  des  infcriptions  -wifigo- 
thiqucs  d’Efpagne  & fur  un  mf.  mozarabique.  Ce  ne  font  I4 
que  les  préliminaires  de  la  Polygraphie:  de  D..  Chriftophe  Ro- 
driguez. Celui-ci  la  commence  pat  vin^  planches,  toutes  pui- 
fées  dans  la  Diplomatique  du  P.  MabiUoo  , dont  it  eakprqpr 
te  &:  les  écritures  & les  alphabets.  Dans  les  modèles  , qui 
ne  font  dus  , qu’aux  recherches  du  comptlaceur  efpagnol  , 
paroirtent  divers  alphabets  fimples  , dcmt  les  plus  anciens  ne 
remontent  pas  au-aelfus  da  x*.  fièéle.  Le  feul  xv^.,eo  prend, 
pour  fa  part  feize  fur  vingt-Iêpt.  Aihlî  pour  ciiacu»  des  fepÇ 
autres  , il  n’en  refte  qu’un  ou  deux  au  plus. 

Le  Tréfor  ckoijî  des  diplômes  des  nwnoies  d’EcaJfs  fut 
donné  au  public  en  1739.  avec  une  magnificence  plus  qu« 
royale.  Les  alphabets  n’y  font  pas  oubliés.  On  en  compte 
fêpt  de  lettres  majulcules  ic  minulcules  , tirées  des  chartes 
d’Ecollè.  Ils  peuvent  fufire  pour  la  diplomatique  de  ce 
royaume.  Mais  c’eft  peu  de  choie  , par  raport  à l’étendue  de 
notre  objet  ; Sc  d’ailleurs  les  plus  anciens  caraélères  de  cette 
coUeûion  touchent  à peine  aux  dernières  années  du  xi«. 
ficelé.  ^ 

En  1747.  le  Lexicon  diplomatique  iç  Walcher  fût  impri- 
mé à Gottingen.  A la  fuite  de  Ton  diéfionaire  d’abréviations, 
on  trouve  entre  autres  choies  , neuf  alpliabets  (i)  de  lettres 


. (;)  Lcf  ^uz  pfcmizrs  fbiu  tr^s  de 
^uz  mH*.  duvALi*.  Tiécle  : le  d'un 
ref.  du  iz*  ; le  4,*^  d'uoc  charte 
tKjur  du  zii*.  : Je  5^.  & Je  de  deux 
charre^  du  xi  1 1*  : le  7.  & le  S*",  de  deux 
pièces  du  Z IV*  t k 3»*.  d'ua  mf.  du  xv*. 


Au  refte  les  nonibroiJts  planches  de  cet 
excèleot  ouvra  e font  fore  lâches  ou  pets 
remplies.  L'exptrcatioo  de  s abrdviadcms 
& même  des  anciennes  écritures  ocupe 
auiaitt  oa  plus  de  place  ^uc  ie$  textes. 


™ byGoogli 


DE  DIPLOMATIQUE.  159 

majufcules  , minufcules  &:  curfivcs  , prifes  fur  un  très-petit 
nombre  de  mlT.  & de  chartes.  Ainfi  loin  derépréfenter  les 
lettres  latines  de  toute  l’Europe  , ils  n’épuifent  pas  même 
celles  d’un  royaume  , d’une  province  , d’une  contrée.  Du 
côté  de  l’antiquité , le  vi  1 1 . & le  xv'.  ficde  en  font  les  bor- 
nes. Nous  ne  prétendons  pas  néanmoins  en  déprimer  le 
mérite.  Chaque  éléiiKnt  ïè  trouve  autant  multiplié , que 
Id  comportent  les  modèles  de  mlf.<  ou  d’aôes  , dans  lef- 
quels  on  a ‘puifé  ces  alphabets.  Plufieurs  liàilbns  en  re- 
haulTent  le  prix  , & par-deffus  tout  cela  vingt-huit  plan- 
ches , tant  d’écritures  de  mlT.  de  chartes  & de  mufique,  que 
^es  alphabets  , dont  on  vient  de  parler , rendent  ce  recueil 
aulfi  curieux  par  lès  modèles , d’ailleurS  àflez  élégamment 
gravés  , qu’utile  par  les  11  j.  planches  d’abréviations  ex^i- 
quées.  ' ' , 

Nous  ne  dirons  rien  de  Fulvio  Montauri , de  Jean  Théo- 


n.  PAR  TIE. 
s I e r.  I U. 
Chat.  III. 


doré , & de  Jean  Ifrael  de  Bry  , de  Colletet,  de  ( i ) Jaugeon , 
delà  Demoifelle  Elftob'angloife  , & de  (x)'tant  d’autrA 
compilateurs  d’alphabets.  Ce  n’eft  que  dans  ce  fiècle,  qu’on  en 
a donné  des  elTais  un  peu  pafTables.  Les  meilleurs  cependant 
ne  font  le  réfultat  , que  de  mlT.  ou  de  diplômes  particuliers , 

3ue  des  titres  d’un  canton  , d’une  abbaie , d’une  églilè.  Di- 
cilement  en  montrera-t-on  quelqu’un , qui  s’étende  à la  fois 
à une  vingtaine  de  chartes  nationales  II  refte  donc  bien  des 
milliers  de  mlT,  de  diplômes , d’aâes , de  médailles  & d’au- 
tres monumens  , dont  on  n’a  pas  penfé  à recueillir  des  let- 
tres , qui  pouroient  figurer  avantageulêment  dans  une  com- 
pilation d’alphabets. 

- IX.  Il  n’eft  pas  à la  vérité  poflible  de  tout  voir  & de  tout  Hifc  mono- 
dépouiller  : mais  , quand  avec  un  peu  de  choix  l’on  a par  foi- 
même  épuilë  quelques  centaines  de  mlT,  de  diplômes  origi-  «s  d«  itph»- 
naux,&  de  modèles  des  uns  &c  des  autres , quelques  milliers  bct$  génirau»  : 


t 


(i)  On  prétend,  (jnece  favanta  lailîé  Icne  en  i(tt.  Ces  trois  auteurs  Tont  ti- 
bcaucoop  de  mémotres  fut  les  ktties  & rds  d'on  catniogue  , cootenam  prés  do 
les  écritures  : mais  noos  n'en  avons  point  i fo,  livres  divers , loucbant  les  hiéto- 
eu  communication.  glypbes  , les  lettres  te  les  écritures  dé 

(i)  On  pouroit,  par  exemple,  nommer  routes  fortes  de  langues  , la  cryptogia- 
les  alphabets iTElic  Rietafi , ceux  d'Andrc  phie  , la  cabale  , les  cbilres  , les  figits  s 
dcPi«is,publiés  in-folio àRomc en  lysf.  les  abréviations  , l'oitbograpbc. 
k de  Gotbfroi  Barthel , ^ui  pâturent  à I 

S ij 


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II.  PARTIE. 

SfCT.  III. 

Ch  AP.  IIL 
colicâion  compU- 
tc  d’alphabcn  par- 
ticuliers , infufi- 
faute  d’une  part , 
® & de  l'autre  im- 
poICblc. 


140  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  médailles  Sc  d’infcripcions  de  tous  les  âges  : &:  qu’avec 
cela  l’on  réunit  à peu  près  tous  les  alphabets  de  ceux  , qui 
nous  ont  dévancés  dans  ce  genre  de  littérature  ; on  doit  être 
en  état  de  donner  au  public  , finon  du  parfait  , du  moins  des 
coycûions  d’alphabets  , alTez  bien  fournies  , pour  faire  face 
à prefque  toutes  les  difîcultés.  S’il  étoit  quelîion  de  ne  riea 
laiiTer  en  aricre  , un  volume  entier  n’y  fuHroit  pas. 

On  peut  demander  , lefquels  des  alpliabets  généraux , par- 
ticuliers , ou  par  ficelés , s’ajufteroient  mieux  au  projet  d’une 
diplomatique  univerfelle.  Les  généraux,  dira-t-on , font  trop 
vagues  & ne  fixent  pas  alfcz  l’age  des  caraûcres.  Pour  parve- 
nir à la  plus  grande  précifion  ; il  faudroit  , que  chaque  let- 
. tre  portât  fa  date  avec  elle  : alors  on  n’apliqueroit  point  à 
.tel  teras  une  figure , qui  devroit  apartenir  à tout  autre  , on 
marcheroit  toujours  la  preuve  en  main  : l’on  n’àuroit  rien 

à craindre  de  l’erreur. 

Mais  l’age  des.  monumens  , des  mlT,  des  chartes  n’a  pas 
toujours,  de  date  certaine.  On  ne  peut  quelquefois  en  juger  , 

2ue  par  eftime.  Encore  ne  s’étend-t-elle  ps  toujours , ju^u’à 
onner  une  indice  sûr  &c  précis  du  fiècle.  On  fait  néaamoiqs 
indubitablement , que  tels  caraélcres  , d’ailleurs  tres-fingu- 
liers  , lui  font  antérieurs  ou  poftérieurs.  Faudra-t-il  les  nér 
gliger , pareequ’on  en  ignore  l'époque  jufte  î Par-là  les  crois 
quarts  &c  demi  des  lettres  plus  anciennes,  que  le  v 1 1 1 fiècle , 
foroient  perdues  pour  nous.  Il  faut  donc  nécelfairement  ré- 
noncer  aux  alphabets  par  dates  , dans  une  encreprife  , telle 
que  la  nôtre  ; où  les  écritures  de  tous  les  genres  , de  toutes 
les  efpcces , de  tous  les  ficelés  , de  tous  les  lieux  & de  tous 
les  peuples  de  l’Europe  doivent  concourir.  Ils  nè- peuvent  s’é- 
xécuter  , que  par  raport  à quelques  contrées.  C-eft  ainli  que 
D.  Hueber,  dans  fon  Ajjtriche  illuJlrée^fyAiJX  dtefl'crun  al- 
phabet , donc  toutes  les  lettres  fufl'ent  datées  , s’eft  borné  à la 
durée  d’environ  quatre  fiécles  , comme  aux  archives  d’une 
foule  abbaïe.  Mais  , quand  o^  auroic  rafiemblé  des  milliers 
de  caraderes  par  dates  ; en  pouroit-on  conclure  , qu’ils  n’au- 
roient  point  été  en  ufoge  , dans  d’autres  tems  & dans  d’au- 
tres contrées  î La  condufion  foroit  très-inconféquente.  Pour 
être  légitime  , elle  devroit  fe  réduire  à conftater  ^exi^^ence^ 
de  certaines  figures  de  lettres  ,^pour  tel  pais  &:  pour  tel  tems... 


DE  DIPLOMATIQUE.  .141 
Ainfi  le*  InducHons  , qu’on  en  pouroic  tirer  , ferolent  tou- 
jours à la  décharge  des  pièces  véritables , Sc  jamais  à la  char- 
ge des  faudes.  Ainfi  plus  de  difeernement  par  cette  voie. 

Les  alphabets  particuliers  à chaque  infcription  , à chaque 
diplôme  , à chaque  mf.  font  d’ailleurs  abfolument  imprati- 
cables. S’il  en  fiiloir  former  autant , que  d'inferiptions  , que 
de  chartes,  que  de  mlT.  & fi  chaam  renfermoit  toutes  les 
figures  diverfes  des  lettres , contenues  dans  ces  monumens  ; 
ce  feroit  un  travail  immenfe  &:  d’une  très-médiocre  utilité. 
On  ne  pouroit  que  fe  laiVer  de  voir  reparoitre  fans  fin  des 
nuées  d’alphabets  particuliers  , qui  ne  îeroient  prefque  que 
fe  répéter.  Sous  prétexte  de  quelcjues  nouveaux  caraâcres , 
de  quelques  variations  de  traits  ; il  faudroit  rebatre  cent  &: 
cent  fois  les  memes  lettres  : fans  qu'on  en  fût  ordinaire- 
ment beaucoup  plus  avancé  ; dès  qu’il  s’agiroit  de  les  faire 
fervir  à la  ledure  d’une  pièce  , fur  laquelle  ils  n’auroient 
point  été  pris.  Il  eft  peu  d’inferiptions  anciennes  , &c  moins 
encore  de  modernes  des  bas  tems  , peu  de  mlT,  peu  de  char- 
tes , dont  les  écritures  foient  abfolument  les  mêmes  donc 
aucunes  lettres  ne  diferent  entr’elles  y quoique  la  variété 
de  forme  ne  confifte  fouvent , que  dans  deux  ou  trois  carac- 
tères. Qu’on  drelfe  autant  d’alphabets  , que  d’inferiptions  , 
de  chartes  , de  manuferits  ; chacun  n’aura  donc  de  parti- 
culier , que  ces  deux  ou  trois  lettres.  Toutes  les  autres  feront 
les  mêmes.  Quelle  profufion  pour  un  ouvrage  , où  l’on  s’a- 
tend  à voir  réunir  la  totalité  des  alphabets  avec  celle  des 
écritures  ! Après  des  centaines  de  planches  d’alphabets  les 
plus  étendues  ; on  n’auroit  pas  la  centième  partie  du  pur 
nécelTaire.  Quel  embaras  d’ailleurs  de  parcourir  des  milliers 
d’alphabets  , pour  réfoudre  une  dificulté  , qui  difparoitroic 
aulfitot,  vis-à-vis  d’im  alphabet  général  ! Si  toutes  les  lettres  » 
fufifamment  diférenciées  d’un  mf,  d’un  diplôme  , d’un  mo- 
nument , étoient  reçues  dans  les  alphabets  , qu’on  en  dref- 
feroit  ; de  paniculiers  ils  fe  transformeroient  à quelques 
égards  en  généraux  : & dès-lors  leur  étendue  & leur  nombre 
ne  deviendroient-ils  pas  des  obftacles  infurmontables  à Te— 
sédition  d*un  pareil  deflein  ? 

Que  ces  alphabets  ne  foient  point  formés  avec  plus  dé‘ 
£bin , que  Tout  été  la  plupart  de  ceux , qu’on  a rendu  publics  y, 


II.  PARTIt. 
St  CT  ni. 

Cmaî.  III. 


H.  Parti!. 
5tcr.  III. 

Char.  III. 


(a)  Mn/eum  ïtsi* 
t.  t.p.  ï%\.Dfn 
dt^l.  ) 7.  tdit. 
1709. 

{b)  Dt  rt  di^hm. 
^ }57- 


(f)  UÿlerU  Pan^ 
dfü.TrajeHit7ii. 
lib,  1.  t,  X.p.lll, 


loconvftiieos  des 
alphabets  par  fié- 
clés. 


i4t  NOUVEAU  TRAITÉ 

on  n’y  feroit  pas  entrer  la  trentième  patrie  des  caraftêres,  con- 
tenus d.in$les  mlT.  Sc  les  diplômes,  d’où  ils  font  tirés.  Quand 
on  confronte  les  alphabets  , extraits  de  certaines  pièces  avec 
leurs  originaux  ; on  eft  furpris  de  rencontrer  dans  ceux-ci 
beaucoup  de  caraélcres  trcs-finguliers  , dont  on  n’a  fait  nul 
ufage.  On  s’aperçoit  de  ce  défaut , jufque  flir  des  échantillons 
d’écriture  extrêmement  courts.  Comparez  l’aîphabet , pris  (a) 
par  D.  Mabillon  lui-mcme  fur  les  célèbres  Pandeftes  de  Flo- 
rence , avec  les  deux  [b)  lignes , qlii  lui  en  furent  envoyées 
par  M.  Mégliabecchi , bibliothécaire  du  grand  duc  de  Tof 
cane  \ la  reffemblance  entre  ces  lettres  eft  à peine  fenfible. 
Que  fetoit-ce  donc  , fi  le  parallèle  étoit  fait  entre  l’alphabet 
de  D.  Mabillon  & celui  ( c ) de  Brencman  î Eft-ce  que  le  mo- 
dèle , adreffé  à D.  Mabillon  n’étoit  pas  fidèle  ? Les  planches  , 

3ue  Henri  Brencman  à fait  graver  du  meme  mf.  nous  répon- 
ent  de  fa  fidélité.  Eft-ce  que  D.  Mabillon,  ayant  aéhiellement 
fous  les  yeux  l’original , fe  fêroit  trompé  touchant  la  forme 
des  lettres , qu’il  y a puifées  ? On  doit  encore  moins  le  pré- 
fumer. Mais  un  limple  alphabet  eft  infufifant , pour  conte- 
nir toutes  les  diférences  de  lettres , renfermées  dans  unmf. 
Ainfi  les  alphabets  particuliers , déjà  trop  nombreux  parleur 
multitude  prodigieufe  , devroient  encore  l’être  d’un  autre 
côté  bien  davantage  , par  celle  des  caraftères , qu’il  fàudroit 
raftembler , fous  le  même  élément , d’après  chaque  mf.  8c 
chaque  diplôme.  Ils  font  donc  impraticables,  pour  notre  def- 
fein , & moralement  impoflibles  pour  tout  autre. 

X.  Les  alphabets  par  fiècles  n’entrainent  pas  après  eux  tous 
les  mêmes  inconvéniens  : mais  ils  ne  laiflent  pas  d’en  renfer- 
mer beaucoup.  Chaque  fiècle  a plufieurs  fortes  d’écritures 
crès-difparates  , qu’il  fàudroit  confondre  ; fi  le  nombre  des 
alphabets  devoir  fe  méfurer  fur  celui  des  fiècles.  Réunir  fous 
un  feul  alph.ibet  la  curfive  avec  la  capitale  ; ce  fêroit , dans 
un  catalogue  de  plantes , ranger  fous  une  même  efpèce  la 
mouffe  fie  le  cèdre.  On  fe  verroit  donc  forcé  de  multiplier 
les  alphabets  j à proportion  des  diverfes  fortes  d’écritures , 
qu’un  feul  8c  meme  fiècle  produiroit.  Au  lieu  d’un  alpha- 
bet par  fiècle  j on  n’en  feroit  pas  toujours  quite  , popr 
les  tripler  8c  les  quadmpler.  Quoi  ! vous  borneriez  chaque 
fiècle  à fon  unique  alphabet  ; tandis  que  chacun  d’eux 


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DE  DIPLOMATIQUE.  145 

en  feules  majufcules^  vous  fournira  dequoi  remplir  une 
des  plus  grandes  planches?  C’en  feroit  donc  plus  de  vingt,  fans 
avoir  entamé  ,ni  les  minulcules , ni  les  curlives  ,ni  les  mé- 
rovingiennes , ni  les  \riCgothiques,  ni  les  lombardiques , ni 
lesanglo-faxones,qui  de  leur  côté  poiiroienten  ocuperunplus 
grand  nombre.  Un  pareil  arangeraenr  ablbrberoit  à pure  per- 
te prefque  toutes  les  planches  dei  notre  ouvrage.  Et  que  de- 
viendroient  tant  d écritures  , tant  de  (ceaux , tant  de  ligna- 
tures  & de  monogrames  , dont  les  modèles  Ibnt  auront  ou 
plus  e/l'entiels , que  ceux  des  alphabets  ? 

JM  iis  cette  foule, lulfi  infufifance,  que  fuperflue,d’alphabets, 
feroit  en  puie  perte.  A chaque  hccle  , ne  faudtoit-il  pas  ré- 
péter plus  des  trois  cpiarts  & demi  des  mêmes  caraÔcres  ? 
Car , en  palTant  d’un  iiéclo  à- l’autre , Une  faut  pas  s imaginer, 
que  par  une  révolution  fubice , l’écriture  change  couc-à-coup. 
Elle  varie  comme  les  modes , comme  les  mœurs,  comme  les 
arts , mais  plus  lentement.  D’année  en  année  la  variation  eft 
imperceptiole.  A peine  découvrez-vous  en  certains  dccies 
quelque  changement  dans  l’écriture, au  bout  de  dix  & de  vii^ 
années.  Compaiez  celle  de  deux  demi  ficelés  confécutifs  ; 
fouvent  vous  commencez  à remarquer  une  diverlîté  , qui  fe 
fait  lêntir.  Raprochez  les  écritures  éloignées  de  cent  ans  ; 
pour  l'ordinaire  leur  diférence  vous  frape  auflitôt.  Encore 
cette  difërence  eft-elle  fufcepcible  de  plus  & de  moins.  Quel- 
quefois eHa  parole  très-grande , quelquefois  elle  eft  peu  mar- 
quée. On  fupelê , que  les  moiHiniens  ne  monqueot  ps.  Eu 
général , iotfqu’ils  font  rares  , la  drffemblance  Se  U coufix* 
mité  de  l’écriture  de  chaque  lîècle  fe  manifèftent  plus  di&û 
lémenc.  Malgré  leur  abondance  , il  eft  des  ficelés  , où  la 
reftemblanco  râit  une  vive  imprefiion  \ candis  que  certaines 
menues  diférences  (buvent  écbapent,  même  aux  conoiflëurs. 
Rien  de  plus  uniforme , que  beaucoup  d’infcripcions  des  crois 
ptemiefs  fiedes  , depuis  l’cre  chrétienne  ; quoiqu’il  en  exifte 
ptgficurs  autres , dont  k diverfité  lê  trouve  parfaieenrenc  ca- 
radérilëe.  ÿ^is  donc  que  leschangemens,  dans  te  goût  ou  la 
totalité  de  l’écrkure  >(bnt  fi  lents  ; combien  ceux  , qui  con- 
cernent far  confonmacion  des  lettres , le  doivent-ils  être  da,- 
vancage  1 Souvent  H fufic , pour  rendre  une  écriture  touta- 
f»c  déférence  d^untf  autre , que  quelques  caraûèteséprouvenc 


II.  PARTIE 

Si  CT.  III. 

Chai>.  III. 


» 


DiO"i  ^--1  - . ■ ^OOgU 


il»- 


II.  PARTIE 
Se  CT.  III. 
C H A F.  111. 


144  NOUVEAU  TRAITÉ 

uiie  v.nriétë  confiante'  , dans  certaii^  traits  fuperflùs.’ 

On  pafl'era  d’un  iiccle  a l'autre,  fans  obferver  de  variation 
notable , entre  la  plupart  des  figures  de  chaque  élément.  11 
faudra  donc  fe  livrer  à des  répétitions  continuelles  ; fi  cha- 
que ficcle  doit  avoir  fon  alphabet  propre.  En  éfet  les  mêmes 
formes  de  lettres  ont  coutume  de  le  tranfmettre  de  lîècle  en 
fiècle.  Pareequ’on  en  aura  introduit  un  petit  nombre  de  nou- 
velles ; les  anciennes  ne  font  pas  anéanties  pour  cela.  Quel- 
ques-unes fe  foutiendront,  quant  au  contour , quant  aux  prin- 
cipaux traits , pendant  des  milliers  d’années  ; d’autres  pendant 
plulîeurs  ficelés  confécutifs. 

En  vain  opoferoit-on  , qu’il  fufroit  d’atribuer  à chacun 
les  figures  de  lettres , qui  lui  feroient  propres  , fans  s’emba- 
rafTer  de  celles  , qui  lui  feraient  communes  avec  d’autres. 
Mais  on  conclurait  tout  naturellement  de  cette,  omiffion  , 
que  toutes  les  lettres  des  fiècles  précédens  apartiendtoient 
encore  , ou  n’apartiendroient  plus  aux  lîçcles  poftérieurs  : &c 
l’on  fe  tromperoit  également  départ  &C  d’autre.  Certaines  fi- 
gures de  lettres  fe  maintiennent  fuis  difeontinuation  , d’au- 
tres difparoiffent  bientôt  apres  leur  nailTance  , quelques-unes 
tombent  infenfiblement  dans  l’oubli  ; tandis  que  les  autres 
fe  reproduifent , apres  avoir  difparu  pour  un  tems.  Telles  fe 
conferveront , au  hècle  immédiat  à celui , auquel  on  les  aura 
pbcées , qui  n’exifteront  plus , au  fuivant.  D’autres  n’y  com- 
menceront , qu’à  devenir  d’un  ufage  commun  : & ce  ne  fera 
qu’apres  une  fuite  de  fiècles , que  s’abolilTant  de  jour  en  jour, 
elles  ne  paroitront  plus.  Ces  caraûères  memes  , que  j’aurar 
affignés  a tel  fiècle , comme  fpécifiques  ; non  feulement  fe 
montreront  dans  d’autres  : mais  fouvent  ne  fe  rencontreront 
pas,  dans  telle  & telle  pièce  de  celui , auquel  je  les  auC^  apro- 
priés.  Ces  lettres , particulièrement  fixées  à certain  fiècle,  n’y 
feront  pas  toujours  les  plus  acréditées.  Car  il  faut  bien  dif- 
tinguer  entre  celles  , qui  n’étoienc  point  aux  fiècles  anté- 
rieurs , celles  qui  ne  feront  plus  aux  fuivans  , & celles  qui 
s’y  trouvent  fur  le  pié  d’ordinaires.  Les  dernières  peu- 
vent conferver  la  même  prérogative , pendant  une  longue 
fuccefiion  de  fiècles  , & la  perdre  enluite  par  des  degrés 
infenfibles  , jufqu’à  ceffer  d’être.  D’où  s’enfuit , qu’il  eft  fou- 
vent  plus  aifé  de  juger  des  caraélères, propres  à certains  fiècles , 

pat 


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DE  DIPLOMATIQUE.  14; 
par  des  lettres  extraordinaires  ; que  par  celles  , qui  font 
d’un  ufage  commun.  Toutes  ces  raifons  & une  infinité  d’au- 
tres , qu’on  pouroit  déduire  fort  au  long  , prouvent  l’in- 
fufifance  &c  la  fuperfluité  des  alphabets  rellreints  à chaque 
liccle  , foit  qu’ils  foiait  généraux  , foit  qu’ils  foient  réputés 
particuliers. 

Qu’on  n’en  infère  pourtant  pas,  que  chaque  ficcIe  n’a  point 
de  reffource  , pour  fe  faire  diftinguer  des  autres  , ni  meme 
de  fes  voifins  : mais  feulement , qu’il  n’eft  pas  polTible  de 
les  reconoitre  , par  la  voie  des  alphabets  ; à moins  qu’on  n’en 
donne  une  hilloire  raifonée.  Or  c’efl:  ce  qui  ne  peut  s’exé- 
cuter par  des  planches  ; mais  par  une  expofition  des  carac- 
tères , plus  fpécialcment  afeélés  à chaque  fiècle  : c’ell  à quoi 
nous  delUnons  le  chapitre  fuivant. 


II.  PARTIE. 
Stci.  III. 


CHAPITRE  IV. 

Recherches  fur  la  defcendance  , la  figure , la  for- 
tune & les  tranfimutations  de  chacune  des  vingt- 
trois  lettres  de  notre  alphabet , dans  les  inficriptions 
,i  lapidaires  & métalliques , les  mff.  ô les  diplômes  : 
avec  l’art  d’en  fixer  l’age  , par  la  variété  des 
formes  , des  contours  , & des  traits  qu  elles  con- 
■ traclent  de  fiècle  en  fiècle. 

T O U T le  monde  admire  les  chefs-d’euvre  de  mécani- 
que : on  eft  ravi  de  voir  les  éfèts  qu’ils  produifent.  Mais 
peu  fe  plaifent  à confidérer  les  roues  &:  les  refTorrs , qui  font 
jouer  la  machine.  Les  fouis  artilles  Sc  les  amateurs  font  en- 
core plus  curieux  de  les  examiner  , qu’enchantés  de  leurs 
opérations.  Juger  de  l’age  des  inferiptions , des  médailles , 
des  mff  j des  chartes  par  la  figure  des  lettres  , préfonte  un 
objet  intérelTant  pour  tout  le  monde.  Mais  , fi  l’on  veut 
aquérir  ce  talent  -,  il  faut  fo  mettre  au  fait  d’un  certain  mé- 
chanifme  , pour  lequel  les  conoifTeurs  & les  amateurs  ont 
Tome  IL'  T 


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i4<î  NOUVEAU  TRAITÉ 

droit  de  fe  paflîoner.  C’eft  une  merveille  , fi  les  autres  peu- 
” tcT.Vil.^  vent  foutenit  la  leûure  de  ce  chapitre , dont  la  plus  grande 
c H i P.  IV.  partie  roule  fur  une  portion  confidérable  du  méchanifme , 
qui  fait  l’antiquaire.  Cependant  plufieurs  favans  hommes 
fouhaitent  depuis  long  tems  une  hiftoire  abécédaire  , qui 
faffe  conoicre  les  accidens  & les  métamorphofès  , qu’ont 
éprouvé  nos  lettres  , durant  la  révolution  de  tant  de  fiècles. 
(4)  a»vii  il-  Le  doûe  (a)  Baringius  a publié  en  latin  les  vœux  , qu’un 
fkmaiicM  h»ko-  célèbre  (l)  auteur  formoit  en  alleman , pour  exciter  à (i)  ce 

4“.  .757. 

{b)  ]ae.  Frid.  L’antiquaire  eft  fouvent  réduit  à comparer  les  caraéières 
diférens  ficelés  , pour  fe  fixer  fur  l’age  & le  prix  d’un  mo- 
ttr.  -JT-  nument.  Il  -faut  donc  lui  mettre  fous  les  yeux  ces  caraâcres 

diftindifs.  L’étude  des  médailles  Sc  des  inferiptions  raj^Ué 
fans  ceffe  à celle  des  diverfes  figures  , que  les  lettres  ont  pri- 
fes.  Les  m(T.  ont  un  befoin  contmuel  des  (ij  memes  fecours, 
& les  diplômes  ne  fauroient  s’en  pafTer.  Ceft  donc  un  de- 
voir indifpenfable  pour  nous  de  fournir  la  caricre  , qui  nous 
ed  ouverte  ; fans  nous  éfrayer  des  dificultés , ni  nous  rébuter 
de  leur  multitude.  D’une  part , la  matière  eft  trop  abondante  , 

( l)  Il  ne  le  bornoic  pas  aux  IcuJcs  des  lettres  Tcrt  i déterminer  l'age  des 
lettres  latines  ^ il  dclîroit  mie  les  germa-  mif.  La  conoilTance  des  caraélètes  , qui 
niques  , les  grcques  St  les  hébraïques  fe  confondent  cnfemble  par  trop  de  tef- 
memes  y fûflcnt  comprifes.  Quelque  fcmblancc  contribue  bcaoeoup  a l'hitcl- 
épineufe  que  puilTe  parsitre  une  entre-  ligence  des  textes  , ainC  qua  la  cortcc- 
prife  dé  cette  nature  ; elle  entre  trop  tion  des  fautes  , qui  s'y  font  glilTccs.  Les 
direâement  dans  notre  plan  , pour  nous  copiées  & les  éditeurs  mêmes  ont  quel- 
y relùfer.  Comme  la  littérature  écran-  quefbis  prit  une  teerre  pour  une  autre  } 
gère  n'y  doit  pas  être  mife  au  niveau  de  parcequ'elles  n'avoient  rien  du  côté  des 
la  nôtre  ; par  raport  aux  lettres  des  traits  , qui  pût  les  diftingucr.  Un  ctiti- 
Otientaux  & des  Grecs , on  peut  fe  con-  que  bien  au  fait  de  la  difércnce  & de  is 
tenter  des  alphabets  méthodiques  , que  conformité  des  figures  , qu’ont  éprouve 
oous  en  avons  donnés , des  obfetvations  les  élément  de  l'alphabet  , rcconoitra 
plus  ou  moins  nombreafes  , dont  iis  font  fouvent , quelles  lettres  doivent  être  fub 
acompagnésôu  fuivis  , & de  celles , que  lUtuées  i celles  de  nos  éditions  , 8c  par 
nous  y joignons , pour  faire  fentir  leur  ce  moyen  rétablira  des  textes  iniotelligi- 
defceodance.  L'hiDoire  des  lettres  lati-  blés  , 8c  mal  alTortis  an  difeours,  quoiqu; 
nés  , qui  d'ailleurs  renferment  prelqne  leur  altération  ne  confifte  qu'en  un  Icul 
sontes  celles  d'Europe  , exige  des  re-  caraâère.  Quoi  de  plus  important , pour 
eberches  8c  plus  pcofendet  8c  plut  éten-  faSancage  des  lettres  ..  que  de  mettre 
ducs.  Des  vues  fuperficieiles  n'apren-  leurs  amateurs  en  état  de  rendre  aux  au- 
droient  rien  : de  lucres  efquilTcs  ne  ré-  teurs  leur  pureté  primitive , par  une  cri- 
pondroient  pas  aux  veeux  des  gens  de  tique  heureufe  8c  fage  , qui  ne  prétende 
lettres.  pas  l’emporter  fur  une  multitude  debout, 

(x)  Non  feulcmeru  la  diveifc  forme  mlT;  mais  fuplécr  à leux  Àlêtte  ; 


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f 

y 

DE  DIPLOMATIQUE.  147 

pour  être  épuÜëe  , même  par  un  jufte  volume.  D’une  au- 
tre , notre  deflêin  ne  comporte  pas  d’aufli  longues  difcuf- 
fions , que  le  fujet  fembleroit  le  demander.  L’unique  parti , 
qui  nous  relie  donc  à prendre  ell  de  tenir  le  milieu  entre 
les  deux  (i)  extrémités.  Au  furplus  nous  aurons  cent  ocalions 
de  fupléer  à des  détails  , qui  deviendroient  ennuyeux  , fi 
l’on  ne  vouloit  ici  rien  omettre. 

Les  notes  de  Tyron  font  prefque  toutes  autant  de  vraies 
lettres  de  l’alphabet.  Elles  n’en  paroilTent  diférentes',  que 
par  la  diverfitc  de  leur  pofition  , ou  la  fiiprelfion  de  quel- 
ques-uns de  leurs  traits.  Aufli  ne  croyons  - nous  pas  devoir 
les  exclure  de  notre  alphabet  raifoné.  Cependant , pour  ne 
pas  trop  multiplier  les  dificultés , dans  une  matière  fi  peu 
aprofondie  ; nous  nous  bornons  communément  aux  feules 
lettres  initiales  des  (a)  mots  , que  perfone  (i)  n’a  jufqu’ici 
dillinguées  , ni  des  initiales  des  notes , ni  de  leurs  fignes 


(i)  La  néccllit^  d'cue  courts  , 8c  en- 
core plus  (Tépargner  au  Libraire  , d^ja 
(urcharg^  par  des  frais  immenfes  , (mon 
la  ttrtalité  , du  moins  une  partie  de  cette 
ranltitude  de  nouveaux  cataâèrcs , qui 
mettroieor  les  chofes  dans  un  grand  joutj 
nous  fera  fans  doute  plus  d’une  fois  cou- 
rir les  tilques  de  n'étte  pas  entendus  ; fl 
le  leâenr  n'a  contlouellemenr  fous  les 
yeux  nos  alphabets  géofranx.  Mais  avec 
cette  précaution  s la  iuHeflê  & la  fâgaci- 
té  de  Ton  efptic , lui  Ktont  lâiflr  d’un  clin 
d'ail  les  figures  des  lettres  , que  nous  oc 
décrivons  lonvcnt , que  par  un  fcul  mot  ; 
8c  dés  qu'il  les  aura  reconnues  , tien  ne 
poura  plus  l'atcter. 

(i)  II  faut  en  (*)  excepter  , h qatImeS 
égards , l'anonyme  de  Vulcanins.  II  don- 
ne on  alphabet  en  forme  des  élément , 
d’or!  oaifTent  certaines  notes  de  Tyron  . 
qu'il  ne  regarde  , que  comme  des  ca- 
raâéres  baltes  ou  lombardiques.  Mais 
fbn  alphabet , encore  plus  borné  , que 
déféélueu  , n’ofre  pas  la  dixiéme  panie 
des  lettres  initiales  tytooiennes.  Il  n'en 
contient  , tout  bien  compté  , que  40  ; 
quoique  pluGeurs  foieot  identiques  , 
quelques  - unes  faulTcs  ou  fnperflucs  , 
queltjues  autres  compofées  : c'eft-à-dire, 
q[u'eliet  valent  des  n»t$  cniicts , 8c  non 


fimplement  leurs  premières  lettres.  Tel- 
les font  fli  féconde  figure  de  TA  , fes 
premières  de  l'N  8c  du  P , 8c  fes  der- 
nières de  l'L , de  TR.  , du  T.  Peu  s'en 
faut , que  nous  ne  Paeufions  de  s'ccre 
mépris  fur  l'E , fur  une  de  fes  L;  fur 
un  ou  deuxde  fes  O.  II  pafl'e  totalement 
le  K.  Il  s'eft  vifibicment  fait  illufion  fur 
les  P , fur  la  première  figure  du  Q , 8c 
fur  rs.  De  quatre  T , qu'il  préfente  , à 
peine  deux  peuvent  ils  Ce  foutenir.  L'X 
ed  défiguré , jufqu'à  n'étre  pas  reconoif- 
fltble,  en  qualité  de  note  ryronienne.  Scs 
crois  figures  de  fY  font  faulTcs , 8c  celle 
do  Z abfoinmcnc  omife.  Ainfl  l'on  peut 
compter  cet  auteur  pour  rien  ou  très- 
peu  de  choie.  S'il  D'étoie  queftion  , que 
defes  il  £ i O V ,ieCa  B»  Bt  BiBfBit, 
de  quelques  lifles  de  mots  , de  noms 
d'empereurs  8c  de  villes  : le  tout  com- 
prit en  fept  petites  pages  ; nous  n'au- 
rions pas  d'aulC  graves  reproches  à lui 
faire  : quoiqu'il  ait  copié  les  fautes  mê- 
mes de  ibn  mf.  f^ns  en  avertir  | lui  qui 
n'cd  point  du  tout  avare  de  remarques  Au 
redeil  cd  toujours  louable  d'avoir  elTayé 
d'aplanir  des  dificultés , dont  on  ne  co- 
noiffoit  de  fon  tems,  qu'une  très-petite 
partie , mais  qui  n'en  étoient  pas  moins 
éirayantes. 

Ti) 


II.  PARTIE. 
St  CT.  III. 
CHAf.  IV. 


(*)  V»^  ci-itf- 
Jcmn°.  ly.  U j'. 
nue  inD, 


(i)  De  Hier,  <y 
iniM  Guhtrnm. 

’•  to.  ti. 


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148  NOUVEAU  TRAITÉ 

” fubalternes  ou  fubluliaires.  Nous  fommes  d’ailleurs  bien 
\sECT^nl^  aifes  de  familiarifêr  d’avance  les  génies  curieux  & pénétrans 
Chat.  IV.  fcience  , véritablemenc  dificile  -,  mais  moins , qu’on 

ne  l’a  cru  , faute  d’une  bonne  méthode.  Pour  en  découvrir 
les  myftcres  ; il  faut  en  étudier  les  lignes  : & pour  le  faire 
avec  inrdligence  -,  il  faut  en  favoir  anatomifer  & décom- 

Eofer  les  lettres.  Le  premier  eflai  doit  naturellement  tom- 
er  fur  les  initiales.  Un  fujet  fi  nouveau  oblige  nécell'aire- 
ment  à créer  des  mots , ou  du  moins  à réduire  à des  ligni- 
fications inulitées  les  termes  d’ufage.  Ceux  qui  ne  peuvent 
fe  réfoudre  à rien  lailfer  palTer , fans  l’entendre  5 auront  pleine 
latisfaélion , quand  nous  traiterons  de  ces  notes.  Là  le  fens’ 
de  toutes  nos  expreflîons  fera  déterminé , avec  toute  la  pré- 
cifion  Si  la  clarté  poflible. 

La  conformité  des  lettres  phéniciennes  avec  les  lepten- 
trionales  (i)  ou  tuniques  , fyriaques  , africaines  , efpagno- 
Ics , étrufques  , grcques , Si  latines  , failît  tout  d’un  coup  ; 
quand  on  raprochc  les  élémens  alphabétiques  les  plus  an- 
ciens de  chacune  de  ces  nations.  La  diverle  marche  de 
leur  écriture  les  obligeant  à difpofer  difcremment  les  mêmes 
caraûcres  refpeûifs  ; qu’ils  foient  droits  ou  renverfés  , de- 
bout ou  couchés  , plus  ou  moins  inclinés  vers  la  droite  ou 
vers  la  gauche  , tournés  d’un  côté  ou  d’un  autre  : aucune  de^ 
ces  pofitions  n’empêchera  de  les  reconoitre  , tant  à leur 
forme  elTentielle  , qu’à  leurs  principaux  traits.  D’ailleurs  nos 
propres  lettres  latines  n’ont-elles  pas  plulîeurs  fois  éprouvé 
de  femblables  accidens  ? Pour  s’en  convaincre  , on  peut  jet- 
ter  les  yeux  fur  nos  modèles  d’écritures  lapidaires  & mé- 
talliques, 1'.  clafTe  , 1'.  divifion  , 4'.  genre. 

Conformirf  des  I.  De  tous  nos  élémens  latins , l’A  eft  péutêtre  un  de  ceux, 
ks*^YTanci"m  rcflemblance  paroit  d’abord  moins  fênfible  avec  fa 

dXuropc"  princi-  lettre  corrcfpondante  de  l’alphabet  phénicien.  Quel  raport 
pales  inétamor-  Je  fimilitudc  remarquc-t-on  entre  l’F  Sc  l’A  ? Rien  du  pre- 
phorcsdcs.tianns:  diflfemblable.  Mais  bientôt  il  ne 

duree  des  .1 4 tC  „ * , , f,  \ 1 jr  • e 

daus  les  mir.  & les  réitéra  pas  la  plus  légère  trace  de  cette  dilparité.  LA 

(a)  DetiutrMu-  (i)  Wormius , au  lieu  fa)  de  eompa-  I raports  de  Cmilitnde.  Avec  les  licences , 
rirmici.c»p.xi.  rer  Ton  alphabet  ronique  avec  le  lama-  j qu'il  prend  ; il  n'cft  auenn  canâdrc , qui 
/.  lop.  ritain  , l'a  mis  en  parallèle  avec  rhrfbreu-  I nepuilTeétrc  rendu  fcmblablc  i tel  au- 

caldaïquc.  Tout  cil  forcé  dans  fes  | tre , qu'on  Toodta. 


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DE  DI  PLOMBAT.!  QUE.  t4j 
j>hénicicn  a le  port  d’une  F ordinaire:  le  rumq^  ,4’nn<j/' 
inclinée  vers  la  droite  i le  fyriaque,  d'une  ' liQur^ée  du 
même  fens  Sc  renverfée  : le  grec  bouflrophèdon , dans  quel-r  chuV.Vv. 
qu’unes  de  fes  figures  , d’une  /K  panch^  vers  le  côté  gau-  Æpiomcs  dci 
che  : l’étrufque,  d’une  autre  forte  d’<7Vi  prefque  fenyblable  critures  aïongéc» 
pour  la  polition,  mais  diférènte , en  cequ’çlje  prolonge  un 
peu  plus  le  môme  côté , 8c  qu’elle  arondit  fouvent  fon  angle 
îûpérieur.  Avec  des  angles  aufli  aigus  j que  ceux  du  grec  ,à 
marche  alternativement  opofée  ; les  , /)\  de  l’ancien  ( J ) ef- 
pagnol  , 8c  du  latin  des  tems  les  plus  reculés , portent  les 
bouts  de  leurs  jambages  au  .même  niveau.?  Ainfi  s’évanouit 
par  degrés  la  prodigieulè  diltèmblance  qu’on  croyoit  ape;:- 
cévoir  entre  l’F  phénicienne  •&  }’A  ' latin.  On  ; voit  clai- 
rement * combien  notre  A eft  peui  diférent  de  cette  der- 
nière figure  y\.  , tranchée  ou_/an.s  bafes.  Suivons  la  dans 
quelques  légers  changemens  , qui.  Iqi  reftent  à (îrbix  : 8c  la 
reflemhlançe  deviendra  parfaite  on  plutôt  tout 
duire  à l’unité.,  n-j  . _ r.l  . - i ! . i si  >1  wl  . ^ 

Quoique,  dans  les  premiers  teqaS: , la  ligne  moyenne  des 
partît  régulièrement  de  leur  côté  droit  ; on  ne  man- 
que pas  d’^ , dont  la  même  ligne  naiflbit  du  côté  gauche. 

S’ils  n’égalent)  pas  toujours  l’age  de  ceux-là  , 8c  s’il  s’en  trou- 
ve de  pofiéiiieurs  à Charlemagne  j.  on  en  voit  aufii  de  plus 
anciens  , au  moins  de  neuf  fiècles,  11  y a plus  j on  en  re- 
marque . même  de  cette  nature  * dans  les  tables  Eugubines. 

La  réunion  de  ces  deux  ufages  contraires  fit  éclore  des  A 
garnis  (i)  de  deux  lignes  internes  , tendant  à fe  rencontrer. 

Leur  jonéüon  fifivit:  qé . près.  .De-là  (a)  ces  A , dont  plu-  («) 
fieurs  de  nps./avftnslë  croient  redevables  aux'  Gotlis  , (bus  »•  /’•  à*»* 
prétexte  que  leur  alphabet  en  renfennpit /d’une  figure  apro-  ‘ 

chante.  Mais  fans  parler  des  Latins  ;,les  Coptes  , les  an- 
çiens  Efpagnols  j 8c_furtout  les  Grecs  , nous  en  oftcnt  uxt 
très-grand  nombre  de  rigoureufement  fcmblables  , 8c  ^’une 
antiquité  fiipérieurer  de  plus  de.  400.  ans  à l’alphabet  d’Ul- 
phila.  Tant  il  eft '■vrai , qu’on' fait  fouvent  faire  aux  Goths 
bien,  gratuitement  quelque  figure 'dans  la  République , dc^ 
lettres  ! "5 

. (1)  VA  crpagaol  pceadaoflî  ccsfiga*  I (i)  On  en  trouve  &:  ebez  les  Latiot 
h-  . ! _ 1 îc  «fcsR  JQS  «Dcicos  . 


Di^  !w  Googit 


II.  P A RTIE. 

S E C T,  III. 
C H A P.  IV. 


\ 


(«J  Stmv.  Cel- 
kSmu*  mf.  t.  I. 
Dt  criurm  mff. 

f.xxy. 


NOUVEAU  TRAITÉ 


Des  deui^etites  lignes  inférieures,  redreflees  en  une  feulé  ; 
réfulroic  allez  natureUement  la  traverfê  de  nos  A.  Cepen- 
dant , comme  ils  nous  font  communs  avec  les  Grecs  , 3c  que 
chez  eux  , & même  chez  les  Latins  , ils  paffent  de  beau- 
coup en  antiquité  les  A à lozange  ; il  vaut  mieux  tirer  leur 
origine  d’une  des  plus  ordinaires , Sc  en  même  tems  des  plus 
anciennes  figures  (i)  de  l’N  grec.  Il  ne  falut  qu’abailTer  un 
peu  Ton  côté  gauche  , pour  mettre  au  jour  l’A  , qui  prime 
fur  rous  les  autres  , depuis  plus  de  (i)  deux  mille  ans  : quoi, 
qu’il  n’ait  pas  lailTé  de  prendre  à la  fois  une  infinité  de  for- 
mes difërentes.  Le  même  N,  donna  naififance  à un  autre 
A , qui  n’en  étoit  diftingué , que  parceque  fon  triangle  def- 
cendit  de  l’extrémité  fii^rieure  du  côté  droit , vers  fon  mi- 
lieu. Ce  nouveau  caraûcre  , d’ailleurs  fi  fbmblable  à l’an- 
cien , fut  peu  employé  fur  le  marbre  Sc  le  bronze  : mais  on 
n’en  comiut  prefque  pas  d’autre  , dans  les  mlT.  grecs  en  gé- 
néral , Sc  dans  les’larins  à lettres  onciales  ou  rondes.  Son  coté 
gauche  Sc  fa  ligne  médiane  fouvent  s’y  courbèrent  en  di- 
vers fens.  Ecartons-en  maintenant  le  détail  : il  convient 
de  le  rélèrver  pour  nos  alphabets. 

Après  l’arondilfement  de  1’^  triangulaire  , tant  dans  fa 
panfe,  que  dans  les  deux  extrémités  opofées  de  fa  grande  ligne 
oblique  ÿ fa  forme  primitive  fè  foutint  encore  , fiirtout  chez 
les  Grecs.  Les  titres  de  leurs  chapitres  Sc  de  leurs  livres 
nous  en  ont  confervé  des  modèles  , même  depuis  que  l’é- 
criture onciale  fut  toutafait  abandonée.  Long-tems  aupara- 
vant il  avoit  produit , entre  plufieiirs  autres  figures  , à traits 
mixtes  ou  curvilignes , notre  a minufcule.  En  vain  (a)  Stru» 
vius  érige-t-il  en  une  note  caraêlériftique  des  mlT.  du  xi  i®. 
fiècle  l’ufàge  de  la  lettre  a.  Ou  il  faloit  la  figurer  autrement , 
ou  ne  lui  pas  atribuer  une  qualité , qui  répandroit  une  con- 
fufion^fj)  étrange  fur  l’age  des  mff.  de  beaucoup  d’autres 


(i)  Les  Etrul(jties  en  curent  d'à  peu 
près  rcmblablcs  , mais  plus  voûtées. 

_ ft)On  pouroit  même  parler  de  trois 
inilleans , lî  les  ublesEugubioescn  écri- 
ture latine  étoient  anni  anciennes  , <]ue 
plulicurs  auteurs  Ica  ont  crues  , Si  tes 
croient  encore. 

^j)  11  ne  feia  pas  iautile  d'entrer  en 


quelque  détail , d’après  les  mfl' , les  di. 
plomes  otiginana,  la  Chronique  de  God- 
vie , la  Oiplomatiquc  de  D.  Mabilloo, 
la  Polygraphie  d'tfpagne  , le  Lexicon 
diplomatique  de  Walther  , les  mit  & Ici 
chartes  de  Calley  , les  diplômes  d'E- 
code  ifAnderroo  , touchant  Tufage  de 
quelques  lettres  minufculcs  Sc  curdres  , 


J 


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DE  D IP  L 01^  A Tl  que:  jjh 

liècles.  Avant  le  vi  1 1*  , le  petit  a ne  fe  montra  ^ntêtre  ~ 

jamaisfi)  dans  les  diplômes  , ni  avant  la  fin  du  x'.  îms  leur 
écriture  (i)  alongée.  ‘ • ' > . . u icWak  iv. 


& paniculicrcmcat  dt  l'a  , lùr  lï^cl 
plus  d’un  bon  auKui  s’cft  iôrmd  dci  idéts 
peu  juUcs. 

Cet  a commence  i parôifre  , dès  le 
TI*,  ficelé  , dans  l'écriture  minufcule  pu- 
rement romaine  : c'eft  i dire  , en  tant 
<)ue  diOinguèe  de  la  roétovingicnnc  , de 
b lombardique  & de  toute  cutfivc.  Au 
Tii*.  il  derientplus  fréquent:  alivi  t i'. 
quelquefois  il  l’cmpotte  fur  l'a  , com- 
pofé  de  deux  cc , ouverts  ou  fermés  par 
le  haut  : mais  communément  il  n'a  pas 
cet  avantage.  Au  ix'.  il  eft  ordinaire  : 
non  feulement  dans  les  livres  ; biais  dans 
les  aéles  écléfiaftiques  2e  ks  ebatteaj 
quand  elles  afcéicnt  la  manière  d'écrire , 
propre  des  mlT.  Ce  fut  auHî  pour  lors  , 
qu'il  pénétra  dans  l'écriture  anglo-fa- 
xonc , ou  plutôt  qu'il  y domina.  Aux  fiè- 
clcs  Âiivans  , l'.l  de  plus  en  plus  acré- 
dité  , banit  ptefqu’entiérement  des  m(T, 
& dans  la  mite  des' chartes  mêmes,  P4 
réfultani  de  b jonélion  de  deux  c busrerts 
par  le  haut.  II  n'ufa  guère  de  plus  de  mé- 
nagement pour  TÀ  fermé  ; cependant 
malgié  cc  dangereux  rival  ; le  dernier 
ne  laillii  pas  de  fe  maintenir , dans  cer- 
taines pièces.  L’AngIcterrt  furtout  en 
fournit  encore  des  exemples  au  tems , 
où  les  lettres  reprirent  une  nbuvcllé  vie. 
L'Q.,dès  le  XI  if.’  ficelé  , abailTa’<|qel 
qucfôis  (qh  trait  fuMâc^  au  point  de 
toucher  la  pâhfe.  Cetié  èxtélifibn  étoit 
à la  màdè  , aux  itii.  SC  xv'.  fiècles.  Elle 
fe  failôit  égitement  ^ toÜ  qu\in  arondît 
b tête  Je  fà  , fbtt  qa'&â  U ciidt  , foii 
qu'ori  l'inclinât  par  dès  adgli^  pins  ou 
moins  quvetts.  ' 

(ij.li  né  fût  rejii,  meme  jul^aii  itii- 
ticn  du  fuivànt , que  dans  éeUx  , où  l'on 
cmplopoit  en  tout  Ôii  en  partie  , l'écri- 
ture minufcule  , 2c  non  la  cuifive.  Mais 
(hr  b Gn  du  tx* , il  fe  produifit  plus  li- 
brement , fii  ét  gtands  progrès  , 
prit  prnt  d'iine  I9U  le  delths  au  Xi‘  , 
fut  partout  an  X n*.'  d^m,afaj|é  éotiiman. 
En  Allemagne  ^<4  la  cùt^e  'éàrOliné 
fcmble  â certain*  égùfcls^Stft^  eonfer- 
*éc-  pins  long  tems  qo'ed'nifAa  1 on  ne 


fe  fem't , qne  de  l'a  minufcule  , dani 
quelque  chattes  de*  pieniiètct  années 'du 
X°.  Dès  le  commencement  duzli°,  tout 
les  autres  * , ou  peu  s'en  fàluc , en  fu- 
rent  exclus.  Auparavant . les  a , tant  fer-  •'  , , 

més  qu’ouverts  , s'y  foulinrcncafict  con<  ” * • 

(lammcnt  ; quoiqu'cn  cedant  iqu)ours  un 
plut  grand  letrcin  â notre  a.  Péu  â pcii 
» l'ouverture  des  feepads  le  léttécit.  La  ♦ On  ne  biffe  pu 
partie  inférieure  du  côté  droit  l'éléva,  de  rencomier  Jea 
}u!c)ua  fionner  naidàncc  à un  trait  fem-*  ^ oirrcrts  en 
blabic  à l'S.  Cc  qui  leur  il^riasa  ub  fg,  gg 
faux  air  d’üf  Wia  , on  d*4  , Bit  fuivaiit  de  | 6c  mémo  t». 
J la  manière  lotnbatdi'qne  au  moyen  âge.  nfia  tard, 

i Mah. cette  fapjo  d'4  ne  fut  ni.génénüu  * ‘ 

ni  de  longue  dorée  en  Allemagne  , où  ^ ] ' ‘ 

. elle  n’ent  cours,  <jue  fur  le  déclin  du  XI*.  -•'.•n  .ii.'. 

I fiècle.  Au  contraire  l'(x)  lombatdiqoe  en  , 
forme  Smeg»  fë  maintint  affez  conlfam- 
ment  , dans  les  bulles  des  pap'és  ; au  , , 

' moins  depuis  te  vn  t*.. fiècle  , julqu'au  ' 

XII*.  .1  ' 

Les  chanes  J'Efpagne  , dès  le  com- 
ment dn  xt  I'  , ne  forent  pis  moins  fa- 
vorabf  A â l'a , que  celles  des  autres  pats 
niais  â peine  en  feriDèrent-elIes  l’entrée 
aux  deux  anciens  4 (Ji  , vers  le  xv*. 

Cependant  l’a  fe  faprochoit  de  plu* 
en  plus  de  b figure  du  premier  : parce- 
qu’inlenlîblement  Ci  cétc  courbe  dlmi- 
nuoit.  Elle  fë  termina  ^la  fin  du  t4‘. 
en  angle  mixié  , dont  b courbe  étOit  â' 
gauche  , 2c  l'aiicrë  â droite;  En  ni&ne, 
tems  il  s'ouvtit  par  le  bas , ,2c  s'cfl  à peu  . 
près  conlëivé  tel , pendant  les  dermeix 
fiècles. 

(j)  Lés  a,  qni  ;dès  le  ni*,  fiède  ,.ne 
fouiraient  point  de  eoncnrrens-,''d4hx  la 
^minulëùle  de  certalas  (fiplemes  ; Com-' 
i nrtncètcnr , au  pWs  tard  ; dèr  le  XI,  à' 
s’établir 'dans  l'écriture  ilongée.  Leurs 
^ fuccès  forent  fi  rapides  en  France  ; qu'à' 
peine  depnis  foéo.  quelque  ancreaofoic- 
il  s’y  montrer  : tandis  qn’en  Allemagne 
'^chacun  pouvoir  encore  à Ion  tour  pa- 
• roiire  for  lés  rangs.  Mais  depuis  le  mî- 
ilien  du  xti*.  fièclé  J ,à  très-peu  d*cxeep- 
Itions  près lès  4 lef  plus  faâuéNe  récrira- 
rc'atongée'  de  panitém  pMifimnd'ibtie 


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II.  PARTIE. 
, S £ c T.  I M. 
.Ch  A Pi  IV. 


(«)  Tmfih. 

f.  1)91. 


I 

ni  i ■> 

-..I  .-  T - , " 

-‘(4)  le!tr'ijrA‘- 

dritn  Hdiiul  fiir 
me  fiice  eter-  • 
Utrechi, 


(e)  P*£.  l8f. 


rsi  ..I^V'ÜV  E AU  TRAITÉ' 

' La  ligne  mitoyenne  des  A , après. y avoir  caufë  tant  de 
variations  , fiu  pcefque  fupriméê  , du  moins  en  quelques 
genres  d’écritures.  De-là  ces  A fur  les  boonzes  ^ foit  avant  , 
foit  après  (i)  la  naiflance  de,  J.  C.  On  en  découvre  aufli 
chez  les  Etrufques  Sc  les  anciens  (zj  Efpagnols.  Ils  font  fu- 
jets  à de  grandes  variations , dq  la  part  de  leurs  traits  fuperflus. 
Mais  l’omiflion  de  la  traverfe  , quoique  fréquente  , ne  fit 
jamais  totalement  oublier  l’ulage  contraire.  Ce  vers  (a)  de 
Térentien^Maur  le  prouve  évidemment. 


t latine  , fcepè  ut  iX^a.  , ftepè  fcribitur. 

L’A  , pour  âlnû  dire  transformé  en  lambda  , eft  fi  commun 
fur  les  plus  anciennes  monoies  de  France  ; qu’il  fembleroit, 
aux  terrhçs  {b)  de  certains  auteurs  , qualors  on  n’en  em- 
ployoit  prefque  plus  d’autre. faloit  fe  contenter  d'apliquer 


figure  : (î  «c  n'cft  quelquefois  , fous 
celle  de  l’A  cipital , acommodc  au  goût 
du  tems.  On  voit,  il  eft  vrai , dans  l'c- 
cricure  alongdc  , des  » quvctts  , au  x I*. 
ficcle.Mais.ilsfe  changètéiit  aufli  tantôt  en 
A, ïdtitabuànent capitaux, quoique  fans 
cravctfc , tantôt  en,  a fort  grands  , avec 
des  paofos  fort  petites.  Au  milieu  du 
xi,l'.(ipclc,on  y elufa quelquefois l' A 
avec  double  ttavetie  » foos  rcuoncer  au 
petit  « .,  qui  vcis  le  milieu  du  xii  t*. 
liccle  , paroilfoit  ’ pffez  fouvent  obli; 
quement  coupd.  qç  rfdtoit  pourtant  que 
Ion  tra^  fupdi^eutübacu.  Du  teifte  , dans 
une  feiile  ligne  *cctitifté  aloogôe  , qn 
faifqic  entxet  juÇju’à  iipis|fones  d’A  , 
le  capital , U itùôufcule  & Te  cutfif , tous 
de  la  même  hauteur.  Oucant  ce  même 
ficelé  i les  écritures  alongécs  dés  char- 
te! n'qii^ent  .pi^fque  :ptus  .de  copi^  ; & 
Icelles  j^ne,  Jaiilcrept  ôfs  dp  ,fç  .eonfet.; 
vei.,,dans  certaines  pâces,  cOinrpe  dans 
Iqs  bulles  Si  quelques  - ce  fut, 

bientôt  fous  uqe  autre  forme.  ' De  eut- . 
Cvcs  , elles  devinrent  miaufculcs  j^de' 
roinufcules.,  capiulcs  ; & de  capitales  , 

gothiques.  " 

d'auci 
liccle, 


étant  dès-lors  fi  familière  aux  Romains; 
on  ne  comprend  pat , comment  Hein- 
nccius  (r)  a pu  , dans  fon  Traité  des 
focaux  , ne  pas  icgaidcr  cette  lettre  , 
comme  exaélement  romaine. 

"(i)  CouféqucmmcDt  à fes  principes. 
Don  Vclarqucx  ne  doit  pas  balancer  , 
quand  les  monumens  l’exigent , â ren- 
dre la  première  lettre  de  cette  figure  rq, 
qu’il  prend  d'ailleurs  pour  un  A , par  l’N  , 
r A , le  G , l’L  , le  P St  l’R.  Cependant , 
pour  pouvoir  foire  valoir  A nôtre  cqnjon- 
dioD  qionq^rnm'atiquc  un  E St  une  N ; 
ilifo  fil  pt^ïère  Sc  la  fécondé  médaille 
’de  lit  qqmxième  planche  5 A EN  Sc 
SrtjEN  , éii  'avouant  , qu’il  fout  dans 
le  dernier  cas  fousenteodre  un  A , pour 
lire  J qui  eft  le  commencement' 
de  Ssleni , peuples  d'Efpagne.  Mais  s’il^ 
‘ n’eut  pris  ici  la  deuxième  lettre  A . 

* pour  un  A , Sc  la  conjonûion,  de  deux  let- 
tres en  qne,pourune  L St  un  E,  il  aurait  lu 
\s4lk.  principes  , qu’il  avôit  po- 

11?s . ra'utotifoicnt  a fouséntendre  encore^ 
plutôt  ITd , que  l’A,  D’ailleurs  la  même' 
cbnio'nélion  . qui  vaudra  deux  lettres  »’ 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ly, 

ici  levers  de  Tërentien.  Nous  ne  prétendons  pourtant  pas 
nier , que  l’A  làns  traverfe  n’ait  par  exemple  prévalu  fous 
les  fuccefleurs  de  Charlemagne.  Mais  auparavant , TA  n’eut- 
il  pas  fur  Ion  concurrent  le  meme  avantage  î 

Les  X,  des  mlT.  en  écriture  purement  capitale  { & tels  font 
ceux  des  quatre  premiers  {a)  modèles  de  D.  Mabillon  des  i v. 
v.ou  VI*.  hècles  ) n’eurent  point  de  ligne  médiane  , qui  leur 
procurât  ime  figure  triangulaire.  Leur  côté  droit  excédoit 
communément  un  peu  le  gauche  en  hauteur.  Mais  l’excédant 
étoit  quelquefois  porté  plus  loin  fur  les  tables  de  bronze  Sc 
les  marbres.  On  y voit  (é)  aulü  des  X,  , en  aflez  grand 
nombre.  Il  s’en  trouve  fiir  les  monoies  (c)  efpagnoles , avant 
l’invafion  desMaures,en  forme  d’A  renverfé.Rarement  les  mC 
à lettres  onciales,  fi  ce  n’efi  aux  titres , renfemaèrent-ils  des  A, 
dont  les  deux  côtés  égaux  formalTent  le  triangle  , au  moyen 
de  leur  ligne  horizontale.  De  pareils  A un  peu  fréquens , 
dans  le  corps  de  l’écriture  onciale , fans  tenir  lieu  de  lettres 
initiales  des  phrafes  & des  alinéa , pouroient  lui  fervir  d’in- 
dice d’une  tres-baute  antiquité.  Les  mil.  grecs  écrits  par  des 
Grecs  , à quelque  âge  qu’on  les  puUfe  faire  remonter , n’en 
fbumifient  prefque  point  d’exemples. 

Peu  apres  l’établillêment  des  empereurs;  l’angle  fupérieur 
de  l’A  fut  U)  quelquefois  furmonté  d’un  long  fommet.  Las 
deux  côtés  s’écartant  toujours  de  plus  en  plus  , rendirent 
enfuite  cette  lettre  6c  quelques  autres  prefque  carées.  Dès 
le  111*.  fiècle,  il  n’eft  pas  rare  de  rencontrer  des  f\  jfiu  les  mé- 
dailles (i)  mêmes, où  les  anciens  ufages  avoient  eu  julqu’alors 


(i)Hcmcciaj,  tout  habile  amiquai- 
te  qu'il  foit , ne  lailTe  pas  (d)  de  nous 
dire.,  que  la  ligne  tranrvcrfale  commen- 
ce, aux  xt.  te  XI 1^.  (îècics  , à CUC  mat- 
qode  (iir  l'angle  fupérieur  de  l'A.  Com- 
me on  ne  finiroitpas  , û l'on  Ce  mcitolc 
en  frais  de  c^fuiei  (Üriealêraeoc  les  md- 
prifea  des  grands  hommes  ; nous  nous 
contentons  ici  de  renvoyer  aux  monu- 
mens  andqaes.  On  peut  fc  borner , aux 
exemples  renfétmfs  dans  les  deux  pre- 
mières divifioDS  de  nocre  clalTedes  écri- 
tures lapidaires  & mdtalUqoes.  Si  l'on  veut 
de  plus  confultes  la  pifuce  du  fènateur 
Buonarruoti  ,fur  les  Fragment  d'anciens 
(rj'veries  ; on  ne  difeonviendsapas  , qu'il 

Tçme  II. 


n’y  uaite  ce  fujet  avec  fon  exaflitude 
ordinaire. 

(s)  Bandnri  ne  commence  à C/)  ^e- 
préfcncer  les  A 8c  les  V catés  , que  fur 
les  médailles  de  Maximien  Hercule  : 
c’cll'i-dire  vers  la  fin  du  1 1 1*.  ficelé  , 
ou  les  premières  années  du  iv*.  Un  demi- 
fiècle  après  , ces  lettres  deviennent 
beauconp  plus  citées.  Mais  d'antres  A du 
même  tems  ne  lailTent  pas  d'être  à l'or- 
dinaire terminés  en  pointes.  Les  A ca- 
tés , venant  11  perdre  leur  traverfe  fupé- 
ricnre  fe  conrondirent  quelquefois  avec 
les  H.  On  en  découvre  divers  exemples 
fut  les  médailles  ti  dans  les  mlT. 

Y 


II.  PARTIE. 

S I c T.  III. 

Chap.  IV. 


(m)  DertMflm. 

iMi.f. 


(i)  Sftcimtn  Phi- 
ItligU  nmrifmtii- 
tt-Urint  — dtiit 
M,  Chr^iéut, 
Ttid.  Raie.  lyot. 
4’. 

(c)  Lt  B/aar. 
f.  fl. 


(J)  Dt  SIxillit! 

f.  i«j. 

(»)  fMg.  xvm. 

(/)  Nmûfm. 
Inpp.  Rtm,  I.  1. 

f-  S- 

(s)  nu.f.  54»- 

14>. 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Chat.  IV. 


(4)  V.  notrt  1. 
rlufty  I.  divijîtn, 
i’.gtnre,  )*.»/■ 
fict  dt!  tCTiluri:, 


1J4  NOUVEAU  TRAITÉ 
coutume  de  fe  coiiferver  mieux , que  partout  ailleurs.  Quel- 
ques auteurs  prétendent  , que  ces  A carés  reprirent  bien- 
tôt apres  leur  forme  ordinaire.  Peutetre  feroit-il  mieux  de 
dire  , qu’ils  ne  la  perdirent  jamais  , &c  qu’ils  en  prenoient 
plufieurs  diférentes  en  même  tems.  Au  vu',  ficelé  , la  li- 
gne , qui  joint  horizontalement  les  deux  côtés  de  certains 
A , fiit  en  Efpagne  élevée  obliquement  (a)  vers  le  côté  gau- 
che , qu’elle  traverfa  de  la  fone  A.  • 

Nous  nous  étendrions  trop  ; fi  nous  voulions  fuivre  l’A  ; 
dans  toutes  fes  métamorphofes.  En  combien  de  fens  fes  deux 
côtés  ne  fe  font-ils  pas  courbés  , meme  fous  l’empire  Ro- 
main ? De  combien  d’ornemens  fiiperflus  ne  les  a-t-on  pas 
chargés , dans  les  fiècles  fuivans  î Combien  de  variétés  n’ont 
pas  produit  fes  traits  efi'entiels , par  leurs  diverfes  polirions , 
par  diferens  afiemblages  des  lignes  droites  & courbes , par 
leur  (i)  alongement  ou  racourcilTenient , par  leur  union  ou 


(i)  Dam  les  invocations  , les  fouf- 
criptions  des  rois , des  chanceliers  , des 
notaiies  , & meme  dans  l'apc.fition  des 
dates  diplomatiques  , on  fc  fetvit  d'iinc 
deriturc  alongéc  , ptcfque  toujours  fero- 
blablc  pour  la  Terme  à celle  du  corps  de 
la  pièce,  mais  beaucoup  plus  elévde.  Sou- 
vent employée  par  les  Romains  ; elle  le 
fut  beaucoup  plus  depuis  le  vi  1°,  liecle  , 
jufqu'au  xiiis.  Là  les  4 cutfifs  alongés 
commencèrent  , au  viii'  , à devenir 
tortueux.  Les  lettres  tremblantes  ne  pou- 
voient  bien  Ce  deseloper,  que  dans  l’é- 
criture alongée  : & I'a  étoit  une  des  plus 
propres  à fe  prêter  à leurs  infléxions.  Le 
goût  pour  les  lettres  ttcmbl.mtes  fe  for- 
lifrant  de  jour  en  jour  ; les  « curent  part 
à l'acuci!  toujours  plus  favorable  , qu'on 
ne  cciTa  pas  litôt  de  leur  faire.  Avant 
fufage  de  multiplier  à l'excès  les  plis& 
replis  des  lettres  , auxquels  aboutirent 
enfin  leurs  treinblemens  ; en  voyant  un 
M , on  eût  dit  de  deux  de  nos  g curfifs 
majufcules , unis  par  le  bas.  D'abord  con- 
fdérablemen:  ouverrs  en  deflos  ; ces  « , 
furtout  en  Allemagne  , (è  tétiéeirent  f 
fans  fe  fermer , durant  le  cours  du  x'. 
fiècle.  Enfuite  ils  aboutirent  en  pointes  , 
qui  dès  le  XI*.  s'émoulfèrent.  Quand 
cette  efpcce  d’«  coofeiva  fon  ouvertuic 


ancienne  i (es  côtés  parurent  en  diverfes 
rencontres  afeéler  des  traits  plus  ferpen- 
tans  , qu'à  l'ordinaire  : bientôt  l’écriture 
tremblante  le  devint  moins  , ou  même 
laifia  la  place  à une  autre  plus  roide. 
Alors  l’a  ne  retint  de  fes  contours  Ci- 
nueux  , qifunc  petite  inflexion  , avant 
que  de  pmiflcr  obliquement  par  le  haut 
vers  la  droite  deux  pointes  obliques  , qui 
lailTuicnt  fubfiller  fon  ouverture  primi- 
tive. On  les  vit , dès  l'entrée  du  xii*. 
fiècle , 1°.  s'abaifler  vers  la  gauche , l’une 
en  dehors  & l’autre  en  dedans  , 1°.  fe 
perdre  toutafait  , j°.  leurs  extrémités 
fupérieutes  fe  téunir  en  bec  aigu.  Mais 
en  général  l'écriture  tremblante  , quoi- 
que moins  cultivée  fur  la  fin  du  xi*. 
fiècle  , ne  fut  abandonée  , qu'au  x 1 1 
On  fe  vetroit  forcé  de  revenir  fins  cefle 
fur  cette  écriture  ; fi  l’on  manquoit  d'ob- 
ferver  en  général  ,que  les  rrcmblcmens 
affcêlcnt  particuljctement  les  lettres  fuf- 
ceptibles  de  rondeur.  On  peut  mettre  à 
leur  têt%  les  Atcdeho^,Sc  leur  join- 
dre quelquefois  les  mnp  r»  ; pour  ne 
point  parler  des  autres  caraétères , moins 
fujetsa  ferpenter,  tels  que  Icsr  ,/,  6rc. 

Au  x'.  fiècle , r«  alongé  fe  fêrmd  fbu- 
vent  par  un  trait  , dont  la  convéxité  , 
plus  ou  moins  grande  , teottoii  tonjontt 


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DE  DIPLOMATIQUE.  lyj 

diviHon,  par  leurs  renflemcns  triangulaires,  tantôt  dans  les  cô- 
tés, tantôt  dans  la  ligne  tranfverfale, tantôt  dans  les  bafes,  tantôt 
dans  les  fommets  ? En  un  mot , combien  ces  variétés  & tant 
d’autres  , dont  le  détail  deviendroit  ennuyeux , n’ont-elles  pas 
engendré  de  nouvelles  figures  d’A  ? Pour  le  comprendre  , 
il  lufit  de  réfléchir  fur  les  combinaifons  innombrables , qui 
en  peuvent  réfiilter , & fur  celles  , qu’y  doivent  ajouter  la 
fucceflion  des  fiècles  , le  génie  des  nations  , le  caprice  des 
particuliers  , les  diférentes  fortes  d’écritures.  Ces  obfèrva- 
tions  ont  lieu , par  rapon  à chacune  de  nos  autres  lettres  ; 
fans  qu’il  foit  néceflaire  de  leur  en  faire  toujours  d’aplica- 
tion  fpéciale.  Nos  alphabets , nos  modèles  d’écritures  & les 
remarques , dont  ils  feront  acompagnés  fupléront  à celles  , 
qu’on  fe  voit  forcé  de  paffer  ici  fous  filence. 

. Dans  la  minufcule,  les  ÛC  prefque  femblables  (ij  à deux 
€ , qui  ne  fe  touchent , que  par  un  point , marquent  une  an- 
tiquité vénérable.  Tels  on  voit  les  a depuis  environ  le  mi- 
lieu du  vi‘.  fiècle  jufqu’au  ixc.  Mais  des  CL  , pour  l’ordinaire 
avec  un  délié  très-fin  par  le  haut , furtout  s’il  efl:  horizontal , 
dénotent  le  plus  fouvent  un  tems  fupérieur  à la’moitié  du  vi'. 
fiècle.  L’a  ouvert  (i)  par  le  haut  a dû  naitre  de  la  fineffe  du  dé- 
lié. Eckhard  (a)  obfèrve  , qu’il  eft  aifé  de  confondre  enfemble 
les  anciens  a àc  t minufcules  OC  Q7  , & que  leur  reffem- 
blance  a ocafioné  plufieurs  méprifes.  Cela  efl  vrai , particu- 
lièrement dans  les  écritures  mérovingiennes.  Si  dans  la  cm- 
five  les  a ont  toutafait  la  forme  de  l’ H ; l’age  des  pièces  , 
où  ils  fe  rencontrent , remonte  au-delà  du  ix‘.  fiècle.  Il  en 


eo  dedans.  Deux  eents  ans  plutôt  en 
France  , la  pointe  droite  de  f»  ouvert 
Ce  portoit  en  dehors , fait  eu  fe  courbautj 
feic  en  formant  un  angle  aigu.  Vers  le 
milieu  du  ix'.  liècle  , fes  deux  bouts  fe 
terminèrent  , fans  nulle  infiéxion.  Sur 
fon  déclin  , le  côté  gauche  fit  defeendre 
vers  le  droit  une  pointe  oblique  , dont 
rouvettute  de  l'a  fc  trouva  fermée. 
Bientôt  après  le  côté  droit  prit  une  poin- 
te fembtable  à celle  , qu'il  avoir  négli- 
ée.  Les  pointes  rabarucs  ne  forent  pas 
e longue  durée.  Cela  n'cmpccha  pas 
^e  les  CC  ourens  oc  tendilTcBC  toujours 


à fe  réunir.  Leur  union  ne  devint  pour- 
tant pas  fréquente  en  Allemagne  avant 
la  fin  du  x°.  fiècle:  mais  leur  ouverture 
ne  fe  ferma  généralement , que  fur  le 
retour  du  xi°. 

(i)  Ceux  qui  bornent  cette  relTem- 
blancc  à la  feule  écriture  lombardique  , 
n'ont  pas  aficz  examiné  les  anciens  mlT. 

(x)  Les  auteurs  Romains  des  ancien- 
nes Limites  l'employoient  dans  leurs  opé- 
rations , comme  il  cil  prouvé  par  l’édi- 
tion de  Turnebe  de  pag.  loi. 

Cette  foite  d'rs  étoit  donc  en  ufage  dans 
récriture  , fous  j’empire  Romain. 

V ij 


II.  PARTIE. 
Sect.  III. 
Chaï.  IV. 


( m)  I/;«  Trmti 

Sslic*.  (.  1 4. 


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IJ.  PARTIE. 
S E C T.  I 1 J. 
Chae.  IV. 


ObferTatioTU  fui 
tes  figues  du  b de 


ijtf  NOUVEAU  TRAITÉ 

eft  de  meme  de  ^ ces  liés  avec  les  lettres  précédentes  ou 

fubféquentes. 

Rien  de  plus  ordinaire  , dans  les  notes  de  Tyron  , que 
fc  petit  Cl  • Il  s’y  trouve  comme  lettre  initiale  , fubfidiaire 
& finale.  Mais  il  eft  renverfé , tourné  à contrefens  , tenant 
en  qualité  d’initiale  à une  queue  alongée  , qui  lui  donne  la 
(i)  figure  d’une  h , communément  perpendiculaire , & quel- 
quefois panchée  vers  la  droite  ou  vers  la  gauche.  Quelque- 
fois aum  fa  courbe  s’élève  ainfi  du  pié  b . L’a  majufcule  , 
mais  fans  traverfe , fê  reproduit  en  bien  des  fens  dans  les  notes, 
quoique  moins  fouvent , que  le  petit  a en  forme  d’^.  Outre  la 
pofition  naturelle  du  premier;  il  fe  voit  obliquement  incliné,  & 
meme  couché  , de  façon  que  fes  jambages  font  tournés,  tantôt 
d’un  côté  , tantôt  de  l’autre  > <.  Au  moyen  d’une  jonéHon 
avec  quelque  lettre  fubfidiaire  , il  n’a  très-fréquemment  de 
propre , qu’un  feul  jambage , foit  perpendiculaire  , foit  in- 
cliné vers  la  droite  ou  vers  la  gauche.  De-la  vient  fans 
doute  , que  pour  exprimer  l’A  tyronien  on  fe  contente  (i) 
également  de  fon  coté  droit  & de  fon  côté  gauche  , foit 
tranché  , foit  terminé  en  pointe.  On  reconoit  aulli  fans  pei- 
ne , dans  les  memes  notes  1’  4^  des  mflV  S’il  en  difere  , c’eft 
pareequ’il  n’a  point  de  pente.  Tel  étoit  l’A , dont  on  faifoit 
ufage  chez  les  Grecs  , au  tems  de  la  plus  haute  antiquité; 
Ce  n’eft  peutêtre  pas  fans  quelque  allufion  à cette  antiquité  y 
qu’il  fert  précifément , pour  exprimer  ce  mot , celui  d'an~ 
cien  , à’ antiquaire  & autres  femblables.  Quand  l’A  tyronien , 
eonfiftant  dans  une  fimple  bare  horizontale  n’eft  employé , 
que  pour  l’Æ  ; il  eft  cenfé  écrit  (5)  par  un  feul  E.  > 

IL  Les  plus  (4)  anciens  t grecs  , dont  nous- ayons 


^x)  Un  des  amears  des  Limites  p.  loi. 
f’en  fcrc  comme  d'un  A.  Sculcmcat  il 
pofe  fa  haJie  hocizontalemem. 

(1)  Lufagedet  deua  côtés  n'cft  pour- 
tant pas  indifércnc  : le  droit  vaut  ad  le 
la  gaaebe  ai.  Ces  deua  notes  font  mal 
dans  la  planche  fé.  de  Oom  Mabillon  , 
ainfi  (]ue  plufie  .rs  autres.  Mais  U faut 
s'en  prendre  au  fameut  Pierre  Hamon  , 
des  mémoires  duquel  il  les  avoit  em- 
pruntées. 

O J C'cfl  ainfi  Æihhpia  dans  la 


deuxième  nette  de  l'àlpliabct  tyronien  dn 
P.  Carpentier  commence  par  un  E.  Il 
devoir  donc  rejeter  le  même  mot  aux 
notes  de  cet  élément.  Il  y a d'autres  fau. 
tes  à coriger  dans  les  deux  notes  fuivan- 
tes  de  notre  auteur  : par  exemple  , dans 
auraa  & dans  antijut , dont  la  figure  a 
plus  qu'aucune  autre  toutes  les  condi- 
tions eficnticlles  , pour  confUtuer  une 
note  réparée. 

(4)  On  ne  s'amufera  pas  a.  montrer 
.les  râpons  de  cette  lettre  arec  les  11 


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DE  DIPLOMATIQUE,  ,J7 

Conoi/Tance  , formoient  deux  triangles  fur  une  bafe  commu- 
ne,  foit  oblique,  foit  perpendiculaire.  On  en  remarque  de  n.  partie. 
fêmblables  , chez- les  Latins  & chez  les  ^uples  , qui  ÜKrx  chap’  iv' 
ulàge  des  runes.  Nos  B.  ne  font  que  la  meme  figure  arondie. 

Le  b minufcule  étoit  connu  fous  l’empire  Romain.  Quoi- 
qu’il  eût  rarement  entrée  dans  les  inferiptions , il  ne  laifibit  queue  du  t car- 

pas  de  (0  s’yglifler.  lettres  **d 

Le  b (a)  n’eft  pas  fort  rare  lur  les  monoies  latines  des  v.  ié»ariôn eftdgiit* 
& (l)  vi'.  ficelés.  On  ne  fauroit  douter,  que  l’antiquité  du  !>«« fervir  àïaer 
b n’^ale  celle  de  la  curfive.  Peutetre  néanmoins  n’étoit-il 
pas  encore  ordinaire  , ni  même  admis  dans  l’écriture , quand  (•)  B»tuiur. 
on  inventa  les  noces  de  Tyron.  Jamais  en  effet  il  ne  s’y  '■ 
montre,  comme  lettre  initiale.  C’eft  toujours  cette  moitié 
poftérieure  3 du  B majufcule.  Elle  partage  même  les  deux 
places  Sc.  de  fubalterne  Sc  de  finale  ,,  avec  ces  deux  figures 
^ </.  Oa  n’a  pas  de  peine  à reconoitre  ici  le  b curfif  ordi- 
naire & contourné.  Si  l’on  peut  former  quelque  doute  contre 
la  fécondé  , la  première  n’en  paroic  pas  (lifceptible. 

Dans  la  minufcule  , les  t communément  pochés  par  le 
haut  vers  la  gauche  marquent  au  moins  le  ix«.  ûccle.  Dès 


orientaux.  Pour  les  nimeoer  ^ une  ref- 
femblance  parfaite  ; il  ne  s'agit  tout  aa 
plus  , que  de  prolonger  tant  foit  peu  un 
en  deux  traits  , on  plutôt  de  fermer  une 
ou  deux  petites  lignes  laill?cs  ouvertes. 

( I ) Nous  ne  citerons  qu'une  dpitaphe 
payenne  , od  il  fe  trouve  rdpété  pliilieurs 
fois.  Elle  cft  (i)  raportée  & figurde  pat 
te  fénateur  Buonarruoti , d'aprit  les  in- 
tfriptions  domcIViques  de  Fabretti.  Ob 
pouroit  y joindre  beaucoup  de  monu- 
mens  chrétiens  , tel  que  celui  de  Gau- 
dence,  de  l'an  )]8. 

(i)  Dans  la  minufcule  des  mlT.da  vi'. 
£ccle  , les  montant  du  F & des  lettres 
dh  il  étoient  pat  le  haut  un  peu  cour- 
bées vers  la  gauche  : ou  bien,  tant  s’é- 
carter de  la  perpendieulaire  , ils  dou- 
bloient  feulement  ifépaiirenr.  A cette 
couebute  fupérieute  , dom  il  relloit  en- 
core des  traces  au  vu  i'.  tiède  , fuc- 
céda  l’abaifTcmcnt  d'une  pointe  vert  la 
gauche  . ou  l'arondiiTemcnt  du  bout  de 
ces  lettres  eu  ferme  de  batant.  Mais 
dahs  le  dejEuici  cas  il  doit  plutôt  éuc 


fupbfé  en  plein  , qu’à  jour  : ce  qui 
marqueroit  une  antiquité  plus  recit- 
Ice.  Au  ix'.  Cédé  , la  pointe  de  cef 
lettres  , à queue  tronquée  , les  fit  abou- 
tir en  ttianele  rcdangle , donc  la  bafe 
feroit  tirée  norizontaleiilent , de  l'angle 
gauche  vers  le  côté  dioit.  Cette  termi- 
naifon  triangulaire  ne  fit  que  s'acrédircr  \r)  OJ/nvatuiù 
au  x'.-  fiede.  Au  xi  i‘ , Tufage  n’en  étoit  fif'* 
pas  encore  pallé:  mais  le  xi*.fe  diAinguc  div»/t  mi- 
davantage  par  des  fommets  , qui  tran-  ™ ^ vttn.  — 1» 
chent,  loit  obliquemeiu  foit  horizontale-  Birrtix,.  171  f, 
ment  le  bahtde  ces  lettres.  Souvent  aullî 
les  voit-on  terminées  en  fourcbe,deat  l'u- 
fege  fe  maintint  plus  ou  moins.jufqu'aux 
derniers  tems.  Entre  beaucoup  d'autres 
moyens , qui  peuvent  contribuer  au  diC- 
cemeroent  des  écritures  niinufculcs  des 
IX.  x.  & ai',  fiécles  , regardé  comme 
impofiible  par  des  auteurs  de  nom  ; ce 
détail  de  la  figure  des  lettres  il  queues 
fupérieutes  elt  très  - propre  1 réfoudre 
une  dificulté , dont  il  cft  de  l'mtérct  du- 
public  , qu'on  ttouve  enfin  le  dénoia- 


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II.  PARTIE. 

S F C T.  III. 
CHA7.  IV. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
auparavant, la  même  partie  commençoit  à devenir  tranchante; 
Les  pointes  y fuccédant  infenfîblement  «onduifirent  cette 
lettre , ainli  que  les  autres  , au  gothique  moderne.  Durant 
le  VIII'.  ficelé  , la  queue  du  I des  mff.  devint  un  peu  lom 
gue  &c  tranchée  par  fon  fommet  ; furtout  fi  l’écriture  étoit 
demi-onciale.  Avant  ce  tems  elle  fembloit  alTer  unie  : quel- 
quefois elle  fe  courboit  vers  la  gauche  : le  làxon  en  fera  la 
preuve» 

PalTons  à la  curfive  antique  des  diplômes , où  les  C por- 
toient  des  queues  fort  élevées.  Communément  elles  delcen- 
doient  autant , qu’elles  avoient  monté  ; foit  que  leurs  traits 
d’élévation  & de  defeente  fe  féparalTent  prefque  entière- 
ment , ou  fe  confondilTent  ( i ) toutafait  ; loit  qu’ils  fe  tra- 
verfalTent  une  ou  deux  fois.  Ces  divers  mouvemens  de  la 
main  firent  fuccellivement  naitre  , ou  paroitre  en  même 
tems , au  bout  des  <]^ueues , beaucoup  moins  exhauffées  de 
la  minufcule , ces  traits  noués , pochés  , tranchans  , fi  pro- 
près  à fixer  l’age  de  ces  fortes  d’écritures.  Quand  le  bas  du 
i de  la  curfive  romaine  n’étoit  pas  compofé  de  deux  traits 
diftindls  ; fouvent  il  fe  trouvoit  par  le  bout  affez  aigu.  Sa 
courbe  inférieure  en  s’élévant  s’éloignoit  de  la  halle  , qu’elle 
venoit  enfuite  chercher  , & couper  par  une  ligne  horizon- 
tale, nailfant  d’une  courbure  légère.  La  même  partie  du  de 
la  curfive  mérovingienne  formoit  à (r)  peu  près  une  petite  s , 


( 1 ) Dans  la  romaine  1a  plot  anti^ue,ceUe 
celle  du  v‘.  liiclc,OD  en  voie  beau- 
coup. Il  faut  en  dite  autant  de  cea  jUdont 
la  panfe  s'oavte  ou  s'abailTe  fi  coufiddra- 
ment  du  côtd  droit , tju'on  la  ptendroit 
fourent  pour  une  fimple  baTc  : candis 
que  du  côté  gauche  la  ligne  eédoublée 
s'élève  & s'acondit  C bien  j qu'elle  ne 
fe  trouve  que  peu  ou  point  diférente  do 
d.  Quelquefois  même  la  panTe  du  , 
abfolunienc  femblable  au  d , cil  couca- 
bit  cranfpottée  au  côté  opolé  à fa  poli- 
tjon  naturelle  , fans  qu'il  en  telle  de 
l'autre  la  moindre  trace.  La  meme  lettre 
à lîmple  queue  , mais  toujours  afeâaot 
la  ligure  du  f , teparoit  dans  les  écti- 
turcs  mérovingiennes  & carolines.  Au 
iri  1 1',  fouvent  la  panfe  des  b ,Ce  boucle , 
h Ce  traverlê  intéticuremeDC  en  fa^on  d'r. 


formant  une  queue  inférieure.  Tels  font 
quelques  t C des  diplômes  de  Childe- 
bert  111.  & de  Charlemagne.  Il  en  eft 
aulTi  de  mérovingiens  des  vr  t.  Scvi  1 1*. 
liécles  , & de  romains  du  ix° , donc  la 
panfe  repliée  en  boucle , fe  cetroiac  en  < : 
comme  on  voit  dans  t,  la. 

(r)  Le  tf  t qui  n'a  pour  toute  panlc, 

3u'une  t extérieure  , k fans  aucun  retonc 
ans  fon  intérieur , s'étend  depuis  le  vr*. 
lîécle  , jufqu'au  vi  1 1'.  Si  ce  trait  joint 
la  balle  ou  la  craverfe  ; fa  durée  fera 
bornée  à peine  par  le  xt*.  Les  ik  pan- 
fe  prolongée  dans  leur  cavité  , prefque 
en  forme  d'r  , caraâérifcnc  les  Cedex 
mérovingiens  : à panlê  ondulée , ils  par- 
viennent au  x‘  , k meme  au  xtv°.  en 
Ecolfc  i quoique  dans  un  goût  aprochav 
du  B raajufcule. 


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DE  DIPLOMATIQUE,  ij9 
Ônanc  à la  halle  du  b.  L’une  & l’autre  écriture  nous  ofre 
aufli  des  i également  arondis  des  deux  côtés  par  le  bas. 
Dans  la  carolme  & plus  généralement  dans  la  lombardi- 
que  , la  panlè  du  i étoit  remarquable  par  fa  rondeur  ôc 
fa  petitefl'e.  Elle  étoit , furtout  chez  les  Lombards , fouvenc 
furmontée  d’une  pointe  horizontale  tournée  vers  la  droite  , 
& qui  lui  fervoit  pour  l’ordinaire  de  liaifon  avec  la  lettre 
fuivante.  Nous  parlons  de  la  lombardique  du  premier  âge. 
Au  furplus  dans  toutes  ces  curfives  , les  queues  des  6 d A l 
(i)  étoxent  quelquefois  alongées  au  point  de  traverfer  la 


t (i)  Ces  quatre  lettres, auxquelles  on  peut 
ajouter  le  X & niênie  j'i , s'iléveut  des  le 
temsdesRomainSjjurqu’à  pdndtrer  outou- 
cJiei  la  ligne  prdcddence , ou  s'en  apro- 
cher  de  fort  près.  Telle  eif  encore  a la 
fin  du  ix‘.  fiècle  leur  excelIÎTe  hauteur. 
Ceft  trop  peu  dite  : elle  enchérit  de 
beaucoup  fur  ce  qu'on  aroit  vu  de  plus 
énorme  en  ce  genre.  Les  queues  prolon- 
gées , fans  mefure  , ne  font  pas  renfer- 
mées , dans  les  feuls  diplômes  } on  en 
voit  encore  dans  quelques  anciens  miTipac 
exemple , dans  celui  du  roi  j8)<  ,en  ea- 
raélères  lombardiques  du  viii*.  fiècle. 
Il  s'y  trouve  aulTi  de  ces  lettres , à queues 
xccoquillécs.  En  général  leurs  montans 
ne  dcfccndcnt  pas , i proportion  de  ce 
que  ceux  de  leurs  compagnes  s'élèvent. 
Ik  font  même  fiijccs  a plufîeurs  varia- 
tions , dans  les  diplômes  dn  ix*.  fiècle. 
Les  queues  de  quelques  lettres  defeen- 
dent  beaucoup , ranuis  que  les  antres  le 
font  très-peu.  Dans  certains  mlT  , c’eft 
furtout  è la  dernière  ligne  , que  les 
queues  defccitdent  aufli  bas  , qu'elles  le 
peuvent.  Il  ell  des  diplômes  de  Louis 
le  débonairc  , ou  raiement  celles  des 
s'abaifTenc  ao-dclX  du  milieu 
de  l'intervale  des  lignes  en  blanc  , donc 
rétendue  e(l  ordinairement  d'un  pouce. 
Mais  les  hautes  queues  àt%  iih  l fur- 
palTent , traverfenc  , pénètrent  , ou  dn 
moins  touchent  la  ligne  fnpétienre  : pen- 
dant que  celles  des  c , e i , » , r ,/,  < j 
lotrqu'cHes  s’élèvent  , ne  pafTcnt  qu'à 
peine  la  moitié  de  l’efpacc  interlinéaire. 
les  montent  k defeendent 

prefque  toujours  exctaordmaircmcnt  , 
quand  cet  Ictnes  fout  initiales.  Les  x 


ont  quelquefois  une  queue  confidérable* 
ment  abaifTéc.  Vers  le  milieu  du  ix". 
fiècle  , on  s'aperçoit , que  les  dfi  k les 
f dcrcendcnt  moins  ; les  r k les /très- 
peu  , k ne  montent  point  du  tout  , fi 
ce  n'cft  en  conjonélion.  Mais  l'i  final 
comittuc  de  defeendre  notablement.  A 
tout  prendre  la  hauteur  des  queues  af- 
ceodantet  fc  fbncienc  mieux  , que  l'a* 
baifTement  des  queues  defeendances.  Les 
premières  toocnoicnc  encore  fouvent  la 
ligne  rupérientc  fur  la  fin  du  x‘.  fiècle. 

Au  VI  i‘.  cet  traits  montent  direéle* 
ment , fans  fc  terminer  pour  l'ordinaire 
en  pointes  un  peu  rabatues  : dans  la  fui- 
te infenfiblcmenc  ils  s'inclinent  vers  la 
droite.  Quelquefois  même  ils  fe  trou- 
vent rompus.  Avant  le  même  fiècle , ils  fe 
replient  encore  plus  fouvent  fur  eux -mê- 
mes , en  parcourant  de  rechef  au  moins 
une  panie  de  la  ligne, qu’ils  ont  formée.  A 
peine  le  viir*.  fiècle  commençoit-il  b 
décliner , que  les  queues  de  CCS  lettres 
fe  jetèrent  communément  vers  la  droite 
par  une  courbure  déjà  confidérable.  Ce 
caraéicre  parut  encore  plus  marqué  , dès 
l'entrée  du  ix‘.  Vers  fon  milieu  , les 
mêmes  queues  fc  perdirent  en  déliés  très- 
fins  , on  décrivirent  des  anfes  profon- 
des , donc  on  porta  la  pointe  de  plus 
en  plus  du  côté  droit.  Avoir  - on  pour 
but  de  guérir  enfin  les  écrivains  de  cette 
manie  invétérée  , qui  faifoic  pouffer  les 
queues  des  lettres  à travers  la  ligne  fu- 
périeure  : défaut  abfolument  inévitable  ; 
tant  qu’elles  continuroient  de  monter  per- 
pendiculairement , ou  peu  s'en  finit , fans 
rien  perdre  de  leur  longueur  > 

£n  Allemagne  aa  x*.  ^clc , les  queues 


II.  PARTIE. 
Sec  T.  III. 
Ch  a?.  IV. 


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160  NOUVEAU  TRAITÉ 

-■  ligne  fupérieure.  Les  b à panfe  plus  ou  moins  anguleufe  , le 

II.  PARTIE,  montrenc  au  xii<=.  fiècle  , & continuent  avec  quelques  (i) 
c*h'a  P.”  V.  variations  , jufqu’au  renouvellement  de  l’écriture. 

Qu’on  ne  s’atende  pas  à voir  ici  les  additions  , rétran- 
chemens  , &:  changemens  de  lettres , fi  ordinaires  aux  an* 
ciens  mff.  & diplômes  ; accidens  , auxquels  le  B fijt  au- 
tant & plus  fujet  qu’aucune  autre  lettre.  Ces  madères  ne 
font  pas  du  reflbrt  du  préfent  chapitre  ; mais  de  celui , où. 
l’on  traitera  de  l’orthographe  des  anciens.  Nous  finirons 
donc  l’article  du  B , par  obferver  , qu’il  faifoit  quelquefois 
fonûions  de  digamma  éolique  devant  l’R,chez  lesEo- 
f.  J4»-  liens.  Ainfi  .au  lieu  de  (a)  po<A)ç , ils  écrivoient  ipoSoç  , rofe. 

r&Cmémelet.  IH.  Le  Tl  famaritain  ou  phénicien  & le  T grec  font  prê- 
tre ! c caré  angu-  cifémcnt  les  mémes.  Si  leur  pofîtion  fomble  mférente  ; elle 
flicei  difparoit  dans  l’ancien  grec , alant  de  droit  à gauche.' Avec 

RQ X grec  pris  le  tcms  le  T , & Comme  grec  & comme  latin , s’eft  caré  ou 
pour  des  c CD  courbé  dc  1^  forte  E C.  En  vain  de  crès>habile$  gens  onc-iU 


des  bihîl  {urtot  'fomrcDC  brifto.  Sur 
des  pcrpendicaUires  d’un  quart  de  pouce 
s'él^voicur  des  lignes  obliques  , fix  ou 
fepe  fois  plus  étendues  : mais  roujouis 
dirigées  de  même  fens.  D’obliques  en 
les  vit  fe  mécamorphofet  eu  horizonta- 
les , lâos  varier  leur  direâion  vers  la 
droite. 

En  même  tenu  la  Erance  aima  mieux , 
tantôt  les  terminer  en  boucle  , donc  l'ez- 
trémité  s’élevoit  en  haut  ou  le  rabaif- 
fôit  vers  la  gauche  ; tantôt  leur  faire 
feulement  décrire  des  lignes  tremblan- 
tes. L'uae  St  l’autre  maniéré  eurent  leurs 
partilâns  au  x*.  liêcle.  L'Efpagne  n'élé- 
‘voit  pas  fi  hant  les  lettres  à queue.  Mais 
elle  avoic  cela  de  fingulier , qu’elle  les 
tranchoit  par  des  fommets.  L'afage  le 
plus  généralement  fnivi  pour  lots  éioic 
d’incliner  plus  ou  moins  les  mont  ans  de 
ces  lettres  vert  la  droite  , on  même  de 
les  élever  perpendiculairement  , mais 
moins  que  dans  les  rems  antérieurs.  C’cll 
ptefqne  h quoi  l'Allemagne  s'en  tenoic , 
dés  le  commencement  du  xi'.  fiêcle. 
Vers  le  milieu  du  iti*.  elle  chargea 
ces  lettres  de  traits  , qui  ferpentoient 
fut  leur  extrémité  fupéricure  ,foit  qu'ils  | 
«runifleat  avec  elles  , comme  pour  | 


les  continuer  , foit  qu'ils  en  fiilTeot  ab- 
folument  détachés.  Cette  mode  dura  peu: 
celle  de  terminer  les  mêmes  lettres  par 
deux  traits  fourchus  y fuccéda.  Elle  ne 
fe  Ibutinc  guère  davantage  dans  un  cer- 
tain crédit , hors  de  la  minufcnic  : mais 
aulfi  ne  fe  pallâ-telle  pas  fi  vire.  Aa 
commencement  du  xiii‘.  fiêcle  , les 
queues  des  mêmes  lettres  aboncüToienc 
en  f>J  pofées  horizontalement , ou  eu 
aufe  de  panier. 

( I)  Leur  queue  s’étoit  courbée  en  bien 
des  manières , avant  1a  fin  du  xi°:  mais 
ce  n’elb  que  depuis  cette  époque  , 
u’elle  commence  a fe  voûter.  An  xi  1 1 
e furbaifl'ée  , leur  voûte  devient  lhr> 
hauffée , ou  tombe  dans  diverfes  irrégu- 
larités. La  queue  formée  foie  d'un  , loir 
de  deux  traits , s'abailTe  au  xtv'.  |ufqu’i 
coucher  fa  panfe  ou  là  halte  , a difé- 
rences  hauteurs.  Quelquefois  elle  s’a- 
vance par  des  lignes  eourccs  ou  mixtes, 
au-delà  de  là  panfe.  L’EcolTe  noos  fôur- 
nit  alors  deux  queues  de  chaque  côr£ 
de  la  halte  du  ê à voûte  rehaulTée.  Aa 
xv‘.  la  panfe  Ac  la  queue  do  à à peu  prés 
de  hauteur  égale  , le  réunilTenc  & por- 
tent en  commun  une  painte  vers  la  gau- 
che. 

cherché 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

cherché  l’origine  de  l’une  & de  l’autre  figure  , dans  le  ^ 
des  Hébreux  , le  K ( i ) des  Grecs  , le  31  des  Ecrufques. 
Nous  le  répétons  , les  C carés  ou  courbes  font  nés  du 
fa)  r.  Toutes  ou  prefque  toutes  les  plus  ancieruies  écritures 
d’Europe  ont  leur  troifième  élément , fous  une  ou  plufieurs 
decesngutcs  , auxquelles  on  peutajoutet(3^  celle-ci  , fans 

Eréjudice  des  autres  moins  générales.  Le  gamma  grec  cour- 
é n’eft  pas  trop  fréquent  : mais  cette  forme  eft  ordinaire 
chez  les  Etrufques , & beaucoup  plus  chez  les  Romains.  Le 
E caré  latin  eft  bien  plus  rare  , que  l’autre  dans  tous  les 
tems  : quoiqu’on  ne  laiffe  pas  d’en  voir  grand  nombre  d’e- 
xemples , avant  & furtout  {4)  depuis  la  naiflance  de  notre 
Seigneur.  Vers  le  xi*,  ficelé  il  étoit  aflez  fréquent  dans  les 
inferiptions  , mais  plus  élancé.  A force  de  prolonger  les 


( i)  Encore  tour  récemment , Don  Ve- 
Infquez  (4)  a prétendu  dériver  le  C la- 
tin du  K grec.  La  preuve  tirée  d’une 
médaille , portant  M V N I ^ I , ne  fait 
tien  contre  nous.  L’avant-demiére  let- 
tre n'ed  pas  un  K , mais  un  C.  Il  auroit 
mieux  valu  donner  ce  caraâére  celtibé- 
ricn  an  Icul  C , que  de  l'atribnet  éga- 
lement an  K & à l'L.  Au  refte , la  for- 
me de  K s'ed  maintenue  dans  les  an- 
ciennes médailles  efpagooles.  Don  (é) 
Velalqnez  y ajoute  le  (a.  Si  cela  ell, 
il  auroit  expliqué,  ce  femble,  plus  heu- 
xeurcment  le  revers  de  la  dixiéme  mé- 
daille de  fa  XIV ‘.  planche  , par  CASK, 
qAe  par  LASE.  Pline  fc)  compte  pacmi 
les  peuples  d'Efpagne  CafcMntmfts. 

(i)  Ce  qni  doit  eonfirmer  la  defeen- 
dance  ou  plutôt  l’identité  du  C Ac  du  T ; 
c'eA  qu'outre  le  même  rang  , que  ces 
deux  caraélércs  ocupent  dans  l'alpliabet  -, 
le  C & le  G fe  eonfondoient  chez  les 
latins , an  point  d’étte  mis  fouvent , & 
prefque  induétemmeotrun  pour  l’antre. 
Aufli  le  Cardinal  Noris  (d)  ne  balance-t-il 
pas  à reconoitre  le  C pour  le  G primitif. 

()}  Quoique  le  C tond , comme  élé- 
ment initial , revienne  ttèa-lréquemment 
dans  les  notes  de  Tyron  , & qu’il  n'y 
foie  guère  moins  employé  à eontre  (èns , 
& même  renvetfé  $ le  < anguleux  y 
fort  aulli  i tendre  plulienrs  mots  : 
fouvent  néanmoins  fa  bafe , d'oblique  de- 
vient L horizontale.  O.  Caipentiet 

Tom*  //. 


renferme  fous  là  j*.  Note  ; non  feule- 
ment les  deux  fortes  de  C anguleux  : 
mais  encore  le  X grec  du  mot  chtris , 
& le  Q latin , dans  les  trois  derniers  mots 
de  la  même  note.  Or  ces  deux  lettres 
font  autant  difétentes  du  C tyronien  , 
qu'elles  lui  font  étrangères.  On  peut 
voir  dans  Gruter , p.  171.  châriti , cbtrM- 
iium  , chtrtgi»riiu  , cbêtMmlti.  Lear  let- 
tre initiale  cil  manifcAemcnt  le  X grec. 
Il  fe  trouve  anlTi  dans  les  deux  derniers 
pfeaumes  en  notes  de  S.  Germain  des 
Prés.  L’antcut  n’a  pas  fait  non  plus  aten- 
tion  , que  les  Latins  , par  principe  , 
fubAituoient  fouvent  le  Q au  O;  lotf- 
qu'il  étoit  fuivi  d’un».  Ceft  ju/lement 
ce  qui  eA  arivé , dans  les  trois  derniè- 
res loentions  de  fa  note.  Pa- 

reille inadvertance  lui  a firit  actibuer  an 
■C.  une  Cxième  noce  , donc  tances  les  ex- 
prefEonsaparticnnenc  au  K.  Il  étoit  aflez 
ordinaire  aux  Latins  d’écrire  pat  un  K 
les  mors  , que  nous  rangeons  fous  le 
C , lorfqn’il  étoit  fuivi  d'un  4.  Sa  qua- 
trième noce  femble  même  un  peu  fuf- 
peâe.  Bien  dilcutée  & ramenée  1 fa  vé- 
ritable ^ure  ; elle  pouroit  fe  réduire  à la 
deuxième  note , qui  n'eA  ancre , que  le  C 
tourné  ven  la  gauche. 

(4)  On  le  trouve  fouvent  fur  les  mé- 
dailles de  nos  rois,  aux  vi.  te  vit*,  fié- 
des.  L«  BImiu^tiüU  tUt  mtniiti  /.44.4t. 
I Sand.  Humift,  t.f.  ta). 

X 


IL  PARTIE. 

S Z c T.  III. 

Ch  AV.  IV. 

notes  de  Tyron  t 
quel  ufage  peut- 
on  faire  des  c mi- 
nufcules  &:  cutfifs, 
pour  diAinguerles 
écritures  des  fic- 
elés? 


(4)  Ea/>y».p.jt. 
fl.  tab.  r. 


(i)  Fa/./t. 


(d)  Cemstapôi* 
Pifmn»  Dijfirt.  4. 
c.  X.  $.  1.  cd.704. 


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162.  NOUVEAU  TRAITÉ 

— ~ traits  tranchaas  , qui  coupent  les  deux  bouts  du  C , il  s’en 

* s ^ fécond  c (X  , ou  du  moins  un  c Q fermé.  C’cft  ce 

c H A r.  1 Y.’  qu’on  apelle  C gothique  des  bas  tems.  Il  eft  un  autre  forte  de 
• double  ■€ , dont  les  deux  parties  fe  joignent  en  pointe  , vers 
fon  côté  gauche.  Cette  figure  n’étoit  pas  rare  , aux  v i . 
vu',  fiècles  , fur  quelques  moniimens  lapidaires.  Elle  avoir 
même  pénétré  dans  certains  mil'.  Mais  les  C majufcules  &: 
minufcules  brifés  , ou  à deux  traits  , y filrent  alors  encore  re- 
çus plus  favorablement.  Ces  deux  traits  , quoique  réels  de 
la  part  de  l’écrivain  , fe  confondirent  pour  l’ordinaire  en 
s’unilTant.  La  vraie  raifon  de  cette  brifure  venoit  de  ce  que 
la  lettre  -C  , & plufieurs  autres  de  la  curfive  romaine , étoienc 
fouvent  compol'ées  de  deux  pièces.  Celles , qui  conftituoient 
le  c curfif  prirent  diverfes  hgures.  Une  des  plus  ordinaires 
d.tns  les  écritures  romaines  , franco-g.tlliques  &C  carolines  , 
fut  celle  de  deux  de  ( i ) nos  c , montés  l’un  fur  l’autre.  Sous^ 
cette  forme , le  meme  caraéVere  ne  laill'a  pas  de  varier  , par 
des  grandeurs  (i)  relatives  aux  tems  , à la  nature  deS  pièces, 
aux  genres  de  l’écrimre  ; par  plus  ou  moins  de  courbure,  dans 
le  contour  entier  , ou  les  extrémités  feulement  de  chacun 
de  lès  demi-cercles  ; par  les  pointes  , les  angles  &c  les  arcs 
naiU'ans  de  leur  union. 

Il  n’elt  pas  nécelfaire  d’obfcrver  , que  depuis  dix-lcpc 
Cèdes  le  2 des  Grecs  ne  difere  preCpxe  plus  de  notre  C. 
Chez  eux , au  moins  fept  cents  ans  plutôt , leur  S avoir  com- 
mencé à le  courber  en  C : mais  l’ufagc  n’en  devint  ordi- 
naire , qu’environ  huit  Cèdes  plus  tard.  Ils  employèrent 


( 1 ) Nous  ne  trouvons  cette  cfpccc  de  t $ 
lu  dans  la  curfive  vtfigotliicjuc , ni  dans 
la  faxonc.  Cependant  la  Jcrnicre,  quoi' 
que  rarement  , nous  préfcnce  des  c fim> 
pics  » qui  s’élèvent  au-dcHus  de  la  li* 
gnc.  Le  f à double  demi  « cercle  n*cft 
as  étranger  à divcifcs  écritures  lom* 
ardiques  j Si  fur-tout  à quelques  > unes 
des  plus  récentes  : mais  il  l'cfl  à la  prin- 
cipale & plus  ancienne  eipéce. 

(x)  Anciennement  le  c , & fur-tout 
celui , qui  réfulioit  de  «leux  demi  - cer- 
cles , s'éleva  quelquefois  au-ddTus  de 
la  ligne  , dont  il  faifoit  partie.  Mais  ce 
ne  fut  qu'au  vxii*.  fie;Ic  , que  foo 


élévation  devint  fréquence  : ce  ne  fut 
u’au  ix'.  qu’cIIc  parut  ordinaire..  Sa 
arec  fut  celle  du  c curfif  à double 
courbure.  Lorfquc  les  autres  lettres  > à 
queues  élévées  rravcrfoicnc  la  ligne  fu- 
péricuTCi  ccllc-ci  en  pénécroit  feulement 
une  partie  , ou  du  moins  y couchoir  ^ 
quoiqu’alors  les  lignes  des  dipK^mes  fuf- 
fent  confidérabicment  éloignées  les  unes 
des  autres.  En  général  le  e même  double 
n’égaloit  pas  la  hauteur  des  è fi  / &c. 
mais  apres  la  fin  du  v 1 1 1 ficelé  , i!  éroic 
rare  , qu'il  ne  pafsâc  pas  la  moitié  de 
1 iuccr.'aic  , lailTé  entre  chaque  ligne. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  rgj 
fréquemment  le  C pour  l'S  , dans  ceux  , qui  précédèrent 
& fuivirent  immédiatement  la  naiflance  du  Sauveur, 

Le  C minulcule  des  mlT.  de  plus  de  mille  ans  fe  fait  re- 
marquer par  la  façon , dont  pour  l’ordinaire  il  courbe  in- 
térieurement fa  tète  , & donc  il  la  raproehe  de  Ibn  dos  , 
d’ailleurs  parfaitement  (i)  arondi.  Les  C relévés  , par  mi 
trait  courbe  , en  tournoient  fouvent  vers  le  haut  la  conca- 
vité. Les  exemples  en  font  plus  fiéquens  au  ix'.  ficelé  , 
qu’en  aucun  autre  , par  raport  à nombre  de  m(T. 

Les  c curfifs  Ibnt  d’un  caraélere  encore  mieux  frapé.  Ceux 
de  la  romaine  du  vi'.  ficelé  ,à  figure  alongée  , parfaitement 
arondie  haut  & bas , mais  légèrement  courbée  par  le  dos , 
ne  doivent  pas  nous  arecer.  Il  en  eft  d’autres  moins  ifolés , 
auffi  communs  alors , qu’inconnus  maintenant,  lis  deman- 
dent d’autant  plus  d’attention  ; qu’ils  font  très-propres  à fi- 
xer l’âge  ôc  les  genres  des  écritures  antérieures  au  xi  ic.  fiè- 
cle.  Quand  leur  partie  fupérieure  n’eft  pas  liée  à la  lettre 
fuivance  , elle  le  courbe  plus  ou  moins  : quelquefois  même 
jufqu’à  former  une  boucle  , donc  l’extrémité  s’échape  de  l’au- 
tre côté.  Cette  partie  eft  d’ailleurs  plantée  fur  une  cou- 
chée & renverlee  exprès  , pour  founrir  au  une  courbure 
inférieure  , en  lui  lêrvant  d’apui.  Souvent  cette  bafe  eft  en- 
foncée par  la  moitié  fupérieure  du  c , qui  tombe  direèle- 
ment  fur  elle  & la  traverle.  L’autre  moitié  de  1’  '\j  , qui  lêrt 
au  c de  balè  plus  ou  moins  couchée , fait  prefque  toujours 
partie  de  la  lettre  précédente. 

Si , dans  l’écriture  mérovingienne  , cette  vj  fe  redrelTe 
davantage  , c’eft  fans  celTer  d’être  à contre  fens.  Souvent  le 
haut  de  fa  tète  fe  trouve  mutilé  : plus  fouvent  l’ancienne 
bafe  difparoit.  Aulficôc  on  n’aperçoit  plus  , que  deux  f ou 
deux  portions  de  € , l’une  fur  l’autre.  Leurs  bouts  voifins  fe 
touchent  & s’aprochenc  de  tant  de  manière  diferentes , qu’il 


(i)  Si  les  liccles  fuivans  conferTCnt 
«jBclque  chofe  de  cette  figure  ; ils  en  di- 
minuent la  rondeur  , à proportion  qu'ils 
)ui  donnent  plus  d'dldvation.  Sa  hauteur 
eft  très-fcn(îble  au  in*.  Peu  après  le  r 
commence  a Ce  hèrilTer  & d'angles  Sc  de 
pointes  , qui  nous  anoncent  le  icgne  du 
gothique.  Vers  le  vi  ii°.  ficelé , certaines 


minuTcules  germaniques  terminoient  en 
hache  l'extrémité  fupérieure  de  leur  a 
Sc  de  leur  e.  Quand  dlcs  ne  les  confon- 
doienr  pas  ; elles  faildient  confifter  leux 
difércncc  , à refufer  au  dernier  une  in- 
flexion de  la  pointe  rupéricuie  , qa'cUct 
acotdoient  à l'auue, 

Xij 


II.  PARTIE. 
S i c III. 
Chap.  IY. 


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II.  PARTIE. 
S£»T.  III, 
Cha».  IV. 


itf4  NOUVEAU  TRAITÉ 

' eft  difîcile  d’en  faire  l’énuméracion.  Tantôt  une  pointe  inter- 
ne plus  ou  moins  prolongée  , ici  commune  aux  deux  parties 
du  d*,  là  particulière  à une  feule  , manifefte  leur  union. 
De-là  leur  arondilTement  relpeûif  : de-là  la  régularité  de 
leur  tout.  Tantôt  ces  moitiés  de  € bien  diftinétes  portent 
leur  pointe  d’union  en  dehors  , au  lieu  de  la  faire  paroitre 
en  dedans.  Tantôt  leurs  extrémités  mitoyennes , montant  5£ 
defcendant , fe  côtoient  plutôt  qu’elles  ne  fe  touchent  ; ou 
fe  touchent  plutôt  , qu’elles  ne  s’uni/Tent.  Tantôt  'elles  fe 
coupent  , au  lieu  de  s’unir , ou  tendent  à fe  joindre  , fans 
fe  toucher.  Enfin  par  la  réunion  de  trois  courbes  , ori  voit 
trois  f pour  un  , pofés  perpendiculairement.  Quelquefois , 
fans  ferpenter , le  haut  du  ‘E  en  fait  éclore  un  troificme.  Il 
nait  de  fon  extrémité  fupérieure  , prolongée  en  courbe  , 
apres  s’etre  repliée  fur  fa  gauche.  D’autre  rois  il  produit  ce 
troificme  T , en  fe  courbant  dç  la  meme  façon  ; mais  après 
avoir  formé  une  boucle , commencée  de  gauche  à droite , Sc 
finie  de  droite  à gauche.  Tel  fût  l’état  du  C franco-gallique , 
au  commencement  du  vi  i'.  fiècle.  Sur  fon  déclin,  les  dif- 
jonâions  des  deux  portions  duc*'  devinrent  plus  fréquentes.  Au 
contraire  fouvent  elles  s’unirent  enfemble  avec  tant  de  juf- 
teflè  ; qu’on  n’y  diftingua  , qu’une  ligne  tortueufe  ou  for- 
mée en  ferpentant. 

Sous  la  leconde  race  , les  c parurent  moins  inconftans 
dans  leur  figure.  Pour  l’ordinaire  , fur  un  fimple  petit  E s’en 
élançoit  un  oblong  , qui  prenoit  inlènfiblement  la  forme  de 
r f fermée  par  le  haut , mais  quelquefois  un  peu  panchéc  en 
dehors , fouvent  un  peu  courbée  en  dedans  & fans  pié  ni 
balê.  L’union  de  cette  partie  du  c avec  l’inférieure  le  fei- 
foit  régulièrement  par  une  pointe  commune  , inclinée  vers 
la  droite.  Voilà  l’idée  la  plus  exaéle  , qu’on  puiire-  donner 
du  c curfif  des  diplômes  de  Charlemagne.  Sous  Louis  le  dé- 
bonaire,  la  pointe  dé  jonûion  prolongée  s’éléva  prefque  aullî 
fouvent  qu’elle  s’abaiffa  , & plus  fouvent  même  dans  cer- 
taines pièces.  Mais  elle  le  perdit  bientôt  : S£  la  curfive  non 
alongée  des  privilèges  , acordés  par  les  princes  lès  fils , n’en 
conferva  guère,  que  l’angle  d’union  ; d’où  partoient  aupa- 
ravant l’une  ou  l’autre  pointe  , ou  toutes  les  deux  à la  fois. 
Dans  quelques-uns  de  ceux  de  Charle  le  duuve  j le  é^fiipérieui 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
ne  (urpaffa  pas  de  beaucoup  l’inférieur  en  étendue.  Mais  à 
peine  l’écriture  alongée  donna-t-elle  quelquefois  au  premier 
le  tiers  du  fécond.  L’ouverture  de  celui-là  , dès-lors  étroite  , 
fe  referra  jufqu’à  fe  fermer.  A ces  traits  les  diplômes  du  roi 
Eude  font  reconoilTables  ; quoiqu’à  cet  égard  ils  eulfenr  été 
prévenus  par  plulieurs  autres  , mais  avec  moins  de  confian- 
ce. Cependant  la  partie  fupérieure  du  croilTant  toujours 
en  élévation  ; fbn  extrémité  courbée  fe  traverfà  , & pouffa 
(i)  vers  la  gauche  un  trait  , plus  fouvent  long  que  court  , 
plutôt  courbe  que  droit.  La  jonélion  des  deux  c , qui  n’en 
valoient  qu’un  , fe  faifoit  alors  au  moyen  d’un  ventre  fail- 
lant  vers  la  droite.  Cette  mlinicre  de  terminer  la  partie  fu- 
périeure du  c lui  faifoit  prendre  la  forme  d’une  S.  Tel  eft 
îpécialement  le  goût  d’Allemagne  , fur  la  fin  du  xx'.  ficelé 
ic  dans  le  x'.  Mais , s’il  ne  s’agit , que  d’exemples  fans  fiiite  ; 
la  France  en  avoir  doiuié  plulieurs  , dès  le  vin*,  fiècle- 
En  même  tems  le  c purement  minufcule  commençolt  à 
s’infinuer , ou  plutôt  à s’aroger  tout  , dans  q^uelques  diplô- 
mes royaux.  A mefure  que  le  xf.  fiècle  déclinoit  ; les  con- 
quêtes de  ce  petit  c fur  le  curfif  fe  multiplioient.  Celui-ci 
devenoit  plus  écrafé , perdoit  de  tems  en  tems  fa  boucle  fu- 
périeure , Ôc  ne  retenoit  par  le  haut  , que  la  figure  d’une  S 
ordinaire.  Il  s’afoiblifToit  même  un  peu  dans  l’écriture  (i) 
alongée  , où  il  fembloit  s’être  rétranché.  Partout  où  le  c cur- 
fif  fe  maintenoit  encore  avec  fà  bopcle  ; fon  bouc  porté  d’a- 
bord vers  la  gauche,  fe  réplioit  quelquefois  vers  la  droite  , 
en  traverfant  de  nouveau  la  partie  fupérieure  de  la  même 
lettre.  En  France  , au  lieu  d’une  efpèce  d'^f  faillante  par  le 
' bas  ; une  façon  d’-f  faifoit  angle  avec  le  bout  du  / , mr  le- 
quel elle  pofoir.  L’écriture  alongée  unilfoit  par  un  nœud  ou 
par  une  boucle  {3)  les  deux  portions  de  1 , dont  l’inférieure 


(1  ] La  Timple  frifure  du  r , qui  s'^ien- 
doit  aufli  à IV , à P/&  i P/ , carailcri- 
/eni  bien  le  x'.  fiècle  , cjiioitju'elle  fût 
déjà  établie  fur  la  fin  du  ix*.  Elle  n'elt 
totalement  abolie  , qu'au  xii*.  en  AI- 
Icmagnc  , patrapon  aux  deux  premières 
lettres.  Ella  a'y  patoit  déjà  plus  au- 
delà  du  commencement  de  ce  fîéclc.  Dès 
le  précédent , elle  étoic  bannie  de  la  plu- 
part des  auaes  loyaumcs. 


(t)  DèsPân  p)l.  on  l’p  voit  réduit  , 
meme  en  Allemagne  , à prendre  la  figure 
du  f , prcfquc  fcmblable  à l’r.  Mais  fi  , 
dès  ;8o.  le  e’  V domine  ;ce  n'efl  qu'en 
1 to8  , que  le  ^ y femble  expirer. 

Au  lieu  de  l'angle  du'  milieu  , 1er 
deux  moitiés  de  cette  figure  auroient  dû 
s'unir  par  deux  courbes , donc  l'une  au- 
soit  formé  le  baur  de  l'«  , compofil  de 
deux  e j Sc  l’autre  le  bas  de  ïf,  pofée  delTiis, 

A 


II.  PARTIE. 
Stci.  III. 
Chap.  IV, 


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II.  PARTIE, 
S EC  T.  II  I. 
Ch  A 7.  IV. 


166  NOUVEAU  TRAITÉ 

paroiïToif  un  peu  tremblante.  Cette  dernière  forme  dura , d&: 
puis  le  milieu  du  x«.  fiècle , jufqu’au  milieu  du  fuivant.  La 
France  vit  alors  le  c ancien , dans  une  efpcce  de  crilê , par  les 
variations  continuelles,  qu’il  éprouva.  Celui  de  l’écriture  alon- 
gée  y fut  encore  plus  fujet , que  le  c de  la  commune  des  diplô- 
mes , d’où  le  petit  c clialToit  le  curfif  de  proche  en  proche , 
pour  s’enrichir  de  lès  pertes.  Plus  de  trente  ans  avant  la  fin 
de  ce  ficelé  ; à peine  reftoit-il  quelque  trace  del’éxiftence  de 
l’ancien  I ; C l’on  en  excepte  la  liaifon  du  c & du  ( i ) r , 
qui  fe  conferve  encore , dans  notre  écriture  imprimée.  On 
doute  > fi  hors  le  cas  d’union  de  ces  deux  lettres  , le  xxi*. 
fiècle  , pouroit  fournir  quelques  exemples  du  c antique.  C’en 
étoit  déjà  fait  de  lui , dès  la  fin  du  x*.  fiècle  , & le  com- 
mencement du  XI'.  par  raport  à bien  des  pièces  d’Alle- 
magne. 

11  s’en  trouve  pourtant  encore  alors  , où  il  fait  aflez  bonne 
contenance.  Mais  palTé  l’an  1030.  il  eftdificile  de  le  décou- 
vrir , meme  dans  l’écriture  alongée.  On  excepte  toujours  le 
â ; quoique , vers  le  milieu  du  même  fiècle  , on  commen- 
çât à divifer  quelquefois  ces  deux  lettres. 

' Le  petit  C des  chartes , après  avoir  abailTé  fa  tête  , la  re- 
levoit  fouvent  en  courbe.  Mais  ce  caraûère  eft  peu  confiant; 
quoiqu’il  le  devienne  davantage , aux  xii.&xiii*.  fiècles. 
En  général,  jufque  vers  le  milieu  du  xii'.  l’écriture  alon- 
gée repréfentoit  prefque.toujours  tremblant  le  c , tel  qu’il  pût 
être.  Le  vieux  c curfif  des  mlT.  &c  autres  pièces  en  minufciüe , 
cenoit  aulfi  très-fouvent  de  ces  infiéxions  tremblantes.  Dès  le 
milieu  du  xic.  fiècle,  on  voit  dans  un  diplôme  de  Henri  I , 
les  avancoureurs  du  C gothique.  Une  fécondé  ligne  , en 
forme  d’S  , y vient  couper  le  grand  C , a tête  relevée , Sc 
quelquefois  à bafe  femblable  à celle  de  l’jC.  Ces  traits  go- 
thiques fe  multiplièrent  en  France  , au  xi  i'.  fiècle.  Ils  fu- 
rent doublés  & triplés  , au  fiècle  fuivant  , même  dans  les 
chartesdenos  rois.  Quand  \me  fois  le  goût  (a)  fcholaftiquc 


(l)  Remarquez  l'origine'de  notre  H, 
(i)  Qium»ilmcdum  i^itur , h*rh»rit 
féuulo  XIII,  mifàum  circa  liirrai  eUfan- 
SitTts  jam  iadum  irrumftntt  , frifima 
/jiufiu  itjjariut  limarum  forma , ta  fro 


ailidii  & clegamihus  fcriflurli  , ail  aiji 
tortues  éo  mmùs  le^ibiles  feriptura  inva~ 
Iturim  ; ita  majortm  in  fictslo  x I v.  aoi- 
feriam  roperimus  in  coiieitus  , uli  difei- 
fliais  fcholafiieii  (ÿ  taanHat  naiit  i» 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
eut  prévalu  ; pouvoit-on  manquer  de  trouver  merveilleufcs 
les  produdions  les  plus  bifares  ? i 

IV.  Prefque  toutes  les  figures  du  daleth  phénicien  ou  fa- 
maritain  reviennent  aux  plus  anciennes  du  delta  grec.  A pei- 
ne faudroit-il  fuprimer  la  pointe  inferieure  du  premier  , 
pour  que  rien  ne  manquât  à leur  reflemblance.  Mais  qui 
peut  répondre , que  ce  ne  foit  pas  chez  les  Phéniciens  un 
alongement  de  pié  poftérieur  à Cadmus  î Outre  que  les  Grecs 
eux-memes  arondirent  , bientôt  apres , leur  > à lignes  droi- 
tes ; quand  les  Latins  l’auroient  reçu  fous  cette  forme  : 
il  auroit  été  fort  naturel , qu’ils  eulTent  changé  en  courbe  les 
côtés  obliques  du  triangle.  Réduire  deux  droites  en  une 
courbe , c’eft  diminuer  le  travail  de  l’écriture  , en  la  rendant 
plus  expéditive.  Les  Caldéens  & Syriens  ont  conlèrvé  le 
^cme  caradere  famaritain , en  y rétranchant  un  petit  trait. 
Les  Arméniens  femblent  y avoir  fait  une  fupreflion  encore 

Elus  légère.  Les  D runiques  portent  plus  loin  leur  reflem- 
lance  avec  le  phénicien , le  grec  Sc  le  faxon.  Quant  aux  D 
africains  , gothiques  , ferviens  , rufliens  ; leur  conformité 
avec  le  grec  va  jufqu’à  n’y  lailTer  prefque  aucune  diférence. 
Pour  mettre  le  D.  au  niveau  du  B ; le  célèbre  M.  Gori. dé- 
clare les  Etmfques  abfolument  privés  de  cette  dernière  lettre; 
quelques  grands  que  foient  fes  raports  avec  plufieurs  carac- 
tères de  leurs  monumens.  On  ne  peut  à la  vérité  refulêr  à 
leur  R un  certain  nombre  de  ces  figures.  Mais, fi , parcequ’elles 
conviennent  à cet  élément  ; c’étoit  Une  raifon , pour  anéan- 
tir le  D , chez  les  Etrufques  ; combien  de  lettres  , chez  les 
diférens  peuples  , pouroient  fubir  le  même  fort  ? Quoi  de 
plus  refl'emblant,  dans  les  plus  anciennes  inferiptions  grèques , 
que  l’A  , le  A , rO  ( I ) fie  le  P ? Les  figures  des  ces  lettres 
GU  du  moins  de  deux  & de  trois  d’entr’elles , font  parfaite- 
ment identiques.  Il  en  eft  de  même  des  r & des  P . Faudra-t-il 
à caufe  de  cette  reflemblance  rayer  de  l’alphabet  grec  trois 


nrdium  frodulUt  , Ulri  purUcr  rftiferrimo 
rbarM^lrrr  fadxii  caferunt.  Godefrid. 
Von  BciFcl,  Chrouic.  Goevic.  lib.  i.  cap. 
t.  n.  p.  «X. 

( x)  Le  D ne  Te  confondit  pas  avec  l'O 
chez  les  Gtccs  feulement , mais  encore 
clicz.  les  suKÎeos.  Latins.  Dans  le-  Setutus- 


confulfï  contre  les  Bacchanales  , on 
derit  IN  D Q V O L T O D, /n 
pour  in  ncnlto  , N D S T E R pour  n^rr. 
Mais  de  part  & d’autre  ces  confufions 
n’étoient  pas  confiantes.  Srnniui  - Cen- 
fuiii  de  B.uchanal.  Exflirntio  anciore 
• ilMthu Æffl’iie.NenfpIi  ipxp.yi/.p.ijy. 


II.  PARTIE. 

Sec  T.  III. 

Ch  A P.  IV. 
Rapotu  cotre  1er 
principaux  O d’Eu- 
rope : origine  des 
D triangulaire  , 
courbe  , on- 
cial , ixiinurculc  te 
curlîf.  Quels 
moyens  fournif- 
fcot-ils  pour  co- 
noitic  i'age  des 
mlT,  & des  char- 
tes, od  ils  fc  trou- 
vent ! Quand  le 
9 s’yeft-il  intro- 
duit I Ses  ptogrds,. 
fon  règne. 


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II.  PARTIE. 
S EC  T.  III. 
Chat.  IN. 


ru8  NOUVEAU  TRAITÉ. 

ou  quatre  élémens  , qu’on  n’a  pas  même  foupçoné  d’avoir 
été  ajoutés  aux  lettres  primitives  ? 

La  pointe  fupérieure  du  (i)  ^ s’écoit  formée  de  bonne 
heure  en  angle  très-aigu  : ou  plutôt  il  fut  furmonté  pat  l’a- 
longement  de  la  perpendiculaire.  Cette  figure  au  relie , ainfi 
que  celle-ci  ^ , avoir  cours  chez  les  Latins  des  premiers 
tems.  L’une  & l’autre , & furtout  la  première  fe  foutint  pen- 
dant une  longue  fuccelfion  de  fiècles , fie  fe  raprocha  même 
du  A grec.  La  courbe  du  ® en  s’abailTant  palfa  tantôt  au- 
delTus , tantôt  au-dclTous  du  haut  la  halle.  D’un  autre  côté 
la  perpendiculaire  fut  prolongée  en  dclTus  : fie  telle  ell  en- 
core la  fîgtire  du  D dans  quelques  notes  tyroniennes , fie  fpé- 
cialement  dans  illud.  Mais  pour  ne  pas  le  confondre  avec 
le  h minulcule , il  falutle  tourner,  dans  un  fens  contraire  ; fie 
c’ell  ainfi  qu’il  fut  façoncau  mot  ideo  (i)  des  notes  de  Tyron^ 

Cependant  le  D des  mlT.  s’étoit  courbé  d’une  autre 
manière  , mê*  le  avant  J,  C.  Quoique  divers  monumens 
nous  en  aient  conlërvé  de  bonnes  preuves  ; on  n’en  peut 
employer  de  plus  décifive , que  les  notes  de  Tyron , où  tous 
les  mots  commençant  par  D , font  exaûement  rendus  par 
des  ^ , dont  la  couroure  inférieure  ell  fouvent  plus  ou 
moins  échancrée , fie  même  totalement  fuprimée.  En  fa  place 
quelques-uns  de  ces  D forment  un  angle  obtus , d’autres  font 
renverlcs  , fie  la  plupart  inclinés  vers  la  gauche.  Une  figure 
fi  commune  , fie  d’ailleurs  propre  des  mots  les  plus  ordi- 
naires , ne  peut  manquer  de  remonter  à l’origine  même  des 
notes  tyroniennes. 

Pour  juger  de  l’age  des  mlT.  en  lettres  majufcules  ; M. 
Mafféi  (3)  fait  envifager , comme  une  marque  de  la  plus 
haute  antiquité , le  D fi£  l’M , femblables  à ceux  des  mar- 
bres anciens.  La  dernière  ne  le  rencontre  , félon  lui  , que 


(i)  Sous  les  rois  Wiligoths  <r£fpsgoe, 
le  D coorervoie  cnrore  la  même  figure. 
Elle  Te  transfotitioic  quelquefois  eoxelic- 
ci  6 . 

(1)  Ces  if  ininurcules , quoique  notes 
principales  , ne  fbnc  pas  initiales  de  ces 
deux  mots , ni  d'aucun  autre , qui  nous 
foit  coimu.  Cet  exemple  peut  faire  cou- 
ccToit  une  difÜrence  entre  caraâdte 


initial  des  notes  & des  fflotr.  Ici  la  figure 
dominante  ell  finale  ou  mddiane. 

» (})  Ne' codici  majufeoli  U fegno 
» deir  ultima  antichità  fono  D & M , fi- 
» gurate  corne  ne'marmi  anriclii,nel  quel 
» modo  tali  Icctere  in  ratilllmi  codici  fi 
» veggone.  fe  non  forfe  ne'  titoll»C^y^ 
r«It  Ecel^f/liei  f.  ti.i  la  fuite  de  Ibn 
IJltrU  — Jn  Xmu  174s.  /«/. 

dao$ 


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DE  DIPLOMATIQUE,' 

<5ans  les  mfl'.  les  plus  rajes  * &:  peiitcrre  dans  les  titres  de  — 

ceux  , qui  ne  le  (ont  pas.  M.  le  Marquis  auroit  pu  étendre 
Ih  règle  aux  A E H Q V.  Ces  lettres  ne  doivent  pas  moins  c*iYi>.  ly. 
être  privilégiées , que  le  D & l’M.  Leur  réuiaion  avec  les 
liennes , dans  le  même  mf , donneroit  un  figne  plus  certain 
de  fon  antiquité.  Si  leur  concert  fe  foutenoit  , il  produiroit 
l’écriture  capitale,  telle  qu’elle  ne  fe  trouve  invariai>lement, 
que  dans  des  mlT , au  moins  du  vi'.  fiècle  : quand  ils  ne 
font  ni  livres  facrés  , ni  livres  , dont  on  fe  fervoit  à l’E- 
glife.  Au  relie  hors  ce  cas  , on  ne  voudroit  pas  répondre 
toujours  de  la  bonté  de  la  règle.  Pour  lui  donner  d’ailleurs  * 

quelque  aplication  exaéle  à l’écriture  purement  onciale  ; il 
faudrait , outre  les  titres  des  livres  &:  des  chapitres , où  elle  eft 
fbuvent  employée  , compter  pour  rien  quantité  de  lettres  ini- 
tiales des  phrales  des  Sc  alinéa.  Les  capitales,  fins  en  excepter 
le  D & l’M , ocupent  en  éfet  beaucoup  plus  fréquemment  ces 
premières  places , aqx  i x.  &:  x'.  fiècles  , qu’aux  précédens. 

Ce  fera  donc  , quand  elles  feront  confondues  ; quoiqu’en 
aflez  petit  nombre  , & peu  conftamment , dans  le  corps  de 
l’écriture  onciale  „ qu’elles  fourniront  peutêtre  un  caractère 
d’antiquité  fupérieur  au  ix'.  fiècle. 

Si  l’on  voit  quelquefois  &:  le  D latin  &:  le  A grec  , au  i x', 
fiècle , & même  long-tems  auparavant  : non  lêulement  dans 
les  h gnatures , mais  encore  dans  les  dates  diplomatiques  ; le  ■ 
premier  n’étoit  (i)  point  en  cela  diftingué  des  autres  lettres 
capitales.  Toutes  y étoient  également  bien  reçues,  ■ 


(i)  Ce  D auffi  ciîiaucé  qu’^croit  s’in* 
tcoJuiiîc  en  France  depuis  Tau  looo.  Les 
dcrîcuresalongéeslui  ac^rdérent  un  rang, 
qu'clJcs  commen^oiCQt  à refufer  au  d 
cuidf.  En  Allemagne  , déjà  le  D $*y  étoit 
des  la  fin  du  x*.  fîccle.  Quand  « au 
bivanc , rentrée  de  ces  écrituics  lui  étoit 
interdite  > il  ne  biifoic  pas  de  pénétier 
dans  le  texte  des  mciucs  diplômes  : fur-* 
tout  à la  faveur  de  l ufagc  , qui  s'établit 
décrire  totalement  en  majufcules  les 
noms  propres.  Celui  d'employer  les  D 
dans  récriture  alongée  , devint  plus  in- 
variable en  Allemagne  , qu’en  France  , 
depuis  enviion  le  milieu  du  xi^.  üéclc. 
Mais,  durant  le  cours  du  xi  1 1*  , ccttc 

Tome  //. 


façon  d’écrire  vicillüToit , par  raporr  aux 
diplômes  impériaux  & royaux.  Elle  s'efF 
mieux  foutenue  dans  les  bulles  des  pa- 
pes, quoiqu'avec  des  variations  étonaii- 
tes.  Des  le  XI  II',  ficcle  , chaque  let- 
tre de  la  première  ligne  ou  fe  transfbr'» 
raoic  ou  IC  ccrminoit  par  des  têtes , des 
nés  , des  faces  groterques  d'hommes  & 
d'animaux.  De  nos  jours  , le  d & quel- 
ues  autres  lettres  de  la  prcimcre  ligne 
CS  bulles  ont  continue  de  rcprércniec 
des  feuillages  , ou  h l'on  veut  4cs  ara* 
bc(qucs.  C'efi  pcuiétre  le  fcul  relie , qui 
fublidc  de  récriture  aloogée  , Ci  ccicbre 
autrefois  , dans  les  diplômes  des  Grands* 

Y 


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170  NOUVEAU  TRAITÉ 

■ ■ ■ ■ — Le  ^ oncial  en  fornae  d’S  tronquée  par  le  haut,  n’étoit  poinr 
J J " tellement  propre  aux  Gaules , qu’on  n’en  usât  aufli  en  Italie,  &c 

Chap.  i\.  qu’on  n’employât  par-tout  d’autres  "ô  ^ plus  ou  moins  courbés- 
vers  ( I ) le  bas , ou  fe  relevant  , apres  s être  abailTés.  Si  ce 
caraélcre  a duré  long-tems  , depuis  la  ceflation  de  l’écriture 
onciale  ; c’eft  en  perdant  toujours  un  peu  de  fa  première 
fimplicité  & delbn  élégance.  Il  ne  fut  pas  feulement  alors, 
introduit  , dans  la  minulculc  des  mlf  ; il  domina  prefque 
làns  rival , dans  (a)  les  chartes , depuis  le  xi  l 'liècle.  D’abord 


* 


(i)  Ils  Ce  monttent  an  vi'.  (iede  , 
fur  les  médailles  de  l'empereur  TiWre. 

(a)  Il  faut  etpliqucr  plus  eu  détail , 
quelle  Alt  la  fomiue  de  ce  J rond  dans 
la  minafcule  fur-tout  dans  UcurHvc. 

Les  mtr.  & les  diplômes  taxons  n*ont 
ccttli  d'en  faite  uf^c  ^ depuis  le  vti^. 
(îcclc.jufqu’à  Guillaume  le  conqudrant.Lc 
changement  d cciîtare  arivé  fous  ce  prin- 
ce , ne  porta  nul  préjudice  à cette  figure. 

An  x^.  âcclc  les  écritures  lombatdi- 
ques  : ta  ferrée , au  coup  d'ocfl  faxon  , & 
la  briféc , à traits  en  zigxag  , tenant  un 
peu  du  gothique  moderne  ^ remployc- 
rcot  avec  tant  de  confiance  i qu’on  a 
lieu  de  douter,  (î  le«é  put  $y  ms'nagcr 
quelque  accès.  Malgré  la  prédilcéhoo  des 
ÂugloisjMur  le  '0  > leurs  diplômes  & 
leurs  mil.  en  écriture  fazone  ou  com- 
mune ne  laiflcrcm  pas  d’acucillir  quel- 
quefois alTcz  favorablement  le  </ , & 
meme  jufqu’à  lui  donner  la  préférence. 

^ A compter  du  milieu  du  xi*.  ficclc  , juf- 
qu’au  milieu  du  fuivaot  les  9 i fc  trou- 
vtrent  plus  ou  moins  fouvenc  mélés  ou 
confondus.  Mais  depuis  la  féconde  épo- 
que , le  premier  fe  répandit  fans  aucun 
obflacle,  dans  les  chartes  & d'Angleterre 
& d'BcofIc.  Il  en  faut  pourtant  excepter 
celles,  oii  l’on  fe  fervoie  des  lettres  de 
forme  ou  prefque  carées.  Là  les  fe 
masntenoient  encore  avec  avantage  an- 
delà  de  l'an  iiéo.  Aufiirplus  les  pièces 
de  cette  nature  ecoient  rates.  Quojqu  en 
EcoITc  les  d dominaifenc , vers  la  fin  du 
Tl',  fiècle  $ des  ic  commencement  du 
/uivant  , la  curfîve  ne  donna  prefque 
plus  encrée  , qu'à  fon  rival  , on  du 
moins  n'acorda  pas  au  d d'y  6gurcr  ega- 
kiiicnr.. 


Depuis  environ  l'an  1050.  les mfT  de 
Frauce  reçurent  piefqu'indiJfcremincnt  ces 
deux  caraClcrcs  , juiqu'à  ce  que  le  nou- 
veau eût  prefque  totalcmcnc  me  oublier 
l'ancien  : ce  qui  n'ariva  que  fous  faioc 
Louis.  Des  le  r^ne  de  Philippe  Auguflc 
les  diplômes  oè  fbufroieat  plus  ea  Fran- 
ce co  mélangé  : fi  ce  ii'efl  dans  quel* 
ques  rcflcs  d ccricotcs  alongées,  ou  le  ^ 
avoic  la  grande  vogue.  Le  d fon  com- 
pétitcor  ne  reparut  guère  avant  l'an 
14Ç0.  dans  les  mC  & nen  débufqoa- 
pas  l'aurrc  aifémcnc.  Un  Hècle  plus  urd 
celui-ci  fc  réfe^voit  encore  des  mlf.  en- 
tiers. 

Les  d droits  & ronds  des  Efpagnols 
partageoient  entr'eux  les  places  de  ré- 
criture cninufculc  avec  la  plus  grande 
égalité,  dès  leii'.  fîcdc  au  plus  tard. 
Ce  mélange  n'avoit  pas  encore  lieu  , 
dans  leurs  chartes  do  x'.  Les  * tran- 
ches par  des  Tommecs  ne  s'y  bornoicnr 
pas  à monter  feulement  en  haut  ; iis 
dcûcndoicnc  encore  ao-denbus  de  la  li- 
gne , d'abord  perpendiculairement  : en- 
fuite  ils  fornioicnc  vers  la  gauche  un  an- 
gle obtus , Ôc  âi^^oicnt  en  pomte.  Vcis 
la  fin  du  XI*  , au-delà  des  Pyrénées  b 
meme  bonne  intelligence  regnoit  aulH 
j dans,  les  chattes , entre  les  deux  Dmt- 
I oufcules.  Au  xrii*  , chacun  avoir  cn- 
I cote  fon  cour.  Cepeodant  le  ^ y parvint 
I avant  fon  milieu  à tout  envahir,  coin- 
I me  il  avoir  fair  ailleurs.  Dès  le  xrv®. 

ficelé,  U éroic  déjà  réduit  à la  figure  du 
j agrée:  ma»  aux  fuirans , il  n'eprou- 
; va  pas  de  variations  confidérablcs. 

{-  Veut  on  encore  des  notions  plus  gé- 
nérales , fur  les  tems  reconoilfablcs  , 
j^par  le  concours  des  deux  figures  à d/ 


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DE  DIPLOMATIQUE.*  171 

îl  élëva  fa  queue  beaucoup  plus  haut  , qu’il  ne  l’avoit  fait 
dans  l’onciale.  Mais  , .-mx  x i n . & x i v'.  ficelés  , il  fuc 
prefque  tracé  fur  le  modèle  du  J[  minulcule  des  Grecs  : fi 
ce  n’ell  que  fon  trait  , montant  le  jettoit  davantage  vers  le 
côté  gauche,  & qu’il  fembloit  plutôt  retourner,  de  gauche 
à droite , que  delcendre  de  haut  en  bas. 

Le  d , quoique  alTez  ancien  fur  les  marbres  & les  bronze# , 


K<^gulicrcmenc  leur  mclange  cfl  plus 
grand,  dans  les  mlT.  du  xii'.  Itccle , 
que  dans  ceux  des  cems  voifîm  i dans  les 
chartes  de  la  lîn  du  x i , & du  commen- 
crmenc  dn  xi  , que  dans  celles  , qui 
les  précédèrent  ou  mivirent.  Auparavant, 
le  d doit  érre  le  plus  ordinaire.  L'avan- 
tage ell  pour  fon  concurrent , depuis  le 
milieu  du  X 1 1 ^ & même  plutôt , quand 
il  s'agit  de  chanes.  Au  relie  ni  quand 
cette  confullon  paroic  commencer  ou 
finir,  ni  quand  elle  cil  arivée  à fon  com« 
blc  i on  ne  doit  pas  être  furpris  i l'cx- 
CCS  de  voir  certaines  pièces  ne  renfermer 
des  D , que  de  Tune  ou  de  l'autre  façon. 
On  ne  le  fera  pas  non  plus  de  rencon- 
trer au-delà  des  limites,  qu'on  vient  de 
leur  prefciire  un  petit  nombre  de  3 pré- 
martués , ou  un  peu  trop  tardifs. 

De  prime  abord  nous  avons  regardé  , 
comme  un  phcnomcnc , pour  ne  pas  dire 
un  paradoxe  , le  diplôme  («)  d’Ot- 
ton  III. *de  l’an  99).  Tous  fes  S ,à 
queue  tournée  vers  la  gauche,oe  fe  mon- 
treroient  pas  fous  une  autre  forme  , 
quand  ils  fcroicnt  poAérieurs  de  deux 
ficclcs  : Sc  cependant  ils  n'éioient  pas  en- 
core alors  parvenus  en  Allemagne  à don- 
ner aux  autres  une  exclufîon  cmictc.  Oo 
peut  s'en  convaincre  par  un  diplôme  (^) 
d'Octon  IV.  de  l'an  1198-  Ce  caraélcre 
6c  plulîcurs  autres  .,  noos  auroicnc  fait 
ajuger  à empereur  le  diplôme  de 
99 n ^ motifs  plus  forts  ne  s*y  opo- 
foient.  LailTons  maintenant  à quartier 
tout  ce  qui  feroie  d’ailleurs  contraire  ou 
favorable  à cette  pièce  , pour  ne  pas 
nous  écancr  de  notre  objet.  II  faut  être 
fans  douce  bien  fort  furl'ufage  des  ca- 
raélères  propres  à chaque  lîcclc  , pour 
ne  pas  cnvjfagcr  d'abord  avec  étonc- 
mcnc  'tarif  de  3 réunit  , dans  un  feu! 
diplôme  ; tandis  qu'il  ctoit  tare  d’en 


découvrir  quelques-uns  dans  les  autres  , 
durant  les  cent  années  fuivaotC|. 

Mais , quoique  cette  figure  n'aii  peot- 
êrre  pas  fait  fi  prompccmenc  fbnunc  en 
Allemagne,  que  par-coot  ailleurs  j U fu- 
fit  qu'elle  ait  été  empilée  par  Ici  pré- 
décelîcurs  & les' fuccclleurs  immédiats 
d’Otton  III.  qu’elle  l'ait  été  par  cet  em- 
pereur lui-méme  , en  plus  d'une  autre 
ocafion  ^u’cll^ l'ait  été  bien  des  fois, 
dans  les  ficelés  voifins  , 6c  long-cems 
auparavant  , pour  qu'on  ne  puific  en  ti- 
rer une  ioduélion  racheofe  contre  ce  di- 
plôme. Or  on  découvre  pluficurs  exem- 
ples des  deux  premiers  fiiits,dansla  Chro- 
nique même  de  Godsvict  dans  (c)  Waf- 
eber,  dans  (d)  Schannac,  Plus  de  vingt 
années  auparavant , des  $ à peu  prn 
fcniblables  remplilfcnc  le  texte  d'une 
chatte  (e)  de  Roricon  évêque  de  La»n  , 
6c  quclqocs-unés  de  fes  fignaturcs.  D'a- 
près quelques  mlf.  du  viiz*.  ficcJe  , 
l'Allemagne  nous  ofre  des  écritures  , qui 
femblenc  lui  être  propres  , quoique  ti- 
rant confidérablemenc  fuc  la  faxonc.  Oc 
ces  mff.  renferment  déjà  des  d droits 
mêlés  avec  les  ronds.  Quelque  rares  que 
foient  les  derniers  dans  U minufculc  des 
mff.  en  pure  romaine  , 6e  dans  la  Ca- 
roline des  diplômes»  avant  lex^.  ficcle; 
nous  ne  laifTons  pas  d'en  avoir  déterré 
quelques  exemples  , dès  le  tx^.  Ils  fe- 
roienc  ceiifès  plus  frequens}  fi  l’on  mec- 
toit  eu  ligne  de  compte  ceux  de  la  date 
de  l’Incarnation  , prefque  toujours  ren- 
dus alors  par  ce  carai^cre  dans  les  di- 
plômes. En  rigueur  même  nous  trou- 
vons bon  nombre  de  ( daosraocicnne 
(/)  curfive  romaine  des  premiers  cems , 
malgré  leurs  liaifons  avec  les  lettres  voi- 
fincs  , qui  pouroicQC  les  déguifer  à des 
yeux  peu  accAÛfs.  • 

yij 


* 


U.  PARTIE. 

S E C T.  III.  • 

Ch  A P.  I V. 


(a)  Chrmic.Gti’ 
wic.f.  iid. 

{h)  Uid.  f.  401, 


U)  Tah.  7. 

{d)  Vittd.  arch. 
Fuld.  lai.  9.  10. 

(<)  Dt  rt  difltm, 
t-  ♦I*< 


(/)lUd.f.  4;t; 
lai. 


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n ^ 


171  -NOUVEAU  TRAITÉ  • 

aura  fans  doute  été  plutôt  mis  en  ufage  dans  les  (i)  mlE 

de  les  diplômes.  Il  en  eft  de  cette  lettre  , comme  des 

♦ (i)  Ajoutons  encore  quelque  chofede  en  courbe,  apres  avoir  pouficc  vcis 
plus  détaillé  , fur  la  difércncc  du  & la  gauche<S>  Des  le  comiTunceraent  du 
du  9 , fur  leur  forme, & particulière-  même  lièclc  , il  s'introduific  une* autre 
xncDt  fur  celle  du  dernier  , depuis  qu'il  mode,  qui  prévalut  enfin  , à bien  des 
devint  à la  mode.  II  difcrc  cireoticllc-  égards:  ce  fut  de  ramener  horirooralc- 
ment  du  J : parcc-^u'il  n'a  jamais  ni  pié  ment  vers  la  droite  la  queue  du  ^ ». 
ni  epron.  Au  contraire  la  halle  de  celui-  d’abord  dirigée  vers  la  gauche.  Bicn- 
ci  s'élève  pcrpcodiculûircmcn:  fi:  dei-  toc  on  la  rabatic  preCque  en  rond  V ^ 
cend  au-deifous  , ou  du  moins  au  ni-  $ jufqu'au  bas  de  Ton  ventre.  Souven: 
veau  du  bas  dcloou  du  r,  contre  le-  alors  » on  commenta  par  mener  la  queue 
quel  elle  efb  adolTcc.  en  courbe  , extrêmement  déliée  vcis  la 

La  plus  ancienne  curfîvc  d’Efpagnc , gauche  , puis  par  un  plein  très-épais  on 
ne  commence  pas  les  comme  plu-  îa  termina  prefquc  en  diagonale  , entre 
fteurf  autres,  par  la  partie  Tupéricurc  de  la  panfe  du  d fi:  rarondiftcmcut  de  la 
leur  panfe  : c'cH  plutôt  par  rinffncurc  queue:  enforte  qu'on  peut  quelquefois 
d , qu'elle  les  commence.  Ils  font  même  Jouter  , fi  la  meme  queue  commence 
Couvent  apuyés  fur  un  trait  de  la  Icctcc  par  le  plein  ou  par  le  délié.  Le  régne  de 
précédente  , avec  iaqucfic  ils  ic  lient,  à certe  mode  fc  place  entre  le  milieu  do 
la  mamete  des  r,  e , t romains.  fi:  celui  du  xrv.  ficelé  : quoi- 

Le  pié  du  d cfl , aux  vu.  vitt.  ix.  qu'il  ne  lailfc  pas  de  s’étendre  confi- 
& x^.  fièclcs,  porté  fi  bas  i que  ccrcc  dérablcmcnc  au-delà  dè  ces  bornes, 
lettre  eft  prefquc  U féulc  , qui  excède  Vers  le  milieu  du  xiv*.  le  d prie  » 
■à  la  fois  en  deflus,  comme  en  dclfous  mais  moins  fréquemment  , la  figure 
la  ligne  d’écriture.  Du  moins  n'en  eft  il  tantôt  d*un  B capital  , adolTé  vers 
aucune  , qui  le  faife  plus  réguliercmenr.  h gauche , tantôt  d un  8 cnrfif  en  chi* 
On  peur  alfocicr  le  d,  entant  que moir  fre  artbe  : c*cft-à*diic  , dont  le  haut 
rant,  aux  bhlkj  jfic  en  rant  que  def-  forme  un  triangle.  Avec  le  rems  il  ref- 
cenriant  , aux  fg ^ q r f x Bec.  Comme-  fcmbla  prclquc  au  ddcsGtccs.  L’angle 
nément  , jufqu'au  x*.  fi«lc , fbn  pié  fc  fie  la  pointe  avancés  par  Je  bas  vers  la 
‘ relève  un  peu  vers  la  droite  , foie  par  gauche  font  très-propres  à diftingucr  le 
une  courbe,  foit  par  un  angle  plus  ou  d poftértcur  à la  moitié  du  xtv*^  fiede. 
moins  aigu.  Dc-Ià  en  avant  jufqu'au  mi-  Le  xv*.  repréfente  au  plus  jufte  !c  b 
licudu  Tt^.  fièclc  , il  ne  cclfc d'incliner , grec.  Il  produit  ou  tend  à produire  un 
du  côté  gauche  , îc  meme  pié , en  for-  fécond  angle  , fitué  prccifcmciic.  au  plus 
me  de  queue  inférieure.  Mais  quelque-  bas  de  cette  lettre, 
fois  on  le  tranche  parunebafe,  quand  Cependant  là  queue  du  *0  des  mlT» 
on  ne  s’en  tient  pas  à Tancicnne  mode.  . qui  n etoient  point  en  curfivc  , conti- 
Vers  l'an  9 jo  , l’iifagc  le  plus  ordinaire , nuoit  toujo.trs  d'ette  fort  courte , de  fc 
foc  de  ne  faire  defeendre  le  pié  du  d , porter  diredement  vers  la  gauche,  fans 
qu'au  niveau  de  fon  dos.  Cette  pratique  retour  ri  inHézion  quelconque. 

^ déjà  fort  acréditéc  , depuis  plus  de  fo.  i En  écriture  alongéc  du  xi.  lîèclc  , le 
ans,  ne  tarda  pas  à remplacer  toutes  les  ;dos  dû*  françois  fc  replie  quelquefois 
autres.  ! en  foiralc  , qiicl.jucfois  ferpente  , qiicl- 

Lc  J s'cléva  d'aboid  vérticalèment,’  'quefois  forme  un  fécond  dos,  toucafoir 
enfuite  diagonalemcnt  vers  la  gaaebe  < ^(ïpaïc  du  premier.  Au  contraire  le  dos 
ou  bien  en  fc  courbant  tant  (bit  peu  du  **  allemand  , onvetr  par  le  , fait 
même  côté.  La  queue  oblique  ou  dia-  defeendre  un  trait  inréiicur  , ouiprcnl 
gonale  eut  fes  p.nnifans  , juftjii'au  mi-  fuccc/n'.emcnt  ces  figures  J C 1 J. 
îiou  du  xiJi*.  fiôcic.  Il  étojt  pourtant  .^u  xi'.ffèclc,lc«évenani  fouucnt  àperdre 
plus  ordifuuc  de  lavoir  un  peu  rçlévéc  . fon  épron,cftccpré  cransfotmè  cu«/.(ouJ.. 


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DE  DIPLOMATIQUE;  17?' 
t e fgU  1 m n q r f.  Toutes  fc  ciouveni  dans  les  plus  vieux  — . y 

mir.  &c  les  actes  publics  des  tems  les  plus  reculés.  Les  traits  partie. 
en  font  11  naturels , &'  faits  avec  tant  de  liardielTe  , quand  il  cVa^p.  ”v, 
s’agit  de  ciirfive  -,  qu'on  ne  peut  douter , que  leur  invention 
ne  l’empone  de  beaucoup  fur  l’age  des  livres  & des  diplô- 
mes , ou  nous  les  voyons  j à quelque  antiquité  , qu’on  les 
fafle  remonter.  Au  vi'.  Cède  , & probablement  plutôt  , 
on  voit  des  d minufcules , dont  la  panfe  eft  plus  ample 
de  beaucoup , qu’elle  ne  le  fut  dans  la  fuite.  Tels  on  les  trou- 
ve encore  oans  les  Pandefl.es  de  Florence , qui  peuvent  avoir 
été  tranferites  ,fur  la  fin  de  ce  liccle.  Ils  fervoient  fouvent 
alors  , même  de  lettres  initiales.  Ce  qu’on  a dit  du  ^ mi- 
nufcule  poché  & du  é curfif  à double  trait  dillinfl  , confon- 
du , fe  traverfant  une  ou  plulieurs  fois , n’ell  pas  moins  apli- 
cable  au  (/ , & fert  également  à fixer  l’époque  des  mlT , où 
il  (e  montre.  La  figure  du  d curfit  devint  plus  fimple  ÔC 
plus  unie  fous  les  Carlo vingiens.  Aux  xi.  & xi  i'.  ficelés  , 
fa  queue , comme  celles  du  ^ , de  \'h  &c  de  1’/  fut  embaraf- 
fée  de  nœuds  ou  de  boucles  entortillées  & compliquées  de  di- 
verfes  façons.  On  a pourtant  de  tout  cela  des  exemples  beau- 
coup plus  anciens  , mais  d’un  goût  très-diférent. 

V.  Quand  on  veutconftater  la  reiremblance  des  alphabets  ^ Pre(qnctouste» 
phéniciens  , étrufqucs  , fyriaques  , grecs , latins , arméniens  j & jl,  Oedde^ 
il  faut  communément  lé  contenter  de  la  vérifier  lur  un  pe-  taux  fe  «flem- 
tit  nombre  de  figures  de  la  même  lettre.  Il  n’en  eft  pas  d^E***' 
ainfi  de  l’E  : fa  conformité  fe  trouve  à l’épreuve  du  plus  ronds  & fermds  : 
grand  nombre  des  figures  , fous  lefquclles  chacun  de  ces  al-  <1= 

phabets  a diverfifié  fon  cinquième  élément.  En  vain  opo-  * 

feroit-on  les  E les  plus  bifares  des  Grecs , Latins  , Samari-  faux  du  P.  Har- 
tains , Etrulques  : on  ne  fauroit  parvenir  à en  rendre  les  ra-  ^ 

ports  méconoilTables.  Mais  , corpme  leurs  écritures  ont  eu 
des*  marches  contraires  -,  les  E des  unes  feront  tournés  vers  fif. 
la  droite , &:  ceux  des  autres  vers  la  gauche.  Les  E fyriaques 
ou  éftranghèles  porteront  leurs  pointes  vers  le  bas  ; ils  réu- 
niront deux  de  ces  traverfes  enlémble  , pour  rendre  l’écriture 
plus  expéditive.  Dans  quelques  cfpèces  de  caraeferes  an- 
ciens ; les  AraRes  éléveront  pcrpendioiîairément  les  lignes 
horizontales  des  E , qu’ils  auront  couchés  fur  le.  dos  : puis  . ) 

ils  s’acoutumeront  à les  former  d’un  feuL  trait , en  muiti-. 
pliant  les  combes. 


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T74  nouveau  traite 

Avec  la  meme  poficion  , que  dans  le  fyriaque  ,&  J’omîf. 
II.  PARTIE,  {jon  d’une  traverlè  : de  coiues  les  fortes  d’écritures  caldaï- 
ChVp/iv.  > hébraïques  ou  juives  ; il  n’en  eft  point  , où  l’E  ne 

puilTe  fe  découvrir.  Au  moyen  de  la  même  fituation , & fans 
lliprimer  aucun  trait  -,  nos  E fe  retrouveront  , dans  plufieurs 
figures  de  l’E  tunique.  Pour  ne  rien  dire  de  celles , qui  leur 
font  conformes  à tous  égards  ; les  ( i j anciens  p efpa- 
gnols  &c  africains  leur  relfemblent  encore  davantage.  Mais 
l’E  gothique  d’UlphÜa  , le  cophtique  , le  forvien  , le  ruf- 
lien  ne  laiflent  apercevoir  aucune  diférenceavec  les  nôtres. 
L’illyrien  Sc  le  bulgare  , dont  les  figures  fe  raprochent  fi  ra- 
irement  de  celles  de  nos  lettres , ici  font  avec  elles  parfaite- 
ment  d’acord. 

A la  vérité  prefque  toutes  ces  écritures  arondilTent  diver- 
fement  l’E  caré.  Le  phénicien  , rétrufc|ue  , le  fyriaque , 
l’arabe , le  tonique , le  gothique , le  cophtique , le  fervien  , le 
rulfien  , l’illyrien  , l’arménien  &le  bulgare  en  foumiffent  des 
exemples  plus  ou  moins  nombreux. 

Nous  voyons  des  C ronds  chez  les  Grecs , 800  ans  6c  plus 
avant  J.  C , & chez  les  Etrufqûes  d’auffi  anciens  ,que  les  ta- 
bles eugubines , fur  lefquelles  ils  commencent  à fe  montrer. 

• On  ne  connoit  point  de  mfT.  grecs  , où  l’E  foit  caré  : mais 

1 ' il  ôft  beaucoup  de  marbres  & de  médailles  , meme  en  la- 

tin , avant  la  naifiance  du  Sauveur  , où  rien  ne  manque  à 
l’élégance  de  l’E  rond  le  plus  parfait. 

On  peut  vérifier  la  rondeur  de  l’E  des  Latins , dès  le  tems  de 
la  République  Romaine  , par  l’exemple  de  leurs  voifins , les 
Grecs  6c  les  Etrufques,  6c  par  les  notes  filde  Tyron.  Là  tour 


(/»)  4*. 


fl)  Puf.  loi. 


(0  iw. 


(15  Le  doit  être  indubiublcmcnt 
un  £ bref  efpagnol  > lï  l'on  en  froïc  Don 
(*)  Vclarqucz.  Il  prétend  le  ptoiivcr  , 
par  la  compatairon  de  ce  caraélcre  , avec 
récrur<|uc  Sc  le  grec  primitif  : mais  nous 
n'y  irouvonc  aucune  figure  fcmblablc , 
pas  même  dans  fes  alphabets.  Ne  fetoit- 
cc  pas  plutôt  une  conjonâion  du  K & 
de  1'  £ ! Nous  avons  produit  de  pareils 
K £ conjoints  dans  notre  X^.  planche. 
Ils  remontent  à la  plus  haute  antiquité. 
Quel  piêji^ê  , pour  porter  le  même  ju- 
gement du  36  , qu’il  lenil  (êj  par  É j 


quoique  dans  fa  V'.  planche  il  en  fallë 
un  H.  Nous  aimons  donc  mieux  dite  , 
que  c'eft  un  X «c  un  E.  Ainli  pous 
crovons  pouvoir  lire  K/iermai»  , où  il  lit 
£/hmb.  Plutarque  écrit  Hmamniic»  ; D. 
Vcl.cn  (c)  tombe d'acord.  Nous  n'y  ajou- 
tons , qu'une  plus  forte  afpiration  , ttès- 
alTortic  , félon  fes  propres  principes , 
au  langage  des  anciens  Efpagnols. 

(i)  D.  Carpcnticrdonnc  quatre  note* 
de  t'E.  La  première  eff'incontcflablc  : la 
. au  mot  ejK«r  tenferme  une  figure  , 
qu’il  pouvoir  encoie  mieux  acàbucx 


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DE  DIPLOMATIQUE;  'xyi 
i tour  il  ocupe  la  place  de  figne  primitif,  de  fubfidiaire,  de 
fubalterne  & de  (i)  tenniiiatif.  11  ne  flit  admis  (ur  les  mé- 
dailles (i)  latines  , qu’au  iii'.  ficcle.  On  voit  divers  exem- 
ples d’6  , fur  des  monumens  payens  , dans  les  tomes  III.  & 
IV.  des  Antiquités  Romaines.  D’autres  infcriptions  étrangè- 
res aux  Grecs  en  renferment  ; non  feulement  du  lic- 
cle  , mais  encore  d’antérieures  à l’époque  de  l’Incarnarion. 
BoilTard,  l’Antiquité  expliquée  , le  Latiumvetus  , le  Tré- 
for  de  Gruter  , les  Marbres  de  Pefaro , & tant  d’autres  col- 
levions  de  monumens  antiques  en  multiplient  les  preuves. 

Parmi  les  lettres  , qui  de  l’alphabet  gothique  ont  paffé 
dans  le  nôtre  , il  faudra  compter  A6QT)PflU,fi  l’on  (a) 
s’en  ràporte  à D.  Mabillon.  L’E  rond  eft  fans  doute  l’6  go- 
cliiqiie , dont  il  veut  ici  parler.  Les  monumens  alégués  d’a- 
vance rendent  la  méprife  manifèfte  ; mais  elle  eft  trop  lé- 
gère , pour  faire  valoir  les  motifs , qui  pouroient  la  diminuer.. 
Obfervons  feulement  ; que  cet  E eft  ordinaire  , dans  les  mfT. 
en  écriture  onciale  des  iv.  & v'.  ficelés  ; pour  ne  rien  dire 
d’autres , qu’on  pouroit  faire  remonter  plus  haut. 

L’£  compofé  de  deux  C ; nous  l’avons  plus  d’une  fois  {^) 
remarqué  dans  des  infcriptions  du  ii.  S£  ni®,  fiècle. 
Cependant  (c)  M.- de Tillemont , note  iv.  après  avoir  dit. 


II.  PARTIE. 

SlCT.  III. 

CHAr.  IV. 


N 


(i) 

t.  f.fttri.i.  pl. 
Il8. 

(f)  Mim,  $.  7j- 


à l*f.  Le  drtoier  mot  de  la  troilîéme 
apartienr  à la  rcjoade.  La  4*.  en  entier 
doit  faire  partie  de  la  fupofé  qu’il  ne 
faille  pas  la  renvoyer  au  T < quelle  ex- 
prime du  moins  en  partie  y & peutécre 
iminuemcnt.  Si  ces  obfervatioos  font 
perdre  à iV  quelques  lettres  initiales  de 
notes  i on  pouroit  l'cn  dildommager  par 
celle-ci  y Sc  meme  par  cette  autre  i : 
mais  on  feroie  alors  obligé  de  leur  acor- 
der  une  valeur  équivoque  avec  d'autres 
éfémens.  Quoiqu’il  en  foit  : outre  les 
figures  C € iccllcs-ci  ^ A V'font  ini- 
tiales des  E tyroniens. 

(x)  II  fufii  ici  de  favetr  , que  les  no- 
tes tyronicnnes  font  communément  des 
a/Temblagcs  de  lignes  ou  de  caraficres, 
donc  chacun  eft  quciquejfbis  compofé  de 
piuficurs  autics.  Souvent  chaque  (igné 
tient  à un  fécond,  qu’on  peut  apclcr  au- 
xiliaire ou  fiibndiairc.  Le  final  mar- 
que les  ccrminaifoûs  des  noms  ou  dci 


verbec.  Le  primitif  e(f  le  même , que  le 
dominant  ou  principal.  Pour  l'ordioaire 
il  exprime  la  lcrtre  initiale  du  mot.  Les 
lignes  fccondaircs  & fubalternes  $ ce  /ont 
ceux  qui  fuivent  le  primitif,  & qui  en 
font  détachés  -,  quand  Us  font  diAiogués 
du  (laal. 

(i)La  légende  d’une  médaille  un  peu* 
I fruflc  du  milieu  de  ce  ficelé  nous  met 
; fous  les  yeux  1*6  dans  Banduri.  On  y 
voit  aulTi  trois  exemples  des  memes  e 
ifolés.  On  pouroit,  il  cAvrai , tenir  ces 
lettres  pour  grcques  : mais  il  eA  plus 
probable  , quelles  font  latines.  On  ne 
fauroit  porter  un  autre  jugement  déplu- 
ficurs  caraiAcrcs  , qui  fc  trouvent  em- 
ployés , dans  le  meme  goût  5c  dans  les 
memes  cîrconAanccs.  Autrement  il  fau- 
dtoit  dire  , qu’on  faifoic  alors  fouvcnc 
.ufàgc  de  Q grecs  fur  les  médailles  des 
empereurs  : irr.agination  , qui  ne  fau- 
tok  cccc  avouée  d aucua  ant:quaiic«^ 


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f7tf  NOUVEAU  TRAITÉ 

qu’en  i6z^  , on  piCCcnJit  avoir  découvert  le  corps  de  Lu- 
cifer  de  CagÜari  , avec  cette  infcription  : S.  Lucifer^  î,pp‘>  y 
Çhap.  IV.  ajoute  , que  des  pe> fortes  habiles  remarquent  , que  cette  (i) 
abréviation. . . n’ejl point  du  iv=  (iècUy  ù que  cet  E ejl  gothi- 
que. Mais  un  li  grand  homme  n’ctoit  pas  obligé  d’être  in- 
llruit  à tond  de  pareilles  minuties.  Elles  peuvent  néanmoins 
influer , dans  des  jugemens  de  conlëquence.  Ainfi  l’on  ne 
doit  pas  toutafait  les  négliger. 

^ On  ne  s’aicteroit  pas  fur  l’6f  gothique  moderne  ; fi 

le  P.  Hardouin  n’en  prcnoit  ocafion  d’acufer  de  faux  une 
lettre  originale  d’fves  de  Chartre  , à laquelle  D.  Mabillon 
(a)  a donné  le  lixièrae  rang  , parmi  fes  modèles  (i)  de  mfT. 
du  xi'=.  fiècle.  Après  plufieurs  foibles  ataques  -,  le  favant  Jé- 
fuite  en  vient  à une  aétion  décifive , à la  faveur  de  l’argu- 
ment , qui  fuit.  Cette  (3)  lettre  61  nous  fait  voir  un  E fer- 
mé : or  il  ne  le  fut  tout  au  plutôt  , qu’au  xiv‘.  fiècle. 
Donc  &CC. 

Quand  le  beau  mf.  en  lettres  onciales  de  S.  Ambroife  de 
la  bibliothèque  du  roi  n”.  1731.116  feroit  que  (4)  du  ix'. 
fiècle  ; ce  feroit  beaucoup  plus , qu’il  ne  nous  en  fàudroit , 
pour  ruiner  la  prétention  du  P.  Hardouin  : puifqu’on  y re- 
{hWmnltspUn-  marque  fouvent  {b)  des  0 fermés.  Plufieurs  très-anciens  mlT. 
fMi-  /cacUU  , oi  fle  S.  Germain  , & entr’autres  le  133.  en  forme  carée  eft 

femblables  E.  L’antiquité  de  l’E  fermé  , apelé 


iO  Quelle  cft  donc  ici  l'abréviation, 

d)Tomi.pmt.  que  l'anticjuité  ne  rcconoit  pas  î Ce  l'cia 
•.,PUi$cbe  116,  uns  doute  le  double  9 pour»;.  Mais  il  dï 
coût  commun  dans  les  notes  de  Tyron  les 
plus  anciennes.  11  feroit  alfcz  inutile 
^ après  cela  d'infifter  fur  l’age  des  monu- 

mens  & des  mlT,  où  il  /e  trouve  ü fre- 
quemment. 

(1)  Le  P.  Hardouin  n’avoit  qu'à  lever 
les  yeux  un  peu  plus  haut  : il  auroit  dé~ 
couvert  dans  la  même  page  un  H égale- 
ment fermé.  11  aparcicoc  au  quatrième 
modèle  du  xi*.  fiècle  , tiré  du  mf.  de 
S.  Germain  éo7.  En  remontant  encore 
f*‘ ;7‘  plus  loin,  la  cinquième  planche  de  la 

' Diplomatique  lui  auroit  fait  voir  un  E 

fermé  dans  un  mf.  d'environ  ncuflicclcs. 
Son  ufàgc  étoit  connu  des  Grecs  memes, 
au  moins  ;oo.  ans  auparavant.  Un 


cachet  figuré,  & dans  la  (d  Paléographie, 
& dans  rAatiqutté  (d)  expliquée  , fufic 
pour  en  convaincre  tout  homme  , qui 
ifeil  point  pyrrhonicn.  On  a lieu  de 
croire  cette  antique  du  iix^.  ficclc  | 
mais  elle  ne  fauroïc  erre  poiléricure  au  v^. 

( J ) Litttrét  pr/flr  hujus  pron^rrumis  ego  , 
eum  ft  hâc  forma  â , maniftfitlfini 
cuit  efl  , Mteitijpmi  144.  Hard.  cod.  reg« 
6izé.  A.  p.  14.  * 

(4)  On  cft  en  état  de  prouver  , qu'il 
cft  en  partie  antérieur  de  plufieurs  fic- 
elés au  ix^. 

( f ) Leur  nombre  cft  fi  grand  , qu'il  le 
difputc  prcfqu'à  ceux  , qui  font  ouverts, 
ou  oui  ne  font  qii*à  demi- fermés.  Ce- 
pendant tics  dates  certaines  fixent  ce  mf 
au  vr  I*.  ficclc.  Nous  avons  fait  la  même 
obfcivaiion , fur  des  mif  encore  plus 

depuis 


Digitized  b;  og!*’ 


Ce  diplomatique.  177 

-defniis  gothique  , parole  donc  bien  conftatée.  Il  eft  vrai  , 
que  dans  ces  anciens  monumens  fon  côté  droit  fe  trouve 
quelquefois  prefque  auifi  arondi , que  lei  gauche.  Mais  11  s’en 
' trouve  auifi  plufieurs  , où  1’  0/  eft  véritablement  fermé  par 
ime  ligne  droite.  Ceft  ce  qu’on  peut  juftiiîer  par  les  mil] 
déjà  cités  , par  le  113.  & le  15.  de  S.  Germain  des  Prés  , 
tous  deux  au  moins  du  commencement  du  ix'.  ficelé.  Nous 
en  paftbns  ibus  iilence  plufieurs  autres  , & de  la  meme  ab-' 
baïe  , & de  la  bibliothèque  du  Roi.  ■ ; 

Dans  le  rapott  (a)  dreffé  par  Schéleftrate  d’une  afifem^ 
blée  de  trois  célèbres  antiquaires  du  dernier  fiècle , au  fu* 
3^  d’un  Virgile  du  Vatican  , qu’ils  crurent  du  tems  de  Sep- 
time  Sévère  ; leur  examen  roule  en  particulier , fiir  huit  des, 
lettres  les  plus  fingulières  de  ce  fameux  mf.  A l’égard  de 
l’£  ; il  eft  dit  , que  lès  traverfes  ne  font  guère  , que  des 
points  , quafi  punSa.  Cette  façon  d’I  ou  celle-ci  { font 
communes  aux  mlT.  en  capitale , antérieurs  au  vi‘.  fiècle  : 
mais  elles  ne  celTent  qu’au  ix^. 

Dans  les  inferiptions  d’Efpagnedu  vii^  la  hafte  de  l’È 
& de  r t s’élévoit  fouvent , au-delfiis  de  l’horizontale  fupé- 
rieure.  Les  ralT.  du  xi  i^.  fiècle  abondent  en  £ , dont  les  fi- 
gures varient  fans  celTe  ; quoique  ces  derniers  traits  y do- 
minent. Nous  ne  pouvons  nous  livrer  à de  plus  grands  dé- 
tails , fur  l’E  capital  ou  majulcule  , foit  ouvert , foie  fermé.' 
Ajoutons  feulement  , que  celui-ci  devient  ordinaire  , au 
X 1 1 1 '.  fiècle  , & qu’au  fuivant  on  n’en  voyoit  prefque  point 
d’autres , fi  ce  n’eft  fur  des  monoies.  Encore  cela  n’arive- 
t-il  que  rarement. 


II.  PARTIE, 
s ï CT.  III. 

C H At.  IV/ 


(^)  Am'ujMiJp. 
ViriU.  c»J. 
mtnt». 

I74Ï*/*  «T, 


ancici».  Piniû  grud  oombre  de  mlT. 
en  minurcolo  - carlÎTC  lombatdiqne  du 
preeniet  âge  ; à peine  s’en  trouve- t-tl 
tjuciqu'un  , qni  ne  puidê  fenrnir  beau- 
coup d'exemples  de  ces  Tortet  d'E.  Or 
les  plus  récent  {bona  moins  du  ix*. 
fidcle. 

Après  tout  nous  n'aTons  pat  befoin  de 
reffionter  û haut  , pour  reoTcrfer  le 
Mnd  arntmeru  dn  P.  Hardonin  contre 
la  lettre  dTres  de  Chaitte.  Les  E fcr- 
laés  n'ont  au  plntAc  commencé , Tclon  ce 
JéCuite  , qu'au  ziv«.  fiècle.  Cependant 
Heioeccius , auteur  commonèmene  fon 

Tome  II, 


exaA , nous  en  ifeane  , dasis  lés  alpha- 
bets latins  ; non  {ènlement  duzttt*.' 
fiècle  , mais  encore  du  xii°.  Pour  ne 
point  infifter  fur  les  plut  anciens  tems , 
on  pouroit  citer  une  foule  d'inlètiptions 
lapidaires  <c  métalliques  ; outre  grand 
oombre  de  mlT,  où  l'E  fermé  Ce  voit 
mit  en  nfage  , durant  le  riii*.  fiècle 
& les  deux , qni  Font  précédé.  Mais  ce 
travail  fêtoit  fans  doute  fupetflu.  D’ail-  (S)  furtnt 
lents  nous  ne  pouvons  manquer  de  rt-,/«  j'.  dnifim  A» 
piéfentcr  un  grand  nombre  de  fembla-  ‘un  tniimi  Upi- 
blesE,  foit  dans  nos  alphabets , (oit  dans  d*irt$ 
ootl8odèlesfé)d'éctirares  désbasteins.  jair. 


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II.  PARTIE 

S I C T,  III. 

Cn.Ar.  lY- 


♦ 


178  NOUVEAU  traité:  '• 

L’e  minafcule  y né  xle  l'€  oncial  eft  trcs-ancien  ; 8t  peéc  ' 
bien  remontée  jufqu’au  cems  de  k république'  romaine... 
Aulfiles.mir.  tocalement  en  lettres  oaciales . , où  il  iè  ten* 
contre  fréquemment  , ont  en  la  première  de  ces.  lettres  un* 
gageile  l’antiquité  la  plus  récoléc.  i ■ • tm*  m 

Quand  on  Te  bomeroit  aux  lèules  écritures  romaines  ou 
mérovingiennes  ; il  feroit  (i)  impoflible  de  repréfenter  toutes 
les  figures,  fouslelqueHesl’tf  curlif  s’efr  transformé.  Sesliaifons 
avec  les  lettres  précédentes  ou  fubréquentes  en  ont  encore  bien 
davantage  multiplié  lé  nombre.  Autant  decombinaifonsdifé- 
rentes  , mtanr  de  diverfes  figures  , de  dans  la-  curfive  ro> 
moine  , 8e  dans  la  mérovingienne.  Les  autres  genres  d’é- 
crituie  ou  contemporains  ou  poftérieurs  ont  ennuité  beau- 
coup d’autres  caraâères  de  là  même  léttrev  Les  e curfifs. 
romains  , mérovingiens  ^ carolins  ont  tant  de  (2)  refTem- 
blance  , avec  les  e des  inémes  écritures  ; qu’il  efr  ailë-de  les 
confondre  : fiittout  quand  ils  (oqz  unis  avec  les  lettres  pré* 
cédentes  ou  fuivantes  : ce  qui  arive  prefque  toujours.  Les. 
i ^ abfoluinent  tfolés,  dans  la  romaine  des  v.  8c  vtx.  fie.* 
clés  , le  foutiennent  au*delà  du  xi^  : mais  alors  ils  s’ata* 
ehent  par  leur  traverfe  mitoyenne  à k'  lettre , qui  fiiit.  Cette 
liaifon  continua  long-tems  depui^.^  ; » r-m 

- Cependant  le  contour  dé  la  tête  de  Te  ' s’îdtéroit  inlènfi* 
bletùent.  Lacutfive  romaine  k plus  ancienne,  ne  lui  donnoic 

l'ivJirîf),'-  ~'’V~ 


(i)  S’engager î laiTte  !’<  miiiurcQlc.S( 
eurlîf , dans  toutes  ou  dans  ta  plupart  de 
fts  mdtimarpholcs  t c'eft  un  -erarail , 
dont  on  croit  pouvoir  fe  diipenrer.  Mais 
fous  prétexte , que  la  maricre  cft  ind- 
^(wle  ne  pas  ménx  l'dâcorcr  { ce 
uroit  fe  priver  des  moyens  prerque  ians 
nombre  , que  fournir  IV  pour  juger, 
par  la  divetlïté  de  fes  figures  , de  l’âge 
des  chartes  & dcs  mlT  Le  feul  parti  tai- 
fonable  par  raport  à cette  lettre 
mcnie  par  rapoit  aBX  autres  , efl  donc 
de  géneralifct  notre  fujet , le  pins  qu’il 
fera  pofCble  , de  de  le  Aifît  en  grand.. 
Nos  alphabets  , nos  tables  de.liaifons 
<t  nos  modèles  d-fctitnic  nous  tiendront 
Heu  de  détails  plus  circonftanciès.  Nous 
ne  les  refufons  même  aux  dcfîrs  de 


(t)  On  pent  dbnc  apliquer  à l’«  , cft 
' qu'on  a du  des  c de  la  curlivc  rom.iine, 
franco-gallîquc  , Sc  même  Caroline  LV 
mérovingien  , notamment  vers  le  milieu 
dù  vit’,  fiècle  , s'incline  oéanmoior 
.pont  l’ordinaire  un  peu  cUvaacage  de 
^ bas  en  haut , vers  la  gauche  II  a même 
; fbuvent  l'ait  d'un  doiÀle  c lî  , fur  le- 

3ucl  on  en'  autoit  renverfé  un  troilicrar.. 

ieotôf  une  de  fes  courbures  rupéticurcs 
> fê  perdit  , ou  du  moins  la  dctnicrc  s’é- 
I léva  plus  direéleuient  fur  l’antre.  Le  c»* 
raélèrete  plus  commun  des  C t^fmco- 
‘galliqucs  , depuis  le  milieu  du  vii%, 
ificclc.jufqu'à  fabn  j cft  que  leur  cour-' 

^ bure  fupéticuic  , qui  tient  la‘  place  de. 
l’ogive  ou  de  la  boucle  , s’aproebe  ra*  ^ 
bernent  de  leur  nuuuant,  jilfqu'à  le  roav  ' 


quelques  kéleurs  , que  pour  en  épar- 
gner la  peine  auxauiics. 


cher. 


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. DE  DTPLOMATÏQUE.  179 

b Forme,  que  d’une  efpcce  de  boucle  ou  d’ogive.  Si  Içplus 
fouvent  cette  boude  parut  tracée  de  ^uche  a droite  ; elle 
le  fût  aufli  qudquefois  de  droite  (i)  a gauche.  La  detnicro 
façon  devint  ordinaire;,  ou  du  moins  très  - fréquente  , en 
cenaines  écritures  , en  certains  (1}  pars.  Du  milieu  d’une 
bafe  en  w»  ou  en  o , l’écriture  papale  des  xi.  &c  xu®. 
Cèdes  tiroit  un  trait*  oblique  , montant  vers  la  droite  , Sc 
toujours  uni  à la  lettre  Cuvante.  L'«  des  premiers  tems  s’y 
fùfoit  rwouoitre.  A force  de  fercet  la  boucle  de  celui-ci  , 
l’on  avoit  confondu  fon,  trait  montant , avec  fon  trait  def- 
cendaiK  , en  les  faifant  pafler  l'un  fur  l’autre.  De4à  ce-  & t€, 
fi  .familiers  à la  romaine.  De-là  ces  Z finguliers  , rdles  ex-I 
piraos  de  l'ancienne  curfive,  & propres  à l’ecriture  du  xi. 
& XII'.  ficelés  i vulgairement  dite  lorobardique , & qu’on 
peut  encore  mieux  qualifier  buUatique.  Ou  papale. 

Parmi  les  e de  la  Caroline  de^  vi  m . 3c  ix'.  fiècl^  , l't 
fot  un  des  plus  ordinaires.  L’angle , qui  joint  fès  deux  prin- 
cipales courbes , s’y  termine  quelquefois  en  pointe  , alon- 
gée  fouvent  en  ddfous  , plus  rarement  en  oelTus.  11  arive 
auffi , que  l’une  3c  l’autre  pointe  réunies  fo  croifent.  Plus 
communément  ces  pointes  excédantes  s’anéantifient  s l’an- 
gle feul  demeure.  Encore  ne  tarde-t-il  pas,  à fo  changer  en 
courbe.  C’eft  prefque  unicmement  au  ^ond  parti  , qulon 
s’en  tint  , après  les  prenficres;  années  du  rx'i  fiede  ; 3c  au 
dernier  , f ir  fon  déclin.  . 

Les  t "ê  romains  (3)  montoient  fouvent  au-delfu^  de  la 


, ,41 

(1)  L'Ir  , rfios  les  diplômes  carolins, 
«ft  , ou.  peu  Ceo.  ^ui , Ip  c^itaâère  dç>- 
minant.  Sbn  rdgAe  commence  avant  te 
milieu  du  VI  II*,  iîdcle  , & ne  fc  termi- 
ne , que  tût  la  fin  du  1 x*.  Mais . con- 
fiddté  dans  un  dtai  moins  flori/Tant  ; il 
acmoDie  pins  haut , k deteend  plus  bas. 

(t)  En  France, aux  viii.  ix.  Ii  x*. 
lidclcs  s en  Efpagne  , aux  x,  k xi*  { en 
Italie  , depuis  le  vu*.  Jurqu'au  jf. 
Quoique  la  romaine  pontibcale  aiteqo- 
fetvd  plus  loaj;-tcms  randeone manière; 
i peine  pentmo  faire  ici  quelque  ex 
cepeion  en  fa  faveur.  Il  eft  des  lettres 
des  papes  du  viii*.  Cide  , où  cet  a 
fcmponc  ÜMycot  , k <b  ud  ,cùpour' 


' t - - #-  .1 

le  moiin  a inaTcfce  de  !,>  tk' 

S>Be  fsr  bouclé.  ^ 

’Ceft  k quoi  adanmoial  ta  lom- 
banfaqœ  papale  des  demiets  tems  ne 
paposc  pas.  tou)oars  aftrehue,  Dana  la 
.romaine  aqriqae,  R boucle  de  P»  ètoit 
eo^unèment  prèfiièe  b la  pointe  ; 
lorfqqe  U lettre  d'après  naiflbit  de  & 
traverfe  médiane , diftingqée  de  la  bou- 
cle. La  pointe  fupérieutt  avoir  le  même 
avantage  ; lorfque  le  caraâète  ûivant 
tiroit  du  haut  de  l’a  ton  origine.  Mais 
premier  cas  ètoit  le  plus  ordinaires 
Quand  cette  lettre  n’ètoit  point  liée  avec 
la  précédente  , ton  contour  commen- . 
en  ^ cquibc. , s'élévoit  ^tçlqilp . 

2ij 


II.  PARTIE 
S*  CT.  III. 
CH.aKi.tIt. 


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i8o  NOUVEAU  TKA.ITÉ: 

partie  de, coure  leur  boucle  , foie  de  tout#  leur  poîntrf 

Si  CT.  III.  courbure  fupérieure.  Si  T«  étoit  lié  à la  lettre  antérieure; 

Chat.  I V.  une  f\J  Ibuvenc  couchée  , ou  mutilée  par  fon  côté  gau- 
che,,-pamculictement  dans  la  mérovingienne  , lui  cenoic 
lieu  de  bafe  ou'd’atache  inférieure.  Voua  la  caulè  de  (i) 
ces  ' pointes  failtances  du  dos  de  IV. 

' Les  écritures  fâxones  & mérovingiennes  eurent , vers  les 
VI 1 r.  St  IX®.  ficelés ‘j  des  de  • cette  figure  , formés  d’un 
fèul  traiB.  <^uétqoefois  ils  laifibienc  paroicre  une  ouverture 
inférieur#  du  cô«é  gauche.  Les  vni.  ix.  & x*.  fiècles  em» 
pt&yôient  volontiers  les  ^ , prefqu’en  forme  d’5  tran- 
chée , principalemenO-en  France  Sc  en  Italie  : mais  leur 
commencement  remonte  bien  plus  haut.  Au  x‘.  ficelé  , iis 
l'emportoient , dans  certains  diplômes , fur  toutes  les  autres 
figures  de  la  meme  lettre.  - î ' 

■iLes  6 d’Efpagne , aü  vt  it.  ficelé  , ne  le  lioient qu’avec  le 
caraâcre  fuivant , Sc  feulement  par  la  traverfe  du ’miÛeu.  Vers 
le  x‘ , les  Elpagnols  avoient  des  à CF,  figures  plus  extraordi- 
naires. On  diroit  de  c , furmontés  d’une  virgule  , un  peu 
au-delTus  , ou  meme  au  bout  de  leur  courbure  fupérieure. 
Au  lieu  de  la  virgule  , un  petit  c lêmbloit  quelquefois  nai- 
ne de  l’extrémite  fiipérieure  d’un  plus  grand  , apres  avoir 
fermé  une  boucle  ou  un  nteud  prefque  tnfenfîble.  Mais  l’u- 
fage  te  plus  commun  étoit  , que  l’I^  en  forme  de  c Hic  cra- 
' verfé  par  un  trait  , foit  oblique  de  haut  en  bas  , foie  hori- 
zontal , lèrvant  Ibuvent  à lier  cette  lettre  ; non  (i)  feule- 
ment avec  les  fuivantes  , mais  encore  avec  celles  , qui  la 
pcécédoiciK.  ' î ' ' 

Les  e compolés  d’un  double  c , Fun  lur  Faucre  , u'ont' 

!*C  j ' 1 ■ . , , . 

obfiqnenenc  ven  ti  droite  ; oa  bien  il  (axones  (ans  nombre.  (7n  remarcpie  au/Tr 
t^rukoic  de  deox  parties  nls-di((inâes , des  moitids  dV  (ïipdrieorcs  , diver(èmenr 
dont  l'inldriêure  prenoit  la  forme , tan-  Sgurées  . dtfrdcs  au-delTos  de  la  bafe  } 
tdt  dn  r conebd  , tancer  de  fS  ren«ei(2e  ÿufqu’i  ne  pas  même  s’en  aprochet  de 
tronqnde.  Aux  t.  vl.  & Ti  i'.  (îîcles , près,  loin  de  la  toueber.  ^ 

(*)  Biititth.  ml-  ht  partie  fupdritute  de  Tt  tomboit  d'une  ; fi)  Telle  eft  l’dctirare  (à)  d’un  an^  ' 
wr/»ldêl»?t}fir.  manière' pins  on  rootns  oblrane  prelque  cien  miflel  Mozarabe  de  Tèglrfc  de  To.| 
Bfftn.  fnicft.  fiir  le  milieu  de  fa  partie  mfericare  , lède.  Une  charte  d'Efpagne  ftj  du  x'.  ' 
fi/.  XPJII.lsi  i.  qui  Ini  fervoit  de  bafe.  , (îccle  eonftare  faCtgt  , rjuoirine  Taria-' 

, (i)  Stir  (i)  Tontes  les  ècrimret  antiques  en  Me  , de  lier  ta  lettre  antérieure  I T/^’ 

fonraidenr  beauconp  d'exemples  : les  par  (à  traTcr(ê  médiane.  Il  j droit co-’ 
ndnrnnfienMS  cocon  phn- , ft  Ica  cote  cav^ucut  i U £•  dtrxt*.  . ^ 


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DE  DIPLOMATIQUE;  18/ 

pour  aînfi  dire  jamais  lieu  , clans  aucune  efpèce  de  lettréi 
faxones.  Il  en  eft  deux  toutefois  , qui  femblent  s’y  rapotter 
un  peu  : la  première , aflcz  fréquente  , s’en  raproche  , dans 
les  'B't,  par  une  éminence  ou  pointe  , courbée  vers  la  gau- 
che ou  meme  détachée  delà  tête.  Voila  fans  doute  un 
telle*  bien  caradérifé  des  deux  pièces , qui  concouroient  à 
former  le  contour  de  l’-6  curfif , indépendamment  de  fatra- 
verfe  médiane.  Le  fécond  ir,  bien  moins  commun,  lailTe  aper- 
cevoir un  léger  enfoncement  un  peu  courbe , vers  le  nûlieu 
de  fon  dos.  11  eft  d’autres  C t faxons  plus  ordinaires  , donc 
le  propre  eft  d’être  élévés  au-deftlis  de  la  ligne.  Ils  ont  auffi 
quelque  afinité  avec  l’e  & le  c romain.  La  première  figure 
eft  rare  ; la  fécondé  fe  trouve  prefque  dans  toutes  les  fortes 
d’écritures  faxones  j excepté  les  rondes  & les  carées.  Si  l’une 
& l’autre  n’a  point  de  travetfe  propre  , la  lettre  fuivante  eft 
cenfée  y fuplàr.' 

».  Durant  le  cours  du  ix'.  ficelé  , le  petit  e tout  fimple , ou 
avec  une  pointe  légère  , qui  le  lioit  ordinairement  avec  la 
lettre  fuivante  , avoit  déjà  fait  des  progrès  confidérables  , 
Ipécialement  dans  la  formule  des  dates  diplomatiques  , & 
même  fur  le  déclin  du  même  fiècle  , dans  le  texte  de  plu- 
fieurs  chartes  royales  de  France , & plus  encore  dans  le  corps 
de  celles  des  princes  francois,  qui  regnoienten  .Mlcmagne, 
en  Loraine , en  Italie.  Aux  fiècles  fuivans,  cet  e minufculc 
parut  fort  commun  ; quoiqu’avec  quelque  mélange  des  an- 
ciennes figures  de  l’e  curfif.  Ces  dernières  , depuis  le  com- 
mencement du  XI'.  fiècle  , devenues  fort  rares  , hors  des 
écritures  alongées , où  elles  difparoiflbient  de  jour  en  jour  ; 
tombèrent  bientôt  dans  l’oubli.  A peine  en  laifTa-t-on  paftec 
quelqu’une  , après  le  milieu  du  même  fiècle.  Cependant  au 
commencement  du  xii'.  la  cutfive  ordinaire  d’Efpagne  ne 
s’étoit  pas  défait  de  Ve  à double  courbure  : ou  pour  mieux 
dire  il  y dominoit  encore. 

Dans  les  mft'.  la  travetfe  de  Ve  minufcule  Ci)  bien  arondi , 


‘ . 

( 0 tl  finit  jifUnnet  Jans  Vt  nijnar- 
cule  crois  chofes  : le  tour  , U tête  8c  la 
traverfe.  Le  premier , preft^oe  co  tlemi- 
ecrclc  , forme  le  corpe  ou  U ào*  de  le. 
Valtwixic  cil  l'vc  ii/hi  aa-4c^  4c 


la  iraTctre.  Elle  pet4  pea  i peu  (à  mo- 
deur  ciaAe,  & tcodà  foimcr  une  o^va. 
St  mime  UD  angle-rcâiligae,dcs  le  xi i', 
Eide.  La  uoiCime  , <]ue  ooua  axons  cou- 
tume d'apelct  U uarcife  , cil  ceo% 


11.  PARTIE. 
S s CT.  III. 
CUA».  IV.J 


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itt  NOUVEAU  TRAITÉ 

tirée  horlzontalemenc  , fans  s’écendre  au-delà  de  Ci  <cce5 
II.  PARTIE,  anonce  une  antiquité  fupérieure  au  vi  1 1'.  fiècle.  Prolongée 
Ch  aV  iV!  pointe  conftamment  relévée  par  le  bout , ou  fc  courbant 
tant  foit  peu  ; elle  indique  un  tcms  antérieur  au  x'.  Com- 
mence-t-elle à devenir  oblique  : mais  de  façon  que  I4  tête 
ù rétrécirtant  un  peu  defcende  fur  elle , & que  ce  ne  foit 
point  la  traverfe  , qui  femble  faire  les  principaux  frais  , 
pour  l’aller  chercher  ; c’eft  un  figne  du  x.  ou  xi<=.  La  poin- 
te de  la  traverlê  ne  fait-elle  <^ue  fe  montrer  à la  droite  de 
la  tête  : augmente-t-elle  fa  direûion  tranfverfale , en  mon- 
tant plus  haut  fie  plus  direûement  ; la  voûte  qu’elle  forme 
ic  reflcrre-t-elle  de  plus  en  plus , ou  meme  devient-elle  an- 
guleufe  : le  dos  perd-il  confidérablement  de  là  rondeur  , 
pour  s’éléver  à proportion  : s’incline-t-il  fouvent  du  côté 
«uche  ? on  aura  le  caraâcre  des  e.du  xi  r*.  fiède.  Mais  fi 
les  angles  deviennent  plus  aparens , ou  s’ils  fe  multiplient  j 
fila  aaverlê  ne  part  pas  du  milieu  du  corps  de  \'e  , ou 
même , C elle  ne  le  touche  pas  ; il  faut  le  rabailTet  (i)  aux 
derniers  tems  du  bas  gothique. 

L’e  de  l’écriture  (1)  alongée  s’élève  rarement  au-delTus  de 


la  corde  de  Tare  : le*  deox  demicres 
fatties  (ont  quelmeibis  tour  à cour  dé- 
adiéa  ou  meme  luprim^es. 

(1)  Quand  le  haut  de  la  rite  de  l'<( 
^fs  chartcf  fe  (btine  conuBundmenc  eu 
angle  : quand  la  pointe  de  là  meerfe 
ne  pade  guère  reirièinitè  droite  de  fa 
tète  ] ril  èétd  cette  pointe  : fi  la  tête  fe 
détache  de  (bo  cou  : & que  de  la  tête  8t 
de  la  ttaverfe  , il  n'eu  rêfulte  qu'une 
cbatbe  , dont  la  conuéxiiê  lêponde  an 
de  cette  lettre  ; tous  & cnacuo  de 
tes  caraâeret  un  peu  fouteous  dêfignent 
lê  XIII*.  fiède,  fiirtourcn  Fiance, & 
k Xtu*.  aiDcnrs.  L'Angleterre  & l'EcoiTc 
£renr  alon  grand  afâge  d'un  d , dont 
oous  treuvoDC  des  exetnpiet  en  France , 
dêifan  H40.  Le>  Aagloi<  Sc  In  Écol^ 
lois  teprêfeotoicoc  anlTi  leurs  r , fous  ers 
diTcrlcs  formes , © O dl  O 88dl. 
^ JL  , dont  la  premiète  êroit  rare.  Le 
dernier  caraâère  & celui-ci  8 êtoient  à la 
mode  en  Elpagoe  , aux  xv.  St  xxi*. 
fiêclcs.  A fôcce  d'iaclioet  l'A>  Tcn  1a 


gauche , il  lê  trouva  couché  fur  le  dos  : 
8c  voila  l'origine  des  figures  de  cette 
façon.  Au  xv*.  Cède  en  général  , St 
plus  pairiculièremeDC  en  Eipagne  , les 
écritures  fourmillent  de  ces  t tS  X 7* 
X C C ^ C.  X-  ^.L'r  i trois  fâuf- 
fes  paralleles,repréfentativesdc<«n  corps, 
de  fa  tete  St  de  fit  aaretfe,  s'eft  fou- 
tenu  ;ufqu'à  nos  jours  , dans  les  bullei 
des  papes.  Preique  cous  les  auttes  a ^ 
ici  figurés , ont  perdu  ou  lent  tête , oa 
leur  ttavetfe. 

(«)  Cette  élévation  a lieu  néanmoins, 
dans  la  mérovingienne  Sr  la  plus  an- 
denne  Caroline.  Elle  Ta  même  dans  le 
corps  de  la  pièce.  Mais  communément 
elle  n'afcâc , cpie  quelques  r ; encore 
alors  ne  furpailësir-t-ils  pas  de  beaucoup 
tes  autres  lettres.  Dès  le  commencement 
du  ix'.  fiècte  , récriture  .ilongée  n'ad- 
met cet  r forémincnc  , qu’en  qualité  <fi- 
nicial  d'un  mort  dilÜnâion  , qui  fem- 
He  ceflèr  long-tems  avant  le  milieu  dié 
mêfflciièclcj  mais  qui  ne  ccfictéellGinciit 


Dig,  i c-d  by 


■r 


DE  DIPLOMATIQUE;  t8j 
la  ligne.  Jufqu’au  de-là  du  milieu  du  xi  i«.  fiècle  , le  mon- 
cant  des  e aloiigés  reflimbloit  à un  long  1 fans  bafe  ni  (bm- 
met  , mais  donc  le  liauc  s’inclineroit  un  peu  vers  la  gauche* 
De-là  l’on  tiroit  vers  la  droite  une  petite  ligne  fupérieure- 
ment  convexe  , prelque  en  forme  de  virgule  r & du  point 
inferieur  de  fon  union  avec  1’/,  on  élévoit  fouvent  un  pé- 
rit trait  Tf  oblique.  Tel  à peu  près  fût  l’état  des  e alongés 
en  Allemt^ne  , au  xi  i'.  fiècle  , & en  France  , dès  le  xi'. 
pour  ne  pas  remonter  au  ix  , où  l’on  en  pouroic  peucètre 
trouver  (i)  quelque  exemple.  H faut  excepter  , par  raport 
au  xii<^.  du  moins  plufieurs  diplômes  du  roi  Robert.  Leur» 
% alongés  ont  le  montant  compofé  de  deux  parties.  Au 
point  , où  elles  doivent  s’unir  ; la  fupérieure  fê  courbe  à 
droite  , & l’inférieure  à gauche.  Ainfi  fe  couchant  par  deux 
endroits  , elles  forment  im  petit  cercle , qui  devient  le 
noeud  de  leur  union.  On  découvre  encore  fous  les  fîiccef' 
de  ce  prince  quelques  I de  l'ancien  goût  , donc  le 
montant  eft  compofii  de  deux  pièces  , qui  ne  montrent  ^ 
qu’une  pointe  intérieure  à l’endroit  , où  doit  fit  faire  leur 
jonérion. 

VI.  On  retrouveroit  plus  aifément  notre  ^ minufcule  ou 
«urfive  r que  la  majufcule  , parmi  les  caraékeres  fàmaritains- 
de  cet  élément.  L’F  nelaiffe  pourtant  pas  d’y  être  reconoif^ 
fable.  A peine  lui  manque-c-d  un  peut  trait , dans  lés  di- 
verfes  fortes  d’hébreu-caldaïque.  11  en  eft  à peu  près  de 
même  des  autres  écritures  orientales  : pourvu  qu’on  n’oublie 


<]oc  bien  ptiB  tard.  Uae  petite  tdte  peu 
peoportioiiée  à la  batuKui  de  ït  , une 
idte  replide  en  aricrc  , une  dldvatioa  tor- 
tueulc  caraâérifeBt  à mcneilk  le  z'. 
fiicle  , rurtont  eo  Alleinagae.  On  a déjà 
patld  de  l'ulâge , que  isufoit  la  France 
de  r«  prefqae  en  rofiDc  d'S..  L’dcritute 
alongde  rempioToit  pas  nioiits  (bn- 
▼ent  , que  l’antre..  Vers  le  ddclin  du 
Z*,  (idcle , & iafqu’eoTiioD  la  fin  dO  x i $ 
fur  r<  ahmgd  on  dlcea  trds-lôuTcnt  nne 
edpcce  d’S  dom  la<  bonclc  fermde  Ce 
replioïc  d'abotd  à eanebe  , enfuite  k 
dtoite  . en  (ê  Ra-vctlW  ntam  de  fois. 
Onmicreàla  firrenr  de  œttait  fupdrieiir, 
fe  lixi  St  t’emrelaflcx  asec  les  letnes 
liDzauces  , qni  mentoient  M-delTtts  des 
ttfatt.  QjKlqne&ù  on  fc  contentoit  de 


le  faire  trembler  à l’ezeds.  fanais  l'sne 
s’dtoit  dldrd  C hast  , au-detTos  des  an- 
tres , jamais  il  ne  s'dtait  plié  ni  re- 
plie* tant  de  fois  en  fena  contraiiea.. 
Ces  cataâères  lônt  trds  • ftapant  , te 
quoiqu'ils  ne  Ibienr  pas  iirmi^te  ;• 
du  moins  nexigcni-ib  point  ces  pidci- 
fions  ic  tes  exceptions  , qu'il  faut  prel^ 
que  toujours  fupolêr  aiUeats.-Iji  iiipref- 
[.  non  des  traits  fupxsflos , anzii*.  ficele 
n’cft  pts  moins  remarquable  , que  lâ' 
ceflâtion  des  trcmblemeas.  . 

( I)  Noos  eo  produirons  , d'mès  une.’ 
bible  derite  {osn  Louis  le  debootire..' 
_ Cette  deritnre  dtoit  vifiblemeut  Hsiiiati> 
TC  de  la  cutfive  alongde  des  chartes  a- 
| tnais  elle  ne  l'dtoK  pas,  dans  k>  gods  Iv 
[.  plus  commun. 


II.  PARTIÉ. 

S E C T III. 

Cwa».  IV.’ 


Ot^iaedefF# 
Tes  transforma- 
tions : elles  loa 
vent  i fixer  l’age. 
de  diteilci  dcà*. 
taies. 


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II.  P A s T 1 1. 

SiCT.  III. 
Ch  A P.  IV. 


SptUthtimiU 

frâftMm.  mam/m. 
diftrt.  t.f.  107. 
108. 

(i)  lUft/M  MF 
alfhmitu.f.  CLX. 
(0  IM.  f. eux. 


184  NOUVEAU  TRAITÉ 

pas  , qu’elles  procèdent  de  droite  à gauche.  L’F  fe  montre 
II  viilblement  dans  le  runique  ; qu’il  n’eft  pas  néceflaire  de 
s’y  arccer.  L’ëtrufque  nous  la  réproduit  lans  cefle  : & fi 
M.  Gori  ne  lui  donne  aucun  rang  dans  fon  alphabet  ; c’ell 

3u’il  la  confond  avec  l’V.  Les  bronzes  & les  marbres  grecs 
e la  plus  haute  antiquité  nous  l’ont  conlèrvée  , telle  que 
nous  l’avons  encore  aujourdui.  Enfin  les  anciens  monumens 
un  peu  confidérables  d’écriture  latine  n’en  font  jamais  dé> 
pourvus  , pas  même  les  tables  eugubines. 

Comme  ipisèmon  bau , l’F  retint  long-tems  fa  forme  ( i ) 
primitive  : mais  elle  dégénéra  , quelques  fiècles  avant  la 
naifiance  de  J.  C.  en  5 en  5 en  C , & autres  figiucs  eit- 
core  plus  extraordinaires.  Comme  digamma  éolique , l’F  pa- 
roit  mr  les  monoies  des  {a)  Falifques  & d’autres  (b)  peuples 
nées.  Les  Etrufques  eurent  (c)  auffi  leur  digamma , qui  ne 
autre  que  l’ î . 

Il  n’eft  guère  de  lettre , dâns  les  notes  de  Tyron  , dont 
les  figures  (a)  foient  plus  diverfifiées.  Rarement  l’F  *y 


(1)  Noos  ne  peovons  dcTÎner  , pir 
Ijucllc  raifbn  , fondée  fur  dej  faits  , Don 
Vclsfqucz  a renvoyé  l’F  & le  Q à la 
fin  de  Tes  alphabets  grecs  , écrulque  , 
arcadicn  , pclargiqnc , latin  , ainlî  que 
de  Tes  deux  preiiiicrs  alphabets  efpa- 
gnok  , celtibéncn  & tudertan.  Vépiti- 
mm  hm , qui  n'eft  autre  que  le  digam- 
ma  , & Ytpùimcu  q>up»  , qui  ne  wféce 

rdn  Q , auroient-ils  confervé  , l'un 
valeur  du  « , & rautre  celle  de  90  ; 
li  les  deux  dernières  places  leur 
euflent  été  deftinées  ) Peut-on  fe  figu- 
rer , qne  les  Latins  auront  ajouté  l‘F  St 
le  Q a leur  alphabet , après  toutes  les 
autres  lettres  , Sc  qn'ib  les  auront  néan- 
iDoins  inférées  an  milieu  d'elleslN'étoit-ii 
pas  naturel  de  lai  (Ter  IT  répoodrf  an  tuui, 
& le  Q an  futph  des  Hébreux  Bc  des  Phé- 
niciens , dont  00  avoit  adopté  ralphabetî 
(t)  On  ponroit  les  divifer  en  trois 
claflês.  La  première  contieodroic  des  F , 
garnies  ou  cenlées  gainies  de  deux  tra- 
verfes.  On  la  fnbdiviferoic  i*.  ea  P , k 
travetlês  détachées  de  la  halle  , mais 
tendant  à fe  réunir  par  lents  fom- 
mets,  Sc  méinepar  iabafe  du  fécond  1. 


Telles  étoient  bien  des  F lapidaires  , 
quelques  fiècles  avant  I.  C.  a',  en  y in- 
clinées vers  la  droite  ou  la  gauche  \ , 
St  tranchées  par  deux  parallèles  , ou 
bien  par  deux  lignes  ctanfvcrlàlcs , qui^ 
prolongées  formeroient  un  triangle, en 
fe  y rencontrant.  )*.  en  F , dont  la 
traverlc  fupétiente  feroic  portée  vers  la 
gauche  , Sc  1 infèricnre  1 vêts  la  droite  : 
4°.  en  F voûtées  par  le  haut  Sc  un  peu 
couibées  par  le  bas.  {*.  ^ f tn  obli» 
quement  nenvetfées.  La  deuxième  clafie 
renférrneroit  les  F , qui  ne  confervent , 1 
que  leur  traverfe  lupérienre  , Sc  donc 
l'antiquité  fiwroic  des  exemples  , dans 
les  écritures  ordinaires.  Ces  F.  tyronicn- 
nes  ptodniroienc  plnfieurs  cfpcces , fous 
trois  divers  genres.  Le  ptenyet  feroic 
compolé  des  yiy/*ot^.La  der- 
nière figure  empoRC  toujours  un  n avec 
elle  , ainfi  que  les  deux  précédentes , un 
e.  Le  fécond  genre  réfalceroic  «TI  tour-  > 
nées  vers  la  gauche  , Sc  réunirait  pour 
efpèces  ^ i La  dernière  F 

contient  anflï  fon  ».  Le  ttoifième  gcnitt 
auroit  des  /horizontales  , toujours  acoin. 
{lunées  de  i-r  l'i . La  ttoifième  clafla 

conferve-c-dlo 


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DE  DIPLOMATIQUE.  igj 
conferve-t-elle  fa  fécondé  craverfe  : elle  perd  même  quel- 
quefois la  première.  Quoiqu’elle  s’acomode  de  la  fituacion 
horizontale  &c  perpendiculaue  j elle  prend  plus  conununé- 
ment  (i)  l’oblique. 

L’ (F,  à queue  courbée  vers  la  gauche  fe  montre  , dans  (a) 
les  monumens  des  payens.  Elle  avoir  déjà  cours  , plulieurs 
ficelés  avant  J.  C : comme  on  en  peut  juger  par  la  loi 
agraire.  Les  plus  anciens  mlT.  en  lettres  capitales  , tels  que 
les  Virgiles  0>)  du  Vatican  , de  Florence  fie  autres  contien- 
nent beaucoup  d'F  , donc  les  craverfes  ne  font  que  deux 
points.  Mais  on  en  rencontre  de  pareilles  , jufqu’au  ixc. 
fiècle. 

M.  le  Blanc  , après  avoir  repréfenté  une  F en  forme  de  r 
parmi  les  monoies  (t)  de  Thierri  II.  oblêrve  , que  cette  F 
eft  (i)  telle  , qu’on  Us  faifoit  fous  cette  première  race  , 
c’ejl-à-dire  , femblabU  à un  gamma  , comme  on  le  peut 
voir  fur  quantité  de  pièces  de  ce  tems-là. 

Quelques  fiècles  avant  l’Incarnation , on  remarque  fur  les 
marbres  des  F , qui  n’ônt  que  la  traverfe  fupérieure  déta- 
chée fie  fort  abailTée.  Celles-ci  T P peuvent  en  fervir  d’e- 
xemples. Depuis  le  fécond  fiècle , jufqu’au  v‘  , il  n’ed  pas 
rare  d’en  trouver  en  forme  de  h . On  en  voyoit  aufii  avant 


Teroit  forin^e  cTF  fàos  tnverfè  ; i moins 
C{o*on  ne  les  confonde  avec  leurs  fom* 
mets.  On  en  pouroic  compter  fept  ef> 
pèces  » apartenant  à deux  genres.  Le 
premier  lcroit  terminé  en  pointe  J \ 
f ^ . Le  fécond  tranché  par  Us  deux 
boucs  I / V • On  ne  s'anrnfera  pas  à fai 
re  obfcrver  la  confaHon  , qui  rèi^ne  « 
dans  les  F de  V Alfhmhtt  ^r#wmde  D. 
Carpentier.  Sachons  gré  à l’aurcar  de 
Tes  éforts  > & n'exigeons  pas  de  ^ui  des 
fucccs  conllans. 

. (t)  Alors  ÛL  tête  cil  le  plus  (buvenc 
inclinée  vers  la  droite.  Elle  U tourne 
cependant  aulTi  vers  la  gauche.  Sa  tctc 
ou  Ci  (]ucuc  courbée  de  i un  ou  de 
rre  côté  fervent  à lui  donner  dadftcs 
valeurs.  Plus  fa  figure  cil  fîmple  » plus 
elle  fembic  afcélcr  de  la  terniioer  en 
pointe. 

( t ) L'exaélitudc  de  M.  le  Blanc 

Tome  IL 


paroit  ici  en  (U&at.  De  toutes  les  mo- 
noies  m^toviogicnnes  , cju'il  a fjtit  gra- 
ver en  grand  nombre  j c’eft  la  feule  , 
où  l'F  puilTe  avoir  la  figure  du  gamma  , 
fi  ce  n’en  ell  pas  un  véritable.  On  y 
rencontre  deux  antres  fois  le  mFme  ca- 
raâire  : le  premier  dans  les  monoies  de 
Dagobert  : le  fécond  , dans  celles  dea 
muafcaicesineonnns.  Celui-ci  n'a  pu  être 
lu  par  M.  le  Blanc  lui  même.  Cclui-U 
eft  le  G du  nom  de  Dagobert.  Ce  n'elV 
pat  qu'on  ne  puifTc  produire  des  F fa- 
çonnes en  r.  Les  exemples  , qui  s'en 
trouvent  , quoique  peu  nombreux  . ne , 
laiffcnr  pas  Je  s’eceodre  à plus  d'un  mil- 
lier d'anancs  tout  de  fuite  , en  commeo- 
çanr  aux  rems  les  plus  reculés.  Les  no-^ 
tes  tyionicnnct  en  peuvent  fournir  de 
leur  côté.  Mais  il  n'en  faut  pas  chctclicr , 
dans  les  monoies  mérovingicnoes  de  le 
BUbc. 

A a 


IL  PARTIE. 
StCT.  III. 

C H 4 P.  IV. 

(«)  AntljHk, 
Rcm.  I.  |. 


(i)  Tr»iiè  itt 
fît  on,  Parit 

ttfO.f,  4I. 


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II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 

C h A P.  IV. 


186  NOUVEAU  TRAITÉ 

& depuis  J.  C,  dont  les  deux  traverfes  étoient  obliquement' 
abailTées.  > 

Les  ^ P à traverlès  courbées  en^Kleflous  dans  l’onciale  , fit 
obliquement  exhaufTées  dans  la  capitale,  conviennent  aux  plusi- 
anciens  mff,  fit  fe  foutiennent  jufqu’au  ix'.  fiècle.  La  der- 
nière meme  pouroit  être  portée  plus  loin.  Edouard  Ber- 
nard fait  durer,  jufqu’au  iv®.  fiècle  les  |f , dont  la  traverle 
inférieure  efi  courbe  , fit  la  fiipérieure  obliquement  élévée. 
Ces  fortes  d’ ^ , dans  la  minulcule  fit  dans  l’onciale  memer , 
anoncent  un  haute  antiquité.  Souvent  elles  lèmblent  dégé- 
nérer en  curfives. 

Depuis  le  vu',  fiècle  jufqu’au  xi'.  l’p'  toujours  a pea- 
près  la  même , régna  feule  dans  les  mff.  fit  les  difJomes 
anglq-fàxons.  Dès  le  x'.  l’f  commune  s’y  étoit  déjà  gliffée  : 
mais  ce  ne  fût  qu’au  fuivant,  que  la  faxone  fîit  enfin  abolie ^ 
avec  récriture , dont  elle  étoit  propre.  • * 

Les  P à unelèule  ou  bien  à deux(  p)  traverfes  , avec  une» 
tête  excédante  , défignent  le  moyen  âge.  Au  x«.  fiècle  , 17' 
fut  fouvent  fimplement  ou  doublement  courbée  , dans  la- 
partie  fiipérieure.  Cette  fécondé  marque  la  caraêlérile  mieux..' 
Car  long-tems  auparavant  elle  avoit  déjà  pris  la  première 
forme.  Vers  le  xiv*.  fiède,  les  deux  traverl».  de  l’I^  alon-- 
gées  puis  tranchées  par  deux  traits  formèrent , en  s’unif. 
fant , tantôt  une  perpendiculaire , fi£  tantôt  une  courbe.  Les. 
P*,  dont  le  haut  courbé  ou  voûté  fe  relève  auffitôt,ou  dont  le' 
trait  fupérieureft  détaché  de  la  lettre  : en  un  mot  les  F , en 
forme  loit  minufcule  foit  curfive  , compofées  de  plufieurs 
traits  défiinis  , font  ordinairement  la  marque  d’un  tems  pofté-- 
rieur  au  x i '.fiècle.  Mais  c’eft  un  ligne  du  x.ou  du  x i ',fi  le  trait 
fupérieur,placéau-deffus  de  la  traverlè  inférieure,  prend  la 
figure  d’une  S couchée,  fans  être  détaolié.  La  complication  fij 


(i)  atnfî  boacléc  par  le  haut  a> 
nonce  orcimaircment  » enf  France  coni' 
me  en  Allemagne  » les  vingt  dernières 
années  da  ix*.  (îè^Ic,  5c  les  vingt  pre- 
mières du  x*.  Bientôt  après  , là  boucle 
de  la  fete  en  petite  ogive  renverfèe  , fe 
trouve  répétée  au  milieu  de  On  di- 
roit  même  à-fa  queue}  filong  Cems  au- 
paravant , OD  n'eo  Toyoit  des  exemples. 


' Mais  da  moins  alors  fâ  queue  (e  courba* 
t-cllc  (împicmenc  vers  la  gancht  , ainlî^ 
que  la  cite  vers  la  droire.  tn  Tupofant  l’/' 
coqipcncée  par  le  bas  , le  bout  de  l'o*' 
,givcn'a  pas  plutôt  traverfé  du  côté  gau- 
. cite,  qu'il  fe  coarbe  pour  remonter.  Sur  la 
firr  du  X*.  fiècle , Sc  dûranr  le  xi®  , lal 
paftie  fupéricure  de  P/,  interrompue  oui 
•non,  ne  fc  craveefa  pas  reulemeut  une 


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DE  DIPLOMATIQUE.  187 

débouclés  , plus  ou  moins  multipliées  dam  les  f , décou- 
vre aufli  le  même  teras.  w 

Dès  le  vin'.ficcle  notre  petite  f s’infînua  dans  les  chartes.Elle 


II.  PARTIE. 
SiCT,  III. 

Chas.  IV. 


foit  eo  s'abüjflant  , mak  dcox  & trois  : 
te  meme  ju^jua  Tept  oo  huit  , long- 
tems  avant  la  findu  xii'.  (iccic.  Tout 
«la  s'excentoie,  à la  faveur  d'une  queue, 
<|ui  lêrMncoic  en  dcfccqdant  do  haut  de 
]/,  julqu'à  fa  feeonde  traverfe. 

Sur  le  dddin  du  x*.  ficelé , commence 
en  Allemagne  une  nouvelle  figure  ff 
fort  longue , quoique  fins  queue.  Sa  du- 
ateinr  au  moins  le  milieu  du  xii'. 
^is  en  cet  état  meme  , combien  de 
changemens  n'épronra  t-^lle  pas  ! Au- 
tant ou  plus  fujette  , qu'aucune  autre 
lcrtte,  aux  traits  ferpentans , répandus 
«u-ddrus*de  fa  fécondé  traverfe  ( ( ) > 
conftamment  très-voifine  de  Ibn  pié  ; 
elle  le  terminoit  par  un  autre  trait  , tou- 
jours fort  court , toujours  d'abord  dirigé 
vers  la  droite.  Celui-ci  ne  ceflbit  prefque 
jamais  de  varier  fa  forme.  Célbicuan-  j 
toc  une  tranfverfale  , tantôt  une  bon- 
zeniale  , tantôt  une  courbe , rclévd^^ 
côté  droit  , puis  rabatue  quclqoeiois 
vers  la  gauche. 

Ces  ^ ne  font  pas  moins  anciennes, 

que  le  x 1 1 ficcleen  Angleterre.  Mais  à 
peine  y cefTe-r  on  d'er  faire  ufage,  fur  la 
fin  du  XIV*.  Là  nuis  traits  ferpentans,  nuis 
tremblemens^diilance  de  la  tête  à la 
ttaverfe  , de  ^ la  traverfe  au  pié  moins 
difptoportionée,tête  en  manière  de  fiiîtc 
ou  d'angle , mais  plus  fouvent  en  courbe 
détachée , rarement  toutaiàit  clofe  , de 
chargée  d’une  fécondé  courbure  , à peu 
prés  femblable  à la  première.  Cette  ca- 
vité furajoutée  paroit  afTez  propre  à ca- 
raélérifer  , au  moins  chez  les  Anglois 
de  les  Ecoffois , le  xiii*.  fiécle  ; fur- 
tout  dans  les  autres  figures  ( /i  /)  re- 
latives à celles , que  nous  reptéfentons 
ici.  Le  parafe  au  haut  de  l’ ^ , ainfi  que 
Tes  trcmblcmens  , uniquement  réduits  à 
técéder  la  féconde  ttaverfe  , font  de 
ons  indices  du  xii'.  fiécle  , principa- 
lement en  France.  Les  autres  lettres  , à 
femblable  tête  , revêtues  des  mêmes  or- 
nemens , viennent  puilTammeoc  à l’apui 


de  rinduélion  , tirée  de  ce  caraélète  , 
lotfqu'cllcs  concoureot. 

Rien  ne  défigne  mieux  le  xiti'.  fié- 
cle , que  à queue  tontoéc  vers  la 
gauche  , de  recourbée  vêts  la  droite.  Ce 
cataâére  doit  afeiler  en  méme-tc.4i  tou- 
tes ou  la  plupart  des  lettres  , dont  Ica 
queuesdefccndent , comme  le;,p,f,/. 
U cil  au  telle  plus  particulier  à la  Fran- 
ce, à l'Italie,  à l'Allemagne  , où  fou- 
vent  ces  queues  paroilTcnt  détachées. 

La  queue  des  f , diverfement  relé- 
véc  pat  derrière  , jufqu'à  toucher  ou 
lâns  toucher  leur  dos , avec  plus  Ou  moins 
d'arondillêment , elt  on  ligne  plus  uni- 
verfel  du  xi  1 1'.  fiécle  ; non  à la  vérité 
Commençant  , mais  vers  fon  milieu  ou 
fur  fon  déclin.  Il  l’cll  néanmoins  encore 
davantage  du  commencement  du  xiv  , 
tant  chez  les  Anglois  , que  chez  les 
Ecollbis.  Il  faut  y joindre  , au  moins 
pour  la  France  de  l'Éfpagoe  , ces  ^ J! , 
qu'on  pouroit  en  quelque  forte  qualifier 
doubles  : te  par  cela  même  trés-gothi- 
nes  ; ainfi  que  celles , qu’on  vient  de 
gnrer , de  qu'on  va  reptéfeoter  tout  de 
fuite.  Alors  en  France  , comme  en  Al- 
lemagne , on  fit  palTcr  la  queue  de  beau- 
coup d'f  f / f , par  - de/Tus  leur 
tête  ; quand  ces  deux  traits  n’étoient 
pas  confondus  cnfcmble.  La  France  les 
employoit  encore  au  xv'.  Cède , dt  rEf- 
pagne  au  xv  i *, 

En  failânt  traverlër  par  deux  fois  la 
tête  de  r#  , 00  divetfina  de  nouveau  fa 
figure.  Dés  le  xv'.  elle  avoir  pris  plu- 
fieurs  autres  formes  , dont  celles-ci  Ç f 
f font  les  plus  ordinaires.  Elles  fem- 
blent  avoir  donné  nailTance  à l’une  de 
nos  f-  curfives  , plutôt  que  la  romaine  : 
quoique  la  rtlTemblance  de  celle-ci  avec 
clic  patoilTc  encore  plus  jolie.  Environ  le 
milieu  du  xvi'  , \'f  foc  d'un  grand  ufa- 
ge , furcout  en  Efpagne.  Mais  undis  , 
u'on  prenoit  plailïr  à fe  fervir  de  ces 
gures  bifares  : nulle  part  l'f  plus  fim- 
ple  ne  foc  totalement  oubliée  ; fi  ce 
o'ell  dans  quelques  pièces  particulières. 

Aaij 


Digii'zotl  by  Googk' 


II.  PARTIE. 
Sect.  III. 

C H A P.  IV. 
(a)  Heiatcciutdt 
I8j. 


(m)  Vv/tt.  r»- 

VMti-Jermire  f jî- 
Xmrn  4m  Uxu. 


I88  nouveau'  traité 

y fit  fuccefliveraent  de  tels  progrès  : qu’on  pouroit  mettre  eh 
problème  , fi  éÊH  d’elle  ou  des  f romaines  , que  font  éma- 
nées les/ curfives  des  tems  poftérieurs.  Dès  le  ix*.  fiècle, 
elle  écoit  déjà  quelquefois  admife  (a)  dans  les  infcriptions 
des  fceaux. 

Vf  curllve  eft  d’une  âge  antérieur  au  xp.  fiècle  ; quand 
fes  traits  delcendans  & montaos  le  confondent , ou  fe  tra>- 
verfent  une  ou  deux  fois  , & forment  vers  le  haut  de  la  let- 
tre *ùn  V ou  une  naiffance  d’v.  Rien  ne  peut  fixer  plus 
furement  ( i ) l’antiquité  de  l’"f  curfive  , que  de  n’avoit 
point  de  traverfe  inférieure  , diférente  dé  celle , qui , pla- 
cée au-delTous  de  la  petite  ogive  renvcrfée  , fert  en  mênffe 
tems  de  liaifon  à la  lettre  fiiivante.  Ce  caraftère , tout  borné 
qu’il  eft  aux  (êules/ liées  paroit  décifif  ; mais  il  fiipofè  des 
queues  ; telles  , qu’on  les  a décrites  , dans  la  note*  précé- 
dente. Les  extenfions , tant  fupérieures  qu’inférieures  de  Vf 


(i)  Comme  ta  traverfe  fupjrieure  de 
1'/  , dont  il  s'agit  , n'eft  point  dif- 
liogucc  de  fa  tête  ; l'iolcticure  , c]oi  ne 
fait  (juc  la  continuer , ne  1 eft  pas  non 
plus  de  ta  liaifon  , qui  l'atache  au  carac- 
tcce  fujvant.  Plus  ccue  liaifon  eft  fré- 
quente } mieux  elle  convient  à l'ancienne 
curfîre  romaine  , & tnerae  il  la  ftanco- 
eallique.  La  traverfe  inférieure  fcparée 
de  la  tête  a lieu  j lotfque  1'/  eft  ifolce 
ou  détachée  de  tout  ce  qui  la  précède 
ou  la  liiit.  Elle  fert  quclqiiefuis  cette 
meme  traverfe  à lier  1/  à la  lettre  fui- 
vantc.  Mais  les  exemples  en  doivent  être 
aufli  rates  , dans  les  anciennes  écdtures 
romaines.  & mérovingiennes  , que  com- 
muns , dans  la  Caroline  & autres  du 
moyen  âge. 

de  la  curlïvc  romaine  prend  fou 
vent  par  le  bat  la  figure  d'un  batant  à 
jour  , ou  formé  par  un  plein  , rélîsL 
tant  de  ta  réunion  de  deux  traits  , dont 
l'un  monte  , te  l'autre  defeend.  Ce  ca- 
laélcre  la  diftinguc  de  la  mérovingienne. 
La  queue  de  celle-ci  s'abailfc  réguliè- 
rement beaucoup  moins , fes  traits  font 
incomparablement  moins  hardis  , là 
tête  eft  bien  plus  adhérente  à fon 
das.  Qans  la  cutfive  franco  - gallique 


ordinaire  , on  ne  laiftc  pas  ife  trouver 
de^y  ioicialcs  U quelques  - unes  , dan« 
récriture  alongée  , dont  les  queues  le 

*tent  en  rendue  , avec  celles  des 
laines  , les  plus  profondément  abaif- 
lïes.  Communément  Vf  Caroline  s'étend 
plus  que  la  mérovingienne.  Cela  va 
meme  jnfqu'à  l'excès  au  x‘  fiècle.  Après 
le  vu  t'  , en  France  ,V  f fe  lie  rare- 
ment avec  la  lettre  fuivante  , au  moyen 
de  fa  traverfe  fupérieurc  ; fi  ce  n'eft 
qu'au  commencement  d^u*  , elle  fe 
joigne  à l'i , ou  qu’elle  ^ coupe  deux 
fois , de  droite  à gauche  9t  de  gauche  à 
droite  ; avant  que  de  s'unir , comme  ita- 
verfe  inférieure  , à la  lettre  qu’elle  pré- 
cède. Au-delfous  de  la  fécondé  traverfe  , 

Îji  ne  manque  alors  prefqoe  jamais 
être  fépatée  de  la  première  , il  n'eft 
pas  rare  de  voir  encore  les  deux  cour- 
dont  l'f  eft  compofée  , ne  (c 


toucher  y qu'en  fe  côtoyant.  Mais  au  lieu 
d'acacher  , comme  il  éroit  ordinaire , la 
ttaverfe  inférieure  de  l'/à  la  fupérieurc, 
fnfage  voulut  alors,  que  celle-là  fiîc 
placée  au  point  jufte  , oii  celle-ci  (») 
commeofoit  à s'éléver.  Quelquefois  dans 
la  fuite  la  tiavcifc  de  Vf  fur  dou- 
blée- 


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DE  DIPLOMATIQUE.  i8^ 

dans  (i)  récriture  alongée  , &c  les  âges  , qu’elles  défignent 
font  renvoyés  en  note. 

VII.  On  découvre  fans  peine  (t)  notre  Ç renverfé , dans 
le  5 zain  pliénicien-famaritain.  Sans  aucun  renverfement, 
le  Z grec  (a)  fournit  plufieurs  caraâères  fort  aprochans  de 
notre  Ç . Us  femblent  meme  lui  avoir  {i)  donné  naiflance. 
On  peut  voir  , dans  notre  premier  volume  , que  ce  (c)  G 
fervoit  à rendre  le  nombre  90.  chez  les  Grecs  , &c  le  6a. 
chez  les  Latins.  Mais  c’étoicnç  des  figures  dégénérées.  On 
n’y  reconoKTok  plus  les  traits , qu’eurent  d’abord  le  6^.  6c 
le  18'.  élément.  * ' ' ■ 

Si  le  C remplaça  le  T , fur  quelques  ancieimes  monoies 
grèques  de  Sicile  , & fi  les  Latins  fe  fervirent  fouvent  du 
premier  au  lieu  (3)  du  G f oe  n’eft  pas  que  cette  derniccie 
lettre  fut  banie  de  leur  alphabet  î mais  àcaufe  de  l’afinité 
de  fon,  qu’avoient  cescaraâctes,  &.pacceque  plufieurs  regar- 
doient  toujours  le  C , comme  'tépoiuiant  au  r des  Grecs. 

. M.  Foneanini  publia  en  1 7 l’explication  de  l’épitaphe 
de  Colombe  Vierge  Chrétionne  , décédée  , vers  le  cons- 
mencement  du  vi'i  ficelé.  U abferve  qu’on  javoit  peine  à y 
diftinguer  le  G du  C : quoiqu’une  pointe  oblique  , defeen- 
dant  vers  la  droite  , dût  en  faciliter  !>le  diücernement.  La 

1 .i  . I,::  ' . / 


(t)  En  général  Vf  mootoïc  pco  ou 
peine , dans  la  m^tovrogienno  alongée.' 
Sa  manière  de  defeendre  o'gvoii  rien  de 
«onnanc.  Sa  queue  panôit  tour  à tour 
du  court  au  médiocre  médiocre  à* 

rexccinvcmcni  long.  Sainte  ala  cou-, 
jouta  en  s'élévant , depuis  le  roilien  du 
▼ I 1 1‘.  ftèclc  , jurqu'à Louis  le  déboaaice.’ 
Apres  cette  époque , tantôt  la  tète  , <c 
tantôt  la  queue  furent  réduina  aa  ni- 
veau de  l'eciicure.  Mait  il  devint  plut 
ordinaire  , que  l'une  Si  l'autre  le  fucpaf- 
falTeni  conudérablcmenc  , chacune  de 
(bn  côté.  Les  chofet  dcmeurèrenc  à peu 
près  fut  ce  piè  , jufqu'à  Kobecc  roi  de 
France , fout  lequel  l'F  capitale  Ce  glilTa 
quelquefois  , dans  l'écriture  alongée. 
Âlais  , quand  elle  conferva  là  forme  cuc- 
£vc  } la  tète  & laqueue  diminuèrent  à 
Fenvi  , jufqu'à  n'cxcèder  en  aucun  fena 
1»  hauieot  de  la  ligne.  Vf  de  l'ècricoie 


alongée  ne  panit  prcfque  plus  au  dell 
du  XI 1°.  liècle  ; paiceque  cetç,'  écriture 
fiit  alora  léferréc  pour  l'invocation  fea- 
le  , & là  même  elle  ne  lé  mamcioc  pai 
long-rems.  En  Allemagpe  . dans  les  di- 
plômes impériaux  , la  queue  delYccÆi 
de  defeendre , (ûc  U fin  duxi  (lècle  , 
& ptefque  pendant  toute  la  durée  du 
fùivant.  Quelquefois  même  la  cèce  , déjà 
notablement  racourcie  , fiie  mife  au  ni- 
veau des  lettres  voifioea. 

(1)  Scaliger  , dans  Tes  AnimadvciCoas 
(d)  fut  la  cnroniqae  d'Eufebe  } prouve , 
que  notre  G vient  du  xain  des  Hébreux 
ou  des  Caldéeot  8c  du  zêta  des  Sj- 
liens  ou  des  Grecs. 

( 3 ) Quoique  Carvilius  eût  inventé  un 
moyen  affez  fur,  pour  empêcher  la  coa- 
fufion  du  C 8c  du  G J plufieurs  fiècics 
. après  lui  l'on  trouve  encore  des  G , qui 
. ne  difereot  prcfque  en  rien  des  C. 


II.  PARTIE. 

S E c I.  1 3 1. 

C H A a.  IV. 

Le  G prcfque 
fémblable  au  C , ^ 

en  fut  diffingné 
par  une  virgule  : 
variations  de  ce 
rtw  fervanc  à ^ 
xcr  l'age  des  laL 
ctiptiens  Sc  de* 
m/f  : g des  char- 
tes : G des  notes 
de  Tyron. 

(a)  Vi^tz.  nttri 
plsiuhe  X. 

(F)  Vtjf.  it  »ri. 
irmm.  l.  I.  c.  il. 
f.  «4-  8 J. 

fr)  Pax-  <*3- 


(J)  Piqf.  ixi.iiy. 


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li  PARTIE. 
S ( C T,  III. 

Chat.  IV. 


,90  .NOUVEAU  TRAITÉ 
diftinâion  du  G , donc  la  queue  rencroic  ou  lè  repliotc  lAi 
peu  ( I ) en  dedans  , écoit  plus  difîcile. 

Long-tems  avant  que  le  G de  Carvilius  eût  pénécré  dans 
les  infcriptions  des  médailles  ; l’invention  des  notes  tyro- 
nicnnes  lui  avoit  alTuré  un  afyle  , contre  l’inconftance  d’une 
patc  , l’entcccment  pour  les  vieilles  coutumes  de  l’autre. 
Le  G y paroit  exprimé  du  moins  par  trois  principaux  ca- 
radères.  Ce  Q dans  fa  poficion  nauirelle  , portant  à l’ordi- 
naire fa  ccce  en  haut  &c  fa  queue  en  bas  , fç  réproduit  fans 
comparaifon  plus  fréquemment , que  les  deux  autres  , & fe 
divcrfilîe  en  bien  des  (i)  fefls. 

Le  fécond  caradère  cyronien  eft  le  même , que  le  précé- 
dent , mais  couché  &c  renverfé  de  cette  forte  O . Sa  queue 
horizontale  ou  tranfverfale  s’élvVe  de  gauche  à droite  : ou 
bien  il  n’en  a point  du  tout.  Un  autre  renverfé  fe  tour- 
ne vers  la  gauche.  D.  Carpentier  n’en  fait  pas  la  plus  lé- 
gère menaon.  Il  convenoit  de  le  mettre  au  nombre 
des  d renverfés  , ou  plutôt  d’en  faire  une  noce  à part, 
à laquelle  il  faloit  donner  le  troifièrae  rang  , & réferver  le 
quatrième  au  X gtec.  La  poficion  & l’ouverture  de  celui-ci 
font  diférentes.dl  ne  forme  guère  d’angle  droit,  que  quand 
il  eft  couché  fur  le  dos  (x—L  Cette  figure  ne  paroit  pas  avoir 
été  connue  de  D,  Carpentier  , non  plus  que  les  deux 


( i)  L'afigc  en  a n&^nmoins  doré  crés- 
long-tcms.  Nous  n'cn  fautioDS  douces: 
la  plus  ancienne  figure  du  G dcroic  ^rc 
difeccncc  de  la  notre  Comme  on  ne 
cranchoiignire  IVccitnreà  la  main,  lût- 
elle  ffla)oicule  } pour  peu  tju’on  apuyît 
fur  le  C , en  le  finiflâne  ; on  reipofoic 
à être  pris  pour  le  G.  La  virgule  infé- 
rieure , mile  en  faveur  par  Carvilius  four- 
nilfoicun  moyen  lût,  pour  parer  à ccc 
inconvénient.  Maispouvoit-on  rélbrmec 
cous  les  écrivains  lur  cette  régie  ! Ce 
n'ell  qu'à  la  longue  , que  de  pareilles 
nouveautés  s'acreditent.  Les  bronxcs  & 
les  marbres,  fut  lefquels  lesvieuiufa- 
ges  fe  défendent  mieux  des  modes  ré- 
centes , fe  refulîtent  plus  long-tems  à 
celle-ci , ïc  ne  s'y  prêtèrent  ordinaire- 
ment , qu'avec  réfetve.  Les  cOpillcs  des 
mÆ  la  favotiûrent  davantagc.'O’n  trouve 


poutrant  déjà  le  G û queue  fur  des 
menumensbien  antérieurs  a J.  C. 

(t)  Sa  firuation  de  droite  devient 
oblique  : fa^e  s'incline  , tantôt  vers  la 
dnoire  , 8c  TOtôt  vers  la  gauche  ; foa 
pié  s'étend  plus  ou  moins.  Ici  tranché 
par  une  bafe  , U prolongé  en  pointe , U 
tient  cour  à tour  lieu  de  noce  initiale  Sc 
de  noce  fubfidiaire. 

La  virgule  recourbée  vers  la  gauche  , 
non  Ibulcment  ne  lut  point  admife  dans 
les  norcs  de  Tyron  ; dans  les  écritures 
communes  , on  ne  s'alfujccic  pas  mémo 
à lui  donner  eonftamment  certe  forme. 
Souvent  HIe  y fut  tournée  vers  la  droite. 
Souvent  elle  relia  pcrpendieulaire.  Telle 
aparamment  fut-elle  inventée  , ou  plutôt 
fixée  par  Carvilius.  Car  les  anciens  en- 
tendoient  plutôt  par  virgule  une  petits 
ligne  droite  que  couibe. 


D.^.  : "!.yCoOgl< 


H.  PARTIE, 
SlCT.  III. 

Ch  A».  IV. 


DE  diplomatique:  191 

famntes  -f . Les  r à queue  oblique , ont  l’angle  plus  ou 
moins  obtus. 

U eft  des  G à queue  , antérieurs  de  près  de  deux  fiècles 
à la  naifl'ance  de  J.  C.  Depuis  cette  époque  on  en  dé- 
couvre , dont  les  traits  font  ainfi  Cy  y féparés.  Quoique  les- 
G rentrans  & les  Q à queue  courbée  e||  aricre  le  foient. 
maintenus  prefque  en  tout  tems , & quoi^e  les  C , à queue  , 
tournée  en  devant,  aient  palTé  le  vii'.  lîècle  ; ces  derniers  . . 

pouroient  aider  à cafaûénler  le  fécond  & le  ctoiliome  : tant 
il  s’en  trouve,  dans  les  infcripâons  de  ces  üccles.  Mais*  les  (r. 
à-  queue  ne  font  admtsua  peu  fréquemment  fuit  les  médail-- 
les , qu’au  (a)  v i«.  lièdeiquoique  on  l’y  eut  déjà  vu  des  le  i v«^  rinfn!  y». 

A l’égard  de  mflV  en  écriture  onciale  , ^nc  on  ignore-- 
roit  l’age  ; il  n’ell  peuokre  point  d’indice  plus  propre  à leur 
a/Turer  la  plus  haute  antiquseé  , que  le  ^ Iréquenc  donc 
la  queue  courte  &:  détachée  naitroit,  én  s’élévant  ,:.prefque 
du  milieu  du  C.  Si  en  même  tems  le  jambage  gauche  de 
V ^ étoit  régulièrement  f^s.  long  qœ  le  ^oit  , avec  mé- 
lange d’ TA  mmufcules  ainfi  formées  ; il  i^n  faudroit  pas’ 
davantage  pour  égaler  au  mokis  le  mf , qui  «éuniroir  ces> 
trois  caraéleres  , à tout  ce  qU’iin  coiinoit  dç  pKis  antique  eni 

ce  genre,  . • : ' , ‘ 

^ Le  Êuneux  Virgile  du  Vaci^n  , que  D.  MabHlon  , Bel- 
Ibri  & Schéleftr^e  jugprém;  devoir  apar^nit'  à l’empire  de 
Septime-Sévère , eft  plein  de  qi^e  eh  forme  de  virgule 
rthverfée.  Lé  favant  éditeur  qes  Fragmens  des  plus  anciens- 
liflT.  de  Virgile,  du  Vatican  dsnfirmie  l’avis  des  trois  célè- 
bres antiquaires  , par  la  téfibrablance  dé  ce  d’avec  celui  d© 
l’îhfcfiption  d’uiijî  horloge  dùî  même  teips.  Pàrtillè  quèué 
de  g',  mais  plus  alongée,  fe  montre  mms  un  mf.  dès  loix  wi- 
figothiques,  noii  interpolées,  comme  elles  le  font,  dans  tousf 
lés  imprimés.'  Il  eft  au  moins:  du  comtnéûCemenc  du  vlI^. 
ficelé.''!-'-  * 


VD,'Mabnibn  {b)  met  lé  g- au  nombre  des  lettres,  qtfil  fait 
pafter  de .1-alphabet  gothique  dans  le  (»)'rôuMin..  , . 

(O  Mii«  comme  il  ne  l'àplique  point  ;^.à  qoeoe'de  l'incien  alphabet  gothique' J; 
fbriiie  i on  ne  fait  sll  parte  du  G *où  il  efl'ordinâirc.  Oi  loin  d'c^l'avoir  reçu'' 
rtajurcole  oü  luinufculcj^^^St!  quelle  eft  la  ' des  Gotbs  , e’eft  évideminehc  de  ootrd" 
figure  do'taraflcfc  , qiHl  ^tc  en  vue.  [ alphabet  latin  , que'  ceUx-ci  l'enwiuo- 
On  p'cutnéajullolilîeoTMieTa^atiajttui  lêieàt.  ‘ 

•I.jliJi 


{b)  47. 


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II.  PARTIE. 

S I C T.  III. 

Ckaf.  IV. 

(m)  VuuUcUta- 
mmie.  firiftur.  •- 

tUni  — R«n« 
1740./*/.  «M»-  >. 
f.aa. 


* 


NOUVEAU  TRAITÉ 
Au  Ti^.  fiècle , on  remarque  des  G de  mfT,  à crois  pièces' 
décachées.  D'où  l’on  peuc  conclure , que  les  autres  de  meme . 
ligure  rélùlcoienc  d’aucant  de  traits  , quoiqu’ils  paroilTeac 
formés  d’un  feul.  Un  (a)  mf.  de  Vienne  en  Autriche , efti- 
mé  du  vii',  fiècle  ; à force  de  courber  le  G , lui  donne > 
quelquefois  la  fi|^re  d’une  S.  D’autres  mlT.  en  ufent  de 
meme.  Il  ne  faloit  qu’un  petit  trait  horizontal  fur  la  tête 
de  ce  caraûcre  , pour  former  le  Z (i)  faxon.  Vers  les  x. . 
XI.  & XI I'.  fiècles , on  rencontre  des  % , fendilales  à cctT< 
tains  é;  , & , pour  ainfi  dire  , compolés  d’un  double  G.  Ce 
n’eft  pas  ici  le  lieu  d'infifier  fur  le  G caré  , & fiir  diverlès.. 
autres  figures  de  cette  lettre  , beaucoup  plus  bifares.  Le  Gl 
inajufcule  du  gothique  moderne  ne  diiérott  du  nôtre  , que 
parcequ’il  étoit  plus  alongé  par  le  bas.  Mais  la  couioure  de 
cens  capitale  remonte  à des  tems  bien  antérieurs  au  . 

. Les  $ minulcules (a)  ou  curfifs,ceafés  faxons,  parcequ’ils. 

: ) , ' V.  j.u.  jiit  r,- 


(t)  Il  a toutefois  dés  râpons  fi  mar- 
auds avec  le  T grec  ; (ffe'il  patoitroit  plus 
umple  de  né  pa^  chetcber  ailleurs  (on 
origine  immddiaia  ; fi  elle  ne  fe  prd- 
fëiuoic  d'elle-mdine , dans  lé  cucfif  ro- 
main. La  craverfë  dn  T un  peu  prolon- 
gée vers  la  gauche  avec  une  queue  con- 
vdxe  vers  b drotic  donne  prdciGlment . 
le  3/  rason.  A peine  eft-il  difdrent  du 
ÿ romain  , _tél  quTon  le  trouve . dans 
les  procédâtes  jutkliqnes  Sr  les  mfl'.  en 
laierei  curfives  Sc  minnicalet  : non  firu- 
leoienr  des  v.  le  vt‘.  fidcles  ; mais  en- 
core des  deux  fiitvins’.  Or  qui  ne  (hit. 
que  les.  ecgifaBtcs..&  les  randeuts  (ont! 
les  r^nages  otdiinirés  de  toute  , écri- 
tûre  courante  j > .piiit  donc  qu'on  a 
d’anciens  S r intfi  A 'do  râct'444  ; 
pourquat'  ne  tirefoit-oo  pas  de  la  plut 
aqcjenne  curfivç  le  v faxon.  t Celai -ci 
ne  fe  diftingue  réellement  dn  ro- 
hnain , depuu  le  tv°.  fiècle  , |urqu’au 
vti'^  i pont  ne  pas  d>ic  t i orrrains 
égards  , jul^'au . x 1 1 1*  . qw'pér  une' . 
fimplicité  plus  omfiMfné.  S'il  femble 
avoir  plus  de  confbrmùé  avec  le  grec  ,1. 
qne  le  romain  c'eft  àpàtMmeos  qu  il 
aura  d'abord  été  tiré  d'après  des  modè- 
les romains  , encore  plui  reffcmblaus^ 
anz  r gteté' ÿic'  ecui  des  anciens 


madHmens  latins  , fut  Icfqucls  noua 
ibmmes  tombes.  Tout  nous  invite  audi 
i sapotter  au  y gtte  un  petit  nombre  de 
'Y'  latins , qu'on  voit  dans  les  aâes  , 
drefiés  en  Itabc  , du  tems  de  JuQinien.  . 

(t)  'iToutes  les  écritures  des  Angio-’ 
faxons , depuis  le  vi  r*.  fiècle , jalqU'asi 
xi'.eroploient  coolUtmnqnt  le , lâitin. 
Les  exceptions  ne  fs,  fontren|iaçqneraa, 
IX* , que  quand  leurs  fiid',- (ont  îtfans  le  ' 
gode  romain.  On  v découvre  alors  dea. 
g h double  arondUIeinent , toujours  gar>  ^ 
nis  d’une  pointe  ou  d'un  bec  , dirigé 
vers  la  dio'ite.' Ccd  le  (buT  rede  bien! 
fenfible  de  |la  |bare  fupétieaie  dn  , | 
qui  fç  foit  conrervé  jufqu'à' nous.  Cc; 

devint  plut  fréquent  au  z*.  fiècle.  Long-  ' 
teirisavant  lâ'fin  du  xi*.il.exéluc  tota-> 
lemcM  l'ancien  d'Angleterre.  Si  dans 
la  fuite  on  aperpoit  encore  des  traces 
du  dernier , elles  font  rares  le  (ans  con- 
féquenec.  Quant  h fa  ^ure  primitive  t ; 
les  variaiioas  en  (ont  afin  légères  . juf- 
que  vert  la  fin  dn'S*.  fiècle.  La  marque 
de  la ‘plus  haute  antiquité  fazone  , eft 
,que  les  7 i ü foient  parfititement. 
on  prefque  entièrement  fermés  par  le  bas 
ou  par  leur  queue  tecoutbéC.  11  en  eft 
peu  , dont  le  montant  vienne  à être, 
piucbé  pat  la  couiboie  de  la  queue, 

fuient 


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DE  DIPLOMATIQUE.  155 
furent  plus  fréquens  dans  cette  écriture  , ne  lailîcrent  pas  — ' ' ^ 

d’avoir  cours  dans  (i)  les  autres.  Le  G majufcule  à queue 
put  devenir  par  degrés  (1)  minulcule.  Mais  en  combien  chap.  iv. 
de.  formes  le  g-curlif  ne  fe  (5)  métamorphofa-t-il  pas  ? Les 


dcpui<  le  commencement  du  ix'.  fîccle. 
Les  5 les  plus  communs , poflcricurs  à 
fa  lui , ont  la  cjueuc  [ournee  à l'otdinaire 
vers  la  gauche  , mais  rabatuc  en  courbe 
pai'dcITous.  Bicniûi , comme  on  l'a  die  i 
l'Anglcccrre  abandona  fon  propre  fX"  ■ 
pour  prendre  le  g doublement  rond  des 
autres  peuples. 

(1)  Les  exemples  s'en  cdproduircnt 
Ibuvenc , avant  le  ix‘.  nècle  , auquel  ils 
Icmblcnt  fe  multiplier.  Ces  ; étoicnr, 
il  cil  vrai  , plus  courbes  ou  plus  aïon- 
dis  par  la  retc  , que  ceux  des  Anglo- 
fazons.  Exceptons  en  ndaumoins  quel- 
ques - uns  des'  bulles  papales  du  ix°. 
iièclc.  La  France  les  employoir  encore 
quelquefois  au  xi°.  Au  xv'.  il  faudtoit 
mre  la  m£me  chofe  de  l'Efpagne  ; fi 
l'on  pouvoir  compter  fur  des  caraâcres 
rares , Sc  qui  probablcmeru  ont  une  au- 
tre origine, 

(x)  Si  le  g minufcule  n'ed  pas  plus 
ancien  ; une  épitaphe  datée  du  Conlulat 
de  Gallican  , c'ell-a-ditc  de  l'an  ) 

}17,  pouroir  fournir  un  % majufcule, 
d'où  il  fetoir  (a)  forti.  Mais  quoique  , 
abfolument  parlant , notre  g minufcule 
ait  pu  naître  du  Ç oncial , & que  noos 
ayons  d'anciens  j curfifs  romains , qui 
prennent  (a  bgute  ; il  cil  peut-être  plus 
iimplc  , de  dériver  le  minufcule  immé- 
diarcmcnr  du  5 faxon  , ou  plutôt  du 
g"  romain.  Soit  que  le  côté  gauche  de 
la  icte  du  dernier  fe  courbât  en  delTus 
ou  en  delfous , foir  que  fon  eôié  droit 
en  flr  autant  ; ils  rendoient  prefquc  éga- 
lement à produire  la  rcte  de  notre  g mi- 
nufcule  , Si  fouvent  meme  de  notre  ; 
curlîf.  Cependant,  (î  l'on  conlïdère  ces 
figures  , (clon  la  totalité  de  leurs  traits  ; 
la  tendance  à former  le  premier  g fera 
plus  fenlîble  , jufqu'au  viii'.  ficelé  : 
comme  elle  le  paroitra  davantage  de- 
puis à faire  éclore  le  fécond.  A peine 
poura-t-on  déterrer  quelque  g minufcule 
fermé  par  le  bas  , même  dans  les  m/f. 
avant  les  écritures  carolines  > à moins 

Tome  II. 


qu*on  DC  le  rupofe  d'un  fcul  traie  ( 
prefquc  en  forme  de  8 en  chifcc. 

Deux  parties  ou  jointes  ou  d^ta> 
cKccs  , la  tête  &:  la  queue  , font  ctlcn* 
ciellcs  aux  / ; parcicuiicrcment  à Ceux  de 
la  curfivc  romaine.  De  la  hardicirc  & 
de  la  variété  des  liaifout  de  cette  écri- 
ture naiiTcnc  des  têtes  f de  tant  de  ma- 
nières difércntcsiqu'ilcA  égalcmcnrim- 
podible  & de  les  décrire  & de  les  fign*» 
rer.  Pour  en  donner  néanmoins  quelque 
légère  idée  ; difoos  c|uc  ccetc  tête  prend 
au  befoin  la  forme  d une  S droite , coD' 
tournée  , couchée  , renverfée  , ou  d‘un 
C pofe , fâfoné  , prolongé  , fuivanc  tous 
les  fens  imaginables , Àc  Tcxigencc  des 
traits , ncccnaircs  à fon  union  avec  les 
lettres  voilincs. 

La  queue  du  meme  g emprunte  plus 
communément  la  rclTcmblancc  de  l'i*  , 
du  y grec , du  5 en  chifre  : mais  avec 
des  atongcnicns  , des  incliaaifoi>s  > des 
recrécincmens  haut  3c  bat  , fî  nom- 
breux & n divcrfiflés;  qa*on«e  doit  pas 
s’atendre  à les  trouver  ici  ralTemblcs  » 
tous  un  fcul  coup  d'cciL  Ce  feroit  beau- 
coup , fî  toutes  ou  meme  la  plupart  des  y*  Ohftr- 
figures  antiques  du^curfif  r|^in  pou-  vattom deEncnar- 
voient  être  rcprcfcntécs,  da^îosplan- 
ches,  tant  d'alphabets , que  de  liaifotis  »ncüns 

dcsancicnnctécriturcs.Quoiquc la  queue  vent. 

du^  fe  rctrécilTc  quelquefois  par  le  bas,  • 

pour  s'élever  ; nulle  autre  curfivc  na- 
tionale UC  lui  corumunique  À cet  égard 
plus  de  conformité  avec  , que  la  cur- 
five  romaine. 

Le  g de  la  plus  ancienne  gallicane 
imite  déjà  par  la  tctc  notre  g minufcule  : 
mais  par  le  bas  de  fa  queue  , il  apro- 
chc  plus  de  la  ligne  horizontale.  Des 
la  fin  du  v^.  ficelé, il  s*y  forme  une  cam- 
brure, qui  duroit  encore  au  commen- 
cement^ vu*.  & qui  en  ocafiooa  d'un 
goût  diférent  dans  la  fuite. 

Le  génie  du  mérovingien  dcm.mde  , 

(|ue  fa  queue  pour  l’ordinaire  fe  relTcrte 
oavamage  , en  montant  jufqu'au  bas , 

Bb 


• • 


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II.  P.^RTIE. 
.«il.  CT.  III. 
C » A r.  IV. 


194  NOUVEAU  TRAITÉ 

écritures  nationales  en  fourniflent  une  foule  d’exemples  : 
plus  encore  celles  des  diplômes , que  celles  des  mil'  Aucmie 
n’égale  la  multiplicité  des  figures  , que  la  romaine  antique 
mit  au  jour.  Dans  les  chattes  du  ix'.  fiècle  (i)  & des  l«i- 
vans  , leur  queue  fe  repliant  fur  elle-même  , fembla  prelque 
former  deux  ^ au  lieu  d’un.  Vers  le  xi  i',  on  croiroit  cette 
lettre  quelquefois  changée  au  8 du  (i)  chifre  arabe.  Le 


le  qacjqucfois  jusqu’au  haut  de  la  tête , 
quelquefois  meme  jufqti'à  lui  fervir  de 
traverfe.  Tels  fooc  CCS  figures 
Mais  les  queues  du  fécond  & ttoiLcuu  ca 
radêrcs  , paroi/fenc  Ici  plus  abailfêcs  , 
qu*clfcs  n'aurotent  dû  l'être.  Depuis  le 
vn«.  fiede , la  ligure  du  Ç*  la  plus  ulî- 
têe  , tourc  inconfiante  qu  clic  cil  dans 
la  totalité  de  fon  contour  s'acorde  à 
former  un  angle  curviligne  trcs  aii;a  , 
au  bas  de  la  queue  , avant  que  de  la 
foire  remonter.  Cctrc  crpccc  oc  g étoit 
encore  d’un  grand  ufage  en  Italie  , apres 
le  milicii  du  IX®.  lîcclc. 

En  France  fous  les  premiers  Carlovîn- 
giens , Ics^  fe  fenrent  beaucoup  de  ceux 
des  tems  anrêrieurs.  Une  de  leurs  nou- 
velles propriétés  des  plus  remarquables, 
quoique  pourtant  pas  des  plus  commu- 
nes , eft  dtf  recourber  leur  queue  vers 
la  droite  , après  l'avoir  portée  vers  la 
gauche.  Au  moins  le  bout  de  la  queue 
vient-il  fe  replier  en  rond  fur  lui  même 
en  fe  tou^Éjanc , mais  beaucoup  plus  bas, 
que  ne  lerait  notre  g minufculc.  Cette 
qualité  n’efl  point  du  nombre  de  celles, 
qui  conviennent  rarement  aux  g carO' 
lins.  Malgré  le  raport  de  certains  £> 
des  If.  fiexM®.  licclcs  avec  les  memes 
lettres  du  Vtii®,ceuxià  icronc  foli- 
fommenc  difhogués  par  un  ventre  plus 
gros  & peu  proporcioné  avec  leurs  au- 
ères  parties  % plus  encore , lorfqu’ils  fe- 
ront marqués  d'un  trait  partant  da  côté 
droit  de  la  tête  , & venant  aboutir  pref- 
que  en  diagonale  furla  queue  , ou  rnême 
sunilTanr  à fon  extrémité  r indice  toute- 
fois plos  rpécialement  aproprié  aux 
rfes  XM.  &XII1®.  ficelés.  Ceft  dc-là  , 
que  les  g en  forme  de  8 , alors  devenu» 
plus  fréquens  , fcmbicnr  avoir  tiré  une 
foconde  ou  t.-oificme  nailTancc. 

(t)  La  queue  du  g commence  à fo 


boucler  fréquemment  fous  Cbarlema^ 

fnc  I puis  à defeendre  en  fe  courbant  k 
rotre  ou  à gauche.  Ce  caradère  ne  preoti 
fin  , qu'au  X X t®.  fiêcle.  Ct(ï  alors  qu'oix 
joint  quelquefois  le  parafe  à la  boucle. 

Ces  7“  f,  fans  autre  traverfe  fupé- 
rieure  , que  celle  qui  naic  de  leur  cou  ^ 
quoiqu'ils  ne  forent  pas  les  plus  ordi^ 
narres , fournirent  par  ce  feul  rraic , un 
ligne  diftinéhf  du  fx*.  fiêcle.  Les  g à 
queue  fe  traverfant  de  haut  en  bas  , 
apres  l’avoir  long-tcms  dtfputé  aux  au- 
très  terminés  en  defl'ous  par  une  fim-* 
pic  boucle  fans  excédent , prirent  enfin 
le  dclTus  > durant  le  x*  , & ne  forent 
négligés  , que  fur  le  decHn  du  xi®.  Mai», 
quand  leur  queue  , d'abord  poulTéc  ver»- 
la  gauche,  vient  fo  couper  en  fe  por- 
tant vers  la  droite  , au  lieu  de  defeen- 
dre  : quand  les  g prennent  la  forme 
d une  S Ciipitale  , dont  la  courbure  fo- 
périeurc  fe  ferme  toralcmcnt  ; ce  font-U 
des  indices  plus  uifaillibles  du  meme 
fiêcle. 

Les  -f  majufcQlcs  dediférenres  figures, 
dans  l'écriture  alongéc , caraélérifent  le 
XI®.  Ils  fe  maintiennent  encore  au  xii®. 
mais  îcurhautcurdiminue.Les^  à queue 
ferpentant  vers  la  gauche  , ou  meme  de 
haut  en  bas,défigncnt  les  x.  de  x i ® ■ fiêcict, 
notamment  en  ÂlIemagnc.Ccut  a double 
traînée , ou  plutôt  en  façon  de  chaîne , dC 
à double  bonde  , en  fens  contraires  , 
marquent  le  xi  r*.  les  ^ en  Angleterre 
ne  fourniront  pas  des  marques  moins 
décifives  du  même  âge.  Mais  ces  carac« 
teres  , quoique  fréqticns  , dans  certaines 
pièces,  ne  convicmienrpasaa  plus  grand 
nombre. 

(x)  Quelques  exemples  que  les  pre- 
miers rems  fourniircnt  de  cc  g } il  cft 
néanmoins  plus  propre  des  xxt.  SC 
XI 11®.  üôclcs.  Mais  ioavcat  foD  ancieo 


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DE  DI«PLOMATIQUE,  rpj 

contour  du  g curfif , & fes  diverfês  parties  éprouvèrent  aulTi 
des  variations  C i ) de  la  part  du  gothique.  Les  figures , aux- 
quelles elles  donnèrent  l’ctre , furent  fouvent  chargées  de 
traits  fuperflus  , avec  redoublement  d’un  mauvais  goût  , 
dont  les  liècles  antérieurs  n’avoient  point  encore,  fait  l’expé- 
rience. Les  , dans  les  curfives  romaines  , defcendirent 
ordinairement  (i)  au-delTous  , & montèrent  fréquemment 
au-deffus  de  la  ligne. 

VIII.  Il  en  eft  à peu  près  de  l’H  , comme  de  l’E.  Prefque 
toutes  fes  (j)  figures  , phéniciennes , étrufques , hébraïques. 


voD^i/Teroent  fe  c^nnge  en  angles. 
Quoi<)u*on  y faifiiTe  des  indices  fiiHUns , 
pour  diftinguer  les  Hècles  : comme  ils 
pouroieot  paroicre  trop  fubtils  ; il  vaut 
mieux  s’atacher  à d*aut(cs  plus  renûbles. 
Obfcrvons  rculcmenc  , que  ces  g ont 
doré  f jurquau  xvi*.  Hcclc. 

(ijLc  milieu  de  la  tcte  des  ^ $ du 
X 1 1 1*  licclc  e|^ouvenc  en  pointe  ou  en 
angle:  caraélére,  qui  varia  plutôt  daos 
Uluiie  J quilnc  edfa.  Au  meme  ficelé, 
la  queue  forma  de  Ion  côté  pluHeurs  an- 
gles. Cependant  en  Efpagne  , on  fecoo- 
teocoit  alors  afTcz  fouvent , de  faire  paf- 
fer  une  ligne  horizontale  , fur  la  tête 
des  7 ha  meme  forme  fc  voit  à 
peu  prés  eu  France  , au  z i v^.  ftécle.  Les 
XV.  & XV I.  entre  pluficurs  autres  figu- 
res , emploient  des  J 5 ^ 
montant  s'eleve  au-defius  de  la  craverfe. 
Le  2 «le*  bulles  des  papes  s’cll  mainte- 
nu fous  cette  Forme  , juf]u'à  nos  jours. 
Aux  XV.  & XVI*.  ficelés  , la  queue  tra- 
verfa  fouvent  la  tetc  du  ^ , ou  meme  pafia 
par  defius.  Avec  des  figures  moins  fin- 
guliéres  , l’Efpagne  eu  produifit  alors 
d'a/Tcz  bifarc.s.  Telles  font  celles-ci: 

s 3 ^ g V ^ ff  'Q' 

dont  quelques-unes  lui  ctoicnc  commu- 
nes avec  les  Dations  voifines. 

(t)  Les  g gallicans  , au  commence- 
ment du  vi*.fièclc  , dcfceudiicnt  fans 
monter.  Des  Tentréc  du  fuivanc  , leur 
queue  étoit  déjà  quelquefois  prefque  au 
ûtveau  des  autres  lettres.  Mais  ce  ne  fut 
qu'au  VIII*.  que  les  écticures  curfives 
s.*acoutumcrcnc  à ne  pas  abxin’cr  leur  g 
plus  que  k^jniuufculcs  , dont  elles 


cmprtintoient  x/Tez  fouvent  la  figure. 
Quoique  les  queues  des  j mérovingiens, 
qui  , après  avoir  formé  un  angle  aigu  , 
le  relévoient , ne  laiiralTcoc  pas  de  def- 
ceodre  confidérablcmeot  elles  s’abaif- 
foient  bien  davantage  , quand  elles 
étoient  pour  ainfi  dire  licbes  & pen- 
dantes. Eu  général  leur  eztenfioo  ne 
fit  qu'augmenter,  jufque  vers  la  fin  du 

«[  1*.  ficclc.  Alors  , dans  les  éc^lKires 
ngecs , plus  qo'cD  aucune  autre  , les 
I g n'excéderent  fouvent  ni  haut  ni  bat 
félcvation  de  la  ligne.  En  même  cems 
s'incroduific  la  mode  de  les  terminer  en- 
defious  par  une  boucle  ^ dont  l'cxircmi- 
té  defeendoir  plus  bas.  Ce  trait  fc  prêta 
aux  diverfes  longueurs , qu'il  plut  aux 
écrivains  de  lui  donner.  Mais  Fufage  , 
& de  tçnir  la  queue  du  g au  niveau  de  la 
ligne , & de  la  faire  defeendre  plus  ou 
moins  au-defibus  de  la  boucle , eut  pref- 
que également  cours  , durant  le  ix*. 
ncclc.  Au  X*.  le  fécond  l’emporta.  Au 
xi^,  le  ^ n'cxccda,  que  cres  rarement 
.par  fes  deux  bouts , le  niveau  des  lignes 
alongécs  : pareeque  d'ailleurs  il  n'y  pa- 
roifioit  guère  , que  fous  la  figure  du 
G majukulc.  Les  / , à la  mérovingien- 
ne , dcfccndoicnt  fort  bas  , dans  les 
bulles  des  papes  , meme  fur  la  fin  da 
iz'.  ficclc.  Ceux  , qui  pour  lors  s'e- 
cartoieor  moins  de  l'ancienne  forme  ro- 
maine , ne  s’abaiifoicnt  pas  tant  à beau- 
coup près. 

(5)  Les  plus  ancicnnesH  famaritaines, 
étrufques  & grè^ucs  font  terminées  haut 
& bas  par  deux  parallèles  à leur  ira- 
verfe.  Les  C.ccs  des  premiers  tentf 

Bbij 


II.  PARTIE. 
Sect.  III. 
Chat.  IY. 


Origines  for- 
mes de  l'H.  Pour- 
quoi pUede  au 


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II.  PARTIE. 
St  CT.  III. 

C H A P.  IV. 

commencement 
des  noms  propres? 
Pspebtoc  r(!furé 
fur  la  iiéceffitd  de 
l’H  à la  tête  de  ce- 
lui de  Louis  le  dé- 
bonaiie. 


(i»)  l'çcee  »«  fl. 
7.  i,  ÿ.  ro.  14. 

(i)  Cel.  J^o. 

(f)  Co/.  1117. 
(il)  Col.  iij8. 

(t)  DUr,  h»/, 
f.  4l».  PmIju^t. 
tr.f.  170. 


ïç,â  NOUVEAU  TRAITÉ 

fyriaques  , gicques  , rumqiies  , pour  ne  point  parler  des 
autres  , ou  reflemblent  parmitement  à nos  H latines  , ou  du 
moins  laifl'ent  apercevoir  avec  elles  de  grands  traits  de  con- 
formité. 

Les  relations  intimes  de  refprit  doux  8c  de  l’efprit  rude 
avec  l’H  ont  été  difeurées  ailleurs.  On  a fait  lèntir  com- 
bien furent  vains  les  éfbrts  de  certains  auteurs  , pour  la  dé- 
grader du  nombre  des  lettres  , fous  prétexte  , qu’elle  dévoie 
ctre  réduite  à la  condition  ( 1 ) tl’afpirée. 

La  traverfe  de  I H, dans  les  notes  de  Tyron , au  lieu  d’être  ho- 
rizontale , part  du  bas  de  fon  jambage  gauche  , & s’élève  ordi- 
nairement jufqu’au  haut  du  jambage  droit. On  voir  l’un&  l’au- 
tre,quelquefois  perpendiculairement,  8c  quelquefois  oblique- 
ment parallèles.  Ici  les  deux  côtés  de  l’V\  confervent  entr’eux 
une  égalité  parfaite.  Là  le  jambage  gauche  de  1V\  montant 
plus  haut  que  le  droit  , lemble  nous  ofrir  les  prémices  de 
\'h  minufcule.  On  la  retrouve  également  , dans  1 >>  tyro- 
nieÿie  à jambages  courbes.  Il  n’elf  pas  non  plus  ftficile  d’a- 
percevoir une  fl  minufculJ^,  doublement  renverfée  dans 
IM-  Nous  ne  conoifl'ons  point  , chez  les  (i)  Latins  , 


inlïrcnt  encore  quelquefois  de  plus  une 
perpendiculaire  au  milieu  des  deux  lard> 
raies  de  l‘H.  Les  Cald^ens  & les  Jui^ 
récraachenc  de  la  leur  les  deux  mon> 
tans , éléves  au-dclTus  de  Thorizoncale 
de  l'H  ordinaire.  Au  contraire  les  Sy- 
riens (»)  ruprimenr  Tes  deux  jambages 
inférieurs.  Ainfî  chez  eux  la  m^diancelf 
chang<fe  en  bafe.  Voila  en  quoi  ces  H 
difêrcRC  des  nôtres.  Mais  ranr  d'addi- 
tions & de  récranchemens  ne  dcfgurcot 
point  rellement  l'H  primitive  , quelle 
devienne  méconoilTabie*.  Ses  raports  de 
rdfcinblancc  fubCftcnc  toujours.  Le  con- 
cert de  toutes  CCS  H enci  cllcs  j comme 
avec  la  lacine-,  jaflificnc  fon  antiquité; 
les  cables  d'Eugubio  la  confrmeur;  les 
monumens  latins  ou  romains  les  plus 
anciens  ne  permettent  pas  de  la  révo- 
quer en  doute. Contre  des  autorités  f ref- 
pcâablcs , que  peuvent  les  fubtilitcs  des 
grammairiens  ? 

(i)  De  l’aveu  de  Prifcicn  lui-mcmc, 
qui  fc  flâtoit  d’avoir  dcmontidccirc  pro- 
pofîuon  i les  Grecs  du  premier  âge  ainlî 


que  les  Latins , mertoient  l’H  au  rang 
{b)  de  leurs  lettres.  Vclius  (e)  Longus 
va  plus  loin  : il  prouve  par  les  écrits  des 
anciens  & par  plufeurs  autres  raifons , 
que  les  Grecs  s’en  fervirent  comme  d'u- 
ne vraie  lettre.  Scaurus  (d)  foutienc  le 
même  fentimenr.  Cette  réclamation  de 
la  part  des  grammairiens  contre  leurs 
propres  confrères  ne  liitfTb  rien  à déli- 
rer, pour  la  defenfe  de  l'H  , en  qualité 
de  lettre.  Elle  mec  auiÜ  le  coniMe  aux 
preuves  de  fon  antiquité  , donc  l’époque 
ne  fauroir  être  rcculc'c  , après  l'inrroduc- 
rion  de  l'alphabet  en  Italie. 

(r)  Une  infeription  gréque  , raportéc 
par  (r)  D.  Dcrnard  de  Montfaucon  ren- 
ferme de*  h , compofccs  de  trois  lignes* 
droites , donc  la  Iccande  perpendiculaire 
ne  s’eUve  pas  au  dclTus  de  la  traverfe. 
Ccrtc  H cft  fans  tranfpofîtion  la  1 1*.  & 
ti*.  de  notre  Xi*,  planche.  On  peut 
voir  , dans  la  lo*.  des  h encore  plus  an- 
riques.  Ainlî  les  Latins  pouroicnc  bien* 
avoir  empruoté  des  Giecs  leur  h miaur- 
cule.  0 1 


DIgilized  b> 


II.  PARTIE. 
S I c r.  III. 
Ch  A P.  IV. 


DE  DIPLOMATIQUE.  157 

d’exemple  plus  ancien  de  1’^  ,qne  ces  caradcres.  Il  eft  encore 
d’autres  I T en  notes  (T)  tyronicnncs  , qui  n’ont  que  la 
moitié  de  l’H  ordinaire. 

D.  MabÜlon  {a)  compte  PH  parmi  les  lettres  , <^lic  nous^  {»)  D,rt4.fUm. 
devons  aux  Goths.  Quoiqu’il  ne  s’explique  pas  fur  la  fi^re , f.  47- 
il  entend  fans  doute  l’b  prefque  en  forme  de  minulcule  ; 
mais  on  doit  , comme  on'  vient  de  le  voir  , l.a  faire  remon- 
ter plus  haut.  D’ailleurs  le  fénatèur  Buonarruoti  (l>)  la  tire  (t)  OfervMz. /i>- 
d’une  IC  à moitié  arondie  , qu’on  trouve  fur  quelques  mo-  f'*  A*’”» 

numens  chrétiens , & dans  les  mlT.  célèbres  de  Térence  &c  ^ 

de  (2)  Prudence  du  Vatican.  Ainfi  s’en  explique-t-il. 

Les  f)  parurent  , dès  Je  iv'.  liècle  fur  les  médailles.  Elles' 
ycontinucrent  (c)  au  vi  i'.  chez  les  Grecs.  En  général  PH  eft  (,)  BW»r.  *■»- 
une  des  lettres  , dont  la  figure  a moins  varié.  Comme  ma- 
jufcule  , elle  ne  lailfe  pourtant  pas  d’avoir  pris  quelques 
formes  bizares  , même  avant  le  gothique  : mais  leur  rareté' 
nous  difpenfera  de  les  repréfenter  ici.  Vers  les  vu.  vi  1 1.  &: 
ix'.  ficelés  , un  faux  air  d’M  diftingua  plufieurs  H capita^ 
les  mérovingiennes  & lombardiques.  Long-tems  aimara- 
vant , elle  fut  admife  , daivles  (3)  inferiptions  , fous  la  forme 
de  deux  1 1 : c’eft-à-dire  qu’elle  y manquoit  de  traverfe.  Mais 
alors  elle  avoit  plutôt  la  valeur  de  l’Hgrèque,que  de  l’H  latine. 


(i)  S‘il  s*CD  trouve  d‘un  goût  différent, 
dans  celles  de  D.  Carpentier  ; c'cll  ou'il 
c’a  pas  fait  atemion  aux  fuprclTîons  frd- 
<]uentet  de  l'H  devant  Icsvoycllcs.  Son 
Uumanis  efl  de  cette  nature  : le  notaire 
& peutétre  l’inventeur  a fupofô  ce  mot 
^crit  par  U fans  1/. 

(i)  Peurétre  a t’il  voulu  parler  du  Pro- 
deucede  la  bibliothèque  du  roi.  Ce  mf. 
non  feilcnieat  renferme  des  H fembla* 
blcs  à celles  , que  Buonarruoti  repré'* 
fente  j mais  encore  des  qui  cuilcnc 
vifiblcment  préparé  les  voies  à l’h  mi* 
fuifcule  ; (i  elle  o’eûc  pas  été  inventée. 
Ces  caraéleres  plus  fcmblablcs  au  K , 
qu’à  l'H  , Ce  rencontrent  en  diversaucrcs 
mil.  I7n  lombardique  magnifique  de  la 
bibliotbcquc  dn  roi  , quoiqu’il  ne  Ibii 
pas  antérieur  au  vu  fiecle  , l'emploie 
encore  quelquefois. 

())Ces  inferiptions  , quoique  latines, 
font  ordinairement  en  caratâ^es  grecs , 
•a  mêlés  de  lettres  grcques  de  latiacs. 


Les  H s’y  trouvent  néanmoins  le  plus 

fouvent  munies  de  traverfes  : et  qui  ne 

porte  aucun  préjudice  à leur  valeur  (d)  (J)  Httrt' 

d’I  ou  d’E  long.  D.  Martène  (e)^  fcmble  t.  ï.  f.  70;. 

n’y  conoitre  point  d'autre  Ton  , que  le  (r)  Vtymxt  littir, 

dernier.  Il  fait  cette  obfervation  au  fa-  p^r/. i.M.p. 

jet  d’une  infctiptioir,  qu'il  dit  n’ètre  ipj. 

pas  ftüUment  dificile  à expliquer  , mais 

même  btmucpMf  Àlire.  AalH  en  lai/fe  c-il 

l'explication  à de  plus  habiles.  Pour  les 

exciter  à n’en  pas  priver  davantage  la' 

République  des  Lettres  ^ nous  alons  ba- 
7arder  de  la  lire , fans  compter  fur  le 
fucccs  , & fans  nous  araefaer  à rendre 
ni  l'orthographe  ni  les  fautes , que  nous' 
croyons  y remarquer.  MMgnâ  Severinx 
Aterns  : Amtrlius  VmUriAnui  fi- 
m$U  lc€»m  jHjfit  JShi , yWif , vir  virgmit  ’ 
ilUfA  , Mugni  Sevtrini  forêris  trihuni  It» 
gwnt»  feenniê  UmlicA.  Les  terminai  lbn7 
encore  plus  grcqirts  , que  quelques  Ici* 
très  de  cette  épitaphe  , anoncent  ua' 
fculpiear  grec  de  oacioa.  ^ 


» 


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* 198  NOUVEAU  TRAITÉ 

tsrsasmsssT  Les  variations  les  plus  eflentielles  des  A nrinufcules  8£ 
11.  PARTIE,  curlives  ne  cotififtent  guère  , que  dans  les  alongemens  plus 
ChVp.  Vv.  moins  grands  de  leur  fécond  (i)  jambage.  On  a déjà 
parlé  de  lettres  femblables  à l’ fc  pochée  ou  formée  en  bâ- 
tant ou  en  demi-batant  par  le  haut.  A ce  feul  trait  ordi- 
naire on  reconoitroit  une  écriture  , pour  être  au  moins  du 
VIII.  ou  ixc.  ficelé.  Que  le  jambage  droit  naiflant  du  gau- 
clio  , au  lieu  de  s’arondir  , monte  &c  s’abaifife  par  des  an- 
gles aigus  , on  aura  un  ligne  encore  plus  llk  du  même  âge. 


(i)  Turqu'au  x‘,  (i^clc  , commun^- 
meoc  le  cité  dioic  des  h 11  1 ^ 
dercendoic  , qu'au  niveau  du  gauche. 
C'dtoit  prerque  toujours  en  s’aioDdhIâDC, 
dans  les  écritures  onciales  , demi  • on- 
ciales & intnufculcs.  Au  vi  1 1*.  fiécle  , 
l'nfage  s'établit  de  courber  ou  replier  en 
dehors  le  bout  du  côté  droit  , plutôt 
que  de  lui  faire  perdie  Ton  niveau  en 
rabailfant.  Les  lîccles  précédens  en  avoient 
déjà  vu  quelques  exemples.  Mais  les  ix. 
Sc  I.  font  en  quelque  forte  reconoif- 
làblcs  à ce  trait  oblique  , horizontal  ou 
courbe , régulièrement  ttés-coutc , & dans 
la  muiufcule  , où  il  étoir  plus  tare  , & 
dans  la  curlivc  , Caroline  furteut , où  il 
étoit  ttès-fréquent. 

Il  n'a  pas  lieu,  lî  les  deux  côtés  de 
l'h  ne  font  point  h peu  près  parallèles. 
Leur  pacaUclifmc  ordinaire  , & fouvent 
tigouieux  , du  tems  des  Romains  , fe 
foutint  jufqu'au  x'.  üécle.  Les  deux  cô- 
tés fc  raprocbcoc  quelquefois  beaucoup , 
dès  le  VI I*.  & fe  maintiennent  en  cet 
état  , prerque  jufqu'è  la  troi/icme  race 
de  nos  rois.  Sous  les  derniers  de  la  fé- 
conde , on  vit  aboutir  en  fpirale  le  côté 
droit  de  l'h  , fans  néanmoins  s'écarter 
de  Ton  niveau.  Cependant  le  même  côté , 
déjà  quelquefois  un  peu  prolongé  vers 
le  bas  , dans  les  carfives  romaines  des 
preiuicrs  tems  , le  fut  davanuge  dans 
les  bulles  pontificales  du  vi  i°.  liècle.  Si 
rcxtcnlîon  de  ce  côté  femble  diminuer 
depuis  ; elle  ne  lailfe  pas  d'excéder  en- 
dclTous  le  côté  gauche  , vers  lequel  elle 
fe  raproche  , jufqu'à  Ce  réunir  avec  lui , 
«c  quelquefois  jufqu'i  palTct  par-def- 
fous.  Mais  d'abord  il  eft  plus  d'ufage  , 
que  par  le  bouc  elle  fe  recourbe  vers  1a 


droite.  La  couibnre  la  plus  outrée  des 
^ <&  vêts  le  côté  gauebe  n'anéantit 
pas  toujours  entièrement  le  dtoit.  Sur 
le  déclin  du  x'.  liècle,  les  \f  à queue 
inférieure  comniencctenc  à s'actéditer  en 
France  , en  Allemagne  , & partout  ail- 
leurs , où  elles  n'avoient  que  peu  ou  point 
de  cours  auparavant. 

Quoiqu’au  xi‘.  liècle,  dans  la  minuf- 
cule  , le  côté  droit  de  l'h  s'alongcât  en 
courbe  de  plus  en  plus  vêts  la  gauche  ; 
au  X 1 1 ‘ . il  le  palTa  ti  notablement , qu'on 
pouroit  fouvent  fixer  l'age  d'une  écri- 
ture par  ce  feul  trait.  Mais  au  lieu  de 
s'arondir  alors  , dès  fa  nailTance  ; le  côtô 
droit  débuta  prefque  par  former  un  an- 
gle , qui , quand  il  ell  limple  8c  çonf- 
tant , peut  indiquer  le  xiii*.  liècle.  II 
manifelFe  les  fuivans , à proponion  des 
angles , des  pointes  8c  des  autres  accef- 
foites  , donc  on  le  furcharge.  Le  même 
angle  , long-tems  auparavant , avoir  parti 
dans  la  cutlive  t lorfqne  les  deux  côtés 
avoient  coutume  d'être  8c  parallèles  8c 
de  niveau.  Au-dclTous  de  l’angle  , dés  le 
xi‘.  liccle  , le  côté  droit  fe  terminoit 
en  / pendante  ou  bien  en  virgul^alon- 
gée.  Mais  ce  ne  fut  jamais  on  caraélèrc 
uniforme , ni  même  le  plus  fréquent.  Le 
côté  droit  de  l'h,  prolongé  en  forme  d' 2 
contournée , eut  partout  de  plus  grandes 
fuites.  Il  devint  prefque  général , aux 
xiti.  8c  iiv°.  lièclcs.  Cependant  fur  la 
fin  du  premier;  mais  principalemenc  au 
xtv°  , la  queue  inférieure  fut  ramenée 
prefque  en  forme  d' O , au-dellbus  du 
côté  gauche.  Elle  monta  même  jufqu'à 
la  halte  , 8c  la  traverfa  fouvent , an- 
delTus  de  la  panfe  , comme  on  peut  ea 
juger  par  ces  figures  t$  ts  3>< 


« 


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' DE  DIPLOMATIQUE.  159 
Mais  les  diplômes  , où  le  jamb.ige  droit  de  1’  H (i)  part 
du  bas  du  côté  gauche  , en  formant  les  memes  angles , 
apartiennent  à la  plus  haute  antiquité.  Le  même  côté  pan- 
ché  confidérablement  fur  la  gauche  en  ligne  droite  prouve 
encore  mieux  un  âge  très-reculé.  Les  queues  (i)  montant 
Sc  defeendant  fur  elles-mêmes  en  font  aufli  de  bons  garans. 


( I ) Ces  h fône  par^itemeot  fcmbla- 
bks  à quelques-unes  des  notes  de  “Tyron. 

(i)  On  n'a  tien  dit  des  queues  ea- 
hanfl^s  des  i&dcs  rf,qui  ne  foitapli- 
uble  à celles  des  h.  Droites  ou  tant  fait 
peu  couibes  , à jour  ou  auttement  , Ci 
après  s'etre  élevées , elles  fe  rabailTent , 
en  parcourant  à peu  prés  les  mêmes  tra- 
ces ; elles  apartiennent  aux  anciennes 
curlïves  romaines , ou  tout  du  moins  à 
celles  , qui  en  font  plus  direélement 
émanées.  Ce  caraélere  fe  foutient  encore 
palTablcnient  fous  les  t«is  Mérovingiens 
du  premier  & du  moyen  âge.  Mais  fous 
ceux  du  dernier  , les  queues  fiipérieures 
des  h furent  pouflées  en  haut  fans  retour. 
Elles  ne  firent  que  croître  fous  les  Car- 
kivingiens  , partout  ou  la  curfive  ne  fe 
laprtrcha  pas  de  la  rainufcule.  L'ufâge 
de  terminer  le  haut  des  />  de  l'écriture 
alongée  & de  la  curfive  des  diplômes 
royaux  par  des  pointes  très  - longues  , 
trcs-aigües , & plus  ou  moins  inclinées 
pur  le  MUt  vers  la  droite , parut  géné- 
ral , au  ix'.  fiècle.  Sur  la  fin  du  xi'. 
les  queues  de  i/r  ceflérent  de  s'élever 
au-dcITus  du  niveau  des  écriturrs  alon- 
gées  ; lors  même  qu'elles  conlcrvoiem 
la  forme  curfive.  Les  bulles  pontificales 
te  autres  diplômes  rTlcalie  retenoient  en- 
core au  xt'  fiècle  l'atKien  goât  ro- 
main , par  raport  aux  queues  de  leurs  fi  ; 
quand  elles  n'étoient  ni  purement  lom- 
bardiques  , ai  pttfqne  abfôlumcnt  mi. 
nu  feules. 

Sur  le  modèle  de  Ffi  curfive  des  Ro- 
mains , les  queues  de  celles  des  mfT. 
franco  - gatliques  s'inclinoient  fouvent 
par  leur  montant , concave  vers  la  gau- 
che. Les  longues  qtreues  brifées  ou  pref 
que  rompues  & portées  à droite  , au 
moyen  rie  lignes  fort  obliques  (ôrr  ho- 
airontalt! , ancncent  par  leur  fréquence 
le  x°  fiècle  , furiout  dans  les  curfives 


sf  Allemagne.  La  hauteur  ries  fi  diminue 
au  xi'.  de  plus  encore  au  xtt‘.  Leur 

?|Ueue  fupericute  fe  courbe  à droite  en 
lucille , pendant  la  durée  du  xi  1 1‘.  Suc 
Ton  déclin  , eeue  coutbute  ta  juTqu'h 
toucher  le  haht  de  la  ptnfe  de  l'fi,  I{ 
a'cll  pas  f^rc  alors  , que  la  aiétnequcuc  ^ 
au  lien  de  fe  courber , patoilTc  rompue  ; 
parccqu'elic  cfl  compofée  de  deux  traiu  t 
k premier  perpendiculaire  ; le  fécond 
borixonral  > oblique,  & le  plus  fouvent 
curviligne , faifant  angle  avec  la  hafte. 
Quelques  fi  forment  div^  angles  par 
lenr  queue  j lors  même  que  celle-ci  de- 
vkiic  le  réfultat  de  pluficurs  courbes. 
Aux  XIII.  & xzT.  fiéelcs,  le  montant 
de  l'fi,  terminé  par  une  queue  fupéricu- 
re , donne  l'ogive  renverfîe.  Le  cas  arivc 
pins  fouvent  , aux  xv.  xvi'  : mais  l't>- 
girc  ne  defeend  pas  fi  bas.  En  récom- 
penfe  le  trait  , qui  la  ptodiiit  travetfê 
moins  rarement  de  l'autre  côté. 

La  pointe  , partant  è gauche  du  haut 
de  ta  balte  de  l'fi , n'y  caula  guère  miins 
de  variations  , que  fa  queue.  Cette  poin- 
te , originairement  feule  , s'alTocia  une 
compagne  auxil*.  fiècle.  Elles  étoient 
plus  ancicnnas  dam  la  minufeok.  Les 
deux  pointes , quoique  fouvent  inégales . 
poufToient  an  haut  de  l'fi  , te  d'autres 
lettres  1 queues  rupérieores  , nneelpèce 
de  fourche,  rour  mieux  répondre  1 la 
queue  placée  à droite  , celle  qui  l'étoit 
à gauche  fe  courba  de  même  , te  plus 
en  EcolTe  , que  panour  ailleurs , vers  la 
fin  du  1 1 1 1'.  fiècle  te  le  commencement 
du  XIV'.  La  courbure  gauche  , comme 
la  droite  , ne  fe  borna  pas  à toucher  la- 
hafte  \ elle  la  traverfa  de  plus  , te  tout 
de  fuite  engendra  la  tourbe , qui  naif- 
foit  auparavaut  de  fort  phis  haut  point 
d'élévation.  Les  exemples  fuirans  ^ 
nous  feront  mieux  entendre  , qu'un  plus 
, long  difeoots. 


II.  PARTIE. 

S I C T.  III, 

C H A r.  1 V. 


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loo  NOUVEAU  TRAITÉ 
^ Lorique  fimples  , elles  s’élèvent  prefgue  conftamment , juC. 
*SECT*in  ^ qu’aux  lignes  fupérieures  , en  le  courbant  par  le  bout  de 
Ch  A P.  IV.  plus  plus  vers  la  droite  ; elles  ne  caradcrifent  , que  les 
VIII.  IX.  & X*.  liècles.  Leurs  boucles  multipliées  , leurs 
traits  tremblans  ou  ferpcntans  délignent  lesx.  xi.  & xii'. 
L’H  capitale  alongée  & rétrécie  , dans  certaines  hautes  li- 
gnes des  bulles  &:  des  cliartes , indiquent  les  mêmes  ficelés , 
&c  furtout  le  dernier.  Le  xiii<=.  & les  fuivans  chargent 
leurs  H , comme  leurs  autres  lettres , d’angles , de  pointes, 
de  traits  doubles , hétéroclites , & du  plus  (i)  mauvais  goût. 

Brenner  dans  Ibn  Trélbr  des  monoies  de  Suède  , ne  ré- 
ïêrve  pas  l’ulàge  de  placer  l’H  à la  tête  des  noms  propres , 
aux  feules  régions  du  fond  du  Nord  ; il  l’étend  (i)  aux  di- 
* {»)  SymtpM  lit  férentes  parties  de  l’Europe.  Jean  SchefFer  (a)  atribue  aux 
•rniijms  ttryùbm.  Goths  la  prononciation  (^)  del’H,  ajoutée  avant  plufieurs 
“■  de  nos  confones. 


. (i ) Darant*!c  «oors  <]u  ti*.  ficclc  , 
une  bafe  ajoutée  au  côté  gauche  de  V f 
y produit  des  variations  nombreuics  , 
allez  coniîdérablcs  , pour  mériter  quel* 
que  atemion.  Prefque  toujours  renfer- 
mée dans  Ton  intérieur  , elle  fc  mon* 
croit  rarcmciu  au-dchors.  Ce  qui  nari- 
▼oit  , que  lorfqu'ellc  prenoit  la  ügurc 
d’une  / renverfée  » d’une  ligne  horizon- 
tale ou  tranfverralc.  Le  plus  Touvent  elle 
s'él^voic  par  un  trait  oblique  ou  cour- 
be , dans  la  cavité  de  Vk  Quelquefois 
cette  bafe  écoit  portée  , jufqu’à  Ton 
(^)  Hiintc.dt Ji-  côté  droit  , auquel  clic  donnoit  même 
fiUisp*rt.  I.  C4/.  naiflancc.  Ces  exemples  'It  f en  fc- 
10.  rontfoipoori’Efpagoc,  aux  xiv.  & xv. 

HèclcsA  Les  fuivans  pour  la  France  fe- 
ront plus  fcnlibles,  dans  cesdeux,^  { , 
Sc  pour  rAllemagnc  dans  ccllc  ci  ^ . La 
bafe  du  côté  gauebe  en  forme  d , 
fins  être  plus  fréquente  , que  les  pré* 
cédemes  , déltgne  alTcz  bien  le  xii  iS 
•fcclc.  C’ed  alors  aulTi  qu’on  la  voit  fur- 
montée  d’une  ou  deux  vraies  ou  fauHes 
parallèles  , jugement  placées  au  milieu 
de  r . Nous  palfoos  fous  lilcnce  les  ba- 
fes  des  t J;  d’E&agne  du  liéclc, 
aulTi  lîngaJièrps  otos  leur  fignre  , que 
cec  h le  lonc  par  Paloagemeoc  inférieur 
de  leur  halle.  Aa  furptus  cette  bafe  I 
poulTéc  de  gauche  à droite  cH  commu-  | 


ne  ^ la  plupart  des  autres  lettres  du 
rocine  tems , eu  égard  à la  meme  lîtua- 
tion  & aux  mêmes  circonflances.  Les 
onciales  réfultcrent  du  changement  du 
fécond  jambage  de  l’H  capitale  en  ^ 
contourné  : mais  lorfqu’clles  Ce  cranf- 
formerent  en  gothique  moderne  , ce 
jambage  conllitucif  ce  l’H  onciale  fe 
métamorphofa  en  également  pofée  i 

contre  fens. 

(i)ll  cite  pour  la  France  y 

nom  de  Louî$  le  dcbonairc  , de  pour  la 
5uédc  & le  Dancmarc , celui  6’Herùus, 
porté  par  plullcurs  rois  de  CCS  royaumes. 

fj)  Qu'elle  ait  été  propre  aux  Fran- 
çois ic  aux  Allemans  $ Hcincccius  (é) 
en  aporie  pour  preuve  un  catalogue  , 
tiié  d'un  mf.  tics-ancien  de  S.  Gai  » & , 
publié  au  fécond  tome  des  Antiquités 
d’Allemagne  par  GoldaA.  Les  noms  de 
Lotliairc  , de  Louis  , de  Ratbcrt  , de 
Rothard  , de  Radulfe  , de  Rainfroi  de 
de  beaucoup  d’autres  y Ibnt  précédés 
d’une  H.  7»  La  prononciation  de  la  guc- 
M rurale  devant  L , dit  Dom  Lobincau  , 

M dans  (bn  GlolTairc  de  i’hilloirc  de  Brc- 
»»tagnc  » e(l  reliée  dans  quelques  can- 
>7  tons  du  diocèle  de  S.  Malo  , ou  les 
7t  paiïans  difent  une  hief^  une  h!ixhf,\ia 
/Vtfi/rc,  «pour  une c/i/,  une  cheffe  , un 
cloitre. 

La 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


La  letttre  H , pour  ainfi  dire  afeâée  au  commencement  S? 

de  quelques  noms  propres,  tels  que  Hlothanus  , Hladovui-  partie. 

car , y fait  foupçonef  je  ne  fai  quel  myficre  (i)  à certains  chat.  iy! 
auteurs.  Tel  fut  cependant  fans  aucune  afeâation  myfté- 
rieulê  , le  premier  ufa^e  des  François  , conforme  au  goût 
teutonique.  Pour  imprimer  une  prononciation  âpre  à di- 
vers mots  , ils  ne  fè  contentoient  pas  de  la  fortifier  par  une 
H ; ils  y ajoutoient  (i)  un  C , qui  devoir  en  rendre  le  fon  • ’ ' 


(i)  Comme  btrr  eo  alleman  , &&r- 
Tus  en  latin  Tcuicnt  dire  m»itrê  Sc {fl- 
fntur  s cette  lignification  lent  paroit 
•plicable  à TH  mitôlc  des  noms  de 
làraK , de  Loebaite  &c.  Ainfi  , félon 
eux  , Hirndtviau  , HUtharim  doivent 
être  roodas  ftiptem  Lmù , fitpuÊtr  Lt- 
thatn,  Ainfi  , pouvons-nous  ajouter  , les 
noms  des  derniers  empereurs  Romains 
dtoient  prdcddds  par  le  titre  dammtu 
ou  daminm  , fouvcnc  exprimd 

par  la  première  lettre  de  ces  mots.  Mais 
•os  rois  Contran  , Dagobert , Sigebert 
•'dtoient-ils . pas  jégalemeat  fiigmmn  i 
Pourquoi  donc  l’H  n'ell-elle  jamais  mife 
avant  leurs  noms  ? Quand  ou  derivoit 
ChliuUviau  te  ChlMariai , au  lieu  de 
Ltutniem  Sc  de  Laiharius  ; prdteodoit- 
oo  renfermée  dans  le  ch  quelque  notion 
de  herr  ou  de  JUgmear  t 

M.  le  Blanc  , dans  Ibo  Traité  des  mo- 
noies  , rejette  (a)  la  mfme  opinion  ; 
parcequ'il  feroit  ridicule  de  lire  dmu- 
1HU  ou  hcrm  devant  Bajtciu  , T«r«uu  , 
Redâmi  (ÿc.  Il  prétend  , tjue  les  •>  an- 
M citns  Eranfois  n'ajontoient  ces  deux 
M lettres  C H , ou  jointes  enfemble  ou 
M féparément  , au  commencement  de 
U certains  mots  , que  pour  tendre  la 
••  prononciation  plus  forte.  « De-là  vient, 
que  la  plupart  des  auteurs  latins  ré- 
tranchent  ordinairement  cet  deux  let 
très.  En  France  même  , un  titre  de  l'an 
fto,  raporté  dans  la  Diplomatique  (t) 
de  D.  Mabillon  , nomme  Cblothaire  , 
Lothaire.  On  lit  indiféremment , furies^ 
isonoiet  de  France  , ChilMtrau  Bt  Hil- 
dginiui,  Brthrmt  Sc  ChcTÊhtnm  , Htu- 
Jfviciu  te  LudnicKs.  Hcrtius  , dans  fa 
Dilfertation  (c)  fur  les  diplômes  des 
empereurs  te  des  rois  d'Ailcmagnc . 

Tome  II. 


fboferit  an  texte  de  M.  le  Blane  , qu'il  eo-  C«)  if  • 1 1*. 

pic  tout  au  long,  Heincccius  , après 

en  avoir  ufé  de  même  , apuie  (W)  le  (t)  Pag.  4t;. 

témoignée  de  notre  auteur  , fut  ceux 

de  Sebefier , de  Goldall  & de  Piftorius.  (‘)  *-7-  •» 

Il  ne  dilfimule  pas  , qu'on  voit  fur  le  i*' 

fceau  du  fiitneux  diplôme  de  Liodau  un 

point  entre  l'H  te  I L.  Mais  , (ans  le 

prévaloic  de  la  fisulTeté  de  la  pièce , qu'il 

n'a  garde  d'admettre  i il  fupofe  . qu'en 

cela  l'impollenr  n'aura  fait  qu'imttei 

un  autre  fceau  , porcaot  ua  point  entre 

CCS  deux  lettres.  Il  fe  Ibode  fut  une 

bulle  d'or  de  Louis  le  débooaire  , ta-  ' 

portée  par  (*)  D.  Mabillon.  On  y lit , f»)  Dtndiflaat. 

félon  Heineccius  ; D.  N.  H.  Lunovi-.  faffUm.  caf.  XI. 

eus  lus.  Cell  une  illufion  toute  pure, 

La  même  bulle  d'or  , apatrenant  i laint 
Martin  de  Tours  a pour  légende  p.  47. 

D N,  HtuDOVicus  Imp.  te  p 4t.  od 
elle  eft  figurée  ; D N.  H L.  voovvi-  . 
eut  Imp.  L'une  te  l'autre  manie  e ne 
filvorife  en  rien  le  point  après  l'H.  Et 
quand  il  y feroit  s cette  dernière  lettre  , 
précédée  du  D , qui  veut  dire  déminai , 
ne  pouroit  avoir  une  feconie  fois  la 
même  fignification.  Ce  fera  dono  , s'il 
le  fiiut , une  objeélion  tournée  eo  preuve. 

(i)  Prévenu  d'ung  idée  femblable  4 
celle  des  auteurs , qui  prétendent  faire 
fignifier  htrr  à l'H  , placée  au  commen- 
cement Jet  noms  de  nos  rois  de  la  pre- 
mière te  fécondé  race  , M.  Maillart  (/)  (/)  Urreart  da 

ancien  avocat  au  Parlement  n'a  pu  fe  Branet.  ].mv. 
pctfuader  , que  le  C initial  des  noms  173  t. 
de  nos  princes  mérovingiens  , ne  mar- 
quât pas  le  titre  de  leur  dignité  royale. 

U Te  vous  reptéfente  , Moufieur  , écrit- 
» il  à M.  Leoeuf , que  je  mets  un  point 
••entre  les  deux  pcemiètes  lettres  des  noms 
» C.Hildcàc , C.Lovis  , C.Hildebeit  , 

Ce 


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II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 

Chat.  IV. 


(«)  l*  BUnt. 
f.  16.  117.  tjl. 
»II-  M»- 


(t)  C*f.  10. 

{c)Diprt.iUii- 
ttm.f.  t. 


(J)  Tcm.  r.  1*. 

fATt.f.  II.  6-ij. 

!>• 


101 


NOUVEAU  TRAITÉ 


beaucoup  plus  rude.  Un  premier  degré  d’adoucifTemenr  ; 
dans  la  lanrae  , fit  écrire  &c  prononcer  Hludovicus  , HLo~ 
tharius , Hiliehenus  , Herebeetut.  Un*fecond  degré  fit  ré- 
trancher l’H  de  tous  ces  noms. 

Auparavant  il  étoit  d’uiâge  tfacorder  quelquefois  à l’H 
le  premier  pas  fur  toutes  les  lettres  des  noms  propres  de 
perfones  ou  de  lieux , commençant  par  les  lettres 
Aufli  voyons-nous  (a)  fiu:  les  anciennes  monoies  de  France 
Hbajocas  , H^arlemanus  Sc  HearUmannus  , Hcuflancitn^ 
Heurti . . Safonien  . . . fi)  Heasibenus  , Haoviomagus  villa^ 


C.  loihaiie , C.  Hcrebcit,  C.  Hilpe- 
» rie.  Car  la  Ictirc  ani^rieure  fignific  le 
!•  Roi,  CoNiHC.  <c  II  apmo  iôaopinion 
4’on  témoignage  <fOliviei  Vred  , cpii 
propotâ  la  mime  .vue  , dent  Ida  T raici , 
où  il  entrepRod  do  prouver  , oik  la 
tiandre  ancienne  (I)  n'Itoir pardi ierente 
de  rancicnne  France  tcc..  Si  l'im  Kfi)fe 
d’admettre  cette  explication , M.  Mail- 
lait déclare  le  C iaurile  , daac  Ier  noir» 
ramicéi  : poirqnc  PH  Vy  » prononce 
» aprement , comme  le  K dam  la  lan- 
n gue  Tcatooi-GccrsaBique ^ai  cil  Pan- 
ucicnne  langue  Franpoife  , donc  ces 
X noiAs  lônc  originaires. . , . De-li  ré- 
X fuite  , que  les  anciotu  auccais  Larios 
X ont  eu  raiCao  de  ne  pas  mettre  la  let- 
X cre  C devant  ces  noms  propres  Hii~ 
X 4meus  . Loihvtm  , HUdtitrtmt  , £«- 
• th»rlm,  Htrittmu  f ■ 

Soit  : mait  ils  devoieot  doiK  y mettre 
un  R , pour  rendre  le  mot  emiiig',  qoi' 
fignilïe  r»  : or  c'ell  à quoi  jimais  ils 
D'oot  pcnié-.  Au  üiiplus  ceux  , qui  ont 
&it  précéder  du  C ces  noms  . éioienc- 
ile  moins  Latins , que  ceux  , ijui  Pont 
fuprimé  f Si  C.Hurihtrtiu  vonloit  dire 
le  Roi  Hanbcit  s que  préicndoit-on  fi- 
gnificr , quand  on  étrivoit  fur  les  mo- 
noies  HCMrittriiu  } Pourquoi  les  noms 
de  Gontrsm  , de  Dagobert  Sc  dé  Sige- 
bert  ne  furent-ils  jamais  procédés  du  ti- 
tre de  rois,  comme  ceux  des  autrcsprinces 
du  meme  tems  ) St  le  C parut  inutile 
dans  te  latin  , pareequ'on  ne  Icpronon- 
fa  plus  fl  durement  ; il  ne  le  fut  Par, 
dans  notre  langue , od  Ton  n’à , ce  lem- 
blc  , jamais  celTc  localeiiKac  Sc  d'écrire 


le  de  prononcer  Childetie  , Chlovit  | 
Chtocaire,  Chtldebcrt , Chilpetic.  Von- 
loir  que  la  prononciarion  germanique 
n’ak  été  altéiée  en  rien  , depuis  plut  de 
mflte  ans  ; la  tbité  iPeéF  pas  fenKaable. 
Du  refte  ou  s’en  raportera  voloDtieis  fur 
ce  point  aux  Allcmaas  , habiles  daae 
leuis  antiquités-  Mais  déjà  (r)  Heniut 
d'aptes  Scobinger  , s'élève  contre  Ftais- 
çois  Guillknan , pour  avoir  foutenU',  que 
Kiinig'  eiV  marqué  k la  lécc.  des  noms  , 
<)ui  commeoctcK  par  on  C.  U s'enfui- 
vraie  de.|à,'dk-il  , que  les  prénes  , le» 
moines , lés  nobles  Sc  les  roturien , douO 
le»  noms  ont  le  C pour  première  lettre , 
dmt  les  ancieones  loix  des  FraiKS  Se 
leurs  a^s , auroiene  été  autant  de  roit- 
OeA  pourquoi  nos  deux  auicurs  con- 
cluent k faire  venir  un  ufage  6 ûogu- 
lier  de  cette  pronoDCtatinn  Mrbare  , ti- 
rée dit  fond  du  gofiet , dont  les  Soiflee 
ne  fe  (bm  pas  encore  délaies.  Comme 
l'auteur  ou  compilateur  des  VmiMt  (d)* 
adapte  à tons  égards  l'epi- 
•nion  de  M.  Maillatt  ; ilferok  inudje  de 
l loi  luire  une  réponlê  à part. 

‘ (I)  M.  le  Wane  (e)  donne  peut  lé- 

igende  d'une  monoie  de  Cbenbcrt  ces- 
I deux  mots NTA RIBERTtlS  REX. 
j U Sous  la  première  St  fécondé  race , dit- 
I X il , les  lettres  ff  Sc  N font  fouvene 
(»  coniôodncsSc  mifes  l'une  poorraucTc.x' 
JVous  dotteons , qu'il  eût  pu  produire  un 
J fenl  exemple  du  changement  réciproque 
jde  CCS  deux  lettres.  Nïille  rcdcmblaace 
ientr'cllcs , quant  au  Ibn  Sc  à la  valeur  ; 
'.quoiqu’il  y en  ait  quelquefois  du  c6té  de 
Ja  £guie.  Ce  Cevanc  hommelit  un  peu  {fy 


f 


Diç""  " ' by 


-•  oxle 


(/)Paxs4>. 


t)E  DIPLOMATIQUE.  zo) 

ffredonis,  Hturonus  &c.  L’Icalie,  furtout  (a)  depuis- (qu’elle  ^ 

fut  aflujettie  aux  Lombards  ic  aux  François  , fournit  di-  " jf  **^71**” 
vers  exemples  <1’H  , ajoutées  devant  les  C ; comme  fi)  CH*ry.'  iv. 
Hcarolus  , Hcalexde.  Ces  mots  commençant  fouveiK  {M)Lt*n.O{Hnf, 
d’ailleurs  par  le  K ont  fiüt  juger  à quelques  auteurs , que  ** 

l’HC  en  Àoit  la  decompofition.  Ainli  ces  diféreiltes  let- 
très  ièroient  les  mêmes  pour  la  valeur. 

Les  diplômes , où  le  nom  de  Louis  le  débonaire  ne  eom« 
tnençoit  point  par  une  H , étions  fufbeâs  au  P.  Papebroc. 

Ceae  marque  d’autentiché  , fuivant  (é)  fa  manière  de  pen-  (t)  as.  ss.  a- 
fer , étoit  ablblumenc  indirpenfable  : il  l’exigeok  , non  (eu- *•  Fr'#'* 

lement  daiu  le  corps  de  la’charte  , mais  auffi  dans  l’inf*  *' 
cription  du  fceau.  Sa  règle  nous  paroit  peu  (ûre  *,  quand 
même  on  ta  relbretodroit  ui'  (z)  tems  ^ où  Louis  porta  le  . 
titre  d’empereur. 

On  dévoie  encore  être  plus  (crapuleux  ,à  marquer  les  noms 
-id’une  manière  uniforme  fur  les  monoies  , que  dans  les  di- 
plômes même  royaux.  On  a toujours  pris  p4us  de  précautions 


mieux  HTARIBERTUS.  Mais  il  picml 
encore  le  C.  pour  le  T.  Il  fatoic  lire 
par-tout  HCaRlSEKTt/S. 

(il  M.  Muracori  , dans  là  DilTctta- 
tien  Tut  let  monoies  Italie  > parle  d'une 
pièce  d’argent . ensrerrèe  à Milan  , dont 
Ta  légende  porte  llCAKOlMi  IMPE- 
XdTOK  , & le  tcTcn  XKTSTT^TNd 
JIEUGIO. 

(i)  D.  MabiltOn  téfetre  (r)  les  pr&en- 
tioot  du  Pi  Papebroc  , par  une  excep- 
tion confidétablc.  Il  tapotte  deux  for- 
mules , dont  uGi  Louis  le  débonaire , 
lorfqu'il  n'écoit  que  roi  (f  Aquitaine.  $c- 
IOd  Tune  & faucre  , Ibn  nom  comraen- 
foit  alors  par  une  L fans  H.  Mais  cette 
exception  cil  etie-mfme  ruiecce  i dés 
exceptions.  Dès  lots  aufli  le  nom  de 
I-oait  commeofa  par  une  H.  Si  D.  Ma- 
billon  avoit  cm  invariable  ruf^e  , qu'il 
aiellc , te  conléqucmmcnt  futpcâ  tout 
diplôme  de  Louis  roi  d'Aquiiaine  , où 
Ibn  hom  fe  itoivcroit  écrit  a itremenr  ■. 
it  fe  feroit  cootrèdit  liii-méipc  : puir , 
qifil  a dotrnf  , comme  jt^ s ^autbenti- 
ques  , plnfïcurt'  ebartet  ji'  te  p’rincç  , ; 
toptemcoi  coi  d'Aquitaine  , où  l'IT'elt 
marquée  à la  rctc  de  Ibo  nom  : cbaiies 


fut  lelrpiellci  let  lâvans  n’ont  jamais 
formé  de  doute.  Couceniont-nous  d'en  (ej  Di  n Aifhm, 
indiqucT  ooe  , «n  le  nom  de  Loni*  com-  M.  x.  r.  }.  ».  i 
menée  au  laoins  trois  (bis  par  une  H. 

, Elle  lue  publiée  , dans  les  (d)  Annales  /A  Ttm.tJ.Jtf. 
béoédiélinct , U d»uit  par  des  auteurs 
plus  técens.  EUc  c(t  de  l’an  7^4  : par 
conlZquenrbicn  aatéricutc  à l’empire  de 
I Louis. 

D.  MabiHon  femble  avoir  encore  été 
' moins  fur  (es  gardes  } lotlqu'il  partp  de 
l’H  , précédaoc  le  nom  iMJrtniicui , de- 
puis que  Louis  le  débonairc  fur  empe- 
' rcur  , comme  d’un  ulâge  uniforme , am 
. lieu  qu’il  oc  fùc^qu’otdusaite.  Du  telle 
I notre  favant  Bénédiélin  s'cll  déclaré  en  . ' . ' ' 

divers  endroits.,  cooare  ceux  qui,  fous  ■ .<  ’■ 

^prétexte  de  quelque  ekangement  de  let-  * 

‘très, 'dans  un  nom  propre , aeufent les 
'titres  de  faui.  II.  les  traire  même  de, 

'ceolêurs  igo<  tans  en  un  endroit  , où  il , 

J ne  penfoit  pas  (ans  doute  au  P.  Fape- 

JbfOC.  lmfiruci  (ti  4»»/d«or»/».«.  J»s.,  (e)  AimslStiuJ. 

'.liitirif  fMfiftftttlMM  ti  varùtm ftribm-  t,  f.lit.  ».  j, 

f ts  ssdtm  «ta»  iafinmimu  ,,  f,  if(. 
dtm  ntmittis  miaum  t ctgui  ffi  iiifimi»  ^ 

C cij 


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II.  PARTIE. 
Sic  T.  III. 
Chat.  IV. 

(a)  It  BUnt. 
Tr«ir  dt3  putuiu. 
f.  icS.  fl.  4. 


(i)  Scrifi.  rnum 
frptuic.  I.  i. 


PoDronoi  IT 
latin  cil  ' it  II 
diflrent  Jcl'I  pti- 
Boidial  i foimci 


(c)  Vmr.  l.  1. 
41.  lit.  f.if.  }. 


to4  NOUVEAU  TRAITÉ 

contre  les  ^ux  monoyeurs  , qne  cancre  les  fabrlcaceurs  de 
faux  titres.  Cependant  , quoiqu’on  life  ordinairement  Hio~ 
tari  us  , fur  les  monoies  de  l’empereur  Lothaite  ■,  on  ne 
laifTe  {a)  pas  d’en  trouver  , qui  portenc  (i)  Lotarius. 

Les  memes  liècles  , qui  ont  vu  les  noms  propres  des  per- 
foncs  ou  des  villes , précédés  d’H  ou  de  CH  , les  ont  fouvenc 
vu  fans  l’une  & l’autre  Jettre.  Pour  nons  réduire  au  lëul 
nom  de  Louis  le  débonaite  ; Dom  Bouquet  (i)  a publié 
plus  de  140.  diplômes  de  cet  empereur  , tous  ou  prefque 
tous  jugés  authentiques  par  les  favans.  Or  il  s’en  trouve  plus 
d’un  quatt  , & peutêtre  plus  d’un  tiers  > où  le  nomdeZv- 
iovicus  paroit  écrit  fans  H ^-.même  depuis  fon  avènement 
à l’empire.  Parmi  ces  derniers  y.  il  en  cft  quelques-uns , où 
l’on  (r)  obferve  expred'émenc  qu’ils  ont  été  pris  fur  les 
originaux.  .t,;.  • 

L’ufage  de  placer  l’H  devant  Ludôvicus  s’eft  Ibucenu  , 
iufqu’au  règne  de  Louis  le  gros.  Nous  avons  aéhiellemenc 
fous  les  yeux  deux  diplômes  originaux  de  ce  prince , où  Ibn 
nom  eft  écrit  (3)  Hludovicus. 

IX.  Tdndis  que  les  peuplés,,  dont  notre  premier  volume 
renferme  les  alphabets  emphintés  des  Samaritains  , ne: 


(1)  L'aplication  fi  üit  natorcllicmcnt 
aoz  monoies  de  Louis  le  ddbonaire.  Le 
nom  de  HliuUvim  y cil  (ans  doora  le 
plus  commun.  Cependant  fur  la  i'.  co- 
lone  de  la  planche  cbiftde  lai.  i , chez 
le  Blanc  i.  dè  Tept  monoies  , nous  en 
comptons  cinq  de  fuite  , où  Ludtmà- 
etu  cil  conilamment  detit  fans  H.  Il  cil 
vrai , que  toutes  ces  monoies  de  Louis 
Rirent  mbriqudes  à Rome.  Mais  l'afage 
«rdetire  (bn  nom  pat  un  H nTtoit  donc 
pas  de  tous  les  lient. 

(1)  Des  gens  d'honeur  en  antoient- 
ils  impofd  au  public  ? Des  copiiles  ao- 
toicnt'ils  hiit  cent  Ibis  la  faute  de  co-' 
piet  Ludrvieus  , quoique  leur  texte  petr- 
tât  ? Mais , on  le  veur,  ils 

ont  commit  cene  faute  : qu’en  poaroir-' 
•n  canclnrc  contre  leur  original  . qui 
en  lèroit  exemc  ? Ab  contraire  leur  exac- 
titude efl-elle  hors  dé  prife  : Bc  cepen- 
dant une  fbulc  de  diplômes  , tirés  des 
acchives  de  comea  1m  gioTioces-  de  j 


France',  d'Allemagne  , d’Italie  , nonÿ 
; montren^ilt  le  nom  de  Louis  le  deba- 
' naite  écrit  (ans  H ; faudra-t-il  donc  les- 
livrer  tout  1 l’impollüte  , uniquement! 

^0’!!  y manque  une  lotue  , qu’on 
lenfa  lôuvent  d’exprimer  i.CalIio- 
: dote  ac  pliit  : il  ne  (b  boina  pat  à lu- 
primer  dii  nom  ChUdtvuhui , les  deux 
premières  lettres  ; il  ht  encore  pluheurt 
jauttes  changemens  dans  les  fuivantet  , 
lapelant  Clovis  (r)iLiiduia  , en  lui  écri- 
■ vant  à.  lui-mfme  , au  nom  de  TlKodo- 
jtic  roî  det'OIltogoti. 

I (^)  '^t,mv  morceau  dè  cuir  , qui. 
|Couvre  le  Iceau  & qui  n'cll  pas  moins  , 
ancien  , B>  même  orthographe  e(l  ot>- 
fenrde  Cependant  l'infcription  du  fcean- 
rpoftd  LptÉrmmi.  Tant  il  cil  vrai , qu’on^ 
|ne  cbnoit  point  de  tems  , où  la  mode^ 
jde  mettre  l’H  avant  Ici  noms  commen-- 
faut  pat  IX,  aie  été.  fuiviè  fans  cxcc|» 
itioD.  , 
i 

i 


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DE  DIPLOMATIQUE.  loj 

varient  pour  ainfi  dire  pas  dans  la  forme  de  leur  I ; il  eft  ■ sy 

(i)ëtonanc  , que  ceux-ci  en  aient  un  , dont  la  figure  ne  im  partie. 
s’acordeen  rien  avec  l’I  des  (i>  nations  , qui  l’ont  reçu  d’eux.  ch*V  j v 
L’I  n’eft  fufceprible  , que  de  trois  polirions  principales  , divcrfi^e/  de  rr 
la  perpendiculaire  , l’horizontale  , & Ij)  l’oblique.  Toutes  les  écritores 
les  trois  font  employées  , du  moins  quelquefois  , dans  les 
écritures  : toutes  les  trois  font  d’un  ufage  prefque  égale-  yéV&  '«k'ib!él* 
ment  ordin-'ire  , dans  les  notes  de  Tyron.  «en  : i aïongé  : 

. Les  ^ 1 > > brifés  n^riteroient  bien  de  former  un  S’tTi-jœnfonek 
genre  de  notes  a part.  Mais  D.  Carpentier  ne  femble  avoir  i Toydie  .-  com- 
connu,  que  la  dernière  figure.  Auflid’a  confond-il  avec  1’^  P*f 

perpendiculaire.  Il  a fait  une  faute  bien  plus  confidérable , alif éu3 

• . bUcî 


( I ) Minr  , ftumnli  (m)  Imm» 
Ch/fliUtriim  ttn/infiii  in  mum  cmffirn- 
rll , m ijHitm  i Phttnitit  chsTaiitrg  nm- 
h dgfcifiiTênl , tandem  fiimrnm  iUius  li- 
ma ixetiiiarinl.  tiam  tertnm  tjl  Itnai 
À Chaldàis  non  atcefi£e. 

. (t)  Aan>ieot-elle>  donc  aUlenrt  poi- 
tt  cette  unique  Ictcrc  ) Nulle  aparence. 
Quelque  grande  que  foie  la  dirparitd 
liipofce  ; r^nanchez  deux  ou  trois  traits 
de  ri  liunaikaio  , celui  des  autics  peu- 
ples s’y  retrouvera  Tans  peine. 

Les  Grecs  , de  qui  nous  tenons  im- 
Biédiatement  notre  alphabet , o'auroieoc- 
üs  point  adopté  l’I  des  Syriens  ou  des 
Caidéeos  , prérétablement  à celui  des 
l'héniciens  i Mais  n’cll-ce  pas  aux  Phé- 
éiciens  . que  Tes  Syriens  8c  les  Caldéens 
eux-mêmes  doivent  leur  alphabet  ? De 
plut  les  lettres  cadméennes  ou  phéni- 
ciennes ne 'fiueac-ellet  pas  introduites 
en  Grèce  lâns  exception  ! 

Les  ehangemens  laits  ii  ces  cataâêics 
primiti/s  . fclon  Hérodote  , ne  tombe- 
toicni-ils  point  ^cialement  fut  l'IlLa 
çbore  eft  impoluble  ; à moins  que  les 
Orientaux  , dont  les  I Ce  raportent  aux 
BÔtict , ne  les  eullêot  également  défigu- 
rés en  les  mutilant.  Or  il  eft  plus  naturel 

croire  , que  la  nation  . de  qni  tou- 
tes les  autres  ont  rt^u  leurs  élément , 
nroit  dans  la  ftiite  ajouté  quelques 
traits  a Pun  d'eux;  que  de  s'itnaghier  , 
que  toutes  les  autres  Te  reroienc  con- 
«tnées  , poui  iairc  les  mêmes  léttan- 


chemeds  aux  traits  primitifs  de  ceito  (*)  Sealittr.  A- 
lettre  : ou  que  fans  ce  concert  elles  Ce  mmadverf,  in  En- 
feroient  tontes  rencontrées  i tes  fupri-  /**.  rfia**./.  1 1 }. 
mer  de  la  même  fiifon. 

Supofer  que  les  Caldéens  le  les  Syriens 
auroient  tiré  Isur  I des  Grecs  ; ce  fe- 
roit  une  idée  deftituée  de  toute  proba- 
bilité.  D'un  autre  côté  l’on  en  a de 

f recs  , d'étraTques  8c  de  latins , de  prés 
'un  millier  d années  plus  anciens  , que 
les  I connus  des  Samaritains.  On  n’eft 
donc  pas  lûr  d’avoir  la  figure  primitive 
de  leur  I : mais  on  peut  conjcéhirer  , 

3u‘clle  ne  devoit  pat  être  fort  diforente 
e la  nôtre , te  que  celle  , qni  leur  refte 
aujourdui , s'eft  altérée  en  fc  chargeant 
de  nouveaux  traits. 

(J>L'I oblique , incliné  vers  la  droite^ 
des  notes  de  Tyron  , eft  plusftéquenc  . 
que  celui,  qui  panchevers  1a  ganche. 

'Termioé  en  pointe  , il  ne  figure  pan 
reulemetit  parmi:  les  notes  inictuet,  liées 
ou  noo;  mais  encore  parmi  les  finales  dô-  ' 

uchées , oii  il  a coutume  do  valoir  û,  , , 

Quant  aux  I , foit  pcipendiculaices , 1^' 
horizontauii  ils  font  préfixé  iodiforem- 
ment  mis  en  euvre  , foit  qu'ils  abou- 
tilTent en' pointe  , ou  qu'ils  foiantcoupés  / 

par  des  lômmets.  On  eft  moins  ftirpti* 
de  voir  Tik  des  médailles  8c  des  inforip- 
tiens  la  ligne  horizontale  ou  f m cou- 
ché i quand  on  lait , que  les  écrivains 
en  notes  de  Tyron  en  fiùliiicnt  grand 
ulâge. 


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II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 

Ch*».  IV. 


(»)  Wvt-  f *• 

d>ui.  i.&r. 


(i)Tsi.r. 


(e)pof.  104. 


zoS  NOUVEAU  TRAITÉ 

lorfqu’il  a cru  , que  (i)  le  b étoic  une  efpèce  d'I  ; parcequ’i! 

eft  la  principale  lettre  à'indulgens, 

L’I  majulcule  a pris  en  divers  «ms  la  forme  du  T : mais 
il  n’eft  point  de  lettre  , avec  laquelle  les  écrivains  l'aient 
confondu  (r)  plus  communément  qu’avec  l’L.  Les  exem- 
ples en  font  trcs-multipliés  , dans  les  plus  anciens  (3)  mlT. 
Les  inferiptions  , même  du  fécond  nècle  en  foutniflent.  ‘ 
On  trouve  des  i*  minufcules  lombardiques  , fâçonés  en  z. 
Ils  apartiennent  au  dernier  période  de  cette  écriture.  S’ils 
femblent  déjà  préluder  au  bas  gotbique  , ils  fympatifenc 
auin  avec  les  t curfifs  <le  l’ancienne  romaine.  Souvent  cette 
écriture  leur  donne  la  forme  ^ c,  eoumé  à C4)  contre  («ns: 
plus  fouvent  encore  on  dillingue  dans  ces  I un  trait  mon- 
tant ic  un  tisût  defeendant  ^ qui  le  traverfent  une  ou  deux 
fois.  L’i  mérovingien  eft  à peu  près  llifceptible  des  memes 
afeélions.  Aux  x.  & xi*.  liccles  on  vit  dans  les  chartes  des 
1 poulTer  vers  la  droite  un  long  trait  oblique  , partant  de 
leur  tête.  Us  ne  furent  cependwt  jamais  les  plus  ordinaires. 


(i)  Ceft  i^llcnicnt  aa  D raajafcule, 
4ontle  montant  eft  pnilon^.  Comme 
aiinufcule  , il  ne  ftu  touiM  dans  la  Tui- 
le du  km  contrake  , <)uc  pour  empê- 
cher , qu'il  ne  fit  confendu  arec  le  S. 
Dtt  refte  il  auroit  été.  i (oubaiter  , que 
D.  Carpentier  eût  Tu  , que  la  prœcipale 
terne  d’une  note  n'eft  pas  toujours  celle 
qui  lui  fett  d'initiale.  Sa  ttoifiênte  note 
peut  pailér  pour  une  fiiite  dp  cette  raé- 
ptUc.  Elle  ne  reoiêrrac  que  les  deux 
mots  fmJtx  Sc  fuJitiMmt  reodus  par  cette 
ftgure  q , cpii  n'eft  pas  firoplemcnt  nn 
> , mais  Un  H St  nn  i.  Ici  la  lettre  ini- 
ôale-dç  h lettre  aniiHaicc  étant  con- 
jo^tes  Tont  toutes  deux  principalei.  Mais 
rtniiialc  de  la  note  n'eft  pat  finitiale 
dn  mot , l'r  tb  troosmnt  précédé  par  Ta 
lettre  fubfidiaite.  Il  làloit  donc  renvoyer 
ce  fifroe  tyraoien  à rv> , ou  dn  moins 
le  placera  la  6n  des  I pcrpendiculatres , 
en  qualité  de  lettre  ddujrle  iranTyO- 
fée. 

' Ta)  L*  ^ ceittbéfiqiie  de  Don  Ve- 
leTquex  montre  («Vun  giand  rapori  avec 
TL  , abftraâioo  Élite  de  la  ligne  obli- 
que , qui  tombe  Tue  Ton  angle , (c  qui 


opère  un  changement  confidérablc.  Son 
grec  primitif  eft  le  feul  motif, 
qu'il  aléguc,  pourajugerûl'I  celtibériea 
fa  pénuhième  figure.  Or  cet  I grec  non* 
étonne  encore  plus  , que  TI  elpagnol. 
Quoique  nous  n'ayons  pas  cour  vu  ; it 
feroit  un  peu  fingnlicr . qa'uoe  lettre  fi 
extraordinaire  , 9c  qu'on  ne  donne  pas 
toutefois  pour  rare  , nons  eût  écbapé  ^ 
dans  nos  recherches  fur  les  lettres  gré- 
quel,  Audi  , lotfqu'il  eft  queftion  de 
faire  nfage  de  cetre  figiire  , la  rcod-il 
conftammeot  pat  (h)  l'L  & W.  H re- 
çoit mieux  d'en  faire  une  t 9c  une  E . K 
de  lailTer  fublïftcr  dans  le  texte  de  Pto- 
lécnéc  : LtmMvci , qu'il  vottdroit  trans- 
former fr)  en  L^mutvts. 

())  PafR  le  XII'.  lîécle  , où  ils  de-' 
viennent  rares  . nous  n'en  découvrons 
plus. 

( 4)  Tes  i (êmblablci  à des  0,  9l  même 
à oes  t à rrbourt  , étoienc  dans  la 
curfive  d'F.fpagiie  du  xiv'.  (iéclc  , ao- 
tanc  Sc  plut  firéquens  , que  dans  l'an- 
cienne romaine  8c  aunes  écruuies,qBt 
en  fout  dérivées. 


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r 


DE  DIPLOMATIQUE.  tof 

La  (i)  gothique  figure  , & les  accens  plus  ou  moins  rares. 


(i)  La  parc  minurcule  n'eo  (aaioit  dé- 
icrmincr  au  jutte  les  traits , cjuc  par  les 
carnes,  les  angles  faillausou  Uspoiii- 
Ks  , ()u'elle  engendre  au  haur  k au  bas 

des  t I • > î"* 

naiflenc , ou  Air  fon  modèle , que  (ont 
formées  les  autres  miourculcs  gotbiques. 

fï  eurfif,  s'il  n'eft  najuAule,  n’a  pref- 
«pie  rien  , qui  fente  fort  ce  goût  bar- 
bate.  Mais  on  le  tcconoit  aiAfracnr  , 
pour  être  du  xi  ti.  oa  xiv*  Aède  , à 
£s  qaeac  , en  qoclqae  lôite  otbkaUire 
du  côté  ganebe  , k lauveot  un  peu 
courbée  en  dcAôus,  ou  vers  la  droite. 
Elle  éroic  communément  acompagnée 
d’une  ligtie  ,*  en  ^fc  de  fa  téne , par- 
lanr  du  haut  de  ri , ft  d'aboed  diroAe- 
Bienc  menée  de  droite  i ganebe  , en- 
foite  pins  on  moins  carobmà  fun  ex- 
trémité. Avec  le  rems  de  plus  en  pins 
Toutée  ; des  le  xix*.  fidclê  cette  ligne 
courbe  ou  mixte , à force  de  fe  rap  ro- 
cher de  Am  montùic , parerai  i le  tou- 
cher rers  le  milieu  , on  bie»  un  peu 
plus  haut.  Cependant  h qoene  s’éléea 
de  telle  forte  s qn'ellc  joignit  auflî  la 
haAe , tantôc  au  poiat , on  la  tête  pro- 
longée Tcnoit  abeorit  , untôt  en  tra- 
terîant  cette  tête  dfc-iiiémt.  L'I , fBe-il 
dépourvu  de  queue  oourbe  ; fi  (à  tête 
droit  notablemcne  ponlAét  vers  la  gan- 
ehe  ; fi  die  relTemoIoit  en  quelqoe  fa- 
AMt  an  C on  à TS  renverfée  s il  n’eu 
rmdroit  pas  davantage  , pour  le  foire 
nnger  parmi  les  lettres  goebiques.  R en 
eft  pour  l'ordinaire  de  meme  de  hrquene 
en  , ou  confidétablemcnc  recootbée 
«n  delPrs  ; quoique  deftimée  de  tête. 
Mais  cclle-ri  firulement  garnie  d’un  fom- 
met , ou  d'une  on  deux  pointes  , (bavent 
fort  courtes  , en  manière  de  cornes  , 
avec  une  qneoe  rccoatbée  AMblemem 
vers  la  ganebe , nous  motirre  plutôt  les 
préludes  du  gothique,  que  fe  gothique 
mdine.  Oa  pounsit  en  découvrir  divers 
exemples  , dès  le  xi',  fiêde  , pour  ne 
rten  dire  du  x 1 1*.'  auquel , à proprement 
parler  , cette  mauvaiiè  étrkuic  coro- 
ncncc.  • "St 

Le  x'.  foumîroit  même  des-  (ans 
ficuc  f:i¥«e  dès  têtes  coutbéea  du  côté 


• 

gauche.  Mais  il  faut  bien  remarquer , 
qu'cücs  font  cncrelalTécs  avec  leur  moli- 
tant , k que  celui-ci  dans  l'exemple  pro- 
pofé  , n'^rouve  pas  U plus  Icgcre  in- 
(léxion.  dt  pareille  oDurbute  ne  depa- 
rcroir  pas  même  l'ancien  romain.  Les 
cambrures  de  la  tête  , de'  quelque  côté 
qu'elles  pirttm  , k quoique  rraverfant 
plufieuts  fois  fe  montanc  de  l'j  ; poiO- 
vu  qu'elles  foient  étroites  k batlongues  : 
font  trôs-particalièTement  afoâécs  à la 
curfive  romaine.  La  forme  itx  pié  *Ic  db 
raton  , au  bas  des  J , ou  bien  la  cotia- 
-bure  inférieure  fans  ulbn , portée  de  Tun 
ou  de  l'autre  côté  , caraâétifenc  aulli 
itèa.bien  k lembardique  dts  viii.  ai 
IX*.  fiéclcf. 

Mais  on  doit  teotr  pont  lettres  go» 
efaiqoea  toux  les  grands /,  darit  la  queno' 
k le  montant  joints  enfemble , k qneU 
quefeis  métae  unis  à la  téee  , ont  à peu 
près  la  fipire  d'nae  S dans  fon  fens  na» 
ratel.  DilMt-cn  autant  des  J , dont  la 
céteou  laqtiene  , ou  tontet  les  deux  k 
la  fois  font  en  Aarme  d'-v  , dans  onO 
pofirioo  bociioaiate  ou  do  moins  ohha 
qw.  A jouioiM-y  ceux  , qui  portent  des 
leits  k des  queues  courbes  fort  anqrles  , 
relativemeat  i la  bameur  de  la  leme  ] 
fopofé  qa'elfet  tembeiit  Air  la  balle , ou 
qu'elles  tendent  à la  rejoindre  par  leur 
bout.  Des  traits  irrégniicrs}e'ei^à-dite 
compoAk  de  pluficOn  lignes  droites , 
courbes  OU'  miitcs , najonrt  diépoAfen 
de  la  manière  , qn'on  vient  d'énoncer , 
ont  un  droit  ègalemeac  bien  aquiian  ri» 
rre  de  gotbique.  On  ae  peut  non  phm 
1e  refoto  ü I'  / b doubje  t(bc  cooroe  ,. 
k i queue  rclévée  en  delTas  ; quand 
même  U ne  conAirvetoie  , que  l'ai» 
i de  CCS  deux  caraâètes  f biôi  enten- 
du néanmoias , qne  la  ferme  d'f  , dans 
fon  monraac  ne  feroit  pas  négligée.  A 
plut  forte  taifoa  mirmt-im  do  gothique 
bien  décidé  fi  les  deuxrtèttl  de  If'  , fo 
même  (à  quene  fembloiem  fe  confen-' 
dre.  Les  ^ f y , ornét  <fOn  point  04 
d'une  d'une  bare , (bit  dans  l*intérieor , 
foie  un  peu  an-delfonsdc  lent  tète  , font 
également  dn  refibrt  de  l'écrirore  gothi- 
l,  que.  Meme  jugement  des  7*  coupés 


II.  PARTIE. 

Sx  CT.  III. 

Chas.  IV. 


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II.  PARTIE. 
S«CT.  III. 
Ch  AP.  IV. 


(*)  Vajf.it  an. 
pam.f.  101. 


(i)  Ctiittt.  Pi/aa, 
dtjr.  4.  (tl,  7 IJ. 

7l<. 


to8  NOUVEAU  TRAITE 

aigus  ou  courbes  , pofés  fur  les  I diftinguent  aflez  ceux  des 
ficelés  fjjivans. 

Pourijuoi  les  inferiptions  romaines  renferment-elles  tant 
d’I , qui  furpalfenc  en  hauteur  les  autres  lettres  des  memes 
lignes  ? Les  (a)  grammairiens  répondent , qu’on  les  employa, 

fiour  diftinguer  les  I longs  &c  douteux  des  brefs  , pour  tenir 
ieu  de  deux  I,  pour  rendre  les  I , qui  dévoient  être  écrits, 
& même  prononcés  ei.  Le  cardinal  {b)  Norris  fuivi  de 
plufieurs  lavans  eft  d’un  (i)  avis  contraire. 

’Au  milieu  du  mot  faim  on  a été  frapé  de  trouver  cet 
ÏC  Ou  , caraétere  que  d’habiles  gens  ont  pris  pour  un  I , 
d’une  figure  très  (z)  fingulicre.  On  le  voit  dans  une 


•n  terminas  en  JcITut  par  <les  lignes  obli- 

3 nés  , excédant  des  deux  côtés  , avec 
CS  queues  légèrement  courbées  vers  la 
gauche  Mais  le  gothique  ne  ponioic  les 
révendiquee  j lï  Tes  ctaverresétoient  ré- 
duites à de  fimples  fommets,  ou  ii  la 
balle  des  I ne  conlidoit , qu'eo  des  per- 
pendiculaires fans  queue.  Toutes  les  au- 
tres divetles  fortes  i'S  , qu’on  a (péci- 
fiées  , fe  rapottenc  lingulièreineoc  aux 
XI  it.  Si  xiv‘.  lîécles.  Les  ^ cutfiâ , 
fomblables  à nos  y s'anoncent  du  xv°. 
ficelés.  Les  9 ^ l du  xvt‘  , Sc  par 
conréquent  le»  noues , ne  rauroinne  Arc 
cooteltés  au  gothique.  Quand  mène  00 
produitoic  quelque  figure  aprochante  , 
parmi  les  romaines  ou  les  mérovingien- 
nes i ce  feroient  des  canéiércs  extraor- 
dinaires  te  fous  fuite.  L'fi  o'ed  pas  la 
feule  de  nos  lettres , qui  nous  vienne  du 
gothique  moderne.  Cette  origine  lui 
e(l  commune  avec  pluficuts  autres.  Elles 
mériteroient  fans  doute  ,à  ce  fcul  titre, 
4'étre  banies  de's  bureaux  d'une  nation  , 
qui  fe  pique  du  goût  le  plus  exquis. 
Les  monfttes  répandus , dans  nos  ecti- 
eutes  rondes  , financières  , coulées  , dc- 
Otoient  être  les  premiers  lâerifiés  ; lî 
toutefois  on  peut  faire  quelque  grâce  aux 
autres  caraéiètes  grxhiqnes  de  ces  écri- 
tures. Du.  moins  fâudtoir-il  o'envifâger 
CCS  débris  du  mauvais  goût  de  nos  an- 
cêtres , que  comme  des  ombres , propres 
à ccléver  la  beauté  de  nos  cataâèrcs  mo- 
detoes.  biais  W4  qu’on  noos  donnera 


les  premien  peur  des  lettres  fort  élé- 
gantes; pourons-noos  nous  vanter  d’é- 
tre  CDtalemcnt  revenu  du  gothique  , 
dont  nous  ne  regardons  nous-  mêmes  la 
confrrvation  , dans  les  imprelTions  alle- 
mandes , que  comme  des  reftes  de  bar- 
barie f 

( 1 ) Que  n alongé  , fouvent  en  rem- 
place deux  , il  n’en  difeonvienr  pas.  Mata 
ne  voit  - on  pas  aulTi  quelquefois  deux 
grands  1 , à côté  l’un  de  l’autre  ? Et  vis- 
on jamais  quatre  petits  i fe  fuivte  en 
latin  : Les  deux  grands  I ne  leur  font 
donc  pas  fubltitués.  Quoique  l’I  foir  fim- 
pk  te  brèf,  il  ne  lailTe  pas  d'être  ex- 
primé plus  d'une  fois  pat  un  I de  taille 
gigantefqoe.  Ces  1 femblent  lionc  avoir 
été  abandonés  au  caprice  des  andena 
écrivains , graveurs  St  fculptcuis.  11  eft 
poulunt  alTez  vraifemblable , qu’ils  fu- 
rent d'abord  allreinct  à des  règles , donc 
ils  ne  s'écartèrent , que  par  ignoiance  , 
ou  parccqu'ils  fuivoient  une  prononcia- 
tion vidcufe.  Ainfi  les  grammainens  Sc 
les  aatiquaites  ponroient  bien  avoir  rai- 
fon  : pourvu  qu'on  atribue  a dirérens 
rems , i diférens  lieux  , Sc  à diférentea 
drconllances  cette  variété  d’ufages. 

(s)  Elle  le  fetoit  en  effet , fi  c’étoir  un 
I.  Mais  nous  ne  faurions  ta  regarder 
que  comme  no  Y.  Plufieurs  Y du  même 
goût  Sc  de  la  même  forme  , titét  des 
marbres  Sc  des  mff.  grecs  Sc  latins , foie 
des  anciens  tems  , foir  du  moyen  âge  , 
fembleac  dévoie  foc  cela  fixer  abfolument 

inferiptioa 


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DE  DIPLOMATIQUE.'  109 
infcription  en  lettres  capitales , à la  porte  de  faint  Jacques 
de  la  ville  de  Joigni. 

Le  tems  n’eft  pas  encore  venu  de  traiter  à fond  des  ac- 
cens  , dont  les  infcriptions  romaine;  fournilTent  ( 1 ) divers 
exemples.  Ils  ne  font  pas  plus  propres  aux  I , qu’aux  autres 
voyelles.  S’ils  lèrvent  quelc|uefois  a la  dilUnâion  des  mots , ' 
ils  ne  font  fouvent  pas  moins  relatifs  à la  quantité  des  fy- 
labes.  Ceux  que  nous  avons  ici  particulièrement  en  vue  , 
lëmblent  n’avoir  été  inventés , que  pour  faciliter  la  leélure , 
devenue  dificile  par  une  trop  g|yiae  relTemblance  de  (a) 
plufieurs  lettres.  w 


nos  dootcs.  D'ailleun  FI  fe  change  Ci 
commun^mcDC  en  Y , & dans  le  lacio  Bc 
dans  nocre  laague  ; qu'on  ne  doit  pas 
dtte  furpris  de  rcncoairer  eelai-ci , au 
lieu  de  ri.  On  peut  mdme  ajouter  , qu'a- 
vant la  renaiirance  des  lettres  , notre 
orthographe  françoife  n'avoit  rien  de 
file  , fur  l'emploi  de  n & de  l'Y. 

(1)  Les  rolT.  n'ont  prcrqne  jamais  eelR 
d'en  faite  plus  ou  moins  d’ulâge.  An 
II*,  lidcle  on  afcâe  (bnvent  de  les  met- 
tre fur  la  prdpoGtioo  a.  Le  rof.  8 <i.  de 
l'abbaïc  de  S.  Germain  des  Prés  en  ofre 
beaucoup  de  terminés  en  croc  par  le 
haut.  Ih  font  aflêz  fréquent  furies  mo- 
ooryllabcs  d'autres  mlT.  du  même  tems. 
On  en  trouve  aulTi  , mais  plus  tate- 
ment  fur  des  antépéoulciémes.  Dans  le 
mf.  du  toi  i<0).  on  voit  plufieurs  A», 
doue  le  premier  / ell  (iirmonté  d'un  long 
accent  aigu  un  peu  rébrouflé  par  le  bout 
fupécieur.  Les  deux  i étoient  au  v 1 
fiécle  lî  bien  diferentiés  des  lettres  fiijat 
tes  à fe  confondre  avec  eux } que  l'accent 
n'y  peut  avoir  été  mis , pour  obvier 
à cet  inconvénient.  Anciennement  les 
Tovclles  longues  fe  dillingnoient  des 
bcév|s , d'ab'ord  par  leur  réduplica- 
tioii , enfuite  par  l'accent  aigu.  Quand 
CCS  deux  caraâéres  de  dillinélion  con- 
courent , c'cfl  fans  doute  abufive- 
tneot.  Nous  ne  concevons  point  d'au- 
tres rafons  , qui  pour  lots  aient  pu  dé- 
terminer à meure  on  accent  fur  le  pre- 
mier < de  h'i.  Cet  accent  paroit  fbn- 
vent  fut  h!  Sc  hii  du  mf.  anglo-lâxon , 
n".8oo.de  l'abaie  deS.  Gcrmaifl  dcs  Ptés. 

Tome  //. 


(i)  Au  moment  que  le  bas  gothique 
fe  glillâ  dans  nos  écritures  ; les  > , les 
«» , les  n , les  m Scc.  commencèrent  à le 
confondre.  Deux  ü de  fuite  ne  fe  dif- 
tingucrent  plus  de  I'm  pat  leur  propre 
figure.  Pour  écarter  cet  embaras  , les 
diplômes  Ac  les  mlT.  furtout  furent  (bu- 
mis  à la  loi  des  accens  , d'abord  avec 
plus  de  réfctve , enfuite  avec  moins  d'é- 
pargne : à mefute  que  le  mal  augmen- 
toit.  Ils  parurent  en  premier  lieu  foc 
quelques  voyelles , & fpécialemcnt  fur 
les  deux  » , & même  fur  les  it.  Par  cette 
detnière  opémtion  , l'on  rétomboic  dans 
ta  confiifioe  , qu'on  vouloit  éviter.  Car 
comme  on  mettoit  deux  accens  fur  les 
deux  jambages  de  I'm  } ce  moyen  de  le 
difccrner  des  lï  devenoit  inutile.  C'e(l-à- 
dire , qu'on  ne  tarda  pat  à fe  Ictvit  d'ac- 
cent , comme  d'ornemens  s quoiqu'ils 
u'enlTeoc  été  admis  , que  par  pure  né- 
cclfité.  On  fcntic  l'excet  de  cet  abus , 
& l'on  cclTa  prefque  entièrement  de  mar- 
quer d'accens  aucune  autre  voyelle  , que 
les  deux  ii.  Mais  il  fe  palla  quelque 
tems  , avant  que  ces  réâuions  préva- 
lu/Tent. 

Un  des  plus  anciens  exemples  tfac- 
cens  («)  fut  les  deux  ii,  plufieurs  fois 
répétés , fe  tire  d'un  diplôme  d'Otton  III. 
de  l'an  ffo.  Mais  l'ulâge  n'en  étoit  pas 
encore,  aiort  fort  acrédité.  Il  s'afermic 
par  degrés , durant  le  xi'.  Cède.  Vers 
lÜb  milieu , il  avoir  déjà  fiiit  bien  du 
progrès  en  Allemagne.  Au  1111°.  de- 
venu très-commun  , il  n'afêéloit  pas 
feulement  les  deux  ii  , marchant  de 
» . ‘ 


n.  PA  RTIE, 
Si  CT.  III. 

C H A f . I V. 


(a)  Chrm.  Gft- 
vic.f,  lie. 


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JI.PARTIE. 
SiCT.  III. 
Pha?.  IV. 


(4)  Dt  re  Jiflom. 
^ JJ- 


(t)  Bihiiclh,  eri- 
ri'j.  t,  cb.  j. 

f.  lOJ. 


(t)  Dt  rt  tUflom, 
I.  I,  t.  ZI.  I).  1$. 


(W)  Ai?4  trudit. 
Suiplrm.  I,  7. 

i-S7- 


210  N OU  VEAU  TRAITÉ 

Marbres  , bronzes  , m(T,  diplômes  , où  les  pomts  fbnr 
régulièrement  placés  fur  les  i , avant  le  x i v*  ficelé  ; s'ils  font 
originaux  , doivent  pafier  pour  fufpefts  ou  fupofés  , félon 
qu’ils  s’éloigneront  plus  ou  moins  de  ce  terme.  S’ils  ne  font 
que  copies  figurées  : ces  points  doivent  être  envifagés  com- 
me (1)  des  fautes  d’écrivains  ou  de  graveurs,  peu  atentifs 
ou  peu  inftruits.  Les  points  fur  les  t n’ont  commencé  (1) 
tout  au  plutôt , que  vers  1»  fin  (3)  du  xiv'.  ficelé.  Peui 


iOQipagnie  : qQoi<}i]‘irol^s , il  ne  Ja^it 
pas  de  les  aOujécir  à fon  empire.  AaBe> 
de  fuivanc  il  Tétcndic  prefque  fur  cous 
les  I fans  diriindlioD.  D.  Mabillon  (4) 
ne  fait  guère  comneoeer  plutôt  Taccenc 
fur  r/.  Ceft  aparamment  , à la  faveur 
d*une  dèci/îon  de  h grand  poids  , <juc 
D.  Herrgort  apure  avec  tant  de  con- 
fiance fur  cet  indice  du  xiii*.  fièclc  ; 
«quoique  a bien  des  égards  , il  purlTe 
au(Ti  caraélèrifer  les  piïcédens. 

Bientôt  les  accens  devinrent  pdus  ou 
moins  obliques  & demi-circulaires , prin> 
cipalcment  dans  l’écriture  curlive.  Tous 
les  i d’y  forent  pas  néanmoins  furmon- 
tés  d’une  ligne  ou  tranfverlâlc  ou  cour- 
be , ou  prcfquc  horizontale.  Il  ne  fut 
pas  rare  de  voir  les  accenftoatafatt  fu- 
primés.  Enfin  infcnlîblcmcnF  racourcis, 
ils  dégénérèrent  en  points.  Alors  l’an- 
cien ulage  fcmbla  vouloir  fc  roidir  con- 
tre le  nouveau/ On  continua  , & peut- 
être  afeda-t  on  même  de  former  des 
accens  d’une  juflc  longueur.  lîsfe  main- 
tinrent donc  encore  quelque  tems.  Ce 
ne  fut  qu’au  xvi®.  fîècle  qu’ils  forent  ro 
tilcmcnt  banis  des  imprimés.  Ne  pou- 
roit  on  pas  ajouter,  qu’il  en  exiflc  en- 
core aujourdui  plufîeurs  vefligesi  Qn’on 
jette  les  yeux  fur  la  PolygrapHie  efpa- 
gnolc  de  Don  Chriftophe  Rodrigue , & 
Ifur  les  planches  publitts  , Hans  la  pré- 
face du  même  volume  par  D.  Naflare  ; 
on  y verra  des  i gravés , furmonrés  de 
virgules  , au  lieu  de  pointv*  Les  plan- 
ches memes  du  Propylamm 
broc  nous  monrrent  moins  des  poii^ 
far  les  i , que  des  accens.  L'écritufe 
cnrfivc  sVft  donc  plus  lof^-tems  défen- 
due contre  cette  innovation  , que  les 
imprimés.  C*eft  même  des  derniers  , que 


le  oowrel  uf^e  s’eft  étendu  k ceaces  lea 
autres  écritures. 

(1)  Pluficurs  auteurs  n’ont  pas  aÜêt 
veillé  fur  les  gravures  de  quelques  inf- 
cripdons  & dipTomes  , qu’ils  ont  publiés, 
avec  des  points  fur  les  1 ; fans  faire 
atentioo  , qu’ils  avoienr  été  donnés  dans 
des  tems  , ou  ces  points  n’érotent  fu^ 
rcment  pas  en  ufage.  Une  fidélité  fem-* 
pulcufc  les  conferve  , quand  on  fait  gra- 
ver de  nouveau  les  mêmes  pièces.  Ainfl 
fe  perpétuent  les  fautes.  Comme  elles 
peuvent  induire  en  erreur  ceux  , qui 
n’onr  point  confultô  les  originaux  i les 
antiquaires  dévroienr  au  moins  en  aver- 
tir , dans  quelque  note.  On  s’abRienc  de 
raporrer  des  exemples  de  ces  négligen- 
ces ou  de  CCS  méprifes  ; quoiqu'ils  ne 
fbient  pas  rares,  meme  en  des  ouvrages 
d'auteurs  d’une  grande  réputation. 

(x)  Le  ton  avec  lequel  Richard  Simon 
décide  de  rantiquÎTé  des  points  furies/, 
dont  H fait  remotifcr  l’ufagc  Jafqu’au 
XI®.  fièclc,  aprend  à ceux  , qui  ne  co-* 
noirroicnc  pas  cet  écrivain  , a fc  défier 
énidîiion , en  fait  d'anciens  mfT. 
!mon  loi , ce  ^«v  montre  {b)  encore  pint 
évidemment  riinornnce  du  fnnffjtire  , qui 
a fabriqué  les  anttquirés  étrul*;ucs , pu- 
bliées par  înghtramc,  e*efi  au'it  met  des 
\feints  fmr  U lettre  i , left^ncls  ceNndani 
ny  entête  mis  fCivi  vtRS  tl  xi®  siscir. 
Il  aorefit  dn  dire  le  iiv®.  An  xi*.  com- 
menecrent  fur  les  r , non  les  points  , 
mais  les  accens. 

fîl  Dom  MabiHon  (r)  aradic  je  com- 
mencement du  point  fur  r/  à cmi  du 
XV*.  fièclc  , & cite  quelques  mlf.  en 
prenve.  Toland,  dans  fes  o'jtes  fur  l’E- 
vangile de  S.  Barnabé,  tire  d'après  (d) 
;',M.  de  la  Moonoie  , un  argueneot  da- 


! 

I 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ui 
-•  peu  (bbfticués  aux  accens  , jufqu’alors  en  formf  ^ lignes 
obliques  & , courbes  ; à peine  les  fireuc-ils  généralement  Ei* 
primer,  pendant  le  couiss  (i)  du  xvi‘.  Cccle.  . \ 

;•;  Les  anciens  gran^mairieus  Romains  (a)  'difUngucrcnt  la 
valeur  de  l’J  confone  de  celle  (i)  de  l’I  voyelle.  Sur  la  dé- 
. nomination , qu’ils  leur  donnoient , & fur  l’aplication  , qu  ils 
en  l'ailbient  ; ils  étoient  parfaitement  d’acord  avec  nous  : 
mais  nous  ne  convenons  point  avec  eux  fur  la  manière  de 
prononcer  leurs  J confones  • &c  fur  la  figure  , que  nous 
leur  afiignons  maintenant.  Leur  prononciation  étoit  con- 
forme à celle  du  fécond  J conlbne  de  notre  langue  , fem- 
blable  à celui  des  Italiens  , & de  quelques  autres  nations. 
Nous  avons  coutume  de  le  rendre  par  un  Y ou  par  un  ï . 
Mais  la  valeur  de  diverfes  fortes  d’I  ne  doit  pas  nous  aré- 
ter  ; nous  ne  devons  nous  ocuper  , que  de  leur  figure.  Si  l’I 
■perpendiculaire  eft  de  tous  les  tems  ; l’J  à queue  étoit  em- 
ployé plufieurs  (3)  fiècles  avant  la  fin  de  la  république  Ro- 
tnamc. 

point  fut  17 , pour  praoTcr , qoe  cc  faux 
ETao^le  n'a  (xi  traduit  de  l’arabe  , & 
tranlcrit  ei^  latin  , qu'au  xv°.  lidcle.  On 
dtoit  alon  peu  «au  i mettre  Taccent 
fur  17,  dans  les  pidees  diplomatiques. 

Souvent  des  aâcs  entiers  n’en  renfér- 
moient  aucun.  Les  chofes  conciDudrent 
fur  le  même  ton  allez  avant  dans  le 
zvi'.  fidcle. 

( I ) Vers  Ton  milieu , les  points  fe  mon- 
trdrent  plus  frdquemmeot  en  France  . fur 
quelques  i curfifs.  Sous  Châtie  IX.  les 
points , les  accens  & l'omüTion  des  uns 
& des  antres  femblent  tour  à tour  vou- 
loir l'emporter.  Il  o'ellpas  même  fort 
extraordinaire , qoe  les  accens  dans  les 
aâcs  foient  encore  les  plas  nombreux. 

Mais  , des  le  rdgne  de  Henri  1 1 1 ; les 
points  y prirent  courafâit  le  dclTus.  Un 
peu  avant  le  milieu  de  ce  6dcle , la  eut- 
five  en  Italie  dtoit  plutôt  chargde  <fac- 
cens  , que  de  peints.  L'nfâge  des  pre- 
miers duroit  encore  partout  aiUcurs  vers 
fa  fin  , ô l’on  «n  excepte  la  France. 

Il  faut  pourtant  convenir , qoe  les  points 
faifoient  de  leur  côte  du  progrds  , dans 
les  états  voifins  , 8t  furtout  en  Ailema 
gae.  Qa  fe  boomts  pxéfcateiaent  h ces 

D üj 


notions  générales  : parecqu’on  ne  poura 
fe  difpenfer  de  revenir  fur  le  même  fu. 
jet  , quand  on  traitera  des  points.  La 
même  raifon  nous  interdit  bien  des  dé- 
tails , par  rapott  à la  qncllioo  des  ac- 
cens fur  l'i. 

(1)  Entre  deux  voyelles  17  e(l  double, 
comme  dans  IVcia.  C'ell  apararamcot 
la  raifon  pourquoi  l'on  fuprime  ordi- 
nairement un  i , dans  les  mlT.  anciens  , 
aux  mots  rtierre  & autres  fcmbiabics. 
• ()}  On  ne  fait  ce  que  vent  dire  (F) 

Sebannat  : quand  il  footient  , que  l’j 
prolongé  n'étoit  pas  encore  en  ulage  au 
VI 2 1*  fiècle,  & quand  pour  le  prouver,  il 
s'autotife  du  fufrage  de  D,  Mabitlon  , 
fans  en  citer  U livre.  S'agit  il  d’un  J , 
à queue  en  pointe  ou  courbée  i La  li- 
gne même  du  diplôme , où  ü fe  plaint , 
qu'on  ait  voulu  introduite  cc  caraéièce , 
en  renferme  deux  de  la  première  main. 
Rien  d'ailleurs  de  plus  fiéqucnt  alors  , 
& bien  des  fiècles  auparavant.  Eft-i| 
quelKon  du  point  fur  I')  ! Son  commen-- 
cernent  ell  (ans  doute  de  beaucoup  pof- 
térieur.  Il  dévoie  donc  plutôt  fe  récria 
fut  le  point , qoe  fur  l'eztenfion  de  l’j. 
D.  MabiUoo  pade  (c)  bien  ici  de  l'acqew 


II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
Chas.  IV, 

(a)  Piu/ch.  ctl. 
4>j- 

i)SS.  (^. 


(t)  Drarrq/üt  FatN 

diHfii.f.  ajj. 


(c)  De  re  dipltml, 
f-  II- 


Digilized  bv  Couple 


II.  PA  RT  II 
Sbct.  III 
CMiP.  IV, 


lit  NOUVEAU  TRAITÉ 

Les  f I Tirent  quelquefois  coupés  par  une  traverlê , de- 
puis le  coinmencement  de  l’empire  , jufqu’à  ces  derniers 
tems.  L’j  minufcule  à queue  tenoic  le  fécond  iJang  dans  les 
imprimés  , il  y a déjà  environ  deux  liècles  , lorfque  deux 
i voyelles  fe  fuivoient. 

L’ufage  de  dillinguer  (i)  les  figures  de  l’J  confbne  d’avec 


k <lu  point  (iir  r>  , nuit  non  pu  de 
la  prolongation  de  cette  lettre.  . 

Comme  nombres  , IT  court  k l'J  T 
ueue  fe  trouvent  fourenc  réunis  , au 
écle  de  Charlemagne,  k même  avant 
lui. 

Dès  le  vi'  liecle  on  diroit  quelque- 
fois , qu'on  afeâoit  de  metite  l'J  au 
commencement  des  mots.  Mais  bien- 
tôt on  s'aperçoie , que  cela  fe  fait  fans 
dclTcin.  Aux  xi.  & xii*  , furcout  en 
EcolTe  , oo  vit  fouvent  l'J  au  commen- 
cement des  phtafes , des  noms  propres 
& des  lieux.  Ün  continua  d'en  ufer  de 
la  forte  , durant  les  Itècles  fuivans  , 
quoique  peutètre  un  peu  moins  fré- 

Îinemment  jufqu'au  iv'.  Alors  on  s'avi- 
a de  le  marquer  en  général  au  com- 
mencement des  mots.  Cette  pratique 
paroit  alTcx  fuivie  , dans  quelques  im 
primés  k mlT.  Mais  c’eft  lâns  confé- 
qoence  pour  les  autres. 

(t)  Le  P.  des  Motets , au  7°.  tome  de 
fes  Mémoires  de  Littérature  ,'a  publié 
une  DiJiriMtim  de  l'abbé  Papillon  fur 
f J k rv  confoncs.  Ce  fut , nous  dit 
cet  abbé  , Jacques  Pelletier  du  Mans  , 
qui  daits  (a  Gnmmaire  ftanfoife  , im- 
primée en  rjfo.  » Paris  , pla(a  l'J  i 
b tête  des  mots , qui  commencent  par 
certe  confone.  Dans  la  Poétique  du  même 
Pelletier,  imprimée  en  tjfj,  i Lion; 
FI  confone  eib  conlêammeot  difhngué 
de  n vojrclle.  L’obbé  Papillon  ne  devoit 
donc  pas  recourir  à la  grammaire  la- 
tine de  Ramusoula  Ramée,  pont  fixer 
l'époque  de  IV  confone  , entant  que 
diflingué  de  l'I  ; pnifqu'il  ne  peur  b faire 
remonter  au-dela  de  la  date  du  privi- 
lège de  ettre  grammaire  , donné  Fan 
i;;7.  d'autant  plus  que  FAritlnaétiqoe 
du  même  de  tjff.  ne  fuit  point  cette 
otthographe.  Ramas  Favoit  exigée  de 
ÜM  imptimeifi.  Aptes  b mortw  l'iin 

4 L 


k de  Fautre  ; les  héritiers  de  Vechet 
furent  exaâs  , à renmiit  leurs  cogage- 
mens  dans  les  imprclfions  des  ouvrages 
de  Ramus  : mais  ils  n'étendirent  point 
la  nouvelle  orthographe  à ceux  dq  au- 
tres auteurs.  Cille  Beys  , imprimeur  de 
Pans  la  fuivit  en  1)84.  dans  le  com- 
menuire  de  Mignanlt  fur  les  épitres 
(FHotacc.  En  i;vv.  ou  peu  après  Guil- 
laume le  Gagneur  publia  fa  Téchno- 
graphte , où  non  feulement  toutes  les 
planches  en  grand  nombre  obfcrvenc 
exaâement  l'orthographe  de  FJ  con- 
fonc  ; mais  il  fe  dccraie  cnLOte  expref- 
fément  en  fa  laveur.  » Quand  à cét  j- , 
» dii-il , que  nous  fiiifons  toujours  fervit 
» de  confone  , k qui  prend  Ion  origine 
» de  g , je  n’en  feray  autre  defcripcion  ; 
» k me  contenteray  d'en  ^eprelêntcr 
» feullemcnt  la  ferme  ,/  ,jt « Re- 
marquex  fes  accent  k les  apodrophes. 

La  didinâion  de  l'J  conibne  liit  ob- 
feevée  prelque  partout,  dans  l'bidoiie  des 
plantes  rares  de  Clulius  , imprimée  à An- 
vers en  i Soi.  On  a cru  voir  un  germe 
du  difeemement  des  J êt  V confoncs  d'a- 
vec les  voyelles , qoant  à h figure  , dans 
une  édition  dn  GstMitm  de  Jean  de 
Genes  en  t4<o.  Mass  fi  Fon  n'en  a point 
d'autre  preuve  , que  le  texte  cité  p.  xto. 
des  Mémotres  de  Littérature  ; on  peur 
airibucr  cette  orrhograplie  au  bazard , 
plutôt  qu’à  quelque  deilêin  de  la  per- 
Feâioner.  Il  n'en  eft  pas  de  même  de  l’ufa- 
ge qu'en  ont  Elit  nos  auteurs  ficnosim- 
primeuts.  Mais  ce  ferent  plutôt  des  tenta- 
tivesde  leurpart.qu’une  pratique  Ibutenne. 

Les  Hobndois  ne  tardèrent  pas  k s’p 
coafermer  alTcz  ciaélemenr.  Ils  ont  date 
lut  noos  à cet  égard  du  plus  iftin  demi- 
fièelc.  Il  eft  vrai , qn'ils  n'employoient 
pas  encore  alors  l'J  majulcule.  Ils  ne  le 
firent  qu’au  tems  , où  nous  coounen- 
yauMs  » faine  tout  de  bon  un  cjeaiple  , 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ’uj 

telles  de  ri  voyelle  eft  fi  récent , qu’on  ne  peut  pas  aflurer  , " — 

qu’il  foie  généralement  reçu  dans  tous  les  pais.  U n’écoit  pas  n.  part,  e. 
établi  en  France  gu  milieu  du  dernier  fiècle  : il  nel’étoitpas 
généralement  (i)  en  Allemagne  , ni  même  en  Efpagne  il  y a iv. 

vingt  ans. 

X.  Nous  avons  d’anciens  K phéniciens  , étrufques  & ü<âgeduK:re» 
grecs  , dont  la  figjure  eft  précifément  la  même.  Elle  s’eft  = c» 

confervée  , du  moins  en  partie  , dans  les  runes  Sc  en  plein  mco/ant'i f n°C 
dans  les  écritures  latines  , cophtiques  , gothiques  , efcla-  charie  dans 
voncs  , niiliennes.  Les  autres  , apelées  vulgairement  orien-  iVi  i**' 
taies  , en  ont  fuprimé  la  ligne  peipendicutaire  , ou  plutôt!  CdL.s''«ui*dB 
elles  en  ont  rétranché  les  deux  bouts.  »*'}Ioin  defom- 

Les  notes  tyronieirnes  rep^fentent  fi)  le  K fans  altéra- 
non  ; mais  il  n’y  fut  introduit , que  pour  les  mots  , dont  le  W»ent  pas’ 
K ou  le  C devoir  être  immédiatement  fiiivi  d’un  A.  Cétoit 
aparamment  , à l’imitation  ^s  (a)  auteurs  , qui  fe  difpen-  ' 

Ibient  de  marquer  cette  lettre  , quand  elle- avoir  le  K (j; 
devant  elle.  Il  étoit  alors  cenfë  renfermer  la  valeur  de  l’A 
comprife  dans  fa  dénomination  alphabétique  : de  même  que 
le  ^ , le  c , le  </  , le  le  /> ,'  le  / emportoient  lé  lôn  de  l’e , 

& le  y celui  de  l’«.  Précédées  de  ees  confones' , les^  trois 


nous  leur  «rions  donnd.  Il  a'y  a pas 
ccot  ans  , que  nous  tenions  encore  ier- 
i6c  pour  fancienne  mode , & pas  qua- 
tre-vingt , que  la  nouvelle  a cficz  nous 
pris  Ta  place,  » torrqu'il  Ait  (i)  qaef- 
» tioo  de  diftinguci  les  r & les  « coo- 
» foncs  & voyelles , ü oc  le  trouva  pas 
m un  feul  ouvrier  en  éut  d'en  graver  paT- 
M (jdilciziCDt  les  poinçons.  « L'auteur  par* 
le  d’après  M.  Fournier  le  jeune. 

(1}  Ccllarius  dans  Ton  oitbograpbe  la- 
tine le  le  célébré  Fabticius  oot  encore 
teclamé  de  nos  jours  Ibtt  Ictieufc- 
iDcnt  . en  faveur  de  l'ancicanc  mode  : 
mais  la  nouvelle  lait  tous  les  jours  en 
Alletnagne  des  progrès  fenlibles.  Nous 
voyons  un  même  imprimeur  à Narcm- 
berg  employer  en  1745.  la  vieille  ot- 
thogtapbe  , le  en  1747.  la  nouvelle. 
Kous  o'enuctons  point  dans  le  détail 
des  villes  r _<iui  s’atacbent  à l'une , ptéfé- 
rableroeni  à l'autre.  Il  y a plus  de  to. 
apt  , que  la  BiUüthiÿia  it 


par  Lambecius  a éçé  imprimée  à Viénno 
avec  des  j éc  des  v coolbiics.  bien  dilhii-  ' 
gués  des  voyelles.  ’ 

(1)  D.  Carpentier  n’en  donne  qn’niiB' 
note.  Quand  il  auroie  ptr  réduire  le  K i 
une  feule  figure  } du  moins  ladiveiiîté  (i\  njai«MW 
de  fes  poCiions  autoit-elle  pu  lui  en  hufcUaéd  1 % 
fournir  plufiews  exemples.  Qu'on  Juge  »,  fü.  ' 
fi  le  K des  notes  cyronieones  eft  fi  fté- 
rilc  par  les  carafteres  fuivdnt , |L  ]t  f; 
l<  I HL  A , tous  tirés  des  K en  notes 
de  Tyron  ou  de  Sénèque. 

() ) Ils  n'écrivoient  |»int  Kanti , mai. 

X'rxf  i point  C«vi  , mais  ern  j;  point  ’ 

ftdt , mais  yrr  &e.  Et  cependant  la  pro-  . . 

nonciation  ne  Ibuftoit  rien  de  ces  té- 

tranebemens.  Les  Ibpreflioot  de  1‘m  après  ' ' . - 

le  J , (bnt  celles  , dont  il  eft  moins  di- 

ficife  de  montrer  des  eiemples.  Mai»  > 

le  plus  (ôuvent  l'v  eft  mis  ao-dclEis  en 

interligne.  Rien  de  plus  ftéquent  , & 

dans  les  diplômes  le  dansleamlT,  ait 

moios  Jufqa'an  tx*  fièelc. 


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II.  PARTIE. 

S I C T.  III. 

C H A F.  IV. 


»I4  NOUVEAU  TRAITÉ 

voyelles  a , e , « , étoient  donc  quelquefois  omilès  ; atendt% 

qu’elles  s’y  trouvoient  rufiTamment  conceiuies. 

Cepenaant  l’ufage  ordinaire  h’étoit  pas  de  fous^entendre. 
ces  voyelles , mais  de  les  exprimer  , fi  ce  n*eft  dans  les  no- 
tes tyroniennes.  Plufieurs  avoienc  pour  maxime  de  le  lêr^ 
vit  du  K au  lieu  du  C , toutes  les  fois  que  l’ A marchoit  à 
fa  luite.  En  toute  autre  ocaûon  , on  préféroit  piefque  tou- 
jours au  K , ou  le  Q ou  le  C.  Les  grammairiens  ne  cefienc. 
de  déclamer  contre  l’inutilité  du  premier.  Quelques -mis 
néanmoins  (i)  réclament  en  Ta  faveur,  quand  l’A  tient  le 
fécond  rang  après  lui.  Mais  la  plupart  n’y  metœot  pas  même; 
cette  exception. 

Les  monumens , antérieurs  de  deux  fiècles  à la  fin  de  la 
républilque  Romaine  , renferment  des  K.  Tels  ils  avoienc 
paru  renouvelés  fur  le  modèle  des  Grecs  ; tels  à peu  de  va- 
riation! près , lufqu’au  dernier  gothique  , furent-ils  mis  en 
ufage  , pendant  .environ  (i)  deux  müle  ans.  Cette  lettre  en 
quelque  forte  latinifée  pour  le  fécondé  fois  , toujours  en 
butte  à la  contradiélion  , fit  fouvent  des  pertes  Cl  ) confidé- 
tables , qui  la  refierroient  de  plus  en  pim.;  ^ .n 
. .L’éoidq  de  iàgiammaite , qui  fe  ranima  fous  Chadema- 
gne  , lui  fut  favorable.  Au  lieu  que  le  nom  de  nos  rois  , 
apelés  Charles  , s’écrivoit  plus  rarement  par  le  K ; il  de- 
vmt  à la  mode , au  point  d’ètre  très^fréquemmcnt  mis  à la 

Car  In  in^<la!lln  lin  empcrean  , pa. 


Dê  trtht 


, (i)  Snntas  fe  diftingue  fln  aoim' , 
ch  ( 4)  (^tenant  , qu'il  convicticiroit 
xnieul  de  regarder  comme  imintc  le  C ; 
.que  !c  K.  i.  inatilitd  dd  K parut  plus 
merqûée  ; to^oe  la  du  C 

■ drHu-â!  fiiï  gchéralcmcnt  reçue.  Car 
dès-lors  le  fculC,  qui  n*a»oit  jaHiafs, 
comme  il  a cher  nous , un  fon  d'S  , 
poavok  foire  toutes  les  fondons  do  K. 

fl)  Il  n'en  fout  pas  retrancher  les  fic- 
elés gdthiques  , qoj  ont  déTancé  le  rc- 
nouTeflcmcot^dcS  lcrres.  5or  les  mé- 
daillcsMe'K  n'è'oit  pasTare.du  tem^d’Au 
gtifte.V.  Morel  èdirion  de  Havercamp.  La 

38.  chacune  Mes  croir  Hcrnicrc^  (I*)  mpdailles 

de  U fomilltf  Pofthumia  répète  le  K dc^ . 
deux  côtés  , pourfignifier  KArehasa.  cV 
nom  ^ ainfi  due  cclui  dcKann  S'  .autre 
fe  voïent  pluficàis'  ^o^  écrits'  paV  un  K , 


(i)  Thef.  M»r«r 
».  i.p.jH"»*-  • 


(d)  D#  yrAj^.num. 
diff.  J-.p.IiJ- 


bKAes  par  Banduri.  ta  noavcHc  ddition 
de  Vaillant , faite  depois  peu  à Rome  , 
avec  des  augmeontiom  conlîdérables 
renferme  (r)  nhe  médaille , où  l’on  lit, 
tant  à la  tête  , qu'au  reeets  4 Karvt  je 
KMrmm.  On  peut  en  »oit  aullî  (d)  dans 
Spanheim.  Lee  inftriprion»  , les  anciens- 
grammairiens,  les  mlT.  St  les  diplômes 
antiques  n’en  fôutniiTent  pas  moins  d’e- 
xemple». **  *■ 

■!  ( j)  A peine  <eft-elle maintenue  , dans' 
Iqiiéiqtfune  des  tangues  émanées  de  la 
iatine  Kneote  fes  (bnâions  s’p  irouvenc- 
. clics  bnrAées  à quelques  noms  propres, 
etrangers  ou  ba  bares.  La  langue  teu- 
«oniqiie  , ti  celles  dont  elle  cÙ  mère  , 
lui  ont  fait  un  meilleur  acucil.  C'eft-' 
'là  quebc  ''exerce  tnmquilement  anr 


i^yitiz^d  I- 


GoogL 


DE  DIPLÔ'MÂTIQUÊ.  . Vry 
ifte  des  ( I ) lettres  , dont  leur  nom  étoit  compofé. 

On  demande  pourquoi , fur  les  monoies  fuédoifes  ou  go- 
thiques le  nom  de  Canut  eft  toujours  écrit  par  un  K ; tan- 
dis qu’il  l’eft  conftamment  par  lui  C , fur  les  angloifes. 
Les  détails  , où  nous  venons  d’entrer , touchant  l’ufage  de  ces 
deux  lettres  , ne  pouroient -ils  pas  réfoudre  la  queftion 
d’une  manière  pour  le  moins  auflTi  fatisfaifante  , que 
Ta  fait  (2)  M.  Brenner  , dans  fon  Tréfor  des  médailles  fué- 
doifes-gothiques  ? Les  Journaliftes  de  France  , après  avoir 
(a)  témoigné  leurs  doutes  , fur  la  folidlté  de  fes  conjectu- 
res > ont  paru  fouhaiter  , que  les  antiquaires  ‘François  en 
filTent  l’aplication  à l’onhographe  de  quelques  - uns  de  nos 
rois. 


tinpire , qui  le  dilputc  «n  étendue  à celui 
desicttrcs  les  plus  acréditées.Lcs  écrivains 
Ucins  ennemis  du  K fcmblenc  avoir  pré- 
valu quelquefois  , jufqu’à  k banir  de 
prcfquc  toutes  les  écritures  , qu’on  dref- 
ibic  de  leur  tems. 

( t)  Cette  prérogative  fut  confervée 
au  K , avec  des  actoilfemens , portés  en- 
fin , à l’on  ca  juge  par  le  Traité  de  M. 
le  Blanc  , jufqu’a  n’admettre  pins  d’ex- 
aeption  fur  les  monoies.  LIk  y rc^ut , 
fcus  k règne  de  Charles  Vill  , quel- 
ques légères  accintes  : mais  elle  étoit 
abfolument  furanée  i lorfque  Châtie  IX. 
monta  fur  le  nône.  Les  ordonances 
des  Charles  de  la  race  , publiées 
par  M M.  de  Lauriéte  & SccoulTc  ne 
gardent  pas  UBéme  uniibtiniiè:  quoi- 
que les  C ( il  SW  fiiut  beaucoup  ) n'é- 
gakni  pas  k nombre  des  fc , commeu- 
fans  les  noms  du  ces  rois.  Comme  au 
leAe  la  piopatt  des  ordonances  ont  plu- 
tôt été  priles  fur  les  regîtres  , que  fur 
ks  originaux  ; on  ne  peut  pas  toutafait 
compter  fur  l’exaélilude  des  copiltcs. 

(1)  Les  peuples  du  Nord  , à l’enten- 
dre , n'ayant  poinp  parmt  leurs  carac- 
tères m.i}nfculet  tuniques  de  lettre  ré- 
pondant au  C latin  , lui  fubAiiuèrcnt  k 
JE  > St  fut  leurs  monoies  , St  dans  leurs 
diplômes.  Ils  en  uicicni  de  la  forte , 

Sour  exptimer  fuitout  les  noms  propres 
'origine  gothique.  Après  meme  qu'ils 
«uent  abaadotlé  l’éccitutC  tumque  , St 
< i 


qu'ils  cdteur  pris  la  romaine  , ils  con- 
tinuèrent d'écrire  Kaimriu  St 
Les  Anglon  , ne  tenant  que  des  La- 
tins lents  caraâéres  , écrivirent  invaria- 
blement CarntiMi  St  Cmniu.  LctirS  autres 
noms  propres  commencèrent  aulli  par  b 
même  kttre.  Tel  c(l  en  peu  de  mots  le 
lyAcme  de  Brenner. 

Mais  1°.  cela  ne  lâuroit  s'entendre  de 
la  langue  angloife  : le  K s’y  eft  mainte- 
nu julqu'à  nos  jours,  a'.  Si  dans  leué 
latin  le  C n'a  tieu  lai(C(  au  K ; c'èft  quq 
le  premier  Tavoir  emporté  fur  le  fccood 
à Rrmie  i lorfque  ks  moines  , dlfciplcè 
de  S.  Grégoire  le  grand  , portèrent  en 
Angleterre  la  Religion  Chrétienne  , avec 
récriture  latine.  Au  contraire  l'évan- 
gile fut  anoncé  dans  b Suède  pat  des 
moines  Allcmans  , qui  failbient  grand 
ulàgc  du  K , St  ptiiKipalcment  dans  les 
noms  propres.  Leur  lictéxatute  n'étoit 
attire  , que  celle  , qui  i’éioit  itnoave- 
lée  au  temsde  Charlemagne, où  le  K fut 
remis  en  bonucur.  4°.  A l'égard  des  al- 
phaVecs  tuniques  i parmi  ceux  , que 
nous  trouvons  ralTemblés  , dans  le  Tré- 
for des  langues  fcptcntrionalcs  de  Hic- 
,kcf , à peine  en  découvtc-t  on  une  dou- 
zaine, qui  foient  dépourvus  de  C,  Près 
de  quarante  le  reprélcntcnt  , fous  di- 
vcrlcs  figures.  L'alphabet  géuéral  du 
meme  auteur  les  fait  montera  xx. Nous 
ks  avons  poulTcs  jafqu'è  )t.  dans  le  nô- 
tre. Nous  polirions  maintenant  l'aug- 
iqcmci  UKore  de  quclquca-uiict.  * 


IL  PARTIE. 

.StCT.  III. 
Cha».  IY. 


(«)  Team.  Jn 
vmi.  I7J4.  titv. 
p.  741.741. 


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.^lé  NOUVEAU  TRAITÉ 

' -S*'  PaflTons  maintenant  à quelques  obfèrvations  liir  la  Arme 

I.  PARTIE,  de  la  lettre  , dont  nous  avons  entrepris  l’examen.  Des  le 
ChVp.  IV.  ficelé  , l’angle  obtus  du  K,  regardant  la  droite , fut  quel-. 

ques  fois  totalement  fëparé  de  la  perpendiculaire  j foie 
par  un  vuide  , foit  par  une  ligne  (i)  norizoncale  , foit  pat 
un  trait  oblique , auxquels  il  étoit  uni.  Souvent  au-dellous  - 
du  niveau  de  la  (z)  perpendiculaire  , du  moins  par  un  de 
fes  côtés  ; tantôt  cet  angle  s’abaifla  , tantôt  il  s’éléva  ; tan-- 
tôt  inégal  à la  halle  par  fes  deux  côtés  à la  fois , il  fut  pla- 
cé vers  fon  milieu.  Ici  lès  deux  côtés  égaux  ou  inégaux  fe 
courbèrent  .en  meme  tems  vers  la  (3)  gauche  ou  vers  U 
droite.  Là  Us  le  firent  (4)  en  fens  contraires.  Avant  J.  C. 
les  deux  lignes  du  même  angle  s’étoient  déjà  courbées  eu 
dehors  , comme  pour  aler  fe  rejoindre. 

Les  exemples  de  la  rupreffion  totale  du  côté  (3)  fopérieut 
ne  font  pas  rares , furtout  depuis  le  x'  ficelé.  Vers  le  xi*. 
en  Angleterre  la  perpendiculaire  fiit  quelquefois  terminée 
par  deux  horizontales , étendues  feulement  du  côté  gauche. 
Aux  XII I.  XIV.  & xv'.  fiècles  , il  étoit  d’ufaee  de  fermer 
le  haut  du  K , & de  lui  donner  la  forme  d’une  R , au 
moyen  d’une  ligne  courbe  ou  de  deux  droites.  On  pouroic 
toutefois  montrer  , dès  le  vi‘.  fiècle  , quelques  exemples 
de  K en  forme  d’R.  Plus  le  gothique  prit  faveur  ; plus  il 
fut  ordinaire  de  ramener  le  bas  de  la  halle  , au -devant 


(1)  Laniinurcnlctc  la  corfÎTï  de  prer- 
que  tous  les  lidcles,  jufqu’au  zi  1 1’.  en 
JoarnilTenc  des  exemples.  Mais  au  vt  i'. 
ils  (bot  plus  frdqueos  eu  France  ; aux 
vtil.  & IX*,  en  Angleterre  ; au  II', 
en  Allemagne. 

' (ij  Depuis  leyii'  liccle  , le  t des 
écritures  cuHîves  a prefoue  toujours  tes 
deux  côtds  de  fon  angle  tourné  vers 
la  droite  , beaucoup  plus  courts  que 
là  hafte.  Mais  , comme  alors  la  pointe 
de  l'angle  ell  rarement  apliquée  julic  , 
au  milieu  de  la  halle  ; le  bout  de  la  li- 

fne  inféiieure  Si  latérale  du  câté 
roit  de  eet  angle  ell  ponr  l'ordinaire 
au  nireau  -’e  ta  bafe  placée  à gauche. 
On  poutoit  prerque  avancer  , que  tel 
e(l  le  cataélere  iWcifique  Sc  ditlinClif 
^ de  Ja  cutfivc  des  bas  tems.  Du  moins 


(êroic  - on  aocorUlf  Tufilammenc  , & 

donner  pour  cenain  , que  les  K de 
cette  écriture  , dont  quatre  ex- 
trémités unt  rnpéricures  qa'infiltieuret 
paroilTcni  ccfpeébvement  de  niveau  , 
(ont  empruntés  des  capitales  ou  minuf- 
cules  : tant  ils  conviennent  peu  k la  cnr- 
(ïve  d'alors, 

(j)  Dès  le  VI I*-  fiècle,  les  cbaiiesde 
France  nous  ofrent  des  ÿ auifi  Ggutés. 

(4)  Telle  fur  la  forme  lapins  conltance 
du  K , dans  la  minufcnle  St  dans  la 
curfive.  Elle  e(l  de  tons  les  tems  St  de 
tous  les  pais  , au  moins  depuis  le  v t n *. 
fiècle.  Dc-là  cctre  figure  dX  < ^ parti- 
culièrement aicâèe  au  K.  &>uvent  elle 
n’en  difère  , que  par  l'élévation  de  (à 
tète , qui  u’c(l  pat  toujours  fort  rcofible. 
*(j)  On  en  pcutjugerpac  ce^. 

du 


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DE  DIPLOMATIQUE.  117 
du  (r)  jambage  inférieur  de  l’angle  obtus.  Les  K devenus 
encore  plus  gorhiques  unirent  ce  jambage  avec  leur  perpen- 
diculaire , par  une  bafe  (i)  horizonule  ou  courbe. 

Les  K des  (3)  mil',  furent  fujets  aux  mêmes  accidens  , 
qu’éprouvèrent  ceux  des  bronzes  Sc  des  marbres.’  Mais  le 
K (4)  de  l’écriture  minulcule  diféroit  peu  ou  point  de  celui 
de  l’onciale. 

Dans  ( j)  la  Caroline , les  montans  des  K fui  vent  la  tournure 


(i)  S'il  ne  $*agi{Toit , <]ue  <le  Cmplet  pe- 
tits traits  J obl^ucs  ou  courbes } ou  eu 
montreroit  , dans  la  cttrlivc  du  vu*, 
iîècle,  Sc  meme  des  précédens.  Les  ba 
Tes  horizontales  . Sc  débordant  des  deux 
cécés  leur  furent  fouvenc  ruS(ficuées»tanc 
au  IX*.  qu’aux  fiécles  polfcrieurs.  Mais 
ce  ne  fut , qu'au  xi  i*. quelles  fe  chan- 
gèrent eu  renverfees.  Quoique  fous 
cette  forme  elles  ne  fervent  pas  d'»ut 
au  plus  grand  nombre  de  K elles  font 
très  propres  à caraéicrifer  ce  dernier  lîé- 
cle  , & celui  qui  lui  fuccéie*  Pareil  in* 
dice  eA  furcout  décilîf,  pour  les  K du 
XI I*  « en  leur  fupofant  une  tête  à deux 
pointes  , Sc  pour  le  x 1 1 1 } à condition 
que  cette  tcce  ne  fe  courbera  , que  peu 
ou  médiocrement  , mais  prefque  tou- 
jours fans  contaéf  ot  de  la  halte  ni  du 
côté  rupéricur  de  l'angle  , ouvert  du  côté 
droit  ; U ce  d’c(}  fur  la  ün  de  ce  Itécle. 

(1)  Cetre  bafe  les  dilfinguede  celle  , 
qui  s*élévanc  en  1 » & traverfant  le  côté 
inférieur  de  Tangle  ouvert  à droite  , 
compofe  de  ces  deux  traits  un  X de 
forme  curlîvc  ( f ).  Ou  en  trouve  , 
dés  le  commencement  du  x*.  lîécle.  Au 
XI*.  la  meme  force  d*r , nailTant  du  haut 
du  côté  inférieur  de  l'angle  du  ^ & 

hii  fervant  de  côté  fupérieur  , produit 
quelquefois  un  autre  X , dans  fa  partie 
la  plus  élévéc.  Deux  r adolTés  au  xit*. 
iîécle  cenoient  au/Tî  quelquefois  lieu  au 
^ des  deux  côtés  de  fbn  angle  , Sc 
fbrmoient  une  autre  cfpécc  d'x. 

(î)  Scutemcnc  l'horizontale,  fervant 
de  fommer  à la  perpendiculaire  du  K , 
Sc  le  pié  de  celle-ci  , obliquement  tiré 
ters  la  giucHc  , y peuvent  caraAérifer 
plus  rpécialcment  les  ôccics  antérieurs 
ftU  X*.  11  elf  encore  fréquent,  que  faagle 

Tome  II. 


ouvert  vers  la  droite  fe  transforme 
en  une  coart>e  , ou  que  Ton  côté  fupi- 
rieur  fe  tournant  du  lens  opofé  fcmble 
vouloir  fe  métamorphofer  en  R.  Très- 
fouvenc  le  même  coté  ne  porte  point 
fur  la  perpendiculaire,  mais  fur  le  côté 
inférieur  ^ meme  angle.  Ces  obferva- 
tions  ne  font  guère  moins  aplicabics 
aux  inferiptions  lapidaires  & métalliques. 

(4)  Vers  le  VI 1 1*.  Hèclc,  on  voyoit  fa 
erpeodiculaire  fàconée  par  le  haut  en 
atanc:  mais  elle  létoic  quelquefois  feu- 
lement à jour.  Au  fond  ce  K apartienc 
plutôt  à la  curfive , qu'à  la  minulcule. 
Les  K de  Tune  5c  de  l'autre  reviennent 
pour  l'ordinaire  à ceux  de  la  majufcule , 
fî  ce  n'ed  que  l^ia/àe  de  ia  cutfive  eft 
plus  alongée. 

(f)  Rien  ne  fixera  mieux  l'age  des 
K curfifs , que  la  hauteur  ou  la  figure 
tant  de  leur  hafte , que  de  Tes  excen- 
fions.  Ils  apactîendronc  ordinairement 
aux  V.  VI.  VII.  ou  VI II*,  fièclespour 
le  moins  ; s'ils  fe  cermtnenc  en  bacant , 
à jour  ou  en  plein  : aux  vu  t.  ix.  ou 
X*  , s'ils  fe  perdent  en  pointe  , poulfées 
très-haut , Sc  panchées  vers  la  droirc. 
Ces  gaules  fcniblenc-clles  brifees  , fans 
être  dcfunics  : ce  fera  un  figoe  plus  pré- 
cis du  dernier , principalement  en  Alle- 
magne. Mats  , U les  queues  fore  élé- 
vées , 5c  pour  ainfi  dire  d ^ublées  des  K , 
aullt  bien  que  des  bd  hit  ^ font  pa* 
rallélcs  à elles- mêmes  , 5c  par  le  haut 
réparées  ou  romp  ies  ; elles  décéleronc 
la  curfive  d'Italie  du  ix*.  fiècle.  La  bâf- 
re du  R fbn  diminuée  , peu  ou  point 
inclinée  donnera  le  xi*.  Les  deux  poin- 
tes ou  la  fourche  au  haut  du  K indi- 
lueront  le  xii*,  Sc  même  quelquefois 
le  XI*.  La  halle  co  forme  d*L  , ou 

E e 


n.  PAR  - E. 
S»CT.  III. 
Cmap.  IV, 


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II.  P A * T I I. 
Sect.  III. 
Ch  AT.  IV. 


{«)  DirtJiflem. 
t-7S. 


(h)  De  re  âij/îom, 
L x.e.  J.ff.  II. 


(f)  Annal.  Henrii. 
t.  1.  l.  17.  H.  l). 
/•  3<!4. 


(</)  Alfilia  illuf- 
trn^a.  f.  8 13. 

(f)  T»m.i./.474. 


118  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  ceux  des  même  de  certains  /.Il  n’eft  pas  extrê- 

mement l'mgulier  , que  les  K preneur  en  quelque  écriture 
que  ce  (bit  la  forme  d’une  n tantôt  plus  tantôt  moins  irré- 
gulière , ou  même  d’un  b minufcule.  Mais  cette  dernière 
figure  femble  abfolument  réfervée  au  gothique. 

La  plupart  des  auteurs  , en  parlant  du  K , ont  obfervé  ÿ 
d’après  (a)  D.  Mabillon  , que  les  écrivains  des  diplômes  de 
Charlemagne  , avant  qu’il  fût  couroné  empereur  , rendent 
( I ) conllarament  fon  nom  par  un  C : mais  que , depuis  fon 
élévation  à l’empire  , ils  fubflituent  (z)  toujours  au  C le  K» 
de  tout  tems  en  polTelTion  paifible  de  commencer  fes  mo- 
nogrames  , ainfî  que  ceux  de  fes  defcendans. 

A l’égard  des  monoies  du  même  prince  ; on  ne  peut , fui- 
vantD.  Mabillon , rien  établir  de  certain  rparcequeles  unes, 
ont  le  C , les  autres  le  K , pour  lettre  ( } ) initiale  de  fon  nom. 


«onfîd^rabkmcnt courbée , les 

<Px^,lcxiY':Icsfi  5^4: 

le  XV*. 

(i)  Notre  favantBiînédiâin  déclare  (i) 
avoir  vu  un  cres  grand  nombre  d'origi- 
naux des  diplômes  de  Chartemagoe  du 
VI 1 1*.  lîcclc  , & dAx  fculemcnc  du 
IX*  , où  cette  double  raauiérc  d'écrire 
oll  invariable.  Il  n’aporce  point  d'autre 
raifon  du  cbangcmeiu  fubit  du  C au  K , 
la  volonté  du  prince  , t^u'une  pré- 
tcreoce  de  fa  par:  , doonôc  au  fécond 
fur  le  premier. 

Que  f depuis  l'époejae  marquée  , fon 
rK>m  ait  commencé  dans  fes  diplômes  à 
s'écrire  par  un  K ; D.  Mabillon  (c)  le 
confirme  ailleurs  , au  fujee  d’un  pbid  , 
en  faveur  du  monaftexe  de  S.  Hilaire 
de  CarcalTone.  Scion  lui  , les  diplômes 
de  Cbarle  le  chauve  0c  des  autres  cm* 
percurs  & rois  du  même  nom  ne  s'é- 
cartent jamAtis  de  cet  ufage.  Ils  ne  dif* 
convient  pas  néanmoins  , qu'on  ne  trou- 
ve bien  des  diplômes  de  Chailcroagne 
feulement  roi  , où  le  K rient  dans  fon 
notn  le  premier  .rang.  Mais  fans  douter 
de  leur  fincéritc  , i)  doute  , que  les  co- 
piées en  aicnr  fidélemcnr  reptéfenré  'c 
premier  caraélcrc. 

(i)M,  Schoepflin  (//^  embrafle  l'cpi- 
flioadeO.  Mabillon,  a l'égard  de  la  pre 


miére  lettre  du  nom  de  CharlcT^iiaos  leg 
diplômes,  ftiufcnptions  & iiidl^ramcs, 
tant  de  Cliarlcmgnc  , que  de  fes  fuc- 
ccllcars  du  mcinc  nom.  L'opinion  da 
favanc  Pénédiélin  n'cil  pas  auili  exAic- 
ccment  (r\  rendue  , dans  le  DiéUonairc 
Encyclop'ltliquc.  » Le  P.  Mabillon  , y 
w cft-ii  dit  , a obfcrs'é  , q«»c  Chatbnu- 
M goea  toujours  écrit  fou  nom  avec  la 
M lettre  c i au  lieu  que  les  autres  rois 
» de  la  fécondé  race  , qui  porcoicnc  le 
» nom  de  Charic  , l'écrivoicnc  avccunK; 
» ce  qui  Ce  voit  encore  fur  les  monoies 
» de  ces  cems  là.  « On  s'abfticnt  de  rc- 
lé*;cr  dans  ce  texte  , tout  ce  qu'il  pré- 
fente de  répréhenfible  , pour  ne  pas  re- 
venir plufteurs  fois  fur  les  mornes  chofes. 

())  Toutes  ces  prércniiotis  prifes  à la 
lettre  ne  nous  paroilTcnt  pas  aifex  fon- 
dées , pour  être  propofecs , comme  des 
règles  de  diplomatique.  Leur  auteur  au- 
roit  bien  fu  y mettre  de  fàgcs  excep- 
tions au  bcfoin.  Mais  , comme  d autres 
pouroicnt  en  abufer  i i!  nous  femble 
ncccffairc  de  difcucer  fu^famment  ces 
qucftions , pour  en  prévenir  le  mauvais 
ufage.  Si  Ion  Inrardc  fouvcnc  des  cri- 
tiques tcmér.iircs  i lorfqa  on  a pour  ad- 
verfaire  un  fi  grand  homme  : que  fc- 
roic-cc  , lorfqu'on  c(I  fondé  à fe  préva* 
loïc  de  fon  autorité! 


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DE  DIPLOMATIQUE.  n<, 
M.  le  Blanc,  dans  fon  Traité  (a)  hiftorique  desmonoies,  n’a 
pas  rendu,  avec  (i)  exaéUtude  , le  fyftcme  de  notre  auteur. 


(i)  Trois  planches  de  M.  le  Blanc 
fcnfermenc  les  monoies  de  Charlema- 
gne. Dans  les  deux  ptcmicres  j où  il 
ne  porte  que  le  cicrc  de  roi  : qaaod 
(ba  nom  n'ed  point  en  monograme  , 
invariablement  \b)  il  commence  par  un 
C.  Cela  fe  vérifie  fur  2.6.  pièces  de 
monoies  : première  preuve  contre  D. 
Mabillon  , que  l ulage  n'admertoit  pas 
indifèremmenc  te  K&  le  C fur  les  monoies 
de  Charlemagne.  Une  pièce  d'argent 
de  ce  prince  , inconnue  à M.  le  Blanc, 
nous  eft  tombée  entre  les  mains.  Llle 
cil  prècifèment , dans  le  goût  de  celles 
de  la  première  colonc  de  fa  deuxième 
planche  : féconde  preuve  » que  , dans  la 
fabrique  des  monoies  , la  manière  d'è* 
crirc  te^nom  du  roi  Charlemagne  par 
un  C D*èfoic  point  encore  alors  fujette 
à des  variations  notables.  Une  autre 
snonote  de  ce  monarque  ^figurée  p.  797* 
O.  1.  de  VAl/mce  M.  Schoep- 

flin , rend  par  un  C le  nom  de  , 

avant  qu*it  fut , félon  notre  auteur,  par- 
venu k Tempire  : rroil'ème  preuve  , que 
cet  ufage  èroit  uniforme  ou  du  moins 
ordinaire.  M.  Eckharc , au  1.  tome  de 
fa  France  Orientale  p.  9),  a fait  cirer 
quarante  monoies  , où  le  nom  du  roi 
châtie  commence  toujours  par  un  C , & 
trois,  ou  le  K cfl  la  première  icrcrc  du  nom 
de  cc  prince  devenu  empereur  : qua- 
ttijhie  preuve  contre  l'incondance  de 
Tufage  de  cer  tcccrcs  , du  temt  de  la 
royautd  , comme  durant  l'empire  de 
Cliaticmagnc.  Au  tefte  Eekhait  em- 
prunte de  M.  le  Blanc  une  partie  de  Tes 
4).  médailles. 

Voyons  maintenant  cc  qui  cdfulte  des 
monogrames  de  Cbaticmagne  repré- 
fent^s  , dans  les  planches  déjà  citées  du 
Traité  des  monoies.  Sut  les  quatre  feu- 
les médailles , dont  le  champ  renferme 
aurant  de  monogrames , trois  commen- 
cent certainement  pat  lé  C.  Quoiqu'il 
manque  deux  petits  traits  au  premier 
caraéiére  du  quatrième  ; il  ed  plus  natu- 
,rcl  de  l'adjuger  an  C , qu'au  K.  Sur 
£tpt  moDoics  d'EcIthaie  , ponant  le 


monograme  de  Charle  s fept  ont  le  C 
à leur  tête  , & deux  autres  font  équivo- 
ques dans  Cf  planche  ; quoiqu'il  pré- 
tende , que  l'une  des  deux  commence 
par  le  C.  Ces  monogrames  ne  s'acordent 
donc  pas  avec  ceux  des  diplômes  de 
Charlemagne  , cités  par  D.  Mabillon. 
Ils  peuvent  faire  douter  ; li  l'ufagc  de 
les  commencer  pat  un  K étoit  uoivet- 
fcl , & de  tous  les  rems  de  fon  régne. 

A l'égard  de  la  troilicme  planche  de 
M.  le  Blanc  , ou  le  titre  de  roi  cède 
la  place  à celui  d'empereur  ; il  n'ofe  (c) 
décider  , auxquels  des  trois  empereurs 
du  nom  de  Charle  ces  monoies  doivent 
être  rapottées.  Mais  , à en  juger  pat 
le  poids , il  donne  celles  de  la  première 
colonc  à Charlemagne.  I.à  crois  légcu- 
des  montrent  fon  nom  écrit  par  le  C, 
Si  trois  par  le  K;  motif  de  douter  j lî, 
aultirôc  après  Ion  couronement  à Rome, 
il  voulut , que  dans  les  diplômes  le  IC 
lût  toujours  la  première  lettre  de  fon 
nom.  Car  pourquoi  n'en  auroit-il  pat 
ufé  de  même  à l'égard  de  monoies  î Au 
contraire  û les  monétaires  alors  com- 
mencèrent fculctueot  à fc  pteter  à un 
nouvel  ufage  j l'ancien  n’étoit  donc  pas 
fuphmé,par  aucune  volonté  du  prince. 
Des-  là  rien  n'empccha  les  écrivains  des 
diplômes  d'ohfcrvcr  l'ancien  ulâge  , fui- 
vant  lequel  on  écrivoit  par  un  C le 
nom  de  Charle  : d'aurant  plus  que  , 
dans  rhyporhefe  du  doélc  Benédiélin  , il 
avoir  été  général  , Si  fans  exception 
jufqu'alors.  M.  ScboepBin  (<é)  vient  de 
publier  une  pièce  de  raonoie , qui  réu- 
nit, dans  la  pcifonc  de  Charlemagne, 
les  deux  titres  d'empereur  & de  roi. 
Le  nom  de  Charle  en  latin  s'y  trouve 
écrit  pat  un  K.  Le  favant  académicien 
conclut  , des  deux  pièces  , qu'il  a fait 
citer,  que  les  monétaitcs'n'avoicnt  au- 
cun ufage  cooHant  fur  laptcmière  let- 
tre de  cc  nom.  Mais  en  diflioguant  les 
rems , il  paroit  alfcz  de  confiance , dans 
la  pratique  des  monétaires  , jufqu'à  l'é- 
ublifTcment  de  l'empire  chez  les  Fran- 
çois. Ua  fcol  monograme  de  Charle  fe 

£ e ij 


II.  PARTIE, 
SSCI  III. 
CH*f.  IV. 

(*) 


{b)P*i,%y.  I». 


(f)Pqjrpz. 


(J)  IM.  ».  a; 


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II.  PARTIE 
S I C T.  III. 

Chat.  IV. 


(a) P^X»  111. 

(b)  P»i«  III. 
(t)  PMgeixt. 

(«)  Pngt  14t. 
(/)  Pa/«  I4<- 


120  NOUVEAU  TRAITÉ 

t 

» Le  nom  , dit-il , de  Charlemagne  eft  prefque  toujours 
» écrit  par  un  C v ce  qui  convient  avec  la  remarque  du  fz~ 
» vaut  Père  Mabillon  , qui  afllire  que  cet  empereur  écrit 
» toujours  Ion  nom  avec  cette  lettre  dans  tous  les  titres 
■>  qu’il  a vus  de  lui.  '•  D.  Mabillon  dit  précifément  le  con- 
traire , par  rapovt  aux  diplômes  de  Charlemagne  empereur. 

Les  monoies  antéi  ieures  à cette  époque  ont  bien  réelle- 
ment quelque  chofè  de  plus  , & les  diplômes  de  moins  uni- 
forme , que  ne  l’avoit  cru  l’auteur  de  la  Diplomatique.  On. 
trouvera  , dans  la  précédente  note  , la  preuve  de  l’une  de 
ces  alTertions.  Il  nous  relie  à (i)  donner  celle  de  l’autre. 


trouve  , dans  h colonc  de  M.  le  Blanc , 
ainbuéc  à Charlemagne.  Or  elle  n’ad- 
niei  que  le  C : nouveau  motif  de  douter 
de  l'uniformiid  de  l'ufage  , de  commen- 
cer p.it  un  K les  monogrames  de  Tes  diplô- 
mes. Sur  lia  monoies  de  la  t‘.  colone , 
planche,  cinq  nomsdeCharle  em- 
pereur ont  pour  lettre  initiale  le  C , & 
un  feul  le  K.  Tout  le  contraire  devoir 
ariver  ; Tupoff  que  le  premier  eût  été 
dès  lots  bani  de  Ion  nom. 

Si  nous  examinons  eclui  des  rois  les 
fuccelTcurs  dans  le  Blanc  , nous  en  («) 
verrons  trois  commencer  par  C , un  (b) 
par  K, un  (r)  par  C, quatre  (J)  par  C,  cinq 
(r)  par  C,  dix  (/)  pat  C,  & deux  parK. 
Ces  derniers  apartiennent  à Charle  le 
limpic.  Donc  , (bus  les  Carlovingiens , 
le  C s’eft  toujours  maintenu  fur  les  mo 
noies  , dans  le  nom  de  Charle.  Donc 
il  y fut  employé  plus  fouvent , que  le 
K.  Le  contiaire  ne  palTa  donc  jamais  en 
loi  , ni  pat  rapott  aux  monoies  , ni 
probablement  par  raport  aux  diplômes. 
Le  C.  plus  commun  que  le  K fur  les 
monoies  doit  nous  porter  à croire , que 
dans  les  diplômes  le  K ne  lui  aura  ja- 
mais donne  reiclulion. 

Quoique,  fur  les  monoies  Carlicnnes, 
le  K foit  régulièrement  la  première  let- 
tre du  ntonograme  des  autres  empe- 
reurs ou  rois  du  nom  de  Charle  ; on  en 
remarque  , qui  commencent  par  le  C. 
Telles  font  deux  pièces  de  Charle  le 
ch  rive  , & troh  de  Carinman  hls  de 
Lo  s le  bègue.  Donc  l'ufage  epofé  ne 
tut  pas  invariable,  & l'on  poura  toujoots 


argumenter  des  monoies  aux  diplômes  y 
des  qu'on  fera  influer  les  ordres  du  prin- 
ce , dans  la  manière  d'écrire  Ion  nom. 

Jufqu'à  Charle  VIII.  tous  les  noms 
des  Charles  de  la  ttoifième  race  , écrits 
foit  tout  au  long  , (bit  par  abréviation, 
foit  par  fîgle  , (ur  les  monoies  , ont  tou- 
jours commencé  par  le  K.  Sous  Charle 
VIII.  on  rapeta  l'ufage  du  C : néan- 
moins la  plupart  de  fes  monoies  ont 
encore  le  K gothique  pour  lettre  initiale 
de  fon  nom.  Comme  il  s'en  faut  bien , 
que  l'uniformité  , qui  règne  à cet  égard 
fur  les  monoies  des'Ca^ticns  , ju^u'à 
Charle  VIII  , fe  foutienne  fut  celles  des 
Carlovingiens  ; n'en  peut-on  pas  tirée 
quelques  induélions  contre  la  prétention 
Je  ceux  , qui  exigeroient , que  cous  les 
diplaocs  des  Charles  de  la  (econdc  race 
commenfalTcnc  inviolablemcnr  leur  nom 
par  un  K , depuis  la  rénovation  de  l'em* 
pire  en  OcciJcnc  > 

(t)  L'orthographe  des  lettres  de  nos  rois 
fut  aulli  celle  de  leurs  diplômes.  Onze 
lettres  de  Charlemagne  , (eulemcnt  roi’, 
commencent  par  K , & trois  par  C.  Mats 
depuis  fon  empire  j fur  trois  de  fes  let- 
tres , le  C a la  préféance  dans  deux  , 
& le  K dans  une.  Tons  les  capitulaires 
de  Charle  , ne  portant  le  titre  , que  de 
roi  des  François  de  des  Lombards , nous 
prefentent  fon  nom  écrit  par  le  K.  Voilà 
donc  prcfquc  par-tout , au  fujet  de  l’u- 
fage  de  ces  deux  lettres  , les  obfcrva- 
tiens  de  D.  Mabillon  contredites  , te- 
lativement  à des  pièces  , fort  voilines 
I des  diplômes.  Ceux-ci  mêmes  n'y  (bat. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  m 

. -Qu’on  ouvre  la  fécondé  édicion  (a)  de  la  Diplomatique  : 
on  y verra  paroitreun  diplôme  de  Charlemagne  de  l’an  7^  , 
où  fon  nom  eft  écrit  par  im  K.  On  ne  peut  point  s’en  pren- 
dre aux  copiftes  : il  dl  tiré  fur  l’original  par  l’honfme , qui 
craignoit  le  plus  de  s’écarter  en  rien  des  fentimens  de  D. 
Mabillon  , qu’il  regarda  toujours  comme  fon  maître.  Celui- 
ci  fe  feroit  fiirement  rendu  lui-même  à une  autorité  de  ce 
poids  ; s’il  avoir  vu  l’autographe  , communiqué  depuis  fa 
mort  à D.  Ruinart , par  M.  le  duc  de  Chévreufe.  Ce  n’eft 
pas  tout  encore  : D.  Félibiena  publié  , d’après  l’original, un 
autre  diplôme  de  Charlemagne  , de  l’an  77^,  également 
décifif  pour  le  K.  Trois  diplômes  , revêtus  des  mêmes  pré- 
rogatives d’autenticité  , fervent  de  pièces  juftilïcatives  à 
l’hiftoire  de  l’abbaïe  de  S.  Germain  des  Prés  de  D.  Bouil- 
lard.  Ces  trois  originaux  apartietment  aux  années  77  a.  779- 
yi6.  Tous  trois  repréfentent  le  nom  de  Charlemagne  écrit 
par  üil  K , mais  le  fécond  le  fait  plus  d’une  fois.  N’en  eft-ce 
pas  affcz  pour  contrebalancer  d’une  part  l’opinion  de  notre 
célèbre  Bénédiâin , & pour  i’inArmer  de  l’autre  ? 

Au  fujet  du  K , qui  doit  toujours  commencer  le  nom  des 


pas  toujours  aiiin  tâvorablcs  , qu’on  le 
pouroit  croire.  De  quelque  manière  qu'on 
envifage  la  qucilion  j il  n'cfè  pas  polli- 
ble  de  réduire  fur  le  point  conielèé , 
ni  l'uCigedu  K au*it*.  Itèclc  , ni  celui 
du  C au  VI 1 1'  , dans  tes  diplômes  car- 
lovingiens.  Dcui  de  Catloman  Se  un 
patte  de  fon  frère  Charlemagne  font 
commeneet  par  le  K le  nom  du  premier. 
Pourquoi  donc  fùpofer  cette  lettre  alors 
banie  de  celui  du  fécond  ? 

Dans  la  collcélion  des  diplômes  de 
Charlemagne  , donnée  par  {bj  D.  Sou- 
quer ; nous  en  comptons  feize  , où  le 
K fe  voir  autant  de  fois  à la  tète  du  nom 
de  ce  grand  roi  ; St  dix  , où  vingt  fois  il 
ocupc  également  la  première  place.  Au 
contraire  , depuis  répoque  de  fon  em- 
pire , la  même  collcAon  nous  ofre  lïx 
diplômes,  où  le  C tient  le  premier  rang, 
parmi  lès  lettres  de  (ôn  nom  , St  deux  , 
où  il  le  prend  quatre  fois.  Sur  trentt- 
qnatre  diplômes  imputer  aux  copiées 
quarante  • üi  fautes  , par  rapott  il  la 


feule  première  lettre  du  nom  de  Charle, 
commençant  par  C : St  ne  vouloir  re- 
conoitre  aucune  eitenr  du  même  genre , 
fur  un  plus  grand  nombre  de  pièces , pat 
rapott  au  K , placé  dans  les  mêmes  cit- 
conlhinces  ; la  fupofitton  pMoittoit  ex- 
traordinaire. Noos  la  pailcrions  toute- 
fois au  favant  D.  MabiUon  y s’il  ne 
nous  fburninbit  pas  lui-mème  des  ar- 
mes pour  la  combatte.  Oui  , fes  Ana- 
Icéles  , fes  Annales  , fes  portcfcuillea 
renferment  des  diplômes  , où  le  nom 
de  Charlemagne  commence  d’une  ma- 
nière opolZe  a fa  prétention.  N’en  pou- 
roit-on  ^as  conclure  , qu'il  ne  tenoic 
pas  fort  a la  doublé  opinion  , avancée 
fur  la  lettre  initiale  du  nom  de  Charle- 
magne , avant  St  depuis  (on  empire  > 
N'en  pouroit-on  pas  même  conclure  , 
u’il  l'avoir  abandonée  1 Mais  que  faSt- 
e plus  , que  fa  (r)  Oijloirutique  , pour 
donner  une  ateinre  elTentiellc  à l'iifage 
confiant  du  C , dans  les  diplômes  anté- 
rieurs au  IX',  lîèclcr 


--.sw«  sa»..' 


II.  PARTIE 
Si  CT.  111. 
C H 4 P.  .1  V. 
(4)  Pajr  <4j. 


(t)  Rtrtim  fimei 
ferift.  t.  J. 


(c)  Pagre  <4j: 
n»m).  tdit. 


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Zll 


II.  PARTIE. 
S t C T.  Il  I. 

C H AP.  IV. 

(a)  Pa^«  If. 


Unifoimité  des 
L de  divers  peu- 
ples -.varidcd  des  L 
cyroaienncs  : L 
lur  les  médailles 
égyptiennes  îc  fy- 
riennes , ou  le  Lj- 
tshms  : forme  de 
l'L  des  marbres  , 
des  mll^  des  diplo- 


NOUVEAU  TRAITÉ 

fucceïïeurs  de  Charlemagne  ; Eckhart  , au  fécond  tome  de 
fes  Commentaires  fur  la  France  {a)  orientale  , prétend  , que 
des  exemples  contraires  à la  remarque  de  D.  Mabillon  ne 
permettent  ( i ) pas  de  s’y  rendre.  Pour  apuyer  le  jugement 
du  doéte  Alleman  ; contentons  - nous  d’obferver  , que  fur 
287.  diplômes  de  Charlele  cliauve,  imprimés  dans  le  vi  1 1®. 
tome  ae  D.  Bouquet  ; nous  trouvons  le  nom  ce  prince 
cent  (1)  trente-neuf  fois  écrit  par  un  C ; que  plufieurs  de  ces 
diplômes  ont  été  pris  fur  les  autogr^hes , & que  les  memes 
originaux  & autres  admettent  à la  fois  l’orthographe  du  C 
& du  K. 

Il  feroit  inutile  de  poulTer  plus  loin  l’examen  de  ceux  des 
autres  princes  Carlovingiens.  Leurs  monoies  nous  répon- 
dent de  la  variété  , qu’on  découvrirolt  dans  leurs  chartes. 
En  voila  fans  doute  anez , ^our  favoir  à quoi  s’en  tenir,  fur 
celles  du  viii'.  liècle  , ou  le  nom  de  Charle  commence- 
roit  par  un  K,  &:  fur  celles  du  ix*",  où  il  commenceroit  par 
un  C.  On  doit  comprendre , qu’il  n’en  peut  réfulter  ni  moyens 
de  faux  , ni  motifs  de  fufpicion. 

XI.  Nulle  diférence  entre  nos  L , te  celles  des  Samari- 
tains , Syriens  , Gaures  , Arabes , Arméniens  , anciens  Grecs , 
Etrufques.  Celles  des  Caldéens  ou  des  Juifs  ne  s’en  écarté 
un  peu  , que  pat  une  queue  , ajoutée  au  bout  de  fa  balè. 
Les  autres  nations  d’Europe  , dont  notre  premier  volume 
renferme  les  alphabets  , ont  vifiblement  emprunté  le  A des 
Grecs  , tel  qu’il  étoit  il  y a deux  mille  ans. 

Ces  deux  fortes  d’L  , qui  pourtant  ont  une  meme  ori- 
gine , te.  une  meme  forme  ; quoiqu’elles  diferent  dans  leur 
poûtion  , ne  Ibnt  pas  feulement  employées  , dans  les  notes 


(2)  Si  vous  exccptei  , dit-il  , les 
plaids  , qui  o’^coicnc  point  écrits  par  le» 
notaires  royjuz  » dans  les  autres  diplô- 
mes ordinaires  , vous  trouverez  plus 
ratemcDt  te  K , que  le  C.  Et  quanta 
Cbartcmagnc , il  cite  uo  diplôme  de  S i } . 
d'après  I aucog  aphe  , oii  le  nom  de 
Charte  cfl  écrit  CmtoIms. 

A Toca.'îon  du  moDOgramc  des  mo- 
fioies , commençant  par  un  (■  î il  donne 
(i)  pour  incontellabici  qu’à  fa  place  on 
cmpbya  le  K > quelques  diplômes 


origioaiix  : mais  ordinairement  , félon 
lui  , le  C tient  le  premier  rang  dani 
ceux  , qvii  furent  drclfés  en  Italie. 

(1)  il  ell  ditîcilc  de  croire  , qu’il  y 
ait  là  cent  trcnie-ncuf  fautes  de  copillcs, 
& que  dans  les  noms  de  Charte  le  chau- 
ve , bien  plus  fouvent  écrits  par  un  K • 
il  n’y  en  ait  aucune.  Nous  acorderons 
néanmoins  fans  peine  , fur  le  vu  de  plu* 
(leurs  originaux  , que  le  K , depuis  le 
ix^.  (iccle  , commença  pour  l'ordinaire 
le  nom  de  Charte  dans  les  diplômes. 


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t)E  DIPLOMATIQUE;  213  

tyroniennes  : mais  les(i)  ficiiacions  de  l’L  latine  y font  cres-  ^ 

variées.  On  la  tourne  vers  la  gauche  ,on  la  renverfe  , on  la 
place  obliquement  , avec  plus  ou  moins  d’inclinaifon , avec  Ch*p.  iv. 
plus  ou  moins  d’ouverture.  Quant  à fa  figure  , on  ne  la 
change  point  autrement , t;u’en  rendant  fon  angle  foit  aigu , 
fi  l’on  raproche  la  traverfe  du  bout  du  montant  ; foit  obtus , 
fi  l’on  l’en  écarte  , ou  meme  fi  l’on  la  courbe  un  ^eu  ; ou  qu’en 
rétranchanr  toutafait  la  traverfe  , fans  fupreflion  de  bafe  ni 
de  (bmmet. 

L’L  latine  , trouvée  (i)  fur  un  grand  nombre  de  mé- 
dailles grcques  , a donné  beaucoup  d’exercice  aux  favans.  \ 

Comme  elle  eft  toujours  jointe  à des  lettres  vifiblemenf  nu- 
mérales -,  nous  ne  conoilTons  que  Cafaubon  , qui  l’ait  pri- 
fe  (3)  pour  un  tr-ait  de  féparation  d’écriture  , plutôt  que 
pour  ime  mefure  de  rems.  Le  P.  Petau  (a)  ne  (ak  fi  c’eft  f,)  jj^.  tm>f. 
la  marque  d’une  année  ou  de  quelque  chofe  d’annuel.  Le  W.  n.r.io.^ 

P.  Hardouin  penfe  , que  ce  pouroit  être  un  gamma  fr 
renverfé.  C’eft  furquoi , comme  fur  plufieues  autres  articles, 
il  a favamment  été  réfuté  par  le  Cardinal  Noris.  Scaliger 
(l>)  fuivi  de  Reinefius  ne  voit  dans  cette  L que  des  luftres.  {t)  Enaul.ttmf. 
La  plupart  lui  font  fignifier  \ année  du  règne  d’un  prince  , •iii.Ctnn.\6x^, 
ou  de  toute  autre  époque.  Ceux-ci  fè  partaeent  en  deux  <83. 

opinions.  Salvmi  fupole , que  cette  lettre  veut  dire  îrovç  chrm.  E»/**. 
année.  Ainfi  ce  feroit  un  véritable  E , auquel  il  manqueroit  ;-^»4- 
deux  traits.  Par-là  difparoit  l’L  myftérieufe.  Mais  eft -il 


(1)  D.  Carpentier , dans  (bo  alphabet 
tytonicn  , a mis  une  ^ parmi  les  N, 
ne  faifant  pas  atention  , qu'au  mot  »i- 
M , ce  n'elt  pas  la  prcmièic  lettre  , mais 
la  dernière  , qui  ell  expiimèe  par  la 
note  ,à  titre  de  piincipal  & d'unique  ca- 
raèicrc.  Voici  les  c^uatre  notes  ryronien- 
nes  de  cet  auteur  ; 1,  A ^ wS. . Il  fa- 
loit  du  moins  y ajouter  éé.  I 

\ ^ y /V  ^ qui  pouroient  être 

dillins^aèes  en  plulîeuts  nouveux  genres 
& nouvelles  efpéces.  , 

M Elle  a quelquefois  la  figure  d'un 
renverfe. 

(î)  Il  taxe  (e)  le  fentiment  contraire 
au  fïen  , d'inéprie  le  d'abfurditè.  Se  fe- 
roit-on  , dit-il  , fervi  fur  des  roonoics 
d'une  cxprcnîoa  po'ctique  lî  éloignée  , 


de  l'ufagc  , en  Ct  contentant  même 
de  la  marquer  par  une  feule  lettre  i 
Mais  le  terme  Lyesiiu  n'efl  poétique  , 
que  parcequ'il  eft  ancien.  On  a fba- 
vent  afcéié  de  confcives  les  vieilles  mo- 
des fur  les  mouoies.  Ce  mot  pouvoir 
être  tics-commun  en  certains  pais  : il 
étoit  d'ailleurs  lié  avec  la  fupcrfliiion  , 
comme  on  le  verra  bientôt.  Quelle  né- 
cellité  de  fc  fervir  de  deux  traies  en 
équerre , pour  féparet  nn  ou  deux  clii- 
ftes  du  tefte  de  féciirere  i au  lieu  d'em- 
ployer ces  mêmes  traits , pour  marquer 
en  abrégé  l'année  , qu'il  faut  toujours 
fousentendre,  fuivant  Cafaubon  ! Ne  va- 
loic-il  pas  mieux  rexptimer  par  un  £ 
ou  pat  une  L } 


(e)  AnimMiiv.  ôa 
C.  Sueiùtiii  — • 
lié.  i.p.  170. 


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■îT’iV.ïî;-."'' ■ 


II.  PARTIE 
S s C T.  III. 

Chat.  IV. 


i 


xi4  NOUVEAU  TRAITÉ. 

croyable  , que  fur  un  fi  grand  nombre  de  médailles  d’Egypttf 
Sc  de  Syrie  , fans  parler  des  infcriptions  (i)  lapidaires 
ait  oublié  conftamment  deux  traverfes  de  l’E  ? 

L’opinion  la  mieux  apuiée  , Sc  la  plus  fuivie  , quoique 
traitée  avec  beaucoup  de  mépris  par  Scaliger  &:  Cafaubon , 
rend  l’L  par  le  terme  Ai;*aÇaç.  Que  cette  expreffion  chez 
les  Grecs  figmfiàt  année  , nous  en  avons  pour  garans  (i) 
Elien  &:  (3;  Macrobe.  Nous  pourions  meme  ajouter  (4) 
i.t.ji.  Homère , qui  l’emploie  en  ce  fens  , une  épigramme  (a)  de 
l’Anthologie  &c  plufieurs  anciens  (3)  monumens  grecs. 

Quoique  I L ordinaire , à angle  droit , puifle  être  de  l’an- 
tiquité la  plus  reculée  ; celle  dont  l’angle  aigu  eft  formé 
par  le  concours  d’une  perpendiculaire  & d’une  tranfverfale , 
caraélérife  encore  plus  lurement  le  meme  âge.  Le  P.  Sirmond 
(i)  Oftr»  vurtA.  [b)  obferva  cetre  |,  {6)  dans  la  fameufe  infeription  de  Lu- 
*.  4.  ul.  i»«-  cius  Barbatus. 


(c)  Gréutrim  SI- 
174S. 

f.  100,  10t. 


(d)  Vni.f.  lo). 
(t  ; Dt  eptchii  Sjt- 
râ-mscfd.  t,  t. 
Diftrt.  4.  eel.  J oS, 
)0l.  JS4. 

(/)  Difif»  d^n 

Mlfhtkttt  d*xlt  AB> 

iM 
p.  IM- 

(1)  Atli»»  dt  A- 

nimMl.Uh.\o.e 
(h)  Sslura.  Ub.  i . 
».  17. 

{l)Odyfl. 

(/;  Thef.GrU. 
t-  10}  t. 


( I ) Quoi^oe  le  nombre  n'en  foie  pis 
auflî  grand  a beaucoup  près , c]ue  celui 
des  médailles  >M  le  marquis  Mafféf(c) 
eu  cite  une  , qu'il  avoir  fous  les  yeux  , 
où  le  caraâcre  L , pour  lignifier  lycAbsi 
efl  répété  plus  d'une  fois.  L'antiquité  du 
mot  icpoud  i celle  de  la  lettre.  Telle 
étoit  en  éfet  chez  les  Grecs  fa  première 
ferme.  Outre  le  rcfecé)  pour  les  anciens 
ufages , qui  aura  fait  retenir  ce  carao- 
tère  ; M.  Maffei  (d)  prouve  d'après  le 
Cardinal  (<)  Notis , que  la  crainte  d'u- 
ne équivoque  a pu  engager  les  Grecs  à 
donner  à l'L  Ia  préférence  fur  le  A ; 
depuis  qu'ils  eurent  commencé  à fe  fer- 
vir  du  dernier  | comme  d’un  ligne  nu- 
mérique. Qu’on  eût  écrit  pat  exemple 
A B pour  AviùSa>tis  C } on  auroit  dou- 
té , s’il  faloit  interpréter  ces  deux  let- 
tres Atm»  ) i ( ou  AtiAo  1°.  Du  moins 
auroit -on  été  forcé  de  mettre  de  fuite 
deux  A , qui  auroient  eu  deux  lignifi- 
cations ^férentes  ; ce  qui  auroit  caufé 
on  embarasplus  conlidérable  Au  moyen 
de  l'L  , toute  ambiguité  cellê.  M.  Gori 
( f)  foupcone,  que  l' y/  fe  trouvant  Icu- 
le , dans  les  monun.ens  étrufques , pini- 
roit  avoir  la  meme  acception,  St  ligni- 
fier les  années  de  la  vie  des  perfones , 
dont  ils  anoocent  la  mort. 

(1;  Lii  rUXTA  (g)  lis  T<^«>  Tl'l  TV  ^a’v 


xiaAaduf  x<u  rSr  triaurlr  AuxdCaira  iivi» 
«i  At/«vri  : fmu  qui  exifiimint  i»  htAf 
rem  Anim*lh  ( liifi  ) Aunum  lyeAbAAtA 
AtminAri, 

(l)  Ammm  (h)  quAqxe  veii^ijjlmi  Grâ- 
centm  AtnuiCarra  AfellAAt  t«i  «'»•  tÎ  Av- 
acu,  id  efl,  feU  ^ fiirfê/eutt.  Av- 

a«r  AMiem  fiiem  vecAri  ettAm  LycefelttAAA 
ThebAutot  ehiiiAi  teftimenie  efl  1 quA  fAri 
relipme  ApeUinem  itemque  lufum  , hcc  efl 
Aiiatr  , eetie  , in  Ureque  felem  venerAAt... 
ipfci  qmeqxe  Avaiw  eieri  rte  Avais  , id 
efl , A primi  iMce  ApeltAlei  quidAm  putAAt, 

(4)  Tev  l’avTsr  AvaâCorrBs  «Atvviraf 
•rSii’  ’Oîvririvs.  Hec  ipfe  Ame  hmeve- 
Aitt  (i)  Vliflii, 

(})  E'yld  mÔivs  AvaaCarras  Ivo 
Strras  ïÇ«»a  .•  feptem  lAAiiem  aaa»i  fe- 
mme cum  mtAfe  (t)  perefi.  B'S!' qmc'  u( 
li'aaTfii  Tl  Bi'cv  AvaâCaira  vigarva:  Dxm 
vite  excurrit  decimxs  miht  jeptimut 

AAAAt. 

{t)  Telle  ell  celle  , qu’Edonatd  Ber- 
nard nous  donne  , pour  avoir  eu  cours 
^vant  l'Incarnation  de  notre  Seigneur. 
On  en  trouve  , il  elf  vrai  , des  exemples 
au  rv*.  liècle,  & même  encore  bien  plus 
tard  : mais  alors  elle  eft  fcnfiblemcnc 
tranchée  par  les  bouts  : ou  , ce  qui  anon- 
-ce  les  bas  fiècles  ; dans  la  majufcule , Iba 
angle  eft  aroodi  ou  mixte. 

L’L 


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DE  DIPLOMATIQUE.  tif 


LX  à angle  obtus  ( i ) ne  remonte  pas  fi  haut.  On  . ^ 

diroic  quelquefois  , quelle  n’auroit  pour  bafo  ou  tra-  l*-  partie. 
verfe  , qu’une  eo  renycM^e  , &,  pofée  horizontalement,  chàt.  Vv! 
(i)  ou  même  un  peu  dMquement.  Ainfi  figurée  elle  eut 
cours , du  moins  jufqu’au  vi  1 1*.  fiècle.  Les  mflT.  en  capitale 
l’employoient  encore  ajors  , mais  avec  des  traits  moins  alon- 
gés.  Au  v'.  la  bafe  de  L commence  à fe  courber  fimplemenc 
en  defibus  , fur-tout  dans  l’onciale  , & cette  forme  dure 
jufqu’au  ix^.  Il  ne  faut  pourtant  pas  compter  , qu’elle  foie 
fort  confiante  , ou  même  qu’elle  fe  rencontre  , dans  tous 
les  mlT. 

Au  tout  des  IX.  & x‘.  ficelés  , on  vit  des  L fiirmontées 
d’une  longue  horizontale  du  côté  gauche  : ce  quipouroit  les' 
faire  prendre  ('3)  pour  des  Z,  dont  la  figure  lemble  d’ailleurs 
fouvent  afeûée  à l’L.  Quelquefois  leur  tra  verfe  paroit- 
entrer  , comme  un  coin  , dans  la  perpendiculaire  , un  peu 
au-defiiis  de  l’endroit  , où  elle  a coutume  de  la  joindre.  Au 
lieu  d’une  horizontale  , partant  prefque  du  milieu  de  la 
perpendiculaire  , il  en  nait  une  ligne  oblique  , menée  vers 
le  bas,  prefque  à la  manière  du  lambda  grec  (k)  ;el]e  peut  « 

apartenir  au  vi.  ou  vu',  ■fiècle.  Ce  n’eft  point  fans  quel- 
que fondement , qu’on  la  regarde  comme  barbare  , quoi- 
qu’elle fok  vifiblement  grèque  d’origine. 

Quand  l’L  fe  confona  avec  l’I , ce  n’efi  pas  un  figne  de 
médiocre  (4)  antiquité.  L’I  minufcule  aprochant  de  cette 


( I ) M.  Footanini  ( • ) remarque,  <fa- 

{ir^s  Buonarruoci  , quelle  fe  voie  , dans 
es  monumens  du  ni*,  lidcle.  Il  autoic 
pu  ajouter  , du  premier  te  même  asaot 
J.  C.  SouTcnc  apids  serre  un  peu  cour- 
bée en  dcITous  . elle  le  fait  aulE  en 
delTus. 

(1)  Les  exemples  en  (bot  rates , dans 
récriture  cutlïve.  Ils  le  paroilTcnc  cepen- 
danr  un  peu  moins , avant  le  z*.  fiècle. 
4u  telle  à peine  pouroir-on  fixer  quel- 
que tems , où  l'on  n'en  découvre  : mais 
ces  bafes  ou  traTccfes , au  moins  depuis 
le  XI* , fe  montrent  d'une  petiielTe  ez- 
ftème. 

( ( ) Les  plus  anciens  mit  en  iniiqif 
Colc  nous  ofrent  des  > qui  , quoi- 

3u  atondics  haut  Jt  bat , ne  lailTcot  point 
'avoit  ,de  la  confnroiicd  avec  les  Z : 

Tome  //. 


parceaue  les  courbures  des  unes  oc  Ce 
répoo^ac  pas  moins  ezaâement  > que 
les  horizoncalcs  /fes  autres.  A plus  forte 
raifoQ  la  fné6)c  ob(ervationat  elle  lieu» 
lorH^ue  IV  miaurcule  prend  un  £lux  ait, 
d' Z contournée. 

(4)  Ccct  doit  être  reftreim  ï une  ref*» 
rcmblance  rt|^oureufe,  6c  fcuJcnieDt  aux 
mfT  en  onciale.  La  minufcule  6c  la  cur- 
iive  de  tous  les  tems  ont  eu  beaucoup 
d*f  de  , à être  aifêment  confondus 
avec  les  Nous  n>o  cxccpcons  pas 
même  les  derniers  ûêcles  , 4 cofnmcoccc 
depuis  le  milieu  du  xi  1 1*.  )ufc)ufau  re« 
nouvellement  de  la  belle  écriture  : quoi- 
oae  durant  cet  iiitcrvalc  IV  6c  U atene 
iU  diftingués  par  des  traits , qui  ne  pcr< 
mettent  pas  ordioairemeac  de  t'y  ni* 
prendre. 


(4)  Di  S.  Vtpp* 
ttf  Colcmint 
m4mcm§% 


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II.  PARTIE. 
St  c r.  PII. 
Ch  Af.  IV. 


116  NOUVEAU  TRAITÉ 

ügure  , &:  mclée  (i)  avec  l’onciale  , n’en  eRpas  un  Indice 

moins  décifif. 

Les  Lmajufcules,  façonées  en  trapèzes , ou  prelqueen  ca- 
rés  , nous  donnent  le  plein  gothique.  Leurs  autres  caraâères 
font  trop  multipliés  , pour  pouvoir  ici  (s  trouver  repréfcn- 
tés  ou  décrits.  Après  avoir  formé  un  angle  fort  obtus  , ou 
même  fans  en  avoir  formé  , fe  courber  en  fe  relevant  ; c’eft 
un  des  traits  les  plus  propres  des  l minulcules , apelées  lom- 
bardiques.  Les  mérovingiennes  prenenc  Ibuvent  la  hanne' 

un  c par  le  bas  ou  d’un  t en  chvre  arabe  , en  fe  courbant 
par  le  haut.  Les  L faxones  tiennent  beaucoup  de  la  pre- 
mière de  ces  figures  ; fi  ce  n’èft  , qu’elles  ont  fouvent  vers 
la  tête  un  faux  air  de  triangle. 

VI  curfive  romaine  , prélentée  dan»  fa  plus  grande  fim- 
plicité  , s’éloignoit  peu  de  la  nôtre.  Livrée  à la  hardielTe  (i) 
de  fes  traits  , ou  liée  avec  d’autres  lettres  ; elle  fe  traver- 
foit  une  ou  deux  fois , fuivant  tous  les  fens  imaginables. 
La  même  reffemblance  avec  notre  / curfive  , fe  &ifoit  fen- 
tir  dans  lès  traits  montans  ou  defcendans  ; lorfqu’ils  ne  fè 
touchoient  ou  ne  fe  coupoient  pas.  Quelquefois  il  ne  fôr- 
moient  qu’une  petite  rondeur  ou  une  ovale  par  le  haut. 
Cette  partie  prenoit  Ibuvent  la  figure  d’un  basant  fblide  ou 
percé  a jour  : caraftère  , qui  duroit  encore  au  vi  ti..&;  ix®' 
fiècles  , pour  ne  pas  defcendre  plus  bas.  Quelquefois  l’a- 
rondiflement  (o  ) ou  bas  des  / enformoit  la  balè  ; ou  bien  elles 
s'élévoient  en  angle  aigu  par  une  ligne  , qui  fe  rabatoit  en 
courbe  abaiffée  , puis  fe  relevoit  aufiitôc  , toujours  avec  la 
même  courbure.  En  quoi  elles  le  raprochoient  beaucoup- 
des  majufcules. 

L’/  curfive  eft  une  des  lettres  , qui  monte  plus  haut  dans 
la  ( 3 ) Caroline.  Cette  écriture  n’étoit  pas  encore  pafTée  3 


(i)  Elle  eft  (r^<]aente , dan<  plolïcan 
mlT.  en  onciale  des  v.  t(  vi’.  fîèclet.  On 
en  peut  jni>er  par  ceux  des  Raadedes  de 
Eloreace  , du  &meux  Evangile  de  Cor- 
bie  . du  beau  S.  Cypricn  de  l'abbaïe  de 
!f.  Germain  des  Prds  ft  de  tant  d’antres. 

(a)  Cette  bardielTe  de  traits  j qi/on 
at  Te  tafte  point  d'admirer , ne  palTc  guè- 
re le  vi  i*.  (iècle  , au^el  elle  cnfomeD- 
ccà.rouftiiiuD  grand  dècbci. 


(f)  Elle  Te  termine , comme  les  autres 
lettres  élevées  aa-delfus  de  la  ligne  , cir 
pointe  trés-afilde  , Sc  tonjoursplus  od< 
mrnns  intlinéeven  la  droite.  Cette  pom' 
ce  -ptiDic  Ibuvent  rompne  an  x’.  hècle; 
Après  fa  bnfurc  , elle  fe  porte  conf. 
ràmnicnt  vers  Fa  droite  , pac  une  ligne 
(bit  harixontaie , foie  obliijoe  , qui  nad^ 
met, que  raremeDt,qnelqoe  l^crecoaiba- 
re.  On- uoove  des  f?  ^bnucs,aoxxix'. 


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t 


DE  DIPLOMATIQUE.  *17 

lorrqu’On  vit  1’/  fe  coutber  en  f (i)  par  le  haut  , ou  {vorter 
une  ligne  oblique  , tournée  vers  la  aroice.  En  la  rabaifTanc 
de  haut  en  bas  , il  en  réfulte  , au  x 1 1 1 ' ficelé , une  efpcce 
de  C renverfé  , qui  , à force  de  le  raprocher  , fe  réunie , 
ou  peut  s'en  falut , avec  le  montant  de  l , des  le  commen- 
cement du  xiv'  ficelé,  & encore  plutôt.  Dans  ces  bastems , 
on  remarque  d’autres  / , dég^^ées  de  traits  courbes  , mais 
velues  ou  chargées  de  poils  , ou  hérilTées  de  pointes  , egm- 
me  pat  étages.  Ce  dernier  caradère  convient  mieux 
jnaiulcules  ic  minufcules  , qu’aux  curfives.  Les  / tremblan- 
tes commencèrent  vers  le  milieu  du  vi  1 1^  fiècle  , & ne 
prirent  fin , qu’apres  celui  du  xi  i‘.  Avant  Ibo  déclin  , les 
traits  lèrpentans  fur  les  l croient  fort  à la  mode  en  Alle- 
magne. L’/  curfive  eft  une  des  lettres , qui  réunit  autrefois 
les  deux  qualités  orofées  de  monter  au-defius  (t)  & de  def- 
cendre  au-defibus  de  la  ligne. 

XII.  Notre  M (ê  reconok  ailément , dans  le  pjiénicien- 
lâmaritain  , le  grec  & l’étrulque.  Sa  difèrence  efi  fi  lé- 
gère avec  l’hébreu  - caldaïque  le  plus  ancien  & le  fyriaque; 
qu’au  moyen  d’un  petit  trait  , elle  cefiferoit  prefque  d’etre 
fenfible.  Au  contraire  les  raports  de  notre  M avec  celle  des 
Arabes  ne  font  plus  de  nature , à pouvoir  être  faifis.  A l’é- 
gard de  toutes  les  autres  écritures  , donc  nous  avons  cou- 
tume de  parler , il  y a plutôt  identité  , que  refiemblance. 
Une  choie  crès-rematquable  ; c’eft  que  notre  m minufcule 


& XIII*.  fliclet  ; mais  leur  ligne  fup^- 
xicuie  fe  courbe  toujours , & leur  moa- 
tanc  n'a  que  peu  de  hauteur.  Ces  brifu- 
res  oe  rupolenc  point  réparation.  Une 
▼taie  interruption  de  traits  fe  fait  teniar- 
uet  , dans  dea  / du  ix*.  fiécle  & 
ans  quelqoes-nnct  du  xiv*.  & des  fui- 
vatu  ; mais  la  6gnie  des  premicics  & 
des  dernières  ell  Uen  diféreote. 

(i)  Cette  courbure  convient  alTez  au 
,xti*.  liccle,  où  l'on  peut  fixer  la  fin  de 
i'ècriture  Caroline.  Alors  cependant  les 
f 1 à cornes  ou  à double  pointe  fu- 
périeurc  étoient  plus  communes.  Sllcs 
fe  foutenotent  encore  au  xi  1 1 * , & mê- 
me aux  fiècles  fuivant  : iqais  leur  crédit 
diminuoit  toujours  un  peu  , C ce  n'eft 
dans  U mioufcale.*  Ces  deux  tiaiti  de 


plus  en  plus  prolongés  & couibés  pro- 
duifirent , dés  la  fin  du  zi  ii*.  fiéclc  & 
le  commencement  du  xiv  , des  ^ % 
clolès  des  deux  côtés,  ou  feulement  d'une 

fart,  Sc  confidéiablcmcnt  courbées  de 
nuire. 

(i)On  en  trouve  quelques  exemples, 
avant  le  ix*.  licric.  Ils  font  plus  fré- 
queos  , dans  la  capitale.  L'/  des  écii- 
tutes  alongécs  cclTc  de  monter  au-delTus 
de  la  ligne  , au  ii*.  & même  plaint  en 
lulie  Ou  relie  l cqrlive  , après  s'étte 
élevée  très  haut , jufï]U'à  ce  tems , com- 
mence alors  , ainfi  que  les  autres  lettret 
de  même  nature  , à fe  cacou  cir.  Cette 
dimiiiucion  continua  jurrju'an  xiv*.  liè- 
cle , où  l'élévation  de  I'/ , au  dclTus  de 
la  ligne , dcviuc  peu  conlidérabic. 


II.  PARTIE. 
SxcT.  iir. 
CHar.  IV. 


Raports  de  no- 
tre M avec  celle 
des  autres  nations: 
là  figure  dans  les 
notes  cyronien- 
nes  : induâions  , 
qu'on  peut  tiret 
de  fa  forme , pour 
fixer  l'age  des  é-; 
cticnies. 


\ 


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II  PARTIE. 
•ÎICT.  IM. 

Ch  AF.  IV. 

(a)  Viynlet  *1- 
fhmhttt  dt  notre  i . 
volume,  ft.  VU. 


\zi  NOUVEAU  TRAIT.È 

(a)  n’efl:  pas  moins  renfermée  , que  la  majufcule,  dans  Téî- 
rriirque  &c  le  famaritain , fans  changer  fa  polition  dans  celui^ 
là , mais  en  la  renverfant  de  haut  en  bas  dans  cekii-ci'. 

Quelque  { i ) forme  que  les  notaires  tyroniens  donnent  à 
f M ; rarement  la  rendent-ils  méconoid'able.  Avoir  les  deux 
côtés  égaux  , mais  plus  obliques  : étendre  plus  ici  le  pié 
droit , là  le  gauche , avec  divers  degrés  d’élévation  dans  les 
angles  , d’inclinaifon  6c  d’obliquité  dans  les  jambages  : fe 
wurner  ou  le  coucher  fur  le  dos , avec  des  jambages  ou  des 
angles  égaux  ou  inégaux  , avec  une  pofition  droite  ou  pan- 
chée  : s’incliner  en  des  fens  contraires  , 6c  manquer  tantôt 
du  jambage  droit  6c  tantôt  du  gauche  ; fe  former  d’une  parc 
en  manière  d M à contre  fens  , prolonger  de  l’autre  perpen- 
pendiculairement  le  jambage  droit  mitoyen  , mener  eniuite 
une  quatrième  ligne  Ibic  horizontalement  Ibit  plus  ou  moins 
obliquement  : fe  cantoner  de  biais  ; enforte  que  l’M  rem- 
verfée  ait  une  moitié  plus  longue  6c  l’autre  plus  courte  ; 
voila  en  peu  de  mots  les  principales  formes  6c  polirions , 
que  l’M  peut  prendre , en  qualité  de  note  de  Tyron.  Sans 
s’arcter  ici  aux  fuprellions  de  l’m , à la  fin  des  mots,  fi  com- 
munes , chez  les  Romains , furtout  devant  les  voyelles  ; nous 
ne  pouvons  palTer  (bus  filence  l’ufage  , où  ils  écoient  , de 
ne  peindre  quelquefois  dans  leur  écriture  , qu’une  panic 
de  (z)  cette  lettre  , lorfqu’elle  étoit  fuprimée. 

M.  Mafféi  prétend  tirer  un  grantf  indice  d’antiquité , en 


(i)  Toutes  les  M tyrotuennes  fc  né- 
dutfent  a deux  ciadlrs.  La  premicre  ren- 
Rrme  des  M à (quatre  jamb::ges  & la  fé- 
conde à trois.  La  première  le  divife  en 
nois  genres  : ea  M , dont  les  pids  font 
tournés , i*.  vers  le  bas  , x®.  vers  le  côté 
gauche  , ï®.  vers  It  haut.  Première  claiTe, 
I.  re  tenant  fepterpeecs 

*1  A»  A*  • ^ 

•'l . ^ci.rc  W W 'K  V »'• 

clalTc.'A,  W W . 

La  première  note  de  D.  Carpentier  ren- 
ferme une  portion  du  premier  genre  de  la 
I*.  cialTe  & une  a itrc  du  t®.  Sa  i®  noce, 
une  partie  de  la  af.  clafle.  Sa  j*.  une 
du  J*,  genre  : là  4*.  une  partie  do  ir. 
gcarc  & une  autre  du  fécond.  Ainu  les 
gemes  font  confondu» 4c  plaficur»  efj>«c*ï 


omife»:j)oifqu'àu  moins  ton  en  doit  com- 
pter treiee,  4c  au  plus  dia-ncuf,4c  tjue  fes 
notes  nen  contiennent  que  neuf  tout  au 
plus.  Nous  reconoitrioDs  aufli  , que  les 
cfpdces , ftirtout  du  premiei  genre  ne  (e- 
toicDt  pastoujouts  aufli  I>icndi(Iiogadcs‘, 
u'cllcs  Pdtoient  dans  nos  originaui  ; fi 
ans  le  tems  m4me  de  l'impreflion  , nous 
n'en  enflions  fait  refaire  quelCjucs-unes^ 
(i)  VcllB$l;ongi»d«Oi-rti>p-..cite  Vei- 
rius  Flaccos , parmi  ceq»  , qui  ne  Ton- 
toienrpas,  qu’on  écrivit  l'M  en  cntictj 
lorfqu’clle  ne  devoir  pas  être  prononcée  : 
Ui  nUcum^e  frimn  vex,  M literi  ft- 
niretter  ; fejueni  i veeieli  ineèperet  ; M 
nen  teen  , fed  fnri  illiui  prier  tnneùm 
fcrUerelHr  i Kl  mppnreni  exprimi  ne»  der 
hrf.  Pufeh.  col.  as)t« 


r 


DE  DIPLOMATIQUE.  tr, 

Êveur  des  mfl*,  qui  font  ufage  de  l’M  capitale.  On  peut  ” — » 

voir  ce  que  nous  en  avons  dit  fur  le  D.  Les  lapidaires  partie. 

(i)  d’un  contour  ruftiquc  ou  négligé  , & néanmoins  régu^Wc*"’  Vy 
lier  , dont  les  jambages  s’élèvent  , au-deflii»  des  angles  *îu* 
périeurs,  conviennent  au  (êcond  liècle  ; fok  que  leurs  piés- 
fè  ponenc  obliquement  en  dehors  , ou  qu’ils  le  ^Hent , en 
fe  courbant  extérieurement  de  chaque  coté. 

Les  M extrêmement  bizares- peuvent  caraftérifer  les  fie*- 
des  & le  pais  , où  elles  Ibnt  nées.  Revêtues  de  la  forme  de 
l’H , du  n grec,  de  1’» , de  deux  I ou  de  deux  poreaux  , de 
deux  00  , de  r eo  couchée , de  l’ îl  ou  de  l’O , renfermé  dans 
an  3 à contrefens , du  <2  majufcule  curlif , du  grec  , de 
ÏjC  , de  deux  tU  minufcules  ; elles  ne  s’anoncent , que  du 
moyen  âge  ou  des  plus  bas  tems.  Les  dernières  figures  fur^ 
tout  tirent  leur  origine  du  gothique  moderne.  L’M  eft  fi 
Êcoade  en  figures  hétéroclites  , qu’il  n’eft  pas  polfible  d’en 
éfleuretmcme  les  principales.  Nous  ne  conoiflbns  point  d’  (D 
onciales  ou  arondies,foit  des  infcriptions/oit  des  mff.  avant  le 
iv'.fiècle.  Il  leur  eûeflentielde  former,  au  premier  point  de 
ionûion  des  deux  courbes  , un  angle  plus  ou  moins^  aigu. 

Leurs  do^  piés  externes  doivent  aler  à la  rencontre  l’ua 
de  l’autre,  é«:  quelquefois  meme  fe  réunir.  Autrement  les 
JIX.  rondes  (a)  fentiroient  le  gothique. 

Les  mflT.  les  plus  anciens  en  capitale  ont  fouvent  des  X\  • 
dont  les  angles  fupérieurs  font  alongés  en  jpointes  oblîquesr 
l^ur  angle  du  milieu  en  forme  d’V  eft  ordiqaireinent  rnoins 
aigu , que  les  deux  aittres^,  qui  Pcnvironent.  Des  M compli- 
quéesen  forme  de  deux  A , qui  couperoienc  réciproquement 


(i)  Ctiarg^M  ie  temt  en.  Kmr  4e 
ToinroeK  , elles  apanjeaneoc  i na  âge 
Hien  moioe  técul4.  Les  mfmes  traies  ]ilns 
41^aos  8c  plus  réguliers  pouronc  fe  ra- 
potter  aux  rnsis  premiers  liécles.  Cela 
n’empéebe  pas  (ju'alérs , S même  avam 
la  oaiflanee  du  Sauveur  ; on  oe  voie 
bien  des  M , deux  jambages  parallè- 
les 8c  (ans  fQpcrilnicé  , dans  aucun  de 
leurs  traits, Surmontées  de  courbes,  naif- 
Anc  du  haut  des  angles  8c  d'une  par- 
Aice  régularité.  ; elles  oe  déCgnenc-  pas 
moins  ces  liécles  , que  les  deux  fuivaos. 

, (»)  Telles  éÔK  «elles,  dom  les  jçuiÂage* 


* 

extétieuts  teflembleat  i deux  S, qui  R te- 
gatdent  8c  pOtreocruruo  I intennédiaire, 
suqne]  elles  viennent  aboutir.  Sans  avoix 
encore  tout'  le  vain  aiitail  d»  bas  go. 
tbique,  elles  lôoc  alors  déjà  cenfées  de 
Ton  domaine.  Ceft  . Teloo  Heionecius , 
aux  XI.  8c  XII*.  lîecJes  , qu'il  en  faut 
(«jcbetcher  lés  prémices.  Il  ne  les  fait 


pourtant  commencer  , dans  fes  alpha-  . 
bers  , qu'aux  x 1 1*.  Mais  l'M  majulcnle,  '' 
vériablcroem  cataâériftiqne  du  bas  go- 
thique, eft  cotupoféc  d'an  O 8c  d'une  I 
1.  contooiDée.- 


(•)  D* 
ilj. 


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4 


130  NOUVEAU  TRAITÉ 

— leur  jambage  voifm  , remontent  au-delà  du  x*.  ficelé. 

H.  PARTIE.  L*^  minufcule  (i)  paroit , des  le  commencement  du  iv'; 

Ciill,  I pouroic  être  de  beaucoup  antérieure.  Probablement  elle 

Tire  fon  origine  de  l’étrufque.  La  bafe  de  fon  premier  jam- 
bage , prodiiifant  avec  lui  un  angle  aigu  , va-t-elle  diteûe- 
ment  former  letroiCcme  jambage  de  l’ TU  , après  avoir  cra- 
verfé  le  fécond  î c’eft , en  fait  de  mlT,  la  marque  de  l’an- 
ciquité  la  plus  vénérable.  L’/n  minufcule  eft-elle  raclée  avec 
l’onciale  ? c’eft  un  fécond  degré  d’antiquité  , qui  manifsfte 
au  moins  le  vi'^.  fiede.  Le  lecond  jambage  nait-il  du  bas 
du  premier  ? voila  le . caradlcre  du  vi,  ou  vu*.  L’un  8c 
l’autre  femblent-ils  former  une  maflè,  dans  les  piés  del’jn, 
par  le  concours  d’un  double  (a)  trait  ? l’écricute  fera  du  v i n*. 
au  moins. 

On  diftinguera  la  minufcule  du  ix*.  decdle  des  fiiivans, 
par  les  jambages  de  l’yf)  8c  de  1’» , mieux  nouris  , 8c  plus 
régulièrement  terminés  en  pointes , tournées  d)  vers  la  gau- 
che. Le  jambage  du  milieu  plus  court  que  les  autres , eft 
encore  un  figne  du  vi  i.  ou  vi 1 1*.  fiècle  au  (4I  plus  tard. 

Les  m ourfives  roooaines  font  a peu  près  du  même  gé- 
nie y fl  ce  n’eft  qu’elles  font  {dus  hautes.  Avec  des  déliés  plus 
caraélérifés  , elles  furpaftent  en  hardiefte  , en  élégance  , 
comme  (j)  en  grandeur , les  mérovingiennes , d’aiUeurs  plus 


w 

«H/.l 


t X.f.ifT. 


, . J-' 

(1)  Avant  le  déclin  da  vi*.  fiède,  on 
Smu/mt.  ne  la  trouve  point  {«)  far  les  monoies. 

(1)  Ce  caraâére  continae  d’être  três- 
téciîble  au  ta',  irêclc , dut  les  bulles 
des  papes  i lunout  pat  raaorc  au  fccond 
jamMge  de  l'm.  Il  en  tede  encote  quel- 
ques traces  aux  deux  Tuivant  : mais  elles 
deviennent  plus  équivoques. 

' (}  ) Ce  u’el"!  pat  que  les  pointes  de  ces 

lettres  & leur  direâion  vers  la  gauche 
ne  Te  lailTeat  apercevoir  quelquefois 
avant  & après  le  1 x‘.  ficelé , & meme 
au-delà  du  Z I*  : mais  ce  n’ell  guère  , ‘ 
que  dx'  t la  curfive  : mais  leurs  figures 
ne  font  dèia  plus  fi  bien  proportionèes  : 
mais  elles  Ibnt  dors  tares  k peu  conf- 
tames. 

(4)  Il  ne  fe  reocontte^pooruat  pat  af- 
ftz  régulièrement , poir  fonder  un  ca- 
raâère,  fut  lequel  oo  pnilTe  (bavent 


comptcf.  Mais  quand  il  (è  pcèlcote  il  md- 
riic  quelque  atcotion. 

(l)  A ces  trars  , qui  ne  diftingneta 
l'm  tumaioe  de  la  francogaUlqae  ? £o 
voici , qui  feult  untôt  fufifem  , le  tan- 
tôt ne  (ufifent  pas  pour  ce  difcemcmcnt. 
L'antique  romaine  n'a  pat  les  cambru- 
res de  Tes  jambages  aigües  : elles  Te 
changent , dans  ta  mérovingienne  , en 
véritables  angles.  Ce  caraOctc  efl  dé- 
cifif,  ou  peu  s'en  faut.  Avoir  les  jam- 
bages citéricurcment  concaves  ; ce  font 
des  craies  propres  de  la  fcancogallique  , 
k néanmoins  empruntés  de  la  romaine. 
Quoique  plus  aparent  dans  celle  - là  , 
que  dans  celle-ci  , ce  caraQcrc  fcul  n’eft 
pas  fulifammenc  diftinélif.  Le  milieu  du 
vu*.  Cède  ne  patoic  pas  abiblumcnc 
le  terme  de  cet  ulagc.  L'Allemagne  con- 
linuc  d'en  laifier  voir  qudquct  veftiget , 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ijr 
ferrées.  Les  faxones  le  font  encore  davantage  , & mofltrcnt  " 

beaucoup  de  roîdeur.  Les  lombardiques/à  jambages  angu-  ” 
leux  ou  brifés , font  poftérieures  au  ix*.  fiècle.  Les  m caro-  c «'Ir.  i Y. 
Unes  devinrent  plus  aigiies  par  le  haut , ou  du  moins  plus 
étroites , que  les  romames  & mérovingiennes.  Etre  angu- 
leufe  en  tous  fens , ou  chargée  de  pointes  & de  traits  inu- 
tiles ; c’eft  le  propre  de  l’Xtt.  gothique  , tMt  minufcule  que 
curfive.  On  peut  encore  reconoicre  la  dernière , à d’autres  ( i ) 
marques. 


jufiju'au  ZI*.  Mai*  aloiz  la  diniantioa  ^ 
des  m , &.  rclacivemcnt  à U cuiiîvc  md- 
rezingienne  , leur  proporrion  rétablie  , 
prériendroieiit  tmit  oimmpte  ; fi  tant 
d’autres  diféreacies  ne  le  lendoieot  coni' 
ne  iropo/Iible. 

L’alongcmcDC  du  traifi^me  jacnbaee 
de  tm , s’il  eicède  fort  peu  le  rrcona  , 
& (]u'il  Te  contbe  foiblemeoi  en  dehofs , 
par  des  dflifs  ou  des  demi-pleins  , ca- 
zaâdhfe  bien  en  commua  les  dctintrcs 
romaines  ti  fiancogalliqnes  , mais  ne 
les  dirceinc  pas  les  unes  des  amies.  Dcf- 
eeod-t-il  au-dclToas  de  l’in  . d'environ 
deux  corps  de  cercc  lettre  , en  t’aron- 
dilTaat  plus  ou  moins  , dans  ton  exctd- 
mitd , vers  la  droite  i après  s’ècre  cour- 
bé vers  la  gauche  7 ccite  ondulation 
fiiperflue  prend -elle  la  ^me  de  l'S 
aontoutnèe  ou  du  % grec  i la  pièce  , 
où  elle  fe  manifcOc  . ne  fera  pas  ordi- 
nairement , furconc  en  Allemagne , d'u- 
ne antK)uitè  rupèticure  au  x*.  fiècle  , 
mais  elle  poumit  être  plus  rèeente. 

Au  vin*,  les  m des  écritures  alon- 
gècs  fout  ptefquc  too)oats  k près  iné- 
gaux : Sr  c'eft  fouTcnt  celui  du  milieu  , 
oui  fe  trouve  le  plus  court.  L'inégalité 
des  jambages  , moins  exaâemeat  gar- 
dée au  IX*.  fiècle  ; fur  fbo  déclin  de- 
'vint  peu  fenfïhle.  An  fuivans^  ils  fc  fer- 
rèrent encore  plus  . d(  fe  tecminérent  or- 
dinaiaciBcnt  , fîms  s’écanex  ni  du  ni- 
Kau  ns  de  la  petpcndiculatre.  Les  let- 
tret , M , a , font  toujours  fi  eiaâe- 
aaent  renfennées  dans  la  hauteur  pié- 
aiie  de  la  ligne  aioagée  i qu’elles  ne 
gexcédeat  jamais.  Elles  peuvenx  ferrii 
de  règle  aux  antres  , qui  ne  s’éléyeneni 
ae  s’abaifient  pat  de  lenguas  queues. 


Lerfqna  , fut  la  fin  do  a*,  fiècle  , oa 
s’acDUtumc  à fubfiiiucr  les  msjufculc» 
anx  minufcules  alengècs  , dans  Ica  di- 
' plomes  de  nos  rois  ; l'i»  & l’is  ne  eban- 
gens  point  de  %uic  : on  n'ea  peut  pas 
dire  toujon's  autant  de  I’»  , ni  même  de 
r».&  de  r»  par  raport  1 l’Allemagne 
fie  à ritalie.  Les  Al  etnntncnecnt  à s’y 
revêtit  de  la  forme  majufcule  dans  ré- 
criture alongée  , au  moins  dès  le  xi*- 
fiècle. 

Mais  prefqne  partout  alors  elles  n’en 
ptenoent  pas  d’autre  , aux  noms  pro- 
pres, & quand  elles  font  cenfées  initiales. 
L’av  tiembltnt  de  tous  fes  jambages  por- 
te des  marques  du  z*.  fiècle.  Uu  carac- 
tère de  , aufli  gothique  que  fingu- 
lier,  fe  préfente  au  xil*  , & dure  en- 
core au  XV*  , quoique  changeant  fou- 
vent  de  forme.  Son  état  primitif  con- 
üAoit  à faire  defeendee  fen  dernier  pié. 

, en  longue  qoeoe  , née  d’une  figure  aion-. 
die  , qui  lui  tenoic  beu  de  fes  deux  au- 
nes prés. 

L’in  minufcule  des  ééiinires  aloagéco 
^ fut  plus  d’une  fois  livrée  an  gtxhiqnc  , 
"aufu  bien  que  l’a,  dèa  le  zti*.  ficcle- 
I Les  pointa  fit  les  ttarctfci  gamitenc 
l’Icuis  côtés  , ac  les  bafes  caito  leur» 
L pi^  i lots  même  qB’cUes  parurent  pfaia 
: dégagées  de  l’atiraii  dcaotaemens  grotef- 
ues  , dons  le  gothique  auott  coutume 
e fe  parer. 

(i)  Le  itoifièmu  jambage  , pouflé.' 
prefque  cticnlasreiDcnr  fens  fe  premier  p 
foie  qu’il  fe  lepHe  ou  ne  fe  replie  pas 
vêts  la  droite  , peur  défigoer  l'm  go- 
thique du  XII.  ou  ziri*.  fiècle.  Mais 
s’il  fi  combe  vers  la. gauche, jufqn’à s'é- 
lever à la  bameui  du  niveau  de  la  même 


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iji  NOUVEAU  TRAITÉ 

XHI.  La  figure  de  l’N  s’eft . manifeftement  confervéc  ; 

famaritam-phénidén  , le  - grec  , le  mnique  ôc  l'é* 
Ch  AP.'  IV.'  trulque.  En  commençant  par  les  plus  anciennes  N caldaï- 
Nos  N nijjuf-  que*  i ^^“^5  raports  &:  conféqùemment  ceux  des  N fyria- 
coics&  minufra-  ques  Sc  atabîques  , n’échaperont  pas  aux  perfones  , qui 
voudront  comparer  ces  lettres  avec  les  phéniciennes.  Prêt 
que  : fes  figures  que  tous  Ics  alphabets  dérivés  du  grec  n’ont  , que  peu  ou 
Jins  les  notes  de  point-,  altéré  l’N. 

JtdTjoutée’ôu’'r]!  ' Celle  des  notes  (i)  de  Tyron  , dans  fon  état  namrel 
tranchée  nui-à-  étend  Ibn  pié  obliquement  , en  delcendant  vers  la  gauche. 

* rébours,  elle  à fori  côté  gauche  égal  au  droit, 
^gine&antiqui-  ici  perpendiculaire,  là  incliné  : ou  bien  l’N  el?  fimplemenc 
té  de  l’N  , pour  couchée  en  forme  de  Z : ou  fa  ligne  , tantôt  fupérieurc 
“cmT'n  “fesT  ^ » tantôt  inférieure  ( z.)  eft  prolongée,  foit  horizontalc- 

verfes  formes  & ment,  (bit  obliquement  ( '7^)  de  diférentes  façons.  Enfin  elle 
fts  changemens.  fç  transforme  en  S renverfée  , par  l’arondiflement  de  fes 


lettre  ; il  indique  le  xiv*.  L’  com- 
mcnçant  par  une  queue,  furuumérairc  à 
fes  jambages,  fe  montre  au  plutard  , dès 
le  xiv'.  fiècle  ,1c  devient  cres-frèquente 
aux  XV.  Sc  xvt*.  Compose  feulement  de 
jambages  en  zigzag  , fi  {"VW  ne  pa- 
roit  pas  abfolument  èrtangère  aux  pre- 
micn  fièclea  ; elle  ell  d’ordinaire  pofté- 
rieure  au  xiii*.  Sa  ralïtion  inclinée  la 
dilhngueroic  alors  fiififiimmeoc  •,  fi  Ici 
autres  caraâères  , qui  l'acooipagnenc  , 
laifioient  quelque  prife  è l'erreur.  - - ' 
A d'égard  des  dificulcés , que  pourotr 
caufer  \’m  , dans  la  leéhirc  des  mlT.  & 
des  anciens  diplômes  ; elles  tombeur 
principalement  fur  les  fpllabes  , qui 
porteroicnc  m on  ni  -,  te  depuis  le  go- 
thique i ellM  sVStciadeot  même  aux  ni  te 
âu.  'Toiitea  tes  Iectttt'& Ty-llabes  pré- 
fentem  preéque  paimnr  les  mêmes  traits. 
II  finit  quelquefois '.beaucoup  de  juge- 
ment At  d’aiention  , pour  ne  pas  s'y 
traeéper.  De  là  bien  des  mécomptes  , de 
IK  part . des  anciens  écrivains  , Ce  de 
ceux  qui  ont  donné  des  éditions  , d'a- 
près les  mlT  Dans  le  gothique  moderne 
minufculc  & mèmc'curfif,  Ibuvcot  on 
ne  fautoit  dillinguer  ces  quatre  lettres 
t ins  » , auxquelles  on  pouroit  ajouter 

k 


le  tSc  l'r  pour  ne  point  parler  des  autres. 
Ainfi  minifimnn  vous  donnera  de  fuice 
quinze  traits  petpendicnlaites , abfoln- 
reent  (embiabies.  Si  la  force  du  Icns* 
vous  guide  pour  l'ordinaiit  , elle  voua' 
abaodooe  , dans  certains  noms  proprea 
ou  mou  finguliers  te  de  peu  d’ufage. 
Quand  les  accens  font  marqués  fur  Ica 
< ; c'eft  une  facilité  de  plus  , pour  lea 
déefaifrer.  Mais  la  luprefliOn  de  ccsac-' 
cens  a’eft  pas  rate.  Relie  alors  pour 
toute  reifource  , la  comparaifon  de  fem- 
blables  traits  , dans  des  eiprcHious  bien 
lues.  11  faut  y joindre  la  conoilTancc  dea 
noms  propres  ou  des  lieux,  te  des  locu- 
tions d’ufage  , relativemeat  aux  rems  , 
aux  contrées  , aux  petfoott , aux  mêmes 
cfpèces  d'aéles.  ■.  -.i  C •.»  ■ 

( I ) Les  notes  cyioniennes  font  ou  k 
lignes  droites  ou  a lignes  eouibcs.  Les 
premières  penveot  Ce  partager  en  trois 
genres.  i°.  ^ a*.  Il  : ces  derniètes 
font  dans  une  poGiion  droke  ou  incli- 
née de  l’un  ou  de  l'autre  côté.  >i.  2 e 
celles-ci  pontoient  fe  divifer  en  bien  de* 
efpèces:  Z_  “Z  7 X i'^.Leû-i 
vint  auteur  de  l'alphabet  tytonien  n'n 
point  connu  la  je  la  (* , non  plus  qi» 
la  fecoode, 

angles 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ijj 

angles  ( rO  J : & alors  elle  cft  communémenc  cenlSc  eoipor-  ^ 

ter  avec  elle  la  voyelle o. 

Les  copilles  (a)  ont,  félon  Dom  Lancelot,  fouvent  ajouté  cha».  iv. 

& rétranché  mal-à-propos  l’/i  Sc  l’m  , dans  les  mfT.  Quand , mé/M.  (éit. 
chez  les  anciens  , la  répétition  (i)  de  la  même  voyelle  eut  i«j 
ceflé  de  défigner  les  longues  ; un  même  (i)  figne  : fa  voir  la 
bare  horizontale  , anonçoit  tour  à tour  ces  longues  Sc  les 
abréviations  de  l’/i  & de  Vm. 

Les  Jurilconfultes  Romains  , le  propofant  des  queltions 
de  Droit  à réfoudre  , pour  les  mieux  particularifer  , intro- 
duifoient  des  perlbnages  im^inaires  , à qui  ils  donnoient 
les  noms  vagues  de  Titius  , de  Sempromus  &(?  Nos  an- 
ciens Francs  en  ufoient  à peu  près  de  même.  C’eft  ainû 
qu’Eckhard  entend  (i)  Nejkgans  , & NeJUgantius  , au  titre  {k)  L<gts  rraxc. 
LUI.  du  Paft  de  la  Loi  falique  nombre  z.  Il  fupofe  ce  (3)  S»iù*.p.fs 
mot  forgé  par  les  barbares  pour  nefciens  : c’eft-à-dire  pour 
ime  permne  inconnue  ou  incertaine.  En  difant  un  tel^  on 
défigne  quelqu’un  , dont  on  ne  veut,  ou  dont  on  ne  peut  pas 


(a)  Spanhclm  donne  divers  exemples 
de  celte  rdduplication  de  voyelles  , pour 
marquer  les  longues,  comme  v/unu,viir- 
SW&c.  DefrijI.  ntmtif.  digirt.  i.p.  rat. 

(a)  £0 prenant,  s'il  £iuc.ren  croire, 
U marque  d'abréviation , pour  une  lon- 
gue ; on  (iiprima  Vn  , comme  dans  ra- 
Jmx  au  lieu  de  etn/Hx.  En  prenant  l'in- 
dice d'nne  longue  pour  une  abréviation  i 
on  inléra  dans  les  mots  des  » Topet- 
flues , comme  ftrnmfut  pour  ftrmtfiu , 
qmtitnt  pour  quotùt.  Mais  l'addition  & 
fa  foullraétion  de  ces  N fonr-elles  apuyées 
fur  des  faits  bien  confiant  2 Ceux  qu'on 
alcgue  en  preuve  n’ont  ils  point  d'au- 
tre caufe  l La  bare  a fûremeot  été  un 
(igné  auflî  fréquent  d’abréviation  ou  de 
fupreflîon  de  l'in , que  tare  de  celle  de 
l'n.  Les  monumens  antiques,  Sc  furrout 
les  mlT.  en  font  fui.  M.iis  on  n'y 
voit  point  de  bâtes  , pour  marquer  les 
longuet  : fi  ce  n'efl  dans  des  ouvrées 
dida^quet  fur  l'art  potkiquc.  Ce  font 
les  accent  , qui  fervent  quelquefois 
dans  les  ioferiptious  & les  mlT.  à cct 
pfage.  On  trouveroit  plutôt  quelques- 
uns  de  ces  accent  courbés  , que  pofés 

Tome  IL 


horizontalement.  Quant  aux  additions 
de  fuprellions  de  l’n  & de  l'a  fans  bare  : 
les  plut  anciens  mlT  & diplômes  en  fbur- 
oUient  tant  d'exemples  j qu'il  n'efl  pas 
pofCblc  de  les  rejeter  fur  les  copiflcs. 
Ces  n futajoutées , y font  réelcment  ex- 
primées , & non  pat  voie  d'abréviation  : 
de  ces  a rériancfaées  n'y  font  fuplées  par 
aucun  figne , qui  les  rempface. 

f))  Ne  vaudtoit-il  pas  mieux  le  foire 
venir  de  l'allcman  ntfi  , ■ÿfsuy  nid  , 
üifitu  niché  , cmM  ou  de  ntftUni  anglo- 
foxon  , nffu  tchsfé  dâ  fn  nid,  ce  qu'on 
cliquerait  à quelqu'un  , dont  le  nom 
ferait  écbapé  : ou  du  gothique  /lia*" 
fmngert  précédé  de  ne,  non:  comme  fi 
l'on  difoit  , qui  n'efl  pat  marqué  , ou 
en£n  de  Jlipir  iOandique  , qni  f$  enfi 
ain  fniitnr  : tel  dont  on  ne  peut  expri- 
mer le  nom.  Il  femble  au  moins  qu'ü 
foudroit  dériver  ce  mot  du  tcutonique 
ou  des  langues  , qui  en  font  émanées  , 
plutôt  que  du  latin  , ntfeiens.  On  peut 
opter  entre  les  étymologies  indiquées , 
ou  toute  auuc , qu'on  jugera  plus  con- 
venable. 

Gg 


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é 


1J4  NOUVEAU  TRAITÉ 

~ encore  déclarer  le  nom.  Les  formules  de  prières  ou  d’aéle* 
*s  tcr  énoncent  depuis  long-rems  ces  fortes  de  noms  par  une  (èule 
Chai-.  IV.  N.  Auparavant  elles  les  rendoient  (i)  par  ille,  ilium  , illos  , 
&:  plus  ordinairement  encore  par  leur  abréviation  ül. 

Conrune  l’N  letir  fût  fubftituée  , on  demande , quelle  fût 
(a)  Dt  fcr^ttri-  i’(tpoque  de  ce  changement.  Nous  (a)  aprenons  , dit  le  P. 
f*(.  r t.p.  6iî.  Echard  , d’une  lettre  du  B.  Venturin  de  Bergame  , qu’au 
»<v.  1.  , XIV®.  ficelé,  les  notaires,  fuivant  une  ancienne  coutume  j 

employoient  la  lettre  N,  pour  marquer  un  nom  propre  quel- 
conque , Sc  qui  ne  commençoit  point  par  cette  lettre.  Elle 
étoit  aulfi  , depuis  long-tems  invariable  , dans  les  livres 
j8>.  écléfiaftiqffes.  D.  Hugue  Ménard  , dans  (^)  fes  obfèrva- 
tions  fur  le Sacramentaire de  S,  Grégoire,  ne  fait  remonter 
cet  ufage,  qu’un  peu  au-del.à  (i)  du  xi®.  ficelé.  Qu’il  fut  déjà 
(f)  Ma  SS  Bf  pratiqué  , dès  le  i x ; D.  Mabillon  le  (c)  prouve  par  divers 
atk.t.  f.f.isi.  ^ furtout  par  les  lettres  imprimées  <ie  Frothaire  évê- 

que de  Toul.  Mais  ne  pouroit-on  pas  acorder  D.  Ménard 
&:  D.  Mabillon , en  fupofant , que  le  fécond  auroit  parlé  du 
commencement  de  l’ufage  de  l’A^  ; avant  qu’il  eût  bani 
celui  A’ille  : Sc  que  le  premier  auroit  eu  en  vue  le  même 
ufage  devenu  plus  général  ; lorfque  celui  du  pronom  cefla 


(/)  'RfffX.fifrttt* 
4e  U critiq. 
lev,  dijfert,  5. 


{i)  On  en  a des  exemples  , au  moins 
depuis  le  y*.  Hècle  , jufi^u  au  xi‘. 

(i)  Le  P.  Honoré  (dl  de  S.  Marie  , 
parlant  de  I nfâme  de  TN  « au  lieu  d'un 
nom  propre,  dit,  «jue  » félon  le  P Md- 
M nard  , Ton  n'a  commencé  de  fc  fcrvir 
aBdcYcire  figure  , qu’un  peu  avant  le 
»•  x*.  lièclc  : fkm  ejmfmo4$  eêfertt 

•>  fMMlè  MKte  mmnttm  pajl  Chrtjhim  n4tnm 
n miUefm$tm.  Il  faloit  traduire  yXVMns 
mu  e ou  ot/an/  Un*  fiècle.  Mais, 
dans  la  fupofition  , que  I ufage  de  TN  , 
pour  un  nom  propre,  eût  commencé  , 
de  Taveu  de  P.  Ménard  , avant  le  x : 
en  quoi  D.  M.ibi.lon  . qui  le  fixe  au 
IX  , poutou  il  être  opofé  à Ton  favanc 
cmfrère  ’ Comment  donc  noire  habile 
Carme  a t il  pu  fe  réfoudre  à les  meure 
en  contradiéïion  i Au  relie , G les  con- 
jcâures  , fur  Icfqurlles  il  s'apuie  , pour 
faire  remonrer  la  McHc  HMIy/icus , au- 
delà  du  ponnficar  de  Géla^c  I , avoicnt 
«a  foodemem  plus  iûUdc  ) TN  y quon 


y trouve  trois  fois  , pour  marquer  un 
nom  incoiuru,rapiOvheroir  au  moins  l'o- 
rigioe  de  cette  coutume  , de  la  chute  de 
l'cmptre  romain.  Mais  les  rubriques  de 
la  Mc(Tc  citée  à force  d'ecre  iranlcrites , 
auront  à cet  égard  été  corigees  , fur  U 
pratique  des  derniers  tems.  L'ufagc  mê- 
me qu’on  y fait  de  l’N  , dont  on  ne  fau- 
roic  produire  d'ailleurs  d'exemple  ancé- 
neurau  ix*.  fiècle,  pouroit  être  regar- 
dé comme  un  indice  de  fa  nouveauté.. 
En  éfet  , dans  le  pontificat  de  Gcilone 
du  commencement  du  ix*.  fiècle  , au- 
‘ourdui  de  S.  Ceriî  am  16)  , dans  le 
MifTcl  dit  vulgairement  de  5.  Eloi , au- 
trefois de  Coibie  , maintenant  de  S,  Ger- 
main a écrit  vers  le  milieu  du  ix* 
fiècle  a on  voit  plus  de  deux  cents  fois 
til  ic  jamais  N , pour  défigner  un  nom 
.inrerrain.  Mais  un  Miifcl  du  tréfor  de 
S.  Denis  , au  pi  itot  de  la  fin  du  ix  . fic- 
elé , au  plutard  do  1*.  foii  Tim  de  i'aoue 
•fage. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  13^ 

-d’avoir  cours , ou  plutôt  d’être  ordinaire  ?Au  ix®.  fiède  on 
trouve  beaucoup  d’exemples  d’///.  Du  relie  , au  lieu  de 
chercher  l’origine  de  cette  N , dans  neftigantius  ou  nefciens 
ou  nefcio  quis  : ne  feroit-il  pas  plus  limple  de  l’atacher  au 
mot  nomen  / L’A^  alors  marqueroit  la  place  , où  il  faudroit 
mettre  le  nom  de  la  perlbne  délîgnée  en  général  , lorfqu’il 
feroit  connu. 

. De  toutes  les  majufcules  l’N  , au  jugement  de  (a)  M. 
MafFéi , fe  maintint  la  (i)  dernière , dans  les  mlT.  en  minuf- 
cule , tant  grecs  que  latins.  Mais  l’R  ne  pouroit-elle  pas  (a) 
lui  dirputer  cette  prérogative  ? Notre  illullre  antiquaire 
n’aura  pas  certainement  voulu  diférer  la  nailTance  de  Yn , 
■après  la  cellâtion  de  l’N  dans  la  minufcule.  Une  fou- 
le d’exemples  de  la  plus  haute  antiquité  s’éléveroit  con- 
tre cette  prétention  , qui  ne  lâuroit  être  la  Tienne.  Outre 
-qu’on  pouroit  montrer  Yn  minufcule  , &c  dans  l’étrufque , &: 


(i)  Que  l'N  , comme  il  s'exprime  , 
ait  été  la  dcroicre  i déchoir  de  üi  ma- 
jelié  dans  les  mlT  ; c'efl  ce  tjjie  nous 
ne  pouvons  admettre  , pas  meme  par 
raport  aux  grecs.  On  pouroit  eu  citer  un 
en  lettres  onciales  du  i x'  fiecle,  où  elle  Te 
trouve  réduire  à la  minufcule.  Mais  il 
n'eft  pas  ici  queftion  d'écriture  onciale. 
.Tom  tes  modèlei  iBimjfsules  de  la 
Paléographie  , fans  en  excepter  ceux  du 
'jx'.  ficelé,  emploient  conftamment  T» 
.grèt|ac  i it  'non  nas  l'N  majulcule.  Il 
,<n  elt  de  méisic  de  ceux  de  la  Diftnfe 
du  ïcTilurei  esnmi  jars  fat  le  P.  Bian 
chini.  Leur  nombre  très-grand  nous  dif- 
.^nfe  de  eonfuktr  d'autres  onginaux. 
Si  l'on  y rencontre  des  N , ^ui  n’apir- 
vtiehaent  ni  à des  pièces  ni-a  des  mots 
en  majufculc  , elles  font  très-rares  : & 
loin  de  s'y  conferver  mieux  , que  les' 
.autres  caraâères  majufcules  ; elles  n'y 
font  admifes  qu'à  raifon  du  mélange 
des  kities  de  diférenx  genres  , dont  ptef 
que  cous  les  ficelés  peuvent  fournir  des 
.exerttples.  - l i , 

On  acordera  volooners  , que  l'P/  Ja-  ‘ 
tine  t'd&,  monesée  , gt  ■dans  .1a  ^pùf- 
cule  , te  dans  la  curfivc  , plus  fréquem- 
ment le  plus  long-tems  !,  que  la  plu 
ipart  de  fes  ' compagnes  : pourvu  qu'on 
•e  Jiipofe  pa».  91e . 1'*  idit  ,.4'mjc:  I 


invention  pofiérieure  aux.  antres  élémcns 
minufculcs  , ou  qu’on  ne  nie  pas , qne 
l'ufage  n'en  ait  été  ordinaire  , dans  un 
très  grand  nombre  de  diplômes  te  de 
mlT,  L'v  faxone  en  forme  d's,  introdui- 
te dans  phifieurs  , n'y  fit  recourir  à 
l'N  , que  pour  éviter  la  confufion.  Et 
comme  cette  r,  depuis  le  v'.  fiède  juf. 
qu’au  tx*  , n'étoir  pas  réfervée  aux  feu- 
les écritures  faxoncs  , mais  convenoie 
également  à la  plupart  des  minufculcs 
romaines  ; on  y admectoic  volontiers 
l’N  majufcule.  lia  autres  cas  s'explt- 
queront  aifémcnt  , pat  le  mélange  des 
caraélères , dont  nous  aurons  plus  d'uite 
ocafion  dcparleraHlenrs. 

(i)  Lorlqu'il  fàifoit  (4)  cette  obferva- 
cioa  , il  n'avoit  pas  aparamment  cp^vue 
des  pièces  du  xii‘.  fiède.  Elles  font 
trop  éloignées  de  rabolition  de  l'on- 
ciafe.  Cependant  , pour  nous  borner  à 
une  feule  : Adelogue  évéque  de  Hcil- 
desheim  donna  une  charte  , datée  de 
l'an  1180.  en  minufcule  , où  l'fi  clb 
fouvent  employée  , dans  le  corps  du 
texte  :i  candis  qu’on  n'y  fait  jamais  en-, 
tret  l'N  i mais  toujours  l'o . comme  aux 
mots  SuanRin^m  , üerRne  , Biv/ina 
Can.cll , VaaR^iu  , GaRon^m  j inraR- 
OMiioaii.  &C.  , . , , 


II.  PARTIE. 
Sici.  III. 
Chat.  IV. 


(a)  Opu'èiU  e!‘ 

chfŸ-  jy. 


Ci)\VaIthcri  feri- 
ez» dt^om. 

XI.  » 


» * 


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Jl.  PARTIE 

S I C T.  III. 

CMüf.  IV. 


CM)Op»/i.  tCcUf. 
Ui.  4.  ».  13. 


(r)  TliÊii4.}i$mif. 
».»./.  <J7. 


i.j6  NOUVEAU  TRAITÉ 

dans  le  lâtnaritain  ; il  eft  des  (i)  infcripcions  du  iv®,  fiècte 
au  moins , où  l’on  la  (a)  voit  employée.  Nous  la  trouvons  dans 
des  mir.  voiiins  de  cette  époque  , s’ils  ne  la  précèdent.  En 
un  mot  elle  n’eft  pas  podérieure  à l’écriture  curlive. 

Dès  le  I X*.  fiècle , nous  voyons  un  diplôme  original  de 
Pépin  , conlêrvé  dans  la  biblic^èque  du  roi , où  l’N  majus- 
cule eft  fermée  par  le  bas  & par  le  milieu  , mais  ouverte 
par  le  haut  , comme  un  u.  Pluûeurs  autres  lettres  ’alon- 
gées  du  meme  tems  preiuient  la  même  figure. 

Les  N lapidaires  , à jambages  détachés  , prolongés  en 
haut  , écartés  obliquement  , courbés  en  dehors  parle  bas, 
/ont  communément  de  la  plus  haûte  antiquité.  Les  N en 
/orme  d’H  , ou  dont  la  tiaverlè  eft  inclinée  obliquement 
entre  deux  perpendiculaires  , quelles  unilTenr  y marquent 
le  moyen  âge.  Les  capitales  des  mlT.  du  v.  ou  vi'.  fiècte 
portent  f^)  fouvent  la  traverfe  du  haut  du  premier  jambiv 

fe  de  r!M  au-delà  du  côté  droit , comme  pour  lui  fervir  de 
afe. 

Les  N onciales  les  plus  anciennes  ont  à peu  près  les  mê- 
mes traits  , que  celles  des  mferiptions.  Quelquefois  elles 
ont  un  faux  air  d’R  ou  d’M  grèque  minufcule.  On  en  voit 
encore  de  fcmblables,  vers  le  ix‘.  fiècle  , furtout  dans  le 
fàxon.  Les  N majofcules  des  bulles  ou  des  diplômes , à 
jambages  très  - courts  ^ à traverfe  cxcefTivement  longue 
commencent  au  tx*.  fiècle,  continuent  encore  au  xii*. 
Dans  la  fuite  leur  ancienne  fimplicité  fè  feutinc  mal  , les 
traits  fuperflus  fe  multiplièrent. 

Tout  ce  qu’on  a dit  de  l’/n  cutfive  ou  minufcule  eft 


fl)  Son  olàge  l%rcmenr  totit  com- 
nion  , l<MU  lo  derniers  C^fars . devoir 
dire  au  pins  tariT  diabli  , Coas  les  prt- 
miett.  D^Hiis  <]ae  les  aâcs  publics  fu- 
rent derirs  fur  le  papier  d'Ej'yprc  j )a 
mats  on  ne  prouvera  . qu'ifi  aient  dté 
drefili  en  autre  caradtdrc  , qoe  le  curlïf , 
dbne  Ta  fait  partir.  Si  <]aek]nes  mit 
It  <)Del()nct  diplômes  en  minnfcule  ne 
njeileiiT  pas  tN  rapiralé  j ils  foor  en- 
core an  pins  frdquenr  ufa^e  de  1».  Td- 
moin  ce  mt  de  $>  6idgoirc  k grand , 
dont  notre  fàvaac  anciqnaitc  (•)  a fine 
graver  un  soaddU.  L'eaception  ne  peut 


^ tomber  , qne  (ij  fur  ces  mlT  , od  fp- 
I avoit  la  figare  , n moins  aproefaante 
I de  l'n.  Cdioit  une  ndcellîtd  de  reptd. 
fenter  celle-ci  difÜremment.  Enfn  ots 
tronveroit  des  N , dans  des  monumens 
: bcauccup  pibs  modernes  , qae  ne  le 
; penfe  nocie-  favani  auteur. 

(s)  Quant  aux  (rj  mddaiUts,  elle  ne 
s’y  voit  qu’au  VI*.  Iidcls. 

())  IK  en  eft  aolC  dii  x*.  où  Ton  re- 
marque le  rodme  caraOdre  : mais  leur 
[.premier  jambage  eft  perKodiculairc , 

I te  d’aillcnrs  ta  figure  uc  la  Ic'tre  cfl. 

I moins  dldgantc.  K awu»  rdgubirc. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ijj 
a(>ltcable  à (i)  \'n.  L’  W romaine , fort  arondie  parle  haut  de 
fon  fécond  jambage  , & fe  raprophant  un  peu  du  premier 
par  le  bas  , ou  dont  celui-là  nait  du  pié  de  celui-ci  , & 
s’en  fépare  dès  fa  nailfance  , porte  une  marque  de  la  plus 
haute  antiquité.  Un  renflement  , dans  le  bas  du  premier 
jambage  , caufé  par  le  neud  , foit  à jour  , foie  en  plein  , 
remontant  prefque  jufqu’au  haut  , pour  former  le  fécond 
côté  de  l")?  , femble  caradérilèr au  moins  le  vi  1 1'.  Cède, 
ic  plus  fouvent  le  vi.  ou  (i)  vu'.  Les  piés  de  la  même 
lettre  en  pointes  aigiies  , & tournées  vers  la  gauche  , dé- 
fignentle  viii.  ou  ix'.llne  faut  après  tout  juger  de  ces  in- 
dKes  Sc  C}) autres,  que  par  le  plus  ou  moins  de  fréquence  ,, 
Sc  jamais  par  ime  rigoureufe  uniformité  , encore  moins  par 
quelques  exemples  rares.  On  ne  doit  pas  prefTer  davantage 
les  obfervations  , par  lefquelles  on  fpécifle  les  formes  ^ 
lettres  caraûérifUques  des  uècles  Ôc  des  païs. 


(i)  Dans  la  catfivc  fraBeo  galliqM  la 
•lus  aacicn<  e ; les  deox  côtés  de  cette. 
Knrc  , cootbéi  êtes  U gauche  , ou  cou* 
cam  en  dchan  : an  mvnn  ^e  , les 
pointes  fur  Ta  tête  , Tes  deoa  jamb^es 
CD  zigzag , ou  Seulement  le  detniet  item- 
blkat  : depuis  la  fin  du  a i h*,  fiàcle , là 
Miene  lerminant  le  recond  pid  , pro- 
longée & le  plus  rouTcnc  reconrbée  de 
droite  à ganche  te  de  gauche  à droite  : 
au  ziT*,  b même  cpieue  pafTaoc  par- 
defios  le  haut  de  b lente  : aux  are. 
XV.  & XV 1*  , les  queues  rumomérairea 
de  l'(^  , otdmtircmcnt  toumées-vets  b 
droite  , & qaelquefois  oaurbées  vers  b 
gauche  i tous  ces  traita  te  bien  iTautict 
encore  , lui  (ont  communs  avec  l'w, 
donc  clic  panage  U fortune  te  les  révo- 
lutions. 

(s)* Si , dés  le  vil',  fiècle , b bafe  du 
premier  jambage  de  l’a  commcuce  à 
a’avancer  vert  te  fécond  , foie  oblioue- 
méat Ibti  borhentalcmcoc  j cet  otage 
ae  devient  ftéquent , que  depuis  le  x*. 
Il  l'cA  cDCOïc  plus  dans  ta  minufcule , 
que  dans  b curfivc  ; à moins  que  celle- 
ci  n’empiame  la  forme  de  celle-là. 

-{])  Auvii',  ^leiduficuisN  majufea 
les  fajoncs  n’eilt  prclquc  pas  de  ptemier 
tété  i ou  tous  ks  dem  le  uomrcM- camôc 


haut  te  baa  cztraordioairtment  chat- 
géa  en  dedans  , tantôt  terminés  , dant 
leur  Mme  fupérieuic , par  des  (bmmeit 
malTiis , naiflàns  da  cotpt  des  jarabeges: 
ou  lent  ligne  ttaorvetlàle  fe  courbe  ici 
plut , Jà  moins  vert  b bas.  Dés  le  ta*, 
fiécis , des  poiurer  phcéet  fat  ou  pceC> 
que  fur  les  (bmraets , peuvent  fervir  à 
uer  l’âge  de  l’N  majnfenle  te  même  mi- 
nufcole.  Quand  b dernière  n'c A pat  ex- 
ceflivemeDt  maigre  ; Itm  premier  jam- 
bage paroit  un  peu  ttiangubire.  Il  ce 
faut  pas  ooblset  , qu'im  parle  toujoms 
de  l’N  (axone. 

La  lombardiqoe  oncble  te  la  emfive 
cirolioe  , au  commeocement  du  même 
(ièclc  . ont  qnelqocfôb  le  jambage  gan- 
chc  plut  long  que  l’auctc.  Dans  b mi- 
Dufcule  lombardique , il  commence  (bu- 
vent  alors  pat  un  neud  plein.  Veta  le 
x'.  fiécle  , fes  côtés  Ce  (ormeoc  en  zig- 
zag , ou  fcmbleot  être  briIZs. 

Les  N majufcolet  d’Allemagne  , an 
vin*,  fiécle,  (ont  fort  irrégulières  , 
& apiochenr  de  la  figure  de  1 H.  L’u 
mérovingieone  curfive  , vers  la  fin  da 
vil*.  (îeele  , on  le  commeoccmcnr  du 
V 1 1 1 ' , cA  haute  , étroite  , quelquefob 
fermée  par  le  bas , avec  des  Bcods  liée 
queos , TUS  le  l^at. 


II  PARTIE. 
S I C T.  III. 

Chap.  IV. 


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II.  PARTIE. 

S I C T.  III 

c H 4 r.  IV. 


(»)  Meratr.  jml- 
Itt  ijii. 


L’O  chti  les  O- 
ricnraux , chez  les 
Etrufijacs  , dans 
lis  notes  de  Ty- 
ron  : Tes  râpons 
Cnguliers  avec  le 
point:  diverlîté  de 
Tes  figures. 


138  NOUVEAU  TRAITÉ 

Un  alongëe  a quelques  ( i ) fmgularités  remarquables.  Le  • 
fécond  jamoage  de  l’n  curfive  Caroline  ; au  lieu  de  s’aron- 
dit  , en  s’unifiant  au  haut  du  premier  , s’y  joint  quelque- 
fois par  une  ligne  droite,  formant  deux  angles  (1)  aigus  { fj). 

Dans  la  minufcule  , des  mil',  furtout  , il  regnoit  , aux 
XIV.  &r  XV*.  fiècles , une  fi  grande  confufion , entre  \'n  &c  l’u; 
qu’on  fubftitua  fouvent  l’une  à l’autre.  De-là  Nemanfunt  (a) 
pour  Nemaufum  , Antifiodorum  pour  Autifiodorum  &:c.  La 
diftindion  entre  ces  deux  lettres  eft  quelquefois  fi  dificile  ; 
qu’on  ne  fait  à quoi  s’en  tenir.  Dans  le  gothique  , meme 
majufcule  , l’/i  ufurpe  ordinairement  la  place  de  l’N.  Mais, 
dès  le  XI  i'.  fiècle  , elle  altère  un  peu  fa  figure  , en  fub- 
llituant  à fa  courbe  une  s contournée  , qu’elle  ne  fait  par- 
tir , qu’un  peu  au-defibus  du  Ibmmet  de  fon  jambage  très- 
perpendiculaire.  > 

XIV.  Les  O ronds,  carés  , trian^laites  , en  lofange  , en 
ovale  , nous  font  communs  , non  feulement  avec  les  Egyp- 
tiens , mais  avec  les  Phéniciens  & les  anciens  Grecs.  Quoi- 
que ceux  des  autres  peuples  d’Orient  &c  d’Europe  paroiflenc 
plus  ou  moins  éloignés  du  même  contour  ; il  ne  feroit  pas 
dificile  de  faifir  leurs  raports  réciproques  : fi  l’on  prenoit  la 
peine  de  fuivre  ces  derniers  , dans  les  altérations  , qu’ils 
ont  éprouvées.  Mais  nous  craindrions  , que  pareil  détail  ne 


(i)  Dans  l'écrirare  alongée  , I’»  pen 
Aanr  à unc  autrc  lettre  remonte  du  moins 
au  vil',  fiècle.  Détachée , elle  va  pref 
c]ue  toujours  en  Te  relTerrant  , juftju'à 
la  fin  du  1'.  Alors  elle  fe  métamorphofe 
en  majufcule  , du  moins  en  Italie.  Au 
*ix',  fou  côté  gauche  s'élève  quelque- 
fois plus  que  le  droit.  Mais  en  général 
les  ttavcrics  fe  mulriplient  alors  entre 
fes  deux  jambages  , par  ces  trairs  fu- 
perflus  , elle  fe  trouve  abandooéc  au 
gothique  le  plus  décidé. 

(s)  Depuis  le  xi'.  fiècle  , les  angles 
fc  les  pointes  fe  multiplièrent  fur  l'n  , 
d'une  manière  plus  ou  moins  bifare. 
Communément  fis  minufcule  , dans  le 
gothique  , ell  agrandie  , jufqn’à  pren- 
dre la  place  de  la  majufcule.  Si  les 
chartes  lui  confervent  la  forme  msjuf- 
eale  \ fon  premier  jambage  tient  lou- 
Tcni  leaacoup  du  a *ea  chifre  arabe  , 


fans  parler  de  l'irrégulariié  & de  la  mul- 
tiplicité  de  fes  autres  traits.  Quand  même 
r»  n'eft  que  minufcule  ou  curfive  j fes 
deux  niés  , & funout  le  fécond  pren- 
nent fouvent  la  figure  d'un  x , en  fi- 
tùation  naturelle  ou  renverfée  , & tour- 
née i contre  fens. 

Au  xtti'.  fie. le  , l'is  rainufcule  iiu 
fouvent  terminée  par  une  longue  queue. 
Au  X iv'.  elle  fe  recoqoilla  vers  ladroite. 
Mais  on  en  revint  à la  forme  précé- 
dente , Sl  cette  queue  en  fe  relevant 
vers  la  gauche , coupa  plufieurs  fois  le 
jambage  , d'où  elle  partoit.  Depuis  le 
XIV'.  fiècle,  l'n  minufcule  perdit  pref- 
que  toute  fa  rondeur , & parut  compo- 
(ïc  de  deux  lignes  droites,  plutôt obli- 
q«cs  , que  perpendiculaires , unies  pat 
unc  ctaverfe  , montant  du  pié  du  pre- 
mier jambage  à la  tète  du  fécond. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  159 

parût  plus  curieux  , que  néceflaire.  Malgré  les  réclamations ^ 

de  quelques  académiciens  d’Italie  , & l'uttout  du  marquis 

Maftci  ; M.  Cori  ne  veut  point  acorder  (i)  d’O  (a)  aux  Çhap.  iv. 

Etrulqiies.  Pour  les  en  priver  il  s’apuic  fur  des  autorités  de  , . 

Pline  , de  Sofipatre,  de  Pnfcien , fur  le  fdence  des  tS- 

blés  (i)  eugubincs.  '«*<  Tp/cmi. 

L’b  des  notes  tyroniennes  fi)  fe  divife  d’abord  en  o & ^ A'/'r  „ n«/r* 
en  u>.  Le  premier  s’étend  à un  nombre  incomparablement  * 

plus  grand  de  mots,  & fe  diverfifie  (3)  en  bien  des  façons, 
comme  ligne  initial,  fecondaire , terminatif. 

Nous  avons  (c)  averti , d’après  D.  Bernard  de  Montfau-  (r)ij|^.  «,«,■« 
con  , de  ne  chercher  l’fl  , que  dans  les  infcriptions  du  * «.  i. 

teins  de  l’erhpire  romain  : a)outons  ; qu’on  en  remarque  en- 
CO'  e fur  les  médailles  de  Clovis , de  Théodebert  , de  Da-  (<0  »«  «- 

gobert  & d’Héraclius. 

Dans  les  monoies  anglo-faxones  y quelquerois  \o  y non 
{d)  feulement  ifolé  , mais  orné,  mais  entouré  , mais  acom- 


(i)  L’ourrage  intitulé  Mufti  Cmtr- 
natcii  mcnHmtm*  Etrufe»  , pu- 

blié pa/  M.  Goti  lui- même  , nous  ofre 
PI.  une  inferiprion  étroftjue  , dont 
krccood  mot  cil  ^ 8 > éiÿ  Ditm. 
Nouvelle  preuve  de  l'eiiDeocc  des 
O,  ehci  les  ttruTijaes.  La  même  figure 
fut  pluficuts  autres  raonumens  de  cette 
■atioo  , & notamment  Tut  cjuclques 
urnes  & amphores  du  même  cabinet  , 
■e  pouroit'cllc  pa!  encore  ajouter  quel- 

2UCS  degrés  de  probabilité  à l'opinion 
CS  paitifans  de  l'o  éiturqne  ! Voyez 
fut  la  lettre  Q.  la  note  , od  fe  trouve 
figurée  l'infcripiion  d'une  patate  du  ca- 
binet Romani  de  M.  de  la  Chauffe.  On 
■onioit  argumenter  en  faveur  de  fo  des 
kirufqnes  , de  ce  qne  ieuià  voifiut  en 
avoient  plutôt  deua  , que  d’en  manquer 
teutafâit.  Don  (i)  Velâfquez  en  donne 
de  deux  foires  aux  Celtibéricni  le  aux 
Tuderuns  , Sc  chacune  , fous  multipli- 
eité  de  flgnics.  II  les  prodigue  peut- 
aux  premiers  5 lorfiiu'il  Icoracorde 
1 X O ' ■fùs  en  même  tems  ( / ) il 
avoue , que  ce  panrait  bien  ii'être  , que 
la  conjonélion  des  deux  lettres  tu.  Aptes 
■ont  nous  ne  voudrions  pas  nier  , que 
jucl^ue  Tille  ou  quelque  camoa  éitufque 


n'ait  fait  nul  ufage  de  l'O  , te  que  TV 
n'y  ait  tenu  fa  place. 

(i)  On  réduit  i peu  prés  toutes  fê* 
figures  à celles-ci  (f  6 9 0 9 Ow 
cf  (î.  © (3  P IX  af . Cependant  D. 

Carpentier  n'en  eoinprc  que  quatre.  Pref.  . t 

que  tous  les  O en  notes  de  Tyron  ont 
une  fi  parfaite  rcITcmblance  avec  ceux 
de  l'éctiture  cuihve:  qu'il  n'efl  pas  croya- 
ble , que  leurs  rapotts  fe  trous  alfeot  fi 
juflcs  , & fi  multipliés  ; fupofZ  que 
cette  éciiturc  n'eût  pas  été  en  ufâge  , 
avant  I invention  des  noces  lyrooieiines. 

Tout  les  O , qu'on  vient  de  voir  , ou 
peu  s'en  faut  , fc  rencontrent  en  éfet , 
dans  les  plus  anciennes  écritures  coa- 
rantet  des  Romains.  Elles  en  renferment 
de  plus  quclques-unct , qui  ne  patoifrcoc 
pas  ici. 

{ J ) Fermé  , U porte  nne  pointe  un  peu  / . p p-v 
eouibéc  en  haut , en  bas  , vers  la  droite,  . . • 

vea  la  gauche.  Plus  ou  moins  ouvert  , 
fuivant  toutes  ces  poCtioos  Se  leurs  com- 
binaifens  diférenics  , tantôt  il  a la  fi-  Parj, 
gure  d'un  s , ailleurs  d’un  y , conjourt 
avec  une  queue  de  divers  degrés  de  loo- 
guenr  : tantôt  il  rcfTcmble  prefque  an 
C c ici  mis  à contre  fens,  là  coofôo' 
mément  à fa  Ccuacion  ordinaire. 


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II.  PARTIE. 

S E C T,  III. 

Cha».  IV. 


140  NOUVEAU  TRAITÉ 

pagné  de  points  à jour , comme  d’autant  d’autres  petits  0 ^ 
ne  lignifie  rien.  11  lert  tout  au  plus  à la  diftinâion  des  let- 
tres de  la  légende  d’une  médaille.  Si  le  point  prend  la  fi- 
gure de  l'o  ; cette  lettre  à Ton  tour , Si  dans  le  phénicien , 
& dans  le  grec  , Si  dans  le  ladn  , emprunte  aufii  celle  du 
point. 

Nous  voyons  de  très-anciens  mlT  , tel  que  celui  (i)  du 
loi  n°.  17  31 , où  l’o  , fervant  d*exclamation  , eft  dilUngud' 
par  un  point  central.  Au  lieu  d’étre  mis  au  milieu  de  l’o  , 
on  le  place  fouvent  à côté.  Le  mf.  du  roi  2x33.  de  la  fin 
du  vi‘.  ficelé  ou  du  commencement  du  vii‘.  en  fournit 
des  exemples.  Ce  fut  aparamment  pour  remédier  à l’abus 
introduit  par  les  copifies  d’inférer  indiféremment  le  point 
• ' dans  l’O  majufcule  exclamatif  ou  non.  Ils  s’étoient  acoutu- 
més  à ne  l’envifager  , que  comme  (i)  un  pur  ornement  , 
dont  ils  ne  crurent  pas  devoir  priver  plufieurs  autres  let- 
tres. Cette  pratii^ue  déjà  née  au  vi‘.  ficelé  , acréditée  du- 
rant le  VII®.  étoit  bien  établie  (3)  auviii'  , fans  toute- 
fois êtoe  invariable. 

(4)  K*thtnhti  Bouteroue  (a)  avoit  pris  la  dernière  lettre  du  nom  du  roi 
anittijei.  ^ n».  Thierri  , fur  une  de  les  monoies  , pour  un  O & une  S ; 
(I)  TrMùtJtsme~  M.  le  Blanc  {i)  le  relève  , Si  foutient  , que  ce  n’eft  qu’un 
fimple  (4)  O gothique.  Ils  poutoient  avoir  tort  tous  les  mux. 


fr) 


(1)  Ce  mf.  dint  là  première  ptitie 
pouroic  <cte  poné  julqu’aa  v*.  li^clc. 
C'cll-là  que  Te  trouve  l’O,  dont  le  ceotie 
cil  marqué  d‘un  point  eiclamatif.  Le 
même  O n‘a  pas  la  même  marque  dif- 
tmélive  , dans  la  fécondé  partie  de 
ce  mf  : parcequ'elle  ell  d'une  main  plus 
récente.  Cependant  le  mf  de  S.  Germain 
des  Prés  yAo.  a prefqne  tonjouts  le 
poinr  inféré  feulement  dans  l'o  exclama* 
tif.  Rarement  y fuplée-r-il  par  un  point 
avant  , & un  point  aptés  cette  lettre. 
On  y trouve  le  point  dans  la  lettre  ini- 
tiale , d'OIhiM  : mais  IC  copille  aura  pris 
l’o  pour  une  exclamation.  Il  ell  dificile 
peutêtre  de  faire  remonter  ce  mf.  juf- 
4.  qu'au  VI*.  lïécle  ; quoiqu'il  en  aicplu- 
Murs  caraâéres. 

(a)  Divers  pontificani , ou  milfcls  , 
eertaiocmeot  du  ii*.  fiéclc  , moaticnt 


des  points  ou  des  virgules  , au  milita 
de  beaucoup  d'O . commeofant  les  col* 
Icâcs.  Cet  ulàge  diftoit  encore  long- 
tems  après. 

(j)  Ce  n'étoitpoinc  une  ptéssrgative 
réfervét  à l’O  rond.  Cette  nouvelle  dé- 
ceiatton  étoit  également  pour  l'O  à lo- 
(ànge.  Oe-U  Ta  du  monogtame  des  mit 
Charles , prelque  toujours  marqué  d’un 
point  central.  De*là  le  prétendu  Y écrit 
de  la  main  de  nos  rois  , dans  leurs  mo> 
nogrames , pour  coure  fignacure.  Im^i- 
nation  frivole  , qui  n'a  pas  laidé  d'en 
impofet  à de  très  * grands  antiqaù^cs. 
Les  O en  rfaombe  ne  font  pas  "rares  (c) 
dans  les  monoies  mérovingiennes. 

(4]  Il  entend  probablemenc  l'anciea 
gothique,  dit  d'Ulphila.  Car  il  n'étoie 
pas  alors  queftioa  du  gothique  mo- 
derne. U même  lettre  ceparok  fur  U 

Les 


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DE  DIPLOMATIQUE.  141 

Les  O ronds  , ovales , droits  ou  couchés  , en  lolange , en  - - 

caré  font  prefque  de  tous  les  tems.  Deux  ou  crois  liccles  I’aR-Ti^e. 
avant  J.  C ; de  meme  que  le  D ufurpoic  la  figure  (il  de  chxV.  iv.' 
i’O  ; ain(i  l’O  s’aproprioit  celle  du  D , placé  tantôt  fuivant 
la  fituation  naturelle  , tantôt  à contrelèns.  11  s’en  trouve  en- 
core de  pareils  , quoique  plus  m.aigres  , vers  les  v 1 1 . 6c 
VI 1 1'.  ficelés , meme  dans  les  ra(T.  On  en  voit  aufii  , fous 
la  forme  du  P.  Depuis  l’cre  chrétienne  , on  rencontre  à la 
fois  des  O en  cœur  , en  lofange  , en  demi-lolange  , on  demi- 
ovale  ; compofés  de  deux  C , tendant  à fe  joindre,  &r  ne  le 
touchant  pas;  en  forme  (a)  de  ^ rond,  avec  une  queue  naif- 
iante  ; ouverts  par  le  bas  , par  le  haut , par  l’un  ou  l’autre 
côté. 

Chez  les  Saxons  les  O ronds  , carés  , en  lofange  furent 
fouvenc  terminés  par  quatre  pointes  ou  triangles.  Quatre  S 
ou'C  adoflés  ou  le  traverfant  en  partie  prodiiilîrenc  des  O 
d’une  figure  extraordinaire , mais  dont  l’ulage  ne  l’étoit  pas 
au  VI 1 1'.  ficelé.  Les  o portèrent  fouvent , dès  le  v'  . une 
(3)  tête  pointue.  Soiivent  deux  pièces  disjointes  , entrant 


ij®.  piccc  de  Tes  monétaires.  Hétoir 
(i  commun  d*m((^rcr  quelques  lettres 
,^réquc$  dans  les  légendes  des  monoics  « 
qu'il  ne  ferou  pas  impolTiblc  , qu'on  duc 
lire  05  : (i  cc  nc(h  pas  un  U & un  S la- 
.tins  conjoints,  &:  mal  forméf.  Du  cocé 
de  la  figure  du  caracicrc  , oui  incon- 
vénient néanmoins  à le  prendre  ; non 
^our  un  O de  quelque  gothique  que  ce 
foir  , mais  pour  un  0 curfir , donc  la 
io'^mc  en  8 étoïc  en  ces  tems  Jà  très- 
u/îîée.  D'ailleurs  on  ne  faifoie  point  di 
£culré  d'employer  quelques  lettres  cur- 
/îves  parmi  les  majufculesdes  marbres  & 
des  bronzes. 

(1)  Mathieu  Fgizri  (h)  le  prouve  par 
tine  infeription  , qu'Alcxis  Symmaque 
Mazoebi  a le  premier  publiée. 

(i)  Les  0 aicélem  fonvent  la  figure  du 
3 curfif,  né  du  S oncial.  Sous  cctcc  for- 
ik.w  , ils  font  familiers  à toutes  U*s  écri- 
tures conrantev  , depuis  les  premiers 
rems,  jnfqu’au  xi*.  ficctc.  Le  x*.  en  ren 
ferme  d'autres  , qui  Cc  raportent  au  J 
mii'ufcule. 

()J  La  pointe , au  Tommet  de  IV  civlîf, 

Tome  IL 


cfi  de  tous  les  ficelés.  Mais,  depuis  le  («)Paxe|8.  K 
XII®,  clic  dégénère  en  angle,  qui  con- 
court (uuvcnr  à former  un  polygone  ir- 
régulier, figuic  très-propre  à donner  le 
caraélère  conflitucif  de  Vo  gothique  ea 
minufculc.  On  peut  lut  agréger  IV  cur- 
fif , fernhlablc  à Xv  confonc  mixtiligne. 

Il  eft  ordinaire  en  Efpagnc  , aux  xiv. 

XV.  & XVI®.  ficelés.  Des  le  xi®  , l'Al- 
lemagne en  ofre  les  piémiccs.  On  ne 
ferok  guère  remomer  plus  haut  IV 
travcfli  en  4 ; s'il  n'avott  pris  date  dans 
la  romaine  , du  moins  au  vi®.  fièclc. 

Il  s*y  donne  à la  vérité  un  air  plus  élé- 
gant , Af  s'y  montre  fous  un  contour 
beaucoup  plus  ample,  le  même  4 pris  (J,)  ücnaîès 
pour  1»  i les  Angloiscn  faifoicnt  iifage, 
au  XI I®.  fc:lc  ; les  Aücmans  Sc  les  Ef-  ^ j 
pa*»nols  au  xiv®.  Ce  qui  (bit  dit  nom- 
mément d eux  , fans  cxclufion  des  au- 
tres pciiplc*^.  Du  refte  les  anciens  <»,  fi- 
gurés en  4 fc  didingucnt , furtout  de  ceux 
des  bas  tems;  en  cc  que  les  premiers ent 
fbuvent  le  port  d’un  4 en  chifre  : & ce- 
pendant le  côté  gauche  du  friangle , qu'ils  # 
formCDt , paroit  plus  ou  moins  aroadL 

Hh 


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II  PARTIE. 
S ( C T.  III. 

Chat.  IV. 


i4t  NOUVEAU  TRAITÉ 

dans  leur  composition  , furent  unies  par  >le  ’haixt  , Tans  l’c- 
tre  par  le  bas  ; ou  par  le  bas  , fans  i’ctre  f>ar  k haut.  Oa 
vit  qucl^efois  des  o , compoks  de  crois  traits  vifiblement 
féparés.  Quand  même  ils  fe  touchoienc  ; H n’étoic  pas  diü- 
cile  de  dillinguer  les  diverlês  parties  , qui  concaztoieut  à 
la  formatir»!  du  tout. 

L’o  minufcule  a moins  varié  , que  l’o  curfif.  Les  mfT,  & 
fuitout  les  diplômes  , en  écriture  courante  , diverfifioienc 
prodigieu/êment  la  figure  de  Va.  Les  plus  anciens  kii  <lom- 
noienc  quelquefois  la  forme  des  chifires  (i)  arabes^..  6.i. 
des  minufcuies  a , i , d , ^ Si.  du  csLpasd. 

Toutes  les  figures  de  i o des  notes  de  Tyron  fc  tetrou« 
vent , dans  Vo  de  la  curiive  romaine  , où  elles  femblent  avoic 
^té  puifëes.  L’o , à pointe  aigüe  pat  le  haut , s’ell  foucenu  en 
<a)  quelque  forte  , jufqu’aux  oenûers  tenu.  Il  éroic  fott 
commun  dans  les  diplômes  vers  le  -y^.  fiock.  Alors  lût 
queue  fupérieute  écoit  très  (5)  alongée.  £lk  iétoic  tncmey. 


(1)  Les0  en  forme  de  4apancctMeor*, 
comme  on  Ta  dit , à Tage  le  plus  recu- 
lé. Alors  même  ils  font  un  peu  tares; 
undis  ()ue  ceux , qui  fc  déguifcnc  cii  6 
reviennent  fans  cclfe  , jufqu’au  rx*. 
ïîécte  , :tu-dclà  duquel  iis  ne  parolifeat 
pdus.  Au  VI  t^.  nous  voyons  des  o par- 
faitement femblables  aux  b.  Il  $*eo  trou- 
ve encore  au  ix*,6c  même  plu»  qu’en 
ancun  autre.  Ceft  de  IV  métamorphofé 
«a  6 y qu  ils  avoient  pris  nailTancc.  Les 
transformés  en  9 ne  remontcot  guère 
inoins  haut  : mais  ils  ne  font  pas  0 fré 
quens.Lêur  durée  nepalfe  pas  Icx^.Iiéde. 
InuUc  figure  ancienne  de  IV  du  nombre 
de  celles  , qui  femblent  aujourdut  fort 
Ifmgutiércs  ne  fut  plus  employée  , qnc 
celte  du  8 , Ou  piùrôc  de  IV  grec.  La 
tnode  sVn  palTa  infentîblcmcnt  , depuis 
le  (îcclc  , jufqu’au  xi  . auquel  cet  0 
lèmble  érre  tombé  dans  Ibubli. 

(1)  rcr<S  eut  cours , au  XI 1^  fiècle. 
5a  courbe  dioicc  , enfoncée  dans  Hn- 
térieur  de  IV  devint  cxt'rienrcmcnt 
concave  , de  convexe  quVnc  étoit  na- 
torcllcment.  Les  0 terminés  en  pointe 
baut  & bas  , Zc  non  par  leurs  côtés , 
commencèrent  au  ix®,  ficcîc  à Ce  mettre 
for  les  rangs.  11$  patuknt  plus  a la  mode 


aux  n,  9c%xt*  y Mené  eootribuèsent  pas 
mo  ns  , que  la  faulTc  lofange  minur*' 
culc  à la  produâion  de  IV  gothique. 

(5),  LV  CD  forme  dV  fo  maintint  long- 
cems  dans  les  écritures  alongées.  Ce^ 
pendant  IV  en  é ou  prerque  en  d , ée  TV 
a pointe  sy  reproduifent  bien  phrs  fré* 
■quemment.  On  ne  voit , pour  ainfî  dire  ^ 
la  queue  *de  tV  s'éléver  au  dclTus  de  la 
-ligne  alongée  , que  fur  la  fin  du  ix*. 
fiede.  St  cet  ufage  ne  devine  pas  géntf* 
ral  au  X*  $ il  y fit  au  moins  bî-m  du  pro* 
■çrès  , particulièrement  en  Allemagne 
fous  les  Ottons.  il  n'avoit  rien  perdu  de 
fa  faveur  en  France  fous  le  roi  Robert. 
Mais  cette  queue  , qni  qnclqocfois  ex- 
céda la  ligne  aloAngéc  (Ton,  de  deux» 
& rm'inc  de  trois  des  corps  de  IV , me- 
furé  fur  la  hauteur  même  ac  cette  ligne  ; . 
fouvenr  ne  la  furpafibii , que  d'une  moi- 
tié de  fon  corps  , & de  nv^ins  encore. 

Aux  VI I.  VI 1 X.  & ix^.  ficelés , les/i 
fc  terminant  en  queue  pour  Tordinaiie; 
leur  corps  n’étoic  , qoe  la  moitié  ou 
(c  tiers  de  la  ligne  alongée  » au  niveau 
^dc  laquelle  certc  lettre  ne  s'élévoit, 
qu’au  moyen  de  fa  queoe , prcfque  tou- 
jours lice  avec  les  caradcrcs  voifins  , 
jufqu'enviroa  le  miüca  du  ix*.  ficelé» 


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DE  DIPLOMATIQUE.  145 

flès  le  ix',  & quelquefois  paroiflbit  ( I j trembler  ou  ferpen- 
ccr.  Le  dernier  (z)  état  de  Yo  minufcule  des  mfl',  ayant  le 
renouvellement  de  l’écriture  , montroit  des  raports  mar- 
qués avec  l’héxagone  , à côtés  inégaux  , figure  originaire- 
ment tirée  de  Yo  en  lofange. 

XV.  Quoiqu’on  puifle  remarquer  quelque  légère  difé- 
rence  entre  le  P des  alphabets  nationaux  , fortis  de  la 
meme  fource  -,  il  n’eft  point  de  lettre  , dont  la  relTemblance 
Le  foutienne  mieux , par  raport  à leur  totalité. 

Il  eft  étonant , que  Scaliger  (a)  ait  fait  defeendre  le  P la- 
tin d’un  prétendu  P Ionien  en  forme  de  D rond  ou  trian- 
gulaire ; tandis  qu’il  eft  aifé  de  le  faire  venir  du  P grec  : 
mpofé  meme  que  leur  diftinâion  foit  réelle.  Que  plufieurs 
des  anciens  P latins  foient  un  peu  plus  arondis  ; ils  ne  font 
{>a$  du  moins  beaucoup  plus  fermés.  D’ailleurs  combien 
les  marbres  Sc  les  bronzes  romains  ne  renferment-ils  pas 
d’autres  P latins  , dont  la  conformité  avec  les  grecs  n’eû 
fufceptible  d’aucune  dilTemblance  ? 

Quelques  P des  notes  de  Tyron  n’ont  pas  moins  d’ouver- 
ture , que  les  plus  anciens  p ou  r grecs , dépourvus  de  la  naif- 
lance  du  lêcond  jambage , parallèle  au  premier.  Les  autres 
tiennent  un  milieu  entre  le  P grec  & le  J*  latin  , comr 
mençant  à fe  courber  de  droite  à gauche.  Un  angle  aigu, 
dont  un  côté  eft  le  triple  ou  le  quadruple  de  l’autre  , con- 
ftitue  leur  figure  la  plus  ordinaire  , diferentiée  par  la  feule 


n.  PART  lE. 
Se  CT.  lit. 
Chat.  IV. 


P latin  & grec 
anciennement  le 
même  : P tyro- 
nienj  , diflingacj 
par  leur  pofition  : 
figures  du  P anoo- 
cent  leur  âge. 

(«)  Anim*d.  in 
chrm.  ÏMftb. 
p.  Iiy. 


Payes  narre  »/. 
XI. 


Alors  la  <]ueue  s’en  détacha  : ce  qui  lui 
procura  la  facilité  de  monter  toujours  de 
plus  en  plus.  Quand  les  a n’avoient  point 
de  queue  , ou  qu'elle  ne  commenfoir, 
qu'au  dclTus  de  la  ligne  \ leurs  côtés  fer- 
pentoient  fréquemment , aux  ix.  fit  x*. 
ficelés.  Durant  celui-ci , la  pointe  fort 
aigüc  de  l’a  (tins  queue  fc  courboit  fou- 
vent  vers  la  droite  : fil  partie  inférieure 
l’arondillbit  cependant  prefque  toujours 
en  ovale , Il  formoit  fa  pointe  en  ogi- 
ve fort  irrégulière  , julqu'au  xi  i'.  fic- 
elé. II  n'étoitpas  tare  toutefois  de  voir , 
pendant  le  x.  & le  xi'  , les  extrémités 
paroitre  plus  larges  . que  le  milieu  ou 
que  quelque  autre  portion  intetmédiai- 
«cdcces-a  tres-ferrés,  ttcs-lougs8c  ttél- 
^étoclitcl.  La  figure  d'ogive  devint 


un  peu  plus  exaéle  , ars  xuj‘.  fièciq. 
Au  XIV  , quelquefois  H nailTeit  du  bas 
du  demt-eeicle  de  l'a  mAjufcple  urye  efr 
péce  de  courbe  , portée  vers  b droite. 
Mais  cette  dernière  forte  d'a  n'apartienc 
pat  i l'écriture  alongée  , ^nt  le  der- 
nier état  fur  réduit  , pertdant  le  cours 
du  XI 1 1‘.  ficelé , à la  faulTe  béxagoiic , 
munie  de  deux  itaveifcs  à fës  grands 
côtés. 

( 1 ) Les  côtés  de  Pa , St  furront  le  gau- 
che , n'étoient  pas  moins  fujets  à ces 
accidens,  durant  les  ix.  le  x‘.  ficelés. 
(i)II  n'eft  pas  néccflâirc  d'avertir, que  les 
O majufcolcs  de  la  curCve  le  de  toute  au- 
tre efpèce  d'écriture  , coupés  par  des 
diamètres  , St  autres  barcs  ne  fauroicot 
être  Iballraits  tu  plus  pur  gothique. 

Hhij 


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z44  nouveau  iTRAITÉ 

pofition  , une  dans  fa  forme  & dans  fon  contour.  Peu  de 

^ tyroniens , dont  l’angle  foie  tourné  vers  la  puchef'f); 

Ch  A P.  IV.  en  comparaifon  de  ceux  , qui  le  font  vers  la  droite  ( f ^ )• 
Peu  de  couchés  horizontalement  {'x— ),  la  pointe  rega^uant 
en  bas  ; en  comparaifon  de  ceux  , qui  la  portent  en  haut  , 
foit  perpendiculairement  ( L_  ),  foit  obliquement  ( /_).  Plu- 
fieurs  de  ceux  , dont  la  pointe  cft  ainfi  dirigée  , oin  la  bâf- 
re poféede  biais(  en  eft  plus  d’inrlinésdu  meme  fens 

( ), qu’on  n’en  trouve  de  panchés  vers  ( ^ ) gauche.  Si  l’on 

p.ecend  compter  autant  de  notes , qu’oii  diftingue  de  pofr- 
tions  du  P';  il  ne  faudra  pas  , comme  on  voit , les  réduire 
( I ) à trois  ; fi  l’on  n’a  égard  , qu’à  leurs  figures  ; on  poura 
les  réduire  à une  ou  deux. 


Le  P.  conjoint  ' Ç ) avec  un  autre  P , ou  avec  une  R , ( 50 
fe  tourne  à contre  lens , ô£  prend  la  forme  du  petit  q , dyne 
la  hafie  lui  eft  commune  avec  le  fécond  P ou  l’R.  C’eft  à 
quoi  il  faut  bien  prendre  garde  , quand  on  veut  déchifrer 
certaines  inferiptions. 

Outre  les  monumens  latins , ou  en  c.araélcres  latins  , fut 


(4)  Mufeum  Vf 
ronenfe.  p, 
CCCCiXX, 

De  re  diplom. 
54f- 

{b)  Sirm.  9per, 
;88. 

(f)  Matth.  Æ- 
de  BA£ch. 


fi/)  AmitjusJfur:* 
Vif  «il,  cod,  fr<*g. 

f.iv. 


lefquels  le  P («)  eft  parfaitement  femblable  à celui  des  Grecs , 
l’ancien  P romain  , comme  on  l'a  déjà  vu  , en  diféroit  or- 
dinairement très-peu.  Tel  il  (e  montre , dans  l’éloge  de  Lu- 
cius (^)  Barbatus  : tel  il  fut  oblêrvé  par  le  P.  Sirmond  , 
dans  un  fragment  de  pierre  , trouvé  à Piperno , petite  ville 
du  Latium  : tel  il  eft  repréfenté  , dans  le  Sénatus  - confulte 
(c)  contre  les  bachanales.  Jufqu’au  fécond  ficelé  , la  meme 
figure  fe  maintint  , fur  les  marbres  IcS  bronzes  : quoi- 

3u’on  ne  lailTc  pas  d’y  rencontrer  auparavant  bon  nombre 
c P fermés.  Mais  les  mflT.  conferverent  encore  plus  long- 
tems  le  p ouveit,  Scheleftrate , par  fon  (</)  certificat  , drelTé 


(i)  D.  Carpentier , dans  fon  aîphabet 
tyronicn , n’a  pris  ni  Tua  ni  Tjutre  par- 
ti : (î  ce  n’ed  par  raporr  à la  pretnière 
de  fes  crois  notes»  conftamment  perpen- 
diculaire , & tournée  à gauche.  La  Se- 
conde conricnt  les  P , donc  la  pointe 
tend  vers  le  haut  5:  vcis  !e  bas  ; foit 
<juc  le  grand  jambage  du  P»  foie  i]uc  la 
jointe  , lui  efr  unie  , foicnt  pofés 
obliquement  ou  perpeadiculaircnicnc  : cc 
^ui  produit  au  moins  qnacre  figures  5 Ci 


l’on  fc  fcrtdc  la  difcrcncc  de  leurs  angles 
it  de  leurs  poêlions  , pour  les  dïflingucr. 
La  }*.  note  a plus  d’uniformité  } mais  elle 
ne  renferme  » que  le  P,  dans  fa  litnacion 
oblique  , tourné  vers  la  dioitc  ; c’c‘L-à- 
dire  » qu’on  donne  pour  trotfeme  note 
cette  figure  ^ , qui  avott  déjà  fait  une 
portion  conlidéraDlc  de  la  féconde  note.. 
La  joné\ion  du  P avec  le  C & l’S  aura 
didingucr  cetre  note  par  des  carac— 
téres  etrangers  à fa  aatuie. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  i4j 

ftu  (ujct  c^u  mf.  de  la  bibliothèque  Vaticane  , atcfte, 

que  le  P s’y  trouve  a demi  fermé.  Ce  caractère  ne  répondant 
pas  à celui  du  modèle  , qu’on  en  a fait  graver  ; on  ne  laiiroit 
y regarder  la  figure  du  P,  comme  tourafait  uniforme.  Divers 
autres  mil',  en  capitale  , à la  tète  dc'qiiels  on  peut  mettre 
les  deux  autres  Virgiles  du  Vatican  6c  celui  de  Florence  , 
laifl'ent  voir  la  même  ouverture  à plulieurs  de  leurs  (i)  p. 
. Que  la  courbure  de  la  panfe  commencé  par  le  haut  , un 
peu  au-defTous  du  bout  de  la  halle  ; c’eft  ordinairement  la 
marque  d’une  antiquité  fupérieure  au  vi  1 1'.  liècle.  On  aper- 
çoit encore  des  velligcs  de  cette  forte  de  P dans  les  tems 
pofterieurs  : mais  plus  de  grofliéreté  , avec  moins  de  fim- 
plicité  , les  caradérife.  Avoir  quelquefois  fa)  le  haut  de  la 
tête  ouvert , fans  que  la  courbe  foit  plus  haute  que  la  haf- 
te  ; c’efl  une  indice  du  x.  ou  xt'.  liècle  , & même  du  xi  i'. 
Etre  en  lofange  , anguleux , pentagone  , héxagone  ; ce  font 
des  lignes  dilUndifs  des  p minufcules  , tout  auplus  du  xi  1 
fiècle. 

Le  p curlifanonce  prefque  toujours  , au  moins  le  viC 
fiècle  ; quand  fon  pié  fe  partage  (3)  en  deux  jambages  , fe 

par  le  haut)  fan^  réiiapfitarion  de  queue: 
pourvu  I*.  quils  ne  portafTent  point  foi 
-JO  pié  d’une  longueur  exceflîve  j i®,  que 
la  pointe  fupéncurc  de  la  halle  ne  (or« 
lit  pas  en  dcho  s;  j*.  qoVlle  ne  fur  pat 
en  Ton  entier  trop  oerpendiculaire  s 
4'*.  que  la  panfe  ne  fut  point  fermée 
cn-dc/^ofîs  . ou  rélcvée  par  une  volute. 

Le  p trondi  par  le  fommet  de  fatéce,. 
Sc  rouicrbis  ouvert  ; le  p donc  la  téce 
fcrrHc  ainfi  vers  te  milieu  féparée  de  Cm 
hafle,ne  marqucroiénc  pas  un  âge  moins 
reculé.  Mais  les  f à petite  ovale  , ou  bien 
k ogive  renverfée , ü fort  étroite  , d’ail- 
leurs foutenus  par  un  Cmple  montant , 
fatfânt  an  angle  oio  un  pli  , tant  foie 
peu  au  delTous  de  leur  tête  , feroienc  des 
indices  artîirév  dü*vi'.  ficelé.  Néan* 
moins  dei  p de  ceccc  narorc  , d’une  part 
à hade  très  droite  , d autre  parc  à panfe 
ronde  , ou  bien  à ovale  afin  large  oii 
merric  irrégulière  > & plus  coorbee  du 
côté  droit  qnc  du  coté  gauche  : de  tcls/t 
doivent  être  relégués  auzviit.  Sc  la*. 
iéèlelfi  Us  AériceroicAt  cacote-  diêtre 


(1)  Ce  caraflcrc  cil  encore  très  fré 
qucnc  , dans  l'écriture  onciale  du  vi^. 
/icctc.  M.1SS  fi  Ton  en  découvre,  au  vu  t®, 
& nicme  depuis;  ou  ils  font  plus  aron 
dis  ; ou  leur  courbure  efl  un  peu  re- 
coqmMée  en  defibus  ; ou  d’autres  fignes 
de  nouveauté  ne  permetccot  pas  de  les 
confondre  avet;,  les  plus  anciens.  ‘ 
{aj  Hcinecius  f«r)  donne  cette  ouver- 
ture comme  le  caraâcre  ordinaire  de  l'é- 
criture des  fccaux  du  Xii*.  ficelé.  Mais 
il  s on  faut  même  , qu’elle  n’y  foit  fré- 
quente.Elle  cfb  plus  commune  dans  la  mi- 
nitfcule  & dans  la  curfive. 

(})  Ce  caraclcrc  fcmblctclfemcnTpro 
pte  du  p curfif  romain  , qu’il  ne  fauroit 
ronveoir  à nul  autre  de  ramfqbité.  Quoi- 
que nous  ne  doutions  point  , qu’il  n*aic 
continué  d'avoir  cours  en  Italie  , au- 
delà  du  vi^,  Écclc  » nous  n*cn  avons 
püitjt  vu  d’eicmple  , précififraent  dans 
ic  meme  goiir.  Seulement , fous  Charlc* 
IV'îgnc  * cettams  p curfifs  ont  quelques 
1.100.1$  de  figure  avec  eux.  Ou  pouroic 
iéiCYcr  au  T^.  fiéck  des  p ocbiculaifti 


n.  PA  RTIE. 

S X C T.  III. 

Ch  AP.  IV. 


(4)  Dtfiflll, 
'.  i»5. 


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i4<f  NOUVEAU  TRAITÉ 

tenant  par  le  bout  inférieur  ; foie  qu’en  remontant  ib  (e 
*Si*c*T*^  i /i^  traverfent  de  diférentes  manières  : foit  qu’ils  demeurent  dif. 
ÇK  4f.  IV.  joints  : foit  qu’ils  s’unilfent  , pour  fe  partager  enfuite.  Sil« 
{ , dont  la  tête  fe  change  en  S ou  en  3 contourné  , fur- 
tnontant  de  beaucoup  la  hafte  , avec  laquelle  il  forme  un 
' neud  , ou  dont  la  tète  en  ovale  eft  foutenue  par  un  pié 
dtoit  , ou  fait  en  î , pofée  à contre  fens  , délignent  le 
♦il',  fiècle  5 il  rfett  pas  étranger  non  plus  aux  (i)  deux  , 
^ui  le  touchent.  Le  haut  du  ^ en  forme  d’S  ou  de  D con- 
vient encore  , mais  plus  rarement, au  ix'.  fiècle  ; & même 
iux  fuivarts , quoiqu’avec  quelques  altérations  notables.  Le 
pié  en  î à r^outs  , avec  un  neud  , d’où  s’élève  un  □ ou 
üne  S , femble  devoir  être  reftteint  au  ix®  fiècle  au  plus 
tard  ; fi  l’on  eû  ^epte  l’Italie. 

- Dès  le  X 1 1 1® , fouvent  la  (a)  tête  du  J ; au  lieu  de  joindre 


[dos  rattilR»  i fi  l<«r  «jaeoe  fe  «r_ 
minoic  en  pointe  un  peu  détournée  à 
gauche.  Car , 6 trois  fois  elle  fe  eourboit 
en  lens  contraires , te  qu'il  en  réfulràt 
it  J ioa  (touroit  lê  faire  remonter  au 
v'.  licde.  tn  général  les  p en  ovale  , 
Çm»  ûllie  de  1a  bafee  vêts  la  gauche , 
font  céfetvés  à l'Italie. 

Pour  que  i'£fpagnc  puilTe  , 1 quelques 
égards  , les  révendiquet,  au  a',  fic.-le  ; 
a but  qu'ils  aboutiîfent  eu  pointe  élé- 
«éc  f , ou  bien  un  peu  panebée  vers  la 
droite.  Mais  , fi  , avec  un  pié  plus  court 
que  la  tête  | celle-ci  fe  rfarécifibit  ei- 
uêmemcnc , te  fi  (Ile  ptcneit  , au  , moins 
du  côté  droit  v''  la  forme  d'une  /’:  ni  la 
Baace  ni  l'Italie  , au  zii‘.  fiècle  , ne 
■iécDnoii''nicm  un  / de  cette  tournure. 

Ijttfi  f cutCfe  o:  minufcules,  dont 
la  tétç  elliptique  s'élève  confidérable- 
ment , au-defius  du  bouc  éminent  de  U 
hafte,  anoneent  fréquemment  le  vti'. 
fiècle  , k ne  font  pas  moins  employés 
an  Ftance,  qu’en  Angleterre.  Dans  les 
diplômes  méioviiigieos  , jufqu’à  Pépin 
k bref  ; fouvcnc  l'éminence  de  la  hafte 
du  4 en  neud  .obliquemcnc  pofée, 
«’eft  point  diftiognée  de  la  coniinua- 
Üei)  de  ht  panfic.  Alors  le  haut  de  la 
tête  n'eft  pas  toujours  cambré  ; mais 
fiumet  foHSOosé  d’une  carne,  donc  la 


duiée , fur  des  P d'une  ancre  forme  s'é- 
tend jufqu'aus  derniers  fiécics.  Quant 
à cccie  manière  de  former  le  <£  , d’un 
feul  traie  ; foie  en  commentant  par  le 
bas  ; Ibtc  en  panant  du  côté  gauche  s 
clic  CUC  grande  vogue  , âuz  vu.  êc 
VI  ii‘.  IScIes.  Mais  , fur  le  déclin  du 
dernier  , déjà  I habitude  de  le  tracer 
ainfi  écoic  palTéc.  Il  feroit  dificile  de  le 
recoDoicce  , dans  ce  iP  du  ii'.  liccle  ; 
encore  moins  dans  les  T 7 ’f  f de* 
iiv.  & iv'  ficelés  en  France,  en  An- 
gleterre , en  Allemagne.  C'eft  pourtant 
a peu  près  le  meme  mouvement  de  la 
main  : mais  les  figure*  fooc  fort  difé- 
renccs  -,  Si  il  n'eft  pas  à craindre,  qu’elle* 
foicnc  confoudues 

(i)  L'Italie  même  continue  de  non* 
en  prefencer  , au*  i.  te  *i'  fiîcle*. 
Quelques  ^ du  vu',  ne  diferent  pat 
beaucoup , comme  on  voit , du  Q ma- 
jufcule  ne  nos  écritures  curfives.  On  ren- 
contre , au  *' , de  ces  p 5 mais  à tête 
moins  circulaire , ou  moins  fpirale. 
D'autres  ê queue  , notablement  courbée 
vers  la  droite  3 mais  dont  la  tête  ne 
s'écarte  pas  de  la  forme  .lu  p minufcule, 
fentent  a la  fois  te  l'Iralle  te  le  *1*, 
fiècle. 

(s)  Quelquefois  elle  eft  ceêipée  dç 
part  en  parc  |^u  moyen  d'une  traverfe  : 


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DE  DIPLOMATIQUE.  X47 

/bnpiemenc  en-delTous  le  jambage , qui  la  fouûeiic , 1©  fera- 
verib  cotalemenr.  On  doit  rnsme  faire  retnoncer  le  coq^  n.  partie. 
mencement  de  cet  ufage  , vers  le  milieu  du  xii'.  Mais, , S‘ct.  mi. 
quoique  depuis  long-rems  La  queue  du  /?  fe  courbât  vers 
la  gauche  j ce  ne  fut  qu'au  xi  1 1*^.  lîècle  , qu’elle  le  fit  ré- 
gulièrement , en  prenant  la  forme  d’une  “Xj  couchée.  Au 
XIII*  , fans  s’étendre  confidérablement  de  côté  ; elle  (ê  re- 
lève feulement  un  peu  vers  la  gauche  : mais  au  xiv*.  fié- 
de  cette  courbure  foc  aflez  fréquemment  poufTée  jufqu’à 
la  tête.  Les  f euffift  , aux  xii.  Si  xi  1 1*.  fièdes  , furent 
Ibuveni  compofés  de  trois  'ou  quatre  pièces.  La  traverfe 
coupant  la  balle  ell  furtout  remarquable  , comme  un  m- 
dice  des  bas  tems.  Ce  goût  fubfiftoit  encore  dans  toute  £i 
£orce,aux  xv.  Si  xvi*.  llccles  : quoique  , depuis  le  xi  1 1 , 
comme  auparavant,  on  formât  des  (1)  p de  bien  d’autres 
façons. 


nuis  beaucoup  plus  Ibovcnt , celle  - ci 
^ac^c  feus  la  paafe  fe  réunie  avec  la 
^ucuc  . jufqu'à  oe  former  ^u'uii.touc 
cnfcmble  , jufrju'à  patoiire  tracées  d un 
feul  Sc  même  ttaic.  C'cfl  un  caraéUrc , 
uiKjuel  on  reconoit  également  le  iiv.  & 
le  X»'.  fiicle  î (juoKjue  l’Angleterre  pût 
en  moncicr  c|Ucl<]uc  exemple,  dés  le. 
71 1'.  Quand  on  avoit  négligé  de  cour- 
ber la  tcie  du  on  y liipléoit  en 
£lpagne , au  xv* , par  une  petite  pa- 
xtllile.  Souvent  la  queue  se  a’élé- 
Tant  , que  peu  ou  point  du  tout  j la 
jxaverfe  conlondue  «vec  la  tête,  nelaif- 
0 ’fiiii pat d'alerau  devant  de  cenequeae,. 
jx>0)aicpout  la  ic^oindre. 

j[l)  tes  f , senfermautdaos  leur  pan-, 
k un  point  ou  bien  une  ou  pluncurs' 
traverlea  , botiaunialet  , perpendiculai- 
res , obliques  , courbes  de  dilÜixns  or 
dres  , fe  montrent  principalement  , de- 
.pwis  la  £n  dn  xi/*.  /Tûcle  , jisfqu'au 
XV*.  Du  relie  toutes  les  aunes  kiuesà 
,panfe  /ont  /o«>qni  Àsdes  dé  p.veils 
xtaiu. 

tes  f , à .qvqnes  jKnniades  ep  j,  font 
uopict  du  xti'.  les  ,de»  ix.  4c*'. 
âoot  la  tête- commence  à jifittenn  peu 
au-4cirutdc)amniiié  de  Jobade.  nedoi- 
veoi  pas  être  coofondua  , avpc  les  ^ 
do  xlii*.  Les  pccmieis  n'ont  qu’un» 


queue  d’abord  perpendicDtalre  , puis  lé- 
gèrement courbée  vers  la  gauche  : Ica 
fcconds  l’êcendcut  cxccllîvemcat  du  mê- 
me côté.  Les  /*,  qui  tiennent  à tous  lea 
deux  lieu  de  panfe  ou  de  tête  , font  dana 
ceux  là  beaucoup  moins  tecoutbées  en- 
dcHous  , 8c  plus  icguliércs  , que  celles 
des  aunes.  Cen  elt  alTez  pour  ne  pas 
s’y  mêprcndie.  Nous  avons  au  x*.  Cède 
des  y du  goût  des  premiers  , mais 
avec  une  traverfe.  Ils  fcmblcnt  être  for- 
tis  d’un  Jf  du  ix'^  : mais  donc  le  cum- 
mcncemuiit  petit  remonter  au-delà  du 
vil*.  Au  moyen  d’un  ncud  .pratiqué 
dans  (a  partie  fupêncurc  , au  bouc  de  la 
ciaveilc  s on  diroic  qu’il  o’rmplayoic , 
qu'une  S , pour  achever  la  foimatioii  de 
la  panfe. 

Les  jli,  eompolêt  d’une  p.erpendicOIà3re 
8c  d’une  ovale  ou  d’un  o.rcle  , uni  par 
une  pociie  horiioniale  à la  halle  , u'a- 
nonccnc  pas  moins  le  ix*.  lièclc  , qpe 
ITcalie.  Ils  corrne  aulTi  pour  lois  quel- 
que cours  «n  Tiauc-  : mais  ta  navci/e 
Aoic  fupriméc  , ou  du  moins  plus  ferrée^ 
On  ycn  avoïc  même  déjà  vu  quel  i lies 
I exemples , dés  le  viii*.  liécle.  Mais  la 

2ueuc  du  P étoii  plus  coucie  Sc  moins 
roite  , 8t  la  traverfe  plus  longue.  Les 
p,  dont  la  panfe  n’ell  q<i  un  ) , ou  qui 
Utciminent  pat  cette  figuie,  aparucimcoc 


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m 


148  NOUVEAU  TR'A'ITE 

Le  />  de  ( I ) l’écriture  alongée  nous  fournit  des  obferva- 
n.  PARTIE.  lions,  propres  à fixer  l’age  des  diplômes,  qui  manqueroient 


à t *. 

C H A P,  I V.  ' 

ordinairement  aut  x.  ic  zi^.  Hedes. 
Ceux  , dont  la  cjucuc  Ce  repliant  fur  cliC' 
meme , apres  avoir  fait  un  neud  ou  une 
boucle  t dt  prolom^^t , foir  en  perpen* 
■4liculaiie,  foie  en  courbe , inclmée  vcis 
]a  gauche,  oupouée  tour  à tour  vers 
]‘un  & fautre  côté  , ofre  un  caraélère 
tlu  ix^  liccle,  commun  à toutes  les  lec* 
cres  , qui  dcfccndenc  par  leur  queue  au* 
dclTous  de  la  ligne. 

• f i)  On  peut  le  confidérer , fous  trois 

• xaporrs  : relaiivenien;  à fa  panfe  , a fes 
pomres  fupéneures  ou  cxcédcntcs,  à fa 

‘ ^ucuc  inférieure. 

i*'.  La  panfedup  fc  trouva  régulière- 
ment baut  bas  au  niveau  de  la  ligne  , 
jufque  vers  la  fin  du  x*.  fiède.  Avant 
fon  commencement , & furcout  depuis 
la  fin  du  vtt*  s les  ezeeprions  furent 
' aufiî  rares  dans  les  diplômes  des  Princes, 
que  fréquences  dans  les  bulles  dcsPapes.Si 
quelquefois  la  panfe  monta  fcnfiblemenc 
au-dclTus  de  la  ligne  dans  Ks  premiers  ; 
ce  oc  fut  guère , que  quand  le  p fc  troU' 
va  revêtu  de  la  forme  du  grand  Q cur- 
fif,  ou  que  , fous  une  figure  plus  com- 
mune , il  emporta  certaine  idée  de  dif- 
tinéliôn  : par  exemple  , lorfju'il  croit  à 
la  tète  du  nom  d‘un  Prince  , on  d'un 
titre  d honneur  , dont  on  le  décotuic. 
Depuis  l’entiée  duxi*.  iièclc;  cette  par 
tic  du  P varia  beaucoup  : tantôt  elle  éga 
la  rélévacion  de  la  ligne  : tantôt  elle 
n’ocupa  . qu*unc  moitié  nu  qu'un  tiers 
fa  hauteur.  Mais , dès  1c  milieu  du 
même  ficelé  , elle  fut  fouvent  réduite  à 
fi  peu  de  chofe  ; qu’elle  cil  à peine  çpm  ‘ 
parable  à la  huitième  ou  dixième  des  let- 
tres voifincs  : quoiqu'elles  ne  montent 
ni  ne  defcendcnc  au-delà  de  la  ligne. 
Cependant  à cet  égard  les  autres  ufa- 
ges  contraires  Sc  plus  an*iens  ne  furent 
totalement  abolis,  qu'avec  récriture  alon 
géc.  La  ligne  , qui  fo-me  le  devant  de 
la  panfe  du  p j depuis  le  vi  1*.  ficelé  , 
tend  fouvent  à devenir  cremblan'C.  Elle 
rerpente  plus  fcnfiblemenc  au  ix*  fic- 
elé, & encore  plus  au  x*.  Au  xi*  , elle 
gfl  fouvem  tracée  en  zigzag } mais  cctic 


mode  pafla  fur  fon  déclin.  Au  x^  ^ 

les  P les  plus  cicmblans  par  leur  panfe 

rdlcmblent  fort  à quelques  ) en  cbifre  ^ 

arabe  , placés  les  uns  fur  les  autres. 

1®.  Les  poimes  cxcédentcs  du  p s'élè- 
vent du  bout  fupétieur  ou  de  fa  liaflc^ 
ou  de  fa  panfe  , ou  de  la  raverfe  , qui 
Ks  unit  : ou  bien  , fans  cuumbucr  ca 
len  à la  prolongation  d'aucune  des  troi^ 
clics  paroiircnc  montées  , tantôt  fur  le 
dos  de  la  première  , ranrôt  un  peu  ao- 
dclfous  du  fommet  de  la  féconde  , tanr 
tôt  fur  le  milieu  de  la  troificme.  Quand 
on  fuprima  la  iravcrfc  } la  panfe  rcOa 
fouvent  ouvene  & fut  continuée  pa^  le 
h.iut  en  gaule  ou  en  queue.  La  manière 
de  fermer  le  p par  une  cfpècc  de  pente 
^ femblcroit  avoir  donné  naifiance 
a la  plupart  de  ces  pointes  i fi  des  les 
V.  & vt*.  ficelés  , nous  n’avions  des 
jf  ■ uverts  furmomés  de  rextenfion  de 
kur  panfe.  Vers  le  milieu  du  ix*  , l’an- 
gle formé  par  ccrtc  S 5c  par  la  rravcrfc 
s'alongea  , dans  la  même  proportion  , 
que  le  bouc  fupérieur  de  la  hafte.  Mai; 
louvcnc  auflî  ccr  angle  la  furpafTa  en 
hauteur,  & quelquefois  il  sviéva  tant  foie 
peu  au  defTus  delà  ligue.  înfcnfiblcment 
on  cclTa  , du  moins  en  partie  , de  join- 
dre par  une  traverfe  le  montant  avec  la 
panfe  : 5c  comme  la  mode  s'établit  de 
pouffer  au  plus  haut  tes  queues , qui  dé- 
voient monter  an-defius  de  la  liqnc  $ U 
pointe  du  p eut  le  meme  fort.  Des  avant  % 
fan  880,  on  vit  ces  pointes  paffer  de 
cinq  corps  Técnturc  alongée.  1 eft-à-' 
dire  , qu'elles  eurent  cinq  fois  au, tant  de 
hauteur  , que  la  panfe  du  ^ ; qiioiquVifalc 
à l’élévation  de  la  ligne  Rarement  nean- 
moins la  queue  fiipéricmc  du/»  fut-elle 
portée  fi  haut  > lors  meme  qu  elle  fut 
bridée,  comme  il  ariva  pluficurs  fols  fous 
Otfon  1 I e fiè:îe  cft  proprement  le 
rems  , auquel  prévalut  la  mode  de  cés 
aîoftgcmcns  rupcrflqs  Leur  g*-a:'dc  vo- 
<Tue  ne  èin-a  geè'^c  «;i*c  80.  ans  en  Al- 
lemagne. Car  en  Fran-e  rura-.Te  ot^ofiS 
ji’cuf  pas  moins  .le  paTiifans , oiic  fau- 
tre.  Si  il  pointe  fut  le  p > déjà  fort 

de 


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DE  DIPLOMATIQUE.  , 149 

de  da^ps , ou  qui  n’en  auroienc  que  de  faufl'es.  Les  p fur- 
monrés  de  cornes  (i)  peuvent  aulli  contribuer  à découvrir 
le  rems  , où  certaines  pièces  auront  été  dreflées. 

XVI.  Il  faut  que  les  Orientaux  (1)  & les  Occidentaux 
aient  peu  changé  la  forme  de  leur  Q majufcule  , pour  que 
de  part  & d’autre  fes  raports  continuent  toujours  d’être  fi 
frapans.  La  refl'emblance  du  q minufcule  des  Latins  avec 
celui  des  Orientaux  ell  encore  plus  marquée. 

Aux  preuves,  que  nous  avons  domiées  (<z)  de  l’exillence  du 


II.  PARTIE. 

St  CT.  III. 

Ch  A P.  IV, 

Q dcî  efiverfe* 
écritures  : fupref- 
^ïon  de  l‘«  précédé 
du  Q : juger  de 
l'agc  des  niir.  3c 
des  diplômes  par 
la  forme  de  cette 
lettre. 


diminuée , reprit  faveur  Ttrs  le  milieu 
du  XI*.  lîéde  parmi  les  Allemans  i ce 
ne  fut  pas  pendant  une  efpacc  de  tems 
fort  long.  On  ne  lailTc  pourtant  pas  d en 
obfcrver  encore  <|uclc]ucs  exemples , jufo 
^*au  XII*.  fiécle.  Les  p à panfe  ouver< 
te  ou  fermée  ^ prolongée  en  queue  , cnn* 
nourenc  dans  les  commcnccmcns  du  z*. 
fiècle  avec  ceux  à nointes  , partant  du 
haut  de  la  hade , Uns  en  écre  la  conti- 
nuation. D’autres  pointes  , faifant  un 
tout  avec  cette  ha(\e  , avoient  cours  en 
Italie , dés  le  milieu  du  ix*.  âécie  i mais 
en  Allemagne  elles  ne  fc  montrèrent, 
que  plus  de  cinquante  ans  apres.  En  un 
mot  les  queues  fupéricures  des  p , naif- 
(ànt  du  haut  de  leur  panfe  , 3c  ne  fai* 
fane  que  la  continuer  , aparticnnent  à 
l'aotiquicé  la  plus  reculée  , 3c  fc  main- 
tiennent , du  moins  jufqu’au  x*«  /îéclc- 
Au  contraire  les  mêmes  pointes  /entant 
que  la  fuite  de  la  haAe  , durent  depuis 
le  IX*.  jufqu'au  xi*  , 3c  même  beau* 
coup  plus  tard  ; s’il  ne  s'agit  pas  de 
queues  d’une  longueur  conlîdérablc.  La 
queue  procédant  de  la  panfe  , commen* 
cée  un  peu  plus  haut , que  le  milieu  de 
la  halle , ne  palTe  pas  le  x*.  lîécle  en 
France,  ni  le  milieu  du  fuivant  en  Alle- 
magne , ni  les  commenceraens  du  XII*.  i 
tn  Italie.  Quant  à l’origine  de  ce  f , ij 
n'cll  pas  douteux  qu  elle  ne  doive  écre 
tirée  du  p , dont  la  panfe  cH  engendrée 
par  un  neud  , fortant  de  l'cxtrémicé  de 
fa  halle  , 3c  que  ce  p ne  remonte  à la 
plus  haute  antiquité.  Mais  nous  ne  le 
trouvons  point,  avant  le  xx*.  ficclc,  dans 
aucun  monument  , qui  , de  l’aveu  de 
tout  le  monde  , foit  à l'abci  de  tout 
Ibupçon. 

Tome  IL 


)®.  Les  queues  inférieures  desp  de  l’é- 
criture alongéc  déclinent  prcfquc  tou- 
jours vers  la  gauche , 3c  fc  terminent  en 
pointes  ttcs-aHlées  , 3c  meme  un  peu 
courbées,  depuis  le  viii*,  lîécle.  Elles 
defeendent  tantôt  d*un  corps  , tantôt 
de  deux  , tantôt  de  trois.  La  panfe  di- 
minuée au  xt*.  lîcclc  encrainc  la  dimi- 
nution de  la  queue.  Celle-ci  ne  s’abaif- 
fanc  déjà  prcfquc  plus  au-dclTous  de  la 
ligne  aloogcc  celTa  totalement  de  le 
faire  , au-delà  de  la  moitié  du  même 
^écle.  Environ  le  milieu  du  fuivant  • 

I au  lieu  de  Ce  courber  par  le  bouc  vers 
la  gauche , clic  fc  tourna  plus  d’une  fois 
horizontalement  ou  tranfvcrfalemcnc 
vers  la  droite } mats  fans  jamais  s'étendre 
beaucoup.  Quelquefois  alors  le  bouc  de 
la  queue  du  p fc  change  en  bafe  obli- 
que , 3c  fe  montre  également  des  detut 
côtés. 

(i)  La  double  pointe  Itir  le  bouc  le 
plus  éminent  de  la  hade  du  p dénote 
fpécialemcnc  les  xi.  3c  zit*  , & peut 
néanmoins  en  certains  cas  convenir  aux 
IX.  3c  X*.  lîécles, 

(i)  Les  Phéniciens-famaritains,  Cal- 
déens , Hébreux  , Juifs  le  tournent  à 
gauche  , Les  Syriens  3c  les  Arabes  le 
tiennent  de  plus  couché»  Ces  polîtions 
diverfes  comptées  pour  rien  j quelle  di- 
fércnce  notable  ion  contour  ou  les 
traits  pouroient-tls  expoferànos  yeux? 
L'écriture  runique  , la  grcque  3t  les 
autres , qui  (ont  émanées  de  celle-ci , ne 
foucicnnent  pas  moins  bien  la  mznit  con- 
formité de  figure. 

I i 


(«)Te»>.i.^.  66 f. 


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II.  PARTIE. 
S C C T.  1 1 I. 
CHAt.  IV. 


(m)  De  crthe-" 
p-afh.  f.  111^. 

>>w 

( 


(^)  "ScHv.  mcthcd. 

Ut.  f.  7)1. 


(0  I'.  I'.  cUf. 
1.  div.  I.  genre. 
A.efp.n.  }. 


(d)  'Remsnum 
Iklufeum  — operÀ 
fiudio  Angelt  Cau- 
J"  de  Ia  CijAuJfe. 

Kern  A 174^. 

fcL  (dit.  J,  AHiiA 

àt  D.  Amidei. 


(e)  Pa^.  l8l. 


Zfo  . NOUVEAU  TRAITÉ 
Q étrufque  , on  peut  en  ajouter  une  nouvelle  , r^ultanc 
de  la  (i)  dernière  édition  de  M.  de  la  CliaulTe. 

Veut-on  trouver , dans  les  notes  de  Tyron  , le  Q capital , 

1;  minulcule  &c  le  curfif  ? Qu’on  rapèle  au  premier  ces  (i) 
figures  $.  Ç ^ O dont  quelques  unes  font  difé- 

remment  renverfees  : au  fécond , celles-ci  0\  Û\  ; au  tioi- 
ficme  , les  fuivantes  *\  1 J , qui  fupofênt  confolion 

ou  fupreflion  d’un  ou  deux  traits , mais  dont  la  curfive  ro--  ^ 
maine  fournit  beaucoup  d’exemples  , par  raport  aux  trois 
premières  du  dernier  rang. 

Velius-Longus  atefte  , que  quelques-uns  (a)  écrivoienc 
gis  , gae  , gid  ; au  lieu  de  guis  , gux  , guid.  Certains  mo- 
numens  antiques  ont  confervé  des  marques  de  cette  ortho- 
graphe. On  en  voit  , dans  Foggini  &:  divers  autres  com- 
pilateurs d’inferiptions  , pour  ne  point  parler  des  mfT. 

Jufqu’à  Fa  fondation  des  chaires  royales  fous  François  I » 
rUniverllté  {h)  de  Paris  (})  prononçoit  fans  coiuraditUoii  ^ 
gis  , gantus  , galis  ; pour  guis  , guantus  , tjualis.  C’eft  une 
obfervation  , faite  d’après  Ramus  par  Dom  Lancelot.  Cette 
prononciation  , conforme  à la  langue  françoife  , aura  plus, 
d’une  fois  ocafioné  la  ftiprelfion  de  l’a  dans  (c)  l’écriture. 

Suivons  m.aintenant  la  lettre  Q , dans  fes  metamorpho- 
fes , & tâchons  d’en  profiter  ; pour  fixer  l’age  des  antiqui- 
tés diplomatiques  , métalliques  & lapidaires  , où  fes  dité- 
rentes  formes  fe  trouveront  confignées. 

La  lettre  Q.  ouverte  par  le  bas  , à queue  horizontale  ; 


(x)  Une  patère  d’airain  fiçurèc  , {d) 
région  5.  porte  dans  Ton  inlcription  le 
mot20/>l  Vj85\  j Donc 

par  la  règle  des  noms  propres  > les 
Etrufqucs  avoicnc  la  lettre  Q » auill  bien 
(]oe  !‘0. 

(i)  Nous  ne  donnons , que  les  gen* 
rcs  de  ces  crois  clalTcs  de  Q ryrooieos. 
Leurs  efpcces  nairrotent  des  divetfes  po- 
sitions des  memes  ligures  ou  de  quel- 
ques inHèxions  de  traies.  D.  Carpentier, 
qos  a mis  pele  mèic  les  notes  de  ces 
crois  ctalTes^  n'a  pas  èpuifé  la  pccmière. 

(;)  M.  Dreux  du  Radtcr  a publié  fur 
celte  matière  une  petite  dilîcrtacion  , 
daos  le  (e)  Journal  hinotiquc  de  Sep- 


I tembre  17(0.  Il  cire  des  éditions  du 
, commeucciUciK  du  xvi^.  (tcclc , oii  l'oii. 
; fuivoit  eocofc  l'orrhographe  de  hihés 
kémkAH  i au  lieu  de  ijnififttii  A:  de 
Le  P.  Niccron  rapoi  te , qu’uu 
Bcnèltcier  privé  par  la  Faculté  de  Théo- 
logie des  revenus  de  (bn  bci>(:lice , pour 
avoir  eu  la  ccmèricé  de  pronorKcr  : 
ijuamtjuMm  pour  kMnkmn  , porta  PaTaire 
au  Parlement  , foincuu  de  Ramus  au- 
Tcur  de  cette  prononciation  , Sc  de 
: quelques  profcJrcuT!  royaux.  Aiét  du  Par- 
lement intcrviut,  qui  laitra  la  liberté  de 
proiioncer  , comrtK  on  yoodroit. 

Voyez  cirapiès  ce  que  note  difoii>-< 
,Xur  Vh  , précède  du  3. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  iji 

disjointe  par  le  haut  , à queue  ( Q ) oblique  ; exaûement  ’ 
fermée  , à queue  perpendiculaire  , &:  quelquefois  détachée  * 
( Ç ) ; en  forme  de  Q , adofl'é  vers  la  gauche  , à queue  naif- 
fanre  du  bas  f 0^)  ou  du  milieu  ( 0^)  de  la  perpendiculaire  : 
malgré  toutes  ces  variétés  , cette  lettre  ne  lailTera  pas  d’a- 
partenir  inconteftablement  à l’antiquité  la  plus  reculée.  Di- 
ücilement  montrera -t- on  quelque  Q femblable  , depuis 
Jule  Céfar.  Surmonté  d’une  tête  ronde  , fans  volute  inter- 
ne , formé  d’un  feul  trait , terminé  par  une  queue  ordinaire  ; 
de  quelque  côté  de  la  tête  , qu’on  la  fafle  (ortir  ( C\^  ; 

il  eft  propre  du  tems  , qui  s’écoula  depuR  le  commence- 
ment de  l’empire  , jufqu’à  la  fin  du  fécond  ficelé.  On  y 
peut  aulfi  fixer  le  , à queue  détachée. 

Avoir  la  même  partie  obliquement  tournée  , s’ouvrir  un 
peu  foit  au  haut  , foit  au  bas  de  la  tête  : ce  font-là  des 
caraâcres  du  Q , auxquels  un  mf.  du  v®.  Cède  fera  reco- 
noiffable.  Les  Q tirés  d’un  feul  trait , avec  de  femblables 
ouvertures  , porteront  les  memes  marques  d’antiquité.  Les 

à tête  pointue  , traverfée  par  une  queue  , ne  font  pas 
tellement  réfervés  aux  v.  & vi  ; qu’ils  ne  puilTent  convenir 
aux  précédons.  Admettent-ils  des  irrégularités  , dans  leur 
ogive  ( (î.  )?  fa  pointe  eft-elle  inclinée  de  côté  ? l’on  y dé- 
couvrira le  goût  du  vu',  ficelé.  En  général  la  queue  de 
cette  lettre  ne  pénètre -t-elle  point  dans  fon  intérieur  ? l’o- 
give même  régulière  ne  contredira  pas  le  génie  du  vin'. 
UeQeft-il  compofé  de  plufieurs  pièces  , dont  le  côté  droit 
relTemble  à notre  J conïône  ? les  fièclqs  fuivans  , jufqu’au 
XI 1 1'  , fe  manifefteront.  Reçoit-il  , dans  fon  lêin  , des  traits 
fuperflus  ? il  fera  poftérieur  à la  dernière  époque  , à moins 
qu’il  ne  foit  lombardique. 

Une  queue  , courbée  au  - defibus  de  la  tête  prefque  en 
forme  d’S  couchée  , paroit  prefque  également  alTortie 
au  génie  de  tous  les  fiècles , depuis  le  fécond  jufqu’au  vi  1 1'. 
On  pouroit  ajouter  au  xi  : fi  cette  queue  étoit  détachée  de 
r O » ouvert  par  delTous.  Au  vi  , le  bout  de  1’^  en  paroit 
quelquefois  féparé  f ).  La  queue  renfermée  en  forme  de 
perpendiculaire  , dans  le  cercle  des  © 0 ; foit  qu’elle  fe 
termine  au  centre  ; foit  qu’elle  foit  de  plus  apuyée  fur  un 
iliamècre  horizontal  ^ ou  traverfant  obliquement  le  même 


I.  PARTIE. 

Se  CT.  III. 

C H a ?.  IV. 


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mW 


“w  a»  ■' 


iji  NOUVEAU  TRAITÉ 

cercle  en  ligne  droite  ou  en  ;c  ; elle  rapelera  l’idée  du  vi  1 1®, 

II.  PARTIE.  fii;.cle. 

H aV.  IV.  point  au  centre  de  la  lettre  Q,  n’indique  pas  plus  le 

VII,  que  ceux  qui  l’ont  fuivi , jufqii’au  x 1 1 inclufivement. 
Le  ^ en  volute  fera  conoitre  le  ix®.  Que  fa  panfe  foie  ^ 
ronde  , qu’elle  foit  ovale  : on  ne  poura  la  faire  remonter 
au-delà  du  x 1 1 ' ; fi  fur  le  milieu  de  fa  queue  mallive  on 
aperçoit  un  point  en  forme  de  monticule.  A-t-il  la  forme 
d’un  a ? on  ne  doit  pas  encore  l’éléver  plus  liaut.  Flanqué 
de  deux  points  faillans{  ) i on  peut  le  rabailTer^  au  xiv' 
fiècle  : furtout  S fa  quAie  fort  petite  ne  pend , qu’un  peu 
au-deffous  du  bas  du  coté  droit.  Au  contraire  femblable  a 
l’M  gothique , fa  queue  commence-t-elle  des  le  haut , & 
s’étend-elle  de  toute  la  hauteur  de  la  lettre  o\,  ? on  ne 
peut  guère  lui  afiigner  que  le  xv'  fiècle. 

Edouard  Bernard  fait  remonter  le  q minufcule  , 700. 
ans  avant  J.  C.  L’antiquité  de  ce  caraftere  paroit  trop  bien 
fondée , dans  les  écritures  orientales  , pour  qu’on  puifle  la 
révoquer  en  doute.  Depuis  le  i®^  fiècle  au  plus  tard , une 
, fuite  de  (i)  monumens  atefte  fon  exiftence.  Sa  tête  fort 
élargie , fe  doublant  par  la  jonêiion  de  deux  courbes  , 
alTure  aux  mil',,  où  elle  fe  trouve  , la  prééminence  de  l’age. 

Le  fécond  rang  peut  s’acorder  à ceux , donc  la  tête  du  y eft 
détachée  en  forme  de  croilTant  , tendant  à lé  réunir  avec 
la  halle  , ou  s’y  réunilTant  en  éfet  par  un  bout  ou  même 
par  tous  les  deux  , au  moyen  d’un  délié  fupérieur  très-fin , 
horizontal  ou  prerq^iie  horizontal.  Les  mêmes  traits  , quoi- 
qu’avec  moins  de  dclicatelTe  , fe  perpétuent,  jufqu’au  vi  1 1' 
fiècle  : mais  la  halle  eft  plus  courte  ,1a  tête  a moins  de  lar- 
geur , une  féconde  queue  femble  quelquefois  nairre  de  la 
première.  Que  le  haut  foit  ouvert  en  , fans  aucune  ten- 
dance à l’union  ; ce  fera  un  indice  plus  fùr  du  vi  i l'ffiè-cle 
au  plus  tard.  Le  parfaitement  caré  déligne  le  ix'  : mais 
la  figure  eft  rare.  Le  ®j  à tête  en  ogive  , dont  la  pointe  tou- 
che la  hafte , élévéc  au-delTus , caraçlérilé  le  vu®  fiècle.  Ter- 
miné par  deux  pointes  fupérieures(  ),  qu’il  foit  mérovingien , 

a 

[•jVat  loj.  (i)  Le  livre  meme  dc^  limiicî  le  (*)  I fervant  à fixer  les  bornes  d«s  terres , daat 
* ' reprdfente  , fous  cette  forme  , comme  J l'ccnficc  toituui. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
lombardique  , faxon  (i)  ou  ciioliii  ; iWanoncera  du  viii. 
ou  ix'  ficde,  &:  du  x'= , fi  le  defibus  parole  un  peu  caré  ou  ”•  partie. 
meme  dctaclié.  Sa  queue  fe  portant  ordinairement  vers  r-*.*  V.l’ 
la  gauche  ; il  pouroïc  nette  que  du  xn.  ou  xiii®. 

Trois  ou  quatre  lignes  droites  inégales  , compofant  (a 
tête  , indiqueront  tout  au  plus  le  vi  1 & pouront  quadper 
avec  les  derniers  tems.  La  lofiinge  ou  le  caré  , imi  par  la 
pointe  à la  halte  du  q , inarqueia  le  xi  n'  ficelé.  Au  xi  v® , 
commencent  les  pentagones  ou  héxagones  des  q minufcules 
&c  majufcules  ; fi  l’on  y fupofe  quelque  fymétrie  : & même 
plutôt  ; fi  l’on  n'en  fupolè  pas.  Leur  durée  égale  celle  de 
l’écriture  gothique  , fins  en  excepter  l’imprimée.  Mais  alors 
on  ne  laiilolt  pas  d’ulèr  de  q d’une  autre  figure. 

L’écriture  curfive  la  plus  ancienne  , pour  former  fon 
minufcule  4’un  feul  trait  ; le  commençoit  par  le  haut  , eiï 
defeendant  &c  remontant  de  droite  à gauche  : puis  en  s’a- 
baifi'ant  de  gauche  à droite  , elle  donnoit  naiA'ance  à la 
queue  , qui  traverfoit  la  pointe  déjà  tracée.  Une  autre  fi- 
gure des  plus  antiques  laifl'oit  le  haut  de  cette  lettre  ou- 
vert , avec  une  queue  dégagée  ( <^.)  • 

Mais  , pour  donner  une  notion  générale  du  q des  aûes 
en  curfive  romaine  ; obfervons , qu’ordinairement  Jk  queue 
n’en  couche  la  tête  , qu’en  im  feul  point.  La  dernière  prend- 
elle  la  forme  de  (i)  cœur  ou  d’ogive  ? fa  pointe  tournée 
vers  la  droite  , aboutira  tant  foit  peu  au-defifous  de  la  par- 
tie fupérieure  de  la  halle  , avec  laquelle  quelquefois  elle 
formera  un  neud.  Reffemble-t-clle  à l’O. , au  c ,à  Vu  ? l’u- 
nion fe  fera  au  bout  de  la  halle  , où  celle-ci  fe  plira  pour 
fe  joindre  à la  tête.  Cela  n’empêche  pas  , que  les  traits  & . 
de  la  tête  &:  de  k halle  ne  fe  traverfent , dans  quelques  fi- 
gures , jufqu’à  deux  fois. 

(i)  En  gindral  la  paofe  du  j Taxon  eft 
fort  fujcic  à fe  charger  d'angles  faillans. 

Plus  il  eft  ancien  , plus  fes  figures 
font  birares.  Qu'on  en  juge  par  celles- 
ci  ; S ^ . Il  ne  faut  pourtant  pas  tn 

conclure  , tju'cUcs  aient  uneotiginc  di- 
fcienrc  du  ^ latin. 

fl)  La  forme  de  corur  avec  deux  oreil- 
lettes à gauche , &.  même  avec  une  au- 
tre furnuméraire  , dure  dans  la  méro- 
Tingiconc  & la  caioliae  , depuis  le  vi'. 


Cccle  jufqn’au  x'.  Mais  la  halte  coupe 
quelquefois  le  corur  par  le  milieu , en- 
lotte  qu'il  patoit  fans  pointe.  Il  devient 
encore  plus  dttoit  , dans  le  x'.  fieclc. 
La  queue  alors  prend  la  forme  de  nos 
/cutlivet.  Si  le  corur  portoii  fa  pointa 
au  haut  de  la  lettre  , pr^cifrmeot  à la 
jonâion  de  la  tete  avec  la  queue  ; ce 
fetoit  une  marque  du  xi  i'.  fièdc.  C'eft 
encore  alors , Sc  même  plutôt , que  cette 
liguic  dôgénôtc  cn  leiuc  ircmblamc. 


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II.  PARTIE. 
S E C T.  III. 

C M A r.  IV. 


ij4  NOUVEAU  TRAITÉ 

Plufieurs  <j  de  la^urfive  romaine  en  forme  de  7 , & 
du  vi'.  fiècle  au  plus  tard , font  comprendre , comment  il  eft 
polTible , que  tant  de  notes  tyroniennes  aient  afeilé  une  fi- 
gure fi  extraordinaire.  Ces  notes  , vifiblement  empruntées 
de  récriture  curfive  , en  démontrent  l’antiquité.  On  ne 
fauroit  faire  voir  ; comiAent  des  7 ont  pu  naitre  immédia- 
tement de  nos  Q , foit  majufcules  foit  minufcules  : mais  il 
eft  fort  aifé  de  fuivre  les  degrés  , par  lefquels  la  lettre  q 
minufcule  ou  curfive  a dégénéré  en  7. 

Le  ^ mérovingien  du  vi  i'.  fiècle  conferve  une  partie  des 
caraéteres  de  la  romaine  du  vi'.  Seulement  fa  queue  s’unit , 
communément , dans  une  étendue  plus  confidérable  avec  Ca. 
tête  , que  ne  fait  la  romaine.  On  n’y  remarque  point  de 
complication  de  traits  , qui  le  coupent , fi  ce  n’eft  dans  le 
bas  de  la  queue  : ce  qui  convient  aufli  quelquefcis  à la  Ca- 
roline. Des  angles  internes  formés , dans  la  panfe  du  q,  or- 
dinairement oblongue , s’anoncent  du  ix*.  fieclç  ou  du  x i fi 
l’on  y remarque  une  efpèce  d’j  , ou  d’i  , naiflant  du  haut 
de  la  hafte  ou  de  la  partie  opofée  de  la  panfe  , &c  renfer- 
mée dans  fà  cavité. 

La  (i)  queue  de  fa  même  lettre  convèxe  vers  la  gauche; 
indique -le  xi  i*  ou  le  xiii'  fiècle  : Sc  les  deux  luivans  ; 
quand  elle  eft  prolongée  du  même  côté  , pliée  en  deftbus 
ou  tournée  vers  la  droite.  Les’  derniers  tems  , qui  ont  pré- 
cédé le  renouvellçment  de  l’écriture  , donnent  au  même 


(i)  Jafau'au  iT.  fiicJes  , elle 

£è  replie  n^<]ueinmem  Tur  elle-même  , 
& forme  une  boucle , au-delà  de  laquelle 
* elle  s’avance  tantôt  en  Z > perpendicu- 
lairement fulpendue  , &’  tantôt  fous  une 
autre  Hgure  , plus  ou  moins  courbe.  Sur 
la  fin  du  1^.  en  Atlcmagnc  ^ fans  s’écre 
eiouée  ni  bouclée  , mais  apres  s’être  cour- 
bée d’on  côté  ; elle  fe  jette  de  l'autre  , 
& gavent  en  forme  d'I  contournée. 
Au  lit'  , iJ  n'efl  pas  rare  , qu’apres 
avoir  defeendu  dircâemcnt  ; cette  queue 
aboueilfe,  en  prenant  la  figure  du  3 . Di* 
minuée  quant  à fa  hauteur  » mais  pouf* 
rée  prefque  borixomalcmcnt  vers  la  gau- 
che , avec  une  cambrure  plus  ou  moins 
ample  j elle  défigne  le  ziii*.  ficclc. 


File  le  fait  aufiî  reconoirre  par  un  traie 
extérieurement  convexe , clévé  de  droite 
à gauche.  Il  va  quelquefois  alors  » 8c 
particuliérement  au  ficclc  fuivant , juf- 
qu’à  toucher  ou  traverfer  cctre  queue  ; 
niais  plus  en  EcolTc  , que  partout  ail* 
leurs.  EnEfpagnc  , aux  xiv.  xv.  & xvi*. 
fiéctes  , la  queue  ne  Ce  berne  pas  à Ce 
coucher  i clic  monte  par-dcHus  la  tête 
du  q.  On  a des  exemples  aulH  , que  no- 
tre lettre  s*y  réduit  en  fpiraic.  La  queue 
pltéc  au-delfus  de  fa  panfe  ou  de  utête 
parut  en  France  , aux  xv.  & xvj*  ; mais 
il  faut  prendre  garde  de  confondre  ce  q 
avec  l’abréviation  dc^,  tepréfentéepae 
les  mêmes  traits. 


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Ik 


DE  DIPLOMATIQUE.  zyj 

caraftère  la  (i)  forme  de  9 . On  voit  aulfi  des  q , aux  xv.  & 
XVI®.  licclcs  , fuitout  en  Efpagr.e  , dont  la  queue  ne  fe 
courbe  , que  pour  s’éléver  au-deflus  de  leur  têre. 

Dans  quelque  écriture  que  ce  foit  , fi  le  Q majufcule  a 
fa  panfc  entrecoupée  de  bares  perpendiculaires  , obliques  , 
horizontales  ; il  fera  pollérieur  au  xi'.  ficclc.  Au  contraire 
fl  Ig  q eft  purement  cnrfif , & qu’une  ligne  à plomb  , ou 
qu’un  autre  trüt  prefque  en  forme  de  petite  s parte  du 
haut , ou  de  fa  halle , ou  de  fa  panfe , & defcende  vers  le 
bas  de  fa  cavité  ; ce  fera  pour  l’Allemagne  un  indice  du 
X*.  Vers  le  XI I , le  Q majufcule  fe  gl.lla  dans  l’écriture  (z) 
alongée , qu’il  égala  par  fa  panfe  , mais  dont  il  excéda  tant 
foit  peu  l’étendue  par  l’abaillêmcnt  de  la  queue. 

XVII.  Toutes  les  nations  , dont  l’alphabet  àell  peu  près 
conllruit  comme  le  nôtre  , ont  leurs  R pour  ainfi  dire  lêm- 
blables  à celles  des  Samaritains  & des  Grecs.  Aux  R cal* 
da'iques , arabiques  , fyriaques  un  petit  trait  manquant  ; 
leur  parfaite  conformité  avec  les  p des  derniers  femble 
en  foufrir  un  peu.  Mais  il  eft  aifé  dé  le  fupléer  , ou  plutôt 
d’imaginer  , comment  il  a pu  fe  j)crdre. 

Au  contraire  notre  R latine  , comparée  à fon  caraÛère 
original  , paroitroir  chargée  d’un  trait  de  trop  ; li  le  fama- 
ritain,  l’étrufque  & Tanciengrec  n’en  foumilToient  des  exem- 
ples , qui  ne  peuvent  avoir  été  puifés  chez  les  Latins. 
D’ailleurs  , quand  le  fécond  jambage  droit  du  P de  ceux-cr 


(i)  On  en  tretive  an(ti  Jcs  exemples 
dans  l'angln-faion  . lans  cicepccc  ré- 
criture minufculc. 

(i)  Avant  le  i'’.  (iècle  , la  panfe  du 

Îr  eft  conftamment  de  niveau  avec  la 
lauccur  de  la  ligne  , où  il  fe  trouve , 
tant  de  la  curlive  ordinaire  , egue  de 
l'alongée.  Auparavant , fa  igueae  médio- 
crement longue  dans  celle  - ci  fcmbla 
diminuer  juftgu’au  déclin  du  ii*.  Alors 
elle  s’étendit  à l'cxccs  , S;  fe  termina 
pat  une  courbe  , extérieurement  con- 
vexe , Ibit  vers  la  droite  , fbit  vers  la 
gauche , foit  des  deux  côtés-  à la  fois. 
En  France  cette  lettre  demeura  fut  le 
même  pié, durant  le  x'.  (iècle  j fi  ce 
n’eft  <]ue  fa  queue  fe  boucla  plus  fouvent, 
& que  là  panfe  s’aroudir  en  volute  , ou 


fe  forma  en  ligne  ondée  ou . tremblan- 
te. Mais  au  it , la  panfe  du  j fut  ré- 
duite , en  France  comme  en  Allema- 
gne , à la  dixiéme  partie  de  la  ligne 
alongée  ; & la  queue  ne  l’excéda  par  Ic^ 
bas , que  peu  ou  point  du  tout.  En  Ita- 
lie , durant  les  v 1 1 1 . i x.  & i* , les  bul- 
les pontificales  nièrent  du  Q majufeu- 
Ic  i comme  s’il  eût  été  curfif.  Il  ne 
palTa  que  d’un  ou  deux  corps  la  ligne 
en  dclTous.  Mais  en  dcfl'us  au  tx‘.  il 
la  furmonu  quelquefois  de  cinq  à fie 
corps.  Il  perdit  de  fa  hauteur  dans  la- 
fuite.  Cependant,  quoique  revenu  à la 
forme  ordinaire , il  portoit  encore  fou- 
vent  d’un  corps  entier  le  bout  de  fa 
liaftc  au-defiits  de  la  ligne. . 


II.  PARTIE. 

SR  C T.  III. 

Cil  a R.  IV. 


Parallclle  de  nos 
R avec  celles  des 
autres  peuples  : R 
tyronicnne  : âge 
des  anciens  mo- 
numeos  in^dlqué 
par  la  divcrfiié  des- 
formes de  cecte- 
letttt. 


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É 


J !.  PARTIE, 
Sicr.  III. 
Ch  Aï.  IV. 


(m)  Bum/nrMti 
élferv.f»pr*  mUmhÎ 

fr»m.  f.  XVII. 


ijtf  NOUVEAU  TRAITÉ 

prie  une  forme  courbe  , il  devine  indifpenfable  d’en  diftin- 
guer  l’Æ  , par  une  queue  ou  quelque  chofe  d’équivalent. 
Pour  remplir  cet  objet  , on  n’eut  befoin  , que  de  le  fervir 
de  ri?  , telle  qu’elle  pouroit  avoir  été  dans  fon  premier  état. 
En  éfet , qui  nous  répondra , que  fa  queue  ne  s’eft  pas  ( i ) 
perdue  , chez  les  Phéniciens  , Etrufques  &c  Grecs , par  des 
diminutions  infenfibles  ? L’antiquité  de  plufieurs  R grèques , 
étrufques  & famaritaines , garnies  de  queues  ne  poutoit-êlle 
pas  ajouter  quelque  poids  a cette  conjedure  ? Quoiqu’il  en 
foit , la  queue  del’A  mal  figurée  {a)  l’a  fit  plus  d’une  (i) 
fois  confondre  avec  la  lettre  j4. 

Les  R tyroniennes  des  notes  finales  , pouvant  monter  , 
jufqu’au  nombre  de  leize  ; on  fc  difpenlera  d’autant  plus 
volontiers  de  les  repréfenter  , qu’on  n’eft  pas  encore  par- 
venu à s’afiurer  pleinement  , li  quelques-unes  ne  pouroienc 
pas  apartenir  à <l’autres  lettres.  Il  n’en  eft  pas  de  même  des 
notes  initiales.  On  y diftingue  feulement  (})  neuf  ou  dix 
fortes  d’R  dominantes  , &:  d’une  certitude  avérée. 

Avec  un  peu  d’atention  , 1»  rAo  grec  s’y  découvre  fans 
peine.  Tantôt  il  conlèrve  prefque  ia  fituation  naturelle  , 
tantôt  il  eft  à contre-fen^,  tantôt  il  paroit  renverfë.  Ne 
pouroit  - on  pas  encore  ^ reconoitre  notre  r minufcule  ou 
curfivc  ? Les  deux  premières  de  fes  figures , que  voici , pour 
ne  rien  dire  de  la  feptième  r/  evi 

ne  femblent-elles  pas  avoir  avec  elle  un  raport  aft'ez  catac-. 
térifé  ? 

Des  ^ majulcules , à lignes  courbées  , foit  par  le'  bouc 


F h)  Tout  bicD  conftd^ré  il  paroic  plut 
robable  , que  le  fcconrl  jambage  de 
R aura  ajouté  avec  le  tcnis.  La  plus 
ancienue  yd  grcque  , dont  on  ait  co- 
noiflanec  avoïc  la  tétc  triangulaire.  A 
force  de  relTerrer  & de  rendre  plus  aigu 
l'angle  faillant  ; fa  pointe  s'alongeanc  fc 
fera  cbaiigéç  eo  queue»  Elle  aura  dt^ 
iorroduicc  fous  cette  forme  en  Italie  ; 
quoique  en  Grèce  l'autre  figure  angu- 
Icufe  , caréc  , & enfin  ronde  ait  préva- 
lu. Les  ^ 51  ^ V ^Ipagnolcs  fc 

montrent  aufll  garnies  fie  dépourvues  de 
qucues.Don  Velafquez  {(/)  reconoit  néan- 
moins , que  la  troificme  fie  quatneme 


pouroienc  bien  n être  que  des  A.  Rien  ne 
l’cmpéchoïc  d’en  dire  autant  de  la  der- 
nière. 

(i)  Buonarruoti  cire  en  preuve  des 
mèdai'les  de  Gordien  Pie  , d’Hodilicn 
3:  de  Poflbume.  On  pouroit  y joindre 
bien  des  monumens  d’un  age  plus  ou 
moins  rèculé. 

(j)  D.  Carpentier  n’en  anonce  , que 
deux  > mais  réellement  il  en  don- 
ne qu.it'C  : parce  MIC  trois  font  tenfer- 
mècs , (bus  (a  (ccondc  note.  Son  anrè- 
pèmilricmc  exemple  rcflcmblc  plutôt  à 
un  V oedin.-me  > qu  à la  vraie  figuie  de 
l'K  , dont  il  o;upc  la  place, 


Digilized  by^Gooj^Ic 


DE  DIPLOMATIQUE.  ij7 

de  leur  jambage  gauche  , foit  par  le  haut  de  leur  tête , qui 
n’en  (eroic , qu’une  continuation  , peuvent  aider  à fixer  l’é- 
criture des  fiècles  anterieurs  à celui  de  Jule  Céfar  ÿ quoi- 
qu’elles n’y  (oient  pas  les  plus  communes.  La  régularité  des 
traits  , l’élégance  du  contour  , la  belle  proportion  des  par- 
ties feront  les  meilleurs  indices  tant  de  ce  ficelé  , que  du 
fuivant.  On  peut  encore  y faire  entrer  le  haut  de  la  tète, 
prefque  horizontal.  Le  fécond  ficelé  , depuis  l’cre  chrétienne, 
le  décèle  quelquefois  par  des  , dont  la  queue  avance  , 
dans  l’intérieur  de  la  tète  , ou  , qui  fe  confondant  avec 
elle  , & paroifi'ant  naitre  du  haut  de  la  halle  , fans  la  tou- 
cher autrement  , fe  courbe  jufqu’à  trois  ou  quatre  fois  ^ en 
fens  contraires  (Ji). 

Que  la  tête  ne  fe  réunilTe  point  avec  la  halle  par  le  haut , 
ou  même  par  le  bas  : que  la  queue  foit  détachée  & de  la 
tête  & de  la  halle  ; ce  ( i ) feront  enco»  autant  de  lignes 
du  même  âge. 

Les  K , dont  le  premier  jambage  ell  concave  en  dehors, 
marqueront  les  tems  purement  gothiques  ; furtout  fi  les  ba- 
fes  des  traits  inférieurs  fe  réunilfent.  Les  mlT,  où  les  têtes 
des  R font  transformées  en  polygones  , fe  (i)  raportent  au 
V,  ou  VI ficelé. 

On  pouroit  mettre  en  problème  ; lî  Mr  minufcule  ell  riéc 


( l)  Le  derrière  de  la  tète  de  l'R  , fou- 
venr  détaché  , là  de  Ia  harie  , ici  de  la 
queue  , ailleurs  de  l'une  £c  de  l'autre , 
porte  des  marques  , auxquelles  ou  reco- 
noit  les  tnlf.  du  premier  âge.  Mais  , 
comme  quelques-uns  de  ces  cataéières 
pouroienc  convenir  à d'autres  fiècles  j il 
faut  que  toutes  ces  figures , ou  du  moins 
la  plupart  concourent  fur  un  monument  ; 
pour  qu'on  puilTe  en  tirer  quelque  in- 
duéiion  laifonablc.  En  efer , fi  l'on  s'a- 
têtoit  à un  ou  deux  de  ces  caraâèrcs , 
à l'ciclufion  des  autres  ; on  les  crouve- 
loit  eotore  au  moins,  dans  les  mlT.  des 
VI.  éc  vit',  fiècles. 

Des  queues  fort  concaves  en  dclTus  , 
& bien  plus  longues  que  la  halle  , ou 
tranchées  par  des  baies  obliques  & pa- 
rallèles à celles  du  premier  jambage  , 
defigneront  le  vi'.  liècle.  Bcaucoupd'ir- 
régularités  , & les  pofitions  bifarcs  de 

Tome  II 


PR  anooccronr  Ici  (Seux  ficdes  fuivans. 
Depuis  le  ix.  jufoa'ab  xiti  , on  re- 
marquera quelquefois  une  grande  dif- 
proportion  cotre  la  hafle  & la  queue.  La 
I première  fera  d’une  hauteur  énorme  , & 
la  féconde  d'une  pecircife  cxceflîvc.  Dca 
le  vil*,  fièclc  , on  obfcrvc  quelque 
chofe  (faprochanc.  Mais  l'R  conferve 
alors  une  forte  d’éleganct  , qui  fufira 
pour  la  diRioguei . Les  R , dont  le  jam- 
bage gauche  fe  divife  par  le  bouc  en 
deux  , & quelquefois  meme  en  crois  par- 
ties , fcmblentplus  particulicrcmencafcc; 
tecs  au  lombardique  , à celui  furcoui 
des  Vi  1 1.  $C  izV  ficelés. 

(i)  Mais  il  faut , que  fes  ligues  droi- 
tes , donc  réfulee  la  tore  des  R » foient 
fans  mélange  de  courbes.  AutrcmcDC/ie» 
o'empéchcroic  d’éccndxc  ce  caraéUre  i 
jufqu'au  iz*.  fîcclc. 

K k 


II.  PARTIE. 
Sscr.  III. 

C H A P.  IV. 


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II.  PARTIE 

S E C T.  III. 

Chat.  IV. 


(a)  MMUifcrlili 
tufittlari.  p.  6t, 


0 


(i)  Dt  Mp’trum 
indiümihHi  &c. 
p.  icj. 


2^8  NOUVEAU  TRAITÉ 

du  P grec  , qui  fe  maintint  long-tems,  chez  les  (i)  La- 
tins ; ou  li  elle  tire  fon  origine  de  leur  R ouverte  , & for- 
mée pour  ainli  dire  d’un  feul  trait.  11  eft  certain  , que , dès 
le  iv'.  ficcle  au  plus  tard  , on  vit  , fur  les  monumens  la- 
tins, des  P (*  Ia-T^  (i)  T minufcules.  La  queue  de  cesr  , 
abailTée  au  niveau  du  premier  jambage  , fembla  les  avoir 
métamorphofées  en  n.  La  meme  figure  déjà  très-multipliée , 
dans  certains  m(T.  du  vi'.  fiècle  , devint  bientôt  ordinaire, 
dans  l’écriture  faxone. 

Pour  faire  le  difeernement  de  \'r  & de  \'f  curfives  , Ibu- 
vent  trcs-refl'emblantes  5 M.  Maft'éi  {a)  donne  cette  règle  : 
que  dans  plufieurs  écritures  , le  dernier  trait  de  la  première 
fe  replie  en  montant , & celui  de  la  fécondé  en  defeendant, 
d’une  manière  prefque  infenfible.  Mais  quoique  ce  carac- 
tère puilî'e  communément  fervir  à la  diftinélion  de  l’une  & 
l’autre  letrre  ; il  tiiduiroit  fréquemment  en  erreur  , fi  l’on 
y comptoir  trop.  Quelque  fois  le  bout  de  Verre  ( Y*)  s’abaifle 
fans  fe  reléver  , &c  Ibuvent  celui  de  Vejfe  ('J*')  fe  rélève  fans 
s’abaifiér.  En  un  mot  , il  n’eft  pas  rare  de  voir  ces  lettres 
tellement  confondues  ; qu’on  ne  fauroit  les  fixer  , que  par 
le  lens  du  difeours.  Mettons  ici  fous  les  yeux  du  leékeur 
quelques-unes  des  figures  les  plus  ordinaires , ou  les  plus  re- 
marquables de  Vr  (1)  curfive  romaine  , antérieure  au'vii'. 

fiècle:  T'tT  'è  Yy'Ÿlt. 

L’écriture  'mérovingienne  , malgré  fa  barbarie  aparente  , 
n’ufa  pas, de  caraûères  plus  hétéroclites.  En  voici  trois  des 
(3)  plus  bifarcs  7^  K qu’on  y puifie  obferver.  La  faxone 
n’admit  guère,  que  l’/2  majufcule.  Verre  {XL  ) minufcule  & V'P' 
curfive  i fi  ce  n’eft  qu’on  veuille  leur  agréger  les  , 


(i)  Ceux  qui  étoient  chxrgés  de  ré- 
gler (i)  les  limiics  des  terres,  daiV 
l’empire  romain  , en  employoient  une 
a/Tcz  Temblable  à la  précédente  ; lî  ee 
n'cH  que  le  trait  avancé  vers  la  droite 
éioit  plusalongé,  & plus  aptoebant  de 
l'borizoniale. 

(1)  Cette  lettre  eft  ordinairement  re- 
conoilTable  aux  deux  traits  , dont  Ton 
pte  Te  trouve  prefque  touiouts  compofé 
Leur  diflinébon  paroit  allez  rare  , dans 
la  njctovingiconc.  Mais , dans  la  Caroline, 


& celle  qui  la  fuit  , jofqu'environ  le 
xts',  fiècle  , il  n'en  relie  communé- 
ment pas  meme  d'»arence. 

( I ) On  ne  leur  adocira  pas  ces  , qui 
pouffant  direéiemeot  leur  fécond  trait , 
le  terminent  en  neud  ; puis  Ce  rabateoc 
par  une  ligne  oblique , couibcou  mixte. 
On  les  remarque  déjà  , fur  le  déclin  de 
l'empire  romain  ; & l'Italie  en  conferve 
des  traces  encore  bien  marquées,  au  zi‘, 
lîccle. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ly? 
qui  ne  paroiflenc  fur  les  rangs  , qu’au  x'.  fiècle. 

La  lombardique  s’écarta  davantage  de  la  romaine.  Aux 
vrii.&  ix'.  liccles  fes  figures  les  plus  (i)  ordinaires  fu- 
rent U ^ • Mais  vers  les  x.  &:  xi®.  elles  dégénérèrent 
au  point  d'être  méconoilTablcs.  Ce  (ont  en  quelque  façon 
des  r,  des  z , des  croix  , de  crocs  Scc. 

Outre  cette  T'  curfive  ; il  eu  cft  une  autre , qui  s’eft  per- 
pétuée (i)  jufqu’à  nous  , &c  qui  fouvent  prend  la  figure  d’un 
Z . On  peut  en  rapeler  l’origine  à la  conjonéfion  fréquente 
de  l’O  & de  VR  dans  l’onciale.  Comme  l’O  fourninoit  la 
panie  antérieure  de  l’R  celle-ci  n’avoit  de  propre  , que  fon 
côté  droit  Oî. . C’eff  de  cette  portion  détachée  &c  redrelTée , 
que  notre  X.  ^ ptis  nailTance. 

Aux  VIII.  6c  ix'.  ficelés , peu  s’en  falut , que  des-X  (î) 
de  la  curfive  Caroline  ne  parufl'ent  transformées  en  p.  Quel- 
quefois , fur  la  pointe  (4)  droite  de  \’r  , une  extenfion  s’é- 
leva en  forme  à' fou  de  ^ grec.  Les  F des  diplômes  des  ix. 
6c  x'.  liccles  eurent  (j)  pour  l’ordinaire  une  queue  fort 


1!.  PARTIE 
s rcT.  III. 
Ch*  P.  IV. 


1 


(i)  On  peut  compter  .parmi  les  plus 
rares  , non  des  mlT,  où  elles  ne  paroif- 
Tenr  peutécre  jamais  i mais  rcuicment 
des  chartes  , ees  ■yf  'Y  "f  f'  . dont 
les  crois  dernières  aparriennent  au  xi°. 
liccle.  Au  refte  leur  rareté  ne  doit  pas 
s’entendre  de  quelijues  pièces  en  f>arti- 
culier  : ppiftju'il  en  cil , où  elles  Ibnt 
très- communes. 

{i)  On  feroit  volontiers  remonter  cette 
figure  . jufqu'à  l'ancienne  curfive  romai- 
ne i fi  l'on  la  retrouToir , dans  la  franco- 
galliquc  & la  Caroline.  Mais  on  ne  la 
voit  reparoitre . dans  les  diplômes , l^s 
la  forme  du  a , qu'au  i‘.  fic^g-  H cil 
vrai , que  la  curfive  romaine  fubfifloit 
toujours  en  Italie.  Ainfi  quand  cette  t 
n'auroic  pas  eu  cours  , dans  l'onciale  & 
daus  la  minufculc;  elle  auroic  pn  fe  ré- 
pandre de  cous  côtés  , par  le  moyen 
des  bulles  pontificales.  La  figure  du  i , 
alTez  confiamment  employée  . julqu'au 
*111'.  ficelé  , fe  change  alors  en  z. 
Cette  1 , ic  l'autre  encore  pins  eom- 
muoc , Ce  raprechèrentau  z iv', jufqu'à  fe 
con&odrc.foiis  les  figures, (bit  de  l'v  aigu, 
lôitdel'v  rond, qu'elles  emprunièteDc.La 


France,  l'Angleterre  & l'EcolTe  en  fournif- 
fent  des  exemples.  On  découvre  aullî , 
futtouc  en  Allemagne , des  R majufea- 
les  , compofées  d'un  grand  & d'un  pe- 
tit 1 , pofés  de  fuite.  On  glilTe  pout- 
caiit  enct'cuz  une  cfpèce  d'accent  ou  de 
virgule. 

[f)  Ces  r ne  font  pas  fort nombreufes; 
mais  les  ^ en  façon  de  f , donc  ta  pan- 
fc  , ouvene  pat  le  bas  , s'avance  vers  la 
droite , par  une  petite  courbe  , font  fré- 
quences , dans  l'ancienne  romaine  , & 
plus  encore  dans  la  faiooe  : toutefois  le 
montant  de  celle-ci  ne  parole  pas  fendu. 
En  général  l'R  relTcmble  fonvcnc  au  p , 
dans  le  caraélère  gothique  8c  même 
dans  le  fazon.  Suc  ce  principe  , .Sau; 
maife  a cotigé  (é)  un  texte  de  Vatron  , 
où  l'on  liloic  auparavant  inceftis  , au 
lieu  A'incerth, 

(4)  C'eft  un  caraélère  propre  des  vi  r. 
vt II.  8c  ix".  fiècics,  8c  quelquefois  du 
x'. en  France, 

(y)  Dès  le  viii'.  fiècle  , les  queues 
des  r , confidérablemenc  prolongées  , fu- 
rent par  leur  cittémité  un  peu  courbées 
vers  la  gauche.  Ce  furcroic  d'étendue 

Kkij 


(4) 

rmrwn^f.  699, 


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II.  PARTIE 
Si  CT.  III. 
Chai-.  IV. 


Origine  de  l’S 
latine  : S tyro- 
niennetfupreffion 
de  rs  : elle  fe  tra- 
Tcflic  en  Z ; id- 
tranchoit-on  i ou 
hi,  dani  l'dciituce} 


2.60  NOUVEAU  TRAITÉ. 

longue  6c  une  tête  fort  petite.  Au  x 1 1 1 ' , on  diminua  beau- 
coup la  aueue  des  T . Celles  qui  reiïembloient  à des  i de- 
vinrent fort  à la  mode  : & ce  fut  pour  lors  qu’elles  en  pri- 
rent abfolument  la  forme.  Elles  avoient  auparavant  ceffé  d’e- 
tre  aftreintes  à ne  fuivre  que  \’o.  Au  xv*.  fiècle  , l’r  em- 
prunta quelquefois  la  figure  d’un  alongé  , 6c  tranché  par 
le  milieu.  Aü  xv.  fid  xvi' , les  R majufcules  des  aêles  eurent 
(i)  3.  peu  près  l’air  de  nos  p curfifs.  Les  deux  r les  plus 
fréquentes  de  cette  efpcce  font  -jf  ou  f*'  , trcs-ufltées  en 
Efpagne , 6c  partout  ailleurs  , quoique  pas  toujours  les  plus 
ordinaires. 

XVIII.  On  retrouveroit , ce  fcmble  , plus  facilement  le 
fehin  des  Samaritains , dans  celui  des  Etrufques , que  dans 
le  2 des  Grecs.  Cependant  la  reflemblance  du  dernier  avec 
le  fehin  des  Orientaux  fe  fera  fentir  fans  peine  ; dès  qu’on 
le  rapelera  l’ufage  , où  ils  écoient  de  coucher  leurs  leares. 


parue  en  France,  aui  x.  & xi*,  moins 
rufceptiblc  de  variacioas.  Mais  , depuis 
Je  milieu  du  dernier  , jufc|u‘à  Philippe 
Augulie  , infcnfîblemcnc  ii  s'evanouir. 
ta  mode  introduite  , dès  l'cntrce  du 
ït  i'.  de  faire  rebrouffer  le  bouc  de  la 
queue  de  IV  vers  la  droite  , fut  preCque  , 
avant  fa  coufommacion  , partout  èca* 
blic.  En  même  ct*m$  les  queues  enjoin- 
tes , courbées  vers  la  gauche  , furent 
pour  l'ordinaire  totalement  fuprimtîes  ; 
& bientôt  les  r parurent  réduites  à peu 
près  au  meme  état , où  nous  les  voyons. 
Les  queues  durctcnc  néanmoins  plus 
long'Cems  en  Allemagne  ; quoiqu'elles 
y eulTcru  été  négligées , dans  des  pièces 
entières  , dès  le  milieu  du  xi*.  lîèclc. 
Souvent , aux  iz.  3c  z*  , 3c  plus  fouvent 
encore  aux  xi.  3c  xii^  , apres  t’étre. 
inclinées  vers  la  gauche  j elles  fc  recour- 
boieot  de  tems  en  rems  vers  la  droite, 
3c  quelquefois  fc  terminoienc  de  l'autre 
côté.  Quelquefois  elles  faifoient  tout  le 
contraire  : c'efï  - à->  dire  qu’elles  étoient 
tremblantes  en  fens  opolcs.  Au  zii‘. 
lièclc  , elles  finilfoient  fouvent  en  j.  Au 
ziii'  , quand  elles  fc  coutboJent  vers 
Ja  gauche  } clics  fe  relévotenc  alfcz  haut; 
ufage , dont  les  exemples  s’éioicnt  mul-  j 
tipUés  , des  le  nèclc  précédent , en  An-  J 
glctcirc  3(  cnfcolfc.  Laqueue de  Irta  ] 


fe  repliant  fur  elle-méme  , fe  boucla 
' en  pluHcurs  diplômes  , vcr^la^Jin  du  ix^. 
3c  le  commencement  du  x*. 

( 1 ) Cette  figure  fut  auflî  celle  de  la  pe- 
tite curfîve.  la  bare outraverfe efl  ce  qui 
la  caraélciifoic  le  mieux  ,a’jx  xiv.  xv. 
’3c  XVI®,  (îèdes  , furtout  en  Efpagne. 
.Souvent  elle  lui  renote  lieu  du  trait , enté 
fur  le  raogtant  de  l’r.  Souvent  on  ne 
voyoit  que  deux  perpcndicolairer  ou  pref- 
que  fi(rpendiculaircs , tantôt  iinirs  par  le 
bas  , ou  par  une  craverfe  , A:  tantôt 
détachées.  11  y a plus  : ü n’étoit  pas  fore 
rare  de  voir  une  de  ces  lignes  tran- 
chées , 3c  par  conféquent  en  forme  de 
croix  , conftituer  IV  curfivc  efpagnole. 
Il  arivoit  même  , quelle  étoit  dépour- 
vrJt  du  croiClIon  gauche.  Toutes  ces  r 
des  xiv.^v.  3c  XVI*.  Eccles  , n’cxclucnc 
pas  celles  d'une  figure  moins  irrégu- 
lière. L’Allemagne  d’autre  part  préfente 
des  r , prefqu'eo  forme  de  c.  Aux  xiv. 
3c  XV®  , l'Angleterre  3c  !*Ecofrc  en  pro- 
duifent,  donc  la  pointe  gauche  fc  cour- 
be , & defeend  jufqu'au  dclTous  de  fon 
pié.  Ce  trait  convient  aux  majafcules  , 
comme  aux  minufcolcs.  Depuis  le  xi  i*. 
ficelé,  les  panfes  desprcroièfcs  fontrra- 
verfées  latéralement , ou  bien  à plomb  , 
par  diverfes  foi  tes  de  lignes  TuperHues. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  z6i 

Quelques  nations  grèques  ayant  rétranché  la  branche  infe- 
rieure de  leur  (i)  4 ; il  ne  talut  plus  que  l’arondir  , pour 
faire  éclore  (i)  notre  S. 

Les  Latins  d’un  autre  côté  reçurent  des  Grecs  leur  ^ 
anguleux  , ne  paroitront  s’en  être  défaits  , que  très- 
tard  : fi  l’on  le  fuit  chez  eux  , jufqu’au  tems  , ou  il  fut 
transformé  en  Z , pris  à rebours  f S •)  H n’étoit  pas  fort  ex- 
traordinaire de  trouer  , dans  leurs  monumens  , des  ^ 
(3)  anguleux  , deux  ficelés  avant  la  naiflance  de  J.  C. 
Des  relies  de  ces  figures  fe  montrèrent  encore  de  tenu  en 
tems , depuis  cette  époque. 

Les  S initiales  des  notes  de  Tyron  peuvent  fe  réduire  à 
deux  figures  , afl'ez  femblable  à notre  S , quant  à la  forme. 
M.ris  l’une  ( Ç ) conferve  fa  pofition  naturelle , & l'autre  eft 
plus  ou  moins  couchée  (c/’).  Si  l’on  porte  fes  recherches, 
fur  les  s finales  des  mêmes  notes  ; outre  notre  f minufeu- 
le  , on  y remarquera  l’ancienne  / curllve  , dans  un  trait 
fort  aigu  , & néanmoins  allez  conforme  à celle  , qu’on  dé- 
couvre , dans  les  monumens  les  plus  antiques. 

L’j  finale  ,aufli  bien  que  \’m  , fut  quelquefois  (a)  re- 
tranchée : non  lèulement  de  la  prononciation  ; mais  encore 
de  l’écriture  : non  feulement  , lorfqu’elle  étoit  fuivie  ('4) 
d’une  voyelle  ; mais  encore, quand  elle  (é)  l’étoit  d’une  confone. 


( i)  Cette  figure  cft  moins  conforme 
au  fihin  fiunaricain  , one  le  S.  Cepen- 
Janc  U première  cl^  celle , qui  fe  retrou- 
ve dans  les  plus  anciens  monumens  gtecs, 
Êc  qui  femble  avoir  palfc  en  Italie.  Mais 
le  S ne  laiflà  pas  de  fe  cenferver  en 
Grèce  , depuis  Cadmus.  Au  moins  des 
infctipcions  de  plus  de  Soo.  ans  avant 
J.  C.  le  leprèfcntenc. 

(f)  LcsGrecs  employèrent  eui-mèmcs 
eelle-ci  ; quoique  alTcz  rarement  , long, 
tems  avant  qu'ils  fulTenc  fous  la  diipii- 
nation  des  Romains.  Ils  ne  difeootiouè- 
sent  de  s'en  fervic  , quoique  toujours 
avec  rèferve  , que  bien  des  ficelés  de- 
puis. M.  Terrin  , dans  fa  Dilfertatioii  ; 
iiir  une  médaille  des  Macédoniens  , fe 
prévaut  du  Ismbda  grec  en  (orme  d'L  , 
qui  fe  trouve  aux  ères  des  Crées  , pour 
^ouvec , pat  voie  de  comparaifon  de  mé- 
dailles à médailles,  k de  leurcs  à lentes , 


ue  le  grand  des  Grecs  eut  aufli  la 
gurc  de  notre  £ latine  ; d'autant  plus 
qu'on  en  rencontre  divers  exemples. 

H)  Les  Efpagnols  en  ^ifoient  aufii 
pour  lors  grand  ufage  : mais  ils  ne  fe 
fervoient  pas  moins  fouvent  des  1 { 
^ ^ , donc  la  dernière  le  trouve  de 
plus  employée , dans  leurs  médailles  la- 
tines. ■ 

(4)  En  général  les  voyelles  en  con- 
cours avoient  le  meme  ùm.  Cet  fupref- 
lions  durèrent  ; quoiqu'avec  bien  des  va- 
riations , an  moins  jufqn'an  ax*.  fièclc , 
Sc  fouvent  opérèrent  des  phénomènes 
d'ortbographe  , qu'on  traite  de  barba- 
rifmes.  La  fuprelTion  de  ÏS  avoir  lien 
furtout , lorfqu'un  (e)  mot  finilloic  , 8c 
que  l'autre  comraençoit  pat  cette  lettre. 
Alors  il  étoit  aficz  otdinaiie  d'en  fu> 
primer  une, 


IL  PARTIE. 

S i CT  III. 

Ch  AP.  IV. 

pareequ'on  l'ajou- 
toit  à l'y,  dans  la 
prononciation  î 
petite  J finale  , 
quand  devenue 
d'une  ufage  ordi- 
naire.agedesmlT. 
k des  chartes  dé- 
terrniné  pat  la  di- 
fércnce  des/:  elles 
ptcnnenc  la  forme 
de  beaucoup  de 
caraélères  des  al- 
phabets latin  8c 
grec  8c  des  chiites 
aiabcs. 


(a)  Sp*nhtim  de 
fràJl.Humifm.  Dif- 
fert.  1.  f.  tai. 

(i)  Onimil.  In- 
ftit.  l.  y.  e.  4. 


(e)  De  re  dipitm. 

fkppltm.p.  JJ. 


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n.  PARTIE 

S I c T.  1 n. 

Chat.  IV. 

(^)  Buon.rrrtWf 
OfcrvMZ..  P*  115. 


(fc)  S5./a- 

$nt.  \ .prif,p,îxij. 


(e)  Banittr.  nu- 
nufm.  t.  x,p.  69$, 


{i)  OfferVMJL» 

p,  111.  115. 


aSi  NOUVEAU  TR'AITÉ 

"L’iifagc  d’employer  le  Z , au  lieu  de  l'^S  , étoit  devenu 
fl  commun  chez  les  Grecs  ; que  Lucien  fait  le  procès  au 
premier , pour  avoir  empiété  fur  le  terrein  de  l’autre.  Les 
memes  entreprifes  (a)  avoieiit  lieu  chez  les  Latins  , fans 
nulle  réclamation.  Le  domaine  du  Z y étoit  fans  dont* 
trop  étroit  ; pour  que  l’-y  pût  fe  venger  par  de  femblables 
ufurpations  : mais  elle  lut  bien  fe  dédomager  , en  lui  \o- 
lant  jufqu’à  fa  figure.  Vous  croyez  fotfsent  voir  (i)  un  Z ; 
& c’eft  un  S véritable.  Cette  dernière  fut  aufli  quelquefois 
traveftie  en  C, 

D.  Mabillon  {h)  croyoit  que  l’S  avoir  eu  un  fon  équiva- 
lent (3)  à la  fyllabe  his.  De  là  Spania  , Jloria  , fiorialiter  ^ 


(i)  On  en  d(!couvre , |ufi)U‘en  Orient, 
fur  les  (f)  midailles  de  la  fin  da  vu', 
ficelc  , ou  des  premières  années  da  fui- 
vanr. 

(i)  Nous  en  trouvons  des  exemples, 
fc  dans  l’ineftimable  mf.  de  S.  Germain 
des  Prés  où  font  tenrermées  les  épicres 
de  S.  Paul , & dans  le  bea»dc  S.  Pru- 
dence de  la  bibUothèque  du  roi  fol.  4r. 
Plufieurs  inferiptions  conftatent  Pufage 
du  C pour  PS.  Cérait  apararamenr  à 
Piraiiatjon  des  Grecs  , fi  cette  Ictuc  n'en 
étoit  pas  empruntée. 

(j)  Si  pour  l'ordinaire  la  lettre  .t  eût 
été  prononcée  his  ; les  mif.  !c  les  diplô- 
mes fcioicnt  pleins  de  mots  , où  la  fyl- 
labe hi  ptécéderoit  l'5.  Quand  on  dicie 
on  difeouts  5 l'écrivain  peu  habile 
rend  communément  plutôt  la  pronon- 
ciation , que  l'orthographe.  Or  on  pou- 
coit  lire  grand  nombre  de  mlT.  St  de 
diplômes  j fans  jamais  tcncomrer  de 
h) , à la  tétt  des  S regardées  comme 
initiales.  On  ne  fauroit  nier  cependant , 
que  cette  prononciation  d'ù  pour  S n'eût 
fait  du  progrès  , non  feulement  en  Ef- 
pagne  , mais  en  Italie  Si  à Rome  même. 
M.  Buonarruoti  (d)  prouve  par  plufieurs 
inferiptions , au  moins  du  bas  empire  , 
tpi'on  a quelquefois  éait  : Ifttfhmu 
pour  Stifhassus  , iftsdfi  pour  infculfi , 
ijletii  pour  fiait  , ififs  pont /}fs,  1 finM. 
TMfdHs  pour  Smmragiiu.  Voilà  fans 
douce  bien  des  indices  de  la  ptonon- 
ciation  ir  pour  r:  lorfqu'elle  étoit  ini- 
tiale d'uu  mot , je  fuivie  au  moins  d'une 


amtc  confone.  Il  ne  s'enfuit  pas  toute- 
fois , que  cette  manière  de  prononcer 
ait  été  générale  en  aucun  pais.  Les  mlf. 
de  S.  Germain  11.  îc  i } , tcnfcrmanc 
le  grand  Diélionaire  latin  en  caraélcres 
lombatdiqucs , qu'on  prétend  cire  de  la 
fafon  (fAnlïlcubus  évêque  Gotb , oftenc 
dans  le  corps  du  livre  plufieurs  exem- 
ples de  pareilles  S , écrites  pat  ri , com- 
me ifiufeKt  pour  fiafext.  Mais  jamais 
on  ne  voit  paroitre  ces  irrégularités  aux 
endroits  , où  \'f  obferve  rendre  alpha- 
bétique. Ce  font  toujours  fc  , fsn  , ff , 
fil  , fi.  Il  efl  pourtant  vrai , qu'à  la  Ict- 
tte  J , ce  Diélionaiic  ofre  plufieurs  exem- 
ples de  l'addition  de  cette  voyelle  , de- 
vant l’fi,  fuivie  d'une  confone , Si  quel, 
epues-uns  de  l'i»  dans  la  même  pofition. 
Au  relie  la  prononciation  is  pour  fi  n'a 
jamais  lieu , qu'à  caufe  du  concours  des 
confoues  , au  commencement  d'un  mot. 
Peutêtre  même  làot-il  plutôt  la  rejeter 
fut  des  particuliers  , que  fur  aucun  ulà- 
ge  univetfel  ou  national. 

Comme  l'ô  de  l'alphabet  fe  pronon- 
çoic  cfift  ou  et  ; il  n'efo  pas  rare  , que 
l'r  ^ic  mis  avant  cette  lettre.  De  là  tant 
de  mots  de  la  baffe  latinité  , des  lan- 
guet  vulgaires  , je  far-tout  de  la  nôtre , 
qui  commenccot  ou  qui  commciKcrenl 
par  ts , quoique  dérivés  de  locutkms  la- 
tines , donc  rS  étoit  la  première  letere. 
De  là  , pour  en  venir  à des  exemples  , 
tfiirnt  de  fimbm  , tfiang  de  fiagmasn  , 
efitle  de  fitia  , tftaU  de  fitUa  , tfalt  de 
fihola  Si  bien  d'autres. 


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- 


DE  DIPLOMA.TIQUE.  z^3 

pour  Hifpania  , hijîoria  , hijloriaiuer  , répétés  plufieurs 
tbis , dans  de  très-anciens  mil.  de  S.  IHdore.  Il  fupoie  donc, 
qu’on  prononçoit  ces  mots  ; comme  s’ils  eu/Tent  été  écrits 
nijlona  , Hifpania.  Il  auroit  pu  ajouter  , qu’on  trouve  dans 
le  mf.  de  l’abbaïe  de  S.  Germain  des  Prés  n.  66}.  en  let- 
tres d’or  fur  du  vélin  pourpré  , Scarioth  &c  Scariothes , pour 
Ifcariotk  6c  Ifcariothes  , & dans  le  mf,  9É0.  quelquefois  fie 
pour  ijle.  Mais  faudra-t-il  dire  , que  l’^"  avoir  aufli  le  fon 
de  la  (yllabe  ins  ; parcequ’on  écrivoit  Jîrumenta  pour  injlru- 
menta  î Atribuons  plutôt  ces  rétranchemens  de  fyllabes , tant 
dans  l’écriture  , que  daas  la  prononciation  à la  barbarie  des 
liccles  : ou  plutôt  avouons  , que  plulieurs  de  ces  prétendues 
lettres  ou  fyllabes  fuprimées  , avoient  été  ajoutées  apres 
coup.  On  a dit  (a)  Pania  , Spania  ,fIruo  , Jîrumenta 
que  de  dire  Hifpania  , infiruo  , infirumenta.  Eft-il  éton- 
nant que  l’ancien  ufage  le  foit  confervé  , dans  quelques  pro- 
vinces ? 

Aux  VI , VII  , VI 1 1 . &:  IX®.  fièdes  ; l’5  (1  j couchée  , 
Tcnvcrfée  , tournée  à contre  l'ens  marque  fouvent  la  fin  , & 
quelquefois  le  commencement  d’un  mot.  Rarement  , l'ur 
les  monoies  françoifes  , ocupe-t-elle  une  autre  place. 

Dès  lors  au  plus  tard  , les  courbures  de  ri"  le  redrefic- 
rent au  point  d’aprocher  fort  de  la  ligne  droite.  On  croi- 
roit  y découvrir  les  prémices  de  l’f  minufcule  ; fi  nous 
n’avions  pas  des  moyens  encore  plus  direéls , pour  remon- 
ter à fon  origine.  Vers  le  fécond  fièclc  , & peutetre  plutôt, 
parurent  des  j~  f , compofées  de  deux  lignes  droites  en  (1) 
équerre  , ou  faifant  un  angle  obtus.  C’étoit  ramener  d’uné 
autjre  'façon  les  angles  fiiranés  de  V i . La  ligne  oblique 
d’incidence  , naill'ant  un  peu  au-delTous  du  bout  fupérieut 

, ‘7  . - t.,  ■ ■ ...  I 

antiques.  Quoiqu'une  origine  remblabje 
UC  couvicunc  pas  mal  à Vaucienoc 
cutiïvc  ; nous  Iui|pi  afUgoctons  une  autté, 
pour  le  moins  aufli  natiiTclIe.  les  f , 
alFct  ftiqacmes  , aui  ii  , x , & ii'. 
ficelés  i fc  (i^tivetoiem  plus  Jificilcment 
de  l'S  angulcufe.  On,  prdicud  encore 
moins  y dilcourtit  la  lounc  de 
des  fignatutes  d'Hiiicmat  de  Reims  ; 
lotfqu'il  ne  (bufuivoit  pas  en  ca|jtÿc$. 


(1)  coochcc  & rcnvcrfcc  des 

chartes  cft  propre  du  xir*.  flècle.  On 
la  »oit  mieux  formde , Si  feulement  cou- 
Vhde  dam  des'  écritures  de  mlf.  des  tx. 
Si  x'.  ficelés.  Voyez  les  Mefles  ajoutées 
à la  fin  &:  au  commenccaiwc  du  mf.  du 
coi  iSo).  „ 

(i)  Les  P T’  en  forme  de  t des  pan- 
dedes  de  Florence  , Si  les  des  let- 
tres de  Jean  V. , & de  Serge  I , pou- 
coient  bien  ccce  émanées  de  ces  t 


II.  Paxtii. 

SacT.  III. 
Ch*ï.  IV. 


(m)  Dtl  crift» 
y frinàpit  dtU» 
lengUM  Cuftttlan» 
’POT  gl  JaiiorBtrn. . 
AUrett  lit.  J.  c.l, 
fri.  i6. 


.’  •'  1 

l'  •:  1 sV  • • 


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11.  PARTIE. 
S E C T.  III. 
CHA».  IV. 


(a)  V.  U relire' 
tira  du  MKleun 
det  hornes  antim- 
nes-fai.  lO}. 


zo'4  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  la  hafte  de  l’ Y forma  un  nouvel  angle  , un  angle  verti- 
cal. A ce  traie  , qui  pouroic  encore  méconoitre  le  com- 
mencement ou  pluçôt  le  progrès  de  IVmcienne  f curûve  , 
déjà  confignée  fur  des  monumens  publics , aux  1 1 1,  & iv'. 
liccles.  Le  même  trait  ^ portant  liir  l’extrémité  de  la  hafte  , 
au  lieu  de  s’étendre  en  ligne  droite  , produillt  en  fe  cour- 
bant { I ) notre  f minufcule.  Son  exiftence  eft  conftatée  par 
des  exemples  du  iv',  liècle.  Mais  bornons-nous  maiiuenant 
aux  oblerv-itions  concernant  les  S majufcules. 

Depuis  le  1 1.  ficelé  jufqu’au  iv'  , ôd  plus  tard  encore  , 
elles  s’arondirent  quelquefois  par  Je$  deux  bouts  , jufqu’a 
former  un  cercle,  une  ovale,  des  volutes,  des  neuds,  terminés 
par  des  traits  excédens  de  diverfes  figures.  Dès  avant  le  i x'. 
Cède , r.S  Ce  transforma  plus  fouvent  en  12  à contre  lèns , 
qu’en  Z ordinaire.  L’ S gothique  moderne  ne  Ce  confond 
jamais  avec  celles  des  premiers  Cèdes.  Outre  qu’elle  eft 
écrafée  ; fon  arondilTement  haut  & bas  eft  porté  , jufqu’à 
jondion  des  baies  & des  Commets  avec  le  corps  de  la  lettre. 
Mais  par  combien  d’autres  endroits  eft-elle  difétente  de 
cette  ancienne  5-  . ■ . . . 

Les  é»  5 à trois , Sc  même  à quatre  pièces  détachées(i) 
/ont  très-propres  à caradérifer  les  mlT.  des  v.  & vi'fièdes. 
Les  S carées  un  peu  fréquentes  conviennent  fpécialemenc 
aux  VI 1 1.  & ix'.  Cèdes.  La  queue  de  1’,.?  , pliée  en  def- 
fous.  Ce  multiplie  au  ix  , &c  continue  dans  les  fuivans.  Deux 
gros  points  fli^nqpans  les  parties  les  plus  Taillantes  de  l’.S 
anoncent  le  xii'  .au  moins.  Qu’aux  deux  bouts  foie 
légèrement  ■courbé  en  deftus  &c  en  delTous  par  des  traits  , 
fat%9  angle  avec  le  corps  de  la  lettre  ; ce  caradère  indi- 
«I jf itt - plus  (urement  encore  le  même  âge.  L’S  en  ^ bar^par 
le  milieu  donnera  un  ligne  du  xi  i i.ouxiv®.  Cède.  Des  ÿc  , 
dbbut.ainfi  dire  plantées  , fur  la  hafte  des  f minufcules , dé- 
‘ ligneront  le  x' , ou  la  fin  du  précédent.  Prennent  - elles  la 
figiue  de  C un  Jfeu  alongé  î elles  ne  s’élèveront  pas  au-deiTus 


(i)  Elle  ^olt  d^a  bien  forni^e  , mais 
fnoins  rabanic  fur  les  {a)  monumens  des 
limircs  , ofît^cs  dans  rempire  romain. 
Elle  y éroic  à la  véritd  plus  alongcc  & 
iranebée  vers  U droite. 


(i)  On  j«maraue  encore  des  vc(li»e« 
de  CCS  div  (loDS  a S , aux  vii.&  viii 
fièdes,  pour  ne  pas  dire  bu  ïi.  Mais  ce 
n'cit  plus  avec  la  nvème  rondeur , & U 
même  régularité  de  coMour. 

du 


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DE  DIPLOMATIQUE.  i6^ 

du  XIV*.  Conftruites  de  parallélogramcs  , faifant  angles  de 
toutes  parts  : elles  fe  feront  conoitre  , comme  apartenanc 
aux  ficelés  les  plus  gothiques. 

Le  fiivant  (a)  Baringius , d’après  V Introduclion  à l'Hif- 
toire  Littéraire  parReimmann , reptéfènte  notre  petite  s fi- 
nale , comme  une  invention  du  commencement  ( i ) du 
XI  i'.  fiècle,  auquel  elle  fut  fubftitilée  à l’f  plus  longue. 

Cependant  beaucoup  de  mlf.  du  x 1 1 , & plufieurs  du 
X 1 1 1 ' commencé  ; loin  d’obferver  la  diftinâion  de  1j  fi- 
nale , terminent  invariablement  leurs  mots  par  celle-ci  f. 
D’autres  ne  l’emploient  pas  d’une  manière  uniforme.  Le 
progrès  de  cette  pratique  fe  fait  principalement  remarquer  , 
depuis  le  milieu  du  xi  i*.  fiècle  , jufqu’au  milieu  du  xi  1 1'. 
^ais  fa  naifiance  (i)  remonte  plus  haut.  Dès  le  x.  &;  le 
xi'  on  rencontre  des  mlT.  & des  chartes  , où  l’j  eft  quel- 
quefois placée  à la  fin  des  mots.  H Y a plus  : nous  avons 
fait  la  même ‘obfèrvation , fiir  un  ml.  du  vu',  fiècle.  Du 
refte  ce  n’étoit  aparamment  par  aucun  defiein  , qu’une  cer- 
taine figure  de  l’5  étoit  mife  alors  à la  fin  du  mot  , préfé- 
rablement à tout  autre. 

Les  /^tT  curfives  romaines,  confidérées dans  les  fiècles,  qui 
précédèrent  le  vi  i' , lailTent  prefque  toujours  apercevoir  deux 
traits  bien  diftinfts , l’un  pouné  de  haut  en  bas  &l’autre  de  bas 
en  haut;  quoique  fouvent  formés  , fans  lever  la  plume.  Mais 
ces  deux  (3)  traits,  tantôt  font  dégagés  par  le  haut  , tantôt  fe 


(1)  Auparavant , }amaisoous  ne  trou- 
Tons , dû  (^)  Scruvias  , F/  finale  > dans 
les  mlT.  On  les  didingae  donc  avec  Tue* 
cès  par  ce  cara^ére  , quoiqu'il  ne  Toit 
pas  toujours  confiant.  Au  xv‘.  Hécle , 
le  gourdes  belles  lettres  s'étant  réveillé  » 
plufieurs  tranrcrivirenc  d'anciens  (g)  mfl*, 
dont  ils  imitèrent  Félégance  & les  ca- 
raélcrcs.  Ce  goût  d'imiution  leur  Ht 
terminer  les  mots  par  la  grande  lettre  f 
minufcule,  plutôt  que  par  la  petite.  L'u- 
Tage  de  la  dernière  paroit  bien  établi , 
depuis  Je  milieu  du  ziii*,  fiècle.  Ainfi 
parlent  nos  auteurs. 

AufTt  (ié)  Godfroî  de  BcfTcl  , n'eft- 
il  pas  de  l'avis  de  Struve  à cet  egard.  Il 
lui  foutient  même, que,  dès  le  xi**Hc 
de  J la  peritc  s Hnnic  écoit  en  oTage.  Il 

Totne  II. 


faloic  Te  contenter  <3e  dire , qu'alota  eer 
ufage  commcnfoic  toat  de  bon  à s'éta- 
blir. Car  les  propres  modèles,  publiés  par 
ce  favant  abbé,  prouvent  que  rufage  con- 
traire duroit  encore  au  xiii‘.  Mais 
le  premier  ne  lailToit  pas  d'avoir  faic 
bien  du  progrès  , dès  1rs  commence- 
mens  du  xii‘  ; puirque  nous  avons  ac- 
tuellement (bus  les  yeux  deux  diplômes 
otiginaux  de  Louis  Vl  , de  l'an  iiio, 
en  faveur  de  l'abbaïe  de  Tyron  , ou 
routes  les  i finales  obrervem  czaéicmcot 
cette  figure, 

())  Dans  les  plus  anciens  monumens 
romains , le  premier  trait  de  1'  c»r- 
five  ed  prefque  toujours  tranché  pat  le 
haut.  Plus  on  defeend  de  fiècle  en  fiècle; 
plus  les  exemples  de  cette  coupe  oblique 


II.  PART  lE. 
Sscr.  ni. 
Ch  A P IV. 

(4  j CU-visdifUm. 
frt/.f.  ji. 


(i)  Dt  crittr. 
mjf.t.  1». 


{c)\hU.f. 


(J)  Chrcn.Gedw. 
f,  tx. 


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II.  PARTIE. 
S I C T.  III. 

Chap.  IV. 


z66  NOUVEAU  TRAITÉ 

confondent  par  le  b.is,  tantôt  le  croi'ênt  une  ou  deux  fois.  Ici 
ils  prennent  la  forme  d’unV  , là  d’un  ^ . Ici  l’on  dilcerne  à 
peine  TT”  de  I[y  , & là  de  l’ U . Quant  à leur  trait  fupérieur  ; 
l'ouvent  il  s’abaill'e  pour  s’élever  ; plus  fouvent  il  defcend 
fans  remonter.  Rarement  ce  trait  cil  fcparé  de  fa  halle  r 
quelquefois  femblableau  C il  la  touche  plutüt(  jC")  ^ cju’il  ne 
s’unit  avec  elle.  L’f  v.arie  (i)  beaucoup  dans  fon  élévation. 


dcvicnncRt  rares  , )urqu*à  U fin  da  z*  : 
terme  , Hnon  général  , du  moins  nffez 
ordinaire  , de  la  datée  des  /à  double 
trait  ) formées  d'un  mouvement  non 
difconiinué.  Kégulicrcmcm  la  nucnc  de 
ly ne  cefTa  point  d’ccrc  doublée  à Rome , 
âvant  le  iz*.  ni  même  fur  fa  fin.  Quoi* 
(Quelle  ne  fût  plus  fi  lianic  i clic  for> 
jpoic  encore  p.ic  Itf  bas  un  ncud  à jour 
ou  en  pleur.. 

Mais  les  / fîmples  commencent  an 
moins  , des  le  vi  i*.  fîcclc , dans  la  cur- 
ûvc  alongéc.  Depuis  le  milieu  du  vi  1 1'  , 
jur<|uc  veis  celui  du  xt^  , & fureouc 
jufi^u  au  J Vf  éroit  à la  vérité  com- 
pofée  de  deux  parties  : mais  fouvent 
i'unc  des  deux  ne  -defeetTdoit  point  juf- 
qu  au  bas.  Figurez-vous  une  s entée  fur 
One  autre:  la  prereicrc  s*éiévoit  un  peu 
au-ddfous  du  bouc  fupérieur  de  la  fc- 
condc.  Ou  bien  une  haute /cioit  char- 
gée d'imc  pointe  faÜIamc  du  <azé  gau- 
che , Sc  quelquefois  un  courbée  en 
dc^ous  , a l'endroit  , où  U féparatlon 
de  fes  deux  branches  aurott  dû  lé  faire  i 
fi  elle  eût  encore  été  réellement  fendue 
en  double  queue.  Ce  trait  fmajonté  p.i. 
loit  cxttcmcmcnr  fenfibic  , dans  les  ^ 
de  quelques  bulles  d'Uibaîn  IT.  & de  Paf- 
cal  n.  Ruluir  ,dcs  le  x n fîccîc  , à un 
point  éminent  vcis  la  gauche  i il  fubhile 
encore  aujourdai  , dans  nos  :nmufctt!cs 
imprimées.  Quant  aux  / fmiplcs  , fans 
aucune  aptren<-c  de  rédjpii.ation  de 
queue  > clics  devinrent  trés*f;équciitcs  , 
au  x'.  fècle. 

(i)l.y  romaine  cmfîvc  , tariroenVt- 
cede  ni  haut  ni  bas  le  niveau  Je  n li- 
gne , tantôt  s’élève  au-dciHis,  d’jn  corps 
ou  d‘nu  demi*  corps  , tantôt  sabaifTè 
de  meme  , tantôt  remplie  ces  deux  ob- 
jets à la  fois  t tantôt  monte  & def- 
ccfid,  jufqu’à  s'enfoncer  dons  les  lignes 


voiiîncs.  Mais  plus  commuirémcnt  : fî 
clic  palfc  l'ctcodue  de  U lienue  en  def- 
fus  > elle  ne  la  pa/Tc  point  en  dc/Tbus  : 
(Ml  clic  fait  précifément  tout  le  con- 
traire. Ain^  foD  caradère  propre  cfl 
l'inconnancc. 

L'ancienne  gallicane  & la  première 
niétovmgiconc  imitent  à divers  égaej^ 
la  romaine.  Mais  pour  lordinairc  elles 
s'abailfcnt  d'un  demi-corps  aa-defTous- 
dc  la  ligne,  fans  fcporrcf  notablement 
au  dciTus.  La  faxonc  en  ufc  à peu  prés* 
de  meme.  Vf  lombardiquc  en  général 
defeend  Sc  monte  piefquc  également  , 
c'cfl'à  dirc  ries  peu.  Celle  des  bulles 
lies  X 1 . 3c  X 1 1 ficclcs  s'abaifTe  davanta* 
gç  , fans  s'clévcr. 

Jiif]u’au  it  i*  , la  Caroline  minufculc 
excède  un  peu  la  ligne  par  fon  extré* 
mité  • tant  fjpéricurc  , qu'inférieure. 
Alors  commence  Iciévation  de  la  rcte 
de  1 f mhmfculc  , fans  ahaiflement  de 
fon  pjé.  Elle  avort  pris  fivcor  en  lu-* 
lie  , meme  dans  les  diplômes  , dès  le 
licclc  précédent  ; lorfqu’on  n'y  faifoit 
pas  femr  la  lombardiquc.  Quant  à la 
téduélion  du  pié  de  iT  au  niveau  de  la* 
ligne,  il  faut  admettre  quelques  cxcep- 
rions  : furtout  s’il  arivc  , que  la  nûnuf' 
cnie  tienne  plus  ou  moins  de  la  cur- 
fivc.  Car  elles  n*onc  pas  lieu  , par  ra- 
pc^t  ï la  pure  & viaic  minufcuUdc  ces 
tems  là» 

Quoique  Vf  mérovingienne  curfive  du 
b » & du  moyen  age , ne  fbit  pas  exem- 
te  d s variations  de  la  romaine;  cepen- 
I dant  clic  obrerve  mieux  le  niveau  par 
le  bas:  pourvu  qn’on  en  excepte  quel- 
quefois i écriture  alongéc. 

JufquÀ  la  fin  du  ix=.  fîcclc  ; l/cur- 
fivc  Caroline  éprouva  bien  des  change- 
mens  , relativement  aux  propottious , 
.quelle  gaidoit  avec  la  hauteur  de  U* 


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DE  DIPLOMATIQUE.  îV/ 

au-defTiis  , & dans  fon  aLaifTeinent  au-de(Tous  de  la  ligne. 

V'f'  romaine  quadie  avec  la  mérovingienne  en  bien  des  dio- 
fes.  Celle-ci  toutefois  dl  fujetrc  à fe  pancher  d.ivantage  fur  la 
gauche, & retombe  plus  fouvenr  dans  la  tonne  de  1’  ■jC  compoféc 
de  deux  pièces.  L’f  Ci)  f^xone  eft  toujours  montée  afléz  haut , 


ligne.  Avant  le  x' , Vfâc  ! écriture  aîoa- 
gée  s*(îcaru  peu  du  niveau  : mais  la 
(]ucue  de  la  commune  defeendit  plus  bas. 
Jointe  au  < ,ou  bien  initiale  $ 1/s'éléva 
& s'abaifTa  conlidérablcmcnt , dans  l'une 
& l’autre  écriture.  C’efl  en  général  la 
praci(}ue  fuivie  , pendaar  le  x . iîècle  , 
& des  la  fin  du  tx*.  La  France  oe  s’en 
départit  guère , avant  Philippe  I , fous 
lc<]uel  toutes  les  lettres  de  récriture 
alongée  obrervèrent  le  niveau  en  tout 
fens. 

Au  XII*.  ficelé,  fi  r/ de  la  curfivc 
commune  s’élévoic  à Pordinairc  j elle 
i’abailToic  bieu  moins  en  dclfous  : t^ucl- 
^uefois  même  de  ce  côcé'là  rien  nez- 
cédoit.  C'cll  furtouc  ce  qui  ne  manqua 
pas  d'ariver  alors  , & au  fièclc  fuivanr  : 
quand  clic  écoit  apnyéc  fur  un  ^ic  , di- 
zigé  vers  la  droite  ; au  lieu  d’ecre  ter- 
minée par  une  queue  , tournée  vers  la 
gauche.  La  réduebon  de  la  queue  au  ni> 
veau  du  bas  de  la  ligne  dura  peu  dans  la 
curfive.  Les  / coutinucrent  de  moocer 
in  deflus , & de  defeendre  encore  plus 
confVamment  en  defibus  : quoiqu'cii  gé- 
néral elles  eufient  beaucoup  perdu  de 
leur  hauteur , ainfi  que  les  autres  lcrtres. 

Dès  le  commencement  du  XI*.  fiècle , 
en  Allemagne  l'écriture  alongée  réduifit 
fon  f au  niveau  du  bas  1a  ligne.  Dans 
les  curfives  ordinaires , fa  queue  fut  aufil 
très  - fenfiblcmcot  diminuée.  Au  com- 
mencement du  XXI J elle  nexcede pref- 
que  plus  en  defibus  t tandis  que  V/ 
alongée  , devenue  majufculc  , eic  tou- 
jours au  niveau  de  la  ligne  par  le  haut, 
comme  parle  bas.  Quand  meme  clic  a 
la  forme  minufculc  , elle  neil  pas  afiu- 
jettie  à d’autres  loix. 

Jufqu'au  milieu  de  ce  ficclc  } l'f  de 
récriture  ordinaire  n'égalc  la  ligne  , 
que  par  le  bas  i fans  cciTcr  de  scléver 
fort  haur.  CeU  alors  qu'elle  porte  la 
bafe  de  fon  pié  vers  la  droite , & qu'elle 


s'aflbeie  Icsr  finales.  Ces  ufages  au  refî'c 
ne  font  rien  moins  qu'invariables.  En 
quelques  diplômes,  les  queues  des /de 
récriture  commune  , quoique  devenues 
plus  courtes , ne  lailTcnt  pas  de  déborder. 
On  en  revint  meme , au  xi  1 1*.  fiècle  , 
jufqu’à  faire  excéder  les  / haut  & bas , 
dans  récriture  alongée  ; mais  beaucoup 
moins  qu'anciennement. 

It  fcmblc  que  , depuis  le  milieu  dn 
x:i*.  ficclc  , on  étendit  de  nouveau  la 
queue  de  1/  ordinaire  , qu on  avoir  au- 
paravant racourcic.  Ccc  ufage  dura  juf- 
qu'au de  là  du  milieu  du  XII  t*  : mais  il 
n’clb  pas  iintTcrfel.  Le  principal  de  ceux , 
ui  Kii  fuccédcrcnt  , jufqua  Iji  moitié 
U XIV  , & meme  du  xv*  , fut  de  tracer 
des  fz  jour.  Leur  queue  s'élévoit  aficz 
dircélcmcnt  , prcfque  au  niveau  , & 
quelquefois  même  au-  deflus  du  niveau  de 
la  tête.  Depuis  le  milieu  du  ziv*.  fiècle; 
les  / à queue  , moins  fouveoe  tranfver* 
falc  , que  perpendiculaire  , paroificne 
renflées  dans  tout  te  milieu  de  leur 
hafle  , & durent  jufqu’au  xvi , oii  elles 
commencent  à devenir  plus  maigres  : 
tandis  qu’elles  augmentent  de  grolTciir, 
juf^u'.iit  milieu  du  rvi  i*.  Au  xv*,  leur 
tête  s’inclinoit  vers  la  droite  , & s clé- 
voit  prefquc  autant  au  dclfus  • que  leur 

fùé  defeendoit  au-deÛbu$  du  niveau  de 
a ligne. 

(i)  Le  coté  droit  de  faxone  cft 
ordinairement  toucafaic  ou  prcfque  au 
niveau  de  foo  côté  gauche.  L’origine 
commune  de  ccctc  /,  ainfi  que  de  la 
mérovingienne  & de  la  carolmc  cil  fi 
manifefic  , dans  la  curfivc  romaine , qu’il 
fcmblc  inutile  de  s’y  aréter.  Mais  à 
quelle  fi>urce  faut-il  faire  remonter  celle- 
ci  ? Il  ne  nous  paroic  nullement  dou- 
teux , quelle  ne  foit  primitivement  dé- 
rivée de  l'5.  La  réponfe  peut  d’abord 
furprendic.  Mais  on  revient  bientôt  de 
Iba  étonemcm  ; quand  on  faltatemioo« 

Llij 


II.  PARTIE, 

St  CT.  III. 

C H À r.  IV. 


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II.  PARTIE. 
5 E CT.  III. 

Ch  A?.  IV. 


z6i  NOUVEAU  TRAITÉ 

quoique  beaucoup  moins,  que  les  deux  précédentes.  Elle  ne 
relève  prefque  jamais  fon  extrémité  fupérieure  , après  l’avoir 
abailTée.  La  viligothique  relVerable  fouvent  au  La  (i) 


\'Y*  apattient  à récriture  corfivc  , 
& par  conféquent  expéditive  8t  liée.  Ata- 
cher  la  lettre  , qui  précède  1 S à la 
queue  : ou  plutôt  faite  naiitc  ccUe-ci 
de  celle-là  ; vous  en  verrez  bientôt  for- 
tir  un  f curlivc  , dans  Tancien  gont  ro- 
main. C’eft  pourquoi  les  / des  bas  tems 
font  quelquefois  retombées  dans  cette 
ligure  , long- tems  apres  qu'elle  avoir 
celTé  d'étte  en  uftge.  Elle  étoit  pour- 
tant encore  ordinaire  , chez  les  Efpa- 
gnols , au  XI 1 1'.  ficelé  : & l'on  a fujet 
de  croire  , que  nulle  iuietruftioa  n’eu 
avoir  altéré  la  forme- 

(i^Le  caraétèie  propre  des/caioli- 
ses  , comparées  aux  cutfives  plus  an- 
ciennes , e(l  d'avoir  la  queue  longue  , 
afilée , & le  plus  (buvent  inclinée  vers 
la  gauche.  C'en  eft  un  autre  digne  d'a- 
tention  , quoique  moins  décifif,  qu'elle 
fe  boucle  cour  à tout  pat  fa  tête  , par 
le  milieu , pat  la  queue.  La  detnicte  bou- 
cle eft  tare  ,1a  fécondé  fréquente,  la 
première  ordinaire. 

Si  le  trait  continué  de  l'f , après  s'étre 
bouclé , s’élève  au-dclTus  de  fa  tête  ; il 
anonce  un  âge  antérieur  au  milieu  du 
xi'.  fiècle.  Déjà  l'on  trouve  des  /ainfi 
figurées,  au  vir'  , & même  au  vi'. 
Quelques  chattes  de  Raveiine  , dont 
aous  publirons  les  modèles,  nous  ofranc 
des  e , continuelement  boucles  dans  ce 
goût  J on  ne  peut  douter , que  dès- lors 
fcs  / au  gré  de  l'écrivain  , n'aient  été 
terminées  de  même.  Le  fort  de  cet  iifage 
fe  place  au  ix^.  fiècle  : mais  au  x*  , la 
Trance  le  voit  encore  plus  fuivi.  Que  le 
trait  prolongé  au-delà  de  la  boucle  fe 
jette  vêts  la  gauche  en  forme  de  che- 
velure ftifée  ; feul  il  doit  marquer  une 
antiquité fiipccieure  auxiri'.  fiècle.  On 
le  découvre  , dès  le  vu',  principale- 
ment dans  récriture  alongéc.  Mais  ce 
n'cft  qu’au  x'  , que  cette  elpèce  de  bou- 
cle prend  faveur  en  France  , devient 
prefqnc  générale  en  Allemagne. 

On  la  doubla  bientôt , en  la  failant 
Ctrpentct  le  long  de  f f . La  multiplication 


des  boucles , enttclalTées  avec  le  mon.- 
tant  de  l'!f  ; toute  pratiquée  qu’elle  ait 
été  plufieurs  fois  , dès  le  ix'.  fiècle,. 
défigne  plus  particulièrement  les  xr.it 
XI  t'  dans  les  diplômes  allemanr.  En 
augmentant  toujours  le  nombre  des  on- 
dulations , commencées  par  le  haut  Jfe 
ly";  on  les  répandit  prefque  fur  toute  (à 
futface.  A ce  caraélere  on  rcconoitra  le 
xrt'.  fiècle  , chez  les  François  , êc  le 
xrti',  chez  les  Ecolfois.  Deux  origi- 
naux de  Louis  le  gros  de  l’an  rtxo. 
n'admettent  les  ondulatiorrs  fur  aucune 
autre  lettre  , que  fur  Vf.  Lorfqu’elle  cfl 
à la  tête  ou  bien  au  milieu  des  mots  ; 
elle  ne  manque  pas  d’être  tuverfée  cinq , 
fept  ou  neuf  fois.  Si  deux  f fe  fuivent  ; 
elles  font  acolées  enfemble  par  des  on- 
dulations communes.  Lcsentrclaircmen* 
des/ s'étendant  aux  lettres  voifines  immé- 
diates ic  médiatcs,enpairantpardeirus  les 
IcitresbalTcs,  pour  aler  s'âtacherà  celles, 
qui  s’élèvent  i font  des  fignes  du  même 
âge  , St  fpécialement  de  la  moitié  du 
xrt.  fiècle.  Celui-ci  & le  it'.  fe  mani- 
fefteront  égalcmem  , au  moyen  du  pa- 
rafe , trace  au  côté  gauche  de  J’ ^ , 
en  France  , en  Allemagne  , en  Italie. 
.Mais  fon  commencement  remonte  au 
moins  à la  moitié  du  xt'.  fiècle.  La 
France  meme  en  fournit  des  elTais , dans 
quelques  diplômes  de  Kuguc  Capet. 

Peu  après , les  ^ 4 ne  furent  pas 

moins  favorablement  acueillies  , dans 
ceux  de  fes  fuccclTenrs.  La  première  , 
quoiqu’avec  quelques  altérations , fe  fou- 
tient  encore  au  xt  r i'  , en  Allemagne  , 
en  Angleterre , en  EcolTe.  On  autoit  de 
la  peine  à la  tcconoiete  , dans  les  char- 
tes écoflbilcs , fous  ces  figures  f ^ id 
celle-ci  f n’y  préparoir.  Souvent  alors, ic 

Îilus  et  c >re  au  x 1 1 1'  fiècictics /portoient 
a queue  prefque  horizontale  de  droite 
à gauche , ici  détachée  , là  continue  , 
mais  toujours  cambrée  vers  fon  extré- 
mité. Cette  queue  étoit  plus  fouvent 
defunic  en  Allemagne  , qu’en  France  St 
qu’en  Itahe,  Aux  ix,  x,  xi  , te  iii',. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  xéf 
Caroline , après  avoir  formé  une  boucle  , fe  termine  quel- 
quefois , dans  fa  partie  fupérieure  , en  s’élevant  plus  ou 
hioins  haut.  Des  le  ix'.  ficelé  , une  fécondé  s fcmbla  tom- 
ber fur  la  halle  de  la  première  : mais  un  peu  au-delTous 
de  fon  extrémité  fupérieure.  Au  fuivant  , elle  vint  précifé- 
ment  fe  repofer  , fur  fon  bout  , ou  bien  y forma  , foit  un 
neud  , foit  un  angle.  Souvent  cet  apui  ne  parut  plus  faire, 
qu’un  tout  avec  le  corps  de  1’/.  Les  boucles  fe  multipliè- 
rent beaucoup  , aux  XI.  & XI  i'.  fiècles,  &:  «quelquefois  fe 
répandirent , fur  le  montant  de  1/,  .à  peu  près  comme  un 
fep  de  vigne  fur  un  échalas.  Ce  caraélere  , quoique  pro- 
pre  de  ces  deux  fiècles  , & meme  du  x*  , furtout  par  ra- 
port  aux  diplômes  d’Allemagne  ; n’eft  pourtant  pas  génétal  ; 
mais  il  va  toujours  en  faifant  du  progrès.  Cependant  pour 
l’ordinaire  , il  ÿ’en  faloit  beaucoup  , que  les  boucles  fie  le* 
traits  de  traverfe  ne  defeendifliint  jufque  vers  le  bas  de  h 
lettre.  Au  xx  1 1'.  fiècle  , Vf  le  clxangea  en  tant  de  figures  ; 

3u’il  ell  dificile  de  les  fpécifier  toutes  en  détail.  Alors  5c 
epuis  on  vit  des  /en  forme  (i)  d’A , de  .5 , de  C , de  4i 


ficcics  , on  oTa  d' J*  f J , dont  les  on- 
dulations ne  conlillcntpas  , dans  les  fculs 
ornemens  Tuperflus  ; mais  afcâent  le 
corps  de  la  lettre.  Au  relie  ces  tremblc- 
nens  Toot  plus propiesà  dllignecte  xi  i‘. 
£ècle  , que  les  préeddens. 

Vf  nouée  pat  le  milieir  ou  pliée  en 
^gle  Te  montre  au  vu*,  liccle , fe  &it 
Kniarquct  de  rems  en  tems  an  rx*  , 
devient  plus  commune  an  x*  , fe  foo- 
aient  encore  avant  le  milieu  do  xi.  Au 
x".  le  neud  mitoyen  concourt  à la  Ibis 
CD  quelques  diplômes  de  France  avec 
ks  boucles  , tiht  fopérieures  qu'inferieu- 
tes  , quelquefois  même  rédonblées. 

La  queue  de  Vf  bouclée  de  haut  en 
bas . Îl  prolongée  par  un  trait  perpen- 
diculaitcmcnt  fufpcndu  , quoique  icm- 
blable  à 1'^  contournée  r borne 
prcfque  au  x*.  Cccle. 

( i)  BornooSTOous  à qqeiques-uoes  des 
plus  remarquables.  Aux  xtir.  & xtv'. 
bccles  , on  découvre  des  ^ ÿ P" 
prcfque  eu  forme  d'A  curfifs  majulcules. 
Xejetrons  de  l'S  écrafee  ; elles  font 
«rarquées  au  epin  4l>  parfait  gotkiquc. 


Leur  tête  ne  fe  recoquilic  pas  fétilemencf 
leur  queue  bouclée  coupc  encore  quel- 
quefois leur  tête  trop  dsatue.  Files  Ibnc 
d’ailleurs  tournées  vers  la  droite.  Le 
même  tems  produilît  d'autres^  ^ , 

qui  difétoient  des  précédentes  , par  une 
lition  ceotraire , par  une  qoeue  d'a- 
rd  recourbée  en  devant , par  une  tête 
bouclée.  Nous  n'avons  plus  rencontré, 
depuis  la  fin  du  x i r r ficcle  , fi  ce 
n'cll  en  Efpazne  , la  queue  de  l'S  ainfr 
recourbée  en  devant.  Une  Otf*  , à queue 
bouclée , fe  craverfant  jufqu'à  coucher 
fa  tête , Sc  prcfqoe  femblable  i l'v  ren- 
verfé , fe  trouve  en  ufice  , dans  les  di- 
plômes de  S.  Louis.  EUe  a des  raports 
Icofibles  avec  celles  , dont  on  vient  de 
parler.  Une  quatrième  efpèce  d*  6^  n'a 
pas  moins  d’afinité  avec  la  Ibrme  de 
i'A.  Elle  alonge  irrégulièrement  la  tête 
en  rabaiilànc , & relève  Cx  (jueue  , juf- 
qu'à  la  confondre  avec  fa  rece  : ou  plu- 
tôt c'efl  (à  queue  . qui  après  s'erre  con- 
fondue avec  la  tête  , s'élève  de  beau- 
coup au-defius , & defeeod  prcfque  aa 
I niveau  du  point , d'où  elle  eft  panic, 


II.  PARTIE. 

S F C T.  III. 
Cm  AP.  IV. 


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II.  PARTIE, 
SiCT.III. 
CHAf.  IV. 


‘170  N OÜVEAU 

d’tf  , à'f,  às  g , ( I ) d’A 

Elle  1 cours  en  France  , aux  xv'  & 
XVI  üccles.  Toutes  CCS /"  font  trcs-gotJii- 
ques  : mais  en  voici  une  pat 

cet  endroit  les  éface  tontes , & qui  néan- 
moins fe  maintient  , dans  notre  écri- 
ture coulée  , avec  autant  de  diDinéiion  } 
que  ü elle  temontoit  au  (ïccle  d'AuguIdc  ; 

& toutefois  il  ne  faudroit  pas  s'éléver 
au-delà  du  xiv'  , pour  découvrir  la 
fource , d’où  elle  eft  fortie.  Cependant 
il  fuSt  de  porter  l'origine  de  cette  let- 
tre au  XV*  , où  elle  paroit  formée.  Car 
auparavant  elle  ne  fe  reconoii  pas  fans 
peine  : pareeque  fa  figure  eft  trés-difi- 
icntc  de  celle  qu’elle  a maintenant. 
Pour  la  ramener  à la  forme  de  l’S  i il 
Elut  la  fupofer  réduite  prefquc  en  z ; 
tant  elle  ell  racourcie  par  fa  tête  , & dé- 
figurée par  fa  queue.  Mais  , en  récon^ 
penfe , elle  fiitgothiqucmcnt  pâtée  d’une 
nouvelle  queue  poftiche  , patunt  de  là 
(ère  > en  ratm'e  d’<  ou  de  r.  Avant  d'é- 
tre  pour  ainfi  dite  transformée  en  « , 
cette  f s’étoit  prefquc  metamorphofée 
en  B , dont  les  diverfesfigutes  étoient 
fiwt  acréditées  , dés  le  xiv‘.  fîcelc. 

Aux  XV  & XV 1 ; 1/  fe  réretitaufli  de 
la  (orme  duC,  tourné  de  la  forte  0 . 
Son  origine  efl  la  même , que  celle  de. 
la  quameme  efpéce  d’Scn  A.  L‘  en 
d oncial  eft  à peu  près  du.mcme  age  , 
le  tint  alTcz  bien  fou  rang  en  EcoJIé. 

Ce  royaume , ainfi  que  l'Elpagnc , l’Al- 
Içmagne  & l’Italie  nous  ptéfentent , au 
XII  l'.fiéclc , des  ÿ £ ea  manictcd’E; 
mais,  dés  le  milieu  du  z i,  on  en  découvre 
idwndammeot , dans  les  diplômes  de  nos  ; 
rois.  On  peut  ajouter  aux  S rcficmblan- 
ics  aux  e curfifs  majufculcs.  les 
omployécf  en  France^  au zi 1 iièclc.  ; 
Toutes  ces  5 émanées  de  1’  ^ labatue 
|iar  un  trait  courbe  vers  la  droite  j four>  | 
aiiTcoi  la  partie  antérieure  à nos  petites 
/ en  forme  d'n.  Au  iv®.  fécle  1*  t 
avec  un  faux  air  dV  minufcule  fe  ra^ 
TOfte  à IT,  malgré  fa  tétc  fermée  6c  fa 
bafe  un  peu  courbe.  Qui  crotroic  c^ue 
Vf  eût  pu  fe  confondre  avec  I'/  j lî  l'on 
ne  voyoit  cette  *^cn  HcoiTc  auxiii‘. 
fiécle  ? Dès  le  xti*^  en  Efpagne  » on 
ptendroit  pluûcun  SS 


TRAITÉ 

d'i  , d'I  à’ N , d'o  , 4e  P ; 

La  France,  au  iiv' , a fes  ^ ; aux  xv.  le 
XVI.  fes  <5’’^  , donc  la  conformité  avec 
les  G n’eft  pas  dificilc  à faifir. 

(i)  Il  eft  des  g , apaitcnant  aux 
derniers  tems  de  ta  curfivc  gothique . 
qui  prouveront  fans  peine  leur  reflcm- 
blancc  avec  certaines  h coulées.  Pref- 
que  tous  les  tems  donnent  des  / fem- 
blablcs  aux  J"  majufculcs  le  minufeu- 
les  5 mais  furtouc  depuis  le  ix'.  fiéclc: 
le  détail  en  fetoittrop  long. Nous  n'avons 
point  d/ eu  forme  de  K j à moins  qu’on 
ne  la  trouve,  dans  cette  K gothique, 
employée  au  xv'  , & bientôt  ttansfot- 
mec  en  façon  d’,i , telle  qu’elle  fe  cou- 
ferve  , dans  notre  écriture  financière. 
Car  il  n’ert  pas  fans  exemple  , qu’une 
mime  figure  de  lettre  , puilfe  fe  capot, 
ter  à diverfes  origines. 

Si  les  C f étoient  en  Allemagne 
fort  à la  mode  , au  iiii'  fiècle  , les 
% , au  xiv'  ,ic  les  { au  xv'  : l’An- 
gleterre & l'EcolTe  eu  firent  un  ulâge 
encore  plus  fréquent  , depuis  le  com- 
mencement du  XI,  Pour  découvrir  des 
figures  d'M  le  d’N  , tbuis  les  S j il  fiuic 
les  préfupofee  couchées  : & dès  - lots  le 
xiij'.fiéele  ne  nous  CO  laifTcra  pas  mas- 
quer. Sans  cette  précaution  même , l'Al- 
Icmagnc,  au  xiv'  , peur  aulTi  fournie 
des  C)  dans  le  goût  de  l’M  gothique  . 
Ae  des  , allez  rclfcmblantes  aux  N 
cuiCves.  Les  premières  labaieiit  la  tête 
de  1’/,  au-deftous  de  fa  queue.  Celle-ci 
de  fon  côté  va  fe  perdre  dans  la  tête, 
qui  vcaifcmblahlemenc  n en  eft  , que  la 
cooiinuation.  Les  fécondés , originaire, 
ment  tracées  par  nn  femblable  mouve- 
ment  de  la  main  ; dans  ta  fuite  firent 
monter  leur  queue  aufii  haut,  que  leur 
lécc  s fans  parler  d'aucecs  traies  fuper. 
flus  , tenant  lieu  de  qecue  à celle  , qui 
réioit  auparavant  : mais  donr  la  pofi- 
tion  pouvoir  lailTer  douter  j fi  c’écoit 
elle  ou  l'ancienne  céce,  qu'on  devoir  apo. 
1er  de  ce  nom.  Cette  ^ , dont  on  ne 
voit  les  prémices,  qu’au  xiv'.  fiéele, 
s'efi  m.sintcnuc  jufqu'à  notre  tems.  Os 
pouroic  toutefois  en  rigueur  la  faire  re. 
monter  , jufqu’au  premier  age  de  la  car. 
five  lomïiac.  Vf  gothique  éctaféq  fir 


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» 


DE  DIPLOMATIQUE.  lyt 
(i)  de  Ç , (i)  d’r  , de  t , d’v , d’x  , d’y  , de  z.  On  en  vit 
de  femblables  aux  (5)  C,  T , 7' , s , G , o- , des  Grecs.  On  les 
vit  adopter  jiifqu’aux  figures  (4)  des  chifres  arabes  y , 6 , 8 , 
& 9.  Toutes  CCS  dernieres  métamorphofcs  ,Wont  la  durée  , 
à divers  ég.ards  , peut  fe  mefurer  par  celle  du  gothique  mo- 
derne , n’empcchèrcnt  pas  , que  des/  plus  aprochaïues  de 
leur  ancienne  forme  ne  fe  maintillent  toujours.  Ceft  au 
XII®.  ficcle  , que  les  f minufcules  (j)«ont  leur  pié  tourné 


roncha  far  la  tere  8c  par  la  qneue , & 
confondit  Tes  traits , an  point  de  UilTer 
ignorer , tjucl  devoie  être  , & Ton  com- 
mcnccnrcnt  H fa  fin.  L*un  & l'autre  fc 
troovèrent  fouvent  réunis  à fon  milieu. 
De- là  CCS  Q prcfqoc  en  façon  d’O  euf- 
fjfs  m^jiifculcs.  la  plupart  des  figures 
précédentes  font  nées  de  l’.V  capitale. 
Celles  , cjui  fuivent  Immédiatement 
ro  , apanieonent  pour  la  phipan  à la 
lainufcule. 

(i)  Si  les/* mérovingiennes  8c  caro- 
lincs  à double  traie  adoptèrent  (quelque- 
fois le  contour  du  p , foit  fermé  , foie 
èuvert  > canr  par  le  haut  que  le  bas  j 
les  / à fimplc  rrair  dégénérèrent  égale* 
ment  en  figures  de  P»  Telles  furent  au 
xir.  fiède  CCS  f “C  » quelques 

bpcs  , fans  erre  à queue  doublée  , ne 
lai/fent  pas  d être  compofées  de  pluficurs 
pièces.  Comme  auxiii^  y la  quruc  de 
ïf  remonta  jurqu’à  la  tête  , 8c  même 
par-dclTus  ; au  fuivant  , elle  produific 
des  $ à traits  doublés , peu  diférences 
du  La  queue  rclévée  en  droite  ligne, 
aux  XV.  & XVI*.  ficelés  , donna  des 
g)  Y''  , autant  conformes  à nospd'au- 
jourdni , qu'aux  / de  l'anriquité  la  plus 
reculée.  Ainfi  fouvent , fans  le  vouloir , 
& fans  s’en  apercevoir  ; on  revient  aux 
modes  des  anciens.  Lc*xiv*.  fîèclc  eft 
principaiement  le  rems  du  règne  de  cette 
(t  > qui  plus  d’une  fois  fc  raprocha  fort 
de  la  figure  du  f.  Au  xv^  fiècle.au  lieu 
de  compofer  ces  y*  d’one  courbe  8c 
d’une  droite  , on  les  forma  d’un  angle 
ncs-aigu  , fnrrwncé  d'une  courbe. 

(i)  Rien  de  plus  ordinaire,  avant  le 
XI*.  fiède  , que  de  rencontrer  des /fem- 
blablables  à des  r.  Cette  re/Tcmblance 
e(l  encore  plusgrasda  <kd»  U faxone, 


(|ue  dans  les  autres  écritures.  Les  traits 
u**^numéiaircs  ajourés  , les  queues  des 
portées  au  niveau  de  la  tctc  8c  ra* 
uarues  en  aitgic  , au  lieu  d'étre  arondies  « 
ocalionètcnt  pluficur.s  fois  la  meme  con- 
fulion  , d.ins  les  figures  de  ces  deux 
lettres,  vers  les  xiii.  xiv.  & ivMîc- 
cles. 

Les /en  / ne  nous  arcteront  pas,  C'eft 
dans  U haute  antiquité  , qu'il  faut  les 
chcrdici.  Celles  en  Y ne  conviennent 
non  plus , qu'à  ta  curfive  romaine.  Les / 
en  X peuvent  répondre  aux  x i r i . & x i v*. 
ficcics:  oru-cllcs  l'air  de  Vjr  > Liles  font 
prcfquc  toujours  aiiréricurcs  aux  xiiz*. 
La  romaine  tombe  fouvent , dans  certc 
équivoque.  C'étl  furtout , vers  la  fin  de 
la  lombardique  , que  la  rclTemblancc  de 
ces  deux  letttes  cil  portée  plus  loin» 
L*S  tirant  fur  le  z fe  mootte  en  Efpa- 
gne  , aux  xir.  8c  xiii*. 

Ce  n’ell  pas  tout  : 1/  emprunte 
les  figures  de  quelques  caradèreS  grecs  ; 
atf  XIV*.  fiècle  du  € prcfquc  partout  j 
du  r en  Efpagne  ; du  d en  Italie  i du  r 
en  Ecofic.  Le  F fert  auHî  à la  minuf- 
cule  de  Fr.inee , au  zv*  : !'«  paroit , dès 
le  XI 1 1%  LY  en  kdc  palTc  point  ce  fem» 
ble  le  IX*.-  Elle  fcmbic  même  réfêrrée  à 
la  curfive  romaine. 

(4)  L/  emprunte  également  les  figures 
du  f , aux  XII.  8c  xiii*.  fiècles  ; du 
6 , aux  XIV.  8c  XVI*  j du  8 , depuis 
le  XII*,  jufqu'au  xvi  *. 

(f)  LT  ne  rourfic  pas  communément 
fon  pié  racourci  vers  la  droite  , avant  le 
XII*.  ficclc.  Mais  elle  commence  à le 
fiiirc  , fur  la  fin  da  x*  , où  la  Caroline  re- 
gnoit  encore.  Elle  connnue  prcfquc  par' 
tout,  au  XII i^.  8c  ne  cclTcpaS'méfflei. 
ao  XV*.  en  AllcaagQc,. 


II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Cha^..  IV. 


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II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 
Ch  A».  IV. 


T en  cre'u  chez 
les  peuples  d'Eu- 
rope , d'Alie  , & 
f Afrique  : T ma- 
jufoilcs  & minuf- 
cales  des  notes  de 
Tproo  : fuptellion 
du  T : âge  des 
mlT.  te  des  chât- 
ies reconnu  par 
les  dÎTerfes  fign- 
cesde  cette  lettre. 
• 

(4)  AmmaJv.in 
bifti.f.  117. 


(t)  SiUStl.erhSj. 
t.x.fh,  a7.p.4i<. 


(e)  nu.  ch.  lï. 

t- 4'f 


171  NOUVEAU  TRAITÉ 
vers  la  droite  par  une  ba(è  oblique  , horizontale  ou  courbe  ; 
mais  qui  le  montre  rarement  de  l’autre  côté.  Les  S capi- 
tales , traverfées  par  des  perpendiculaires  8c  autres  lignes 
droites  ou  courbes  , commencent  aufli  dès-lors  , & en  moins 
de  cent  ans  parviennent  à leur  plus  grand  crédit.  D’autres 

5 gothiques  font  quelquefois  doublées  en  delTus  ou  de  côté  : 
ce  qui  arive  , lorlque  deux  S en  forme  majufoule  , font 
éiévées  l’une  fur  l’aqpre  ou  jointes  enfemble  tout  de  fuite. 

XIX.  Avancer  que  le  tliau  famaritain  relfemble  foit  à la 
croix  , foit  au  T latin  ou  grec  ; c’eft  une.  erreur  monf- 
trueufe  : prétendre  que  les  Hébreux  eurent  des  T diftin- 
gués  de  ceux  , qu’on  voyoit  fur  les  ficles , découverts , il  y a 
près  de  cent  cinquante  ans  ; c’eft  une  ignorance  parfaire  ; 
c’eft  une  folie  confommée.  Ainfi  parle  (a)  Scaliger:  & quand 
nous  ne  le  nommerions  pas  ; on  le  reconoitroit  fans  doute 
au  ton , qui  lui  eft  propre.  En  vain  Origène  alègue-t-il  le 
témoignage  d’un  dode  Juif  converti  , fuivant  lequel  le 
thau  des  anciens  caradères  de  fà  nation  ne  diféroit  en  rien 
de  la  Croix.  En  vain  S.  Jérôme  déclare-t-il  femblable  au 
ligne  , que  les  Chrétiens  impriment  fur  leur  front , la  der- 
nière lettre  de  l’alphabet  hébreu  du  premier  age  , dont  les 
Samaritains  ufoient  encore  fous  fes  yeux.  En  vain  Tertul- 
lien  aperçoit-il  ce  vénérable  ligne  , dans  le  thau  d’Ezéchiel 

6 le  T des  Grecs.  Scaliger  ( i ) l’a  prononcé  ; l’ancien  T 


(i ) M.  Simon  (i)  relève  auffi  Scali- 
ger » pour  s’être  récrié  contre  Orig'ene 
contre  S.  Jérome  ; comme  ttls  mveient 
MVMHcéune  fnuffeié  mnnifefle.  li  en  apclç 
à l'alphabet  {âmarttain  de  R.  Azarias» 
oti  1*00  voie  un  T en  forme  de  croix  de 
S*  André,  Jérôme  Alcnnder  , ajoutent  il, 
tnvoyn  ntt  P.  Morin  deuxfîclet  , ou  le 
thnu  Mvoit  U figure  de  croix.  Au  juge- 
ment d’Alcaodcr  , le  T ne  l’avoit  per- 
due , dans  tes  livres  famaritains  , que 
pareequ’on  s'écoic  acoutumé  à le  former 
d'un  Icul  trsit.  Mais  , quoique  Théo- 
dotioo  , de  l’aveu  de  M.  Simon  , ait  ren- 
du le  thau  d’Ezcchiel  , comme  (t  c*é' 
coic  la  derntere  lettre  de  raiphabec  $ 
quoique  (c)  flufieurt  fnvnns  icrtvmint 
^ fùfietut  Véres  l’entendent  de  la  croii  •, 
le  critique  aime  mieux  Ce  joindre  aux 


Juifs,  & à ceux  qui  traduifenc  ce  terme 
il figne.  Peu  luiimporte, qu'on  lepreone 
la  lettre  , ou  qu’on  l'interprète  de  la  loi 
par  une  opération  cabaliflique , fondée 
fur  le  mot  Thorm , qui  comnacnce  en  hé- 
breu par  le  thnm. 

RcAc  à favoii  chez  les  Hébreux , le 
figte  & le  thmu  ne  font  pas  une  même 
chofe  : C\  le  ndm  de  thnn  n'a  pas  été 
donné  au  T $ pareeque  fa  figure  Ter- 
voit  de  figne  : ou  plutôt  fi  la  locution 
hébraïque  de  figne  n'a  pas  été  emprun- 
tée de  U lettre  thnn  ; pareeque  la  croix 
étoit  employée  comme  figne.  Les  Hé- 
breux ne  fe  fervirenc  point  originaire- 
ment du  terme  thnu  , mais  d’^r^  pour 
marquer  un  figne.  Cefb  ce  qui  nous 
ponctoit  à croire  , que  thstt  ne  fut  pria 
dans  la  fuüe  , iclon  cette  acception, 

bébreii 


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DE  diplomatique.  173 

lîëbreu  n’a  pu  avoir  d’autre  figure  , que  celle  du  thau 
leprélênté  , dans  fon  exemplaire  famaritain  , & fur  quelques 
ficles  , venus  à fa  conoiffance.  Mais  combien  n’en  a-c-on 
pas  déterrés  depuis  , où  le  7*  confèrve  la  forme»  (a)  de  la 
croix  ? Combien  n’obfervons-nous  pas  de  croix  , dans  les  T 
étrufques  , fi  voifins  par  leur  âge  du  famaritain  {b)  antique  ? 

Le  T fyriaque  , à le  bien  prendre  , n’eft  qu’une  croix  , 
formée  d’un  leul  trait.  L%  croix  s’ell*  maintenue  dans  le  T, 
& de  l’ancien  [c)  efpagnol  , &c  du  copti^e  , & du  (</)  ni- 
nique.  On  rencontre  même  plufieurs  (e)  T grecs  &c  latins  , 
en  forme  (i)  de  croix.  D’ailleurs  il  ne  s’en  faut  prefque 
rien  , que  notre  T & la  croix  ne  foient  une  même  (a) 
chofe.  Or  ce  caractère  eft  celui  de  prclq^ue  tous  les  alpha- 
bets d’Europe.  L’hébreu  caré  ou  le  çaldaique  ( f)  ne  s’en 
écarte  pas  autant , qu’on  pouroit  le  croire  , au  premier  coup 
d’œil.  Augmentation  d’un  côté  , diminution  de  l’autre  ; 
voila  la  foule  caufe  de  la  difiemblance.  N’avons-nous  pas 
même  des  alphabets  Lébreux  , où  le  chau  eft  précifément 
notre  T ? Combien  de  T araHes  {g)  ne  s’en  difoinguent , que 
pareequ’ils  ont  la  tête  en  bas  ? 

Les  figures  des  T en  notes  tyroniennes  font  fort  nom- 
breufes.  Dom  Carpentier  a prétendu  les  réduire  à trois 
notes.  Mais  fa  foconde  en  renferme  de  trois  fortes  , &:  fa 
ttoifième  de  deux  ; pour  le  moins  aufli  diftinguées  les  unes 
des  autres , que  le  font  chacune  de  fos  trois  notes  entfelles. 
C’en  font  donc  réellement  fix , dont  voici  les  figures , telles 
q^u’il  les  a rangées  ,*  mais  repréfontées  avec  plus  (3)  d'exac- 
titude , & dégagées  des  caraâères  étrangers  , qui  en  ofùf- 
quent  quelques-unes  : i*.  a'.  S’  3'.  y y.  Si 

nous  voulions  nç  compter , que  trois  notes  ; il  faudroit  les 
envifoger  plutôt  comme  des  clafies , que  comme  des  genrés 


qu'à  raitbn  de  la  coutume  , d'ulêr  de  la 
leme  T ou  de  la  croix , pour  rtprdreocer 
un  figue , & furtouc  un  figue  relatif  à la 
Rcligiou. 

( I ) Il  l'en  crouTC , dans  le  SpicUdge  de 
cr  , dans  le  Calendrier  romain  du 
P.  Vulpi  , drcird-ven  les  commence- 
ment du  1*  fidcle.  &c. 

(i)  ÏT««e^«  i»  tôt  , dit  {h)  rauceur 
delà  lettre , foui  le  nom  de  $.  Baciudid. 

Tome  //. 


s,  Cldment  (>)  d'Aldxandrie  , Tertullien 
(à)  de  S.  Anguftin  (/)  reconoifient  dgale- 
ment  la  croix  dans  le  T. 

( ) ) Le  ddfiiac, qu'on  lui  reproche.Tienc 
de  ce  qu'il  n'a  pat  dtd  à ponde  de  fen- 
rir  , de  quelle  conrdqucnce  ildtoit  de  ne 
point  lailTer  dilparoitee  quelques  petites 
tdtes  des  T , & de  diflinguer  les  T cour- 
bes ou  minofcnlcs  de  ceux  , qui  font 
foimds  de  lignes  droites. 

M m 


II.  PARTIE. 
StCT.  III. 

C H A P.  I V. 

(a)  V.  Mire  VU. 
fUnthee^la 
$9t.  du  1».  va/. 
(h)  Pt.  tx. 

(r)  PI.  XIII. 

(d)  PI.  xir. 

(e)  PI.  X. 


(f)  PI.  r/if. 


(X)  PI.  IX. 


(h)  Cap.  m. 

(1)  Slremju.lit.t^ 

(à)  Lit.  3 . emtem 
Mureien. 


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174- 


NOUVEAU  TRAITÉ 


“ Si  des  efpcces.  La  première  contiendroit  les  T à longue 
^ fcconde  ceux  à .petice  tcce  , Sc  la  troificme  les  T 
Chat.  ly.  courbes., 

; On  poivoit  compofer  la  première  de  T , dont  la  tête  (ê- 
roit  réparée  du  tronc  ; (bit  qu’elle  fut  horizontale  ( T)  > fdit 
qu’elle  fut  ( «J*  ) oblique  : de  T,  dont  la  tête  horizontale- 
ment tournée  vers  la  gauche  ; tantôt  avanceroit  un  peu  ( ) 

vers  la  droite  ; tantôt  fuioit  uniqugment  ( ) dirigée  vers  la 

gauche  ; ici  avec  une  hafte  perpendiculaire , plus  ou  moins 
, ( >-i  ) longue  ; là  foutenue  par  une  bare  abailTée  de  droite  à 
gauche  ( ^7  );  ou  de  gauche(  ) à droite.  Cette  même  clalTei 
admetroit  d’autres  /)  ; ouverts  du  côté  gauche , dont  la  tête 
s’inclinant  de  haut  en  bas  , formeroit  im  angle  aigu  ; 

1 ou  s’élévant  de  bas  ( en  haut,  produiroit  un  angle  obtus  : 

ou  bien  d’une  ligne  , tombant  à plomb  fur  une  oblique  y 
defcendant  de  droite  à gauche  ( ^ ) , réfulteroit  un  autre  an- 
gle obtus  , d’un  afpcft  diférent.  La  fécondité  de  cette  clafle 
ne  (croit  pas  encore  épuifée.  Elle  aufoit  des  T , dont  la 
tête , tournée  vers  la  droite  , (croit  horizontale  -,  foit  qu’elle 
fût  en  L renverfée  ; foit  qu’elle  ne  le  fut  pas  ( p) . De  plus, 
dans  cet  état  de  recverfement  ; fon  angle  devenant’ 
aigu  , ferait  plus  ou  moins  ( 1/  ) incliné,  & m tête  plus  ou 
moins  ( v ) prolongée.  Du  relie  il  n’eft  pas  rare  de  trouver 
fur  les  anciens  monumens,  des  T , dont  la  tête  e(l  toute 
(»)  Sumsrriuii  entière  , ou  du  (a)  côté  (t)  droit , ou  du  côté  gauche.  On 
XX.  a même  plulieurs  exemples  de  j,,  à tête  renverfée. 

La  féconde  clalTe  n’auroit , que  des  | à petite  tête  , tels 
qu’on  les  rencontre  quelquefois , dans  certains  m(T,  & dans 
<,h)iUd.f.xvm.  quelques  infcriptions,  où  l’on  découvre  même  des  T fans  (h). 

tête . Ses  georés  (croient  reftreints  à deux,  dont  chacun  fé  di vi- 
féroit  en  trois  efpèces.  En  un  mot  la  diverlité  de  leurs  fi- 
gures & de  leurs  pofitions  fé  réduiroit  aux  fuivantes  t 


(i)  Cet  réparations  de  la  tête  & du 
ttone  des  T ne  font  point  rares  dans 
. les  écritures  capiiaics  , rainufcules  Si 
cuifivcs.  II  en  eu  de  meme  des  "Z  .dont 
la  téie  ne  s’avance  , que  d'un  feul  côté, 
des  r à petite  tête  , Sc  des  t courbes. 
Cela  doit  nous  confirmer  , dans  la  pen- 
£c  , que  les  auteurs  de  ces  notes  les 


cmprnntoicnt  des  lentes , dont  on  &i- 
foit  ufage  , Sc  qull  esilloic  dcs-lors  uaci 
écrijure  ioirtufcul*  ou  curfive. 

(i)  On  en  remarque  ptufieun  ainfi  fi- 
gurés dans  le  fragment  de  la  loi  ro- 
maine , dont  on  voit  le  modèle  , au 
livre  V'  d(  la  Oiploaiatique  dcDom  Mar 
bsUoD. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


»7f 


f ►“/!  / que  nous  aciimulons;  de  peur  de  trop  nous  apé-  ^™****^**^ 

fantir  fur  des  defcriptions  , auxquelles  il  eft  aiféde  fupléer,. 

quand  on  a été  nus  lur  les  voies.  Ch*p.  iv. 

La  troificme  clalTe  renfermeroit  des  T courbes  , des  T 
tournés  à droite  , à gaflche  , renverfés  , couchés  , inclinés 
6 9 . démêlera  fans  peine  l’origine  des  c 

minufcules  &c  curfifs.  Voilà  les  clafTes  , & du  moins  le  ger- 
me des  genres  & des  efpèces  (i)  du  T'en  notes  tyroniennes. 

Avaiît  de  paffer  aux  diverfes  formes  des  T , obfervons 
un  ufage  fingulier  des  anciens.  Il  confiftoit  à fuprimer  cette 
<i)  lettre  , (uivie  d’une  confonc. 

Des  (a)  monumens  , dont  l’antiquité  ne  fauroit  guère  être  («)  Btunmmuii 
inférieure  au  iii*.  fiècle  , renferment  , & des  c , fur-  / 
montés  (3)  d’une  bare  , & de  vrais  C,  en  la  place  des  T. 

Qui  fait,  dit  le  fénateur  {b)  Buonarmoti  ; fi  ce  n’eft  pas 
de  cette  forte  de  T,  qu’eft  venu  leur  changement  (4)  en 
C , conftaté  par  tant  de  m(T,  &c  d’inferiptions  (c)  antiques  ? {c)  Rtintfi  fyn- 
Au  moins , ftlon  lui  , ne  doit-on  pas  s’en  prendre  à la  pro-  •”J"-  “•f- 
nonciation  feule.  *’  *' 

Des  A 7”  «T  "T  panchés , (ans  fommets  ni  bafes  ; à queues 
où  à têtes  courbes  , peuvent  concourir  à déterminer  l’age 


fi)  CcIles-ci  montent , comme  on  le 
Toit  , à vingt-quatre  , 8t  ne  font  pas 
moins  difircnti^cs  entt'elles  ; que  ena- 
cune  de  celles  de  D.  Carpentier  , fahs 
avoir  l'inconvénient  de  fc  confondre  en- 
fcmble  , par  an  mélange  de  clalTcs  , de 
aenres  te  d'efpéces , auxquels  la  forme 
des  notes  refufe  de  fe  prêter.  Ceux  qui 
s’imaçinerotent  , qn'il  en  nuioqac  en- 
core a notre  r tyronien , coarroient  rif- 
que  de  prendre  des  lettres  fublïdiaires , 
pour  des  T radicaux  , avec  Icfqucis  elles 
fe  joignent.  Après  tout  on  ne  prétend 
peint  avoir  épuiliè  les  lettres  initiales  S: 
primitives  de  chacune  des  notes  du  T : 
à combien  plus  forte  railbn  des  autres 
kttres  ! 

( 1)  Marins  (d)  Viâorin  cite  en  preuve  : 
Pifyiùm  TU  djta  , mis  au  lien  de  p^- 
Muàm.  On  la  faprinKntanflt  qoelqiielois, 
fuivie  d'une  voyelle.  Par  exemple  dans 
le  mf.  71  S.  de  l'abbaïe  de  S.  Germain 
des  Prés , fol.  7p.  ÿ.  on-  lit  fu  ilium  , 
«U  lieu  de  ilium.  Cci  prononciattons 


méritent  d'autant  plus  d’être  remar. 
quées  ; qu'elles  n'influent  pas  feule 
ment  fur  la  langue  larme , & celles  qit 
en  font  foriics  ; mais  fut  récriture  de. 
m(T.  Si  des  diplômes  , toujours  intéref- 
fânte  par  le  bon  ou  le  mauvais  ulâgc, 
qu'on  en  peut  fatre, 

(î)  En  fait  d'ectiture  cutfïvc  ; les  / , 
dont  la  tète  eft  feparéc  du  tronc  ,-anon- 
cent  ordinairement  la  plus  haute  anti- 
qu’ué  , comme  do  v'.  ficelé  «n  du  vi'. 
au  moins  ; lorfquc  leur  montant  fort 
exhaulTé  ne  pone  pas  fur  une  périra 
bafe  , en  forme  d' uu  couchét  & tciivor- 
fée. 

(4)  Celui  du  C en  T , quoique  plus 
tare  , ne  lailTe  pas  d'ètre  allex  fréquent 
dans  quelques  mlT.S:  notamment  dans  W dr» 
le  Millcl  de  Gcllonc.  Nous  n'en  cite-  14^^* 

tons  qu’un  exemple , pris  des  cérémo- 
nies du  barême  : Et  infuftm  puerdut 
ter  vitituPiu  ujuu  , pour  SucerJu  tri- 
bus vitihus. 

i 

M in  ij 


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i7tf  NOUVEAU  TRAITÉ  . 

- — =r  d’une  ( i ) écriture  Japidaire  , à la  faire  conoicre  ‘ pour  aa* 
Ti'k  ficelé  à rère  chrétienne. 

Chap!  IV.  La  tête  du  T,  tranchée  haut  Sc  bas  par  des  fômmets  ^ 
convient  aux  quatre  'premiers  ficelés.  Aux  v,  & vi'  , le 
goût  des  T , prefque  dépourvus  de*  tête  , s’acrédita  , fan* 
' détruire  l’ancien  ufage.  Jufqu’au  ix'.  ficelé  ; les  fommets 
de  la  rête  prirent  à peu  près  la  forme  de  triangles  , un  peu 
alongés  en  pointes  , tournées  vers  le  bas.  Les  ix.  &x'.  fic- 
elés employèrent  , furtout  en  Efpgne  , des  T fort  hauts , 
dont  la  tête,  entièrement  ponée  du  côté  gauche,  avoit  la 
figure  d’une  S ou  d’un  C,  terminé  par  le  bas  en  volute.  En 
France  & en  Angleterre  , les  T métalliques  étoient  fbuvenc 
compofésd’un  ou  de  plufieurs  triangles.  Aux  fiècles  fuivans, 
les  irrégubrités  fe  mulriplièrent.  La  balê  du  T devint  non 
feulement  d’égale  longueur  avec  la  tête  -,  mais  toutes  les 
deux  , aux  tems  gothiques , fe  transformèrent  en  déMés  un 
peu  courbes.  On  vit  auflr  le  T fe  métamorphofer  plus 
d’une  fois  en  m ou  JTV.  Ces  figures  font  néanmoms  plus 
particulièrement  aflbrties  au  goût  alleman. 

A l’égard  des  mff;  le  T garni  d’une  tête  Sc  d’une  bafe,’ 
en  couchées  , & fort  chargées  fur  & fous  la  hafte  , 
défigne  le  v.  ou  vi'.  fiècle.  De-là , jufqu’au  x' , cette  lettre 
a fouvent  pris  la  forme  de  ï K : & quelquefois  celle  du  Z , 
vers  le  ix*.  fiècie.  Ses  têtes  en  "jT , dans  les  mff  , paroiffent 
avoir  été  plus  fréquentes  (z)  au  vi  i'  , qu’en  aucun  autre. 
Aux  VI  , VI I.  & VI 1 1'  ; nous  avons  beaucoup  de  T,  donc 
b tête  eft  arondie  vers  la  gauche.  Ce  dernier  fiècle  & le 
ix‘  , furtout  dans  b lombardique  , diftinguent  une  efpèce 


( I ) Qaoiqtte  la  paifaice  r^ularité  des 
traies  Teinble  être  la  inarejae  de  l’em- 
fire  d’Augulle  ; qaelqucs  irréeularicds  , 
dans  le  c<*iioor  ou  la  bafe  des  T , ne 
dcvtoienc  pas  les  en  exclure  , fi  d'ancres 
caraâdres  maoifedoieoc  ce  rems.  En 
dite  l'ancienne  dcriturc , alTcz  gralTière , 
Se  qui  pwiroic  être  apelde  tuftique  , le- 
bcivcmcnc  i la  perfediion  , on'on  donna 
pour  lors  à l'didgance  , ne  taifiâ  pas  de 
s'y  maintenir,  & bien  des  Cèdes  encore 
depuis.  * 

(i)  L'ufage  n'en  a ponrtanc  jamais  ècè 
commun.  Encore  une  ibis  il  ne  faut 


pas  s'imaginer  , que  les  caraâères  dif- 
tindifs  de  chaque  fiècle  doiTcot  cou- 
jours  fe  tirer  des  uGiges  ordinairet.  Sou- 
vent ceux  , qui  ne  patoilTem  , que  de 
cems  en  tems  ibncplus  dècifiit.  La  rai- 
fon  en  e(l  , qu'ils  cc/Tenc  totalement , 
dans  on  efpace  bien  plus  court  : au  lieti' 
qu'il  fiiuc  ordinaitemcnc  une  longue  fui- 
ce  de  fiècles , pour  remarquer  des  chan- 
gemens  fenfiblcs  , dans  les  niâges  Ica 
pins  communs.  Ce  principe  n'a  onlle 
pan  une  aplication  plus  jikle , qne  pas. 
raport  à 1a  (beme  des  lettres.. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  177 

de  leurs  5*  capitaux  , par  des  fommets  & des  baies  , di- 
vifées  en  deux  pointes , ordinairement  courbées  en  ancre. 
Vers  le  xi' , les  fommets  latéraux  de  la  tête  ne  font  , que 
deux  lignes  , rendues  concaves  en  dehors. 

Le  t minufcule  eft  fort  ancien  : nous  l’avons  meme  dé- 
couvert , & dans  les  notes  de  Tyron , &c  dans  quelques  mo- 
. numens  des  premiers  Ci)  ficelés.  Les  mlT.  & diplômes  des 
tems  les  plus  reculés  nous  l’ont  tranfmiS.  La  tête  des  an- 
ciens t minufcules  eft  prefque  toujours  horizontale.  Quel- 
quefois traverfée  par  la  hafte  , aux  vi  i.  & vi  1 1'=.  fiêcles  y 
elle  donne  aux  t la  figure  de  la  (i)  croix.  Ils  eurent  aulfi 
dès-lors  une  tête  courbée,  tantôt  (3]  uniquement  vers  la 


(1)  Le  t mianrcule  ne  fe  gliflë  fui 
les  monoics  orientales  , qu'aux  vi.  Sc 
Vit',  fiicles.  Mais, an  premierdes deux, 
il  conrerre  lacdce  horixomale , & coui- 
be  Ton  pié  de  bas  en  haut  vers  la  droite  : 
au  lieu  qu'au  fuivaut  U cambre  'de  plus 
£1  traverlê  de  haut  en  bat  vers  la  ^u- 
che.  Souvent  mime  alors  Ton  lïipott  ou 
là  queue  déclina  beaucoup  do  même 
côte , avant  que  de  fe  rctéver  du  Tens 
contraire. 

(1)  La  curlive  romaine  la  plus  anti- 
me  fait  grand  nlâge  du  r en  croix.  Il  fe 
forme  de  traits  courbes , qui  fouvenc  lui 
impriment  l'air  d'un  X,.  Qu'on  s'ima- 
gine deux  % jl'nne  de  bontdc  contooc- 
nde,  Tervant  de  haAe  an  > ; l'autre(  } 
couchdc  & tenverfdc  , lui  tenant  lien  de 
tite , on  aura  l'idde  joAe  de  ces  / ro- 
mains. A la  fécondé  /,  on  ArbAicna 
quelquefois  un  C couchéf  O)  & renverfd. 

Ces  deux  traits  forent  pins  incliods  , 
dans  la  métovingicooe.  Én  voulant  les 
tracer  tout  de  Ame  , te  d'un  fenl  mou- 
vement , on  donna  l'ftre  ^ divetfes  fi- 
gnres  du  r,  femblables  au  chifre  t & à l'v 
grec.  Dans  la  lombardique  on  romaine 
d'Italie , ces  r dfeéndrcrtnt , depuis  le 
vit',  fiicle  , en  T I*.  (TV  (T  f t 
&c.  Les  8 y aUemans  des  x.  ic  ii*. 
ficelés,  en  naiAent  an  Ai  fans  don  te. 
Entre  bcancoop  d'aottet  efpdces  de  , 
Ibrtis  de  la  mtme  croix  ; denx  aAez  re- 
marquables en  tirent  encote  leur  ori- 
gine . An  lien  de  tenir  i l'ordinaire  le 
côtd  ganciie  de  leur  tfte  ( St'  ) ddgage 


du  montani;  oneontinna  leur  traverfe, 
pour  lui  faire  couper  une  fécondé  fois 
la  haAe.  On  eût  dit  d’un  C reAené 
( % Jou d'une  ovale  ( %)  couchfe.  L'un 
te  l'autre  ttaverfoient  la  haAe  de  la 
croix  par  le  milieu  de  gauche  à droite  , 
aprûs  ravoir  fait  nn  peu  plus  haut  de 
droite  h gauche.  Noos  ne  voyous  le 
dernier  , qu'anviii'.  fiècle.  L'autre  s'é- 
tend, depuis  le  commencement  do  vi*, 
jufqn'au  déclin  do  ix*  : mais  c'cA  an 
vti*  , que  les  exemples  en  font  plus 
fréquens. 

Ix  t en  croix  perdît  trais  de  les  cour- 
bures , les  denx  fupérieures  te  l'itAé- 
ricure  gauche,  aux  Xi.  te  xii*. fiécles. 
Il  n'étoit  alors  pas  moins  i la  mode , 
dans  la  cutfive  , que  dans  la  minufcule. 
CcA  à peu  prés  for  ce  pié  , qu'il  fe  eon- 
ferva , te  nous  fut  traofmis.  Tontefôia 
avec  le  tems  , fa  tête  devint  oblique  , 
fon  croilîllon  fouvent  inégal  , te  Cou 
pié  anguleux  : obfcrvations  , qui  néan- 
moins tombent  fpécialement  for  la  nù- 
nufcule. 

fj)  Les  I à tête  uniquement  cour- 
bée vert  la  gauche , fe  remarquent  for- 
tout  au  IX*.  fiècle.  On  poutoit 
quelquefois  les  confondre  avec  nos  q. 
Mais  la  tète  convexe  , rabarue  vers  la 
gauche  , fans  exclofion  de  courbure  vers 
la  droite  , s'étend  depuis  les  premiers 
tems,  ^fqu'au  xi*.  fiècle  dans  la  curlive 
minufcule.  S'il  cA  qucAion  de  la  majuf- 
culc  ; cette  cambrure  n'cA  pat  meme 
botoée  pat  le  pur  gothique. 


U.  PARTIE. 
SlCT.  III. 
Chas.  IV. 


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II.  PARTIE. 
S E c r.  III. 
Ch  A P.  IV. 


478  NOUVEAU  TRAITÉ 

droite  ou  vers  la  gauche  , & tantôt  de  part  & d’autre.  Ce- 
pendant leur  côté  droit  paroiflbit  fouvent  horizontal  , fani 
aucune  courbure.  Vers  le  xii'.  ficelé  , un  des  bouts  de  la 
tête  du  T , ou  même  tous  les  deux  , furent  tranchés 
fréquemment  par  des  fommêts  ; tandis  que  cette  traverfe 
étoit  foutenue  par  un  fuport  (quelquefois  terminé  en  volute. 
La  même  queue  ne  tarda  pas  a fe  former  en  un  ou  plufieurs 
angles  , auxquels  Tes  fiècles  fuivans  en  ajoutèrent  oe’  nou- 
veaux. U fut  depuis  dificile  ( i ) de  diftinguer  le  t minufcule , 
devenu  majufcule  par  voie  de  fait , de  l’a  gothique  , qu’il 
repréfentoit  , au  moyen  d’une  queue  élévée  jufqu’au  haut , 
& rabailTée  jufqu’au  bas  ( fe  ) enlevant. 

Il  n’eft  guère  de  lettre  curfive  , dont  la  figure  foit  plus 
variée  , que  celle  du  t.  Il  lèroit  impoflible  d’en  donner  des 
notions  rigoureufement  exaéfes.  Quand  on  fe  borneroit  à la 
feule  romaine  antique  ; pour  y réuflir  , il  faudroit  s’enga- 
ger , dans  des  détails  très-longs  & très-épineux.  Conten- 
tons-nous donc  d’obferver  , cpie  fes  formes  les  plus  fingu- 
lières  , par  raport  à nous  , &:  cependant  alors  les  plus  com- 
munes , reviennent  à l’î^  , mais  fouvent  panché  vers  (z)  la 
gauche , au  (3)  c minufcule  , ainfi  qu’au  T majufcule  à 

(ij  Le  / reflembUnt  ir»curfif.  aui 
IX.  & X*.  Sètle*  . fur“0«K^  quelque- 
fois «Tune  b«ie  horizontale  ou  concave 
en  dehors , qui  lui  donna  nne  ^me , 
depuis  adoptà  pat  le  » & l'«  de  l'écnture 

^(z^Sor  une  hafte  coutbic,  la  tête  du 
t doublement , & quelquefois  triplement 
apoyde  , donna  naiiTancc  au  / , fembla- 
fale  à l‘a  minufcule.  Paieille  difpofition 
de  traits  &votifoit  eztrimcmcnt  les  liai- 
foitt  de  la  cuilîve  romaine.  Audi  cette 
lettre  s'y  reproduit  - elle  très-frdqucm- 
nent  t «e  fo  durée  y doit-elle  être  me- 
ftrée  , fur  celle  de  1a  romaine  ou  lom- 
baidiquc  ; c’eft-à-dirc  jufqu  au  x 1 1 '.  fié- 
cle.  Le  même  t ne  fut  pas  moins  fevo- 
tablctnent  aeueilli  , dans  la  mérovin- 
gienne , & dans  la  plus  ancienne  Caro- 
line. Cependant  à peine  parvint-  il  au- 
delà  de  fempire  de  Louis  le  pieux.  Mais 
ehofe  bien  finguücre  I quoiqu'un  peu 
altéré , on  le  retrouve  en  Efpagne , aux 
XIV,  IV.  8e xTi'.  fièclcf- 


Il  cil  une  autre  forte  de  r , qu'on  pon- 
rok  confondre  avec  l'a  curfif.  Il  ell  for- 
mé de  la  tête  du  t , convexe  du  côté 
gauche  8e  rabatuc , jufqu'à  contaél  du 
pié  de  la  balle  courbée  de  même.  Bien- 
tôt on  le  compofa  de  deux  C apliqués 
l'un  contre  l'autre.  L'ufage  s'en  établit 
au  vint,  liccle  en  piance  : il  s'y  fou- 
tint,  durant  le  ix'  : mais  il  ne  s'éten- 
dit pas  au-delà  des  bornes  du  fuivanr. 
En  Iialie  il  fe  maintenoit  encore  au  xi°, 
& du  moins  jufqu'au  xiiit.  en  Efpa- 
gne. On  diroit  qu'au  xiv'.en  Angle- 
terre 8e  CB  Ècollc  , il  auroit  paru  réllif- 
ciré  ; s'il  ne  s'y  étoit  pas  montré  fous 
une  forme  , auilî  bifare  que  gothique. 

(})  Le  r en  forme  de  c , commence 
au  XI  it.  (iéclc,  8e  dure  au-delà  du  re- 
nouvellement des  lettres.  Cet  ufage  n'é- 
toit  pourtant  pas  le  plus  général.  Celui 
des  t en  croix  , foit  avec  un  croifilloa 
éminent  des  deux  côtés  , foit  avec  per- 
te du  côté  gauche  , eut  toujours  l'avan- 
. Les  t mêmes  terminés  en  potence 


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DE  DIPLOMATIQUE.  475 

tête  (1)  renverfée.  Quelques-unes  de  fes  autres  fautes  ref-  - ^ 

lêmblent  prefque  aux  lettres  latines  </,  f Q , i /,o  , ^sec't' 
P,qy  x,y  , I , iux  grèques  ^ è ^ ^ 9 Zy  ChTk  iv. 

aux  chifres  arabes  ,1378  &c.  Il  n’eft  pas  befoin  de  det 
cendre  au  {z)  delTous  du  vi'.  fiècle  , pour  trouver  tous  ces 
caraftcres. 

Le  «b  lombardique  a la  tête  trcs-courbée  vers  la  gauche, 

&c  un  peu  vers  la  droite  en  delTus  , & plus  régulièrement 
en  deflous.  Il  reçoit  aulTi , dans  la  curfive  , à peu  près  les 
mêmes  figures  , que  la  mérovingienne.  La  viligothique  y 
joint  celles  de  1’/  & de  \'m  ou  peu  s’en  faut.  Plus  d’une 
fois  la  Caroline  , après  avoir  traverfé  la  haffe  , par  la  cour- 
bure gauche  inférieure  de  la  tête  du  { , élève  fur  le  côté 
droit  fupérieur  une  5 , ou  un  ÿ* , ou  quelque  chofè  d’apro- 
chant. 

Au  x'.  fiècle  , le  f curCf  majufcule  eut  la  hafte  fort  élé- 
vée.  Souvent  alors  fa  queue  fe  relévant , & traverfant  le  t 
par  deux  fois  , lui  donna  prelquc  la  forme  d’un  8 en  (i) 


avec  ou  Tans  bafc  , recourbée  vert 
la  droite,  ne  ccflîrent  d'avoir  cours  : 
OToiquc  leur  f rincipale  faveur  foie  ren- 
Rrmée , encre  les  x.  & x iv‘,  ficelés. 

( I ) Les  cnrfif  , obliqucmcnc renver- 
tt , fens  dtlTus  dcITous  , Ce  produific  (bu- 
Tcnc  f fortouc  i la  fin  des  mots , depuis 
k vt*.  fiècle,  jufqu'au  XI.  Sa  plus  gran- 
de vogue  doit  être  fixée  vers  le  milieu 
du  VI 1 1'.  Il  n'en  fiit  pas  de  ce  1 , com- 
me du  capital.  Celui-ci  ne  put  être  rtn- 
verfè  qu'exprès  : cclui-là  le  fiiC , parce- 
qu'on  inclina  toujours  de  plus  en  plus 
vers  la  eauche  le  montant  du  t,  Sc  qu’on 
'èléva  , fuivant  la  meme  proportion  , le 
côté  droit  de  fa  tête  , en  fuprimant 
l'autre.  Ainfi  la  cccc  apareme  ne  ce  r 
on  cil  véritablement  la  halle  , Sc  la  pré- 
tendue queue  en  cil  la  vraie  tecc.  Nous 
avons,  jufqu'au  xi'.  fiècle,  des  r fem- 
blabtes  au  ; , à l'v  , à l'r  } mais  de 
figures  fort  diférentes  , Sc  qui  néanmoins 
naiûcot  tous  de  ce  T cutfif , qui  fem- 
blc  avoir  la  tète  en  bas. 

(i)  l es  r mérovingiens  ne  portent 
pas  tt  loin  la  licence.  Ils  fe  bornent 
prcfqut  à r-mitation  des  « cuififs  romains 


les  plus  communs.  La  plupart  des  c Taxent 
n’ont  qu'une  tète  kociaoncale  , quelque- 
fois relevée  par  une  pointe  vers  la  gau- 
che , Se  une  queue  en  c i qui  , d£  les 
premiers  tems  , commentait  à iairc  an- 
gle vers  Ton  milieu. 

(j)  De  la  queue  du  / , relévée  en  cour- 
be , travetfant  fa  halle  de  droite  à gau- 
che, palfant  par  dclTus  , Sc  lui  feevaat 
de  tête  , réfulu  le  c , connu  fous  la  for- 
me du  V.  Communément  on  ne  fe  con- 
tenta pas  de  la  première  traverfe  : la 
queue  prolongée  au-delà  du  bouc  de  la 
lialle  vers  la  droite  y fit  Ibuvcnt  éclore 
uoc  autre  tète.  Ce  s , dont  l'origine 
peut  remonter  au  v.  ou  vi°.  fiècle , ne 
prend  fin  , que  vêts  le  milieu  du  xi'. 
il  eut  grand  coûts  en  Allemagne  , du- 
rant ce  fiècle  Sc  le.  précécknc.  Mais 
quoique  là  queue  avanfât  régulièremenc 
du  côté  droit  cela  n’empècha  pas  , 
que  dans  la  fuite  il  n'cûc  ciirotc  une 
troifième  tète  ifolèc  : patccqnc  fa  queue 
s'élévoit  à peine  au-dclTus  de  la  moitié 
du  montant.  Une  tète  ntincirale  fépa- 
réc  de  la  queue  , fut  pofée  au  bouc  de  la 
halle  : lorfquc  fut  le  déclin  du  xi‘. 


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II.  PARTIE. 

SiCT.  III. 

CHAf.  IV. 


CempiratTon  de 
l’V  Ucioavcc  ceux 
des  antici  nations: 
4cu  fottct  du  en 


Timtftuetn- 
iiiUctheem  H- 
Uiub.K^-f- *4>- 

(i)  V.pltiuh  V. 

1. 1.  (ÿ>  (.  1.  Is  I*. 
du  écrit.  It^d.  (ÿ> 

mù»L 


180  NOUVEAU  TRAITÉ 

chifre  curfif.  Aux  ficelés  fuivans  , la  même  queue  fêrpen- 
tanc  (i)  traverfa  tant  de  fois  la  hafte  ; qu’on  diroit  d’un 
échalas  , foutenant  fon  fep  de  vigne.  Aai  xii*,  la  hafte  fo 
pliant  en  divers  fens  devint  (1)  peu  à peu  toutafait  ondée 
ou  anguleufe  : fi  ce  n’eft  quand  elle  étoit  diftinguée  de  la 
queue  du  T.  Celle-ci  prenant  la  forme  d’un  (3)  C , de  la 
tête  defeendit  au-deftbus  de  la  hafte , Sc  dontu  naiftance  à 
une  forte  de  t , non  moins  gothique  que  celui , qui  fe  con- 
fondoit  avec  Vu. 

XX.  L’étrufque  & l’ancien  grec  (4)  ont  des  V parfaite^ 
ment  femblables  aux  nôtres.  Renverfez  les  V fyriaques  Se 
tuniques  3 vous  y trouverez  fans  peine  l’v  latin.  Employez 


Cède  , ta  quene  monta  jufqn'au  haut  en 
ferpentant.  Pool  l'ordinaire  le  r eut  une 
pareille  tlte  , dans  l’écriture  alongée. 
On  d^coorre  néaninoins  quelques  exem- 
ples , où  ces  ondulations  fe  terminent 
CD  tête  , au-deiTus  de  laquelle  le  bout 
de  1a  halle  parole  êlévé. 

(i)  Le  ( de  réciicDie  aloneée  , quel- 
que ondulé  qu’il  foit , ne  s'élève  ni  ne 
s'abailTc  au-delà  de  la  ligne.  Dans  la 
mérovingienne  , fut  une  nalle  un  peu 
tortueufe  , s'étend  une  tête  large  Si 
proportionée  a ü hauteur.  Communé- 
ment recourbée  en  delTous  vers  la  gau- 
che , elle  va  |ufquà  toucher  cette  ^f- 
te  ou  à la  ttaverfer.  La  tête  devient  pe- 
tite dans  la  Caroline  , au  ix‘.  liécle  ; 
tandis  que  la  hauteur  du  montant  au- 
gmente. Le  même  caraélére  an  x‘.  pa- 
rois le  plus  marqué  te  plus  général.  Aux 
XI.  & XII  , la  tete  du  i perd  fon  aron- 
dilTemeot , & fe  raprochc  du  T capi- 
tal i comme  du  pur  minufcule,au  xt  1 1 
En  Allemagne  , au  x*  , la  hauteur  du 
r Sc  la  peritelTe  de  Ci  tête  font  encore 
plus  (lapantes  , qu'uniformes.  Vers  le 
milieu  de  ce  liécle , la  hafte  du  t fem- 
blc  vaciller  quelqtiefôis  par  fes  trcm- 
blemens  multipliés  , auxquels  elle  com- 
mence à être  (ujete.  Cependant  Ion  an- 
cienne forme  continue  de  l'emporter 
fur  toures  les  anrres.  Dès  le  commen- 
cement du  X I , on  détache  la  queue  du 
beat  du  r , & l'on  fe  contente  de  tra- 
Tcrfer  fa  hafte  par  nne  S.  Bientôt  on 
la  double  , triple  , quadruple  8cc. 


enfortc  que  le  montant  dur  devenu  plut 
long , en  cft  tout  couvert.  Ces  ondu- 
lations n'afeâcot  pas  tous  les  t fans  ex- 
ception : il  s'en  faut  beaucoup.  Depuis 
le  commencement  du  xii‘.  Iièclc,  on 
voit  grand  nombre  de  T,  en  forme  ca- 
pitale : & les  traits  linueux  font  té- 
tranchés. 

(x)  Dans  la  charte  de  pleine  fécutité  , 
fous  l'empire  de  luftinicn,  on  remarque 
déjà  des  < à queue  ondulée  ou  tremblante. 

( ] ) David  Cafley  , dans  fon  Catalo- 
gue des  mlT.  du  roi  d'Angleterre  . dit , 
que  1er  8c  le  r des  chanes  8c  des  mlH 
le  confondent , depuis  le  z 1 1 1 *.  Cède  , 
par  une  trop  grande  relTemblaoce  de  fi- 
gures. Ceft  même  un  des  moyens,  qu'il 
propofe.pour  juger  de  l'age  de  ces  anciens 
moDumens.  Uu  auteur,  qui  a fait  des  no- 
tes fut  le  plus  ancien  tegiftre  de  la  cham- 
bre  des  Comptes , apelé  de  S.  Juft  , re- 
maique(a)  fol. lo.ÿ. fur lemot  Echiquier, 
mimt  filon  ticriinro  dudit  rog^o,juom 
MO  fuit  fi  ctft  Surarium  ou  Scacarium  ; 
tC Mutant  tpu  Ut  c font  eourhét , comme  Ut 
f-du^ntl  erreur  efi  frocidé  U terme  tTEfihè. 
jHMr.Ccft  à quoi  nous  ne  Ibufcrirons  pas. 

(4)  LT  grec  de  l'ancien  (é)  monit- 
ment  d’Amycle , l’v  éttufque  8c  l'V  laüti 
des  tables  Engnbines  étoient , il  y a trois 
mille  ans , les  mêmes  , que  ceux  ifatt- 
jourdui.  L'V  latin  a moins  varié  d'a- 
bord , que  le  grec.  La  pointe  de  celui, 
ci  s'étant  infenfiblemcnc  alongée  fa  £ût 
dégénérer  en  Y. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  i8i 

/Itr  riiébrcu  le  meme  fecret  : augmentez  un  peu  l’un  de  lès  sy 

côtés  : d’un  angle  obtus  formez-en  un  aigu  ; l’V  latin  va  fe  partie. 
Hiontret  à vos  yeux.  Ces  changemens  au  fond  ne  font  pas  chap.  iv. 
tels  , qu’on  ne  puilTe  en  remarquer  d’aufli  grands  dans  notes  de  Tyron  : 
les  transformations , ordinaires  à notre  V.  A l’égard  du  fa-  di«rs  ufages  des 
inaritain  , par  de  nouvelles  additions  à fes  traits  ; il  s’eft  ^n» 'ron^ 
aparamment  ( i ) plus  écarté  de  fa  figure  primitive  , que  les  rds , aigus  : juger 
V des  autres  nations.  Cependant  il  ne  faut  que  rétran-  p«f  leurs  figHrei 
cher  , goût  le  reconoitre  , dans  toutes  les  formes  , qu’il  a j',  clarf« 
piifes.  mdme  des  impri- 

Dom  Carpentier.(a)  compte  des  V tyroniens  de  quatre  (i) 
fortes.  Il  ferait  peutetre  mieux  de  divifer  les  des  notes  de  i.  ^ 
Tyran  , &c  même  tous  ceux  des  anciens  mlT.  & autres 
monumens  j en  ronds  , tels  à peu  près , que  nos  U voyelles  ; 

& en  aigus  ou  angulaires  , femblables  à nos  V confones. 

Les  premiers  ( 3 ) fe  fubdivilèroient  en  U fans  fuport , Sc 
en  ij  apuyés  d’une  hafte.  Il  eft  une  fîtuation  de  l’U  rond 
afiez  notable  , pour  donner  nailTance  à un  nouveau  genre  ; 
fi  cette  lettre  ne  fe  trouvoit  pas  naturellement  bornée  à deux  ; 
ce  feroit  l’ O prefquc  totalement  renverfé.  L’V  faifant  angle 


(1)  si  cette  lettre  fcmble  sacorder 
mal  arec  notre  V , quant  i la  figure  j 
nulle  autre  ne  lui  elt  auflî  conforme  , 
quant  à la  dénomination.  Ccd  la  {t) 
feule  , qui  ajcconfervé,  ckcz.lcs  Grecs 
Eoliens,  Si  chez  les  Latins  , Ion  nom 
primitif  , le  nom  de  V»$i. 

( t)  Mais,  fans  parler  de  quelques  me- 
nus délàuts  t fa  ttoifiéme  note  efl  la 
même  que  la  première.  S’il  étoit  polfi- 
blc  d'établir  entre  Tune  Si  l’antre  quel- 
que diférence  ; il  faudroit  la  poulTec 
beaucoup  plus  loin  , comme  on  le  verra 
biemôr.  En  récompenfe  le  quatrième  de 
fes  H ryroniens  en  renferme  crois , dont 
la  diflinélion  efl  plus  fcnfible  , que  ne 
l'tft  celle  , qui  difétencie  fes  trois  pre- 
mières noces. 

(y)  Qu'ils  (oient  tranchés  par  des 
fommets  , ou  qu’ils  ne  le  foient  pas  ; 
que  ru  purement  rond  foie  plus  ou 
moins  en  ovale  couchée  ; que  Ton  on- 
renure  foie  pins  ou  moins  grande  ; 

Tome  II, 


qu'elle  réponde  précifément  par  le  haut 

è fon  milieu  , ou  qu  elle  décline  un  peu 

vêts  la  drqite  ou  vers  la  gauche  : ces  * 

variérés  peuvent  feivir  à la  fpécificaiion 

des  mots  , dans  les  notes  cyroniennes  ; (fj  Prifeitm.  tii 

mais  elles  n’opèrent  point  une  diverlité  r.  afad  Putfeh. 

coolidérable  , capable  d'infiuet  fur  l'cf-  etl, 

fence  de  la  fipre.  Il  en  faut  dire  au- 

tant  des  U à halle  , d'où  font  dérivés  xy.t.ij, 

nos  U minufculcs.  lis  ne  paroilTcnt  fur 

(c)  les  médailles  , qu'au  vi‘.  liècle. 

Mais  ils  éroicnc  plus  (d)  anciens  dans  / \ , 

les  mC  Leurs  bafes  îc  leurs  fommets , ‘v 
marqués  ou  fuprimés  ; leurs  divers  de-  *.V/ô***â-  i 
grés  d'ouverture  vers  les  côtés  ou  vers  \‘)  Oe  rt 
le  haut  i la  queue  foit  perpendiculaire  ***’ 
de  dilérentes  longueurs  , foit  inclinée 
de  part  ou  d’autre  , droite  ou  courbe  , 
racourcie  on  prolongée  , coures  ces  mi- 
nuties n’en  changent  prefque  point  la 
pofition  , loin  d'en  altérer  les  traits  cf- 
fenticls. 


Nn 


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II.  PARTIE. 
SicT.  ni. 
Chat.  IV. 


(a)  Patfck,  t*!. 
410. 


(t)  LHr.  I.  deli- 
ttri.  ni  J 3 J. 


(t)  Col.  f4f. 

\d)  Oripn.  Ith.  i . 

Cm  4. 

(f)  Vo  noi  plan- 
ches lapidaires. 
ï.  elaf  1.  dsv. 
I. genre  J l.ejpicf, 
n.  ^ 


i8i  NOUVEAU  TRAITÉ 

pouroit  fe  partager  en  quatre  ; fuivant  qu’il  ( i ) regarde  en 

haut , en  bas , à droite  , à gauche. 

Les  Latins diftinguoient  (^i)un  V confonc,unU  voyelle^ 
Sc  meme  un  V , qui  , n’ayant  ni  l’une  ni  l’autre  qualité , 
n’étoit  (jj  rien  félon  quelques-uns  de  leurs  auteurs.  Le 


(1)  Cct  divcrt  afpccls  fréfopoféç  i il 
ti'cil  pas  n^ccU'airc  d'inHiter  beaucoup 
fur  Ton  ouverture  plus  ou  moins  grande  , 
fur  fa  itciiatioo  plus  ou  moins  oblt.^^ue , 
fur  un  de  fes  cotds  plus  ou  moins  long. 
On  pouroit  toutefois  tirer  de  pareilles 
circonflanccs  bien  caraclcrifées  , & pa: 
raport  a ces  V , 3:  par  raport  aux  U 
tonds  , atitaQt  (Tcipcccs  , <]ui  conuibu- 
roicQt  à rendre  plus  clair  & plus  com- 
mode rarangemenr  d'un  bon  DicHonairc 
en  notes  de  l'yron  , ouvrage  qui  man 
UC  abfoluiueiit  à notre  littérature , mais 
ont  rcxe'cutioD  ne  paroit  pasimpoiriblc. 

(1)  Nous  ne  pct.lîons  pas  , qu*on  pm 
ivvoqoer  en  doute  , que  les  Romains 
anciens  « fans  avoir  déterminé  des  li- 
gures diféreorcs  » pour  repicfcntcr  leur 
« confone  & leur  u voyelle^  ne  laU- 
foienc  pas  de  les  diRingucr  . du  côté 
de  la  valeur.  Mais  un  habile  académi- 
cien nous  ayant  fait  flir  cela  des  dih- 
cultcs  , nous  met  dans  la  oécefTîté  de 
ne  pas  lavanccr  fans  preuves.  T vecaüs 
, (4}  dit  Diomède,  quAgemsna- 
ta  dtgamma  aecipit  .*  prApoJîta  Jtbi  aut 
allers  vùcali  tranfit  in  co.nsONANtium 
petefiatem  , « vütcus,  VAitNS  , vixiT, 
vELOX  , vox.  Contentons  - non?  d'a- 
jouter à Tautotité  de  Diomède  celle  de 
PriTcien.  Voici  (é)  (c*  paroles  : I V 
veeales  , qaande  media  fuu  , alternos 
inter  fe  férus  videntur  cenfundere  ^ tefe 
Denate  > I > wr  vir  i V,  ut  optamus.  F.t  I 
qstidem  , quande  pc^  V rersfiuanttm.^  loce 
digamtna  F funHasn  Æelu  i f enitur,  hre- 
vh.  Un  peu  après  d.ins  ion  chapitic 
fur  le  nombre  des  Jcrtrrs  chez  les 
ancicus  : î^wt^^itasn  (è)  ateum  peuji  ns  te  I 
literam^  leeo  pejîtai-ft  co.ssON.sN  ns,.,/-- 
piratio  srrvenhi  y feut  net  ante  V CON- 
SONANTtu  ...  V veri,  leeo  cONsonan» 
Tis  pefitAy  eaïulesis  frerjiss  îss  omniùin  xurn 
halkst  apn.l  Latines , quàm  apud  Æeict 

au 


digamma  F.  Vnde  à plerifque  et  nemete 
hoc  datSiTy  qusrd  apssd  ÆeUs  hahuit  ohm 
digamina  y id  ejl  y vatt.  I!  rcroicarfé 
dacumnlcr  ici  une  fb.ilc  dç  testes  des 
anciens  aufli  â^rmcls.  # 

( J } luterdium  ejl  nihil  . • . fine  dahio 
nihsl  ejl  y dit  S.  Iltdore  (d)  de  Séville  « 
d’apres  quelques  grammairiens  du  cems 
de  l'empire  romain.  Il  s'agit  de  l'«  pré* 
cédé  d'une  confone, &:  fuivi  d’une  voyelle: 
comme  dans  Qjii  , qua  , qned  Scc.  Ce 
qui  prouve  , que  ces  anciens  pronoa- 
çotenc  leur  qui  , comtnc  nous  le  £ii* 
fous  en  François.  L'V  n*au"oic  fuiemcnc 
pas  manqué  de  fc  faire  icotir  ; f\  la 
prononciation  J que  nous  donnons  à ces 
mots  latins,  avoïc  été  la  leur.  Ils  écii- 
voient  'r)  même  qui  fans  tr.  Beaucoup 
d’iiifcripcioDS  antiques^  de  mlT,  anté- 
rieurs à Charlemagne  , quoique  pas  tou- 
jours conRans  dans  cette  orthographe  , 
fulîfcnt  pour  faire  foi , que  l'a  à la  fuite 
du  ^ , ne  fc  prononçoit  pas  toujours. 
Cependant  le  mf.  75)0.  ac  la  bibIio> 
chèque  du  roi  nous  montre  on  gram- 
mairien /qui  apres  avoir  inliné,  com- 
me 5.  lüdore , fur  le  néant  de  1‘m  en 
ccrcatns  cas  ; conclut  qu'il  fait  partie  diz 
q.  Cela  paroirra-t-il  fufilAnr , pour  juf- 
tifer  notre  prononciation  ? Qtioiqn'il  en 
(oit  : c'cR  un  indice  de  la  plos  haute 
antiquiié , dans  les  aéics  publics  & les 
md*.  d'y  voir  fouvent  T vu-rcjctc  au-def- 
füs  du  q.  On  en  trouve  néanmoins  en- 
core des  exemples  très  fréquens,  fuitoui; 
en  Iralic  , aux  VI 1 1.  & ix*.  fîcclct.  On 
remarque  auHl  pour  lors  d'autres  v 
qu'on  ne  doit  pas  certainement  compter 
pour  rien  , quelquefois  renvoyés  exprès 
au  dclliis  des  mots , ou  ils  auroient  dd 
entrer.  11  nc(\  pas  rate  , que  des  ex- 
ceptions , fondées  en  raifon  s’éten- 
dent avec  te  tems  au  - delà  de  leurs 
bornes  légitimes  , par  l'habicuJc  ou 


Di  . 


DE  DIPLOMATIQUE..  i8j 

digamma  (ij  éolique  n’avoic  de  raport  , qu’avec  l’V  con-  " — ^ 

fone,  Si  non  pas  avec  i’U  voyelle.  Vb^t 

Quoique  autrefois  on  ne  changeât  rien  à la  prononcia-  c h * i-,  i vV 
tion  de  l’V  : quand  il  s’en  rencont|‘oic  deux  de  fuite  , donc 
le  premier  écoic  confbnc  , &:  le  fécond  voyelle  ; ce  der- 
nier s’écrivoit  (a)  fouvcnt  par  un  o.  Conféquemment  le  l.bius. 

nominatif  lingulier  fe  trouvoit  confondu  avec  l’acufatif 
pluriel.  Au  lieu  de  deux  v ou  de  vo  ; on  ne  raarquoit 
quelquefois  {à)  qu’un  V : mais  dont  les  deux  côtés  futpalâ  Prljc!^ 

loient  en  liauteur  les  lentes  voifmes.  D.  Mabillon  (c)  ob-  f -+• 
fèrve,  que  les  deuxVV  bien  diftingués  , durant  le  ix*^.  fié- 
de , fiiÂnt  au  x 1 1 . confondus  par  la  cotnplication  de  leurs  (c)  o>  rt  HfUmi 
branches  , qui  leur  donna  la  figt^jp  (i)  du  double  W.  ^ jî'iüi 
On  fe  fcrvoit  encore  alors  (3)  indiftremment  {d)  de  l’v  ' * 


rinaicmion  des  copiAcs.  Dans  les  mC  an- 
gle Taxons  U cft  d'un  grand  ufage  de 
porter  Tv  au  dcïTus  de  Ta  ligne,  'il  cA 
rn^iue  palTd  en  coutume  dans  tptelques- 
unes  de  leurs  écritures.  Telle  cA  une, 
minufculc  du  mT.  de  S.  Germain  des 
Prés  Z II. 

(1),  On  a plus  haut  trop  examiné  ce 
^ui  concerne  ce  digamma  , pour  fc 
permettre  à Ton  fiijec  de  nouvelles  dif* 
cnHions.  Ajourons  fculemènr  , que  le 
^ ou  rFcrrufquc  » félon 'M.  Gori , 
prie  nailfance  de  deue  * ainfi  pofes. 

(z)  Des  le  xi^.  fîccle  , on  en  peur 
voir  on  exemple  dans  la  (#)  bulle  de 
Benoie  VIII,  &:  (iK  dans  la  V 1^. 
planche  de  CaHc^.  Une  feule  petite 
pièce  de  Madox  cfi  fournie  quatre  : Sc 
fl  nous  ne  craignions  de  palier  du  zi*. 
fièclc  au  xz  , nous  ajouterions  , qne 
la  Vl^.  planche  du  Tréfor  des  diplômes 
étEeô/f*  psr  Anderfon  n*en  renferme  pas 
moins.  Ces  dernières  pièces  ne  font , m 
plus  anciennes,  que  l’an  losS.  ni  pof- 
(éricurcs  à l'an  2107.  Redutfez  la  qiicf- 
tion  à des  W qui  fc  touchent  i le  pic-  1 
mier  nècle  en  éburnira.  Mais  il  &’agit 
d‘^ , qui  fc  cravcrfcoc  : en  quoi  coa-  ’ 
Aile  , a propfcmein  packt  , le, double 
jeu.  Or  M.  IcBlaac  ( A a.  publié  uncH 
monoic  d’or  de  Louis  U di^{ÿSUr/e.^fMr.* 
laquelle  ces  conditions  font  cxâélemcnt 
remplies.  Les  diplômes  originaux  du* 


meme  mon.arque  nous  ofrent  auHi  des 
.Apres  cela  il  feroie  inutile  d’eû  mim- 
ticr  dans  d'autres  diplômes  d empereurs 
des  X.  & XI®.  ficelés  ; comme  tfOiton 

ni.  de  997.  de  Hcnn  IV.  de  lo6tf  Vindic. 

Sic.  fl  ce  n'cA  pour  faire  rcmaroucr  > •'’fhrw*  h'uid. 
que  Ics  dmr  V cntrclalfcs  devinrent  de-  *• 
puis  ordinaires  ou  tTCs-fréogcns  , de  ra** 
rcs  qa'ils  avoiciic  été  jiifqu’alors.  On  Traité  det 

trouve  aulTi  dans  une  monoic  anglo-  * 

fâxonc  du  chevalier  Fountaine , pl.  F* 

un  V , qui  pouroit  bien  n'étre  pas  de 
beaucoup  inférieur  en  âge  à celui  dé 
Louis  le  debonaire.  Far  deffus  tout  cela  , 
nous  voyons  le  W psroitrc  , dès  la  fin 
du  rii®,  fiède  , dans  un  diplôme  de 
Clovis  III.  D.  Mabillon  en  3 publié  (g) 
le  modèle.  Combien  faudroir-il  ftirç 
remonter  plus  haut  l’antiquité  de  cctic 
Icnrc  dounle  , fi  fur  un  des  blocs  de 
pierre  , érigés  à Paris  foui  Tibère  , il 
faloic  lire  avec  M.  B.vuddot  {h) 
tûJN  } Mais  ni  M.  de  Mautour  , til’  les 
PP.de  Montfiiucort,  Lobincau  &:  Mar- 
tin n'y  ont  point  vu  ce  Nous^  n‘ÿ 
avons  non  plus  aperçu  qu'un  V ; quôj- 

?|uc  nous  ayons  examiné  ViiifcEiprion  dt 
orc  près  , en  diférens  tems  , & à pîu- 
ficuts  rcprîfes.  , 

({)  Un  favane  académicien  nous^a 
communiqué  une  obfervacton  , d'où  il 
réfulcerbit , que  , des  le  xii®.  ficelé, 
l'ufagc  de  rv  & de  1*U  n'éroit  pas  toucafiuc 

N n ij 


(,)  Dr  rt  dificm 
f.  )8i. 


(h)  Urjf.  dt  r». 

endtta.  dti  M/crifm 
I.  }.f.  Ml. 


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II.  PARTIE. 

Se  CT.  III. 
C H A ».  1 Y. 


284  NOUVEAU  TRAITÉ 

aigu  & de  l’u  caré.  L’u  rond  n’avoic  pas  plus  d’aplicarion  dé- 
terminée à \'u  voyelle  ou  confone  , que  les  deux  précédcns, 

11  ne  faut  pas  remonter  cent  ans,  pour  découvrir  le  com- 
mencement de  l’ufage  , où  nous  fommcs  en  France  de  dif- 
tinguer  l’v  confone  de  l’u  voyelle  par  ces  deux  caraélcres. 
Avant  ce  tems  , le  premier  ; voyelle  ou  confone  , fe  re- 
trouvoit  conftamment  à la  tête  des  mots.  Toute  autre  pla- 
ce étoit  dévolue  au  fécond  ; fans  égard  à fa  qualité  de 
confone  ou  de  voyelle.  Cherchons  dans  les  mlT  , l’origine 
de  cette  dernière  pratique  -,  avant  que  de  nous  ocuper  de 
l’autre  , à laquelle  on  n’a  penfé  tout  de  bon  , que  depuis 
cent  cinquante  , ou.  deux  cents  ans  tout  au  plus  : fi  f on  met 
en  ligne  de  compte  fes  foibles  commencemens. 

Au  XI 1'.  ficelé  , on  croit  découvrir  les  prémices  (i)  de 
l’ufage  , fuivant  lequel  l’v  aigu  , voyelle  ou  confone  , com- 
mençoit  toujours  le  mot.  Dès-lors  , par  raport  à l’écriture 
curfive  ; il  étoit  déjà  bien  acrédité  (2)  en  France  , en  An- 
gleterre , en  Ecolfe.  Il  fit  rartout  des  progrès  confidéra- 
bles  , au  XI 1 1'.  fiècle.  Au  fuivant  , il  parut  prefijue  ordi- 
naire êcuniverfel.  Mab , par  raport  à la  minufcule  (3)  formée, 
relative  à celle  de  nos  imprimés  j on  n’étoit  pas  encore 

abandon;!  au  caprice.  Dans  un  mf.  des 
fermons  françois  de  S.  Bernard  ; il  a re- 
nurqu^  l'a  voyelle  , furrouc  pr^eddd  ou 
fuivi  d'une  autre  rroyelle  , fouveiu  derit 
arec  un  v confone  -,  candis  que  celui- 
ci  l'eft  par  un  u voyelle.  M.  Pluche  a 
faic  graver  . d'apres  un  rof.  du  meme 
üccle  , de  la  bibliochèque  des  PP.  Feuil- 
lans  de  Paris  , un  fragment  des  fermons 
François  de  S.  Bernard  en  vingt  deui 
lignes  , où  cctcc  didindHon  des  si  n'eft 
point  oblërvde.  On  n'y  voit  mdme  , 
qu'une  feule  fois , l'V  confone  pour  l'si 
voyelle  ; quoique  la  dernière  lettre  s'v 
trouve  quinze  fois  , dans  les  ciiconl- 
tanccs  requilcs  , pour  être  tendue  par 
ly  confone. 

(i)  Que  ce  fût  afedlation  ou  fans 
deffein  : dès  le  commenccraenr  du  z*. 
fiècle  les  diplômes  allemans  employoient 
quelquefois  TV  pour  lettre  initiale  des 
mou.  On  en  faifôit  encore  plus  frè- 
qucrssmciie  le  mèstc  ulàgc  , dans  Ica 


ebifres  des  dates  ; quoiqu'il  ne  fiit  pas 
le  plus  commun.  Aillcun  toutes  les  pla- 
ces ètoienc  indifèceinmcnt  acordecs  fi 
Tv  ic  à r«. 

(a)  Nous  avons  vu  deux  diplômes  de 
Louis  le  gros  , en  date  de  l'an  mes. 
donc  cous  les  V , placés  au  commence- 
ment des  mots  , ont  le  fond  en  pointe , 
le  côté  droit  courbe  , & le  gauche 
droit.  Leur  queue  s'élève  de  quatre  oa 
cinq  corps  au-dellûs  de  la  ligne.  Ils  font 
d'ailleurs  fcmblables  aux  t.  Mais  ceux- 
ci  font  plus  longs,  te  moins  inclinés  vctl 
la  gauche. 

())  On  fpéciffe  cette  écriture  : par- 
cequ’il  en  ell  une  curfive  des  mlT,  por- 
tant fi  peu  près  les  mêmes  caraélèrcs  , 
que  celle  des  aéles.  Mais  quand  l'écri- 
ture des  chdhes  fc  raproche  de  celle 
des  mlT  , elle  ne  laifTe  pas  d'ufêr  ordi- 
nnttcmeiu  de  fV , comme  la  vraie  c«»> 
fivc. 


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9 

DE  DIPLOMATIQUE.  iSj 
acoututné  au  xv*.  à marquer  notre  v confone  , au  com- 
mencement  de  chaque  mot  : quoiqu’on  le  fit  quelquefois 
affez  régulièrement  ; & qu’au  xvi  , la  mode  en  foie  deve-  Chap.  iv. 
nue  ( I ) prefque  générale. 

Sur  la  fin  de  ce  ficelé  au  plutôt  elle  fit  place  à celle  , qui 
diftingue  l’v  confone  de  Vu  voyelle.  Quelques  villes  d’Alle- 
magne , comme  Bâle  , Cologne  , Francfort  (i)  fur  le  Mein 
& les  villes  de  Holande  (})  adoptèrent  cene  orthographe; 
mais  toutes  ne  fiirent  pas  aulTi  confiantes  à la  fuivre  , que 
ces  dernières.  Les  éditions  élégantes  des  Elzeviers  ôc  au- 
tres ne  s’en  écartent , que  par  raport  ^x  V majufcules  , 
dont  elles  continuèrent  de  fe  fervir  invariablement.  C’eft 
qu’alors  les  U n’étoient  pas  plus  connus  , qu’employés  par 
les  compofiteurs.  On  ne  s’aftreignit  à s’en  fervir  en  Ho- 
lande , que  quand  la  France  (4.J  abandona  la  vieille  mé-  , 

thode , pout  s’atacher  à la  nouvelle. 

Quoique  notre  exemple  ait  achevé  d’entrainer  prefqwe 
tous  nos  voifins  ; plufieurs  villes  d’Allemagne  ont  tenu  juC. 
qu’à  préfent  , & tiennent  encore  pour  l’ancienne  mode. 
Quelques-unes  de  ce  vafie  pais  & des  royaumes  du  Nord , 
ont  coutume  de  placer  (yj  unV  après  leQ.  Cetufage  n’eft 


(i)  Tandis  qua  Paris  les  Etieooes  8c  nde  , où  cette  nouvelle  orthographe  ail 
autres  pla^oient  toujours  l’V  au  com.  fuivie  iàns  exception. 

mencement  des  mots  ; Aide  Manuce  à (4)  Elle  avoir  été  piévenue  par  TAn- 
Venife  ne  l’employoit  , qu'à  titre  de  gletette . 8c  peucétte  pat  cctiainet  villes 
majufcule  ; Gtyphe  à Lion  en  ofa  de  d'Allemagne.  L'Italie  nous  a plutôt  fui- 
meme.  On  fuivie  cette  pratique  à Bâle  . vis  à cet  égard  , qu'elle  ne  nous  a dé- 
malgré  le  grand  ufage  . qu'on  y iàilbit  vancés.  Avant  1 C 60  , l'ancien  ufage  avost 
au  hécle  précédent  de  ITT  aigu  , pour  à peine  éprouvé  quelques  atcinccs  en 
lettre  initiale  de  chaque  mot.  11  n'y  a Fiance.  Mais  depuis  cette  époque  , le 
pas  vingt  ans  , que  l'orthographe  de  futtout  depuis  liyo.  la  nouvelle  pm- 

Manuce  avoir  encore  fes  pattilant  en  tique  prit  en  peu  de  tems  le  delTus.  Elle 

Allemagne  , 8c  qu'en  s'y  atachoit  fer-  y étoit  univerlclleraent  établie  en  lAlo, 

vilement  dans  quelques  imprclhons.  8c  meme  un  peu  plutôt.  Cependant  , 

(t)  Cette  ville  entre  autres  revint  comme  on  avoir  lâii  d’abord  en  Ho- 
bientôt  à la  vieille  mode.  lande  ; on  continua  dans  quelques  im- 

(j)  Nous  avons  fous  les  yeux  un  Va-  primeties  de  France;  prelqne  jufqu'à 
letius  Piobns  , imprimé  à Leyde  en  notre  liccle , d'ulët  de  I V voyelle  , au 
I S99  > dans  lequel  ,à  deux  pages  prés,  lieu  delU  conlbne  , au  commencement 
on  efl  exaél  à dilHuguet  , pat  des  ca-  des  pbrafes,  8c  partout  où  la  majulcule 
raéleres  propres , les  V confones  des  u devoit  être  employée. 

voyelles  , hors  le  cas  des  lettres  ma-  (f)  Ils  en  ufem  de  même  partout  , 

julcules.  Nous  avens  vu  d'autres  im-  où  I'n  ell  fuivi  d'une  voyelle  : pat  exem- 

prciüoos  de  Holande  de  la  même  an-  pie  ils  écriront  cmJviUuU  lir-ii»  Sic. 


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II.  PA  RTIE. 
S £ c T.  Il  I. 
Chat.  IV. 


(à)  tanJur.  nu- 

mif-  »•  £•/• 


(4)  D«  ri  iifUm. 
^ 47. 


{c)Diprt.fxrn 
^ rV  tcnfoHt!  par 
i'aUt  Papillm,  mh 
7*.  WW.  Jri  mém. 
lintr.  Ju  P.  Dr/- 
mtuu. 


♦ 

z%6  NOUVEAU  TRAITÉ 

point  de  leur  invention.  Elles  l’ont  puifé  dans  des  mff.  du 
xv'.  fîècle.  D’autres  villes  des  mêmes  contrées  , & le  nom- 
bre en  eft  encore  grand  , confervent  \'V  confone  pour  VU 
voyelle  p.irtout  , où  il  faut  mettre  des  lettres  majufcules. 
Plufieurs  imprimeries  du  Nord  emploient  depuis  plus  d’un 
fiècle  , au  lieu  de  l’U  rond  , l’u  prefque  caré  , rendu  ma- 
jufcule.  Un  autre  V à peu  près  fcmblable  à l’V  confone  de 
nos  notes , & qu’on  pouroit  apeler  rond  , a tenu  il  y a déjà 
long-tems  , dans  quelques  livres  , la  place  de  l’v  aigu.  Il 
paroit  meme  (ùr  les  (a)  médailles  de  l’empire  de  JufUnien. 
• Aujourdui  de  togfes  parts  on  revient  à notre  { i ) ufage. 
Déjà  les  plus  belles  éditions  d’Allemagne  le  fuivent  fans 
reftriûion.  Quoique  l’Efpagnes’y  conforme  maintenant  dans 
l'imprimerie  ; elle  ne  le  fait  pas  encore  exaélement  , dan* 
récriture  à la  main , repréfentée  par  la  gravure. 

D.  Mabillon  (b)  met  au  nombre  (z)  oes  lettras , aportées 


Telle  eft  en  partie  Ponhogiaphe  de  la 
Littérature  runit^ue  . du  Lcricon  runiciuc 
& des  Fartes  dauoifes  de  Wotmius,  im 
primés  à Copenhague  en  l<+).  1450. 
t6ft.  Nous  difons  en  partie  ; car  ou 
y trouve  aurti  fouvent , yui  , j«a  , yarj ; 
^uc  î'.-r , fjâ  tjvrj.  Mais  au  commence- 
ment des  phtafes  , A:  panout  ailleurs , 
où  l'ü  voyelle  Diajufcule  doit  être  em- 
ployé { on  fe  fen  de  tu.  A ces  deux 
exceptions  près  . fj  & l'v  confones  y 
font  diftingués  par  les  mêmes  carac- 
tères , tpie  BOUS  leur  atribuons  à pré- 
fent.  Ou  moins  eft-il  très-tare  , t]uc  l’v 
confone  ocape  b place  de  l u voyelle. 

éi)  Noos  n'avons  pas  fait  dilicultê 
d^Sriboer  JUxMolandois  d'avoir  été  (î  fer 
mes  i reprélcnter  l’v  confone  par  ce  ca- 
raélète  , te  l'u  voyelle  par  cet  antre  , 
dans  la  mtnnfculc  de  leurs  livres  tmpri- 
mês  ; t^u'ils  ont  amené  tous  les  peu- 
ples à la  pratitjoc  , dont  ils  n'ont  celTé 
de  leur  donner  l'exemple  , depuis  cent 
cinquante  ans.  Nous  n’igrrorons  cepen- 
dant pas  , que  nos  François  révendi- 
quent  à jurte  titre  5:  l’Invention  k les 
premiers  elTais  de  cet  ufage.  Ramus 
l’avoir  enfeignée  , un  peu  après  le 
milieu  du  xvi'.  fiècle  , 8c  l’avoir  fait 
je)  exécuter  , des  l’aa  1557  . 8c  depuis 


dans  toux  Tes  ouvrages  , imprimés  par 
Vécbcl  8c  fes  héritiers.  Gilles  Beys  l'ob- 
(erva  . dans  l’imprcliion  des  cpiircs 
d’Horace  , avec  les  commentaires  de 
Mignaulr  , faite  à Paris  en  1)84.  Cela 
fum  (ans  doute  , pour  conrtater  nos 
droits  fur  cette  utile  invention  ; mais 
xi’âcc  pas  aux  Holandois  celui  de  l’avoir 
renjoe  uniïcrfelle  , par  leur  conrtance 
4 fe  roidir  contre  l’orthographe  des  au- 
tres peuples. 

(t)  Mais  lui-même  avoir  vu  des  U 
dans  le  Virgile  du  Vatican  , ’eftimé  du 
I r (îècle.  11  en  avoir  vu  de  ronds  8c  de 
carés,  d.ins  une  infeription  de  l'an  ; }8. 
publiée  parmi  les  additions  de  foo  fu- 
plément  à la  Diplomatique.  Il  en  avoir 
vu  dans  le  Virgile  de  Florence  , écrit  8c 
corigé  , dès  le  v'.  (iècic.  D’ailleurs  com- 
bien de  médailles  du  iv^.  chez  Ban- 
duri  . combien  d’inlcriptions  des  quatre 
premiers  Cèdes  , figurées  dans  les  ou- 
vrages de  Philippe  de  la  Tout , de  D. 
Bernard  de  Momfaucon  , du  P.  Vuipi , 
de  Buonan  uori , 8c  de' plufieurs  autres  , 

I atertenc  rexiftcncc  de  ce  caraélère  ? Eft- 
I il  une  p-age  des  livres  8c  des  m(T.  en  no- 
tes de  ■fyron  , qui  ne  nous  afermilfe 
dans  la  penfée  , qu'il  étoit  très  • connu 
8c  ttès-uiiiéj  du  tcir.s  de  U République 


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DE  DIPLOM  ATIQUE.  187 

par  les  Gorhs , l’U  , qu’il  apcle  caic.  Peutctre  a-t-il  eu  in- 
tention de  parler  de  (i)  l’u  plus  ordinairement  qualifié  de 
la  forte. 

Les  V aigus  ou  en  angle  commenccrcnc , dès  le  premier 
ficelé  , à fe  carer  par  la  pointe , au  moyen , foit  d’une  pe- 
tite ligne  liorizontale  , faifanc  corps  avec  l’V  , & s’éten- 
dant toujours  d’avantage  , jufqu’au  iv*^.  fiècle  ; foit  d’une 
bafe  tranchante  , dillinguée  de  l’ Les  inferiptions  & les 
médailles  furtout  nous  fourniflent  beaucoup  de  ces  figures. 

La  pointe  des  V aigus  fut  quelquefois  tellement  prolon- 
gée , qu’on  pouvoir  les  confondre  ( 1 ) avec  les  Y.  C’eft 
peutctre  pour  parer  à cet  inconvénient  , qu’on  s’avilà  de 
mettre  des  points  fur  ces  derniers.  Mais  lorfqu’on  le  fût 
acoutumé  à les  inlérer  aufli  dans  les  O & autres  lettres  ; 
011  les  fit  encore  entrer  au  milieu  des  V , dont  on  n’auroit 
pas  dû  alonger  la  fY)  pointe.  Par  là  l’on  étoit  expofé  à une 
confiifion  plus  dangcreule  , que  la  première.  Mais  alors  on 
y renaédioit  , en  donnant  à l’Y  une  halle  exaélement  per- 
pendiculaire. D’ailleurs  on  étoit  fixé  par  le  point,  prelque  tou- 
jours placé  furl’Y , ou  du  moins  au  niveau  de  fesdeux  cornes. 

Les  y y métalliques  (3)  & lapidaires  , à branches  in- 
égales , à pointes  inférieures  , prolongées  tantôt  en  Y , 
tantôt  en  ÿ 3 dont  les  côtés  (\/ ) tendent  à fe  réunir  en 
angle  , fans  y parvenir  ; dont  les  bouts  fe  terminent  en  ( *V  1 
courbe,  dans  leur  partie  fupérieure  , gauche  ou  droite:  tous 
ces  V peuvent  apartenir  ; non  feulement  aux  trois  premiers 
ficelés  , mais  aux  derniers  de  b République  romaine.  Ou 

• 

fomainc  ? Erloaard  BcmarH  remonre  bien 
plus  haut  4 21c  prétend  nous  en  produire 
de  7 T 4.  ans  avant  J.  C. 

(i)  E-douard  Bernard  le  fixe  à Pan  joé. 
îl  en  prolonge  la  perpendiculaire  au 
Cède  fuivant.  Cn  ne  peut  douter,  <|iic 
CCS  tf  ne  fuïTcnt  alors  fort  en  ufâgc  , 
atnfi  tpic  dans  les  Ccdcf  voifins,  II  eft 
éconant , ^u'HeiufîCcius  (4)  ne  les  falfe 
commencer  , tju'aa  xiii“.  Cède.  Mais 
ôn  Itü  palTcra  aulfi  aifémenc  d'avoir  a- 
plir]ué  la  dénomination  de  rond  à Pu, 

«juc  celle  de  café  à PV  , oooiqu’dle  ne 
•onvienne  ni  à Pun  niàPautre. 

( i ) Les  V cn  Y furent  (h)  très* 


fréquens  , fur  les  monoics  d'Efpagnc  , 
avant  la  conquête  des  Maures,  pour  ne 
point  parler  ici  des  tems  , qui  la  fui- 
virenr. 

(j)  Dans  les  mfl*.  en  capitale  des  v. 
Sc  VI®.  fiedes  , PV  s'cccndoit  fouvent 
vers  le  bas  \ en  pointe  oblique  , lorf- 
qu'il  étoit  aigu  j en  ligne  perpendieU' 
laite  du  cote  droit , loiTqu'il  éri>it  rond. 
Dans  le  dernier  cas  , alTcr  fréqncm- 
ment  la  queue  de  ccitc  lettre  s indi-« 
noir  ou  fe  rcplioir  nn  peu  en  rond  par 
le  bout.  Quelquefois  meme  clic  fc  ter- 
mincit  cn  (piralc. 


II.  PARTIE. 

S £ CT.  II  I. 
Chat.  IV. 


(4)  De  Si^ilîts, 
p.  iSj. 


(é)  LeBUnep.iz^- 


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II.  PARTIE. 
S E C T.  III. 

Ch  AP.  IV. 


(«)  A tmattf.  »f 
iAu  mjf.  »f  Ai 
Kjmt'slihraiy.fttf. 

f.  ym. 


lîi  NOUVEAU  TRAITÉ 

eft  en  droit  de  porter  à peu  près  le  meme  jugement  des  ^ , 
foit  à baies  inclinées  , foit  à fpmmets  obliques.  Les  V , 
dont  la  pointe  eft  apuyee  fur  celle  d’un  ( i ) triangle  , déli- 
gnent le  VI.  ou  VI I*.  liccle.  Semblable  à (i)  l’X  , on  vit 
quelquefois  l’V  , au  vi' , en  France  & en  Efpagne  , outrer 
( >C  ) une  figure , dont  il  avoit  déjà  eflaye  auparavant. 

L’'Q  compofé  d'une  courbe  Sc  d’une  droite  , ou  de  deux 
courbes  , Inclinées  vers  la  gauche  , paroit  des  Je  iv'.  liccle, 

& s’eft  perpétué  jufqu’à  nous  , parmi  les  principales  (}) 
figures  de  cette  lettre. 

Vu  chargé  d’un  ou  deux  accens  anonce  le  xi*.  liccle  , • 
la  fin  de  celui  qui  le  précède  , ou  le  commencement  de 
celui  qui  le  fuit.  Le  côté  gauche  de  l’u  prend  - il  la  forme 
d’une  % contournée  ? Il  peut  répondre  aux  trois  derniers 
fiècles , qui  dévancèrent  le  renouvellement  des  lettres  : à 
plus  forte  raifon  , li  d’une  vraie  S nailToit  fon  côté  gauche. 
Au  XI  i'.  fiècle,  une  autre  forte  d’^  forma  en  S le  même 
jambage . : bientôt  cette  efpècc  d ');J  fe  fit  remarquer  , par 
la  multiplicité  de  fes  a^les  ; candu  que  les  'tb  minufcules 
il  traits  rompus  fe  hérillerent  de  pointes  , fans  parler  des 
angles , dont  ils  étoient  de  plus  furchargés. 

Les  « , les  /n , les  « &c  les  i , félon  Cafley  , font  (a)  fi 
refiemblans  , dans  les  mlT.  tant  (4)  anciens  que  modernes  , 


(i)  Maiiii  11  pointe  du  triangle  pd- 
nitre  par  fanglc  «Uns  l’intiricur  de  l'V  : 
fi  comme  un  coin  , en  s'y  enfonfant , 
elle  en  écarte  les  deux  cotés  j on  n'y 
fauroit  mécenoitreun  caraélè|;e  du  ix'. 
Cède.  Des  V réfultant  de  pièces  ou  de 
triangles  détachés  , conviennent  plus 
fpéciàlement  aux  ix.  de  x*.  ficelés. 

(t)  Il  faut  faite  état , que  les  I' , dont 
nous  décriions  la  figure  , ne  fout  pas 
toujours  les  plus  ordinaires  i mais  les 
plus  propres  à fixer  l'age  des  écritures, 
où  ils  fe  rcncontrenr. 

())L'V  taré  ou  même  aigu,  fermé  en 
delfus  par  l'eitenfion  de  les  fommeu, 
changés  depuis  en  lignes  courbes  , eft 
réfervé  au  put  gothique.  L'V  fermé 
feulement  en  dcfi'us  fe  voit  néanmoins , 
quoique  très-rarement  , des  les  vu  i.  & 
si',  fiècles.  L'v  , dont  le  haut  du  côté 


gauche  fe  courbe  beancoi^  en  dedans , 
dénote  le  viit.  ou  la*,  fiècle  , furtout 
dans  ta  lombardique  ; & feulement  le* 
IX.  Sc  x'.  fi  cette  courbure  eft  légère. 
% (4)  Cafley  airibue  trop  généralement 
aux  anciens  mlT , ce  qut  n'eft  aplica- 
bic , qu'à  ceux  , qui  fout  poftéiienrs  au 
XII*.  fiècle.  Auparavant , jamais  I'n  ne 
fc  confondit  avec  ces  trois  lettres  : fi 
ce  n'eft  peut-erte  dans  le  faxon  & le 
lombardique.  D'aillcuts  , quand  les  fi- 
gures de  r»  Sc  de  l’o  commencèrent  à 
n'etre  plus  bien  diftinguècs  l'une  de  l'an- 
tre  t on  mit  (buvent  deux  accens  fut 
la  dernière.  Ce  ne  fut  qu'après  le  com- 
mencement du  XIII*.  fiècle,  que  la 
diftinélion  de  I'm  & de  1'»  devint  en 
èfet  aflez  fréquemment  très-dificile.  Mai* 
alors  on  pouvoir  difccrnec  les  i destroi* 
aaetes  pat  l'accent  , apofé  delTus  peut 

qu'U 


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DE  DIPLOMATIQUE.  185» 

qu'il  ne  relie  nulle  autre  relTource  pour  les  didinguer, 
quand  ils  concourent  enlcmble , que  la  force  du  fens. 

L'u  de  la  curlive  romaine  , outre  la  figure  de  Vu  minuf- 
cule  ôc  des  ^ ü ^ , femble  fe  transformer  ( i ) en  ^ 

- Toutes  ces  formes  , dont  on 
ne  marque  ici  , que  les  plus  caraûérifées  , s’étendent  juf-. 

au’à  la  fin  du  vi=.  fiècle:&  quelques-unes  fans  doute  au- 
elà.  Les  plus  finçrulicres  de  l’écriture  (2)  mérovingienne, 
font  6 nous  mènent  jufqu’au 

ix' , où  les  U devinrent  autli  hauts  qu’étroits.  Dès  le  vu  1'  , 
le  faxon  fournit  d’extraordinaire  ces  figures  ( j ) un  peu 
rares  or  . Au  XI II',  fiècle  , la  curfive  gothique  (4) 
eft  pleme  d chargés  d’angles  ou  de  pointes  , ou  bien 

à traits  brifés.  Mais  rien  ne  caraélérife  mieux  (j)  ces  bas 
tems  , que  les  ^ Qj  . Le  xiv'.  fiècle  multiplie  les  traits 
(^)  fuperflus.  Il  a des  C\5  M ô 

tingue  par  ceux-ci  g,- 


l'ordinaire.  Enfin  la  confii(îon  des  qui- 
ire  lettres  o'dtoic  pas  confiante.  A tout 
prendre  les  eiceptioas  fcroicnc  pcot- 
ctre  autant  ou  plus  étendues,  que  la  règle. 

(i)  Les  U CD  forme  dU  minurculc  , 
quoique  ourerts  ; ceux  en  , en 
prefqoe  fermés  par  le  haut  , en  'V 
inclinée  , renveriéc , étayée  d'une  hailc 
du  côté  droit , peuvent  fervir  à di(lin« 
guer  la  cuifive  romaiue  des  autres  écri' 
tores. 

(1)  S'il  n'eft  queftion,  que  de  diCcer* 
ner  1a  mérovingienne  des  fuivames;  rien 
n'y  fera  plus  propre  , que  les  J 5 » 
defeendus  fuccemvement  des  y Ç 
(}.)  La  dernière  a des  râpons  mar- 
qués avec  te  nouveau  gothique.  En  gé- 
néral les  m Taxons  ont  plus  de  roideur 
& de  pointes  , que  les  autres  du  meme 
feras.'  Il  fiiur  pourtant  en  convenir , Yn 
lombarJique , dès  leii.  de  z i fiècles  ell 
encore  plus  anguleux  , de  plus  refTem* 
blanc  au  mèmè  gothique.  D'ailleurs  les 
figures  de  ce  goût  y loue  bien  plus  fré- 
quentes. 

f4)  La  double  pointe  fur  chaque  jam^ 
bage  de  1»  eoOTienc  plut  l^ctalement 
au  XII*.  fièdu.  Au  XIII*  , les  deux 
côtés  de  r«  furent  unis  par  un  délié 

Tome  IL 


diagonal  : & plus  de  foo.  ans  aupara- 
vanc  on  faifoic  quelque  ufage  d'un  u 
curfif  romain  , compofé  des  mêmes 
traits , quoique  d'un  autre  goût.  Les  h 
à jambages  coupés  par  des  traverTcs  in- 
termédiaires fcntt^c  tout  au  plus  le  XI  ii*, 
fiècle. 

( s)  Avant  le  z i * , & meme  le  z 1 1 
fiècle  ; fouvenc  les  deux  côtés  de  TV , 
à fond  anguleux  ou  courbe  , s’élèveni 
preTque  toujours  également.  Mais  alors 
le  droit  commence  à devenir  plo# 
court.  Outre  la  pointe  angulaire  , com- 
mune anx  deux  côt^s  , le  giuche , à la 
faveur  d'un  acroilTenicnt  nouveau,  fait 
angle  ou  fe  courbe  , foir  en  dedani 
foit  en  dehors.  Du  refte  les  V exemt 
de  ces  angles  bifarcs  étoienc  todjourt 
les  plus  nombreux.  Au  xrii*.  fiècle,' 
les  angles  8c  les  pointes  fe  multiplient  r 
le  jambage  gauche  fe  courbe  , ou  de 
part  & d'autre  en  même  icms  , ou 
taïuôt  d'un  côté , tantôt  de  l'autre . ici 
CD  s'abailTanc  au-dclTous  de  fon  nit%au 
li  pat  une  queue  portée  au-delà  ■ d* 
jambage  droit,  comme  pour  lui  lctvig 
de  toit.  • >•  , U 

(<)  Ils  augmentent  alors  nncenMmv 
bre  qu'en  étendue  i à proportion-  da 

O O 


♦ 


n.  PARTIE. 
SecT.  III. 
Cha?.  IV. 


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II.  PARTIE, 
S tCT.  111. 
ChaP.  IV. 


290 


NOUVEAU.  TRAITÉ 


Mais  plus  conimunémeni:  telle  figure , qui  durant  un  Cède- 
aura  eu  cours,  feconlerve  encore  pour  les  liiivans  , avec  des 
variations  peu  fenliblcs.  Les  h catoUns  s’élèvent  fie  le  rëcré- 
ciflent  beaucoup.  Cela  paroit  trcs-fenfible  , dans  l’écriture 
alongée  , doiu  ils  luivent  exaftejnenr  le  niveau  , tant  en 
France  , qu’en  Allemagne  jufqu’au  xii'.  fiede. 

Si  l’on  prétend  tirer  de  ïu  d’autres  noces  { 1 ) caraélériA 
tiques  ; il  ne  faut  pas  les  chercher  , dans  I’k  minulcule  ni 
caré  : mais  dans  l’V  terminé. paf  Ip.bas  ,l‘(^t  çit  pointe , foie 
en  queue  , ou  compofô  de  deux  côtés  , droits  , ronds  , mix- 
tes , ou  ménae  de  deux  W , diverfement  (2)  entrelalTés. 


progr^  de  U ddpntmioQ  du  gopc.  En 
Efpagoc  i fouveat  au  lieu  du  gauche , 
le  jambage  droit  s'^tëirc  , s’arondic  ou 
Ce  boule.  Lts  queues  repUdes  liir  elles- 
m(mcs  k les  diijODâiuns  des  jamba- 
ges , donc  on  avoir  d^a  vu  quelques 
exemples  , dès  le  xtv*  , parurent  au 
xv',  d'un  plus  grand  ufage.  L'EcolTe 
nous  met  audi  Ibus  les  yeux  dcav  fem- 
Uables  à des  S.. 

(i)  Quoique  I*  , en  forme  d'jf  ne 
pafTe  guère  le  xii'.  (iccicsonen  trou- 
ve pourtant  depuis  quelques  exemples  , 
mais  rates.  Leur  origine  fe  perd  dans 
des  rems , antérieurs  aux  plus  anciens 
morceaux  de  cutûvc  , parvenue  jufqu’à 
■otts-  ^ „ 

(x)  Les  doubles  W ofreot , ce  fcmble, 
MO  caraâède.  capable  en  diuetfcs  ten- 
coatres  dec  fixer  afiex  bien  Page  des 
dcritnrci  , w ils  fe  préfentent.  Au  xt', 
fi^Je  , les.  deux  ff'  fe  naverfoicI^. 


1^  des  auuqs.  En  Anglcteitc  Ictici 
côtés  gaitchci  , toujours  égaux  , afilés 
OU  couibés  avec  quelque  forte  d'élé- 
gance , étoieuc  à plein  ttaïc  s c.uidis 
que  leurs  jambages  droits  paroiOtiicnr 
OU  Jéiiés  , & demi  - tranchés  par  les 
bouc#  ,,  ou:  tcritùtiét  par  un  plein  cout- 
H > QU  prefnuo  également  élévés.-  Au 
>;i*  , W écoiant  cocore 

à peu  près  fur  ce  ton.  Mais  les  Alîc- 
maisspounêrent  Icuis  jambages  gauches 
hkn-  pin*  haut  ^ que  les  dtuics  : k. 


néanmoins  . julque  vtrs  la  iia  de  ce 
fiècle  , ils  fe  répondirent  alcemative- 
raenc  pour  la  hauteur.  ' - ’ ■ 

Bicmôe  les  plus  étranges  variariont 
des  VV  , chez  les  Eeciroit  , femblcreor 
enchérir  les  nnes  fur  les  autres.  Egalité, 
des  branches  ..  foie  totale  , fort  alter- 
nacivc  ; inégalité  de  jambages  ; V inf- 
ctic  l'un  dans  l'aune  , (ans  le  cxaTerfcri 
montans  unis  par  le  haut , k décachét- 
par  le  bas  , ponant  de  ae  ponant  pat 
i'extiémité  du  fécond  jambage  du  pre- 
mier V , an-delfi  du  premier  jambage 
du  feeood  t enfin  >les  deux  detaières, 
beanches  de  chacun  d«  V apliquées  (iit 
le  prcmicT  côté  du  fécond  V en  ferme 
de  S.iiVoitt  qaelqiMS  'dcbantUlmt  de 
riocanfiaoce  (tes  ttaxis  eombtnéi  de  l‘V 
double  du  Ht',  (ièclc  en  EcofTe.  Si  le 
xiit*.  ajoura  fouveuc  à toutes  cet  6- 
gtKcs  quelques  boucles  au  lia«  des  deux- 
premiers  jambages  ; il  ne-  poufià  paa, 
beaucoup  ptUs  loin  les  vaxiadons.  . 

Au  xiv^  , l'AlIcniagDe  voulut  bien 
preoice  tour  à tour  (bus  là  proceélion 
l' inégalée  des  dcu;<  ptcmicts  jamb^es 
de  r\V  ,.lçut  disjpnâion  par  le  bat  , U. 
fuprciiion  du  côté  droit  du  premicc  : 
& de  plus  Ht  brocbcc  fur  le  tout  une  Z, 
ubiiqucmcnc  contournée.  Des  coorbucea 
gtatiuées  le  long  de  la  première  bran- 
che du  fécond  V , réfulta  dès-lors  1'  ^ 
à uois  dos. de  è-  Ces  cootpUcatkias  de 
tratts  angmcacccenc  encore  au.  (iàcix 
(uivant..'  , . M 1 

.1  - 


I 


« 


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I 


DE  DIPLOMATIQUE/  i^r 
XXI.  Le  Ç grec  fèmble  presque  cgafemcnt  fe  ( i ) retrcxi- 
ver  , dans  le  famée  Sc  fe  tfade  oes  Samaritains  & des  EtruC-  P aRTifî 
<jues.  On  n’a  guère  plus  de  peine  à découvrir  k confor-  CHitp.  iv.‘ 
mité  des  hÇ  (i)  grecs  avec  le  fade  fyriaqiie  èc  le  ^ara-  origine  & ufa^c 
be , en  fupofânt  le  fécond  couche  , comme  il  l’efl  éfeélive-  rx  latin  : x 
ment. 

L’A!”  mnique  a plufieurs  figmes  aflTez  aprochantes  de  ce-  rens  ficclcs. 
lui  des  Grecs.  Au  contraire  nul  raport  de  reilVmWance  en- 
tre le  dernier  &c  YX  des  Latins  : mais  auflt  nulle  difétence , 
du  côté  de  la  forme  , entre  l'AT  de  ceux-ci  & le  kki  ( X .1  de 
ceux-là.  Quelque  tems  avant  l’invention  ou  fétaWiflemenc 
çinéral  du E ; les  Grecs  ufoient  (a)  tantôt  de  K2  , & tan-  {»)Vejn.n$ire  i\ 
tôt  de  X2.  Les  (x)  Latins  en  recevant  d’eux  leur  alphabet, 
fe  fixèrent  (4)  au  XS.  ^ 

Depuis  Augufte  , l’AT  feul  prit  le  defiiis  lut  l’autre  or- 
thographe , fans  la  faire  celTer  enricremeirç.  Les  anciens 
grammairiens  s’opolèrent  à fon  abolition  totale  , par  des 
raifons  propres  à leur  i art  , mab  fort  indépentfentes  de  l’o- 
rïgine  des  chofes.  Ils  vouloient  , qu’on  retînt  (k)  l’J  apres  cmué^h  n 

[•».  iiffm.  4.  nt. 


(1)  Voilà  pcutdtre  l'eirvcmtre  la  plus 
faTorable  , pour  comcihci  le  nouveau 
tylàcme  de  M.  Goii  fur  l’X  dciulque 
avec  celui  , <]uc  nous  avons  embra/fd , 
dws  notre  (c)  premier  tome.  Le  cliaa- 
gemenc  reciproejoe  de  r , foie  en  k , 
foie  en  c , n'dtoic  pas  rare  chez  tes  an- 
ciens. ■ 1 , 

(1)  Le  peu  d'uTage , qu'on  fie  d'abonl 
chez  les  Grecs  du  fmnut  & du  tfade  ou 
de  ïépisimen  fmfi , les  pottèrenc  dans  la 
fuue  à rdunir  ious  le  nouveau  S cer- 
taines figures  de  ces  deua  dldmens , qu'ils 
confou^ient  d ailleurs  , lâns  doute  à 
raitbn  de  quelques  analogie. 

( )J  Ce  qu'on  a dit  du  changement  ré- 
ciproque des  lettres  K , C , T , chez  les 
anciens  Latins  , poutoit  fuggdrer  une 
aune  ouverture  , pour  expliquer , d'où 
vient  que  leur  X & celui  des  Grecs  Ibnt 
fi  difdtens.  Le  T des  Etrufques  relTem- 
bloit  fouvent  à notre  X.  Ce  dernier  pou- 
voir dtre  rendu  par  KS , CS  k TS.  En 
empruntant  le  T des  Etrufqnet , t>u  lui 
donnant  la  forme  d'une  croix  , qni  fut 
une  ùe  Tes  figures  , latines  , gteques  te 


phéniciennes  i on  devoit  repréfenter  l'X  7°f  ■ 7°<. 

par  t S ou  XS.  Comme  dans  la  fuite  fV  *x- 

le  premier  de  ces  caraeicreT  a'eut  point 

d'autre  ufàge  dans  falpbabct  ; il  parut' 

fùpeifiu  d'ajouter  te  Cccond.  Mais  cette 

nouvelle  pratique  ne  s'établit  qu'à  la 

longue.  Les  vclàiges  de  l'autre  fubfif- 

tenc  , dans  une  infinité  de  monomens. 

A peine  peut-on  même  dire  , qu'elle 
foit  aujuutdui  toulement  abolie. 

(4)  'Tel  eft  le  XS  , qu’on  voir  dana 
les  tables  de  Gubio  Sc  dans  quantité 
d'anciens  monnmens.  Tel  il  fe  confer- 
voic  encore  fous  Augude  , Sc  même  Ibng- 
tems  depuis.  L'X  paroilTunt  déjà  feul 
fur  la  colone  t>uilllcnne  ; le  Car- 
dinal (J)  Noris  en  conclut  , que  le  XS  (d)  Ceenttaph.  Pé- 
euc  cours  chez  les  Latins  , principale-  /an.iM. 
ment  entre  le  confiilat  d«  Duillins  Sc 
celui  de  Cicéion.  Il  en  faloit  unique- 
ment conclure  *,  oue  l'ufage  de  l'X  feul 
avoir  au  plus  laro  commencé  do  tcms  • 

du  premier  Confiil.  Mais  le  (avant  Car- 
dinal h'avoit  pas  remonté  à la  fource  de 
l'X  , chez  les  Latins. 


O O îj 


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Se  CT.  III. 
CilAP.  IV. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
(i;  ex  , dans  les  verbes  commençant  par  une  S.  D’autre» 
PARTIE,  néanmoins  permettoient  à cet  égard  de  prendre  tel  parti, 

qu’on  jugeroit  fz)  à propos. 

Nous  ne  conoilTons  point  d autre  note  initiale  de  Ty- 
ron  , pour  rendre  l’X  , que  celle-ci Toujours  à peu  près 
droite  Se  prefque  toujours  oblique, mais  plus  ou  moins  pointuei 
quand  elle  eft  finale  , on  Ud  voit  communément  prendre 
cette  figure/-  traverfer  un  jambage  de  la  lettre  , avec  la- 
quelle die  s’unit.  Quand  au  contraire  elle  eft  initiale  ; c’eft 
^ez  conftamment  une  des  plus  notables  lettres  de  fa  fuite, 
qui  la  coupe.  Ainfi  la  figure  d’X  lui  eft  affez  régulièrement 

coi^e^^ans  inferiptions  métalliques  &c  lapidaires , daris 
les  mlT.’sc  les  diplômes , ne  fignifie  pas  toujours  es  , maiS; 
quelquefois  JtA  :parcequ’alors  ce  caraûère  èft  cenfé  grec.  Per- 
fone  n’ignore  ,que  jrw  eft  l’ancienne  abréviation  de  Chris- 
On  dit  de  même  (})  Xpiani  , Xpiana  Relicio 


TUS.  **»»*^''  \/s  A . ' 

Xpiawitas  vestra.  Tous  ces  mots  , comme  on  voit  ,lont 
abrégés.  Mais  on  lit.  aufli  Xrifria  fans  abréviation  , daiA 
le  ml.  1777-  de  la  bibliothèque  du  roi.  La  partie  où  il  fe 
trouve  eft  prefque  du  tems  de  Charlemagne. 

Si  le  premier  ficelé  avoir  des  X élégans  & réguliers  , 
earnis  de  (4)  fommets  & de  bafes , avec  un  coté  tres-plein 
le  l’autre  encore  plus  délié  ^ ü en  avoit  aufli  beaucoup  de 


(i)  Ctoircit-OD , citt'on  eut  pu  pronon 
ect  cette  fyllabe  par  yux  i Cependant 

iononciation  vicient  , U nd^moinr , 
feloD  lui . fort  commune  en  France. 

(i)  On  ufa  de  cette  pcrmillion  avec 
n)Grmrr.  thtf-  fi  pen  de  retenue  ; que  dans  une  meme 
a.  <07.  (6)  infeription  on  ne  ht  pas  de  dincultc 

, d-ierite  , txuftrxt  ■■  txft^e- 

rtr  , extaxitxr  : exflruih  , txiruii.  Le 

■"'Viicile  de  Florence  & bien  d’autres  an- 
ciens monnmens  8t  mff.  varient  audî 
fut  ratticle.  11  eft  peu  de  pièces  an- 
tiques , qui  ne  fc  fentent  de  ces  vatu- 
• lions  , fut  lefquelles  nos  modernes  eux  . 

mfmes  ne  paroifl-ent  pas  encore  s être 
fiids  fans  retour. 

(i)  ChrijlUni  , ChriJIiM»  , 


Chrijlixaitat  vejlrx.  Ceft  ainfi  que  les 
papes  parloient  Ibuvcnt  à nos  rois  de 
la  premiète  race  , dans  les  lettres,  qu’ils 
leur  adrciToient.  Seroit-ce  là  le  germe  du 
titre  de  Roi  tics-Chretien  } 

(4)  Alors  quelques-uns  des  bouts  de 
rx  étoient  ils  dccoids  de  cesomemens  r 
les  antres  s'en  ttouvoient  dépourvff  Une 
ou  deux  de  fes  cxttdmii(fs  dtoicBt  clltfs 
tdvêtucs  de  demi  bafes  , ou  de  demi- 
fommeis  > ces  traits  les  cotipoient  plu- 
tôt obliquement  , qu’horizontalement. 
Des  X moins  rufliqucs , fins  être  plus 
Wgülicrs  , avoient-irs  leurs  jamba.gcs  in- 
ferieurs plus  petits  , que  les  fupeneurs  ! 
il  s’en  rencontroit  aurti  quelquefois  , 
dont  on  des  côtds  droit  plus  court  , 
que  les  trois  autres.  Ces  qualitds  s’dteo- 
dirent  aux  ficelés  fuivans. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  193 
ruftiques  , à côtés  également  pleins  , fans  bafes  ni  fommets. 

Les  ^ , coupés  par  le  milieu , quoique  un  peu  rares  , 
fentent  alTez  la  bonne  antiquïré , quand  d’ailleurs  ils  n’ont 
rien  de  gothique.  Les  X trop  hauts  , relativement  à leur 
largeur  , ne  commencent  guère  , avant  le  i v'.  liccle  , 
tout  s’ils  font  bien  pâtés.  Quoiqu’on  vit  dès-lors , & mciw 
long-tems  auparavant,  des  , dont  un  jambage  étoit  droit , 
tandis  que  l’autie  étoit  fait  en  , pofée  à contre-fens  ; on 
en  formoit  aulTi  à deux  jambages  courbés  , en  .9  à fens 
contraires  ou  fe  coupant  par  le  milieu.  Ces  figures  de- 
vinrent plus  fréquentes  , depuis  la  fin  de  l’empire  ro- 
main. Souvent  la  courbure  étoit  unique  , ou  fi  elle  étoit 
double  , elle  n’afeûoit  pas  la  meme  traverfe.  Au  vi'.  fic- 
elé , & meme  depuis,  1’  % étoit  encore  afiez  fréquemment 
terminé  par  des  bafes  &c^  des  fommets  obliques.  Les  + en 
croix  ne  tardèrent  pas  à reléver  les  légendes  des  médailles. 
Bientôt  les  irrégularités  vinrent  fondre  en  grand  nombre 
fur  cette  lettre.  Nous  n’en  conoilTons  point  de  plus  bi- 
fiires  , que  celles  qu’elle  éprouva  fur  les  monoies  en  gé- 
néral , &c  fur  quelques  inferiptions  efpagnoles  du  x'.  fiècle. 
Les  des  xi.  &:  xii*  , & meme  des  fuivans , fe  re- 
conoifient  , tantôt  par  les  bouts  , qui  femblcnt  tendre  à la 
réunion  en  s’arondiuant  ; tantôt  cet  arondiffement  ne  cour- 
be en  fens  contraire  , qu’une  des  traverlès , l’autre  demeu- 
rant droite  : tantôt  les  deux  principales  parties  de  l’X 
n’ont  la  figure  que  de  deux  c adolTés  : tantôt  une  cou- 
chée en  guife  de  fommet  unit  lèulement  les  deux  bouts 
fiipérieurs  : tantôt  les  extrémités  fupérieures  & inférieures 
font  réunies  par  deux  parallèles  , tenant  lieu  de  fommets 
& de  bafes  : tantôt  un  o contourné  fe  trouvant  adofifé  con- 
tre une  efpèce  de  k ; une  bare  les  traverlè  horizontale- 
ment tous  les  deux.  Voila  un  petit  échantillon  de  ce  qui 
concerne  les  X des  marbres  des  bronzes  : nous  ferons 
encore  plus  courts  fur  ceux  des  (i)  mfT.  &c  des  diplômes. 


(i)  I.'X  de»  mC  des  v.  & vi'.  Cèdes 
fc  diftingue  rooTCDC  par  une  feule  bafe 
du  edtè  gauehe  fie  une  tèie  en  bec  du 
t6té  droit  , au  Ken  de  foniinct.  Cette 
idie  eft  abaiCèe  ou  tclèvèe  en  pointe. 


Avoir  la  traverfe  montant  de  gauche  i 
droite  , divifée  en  deux  pièces  , dèia- 
cbccs  de  l'autre  traverfe  , on  la  tou- 
cbant  en  deux  endroits  , cjui  ne  fc  ré- 
pondent pas  i ce  font  deux  caradéses. 


H.  PARTIE, 
Sec  T.  ni. 
CHJlf.  IV. 


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194  NOUVEAU  TRAITÉ 
Voici  les  figures  les  plus  extraordinaires  des  x de  l’an- 
II.  PARTiç.  cienne  (i)  curfive  romaine  ^ Si  ^ . Les  autres  ret 
Ch  AP.  Vv.  lèmblcnc  davantage  aux  ordinaires , en  leur  fupofant  des 
queues  alongées  , fiirtout  (i)  vers  la  main  gauche.  Tels  à peu 
■ès  font  les  x mérovingiens.  On  Içs  reconoit  de  plus  à un 
nmx  air  de  tenailles.  Ils  ont  aulfi  quelques  flores  aflez 
‘ femblâbles  à la  lêconde  romaine.  Du  refte  , juiqu’au  *go* 

, chique  , les  x s’écartent  peu  de  la  forme  ordinaire.  Vers 

les  fiècles  (3)  carlovinriens  , ib  s’élèvent  en  fo  reflêrrant. 
Les  figures  les  pins  r^arquables  des  x du  bas  gothique  , 
font  celles  , qui  tiennent  le  plus  la  forme  de  ly  ôc  de 
Vr.  Les  autres  fi;  raportenc  aux  figures  précédentes  , ôc  fo 
font  fouvent  d'unfeul  (4) trait  notamment  depuis  lexi  n'. 

• fiècle. 


ordiaaitemeat  propres  à ces  œcoies  lï£- 
des.  Si  le  lecond  s'dtend  cjnelcpiefbis  aox 
fiûvans  > c'efli  ascc  dee  variatioDS  coo- 
üddrables  . de  dont  le  gaftt  o'eft  pûnt 
dq^ivoque.  Uo  X en  Ibrme  de  tcnajlles 
anoi^e-  la  zt^.  (Sèclc  : dem  C adodds  . 
coupds  par  imo  ^ra  doanent  ita  X du. 
XII.  iiti.  on  zia‘  : un  /t'eph  bdbeen 
pour  nn  X caraâdrifb  le  ziii.ouxiv. 
I;cs  K ninuCcules  d'un  lèul  irati , fl  Icuc 
tête  pieod  un  faux  air  dji  , apariienoant 
au  XIV.  an  plutôt.  Pterque  totalemeni 
CD  ferme  dV , ils  fe  raportcranc  au  xv. 
OK  bien  au  (uivani. 

(i)  Comme  le  jambage  de  l'X  deC. 
Cendant,  de  gauche  à droite  droit  ordi- 
■aiteeMot  bwD  plus  court  que  l'autre  i 
onaod  eo  lui  donna  la  forme  d'un  U ; 
U parue  rodtamorpbord  eo  ÿ*  ■ Tels  00 
«oonoit  des  k dans  les  plus  anciennes 

mute t romaines  j tels  dons  celles  tfl- 
talie  du  yiii°.  ficelé  ; tels  dans  celles 
d.'£fpagne  du  x'. 

(a)  Ceft  on  caraâère  , fioon  gdnô- 
ral  , duk  inoins.  otdioain  à toucea  les 
dctitorcs  curfves.  Avant  le  xi  1 1,'.  fii- 
cle  , cette  queue  ponde  vers  la  gauche 
ne  revenoit  prefqoe  jamais  toutafait  du 
oôid  droit.  Mais , fl  elle  s'inclinoit  en 
ce  ftns  } elle  Ct  icrminoir  tdgulière- 
ment  vers  la  gauche , Sc  le  plus  Ibuvcnt 
par  une  contM  Irifîfc.  Au  x i . & mdme 
dès  le  X*  . nousdècouvrons  pouretne  en 
Italie  des  U totalement  courbés  en 


dedans  ; au  lieu  de  l'étre  en  dehors  , 
félon  l'nlâge  le  phs  commun.  Au  ix*. 
en*  Anglcceire  » les  jambages  infdtiïua  ' 
fe  toociièteoc  tous  les  deux  vêts  la  droite. 
Cette  mode  ne  carda  guère  à s'étendre 
dq  plus  en  plus.  Au  x-i  1 1 . elle  devine, 
pmil  ainfl  aire  , uhivctfclle.  L'X  dimi- 
nua fa  tète,  au  xi.ii'.  fes  deux  bran- 
ches fujudricures  fe' Ibrmèrenc  ; mais  (ans 
fe  coniondte  avec  le  jambage  droit  in- 
fdtitut,  qui  coociouoir  de  patoitte  après. 
1a  jonélion. 

(;)  Quoicrac  la  boucle  foivie  d'nou 
% coniDnmee  , fnipendue  tu  jambage 
infiétieut  du  CQtd  gauche  , n'ait  jamais, 
dtd  d'un  grand  u(âgc  v elle  déflgne  fu- 
fl(âniment  partout , où  elle  fe  trouve , 
la  fin  du  ta',  flètle»  ou  le  commence- 
ment  du  x'. 

(4)  Cci  u(âge  droit  bien  acrdditd  , du- 
rant les  XV.  & XV.I*.  fiècles.  L‘*C  g<e* 
ihiquo  , commencé  de  ^tuche  à droite 
& cootinud  d'un  feut  traie , par  uo  ocud , 
fermé  de  droite  à gauche  , Ct  teimi- 
iMtic  vers  la  droite  en  eontbe:  (âqueuc' 
palToit  meme  quelquefois  put  demis  fa, 
tète.  On  avoir  déjà  va  des  ^ romailis 
d'un  féal  trait  : mais  partant  de  la  droite, 
ils  finilToienc  h gaoche  : ou  bien  ils  fait 
foient  root  le  contraire.  On  en  avait' 
vu  de  mérovingiens , tels  que  ces  ^ qf 
.9!  *7>  : mais  du  moins  les  plus  voi- 
(ins  de  la  forme  gothique  nlavoieot  pas 
coutume  de  recooibct  le  bouc  de  leur 


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DE  DIPLOMATIQUE, 

XXII.  L’Y  n’étant  qu’une  répétition  , qu’utie  nouvelle 
apücation  de  l’V  ; fa  conformité  av^  les  lettres  parallèles  i*ARTife. 
des  autres  peuples  dépend  de  fa  ren'emblance  avec  leur  V.  ch'Î. 

L’auteur  de  ^alphabet  tyronitn  s’excufe  aulfi  fcrieufement  Pourquoi  les  no- 
auprcs’de  fes  Icfteurs  , <ïe  ne  pas  leur  préfenter  (i)  de  ttsdeTyronman- 
note  , pour  déligner  l’Y  grec  ; que  fi  l’impoflibilité  d’en 
trouver  n’étoit  pas  (i)  certaine.  ^ Kc&du^btde'i: 

Edouard  Bernard  nous  donne  des  Y , qu'il  prétend  être  fus  : juger  par  u 
de  714.  ans  avant  J.  C.  Dom  Mabillon  acompagne  fon 
modèle  de  la  loi  romaine  d un  alphabet  , ou  1 Y paraît  lion  de  ce  point , 
furies  rangs , furmonté‘(3)  d’un  point.  C’eft  remonter  bien >'»o''quitd  des 
haut.  En  général , fuivant  (a)  notre  auteur , fi  l’ Y porte  fré-  monumcM.  ***'  '* 
quemment  un  point  au  milieu  de  lès  cornes  , même  (m)  Dtrtdiptm- 
quelquefois  fur  chacune  ; il  n’eft  pas  rare  de  l’cn  voirto^  ^ ji.  jj. 
talement  privé. 

Des  Y chargés  de  deux  points  n’ont  rien  de  furprenant  ; 
lorfqu’ils  commencent  un  mot  en  ancienne  écriture  onciale 
grèque  : mais  dans  la  latine  , dont  il  ed  ici  queftion  ; c’ell 
un  phénomène  y qui  parait  à peine  une  fois  y durant  une 
longue  fuite  de  fiècles  , à remonter  depuis  le  x'  , jufqu’auK 
Ipms  les  plus  reculés  , pour  ne  point  parler  des  plus  récens. 

Des  milliers  d’inferiptions  métalliques  &c  lapidaires  , une 


•ueac  Tcn  la  dioirr.  Oo  <n  avoit  vu 
de  catlosingicos  : mais  plus  reiremblaos 
à l’N  qu'à  IV.  On  en  avoit  vu  tTelpa- 
«piols  , au  1 1 s*,  (ièclc  ('OC  )t  favo 
«oioic  pa  conibodre  avec  i'it  On  en 
avoit  aulC  vu  quelques-uns  des  le  x'. 
Hécle  (tV)>  plus  aprockans  de  notre  go- 
thique moderne  : mois  la  diAance  dtoit 
«acore  cooidérabk. 

(■)  S'il  avoit  confnied  l'anonyme  de 
Vulcanius  , il  aurait  troitvd:  trois  figurm 
(•)  de  cette  note.  I^ms  qu'aucott-il  ga- 
fPt  à être  induit  en  erreur  l Ne  va- 
loit-il  pat  mieux , quand  m£me  il  auroic 
connu  des  notes  de  Tyton  commcnpsnt 
par  J'Y  , n’en  point  donner  du  tooc  , 
^ue  d'en  donner  de  fanirct  1 

(t)  Il  l'agit  de  notes  on  de  lettres 
initiales  des  mots  en  notes  : Or  Ions  ce 
nport  , la  daftioation  de  lY  ne  A- elle 
pas  uniquement  bornée  à commencer  les 
mais  grecs  latinilils  i Faimi  ces  mon , 


(n  cA  il  un  (col  i dont  rerprit  rade  ne 
Ce  transforme  pas  en  h , toujours  pla- 
cée devant  1^  ) Il  n'cA  donc  pas  pof- 
(ible  de  rcncoocrcr  un  mer  latin  com- 
mentant par  tY  grec.  Point  de  note 
lyronienne  par  conféquene , pour  l'ca- 
primer. 

( ) ) S'il  ne  s'eA  point  ici  glilTé 
de  foute  I nom  aurons , non  reniement 
des  T antérieurs  , de  plut  d'an  (iècle  ,à 
la  naiflànce  du  Sauveur  ; mais  l'oA^e 
du  point  delTos  ne  fera  pas  moins  as-  )i)  De  littr. 
cien.  Il  nous  rcAo  pourtant  Tut  cela  Unf.  Gcth.  tdùtre 
quelque  rcrnpule.  Suporea-en  l'ufoge  in-  VutctHü  Bruiixp. 
tibduit  depuis  (î  loiÿ-tcros  , chez  les  p.  li. 

Romains  s fera-c-il  pomblc  , que  Tor  un 
nombre  pteCque  infini  d'inreriptions  en 
rien  découvre  aucun  exemple  > Les  plus 
suciens,  que  nont  ayons  déterrés  • font 
du  V.  & VI  liécles  : encore  ne  Te  mon- 
trent ils  , que  dans  les  aiiT.  (c  les  di- 
plomes.. 


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-X  , ÎÏT  V-.- 


O 


II.  PARTIE. 

E C T.  III. 
H À ?.  IV. 


19.S  NOUVEAU  TRAITÉ 
foule  de  mlT.  & de  diplômes  latins  n'en  renferment  pas 
un  feul.  Nous  ne  voyons  , qu’nne  bulle  de  Benoit  III.  de 
l’an  8 y J , où  les  deux  points  paroilTent  une  ( i ) fois  fur  un 
un  , femblable  U ) à notre  ü. 

Les  Y de  la  plus  haute  antiquité  font  fouvent  fembla- 
bles  aux  nôtres.  On  en  voyoit  aufli  dès-lors  à branches  in- 
égales. D’autres  étoient  également  courbés,  tantôt  (T)  en 
dehors , tantôt  (Y  ) dedans  , tantôt  du  même  côté.  11  ari- 
voit  même  quelquefois  à l’une  d’être  droite  , tandis  que 
l’autre  étoit  courbe. 

Parmi  celles  de  ces  lettres  , qui  font  entièrement  droites , 
un  trait  tombe  obliquement  p)  fur  une  peroendiculaire  , 
dont  l’extrémité  fupérieure  lui  tient  lieu  de  fécondé  bran- 
che : ou  bien  deux  obliques  partant  de  deux  côtés  opo- 
fés  , vont  fe  réunir  fur  leur  tronc  (Y).  Souvent  (t.)  une  li- 
gne tranfverfâle  fait,  angle  avec  une  autre  , qui  ( \ y ) 
l’eft  auffi , & qui  lui  fert  de  hafte. 

Les  Y des  mff , en  lettres  capitales  du  premier  âge , ont 
ordinairement  la  hafte  fort  mince  , fort  haute  , pofée  fur 
une  bafe  , & toujours  les  deux  branches  courbes  , ou  du 
moins  l’une  d’entr’elles.  Dans  les  mfT.  à lettres  onciales  du 
même  tems  , les  Y n’ont  pas  conftamment  des  haftes  per- 
pendiculaires. Celles-ci  fouvent , au  lieu  d’être  .apuyées.  fur 
des  bafes  fe  terminent  en  pointes.  Il  eft  encore  effentiél  à 
ces  anciens  Y de  n’etre  point  furmontésfy)  de  points, 
ou  de  l’être  rarement , à l’exception  de  ceux  d’un  très-petit 
nombre  de  mfT.  du  vu',  fiècle.  Au  relie  une  ou  deux  de 
leurs  branches  font  fréquemment  coupées  par  des  fommets. 


(t)  Le  Grec  ; <]ui  ligna  de  U Ibne  , 
Tuivic  aparaiDDient  plutôt  l'uTage  de  fa 
natiou  , que  celui  des  Latins.  On  ne 
croit  pas  deroit  obferver  , que  le  gra- 
veur du  diAionairc  (fabrdviations  de 
Walcher  met  deux  points  fur  les  y , ex- 
plicatif des  anciens  raradldres.  C'cll 
fans  don»  une  pratique  locale  ou  natio- 
nale , qui  doit  dire  reléguée  arec  les 
plus  modernes. 

(s)  Quelquefois  la  queue  , confer- 
rant  la  mime  polition  , fe  courbe  tant 
foit  peu  } quelquefois  une  bâte  coupc 
la  kalie , au  deifous  de  l'angle.  Etre  k 


n'dere  pas  tranché  par  des  bafes  te  des 
fommets  ; c'efl  encore  on  caraâére  des 
plus  anciens  Y , quoique  d'ailleurs  par. 
faicement  régulié^  du  côté  de  la  for- 
me. Vers  le  ix'.  fiècle  , IcsY  fe  chan- 
gèrent fréquemment  en  des  figures  alTex 
extraordinaires  , principalement  fur  les 
monoies. 

( ) ) Les  mlT . dans  lefquels  les  Y ne 
font  jamais , ou  ptefque  jamais  ponâoés, 
portent  la  marque  de  l'antiquité  la  plut 
teeulée , du  r',  fiècle  an  moins.  Une 
courbe  tournée  vers  la  gauche  , & pro- 
longée jufqu'an  bas  , a laquelle  une 

Dès 


DE  DIPLOMATIQUE.'  197 

Dès  le  vu*,  nècle , l’y  minufcule  pouroic  Te  confondre 
avec  \'r  U (i)  \'f , U quelquefois  même  avec  1’/,  fi  le  point 
dcflus  ne  lui  fervoit  de  caraÛèrc  diûinaif.  Depuis  le  ix®. 
\y  devint  fouvent  fort  bifare  : mais  il  ne  commença  qu’au 
XIII®.  à fe  fermer  régulièrement  par  le  haut. 

Dans  ia  (i)  curfive  romaine , l’y  ne  s’écartant  de  fa  fi- 
gure ordinaire  , que  pour  fe  raprocher  de  celle  de  l’V  ; il 
etoit  indifpenlâble  , & l’on  ne  manque  pas  en  éfet  de  le 
charger  du  point. 

Au  moyen  âge , & meme  avant  le  gothique  > la  queue 
de  ly  commençant  à fe  courber  vers  la  droite  , après  s’erre 
inclmée  vers  la  gauche  , remontoit  un  peu  vers  le  bout. 
Cette  forte  dy  ^ec  fut  fort  à la  mode  , durant  le  règne 
du  gothique.  Communément  alors  ly  fot  fermé  par  le 
liaut.  On  alla  même  , jufqu’à  déucher  de  la  hafte  la  tra- 
verfe  , qui  dévoie  tomber  defius.  Ainfi  les  X.  , êc 
fuRout  le  premier  , figurèrent  parmi  les  y de  la  curfive 
moderne  ou  gothique.  Us  devinrent  prefque  ordinaires  en 
Efpagne  au  xiv®.  fiècle.  On  en  vit  même  , dont  la  queue 
s’élévoit  au-defius  de  la  tête. 


autre  ligue  plus  rouveot  eourbe  que 
droite , vient  rejoindre,  ven  le  tiers  dans 
fa  partie  fup^tienre  , toujours  ou  ptef- 
que  toujours  avec  exctulion  du  point  , 
défigne  te  vi*.  lîdcle.  Les  points  de- 
viennent un  peu  plus  fréquent  au  v 1 1 
Alors  l'Y  commence  tout  de  bon  à fe 
confondre  avec  l'V  r tant  le  premier  a 
Ù queue  ratourcie  1 Quand  il  la  lon- 
gue , on  ell  moins  atentif  à le  diflin- 

Mr  on  point.  Un  nombre  prefque 
’ ponâoés  le  non  pooâucs  anon  - 
ce  le  VIII*,  lîècle.  Les  points  dclfus  fe 
nnltiplioient  , à mefure  que  |a  iclTem- 
blance  de  l’T  le  de  l'V  augmenioit.  Au 
eontrairc  à proportion  qu'elle  diminuoit . 
durant  le  ix*  , les  points  devenoicnc 
plus  nombreux.  On  les  mettoit  plutôt 
par  coaiome  , que  par  nécellîté.  La 
même  pratique  fe  lôutint  , aux  liccics 
liiivani  I le  point  fur  l'Y  aloit  toujours 
croilTaot  en  laveur , loin  de  rien  perdre 
de  fet  anejeones  aquilitions  Mais  au 
XI II*,  lïicle  , le  même  plus  tard  an- 
tore  1 on  ne  lailToit  pn  de  voit  des  Y , 

Tome  II. 


dépourvus  de  cette  marque. 

( I ) Pour  1’/  furtottt , les  exemples  en 
font  fréquent  dans  les  cuilivcs  , ro- 
maines , lombardiques  , viligotbiques  , 
mérovingiennes:  poutfr,  daas  les  écti- 
lures  faxones  du  ix*.  liccle  je  alle- 
mandes du  XI*. 

(i)  La  mérovingienne  emprunte  vo- 
lontiers pour  fon  ^ la  forme  de  Vf  , le 
plus  fouvent  encore  celle  de  Vr  ou  de 
Vf.  Elle  lait  anlTi  grand  ufage  du  point 
dclfus  J furtout  lorfque  la  confufîon  de 
lettres  ell  à craindre. 

La  faione  donne  beaucoup  moins  dans 
le  lingulicr.  Elle  n'a  prefque  jamais  be- 
foin  de  dilUnguer  Ibn  y des  autres  let- 
tres. Aulfi  n'cft-il  aucune  écriture  , qui 
néglige  davanrage  de  le  marquer  d'un 
point.  Il  peut  meme  s'en  pafler  , lorl^ 
qu'il  afeâe  un  faux  air  i'f.  Les  y là- 
lons  le  plus  fouvent  ont  leurs  branches 
obliques  ou  combes  / & renvcrlées  en 
dehors.  ' ’ 

Les  peints  ne  font  pas  rares  fur  les 
y lombardiques.  Des  le  viii*.  fiècle  , 

P P 


II.  PARTIE. 
S IC  T.  III. 
CHar.  IV. 


U.  PARTIE. 

S t C T.  III. 
Cm  Aï.  IV. 

Rapotn  dn  Z des 
anciens  peuples  : 
Z lytonien  : idée 
des  Z des  difdtecs 
iidcles. 

(s J Vtjtx.  ht 
flMnches  jtlphmihi- 
fuu  dtnttrtl.  /*- 
mt. 


NOUVEAU  TRAITÉ- 
XXllI.  L’analogie  entre , FS  & le  Z foit  grec  , Ibit  la- 
tin , rend  la  relTemblance  de  ces  deux  lettres  chez  les  plus 
anciens  Grecs  moins  ëionante.  Mais  indépendamment  de 
leurs  raports  , le  Z grec  & latin  , plus  encore  le  curfîf , 
que  le  capital , eft  très^econoilTable  dans  le  famaritain  , & 
même  dans  l’hébreu  , le  fyria^e , l’arabe  (a)  &c  le  tunique. 

Le  2 des  noces  de  tyron  ( i ) le  réduit  à cette  feule  fi- 
gure ^[} . Quoiqu’on  général  le  Z dos  premiers  ficelés  de 
notre  ère  foit  fort  régulier  ; fes  lignes  parallèles  ne  fonr 
pas  toujours  d’égale  longueur.  L’inferieure  eft  fiijette  a s’é- 
tendre davantage.  Plus  d’une  fois  toutes  les  deux , d’horizon- 
tales , deviennent  obliques!  ^ >;  la  ligne  de  réunion  des  deux 
portions  du  (a)  i pafte  au-defTus  de  fa  parallèle  fupérieure. 

On  vk  le  ^contourné  , dès  les  iv.  & v'.  fiodes.  Sans 
changer  fa  fituation  naturelle , quelquefois  une  barc  le  cou- 
pa par  le  milieu.  Tous  les  fiècles  en  fourniront  des  exem- 
ples , & les  derniers  beaucoup  plus  que  lés  premiers.  Etre 
tranché  pair  des  fommets , bien  diftingués  du  corps  dir  X ; 
c’eft  ordinairement  le  figne  (j)  de  la  plus  grande  antiqnké. 

Les  crois  lignes , dont  le  Z eft  compofé  , font  - elles  <fun 
plein  uniforme  , & tranchées  en  talus  ; la  lettre  , qui  en 


CCS/  fooc  quelquefois  fermes  , nuis  P 
<}aas  un  goût  bien  dilerent  du  gochi-  ■' 
ue  moderoe.  Les  points  fut  l’Y  ont  I' 
urd  au  - delà  ^ renouveUement  des 
belles  lettres.  Une  plus  «aâe  difeadion 
fut  les  / pondluds  cil  tdfctvdc  pour  le 
ehapicre  , où  fou  traitera  des  points. 
On  Ce  conteoterar  d'ajouter  ici  . qu'au 
commcaccmcnt  du  zvii'.  lidcle  , on 
voyoic  des  dcrieaiiis  mocae  fur  1/  , mot 
franjois  , un  accent  gave.  On  trouve 
aullî  quelque  / fimsootds  dùn  accent 
aigu,  danr k* diplômes  d’Alibnfe  IX. 

(i)  Quel^Klois  néanmoins  fa  halle 
de  pespeadiculaice  devient  incKnde.  Ici 
fy  spushurc  fupérieure  pacoic  plus  ou- 
sicac  : là  clic  cil  chargée  d'un  fommet. 
Ici  Cl  haAc  en  pointe  donne  uilTancc 
à.  la  courbure  inféiieu/c  ; là  celle  ci  cA 
plut  petite  que  la  fupéiieucc.  Souvent 
des  conjonébons  de  lettres  ne  laUfeni 
fiiblillcr  , que  ceoc  unique  enurbure  : 
uadis  qw  lés  ooics-  Cob&luuu  lui  tien- 


nent lieu  de  l'inférieure  , te  même  de 
la  balle.  Voila  fana  dsure  bien  dn  m- 
tiaiioBS  , wum  propres  à diférenner  les 
mots  , mais  non  pas  à conAiniet  mol- 
tiplkité  de  caraûètes. 

(s)  Sahauteur  rclTcrrée  emre  I»  deux 
lignes  coccdMndaniea  , aoxqucllcs  elle 
fcct  de  ttaorvetfalc  ..femble  eccalcc , te 
n'a  nulle  pcoportioa  aaee  Ima  étcndnr. 
De  plus  ces  dctix-  pamiicla  fe  coiebenc 
très  ' fréqunimenc  , l'uu  en  delTus  te 
l'anue  en  ded'oua , ptefque  à la  nunière 
du  Z tyteuKik 

( )}  C'en  oft  un  atnse  d'avair  Ia  tra> 
vetfe  déliée  te  les  deux  pacslldct  pla- 
nes , ou  ceils-là  pleine  . te  canine  à 
doubles  traits,  tl  ccUes-ci  déliéss  ; pour- 
vu tontcfiiis  qaa  la  ttaveiiê  ne  foie  pas 
plus  laague  que  les  paiallèlcs.  Non  que 
cette  tsaverfi:  dépatâe  on  Z do  vt*. 
Cède  I Biais  qoclqir’iiadms*.  pour  ma 
aulli , l'en  aoemndee. 


•Digitized  by  Google 


✓ 


DE  DIPLOMATIQUE.  199 
réfulce  , peut  aiféjnenrfc  raponcr  au  vu.  ou  vrii*.  fic- 
elé. L'extrémité  de  la  ligne  fupéricure  du  % le  montre- 
t-elle  coupée  , comme  par  une  virgule , &:  l’infërleurc  eft- 
elle  terminée  de  même  ; ou  bien  fa  craverfe  paroir-€Ue 
plus  longue  , que  fes  parallèles  , d’ailleurs  légèrement  tran- 
chées ? Cette  figure  poura  convenir  au  v'.  ficelé.  Que  fes 
deux  parallèles  fuient  droites  ou  métamorphofees  en  c\) 
Co  , dont  la  fupérieure  foit  notablement  portée  vers  la 
droite  ; ou  que  cliacune  Ibit  fimplemeiit  courbée  en  c 
renverfé  haut  &c  bas  : fi  la  ligne  inférieure  cft  égale  ou 
prefque  égale  à la  fupérieure  , ou  même  plus  longue  ; 
ce  fera  un  caraâcre  d'antiquité  , aplicable  au  vi‘.  fiè- 
cle.  Que  la  ligne  inférieure  fe  trouve  fouvent  plus  petite , 
que  celle  d’enhaut  ; le  % apartiendra  tout  au  plus  au  vi  1 1*. 
La  ligne  inférieure  courbée  en  defius  , au  lieu  de  l’être  en 
delTous  ; Ion  meme  que  la  fupérieure  n’eft  point  en  CO  , 
ne  caraâérifera  pas  moins  bien  les  viii.  Sc  ix^.  ficelés  , 
que  la  parallèle  inférieure  arondie  , relTerrée  & defcendanc 
vers  le  bas  en  forme  de  queue.  Si  pendant  le  cours  de  ce 
dernier  fiècle  , le  Z commence  à prendre  diverfes  figures 
monftrueufes  ; dès  le  précédent  le  laxon  n’en  avoir  pas  reçu 
de  moins  bifares.  Une  des  principales  aproche  fortdel’y'. 

Dans  les  diplômes  du  commencement  du  meme  fiècle , on 
remarie  des  Z en  forme  ( i ) de  T fort  hauts , fouvent  can- 
tonés  de  deux  points  vers  le  milieu  de  leur  hafie.  Long.- 
tems  auparavant  on  en  avoit  vu  d’une  taille  ordinaire  Oc 
fans  points.  Le  Z ne  carda  pas  à fe  traveftir  d’une  manière 
alTez  plaifante , en  (2.)  réunifiant  la  figure  du  ç & de  l’è  , 
qu’il  conferva  long-tems  en  Allemagne.  Seulement  vers  te 
XI  i'.  fiècle  , il  enangea  leçeni  ou  en  ÿ.  On  alongéa 
beaucoup  depuis  la  queue  du  3 , plus  en  Efpgnc  , qae 


( i)  Ce  qai  cara£lérife  principaleraent 
CCS  Z , auK  IX.  & X*.  (feclcsî  c’eft  la 
traverfe  rendue  perpeodicniaire  ou  pref- 
que  pcrpendictilaire.  Cependant  la  tete 
ne  domine  pas  toujours  egalement  des 
deux  cot^s.  Souvent  elle  ne  s'avance  , 
que  vers  U gauche. 

(1)  On  reinarqae  ta  Italie  , dès  le 
1*.  ficelé  cetre  figure  » dont  malgré  fa 
double  queue  , les  raports  avec  la 


prècédenre  ne  Cota  pas  dificilesà  faifir. 
Supofex  nos^  cuififs  majurculcs  » armes 
d'une  poinrc  « tournée  vers  la  droite  j 
rancicnne  & la  nouvelle  queue  du  ^ 
ne  fauroicntètre  mécooues»  Ccllc-ci  n’cH 
vilïbicmcac  » que  la  prolongation  de  la 
traverfe  , S:  celle  là  que  la  queue  pri> 
mtiive.  Venant  à s'abailTer  , au  zu*. 
fiècle  ; il  n'en  fatut  pas  davantage , poux 
fiurc  paroitre  le  x.  travefti  en  A. 

Ppij 


It.  PARTIE, 
tcct.  III. 
CuA».  IV. 


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II.  PARTIE 
Sïci.  III. 

, CMil».  IV. 


(<•)  I<x.  Triuit. 
SW./.  <1. 


Conckilîoa  ; on 
peut  ÿraccde  l'age 
des  mlT  & des 
plomes,  par  la  for- 
me des  lettres  , 
<]ui  s'p  trouvent 
employdcs  Sc  par 
les  autres  caraâd- 
les  , dont  ils  font 
idvdius  : précau- 
tions, dont  on  doit 
fc  fervir  , pour  ne 
pas  faire  un  ufage 
téméraire  de  la  fi- 
gure des  lettres. 

(i)  Di  vetn.  Ha- 
rn.  ml,  etmipt. 
t»rt*  t.  cMf.  t. 
p.  4J I.  &fiq- 


300  NOUVEAU  TRAITÉ 

par-tout  ailleurs.  Au  xi  1 1*.  le  milieu  de  la  hafte  du  jÉ  fut 
coupé  plus  fréquemment  , t^u’il  ne  l’avoit  été  julqu’alors. 
Infenliblemcnt  cette  tare  lui  donna  la  lôrme  d’un  grand 
^ , foit  qu’on  l’envifageât  à contre-fens  ou  dans  fa  pofi- 
tiun  naturelle.  Ces  Z majufcules  étoient  fort  à la  mode  au 
xiv'.  ficcle  , &c  meme  dès  le  xiii*.  Aux  xv.  &c  xvi.  Hs 
fe  chargèrent  d’angles  & de  pointes  propres  à la  gothique 
moderne.  On  pouroit  mettre  au  nombre  des  Z à pointes, 
les  (a)  deux  qu’Eckhard  , dans  fon  Pa3  de  la  Loi  Salique^ 
a Eût  figurer  d’après  le  Pfeautier  de  Notker  de  la  biblio- 
thèque impériale.  De  ces  V iC'  , il  conclut  , que  dans 
quelques  mlT.  anciens  il  étoit  aifé  de  prendre  l’r  pour  le  ^ : 
ce  qui  aura  ocafioné  bien  des  mépriies.  Les  z ^ minufcules 
ou  curfifs  , après  avoir  courbé  leur  queue  , en  defeendant 
vers  la  gauche  , l’arondiffoient  d’une  autre  ( i ) façon  , en  la 
rélévant  vers  la  droite.  Ils  font  communs  aux  xiv.  & xv'. 
fiècles.  Les  memes  :[  dans  la  fuite  , au  lieu  de  replier  leur 
queue  en  aricre , en  formoient  une  boucle  pardevant.  Leur 
bouc  prolongé  s’élévoit  (1)  de  biais  , après  avoir  traverfé  le 
côté  droit  de  la  même  portion  circulaiie  de  cette  dernière 
lettre  de  l’alphabet. 

XXIV.  On  eft  maintenant  en  état  de  voir  , combien 
chac^ue  lettre  nous  fournit  de  relTources  , pour  découvrir 
l’anuquité  des  monumens  delUtués  de  toute  noce  hifto- 
rique  ou  chronologique.  Sur  l’infpeéVioxi  des  caraflères  d’un 
ml,  on  ne  fauroic , fi  Ton  écqute (b)  le  P.  Germon  , porter 
qu’un  jugement  incertain  touchant  fon  âge  & fon  autenti- 
cité.  A Ion  avis  , c’eft  un  moyen  équivoque  , à l’aide  du- 

aifel  en  vain  le  flaceroit-on  de  pouvoir  déterminer  le  cems 
e la  tranfcription  de  ce  mf.  Ne  nous  lailTons  pas  entraîner 
aux  (3)  mouvemens  d’indignation  , auxquels  le  lavam  abbé 


(i)  Ces  queues , ^ui  dés  le  ïl'.  ficcle, 
avoient  commencé  a fe  recoutbet  vers 
U droite  en  forme  d’ % ,salongcreni  prin- 
cipalement , depuis  le  XI I.  julqtt'au  X i 
(t>  On  failôit  quelquefois  monter 
cette  queue  purquli  la  tête  du  ÿ , quelle 
ttaverfoit.  Au  xvi'.  (icele  l'Efpagne  en 
fournit  des  exemples , plus  qu'aucun  au- 
ue  fais.  Les  x.  tratuforiDés  eu  } y 


avoient  pont  lors  la  plus  grande  vogue.. 
Introduis  au  xi.  St  fort  acrédités  au 
xtii'.  ils  éléverent  d’abord  leur  tête  , 
dans  la  fuite  tantôt  ih  recoquillètent  leur 
queue  en  devant  ; tantôt  ils  la  rabatitene 
otbicnlaitemenc  en  derrière  : Sc  toute- 
fois l'ufage  des  x. , exaélement  lèmb!*- 
bles  «U  ; , ne  fut  pas  aboli. 

(3)  Cardons- BOUS  donc  de  nous  écriei 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jot 

de  God^f-ic  s’abandone  conjre  un  fyftcme  , que  de  gran<^ 
intérêts  ont  pu  faire  éclore  , mais  dont  on  ne  prétendoic 
point  fans  doute  partager  les  avantages  avec  les  incrédules , 
qui  feuls  en  recueillent  aujourdui  prefque  tous  les  fruits , 
pour  leur  propre  malheur. 

Mais  après  avoir  reconnu  , comme  lui , qu’on  n’entend 
fixer  au  jufte  ni  le  jour  , ni  l’année  , où  l’on  aura  copié 
tel  &c  rel  mf  : pourquoi , dirons-nous  , n’en  pouroit-on  pas 
allîgner  le  tems , & par  conféquent  en  établir  l’autenticité , 
qu’on  dche  ici  d’opofer  adroitement  à l’impofture  ? Comme 
fl  tout  ce  qui  n’eft  pas  autentique  étoit  néceflairement 
l’ouvrage  de  la  fraude  l Mais  les  figures  des  lettres  , leurs 
infléxions  , leurs  ligatures  , & autres  notes  paraélériftiques , 
ne  varient-elles  pas  d’age  en  âge  ? S’il  étoit  autrefois  permis 
de  révoquer  ce  fait  en  doute  ; il  doit  déformais , ce  femble , 
être  tenu  pour  démontré.  On  peut  donc  avec  le  l'ecours  de 
ces  indices  apliquer  à chaque  ficelé  les  caraderes  , qui  lui 
convieiuient.  On  peut  donc  juger  par  la  forme  des  lettres , 
de  l’antiquité  d’un  monument  , d’un  mf  , d’un  diplôme; 
Chaque  élément  de  notre  alphabet  raifoné  nous  en  ofre  les 
moyens.  Leur  nombre  , auquel  on  pouroit  ajouter  beau- 
coup , laifle  à chacun  la  liberté  de  choifir.  Que  fera-ce  ; 
quand  on  y joindra  ceux  , qui  naitront  du  coup  d’œil  des 
écritures  , du  génie  de  chacune  d’entre  elles  , de  leurs  gen- 
res & de  leurs  efpcces  ?Que  fera-ce  encore  ; quand  on  aura 
fixé  l’age  des  mlT.  par  leur  orthographe , leur  ftyle  , les  con- 
jonâions  de  leurs  lettres , leurs  abréviations  , la  nature  SC 
la  difpofition  de  leurs  chifres  , leur  ponduation  , leurs  ac- 
cens  , leurs  titres  , la  figure  Sc  la  couleur  de  leurs  lettres 
initiales  , leurs  fignatures  , leurs  réclames  mêmes  , 8c  par 
une  infinité  d’autres  moyens  , dont  l’énumération  dévien- 
droit  ennuyeufe  : mais  dont  le  concert  fournit  des  preuves 


avec  lui  : » ce  font>Ia  (a)  les  artifices 
^ cachés , iont  le  P.  Germon  fe  fert , 
vpourrco<lre  chancelant  & <louccux  Ta* 
•>  gc  des  anciens  m(T  : de  pareilles  ob- 
r>  )eâioos  n'ont  pour  but , que  de  ren* 
dre  odieux  & méprifablcs  les  nionu- 
•>  mens  les  plus  précieux  & les  p!usdt> 
gnes  de  refpcâ  , parmi  Icfqucls  les 


« inff.  ticDncnt  un  rang  fî  diftingné.  « 
N'adopcoos  pas  non  plus  les  cxprefTions 
4/e  cruels  enn*v)$s  des  uauq^iics  , & au- 
tres , pcutctrc  encore  plus  amcies  , ét 
que  nous  fuprimons.  La  délicarcffe  de 
noire  (îécle  auroit  de  la  peine  à foutenic 
les  termes  forts , que  le  zclc  arachc  à ccc 
illuf^ic  abbé  AUeman. 


n.  P A K T 1 

sscT.  in. 

Cm  AT.  IV. 


(a)  Cfsr^ie.Ge/~ 
wic,  /.  >.9.  f, 

^ 7. 


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J I.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  a a.  IV. 


jot  NOUVEAU  TRAITÉ, 

plus  claires  que  le  jour  , de  l’antiquité  d’un  raO 

Leur  force  ne  dépend  pas  de  la  conoilTance  exaéle  de 
l'année  , ni  même  précifément  du  ficelé  , auquel  il  doit 
avoir  été  copié.  Il  s’agit  d’en  écarter  les  idées  de  fupofition , 
& de  conftater  , par  exemple  , qu’il  eft  antérieur  au  jxF 
fiècle  , & quelquefois  meme  au  vin'.  & au  vu'.  Que 
peut-on  exiger  de  plus  , pour  mettre  là  vénérable  antiquité , 
dans  la  plus  parfaite  évidence  , ôc  pour  lui  donner  un  relief 
d’autant  plus  grand , qu’on  le  raproche  de  plus  près  de  l’age 
de  l’auteur  du  livre  même  ? Or  la  réunion  des  caraûcres 
fera  la  démonftration  la  plus  certaine  , que  ce  mf.  n’eft 
point  poftérieur  au  ix'.  fiècle , au  vi  1 1'.  &c.  Le  concours 
de  tous  ou  de  Ja  plupart  des  caraûères  , déterminera  donc 
aulfi  furement  l’age  des  monumens  antiques , que  celui  de 
toutes  les  lenres  d’une  infeription  dificile  à lire  ou  d’un 
chifre , formera  un  fens  complet  , quand  on  en  aura  trouvé  la 
dé.  Si  toutes  mes  lettres  s’acordent  à me  donner  des  mots 
de  la  langue  , dans  laquelle  la  pièce  doit  avoir  été  écrite  : 
fl  tous  les  mots  produifent  un  fens  net  , précis  , fans  ré- 
dondance  > fans  qu’il  refie  de  lignes  , dont  l’ufage  demeure 
indécis  ou  douteux  ; fi  du  tout  enfemble  il  réfulce  un  dif> 
coûts  fuivi , dont  l’objet  ne  foit  ni  vague  ni  incertain  : je 
iuis  abfbluqpbeitt  fur  d’avoir  dédnfré  le  monument  propofé , 
6c  de  l’avoir  bieo  entendu.  De  même  lorfque  cous  les  ca- 
taélcres  concourent , foie  pour  fixer  un  mf.  à tel  fiècle  , ou 
du  moins  pour  ne  pas  permettre  , qu’on  le  rabaiffe  au-defi> 
fous  ; je  fuis  certain  , qu’il  ne  fauroit  être  plus  récent  : 
paceequ’il  eft  impoffible  , que  les  notes  caraélériftiques,  fans 
nombre  , dont  il  eft  révetu  , foient  celles  de  tout  autre  fiè- 
çle  poftérieur.  Il  en  feroit  de  meme  d’une  charte  fauffe  , 
dont  l’écriture  & la  date  feroient  en  contradiélion , ou  d’un 
mf.  qu’on  prétendroit  éléver  à une  antiquité  démentie  pat 
fes  propres  caraélères. 

Comme  les  objections  des  PP.  Hardouin  & Germon 
contre  l’autenticité  des  mff.  les  plus  vénérables  ôc  la  poffi- 
bilite  d’ei?  conoitre  l’age  , poulfées  aulfi  loin  qu’elles  le  peu. 
vent  être , tendent  à faper  les  fondemens  de  toute  érudi- 
tion & même  d’une  religion  révélée  ; il  y va  du  bonheur 
du  genre  humain , d’extirper  ces  dificultés,  jufqu’aux  moindres 


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DE  DIPLOMATIQUE.  joj  ‘ 

racines.  C’eft  un  objet  , qu’on  ne  doit  jamais  perdre  de 
rue  ^ dans  un  ouvrage  de  la  nature  du  nôtre.  De  quelle  ” 
utilité  feroit-il  en  éfet  ; s’il  n’écoir  fondé  que  fur  des  chi-  c h a ï.  i v. 
mères  , & s’il  vifoit  à leur  donner  du  corps , aux  dépens  de  la 
vérité  même  ? Mais  de  quelle  utilité  ne  fera-t-il  pas;  s’ilfert* 
à foutenir  l’antiquité  ébranlée  , &c  dont  on  fembk  de  nos 
jours  avoir  juré  la  ruine  ? De  fi  g;rands  motife  juftifiront  de 
refte  les  petits  détails  , où  nous  femmes  entrés , fiîr  chacune 
des  lettres  de  l’alpliabet , pour  parvenir  à la  découverte  des 
fiècles  , à la  faveur  des  figures  & des  traits  , qu’on  y mec 
en  u(^.  Chaque  roue  , chaque  reffort , qui  font  partie 
des  merveilles  de  l’art,  font  peu  de  chofe  en  eux -mêmes  y 
mais  ils  contribuent  à produire  des  éfets  prodigieux.  On 
traitera  , fi  Tou  veut , de  minuties  fes  obfërvations  nom- 
breulès  , que  fi  peu  de  peribnes  fevent  aprécier  à leur  jufte 
valeur  ; mais  c’eft  la  conorffasice  & Faplication  exufte  de 
ces  prétendues  minuties , qui  font  l’antiquaire.  Il  faut  dé- 
velopcr  le  méchanifme  d’un  art  ; fi  l’on  veut  l’aprendre  pat 
principes.  Il  faut  au  moins  en  donner  quelques  notions 
méthodiques  : fi  le  tems  eft  venu  de  ne  le  plus  envifager, 
comme  un  myftère  , auquel  très-peu  de  favans  peuvent  ctr« 
initiés.  Nous  n’avons  donc  pas  befoin  d’apologie , pour  jnf- 
dfier  les  (oins , que  nous  prenons , pour  mettre  une  fciencc 
fi  néceftàire  à portée  de  plus  de  gens  de  lettres , quH  fera 
poflîble.  II  leur  en  coûtera  quelque  travail , pour  dovenir  an- 
tiquaires ; ne  leur  en  couteroit-il  aucun  pour  devenir  phi- 
ficiens  ou  aftronomes  ? 

Ces  hautes  fcienccs  , qu’on  nous  vante  avec  tant  d’euï- 
phafir  , fê  bornent  à cette  vie  , du  moins  par  l’uÉige  ,qu’otï 
en  fart  communément.  CeHe  de  l’antiquaire , qui  n’eft  au- 
rre  qu’une  bonne  critique  , eft  le  flambeau  des  fcienccs  feS  * 

phis  propres- à faire  le  bonheur  de  la  vie  préfênte  & de  la 
vie  fiiturc.  Elle  influe  fiir  la  morale  , fur  la  polkique  , fût 
les  belles  ïetrres  , fur  le  droit  civil  Sc  canonique  Sc  fur  la 
théologie  même.  Ces  fcienccs , qu’il  (ufit  de  nommer , pour 
en  foire  fêntir  route  l’importance  , fans  elle  languifFent , ôc 
bientôt  tombent  dans  un  défordre  & une  coufuiion  étrange. 

Le  critique  féparé  de  Fantiquaire  , fê  trouveroit  renfermé- 
dans  des  limites  bren  étrôices  ; &:  prefque  toutes  fc» 


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II.  PARTIE 

Se  CT.  III. 
C H A P.  IV. 


{»)  Vertnrn  ittmf- 
trmu  17 J t.  ftd. 
Ht.  xj.ctl.  )t). 


(*)  Dr  <r'».  f»/. 


J04  NOUVEAU  TRAITÉ 

démarches  feront  marquées  par  des  chutes  ou  de  faux  pas. 

Si , pour  fixer  l’age  des  écritures  , la  diverfité  des  lettres 
fournit  de  grands  (ecoùrs  ; il  n’eft  pas  moins  ordinaire  , 
qu’elle  jette  dans  l’illufion  , ceux  qui  n’aprofondiflenc  pas 
•afiez  des  matières  fi  abftrulès.  Les  lettres  rondes  , carées  & 
mixtes  , & l'urtout  telles  &:  telles  en  particulier  feront  re- 
prefentées , comme  caraûériftiques  de  certain  âge.  On  aura 
vu  dans  quelques  monumens  , dont  on  fait  la  date  , cer- 
taines lettres  fingulières  ; on  en  conclut , qu’elles  font  pro- 
pres à ce  ficelé  , quelles  y font  ordinaires , &:  quelquefois 
meme  , qu’elles  ne  conviennent  à nul  autre.  Cependant  elles 
auront  eu  cours  pendant  des  milliers  d’années.  Le  ficelé  , 
auquel  on  les  aproprie  , en  aura  eu  d’autres  d’un  ufage  plus 
commun.  Celles , qu’on  lui  donne  pour  pierre  de  touche  , 
n’y  auront  paru  que  rarement.  Il  faut  donc  procéder  avec 
de  grandes  précautions  : ne  pas  rejeter  des  conféquences 
très-légitimes  , tirées  de  l’ufage  plus  ou  moins  fréquent  de 
certains  caraélères  : ne  pas  déciaer  l^érement  du  fort  d’un 
antique , fous  prétexte  ae  quelques  fibres  de  lettres  , que 
tel  fièclc  ne  femble  pas  comporter. 

Quiconque  fe  donnera  la  peine  , dit  M.  le  marquis  {a)  , 
MafFéi , d’examiner  plufieurs  anciens  mff , reconoitra  quel- 
quefois diverfes  figures  de  la  même  lettre  , employée  indi- 
feremment , dans  le  même  raanuferit , quoiqu’elles  aient  été 
regardées  par  nos  modernes  , comme  diftinétives  de  genres 
d’ecriture.  La  mêmechofea  lieu,  par  raport  aux  marbres. 
Nous  avons , continue-t-il , à S.  Etienne  de  Vérone  un  mo- 
nument lapidaire , où  l’on  obforve  plufieurs  fois  trois  fortes 
d’M , qu’on  défigne  , fous  divers  noms , &c  dans  lefquelles 
on  prétend  trouver  des  c.iraélères  d’ages  diférens.  Il  en  cft 
de  même  des  N , des  V & des  E.  Mais  les  conféquences 
de  ces  principes  font  peutetre  poufiTées  au-dqlà  de  leurs  juf- 
tes  bornes  ; quand  il  en  infère  , que  ces  lettres  d’un  goût 
fingulicr  ne  produifent  pas  une  allez  grande  difércnce  ,pour 
çonftituer  divers  genres  d’écriture. 

Sur  un  examen  trop  fuperficiel  des  anciennes  écritures 
romaines  ; Struve  (^)  concluoit , que  plus  les  lettres  écoient 
antiques , plus  elles  étoient  inégales  &c  irrégulières.  Cette  rè- 
gle pouroit  fouvent  induire  en  erreur.  Les  lettres, irrégulières, 

inégales 


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DE  DIPLOMATIQUE.  joj 
inégales  & ruftiques  fonc  de  cous  les  tems.  Ces  quaEccs  ou  — ■ SS 
ces  défauts  afeftoient  à la  vérité  plus  fréquemment  les  an-  parti  h. 
ciennes  lettres  latines.  Mais  il  ne  laifle  pas  de  s’en  trouver 
de  ce  nombre  , où  l'on  remarque  un  commencement  d’é- 
légance. Il  en  eft  aufli  des  ficelés  les  plus  polis  de  Rome 
payenne  , dont  les  caraélcrcs  font  de  la  plus  grande  rufti- 
cité.  Les  planches  de  notre  première  clafle  des  écritures  la- 
pidaires en  fourniront  bien  des  exemples.  Mais  n’antici- 
pons pas  fur  des  obfervations  , réfervées , pour  les  chapitres 
liiivans. 


CHAPITRE  V. 

Obfervations  Jiir  les  quatre  planches  alphabétiques 
des  lettres  latines  : leur  dijlribution  par  colones  , 
fériés  &fouféries  : leurs  fources  , leur  ufage  , 
leur  reffemblance  , leur  diférence  , leurs  tranfrnu~ 
tâtions  : caraSères  dijlinclifs  des  capitales  , o/z- 
cules  , minufiules  , curfives  &c. 

I.  T Es  alphabets , qu’ici  l’on  donne  au  public  , ne  réu- 

1 J nifienc  pas  feulement  prefque  tous  ceux , qui  ont  vu  b«t  lacim  contc- 
le  jour  ; ils  font  encore  formés  fur  un  nombre  prodigieux 
(\)  de  ÜvBcs  pleins  d’inicriptions , de  fceaux  fie  de  médailles,  cni  i-ir 


(i)  Peat^nc  ae  nom  feroit-U  pai 
tnaincciiant  poilîble  de  faite  une  éoumé- 
latioo  complète  Ae  toutes  les  fources , 
où  nous  avons  puifi  : mais  cjoand  nous 
le  pourions  j 1a  plapait  des  Icâeuit  n'e- 
xigetoieue  pas  de  noos  une  eiaditudc  li 
Ifiionticufe.  Quelques  - uns  néanmoins 
plus  dificUcs  ciaigncnt  toujours,  qu'on 
ne  veuille  lent  en  impofet  -,  lotfqu’on 
s'en  tient  à des  f {aéralicés  , qui  ne  fpé- 
cifient  tien.  Voici  donc  , pour  les  con- 
tenter., une  partie , pour  ne  pas  dise  un 
écliantilloa  ,dcs  recueils  de  monumens, 
dont  nous  avons  emprunté  tes  carac- 
tcscs  J que  nous  avons  jugé  pouvoii 

Tome  II 


fîgarcr  dans  notre  alphabet , tiré  des 
bioDzes  6c  des  marbres  : JhefMurus  Ai#* 
rtlliMMus  Jiv*  fAmitiiurum  KoMMnmmm 
mttmifmMtt.  — 17  j 4.  Go:hti 
17)0.  ^Êêtnifmmt»  imptrautum  prifitus^ 
Ù9fM  ptr  Je.  VmUmm — Rfima  1 747.  Nm* 
mifmMta  snti^us  À jacebo  MufèlUo 
Ithm — VifonA  1 7 J I . Impertttvrnm  R#W4* 
nêTum  numi/iJfstM  — À Francsfta 
iari#— 17JO.  Ezfcffiotii  Spaniféimis 
difirt*tUn4$  éU  prifiAMt»  tt/it  ntttmf 
170^. — 17* 7«  im* 

perrntorum  Komanorum  m XrajMnê  DecU 
— H4»dWri— 1718.  ThefmurUt 
tX  tiiifxHTû  PAlxtiW9.  ft'ecîut 

Qq 


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II.  PARTIE. 

Sici.  III. 

C h a p.  V. 
pour  dcchîfrer  les 
écritures  antiques, 
& conoitte  les  lé- 
trolutioDS  ic  l'age 
des  lettres  : leur 
arangement  fyfté- 
matique  : réponfe 
aux  dificultcs , ti- 
rées de  la  reflem- 
blance  de  quel- 
ques figures,  apar- 
tenant  à des  Ict- 
ucsdifilrcmcs. 


(a)  Ci-it/pis, 
ibaf. X. 


jotf  NOUVEAU  TRAITÉ 

Nous  pôuiions  dire  , que  la  lictërature  n’a  prefque  n'en  en 
ce  genre  , qui  foie  échapé  à nos  recherches.  11  en  a écë  de 
meme  des  modèles  de  mfl'.  & de  diplômes  , auxquels  tanr 
de  livres  , & furtout  des  étrangers , depuis  un  liccle  , doi- 
vent en  quelque  forte  leur  principal  mérite.  On  ne  s’eft  pas 
borné  aux  ouvrages  imprimés , dont  la  pofleflion  eft  com- 
mune &c  publique  pour  les  çens  de  lettres  : fans  parler  des 
archives  &c  des  mil',  de  provmces , utilement  mis  à contri- 
bution; tout  ce  que  la  bibliothèque  du  roi  & celle  de  r.ibba  ie 
de  S.  Germain  des  Prés  ont  de  plus  ancien  Sc  de  plus  précieux, 
en  fait  de  mfl'.  & de  diplonies , nous  a palTé  par  les  mains. 
Les  lettres  les  plus  fingulières  en  ont  été  extraites  avec  des 
travaux  & des  atentions , qu’il  ne  nous  convient  pas  de  re- 
léver.  Or  quelles  richelfes  ne  renferment  pas  ces  deux  bi- 
bliothèques ? 

Nous  nous  fommes  alTez  expliqués  (a)  par  raport  aux 

Anti^us  mufto  Aîex»n- 

dri  Alhm  OJfrtvMtUni  ijhrieht  fù- 
prs  Micuni  medmgthni’^  Rechtr^ 

thés  cnritufes  du  menehs  de  Frjtnee  fxr 
BeMtreue^TrMsté  h^eriqs^e  des  snesuies  de 
Vrence  fmr  le  Blunc^  Nssstsi/matst  Angle- 
fsexonicM  ^ Angle^dsme*  Andred 

FestxtMtsie — 17^5*  I)#  menetis  IialU 

Argelum  eeUegit — 1750-  SeUclus  diplo- 
mMtmm  smsmfmststm  SutU  tbefmmrxs 
— 1 7 J Hmfeum  regitasy^DxiuA  ^Jer~ 
vegiâ^ê  rnenmrchA'^Mb  Oligero  Jacebee 
^e.  Mzmetrude  littérmmre-^  de  F Aca- 
démie dis  beiies  lettres  des  injer  ptiens. 

Antiqsiité  expliquée  ht  Ton  fiipUmem. 

Vepage  Uuérrnire  de  D»  Mértene^  Bema- 
*um  Hee^eum — Kern*  174^.  Ifteri»  di- 
pUmuitM — Mmffei — 171 7*  Nrwr^  the- 
Jsmm  vetetum  infrriptienum  eeUeclere 
Mterrntêrie^—Bêm  1739.  Rema  Jmbter- 
mutea.  Inferiftienu  mntiqxe  tetitts  arhis 
Remania—  ieni  Grmeri.^—Aer^etedmmi 
1707,  Mifeellanea  ermdiiA  antiqttètMtis 
fmdie  ]st,Spenii — i4S5..H«arâ’i 
w}Sâ  — emnis-^  Mttfetan 

Certeeeenfe- — %y$oMmfettm  Vemrnfe — 

X74t^  Rjeph.  Fabrttti  mferipttemttm  me- 
nqtemmm^^-^exptieMsia^^  1701.  Mente- 
weemum fire  eelHsetbmrimm—  ab  A»/^  Fr» 

€*rr#— 1717.  D/ile  eefe  Gemilifche  — 
itk  Borna  1744.  Vftm  LatiMm  prefasume 


—nuiiert  Je^tplse  Recce  Vitlfiû.  Menu» 
menlA  veteris  Aui'ti.  Smggi  di  dijferta» 
zJeni  Mcademiche — di  Certenn.  CMtans 
UlnJlrMta».  Veresue  illnflrmtM^  Spicilegium 
.'Wiiqmueêâs  — Léft»  Ërevù  veteruM  me» 
numententm  — deferiptie  ——  eferé  Frsn, 
Omdeuderpii-^  I74^>  hAarmers  Fifett- 
r/éyyîW— I7)g.  Veterum  fepulehrn  fete 
M^nfolea  Remanerum  Le  Mefibere 
ceniche  di  Frsn.  Ficerem  17}  6.  X)Jfer» 
vMx.ieni  fepr*  aletmi  frammenti  di  vafi' 
smicki — m Firenze  17x6.  De  Remnne 
Pétri  itmere  — attifer  e Petre  Fr  an.  Feg» 
gint—  i74(*  Antiqttitates  Itulica  médit 
evi  anâcre  Lstd,.  Muraterie  (Jv.  iî#- 
blietheca  univerfal  delà  Pelggraphis  Ef» 
fa  ela  ^pc»  fieinecciusde  figilUt  &c.  Wf- 
teire  de  Bretagne  par  D.  Lebtneam.  A»* 
noies  erdinit  S.-  Beneditlt.  Menttment  dé’ 
io  menarchie  Fraveoife.  Utfieire  de  Ler^ 
raine  par  D»  Calmet»  Hijloire  de  Langue»- 
dec  far  D.  Vaigette».  Daniterum  meme» 
mentemm  Hbri  fex  — 1^4  T*  ^ fiembi  on- 
tichiepera  di  Fron,  di  Fieereni^  >749~ 
Offervatjem  ^eriehe  di  Demeniee  Mario 
Manni — i739-  9c  Bicii  d’aotr«,  faut, 
parler  d‘un  nombre  confîciiéraMe  ^an- 
ciens motnimens  > que  nous  avons  esa-' 
mm^s  nous  marnes , ou  donc  desi^ens  de* 
_ lettres  noDS  ont  fourni  des  copies  fiddies  y, 
i oa  même  des  coHc^ionscooédérablcs^ 


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DE  DIPLOMATIQU-E.  307 

Taifons  de  la  préférence  , que  nous  donnons  aux  alphabets 
généraux  , particulièrement  des  marbres  , des  bronzes  & partie. 
des  mfl.',  fur  ceux  qu’on  ne  formeroit  que  par  fiècles.  CH*f.  vV 
Leur  premier  avantage  fera  de  fervir  de  clés  , pour  dé- 
clîifrer  les  monumens  & les  écritures  antiques  , pour  ré- 
foudre les  dificultés  , caufées  par  le  concours  de  lettres  (ij 


(1)  Il  n'eft  peatétre  aucun  éléœcoc  de 
l'alphabet  , excepté  les  deux  derniers , 
oui  n'ofre  plus  d’une'demi-douzainc  de 
fortes  de  figures,  irés-relTemblantes  à 
d'autres  lettres.  Quelques  - unes  même 
pouroient  en  fournir  plus  d'une  douzai- 
nes. Si  l'on  n'ell  prémuni  contre  ces  di- 
ficuliés  , qui  ne  font  pas  rares  ; on  lira 
mal  plufieurs  inreriptions  , ou  l'on  ne  les 
lira  point  du  tout.  Il  n'en  faut  pas  toute- 
fois conclure  , qu'il  fbit  impoflible  de 
les  déchifier.  C'eA  cependant  jufqu'où 
femble  alet  le  JoumallAe  de  Trévoux  , 
en  finiflantde  rcndre(«)  compte  de  tE/Tai 
de  Don  Eouis-Jofeph  Vélalqucz  fur  les 
lettres  inconnues  <f£fpaene.  L'objeéiion 
plus  fpécieufe  que  folide  , qu'il  forme 
contre  les  alphabets  de  cet  auteur  , pou- 
xoit  à bien  des  égards  réjaillir  fur  les 
nôtres,  n On  remarque , dit-il  , dans  le 
» dévelopement  des  alphabets  Sc  des  let- 
» très  apelées  iiumniwr , qu'un  fcul  & 
» unique  canélére  e(l  quelquefois  cm- 
» ployé  , pout  fignifier  pluficuis  lettres 
B toutes  difé  tentes  les  unes  des  autres , . . 
» fur  quoi  il  eft  aifé  de  raifonnet  ainfi:lc 
» premier  principe  d'intelhgeucepour  un 
w alphabet , de  quelque  langue  qu'on  le 
B fuppofe  , eft  que  chaque  caraâéte*, 
B chaque  figure  n'y  exprime  ou  n'y  in- 
» dique  qu'nne  feule  letrre  : autrement 
B on.  n'aura  plus  rien  de  fixe  ; tout  dc- 
a>  Tiendra  confus  4c  arbitraire  s ce  fera 
m l’alphabet  des  ouvriers  de  Babel , qui 
B oc  s’entendoient  plus.  « 

Quand  on  a dreffé  pour  la  prcBiière 
firà  Talphabet  d'une  écriture  , propre  à 
quelque  nasion  ( on  n'aura  pas  fans  dou- 
te répété  les  m&ne  figures  , pour  défi, 
gner  des  lettres  düéientes.  Mais  ce  que 
n'ont  pas  (m  les  auteurs  des  alphabets, 
s'établit  avec  le  lems  par  la  voie  des  ré- 
trancheroens  4c  des  angmeotKions  de 
traits  , 4c  furtont  par  les  liaifoos  des 
éccitlues  curfives , doue  la  lettta  fout  , 


quelquefois  tranfporcées  julque  fur  le 
bronze  4c  le  marbre.  Peut-on  donc  avan- 
cer , fans  donner  dans  l'hyperbole  , que 
fi  chaque  figure  n'indique  pas  mt  feulé 
lettre  ; on  n'a  fieu  rien  ie  fixe , tout  de- 
vient /trbitrnire , c'cH  Fnl^nbet  des  en- 
vriert  de  Babel  1 On  fe  plaint  de  lacon- 
filfioQ  , où  jencroit  l'alphabet , qu'on  fe 
figure  : mais  ne  confond- c-on  pas  celui 
qui  n'auroit  que  des  lettres  ambiguës 
avec  celui  , qui  n'en  renfermeroit  que 
qnclqua-uncs,  4c  beaucoup  plus  de  bien 
diAinguécs  fous  chaque  élémentiNe  con- 
fond-c-on  pas  encore  des  monumens  , 
où  Ton  découTciroic  feulement  no  petit 
■nombre  de  figures  équivoquuavec  ceux, 
qui  n'en  ofriroient  pas  d'aucra  ! te  jour- 
naliAea  donc  raifon  <f ajouter  : » nous 
» ne  doutons  pas  , que  l'auteur  ne  pôc 
» opofer  quclqua  bonnes  réponfes  à c« 
» dificultés.  « En  attcnlaoc  qu'il  les  don- 
ne , achevons  de  prouver  par  des  &its , 
qu'inucileraent  clTairoic.oa  ue  tourner  la 
mêmes  raifonemens  contre  nos  alphabets 
génétaux. 

Sic'cfiun  défaut  d'avoir  da  iettra, 
dont  la  relTemblance  n'exclut  pas  la  di- 
vetfité  des  valeurs  ; il  ne  leur  cft  point 
particulier  : c'eA  le  fort  de  toutes  on  de 
prefque  tontes  lu  écritures  du  moiuie. 
Plus  leur  nfage  a eu  d’étendue  4c  de 
durée  : plus  cette  feule  de  caraâêres  , 
femblables  quant  à la  forme  , quoique  de 
valeur  diféiente  , fe  repreduit  dans  da 
monumens  de  tous  les  genres , marbres , 
bronzes , mlT,  diplomu.  Qu'on  juge  par 
là  , combien  ils  ont  dû  fe  multiplier  chez 
les  Latins  4c  les  Grecs , pendant  deux  à 
trois  mille  ans.  Pour  fe  convaincre , que 
diverfes  lettres  d'une  même  écriture  font 
fujcccs  à prendre  la  même  forme,  il  fufica 
de  jéter  lesyeui  fur  les  alphabets  généraux 
famariiain  , étrulque , hébreu  , lyriaque, 
arabe,  grec  4c  runique  du  précédent  voln- 
qe,4c  fur  les  quatre  latins  decclui-cLfii 

Qq 


(«)  Dieernh, 

17;)»  I.  W. 
X77i.<r/«fv. 


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H.  PA  RTIE. 

■ S C C T.  III. 

Chat.  y. 


308  N^OUVEAU  TRAITÉ 

fon  (emblables  , &:  neanmoins  fort  cUférenies.  Le  fécond  j 
de  mettre  fous  les  yeux  l’ordre  ôc  la  fucceflion  des  variations^, 
des  méramorphofes  , que  chaque  élément  a éprouvées , de- 
puis l’origine  des  lettres  latines  , jufqu’à  nos  jours.  On  coa- 
çoit  combien  une  durée  de  deux  a trois  mille  ans  a dû  pro- 
duire d’altération  , dans  les  diverfes  fortes  d’écritures,  d’abord 
mifes  en  ufage , ou  depuis  inventées.  Nos  trois  premiers  alpha- 
bets ne  laifTeront  pas  depréfenter  jufqu’à  certain  point  leca- 
raûcre  propre  Ci)  à chaque  ficelé.  Car  fans  régler  toujours 
fcrupuleufement  l’arangement  des  lettres , fuivant  l’ordre  de 
leur  antiquité  , on  ne  s’en  écarte  pas  beaucoup.  On  ne  lè 
fait  même  , que  pout  ne  pas  rompre  le  fil  d’une  defceiv 
dance  de  figures  , qui  nailTent  les  unes  des  autres  ; que 
pour  faire  lencir  les  degrés , par  lefqucls  les  lettres  d’une 
part  fe  font  perfêdionces  , &c  de  l’autre  ont  dégénéré  de 
leur  fimplicité  primitive.  On  voit  , dans  les  mêmes  alpha- 
bets , fous  diférentes  fuites  , tantôt  contemporaines  , tantôt 
fiiccelfives  l’origine  & l’état  des  plus  anciens  caraélcres  ^ 


l'on  aimcmicnx  s’en  raponetà  des  étran- 
gers : on  n’a  qu’i  confulter  la  Gram- 
maire iflandiqne  , publiée  dans  leTiéfor 
des  langues  fcptentrionalcs.  On  y verra , 
table  II.  un  aniclc  à parc  des  bgurcs  ru- 
niques  , rufceptibles  de  plulicurs  valeurs. 
Hiekes  (ait  monter  ces  caraélércs  jurqu’à 
y;,  donc  chacun  reprércme  cour  à cour , 
julqu’à  (ïx  diférentes  lettres  élémcntai- 
-Tts.  Les  huit  planches  d'alphabets  d’E- 
colTe  par  Anderfon  (burnilTenc  encore 

Îilulicurs  exemples  d’identité  de  ligures , 
êrvanc  à rendre  diverfes  lettres  de  fes 
alphabets.  On  en  remarque  auili  dans 
les  cables  de  Waither.  Mais  les  monu-< 
mens  antiques  dépofenc  en  (âveur  de 
cette  vérité  d'une  manière. plus  énergi- 
que <c  plus  précMe  , que  n'ont  fait  juf 
qu'ici  les  compilateurs  d’alphabets.  Con- 
tre des  autorités  li  fortes  & (î  nombreu- 
fes  , l’éloquence  & la  dialeélique  elles- 
mêmes  déclarées  ne  manquetoienc  pas 
de  venir  fe  brifer. 

Du  refte  fi  mutes  les  figures  équivo- 
ques concouraient  à la  fats  A:  lans  répé- 
tition fur  la  même  médaille  ou  fur  la 
même  infctipcion  antique  > il  n’eft  p^s. 


douteux  , qu’il  ne  fût  impoflible  on  du 
moins  extrêmement  dificile  de  les  dé- 
chifrer.  C'eft  auflï  ce  qui  ii'arive  jamai;.. 
Quelquefois  il  s'en  rencontre  afiec , pour 
caufer  un  peu  de  peine  aux  roeillcun 
antiquaires.  Mais  ces  dificulcés  cèdent 
bientâc  .tant  i la  force  du  fens  , qu’aux 
conoifianccs  des  ufages  divers  de  cet  ca- 
raélères.  Oferioos-nous  nous  promeccre, 
jue  nos  alphabets  généraux  ne  feront 
pas  inutiles  à ceux  . qui  fe  trouveront 
dans  cene  pofitioo  embaralTante  ? 

(r)  Quoiqu'un  des  principaux  objets 
do  chapitre  précédent  foie  de  décrire  les 
lettres  particulières  è chaque  iiècle  , le 
les  plus  propres  à le  casaâerifer  ; etluâ- 
ci  répandra  de  nouvelles  lumières  far 
cet  fmportaoc  article  , par  l’atencion  , 
<|ue  nous  aurons  à déterminer  è peu  près 
Page  ou  la  durée  ; (ïnon  de  chaque  fi- 
gure , qu'ont  pris  fur  la-  pierre  St  l'ai- 
rain nos  aq.  ictetesde  l’alphabet , ce  qxi 
deviendroic  immenfe  ; du  moint  de  cha- 
que genre  ou  efpèce  de  ces  figures , »- 
prochées  fyftcmaciqnemcac.  les  anesdaq. 
autres. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jcj 
leurs  progrès  vers  la  perfeûion  , leur  décadence , leur  trans- 
formation  du  romain  au  gojihîqiie  , le  goût  de  colifichets 
' & de  faux  ornemens  , qui  diftinguent  celui-ci  ; enfin  l’excès 
de  barbarie  , où  il  fe  termine  , avant  la  rénallTance  des  beaux 
arts. 

On  y voit , comment  les  lettres  majufcules , minufcules  S£ 
curfives,  font  nées  les  unes  des  autres  , & fous  combien  de 
formes  elles  fe  font  métamorphofées.  On  y voit , combien 
font  grands  les  raports  de  reliemblance  & d’afinicé  , qu’ont 
les  lettres  des  marbres  Sc  des  bronzes  avec  celles  des  ml£ 
Sc  des  diplômes  -,  &c  combien  font  frivoles  les  argumens , 
qu’on  a tirés  de  leur  dilTemblance  , pour  combattre  l’auten- 
ticité  des  uns  par  la  certitude  des  autres.  En  effet , quoique 
ces  différentes  claffes  de  monumens  aient  quelques  figures  , 
qui  leur  font  propres  ; prefque  toutes  les  plus  fingulières  des 
anciens  mff.  & des  diplômes  fe  retrouvent  fur  les  marbres 
& fur  les  bronzes.  Seulement  les  majufcules  des  mff.  font 
plus  chargées  de  traits  : les  caraftcres  hétéroclites  fie  bizares 
plus  multipliés  dans  les  inferiptions  ou  légendes  de  médailles  ^ 
de  monoies , de  fceaux  j funout  depuis  la  ruine  de  l’empire 
romain. 

Un  troifième  Sc  dernier  avantage  de  nos  alphabets  géné' 
faux  ; c’efl  qu’on  a partagé  chaque  lettre  fous  certaines  claffes 
ou  fuites , qui  baniffant  la  confùfion  ferviront  à faire  trou- 
ver fans  peine  les  figures  , dont  on  aura  befoin  , ou  qu’on 
voudra  comparer.  Des  (ùbdivifions  multipliées  contriburonc 
encore  à faciliter  de  plus  en  plus  cette  opération. 

Si  l’on  découvre  avec  le  tems  des  caraéleres  , qui  nous 
aient  échapé , fie  d’une  figure  alfez  extraordinaire , pour  n’a- 
voir pas  du  être  mis  au  rebut  ; on  comprendra  fans  peine  , 
-quelle  efi  la  divifion , quelle  efl  la  fubdivifion  , où  ils  doi» 
vent  être  placés.  S’il  eft  bien  dificile  d’ajouter  d’autresgran- 
des  fuites  complètes  de  caraâcrcs  , qui  réuniffent  ces  condi- 
tions , d’être  conformes  fie  divers  tout  enfemble  , dUparte- 
nir  au  meme  genre  , fie  de  pouvoir  fe  fubdivifêr  fous  difé- 
rentes, petites  fériés  ; il  ne  feroic  pas  impoffible  de  former 
quelqu’une  des  dernières  , fie  d’en  enrichir  nos  alphabets 
généraux  , fans  en  déranger  l’économie.  On  ne  nie  pas  au 
telle  ^ qu'on  ne  puiflè  même  ep  changer  l’arangem^t.  Celui^ 


II.  PARTIS. 

SïCT.  111. 

Ch  AK  V. 


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IL  PART  lE. 
StCT.  III. 
CH4».  V. 


jio  NOUVEAU  TRAITÉ 
que  nous  y avons  mis  , donneroit  des  facilités  , qu’on  n*i 
pas  dû  trouver  ; quand  on  a entrepris  de  difpofer  avec  ordre 
des  figures , qui  n’en  paroilTent  pas  fufceptibles. 

Nous  avons  fait  (i)  d’alTez  amples  recueils  de  lettres , pour 
remplir  plus  d’une  vingtaine  de  planches , extrêmement  tour- 
nies.  Mais  quoiqu’on  en  puifie  former  des  alphabets , où  l’on 
feroit  toucher  au  doigt  & à l'œil  les  déclins  inlènfibles , par 
lefquels  les  lettres  fe  font  défigurées  ou  métamorphofées  en 
caraâcres  toutafait  diférens  d’elles  memes  ; nous  ne  croyons 
pas  devoir  facrifier  à cette  entreprilê  un  aufii  grand  nombre 
de  planches , qu’elle  en  exigeroit. 


■■  ( r}  Lej  lettres  y font  prdque  toutes 
tlélign^s  pat  le  Cicle  , auquel  elles  apar- 
lienoent,  Ainli  ce  n'efl  pas  la  dificulté  de 
les  ranger  , faivant  cette  mdthode , qui 
nous  en  dloigne.  Mais  elle  a des  inconvd- 
pieos , qui  nous  obligent  à noos  en  dé- 
partir , par  rapott  aux  trois  premières 
planches  alphabétiques. 

< Du  telle , autant  que  nous  pouvons  en 
juger  pat  eftimation  ; il  faut  que  nous 
ayons  tiré  , tant  des  tnonnmens  otigi- 
ssaux  , que  des  copies  Sgurées  , impri- 
mées ou  manuferites  , deux  i trois  cents 
mille  caraâèrcs , que  nous  téduilbns  ici 
à quelques  milliers.  Cette  réduâion  8c 
JVtrangemeoc  répété  plofieurs  fois  des 
iettses , qu’il  a fâlu  non  feulement  fi- 
gurer , mais  eoriger  de  notre  propre 
main  , avant  que  de  pouvoir  parvenir  à 
fimner  la  XX*.  planche  ; nous  ont  caulé 
des  peines  8c  abforbé  un  tems  , qu'on 
auroïc  peine  h imaginer.  Quoique  puif- 
famment  fecouros  par  M.  Dupain  , ha- 
bile dclEnateur  j il  noos  a falu  recoucher 
fet  premières  tentatives , 8c  avec  des  re- 
Uietches  8c  des  difculTions  inconceva- 
bles mettre  la  dernière  main  aux  dcficins 
xédigés.  S'il  nous  e(l  encore  échapé  qucl- 
qoes  légers  défauts;  c'cH  principalement, 
parccqunnous  avons  été  vivement  (blici- 
cés  de^Mcer  fans  délai  le  dc/Tein  an  gc»-  - 
veur.  Nous  avons  trouvé  depuis  des  mé-  | 
thodc$,qui  ont  diminué  conhdérabtemenc 
le  travail  des  aucres  planches  alphabéti- 
ques. Elles  confiRenc  à faifir  le  caraâère 
ConRitutif  de  chaque  férié  , à marquer 
les  figures , qu'on  vent  admettre . pa^  le 
tlùùe  propr^à  CCttc  férié,  àlei  eoupei  le 


placer  dans  les  cafés,  qui  leur  convicn- 
neiic.  Alors  on  les  range  cofou-l<friet,8c 
l'on  défigne  la  place  , qu'y  doit  tenir  clu- 
cune  des  lettres  découpées.  Mais  de  peur 
des  accidens  , auxquels  des  feuilles  û lé- 
gères ponroicnr  être  eipofécs;on  les  enfile 
ou  l'on  les  colc , en  obfcrvanc  leurs  divi- 
fions  8c  leurs  fubdivilions.  Dans  cet  état 
elles  font  livrées  an  delfinacenr  , chargé 
de  donner  à toutes  des  proportions  uni- 
formes 8c  de  les  porter  (ur  le  deficin , qui 
doit  fervir  à la  pUnebc.  De  la  rédnâion 
à l'uniforme  , donc  on  ne  peqt  pas  fc  dif- 
penfer  dans  des  planches  d'alphabets , il 
en  réftticc  quelquefois  on  inconvénient: 
c'eft  que  des  caraélcres , qui  paroilToienc 
cres-diférens  au  coup  d'ceil , font  rame- 
nés à une  trop  grande  reffe'mblance. 
Qnefque  en  garde  qn'oo  ait  été  contre 
ce  dénnt  ; on  ne  peut  pas  répondre  , 
qu'il  ne  foie  jamais  arivé.  D'ailleurs  une 
même  main  eR  portée  naturellement  h fè 
copier.  Malgré  toute  l'atentioo  , que 
nous  avons  aportée , pour  bien  diféren- 
tier  tous  les  caraélères  , 8c  que  nous 
avons  recommandée  an  dellinateor  ; il 
s'eR  trouvé  des  figures  ouoqoées  8c  det 
proportions  mai  tendues.  Nous  avons 
a la  vérité  fait  des  correélions  fort  rigou- 
reufes  j tous  les  traits  ont  été  ferupu- 
leufemenc  examinés , 8c  tons  les  déiâuca 
un  peu  conlldérablcs  réparés  : mais  avec 
gens  , qui  prcndroienc  les  chofes  à la 
demièce  rigueur  , nous  ne  répondrions 
pas  , qu'lis  ne  pulTcnt  encore  apcrccvoip 
quelques  figures  un  peu  trop  femblabics  } 
quoiqu'elles  ne  fulTeot  pas  telles  dans  loi 
modèles  fooinii  au  dclTciB. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jii 

II.  Quelquefois  les  lettres  font  revenues  à leur  première 
forme , à peu  près  par  les  memes  degrés  , qu’elles  s’en  étoient 
écartées.  Mais  il  a été  plus  ordinaire  , qu’elles  y aient  été 
ramenées  , fans  fuccellion  de  tems  -,  foit  par  un  rétablilTe- 
ment  général  des  belles  lettres  , foit  par  le  génie  dfe  quelques 
particuliers  , qui  les  élévoit  au-delTus  de  leur  Cède. 

Nous  aurions  pu  adopter  quelques  alphabets  , déjà  tout 
drelTés  ; fi  l’on  y avoit  gardé  plus  d’ordre , & files  monumens , 
d’après  lel'quels  ils  ont  été  formés  , ne  réclamoient  pas  trop 
fouvent  contre  leur  peu  d’exaélitude.  Voila  ce  qui  nous  en- 
gage  à les  réfondre  avec  des  correûions  très-amples  ; li  tou- 
telois  ils  peuvent  encore  faire  quelque  figure  , auprès  des 
augmentations  .fans  nombre  , qui  les  font  prefque  difpa» 


1 I.  PARTIE. 

Si  CT.  III. 
Ch  A P.  V. 


Caufes  des  trans- 
(brmaiions  des  let- 
tres : infuHIàncc 
des  alphabets  juf- 
qu'ici publiés:  let- 
tres plus  ou  mnm» 
fujettes  aux  méta- 
morpbofes. 


roitre. 


M.  le  marquis  Mafféi  avoir  oblêrvé  (a)  la  généalogie 
de  quelques  lettres,  qui  fè  font  métamorphofées  en  plus  de  MT- 
formes  diférentes  , que  les  autres  : c’elf-à-dire  qu’émanées  de  , 

la  meme  fourec  , elles  fe  font  peu  à peu  écartées  de  leur  fi- 
gure primordiale.  Mais,ajoutc-t-il  ,celanepeut  fe  faire  en- 
tendre (ans  avoir  fous  les  yeux  à la  fois  plulieurs  pièces  an- 
tiques. Quoique  nous  devions  dans  la  fuite  en  ^re  repre- 
fenrer  un  grand  nombre  ; nous  femmes  perfuadés  , que  no» 
planches  alphabétiques  feront  encore  mieux  comprendre  le» 
degrés  d'altération , qu’ont  éprouvé , non  deux  ou  trois  élé- 
mens  ; mais  toutes  Sc  chacime  des  lettres  m.tjufcules  , cur- 
fives  &:  minufedes  , 6c  quel  a été  le  pafiage  des  premières 
aux  fécondés  , 6c  des  fécondés  aux  troifièmes,  La  trailTance 
de  la  curfive  n’efl:  pas  fans  doute  le  terme  des  changemens 
de  la  minufcule  , ni  la  minufeute  celui  des  altérations  de 
Tune  6c  de  l’autre.  Nous  ne  laifierons  pas  néanmoins  d’en- 
vifager  ces  révolutions  , comme  des  points  fixes  , auxquels 
les  variations  de  chaque  élément  viennent  aboutir  , 6c  qui 
femblent  lui  ouvrir  une  nouvelle  carière  de  métamorpholes. 

Mais  après  avoir  fubi  ces  transformations  ; la  majufcule 
d’une  parc , 6c  la  curfive  de  l’autre  , pour  ne  point  parler  de 
la  minufcule , n’ont  pas  difconcinué  leurs  travelUlTemens.  Ne 
ceflbns  donc  pas  de  les  fuivre  , &:  de  les  montrer  fous  les 
diverfès  figures , qui  les  déguifenc,  Ainfi  l’arbre  généalogi- 
que de  ..chaque  élément  n’eft  pas  épuifé  , poiur  s’eae  partagé- 


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1 


jii  NOUVEAU  TRAITÉ' 

en  plufieurs  branches  principales  : il  poulTe  encore  une  abon- 
* * t c ^ *i  H ^ dance  étonante  de  diferens  rameaux, 
c H 1 P.  V.  La  fécondité  n’eft  pourtant  pas  toujours  égale.  Il  eft  des 
lettres  majufcules  , ftériles  en  comparaifon  des  autres.  Ce 
foiu  furtout  celles  , donc  l’ufage  eft  le  moins  fréquent  , ou 
dont  la  figure  eft  moins  fufceptible  d’altérations  combinées  ^ 
à raifon  de  la  fimplicité  de  leurs  traits.  Au  premier  carac- 
tère fe  raportent  ( i ) les  K , X , Y , Z , au  fécond  les  C,  I , O ; 
quoique  ces  trois  dernières  ne  laifTenc  pas  de  s’etre  prodi- 
gieufemenc  diverfifîées  dans  les  inferiptions  lapidaires  &c  mé- 
talliques. 

La  minulcule  varie  moins  , que  la  capitale  Sc  que  la  cur- 
five.  Celle<i , malgré  fes  changemens  fans  nombre  , në  di- 
férencie  pas  toujours  fes  caraaères  de  ceux  de  la  minuf- 
cule  ; plufieurs  en  retiennent  (z)  la  figure  : quelques -ims 
memes  de  forme  maîpfcule  s’y  mclenc  6c  s’y*  maintiennent. 
(»)  y.  Telle  eft  l’N , qui  s’eft  conlêrvée  une  des  (a)  dernières  dans 

t-t-iS-  les  mlT.  latins  , & même  dans  les  diplômes.  Mais  paflbnsà 

quelques  détails  plus  circonftanciés  fur  nos  planches  ^pha^ 
bétiques. 

i(«e générale  lie  - ui.  La  première,  c’eft-à-dire  notre  XX' , eft  comtwfée 
d’environ  cinq  mille  caraâcres , tous  plus  ou  moins  dirérens 
raâere»  romains , les  uns  des  autres.  Nous  en  avons  fuprimé  mi  bien'plus  grand 

diflemblance  étoit  aflez  marquée  , mais 
duK  trois  qu’on  peut  aifëmenc  fupléer , à raifon  de  l’afinité , qu’ils  ont 
jBîUc  ans.  ^ avec  plufieurs  des  figures  contenues  4^  notre  planche. 

En  général  fi  les  formes  , dont  les  lettres  font  fufeep-' 
tibles  , pouroient  être  incomparablement  plus  multipliées  j 
nous  n’avons  pas  cru  devoir  nous  prêter  aux  figures  pollibles. 


(i)  Ope/eûU  #r- 
tltfiêfl.f.  jj. 

(c)  Gêrmtn  Jé 
vtterUms  hÂTttitit, 

t-  44<-  &f‘n- 

ii)  ItU.f.  4je. 


(il  Le  B , fans  être  auflî  rare,  que  le 
K 8t  l'X  , cil  pcucctre  moins  filcond  en 
fait  de  varidiéi  : à moins  qu’on  ne  veuille 
mettre  en  ligne  de  compte  des  altéra- 
tions on  dilértnccs  trés-légéres. 

(i)  L'ignorance  de  toutes  ces  chofet , 
fuivant  (i)  M.  MaSéi , a jété  un  autear, 
qa’il  ne  nomme  pat  s mais  qu'il  déligne 
■(e)  allëz  , dans  une  inügue  méprire.  £Ue 
a pour  objet , un  mf,  où  Te  trouve  une 
note  du  correélear  en  ptétenduet  lettres , 
partie  ordinaires,  Sc partie  barbares. Mais 


comme  tous  ces  caraâètes  font  romainsi 
l'objcélion  ell  d'autant  plus  frivole , que 
diférentes  fortes  de  lettres  de  la  même 
nation  peuvent  aifément  concourir  en. 
femblc.  Il  s'agit  du  S.  Hilaire  du  Vati- 
can , écrit  en  Afrique  en  ; lo.  fous  le  roi 
Ttafamond.  Le  P.  Germon  vouloit  con- 
féquemment  à fa  belle  remarque  le  »• 
baillër  au  tz*.  on  même  (d)  a quelque 
liêde  encore  plus  récent  , pour  ne  pas 
fc  voir  forcé  da  rendre  les  armes , fur 
daacvIâriMi  trop  légèrement hafatdées. 

. oi 


« 


I 


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1res  matières  litires , Jej-mis  /a /yi  -ytè’/e  Je  1ère e/irètie/ine. 


My^  >AM/U^M*Aj^\.7^;A?eL  r 

iM'Rn*nm  m^Mî  H/»3  h^f^j  v*. 

rn  m /?i  fj\  îTO  M îiî^rii'm  n ^ r$rsjss^^i7s  3*  <?  <.  ç r ^ Js  j j. 

! un  A fft/e^yr'y-'rryTr'ttrp.ms 

^<T»  m mxa*  oa  m en  ceL-^ai  ovoio^s^uss  $ pjs 

Q3<ç/)  1/î  t^ioJco»OO®a5Q?^0"^S'‘^>55^'^'55.SS3 ShSSJ'S SSvLt'l^ 

>*r  K ,11.  yM  N‘jry(  A/.v  -s^rs 

'.m.r/fyjiJ î'SVWi^Kl  f-Ii,'*'^  WV-ÿot'iirTrr 

X.'  V/A7V"  VM  'SJJV  N jKi  .VA/  V^'-iN'VA;^4  >7g w >1  î rjUni-Ty  TY^T  T Y 
hJ’  A/>  N NAT  N WN  H N Njfv  IV  I'JT^''TT  Tr  ï T'r  f PTrj'r^T'rx 

WWMNN  WHÎHH  H^MHMMf'r'T/TT'YaXmivrrANTrr 
i;/|M^  'A'^^A$vAZvJJtftr?^:,>nnrîl^TJT.vr^T•T•'rTTT/TTTT: 
I h h IvTUm  R 1 8 r?  a *u  'PD  HP  nf  T y^TTÏ^T*  Tl*  T#TT  ‘FT 
Lîiï  h:c'Lz,c^z%^Z'r^9z’z€ja^z 

>©’00@0©3  00*0  0®0.it.îPU(P^'j(è‘©VT^t^ 

(S>o  O'U  a*a  0 0 aiiLôz)  cf^''^’^'^r';vy«'rAvvv"./iV' V 

O Î3<i O 0<0  ^ 5 3 s ❖ -f  i^VvvVU^JZJ  ,„v 

Q3HOc*QcQ9  I fS  ^ VoVi^rv.V»'?  W-? V \f  V| 

f’vTarm  P rXîj'  V PAPP  FHs  P K'  pv'QiWv:;  WïUvk--‘u\r 
^-P/’>>Oî.H'/>p.>p/>PKjpri‘’p/  pvj’?  PAKÏvji7\/\im;i'iS7'S£:!f^\£V5’tf 

^ FJ’  îxp  P P P r rp  rP'Fr  r !’<’ r < TP  r V'  w vy  if  >y  y VjY  y 'ï'  y 

l'P.'O  \3  P P P25p  J=>’^ÏHii.P  ?.P  P P Rjf'P.Pil’WV  VV/T  YM 
P p3p/>pp,f>  Pv.pjp.^iPî»  A P P P P )9  ^ r>P  U uu  w U o 

1 g.gj.  ^ ^ P lu  J U Vkw  7^LT  jU  U -^y  -UU  LL 

0L^^Ackaû-ia«ajyL^6fa q cja-Axtiang u u-tix^u^s. 

; L P/9Ç)i)sÇ:9  Cl  ^ ÿ W Wji’iJT F rjÇT^jP'F  UIP>  h 

1 0/3Q_a<Lcc'(Lç,cee.(b^s-^icR>p^ 

va.  a R JL  a ft  L <i^cl!iv.  <l  a,  j aY  a ak  ^ # 

SU'-L  9,<i:C>  ® 'R.'g.O-'vjq.CtcL  N X X V Y KX  K.iv.î.'' JîY, 

'Agc^çivci  V]4ïC(  q q.  p q qeXm  y ^ zH  q H X«îA3i  Îî  ?^‘Y! 

i^iv  i^iLp  f>.ii.ART\R.iL>A  K ^ 9 Y-  X.  >^'»y  y j: 

fv  nnrLiv  jl  » RXji'^kX^F-rHTL  r/pîr  « HuY  V v^î  rYyyy'Y'Y'  tpt 
/?  R Ra//LaA^V/ttLTLn,^3A.JL‘TL| 

J\.i\  )LlL./i'*K-^«aXRyTH'>l\ï>S  RU 
|fK R,R;‘2.fil?RRft  iLv.RRF/iLHfL'\3(\R‘ 
pKRPv/R,y,.pLiVR  aiLlL^/Ma*RL(^r.,X'3>»5'Zs\î>»:î: 

R.  IR,  R a-* a R iv[L  an  iL<a  2.  è.  a b.vu.e 


ky  jr^v  vp/x 


^ ^ ZUn.Z,  Z. 


vy  *'  .*/  Ai  - Pnj'  tis; 


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DE  DIPLOMATIQUE.  313  

ni  meme  aux  autres  , dont  l’analogie  avec  celles  , que  ' 

nous  avons  trouvées , eft  fi  manjlefte  ; qu’on  ne  peut  guère  s e c t.  i 1 1. 

douter  , que  l’antiquité  ne  les  ait  reçues  & miles  en  euvre.  CHAr.  V. 

Nous  avons  mieux  aimé  nous  borner  aux  formes , dont  l’u- 

fage  eft  conftaté  par  des  monumens  connus  , que  de  rien 

acorder  à l’imagination  ; quelque  fondement  que  nous  eut- 

fions  de  penfer  , quelles  exiftent , &c  que  fi  l’on  ne  les  a pas 

encore  découvertes , elles  n’en  font  pas  moins  de  nature  à . 

l’être.  Quand  elles  paroitront , il  fera  facile  , comme  on  l’a 

déjà  remarqué  , de  les  rapeler  à quelques-unes  des  fuites  , 

dans  lefquelles  nous  avons  partagé  les  lettres  de  notre  al- 

pliabet  lapidaire  8c  métallique. 

Nos  vingt-trois  élémens  ont  chacun  8c  leurs  divifions  8c 
leurs  fiibdivifions  , que  nous  apelcrons  fériés  8c  fou-féries  , 
ou  grandes  8c  petites  fériés  ou  fuites , ou  même  divilions  8c 
fubdivifions.  Les  premières  font  marquées  (i  j par  le  chifre  . 
romain , 8c  les  fécondés  par  l’arabe. 

Régulicrement  toute  première  grande  férié  de  chaque 
élément  commence  par  les  plus  anciennes  figures.  Les  plus 
récentes , quoique  pour  l’orduiaire  placées  aux  derniers  rangs , 
n’y  font  pourtant  pas  toujours  renvoyées.  Il  fufit  qu’elles  le 
foicnc  vers  la  fin  des  grandes  ou  petites  fériés  : ce  qui  if  eft 
* pas  même  toujours  oblervé  (1)  fcrupuleulêment.  C’eft  l’ana- 
logie des  caraélères  ancieos  avec  les  (3)  modernes  , qui  en 
décide. 


(i)  Nom  raprimons  fun  8c  Tautre 
avant  la  lettre  initiale  de  chatjne  iié- 
nient  de  l’alphabet  , afin  que  rien  ne 
l’empêche  de  paroitte  à la  tête  de  toute 
{k  fuite.  Mais  il  fera  d’autant  moins  di- 
ficile  de  foofentendee  ces  deua  chifres  , 
^e  celui  de  la  fécondé  grande  ou  pe- 
nte IZtic  anonce  la  fin  de  la  première , 
donc  le  commencement  ne  faaroit  être 
douteux.  Il  en  eft  de  même  du  chifte  i . 
des  fou-lZries  , tclaciTemcnt  i chaque 
grande  férié. 

(i)  Ce  dérangement  eft  quelquefois 
arivé  : parceqne  le  deffinatenr  a tranf- 
pofé  certains  caraâéres  , même  dans  (bn 
dernier  travail , 8c  qu’il  autoic  (âlu  pouf- 
fer la  correélion  jnfqu'aux  minuties  , 
8c  £ùtc  des  réformes  coufidécablea  8c 

Tome  If. 


très-dilKndieufes  , pont  réparer  ces  pe- 
tin  defordtes  , qui  ne  le  feront  d’ail- 
leurs , que  pour  tres-peu  de  favans. 

())  Par  exemple  , les  a minufcules 
modernes  coofticuenc  en  entier  la  croi- 
fiéme  férié  de  l'A  : pareeque  les  majnf- 
cules  fe  font  déjà  transformés  en  mi- 
nufcules  dans  la  deuxième.  Tantôt  la 
minufcnle  remplit  la  dernière  fÜrie  d’un 
élément  : comme  il  fe  voit  aitx  B , D , O,' 
H ,N  , R ,T.  Tantôt  ce  rang  eft  deftiné 
au  gothique  majufcnle  : lorfque  fes  fi- 
gures font  affez  nombreufes , pour  for- 
mer des  divifions  d’une  étendue  confidé- 
rable.  Ainfi  les  dernières  fériés  des  C,E,F,‘ 
I,L,M,S  , font  gothiques.  D’autres  , fans 
l’être  totalement  fe  terminent  par  ces  for- 
tes de  caraèlèrcs,comme  les  K,  O , P.  8cc. 

Rr 


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T "J 


II.  PARTIE. 

SECt.  III. 

• C H A P.  V. 

Eipolition  détail- 
I^c  de  la  première 
coîone  de  notre 
XX'.  planche,  en 
Ton  raporce  I âge , 
la  dur^e  & les 
traits  cataâ^tifli 
qoes  des  grandes 
Bc  petites  fériés 
des  A,  B,  C,D,E. 


J14  NOUVEAU  TRAITE 

IV..  La  P.  grande  férié  de  PA  eft  prefque  toute  com« 
pofée  des(i)  caradères  de  la  plus  haute  antiquité.  Plus  ils 
retiennent  de  la  figure  de  l’F  inclinée  Sc  tournée  vers  la  gauche, 
plus  cette  antiquité  eft  indubitable.  La  IP.  férié  de  PA  poixe 
fa  traverfe  inclinée  de  gauche  à droite  dans  (i)la  i®.  fou-férie, 
ou  de  droite  à gauche  dans  la  fécondé.  La.  troifièrae  fentant 
Ponciale  , donne  naiflance  à la  IIP,  divifion  (3)  des  minuf. 
cules  apartenant  au  gothique  moderne  des  derniers  tems. 
La  IV*.  a pour  {4)  caraûériftâque  générale  la- traverfe  hori» 
zontale  j unifiant  les  deux  c6tés.  firifée  par  le  milieu  , en 


(x)  Les  plus  i^ccDS  de  la  première  feU' 
ferie  font  au  moins  du  vi‘.  ficclc.  Toa- 
tcs'les  craverfes  de  Tes  A pancnc  du  coté 
droit , fans  coucher  le  gauche.  Pour  peu 
<ju*oo  médite  fur  cette  pettre  férié  , oo 
s'apercevra  facilement  de  combien  dv 
figures  divcifeS)  elle  pouroïc  être  am> 
pfifiée.  Pour  $*cn  convaincre  » il  fufic  de 
combiner  leurs  variétés  y 9c  de  fuputer 
ce  qu’elles  produtroient  , en  apliquant 
un  trait  ou  deux  de  quelquesfîgurcs  aux 
autres.  Par  exemple  , la  traverfe  de  la 
cinquième  figure , feroit  feule  éclore  plus 
de  vingt  caraélercs  diférens,  tous  apar> 
Knanr  à cette  ibu  férie.  Il  en  iroii  de 
xneme  des  divers  traies  de  chacune  de 
Tes  figures.  Toutes  les  grandes  & 
petites  fériés  de  TA  9c  des  autres 
élémens  ne  fcroienc  pas  moins  fécon- 
des. 11  c(l  très-probable  , que  ces  for- 
mes 9c  une  infinité  d'autres  pareilles 
cxiflenc  j ou  du  moins  ont 
La  fou  (cric  fuivante  fç  çtiftiiigae  par 
du  rraTCrfcs  contraire(,&  (ottont  par  cel- 
le du  milieu, naidknt  dii.I^btgc  gAuchc, 

fans  toucher  fouvent 

la  forme  de  , mais  picf- 

4UC  tou[miM^t|phie  ou  moins  panchcc 
vers  hi  itçiie.  Ses  hgurcs  les  plus  rc- 
cencet  oc  dcfocodcnt  pas  .au-dclTous  du 
ja'..  lîdele , te  prcfcjuc  routes  font  an- 
çéiaentes  au  iv'.  II  c(l  de  relTence  de 
& tfoifîème  fou-feric,  i))ic  fa  traverfe, 
des  Jeux  côtés , fort  placée  au 
Milku  des  deux  ;ambagu  de  TA  ; foie 
dàVIe  ait  la  forme  d'I , de  poiiu  caié  , 
4e  chevron  hrifé  ou  de  virgule. 

i ^ Pref<îue  font  exception  cenc 


traverfe  tonche  les  deux  côtés.  Les  plut 
anciennes  lettres  de  la  première  petite 
fuite  font  antérieures  à Terc  chrétienne  , 
& fes  plu.  modernes  apartieaneBt  aux 
viir.&  II',  lîceles.  Lalecocde  remontç 
bien  au-delà  de  J.  C.  & ne  defeend  pat 
de  plus  de  deux  ou  crois  Cèdes  au-dc(L 
fous  , fl  ce  n'ed  dans  les  lîx  ou  fepe  der- 
niers caraéàèrcs.  La  croilième  fe  citnve 
bientôt  transformée  en  a minufcule.  Elle 
aptoche  , dans  fu  plus  ancienne»  Egu- 
ru , des  premiers  (iccles  du  Cbri(liani(à 
me  , & dans  fu  plus  récentes , de  diiui 
de  Charlemagne. 

())ta  1'.  fou-férie  aptoche  de  la  fi- 
ure  du  B.  La  x'.  c(l  à craiu  délacbés  oui 
ien  en  pointes. 

(4)  Sa  i'.  fou-férie  commence  pat  de» 
fîgutcs  antérieures  à I.  C..  fuiviu  dç- 
celles  de  (tin  rems  , te  terminées  par  d’au- 
tres moins  élégantes  , mais  également 
anciennes.  Toutes  ont  lu  deux  côté» 
dioits , aboucilTans  en  angle  aigu  , forme  • 
la  plus  commune  de  nos  A d'aptéfent. 
La  i'.  a du  moins  l'un  de  fes  côtes  cour- 
bes : ou  bien  l'anglc  fiipéricut  eft  formé 
par  deux  courbes  ou  Ügnes  mixru.  Scs- 
. icirtcs  ne  peuvent  erre  r^ardées  comme 
récentes  , que  quand  (bn  angle  vertical 
eft  aigu , & (es  côtés  concaves  en  de- 
hors. Les  plus  anciens  earaéletes  de  la 
j'.  (bn-(?iic  s’élèvent  à peine  au-dcITus 
du  X r*.  ficclc , & les  plus  récens  re(Tor- 
ti/Tcnc  au  pur  gothique.  Leur  partie  fu- 
pécicutc  eft  toujours  terminée  en  voûte 
plus  ou  moins  régulière.  La  4'.  dont  on 
peut  rapelcr  l'origine  au  fécond  (iccle  „ 
eft  (pécifiéc  pat  des  ccics.  aplatcies , ftiie. 

I-  <a  \ 


DE  DIPLOMATIQUE,  3iy- 
forme  <1’V  aigu , ou  bien  arondie  en  U , elle  produit  la  V',  -•  ■ ■ » ^ 

De  la  traverfe  &c  du  haut  de  l’ A il  en  rcfulte  pour  l’ordi*  * * ^ ^ 

naire  une  lofinge.  La  note  donirera  (i)  Tes  fubdivilions.  cha?.  v. 
Les  A de  la  VI'.  grande  (z)  férié  font  dépourvus  de  traverfes. 


Lortzontales , foie  on  pea  obliques.  Les 
A de  U prefque  égalcmcot  aotiqOes 
& plats  , portcuc  ouc  céee  , à peu  pics 
triangulaire.  La  traverfe  médiane  de 
ceux  de  la  6^,  lui  ferc  de  bafe  ; & fes 
caraâcres , prennent  la  forme  de  tarés  > 
4c  rcé^angles  » de  trapèzes  8e  d’autres  fi- 
gures quadrilatères  , dont  même  qucl- 
4^ues  cotés  fc  couibent.  Leur  age  n'cfl 
pas  fort  réeulé.  Rien  n'empèchc  cTaban- 
doner  au  gothique  la  plupart  de  ces 
lettres , ainîî  que  les  fou-fertes  , qui  fui- 
venc  immédiatement.  La  tête  des  A de 
la  7^.  cfl  aplattie  ou  terminée  par  une 
barc.  Mais  leur  traverfe  les  coupc  exae- 
tement  par  la  moitié.  Le  haut  des  A de 
la  8^.  eil  ouvert;  enforte  que  fes  figu* 
rcs  ont  plus  la  forme  d‘H  , que  d*A.  Les 
‘dernières , dont  les  côtés  font  moins 
écartés  en  dclfus  ont  la  prérogative  de 
i*age.  La  fc  termine  par  un  angle 
vertical  , furmonté  d'une  ligne  hori- 
zontale. Scs  premières  figures  apartien- 
nent  au  iii%  fiècîe  , 8c  fes  dernières 
au  bas  gothique.  La  lo*.  à côtés  rapro- 
chés  par  le  haut , porte  une  cfpécc  a ar* 
thitravé  ) débordant  des  deux  côtés  , & 
uelquefbis  incliné  vers  la  gauche  ou  la 
loitc.  Quelquefois  aufli  fc  courbe-c-il 
en  forme  de  cioi/faut.  La  ii*.  préfeme 
une  traverfe  fupérieure  , prolongée  vers 
la  gauche  : bien  entendu  que  la  tête  de 
TA  demeure  plate  ou  un  peu  courbée. 
La  it*.  ne  devroit  prefque  être  diféren 
tiée  , que  par  ropofîtion  de  la  hiéme 
traverfe  tournée  vers  la  droite.  Mais  il 
fc  trouve  ici  une  cranfpofîcion  , faite  par 
ledcffioaceur  . du  premier  caraélcrc  , qui 
devolt  figurer  à U fin  de  la  6^,  fou* 
férié.  Les  aiitres%ne  des  tètes  plutôt 
rondes  que  plates  j Ôc  des  cornes  plucôr 
que  des  traveiïei  ftipéricurcs.  Du  relie 
clics  ont  pour  la  plupart  le  caraélc'c  ef'- 
renttel  d'ècre  dirigées  Vers  la  droite.  S> 
la  I}*.  fou-férie  rcAcinlde  lk  ta  U*,  par 
la  barc  ou  traverfe  fapérieiire.  f menée 
fculemeac  tco  la  gauche  s cUc  cq 


difcrc,parccquc  la  voûte  de  TA  efl  plutôt 
en  angle  , que  plate  ou  ronde.  Il  ne 
lallTc  pourtant  pas  , dans  quelques  fi- 
gures , de  fc  courber  feulement  un  peu 
du  côté  gauche.  Scs  premiers  caraélcics 
font  anciens  , 8c  les  autres  récens.  La 
14^.  ed  à traits  excédans  : ccd  à-dire 
ue  le  côté  { Sc  c*ed  prefque  toujours  le 
roic  ) cd  prolongé  au-deflus  de  l’angle 
fupétieur , (bit  qu*il  fc  courbe  un  peu , 
ou  qu’il  s'abaifTc  en  fc  brifanc.  La  plu- 
part de  fes  figures  paifent  le  vi*.  ficcic. 

(i)  La  Z*,  exide  , depuis  environ  deux 
mille  ans  , chez  les  Grecs  8c  chez  les 
Latins.  Elle  a fa  tcce  en  angle  , ou  peu 
s'en  faut  : la  l’a  place  , 8c  convient 
furcoQC  au  moyen  âge.  La  durée  de  U 
J*,  furmoocéc  d'une  barc  . s'étend  cà- 
\iron  depuis  J.  C.  jufquau  fècic.  Ls 
4^.  a Ton  angle  fupétieur  ou  fa  tere  pro- 
longée par  un  ou  ptufieurs  traits  excédaos, 
produits  par  Tun  ou  Tauccc  côié»ou  par  les 
deux  à la  fois.  Elle  cd  prefque  toute 
entière  antérieure  au  vu*,  fiècfc.  La 
fc  fait  remarquer  à fa  traverfe  mi- 
toyenne arondie.  Elle  cd  fjfcepcible  de 
quelques  fubdiviltons  , que  nous  n'ex- 
poferons  pas  ; mais  qu’on  apercevra  fans 
peine,  aiufi  qu'en  pluftcurs  autres  >fans 
qu’il  foit  nécefTaire  d’en  avertir.  Des 
traverfes  mitoyennes , portées  au  - delà 
des  deux  côtes  , anoncent  au  moins  le 
■|ii*.  fîèvlc.  Celles,  qui  s'avancent  plus 
d’un  côté  , que  de  r.iutre  , ou  qui  dé- 
clinent obliquement  apanienaeot  au  md« 
dcnic.  ‘ , 

(1)  Sa  I*.  fou  féric  à côtés  droits, 
abouriffans  en  angle  aigu  , cd  compo- 
fée  d'A  trcs-ançicns.  Ceux  de  la  1*.  ne 
le  font  pas  moins.  Ils  ne  diferent  de  la 
précédente  , que  par  les  côtés , donc  l’un 
au  moins  cd  courbe.  Ccd  de  cette  fou- 
féric  , que  font  nés  les  m curfifs.  La  tète 
des  A de  la  fc  voie  arondie  du  côté 
droit  ou  du  côté  gauche.  Souvent  meme 
ils  prennent  la  forme  d'R  contournée , 
en  coofervant  leur  poftûon  naturelle. 

Rr  ij 


♦ 


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il.  PARTIE, 
S ter.  III. 
Ch  AP.  V. 


NOUVEAU  TRAITÉ' 

Nous  ne  partageons  les  B , qu’en  deux  grandes  (i)  fé- 
riés , de  lertres  raajufcules  &c  minufcules.  La  II*.  peut  re- 
culer fes  deux  premières  (z)  fou-féries  au-delà  du  ix'.  ficelé. 


Ils  peuvent  également  convenir  au  xv*. 
j&  au  XIV*.  ficelés,  fclon'que  leur  figure 
cfl  plus  ou  moins  élégance.  Les  A oc  la. 
4*.  fou  férié  font  vouccs  en  arcade  : 
ceux  de  la  f'.  aplatis  par  le  haut  : ceux 
de  la  6*.  furmontés  d’une  craverfe.  Il 
t*eo  rencontre  beaucoup  au  moyen  âge, 
ainfi  que  des  A ap.'menanc  aux  foU' 
fériés  fuivantes.  La  7".  a la  céce  trian- 
gulaire. La  8*.  ell  furmontée  de  plu- 
iîeurs  boHes , pointes  ou  cornes.  La  9*. 
le  travertir  en  x : & quoiqu’elle  séléve 
jufqu*à  la  plus  grande  antiquité  , clic 
peur  néanmoins  àefeendre  au  vi*.  fiècic.  , 
La  10*.  donne  à fes  A la  figure  4'x  ren-  | 
verfé  ou  de  lambda , oui  prend  routes  j 
fortes  de  formes.  La  plopart  de  ces  A 
remontent  an  tems  de  la  république  ou 
du  moins  de  l’empire  romain  : quoique 
d'ailleurs  cette  fa^on  d’A  (^s  cravcifc 
foie  parvenue  jufqu’ao  gothique. 

On  s'aperçoit  » qu*cn  décrivant  auflî 
fuccinclemenc  nos  autres  fériés  ou  foU' 
fériés , nous  ne  laiffcrions  pas  de  nous 
étendre  encore  trop.  Nous  aloos  donc 
fuprimer  une  grande  partie  de  ce  ^uc 
nous  avions  écrit  dans  le  même  goût , 
nous  contcncanc  de  fixer  tes  caractères 
diftinéUfs  de  nos  divifions  8c  fubdivU 
fions  par  (es  cxprefTIons  les  plus  abré- 
gées. Quand  les  defcripcions  renferme* 
ront  plufieurs  forces  de  figures , qui  de- 
jnanderoient  à être  cara^rifées  (éparé- 
menc  $ noos  nous  en  tiendrons  fouvent 
à une  feule  elpccc  : perfiiadés  que  la 
fagacité  des  pcrfuncs  , en  faveur  de 

Îmi  Ton  fait  ces  remarques , faura  bien 
upiccr  à de  pareilles  omiilîons.  D’ail- 
leurs nous  ne  préfumons  pas , que  beau- 
coup de  leéleurs  sengagent  dans  ces 
détails  feiennfiques , qui  Tupofcnc  de  la 
patience  , de  la  curiofité , & meme  no 
atrait  finguficr  ^ pour  tout  ce  qui  peut 
former  on  antiquaire.  Nous  ne  devons 
pas  cramdre  de  mécontenter  par  trop 
de  laconifmc  les  génies  , qui  réunifîcne 
<cs  qualités.  11  leur  cil  donné  'd'cnccn- 


dre  les  chofes  à demi  mot.  Nos  explica- 
tioos  des  caraéleres , apliquécs  à chaquo 
éldmeoe  de  la  planche  XX  , qu'on  doit 
avoir  fous  les  yeux  , fcvoiu  très-inicl- 
ligiblcs  : quoiqu'elles  duiTcnc  paroitre 
fort  obfcurcs  , fi  Ton  les  lifoit  , fans 
prendre  cctcc  précaution.  Quant  à la 
durée  des  fériés  8c  fou-féries , lorfqu’oa 
la  palTcra  fous  filence  ; c e(V  communé- 
ment parcequ’cllc  ne  fauroit  être  limitée* 
Inutilement  répeteroit  - on  fans  celfe  » 
quune  forte  de  caraélcrc  fe  foutienc  de- 
puis les  prcmieis  teros  jufquau  nôtre. 
Il  nous  relie  trop  de  chofes  a dire , pour 
i ne  pas  devenir  un  peu  avares  de  paroles. 
Ced  ce  qui  nous  empêchera  de  noua 
livrer  à de  femblablcs  détails  fur  les  plan- 
ches fuivantes.  Il  ne  fera  pas  dificile  de 
faifir  lacaraêlcriflique,  propre  à chacune 
de  leurs  fériés  8c  fou  fériés  ; quand  on 
fera  bien  .lu  fait  des  fignes , oui  diAiiv 
guent  les  divifions  8c  nibdivinons  de  la 
préfente  planche.  S’ils  ne  font  pas  en 
éfetles  mêmes,  toujours ont-iU  dtéfaica 
dans  le  meme  goûr.^ 

(x)  La  I*.  fc  divife  cnneuf  foo-fé- 
rics,  X *.dc  F ordinaircf,  ou  bien  à paofca 
dcfuDies:  ce  qui  font  les  bas  cems , t*.  de 
B aigus  au  moins  par  un  bout , 5*.  pref- 
que  triangulaires  par  le  haut  ; les  uns  8c 
les  autres  de  la  plus  haute  antiquité  : 
4*.  de  B en  forme  de  D,  coupés  horiion- 
talcmcnt , depuis  le  vi  i x*.  jufqu’au  xi*. 
ficclc  : 5*.  de  B ouverts  par  le  haut , au 
IV*.  8*.  à trait  prolongé  en  deffus  ; 
7*.  ouverts  du  mcûns  par  le  bas , à ha/le 
quelquefois  racourcie  , antérieurs  au  x*. 
lièclc  , aiufi  que  ceux  de  la  fiiivanrc  : 
8*.  à haAc  cxcédanre  par  un  ou  deux 
de  fes  bouts , 9*.  au-defiusdu  iv*.  ficelé, 
à panfc  fupéricurc  a|^dic  : d’où  les  i 
minufcules  tirent  leur  origine. 

(i)  Les  8 de  U I*.  fè  terminent  par  fc 
haut  en  courbe  , 8c  ceux  de  la  i\  par 
une  droirequerconque.  La  3*.  gorhique 
dans  prcfque  tous  fc$  caraélcres  , dc- 
géncic  fouvent  en  figure  d*v.  La  4*. 
beaucoup  plus  ancicuoe  fc  travcAic  en  d. 


1 


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DE  diplomatique:  J17 

fois  toutefois  l’exclure , du  moins  en  ce  qui  regarde  la  fé- 
condé. Tous  ou  prefque  tous  fes  b n’ont  au  plus  qu’une 
panfe. 

La  I'.  grande  férié  de  la  lettre  fui  vante  eft  formée  de  C 
anguleux  , tantôt  femblables  au  r grec  , tantôt  à l’L  latine, 
tantôt  à un  angle  ouvert  du  côté  droit.  C’eft  ce  qui  carac- 
térife  fes  trois  premières  fou-féries  , donc  les  figures  font 
fort  anciennes  , excepté  les  trois  dernières  de  la  de 

la  3*.  Six  petites  divifions  (i)  partagent  la  II*.  grande  lë- 
rie , compofée  de  C plus  ou  moins  carés.  Diverlement  (t) 
arondis  , ils  conftituent  la  1 1 1*.  Ses  quatre  premières  fou- 
féries  , s’ajuftent  mieux  avec  les  premiers  ficelés  , qu’avec 
le  moyen  âge , mieux  avec  celui-ci , qu’avec  les  bas  tems. 
La  IV*.  féne,  uniquement  confacréc  au  (3)  gothique,  ne 
s’élève  pas  , au-delTus  du  xii*.  ficelé,  Sc  delcend  prefque 
jufqu’au  nôtre. 

Les  angles  du  D (4)  difiinguenc  communément  fit  I*.  fé- 
rié. Ses  lettres  ont  régulièrement  au  moins  deux  côtés  droits, 
^es  deux  premières  fubdivifions  remontent  à l’antiquité  U 
plus  reculée.  La  3*.  dure  jufqu’au  xi*.  fiècle.  Les  autres  ne 
defeendent  guère  en  deçà  du  ix*.  La  11*.  grande  fërie  nous 
ofre  des  (yj  D aigus  , pour  la  plupart , d’une  haute  antiquité. 
Les  D en  forme  de  B nous  viennent  d’Efpagne  , & s’élè- 
vent au  VI I*.  fiècle.  La  II 1*.  férié  contient  des  D majufcules 


II.  PARTII-. 
s E c 111. 
Ch  A P.  V. 


(i)  Leurs  figures  apattiennent  prefque 
toutes  au  moyen  âge.  Les  autres  remon. 
tenc  S la  haute  auiiquicé  : telles  font 
plulîcurs  de  la  fécondé.  Quelques-unes 
oc  conviennent  qu'aux  bas  rems , cum- 
me  la  dernière  de  la  i’.  Quant  aux  ca- 
laiSères  diflin^tifs  : i'.  fou-ferie,  C ren- 
dant à le  carer  , i°.  cat^s,)°.  à mon- 
tant Ibuvent  prolonges , 4'.  en  F , j'.  à 
Inglrs  renirans  ou  faillans , vers  le  mi- 
lieu du  dos  , 6',  prefque  en  polygones 
iirfgulicis. 

fx)  t.  ofdioaircs  , x.  contournas  ou 
renverfifs  , plus  hauts  que  larges  , 
4.  en  G,  5.  en  pointes  , Cgnc  de  grande 
antiquité  , fupofd  qu'elles  foieoc  conf- 
tantes  , 6.  inclinés  vers  la  gauche  , 
7.  terminés  par  des  traits  exeédans , in- 
£ccs  des  quatre  prcmicis  ficelés. 


f))  I*.  C coupé  de  haut  en  bas,  x*.  ea 
forme  d'a  cuiéif , avec  faillies , oti 
angles  rentrans  & faillans  , 4°.  fermé 
pat  une  ligne. 

(4)  I,  côté  le  plus  long  vers  la  droite, 
X.  vers  la  gauche  , ).  en  & , 4.  trapé- 
zoïde,  f.  caré  ou  polygone  irrégulier  , 
6.  triangles , donc  quelques  côtes  pea- 
veot  déborder  , 7.  lecminés  pat  uns 
couibe. 

(f)  I*.  peu  aigus  , x*.  relTemblans 
aux  B , ou  feulement  aigus  par  le 
haut , 8c  par  le  bas  , fouvent  avec 
extenfion  d'un  bout  de  la  panfe , 4*.  ea 
pointe  par  le  bas , 8t  un  peu  recourbés 
par  le  haut  de  la  balle  vers  la  gauche, 
en  pointe  inferieure  , avec  prolon- 
gation dn  bouc  de  la  panfe  , pour  l'ordir 
naite  un  pen  courbé  dans  fan  excédent. 


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II.  PARTIE, 

S Z CT.  III. 

CHXt.  V. 


{*)  V.  le  SU»e 
neneies  eCEJ^.  ^ 
“le  De^tberl. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
ordinaires.  Quand  leurs  lignes  fupérieures  &c  inférieures  * 
qui  doivent  commencer  le  demi  cercle  , font  plutôt  droites 
que  rondes  ; c’eft  un  indice  du  ficcle  d’Augufte  ou  des  tems 
voifins.  A ces  traits  la  première  fou-férie  le  fait  reconoitre. 
Les  (0  lliivantes  defcendent  à peine  au  moyen  âge.  Les  D 
de  la  IV*.  férié  s’ouvrent  en  delTous  ; & tels  font  ceux  de 
la  I*.  fou-férie  : ou  en  delTus  ; fie  tels  font  ceux  de  la  z*  : 
ou  bi«n  leur  hafte  eft  prolongée  vers  le  haut  ; comme  on 
voit  dans  la  3®.  Ces  D ont  la  figure  de  6 minufcules.  Ra- 
rement s’abailTent-ils  au-deflbus  du  ix*.  fiècle.  Les  D en 
forme  de  p , q,  o fiée,  donnent  (1)  la  V*.  férié.  La  VI*.  en 
entier  (3)  doit  être  réléguée  au  bas  tems.  La  VII®.  préfente 
des  D majufcules  , à queue  (4)  notablement  prolongée  en 
delTus.  De  la  VIII®.  font  dérivés  , ou  plutôt  c’eft  en  elle 

3 UC  font  renfermés  les  D (j)  onciaux  ou  ronds  , les  curfifs 
CS  derniers  tems.  La  IX®.  comprend  le  J (6)  petit  romain, 
• L’antiquité  latine  n’a  rien  de  plus  ancien  , que  les  E de 
la  I®.  grande  (y)  férié.  Il  en  faut  néanmoins  excepter 
|>lufieurs  de  la  y®,  fou-férie , fort  en  ufage  chez  les  Efpagnols> 


( 1)  D pectés  y à hafte  terminée  en 
CToiiraot  &c.  contournés , renverfés , 
4'*.  prolongés  par  les  exteaiîons  mon- 
tant ou  de  la  panfe. 

(1)  Ses  dc9r  praniétes  ft>o-(értes  (#ne 
marcjuées  au  coin  de  la  plus  hauce  anci- 
qouc.  L*uoe  a fa  hafte  à peu  prés  droite, 
& l'autre  courbe.  Elles  engendrent , au 
moyen  âge,  la  petite  fuite,  donc 
les  moncans  eicédent  haut  & bas.  Ceft 
le  rh  angto-faxon  , fouvent  (4)  employé 
fous  les  rois  Mérovingiens  8c  Wilîgots  , 
durant  les  vi.  & vix%  Héclcs.  4'.  en 
4:  5'.  en  O avec  un  point  central  : 
6^,  prefque  en  coeur  , des  bas  tems  : 
7*.  du  moyen  âge  , à panfe  détachée  de 
la  hafte. 

(j)  I®.  D.  femblablcs  à deux  C tour- 
nés à contrefens  ,1*.  courbés  en  deftus, 
au  moins  par  le  bout  fupéricur  de  la 
panfe,  3®.  gradués  ou  coupés  par  une 
rraverfe  horizontale. 

(4)  t*.  déucbéc  du  montant , 8c  fou- 
venr  abailTée  , i*.  courbée  en  deftus  , 
3®,VéUTaoc  obIi<]ucmcm.licftpeu  de  ces 


D,  qui  oc  foienc  antérieurs  au  i*«  ftécle» 
(5),  t^.  s'élévanc  par  une  queue  , plut 
droite  quecourbe  , ne  s*abaiflcnc  pas  au* 
dcftbus  du  V11H*.  fiécle  : 1%  en  î 
tournés  à rebours  , rcoferroés  cotre  le 
V.  8c  le  XI*.  J®,  encore  anciens,  tica- 
ncnc  toujours  du  C contourné  , 4®.  peu 
diférens  de  nos  curfifs  , 5*.  à queue 
courbée  en  ddfus , à panfe  fermée, 
relativement  à ceux  de  la  i*.  8c  3^. 
fou  - fériés  , 7®.  modernes  , à panle 
circulaire  , furmontés  de  leur  queue. 
8®.  gothiques,  anguleux  ou  polygones. 

f<)  I*.  en  forme  <Ta  , z®.  fcmbla- 
blcs  à nos  d d'imprimerie.  U s’en  trott* 
vc  dans  des  infccipcions  du  iv*.  liccle. 

(7)  £ inclinés  i*.  vers  la  gauche 
1®.  vers  la  droite  , î*.  à rravcrlcs , fur- 
tout  inférieures  , horizoncales  , 4®.  obli- 
ques, 5®.  courbées  , particulièrement  vers 
le  haut  , t®.  vers  le  bas  , 7®.  fuivaoc 
l’an  8c  Tauire  fens.  La  j*.  fou-férie  c(V 
caraâéiiféc  par  les  prolongations  de  la 
hafte,  foie  en  deftus  , foit  en  deftbos  , 
foi;  eu  Tune  8c  l'autre  masûéte  à la  fois» 

V 


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DE  DIPLOMATIQUE.  319 

.atnc  VII.  & VI II',  ficelés.  Les  (i)  £ de  la  II'.  férié  fonc 
réguliers  , ou  du  moins  tranchent  quelqu’unes  de  leurs  tra- 
vetfes.  Ceux  qui  font  à la  tête  des  deux  premières  fou-féries  chI»!  V.* 
paflent  le  fécond  liècle  : les  fuivans  font  plus  modernes , 
pifcfque  à raifon  de  leur  rang.  La  1 1 1'.  divifion  donne  dans 
les  anomalies  (z)  les  plus  extraordinaires.  11  n’y  a que  les  • - • 

dernières  figures  de  la  i*.  fou-férie  de  fort  récentes  , ainli 
que  les  dernières  de  la  4'.  Les  autres  doivent  être  au  moins 
reculées,  jufqu’au  moyen  âge.  L’6  oncial  &c  \'e  minufcule, 
contenus  (3)  dans  la  IV'.  grande  férié  , peuvent  être  fupo- 
fés  defeendus  de  l’E  en  forme  d’f , plus  ou  moins  courbée. 

La  V'.  n’admet , que  des  E femblables  à deux  c , pofés  l’un 
fur  l’autre.  La  VI'.  eft  toute  (4)  entière  livrée  au  gothique. 

Nous  ajoutons  pour  VII'.  les  e (y)  minufcules  gothiques 
^es  XIV.  & xv',  fiècles. 

V.  Lesrr  C ^ forment  la  I'.  grande  {6}  férié  de  l’F.  H 

La  11'.  réunit  diverfes  {y)  fwmes  & pofitions  de  cet  élément.  divüûw  « 


(i)  I*.  terminés  par  des  tondeurs  ou 
tranchés  <n  talus , i°.  par  des  fommets 
& des  bafes  , ictégulicts , Tans  être 
tuoins  anciens. 

(1)  I*.  E en  F,  a',  fans  travetfes  in- 
férieures & Supérieures  , & quelquefois 
lenverfés  , j‘.  en  I,  4°.  en  H ouElong 
des  Grecs , f en  C caré. 

()j  i“.  en  f courbée  , 1'  E onciaux 
•U  roixlsdes  anciens  teins , continués 
jufqu'au  X 1 1'.  fiede , avec  des  courbures 
particulières  dans  la  travetfe  £c  autres 

Îiattics.  4°.  t minufcules  & cuifiEs  avant 
e gothique. 

f4)  I.  E en  forme  de  B ordinaires , 
X.  à contre  fens  , ).  £ plus  ou  moins 
jn  O , ouverts  ou  non  , joints  à des  C , 
(f  traverfés  horixontalemcnt  : 4.  en  a 
eufifs  coupés  pat  une  craverfe.  Flu- 
Ceuts  de  ces  caraélères  aparticnnenr  au 
xi'.  hrcle  : nouvelle  preuve  contre  le  P. 
Hardouio  de  l'antiquité  de  cet  t • 
J.  fermés  par  une  ligne  droite  , eu  un 
pen  concave  en  dehors , en  D , tran- 
«Iiés  par  le  milieu  , 7.  femblables  à des 
D concountés  ou  à des  « curCfs  avec 
vavetfe  menée  de  droite  à gauche, & ter- 
Xiinéc  dans  la  panfe.  Ces  deux  fou- 
Csics  [oat  piopics  à l'Efpagne  : 8 . coupés 
r 


par  une  pctMndiculaire  , unie  du  moine 
a la  iraverfe  ou  en  ovale , p.  oblique- 
menc  traverfés,  10.  terminés  par  une  U* 
gne  doublement  courbe  8rc. 

(1)  Mais,  loin  de  les  avoir  épuilÜs , ce 
o'en  eft  qu'un  léger  échantillon.  AinC 
en  ulbns-nous  communément , à fégard' 
du  petit  gothique.  Ixs  planches  des  miT. 
y luplétont. 

(q  Sa  1'.  lôu-fétia  remonte  au>def- 
fus  de  l'èrc  chrétienne  , & fe  di/lingne 
par  un  trait  droit , ordinairemcot  dcia.. 
ché  de  la  halle.  1*.  même  trait  defeen. 
dant  fans  defunion.  j’.  meme  , fimple- 
ment  ou  doublement  courbe.  En  fupo» 
fant  celle-ci  fubdivifée  en  deux , b 1*. 
partie  fccoit  renvoyée  au  moyen  âge  , 
ou  meme  aux  bas  teins  ,4*.  F en  T, 
f*.  en  C catés  , 4’.  F tenveefées  , con* 
tournées  , depuis  la  haute  antiquité  , ju(l 
qu'au  moyen  âge.  On  entend  ici  par  la  't 
haute  antiquiré  , celle  qui  ptécede  l'é- 
tablilTcmeot  de  la  domination  franjoife  ; 
par  moyen  âge , les  liècics  fuivans  , juf. 
qu'au  xi*i  paft^s  nms,  la  durée  iab. 
ufquentc,  antérieure  à la  réoaillânce  deC 
lettres. 

(7)  Intimée  l'.versla  droite , s*,  veif 
. la  gauche  , 3°.  à halle  prolongée  pat  le. 


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II.  PARTIE. 
Sf  CT.  III. 
CHAr.  V. 

fou-  divifîoos  des 
F.G.H,  J,K, 
L.M. 


310  NOUVEAU  TRAITÉ 

Dans  la  II I®.  grande  (ôke  âuit  con^rifes  lès  figures  (i)  les 
plus  communes.  La  IV®.  eft  compofëe  d’F  un  peu  (z)  ir- 
régulières , mais  ^refque  toutes  à lignes  droites.  Quelques- 
unes  deicoadent  a peine  aux  derniers  tems  du  moyen  âge. 
On  peut  en  dire  à peu  près  autant  des  trois  grandes  féllbs 
fuivantes.  La  V®.  ne  renferme  pas  des  F moins  irrégulières  , 
d’ailleurs  toujours  courbées  par  leur  queue  ou  par  l’une  de 
leurs  (3)  traverfes.  Celles  de  la  Vl^.  relTemblent  à certains 
£ majufcules  ou  (4)  curfifs.  Si  leur  antiquité  paroit  incon- 
teftable  , futtout  dans  les  trois  premières  fou  - fériés  ; elle 
l’eft  encore  plus  conftamment  dans  la  VII®.  divifion , con- 
tenant des  F prefque  en  forme  (j)  de  K.  La  VIII®.  eft  ré- 
fervée  aux  (6)  t gothiques. 

Six  fériés  partagent  entr’elles  les  G.  La  I®.  repréfente 
ceux  à queue  (7)  droite  ou  courbe.  La  II®.  eft  compofée 
de  ('S)  G , ^our  ainfi  dire  doubles.  La  III®.  &c  la  plus 
reftemblante  a nos  G capiaux  , fe  diftribue  (9)  en  huic 


i>aDC  , 4°.  à ttaverfe  ftipdiicare  eo  T , 
dlpoumic  de  ceccc  navetfe.  Les  trais 
f remietes  apaniennent  à la  haute  anti- 
(juitd  , les  deux  autres  an  moyen  âge. 

( i)  1°.  terminées  par  des  rondeurs  ou  - 
en  talus  tic.  i°.  pat  des  bafes  te  fom- 
inets  , <|uel<^nefbis  avancés  vers  le  c6ié 
ftaoebe.  Trou  ptemiétes  figntes  anté- 
tieutes  à 1a  naillânee  du  Sauveur. 

(a)  r*.  une  ttaverfe  abailTée,  i°.  tou- 
tes hotixontalei  r»o  tranchées  , en 
patrie  obliquec  , 4’.  à trois  traverfes , 
avec  une  extenfion  inférieure  de  la  haAe. 

())  t*.  fupériture  , confiAant  dans  la 
eonrinoacion  de  la  haAe  , 1*.  débordant 
vers  la  gauche  , j*’.  courbée  en  s’élè- 
vent , 4*.  en  S couchée , $°.f  courbées, 
feulement  dans  1a  (]oeue  en  dehors, 
4°.  en  dedans  , 7°.  traverfe  détachée 
<ce..S*.  F à bafe  en  grifê  étendue  , du 
moyen  we  : p°.  f minuAules  & curfives, 
10°.  ptciqu'en  6 tonds. 

f4)  i“.  ipluficurs  traverfes  en  $ cou- 
chées, X*.  fupérieorc  droite  brifée. 
traverfes  , prefijue  totriQUts  s’élèvent  , 
4*.  defeendent  , (°.  fe  courbent  inté- 
rieurement , au  moins  en  partie. 

(y)  1*.  aogU  ooven  du  côté  droit , 


1°.  traverfes  courbées , t*.  bafe  oblique- 
ment élevée  , 4°.  abailTée  en  forme  de 
ttoificme  traverfe  tic. 

(t)  1°.  prcfqu’en  R,  1°.  en  P , )*.  en 
H.  La  quatrième  eA  caraâériféc  par  foa 
irrégularité  8c  la  multitude  de  Tes  an- 
gles 8c  de  fes  éprons. 

(7)  t".  en  S , ligne  du  tv*.  ficelé^ 
t°.  en  virgule  , indice  des  fept  premiers: 
)*.  oblique  alant  de  droite  à gauche  , 
anonce  particulière  des  vt.  & vti*. 
4°.  horizontale  ou  perpendiculaire , du 
même  tems  , j*.  obliquement  dirigée 
de  gauche  à droite',  4°.  en  C.  contour- 
né , rentrant  dans  l’intérieur  d'un  C or- 
dinaire ; ces  deux  encore  plus  anriquet. 
7°.  G en  S , n’eA  prefque  jamais  poAé- 
rieur  au  tx‘,  fiècic. 

(8)  t*.  couchés  fur  le  dos , delà  hau- 
te antiquité  , 1°,  fcmblable  aux  C, 
; *.  aux  C à dos  on  angle  fâillant  : ce* 
deux  du  moyen  âge  ou  des  tems  go- 
thiques. 

(f)  I*.  bout  inférieur  fê  double  8c 
finit  en  courbe  , a*,  palfe  en  fe  cour- 
bant fous  la  petite  ligne  droite , y *.  boue 
fnpérieur  chargé  de  courbes  exaédantts  , 
4°.  ligne  droite  inférieure  détachée  du 

fou-fèrieSj' 


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DE  DIPLOMATIQUE.  311 

Ibu-Æries  , dont  les  fix  premières  font  concentrées  dans  le 
premier  âge  , la  7'.  dans  le  moyen  , la  8'.  dans  le  moderne. 
Xa  iv'.  grande  férié  femble  réduite  au  C , mais  dont  la  par- 
tie inférieure  fe  courbe  intérieurement  , comme  pour  ré- 
joindre fon  dos.  Quoique  quelques-unes  de  fes  figures  re- 
montent julqu’au  I.  liècle  , &c  meme  au-delà  ; la  plupart 
(i)  conviennent  encore  mieux  aux  moyens  &:  bas  ficelés. 
La  V*.  grande  férié  ne  reçoit  que  des  (1)  G carés  ou  angu- 
leux , &c  ne  prétend  rien  au-deifus  du  moyen  âge  : fi  ce  n’eft 
dans  fes  4.  &y'.  fou-féries  : encore  à leur  égard  ne  faut-il  par- 
ler , que  des  v.  vi.  vu'.  Cèdes.  La  vi'  férié,  furtout  dans 
C3)  fa  a'.  fou-lBrie  , reftreint  fes  droits  au  feul  gothiques 
On  l’auroit  pu  augmenter  coniidéralement , fi  ce  caraélere 
en  valoir  la  peine. 

Nous  ne  divifons  l’H  qu’en  deux  fériés  de  majufcules 
(4)  Sc  de  minufcules.  Excepté  la  1'.  fou-férie  , qui  de  la 
plus  haute  antiquité  defeend  jufqu’au  plus  bas  tems  , &c  les 
6.  7.  & 8' , à jpeu  près  du  moyen  âge  ; prefijue  toutes  les 
autres  ne  s’abaiflent  pas  au-defl'ous  du  ix'.  fiecle.  Plufieurs 
meme  ne  peuvent  être  renvoyées  fi  tard.  La  ii'.  grande 
férié  n’a  rien  de  plus  ancien  , que  le  iv*.  fiècle  , dui^uel 
on  peut  raproclier  quelques  figures  (yj  des  quatre  premières 


demi  cercle  &c.  exerdmieds  tranchées. 
1*.  dos  plus  alongé  que  rond , exac- 
tement arondi,  7°.  moins  régulièrement, 
St.  bout  inférieur  rentre  dans  la  carité. 

(i)  1°.  tonta&ie  femblabict  au  C, 
a*,  repliées  fur  elles-mcmcs  par  un  des 
bouts , en  forme  de  <.  ou  de  « , 4°. 
deSoud'v,  f’.  de  b tranché  par  le  haut, 
des  bas  tems  , 6°.  recourbées  extetieu- 
rement  par  le  haut  , moyen  âge  , 7°. 
abailTées  dans  la  partie  fupérieutc  , réu- 
niflant  l'antique  Sc  le  moderne. 

(i)  I*.  dilfingués  pat  des  queues  , 
1*.  en  F , plus  rigoureurement  carés, 
4°.  en  r , f’.  enC  anguleux  , t°.  en  C 
carés. 

(})  La  I*.  pouvoit  être  remplie  de 
divers  g dans  le  goût  angio  - faion. 
Nous  renvoyons  à la  planche  XXII. 

(4)  1°.  à jambages  tranchés,  arondis 
on  en  grife  , non  joints  par  la  tra- 
vetfe,  }°.  H privées  d'un  côté  , 4°.  de 

Tome  IL 


traverfe  , y°.  celle-ci  détachée  des  jam^ 
bages.  H en  N , 7“.  courbées  en 
voûte  ou  demi-voûte  par  leur  tcaterfe  4 
8°.  à jambages  inégaux  , 7°.  à traverfe 
excédante.  1 0°.  H panchées  vers  la  gau- 
che, II”,  vers  la  droite,  i z°.  prolonga- 
tion irrégulière  des  bafes  8c  fommets. 
ij".  courbures  des  côtés,  14”.  de  pliia 
inégaux.  1 1°.  H aptochant  du  K , i s”, 
tonuolités  dans  les  jambages  dilpropor- 
tionés. 

(f)  t”.  leurs  traits  de  jonélion  def- 
cendent  plutôt  qu'ils  ne  montent  , 1°. 
montent  plutôt  qu'ils  ne  defeen- 
dent.  j°.  h tendant  à fe  transformer  en 
t , 4”.  travefUes  en  cette  lettre  , f".  aux 
deux  jambages  courbes , S“.  de  niveau 
fans  bafe  , 7“.  côté  droit  excédant, 
8°.  à bafes  8c  fommets  , en  h , 
io“.  côté  droit  courbé  en-  delTous  8t  re- 
courbé en  dcüfus.  Il”,  pur  gothique. 

SC 


II.  PARTIE. 

S ICT.  III. 

Chat.  V. 


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II  PARTIE. 
StCT.  III. 

Chaï.  V. 


}îi  NOUVEAU  traité 

fou-féries  & de  la  6®.  Les  autres  doivent  être  rëléguêes  an 
moyen  âge.  La  5'.  & la  9'.  fourniflent  du  pur  gothique, 

La  I*.  férié  de  ri  (1)  lui  conferve  fa  figure  droite,  ou  du 
moins*  en  aproche.  La  1 1®.  lui  prête  la  figure  du  T droit  ou 
(i)renverfé , du  r foit  contourné  , foit  naturel.  La  1 1 1®.  em- 
prunte celle  de  fj)  l’L,  6c  fe  raporte  ("4)  aux  quatre  premiers 
ficelés.  La  iv®.  d’une  plus  grande  antiquité  , translorme  lès 
I en  Z 6c  5 C F Y Z , 6c  fe  fubdivife  refpedivement  (y)  en 
cinq  fou-féries.  La  v®.  divifion  en  forme  d’J  (6)  confonc, 
ne  peut  fixer  l'on  âge , que  par  fes  fou-féries.  La  vi®.  fuite  (7) 
enchérit  fur  toutes  les  autres  par  fes  irrégularités.  Prefque 
tous  fes  caraderes  font  poftérieurs  au  xi  i®.  ficelé. 

La  I®.  grande  férié  du  K , à traits  (8)  irréguliers  , tient 
à la  plus  haute  antiquité.  La  1 1®.  alTcz  régulière  s’étend 
dans  les  figures  (9)  des  quatre  premières  fou-féries  , depuis 
deux  fiècles  avant  J.  C.  jufqu’à  la  fin  du  moyen  âge.  Les 
autres  defeendent,  jufqu’aux  bas  tems.  La  i ii '.  grande  ( i o) 
lèrie , prenant  la  figure  de  l’R  , cil  gothique  , dans  les  qua* 
tre  dernières  fou-féries.  Les  trois  autres  peuvent  fe  raporter 


(\)  X®.  incliné  avant  J.  C.  t®.-  ter- 
miné en  rond  , deux  liécics  av.mt  fa  naïf 
Tance  : de  plus  en  lofance  , en  creux  , 
en  grtfe  &c.  jufqa*au  goenique  : )*.  ho 
^ixootal  , perpendiculaire  , meme  du- 
Tée  : 4®.  en  crochet  , f®.  en  pyramide 
ou  pointe  , moyen  & bas  âge. 

(1)  I*.  en  T , durant  les  cinq  pre 
miers  iîcclcs  : i®.  en  T ou  , même 
âge  : en  J,  avant  J.  C.  & un  peu  apres. 

())  1®.  bafe  ou  craverfe  en  ^ 

a.®.  fculciDent  coutbée  en  defTous  » )*'. 
lélévée  en  angle  , 4®.  en  ligne  droite, 
5*.  courbée  en  delTus. 

(4)  Exceptez  trois  ou  ouacre  figures 
de  la  En  de  quelques  fou-féries  : comme 
la  4*.  de  la  4®  au  viii®.  hcclc  , la 
dernierc  delà  auxiii®». 

f f)  La  4*.  précède  de  deux  Tècles 
Eère  chrétienne.  Après  avoir  paru  ou- 
bliée , deux  fièclos  depuis  , clic  fcroblc 
tevivre  quelquefois  dans  les  bas  tenu  $ 
aiofî  que  quelques  Hguresde  la  $*. 

(4)  2®.  coupé  par  une  barc  medianc 
(c  réfère  aux  crois  premiers  fiècles.  1®. 
ùni  uarcife  depuis  la  plus  haute  anti- 


quité jnfqu’aux  bas  tems.  )®.  gothique. 

(7  ) I ® . bafe  mafTtvcmcnc  gothique,  x*, 
un  ou  deux  points  fut  les  1 &c,  )®rplûs 
ou  moins  tranches.  4®.  bouts  en  grife 
ou  évafés.  5®.  I en  x.  <®.  J.  hilares  5c 
monflrucux.. 

(8)  I®*  traverfes  feparées  Tune  de  l*aa- 
rre  , 1^,  jointes  en  angle  , j®,  faifàn* 
un  angle  ou  bien  une  courbure  , der- 
rière la  liaftc',  quelles  traverfent.  4*.  an- 
gle détaché  do  la  haAe.  5®.  pccfquo 
en  H. 

ip)  1".  à jambages  tranchés  , 1®.  à- 
traverfes  au  moins  d‘un  côté  plus  cour- 
tes que  U haAe,  ou  à haAo  plus  courte 
que  l’une  des  traverfes , iravcrfe  fu- 
perieure  à peu  près  drotre  , 4*.  courbée 
en  dcAbus.  j*.  K en  x , 6®.  eu  h.  7®.  haf- 
.re  inégale  à Tune  de  fe^  branches. 

(10)  1®.  tête  ou  panfc  ouvene  cndcT- 
fus , côtés  tranchés  , tous  , 1®.  quel- 
ques uns  J®,  nul.  4®.  tête  fermée 
5®.  ouverte  en  deUbus  , 6*.  frrmée 
montant  prolongé.  7®.  K.  angulcuiSc-j. 
très-gothique. 


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DE  diplomatique;  51J 

au  moyen  âge  ; quoique  plufieurs  de  leurs  figures  remontent 
plus  haut. 

La  I®.  férié  de  (i)  FL  , prefque  en  forme  d’V  , dont  le 
côté  droit  eft  néanmoins  plus  court  que  l’autre  , remonte 
plufieurs  ficelés  avant  J.  C.  La  ii®.  refifemblant  (i)  au  b 
a déjà  cours  crois  ficelés  avant  l’Incarnation.  La  ni®,  (ç 
borne  (3)  prefque  aux  figures  les  "plus  régulières  Sc  les  plus 
communes.  Elle  dure  depuis  la  haute  antiquité  , jufqii’à  la 
fin  du  moyen  âge.  La  iv®.  emprunte  la  figure  (4)  du  Z : 
i’L  employée  fous  cette  forme  deux  ficelés  avant  J.  C.  l’é- 
toit  encore  au  xii®.  La  v*.  abailTe  fa  traverlê  ou  fa  ("j) 
bafe.  Prefque  tous  lès  caraélères  font  très-anciens.  11  en  eft 
qui  remontent  de  quelques  fiècles  au-delTus  de  l’ère  chré- 
tienne. Tels  font  la  plupart  de  ceux  des  3®.  & 4®.  fou- 
féries.  Il  en  eft  aufli  qu’on  peut  rejeter  vers  le  x®.  fiècle.  Tels 
font  xjuelqu’uns  des  i®.  & <5®.  fubdivifions.  Prefque  toutes 
les  autres  ne  defeendent  pas  plus  bas  , que  le  vi  i®.  La  vi®. 
grande  férié  a (es  L en  A , ou  peu  s’en  faut.  Si  à peine  fe 
rencontrent-elles  avant  le  v®.  fiècle;  elles  ne  defeendent  guère 
en  deçà  du  ix®.  On  trouve  néanmoins  quelques  L de  (6) 
la  1®.  fou-férie  , plufieurs  fiècles  avant  J.  C.  6c  quelques-unes 
de  la  dernière  au  x®.  La  vi  i®.  grande  férié  n’eft  ocupée  , 
que  par  des  {7)  L contournées  ou  renverfëcs.  La  vi  1 1®.  ne 

(i)  1°.  hade  inclinée  vcR  U gauche  '5°.  aigu  & obeoa  . 6°.  en  zigzag  , 
i®.  perpendiculaire,  j®.  craochdc,  4“.  7®.  narerfe  cowrbde  en  deflôn» . S®,  ea 

pancade  vers  la  droite.  fbmniet  arondî.  9’.  1*  en  forme  de  a 

(t)  I®.  pointe  iafdrieme  ctds-aigue.  oa  d’ Z. 
a®,  craverfes  prefque  en  iw  couende,  (f)  i®.  baffe  perpendiculaire  , bafe 
plus  recoorbde  en  delTus  dtc.  j®’  hori-  oblique.  1"  toutes  deua . obliques  , )®. 

, aomalement  commenede  , avant  de  fc  bafe  en  rss  4°.  en  zigzag  , f®.  nota» 
contber  &c.  4®.  arondie  fans  angle,  bleinent  courbde  en  defTous , <°.  peu , 
J®,  rondeur  plus  ample  , relativement  i 7®.  plus  vers  la  gaticbe , S®,  vers  la  droite 
Ja  halle  , <5®.  courbure  Idgdre  , 7®.  fort  en  defTus. 

idlevde  8£c.l®.bafeenScouchde,9®.tirant  (O  i*.  en  chdvron  brifï  , 1*.  cnx, 
peu  fur  le  d , quoique  concave  en  defTus  j*.  grand  c6cd  à gauche  , 4'.  à droite  , 
par  fa  traverfe.  j®.  côtds  fe  traverfant , L en  ligne 

())  r®.  L,  aux emdmitds  rondes  . ne  perpendiculaire  iranchde  à droit  par  le 
paroiCeot  guère  depuis  J.  C.  1®.  tran-  milieu. 

chees  dldgammcnt  , premier  âge  , }®.  {7)  Tourndes  vers  la  gauche , i®.  i 

moins  régulièrement  ,4®.  non  tranchées  angle  obtus  , s®,  droit,  )°. aigu  , 4®. en 
parle  bas  , j®.  à fommets  avancés  vers  C card  , contourné  , j®*  è.  Quatre 
la  droite  , ou  prefqae  6>  C . defeend  à | premières  fou-fdries  , propres  aux  iièclea 
peine  au  vi®.  fiècle.  I antérieurs  & poftdrieuri  a la  naiflance 

(4)  I ®.  à angles  droits  , s®,  aigu  S:  I de  J.  C.  excepté  la  figure  perlée  , j®.  de- 
dtoit , }®.  aigttt  4®.  droit  te  wtas,  | puis  le  it®.  jufqu'an  x®. 

S fij 


Il  PARTIE, 

S E CT.  III. 
Ch  A P.  V. 


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*•  - 


II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 

Chat.  V. 


jt4  NOUVEAU  TRAITÉ 

renferme  que  des  L lèmblablesou  prefque  (i)  femblables  à 
desX-  Ce  feroit  les  dégrader,  queue  les  rabaiflêr  au-delfous 
du  iv'.  ficcle.  La  ix'.apartient  toute  (i)  entière  au  gothique 
moderne. 

Irrégulières  dans  leurs  jambages , les  M de  la  r*.  grande 
('3)  férié  tiennent  le  bout  de  ceux  du  milieu  notablement 
élevés  au-deflTus  de  l’un  des  piés  , ou  même  , de  tous  les; 
deux.  L’antiquité  de  ces  figures  les  atache  aux  premiers  fiè- 
cles , à l’exception  de  quelques-unes  des  deux  premières  fou- 
lëries.  La  ii'.  grande  fuite  (4)  eft  affez  régulière  dans  fes 
jambages  , quoique  les  deux  extérieurs  foient  encore  plus 
longs  , que  ceux  du  milieu.  La  ni',  les  a fj)  de  niveau 
ou  prd'quede  niveau.  La  iv'.  les  prélênte  de  même,  maisC^) 
prefque  toujours  irréguliers.  Ces  M (è  raportent  principa- 
lement au  premier  6c  moyen  âge.  La  v'.  montre  lès  (7)  jam- 
bages , ou  au  moins  l’un  d'entr’eux , fupérieurement  prolon- 
gés. Prefque  toutes  fes  figures  peuvent  dificilement  être  rabai- 
fées,  jufqu’au  v'.  fiècle.  La.vi.'.  renferme  (8  )-desMà  figure. 


(i)  I®.  bafe  oblique , 1®.  un  peu  creu- 
féc  en  delfbus , j®.  en  voùre  » 4®.  en  an- 
cre ,5®.  horizontale  , 6®.  L en  U. 

(i)  î®*,Lcn  C anguleux  par  le  dos  , 
1®,  fonunets  en  croilfant  &c.  3®,  en 
grifc  , 4®.  L à bafe  courbée  en  dehors  , 
j®.  en  dedans  J <®.  armées  d'un  épron, 
7®.  abaiffées  par  la  réte  vers  la  droite , 
t®.  trés-maflivcs,  4®.  à bafes  élevées  au 
aive.iu  des  têtes , 10°.  en  fourche  ou  re- 
courbées. 

(3}  1®.  à jambage  extérieor  gauche  , 
^lut  court  que  le  droit  , 1®.  dnne  plus 
court  que  le  gauche  . 3®.  concaves  feu- 
lement on  dehors  , 4®.  en  dedans  au 
jTioins. 

(4)  M 1®.  fans  bafes  ni  fommets  , 
a®,  jamhaçcs  mitoyens  diverfement  cour- 
bés , 5®.  l>ours  arondis  > 4®.  tranchés 
furrouc  par  le  bas  , j®.  par  le  haut  ou 
carcs , 6®.  à côtés  exrrinicqucs  irrégu- 
liers. La  3*,-fou  férié  eft  généralement 
antique.  Les  autres  ne  le-  font  pas  fans 
mélange  âe  modernr. 

(î),i®.  angles  fupérienrs  aigusavant 
J.  C.  & un  peu  après  » t®.  carés  , com- 
mençant au  1 1®.  fécle  , communs  au 
ijx*.  3®.  tous  kl  jambages  obliques, 


4®.  mitoyens  en  V détaches  , x.  ou  x :• 
lîécle..  5®.  autres  disjonéliotis  avant 
; J.  C.  tf®,  M , en  delTus  rranchéçs  obli- 
uement , 7®,  à jambages  courbes.  Les 
eux  dermeres  (ou  > fériés  moins  ao-> 
tiques. 

(6)  X®.  côté  gauche  plus  court  que  le 
I droit , t®.  le  contraire  , 3®.  M tortuea> 
fes  ou  brifees  , 4®.  renverses  , 5®.  fé- 
cond jambage  prolongé  de  gîmchc  à 
I droite,  é”.  Ie$*deixz  mitoycus  fc  cou- 
I pant  , 7®.  les  deux  premiers  fc  travet- 
fant , S®,  les  deux  derniers  de  même  , 
9®.  tons  ks  quane  , xo.  triangulaires 
par  les  extrémités  fupéricurcs. 

{7)  I®.  le  droit  plus  clévé  que  k gau- 
che , 1®.  le  gauche  plus  que  Je  droit, 
3”.  égaux , peu  courbes  &c.  4®.  tref- 
courbés  en  dedus  vers  la  gauche. 

, (8)  I®.  en  H , a®,  avec  crtcnGon 

abailTéc  du  milieu  de  la  traverfe , 3®.  en 
potence  frmplc  , 4®.  double  , y®,  mé- 
diane prefque  en  zigzar;  Sec  , é®-  denr 
H unies  par  un  jambage  commun  &c  , 
7®.  celui  du  milicn  d^ebé.  8®.  croif- 
-Tant  fur  deux  I.  9®.  deux  II.  10®.  li- 
gure apiochaocc  de  1*N  , acoinpag^iéo 
d'un  L. 


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de  diplomatique.  5iy 

rrcs-hétéroclite  , &c  n’a  proprement , que  deux  ou  trois  jam-  — "■■  ■ S» 
bages.  Tous  fes  caradcies  ioni  concentrés  dans  le  moyen  partie. 
âge.  La  vu*,  comprend  (i)  les/w  minurcules  , dont  le  go- 
chique  a fouvent  fait  des  majulcules.  A la  viiif.  apar- 
tiennent  les  M onciales  ou  rondes  Sc  les  gothiques  , qui 
en  font  dérivées.  Il  ell  ordinairement  elTentiel  aux  demie-- 
res  d’être  arondies  , au  moins  par  le  bas  du  côté  gauche 
en  dedans  , fans  fe  recourber  en  dehors.  L’antiquité  desM 
de  cette  (z)  férié  remonte  au  iv*.  liècle  , 5c  defeend  ;uf- 
qu’aux  derniers  tems  du  gothique  , qui  ne  commence  pro- 
prement qu’à  la  VI*.  fou-lérie. 

VI.  La  I*.  grande  férié  des  N eil  dillinguée  par  le  jam-  Ageactaf»(3(!rir. 
bage  (i)  gauche,  qui  delcend  plus  bas  que  le  droit.  Elles  liqucs dcjfttks & 
fe  réclament  fpécialcment  des  trois  premiers  fiècles  , ex*  «.^tôîone^'Jd 
cepré  celles  de  la  4'.  fou-férie , &c  quelques  figures  de  ia  fe  voient  les  N , 
J*,  particulières  aux  viii.  ix.  &c  x',  La  n«.  grande  o,p,Q,r. 
ftrie  eft  à jambages  (^)  à peu  près  égaux  , un  peu  irrégu- 
Kers.  Elle  régné  flinouc  depuis  lêpt  hccles  avant  J.  C.  juC- 
qu’au  v'.  La  m*.  fe  reconoit  par  {5I  les  excédans  de  fes 
jambages.  Elle  eft  du  refTott  des  plus  beaux  fiècles.  Nous- 
ne  voyons  que  quelques  caraûèrcs  de  la  3».  fbu-férie  ,qu’oiv 
puifte  reftreindre  au  vu*.  La  iv*.‘ grande  férié  contient 
ks  N ordinaires  ou  tranchées.  Elle  s’étend  depuis  deux 


(i)  1°.  arondies  prcfqge  en  dcnii- 
-cercle  , t*.  an  moins  à deux  pids  droits , 
aoyto  âge  , cardes  en  delfus , 4°.  fé- 
cond jambage  Amvvnt  très  - dimioud 
&c.  5^  m alTex  conformes  à nos  minuf- 
cnles . moyen  de  bas  age  ,6°.  en  grife  , 
gochi(]Ucs , ainfi  que  les  fuivantes  , 7". 
nrondies  par  le  haut  arec  un  fcul  cn- 
fencement  dans  le  milieu,  S".  jamba- 
•ges  ordinairement  ddtacbds  , y°.  mi- 
toyen pioloi^d  pat  dciTat , i o".  fupri- 
rod. -1 1°.  daunce  indgale  de  jambages 
pen  cdgulicis  M chargdes  d'an- 

gles &c. 

(xl  fortarondie  des  deux  côtds, 

1”.  jambage  mitoyen  diminnd , côtds 
plus  courts  ,4”.  M itrdgultdreàgrife  Sic. 
J*,  premier  eôtd  concave  en  dedans  (e  le 
ttoifeme  droit  &c  ; 6*.  par  le  bas  du 
treiltcme  pid  , M.rdldvde  co  debors  , 
7".  endedaot  >°.  « S coaebde  4°^ 


clnfe  d'une  parc  , au  moins , 10°.  b deux 
ovales  Sec.  ri°.  ligne  predepie  perpen- 
diculaire au  milieu  d'un  cercle  , it°.  M 
fetmdet  par  une  bornontale  inférieure 
i)°.  en  donble  cercle  Sec.  cnomdga. 

• (?)  obli<)oe , x°.  coutbd  co  dcliors  , 

le  droit  coupaot  Je  mitoyen  , 
pcrpcodicuUirc  ira^bd,  5**.  râbattt  Cil' 
forme  d'M  , en  » grenue  9cc. 

(4}  i**.  obljqoes  , Xr^,  courber  8cc,'- 
t)".  tortueuxoo  bhfds,  4**.  décachds&e.- 
(;)  côté  droit  prolongé  en  de/Tus  , 
1".  courbé,  étendu  en  dcifôuf»- 

4".  haut  du  gaucoe  Tupérieur  au  jam« 
bage  mitoyen  &:c.  par  le  bar- 

plus  long  qoe  le  droit  , 6*^*'  rou^oats 
en  fe  courbant  , 7*.  plus  haut  que  le 
<iaucbe,8^.termina>ron  en  cowbe,9°«plfiS'^ 
long  que  les  deux  autres  jambages  > 10*' 
gauche  p;us  coati  «qu'eux*- 


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n 


51?  “nouveau  traité 

^ ficelés  avant  J.  C.  jufqu’aux  derniers  tems.  L’antiquité  né 
II.  PARTIE,  tombe  guère,  que  fur  les  premières  de  chaque  (i)  foii- 
h”?  * V.  Les  N (i)  de  la  v*.  férié  aprochent  de  la  figure  de  l’H. 

Celles  de  la  vi'.  fpnt  (3)  minufcules  , &c  commencent  au 
ui',  ficelé. 


' Les  O de  la  i'.  grande  fiirie  (4)  s’arondilTent  régulicre- 
prent  foit  en  cercles  , foit  en  ovales.  Couchées  , celles  - ci 
remontent  à la  plus  haute  antiquité.  Les  autres  fui  vent  de 
près  , fans  pouvoir  être  renfermés  dans  des  bornes  fixes. 
Les  O (3)  de  U 1 1*.  fe  font  remarquer  à leurs  angles.  De 
plus  des  ouvertures  fréquentes  y paroilTent  avant  la  naifiancç 
de  J.  C.  &:  dans  les  ficelés  les  plus  voifins  d’après.  La  ni*, 
montre  des  O , compofés  d’une  ou  plufieurs  lignes  droites. 
Les  quatre  premières  fou-féries  (6)  font  plus  anciennes  que 
3.  C.  Les  autres  ne  conviennent  qu’au  moyen  âge  , excepté 
‘ -quelques  caraftères  des  6.  & 8*.  renvoyés  aux  derniers  tems. 
La  IV*.  grande  férié  à figures  (7)  arondies  , fouvent  avec 
•des  extenlions , eft  prefque  toute  réduite  au  moyen  âge , ex- 
■cepté  la  7*.  fou-férie , réléguée  au  gothique. 

La  I*.  grande  (8)  (éric  du  P femblable  au  pi  grec  , ou 
•'en  aprochant  beaucoup  , remonte  700.  ans  & plus  avant 
■“J.  C.  Cette  forme  eft  très-fréquente  avant  fa  naifiance  : plus 
• on  delcend  depuis , plus  elle  devient  rare.  Les  exemples  les 


(i)  i‘.  pea  uniforme  ,1°.  jonctions  ai-  ).  en  deux  endraics.  4.  O en  Q 

.gués  , cardes  , 4'.  N patdes  kc.  f . en  d Sc  3 . S.  en  ogive  , 7.  prefque  en 

, (1)  i".  à tranfTerfalc  defeendaoe  de  coeur. 

gauche  i droùe  , fréquences  du  iv.  au  (<)  1'.  en  D , t'.  en  (j.  O &c  . 
IX'.  ficcle,  1°.  à traverfe  coDmcaçant  autres  anguleufcc  à une  feule  ligue 

eu  hotixoncale  , )°.  fupriinée  Sec.  entre  droite  , 4'.  à deux  , 5'.  à plutcurs  ic- 
Ics  TI  1 1.  SC  xi'.  4°.  s'abailTanc  de  droite  régulières,  S’,  en  lolange  , 7'.  tran- 
à gauche  , depnis  le  x'.  en  Z , rares,  chee  oiT  ptoloaeée  , I*.  eu  polygone 
U)  i**.  iâns  bafe  ni  courbure  éminente  I mafli  cmçnc  gotuique  , 9*.  eu  caré  , 
nu  nié  . t".  coté  droit  cecourbé  de  bas  10'.  en  tnangle. 
eu  nanc,  palTant  par-delfus  le  haut  (7)  i.  prolongées  «ncraix  , t.  pat 
de  l'autre  , 4°.  enhaux  viii.ou  ix',  deux  traits  iofécieuia  , !•  doublement 
Ijccles.  Les  N fuivances,  depuis  le  x 1 1 1 , arondies,  4.  lâiis  ouverture  &c.  en 
excepté  1a  decnicte  figure  , aplaccies  oœ^a  , (.  en  étoile , 7.  farcies , 8.  en 
en  delTus  , en  R , D , B Sec.  7”.  en  tb  lajon. 

P , q Sec.  8".  R à rebonia , à pièces  (8)  i,  en  F , i.  côté  plus  court  def- 
détacbéci',  anguleufes  Sce.  gothiques.  Cendant  à plomb  , {.obliquement,  4.  fe 
(4)  i.  eu oeaiet  coucbéetit.  obliques,  recourbant  en  delTus  , après  s'étre  abaif- 
).  droites , 4.  eu  cerclia.  j fc,  j.  P inclinés,  (.  réj^uliets  dan* 

(})  i.oaTcraeadeiriii,a.CBdefroin,  coura  Icitn  fbtsici,  7. «coiéa  éga«K, 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ^17 
plus  tardifs , que  nous  en  ayons  rencontrés  font  dû  x*.  fiècle 
en  Angleterre.  Cétoit  alors  , & peutêtre  dans  les  ficelés 
immématement  antérieurs,  plutôt  une  imitation  des  Grecs,  Ch^k  v, 
qu’une  continuation  de  Pancienne  figure  latine.  Le  carac- 
wre  le  plus  général  de  la  ii*.  fiirie  eft  d’avoir  fes  P ou* 
verts.  Elle  u’eft  guère  poftérieure  à la  précédente  , dans  ( i ) 
iës  S.  9.  ou  10.  premières  fou- fériés.  Si  les  fnivantes  nq 
remontent  pas  toutafait  fi  haut  ; elles  peuvent  dater,  depuis 
le  commencement  du  premier  fiècle  , jufqu’au  ix'.  La  1 1 
grande  (1)  férié  à P polygones  n’aproche  pas  moins  de  Page 
de  la  première.  La  patvfe  fermée  caraélérife  {3)  les  P de  la 
jv'.  Ceux  à panfe  aigue  s’anoncent  de  la  très-haute'  an* 
tiquité  , les  plus  élégans  tiennent  au  fiècle  d’Augufte.  Les 
traits  excédans  &:  la  forme  gothique  dilUnguenc  (4)  la  v, 
ierie. 

La  i'.  des  Q (êreconoit  à leurs  queues  droites , fans  être 
la  continuation  des  côtés  de  la  panfe.  Ses  trois  premières 
Ibu-féries  (3)  apaniennent  aux  ficelés  antérieurs  à J.  C.  La 
4',  à tous  les  tems  , les  fuivantes  feulement  au  moyen  âge, 

La  queue  des  Q de  la  (6)  11'.  férié  n’ell  que  la  continua* 
don  du  côté  droit.  Celle  des  Q de  (7}  la  iii‘.  naît  du 


4 


(1)  longions  aigues  par  le  haut 
feulement , côi^  droit  oblujue  , 1.  Uu 
peu  plus  courbé  par  le  bout  inferieur , 

trancKé  par  le  bout  fupéricur  » 4.  pan- 
fe  arondic  , unie  aq  dclious  du  bout 
fupéaeur  de  la  bafte  » 6.  pafTaoc  par- 
dcHus,  7.  rabarue  au-delà.  8.  éicvécau- 
deûus  du  montant  I dtc.  9.  fans  le  tou- 
cher. 10. P ouvert  du  côté  gauche,  it. 
endenîis,  ii.  dé  plus  tranché,  i|«  à 
panfe  détachée  , ou  fuprimcc  , 14.  ûns 
panfe. 

(t)  I.  à panfe  tarée,  a.  en  polygone 
urésulier  • en  triangle , 4,  compofée 
de  ociuc  pirillclcs  , unies  par  une  courbe. 

(;}:  Us^uliers,  i.ijr<!gulicrs  dans  leur 
bafe  , ],  à attire  piolonedc  au-deilus  de 
b haAc,  4.pïi|)i. 

(4)  I.  exteafioa  dp  la  panfe  au-deiTus 
de  la  liaOe  , a.  cclle-'^  gli|s  hau'c  que  la 
panfe  &c.  ).  f centalûc  ((«tbiques. 

((}  Queue  i°.  pctpeDdicnlaite , t”. 
.blii^e  J UB  peu  couibde  pas  le  boue 


iofdtieui,  4".  à pure  , dont  le  tour  ad- 
met quelque  ligne  droite,  j".  en  D coo- 
touroc , 4'’.  queue  btififc  , 7°.  borizoo- 
talemcnc  polcc  & pufe  en  ovale  ou  I0-. 
fange  , 1«.  en  cercle,  f”.  queue  ou  point 
intcroc- 

(4)  r.  queue  têprnfê  fut  elle  indmc; 
fus  ocud , t°.  noude  & recourbée,  }.  Q 
en  S cODioutnée  , 4,  en  . , co  , ^ 

4.  queue  courbée  iatéricutemenr , 7.  en 
N.  & faifant  un  uglc  avec  une  droite, 
les  fou-létics  i.  3.  4 7.  piccédem  l'ère 
chréticanc , 8r  ne  defeendent  pas  quatre 
fiéclc*  après  , fi  ce  n'efl  la  dernière. 
Les  1.3  4.  conviennent  U moyen  âge,. 
ic  même  aux  bat  rems. 

7.  I.  panfe  anguleufc  , a.  ample 
queue  circulaire,,  y.  p.infç  cuoite.  4,  Q 
prcfqie  en  C , en  I’ , 4.  queue  longue ,, 

7.  doublcmcut  recourbée  en  defTus , S, 
en  delTous , 7.  double  , ic.  tc'lcvee  d’uix 
monticule  &c.  Les  1.  je  1.  3.  feu*  ' 
fciict  domiaent  deux  Gcclcs  avant  T.  C, 


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Jts  NOUVEAU  TR.AITÉ' 

' gauche.  Les  autres  dtverfes  jonftious  de  la  queue  atec  la 
Il  PARTIE,  forment  (r)  la  iv'.  La  v'.  ii’admec  (i)  que  les  a mi- 

Sect.  III.  ' 

Cha».  V.  nulcules. 

La  I*.  de  l’R  (3)  anguleufe  ou  fans  queue  , répond  , ainfi 
- que  la  II'.  aux  premiers  liècles.  Celle-ci  (4)  devient  encore 
J»lüs  abondante  , depuis  le  vi'.  jufqu'au  xiii'.  La  III'.  à 
panfc  (3)  arondie  , commence  avant  J.  C.  Si  dure  jufqu’au 
jci'.  ficelé.  La  IV'.  à panfe  (6)  ouverte  Sic.  doit , quanti 
la  plupart  de  fes  figures  , être  référée  aux  prentiers  rems. 
La  V'.  un  peu  (7)  irrégulière  , quoique  à queue  unie  à la 
tête  fermée , comprend  beaucoup  de  lettres  antérieures  i 
l’Incarnation  , Si  quelques-unes  de  poftérieures  au  vii«. 
ficelé.  La  VI*.  fuit  la  forme  ordinaire  (81  de  l’R.  La  VII'. 
très  (9)  hétéroclite  , ne  s’élève  pâs  au-delTus  du  moyen  âge. 
La  VIII'.  renferme  (10)  les  rminufcules,  depuis  le  j'.fièclc. 


& un  après.  Les  4.  8.  f.  depuiS  le 

premier  jurqu'an  i.  Les  7.  le  10.  aux 
^oyeo  le  Vas  rems. 

(i)  I.  queue œalEve,  x.  enS  iuiroduite 
dans  la  panfe , ; . en  U.  4.  paufe  ouverte, 
y.tètmèc&coujouisapnyètfur  une  queue 
t.  dèiacbèe,  7.  dç  plus  ptefque  eu  C 
couché  fur  le  dos  , t.  atachée  , cour- 
bée & reeouebée  . 7.  céte  maigre  , 10. 
maflive.  Les  foû-lïries  i.  4c  10.  apar- 
riennenr  aux  moyens  4c  bas  Itèelcs , les 
autres  aux  premiers.  Les  x.  8c  ).  ne 
lailTent  pas  de  defeendre  cônlïdétable- 
Bcnc: 

(x)  c.  ordinaire  , x.  halle  excé- 
dante. ! . q aigus , 4.  l panfe  irrégulière, 
5.  ouverte  , «.  en  y , 7.  gothique  char- 
gé d'angles  4c  de  pointes. 

(j)  I.  à lignes  obliqnes  & courbes  , 
X.  obliques  8c  MrizoDtales , en  P. 

(4)i.poime  vive4cc.  1. ptefque  verti- 
cale, J . de  plus  excédante , 4.  queue  ‘dé 
tachée  4cc.  y.  oblique  , t.  cooibcc  en 
delTus  4cc. 

(f)  I.  inclinée  n'étant  que  la  conti 
anation  de  la  halle  , 1.  en  elldillinguéc, 
).  coofbndnc  avec  la  halle  fans  incli- 
oaéfon  , 4.  excédée  en  dclTus  par  Je  fu- 
port,  y.  alongée  8c  fertée  , (.  palfaot 
pardclTiis  la  halle  , 7.  en  forme  d'S. 

(4)1  .haut  4c  bas,  1 .en  delTous,  t .à  halle 
ficouccie,  4.  queue  en  S contoutnee  , y. 


haftes  4c  queues  couibécs  en  dehors.  4. 
panfe  anguleufe  , 7.  R contournée  , 4cc. 
t.  horizontale  en  tête  , 7.  queue 
très  - écartée  du  pié  de  la  halle.  1 o. 
R irrégulières  è panfe  4c  queue  en- 
fembic  détachée  de  la  halle  , 1 1.  ré- 
gulières de  même.  ix.  halle  , panfe  , 
queue  disjointes  les  unes  des  autres,  15. 
queue  feule  détachée,  14.  disjointe, 
panfe  fermée  , ly.  ouverte  en  dc/Tus, 
1 4.  queue  partant  de  la  halle  au  dclTout 
de  la  panfe. 

(7) 1,  queue  plus  courte  que  la  halle, 
X . halle  moins  longue  , y . queue  cour- 
bée en  de.ians,4.bwe  excédée  par  le  haut 
nii  le  bout  de  la  panfe  . f.  prolongée  en 
teHns  , t.  panfe  anguleufe  , 7.  balle 
obliquement  tranchée,  8.  queue  cour- 
bée  vêts  la  gauche. 

(8)  I.  allez  régolièrement  tianchée  ; 
X.  moins  cxaâcmcnt , ;.  queue  malTive 
4c  droite  , 4.  courbée  furtoui  vers  la 
halle  4tc.  y . chargée  d'un  monticule  , 
4. R en  B. 

(7)  I.  dégénérant  en»  , 4c  dont  le  fcr 
eond  côté  palTefur  le  premier,  x.  en  for- 
me d'n,  ).  aplanie  en  delTus,  4.  aron- 
He,  y. en  G a queue  , couché  , 4.  en 
■V  4cc  , 7.  en  » grcqne4tc.  8.  R en  A 
fans  travrrfe  4cc.  7.  R.  contournée  4tc. 

(10)  i”.  côté  droit  recourbé  vers  le 
haut,  X*.  vers  Icba*  , }*.  naillknt  au- 

VII. 


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DE  diplomatique.  315 

'VII.  La  I'.  grande  (i)  férié  de  l’S  , angulcufe  dans  la  — 
plupart  de  fcs  caraclcres,  précède  &:  fuit  de  près  la  naiiLrnce 
de  J.  C.  Un  petit  nombre  de  ligures  de  la  j*.&  8'.  fou-féries  cn*p.  V. 
peut  defcendre  jufqu’au  ix'.  fiède.  La  II'.  en  forme  (z)  iv'.  colonc.oj 
minufcule. , anguleufe  s’étend  , depuis  le  ii'.  fiècle  juf-  Con«  rcufcrm^ci 
qu’au  x'.  La  III'.  reçoit  les  S peu  (3)  courbées  , au  moins  '"  y* 
d’un  côté  , ôc  dure  jufqu’au  vi  1'.  La  IV'.  eft  confacrée  (4)  ’ • ’ 

aux  S ordinaires.  La  V'.  pleine  (3)  d’anomalies  refl'ortit 
au  moyen  âge.  La  VI*.  eft  prefque  (6)  entièrement  livrée 
au  bas  gothique. 

La  I'.  grande  (7)  férié  des  T , deftinée  à ceux  , qu’une 
traverfe  coupe  ou  divilè  , débute  par  des  caraûères  très- 
antiques.  Les  têtes  ou  les  baies  portées  plus  d’un  côté  que  * 
de  l’autre  (8)  caraûérifent  la  II*,  férié.  Sa  durée  s’étend 
depuis  le  i . fiècle  , jufqu’au  x'  , auquel  on  peut  rapeler , 
furtout  la  fou-férie  8'.  La  III'.  grande  (9)  férié  fe  diftingue 
par  une  tête  enfoncée  ou  courbe.  La  IV'.  peu  ou  point 


dc/Tous  de  Feirémicé  du  gauche  & 
retévé  en  courbe  , 4”.  r en  h , j*.  en  F , 
queue  anguleufe  , 7°,  en  R , S*, 
xcnyciffc,  5°.  anguleufes  , 10*.  en  Z, 
11%  puremcnc  gothique.  Les  trois  pre- 
mières avec  les  & 6.  fou-férieSj  & 
même  la  9*,  remonteoe  au  premier 
âge.  La  4*.  & la  8‘.  au  moyen  , le  refte 
adjugé  au  gothique. 

(1)  I.  à deux  angles  opofés  , 1.  en 
2 > à trois  pièces  détaebées  &c.  4.  en 
Z , 5«  en  broche  &c.  6,  angles  aigus 
aux  deux  bouts.  7.  S prcfqae  en  $ , 
S«  en  G droits  à queue  , 9.  rcnverfês. 

(i)  I.  de  C.  aigu  ou  carê.  a.  angle 
obtus  &c.  J.  plus  aprochant  du  drôle, 

4.  tirant  fur  1a  faux  , 5.  en  F , à halle 
courbe  , 6.  en  jr , 7. /antiques  curlives, 

5.  modernes. 

())  I.  haut  St  bas , 1.  recourbées  en 
dcHous , ) . en  E , 4.  prefque  fans  cour- 
bure , 5.  ligne iupéricure  oblique  , 6.  en 
i*abailTant , 7.  S«maflîvcs,  8.  alongéci 
fans  Bcud , ^.preque  toujours  fermées 
ou  nouées  par  Icslwuts. 

(4)  1.  aux  extrémités  rondes,  ex - 
termon  fuperflue  au  bout  , après  un 
Dcud , J.  faus  neud , 4.  tranchées  cxac- 
ixjncûi , t.  en  courbe  alongéc  par  le 

Tome  IL 


haut  &c.  6.  non  tranchées. 

(iJ  i".  S contournées  , i°.  couchées , 
Tcnvcrfécs , j”.  en  G à ejucue  , 4".  en 
C , j".  en  Z à rcboucs , «°.  ca  Z , 7", 
à pièces  détachées. 

(i)  i.  czeenhons  bifaics  , 1.  S.  écra- 
fées , ) . clofcs  par  un  bout , 4.  par  les 
deux , 5.  en  B , en  p ou  (] , 7.  f go- 
thiques angulcufes  majurcules  , t.  mi- 
nulcules. 

(7)  I.  en  eroix  de  Dieu  , x.  de  S.  An- 
dré , ).  droites  , travetfées  vers  le  haut , 

4.  en  th  faxon  , en  9 , formées  de 
courbes  , 7.  irrégulières , 8.  eu  € , 7.  en 
E.io.  en  y grec,  ii.  citant  fur  Ty 
&c. 

(8)  t.  en  r , i.  en  S.  catée  , j.  tn  C 

caré  , 4.  dont  la  traverfe  clh  égale- 
menr  portée  des  deux  côtés  , y.  en  G 
&c , e.  en  7 , 7 à tète  courbe  du 
même  côté'  & large  , '8.  étroite  , ,.  • 

halle  inclinée, 

(7)  I.  en  Y , 1.  concave  en  dellbas  , 

).  en  delTus  , en  deflbus,  4.  en  dedus  , 
le  contraire  &c.  f,  t»  , halle  déta- 
chée , t.  jointe,  tranchée , 7.  fans  bafe, 

8.  celle-ci  terminée  en  volute  vers  la 
gauche  , 7.  tête  plus  courbée  du  même 
côté,  10.  coavèiepai  le  liant. 


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vo'S.- 


II.  PARTIE. 
S IC  T.  lll. 

Ch*p.  V. 


350  NOUVEAU  TRAITÉ 

tranchée  , à traverfe  plate  ou  peu  courbée  (i)  convient 
beaucoup  mieux  aux  anciens  tems-,  même  avant  J.  C , 
qu’aux  bas  liccles.  La  V'.  le  réduit  aux  T ordinaires,  donc 
la  I*.  fou-férie  fi)  prévient  l’Incarnation  d’unfiècle  : La  a', 
fe  voit  dans  les  deux  d’après  ; les  3 . & 4'.  au  1 1 . & 1 1 1 % 
les  fuivantes  , au  moyen  âge  ; les  quatre  dernières  aux  bas 
tems.  La  VI',  grande  férié  n’admet , que  les  t (3)  minuf- 
cules  , dont  les  premiers  remontent  pour  le  moins  au  iv'. 
fiècle.  Tels  font  ceux  , par  où  nous  commençons. 

La  I'.  de  (4)  l’V,  à fond  anguleux  , tient  à la  plus  haute 
antiquité  : fes  figures  font  régulières  • mais  celles  (^)  de 
la  II',  ne  le  font  pas.  Elle'eft  fi  ancienne  , que  la  plupart 
de  fes  caradères  pouroient  à peine  s’abaifler' au  iii‘.  fic- 
elé , à l’exception  de  la  7'.  fou-férie , & de  quelques  V 
d’Efpagne  de  la  II'.  La  III'.  grande  (6)  férié  , aux  V 
cxtriiiléquement  concaves  quelquefois  ^ar  plus  d’un  de 
leurs  côtés  , commence  du  moins  deux  ficelés  avant  J.  C , 
ôe  devient  rare  depuis  le  1 1'.  La  IV'.  férié  de  I V , tou- 
jours à fond  anguleux  , courbe  un  , ou  même  deux  de  fes 
jambages  {7I  en  dedans.  11  ne  (e  trouve  guère  , que  depuis 
le  111'.  fiècle,  La  V'.  dont  les  V font  à lond  caré  , à côtés 


(i)  I.  en  Tens  divers,  i.  irrégulière  avec 
des  enfoncemens  , j.  inclinée  vers  la 
gauche  , 4 hafte  panchée  vers  la 
droirc  , J.  .avec  bafe  , i.  traverfe  dif- 
roiiite  , 7.  unie  , 8.  tranchée  pat  un 
bout  7.  baie  étendue  &c.  10.  vers  la 
gauche  ,11.  couibée. 

(a)'i',  finit  par  des  rondeurs  , i. 
tranchée  avec  élégance  , ).  oblique- 
ment , 4.  en  croilTant , f . mailivement , 

6.  en  grife , 7.  eu  triangle  , S.  évafee 
au  pic  JcC.  9.  ttavcife  à bouts  rabacus , 
10.  T triangulaires,  ii.  cxicnfîon  pref 
que  dioite  de  traverfe  vers  la  bafe  , 
ta.  en  S , 1 1.  hafle  fingulièrement  cou- 
pée ou  terminée. 

(})  I.  en  C.  furmonté  d’une  horiron- 
tale  , t.  en  Z , harte  droite  recour- 
bée, 4.  travcifc  en  ru  , J baffe  ter- 
minée de  meme  , f.  tète  itrégalictc  , 
7. 1 gothique,  8.  croifé. 

(4)  I.  jambages  rerminés  en  rond  , 
t.  coupés  , ).  ttaachés  du  côté  gauche , 


4.  du  droit,  f.  des  deux  , f.  en  grife,,  • 

7.  obliquement  &c.  8.  V maffifs , 7. 
hétéroclites  , donc  les  quatre  dernières 
figures  font  modernes. 

(j)  1.  côté  gauche  plus  long  que  le 
droit  , i.  plus  court  , }.  coié  droit 
long  8c  courbe  , 4.  rentrant  en  dedans  , 
gauche  auffi  , «.  avec  un  fécond  an- 
gle , 7.  à triple  angle. 

(«)  I.  côté  gauche  courbé  , l’autre 
tranché  i 1.  le  contraire  , j.  au  moins 
un  côté  courbe  , l’autre  non  ’^tranchd , 

4.  courbe  des  deux  côtés . p,  un  côté 
en  s , en  S renverfée. 

(7)  I.  le  droit,  1.  extenfion  du gatt- 
che  en  dehors  , ).  du  droit  &c.  4. 
les  deux  côtés  courbés  vers  la  gau- 
che , s.  avec  pointe  au  ncud  par  le  bas  , 
t.  à double  angle  , au  côtés  inégaux  ,, 

7.  courbés  en  dedans , du  premier  xgc  , 

8.  plus  courbés  Scc  , 7.  CD  S du  côté, 
droit  8cc.  modciocs. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jji 

I)  dsjoints  ou  en  X , eft  diftinguée  de  {i)  la  vi®,  par 
les  bafes  des  V de  celle-ci  Scc.  La  VII®.  en  Y (3)  re-  ’ 
monte  aux  premiers  rems  , & dure  en  deçà  du  xiii®.  fic- 
elé , au  moins  en  Efpagne.  L’U  rond  (4)  en  ufage  avant 
l’Incarnation  fournit  la  VIII®.  férié.  A la  IX.  apartient  Vu 
oncial  (^)  ou  minufcule  , rare  avant  le  v®.  ficelé  , fréquent 
à proportion  , qu’on  avance  dans  les  fuivans.  L’W  , qui 
conftitue  (6)  la  X.  férié,  nous  ne  l’avons  point  découvert 
fur  les  marbres  & les  bronzes  , avant  le  viii.  ficelé.  La 
XI®.  renferme  les  figures  (7)  étrangères  de  l’\f  faxon  , de 
plus  en  plus  employées , depuis  la  même  époque. 

La  I®.  grande  (8)  férié  de  l’X  lui  confier ve  la  forme  or- 
dinaire. La  II®.  le  change  en  croix  (9)  de  diférentes  figu- 
res , la  plupart  du  moyen  âge.  Les  X , point  du  tout  tran- 
chés , ou  feulement  en  partie  , (10)  eurent  cours  avant 
J.  C , & forment  la  III.  fërie.  La  IV.  eft  compofée  d’X  i 


(i)  1*.  unis  fans  pointe  , t.  fond 
caré  très  - ligitcmcni  dès  le  i . lïecle  , 
s'élargit  au  II  > s’étend  eocorc  au  tu', 
le  foutient  jufqu’au  ix',  }.  côtés  difr 
ioints  en  JelTous  . 4.  V en  X.  Ces  deu^ 
fou-fétics  fe  manifeHent  plufieuts  (îè- 
cles  , avant  la  nailTance  de  J.  C.  8c  ne 
fe  montrent  plus  deux  fiècles  après  ; fi 
ce  n’cft  en  Efpagne  , où  l'on  voit  en- 
core le  detniet  au  vi'.  avec  un  côté 
communément  plus  étendu  que  I autre. 

(i)  Ses  V taies  avant  l'ère  chré- 
tienne , deviennent  à la  mode  au  11 1®. 
lièclç  , fe  palTent  vers  le  ix'.  i”.  fond 
caré  , jambages  joints  à la  bafe  , x*. 
déuchés  , 5*.  prolongés  horizontale- 
ment . 4*.  fond  aigu  , côtés  maOifs . 
J»,  maigres,  6°.  fond  aplati  , 7°.  cô- 
tés ittéguliets  8cc.  8*.  coutbés  en  de- 

(i)  I.  à pié  triangulaire  , 1.  hafte  or- 
née de  pelles,  5.  V en  Y régulier , 4.  it- 
léguliet,  J.  côté  plus  long  à droite, 
6.  à gauche , 7.  tous  deux  courbés  en 
dehors  : 8.  un  côté  en  S , atondi  à 
moitié  10.  fond  oblique  ou  caré,  i i.rond. 

{4)  I.  à fommets  Cmplcs  , i.  foli- 
des  , J • nuis  , 8c  quelques  bouts  coupés , 
4.  côté  plut  long  que  l'auue , j.  cour- 
bé en  dehors , «.  tons  deux  concaves. 


(j)  I.  peu  on  point  tranché  : 1.  à 
contre  fcnsScc;  ).  tranché  d’un  côté, 

4.  des  deux  : } h côtés  disjoints  , 8.  ca- 
lés par  le  bas  : 7.  à queue  courbe  : 

8.  côté  gauche  arondi  : 9.  u ch.itgé 
d’angles,  10.  formé  8cc.  ii.  en  ctoif 
fant  8cc  , it.  ï pointes. 

(i)  I.  ligne  oblique  interne  , tom- 
bant fur  le  côté  gauche  : i.  deux  Y 
unis  : J.  deux  V fe  touchant  par  un 
point  : 4.  en  a : 1,  W à jambages , s'en- 
ttecoupans. 

(7)  I . en  triangle  footenu  fur  un  mon- 
tant , s.  même  avec  des  irrégularités  , 

J.  même  en  trapèze  , 4.  en  fe  courbant, 

J.  W tirant  fut  I’»  8cc , 8.  cn  D , 7.  em 
P , 8.  en  q. 

(8)  Lai®,  fou  (ïtie  à jambages  arondif 
pat  les  bouts  , temonte  au  delà  de  l'In- 
carnation , 1.  X tranchés  horizontale- 
ment, ).  oblicjucmcnt  8cc  , 4.  évafés, 
f.  étoilés,  croifés  , 8.  malfifs. 

(ÿ)  1®.  de  S.  André  , i“.  droites  ô 
branches  toutes  triangulaires,  quel- 
ques-unes feulement,  4°.  irrégulières. 

(10)  I . dont  les  jambages  fe  coupent  ^ 
inégalement,  x.  font  inégaux,  5.  ttan-,  i 
chés  par  un  bout , 4.  pat  plaCeurs, 

Tti> 


I.  PARTIE. 
S E c T.  III. 
C H A ».  V. 


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1 


II.  PARTIE. 

S I C T.  III. 

C H A r.  V. 


XXI.  PtAMCHi: 
contridc  de  figu- 
res alphabétiqucSi 
adebode  icjctdc: 


NOUVEAU  TRAITÉ 
jambages  droits  (i>  irréguliers.  Elle  unit  U plus  Eautd 
antiquité  avec  le  moyen  âge  , auquel  feul  conviennent  les 
deux  fuivantes.  Dans  (i)  la  V®.  entrent  les  lignes  courbes. 
Elle  eft  paflablement  réguTicre.  La  VI®.  eft  remplie  (3)  des 
X les  plus  hétéroclites. 

Prelque  tous  les  jambages  de  ('4J  la  I®,  férié  de  l’Y  font 
droits.  Pliifieurs  (3)  de  la  IL  font  courbes  Sc  marqués  au 
coin  de  la  boime  antiquité.  Les  Y de  (6)  la  III®.  dont  la 
hafte  eft  placée  d’un  côté  , depuis  le  liaut  julqu’au  bas  , & 
non  au  milieu , indiquent  furtout  le  bas  & le  moyen  âge. 

Les  Z (7)àe  la  I®.  férié , à lignes  droites^  appartiennent  aux 
premiers  ficelés  , &c  plus  fpécialement  ceux  des  r . r.  & 7. 
fou-féries.  Plulieurs  de  la  6®.  font  antérieurs  à J.  C. 
plupart  des  autres  fe  raportent  au  moyen  âge.  La  II.  grands 
férié  eft  liée  aux  premiers  tems  pr  plulieurs  de  fes  figures , 
&c  principalement  pt  fes  (8)  fou-féries  4.  3.  & 6.  Les  fui. 
vantes  font  modernes, 

VIII.  Avec  un  nombre  de  minufcules  & de  cur- 
Cves  , dont  les  écritures  onciales  fe  trouvent  quelquefois 
entremêlées  : la  planche  XXL  réunit  toutes  les  fortes  de 


(t)  I.  avec  des  cxtcnfîons  fuperfl'ics 
aux  bouts  , 1.  Tur  le  baur  ou  par  le 
milieu  : 3.  X en  cenaiUes , 4,  en  alepb  , 
5.  en XT  grec  , fi.  bifares. 

(1)  i./égulièremcnt  tranchée  » cour- 
bée en  dedans  , x.  & en  dehors  » 5. 
arec  plus  de  rondeur  haut  ou  bas  , 4. 
«n  ces  deux  manières  , 5.  deux  bnan- 
<hes  arondies  au  dedans , 6,  toutes  en 
dehors  , 7;  ea  dedans  par  un  eôcc,  8.  c«i 
5 S , qui  fe  sraverfent  t 7.  jambage 
coutbé  d’un  feul  fens  ,10.  haut  d’un 
)^bag.e  courbé  vers  le  bas  , 11.  bas 
vers  le  haut , ii«  de  ces  deux  façons  à 
la  Ibis. 

(3)  r.  X tirant  fur  1 arcorfîfs, 
avec  traie  intermédiaire,  3 « gothiques. 

,(4)  Sa  r.  fbu'férie  perlée  remonte 
avant  rincamatiorr.  Lc^x:  4 8t  f-,  aux 
^emiers  (iéclcs  : fa  3^.  aumopenage. 
La  i*.  e(l  à bouts  tranchés  fîmplcm«nr, 
la.  3*.  par  des.  Commets  folidcs^  U 4*. 
ixrégulicrc  , ta  5*.  peu  ou  point  tran- 
chée. 

(/)  it^baatdes  Y mtrinféquemem 


^concave  : 1.  courbure  d'un  côté  en  de- 
hors , 5.  de  tous  les  déux  i 4.  hafté 
oblique  ou  courbe. 

(^)  I.  côté  droit  en  S,  1.  fommett 
maiîtfs  : }.  hafïc  courbée  principale- 
ment  vers  la  droite , 4.  vers  la  gauclie% 
J.  Y à pièces  détachées  «ce , ^."prcfquc 
en  V , 7.  à hafte  droite  , 8.  partant 
du  côté  gauche  , j.  Y courbés  en  de- 
hors par  le  haut,  10.  enf,  ii  ^ mi*- 
nufcules  gothiques. 

(7) ’  I.  crantés  {Ttriplcmenr  , t.  ca 
criangO;  ou  talûs  par  le  bas , 3.  mafTîfs, 
4.  à contrefens  , f.  prefquc  en  S an- 
tique., 6.  irréguliers,  7.  non  tranchés^ 
8a  manquant  d’un  jambage. 

(8)  I.  Z à queue  recourbée  en  dc/lu*, 
téce  fituée  horirontalcmcnt  &C',  x,  obIi<- 
quement , dre.  3.  cmirbcc  en  dcfTbus*,. 
4.  en  ddTus  , f.  horizontale  , queue 
courbée  tn  defTbus-,  6.  Z en  forme  Je 

3 , 7.  de-  J,  8 à double  S renverfée  , 
9.  Ceft  proprement  la  cédille  cfpi- 
gnolc  , que  nous  trouvons,  dès  leartvl* 

. iicele. . 


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5ii. 


/jiuuu'LiiliS  l7  Lursi/:f  ; 


/ c’c/'/Zi/rc 


’ L'/lClll, 


■le 


inn  mf  v<m  u rn«T  t n u r 

LUTUlii-iaL. 


3r  CCV.")  OLW  Cî€(MH)^  OQ  O «£'  ÔO  ÔO  i O ÜO  OOOD 


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^ : fvKlo.kH  >^'KH  ,.  Ki' VC L ^ K W ^-./r  0^^  ILP-AO FL<nS5îPfï-P.  6 

^’  ULLLLLI.I.U  LuLLLLLfcUUl  fî1VV'V^MU^;.<t  c/qq -{q^qq  .CL 

- ,l,aLLT,V.I;L1,I.l,M.«i L /.MiLI,l,lL\Uî  H ' I ' ^ 'H  •'J ^ ^ q'i  1 

^ .1  LU  "la^^ill^B  WLJLÎtKinw 

^ :lA^1X■lLLi;ULbt.i,LL•U.:l■hva.Ü^KKKK/W^M...^^^all'v^y^JLILKKR^lXatlfVUU^J^ 

,UWU'‘U.bkktLbv^=JJ>.L\iCM'  '■"’’  ’’ 

^ L‘L}  jiiii  /i/i/'LiÆLÊi  vhlujTsJ/Bdï  #-  Pf«aii-îy^  PF\rin«^>qiYh?fcf^>^ 

^ .MM  ^hV^.U^^^L^\4^^L^V^\.^M^LÎf^''’^2vCS^<^5XK>SgbSS^FL«&'^«S'i^S>5■SSÏ?P9■•£C.^.O'  s' 

ï.ftïM^V\’M^«^.(^X. 'H'.miM.AL^vi  S'S’  fe  -S.S  â:  '^r'SCki 

^ -.vKWVï  HJ.rM.L.•H^^P^^^•^\AV.v  n>ï^rr'u»  ’ ■>  ■ inin;?'-  "rPÂjy( 

^ b c >-CvimnMnm<n  nim(b(vfr.q'T  iriYiTTCPr  tt  i r a'’i’Ti'T:TT'i'T 

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DE  DIFLOMA  TIQUE.  j jj 
lettres  ("i)  majufcules  des  (i)  mfl*,  depuis  les  premiers  fiècles 
jufqu’aux  derniers  tems.  La  méthode  de  fériés  & fou-féries 
eft  encore  ici  conftamment  employée.  Mais  on  ne  croit 
pas  devoir  expofer  une  fécondé  fois  les  caraéfères  diftinéUfs 
des  unes  &c  acs  autres  , pour  les  raifons  raportées  (a)  aili- 
lîeurs. 

Ne  devroir-on  pas  plutôt , dira  quelque  critique  , faire 
contrafter  enfemble  les  figures  les  plus-  opofëes  , que  de  ra- 
procher  ainfi  celles , qui  conviennent  par  tant  de  traits  de 
conformité  ? Alors  les  lettres  voifines  5 loin  de  paroitre 
femblabics , ne  fe  feraient  remarquer  , que  par  leur  difé- 
rence.  En  éfer , les  caraûcres  de  chaque  férié  gardent  en- 
cr’eux  un  raport  uniforme.  Chaque  fou-férie  ajoute  un  nou- 
veau raport  au  premier  , un  raport  Ipécial  au  général.  De 
plus,  pour  fuivre  un  certain  progrès  dans  les  changemens 
des  lettres  ; on  afeéfe  de  placer  à côté  d’une  figure  celle  , 
qui  lui  relTetnble  le  plus  à tous  égards.  Or  comme  on  fe 


H.  PARTIE. 
Se  CT.  III: 

C H A P,  V. 

lettres  hiflonVes 
avec  ré- 
ferve  : onciales, 
capitates  , gothi. 
ques  & quelques 
mioufculcsoucur* 
Hves,  dillingu^es 
par  fériés. 

(a) 

p. 


(i)  Elles  moment  k près  de  huit 
milles  » immédiatement  choifies  fur  en- 
viron quarante  milles  coupcés  $c  déca^ 
ehées  de  nos  colJeéHons  , o»  Ton  en  a 
rébucé  un  plus  grand  nombre.  On  ne 
scfl  pas  borne  , particulicrcmenr  dans 
la  dernière  colone  , à la  diffcmblancc 
des  fignre^.-Oo  en  a rejeté  beaucoup: 
parcequ'elles  fe  raporcoient  en  partie  à 
quelques-unes , & en  partie  à quelques 
autres  : ou  pareeque  celles  , qu’on  a 
retenues  » portant  à Veicès  certaine  for- 
me , écoient  cenfées  renfermer  des  ca- 
raélcrcs  , qui  routroient  moins  , & 
-dont  on  poirvmt  par  conféqaent  plut  ai* 
fément  le  palTcr.  Si  malgré  ces  aten- 
lions  on  ne  lailTe  pas  d apercevoir  dés 
lettres  rrop  peu  différentes  : nons  pou- 
vons aHurer  , que  nos  modèles  paroi  f> 
foienc  tout  autrement  di/Temblables. 
Mais  quelque  rigoureufes  qu'aient  été 
nos  correélions , & quelque  habile  que 
ibic  te  dcdinateur  j il  eil  bien  dificite  , 
qu’une  même  main  ne  tende  à fe  co* 
prêt  3 funoot  en  faiûiie  i vue  des  ré- 
duéUont  conrinucllcs.  Pour  éviter  tota- 
lemcot  ce  défavt  3 il  faudrott  avoir 
aquis  une  conoifTance  parfaire  des  goûts 
le  des  nuaoccs  de  rdemute  de  tous  les 


; (îècles  s le  c’cll  ce  qu’on  ne  trouver» 
pas  dans  un  ûmple  artiile.  Un  grand 
travail  lailfera  toujours  quelque  prife  k 
1 exaébeude  fcrupulcnfc  : c’cH  le  (bre 
de  l’humanité.  Si  l’oo  ne  pardone  pas  de 
légères  fautes  , & peutétre  fans  con(é* 

?itieace  3 on  réduit  un  auteur  à tour 
aire  par  ini-méme.  Peutetre  o'en  éai^- 
on  que  trop.  C'eli  en  partie  ce  qui  cid- 
pèche  un  ouvrage  d'avancer  autant  <ps*oti 
^ le  Amhaiterorr. 

(1)  Chaque  mC  danr  les  quatre  ou 
cinq  premières  pages,  dont  on  voudèa 
* recueiinr  les  lettres  d'une  forme  difé- 
rente , ordinairement  nen  fournira  que 
. quelques  douzaines.  Mais  après  cette 
première  récolte  3 veut-on  épuifer  dès 
rndl  entiers  } à peine  une  demi-douzai- 
. ne  de  figures  fera  c-elle  la  récompenfe 
d’une  levure  de  10.  k 3 c.  pages.  SI 
Ton  veut  entore  poulTer  plus  loin  : hi 
,dinnnarion  ira  toujours’ avec  la  même 
progreHion  : fupofé  que  le  mf.  ne  vienne 
pas  dé  mains  drférenres.  On  peut  jà« 
^gerparlà,  combien  il  a falu  dépouiller 
de  mlT  & de  modèles  imprimes  , pour 
y découvrir  environ  cent  mille  carac- 
tères , dent  cette  planche  contient  rdiiie^ 


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ÎJ4  NOUVEAU  TRAITÉ 

"■  contente  en  plus  d’une  ocalion  de  diflcmblances  relatives 

*s’ict^TÎ^’  proportions  , tantôt  à des  traits  linguliers  ; fî 

ChYp.  V.’  n’envifage  ces  caraflcres  , que  d’une  manière  fuperfi- 
cielle  ; on  ne  manquera  guère  de  les*  juger  fou  vent  fem- 
blables. 

Mais  le  font-ils  réellement  ? Un  examen  plus  exa£t  S£ 
plus  atentif  convaincra  bientôt  du  contraire.  Ecartez-vous 
totalement  de  notre  méthode  , raprochez  les  figures  les 
plus  difparates , éloignez  les  plus  conformes  ; vous  tombe- 
rez dans  une  contufion  afreulè.  Plus  d’ordre  , plus  de 
fuite  , plus  de  defcendance , plus  de  facilité  à découvrir  les 
caraéières  , qu’on  cherche.  On  n’évitera  de  mettre  côte  à 
côte  des  figures  aprochantes  , que  pour  en  lailTer  échaper 
de  rigoureufement  fcmblables  , pour  peu  que  l’alphabet  foit 
ample.  S’agit-il  donc  de  faire  illullon  au  public  , ou  de  l’é- 
clairer ? Une  pareille  méthode  ou  plutôt  mi  fi  grand  dé- 
fordre  n’eft  pomt  de  notre  goût  : &nous  n’imaginons  pas  , 
qu’il  le  puilfe  être  d’un  efprit  droit  & judicieux.  Ne  vaut- 
il  pas  mieux  efluyer  de  longs  travaux  , pour  aranger  fyfté- 
matiquement  les  figures  de  chaque  élément , que  de  for- 
mer un  cahos  de  lettres  recueillies  à grands  frais  , difpo- 
fées  fans  deflèin  , entalfées  fans  peine  comme  fans  utilité. 

Les  lettres  liiftoriées  ou  fleuries  font  en  fi  grand  nom- 
bre , fi  diverfifiées  , & fi  pleinement  abandonées  au  caprice 
des  écrivains  ; qu’on  ne  s’eft  nullement  propofé  de  les  faire 
entrer  dans  cette  planche.  Des  échantillons  doivent  fufire. 
Les  planches  XVII.  XVIII.  & XIX.  &c  quelques  modèles 
du  volume  fuivant  en  fourniront  , autant  qu’il  eft  nécef- 
faire.  Ici  même  on  a laiffé  paflTer  quelques-unes  de  ces  let- 
tres ; lorfqu’elles  étoient  tres-peu  chargées  d’ornemens. 

A l’égard  des  fimples  lettres  initiales  ôc  de  celles  des  ti- 
tres ; on  auroit  eu  d’autant  plus  grand  tort  de  les  exclure , 
que  depuis  le  x'.  fiècle , on  celTe  de  voir  des  mlT.  en  on- 
ciale , & dès  long-tems  auparavant  en  capitale.  Mais  puif- 
qu’on  fcmble  partout  diftinguer  les  capitales  des  onciales  ; 
n’auroit-il  pas  mieux  valu  les  féparer  en  des  alphabets  di- 
féreas , que  de  les  confondre  enlèmble  ? 

Les  diverfes  notions  de  capitale  Sc  d’onciale  feront  dif- 
cucées , quand  on  traitera  des  écritures.  Sans  donc  s’engager 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

Il  déduire  ici  les  mocifs  , pour  lefquels  on  aplique  ces  dé- 
nominations à telles  & telles  lettres  ; on  va  fe  réduire  à fpé- 
cifiec  , qu’elles  font  celles , qu’on  prétend  défigner  par  ces 
épithètes.  Plufieurs  fortes  de  caradcres  font  commims  aux 
onciales  &c  aux  capitales  ; & plufieurs  leurs  font  particuliers. 
A proprement  parler  , les  BCFIKLNOPRSXYZ 
conviennent  (i)  également  aux  unes  &c  aux  autres.  Mais 
l’onciale  s’aproprie  les  ^ % 6 Ç b (T)  Q 1/  U 
&:  autres  figures  femblables  ou  aprochantes  : &c  la  ca- 
pitale les  A D E G H M Q T V.  Quoiqu’il  ne  fut  pas  diiî- 
cile  d’atacher  de  plus  à l’onciale  quelques  autres  formes  de 
lettres  ; furtout  des  F des  L &c  des  Z -,  il  n’y  a que  neuf  on- 
ciales 8c  capitales  , fur  lefquelles  on  puifTc  abfolumenc 
compter  comme  caraélériftiques.  On  conçoit  fur  cet  expo- 
fé  , qu’on  n«  pouvoit  diviler  les  onciales  des  capitales  en 
diférens  alphabets  , fans  fe  jeter  dans  des  répétitions  conti- 
nuelles , par  raport  aux  lettres  communes.  Pour  un  difcer- 
nement  encore  plus  exaéf  des  unes  & des  autres  ; nous  ren- 
voyons en  (i)  noce  le  détail  des  fériés,  qui  fe  donnent 


(i)  On  remarque  toutefois  certaines 
figures  parmi  ces  eara^ctes . qui  ne  peu- 
vent s'allier  avec  l'onciale.  "Telles  font 
les  lettres  citéct  5cc.  Si  clics  s'y  glilfent 
quelquefois  : ce  qui  doit  être  plus  tare  , 
qu'on  ne  fauioic  dite  ; c'eft  par  la  meme 
raifon  , qu'on  voit  des  figures  particu- 
lières à la  capitale  , dont  l'oncialc  ne 
dédaigne  pas  la  compagnie  r chofe  qui 
arive  plusfouvent,  fans  néanmoins  être 
ordinaire.  Au  contraire  les  lettres  ton- 
des , propres  à récriture  onciale  , doi- 
vent être  regardées  comme  étrangetés 
à la  capitale.  Audi  jamais  ne  patoilfent- 
clles  dai  s le  corps  des  m/T  , d'où  ce 
genre  d'écriture  banit  tous  les  autres. 
Mais  les  titres  en  capitale  ne  t.ltdent 
pas  d'en  ofrir  des  eremples.  Ils  fe  mul- 
tiplient à proportion  , qu'on  defeend  dans 
les  bss  fiicles. 

(i)  La  capitale  fe  diliingoe  de  l'on- 
ciale dans  les  1.  & a.  grandes  ferics  de 
l’A.la  J*,  du  C , les  4.  premières  du 
D,  les  7.  premières  de  l'E  , les  : t.  j. 
(c  8.  du  G , les  J.  premières  de  l'H  fc 
de  TM , la  j’,  de  l'O  , lu  6.  picmiètcs 


duQ,  les  ].  premières  du  T , & la  i. 
&:  1.  de  l'V.  L'onciale  revendique  les 
4.  7.  Sc  8°.  fériés  de  l'A , la  j.  do  D , Ica 
9.  & lo.  de  l'E  , la  4.  & 7.  du  G , la  4. 
de  l'H  , la  4.  8c  7.  de  l'M  , la  7.  du  Q , 
les  4.  f.  4.  du  T , les  3.  4 4.  de  l'U. 
On  voit  fous  quelques-unes  de  ces  let- 
tres des  fériés  8c  même  des  foo-férics 
communes  à l'onciale  8c  à la  c^italc  ; 
ou  bien  une  meme  férié  partage  (es  fou- 
férics  entre  Tune  8c  l'autre.  Par  exem- 
ple les  quatre  premières  fou  fériés  de  la 
V.  grande  férié  de  TA  font  capitales  8c 
les  f.  i.  & 7,  onciales.  Les  1.4.  f.  6. 
petites  fériés  de  la  3.  grande  divifion 
de  Ta  font  capitales,  lai.  onciale, Ics3, 
8c  7. mêlées.  En  un  mot  TA  oncial  fe  drf- 
tinguc  du  chiral  parfon  côté  gauche, con- 
fondu avec  la  bare.  La  IV,  férié  de  TA  cil 
commune  aux  deux  éctitutes  : 8c  fi  quel- 
ques figures  font  plus  propres  à l'une 
qu'à  l'autre  ; il  faudroit  entrer  dans  de 
trop  grandes  difeufiions  , pour  en  faire 
le  difccinemcnt.  Dans  TF  les  3.  4 8c  p. 

Iféties  font  plus  fpécialenient  afeélées  à 
l'onciale  qu'à  la  capitale.  La  i'.  fciie  de 


II.  PARTIE. 

St  CT.  III. 

Ch  A».  Y. 


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II.  PARTIE. 
S E c r.  III. 
Cha?.  V. 


Parallèle  des  let- 
tres nationales 
minufcules  & eur- 
fives  des  tnlf.  Par 
^uels  élcfmcns  de 
l'alptubec  la  mi- 
ou  feule  fe  dii^in- 
gue-c*  elle  de  la  ca- 
pitale & de  Ton- 
ciale  ) En  quoi 
confîfle  la  difé- 
aence  Ôc  rclTem- 
blancedes  lettres 
nationales.  Ob- 
ietTations  fur  la 
idaochc  XXII. 


jjg  NOUVEAU  TRAITÉ 

tour  à tour  l’exclufion  , en  qualité  de  capitales , d’onciales  ,* 
de  gothiques , de  curlives  de  minufcules. 

Les  lettres  marquées  de  croix  , d’étoiles  Scc.  à la  fin  de 
quelques  éiémens  fout  renvoyées  à leur  place  , défignée  par 
les  memes  figures.  Le  nombre  n’en  eft  pas  confidérable. 

. IX.  On  n’a  permis  l’entrée  à quelques  minufcules  & cur- 
fives  dans  la  planche  XXI  , que  pareequ’il  s’en  trouve  fou- 
vent  de  confondues  avec  l’onciale  des  mlT.  Mais  ce  feroit 
fe  borner  à bien  peu  de  cliofe , que  de  ne  pas  tirer  des  au- 
tres monumens  du  même  genre  au  moins  une  planche  de 
(a  J minufcules  & de  curfives.  Qui  ne  fait  que  ces  deux  fo^s 
d’écritures, tantôt  raprochées,&  tantôt  féparées  s’étendentàla 
prefque  (i)  totalité  des  livres  antiques  î Divers  autres  avan- 
tages ici  fe  réunifl'eru-  Sous  un  feul  coup  d’œil  font  expo- 
fées,  &:  mifesen  (3)  parallèle  les  lettres  nnnufitules  &:  cur- 
fives*, romaines,  lombardiques  , ■«'ifigothiques  , anglo-fa- 
«ones , gallicanes , mérovingiennes , allemandes , carolines. 


tL  farcit  plus  capitale  , cjn'oaciale.  Au 
coocraitc  les  i.  5.  4-  5*  7*  fcrablcnt 

plus  onciales,  que  capitales.  La  4.  de 
rs  eft  ptefquc  toute  capitale.  Les  go- 
thiques modernes  fe  feront  furtout  te- 
marquer  dans  la  9.  fifric  du  B , la  tlu 
C , la  <•  du  D , la  8.  de  l’E  , la  7.  de 
l’F  , la  7.  de  l'H , la  4.  de  I I , la  4.  du 

K,  la  8.  de  IX,  les  8.  ».  10.  de  PM  , 

la  ».delN,la  4.  de  fO  , la  5.  du  P , 
la  i.  du  Q,  les  4.  & 8.  de  I R,  la  f.dc 
PS,  la  7.  fc  8.  duT,  la  7.  de  TV , la 
4.  de  rX.  On  voit  quelques  minufcules 
^ & curlives  dans  la  4*  fdtic  de  IA,  la 

du  C , la  10.  de  l E , la  ».  & 10.  du  G , 
la  «.  de  l'H , la  7-  fL . •*  ■ 

U J.  de  ro  , la  4.  du  P , la  7.  du  Q , 

la  ».  de  l'R  , la  <•  de  PS  , la  ».  du  T , 
. la  4.  de  l'X  , la  î.  de  l’Y  , fans  parler 
de  plufieuB  de  I V «ce.  répandues  dans 
les  difétentes  fériés. 

( r)  On  évitera  de  répéter  ici  leurs  fi- 
( Rurcs  employées  dans  la  planche  précé- 
dente. On  en  ufera  de  même  à peu  près 
dans  la  fuivante , par  rapott  aua  curfi- 
ves , que  la  XXII'.  renferme. 

(i)  Sur  mille  rolT,  à peine  un  feul 
fera-t-il  en  onciale  , & fur  dit  mille,  pas 
plus  eu  capiule.  Ce  feroit  aqtte  chofe  , 


fl  l'on  entendoit  parler  de  mlT,  ou  l'on 
voie  plufieurs  lignes  & même  des  pages  , 
où  Tun  Se  l'autre  caraiftère  fe  montre 
tour  à tour.  Combien  donc  la  minufcule 
n'cft-elte  pas  répandue  dans  ces  anciens 
monumens  ! C'eft  efeaiveroent  cette 
écriture  , qu'on  peut  regarder  , comme 
leur  étant  propre  , ou  pour  mieua  dire 
ordinaire.  La  curfive  , quant  à Péten- 
due  de  fon  domaine  , ne  tient  à cet 
égard  que  le  fécond  rang.  Le  contraire 
arive  dans  les  chartes.  La  minufcule  ne 
fcmblelui  difputet  l'empire,  qu'aux  xi. 
8c  XI  i'.  fiécles.  Auparavant  elle  étoic 
rarement  admife  ailleurs  , que  dans  les 
aiftes  écléfialiiques  : & depuis  de  jour  en 
jour  elle  devint  d'un  ulâge  moins  fié- 
quent  î fi  l'on  en  excepte  les  mlT.  8c  les 
inferiptions  fcpulcrales.  Mais  a 1 égard 
des  diplômes,  avant  le  xii'  fiécle  les 
écritures  onciales  8c  capitales  font  d’une 
extrême  rareté  , 8c  dans  la  fuit.-  nous 
•n’en  trouvons  plus  , qui  remplilTent  des 
chartes  entières. 

(5)  Ceft  un  moyen  aulC  conrt  que  fit* 
cile , pour  conftater  une  origine  com- 
mune , qui  ne  porte  nulle  ateinte  aux 
difécences  nationales. 

capétiennes  J 


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Al.PlL^BET  GÉNÉRAL  DI 

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3 


% 


DE  DIPLOMATIQUE'.  ay 

capétiennes  , gothiques.  Les  deux  premières  colones  apar-  — 

tiennent  à l’Italie  , la  à l’Efpagne  , la  4*.  à la  grande  partie. 

Brétagne,  les  j.  à la  France,  la  7.  à l’Allemagne  , les  8.  ch”p*y^ 

5.  8d  10.  à tous  les  pais  d’Europe  du  rit  latin.  Les  lept  pre- 
mières précèdent  le  liccle  de  l’empereur  Charlemagne  , les 
trois  autres  le  fuivent.  La  rellemblance  , pour  ne  pas  dire 
l’identité  , de  ces  caraéVères  , plus  diftingués  par  leurs  dé- 
nominations , que  par  leurs  formes  , fourniront  une  des 
preuves  les  plus  complèces  , que  tous  naifl'ent  du  romain. 

Pour  la  faire  bien  fencir,  il  a falu  de  toute  néceflité  fe  rc-' 

Ibudre  .1  quelques  répétitions  de  figures  (i)  parallèles  6C‘ 
contemporaines  dans  les  diverfes  colones.  Leur  diférence’ 
ne  paroitra  peutetre  pas  toujours  fi  marquée  , que  l’eft  au- 
jourdui  celle  des  lettres  (a)  françoifes  , italiennes,  alleman- 
des , angloifes , efpagnoles.  ’ 

Soit  que  nous  dévidons  en  grandes  & petites  fériés  les' 
élémens  de  notre  alphabet , ou  que  nous  nous  contentions 
des  dernières  ; toutes  les  divifions  de  chaque  colone  fe  ré- 
pondent exaftement , chifre  pour  chifre  , à raifon  de  leurs 
raports  de  fimilitude.  D.ans  celles , qui  ne  préfentent  point 
quelque  forte  de  caraélères  , dont  les  autres  font  fournies  ; 


(t)  Forcés  par  les  bornes  6xe$  de  nos 
colones  à ne  pas  nous  étendre  , autant 
<)  IC  I/mnItitude  des  figures  femblcroit 
Texiger  tres-fouveot  5 au  lieu  de  répé- 
ter les  memes  fur  ces  dirércntes  colones. 
nous  nous  contentons  de  leur  en  opofer 
d'aprochantes.  Il  ne  faut  donc  pas  tou- 
jours conclure  de  la  ruprcfiion  de  ccr* 
tains  caraclcres,  que  ces  ngurcs  ôVxiflcnt 
pas  dans  les  écritures  mifes  en  parallèle  1 
a moins  i]a'cllcs  ne  foienc  fort  extraor- 
dinaires , & <]u’on  n’y  voie  pas  metne 
de  Icrtres  , qui  s’y  raportent.  On  doit 
encore  moins  l'inférer  » fi  les  figures  font 
rnajafculcs.  £n  éfcc  nous  ne  rape'ons 
les  onciales  ou  capitales  , qae  pour  f^i- 
re  fentir , qt/ellcs  font  d'un  ufage  plus 
ou  moins  fréquent  dans  le  texte  ordi- 
naire de  quei(|ue$  écritures  minufculcs 
ic  curfives  nationales.  Plus  elles  y ont 
cours  , plus  on  cft  atenrif  à rcprélcntcr 
les  diverfes  formes , qu’elles  y prennent. 
Par  exemple  au  ix"^.  ficclc  le  Ç à queue 
(t  trouve  fi  acrédité  chez  les  Wifigochs , 

Tome  II, 


nu'oQ  parcourrait  des  centaines  de  pages 

de  ( *)  certains  de  leurs  mfT.  fans  y dé-  dtCtUmt, 

couvrir  un  feul  » minufeule.  Mais  ces 

fortes  de  lettres  ne  lailTcnc  pas  detre 

quelquefois  oniifcs  , ou  parccqu'cUcs 

(ont  déjà  précifémenr  employées  dans  la 

planche  précédente  , ou  pateeque  la  co- 

ione  relativement  à fon  étendue  , cR 

d’ailleurs  fufifamment  remplie.  Malgié 

tous  ces  tetranchemens,  la  planche  XXII. 

ne  lailfe  pas  de  renfermer  lîx  à fepe 

mille  caR^ères  , fans  compter  les  cm- 

ftes  romains  & arabes  des  fériés. 

(t)  De  romaines  qu'elles  étoient  dans 
leur  origine  , transformées  en  carolincs . 
ou  capétiennes  , elles  ont  avec  le  tems 
un  peu  dégénéré  de  leur  forme  primi- 
tive. fuivaot  le  génie  de  chaque  peu- 
ple J quoiqu'un  peu  moins  vite  , qu'elles 
n'avoient  fait  auparavant , en  s’écartant 
de  l'ancienne  romaine  : ce  qui  leur  a 
fait  donner  depuis  t.  à ).  liécles  prcfqus 
tous  les  00ms  , que  nous  mectoui  en  ti- 
tres. 

. Vu 


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II.  PARTIE. 
StCT.  III. 

Cnir.  V. 


33S  NOUVEAU  TRAITÉ 
on  fuprime  les  cliifres  correrpondans  , en  palTant  tout  de 
fuite  à ceux  , qui  s’acordent  avec  une  ou  plufieurs  autres. 
Une  colone  eft-elle  dépourvue  de  certains  nombres  , com- 
me de  Z,  y.  8.  10  î Si  leurs  lettres  font  d’ime  figure  très-fin- 
gulicre  : il  en  faut  conclure  , que  tel  élément  national , n’o- 
fre  rien  de  conforme  ( i ) aux  efpcces  défignées  par  ces  chi- 
fres  dansjes  autres  colones.  C’eft  donc  une  diférence  re- 
marquable entre  les  lettres  d’un  peuple  , comparées  avec 
celles  d’un  autre.  Quelquefois  la  dilTemblance  réfulre , non 
de  telle  & telle  efpèce  de  caradcres  : mais  d’une  forme 
d’une  nuance  , d’un  accell'oire  dans  la  figure  de  lettres , 
d’ailleurs  aflez  femblables.  Si  l’on  avoir  pu  fe  prêter  au  dé- 
tail des  divers  genres  de  lettres  des  diféreirtes  nations  ; on 
auroit  quelquefois  obfervé  des  difparités  plus  marquées  en- 
tre certaines  fortes  de  caraêlcres  du  même  peuple.  Mais 
pour  ménager  les  planches  ; nous  Ibmmes^  obligés  de  com- 
parer la  totalité  , &c  non  pas  chaque  efpèce  de  lettres  , par 
exemple  , lombardiques  avec  les  romaines  , anglo-faxones 
avec  les  carolines  , &:  ainfi  des  autres.  En  cela  fi  nos  alpha- 
bets lèmblent  un  peu  trop  favorifer  l’unité  d’écriture  -,  les 
modèles  , que  nous  donnerons  dans  le  volume  luivant,  dif- 
tingueront  avec  précifion  les  genres  &:  les  efpcces  d’écri- 
tures , propres  à chaque  peuple. 

Veut-on  maintenant  favoir  , ce  qu’ont  de  commun  & de 
particulier  l’onciale  & la  minufcule  ? On  l’aprendra  dans 
{z)  la  note  indiquée.  Quant  à la  capitale  , elle  ne  peut  s’a- 
corder  tout  au  plus  avec  la  minufcule  , que  dans  les  lettres 
C I K O X Z , fauf  quelque  mêlai^e  , ou  la  conformité  de 
certaines  figures  moins  ordinaires  d’un  petit  nombre  des  au- 
tres élémens. 

A l’origine  près  , dont  il  n’eft  pas  ici  queftion  ; on  ne 
voit  la  curfive  s’aproprier  aucune  des  lettres  ni  de  la  capitale 
ni  de  l’onciale  : fi  ce  (5  j n’eft  par  caprice,  ou  bien  parcequ’on 


(i)  Les  majurculcc  conccnaewlans  U 
planche  XXI.  faporcnc  une  cccj-aaiple 
ciccption. 

(i)  Vi'-l  vis  de  la  mioufculc  , les 
X&H/nRST 
font  propres  à l'ontiale  > & lésa  b c d 
ï*ft  patticulieta 


à la  minufcule , (î  quelques-unes  de  ces 

freiitcs  lentes  fizuienc  parmi  les  oncia- 
es , comme  e f 1 m c ; c'eft  plutôt  mé- 
lange , qu'unité  de  eataâcres.  Au  con- 
traire Icsacd  |pikopquX.y2 
conviennent  à l'une  te  à l'autre  écriture. 
(])  Le  mélange  de  la  majufculc  arec 


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5 


DE  DIPLOMATIQUE.  ,j5> 

afeâa  d’employer  en  certains  cas  ces  cara£lères , même 
dans  les  diplômes,  furtout  depuis  le  ix*.  ficelé.  U eft  vrai 
qu’en  s’aprochant  le  plus  qu’on  peut  de  la  fource  ; on  i>e- 
conoit  des  majufcules  fufceptibles  des  plus  hardies  liaiTons 
de  la  curfive , & comme  telles  adoptées  par  cette  écriture , 
fans  aucune  altération  notable.  Mais  leur  durée  ne  pafie  pas 
le  ix'.  ficelé , ou  bien  elles  fe  détachent  de  leurs  voifines , 
ou  meme  elles  reprennent  la  figure  alors  ordinaire  aux  ca- 
pitales. 

Tout  ce  qui  aprtient  à la  minulcule  eft  tellement  pro- 
pre à la  curfive  , que  l’une  ne  le  diftingue  fouvent  de  î’au- 
tre  , que  par  fa  manière  d’enchaîner  ou  de  joindre  les  ^i) 
lettres  enfemble.  Mais  fi  la  première  ne  refiife  rien  à la  lè- 
conde  ; la  dernière  n’en  ufe  pas  de  même  à fon  égard.  Pres- 
que nul  de  fes  élémens  , qui  ne  fe  décore  de  diverlès  {x) 
figures  , très-diftinguées  de  la  minufcule  ou  plutôt  incom- 
patibles avec  elle  : pourvu  qu’on  en  excepte  quelques  mflT. 
des  vin.  fie  ix'.  fiecles  , où  l'on  découvre  fréquemment 
des  ligatures  tirées  de  la  curfive  , fie  plus  particulièrement 
de  la  mérovingienne , fie  de  la  lombardlque.  L’exception 
pouroit  encore  s’étendre  tout  autrement  loin  , pour  les  per- 
ibnes  (3)  perfuadées  , que  l’écriture  minulcule  eft  plutôt 


U cariîve  tombe  (Wcii(ement  fur  la  let- 
tre N aulTi  fiicile  a Te  lier  aetc  fes  voi- 
(înes  , <]n  à être  formée  (ans  lever  la 
plume.  De  là  vient  tjue  les  curfivet  en 
fourniflent  des  exemptes  . à proportion 
de  leur  antiquité.  Il  eft  audî  des  figures 
d'C^  ouverts  trés-curfives  , qu’on  ne 
fauroit  méconoirre  , pour  êrre  originai- 
rement majufculet.  Qui  pouroit  n’y  pas 
voir  du  premier  coup  d’œil  , les  gC' 
capitaux  de  quelques  infcriptioos  au 
haut  empire  ? 

(i)  On  nes’eft  pas  tftreint  à diftin- 
gucr  touiours  les  curfives  liées  par  l’un 
de  leurs  côtés  ou  par  tous  les  ^ux  de 
celles  , qui  ne  le  font  pas.  Pour  en  don- 
ner cependant  des  exemples  ; on  a mar- 
qué fur  quelques-unes  des  T ordinaires 
ou  renverfes.  Ils  défignent  les  caraéières, 
dont  les  li  allons  fe  portent  à droite  & 
à gauche.  Les  figures  ‘ en  forme  d’é- 
querre o’iudiqueot  , que  des  liailôas 


d’un  fcul  côté.  On  le  reconoir  par  l’ou- 
verture de  l’équerre , ou  par  le  bout  de 
l’horizontale  , opofé  au  point  d’incidence 
de  la  perpendiculaire, 

(i)  Le  détail  en  ferait  très-long  : 
mois  on  peut  y fupléer  par  les  plancues 
XXII.  de  XXIII.  où  elles  fe  trouvent 
talTemblées.  On  en  verra  de  plut  des 
modèles  dans  les  volumes  foivans. 

I ] ) Il  n’eft  pas  lür  , qu’avant  le  v*. 
fiècle  en  eût  une  minafcole  bien  décidée. 
Les  plus  anciens  mlT . qui  confidéréa 
dans  leur  tout  ou  dans  leurs  parties  , 
ne  Ibnt  ni  en  capitale  , ni  en  pure  on- 
ciale , ni  en  derti-oociale  , ni  même  en 
curfive , préfenicnt  on  mélange  de  mi- 
nufcule  de  de  curfive  alTez  peu  liée.  Sou- 
vent on  y remarque  aulTi  ptufieurs  let- 
tres vraiment  onciales.  Ne  ferait  - ce 
point-là  des  préludes  de  la  minufcule  t 
Dans  cette  bypoihélc  il  ne  faudroit  pas 
être  futpris  ' ^en  trouver  encore  jdc< 


II.  PART  fB. 
S ter.  III. 
•CHAt.y. 


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II.  PARTIE. 
S I CT  III. 

.Cm*».  V. 


Id^ede  la  plan' 
che  XXm.  con- 
tenant les  alpha- 
bets dîplontati- 
qacsd'Iiatic.Fian- 
ce  , Allemagne  , 
grande  Bidtagne  , 
Efpagnc  ; leur  dif- 
iribuiion  par  hé- 
cles  & fdties  : a- 
Tantages  , qu’on 
en  peut  tiret  pour 


(«)  Ci-*/,, 

€h.  IT.  fl.  X. 


340  NOUVEAU  TRAITÉ 
fortie  de  la  curfive  , que  celle-ci  de  celle-là.  Quelque  favo- 
rablement prévenus  que  nous  foyons  pour  cette  opinion  ; 
nous  ne  laiflbns  point  de  donner  , autant  qu’il  efe  poflible , 
le  pas  à la  minuicule  fur  la  curfive.  Les  raports  de  la  pre- 
mière avec  l’onciale  , dont  la  planche  a précédé  , &:  ceux 
dfc  la  fécondé  avec  les  caraûères  des  chartes  , dont  l’alpha- 
bet va  fuivre  , nous  déterminent  à garder  cer  ordre  , fans 
préjudice  du  droit  d’ainelTe  de  l’une  fur  l’autre. 

X.  Cinq  colones  partagent  notre  XXIII'.  planche  en 
autant  d’alphabets  généraux  par ( i ) fiècles.  L’Italie,  la  Fran- 
ce , l’Allemagne  , la  grande  Bretagne  , & l’Efpagne  ofrent 
chacune  en  particulier  leur  alphabet  diplomatique.  Les  chi- 
fres  romains  en  défignent  les  ficelés  , & les  arabes  leurs  di- 
verlês  fortes  de  lettres  renfermées  fous  les  memes  élémens. 
Le  parallèle  alphabétique  ne  fe  foutient-  pas  feulement  entre 
chaque  nation , mais  entre  leurs  ficelés  divers  , & de  plus 
entre  les  formes  Ci)  fuccelTivement  multipliées , que  prend 

•xempics  poUcrieors  à la  formation  de 
cette  écriture.  Un  nouvel  ufage  o'em- 
péehe  pas , que  l'ancien  ne  fubiille  à la 
fois. 

Le  bcfoin  d'une  écriture  curfive  a dû 
DaturcUement  fe  faite  fentlc  avant  ce-’ 
lui  de  la  minufcule  , dont  la  capitale , & 
depuis  l'onciale  & la  demi  onciale  pou- 
voient  tenir  lieu.  Audi  la  minufcule  fem- 
ble-t-clle  immédiatement  tirée  de  ta 
curfive  : quoiqu’une  partie  de  fes  carac- 
tères pût  Ce  rapotur  à l'onciale.  Toutes 
émanées . que  foient  de  la  capitale  cer- 
taines, figures  de  la  curfive  ; il  en  cfl 
. un  ttét-gtand  nombre , qu’on  n'y  fautoit 
rcconnoitre  , non  plus  que  dans  l'on- 
cialc  , fans  les  faire  pafTct  par  une  fuite 
de  méiamorphofes.  On  pouroit  ptefque 
en  dire  autant  de  la  minufcule  , fi  l’on 
prétendoit  en  dériver  toutes  les  cutfives. 

Mais  les  minufculcs  fans  exception  pa- 
toiffent  moins  fortics  de  celles-ci , qu'ê- 
tre avec  elles  une  mémeebofe.  Aiir-lle 
cela  ne  prouve  point , que  la  curfive  ne 
foit  pas  née  de  la  capitale  tmais  que  fa 
ruiflancc  remonte  ttes-baut  : puilque 
dés  le  v'.  fiicle  elle  s’en  étoit  dé)a  fi 
ptodigieufement  éloignée. 

(i)  Sous  divett  affcâs,  ils  noos  ont  ^ 


fcmblé  d’abotJ  impraticables.  Maisc’eft 
à proprement  parler  en  fupofant  les  let- 
tres de  tousies  genres, difbtibuées  confufé- 
mctK  en  autant  d alphabets  que  de  ficelés. 
Outre  lestaifons  espofées  (,)  ailleurs, & 
que  nous  refVraignons  aux  alphabets  tant 
des  marbres  & des  bronzes , que  des  mlT; 
la  date  , dont  la  plupart  des  dctnieir 
de  des  inferiptions  mêmes  font  dépour- 
vus , lailTe  trop  de  prife  aux  doutes  , 
pour  qu’on  puilfc  toujours  fixer  les  Cè- 
des, fans  crainte  de  Ce  faire  illufion.  U 
n'en  efb  nas  ordinal  temcot  de  même  des 
aélcs  & des  diplômes  : la  plupart  portent 
leur  date.  Ceux  qui  s'en  trouvent  privés , 
quoiqu'ils  n’aient  éprouvé  nul  acci- 
dent . font  revêtus  de  caraélércs , ic  rem- 
plis d'indices  hifloiiqucs , qui  ne  laifTcnr 
aucune  incertitude  fur  le  ficelé.  Noua 
croyons  donc  pouvoir  bazarder , par  ta- 
pote aux  chattes  , ce  qui  paroifl'oit  fu- 
jet  à une  infinité  d'inconvér.icns  , par 
taport  aux  mlf.  je  aux  montimens  lapi- 
daires êc  métalliques.  Mais  les  raifôna 
aléguées  contre  des  alphabets  divifés  par 
ficelés,  où  les  lettres  de  quelque  genre 
qu’elles  fulfcnt,  fetoient  confondues,  n’en 
fubfifbeot  pas  moins  dans  coure  leur  forcé. 

(1}  Un  mêinq.'fiécle  emploie  fan* 


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Pl.KXlU.  To.n.fi  i-fo. 

jPRES  DE  lÆ,liRi 

, IS  LE  I\.'  .Il  s 9L  AU  x\  ll' 

-I 

Alpiiabet 

lAiptâtet  çx'iio-al  des  ciirlivcs  d Jllpaejac 

. 

I». 

îdtîÛAxccr'iffXil 
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xîlîll  tw.bxiiVbjifii’L.%*fcm.\,%X^jl‘*^  C’S^6rC- 
1 y.i:.x,-.ô<Uc2  •PCe-ç,.T6.\;vXrf.f*,tr^  a, 

, x'c  *ir...ï’<«ii.ïc-a,Tt  x.xi».gVl‘x  r-tri'A.xv 

1 X ’AHl^x.i  d.xnxlSSDià 

ï-f"?  2 .V  V <1.  Ê'a,8Jt 

2aSoi'JiTi7>Wfc-0.^!AA-i?  * 

X X ^ e-ô  '£«1,  f c ,f  ,t.r  .„Tçf  !(» 

'ifxi(i.tr<»;nrsxtî  ti'’rvv)vxx'  tv-h 
<'v',x‘\A  c,’  t /tixiv^x^ec  i's’cTAt  *'ri%c 

xv<w  nt-f  fi 'l’-t  Cf  w i'\'  t 

■xL't.xvi fî4ff.îx i-'f'xf , 

.fxv/.,f/vf>î  F f <•<[  xxijs’/.  r 

X . G s ' ?.  »r  rt  ' 3 1 >F,  ;,.rfl5)}.  «m  r,  I ^ ;sjj 

»iv.Si?T/5SM;5S‘^  9-ÿ-,v.5J.XW  ‘î 

À € i?.  j 3dC-P  J'.W^rx.rW.W^.ÿ 

(•‘i 'î.’f  î K 'cÿxxv'jv^îî 
V .[  V Ji.I  I , hnjl'j'/xmj.t)  f7  Î7l  „w 

xv,om^r-»a 

X.  l k Fv.-Fl.o'Ml  ku  kxH..»‘llift.x..'H«-Sll  ,vH 

x‘Uio.»t'r/,,,'d.ily..*it,s’.v(';'<L'i,,ÀxY£'.:’ 
v/’rrfc.  xx'OJ-ii-.nw!  SCC  ■’ 

XI.  HL;  xii'PJ'.yV y n\,?iiï;ü'i)xap*x  J*ï 
xx.î2^in>iv0~x  fR.r;,vi  (h‘ii-K''^‘y,  *^~vi “J e- 

X .t  «jiHIV  «ii*s  îVrtuii.H  ■•^1, 

^.Vx'x  xvivi/  i.J-'i'î/,-»  trn\'.rC~y[^  L 

i.ÛnOxo.'ojL  vVl70'fc‘C^V..atV 

0-  A^a*ti»v\yN>*o>,x»Æ»Q  *4ir.o.t\».\  x- 

X f(„v  -■Tl'.;’-.îl>py.p/i-fyTP>.t',)fK,Çx,v,.l' 

■v.x»yirp.Pa'?-ié>»irj=yfr-<^j;jr;^^.l 
X xK^ïfotf ?•  ®,e 

x-i‘,>-i-,ir'<~^».e.Tr.fxfrn,r.iLtnJÎ>ri?f,j  -t  xm 
rî  Jl/F-  ’TX'i  t^r^^7x^x^x^^.^i'^  F ')'nl^;r^ 

'ï.  '*■’  I"X  ’ \ j\'  VXiIT  A 

Via  ^'üj3  -f  vvy 

X . f.xvr  ,T(xi.)-.',,a,v-ii,rr.f(;r,7Âff».u*.5.s 

-l'^  ^ r/'C'd.Mx.4>  l9' ri7'r.f;>5‘,-i' 

î n r»v.(î'S'#fXs?  w'.f^  a xvt«>,*> 

iILcA‘jfîyv-V’i,.'B-Vï 

X .1  ^ .T,^ t ü^z<CCCcCiX arf -!f xiif-CA  H* 

tic±  ar~;l  .-c-xinrc  C x''i'  œ r j"-»  it„v 

3 La  ’ir.3^lO'.x\.'FA‘^£T^^^)rA^'V^.‘l.?^  i''V.xvi*'l 
X'^I'-V'IU  ! +. v.-^^v-a<vx-LD'A  ■&.,dJtirr-a 

X . IT.  1/  »/V . 1 -I  ( î » i(^e>  ViOiVu 

Tf V'^-av\'\  , vV,?  l'v-V'-V.CWTUwV»^ 
UVV'I'.'nxvii.îvJ.  V y>*./Cvv.Vw»V-»»'V',Nir'  . 

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des 

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DIgItized  by  Goog^le 


II. 


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» 


ih.  i 


Digitized  by  Google 


DE  DIPLOMATIQUE.  54* 

chaque  caraûcre.  La  comparaifon  des  efpcces  de  lettres 
n’eft  donc  pas  limitée  à celles  des  peuples  d’un  feul  ficelé  ; 
nuis  elle  s’étend  à toutes  les  fériés  , comme  à tous  les  fier 
des  correfpondans  des  diférentes  nations.  Si  des  fuites  ou 
même  des  fiècles  ne  fourniflent  rien  dans  quelques  colones  ; 
leurs  cliifres  indicatifs  font  (i)  totalement  fuprimés.  Cette 
omiflion  eft  fréquente  à l’égard  des  nombres  arabes  , mais 
très-rare  à l’égard  des  romains. 

Tous  les  changemens  notables  arivés  à chaque  lettre  na- 
tionale peuvent  être  parce  moyen  faifis  d’un  feul  coup  d’ocil. 
Si  d’abord  les  caraûcres  romains  ne  paroiflent  pas  alfezdif- 
tingués  des  lombardiques  &c.  dans  la  première  colone  j les 


II.  PARTIE. 
SiCT.  JIL 
Chaj,  y. 

la  di/lindlion  des 
efpcces  de  carac- 
>cres  , la  compa- 
raison de  leurs  ra- 
ports  d'emolîtioQ 
te  de  conSormitd, 
leur  durée  . leurs 
mécafflotphores. 


doute  plufeurs  efpèces  d'écritures  ■,  meme 
ciitlivcs  : & c'eli  ce  qui  fcmble  plus  di- 
licilc  à rendre  dans  des  alplia'ocis  géné- 
raux. Mtiis  au  moyen  de  nos  chifres  ara  - 
bcs  ou  de  nos  fériés  , on  peura  quel- 
quefois en  faire  la  dillioéiion.  Du  moins 
les  nombres  romains  indiqueront-üs  fu- 
fifamment  les  écritures  déjà  connues  des 
gens  de  lettres , Ibus  tant  de  noms  na- 
tionaux. Les  autres  caraélcrcs , qui  apar- 
tiennent  aux  ficelés,  où  clics  régnent , 
leur  font  prcfque  toujours  fubordonnés. 
Au  furplus  nos  moilcics  d'écriture  fe- 
ront encore  mieux  fentir  le  génie  pro- 

firc  ^ chaque  cfpcce  d'écriture.  En  éfët 
es  lettres  rangées  fous  diférentes  fériés , 
rcflbttilTant  tantôt  à la  meme  , tantôt  à 
divetfes  fortes  d'écritures  , ne  peuvent 
éire  conflammcnt  fpécifiées  par  cet  uni- 

Îiuc  moyen.  D'ailleurs  ces  petites  divi- 
10ns  font  plutôt  dellinées  i raanifcller 
leurs  reports  de  conformité  , que  ceux 
d'opofîtion , foit  à l'é-gard  des  écritures 
du  même  tems  , foit  à l'égatd  de  celles 
de  tous  les  ficelés  te  nations  , où  le  la- 
tin s'efl  établi , comme  langue  favantc. 

(s)  Une  forte  de  caraélére  de  l'A  , 
do  B &c.  a-t-cllc  eu  coûts  chez  toutes 
les  nations  défignées  par  nos  colones  ! 
Vous  la  retrouverez  dans  toutes  les  fub- 
divilions  fous  le  même  cliifrc.  Man- 

Îue-t-ellc  dans  quelques-unes  î On  y 
ùprime  toujours  ce  chifte.  Il  n'co  faut 
pas  toutefois  concintc , que  des  Ictircs , 
pat  exemple  de  l'alfiliabet  allemand  , 
qui  ne  fc  renconitctoiCDC  point  dans 


ceux  de  France  ou  d'Italie  , n'y  ont  pas 
été  reçus  durant  tel  ficcic.  La  feule  con- 
féqucnce  légitime  , qu'on  en  puill'c  ti- 
rer : c'eft  qu'alors  leur  exiflcnce  en 
Allemagne  eft  conflatéc.  Mais  des  ca- 
taélercs , qui  ne  fe  montrent  chez  au- 
cun des  peuples , dont  les  alphabets  font 
tris  en  parallèle,  ni  auliccle  cherché  , ni 
dans  ceux  qui  ravoilinent, peuvent  erre  re- 
gardés comme  abolis  , ou  comme  n'étant 
pas  encoreislls  font  d’une  forme lingulièrc, 
dcrrcs-étoignée  delà  plus  commune. Nous 
avons  cependant  quelquefois  éié  forcés 
de  facrincr  des  figures  extraordinaires 
d'une  nation  à la  nécenité  de  ne  pas  ex- 
céder le  nombre  de  lettres  , que  pou- 
voir comporter  notre  planche.  Mais  ja- 
mais des  caraélères  abiblument  infolitei 
n'ont  été  omis  dans  tous  les  alphabets 
des  natioos  , Sc  fuivant  toutes  les  for- 
mes aptochantes  : fi  ce  n'eft  très- rare- 
ment , & lorfqu'ils  avoieni  été  em- 
ployés on  dans  nos  autres  planches  oir 
dans  notre  chapirre  al|Miabétique.  En 
général  on  ne  fuprime  pas  même  des 
hgures  un  peu  communes  dans  tous  les 
lïccics  & toutes  les  fériés  des  diverfes 
nations  : quoiqu'on  ne  faffe  point  difi- 
culté  de  les  rétrancher  des  fiècles  pof- 
térieors  à ceux  où  elles  ont  déjà  paru  : 
furtout  fi  elles  font  précifément  les  mê- 
mes ou  très-aprochantes.  le  but  de  ces 
avis  efl  de  ne  laifTcr  nul  prétexte  d’a- 
bofer  de  quelque:  fuprcflioiis  indifpeix- 
fablcs. 


\ 


Dkiiti^ed  by 


Lioogl 


^•1  i ■ I 

II.  PARTIE 
$ te  T.  II I. 
e«A».  V. 


,(i»)  Cf-iâfu 
f.  141.  ■ 


541'  "NOUVEAU  TRAITÉ 

mérovinnens  dés  carolins , capétiens  &c.  dans  la  fécondé  , 
&c  ainfi  des  fuivantes  ; les  lîccles  (i)  marqués  par  des  chifres 
romains  rétabliUenc  parfaitement  cette  diftinâion.  Nous 
croyons  donc  avoir  enfin  découvert  le  feul  moyen  poflîble 
de  réunir  tous  les  avantages  de  la  diftribution  de  lettres  par 
ûècles  , fous  un  ou  plufieurs  alphabets  généraux  , fans  en 
tilquer  (a)  les  inconvéniens.  Quoique  nous  ayons  beaucoup 


(i)  Nous  avons  envifag^  (•)  comme 
on  défaut  de  renfêrmcc  fous  un  fcul  al- 
phabet la  capitale  , la  minufculc  Sc  la 
curlive.  Mais  cet  inconvénient  ne  regar- 
de , que  la  totalité  de  ces  lettres  con- 
fondues : & non  pas  quclques-ones  ré- 
pandues çà  Ce  là.  Ce  qui  D'empéche  pas  , 
que  les  majufculcs  , roinufcules  Ce  cur- 
Iives  ne  dominent  tour  à tour  dans  les 
alphabets  , qui  leur  font  propres.  Les 
avantages  & les  inconvéniens  de  quatre 
alphabets  généraux  de  capitales  , d'on- 
ciales , de  minufcules  , & de  curlîvcs , 
qu'on  auroit  à la  vérité  dilVingués  : mais 
où  ton  aurait  confondu  les  lettres  des 
marbres  Ce  des  bronzes , des  m(T.  te  des 
diplômes  , balancés  avec  ceux  , qu'on 
Ciretoit  féparémenr  des  uns  te  des  au- 
tres , nous  avons  cru  devoir  donner  la 
préférence  aux  derniers.  D’une  part  la  di- 
vilîon  de  la  capitale  d’avec  I onciale,  de 
la  minufculc  d'avcc  la  curlive  j & de 
faurre  la  coofulîon  de  la  capitale  des 
pjerres  & des  métaux  avec  celle  des  mlT. 
te  des  chartes  , nous  ont  paru  entraîner 
des  inconvéniens  bien  plus  conlîdéra- 
bles  , que  le  mélange  de  quelques  mi- 
nufcules  te  curlîvcs  avec  l'alphabet  des 
marbres  te  des  bronzes  ; de  quelques  on- 
ciales ou  capicglcs  avec  celui  des  minuf- 
cules & curlîvcs  des  mlT ; enfin  de  quel- 
ques majofculcs  te  minufcules  avec  l'al- 
phabet de  la  curlive  des  diplômes.  On 
a déjà  remarqué  l’identité  fréquente  de 
la  minufculc  te  de  la  curlive.  Les  ma- 
jufculcsdes  aéles  publics  dillinguées  des 
lettres  alongées,  ont  ordinairement , fur- 
tout  depuis  le  XI i‘.  liéclc  , une  figure 
fingulierc , qui  ne  permettoit  guère  de 
les  confondre  avec  leurs  caraâcres  eor- 
tcfpondans  des  marbres  , des  bronzes , 
te  même  des  mlT.  • 


(i)  Quantàla première colooeoudivi- 
lion;qu'on  borne  la  romaineMX  v.tc  vi°. 
lièclcs,lalombardique  aux  vi  t.  vr  1 1.  ix- 
X.  XI.  & 3 la  moitié  du  xii  , la  fian- 
foife  aux  XI.  de  XI  t , la  gothique  aux 
XI 1 1.  xtv.  te  XV,  1a  renouveUée  au  xv.  te 
fuivans  ; chaque  efpèce  d'écriture  d’Iu- 
lic  ne  fc  trouvera-t-elle  pas  à fa  place  ! 
11  en  fera  de  même  de  la  fécondé  co* 
lone.  Les  vi.  vu.  te  viii'.  fiècics 
donneront  la  lettre  mérovingienne  ; les 
VIII.  IX.  X.  la  Caroline  , les  XI.  te  xii. 
la  capétienne  , les  xiii.  xtv.  xv.  la 
gothique.  La  troiCème  colone  débute 
par  la  Caroline  bientôt  façonnée  au  goût 
allemand,  te continuée  depuis  lcviii‘. 
lïccle  jufqu'au  xiii‘,  où  commence  le 
caraétère  gothique.  A peine  ce  dernier 
fc  termine  t-il  à norte  tems.  Si  la  qua- 
trième colone  porte  le  faton  jufqu'au 
milieu  du  xi'.  fiéele  s le  françois  ne 
laillbic  pas  de  s'cire  introduit  plutôt  , 
même  dans  les  chartes  anglicanes.  Le 
gothique  lui  fuccèJe  dès  le  xlti.  Je  ne 
cclTe  que  fort  tard.  Enfin  la  v°.  colone 
préfente  une  portion  du  viligochiquc. 
Quoique  par  raport  aux  bronzes  , mar- 
bres , te  mlT.  dans  nos  autres  alphabets 
4r  planches  d’écriture  , nous  le  Allions 
remonter  jufqu'au  vi.  ou  vit‘.  fièclc  ; 
par  rappoit  aux  chartes  , faute  de  mo- 
nument diplomatiques , nous  n'avons  pu 
le  poulTer  au-dcifus  du  x°.  Il  faut  à la 
vérité  le  limiter  enfiaite  au  xir.  pour 
faire  place  au  françois  , te  celui-ci  au 
XIII.  pour  lalllcr  le  champ  libre  au 
gothique.  Cependant  on  retrouve  juf- 
qu'à  la  fin  des  caractères  finguliers  chei 
les  Elpagnols , tenant  bcauconp  de  leua 
ancienne  curlive  romaine  ou  tvifigothi- 
que  , malgré  lesaltéraiious,  qu'elle  avoic 
clfuyécs. 


i 'l< 


X by  Googl 


Die  Dl'PLQMAXrQITE.  |4| 

înfifl-é  üxr  ces  inconvéniens  vers  la,  fia  de  aotre  luLdun 
plcre  ; transformés  en  autant  de  précautions  ou  dè'rëf&îc- 
tions  , qu’on  ne  doit  point  perdre  de  ’vue*,  ib  n’empêche-  Ch ap.  Y. 
tont  pas  , qu’on  ne  puillè  , à Fégard  des  alphabets  diplo- 
matiques par  ficelés  , (b  prêter  un  peu  au  goût  du  public 
ordinairement  plus  ocupé  de  leur  utilité  , que  frapé  des 
meprifes  , qu’ils  poiuoient  peafioper  , quand  on  n’eft  pas 
fur  les  gardes.  - . • - • ■ . 

Notre  planche  concient  neuf  à dix  (i)  mille  caraûètes,’ 
fans  parler  des  chifees  arabes  &:  romains  en  très-grand 
nombre.  A la  fin  de  certaines  colones  &c  lettres  élémen- 


taires on  a (i)  rejeté  quelques-unes  de  leurs  figures  oubliées 
par  le  deflînateur.  Du  refte  le  parallèle  des  alphabets  natio- 
nanx  en  dira  afiez  à ceux  qui  'prendront  la  ' peine  d’en 
comparer  les  parties  &-  d’en  fpivre  les  rapotts  , fans  que 
nous  foyons  obligés  de  nous  expliquer  davantage. 

‘ Après  avoir  traité  de  l’origine  , des  révolutions  , de 
la  forme  de  nos  kttres  ; il  lemble  qu’on  devroit  palTer  à 
leurs  liaifons  &c  conjonûions  , avant  que  d’entreprendre  le 
dévelopemenc  du  fyftèmc  des  écritures.'  Aufd  n’aurions- 
nous  garde  d’y  manquer , fi  les  bornes  du  prélênt  volume 
relïcrées  par  la  grandeur  des  planches  ne  mettoient  un  ob- 
ftacle  invincible  à cet  arangemenc.  Mais  en  raprochant  le» 
liaifons  & conjonêlions  des  abréviations  &c  des  lettres  mo-  ^ 

nogrammatiques  , on  leur  affignera  une  place  , qui  ne  leur 
fera  guère  moins  naturelle. 

( I ) C'eft  à quoi  l'on  a rédnir  cnHn  plus 
de  foizanie  nulle  lettret  diplomariques  , 
copiées  d'apiès  diven  monumens.  Les 
fcinblabics  de  chaque  éiccle  récranchées  ; 
il  en  rcAoit  encore  environ  trente  mille 
réfervées  & colées  tout  de  Tuite  fur  cent 
quinze  cartes  , fuivant  le  nombre  des 
«émens  de  l'alpliabet  , multipliées  par 
cini^  eoloact  nationales.  On  voit,  qu'il 
a min  de  sec)ief  ruprimer  fouvent  les 
deux  tien  de  ces  caraélcrcs  , & quel- 
quefois les  troit  quarts.  Ce  rétrancke- 
ment  s'eft  fait  fi|r  les  lettres  aprochantes 
foit  du  même, (bit det  antret  ficelés , tant 
de  la  même  que  des  Asetftt  nations.  A 
pins  forte  raifon  n’a-t  on  guère  fait  grâce 
au  lettres  femblabics , quoique  de  peu- 
fles  St  de  ficelés  diféicns.  Mais  encore 


une  fois  cela  ne  regarde  ordinairement^ 
que  les  caraélètes  d'une  fotrae  commune: 
bien  entendu  que  ceux  d'une  figure  plus 
rare  fetunt  mainteiuis  dans  tous  leurs 
droits  , fauf  l'exception  d'une  relTem- 
blancc  trop  marquée. 

(i)  Les  acolades  n'ont  pas  coutnme 
de  caufer  de  l'embarras  j toifqu'cllcs  ne 
font  pas  écartées  du  lieu  , auquel  elles 
appartiennent,  lai  oéeclCté  de  réparer 
des  omillions  eiitaordinaiics  , nous  s 
forcés  une  ou  deux  fois  de  les  placer 
hors  de  leur  rang.  Mais  outre  les  lignes 
des  renvois  , qui  ferobicne  en  rétablir 
l'ordre  s on  a eu  foin  d'ajouter  les  deux 
premières  lettres  de  U nation  Sc  du  fièclC;. 
qui  les  téclajBC. 


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Î44 


NOUVEAU  TRAITÉ 


II.  PARTIE. 
S * C T.  III. 


CHAPITRE'  VI. 


Science  des  écritures  antiques  ,Jon  aquijition  nulle- 
, ment  impojjible.  Aucune  contradiaion  rien  fauroit 

ébranler  la  certitude.  A-t-elle  des  moyens  géné- 
, raux^pour  reconoitre  avec  ajfurance  leur  Jincérité 
ou  leur  fupojition  ? Raports  de  dijjemblance  & 
de  conformité  des  écritures  , degrés  de  variations , 
par  où  elles  pajsèrent , démontrent  leur  perpétuité 
& leur  exijlence , relative  a chaque  nation  , comme 
à chaque  Jiècle.  L’écriture  abfolument  ifolée  de 
celle , qui  l’avoifine  par  les  lieux  ou  par  les  tems  , 
porte  un  caractère  de  réprobation  , aujf  formel  ; 
que  l'écriture  enchaînée  avec  celle  , qui  la  devance 
- ou  qui  la  fuit , ejl  ^évidemment  marquée  au  coin 
de  la  vérité.  , • 

S O U s prétexte  d’une  prétendue  impofTibiliré  de  parvenir 
à la  conoiflance  exade  &c  certaine  des  anciennes  écri- 
tures , les  regarder  toutes  comme  faufles  , ou  du  moins 
comme  très-uifpeftes  ; c’ell  un  éfet  des  faulFes  lueurs  , ou 
plutôt  des  ténèbres  très-réelles  , qu’on  s’éforça  de  répandre 
fur  l’aurore  de  notre  ficelé  , & dont  nous  n’éprouvons  que 
trop  aujourdui  les  pcrnicieufes  influences.  L'e  pyrrhonifme 
hiftorique  lût  le  premier  monftre  , qui  en  l'ortit  ; & quoi- 
qu’il eût  paru  étoufé  dès  le  berceau  ; par  combien  d’iflues 
ne  fc  fait-il  pas  jour  , &c  quels  ravages  ne  caufe-t-il  pas  î Ses 
progrès  d’abord  moins  lenlibles  , mais  depuis  devenus  écla- 
tans , ont  enfin  réveillé  l’univers  fur  les  maux  , dont  nous 
Ibmmes  témoins , &£.  fur  ceux  , dont  il  nous  meruce. 

Quelques  pièces  faufles  fe  font-elles  gliflées  parmi  les 
anciens  marbres  , bronzés  , mlf  , diplômes  ? Il  ne  lui  en  faut 
pas  davantage  , pour  faire  main  balle  fur  tous.  Il  fe  propolê 
principalement  d’enveloper  fous  leurs  ruines  ceux  , qui 

choquent 


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1 


DE  DIPLOMATIQUE;  hI- 

choquent  lès  préjugés  , ou  qui  mettent  un  peu  à l’étroit 
fes  partions.  Notre  tâche  ne  nous  apelle  pas  à le»forcer  dans  *s  ,cr 
tous  les  poftes , où  il  cherche  à fe  maintenir  : mais  elle  nous  c h * i-.  v J.*- 
impofe  furtuut  de  l’exclure  6c  des  bibliothèques  ôc  des  ai:-~ 
chives.  Elle  ne  nous  invite  pas  à le  combatte  avec  les  ar^ 
mes  de  la'  Religion  : mais  elle  nous  met  en  main  celles  de. 
la  critique.  Ses  coups  lui  feront  d’autant  plus  fenllbles  -,  qu’il 
atendoit  d’elle  les  plus  grands  fuccès.  Les  écritures  , ou- 
nous  entrons , nous  ofrent  à chaque  pas  , 'l’ocalion  de  le 
pourfuivre  &ns  relâche  \ lors  meme  que  nous  en  paroitrons 
les  moins  ocupés.  La  certitude  des  plus  antiques  démontrée  en 

Sénéral , lui  enlevera  les  principaux  moyens , pour  chicaner  en 
étail  fur  leur  iincérité.  ’ • 

Contre  la  maxime  reçue , que  les  anciennes  écritures  prou- 
vent par  elles  mêmes,  jufqu’â  ce  qu’elles  foient  convaincues  de 
Êmx  : malgré  la  poflértTion , où  nous  fommes  de  ces  précieux 
monumens  , depuis  tant  de  fiécles  ; il  compte  pour  rien  de 
nous^bliger  à les  mettre  à couvert  de  les  traits  ; il  exige  avec 
hauteur , que  nous  prouvions  l’antiquité  de  leur  exiftence.  Le. 
menfogc  eft  trop  foible  contre  la  vérité , pour  ofer  l’acaquer 
à armes  égales.  11  faut  qu’elle  lui  permette  de  prendre  tous 
Ébs  avantages.  Sûre  de  fon  triomphe  , elle  n’aprehendera  p.is 
de  l'acheter , aux  conditions  les  plus  iniques  , qu’on  puilfe 
lui  faire.  Faut-il  démontrer  l’exiftcnce  de  tel  ou  tel  ancien 
genre  d'écriture , elle  le  démontrera.  L’entreprifen’eRpas  aurti 
dihcile  , qu’on  pouroît'  d'abord  fe  l’imaginer. 

Qui  oferoit  avancer  , que  nous  n’ayons  pas  aujourdui  bien, 
des  fortes  d’écritures , dont  les  unes  font  propres  à être  gravées 
fur  la  pierre  & fur  l’airain  , les  autres  à fe  prêter  aux  divers 
ufages  de  l'imprimerie  , des  tribunaux  , des  finances , ainfi 
qu’à  tous  les  belbins  de  la  vie  ? Ces  écritures , à quelques  dif. 

Ambiances  près , n’exiftoient-elles  pas  au  commencement  du 
xvu',  fiécle,  du  xvi'.  du  xv'.  du  xiv'  ? En  remontant  près 
de  deux  mille  ans  ; ne  les  retrouverons-nous  pas  de  proche  en 
proche  ^ dans  tous  les  ficelés  ; malgré  les  variations . qu’elles 
ont  conttaâées , de  la  part  des  goûts  nationale  Sc  parricu- 
Ijers  î Pour  Ijous,  arêter  fpécialement  à celle  , qui  paroit  le 
plus  enbiute  àU.coRcradicUon  ; on  ne  perdra  pas  fans  doute 
le  fil  de  l’écriture  corfive^dans  l’intervale  des  règnes  de  Philippe 
Tome  II.  . ■ , .’-.-'i 


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1 


II.  PARTIE 
SiCT.  III. 
Cha».  VL 


34^  NOUVEAU  TRAITÉ. 

le  bel  & de  Philippe  augufte , ou  de  celui-ci  6c  de  Philippe 
I.  ou  du  dernier  6c  de  Hugue  capet.  Les  archives  de  France, 
d’Allemagne , d’Efpagne , d’Italie,  6c  d’Angleterre  font  trop 
abondamment  fournies  de  titres , remontant  jufqu’à  cette  épo- 

3ue  , pour  que  nous  ayons  fujet  de  le  craindre.  Or  l’écriture 
U chef  de  la  famille  régnante  en  France  , parallèle  à l’é- 
criture des  Othons  en  Allemagne  , nous  mène  droit , quoi- 
que par  degrés  , à celle  des  diplômes  de  Charlemagne  ; la 
Caroline  à la  frarKO-gallique  ; celle-ci  à la  ronnaine.  11  en 
fera  de  même  des  autres  écritures  curûves.  Les  m’mufcules, 
les  onciales  , 6c  furtout  les  majufcules  6c  les  capitales  per- 
ceront la  durée  immenfe  de  tous  ces  iiècles  -y  (ans  qu’on  y 
puilfe  découvrir  leur  origine.  Nous  traverferons  l’Àendue 
fucceflive  des  empires  , fie  nous  ariverons  aux  premiers  mo- 
numens  de  l’Italie  fie  de  la  Grèce  : lans  qu’on  puilfe  fixer 
une  époque , ou  quelque  genre  tranlcendant  d’écriture  ait 
tout  d’un  coup  été  forgé  ; qu’on  ne  porte  le  meme  juge- 
ment de  ceux , qui  l’ont  précédé  ou  fuivi  : tant  leur  liaifon 
eft  intime  6c  continue  ! Nous  verrons  , que  toutes  les  for- 
tes d’écritures  latines  vont  aboutir  à un  caraûcre  primitif: 
ou  quelles  en  nailfent  infenfiblement  , comme  autant  de 
branches  6c  de  rameaux  d’mi  feui  6c  meme  tronc.  Ainfi 
nous  réduirons  le  pyrrhonicn  à nier  ou  à douter , qu’il  exide 
de  nos  jours  aucune  fone  d’écriture  ; tant  qu’il  ne  confef- 
lêra  pas , que  prefqne  tousr  les  principaux  genres  d’écritures 
ont  exifté  , fous  diférentes  formes  , depuis  plus  de  deux 
mille  ans.  Nous  le  forcerons  conféquemment  à nier  ou  à 
douter  , qu’il  écrive  , lors  même  qu’il  compole  des  ouvra- 
ges , pour  foutenir  fes  égaremens. 

11  n’eft  pas  non  plus  indiférent , d’avoir  l’efprit  dégagé  , 
par  raport  aux  écritures,  des  préventions,  que  la  partialité 
de  certains  auteurs  auroient  pu  y répandre.  L’homme  de. 
lettres  ; mais  qui  feroic  plus  ufage  de  fon  efprit  , que  de 
fon  jugement  , prévenu  de  la  faulfe  opinion  , que  les  plus 
vieux  ralT.  ou  diplômes  font  autant  d’ouvrages  d’impodure, 
6c  que  plus  ils  paroilfent  vénérables  par  leur  antiquité  , plus 
ils  doivent  être  fufpeûs  , fe  lalferoit  bientôt  d’une  étude  , 
où  il  ne  troiiveroit  qu’un  fpeélacle  dérile  , ou  qu’un  amu- 
fement  frivole.  Il  femble  donc  nécelfaire  de  conlâcrer  nos 
premiers  foins  à dilTiper  ces  nuages. 


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■ “'‘«œs? 


II.  PARTIE^ 
$ I C T.  I 1 I. 
ÇttAT.  Vt 


DE  DIPLOMATIQUE.  H7 

I.  Rien  de  plus  abfurde , que  de  redoubler  fes  fbupçons* 
contre  les  mA'.  Sc  les  diplômes , à railbn  de  leur  antiquité. 

Ce  paradoxe  n’a  pourtant  pas  lailTé  d’avoir  des  partifans 
dans  notre  ficelé.  On  fe  feroit  atendu  à ne  le  voir  paroitre , i.*,  ^00»  mo- 
que Ibus  les  aufpices  du  P.  ( i ) Hardouin  ; mais  le  P.  Ger-  numcn<  Joivnf- 
mon  le  fait  valoir , avec  une  confiance  égale , contre  les  an-  fot 

Cicns  diploniCâ,  tioo  <&e^  leur  ami- 

Marsham  , il  eft  vrai , l’aveit  avant  eux«hazardé  , dans  (a 
préface  , fervant  de  frontifpic&au  Monajlicum  Anglicanum.  au°contrâire'uné 
C’en  ëtoit  afifez  fans  doute , pour  que  deux  Jéfiiites  dulTent  , autorité  plui  grao- 
au  moins  par  antipathie  contre  les  Proteftans  , s’écarter  J*  » Eaiftcnce  ac- 

d«  • a • • A V toclle  oct  precea— 

une  opmion  , dont  les  conléquences  peuvent  erre  très-  dueaécrituteibar- 
dangereufes.  Hickes  lui-mcme  , quoique  Anglican  , & en  bam  avouée:mau 
cette  qualité  auflî  peu  favorable  aux  moines  , qu’aux  an-’  j 
ciennes  chartes  , abandone  (a)  l’opinion  de  fi>n  compatriote,  uL  pins  récentes 
la  traite  d’erreur , & renvoie  à Dom  (é)  Mabillon  fiir  l’un  >néc<jnnues  pat  It 
& fur  l’autre  article.  £(l-il  étonant  après  cela , que  le  zèle 
d’un  lavant  Sicilien  fe  foit  alumé  (1)  contre  le  P.  Germon  , » frêfmi.  fg: 
pour  avoir  prêté  main  forte  au  fameux  Marsham  contre  l’art^ 
tiquité  ? ,/■»«. 


(i)  » Je  oe  compreot  point , dit  l’ab- 
bé (c)  des  FoiiuiDct  , dut  le  nom- 
bre de  CCI  criiitjoes  , { qui  ont  pu- 
blié diférent  écrits  fur  la  Diplomatique 
du  P.  Mabillon  ] un  certain  écriirain  , 
plus  Ginieuz  encore  pat  Tes  pradigieux 
pacadozet , que  par  fa  «alla  érudition, 
qui  ayut  imaginé  la  fupoliâaa  de  pteC 
que  tous  les  autem  éclélÎAlliqnes  & 
profuet  , s'ell  fervi  do  Ton  dange- 
tenz  & fabuleux  fyftéme  , puur  uéin- 
tir  divers  diptomes  ou  cbaries,  qui  le 
démentoient  Doit-on  compter  patmi 
les  écrivains  graves  je  lÜrieuz  , celui , 
qui,  dominé  pat  One  imagination  lone 
je  déiéglée  , a fu  ferget  lea  chimevet 
les  p|ai  ezuavagantet , j(  s'en  Rndrr 
idolqifc  , (ans  refpeél  pour  la  railôn 
& pont  la  vérité  I HearculcmcM  les 
preuves  Ginc  fi  fiaibles  , qn'ellct  o’ooi 
pu  faire  illulïon  à petfone.  C*étoit  la 
crédulité  d'no  enfant , l'audace  d'un 
jeune  bomme  , le  délire  d‘Ho  vieil- 
lard. « , , 

( s)  Quoi  ! vous  n’ave»  (d)paa  honte , 


lui  dit-il , en  l’apoflropbut , de  fuivre 
l'opinuo  d'un  hérétique  , icieté  par  les 
hétérodoxes  mêmes  , d'écte  d'acord  avec 
un  homme  , qui  tu  lieu  d'apljquct  à 
Jeliis  - Cbrill  la  prophétie  de  Daniel , 
la  raporte  a Anciochus  , qui  fait  def- 
ceodtc  l'ancienne  loi  des  cérémoniez 
égypuennet,  pour  ne  pat  rcconoiire , que 
Dictt  en  fut  ramwe!  Quoi  donc  1 faudra- 
t-il  («)  tenir  poorrtét-lûrpoâs  les  manu-; 
mensde  rEglifedcRavcnoc.écrictdu  tems 

I de  Julliniea  , à caufe.de  leur  antiquité  {■ 

, Ces  vénérables  diplômes  des  rois  Lom-, 
barde  > CDofctvétdaoa  IctégUfcs  du  Lu- 
nue  je  de  Milan  , doivcnc-Uspaircr  peur 
lufpcâi  ! Tant  de  nés-aocienncs  lettres 
les  Papes  j tant  de  diplômes  des*rois  je , 

Mes  empereurs , gardés  4a*t  les  archives, 
de  Rome  nt  lircront-ils  d'siitre  même 
de  leur  antxiaité  , que  de  faire  naic(p 
concre  eux  des  foupifoos  plus  violent  ) 

II  fait  voir  cofuite  , qiK  les  principes  du 
P.  Germon  tndem  à nire  regarder  éga- . 
lemeni  les  plus  anciens  mlT,  comme  luf- 
peâS  i À latfÔB  de  kut  antiquicl  >' M; 

Xxij 


(r)  Oifirvstumt 
fin  iti  trriu  mt~ 


.»■  s.'  H;-) 


te  M'tfik».  •xptfi 
tmlsihm  Bmriitt. 
Gtm.  f.  S), 

■ 

• '■  l'rr- 

f . . • . .*  « h 

• k 1 . l .\o 

(»J  nu.  g.  qtf' 

& Aîf. 


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II.  P A 11  T I I, 
SiCT.  III. 

chap.  vr. 


-548  .NOUVEAU  TRAITÉ 
* Une  foùrce  principale  des  ülufions  du  Jéfiiite;c’eft  qu’en- 
vifageant  les  anciennes  écritures  curlives  , comme  ifolées  ; 


(s)  JW.  IX. 

& fill- 


-if  f ■)*<>■ 


DT 


* ^onÀjt. 

K, 


qu'ils  (4)  aboutirent  enfin  au  pyrrho- 
nifime.  Le  Journal  des  gens  de  lettres  tfl 
ulie  {b)  aplaudic  à la  force  des  raifous  de 
(i)  GitmtUt  ifê  Scipioa  Maraou  , qu'il  eipofc  avec  le 
llUrMi  tfltslU  meme  feu  Sc  beaucoup  d'étendue.  Nous 
nous  bornons  i ce  léger  échantillon.  On 
peut  pat  là  juger  du  t.n , que  petonent 
CCS  auteurs  Italiens. 

Quoiqu'ils  foient  tombés  encore  plus 
rudement  fut  Matsham  , que  fur  le  P. 
Ccrmon  } le  premier  s'eiprimc  néan- 
moins avec  beaucoup  plus  de  modéra- 
tion te  de  téfetve.  Ses  foup^ns  ne  por- 
tent pas  au-delà  des  chartes  aoglo  fa- 
*xoncs.  C’eft  oniquemem  d'elles  , qu’il 
dit  (c)  incidemment  , qu'elles  méritent 
«fautani  moins  de  créance , que  leur  an^ 
eiquitépatoitplus  grande.  Cmhü 
rnttundà  fmt  i/liufmcM  chtrtt , j»a  ji- 
itm  habint  tb  mmtnm , qui  mujmm 
ftt  ft  ftrMtii  'uttlùjUùmnM.  Au  contraite 
le  P.  Gerroo»  en  veut  également  à tou- 
tes les  archivés  du  mondé  , ààoutesles 
efpéces  d’aéics  , que  leur  âge  vénérable 
doit  rendre  plus  précieux.  Ce  n’cll  point 
tn  palfiint , mais  en  titre  qu'il  puWie  , 
que  les  très  anciens  diploines  [d)  font 
fufpeSs  par  leur  antiquité  même  : vttuf- 
tiJIruM  irftrnmtm»  tffi  iffu  fu*  vttufbau 
fufftSa.  M tebat  encore  ailleurs  , que 
leur  air  d'antiquité  les  rend  (r)'fufpeâs  : 
fiffiSus  ftnit  nm  rtU  , quam  fra  fa  fa- 
nant vttifitt.  ' ■ ■ I ' ’i 
Les  maiimeJ  'des  jorifeonfolte*  font 
bien  opofées  à cclics  du’P.  Gernsoh.  Ils 
regardent  une  pièce  ancienne  comme 
fufifamment  vérifiée  par  la  feule  voie  de 
Ub  A8a  artadi-^  comparaifon  ; ce  qu'ils  n'acordeor  point 
fantaat  manfit  m»ii  récentes.  Striptuna  antiqua  {f)apa- 
1714.  ad  S:ati-  ra/ier,  quod  far  faiatta  eamfaraiù/aam  âi- 
ahranieta  Jaamis  aauar  flatti  racagnita  qata  taUàs  nàa  ajàa 
àa  Farda».  racagnitla , fl  aaffarat  amiqatàtat.  I.a  lai- 

- . , • ,1  ' ; fon  eft  , qu'il  Ce  trouve  bien  plue  de 
W "’P-  ^ pièces  nouvelles  filulTeS',  que  ihincicnncs, 
atm  far  M.  Afé-  d'avoir  des  preuves  tofti- 

Kard.  /.  I.  itataa  moniales  pour  des  faits 'de  llotrc  tems , 
f.  104.  JJ  qui  ne  fe  peut  pour  les  tems  reculés. 

(i)Difcefa.i.a.y.  j4ais  l'anttquitéfuplée  à ce  défaut.  ' ■ 


i i 
.11  \ 


v/  - ■ ' 

. (d)  Difiaft-t.  a. 
I.p.aps  i.tv  1 


(a)  Ibid. f.  }(. 


.moaé. 

i) 


Ca»]^. 


4 r. 


t *s 


De  plus  le  principe  du  P.  Gcrision 
téitd  À leodte  doucew  tous  lat  juo- 


) 

numens  anciens  & modernes.  Il  eft 
démontré  par  les  faits  journaliers  , que 
les  aéies  récens  font  en  général  plus  fof- 
pcâs , que  les  anciens.  Si  avec  cela , Iss 
diplômes  anciens  ne  lailTcnr  pas  d’étre 
fufpeâs,  à raifon  de  leur  antiquité  jtoot 
devient  fufpeâ.  Inutilement  tepliqnera- 
l'On  que  les  dépôts  publics  mettent  à 
couvett  de  rimpofinic.  Les  faits  récla- 
ment contre  cette  prétention.  Si  quel- 
ques dépôts  publics  font  depuis  un  tem* 
connu  , gardés  avec  des  précautions  , qui 
forment  la  porte  à- la' fraude  , ils  ne  l'ont 
ix)  pas  toujours  été.  On  prouve  '{h) 
même»  qu'il  s'clhgliJfé  nombre  de  faul- 
fes  pièces  , dans  quelques  arthiits  dn 
’ra/;j>et  tàifoiienaens  à perte  de  vue  ni* 
tiendront  pas  contre  des  faits.  Les  rai- 
IbnemcDS  égarent  fouvent  ; les  faits  avé- 
rés ne  fauroient  tromper.  L"opinion  du 
P.  Germon  ne  peur  donc  erre  adaiifo  | 
ou  nul  raonumenc  ne  fera  plus  à - l'abti 
des  foupijons  & des  acufatlons  de  faux.. 
Elle  ne  fauroic  fubfificr  , qifen  pofiinc 
pour  fondement  un  pyrrhonifme  nniver- 
fr) d'autant  plus  dangereux,  qu'il  ne 
tombe  pu  far  des  idées  métaphifiques  ',' 
mais  fut  des  faits  les  mieux  confoatés. 

Mais  , répliqué  le  P.  Germon  , je  n'ai 
(j)  jamais  douté  , qu'on  ne  puilfe  éta. 
bitr  un  art  de  juger  des  vrais  & faux  di- 
plômes d'un  âge  récent.  Seulement  j’ai 
peine  à me  petfuadct , que  crt  art  ptiiffe 
s'étendre  adx  tems  très  reculés  , au  ber- 
ceau même  de  la  monarchie  f ranfbifo.' 
A-cc  compte , le  titre , qn'on  lit  au  haut 
de  chaque  page  des  trois  volumes  du 
P.  Germon  fora  trompeur.  Vart  da  dif- 
\aanaar  las  anaians  diftamas  viritables  da 
'causa  qui  faut  fauu  fopefe  la  polTibilité 
de  ce  difceinement.  Il  srya  plus  d’art  de 
’difoerner  lés  anciens  diplômes  vrais  de 
ceo't , qai  ne  le  foK  pas  ; fi  tons  ceux 
'qui  paraiflënt  anciens  font  faux  ; s’il  cfo 
impwfTibte  de  les  dilHoguer  des  vérita- 
bles ) fi  le  foccès  de  cet  art  doit  fo  bor- 
ner uoiqoement  aux  diidomes  modernes. 
Le  vise  du  fyfoeme  lophiftique  du 'P. 

1 Germon  fe  manifcfle  donc  , jufqoe  duot 
ie  dire  de  fon  km. 


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D E IDITLOM  A.TIQUE.  j49 

il’  a méconu  leurs  raports  & leurs  Uaifons  intimes  avec 
4’aucres  & plus  anciennes  & plus  récentes.  Leur  enchaîne* 
ment  ne  s'eft  point  fait  fentir  à lui , les  nuances  prefque  inu  ch  a’t;  v ^ 
fercepcibles  'de  leurs  changemens  lui  ont  échapé.  De  là  ' 

jqueiles  bévues  , quelles  aflêrtions  téméraires  l Contentons- 
mous  de  séléver  les  plus  importantes  ; à melüre  que  notre  I 

planTexigera.  Une  difcuflion  fuiviede  tant  de  méprifes&de  ■ : > 
jbphifines.  nous  meneroic  ("ij  trop  loin.  Lé  P.  Germon  nous 
Acorde  (u)  volontiers  qu’il  exifte  danÿ  les  archives  de  Fran-  (j,)  », 

ce  &c  d’Italie  des  monumens  barbares  , qualifiés  mérovin-  f- »<- 
^iens  & lombardiques  : voila  ce  qu’il  apele  la  queftion  de 
hiitl;  mais  d -leur  contefte  l’antiquité  , qu’ils  s’atribuent;  Sc 
cleft  ce  qu’il  nomme  la  queftion  de  droit.  11  fait  à O.  Ma-  ‘ 

biilon  (é)  des 'reproches  piquant  :/5omme  s’il  n’avoit  pas  fu  i 

diftingucr  ccs'deux  chofes.  'Nous  prenons  ade  de  l’aveu  Ib-  J7.  ’ ' 

lennel  , qu’il  fait  de  l’exiflence  aduelle  de  ces  écritures. 

Qu’on  nous  acorde  de  plus  , qu’une  autre  forte  de  curfivc 
ctt  maintenant  en  ufage,  &c  qu’on  nous  permette  defuivrc 
le  £1  de  celles  ,1  qui'l’oru  ptécédée  i en  remontant  de  notre 
ficelé,  jufqu’au  vu*'.'  Il  ne  nous'  en  faudra  pas  davantage  , 
pour  I démontrer  , que  l’écriture  mérovingienne  eut  cours  en 
France,  depuis  le  vi*.  jufqu’au  ix*.  & la  lorabardique  en 
Italie,  depuis  le  vi*.  julqu’au  xiii*.  Pouroit-on  nous  rè- 
fiifer  des  demandes  fi  jufles  } La  chaine  des  écritures  , il  efl 
vrai , paroitra  dans  toute  fon  étendue  , fans  qu’il  y , man- 
que on  feul  ^uieau.  C’efl  un  tiffu  où  l’on  verra  entrer 
tdur  à tour  la.gothiquevla:  capétÊnne , la  Caroline  , la  mé- 
rovingienne ^ l’itaio-gbâaque  ,!latpmaiqe  ; fans!  qu’on  en 
pulfl'e  montrer  la  coucore.  Gecte^nnicé  dfécriture  ^ auffi  petM 
contraire  là  fa  diveefité  , qu’à  fa  multipiicicé  , , (àpe  par  les 
fondemens  toQtes  les  fubtilitésda  P.  Germon  , & ne  lui 
laifTe  pour,  prta^e  qu’mx  fyftcme  : fans  Uaifeni&  ’fitsls  fiiiterv 
mcapable  d’établit  anieuhe  vérité  :mais' propre  à tout  dénui-, 
ce  * fi  les  coupsne  partoiénti  toujours  aiuuxxPour  mieux 
’Ol  *li‘:  ’i  :: 

. (1)  si  ne  lui  tien  laiiTcr  D.  Mabilloo  , D.  Ruinan , D.  CooOanr, 

fialTn  de  reptebeofible  j il  fandroic  en  MM.  Foncaniiii  , Maranta  .Montctchio, 
iTcprcD(lre'hii'-o«Tragjé_cn  fcrmr  / & Lazarini  &e.  Mais  il  fefoit  l rouhaiter 
d'mCj  Jongoc  cttndiit.j^dl  Tr«is]a'il  que  teon  éçiitt  d^illeurt  pepratca , ae 
a^ité  'plus  ^e  fulTeatgurculcmear  en  laUn.  . , 


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II.  PARTIE. 

^ * S e c T.  1 1 1. 

Cmap.  VÎ. 

Rjports  de  con* 
Ibrmicé  entre  les 
dcricures  Juméme 
(iécle  & de  la  me* 
me  nation.  Divcr- 
fcniîble  entre 
les  écritures  des 
divers  üédes  & 
des  diverfes  na> 
lions.  On  peurdif- 
tinguer  les  Hèclef 
par  la  forme  du 
caraâére , fans 
crainte  de  méprifc 
coQÜdérible, 


jyo  NOUVEAU  TRAITÉ 

déveloper  ces  vues , arêtons-nous  qjaelques  motnens  lur  les 
goûts  &c  le  géaie  , qui  cara^ériTeac  les  üccles  les  nations, 
en  fait  d’écritures , comme  de  toute  autre  choie. 

II.  Chaque  liccle  , chaque  paü  a un  certain  caraélcre , 
qui  lui  cil  propre , dans  lès  mœurs  , lès  arts  , fes  modes  , fie 
les  ufages.  Autre  ell  le  goût  de  l’architeaure  du  liccle  de 
S.  Louis  , autre  celui  du  liècle  de  François  I.  autre  celui  du 
liccle  de  Louis  XIV , autre  celui  des  Grecs  Si  des  Romains, 
des  Turcs  , des  Chinois  , des  Mexicains.  Il  en  ell  à peu  près 
ainli  des  écritures.  Comme  dans  les  couleurs  de  l’encre , 
dont  elles  font  formées  ; de  meme  , & plus  encore  , dans 
les  traits  des  lettres  ou  le  contour  des  caraéVeres  , dans  l’en- 
femble  de  l’écriture  , on  remarque  une  certaine  gradation 
& dégradation  , qui  le  fait  fentir  de  liccle  en  liccle , Sc  qui 
fert  beaucoup  à déterminer  celui  , auquel  chaque  ficelé  apar- 
tient.  Dificilement  en  trouvera-t-on  aucun  , dont  les  écri- 
tures ne  préfentent  des  raports  de  conformité  , qui  ne  peu- 
vent manquer  de  fraper  les  perfones  atentives.  Ces  raports 
ne  s’aperçoivent  pas  feulement  , dans  l’écriture  de  toute 
une  nation , ni,  qui  plus  ell  , de  diférens  peuples  , qu’une 
langue  favantc  ou  matrice  unit  j malgré  la  diverfité  des 
idiomes  &:  des  dialedes , qui  les  divifent  ; mais  encore  dans 
récriture  des  royaumes  , dillingués  par  des  langues  abfo- 
lument  difparates.  Par  exemple , qu’on  compare  , ficela  pour 
ficelé,  récriture  latine  avec  la  grcque,  ( on-pouroit  eadirc 
autant  de  la  fyriaque  &c  de  pluüeurs  autres , ) &c  l’on  fera 
faifi  des  raports , qui  s’y  manifeftent  : raports  de  génie  , de 
tours  & de  traits  , raports  de  majellé  , de  hardiclle  àc  d’é- 
légance , raports  d’abréviations  trop  multipliées  , raports  de 
goût -dépravé , de  dépérilfement , de  décadence  : n’ajoutons 
pas  , & de  renouvellement.  Car  l’oprelïion , fdus  laqueüe  gé- 
milfent  les  Grecs , depuis  trois  fictlcs  , ne  leur  a pas  permis 
de  prendre  beaucoup  de  prtaurétabliiTementdes  beaux  arts, 
ni  de  réformer  en  mieux  leur  écriture  , qui  avoir  dégénéré: 
confidérablement  de  fon  ancienne  beauté  ; lorfqu’ils  tombè- 
rent fous  la  domination  des  Mufulmans.  On  diroit  donc,  que 
les  écritures  des  diférens  peuples  d’un  meme  liccle  ont  entre 
elles  des  raports,  qu’on  ne  reconoit  plus  ; lotfqu’on  les  compare 
avec  celles  des  Cèdes  antérieurs  & poftéricurs  :quoique  cemt- 


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àD  Ë D'ï  P L OTîA  A n O tj  Ë.  m 

ci  reflTemblent  également  aux'  ôèclei  / qui  leur  tépckà<stt[ 
Mais  il  faut  toujours  fe  fouvenir  , qu’il  s’agit  de  raports  en 
grand  , & qui  réfultent  d’une  certaine  totalité.  Entre  deux 
écritures  ,dont  la  plupart  des  lettres  font  trcs-difëremes  , 
on  doit  encore  moins  s’atendre  à trouver  un  taport  parfait, 
un  raport  de  reffemblance  de  traits , de  forme , de  figure. 

Les  caraéleres  fulTent-ils  les  mêmes  ; de  la  diverfité  des 
nations  naitroit  une  diverfité  d’écriture.  Ainfi  malgré  cette 
efpcce  d’uniformité  , qui  difiingue  fi  bien  l’écriture  d’un 
liccle  , d’avec  celle  d’un 'autre  , on  découvre  entre  l’écriture 
latine  du  même  tems  , lorfqii’èlle  eft  employée  par  divers 
peuples , une  diférence  , qui  fait  rendre  aifétnent , à cliaque 
nation  , ce  qui  lui  apartient.  Pour  peu  kju’on  ait  d’ufage  de 
ces  écritures  ; on  dira  du  premier  coup  d’œil  : celle-ci  eft 
françoife , celle-là  italienne  , cene  autre  angloife,  cette  qua- 
trième allemande  &c.  De  même  on  difcçrne  encore  aujour- 
dui , parmi  les  mft*.  grfics , ceux  qui  furent  écrits  en  Sicile , 
en  Egypte  (i)  ou  en  Chypre , d’avec  ceux  de  C.  P.  & des 
environs  j quoique  de  part  i & d’autre  l’antiquité  foit  la 
même. 

Les  raports  de  conformité  & de  dlfparité  fe  réunirtent 
donc  ici  : conformité  dans  l’écriture  de  lamême  nation,  pen- 
dant un  ou  plufieurs  fiècles  ; malgré  les  changemens , qu’elles 
éprouvent  : conformité  dans  les  écritures  des  diférentes  na- 
tions du  meme  tems  ÿ malgré  la  diverfité  des  goûts , qui  les 
diftinguent  , Sc  qui  répandent  fur  prefqüe  tout  ce  qui  vient 
d’elles  un  certain  air  de  pérégrinité  , qui  leur  eft  propre  , SC 
que  l’étranger  faifit  réciproquement.  Ces  raports  de  relTem- 
blance  Sc  de  diiparité  : voila  le  fonds  (’i)  inépuifable  , fut 


( I ) Les  caraâèrei  des  nlT.  grecs  Me 
Chypre  Sc  d'Egypte  ont  des  riports  fenC- 
btes  «TCC  l'dctiture  eopce  , de  fe  diftin- 
goent  par  là  du  premier  coup  d'eril , d'a- 
vec ks  autres  mlT.  grecs.  Qnoioue  l’d- 
criture  de  Sicile  coroparde  à celle  de  C.P, 
lêmble  moins  dtrangdre , de  que  le  P.  de 
Monifàucon  n'ait  point  paru  s'aperce- 
voir de  leur  difdrence  ; la  feule  biblio- 
thdque  de  S.  Germain  des  Prés , nous  ofre 
cntr'elles  des  düTcmblanees  iSn  remar- 
quables. 


f x)  On  el{  furpris  de  voir  on  auflî  bon 
efptir,  que  (a)  iofeph  Perez  BénédiâiSi 
d'Elpagne , traiter  Margomenr  fbible , ce- 
lui qu'on  cire  de  la  forme  du  caraâére  ; 
(bus  préeexte  que  diveefes  mains  ont  cha- 
cune leuc  fafcni  d'écrire.  Mais , quand  il 
ajoute  , que  ces  écritures  (ont  autant  di-^ 
férentiées  etur’clles,  qu'elles  le  font  des 
gechiqae*  de  des  lombardiqnes  ; notre 
profcucotdcSalamanqueparleen  doéteur, 
qui  s'eft  plnsctercé  dans  le  taifonemeot , 
que  dans  la  coinparatlôa  des  manières 


II.-  PARTIE, 
SCOT.'ilII. 
CidAA.  VE 


(a)  Dijfinsiinut 
iteltfiaflie*— 
i«»l.  /.  SJJ. 

iH- 


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II.  PARTIE. 
S.t  CT.  III. 
CtlAf.  Vi. 


ffz  N ovy  EAU  T R~A  I T:É 

lequel  ceux , qui  afpirent  à la  gloixe  de  devenir  habiles  , 


d'écrire  de  chicgoc  liécle.  Dire  qne  nos 
écritures  courantes  ne  difcrent  pas  moins 
emr'elles  , <iue  de  celle  > par  exemple  , 
du  xiii'i.  liècle  3 la  propofition  n’eft 
pas  plus  réfléchie",  <]uc  fi  l'on  prëtendoit, 
que  toutes  les  ehanes  originales  des  xi. 
te  xii*.  lîéclcs  cxit  été  écrites  de  la 
snéme  main  , quoique  urées  d'archises 
de  divers  pats  , fort  éloignés  les  uns  des 
autres.  Quelques-uns  ne  (ont  pas  moins 
frap^  de  runiformité  , qui  régne  dans 
récriture  de  ces  liccics , que  Dom  Petex 
rétoit  de  ccue  dilTcmblance  , qu'on  re- 
marque entre  les  manières  d'écrire  de 
diéetrntes  perronnes.  Dans  le  vrai  l'uni- 
formité d’écriture  d’un  fiéclc  n'exclut  pas 
les  diéércnces  des  mains,  ni  celles-ci  cette 
uniformité  , qui  caiaélérire  le  lièclc. 
Pour  bien  fentir  l'unité  d'écriture . , qui 
lui  cil  propre,  il  faut  l’.Toit.^ur  ainfi 
dire  exprimée  de  ta  dïUMtset-.^sjoi  le' 
dilfingue  des  au)raa\  IM  J***i*PlÇP*‘ 
rai  “on  fuivie  def.p»^l<s  de  tous  les 
fiécics.  il  que  notre ’Bcné 

diélin  V ait  Jamais  penfé. 

raifon  fupo''e  ane  écriture  , 

fioallére  à chaque  ficcle  , & pat  con- 
duit , qu'il  elf  polEbk  de  dilècrner. 
ftulSiiie  , à rapÿamlne. , voulant  fa- 
ner On  diplôme  j rïl  p'étoit  louta- 
inibécile  , ' ne  nr^oqueroie  ' par  de 
anéndre  pour  .modèle iquelque  pièce  du 
iècle  , auquel  il  voudsoic  bxer  Ton  im 
pofture.  Quelle  nécellî  è de  cheteher  des 
modèles  antiques  3 li  les  écritures  de 
divetfes  mairs  n’ontpas  plus  de  rclTem- 
Jilance  cntt'cllcs  , qu'elles  en  ont  avec, 
les  gothiques  & les  lombardiques  1 Du 
relfe  la  précaution  de  fc  munir  d'un 
modèle  ne  peut  avoir  lieu  , que  pat  ra- 
port  à des  impolleurs  modernes.  A pei- 
ne , avant  deux  cents  ans  , quelqu’un 
avoii'il  réfléchi  fur  la  dillinâion  des  écri- 
tures des  lïècics.  D'ailleurs  de  faveu 
des  plus  violcns  advetfaircs  des  archives  3 
les  anciens  impofleuts  éroient  fort  igno 
raiiS  , & donnoieot  dansdes  bévues  gtof- 
licrcs , qui  doivcnc  tout  d'an  ^oup  les 
démafcpicr.  „ 

Mais  , dit  Perez , j'ai  vu  quelques  pçi- 
TÎlègci , de  la  dclijueU  il  m'cll 


audi  ioipolTihle  de  douter  , que  de  la 
vérité  du  jour  en  plein  midi.  Ces  privU 
lèges  repréfentent  au  naturel  l’écriture 
du  lièclc  des  empereurs  du  nom  de  Uencs, 
telle  que  le  P.  l'apcbroc  la  publiée  dans 
fon  : Il  cependant  ils  la  pré- 

cedenr  de  plus  de  deux  cents  ans.  J'en 
ai  lu  d'autres  du  même  âge,  quLnedi- 
fercut  pas  moins  de  ces  jerniets  de  eo- 
ti'cui^,  que  ceux  de  notre  rems  des  uns 
& des  autres. 

Quand  il  fe  trouvetoit  deux  ou  trois 
(iècles  en  particulier  , où  fe  maintien- 
droit  lâns  aiiéraiion  un  cctuin  genre  d’é^ 
cricure  3 eu  poutmt-oo  conclure  , qu'ij 
ô’ciine  aucun  moyen,  pour difeerner  la 
mauiere  d'écrire  des  autres  , ni  même 
celles  de  CCS  lîècles , qu'on  reconoir  être 
fort  difèrentes  d'un  certain  caraâère  , 
qui  leur  eff  commun.  Qu'il  y ait  plu- 
heurs  (Sttes  d'écritures  du  même  Cdcle  3 
çcla  ire  met  pas  un  obllacle  infurmon- 
table  à la  détermination  de  leur  âge. 
Tous  les  (iècles  ont  pu  en  avoir  de  di- 
férentes  fa{.ns,qui  ne  lailTetonc  pas  de 
les  cataéiérifcr.  On  ne  s'y  méprendra 
pis  plus  ,quc  dans  la  dilhinéliou  de  no- 
tre é.titure  d’avec  celle  des  rems  anré- 
sieurs.  Lff  deux  ou  trois  lïècics  de  fuite, 
dont  I l'écriture  a paru  la  même  au  fa- 
vant  profclfcur  efpagnol,  font  le  ix  , te 
tréclexi.  Leur  ininufcule  Ce  rcITcmble 
fans  d lucc  , de  quelques  chartes  ont  été 
données  en  ce  caraélèrc  , propre  aux  mlT, 
Les  mêmes  lïècics  ufoicnr  d'éctimres 
curlïves  très-diférenres  de  cclle  d.  Qu'on 
air  de  la  peine  à fixer  leur  minufeuje  f 
s'enfoivia-t  il , que  leur  curlîve  ne  four- 
nira nulle  iclfourcc , propre  à en  faite 
découvrir  l'age  3 P'ailleurs , quoique  leur 
minafoule  patoilic  alTcz  -fcmblablc  du 
premier  coup  d'otil  , en  rciaminaoc  do 
plus  pics , on  peut  y Eufir  bien  des  di- 
fétenccs , que  l'encbatncmenr  des  paniez 
de  norre  ouvrage  ne  nous  permet  paa 
d'cipofcr  maiotenant.  Il  nous  fnlit  ici 
d'avoir  mpotté  le  peu  de  foli.liié  dei 
préteacic^de  Perez  Si  de  quelques  au. 
très  écrivains.  Peifone  n'a  eu  de  meil- 
leures inteiuiops  que  lui,  Il  n'en  vou. 
loir  réellement  qu’à  l'abus.  Mais  ce  n’eT 

dans 


Digitiz? -■  I'"  f 


DE  DIPLOMATIQUE.  3^3 

dans  la  conoiflance  des  anciennes  écritures  , doivent  prin- 
cip.ilemenc  k former.  C’eft  de  là  qu’ils  doivent  partir  , ic  partie. 

3u’ils  tireront  les  plus  grands  fecours  , pour  la  vérification  c*h  a » * vi 
es  titres.  S’ils  font  fermes  fur  leurs  principes , & s’ils  ne  les  ' 

perdent  pas  de  vue  au  i>efoin  ; il  fera  comme  impoflible  , 
de  leur  en  impolèr  par  des  pièces  (i)  récentes  , données  pour 
antiques , avec  quelque  art  qu’elles  foient  fabriquées. 


pu  une  bonne  msnicre  de  le  combatre  , taouveroot  ailleurs  une  place  plus  con- 
ique de  donner  dans  l'excct  contraire.  venable. 

Le  P.  Germon  («)  avoir  des  vues  bien  (i)  Qu’on  fou  mette  ces  prétendus  an- 
diférentcs  de  celles  de  Ferez.  Pour  prou-  ciens  diplômes , au  jugement  d'nn  ami-  (a)  Di/itpt. 
ver  la  foiblelTe  de  l'areument  , tiré  de  ijuaire  , moins  profond  , moins  exercé  , p.  4j.  44.  4f. 

récriture  des  aâes  & des  fouferiptons , mais  judicieux  : files  précautions  & l’ha- 

il  aléguc  , (ju'il  y a es  des  faunaires , bileté  de  l'impolleur  le  font  faéfiter  for 

(]ui  pouvoient  imiter  toute  forte  d’é-  la  réprobation  de  quelques  chartes  fouf- 

criture , Si  qu'il  n'eft  perfone  , qui  puifTc  fes  ; elles  ne  laificront  pas  de  lui  paroi- 

aujourdui  reconoitre  la  main  des  rois  tre  fufpeâes  , il  ne  les  tiendra  pas  pour 

Si  des  notaires  royaux  des  vi  i.  vi  ii.  St  indubitables.  Au  contraire  préfontex  lui 

IX'.  fiècles.  des  titres  vrais , quoique  confondus  avec 

Sa  première  preuve  n'cft  qu’on  para-  des  pièces  (hpofées , il  ne  balancera  pref- 

logifme.  Des  tauflaires  ont  pn  imiter  que  jamais  à décider  en  leur  faveur.  Peu 

toutes  fones  d’éciirurcs  : donc  on  nq  s’en  fâudroit , que  ce  moyen  feul  ne  fut 

peut  pas  en  faire  le  difeernement  ! Des  infaillible  } fi  I on  pouvoir  toujours  étta 

pièces  imitées  & des  titres  originaux  afiijré , que  la  pièce  en  quefiion , o’an- 

fent'ils  une  mémcchafc;  Eft-il  impof-  toit  pas  été  forgée  au  tems  méme,au- 

fible  d'y  fâifir  quelque  diférence  > Per-  quel  il  ne  lêtoit  pas  douteux , que  tout 

fone  , fuivant  fa  fécondé  preuve  , n’eft  les  caiaâères  ne  duflent  la  fixer.  Si  ceux 

xujourdui  capable  de  vérifier  les  figna-  qui  ont  la  réputation  d’ètre  conoilTcurs , .,  .f,,  , 

tores  des  rois  , faites  au  vu',  fiècle.  le  trompent  qnelquefois  ; c’eft  la  faute 

Cependant  le  P.  Germon  (é)  prétend  dé-  de  l’homme  Si  nullement  celle  de  fart, 

montrée  la  fauficté  de  deux  diplômes  du  Une  fcience  n’en  cft  pas  moins  fondée 

Roi  Thierri  , ou  du  moins  les  rendre  fur  des  principes  certains  ; parccquc  ceux 

fufpcéis  ,par  la  confrontation  de  fes  figna-  qui  panent  pour  y cxccict  péchen  tquel- 

rntes.  Une  contradiâion  fi  manifefte  fait  qnefois  contr’eux.  Cette  feule  réfléxion 

bien  voir,  que  le  cenfeur  deD.  Mabillon  fait  tomber  toutes  les  objeélions , qu’on 

n’étoit  pas  fort  délicat  fur  les  moyens  , prétend  (c)  tirer  de  la  diflertation  préli- 

qu'il  employoit  contre  fon  adverfairc  ; minaire  de  Chriftophe  PfafHus , fur  l'a-  ('}  Garnwia  dis 

que  le  pour  Si  le  contre  loi  étoit  égal  j brégé  des  Iif/IiiMsmi  drviwi  de  Laâancc,  vtitr.  htrnicit  ctd. 

quand  il  s’agifloit  de  faire  des  objeélions  : Si  des  écrits  du  P.  du  Moulinet  chanoine  fintfi.  I.  1 pari* 

ou  que  n’mrant  tien  de  lié  ni  de  fuivi  régulier.  1.  c.  t.p.  4I4. 

dans  fon  fyftème;  une  contradiâion  grof-  11  eft  des  fiècles  , dont  un  habile  anti- /â{.  4}è- ÿ/âf. 
fiète  avec  ini-méme  ne  fufiÿitpas  , pour  quaire  pooroit , du  moins  par  raport  i 
réveiller  fa  mémoire  fur  des  propofiiions  certains  pais , difeerner  les  écritures  de 
incompatibles  avec  celles  , qu’il  avoir  vingt  en  vidgt  années  : tandis  qu’il  en  eft 

avancées.  Quant  au  détail  de  la  confron  d’autres , où  i^ne  hafarderoit  pas  de  fe 

tation  de  deux  fignatnres  , donc  il  rem-  renfermer  , dans  une  étendue  plus  étroi- 

plie  trois  pages  entières  ; rien  de  plus  te , que  de  cent  ans  : s’il  n’y  étoit  déier- 

faux  , rien  de  plus  frivole.  Mais  , pour  miné  par  des  circonftances  fort  difé- 

en  faire  aâucllement  la  preuve  , il  fou-  rentes  du  caraélère  des  lettres  , de  la 

droit  fe  jeter  dans  des  difcuflîont , qui  foime  do  pacchemio  Si  de  la  couleur  de 

Tome  IL  Y y 


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» 


II.  PARTIE. 

S > C T.  111. 

Ch* P.  V.I. 

Variation  , dé- 
cadence, cranfmu- 
tation  , renouvel- 
lement d'dcrim- 
tts , Ibarcet  de  lu- 
mières , pour  en 
bien  juger.  Petites 
notices  enduflecs 
fur  les  chartes 
penyenc  contii- 
bacr  à découvrir 
leur  âge  , leur  s é- 
rité  ou  leur  fupo- 
£1100. 


3J4  NOUVEAU  TRAITÉ 
III.  Ceft  principalement  dans  l’exaûe  coooiflan«  des  dé- 
clins des  diverfes  fortes  d’écritures  , des  degrés  , par  leC- 

Siuels  elles  font  arivées  , foit  au  plus  haut  point  de  leur  per- 
eéUon  , foit  au  dernier  période  de  la  barbarie  , & des 
époques  de  leurs  plus  iniignes  changemens  , que  conlifte 
rKabileté  d’un  antiquaire.  C’ell  par  là  qu’il  fait  placer  cha- 
que pièce  &c  dans  la  claüe  , &:  dans  le  hècle , qui  lui  con- 
vient. Comme  les  écritures  du  meme  âge  ont  d’ordinaire 
des  raports  de  refl’emblance  très-marqués  ; celles  des  difé- 
rens  tems  en  ont  de  difi'emblaiKe , qui  ne  le  font  pas  moim. 
Les  écritures  ne  changent  pourtant  pas  , quant  à leurs  ra- 
ports effentiels  , d’une  année  à l’autre  , ni  avec  ime  promp- 
titude égale  en  divers  lieux.  L’ancienne  manière  fe  fou- 
tient  , pendant  une  durée  plus  confidérable  , dans  certaines 
provinces  , que  dans  d’autres.  La  même  contrée  voit  fa  jeu- 
nefl*e  donner  à fon  écriture  un  nouveau  tour  : candis  que 
les  anciens  confervent  celui , qu’ils  avoienc  apris  , dans  leur 
enfance.  Enfin  parmi  les  particuliers , les  uns  retiennent  les 
anciens  caraélères , & les  autres  s’en  écartent  plus  ou  moins. 
Les  changemens  d’écriture  ne  font  pas  fi  rapides  , que  les 
naodes  : & cependant  on  voie  encore  des  perlbnes  , s’ata- 
cher  à la  vieille  mode , longtcms  après  qu’elle  eft  furanée. 
Il  efl:  donc  nécefiaire  de  fupofer  un  elj^ace  de  tems  a/Tez 
long,comtne  d’un  demi-fiède , d’un  ( i ) iiccle , Sc  quelquefois 


Tcncre.  En  genre  de  mlT.  beaucoup  plus 
<]uc  de  chartes  , tout  ce  qui  précède  le 
ix'.  lîcclc  , quand  il  cil  dépourvu  de 
dates , a fait  jul'qu'ici  U croix  des  anti- 
quaires : patecque  les  tems  antérieurs 
ne  leur  ont  pas  afle»  lôorni  de  pièces 
de  compat-iiioii , pour  téroudre  arfement 
toutes  les  dtficalta.  ib  Teioicnt  bien  plus 
cmbarafl7s  fut  les  fuivans  ; (î  la  multitu- 
de des  pjdfP*  fauvoïc  les  vaiiations 
fans  upui^ . qui  s'X  remarquent.  U ny 
a poipc  ilà  monumens  , qu‘00  examine 
avec  1^  de  rigueur,  que  ccaii  des  pte- 
nùc|t  feinble  toutefois  , que 

tawtd'aâes  qui  ont  péri  far  l'injure  du 
teift , ne  pouvant  plus  venir  i Tapui  de 
ceux  ou'il  a épargnés  p on  devroit  à l'é- 
«aid  des  derniers  ufer  d'un  peu  plusd'io- 
^Igcacc.  Ceft  une  juftice  , que  Ica 


tribunaux  ne  refufent  pas  è ceux  , à qui 
des  accideus  funeftes  ont  fait  perdre  la 
meilleure  partie  de  leurs  titres.  Mais 
les  moDumeos  , pour  Icfquels  nous  lé- 
clamons , ni'ont  pas  befoin  de  grâce,  l's 
n'aprébendcot  rien  de  l'cquitc  la  plus 
in&éiible.,. 

(1)  Ou  fe  voit  ici  forcé  d’écarter  une 
chicane  , dans  laquelle  ont  donné  cer- 
tains écrivains  , lut  Tarticlc  de  Guillau- 
me le  conquéiant.  En  moins  de  vin^t  SC 
même  de  dix^nécs  , fupofant  difcrens 
lîccics , ils  atgumentent  des  uns  aux  au- 
tres t comme  li , quand  qn  parle  des  ufa* 
ges  d'un  £ècle  ; on  n'entendoit  pas  l'cf- 
pace  de  cent  ans  : ou  que , quand  on  part 
d’une  année  du  xi*.  fiècle  prêta  finir, 
00  poavoit  remplir  toute  l’idée  & toute 
l’étendue  d’un  fiècle  en  moins  d’uue 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jîj 

même  de  deux  , pour  établir  une  règle  , qui  ne  foit  pas 
fujette  à de  fréquentes  exceptions.  Au  xiii'.  on  pou- 
roic  fe  contenter  d’un  demi-liccle  , & de  moins  encore  : 
parceque  les  chan^emens  y font  plus  remarquables  , & lè 
luivent  de  plus  près  , qu’en  aucun  autre.  Ces  précautions 
préfupofées  ; on  peut  aflTurer,  que  les  écritures  des  divers 
fiècles  montrent  des  diférences  fi  fenfibles , que  la  plus  lé- 
gère conoiflance  des  chartes  & des  mlT.  fufit  prefque 
toujours  , pour  en  faire  le  difcernement.  Il  n’eft  pas  plus  di- 
Hcile  , à qui  les  caradcres  propres  de  chaque  fiècîe  font  pré- 
fens  , de  ne  pas  prendre  , par  exemple  , l’écriture  du  x 1 1 1 . 
pour  celle  du  x i . ou  du  xv  ; qu’à  un  homme  tant  foie  peu 
lettré  , de  diftinguer  le  grec  du  latin. 

Si  l’on  en  excepte  les  teftamens  , depuis  trois  ou  quatre 
ficelés  , la  plupart  des  chartes  ne  font  écrites  que  d’un  côté. 
Leur  dos  demeuré  vuide  paroit  ordinairement  cliargé  d’é- 
critures de  divers  ficelés.  Elles  contiennent  tantôt  le  précis 
de  ces  pièces  , tantôt  le  nom  de  leurs  auteurs  , des  per- 
fones  à qui  elles  ont  été  acordées  , & des  lieux  , qu'elles 
concernent  : tantôt  elles  préfentent  toutes  ces  chofes  à la 
fois  , plus  ou  moins  répétées , fuivant  le  goût  des  fiècles, & 
des  propriétaires  , qui  en  ont  fait  ufage.  Un  impofteur  pou- 
roit  aifément  ne  pas  porter  fon  atention  fur  de  fi  minces 
objets.  Mais  quand  ils  ne  lui  cch^croient  pas  , & qu’il  au- 
rait d’ailleurs  pris  des  mefures  allez  juftes , pour  imiter  de 
près  l’encre  8c  l’écriture  du  ficelé  , auquel  il  prétendroit  ra- 
porter  fa  charte  ; il  courroit  rifque  de  ne  pas  faifir  avec  tant 
de  juftelTe  le  goût  , le  tour  , l’encre  8c  les  traits  de  ceux , 
avec  lefquels  doivent  cadrer  ces  petites  notices.  A moins 
que  de  lüi  fupolër , dans  le  plus  haut  degré  , une  étendue 
éc  une  précifion  de  conoilTance  des  écritures  , particulière^ 
à chaque  âge  i ( qualités  , qu’il  n’étoit  prefque  pas  polfible 
d’aquérir  autrefois  ) il  auroit  été  en  grand  danger , d’apo- 
1èr  fur  le  dos  des  pièces  de  fa  (siçon  , des  caraélères  trop 
vieux  ou  trop  récens.  Dans  le  premier  cas  , l’impolhire  de- 
venoit  manifefte  : dans  le  fécond , on  étoit  fur  les  voies  do 

vin|;taiDe  oo  d'ane  diiaine  ifannéa.  Qui  I rendre  à peu  pt^s  complet  celui , qui  le 
ne  voit  qu'on  doit  en  reprendre  autant  | précède  t * 

fur  le  ficelé  fuivant , qu'il  en  faut  pour  | 

Yy  ij 


li:  PARTIS, 
s e c T.  III. 
Ch  A a.  VJL 


Digitizud  ; 'y  Goiîÿle 


II.  PARTIE. 
S E C T.  III. 

Chap.  VI. 


Les  barbares  de- 
srenus maîtres  des 
provinces  lomai- 
fies  de  l'occiJcnc , 
en  adoptèrent  ré- 
criture :lcs  raports 
& la  diverfiré  de 
leurs  caraéières  & 
de  ceux  des  Ro- 
mains en  prouvent 
la  certitude  & la 
iocériré* 


Nouveau  traité 

la  découvrir,  A la  vue  de  notes  de  trop  (i>  fraîche  date^.! 
relativement  à l’antiquité  , il  écoit  naturel  d’être  fur  les  gar- 
des , de  tout  examiner  avec  une  atention  nouvelle  , & de 
multiplier  les  précautions.  En  un  mot  ces  feuls  petits  fom- 
maires , quand  il  s’agit  de  difeerner  entre  de  vrais  ÔC  de  faux 
titres  , feroient  fufilans  , pour  fournir  aux  conoirt'eurs  le 
moyen  de  faire  fouvent  des  coups  de  maître.  De  ces  no- 
tions générales , paflbns  à des  aplications  particulières. 

IV,  Les  écritures  capitales  n’ont  point  encore  rencontré 
de  (ceptique  , qui  ait  ofé  révoquer  en  doute  leur  exiftence. 
Mais  les  curfives  , & furtout  celles , qu’on  conoit  , fous  les 
noms  des  peuples  barbares  , qui  ruinèrent  l’empire  romain , 
ont  été  depuis  un  demi-fiècle  expofées  à de  rudes  alTauts. 
Les  Hardouins , & les  Germons  ont  trouvé  bien  plus  court 
de  les  décrier  toutes , comme  des  inventions^  de  faulfalres , 
que  d’ataquer  en  particulier  chaque  mf , chaque  diplôme 
écrit  en  ces  caraékères.  Coirxme  jufqu’à  leur  tenu  ou  s’étoit 
plus  apliqué  à faire  fëntir  la  diférence  , que  la  conformité 
des  écritures  italo-gothiques  ^ franco-galliques  , vlfigothi- 
ques  , lombardiques  , faxones  ; ils  en  prirent  ocafion  d’a- 
vancer ou  d’inCnuer , qu’elles  font  de  purs  artifices  de  l’im- 
pofture , & de  fupofer  qu’elles  n’ont  jamais  été  employées  pai 
les  rois  ai  les  peuples  , de  qui  elles  portent  les  noms  ; ou  du 
moins  , qu’il  n’en  refté  plus  ,de  monumens  non  fufpeéls  : 
imagination , dont  nous  developerons  bientôt  les  abfurdités  ^ 
Sc  dont  le  ridicule  fe  fait  fentir  , dès  qu’on  remonte  à l’o- 
rigine des  chofes  ! Alors  on  reconoic  , que  toutes  ces  écri- 
tures ont  leur  fource  (a)  dans  la.  romaine.  Cette  unique 


(t')  Il  ne  s’agit  pas  icide  ces  étiquettes 
ou  notices  modernes , £iitct  pour  mettre 
en  ordre  des  charttiers  : quoiqu’un  an- 
tiquaire y doive  aulU  faire  quelque  aten- 
tioD.  Il  peut  ariver  , que  le  dos  d'an- 
ciens diplômes  Toit  totalement  dépourvu 
de  ces  petites  notices,  ou  qu'il  n’en  porte, 
que  de  très-récentes.  Ce  défaut  n'cfl  pas 
un  moyen  fufifanc  d'une  fufpicion  légi- 
time , s'il  efl  feul.  Mais  le  contraire ofre 
on  cataéicrc  favorable  ; pourvu  qu'il  foii 
âflôrti  à la  date  du  diplôme. 

Le  marquis  Mafféidanslbalfi/^atrc 


(m)  fe  fait  fort  de  prouvée 
cette  vérité  par  des  principes  aulTi  évi- 
dens  , que  le  font  ceux  qu'emploie  Ik 
géométrie.  Noos  avions  été  frapés  d'une 
évidence  prcfque  égale  , avant  que  d'a- 
voir lu  aucun  de  fes  ouvrages , le  même 
fans  favoir , qu'il  eût  écrit  fut  ce  fujet. 
La  feule  infpcâion  des  écritures  de  la 
Diplomatique  du  P.  Mabillon  nous  en 
avoir  fut  naitre  l'idée  , 8c  nous  nous  fe- 
rions crus  les  auteurs  de  cette  découverte; 
(i  quelques  livres  , qui  nous  tombdrenc 
depuis  eoue  les  jnaùu  ne  nous  avoicoe 


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DE  DIPLOMATIQUE.  317 

écriture  prit  diverfes  formes  , ou  pour  mieux  dire  certains  ~ 

airs  étrangers  ; furtout  depuis  qu’elle  fut  adoptée  jpar  les 
Francs  , les  Goths  , les  Saxons  &les  Lombards.  La  diférence  chaV.  yl 
de  ces  écritures  n’eft  pas  plus  grande  , que  celle  qu’on  re- 
marque aujourdui  entre  la  françoife  , l’allemande  & l’an- 
gloife.  A la  péngrinité  près  , on  trouveroit  des  difparités  au- 
tant ou  plus  confidérables  entre  nos  lettres  italiennes , bâ- 
tardes  , rondes  & financières.  On  en  demeurera  convaincu  ; 
pour  peu  qu’on  fe  donne  la  peine  de  comparer  les  diplômes 
du  même  fiècle , mérovingiens  , Taxons  , romains  , lombar- 
diques  , & qu’enfuite  on  continue  d’obferver  de  fiècle  en 
fiècle  les  raports  , que  ces  pièces  ont  enfemble.  On  peut 
commencer  par  la  charte  de  Ravenne  , itimrimée  dans  le 
fuplément  de  la  Diplomatique  ; & de  là  palfer  aux  plus  an- 
ciens diplômes  mérovingiens  lombardiques.  On  peut 
même  s’aider  de  certains  mfiT.  anciens  en  écriture  curfive 
romaine.  Tel  eft , pour  le  dire  en  pafiant , le  (i)  Jofeph, 

d^cromp^s.  M.  Maffîi  n’eft  ponttant  pat  beanconp  à la  décadence  des  ans  ; ce  ftit 

le  premier  , qui  aie  jcid  les  rondemens  plutôt  par  le  peu  d’eftime  , qu'ils  en  6-  Anlmsdv.  m 

de  ce  rjrftcme.  Allacius  (a)  cite'  des  au-  rent.quepar  les  nouveautés,  auzqucl-  éHUifuit.  itntfe. 

seuls,  qui  prétendoient  que  les  Romains  les  ils  reportèrent.  D'ailleurs , dans  les 

avaient  une  éciiture  courante.  Oc  cc  prcmicts  tems  de  la  domination  des 

point  une  fois  admis , Tunité  d'écriture  Francs , des  Goths  , des  Wilîgots  & des 

curlîvc  chez  les  peuples  , dont  le  latin  Lombards  ; les  ades  concinuotent  tfetre 

cft  la  langue  Ctvante  , ne  peut  manquer  dcelTés , non  par  des  barbares , qui  ne  fa- 

d'ètre  reconnue.  voient  ordinairement  ni  lire  , ni  écrire  : 

(i)  Quelques  auteurs  lui  donnent  près  mais  par  des  Romains  d'origine  , par  des  jf,/- 
de  quatorze  cemsans.  Mais  D.  ^abil-  hommes  qui  du  moins naturalifés  parmi  ^ 

Ion  (k)  fc  contente  de  le  placer  vers  te  eux  , étoient  égalcmcnc  exercés  , dans 
tems  de  l'empereur  Juftinien.  Cela  n'a  leur  langue  & dans  leur  éctiturc.  Or  ces 
pas  empêché  quelques  (c)  écrivains  de  Romains  ou  barbares  de  naidânee  ne  fe 
le  fupofer  écrit  en  cataâcres  lombardi-  fccvircnt  dans  les  aéics  , que  de  l'ccri-  (c)  AUm.  A- 
ques.  Ccft'à-dirc , que  cette  écriture  au-  turc  propre  du  pats,  qu'ils  habitoienr.  On  ninuUv.  ».  xxx. 
toit  été  employée  en  Italie  , avant  l'in-  trouve  des  pièces  fcmblables  , mais  pu- 
valîon  des  Lombards:  pteiive  qu'elle  cft  cément  romaines  . antérieures  à la  do- 
foncièrement  romaine.  minaiion  des  barbares.  Si  l'on  n’en  a jr  jrg,tu»ai 

Quelqu'un  nica  peutêtre , que  Técri-  point,,  en  lettres  cutlivcs  , de  plus  an-  p ^ 

ture  courante  (bit  It  ancienne  ; fous  pré-  cicnnes . que  le  v‘.  fiècle  ; ce  n'eft  pas  \liTfn  î'f- 
texte  qne  d'habiles  auteurs  femblent  la  une  preuve , qu'il  n'y  en  eût  pas  : puif-  . 
regarder , comme  une  ptoduélion  monf-  qu'il  n'exifte  nnl  original  en  curfive  d'un 
cruculc  des  barbares  , qui  inondèrent  âge  plus  reculé.  Nous  partons  d'original 
Icmpite  romain.  Maison  ne  volt  pas,  fut  papier  d'Fgypte  ou  fur  parchemin- Il 
que  ces  peuples  aient  jamais  tien  ianove , eft  des  monuroens  de  marbre  , de  verre 
en  fait  de  beaux  arcs  ou  de  (cicnces.  Ils  le  de  terre  cuite  d'une  plus  haute  anti-  * 

reçurent  la  plupart  des  ufages  romains  , quitè , où  la  curfive  paroit.  On  y te- 
ùâs  y lien  cMogci,  Et  s’ils  cootribuèieni  marque  oon  feiilemeiir  des  letues  > mai» 


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II.  PARTIE 
5ect.  III. 
Chap.  VI. 

Diplômes  méro* 
vingiens  & lom- 
bardiqaes  , tous 
fabrioués  par  des 
impolleurs  i fiipo* 
(ition  impoftîble  : 
travaux  d Hercule 
renouvelés  par  les 
prétendus  faufTai- 
rcs,  félon  le  P. 
Hardouin  , pour 
ruiner  les  anciens 
Rionumens  fran* 
çois  , lombards  , 
eipagnols. 

(4)  Gtrmcn  dif* 
cept.  I.  p.  J9.  & 
Difeept.  1. 
/.  ji*  ji-  & 

fin- 

(*)  Di/ctft.  t. 
/.74- 

(c)  Difitfl.  I. 
f.  i«. 

(d)  Ihd  f.  41. 
41.  Difeift.  1, 
^71. 


{f ) Mim,  il  tA- 
e»d,  du  ififcrif. 
I.f.f.jio. 


jj8  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  rinterptëtation  de  Rufin , confervé  dans  la  bibliothc(]|ue 
Ambrofîenne  de  Milan.  On  fera  conoitre  dans  la  fuite  bien 
d’autres  mlT.  & diplômes  , dont  on  pouroit  tirer  le  même 
avantage  &c  de  plus  grands  encore. 

V.  Comment  donc  a-t-on  pu  repréfenter  ces  écritures , 
comme  de  (a)  miférables  produâions  de  faulTaires  , qui 
cherchoient , à donner  par  la  plus  de  relief  à leurs  impof- 
tures  ? Peu  s’en  faut , qu’on  ne  prononce  le  meme  arêt  con- 
tre l’écriture  Caroline.  Mais  C l’on  n’ofe  plus  (i>)  s’en  expli- 
quer aufli  ouvertement , dans  la  fécondé  üiflertation  , qu’on 
l’avoit  (c)  fait  dans  la  première  ; ce  n’eft  que  pour  ne  pas 
trop  révolter , par  la  profeription  d’une  infinité  de  diplômes , 
répandus  dans  les  archives  de  France , d’Allemagne  & d’I- 
talie. En  éfet , malgré  cette  modération  afeûée  ; on  n’en 
tire  aucun  de  la  clafTe  de  ces  titres  fufpeâs , que  nulle  pièce 
de  comparaifon  , ne  fauroit  remettre  en  honneur.  C’eft-à- 
dirc  , qu’on  traite  d'archives  privées  6c.  fans  autorité  ; non 
feulement  celles  des  communautés  de  clercs  6c  de  moines-; 
quoique  l’antiquité  les  regardât  , comme  autant  de  dépôts 
facrés  ; mais  encore  celles  des  évêques  6c  du  Pape  même. 
Autrement  feroit-on  envifager  comme  impoflible  (</)  la  vé- 
rification des  diplômes  lombardiques  6c  mérovingiens  ? Nous 
avons  examiné  dans  le  volume  précédent  l’autorité  des  ar- 


des  mots  Bc  des  lignes  memes  en  cc  ca- 
raâcrc.  Quelques-uns  portent  des  dates 
précifes  des  commcncemcns du 
clc.  Ni  leur  écritnre  , ni  celle  des  ades 
du  V*.  n’a  rien  qui  fenre  uoç  oo«»ellc  in- 
vention. On  rcconoic  •■HJ®***^***®  » 
plufîears  Hccles  fo6rt>4<®*  * peine  , pour 
lui  donner  ^ fierté , 

oa'elle  momie, f»  multipliciti!  de  f« 
liairom , aijllr,»  Aftience  énorme  avec 
la  capitàh!, ‘Âttoefois  on  ne  conoidôic 
oint  fit/lifon  lapidaire  difércme  de  la 
elle  caMk  > qui  remontât , juftju'an 
premlërWcle.  Mais  des  découvertes  ^f- 
téricures  ateftent , qu'on  failbit  en  meme 
tems  ufage  de  cataâcres  , qu'on  ne  peur 
confondre  avec  clic.  D.  Bernard  de 
Montfaucon  , dans  fa  (i)  Diftrutim  fur 
U Plaute  ufelte  > obfcrve  au  fujet 

de  la  corfive  gitb]uc  , que  » les  premiers 


» livres  , que  nous  trouvons  écries  en 
U lettres  coûtantes  & liées , font  de  U 
«fin  de  Brfile  le  macédonien.  » Mais  U 
avoue  en  meme  tems  >»  qu'on  peut  ré- 
» pondre  à cela,  qu'à  la  vérité  le  carac- 
>»  tere  courant  n etoir  pas  encore  en  ufa- 
« gc  pour  les  livres  5 mais  qu'il  i'étoic 
» pour  les  tachygraphes  , pour  les  no- 
» caires , & pour  les  feerctaires  des  em- 
» pereurs  ; non  feulement  deConAan- 
» tin  Coprooyme  » mais  encore  dans  des 
» tems  bien  plus  anciens  « II  ne  faut 
donc  pas  conclure^  de  ce  qu'on  ne  trou- 
ve point  certains  menuroens  d'an  tel 
lièclc , qu'il  n'co  exidoit  pas  alors  de 
fcmblabics;  encore  moins  traiter  de  faux, 
ceux , qu'on  pouroit  rencontrer  dans  la 
fuite.  Au  rcAe  nous  conoiAbns  de  la  cur- 
Ave  grèqae  , antérieure  au  moins  de  qua* 
tre  ou  cinqfiècles  au  ti  1 1*. 


« 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
chivts  : conieitcons-nous  de  déveloper  ici  les  ( i ) abfiitdicés  , 
dans  lerquelles  on  s’engage  , en  livranc  à la  fourberie  tou-  partie. 
résiliés  anciennes  écritures  diplomatiques.  VhVp/vi. 

La  plaifante  chimère  de  le  figurer  , que  des  impoftcurs 
les  auroienc  inventées  exptès  , pour  fe  donner  le  pUiiir  de 


(i)  Le  P.  Germon  faToit  mictn  ca- 
cher fa  marche  , <)ue  le  P.  Hardouin.  Le 
premier, fi  TOUS  l’écoutez,  n’eti  veut  qu’à 
des  règles  trop  légétcmcnc  bazardées.  Il 
ataque  , noua^ic-il  , des  diplômes  bar- 
bares , donc  Rs  vices  Te  manirenenc , 
malgré  robreutité  des  rems  , qui  fem- 
bloieac  les  dérober  à la  critique.  Il  Ce  ré- 
duira même  à les  faite  palier  pour  fuf- 
peéis  : tant  il  Ce  conceaie  de  peu  de 
ebofit.  Le  fécond  au  contraire  n'epatgie 
lien  : il  cbetdie  à rciiTcrlêr  tout  ce  qui 
fe  ptefente  devant  lui.  Vetfion  des  LXX, 
conciles  , Ss  Pères , bréviaires , mill'els , 
aocenrs  proEacs  , baltes  des  papes  , di- 
plômes de  rois  , d’caapeccucs , chartes 
privées  , monumens  de  qoelque  natute 
que  ce  foie  ; on  diroic  que  tout  va  tom- 
ber (a)  fous  fes  coupa  rédoublés.  D'un 
feul  , il  croit  détruite  tous  leS  diplômes 
de  nos  rois  antérieurs  à Pépin.  Pour  les 
livrer  à Pimpoftare  , il  a'a  befoin  que 
de  cette  règle.  Tous  les  diplômes  des 
rois  de  France,  dans  Icfquels  ils  prennent 
pour  titre  Rtii  in  frtnftii  ont  été  fiar- 
gés,  depuis  Pan  t)io.  Quecuaqu*  [h) 
iemum  meniirruntjê  rt^ti  freneorum  cem- 
memoT^iitt  aa/e  Pippinum  , ta  fcriftM- 
ve  ptjl  MMHum  Chrijlt  i)io,  noverù^ 
Quand  cette  règle  ne  fetoit  pas  égalc- 
* ment  aplicabic  aaz  diplômes  de  la  t‘. 

5:  race  ; il  ataque  en  détail  tous 

ceux  , qui  lui  tombent  fous  la  main  , 
iufqu'au  règne  de  Philippe  I.  Et  depuis 
cccie  époque , jafiqu’au  iv‘.  ficclc  , les 
cliattea , auxt^ucllcs  il  fau  grâce , Ibnc 
fi  rares  ; qu'a  peine  fur  dix  mille , en 
fauvc-c-il  une  feule.  Ccrce  faveur  ne  s’a- 
corde  guère , w’à  celles  ijoi  ont  eu  le 
bonheur  de  pafte  des  archives  monafli- 
ques  à celles  de  fon  collège.  Mais , com- 
me cet  afylc  ne  s'eft  point  cotichi  des 
dépouilles  de  l’iialie  ; le  royaruae  des 
Lombards  paficra  pour  une  cbimcic  aufii 
>ial  coacciiée , que  fi  foo  ptétendoicMoa 


dormcT  ime  fuite  de  rois  Picards.  Jamais 
roi  des  Lombards  n'ciifla.  Tarn  (c)  fic- 
tum  Mrbitramur  rtgnum  Longohjtrdtrum  : 
qMm  tÿit  Piearitném  t im 

mtitis  menumentis  Me  frâfertim  HpieenM- 
tibks  Carlui  vel  Care/»r  rex  FrMncerum, 
iicMtur  LongabMriêTHtn.  . . . Lengoher- 
ierum  rex  xullus  fuit.  Point  de  (i)  mo- 
nument fincère  eu  EfpagtK  avant  l'ao 
rtc8.  Les  noms  racmci  des  rois  d'Ef- 
pagne  (»)  font  prefque  tons  finia.  Toute 
charte  , tout  monument , qui  (/)  porte 
la  date  de  Vire  eft  évidemment  fupofé. 
Elle  ne  fut  forgée  au  plutôt  , qu’en 
1140.  Mais  depuis  1144.  il  Ce  pcoc  faire, 
que  quelque  inllcumcnt  en  foit  daté.  Les 
preuves  aléguées  de  tant  de  paradoxes , 
font  fi  ridicules , ou  fi  plaifiuices  , qu’on 
ne  pouroic  s’empêcher  d’en  rire  ou  d'en 
avoir  pitié.  Mais  ce  détail  nous  écarcc- 
roierrop.  A peine  même  daignerias-nous 
temner  les  cendres  d’un  auteur  fi  fingulier; 
fi  nous  n’en  voyions  icnaittc  en  divers 
pa'is  des  écrivains  , qui  ne  craignent  pas 
d’adopiet  la  totalité  (g)  on  du  moins  di- 
fércmes  portions  de  fes  égarcmens.  Ne 
pouroit-on  pas  mettre  de  ce  nombre  un 
Père  Abarca  Jéfuitc  cfpagnol , quoirpie 
nous  ne  le  conoillîons  , que  par  les  Jour- 
naux de  fes  confrères , & pat  l’hifloite 
d’Efpagac  de  M.  d'Hctrailly  } » Un  pii- 
» vUège  cfl  (h)  tenu  pour  bon  , dii-il , un 
n autre  efl  léjctè  : il  y en  a peu  qu’on  ce 
uconicfle,  & la  plupart  doivent  l'é- 
» tic  . ou  plutôt  ils  font  TxisquE  tous 
U iodignes  de  fournir  matière  à la  dif- 
" pute.  U De  l’aveu  des  Jéfuiecs  de 
France  , fclon  l'Efpagnol , c’en  eft  donc 
fait  des  loix  & du  nuintien  du  boa  or- 
dre. Car  , difent  ceux-ci , les  mt- 

chrves , ^e  deviennent  les  Uix  , let  or~ 
dennnnees  , les  règlemtni  é"  génerMltment 
totet  ce  ceneerne  le  mMiniit»  diehn  «r- 
drêeUlu  n»  Euli 


i»)yeyix,  U ri- 
ftitMHen  dece  dnn* 
gereeex  f)Jlim, 
inni  U nenvenm 
diSienMire  de  M, 
Ckmiiffepii  ,il‘Mr- 
title  Hardouin. 

M.p.  J<.  )7. 

{i)  Mf.de  U U- 

hlht.  duree  éitd. 
A.  Je.  liarduini 
epera  varia . — . 
Amjltledami- — ■ 

JJO. 

W M/  p.  tl7. 
O*  /y?.  Edit, 
p.  «04. 

(d)  Mf.p.  JJ4. 

{t)  Ibid,  p,  tti, 
à- feqj. 

if)  liid.f.  f ff, 
)6o. 

(s)y.Usebferv. 

fur  les  écrite  me. 


{h)  Préface  fret 
le  terne  de  thif. 
•fEfp.p.  4. 

(i)  Uém,  deTrtv. 
Fevr.  jptf. 

p.  vtj. 


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IL  PARTIE. 
SECT.  III. 
CH*E.  VI. 


{go  NOUVEAU  TRAITÉ 

fabriquer  une  multitude  infinie  de  faux  titres , dont  l’Inuti- 
lité parfaite  fera  démontrée  ! Mais  combien  ce  plaifir  leur 
auroit-il  coûté  cher  ! Quels  travaux  infurmontables  ne  fa- 
loit-il  pas  efluyer , pour  atirer  à des  menfonges  ftériles  d’au- 
unt  pûis  de  vénération  ; que  les  caraâères  , avec  lefquels  ils 
leroient  exprimés  , s’écarteroient  davantage  de  l’écriture 
commune  1 Comment  pouvoir  obferver  tout  à la  fois  , avec 
un  tour  naturel  &c  d’une  main  hardie  , cette  unité  & cette 
diverfité  de  caraûères , cette  conformité  & cette  diférence 
d’écritures  , dans  tous  leurs  degrés  refpeâifs  , d^s  toutes 
leurs  efpèces , dans  toute  leur  durée  ? Comment  , dans 
chaque  genre  d’écriture  , pouvoir  foutenir , fans  le  démen- 
tir jamais , cette  uniformité , qui  la  conftitue  , qui  la  détCT- 
mine , qui  n’en  fait  qu’un  tout  , qui  la  réduit  à l’unité , SC 
cette  diverfité  , qui  la  diftingue  ; nous  ne  dilbns  pas  feule- 
ment du  caraélère  général  des  autres  nations  du  meme  fic- 
elé , mais  de  celui  des  diférens  peuples  de  tous  les  âges  Sc 
de  tous  les  tems  ? Ce  n’eft  encore  rien  en  comparaifon  de  la 
dificulté  de  réunir  tous  ces  raports  de  relTemblance  , mal- 

§ré  la  diférence  des  traits  d’une  infinité  de  mains  , qui  ont 
relTé  ces  aûes.  Car  fans  parler  des  mff  ; le  nombre  des  di- 
plômes , écrits  en  lettres  ( i ) romaines  , lombardiques  , 


( I ) Quoiqu'on  pnilTc  compter  les  *ôes, 
diplômes  te  miT.  en  cutlive  romaine  , ou 
qui  renferment  cciraines  porrions  de  cette 
écriture  j leur  nombre  n'eft  pourtant  pas 
aulTÏ  bon , qu'on  le  pouroit  croire  : St 
quelques  uns  mSines  lônt  (Tune  drenduc 
rrcs-confidérablc.  ta  Franec  , TAIIema- 
gne  , St  l'Italie  en  montrent  plulieurs. 
I.es  caraâdiet  lombardiques , Taxons , St 
futtout  les  mdrovingiens  ont  avec  elle 
des  raports  de  relTemblance  tres-inrimes 
Sc  ttds-ranltipliés.  On  ne  peucoit  alTez 
a'dcoocr,  qu'elle  eût  pe'ri  tour  d'un  coup,  fi 
l’ôn  ne  la  retrouvoit , dans  les  écritures 
iriligothique  , lombardique  Sc  faxone, 
te  dans  <ia  gallicane  St  U mérovin* 
gienne  , plus  qu'en  aucune  autre.  Com- 
menr  donc  fupolcr , que  tous  les  diplô- 
mes mérovingiens  lÿnt  fabriqués  , fans 
porter  le  même  jugement  des  aâes  ro- 
mains ? Faodra-t-ii  done  encore  facti- 
fict  aux  prétentions  des  Uacdouins  te  des 


Germons  ces  précieux  rellet  de  la  jurif- 
prudence  romaine  , que  les  favans  ne 
regardent , qu'avee  tefpeâ  , que  les  pa- 
pes , les  empereurs  , les  rois  Se  les  ré- 
publiques recherchent  arec  emprelfc- 
menr , Sc  confervent  comme  des  riélbts  , 
dont  la  perte  feroit  irréparable  } Mais  R 
l'on  ne  peut  fe  teitifer  a la  (incériré  de 
ces  écritures  romaines  ; comment  pou- 
ra-t-on  réprouver  celles  qui  en  font 
émanées  , Sc  dont  elles  prourent  la  né- 
ceflicé  î Seroit-il  pofCble  , que  lâns  au- 
cun milieu , on  fut  pallé  tout  d'un  coup 
d'une  écriture  femblable  à celle  de  la 
chatte  de  pleine  fécurité  i des  écrirntes 
euxfives  , telles  que  celles  qu'on  em- 
ployoit  aux  iii.  Se  xiii*.  fiécles  ? 
Quand  même  on  répareroit  pleinement 
l'bonoettt  de  récriture  Caroline , auquel 
on  a donné  tant  d'ateinres  ; combien 
l'intetvale  cntr'clle  St  la  romaine  ne  pa- 
roicToit-U  pas  énorme  i Rétrancher  les 

mérovingiennes. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  j6i 


mérovingiennes , & faxones  eft  fort  grand  ; tous  les  jours  on 
en  découvre  de>  nouveaux.  Mais  combien  les  fignatures  , 
n’ajoutent  - elles  pas  encore  de  nouvelles  fortes  d’écritures 
particulières  , fubordonées  à la  générale  : fans  qu’on  y puilTe 
apercevoir  un  feul  trait , qui  trahifle  les  prétendus  fourbes , 
& qui  découvre  le  fècle  pollérieur  , où  l’on  fait  entendre  , 
qu’ils  ont  travaillé  ! Depuis  quand  le  menfonge  s’acorde- 
t-il  C bien  avec  - lui-même  ? 

Les  chartes  fans  nombre  , qui  fuivent  immédiatement  les 
mérovingiennes  , & qui  ont  un  raport  néceflaire  avec  elles , 
mettent  Te  comble  à l’impodibilité  de  leur  fupofition.  Pour 
qu’on  pût  r-éalifet  ce  fantôme  ; il  eût  donc  falu  d’abord  , 
que  les  impolleurs  eulTent  fsrmé  une  légion  entière.  Sans 
cela  ils  n’auroient  pu  fulîre  , à repréfenter  tant  d’écritures 
& de  fouferiptions  , toutes  également  hardies  , naturelles  Sc 
diverfilîées.  Il  eût  encore  falu , que  cette  troupe  innombra- 
ble fût  devenue  invifible.  C’eft  l’unique  moyen  , de  rendre 
raifon  , pourquoi  pas  un  feul  des  hiftoriens  n’en  aurait  dit 
un  mot.  II  eut  falu  en  dernier  lieu  , que  toutes  les  opéra- 
tions de  ces  faifèurs  de  diplômes  mérovingiens  , lombardi- 
<^ues  &c  faxons , fulTent  demeurées  cachées.  Sans  cela  bien- 
tôt on  fe  feroit  aperçu  des  ravages  , qu’ils  auroient  caufes 
dans  la  fociété , par  la  multiplication  de  leurs  faux  titres  , 
répandus  de  tous  côtés  ; ic  par  la  deftruâion  des  véritables , 
auxquels  ils  auroient  fait  une  guerre  fî  cruelle  , qu’il  n’en 
feroit  pas  échapé  un  feul.  Or  dès  là  quelles  fources  de  pro- 
cès ! quels  troubles  dans  les  familles  t Quelle  confuf  on  aans 
les  Etats  ! Et  cependant  i’hiftoire  ne  nous  auroit  pas  con- 
fervé  le  plus  léger  fouvenir  d’un  boulverfement  fi  univerfel  ! 
Nul  monument , nul  adle  n’en  auroit  tranfmis  la  mémoire  aux 
fiècles  fuivans  ! 

Mais  comment  cette  fàmeufe  fociété  de  faufiaires  , cette 
cohorte  du  P.  Hardouin  fi  nombreufe  & fi  répandue  , après 
avoir  impunément  changé  la  face  de  la  religion,  des  lettres 
& de  la  jurifprudence , après  avoir  dominé  dans  toute  l’Eu- 
rope pendant  les  xiii.  6c  xiv'.  fiècles  , aura-t-elle  tout 


II.  PARTIE. 

SiCT.  lit. 
Ch  A F.  VI. 


^critares  mérovingiennes  & loxnWdi-  I (luis  y pen(èr,  prêter  les  armes  les  plut 
quesc’^rompre  une  des  principales  chat'  I dangereufes  à i'irtéligion. 
fics,^ui  Jious  unie  à l’antiquiié.  Ceft  même  | 

Tome  IL  Z Z 


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. — - . .J 


JL  PARTIE. 

S t C T.  III. 

«NA>.  VI. 


(4)  V.  mji.  it 

Sffherl  éCArtûii 
tiani  In  mim.  dt 
tmiad.  des  infcrip. 
Un.  d’UclI.  I.  II. 
f-  4<».  & fnn. 

)7J.  & 

Jim. 


_2?: — 


NOUVEAU  TRAITÉ 
d’un  coup  difparu  , au  X¥*  î Ce*  ficelés  ténébreux  , où  le 
gouc  fcholaftique  & une  philofophie  batbare  donnèrent  le 
coup  mortel  à l’étude  de  l’antiquité  , étoient-Us  bien  pro> 
près  à fournir  une  multitude  d’hommes , qui  doivent  avoir 
téuni  des  conoifiances  tres-vaftes  , pour  inventer  de  nou- 
veaux caraélères  , recueillir  une  infinité  de  formules  , ££ 
pour  fabriquer  un  nombre  prodigieux  de  monumens  Sc  d’ac- 
tes , qui  n’ont  nul  raport  ni  aux  mœurs  ni  au  génie  de  ces  bat 
tems  ? 11  faut  convenir  qu’un  aufli  favant  homme  , que  le  P. 
Hardouin  étoit  né  , pour  enfanter  bien  des  chimères. 

E’écriture  curfive  mérovingienne  pafle  pour  avoir  été  per- 
feâionée  par  les  foins  de  Cltarlemagne.  Du  moins  les  chan- 
gemens , qu’elle  éprouva , donnèrent-ils  naiffance  à un  nou- 
veau genre  d’écriture.  Le  foie  eft  fi  certain  , qu’on  n’ofe  le 
conteller.  Mais  quoi  donc  ! perfeâione  ou  sdtcre-t-on  un 
genre  d’écriture , qui  n’exifte  pas  encore , ou  qui  n’eft  qu’une 
invention  ténébreufe  d’impolteurt , plus  modernes  de  qu»> 
tre  ficelés  ? L’écriture  réformée  fous  Charlemagne  , quelle 
qu’elle  pût  être,  exiftoit  donc  avant  lui  ; & celle  qui  fut  re- 
douvellée  de  fon  tems  eff  donc  la  même  , qu’on  retrouve 
dans  les  diplômes  du  i x^.  fiècle.  Or  l’écriture  avec  laquelle 
elle  a un  raport  immédiat  & néceflaire  , eft  la  mérovin- 
gienne. On  vote  même  da  ^miet  coup  d’oeü  , qu’elle  en 
Tire  fon  otigiaek  Les  premières  écritures  carolines  ne  dife- 
tenc  préfixé  pas  des  dernières  mérovingiennes.  La  fîncérité 
des  plus  anciens  diplômes  dépend  de  celle  des  fuivans.  D’age 
na  âge  on  remarque  une  gradation  d’écritures  , dont  les  ra- 
ports  croiffont  ou  décroifîent  , à proportion  qu’elles  fe  ta- 
prochent,  ou  qu’elles  s’éloignent.  Elles  (1)  nousconvainquenc 


(i)  Jamais  on  ne  vit  de  fabtieateurs - 
d’aâes  Te  concerter  enTcmble  ; fi  ce  n'cfl 
pour  le  fervicc  d’un  (»)  grand  Teigneuc, 
poiK  <pie1<)ue  af«te  naiepte.  Qn’oa  fu- 
pofe  néanmoins  pareille  fociété  , apli- 
tjuée  t fabts<]act  une  multitude  prodi- 
gtculê  & d'aÛDi  & de  mlT.  fut  des  fujeas 
aiiiTi  peu  rélatirs  tes  mw  aux  autres,  que 
le  font  tes  monumens  lombardiques  & 
mérovingiens.  Qu'ih  ibient  convenus  de 
fc  lôrgct  une  ou  pluficurs  écritures  à . 
f«rt  , pou  les  HÙic  semouet  à Kit 


ficelés , qu'il  leur  auB  phi , ou  par  toae 
autre  motif,  qu'on  trouvera  bon  d’ima- 
giner. Ckacunc  de  ces  écritures  ne  rom- 
pra point  la  chaîne  de  celles  de  tous  le» 
ficelés.  Les  mÆ  St  les  diplômes  fioigda 
feront  corps  à part.  Soit  que  nous  par- 
tions de  rcmpifc  romain  ou  du  régne  de 
Louis  XV  s noos  fuivrans  tous  les  degiés 
des  écritures  aélucllemeni  fubfiftantcs  , 
romaines  , gallicanes  , méroviogicnnet , 
carolines , capétiennes  , gothiques  , re- 
nouvelées. A efité  de  la  aésovingieaae 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jéj 
par  leur*  relations  non  interrompues  , que  leurs  auteurs 
n’ont  pas  été  d'aflez  mauvailè  foi  , pour  vouloir  nous  en 
impofer  ; & quand  biei\  même  ils  auroient  voulu  le  faire;  c»*â».  vt. 
le  grand  nombre  des  pièces , qu’ils  nous  auroient  ttanfrailès, 


4c  de  la  Caroline  , nous  Temnl  mar- 
cher la  viligothique  , la  lombardique  & 
U faione.Ëgalcmeoc  forties  de  la  romai- 
tie  , elles  lêionc  cellatdtales  à la  Iraaeo- 
gall)()«e  , & Te  r^ooiroot  arec  elle  dans 
la  Caroline.  Mais  les  écritures  fupofées 
ce  naîtront  du  tronc , ni  comme  bran- 
ches principales , ai  comme  collacéiales. 
Plus  on  les  dira  ancieaacs  i plus  elles  pa- 
loicroDC  étrangères  , & dilTcmblables  i 
celles  , dont  l'antiquité  neft  pas  doo- 
acare.  Aien  qui  ks  précède , rien  qai  les 
fuirc  : rien  à qnoi  elles  tienoenc  : nulle 
époque  , nulle  durée  de  rems , où 
elles  puideoc  aarweHement  Te  pla- 
cer. Eu  un  mot  elles  reraac  ifoiéat  de 
toute  autre  écriture.  Ont-elles  du  ra- 
pott  avec  qaelqu'une  ! Ce  fera  arec 
celle  du  ficelé , dont  elles  fisat  vérita- 
blement , quoique  leurs  dates  les  peneat 
bien  plus  haut.  Veut-on  les  lier  à des 
tems  précis  » Les  places  , qu'on  leordef- 
tinera,  fc  tnQiTeranc  prifes.  Elles  ne  pou-  j 
ronc  les  oeoper  , qu'aux  dépens  des  vé- 
ritables , de  celles  qui  ont  la  pofTeflîon  : 
& l'on  ne  ponra  rétraneher  les  demièiea , 
fans  jeter  dans  une  coisfaCoa  éiraagc  les 
autres  , auxquelles  on  ne  prétend  pas 
drmiKt  aretnee.  Dès  Ibrs  tout  t«  canaux 
de  communicacioo  avec  tes  fiècltt  pté-  . 
cédens  Sc  fuivans  feront  coupés  : lents 
tapons  les  plus  encnticis  , la  eanoéhité 
de  lowts  leart  panles  difparoittoot.  Su- 
pofons  la  bbdcacioa  des  nouvellet  écri- 
tures de  beaucoup  pollérienre  au  liècle  , 
auquel  on  ft  ptopoft  de  les  aâcher  j 
dies  n'auront  avec  loi  nulle  analogie  , 
nul  raponde  conformité  : encore  moins 
avec  celui , qui  le  précède  . & très-peu 
aVee-Atai.qm  le  fuit.  Ceo  eft  plus  qu’il 
n'en  fiiac  ..pont  ho  convaioen  tfiaipof- 
turc. 

Tout  le  contraire  arlvera  , fi  l'on  acu- 
fe  de  fnpofition  des  corps  on  des  genres 
entiers  d’éctirares  véritables.  Les  décla- 
rer fâuflVs  } c'eft  laidTer  un  vuide  afreux 
dans  la  (bire  des  nranumens  , qui  les 


perpétuent  de  fiécle  en  liècle.  C'eff  en 
rompre  la  chaîne  , & nous  réduite  à l'int- 
pofiibilitè  d'en  renouer  le  fil.  Cene  mé- 
rovingienne , qu’on  veut  factifier  à la 
frandc  , s'alie  parfaitemem  avec  les  écri- 
tures antérieures  & polléTieurcs.  Placez- 
la  depuis  le  VI*.  liècle  ; vous  lui  trouve- 
rez tous  les  eaiaâères  de  véri  cé.  Elle  pco- 
duira  le  même  éfec , qu'ua  morceau  d'é- 
criture détaché  du  milieu  d'une  page  . 
puis  replacé  à rendroit  même  qn^l  ocu- 
poic.  Tout  Ce  rtponeri  jaftetacat  è ce 

?|ui  précède  ,âci  ce  qui  fuiu  Mais  les 
aulTaitcs  modernes , qu'on  fupofe  l'avoir 
fiibriqaéc,  purent  ila  réformer  leur  main . 
au  point  de  Ce  firire  une  écricute  , qui  ne 
fiât  point  ta  romaine  , mais  qui  femUât 
en  être  fonte  ; qui  ne  lut  point  la  ea- 
raline  , mais  qui  parfit  lui  avoir  donné 
oaiflànce  : qui  dillinguée  de  la  vifigo- 
thique  , de  la  lombardique , de  la  faxone. 
pfit  ailément  les  retenoitfe  pour  feran  i 
qui  depuis  Ion  commcnccracm  , jufqu'fi 
U fin  , tendit  fans  cclTe  , mais  par  des 
déclins  infenlibtes  , à fa  transfoemation 
en  nue  «une  fotK  d'écriture  , fans  néan- 
moins (c  rapcocher  jamais  de  celle  du 
XIV*.  ficelé,  auquel  on  la  fabriquée.  Si 
la  fflétovingieoDe  , la  lombardique , U 
vifigochique , la  faaone  , font  des  écri- 
tures laites  fi  plaifii  i qu'on  nous  moutte 
celles , qui  doivent  les  remplacer  , dc- 
pnls'h  NMiau  ,|ulqa-'fi  U'caroliiw.  Mais 
s'il  eft  impoflible  ifeo  produite  aucuac 
autre  , qui  ait  eu  cours  alors  , dans  les 
diplômes  de  France , d'Efpagne  , d*AIIe- 
ins^ne , d’Italie  ; qit'on  avoue  qu'elles 
furent  autrefois  en  ufage , dans  tous  cea 
royaumes.  En  éFct  , pourquoi  la  romaine 
fubfifteroit-elle  for  des  matitttsaofll  fra- 
gUet , que  leu  j>amax  d'Egypte  { tandia 

Îiuc  d’autres  plus  récentes  , n'auroietit  pu 
c conferver  fur  des  matières  aulTi  du- 
rables , que  les  diplômes  de  parchemin 
Sc  les  mn.  mêmes , donc  toutes  les  par- 
ties femblent  laites  , pour  concourir  fi 
leur  conlcrvatlon  réciproque  ? 

Zz  i) 


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II.  PARTIE. 

S f CT.  III. 

C H A r.  VI. 


Toconf^qoenecf 
des  lettres  des  mé- 
dailles à l’écriture 
courante , &^U 
faulTeté  de  quel- 
ques chattes  à leur 
totalité. 

(a)  Gtrmm.  dif- 
Mpi.  t.f.  ji.  II. 


41)  V$»dle.  Jipl. 
L.  I.  c.  t.  f.  91. 
(e)  1. 

t-  »»• 


3<î4  NOUVEAU  TRAITÉ 

ne  leur  eût  pas  permis  de  foutenir  , avec  aflêz  de  juP- 
tefle  Sc  de  précifion  les  carafteres  d’uniformité  & de  diver- 
üté  , pour  venir  à bout  de  nous  faire  prendre  des  impoftu- 
res , pour  des  monumens  refpeûables.  La  fourberie  le  de- 
ccle  toujours  par  quelque  endroit. 

VI.  Pour  étayer  , par  des  faits  impofans  , un  fyftcme, 
imaginaire  ; on  apelé  a fon  fècours  l’aneau  de  Childeric 
I , les  médailles  de  nos  anciens  rois&  les  mlT.  memes.  Tous 
CCS  monumens  , dit-on  , atellent  , qu’on  ne  le  fetvoit  point 
alors  d’écritures  mérovingiennes  : puifque  la  feule  écriture 
romaine  s’y  montre  condamment.  Sans  nous  amufer  à faire 
remarquer  , combien  cette  prétendue  écritute  romaine  eft 
altérée  , à montrer  que  les  auteurs  qui  ont  publié  dés  ou- 
vrages fur  les  monoies  de  nos  rois  des  deux  premières  ra** 
ces  , ont  fait  toucher  au  doigt  la  difércnce  de  leurs  carac- 
tères d’avec  ceux  des  Romains , &:  que  Bouteroue  a même 
drelfé  des  alphabets  fur  les  anciennes  médailles  8c  inferip- 
tions  françoifes , qui  prouvent  jufqu’à  quel  point  les  lettres 
romaines  avoient  dégénéré  , depuis  qu’elles  eurent  été  em- 
ployées par  nos  ancêtres  ; fans  nous  arêter  à faire  valoir  tou- 
tes ces  réponfes  : quelles  conféquences  légitimes  peut-on  ti- 
rer des  lettres  gravées  ou  moulées  à l’écriture  courante  ? Ne 
font-cc  pas  deux  genres  de  caraêlcres  totalement  difparates  ? 
Y a-t-il  aujourdui  bien  du  rapoit  entre  nos  lettres  capita- 
les & notre  écriture  financière  1 Pourquoi  veut-on  donc , qu’il 
y en  ait  davantage  entre  les  lettres  propres  des  monoies  ou  des 
inferiptions  de  nos  premiers  rok  , 8c  l’écriture  courante 
de  leurs  diplômes  ? Ce  n’eft  que  par  le  fophifme  le  plus 
grofiier , qu’on  cherche  à confondre  des  notions  fi  diftinÂes. 
Il  en  faut  dire  autant  par  raport  aux  m(T  ; quoiqu’on  ne  laifie 
pas  d’en  rencontrer  plufleurs  en  caraélèrés  mérovingiens  , 
lombardiques  , -virigothiques  8c  Taxons , 8c  un  plus  grand 
nombre  , où  ces  lettres  font  mêlées  avec  les  romaines. 

On  nous  demande  des  preuves  de  l’ufage  de  l’écriture 
mérovingietme  en  C»)  France  , & de  la  lombardique  en 


(^)  M.,  Fontanini  (&}  ne  lit  qu*avcc 
^ronement  cette  propolîtion  du  ?..  Gct- 
mon  : //  efi  (e)  mrtrtMin  , fi  f urittirf^  mc’ 
s vérùâbltmâns  èi 


tmpîtyh  dsns  Us  dtflomtt  /«i  mflm- 
mtsss  jssrsdiqttts.  Mais,  fans  nous  pr^va* 
loir  de  tant  de  diplômes  mérovingiens  eo 
fbtmcs  d'Otdonanccs  »,  & de  jugemcoi  > 


Dia:::^ - J 1 . Google 


- XX. 


DE  DIPLOMATIQUE. 

Italie.  Mais  comme  les  faits  parlent  trop  haut  , &:  que  le 
nombre  des  diplômes  de  ces  anciens  tems  , forment  une  ré- 
ponfe  trop  péremptoire  : voici  comment  on  s’y  prend  , pour 
s’en  débarafler.  On  exige  , que  leur  autorité  foit  mife  à 
l’écart , fous  prétexte  (a)  qu’ils  ont  pu  être  forgés  , bien  des 
fiècles  apres  les  rois  mérovingiens  &:  lombards , fur  le  mo- 
dèle de  cette  écriture  furanée  , qu’on  a coutume  de  leur 
atribuer. 

Mais  fi  les  firufiaires  ont  imité  de  vieilles  écritures  ; celles 
qu’ils  ont  employées  n’étoient  donc  pas  de  leur  invention. 
Si  l’on  pouffe  la  contradiélion  , jufqu’a  foutenir  quelles  en 
étoient  ^ fans  nous  permettre  de  conflater  leur  antiquité  par 
les  monumens  , qui  fubfiftent  : c’eft  nous  impofèr  des  con- 
ditions fi  iniques  ; qu’on  ne  fauroit  les  admettre , qu’en  ou- 
vrant la  porte  aux  paradoxes  les  plus  monfirueux.  Ne  pou- 
roit-on  pas  par  ce  moyen  defarmer  quiconque  entreprendroit 
de  combaue  le  pyrrhonifme  liiflorique  ? Prouvez,  lui  (i) 


tiport^s  par  D.  Mrbillon  Sc  D.  Houquet, 
Je  tant  t)c  chartes  d échange  , de  dona- 
tion , de  teftamenr  ; pièces  toutes  juri- 
diques pat  leur  naruie  r (ans  nous  arê- 
ter  aux  chartes  éclcfîaftiqucs  , toujours , 
quoiqu'è  tort , plus  en  bute  que  les  au- 
tres : produirons- en  une  ttes-mérovin- 
ienne  de  Childcbert  III.  de  l'an  7 1 r. 
Ile  nimérelTe  en  rien  aucune  égliTc  ni 
anonaftère.  On  ne  peur  pas  même  prou- 
ver, qu'elle  air  été  tirée  d'aucunes  atebi- 
Tct  éclélïaAiqucs.  Nous  Ibmmes  proba- 
blcmenc  les  premiers  , qui  l'ayons  dé- 
chiftée  : & c e(l  Tur  aocra  copie  que  P. 
Bouquet  (1)  la  donnée  au  public.  L'ori- 
ginal s'eft  trouvé  dans  le  cabinet  de  Ma- 
ximilien dcBïthone,dacdeSuillr,miniAre 
de  Henri  I V.  & maintenant  il  Ce  conferve 
dans  celui  du  prince  d'Henrichemont. 
Le  modèle  , que  nous  en  avons  fait  tirer 
avec  i'exaéUiude  la  plus  fcrupuleure  , lcra 
fun  des  plus  ptécieui  ornement  de  notre 
ouvrage.  La  barbarie  du  ftyle , qui  y re 
gne  , depuis  le  commencement , jufqu'à 
la  fin  , égale  ; A elle  ne  TurpalTe  , celte 
de  tous  les  diplômes , que  D.  Mabillon 
a mis  au  jour.  C‘el>  alTutémeot  une  pièce 
juridique  , s'il  en  fût  jamais.  Toutes  les 
iouBct  judiciaires  7 Tonc  oUKvéet-  L'a- 


(âire  lé  traite  au  tribunal  même  du  priiv 
ce  ; les  parties  y comparoilTent,  les  titres 
à la  main  : Icéiute  en  cil  faire  : les  inté- 
teAés  prêtent  interrogatoire.  Il  s'agit  d'un 
coorrac  de  vente  ; on  examine  u toutes 
les  formalités  y ont  été  gardées , fui vatu 
les  loir.  Ce  n'eft  qn'aptès  toutes  ces  dif- 
cuAions,  de  l'avis  des  grands  , de  fur  le 
rapott  du  Comte  du  palais , au  pluiâc  db 
celui  , qui  en  faifoit  les  fonélions , que 
Tarée  définitif  eA  prononcé.  Que  peur-on 
foufaarter  de  plus  juridique  le  de  moins 
fufpcél  > 

( I ) Ce  n'eA  point  ici  de  ces  liipoAtions 
en  l'air , qu'un  fait  valoir  , pour  décté- 
diter  l'opinion  d'un  advcriâire.  Le  P.  Ger- 
mon a'ignorok  pas , qu'elles  ne  fc  fuC- 
feot  bien  férieulement  réaliféts  , dans 
ta  tête  du  P.  Hatdouin  , qui  du  câté  dé 
■'érudition  n'éur  peniétre  point  d'égal 
dans  la  compagnie.  Pins  adroit  & moins 
impétueux  , que  fon  confrère  j A le  P. 
Germon  vifoit  au  même  bue , c'étoit  en 
s'envelopant , en  ne  laiAant  apercevoir  , 
qu'une  partie  de  Tes  projets , en  dégoi- 
fant  ce  qui  auroir  tévolcc  tour  te  mood'c 
contre  ce  f^fiéme.  Mais  quand  il  vit 
celui  duP.Hardoura  Iblennellement  prof- 
ctir  pat  fa  fociécé  j pour  lots  il  ne  pcalà 


II.  PARTIE. 
SacT.  III. 
Ch  A?.  VI, 

(«)  Germtn.  iif- 
cft.  i.p.  ;,.H. 
<0. 


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n.  PARTIE, 
s E c T.  III. 

Chap.  VI. 


(a)  Germtm.  dif- 
tefi.  1.  f.  J.  f.  4‘ 


NOUVEAU  TRAITÉ 
diroit-oiî  , que  vos  prétendus  Ss.  Pères  te  vos  auteurs  pro- 
fanes  n’ont  pas  été  fabriqués  par  une  troupe  d’impofteurs  ; 
mais  gardez-vous  bien  de  vous  apuyer  fur  l’autorité  de  leure 
mlT,  ni  fur  l’antiquité  de  leurs  cataftères.  Ce  font  ces  mlT. 
memes  & ces  càraftcres , que  nous  foutenons  avoir  été  ima- 
ginés fut  de  plus  anciens  , par  les  faulTaires  du  xt  1 1*.  fiècle, 
pour  donner  plus  de  poids  à leurs  menfonges.  De  peur  donc 
que  ces  témoins  incorruptibles  ne  dépolit  contre  nous 
hous  les  réeufons  tous  fans  exception.  Par  une  réeufacion 
générale  , fermer  la  bouche  à tous  les  témoins , qu’on  a pro- 
duits , &:  qu’on  pouvoir  produire  ; c’eft  \ la  vérité  une  ref- 
fource  merveilleufe  pour  le  crime.  Mais  afin  de  faire  voir, 
que  nous  ne  réeufons  pas  ces  témoins  fiins  bonnes  raiibns  ; 
nous  en  aléguerons  deux  : l’antiquité  (à)  aparente  de  ces 
monumens,  Sc  le  nombre  des  impofteurs  , qui  ont  fupofé 
de  faulTes  pièces.. Tels  font  les  grands  morifs  , qui  nous  ren- 
dent plus  que  lufpefts  les  anciens  m(T.  Telles  font  aurti  les 
preuves , qu’on  emploie  ici  contre  les  diplômes , écrits  en 
caraéicres  mérovingiens  ou  lombardiques.  Us  font  faux  , ou 
du  moins  fufpeûs  ; pareequ’il  en  eft  de  fupofés , où  ces  écri- 
ture» font  mifes  en  ufage , & qu’ils  ont  un  air  trop  antique 
& trop  vénérable. 

On  aperçoit  ici  le  fophifme  &:  le  paralogifme  tout  à la 
fois  : la  conclufion  du  particulier  au  général , & du  foupçon 
téméraire  à la  certitude  du  crime.  Il  eft  des  chartes  fàuiVes  : 
donc  nul  diplôme  ne  mérite  créance.  Un  tel  paroit  trop 
homme  de  bien  : donc  c’eft  im  impie.  N’cft-ce  pas  là  ouvrir 
là  porte  au  pyrrhonifme  hiftorique  le  plus  décidé  î N’eft-ce 
pas*^  lâcher  la  bride  à toute  la  malignité  du  coeur  humain  ? 
récriture aunoo  ^ VIL  Mais  quand  la  condufion  du  particulier  au  général 
deux  (iccics  bien  légitime  : quand  il  s’enfnivroit  de  la  fauffeté  de  quel- 

dru*temrtrr'a-  ^ pi^cs  , quc  toutos  ccHcs  , cKi’on  préfcntetoit  , feroient 
TCC  certitude  aux  fofpeftcs  Sc  fans  autoticé  : quand  tous  les  dehors  de  la  vertu 
plus  anciens  roo-  la  conviaion  du  crime  ; il  n’y  auroic 

««e^irnHlibi'.  cHCorc  nuHc  conféquence  à dire  : les  didomes  lombardiques 
Eté  d’une  parfaite  ^ métovirigierts  font  faux  OU  fufpeâs  : donc  ceux  qui  portent 

4»l«'  . qu'à  f*  pf"?"  1 tooleufs  fl  vises  , ti  avec  dos 


iliJe’deeet  autre  Jéfuiic.  Ceft fans  dou-  1 traits  fi  leflcmblans. 
te  ci  qui  1-a  porté,  i nous  le  (4)  peindre  1 


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DI  DIIIOMATIQ17E. 

les  mêmes  canâores  d’écriture  a’oi»  pas  Vatitûmké  , qu'tk 
font  paroitre.  Car , en  remontât  de  ûècis  en  i^le , pa  dé- 
montreroit  avec  autant  de  certitude , ^e  relie  écriture  apm- 
tianr  au  VI Z.  ou  VI I X*.  iiècie  -y  «pa’il  ferok  oifé  de  dilcer^ 
ner  & de  fixer  celle  du  xvi.  du  xvi  i.  âc  (fii  xvi  1 1 , ou  de 
paffer  aux  caraâcces  du  xv  , en  eommcnçai»  par  ceux  de 
notre  reros.  Or  qui  olêroit  révoquer  en  dmite , qu’on  puil& 
diftinguer  des  écritures  fi  récentes  ? On  ne  fauroit  le  nier  , 
fans  fourenir  ; nous  ne  dirons  pas  <^e  les  apcieimes  écritu- 
res des  bibliothèques  âc  des  archives  fisnc  iordes  des  mains 
d’une  pernicieuTe  cabale  des  xiii.  & xiv^.  ficelés  ; mais 
que  cous  les  mC  & tout  ce  que  renéêrmenc  les  archives  da 
inonde  entier , font  l’ouvrage  d’une  multitude  innombrable 
de  fiutfiaires  , répandus  dam  cous  les  lieux , dans  tous  les 
tenu  , âc  maitres  dafelus  de  cous  les  dépôts  , Ibit  publics , 
foit  particuliers  , aufii  bien  que  de  tous  les  m(T.  de  l’univers  t 
fans  que  januis  perfone  en  ak  entendu  parler , pendant  près 
de  dix-fepe  fiècles. 

Si  pareille  propofition  révolte  le  Ibns  commun  ; on  ne  dif- 
conviendra  pas , que  parmi  les  écritures , qui  précédèrent  la 
nôtre  ; il  ne  s’en  prélènce  de  non  fiifpteéles  , qui  peuvent 
lërvir  de  règle  & de  modèle.  Or  pourvu  qu’il  (bit  acordé  uq 
point  , d’où  l’on  puifle  partir  , avec  un  ou  deux  fiècles  , 
qu’on  puifie  comparer  eiifemble  : ( choie  que  le  P.  Hardouin, 
tout  P.  Hardouin  qu’il  eft  , n’ofe  nier  ) on  s’élèvera  fans 
peine , par  une  continuité  de  de^és  infenfibles  , jufqu’aux 
plus  anciens  monuraens.  Commé  xl  n’eft  pas  poflible,  <^una 
infinité  de  fuites  nmi  interrompues  de  toutes  fore^  de  mé- 
dailles , de  mif.  &c  de  diplômes  de  tons  les  fiècles  , forment 
autant  d’aiTemblages  de  pièces  iàuiTes  ; il  ne  l’cll  pas  non  plus  , 
qu’un  enchaînement  de  toutes  les  efpèces  d’écrkures  , afisc- 
tées  à chacun  de  ces  genres , écritures  qui  ie  couchent  Sc  fis 
prêtent , pour  ainfi  dite  la  main  , donc  les  tapotes  générauxt 
Ibnt  marqués  , & ^iles  à faifit , dont  les  variations  immé- 
diates Sc  de  proche  en  proche  font  fi  légères  ; qu’elles  n« 
fiiuroienc  furemenc  être  aperçues  qu’aucanc  qu’on  laiilè  d*in- 
xervale  entre  les  excrémicés , qui  doivent  contrailer  -,  non  , 
il  n’eft  pas  poifible  , que  des  vatiétés  fi  cenftantes , fi  déU- 
«ates , fi  multipliées  5 jointes  à des  tapoits  Ae  leftémyanee^ 


II.  PARTIE. 

Sic  T.  III. 

OHAt.  VI. 

imitation  des  an- 
ciens tittet.oQ  que 
des  pidccs  favUit 
de  noDTclIe  (àbii- 
que  Sc  doooées 
pouriHs- antiques, 
ne  (oient  pas  re- 
coones  par  d'ha- 
biles antiquaires , 
ateodis  à fuivre 
Icuiaptiiicipes. 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  1 1 1. 

Ch*p.  VI. 


}6i  NOUVEAU  TRAITÉ 

qui  marchent  toujours  à côté  , {oient  l’ouvrage  de  la  réflé- 
xion , de  l’artifice  & de  l’impolhire.  On  ne  le  peut  dire , 
{ans  le  précipiter  dans  les  fylîcmes  les  plus  extravagans.  Les 
conoilTeurs  (entent  parfaitement  la  focce  de  cette  démonl^ 
tration.  Ceux  mêmes  qui  ne  le  font  pas , en  (croient  aifément 
firapés  ; fi  quelqu’un  leur  faifoit  remarquer  fur  une  fuite  d’an- 
ciens &c  de  nouveaux  titres  , les  raports , les  progrès  , les  va- 
riations , qui  fe  manifefient  de  ficelés  en  lîécles  dans  les 
écritures  , &c  qui  ne  permettent  pas  de  les  confondre.  Soit 
en  remontant  de  la  nôtre  à la  mérovingienne , (bit  en  de(^ 
Cendant  de  la  mérovingienne  à la  nôtre  ; il  fera  donc  fa- 
cile d’alfigner  autant  de  points  fixes  , qu’il  y a de  fiècles  , 
qui  les  féparent  , &c  de  fortes  d’écritures  , qui  les  caraûéri- 
(ent.  Or  ces  points  une  fois  bien  connus  & bien  conftatés , 
rien  n’empêche  d’envilâger  de  là  ce  nombre  prodigieux  de 
raports  de  confortrâté  &c  d’opolition  , qui  feroient  le  dé- 
fefpoir  des  faulTaires  ; s'ils  étoient  alTez  habiles  , pour  (ên- 
tir  la  dificulté  de  les  exprimer  , 8c  qui  les  trahiront  infail- 
liblement , aux  yeux  des  conoilTeurs  , s’ils  ne  la  Tentent 
point.  Ainfi  la  feule  infpeêlion  d'une  charte  peut  jufiifier 
pat  l’obTervation , ou  l'inobfervation  de  tous  ou  de  la  plu- 
part de  ces  raports  , qu’elle  a , ou  qu’elle  n’a  pas  été  forgée , 
dans  des  fiècles  poliérieurs  à fa  date.  Or  combien  cette  épreu- 
ve (êra-c-elle  plus  forte  , pour  confiater  , que  la  totalité  des 
diplômes  lombardiques  8c  mérovingiens  n'a  pu  être  fabri- 
quée par  des  faud'aires  du  bas  ou  du  moyen  âge  , avec  tou- 
tes les  circonfiances  8c  les  raports  , qui  caraâérifent  ces 
pièces-.  Donc  leur  antiquité  , loin  d’être  un  titre  de  fufpi- 
cion , ell  pour  eux  un  caracièce  , d’autant  plus  favorable  j 
qu’il  eft  moins  conforme  au  bon  fens  , de  nous  avoir  con- 
(èrvé  , depuis  tant  de  fiècles  , une  foule  de  monumens  faux , 
à l’exclufion  des  véritables  ; 8c  qu’il  eft  d’ailleurs  d’une  li 
grande  dificulté  de  forger  aujourdui  des  diplômes  revêtus  de 
toutes  les  qualités , qui  diftinguent  les  mérovingiens  -,  qu’on 
pouroit  donner  un  défi  folennel  aux  plus  habiles  ubricateurs  , 
d’en  impofer  par  de  femblables  titres  , aux  perfonnes  con- 
fommées  , dans  la  conoilTance  de  ces  fortes  d’antiquités. 

Pour  achever  de  confondre  les  prétentions  oe  ceux  , 
qui  veulent  faite  regarder  comme  fupofées  les  écriture» 

mérovingiennes 


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DE  DIPLOMATIQUE.  j<9 

mérovingiennes  de  lombardiques  ; nous  pourions  ajouter 
quelques  textes  d’auteurs  des  x.  &:  xi®.  iiècics  , qui  rendent  ' s h c 
téoioignage  à leur  antiquité,  de  meme  qu’à  la  dificulté  , qu’on  c h * ?.  v i. 
trouvoit  dcs-Iots  à les  lire..  Nous  pourions  encore  infifter  fur 
les  mlT.  de  France  de  d’Italie  , dans  lefquels  ces  caradères 
barbares  font  employés.  Mais  comme  ce  font  des  raifons  de 
des  autorités  , qui  feront  dévelopées  ailleurs  , il  doit  nous 
fufire  ici  d’y  renvoyer.. 

VIII.  Enfin  après  bien  des  fupofitions  en  l’air  , on  s’hu- 

• r • r ^ I * i>  r • t • ' ' ancicnncf  <cmu- 

manile  julqu  a ne  plus  nier  , que  lecricure  mérovingienne  rcs,no»  rcuicmcoc 
n’ait  eu  cours , fous  les  delcendans  de  Clovis.  Mais  , c’eft  poiTibie,m»isréei. 
allez  , dit-on  , qu’elle  ait  eu  des  imitateurs  parmi  les  fauf- 
faites , pour  qu’elle  foit  défomuis  (a)  inutile  au  difçernemerit  naui  fabri^uis  k 
de  vrais  &:  faux  diplômes.  Ne  lêmble-t-il  pas  , que  rendre 
avec  une  aifance  inimitable  des  traits  , que  les  plus  habiles  dl^'cècier,' Vu^ 
ne  lifent  pas  fans  peine  de  faiu  étude  , foit  pure  bagatelle  Htion  fans  viai- 
pour  des  impofteurs  , dont  on  n’a  jamais  prouvé  la  fupériq- 
rité  de  favoir  de  de  génie  fur  leurs  contemporains.  Mais 
ces  faulfaires  fi  privilégiés  avoient-ils  fous  la  main  du  papier  * ’ ' 

d’Egypte  î Pouroit-on  juftifier  par  de  bonnes  preuves , après 
avoir  conllaté  l’exiftence  de  ces  impofteurs  , qu’ils  avoient 
le  fecret  d’imiter  avec  la  dernière  perfcèiion  le  parchemin 
de  l’encre  de  onze  à douze  cents  ans  , les  caraûcres  de  vé- 
tufté  de  de  dépériflement , de  toutes  les  efpèces  d’accidens  Se 
d’infortunes  , qu’une  longue  fuite  de  fièclcs  peut  caufer  à 
d’anciens  titres  ? Combien  d’autres  dificultés  à dévorer  pour 
eux  , du  côté  des  fccimx  Se  dqs  formules  ! 

Qu’on  celTe  donc  de  (6)  demander  aux  Mabi4ons  mên\e«i,  W 71. 
quelle  expérience  ils  ont  aquife  ,.pour  juger  des  diplômes  r^/'îî* 
mérovingiens  : qu’on  ne  rebate  plus  , qu’ils  n’en  ont  vu  que 
de  faux  ou  de  fufpeéls , Se  conféquemment  d’infufifans , pour 
fervir  de  règle  de  vérité.  Le  P.  Germon  eft  forcé  (c)  de  re-  v.,. 
conoitrc  , que  des  hommes  , qui  ont  un  grand  ul^e  des 
chattes  véritables  , telles  que  celles  , qui  font  renfermées 
dans  le  Ttéfor  royal  de  autres  dépôts  publics , peuvent  s’etre  - 
formé  un  goût  de  difeernement  , qui  ne  leur  permette  pas  ; 

de  confondit  les  vcaies  Se  fauftes  chartes.  On  peut  donc  à. 
plus  forte  raifon  , pat  un  grand  ufage  , aquérir  un  goût  des 
diférentes  écritures , qui  faite  , qu’on  difcçrne  furement  leurs  ! 

Tome//.  ‘ ‘ ' ■ Aaa 


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370  iSIÔÜVEAÜ  YRÀifé 

' ' ' ' ~ âge»  ; quand  on  fuit  pas  à pas  la  méthode  , de  remonter  det 

II.  PARTIE,  plus  récentes  aux  plus  anciennes.  Ainfi  prononce-t-on  avec 
Ch” i *Y K îi^iurance  fur  l’antiquité  des  médailles  , des  inferiptions , de* 
mlT,  Si  les  feuls  cartélères  fuHfent  ordinairement , TOur  ne 
s’y  pas  méprendre  ; combien  auront-ils  plus  de  fucccs,pour 
fixer  le  ficcle  des  diplômes  ! lleft  en  éfet  incomparablement 
plus  dificile  , de  contrefaire  l’écriture  de  ces  derniers , que 
celle  des  médailles.  Rien  de  plus  aifé , que  de  prêter  à celles- 
ci  un  air  antique  , qui  en  impofe  au  vulgaire  , Sc  non  pas 
aux  habiles  gens.  Mais  l’antiquité  de  l’écriture  une  fois  bien 
connue  • on  ell  alluré  , qu’elle  n’eft  point  l’ouvrage  de  tauf- 
faites  des  fiècles  poftérieurs,-  pareequ’il  ne  leur  a pas  été  pot 
fible  d’en  imiter  d’un  air  aifé  tous  les  traits  , d’en  repré- 
fenter  au  naturel  tous  les  carftélères,  d’en  réunir  tous  les  ra- 
porrs  : raports , qui  comme  on  l’a  fait  voir  , ne  làuroient  être 
tous  faills  en  fp^ilation  , que  par  des  hommes  confommés 
dans  l’étude  des  archives  : quoique  dan»  la  pratique  ils  nfe 
. pulTent  pas  eux-memes  les  exprimer  parfaitement. 

Relie  donc  à favoir  , fi  telle  écriture  a été  fupolée  par  des  » 
contemporains.  Or  communément  les  circonllances  de  la 
pièce  , prouvent , qu’elle  n’a  pu  erre  fabriquée , dans  des  tems 
fi  réculés.  Car  , fi  dcs-lors  on  l’eftt  forgée  ; c’eût  été  ou  pour 
la  produire  , ou  pour  la  tenir  cachée.  Produite , eHe  eût  été 
certainement  reconnue  pour  faulTe  , & conléquemment  fii- 
primée.  Elle  vifoit  , on  le  fupofe,  à dépouiller  les  légitimes 
■|solléfreors  de  leurs  biens.  Or  les  auroient-Hs  abandonés , ou 
les  en  auroic-on  chalTés  fur  le  vu  d’une  pièce  de  fraiche  date, 
dont  perfonc  n’étoit  témoin  , dont  qui  que  ce  fut  n’avoit  en- 
tendu parler  ? Tenue  cadrée  elle  demeuroit  inutile.  Or  on 
•ne  fe  porte  point  à Commettre  des  crimes  de  cette  efpèce , 
fans  en  efpérer  quelque  avantage.  Nemo  gratis  preefumitur 
. rjfe  malus. 

Trais  princi-  IX.'CeftdonC 
pes  du  diiccrne-  matiqtie  dans  des 

roûi"i  Imie'/'ie!' chattes  de  chaque  ficcle  fur  celles  ,tjui  auroieftt 
âû't*its'**o”'rén.iuî  été  conHammeut  renfermées  dans  les  dépôts  publics.  Eh  ! 
fufpcas . ou  inru-  pourquoi  veut-on  l’affujetit  i cette  loi  ? Ne  feroit-ce  point , 
bt^dans  ic'ddm'  anciennes  archives  publiques  n’ont  que  cinq 

tmuicuBoounKDt -à  fix  cents  ans?  Aihii  tous  üos  tliplomes  des  ficelés  antérieurs 


confondre  les  idées , & refferrerla  Diplo- 
bornes  trop  étroites  ; que  de  la  réduire . à 


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DE  DIPLOMATIQUE.  J71 
demeureroicnt  fufpeâs  & inutiles.  Qui  empccheroit  après 
cela  , qu’on  n’en  dît  autant  des  mlT , des  infcriptions  , des 
médailles  -,  & que  par  là  l’on  ne  répandît  un  pyrthonifrae 
afreux  fur  toute  l’antiquité  î II  y a plus  : nombre  de  dépôts 
(i)  publics  n’ont-ils  jamais  admis,  fans  examen  juridique, 
des  pièces  tirées  d’archives  prticulicres  ? Dans  la  plupart  l’in- 
troduélion  de  &ux  titres  , télblue  par  l’intérêt  , obtenue  ^ 
pûx  d’argent,  confommée  par  la  corruption  de  ceux  , à qui 
la  garde  en  étoit  confiée  , eft-elle  moins  (a)  probable  , que 
la  fupofition  de  quelques  aêles  renfermés  parmi  ceux  des 
communautés  écléfiaftiques  féculières  àc  régulières  ? Par  con- 
féquent  à s’en  tenir  à la  manière  de  raifoner  des  auteurs  , que 
nous  réfutons  ; voilà  les  arcliives  publiques  &c  particulières 
également  devenues  fufpeâes.  11  ne  reliera  donc  nulies  piè- 
ces ; qui  puilTent  fervir  déformais  au  difcemement  du  vrai 
6c  du  faux.  Les  onze  à douze  premiers  fiècles  n’en  fourni- 
ront point.  On  fait  profelfion  de  n'y  recoooitre  nul  diplôme 


IIPARTIE. 

Si  CT.  m. 
Chat.  VI. 

de  rinci(}uic^.  Ob- 
jeâion  répondue. 
Ddpôcs  publics  , 
oùloo  agliflüdc* 
pièces  fuiÂci. 

tifaii.  ItsI.  t.  j, 
ctl.  10.  la. 


( c ) Des  sKeats  clliiaès  Toni  t»eo  plus 
loin  que  cous,  11$  nonnneot  les  dépôts 
publics , où  ton  a fait  cacrer  de  faulTcs 
pièces.  » Nous  ntvoos  ,dic  (t)  M.  Mè- 
« nard  , que  ctuz  à qui  on  ccniit  la  gar- 
•>  Je  des  arcbiTcs  ( du  toi  i Nifmes  , ) 
» ainlî  que  ceux  , qui  avoient  foin  de 
» celles  des  antres  l&èdfaulTèes  de  Lan- 
Kgncdoc  eniïrenc  un  cres-graad  abus  pour 
M de  l’argent , Toit  en  y jetant  des  aèles 
» fana  , loit  en  ûipriiaant  les  yènrablcs , 
M (clon  que  le  dctnaodoicnr  La  dclTcins 
M tç  la  vues  de  ceux  , qui  les  Tailbient 
» agir.  Ce  qui  obligea  le  roi  LouisXIV. 
y>  vers  la  fin  du  dernier  fîccle  , d'otdoner 
U que  la  liua  de  toorcs  cesarebives  fe- 
aa  roient  remis  dans  un  dépôt  général  à 
» Montpelier , & d'en  eoolier  la  garde  au 
n Pcocureot  général  de  la  Cbambre  d» 
B compta.  De  forte  qu'il  ne  feroit  pas 
?•  estraordinairc  de  rencontrer  dans  ce 
» dépôt  quelqua^icces  fauflcs  & fupo* 
a>  féa.  iîa>s  )l  Cua  toujours  làqijc  d'en 
..  faire  le  difcetncmcnt  par  les  caraélères 
M de  la  .vérité  ou  de  la  rupedîtion  , que  ■ 
» tufage  k U ccwojlTance  des  aneienna  ; 
•>  ebarcesoc  maoqaenc  pas  iVe  faite  apes' 
i>  ccvoir.w  Le  (avant  académicien  cite 
en  fliaigcIdÛAi  dr  4s  ^rsmtt  jst  M.  Àe 


■ ttHlsimiiüitTi.  t.  s.  f-  H7-  Muratori 
fourienr  foret  ment  , qn'il  (r)  n'elt  au 
monde  nul  dépôt  d'aéies  , od  l'on  n'fn 
tirsnve  , qui  ne  (bot  point  marqués  au 
coin  de  la  vérité.  M.  Hcain  , qui  publja 
en  tyss.  à Oxford  la  Chrniqut  fiseht 
tixeffe  il  Ust!  ftrim , ubfcrvc  que  les 
ennemis  des  eois  d'EcolTc  de  la  race  des 
Sruans , k furtout  la  Lancadres  , ont 
malicicufement  inféiédans  les  rôles  beau- 
coup de  choéês  peu  conforma  à la  vé- 
rité , k qu’ils  ont  fupoCe  en  la  place  dca 
aâes  lincéra  , des  pièces  fauSes  , pour 
obfcarcir  les  droits  de  la  coutone.  Oé- 
firvfit  (d)  tiUêr  iftipitrum  rtfMin  sivir- 
fsriit  vsfri  mslis  rnslis  infersijfi , vt- 
riisà  miam  confins  , ic^ni  fsBum  rffi , 
m firisnut  msias  tx  fsrti  hijlmsm  tx 
ntHÜi  cmfextx!  ^ fgmtnüi  iicifiuj/nmi  ; 
cxfmfU  grstii  , cum  Johsnnim  Riicr/i 
m.  nimini  fefits  injigxon  , frmà^- 
fus  Stxsrtirum  finüi  fsixrtm  , illcgifi- 
mxnp-  Rabnii  II-  fimm  fxift  cenfenih. 
Atioi , LsncsJIrcnfcs  wfprixns  , ritslssgt- 
nainst  ,fxhflintni  fstfic , yu  jurs  Certns 
ohfcxrsrtnt  , ftilcvifi  , «r  nslls  s/ii 
fiiei  fît , J!  ex  chsriii  sxttniieis  ctnirSTinm 
psitfcM. 

A a a ij 


W tfeutfinr 
thtjl,  il  Nifmei^ 
t.  i.f.  1C4. 


(c)  Aniisiàt.lisl. 
• f-  difnu  14. 
ni.  10. 


(d)  A8s  rrxJk. 
mtnfn  msü  ss. 
J7S4- 


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II.  PARTIE 
S*cr.  III. 
Chap.  YI. 


(m)  CtrjBfn.  dif- 
tifi.  1.  f.  i7.& 

fin- 


{t)  Hid.  f.  ét. 

à-fin- 


371  nouvé'au  traité 

exemt  de  toute  fufpicion.  Les  fuivans  ne  feront  pas  pim 
privilégies  ; leurs  aûes  font  fiijets  aux  memes  incoiivéniens. 
En  éfet , où  eft  l’impoflibilité  morale  , qu’un  titre  foit  faux , 
quoique  forti  d’un  dépôt  public  î Or  dèsdà  , qui  poura  dou- 
ter de  ‘Ibn  infufifance  , pour  conftater  la  vérité  aune  autre 
pièce  devenue  fufpecle  ? S’il  y a des  aéles  faux  dans  les  ar- 
chives publiques  ; le  lieu  où  ils  font  dépofés  , ne  leur  im- 
prime donc  pas  , félon  les  principes  de  nos  adverfaires  , pu 
caraélere  de  vérité  fi  infaillible , qu’ils  puiifent  fervir  & de 
règle  & de  preuve  aux  autres.  Leur  vérité  , comme  celle 
des  chartes  particulières  , doit  donc  principalement  réful- 
Tcr  des  caraftères  extérieurs  & intérieurs , propres  de  chaque 
pièce.  Ils  ne  peuvent  emprunter  , que  des  préfomptions  du 
lieu  , où  ils  font  gardés.  Mais  comme  les  ennemis  de  l’an- 
tiquité refufent  de  s’en  rapoiter  aux  caraâcres  avantageux 
ou  délàvantageux  , qui  naill'ent  du  fond  d'un  titre  &c  de  fes 
marques  extérieures  d’authenticité  : toute  certitude  en  fait 
de  diplômes  eft  anéantie.  A leur  avis  , on  n’a  point  {a)  d’au- 
tre voie  , pour  prononcer  fur  la  vérité  ou  la  taud'eté  de  ces 
monumens  , que  l’autorité  publique  , réfidente  dans  lès  ar- 
chives, ou  l’expérience  d’un  habile  antiquaire.  Or  fuivant 
leurs  principes , celle-là  fe  trouve  incertaine , & Celle-ci  n’eft 
d’aucune  relTource  , qu’autant  qu’elle  eft  apuyée  fiir  la  pre- 
mière. On  ne  peut  donc  plus  compter  fur  la  certitude  des 
aéles  , dépofés  dans  quelques  archives  que  ce  puilTe  être. 
Quel  autre  parti  prendre  après  cela , que  de  brûler  routes 
ces  pièces  inutiles , ou  de  leur  opofer  un  doute  invincible  & 
général  ? Ne  fufit-il  pas  de  mettre  fous  les  yeux  du  public  de 
pareils  fyftèmes , pour  lui  en  infpirer  une  jufte  horreur  ? 

Mais  , replique-t-on, qu’un  etranger  nouvellement ari- 

vé  des  pais  lointains  vous  aporte  un  inftrument  fait  en  (à 
patrie  , & fouferit  par  le  notaire  du  lieu  ; y ajouterez-vous 
foi  ; s’il  n’eft  conftaté  par  le  témoignage  d’un  magiftrat , ou 
de  quelque  autre  peribnne  non  fuipeéle  , que  l’aéle  eft  véri- 
tablement figné  ae  la  main  du  notaire  , dont  il  porte  le 
•nom  ? Or  pourquoi  ne  prendroit-on  pas  les  mêmes  précau- 
tions contre  les  diplômes  , qui  nous  ont  été  tranfmis  des 
tems  les  plus  reculés  ? Eft-il  plus  dificile  de  prêter  une  faufte 
fignatuie  a un  notaire  , qui  vivoit  il  y a plus  de  mille  ans  , 


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DE  DIPLOMATKiUE.  373 

3ue  d’en  rupofer  une  à celui , qui  habiceroic  aux  extrémités 
e l’Europe? 

1°.  Tranfjjlanter  tout  d’un  coup  un  étranger  dans  une 
région  nouvelle  , fans  lui  faire  prendre  aucunes  de  ces  (âges 
jnefures , qui  l’auroient  aifément  fait  conoitre  par  la  corref- 
pondance  des  cours  refpeélives  , ou  par  les  relations  des 
commerçans  : pareille  fupofitlon  jeteroit  aûuellement  dans 
un  plus  grand  embaras , que  n’en  pouroit  caufer  tous  les  di- 
plômes mérovingiens.  En  éfet , pour  faire  légalifer  le  préten- 
du aûe , palTé  par  devant  notaire , aux  termes  de  l’objeélion, 
notre  étranger  s’adrefl'e  au  magiftrat  , foit  du  pais  , qu’il 
quite  , foit  de  celui  où  il  va.  Car  on  ne  dit  point  nettement 
auquel  des  deux  il  doit  s’adrefler.  Dans  le  premier  cas  , qui 
peut  répondre  , que  l’ateftation  n’eft  pas  conteefaite  , .aufli 
bien  que  l’aébe  ; puifqu’il  eft  également  porteur  de  l’une  Sc 
de  l’autre  ? Dans  le  lecond  , par  quel  art  le  magillrat  fran- 
-(ols  a-t-ûl  pu  découvrir  3 par  quelle  autorité  a-t-il  pu  juger , 
que  telle  fignature  étoit  celle  d’un  notaire  , qu'il  ne  conoif- 
K)it  pas  î Son  expérience  a bien  pu  lui  aprendre,  que  véritable- 
ment cet  aéle  & ces  fignatures  ctoient  de  main  étrangère , hon- 
groilè , polonoilè,  fuédolle  &c.  mais  cette  obfêrvatlon  ne  peut 
mettre  l’aéle  à l’abri  des  foupçons  légitimes  ; s’il  n’eft  acompa- 
gné  de  circonftances  , qui  en  donnent  une  idée  plus  favorable. 

1®.  Quand  on  demande , s’il  eft  plus  dificile  de  contre- 
faire la  lignature  d’un  notaire  de  mille  ans  , que  celle  d’un 
notaire  de  l’extrémité  de  l’Europe  ; on  tombe  dans  un  pa- 
ralogifme  vifible.  Car  on  fupofe  , que  l’aéle  en  queftion  , 
•vient  aéluellement  d’un  pais  éloigné.  Rien  n’empcche  donc, 
que  fabriqué  par  quelque  fauflaire  , il  n’ait  été  aporté  par 
l’artifan  ou  le  complice  de  l’impofture.  Ici  tous  les  caraéleres 
des  lieux  & des  tems  ont  dû  être  néceftaireraent  obfervës 
par  des  compatriotes  &:  des  contemporains.  Là  ce  n’eft  ni 
le  Eiuftaire , ni  fon  complice , qui  nous  prélènce  le  titre  an- 
cien. Celui  qui  le  produit  l’a  reçu  de  fes  ancêtres  ou  de  fes 
prédécefleurs.  En  tout  cas  il  n’a  pas  été  maitre  de  lui  donner  les 
cjraftcres  des  ficelés  mérovingiens.  Il  ne  fera  ilonc  pas  fort 
dificile  à des  conoilTeurs  de  dilcerner  la  vérité  ou  la  raufteté 
de  la  pièce.  La  dHparité  paroit  donc  énotme^&  Ikcompraifon, 
qu’on  débitoit  avec  un  air  de  triomphe,  n’a  pas  mêmed’apli- 
cation  au  fujet  prélènt. 


Il  PARTIE. 

s £ C T.  Il  I.  ' 

-CH*r.  vu 


îjy  C-;"JgIc 


II.  PARTIE. 

Se  CT.  III. 


(«)  Dtir  ifttrU 
ià  Vtrma  itlmftr*- 
t»  lit.  7.  (ti- 

l«0. 


J74 


NOUVEAU  TRAITÉ 


-/ 


CHAPITRE  VIL 


Travaux  entrepris  par  les  modernes , pour  étendre  la 
conoiïfance  des  anciennes  écritures,  EJl-il pojpble 
de  f^er  le  Jiècle  des  mjf.  & des  diplômes  , même 
ayant  Charlemagne  , par  le  coup  d'oeil , par  les 
pièces  de  comparaifon  , par  la  forme  & l’ejpèee 
de  leurs  écritures  , par  leurs  circonjlances  & leurs 
accejfoires  , par  leur  combinaifon  réciproque  ? La 
réunion  de  tous  les  moyens  de  juger  efi-elle  né~ 
ceffaire  ? Sufit-elle  toujours  ? 

AP  R i s que  l’empire  romain  eut  rendu  les  derniers  (bu- 
pirsen  Occident  ; la  fcicnce.des  anciennes  écritures 
cefla , comme  on  l’a  vu  , d’être  cultivée , ou  ne  le  fût  qu’im- 
parfaitement.  Deux  ficdcs  depuis  le  renouvellement  des  let- 
tres , ont  à peine  fu£,  pour  former  un  homme  capable  de 
la  remettre  en  honneur.  Mais  les  lumières  , qu’il  répandit 
fur  elle  , égalèrent  les  acroiflemens  de  richeflTes  , qu’elle 
avoir  réèlemcnt  aquÜës , au  milieu  des  ténèbres  , dont  elle 
étoit  couverte  , depuis  plus  d’un  milier  d’années.  L’art  de 
juger  de  Page  & du  mérite  des  anciens  monumens  , & d’en 
faire  la  vérification  fut  des  principes  clairs  & certains  , pa- 
rut donc"  avec  un  éclat  ,que  l’antiquité  n’avoit  jamais  connu. 
Cette  foience  créée  , ou  du  moins  reflfufcitée  par  D.  Ma- 
hillon  , fût  reçue  avec  les  plus  grands  aplaudiflemens.  Beau- 
coup d’auteurs  tournèrent  de  ce  côté  là  leurs  études  &:  s’a- 
tachèrent  à diverfes  portions  de  ce  vafte  champ.  De  grands 
hommes  ont  formé  des  projets  ( 0 plus  étendus  , pour 


(i)  M.  1e  marquis  (m)  Mtffüi  cite  d'aile 
ftut , ^aad  aonifcre  ^ £iid1èt  ialii|ip- 
ckns  , jwblides  pou  vdiiubtes  ,pai  <it  n 
mciu  asitiqiuiies  ; ii  de  l'autre  drs  exem- 
ples de  (pieiqoefBoee  .,  cftmtdes  lauitcs 
forda  citliqim  cdlèbtcs  ; quoique  leur 
vdncd  (c  tiouve  aujoutdui  ddmootrée.  On 


ne  ùtoit  pas  aombd  , feWn  loi  , dons 
eut  (le  indprilês  , lî  l'oo  avoir  eu  un 
bon  an  ciitique , pout  diCcerner  lesvaaiei 
le  faudës  inirriptions,  Ajxés  «uioir  Iilid 
par  ûf  VOS!»  U oaaiulnioo  de  eei  an- 
vügc  ; ilavDtt  pris  fur  lui-même  de  fe 
chaiger  d'une  tâche , dont  il  fe  fenroic 


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DE  DIPLOMATIQUE.  57f 

pcr^joner  h conoilTance  des  anciennes  écritures.  Si  les 
Moncfaucons  & les  Beffels  fe  font  dilUnçués  dans  cette  ca-  * 
ricre  , d’autres  n’ont  pas  laiffé  d’y  courir  avec  lUcccs.  Les  c h a r!  v i L 
livres , où  d’après  les  originaux  , on  a publié  des  modèles 
d’infcriptions  , de  mlT.  &c  de  chartes , ont  utilement  contri- 
bué aux  progrès  de  cette  fcience  ; furtout  lorfqu’ils  ont  été 
acompagnés  d’oblèrvations  capables  de  lui  prêter  un  nou- 
veau jour.  Cependant  Trotz  , J C d’une  érudition  fort 
vafte  , fouhaice  (a)  encore , qu’on  donne  des  règles  de  criti-  B» 
que  , par  lerquelles  on  puide  s’alTuret  de  l’antiquité  , du  mé- 
rite  , tiu  prix  des  mC  Sc  des  canfes  des  fautes  , qui  s’y  font 

Slinfces.  11  voudroit , que  ceux , ^ui  ont  accès  dans  les  gran- 
es  bibliothèques  examinadent  a fond  les  mlT.  de  cliaque 
âge  , & qu’ils  en  dredàdent  une  hidoire  critique  plus  exaae. 

Mabillon  , Montfaucon , Brencman  &c  le  Clerc  ont , dit-il , 
déjà  traité  ce  lu  jet.  Néanmoins , continue-t-il , ce  qui  refte  à 


plus  capable  que  bien  d'autres  , de  s'a-  Allemans  , Efjngnols , Eranfois  , Itlan- 

quiccr  avec  luccds.  Il  en  droit  encore  dois  , Angto  normans  fè  font  lervis.  SI  (*)  Jl. 

tocapé,  locfqu'en  <74<.  il  publia  (S)  fcs  ne  fe  beunoic  pas  à la  dcfcripeioa  de 

figles  lapidahes  des  Grecs.  AulTi  fon  ddi-  leurs  lettres  ; il  eomptoit  £>ire  teptd- 

teur  le  (r)  place-t-il  à la  tcte  des  livres , fcntec  , (iiivant  l'ordre  des  Cèdes  le  des 

auxquels  k favant  marquis  fe  propofoit  lieux  , les  deritures  des  Gtees , des  Ro- 
de tntitrmnccCâmmem  la  demiere  main.  mains  & des  baibares.,  d'après  Icun  udt  (c)Uid.f.iiy. 

11  ajoute  que  fes  premiers  travaux  en  ce  leurs  diplômes  h leurs  marbres.  Tb- 

genre  ètoient  jufqu'alots  demeurés  im-  Heatn  , dans  fa  préface  (ùr  la  chronique 

parfâiis , n^ligès  te  pour  ainli  dire  laif-  ou  annales  du  mooaAèrc  de  Onnftaple  > 

fit  dans  l’Oubli  par  leur  propre  auteur,  tend  témoignage  aux  tonoiiliuices , qo\a- 

SUcs  promcITcs  renouvelées  ne  font  pas  voit  aquis  Wanley  du  cataélère  des  dilÜ- 

cneere  acempties  ; il  eft  fort  à foubai-  rem  âges , Ac  des  anciens  mlT,  priocipu-  Jbuhmt^  tt- 
' -»er  , qn'eMes  le  fùieet.  Du  moins  jouif-  lemeot  de  ceux  d'AogIcccm.  Ma»  il  i. 

‘Ibns-nousdepois  xs-ans  de  fon  hiftoirc  . atribuc  l'iuéxécution  de  ce  projet  à (bn  Ma/br.  ^rnrv.  da 

diplomatique  , qu'il  qualifie  lubméme  incoollaoce  , autant  qu'à  fes  oc^ations;  ^ 

' dlntroduélion  à (on  art , ettndu  du  pu-  fans  noos  dire  , fi  fon  eniiepnicéut  af-  - . 

bile  avec  tim  d’impatience.  . (ex  poidâmmeiK  (êcoodée  , pout  qu'il 

Scbeldlrate  avoit  coo(tt (d)  ledcfiêin  olàt  s'y  livrer.  C'eft,  félonies  Aoglots  , 

■4e  fixer  rantiquité  des  mlT.  grecs  Sc  la-  une  grande  perte  pour  le  public.  Ma» 

' 'tins  pte  la  (orme  de  leois  caraâères  -,  ' la  FÙIéogmpbic  peut  Iblpoidtt  nos  te- 

«ais  (an  cntiepriië  n'a  pas  eu  (Texécu-  gren  , par  rapeicoux  dentures  grèquei  f 

lion.  On  n'en  découvrit  dans  lès  papiers  ta  Diplomatique,  parrapott  aux  laeioes^ 

que  quelques  ulTais  trop  nlfbraics  ; pour  de  le  carxiogise  des  n(t.  de  roi  tTAugle- 

* -que  le  pàtilie  en  profitât.  ;!  terre , parnpott  aux  fienmes.  Ces  dai- 

Wanley , tfljkct  fur  Ut  Imu  ffpien  nières  auroicm  apammmmt  été  le  fomi  , 

rrrraaaX  rasi  tmfrrimti  jat  mjf.  s'bfroii  le  plus  abondant . on  WaUley  uoioic  pub- 
cn  170;.  de  eompofer,  aux  dépens  du  lé  des  morceaux  , jofqu'aton  inamaas il 
-public  , une  hiftnirr  des  lettres  , dont  (a  phqott  4h  gtM  de  teati. 
en  tout  teais  les  Grecs  ,Homains,Gotfai^ 


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II.  PARTIE. 

Se  e T.  III. 
Chaf.  VII. 


DiftinAion 
<kt  ^crirarcf  an- 
ciennes & modet- 
nés.  PeuE-onen  fi- 
xer le  fiécle  ! Ré- 
ponfe  au  inaïquis 
Maffii. 

(•)  J».  Hfi/msn- 
ni  — cemmntttr. 
Mtrulifl.c.  I.  j, 
XIT./.  t* 


(M  Cafltythtfrf 
/«»./.  ri. 


(r)  V'mdicu  c»a. 
ferifutr.  t.  I, 

/.  CCIXXIT. 


jjg  NOUVEAU  TRAITÉ 

faire  eft  incroyable , comme  le  reconoiflent  ailemene  ceux» 
qui  manient  des  mC  L’exagération  ne  nous  paroit  pas  fort 
outrée.  Mais  quelques  éforts , que  nous  prétendions  faire , 

Eour  pouffer  plus  loin  les  travaux , nous  laifferons  fans  doute 
eaucoup  à faire  à ceux  , qui  nous  fuivront.  Maintenant 
nous  nous  bornerons  à quelques  principes  généraux  , pro- 
pres à fixer  l’age  des  mlf. 

I.  Difcerner  les  écritures  antiques  des  modernes  ; rien  de 
plus  facile  , au  jugement  (a)  d’un  profelfeur  Alleman  , dont 
la  grande  réputation  eft  encore  au-delTous  du  favoir.  Bor- 
nons-nous à cette  unique  autorité  : l’évidence  parle  trop 
haut , pour  qu’il  fbit  néceffaire  de  recourir  aux  témoigna- 
ges. £ft-il  un  feul  homme  titédiocrement  verfé  dans  la  co- 
noiftance  de  l’antiquité  , qui  du  premier  coup  d’œil  ne  dif. 
tin^e  les  inferiptions  gothiques  des  romaines  ; les  mlT.  an- 
térieurs à Charlemagne  de  ceux  des  cinq  derniers  fiècles'; 
les  diplômes  mérovingiens  de  ceux  de  nos  rois  de  la  5'. 
race  ? Aufli  demande-t-on  quelque  chofe  de  plus.  "Peut-on 
fur  le  vu  des  pièces  antiques  , déterminer  avec  quelque  cer- 
titude le  ficelé  , auquel  elles  ont  été  dreftees  ! C’eft  fans 
doute  ce  qu’ont  penfé  les  Mabillon  , les  Montfaucon  , les 
Baluze , les  Couftant  , les  derniers  éditeurs  des  Sft  Pères. 
Tous  ont  rendu  compte  de  l’âge  des  mlT.  dont  ils  avoient 
fait  ufage.  Les  auteurs  de  l’incomparable  catalogue  de  la  bi- 
bliothèque du  roi  font  aufli  acentifs  à fixer  le  ficelé  des  mlT. 
dont  ils  donnent  la  notice^  qu’à  ne  pas  porter  trop  haut  leur 
antiquité.  L’omiflion  de  ce  point  important  eft  regardée 
comme  ('é).un  grand  défaut  par  l’auteur  de  la  préfree  , mife 
à la  tète  du  catalogue  de  la  bibliothèque  du  roi  d’Angleterre. 
Scheleftrate  &:  Wanley  partoient  de  cette  vérité  reconnue  ; 
fans  quoi  leurs  projets  auroient  été  prefqu’inutiles.  Bianchi- 
ni , cet  auteur  d’une  érudition  également  judicieufe  & pro- 
fonde , prélênte  ce  inoyen  , non  feulement  comme  le  plus 
infaillible , mais  comme  (c)  le  feul  décifif.  Aufli  depuis  un 
demi-fiècle  ne  croiroit-on  pas  avoir  fufifamment  fait  conoi- 
tre  un  mf,  fi  l’on  n’en  marquoit  à peu  près  l’age.  Il  nc(i)  s’eft 

(i)Noiu  ne  Enetcoos  point  «n  ligne  de  I mdptiralilcs  ou  pyrtbooienE. 
tompee  Ici  ptdjug^s  de  cettains  auicuty  | 

trouvé 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


Î77 


trouvé  que  le  marquis  fi)  MafFéi  , qui  fe  Ibic  élevé  contre  **5g 

runanimicé  des  gens  de  lettres  à cet  égard.  C’eft  à l’entendre  • partie.  < 
une  erreur , qui  de  nos  jours  (a)  a prévalu , de  juger  du  fie-  ^ 
de  des  mlT.  par  l’écriture  : comme  fi  la  même  manière  d’é-  , s r , r 
cnre  n avoir  pas  cours  dans  plulieurs  liccles  , ou  que  dans  f.ea.tti.t. 
le  même  on  n’eût  pas  écrit  de  diverfes  &çons  ! Cependant  tout 
de  fuite  il  donne  ateinte  à fon  propre  fyftcme , en  avouant 
que  jufqu’à  la  fin  du  x‘.  ficelé  la  belle  majufcule  fiit  en  ufage 
dans  les  mlT.  liturgiques.  Ainfi  , continue- 1- il , on  poura 
quelquefois  former  lur  ce  fujet  une  décifion  précife  , mais 
à raifon  des  circonftances  particulières.  £fi-ce  donc  que  la 
majufcule  eft  autre  choie  qu’une  efpèce  d’écriture  î Si  la 
cellâtion  de  la  majufcule  au  x°.  fiècle  m’aprend  qu’un  mf. 
en  ce  caraâère  ne  fauroit  être  du  xi'=.  fiècle  ni  des  fui  vans  ; 
une  autre  obfervation  fur  telle  autre  forme  de  la  meme  écri- 
ture ne  poura-t-elle  pas  m’inllruire  d’un  autre  fait  hiftorique , 
qui  me  tirera  de  l’incertitude , où  me  lailTe  M.  Mafi'éi  ? Elle 
s’étend  ici,  comme  on  voit , à l’age  de  tous  les  mlT.  en  onciale , 
antérieurs  au  xi‘.  fiècle.  Prétent-on  du  relie  fe  décider  au- 
trement fur  le  tems  inconnu  ou  dificile  à conoitre , que  par 
des  faits  & des  ufages  , dont  on  a découvert  la  dutée  ? Qu’im- 
porte que  ce  foit  l’abolition  totale  d'une  écriture  , ou  quel- 
que changement  furvenu  dans  fa  forme , fes  traies , fes  points , 
les  accens , lès  abréviations  &c  ? 

Mais  réplique  notre  favanc  antiquaire  , on  trouve  des 


(i)  Il  (S)  menace  depuis  tf.  ans  de 
tuinec  cette  prétendue  erceut . dans  Ton 
Art  critique.  Il  en  veut  (c)  beaucoup  à 
certains  étrangers  , qui  fut  les  mlT.  des 
bibliotlicques  d'Italie  ont  écrit  amunim 
<00.  «Mwraun  700.  »namm  900  : com- 
me fl  l'année  leur  avoit  été  connue  1 
Ces  étrangers  Ibnt  donc  bien  coupables , 
d'avoir  fait  part  à des  bibliothécaires 
Italiens  des  conoilTanccs,  qu'ils  avoient 
aquifes  Tut  l'a^e  des  mil.  on  d'avoir 
apodees  notes  a leurs  folicitations  ) Eft- 
ce  fe  donner  pour  capable  de  deviner 
tannée  de  la  ttanreription  d'un  raT.  que 
d'en  marquer  le  Gécle  ! Mais  encore 
quelles  font  donc  les  notes  audacieufes 
inrerites  far  les  mlT.  Italiens  ? Des  dates , 
qui  énoncent  en  général  les  ai  1.  zi.  de 

Tome  IL 


tz*.  Gècles , fur  lefqoels ordinairement  il  (d)  fftr.  £pltm. 
ell  fl  facile  de  fe  décider  , qu'un  novice 
antiqiuire  ne  s'y  tromperoit  pas.  Et  an 
homme  de  la  réputation  de  Majfhfi  trouve  (r)  Oft/c.  f.il. 
cette  déciGon  attiG  téméraire  , que  G l'on  ni.  I. 
avoit  "ofé  tenter  l'impoifible  ! Le  trés- 
favant  Père  Bianchini  témoigne  au  con- 
traire fa  reconoilfance  aux  étrangers , 
des  lumières  , qu'ils  ont  communiquées 
à fa  nation , de  de  ce  qu'ils  l'ont  mife  en 
état  d'en  répandre  è fon  cour  fur  une  ma- 
cÿre  G diGcile.  Nous  fuprimons  les  élo- 
ges qu'il  donne  h cette  ocaGou  en  un 
autre  (d)  endroit  aux  éditeurs  de  la  Coo-  (d)  P.  celxxm.^ 
grég.  de  S.  Maur , de  particulièrement  t;lxxiv. 
aux  auteurs  de  la  Diplomatique  de  de  la  . 

Paléographie.  Ils  font  trop  magnifiques, 
pour  que  nonsoGoos  les  raponer. 

Bbb 


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II.  PARTIE. 

S Z C T.  III 
Ch  A F.  YII< 


L'imitation  de 
raocienncdcritiite 
pat  dct  copides 
pofldtieurs  rcndt- 
elle  ta  fization  de 
face  de  plufieura 
mlT.  extrêmement 
dlEcIte  > Peut-on 
alTigner  le  liccle 
de  ceux  , qui  ont 
plut  de  mille  ans  1 


JT»  NOUVEAU  TRAITÉ 
diplômes  y où  parmi  des  rouferiptions  faites  à la  même  Ikeore’^ 
l’une  eft  en  majufcule  , l'autre  en  minufcule,  Hautre  en  cur>- 
fîve  : il  faudra  donc  conclure  ^e  les  mains  , qui  les  ont 
tracées  , font  de  divers  ûccles  &c  de  difétentesnations  ? Point 
du  tout.  Quand  ces  diplômes  furent  drelfés  , un  peuple  fê. 
fervoit-il  de  la  majufcule un  autre  de  la  minuicale,antroi- 
iième  de  la  curfive  ? Pouroit-on  citer  quelqu’autenr , qui  eûc> 
avancé,  qn’alors  (i)  ou  la  majufcule  , ou  la  minufcule , ou: 
la  curilve  n’exdloit  pas  , ou  que  chacune  de  ces  écricutes. 
ne  pouvoit  convenir , qu’à  trois  ficelés  diftingués  ? Quand  oni 
entreprit  de  juger  de  l’age  des  mlT.  ou  des  aâes  publics  par 
Fëcricure  ; jamais  on  ne  crut  j.  réalEr  , en  donnant  la  ma> 
jufcule  à l’un , &;  la  minufcule  ou  la  curfive  à l’autre  : mais 
en  s’apuya  principalement  fur  la  diveriicé  des  formes , que 
prennent  ces  caraâères , fuivant  la  diverfté  des  Hècles.  Oia 
a vu  dans  le  IV‘.  chapitre  de  la  1I1^  Seétion  , combien  on. 
peut  poulfer  loin  ces  conoillànccs  , par  une  étude  profande 
des  figures  des  lettres. 

II.  La  dificulté  de  conoitre  1’^  des mêf.  ne  paroit  giande- 
à quelipies  auteurs , que  pareeque  , à leur  avis , les  écrivains. 
& font  gênés  à rendre  le  caraûère  des  modèles  , qu’ils  avoient 
à copier.  M.  Jordan  fut  (a)  tenir  à hf.  Maflbn  un  difeours 
peu  digne  d’un  bon.  antiquaire , tel  qu’il  le  fîipofe  : quand 
fans  autre  exception  , que  celle  qui  regarde  les  tnfT.  du  xi  i'... 
flècle  , donc  la  diflùoSàon  d’avec  les  autres  lui  paroit  très- 
ailée  ) il  lui  met  dansla  bouche , qu’on  peut  fe  tromper  ( i)  de 


(a)  Hi/I. 

Unir. 

(i)  V.  MtHIlcn 

mt  rt  drfUm. 
IM4IM7- 


CD  a|Mlle  M. 
xilibkmcuc  qaclqucs  aêlcs 
r^ndiqaa  (i)  du  tz‘.  licclc.  Or  qu'il 
QMW.duê , laquelle  de  la  majureuk  , de 
la  minufcule , ou  de  la  cuilîve  avoir  coati 
à l’cxclufioa  des  auuei  ! AlTucêment  Ja- 
naii  antiquaire  ne  nia  , qu'cllct  ne  nif- 
lenc  alon  toatei  les  ttoii  égaletacnc  en 
ulâge. 

(t)  Un  antiquaire  mêdioert  ne  tom- 
bera jamais  dans  une  erreur  aulTi  coatP- 
durable  , pat  lapott  aux  mlT..  poftérieots 
au  VI ti*.  (iècle.  S'il  cft  véritablemcoc 
Jubile , il  ne  courra  gocre  de  plus  grands 
nfquet , à l'égard  de  ceux  des  trois  piêcê- 
dcos.  £o  iciMiataat  plui  haoCj  Us  ciiafcs 


cbangEiit  de  face.  On  poaroit  jtte  ex- 
cellent antiquakc  , & neanmoins  croire 
du  v‘.  liccle  un  mf.  du  lit'.  Au-delTus. 
du  v'.  le  nombre  des  pièces  de  compa- 
raifon  efl  trop  petit  & trop  incettain 
pour  pouvoit  le  décider  avec  quelque  af- 
furance  fur  ce  feul  moyen.  t>  un  autre 
côté  les  indices  ne  funt  ni  alTcz  mul- 
cipliét  ni  ajez  dérensnids  , pour  potcet 
un  jogemenr  fixe  fat  l'agc  de  m/T.  li  an- 
ciens. Peutdut.  qu'à  force  d’obrervarions^ 
combinées  f oa  pouta  quelque  jour  ari- 
ver  an  degré  de  lumière , ou  l'on  a^irc  S- 
mais  auquel  on  ne  doit  pas  encore  le  da- 
ter d'ecre  parvenu.  On  peur  toucelbii 
MOU  des  ptobabiliiés  ués-Coius , qu'un.- 


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DE  DIPLOMATIQUE.  j79 

€enx  cents  ans , au  fujet  de  leur  âge.  S’il  s’en  étoit  tenu  à ré- 
duire le  mécompte  à yo.  & même  quelquefois  à cent  ans, 
la  prétention  n’auroic  rien  d’incompatible  avec  l’expérience. 
Mais  , où  a-t-il  pris  , que  les  anciens  copiftes  imitoient  la 
lettre  des  mil*,  qu’ils  étoient  chargés  de  tranfcrire  ? C’eft  une 
fupofition  hafardée  par  Richard  Simon  ; mais  ce  trop  hardi 
critique  en  a-t-il  jamais  donné  la  moindre  preuve  ? D.  Ber- 
nard de  Montfaucon  (a)  dit  bien  qu’aux  fiecles  poftérieurs  à 
l’xi.  quelques  Grecs  tâchèrent  de  retenir  l’écriture  des  ix.  8c 
X.  mais  ajoute-t-il  tout  de  fuite  les  habiles  gens  s’aperçoi- 
vent ( i)  de  la  diverlité  du  caraéicre  ; parcequ’à  la  longue  il 


itif.fera  du  rr'.(iêcl«,lotfijae  les  indicesfa- 
•vorablcs  font  fouceaiu  de  qucK|oes  traia 
liiltoriqucs.  Pat  exemple  , les  Italiens 
nons  donnent  le  rof.  des  dvangiles  de 
Verceil , comme  éerit  de  la  main  de  S. 
Eafôbe.  lU  foot  aifdmenc  remonter  cette 
tradition  jufqu’au  ddclin  du  ii*.  (iccle. 
Mais  l'iniervale  , tjoi  relie  à franchir  de 
ià  juf<]u'aa  milieu  du  tT*.  ell  au-dclTut 
des  relToutees  , qu’on  peut  atendre  de  ce 
moyen.  Un  antiquaire , il  ell  vrai  , qui 
fur  les  feuls  modèles  , qu'on  en  a pu- 
bliés, hélitctoicà  le  faire  au  moioste- 
monter  au  V 1 1 lîécle  , ne  fauroit  pas 
fon  métier.  Bientôt  on  y découvre  d'au- 
tres indices,  qui  l’étèvenc  au  vi*.  lîécle 
^ peuteire  même  au  v*.  II  relie  donc  en- 
*core  cent  cinquante  ans  ô remonter  ; le 
c'ell  fur  quoi  les  indices  puifés  dans  l'é- 
ctiture  , & tout  ce  qui  l'acompagne  nous 
lailTcnt  dans  le  douce.  Mais  un  texte  de 
l'évai^ilc  (t)  de  S.  Jean  , conlîgoé  dans 
Je  mlVde  Verceil , anonce  le  iv*.  lïéclc  s 
dinon  avec  une  pleine  certtende  , du 
«noins  avec-  une  très  - grande  vrailcm- 
blance.  En  voici  les  paroles  ; Qitd  n»- 
tam  q?  J*  ctrnt  , cm  tjl  , qdia  ne 
CAKNi  NATUM  SST  J ^ ^!ud  aatum  cjt 
de  ffirim  , fphrhui  tjl , OOtA  DiuS  SPI- 
ItlTUS  EST  , ET  IX  DiO  NATOS  EST. 
Tout  ce  qui  fe  trouve  en  letrtres  ma- 
jufculcs  a difparu  de  l'évanmle  depuis  le 
IV*.  fiècle.  Cependant  juiqu’alots  il  fe 
lifoit  dans  les  exemplaires  d'Afrique  8c 
d'Italie.  Tertullien  (r)  le  cite  en  termes 
formels.  II  fut  alégué  dans  le  concile  de 
Carthage  , tenu  l'an  sjd.  S.  AmbroiC: 


inlîlle  avec  beanconp  de  force  dans  fbii 
livre  du  S.  Efptic  fut  la  fupcelGon  , que 
les  Ariens  avaient  faite  de  ces  mots  : 
Qittniam  Dnis  SfiriiMt  qf . II  leur  repro- 
che de  les  avoir  réttanchés  de  leurs  li- 
vres 8c  de  ceux  l'Eglife.  CcH  donc  une 
marque  d'antiquité  fupéricurc  à l'cntre- 
prife  des  Ariens  , de  rciroovcr  ces  ter- 
mes edêntiels  dans  les  évangiles  de  Vec- 
ceil. 

(s)D.  de  Montfoucon  donnant  la  no. 
cice  (d)  du  mf.  grec  txi.  de  l'abbaie  de 
S.  Germain  des  Prés  , écrit  l’an  t)4|. 
obfcrve  , qu'il  imite  le  caraâére  du  x‘. 
lîécle.  Mais  en  renvoyant  à fa  Paléogra- 
phie , il  fait  alTcz  entendre  , combien 
cette  imitation  étoit  imparfoice.  Ainli 
quand  ce  mf.  de  papier  de  coton  ne  fe- 
reit  pas  daté  ; un  antiquaire  ne  fe  ctom- 
peroit  jatnais  fur  fon  âge  , jufqH’à  le 
croire  du  x*.  lîécle  : pourvu  qu'on  ne  fu- 
pofe  pas  en  cet  homme  une  témérité  pre- 
digieufe  , jointe  à l'ignorance  la  pins 
profonde.  Cependant  fur  l'aveu  de  D.  de 
Montfaucon  , au  fujet  des  éforts  faits  par 
quelques  cnpillca  , poftérieurs  aux  ir.' 
8e  X*.  lîécles  , pour  en  imiter  l'écriture  i 
de  nouveaux  Germons  conclnroicnt  , h 
force  de  fnbtillcé,qnc  le  difcemtmeniT de 
l'âge  des  mlH  grecs  , copiés  depuis  l'an 
too.  ell  impolflblc.  Mais  , (ans  préve- 
nir leurs  fophifmes  : pour  prouver , que 
l'imitation  des  capillcs  n’cmpéche  pas  les 
habiles  gens  de  reconoitre  chacun  des 
ceuf  dernien  Cèdes  , à la  difirence  du 
caraélere  j noos  n’avons  befoin  que  d'une 
épreuve  , où  fut  mis  Son  Seraatd  do 

£ bb  ij 


II.  PART  lE. 
Sect.  III. 
Chat.  VU. 


(4)  fsléUfTMfh, 
l.  iv.  fo  i,  f. 


(c)  D»  ranva 
Ctrifii.  r.  il- 


(d)  BiUM.  Coif 
i»i. 


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• j8o  NOUVEAU  TRAITÉ 

s’y  glHTe  toujours  quelque  chofe  de  nouveau.  D’un  autPP 

^sicT^^ni.^  coté  , félon  le  même  auteur , on  introduiCc  alors  des  genres 
Ch  AP.  Vil  d’écriture  toutafait  difërens  de  l’ancienne , on  s’éloigna  beau> 
.coup  de  l’élégance  des  ficelés  précédens  , on  en  corompit  la 
beauté  par  des  traits  infolites  , arbitraires  &c  diverfifiésau 
gré  des  copiftes.  Voilà  donc  les  écritures  dés  neuf  premiers 
iiccles  d’autant  mieux  diftinguées  , qu’on  n’a  pas  tenté  de 
les  imiter.  La  dificulté  ne  commenceroit  donc  qu’au  ix*. 
Les  mff.  où  l’on  ne  s’eft  point  éforcé  de  peindre  l’ancienne 
écriture, ne  préfententdonc  aucun  embaras  •_  & c’eft  fans  doute 
le  plus  gr^^nd  nombre.  Les  autres  fe  décèlent  par  la  faufie 
imitation , par  des  tours  d’un  goût  nouveau , & de  tems  en 
tems  même  par  des  dates. 

Au  refte  tout  ceb  ne  fait  rien  aux  m/T.  btins.  Noos  ne 
voyons  pas  , qu’on  ait  eflayé  d’imiter  l’écriture  avant  le  mi- 
Heu  du  xv'.  ficelé.  A la  renaifiânee  des  lettres  , on  fit  à la 
vérité  quelques  éforts  , pour  rendre  les  majuffcules  des  tr- 
tres  & b minufcule  du  texte  des  m(T , qu’oa  tranferivoit , 
d'apres  ceux  du  ix'.  ficelé.  Mais  on  ne  tenta  peutêtre  ja- 
mais de  figurer  totalement  les  livres  écrits  en  onciale.  Caf- 
ley  borne  les  moyens  de  difeerner  les  m/T.  imités  d’avec  les 
(*)  Uêfuftn  anciens  au  (a)  parchemin , à la  fraicheur  de  l’encre  , à des 
/■VII.  défauts  (i)  d’imitation,  qu’il  ne  fpécifie  pas. 

Montfaocon  lui  - même  , par  tapait  i 
^ucl<|ues  tnlT.  » Le  foubiblioth^caire  du 
n Vatican  , dit  M.  de  Bote  , dans  Ton 
(l'S  Hit  it  ” cKcIlent  dloge  (1)  du  favaut  Bénédic- 

dn  » tin.  s’dtud.ai  lui  tendre  tous  les  pid- 
Infcript.  ^t.  i6  *6®*  capables  de  diminuer  la  boooc  opi- 
* 317  iif.  ' »nion  1 qu'on  avoir  de  lui.  Un  jour  , 

^ 99  entre  autres , que  Dom  Bernard  dtoit 

1a  biblioth^ue  avec  beaucoup  de 
«a  monde  , M.  Zacagnt  znertanc  devant 
» lut  un  mC  grec  tout  ouvert , lui  die 
*>  avec  une  politeiTe  afcâde  : Vûms  kta 
ctnttjftur  ftur  ntfMS  Bêm  infiruirt 
» dt  VMf*  dê  €•  mf.  ^ nmi  vmu  #»  frUns* 
v>  Dom  Bernard  ayant  examiné  on  mo- 
9»  ment  la  page  , lui  répondit , que  le 
M mf.  avoit  environ  700.  anSs  Vtmt  vem 
M ir»mpex. , répliqua  alors  féchement  le 
M roubibliothécairc  ) it  efl  d'une  bien  ptus 
m grundt  unti^iü  \ te  nem  de  temfe- 
» rjMr  BtfiU  U peueidenu»  %^i£e 


n trêMve  à Ut  ute  en  fuit  fci,.  Ve^ms»^ 
' M reprit  Dom  Bernard  en  fouriantty? 

n ne  fereit  fut  fltuêj  Bujde  te  forfhtreçé- 
. M nhe , fiM  femme  veut  fuvex. , ejt  £mn 
, as  fieete^  demi  fins  but  : on  lui  montre 
M rtndroit } Sc  des  U féconde  ligne  ».  il  y 
M trouva  CCS  mots  m , ne 

» dune  lu  fenrpre-.  Ce  fini  ta  Beilund^et, 
*»  ajouta  M.  Zacagni , tju*  mlont induit  en 
V»  erreur  : fujfems  U talque  uutre  chofe^ 
» Ces  autres  chofes  ne  lui  réailîrent  pat 
w mieux  : Dom  Bernard  aeufa  toujours 
» juAe  ,.8c  téléva  ii  fouvenc  Ton  captieux 
» émule,  que  la  nombreufe  compagnie  » 
» qu'il  avoit  lui-meme  alfemblée  » ponr 
» otre  témoin  de  fes  (uccés  » en  fut  non» 
M teufe  & cmbaralTée  pour  lui.  « 

(z)  Nous  pourions  donner  bien  des 
exemples  de  ces  défauts  d'imitation 
mais  il  fuüt  d'obferver  , qu'on  y trouf 
TC  fouTcoc  des  accens  ou  des  points 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jSi 

. Si  l’on  écoute  Chriftophe  {a)  Pfaffius,  dans  fon  édition 
de  l’épitome  des  Inftitutions  divines  de  Laélance  : quand  un 
mf.  a mille  ans  j il  n’eft  plus  poflible  t’en  déterminer  l’age. 
Il  faut  alors  fe  renfermer  dans  une  étendue  de  quelques 
Cèdes,  Jufqu’à  préfent  il  ne  s’eft  trouvé  perfone  , qui  fe  foit 
cru  capable  de  donner  des  règles  fùres  , pour  diftinguer  le 
Cède  des  plus  vieux  mlT.  On  ne  fauroit  en  juger  , que  pat 
conjedutes  i ce  qui , félon  lui , n’eft  qu’une  a^ire  de  (i ) pur 


Its  i : nfage  ibrolument  inconnu  au  ix‘. 
liccle.  On  y voit  de  vraies  riclamej,  donc 
à peine  pouroic-oa  faite  rensontcr  1 in- 
vention au  comnienceincnt  dn  fiè- 
cle.  Des  lignes  feivant  à régler  l'écri- 
ture y font  en  crayon  noir  ou  en  rooge  : 
indice  de  nouveauté-  également  eenain. 

(i)  On  n'eft  pas  furpris  de  voit  le  P. 
Germon  embrallcr  (é)  avec  chaleur  les 
idées  de  Pfaffius  ; on  te  fetoit , s'il  n’en- 
chérilToit  pas  fur  elles.  Un  mf.  de  S.  Hi- 
laire de  la  bibliothèque  du  roi , fera , fé- 
lon lui , poftétieut  à Félix  dirrgel , c'eft- 
i-direà  lafin  du  vilt'.  Cède  : parce- 
qu'on  lui  aura  donné  mvirm  mille  am  , 
le  qu'il  faut  pour  (cm  intérêt  entendre  ces 
paroles  , expliquées  d'ailleurs  (c)  fans 
équivoque  , d'un  Cède  plus  tard  , & non 
pas  d'un  demi-Cede  plus  tard  ou  plurôc 
Mais  comme  le  porte  n'eft  pas  tenable  ; 
il  (c  rabat  à foutenir  que  D.  Coudant 
n'a  point  la  certitude  de  fon  côté , qu'il 
n'a  pour  lui , que  des  conjeéhires.  te  Eé- 
nédiétin  au  contraire  déclaré  nettement , 
qn'on  peut  prononcer  avec  une  pleine 
certitude  , que  des  mlT.  font  antérieurs 
eu  poftérieurs  à tel  ou  tel  Cède  : que 
Ibr  la  feule  infpeâion  des  mlT.  de  l'ordre 
de  (d)  Citcaux  on  ne  les  jugera  pas  plus 
anciens , que  le  x 1 1*.  Cède , ôc  qu'on  le 
Fera  fans  craindre  de  fe  tromper  : qu'on 
n'héCteta  pas  davanugeà  ne  point  pop- 
ter  an  delTus  de  l'empire  de  Charlema- 
gne la  plupart  des  aitt.  copiés  depuis-  ce 
monarque  : qu'à  la  faveur  des  mêmes 
principes , il  rail  remonter  avec  la  même 
affurance  le  mf.  de  S.  Hilaire  , avant  le 
tems  de  Félix. 

Le  P.  Germon  demande  à D.  Coudant 
ftt  quelles  règles  il  établit  fa  certitu- 
de. 1°.  Répond' celui-ci , combien  de 


conoifTances  , qu'on  aquiert  plutôt*  pat 
l'cipénence  ‘que  par  les  règles  ? Diftin- 
gue  t on  aucremcm  les  médailles  faulTcs 
, des  véritables  , les  chefs  d'œuvre  de 
peinture  de  leurs  copies  ? i°.  Le  mf. 

' dom  le  Ceclè  eft  en  litige  , fut  écrit  en 
lettres  romaines  , apelées  onciales. 

Tous  fes  motsfemblcnt  n'en  faire  qu'un  : 
tant  ils  font  écroiiemcnc  unis  enfcmble. 
4°..  Les  diftioétions,&  de  points  de  de  vir- 
gules n'y  paroilTenc  pas.  Ces  caraélères 
anoncent  donc  un  livre  plus  ancien  que 
Charlemagne:  puifque  fuivant  l'opinion’, 
générale  de  nos  critiques , ce  prince  in- 
troduiCt  dans  les  mlT.  les  ufages  con- 
‘ traites.  D.  Couftaot , Ibin  de  prétendre  , 
comme  on  It  Ibi  (âifoit  avouer  , à force 
I de  fophifmes , que  le  mf,  en  queftion  ne 
fût  que  du  VI 1 r'^.  Cède  , ou  tout  au  plus 
de  la  fin  du  VI  i‘.  s'àpuyoit  fu»  une  tra- 
dition , le  même  fur  un  fait  birtoriquê , 
pour  en  reculer  Cage , au-  delà  du  t^ne 
de  Dagobert.  If  conjeél^it  de  plus  , 
u'il  avoit  été  tranferir  uu  l'autographe 
e S.  Hilaite  , ou  fur  un  exemplaire  , co- 
pié de  fon  vivant.  S'il  étoit  permis , après 
on  examen  très-exaâ  de  ce  mf  d'intec- 
pofet  ici’  notre  jugement  j nous  le  foni- 
durions  moins  fut  notre  eȎtience  , que 
fur  nye  foule  d'indices , ilkom'patibles  , 
au  moins  dans  leur  téiinion  , avec  des 
nms  poftérieurs-an  vi*.  Cède.  Nous  en 
avons  les  mémoires  tout  prêts  : mais  id 
ce  détail  fetok  trop  long.  Le  P.  Germon 
qui  ne  vouloir  pas- qu'on  pût  juger  avec 
certitude  , qu'un  mf.  fut  antérieur  ou 
portétieurà  tel  fiècle  , futtouc  quand  il 
aprocbed'nn  millier  d'années , dedde  (•) 
hardiment  fur  la  .feule  écriture  figurée 
d'un  mf.  de  S.  Hilaire  de  la  bibliothèque 
. vadeane  daté  du  vi°.  fiècle , qu'il  crt 


ll.  PARTIE, 
SXCT.  III. 
Chas.  VII. 

(»)  Difm.  fr*‘ 

lm, 


sn-/-4}7- 


(c)  . f»r/r.- 

ctdii.f,  t€.  (J,- 


(J)  Vintlit,  voer.. 
nid.  nafrm. 

p.  iis.&fin. 


(e)  De  veter.  Pa- 
rti, p.  4 J O. 


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II.  PARTIE 
Sier.  III. 
ChxK  VII. 


Coup  d'<cil  de 
l'anticjutiie  ddcide 
•rdiDiiremcnt 


NOUVEAU  tRAITÉ 

hazard.  Qui  conjeûurera  le  mieux , palTera  pour  le  crîcîque 
le  plus  propre  à difcemer  l’age  de  ces  mlT.  C’eft-à-dire , qu’au 
defilis  du  VI 1 1'.  ficelé  , tour  ce  qui  concerne  l’age  des  ralT. 
n’cft  qu’une  énigme  impénétrable  , mais  qu’on  devine , 
comme  on  peut , fans  principes  & fans  règles. 

Nous  ptÂendons  au  contraire  , que  quoique  les  m(T.  des 
V.  VI.  & VI I*.  ficelés  foient  plus  dificiles  à reconoitre  , que 
ceux  des  fnivuns  ; on  a toutefois  plufieurs  moyens  , pour  en 
fixer  l’age.  i°.  Parmi  ces  mlT.  il  s’en  trouve,  qui  font  mu- 
nis de  notes  chronologiques  non  fufpeûes.  Pfaffius  lui-même 
en  tombe  d’acord.  Par  conféquent  on  en  peut  juger  avec 
plus  de  certitude  , que  fi  l’on  avok  des  démonftrations , 
uniquement  fondées  fur  le  raifonement.  a°.  Ces  mlT.  datés 
fervent  de  pièces  de  comparaifon , pour  juger  des  autres.  Si 
elles  ne  fufifent  pas  toujours , pour  fixer  le  jugement , qu’on 
portera  de  certains  mfl'.  antiques  , elles  pouront  au  moins  le 
diriger.  3“.  Les  monuraens  lapidaires  6c  métalliques,  &le$ 
diplômes  des  mêmes  fiècles  , revêtus  de  dates , ouvrent  une 
nouvelle  fource  de  cataêlères  , aplicables  au  même  ufage. 
La  voie  de  comparaifon  ne  fe  refufe  donc  pas  à la  décou- 
verte de  l’âge  des  mlf.  extrêmement  antiques  , non  plus  que 
des  récens.  Le  plus  6c  le  moins  en  font  toute  la  direrence. 
Copiés  depuis  neuf  cents  ans , ils  ofrent  en  bien  des  cas  une 
furabondancc  de  preuves.  Avant  ce  terme  on  eft  borné  quel- 
quefois au  pur  néceffaire.  Quelquefois  même  on  ne  peut 
ateindre  , qu’à  la  plus  grande  probabilité  , quand  on  veut 
abfolument  fixer  le  fiède.  Mais  fait-on  faifir  les  moyens  , 
que  fournira  quelque  mf.  que  ce  foit , pour  découvrir  le 
fecret  de  fon  âge  ; jamais  on  ne  fe  verra  réduit  à deviner  au 
hazard.  ^ 

III.  Le  coup  d’oeil  de  l’antiquaire  eft  fans  doute  un  de* 
plus  prompts  6c  des  plus  furs  moyens  , pour  diftinguer  à peu 


du  11*.  ou  mairie  de  quelque  ficelé  infi!- 
xicur.  Il  va  plus  loin  : il  prononce  avec 
la  mime  confiance  , qu'un  mf.  des  dran- 
giles  de  fa  bibliothèque  , donc  rècticutc 
eft  , fclon  lui , parfiniemeoc  femditable  à 
celle  du  S.  Hilaûe  du  Vatican  nepalTc 
pas  le  : ï”.  <tuoiqu'il  pone  , fuivanc  fon 
rapotc , dnets  cataâètcs  nèceflaitt^nt 
liipètieuis  au  vi 1 1*.  Müs  lî  c'eft  là  re- 


conoicre  bien  foleuoellemenc , qu'on  peut 
juger  de  l’age  des  mlT.  par  l'èciiiure  , 
c'eft  autheociqaemest  prouver  , qu'ea 
cene  fcicnce  , comme  dans  toutes  Ici  au- 
tres , on  peut  s'ècaner  étrangement  du 
but;  locfqa'on  n'eft  pas  guidé  dans  fes  ju- 
gemens  ou  par  la  lumière  ou  par  un  aftes 
grand  £and  de  droiture. 


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UE  UrP-LOMATIQUB:  )f| 

lires  Je  Cède  d’une  ancienne  écrimie.  Comme  an  Ttfage  oa 
deyine  l’age  des  pcrfones,  fans  qu’on  puiflê  Jbuwent  cendre  i*-^partie. 
une  bonne  raifon  phyfique  , pourquoi  l’on  £àic  l’une  piua  CHA»i.vii. 
TÎetlle  que  l’autre  : de  racine  l’ufagc  & l’expérience  aFca- «rec  f«ccè$  * ri- 
drout  à peu  près  le  rems  de  la  ctanfoiption  des  rafT.  & des  ge  de>  aaciciwci 
diplômes  indépendamment  de  leius  dates.  On  poura  fè  trottk* 
per  , C l’on  veut  précirément  aifigner  l'aee  d’un  tel  homme  ; 
mais  on  oe  Je  toompera  guère  , quand  on  Ce  cotHentera 
de  lui  donner  environ  vingt,  trente  , quarante  ^ cinquante  , 
eu  foixante  ans.  C’eft  fur  ce  principe  & avec  cette  retenue , 
qu’on  jugera  de  l’age  des  mlT.  par  le  lêul  coup  d’oeil.  On  n’y 
procédera  ni  pat  années  , ni  même  par  dixaine  d’années 
mais  par  Cèdes. 

Peutctte  (a)  arivcra.4:-il  quelquefois , que  tel  mf.  que  vous 
fixerez  au  ix*.  ficelé  , fera  dux*.  ou  (i)  du  vi  ii'.  Eli  ! ne 
vaut-il  pas  mieux  k tromper  en  cela  , que  de  iaifiêr  le  mon-  trtf,  >.  »i. 
de  dans  l’ignorance  fur  l’age  des^mifi  , donc  on  publie  la 
notice  ï 

Si  l’on  peur  juger  de  l’age  des  miT.  par  le  coup  d’ceil  ; oft^ 
en  jugera  conJ^uemment  par  l’écriture.  Car  quoique  le  vé- 
lin ou  le  papier  & l’encre  entrent  pour  quelque  choie  dans 
le  jugement , qu’on  en  porte  ; il  emprunte  fa  ptindpale  for- 
ce de  l’écriture  meme.  Quiconque  croira  , qu’on  ne  lâuroie 
Je  décider  fur  l’age  des  mlT.  par  l’écrkure  , Jèra  forcé  de 
nier  , qu’on  puilfe  rien  conclure  du  coup  d’cril.  Cette  opi- 
nion , toute  fingulicre  <m’dle  eft,  ne  déplaît  pas  à M.  le  mar- 
quis MafTéi.  11  n’en  intere  pourtant  pas  , qu’il  Joie  impoiC- 
blc  de  rien  Jhituet  fur  l’antiquité  des  mlT.  fans  date.  Mais-il 
a.  recours  à des  moyens  étrangers  à l’écrrnwe. 

Au  relie  ce  coup  d’e^  , qui  décide  foaveiK  avec  un- 


il/  9.  M.  Cifley  avoue,  dit  (S}l'aatcur 
: la  bibIiochc<]uc  Briianni<|ue , cju'il 
i>  a pu  Te  tromper  en  marquant  ta^e  des 
m qu’au  lieu  du  ix'.  lidclc,  il  peut 

» avoir  icdiqud  le  vi  1 1.  ou  le  x*.  - Les 

Î'itoprn  icrmcs  de  CaUcy  , quoique  fidc 
rmeni  rapoii6  , ne  dooncroient  pas  une 
•pioioa  avantageufe  de  l'on  Tavoir  ; s'ils 
a'dtoienc  leftreims  aaa  fculs  mil',  laions. 
Sar  raport  aux  aucies  , il  faadtoic  du. 
«ul  tiâbilc  ,,  poux  aHigoet  au  vin*. 


liicle  ms  mf.  do  x.on  ua  jn£  do  x».  aa  (i)  Ti*.  j.fjuti 
VIII*.  Cependant  comme  dsi  jz.  aux.  a,  «r».  >.p.}x^- 
ou  du  VIII*,  ao  I»*.  rintctvale  cftnuij 
on  peut  fans  erraur  attibuer  à no  iîdclc  , 

, ce  qpii  apartitm  i Cao  vsi^  : paipc 
qu'on  Ibuscncend  toujours  qu'un  mf  qas-  ' 

peut  erre  de  la  fin  d’un  fiècle , peut  audr 
n'avoir  dré  coptd  qu^u  commcnicmcnr 
du  fnivaot.  Si  c'dtoir  ü l'iddo  de  cet  deti- 
' vain  , il  anroir  bien  penie , mais  ü fe  fos 
,iott  malczptimd. 


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II.  PARTIE. 
S»CT.  III. 
CRAt.  VII. 


mit.  & diplômes 

daids  (bainilTent 
despidces  de  com- 
parai foo  , pour  ju- 
ger de  ceux  , c]ui 
ne  le  font  pas.  Ces 
darcs  ne  doivent 

?>as  duc  admifes 
ans  examen.  Par 
quels  lignes  s'alTu- 
re-c-on  de  Page 
des  mir.  hébreux. 


{<) 

p,  il4.  i8j. 


jj4  NOUVEAU  TRAITE, 

fouvehiin  empire , fie  meme  avec  une  pleine  cerntude  pour 
l’antiquaire  , doit  être  apuyé  d’autres  moyens,  pour  celui  , 
qui  fans  afpirer  à le  devenir  , voudrait  juger  néanmoins  , 
avec  quelque  lumière , de  l’age  des  momimens , drelfés  par 
nos  ancêtres.  L’antiquaire  lui-même , fage  & circonfpeft  , 
a quelquefois  befoin  de  recourir  à diférentes  relTources , pro- 
pres à le  raffurer  dans  fes  fcrupules  ; quoiqu’il  ne  foît  pas  fort 
rare  , qu’après  avoir  anoncé  le  ûccie  d’un  mf.  fur  le  feul 
coup  d’œil  ; -il  ait  la  fatisfaûion  de  voir  fa  conjedure  véri- 
fiée , par  les  dates  formelles , qu’il  y découvre , en  l’exami- 
nant de  plus  près.  Mais  fi  la  date  conftate  l’age  de  l’écrip 
ture  ; l’écriture  à fon  tour  julUfie  la  fincérité  de  la  date.  Celle- 
ci  n’eft  plus  fufpeêle  d’avoir  été  inférée  après  cou^  ; dès  que 
la  même  encre  ^ la  même  main , le  même  caraêlcre  fe  font 
fentir  aux  yeux  des  conoillburs.  . - i. 

IV.  Les  notes  chronologiques  , fouvent  apolées  à la  fin 
des  mlT.  revêtus  de  ce  ligne  diftinftif , préfentent , de  l’aveu 
de  tout  le  monde , le  moyen  le  plus  infaillible  , pour  juger 
de  leur  âge.  Lorfqu’il  n’y  a nul  fujet  d’y  foupçoner  de  la 
fraude:  elles  ne  fervent  pas  feulement  à fixer  tout  d’un  coup 
l’age  des  mlT.  où  elles  paroilTent  ; elles  ofrent  encore  des 
pièces  de  comparaifon  , pour  juger  de  celui  des  m'omimens 
où  elles  font  omifes.  Le  nombre  des  mlT.  datés  , alTez  con- 
fidérable  , dans  chaque  (i)  liècle  , en  remontant  jufqu’au 
VIII.  met  à portée  de  prononcer  fur  l’age  d’autres  mlT.  con- 
temporains , deftitués  de  dates.  Les  écritures  d’une  forme 
& d’un  goût , fort  diférent  de  celles , qu’on  découvre  , du- 
rant les  I X.  derniers  fiècles , feront  donc  eommunément  ôc 
à jufte  titre  ellimées  plus  anciennes  ; puifqu’elles  ne  peuvent 
s’y  raporter.  Comme  les  écritures  ^s  marbres  Sc  des  bronzes 
ont  des  raports  marqués  avec  celles  des  mlT.  &c  des  diplômes , 
au  moins , dans  quelques-unes  de  leurs  lettres  ; l’age  connu 
des  premières  peut  conduire  à la  découverte  du  tems  des 
fécondés.  C’eft  à la  faveur  de  ceae  reflemblance , que  D. 
S.  de  Montfiucon  (a)  a fu  dilÜnguer  les  plus  anciens  n^. 

J,  • - --1^10*' 

(i)  Undesvolamet  foivan»  Joit  ten-  «préfooterons  , feront  munis  ét  note» 
.tétmer  une  fuite  de  modèles  de  mif.  qui  chronologiques.  Ainli  nous  ne  manqua- 
[tous  énonceront  formellement  leur  date,  tons  pas  de  pièces  de  comparaifon. 
plupart  «les  diplômes  , ^uç  nous 

grecs  ; 


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# 


DE  DIPLOMATIQUE.  jgy 
grecs , d’avec  ceux  , qui  l’étoienc  moins.  Diverfes  infcriptions, 
rapotrées  par  le  fénaceur  Buonarruoti  , dans  (es  Fra^mens 
d'anciens  vafes  de  verre  , nous  montrent  des  carafteres  Sc 
des  écritures  , non  feulement  conformes  à celles  des  mlT, 
mais  encore  à celles  des  diplômes.  Grand  nombre  d’autres  re- 
cueils de  monumens  antiques  viennent  à l’apui  de  ces  inf- 
criptions. Plufieurs  d’cntr’elles  étant  datées  fourniront  des 
pièces  de  comparaifon  , pour  juger  des  écritures  aprochantes 
ou  femblables.  Les  mÜT.  & les  diplômes  antérieurs  au  ix®. 
ficelé , ont  d’ailleurs  des  pièces  de  comparaifon  , qui  leur 
font  propres. 

Après  les  notes  chronologiques  , s’il  n’eft  point  de  moyen 
plus  fur  , pour  découvrir  l’age  d’une  charte  ou  d’un  mf,  que 
la  voie  de  comparaifon  ; c’eft  à condition  , qu’elle  ne  (era 
pas  moins  exade  que  rigoureufe.  La  faire  furies  mfT.  memes, 
ou  fur  les  modèles  , qui  en  font  tirés  ; c’eft  toute  autre  chofe. 
Les  planches  ( i ) ne  lailTent  cependant  pas  d’êrft  d’une  gran- 
de reftburcc  pour  ceux , qui  n’ont  pas  la  facilité  de  compa- 
rer les  originaux.  Elles  donnent  avec  peu  de  travail  bien  de 
l’avance  , fi  l’on  eftà  portée  de  fe  livrer  à cette  étude.  Quand 
elles  font  formées  avec  choix  , difpofées  avec  ordre  , cori- 
gées  avec  foin , elles  épargnent  à tous  des  peines  infinies. 
Comme  ce  moyen  eft  le  plus  fécond  à tout  égards  ; nous  en 
ferons  grand  ufage  dans  la  fuite. 

Les  notes  chronologiques  ne  doivent  pourtant  pas  être  ad- 
mifes  fans  examen.  11  s’en  trouve  plufieurs  dé  fauftes  dans 
les  m(T.  hébraïques , &c  quelques-unes  dans  les  autres.  Celles 
des  premiers,  qui  remontent  au-delà  du  x‘.  fiècle  , paflTent 
au  jugement  des  meilleurs  critiques  , pour  autant  d’impof- 
turcs.  On  n’a  point  éfeélivemenr  encore  découvert  de  mf. 
hébreu  , d’un  âge  antérieur  à cette  époque.  Les  prétentions 


( i)  le  P.  3ianchint  (m)  ne  compre  pas 
moins  que  nous  fur  les  avantages  des 
planekes.  A lombre  de  leur  fapreâîon  » 
on  poura , dic-it , vous  donner  pour  (ott 
anciens  des  mlT.  très  récens.  À 1a  fa- 
veur des  modèles  ^ on  fixera  fùremenc 
leur  âge.  Tem^  tUfimist  ffi- 

cimfH  (h*raHêrum  , eut  jus  n*rmA 
dêctndt  ifi.  te  gdnie,  la  manière  & l'air 

Tome  II. 


de  récriture  foaroifient  toujours  les 
moyens  les  plus  décifiis  , pour  faire  co* 
noitre  de  quel  tems  & de  quel  pats  elle  ^ 
e(V.  Aufiî  paroit-il  convaincu  par  les  plus 
(blides  raifons , que  la  preuve  de  ranci* 
qnicé  d’un  monument  dépend  de  la  na- 
ture du  caractère.  f»im  imel  ig«  tx 
gentrt  ehrnrsdgnm  tttsm  p*ndmi 
MBtÙfUitMtis, 

C cc 


II.  PARTIE. 
Si  CT.  lir. 

C H A ».  VU. 


(«)  Tom.  I, 

. CCLXXIV. 


Diÿiiiz^*--  bv  CjOOgI 


U.  PARTIE 

$ ( C T.  111. 

Cha».  vu. 


(«)  Vcnv,  tr»Ui 
de  d/phm.  t,  1. 

Moyens  de  M. 
MalTéi , infufîrans 
pour  reconoirre  le 
fi^cIe  de  récricute: 
ceux  de  Cafley  , 

{h)U^JfMhUotb. 

hthrmic,  p*n,  %. 
lih,  t.  feâ.  3, 

/.  |K.  J17. 


j8(î^  NOUVEAU  TRAITÉ 

contraires  de  M.  Fourmont  l’aîné  n’ont  pas  fait  fortune.  On 
juge  plus  favorablement  de  ceux , qui  portent  une  date  pof- 
térieure  au  xt'.  liècle  ; pourvu  qu’ils  n’aaent  pas  d’autres  mar- 
ques de  fupoûtion.  Mais  communément  les  mil',  hébreux, 
grecs  &c  latins  n’anoncent  point  leur  âge.  Il  faut  donc  em- 
ployer diverfes  règles  de  critique  pour  le  déterminer  j fut- 
tout  li  l’on  manque  de  pièces  de  comparaifon.  Les  mêmes 
règles  ne  fervent  pas  indiféremment  aux  uns  & aux  autres. 
Les  Hébreux  , les  Grecs,  Sc  les  Latins  ont  les  leurs  à part. 
Nous  difons  (i)  quelque  chofe  dans  la  note,  des  lignes , par 
lefquels  on  s’alllire  de  l’antiquité  des  hébraïques.  Ceux  qui 
ne  voudront  pas  prendre  la  peine  de  confulter  la  Paléogra- 
phie de  D.  Bernard  de  Montfaucon  fur  les  Grecs , pouront 
le  contenter  de  ce  qu’on  (n)  a dit , au  fujet  des  plus  anciens, 
& de  ce  qu’on  ajoutera  bientôt,  touchant  ceux  des  x,  à xi. 
derniers  ficelés. 

V.  Venons  à l’examen  des  figues  particuliers , propres  à 
fixer  l’age  inconnu  des  écritures  latines.  Plulleurs  feront  aplî- 
cablcs  aux  chartes , comme  aux  mlT.  Il  ell  des  ficelés  , où 
rarement  les  aûes  fe  trouvent  datés.  U en  eft,  qui  pat  vétufté 

• 

fera  récent  ; b nouveauté  ratabera  feu- 
Icmcnc  fur  les  <ieuz  Maintes , TupoTé  igije 
le  texte  pone  d'ailleun  des  marques  cet- 
taines  d'antiquité.  3°.  On  la  juqera  ttes- 
recnlée , lî  tes  cinq  livres  de  Mojfe  ne 
rot»  point  diftingôés  entr’eux  . non  plus 
que  les  autres  reâions  de  la  loi.  4°.  Un 
njf!  fans  correélions  8c  fans  interpola- 
tions critiques  , tirera  de  leur  omünon 
un  grand  teliéf  ^quoiqu'elles  puilTent  fe 
rcocontter  dans  un  mu  fort  ancien.  En 
éftt , fouTcnt  les  Juifs  les  ont  ajoutées 
après  coup  ; lôaveot  Us  ont  ré&rmé  leurs 
bibles  antiques  fur  les  règles  de  la  Ma- 
fore.  Mais  alors  la  diverlité  des  mains 
décéléra  celle  du  texte  & les  interpola- 
tions. Les  inir.  hébreux  des  Efpagnolt 
font  plus  eftimés  par  leur  élégance  te 
même  par  leur  ancienneté , que  ceux  des 
autres  nations  , qui  ne  fe  trouvent  guère 
qu'en  Orient.  Les  caraâètcs  en  font  ci- 
rés , ceux  des  Italiens  te  des  François 
plus  arondis , ceux  des  Allemans  bètilTés 
de  pointes.  On  y tecoooit  le  goût  get- 
thique  des  xir.  & zv*.  liècict. 


(ijLe  favans  Tablonskt  (*)  dans  (a pré- 
face far  les  bibles  hébraïques  de  Berlin 
f.  37.  iiuiiquc  quarte  iqoycns,  pour  fo- 
plécr  aux  dates,  dont  la  plupair  des  mlT. 
hébreux  lônt  dépourvus.  1°.  Pour  les  ef- 
timer  de  la  plus  haute  aotiquisé  , il  fut 
que  l'éctiiure  en  lôit  /impie  te  d'une  élé- 
gance fans  afeélacioD.  Mais  funout  qu'on 
n'y  voie  pas  les  notes  yaurè  » âiîW> 
pat  lefquellcs  on  cil  aveai..q<élMCre  eft 
la  manière  de  ptooemeer  ^ celle  d'é- 
crire. 1".  que  là  Tiptbte  ti'y  patoiflè 
point  du  roue  3 ^Cpti*  anciennement  on 
la  confctvqir.mvss  des  livrée  particuliers 
fort  diféteat  des  oracles  ôcrés.  Une  bi- 
ble manoferite  , d'où  la  Mafore  feroie 
abfoluiiMoc  buie  , palTcra  donc  pour 
nés-ancicnne  ; pourvu  que  les  autres  fi- 
gnea  dlaâtiquicc  concourent  à la  fois. 
Bile  n'aara  perdu  que  peu  de  ebofe  de- 
là prérogative  de  Page  3 6 l’on  n'y  re- 
marque , qu'un  petit  nombre  de  traits 
de  la  Mafore.  Un  mf.  qui  ne  contient , 
que  la  petite  doit  apaticnir  au  moyen 
Kc.  &eoférme-t-il  l'une  & rature  , il 


* 


DE  DIPLOMATIQUE.  587 

ou  d’autres  accidens  ont  perdu  leurs  notes  chronologiques , 

gioiqu’anoncées  dans  le  texte.  Peut-on  rémédier  à ce  dé- 
ut ? Jufqu’à  quel  point  & par  quels  moyens  le  peut-on  ? 


II.  P A R T I I. 
StCT.  III. 

. » . . . . . C 11  A P.  V II. 

Déjà  nous  l’avons  dit  : c’eft  dans  l’écriture  même  , qu’il  faut  j 

chercher  ces  moyens.  Les  uns  fe  cirent  de  la  forme  ; les  le  dicouvrir:  i(b* 
autres  de  Tes  clafles  , genres  1 efpèces;  d’autres  descirconf-i  l^si'sn'y  patvien- 

, ,1  /■  I • J.  nentpisXutcment. 

tances  , qu  eue  renterme  , oU  qui  1 acompagnenc  ; d autres 
même  lui  font  en  quelque  forte  étrangèrs.  On  avoue  qu’un 
lèul  indice  , quoique  tiré  de  l’écriture  , ne  fufit  pas  tou- 
jours : il  eft  même  rare  , qu’il  fufife.  La  réunion  de  tous 
ceux  , qui  réfultent  d’un  examen  fërieux  des  pièces  eft  (bu- 
vent  néceffaire.  Qu’on  y fade  donc  (a)  entrer  l’orthographe , 
les  changemens  des  lettres  , ocafionés  par  l’ancienne  pro-  ««/»/;  p.  *o.  «i. 
nonciacion  populaire  ; qu’on  mette  en  ligne  de  compte  let 
incervales  entre  les  mots , &:  leur  continuité  (ans  interrup-  ‘ 
cion  ; qu’on  obfcrve  les  abréviations  plus  ou  moins  nom- 
breufes , les  titres  en  rouge , la  couleur  de  l’encre  , les  er- 
reurs , le  contenu  du  texte  , la  multiplicité  des  colones  : 
quelque  équivoques  Sc  foibles  , que  foienc  la  plupart  de  ces 
caraûcres  ; non  feulement  en  particulier , mais  même  réu- 
nis J tant  qu’ils  feront  prélèntés  d’une  manière  aüflS  vague  : 
on  acordera  volontiers  à M.  MaS'éi  , qu’ils  peuvent  dans 
cette  généralité  fervir  , non  i déterminer  au  jufte  le  fiècle , 
mais  une  certaine  étendue  de  tenu  , où  l’on  poura  placer 
les  monumens  dilHngués  par  ces  fignes. 

Si  toutefois  plulieurs  de  cek  caraâères  étoie«  réduits  à 
«quelque  notion  plus  précife  jioiï  jiourok  relTerer  à propor- 
tion cet  efpace  indéterminé  « ' qÙL  Eût  Fiinique  relTource  du 
doâe  marquis.  Quand,  au  li^u  do  nous  arcter  à des  titres 
en  ronge  , on  nous  les  fera  vok  à lignes  alternativement 
rouges  ic  noires , 6c  cela  conftamment  : quand  on  nous  mon- 
trera des  traités  , commençant  toujours  ou  prefipie  toujoun 

Sar  trois  ou  quatre  lignes  rouges , nous  ne  ferons  pas  tentés 
e rabatte  au-delTous  du  vi*.  ûècle  les  mlT.  où  pamils  in- 
dices  fe  manifefteronc  ; pour  peu  que  les  autres  caraâères 
démentent  pas  ceux-ci.  • 

< Calley  ( i ) parott  décidé , que  M.  MafFéi  diâcukueux 

(i)  Voici  qMlIn  («ne  fcir^fn.  t.ta  I de  mon  , ont  do<p«  eenci  tm  , tc 
m(T.  CD  capiulc , Ctas  wicuoe  diftioâioo  | quet-nos  d'coa'enx  encore  dannuge 

C c c ij 


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« 


n.  PARTIE. 
Se c T.  III. 
Chae.  vu. 


,88  NOUVEAU  TRAITÉ 
fur  l’age  des  ra(T.  Celui-ci  fe  croit  à peine  en  fureté  , for^ 
qu’il  les  renferme  dans  deS  périodes  de  pludeurs  dècles.  Ce- 
lui-là n’a  befoin  que  d’un  a , d’un  6*  & d’un  efi , d’un  ac- 
cent , d’un  rien  , pour  prononcer  fur  l’age  des  mlf.  pendanc 
fix  ou  fept  ficelés.  Ses  obfervations  empruntées  pour  la  plu- 
part de  la  Diplomatique  de  D.  Mabillon  , ne  lailTent  pas 
d’aler  alTez  droit  au  but.  Mais  ordinairement  elles  ne  fufi- 


fent  pas  pour  déterminer  le  fiècle.  Plufieurs  même  font  fuf- 
ceptibles  de  reftridions  confidérables.  Sa  règle  entre  autres 
fur  les  abréviations  n’eft  rien  moins  qu’exaéle. 

Sans  donc  rejeter  les  moyens  de  M M.  Maffti  & Cafley  , 
& fans  nous  y borner  ; voyons  comment  indépendamment  des 
dates , du  coup  d’œil  , & de  la  voie  de  comparaifon  , on 
poura  fixer  l’age  des  mff.  fur  de  fimples  indices.  Nous  ne 
prétendons  point’  en  faire  ici  le  dénombrement.  Chaque 
jour  en  découvre  de  nouveaux.  Toutes  les  parties  de  notre 
ouvrage  en  multiplient  le  nombre  , ou  du  moins  le  conf- 
tatent.  11  n’eft  prefque  aucune  page  de  ce  volume , qui  n’en 
tapele  plufieurs.  Ataclions-nous  donc  feulement  à quelcjues- 
unes  des’plus propres  (i)  à déterminer  l’age  des  mlT.  antérieurs 
au  x‘.  fiecle  ; ceux  des  fuivans  fou&ent  peu  de  dificulté. 


i.  Beaucoup  de  mort  ne  fonc.ils  (2par^s 
par  aucun  imcrvalej  l'éaiiturc  ell  de  mille 
aos  & plut.  ) . Let  ml(  grecs  fans  accens 
n'auront  pas  moins  de  dix  lîèclcs.  4.  Les 
latins, où  la  diphtongue  »e  fe  trouve  divi- 
£ée  avec  peu  d'â  ne  leroosKeront  pas  à 
moins  de  fept , mais  coamuaùl^CAn  a 
huit , & meme  plut  haut.  “^'pre 

ne  <]0cli]ucs  lirres  rem* 

e l'invemioo  , auquel 

ics  copiliet  imilùçcat  I*  hyces  , 

qu'lit  tranfmiolcnt,  f.  Les  m(T.  où  l'on 
Yoie  r9<  * famais  fat  doivent  être  pla- 
cùi  taMTCioq  te  fept  cents  ans.  6.  Ecrits 
Jqnil  cjoq  nccles  , ils  n'ont  point  de 
^Üpfengtie  , mais  toujours  l’e  fimpic. 
.f.  Les  mlT.  panent-ils  lîx  centsant , ils 
jbnt  Ibnvcnt  voit  le  mot  efi  éctit  pat  un 
^Mt  <■  au  milieu  de  deux  points.  S.  Dans 
les  mlT.  de  huit  lîécles  & plus , le  mdt 
0tatm  s'ùctit  avec  l'abrdviation  fuivante 
(f  ( mais  le  lombardiquc , & futtout  le 
iazon  piofitcnt  {lefqne  fculs  de  cette  ta- 


matqne. jr  ».  Les  mlT  où  fét  eïf  admif 
dans  lé  corps  des  mots , comme pej*  r-ÿ* 
Stc.voat  au-delà  de  lîx  cents  ans.  1 0. An- 
tdcicurs  à cet  age , ils  n'ont  pas  beaucoup 
d'abréviations,  qui  lôurmillem  dans  ceux 
de  trois  à quatre  cents  ans.  1 1 . Au  x 1 1 s. 
liècle  , quelques  copiées  commencent  à 
mettre  fur  l'i  un  accent , dont  l'extrémi- 
té fe  termine  fréquemment  en  cousbe. 
ti.  An  xv‘.  il'dégéoère  en  point.  TAfft 
le  tarif , par  lequel  Caficp  fixe  i'age  des 
md. 

( I ) Quelqu’un  fera  pentetre  liirpris  de 
nous  voir  pofer  des  réglés , fouveoi  dé- 
tachées des  preuves , dont  elles  font  fuf- 
ccptiblcs,  & qui  les  fetoient  triompher 
de  la  critique  la  plut  févére  j pourra 
qu'on  la  fupofe  équitable..  Pourquoi  donc 
les  fuprimer?  Ceft  pour  en  épargner  aâ 
Icéleut  l'cnmii  , & ne  pas  franchit  Iti 
bornes  , qui  nous  font  prafctircs  : Une 
éniJc  fuivie  le  combinée  de  I'age  des 
plut  aacieos  mlT.  sous  a mis  à ponée. 


I-  , 


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DE  DIPLOMATIQUE.  389 

VI.  Si  l’onhographe  d’un  mf.  en  caraâcre  oncial , com- 
parée à la  nôtre , fe  trouve  aflez  régulière  : fi  leur  diférence 
ne  fe  fait  remarquer  , qu’en  crois  ou  quatre  mots  par  pages  : 
fi  les  clrangemens  de  lettres  fe  réduifenc  prefque  à des  e 
pour  des  i , à des  b pour  des  « , à des  d pour  des  t , à des  o 
pour  des  u &c  réciproquement  ; fi  dans  les  compofés  d'ad  le 
d fe  maintient  fouvent , à l’exclufion  du p devant  le  p.  & dans 
les  mots  , où  la  prépofition  in  entre  ; fi  \'n  conferve  toutes 
les  mêmes  prérogatives  ; tandis  que  \'m  devant  l’/i  eft  pré- 
férée au  d , comme  a/n/nonîapour  admoneo  : fi  l’on  décou- 
vre à peine  quelques  folécifmes  ou  barbarifmes  dans  ce  mf. 
tous  les  autres  caraélères  d’antiquité  préfupofés , ou  du  moins 
non  contredits  , on  aura  une  forte  conjedure , pour  le  por- 
ter jufqu’au  v'.  fiècle. 

Un  mf.  plein  de  folécifmes  & de  barbarifmes  , donc  les 
fautes  d’ortliogtaphe  fe  reproduifent  à chaque  ligne , & d’ail- 
leurs en  caraèlcre  oncial  , ou  diféreiu  du  minufcule  Ci)  or- 
dinaire , poura  fe  renfermer  à peu  près  entre  le  milieu  du 
VI  i'.  fiècle,  & le  déclin  du  fuivant.  A proportion  que  ces 
défauts  difparoitront , fon  antiquité  fera  reconnue  plus  grande. 

Au  contraire  donnez-nous  un  mf.  dont  l’orthographe  pa- 
roifie  fi  parfaite  aux  yeux  vulgaires , qu’on  n’y  puille  déterrer 
d’autres  fautes , que  celles  , qui  nécefiairemenc  échapenc  à 


a'ca  recueUlir  les  fniits.  Noos  les  oüoiu 
au  public , dégagés  des  épines  , qui  les 
efulqucnt.  Cespieuves  , qu’on  nous  de 
Biande , nous  les  avons  en  main.  Mais 
leur  difcuftion  mènerait  à des  détails  in- 
finis. Qui  ne  ferait  éfiayé  de  trente  ou 
quarante  pages  de  preuves  , dont  cha- 
cune de  ces  régies  ferait  étayée  ? Que 
font  elles  après  tout  ces  régies  , linon  les 
séfultats  des  diverfes  portions  de  notre 
ouvrage , auxquelles  elles  fe  raportent  ! 
Les  antiquaires  les  plus  lâvans  ont  d’ail- 
leurs fcurni  une  partie  eonlîdérable  de 
nos  pièces  juliificsiives.  Le  grand  nom- 
bre  de  notes  caraélérilliques  de  l’age  des 
plus  vieux  rolT.  que  nous  ajoutons  aux 
leurs , n’y  donne  point  ateinre  ; mais  les 
fortifie  , en  focilitc  l’nfage  , tend  leur 
aplication  plus  exaéie  & plus  commune. 
Ce  u’eA  pas  qu'on  prétende  fe  dilpcnfet 


d’entrer  dans  l’examen  de  ee  qui  eon- 
cerne  l’orthographe  , la  ponéhiation  , le 
llyle  &c  : chacun  de  ces  articles  aura  la 
place.  Les  prévenir , ce  ferait  tout  con- 
fondre ; poullcries  preuves  jufqu’aux  der- 
nitis  détails  for  des  chofes , qui  ne  font 
pas  contelléet  , parcequ’ejlcs  le  feront 
peutètre  ; ce  forait  ne  vouloir  jamais  fi- 
nir.  Ici  cependant  on  ne  fe  rciuferapas 
à l’expolîtion  des  preuves  , loifqu’clle 
poura  fo  faire  en  peu  de  mots. 

(i)  On  connoit  une  éuiture  mioof- 
*cule  plut  ancienne  , à laquelle  le  nom 
de  demi-oncialc  conviendrait  mieux.  Elle 
emploie  l’c  eurlif  , au.  préjudice  de  l’a 
minufcule  : fos  fostont  des  riavct- 
fes  plus  longues,  te  fes  r des  queues^» 
le  côté  droit  plus  abailTé  y ouue  leatf 
commiuément  majufciila.&c. 


II.  PARTIE. 

SICT.  III. 

Chaf.  VII. 

Quels  font  lea 
moyens  diAingués 
de  l’écriture,  pour 
juger  de  l’age  des 
anciens  mil  I Le 
plus  ou  le  moins 
de  changemensde 
lettres , de  foléeil^ 
mes  & de  barba- 
hfmes. 


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II.  PARTIE. 

S 1 C T.  III. 
Chat.  VII. 


V^lin  tiès-min- 
«c , lignes  cirées. 


J90  NOUVEAU  TRAITÉ 

rhumanitë  , dont  le  texte  en  minufcule  foit  omé  de  titres 
en  onciale  à gros  œil  bien  tranchée  ; on  ne  balancera  pas 
à le  déclarer  du  ix®.  fiècle.  Les  moyens  (i)  tirés  de  l’ortho- 
graphe , des  folécifraes  Sc  des  barbarifmes , peuvent  conve- 
nir à tous  les  mlT;  en  voici  de  propres  à quel<^ues-uns  feule- 
ment. Les  uns  & les  autres  font  également  iiolés  de  l’écri- 
ture. 

VIL  Le  vélin  très-blanc  8c  fi  mince  , que  fes  feuilles  le 


(I)  Il  ne  faut  pas  pcrjic  de  vue,  <jue 
nos  régies  (ont  pofitives  , & non  pas  cx- 
clufives.  La  multitude  des  roldcifmes  , 
des  batbatifmcs  & des  changemens  de 
lettres  convient  rpfcialemeot  aux  vu, 
& viii‘.  (iécles  s mais  n'exclut  pas  le 
TI*,  ni  même  queI<]uefois  les  ptdcédcns, 
£ le  copille  dcoit  mal  habile. 

Le  beau  S.  Cyprien  de  l'abbaic  de  S. 
Germain  des  Prés  réunit  tant  de  carac- 
tères d'antiquité  ; qu'il  o'eil  paspofliblc 
de  le  rabailfct  au-ded'ous  du  v‘.  (icclc. 
II  en  renferme  , qui  fcmbleroient  pou- 
voir le  porter  jufqu'au  iv*.  te  meme  an 
ii|S.  Cependant  il  n'ed  pas  exemc  de 
folécifmcs.  Ils  font  à la  vérité  beaucoup 
plus  rares , dans  les  propres  ouvrages  de 
L Cyprien:  mais  il  s'en  rencontre  nombtc 
d'eiempes , dans  les  fufrages  des  évé- 
quesde  (bn  grand  concile  de  Canbage.  I! 
ne  s'enfuit  pas,  qu'il  faille  reléguer  ce  mf. 
au  vti*.  liècle.  Ou  tems  que  le  latin 
étoit  le  plus  fiotilTantà  Rome  , les  habi 
tans  de  la  campagne  voilîne  , te  même 
en  général  ceux  , qui  oc  l'avoicnt  point 
étumé , félon  les  règles , ‘ 
mal , & tomboient  daatj 
léeifnncs.  Comment 
n'auroient  point  été 


, QUI 

des  belles 
dMlè  le  parler  cor- 
itde  S.  Auguliin  , 
étoit  dominant,  ne 
évêques  & des  prêtres  J 
navoient  jamais  fait^ 

humaines  ! A combien 

ploiil'ftMê'Milbn  t lorfque  la  ReIit;ioB 
étoit  expofèe  i des  per^co- 
MpiéiMtiiiaelles  > Ces  évêques , dont  les 
tondons  font  défigurées  par  de  gros  fo- 
lecifmes , ont  pu  les  fàirc  réelIcmeM  j 
te  les  nouirct  n'auront  pat  voulu  pren- 
dre fur  eux  de  rien  cotiger  à leurs 


lettres , pou' 
reâemeiR  î 
où  le  Chtè 
Toy. 

CO  Ai 


^eiprelEoos,  Ainlî  plus  le  raf.  cft  ancien  , 
plus  il  doit  (c  trouver  chargé  de  (blé- 
cifmes.  Des  corrcétcuis  dans  la  fuite  n'au- 
ront pas  manqué  de  les  ôter  , en  les 
prenant  pour  des  fautes  de  copiftcs.  Ceux- 
ci  comme  Chrétiens  , furtout  avant  la 
convcrlion  de  Conllantin  , pouvoieni  fort 
bien  n'avoir  cut-memes  aucune  teinture 
de  grammaire  , te  conféquemment  in- 
troduire dans  récriture  bien  des  mé- 
comptes de  leur  fa^n. 

Au  relie  le  grand  nombre  d'erreurs 
contre  la  Syntaxe  te  l'orthographe  n'ell 
guère  moins  aplicable  aux  tems  pollé- 
lieurs  à Chailcinagne,  à l'égard  des  paît 
étrangers  à fon  empire  , êt  ^s  provinces 
méridionales  de  la  France , qui  profitè- 
rent moins  que  les  autres  de  la  léforme 
dans  l'orthogtaphe,  établie  par  les  ordrps 
de  ce  prince. 

Au  contraire  un  mf.  des  vti.ScviiiV. 
fiècles  pouroit  être  prefquc  exemc  de  bar- 
barifracs  le  de  folécifmcs  ; pareeque  l'é- 
crivain auroit  été  d'une  capacité  fupé- 
ricure  aux  hommes  de  fon  tems  , ou 
d'une  esaâinide  fernpuleufe,  à biencô- 
picr  un  excellent  original.  Mais  comme 
ce  mf.  n'écoic  pas  putgé  des  mutarions 
réciproques  de  lettres  5 il  les  aura  con* 
fervées  , il  en  aura  ronltiplié  le  noenbre  t 
parceqn'alors  la  prooonciarion  n'étoit  pat 
conforme  à la  nôtre.  Après  tout  les  rè- 
gles , qui  nous  ocupent , ne  lôncà  pro- 
prement parler , que  des  iadfccs.  Ils  doi- 
vent être  tempérés  les  uns  par  les  au- 
tres. On  ne  peut  juger  avec  eenitude 
morale  , que  far  kur  concert  i avec  crèf- 
graode  probabilité  , que  for  le  eoncoam 
de  la  pliiparc.  Ainli  des  aiicrea  degrés  de 
certitude  «c  de  vcaifeiublMce  j à raifoa 
de  leur  opolîrioa  on  de  leur  ocord  plus 
on  moins  marqué. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  331 
roulent  ou  fe  recoquillent  «l’ellcs-mcmes , K la  feule  chaleur 
de  la  main  , préfente  un  caraélcre  d’antiquité  très-certaine. 
Jamais  nous  n’avons  tien  vu  de  femblable  , dans  des  mlT. 
poüérieurs  au  vi',  fiècle,  & antérieurs  au  x*;  à moins  qu’on 
n’eût  tiré  ces  feuilles  de  mflT.  plus  anciens , pour  en  former 
de  plus  récens.  Si  quelques-uns  de  ces  tems  ont  du  vélin 
fufccptible  des  mêmes  afeûions  ; on  pouroit  afligner  de  parc 
& d’autre  bien  des  diférences , par  raport  à la  qualité  de  la 
matière.  Mais  le  lêul  coup  d’ocil  découvre  une  dilTemblance 
énorme  , entre  des  mff.  fi  éloignés  d’age.  On  ne  peut  donc 
jamais  courir  aucun  rifque  de  les  confondre. 

Les  lignes  tirées  horizontalement  , pour  efpacer  égale- 
ment , & rendre  droites  celles  de  l’écriture  , & perpendicu- 
lairement , pour  déterminer  l’étendue  de  la  page  ou  de  la 
colone  , peuvent  encore  aider  à fixer  l’age  des  m(T.  En  rou- 
ge , çUes  ne  conviennent  , qu’aux  plus  bas  tems  ; au  crayon 
ou  bien  à la  mine  de  plomb  ; elles  décèlent  les  xi  i.  xi  1 1. 
& xiv‘.  fiècles.  On  en  trouve  pourtant  déjà  quelques  exem- 
ples dès  le  xt.  Tracées  feulement  avec  le  ftylet , elles  fe 
raportent  aux  fiècles  précédens  , &:  s’étendent  jufqu’au 
XIII'.  . 

Les  ligties  blanches  horizontales  , prolongées  d’un  bout 
à l’autre  de  la  feuille,  indiqueront  du  moins  le  vu'.  Bor- 
nées à la  largeur  de  la  colone  ou  de  la  page  , on  n’en  pou- 
ra  rien  conclure.  Mais , fi  tandis  que  les  autres  horizonta- 
les font  ainfi  terminées  ; deux  parallèles  au  haut  , & deux 
' au  bas  de  la  page  font  portées  depuis  l’extrémité  du  feuillet 
jufqü’au  fond  de  Ih  ; on  aura  le  figne  d’un  âge  , qui 
ne  peut  s’éléver  au-deüus  du  xi'.  fiècle.  Les  points  perçans 
placés  au  bout  de  ces  lignes  ne  marquent  rien  de  bien 
précis  : au  contraire  cachés  dans  le  texte  , ils  défigneront 
li:  V 1 1 & plus. 

Les  alinéa  précédés  d’un  vuide  dans  le  corps  du  texte , 
fiirtouc  s’ils  ne  commencent  point  par  (i)  une  initiale  plus 


(i)  CcKaraflires  font  cetii  da  Virgile 
JArper,  du  s.  Cyprico  , daprcautierà 
l'urage  de  S.  Germain  de  Paria  ; des  Evan- 
giles de  Vienne  en  Autriche , te  autres 
sniT.  cootciuiKitaiiu.  Les  initialet  des 


alinda  font  néanmoins  tant  Ibit  peu  plus 
grandes  dans  de  très-anciens  mlT  ; fui- 
’ tout,  <]oand  elles  avancent  plus  que  tes 
autres  lignes.  Mais  (lies  n'y  Ibnt  pas 
eiobcUicf  d'otoetnens.  Les  TuiaireaUaisc 


1 I.  PARTIE. 

SiCT.  III. 
Cma».  VII. 

points  persans,  a- 
linéa  : mil.  carés , 
colones. 


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II.  PARTIE. 
S 1 CT.  III. 

Ch*».  VII. 


StiqDcs  oa  Ter- 
rées : divilîoos  des 

(*)  Cnri.  Jff. 
Egfi  Purftir»  dtc- 
M.  /.  I.  ».  <1. 
Jtmu,  Andr.  Irici 
im  rvM»g.  ctd.  S. 
Eufeiii  prâf. 

f.  ZTI 1 1. 

(4)  Trtit  dt  fri- 
ma ferii.  trig, 

f-  s»I- 

(e)  Prtleimun. 

I.  t.  fart.  1.  ch. 

XI.  f.  >*1. 

(d)  mUhib.  Tif- 
Itrimfis.  lih.  1. 

ÿ*rr.  i.r.  1.^4- 
(»)  W-  >7. 

(/)  ChtvilUif 
Origin*  d*  Ti»- 
/riw.  dt  , 


3>r  NOUVEAU  TRAITÉ 

grande  que  les  autres  lettres  , n’anoncent  pas  une  moindre 
antiquité.  Il  ne  s’enCuit  pas  , que  d’autres  anciens  alinéa  ne 
foient  pas  faillans , ou  n’avancent  pas  au-delà  des  bornes  de 
la  colonc  ou  de  la  page. 

On  compte  parmi  les  marques  de  la  plus  haute  antiquité 
la  forme  prefque  carée  d’un  mf , & la  difpofition  de  fes  pa- 
ges en  deux  colones.  Il  s’en  faut  bien , néanmoins  , que  l’un 
Sc  l’autre  de  fes  caraûcres  foient  décififs.  Il  eft  des  m(T.  très- 
anciens  , qui  n’ont  qu’une  colone  par  page.  Il  en  eft  de  très- 
récens  , où  chaque  page  procède  toujours  par  deux  colones. 
Le  nombre  des  modernes  eft  fans  contredit  le  plus  grand. 
On"  rencontre  aufli  des  mfl*.  carés  , fans  qu’ils  loient  pour 
cela  fort  anciens.  Toutefois  .comme  l’antiquité  produit  plus 
fréquemment  des  mlT.  prefque  carés  ; ce  ligne  en  eft  à jufte 
titre  un  préjugé  favorable.  Les  colones  ne  lemblent  mériter 
ateiition  , qu’autant  qu’elles  font  écrites  ^er  cola  & commuta. 
Chaque  ligne  alors  répond  tout  au  plus  à un  demi  membre. 
Souvent  elle  ne  confifte  qu’en  un  mot.  Pareil  indice  , «jui 
n’a  lieu  que  par  raport  à l’écriture  fainte , anoncera  du  moins 
le  commencement  du  vi'.  fiècle.  • 

VIII.  L’introduâion  des  ftiques  ( i ) dans  les  livres 


étoienc  cacore  WquetH  dans  les  Aiplomcj 
de  Louis  le  ddbonaire.  L'étendue  plus  ou 
moins  grande  de  ces  vuides  fut  , pout 
ainlî  dite  , la  plus  ancienne  manière  de 
ponéluer  les  aâes  publict.  Aiiilî  les  cf- 
paccs  des  alinéa  lucpalToicnc  ccus  des 
limpics  poinu  : ces  derniers  eeut  de 
deux  points  : & à propottion  des  plus' 
petites  dilHnâions.  Au  tz*.  lïcele  , on 
t’aeoutuma  pat  degtés  à mettre  des  points 
à la  tête  de  ces  intervalcs  , fans  dimi- 
nuer leur  étendue  proportionnelle. 

(i)  Lent  divilîon  fe  faifoit  par  mem- 
bres & par  ftk-aumtrti , qu'on  notas  palfe 
ce  mot  J pour  rendre  per  cria  ^ comma- 
ta.  Elle  étoit  fort  diférentc  de  notre  di- 
vilïon  de  l'ancien  Teftament , pat  cha- 
pitics  & par  verfets.  Les  uns  atribuenc 
(a)  celle-ci  à Etienne  Langibon  , créé 
eatdinal  eu  1 a I s : les  autres  (4)  à Jaquet 
Hugue  , qui.Tivoit , il  y a quatre  à cinq 
cents  ans.  Selon  M.  du  Pin  , ce  (r)  fut 
le  cardinal  Hugue,  quiauziii'.Cccle 


dirilâ  les  livres  factés  eu  chapitres  te 
verfets , tels  que  nous  les  avons  anjout- 
dui.  Ainfl  les  mlT  où  leur  divilîon  cil 
diférente  (d)  doivent  être  cllimés  plus 
anciens.  Quoique  Génébrard  ait  fait  au- 
teur de  la  diviCon  du  nouveau  Tclia- 
ment  en  chapitres  JulUnicn  évçque  de 
Nebbio  ; Henti  Eticime  . dans  là  Con- 
cordance du  nouveau  Tcftamcnt  la  té- 
vendique  à fon  pète.  Châtie  - Etienne 
Jordan  dans  Ion  Vryage  littéraire  fait  t» 
17 J}-  »»  Traate  , ta  Aailcterri  , an 
Hellaadt , parle  (t)  d'une  éditiaa  du  aaa- 
•bcaa  Tijiamral  da  Raicrt  ftienaa  da 
If  SI.  qui  êft , félon  lui  , la  prtmiire, 
ait  let  verfttt  faat  difiiaguit.  Un  antre 
Henti  Etienne,  dès  (/)  i;o7,noncon- 
tent  delà  divilîon  du  pfeautier  de  Jaques 
le  Fevre  d'EAapIes  par  vetiêts  , les  fit 
encore  précéder  de  chilres  arabes , pour 
en  défignet  le  nombre.  An  commence- 
ment du  iv".  fièclc  les  évangiles  avoieoe 
leui  s divilions,  & fubdivifions  ; mais  leurs 

ptofaïquQs 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


■395 


profaïc^ues  de  l’ancien  Tcftamenc  étant  due  (a)  à S.  Jerome;  ^ 

les  mfi.  latins  , où  elle  eft  oblervée  , ne  doivent  pas  être  partie. 

eftimés  antérieurs  à ce  S.  dodeur.  On  prouve  néanmoins  par  vir. 

lui-même  , qu’on  ( i ) obl'ervoit  déjà  quelques  divilions  de 
verfets  avant  lui.  chapitres  : indices 

Au  lieu  d’être  précédé  de  ( i ) guillemets  en  forme  de ‘*“P*'*’8”‘***’^' 

* ^ cnturc  ; rang  des 


chapitres  ne  s'acordoienc  pas  toujours 
avec  les  nocfvs.  Rien  de  plus  célèbre  en 
cc  genre  <juc  le  canon  d'Luicbc.  Les  épi- 
tres  de  S.  Paul  furent  aullî  divifécs  en 
chapitres  fur  la  ho  du  meme  (iccic.  Cc 
tau  cil  conftarc  dans  la  Préface  d‘£u- 
thalius , raportée  par  M.  Zaccagni.  Alors 
on  apeloic  les  premiers  , chapitres  ou  ca- 
pitules majeurs , 6c  les  féconds  mineurs. 
Ceux-ci  n'etoienc  quelquefois  pas  plus 
longs  que  nos  verfeu  » quelquefois  ils 
en  valoicnc  fepe  ou  huit.  AuHî  ces  pe- 
tites divilions  ne  sctcodcDC-elles  en  S. 
Mathieu  , qu’à  \6f.  mais  quoique  le 
nombre  des  grands  chapitres  y loit  le 
meme , que  celui  des  nôtres  5 leur  dUtii- 
butioQ  cR  plus  d'une  fois  diférente.  Les 
chapitres  des  autres  évangéliites  ne  s’a- 
cordent  pas  avec  les  nôtres  , meme  quant 
au  nombre.  Les  anciens  ne  pouvotrnt 
manquer  d en  avoir  moins  : puifqu’ils  les 
laifoicnc  plus  grands.  Au  taport  (é)  d Eu- 
fébe  de  Céfarcc  , Origene  diifingua  les 
livres  facrc's  par  membres  ou  par  verfers. 
Avant  lui  , les  livres  poétiques  l’étoicnc 
déjà.  C’ed  meme  ainu  , qu’on  écrivoit 
les  orateurs  prohines.  Au  moins  S.  Jé- 
rôme nous  le  dit-il  dcDémoAbéne  & de 
Cicéron.  Mais  jafqu’aa  teois  des  divilions 
modernes , fi  Ton  en  excepte  les  évangi- 
les ; le  nombre  (c)  des  capitules , titres  , 
ou  brefs  de  chacun  des  livres  facrés , & 
même  des  verfets  n’eut  rien  de  fixe.  Pref- 
que  chaque  copiée  les  diminuoit  ou  les 
augmentoic  à fon  gré.  Ce  qu’on  peut 
avancer  de  plus  certain,  relativement  à 
notre  objet  j c’cH  que  plus  les  mlT. 
font  anciens , plus  le  nombre  des  verfets 
s'y  trouve  muitmlié^  Ceux  qui  ne  fc  bor- 
. nem  pas  à diviierks  périodes  par  mem- 
bres i mais  qui  les  partagent  encore  par 
feu-membfti  , remontent  à i’antiquicé  la 
plus  reculée.  La  toralité  des  capitales  s'a 
peloit  cMpitulatie  ,bmiArm»'^ 

(l)  M.  Oupin  en  donne  pour  preuve 

Tome  I /. 


(i)  l.  (.  e. 

tt.  y.Htjffi. 


(r)S. 


Hier  en.  e- 
prolt“ 


une  remarque  de  S.  Jérôme  , dans  la  cvangcliftcs  chan 
lettre  à Sunnia  Sc  à Frccela.  Il  y cA  fait  gé  : S.  Luc  apelé 
meution  d'un  (J)  vcrfet,qui  ne  conte-  X»r4n«/:ufagede 
noii  que  CCS  mots  : iranda  fir  carbones  lavcrlion  Italique: 
f^nii.  Mais  quoique  les  habiles  gens  d'a-  titre  de  faim  fu-* 
lors  tacha/Tcnt  de  régler  les  verfets  des  piimé. 
poèmes  faciès , fur  les  vers  liébraïques  ; 
par  la  faute  des  copiAcs , il  fc  voit  au-  (a)  Prâfat.  in  I-‘ 
jourdui  bien  peu  de  mlT.  ou  quelque  fuyam.  Apele^.  in 
pfeaume  fc  foit  maintenu  en  cet  état , Ru/fn,  /,  l.  cel» 
depuis  le  commencement  jufqu'à  la  Hn-  4^7* 

Tel  cA  pourtant  le  vi*.  S.  Jérôme  , qui 
favoic  diAingucr  le  métré  des  vers  hé« 
breux , ne  vouloir  pcurctre  pas  moins  in- 
diquer un  petit  vers  qu'un  verfet  j lorf- 
qu'il  qualifie  ainfi  ces  paroles  : grande 
Ô*  carbones  ignii.  En  éfet  le  xvt  l'.  pfeau- 
me  renferme  ii^.  vers  anacréontiques , pera.  t.  i 
apciés  par  les  Grecs  Ephthèmimcrcs  , & gem.  4. 
par  conféquent  cous  ce  la  même  mefure 
de  fepe  fyllabe».  Or  ces  mots,  gran/te  , _ . 

(jf*  carbones  ignif , répondent  exaéieroent  - 
par  deux  fois  au  vers  hébreu,  que  nous  ^ ^ * *' 

y trouvons.  II  en  cA  de  même  de  ces 
deux  autres  vers  : Intenait  de  cale  D«- 
minus  t ^ AUi0mut  dédit  veccm  fuam  ^ (»)  5, 

qui  ocupenc , nous  (<)  dit  S.  Jérôme, 
l’elpace  intermédiaire  du  vers  barad  ve 
gachalei  efih  à fa  répétition  , feloo  k 
texte  hébreu.  Cependant  nous  ignorions 
cette  divifion  particulière  de  vers , aeef- 
cce  par  le  S.  doclcur  , quand  nous  la  fî- 
mes , conformément  aux  principes  de 
l anciennc  profodic  hébraïque  ,<{uc  nous 
croyons  avoir  retrouvée. 

(t)  Ces  guillemets  ne  laifiencpas  d’écre 
fort  anciens.  On  en  remarque  , fans  en-  ■ ^ 

fbnccmens  de  lignes  dans  des  mlf  du  v*.  ‘ ^ 

fiècle  On  voit  au  rcAe  des  mlf.  de  tous  ^ 

les  âges , oü  nul  de  ces  caraéfètes.  n’cA 
obfcrvé.  On  ne  peut  donc  rien  tonclore 
de  leur  omillîon  : ma.‘^  feulement  des  ' . . 

padàges  de  l’écriture,  dont  les  lignes  né* 
gaicnepas  les  autres  en  toneaeur.  Ceux-là 
dcligaenc  furement  la  plu  s liaute  antiquité* 

Ddd 


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594  NOUVEAU  TRAITÉ 
virgules , ou  de  petites  j , de  trois  points  ou  d’obèles , cfia- 
^5ïcT**^n*i^  aue  commencement  de  ligne  d’un  texte  cité  de  l’Ecriture 
c H A P.  VI I.  faiiue  avance-t-il  dans  l’intérieur  de  la  colone  ou  de  la  page , 
à la  manière  des  vers  ; c’eft  un  ligne  d’antiquité  , qu’on 
pouroit  à peine  faire  defcendre  au-deflbus  du  vi'.  liccle. 
Le  fécond  degré  d’un  âge  fort  reculé  , tel  que  le  vi®.  fiècle 
ou  du  moins  le  vi  r'.  lera  d’avoir  des  paflages  également 
, rentrans  dans  l’intérieur  de  la  page , dont  toutes  les  lignes, 
foient  précédées  d’ couchées , fouvent  acompagnécs  de 
deux  points. 

Les  mif.  des  évangiles  , où  S.  Luc  eft  apelé  (i)  Lucanus ,, 
où  S.  Jean  (a)  fe  trouve  , foit  avant  S.  Marc  , foit  avant 
S.  Luc , s’anoncent  par  ces  indices  fmguliers  , d’un  âge  très- 
reculé.  Audi  les  beaux  mlT.  grecs  &:  latins  des  épitres  de 
S-  Paul  de  la  biliothèqùe  du  roi  & de  l’abbaïe  de  S.  Ger- 
. , main  des  Prés  renferment-ils  deux  catalogues  des  livres  ca- 
noniques , où  les  évangiles  font  difpofés , félon  cet  ordre  : 
S.  Mathieu,  S.  Jean , S.  Marc , S.  Luc  ; quoique  Origène  , 


(i)  Le  s.  ^vang^liAe  cA  dcLigné  Tout 
ce  nom  dans  les  mfT.  de  Corbic.dc  V ieunc 
en  Autriche,  & de  Vcrccil,  qu'on  ped- 
tend  ^voir  éii  copid  par  S.  Eulebe.  Il 
■ / , VI  1 U r (*)  ““pof-  AuguAinj 

(•j  * • "J-  jj  5 Jean  de  Carburaria  de  Napics,  je 

UMl.i,  i.p.iof.  autre  de  Bobio.  Un  mf.  des 

dvangiles  , detit  (b)  de  la  main  de  S. 
Eadfnd  , dvdquede  Linditiàrne  cotre  lea 
années  jjü.  je  7ti.apcle  S..  h»c  Lmcmt 
dans  le  titre  initial  i,  ci^Bi>e:<ilM*-(iini 
image.  Mais  dans 
haut  de  chaque  *ag»ÿ  I* 

CMum.  Cette  un 

nfage  fini/&«^sïr^'^* 

(a)  ’ (0  u>o<'ie  de  Coibie , 

an  ix%4wû  , raporte  dans  Ton  czpoiï- 
tioB  ,)(ÎSb'  le  I . chapitre  de  S.  Mathieu , 
fort  éconé  de  voir  un  mC  grec 
:1^4»angiles , qu'on  diAiit  avoir  apar- 
(d)  Vindic.  à s.  Hilaire  ..dans  lequel  l'cvangilc 

nie.  firifi.  I.  ^ S- Jean  fuivoit  immédiatement  celui 


.p.  top. 

'(4)  Aniia,  litur.. 
Srpttnir.  /.  a. 


(c)  II{/f.  liller.de 
U Tr/ence.  I.  J. 
f.  88. 


f..  CCCLXXXVH 

(,)  Ibid.  p»t. 
cccxci  ir. 


nie  s.  Mathieu.  Sa  furprife  k le  raifo- 
neniene  ridicule  du  Grec  de  nation  , 
qu'il  confulta  , fupofent , que  cet  ordre 
lies  évangiles  droit  inoui  depuis  long- 
tems.  Quatre  (iécles  plutôt , lon  n'auroit 
£aseu  belôin  de  confultei  un  Crée , pour 

!■  n 


favoir  que  S.  Jean  écoit  placé  avant  S, 
Marc  it  S.  Luc,  à raifon  de  fa  dignité 
d'Apôtre.  C'étoit  alors  un  fait  condaté 
par  un  ufage  , linon  général , du  moins 
alfcz  Aéquenc , je  de  plus  arclJé  par  Ter- 
tullien.  On  feroit  futpris  an  tede  de 
rétonement  de  Druihmar , fi  le  célèbre 
mf.  des  évangiles  de  Corbic  n.  t9(. 
fetvoit  de  fon  temt  . comme  il  a fait 
depuis , aux  melTcs  folenndles,  ou  même 
s’il  avoit  dcs-lots  aparcenu  à cette  ab- 
baie  : poifque  S.  Jean  y tienr  le  fécond 
rang,  S.  Luc  Ictroifièmc  Si  S.  Marc  le 
quatrième..  Le  même  ordre  ed  obfcrvé 
( d)  dans  le  fameux  mf.  de  Cambrtge.  Il 
l’ed  dans  ceux  de  Vienne  en  Autriche 
de  Vérone,  de  faiate  Julie  de  Btefcia, 
tous  deux  eu  vélin  poaipré  , tous  deux 
de  la  plus  haute  antiquité.  C'ed  auHï  fui. 
vanc  cet  arasgemxne,  que  les  noms  des 
évangélidcs  font  laportés , au  chapitre 
17.  du  1.  livre  des  Condicutionsapodo' 
liqnes.  On  croit  que  le  rang  des  (e)‘ 
évangélidcs  S.  Marc  je  S.  Lne  , on  S. 
Luc  je  S,  Marc,  fut  dififremmentdlfpof?, 
fcloD  que  leurs  évangiles  furent  pllnôt 
ou  plus  taid  refus  des  anciennes  Eglifes. 


•W  V 


i 


» 


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I 


DE  DIPLOMATIQUE.  59^ 
Eu(cbe , & S.  Jérome  lui  donnaflcnt  déjà  les  mêmes  rangs , 
qu’ils  gardent  depuis  plus  de  douze  ilccles. 

S’il  ne  s’enfuie  pas  , que  ces  mflT.  précèdent  Origene  , Eu- 
lebe  S.  Jérome  ; on  ne  peut  guère  les  rabailTer  au-deflbus 
du  dernier , ou  tout  au  moins  du  tems  , auquel  fa  verfion  fit 
prefque  tomber  l’italique  dans  le  diferédit. 

Les  mflT.  renfermant  quelque  livre  de  l’écriture  fainte 
dont  la  verfion  n’eft  ni  double  ni  triple  , & qui  néanmoins 
fuivent  (a)  l’icalique  , & non  celle  de  S.  Jérome , remontent 
à des  tems  fort  reculés.  Comme  , dès  le  fiècle  de  S.  Gré- 
goire le  grand  , la  dernière  avoir  déjà  pris  le  deffus , &;  qu'on 
ne  fit  depuis  prefque  aucun  ufage  des  autres  ; il  s’enfuit  , 

Ju’on  cefia  de  tranferire  les  mlT.  des  autres  verfions  , & que 
ans  la  fuite , fi  quelques  curieux  voulurent  conferver  l’an- 
cienne ^ ce  ne  fut  qu’en  la  joignant  à celle  de  S.  Jérome. 
Ainfi  lorfqu’une  verfion  folitaire  préfentera  quelque  infigne< 
variante  , qu’on  fait  avoir  été  certainement  dans  les  Sep- 
tante , &c  conféquemment  dans  l’italique , tel , par  exemple , 
que  Dominus  ( i ) regnavit  à ligno  , on  aura  raifon  de  porter 
fort  haut  ie  mlT.  où  ce  texte  le  fera  confervé. 

Le  titre  de  faint  ou  de  bienheureux  fuprimé  dans  l’épi- 
graphe d’un  (1)  mf.  de  quelque  faint  Père  des  quatre  ou  cinq 


(i)  s.  Juftin.  daos fto  Dialogoe  avec  I 
Tryphon  , reproche  aux  Juifs  d'avoir  rc- 
rranchd  ces  paroles  du  rexre  faerd  , en 
haine  de  la  Croix.  Cependant  Origène  , 
fuivi  par  S.  Jérome  , fupnma  te  mot  i 
Jifnf  , fur  la  foi  d'un  de  ces  mlT.  hébreux 
mutilés.  Quoique  l'Eglife  l'ait  retenu 
dans  un  hymne  S;  dans  un  vetfetdu  tems 
pafchal  : il  s'ell  trouvé  banni  de  Ton 
pfeautier , depuis  que  la  correélion  de 
S.  Jérome  eut  prévalu.  Que  cette  locu- 
tion apattint  véritablement  au  texte  de 
la  vetlion  des  Septante  , on  le  prouve 
par  uaeaUufipiSi  alTez  manifede  de  l'é- 
pitre,  qui  ^tte  le  nom  deS,  Barnabé, 
par  le  lemoùiM^  ibtmel  de  Cailiodote, 
pat  les  verubm  , cophtique  , 

gothique , italique , j^r  fqffge.fi)  qu'en.! 
ont  fait  Tettullicn  , s Lebq', ‘Vigile  de 
Tapfe  : parle  célèbre pfeamiet de  S.  Ger- 
main de  Paris  , par  le  Morarabique  , par 
uu  autre  mf.  ea  trois  coloncsdcS.Gctmaiu 


des  Piés  O.  loo.  pat  ceux  de  Chai- 
tret,  de  Rome  & de  Vérone.  Ce  dernier 
ed  en  grec  Sc  eu  latin.  Le  P.  Biancbini 
(c)  pr^eod  qu'il  renferme  la  pure  ver- 
lion  des  Septante , nais  difétcute  de  celle 
des  Hexapics. 

( x)  Tel  oft  le  naf  de  S.  Hilaire  de  la 
bibliothèque  du  toi  n*.  < { o , auparavant 
de  celle  de  M.  Colbert.  Prefque  à la  fin 
de  chacun  des  treixe  livres  fur  la  Trinité 
l'on  marque  le  nom  d'Hilaite  feul  , ou 
l'on  y joint  tout  au  plus  celui  d'évéque. 
D.  Coudant  , dans  fa  préface  générale 
fur  Ton  édition  de  S.  Hilaire  , n'ofant 
‘dite,  que  c'ed  l'autographe , ou  un  mf 
copié  du  rems  même  du  S.  doâcur  , pré- 
tend qu'il  fut  tranfetit  fur  l'un  ou  fur 
l'autre.  Il  fut  probablement  du  nombre 
des  précieua  monumens , que  Dagobert  1. 

[lit  iranfporter  de  Poitiets  à l'abbaïc  de 
a.  Denis , à laquelle  il  apartenoit  autre- 
fois. ■ 

Ddd  ij 


n.  PARTIE! 
SecT.  m, 
CHAf.  vit 


(4)  D. 

thier  Bibli^rum 
fêter,  vers 
t.  l.préfmt.pêtrt^ 
1./.  LXl.  LXltn 


(i)  D.  Sétihmtiet. 
t,  1.  p,  151.  ftU. 
10* 


(r)  V'miit,  1. 1 . 
Pfelterimm  tlttfiex 


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11.  1 ARTl  t. 

S < I.  ni 
■ Chat.  V II 


J9S  NOUVEAU  TRAITE- 

premiers  ficelés  j furtout  s’il  étoic  revêtu  du  caraftère  ëpifi- 
copal , ne  donnera  pas  une  preuve  formelle  d’antiquité,  pres- 
que égale  au  S.  doûcur  ; mais  c’en  eft  au  moins  un  préjugé 
très-légitime. 

Voila  des  marques  caraêlériftiques  de  l’age  des  mlT.  aux- 
quelles on  pouroit  en  ajouter  beaucoup  d’autres.  Sans  être , 
pour  la  plupart , toutafait  indépendantes  de  l’écriture  ; elles 
en  font  pourtant  diftinguées. 

Indictsd*  rage  IX.  Il  en  eft  plufieurs  , qui  n’afeélent  ni  la  forme  , ni  le 
aes  anciennes  <cri- jg  l’éctiture , muis  qui  n’cn  font  pas  moins  intimement 
crr7c.inanc«.  quî  liècs  avec  elle.  L’omifllon  des  virgules  & des  points  , pour 
jesacompagn’cm:  diftingucr  Ics  périodes  & leurs  membres , caraâérife  un  âge 
ponfluation , ver-  r^ès-rcculé.  Vcut-oii  parler  de  leur  fupreflion  ou  totale  , ou 
récriture,  inter-  prefquc  eiicicrc  ? Lcs  exemples  en  lont  rares  : Ion  nen 

vales  entre  fis  poura  trouvcr  qu’aux  VI.  VII.  & VIII ficelés.  S’il  s’agit, 
‘“‘^«i’iiiexaélitude  à les  marquer  par  tout , où  nous  les  jugerions 
néceflaires  ; rien  de  plus  commun  avant  nos  rois  de  la  fé- 
condé race.  Les  points  , &:  quelquefois  même  les  autres  fi- 
gnes  de  diftinêlion  &c  fou-diftindion  des  diverfes  parties  du 
difeours  , n’ont  pourtant  pas  coutume  de  manquer  dans  les 
mlT.  anciens , où  l’on  afede  une  grande  corredion  avec  une 
élégance  fingulière. 

'L’indiJlin3ion  des  mots  entr’eux  eft  un  figne  des  tems  an- 
térieurs au  IX®.  fiècle  , généralement  reconu  de  tous  (i)  les 


mots  , points 
les  Y , ancienne 
manière  d'écrire 
les  orateurs  , les 
livres  faerds  & les 
aâcs. . 


(a)  T«». 


te  titre  de  BcMit  mtmtrit  jlmtrofii 
(nfifforit  cÿ  tpifeefi  , employé  dans  te 
mf.  de  1 1 bibliotliccjue  royale  . n’înditjuc 
pas  un  teins  auffi  recnld.  Ccd  odànmoins 
..  un  caraâcre  , qui  ne  peut  gueie  conve- 
nir i un  liiiJe  poWricur  au  v'.  Nous 
parlons  de  1a  premièic  partie  de  ce  mf 
Dès  la  fécondé  , «]u’on  peut  placer  au 
vr.  ou  vit.  titre  de  faint  cil  fubdituè 
à BiMtmtmtrit  La  y*,  n'eft  que  du  1 1'. 
C’ell  la  feule  indication  d'age  , à la- 
quelle on  fe  foit  atachè  dans  le  célèbre 
catalogue  de  la  bibliothèque  du  toi  i 
mais  ce  font  réellement  trois  rolT.  de  di- 
férens  ficelés  , téliés  en  un  fcul  volume. 

(i)  Il  faut  en  excepter  un  de  ceux  de 
FEncyclopédic  nouvelle.  >,  Quoiquon 
M (a)  montre  , dit-il . des  mlT.  de  mille 
* * ' » ans , ....  oii  les  mots  Ibnt  écrits  de 


» fuite  , fans  être  (7patés  les  uns  des  au- 
» très  . . . j'ai  bien  de  la  peine  à me  per- 
» fuadet  , qu'alors  les  copides  habiles 
» n'aicnt  pas  fait  tout  ce  qu'il  faloit  , 
» pour  peindre  la  parole  avec  toute  l'e- 
» xaéliiude  , dont  ils  étoicr.t  capables , 
..  qu'ils  n'aient  pas  téparé  les  mots  pat 
» de  petits  intcrvalcs  , comme  nous 
» LES  SÉPARONS,  Si  qu’ils  nc  fc  foient 
» pas  fervis  de  quelques  fignes , pour  in- 
» diquer  la  bonne  prononciation.  La 
.1  anciens  , dit  Cicéron  , Orat.  liv.  y. 
»c  44.  *nt  wmIu  qu’il jf  eût  Ham  lu  pro/i 
« mïuu  des  intervules  , da  féparMtûus  , 
» du  ttcmlre  d'delà  mefure  dune  la  vers  : 
i>  d"  P*'  S“  inien-ules , cesse  mefure  , ce 
» rsemhre  , ils  ne  veulens  pus  purter  ici  de 
*3  ce  qui  ejl  déju  étuhli  peser  lu  fucilité  sic 
» U refpirutittt  , d"  /<>»'■  feulu^er  U p»i- 


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DE  DIPLOMATIQUE.'  557 
auteurs.  Ceft  fur  quoi  D.  Mabillon , D.  de  Montfaucon  , 


to  trlne  Je  Versteur  , ni  Jes  notes  ou  Jesji- 
*t  gnts  des  copijles  ; mmis  ils  vesdent  parler 
90  de  cette  manière  de  prononcer,  ^i  donne 
*>  de  i’ame  & du  fentiment  aux  mots  ô* 
»>  aux  parafes  , par  une  forte  de  modula- 
it tien,  «c 

Les  copiées  du  vi*.  Cède  ont  fans 
doute  cent  avec  toute  reiadirude  , dont 
ils  (ftoicnc  capables.  Cette  exaditude 
n'aloic  pourtant  pas  à fèparcr  les  mots 
par  des  intcrvales  , fcmblables  aux  Do- 
ues. C ’ert  une  invention  poftèricurc.  Si 
(Quelquefois  les  difl.tnces  ètoient  obfer- 
Wes  entre  les  mots  de  certains  mlT.  an- 
térieurs au  VI 11^.  /iccle  $ ce  n'étoit 
qu’aux  titres  des  livres  , aux  alinéa  pla- 
cés dans  l'intérieur  des  liixnes  , aux  en- 
droits, où  Ton  apofeit  , (oit  des  points, 
Toir  des  virgules.  Qu’on  remonte  au  tems 
de  Cicéron  ou  de  Séneque  »*  on  n'y  trou- 
vera nul  vcl^ige  d’imervalcs  entre  cha- 
que mot  des  écritures , faites  fur  le  pa- 
pier ou  le  parchemin.  En  vain  notre  £a- 
cydopédiile  opofe-t  il  un  paHage  du 
premier  auteur.  Si  nous  entendons  le 
iacin  i il  lui  fait  dire  ce  qull  ne  dit  pas , 
êc  le  contraire  de  ce  quil  dit.  Voici  le 
texte  de  Cicéron,  qu'on  a prétendu  tra- 
duire : Verjus  enim  veteres  illi  in  hae  fo- 
lutÀ  oratione  propemoditm  , hoc  cft  , nu- 
méros cjuofdam  nobis  ejfe  adhtbendos  pu- 
taverunt.  Interfpiratienis  enim  , non  de- 
fatigationis  nofra  , neipue  lihrariorum  no- 
tit  , fed  vtrhorum  fjf*  ftntentiarum  modo 
inserpunâas  claufulas  in  orationibus  eJfe 
voluerunt.  Ici  nous  ne  voyons  ni  inter- 
valcs  , ni  fcparations  de  mots  , mais 
nous  voyons,  que  dans  la  profe oratoire 
il  Elut  prcfque  faire  entrer  des  vers  , 
c'cH-à-dirc  , une  forte  de  difeours  nom- 
breux. Nous  voyons  i**,  que  la  ponctua- 
tion fut  établie  , non  pour  fier  les  bor 
nés  d'une  étendue  à perte  d'halctne , mais 
pour  régler  les  repos  de  la  rcfpiration: 
non  tels  qu'ils  fe  trouvent  déterminée 
par  les  marques  des  copUtes , mais  tels 
qu’ils  le  font  par  la  méfurc  des  paroles 
& des  fcnicnccs. 

Cicéron  fupofe  donc  vifîblemcnt  une 
ponéluacioD  , fendant  à Hier  les  limites 
dea  membtes  Ôc  des  périodes  5 mais 


nullement  des  intcrvales  difVinéhfs  de 
chaque  terme.  Prcfque  tous  les  lîèclct 
fourniffent  des  exemples  d'inferiptions  , 
où  les  mots  font  divifés  par  des  points , 
des  feuilles , des  rofettes , des  étoiles  &c  : 
mais  cet  u^age  ne  s’étendoie  pas  plus  aux 
mlf.  qu'aux  (liplomcs  : fi  ce  o'cfl  quel- 
quefois aux  titres  des  premiers  & fou- 
vent  aux  fceaox  des  féconds.  L'aplica- 
tion  faite  par  Hcincccius  (a)  de  i'inter^ 
punèla  (h)  verborttm  de  Ciceroo  , & de 
Vmterpungere  (c)  eonfurvimus  de  Sénèque 
à la  dilIinéboD  de  chaque  mot  par  des 
points  , n'a  pas  de  fondement  folide 
dans  CCS  auteurs.  Ils  oc  parlent  que  de 
points  , qui  icimineQC  les  mcmbics  du 
difeour*. 

Pour  en  faciliter  la  prononciation  , îd- 
dependamment  des  points  & des  vir- 
gules i on  avoir  introduit  la  méthode 
d'écrire  les  orailbns  de  DémoUhéne  de 
de  Cicéroo  per  cola  ^ commata.  S.  Jé- 
rome la  fit  (d)  auffî  fervir  aux  livres 
faiots  , quoique  abfolument  profa'iques. 
Elle  con/i/foic  d'.ibord  à rendre  chaque 
partie  du  difeours  par  autant  de  lignes: 
& c'ell  ce  qu'on  apeloic  alors  IHques  ou 
verfets.  Dans  la  luice  , quand  quelque 
membie  s'étendoit  au-dcIa  d'une  ligne  « 
le  furplus  du  verfet  en  formoit  une  fé- 
conde ou  troilicmc.  Jamais  le  membre 
fuivanc  ne  conimcncoit  qu'alinéa.  Ainlî 
le  Icéleur , qui  ne  lavoir  pas  s'arcter  (e) 
aux  marques  ioflicuées  pour  les  diféren- 
ics  paufes  , les  faifoic  naturellement  r 
pareeque  le  bout  de  la  ligne  en  étoic 
l'indice  , &:  mettoit  dans  la  nécclTité  de 
lire  à pen  près  la  proie , comme  tes  vers 
libres.  Mais  foit  ignorance  , foie  épar- 
gne ,dc$  le  VM^.  liccle  on  n'écrivit  plus 
dans  ce  goût  les  livres  facrés.  On  n’en 
excepte , que  les  pfeaumes  , les  canti- 
ques, les  paraboles  &c.  Bientôt  après, 
che?  les  Grecs , comme  chez  les  Latins  , 
loin  de  couper  la  profe  en  forme  de  vers;' 
on  écrivit  fouvent  les  vers  en  /brme  de 
profe.  Chaque  vers  fut  fculcmciic  dilUn- 
gué  par  un  point.  Cependant  comme  on 
n'étoit  pas  toujours  exaâ  à le  marquer 
Sc  que  d'ailleurs  on  l'employoît  à la  fin 
des  pbrafes , le  lîgnc  dcTcnoit  équivoque. 


II.  PARTIE. 
Sec  T,  III, 
Chap.VIL 


(4)  De  vfter.  Si- 
187. 

(è)  Deorat»  /. 

e.  4(î. 

(f)  Ep^.  40. 


(d)  Vrafat,  in 
tranjlat*  Ifau, 


ie)  Caffod.  de 
divm.  Itâ.  r.  sa. 


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*-*-*tv 


n.  partie. 

Si  CT.  III. 

Chap.  VII. 

(*)  Dt  vtter.  hâ- 

ril.f.  444. 


(l)V.th.  tr.tt. 
tx.  /.»»}. 

Abréviations  (in- 
j;nlicrn,  liglcsTié. 
queotcs , initiales 
des  pages , places 
des  conjonâions 
de  lettres  , ligna- 
ntes , réclames. 


J9*  NOUVEAU  TRAITÉ 
D.  Couftant,  MM.  Maffëi , Smive , Cafley  , Hc’tneccîi»; 
Saumaife  Sic.  font  parfaitement  d'acord.  Le  P.  Germon  ne 
craint  pas  cependant  de  (a)  fupofer  , qu’on  rencontre  des 
mff.  du  tems  de  Charlemaene  Si  de  Louis  le  débonaire , 
où  les  mots  ne  font  point  du  tout  fëparés , ni  les  périodes 
Si  leurs  membres  diftuigués  par  des  points  Si  des  virgules. 
Mais  que  peut-il  contre  les  témoignages  unanimes  de  tous 
les  gens  de  lettres  , ou  plutôt  contre  l’évidence  de  faits  con- 
fignés  dans  un  ii  grand  nombre  de  m(T  ? 

S'il  vouloir  contredire  la  foule  des  auteurs  , que  ne  faifoit- 
il  plutôt  remonter  la  féparation  des  mots  avant  Cbarlema- 
gne  } Il  n’auroit  pas  manqué  d'exemples  antérieurs  des  com- 
mencemens  de  ce  nouvel  ufage.  Eft-il  queftion  d’efpace  en- 
tre les  mots  d’une  petitelTe  extrême  Si  fort  inégale  à celle , 
que  nous  leur  donnons  ? On  la  découvrira  , plus  d’un  ficcle 
au-delà  du  règne  de  ce  grand  prince.  On  dillinguoit  éfec- 
tivement  alors  les  mots  dans  certains  m(T,  mais  par  des  in- 
tervales  fi  peu  fenfibles  , qu'il  faut  de  l’atention  , pour  s’en 
apercevoir.  Au  v 1 1 1 fiècle  , on  commence  à féparer  les 
mots  par  des  diftances  plus  grandes  ôc  plus  régulières.  Ces 
qfpaces  font  dès  le  ix'.  exaèlement  obfervés , dans  certains 
am.  £i  diplômes  : dans  d’autres  ils  ne  le  font  qu’en  partie. 
Un  défaut , qui  manifefte  tout  d’un  coup  les  mff.  de  la  fin 
du  vin*,  ou  du  commencement  du  rx*.  fiècle  ; c’eft  d’a- 
voir une  partie  des  mots  bien  & l’autre  mal  dillinguée  : c’eft 
for-tout  de  couper  fouvent  les  mots  par  un  ou  deux  inter- 
vales. 

Moins  on  trouve  d’Y  furmontés  (i)  d’un  point , plus  on 
doit  eftimeç  afiÇicps  les  mlT.  qui  les  renferment. 

X.  Le  po^  i firùe  des  abréviations  de  mots  hébreux , 
grecs , un  figne  des  fiècles , antérieurs  au  i x*. 

aq,  yJAt**  même  j pourvu  qju’un  premier  poinr  paroifle 
auAiy  ie.  mot  d’origine  hébraïque.  Autre  indice  d’une  anti- 
(^^Ntj^’tl^reculée  : c’eft  la  marque  d[abté^Â^ioa  ^ ou 
^ finale  ou  acompagnée  de  deuxpQilu»>Cun  fupérieur^ 
rtmtK  infërieur.  Qu’elle  ne  foif  prevue  jamais  placée . qu’à 

■OD  p«s  encore  bien  (Qr  d'avoir  fur  la  mcliue  des  vers  de 

aÛnbué  , coinine  il  faur  , ioas.lea,Vitt,  liMreuce  lec,  v 

de  |diilicius  podâcs  dtanutiqaes.  Se- là  |,  ^ 


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DE  DIPLOMATIQUE.  . 599 

' Ix  fin  âe  la  ligne  , pour  rcpréfcncer  la  fuprefiîon  d’une  M ou  ' 
d’une  N , & qu'au  lieu  d’être  élévée  fur  la  dernière  lettre  , 
«lie  foit  touuuit , ou  du  moins  en  panie  , ponée  au-delà  \ 
ce  caraâcre  défignera  (ans  dificulté  les  fiècles  , antérieurs  au 
■V  i',  & ne  poura  qu’à  peine  être  abailTé  , jufqu’au  v 1 1®. 

L’abréviation  Dût  pour  Dominus , ég.ile  peutétre  en  an- 
tiquité celle-ci  Dm.  Toujours  confiante  dans  un  mf.  la  der- 
nicre  s’ajufte  aifément  avec  les  ni.  & iv‘,  ficelés  , 8c  ne 
peut  , làns  cefler  d’être  invariable  , quadrer  avec  le  vi®. 
Encore  fàudroit-il  fupofer  les  mflT,  où  les  abréviations  Dmi 
& DHi  feroient  employées  tour  à tour  , alors  aufii  rares , 
qu’inconnus  aux  fiècles  furvans- 

Un  mf.  rempli  de  figles  anonce  un  âge  , qui  pouroit  éga- 
lement convenir  au  haut , comme  au  moyen  empire»  Par 
cette  conformité  avec  les  inl'criptions  métalliques  8c  lapi- 
daires des  anciens  Rômains  , il  rapelera  le  tems  , où  cette 
manière  d’écrire  avoit  cours.  De  quel  prix  ne  fera  donc  point 
le  Virgile  d’Afper  de  l’abba'ic  de  S.  Germain  des  Prés , dans 
lequel  on  voit  concourir  ce  caraûcre  fingulier  avec  les  au- 
tres fignes  de  raïuiquité  la  plus  reculée  i 

Les  colones  ou  pages  , commençant  par  une  lettre  plus 
grande  que  les  autres  ; tandis  que  les  initiales  des  phrafes  8c 
des  alinéa  ne  pafi'ent  point  celles  du  texte , nous  ofrent  une 
indication  d’antiquité  , qu’on  rabailferoit  dificilement  au 
VII®.  lîccle. 

Dans  les  plus  anciens  mfi*.  on  ne  faifoit  nulle  dificulté  de 
porter  une  fin  de  mot  à la  ligne  fuivante.  Plufieurs  de  cette 
nature  afeélenr  fouvent  néanmoins  de  terminer  les  mots  avec 
les  lignes.  Pour  y réufiir  , on  parte  les  bornes  prelcrites  par 
des  lignes  perpendiculaires , on  emploie  des  lettres  plus  pe- 
tites , on  fait  des  conjondions  de  caraftères , on  réunit  plu- 
fieurs de  ces  moyens.  Les  lettres  conjointes  n’ont  coutume 
de  fe  montrer , qu’à  la  fin  des  lignes  des  mlT.  de  la  plus  haute 
antiquité.  Moins  ils  Ibnt  anciens  , à compter  depuis  le  vi®.. 
ficelé jufqu’au  x® , plus  ces  conjondions  fe  répandent  dans- 
l’intérieur  de  la  ligne  8c  s’avancent  vers  fon  commencement. 
Inditcremmem  inlérées  au  milieu  , comme  à la  fin  ; fans 
qu’on  y foit  forcé  par  un  elpace  trop  étroit ,,  pour  terminer  le 
vers , le  verfet , ou  quelque  mot  un  peu  long  j c’ell  beaucoup  ^ 


II.  PARTIE, 
s ECT.  III. 
Chap.  VIU 


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1 


II  PARTIE. 
Sec  r.  ni. 
CUAt.  VII. 


400  NOUVEAU  TRAITÉ 

fi  l’on  pouffe  ce  fiene  jufqu’au  vi',  fiècle.  Les  indices  au 
refte , qu’on  vient  d’acumuler , regardent  tous  l’écriture  on- 
ciale. La  minufcule  des  vi  1 1.  &c  ix'.  ficelés  eft  pleine  d’e- 
xemples de  lettres  onciales  conjointes  à la  fin  , au  milieu 
meme  au  commencement  des  lignes. 

Anciennement  les  fignatures  (i)  des  livres  n’étoient  pas 
comme  aujourdui  placées  fur  la  première  page  de  chaque 
cayer  , encore  moins  répétées  fur  celles  des  feuilles  fui- 
vantes  , mais  prefque  uniquement  fur  la  dernière  page. 
Leur  fituarion  au  bas  de  la  marge  inférieure  , félon  qu’elle 
aproche  plus  du  fond  d’un  mf.  décide  de  Ibn  âge.  Si  elle  n’en 
eft  éloignée  que  d’un  pouce  au  plus  : le  mf.  fera  régulière- 
ment au  moins  du  vi'.  fiècle  : portée  au  milieu  , du  vi  1 1®  ; 
jufqu’à  la  marge  extérieure  ou  totalement  fuprimée , elle  dé- 
fignera  le  ix'.  ou  tous  les  tems  poftérieurs.  Mais  à l’exception 
de  la  première  obfervation , qui  ne  ftmble  pas  pouvoir  fe 
vérifier  , fi  ce  n’eft  comme  par  hazard  , fur  des  mff.  plus  ré- 
cens , que  le  vu',  fiècle  ; les  autres  peuvent  quelquefois  fe 
montrer,  meme  depuis  le  ix«.  La  forme  des  lettres  &:  des 
chifres  , employés  aux  fignatures  , diftinguent  aiféraent  le  bas 
& le  moyen  âge  : leur  pofition  8c  leur  fuprelfion  feules  fe- 
roient  fouvent  des  marques  équivoques , depuis  le  ix®.  fiè- 
cle. Au  contraire  les  réclames , incomiucs  (i)  pendant  les  dix 


( t)  Les  (ïgnatnres  font  tantôt  en  chi- 
ftes  romains , tantôt  en  lettres.  L’A  ré- 
pond à l.  le  B à II.  & ainfi  des  autres.  Si 
la  flgnature  en  ebifre  n'ell  pas  plus  an- 
cienne, que  la  lîgnature  en  lettres;  du 
moins  la  haute  antiquité  fairoit-elle  de 
la  première  an  ul'age  plus  Tréquent.  Ré- 
lévée  par  des  otnemens  ,i  elle  dé%tm  ®n 
age  poftènçur.  Le  mot  en  li- 

gle , en  monogramme  . en  ahidviation 
précédant  quelquefois  la  te»*(ure  , n’eft 
pas  moins  qu  elle  fufcepriWe  d’ornemens 
relatifs  à Page  des  mC'Ce*  ornemens  ne 
commencent  guértaf^O'***  vt:'.  iiècle. 
Quoique  nou8,J^racncootrioûs  prefque 
jamais  la  (igiuimk  fut  la  premiète  p.igc 
du  caper,  aédatlé  tx'  , on  en  peut  tou- 
icfois  produite  quelques  exemples  des 
lems  les  pto  téculés.  Depuis  le  coin- 
menc<di|i^3|t  ix'.  fiècle  , les  fignatures 
négligées.  Outre  qu’elles 

d ■ 

■11.. 


ferrent  à fixer  Page  des  mfT.  elles  ont  en- 
core l'avantage  d’en  manifcftcr  les  in- 
terpolations confidérables  , dt  d’en  indi- 
quer les  lacunes.  Rarement  le  ebifee  je 
la  lettre  numérale  Pc  trouTcnt- ils  réunis 
fut  les  mêmes  dernières  pages  des  cayeis 
d'un  mf. 

( 1 ) Ce  n’eft  pas  qu’alors  on  ne  rencon- 
tre fouvent  quelque  chofe  de  femblable 
au-delTous  de  la  dernière  ligne  d’unepage 
quelconque  des  plus  anciens  mfT.  C'eft 
une  portion  de  mot , on  mot  entier , je 
quelquefois  même  c’en  font  deux.  Mais 
jamais  ces  fyllabes  ou  ces  mots  ne  fe 
voient  répétés  an  ba*>c  de  la  page  fui- 
vante  i condition  cfiêntielle  à la  nature 
de  toute  téciemel  Celles  des  xiii.xiv. 
je  xvs.  fidèles,  font  ordinairement  pla- 
cées au  plus  bas  de  la  page  ; à moins 
qu'elles  ne  foient  écrites  pcrpcndieulai- 
rcnenc.  11  eft  alots  allêz  d’oCige , qu’elles 

premiers 


I 


I 


I 


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n.  PARTIE. 
StCT.  III.- 
Ch*p.  vu. 


DE  DIPLOMATIQUE.  401 
premiers  Cèdes  deviennent  ordinaires  vers  le  xiv'.  Sc  font 
toujours  placées  fur  la  dernière  page  de  chaque  cayer  , qui 
n'en  cC  pas  dépourvu.  PaCbns  aux  marques  d’antiquité  , ti- 
rées du  propre  fond  de  l’écriture. 

XI.  Examinée  avec  foin , elle  fournira  des  caraétères  ex-  Moyens  tir^s  de 
cluCft  de  certains  Cèdes , &c  convenables  à d’autres.  Ces  ca-  récriture  même  , 
raûères  feront  à quelques  égards  déciCfs.  Sous  une  facedi-  po“rj“g««le  f<>« 
férentc',  ils  n’ofriront  féparément , que  des  degrés  de  pro- 
habilité  , qu’il  faudra  réunir  8c  calculer  : c’eft-à-dire  , qu’ils 
apartiendront  au  même  ordre  de  preuves  que  celles  qui  naif- 
fent  des  indices  , qu’on  vient  de  parcourir.  Le  réfuîtat  des 
uns  8c  des  autres  opère  la  certitude  , quelquefois  on  ne  fau- 
roit  les  tirer  du  cercle  de  la  vraifemblance.  Mais  le  plus  fou- 
vent  cela  n’arive  , que  pareequ’on  n’a  pas  fu  faiCr , ou  faire 
valoir  tout  ce  qui  pouvoit  concourir  à Cxer  l’age  d’un  an-  * 
ciqi  monument,  ou  pareequ’on  a prétendu  fe  renfermer  dans 
un  efpace  de  tems  trop  étroit.  En  étendant  cette  durée  , ou 
parvient  à la  certitude. 

Quoique  le  même  Cède  8c  la  meme  province  ne  fuf- 
(ènt  pas  bornés  à un  feul  genre  ; il  ne  s’enfuit  pas , qu’on  ne 
puiflfe  difeernet  celle  qui  convient  à chaque  âge , Sc  meme 
quelquefois  à chaque  pais.  Les  goûts  , les  manières  8c  les 
modes  changent  pour  l’ordinaire  infenCblement  ; mais  quand 
on  les  réunit  fous  un  coup  d’œil , 8c  qu’on  les  compare  ; au 
bout  d’un  oikdeux  Cèdes , on  y découvre  bien  de  la  diférence. 

. A ne  conCdérer  les  diverfes  fortes  d’écritures  , que  pat 
leurs  clalTes  ou  leurs  genres  , elles  ne  lailTeront  pas  de  con- 
courir à manifeCer  leur  âge.  Des  mlL*  toulement  écrits  en 
capitales , en  tant  que  diltinguées  des  onciales  , ne  feront 
pas  poCérieurs  vi  1 1*=.  Cède.  Ceux  mêmes  , qui  font  en 
onciale  , s’ils  ne  font  point  partie  de  l’écriture  fainte  , s’ils 
ne  font  point  à l’ufage  des  oCces  divins  , s’ils  n’oqt  point 
été  faits  pour  quelque  prince  , Ibront  au  anoins  du  vi  1 1‘. 

Mais  quelque  livre  que  ce  foit  , entièrement  en  onciale  , 
fera  jugé  antérieur  à la  Cn  du  x‘.  Cède.  Cette  régie  eft  aplu 
cable  , même  aux  mlT.  grecs. 


renfermenc  plufîcars  mots  , 9c.  qu'elles  I antiquité  des  réclames  rérooate  , ce  Teni- 
tiçimcac  lieu  de  figoanircs.  Laplashaacc  | blCj  jufqa'aa  xi*>  ficelé. 

Tome  II.  E e e 


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I 


II.  PARTIE. 
S l c T.  III. 

CHAf.  VII. 


40Z  NOUVEAU  TRAITE 

Un  mf.  en  onciale , dont  les  titres  des  (i) livres  , répétés 
au  liant  de  chaque  page  , & ceux  des  livres  , placés  tant  a 
la  fin  , qu’au  commencement  de  chaque  traité  , & les  let- 
tres initiales  des  alinéa  paroiflenc  fans  ornemens  , aparticnt 
à la  plus  haute  antiquité.  Les  mlT.  néanmoins  , dont  les  ti- 
tres des  traités  feroient  en  capitale  , rulUque  , ou  négligée , 
pouroient  être  du  même  âge. 

Lorfque  la  capiule  commence  à fe  mêler  avec  Fonciale 
dans  les  titres , & que  les  initiales  des  alinéa  font  fouvent  en 
capitale  , quoique  M.  Maflféi  nous  donne  ce  caraâcre  pour 
un  figne  de  la  plus  grande  antiquité  ; nous  le  regardons  au 
contraire  comme  un  indice  d’un  âge  plus  récent.  Il  eft  or- 
dinaire au  ix'.  Cède  , dans  les  mflT.  meme  en  minufcule , & 
fréquent  des  le  viii'.  Nous  ne  pourions  néanmoins  regar- 
der cet  indice  , comme  abfolument  incompatible  avec  quel- 
ques-uns des  plus  anciens  mlT.  fans  les  raoailTer  confid^a- 
blcmcnt  au-delTous  de  l’age  , que  leur  ont  afligné  les  plus 
favans  hommes.  Mais  nous  jugeons  beaucoup  plus  favora- 
blement du  mélange  de  ces  quatre  minufcules  e \ P7  't. 
avec  l’onciale.  Nous  ne  les  avons  jamais  rencontrées  à la  fois 
dans  des  mlT.  en  onciale , qui  ne  fulTent  antérieurs  au  vfi‘. 
Cède. 

L’onciale  à jambages  torcus  , à traits  btifes  ou  détachés  , 
Si  d’ailleurs  foutenue  du  concert  des  autres  indices  , égale- 
ment avantageux  , fc  fera  pour  l’ordinaire  déclarer  du  v'. 
Cède.  Seule  elle  n’excluroic  pas  le  vi*.  ni  peutêtre  même 
totalement  le  v 1 1 mais  fa  fin  & les  fuivans. 

La  petite  onciale  c^une  élégante  Cmplicité  , fans  baies  ni 
fbmmets  , anguleulè  dans  lès  contours  , à queues  plutôt  ter- 
minées par  des  demi-pleiiu , que  par  des  o^és , s’anonce 


(i)  tes  titres  en  pureonculr,  mais 
plus  pccite^uc  le  texte  mjme , donnent 
an  cxeclleni  indice  de  la4>lus  haute  anti- 
quité. Cet  indice  eft  vérifié  pat  les  mlT. 
151.  i«)o.  107.  de  la  bibliothèque  du 
Mi , par  le  S,  Cyprien  de  S.  Germain  des 
Prés  , par  le  Virgile  d'Afper  de  la  même 
abbajc.  Les  titres  des  pages  en  capitale 
peuvent  convenir  aux  plus  anciens  mlT. 
ou  l'on  emploie  le  même  caraélêrc.  Des 
mlT.  des  vil.  le  vni‘.  fiêclcs,  ftiiten 


onciale , Toit  en  demi  onciale  , foit  en 
quelque  auite  (brte  d'écriture , ne  feront 
point  conftans  i marquer  le  titre  au  haut' 
des  pages  , ou  bien  le  gcoie  de  l'écriture 
varita , où , s'ils  nient  conftamment  d'on- 
ciale , elle  ne  lêra  pas  beaucoup  plus  pe- 
tite que  le  texte.  Ces  variations  augineo- 
ceront  encore  aux  liccics  fuivans.  Les  or- 
nemens , qui  relèvent  les  litres  de  chaque 
page  commencent  vers  le  vlii*. 


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J 


DE  DIPLOMATIQUE.  40) 

au  coup  d’œil , pour  tout  ce  qu’oii  peut  imaginer  de  plus 
ancien  en  fait  de  mlT.  ’ 

L’onciale  demi  tranchée  fent  le  vi  i'.  ficelé  ou  le  com- 
mencement du  VI  II',  fans exclulion  des  prccédens.  Elleeft 
déjà  quelquefois  pleinement  tranchée  au  v.  & vi'.  Alors  fes 
traits  font  fouvent  11  maflifs  , qu’ils  feniblent  doubles  ou  tri- 
ples. C’eft  aparamment  fur  leur  modèle  , qu’on  réforma  l’on- 
ciale , aux  VIII.  & ix'.  fiècles.  L’air  de  celle-ci  eft  pour- 
tant plus  vif , le  tour  plus  recherché  &c  la  coupe  plus  nette. 
Faute  d’avoir  bien  faili  cette  difparité  ; fur  les  raports  géné- 
raux de  relTemblance  ; peutêtre  feroit-oii  quelquefois  tenté 
de  rabailfer  au  ix'.  lièçle  ces  écritures  du  vi'.  Mais  le  plus 
léger  examen  des  autres  caraûcres  remettra  fur  les  voies. 

La  minufcule  desv.  & vi'.  fiècles  eft  communément  plus 
large , & que  la  nôtre , & que  celle  des  tems  poftérieurs.  Elle 
conferve  ordinairement  plufieurs  lettres  majufcules , comme 
l’N  6c  l’R.  Quand  la  dernière  eft  minufcule,  elle  prend  quel- 

3uefois  la  forme  de  ïn  , ou  du  moins  le  jambage  gauche 
efcend-c-il  beaucoup  plus  , qu’il  ne  fait  dans  nos  petites  r 
romaines.  Lagrolfe  minufcule  n’a  pas  l’air  de  la  nôtre  , avant 
le  VI 1 1'.  fiècle.  La  conformité  ne  fut  jamais  plus  grande  , 
que  fur  le  déclin  du  ix'.  &;  le  commencement  du  x'.  Au 
vu',  elle  préfente  quelque  chofe  de  mitoyen  entre  la  der- 
nière 6c  celle  du  vi'.  Au  xi'.  les  rondeurs  de  la  minufcule 
commencent  à fe  perdre.  Les  angles  y fiiccèdent  6c  bientôt 
les  pointes  , qui  confomment  enito  le  gothique. 

Une  autre  îorte  de  minulcule  romaine  , fourenc  crès-pe- 
ttte  aprochoit  de  notre  plus  belle  curfive.  Quoique  d'on  auez 
grana  ufage  aux  v.  6c  vi'.  fiècles  •,  elle  lie  fervoic  dans  les 
mlT.  que  pour  apofer  des  notes  ou  des  fommaires  , ou  pour 
rppréfenter  d’anciennes  (buferiptions.  Peutêtre  étoit-elle  pro- 
pre à plufieuts  de  ceux  , qui  n’avoient  pas  exercé  leur  main 
a l’écncure  des  ades  publics. 

La  curfive  romaine , telle  qu’elle  étoit  employée  dans  les 
tribunaux  change  fenfiblement  de  forme  de  ficclc  en  fiècle. 
Ce  changemonc  devient  plus  remarquable  , depuis  le  vi'. 
Alors  elle  fetnble  dégénérer  en  mérovingienne  & lorabardi- 

3ue.  Celle-ci  depuis  fc  x*.  contrade  une  tournure , qui  mène 
roit  au  gothique.  . > 

£ ee  ij 


Digiîi^s^  by  -OOgle 


II  PARTIE. 
• SlCT.III. 
Chai.  VU. 


Cfl-il  impelTible 
de  dircerner  au- 
(jucldcs  II.  Z.  ou 
ZI*.  li^cles  apar- 
tienucnc  les  mlT. 
copiés  depuis  l'an 
toc.  jurqu'en 
iioo.  Méprifes 
Tut  Page  des  œlT. 
On  n'en  peut  rien 
conclure. 

(4)  OtftrvAt.  fiir 
Ut  terili  tUt  mo- 
dtriut.t.ix.f.)ti. 


404  NOUVEAU  TRAITÉ 

La  franco-gallique  curfive  bien  caraûérifée  s’anonce  au 
moins  du  VI 1 1*.  ficelé.  Si  elle  eft  tres-liée  & complicjuée , elle 
rcmonce  au  vu'.  La  faxone  à ce  feul  titre  , quoique  rare 
au  XI*.  ficelé  , furtout  dans  les  mlT.  fi  l’on  en  excepte  ceux 
d’Irlande  , pouroit  abfolument  n’être  pas  plus  moderne.  Mais 
les  diverfes  formes  , qu’elle  prend  , décideront  plus  précifé- 
ment  de  fon  âge. 

Nous  n’infirterons  pas  fiir  les  indices , que  ces  divers  gen- 
res d’écritures  &c  leurs  diférentes  efpèces  pouroient  nous 
fournir , pour  juger  de  l’age  des  écritures  des  mC  Sc  des 
cliartes,  11  nous  lu£t  de  préfenter  à cet  égard  des  vues  gé- 
nérales , que  la  fuite  de  notre  ouvrage  dévelopera  & mettra 
dans  tout,  leur  jour 

XII.  Jufqu’ici  l’on  a repréfenté  les  mlT,  des  ficelés  pollé- 
riéurs  au  vu  i*.  comme  très-faciles  à difUnguer  les  uns  deJ 
autres.  Voici  cependant  une  objeélion  , qui  mérite  d’autant 
plus  d’être  éclaircie  , qu’elle  femble  fondée  fur  le  témoi- 
gnage de  Dom  Mabillon.  M.  l’abbé  des  (<z)  Fontaines  , après 
avoir  raporté , que  le  favant  Bénédiâin  avoir  trouvé  aans 
l’abbaïe  de  Lobbes  un  mf.  fous  ce  titre  : Incipit  libtr  Ber- 
trami  presbyteri  de  corpore  Ù fan^ine  Domini  , dont  le 
caractère  lui  paroilToit  du  ix*.  ficelé  , combat  fon  juge- 
ment en  CCS  termes  ; » Mais  puifque  dans  fon  Traité  de  la 
••  diplomatique  il  aflure,  que  le  caraftère  du  ix,  x.  &xi*. 
» fiècle  étoit  toutafait  femblable  ; ce  qu’il  dit  du  ix*.  fiècle 
..  peut  être  de  la  fin  du  x i '.  ■■ 

Nous  ne  prétendons  point  donner  un  démenti  à l’abbé  des 
Fontaines.  Mais  il  nous  auroit  fait  grand  plaifir  , s’il  nous 
avoir  apris  en  quel  endroit  de  la  Diplomatique  D.  Mabillon 
a parlé  de  la  forte.  En  fupofant  le  critique  en  règle  , notre 
Bénédiélin  n’aura  pu  avoir  en  vue  que  le  caraâère  minuf- 
culc  très-ufité , durant  les  fiècles  ix.  x.  & xi.  En  éfet , fa 
forme  paroit  d’abord  aflez  femblable.  Mais  quand  on  l’exa-. 
mine  de  plus  près  , on  y découvre  bien  des  diférences.  Il 
faut  encore  ajouter  , que  parmi  les  efpèces  de  minufcules  , 
il  s’en  trouve  une  petite  & ferrée  , dont  il  eft  plus  dificile  de 
dire , auquel  des  trois  fiècles  mentionés  , elle  doit  apartenir. 
On  peut  néanmoins  faifir  bien  des  difparités  , propres  à faire 
ce  oifeernement.  . > 


• Digitizod  by  CoogI 


DE  DIPLOMATIQUE.  4oy 

Au  ix'.  fiècle  les  conjonftions  des  lettres  ra  , «[Ibnc  en-; 
core  aflez  fréquentes.  On  n’en  voit  plus  au  x',  à l’excepcion 
de  & de  fi.  Les  jambages  fupérieurs  des  Ih  kl  Çt  trouvent 
encore  alTez  fouvent  au  i x«.  formés  en  batans  , dans  beau-, 
coup  de  mlT  : dans  ceux  du  x.  ils  font  rares  : dans  ceux  du 
XI.  ils  fe  terminent  ordinairement  en  pointes  rabatues  Sc 
quelquefois  en  fourche.  Les  f 6c  les  fau  ix.  fe  divifent  com- 
munément en  deux  branches , dont  la  plus  courte  s’élève  en 
haut  du  côté  gauche.  Aux  deux  fiècles  fuivans  cette  bran- 
che eft  prelque  toujours  abaiffée  , 6c  ne  manque  guère  aq 
X I . d’être  en  angle  aigu  , dont  l’ouverture  regarde  prefque 
vers  le  pié  de  la  lettre.  Au  ix'.  fiècle  on  rencontre  nombre 
d’a  encore  ouverts  en  deflus.  Ils  ne  paroifient  plus  guère  , 
même  fermés  , aux  x.  6c  xi.  Plufieurs  mfl".  du  dernier  ont 
beaucoup  de  t dont  la  halte  traverfe  la  tête  ; tandis  que  ceux 
des  deux  précédens  gardent  bien  plus  régulièrement  la  figure 
d’une  couchée  6c  renverfée  fur  le  haut  d'un'  c , qui  lui 
1ère  d’apui.  Au  ix'.  les  piésdes  m &c  des  n (bntlbuvent  tour- 
nés en  pointes  obliques  vers  la  gauche.  Cette  oblêrvation 
n’elt  prefque  point  aplicable  aux  fiècles  poltérieurs.  Et  quand 
elle  l’eft  , ordinairement  ce  caraétère  fe  foutient  mal. 

On  peut  faire  beaucoup  d’autres  remarques  femblables  fiir 
la  diférence  de  laminufcule  de  ces  trois  fiècles.  Mais  qu’im- 
por^  que  leur  minufcule  puifle  être  confondue  ; fi  les  mlT. 
portent  d’autres  indices  , qui  les  feront  furement  reconoitre. 
Or  on  y réulfira  fans  peine  avec  le  fecours  des  titres  , des 
lettres  hUtoriées  ou  grifes , des  écritures  majufcules  , 6c  de 
grand  nombre  d’autres  caraâères  , qui  ne  pérmettront  pas  ‘ 
que  les  infif.  de  ces  trois  fiècles  puinenc  être  confondus.  Par 
exemple  , les  abréviations  , quoique  aflez  .feéqocntes  en 
quelques  mlT.  dès  le  ix',  preportion  gardée  , le  font  moins 
qu’au  x : au  x i , elles  fe  multiplient  encore  davantage.  Les 
accens  fe  montrent  au  xi.  fouvent  fur  les  deux  ij  : ce  qui 
n’arive  prefque  jamais , durant  les  deux  précédens.  La  ma- 
jufcule  du  X.1 . renferme  communément  un  fi  grand  mélange 
de  capitale  6c  d’onciale  , qu’il  femble  qu’on  ne  fâvoit  plus 
les  diftinguer  : leiïf  figure  devient  d’ailleurs  fort  hétéroclite. 
On  pouroit  enta/Ter  une  infinité  d’indices  pareils  : mais  il 
vaut  mieux  les  remarquer  à mefure  qu’ils  fe  préfenterooc 


II.  PARTIE. 

Sic  T.  III. 
Çhap.  vu, 


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«!i* 

II.  PARTIÉ. 
Si c T.  III. 
Cmap.  VII. 


(«)  PsUigr/^h, 
frâctt.f,  ixf. 


(i)  Bitlùlh.  crit. 
t.  t.f.  17 f. 


4bS  NOUVEAU  TRAITÉ 

d'eux-mémes , oa  qu’ils  naicronc  des  diveriès  matières , que 
nous  avoiû  à traiter.  FinilTons  la  réponlè  à l'objeaion  par  en 
apeler  à l’air  des  écritures  de  ces  liècles  , âc  de  plus  au  coup 
d’oeil  des  (i)  antiquaires.  D.  Mabillon  furement  n’y  auron 
pas  été  fort  embaralTé.  Nous  avons  vu  plus  haut  , avec  quel 
fucccs  D.  Bernard  de  Montfaucon  foutint  les  diférentes  ata- 
ques  d’un  adverfaire  , jaloux  de  fa  réputation  , au  fujet  de 
la  conoillance  des  mlT.  ' 

' Mais , MUS  objeâe  Richard  (i)  Simon , ce  religieux  s’eft 
trompé  fur  l’age  d’un  mf.  de  la  bibliothèque  des  Jéluites  ; 
comment  donc  pouroit-on  s’en  raporter  à lui  fur  celui  des 
mil.  d’Italie  ? Quoi  ! D.  Bernard  ne  dit-il  pas  en  termes  for- 
mels , qu’apres  (a)  avoir  comparé  ce  mf.  avec  <t autres  plus 
anciens plus  récens , ûk détermine  volontiers  à le  (3)  fixer 


(1)  Pai  ezciaple,  qa'on  ehoifî(I«  cent 
mlT.  ditfs  des  IX,  X.  fc  XI.  liècles.  Apsès  | 
les  avoir  confondas  ealcmble  , qo'on 
prie  Mr  Mcioc  de  dite  anqucl  ih  apit-  I 
iicnocDi  ,fans  lui  permettre  de  voitlears  j 
■oies  chtonologiqucs.  On  répond  , que 
qaand  on  ne  loi  arorderoic  qn'une  mi- 
nucc  ou  deux  , pour  examiner  chacno  de 
«ex  miT.  il  ne  lui  arivera  pas  crois  fois  , 
te  pcutècre  pai  qne  feule  de  fe  tromper 
de  cent  ans  lue  l'age  des  mlT.  de  ces  trais 
üccIh.  s'il  n'en  veut  pas  convenir  tnpu. , 
lèpreuve  i nous  ce  craindrons  pas  de  di», 
que  c’en  par  modeftic. 
f.  M (ij  11  cil  {è)  furprenaoti  dln-il  • qoe 
» D.  Bernard  de  Mooc&iicM«  lavant  le- 
J»  ligieux  BénèdiâiaV  ait  mis  au  nom- 
»fcte  des  mÆ  ne  cèdent  en 

» rien  pour  WW»**»  *“*  <>•  ^a- 

>>  iicaa|a.|i|(  i^  "^'‘i'^de  Paris  , qui 
•>  n'Sfemen  lettres  onciales  , ni  fans 
aSMÂm  I inMiBe  ce  Religieux  l'alTure 
«tdlns  fan  Dùuiu)n  hdlitwn.  Les  co- 
^doideun  no  lui  dooneront  guère  plus 
too.  ans.  Cela  doit  diire  douter  de 
«i.bvHLife'l  des  mis',  que  O.  Bernard  a : 
''/a  vus  en  Italie,  pour  ce  qui  eft  de  leur . 
wqmiquicé  & de  leurs  autres  qualités!  . 
« ydifqtfi]  s'dft  irampé  mantfcOcineat 
> dam  St»  mf.  .^ui  ad  dans  Paris  , le  dans 
••  une  bitiliochcque  , où  tout  le  monde 
» le  ptot  voir.  « Mais  quand  D.  Bernard  ' 
ft  Üimli  tadpià  ÛK  l'age  d’uo  sxC.  de 


France  antérieur  à l’an  I ;e.  s'earuivroic> 
il  qu'il  fc  lût  trompé  fur  ceux  d'icaüe 
poftéiieiits  à cette  date  » Mais  (i  D.  Ber- 
nard n'avoic  polat  vn  ce  mf  ; s'il  o'ea 
parloir , que  (ut  le  témoignage  des  au- 
tres : qu'en  poutoic.on  conclure  ) Quand 
même  il  rauroic  va  , quelques  années  au- 
paravant i faut-il  cigouteufcmcnc  comp- 
Mt  fur  ce  qu'on  rspotte  de  mémoire  l 
Qu'entend  M.  Simon  par  la  vtriii  des 
. tûlf  > Ce  n'efi  nas  ûos  douce  leur  exil- 
teoce;  il  femble  exclure  cette  accocion. 
Rn  veut-n  à leur  liocécicé  ; Croic.n  avec 
le  P.  Hatdonin  , qu'ils  (ont  fabriqués  par 
des  iropoftents  ! Précend-t-il  fe  plaindre 
de  ce  que  l'age  des  mlT.  dllialie  auroit 
été  porté  trop  haut  par  D.  Bernard  ! L’é- 
loge de  ce  Bésiédiélin  compolé  par  M.  d| 
Boxe  le  judifiaplcinemeatlur  cet  atticje, 
())  D.  Bccnard  dans  lôn  Disrium  h»- 
Hctan , avoir  égalé  le  mf.  des  Jéfuices  d 
^elui  du  Vatican.  Que  n'a|oatait-oo  en- 
core & à ceux  de  Colbetc  & de  Séguier  : 
Que  s'cofuic-il  au  relie  de  ce  parallèle  > 
Tout  au  pins  que  la  mémoire  du  célèine 
Béoédiélin  ne  l'a  pas  (êrvi  Mckmenc  dxm 
une  ocaCon.  Il  mec  i(i  le  mf.  des  Jé- 
fuices  au  nombre  de  ceux  , qui  font  dé- 
pourvus daceens  : It  lui-inètnc  dans  lit 
jPatét^iaphie  en»  fùtr^réfencerao  miK. 
dèlc  , où  ils  Ce  trouvent  répandus  Cir 
tous  les  mots.  H range  it  raté  du  mf. 
du  Vmisen  trait  anf.de  JFnocc  : & dm 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


407 


au  F///'.  fiicU  î La  Paléographie  parut  en  1708.  & la  Bi- 
bliothèque critique  de  M.  Simon  en  1709.  Pourquoi  donc  M-  partie. 

- • • • • ■ - ? » CT.  III 

Ch'ap;  Vir. 

pp  juge  de  raac 
par  fa 


des 


bazarder  une  aeufation  démentie  , avant  qu’elle  patik  ? 

XIII.  La  conoilTance  de  l’age  des  inferiptions  mène  quel- 
quefois alTez  diredement  à la  découverte  de  celui  des  di- 
plômes &:  des  mlT,  par  la  comparaifon  de  leurs  écritures,  chuneî, 
C’eft  à la  faveur  du  même  moyen  , fii  avec  le  meme  fuccès , 
qu’on  juge  de  l’antiquité  des  diplômes , par  celle  des  mlf.  ou 
des  mlT.  par  la  date  conue  des  diplômes.  Cependant , puifque 
les  uns  & les  autres  femblent  avoir  des  écritures  fort  dilTem- 
blables  , qui  leur  font  proprei  ; le  parallèle  ne  devient-il 
pas  impraticable  ? A confidérer  d’une  part  les  ralT.  en  lettres 
majufcules , &c  de  l’autre  les  diplômes  en  écriture  curfive  ; 
ils  fe  refufent  fans  doute  à toute  voie  de  comparaifon.  Mais 
il  ell  des  diplômes  en  écriture  onciale.  Il  en  ell  en  capitale. 

On  voit  ici  des  Bgnatures  , là  des  dates  , ailleurs  des  noms 
propres  en  ( i ) majufcide.  Beaucoup  de  chartes  font  en  mi- 
nufcule  : plufieurs  renferment  quelques  portions  en  ce  ca- 
raêière.  Parmi  les  mlT.  les  uns  font  quelquefois  totalement 
en  curfive  j les  autres  le  font  en  partie.  D’autres  ont  les  mar- 
ges chargées  tantôt  de  notes  , tantôt  de  fommaires  , où  re- 
paroît  fouvent  cette  écriture.  minufcule  eft  très  - ufitée 
dans  les  mlT.  Ceux  mêmes  en  lettres  onciales  , & capitales 
en  fourniflent  de  fréquens  exemples.  Il  y a plus  : point  ou 
prefque  point  de  curfive  , dont  plufieurs  élémens  ne  foient 
conformes  à ceux  de  la  minufcule.  De  quelque  côté  qu’on 
envifage  donc  les  mlT  ; leurs  raports  avec  les  diplômes  fe 


&de  CO. 

cluRcs  pu 


Ta  PalAigraphie  il  en  fait  monter  un  an-« 
defliis , & tabaiiTe  l'autre  au  dcITous  ;j>ar- 
cet^u'alors  il  ne  les  tapellepins  en  pallant, 
mais  les  examine  avec  toute  l'exadlitude 
pofTible.  Les  paroles  mfme  , donr  M. 
Simon  fait  tant  de  bruit , furent  proba- 
blement écrites  à Rome.  D.  Bernard  n'a- 
Toit  donc  pas  fous  les  yeux  les  mlT.  de 
Eiance.  Celui  du  Vatican  eft  vifiblcment 
fon  unique  objet.  Pcut^tie  n'avoii-il  ja- 
mais vu  celui  des  PP.  Idfuitcs  , & ne  le 
fait  il  conoitte,  que  fur  le  témoignage 
d’autnu.  Depuis  fon  retour  en  France , fa 
Paléographie  vit  le  jour , fans  avoir  pu 
tiouvct  d'accès  à la  bibliocèqne  de 


Ségoier.  Tontes  les  règles  d'équité  font 
donc  violées  dans  les  conféquences  ou- 
trées, que  tireM.  Sfinon  d'une  faute  aulü 
légère.  Non  content  de  l'aaoir  une  [c) 
fois  lélévéc  , il  y revient  avec  un  achar- 
nement , oui  décèle  plus  de  fiel , que  d'a- 
mour de  la  vérité.  C'eft  en  ^oi  nous  le 
jugeons  bien  digne  de  compaflion  Mail 
cette  compaflion  ne  doit  pas  aler  jufqn'i 
le  lailTer  impunément  en  impofer  au  pu- 
blic. 

(i)  On  verra  cette  matière  aprofoo- 
die , quand  on  tiaiteiu  deréuinuc  ma- 
jufcule. 


(a)  BAI.  tritiq^ 
Ul.f.qiS. 


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4o8  nouveau  traité 

manifeftent  de  toutes  i parts.  On  prononcera  donc  d’autant 
IL  PARTIE,  plus  Virement  fur  l’age  aes  mflT,  par  celui  des  diplômes  ; que 
C*H  A P VII  ceux-ci  portent  ordinairement  des  dates , qui  fixent  tout  d’un 
coup  le  tems  précis  de  l’écriture.  Voila  donc  des  pièces  de 
(«)  HtrnnsH  em-  comparaîfon  toujours  prêtes , pour  s’aflurer  du  fiècle  des  mff, 
oïl  ne  doit  pas  toujours  (a)  juger  de  l’écriture  des  di- 
plômes par  celle  des  mlT.  ni  réciproquement.  Si  l’on  en  rapro- 
che  les  originaux , fouvent  l’une  paroit  très-diférente  de  l’au- 
tre. En  récompenfe  certains  morceaux  d’un  mf.  ou  d’un  di- 
plôme fourniront  quelquefois  des  raports  tres-frapans  avec  le 
caraflcre  du  monument  , fut  lequel  on  veut  prononcer.  A 
leur  défaut , on  en  trouve  dans  les  accelToires.  Tels  font  l’or- 
thographe , la  divifion  ou  l’union  des  mots , les  diftances  des 
( I ) lignes , la  ponéluation , les  accens  Ôcc.  Comme  les  cliar- 
tes  portent  le  plus  fouvent  des  dates  , elles  ont  moins 
befoin  du  fecours  des  mlT.  pour  fixer  leur  âge  ; que  les  mff. 
n’ont  befoin  de  celui  des  chartes  , pour  fane  conoitre  leur 
Cède.  Mais  la  comparaîfon  de  caraélère  des  mff.  à caradère 
des  chartes  n’ell  pas  toujours  inutile  à ces  dernières.  Jamais  l’é- 
criture des  mff.  ne  reffembla  mieux  à celle  des  chartes , qu’aux 
XI.  XI I . XI 1 ficelés.  Jamais  aufli  les  aéles  ou  chartes  ne 
furent  plus  fouvent  qu’alors^dé  pourvues  de  dates.  Les  mfT, 
peuvent  donc  alors  être  de  quelque  fecours  , pour  manifef- 
tet  le  tems  , auquel  on  doit  les  raporter. 


(i)  On  a p«ne  1 croire  , qn*on  puilTe 
tirer  qaclqaes  iiuluâions  ^ la  dilïance 
det  ligntf  Ceft  ndaninoios  un  fond  , qui 
n'eftfai  routafaic  ftdrilc.  La  dUlance  des 
Unca  varie  dans  les  diplômes  des  rois, 
lEvant  la  diverlitd  des  ficelés,  & quel- 
quefois même  des  âges.  Du  tems  des 
Romains,  eUe  n'aloit guère  qu'à  un  demi 
pouce  dans  les  aâes  publics.  Elle  Ce  fou- 
tint  à peu  près  fur  le  même  piê  fous  les 
premiers  rois  mérovingiens:  c'e(l-à-dire 
jufqu'à  la  moitié  du  vi  i*.  fiècle,  Souveni 
depuis  elle  fut  réduire  à un  quart  de  pou- 
ce. Telle  fut  prefque  toujours  fon  «en- 
due  dans  les  chartes  privées.  Cette  dif- 
taoce  fut  pottée  jufqu'aux  trois  quarts  de 
pouce  & même  au-delà  dans  les  diplômes 
ife  Charlemagne.  EUe  t'èccodic  encore 


plus  dans  ceux  de  Louis  le  débonaire.  Elle 
fut  poulTée  à l'excréme  dans  ceux  de 
Charte  le  chauve  : de  force  qu’on  en 
voie,  où  les  lignes  font  écartées  de  deux 
4>oucet , paniculièrement  dans  ceux  dea 
dernières  années  de  fon  r^nc.  Les  li- 
gnes le  raprochèrenc  fous  les  fuccelTcurs 
environ  à la  diliance  d'un  pouce.  Cet 
iotervale  diminua  prefque  iofenfiblemcnr, 
pendant  crois  fiècles.  Ou  tems  de  Phi- 
lippe augufte  les  lignes  n'écoieot  plut 
éloignées  que  d'un  quart  de  pouce  La 
même  réduélioo  eut  lieu  en  Allemagne 
fous  Frédéric  II.  On  pouroit  fur  ce  point 
porter  beaucoup  plus  loin  les  détails. 
Mais  il  V a moins  d'inconvénient  à ne 
faire  qu'efieuter  certaines  matiètes , qu'à 
prétendre  les  épuifcr. 


CHAPITRE 


«A 


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DE  DIPLOMATIQUE; 


40? 


CHAPITRE  VIII. 


II.  PARTIE. 

Si  C T.  III, 


Combien  il  fiit  dificile  en  tout  tems  , & Jurtout  dans 
les  bas  jiècles , de  Lire  les  plus  anciennes  écritures^ 
Cette  dijiculté conjlatée  depuis  le  viu.Jîècle prouve 
l'antiquité  de  leur>  exijlence.  Inconvéniens  nés  de 
la  peine,  qu’on  avoit  à ^déchifrèr  ces  vieux  mo- 
numens.  Art  d’écrire  en  jcertains  tems  peu  cultivé, 
ignoré  du  commun  des  Imques , des  grands  mêmes , 
■<y  quelquefois  des  gens  d'églife.  Quelles  en  furent-^ 
les  fuites.  Cet  art  a-t-il’ jamais  ceffe  d'être  en 
gueur  ? Jufquà  quel  point  s’ efl-iL  maintenu  ddns^ 
tous  les  fiècles  ? Rétahliffement  des  fignatures  , 4' 
proportion  que  le  nombre , de  ceux  , qui  firent 
■ écrire  fe  multiplia.  - > 

Quoique  le  nombre  des  perfonei  ; qui  lurent  manier  la 
plume  , n’ait  jamais  égalé  celui' des  liommes  & dcs' 
femmes  , qui  {c  contentèrent  d’avoir  apris  à lire  ; ancienne* 
ment  il  étoit  rare,  que  la  main  refûlàt-de  former  des  carac- 
tères , donc  les  yeux  conoilToienc  la  valeur.  Quand  on  étoit 
une  fois  initié  a la  leâure  ron  c’avait  pas  coutume  d’en  de- 
meurer là  ; l’on  vouloir  encore  le xeiKlreau.'moms.capabledfi 
figner  Ton  nom.  Mais  il  y avoit  bien  dei  degrés  dans  ia>fà* 
ctdté  d’écrire’*,  & fonvent  ilsiidtoiqnt,  partagés.  Tel.lkvoic. 
peindre  en  ohciale,  capitale  Octmajufcale  ;'qui  n’auroit  pu 
le  faire  en  minulculcJ  La  curûve  fembloit  réfervée,  tant  aux 
écrivains,  de  .pDofêlIuin^,  qu’à:cepc:qiiuled  avoienc  fait  une 
écüde  poiticqliènL  'Q’étoit  au4iid>pka£b£êik.7Si'^>£Qrmar.> 
don  n^éwiibpatame 'cholç  aifée^din’éiDboûtQiii  oobrelnoinS;,.' 
pour  la  lire.  E^ljéaétal  la^leéhue  de  tenir  n^:&:  ^'.toot  aâe'ji 
anoétieurà  Cft^^flahagpcpalTOclès  diifeultéijfC^and-oavoiD 
des  éerkures  , aâuellemai  <eà  ulàge  demander  une  el'pèce 
d’écudis  ,jp0url£tie  .laeaicâiainiiieacji  aombcen(<ce..cr<iyaU' 
Tome  II.  T f f 


■'T.  ■ - ' 


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IJ.PARTIE. 
Sicr.  m. 
Chap.  VIII. 


GraoJe  difîciilc^ 
de  lite  les  ancien- 
nes dcncates  pour 
Jeors  eontenpo- 
tains,  plus  grande 
pour  les  (idcles  po- 
ndrieurs  , n'a  ccé 
furmomec  , que 
long  rems  apres  la 
rcnailTance  des  let- 
tres. Confiquen- 
cesde  cette  diücul- 
id , parrapott  aux 
mlT.  & aux  char- 
tes , dont  les  ori- 
ginaux Ibnt  per- 
dus. 


^,o  .NOUVEAU  TRAITÉ 

dut-il  augmenter  ; depuis  qu’elles  ceflerent  d’avoir  cours  ? 
Que  fera-ce  donc  , fi  l’on  ajoute  , qu’on  tomba  dans  des  fic- 
elés d’ignorance  ,•  où  les  grands  , les  princes  , les  rois  ne  fa- 
voient  ni  lire  ni*  écrire  , n’en  rougi  iToient  pas  ? Cette 
ignorance  eut  des  fuites  infinies  pour  la  littérature.  Prefqiie 
toutes  les  formules  de  la  diplomatique  furent  en  conféquence 
changées , altérées  , fnprimées.  L’ignorance  des  lettres  étant 
devenue  parmi  les  laïques  prefque  imiverfelle  ; les  dcléfiaf- 
tiques  Sc  tes  moines  continuèrent  de  les  cultiver.  Ils  tour- 
nèrent à là  vérité  lein  principale  aplicatibn  vers  la  morale , 
le  dogme  , la  difeipline.  Si  les  autres  fciences  ne  leur  furent 
pas  abfolument  étrangères  ; ils  ne  s’y  liVrefént  pas  aflez  , ou 
ne  s’y  prirent  pas  de  façon  , à s’y  rendre  un  peu  plus  que  fu- 
perficiels.  Mais  comme  lire  &c  écrire  paflbient  à jufte  titre , 
pour  les  deux  clés  les  plus  nécefiaires  des  conoilTances  di- 
vines &c  humaines  ; il  ne  fut  jamais  permis  aux  gens  d’e- 
glife  de  les  négliger  i quoiqu’on  n’exigeât  pas  de  tous , qu’ils 

les  feuflent  aquifes.  ^ 

I.  Cependant  l’écrinite  , & particulièrement  la  curfive  , 
dépérit  bientôt  entre  leurs  mains.  Ils  ne  lurent  pas  toujours 
exaélement  les  mlT.  Quelque  fimiliarifés  qu’ils  pufient  être 
avec  les  caraâères  de  leurs  tems  ; la  leélure  leur  en  dévoie 
coûter  , prclqu’autaut  qua  nous.  SagilToit-il  alors  de  lire, 
non  fenicment  les  écritures  liées  & compliquées , mais  encore 
les  plus  détachées  &c  les  plus  élégantes  ; on  devoir  s’être  pré- 
muni d’une  toute  autre  habileté  que  celle  , dont  on  a be- 
foid  aujounlui , pour  fetirèr  avec  honneur  de  la  ledurede 
nos  livres.  Les  plut  belles  écritures , onciales , capitales , mi- 
nafculos  , avoient  leurs  mots  fi  peu  diftirtgués  les  uns  des 
autres' i qu’on  eût  dit  , que  chaque  ligne  n’en  faifoit  qu’un  : 
& comme  quelque  pbrtion  du  dernier  mot  d une  ligne  étdit  de 
rems  en  tems  portée  à là  fiiivante  ; tout  paroiffoit  confondu. 
C’étoit  fur  .la  totalité  id’pne  page , que  le  leûcur  étoit  obli- 
gé de  forniér. a il’infianéqtfcsijraroles  dfc  leur  pteferire  des 
bornes  6c  des  fépacariansi  de,diftingucDdans  un  difeours  fo 
membres  , quelquefois  fés  perioies.  Les  virgules  , les  dif- 
tinaions  6c  foudiftinéHons , totalement  négligées  i il  n’avoit 
tout  au  plus  d'apui  ; que  dans  les  points  ou  leurs  équivalens. 
Quel  travail  pour  un  hcnuncmalfaiparé. , ou  d’une  érudition 
J 1 .W  'i"  - 


Diyi  . 


-O- 


DE  D I PL  O M AT  IQU.E.  41, 
fort  mince  1 Eût-on  contraâé  la  (i)  plus  longue  habityde*dc 
lire  ; ilétoit  prefque  impofl'ible  d'y  réulfir  , fi  l’on  ne  çom-' 
prenoit  parfaitement  ce  qu’on  lifoit.  Le  fit-on  à tôtç  rcpo-, 
fée  ? Souvent  on  héfitoit , on  prenoit  à gauche  ; fi  l’on  n’étoit 
aufli  favant , qu’atentif  & jumcieux.  Combien  donc  les  dé-, 
fauts  contraires  n’ont-ils  pas  ocafioné  de  n^écomptes  dans  les 
mfl  ? Combien  s’y  fontgliflc  d’expreflions  monllrueufes,  que 
les  copifies  croyoient  voir  dans  les  modèles , qu’ils  s’étoienc 
chargés  de  tranfcrire  ; fans  avoir  pour  s’en  aquiçer,  tous  les 
talens  nécefl'aires  ? Combien  de  mots  coupés  (a)  en  deux  ou 
joints  inalapropos  ? Quel  .exercice  pour  nos  critiques  , nos 
philologues , nos  éditeurs  ! 

Un  ^rcroit  de  dificulté  fe  raanifefia  , dès  le  ix*.  ficelé. 
On  s’étoit  infenfiblement  acoutumé  à laenre  de  petites  difi 
tances  entre  chaque  expreflion  ; &c  quoiqu’on  ne  le  fit  pas 
encore  , avec  cette  exaéfitude  , qu’on  y aporta  tUns  la  fuite  1 
peu  à peu  l’dh  perdoit  l’habitude  de  lite  des  livres , des  pièces 
ou  des  difeours  , dont  les  parties  n’étoietkt  pas  plus  aiftin- 
guées , que  celles  d’un  mot.  Aulli , quand  les  plus  favans  en- 
treprirent alors  la  ledure  d’anciens  mlT.  les  y vit-on  multi- 
plier les  points  ôc  les  virgules  ; comme  s’ils  eufient  voulu 
téparer  les  négligences  de  leurs  prédécefieurs  : mais  réelle- 
ment ils  avoient  plus  qu’eux  beloin  d’un  tel  fecours  , pour 
lire  ces  ouvrages.  • 

Les  moins  nabiles  pratiquoient  une  autre  méthode,  qui  ne 
pouvoit  manquer  de  deshonorer  les  beaux  mlT.  en  onciale. 
) C’étoit  d’inférer  un  point  ou  une  bare  entre  chaque  mot , 
aux  rifques  quelquefois  de  les  placer  mal.  Ils  nous  ont  don- 
né par  là , fans  le  vouloir  , ade  de  leur  infufifance  : tandis 
peutétre  qu’ils  ont  prétendu  nous  épargner  la  peine^,  qu’ils 
avoient  eux-mêmes  éprouvée  , dans  la  fixation  de  chaque 
mot.  Aux  ficelés  fuivans  , cet  abus  rédoubk.  Mais  , depuis 
le  XI  , jufqu’à  la  renailTance  des  lettres  j on  lailTa  la  plu- 


(i)  Ceft  poDC  ceU  , qqe  S.  B^noib(^) 
ne  permet  pat  In^ifibcnimeiic  au  premier 
venu  de  prendre  le  livre  <c  de  faite  la 
ledlure  , pendant  la  : ntc  fer- 

tmu  cafu , qui  urrifauni  , Uttrt 

•udtM.  Cen  pour  cela  ^u'il  inteidit  à fes 
tcligieux  de  tire  cbacyn  à Ici)t  tour , Sc 


qu'il  n'acorde  cette  diltindlion,  qu'à  ceux, 
qui  peuvent  ddificc  : iwn  ftr  trdiutm  It- 
gutti  nul  tuntent  , fed  qui  êdijietnt  uu- 
ditnlti.  Ccd  pour  cela  qu'il  défend  (c) 
eneore  d'écre  alTcz  téméraire  , pour  ofer 
lire  ou  chanter  j lî  l'on  n'cd  pas  en  état 
de  remplir  cer  o6cc  avec  édidcation. 

Fff  ij 


H.  PARTIS. 

s E e T.  I U. 
Chaï.  VIII, 


(•)  CtufiuM. 
Viadicit  veter.ctd, 
f.  1).  6-  fiqu. 
Viudit.  vu.  cid. 
emftm.f.  71*. 


(ijRtX»/.  c.)S.  . 

(c)  Uid.  c.  47. 


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411  '^NOUVE'AÜ  TRAITÉ 

'SSSSSSS!^  part  de  ces  précieux  mil',  fort  en  repos.  Les  premiers  , qui 
II.  PARTIE,  tentèrent  de  les  déchifrer  , lorfque  le  goût  pour  les  belles 
C Va”  vil  I cliofes  le  réveilla  , s’y  prirent , comme  on  avoit  lait  avant  eux, 
pour  réparer  les  mots.  Peu  de  très-anciens  mlT.  par  conféquenc 
qui  aient  pu  fe  garantir  toutafait  de  cette  difgrace.  Les  char- 
tes antiques  l’ont  aullî  plus  d’une  fois  partagée. 

Si  la  leéhire  des  mil.  en  lettres  majufcules  foufrit  tant  de 
dificultés  ; les  écritures curfives  romaines  , mérovingiennes, 
lombardiquas  ; faxones  en  durent  (i)  caufer  bien  davantage. 
Les  yeux  des  vieillards  furtout  s’y  refufoicnt  entièrement , 
' • ou  ne  les  fuportoient , qu’avec  peine. 

Comme  au  x'.  fiècle  , l’ignorance  s’étoit  confidérablement 
I . . acrue  , Sc  que  la  forme  du  caraûère  curlîf  avoir  beaucoup 
changé  ; une  autre  forte  de  dificulté  commença  bientôt  à le 
faire  fentir.  Elle  regardoit  fpécialement  les  chartes  en  let- 
tres lombardiques  & franco-galliques.  L’apas  de  l’intérêt  ex- 
citoit  quelquefois  à faire  des  éfons  pour  la  vaincre.  Mais 
fou  vent  le  fuccès  n’y  répondoit  pas  , ou  ce  n’étoit  qu’im  par- 
faitement. Elle  n’arctoit  pas  feulement  le  commun  des  let- 
trés ; les  auteurs  les  plus  apliqués  à recuillir  les  (i)  monumens 
antiques , pour  les  faire  fervir  à l’hiftoire  y fuccomboient.  On 
ne  fe  rebuta  pourtant  pas , généralement , aux  x.  x i . ( 3 ) x 1 1 


{ I ) s^lonifacearchtvcquc  de  Mayen- 
ce dptouvoic  l'ineonunoditd  <U  tes  for- 
tes 4'^criiures , & furtout  de  U m^tovin- 
gienne  & de  li  faxonC-r  lotiqo'il  fe  plaint 
. . - , («]  denc  pouvoit  trouvet,  dans  la  Ftanec 

{ **  orientale,  de  livret  en  lettres  diAinâcf. 

****  > jâ-il , t’afoiblilTant , les  lettres 

menues  & lidec  ne  peuvent  plus  lui  con- 

(i)  Suul.  IV. 

jBrned.  pMrtt.  i.  . liaifcnl  & les  entrelalTemens  de 
f.  194.  Ann»l.  faits  Croient  prefque  également  propres 
£m»d.  i.z.p.iS,  à la  cutCve  romaine  & à la  éranco-gaUi- 
quc.  La  faione  incomparablement  moins 

(c)  WJI,  lin.  i.f.  liée  étoit  fouvent  beaucoup  plus  menue, 
p.  i<4.  Ky.  La  minufcnle  uGtée  alors  en  Allemagne 

tenoit  de  l’une  & de  raiitrc.  Les  pcrfoacs 

(d)  rhilittid.  1.4.  dépourvues  du  fccouts  des  lunettet, 

i r rr  • 'V  n’avoient  pour  toute  telToutee'qiié'^'tâ'' I 
' raéVcrcsmajurculcsoalcsniinnlcuks  très-  I 
gros  & trés-diftinat.C^  ce  qui  fft  côn-  I 
tinnetl’ufaEedel’oneble,  jufqu'à  ee  que  I 
la  minufciue  fit  devenue  alTer  dégagée , | 


pour  être  ptoportionée  à toutes  les  vues.' 

(1)  L'auteur  de  la  vie  de  S.  Brrcgifc  , 
abbé  fondateur  du  monaAcre  de  S.  Hu- 
bert en  Ardennes  , fe  trouva  tres-emba- 
ralTé  (é)  à lire  une  charte  originale  du 
comtcGnmbert.Apcinc  put  il  y décliifrcc 
la  v'.  année  du  règne  de  Tbierii  IV. 
Cependant  cet  anonyme  n'écrivoit , qu’es 
l'an  : c'eA-à-dire  un  peu  plus  de 
100.  ans  , depuis  ta  date  du  diplôme  , 
dont  il  jugeoit  l'écricnm  (î  barbare. 

(l)  Qvo>t]ue  D.  Rivet  nous  donne, 
comme  nn  des  (r)  plus  habiles  antiquai- 
res Se  déthifreuts  du  »ji'.  fiècle  Gaul- 
tier, qui  rétablit  la  plupart  des  regitres 
publics , enlevés  pat  Richard  I.  roi  d'An- 
gleterre k Philippe  auguAe  ; nous  ne 
voyons  nul  fondement  à cet  éloge  , m 
dans  les  qualités , que  Guillaume  {d)  le 
Bicton  atiibue  à fon  cfprit  , ni  dans  le 
détail , qu’il  fait  des  matières  , contenues 
dans  CCS  regîttes  pillés.  Le  travail  auquel 


DE  DIPLOMATIQUE.  -413 

fiècles.  Il  y eut  encore  des  hommes , affez  courageui  , pour  ^ssssasasi 
cflayer  de  déchifrer  lès  diplômes  mérovingiens  : mais  durant  H-  partie. 
les  quatre  fiècles  fuivans  , on  fe  contenta  des  anciennes  co-  ch*aV  vlii 
pies , lorfqu’on  en  avoit.  A leur  défaut  ces  pièces  pafToient  • 

pour  indéchirables.  C’étoit  leur  faire  grâce  , que  de  ne  les 
pas  juger  indignes  d’être  tranfraifes  à la  poftérité.  L’oubli  au- 
quel on  les  condamna  fèrvit  peutctre  autant  à nous  les  con- 
férver  , qu’un  relie  de  vénération  , pour  des  monumens  , 
d’autant  plus  refpeflables ,,  qu’ils  étoient  moins  connus.  Ce 
qu’on  a dit  de  la  curfive  mérovingienne  eft  également  apli- 
cable  à la  romaine  & à la  lombardique. 

Les  aûes  en  curfive  romaine  n’étoient  pas  à la  vérité  fi  ré- 
pandus , qu’ils  le  font  de  nos  jours.  La  plupart  renfermés  , 
dans  les  archives  de  Ravenne  ne  piquèrent  la  curioficé  d’au- 
cun antiquaire,  avant  le  xvi'.  fiècle.  11  n’en  étoit  pas  de 
même  des  écritures  lombardiques.  Peu  de  contrées  en  Eu- 
rope , où  elles  n’euflent  pénétré  , par  le  moyen  des  bulles 
des  Papes.  Quelqu’un  néanmoins  favoit-üles  déchifrer  au  x 1 '. 
fiècle,  il  ne  laifibit  pas  d’être  en  France  regardé,  comme  (i)  un 


pré^da  Gaultier  le  jeune  o*avoit  befoin  , 
<^ue  d'uD  homme  judicieux , a^if  & fbrr 
laborieux.  AulTi  lei  louanges  , que  lui 
donne  la  Philippidene  vonc-elles  pas  au- 
delà.  n II  ne  relie  aucune  trace  d’un  ou- 
» vragc fl lingulicr,  dit  («) M.  labbéSal- 
»>  Hcr  , dans  fa  favanre  Mtitt  d' im  rtgt' 
M tf  dt  Philiffe  augHftt  \ à moins  qu’on 
» ne  dife  qu*il  fe  retrt^ve  , dans  ce  que 
*3  le  Tréfor  des  chartes  polîcde  d’aocé- 
M rieur  à l'année  1194.  1 époque 

B de  la  journée  de  Prélevai.  En  ce  cas 
s»  Gaultier  n'auroit  pas  fait  anaolB  grand 
a»  éfort  de  mémoire  , q«c  nous  le  pen- 
B fions  , & fes  recherches  n aurotent  pas 
B remonté  bien  haut  » puifquW  uy  a , 
» dit  Dupuy  , auatnt  pHa  trefer  drs 
» ehmrtes , ^Ne  depuis  le  rci  Louis  le  jessne , 
»donc  le  rcgne'finicen  1x80.  «On  ne 
peut  donc  pas  conclure  des  travaux  de 
Gaultier  le  jeune  , qu  il  fut  ni  habile  dé 
chifreur , bien  moins  encore  , qu’il  fur 
antiquaire.  Les  divers  regitresdcs  char-* 
tes,  émanées  de  Philippe,  depuis  iX9f. 
jQfqa^eo  liai  , & confervés  au  tréfor 
des  chartes  de  à la  bibliothèque  du  roi , . 


furent  recueillis  par  les  foins  de  Garin  ok 
Guérin  eveque  de  Scnlis  & chancelier,  If/jff.  de  Vse- 

Nous  pouvons  juger  de  rutilité  de  Coa  cMdem.desInfrrip$. 
cntrepiifc  ,par  les  rcgîcrcs  mêmes  , qui  f,t6,p.i6i 
font  parvenus  julqu'à  nous  : mais  ils  ne 
font  pas  de  nature  à lui  procurer  les  ti- 
tres d’anrxquaire  êc  de  déchifreur.  Le  der- 
nier pouroit  convenir  avec  quelque  rai- 
fon  à ceux  , qui  dreficrent  alors,  & dans 
les  deux  fiècles  précédens  , les  cartulaircs 
de  plufieurs  anciennes  egUfes  : puitqu’on 
y trouve  fouvent  à la  téce  quelques  di- 
plômes de  la  première  ou  fécondé  race  * 
de  nos  rois. 

1fi)En  i07î- rélirc  (^)  clergé  de  (kyDe re dêp/em. 
Tours  ne  pouvant  lire  la  bulle  de  Gré-  p,6f9.Annul,Bè^ 
goireV  , de  l’an  916  , aparcenant  à ta  ned.t,  ' 

collégiale  de  S.  Martin  , rarcheveqoe 
Raoul  députa  deux  dignitaires  à Bartbe- 
lemi , abbé  de  Marmouciers,  comme  aa 
fenJ  habile  déchifreur  , qui  pût  rendre 
le  contenu  de  ce  titre.  L’écrknrc  romai- 
ne ou  lombardique , en  laquelle  il*étoic 
écrit , en  faifoii  fans  doute  la  dificultd 
la  moins  facile  à vaincre.  Il  n’étoic  toute- 
fois ancien  > que  d'un  fiècle  & demi.  H 


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U PARTIE. 
S E C T.  III. 

CH4I.  VIII. 


4,4,  NOUVEAU  TRAITÉ 

homme  prefque  unique  dàus  fa  province.  Tout  un  dioccfb 
avoit  recours  à fes  liunières.  Mais  les  pièces  étoienMlles  an- 
ciennes , au  moins  de  (i)  deux  ou  trois  ficelés  ? Leur  difi- 
culté  paroUToit  au-dcfllis  des  forces  de  l’efprit  humain.  A 
peine  y pouvoit-on  entrevoir  quelques  mots.  A la  renaif- 
iânee  oes  kttres  , nos  favans  y furent  étrangement  emba- 
xafTés.  C’efl;  une  cjiofe  plaifante  de  voir  , en  quels  termes , 
Patadin  (li  exagère  la  dificulté  de  lire  un  nif.  de  S,  Avit^ 
aujourdui  placé  parmi  ceux  de  la  bibliothèque  du  roi , 6c 


n'auroic  pas  aparammcnc  cmbarafTé  des  ] 
notaires  ni  des  archiviiles  d'Italie,  où 
cette  écticuie  o'avoic  pas  encore  cclTé  d'ê- 
tre en  ufage.  Quoiqu’il  en  foit  : ces  Cot- 
tes de  faits  prouvent  d'une  parc , que  les 
hommes  capables  de  lire  les  anciennes 
écritures  corlÏTes  étoieut  rares  , & de 
l'autre  , qu'elles  étoient  alors  connues  , 
& qu'elles  n'onr  pas  , comme  le  prétend 
le  P.Hatdouin,  été  fupolées,  aux  un. 
& xivS  liéelcs.  La  meme  qpoféqucnce 
fuit  de  la  dificulté , qo’avoit , au  vt  n'. 
fiécle,  S.  Boniface  à lire  les  livres  de 
France  : ce  qui  l’obligcoit  d’en  faite  ve- 
nir d'Angleterre.  En  parlant  (s)  du  B. 
Barthélémi  , deux  fautes  font  échapées  à 
la  piume  do  vénérable  D.  Rivet.  » Raoul, 

» dit-il  , archevêque  de  Tours  , ayant 
» rcf u du  pape  Gr^oire  VII.  une  bulle , 

D que  ni  lui  ni  fes  chanoines  ne  pon- 
» voient  déchifrer  , l'envoya  à l'abbé  « 

» pont  la  lire , & lui  en  faire  nue  copie. 

» On  ÿugeroit  par  U î qncr,  ■**»!«  fm- 
•>  ployoic  dès-lors  au  » inéiéif  paisicu- 
» Uer  , dans  fes  «««■«•  •• 

Mais  1'.  l 'l'iiMl  uOT  Ülil^  '**  Grégoire  V. 
& non  duiCMMrtfVS  r.  i”.  le  caraéière 
de  nosïûilï^SBS  les  bulles;  loin  d'être 
-aJjjjiMition  de  celui  de  ce  tems-U  , 
n*i  avec  lui.  11  étoit  alors  er- 

JùMwÎKnt  lombardique.  Avant  le  mi- 
Km  daxii*.  ficelé  , il  céda  la  place, 
dans  les  tefcrics  des  papes  , à récriture 
feinfoife.  Cette  dcmicre  y perfévéra  , 
)ufqu'à  la  rcnailTanee  des  lettres  , en  dé- 
générant toujours  un  peu.  Elle  étoit  : 
devenue  déjà  fort  gothique  , il  a.  |00. 
•ns.  On  a depuis  afitâé  de  I>  tetcoir, 
dans  les  bulles , & non  dans  les  btéls , Sc 
de  la  rendre  à la  longue  eaeote  plut  go- 


thique , que  n'a  jamais  été  le  gothique  le 
plus  afreux. 

( t ) Au  fujet  d'une  bulle  de  Nicolas  I , 
référée  dans  le  cartulaite  de  la  cathédrale 
de  Beauvais  ; on  voit  une  (ê)  note , d'une 
main  de  quatre  à cinq  cents  ans  , por- 
tant , que  ces  lettres  furent  prifes  fur  une 
copie , qui  devoir  être  ancienne  , vers 
le  milieu  dif  XI'.  ficelé  , auquel  on  fixe 
l'age  de  ce  cartulairc.  Quant  à la  bulle 
même  , on  ajoute , que  la  manière , donc 
clic  cil  écrite , la  rend  prcfque  indéchi- 
frabic. 

(i)  M Je  ne  veux  (c)  pas  omettre , dit- 
n il , qu'en  l'églilë  de  S.  Jean  ( de  Lion  ) 
» fe  trouvent  certains  livres  fort  anciens , 
» écrits  en  écorces  d'arbres , dont  l'un  eft 
» lifible , & contient  on  commentaire  fur 
» les  plâlmes  ; l'autre  , qui  u'ell  relié  , 
» tins  lacéré  te  imparfait  , c(l  écrit  en 
» éaraéteres  antiques  , & qui  bonnement 
H ne  fc  peuvent  lire  : ( combien  que  la 
» lettre  foit  belle  ft  nette  , ) St  fcmble  à 
>1  plufieuts , qui  ne  font  llylcz  à tels  ca- 
ti  raélêrcs , que  ce  foit  lettres  grecques  : 
n mais  véritablement  ce  font  lerrccs  la- 
» tines,  dont  la  forme  ell  dificmblable 
U aux  nôtres  , pour  la  divetfité  des  ca- 
» raélères  : qui  fait  que  quelque  bon  ef- 
a prir  que  ce  foit,  il  lui  feroic  mal  ailé 
a d'en  lire  une  page  en  huit  jours,  A la 
» vérité  ce  (ont  des  oruvres  d'Avitus  at- 
a chevêqnedc  Vienne , qui  fiorilfeic  cn- 
a viron  l'an  cinq  cents  & vingt.  « 

En  I4<8.  Femx  depuis  cardinal  Br  ar- 
ebevÊqite  de  Tatragone  , envoyé  à Liège 
pat  Piw  II.  avec  la  qualité  de  coramif- 
(âirc  apollolique  , vit  chez  les  Croifiers 
d'Aix  Ia-Chapelle  un  inf,  du  concile  de 
Calcédoine  , qu’on  croyoU  avoir  ét4. 


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anufc  de 


t)E  DÎ?LOMATIQUE. 
dortl  la  leûüpe  n’«ft  plus  regardée  , comme  une 
conféquence  , pour  un  antiquaire.  Si  quelques  littérateurs 
(i)  du  XVI.  & même  du  xvi  i'.  fiécle,  avant  D.  Mebillon , 
parvinrent  à déchifrer  des  mff.  de  cette  nature  ; ils  lui  lai& 
férent  toute  la  gloire  d’aplanir  la  leûure  des  diplômes.  Une 
feule  (i)  pièce  en  curfive  romaine  (a)  fut  capable  d’aréter 


II.  PAUTIÈ. 
SttT.  III. 
Chap.  Tilt 


tianfcric  peu  de  tems  Qpiè«  fa  cilÆra- 
lion.  Tour  fatisfâire  au  defir  qu'il  eut 
d'en  avoir  une  copie  , on  ne  put  décou- 
vrir qu'un  (cul  homme  à Cologne  , qui 
ofâr.cnrreprendre  ce  travail.  Tanta  jui- 
Jem  veiujlmii  fuit , «I  nifi  cum  difieuhu- 
tt  lf!tTfiur,&  uuui  daotatrat  ii>  Cfltnin- 
J!  crviiaie  lucafiurt  frtfumtrn.  Le  P. 
Labbe  (b)  nous  aprend  ce  fair  dans  une 
nore  tirée  de  (e)  Crabbe.  Il  y a du  relte 
tout  fujet  de  croire  que  ce  n'etoit  pas  une 
curlrve  romaine  , qu'il  (üt  queltioD  de 
tendre  en  écriture  ordinaire.  Il  auroit 
(titi  chercher  un  déchifteur  aillenrs  qu’d 
Cologne.  Probablement  on  ne  l'eût  pas 
trouvé  dans  toute  l'Allemagne  , ni  même 
nulle  part  : puifqu'cncore  dtuS  cents  ans 
après  , le  célébré  Lambécius  fut  réduit  à 
faire  graver  une  chatte  de  l'an  ^04.  fans 
pouvoir  la  déchifrer. 

(1)  Aide  Manuce  raporta  de  France  à 
Venife  on  Pline  le  jeune  en  écriture  6 di- 
férente  (d)  de  la  nôtre  : qu'il  n'écoit  pas 
polTible  , fcldlt  lui , de  la  lire  ; à moins 
qu'on  ne  fe  fût  familittifé  avec  elle  ,à 
force  de  rérodicr.  D.  Mabillon  (>)  con- 
jcduioit , que  cette  éctiturc  n'étoit  pas 
diférente  de  la  mérovingienne. Adrien  if) 
de  Valois  s'explique  ainlî  fur  le  mf.  de  S. 
Grégoire  de  Tours  , dont  M.  Joli  a fait 
ptélent  à la  cathédrale  de  Paris  ; » il  cil 
a>  écrit  CD  lettres  barbares  lî  liées  cn- 
0 fcmbic , & tellement  cntrclalTées  ; qu'il 
» £iut  prcfquc  deviner , pour  le  lire,  n 
Ce  n'eft  pourtant , qu’une  éctiturc  mé- 
rovingienne , qui  n'cll  pas  des  plus  difi- 
cilcs. 

(1)  Quelque  torture  que  ce  favaut 
homme  eût  donnée  à (bn  cfptic , pour  fc 
mettre  au  fait  du  papier  d'Egypte  , que 
D.  Mabillon  a fait  d ap'ès  lui  graver  à la 
fin  de  foii  V'.  livre  de  la  Diplomaiiquc  ) 
il  (;)  fut  forcé  de  tcconoicrc  , qu'il  n'a- 
voit  po  ni  le  lire  ni  le  devines  : tant. 


cetre  ancienne  écriture  , quoique  latine, 
lui  avoir  paru  obfcure,  cmbatalTée  & di- 
ficilc  à lire  : »t  iffe , dit-il  , buflmm  bit 
vtrum  Itâimm,  »«c  vtrmm  ftnfmm  raria- 
cinundt , ftu  ftiius  tUviuundt , ujfé^ui  ft- 
tuerim,  O.  Mabillon  s'en  tira  allez  beu- 
ccufemenc  : mais  il  n'en  fut  que  plus  fra- 
pé  des  conféquences , qui  s'cnfuivcntdcs 
dificultés  , éprouvées  dans  pareil  cas  pat 
des  hommes  de  la  volée  d'un  Lambécius , 
d'un  BrilTon  , d'un  GoGrtlin , garde  de 
la  bibUorheque  du  roi.  Si  des  (h)  favans 
d'une  érudition  fi  confomniée  n’ont  rien 
compris , dans  ces  %ionumens  antiques  ; 
fi  les  plus  clairvopans  y ont  fait  autant 
de  fautes  , qu'on  en  remarque  , dans  U 
pcemicrc  copie  de  la  charte  de  pleine  fÜ- 
ciitité  , dont  l'original  e(l  gardé  à la  bi- 
bliothèque du  roi  ; comment  c'en  Ce- 
roient  tirés  des  écrivains  du  commun  t 
Comment  d'anciens  copifles  de  chartes 
n’y  auroient-ils  pas  fait  des  bévues  éimr- 
mes  > Qu'on  ccfic  donc  de  tenir  pour  Ci- 
pofées  certaines  copies  pleines  de  fautes  : 
tandis  que  les  originartr  même#  n'en 
(ont  pas  czemts.  C'eft  le  précis  dcsiédé- 
lions  de  ce  judicieux  aateur.  Ajoutons 
avec  cour  te  tcfpcéi  duû  ce  grand  hom- 
me , qu'il  n'a  point  lu  , & qsll  i mtd  M 
plufieurs  endroits  de  cette  charte  j Ml 
ne  font  pas  néanmoins  kidéchifrablcs. 
Nous  n'en  citerons  qu'on  exemple.  Il  lit 
pour  note  chronologique  : Rufi»  Petn- 
momict  Ctthegtn.  tmCttbtgout  Cea- 
fuU.  Il  doute  à la  vérité  s'il  ne  £iui  pas 
Tire  eUriJftme.  Au  fuipltts  il  rccoooit  de 
grandes  dificnlcés  , dans  les  prénoms  , 
& fuitoat  dans  Prrr«idlhi«  , qui  n'eft 
pas  même  latin.  Mats  en  vain  a-t-il  le- 
conts  (>')  à des  coajeâutcs.  Il  faloit  pour 
diflipet  les  nuages , lire,  Ruf»  Portuit 
Nitcmagt , aucrcmtnr  ( Nittmutht  ) viro 
tUriJftnu  cmfult.  Quoique  cette  vraie 
lc(OB  oe  change  lico  à la  date  5 U en 


(a)  Dtndifltmi 

p.}<«.  458.* 

(é)  CtHc.  ».  4; 
»/.  888. 

(0  f A/.  J47-' 

(d)  Ppifl.  ud  A- 
leyfium  Stn/u.  Vt- 

Htt. 

(t)  DtrtdifUm. 

f.  }o. 

(f)  Rmim  Fraa- 
tic.  t.  i.pra/is». 

(f)  BibÜtik.  Ca- 
fur.l.  S.f.  «47. 


(h)  De  re  difltm- 

t-  457.  ♦ 


(<)  DiniBfum\ 

f-  4J7*. 


\ 


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■X*' 


'4T^ 


nouveau  traité. 


A V f 

’ tout  court  le  célèbre  Lambécius  Ce  fut  pour  lui  un  chifre  ^ 

"•partie  où  jamais  il  ne  put  rien  comprendre.  . . . 

c vin  Voila  quelles  font  ces  écritures  fabriquées  par  des  impof- 
teurs , au  jugement  des  (a)  P P.  Germon  & Hardouin.  Ne 


(a)  I. 


e.  4- 


- ■> 


rapelons  pas  les  inconvéniens  fans  nombre  , qU  entrame  ce 
fyftcme  révoltant  : ne  nous  amufons  pas  à le  combatte , par 
la  dificulté  conftatée  , dans  prefque  tous  les  ficelés  de  les 
lire  & furtout  depuis  qu  elles  eurent  celTé  d’etre  en  ufage. 
Nous  ne  'manquerons  pas  d’ocaGons , pour  prouver  de  plus 

en  plus  leur  Gncérité.  , --v 

L'écriture  curfivc  Caroline  , quoique  beaucoup  plus  ariee 
que  la  romaine , la  mérovingienne  , &ç  la  lombar<üque  , ne 
laiffoit  pas  d’embaralTer  fort  ceux , qui  entreprenoient  de  la 
lire  : furtout  depuis  qu’elle  eut  été  totalement  abolie  ('i)  au 

XI i'.  Gècle.  ...  • . 

Mais  que  peut-on  penfer  de  l’exaélitude  des  copies , qu  on 
cite  des  plus  aaciennes  écritures  dans  les  tems  ou  l’art  de 
déchifrer  croit  voilé  des  plus  cpailTes  ténebres  . Il  neft  pas 
abfolument  impoflible,  qù’on  n’ait  fait  alors  de  quelques  di- 
. 1 C.1A1..C  -Tniiç  les  atres  ont  oroduit  des 


à laquelle  rien  de  polTible  ne  put  _ • 

tomber  d’acord,  avant  ces  derniers  tems  , üs  devoient  ctre 
très-rares.  Les  copies  prifes  fur  des  originaux  G diGçiles  a pé- 
nétrer ; lorfqu’on  n’étoit  point  guidé  par  d’anciens  tranfumpts, 
durent  pour  l’ordinaire  être  extrêmement  fautives.  De-la  tant 
de  pièces  rejetées , flétries  : pareeque  leurs  originaux  nau- 
roient  pas  manqué  de  l’être  ; s’ils  leureuflent  été  contormes. 
Mais  lorfqu’ils  ont  vu  le  jour  ; l’honneur  de  ces  pièces  a été 


faut  foutent  beaucoup  moins  .pour  tout 
déranger.  "Encore  une  fois  , fi  un  anti 
onaireaulTi  habile  que  D.  Mabillon , hé- 
(ite  & même  bronche  quelquefois  dans 
la  leaiire  dune  charte  romaine  -,  que  peut- 
•u'atendre  de  comftcs  poftérienrsau  ix'. 

(i)  H>Jl.  ii  Lu»-  • lorfqu’ilsTont  tombés  fur  des  mo- 

pud.  i.  i.Prtifvti  llùmens  '"'"Vw 

« sQ  ( 1 ) Avmetie  de  Peyrar  abbé  de  Moif- 

' ' - factranfenvit  au  XIV'.  fiècle  undiplome 

acordé  l'an  845.  en  faveur  de  fon  roO- 
rallére  pat  Pépin  II.  roi  d’Aquitame. 
Mars  il  avoue  qu'il  étoit  dificilc  à lire  . 


atendu  que  récriture  éroit  très-ancienne.' 
C'eft  probablement  de  cette  dificulté  que 
nailfent  certaines  fautes  d'écriture  , qu  on 
remarque  dans  les  copies  de  ce  diplôme. 
Le  nom  de  pnitn  pont  fropmier  donnf 
à Louis  le  débonaire , poutoic  bien  être’ 
de  ce  nombre.  D.  Vaiircttc  (t)  fouoent, 
cependant  qu’en  rigueur  la  dénomina- 
tion de  fntUoT  a pu  être  attibuée  au' 
grand-père  , Sc  qu'on  ne  voit  tien  d’ail-_ 
leurs  dans  ce  diplôme,  dont  00  n a plus 
l'original , qni  ne  convienne  au  ftyle  de 
ceux  des  autres  toit  de  la  féconde  race.  ^ 

rétabli  : 


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DE  diplomatique.  417 

parcequ’ils  ne  reflembloienc  point  aux  copies  inftdcles , qu’on 

en  avoir  tirées , faute  de  les  fa  voir  bien  lire.  Au  contraire  la 

perte  des  autographes  a fouvent  entraîné  celle  de  leur  répu-  chaJ.  vui. 

cation  } fans  que  l’infidélité  des  copies  préfumée , mais  non 

démontrée  ait  fait  fufpendre  des  jugemens  trop  fëvcres  ou 

trop  précipités.  C’en  eft  alTez  fur  la  dificulté  de  lire  les  mlT. 

& les  diplômes  : voyons  maincenatu  , quel  fut  le  fort  de 
récriture. 

II.  Tous  les  peuples  policés  eftimèrent  l’art  d’écrire.  Les  L-jn  j-écrire  ef. 
Grecs  & les  Romains  regardoient , conune  idiots  & rulli-  tim^  desRomftint: 

Sues  , les  honunes  , qui  l’ignoroienc.  Ils  ne  négligeoienc  pas  '«  ^*n«carssc  icc 
e le  faire  aprendre  a leurs  efclaves  , à ceux  memes , dont  vmtri«b>tbar« 
ils  ne  prétendoient  pas  orner  refpric  de  diverfes  conoilTances.  le  négligeât,  pu 
Les  Romains  non  contens  de  s’être  déchargés  lur  eux  du  *** 

foin  d’écrire  en  notes  ; leur  firent  exercer  une  paitie  des  Utuén  ^ ” 
fondions  de  notaires  ; avant  qu’elles  fûlTent  érigées  en  char- 
ges publiques.  Ce  furent  des  notaires  afranchis,  qui  formè- 
rent une  icience  réglée  des  abréviations  Sc  des  notes , au- 
paravant livrées  au  caprice  de  ch^ue  écrivain , comme  elles 
le  font  encore  aujourdui.  Ils  drellerenc  d’amples  recueils  de 
celles , dont  on  étoic  en  polTelIion  : ils  en  invencèrenc  de 
nouvelles , Sc  les  réduilircnc  par  clalTes.  C’étoic  parmi  les  ef- 
claves , que  les  Romaim  crouvoient  des  copiftes  , capables 
de  recueillir  les  difeours  privés  ou  publics  , avec  quelque  ra- 
pidité qu’ils  fuffenc  didés  ou  prononcés.  Les  Grecs  les  ape- 
k>ient  tachygraphes , 6c  (i)  calligraphes  , ceux  donc  l’once 
étoic  de  mettre  au  net  les  minutes.  Mais  fouvent  ces  deux 
emplois  étoient  réunis  dans  la  même  perfbne. 

Si  les  Romains  abandonoient  ordituirement  aux  efclaves 
remploi  de  copifles  ; ij^  n’en  avoienc  pas  moins  d’eftimepouc 
rare  d’écrire.  Us  faifoient  gloire  de  s’y  apliquer , & plus  en- 
core d’en  tirer  parti  «pour  les  compofitions  , qu’ils  médi- 
toient.  Ils  écrivoienc  fouvent  leurs  lettres  de  leur  propre 
main.  Les  empereurs  memes  ne  s’en  difpenfoienc  pas  tou- 
jours. 'Plus  de  deux  cents  ans  avant  J.  C.  les  femmes  (a)  fa-  («)  f/n- 
voienc  écrire.  Celles  qui  n’avoienc  pas  le  calent  de  le  faire  '• 

v.'S"-  - T* 

(1)  Le  nchygraphe  des  Gttei  dcaic  le  I des  premiers  l'anriqaaire  , le  libraire  Sc 
■otaiie  des  Romains  , & le  calbgtaphe  | quel^ue/bii  le  feribe  de  ceux-ci. 

Tonte  II.  U g g ' 


by  GoogU 


4i8  nouveau  traité 

avec  grâce  , ne  (i)  lailloienr  pas  de  s’en  tirer  comme  elles 
pouvoienc.  Quintilien  (a)  ferable  fe  plaindre  , que  de  fon 
rems  on  le  négligeoit , non  pas  jufqu’à  dédaigner  d’aprendre 
à écrire  ; mais  jui'qu’à  ne  pas  fe  foucier  de  le  faire  avec  élé- 
gance & promptitude.  L’empereur  Carin  eft  blâmé  par  Vo- 
pifque  d’avoir  porté  le  dégoût  pour  l’ccriture , jufqu’à  fe  dé- 
charger fur  un  fubalterne  du  foin  de  contrefaire  fa  main  , 
dans  les  refcrits  &:  dépêches , où  fa  fignature  devoir  paroitre. 
Lorfque  l’empire  romain  fubfifloit  encore  , dans  toute  fa 
fplendeur  ; l’eftime , que  les  barbares  faifoient  des  Romains  , 
réjaillilToit  fur  leurs  mœurs , leurs  arts, leurs  ulàges.  Mais 
quand  ils  les  virent  domptés  & détruits  par  des  hommes  fans 
lavoir  ; comme  ils  n’apercevoient  rien  , qui  mît  plus  de  di- 
férence  entre  eux  & les  Romains , que  les  arts  & les  Icien- 
ces  \ il»  fe  fimrèrent , que  les  lettres  énervoient  le  courage , 
&c  qu’il  ne  moit  pas  chercher  d'autre  caulê  de  la  chute  des 
Céfars  , du  renverfement  de  Rome , & des  viûoires  conti- 
nuelles , remportées  par  les  peuples  incultes  & grolliers  du 
Nord  fur  les  Romains , polis  &c  cultivés  par  les  lettres.  Pré- 
venus de  ces  fâulTes  (i)  idées  ,ils  n’avoiait  garde  de  s’apliquet 

(i)  Les  mauTaifcs  écritures  rareot  de 
tous  les  ficelés.  Elles  ne  décrient  que 
^euz,iOÙ  elles  (ont famiiiérçt  aux  pcrlô- 
ncs  , qui  par  état  devroient  U mieux 
écrire.  Qu'une  femme  trahit  des  Kgaesü 
peu  droites , que  les  teioes  ütaiStfeiK 
montées  les  unes  Ak  kl  atiuca , St  sn- 
cées  de  la  pâte  d'une  PMk  ; qu'i)  ülfit 
■ne  fybille  ponrlâs^éaÉfimrxVd  ne  doit 
pas  conclure  de  siwrtlIfiiwiiMéePIm- 

H;Hc#cure  fit  fort 
.^«lîe  avoit  cou- 
roite  4t  bien  fot- 
urefois  des  mains 
telles  étoient  pour 
fommes.  Au  refte 
I entendre  les  ex- 
ùque  de  toute  au 
I cuiAve  romaine. 

Ilufion  à fa  forme. 

CS  font  cpmmuné- 
^■esit  apuyéet , 8c  pour  ainfî  dire  , en- 
sdfo  les  unes  fut  les  autres.  Telles  font 
8c  le  e , mais  furtout  Te  8c  Ics..ÿ3ni 
parler  de  celles , qui  IcurfcsTeaii  debafot 


en  bien  plus  granl  nombre.  Sur  la  fin  du 
vil',  lieck  8c  veisk  commencement  du 
TiiiVlealigDei  dea  éciimics  métovin- 
gieones,ile  celles  même  des  diplômes 
royau,  font  afin  fo jettes  à monter  8e  à 
éastaâit.  On  en  voit  aulG  de  peu  droi- 
tes, dans  quelques  diplômes  du  roiEude, 
malgré  les  lignes  blanches  , tirées  ex- 
près , pour  t^ler  l'écriture.  Mais  en  fait 
de  mauvaife  écriture  , vit-on  jamais  rien 
de  pljs  déceilabic , que  les  pics  de  moo- 
chc  du  xv'.  fiécle , les  tirades  di)  xri*  , 
Si  le  étirage  de  nos  fergens  > 

(i)  lu  oc  concevoieot  ika  de  plus 
beau  , qu'une  bravoure  ayet^le.  Se  ren- 
dre redoutable  à font  k monde  , piller 
impunément  fcsvoéfiall  c’écoit  là  , félon 
eux  , k comble Üsk grandeur,  lafource 
de  la  vraie  illilfoàtion  , de  la  gloire  8t  dn 
mérita.  ’ ^ manière  d'enviAcer-  les 

fciencaa  J le  celle  de  M.  RooMau  de 
(Senève  n'éroient  pas  fort  dilérentes.  Mais 
iUfeferoient  crus  dégénérés  en  Romains; 
s'ils  avoient  fo , comme  toi  , plaider  la 
caufo  de  Tignoiance.  ^ ’ 


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DE  DIPLOMATIQUE.  419 

à l’étude.  Et  pour  ne  point  s’expofer  à la  tentation  de  fe 
palTioner  pour  elle  ; ils  s’en  fermoient  pour  toujours  la 
pone , en  ne  voulant  pas  même  foufrir  , que  leurs  enfans 
aprilTent  à lire  ôc  à écrire. 

III.  Rien  alors  de  plus  ordinaire , que  de  voir  des  grands 
& des  princes  , incapables  de  mettre  leur  nom  par  écrit. 
Théodoric  roi  des  Oftrogots  , quoiqu’élévé  à la  cour  de 
Conftantinople  , ne  le  favoit  pas.  Il  faloit  bien  que  le  roi  Ibn 
père  eût  à cet  égard  notifié  fes  intentions.  Sans  cela  l’éduca- 
tion d’un  jeune  prince  de  dix  ans , donné  en  otage  à l’empe- 
reur Léon,  auroit-elle  été  négligée  , jufqu’à  fi)  ne  pas  le 
rendre  capable  d’écrire  fon  nom  î Mais  ce  qui  fait  bien  voir , 
que  c’étoit  une  ignorance  afeûée  &r  par  goût  de  nation  : c’eft 
que  Théodoric  lui-mcme  devenu  fouverain  de  l’Italie  , ne 
permettoit  {a)  pas  à fes  Gots  de  fréquenter  les  écoles  des 
anciens  habitans  du  pats.  Les  principaux  d’entre  les  Goths 
indignés , de  ce  que  Amalafunte  faifoit  étudier  fon  fils  Atha- 
laric , fuccefleur  de  Théodoric  , s’en  plaignirent , comme  de 
la  chofe  du  monde  la  plus  opofée  aux  mœurs  d’une  nation 
belliqueufe. 

L’empereur  Juftin , Thrace  d’origine , & de  baffe  naiffance, 
ne  favoit  ni  lire  ni  écrire.  Sa  condition  , fa  patrie  demi-bar- 
bare , & depuis  loi^  tems  en  proie  aux  peuples  du  Nord , 

3ui  l’étolent  toutafait , rend  moins  furprenante  l’ignorance 
’un  empereur,  qui' d’ailleurs  avoit  commencé  par  le  métier 
de  fimple  foldat. 

Nos  rois  Francs  ne  parurent  pas  d’abord  plus  afeâionés 
aux  lettres , que  les  Goths  ; quoiqu’ils  en  fùflent  moins  en- 
nemis. Quelque  fuperficiel  que  fut  le  favoit  de  (t)  Chilpéric} 


( I ) La  politique  des  Romains , depuis 
funouc  qu'ils  fe  furent  mdiamorpbofés  en 
Grecs , alla  bien  jufqu'à  cacher  foigneu- 
femenr  à leurs  voifios  les  feccecs  de  leur 
Taâiqne  ; mais  Loin  de  leur  faire  un  myf- 
tère  de  rare  d'dcrire  ; ils  auroient  cru 
adoucir  utilement  pour  eus  mêmes  la 
férocité  des  barbares  , s'ils  avoient  pu 
leur  communiquer  leur  goût  pour  l'étude 
& pour  les  fcienccs, 

(i)  ebilpérie  fut  le  premier  de  nos 
rois,  qui  eut  quelque  ceinture  des  fciences 


& des  belles  lettres.  Pencécre  , fût-il  aulG 
le  premier  de  ceux 'qui  ffurent  vérita- 
blement écrire.  Depuis  lui , les  rois  mé- 
rovingiens , ou  du  moins  la  plupart  d'en- 
tre eux  ne  l'ignorèrent  pas.  Nous  ne 
voyons  meme  , que  des  rois  enfans , fur 
qui  puilTe  tomber  cette  ignoranec.  Mais 
on  ne  peut  dire  , qu'elle  ait  toujours 
duré  ; ü ce  n'eft  rjo'ils  n'aient  pas  alTez 
vécu , pour  aquétit  la  difpoGtion  con- 
traire. 

G ggij 


II.  PARTIE. 

S E c T.  III. 
Chap.  VIII. 

Rcms  , reines,  em-' 
pctcurs.quinefa- 
voient  pas  écrire. 
Charlemagne  >é- 
toit-il  de  ee  nom- 
bre ! Autres  rois , 
princes,  & grands, 
a qui  l'art  d'écrire 
fut  toujours  inoo- 
nu.  ' 


(a)  Prere*.  it  Bef- 

hgtlh,  I.  l.t.  1. 


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410  NOUVEAU  TRAITÉ 

^SSSSSSSST  QU  |g  regarda  comme  quelque  choie  de  rare.  Depuis  lui  tott- 
^ tefois  les  exemples  de  rois  & de  reines  , qui  ne  pouvoienc 
Chap!  viii.  pîis  feulement  écrire  leur  nom  , devinrent  moins  fréquens. 
(m)  Dt  rtMpUm.  On  cn  connoit  cependant  plulieurs.  Tels  ( i ) font  (a)  Clovis  U. 
t.  iio.  )7(.  é-  Clùlderic  (i)  II.  & Clovis  III  : telles  font  Nanthilde  , Ba- 
jtff.6o6.&6ot.  Clotilde  mère  de  Clovis  III. 

Sur  la  lin  de  la  dynaftie  des  Mérovingiens, les  lecoulTes  ter- 
ribles dont  l’état  fut  agité  , achevèrent  de  détruire  le  peu  de 
goût , qu’on  avoit  repris  pour  les  lettres.  Les  chefs  de  la  race 
des  Carlovingiens  ne  l'avoient  |>as  écrire.  C’eft  au  moins  ce 
qu’on  peut  dire  de  Pépin  le  bref  & de  Carloman.  Charlema- 
(f)  Vifctpi.  I . gne  ( a J lui-méme  ne  l’avoit  pas  apris  d’enfmce.  Les  tentatives , 


(J)  Hifi.  ittttn-  fl)  Le  P.  Getmoa  {e)  & M.  Ragoei  O.  Mabillon  ioclinoit  poor  «Ile  , de  ce 
fm  t»  difUm.  (d)  eotaflent  citation  fur  citation  , pont  oii'il  fait  commencer  (oas  ce  roi  l’ulàge 

/.  itt.&fiûv.  prouver , qoe  CIotu  U , c'eft-à-dire  un  Jet  monogrammes.  Il  aurait  pu  s’auto- 

(e)  FUuri  hifi.  enfant  de  quatre  ans , (aToit  derite  & ft-  tifer  d'un  teite  bien  plus  précis  , où  le 

I.  f.  I.  44.  gner.  Mais  toutes  ces  piétendues  ligna-  célèbre  Bénédiélio  (<)  le  croit  apuyé  d'E- 

f.  471. L*Blmc , turcs  ne  font  que  de  purs  inonogrames , giohart  , pont  avancer  , qu'un  prince 

Traité  d4j  mai.  faits  lôit  avec  des  ellampilles  , (oit  avec  o un  lî  vafte  génie  & d'une  li  gtanJe  érn- 

f.  fo.  FaUMHini  des  tablettes  percées , dans  les  ouvettn-  dition  , ne  favoit  pouttaiu  pas  mettre 

Vindit  dift.f, 170.  res  dcfqucllcson  faifoit  paiTer  le  calamus,  fon  nom  pat  écrit.  Le  doéle  marquis  s'é- 

if)  Angi^»  juin-  en  tenant  la  main  du  jeune  prince.  lève  contre  Lambccius  Sc  le  P.  Pagi  ; pat- 

hif-  (i)  PInficuts 'auteurs  ont  mis  en  pto-  cequ'iltont,  félon  lui,  prétendu  nire 

laÎM  Admm»  à blême  , s’il  favoit  écrite.  Les  uns  ont  té-  condller  dans  la  fôtmation  des  grandes 

Zsjnd». — N«v«  pondu  (a)  négativement  : les  autres  ont  lettres , donc  on  ufe  i la  chancellerie , 

aS»  trudil.  Ncv.  (j)  Ibutenn  l'afinnative  : d’autres  en  plus  l'écricuK , à laquelle  Charlemagne  avoit 

17)7.  grand  nombre  dilêne , qu’il  ne  put  jamais  dfayé  d’acoutumet  fa  main , fans  pou- 

(2)  Dr  Imtiu  U-  parvenir  à peindre  les  Maux  caraélères , voir  y réullïr.  Les  expeeflions  de  Lam- 

»’».  in  Gt>m*nid  sels  qu'étoient  les  majufcules  , nlïtés  Ibit  bécius  (é)  femblent  n’avoir  pour  but  , 

fmiit.  ).p.  il.  dans  les  mil',  foit  à la  chancellerie  ; qu’il  que  les  lettres  hilVotiécs.  Eginnart  auroit 

(h)  l'rrrna  iUuf-  étoit  néanmoins  capable  de  tracer  ceux  Jonc  plutôt  refufé  à Châtie  1a  qualité  de 

tram.  al.  ))7.  de  récriture  ordinaire.  Celle  i laquelle  peintre,  que  celle  d’écrivain  Mais  qui 

{i)  Dt  rt  dipUm.  il  s'apliqua  fans  fuccès  , n’étoic  autre  , croira,  qu'un  (/)  Ir grand  roi  ait  perdu 

famltm.f.  10.  au  fentiment  de  (f)  Burchatd  , que  l’an-  le  tons  i peindre  de  belles  tnajafeu- 

(k)  BtUiuh.  C*-  cienne  germanique  , donc  la  forme  grof-  les!  M.  Baudcloc  étoit  pourtant  li  en- 

fur.  lit.  s.  c.  f.  lière  & tullique  ne  mériioic  pas  , qu’un  chantédecettemanièted’expliquecEgin- 

p.  X <) . a (4.  fi  bon  elptic  prit  tant  de  peine  , pour  ne  hatc , que  pour  la  faire  triompher  de  tou- 

(l)  EckhuriRtrum  rien  aprendre.  Les  dificultés  qui , rélati-  tes  les  antres  , if  propolë  lèrieuremcnc 

Franc.  l.l.Uh.14.  vement  à l'aquifition  de  l’an  d’écrire  , (nr)  de  cfaannr  Ion  fcrAtn  en  fingnt, 

f.  48  t.  arètèrent  les  progrès  de  Chatlemagne  , te  fi'tr/rM  en  irneaninasù.  Qui  pouroit  Ibu- 

(«)  De  Tatiltti  Frautzius  dans  (à  vie  les  réduit  à n’a-  tenir  paceille  licence,  fous  prétexte  de 

du  vtyafti.  t.  1.  voir  pu  rendre  exaélemcnc  pardesima-  corteâion  ! 

f.  yx8.  gesles  mouvemens  des  allres.  L'aplica-  M.  Maliéi  eftd  Ibn  tour  combatu  par 

(n)  BMab.  tmi-  non  du  monarqiK  eut  tout  no  autre  ob-  (a)  Don  Nallâre.  Ce  dernier  lui  repr»- 

vcrfal. fnUgt  fit.  jet,  aux  termes  d’Eginhart , qui  ncdillï-  che  , ainfi  qu’à  D.  Mabillon  de  ne  pas 

xxxiii.'ÿ’.  muk  pas  fon  ardeur  pont  l'aKronomie.  entendre  ^inhatt.  Heoman  («}  n’efl  pas 

(«)  Canmau.  di  M.  Mafféi  non  content  de  fe  (h)  déclarer  moins  petimulé  , qu’on  ne  le  comprend 

r»  diplim.  caf.  1.  pour  la  première  ooinioo  , conclut  que  pas  , quand  on  cerndut  de  fes  paroles, 

$.  <s.p.  JI8, 


: CoogL 


DE"  diplomatique;  411 

qu’il  fit , dans  un  âge  plus  avancé  , pour  façdner  fa  main  à 
l’écriture  , &c  le  peu  de  fucccs  de  les  éforts  , le  prouvent 
afTez. 

La  meme  ignorance  avoir  cours  en  Angleterre  , &:  les  rois 
anglo'faxons  n’en  étoient  pasexemts.  \Tithred  ,quiregnoic 
fur  la  fin  du  VI  i‘.  fiècle  Sc  le  commencement  du  vi  1 1 , ne 


II.  PARTIE 
SlCT.  III. 

Cna».  vin. 


oae  Charlemagne  ne  faToit  pas  écrite.  Il 
uut , à foa  avis  ; les  caftrcùulre  à la 
belle  écriture  des  ôlligraphes.  C'ell  aufli 
le  parti , que  prennent  O.  Riret , D.  Bon- 
«juet  , Jean  - George  Eckbart , d'après 
SchmincJt.  Le  P.  Loogueral  (»)  inter- 
prète de  même  la  prétendue  incapacité 
de  cet  empereur.  » 11  s'agUToit  »aram- 
s ment , dit  il , de  l'écriture  , dont  on 
» fe  Tervoit , pour  tranferire  les  livres  , 
K & c|ui  étoit  diférentc  de  l'éccitute 
» uruclle.  D’aillcuts  on  conferve  , A ci 
•Mlu'ON  caoiT,  les  originaux  de  plu- 
90  lîcurs  chartes , où  Charlemagne  a (ouf- 
» cric  de  Ta  propre  main  par  un  mono- 
» gramme  , donc  les  lettres  , qui  com- 
M pofenc  l'on  nom  . fom  très-bien  for- 
9>  titées.  " Nous  palTons  ce  monograme  , 

Îiue  le  r.  Longueval  a foin  de  faire  repré- 
euter  : quoiqu'on  bon  Hardouinifte  , il 
ne  crût  pas , qu'on  ait  aujonrdui  les  ori- 
ginaux d'après  lefqucis  il  ell  tiré.  Mais 
qui  ne  le  prendra  pour  un  grand  anti- 
quaire , quand  il  prouve  , qu'un  prince 
UToic  écrire  : pareeque  les  lettres , qui 
compolbient  le  monograme  de  fon  nom  , 
étoient  bien  formées  ? Comme  C elles 
n'avoient  pas  été  tantôt  imprimées  avec 
des  cRampilIcs  , tantôt  tracées  au  tra- 
vers de  cablccrcs  percées  , untôt  formées 
de  la  main  des  Iccrétaircs  1 C'eft  ce  qnc 
nous  ne  carderons  pas  d'eipofer  en  peu 
de  mors  , en  accitdanc , que  nous  trai- 
tions des  monogrames. 

Si  notre  fencimcnc  pouvoit  être  de 
quelque  poids  ; pour  concilier  ceux  de 
une  de  grands  hommes , autant  qu'il  cH 
poflible^  noos  acorderions  û D.  Mabil- 
lon  , qsn  cems , ou  Charlemagne  in- 
troduint  Tulage des  monogrames)  il  ne 
lâvoit  pas  encore  éenre.  Nous  ajoute- 
lions  , qu'aptès  l'avoir  aprts , il  ne  fe  dé- 
partit jamais  de  fa  pcemiéte  (afon  de  (i 
sner.  Nous  ne  voyons  . dans  la  vie  de  (t) 
Châtie  pat  Eginhan , ni  cctcc  ignoiasce 


toule  de  l'art  d'écrire  , ni  cette  tapa* 
cité  pour  une  fone  <récticacc  , à l'ex- .. 
clulion  des  autres  , que  plulîeuts  lui  arri- 
buent.  En  un  mot  il  favoic  écrire, mais 
il  ne  devint  jamais  habile  dans  cet  art, 

CcA  , ce  fcroble  , tout  ce  qu'on  peut  ira- 

féret  de  ce  texte  ! (5*  Jeriktrt . 

tahidafijue  ^ cciieilUt  ad  htc  in  ItHula  W yj 

fui  ctrviealiiia  chrcnmftrtt  fdibat  , ut  »I- 

CM»  vaemm  ttmfut  tjftt  , «Msiun  tjf- 

jùndit  littris  ajftufactrn  : fed  farim fnc- 

ctffit  laior  prtftjitrut  ae  ftrb  incheauu. 

S'il  rriloit  quelque  doute , il  feroic  té- 
folu  par  un  autre  pallâge  do  même  au- 
teur. 11  y eft  (f)  expreflément  porté  , (r)  ».  ay; 

qu'il  xcaiviT  (c  qu'il  aprit  par  ctrur  les 
vieilles  chanfons  barbares  , où  l'on  cé- 
lébroit  les  exploits  & les  guerres  des  an- 
ciens rois  : iariar»  ÿ atui^uijpma  car- 
mina  , jtùiui  vtttrttm  rtftim  aSut  ac 
Mla  cantianittr , ferit/û.  Ce  qu'il  fit  pat 
lui-méme  pour  la  (d)  correâion  des  li-  [J)  flu. 
vrcs,  fupofe  audl , qu'il  favoit  écrire.  ».  4.».  J7Ô.  40?! 
Lambéctus  (r)  atelle  , que  dans  la  bi-  410.  ’ ’ 

bliochèque  impériale  , on  conferve  un  (,)  Ui,Z.p^ati 
mf.  corrigé  de  fa  propre  main.  Mais  ce 
qui  paroit  encore  plus  décilîf  : un  con- 
cile tenu  à Fifmcs  , au  diocèfe  de  Reims, 

& dont  on  croit  les  aâcs  drelTcs  par  le 
fameux  Hincmar,pone  que  Charlema- 
gne avoir  au  chevet  de  Ibn  lit  des  ta- 
blettes avec  an  ftylcc . qu'il  y marquoic 
fes  réiléxioDS-lcs  plus  avancageufes  au 
bien  de  l'églife  & de  l'état , St  qu'il  les 
comrouaiquoit  enfuice  à fon  conlëil.  Le 
(àiteftapuye  fut  le  raporc  de  témoins  ocu- 
laires , ai  illif  audmt , ftù  iainfiurmt. 

Eckhatt  fait  célébrer  ce  concile  , qu'on 
apelc  afud  fanSamMarram,  fous  Cnarle 
le  chauve.  D'autres  le  fixent  i l'an  18 1. 

Quoiqu'il  en  foit  : ce  témoignage  peut 
fervit  de  commentaire  au  texte  d'Egin- 
harc.  Il  fera  donc  redreinc  à une  écriture, 
ni  belle  ni  hardie , te  non  i l'ioipiiüiuicc 
' d'écrire. 


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II.  PARTIE. 

Sect.  III. 
Ch*p.  VIII, 

( »)  Spilmun. 
Cmcil.i.i.f.19}- 

ij8. 

(b)  Mareptl.  S*- 
lifi.  t.  l.f.  Ii|. 

(f)  Annal.  Be- 
nti.t.  * 

(J)  Flturi.  (,  XI. 
f.  197.  19*. 

(e)  Mém.ponrftr- 
vir  à l'hifl.  deBret. 
I,  t.frt/ /.TI U. 


4,7,2,.  N P U VE  AV  J TA  A ï T É : 

(kvoit  (a)  pas  ligner  fou  nom*  A peine  Taflilon,  duc  de  Ba- 
vière en  (6)  pouvoit-il  former -les  premières  lettres,  Herbaud 
comte  du  facré  palais  , & par  conféquent  le  chef  de  la  juf, 
çice  de  l’empire  en  874.-  étoit  (c)  encore  moins  habile.  Plu- 
fieurs  R4PWS  feigneurs  d’Allemagne  fe  trouvoient  (i)  dans 
ie  .mèipp.-cftî*.  Quoiqu’on  Orient  l’art  d’écrire  fût  plus  cul- 
tivé, on  y vit  un  Baille  (d)  le  macédonien  augmenter  le  nom- 
bre dés'  princes  incapables  de  figner  un  aéle  dans  toutes  les 
formes. 

» L’ignorance  , qui  {e)  regnoit  dans  le  ix'.  ficelé  (i)  6c 
..  les  fuivans  , dit  D.  Hyacinthe  Morice  , étoit  fi  grande  , 
» que  les  laïques  ne  favoient  pas  même  écrire  leurs  noms.  « 
Ce  mal  empira  , durant  (})  les  x.  xi.  6c  xi  i.  Guillaume  le 


( f)  Beliquit  mjf. 
tir  diflom.  /.  i. 
frtf.f,  Jl.  9}. 


t-  9i- 


'(>>)  Pv-  74. 


(i)  Il  ne  faut  pas  douccrjdic  (/  Ludevig 
qu'il  n'y  ait  eu  des  empereurs , qui  ne 
favoient  point  deri  e : puifquc  les  prin- 
ces mêmes  s'avoienc  pas  honte  daieller 
leur  ignorance  dans  les  diplômes , par 
cetie  formule  fclenncllc  : ^nia  liiitras 
nefeiff  î earaSertt  pingert  ignore  i praprer 
ifmrantiam  litltranim  : k en  alleman  ; 
Pf^tUith  fchreibtns  nner  fahren.  Cepen- 
dant tela  ne  doit  pas  s'étendre  , conii- 
nue  Ludevig  , à un  lî  grand  nombre. 
D'ailleurs  ceux  qui  ne  favoient  pas  écrire, 
imprimoienr  leur  nom  avec  des  eflam- 
pes  de  bois  on  de  cuivre  , ou  bien  diii- 
geoienc , au  travers  de  lames  percées , 
les  mouvemens  de  la  plume.  Ils  fu- 
pléoienc  encore  à leur  ignorance  par  des 
marques  ; que  nous  apelons  handfemcrk, 
handxjtirbtn  par  des  croix  , par  des  figu- 
res monlbrneufcs.  Enfin  les  témoins , les 
dates  , les  fceaux  , les  chanceliers  , les 
chapelains  ou  les  notaires  fufilbient  pour 
revêtir  les  chartes  de  toute  rauthenri- 
eité  , qu'on  exigeoit  alors.  Ainfi  l’on  ne 
peut  rien  conclure  de  là  contre  la  mul- 
dtude, ni  contre  la  finc^ld  de  ces  pièces. 

(1)  Il  n’en  faut  |«Mnmt  pas  iufércr, 
que  cette  ignorao<*'5’^tendit  à tous  les 
laïques  , mais  ftulement  à leur  très- 
grand  norabte.  ^ous  en  voyons  encore 
alors  quelqucà'ons  figner  des  diplômes  s 
non  feateaKnc  en  Italie,  où  ccc.ufage 
fe  b(eo  plus  long  teins  , mais 

»énrf«irtaoce. 


(?)  L'illullre  auteur  du  Nenvel  abrégé 
chranelegiqne  it  thifteire  (g)  de  France 
n'en  dit  peutètte  pas  alTez  : locfqu’au  x'. 
iiècle  il  repréfente  Vignerance  comme  Je 
prefondt,  qui  peine  tes  rois  , les  princes 
à"  les  feigaears , encore  moins  le  peuple [a- 
voiens  lire  : mais  n’en  dit  il  pas  un  peu 
trop  J quand  il  ajoute  , qu'r/j  conoifoient 
leurs  pogejfsons  par  tufage  , {j.  n’avoient 
garde  de  les  fousenir  par  des  sitres  : puif- 
, qu  ils  igneroientCuf âge  de  e écriture  ! Sur 
l'année  919.  il  avoit  déjà  dit  tlo’,- 
jinijfent  tes  r apitulaires  (h)  de  nos  rois.’ 
Les  plus  anciens  litres , dont  nous  a^ens 
conoigance  depuis  , ne  commencent  qu'A 
Louis  le  gros  , à tan  i loo.  encort 
jufquà  S.  Louis  , g ton  en  excepte  tor- 
donanee  de  Thilippe  augufie  de  tan  1190. 
et  ne  font  ^ue  ehanei  particuliires  acer- 
déesàdes  eglifes  f^c.  i”.  Les  exceptions 
,à  l'ignorance  générale  s'étendaient  alors 
fi  rarement  aux  feigneurs  , qu'il  n'étoit 
pas  Bécefiâirc  d’y  recourir  en  leur  fa- 
veur. a”.  Quoique  prcfriue  aucun  laïque 
ne  lût  écrire  ; on  ne  lailfoit  pas  de  fou- 
tenir  fouvent  fes  polTeflîons  pat  des  ti- 
tres antérieurs  au  x'.  Iiècle.  Il  y a plus  s 
malgré  les  divers  moyens  prafiqués  , 
■pour  fe  difpenfcr  de  drelTcc  des  aâes  ; 
la  coutume  k lesloix  memes  obligeoicnc 
I de  fe  faire  expédier  des  chartes  en  di- 
lîférentes  ocafions.  L’obligation  étroite 
I;  ccllânt;  les  plus  fages  ne  lailToicnt  pas 
I de  donner  la  préftrcnce  aux  titres  fur  les 


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DE  DIPLOMATIQUE;  4ij 

-onquérant  , tout  amateur  des  favans  &:  tout  gr^d  monar- 
^ue  qu’il  fût , ne  fe  diftingnolt  point  par  cet  endroit.  Phi- 
lippe I.  fon  feigneur  fuzerain , quoique  fon  inférieur  à di, 
vers  égards  , n’étoit , à celui-ci , que  fon  égal.  Les  xi.  fie 
XII*.  liccles  ont  néanmoins  eu  deux  rois  de  France  lettrés, 
Robert  fie  Louis  le  jeune  : mais  alors  dificilement  trouvoit- 
on  (i)  quelque  homme , qui  ne  fut  pas  d’cglilê,  fie  qui  lut 
écrire. 

IV.  On  n’eft  pas  étoné  de  voir  des  laïques  ignorer  l’art 
d’écrire  ; furtout  depuis  que  la  barbarie  eut  couvert  la  face 
de  la  terre.  Que  des  écléliaftiquâs  ne  l’aient  pas  fu , qu’ils 
l’aient  déclaré  nettement  ; c’eft  ce  que  certains  écrivains 
de  nos  jours , qui  jugent  des  mœurs  antiques  par  les  nôtres , 
ne  fauroient  digérer.  Quelle  fera  donc  leur  furprilê , lorf- 
qu’en  Occident , comme  en  Orient , on  leur  prouvera  ces 
uits  par  des  exemples  antérieurs  à l’inondation  des  barbares  , 
fie  contemporains  aux  liècles  les  plusfloriflans  de  l’empire  de 
Conffantinople  ? Que  répliquer  , quand  on  leur  fera  voir  en 
411.  à la  conférence  de  (a)  Carthage  un  eveque  , par  pure^ 


lymbolcs  dlnvcnicurc  & les  esntrats  non 
écrits.  Dès  le  x*.  (i^cle  , ü mode  fort 
acrfditde  (b)  des  notices  hinorkjues,  dtef- 
tées  avec  des  formalités  plus  ou  moins 
fbleooetles , prouve  alTcz  , qu'on  n’ai- 
moir  pas  à s'en  tenir  à des  conventions 
ou  donations  verbales , quoiqu’en  pré 
fence  de  témoins.  Enfin  on  nombre  ttes- 
conlîdérable  de  (r)  chartes  , dont  les 
originaux  fubfillcnt  encore  , ou  tirées  de 
cartulaires  des  x.  & x t.  (iécics , pour  ne 
lien  dite  des  fuivans , ate/lent , qu'on  ne 
difeontinua  jamais  de  Ibutenir  fci  polTef- 
£ons  par  des  titres. 

1/  fenh  (d)  emtrmirt  mx 

Uftùnt  Ut  flut  ctmmmut  tU  ermt  fu' il  ny 
Mit  ptint  tu  dt  titrtt  dtftùt  ftf.ju/qu'i 
tint  1100.  Ce  ne  fût  jamais  la  pcnléc 
de  l'illulfre  auteur  i nous  en  Tommes  cer- 
•aiiwpat  Ton  propre  témoignage.  Il  palTc 
fl  rapidement  des  capitulaires  de  nos  rois 
i ce  cju'it  apdtc  les  anciens  titres , de 
seux-ci  aux  onimaoces , & de  ces  det- 
meres  aux  chartes  , qu'on  a lieu  de  juger 
qu'il  n'a  pas  prétendu  aprofondiria'ma- 
ttère  ; aullï  pourrit-on  dire  qu’il  en  étoir 
en  quelque  fone  difpeofé  par  1a  nature 


meme  de  Ton  ouvrage.  N'exigeons  pas 
d'un  fâvant  hifloricn  , qui  Te  propoTc  uni- 
quement d'ofrir  des  vues  générales,  qu’il 
parle  avec  la  précifion  , qu'on  a droit  d'a- 
tendre  d'un  diirerratcur , qui  o'embradè 
qu'un  point  particulier. 

( I ) Sur  la  fin  du  X 1 1 r‘.  ficcle  Tart  d’é- 
crire commen^oit  à reprendre  faveur  par- 
mi les  laïques  Cependant  M.  de  Valbo-* 
nais  (e)  nous  aprend  qu'il  éroit  encore 
fort  rare  de  vi>ir  des  perTones,  qui  TçuT- 
Teiir  lire  Sc  écrire.  » De  huit  témoins  , 
» qui  furent  préTcns  à l'ouverture  du  tef- 
» rament  de  Guillaume  de  Beauvoir  , il 
» y en  avoir  cinq  , qui  ne  Tavoient  pas 
» écrire , & qui  s'en  rcmitcntà  une  main 
» étrangère  , pour  la  Toufeription  de  leur 
» nom.  « C’étoit  en  1 177.  Au  commen- 
cement de  ce  ficcle  , peutétre  ne  s'en 
Teroit  il  pas  trouvé  un  , qui  pût  TouTcrire. 
On  comprend  bien,  que  nous  ne  parlons 
ni  des  écléfiaftiques  ni  des  juges  le  no- 
taires laïques , qni  commenfoient  à être 
dillingués  des  vrais  clercs  ; quoique  ceux- 
ci  czeryalTcnc  encore  allez  mquemment 
tes  fboéHons  des  uns  te  autres. 


1 1.  ^A;RTIE, 
Se  c t.  III. 
Chup.  VIII, 


EcIéfiaAiques  7 
qui  ne  Tavoient 
pas  écrire,  ou  qui 
ne  daignoiem  pa» 
figner. 


(u)  CoUmI,  die  t. 
t.  13 }. 

(b)  V,  aetrt  i.  /. 
part.  I.  M, 
eh.  5. 


(e)  V.  les  rteutih 
de  U.  BmIwu,  det 
Pires  Dmeheri  , 
Marthse  Dtt- 

russd , U tèvr* 

dt  U DipUmati- 
i*.  terne eU 
Phifteire  ftstérisU 
de  LMafutdtc,éf‘ le 
P*,  des  H^erietu 
dt  FrMUct,rtciseH- 
liî  pur  D.  Bem^uet 
&c, 

(d)  Letir.  de  It, 
U Prtfsdestt  Ht- 
StMUlt. 

(•)  Hèfi.dtDeun 
fhisté.t.  z.f.  aaS. 


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II.  PARTIE, 
Se c T.  III. 
Ch  A f.  Vm. 

(a)  LaU«  cuuil. 


(h)A0. 

?}• 

(t)  cmcil. 


(4) 

(#)  Fulitri.  Cmt- 
tiH-  ep.  II. 


B.  J.  «O* 

Etoit-il  d’ofage 
de  faite  dans  les 
afles  publics  Si 
priTét  on  ayen  fo- 
Icnncl  de  (bn  in- 
capacité  d'fcrire  i 
Biplomesdiféieosj 


414  NOUVEAU  TRAITÉ 

incapacité  , hors  d’état  d’écrire  fon  nom  ; deux  prélats  re- 
vêtus de  la  meme  dignité  dans  le  conciliabule  d’Ephèfe , ne 
pouvoir  figner  : plus  de  quarante  évêques  au  concile  de  Cal- 
cédoine , réduits  (a)  à figner  par  les  mains  d’autres  évêques 
ou  recourir  a celles  de  leurs  prêtres  ou  de  leurs  diacres. 

Si  des  évêques  obligés  d’atefter  par  leurs  fignatures  les 
aftes  des  conciles  généraux  , auxquels  ils  étoient  députés  , 
s’en  déchargèrent  uir  des  mains  étrangères  ; on  n’exigea  pas 
des  abbés  , des  prêtres  & des  clercs  , qu’ils  fignafifent  tou- 
jours par  eux-mêmes.  Le  concile  fous  Menas  {t)  nous  fait 
conoitre  deux  fupérieurs  de  monaftères , dont  la  capacité  n’a- 
loit  pas  , jufqu’à  favoir  mettre  leur  nom  au  bas  d’un  aéle.’ 
Plufieurs  des  moines  (i)  d’Orient , oui  préfentèrent  (c)  con- 
tre Sévère  une  requête  à ce  patriarche , quoique  archiman- 
drites ou  fupérieurs  de  monaftères  > Sc  même  prêtres  , fc 
virent  par  le  même  motif  dans  la  néceflité  de  la  faire  fouf- 
crlre  en  leur  nom.  De  ce  nombre  fut  Sabbatius  , prêtre  6c 
fupérieur  du  monaftère  d’Hypace,  Nous  ne  parlerons  point 
d’un  Gratien  foudiacre , qui  ne  put  mettre  fon  nom  à la  cé- 
lèbre charte  de  Ravenne , publiée  6c  figurée  dans  le  fuplé- 
ment  à la  Diplomatique  de  D.  Mabillon.  S.  Bénoit  n’exi- 
geoit  pas,  qu’on  fût  {d)  écrire,  pour  faire  profelfion  de  fa 
règle.  Tous  les  moines  ne  le  favoient  («)  pas  encore  , au 
commencement  du  xi'.  fiècle. 

Mais  il  étoit  réfervé  au  moyen  âge  de  ne  pas  vouloir  pren- 
dre la  peine  de  figner  , (bit  qu'on  lut  écrire , ou  qu  on  ne  le 
fût  pas.  Les  écléfiaftiqucs  6c  les  évêques  mêmes  n’ont  que 
trop  fouvent  copié  les  moeurs  féculicres  , dans  des  chofes 
beaucoup  plus  importantes.  L’ufage  introduit  par  nos  rois 
carlovingiens  de  ne  plus  faire  de  fignatures  ordinaires  , ne 
pouvoir  donc  manquer  d’avoir  bien  des  imitateurs  , même 
parmi  les  évêques  6c  les  abbés.  On  peut  en  voir  des  exem- 
ples dans  la  (j)  Diplomatique  de  D.  Mabillon. 

V.  Quoiqu’il  y ait  eu  des  peuples  a(Tez  barbares  , pour  fe 
lailTer  prévenir  contre  l’art  d’écrire  ; nous  ne  voyons  per- 
fone , qui  fe  foit  glorifié  de  cette  ignorance  j lorlqu’il  s’a- 
gilïbit  de  fouferire  quelque  afte  , auquel  il  étoit  intérelTé. 
Mais  (bit  humilité , foit  foumilTion  aux  loix  , foit  diférence 

■I  ' Dnfn  rntftoce  AU  mouu  fept , doiu«ioEl<Jues->ins  ftoient  pr£ctcs, 

de 


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DÊ  DIPLOMATIQUE. 


41J 


de  mœurs  & de  coutumes  ; l’aveu  de  cette  impuiflance  cou-  *^^****— 
toit  peu  : ou  s’il  coûtoit  quelque  chofe  à l’amour  propre, 
on  favoit  le  facriüer  de  bonne  grâce.  La  franchife  de  ces  chà?.  viii. 
bons  vieux  tems  paroit  incroyable  aux  Germons  , aux  (a)  oi  u Cgnaturc  de$ 
Raguets  &c  à leurs  partifans.  Quand  Clovis  IL  &c  la  reine  roi«mfrovingiein 
Nanthilde  fa  mère  n’auroient  pas  fu  écrire  ; ils  ne  de- 
voient  pas  , à les  entendre  , faire  (c)  parade  d'une  ignorance 
Jî  extraordinaire  dans  un  acfe public.  Qu’étoit-il  befoin  , que  ufl,p  ,','9. 

des  rois  s’excufaflent  de  foufcrire  ; lorfque  ("i)  leur  fignature  nfctpt, 

••  1.^  141.  145. 


(i)  La  preuve  , <jnc  la  (îenature  des 
rois  inutile  à la  validité  des  diplô- 
mes : c'cfl  (]uc  D.  Mabillon  a publié 
treize  pricefuet  ou  pUids  , tous  tirés  fur 
les  origioauz  » tous  de  rois  ntérovingiens, 
où  ils  ne  lignent  pas  : 8c  cependant  ils 
n’en  font  point  d'ezeure.  Mais  il  ne  faut 
cjue  deux  obfsivarions  , pour  réfoudre 
la  diHculté.  1 Les  anciens  plmids  lonc 
des  aréts , où  Ion  renferme  les  jugemens 
prononcés , fur  des  procès  difeutés  en 
préfence  du  roi  & de  les  principaux  mi- 
nillres.  Janaais  roi  mérovingien  ne  les 
ligna  : feulemenc  il  les  failoit  vérifier 
par  un  de  Tes  référendaires  > fous  la  clau- 
Tc  rtcogntvit.  Or  fur  les  treize  diplômes 
cités  par  le  P.  Germon  « neuf  font  des 
fl»idsy  Ils  en  porrent  le  titre.  Tels  font 
les  II.  t;.  16.  19.  XX.  if.  17.  il.  )i. 
Au  15*.  nommément  alégué  par  le  Jé- 
fuitc,  comme  non  fouferit , quoique  fî« 
gné  du  roi  dans  toutes  Ica  formes , nous 
fublUtuoDS  le  qui  ne  Tcft  pas  , 6t 
qu'il  aura  voulu  indiquer.  Aces  neuf  di- 
plômes , il  faut  encore  joindre  le  14  , 
jnal  à'propos  intitulé  prér«pre  dans  la  Di- 
plomatique. Et  qu'on  ne  nous  opofe  pas 
le  io‘.«  diplôme  , portant  le  titre  de  pU- 
àstan  , & toutefois  figné  par  le  roi 
Thieni  III.  Cell  encore  un  titre  démen- 
ti, par  le  teitc  , qui  fe  qualifie  lui-mcmc 
une  fois  préetpte  & deux  Ibis  Mutthé. 
AuITi  , loin  de  l'objeâer  , le  P.  Germon 
n’en  tire-c-il  aucun  avantage.  Il  n'éroic 
pas  homme  à prévenir  la  réponfe  à fes 
objeébons,  quand  meme  il  i’auroit  pre- 
vue : & il  ne  pouvott , fans  la  prévenir , 
Aire  valoir  ccnc  inftance.  U ne  relie 
donc  plus  que  trois  préceptes  non  fouf- 
crics*  Mais  1^.  diflingucz-ca  de  deux 

Tome  II. 


fortes  , fans  préjudice  des  ancres  diflinc- 
rions  , qui  ne  fout  rien  à notre  fujet.  Les 
uns  conciennent  des  donations , rellitu- 
rions  ou  cooBrraattons  de  cous  les  biens 
d'une  églife  ou  feulement  de  quelque 
fond  coofidérable  de  donation  royale. 
Ces  préceptes  font  toujours  lignés  du  roi 
mérovingien  & d'un  de  fes  référendaires. 
Les  autres  fe  bornent  à des  immunités  oa 
bien  à des  confirmations  d'ezemptions  ou 
de  péages.  Ceux-ci  ne  font  point  (ignés 
durant  le  v x t fiècle , & pas  même  con- 
flamment  au  vi  1 1^.  Ils  font  plutôt  apc- 
lés  ordonances  urdenutio  , que  préceptes. 
C'cfl  ainli  que  fe  nomment  les  diplômes 
II.  17.  ji.alégués  parle  P.  Germon, 
lis  confirment  uniquement  des  immuni- 
tés de  péages.  Le  ix.  n'efl  non  plus 
qu'une  exemption  des  droits  , que  per- 
cevoir le  roi  liir  les  navires  Ôc  charois.  Ils 
ne  dévoient  donc  pas  être  fouferiesde  fa 
main.  Le  diplôme  aeufé  par  le  P.  Germon 
n'efi  évidemment  pas  un  arét.  C'eft  un 
précepte  . mais  non  du  nombre  de  ceux , 
qui  ne  font  qu'acorder  des  exemptions  de 
péages , ou  meme  que  tes  confirmer.  Oo 
peut  douter  fi  ce  n'cfl  pas  une  véritable 
donation,  ou  du  moins  l'ampliation  d’une 
concelTion  précédente.  Contentons-nous 
de  renvifager  , comme  la  cor^rmation 
d'un  diplôme  de  Dagobert , par  lequel  il 
donnoic  une  terre.  Cen  étoit  affez  , 
pour  que  fa  confirmation  dût  être  figoée 
& du  jeune  roi  & de  fa  mère.  S'ils  oc  le 
faifoicnc  pas.  il  faloic  dire  pourquoi  : leur 
exeufe  les  dirpenfoit  de  la  fouferipcioa 
ordinaire  aux  rois  mérovingiens  , & 00a 
pas  de  quelqu'une  des  fignatures  de  ceux , 
qui  ne  (avoienc  pas  écrire.  Auffî  la  pièce 
m-cUe  fignée  par  des  monogrames.  tes 

Hhh 


(r)  1.  fttpltm*  À 
U dtfmfi  dê  S. 

Ou€n.  p.  17. 

* ^ 


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NOUVEAU  TRAITÉ 

n’écoic  p*s  néceflaire  ? Mais  que  peuvent  des  raUbnemens 
contre  des  faits  ? L'impuiflance  d’écrire  d’un  toi  feulement 
CH*?,  vrâ.  ‘le  quîttre  ans  & oe  la  mère,  de  la  condition  lêrvile  (a) 
(«)  âpeice  au  trône , eft  conftatée  pat  un  monument  aU'delTus 

fiM.  thrm.  cri.  de  tous  tes  fophifmes.  L’ufage  d’avouer  pareille  ignorance 
atefté  par  tant  de  traits  mftoriques,  que  toutes  les  chi- 
canes de  l’efprit  humain  ne  pouront  en  obfurcir  l’éclat.  U 
fuhra  d’en  rapeler  quelques-uiu  ( i ) dans  les  noces. 

Voyons  maintenant  quelles  furent  les  fuites  de  cette  igno- 
rance , par  rapott  à la  diplomatique.  Les  invefUcures  , les 


(i)  tai.  cmcil. 
t.  1.  cri.  ifif. 

(c)  lUi.  t.  4. 
tri.  )io. 

(-0  IW. 

{c)  De  rtdifltm. 
fufpltm.f.  7<- 

(/)  Ifltr.  riifltm. 
t- 14+- 

(i)  liid.  f.  147- 

(li)  De  rtdifltm. 
ftf^cm.f.  8», 

« 

(/)  Ifttr.  £fUm. 
f.i(f. 

(t)  Lat,  ctncil. 
».  i.cri.  IJJ. 

(l)  Sfrim.  ctacil. 
».  i.f.  IJ. 

(m)  Dt  rtdifltm. 
I.  f.f.  544. 

[a)  Ftacaami 
vindic.  diflem, 
f.  Iti.  ttj. 


triomphes  da  P.  Germon  flir  Ck  faudeté 
font  donc  bien  cbimétiqnes. 

( 1 ) QuintttS  {i)  (igné  pour  Paulin  ivi- 
que  de  Zute  , à la  confürence  des  catho- 
liques avec  les  DonatidcsJhnptércncc  du 
prClac  non  Ictttd  , Ton  énonce , qu'il  ne 
favoic  pat  écrite , limas  ncfcitntc.  Au 
conciliabule  (r)  d’Ephéfe  . Élie  évéque 
d'Andrinople  ligne  par  la  main  de  Ro- 
main évéque  de  Mpre  : pareeque , dit-il , 
je  ne  fai  pas  écrire , et  ^utd  nefeiam  lis- 
teras. Un  autre  év^oe  (d)  en  fait  autant 
pour  la  même  railon  : frtfstrea  gsstd 
limas  ifjttrtm.  La  meme  ciptellion  ed 
employée , dans  (c)  les  foufcriptions  de 
ta  charte  de  pleine  féentité.  Un  papier 
{f\  d'Egypte  publié  pat  le  marquis  Maf 
fti  , te  tenfermant  une  donation  faite 
à l'églife  de  Ravenne  , porte  que  la  do- 
nntrice  ne  fachanc  pas  éceire  l'avoir  con- 
firmée pat  le  ligne  de  ta  croix , frt  ifat- 
ransca  lisseramm.  L'éditeur  croit  (/)  la 
pièce  de  l'an  474.  Mais  qu'elle  loté  da 
V*.  liécle  ou  du  fuivant  , cet  aveu  nous 
e(l  égal.  D.  Mabillon  a publié  (b)  déta 
papiers  d'Egypte,  dans  le fqiMlf  oæ do- 
natrice & un  donateur,  VdiijM  celui- 
ci  lût  revêtu  de  dignités amlfrailes,  très- 
didinguées , rccoooilSdt  ïojmellemcnt , 

Î|u'il$  ne  lavent  tàild  : quia  i^atrt 
Useras,  dit  U pfwMtre  = froprer 
fitmlisserarsmll^  S'exprime  le  fécond 
Un  autre  pa|^*çd^gyptr  (')  de  M.  Maf- 
féi , conteol^  One  vente  , répète  dans 
les  mêm^.te^rs  , que  le  vendeur  (ait 
un  fîgpe  jra  défaut  de  la  fouferipekm  or 
dinaitéii 11  ed  de  J71.  Un  fragment  ttès- 
CoolSd|f>abIc  des  aéles  publics  de  Ra- 
nous  aprend  Us  iortnes  obCtnéfi 


i l'ouverture  des  tedamens  , faits  aux 
v*r&  vi',  (iècics  en  laveur  de  réelilcde 
cette  ville  célèbre.  Or  un  des  tedaceurt 
y décUre , qu'il  ne  Grit  pas  écrire  , ifft 
lisseras  igatrasu.  Le  tedament  , donc  il 
s'agit , remoote  au-delà  de  l'empire  de 
fulcinien.  Veut-on  encore  un  aveu  bien 
précis  de  l'ignorance  d'ua  prêtre  fit  d'ua 
abbé  I On  le  voit  dans  la  requête  des 
moines  préfentée  à Méoas , Patriarche  de 
Condancinopic.  Jean  diacre  y ligne  pout 
le»  fupéiicut,  & lui  fait  déclatcr , qn'it 
ne  lâvoit  (ê)  pas  écrire  : ci  fiùd  ne/eiam 
egt  lisstreu.  Tous  ces  exemples  font  an- 
térieurs au  vit*. lîècit , k prouvenr que 
ceux  , qos  drellèreoc  le  diplôme  de  Cio. 
vis  n.  ne  le  dcahonoroiciu  pas  en  lui 
faifant  avouer , que  ni  lui  ni  fa  mère  n'é- 
toicnc  pas  en  état  de  foulcriie  à lam»- 
ntere  acouiumée-. 

Les  rois  & les  grands  coocinnerent  dans 
la  fuite  de  s'cipriqucr  avec  la  memé  can- 
deur , fut  leur  Ignorance  ; & les  oorairct 
de  l'énoncer  dans  plulicucs  aéks  lignés  par 
des  marques  ou  par  des  croix.  Sjr  la  fia 
du  VI I*.  Ilècle  un  roi  de  Cancorberi  ac 
rougit  pas  , qu'on  lui  mît  dans  la  bou- 
che l'aveu  de  fon  impéritie,  are  (i)  igtt- 
raatià  lisSerarum.Va  comte  do  palais  isru 
périal  tient  (m)  le  même  langage  l'an  874, 
frtfser  igtttransiam  liteerarstm.  Encore  au 
commencement  duxt  i‘.  liccle  Gui  Quel- 
ra  (s)  comte  en  Tofcaoe  , fait  faire  eu 
fon  nom  dans  une  charte  le  meme  aveu , 
tjuia  feribett  ntfeiehat.  11  feroir  liiperflu 
d'acunnilcc  un  plus  grand  nombre  du 
faits , pour  vérifier  un  ulàgc , dons  ItsMS- 
titude  cildcouMiuéc. 


Jigiti?t=»i  1 Oglc 


DE  DIPLOMATIQUE. 
fceaux , les  Ibulcriptions , les  inonogrames , ne  pouvant  ccre 
envifagés , que  comme  des  moyens  inventés  , pour  fupléer 
à l’ignorance  , où  l’on  éroit  de  l'art  d’écrire  , & devant  être 
ailleurs  traités  avec  une  jufte  étendue , nous  ne  ûurions  ici  les 
parcourir  trop  rapidement. 

VI.  Donner  des  fonds  , les  vendre  , les  acheter  fans  (i) 
contrats  par  éctit , commencer  &c  pourfiiivre  les  procès  fans 
écriture  , fut  une  des  principales  fuites  de  l’ignorance  , où 
les  barbares  étoient  plongés  , loir  avant  , foit  depuis  qu’ils 
eurent  fait  la  conc^ucre  ^s  provinces  occidenrales  de  l’em- 
pire  romain.  De-la  les  inveftitures  & leurs  fymboles  , va- 
riés prefque  à l’infini.  Dc-là  les  fermens  (i)  multipliés  à l’ex- 
cès. Mais  on  fentir  bientôt  les  inconvéniens  de  ces  contrats 
Tans  écriture , & des  injuftices  làns  nombre , caufées  par  les 
faux  fermens.  Quelques  loix  , meme  barbares  , obligèrent 
(a)  de  contrafter  par  écrit , fous  peine  de  nullité , du  moins 
dans  toutes  les  araires , qui  concemoient  les  églÛès.  D’au- 
tres admirent  indiféremment  (3)  les  ventes  faites  par  écrit 
& devant  témoins.  Quelques-unes  , pour  rétrancher  (4)  les 
fermens  , autorilèrent  les  duels.  L’abus  des  donations  fans 
écriture  eut  cours  en  France  jufqu’environ  le  xii.  ficelé. 
On  ne  s'avifa  guère  avant  la  fin  du  x.  d’y  fupléer  par  des  no- 
tices (/)  privées  & proprement  dites.  Elles  ne  continuèrent 
pas  au-delà  de  la  moitié  du  xi  i'.  preuve  qu’on  avoir  celTé 
pour  lors  de  faire  des  donations  de  terres  làns  écriture. 


ir.  PARTIE. 

S,t  C T.  Ilf. 

Ch  AF.  VIII. 


Contran  fans  <- 
criture  : on  y la- 
pide pat  les  inver- 
titnres  , les  fer- 
mens . les  duels , 
les  notices.  Moi- 
nes & clercs  dref- 
fent  prefque  toai 
lesaâea. 


l»)  Almmm.  Iff. 
èrtÿ.f,  ]<t. 


(t)  V.  Mfre  /. 
p.  jri. 


(i)  Les  Romains  ne  laillôicnt  pas  de  ! 
contraâer  entre  eux  Cins  (t)  éencure  . ] 
furtout  dans  les  campagnes. 

(1)  Ces  ulàges  ne  regardireoe  pourtant 
MS , du  moins  pendant  quelques  lîccles , 
les  anciens  habitant.  Ils  continuoieni  tou-  ;j 
jouts  dette  gouvernds  pat  l'ancien  droit 
romain  , peutétre  aufli  par  qoelques  cou-  ! 
tûmes  pamculictcs. 

())  Vrodtua  (Jj  ptr  ftrifimnim  , ' 
fUnAtn  hattÊju  firmtIMm.  Si  AMttm  firif- 
tMr»  falU  lum  fmtit  ; dMmfrttiimn»-  ( 
frtitim  , rmfii»  Sadeas  firmiiMm.  ( 
AmJî  parlent  les  anciennes  loix  des  Wi-  ’ 
figoths , tirdes  duntf.  de  S.  Getmasn  des  i 
très  117g. 

(4)  Telles  furent  la  loi  impofde  par  (»)  . 
Gondebaud  aux  Bourguignons  au  t'' 


fidèle , de  k loi  donade  aux  Italiens  (f) 
pur  Otcottll.aa  x*. 

( { ) Les  chattes  ddja  fort  comisttncs  au 
XI*.  fièelc,  fc  muliipUdrenc  beaucoup  an 
xii*,  & prodigieufcmeocau  xiii'.'Tax- 
tefois  on  (j)  pidiend  qu'ordinaiicmcnt 
alors  les  fculs  contcais  des  pecfoncs  ti- 
cbes  te  qualifiées  étoient  rédigés  par 
écrit , que  fuite  de  fiiToir  éesire , on  avoit 
(ôureac  lecouts  au  reitnout  le  aux  gages 
de  bataille  ; comme  il  eft  prouvé,  dit- 
on , par  k cfaafiae  i il.  ét  plafieutton- 
ttes  des  Efbliffimmi  de  S.  Louis.  Pi!y 
s'agit-il  pas  plutôt  de  diéérends , qued'é- 
chaogti , de  ventes  , de  donanous  ) EUes 
lê  fiiilbienc  régulièrement  depak  long 
teins  par  écrit.  Dès  le  régie  de  Philippe 
(h}Augufte,chaque  ville  avoit  unéctiTim 

H h hij 


(r)Jiiftâ.  nrjét. 
7i-eaf.  t.&t. 

(d)  Edil.  lit.  f. 

»«.4.  Itf.  i.ami^. 

(d)RtO}nss.  s.  d. 
p.-xU. 

(/)  te*  Ityj. 

(x)  Ljumirt  tr- 
d*o.  dtinùt.i. 

f.  107. 

(*)  IM  f.  44. 

41. 


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II.  Pa  » T I I. 
SiCT.  III. 

cuAt.  vni. 


(«)  MmUL  Mn- 
nnl.t.  },f.  101. 


maft.  miUc. 


>41*  NOUVEAU  traité 

Tant  que  les  tribunaux  romains  fc  Ibutinrent,  au  milicir 
des  nouveaux  maitres  venus  du  Nord  ; on  s’aperçut  peu  delà 
diminution  des  contrats  écrits.  Les  formules  angevines  de 
Marculfe  & autres  en  font  foi.  Les  ravages  des  Huns  &c  des. 
Normans  , rctablilTemcnt  des  fiefs  , la  tyranie  d’une  foule 
de  grands  & petits  feigneurs  , qui  fe  cantonoient  chacun 
dans  les  domaines  , qu’ils  avoient  ufurpés  , & qu’ils  goa- 
vernoient  en  fouverains  , aurait  achevé  la  ruine  des  let- 
tres , fl  les  moines  (i)  quelques  clercs  n’en  avoient  fauvé 
les  débris.  Toutes  les  (ciences  &c  les  arts  libéraux  roulèrent 
uniquement  fur  eux.  Ils  furent  , pour  ainfi  dire  , les  feuls , 
qui  fulTent  écrire  : nulle  charte , nul  aûe  ne  lé  faifoit,  que 
par  leur  miniftère. 

Ils  ne  ■'commencèrent  pourtant  pas  alors  l’exercice  de  ces 
fondions.  Sous  le  règne  acs  premiers  rois  de  la  fécondé  race, 
on  ne  voyoit , pour  ainfi  dire  en  cour , que  des  diacres , fou- 
diacres  & autres  clers  fcculiers  ou  (a)  réguliers  remplir  les 
chargés  de  clunceliers  ou  de  notaires.  C’étoit  fbuvent  un 
degré  pour  parvenir  a l’épifcopat.  Dans  la  fuite  les  grands , 
comme  les  rois  & les  empereurs , eurent  leur  archichapelain 
ou  chapelain  , chargés  d’écrire  tous  les  ades  émanés  de  leur 
autorité  , faits  en  leur  nom  , ou  pour  leurs  vafTaux.  L’écri- 
vain des  chartes  fouvent  fe  fait  conoitre  par  fa  fignature.  Il 
ne  manque  guère  d’èi^primer  fa  qualité  de  diacre  ou  lévite. 


chargé  (3c  rédiger  les  obligations , paf- 
fées  au  profîc  des  Juifs.  A combien  plus 
fbree  raiion  les  contrats  de  vente  At  d’a* 
chat  de  terres  ne  fe  fjifbieoMls  plus  fans 
écriture.  Il  en  étoic  de  même  des  dona- 
tions 9c  des  telfamens.  Hn  fait  de  procès  ! 
H e(l  vrai  , qu'on  ne  mctcotc  par  écrit  ■ 
que  les  fenrenccs  ou  les  arérs.  freiqaC  i 
toutes  les  autres  procédures  étoicac  ni-  ( 


fc)  Ltttr,  erhiq.  ^ peine  commeocétcaf'-  elles 

f.  it,7.  Si-  avant  le  xim*.  lîèclc.  Mail  on  peut  dire 

• r ...  .A..  É»  n>  rrrntAf» 


t- 


ciiturc.  Les  aile»  detoot  genre  devin- 
lent  ttès-proKxe*^  4**  cbicenes  les  plus  | 
Bianifcdes  erow»»*<«  de  !•  Ccliolafti-  | 

3 oc  , & (MdoMf’bvec  un'  vaut  étalage  | 
'argumeafV^fi' ^ecs  que  frivole»  ,'pti- 
reni  la  pbike'de  des  raifons  folides'Sc  de' 
la  précinOB.  Les  foimalttda  & les  précau- 


tions rùicnt  eDtalIües  les  unes  fur  les  au- 
tres, avec  une  lï  grande  ptofulîon  de 
paroles  demi-barbares  , ^u'il  n'eft  pref- 
qne  pas  polTiblc  d'en  fuportetia  ledure. 

( I ) Mmachaus  tnim  , dit  le  chevalier 
(()  Matsham  , otrm  maxim»  fuit  fan 
ftmii  tetitjfafica  ; (5"  farinai  ctrmiiain 
Mm  fanSitatis  inelierit  lititralura  fue- 

iwn  fefn.  « Les  moines , dit  Richard  (e) 
•.Simon  , ont  été  les  maître» des  fciences 
» pendant  plulîcuts  lïéetes.  C'efl  d'eux 
» principilemcnt , (fod  nous  font  venus 
» tant  de  livres  mlT.  On  leur  doit  rendre 
»•  cette  juliice,qu‘itt  ont  étéT»t$-urit£» 
■n  à h religion  & ^ la  république  des  let- 
•»  tre».  <•  Irn'y  a que  la  lorcc  de  la  vérité, 
qui  ait  pu  aiachcr  à ces  deux  critique», 
de  pareils  clugcs. 


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. DE  DIPLOMATIQUE.  42.9 
de  foudiacre  , de  prêtre  , de  (i)  moine  ou  de  clerc  ; lorfqu’il 
n’a  pas  celle  de  chancelier  , de  chapelain  ou  de  noraire. 
Quelquefois  il  unit  plufieurs  de  ces  titres. 

VII.  Que  tous  les  contrats  fe  fiflent  par  écrit  ; cela  n’é- 
toit  pas  néceflaire.  Mais  quand  on  en  avoit  à pafler , il  fem- 
bloit  indifpcnfable  (1)  de  les  foufcrirc.  Sous  l’empire  des 


(0  M.  Fleuri  («)  preuve  par  rcxcmpic 
ëc  Marculfc,  qui  vjvoit  au  VI1^  fiede, 
quedcs'lors  il  / avoir  des  moiocsapli- 
ques  à écrire  le»  ades  publics  , & que 
c'étoic  un  éfet  de  l'ignorance  des  lat- 
ques  , barbares  ou  ferfs  pour  la  plupan, 
D.  Mabillon  trouve  des  preuves  au  v 1 1 1 . 
ue  les  abbés  (^)  faifoienc  les  fondions 
e juge.  Qu  on  voie  des  moines  , non 
feulemcDC  drelTcr  des  chartes  , mais  en* 
core  des  diplômes  royaux  : c*cfl  on  fait, 
dont  on  pouroit  mnlciplicr  les  exemples , 
s'il  en  éioicbcfoin.  Un  ou  deux  futiront. 
La  foufeription  d‘une  charte  du  roi  Ro- 
bert, pourrabbaïe  de  Cormeri  cfl  con- 
çue en  ces  termes  : Gotfridm  (e)  mona- 
fhus  fcrifjit  Md  vicem  TrMnconis  cMttcttlM- 
rii  , O*  èfj't  Yrrntieo  mMnu  froprU  fub- 
fmpfit.  Vers  le  milieu  du  x ii *.  ficclc , 
les  (d)  moines  vicegérens  des  notaires  ou 
chanceliers  écrivent  encore  des  diplo 
nés  d’empereurs. 

Beaucoup  de  chartes  (e)  fopt  ainlî  ter< 
xnmécs  : PmmIms  monMchns  fcripjtt  i ou 
'PmhIui  monmehns  exntit  nçtaritis  Les 
moines  n’écoient  pas  bornés  à renmiirics 
fondions  de  notaires , dans  les  aftaites  , 
où  ils  écoient  intéreffés  , ( ce  qui  fc  vé- 
rifie par  une  infinité  de  faits  : ) ilscxer* 
çoient  réellement  (/)  celles  des  notaires 
publics.  Quoiqu’il  fiie  plus  d‘ufage,qae 
ceux  des  conciles  fu/feoc  clercs  féculiersi 
00  voit  aofiî  des  moines  (j)  chargés  de 
cet  importanr  emploi.  A l’égard  des  au- 
tres écléfialliqucs  ou  clercs  ; contentons- 
nous  des  oblcrvations  fuivantes.  On  ne 
recevoit  (h)  point  de  charte  , relative  à 
l’Eglife  d’Angers  , au  commencement  du 
XII*.  fiécle  , qui  n'eûr  été  diéléc  & 
aprouvéc  par  l’écolâtrc.  M.  Ménard  dans 
(on  hijiûirt  dts  dt  f^ifmes , obfcr- 

▼c  qu’au  Ix*.  fiéclc  les  prêtres  fervoient 
de  notaires  d.ms  lesadespalTés  en  faveur 
dt  Féglifc  3c  de  grefiers  dans  les  caulcs 


écléfiaftiqucs.  Le  meme  favant  auteur  en 
donne  des  preuves  incorc  plus  ptécifes  3c 
plus  abondantes  pour  le  x*«  liccle  dans 
fon  Hifleirt  (t)  de  hltfmes.  Comme  alors 
ilécoit  dificile  de  trouver  quelque  laïque, 
qui  fût  lire  3c  écrire  5 les  notaires  étoicnt 
trcs-rarcs  ; fi  les  traités  ne  fc  (i)  pafToient 
pas  verbalement , en  prcfcncc  de  féve- 
que  5 on  avoit  recours  aux  éclcfiaftiques 
ou  bien  aux  moines.  De-là  , pour  ne  pas 
. revenir  au  nom  de  clercs  donné  aux 
jeunes  praticiens  , toutes  les  charges  (/) 
de  judicaturc  ocupées  par  les  clercs. 
C'éroienc  eux  aulTî  qui  tenoient  lieu  (w) 
d'avocats  & de  procureurs  , comme  de 
grefiers  3c  de  notaires.  Les  clercs  des 
fcigncuis  leur  fervoient  de  fccrétaires 
& de  tréfbricrs  , tenant  les  icgîtres  de 
leurs  comptes  3c  de  leurs  revenus.  Tou- 
te profe/fion  , ou  il  falloit  favoir  écrire  , 
n’étoir  point  crcrcce  par  d’autres. 

(1)  Si  l'on  en  croit  M.  Brunet,  dans 
Ibn  (»)  Parfait  nr^taire  ; pour  qu’un  aétc 
ne  fut  pas  toutafait  dépourvu  de  la  fi- 
gnarurc  des  comraflans , un  des  témoins 
conduifoit  la  main  de  celui  , qui  rte 
favoit  pas  écrire  , 3c  aptes  lui  avoir  fah 
tracer  quelques  lettres  , il  acbevoic  la 
foufeription  lui-mémc.  Qui  (9)  ferihit 
pre  nntrahtttte  mut  tnwn  , mut  ffifeà 
quA  p<ÿl  faucMS  Uittras  lUius  fcfim  funt. 
Maisiultinieu  n’oblige  point  ceux, qui 
ne  favcDt  pas  écrire  à former  des  lettres, 
(bus  la  conduite  d’un  autre  ma'n.  Il  ne 
parle  que  de  ceux,  qui  favcnc  faire  cer- 
tains caraélcres  de  leur  nom  : mais  qui 
n’en  favenc  pas  alTcz , pour  rendre  leur 
fignaturo  complète.  On  tenoit  pourtant 
quclqucfi>is  la  main  de  ceux  , qui  ne 
pouvoient  pas  écrire  , foit  par  ignoran- 
ce , {bit  parccqu’jls  (p)  écoient  aveugle* , 
oucjue  la  main  leur  ticmbloir,  ou  pour 
quelque  autre  infirmité.  Ceft  ainfi  , 
qu’oa  faUbit  (j)  quelquefois  fcmfcrîic  des 


II.  PARTIE. 

S»  CT.  III. 

chap.  viir. 

Divers  moyens 
de  luplécr  aux  fi- 
gnaturcs , en  fa- 
veur de  ceux  qui 

(*)  }Jif.  eclef, 
J7I. 

(i)  Annal.  Be- 

md.t.  i.p.  177. 

(0  Uid.  tom.  4. 

{d)  Ibid.  tom.  g,' 
p.  187. 

Ce)  lirter. 

/.  8.  p.  i;7. 

(/*}  Annal. 
ned.  /.  4 7.  18  J, 

}j)  Ibid,  tom.  6, 

(h)  BmIux.»  Mif- 
cell.  t.  i.p.  ic8. 

(i)  Tom.  T . Preu- 
ves, p.  18.  ly.  10. 

XI. 

(F)  litter. 
t.  €.p.  X, 

(/)  Ibid.  tom.  7.. 
p.  i;i, 

{m)  TUuri  7®. 
difeours. 

{n)Tom.  ï.eh.  j.. 
p.  14. 

(#)  Authent.  colL 
g.tit.  i.c.  8. 

(p)  Obftrvationt 
fur  Ui  éorits  mo^ 
demes.t.xi.p.  lotf*'* 
(ç)  De  rtdiplom, 
fupplem.p.xi.  An- 
nal  Bened.t.  i. 
ix.n.sj.p. 


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II.  PARTIE. 

SICT.  III. 

C H A P.  V II  I. 

ne  revoient  pas  é- 
crirc.  Soufciip- 
tions  pour  d'au- 
tres : Iccaux  , té- 
moins, croix,  mar- 
<]ucs  , moiiogra- 
rocs  avec  des  ef- 
tampillct  ou  lames 
en  tcootcat  Uol 


. V ■ 


{a)'Bnmtt.t.  i. 
r.  J.p.  14- 


Dinitiflom, 
jMttUm.  t»n. 
a.  ».  s.  p.  *», 

(d)lil.i.s<p.x3- 
(«)  BAluth.  Bri- 
UÊnmi^.1.  i-f/irt. 

W-m- 


4JO  ■ NOUVEAU  TRAITÉ 

Romains , où  l’écriture  écoit  à peu  près  auffi  cultivée  qu’à 
préfent  ; on  fouferivoit  néanmoins  au  befoin  (i)  les  uns 
pour  les  autres  , & l’on  fe  contentoit  de  faire  mettre  une 
marque  de  la  main  de  celui , c|ui  ne  favoh  pas  écrire.  De- 
puis l’établiflement  du  Chrîftianifme  cette  marque  étoit  or- 
dinairement le  ligne  de  la  croix.  Les  écléfiaftiques  furtout 
ne  fe  difpenfoient  prefque  jamais  de  l’employer  ; lors  même 
qu’ils  faifoient  les  foumriptions  les  plus  étendues.  En  Aiv- 
^eterre  les  croix  tenoient  lieu  de  toute  foufcrmtion  aux 
rois  , aux  grands , aux  écléfiaftiques.  Telle  fut  âufli  la  llgna- 
ture  de  nos  premiers  (i)  rois  de  la  fécondé  race  , te  de 
quelques-uns  de  la  troilicme.  C’eft  ainfi  que  lignoit  Guil- 
laume le  conquérant , quand  il  ne  s’abftenoit  pas  de  toute 
fignacute.  A chaque  croix , l’écrivain , le  notaire  ou  le  chan- 
celier marquoit  le  nom  & les  qualités  de  celui , qui  venoic 
de  la  tracer.  11  y eut  même  des  tems  , où  la  croix  fut  for- 
mée , non  de  la  main  des  fouferipteurs , mais  de  celle  des 
( 5)  écrivains  des  chartes.  Cet  ufage  , qui  ne  fut  jamais 


enfant , donc  on  vonloic  faire  intervenir 
le  confencemciu  dans  certains  aâcs. 

( I ) - Si  l'une  («)  des  parties  , dit  eo- 
» cote  M.  Brunet , ne  favoii  pas  ligner  , 
» «clui  des  clercs  , qui  avoit  paÆ  l'aâc  . 
«lignait  pont  elle.  'Tel  droit  l'aâe , qui  I 
« a donne  ocafioo  à la  oovclle  44.  <•  Sub- 
^ituez  au  nom  de  clerc  celui  de  notaire, , 
l'cxprellion  fêta  plus  conforme  auxufâges 
des  Romains.  Les  notaittt  foufetivoient  1 
üiiu  doute  quelquefois  pour  les  coottac- 
tans  , qui  ne  pouvoient  mettre  leur  nom 
par  dent , comme  il  parole  par  la  no-  ' 
«ellccitdc.  Ccpcndaocttoos  vopoosparla 
7).  c.  t.  que  c'dtoit  quelqu’un  des  td- 
moins , qui  fupldoit  i l'igaoraocc  de  ces  : 
petfones  en  fignant  pour  elles.  Dds  l'an  ; 
501.  foas  le  poftcoolulat  (I ) de  Fauftcle 
^cune  . une  dame  ne  ratifia  que  pat  le  li- 
gne de  la  cioiz  une  dooaiia*  , qu’elle 
avoit  faite  k Jean  dveque  de  Raveonc  , | 
te  d’ailleurs  elle  prie  un  homme  clarilli-  ! 
me  de  foufcriic  pour  elle.  Voici  en  quels  ^ 
termes  il  s'en  aquite  : Sigmm  t 
fiiftAfiut  dtAturitU. 

BÛviiu  CAjUrim  V.  C.  haie  tUmmtiuù , 
r^smu  iUriâ  fifffi , iffi  fuifimit  , ' 
«d  Jlgniun  tjus  fn  ti 


Une  autre  charte  (r)  de  donation  faite 
i l'dglife  de  Ravenne  , & un  peu  plus 
tdeente  , n’efl  figade  . que  put  une 
croix  de  la  main  du  coramandant  on  co- 
lonel d’une  tronpc  militaire.  On  peut 
voit  dans  (d)  ht  Diplomatique  de  D.  Ma- 
billon  planeurs  dvêques , princes  St  fei- 
gneun , qui  ne  lignent  point  autrcmcnc^ 
que  par  la  feule  croix. 

(t)  Les  rois  qui  fe  boraoientà  &ire  oe 
ligne  pour  toute  fôufcriptioo  , Icmbleat 
ne  t'y  dtre  tddoics  , que  &ute  de  favoir 
dciiie.  C'eft  ce  qu’en  penc  pcnlin:  de  l’ein- 
pcrcur  Balile  le  maoddonicn  , des  rois  db 
Fiance  Pdpin  , Cailoman , Philippe  I. 
des  rois  d’Angleterre  Withettd  tic. 

())  Depuis  le  vu*,  fidèle  , dens  la 
gtandc  Bretagne  cet  uImc  fiit  prclquc 
gdndral.  « Toums  les  («)  chartes  d'An- 
» gicterre  , dmnùs  «smm  h tmt  dt  S. 
» Edm»rd  U tmftfftmr , font  ligndes  par 
B un  grand  nombre  de  témoins , dont  les 
» noms  Cmt  toujours  de  la  mtoe  écti- 
» tare  que  la  chante  : & il  y a uue  cioiit 
B au  devant  de  chaque  nom  > suais  ces 
» croix  font  la  plupan  fi  fcsublablcs  , 
“ qu’il  parait  clairement,  que  tes  témoins 
U ne  les  om  pas  fiiitcs , quoiqu’il  fois  dit 


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DE  DIPLOMATIQUE.  45.1 

univcrlel  , (ü  fe  renferme  eutre  les  ix.  & xiv'.  ficelés^  ~ 

Lorfque  ù foulcripûon  des  témoins  préleiis  à la  palTation  partie. 

d’un  a£le  , ôc  furtout  des  perfones  intéreflees  étoic  encore  cnaf?  VI  II» 
regardée  , comme  d’une  néceiUcé  indirpenfable  ; pour  fu- 
pléer  à Ton  défaut , on  eut  recours  à diverfes  redburces.  Ou- 
tre  les  croix  de  les  (t)  autres  tiurques  , on  Ht  {})  u£ige  de 
lames  d’or  ou  de  tablettes  d’ivoire  ou  de  bois  , dont  les  ou- 
vertures formoient  le  nom  du  prince  , qui  devoit  s’en  fervir  , 
pour  y faire  palTer  la  plume  ou  le  calamusjfoit  qu’il  en  lut  alTez, 
pour  une  ü mince  opération  -,  foit  qu’il  falût  encore  lui  te- 
nir la  main  , pour  en  venir  à bouc.  Par  ce  moyen  Ton  noni 
étoic  écrit  fur  les  diplômes , ou  tout  au  long  , ou  par  abrévia- 
tion ou  par  ( 4 ) monograme.  Les  eftampilles  , grilles  Sc 


m czprelRmciK  c«5  dunes  , qo'ils 
les  ont  fign^ts  It  y ont  joint  une  croix. 
— Que)()ues>aw  ndendent , que  ce  (ont 
a>  les  ades  de  Pvlemeae  d«  ces  tcffls.li. 
•>  On  ne  fauroit  douter  , que  la  plupart 
••  ne  ioieat  des  originaux.  Car  comment 
m rcroit>il  poffble , qu'il  an  rclltt  un  fi 
X grand  nombre , oui  potteoc  tous  les  ca 
X radMrea  du  rems  de  leur  date  , St  qu’il 
X ne  l'en  trouvât  pas  une  lêsie . qni  /Ht 
X néritablesBcni  dente  dans  ce  icms-Ià , 
X CW  qui  lût  un  orignai  ! x 

(1)  PalTdlexi*.  fidcle,  il  droit  rare, 
dans  las  chanes  des  laïmes  , mais  non 
pas  dans  celles  des  gens  o'dglilê. 

(a)  X La  fignatUR . . . eonfiftoit  («)  en 
X une  marque  ou  ou  parade , corapord  de 
X cettains  traits  ou  lignes  entrelafides  , 
X qM  chasaa  pousoit  faire  de  fa  main  , 
X qaaiqtt'il  ne  At  m derire.  Quelquefois 
X antfi  c’dcnient  Jtt  figures  rdgalidres  , 
X telles  que  des  fleurs.  <« 

(f)  Tndvdotsc  roi  des  Goihs  en  Itilie 
fonfetiToit , au  moyen  d'Une  lame  d'or, 
Elle  (t)  comcooit  les  premidrei  lettres 
de  Ton  nom  , petedes  à jour , au  travers 
derquelles  it  faifoit  paflet  la  plume.  Xfx 
ThrJtftf»!  tm/r/erMm  tr»t  , (jr  /ü  adra> 
w fenf» , M m dtttm  tumn  rtfjù  fin  ym»- 
smr  Imtrm  fiéftrifihint  ttüüi 
imllMniHi  fMtngei.  De  yuâ  rt  Isminiua 
amtxm  jvjlt  ftri  ymHmr  tH- 

ssrar  njM  hxieattm  , * Thbod.  m Jï 
fcrUtn  tttdwÿcs  , ftfini  Ixmmi  fnfn 


ekmrtxm  , fer  ttm  fmni  ieuteet , (ÿ>  fiA- 
trifiic  tfHt  imneiem  Weretar.Telles  dtoieot 
aufli  les  tablettes  de  bois  de  rempetcor 
Juftin.  Mais  pour  (c)  traeer  au  travets  les 

fircmicrcs  lettres  latines  de  fon  iwm  avec 
c rofeau  trempd  dans  l'encre  de  pour- 
pre ; il  falloii  encore  lui  conduire  la  main. 

(4)  Les  mooogramesdtoicntdelamara 
dn  t^inee  , de  l'dvdque  , du  doc  , du 
comte  , aux  diplômes  de  qei  cts  efpdces 
de  chiires  ferveienc  de  fignararea  ; ou 
pour  les  foire  ils  s'en  rcpofoicRt  fur  det 
feerdtaires  , notaires,  cbaacaiicrs  : ou  en- 
fin ils  dtoixnt  formds  au  moyen  de  ra- 
blettes  peredes  ou  d'ctiampilles.  D,  Ma- 
billon  (d)  regarde  consme  fort  inceriam 
fi  Clovis  II.  aura  fonferit  Ibn  diptome  , 
gravdplanefas  XVil.  Mais  nous  iredno^ 
tons  point , que  la  fonfeription  , eu  du 
motnt  le  mortograme  ne  (èit  de  fa  pin- 
pre  maris.  Quant  à celui  de  la  •innehn' 
XVIII  ; c>n  aura  tenu  la  main  dujciMM 
prince  , pour  le  figurer.  Pentdirc  mdtue 
x'y  fera  t-on  forvi  de  tablcnes  peredes. 
D.  Msbillon  droit  tièt-peifuadd  , que  nos 
rois  ne  pcignoient  pas  en  entier  leurs 
monogrames  ; mais  qu'ils  y apofoient  fes». 
lement  un  Y.  A cela  près  , il  les  croyoir. 
tous  de  la  fopsn  de  i'dcrrvain  ; lors  mdme 
qn'ils  anonfotent  leur  fîgnatute  dairs  le 
texte  du  diplôme.  Sur  cet  article , félon 
M Mucatoti  riifage  a beaucoup  varid  : 
plufieurs  (rj  ndanmoins  fcmblent  impri- 
mdt  ascc  des  eftompillca  , tant  00  y 


(•)  VMonetiti 
Ufi.  de  DatefbmK 
t.  i.f.  xxS. 


(J)  Ancaym.  t't$- 
Itf.  *d  emleemAm- 
mixtti  MjtrctlUnL 
f.  f*f. 


* LeTh  devoit  t- 
SN  tendu  pnt  une 
g«t. 

(<)  Prwcvp.  m«C4 

dee.f.  xt,  xf. 


(éJDeniBflfm. 

M7*. 


(e}  Antiym,  Ml 

medii  tvi,  t, 
tel.  ity. 


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II  PARTIE. 
S E C T.  III. 

Chat.  VIII. 


{à)  De  rt  JifltlB. 
f.  ie8. 

(i)  Ac?«  SS.  A. 
fril.  I.  1.  feeFil- 
f.xiti. 

(t)  Amiifuit.  t.j. 
Aîjferi.^  j.fcl.l  l8. 
& /'îî- 

(i/)  De  prim* 
Jcrih.  orig.p.  I } >• 


fO  IM. 

(f)L*  CJihintt  de 
te  biblieth.  de  Ste, 
Geneviève,  f.if. 


(f)  De  re  diptem. 
fe^plem.  e.p.p.it. 


(h)  Hi/I.dett$m- 
Ut  de  PM(Mk  t’ 
>0). 

(,)  lUd.  p.  )7J. 

De  rt  diflm. 


431  NOUVEAU  TRAITÉ 

fignets  (i)  furent  d’un  ufage  plus  étendu.  Le  x.  & xi*.  ficelés 
fournifl'ent  quelques  exemples  des  deux  premières  employées 
par  des  princes.  Mais  les  notaires  depuis  le  xii*.  s’en  lèr- 
virent  bien  plus  fréquemment  , & les  varièrent  à l’infini. 
Souvent  aulfi  leurs  feings  furent  imprimés  avec  des  types 
apelés  fignets , dont  plufieurs  fe  confervent  encore  dans  les 
cabinets  des  curieux. 

Avant  les  fignets  des  notaires  ; on  fe  pafia  communément 
de  toutes  (ignatures , foit  rceles , foit  aparentes.  Le  premier 
moyen  de  les  remplacer  au  (i)  xi*.  ficclc  , confiftoit  à faire 
lever  la  main  aux  témoins  en  figne  d’aprobation  , ou  à leur 
faire  toucher  (a)  la  charte  , dont  ils  s’engageoient  par  cette 


remarque  d'uniformité . Rudiman  , Lude- 
%'ig  , Heuman  ont  eu  la  meme  pcofoc. 
Au*  f.i.  Si  XII  i'.  (iècics,  DOS  loi^ 
avoicnr  couromc  de  déclarer  dans  leurs 
chartes , nu  ils  y avoient  fait  apqfci  le 
caraâcte  de  leur  nom  : ce  qui  ligoifc 
Icut  monograme. 

(i)Le  P.  Papcbroch  parlant  decesef- 
pcces  de  parafes  ou  luches.,  dont  les 
notaires  de  nos  rois  de  la  i'.  S;  i'  race 
environoient  oïdinaircmeot  la  place . où 
le  fceau  étoit  apliqné  , croit  (b)  y dé- 
couvrit l'origine  de  ces  lignes  aibitiaites 
faits  avec  les  eftampes  ou  la  plume  . St 
dont  les  notaires  faifoicnt  encore  grand 
ufage  furtout  en  Italie.  Mais  on  o'a 
point  befoin  de  ces  ruches  , pour  re- 
monter à l'origine  des  pasifos.  On  en 
voit  de  véritables  d'on  âge  plu*  reculé. 
A l'égard  des  cltampiUcs  ) il  s’en  trouve 
meme  duaems  des  Rooiain*.  Mate  elles 
n’ont  point  de  rappoit^vee  le*  fignets 
ou  grilles,  dMii  kt  ■otaires  nietenc de- 
puis le  xm».lSÎeJ*î  qu  on 

pouvait  MO fcBlement  s’en  fervir  en  gui- 
fe  de  lèemkw  en  cteox , mais  encore  pour 
impriner  avec  l'encre.  Les  Romains  y 
fàilqleiitjgtaver  en  relief  leurs  noms  tout 
an  Mg  , ou  par  abréviation.  Les  anti 
■quairet  ont  publié  plufieurs  de  ces  types 
ta  lettres  greques  & romaines.  Nous  en 
avons  entre  les  mains  d’originaux  en  l'u- 
se St  l’autre  langue.  Ils  apartiennent  au 
cabinet  de  S.  Germain  des  Prés.  M.  Mu- 
ratori(c)cn afait  repréfenterpluCeurs.non 
feulement  en  creux  propres  à imprimer 
en  manicic  noire,  mais  avec  des  caiaélércs 


faillans.  Il  cioir  que  l’empereur  Julfin  em- 
ployoit  une  cRampille  pareille, pour  ligner 
les  quatre  premibes  lettres  de  fon  nom. 
Mais  Piocopc  qu’il  cite  parle  de  tablettes 
de  bois  percées  Si  de  lettres  formées  avec 
le  calaïuus , en  conduifant  la  main  du 
prince.  Les  premières  lettres  de  fon  nom 
n'etoient  donc  pas  imprimées , mais  écri- 
tes. Trotzius  confond  aulfi  les  tablenes 
de  Inftin  (d)  avec  les  ellampilles.  Parmi 
les  dernières,  il  s’en  trouve  d'antiques, 
dont  le  manche  (r)  étoit  chargé  des  mê- 
mes letcccs  que  le  fceau.  M.  Muratoti 
fupofe  que  le  ptemiet  tyM  fervoit  i fouf- 
criia  & la  fécond  1 fceller.  Cétoit  qiiel- 
quefiais  tout  le  cootmiie.  Selon  le'  P. 
UOinonliDeC  ,ics(/)>>Romaios  apofoicnt 
O auSi  qnclqucfois  leurs  noms  avec  de 
» l’encre  an  bas  des  contrats  Si  des  au- 
n ues  aélcs  , qu’ils  faifoicnt  dicITct.  1 Is 
» les  avoient  pour  cet  éfet  gtavés  fur  du 
» cuivre  Si  les  impeimoieni  avec  de  l’en- 
» cre  fur  du  parchemin.  Nous  en  avons , 
» dir-il , plulicurs  de  la  fonc , dont  qoel- 
» ques-uns  n’ont  que  les  premières  let- 
» très  ; les  autres  ont  le  nom  caticr.  « 

(x)  Il  étoit  alTcz  (f)  ordinaire  fous  la 
tioifièmc  race  de  nos  rois , que  les  en- 
fans  , même  encore  à la  mammclle  apiou- 
vafient , comme  l’oblerve  (h)  Belly  , le* 
donations  làicea  fter  leurs  parens  , foie 
en  touchant  U chatte , foit  parccquc  letit* 
pètes  de  mères  ou  leur  nouricc  promco- 
toient  de  la  leur  faire  latificr.  Ccoe  for- 
malité s’employoit  fouvent  au  XI*.  fié- 
de,  même  (■}  à l’égacd  des  adultes. 

cérémonie 


Dij  izt-i  . Google 


r 


DE  diplomatique:  4J3 

cérémonie  d’atefter  la  vérité , dès  qu’ils  en  feroient  requis.  ' 

Le  fécond  moyen  réduifoic  toute  l’authenticité  de  la  chatte 
au  (ij  fceau  , qu'on  multiplioit  fouvent  à proportion > des.  Chaf.  vuV 
perlbnes  intérelTées  , & quelquefois  même  des  témoins.  La  > 
tfoiAème  étbit  dénommer  (t)  les  témoins.  Ce  qui  fe  pra- 
tiqua de  trois  façons.  D’abord  l’écrivain  de  l’aûe  mît  pour  ' ' * 

eux  les  croix  avec  fignum  N.  Enfuite  les  croix  furent  rétran- 
chées , aparamment  comme  équivoq^s  : quoique  l’écrivain 
les  formât  d’une  manière , à ne  pas  taire  prendre  le  change. 

Bientôt  le  figne  <tun  tel , formule  ordinaire  de  la  fouTcrip- 
tion  de  ceux  , q^i  n’écrivoient.  point , fût  fuprimé  : atenou 
qu’il  n’y  avoir  aucun  figne  de  leur  part.  Enfin  l’on  fe  conten- 
ta de  (a)  la  feule  préfènce  ou  de  l’énumération  des  témoins, 

Ceae  pratique  &c  celle  des  fceaux , tantôt  fépatément , tan-  mmt.  mngUe.  /aSm. 

tôt  conjointement  employées  durèrent  jufqu’au  réablifTemeitt  ç 

des  fignatures.  'Voila quels  furent  les  (3)  moyens,  donc  on 

ufa  , pour  fupléer  à l’impuiffance  d’écrire.  ..r  ./•  j (•  **<>•  <0;. 

VIII.  Mais  quelque  répandue  <|u’aic  été  l’ignorance  , d’où  An  d'écrire  non 
elle  naiffoic  ; elle  ne  fut  jamais univerfelle  & fans  exception, 
meme  par  raport  aux  laïques.  A l’égard  des  prcctes  , il  fem-  Aua  cousicsremi: 
ble  qu’elle  devint  plus  rare  ; à proportion , qu’elle  parut  plus  P»'  «joeisdegrdi  il 
générale  parmi  les  gens  du  monde.  Auffitôt  que  les  barba- 
res  fè  furent  emparé  des  plus  belles  provinces  de  l’empire  peut  juger  par  le 
romain  ; l’art  d’écrire  ne  tomba  pas  tout  d’un  coup  dans  le  •* ".  "'î' 


(i)  Les  fceaux  feula  tenant  lieu  de  C- 
gnatnres  commencent  i dereait  Iréquens 
anxu‘.  fidde,  font  trds-oidioaittt  au 
xtii'.  Sc  fe  Ibnciennent  jnfqo'an  rdca- 
blilfement  des  adritables  fenferiptions. 
D.  Mabillon , dans  fes  {b)  annales , ob- 
ferre  (jne  le  fceaô  tenoit  lieu  de  la  ligna- 
eure  de  Dalmace  , archerdijne  de  Nar- 
bonne , à la  donation , qu'il  fit  , d'une 
dgUlè  i fabbaie  de  S.  Vtâot  de  Mar- 
feille  en  iota.  Il  feroit  inutile  de  mul- 
'tipliet  ici  des  eitations  , dont  le  feni 
zui*.  lîècle  feornimic  pour  la  part  un 
nombre  infini  d'exemples. 

(1)  La  nomination  des  (r)  tdmoins  , 
au  lieu  de  foufcripiions  rdélles  ou  apa- 
sentes  eut  grand  cours,  d^le  xi*.  fid- 
èle , plot  encore  au  xti*.  Elle  derint 
ptefqoe  gdodtale  au  ziri*.  lotfqn'onne 
fe  contenta  pas  des  feula  ièeaui.  Les 

Tome  II. 


progti 

blilTemeot  des  fi- 
ddtails  fur  ce  fujet  feroient  immenfet.  Il  gnaïuies. 
fafic  d'ourrir  les  compilations  des  char- 
tes de  France  , d'Angleterre  . d'Alle- 
magne dtc.  pour  s'en  convaincre.  Mais 
il  ell  plus  finguliet . qu'on  apclle  Ibuf' 
ctipcion  des  tdmoins  la  fimple  dnoocia- 
tion  de  leurs  noms.  Albdron  (J)  abbd 
de  Verden  en  Allemagne  donne  une  char- 
te en  ii;8.  od  Ton  lit  : frtfnitm  p«- 
gmmn  eam  ujliitm  fiAfmfiuiu  fipUt  f.  Ut. 
aqffra  fteimm  inffmri.  Ttfitt  wrS  (Jv. 

Vingt  font  nommés  arec  la  formule  : 

Et  *IH  fat/saa  plairw  bürimfit.  W 

(j)  On  n'a  pat  befoin  d'dtre  averti , /*r — arawoost^ 
que  nous  n'avons  fort  qu'éfieurcr  très-  d*  t 

légèrement  ces  articles  , de  qu'ils  exi-  f-  »J- 
gent  bien  d'autres  difeofliont.  Le  peu 
qu'on  en  a fait  ell  iclauf  feulement  à 
rigoonnee  de  récriture  de  à ict  fuites. 

lii 


(d)T«m.;.p.stp. 
(r)  Dtn 


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II.  PARTIE. 
S £ CT,  III. 

Chat.  VIII. 


(«)  Cÿ.  /.  i8. 
I.  Itf,  fo. 


'4^^  NOUVEAU  TRAITÉ 
difcrédic  comme  oa  pouroic  fauflement  fe  l’imaginer.  Enr 
Elpagoe  lés  femmes  uivoienc  aflez  communément  écrire,  au 
commencement  du  VI  i'.  Cède.  Le  x'. concile  deTolède  pref- 
crivir  aux  veuves  , qui  vouloienc  entrée  dans  le  cloître  de 
faire  leur  cédule  de  profclTion  par  écrit , de  la  ratifier  de 
leur  figne  ou  de  leur  foufeription.  En  Italie  , fuivanc  la  {a) 
loi  romaine , les  fignatures  , ordinairement  de  la  propre  main 
des  témoins  , éroient  raifonées  , prefque  toujours  énon- 
cées fort  au  long.  En  France  jufqu’au  vu  i*.  ficelé  , elles 
étoient  plus  courtes  , mais  fouvent  de  l’écriture  des  témoins 
laïques.  Sur  le  déclin  du  ix'.  quelques^ns  d’entre  eux  fi- 
gnoient  encore  , fans  empruiuer  la:  main  de  l’écrivain  de  la 
pièce.  En  un  mot , d n’eft  aucun'  tems  , où  l’art  d’écrire 
leur  fût  totalement  étranger,  îvfais  il  y eut  des  ( r)  ficelés 
où  très-peu  de  perfones  de  cet  état  Faprirent. 

Quelques  ades  & diplômes  écléfiaftiques  continuèrent  d’ê- 
tre révetus  de  foulcriprions- réelles  , aux  xi.ôc  xin‘.  fiedes. 
Les  fignatures- des  notaires  recommencèrent  tout  de  bon  (1) 
au XI  II®,  Ce  fut  alots  , que  les  laïques  le  réveillèrent  un- 
peu  dé  ce  profond  lômmeil , où  depuis  fi  long  tems  ilslan- 
guUlôient  par  raporc  aux  lettres.  Peutêcre  y entra-t-il  une 
Ibvre  de  pique  contre  le  clergé.  Car  ded  là  l’époque  , lur- 
toin  en  France  , de  la  diltinèlion  des  gens  d’églile  & des 
gens  da  monde  , comme  de  deux  corps  , donc  les  intérêts 
ne  font  pas  les  mêmes.  Les  éforts  , que  firent  les  derniers , 
pour  fortir  de  la  barbarie , eurent  dcs-locs  qudques  foibles 
fucccs.  L’étude  des  loix  , déjà  palTablement  animée  ('3)  dès 
le  ficcle  précédent , devint  plus  ardente , & le  premier  fruit , 
qu’elle  produific  , ce  fus  la  rédaction  de  quelques  coutumes 
locales  8c  provinciales.  Divers  commentaires  fuivirent  de  . 
près.  D’autres  concernant  le  droit  canonique  &c  le  droit  ci- 
vil avoient  précédé.  Mais  le  nombre  des  ftudieux  ne  s’acrut 
pas  au  point  de  faire  penfer  ferieufemeut  au  rétablilTement  • 
des  fignatures  : quoique  leur  uoilité  &c  celle  de  récriture  en 


(i).On  |KHt  les  pUfcr  entre  700.  St 
1)00  , S(  plu*  partioulièteoicut.  emte 
90a.  St  I LOOi 

(>)'Nou(  parlerons  bicntÔL^çïiIegrjs,. 
par  lcf.^ucl$  clics  Te  (ciabliicoc  , après 


avoir  celTè  en  pluCeuts  contrées. 

{)}  I:cs.  cictes  contribuèrent  dlabord.  .. 
bcaucou|>  pins  mie  les  laioucsau  lanou— 

vcllctacat  de  l'ctuée  du- aswcetviliH.  \ 


.i;.. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  4}^ 

^néral  fliflent  mieux  connues.  Au  xi  v'.  ficelé , l’eflâme  pour 
l’arc  d’écrire  fit  des  progrès  plus  confidérables.  L'éraBliflêment 
ou  la  réfidence  fixée  des  Parîemens,  & de  la  Ghardbie  des 
comptes  des  le  fièdle  précédent , la  multitude  d’étudians  dans 
-les  Univerfités , Tufage  de  notre  papier  , devenu  enfin  plus 
■commun,muliplièrent  les  écrivains  & favoriferent  un  com- 
mencement d’émulation  , pour  aprendre  à écrire.  Bientôt 
^les  fignatures  (i)  reparurent  dans  les  aftes.  Mais îl  s’en  fàlok 

J 

(0  Introduites  dans  les  petitcs'bullcs 
des  Papes , au  ni*.  (îède  : au  xiii'. 
clics  y dcTinrenr  ordinaires.  Ce  n’étoicnr 
• au  refte  <jue  des  fignatures  abrégées  des 
oficiers  de  la  cour  de  Rome  , placées 
Tur  ou  Tous  le  pli  de  ces  balles.  Les  fouf- 
criptions  réelles  ou  aparenres  des  bulles 
eonfiftorialcs , portant  les  noms  du  pape 
& des  cardinaux  , n'aToient  rien  de  com- 
mun axec  elles. 

Si  s.  Louis  ne  rourcriroir  pas  Ces  di- 
-plomcs  i ce  n'cft  pas  qu'il  ne  (ût  écrite. 

'Nangis  nousaprend,  qu'il  fignoir  Lauii 
'ém  PfiJ/!  ou  Ltkis  /etgiuur  dt  Ptijfi  , 

-quand  il  écrivoit  famitiécemenc  à des 
anus.  Sa  vénération  pour  l'églife  , od  il 
avoit  été  régénéré  dans  les  eaux  du  ba- 
eéme  , lui  failbic  préférer  ce  titre  i ceux 
de  la  royauté.  Notre-Dame  de  Poiilî 
conferve  (a)  encore  les  fens  baptirmaux, 
où  il  reçut  une  nouvelle  nalfiânce  en  J.  C. 

'&  O.  Bernard  de  Montfaucon  les  a (ait 
repréfenter  dans  Tes  monumens  de  la  mo- 
narchie. 

Des  fignatures  de  notaires  écrites  tout 
au  long  fc  manifeftent  dans  un  inllru- 
rnenr  daté  du  mercredi  d'après  les  Pal- 
mes de  l'an  1 19<.  c'e(l-à-dire  du  6.  Avril 
layy.  La  première  efl  ainfi  conçue;  £r 
tga  Htm  KaimHndiu  it  fr»d*li  nturim 
fublieHi  Mntt  iiSus  fubfcribt  fipu , Dt- 
màu  Philip^  repe  Prancit.  La  fécondé 
cil  dans  le  même  goût.  Seulement  elle 
ajoute  au  titre  de  roi  de  Trance  celui  de 
Navarre.  Dans  (t)  trois  vidimus  de  Louis 
le  Hutin  de  l'an  ijif.  ou  fuivant  le 
nouveau  ftyle  i j i<.  du  mois  de  Février, 
natoit  la  fignature  d'un  fectétaire.  Si  ces 
lettres  elles-mêmes  ue  furent  pas  Ibuf- 
crites  de  la  main  de  ce  prince  ; du  moins 
portoicnt-elles  cette  formufe  , dans  la 
luke  fi  fouvent  répétée  : Et  intai Jtgntit  \ 


II.  PARTrE. 
“S-ecT.  îii. 
Chat.  Vm, 


(a)  Htmtm.  deU 
mmareb.  Franc, 

t.i.f.  III. 

(èj  Stnmf,tritdi 

t.  f.f.  I. 

(c)  Ihdtm. 


(d)  UH.p.  yj». 


PER  OouiMUM  RIGXU  ad  rtlaiioium 
arehitpifctfi  , ou  archidiatmi  Rhstoma- 
infit.  Jo.  Dt  Verhis.  Ces  fignatures 
fe  foncintent  depuis.  Deux  (c)  o$do- 
nanccs  de  tjiy.  au  mois  de  Juin,  en 
montrent  la  conrinuatioa , ainfi  qu'une 
infinité  d'autres  de  Philippe  le  long  Sc  de 
Tes  fuccefieun.  Une  otdonance  du  même 
roi  enjoint  aux  notaires  (d)  de  figner 
tout  ce  qui  fe  pafle  au  cbatelct  , bots 
les  commifiions  de  fang,  on  de  l'ofice 
du  Prévôt , ou  les  lettres  au  nom  du  roi, 
pour  être  fcellécs  en  rabfcnce  de  foo 
grand  fceau  fous  le  feel  du  Châtelet.  11 
défend  par  une  ordonance  du  mois  de  . Fé- 
vrier rjio.  ou  Iclon  le  nouveau  ftyle 
1311.  de  palTer  an  fceau  des  lettres, 
qui  ne  feroient  ni  de  la  main  des  no- 
taires , ni  fignées  d'eux, 

D.  Mabillon  (c)  place  le  renouvelle- 
ment des  fignatures  des  notaires  fut  la  (e)  Dert  difttm. 
fin  du  XIII*.  fiècle,  ou  le  commeuce-  f.iti. 
ment  duxiv*.  Mais  s’il  cft  queftion  de 
la  foufeription  du  notaire  ou  de  l'écri- 
vain , qui  dielToii  la  charte  ; i peine  fu- 
fage  en  céiTa  t-il  detems  en  tems,  pen- 
dant environ  crois  fiècles , favoir  les  xi, 

XII.  {(XIII.  Encore  ce  ne  fut  pat  fana 
beaucoup  d'exceptions  locales. 

Au  choix  des  parties  contiaélanles  les 
écléfîaftiques & les  religieux  furentptef- 
que  les  leuls , furcout  en  France  , qoi  - ■ v .T  ' ) 
redigeoient  par  écrit  les  aâcs  avant  le  . f 

XI  i*.  fiècle.  Dans  nos  provinces  mêmes 
méridionales  , où  les  notaires  furenfté- 
tablis  d'abord  en  qualité  d'oficiers  pu- 
blics , les  moines  {(  les  écléfiaftiquescon-  ) 

tinuèrenc,au  moins  jufqu'au  (/)  de-là  {f^Vaàffiîuh^. 
du  milieu  du  xi  i*.  fiècle  , à dreifer  des  it^Lanfud,  t.  a. 
aéiet  : non  feulement  pour  ou  au  nom  ctl, 
des  évêques  & des  églifcs  j mais  encore , 
ioifqu'il  ne  s'agiÏÏbic  que  de  chartes  St 

lii  ij 


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II.  PARTIE.  ■ 

S 1 C T.  III. 

Cha».  VIII. 

(«)  LsHrUrt  tr- 
Jm.l.i. 

(i)  SittD/i  «•- 
im.t.  j.f.iif. 


(r)  Jiij}.  Jt  Lm»~ 

fHtJ.  /.  1.  y.  J 1 1. 
fii. 


(J)  Ttm.  x.ctl, 
48?. 

(t)  IHd.  etl.fiT. 

( X)  JUd.  ctl. 
4»i.  499-  S*1‘ 
]if.  148-  JJ7. 


nouveau;  traité 

bien  , qu’on  n’en  fit  une  loi , bots  certains  cas  particuliers. 
Philippe  le  long  dit  en  termes  (a)  formels , qu’il  fignoit  plu- 
fieurs  lettres  patentes.  La  llgnature  écrite  de  la  propre  main 
des  rois  dans  leurs  diplômes  a donc  au  moins  commencé 
fous  ce  prince  : & les  preuves  en  font  peutêtre  plus  nom- 
breufes  , dans  les  ordonances  ^ qu’on  n’a  coutume  de  le  pen- 
fcr.  Dès  l’an  1358.  il  fut  défendu  aux  fecrétaires  ou  (i) 
notaires  du  roi  par  Charles  , duc  de  Normandie  6c  regent 
du  royaume  , de  figner  les  lettres  paflses  au  Confeil  ; fi  elles 


Jacords  entre  des  Teigneurs  laïques  ou 
bien  entre  eux  & leurs  valTaux.  Us  pof- 
Tedoient  encore  alors  des  chaigcs  de 
chanceliers  8c  de  chapelains  des  fei- 
gaeurs.  La  nouvelle  inditution  d'dcri- 
vains  publics  8c  de  notaires.atachds  à cer- 
taines villes  ou  aux  cours  de  quelques 
frigneuis , remonte  néanmoins  au  delTus 
de  la  moitid  du  xi  i'.  liccle  ' mais  elle 
ne  s'étendit  qu'inlcnlïblement.  Leur  nom- 
bre Te  multiplia  dans  le  Languedoc  8c 
les  conttées  voilines  ; d'où  ils  fe  répan- 
ditcut  do  midi  au  nord  de  la  France, 
sa  Les  grands  (r)  vafTaux  de  la  couronne 
s>  érigèrent  en  titre  d’ofice  le  droit  de 
SS  drelTer  8c  d'écrire  les  aftes  de  /»«r» 
s>  ettiri , 8C  ceux  des  particuliers , 8c  don- 
».  nèrent  l'exercice  de  cet  ofice  à ferme  , 
» ou  le  vendirent  i vie  à de  certaines  per- 
s»  fones.  Ceft  ainlï  que  Roger  vicomte  de 
•sBeziets  vendit  en  iilo.  I un  nommé 
».  Bernard  Cotte  , It  tmktUunsf  dt  f» 
s»  nur  , *vte  U dr$it  d*  falltr  de  fm 
s. [seMU , ( Itgillamni  meum  > ) droit  , 
»>  ajoute-t-il , que  le  vicomte  de  Trenea- 
».  vel  mon  père  . avoît'donné  autrefois 
» au  même  BetnardCotte,  qu'il  lui  avoir 
30  conhrmd  quelque  tems  après . 8c  qu  il 
SS  lui  avoit  Arè  înjoflemcm  dans  la  lûite  j 
» Roger  IcTbi  vendit  conjointement  avec 
SS  révèqne  de  Betiers  ....  enibne  qu'il 
SS  n'f  taroit  que  lui  fcul , on  Tes  fubfti- 
si  ruts  pendant  là  vie  , qui  pouroient  écri- 
s>  re  Tes  chattes  de  Beziers  8c  de  fon  tet- 
ss  rîtoire.  On  voit  par  U qq'il  avoit 
SS  albts  dans  eette  ville  qu'un  fcul  no- 
ss  taire  ou  tabellion , qui  eiolt  en  même 
SS  tems  greficr  de  la  cour  du  vicomte  8c, 
• de  celle  de  l'évèque.  " Un  témoignage 
audi  formel , apuyé  de  plulicui*  autres 


aotéticnrs  de  près  de  quarante  ans , nous 
prouve  que  des  avant  le  milieu  du  xi  i*. 
lîccle , tes  clercs  8c  les  moines  n'éroient 
lus  les  fcnls  , qui  drciCiirenc  des  aâet; 

ce  n'cll  qu'ils  lulTcot  expédiés  au  nom 
des  évêques  ou  des  égUfes.  Nous  voyons 
en  éfèt  parmi  les  preuves  de  la  nou- 
velle hiftoire  (d)  de  Languedoc  une 
charte  d'Alfonfc , comte  de  'Touloufe  8c 
duc  de  Narbonne  de  l'an  1 1 yp.  avec  le 
ftÿuem  de  Gile  {criv4'm  fMic.  En  it  fi. 
8c  en  ii<i.  nous  trouvons  un  éctii|pùi 
(r)  de  la  cour  du  comte  de  Barcelone  . 
qui  fe  qualifie  de  la  forte  t S . Pétri  Ri- 
cmrdi  firHà  eueU  teerekmenenfit  eeemiis 
qui  hu  feripfit.  Un  notaire  de  Nifmes  (/) 
tbufciit  ainfi  l'an  1 188.  Prrriw  Petit!  N<- 
m»ufeHfii  Btlttrim  feripft  mendMiu  ex 
mtr» fie  perte.  Durand  paroit  avoir  pof- 
fèdé  un  oocatiat  fixe  à Montpcincr  , au 
moins  depuis  1140.  jufqu'en  11  f 6.  com- 
me on  en  peut  juger  par  les  aéles  , qu'il 
(gj  expédie  pendant  cet  intervale. 

Au  XMi‘.  lîècle  les  notaires  annon- 
cent plus  fréquemment  leur  fignarure. 
Mais  ce  terme  cft  dans  leur  Lingagp 
fouvent  équivoque  : parccqu'ils  apcioient 
figner  y lorfqu'ils  narquoient , loif  avec 
la  plume , Ibit  avec  l'eftampille  ode  ef- 
pèce  de  grille , où  leur  nom  étoit  tantôt 
énoncé  , 8c  tantôt  fuprfraé.  Le  nom  n'y 
paroilfoit  pat  dans  les  plus  anciennes. 
Mais  bientôt  Us  le  laiflercnt  en  blana 
8c  l'ajoutèrent  avec  la  plume.  Quelque- 
fois aufii  ces  efliapillcs  portaient  lent 
nom  8C  furnom  gravés  en  relièf  : quoique 
ocdinaitemcnt  le  premier  ne  fut  rendu  , 
que  par  II  première  lettre.  Enfin  lents  C- 
goaturcs  masquées  au  long  ,8c  fcnlemcnç 
fuiviet  dè  paiafcs  furent  loifcs  eu  ufage.' 


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DE  DIPLOMATIQUE^.! 

n’étoient  au  moins  foufcritcs  de  trois  de  ceux  , qui  y^ayoteqc  *|SB=S529 
alïiftë.  Mais  fi  ce  règlement  nous  monve  Tufage  de,ügùei; 
en  partie  rétabli , &:  pluûeurs  membres  du  conleil  du  roicai-  v lir. 

pables  d’écrire  : il  fupofe  aufli  plufieurs  d’entr’eux  hors  d’é- 
tat de  le  faire  ; puifqu’il  les  autorife  à y fupléer  par  l’apo- 
ütion  de  leurs  fignets.  Charles.  V.  fignoit  non  feulement  (r) 
toutes  les  (a)  chartes , grâces , lettres , émanées  de  fon  auto-  {■«)  htnfmutU 
rité  -,  mais  encore  les  bréyets  &c  les  dépêclies.  Philippe  de 
Maifières  blâme  ce  prince  fi  lige  des  peines  infinies  , qu’Ü  ’ 

prenoit  à fouferire  tant  de  pièces.  11  auroit  voulu  , 'qu’il  Ce 
fût  borné  aux  plus  importantes  : 6c  c’eft  à quoi  il  exhorte 
(i)  fon  fiicccfleur.  Au  telle  perfone,  du  tems  de  Charle  Y, 
n’écrivoit  mieux  que  lui  , comme  en  font  foi  grand  nombre 
de  fes  fignatures , qu’on  trouve  partout.  11  fiifit  d’en  citer 
im  exemple  d’après  (é)  M.  Sécoufle.  Ce  font  deux  (3)  lettres  (t)  Orin.  t.  j, 
cloles  de  l’an  1 3 67.  à la  fin  delquelles  on  lit  : ^ous  avons  P-  »7- 
Jîgné  cts  lettres  de  notre  propre  main.  Donné  à Sens  le  19, 
jour  de  Juillet.  Charles.  Au  commencement  du  règne 
Cbarle  VI.  on  drelTa  (c)  un  arcté  figaé  des  principaux  priiu-  (.) 
ces  du  fang  , touchant  la  formé  du  gouvernement  de  l’état  ^ 

6c  la  gartw  de  la  perfone  du  roi , en  date  d.u  3 0.  Novembre 

t.t.  f.  cxxxyi  r, 

iôufcrivoit  de  Ictirej  : & co-jtefoit  on  in- 
(inue  affei  clairement  , qu'il  ne  les  fi- 

Enoic  pas  coaces.  On  en  difliogue  peut 
> forait  dt  tUytrfn  jMMihéi . ...  Itt  aats 
font  fftlrti  do  fnanct .,  commt  dons  , 
trnnffons  , 'sUiênniioni  , Mmtnijfimmt  , 

•cquits  , tooltfs  , cidnlUt  adrtjfnns  au 
ehanftmr  du  tri  for  ou  rtetveurs  létûraux  , 
four  omfloytr  aucunts  fommti  en  Uurt 
rooltes  , ftlon  qftil  plaît  au  roi  leur  com- 
mander. Toutes  lefqueltei  femhlahlts  ont 
aceos^umi  sChre Mntts  de  ta  main  dures. 

Ce  (}Ui  fcmble  faire  entendre  qu'il  y en 


(1)  Dans  les  ordooaoces  de  nos  rois 
publides  pat  M.  Secoufle  , on  voit  beau- 
coup de  Icttics  de  ce  monarque  , tecmi- 
oitt  par  la  formule  Aùifi  fifut  par  le 

roi.  Si  l'on  ne  la  prenoit  pas  à la  lettre  ; 
il  s'enfuirroit  ou  qu'il  n'a  ibufetic  aucune 
de  ces  lettres , contre  le  cdmoignage  foc- 
aicl  d'auteurs  conccmpocains  , ou  que 
les  copies  imprimées  de  ces  pièces  oc 
font  pas  tontafait  conformes  aux  origi- 
naux. Mais  cet  article  demande  une  plus 
longue  difcullion,  que  nous  renvoyons 
aux  (ignacures. 

(1)  Nos  rois  ont  toujours  continué  de 
ligner.  Ce  n'ed  que  depuis  {d)  Cliailc  IX. 
que  les  feciécaircs  d'etat  lont  en  bien 
des  cas  autorifés  à fouferire  pour  le  roi. 
Cependant  on  ne  peut  guère  douter  > que 
depuis  Châtie  V.  nos  cois  ne  fc  foient 
déchargés  de  pUilïeurs  lîgngcaçcs  fur  leurs 
fcccéiaircs.  Dans  un  extrait  de  la  clsam- 
bre  des  comptes  de  Paris,  ppl>Gé,(.j  par 
D..  Mabilloo,  on.voitçppoibien LquipXI. 


avoir  d'autres  ,.qui  oc  l'étoiencpas. 

) 11  eft  bien  étonant , que  lur  un  vo-  Nasrw/  aéro- 
lumc  entier  de  lettres  & d'ordonancesdu  e(,^,„ol.dethm.. 
rot  Charic  V.  ois..ue  trouve  que  deux  j,  fr.p.  347. 
lettres  clofes  lignées  de  fon  nom  ; quoii 
qu'il  fouferivît.  tqnt  de  pièces , qu'on  lui 
en  a fait  des  rcptoèjies.  Auroit  - on.  té- 
tranché  les  fignatures  .de  eo  prince  dans 
lei  regitre,  , d'od  ce*  oïdonanees  font  ^,yD,rtdiplnmi 
: m . 1.  p.  «ai. 


Diy---rr! 


-Ogk 


V a 


II.  PRATIK 
S I C T.  III. 

Ch  A».  Vnl. 
{m)  Prtfét.f. yt. 


(i)  Orim.  t.  }• 
f.  i.t4~ 


(f)  Oritu.  U *• 
t-  4>7- 


{i)  G««wù,  an- 
prmt.  in  trUm. 
itv.  4.  lit.  (.$.  £.. 


•4J8  NOUVEAU  TRAITÉ 
I }8o.  Nos  rois  continuèrent  dans  la  fuite  de  figner  de  leur 
propre  main.  Les  (ôufcriptions  de  Charle  VII.  Ce  diftinguent 
de  toutes  les  autres  par  leur  élégance.  ' 

D.  Hergottdansla  généalogie  (a)  de  la  maifon  d’Halbourg 
ne  fait  commencer  les  fignatures  manueDes  des  empereurs 
d’Allemagne  qu'en  1486.  En  quoi  il  eft  parfaitement  d’àcord 
avec(iJGudenus.  Cependant  M.  Secoufle  a publié  ‘(A)  une 
balle  d'or  de  remperCur  Charle  IV.  en  faveur  de  la'ville  de 
Romans  en  Daupluné , de  l’an  1366.  fignée  de  la  main  de  ce 
prince ’&  defes^ands  oficiers. 

En  général  les  fignatures  des  particuliers  ne  forent  réta- 
blies, qu’au  ("x)  XV*.  ficelé.  Elles  concourent  avec  la  renaiC- 
fance  des  lettres.  L’écriture  étoit  un  préalable  néceffiûre  à 
leur  rénouvéllement.  Si  elle  ne  fot  devenue  commune , les 
fciences  ifauroient  jamais  pris  l’efiTorr.  ^ ' 

Contre  l’ancien  ufage , Clivant  lequel  celai , qui  écrivoit 
une  lettre,  mettoit  Ton  nom  à la  tête,  d’abord  avant , en- 
fuite  après  celui  de  la  perfone  , à qui  l’épitre  étoit  adreffée , 
on  avoit  introduit  au  moins,  dès  le  xiv*.  fiècle , la  coutume 
<le  les  fouferire,  comme  les  lettres' patentes.  Mais  pluficurs 
xetlntent  l’ancien  ufage.  ' ^ •.>  . 

L’invention  de  l’imprimerie  , loin  de  faire  tomber  l’art 
d’écrire  , ne  lêrvit  .qu\  Iç  cendre  de  toutes  parcs  ‘plus  llor 
rilTant.  Bientôt  on  s’avâià-4e  faire  quelques  collections  des 
diférentes  écritures.’  Miis  ce  n’étoit  encore  que  le  germe  des 
fouks  abonda  , que  le  xviii*.  Cède  dévoie  produire. 


( t)  Notre  aureot  rapom  un  diplôme 
de  Maximilien  portant  cetcc  foalcription; 
Jin  Mnximilimiu  Rnomtram  rtx  /»- 
frafrrifiM  reetpufciiriuf  per  rnmum  frepr. 
La  lignanre  du  mime  empereur  paroit 
dani  iKaaeoup  d'autres  de  (es  diplômes. 
Cadenas  ajoate , qu'il  ne  ctoiroit  pas  Te 
etoropet  s'il  difoic  dans  tous.Mais  Cnarle- 
Qutnt  ne  manqua  jamais  de  fouferire  les 
Cens  te  toutes  lès  lettres. 

(1)  Dans  une  note , fur  faoiele  I.  de 
rotdonaneede  Philippe  le  bel  toachOit 
les  tabellions  te  les  notain  . 

Fan  1504.  M.  de  lauriiic  {i)  fiipoli, 
ue  les  lïgnatures  des  particuliers  dtoient 
é»-Iois  en  ufage.  Comme  les  nDtaires 
corigeoient  Ibuvcnc  le  brouillon  ou  les 
projets  d'aflcs , qu'ils  drelToicat  j il  { en- 


fitil,  dit  ce  lirrant  homme  , f«  « 
éteit  tranfettt  imite  preteetle  ou.iegitrc, 
ieveh  être  fipu  ies  pieniei.  La  confdqueu- 
ce  n'ellpas  ntcelTaire.  On  s'en  imlmit 
alon  , comme  dans  les  Iticleapiiceliens , 
à la  bonne  foi  des  notaires  ou-tMtres  ob- 
ciers  publics.  Henri  H.  par  bsn  (d)or- 
donance  de  Fonraioeblecu  do  mois  de 
Mars  ijf4.  prtlcririt  aux  parties  con- 
itaâantes  j outre  tes  feings  des  no- 
taires de  figneroa  de  faire  ligner enleurs 
notns  tieu  ttmrnSi  otUfiimu  , ju«- 
umen  UBn  privés.  La  même  loi  fut 
confirmée  te  mime  icendue  aux  iuts 
d’Orléans  en  i )(o.  art.  (4.  tepar  Chât- 
ié iX.tfàSloisptt  Henri  OU  enil7x- 
an  lif. 


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DE  D IPLOM  ATTQUE. 


439 


CHAPITRE  IX. 

i 

Vérification  des  écritures  : à pelles  marques  recoréoit- 
onleur  vérité  ou  leur  faufieté  ? Concours  de  tous  les^ 
caraB'eres  , quelquefois  , mais  pas  toujours  né->\ 

. ce  faire  : fupériorité  de  la  preuve  par  écrit  fitr- 
toutes  les  autres  , & notamment  fur  celle  par  ccnh* 
paraifin  d'écriture  : reconoijfance  de  là  fiffiatüre^ 
participe  à cet  avaruage  : incertitude  de  la  preuve^ 
par  comparaifixit  y fon  'mjufifiince  y fitrtout  'eu 
matière  erimindle.  Quelques  déférences  entre  les 
écritures  ne  prouvent  point  qu  elles,  foient  de  difé-^ 
rentes  perjônes.  Quelle  utilité  peiït-on  fe  promer- 
tre  des  vérifications  d'écriture  ? Æ qui  ces  ofice 
apar tient-il  , çjr  quelles  doivent  être  les  qualite's' 
du  vérificateur N écejfità  du  recours  ' aux  ajtti- 
quaïres  y par  raport  aux  anciennes  chartes.  Ufiigp 
des  pièces  de  eomparaifon  : ne  peins  outrer  les 
préjugés  contre  la  vérité  des  anciens  titres  & des 
aaes  récens.  Divers  moyens  pour  découvrir  Us 
artifices  des  faujf aires  :\jufiptà  quel  point  peur- ^ 
ony  compter.  Que  doit-an.  conclure  de  la,  difirmee' 
ou  cohfornuté  de  t encre  ? ’ . 


BL  PjAJl'TIIB. 
Szer.  ni. 


SI  rtm  juge  avec  fiicccs  dé  li  vérité  des  anciens  titres  par  le 
ftylê  n’en  juge  pas  oioiiis  heureuremeat  par  l’écrKuie.. 
Elle  prtfente  plufiears'moyens  infaillibles  , pour  difeemer  fe 
fàui  diijÿtii'jQijpiqrill  ne  d’uiie  indSfpenfâble  nécellîté 

d^puîTec  fur  an  aÂe  toBS  les  càraéitcres  de  vrai  ou  de  &ux, 
avant  qjie  de  décider  de  Ton  fort  ; fe  titre  véritabfe  doit  ‘ 
éue  'exemc  de  cour  üidice  certain,  d'ùnpoftupe  le  fau&  . 
ne  'feurok  «anquer- xten  reeder  quelcpi’ua.  Les  piècet^ 

< v-fu J 


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lî.  PARTIE. 
S 1 C T.  III. 

CHAr.  IX. 


JufquT  <]ucl 
point  , pont  être 
déclaré  faux  , un 
acle  doit-il  coatcc- 
dite  rbiftoire  par 
la  fenlc  incompa- 
tibilité des  faits , 
foit  avec  la  date. 


440  NOUVEAU  TRAITÉ’ 

’ jutidlques  ont  par  elles-mêmes  une  force  fupérieure  à toute 
autre  preuve.  La  comparailbn  des  écritures  n’en  peut  fbu- 
tenir  le  parallèle  ni  les  infirmer  , fi  die  n’eft  étayée  de 
puifians  motifs.'  Rarement  tirë-t-elle  de  Ion  propre  fond  des 
raifons . aflez  déciûves  , pour  convaincre  de  faux  les  titres 
anciens  expofés  à fon  examen.  Moins  on  voit  de  vérifica- 
tions réuflîr  ; plus  leur  dificulté  fe  manifefte  , & plus  fe  fait 
fentir  la  nccefllté  d’experts  d’une  capacité  peu  commune. 
Habiles  à découvrir  les  artifices  journaliers  des  faulTaites  j 
qu’ils  ne  s’avifent  pas  de  juger  de  l’age  ou  de  la  vérité  de 
momïmens  d’une  antiquité  fort  reculée  , ne  fut-elle  qu’apa- 
rente.  L’examen  en  doit  être  réfervé  aux  antiquaires.  Les 
préjugés  contre  les  chartes  ne  font  propres  , qu’à  conduire 
a des  raports  &C  à des  fentences  injuftes.  U eft^  à craindre  , 
que  les  experts  ne  croient  fbuvent  apercevôir  les  artifices  des 
faulTaires  , où  il  ne  s’en  trouve  pas  Ig  trace.  Voila 

en  peu  de  mots  les  principaux  cl^efi^uir  lelquels  roulera  k 
chapitre  où  nous  entrons.  ‘ ’ ' 

I.  La  contrariété  des  chofes  énoncées  dans  les  chartes  avec 
rhiftoire  femble  en  fait  détritique  avoir  un  grand  avantage 
fur  tous  les  autres  genr«  de^  preuves.  Un  original , qui  pèche 
( 1 ) efièntiellement  contre  riwoiré , fans  autre  examen  mérite 
d’être  rejeté.  Kfcys  tôtitès  les  pièces  fauffes  ne  la  contredi- 
fent  pas  ouvertémeot.  Qand  la  contradiction  n’efi  pas  (2.) 


(i)  Noo* 
fouvcncdei 


(4)  V.  netri  i. 
tmu.  f.  JO.  ^ 
fitiv. 


i car 

" iTcntpaioiltc  don- 
>ire  : tandis  qa'clics 
’dctaircir.  Ce  n’ell  pai 
, mais  à fa  perfec- 
inire  des  monumeos  io- 
..  T?  en  rcmpIüTent  les  vuides,  qni 
CB  détaïUqpc  les  circonftances  , qui 
«aïoorigciu  les  erreurs.  An  contraire  fai- 
re'concourir  des  dates,  quioepeuveot 
le  maintenir  par  aucun  (yltéme  de  chro- 
nologie , pat  aucune  expUcatien  raifb- 
nable , unir,  par  exemple  , le  ponriheae 
dTnnocent  I.  avec  l'empire  de  Graticn 
tcc.  ce  feroit  tout  bonleveifer  dans  l'hif- 
taire.  Les  princes  feanfois  fubllieués  aux 
vérirablet  par  le  P.  Hardouin  , depuis 

Sire  romain  , jufqu'i  Philippe'  lt 
teieot  nu  cenviulcmtnt  daMl-hif- 


avoir  produit  jes  tnonumens  fevorahles 
à Tes  ryltèmcs  faiftoriques , qui  eulTent 
clairement  exprimé  ce  qu'il  leur  faifoit 
dite  par  des  interpréutions  forcées  , U 
o'auroit  pas  falu  balancer  à les  r^rou- 
ver  comme  faux. 

(r)  Le;  daresfont  partie  de  rbifloiique. 
Une  date  fautive  n’cfl  pn;,W.>uotii  Ffufi- 
(ânt , pour  décrier  une'pliee.'  Les  t)orai- 
res  ont  quelquefois  , paS  pnie  méprifê  .< 
fait  des  mutes  téeliea  wins  des  aâes  véri- . 
tables.  Leux  tiipsitation  n'efi  pas  tonjours  ^ 
la  ndae.'Sofidebt  ils  comptent  autre- 
ment les  années  des  régnes  ou  des  in-  > 
diéUons.  Ainfi  les  fuputations  de  part  de 
rTautte  ne  s'acotdeot  pas  conftamment. 
On  doit  donc  fe  prémunir  concte  lés  ' 
jugeaKMpté<ifités,quapdlqsin^cqBptM  t 

énoxine  ; 


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DE  DIPLOMATIQUE.  441 
ëaorme , on  n’a  pas  tort  de  mettre  en  quefUon , fi  l’hiftoire 
ne  doit  pas  être  redreiTée  fur  le  monument  contefté 
• Son  opofition  manifêlle  avec  l’écriture  de  l’afte  équivaut 
aux  anachronifmes  les  plus  monftrueux.  Il  n’en  faut  pas  da- 
vantage pour  ranger  un  titre  parmi  les  pièces  fupofées.  Avec 
la  plus  légère  teinture  des  caraftères  diftinéÜh  des  tems  ; 
on  déclarera  (i)  faufie  , fans  crainte  d’erreur  une  écriture 


réels  ou  ptétenJus  ne  fonc  nue  d'une 
ou  deux  années  : k oue  d’ailleurs  cous 
les  autres  caraâéces  de  vérité  Te  fou- 
tiennent.  Quoique  la  eritique  de  M.  Mu- 
ratori  Ait  les  chanes  palTe  quelquefois  les 
trornes  de  la  modération  , » il  ne  penfe 
U pas  néanmoint  , difenc  les  (a)  Jour- 
» naliAcs  de  France,  qu'on  doive  juger 
» un  aéle  faux  , dès  que  l'on  découvre 
» quelque  chofe  , qui  ne  s'accorde  pas 
» avec  les  notions  ordinaires.  Il  fe  fonde 
» fur  deux  raifons.  La  première  c'efl 
» qu'il  eA  échapé  beaucoup  de  fances 
» aux  oficiert  des  chancelcries  dans  les 
U diplômes  , qu'ils  ont  expédiés  , & que 
» les  notaires , qui  en  ont  fait  des  co- 
» pies , les  ont  fouvent  faites  très  - dé- 
» fcCiueafes , de  qu'il  eA  du  dévoie  d'un 
» critique  judicieux  de  bien  pefer  ces 
" monumens  , pour  difeernet  l'impof- 
•>  cure  de  l'ignorance  & le  peu  d’aten- 
» cion  de  ceux  , qui  ont  dreifé  ou  écrit 
» les  aélcs.  La  fécondé  raifon  qu'aporte 
» M.  Muratori  , c'eA  que  nos  conoif- 
» fances  même  les  plus  ftlTocées  ne  nous 
» éclairent  pas  Ainfammenc  pour  tous 
» les  tems , & pour  toutes  les  citconf. 
- tances.  Il  en  aporte  pour  exemple  la 
» date  d'une  infinité  de  chartes  , hors  de 
» tour  fonpfon  , défigoée  par  l'indic- 
» tion  d'une  manière  , qni  ne  peur  ^as 
» toujaurs  s'aeordet  avec  aucun  des  fyf- 
» cèmes  reçus  , ni  même  concilier  les 
«■époques  de  ces  diférens aéies encr'eux. 
••M.  Muratori  eA  parvenu  néanmoins 
» par  fa  fagacicé  à éclaircir  plufienrs  de 
» ces  dates  : mais  il  y en  a quelques-nnes 
w qui  ont  échapé  i toutes  fes  lumières 
«>  fit  à toutes  fes  recherches.  « Nous  ci- 
tons d’autant  plus  volotitiers  le  janmal 
des  favans  î qu'il  donne  ici  en  peu  de 
paroles  un  e'xtrait  très-fidèle  de  (è)  près 
de  quarante  colones  m-Mu. 

Tome  II. 


( I > Qu'on  préfente  donc  , comme  du 
vu',  ficelé  , quelque  pièce  , dont  l'é- 
criture foie  du  xi'.  ou  comme  du  XI.  un 
aéle  , donc  le  caraélcrc  foit  du  xiv*.  au 
premier  coup  d'œil  tout  médiocre  an- 
riquaire  jugera  l'une  fie  l'antre  fupofee. 
Autrefois  ceux  qui  fabciqnoient  de  fauf- 
fes  chartes  ne  penfoient  guère  il  con- 
trefaire leur  écriture  fut  celle  des  fiècics , 
donciisvouloicnc  dater  leurs  impoAurcs. 
Communément  il  lent  auroit  été  impof- 
fible  d'en  trouver.  D’ailleurs  des  reenet- 
ches  d’anciennes  écritures  préalables  à la 
produétion  d'un  titre , auquel  perfonc  n'é- 
toic  préparé , devoir  naturellement  faire 
naitee  des  foupçons  de  faux.  Elles  fu- 
fifent  en  éfec  ces  recherches  en  pareilles 
circonAanccs , pour  fournir  un  moyen 
de  fufpicion  meme  au  criminel,  AInfi 
dans  l'hypotlièfc  de  modèles  imités  i on 
fe  fera  contenté  de  ceux  , qu'on  aura 
eus  en  Ibn  pouvoir.  Depuis  l'an  looo, 
excepré  un  nombre  borné  d'anciennes 
églifcs , prcfqucs  pcrlbncs  ne  confervoit 
de  plus  vieux  monumens  diplamatiques. 
Pour  contrefaire  une  écrirure  de  quel- 
que antiquité  quelle  dût  être  ; depuis 
les  1 1 1 . fie  X 1 1 1 '.  fiècles  , on  aura  donc 
pris  pour  modèle  quelque  chatte  du  x t . 
ou  xii'.  Elle  dévoie  paroitre  d'un  ca- 
raâère  fort  ancien  dans  un  tems  , où 
l'on  h'avoit  nulle  connoifTance  diAinéle 
des  écritures  antiques.  L’eût  on  teconne 
pour  être  du  xi*  ; la  capacité  la  plus 
fupérieute  d'alors  étok  trop  étroite  , pour 
donner  certitude , que  la  curfive  des  x. 
Sexi'.  fiècles  n'avoit  point  eu  cours  à 
la  fois  avec  les  divetfes  fortes  d'écri- 
tures des  VJ.  fie  VI I*,  dont  on  auroit  ea 
quelque  notion.  Mais  anjoutdui  quel  an- 
tiquaire héfireroit  fur  ce  fait  ! Quoiqu'il 
fût  peutêtre  polCble  de  montrer  par 
exemple  de  l'écriture  du  vu',  fiècle. 


II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
CHxr.  IX. 

foit  de  celle  - ci 
avec  fon  écritnre. 
Dates  des  aéies  .su 
thentiques  oïdi- 
naitement  préféra- 
blet  à celles  , que 
fbtimit  l'hiAoire. 


(a)  Jeirrii.  dttf  t- 
vsm.Afiii  1741. 


(i)  Aitiifuit.  Int. 
mtdü  tvi.  r.  ;. 
iifftn.  cêl.  4. 


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II.  PARTIE. 

$.1  CT.  IIU 
Chap.  IX. 
Ceoeoacs  de  «m 
les  caiaâdres  coa- 
traiics  on  faTota- 
blés, pour  juger  de 
U virixé  ou  de  U 
faulTct^  des  aâes 
anciens  : Tcnti- 
inenc  de  D.  Ma- 
billon  mat  ezpofé 
par  quelques  au- 
teurs , réduit  à là 
tulle  valeur. 


tu)  De  re  iifltm, 
fufp'.cm.f.  11.17, 
i*- 


^ -NOUVEAU  TRAITÉ 
vifibkment  poftérieure  de  deux  ou  trob  Cèdes  à (à  <kte; 
Cirtout  quand  elle  elt  eu  lettres  curfives. 

II.  -Un  psinc^e  tot||eum  adee^re ;peur  une  .pleine  cer- 
tkude  des  pièces  vraies  , ne  i’<eft  pas  paiement  pour  celle 
-des  fauffis.  C’eft  le  cetKouts  de  tous  ou  de  prefque  tous  les 
earaâèces  3 pour  leiquels  on  peut  juger  de  leur  fincérité. 

Une  pièce  vraie  doit  être  exemte  de  tout  vice  fuCGuit , 
pour  en  démontrer  la  faulfeté.  Une  pièce  faulTe  emporte  au 
moins  dans  fa  notion  un  défaut  incompatible  avec  La  vérité 
de  cet  a£Le. 

Tous  les  caraderes  de  vrai  ou  de  fkûx  ne  doivent  pas 
néanmoins  paffer  eu  revue , pour  pouvoir  ablbudre , ou  con- 
damner un  cirre.  Un  iëul  quelquefois  peut  décider  de  fa 
flétrilfure.  Une  foule  de  caraétères  favorables  ne  réfifteroit 
pas  à un  defavantageux  ; s’il  étoit  de  nature  à ne  pouvoir 
compatir  avec  une  pièce  vraie.  La  forme  de  l’écriture  d’une 
pièce  inaliable  avec  fa  date  la  convainc  de  faux. 

Mais  leur  parfait  acord  n’opere  qu’une  très-grande  proba- 
bilité , en  faveur  de  la  vérité  d’mi  titre  , contre  lequel  on 
opoferoit  des  Ibupçons  légitimes.  Elle  pouroit  même  dif- 
paroitre  cette  probabilité  devant  d’autres  défauts  effentiels , 
ou  devant  un  fi  grand  nombre  de  vraifèmblances  défavora- 
bles , qu'il  fut  moralement  impoffible  de  les  trouver  réunies 
dans  un  aûe  vrai.  Audi , quoiqu’en  dilênt  plufieurs  auteurs,  qui 
n’ont  pas  toujours  bien  pris  le  fens  de  D.  Mabillon , il  foutient , 
qu'il  n’eft  (a)  point  de  faux  aâe  fi  femblable  à l’authentique , 
qui  ne  pèche  ou  par  l’écriture  , ou  par  la  matière  , ou  par  le 
ftyle  , ou  par  l’hiftoire , ou  par  les  notes  chronologiques  , ic 
qui  par  là  ne  mette  l’antiquaire  en  état  de  le  démaf^cr. 
Une  disjonûive  fi  étendue  n’exige  point  ,que  tous  & chacun 
de  fès  membres  aient  leur  aplication  à des  titres  , dont  la 
faiilferé  ponroit  réfulter  d’im  feul  défaut  ellentiel.  Mais  il 
efi  indifpenfable  que  tous  ou  prefque  cous  concourent , pour 


dilértnre  de  celle  qo'oa  connoicÿ  elle  fc- 
loii  C dülèmblable  de  Ucniiivc  du  ii'. 
qu'on  ne  poutoic  s'r  méprendre.  La'cer- 
eitude  lëroic  encore  moins  Cjjcrie  à être 
oHifquéc  par  quelque  nuage  i fi  l'on 
pioduifoit , comme  du  xi'.  Cède  ou  des 


tems  anérieors  , une  éecimte  couiaote , 
faite  feuicnienc  au  iiii.  ou  xiv.  ou 
fur  ^ modèles  du  même  tems.  Ou  peut 
donc  quelquefois  juger  avec  alTurance 
de  la  faulTeté  d'un  aéic , pat  la  lë'ule  eon- 
uadiéUou  de  fon  ccticoie  avec  fa  date. 


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DE  DIPLOMATIQUE-  - 44# 

la  juftification  (i)  d’une  pièce  ..Contre  laquelle  on.alëgueroif: 
des  moyens  de  faux  capables  d’en  impofer.  j . •; 

III.  Le  diplôme  royal , la  bulle  pontificale  , la  charte  fi) 
écléfiaftique  ou  laïque , l’aûe  public , en  un  mot  toutepièce 
d’écriture  , ne  fut-eEe  que  privée  , tient  Je.  premier  . rang 
parmi  les  preuves  admifes  dans,  tous  les  tribunaux.  Les  preu» 
ives  n’ont  pas  befoin  d’étre  prouvées.  II  eft  de  leur  nature 
de  fixer  les  jugemens  , & d’entrainer  les  fufrs^s  ; à moini 
qu’on  ne  falTe  voir , que  la  fiipercberie  leur  a donné  l’être, 
ou  qu’un  indigne  aliage  en  altère  la  pureté.  Hors  ces  cas 
démontrés  par  des  faits  ou  des  indices  àufli  brillans  , ‘que  les 
rayons  du  ioleil  ; l’aâe  public  eft  au-delTus  des  ('3)  coups  ^ 
que  pouroit  lui  porter  la  preqve  de  comparaifon.  1 

La  preuve  teftimoniale , où  le  faux  fe  glilTc  encore  plus 
aifément , que  darula  littérale,  lui  cède  aulfi  toujours  le  pas  : 
quoique  l’une  Sc  l’autre  foienc  également  cenfées  phyfiques, 
& qu’elles  l’emportent  fur  la  preuve  ^ réfultant  d’indices  plus 
clairs  que  le  jour , apelée  morale.  Onrdoit  donc  pUi^  croire 
à l’écriture  , qu’aux  témoins  mêmes,  qui  l’ont  (a)  fbuferite: 


II.  PARTIE. 

Si  CT.  MI. 

Chat.  IX. 

Force  de  la  preu- 
»e  par  écrit:  croît- 
elle  ou  décroît- 
elle  par  la  morede 
Tes  auieuiti  Panai 
les  preuves , celle 
par  coispatairoD 
il’écfitntes  n'a  de 
la  nature  , que  le 
dctntcf  nng..  r 


(1)  En  tout  autre  cas  , il  en  rera  de 
l'acte  juridique , comme  de  l’bonéte  boni- 
ne.  Il  doit  jouir  ^nne  répucaciou  en- 
tière i unt  qu’elle  n'eft  point  entamée 
pat  des  acuuciaos  fléirilTaqisf..  £ft-il 
chargé  de  crimei  aux  peux  de  la  Juftice  i 
S'il  en  ell  vétiablement  coupable  i il 
ÜBia  ttés-dificUc . qu'il  n’en  foit  convain- 
cu. Un  aâe  initâé  do  vice  de  Eiux  fera 
bien  plut  dificilement  encore  à l'épreuve 
du  coneourt  des  mopent  , qui  peuvent 
dévoiler  là  lupofition  , on  les  ullïfica- 
tions  qu'on  p aura  commires.  Quand  il 
■éblleioit  i plubeuis  de  cet  mopens  } il 
t'en  tionvera  toujouts  quelqu'un  , au- 
quel il  faudra  ruccomber.  Ou  ue  ba- 
farde  ries  à ptonoocet  en  &veat  de  fa 
fîneérité  i s'il  n'eft  aucun  de  ces  mopent, 
donc  il  ait  lera  quelque  ateinte  moncUe. 
Tel  eft  an  jufte  le  rentiment  de  D.  Ma- 
billoD.  Tout  antre  qu'on  lui  ptéteroit  , 
ne  feroit  propre  qu'a  indniic  en  erreur , 
U t'il  ne  fentoit  pas  la  calonuie  , il 
marqueroit  an  moins  peu  de  jafteiTe, 
(t)  On  ajoutait  anciennement  ébi  plei- 
ne ti  codète  tuxéctinucs  des  gens  <i'i- 


glife  ; & l'on  coorinae  de  leni  eanfervet 
cette  prérogative  en  quelques  endroits. 
Les  Etats  de  Venife  Ibnt  un  des  paît  , 
où  elle  s’eft  maûirtniie  plue  conusnv 
ment.  , - . 

(p)  n La  con^aniron  (i)  <féeiitutene 
» peut  pas  même  être  re^  , quand  c'eft 
aa  pour  combattre  la  foi  non  aâe  pubUc  j 
aa  picequ'il  ne  Ce  peut  jamais  Etire , que 
aa  les  conjeéhires  , que  ferme  la  feule 
■ diférence  ou  rellémblance  .det  camcr 
aa  térct,  égale  la  fei  que  l'on  doicbl-'aT 
■a  teftation  Iblcnnclle  des  pcrlbaes  par 
aa  bUquet  éc  des  témoins,  «a  Selon  la  no- 
velle  7).  les  témoins  doivent  être  crut 
pièférablement  aux  experts.  On  ne  peut 
pat  même  tecevoirla  ptenve  par  témoin  , 
in6niment  plut  ferre  concre  la  preuve 
aoibentique  par  écrit,  tel  qu’eft  un  aâe 
ligné  de  deux  notaires  , ou  feulemenc 
d'uD  notaire  St  de  deux  témoins.  L'inf- 
cription  en  feux  n'eft  donc  pas  recevable 
aa  quand  on  ne  (r)  taporte  point  de  plus 
tf  forte  preuve  , que  la  comparaifon  pat 
aa  experts,  a» 

Kkki> 


lA.autU.‘4,r.fi 


(t)  Le  Fajvr , di 
U fmmfétr  tm- 
fartùfm  tCitrim* 
n.f.  44. 

■ t 


(t)  IM,  f.  4d’« 


Dig  ‘ “ '1  by  Googk: 


II.  PARTIE 
Sec  T.  III. 

Chae.  IX. 


Reconoiflance  de 
récriture  , fupé- 
jicute  à toutes  les 
vérifications  ; i 
ijucllcs  conditions 
adinet-on  la  preu- 
ve par  cotnparai- 
ioa  d'écriture  î 


(a}  UiJ.  f.  4I. 


it)  D.Va^.  St  ve- 
to tsoucoiur.  7.' 


'!  - « 


(c)  L.  fiT.  ctd.  de 


(d)  Nrr.  de  V/tjft- 
rr'ivj  , de  ferifs. 
frru.  M,  I.  J,  II. 


(e)Lti.Rip.  fit. 
if.i.  i.&Mi-, 


NÔÜ'VE'ÀÜ  TU'AÏTTÉ" 

plutôt  aux  témoins  , qu’à  la  preuve  fi)  par  comparaifon 
d’écriture  : puifqu’elle  ne  rient  pas  pour  l’ordinaire  un  rang 
fort  diftingué  parmi  les  indices. 

L’écriture  judiciaire , lom  de  perdre  quelque  chofe  de  foa 
autorité  par  la  mort  de  ceux , qui  l’ont  drefl'ée  ou  (bulcrite , 
aquiert  (2,)  en  conféquence  une  nouvelle  force. 

IV.  Que  des  notaires  aient  drelTé  quelque  a£le , que  des 
témoins  l’aient  fouferit,  & qu’ils  reconoilfent  (3)  leurécri-» 
ture  ; ce  témoignage  eft  infiniment  fupérieur  à toutes  les 
vérifications  des  experts.  S’il  eft  arivé  ,^que  ces  derniers 
aient  détrompé  des  perlones  peu  atentives  , qui  prenoient 
j>our  leur  écriture  des  pièces  contrefaites  ; il  feroit  aullt 

(jyéhcz  ICC  J<.).Aiÿualtes,  les  ié>' 
inoias'ceCoaoiiroient.ils  Icucs  ligaaeurcs 
dans  une  cjiarte  aeufée  de  fa»  ; elle 
étoic  jnllifiée  fans  vérification.  Le  fer- 
ment dm^huncelier , eelVi-dire , du  no- 
taire .opéroit  le  juéjnc  éfet.  Quelquefois 
néartmoins  la  baibare'jutifpradence  des 


(i)  Le  rapottdes  expettt.O’cA  pas  une 
fiolple  dépofitisn  de  témoins  ,.qui  atef- 
tenf  ce  qu’ils  ont  vu.  C’ell  une  opéra- 
tion de  raifonement , plus  Injettc  à l’cc- 
atur , qucle  témoignage  des  ycnx.  ■ ■ j 
(i)  Lé  tcoioiguacc  (n)  .d'un  homme 
U cil  confirmé  pat  m jaétt  , te  par  ta 
'«  tttémerWfon  quo  ndne  novefte  7 vdit, 
” quepf.RIcsaotairos  ,oji  la  téinpif$( 
» qui  ont  figné  l'aélc , (ont  morts  ; alots 
» leur  fignature  fait  foi  : fans  qu'il  foit 
nlicfdin  tTaoTre  dépefitién;  pourvu  qu'il 
WfaroIlTc  , qnec’eft'leuT  fignature  : par 
b» ctjtfe'fiiftfie'raifoiii' dil-jé,  quand  Tel 
M témdlAs  otl  les  mrtan'és-,  tjul  bnf  ■iter-' 
»té  un  aélc  font  décédés  i leur  témén^ 
Wgna^é-  prend  cncorééme  nouvéllc  iftr- 
9>  ce  dé  leur  mocr.  Elle  pàlfc  pour  la 
>>  confirmation  la  plus  authentique  qu'on 
» puiffé  defirer  de  lents  difpofitions  ; elle 
»■  elle  vaut , dit  (r)  fa  loi  , le  récolement 
» 8c  la  conliontation  h pids  (olennelléf 
n La  rülôn  en  efi  , qu'on  préfume  tou- 
srjburs  , qu'un  homme- qui  va  rendre 
» compte  à Dieu  de  lèvaélrons  , ne  fou  • 
s>  fre  pas  , qu'il  demeure  de  lui  après  fa 
» mort  , un  téraoignage  , qui  i'acolê 
T>  éternellement  de  ranlfeté  devant  Dieu 
n 8t  devant  les  hommes.  <■  Aulli  cll-cc 
nao  maxime  repue  , qac'l'éctiturc  d'un 
mort  prouve  plus,  que  celle  d'an  hom- 
me vivant  : furtout  fi  la  léputacion  du 
premier  cit  intègre.  II  en  réflihe  même 
une  preuve  complète , pour  peu- qu'cite 
fbir  apuyèe  d'aillcms.  C'ell  (urquui  ) 
il  ne  paroit  nul  partage  emte  les  juiif- 
coafuJies, 


dneU  roh^coii.à  lè  batte:,  poui  ea  faire 
laprcqvç:  quelque  manièce  qM  I<| 

picce  lut  déclarée  vérilahle  ; l'acufatcut 
etoit  condamné  à l'amende  , tant  envers 
(à  partie , qu'envers  le  dianceUer  Si  les 
ténioirii.  Etoit-elle  convaincue  de  faux  !> 
LS ‘partie  idvcrftSt  ks^téihoinspapoidru* 
Pâoièitde  ;ti  te  chantcliet  avoir  1«  poucéé 
coupé.  Cèia  fu^fe-  prévarication  de  leur 
part-  :‘éar  en  tout  autre  cas  < où  il  ne- 
s’agifloit  que-  dé  la  vérité  d'une  pièce  ; 
la  feule  reconoilfance  des  témoins  fiifi- 
foit.  S'ils  avoient  feulement  été  té- 
moins de  la  confcélion  de  l'ade  fans  le 
l^ner  1 ils  -ne  poiivoienf  pas  toujours’ 
faire  tomber  leur  témoigutge  fur  tello- 
piète  , qu’on  leur  adroit  préfentéé  , 
pour  reconoitre.  Car  une  amre  auroir 
pu  lui  être  fubILitnér.  Mais  comme  il  n'a- 
rive  pas  , qu'on  laiflê  ignorer  les  claufcs 
principales  d'un  aéle  aux  témoins  , err 
préfence  defquels  on  le  parte  ; fouvent 
il  ne  leur  auroir  pas  été  dificitc  de  lo 
tceonoitreà  ces  indices. 

(If)  tes  cas  edtraordinafrcs  ne  doivent 
point  tirer  i ' tonféquence.  Pour  qu'ils 
arivent  ÿ'il  faut  que  les  perfoncs  inté- 
refléés  ne  fbient  pas  fur  leurs  gardes  ; 
8c  qa'elks  aroncnc  leur  méprilc.  Un 
homme  rccoooic  fou  écriture  : s’il  eft  dA 


i 


ft 


DE  D IP  L O M A 1 1 Q U É.  44 

dangereux  , que  contraire  aux  loix  , de  s’en  raporter  aux  ex- 
perts , préférablement  aux  perfones  de  conoilTance  , & à 
celui-là  meme , dont  la  fignature  eft  en  débat  : furtout  lorC- 
qu’on  n’a  pas  fujet  de  penfér  , que  fon  témoignage  foit  diflé 
par  l’intérêt. 

La  preuve  par  comparaifon  d’écriture  ('1)  n’eft  admife  , 

3u’au  défaut  d’autres  moyens  plus  éficaces  , ou  qu’à  raifon 
e leur  infufifance.  Mais  elle  n’eft  point  acordée  , fi  l’on  n’eit 
a d’ailleurs  de  graves  & de  pertinens.  Il  eft  jufte  de  s’en  fer- 
vir  , fi  celui , qui  pafle  pour  avoir  fait  une  pièce  , ou  ceux , 
donc  elle  porte  les  (a)  fouferiptions  , méconoiflent  leur  écri-' 
ture  : fi  l’on  foutient  d’une  part  , &:  qu’on  nie  de  l’autre  , 
qu’une  écriture  eft  de  telle  perfone  ; enfin  quand  on  s’eft 
inferit  en  faux  contre  un  aûe.  Dans  plufieurs  cas  la  pièce 
pouroit  n’etre  pas  même  fulpeftc.  Le  féox  tomberoit  Iùr‘ 
l’écrivain  , ou  les  témoins  confidérés  fous  cette  qualité. 

Tout  examen  dos  titres  n’eft  pas  vérification-é  On  auroir 


CoD  intérêt  qn'clle  oc  foie  pas  de  loi  , ou 
a'it  d'cd  a point  d'autre  , que  celui  de 
rendre  témoignage  à la  vérité  ; il  e(^ 
plus  croyable , que  tous  les  experts  du 
iGonde  eoTemble  , qui  précendroient  lui 
prouver  par  les  règles  de  leur  art , que 
Ton  écriture  n'eib  point  la  (ienne.  Rien 
oc  feroit  plus  éunelle  à la  fociété  , que 
la  mailme  contraire.  Mais  l'excès  du 
ridicule  en  fait  dirparoicrc  le  danger. 
AulTi  malgré  les  dépolirions  des  vérifi- 
cateurs , qui  teadoiene  à faire  rejeter , 
comme  faux  un  contrat  d'échange  , ra- 
porté  dans  la  7 j . novclle  de  JulTinien  , 
lut-il  déclaré  très-auchcntiqne  : dès  que 
les  témoins  curent  reconu  leurs  lignaru- 
tes.jugées  par  les  experts  dilfeiBblablcs 
des  pièces  de  comparaifon.  Ceux-ci  u'eu- 
raot  'pas  la  hardielTc  de  leur  Ibutcnir , 
u'ils  fe  CTompoient , & que  la  dilTcm- 
tancc  des  fignatures  du  titre  argué  de 
faux  & des  pièces  de  comparailbn  étant 
démontrée  pat.  les  règles  de  leur  art  j la 
reconoilTancc  des  témoins  ne  pouvoit  le 
mettre  à couvert  de  la  Acttiuure. 

(t)  La  loi  fait  (è)  juter  celui,  qui 
là  demande , qu'il  n'a  recours  à ce  moyen, 

Zue  parceqSc  ks-autres  lui  manquent  , 

: qu'tf  n'a  lien  iàit  , qui  puilTe  donner 


ateiote  i la  vérité.  Sans  (c)  ces  condi-; 
cions , la  vérification  cil  nulle.  AuIIî , fé- 
lon Baldc  , tefufera-t-on  la  comparailbn 
des  écritures  à un  homme,  qui  prétend 
employer  d'autres  preuves  fumantes.  On, 
la  refufera  , par  report  à un  aâc  , dé- 
pourvu des  formalités  nécclTaires.  Car  , 
uand  la  preuve  pat  comparaifon  pto- 
uiroit  réfet,  qu'on  fc  propofcila  qua- 
lité de  l'aélc  la  rciidroit  inutile.  Ou  ne 
fc  borne  pas  au  ferment  de  la  partie , qui 
follicitc  la  preuve  par  comparaifon  , «n 
le  défère  encore  aux  experts.  Ils  oc  ju- 
‘ rent  pas  néanmoins  la  véiiié  des  faits . 

; qu'ils  raporrent  , mais  que  telle  cil  leur 
' opinion.  Ne»  fur»ni  (d)  ntc  tentninr  ju- 
Txrt  de  verilMe  fnde  , fed  mnlùm  de 
crtdullvue.  La  raifun  en  cil  que  , pour- 
jurer  Un  fait  , il  faut  au  moins  ctrè  fon- 
dé fur  le  témoignage  de  fes  fens. 

Les  loix  (r)  des  Ripuaircs  n'acordoient 
' la  preuve  pu  comparaifon  , qu'aptès  la 
mort  du  cliancclics  écrivain  de  la  pièce. 
Les  loix  des  Lombards  ne  permettoient 
' de  s’en  fervic  à l'afrànchi  recherché'^ 
par  raport  à fa  liberté,  que  dans  llm- 
puifïàucc  de  produire  celui,  qui  l'avoic 
tiré  (Tefclavagc  , ou  les  témoins  dc’f» 
'manumiinoo. 


n.PARTIE. 

SïCT.  III. 

Ch  AP.  IX. 

Eiameo  des  titret 
dillingué  de  leur 
véiification. 


(a)  Lej.  If'ififethi  ■ 
lit.  x.t.  4./.  }. 


(i)  Si  veri  nihil 
iaemhem.  defide 
infirHm. 

(e)  Nie.  de  fef. 
ferihut , de  /erifi,  • 
friv.  t.  1.  ».  fi.  ■ 
&/eiJ. 


(d)  lied.  ».'j43 


(»)  Lef.  Rif.lil.f/ 

(/)  Itè.x.  rit.} 4.- ■ 

l.  it. 


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44tf  NOUVEAU  TRAITÉ 

peine  à croire , qu’un  homme  auffi  judicieux  , que  D.  Rî- 
II.  PARTIE,  ver  ( I ) eût  pu  confondre  ces  chofes  ; û l’ouvrage  , qu’il 
s E c T.  III.  j-ijg  jie  lui  fournilToit  quelque  excufe  , que  fon  texte  ne  fait 

Ch  AE.  IX.  r - • 

pas  fentir. 

Partage  des  Je  V.  On  l’a  déjà  VU  , la  preuve  par  comparaifon  d’écriture 
fur  la  preuve  JM  d’égale  ni  la  littérale',  ni  la  teiUmoniale.  Bien  évaluée  elle 
^?urcs“  fon  in-  fc  réduit  à Celle  , qu’on  tire  des  indices.  Ces  indices  peu- 
certitude  , fon  in-  yçut  être  certains  par  eux- mêmes  , &c  pris  fëparément  , où 
uère'cri^'cll”*  feulement  à la  faveur  de  leur  réunion.  Ils  peuveiu  être  pro- 
u recrumn  . ^ légers  6c  frivoles.  Tous  ces  caraéleres  fe  rencontrent 

tour  à tour  dans  les  vérifications.  Beaucoup  d’auteurs  frar 
pés  de  quelques-uns  , à l’exdufion  des  autres  , ont  regar- 
dé la  preuve  par  comparaifon  , comme  incertaine  6c  (2,}. 


[«)  Hjf.  UtUT. 
l.t.f.  H-  fS‘ 


(i)Pràf»l.f.xlvii. 

xlvüi. 


. (i)  En  1074 , nous  dit-il , dans  undi- 
fdrend  entre  leî  abaïes  de  S.  Aubin  & de 
S.  Serge  d’Angers,  Rainauld  fcbolaftique 
de  cette  ville  , » examina  (a)  foigneu- 
wfement  des  titres.  & reconnut <|u’iJ  y 
n avoir  une  équivoque  dans  ceux  de  S. 
n Serge  , qui  perdit  fon  procès  ....  On 
U voit  ici  que  Rainauld  Ht  les  fondions 
„ d'axVlILT  EN  FAIT  DE  VERIFICATION 
» d'acte  , & l'on  en  pourott  conclure , 
wtjue  ces  fonèüons  apanenoient  alors 
..pont  l’ordinaire  aux  fcholalHques  des 
villes.  « Mais  pour  ériger  en  vérifica- 
teur les  maîtres  des  écoles  écléfiafliques , 
fufit  il  de  tiier  des  conféqucnces  d’un  ré- 
cit , où  l'on  n’aperçoit  nulle  trace  de  vé-  , 
rification  , nulle  inferiprion  en  faux  , 
nulle  aparence  même  de  Ibopwn  contre 
les  titres  produits  i au  moins  u l'on  s'en 
tient  aux  fiiits  raportés  par  D.  Rivet  lui- 
même  .•  A la  vérité  dans  les  notes  fur  les 

aéles  des  évêques  dn  Mans,  inférés  dans 
l’édition  dn  vénésabte  HilJebett  , pu- 
bliée pat  D.  Reangeadre , M.  Loyauté 
avocat  au  Pailement  a mis  (i)  au  jour 
le  jugement  rendu  entre  les  abbaïes  de 
S.  Sage  At  de  S.  Aubin  pat  cinq  abbés 
auxquels  Rainauld  frummsiritn  <J*  ar- 
fUMstn  , êc  Robert  doyen  d’Angers  fu- 
rent adjoints.  Cette  pièce  «’a  tien  , qui 
ait  trait  i des  vérifications  ; fi  ce  n’eft 


que  l’un  des  titres  porte  un  i pour  un  a 
(c)  Nrcvl.y).  f.  dans  le  nom  de  la  terre  en  litige.  Ce  ne 
Si  tameo.  .fiu  point  plutôt  Rainauld , que  (es  au- 


tres juges  : qui  fit  cate  remarque.  Ils 
ne  purent  décider  fi  la  faute  s'étoit  faite 
exprès  , ou  par  l’ignorance  de  l'écrivain. 
Mais  on  n'aucoir  pas  même  dû  (aire  naî- 
tre de  là  le  plus  léger  foupçon  de  (ratt- 
de.  Le  diplôme  étoit  du  roi  Robert  : 
perfone  ne  révoqua  ni  ne  révoque  ce  fait 
en  doute.  Il  étoit  mort  depuis  40.  ans  ; 
(ans  qu’on  eût  (ait  aucune  ancienne  dé- 
marche , pour  encrer  en  polTelIion  de 
Champigni  fur  Pyron  , dont  il  s'agiflbic. 
Céroit  maniicftcmcnc  une  faute  d'écri- 
vain. Rien  alors  n'étoir  plus  ordinaire , 
que  d’eliropier  les  noms  propre  Ceux 
mêmes  en  (àveur  de  qui  le  diplôme  pro- 
duit (ût  donné  , avoient  prouvé  fufi- 
famment  parlent  longue  inaâion , qu'ils 
n'avoient  regardé  l'i  pour  l'a  , que  com- 
me une  faute  d'écriture  , échapéc  au  no- 
taire royal.  Du  reAe  le  procès  fut  jugé 
fur  divers  aiures  moyens  beaucoup  plut 
graves. 

Au  lien  d'atribua  en  confSqneoce  la 
qualité  d'experts  aux  fcholaftiqua  ç on 
conclutoit  beaucoup  mieux  , non  de 
cette  fentence  , mais  des  obferTacioui 
de  M.  Loyauté,  qui  l'accomp^ncnt , que 
les  maîtres  des  écoles  faKoient  dans 
quelques  églilës  , comme  dans  celles 
d'Angers  le  de  Poitiers , les  mêmes  (bne- 
ciens , que  les  chanccliets  Ac  les  primi- 
ciers  des  notaires,  cxetçoientdansla  plu- 
part des  autres.  , 

. (s)  L'empereur  (c)  Juftinien  , fulvj 


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DE  DIPLOMATIQUE.  44^ 

dangereufe  ; plufieurs  , comme  faifant  ( i ) preuve  (iifîrantc. 
Quelques-uns  lui  ont  donné  force  (ij  de  demi  preuve.  Quel- 
ques autres  la  mettent  au  niveau  des  limples  (3)  préfomptioos^ 
des  conjechires , &c  tout  au  plus  des  foupçons  légitimes. 


Il-  partie. 

St  CT.  III. 
Chap.  IX. 


^ane  finile  de  JC  infifte  fur  l'incertitude, 
caufée  par  (a)  la  r.lfemblantb  des  deri- 
lures.  La  preuve  de  comparaifon  fcoible 
à (i)  Menoebius  riès-dangcieure  ; parce- 
c]u‘il  ell  d'expdrience  , que  plufieurs  imi- 
tenc  11  bien  1a  main  d'autrui  ; qu'il  c(l 
aifé  de  s'f  méprendre.  Dans  l'borrible 
confpiracion , calomnieufcmenc  imputée 
en  teSp.  à quelques  chanoines  de  Beau- 
vais , on  leur  teptéfenta  des  lentes  in- 
Kteeptées  , dont  on  les  vouloir  faire  au- 
teurs. Déjà  jKairt  mtitret  îrrivtins  ju- 
rés sU  Puris  Mvtins  ujfuté  , ^u  tilts  tseitnt 
àt  Itssrs  frtprts  snstsus  , dit  un  chanoine 
de  la  meme  ville  racontant  alors , com 
ment  la  chofe  t'éioir  palléc.  Un  des 
quatre  chanoines  prifoniers  eut  la  fim- 
pliciié  de  rcconoitte  quelques  caraéletes, 
comme  s'ils  culTent  été  de  fon  écriture. 
Mais  le  faulTaire  arété  bientôt  apres 
avoua  fon  impollure  , & fut  puni  du 
aernicr  fuplice  , malgré  les  inftsioces  les 
plus  vives  & les  plus  touchantes  , que 
lirenrh  Louis  XIV.  ces  pieux  cclcfiaui- 
ques  , pour  obtenir  la  grâce  de  leur 
calomniateur. 

([)  Antrefois  , dit  (c)  on  7C  de  Pa- 
&UC  , la  preuve  par  comparaifon  (àifoit 
foi  pleine  St  entière  ; mais  on  a depuis  co- 
rige  cet  abus.  Acutfe  (d)  avec  quelques 
^ doâcurs  , a prétendu , qy'elle  fâifoit  tou- 
jours preuve, d'aurr.s  demie  preuve,  d'au- 
tres quelque  chofe  de  moins , qu'il  faloit 
laifTer  i la  liberté  du  juge.  Covarrurias  , 
Pantscliman  , un  auteur  .qui  a écrit  fur 
la  coutume  de  Paris , fouticnnent,  qu'elle 
n'opete  pas  une  fîmple  préfomption.  Ce 
qui  donne  do  poids  à la  preuve  par  com- 
paraifbn  , favorable  è une  écriture  pri- 
vée ; c'eft  que  ccllc-ci  fait  pat  elle-même 
une  fr}  ' ptéGnnption  , pour  celui  qui  la 
produit.  Aihfi  j^ulasq  à la  preuve  de  com- 
paraifon , elle , feralf/J  demie  preuve. 
La  preuve'  t^fulcanc  de  U comparaifon 
des  écrituies  , peut , dir^in  , devenir  fi 
forte  en  certains  cas , quelle  feroit 
preuve  pleine.  C'efe  i’.  loifque  la  pièce 


de  companilbn  & l'écriture  font  parfai- 
tement Icmblables.  Mais  le  contraire  e(l 
démontré  : puifqu'en  certains  cas  on  ne 
fautoir  fournir  une  preuve  plus  évidente 
de  faux.  x".  Lotfque  trois  témoins  gra- 
ves reconoiflànt  leurs  Cguaturcs  , afir- 
oicroicnt , que  la  pièce  auroit  été  écrite 
en  leur  préfence  : furtout  fi  elle  étoU 
fouferite  des  deux  parties.  Mais  en  ce 
cas  la  preuve  par  comparaifon  Icroit  fu- 
pcifiue,  j".  Lotfque  l'écrivain  (h\  de  la 
pièce  & les  fouferipteuts  (ont  morts. 
Mais  il  faut  alors , que  la  comparaifon 
fe  falTe  & de  récriture  & de  réctivain  fi) 
de  la  pièce  & de  celle  des  foulcriprcurs. 
Malgré  ces  prétentions , plufieurs  ont  dé- 
fendu l'opinion  contiaitc.-:  parceqne  > 
difem  ils  , la  preuve  par  comparaifon 
eft  ttès-rtompeufe  & dangeteufe  : Msd- 
timfulUxé- fmcule/a.  4^.  Lotfque  les 
parties  fetoient  convenues  d'ajouter  foi 
pleine  de  entière  , en  vertu  (k)  de  la 
feule  comparaifon.  Mais  la  vérification 
peut-elle  emprunter  de-là  fa  certreude  p 
j°.  Lorfqu'elle  eft  foutenuc  (l)  par  d'au- 
tres preuves.  Mais  peuictre  en  tirera  t- 
, elle  toute  fa  force.  Au  tefte  qui  dit  preu- 
ve en  fait  de  matière  civile , ne  fopofe 
I,  pas  toujours  cenitude.  • : 

( 1 ) Cujas  (»,  ) ne  la  regarde , que  com- 
me une  demie  preuve  , à la  Avepr  de 


{4)  Vtftistrtrt  ai 

fmt.  ch.  x.f, 

•41. 

(é)  Ttxt.  tsrvtL 
7J.  r.  1. 

(r)  Nrc.  sitpmftr. 
Jt  ferift.  frivuiâ. 
M’-  X.  R.  ff. 

(d)  ItU.  a.  (S, 

(f)  IM.  ».  7x. 
(/)  Jiid.  ».7j. 

(/)  lUJjs.tj.tf. 

(fi)  liid,  a.  JJ. 
16).}  . .. 

» . ^ V 

(<;  iisd.k.  S6i. 
(*)  tM.st.  J4, 
(I)  liid.  a. 

Jaquette  , le  juge  peut  défiéiêt  le  fox-,  , . . , , 

<ment  à la  partie  . qui  foutient  la  vérité  Ad»»w/.  4 j. 

fr  7S» 

(»)  Pa/.  40.  & 
fisiv. 


5 de  récriture.  La  preuve  pleine,  félon  (n). 
jM.  le  'Vaÿet , elt  la  littérale  ou  la  tefti- 
' moniale  : la  demie  preuve  eft  fondée  , 
non  fur  un  indice  indubitable  , mais  lux 
plufieurs.  Or  la  preuve  par  comparaifon 
des  écrituies  n'eft  , qu'un  indice  ttès- 
équivoque.  1 1 cil  des  cas  , où  il  ne  forme 
, pas  meme  (•)  la  plus  l^ère  ptéfomptioiXrr 
(3)  Tant  s’en  faut  qu'elle  falTe demie, 
preuve  , ou  qu'elle  donne  une  ptobabi- 
üté  ou  quelque  légère  préfompdon  j fe- 
Ion  plufieurs  (p)  célèbres  Je,  cç  n'eft. 
que  de  1a  filmée.  M.  le  Vjjrer  (j)  en  cjte 
I un  très  grand  nombre.  »U  eft  cenain  , 


(t)  F'Mg.  4<, 
fssiv. 

; ( • .V 

(p)  Kit.  Otntvl 
dt/trif  prtv.  1. 1, 
R.  70.f.$). 

(j)  Pa/.  »o. 


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th  PARTIE. 
S £ C T.  I I I. 
Ch  AP,  I3C 


(«}  Dt  U frtKvt 
par  nrnp»r*ÿr«- 
p.9t. 


J*. 

W P*X  ’7-  «»• 


fti)  CrJ-  la.  f. 
rit.  tt.L  xt. 


(i)  Dt  U prtmt 
par  ctmparaifou. 

^ n- 

(J)  IM.p.  H. 

f- 

.{f).  Nie,  A 
/tribas  dt  firipi 
prh.l.l, 

- V . 


^48  NOUVEAU  TRAI.TÉ 

Ne  pouroit-on  pas  croire  , que  tous  ont  raiibn  & qut 
tous  ont  tort  î Cette  preuve  en  éfet  relévée  &c  déprimée  à 
l’excès  , n’eft  fufceptible  des  avantages  &c  des  défauts , qu’on 
lui  prête  , que  fous  divers  régards. . Ainfi  tantôt  elle  ira  jut 
qu’à  la  certitude  : tantôt  elle  opérera  des  probabilités  plus 
ou  moins  fortes  : tantôt  elle  ne  produira  que  le  doute  : tan- 
tôt elle  fera  plus  dangereufe  à (i)  l’innocence  ,qu’utile  pour 


»idit-il , . . . <]iic  la  commune  opinion  de 
a>  tous  les  doâcurs  cH  , qu'il  n'p  a que 
» dogte  & incertitude  dans  la  compa- 
» rairon  des  écritures  , & qu'en  matière 
a>  civile  elle  ne  fait  point  preove  i tant 
a>  qu'elle  n’cd  fondée  que  for  le  (impie 
» raiibnement  des  experts  , & fur  la 
•3  lelTcinblance  ou  la  diveefité  de  deux- 
n caraâcres.  « 

(i)  » chofe  étrange  ! s'écrie  M.le  (a) 
n Vaper , Sc  bien  particulière  en  ce  cri- 
» me  (de 'faux  ] , mais  bien  véritable 
•3  pounant  > que  l'innocent  y eft  plus  en 
s»  danger  mille'  fois  que  le  coupable.  « 
Toute  Tantiquité  ne  fournit  pas  , nous 
dit-il , un  feul  exemple  en  matière  ca- 
pitale , qu'on  ait  fondé  une  preuve  fur 
le  raifonement  des  experts.  Une  écritu- 
re , pour  faire  preuve  {b)  devoit  être  re- 
connue ou  prouvée  foit  par  témoins,' 
(bit  pat  indices.  Jamais  (c)  on  ne  fe 
fervit  de  la  preuve  de  comparaifon  en 
matière  crimineKe  ni  chex  les  Grecs  ni. 


Suivant  M.  le  Vayer  3,  rien  (/)  de  plot 
33  incertain  que  les  experts  , ni  de  plot 
33  trompeur  que  leur  art . . . la  compa- 
3,  taifon  d'écritures  n'ed  d'aucune  des 
33  trois  efpèccs  de  preuves  , qui  (ont 
3.  défirées  par  la  loi  , dans  l'inilruaioa 
33  des  adaires  criminelles.  « In  trimina- 
ia»i  ctmparali»  liiitrarmm  ntn  prtbai  di^ 
vtrfitatem  matas , ^aia  ftfiglmi  (f ) fal- 
lax  ejl.  Quand  la  certitude  de  l'art  des 
maitres  écrivains  iroit  julqu'î  convain- 
cre une  pièce  de  faux  , elle  n'itoit  pas' 
jufqu'à  montrer  fon  auteur.  Ils  pouronc 
faite  toucher  an  doigr  les  rapotts  plus 
ou  moins  marqués  de  dçux  écritures  : mais 
des  écritures  tnès-fcmbUblcs  peuvent  être 
de  diverfes  mains , & des  écritures  trel- 
diférentes  peuvent  être  de  la  même.  Il 
faut  donc  d'autres  Mpens  , pour  con-, 
«vaincre  le  cotqiabie  TiC  (bn  crime  eft* 
réel,  (^uand  il  s'agit  vie  on  de, 

; l'faooneOr  V'Ii 'jufttee  né'pdpt  lesâite' 
I perdre , que  for  une  fooviâioo  , qui  aie 
ccrticude  MOT  ba(è  : les  preuves  pqi 
^ écrit  eoptè  tembins  y font  tequifês.  Wo- 
‘•deors  (âvans  Je.  font  dificulté  d'y  ad- 
j mettre  les  preuves  , fondées  fur  des  in- 
dices plus  cliürs  que  le  joue.  Cependant 
les  veridcations  ne  peuvent  jamais  apat-' 
tenir  , qu'à  ce  troideme  ordre  depreo-’ 
ves.  Il  eft  même  alTcx  tare, qu'elles  (ment 
portées  Julqu'à'la  ccrtitudcmondc^  Com- 
ment donc  pouroit-on  , iioot  1»  difons 
pas  condamner  un  honpoio  au  dernier 
fuplice , au  banilTcment  , a des  pcin^ 
infamantes  } mais  déclarer  une  pièce 
faufl'e  , en  vertu  de  la  (impie  vérilïcar 
: tion  des  experts  I Sans  nous  arèter  aux 
anciennes  lok,qui  fembicnt  ne  le  pasper- 
mettielan  moins  l'équité  naturelle  ne  (bu-' 
ftiroit  pas,  qu'on  en  u(3t  aiaden  quelque 
nombre  que  (uffeni  les  experts , quelque 
UBiformes  que  (blTeiuleotst  sports, quelque 

U 


I 


DE  DIPLOMATIQUE.  '449 

U découverte  du  crime.  A ces  traits  on  croit  apercevoir  un 
vice  dans  l’art  de  vérifier  , dont  la  plupart  des  autres  arts 
ne  font  pas  exems.  Tout  dépend  du  bon  ou  du  mauvais 
ufage,  qu’on  en  fait. 

Plus  d’une  fois  des  (a)  experts  fincères  ont  reconu  darjs 
celui-ci  des  di£cultés  infurmontables.  Plus  d’une  fois  leurs 
coryphées  ont  avoué  , que  loin  d’être  infaillible , il  n’étoit 
pas  toujours  certain.  Mais  quand  ils  n’en  conviendroient 
pas  ; la  chofe  eft  trop  évidente , pour  être  mife  en  problème. 
Plus  d’une  fois  enfin  ils  fe  font  vus  forcés  de  confeffer  , 
qu’il  eft  des  faulTaires  , dont  l’imitation  eft  fl  jufte  fie  fi 
précife  , qu’elle  eft  capable  de  pouffer  à bout  toutes  les  ref- 
fources  de  leur  art.  Hors  quelques  cas  linguliers  , on  peut 
dire  avec  Balde  ,-que  la  preuve  de  comparaifon  {h)  n’eft  qu’un 
argument  tiré  du  femblable  &c  du  vraifemblable.  » Com- 
» bien  ....  pouroit-on  (c)  faire  de  gros  volumes  , ajoute  M. 
» le  Vayer , de  ceux  c^ui  ont  abufe  les  juges  , les  patticu- 
•>  liers  éc  les  experts  memes  par  la  reffemblance  & la  con- 
» formité  parfaite  des  écritures  ? « La  nature  de  la  dépofi- 
tion  des  experts  prouve  affez  leur  incertitude.  Ils  n’oferoient 
dire , que  telle  chofe  eft  , mais  qu’elle  leur  paroit.  Ge  n’eft 
donc  plus  qu’une  vraifemblance.  C’eft  , au  jugement  (d)  de 
M.  le  Vayer  , un  défaut  de  notre  jurifprudence  , de  con- 
damner quelqu’un  en  matière  civile  , fur  le  raport  d’écri- 
vains , qui  ateftenc  , que  c’eft  fa  fignature  ; quoique  la  loi 
exige  la  préfence  &c  la  dépofitiou  de  trois  perfones  dignes 
de  foi. 

VI.  Quoique  Fart  de  vérifier  fbit  expofé  à de  fréquentes 
xnéprifes  -,  il  ne  paroit  pas  , qu’on  doive  le  proferire  abfolu- 
ment.  Pourvu  qu’il  foit  refferré  dans  les  juftes  bornes  , & 
que  l’exercice  n’en  foit  confié  qu’à  des  experts  vériuÛe- 
ment  capables , relativement  au  genre  des  vérifications , qu’il 
s’agit  de  faire  j fon  utilité  ne  fermas  douteufe.  L’ufâge  qu’en 
font  les  tribunaux  , en  prouve  allez  l’importance.  Son  grand 


«ctticude,  qa'ils  ptdtcnliflènt  aroir  ; fi  cc 
a'eft  que  leur  cenirade  petfoDeUe  Jùt  de 
aatoie  à devenir  ceHe  des  juges,  par  l'dvi- 
deacc  de  rimpoftnie.Carsl  nefanc  pas  t'y 
mdpreadic  : quand  il  ne  t’agiroit  , que 
4e  juger  (aux  un  ancien  due  ; on  ne  doit 

Tome  II, 


pas  le  fidre  lus  de  grandes  ptdeantions. 
La  lldtrifiure  d'un  aâe  rdjaillk  Tut  les 
corps,  les  familles  ou  les  paidcnliert. 
Leur  honneur  y eft  coi^outs  compromis  : 
quand  rodmc  il  n'y  va  pas  de  ta  vie  onde 
û libettf. 

LU 


ir.  PARTIE. 
Sacr.  IlL 
Chas.  iX. 


(a)  mfme- 
ùf  i$  tmrtiicrirt^ 
fmr  Prmihtmm*. 
f.  87. 


(h)  Camfmrm. 
».  M- 
{')  1 «• 


(-0  P»x.  I. 


Utilitdde  tare  de 
vérifier  : jufqu'où 
va  quelquefois  là 
cectuudc. 


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II.  PARTIE. 
S I C T.  III 
CjtAf.  IX. 


U)  Nie.  Jt  f»/- 
fir.  ibid.  lib.  i . :j. 
7.  dub.  I.  B.  I. 


(t)  Spùiltf.t.  4- 
f.  H°- 


{c)  Di  n diplum. 
(d)  folyp»ph. 

^fan.figh.  XVI. 

(«)  DiJJirt.  di- 
fUm.  Girm.  imfi- 
r*t,  ô-  rtgum , su- 
Btrt  J.  Nie.  Hii- 
vop-  Jt. 

(/)  Hift.  teeUf. 

i.Ij.f.  j«4. 


4Î0  NOUVEAU  TRAITÉ 

mérite  eft  d’avoir  découvert  la  faufleté  d’écritures  , reco- 
nues pour  véritables  par  les  perfones  intéreflees  à les  mé- 
conoitre  , & de  les  avoir  obligées  de  convenir  de  l’illufion , 
qui  leur  avoit  été  faire.  En  général  on  ne  fauroit  nier  , que 
cet  art  ne  foit  quelquefois  d’une  grande  reflburce  : quand 
on  en  ufe.  bien  , & qu’on  fait  aprécier  la  valeur  de  fes  opé- 
rations. 

C’eft  une  maxime  du  droit  , que  le  faux  (a)  fe  prouve 
par  les  (i  j préfomptions.  Or  E les  vérifications  en  préfentent 


(1)  Voici  qucl(jucs-uncs  des  principa- 
les ; detitutes  publiques  & privées , coû- 
tes en  font  également  fuiccpcibics  i à 
condition  qu'on  n'oublie  pas  d'p  joindre 
leur  correéiif. 

1°.  Un  aéie  fe  rend  rufpeéi  ; en  ma- 
tière civile  , pat  la  divctliié  des  mains  , 
qui  l’ont  écrit  ; pourvu  que  cec  indice 
uùc  fouieiMi  d'auiccs  preuves.  Mais  le 
changement  d'enccc  ou  de  plume  n'cA 
pas  un  moyen  légitime  de  (ufpicion.  La 
diférence  même  de  récriture  oc  feroie  pas 
plus  élïcace  en  certains  cas  , pour  prou- 
ver, qu'elle  n’cA  pas  de  la  même  peribne. 
Divcrfes  portions  d'un  teAamcnt  peu- 
vent avoir  été  écrites  en  des  tems  éloi- 
gnés , en  fanté  , en  maladie  ; d’où  fe- 
lonc  acivés  de  grands  changemens  dans 
k ferme  du  caraâèrc..  Si  taéle  énon^ic , 
qu'il  auroit  été  écrit , ou  qu'il  pourtoit  l'ê 
tte  par  diferentes  mains  ; leur  divcrficé 
ne  lui  feioii  aucun  tort.  Une  (b)  notice 
de  la  xi°.  année  du  roi  Robert  prend 
des  précautions  , pour  fe  mettreà  cou- 
vert de  l'infctiption  en  faux.  Il  s'agir  du 
■om  (Tun  héritier  , qu’oti  ignoroit  alors , 
b qu'on  étoïc  téfolo  de  lailTcr  en  blanc  ; 
b cependant  on  fc  réferve  cxprelfément 
deux  amiées  , pour  remplir  ce  vuide.  Le 
caraélère  de  cette  addition  ne  pouvoir 
donc  pas  manquer  d'être  difércnt  de  ce- 
lui du  refte  de  l’aéle.  C’ell  pcuicire  pour 
cela  qa'clle  fct  portée  en  marge.  I>u 
moins  s'y  trouve-t-elle  dans  k nif.  de  la 
Chronique  de  Centule  , c'cA  à-dite  de 
S.  Riqnier  , d'où  eme  pièce  eft  liiéc.  Les 
originaux  , fnivant  D.  Mabilkn  , ofrent 
(t)  beaucoup  de  ferablables  vuides , dcl  - 
tinét  aux  noms  propret.  Mais  il  n’en 
cite , qo'uD  exemple.  H eft  encore  bien 
plus  ordinaire  de  latlTec  des  elpaxcs  en 


blanc  au  bas  des  pancartes  , ou  pour  les 
ligiiatutes , ou  pour  les  donations  futures, 
qu’cUcx  dévoient  renfermer.  Mais  ils  ne 
furent  pas  toujours  totalement  remplis. 
Dans  les  lettres  milTivcs  , dès  le  com- 
mencement du  XV  i'.  (iécle  , il  éioit 
d'ufage  («)  en  Efpagne  de  ne  commen- 
cer le  difeours  , qu'aptes  un  intervale  en 
blanc  , à la  fuite  de  Monjîcur  , ou  de 
quelque  chefe  d'équivalent.  Nous  ne 
parlons  point  des  blancs  fignés.  L'em- 
pereur (<)  Vinceflas  (àifoit  des  diplômes 
en  blanc  fcellés  de  fon  fccau  , pont  être 
rempli  au  gré  de  ceux , à qui  ils  éroicnc 
acordés.  Les  oficiers  du  Pape  S.  CéieAin 
abulèrent  de  là  Cmpliciié  , jufqu'à  don- 
ner de  même  des  bulles  en  blanc.  Ce  fait 
eft  raperté  pat  ( /J  M.  Fleuri  , d'après  • 
Raynaldi.  Revenons  à la  fuite  des  pcé- 
fomptions  de  faux  rclacives  aux  écritutes. 
1°.  Quand  des  aétes  fe  conrredifent  fur 
le  fend  b rclTencc  des  chofes ; ib ne  font 
plus  croyables  : (i  ce  n'eft  que  par  fuper- 
cberie  on  eût  mêlé  quelque  pièce  faulfc  , 
pour  contredire  les  véritables.  Alors  il 
faudroit  difeernet  le  vrai  du  faux  , b 
conferver  au  pKmter  cous  fes  droits. 
)°.  Avoir  écrit  on  produit  de  faullês  piè- 
ces , fait  ordinairement  préfiinier  defa- 
vauagcbfcmcBt  au  fujet  de  celles  , qu'on 
piéfcme  : fupofé  néanmoiiis,  qu'on  y.  re- 
marque d’ailleurs quelq^ic  défaut.  La  pré- 
fompikmb'a  pas  lieu  , fi  les  pièces  fanf- 
fes  produites  ont  é|é  tirées  jatidique- 
ment  dlin  dépôt  public  fur  un  cnmpul- 
fare.  4°.  La  prélbmpcioo  tinée  de  la  di- 
lércoie  aUBicre , dont  nne  peifone  écti-i 
ta  fon  nom  , furtouc  fi  cccte  diférence 
ne  confifte  qii’cn  oik  ou  dCax  lettres 
don  paroitre  trcs-lég.  re  b même  nulle  p. 
quand  ri  s'agira  d’aocieimcs  chartes ,. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  4yt 

de  frivoles , elles  en  foiirniflenc  aufll  de  légitimes.  Eft-il  né- 
celTaire  , pour  conftitiier  un  arc  , que  toutes  lès  déciüoos 
l'oient  marquées  au  coin  ( i ) de  l’évidence  ? 

En  matière  purement  civile  ; les  loix  (i)  relTerrent  moins 
lesjugemens  des  raagiftrats,  que  dans  les  matières  criminelles. 


rnmme  n30S  le  prouverons , en  parlant 
de  la  variation  de  l'orthographe  dans  les 
nomsptop  es.  j“.  Lorfrjue  le  timbre  n'cft 
pas  établi  en  quelque  endroit  ; le  pa- 
pier ancien  , fur  lequel  fera  écrit  un 
aSlc  n'en  pro  ivera  pas  la  faulTcié.  6°.  Le 
défaut  de  vrailêmblance  e(l  un  argu- 
ment , dont  il  eft  alfez  ordinaire  d'abu- 
fcr.  Ainlï  cette  préfomption  de  faux  doit 
être  maniée  avec  beaucoup  de  fageffe. 
7°.  La  mort  de  tous  les  témoins  . qui 
ont  fouferit  une  pièce  fort  récente  , for- 
me une  préfomption  de  faux  moins  équi- 
voque. 8“.  Les  témoins  inconnus  d'un 
aélc  dtclTé  en  un  lieu  , où  l'on  ne  man- 
que  pas  de  témoins  connus , n’anoocent 
rien  de  plus  favorable  pour  la  pièce  fuf- 
peéiée.  y°.  Les  délais  aportésà  produire 
un  aéle  , quoique  mis  au  nombre  des 
préfomptions  de  faux , pooroient  ne  ve- 
nir que  de  la  peine  , qu'on  auroit  eue  à 
le  trouver.  io°.  Des  incilîons , des  ta- 
ches , ou  roaculatures  , dans  un  endroit 
important , fburnilTent  encore  des  pré- 
fomptions.  Ce  ferait  autre  chofe , fi  le 
titre  avoir  été  produit  fans  ce  vice  , te 
u'il  fût  furvenu  depuis.  11“.  Ne  pto- 
uire  que  quelques  témoins  d'un  aéle , 
lotfqu'on  pouroit  en  produite  pluficuis 
autres.  1 1°.  Produite  des  témoins  de 
faits,  qu'on  pouroit  prouver  par  écriture; 
ce  font  encore  des  prélbtnptions  de  faux, 
auxquelles  00  pouroit  en  ajouter  beau- 
coup d'autres.  Car  qui  pouroit  épuifer 
toutes  celles  , qu'on  a entalféet  dans  les 
livres  de  dioit,  & qu'on  peut  imaginer 
encore  ? 

( 1)  Où  eft  l'art , oiî  eft  la  fcience  , qui 
n'ait  fes  dificultés  , donc  toutes  les  opé- 
rations roulent  for  la  cectitode , qui  ne 
le  contente  jamais  dn  probable  , qui 
quelquefois  même  ne  fe  trouve  hors  d'é- 
tat d'y  ateindre  î Les  râpons  des  experts , 
dira-t-on  , font  Ibuvenc  contradiéloires 
les  ans  aux  autres  : de  quelle  utilité 


fera  donc  leur  art  • Les  experts  fe  coa- 
trcdifcnt  : Les  médecins  , les  phylicKos; 
lés  jutifcoufulics  ne  fe  couttedifeut  - ils 
jamais  i Quoi  de  plus  oïdinaire  , qué 
de  leur  voir  dire  le  oui  te  le  non  fut  le 
même  cas  ? Doit-on  rejeter  les  arts  te 
les  fciences  , où  ces  inconvénient  ft 
rencontrent  ■ Les  experts  ne  fontpas  tou. 
jours  d'acord  dans  leurs  dépofitions.  Done 
leur  art  n'a  tien  de  certain.  La  con- 
clufion  n'cft  pas  jufte.  Des  eimrts  le 
contredifent , pareeque  les  uns  ulent  bien 
de  leurs  principes  , te  que  les  autres  en 
ufent  mal  : pareeque  les  uns  font  ha- 
biles te  atentifs,  & que  Ici  anttes  ne 
le  font  pas.  Ceux-ci  téméiaires  entre- 
ptennent  de  ponct  dc^ugemens  fur  des 
matières  , qui  les  palicne  : ceux-là  fa- 
vent  fe  renfermer  dans  les  bornes  de  leurs 
lumières  fans  prétendre  aler  plus  loin. 
Ceux-ci  fc  conduifenC  , conformément 
aux  règles  de  la  probité  la  plus  ftlvèrc  : 
ccux-la  font  entraînés  par  la  crainte , 
pat  l'cfpérancc  , par  la  faveur  , l'amitié, 
l'intérêt.  Leur  art  ne  perd  rien  pour  cela 
du  degré  de  certitude , dont  il  eft  faC- 
ccptiblc.  S'il  ne  fournit  quelquefois  , qof 
des  préfomptions , plus  ou  moins  fortes  ; 
il  n'en  eft  pas  moins  vrai , que  quelque- 
fois fes  déciCons  touchent  à l'évidence. 
Si  les  expens  ne  fc  parcageoient , que 
dans  les  ocafîons  , ou  l'on  fcmble  plus 
exiger  de  leur  arc , que  fit  nature  ne  le 
comporte  : ou  lorfqne  de  part  te  d'autre 
ou  ne  faucoic  faire  valoir  que  des  vrai- 
femblances  te  des  probabilités  ; la  con- 
trariété de  vues  de  d'opinions  n'autoic 
rien , qui  dût  nous  fnrprendre. 

(a)  Les  ordonances  de  nos  rois  (a) 
admctccot  la  preuve  par  vérificacioa  d'd- 
cricure  en  matière  civile.  Les  loix  des 
(à)  Ripuaires  , des  («)  Wifigocs  & des 
Romains  n'en  négligeoicnt  pas  les  avan- 
tages , te  quelque  lois  s'en  conceatoient. 

L 1 1 ij 


I 


II.  PARTIE, 
Sx  CT.  111. 

Ch  a F.  IX. 


(«)  Ordais.  J'Or- 

léuit/m.  14J. Or- 

dan,  d«  ChsrltlX, 
Jmiv.  r 

(é)  Tit.  {»./.  a. 

(c)  Lit.  i.tit.  4. 
/.  J.  Ut.  J.  l.  tf. 

17. 


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II.  PARTIE 

S Z C T.  III. 

Chaz.  IX. 


(4)  U y»ytt  HiJ, 

/•  »7. 


4λ  NOUVEAU  TRA-ITÉ 

Supofé  que  la  vérité  ne  fe  montre  pas-  à leurs  yeux  revêtue 
de  cet  éclat,  qui  banit  toute  incertitude  -,  s’ils  fe  trouvent 
obligés  de  juger  , fans  pouvoir  aquérit  des*  preuves  fùres  ; ils 
prononceront  en  faveur  des  plus  probables.  Souvent  il  n’en 
réfulte  , que  de  très-incertaines  du  raport  des  experts.  Sou- 
vent aufli  fournit-il  des  conjeâures  a(Tcz  plaufibles , qui  ve- 
nant au  fecours  d’autres  probabilités  , peuvent  faire  panclrer 
la  balance.  Cet  art  a donc  encore  fbn  aplication  Sc  Ion  mé- 
rite i quand  meme  il  ne.  s’apuie , que  uir  les  préfomptions^ 
Mais  le  (ufrage  des  experts  , deftitué  de  (i  ) preuves  , donc 
d’autres  qu’eux-memes  ne  puilTent  être  juges  , doit  faire  peu 
d’impreflion. 

Si  les  légi/lateurs  ont  décerné  là  preuve  par  comparaifon; 
lors  même  qu’ils  ne  comptoient  point  fur  la  certitude  •,  l’au- 
roient-ils  méprifée  , lorfqu’elle  peut  y conduire  î Des  raports 
trop  juftes  & trop-  compalles  entre  les  hauteurs,  les  longueurs 
& des  lettres.  & de  la  totalité  de  l’écriture,  décèleront  m« 
iàilliblement  la  fkuflfeté  d’rme  pièce  ou  d’une  foufeription' 
Alignement  trop  uniforme  , arangement  de  mots  invaria- 
ble conformité  des  liaifons  rigoureufes  , égalité  des  traits, 
en' étendue  , en  pleins  , en  déliés  : voilà  des  indices  im- 
manquables de  pièces  (z)  contretirées.  Ainll  la  relTemblance 
d’écriture  ,.qui  forme  un  préjugé  puHTant  en  fèveur  de  fa 
lincèrité  , quand  cette  reflembîance.  n’eft  pas  outrée  j de- 
vient une  démonfttacion  d’impolhire  : quand  deux  fignatures 
ou  pièces  fe  raptw^t^avec  une  précifion  , qui  va  jufqu’à 

' d^rooDtrtra  U faulTcté  , on  plueât  fon 
compas  Tt  von  en  convaincre.  II  cil 
impoflîbte  qoe  denz  Egnanirca  de  li 


(i)  Ceft  fnttont  , Wqirti*  ne  pro- 
eddenc , » que  (à)  pat  dea  raifonemeqs  8c 
»*dea  indnâions  , pleines  de  rnbciHté-, 
» en  ftpanwrhOBioB  chaque  ligne , 
» en  dMÉM  li*  aarrc”  de  chaqnc  mot , 
sca-  aMiÿHk  quelqucfoi*  les  lemes 
pamet,  8(  en  les diftingoant 
«Aerlrm  liairons , pour  les  comparer 
àalHàlicaani  autres  : quoiqu'elles  n'aitm 
‘X  .aa-dTidemment  pas  dte  comiafaites.  « 
1-01  .'A*4a)  Qo’one- quitance  , obligation  ou 
.-ralV  -frâniic  Ibic  contratirde  , 8c  que  pour 
fl)  fSee  de  comparaifoo  l'on  prdfznte  celle 
■b  ' a^rtie  , fur  laquelle  cette  opération  aura 
dté  faite  j on  ne  peut  pas  fans  doute  ta- 
' piocbet  deor  écritures  plus  confbnnet. 


Cepeadant  un  cipett  aiciuif  vous  en  t-far  fun  escét  saline  de  leilciBblaiKe.-'. 


même  perfone  (bient  lî  rigottreufemeiic 
femblables,  quoiqu'il  n'y  pas  un  feul  trait 
ni  plus  gtos,  ni  plus  ménu,-  ni  pins  long  , 
ni  plus  court  , ni  plus  largo  , ni  plus 
étroit  , ni  plus  droit  , ni  pns  courbe  r 
que  tous  les  contours  , l'étendue  des  fyW 
labes  , des  mots  , èct  fignes  , ou  dW 
tout  d'écriture  fe  raportent  enfemble  , 
au  point  de  former  de  part  8c  d'autre  uoê 
égalité  parfiiite.  AraB  toute  pièce  , tou- 
te égnature  juridique  faite  à la  plume  ,. 
où  ces  raports  rigoureux  feront  vérifiés  , 
portera  des  marques  ccitaioes  de  fknirctéà 


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II.  PARTIE 
Si  CT.  Itl. 
Chat.  IX.  ’ 


DE  diplomatique;  4H 

ic  couvrir  exadement  craie  pour  trait , Ti  elles  font  apliquces 
lies  unes  fur  les  autres.  ’ 

On  pouroit  citer  encore  d’autres  exemples  des  fucccs  de 
l’art  de  vérifier.  Mais  c’en  eft  afTez  fur  fon  utilité  &c  fa  cer-* 
titude.  Tournons  nos  régards  fur  fon  ufage  , fur  les  perfo- 
nes  à qui  il  apartient  de  l’exercer,  & fur  les  qualités,  dont 
elles  doivent  être  douées  , pour  s’en  aquiter  dignement. 

VIL  Les  juges  font  les  premiers  vérificateurs.  Le  devoir 
de  leur  charge  ne  leur  permet  pas  de  fe  repofer  totalement 
fur  d’autres  du  foin  de  comparer  les  écritures.  Il  exige  au  qualité  & lems 
contraire  , q|u’ils  s’alTurent , par  leur  propre  examen , des  in-  = 
dices  de  vrai  ou  de  faux  , & qu’ils  fâchent  en  aprécier  la 
valeur  , indépendamment  des  fugeftions  étrangères.  Quoique 
les  J c.  iniillent , pour  que  le  magiUrat  ne  fedelTaifine  point 
{a)  ablblument  des  fondions  de  vérificateur  -y  ils  convien- 
nent , qu’il  doit  le  faire  aider  par  des  experts.  Mais  ils  ne  ^ 
veulent  pas,  qu’ils  falTent  leurs  opérations  en  fon  abfence, 
ni  qu’ils  foient  fulpeds  aux  parties.  Au/Ti  réfervent-ilsà  celles- 
ci  le  pouvoir  de  les  réeufer.  Quand  il  s’agit  de  procéder! 
adueUement  à la  vérification  ^ le  juge  & les  expens  {b)  doi- 
vent examiner  les  lettres , les  traits  , le  ftyle  , la  didion-, 

& les  autres  circonllances  , qu’ils  croiront  pouvoir  fervir  à 
la  découverte  de  la  vérité.  ^ 

Les  maitres  écrivains  jurés  font  de  tems  immémorial  en 
polTelfion  de  vérifier  les'  ades.  Par  arêt  du  Parlement  de  Pa- 
ris du  7.  Septembre  r^i);il  eft  réglé  , pour  les' viri- 
flcatîons  des  ^écritures  Cf  Jtmatures  pouront  à t avenir  itre 
pris  ù nommés  , fois  par  les  juges-  ou  par  lès  parties , tant' 
les  greffiers  , leurs  clercs-  , commis  notaires  , écrivain* 

& autres  persones  capables.  Dans  (]^uelques  Patlemens  on 
y admet  quelquefois  julqu’aux  enlumineurs  ■ , . pelletiers  onj 
parcheminiers  ; quoiqu’il  ne  paroilTe  pas  , qu’on  en  paille 
tirer  de  grandes  lumières.  On  pouroit  citer  plus' d’ùn  exem- 
ple de  leurs  avis , marqués  au  caradère  de  l’ignorance  la  plus, 
décidée. 

Comme  autrefois  les  antiquaires  étoient  rares  ; ■ on  " ne 
penlbit  raère  à recourir  à eux  : quand  même  il  s’agilToit  do 
vérifier  des  pièces  fort  ^ciennps , on  s’en  raportoit  ordSnai-- 
temenc  aux  écriv«ta»i.iSlil.^ieft  .fuivi  des  jugement 


(4)  "Sic.  Ji 
ihèd.  lih.  a.. 

4J.44,.  4*- 


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II.  PARTI  E. 
Sicr.  III 
Chat.  IX.' 


4S4  NpUyE.A-,U  TRAIT4 

auroieût  e«  befoin  d’ctre  réformés  ; ç’eft  Jes  pafties  mao- 
quoîent  de  moyens , pour  éclairer  les  juges , & récufer  les 
experts  , à raifon  de  leur  (i)  incapacité.  Ceux-ci  pouvoient 
décider  avec  d’autant  plus  de  témérité  , qu’il  ne  Ce  trouvoic 
perfone  en  état  de  les  convaincre.  L’ignorance  & la  pré- 
ibmption  des  vérificateurs  ont  plus  d’une  fois  fait  retomber 
fur  leur  profellion  des  reproches  , qui  ne  convenoient  qu’aux 
hommes  , dépourvus  des  qualités  néceflaires  , pour  s’en 
aquiter  avec  fucccs.  Ou  a vu  des  écrivains  jurés  rougir,  pour 
leurs  propres  confrères , de  ce  qu’ils  aportoient  fi  peu  d’ex- 
périence , & même  d’intelligence  à la  vérification  des  écri- 
tures. Quelques-uns  (x)  ont  déploré  le  malheur  des  perfones. 


(i)  De  notre  tems  encore  n'xvpn]- 
nous  pas  vu  de  ces  prétendus  ezpettst'é- 
gater , au  rup^réme  degré  , fur  des  tictes. 
audicnncjuec  des  XI.  Il  i,  XI 1 1.  Xtv.  & 
XV'.  (iécles  ! teors  njMSRf  auffi  faux  , 
que  ridicules aux  fenades  petfoncs  vé 
ntablcmcK  iaÀMiSi*  des  earaâcrcs,  pio- 
prêt  aux. tÿet  Anciens,  auroienc  néan- 
moiu  ctCêÀoi  des  flétrilTurcs  injudes; 
{•)  tffiù  mJhitSif  fi  dtt'idMtlIcttirés  n'étoieac  demeuré 
dtC»rtfécTirip*r  cxaMmStlt  dc  la  nécefiîté  de  s’et)  n- 
trudh»mnu.  Pmris  pÿcMt  aia  antiquaires.  Ces  derniers  ne 


iHf.p.  «J. 


car  pas  un  indant  à rendre  le 
témoignage  le  plut  formel  à ces  pièces  ^ 
«flimàs  pat  les  écrivains  experts  fouvra- 
ge  de  mielqucs  faufiâires  de  nos  jouis. 
On  Wdoit  pas  asroir  perdu  la  mémoire 
de  CCS  faits  dans  les  Parleoicns  de  Rouen 
{h)TrsSU  tUt  in-  * de  Rennes.  M.  de  <:lump-goubert , 
fer$fti»nt  tn  fmnx.  grutilhoromc  de  balTe  Normandie , s'é- 

/•  »■ 


toit  inferit  en  faux  contre  denx  cbartes 
de  l'abbaïe  do  Mont-faint-Micbcl.  Le 
raporc  des  éexivains  expetts  ne  leur  fut 
pas  favorable.  Mais  le  Pailcment  de  cette 
province  en  pénétra  Ja  ciulc  , le  par  un 
arét  da  ),  Avnl  17X<.  il  ordoqa  qu'il y>- 
r«t(.pr«Cfdc,  » l»  •uérijuMlim  d«  deux 
xÙmnU  ikjtrifes , fnr'lti  fiUét‘ de  ximp*- 
rdiitn  Annt  deau  U cnbtnet  njti  du  fiait 
dt  Cltrnmhnidl , dtvnnt  It  Litmennni  ci- 
vil de  Purii , ^ ce  par  dtnx  exferti  mn- 
ti^umini.'ia  eonfifqucnce'le  17.  MaM 


le  Parlement  de  Bretagne  reçut  les  re- 
ligieux de  Mannomiers  apcians  comme 
d’abua  do  tapote  des  experts  a & fi  la 
mort  de  M.  de  Sourebes  , évêque  de  Dol , 
ii'avoic  fufpeodu  le  procès  ; l'infcription 
en  faux  n'auroit  pat  eu  on  fuccés  plus 
honorable  pour  les  expetts  non  anti- 
quaires de  Rennes , qu’il  n'eue  pour  ceux 
de  Rouen.  . ' ' 

(a)  - Ckelc  (a)  étraagel  s'écrie  nn 
» homme  du  méâpr , qnc  la  vie , ou  pour 
» le  moins  les  biens  ou  l'honneur  iaicnc 
a>  entre  les  mains  de  tels  vérificateurs 
» qui  fans  art  ai  taifou  , fondés  fur  una 
» uipple  coooidâocc  habituelle  , qt'ilx 
» oqt  devoir  de  l'écrituic,  pourlapbu- 
voir  dite  plus  ou  moins  hérdie  , pliix 
a ou  moins  feible  , on  mieux-  formée  j 
» ils  fe  mettent  au  hazàxd  de  coodam.i 
» net*  i'inoocent  pour  le  coupable.  «'  Ra-  - 
vencau  voulant  mettre  au  rabais  la  capa- 
cité des  notaiies  Sc  gic6crsvérificaKon« 
& même  des  maîtres  écrivains  fes  copv 
frères  : »•  il  y a bien  , dit-il , de  la  diM- 
» tcncc  carre  enfeigntei  écrtevifapév 
n diqt  un  aféc  ou  fcntcnce  ,,  £tiff  ds  cou- 
» ttats  b autres  aéfes.  de  nôiaiics  , b 
» entre  -la  fèienee  nie-  déconvrir  netre-i 
mens  dca  imitations  b des  cnleve- 
» mens  d'écritures , réiablificmeat  de  pi^' 
».pier  b autres. efpcccs  de  faulTetés.  «' 
Mais  n^pbiMtaitiob  ipas  également^  lui 


I7pt.inniviniaicf  de  la  cqqr ^ par  le- | .opoéêt  , ouela  diférenee  étoit, encore 
quel  ,1e  sepeUboaune  fut  débouté  de  fitn  plus  grande  entre  ou  expert  aeontomé  i‘ 

infcription  en  faux  , b ^gwmné  en  vét^r  des  pièces  d'oti  nfage  journalier,' 

306,'  Uvrèé  d^meiidc.  Ro^rétcAUBcac.  te  ùù  iBtiqiom:  parfaitetncaitJia  Ait  det 


Digiii-i-ii  by  f' "Osli 


DE  diplomatique:  4n 


cxpofëes  à perdré  leur  honneur  & leurs  biens  , par  la  taure 
& l’infufifance  de  ces  experts  fans  lumières. 

Un  bon  vérificateur  doit  être  au  fait  de  tous  les  artifices 
des  fauflaires  , & ne  pas  s’y  laiïTer  prendre  , taure  de  faga- 
cité  pour  les  dévoiler.  Il  ne  doit  pas  moins  être  en  garde 
contre  la  féduûion , la  faveur , les  préjugés , les  aparences 
trompeufes.  En  vain  tous  les  fccrets  de  fon  art  lui  feroienc 
préfens  ; s’il  n’en  favoit  pas  faire  les  aplications  les  plus  juftes 
Sc  les  plus  exaûes.  Egalement  ennemi  de  la  chicane  & de  la 
précipitation  , il  doit  poulTer  fes  recherches  , jufqu’aux  der- 
niers détails  , tempérer  les  caraûcres  defavantageux  par  leS 
favorables , ne  jamais  perdre  de  vue  la  variété  des  circonf. 
tances  poflibles  , compter  pour  rien  ou  fort  peu  de  chofe 
les  foupçons,  qui  ne  font  pas  juftifiés  par  des  indices  fia-, 
pans.  S’il  porte  fes  regards  fur  la  condition  & les  mœurs  des 
perfones  lufpeûées  ; que  ce  foit  fans  nop  s’arêter  à ce 
moyen.  L’age , la  fanté  „ la  maladie , le  féjour  en  tel  & teh 
tems , dans  tel  8c  tel  lieu  , incompatibles  avec  les  dates  des 
écritures  , foumifes  à fon  examen  , lui  fourniront  des  indi- 
ces moins  équivoques-  Les  ufages  8c  les  fêtes  des  tribunaux 
hii  découvriront  quelquefois  la  iaufietédes  fentences  ou  des 
arêts.  Mais  ces  indices  étrangers  à l’écriture  , 8c  contradic- 
toires avec  elle , font  plus  propres  aux  juges  qu’aux  experts. 

Quoiqu’il  ne  foie  pas  impoflible  de  réimir  la  qualité  d’an- 
tiquaire avec  celle  d’expert  ; il  eft  néanmoins  très -rare  de 
les  rencontrer  a la  fins  dans  le  maitre  écrivain;  La  vér^catioa. 


, comuDCS  & fbcmolcs  an- 
ciennes ? ^ 

L'expert , à la  peuc  Aonaer  <)uel- 
i]ae$  lumières  fur  les  écritures  modernes , 
& même  fur  les  anciennes , entendues  à 
A façon.  Une  écticiirc  cfl  ancienne  > fé- 
lon lui  » des  <^u*clle  a trente  ou  quarante 
ans.  Ceux  qui  (ont  les  plus  verfés  dans  cee 
art  poutoieat  remonrer , jufqu  a quelques 
centaines  d'années.  Mais  au-delà  il  ne 
faut  plus  parler  d’eux.  Communément  les 
plus  capable»  ne  conoiiTent  rien  , en  fait 
tTanciennes  écritures  , au-dellûs  de  deux 
ou  trois  lîdcles.  S'ils  ont  quelque  légère 
teioeuxe  de  celles  des  tems  antéricucs  , 
ils  n cafoat  que  p luscémcraixcs.Coi&nieAC 


pooToicni  - ils  Tel  dfddcr  .cui  - oléincè 
fur  des  caraélércs  , donc  les  traies  & /c» 
liaifons  n'oDC  pour  l’ordinaire  nul  raport 
aux  nôtres,  raxeillc  écriture  àleursyéux 
paroiira  faite  à plailir , pour  en  impofer , 
par  un  air  étrange  6c  barbare.  Si  de  temS 
en  tems  ils  voient  quelques  lettres  fem*^ 
bbbles  aux  nôtics,xomme  il  s'eo  trou* 
vc  en  éfcc  dans  tous  les  fîdclcs  j ils  eu 
concluront  , que  leur  prétendu  faulfakc 
s'efl  trahi , qu'en  rétonbanc  , (ans  s’ett 
apercevoir  , dans  les  caraélcrcs , qui  lui 
étoient  propres  , l’habitude  de  former 
certains  traits  a prévalu  fur  le  but , qu'il 
s’écoic  pcopofé  j de  faire  illulîoo  pat  dc> 
cataélércs  d'un  goût  dogulicr. 


II.  PARTIE. 
Sect.  Illi 
Chap.  IX» 


# 


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4y<  N O U V E A TU!  v Tfll'A  ffT  Ê Ci 

des  anciens  diplômes  ne  fera  donc  pas  de  là  compécenco-; 
s’il  n’y  aporte  dcs  conoifiànces  rupérteates  à celles  de  fa  pro. 
fedioaii  ' -i  ' ■ 'î-  ■"  > 

VIH.  On  riiquerade  rendre  des  jugemens  aufli, peu  équi- 

1.1  __  - --  I * 1 1^ 


1 1.  P A R T I E. 

Se  c T.  III. 

C H A P.^PX; 

yxil,  V/Ai  UW 

rILms  mx  «ti-  cables  ,,  (quefcontrairesÀla  vérité  ; tant  que  cecce  partie  des 
qiuiics , poot  U vérificacicins  ( ne  fera  point  confiée  à l’antiquaire.  Inftruic 
vénficAtioo  des  d-  , formules  & dcs  ufaees.  propres  aux  aûes  de  chaque  fiè- 
clff y *1  difcccoeta  ccux  , qui  s CD  écarteot , duns  dcs  points 
■itaatMMMAi  ^jj|yfoi2btes , de  ceux.qui  nede  f'onc>,  que  dans  des  chofes^ 
‘*’  millement  eireurielks';,  ou  qui  ne  S’éloignenr  en  ripn  de  la 
fenne  la  plus  commune.  Du  moins  fera-t..il  guidé  ,■  dans  fe< 
raporcs  , pat  ces  (a)  conoiiTances.  Mais  conune  celle  del 
écritures  , propres  awt  tems:  fort,  reculés  eft  fon . élément:  : 
une  opcracioBV<I<ûi;donnecohia  comité  au  ûmple  «xpetc  ,> 
ne  ieta  pour  lui  qu’un,  jeu:  ■ t:  tiijs:  ! 

Les  pièces  de  comparaddo  ,donc  ce  decljier-ii’eft'ptisca»^ 
pable  de  juger  , feront  examinées  , admifes  ou  rejetées  avec 
la  même  alfutance  j que  la  pièce  arguée  de  faux.  Pat  ta  dé- 
termination de  leur  âge  ou  de  leur  fièole  , il  exclura  coûte 
fulpicion  de  fraude  récence  s,  «e  qui  emporte  communéqienD 
U preuve  de  la  vérité  du  rkre  conteÜé  : ou  bien,  d donnesni 
des  preuves.  convMncanteS',d©i(à  fabrication  ^ furtoùt  peut' 
ceux , qui  ne  feront  pas  entièrement  étrangers  à cette  Icience. 

Quand  l’expert  ordinaire  au^ok  quelque  notion  dé  l’écri- 
ture  curfive  de  chaque  ficcle  -,  !peu  verië  dans  cette  ctude 
ihn'cn  conoitra  pas  les  01 


ftixncii  ^uiiuuiü  \yj  — n ^ i»  • 

ef^ces.  Ce  qui  hii  (êra  inconrju  ne  manquera  pas  d exciter 
(4)  (k  défiance.  Mais  pour  iméux  prouver  , U la  nécellitdM 


(4]  MnTMitr.  «w- 
tiéfmit.  J$*i,  t» 
dtifert,  Î4, 


’rijn  y anta  toujerau  plofirars  cas , od 
r</n  SC  poo^  Ce  ififpenfet  * requérir 
foB,mini(W*J  qttd«iue«  ëfbrts  qtfon  faf-‘ 
fe  , poqx  tüJtc^puIaire  la  fçlcsce  «! 

^(i)  Queftoés  artifices, (Johlinveneille 
fnp(ierqaclcs  faufiâirci  auront  Tait  ora- 
ge y Jiout  3onner  te  change  aux  anti- 
qiéurcs  les  plus  éclairé  de  Taveu  des 
critiques  les  plus  dificultunix  ; Il  eft  tien 
(4J  tare , qu’un  afte  faux  oe  (t  irahilTe 
par  qi^Iquc  endroit.  Tantôt  le  n»no- 
rtiÏBè  manque  l’tqntôt  non  feulement  le 


(t)  Dt  redifUm.  gntoè  rnabnue  non  leuljt^t  le 

jii.  i . f . 4.  »'**  > tnainlA^teinûn  môme  ft  cifT 


se  patoit  pofnt  fur  1e  paichemin. 
tes  énornes  dinS  les  dqtei , danslèsïbtr 
mulesj  dans  les  difpbfidouS  Iiittfes..  Que 
fcra-ce  donc , lorfqu'on  çti  incodra  1 !*e-, 
lamen  des  Icittes  et  de“tAâriiure  , axej^ 
fout  ce  qui  .l’aco't'PPgofi,?  . 

(3  ) îfeqiif  çi)  enim  mum  tjf  1»  , 

ChU  upivfiévlnM  ‘ferifmt  inus  ; fef  \ 
vurls , ut  dt  u^ro  tx{erirtlictf.  ^ 

Sî  rdçpcrt , noa  ioinc  <Uniia  cor  ^ 
ooilnnce  'de  J'antique  , eft  tdoiïraÿe  Itey 
•ed  coufciencleux  : Ion  même  qu’il 
iê  fera  paslaiffi  cotqppre  . il  Cç  pertfi- 
la  i lifptOovd^VÂfl^*  eltTOT 

/*»  pSh*  1 du 


DE  diplomatique;  4J7 

du  recours  k l’antiquaire , & (à  lûpérioricé  Tur  récrivain  )uré, 
par  raport  aux  écritures  fort  anciennes  ; il  (iifïra  d’en  pré- 
iêntei  un  concrafte.»  que  nous  ne  pouflerons  pas  néanmoiaa 
à beaucoup  près  aulTi  loin  , qu’il  poutoic  aler. 

IX.  Le  premier  aperçoit  du  premier  coup  d’ail } fi  lejl  Co«r«ftc  itia 
écritures  s’acordent  ou  non  avec  leur  date  : ic  peefque  tou-  .^apuiiéacraiin- 
iours'f  fi  elles  font  fincères  , ou  des  produâions  de  quelque  ***  *^“' 

tom  be,  raues  remonter  le  lecond  au-delà  de  deux  ou  trois  ^crinio . poor  j«- 
ccnts  aiu  ; vous  le  jetez  dans  un  pais  perdu.  Tout  lui  devient  g«<ie«»ncien5ci. 
fiifpeâ  ; parceque  tout  eft  neuf  pour  lui.  La  vérité  court  rit 
que  d’être  immolée  par  fes  mains , dans  le  tems  même , oà 
il  croit  étoufer  le  raenlbnge.  Son  aprobation  &c  fa  cenfiiiei 
ièront  données  au  hazard , les  principes  de  fon  art  apliqués 
, à des  cas , pour  lefquels  ils  ne  turent  jamais  faits. 

La  hardiefie  &c  la  naïveté  de  l’écriture , Quoique  Licime- 
ment  liées  avec  la  théorie  & la  pratique  au  maitre  écri- 
vain , ne  font  pas  des  myllères , dont  la  profondeur  ne  puitTe 
erre  fondée  par  tout  autre.  A cet  égard  le  fauifaire  meme  ^ 
pouroit  être  plus  habile.  Mais  qu’il  elTaie  d’imiter  l’écriture 
antique  , dans  l’étendue  d’un  diplôme  j elle  ne  réunira*  ja- 
mais les  qualités , dont  elle  doit  être  revêtue.  Cette  manière 
de  peindre  eft  crop  étrangère  à fon  pinceau.  U n’en  poura  donc 


cv(oo/j^  i il  ne  Te  d^ciJera  (iu  rien. 
Touc  fait  ombitfe  à rentigunirc  novice  : 
tant  eft  fan  ft  fabriqué  pour  le  demi  fa- 
vint  : où  en  feront  donc  ici  maitrei  écri- 
vaine I coofulcée  for  des  nuuiérca  , an 
fujet  deftjndle»  8c  par  honte  8c  pat  in- 
térêt, Ui  o'oGicoar  eonieaêr  leur  inftt- 
fifancc  I Tiani^rcéa  dans  une  région  cou- 
vcitc  de  ténèbres  8c  pleine  de  précipices: 
ili  ne  pouronc  Eure  un  pas  , qui  ne  (ôic 
•arqué  par  une''  chute  i Ict  fantômes  le 
cbaagerooc  eu  réalité..  Cnidet  aveugles , 
ilaéàarcraoc  les  ancres , après  l’étre  éga- 
léi  ICS  ptcmicta. 

Le  miniftéte  des  expetw  jurés  eft-ll 
donc  pt«  nnibble  qu'avancageux  ; 8c  fsuc- 
il  les  etclinn  de  U uétificaaon  des  télés  î 
Mnllcment  i mais  tcnCeraKz-Ics  dans  la 
Ijdiète  de  leura  eonoidances  8c  n'etiget 
pat  déni  des  opéiatioue , infiniment  an- 
deCnt  de  leur  portée.  Lent  talent  bien 
apliqtié  n'eft  point  méptilàble.  Cens  «i 

Tome  II, 


joignent  un  cfprii  folide  8c  pénétrant  1 une 
étude  (éiicufe  de  l'art  de  v6ificr,lbnc  ctés- 
proptesà  découvrir  certaines  fraudes  ré- 
centes. des  fàlfitications  journalières.  Ils  j 
Ibnt  même  plus  propres , que  les  aoti- 

3naires  , qnon  lupoictoii  peu  an  Eric 
CS  arrifiecs  , pratiqués  pat  Ict  EniiSùMn 
modetnee.  Mais  t'agtt-il  de  contrefae- 
tioos  prétendues  nouvelles  de  titres  ton 
anciens  I Les  opérationi  de  nos  écrivains 
iutés  feront  plus  dangerenfes  , qu'uti- 
ics  i fi  elles  ne  font  éclairées  par  ht 
fcience  des  antiquaires.  Qu’on  taille  donc 
l'antique  1 ccut-ci , le  moderne  1 ceux- 
là.  Quand  on  lôupçoonc  une  EmlTc  imi- 
tation récente  de  l'antique  , qu’on  apète 
les  uns  8t  les  autres.  Ce  qui  manque  aux 
uns  fera  (ûpléé  par  les  antres  ; te  public 
fera  mieux  fem  ; fé^ité  confervera  fes 
droits  i la  vérité  ne  lèra  pat  outragée  t 
runpoftnrc  ne  triom^eia  pat  de  l'illo- 
fioa , qu'elle  nutoir  laite  aux  ciibiiiitar. 

Mmm 


% 


DlyuiZt”J!:,  G --Ogk 


N O U V E AtJ  TR  T Éi . 

apfocheir  J W^iJéej  ' ^ qa’enr  lignant 

H.  rWiT  l E-  «x{iiètiieMeAt>^iÿ  éiwfcttfôi'  klû’^^iiMkant  bteucoiij^'ii<^’en 
c2ui!ik  rt«hrttgearit  kü  làêitttstrtiita  ç ituiltif  Ikwt  lee  de 

(^m«pQè»<litî^cej^‘A«c>iieà«^Jka|ldâ(iee^itv^  pdtû» 

âËx>^criei!R!«'fèGéntôs/<i<ü(||^iÿ 

contrefaite  fe  tirç  , ,de  ce  que  l’im^o^kiilr  J'Vkcèfnârërtieflf 

^ ènceViéS'  U >or0«  Air. 

âMtarkri  doiintt^tjkiet^^h^Mfieife'^'iie^adM^.^^ 

füe  f adx  «sriti  “'auic‘«aSlfeiW’'j**iMS'  èoiir*Tqtii  ll«-  ftmi*  nàt<»i 

iOs.  Vdàh  (k>rtiH[bd‘ÀicNM<«ikhi^  pi#f>raf*^pr«rta{tiAt  <'£'«$:- 

aiqdûré 

ntoitt^^c»kWltfjfflokfa‘^»‘ta‘  fègi» ,'  fottlPMWf^uttepdtet 
de  vùe'^HniiirtdmihtMk  ehAtta«MiMué^e<^'<dpo(^'tjae4’d3 
di^re  iie'feklpàs'^il^tu^  Iè( 

ciütef  âc^^on'i^iÜii^pià'kieda‘pi*à£e'  cke^OBtpqra^âode  (a 
main  ; notre  expert , loin  d’employer  cette  arme  contre  l’im- 
pp(^e  ^VlartcMiltifeitt  cdftwe  la 

m(lea6-(k*-'Rak$-^  de»  8fi  quek^iipf^  iii^ 

iôn» , • ijiif  ‘^ntpmMti  ‘aux  i ône»^'  Ceit  àn  ■Oûe  ^done  M 

^naùre j^rivain  ja’a,  plu  ; f^èré'riütioti.  \ftîft^ 

difl£mÉiIance',  qui  doit  re^r  entre 7es  4CT«iirëf 
^ anciens  tems  K <àt  rtècr(  ,-  & d^aiHeurst^  ^prévènuu, 

faulTaii^.né  pditfptçTqi  <‘p;lS  tépdrei«ji'étritUtdétt^^ 

gère  t • fuw  rekxnbei^fni^b  emenc  dans  :lfa^tnam^>.^  qiù 
^ propre  ; il  cr6^a'!(zfl  jpèrcçvoit  i 5L“®^g«tes 
5»  forme  de  certains  cata^i  , , 14^ 

• ‘■“  ' ;'  I ‘ ””’:d  • --w‘!-r 

perptéxirft.'  tkàs  tt^cic'rie  ti  übàbff- 

fioee  de»'  «tmâircs  "* 

fi^cte  i fit  la^avctMi 
^ ’ikife  ft  a&  '■‘ôpiOe 
pèyla  éet‘ 

atoieiit-acov<>P>âf  y 


dC^nixlnaà 
ir  mmiiâWk 
»■ , wncaoeb-^ 
^ W («àK'‘a»- 

(!ut:BÜi^eâ’4pcadrcvlnM.'lMll«ifinfl1ft-dU()iitatota*<;*fll- 
pat  ikctditiir  W£ié&  itM  Qivaàt  abnfînf  Ue^liMk 

ai)  0^))?.  ijdi  tpiM  itf'OËi  o^-,|  «MfcirnilÎMtl  qv’Hÿ  lüitt  «BbiBèaetifiy 
ùüS  «MTOkUa'a^c  îiotfcfl  hiWbrtf''fiiinili^rÉïi> “•‘^  i ■ â 
fî)  Q»Hé,  aMWt«-iiiaî>h- 


DigitiZ'.;;;  i;>  CoOgk 


û B-  D ftPTL  Q>4  A TlXiJmE.  49* 

auiokj>fej4UW»%wrjlc$-.4ifl^nblyç^^  _ 

»1  4 T 1 1. 

i>^  wminas^ 

plus  , comin«^>tw9»-^  WWiP:^y(fi%JW^ 

4^ w«îj  Ijiàqle , 

WqB^i^nWoÔïnt  Wî*teu4^»‘I=  àup  ST  ab^y  ÿiâ^bT! 
wiJ^«:i9aHye,^ir»y^  cftPfiWjgfft  ^Wyjltoan v:^ 
de vga^t^g{:nl'a^Slel4e  1 Jgjy ig|  ifeW 
le^Tifn  iUo  aWerKer»4»4upp6flicWi*«;#^  Oft 

fBpiqs  lf^>^g^f9-,4Pi-,ffs4f^.t.fbuCis.9^ 

%<|uts-d«t%iHs,i<pitr»i^(»^V:tf<W 
j(jptk.0PM^.J|n4lïlae^4^  4wi0P^ftWVî4^#feP?^^ 


peintsi  fifides  ^ienüTusil^Ç'*  êi 
h^jQOfi4fè.  :pQ&»,  »U4 

'>  ‘.  tj'ac 


P^,ren?ete 

[offnh  nic4;,'Sls>]>rs'&nrtfi 


CILUD 


-ffil  '.  ,-/4livv  ‘/t'H'i.-iJ  iiâv#«^  «I  j^’ :a  ji  ve  JIM  < , LIULAi 

Cat  F cd  Je  oopk  > aooi  >1  qualifie  lu,  lieux  . avec  des  Touu  te  da  accni^Df 

«iMiiés  ff  iueAi^Hte^l  «lut  'iW  ««>eik  dMJ 

ixiiic  MnHU'nu’:!  <-Aiai.  i qBfx^a  mitv^cvfqndi  i,is(bu^  >,  u£ig^ 
X CQ«r 


picalèteiois.  iMais  caôdii:  qu'il  s'iqilaii* 

de»  yeux  plus  pénétrant  voient , quiln 
|i(!bWâiâi^^  CO&  feii4<.'.£^c(Km 
: Haià»wpwiiu?^  Tjtf.u 


<^n  rr#C>^d  JT  f.  fe^l. 


/èÿJifeifî  iJô^d 

polteur  n a pu  unceDir  conitamment  loi 
perfonage  : uiaia,  cll-il  donc  ndcefiâire,’ 
que  Ia  pièce  Toit  faolTc  ) Ne  peut-elle  pot 
de  qcatc,faon  4,^Fni»-A  f «SÇ- 
J*W-dJf,  pa»  JM 
4HWbl£F,.V'“  «^aaiW-iMPWi  B“<«- 
ÿÆerabUn<e-Rll  df  ■pottt.Jet 

^nyisir  H’#!»it-dl|iPW» 

l'anUijiqWi  1-»  sbatte  ne  M^  m 
paru  , q9F  ÿwipcenteftable.  9ea,ff- 
ê M o'twâoR- 

.»«»:.eM«Ki«  dptt  4fpq,4iFH^  qa  qyqi- 
gle  , pour  juge  det  eoalça^cn  tqpot- 
*îît,à.M“4:du  dMOWL^eft  WBtç  un 
jpfl«pijacù.  A pwii 


dckxaallx;  (âimèilpaipinfleiMrt 


(i)  ^l'^qSricatctW tïtre» 'li 
placée  oâi  dtda  oa!  bi«t  Je  qoelbiui  U- 


i4fdga>iile'iricànc.  STlei^iMb 

dans  les  plut  anciennes  chartes  (ont  ttd- 
cès d)OtM¥>Mcment  ^.aq  (ie^.dc 


cens  de  . 4ç  leifr  .fi 

ou  oqjiqj  dj,MftOp“W  * IM  FWf 


,^S*58fHg?l^ 

Mmmij 


Dkj"-  i; / C -)gli 


4éo  nouveau  TRAITÉ 

•fSSSS=-.ies  vuidci , ou  biètt  «A-AgiiÉ6i<ae<<iyvifioh^imop^  fiTon  fcur 

k^rhsIMBtfeiéU'  FoWi«»;iGoni- 

CHAj%¥âC. 

-to  Jfeïtk^«iÉiÉtteü*  ,Jas'  te»  «We^  W 

te»  coiteteén  4«Wu^:<ttanec- 

:t<^iiÉâw  pète^.vokyîtc^leijjdifi- 

^ctete»Vtl(t<et(û'oj>dlêMix  uA^  P^teb'‘mbri^ùëe^aV*oiK>at<itec 
^ntÉgitntelO'?  aiékkiKte'de»^mteÙML 

3tyi?-cn»r8iiii‘tewl»  y«lpoéa6fti:4apla  Di^om'itiifVdiûQl^ 
xn  juge  par  les  conotlTançes  prefque  iuâniet,'qi^ttUo:«nb«^ 
les  techoKhes^  qu’eyi^pemètmei'luos  .ui  »□  .X  * 
pa^FdMéqu«r»i'«o^e ^po». 
ulUapiati  : 191  ^«pto  l’Bto^ltb»  g»lBer»g  od*  «ÿtrd^rok'tetlvelôpÀ^tftbs^tts 
,aparencesl  les  jilus  féduilanccs  ;.  la  marche  de  celui-ci  fera 
i)  >;iiictoc.^e 

.-►V»'*-»  

r«Hotiaa  .da:£iu(I«te  <«»- 

\fa  , foii'dilâat  du‘S>tt  ou  xiit’^U- 
.«K>  IvMaid'iflAviMopcndapttitow  l<w- 
pctc.4«  coRu«ua  dgovKiâ  y^t'jil 

.UC  JVtt«4,dp  UOI^Uailt.  . . irOr.oj. 

I .X.  (%s<  wctar.ofdiaMtMi^i  (Mqneacfti 
4cC«:d4nc-ifi|lfi)iMll«MiC1if  f(«<Mc«lM- 
. «les  ne  ddcidctoienipii  qM^ifasAAnr- 
fetd.  leur  â&gtoeobailcl  «Tant  ft:  X n I *. 

9»aaaetoitufl«pid(«i«ptu>n»c  ftRt<  <-x 
‘ i«'dCTWrWB^h»Tàngit8»»Cijtpuit  Id  tgj. 


lu) 

«I  .t  \u\\  VIMUO 


, 4,\  VO  -V 

I .1  ^ U) 

VV^;ï*l  ,.) 
.(  «V  rf  .\  .4  .«il 


jl«  CMoline  , la  ioinbatdique , depait.  le 
st<'.  dIaiaCpicreicm  dei  piéa«;üiU>- 
^gjnU».  Uai<at«iii.dQ«Miaojrcp>U.unc 
wfiaûé  iTaattei.  ns  ibat  dit' refatt  du 
iMÎcn  dniriin  ,l  c’eflt  i rtapdrieaae  #t' 
.««U  xechctdiMi  de  Itetà^caiec  • qv'on 
.«O  «A  tederaUe.^  I>iu£ctnt  faur  attz 

Siplet  at  allei  Otiie»  à oiaoicr,  pour 
e awa  en,«i|Tfc  g»t  êtmxx  «pv  des 
.«ntl<)tiavai  : mai*'  p*f«  00  aidcaàome., 

* '«^icfaliilignttaclortctneaikitMt 
..CpApaUfliA  tantôt  il;<otnpat«(a^»Mo- 
ato  ôieatadlèf ( ».  uiM  à iicit,  concouc 
jkijcMtDBj:  i Urdtadùailei  pleioa  , k« 
TI  «a  VUV  J.1  -4<»l-pl«rn«.,  l4cddfid«  .«i.tt<dictdM(a 
.Tl  .Mi  izi  fc.^  »eaae:de„U.!|dê«l».ab 

gfkita  de  U.  mat*  de  Aa-mouvciiK*S 
|R«^iStellf^W'M0i>Wd^  mur 
ymsM , qù  aprts  sYoirluco  tacooe  > qu'il 


ai  yvoAAm  9>3u:i  an  .«ubh^ 

W?  ,»USS 

®“  ,MuûeI[.Êl{e«iismifa  poKsgpttt  i 

, yc,  £%  cA  jC'eft^ 

I demue*. ,«».  c4^ , bifa^,  fii  ibtmisii 
niaim  ,'£ua  tdk  ,ntatda(^'i.^Qnnut|e 
n )me  botme^sain 

“'«W  flpatN»r:IK  .pPtitrCMi^ 
railÇt  a bueadreaTccan  mmtriiàtdifl 
Cornac  & «ne  iafiain!  de  pcefqoci,me 
traiiwaiît  p»>nr.dciiff>wi  ,t*e-t4  m- 

(oient  pat a»ecpel«nteui,, de  àanc  hh- 

oidtc  Wfeante.,/ibk  d’tàotofft,, 
(m  p«ui  a*«t  -içantm#^,  """  -ririnifr 
s , ■ ^ ^ 

Mau  ea  Ém  <raiio«}iie,„q»  ,««  n*- 
pa^ia.ie<Ba2ti;a  duàram.Mjw  m’ai  pas 
1 cipnt  OH  l'cqniiô  de  tpeanoietc  , .m 
• <0  «n-daflp  de  rea 

Udccidcça,  m'antkre  dvidcmmtaaife 
cinq  »»fia  peime.aoa , Ttent  dsme 
qud  : oa,l»ca  U d^eni  (‘aMblotioad 
w antre  , dont,  f*  rapsjriflP . «A  maai» 
«fte.  Du  picqriat  «»VidS»>l  l'antigaaias- 
cut-aprdçié  Ji;i«  4 J'»a»S  à leur  j«rt«-1HU 
Iim  QaïuJÀieWTlKfcileii  celai-tipMr 
cède  fins  leatooKac  f U eaaniiae.  «rlia 
Icmer.  dc,,4cs  tnicc^u,  tow-carq«i  Ici  cm 

raedrire^«  toiu  «e  qpi/dca  pmwipnRnm 

^sec,p(cmiaia  Jtwpem  t«t(■H^AMnfE;nt 
itbAinçmoqNie.- 
Un  pond  lut  l‘lùllonqa*(  lei  foiinulest. 


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PP  DIPLOly^ ATIQUE. 


nniform«  Pfltfpoesvà*SS==' 

h.lSjTcw)|t)Atl64 

-l!l^6c»mMisi«ipi»Û»Wu>«  IMMUTei^kiMi  j(è$% 

JbocQ  4e  /^4^  ç^an4  4«6wù^ 

jM4refPi4!^/iif!W^  4pi)L4!i^<]wk^'y^ocflriktiÿiMi,}a 

Idutàui  aupbiq  ^»^UBIilu«:v  > t9i  «jjiui  as 

X.  Ce  iuc  coujoi^i^ji;os»jim(^,(^^ 

Pièces  de  eompa. 
<Us»^Hij|res,  ”>'<>”.  quand  mu. 
4e»  piiftMoi!?  c»0ïp«Mig}0^  " °“  "'^"'’*'- 


tiîi  L-iubs  ai»  ari^ttfo  <1  { «am^ijuLal  tuiq  23]  hmo 


AxftïtSi-  éft  fiié^°ie 

Le  concoon  de  tnis  ecs  caractères  oien 
^direoK  ne  poora  guère  maarjuci  de  le 
'tràodiiitr4uunc:<l£cifida  nette  èc  prèeUl, 
^if  fafio<&  cîlfiftntit'a  ia  VWiè!-'9i'W«!l- 
•ifiiklbwttm  |i<rt\IWBWfTto<»>e^Wnd 
^fcs  'f  du  irtéhWl&l-'tHllertTé'ï  ÿrdtir^; 
^mlBïètts  .^uT'pïfttViWài?  etüAèüWal- 

<Ddtt‘  '^8d«4  'U««e>‘tfHt^MHèe<>, 
«rticèm AUe'eiV A pWfirnt' VdtMs 
'lÀ  «iniiî<finfc<s;''tjéCi?'pè»  nret  dfc  (ÎPn 
■*rr;^n  èUir*tedVivVj«)iïi'tt  de  tèW^^I 
«t  WfV-iai  nw«itidc*ft«eodtret-dn  fiè- 
*«N  ekigèHf’rKnr-dé  ftiende’',' {wer 
stèeïdwd'i'  Iêâf‘*>ft.'’Mai«tt««!e  dè'rts 
tfèS'felitttt  i«e(- 
vains  , les  uPages  des  (ièclei  ^ths^'jlttis 

*'q(?yivjthe«rt<!W)  éoHntfc  U’  ntpK^ 
•ïiwi  detf'-Wigid»!*';  fe'  dfeôuyre’pi  lès 
■<ar»aîr«'  M 'fctWe*  -,  J>ir  ' les“ tilMto- 
^*nes' , fi^HStdMSW  Bde  infinité  d^aU- 
-iwrïndleès  ,''fWs  dértfifttes  ’tili»tjntf1êd 
kiwt»  Ititwi»  Wi  W^è'ft»Hrtrio<rte*<ii 
«MipiMtfdls:'  dtun  'lAlr^éMfiecé'cA-eltc 
-fcltW'ipMs  Meitè^fî  tfèHtanfner'  ;uVfQc 

«dit’  l*ts>M»^trr.'  Lè^  fty fe'«'  nrifto- 

ilt|«;'ti<ll'^t|iit  fitulès  vtr^>ié*t'Mli- 
Wr  fie  kBie*»èite#  «1  dSWnr  ftuiftté. 
dKtils  fitnPtltMu' eoMMn  ' dur’’ fflültlés . 
dnMna  LH*f«lfi<qétWèitfi<!es'gKficBc 
«Mik)U«ftis  dM>  dM(lNFMMMeiMe*'daHf 

(Talosnol  al  ,-9opaoili41  uir»np^*ui . 


3,  i 


tes  : avec  quelles 


Mumuri  Mn- 


ctl.  1 


».  J. 


que  copie  , qui  npic  point ... 

VMdqftaiMsk  iténnnwins'aiMfitlIiMfe*, 
ifèi  MM^iX'iBa'eAdlibaScint  IvulgàiidPtl 
tèf:  É»'fctmM»rfi»m*<«see  do  ftpie  par- 
étculitt«hPfiM«l>'i;)kuaup«|IDÿ  nr  -tÿ- 
çonfianecs.  filS'C^lÂierqOoi  le  litulIiiMU 
èw  gmdi  s.  8t  ^nd 
H' k 'fitraét  ^>lttMr'lai<Enuie‘ pu<tciM^« 
ttoVlOnlIef  peiltfaq  toaiuisu.a»  ^naab 
*><iy  ti'ueik'de  cvmpanifen  Mséal* 
nires'fl»)  ^r.«aetn«';p«r  BM  loê'tle  (4)  Col^.  lit.  a^' 
aon(latitlii'eMltr(.csiix , qui  utrfeoiibif-  ^ 

'>tbl^  leur  pradi*' denture.  Lerloiz  dès 


•W^i»Igo*hi‘p  m inu'  tetnatt  t(èÿ  en  pH- 
fi*uèe'«aV'Qiias<^nl«sj  eèmoaid  niolipt 
«v«lrfe«r<)(èt  im>àète'pro<Mi\  ÔD’pilti^ 
4cdf4w*étltéld«  Mars  fignanint  par  pM- 
fMvida  oPMpnfakoèi  St  nues  dooinMM. 
Aie-dèAuic  tfdentutes'il«<txt-tcilwia«S: 
M'IleS'obligeeir  d'detiie  tibiC  ao 
'«h  prdroittS’iki  Itgeilrpnur  cdatraMlb 
’dirpMM  de  WrWpuraiÀn.  Ln  M eO«dc 
ChmdMfMwliA  L»  nilnie  prinkc»èiO<<tr- 
doMW;»V]«e  èeectimt  plceouc^'iènisels 
m’AI  rtm  IftlTiiiit  «tf&RBtpftiaMptaô- 
«é*Saf*èf‘IV'Mi»r«  dèlear  auMartc^dts 
•fiawhis , pweefiimiManeed'dofiiiiseatkic 
trois  p*ètè«  aa  nMlMtM'  figaMilnaPdée 
mdne»''pttfikne^'MèraiN  9a«  M|tiqaJe 
Rec«ftri«thejhwtiriynatr«^aieis,.«tii<li 
det«nM(tair'|Mo«svdra{>i4s  kpieitaMlt 

li'pp « èao»)  aï4ifuo7c  iiiijs'iip  , ‘ 


(c)  L,i.  lV.fi. 

ht.  i..».  4./.  J. 


(d)  ItiJ.  tit.  f, 
hi.  Ij. 


, IIPARTIE. 

SlFTtllrti 

Crac*,  IX) 

précautions  doit- 
on  s’en  fetvir  ( 

(«)  Cttl-  W.  4- 
tit.  ii.t.  10. 


(t)Tù.  !f.l.  J. 


(f)  I<J.  liHloi. 
lit.  14.1.  II. 


‘^/)PtUprtmtt 

fsr 

f-4*. 

(t)L$VtjtriUd. 
/•  4- 

tél. 

A. 


461,  'nouveau  TRAI’BÉ 

a4*nett*a  p6vàaij);iix:'écoÎE  un 

éi^ 

4^eiri9i^.e9if4fû«  «àstlûte4iiRp»ùo)»iiCaÂ^  <i»<r.(^iiMkimk>ns 

np^iRoq 

f»inrij^’uJâ£|Âb  U)  rtip«,rp}|«vqttV|i^^i|i]|£;(493  {«flOnritiÀ'idâS 
moyens  équivoques  , candis  qu’on  en  pouroit  employ4î(ldq 
ç4^9ff)fnJUt,m  4fS/4Mifi9ÙS:P!^.  ru|>réAQii$>de 

^ji^qlle•pçl^«PO,dftl«)i80^  4éifCgî«e.?3ifrTv  jaaibJ  C9lb,‘up 
^ Pa^q«,plup«ia  imMe«'PMs|PÙ  quek]ue<«âtejsRaca«^ 
pli;  A|n«r  4sd«ripriea;  l«9r^ic<4».  4e  cpmpanttiôa  pa^ 

i^t pour JiéceiSuije».  Mais  çommeac  ^’ifliiose  deiienc/ivëM 
^é-,>ors  4«$ipfquyeiir(Ûtilicc6alcs  ilfoioitoitimo* 

(^l^^  dépoieiic  eitrdmVri&iWi!Lefii:<p<ra>aV0ue»c^x}U8 

c’eft  une  desjgr^jdes  j^culc^s  , qu’ils  ^çaç,;'^,à  v^qçrei 


^ODVOit 
|fCQOi(  ^ 


B«i<».(y)j:î^JcA.  piyiwtl  O#  Jff 
yr  çiht , fomm  «a  d<- 

»n»fu.,<l>e?  IllpiwifM  iWt»  «PW 
,4,SMic,diA<«|iai)C(liçi;  r.qai,A«o«t  iii» 

ua  ^c,  conte,  Ifwlj  une, 

.ça  taux  dtoit  Jbiaice  , oa  U,  ju(uài^ 

pu  ROM  AUdC^  picc^p  .dft  tePpAraÙDwi 
de  U maji^  Ja  libete.id'uo 

üètfafuaclii  nq  poo*oUiéite  prouidc  ai 
pacedui,  <)oi.  i'Ayoiçdq«>née,(Oi,p«  les 
cteeui^dc  pi  nia<wiaitfpa<i^iii^0K  40- 

CjBtil'!  pu  uat^  /s),  loi  ;.4c  1^9Ù  J*  46- 
booaiccT^I  TteScc  ùqlune  de  ioaaitao- 
ebi/Tsmeat  Ciu  d«w  auR»  içtiui  4e  fi- 
gnéa,,df'.l4)»ùa  du.aiéaic  çbAai9cUe(<s 
Mumi  qu'il  Pic  connu  dat  babiuaadu 
liéu.  ,$i  Jaqifarcut  /ucoaiboic  dan*  fes 
wcaves  de  &az  , il  dt«ic  roadeasaé  >[ 
l'eaModc , -p«a4c  pu  la  ebaiMe  M4»>l 
ùççiBi  U)  M,  Ici  Vfycf,  teipilccaidci 
/myerniioo  ne  pcoffeat  p«e  çaïqast  caa- 
ue  la  nintA  d’aa  rrc  <r  sp'4l«nf<«)A- 
vaac  <a  r»  Ptvew:  cb«ï  lee.lVidgocU, 

Jppqaiiee  k le*  Lonbudt.  •dii-il, 

» aouite  l(  !*•  cé*><>iM' pMK-Biant  • 

» la  /ânlc  «scnparaitba  pu  Aafena  n’cft 
•tltiaats  capaMc  dcdteiNM  l’aAataaa  l 
A.paMilia»'iaawdl)llUlftjBifliÉ  firf-.  iPfafr^U  cUu-jatinee» Aaa 


ft  tùftioo  CO  bvx.  U 


..ilUil4a»c.  iajafta«.<êloDaBii[)  ;b*< 
bflc.il.&ds.ctefu;*  Gouaee  fit  eu  en- 
pece«i.j  aoe  fictiioB  piùée  r.ioilV 
<pisUad4ai|t  pc4du»M4p«r.Mlui,(«aaaa 
lequel.  CÜA  dDMWj  âUviBiAit><ViJaiedcii« 
ciRcppbliquç,  ,«paMaiMn«iMi  figodcviMx 
ROM  céiqaiat  i «(  «aa  publia  iamf  Sk 
<;9nic<teu>  -AÙtaiJaAMiaa  qoelgea  la^ 
o)la>alâieipufo^a«ii>çUeM«e^  - 
^^)~  lif  Te  fiAicoc  ndaamaiu  de  pea* 
To^y  idulIitM  |e$  Ctolci  tefliaucctdc 
Icui  an  i i^A-àrdte  >#>'>la  cobimcw» 
roDC  par  vérifier  les  pièces  de  compUÛA 
Tobj  avant  s^  tfe*.  vaaitiuaiantrcs, 
fiiç  lefijucUcs,  pn  deaMeaU  ilcac  nia 
Maisdaurbppoiciâ,  ^ue.  Ieac  vérifiai 
cioo  cfi  ua  préalaUc  néccââicc]4  <pU 
quelles  reopodes  pièces  ilr  rnaipgiil'mi 
«éiifin-i-rfia  les  piamiètea  i La  oéccffiié 
d'naenpdraiioo , nconua  pour  iodilpea» 
làbla-s  pcar-cItâ.ceiiéoealiaiAcaiioxa 
finreue  de  piècci  (.^doac  la  finoéDcajpiiP 
Ràr  aâaeUeaicat  idvwqaéeien  dooe^ 
faudea-ildqacyélificslâs  pièces  de eqi^ 
paaùqpcà  I^afiai  I la  vctificaCMoslevlÉl- 
dsoic  iaipolEblc  i souMe  lesIbii  qocjla 
joftice  ae  aépoodioic  pas  4ct  pièces  .de 
CBayuaifon  adniaiAsdeq  t Aa-cnacnicc 


. üMfiaibdkMWi  M^pf«M)ct>aBtf9 


DigliiZi;.' 


DE  DIPLOMATIQUE.  4«j 
Tantôt  à deûèin  de  fair*  fa0iît:  aâes  vé-^ 

ticables  ^ |es  Êmflaires  MOderMs^^M-otLulf^tlt^'d^ 
pièces  de  Qofflparair(»;-TaM4tf'|)^0r  ■jetd^-^esSx^ét’ifieicet^ 
dan»  l'inceftkude , ik 

<inVea&JMk  pare»  aittJ  ineot^tûeB»«l^iktie  dâlWitt  ,^q^'fa^ 
tries  circonftanOMttttroiiene  ptl  cliaaget:  KiLes^ièctfs  dë  ètAri-l 
paraiibn  doivent  étre'aneérièttoot)^' cette  ^'-4Ônt  dirpiito^ 

mais  cn<mônio  teins  tee-pkuivoifitMO'dt'  fV 
pOiTibleu'^mo  noiuoq  xie  nti  u(.  «ibnaj  , ?eupovuip9  ^a&yom 
v^QuaÉd'i|ui’agkde> pièces'^  compamiibR  très-anti<)<^r 
qu’elles  foient  vraies  O0‘ Emii^  'i'^eelipdodüitOMlle’tnëtnè 
éâ:|t  ^ii)!eéeiiemeoc  niles'  apartiennent  tut  naine  i'aùqsîei^es 
fe-eapotcentj^HâC'  Relies  tant  dredëèn  daM'ld  i<n>lne  OfitéO 
alors; 'Ciàr  xil  a'eftlipas  ç^eftiori^  tmTe  iapofe^p-de  vénfieiMl 
ikirdcisittuie'efl  dttie«Hao(a<  telle -peiironeiHmdsü^  elie'bft  do 
Mlj  OU  eei‘  üèclej'£|i  -ett^elle  'oerttdnOffléiU'?  Lei  Téoberdhei 

tiifarj;'l>oar^}re^inix^fcntu*lon*ïn? 
tMra*  & r«r«tre<ln|f  (îipofem  «jifotf’pitt- 
daife , txMr  companiroa  d'tuü 

cliltrtC  dxréè ‘'dU^’lcghe  dé  S>  l<iuit''i'  ud 


M.IPAAT  lE. 
S)p«T.  lu. 
OWa».-  IX, 

-J*ob  tnoijim^i^ 
( liviil  ns'i  ao 

■ W iits  {,^ 
O»'  .T. J*  .ÿi 


d^lelil^lh^vdifld^I^f  cooüitél  î 
<Mi  (Ncaa  deicoapdliifito'ÿ^aiM&raiu 
donc  alota:  uancikt.  £Um  •«  £etow^u'«d 
ÿMBCc  (W  aaavciludlficallds  d I 

déi»itti>«oaadM>i*i. -Le<  ad* 

Tot&»>cc»ivci»«' dà  pMce^db\am^> 
xaifoap^e  InitevefwMânt  poorvabblci 
& ffaaww  v ■ p'tBWnt  pH'ümi  doHW 
Imb  doü»  plaodra  d'«vM/-'dtd  lût 
cllet.  Ma»  il  pootl  l)Mé  «dv«r , comoie 
il'cA  <iiW  fWitUit*  d«ft , aoc'ln  pic- 
•M-diaomp^ron  ,'i<klil«aMirtailc- 
aùcaaar  pài  ftiMàm^fo  ttounnat 
fcrtfrfi  ^ ■ •+  ^9dudv  ...  ...o. 

àt  loMfnMHbti  aMl~ 
^DC»  Awacn»ii>  aolhxdtie  da  mltnt  aee, 
du  nànoj^s  v'de-  la 

lieu  -i— r“*j|l» fnrf*- 

fa  AO  maitre  'dcrifaiq  pitefli'es  d’’  def- 
fdU'  de  lui  faittiilMditf^alild  pèti  t»s 
ma^ilm  il  donnera  fauT’l>iÉil«  firtrrti- 
neadD  p«ir  feat>  ftrarie;CM«Rn«iii*  tff 
ftqrdtilTaai.pm.IneipableapOI'dft'  atfa 
Rondb  hiseadoi  m- 

iMpniiliaàiiiiiii'du  p|;^es  de'  Mib)Hmi- 
-âm  > l-m*«>b«eiitBee  e narartlW  , 
ajuaed  il  Aa»lnwiw>oef  fm  des  chofts 
jbcaniwci  « 4o>l«  tMllirarai-fiif ‘(a-edrM 
akauwn.  ks  plwli>e»le>  iVWitd,  ■aoir 
ao<tatf»viW4W»ir»l[^iMft’ii 
gmdMdüeidrfuNa  k*tmiîtkfmÊa 


tfcraivérindiltflnOdfedk  Ÿti*^  £éclc'i  & \ I «(  ûT(d) 
dont  la'dhcdricd  ne^  loft^-pa»-  doetrale; 

;poqriraUI' lMMIe'ddt1(]innr«/>S4  cç  3K 
plran%‘  ert"  (T»n«  ^eWrtje  difeitme  dfe 
ceUd^-qu'en  aeufixt  l't^pcn 'abaiidgnder 
lui-ndràe  la  (dproBren  comiae  Çrâl&v 
iprailôn  de  la  diverKtd  du  candide.  Mab- 
un  -vdrilteiféor  aoreir-îl  adiMi  piAb 
pldcra- de  coinfafaififiT , tk$  cbatrqy^d^ 
emme  dMirobadilt  i £a  ainiiJe'Wt  >«xai>J  .(il  (.) 

ud’^  '!  p'aiVi^  .ai  1 >(  ui 
(b»«<iN(4d>aM  fuMtewi 
oldMHM''rir  fik»4d«fe  e pigqMeqç»f dft 
refrembterâ  ^ 4>étile'‘'rfuBe‘ 'pfea  IB* 
cbmpcffeiftmy  dsna'lc  edradWft  iltoit  oAA 
S!«Mkjeairei«i  ferdit  pdMb 
comM  daiailtrf  irt««jn*d*tWlt.. 

cem>ifr*ac<el  qâlTi'^ejlufl^ejHlifrlqBIS^  „nni»  aitd  f£) 

J««  d%W*UlW  iihinirT-  «4 

lrtftnflpi#<tn«.JII  ft'd'Wl&elM6d»fii^  ■ .laT!* 

i (4id* cOMinN aîAM' ; jinif ‘lef  dlftefifW.  ,1  (♦) 

1»  fttc  a^idcMd'Win-fiflpilrf  dqpdH  te  ^ 
rffléfllbltHéeK'  ddlÂatrfrf’/  «jUK-ciMiei-  _j,,  iniàtnt  CV) 
rWftBt  Wd*tit1lW»‘'a*‘‘0faqU0'fi*ile.  ' , .,j  . ,,,  I 
MnMIt  M difîM*n  MHtabr,  ' • - 
-qti  uàiyttii»xile*  ÉWBf  an' wMam  “ 

1 .ntl  os  au.'qiu  .1 


II.  PARTIE. 
S £ CT.  III. 

Chat.  IX. 


Y a-t-il  plus  <Tic- 
tcs  faux  ou  fuf- 
pcfls  , que  Je  vé- 
ritablca  ! Quels 
font  ceux,  dont  oo 
doit  fuitout  fe  dd- 
fier  î L'expett  dd- 
clard  pour  le  titre 
ancien, plus  croya- 
ble , que  celui  qui 
le  cépcovnt. 


medtt  Avit,  r.  |. 


4^4  NOUVEAU  TRAITÉ 
ultérieures  feroient  fuperflues.  Cette  importante  difîculté 
levée  fembleroit  devoir  mettre  l’expert  ordinaire  bien  à (bn 
aife.  Mais  une  réfléxion  fi  fimple  n’entre  point  dans  la  mé- 
chanicme  de  lès  opérations  , & d’ailleurs  il  n’eft  pas  en  état 
de  fe  décider  fur  un  fait , qui  pouroit  leur  fervir  de  baie. 

XI.  Si  le  vérificateur  s’elt  mis  dans  la  tête  , que  la  plu-’ 
part  des  aâes  modernes  , contre  lelquels  on  s’inferit  en  faux;’ 
(ont  artificieufement  fabriqués  ; il  ne  réfiéchira  prefque  plus 
liir  les  moyens  de  julüfier  l’intégrité  des  pièces  , qu’on  lui 
préfentera,  A force  de  mauvaifes  (Ricanes,  ü fe  flatera  d’avoir 
démafqué  des  impofturcs  , dont  il  étoit  perfuadé  , préala- 
blement à tout  examen. 


Mais  fon  illufion  eft  d’autant  plus  inexcufable  , que  les 
vérificateurs  d’ofice  les  plus  ocupés  déclarent  avoir  vu  s’inf- 
crire  en  faux  contre  des  aûes  vrais  aufli  fouvent  , que  con- 
tre des  écritures  contrelàites  ou  fiüfifiées.  Encore  ne  s’agit- 
il  , que  de  pièces  ou  fignatures  journalières , beaucoup  plus 
fujetes  au  faux  , que  les  titres  (i)  anciens.  Un  vérificateur 
bien  inftruit  de  ces  faits  , fondés  fur  l’expérience  , ne  fera 
donc  point  plutôt  pancher  la  balance  d’un  côté  , que  de 
l’autre. 

L’antiquaire  doit  aler  plus  loin.  Sans  des  motifii  crès-m- 
tes , il  ne  fupofera  pas  d’in^ftute  dans  des  chartes  , diltin- 
guées  des  titres  de  nobleflc  , tirées  d’anciennes  archives  , 
conftatant  la  pofiTeflion  des  fonds  , droits  ou  privilèges  , 
dont  on  jouit  encore  aéhielleraent , ou  dont  on  jouifibit  cer- 
tainement autrefois , Sc  dans  lefquels  , on  ne  demande  pas 
meme  à rentrer.  Des  pièces  placées  dans  ces  cireonftanccs , 
ne  fe  trouvent  prefque  jamais  faulTes. 


(l)  An  fujet  de  <eox-ci  : »je  n’ai 
» Mnoc  («)  dciTcin  , die  M.  Muiatoti , de 
xbüie  naître  des  fou^oos,  contre  les 
M diplômes  d’une  lûicencd  ioTiolable.  Il 
» t'en  coofenre  encore  une  infinitd  dans 
mlcs  atehiTcs.  J'en  ai  tu  rooi-méme 
■ beanamp  ,c)ue  j’ai  poblids  dans  cet  ou- 
m mge.  <•  Ceft  un  ehiiqiie  CMre  i 
rexcis  qui  parle.  Ainfi  Ton  pcK  ordi- 
Miiemenc  compter  fiu  la  xdriid  des  mo- 
unens^  dont  il  prend  la  dd£enlê. 

|s)  » Si  k hazaid , dit  on  aanqnaiic 


» du  premier  ordre  , produit  en  un  lîdcle 
B un  titre , qui  puilTe  dire  coaraincu  de 
B (tafftté  i ne  poura-t-on  pu  en  produira 
B un  milier  au-dclTas  de  sont  foupfon  I 
B I]  ne  faut  pu  en  avoir  manid  berui- 
B coup  pr»r  dtre  convaincu  de  cette  vd- 
B ritd....J'ar  en  plafieuts  ocalîons  de  voir 
B Sc  d’examiner  des  uchives  d’e^Iifes  Sc 
B de  oooaftdrcs.  J’ai  vu  des  chartciers.dcs 
adsambres  du  comptes  Sc  du  ddjiû» 
B poblics  CO  Eiaace  Sc  en  Italie.  J'ai  va 
w des  aichirei  paiticalidtu  d'anciennes 

le 


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DE  DIPLOMATIQUE.  4éf 
Le  vërificareur  au  contraire  (èra  ilir  fes  gard&*""î^  quand 
«n  lui  prélêntera  de  prétendus  anciens  tkreS  tù^hftadreaTis» 
qui  n’ont  jamais  été  prodttit*7‘^  dunt 
notice  dans  les  anciens  caituléites  ptegîrtes^ivk}imri5*\i%ifli 
pies.  Si  l’on  ajoute  à cela  , qué  la  dé<ïouVefté  éls'a  été  ftltfe 
à’imc  manière -extaordinaire-;  ces  monumens  ctfnwneiieer^)nt 
à paréitre  très-fufpééte.  Il  ft'en  fera  pas  dêtn&me  des  buîleS 
ëc  diplômes  eonlèrvésr  depuis  long  rems  dalis'le^-Çiy  arcHi- 
tes  écléfialHques.  Les  titres  gardés  dans  les  dépôts  publiés,- 
Cendant  , (bit  a relever,  foit  à établit' la  noWertb'bu  la-gran- 
deur de  certaines  mai(i>ns  -,  ne  doivent  pasîétte  regardé»  trop 
facilement  comme  vrais  , ni  rejetés  trop  légèrement  conimé* 
feux,  l'  - < ' ' - I itM 

• Toutés  choies  é^les  *,  il  eft  finguliet,  & néanmoins  Vrai-'/ 
mi’un  exiperc  fùgeüht  en- faveur  d’one  pièéê,  qid  porte  oHe' 
date  antique  ’W)^eft  plos  fcro'yaWé  y quecelot  qui  déétÆ' 


n.  'PARTIE. 

$à«r.  III. 
CÜAP.  IX. 


'1 

“A  A aiâ  1 
(«) 


ntcrrci  êc  imüfcn»  ilAliot^jà.  Aueant 
mof  peu  4'sapSfi*PSS  rt  r«»  ai*-. 
» tiircs  3 pu  me  pcrmmrti  d‘en  jucer, 

»*yï4  (tWpnjrtT'fitrtî' 

U Sc  j'ai  vu  au  contraire  des  chartes  de 

fi»  Is*I 

» matSup  les  plus  cenauves  tfauiben- 
»>  tiéhr.  U Amli  parloit  le^  célébré  M. 
Lanoelocdel'acadmc  royaledeaiiilciip. 
lions , dapf.WS  jfctre  impiméaiParito) 
iSlI.dhns  laAnale  il  s'«èvé^aVec  talion 
carinre  utl  'cMMIldt  rbiftoircde  Mcaur.: 
iQj  Sujioroof  ua  .Cf^rc  iacapablc  d«.  | 
tee  Imuit  per  des  niotils  indig  oes  (Tdn 
hommd'de  bWù  VpiiftWmém  îonfroil 
de  contes  les  tègics  de  fon  ta , a{kz  ju- 
dicieux , pour  en  faire  l'aplicaiion  avec 
juftclTc  ; if  ne.  fe  déclarer^  pour  la  (ineé- 
riré,  du  titrd'anclen  j ^ùe  pafcequ*!l  ri'y 
dé«upc  aucun  dé' ces  Imçées  de  faux , 
foSjjéMt  alTct;  faciles  iûîiîr  datu  les  ac- 
tes féi^iiubent  fupolîs , même  iodépeo^ 
dailffneiit  dés^iéccs'  de  comparaison. 

St  l'oo  ’eh  pfodiri^uclqucs-unes , dont 
rantiquiié  folt  Juijr  ceitaine  , que  Ia 
coftelpondanee  de  rftntutc.&de  la  date; 
cehé  confonnhé\'ér!fi#e  , ilên  réfulte- 


V t** 

chdiSe  (»  liei^ifl  on  fupolc  kèr  iMIèitfA 


f compàri 

Tome  IL 


formitd  , joincc  à f exemption  àù  l6Ut  1 
.pour  vraie. 

An  dofArifrèi,  rJglé-t  ll  'fctr  ;^gément^ 
fur  la  diirembUacc  des  pséces  de  com-> 
.puaifon^d<d?tlAjàii^<:ide(l  iccUe^ 
qii'éUc  tuj  fô'it  ancdniK  i 'il  condamnera, 
nt're  bafenAiiS' par  IsiAsbcif 'Vie  Ihiliin 
Iconfqmiit^,  «pjirideiw  pliHV«,(ft£nK.l 
abibudre.  La  (ïnedrité  dçi  pièces  de  co»- 
'■paralfeb’étl-éHéavérde‘r  n jag^r  fW 
me  faux  à ndlba -d'une  dwMec  phadaVJ 
taftique  ou  réelle,  bans  le  ptemier  cas , 
de  pures  minuties , de  yéritabjes  clijca- 
bçt , dont  les  îles  eljjilttî  oç 
que  trop  (buvént  vlflésitis  Jiême'qim^ 
qc  Cagui  iylc  d'éeéi^és  journdi|rç£^:“ 
<n  aqront  ÿnpqfé  i notée  ^yériTjcacjW- 

Îlaos  Je  lè'cbnd  éds  i prévenu  faulteméu'* 
e fbTpo'tljlfe^â'u^e 
turc , pat.' 


.liaï.xUq^nt  (as) 
.(  > .OTh  dUak 


itii?fe*'â'ul/é  leole  fôWe  d’é^f'* 
r, cfiaqaé  liWc j %'fe lè’râ'fijî.u." 


Non 


II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
XX# 


Moyent  pour  dé- 
couvrir les  artifi- 
ces dcsfaullaixes. 


lici.  t..$.  4. 


4<î<î  NOUVEAU  TRAITÉ 

contre  elle  : plus  croyable  , quand  U le  fait  fans  pièces  de 
comparaifon  , que  quand  il  en  juge  à leur  flambeau  ; lorC- 
que  la  vérité  de  ces  dernières  pièces  ou  leur  conformité  d’é- 
criture n’eft  point  d’ailleurs  conteftée. 

Mais  quels  font  les  artiflees  des  fauflaires  : pat  quels 
moyens  les  vérificateurs  croient-ils  pouvoir  réuflir  à les  dé- 
voiler , & quelle  aflurance  peut-on  avoir  de  leurs  décifions  l 

XII.  Quoique  nous  ne  prétendions  point  ici  parler  des 
^Ififications  des  (beaux  , &c  que  nous  nous  bornions  à 
celles  des  écritures  } le  détail  des  dernières  ne  laifleroit  pas 
de  nous  mener  fort  loin.  U nous  fufira  donc  de  parcourir 
les  plus  ordinaires  ; fans  nous  arêter  aux  plus  recherchées. 

On  fabrique  des  pièces  , ou  l’on  les  falfifie  par  addition 
infertion , fupreflion  , contrefaâion.  Quelquefois  plnfieurs 
de  ces  fiauduleufcs  maneuvres  fe  trouvent  réunies.  Couper 
des  feuilles  de  parchemin  ou  de  papier  d’un  cartulaire  , 
d’un  poulié  &c.  en  rétrancher  ( i ) quelques  portions  , pour 
en  fubftitucr  d’autres  ; ce  font  autant  d’artifices  de  fauflaires. 
Les  regîtres , journaux  , traités,  teftamens,. contrats  en  for- 
me de  livres  font  les  plus  expofés  à ces  faifificacions.  Mais 
elles  font  auffi  de  nature  à être  plus  facilement  découvertes^ 
éC  avec  (i)  plus  de  certitude. 


écritaret  d'anc  autre  ferme  ; tandis  mi'il 
an  poutoit  trouver  de  patfiutement  Icm- 
blaoles  i celle  , qu’il  a jugé  digne  de 
réprobation. 

Alons  plus  loin  : fi  la  pièce  de  com- 
piraifen  peut  être  cenfée  apattenit  à la 
même  eipne  d'écriture  Pexpert  plus  acou- 
tumé  à jnger  des  reiTemblances  ou  dif- 
femblanccs  perfenelles  d'écritures  , que 
de  celles  , qui  conviennent  aux  tems  8c 
aux  lieux , 8c  qu'on  ne  rauroit  fentir  , 
fans  conoitre  le  goût , le  génie  8c  la  ma- 
nière de  chaque  fîéclc  ; s'atachcri  à des 
dififrcnccs  , qui  ponroient  indiquer  di- 
vexfiré  de  mains , mois  non  de  fiècles 
le  de  pais. 

Ainfi  l'expert  décidant  en  fityenrd'un 
titre  ancien  , fera  plus  croyable  , qae 
celui  qui  en  jugera  derav-incageufcmenc. 
Mais-  quoiqu’en  certains  cas  paiticuliets 
Icxpcrt  puiirc  juger  des  anciens  titres , 
cndbimésicni  à Ix  vérité  y comme  il- 


n'eft  point  en  éut  de  prononcer  fiir  la 
bonté  des  pièces  de  compacaifen  ; il  eil 
beaucoup  plus  lut  d’en  réTerver  le  ta- 
pote aux  antiquaires. 

(i)  Les  livres  de  comptes  , regiftres  , 
tables  des  anciens  éioient  fejets  à une  au- 
tre ferre  de  feprellion.  Comme  ils  éroient 
ordinairement  enduits  de  cire  ; il  étoic 
aifé  de  faire  dirparoitre  l'écriture  en  tour 
on  en  partie.  Mais  en  fe  prêtant  i cette 
maueuTte , on  fe  rendoit  (*)  coupable 
de  la  peine  de  faux  , 8t  l'on  s'expofeit' 
aux  peines  portées  par  la  toi  CnntUa. 

fx)  Des  papiers  colés  enfemWefe  dé- 
tacheront /ans  éfert , des  qu’on  les  fct» 
palTer  par  répreuve  de  l’eau.  Expofe  à 
ta  lumièie' , rendroit  colé  patoitta  plus 
ebfcur , que  le  rcile  du  papier.  Ses  rè- 
gles , lignes  blanches , ou  vergettes  plax. 
ou  mrins  nombreufes  ne  fe  raporte- 
ront  pas  exaéiemenries  unes  aux  antrcsi 
La  diféiencc  du  grain  du  papict , ouxlc 


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DE  DIPLOMATIQUE.  4^7 

Un  des  artifices  les  plus  familiers  aux  faulTalres  eft  d’en- 
lever  (i)  des  écritures  , pour  les  remplacer  par  d’autres  slC~  H-  partie. 
lorries  à leurs  pernicieux  delTeins.  chat.  Vi. 


Ca  marque  poara  d'ailleais  nuoifeller  I 
fimpolnire.  Le>  mêmes  moyens  font 
également  aplicables  aux  jonmaux  Sc  à 
«ont  document  en  ferme  de  livre. 

On  peut  de  plus  examiner,  A le  nombre 
des  feuilles  cil  uniforme  parchaquecayer, 
A toutes  font  de  la  même  marque  ou  du 
même  timbre  : fupofê  que  l'ulage  en  fût 
établi  , pour  les  livres , qu'on  vêiiAoit  ; 
A les  tranchcAIes  ne  font  point  plus  rê- 
cens  , qu'ils  ne  doivent  être  5 A les  rrous 
.par  où  paifent  les  ataches  du  livre  fe  ré- 
pondent parfaitement  ; A quelques  chi- 
fres  des  pages  ne  font  point  d'une  autre 
main.  Si  la  fabrique  du  papier  n'ell  pas 
poftérieure  à la  date  ; cnnn  l'on  emploie 
toutes  les  rclTources  , que  feurnitladif- 
fcmblance  ou  la  rclfcmblance  afeâéc  des 
écritures.  La  divetAté  des  mains  oc  fe- 
xoit  pas  cependant  un  indice  de  faux  , 
dans  les  livres  on  pluAeuts  perfoncs  ont 
coutume  d'écrire.  Du  relie  ces  derniers 
moyens  , excepté  celui  du  timbre  , & 
celui  de  la  marque  du  papetier  , ne  fent 
pas  aefli  fett  que  les  précédens.  Ils  peu- 
vent au  plus  fonder  de  légères  canjeân- 
jes.  Il  ell  bien  des  cas  , ou  quelques-uns 
ne  prouvent  rien  du  tout  : par  exemple 
fin^alité  des  cayets,  êt  le  tétcanebe- 
ment  d'une  on  de  plnAents  moitiés  de 
feuilles , la  divetAté  des  nsaeques  do  pa- 

Îicticr  ; A toutes  font  plus  récentes  que 
a date  , ne  prouvent  pas  fnfilânimcnt  ni 
contre  la  Ancériié  des  mlH  ni  contre  leur 
inrégrité.  Cet  inégalités  de  feuilles  ou  de 
feuillets , dans  les  cayers , font  qoelque- 
feis  purement  arbitraires.  Soovent  la  £0 
d'un  traité  ou  d'un  mf.  en  eft  la  caufe. 
Des  relies  de  feuilles  de  parchemin  des 
débris  de  vieux  mC  d'on  l'on  a éfecé 
des  ouviages , pour  en  fubllituer  d'an- 
tres fe  trouvent  mêlés  au  parchemin 
vierge , m fett  à Jet  contenir.  Quel- 
quclbis  alors  les  feoBlcs  anciennes  Ibnt 
séduites  en  demi-feniUes  , posu  cadrer 
avec  le  fécond  mf,  od  elles  Amt  tranf- 
planrées.  Le  caprice , le  changement  de 
vues , la  fin  d'un  livre  ou  d'une  année 


pooroieot  avoir  ocaAooé  de  lèmblablss 
variétés  dans  des  livres  de  comptes  ou 
des  regîtres.  Cet  irrégularités  , remar- 
quées aux  endroits  fufpeâs  , prouvent 
néanmoins  , même  contre  les  méT.  avec 
toute  la  force  , qui  peut  convenir  à ce 
genre  de  preuve , relativement  aux  cir- 
conllances. 

(i)  L'enlevement  d'une  écriture  en  en- 
cre ordinaire  ne  fe  fait  point , fans  alté- 
rer la  blancheur , le  luflrc , l'épailTenr 
du  parchemin.  Le  grain  du  papier  endo- 
magé  ne  fe  rétablit  qu'impatfiitemcot. 
Il  n'en  cil  pas  moins  fujet  i conferver 
des  marques  d’altération  , qui  dépofe- 
tont  perpétuellement  contre  le  faullaire. 
Quand  rencre  auroit  été  compofée  ex- 
près de  matières  propres  à s'écailler 
foie  en  les  frotant,  foie  en  les  lavant  { 
il  telle  toujours  quelques  veAigesjaia- 
natres,  qui  trahiront  l'impollear.  Cer- 
taines empreintes  prefqnc  inévitables  rc- 
céletooc  des  traces  <fécriinrcs  , qui  fe 
IsilTeroat  au  moins  découvrir  aux^ues 
les  plat  perçantes.  Si  l’on  bazarde  plu- 
tôt de  faire  palTet  les  eaux  conoAves  fur 
le  parchemin  , que  fut  le  papier  i le  dé- 
perilTemenc  , qui  s’enfuie  , ne  feta  pas 
moins  lênlible.  Le  premier  deviendra  plut 
mince  êc  plus  trajsfparenc  on  terne  4c 
veloucé.  Quelque  perite  pottioo  de  l’é- 
ctirnte  enlévée  fe  fauvera  do  naufrtf  e , 
fans  qu'on  s'en  aperçoive  , êe  dévoiieta 
tout  le  royllère  an  vériAcateur  aten- 
tif.  Suc  le  papier  , les  eanx  caniliqnes 
laiHêront  des  efpèces  de  taches  fem- 
bres , jaunâtres  ou  touilâttes.  Son  épaifL 
feue  le  ion  grain  en  fonfriront  notable- 
ment. On  aura  beau  employer  de  nou- 
velles matières , pour  couvrir  cet  défauts; 
les  endroits  renforcés  , êc  pat  coofé- 
quent  plus  ombrés,  n’en  diront  pas  moins, 
que  les  taches  à ceux , qui  les  examine- 
ront de  près.  Une  expontioo  oblique  dn 
papier  au  grand  jour  manifellera  la  four- 
be aux  yeux  des  experts  ■ futtout  quand 
les  feuAaircs  n’en  favent  pas  aSa  , pour 
écfaapcr  i lents  recherches. 

N a n ij 


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4^8  NOUVEAU  TRAITÉ 

Ce  ne  font  quelquefois  que  des  claufes  effentielles  j.des- 
* *s Tif  chifres , des  lignatures , fur  lefquelles  tombe 

Ch  A/!  IX.  fraude.  Quelquefois  elle  ne  regarde  que  des  noms>  er> 
levés  , changés  , altérés.  Mais  nous  réfervons  pour  un  autre 
chapitre  les  falfifications  de  quelques  portions  d’a£fes  : celles 
qui  ne  confiftent  qu’en  des  mots  , des  fyllabes  , des  lettres. 
Artifices  des  fauf-  XIII.  On  connoit  deux  manières  de  contrefaire  les  écri» 
faites  relatifs  à la  turcs , l’unc  cn  Ics  imitant  à vue  , l’autre  en  les  contretirant. 

P"  La  I*.  eft  moins  exade  & moins  rigoureufe.  Mais  fi  l'imi- 
criturc  : moyens  tatioiî  cft  précilc  ; parcequc  le  rauflairc  aura  la  main,  bonne, 
employés  par  les  & qu’il  fe  fera  bien  exercé  : fa  fupercherie  ne  fauroit  être 
«rnVt  ^é$°'Lffcs  fusement  découverte  par  voie  de  vérification.  S’il  n’y  a que 
écritures  des  Téii-  quelqucs  légères  diférences  ;on  pouroit  les  atribuer  aux  va- 
riations  , qu’on  a coutume  de  remarquer  entre  les  (z)  écri- 
tures de  la  même  perfone. 

Pour  diftinguer  les  véritables  des  faufiês  ; fiirtout  fi 
celles-ci  ont  été  faites  par  imitation  ; les  maitres  écrivains 
comptent  beaucoup  fur  la  taille  de  la  plume  , fa  tenue  , la 
pofition  de  la  main  , fes  mouvemens  , ou  ceux  du  bras.  De 


Il  eft  certain  qu'il  (è  rencoutre  des  cas, 
•ù  ■ découverte  do  la  fraude  paroit  in- 
évitable. Mais  en  général , les  uches , 
les  coupures  ou  ruptures  tant  du  papier , 
qoediLparchemin,  font  des  indices  équi- 
voques. Il  eft  à craindre  , qu’on  ne  pren- 
ne  quelquefois  au  criminel  des  accideus 
de  pore  maladrclTc  ou  d'inatention. 

Comme  les  eaux  & les  poudres  cor- 
sofives  s'incorporent  avec  le  papier  & le 
parcbcaia  ; elles  y laificnt  une  acreté , 
qurfcoi  fié*"*—  no  nouvel  indice.  Mais, 
cosMM  on  pépnre  anfli  le  papier  avec 
EalM  s il  Aot  uvoir  diftinguer  fon  acri- 
JMaln'  de  la  caufticité  de  l'eau  forte  ou 
^ faodatat.  Aim  refte  le  grain  du  pa- 
fiet , ou  fou  lilfé  > le  celui  du  parene- 
min  foufritont  natabkment  des  poudres 
cfuftiqoes  : 8c  d'ailleurs  elles  afoibkcont 
Eun  8t  l'antre. 

Y >)  Parasi  les  làlCfications  Icsplus  fub-. 
ailes  , on  compte  le  changement  de  quel-l 
qae  chifre.  O'un  zéro  l'on  aura  fait  un 
' 4.  ou  un  f.  d'un  s un  5 ou  bien  un  8 ; 

diin  I.  prefque  tel  ebifte  , qu'on  aura 
voulu.  Mais  li  l’écriiaic  eft  régulière  ; 


3u'on’  prenne'  garde  aux  xhiftes  , qui  ne 
oivcnc  ^inc  excéder  le  corps  de  la  li- 
gne , & a ceux  qui  s'élèvent  plus  haut  , 
ou  qui  defoeodent  plus  bas.  Toojoun 
l'encre  de  la  partie  ancienne  , SC  celle 
de  la  nouvelle  oc  feront  pas  également 
noires.  On  s'en  apercevra  en  les  élevant  ; 
pour  mieux  les  expofer  au  grand  jour. 
St  l'on  a léttancfaé  quelque  chofe  d'un 
chifre  ; c’aura  été  en  le  Eraunt.  Oe 
quelque  inftrument  qu'on  le  (bit  ' fctvi  j 
il  en  reftera  ronjours'déa marques,  qu'on 
' peut-lâiflt  aifément. 

(i)  Jamais  ou  n'a  vu  le  même  homme 
fotmet  deux  fignatores  d'ntie  rclTem- 
blance  fi  rigoureufe  ; qu'il  (ùc  impofli- 
ble  d'y  remarquer  quelque  difércnce. 
C'eft  donc  s'égarer  i la  lacur  d’àn  prin* 
cipe  véritable  , roaissnal  apliqué  , quand 
on  n'a  nul  foupçon  légitime  de  contieti. 
rement  .fur  me  pièce  de  compaiaifon  y 
que  de  raefurer  chaque  lettre  de  deux 
iignaturcs  au  compas  : comme  fi  leur 
conformité  devoit  alcr  julqn’à  n'avoir  da 
part  & d'autre  aucun  ttatt  aiflns  grand 
. ni  plus  pcck. 


Diy;::. Cooc!. 


DE  DIPLOMATIQUE.  4^9 

nal/Tenc  les  pleins  , les  demi  pleins , les  délits , la  nette- 
té des  traits , leur  hardielTe , leur  pefanteur  , leur  interrup- 
don , leurs  Ctuations  refpeâives.  Ecrivez  du  plat , ou  du 
dos , ou  du  coin  de  la  plume  ; vous  produirez  des  éfets  con- 
traires. Ils  feront  diverfifiés  prefque  a l’infini  ,,à  proportion 
des  tenues  intermédiaires.  La  place  du  plein  & du  demi- 
plein  varira  dans  la  meme  lettre  , fuivant  la  diverfité  de  la 
tenue  de  la  plume.  L’on  jugera  donc  par  la  varTété  des  traits 
de  la  diférence  des  tenues  de  plumes  , & conféquemmenc 
de  la  diverfité  des  {i)  mains. 

Comme  toutes  les-  fortes  de  traits  le  trouvent  réunis  dans 
la  lettre /'  ; quelques-uns  conlêillent  de  s'y  atacher  particu- 
lièrement quand  on  a des  pièces  à vérifier. 

Les  fignacures  & parafes  (1)  faits  de  tout  le  mouvement 
du  bras  , font  un  indice  d’écriture  original  Sc  non  contre- 
faite. Cette  fermeté  de  traits  montre , qu'on  n’étoit  pas  gêné 
à tirer  un  modèle. 

Quant  aux  écritures  contretirées  ; les  maitres  écrivains 
prétendent  pouvoir  les  découvrir  ; aux  marques  du  crayon  em- 
ployé , pour  les.  rendre  avec  plus  de  juftelfe , & qui  n’auroient 


(i)Onrupofe  1°.  qu'ane  fignarare , 
^aiiDc'  pière  d'une  écenddc  (an  bornde 
•fl  écrite' de  la  même  plume  , de. la  même 
taille , & de  la  même  tenue.  i°.  <]ue 
chacun  a fa  maniête  propte  de  tenir  1a 
lume , de  pofer  la  main  fut  le  papier  8c 
e la  mouvoir.  Si  donc  la  tenue  de  1a 
plume  eft  difêtente , on  en  conclura  di- 
Htence  de  maint.  Si  le'  changement  de 
plume  ou  de  taille  de  plume  fé  manifélle 
Iréquemment  ; on  en  concevra  des  foup- 
{ons  de  faux.  Cela  fentira  l’écriture  ar- 
tificienfir,  l'imitation  recherchée.  Divers 
cdâis  de  plumes  , plus  propres  les  uns 
que  les  autres  à ' rendre  une  écriture  , 
propofée  pour  modèle  , anoncent  un  def- 
fein  de  tromper.  hTe  pouroit-on  pas  ici 
liter  des  conléquences  diamétralement 
opolécs  : Le  &nlEùre  fe  fera  exercé  fut 
des  papiers  , des  plumes  8t  des  encres 
diférentes  , avant  d’en  venir  à ta  pièce 
déIcifiVe.  Alors  fes  elTais  font  fiiits.  Il  efl 
tout  délerminé  fur  l'encre , la  plume  , 
là  forme  d'écriture.  Ainfi  ces  tentatives 
mufuéés  , cette  vaiiété  d’inflnuntm 


caraélériferont  plutôt  la  bonne  foi , que 
la  mauvaife. 

11  efl  des  perfonet , qui  pont  t'épar- 
gner la  peine  de  prendre  elles  - mêmes 
trop  on  trop  peu  d'encre , ont  des  do- 
tncfliquet  , qui  leur  préfentent  fuccef- 
hvement  dés  plumes  ' trempées , comme 
il  fout } d'autres  par  caprice  , ou  pont 
elTaycr  diverfet  plumes  , ou  ptcrcequ’ilà 
ne  font  consens  d'aucune  en  changent 
fouvent , Se  même  à chaque  fois.  D'od 
s'enfuivent  des  variations  de  tailles  8c  di 
tenues.  Ces  foits  8c  bien  d'autres  fem- 
blables  déroutent  no  peu  les  principes  des 
' maitres  écrivains. 

(i)  Mais  un  fàuflâite  , qui  anroit  af- 
fujeti  fà  main  à l'imicacion  de  certain 
caraâêre , ne  pouroit-il  pat  l'avoir  affez 
hardie , pont  fé  livrer  aux  monvemens 
les  plus  délibérés  > Que  ne  feroit  il  pas  , 
s'il  y étoit  invité  par  la  qualité  de  fél 
criture  de  fbn  modèle  > Enfin  prévenu 
de  l'illufioo , que  la  hardielTe  de  fa  main 
fetoit  aux  maitres  écrivains  > que  o* 
i teotccvÎMl  pas , pour  y pamnit  1 


II.  PARTIE. 

StCT.  III. 
Cha».  IX. 


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II.  PARTIE. 
S E c T.  III. 

CHAf.  IX. 


‘470  NOUVEAU  TRAITÉ 

pas  étë  aflez  exaûement  enlévëes;à  des  rcftes  de  mie  de  pain  ^ 
qu’on  aura  fait  fervir  , pour  les  faire  difparoitre  ; aux  indi- 
ces du  papier  mouillé  & de  la  prelTe , auxquels  on  aura  peuc- 
ctre  eu  recours  ; aux  charges  & recharges  d’encre  , à l’in- 
terruption , à la  multiplicité  des  traits  mis  en  euvre  , pour 
figurer  avec  plus  de  vérité  chaque  lettre.  Les  petits  coups 
de  plume  fe|j)nt  rendus  fenfibles  , au  moyen  d’une  loupe. 
Elle  mettra  en  évidence  des  traits  peu  coulans  ou  meme  in- 
terrompus , raboteux  , dentelés  , tels  qu’ils  conviennent  à l’é- 
criture peinte  , plutôt  qu’imitée , d’après  un  modèle. 

Si  le  faulTaire  n'i^nore  pas  , à quel  danger  on  s’expolê  en 
contretirant  une  pièce  , qui  pouroit  être  produite  ; il  pren- 
dra quelquefois  le  parti  de  tirer  un  mot  de  côté  , un  autre 
d’un  autre , foit  dans  la  meme  , foit  dans  diverfes  pièces  de 
la  façon  de  celui  , qu’il  s’éforce  de  contrefaire.  Il  eft  à la 
vérité  perdu  , fi  l’expert  eft  aflez  heureux  , pour  déterrer  ces 
mots , dans  les  pièces  de  comparailbn  proauites.  Cette  ref 
fource  manquant  au  vérificateur  , il  lui  refte  d’avoir  recours 
au  mouvement  des  doigts , à la  tenue  de  la  plume  , changée 
prefque  à chaque  mot , quelquefois  meme  à fa  taille  variée, 
pour  répondre  mieux  aux  diverfes  plumes , dont  fes  modè- 
les ont  été  écrits  , enfin  aux  traits  néfitans  , & Ibuvent  in- 
terrompus. Mais  peut-on  s’apuyer  avec  une  jufte(i)  confiance 
fur  ces  moyens  ? 


(i)  On  l'a  d^ja  vu  en  partie  : qnet- 
mes  atentions  de  plus  de  la  part  du  faur- 
laire  peuvent  aifiinient  mettre  en  ddfaut 
l’art  des  experts.  1°.  Sila  pidee  eft  con- 
iretirde  , te  qu'il  foie  mairte  de  ne  pas 
produite  les  pièces  , fur  lelqucUcs  fou 
opération  aura  été  âicc}  le  voila  garan- 
ti du  danger  le  plus  éminent , qu'il  cou-  ’ 
TOI  c de  voir  fon  aâe  convaincu.  1°.  Qu'il 
aie  lailTe  pas  la  plus  légère  marque  de. 
crayon , de  mie  de  pain,  de  papier  mouil- 
lé , de  prelTe  , de  recharge  d'encre  , de 
multiplicité  de  traits  dans  la  meme  let- 
tre ; l'impoftore  échape  à Peipert  le  plus 
clairvoyant,  j".  Après  tout  , les  traits 
raboteux  te  dentelés  font  plutôt  des  èfets 
de  l'age , de  la  plume , de  fa  taille  , du 
■ grain  de  papier  , que  de  l’imitation.  Plus 
Üs  feioat  aukipliét  ; soins  doÙKio  ka. 


atribuer  à cette  dernière  caufe.  La  mul- 
tiplicité des  coups  de  plume  ne  prouve 
pas  , qu'une  écriture  foit  contiefutei  k 
moins  qu'il  n'en  réfulte  , que  non  feu- 
lement te  méraecaraftèreaété  Eut  trait 
à trait , mais  que  Ibuvent  le  meme  trait 
a été  fermé  à diverfes  reprifes.  4*.  Entêté 
de  quelque  fuccès  de  fes  fpéculatioos  ; li 
l'expert  ignore  les  fanifes  démarches  , 
où  elles  peuvent  l'engager  : quoiqu'il 
vaille  mieux  laillêr  impuni  le  coupable., 
que  de  lévir  contre  un  innocent  : il  ne 
tiaitera  pas  plus  Eivotabicment  Tinoo- 
ccace  que  le  crime.  Et  c'eft  à quoi  fes 
principes  le  mèneront  : faute  d'avoir  bien 
compris  , jafqu’où  il  pouvoir  les  éten- 
dre , le  d'avoir  connu  les  bornes  , où  il 
devoir  s'arèter. 

L'écrivain  expestj  dis- 1- on  , dit 


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. DE  DIPLOMATIQUE.  471 
XIV.  Juftinien  dans  ( i ) fa  73 . novelle , voulant  (a)  infirmer 


diftinguct  Ici  dcricnret  k la  caille  de  la 
plume , à fa  cooduite  , aux  mouvcmens 
de  la  main.  D'acord:  ces  fécrcts  quoique 
cids- équivoques , peuvent  être  bons  con- 
ue des  fauuàires  mal  habiles.  Mais  que 
les  impolleucs  eu  fâchent  autant , que  les 
experts  , ils  conoiuonc  comme  eux  la 
taille  de  la  plume  employée  dans  quel- 
que ocaCon , pat  celui , dont  ils  pteten- 
dent  imiter  l'écriture.  Une  tenue  déplu- 
me conforme  , la  meme  pofition  de  la 
main  , des  mouvemens  pareils  , feront 
le  fruit  d'une  imitation  étudiée.  En  un 
mot , les  uaits  légers  , pefans  ou  fermes 
feront  rendus  par  des  tours  te  des  ex- 
pie (lions  fembufoles.  Que  icfieta-e-U 
donc  au  maiue  écrivain  I 

( I } En  citant  ailleurs  ce  texte  plus  au 
long  , noos  avons  repoudé  qaelques  ata- 
ques  du  P.  Germon  (c  de  l'abbé  K.agnec , 
& montré  l'incompétence  le  les  écarts  des 
maitres  écrivains  réels  ou  prétendus  , 
qu'ils  mènent  en  jeu , fans  olêt  les  nom- 
mer. Il  cft  qoeftian  de  deux  lignacurcs 
du  roi  Thitrri  61s  de  Clovis  II , de  d'au- 
tant du  référendaite  Wolfelaecus , éloi- 
gnées les  unes  des  ancres  ; les  deux  pre- 
mières de  plus  d'onze  ans  j les  deux  der- 
aières  de  plus  de  Cx,  Si  l'on  compare 
celles  de  Tnierri  ; la  plus  ancienne  anon- 
ce  une  main  plus  gaie  de  plus  dégagée , 
de  par  conféqoenc  plus  jeune  ; la  plus 
léeente  , une  main  plus  ferme  , plus 
exercée  , te  par  conléquenc  plus  vieille. 
Ceft-é-dne  qu'elles  font  telles  , qu'elles 
doivent  être.  L'une  cft  faite  à l'^e  de 
plus  de  10.  ans  , de  l'autre  de  plus  de 
yo.  En  gros  la  rclTemblance  eft  bien  fou- 
tenue  , de  rail  de  l'écriture  fc  taporte  à 
B même  main.  En  détail  la  tournure  des 
caraâètes  les  plus  6neulitis  Ce  trouve 
conforme.  De  part  te  dautre  lentes  fu- 
périeures  h traies  brifés , cncrelaftcmenc 
de  l'r  te  de  l'r  dans  Thtùdericm  , prolon- 
gatioa  eaceflive  de  6x  ou  fept  queues 
inéérieurcay  en£n  pour  ne  pas  io6ftcr  for 
fies  autres  rapotts  , hafaknde  ftngulicre 
de  tenuinet  de  gauche  ai  droite  la  queue 
de  Fr  du  mot  rr* , apres  l'avoir  portée 
pTefqueobhqoemeoc  de  droite  à gauche , 
dt  d'étoulic.  de  Üaac  en-  faiu  la-  enwerfe 


médiane  de  I'/  du  même  mot.  Ce  qui 
produit  relativement  à la  6gure  des  let- 
tres un  éfet,  dont  il  ne  feroit  pas  aifo 
de  fournir  d'aunes  exemples.  Comment 
deux bgnacutei  peuvent- elles  convenir, 
dans  des  rapotts  6 extraordinaires  : pofé 
qu'clies  ne  panent  pas  de  la  même  caufeî 
Mais  à ces  râpons  ftapans  de  relfem- 
. blance  encre  deux  lïgnatutes  éloignées 
de  plus  d'onze  ans  , qu'opofo  le  P.  Get- 
. mon  ! Des  traits  plus  ou  moins  (ê)  mai- 
. grès  , plus  ou  moins  courbes  , plus  ou 
moins  obliques  , plus  ou  moins  déliés , 
auxquels  le  foui  changement  de  plume 
pooroic  donner  l'être.  Comme  6 les  écri- 
vains experts  les  plus  entêtés  de  leur  art 
n’avouoient  pas , qu'on  ne  peut  tien  con- 
clure de  ces  mêmes  dilparités  ! 

C eft  principalement  fut  la  lettre  t que 
le  P.  Germon  prétend  établir  le  coottafte 
des  dilTemblanccs.  Dans  (c)  une  des  6- 
gnatnres  l’r  cft  formé  de  deux  traits.  Le 
premier  regarde  toujours  la  lettre  pré- 
cédente pat  fa  panie  fnpérieure  , & la 
. fuivante  par  l'inlérienre.  Le  focond  achè- 
ve  F»  par  l'addition  d'une  tête  ou  d'un 
bee,  qui  fe  lie  avec  le  caraélère  d'après. 
Dans  l'autre  fonfeription  F#  eft  tracé  d'un 
foui  trait  & fe  lie  autrement  avec  la  let- 
tre foivaote.  Ceci  n'cft  pas  exaftement 
vrai.  La  liaifon  de  l'r  des  deux  côtés  fc 
■ fait  toujours  par  le  haut , & toujours  en' 
-defeendant.  Les  r de  la  fécondé  6gna- 
ture  font  à la  vérité  compofés  de  deux 
traits  i mais  deux  far  cinq  de  la  première 
ou  plut  aïKienne  le  four  anfli.  Quant  i 
la  manière  de  commencer  tes  r par  le 
haut  je  par  le  bas,  eUc  étoic  alms  iodà- 
fétente.  Tantôt  on  les  commençoit  d'une 
façon  dans  une  même  pièce  , te  tastôe 
d'une  autre , 8e  leur  forme  paroHlbic  ea- 
cote  plus  variée.  Thierri  aprir  ÜMs  doute 
dans  fon  enfonce  les  deux  manièiesde 
peindre  Fr.  Un  peu  au-deft'nt  de  vingt 
ans  , il  ne  s'étoit  pas  encote  £xé  plntôt 
à l'une  qu'à  l'aurtc  : dix  ans  apres  il  pou- 
voit  s'être  abfolument  déterminé  peut 
l'une , à l'exclofon  de  l'antre  : quoique 
nous  ne  voudrions  pas  afluter , qu'il  eôx 
porté  jufqu'au  fcmpule  l'atention  à ren- 
I di«  ù ûffisatK  nailbtmc.  L'ajitiqota!  n» . 


n.  PARTIE; 
S I c r.  III. 
Ch  a?.  IX. 

Dififiences  entre 
les  ftgnaturet  de 

(•)  Nm.  triùU 
dt  difltm,  r.  J. 
f.  40.41,4a. 


(l)Dlfeefi.  I. 

f.  ne. 


(r)  IHd.f.  1S4. 

i8j. 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Cmae.  IX. 

U même  peifone , 
Bc  prouvent  pas 
que  l’une  ou  l'au- 
ue , -ou  toutes  les 
deux  Ibieot  fauf- 
Tes  :.£ocêtité  des 
lieoatures  des  toi 
Tnierri  III.  Sc  du 
rélêtendaiie  Wul- 
folaecus. 


ls)UU.f.  1I7. 


(ê)  lM.f.  lit. 


471  NOUVEAU  TRAITÉ 
la  preuve  réfultant  des  vérifications  d’écritures  , oblêrve  que 
non  feulement  l’age  &c  les  maladies  opèrent  des  changemens 
confidérables  dans  les  écritures  ; mais  qu’ils  font  aufli  caufés 
par  la  diverfité  des  plumes  Sc  de  l’encre. 

Certaines  dilfemblances  dans  la  figure  des  lettres , ne  font 
donc  pas  une  raifon  légitime , pour  atribuer  des  écritures  à 
diférentes  mains.  Il  eft  très-peu  de  pcrfoncs , qui  fe  bornent 
à une  feule  manière  de  former  telle  Sc  telle  lettre.  L’écriturç 
des  jeunes  gens  Sc  de  ceux  , qui  n’écrivent  pas  beaucoup. 


conoilToit point  ccs  rafinemens.  II  fuRroit 
qu’une  Rgnature  en  cas  de  litige  pût  être 
avouée  pat  celui , qui  l'avoit  faite. 

Ccs  dilTemblances  , ordinaires  entre 
lerRgaatures  des  mêmes  perfones , quand 
elles  ont  été  écrites  à des  dillanccs  de 
rems  confidérables  ; font  cependant  tout 
ce  qu’on  peut  alégusr  à la  charge  des  deux' 
fbuferiptions  royales.  Mais  c’eftanllicc 
qu’on  peut  dire  de  plus  fort  a leur  dé- 
charge. L’impoflibilité  d’une  teffemblan— 
ce  plus  précife  de  part  & d'autre  en  des 
traits  toutafak  finguliets , eff  démontrée  ; 
fupofé  que  d’une  ’ n'ait  pas  été  contrefaite 
fut  l'autre.  Mais  cette  imiiation  ctimi- 
oelle  n’elê  pas  moins  improbable.  T7n 
fandaire  en  éfec  auroit-il  afieâé  des  dif- 
femblances  de  la  nature  de  celles , que  le 
P.  Germon  & As  experts  ont  télevées  î 
Pour  faite  teflêmbler  des  écritnres , don- 
ne teio  aux  mêmes  lettrex  des  figntes  di- 
féteotex  I Fait-on  de  plufients  pièces  , des 
Icmea  traedet  d’an  lëul  eoup  dé  plume  ? 
JjcoT  ménage-t-on  des  liaifons  diverfes  ! 
Change-t-on  les  pleins  en  déliés  , -dc  les- 
déliéi  en  pleins  } A-t-on  jamais  «u  , de-  - 
potaqa’oB  Térific  les  écritures  , un  exem- 
ple de  pareille  contrefaéiioa  ; quoique 
mes  les  jours  ces  difparités  puiircnt  être  < 
ebrervées  cotre  les  fignatutes  , faites  en 
divers  lems  , par  les  mêmes  perfones  ? 

A l’égard  des  deux  fignatnres  de  'Wol- 
falaecas  s Aur  iotetvale  eft  de  plus  de 
fis  on  neuf  ans  , félon  deux  diférentes 
fiifoas  de  compter  les  années  de  Tbierti 
m.  Cette  diflance  ic  le  chanKment  de 
trois  règnes  auroient  pu  ocauoner  fans 
cenféqneoce  quelque  variarion  entre  les 
^natures  du  même  référendaire.  Mais 
elle  eft  G légère  ici  , qu'on  défiroit  les 
vins  habiles  experts  , antiquaires  te  au-- 


tres  <fp  découvrir  des  difcrcnccs  d’un 
aucre  genre , que  celles , qu'on  a eouiume 
d’apercevoir  entre  les  foufcripcious  de  la 
même  petfone , faites  à des  tems  éloi- 
gnés. Ce  qu’il  y a de  plus  décifif  en  fa- 
veur de  l’uniié  de  la  main  , qui  peignit 
CCS  deux  foufccipcions  ; c’eA  que  des 
traits  te  des  fbttncs  de  lettres  très-parti- 
culières fe  retrauvent  |uflemcnt  lestnè- 
mes-des  deux  côtés.  Cependant  («)  le  P. 
Germon  ofc  avancer,  que  quoique  de  parc 
& d'autre  les  deux  fignatures  fuient  en 
croit  lignes } leur  nombre  eft  lî  difércot , 
& lent  forme  fi  diverfo  ; que  petfone 
ne  peut  dite  , qu’elles  aient  été  écrites 
de  la  même  main,  II  en  apele  (t)  à fes 
prétendus  exfern  rrêr-éaéi/«,  dans  ta  vé- 
rification des  écritures.  Mais  noos  snat- 
crions  bien  en  fait  , que  le  P.  Germon 
te  fes  experts  n’auroient  pas  feulement 
pu  épeler  coures  te  chacune  des  lettres 
des  deux  fignatures  de  Wnifolaecus  , 
quoique  D.  Mabillon  en  ait  mis  la  lec- 
ture en  interligne.  Si  fans  les  prévenir 
fur  le  jufte  foupfon , qu’oa  avoir  de 
lenr  infufilânce  à cet  égard  , on  les 
ent  convoqués , en  préfencc  de  perfones 
capables  , pour  procéder  à une  vérifica- 
tion cootradiéloirc  ; en  combien  de  mé- 
prifes  ne  les  eût-on  pas  vu  tomber  : 
quand  même  00  les  auroic  difpeofès  de 
s’expliquer  fut  les  trois  petites  rangées 
de  notes  de  Tyron  , qui  terminent  les  C- 
gnacurcs  comparées  i Quoique  ce  ne  foie 
pas  ici  de  ccs  pièces  , dont  on  puilTe 
confier-  l’examen  à des  vérificateurs  ordU 
naiics  ; cependant  le  P.  Germon  dévoie 
être  condamné  meme  au  tribunal  des 
maîtres  écrivains  : puifqu’ils  rcconoilTenc^ 
que  les  écritures  de  la  même  peefona 
peuvent  vatici  pat  bien  des  taifons. 


D:-j.  I - t ■ ' 'Otêll 


DE  DIP  tOMATIQUE.  47^ 

eft  encore  plus  fujerc  à varier , liirtout  s’il  s’agic  de  cômp»>  ^SSSSSSSf 
raifons  de  pièces  ou  de  ngnacures  de  tems  éloignés.  Ecrivit-  n.  partie.' 
on  fréquemment  ; peu  à peu  la  main  le  familiarife  avec  qudk 
ques  £gures  de  lettres  , par  préférence  à d’autres  , qu’on  , 

avoir  auparavant  employées.  Il  lèroit  alTez  dificilè , &:  peut-  - , : ..  1 

être  impoflible , ‘de  trouver  une  perfone  âgée , dont  la  fortné  ' 

des  lettres  n’eut  éprouvé  nulle  vicidîtude.  r 

PluIIeurs  dans  un  âge  avancé  s’avifent  de  réformer  leur  . . 

écriture  ; l’imitation  des  bons  exemples  la  rend  meilleure  ; 
l’exercice  , plus  hardie.  D’autres  delâprennent  par  le  peu  d’u- 
q*i’iis  font  de  leur  main  ; lans  parler  des  maladies  &; 
des  incommodités  , capables  de  l’altérer.  Après  avoir  fouf- 
crit  des  aâes  &c  des  contrats  ; on  voit  des  perlbnes  aprendre 
pour  la  leconde  fois  à écrire  , quelquefois  par  un  goût  pour 
récriture  , qu’elles  n’avoient  pas  connu  dans  leur  enlànce  ; 

Quelquefois  même  à mauvais  delTein.  Comment  jugeroic-oa 
e leur  première  écriture  par  la  lëconde  ? C’eft  bien  {i) 
pis  , fi  fans  afeâadon  ou  autrement  elles  changent  de  genre 
ou  d’elpèce  d’écriture. 

^ XV.  L’écriture  véritable  , nous  difent  les  experts  jurés , Canâ^,  rdoa 
n’a  rien  que  de  fimple  & de  naturel.  Ses  traits  font  vifs , e*p«nf , .re- 
fermes & fouvcnt  hardis.  Ceux  de  la  fauflè  paroififent  (i) 


(i)  Une  meme  pei/bae  peut  en  üvoir 
plulïcurt , St.  let  employer  tour  à tou  : 
clic  peu  s'eo  tenir  i U baratte  , apr^ 
avoir  fiutuo  long  o^âse  Se  1a  financière  : 
elle  peut  avoir  {ait  Ses  fignuues , tan- 
tôt à longuet  lettres  tantôt  en  letttes 
ordinaires.  Tes  unes  ponreienr-elles  fer- 
vit  aut  autes  de  pièces  ôe  comparai- 
fon  î Enfin , lâu  Tupolcr  ni  changement 
ni  renouveUement  de  cuaâète  { récri- 
ture .varie  oaturellemeu  avec  Time  , mass 
inégalement.  Dans  les  uns  la  îféeence 
devient  ttes  grande  , dans  les  aetiespeu 
confidérable.  Six  mois  d'aplicatioo  pto- 
dniront  (miveu  une  vuiation  pins  no- 
des  dix  & vingt  années.  Les 
plus  habiles  vétificacents  edimentpreC- 
qne  impoflible  de  bien  ji^et  de  IVcri- 
xute  fur  des  pièces  de  comparaifon  , éloi- 
gnées de  plufieurs  années  de  l’écrirure  , 
qu'on  examine.  Anfli  exigent-ils  comme 
sue  condition  eflênticlle , que  les  piéca 

Tome  II 


de  compaiailbn  Ibicnt  les  plus  proches, 
qn'il  ed  poflible  de  l'aâe  fulbeâé.  Des 
fignatures  éloignées  de  Gx  , de  dix  o« 
douze  ans  , ne  doivent  point  fans  doue 
palTer  pou  voilines. 

Mais  en  acordant  an  vérificueu  les 
modèles  les  j>lns  &vorables  à Ion  opéia- 
tioo  ; qn'ea  peut-on  atendre  ! Un  indice 
St  rien  davantage.  II  dépofe  de  la  ref- 
femblance  on  diverficé  des  éciitntes.  Or 
ce  n'ed  U ni  k vrai  ni  le  faix  : c'en 
ed  tout  au  plus  l'indice.  Mais  ed-ce 
un  indice  iniiubitable  t Non , répond  M. 
le  (a)  Vayer,  Pour  qn'il  le  fût  ; U fau- 
dreic  que  deux  éctinitcs  fcmblabici  dif 
fent  toujous  de  la  même  main  , 8c  qne 
deux  écrirares  dillêmblables  fiillènt  tou- 
jonrs  de  diférentes  mains.  Or  le  contraire 
ative  fonvent.  La  fraude  , la  nature , te 
mille  accideas  divers  en  peuvent  être  la 
caulê. 

(z)  Les  experts  ne  font.ils  pas  les 

Oo  O 


(a)  D*  U pnm. 
par  (ffmfar.  p,  il. 


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474  NOUVEAU  TRAITÉ  ' 

’SSSSSSS^  dcCunts  & peinés.  Oh  les  reconoit  encore  aux  mouvemens 
Il  PARTi^t.  ^ Je  la  main  lents  , pefans,<rainés,  inégaux.  La  contrainte 
JX.  l’imitation  aura  fait  pofer  la  main  fur  le  pa{>ier.  Ainfi  l’on 
Tfritablementdif  “’Y  dccouTrira  pas  la  légérecé  il’un  modèle.  On  y fencira 
ônaift  ? Ai:  ôe  plutâc  on  homme  , qui  hélke  à chaque  lettre. 

Le  fauffaire  a-t-il  été  gêné  a renfermer  fon  écriture 
ceT'rwm'em**dé-  une  certaine  étendue  de  papier  ou  de  parchemin  i On  ob- 
ferve , fl  quelque  portion  de  cette  écriture , & particulière- 
ment vers  la  fin  , n’eft  pas  plus  preifée  , & moins  hardie, 
que  le  tefte.  C’eft-là  , iêlon  les  écrivains  expcra  , un  paifiant 
indice  de  faux.  Les  Je  ne  le  font  guère  moins  valoir  ; fur- 
tout  lorfqu’apiès  les  fignatures  , il  cidte  un  efpace  blanc  con- 
fidérâble  , Sc  que  l'écrivain  s’eft  relïcrré  dans  les  cinq  ou  fix 
4<7nière$  lignes  , qui  les  précèdent-  Mais  (ans  être  gené  par 
l’elpace  ; ne  peut-on  pas  preffer  l’écriture  , foit  pour  ne  pas 
recommencer  une  autre  ligne  , ibk  pour  laifier  plus  de  place 
aux  fignatures  , qm  n’auront  peurette  pas  été  aniTi  nomixeu» 
fes  , quk>ft  l’avok  compté  d’aterd  ^Ne  le  peut-on  pas  dons 
\m  blanc-figné  , faute  d’efpace  î Ne  peut-on  pas  ferrer  le» 
' ' lignes  8c  le  caraéfète  dons  les  mlL.  <â)  8c  les  regîsres  , qui 


I-*. 

t ■* 


•f  (. 


|lif  Intm  i^MNKfnlcT  Icnnstfacapibtn 
de  fraude  , & ndànmoint  natntellemcoc 
{xfantes  , ou  (jul  paroiflent  héütcr  à cha- 
aat  trait  ? SïJon  en*  ,'lt>ih  de  traeerpln- 
néilh  Tertte*  tuât  de  'Inife  , c]BH^e»- 
rltjs  formeiir  dhacime  d'elles  de  dmts 
«fôtips  de  plûme.  Les  mis  conimeneeBr 
Idsdrcmcnt , Si  finilTem  eir  trafniÉir  : les 
autres  , apfis  ayOlr  eottutteircdd'uoctoa- 
niSie  béGtiine.,  ctwtlitaent  «reejdgdrwd. 
IVauctcs  fetdUhfnt  n #rtire , <](ie  pirfiws 
& pat  bonds.  Ap*  ces  atevx  : quel  cas 
Bent-dn  faiw  »t3i««rtmem  de  h pe- 
jaiitcnr  ou  de  Ia‘hard1cifc  de  Mctünrc , 
pour  àdeiaet  ÿ'îi  vdtitd  î 
( l'^'ÜIt'fctilûùe  ptdparé  jm  Bien  »Ws 
^aîs  ncî^ùra  t:!!  p'asagit  <Tone  tnaaidte 
aifte  ftes  eipcffs  en  eonsiemtortr.  Ils 
fe  battent  toutefois  de  fe  tirer  de  cet 
eoibaras  : parccqtfe  la  niain  dn  âtilTSHre 
fera  mcUleiite  ou  pife  qne  ftm  ttWdcle.  Il 
éft  à la  vétlti  dincITe  an  mauvais  ddri- 
Vain  tTfinîtct  avec  ailânce  noe'etcclleti- 
t£  dciirurcw  Mws  le  fuilTairc  peut  asoir 
fa  inain  èaedee 'ptilldlUe  « que  foDMo- 


'<Hle  t'O^  l'«n  DafsB  de  peine  • eoiB- 
prendre  , qu'on  pnilTc  rendre  Ion  carac- 
tdre  plus  mauvais  , qu'il  n'a  coutume 
fdtiv.  RdlVndtt . que  Fdcn'mre  du  feuf- 
.fairerrerattsnjéOOsui-deiros  <Jo  bien  an- 
deUbui  de  fim  inodclc  j c'eft  «rouer  , 

3 ne-quand  il  ptaim  an  tiMirre  écrivain 
e diciaiVr  «ne  pièce  lùpoflSe  : il'inan- 
qtwra  turcmem  d'«o  trouver  des  prétex- 
tes dans  ies  degrés  de  plus  ou  moins  de 
bonté  entre  les  éettrates  eetmpitées.  Le 
métrte  homme  n’écrit-l  I pas  tantôt  mieux, 
tantôt  plus  mal  t l'auteur  d'un  modèle 
bien  écAt  pent  donc  l'ètre  encore  d'ouc 
piété , qui  m ftra  plus  mal. les  expert» 
dtOiAgués  par  leur  cap«ciié  font  plu» 
(ttqobles , lorfqu'ils  teednoiffent  , qn'il 
cft  -des  imltantu»  , eü«re  kfqnelfe»  to»< 
tes1estè»lesde  lenrartvicntrentéthcWeri 
•(x)  Un  mf.  étant  diftribué  entre  plu- 
lieurs  ; éhacon  étolt  chargé  «Tonc  cer- 
taine pwrion  d'éctitutc  , d'on  eayer  , 
d'un  féiiillct  & dé  moins  encore.  Dant 
la  crainte  de  laifler  dn  vuidc  d’nnc  pagd 
ïrautrejwtétaodoit  davautqgc  les  nuit* 


Diyliized  b.'  Googli 


DE  DIPLOMATIQUE.: 

«ufoieiA  ^ré  av^f  que  d’éuÈ  reliés  ; parëe^’oft 
trouvoit  a la  fin  d’un  cayer  , ou  d’une  feuille  ? Sonc-««  là 
des  indices  de  fcu»  ? . . ' - 

L’air  de  l’écriture  eO;  le  dernier  nétranchâmeas  ^maicrc 
ëcrivaÎD  : mais  il  &uc  fouveac  L’eti;  cioibe'/ar  là.  parole.  L’ak 
d’une  écriture  vraie  cft , à l’entendre , fimple  Se.  aaëf , Se  l’ak 
d’uae  écriture  faulîb  eft  forcé.  Gr)  Se  li’a  tlea-  deaecurek  Mais 
outre  qu’un  adroit' faulTaire  peut  ateindte  à/ cet  ak  naïf, à 
cette  manière  hardie  >&  que  l’écrkure  d’u»  homme  de  bien 
pouroit  être  dépourvue  de  ces  qualités , par  lé  peu  d’uéàge, 
qu’il  a d’éctite  , eu  bien  à saiion  de  quelq^  maladie.  : fi 
cet  air  prétendu  naturel  ou  foirçé  n’êlà  aperçu  que  pat  l’e«r 
pert  ; n’aura-t-on  pas  un  jufte  llijet  de  lui  reprocher  , qu’il 
veut  en  impofer  par  de  grands  mots  2 L’ak  oe  l’écrkuce  ne 
doit-il  pas  être  auffi  (ènfible  pour  tout  le  monde  , que  bi 
diférence  des  vilàges  ? N’eft-ce  pas  même  la  companuibn , 
donc  les  experts  s’aucorilènc  , pour  faire  valokcet  argumenté 
Ds  ne  doivent  donc  pas  nous  reprélènter  (i)  cet  ak  comme 


II.  PA,a,Tij. 

S»CT.  IH. 

CwA*.  tx. 


en  amkiplimt  lem  diSance*  , on  grof- 
fiflôit  récriture.  Ea  lefteit-il  trop , pour 
coatùuKt  , comoN  on  ae^t  commen- 
cé : OO'I»  prdlôic , Sc  çjoelqoefeis  aptét 
tamii  trop  piedée , on  repieooic  U ibi- 
me  ds  ceiaâere  , (juVm  weic  abandonée. 
Ce  (bot  des  obfetTatiaae , dont  ieaeaeœ- 
ples  lecRneemmelcipliétprer<)aeirta- 
fini.  AuIG  lÿonhs  (a)  eompis-eêl  pour 
la  XI*.  caolc  da  (aatea  , dcêx  .{«clqnae 
md'.  (barmtUenr,  Knéptie-des  mnrabn , 
ipi  poat  remplie  cx^emanc  lécendoe 
de  parebemin  , qn'ah  leur  aeoic  donné  , 
fàiloieiK  for  1»  fia  det  tenm  <fi»e  gian- 
denr  gigantefqus , les  proimigeoicai  ez- 
noiauiairenent  , fépaioietu  les  fylla- 
bci  Sc  les  dipbtoogace  , rempUflbiem 
c]acl<]uefi>is  rerpiec  , q«  leai  telhiMT  de 
lettres  répétées  , maU  eoides  de  reoa. 
Ceft  fiuKNit  d'aptdi  (i)  Btencfcman  , 
«pi'il  parle  aiofi.  Qoelquci  - ont  la^Rrient 
ces  efpaeescn  blano  , & finfeieot  mieux. 
Ce  ne  lue  pes  feukraent  dans  le*  mC 
mais  encore  dans  let-diplonwi  «s  même 
dans  les  bulles , qu’on  en  oTa  di>la  rorte. 
On  Y voir  des  lettres  exeellhrement  éten- 
dues, Ce  liwt  principateoMne  laaM  le 


les  N.  Les  preaaiéees  lëmblabica  è deux 
Cadofles  le  les  Iccoades  à deux  I.  Les 
uns  Sc  les  ancres  t'anillëot  par  une  ion- 
eoc  ctaeerlê  horizontale  , qui  quclquo- 
mis  ne  tient  audi  qolb  nn  C.  Ces  ea- 
cenfioas  écoienc  ruieouc  eatpiopéas  sur 
Amm  des  baUes , pour  ctMnpiétor  1s  li- 
gne. Nons  obTerrans  la  . mime  proton- 


gacion  de  VU  Sc  ie  qnelqats  nntref  les-  . ^ 

ries  dans  des  diplômes  de  nos  rois  au  /""•  **(!•/•  J°J- 
IX*.  fiécle.  Si  le  trop  ifelpace  a 
étendre  ccTtaines  lettres  , le  trop  peu  les 
a &it  qaelqnefeis  diminuer  , Se  lêner 
les  lignée.  On  en  voit  des  exemples  méise 
dan  des  diurnes  royaux’ , St  trè»-»> 
cienz,  le  trs-autfaenciqncs, 

(i)  Mais  il  eft  beaucoup  de  mainti 
(kint  l'écriioie  la  plus  naturelle  le  la  plus 
mie  eft  rajeceb  procéder  partmicsia- 
térompus , pefans , feroéslea  bien  d’au- 
tres défeuis  , qu'il  plait  aux  xérifica-  (é)  Hÿ.  J^andrft. 
imns  Tulgiiies  de  regerder  comme  des  tft. 
fignes  de  (bpofition. 

(t)  Que  cet  ah  oe  rek  pet  im^inaé- 
re  , il  fera  la  même  impteflion  fur  toin. 

La  dieerlîté  des  airs  de  l’écricnre  doit 
également  lâilir  les  pcifonei  aeentivea} 

Ooo  ij 


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ÏL"  PARTIE. 
SlCT.  III. 
Chap.  IX. 


47^  NOUVEAU  TRAITÉ' 

un  fecret  de  leur  arc  , dont  nul  autre  qu’eux  ne  puifle  étrft 


juge.  ' 

S’il  ne  faut  pas , dira-t-on  , s’en  tenir  au  raport  des  maî- 
tres écrivains , fur  l’air  de  l’écriture , malgré  leur  grande  ex- 
périence ; on  ne  doit  pas  juger  plus  favorablement  de  celle 
des  antiquaires. 

Supofé  que  ces  derniers  s’èn  prévalulTent  , pour  déclarer 
de  diférentes  mains  des  écritures  , dont  la  reliemblance  pa> 
roitroit  manifefte  ;qui  doute,  qu’ils  ne  dulTent  pas  être  plus 
écoutés  ? Mais  leur  expérience  n’eft  pas  (i)  aléguée  en  preu- 
ve de  paradoxes  , qui  femblenc  combatre  , ou  qui  combat- 
tent éfeélivement  des  fcits , dont  tout  homme  peut  juger;, 
. 


nrct  IShout  qae  r«x|Wft  raari  'carac- 
tetific  per  des  obfervatipop  pfoprps  à hi- 
zc  mietiz  remit  la  dtlïrenee.  Soa  art 
raatotire  à fixer  l'aiention  Tôt  des  points, 
anrpaets  on  n’auxoit  peuifite  pas  peaK. 
Mais  U o’eft  pas  inutile  <fdtte  en  garde 
contre  Tes  remarques.  Des  chicanes  , de 
putes  minuties  , eipofdesavec  emphafe, 
des  caraâèret  communs  à la  vraie  & 
fisulTc  écriiure  : donnés  pour  di(Uoâi6 
de  la  àafft  , poutoicDC  fiùte  Ulofion  à 
des  juges  , qui  compteroient  ttofi  fur 
la  certitude  d'un  an,  le  plus rourenr. li- 
vré aux.coojeâuresi 
£A-il  fiiciic  i concevoir , que  de  1a 
même  encre  ,.de  la  même  gndTeui  , 
■aille  , tenue  , Conduite  de  plume  , des 
mêmes  mouvemens  de  la  inaia  il  en 
puifle  rêfulter  difétence  de  rtaia  , de 
contours  , d'air  d'êctirate  ? Or  le  fiuif- 
iâire  peut  en  lavoir  aflez  , pour  être  au 
fait  de  toutes  ces  choies , & pour  lêuf- 
£r  i les  imiter.  Quelle  alTuraoce  a-t-oo 
donc , que  l'uniformité  de  traits  carac- 
lêtife  une  pièce  véritable: , Sc  que  les 
indices  contraitts  aooncent  toujours  un 
aâc  faux- 1 N'a-(-on  pa»  cent  eacmplcs 
de  petlonas  , qui  varient  fur  tous  ces  ar- 
sictes  } On  aura  beau  inCAet  fut  tim- 
pplfibilité , que  deux  êctituics  d»  divet- 
lës  mains  aient  lé  même  air  : dès  qu'on 
noos  avouta  , qu'il  <A  impollîhle  d'alfi- 
soer  en  quoi  conlïAe  cette  difêrencc  d'air 
oc  deux  écritures , d'ailleurs  femblahles; 
^auta  tout  à craindre  de.  la  partialité , 


du  caprire  & dé  l'ignorance  même . , 
( car  il  fiurt  trancher  le  mot.  ) 

Qu'un  bon  vérificateur  démêle  mieux 
qu'un  notre  ce  que  tout  le  monde  eA  ca- 
: pable  de  voir , comne  lui  : sn-nc  te  coo- 
' tcAeta^ias.  Mais  du  moins  doit  U , dans 
une  chofe  fi  lïmple , & dont  les  fens  font 
juges  , indiquer  les  difpaiités  de  deux 
écritures , qui  ne  permettent  pas  de  les 
atribuor  k U même  nain.  Et  comme  ; 
après  un  examen  fiSciaux , on  pouroit  £û- 
re  remarquer  des  dilfemblances.  entto 
deux  feuilles , qui  n'en  Aroieot  pas  moins 
du  même  arbre  : ou  pouroit  en  aflignet 
aylli  cnire<deaz  lïgnaturcs , fans  quelles 
cefialTent  d'etre  de  la  .même  perlone.  Il 
n'cA  donc  ptcfque  jamais  ^ d'anibuer 
à diférenies  mains  deséexitutet  (cmbla- 
blesj  avec  quelque  loin  qu'on  les  ait  ctu* 
diées  -èc  comparées  avec  les- régies  des 
.vérificateurs  ordinaires. . 

(i)  L'expdciencc  de  l'antiquaire  eA 
&ndéc  fut . une  infinité  de  recherches  , 
d’obfervatioai  > qu'il  eA  véritablement 
impolEble  de  faire  comprendre  fur  le 
champ  à des  petlÔDCS  , qui  u'auioni  pas 
fait  à peu  prèsie  même  cheminque  loi. 
C’cA  ou  téfiiican  de  tontes  <cs  coooiA 
fances qu'il  cite  le  parti  qu'il  prend 
fur  la  vétiid  ou  la  fauueté  , fur  l'anti- 
quité pIttS'OU  moins  grande  des  anciens 
monumens.  D'ailleurs  les  antiquaires  font 
ordinairement  bien  d'autres  hommes  , 
que  des  maitres  écrivains , lâns  avoir  Ict 
mêmes  intérêts  à fc  £ùte  valoir. 


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DE  DIPLOKlATÏQ'UÊ;  477 
iurtouc  quand  on  a foin  de  lui  faire  envifager  certaines  cho- 
ies , fur  lefquelles  il  pouroit  être  diftrait. 

Eft-il  croyable  , c’eft  une  dernière  inftance  en  faveur  des 
écrivains  jurés  , eft-il  croyable  . qu’on  puifte  juger  des  ou- 
vrages de  l’art  , & meme  des  produâions  d’efprit , par  cer- 
tains caraftères- , qui  font  conohre  leurs 'auteurs  , éc  qu’on 
ne  puifte  juger  de  la  diférence  ou  de  l’identité  des-  mains , 
qui  ont  tracé  certains  morceaux  d’écriture  ? 

Mais  autre  chofe  eft  de  favoir  difce'rner  les  ouvrages  de 
quelques  fameux  peintres  ou  fculpteurs  de  la  foule  de  ceux , 
qui  ont  exercé  le  même  art  : autre  cW>fe  de  diftinguer  l’é- 
criture d’un  inconnu.  Un  homme  bien  familiarifé  avec  N- 


II.  PAR.T1E. 
Si  CT.  III. 
Chat.  IX, 


criture  d’un  autre  n’en  jugera  pas  moins  furement  , qu’un 
habile  conoiftèur  des  chefs  d’euvre  d’un  Raphaël  , d’un 
Titien  , d’un  Pouftin  , d’un  le  Brun.  S’enfuit -il  qu’il  aura 
lès  mêmes  lumières  fur  les  ouvrages  de  peintres  inconnus? 

Au  refte  la  diftculté  d’avoir  la  meme  manière  d’opérer  en 
peinture  ic  fculpture  eft  bien  çlus  grande  qu’en  écrirure. 

Ainll  les  conféquences  d’un  art  a l’autre  ne  lont  pas  juftes 
à tous  égards. 

XVI.  L’encre  (i)*avec  toutes  fes  teintes  &c  fes  couleurs  Diffience&cohi. 
ne  fournit  pas  d’aufti  grandes  reflburces  aux  fauflâires  , ni  aencre  : 

par  conféquenr  aux  vérificateurs  , que  la  forme  & la  di-  ^ragc”aM 
verCté  des  écritures.  Car  les  fecrets  des  uns  pour  faire  le  pia«es  , pour  ou 
mal  & les  moyens  des  autres , pour  le  découvrir  font  toujours 
crï  proportion,  czc  ptowc  <^u'uoc 

Ji^er  les  aftes  de  fraîche  (2.)  date , à mefiire  que  l’encre 


( I ) Nous  ne  parlons  point  de  ces  en-  le  mdme  mf.  n'en  rtnlennent  pas  de 
etes,  qui  palifTcnc , dk-on  , inCqu'à  dif-  plus  d’une  Ibne.  Les  ircvanciens  mlT. 
paroilre , ni  de  celles , qui  (e  montrent  nons  o&ent  & des  notes  te  des  cOrrec- 

tout  d'un  coup  . après  être  demeord  ca-  lions  âiites  dltncre  difêtcnte  de  celle  du 

ehêcs,  ni  de  ces  encres  Tympathiques,  qui  reirc.  La  Taritrd  des  encres  , employées 
ttaverrem  des  rames  de  papier  , fins'  hif-  anc  Ibmmaires',  n’cll  pas  moins  facile 
Ter  dcITus  des  marcjlies  de  lettr  pénétra-  à fàilir.  Il  h'eft  pas  rare  non  plus  d'ob- 

tiois.  Ces  fecrers  influent  peu  (ur  Idfill-  ferrer  c^yorfi'^ ‘^  ooore  & de  mains,  fans- 

üficatinndes  écritures  judiciaires, K ccur  fbrtir  de  la  même  page.  Mais  ces  véri- 
dont  la  téaliré  n'cll  pas  douteufe  ne  Ce-  tés  d’expérience  ne  cadrent  pas  arec  le» 
soient  pas  aufli  diflciles  à décourrir,  qu'on  rues  du  P.  Germon.  ^ 

pouroit  fe  le  figurer.-  Pour  («)  tabaiflcr  au  ix°.  ou  mêmeà  {*)  h*~‘ 

(1)  Il  ne  s’en.'’uit  pas'qne  l’encre  des  quelque  fiécle  poHéheur  le  célèbre  ttrf.  trt.p.  4pO. 
drvers  ficelés  ne  puilte  jamais  être  dif-  de  $.  Hilaire,  que  la  bibliothèque  du 
tinguée  : encore  moins  , qu'on  n'àit  nul  Vatican  compte  au  nombre  de  fes  plu» 

ioBoyen  ; pour  s'alTuxer  } fi  la  meme  pièce,  riches  itélbis  , il  s'éfbscc  de  tendre  - 


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II.  PARTIE. 
« ICT.  «I. 
Ch  a r.  IX. 

pièce  n'eft  point 
4c  difôtttu  lems. 


(«)  ItiJ,  f.  44I. 
4JJ. 

(h}WJ.p.4St. 
(e)  IM.f.  4;i. 


414. 


(c)  Vindù.vtUT. 
nd.  Mofrm.f.  10  J. 

(/}  Aatifiéit.lit- 
ttr.  ftftaar.  l.  1. 
fréfM. 


478  NOUVEAU  TRAITÉ 

en  eft  plus  noire , plus  vive  & plus  luftréei:  méprife  infigne, 
écueil  , contre  lequel  vont  donner  les  experts  maladroits  , 
&:  que  les  plus  habiles  favent  éviter.  Ce  n’eft  pas  que  les 
derniers  ne  fâchent,, qu’il  eft  des  écritures  d’un,  à deux  mille 
ans  aufli  ( i ) noires  Sc  aufli  luifances  , que  fi  elles  venoienc 
d'être  fibrmées  ^ mais  ils  font  au  fait  des  fecrets  , qu’on  a 

Sour  rendre  l’encre  jaune  pâle  , & plus  ou  moins  chargée  : 
’où  ils  concluent , que  ces  couleurs  ne.  font  pas  des  lignes 
furs  d’un  âge  reculé. 

La  couleur  &c  la  teinte  de  l’encre  des  chartes  &c  des  mfT. 
anciens  ne  varient  pas  moins , que  fa  corapofition.  Qu’on 
imite  tant  qu’on  voudra  les  couleurs  des  encres  antiques  j 
il  n’eft  pas  poffible  d’eimrimer  les  degrés  , par  lefquels  elles 
le  ccrnifTenc  &c  (a)  s’éfacenc.  On  n’a  point  encore  vu  de 


folpeâc  (a)  la  date  de  la  1 4*;  année  da 
roi  Tiafamond  : c'eft-à  dire  l'an  f 10*.  de 
J.  C.  U inlifte  fut  la  dUéteoce  d'écri- 
ture (S)  coue  1a  noce  8e  le  texte  81  liir 
la  dirparicé  de  caraâère  encre  (r)  le  com- 
mencement 8c  la  6n  de  la  même  note  : 
comme  là  ces  indices  pouvoienc  fonder 
quelque  iocompaiibilicé  avec  l'age  don- 
né au  mf.  Ici  l'uniformité  8e  même  l'i- 
dcncicé  de  fencre  (d)  ernturalTc  le  erici- 
ne.  Mais , félon  Ibi  , les  mif.  8c  les 
iplemes  de  divers  fiécles  oc  mooetcue 
pas  à cet  égard  une  difércnce  . donc  on 
pnilTe  s'apercevoir.  AolS  n'eft-il  pax  mer- 
veilleux , à l'entendre , qu'on  ne  remat- 
que  aucune  diftioélion  d’encre  dans  cette 
iwce  malgré  la  diverficé  des  tems , aux- 
quels on  a dû  l'écrite. 

Pure  illufion  ! Q.uand.  on  ne  poutoic 
jamais  fixer  l'age  des  éericnres  par  lent 
encre  ; on  reconoitioic  coujouca  fans 
peine  de  la  divcrficé  encre  des  écritures 
d'encres  diférentes.  O.  Coutlanr  («);  bon 
ji^e  en  fitic  de  critiqua  8e  de  mfi'.  opofe 
rcxpérience  à la  chicane.  On  teeoaoic , 
dit-il , après  pluficurs  fiècles  , Sans  les 
anciennes  écritucet,  la  difércncs  8c  des 
mains  8c  de  fencre  :û  combien  plunfone 
taifon  cette  diférence  fe  tenda-t-elle 
fenCble  dans  une  petite  note  i Ainfi  locf- 
e l'encre  ne  varie  pas  ; il  eft  abfurde 
juger  une  écriture  de  divers  teins, 
il  réfuke  même  de  cet  cxcmpln  : qn'oo 


ne  doit  pu  conclute  h la  diveifité  des 
maim  de  la  diVetiicé  do  caraâère , daiu 
une  écritue  crès.coucec.  Nosis  eonoif- 
foDS  plufieurs,  mlT.  oà  en  moitu  de  qua- 
tre û cinq  lignes  le  caraâère quoique 
de  la  même  main , wie  trois  ou  quatre 
fois.  Il  en  eft  aufli  où  l'enere-elKaDge  fant 
que  la  main  fait  difif  tentes  Au.  conuaire 
pluCenrs  autres , 8E  ftmout  le  bean  8c 
ctès-ancien  aC  de  bk  Cké  de  Dieu  dn 
S.  Germaindes  Prés,  noos  fait  voit  graiid 
nombre  de  noces  du  même  ^cnre  8c  de  la 
meme  eipcee  d’écriture  , on  la  diverfité 
de  l'enciE  , eneoK  plus  que  la  diver- 
filé  de  la  main , font  conoitee  , qu'ctles 
n'apartiennenc  pas  dans  leur  totalité  I 
la-mfme  periboe.  Sans  admertn  la  pro- 
ponion  de  noiiceur  , relative  aux  fiècless 
fouveut  la  ceinte  des  cucies  ne  permet 
pu  de  regaidei , comme  de  1a  même  en- 
cca.,  ce  qui  apairiem  à des  tcmsrliférent. 

(i)  Scion  Vanflej  , fencre  dont  (/) 
les  anglofaxos  fe  fcivoienr , 8t  donc  il 
regrette  la- perte  , étoic  cxcelleme  , 8c 
fembloir  faire  pour  durer  une  éscroiré. 
Mais  quand  il  ajoute , que  les  étrangers 
n'avoicac  rien  alors  en  ce  genre  , qni 
lui  fût  tompatabie  : on  ne  doute  pas  , 
que  chaque  nation , du  moins  les  Fran- 
çois 81  loe  Italiens  n’en  puifleoe  produire 
d'aufll  belle  dn  même  cems,  St  même 
d'nn.  millier  d'années  plus  aocienoes. 

(0  Sontent  fencre  n plaa  ou  moins 


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D E D î P L O M ATI  E,  ^ 

Êaiiîâire  poufier  jafqoe  là  rimpoftute.  Les  accotions , il  «ft 
vrai , par  leiqueUes  on  démâle  arec  afiiirance  cet  air  anci- 
^e  des  anciennes  encres  cCavoc  les  loodemes , artificieulè^ 
Aient  composes , font  trèMlélicac^  » Sc  ne  conviendroient 
pas  à des  antiquaares  novke&  Geae  coneilTance  peut  être 
ou  auùns  d’uiâge  , pour  dUcemer  le  vrai  ancien  do  faux 
nouveau , qui  l’auroic  concréfait.  Elle  pouroit  de  meme  con- 
courir , avec^vers  autres  meyeas  , pour  fixer  Fs^  desmlT. 
& des  diplômes. 


CHAPITRE  X. 

Ecrirures  ütrnes  : leurs  nations  générales  âr  earac- 
térijUques  : leurs  diJlinSLoas  & divijions  : Uur 
nomenclature  , leur  defiription  , leur  origine  ^ 
leur  antiquité  i leur  ujage  & leurs  révolutions. 

CE  n’eft  point,  à des  hommes  fyllématiques  , qu’il  faut 
acribuer  Finvention  des  diférentes  écritures  , que  nous 
aenoontrons  fur  les  bronzes  St  les  marbres , dans  les  mlT.  SZ 
les  d^lomes.  La  majufcule  une  fi>is  reçue  , l’ofiige  St  le 
cems  ont  fait  le  refis  , St  ils  l’ont  fait -à  cous  ^rds.  Ses  di- 
verfes  efpèces  ne  font  pas  moins  leur  ouvrage  ; que  lapro- 
dufÜon  des  nairndcules , curfives  ^ St  mixtes  de  toutes  les  > 

ycida  UE'loB'^clMoa  mteie  de  tk  aeit- 1 
ceur  à .uUbn  de  foa  aadqtfW.^ -Mail 
rcnctc  'des  vu.  Sc  viii'*.  lîècict  , & 
adime  d«  M , «U  moins  olicz'ics 
■ias  , confetve  ^Oanceap  miciB  ftvak' 
ccur  primitive  , ejue  ceUt  des  foivans  . 
fans  sneicepter-les  XV.  te  xvi.  od  elle 
«ft  afièz  frd<]iKaUDent  fort  maoviUc.  ( 
l'eacse  rCÂle  eft  tare  avenc  les  tiols  Ou 
<]uattc  derniers  fceles.  La- très-noire  ,> 
la  iaagenie&  Il  jaunâtre  neie  (ôncTas, 
fbiaout  cirez  lis  Gt«s.‘Oa  en  vmeùum 
auflî  chez  les  Latins  de  verdâtres  antè- 
ticurcs  au  tx*.  lîècic.  La  ooiteeut  on  la 
lantcur  de  ces  ècricntts  ne  k'elt  pas 
toujonts  déchargée  , à railon  de  leur 

mt^oité,  PMccs  ncanmoln  Mutxau- 


I ieoap  perdu  ue  lent  cooisur  ; d'arlcrestc 
I -font  iiaeéde  en  roat<on  en  .paStic.  Qici- 
<]uefois  rencre  s’efldvaporée  après  avoir 
iartfiS  dès  (Mess  aflêz-profijttdes  . pour  fc  ' 
laiffei  lire 'avec  npidqiic  peine.  AaiieAc 
Ja  conlenr  'ded'cncTe  ne  doit  pas  ocu-  ' 
per  heaneonp  refpric  de  ceux  > <]ui  pré- 
tectdeiK  ÿoget  du  mérite  ou  de  ta 
licé  de»  cliattes  1 d y-a  mille  •mreraceit> 
lions  à (àite  , fur  la  tratute  & tafabri<]te 
dupareheiran  , tiu  papier  foie  dt^ypre, 
ébit  iTéoorce'  , fou  . de  ooroa  , tort  de 
chife  , fur  le  bon  ou  mauvais  état  des 
pièces , qu’on  examine  , fur  les  combi- 
nailbns  de  diverfes  fortes  d’encres  avec 
CCS  diférentes  matières , k funoit  aveu 
. les  écritures. 


II.  TMITIE. 
Sic  T.  III. 


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II.  PARTIE. 

S I C T.  1 1 1. 
C H A F.  X. 


(a)  Germm  J» 


Ptrtige  iki  (»- 
■▼ans  for  i’nnité  Sc 
la  moltiplicirf  de 
l’dcriture  romaine: 
celle  des  mlT.  & 
des  diplômes  ctai- 
cde  de  barbare  ao 
a»',  fiècle  : diri- 
ISon  des  dcrirares 
avant  D.  Mabil- 
ioo;fon  fyildme 
combara  par  M. 
Mafiiéi  : les  ddno- 
aninatioBS  des  é- 
criturcs  nationales 

(i)  tt~ 

sUf.f.  J7. 

(r)  Tr«â>  X,  csf. 
A- 


480  NOUVEAU  TRAITÉ 

façons.  Notre  plan  nous  conduit  naturellement  à réduire  en 
méthode  & meme  en  fyftcme  des  écritures  , qui  femblent 
ne  s’etre  formées  que  par  hazard  , ou  plutôt  par  des  déclins 
infenfibles , par  des  goûts  nationaux  , par  caprice.  Leur  nom- 
bre & leurs  variétés  doivent  être  , àc  font  en  éfet  très-mul- 
tipliés  ; puifqu’il  yen  a eu  dans^(a.)  tous  les  ûccles  de  plulieurs 
fortes  fort  diférentes.  * 

Quoique  la  divilion  moderne  des  écritures  en  majulcules, 
minufcules  , curfives  & mixtes  , puifle  renfermer  la  totalité 
de  celles  des  Latins  ; il  eft  prclque  impoflible  de  la  fuivre  , 
dans  un  fyftème  de  planches , où  l’on  ne  doit  pas  avoir  moins 
d’égard  à la  nature  de  la  matière  , tju’à  la  forme  de  l’écri- 
ture. Avant  d’en  eflayer  dans  la  pratique,  il  faudroit  qu’une 
méthode  analytique  lui  eût  préparé  les  voies.  La  ipécuJation 
n’y  rencontre  pas  les  memes  dincultés  : rien  n’empêche  donc 
de  la  mettre  des  à préfent  en  euvre.  Commençons  parles  no- 
tions & les  dillinaions  les  plus  générales  des  écritures  latines. 


Article  I. 

Divifions  & notions  générales  des  écritures  : leur  defeen- 
dance  : matières  plus  fpécialement  deftinées  à la 
t^ajufcule  , la  minufcule  Ô"  la  curjive. 

I.  Lusieurs  grands  hommes , dit  le  m^uis  {b)  Maffêi , 
J/  ont  prétendu  que  les  Romains  n’avoient  d’autres  for- 
tes d’écriture , que  ces  majeftueux  caraâères , qu’on  volt  fui 
les  marbres  , les  médailles  & les  mfT.  les  plus  fomptueux. 

A les  entendre  ^ II  les  anciens  auteurs  latins  parlent  de 
grandes  & petites  lettres  ; ce  font  toujours  les  caradères 
majufcules  qu’ils  deUgnent.  Quoique  Allatius  panche  pour 
cette  opinion  ; il  ne  lailTe  pas  de  reconoitre  que  divers  fa- 
vans  font  d’un  avis  contraire.  Célàr  Dominique  romain  , 
dans  fon  Traité  de  l’orthographe  , foutient  (c)  que  les  Ro- 
mains avoient  deux  fortes  d’écrituces  , l’une  propre  aux 

(i)  On  peat  voir  Lipfe  , <b/rmwsrtAr.  I Attmtü  Mnirntiv.  in  nmif,  ttrnfcmmm 
tint.  Int.  e.  S.  Scrada  , frclnf,  nend.  Xfrnpn.t.  Si-  Mdtbode  latine  de 

Plnm.  X.  Muet,  in  tfijl.  40.  Stnten.  | Port-Royal , pat  Sun  La»cclot.  p.  7} 

minutes 


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DE  DIPLOMATIQUE.  4«i 

minutes  ou  aux  aifaices , qui  demandoient  à être  expédiées 
promptement , l’autre  refervée  pour  les  infcriptions  te  les 
ouvrages  d'éclat.  £ft-il  en  éfet  croyable  que  les  anciens  au- 
teurs latins , dans  la  chaleur  de  la  compofition , eulTent  été 
réduits  à ne  pouvoir  rendre  leurs  penfées  , qu’avec  les  lon- 
gueurs te  les  rétardemens  , qu’on  ne  pouvoir  éviter  , en 
ulànt  de  récriture  capitale  ? Les  mlT.en  lettres  onciales  ou  ma- 
jufculeSjdont  l’antiquité  aproche  des  premiers  hèclesdu  Chrif- 
cianifme , te  qui  enricbiflênt  les  cabinets  des  curieux  te  les 
plus  célèbres  bibliothèques  , ne  prouvent  pas  l’unité  d’écri- 
ture chez  les  Romains.  Des  livres  écrits  avec  pl^s  d’élé- 
gance , gardés  avec  plus  de  foin  , enrichis  d’ornemens  qui 
en  rélèvent  le  prix , ont  dû  naturellement  le  conlèrver  plus 
longtems,(^ue  mlT.  ondes  pièces, dont  on  ^ifoicbeaucoup 

moins  d’eftune. 

Au  xv*=.  (iède , lorfqu’on  eut  (a)  fait  la  découverte  de  l’art 
de  l’inaprimerie  , on  rechercha  d'anciens  mlT.  de  tous  côtés. 
Quelques  fàvans  étant  tombés  üir  des  caraûères  obicurs , 
embrouillés  te  dificUes  à lire  , oblêtvèrent  , que  cette  ma- 
nière d’écrire  étoit  fort  diférente  de  la  beauté  & de  la  po- 
litelTe  de  l’écriture  des  marbres  te  des  bronzes  romains  te 
de  plufieurs  anciens  livres.  On  regarda  ces  caraâères  comme 
barbares  , te  le  nom  de  lombards  leur  fut  donné.  Politien 
le  ferc  plufieurs  fois  de  ce  terme , en  parlant  de  m(T.  Le  Blond 
meme  remarque  comme  une  choie  fort  fingulière  , que  les 
Lombards  eulTent  inventé  une  forte  d’écriture  , pour  rem- 
placer la  romaine  , dont  il  fupolè  qu’ils  ne  vouloient  pas 
faire  ufage.  La  même  opinion  perlévera  durant  le  xvi*.  liè- 
cle  ; fi  ce  n’eft  qu’outre  le  nom  d’écriture  lombarde  , on 
employa  en  diverfes  rencontres  celui  de  gothi(jue  ou  italo- 
gothique  , quand  on  voulut  défigner  cette  écriture  préten- 
due ^arbarc.  Au  dernier  [b)  liècle  , on  diAingua  en  France 
un  Etoifième  caraâète  , qui  fiit  nommé  Taxon  ou  anglo- 
faxon .•^Eç^^paruc  D.  Mabillon , qui  donna  unnouveau  jour 
à la  iniatici^^^^cricuDes  dans  Ton  grand  ouvrage  de  la  Di- 
plomatique.^ 

Çe  favant  liomme  prétend , i“.  qu’autre  eft  l’ancienne 
écriture  romaine , autre  font  les  écritures  nationales.  a°.  Après 
avoir  divifé  les  genres  d’écriture  en  romaine  , gothique , 
Tome  U,  Ppp 


{ 


II.  PARTIE.-. 
SiCT.m. 

Ch  A P.  X. 

Aà T IC  1 1.  I. 

doiveot-efles  dtrd 
baoic$dalAiigaget 


(4)  TfrmA  i/Agffr; 
t»rt.  l.ttl.  f%fi  \ 


(t)  nu.fti  ft*. 


h*S- 


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II.PARTIE. 
sicT.  m. 

C H A P,  X. 
Article.  1. 

(«)  IbiJ.  f. 

(b)  Vcfnei-def- 
fiti.p.  ijo. 

(f)  De  Tt  diflem. 
t 4«. 

(J)  Ibid.f.  47. 


(/)  nu. 


in.nu.f.  4*. 


(f)  Tllleeium  hifi. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
faxone  & lombardique  , il  trouve  U divlfion  incomplète-, 
parceqifelle  ne  renferme  pas  toutes  les  écritures  qui  paroif- 
fent  dans  les  m(T.  &c  les  autres  anciens  monumens.  Il  y ajou- 
te donc  (a)  la  francogallique  , qu’il,  apcle  aulG  merovin- 
giemie.  3°.  De-là  il  palTe  aux  écritures  plus  recentes  , dont 
les  caraûcres  ont  été  repréfentés  (^)  par  Jean-Baptifte  Pa- 
latino.  4°,  Vers  le  milieu  du  vr  1 1'.  (iccle  la  mérovingienne 
fe  raprocha  infenGblement  du  petit  caraâcre  romain  ^ d’où 
fe  forma  une  nouvelle  forte  d’écriture , que  D.  Mabillon  (c) 
apcle  Caroline , du  nom  de  Charlemagne , le  premier  reftau- 
rateur  des  lettres,  y®.  Il  divife  {d}  l’ancienne  écriture  ro- 
maine en  onciale  ou  antique,  cubitale , grande  , carée , ma- 
ju feule , majufcule  de  la  fécondé  efpcce  pour  écrire  les  li- 
vres , & en  minufcule.  Il  apcle  celle-ci  minute  , minutilfime 
& ronde  , &:  il  fupofe  qu’elle  avoir  la  meme  forme  qiie  l’on- 
ciale , &c  qu’elle  (i)  rTen  diféroit  que  par  fa  petitelfe.  Mais 
cela  ne  l’empcche  pas  de  reconoitre  une  vraie  (e)  minufcule 
curfive  , qu’il  nomme  praticienne.  Il  borne  chez  les  Romains 
la  durée  de  fa  double  écriture  majufcule  & minufcule  au 
V®.  nècle.  11  fait  fcire  bande  à part  à celle  qui  leur  fuccede , 

3uoiqu’clIe  n’en  foit  qu’une  liiitc.  11  termine  (/)  enfin  fi» 
iftribution  des  anciennes  écritures  romaines  par  l’écriture 
en  la)  notes  , inventées  ou  perfediionées  par  Tyron  ,afranchi 


(i]  P|jt<]u‘9iT  fonde  les  difortneet  ilc 
Vécritiue  fui  le  plus  ou  le  moiiude  gran- 
deur J rien  n'cmpkbera  d‘cn  multiplier 
lea  efpdccs.  D.  Mabillon  ne  paroic  pas 
avoir  fait  iti  alfcx- d'«tniion  à In  na- 
ture de  l'dcrkure  minufcule  , fur  larjuellc 
les  fiivaos  drorent  alors  fort  parragdi. 

U)  Ao  moyen  de  ces  cataâéres  , les 
difeoutt  prononeds  avec  la  plus  grande 
npldlid.  dcoient  aurrefois  ccanfciiu  avec 
un«  vitelTe  dgile.  L'ufage  de  ceu»  cf- 
pcee  ddcriiure  abrégée  s'eft  perdu  de- 
puis bien  des  ficelés.  On.  a trea-peu  de 
chartes  en  note<  , fortout  en  comparai-' 
foR  dn  eclléi  ()iU  font  en  écriture  cou- 
rante te  minufcule.  Mais  fous  la  i*.  & 
X*.  race  de  nos  ijois  , & fous  les  pre- 
miers empereurs  d’Allemagne  ; ^uHi]ues 
mots  en  écriture  ryronicnne  , figurent 
Auvent,  dans  les-  fignauitcs  dç  leurs 


’-chancelicis,  ou  plutôt  dé  ceux  , <)ni  fu-- 
pléoicnc  pour  eux.  Malgré  les  noces  cy-  - 
roniennes  , qui  ont  été  erpliquées  pas 
Pierre  diacre  Sc  moine  du  Momcaflin , . 
par  Groicc , O.  Mabillon  Sc  D.  Carpen- 
cicr } malgré  les  fecours  i qu’on  peut  ei- 
'’rer  d’tin  pfcautler  de  l'abbaie  de  S.  Ger- 
main des  Prés  te  de  pluficurs  autres  écrits  - 
en  CCS  caiaétéics  : deebifoet  tous  les  an- 
ciens monument  , où  cette  écriture  fo- 
trouve  coufienée  ; cft  encore  regardé' 
cooune  une  elpéce  de  merveille.  La  cho- 
, fc  fccoirmêiQc-impalSblc  i s'il  étotc  vrai, 
que  lés  anciens  écrivains  en  noces  ne  ' 
puilôni  lire-f^y  eelles-ifun  autre.  M de  ■' 
Tilicmont  n’cd  pas  perfuadé  de  cefiiiti 
vanté  pat  les  Donatdles.  Lorfquc  l'em- 
pire romain  fubfifloic  encore  , ta  plu- 
part des  aâes  publics  écoient  éciits  eiv'' 
xes  caiaélèccs , .avant  que  d’écre  > 


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DE  DIPLOM  ATIQU:E.  4I, 

5e  Cicéron.  Voila  en  peu  5e  mots  l’idée  que  le  faTanc  Bér  

nédiflin  fe  forme  des  écritures  latines.  < • ”seT.*iV* 

Son  fyftème  , dit  M.  Maffëi , fut  (a)  embraflTé  de  toutes  ç«  * W Xi' 
parts  : les  dénominations  des  écritures  furent  fixées  , & les  A x.*  1 c;i.  a.  .f. 
livres  depuis  ce  tems  ne  fiant  que  les  répéter  fans  cclTe.  Mais  ^ ytrcnaUiufir. 
comme  en  fait  de  littératune  , la  liberté  eft  entière  ; le  doâe  ‘ 

Italien  ne  fait  pas  dificulté  d’acufer  D.  Mabillon  , en  lefi)  ; ) 

comblant  néanmoins  d’éloges , d’avoir  tout  embrouillé  par  ••  *• 

la  multiplicité  des  genres  & des  efpèces  , qui  réfalcent  de 
fon  fyftème.  11  le  déclare  faux  dans  toutes  fes  parties  , &c 
s’élève  furtout  contre  la  divifion  des  écritures  en  nationales. 

S’il  &ut  l’en  croire,  jamais  il  n’y  eut  de  caraéfères  gothiques , 
lombards,  Taxons  , francogalliques.  Non  ci  fu  mai  carat-  ••  - i 

tert  gotico  , non  longolmrdo  , non  fajfonico  , non  franco^ 
gallico.  Ces  quatre  genres , qui  tirent  leurs  noms  d’autant 
de  nations  étrangères  , ne  Ibnt  réellement  qu’une  lêule  i8£ 
même  écriture  romaine.  Les  modèles  reprélèntés  dans  l'ou- 
vrage de  la  Diplomatique,  ( c’eft  toujours  M.Mafféi  qui  parle,) 

Tufifent  pour  en  faire  la  preuve.  Quiconque  faura  bien  lire 

ces  Tongues  pièces  en  papier  d'Ëgypte  , lelquelles  apartien- 

nent  tontes  au  Inêrae  genre  d’écriture  romaine  , lira  aifé- 

ment  les  chartes  données  pour  italogothiques  , lombardes , 

faxones  , mérovingiennes.  Partout  le  mcrae  fond  de  carac-  '■  ' 

tères  : leurs  difêrences  ne  font  qu’accidentelles  « comme  du 


ncC  On  t lien  de  croijç  , qa'on  dshvoit 
aulTi  de  la  Ibne  la  minute  des  diplômes. 
Ce  Ibnt  aparammeot  des  minutes  ou  plu- 
tôt dea  iormutes  Sc  protocoles  de  no- 
taires , qu’on  trouve  dans  quelques  mC 
des  plus  célèbres  bibliothèques.  Si  par- 
mi les  pièces  qu’ils  tenfèrment , il  l’eu  i 
rencontroit  de  réprouvées  par  les  cti(i- 
ques  des  derniers  tems  ^ ce  feioit  une  ; 
preuve  complète  de  la  témérité.  leurs 
déciiwns.  Oitoicm-ils  que  des  impof- 
teurs  anroiem  apris  à écrire  en  notes 
depuis  la  peite  de  cet  an  , & qu’ils  au- 
Toient  pris  la  peine , pour  mieux  cachet 
leur  )en , de  copier  de  la  forte  des  -mlT. 
entiers , au  haurd  de  n'écee  dé- 
chiftét  par  qui  que  ce  (ùt.  Il  vandroit 
autant  dire  , que  le  même  motif  auroii 
engagé  ica  fobticateua  des  SS.  Pèici , h 


Mm  feeger  aoll!  Horace , Tite-I.ivefe 
Juvénal  , & tant  d’autres  anteuts  claW 
ques.  I 

(<}  Ce  o'eft  pas  fans  regret , dit  (é) 
»M.  MafTéi , que  nous  nous  éloignons 
» n fon  d’un  pcrlboage , dont  noos  ho- 
» notons  8c  chérilTons  1a  mémoire  , à 
U cattfe  de  fon  tara  lavoir  8c  de  la  fain- 
rt  raté  de  fes  meeuts.  Nous  ne  lui  alfi- 
M gnons  pat  pour  cela  une  place  moine 
» dilboguée  panai  les  grandi  hommes 
»du  dernier  âge.  Mais  qu’il  ait  fuivi 
n l'opinion  commune  fut  les  cataâètcs 
» latins  i il  n’ea  téfulte  aucun  préjudica 
•>  à la  gloire  , Ibodée  fut  tant  d’ciccl- 
» lens  covraget.  Cela  oc  rabat  même 
n tien  du  prix  de  fa  Diplomatique,  C (*• 
n’vantc  8c  & utile  pat  une  d’antres  c«r 

n dioics.  « J ■ . 

Ppp  ij 


V ' ) 


-A 


s 


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II.  PARTIE, 

St  CT,  III. 

Chai*.  X. 
Articlk  r. 


(a)  Ofk/ecl.  tccl. 
(il.  61. 


fe)  OfcKcl.  tell, 
f- *)• 


U)  JW./.  4<- 


(f)  M/.  dt  Bmr- 
Xkti.  I.  1./.  4I.. 

(f)  Joartnd  dn- 
fkv»nt,U»ii7ix, 
f..xft.&/kn. 


4«4  NOUVEAU  TRAITÉ. 

«and  au  petit , du  plein  au  délié  ; ou  elles  confiftent  lèu» 
lement  dans  la  variété  d’un  (i^  petit  nombre  de  lettres  ou 
de  traits.tels  qu’on  les  remarque  toujours  dans  les  écritures 
de  diférentes  mainsu 

Telle  & bien  plus  grande  encore,  dit  M.MafFéi,  eft  la  divers 
lité  des  écritures  des  notaires  d’aujourdui,que  ne  l’eft  celle  des 
chartes  antiques.  Quelle  dificulté  ne  rencontrera  pas  (a)  dans 
l’étude  des  anciens  caraderes , celui  quis’avifera  de  diftinguer 
avec  D.  Mabillon,  l’écriture  du  bateau,  de  la  chancellerie,  l’é- 
cléliaftique  , la  diplomatique  , l’italienne  , lltalogothique, 
l’hifpanique  , la  mérovingienne , la  Caroline , l’ancienne  Sc 
nouvelle  lombarde  , le  gothique  majufcule  (1)  &c.  Enfin  le 
dode  marqui$,dans  fa  notice(é)  desmiT.du  chapitre  deVerone, 
dit  à l’abbé  Bacchini  , qu’il  n’aura  peutêtre  jamais  penfé, 
combien  chimérique  eft  l’imagination  commune  , qui  fu- 
polb  cinq  genres  d’anciennes  lettres  , romaines  -,  gothiques , 
lombardiques  , faxones  , francogalliquCs.  Ce  font-là  , félon 
lui  , (c)  des  termes  erronés^éi  des  dénominations  faulTes , 
dont  les  livres  font  pleins  , qu’oa  doit  éviter  après  les  co. 
noilTances  que  nous  a doné  ce  marquis  fur  l’origine  de's  let- 
tres. On  ne  peut  plus  ignorer  combien  font  éloignées  du 
vrai  les  afifertions  qu’on  a débitées , & les  faits  qu’on  a ima- 
ginés {d}  dans  la  Diplomatique  fur  l’écriture  des  peuples , qui 
ont  démembré  l’empire  d’occident. 

Nous  fommes  bien  convaincus  avec  M.  Mafféi  , & Don 
(jjNalTarre  fonzélé  partifan  , que  les  Goths  d’Italie  , les 


(i)M.  fembic  atenner  un  peu 

«n>p  la  AiftKDCc  «•  antitnnes  écri- 
tures. Elle  cil  alTcx  grande  dans  la  vé- 
rité ponr  fonder  des  genres  & des  ef* 
pécet  d'écrinre  ; mais  trop  petite,  pour 
oa'oa  puilTe  niéconolcre  runitguc  fourcc 
Jod  eues  tirent  leur  origines  On  rronve 
dcaéérimres  minurcirie»;  oà  régnent  un 
tM  deux  earaéiéres  de  l'onciale.  A la  vé- 
rité cela  ncoous  patoit  pasTufiram  pour 
en  coaftituer  des  dalTcs  d'écriture  ; mari 
(êulcmcnt  des  «nres  &'  des  efpéces  ; 
puilôu'au  coup  d'ceil  ptes.  , nous  avons 
des  «Heures  iBmbarditjnes  , méroviir. 
gictineslk  faxonM,  qui  ne  remblencpas 
dtftinguées  lta<  UOCsi  des  autres  , par  un 
plus  grand  nombre  de  cauéléra.  iâi  mar- 

V <1^  ^ 


miis  italien  prouve  bien  qu'on  peur  ré- 
duire toutes  les  écritures  I Eonité  tfo- 
rieine  i mais  tons  Tes  taifonemens  ne 
démirent  pas-leur  diversité.  De  ce  câté-> 
lü  te  fylléme  de  D.  Mabillon  ne  peut 
étte  ataqué  avec  fuccés. 

(t)  Le  doéle  marquis , qui  prend  fa- 
larme  fur  la'-dilUnétion  de  tant  d’écrit 
tores  , ignoroit  - il  qn'oh  (r)  en  diP* 
tingne  juiqui  onze  fortes  chez  les  Pet-* 
fans , Se  que  (/)  les  Turcs  otr  Arabes  ■ 
xi'en  onr  pas  moins  que  fept  ) 

(I)  Ce  grand  bibHotkécaiieS’ du  roi 
d'EIpagne  dans  le  prologue  de  la’Poty- 
g;raphie  dé  D.  Cbrifooval’Rodriguez.fol'.  . 
XX tr.  Sc  1x1  ii.cmbraiTe  roue  lefyftcme 
dcM.'Mafiéi,  &>adeptc  Tes  raifoncmcosu'. 


/ 


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DE  DIPLOMATIQUE.  48^ 

^f'ifigots , les  Lombards , les  Francs , les  Anglofaxons  , ont  S 

apris  des  Latins  à écrire  le  latin  , & que  leurs  écritures  font  partie. 
par  conféquent  émanées  delà  romaine.  Mais  s’enfuit-il  que  chap  x^* 
dans- la  divifion  des  écritures  , on  doive  banir  jufqu’aux  Aaneii'i. 
noms  de  ces  peuples  î Pourquoi  n'apeleroit-on  pas  franco- 
gallique  , lombardique  , laxone  , des  écritures  , qui  certai- 
nement forent  à l’ufage  des  Francs  établis  dans  les  Gaules  , 
des  Lombards  Sc  des  Saxons  ? £ft-il  aujourdui  défondu  de 
diftinguer  les  écritures  françeifes  , italiennes  , angloifos  , 
alemandes  , efpagnolesr^Pourquoi  donc  la  même  dillinéUon 
foroit-elle  interdite  à l’égard  des  écritures  des  mêmes  na-  ^ 
rions , depuis  le  v'.  fiècle  jufqu’au  xii*  ? Pourquoi  même 
ne  croiroit-on  pas  que  ces  écritures-  forent  plus  particuliè^ 
ment-afoâées  aux  peuples  , dont  elles  portent  les  noms 
quoique  nous  ne  prétendions  pas  nier  qu’elles  n’aiont  eu  ■'  ’-'r) 

quelque  cpars  chez  d’autres  ? Où  trouve-t-on  autant  d’écri- 
tures faxones  qu’en  Angleterre  , de  tnérovingieones  qu’en 
France,  dejombardiques  qu’en  Italie , de  \i'ilîgothiques>qu’en 
Efpagne  ? Si  l’on  en  rencontre  dans  d’autres  pais,  c’eft  qu’on 
y aitranfporté  des  mlT,  d’une  région  à l’autre  : c’eft'^que  .des 
Anglo-faxons  vinrent  en  Allemagne , des  François,  en- A317 
gleterre , des  'Wilîgots  dans  la  partie  méridionale  de  la  Fran-  ^ , 

ce  &c.  <i 

Ces  nations , répliqué  M.  Maü'éi,  n’inventèrent  jamaistces  . ,,  ^ ■ ; 

écritures,  ni  ne  firent  aucime  démarclw  pour  les  fàirç. recevoir 
dans  les  contrées  , dom;eUes  s’emparèrent  les  armes  à la  .main.  ^ 

D’acord.  Mais  ne  f^7cepas\au  inilfou  d’eUesrqu’eUç^piÛFFPC  .Vi 
cette  forme  caraâérilÛque,  qui  les  diltingae-entr’elles,  encore  ' 

plus  que  ne  le  font  nos  écriture  nationales  d’aprélênt 3 Mais 
ù manière  d’écrire  les  miéme^  lenres  ne  (a)  ditcr^7t»e|le.  pas  Aiu/.snim- 
chez  les  diverfes  natiqiu  ? £t  trous,  m’aurons  pas -4  ji^erfo  dé  (V) 

les  fpécifier. fous  les  homs'djS  ^rovingiqnnes , .de;  ' .vu 

thiques  ,.de  carolines  &c  ! Si  ces  dénoifonaâoos  .n’éco4^^  paf 
reçues } il  4udroit  les  introduW  ou  en  inventer  de  qqpr 
velles.  Oa  ne  peut  en  trouver  de  plus  convenables  quq 
dcs^ peuples  fort  ufage  de  ces‘ éçtitûiés,  .j-j 

me  a tous  les  gen^  de  let- 
«tjid'e  dç  dliUngqèrks  éçiitutcs  - 


]uaiMs . ^ 


Digiüfüd  by  GoOgU 


II.  PARTIE. 
S.ECT.  III. 
Cil  AT.  X. 

Articiï  I. 


(*)  CaI.  JiJ. 


(h)  De  re  difUm, 

f-  348- 

(c)  Difeepl.  I. 
PS*- 

Divilion  des  é- 
critarcscn  majof- 
jcule , minuTcule , 
curfivc  & mixte , 
propoféc  par  M, 
Wiüü.  Eft  - elle 
recevable  Sc  fans 
inconvénient  ? 

(d)  Vtre».iUi^r, 
i}4. 


nouveau  traité 

gothiques , lombardiques , faxones  , francogalliqnes  : on  ne 
les  en  fera  nas  revenir.  Il  eft  beaucoup  plus  aifé  de  réformer 
de  faulTes  idées  , quand  on  préfente  la  lumière,  que  de  chan- 
ger le  langage , ejuand  meme  -il  ne  feroit  pas  fondé  fur  des 
notions  fort  exaéles.  Que  feroit-ce  donc , lorfque  des  idées 
très-nettes  répondent  parfaitement  aux  dénominations  des 
choies  ? Car  enfin  ‘ fans  prétendre  que  les  écritures  natio- 
nales aient  été  aportées  par  les  peujdes  barbares  , dont  elles 
powent  les  noms  ; on  ne  peut  nier  qu’elles  n’aient  été  pro-^ 
près, oü  du  moins  plus  parriculières  que  les  autres  aces  nations. 

Au  furplus  le  marquis  italien  ne  rend  pas  jufticc  à D. 
Mabillon , lorfqu’il  met  fur  fou  compte  d’avoir  tout  confon- 
du , en  baptifant  du  même  nom  diférentes , écritures  & en 
donnant  au  même  ^enre  tantôt  une  dénomination  , tantôt 
une  autre.  M.  Maftéi , dans  fa  Verone  (a)  illujlrée  , réduit 
toutes  Tes  preuves  à un  mf.  de  Gennade,  que  D.  Mabillon 
avoir  d’abord  eftimé  lombardique  & depuis  mérovingien. 
Mais  la  candeur  avec  laquelle  un  auteur  fait  part  de  fes  dou- 
tes au  public  , montre  feitlement  la  marche  de  fes  cohoif- 
fahees J C’eft  le  parti  mêmeque  D.  Mabillon  apris,lorfqu’il  {b) 
déclate-quel  a été  enfin  fon  vrai  fentiment.  Le  favant  marquis 
n’auroit  pas  dû  pour  fon  honneur  emprunter  une  pareille 
chicane  (c)  du  P.  Germon. 

II.  A la  divifion  des  écrinires  établie  par  D.  Mabillon  , 
M.  Mafféi  prétend  {J)  en  fubftituer  une  autre  plus  fimple  &: 
moins  embaraffée.  Il  les  partage  feulement  en  majulaile  , 
minufcule , curfive  & mixte  ou  mélangée.  Toutes  les  ancien- 
nes écritures , dit-il  , font  compril'es  dans  cette  divifion.  En 
s’y  atachant , on  évitera  beaucoup  de  méprifes , où  il  eft  très- 
facile  de  tomber,  il  ne  fe  trouvera  plus  perfone , qui  juge  une 
écriture  contraire  à elle -même  , & qui  révoque  en  doute 
l’antiquité  ("i)  de  ces  mlT.  ou  diplômes  , où  il  apercevm  dans 
les  mêmes  paroles  des  'lettres  femblables  à celles  de  l’imprix- 
merie  , mêlées  avec  d’autres  obfcurcs  & efflbaraftees.  Il  n’en 
fera  plus  étoné  , fâchant  que  tout  caraéfère  eft  romain , & que 
dans  la  curfive  toutes  les  lettres  ne  font  pas  étrangères  , flc 
diférentes  des  majufcidés  &:  minufculcs , mais  quelques-unes 

'f 

( 1 ) M.  le  raatqçis  Mafféi  a : ici  qn  vue  I ^u’d  CIK  CD  WUje.  . , . ’ 
le  P.  Gennon  «b  wrer.- fcam.  41» , I 


DE  diplomatique;  

fciüenient  à;  caufe  de  leurs  liaifons , pendant  que  les  autres  — - ■ 

demeurent  nettes  &c  élégantes.  Perione  ne  croira  plus  go- 
chiques  ou  lombardes  les  lettres  <|u’il  verra  mal  formées  daiis  c v,.  x! 
les  mlT,  les  diplômes  , ou  groflicreraent  gravées  fur  le  mat-  a * r i c s i r. 
bre.  On  trouve  , ajoute  M.  le  marquis , dans  beaucoup  d’aç- 
tes  publics  , des  fignatures  faites  au  meme  jour  &:  au  meme 
lieu  , donc  les  unes  font  en  lettres  majufcules  , les  autres  eu 
minufcules , les  unes  en  curfives , les  autres  en  mixtes , fé- 
lon la  div«fité  des  mains.  On  obferve  (a)  encoi'e  dans  plu-  (,)  «- 

fleurs  mlT.  la  majufcule  altérée  & dégénérante  , avec  un  mê-  ‘‘‘f-  P-  S7- 
lange  de  minufcule  , de  leares  & « traits  curfift.  En  faut- 
il  davantage  , pour  donner  la  préférence  à la  divifion  dc^ 
écritures  en  majufcule , minufcule  , curfivc  &c  mixte  , en  !, 

faveur  de  laquelle  none  auteur  fe  d&lare  avec  tant  de  zèle  ? - <. 

Nous  l’adoptons  volontiers  entant  que  générale  ; mais  fous 
un  autre  point  de  vue  , elle  nous  paroit  infufifante.  En  éfet, 

C l’on  s’y  bomoit , on  ne  donneroit  qu’une  conoiflance  bien  > '•  * 

fuperficielle  (ij  des  écritures.  Elle  ne  les  caraélérilê  point  - , ' 

par  des  dénominations  aplicables  à chacune  , ou  du  moins 
au  plus  grand  nombre  de  leurs  lettres.  M.  Malîéi  n’a  que  le 
feul  nom  de  majufcule , pour  nous  faire  fentir  la  diférence 
des  capitales  , onciales , rondes , carées  , aigues  , inclinées , 
triangulaires  ; en  un  mot , routes  fortes  d’écritures  majulcu- 
les  , donc  on  a fait  ufage  pendant  près  de  trois  mille  ans.  Lè 
terme  majufcule  eft-'i!  donc  fl  lumineux  , qu’il  fufife  pour  dé- 
brouiller le  cahos  de  tant  d’écritures  /'pour  en  fixer  l'age  , 
pour  en  découvrir  la  patrie  î 

On  pouroit  porter  le  même  jugement  ije  léstrok  antres 
écritures  minufcule,  curflve  & mixte , quoique  Capables^ i 
l’cn  croire , de  faire  face  à tout . fle  de  rep^nore  la  plus  vi,ve‘ 

! ■ * 7 I ^711'  ■ 'Jli.l  J 

nom  (faigu^  Aitinrf. 

» trois  genres  dq  tmiferme  ^tomcM.' 

U cous  les  çai;atlcres  lies  Grercs,  au-  , 

.»  jourilqi  les  Çiloyets  du  tevanr  diflin-; 

»:gaeu(<e*cUtt  les  dËriiàîêsdd  Kim  m'ffi  t) 

U eu  foode  Si  àigoet«  No'as  varrogi  bsaa*  î , 

'rot  , c|uc  Di  Bcrnanj  de  MpnclàuqOD  p’A*, 
pas  eu  «rt  de' banfr  <fc  Pi  l’aldbgraphie  " 
une  diTilïoà  des  dcflmrtsgidqiMsC  peur  ' 
compldu.  ' 


(i  ) Nous  poovoas  dire  la  meme  ebolc 
de  la  divifion  des  dcricuiet  grdqucs  in- 
Tvntde  par  le  doflc  marquis.  » Dans  U) 
» Je  grec,  dk-il  on  dirifetoîrfbrt  bleri 
» i'dcricere  en  isajufcule , coactejdi  abtd. 
•>  gce.  La  ronde  rdpcjud  à la  minufcule , 
U de  laquelle  l'on  S.ptts  le'  caraAere  em- 
» ployddàiis  riibptimeeic/ Vabregdc  ell 
» la  cutlivc  , qu'on  peur  apelei  aind  à 
» caufe  d "S  Mquemes  abréviations , donc 
»elle  nie:  Nous  avOnS  déia  die . nne  le 


ICTXrtie. 

■ siti.  m. 

CH  XK  X. 
ASTICLi  I, 


4iS  NOUVEAU^  TRAITÉ 

lumière  fur  coiioiflance  des  Ciuaèjtcftis^aatiques.  <^uôiî 
<^uacre  noms  rcmplirouÈ  la  nomenclacarje  des  ccrioires  la- 
tines en  ufage  chez  tant  de  nations  , durant  trente  ficelés  i 
Autant  vaudroit-il  dire  : à ^uoi  bon  cet  adgfail  de  claiTes  , de 
ferions  genres  & d’efpcces,  <bns  la  Botanique  &ç.  Les 
plantes  j^onc  fiififamment  contres  6c  difëreatiées , £ l’on  les 
^yiie  ên  arbres , lierbes  Sc  champignons,  Ainfi  la  ronce  6c 
le  cë4re,  le  thim  6c  le  mélon  ,, la  morille  ôc  l’agaric  ne  fe- 
^ot'plus  diftingués.  Il  feroit  inutile  demultiplieiles  noms, 

. poiii  en  faire  une  aplication  précife  à chaque  genre , à chaque 
individu.  V oila  fans  dpute  vm  grand  lècret  pour  réduire  à rien 
toutes  les  fdcwes.  _ ,i  ,;;uc  , , 

Divifiondtttoi-  ,^III.  Cju’il  nous  foit  permis  de  propofer  une  autre  divi- 
& m<tarn'*ne'**«n  des  écritures  , fujete  , à moins  d’inconvéniens 

Cchtare  dn  fniT  4“?  lés  autres , 6c  en  meme  tems  plus  commode  6c  plus  aC- 
&CD  celle  des  di-  lortie  3u  plan  de  notre  ouvrage.  Nous  diftribuons  toutes  les 
JUiciennes  écritures  en  lapidaires  6c  métalliques  , en  écri- 
dirilions  dans  le*  tures  dcs  mlL  6c  en  écruuresdes  chartes.  Voici  lesraifons 
idention  de  cet  qui  nioqs  déterminent  à fuivre  cette  nouvelle  divifion  j fans 
'*^***''  prétendre  donner  l’exclufion  aux  autres.  , • 

Comme  il  y a des  écritures  majufcules , minufcules , cur- 
fives  & mixtes  fur  les  marbres  6c  les  bronzes,  dans  les  mlE, 
6c  les  diplômes  j fi  nous  nous  atachions  uniquement  à la  di- 
vifion Eivorite  dpjM.  Maffci  ; il  faudroit  continuellemenc 
confimdte  les  «narbres  6c  les  médailles  avec  les  mif.  6c  les 
chiiitss  f te  palTer  fans  celTe  des  uns  aux  autres  ; .quoiqu’il 
y ait  une  Ibrte  d’écriture  propre , ou  du  moins  ordinaire  , aux 
marbres , aux  pierres,  aux  bronzes  , une  autre  aux  mlT,  6c 
une  autre  aux  diplômés.  Aux  premiers  apartient  la  capitale,^ 
régulièrement  : à un  nombre  confidérable  d’anciens  nm.  l’on-; 
ciale , aux  autres  la  minufcule  , aux  chartes  la  curfive.  En 
certains  ficelés  , il  eft  vrai  , la  minulcule  ne  convient  pas 
moins  que  la  majufcole  aux  inferiptions  lapidakes.  La  mixte  ' 
de  toutes  les  façons  a cours  refpeétivenaent , félon  les  fiècles , , 
dans  les  monumens  lapidaires  6c  métalliques , aulli  bien  que  ’ 
dans  les  mff.  La  minufcule  ne  règne  pas  moins  que  la  eut- 
Eve  en  certains  tems  dan«  les  aâes  publics.  On  y voit  même 
quelquefois  paroitre  des  lettres  capitales  6c  onciales  avec  la 
AÛouJfcule  6c  la  cudive.  On  parle  ici  de  l’écriture  qui  forme  . 


DE  DIPLOMATIQUE:  4^9 

le  corps  de  la  pièce  , & non  pas  du  commencement  de  plii- 
fieurs  formules , & furtouc  de  quelques  flgnacures , beaucoup 
plus  fujeces  à des  variations  : puifque  le  meme  afte  renfer» 
mera  des  lîgnacures  majufcules , minufcules , curfives&  mé- 
langées. Il  eft  même  des  chattes  & des  diplômes  , dont  la 
totalité  fe  trouve  en  écriture  majulcule.  Puis  donc  qu’il  y 
a des  inconvéniens  partout  j il  nous  (èmble , <^ue  la  méthode 
la  plus  (impie  eft  de  divi(èr  nos  anciennes  écritures  en  celles 
1°.  de  bronzes  Sc  de  marbres , de  mlT;  de  diplômes. 
Ces  trois  divifions  générales  formeront  autant  de  clalTes  : 
chaque  clalTe  aura  divillons  ôc  fubdiviCons , où  mus  les 
«nres  Sc  les  elpèces  d'écriture  latine  , qui  ont  eu  coim 
œpuis  trois  mille  ans  , feront  repréfentés.  Mais  avant  toutes 
chofes  , écartons  les  équivoques  , auxquelles  les  éciituies 
font  expofées. 

IV.  L’écriture  majulcule  eft  celle  dont  toutes  les  lettres 
font  capitales , plus  ou  moins  grandes.  La  minufcule  tépond 
au  petit  romain  de  nos  imprimeries  : la  curilve  n’eft  autre 
que  récriture  liée  , coulée  , expéditive  : la  mixte  eft  un  corn- 
pofé  de  caraâères  empruntés  de  diférentes  écritures , foit 
onciales , foit  minulcules  8c  meme  curCves. 

Les  premières  lignes  des  anciens  diplômes  , Sc  notam- 
ment de  ceux  de  la  féconde  race  de  nos  rois  , l’indication 
de  la  figaature , faite  au  nom  du  prince  ou  de  fa  propre  main, 
Sc  la  loufcription  du  chancelier  , font  cenlëes  être  en  ca- 
raûère  majulcule.  Tel  eft  au  moins  le  lattage  de  la  plu- 
part des  (a)  auteurs.  M.  MalTéi  plus  intérelie  par  fyftcme  à 
ne  pas  donner  dans  une  équivoque , qui  fait  prendre  la  cur- 
lîve  alongée  pour  la  majulcule  , n’a  pas  fçu  s’en  garantir. 
Cette  confuüon  de  noms  réjaillit  néanmoins  liir  les  idées, 
Sc  porte  ateinte  à la  jtiftefté  de  la  divilion  des  écritures  en 
majufcule  , minufcule  , curlîve  Sc  mixte  , pour  laquelle  le 
favant  marquis  lé  déclare , à l’exclulion  de  toute  autre. 

L’écriture  alongée  des  diplômes  eft  lâns  doute  majulcule,' 
û l’on  n’envifi^e  que  là  grandeur  ou  là  hauteur  : mais  elle 
eft  bien  réellement  curüve  , li  l’on  s’arête , comme  on  le 
doit , ù fa  figure,  à fim  contour. 

tombe  dans  un  lémblable  mécompte  par  raport  à la 
yraie  majufcule.  Un  excès  de  petitelTe  lui  atire  (é)  la 
Tome  U,  |Q  ^ 9 


IL  PARTIE. 
SicT.  IlL 
CHAfi  X. 
Aetic.la  L 


Qoelld  (bac  «a 
g^o^tal  Ici  ^crira- 
ttt  majurcales  , 
minurculci , cui£^ 
Tcs  & mixtes  i 
Lcuix  Traies  te 
(àudêt  nocioas. 


(a)  Dt  ndifUm. 
f.  f I .Cbrut.  Cul- 
vvét^.  fO.ft.&e. 


Digitizer'  vjOOgk 


.'NOUVEAU  TRAITÉ 
dénothination  (i)  de  minufcule  : comme  fi  la  noibenclatutfc 
ir.  PARTIE.  <lu  caraftcre  dépendoit  plutôt  de  fon  plus  ou  moins  de  gran- 
Ch  A»  * X traits  eflentiels  , dont  elle  réfulte.  Ainfi  d’une 

X,  part  la  majufcule  «c  la  minuTcule , & de  l’autre  la  majufcule 
Bc  la  curfivc  le  trouvent  confondues.  Il  eft  nécelTaire  d’ctrC 
averti  de  ces  brouilteries , pour  ne  prendre  pas  le  change. 
i)e-peur  de  le  donner  nous-nicmes  , }aniais  par  majufcule 
nous,  n’entendrons  les  caraûcres , dont  la  forme  eft  vétiu- 
blement  ou  mimifcule  ou  curfive  , quelque  étendue  que  fok 
leur  circonférence  ; quelques  alon^és  que  foient  leurs  traits. 
Jamais  nousne  nommerons  fimpleihent  minufcule-l'écriture 
onciale  , ou  capitale  j dans  quelque  ' étroit  efpace  que  cha- 
cun de  leurs  àémens  foient  rentermés.  Borner  la  majufcule 
aux  écritures  onciales  & capitales  , aux  lettres  gtifes  , hif- 
toriées , fleuries  ; c’eft  la  renfermer  dans  fes  juftes  limites  , 
1 ■'  ‘6c  cohfei’ver  celles  des  autres.  . •_  • • ' , .1  x 

• . ' Après -avoir  levé  les.  équivoques  8c  véglé  le  langage  liir  les 

; . , écritntés;il  faut  voir  comment  elles  .fe  font  formées  , &c  d’où 

naiflcnt  léurs  gemes  & leurs  efpèces. 

Comment  font  V.  Lcs  écritures  majufcules  remontent  à l’age  le  plus  re- 
nfcsiesaifttentes  . jgj  mûiufcules  en  foht  éounées  & probablement  les 

écritures  : leurs 

(i  ) Apres  plufieurs  modernes  , 0.  Ma- 
billon  , comme  noos  l'avons  dit  i 
dilliogac  cher  les  Romains  deux  fortes 
d'éertcure,  U majufcule  8c  la  minufcule. 

La  prefniêre 'droit  apélde  pr  les  anciens , 
onciale , 'grande , cubitale  > carde  : la  lê- 
conde . ronde,  minute  , tris-menne. 

Cette  deritute  n’dtoit  pas 
tant  d-art  que  l oncsale.  Plus  «^P^d^'vc 
8c  plus  ndriigle ..  'Il'/'" 
lente  qüe  par  "fa 

pat  fa  forttie.  Il  etablr'  I»  drOinaron  de 
cds  derw  déHnir«  romaines,  qui  rdcBe-  : 
n](bc.a'en  font  qu’une,  fur  le  ftmeux.^ 

(-»;  Pra/.  I»  J*K  (i)  palTage  ,‘où  S.  J^tômé  opqft  fes  pau- 
vres Mgtri  , mais  bien  coredh  . àdd- 
oPltaU  'voluirits  dertts  un  ondale.  II. 
avdkjdof c des.  Ivvtcs  ifâa  eoiidus.  pc- , 
tires  lettres  romaines,  ijùoique  fembla- 
.t.  T..  ■ ■ j;.i blés  do'x  onciales  , ij  <èrf  dc'la -fir*’- * 

•'  I* 

a lit  ^ ™ ' *'“1“'^''  ks  d'riiires  par  leur  peticcjjt  8f 

. .l 'Ai  leur  grandeur. 'Poi'n’t  de  peuple  , ^nr de 

* . ’ 'sdtls , où  l’on  nVit  vu  e*s  S*riW*-  > de 


quelque  nature  qu'ait  ded  le  caraAdre^ 
Nous  ne  pourîons  nous  empdeher  de  trar 
tof  <f  ioesaâct,  ces  nobeosde  la  majurcth 
le  8c  de  lauùnufcule  , li  nous  n'dtions 
retenus  far  1fc  rerpea.  D'ailleurs  elles 
-ont  dté  prcfquc  aoflirét  tcdrelTdes.  Un  lî 
grand  homme  n'a  mdme  donnd  dans  ce 
petit  dcart , que  pour  n’avoir  pas  voulu 
fe  ddtdcbcr  de  ceux  , qui  avoient  detit  fut 
'ht  même  matière  8t  posr  avoir  un  peu 
trop  prelTd  le  paifage  de  S.  Jérôme.  A. 
.'pine  a-t-il' r^bint  lès.  "anciens  ftionu- 
’mens,  qtÀl'dvoir  perdu  de  vue  8c  les 
li-t-il  repris  pour  guides  , qu’on  le  voit 
difeerner  avec,  une  ^ale  jullelTe  & la 
'miiitifcole  dtli'mlnulcole  , 8c  cclle-ti  de 


àltc'Adnüfcole  bien  conditionde  for 
les  maibrés  netmes,  8c  dès  le  v'.,ou  le 
eoatmcnccmenc  du  vr.  unecuflïvc  fur  Je 
ppiei  d’Egypte  8c  le  parebénua. 


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DE- ;D  Ip.LO>ï  ATIQU^.  ^ 

«orfives  le  foat  de  celles-ci.  Il  çft  difîcile  dç; 

(i)  l’époque  des  d^ux  dernières  : mais  il  ne  P?f  ' 
blir  leur  defcendance  , ni  m^e  les  degrés  [ , pv  lelqi^ 
elles  fe  font  formées, 

I*.  Qivmd  on  eft  obligé  d’écrire  Eéqucnmijçnt  &:  av,^|C^- 
lérité  ; il  eft  ■(<»)  impolïblç  qp#  la.  majufojJe  ne  le  ci'^n^ 
pas  inlénfibleinefiiE  en  minufiside  liée  ^ cu^ye;..  ^Qn  nej^m 
pas  fans  doute,  que  les  Romains .n’écrivîl^pt,  beaucoup,,  & 
fouvcnt  d’une  manière  prompte  5c  lerrée.  Us  diminuèrent 
donc  leur  écriture  majufçule  ,j  5c  pour  la  t<m^re  plus  expé- 
ditive , après  l’avoir  .rédiùce  il  UUe-  pçtiw  ^o>tme , d*  îuigUÎ- 
tent  enfemble  pluûeuts  fearaétères.  Pe-la  1^  m#- 

nufcule  5c  çurfive  , Uée.ôc  ,non  , ,<^exfa  .{i)  & 

/a,qui  paroit  ■ jufquc  dm«  leuo  infcripriçm*  Pa  fait  ,q^ 
les  Grecs  fans  avoir  rien  emprunté  des  autres  peuples  , en 
fait  d’écriture  , tenoient  leurs  lettres  majufcules  .des  CalU- 
î^phes,  5s  leurs:  minuftailes  des  Tachygraphes  : c’e)84-di|c 
^ ceux  ÿiitipif  iàifiDiQiic  ;profelTion  d’éorire  élégafiUUSId;  4^ 
.pcomptciaent  D’oùjéieooçue.cesdeux  genres  de  letcres4w|S:lfs 
jbpicriprioiUnCQpiées  :(e)  ipat  Fabtetti5c  dans  quelques  .mff. 

.Les  lenaes.  majufcules  en  paflânt  par  le  bunn  ou  le 
cifeau  des  arrifles  ^ Iles  plumes  des  écrivait^  , ont  pris  des 
queues  ,dfisJba&s,cdéS  6}nuaecs^Æ.fontju;ondies5^  fiaré?- 
iLa  nactnevicbojre.eft.'à  ipeu  ptès<axivée  à l’éerinire  minufcule 
i6cÀ  ht  na^vci  lDe^là  tant  deidsvèrl^ibrmes  i qii’^  plri 
avec.'keai^jeea<écricares , 5cxydcoi  .pfiiu:  regardai;  49(s^e 
des  (iXelpèces^  pounm.qa’qnitconvieniie  j.  !qu’ell^:  fpifégc 
i.  f>  Il  .'>vr.r<l  (s/  ai. 

(i)  LVcrinire  minaTcale , qne  noos 
■pelons  le  petit  romain  ; a exift^  long- 
«enis  aTirttîes  plus  anciens  taiT,  od’noOs' 
le  voyons  entidrenent  formé.  Dons  le'té- 


S a O T.'  I II. 

C H A P.  X. 
AnrioLi  I. 

qualités  elTeatiel- 
les  fit  accidentel- 
les, rervant  à pro- 
duite A à diftin- 
gucr  leurs  geiuef 
8c  leurs  effSees. 

{•)  Mmfti  tftf. 
col,  ecclef,  f,  ft, 
col.  I. 

(i)  Chronie.  <7«d- 
wic.  f.  17. 


{«)  J»*3 


lèbté'mf.  de  S.  Hilaire  , dont  le  P.  Ma-; 
Villon  DOùs  a donné 'nn' modèle  ,'on  &e 
trouve  que  ta  feule  N fflàfufcule  dn  ca- 
pitale. Rtfte  i favoit  lî  Ce  caraétére  qui 
s'eft  confervé  Ic'  dernierdani  la  mtnnf- 
«nie  , eft'  le  ptenitr  qu’elle  ait  emptnnté 
^ ma)nfcnles  on  ctpiules.  ; 

. ' t’écriture  cutfive  des  RMHaint  p«roie 
S hardie  fit  fi  pc«  conforme  à l'écriture 
Blajiifcale  , qn'on  doit  fopofei  qifeUe 
caounciicéc  hits  dca  Cèdes  ayant  le  t, 


aam  i r jiiyva.  ..  : -oi  . .1 

VI*  , od  elle  fe  montre  plus  éloignée  de 
récriture  lapidaitc  fit  des  mlT,  qu'elle  nc 
fa  été  dans  la  fuite.  ■ i t- 1.  ( ) 

■'  (1)  Les  anciens  mlil  ■ de  ^difiireniet 
mains  ,Vils  ne  changent  pas  ta  nararade 
récriture  n'en  comliiacnt  paadiverfet 
efpéces',  mais  fcnicment  des  variadou. 
Par  exemple  le  mlT,  du  toi  itio,  écrit 
Veta  le  viii*.  Cèele,.dans  l'sbbaie  de 
Mici  , eft  de  plaCeuis  maint  dans  <ba 
plus  èheien  tcltcC-Mait  au  fend  fécti- 
; are  eft  la  même  ; qOoiqifclle  ofre  dci 
e 1 variétés  fenChles.  Elle  Shaoge  foûvant 
a I de  gtolTe  fit  pleine  en  une'  éctitoté  soû-; 
fie  I grc  fil  ftnée  coBirft  la  faxooe. 


'■  .'1 

,:t  : \ 


•NbÜVEAt/  TRAITÉ 


’ — — — finîtes  <Tânc  fource  commune.  Enfin  l’on  a mclé  les  maiofi- 
* si  CT.  III.  cules  avec  les  minufcules  , & l’écricure  courante  &c  la  mi- 
Chap.  X.  nufcule  avec  les  majufcules  ou  capitales.  Voila  l’origine  des 
Aaxicii  I écritures  mixtes.  Ajoutez  les  diverlités  , qui  ont  du  naicte 
du  goût  & du  génie  des  diférens  peuples  , qui  ont  fait  ufage 
de  l’écriture  latine,  & vous  aurez  la  defcendance  des  écri- 
tures nationales.  Après  cela  eft-il  furprenanc  que  fur  la  fin  du 
XI I®.  ficelé  , on  comptât  cent  fortes  d’écrkures  ï 

La  majufaile  , la  minufcule  & la  curfive  font  tour  à 
tour  fufceptibles  de  rondeur , d obliquité  , de  carure.  Tou- 
tes ces  qualités  peuvent  fe  réunir  à divers  égards  dans  la 
meme  forte  d’écriture,  & félon  diférens  degrés.  11  n’cft  pas 
‘ ï nécelTaire  de  ne  faire  entrer  dans  la  majufcule , ou  que  des 

lignes  courbes  , pour  "pouvoir  l’ap>eler  ronde  , ou  que  des 
traits  obliques , pour  être  en  droit  de  la  nommer  aigue  , ou 
que  des  lignes  horizontales  & perpendiculaires , pour  la  qua- 
lifier carée.  C’eft  alfez  que  ces  caraélères  y dominent  ; ou 
meme  qu’ils  s’y  faffent  fentir  d’une  manière  plus  ou  moins 
frapanre  , & néanmoins  fufifante , pour  les  dilUnguer  des  au- 
• liés  écritures.  Si  l’on  exigeoit  en  rigueur  une  rondeur  fouu 

tenue  dans  tous  les  caradères  , fans  qu’aucun  autre  trait  pût 
le  dérober  à cette  loi  j il  fàudroit  defefpérer  de  trouver  de 
• féeriturc  ronde.  La  meme  féverité  feroic  également  difpa^ 
roitte  tes  écritures  algues  & tarées  j quoique  plufieurs  lettres 
7 en  particulier  , remplilfent  les  conditions  requifes.  Ces 
-principes  une  fois'établisi^ comment  a-t-on  pu  faire  im  pro- 
«S  à (a)  D.  de  Montfaucon,  comme  s’il  avoir  tout  brouik 
lé,  tout  boulcverfé  -,  pareeque  (i)  fou  vent  il  obferve  dans. 


(k)  ÈM.  Cf!/. 


(i)  ne  vétifions (>rèr<]ac  jamais' 
' ka  dtatiaoi  de  M.  ie  roatejuis  MafKi, 
3 qne  noua  oc  les  nouvions  <a  ddfaiit. 

Â)ttt  pnitiYcr  que  D.  de  Moncfaucoo 
. apelc  noe  forte  d'écritute  gtèque  ronde 
Sccacdc  >ùl  nous  renvoie  à la  pwe  s4- 
de  la  biblloihdque  Coifline  j.  k Ion  a'j 
i:  iroit  que  les  ptcmiqts  a»ts  des  «tapl- 
tiei  du  Dcotésooom»  to  gtee.  U cire  fa 
page. 11).  8c  l'onny  découvre  rien  de  ce 
^'il  aaonee.  La  ekation  de  la  page  i Si  , 

- ^<|tl'^  'acamul<  fut  le«  prdeddentes  i porte 
igaleisooe  k Isux.  Tant  .d'uwsjldcuidcs 


ne  ptenAcat  tien  lut  la  bonne  foi  de 
BOUC  iUi^rcautcut.  Il  n'en  impofe  poiitt 
k-  O,  de  MonUaucoo  , lorfqu'il  loi  fait 
joindre  le  eaMâèec  rond  au  cvc.  Notre 
Bdnédiâin  apliqoe  en  dfec  ces  deux 
nominiiions  à (S)  l'detituie  unique  dn 
.même  mf.  Maiaqn'rl  foit  permis  de  le 
dira  , ce  n'oft  point  comme  le  prdtea)l 
M.  Mafüfi ,/  mifetn  fuadrMtM  rumdii  , 
que  doVuptiract  ainfi.  Le  caraâdreoo- 
cial  ou  majulculc  des  plus  anciant  mf. 
grecs  nC;  iduoit-il  pas  fous  diflrens  râ- 
pons,cet  <ki)x  qaaludt,quipar  confdquepc 


\l  'ip 


DÈ  DIPLOMATIQUE.  4^3 
fa  bibliothèque  Coifline , que  tell  6c  tels  mff.  font  en  ca- 
taèVère  rond  & caré  ? H-  Partie. 

4°.  L’écriture  ronde  cft  formée  de  lignes  courbes  ; la  carée  Vh  * x' 
d’horizontales  & de  perpendiculaires  , l’aigue  d’obliques.  La  Aktic'li.  ’r. 
mixte  (i)  réunit  une  partie  de  ces  traits  ou  leur  totalité. 

Difons  mieux  : quoiqu’on  puilTe  aifément  lupofer  des  écri- 
tures cxaâement  (t)  rondes , catées  , aigues , ou  du  moins 


ne  lont  pobt  du  tout  contradiâotrei  ) 
An  refte  , quoi  de  plus  formel , pour  dif- 
tioguet  récriture  majufcule  desplus  an- 
tiques rolT.  d'une  autre  alongéc,  aogu- 
leulê , 8c  quelquefois  ioelinéc  , qui  rers 
le  vil*. Itécle  commenfa d'avoir  coan! 
Xa  dénomination  d'aigue  conTiendroie 
èeaucoop  mieux  à cette  dcnûdtc , qu'i 
la  curfive,  à laquelle  M.  Malféi  l'aplique. 

Ce  que  le  favanc  Bénédiélin  avan- 
ce dans  Cà  BiUitihijiu  ■ il  Ta- 

voit  prouvé  {•)  dans  fa 
_a>  Les  plus  aooen*  caraâères  onciaux 
i> peuvent,  dit- il , en  même  tems  être 
3>  apetés  carés  & ronds  : carés  dans  les 
•>  lettres  H M N n : ronds  , dans  les 
39  £ e O C d>  Q.  Comme  les  premières 
» reviennent  fouveut  ; de-là  le  nom  de 
39  carée  donné  pat  la  plupart  1 cette  forte 
.»  d'écriture.  De  même  pareeque  les  fc- 
» condes  font  continDclIcment  em- 
» ployée$;de-là  la  dénomination  de  rond 
3>  auebée  pu  d'autres  à ccraDciea  caue- 
3>  lèrc  oncjal.  “ Une  même  écriture  peut 
donc  renfermer  des  lettres  rondes  h ca- 
'lées.  Ces  lettres  la  diférencient  des  écri- 
tures poftéricures  plus  longues  , plus 
éttoites  & quelquefois  panchées  : & O. 
Bernard  dé  Montiâucon  (i)  n'aura  pu 
x}ualiiier  cette  ancienue  éefitute  de  rou- 
de  <c  de  catée  è la  |bis  ; fans  s'expofet 
uux  railleries  piquantes  do  matquis  ita- 
lien! Cette  dénomination  n'eA-elle  pas 
plus  jaflc.  8e  phas  cxaéfe  que  celle  de 
sonde  fimplemenr^  on  feulement  de  cs; 
réc  ! Le  Icélenr  ne  fcra-t-il  pas  plus  em- 
baradé  à comprendre  la  penfée  d'un  au- 
teur , qui  qnalifica.  de  carée  la  même 
écriture  , qu'il  voit  pat  un  autre  défignée 
£bu$  le  nom  de  ronde  ( fans  qu'on  énon- 
ce pourquoi  l'un  lui  cA  plutAt  atribué 
qqe  fautre  i Ce»  deux  dénasniaatioas 


piéalablement  expliquées  , 8c  pterqnt  , . j i 
egalement  fondées  dans  la  nature  du  ca- 
raélcrc;  ne  vaut-il  pas  mieux  les  unA,  f'  **f 
que  de  les  employer  cour  i tour  en  par- 
lant du  même  objet  ? 

(I)  La  mixte  n'cA  ici  conlidérée  que 
relativement  aux  diverfes  efpèces  de  ma- 
jufctdcs  rondes , catées  , aigues  ; Sc  non 
pas  eu  égard  aux  difétentes  fortes  d'é-  10  S3<. 

critures  majufcoles  , minufcoles  8c  cur- 
fîves. 

( X ) Pour  avoir  une  éeritnte  réol- 
lemcot  carée  , elle  devrolt  être  com- 
pofée  dTan  alphabet  complet  , à peu 
près  femblable  au  modèle  fuivant  ' 

HHCT3EFGHIKr.MllI  ‘ 
OPaKBTUJIHXya.  Cei 

figures  , quoique  très -rates  , ne  font 
point  imaginaires.  Les  trois  dernières  ex- 
ceptées , qu'on  ne  rencontre  que  dificile- 
ment , elles  font  répandues  avec  une  forte 
(fafèéiacioB  dans  certains  rofT.  dans  quel- 
ques inferiptions  antérieures  au  gothique, 

PluGeuts  mêmes  fe  montrent , unt  qu'on 
ait  fujet  (facuAr  leurs  écrivains  d'avoA 
afcâê  d'en  faite  paiad'e.  II  cA  an  rcAe 
bien  moins  cxtraordioaicc  d'apercevoix 
dans  les  anciens  monumens  tantôt  une 
de  ces  lettres  catées  , tantôt  une  autre  t 
que  d^y  déconviit  des  motceaux  cnciei» 
écrits  de  la  Arte.  On  en  voyojt  néau- 
moiris  des  exemples!  du  tems  de  Néron. 

Pérreoe  (r)  nous  a donlervé  les  patalcs  r*  p . 
d'une  inferiptien  peinte  en  lettres  caééys,  . j''  J''"*”- 

Aucun  moderne  ne  l'â  retrouvée  fur  les  ’’ 
anciens  monumens.  Cependant  Allatius 
(J)  ne  fait  pasdifieulté  denous  la  donnez  (/)  AnimtJv.  >» 
ainfi  figurée  d'après  un  fonge  de  Jofeph-  Etnéft. 

Antoine  Couzalès  dè  Salas  fur  ce  rexrt  frmim»  » 4^ 

citéâcPimncepuecfilUECR/rBM- 

parcequ'éfeélivement  .dit-il , on  aperçoA 
CCS  lentes  fux  les  aocicnnes  monoics-S'il 


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II.  PARTIE. 
$ E C T.  III. 
C H A F.  X. 
Akticle.  I, 


Quel  ufigc  fit-on 
des  dcrituics , & 
fur  quelles  muiiè- 
tes  les  employa.t- 
on  ! Jufqu'j  quel 
poiuc  $c  à quel 
tems  liirem  - elles 
tenues  fui  les  ma- 
tières, qui  ne  leur 
ètuienc  pas  lî  par- 
ticulièrement ré- 
feryèes  I 


{a)  h Af- 


494  .'NOUVEAU  TRAITÉ 
formées  de  lignes  parfoltement  courbes  -,  il  n’en  eft  point 
dans  Id'quelles  une  feule  de  ces  qualités  donne  l’exclufion 
à routes  les  autres. 

Nous  avons  découvert  l’origine  &:  la  ruilTance  des  diverfes 
efpèces  d’écritures.  Voyons  maintenaut  jufqu’à  quel  point  &c 
jufqu’à  quel  tems  les  majufcules , les  minuicules  &:  curfives  fo- 
rent employées  dans  les  inferiptions , les  inlT.  &c  les  diplômes, 

VI.  Les  matières  dures  & notamment  les  lapidaires  &c 
métalliques , forent  de  tout  tems  en  polfellion  des  écritures 
majufcules.  Les  minufcules  eurent  le  même  droit  fur  les  mlT, 
&C  les  curfives  fur  les  actes  publics , chartes  , diplômes.  Ra- 
rement les  fécondés  & les  troificmes  ocupent-elles  toute  l’é- 
tendue d’un  marbre  ou  d’un  bronze  , avant  la  moitié  du 
xiv'.  ficelé..  Au  contraire  , on  ne  manque  pas  d’exemples, 
meme  fous  l’empire  romain  , ou  de  lettres  tantôt  minufcu- 
les , tantôt  curfives  , ou  de  ces  deux  fortes  de  carafteres  à 
la  fois , répandus  ça  & là  dans  les  écritures  majufcules.  Il  y a 
plus  : la  minufcule  ou  la  curfive  marche  t^uelquefbis  à la 
fuite  de  la  majufcule , ou  elles  font  partie  d’uifcriptions  ; ou 
cellc-f  i domine  ; lors  furtout  que  le  peu  d’efpace  reliant 
oblige  à diminuer  ou  changer  le  caraélere. 

Avant  le  viii'.  ficcle  la  minufcule  regnoit  d’un  bout  à 
l’autre  dans  certains  mlT  ; elle  s’y  ménageoit  ailleurs  des 
portions  alTez  confidérables , au  milieu  de  l’onciale  ou  de  la 
curfive  , & même  de  toutes  les  deux  enfemble.  La  curfive 
y jouiflbit  de  Ton  côté  de  pareils  avantages.  Cependant  fi 
l’on  en  juge  par  les  mlT.  confervés  jufqu’à  nous  ; la  majuf- 
cule dut  avoir  la  grande  vogue.  Eft-ce  qu’une  écriture  fi  pei» 
née  auroit  alors  été  la  plus  commune  ? Ne  feroit-ce  pas 

Elutôt , parccque  les  mfif.  en  ce  caraélere  , comme  plus  lifi- 
les  , ou  plus  précieux  , auront  été  confervés  avec  plus  de 
foin}  Au  VI II',  ficcle  la  minufcule  l’emporte  fur  la  majuf- 
cule ; au  ix'.  elle  la  relTerre  extrêmement  ; au  x*.  elle  la 
banit  des  mlT.  Non  que  la  dernière  en  foit  alors  toutafait 
exclue  : mais  depuis  cette  époque  , plus  de  livres  , comme 

infeription  ètoit  en  lettres  catèes 
is  liacTM.  Elle  étoit  écrite  aa-defias  d’un 
grand  chien  ï la  chaîne , peine  fur  U 


o'y  aeoit  point  eu  du  tems  de  cet  ancien  , 
aiome- Allatius  , (4)  d'auttes  ieitics  que 
celles  que  nous  apcions  capitales  & ca- 
sées ; U n’eût  pas  été  néccÆùic , de  mar- 
quer , comme  il  a &it  , que  cette 


muraille , proche  1a  porte 
romaine. 


JP 

<ft 


une  maifoR 


Diÿ:  ized  by  Google 


DE  DIPLOMATIQUE.  49, 
auparaviiit , totalement  écrits  en  majurcule.  La  curfîve  y 
cède  encore  plus  généralement  la  place  à la  minuicule  dès 
le  IX®.  fiècle  : & depuis  elle  ne  s’y  reproduit , après  plus  de 
quatre  ceiKs  ans , que  fous  une  nouvelle  forme.  Nous  comp- 
tons ici  pour  rien  les  ibmmaires  , les  notes  marginales 
diverfes  correâions  , obfetvations,  remarques , qui  de  tout 
tems  n’ont  eu  rien  de  fixe  du  côté  de  l’écriture.  Là  fouveiK 
on  trouve  le  caraâcre  curflf , tandis  que  le  texte  eft  en  majuf- 
cule  ou  minufcule. 

Quelques  chattes , qui  joignent  (a)  une  authenticité , te- 
conue  par  les  critiques  les'  plus  dificultueux , avec  l’antiqui- 
té la  plus  reculée , font  écrites  en  lettres  majufcules.  Tel  eft 
un  diplôme  de  Lothaire  roi  de  Cantorberi  de  l’an  £79.  Tel 
eft  un  diplôme  ^tavec  l'agrément  deSebbi  roi  des  Saxons 
orientaux  , qui  moiua  fiir  le  trône  en  664.  Cafley  (é) 
fon  catalogue  desmlT.  du  toi  d’Angleterre , prouve  que  cette 
pièce  fut  drefféc  vers  l’an  670.  Les  lettres  onciales  & majufcu- 
les , avec  iefquellcs  elle  eft  écrite  , ne  difèrent  nullement  de 
celles  des  Romains.  On  trouve  d’autres  pièces  en  Angleterre  à 
peu  près  de ’mêrae  genre  & du  même  âge  , dont  l’écriture  eft 
en  caraâcres  aftez  grands , mais  arondis , éc  où  les -lettres  ma- 
jufcules font  mêlées  avec  de  plus  petites.  Ce  mélange  eft 
aftez  commun  dans  les  mlT.  qui  précèdent  le  ix*.  fiècle. 

A régard  des  diploiMs  ; avant  le  vin'.,  nous  n’en  co- 
noiftbns  aucun  en  écriture  minufcule.  Mais  elle  commença 
ëèsran73o.  en  (c)  Ai^sterce,  &en  France  dès  le  règne  de  Pé- 
pin le  brèfà  s’y  introduire, &;  beaucoup  plus  dans  les  aélcséelé- 
uaftiques  , où  elle  étoit  déjà  toute  commune  dès  le  ix®.  fiè- 
cle. Infenfiblement  elle  fit  du  progrès^  pénétra  julquedans 
les  diplômes  impériaux.  Bientôt  nombre  de  chanes  prirfeÿ 
lui  donnèrent  la  préférence!  peu  s’en  ftllut  que  le  xi®.  ne' 
vit  la  curfive  abfolument  écartée  de  tous  ces  titres.  Rien  d’pn 
ufaee  plus  journalier  durant  ce  fiècle  & le  fuivant,  que' Me 
dreuet  des  chartes  en  pure  minufcule.  Les  aiftes  où  elle  n^ 
fe  montra  pas  fans  mélange,  ne  retinrent  qu^  petit  - Hqrri-" 
bre  de  lettres  ^rûves.  Au  xi  1 1®.  une  autre  forte  d’ëctiraré 
doutante  fe  mât  >(m  les  rangs.  Elle  ne  mérite  pas  moins 
nom  de  gothique  , que  la  majufcule  & la  minufcule  du 
même  tems.  En  peu  a’aâ^es  elle  naquit ,fe fortifia',  âevmc 


II.  PARTIE. 
Sic  T.  III. 
Cuap.  X. 

A R T I C 1 1.  I. 


(«)  Hlck.Jifnt. 
•fift.f.  if. 


(c)  Citfity  plam- 
cbc  II.  B.  17. 


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49i  NOUVEAU  TRAITÉ 

dominante.  Si  certaines  pièces  en  minufcule  fe  dérobent  a 
1 1.  PARTIE,  fa  tyrannie  i le  cas  eft  rare  , & c’eft  prefque  toujours  , lorf- 
SEcr.  ni.  q^>on  veut  donner  à quelques  ades  une  folennité  toucafait 
AEri'c'L.^'i  extraordinaire.  Ce  n’eli  pas  ici  le  lieu  de  fuivre  cette  nou- 
velle curfive  fous  toutes  les  formes  qu’elle  prend , ni  d exa- 
miner les  degrés  de  corruption  par  lefquels  elle  pafle.  Vers 
le  milieu  du  XIV*.  ficcle  , il  s’en  éleve  une  autre  plus  polie, 
qui  femble  être  l’aurore  de  notre  belle  italique , nuis  qui  ne 
doit  pas  maintenant  nous  ocuper.  ^ . r " 

Quant  aux  diplômes  munis  de  fbulcriptions  en  majuicu-* 
le  ; les  tems  Içs  plus  reculés  pouroient  en  fournir.  Après 
le  VI',  fiècle,  les  exemples  (a)  s’en  multiplient,  TcUes  font 
les  fignatures  de  plufieurs  évêques.  Les  vraies  m^ufcules 
remplirent  quelquefois  depuis  le  ix'  , & plus  fouvent  depuu 
Le  x'  les  premières  lignes  des  chartes  , les  formules  des  loul- 
criptions  de  prélats  , de  princes , de  chanceliers , & quelque- 
fois  celles  des  dates.  Beaucoup  de  pièces  , furtout  desxi. 
& XII*  fiècles  çonftatent  cet  ufagc.  Celui  des  noms  pro- 
pres (c)  écrits  de  la  forte  n’y  paroit  pas  moins  autorifé. 
Nous  avons  même  vu  des  chartes  entières  du  xi*.  en  lettres 
majufcules.  Odon  évêque  de  Bayeux  & frère  utérin  de  Guil- 
laume le  conquérant  en  fit  drelTer  une  , gardée  encore  au- 

îourdui  dans  les  archives  de  S.  Ouen  de  Rouen.  Peutctre  pré, 
tendoit-il  imiter  quelques-uns  des  plus  beaux  diplômes  d An- 
gleterre  , dont  il  devoir  avou  une  grande  conoiffance.  D^s 
Sne  chane  du  roi  Eude  de  V*n  888,  g^dée  a la  bibliothè- 
que royale  , la  fignature  du  notaire  eft  moitié  en  capitale 
ïiftique  des  mir.  & moitié  en  curfive  Caroline.  Au  xi  i . 
fiècle  la  première  Ugne  des  lettres  royaux  n a plus  de  majÿ- 
cule  que  dans  U formule  d’mvocauon  ; &c  wcme  des  la  fin 
de  ce  fiècle , cette  formule  eft  écrite  en  caraacres  ordinaires , 

c’eft-à-dirc  minufcules,  . ^ , 

U eft  une  autre  efpèce  de  faulTes  majulcules, placées  tant  au 
commencement  qu’a  b fin  de  plufieurs  ades  publics  des  Ro- 
mains , & fucceffivement  depuis  employées  a la  tem  dune 
foule  de  diplômes  royaux  U de  buUes  pontificales.  Du  reftc 
les  vraies  imjufcules  des  chartes  font  {d)  fort  diférentes  des 
'»•  grandes  lettres  des  mlT.  CeUes-ci  imitent  les  caradcres 

vés  ûir  le  broow  fie  le  marbre  } au  Ueu  «juc  ceUes-la  font 
'•  formée^ 


(*) 

f.iyi.tml.  XVI  i. 

««1,  nv.  t-  *!*■ 
45  5.  14».  tv.  p. 
45t.  <4l.  LVll, 


(e)  CJirm.  G,/ 
wû.p.tft. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


497 


formées  avec  moins  de  foin  & d’élégance.  Souvent  même 
elles  difèrent  quant  à la  figure , comme  l’on  peut  s’en  con- 
vaincre , en  jetant  les  yeux  fur  notre  (a)  parallèle  alphabéti- 

2ue  des  lettres  majufcules , minufcules  & curfives  tirées  des 
iplomes. 

Les  genres  d’écriture  latine  , dont  nous  venons  de  donner 
ime  idée  générale , ont  fans  doute  des  marques  caraûérifti- 
qiies , qui  afeélent  la  totalité  de  leurs  lettres , Sc  qui  dilUn- 
guént  leurs  efpcces.  Mais  dans  des  chofes  qui  dépendent  beau- 
coup du  goût , & qui  font  dificiles  à définir  ; comme  chacun 
pouroit  abonder  dans  fon  fens  , & que  l’un  qualifiroit  une 
écriture  d’un  nom , tandis  que  l’autre  lui  en  donneroit  un 
difèrent  : pour  couper  pié  à toute  équivoque  8c  à toute  in- 
certitude} nous  avons  déjà  plufieurs  fois  déterminé  les  prin- 
cipaux genres  d’écriture  par  des  caraéferes  (6)  fixes  8c  même 
invatiables , autant  que  le  fujet  eft  fufceptible  de  cette  qua- 
lité. Outre  nos  alphabets  généraux  , un  certain  nombre  de 
lettres  de  chacune  de  ces  écritures  nous  a paru  le  moyen  le 
plus  court  8c  le  plus  propre  à les  faire  diftinguer.  Mais  cela 
ne  fufit  pas  : il  faut  encore  réunir  fous  un  feul  point  de  vue 
cous  les  autres  traits  8c  les  notions  dillinéfives  , qui  carac- 
térrfent  plus  particulièrement  chaque  genre  8c  chaque  ef- 
pcce  d’écriture , en  commençant  par  la  majufculc. 


II.  PARTIE. 

Sec  T.  III. 

Chaï.  X. 

(->  PL  XXIII. 
I4»- 


(4)  Ci  - dtjiu 
p as-  M»- 


Article  II. 

Notions  di^inSives  & caraSénJUques  des  diverfes  fortes 
d’écritures  majufcules  : leur  nomenclature  , leurs  défini- 
tions dr  deferiptions  : leur  état , leurufage  dans  les  inferip- 
lions  , les  mjf.  & Us  autres  monumens. 

PAr  écriture  majufcule , on  entend  pour  l’ordinaire  celle , 
dont  les  lettres  font  capitales , onciales  rondes  ou  carées  , 
plus  ou  moins  longues.Communément  avant  le  milieu  du  xi  v®.  , 
fiècle  , on  n’employa  pas  d’autre  caraéfere  fur  les  marbres  , 
les  tables  d’airain  ou  de  bois  , les  médailles  , les  vitres , les 
terres  cuites , les  os  8c  autres  matières  dures.  Ce  fût  encore 
l’écriture  propre  des  étofes  8c  des  linges.  Les  cuirs  , les 
Tome  //.  Rrt 


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49S  NOUVEAU  TRAITÉ 

parchemins  ou  papiers  en  firent  ufage  avec  plus  de  réïèrve. 

* s général  tes  mil,  s’en  fervirent  alTez.  régulièrement  pour  les 

Ch  AP.  X.  titres  des  livres  & tes  lettres  initiales.  Quand  on  n’a  rien 

A KT I c 1. 1.  n.  épargné  de  ce  qui  pouvoir  les  rendre  plus  magnifiques  ; alors 
ce  ne  font  pas  feulement  dies  titres  en  majulcule  , mais  des 
pages  entières , mais  leur  totalité.  Faire  regner  cette  écriture 
depuis  la  première  ligne  d’un  mf.  jufqu’à  la  dernière  : mode 
ancienne  ^ relie  précieux  du  bon  goût , dont  le  x'.  llècle  fut 
•le  terme. 

Quoique  les  noms  de  majufcure  & de  capitale  foient  or- 
dinairement regardés  comme  fynonimes  ; on  peut  cependant 
leur  aflîgner  dés  propriétés  fpécifiques.  Dans  la  majulcule  les- 

• Baies  & les  fommets  font  ou  nuis  , ou  la  prolongation  des- 
montans  ell  plus  ou  moins  concave  en  delfous  &c  puis  en 
delTus  ,,  à peu  près-  en  forme  d’ couchée.  Dans  la  capi- 
tale les  bafes  & les  fommets  font  dillinguës  des  montans  , 
dont  ils  ne  font  point  partie , & de  plus  font  en  figne  droite 
ordinairement  horizontale  , 11  ce  n’eft  qu’ils  foient  extrinfé— 
quement  concaves.  Quoiqu’il  en  foit  de  ces  diférences  ; nous- 
pouvons  envifager  l’écriture  majufcule  comme  un  genre  tranf-' 
Cendant  y qui  renferme  la  capitale , l’onciale  même  la  de- 
mi-onciale à certains  égards.  Tâchons  de  domier  des  idées 
exaâes  de  ces.  écritures. 

§.L 

Capitale  antique  6*  moderne  : fes  principoTes  efpices.. 

Quelle  eft  l'écti-  Quelques  autcurs  (a)  apelent  majulcule  carée  , celle  que 
wrccaoimieîSour-  DOus  entendons  par  capitale.  Mais  on  a déjà  vu  combien  Isd 
deftf  erâ'""**'  dénomination  de  majulcule  ell  en  elle-même  équivoque.  L’é- 
pithète de  carée  n’ëll  pas  moins  ambiguë.  Où  font  les  let- 
tarées  de  la  capitale  , linon  tout  au  plus  de  celles-ci 
E F H I L T ? Leur  carure  ell  même  un  peu  idéale  & 
lèulement  fondée  fur  les  traverfes  & jambages  tant  hori-^ 
zontaux  que  perpendiculaires , dont  ces  élémens  téfultent. 

' De  plus  la  carure  ne  convient  guère  moins  aux  autres  écri- 
tures , qu’à  la  capitale. 

Si- l’ufage  l’eût  alfujettleà  dés  précifions  philofophiques 
lien  ne  fixetoit  mieux  fes  genres  & fes  efpèces , <pieles  traits- 


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DE  DIPLOMATIQUE.  495 

droits  , horizontaux , perpendiculaires , obliques  ; ou  que  les  T* 

courbes  , concaves , convexes  8c.  mixtes,  dont  iês lettres  le-  partie. 
xoient  corapofées.  De-là  naitroient  des  écritures  carées  , ai-  cha*. 

Sues  , ronaes  &c  mélangées,  qu’on dillingueroit  fans  peine  aaticic.  ti. 

U premier  coup  d’œil.  Mais  quoi  qu’on  p\jiire  éfeâivement - 
trouver  des  modèles  de  ces  écritures  j il  eft  très-rare  qu’ils 
foutiennent  un  caraâère  uniforme  dans  chacun  de  leurs  élé- 
mens.  La  feule  carée  pouroit , cliez  les  anciens , en  fournir 
un  fort  petit  nombre  d’exemples.  On  ne  fauroit  donc  fonder 
des  diflinélions  d’écritures  fur  la  conflance  de  ces  traits.  On 
peut  au  plus  les  faire  valoir  comme  fubftitués  quelquefois  à 
d’autres  plus  ordinaires , ou  comme  afeâant  certaines  iettref 
en  particulier , fans  conféquence  pour  les  autres. 

11  femble  edentiel  à l’A  capital  d’être  compofé  de  deux 
lignes  obliques  terminées  en  angle.  Mais  fans  déranger  la 
pofition  de  l’une  , l’autre  pouroïc  fe  transformer  , 8c  dans 
pluheurs  K.  du  xi*.  fiecle  fe  tranforme  éfeâivement  en 
perpendiculaire.  La  dernière  ligne  répétée  forme  auûi  la 
deux  côtés  de  l’H  doublement  unis. 

La  traverfe  produit  des  variétés  encore  plus  nombreufês. 

Changez  la  fituation  horizontale  en  oblique , vous  la  verrez 
dirigée  de  droite  à gauche , ou  de  gauche  à droite  ; joignant 
ou  pafTant  le  côté  vers  lequel  elle  s’élève  ; laifTant  ouvert  ou 
fermé  celui  vers  lequel  elle  s’abaifFe.  De  ces  pofitions  diver- 
fês  naicronc  les  \ ^ de  la  plus  haute  antiquité. 

Coupez  en  deux  la  traverfe  ; il  en  rémkera  un  nouvel  an- 
^e  , complétant  la  lofange  commencée  par  l’angle  fupérieur  , 
ou  bien  ce  ne  feront  que  deux  points  defunis  yOt  .Détachées 

des  côtés , elles  fe  diangeront  en  chevron  brifé  , ou  meme 
en  point  A A quadtangulaire.  Suprimez-là  totalement  , ou- 
tre cet  A bien  d’autres  . dont  les  fuivans  feront  naitre  l’i- 
dée ^ ils  deviendront  fufeeptibles  des  trois  premières  figures , 
qu’on  vient  de  reptéfeoter.  $ans  cefTer  d’etre  horizontale  ; 
la  traverfe  excédera  tantôt  d’un  des  côtés  de  T A.  , tantôt  de. 
l’autre  A*  tantôt  de  tous  les  deux  A.  Perpendiculaire  ,, 
tout  étrange  quefbid’airqu’elledonneà  l’AfeUc  ne 
ra  pas  d’exemples  dans  l’antiquité.  Des  Kit 

coins  (a)  raprochés  ,fouvent  même  détachés , ofeiront  des  £-  ’yii.t/ftttii.n.x- 
gurcs  encore  plus  hétéroclites,  . 

Rtr  ij 


Digitizsd  by  Coogic 


‘II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
Chap.  X. 
AlLIIChl.  II. 


yoo  NOUVEAU  TRAITÉ 

Que  les  lignes  horizontales , perpendiculaires  , obliques  ^ 
foienc  en  partie  remplacées  par  des  courbes  •,  on  verra  des 
ci  Aa  61  ^ mixtilignes  , dont  ces  quatre  figures  ne  fauroient 
peindre  toutes  lés  variétés  réelles  ou  poflibles  Les  fuivantes 
fieront  encore  moins  fùfifàntes  , pour  épuifêr  celles  des 
cA>  conl^uits  de  courbes  toutes  pures , traverfes  & cô- 
tés dirigés  luivant  tous  les  lèns  imaginables.  Les  jambages 
font  quelquefois  extrinféquement  concaves  ou  convexes. 
Quelquefois  ils  réunifient  ces  deux  qualités.  Quelquefois  les 
courbes  font  adolTées  : fouvent  les  courbures  ne  fe  font  fen- 
tir  qu’aux  extrémités  des  lettres.  En  voila  fufifamment,  pour 
donner  quelque  notion  des  traits  efientiels  , qui  femblent 
les  plus  propres  à la  difiinélion  des  écritures. 

Il  en  efl:  d’autres  purement  accidentels , & qui  ne  paroifient 
deftinés  qu’à  fervir  d’ornement.  Tels  font  les  bafes  & les  fom=- 
mets.  Ils  ne  laifieront  pas  de  fournir  des  diférences  caraâé- 
rifées  entre  un  A & un  On  voit  des  bafes  fimples  ou  lé- 
gères , à demi  trait , à plein  trait , à d'ouble  trait:  A A A 
A A A A»  cA  -A . Il  en  eft  de  mafflves , d’épatées , d’évà- 
fées,  d’arondies  en  perles,  en  batans,  en  boutons,  en  cla- 
vicules , en  ofielets , fimples , doubles , triples.  11  en  eft  de 
terminées  en  étoiles,  en  grifès  rie  divcrfi»  formes,  ou  qui 
finiflent  par  un  , deux,  trôis  points.  Ce  n’eft  pas  tout  encou- 
re ; on  trouve  des  baies  plus  ou  moins  triangulaires , plus  ou 
moins  échancrées  i plus  ott  moins  concaves  ou  convexes. 
Quelquefois  fous  preTque  toutes  les  formes  indiquées , elles 

SroilTent  déiiachMs  des  côtés  ou  jambages,  auxquels  elles 
:vent  rTapuis.  Tout  ce  qu’on  vient  de  dire  des  bafes  s’a- 
plique  également  aux  fommets,  qui  fouvent  ont  enfemble 
lès  raports  les  plus  intimes  8c  la  conformité  la  plus  parfaite. 

Autre  fource  de  diftinétion  de  genre  8c  d’efpèces  ; les  traitr 
excédens  8c  lurperflus,  droits  ou  courbes,  par  lefquels  on 
prolonge  les  jambages  & les  fommets  : A 'A  'X  a if  ^ 
\ . Toutes  les  formes  diverlês , que  prennent  les  A , au 
moyen  dé  leurs  traits  foit  efientiels,  foie  accidentels,  font 
communes  à prefque  toutes  les  lettres.  IT  lêrôit  inutile  ou  du 
moins  trop  difpendieux  de  donner  des  exemples  de  chacune' 
des  autres.  D’ailleurs  on  en  rencontrera  plufieurs  dans  nos- 
modèles  d’écritures.  Il  fufit  d’en  avoir  afièz  £iic  figprer  poiu: 
«tre  entendus.'. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  - yoi 

Quant  au  contour  ou  bien  au  tout  enfêmble  des  lettres  > 
elles  font  bien  ou  mal  proportionées  ^ albngées  écrafées  > 
maigres  ou  maflives , à fimple  ou  à double  trait , blanches  > 
deroiblanches , inclinées  vers  la  droite  ou  vers  la  gauche. 
Mous  ne  rapellons  pas  ici  celles  qui  font  compofées  de  fleurs 
bu  d’animaux  ; parcequ’il  eft  rare  qu’efles  forment  aucune 
forte  d’écriture. 

Lors  meme  que  les  lettres  n’ont  rien  dans  leur  contour , 
leurs  jambages  & leurs  traits  accidentels,  qui  les  difUngue, 
lui  goût  national  diférentie  fouvent  les  écritures.  Des  con- 
jonâions  de  lettres  , ou  des  infertions  de  caradkères  les  uns 
dans  les  autres  produifait  le  même  éfet.  Divers  mélanges 
de  lettres  capitales , onciales , minufcules  , curfives , renver- 
fées  tournées  à contre  fens  , grcques  barbares , gothiques 
modernes , contribuent  aufli  à la  multiplication  des  genres  Sc 
des  efpèces. 

Au  refte  il  s’en  faut  beaucoup  que  chaque  genre  ou  cha- 
que efpèce  repréfentent  dans  toutes  leurs  lettres  le  caraâère , 
par  lequel  nous  les  fpécifions.  Il  fuiît  qu’il  en  afeâe  quelques- 
unes  , furtout  s’il  revient  fréquemment. 

II.  A proprement  parler , l’écriture  capitale  n’eft  autre  que 
la  majufcule,  telle  qu’elle  fe  voit  aujourdui  dans  les  frontif- 
pices  & les  titres  des  livres.  Elles  eft  propre  aux  plus  (i)  an- 
ciennes inferiptions  métalliques  Sc  lapidaires.  Ainfi  font  écrits 
la  plupart  des  livres  , qui  portent  les  marques  de  l’anti<^ité 
la  plus  reculée.  Ange-Politien  (a)  n’en  connoiflbit  point  de 
plus  âgé  que  le  fameux  mf.  de  Térence  du  Vatican.  A peine 
en  eft-il  quelqu’un , dont  toute  l’écriture  Ibit  capitale  , qui 
ne  lemonte  (r)  au-delà  du  vii‘.  liccle.  Jufqu’au  xiii‘.  elle 


(j).  L'^critDre  majafcale  capitale  e(l  û 
onliaaire  for  les  bronzes  & les  marbres , 
<jne  le  comman  des  favans  s'eft  fortement 
pcrfuadf  qn'cllc  cib  Ip^cialement  afcQic 
ans  ioferiptiaiis  des  anricos.  Il  en  cil  me- 
me plus  d'un  parmi  eux,  qui  regardent 
comme  dcmontid , que  les  Romains  o'a- 
Toient  point  d'antre  écriture  , & que  la 
cnrlîve , 8c  même  la  minnfcule , font  ab- 
IblumcDt  banies  des  bronzes  8c  des  mar- 
bres. La  feule  infpeâion  de  nos  planches 
zxvii  i.zxiz.  izxi.fufiioit  pour  les  dé- 
pempaz.. 


(i)  Il  n’eft  point  de  mf.  entièrement 
écrit  en  capitale,  qui  ftût  cctraincraenr 
poftérieor  anvi'.  fiecle.  Au  vi  1 1 8c  ix'. 
on  trouve  bien  des  livres , où  l’on  voie 
quelques  pages  en  cene  éctitnre  : mais 
jamais  elle  n'eft  employée  dans  ua  mlT. 
depuis  le  commencement  jufqu'à  la  &n. 
En  vain  nous  objeftetoit-on  lesHcuresde 
Charles  le  chauve , 8c  le  mf.  <6  y.  de  l’ab- 
baic  de  S.  Germain  des  Prés,  où  prcfque 
tout  févangile  dcS.  Mathieu  8c  une  partie- 
de  celui  de  S.  Marc  font  étriis  en  kcfrea 
1 d’or  capitales  fur  du  vcUo  pqQrpré-i°.I.ca. 


II.  PARTIE. 
SacT.  III. 
Ch  a P.  X. 
AaTicLi  II, 


DIvîlîon,  oomen^ 
clatote  , 8c  def- 
cripcion  desdiver- 
fes  éctittttet  capi- 
tales. 

(«}  AO/U. 

•iv.  f.  ff. 


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ri,  PARTIE, 
s l-C T.  Il I. 

CHAf.  X. 
A&TtCLI  II. 

(«)  Cbm.  G»d- 
wu. f.  it, 

(t)IM.f.if. 
U)  IM. 


I 


yoi  .NOUVEAU  T R AT  TÉ 
bcupe  fouvcht  les  titres  des  livres,  quoique  eé  ne  fbit  pas  iaa^ 
mélange , notamment  depuis  le  x'.  Ses  lettres  Font  àpellées 
capitulaires  (a)  par  quelques  anciens , fans  doute  parcequ’oi^ 
s’en  fervoit  à la  tête  des  livres , au  commencement  des  cha- 
pitres & des  alinea.  Ces  lettres  initiales  ou  capitulaires  n’a- 
voient  rien  de  fixe  dans  leur  hauteur  & leur  largeur  ; elles 
ocupoient  quelquefois  une  grande  \{l>)  partie , ou  meme  la 
totalité  du  nrontifpice  des  mil.  La  (èule  aiférence  que  l’Abb4 
de  Godwic  trouve  {c)  entre  elles  & les  onciales , ne  confifte 
qu’en  ceque  celles-ci  étoient  limitées  à un  pouce  de  hauteur. 
Quand  on  confond  l’écriture  capitale  avec  l’onciale , on  doit 
raifonner  de  la  forte.  David  Cafley , foubibliothécaire  du  roi 
de  la  grande  Brétagne , tombe  dans  un  mécompte  à peu  près 
femblable,  lorfqu’il  entend  des  lettres  initiales,  ce  que  S.  Je- 
rome dit  des  onciales  dans  fa  préface  fiir  Job. 

On  peut  diftingucr  l’écriture  capitale  en  carée , ronde , cu- 
bitale , élégante  & ruftique , nationale , ancienne  Sc  nouvelle. 
Tous  Ces  genres  conftituent  des  efpèces  réelles  , telles  que  la 
capitale  maffive , tranchée  , mêlée  d’onciale , à bafes  & fom- 
mets  excedens , la  capitale  courbe  à traits  fupérieurement  pro- 
longés en  lignes  courbes  Sc  obliques  dcc.  Ces  elpccesprodui- 
fent  fouvent  divers  mélanges. 

Nous  avons  déjà  ôblêrvéi^  la  dénomination  de  tarée  eft 
iquwoque,&nc  caraêlérilê  pas  allez  l’écriture  capitale.  Cepen- 
diht  pluliéurs  auteurs  T'identifient  (r)  avec  la  carée,  &:  laqua- 
iSfient  de  ce  nom , lors  même  que  fes  lettres  font  deflituées  de 
carure.  Il  leur  fufit  quelles  foient  compofées  de  lignes  droi- 
tes. Ainfi  donne-t-on  la  dénomination  de  carée  à des  écritures, 
capitales  qui  ne  le  font  nullement.  Mais  nous  n’avons  pas  droit* 


Heures  de  Charles  le  chauve  ne  font  point 
en  eeuederitute.  s“.  Le  premier  (igiK  de 
]a  plus  haute  antiquité  en  fait  (Téciitute 
capitale  ou  onciale  i c’ed  qu'il  y ait  peu 
d’abréviations;  futtout  (i  l'éciifurc  cil  bel- 
le. Oc  elles  Tont  cres-rares  daos  lesnf.  de 
S,  Germain  des  Prés  ; (î  ce  n'cA  pour 
iTi  M . O KÊ-  Nulle  lettre  onciale  ne 
parole , fl  n'cll  l'a  &■  quelques  G.  A la 
vérité  l'r  ndinufcule  Tut  i’M  pour  mar- 
quer S.  Marc  cA  en  marge  plus  de  cinq 
cenis  ibis.  On  en  doit  concluce  non  que 
le  mf.  cA  plus  récent',  mais  que  récricuie 


minufculc  croit  d^s  lors  en  ulâgej  puil— 
que  nous  trouvons  mêmes  des  IccircscHC-, 
liïcs  des  le  IV*.  üéele.  On  voit  du  veli« 
len  pourpre  du  ix*.  mais  il  ncApoim  d’u« 
li  beau  lougc  c^uc  cebi  de  noue  niC  Rien 
in'cmpccbc  doue  de  le  faire  temoptst  (fat, 
j moins  au  vi*.  licelc. 

(l)  ütcrelam  lêctnmi»^ 

\Mmfhiihnutt  CMfiuiihu  inttrh  ftu  ynM- 
idrÆiis  , qtu  vKlgi  ufurfMUa  m 
i infcrifiitnihui  tlcgt»$tr ^ ut».- 

|r«(Mn.  Moauni.  vcKris  Âaeü , p.  )t4,. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  5,®^ 
de  réformer  le  langage  des  favans,  qui  n’auroient  du  ânféoyêr 
cette  épithète ,que  pour defigner  celles  dont  les  caraûères  font  J i.  partie. 
formés  de  lignes  horizontales  & perpendiculaires  , & qtii^  cha»’  ^x‘ 
haute  Sc  large  en  proportion^  difère  de  l’écriture  alongée  & AaticL*.  h.' 
de  l’onciale , dont  plülieurs  lettres  ont  leurs  lignes  courbes  où 
arondies.  Souvent  les  lettres  carées  & rondes  étoient  entre-  ' 

mêlées  dans  la  plupart  des  mlT.  ainfi  que  dans  les  infcriptions 
lapidaires  & métdliques.  Les  lettres  carées  étoient  célè- 
bres dans  la  Grèce  , & furtout  dans  la  ville  d’Athènes  , 

S or  l’ulâge  qu’on  en  falToit  pour  les  infcriptions  des  ( i ) 
atues  érigées  en  l’honneur  des  favans  & des  hommes  illu- 
ftres  ou  célèbres  par  des  adions  d’éclat. 

Audi  l’écriture  carée  eft-elle  (a)  une  des  plus  (2.)  ancien-  rri-. 

nés.  Oa  la  trouve  fur  les  médailles  & les  marbres,  & dans 

Î’uelques  anciens  m(T.  D.  Mabillon(é)  parle  d’un  mf.  déplus  /«üJ' 

'onze  cens  ans  écrit  en  lettres  carées,  &c  gardé  dans  l’ab-  fun. 
baie  de  S.  Sauveur  de  Boulogne  en  Italie.  Au  raport  d’Eckhart , 

(c)  un  des  livres  de  S.  Bonince  confervé  dans  l’abbaïe  de  Fui-* 

de  , fut  écrit  en  lettres'carées  &c  achevé  l’an  547.  par  Viûor  mI».  Fr««r«’o- 

évcque  de  Capoue.  Mais  il  n’eft  peutctre  point  de  monu-  i /■■!}». 

ment  plus  propre  à conftater  l’extftence  de  cette  écriture  , 

que  le  fameux  mf.  de  (d)  Lichefield.  Prefque  tous  les  ca-  Wfiur 

radères  en  font  carés  ; mais  ce  n’cd  pas  fans  mélange  de  mi-  fr»^ 

nufcule  avec  l’onciale  & la  capitale.  Nous  en  donnerons  un  »• 

modèle  emprunté  de  Hickes  dans  la  clalTe  des  écritures  ti- 

cées  des  taS.  Au  refte  cette  écriture  pouroit  être  dans  les  plus 

ancieiu  thfT.  fàxons , s’ils  étoient  un  peu  plus  multipliés , ce 

qu’étoit  l’onciale  dans  les  mfT.  romains.  Un  mf.  de  Winz- 

bourg  n’eft  qu’en  partie  écrit  en  lettres  carées.  On  en  a formé 

un  alphabet  déjà  publié  (e)  par  divers  auteurs.  Tous  les  ca-  , ^ ^ ^ 

ladères  majufcules  n’en  font  pourtaiu  pas  carés.  H y en  a fa"*! 

quelques-uns  à traits  obliques  &c  même  arondis.  Les  lettres  P- 

carées  (/)  au  moins  pour  la  plupart  paioiftenc  encore  fur  les 


( I ) Vmti  (2)  tÜMm  viril  dtSit  i//«- 
Jlritui  htrmi  ^midrMt»i  tripAaiu , addita 
afif^rammatt  liitrâ  ^aadratà.  Hiac  ani- 
mai illad  rntfiyaut  a>à{  , vir  qaadraiiu, 
id  ^ via  ianm  (j.  rtSut , tjafmodi  bar- 
mû  ahmdalrat  Alhtaarum  civiiai. 

(l)  SeloD  AlUûos  plus  les  luttes 


te  latines  aprocheot  de  la  for- 
catiet } plus  elles  portent  des 


(f)  TrMdm  dé 

anx. 


grdque 

nie  des  — ..w  ^ 

marques  d'auiiquitd.  Cependant  quand  il  t”**  /ow. 
s'agit  de  remonter  aux  tenu  les  plus  te- 
culis  i cetu  réglé  o'a  pas  toujpais  lieu.  ( h ) Animad, 

f.i.. 


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yo4  NOUVEAU  «TRAITÉ. 

fceaux  des  xi.  6c  xi  i.  ficelés.  Quelques  favans  les  (a)  ont 
confondues  avec  les  onciales  ; fans  trop  réfléchir  fur  la  difé- 
Ch  AP.  X.  rence  des  unes  6c  des  autres. 

Articie.  II.  On  comprend  alTez  que  l’écriture  c^itale  ronde  doit  être 
(*)  C4»r.  GUf-  formée  de  lignes  courbes.  Elle  peut  le  divHèr  en  écriture 
ftr.t.  s-f.  loii.  jfQndie  convexe  , 6c  en  écriture  arondie  concave  : en  ronde 
par  le  haut , 8c  en  rende  par  le  bas  , en  arondie  haut  6c  bas. 
Scs  lettres  font  plus  ou  moins  mêlées  avec  d’autres  en  cer- 
taines écritures.  Les  antiquaires  ou  ne  nous  donnent  aucune 
idée  de  la  capitale  ronde,  où  ils  nous  la  dépeignent  (i)  comme 
une  écriture  d’un  ufage  ordinaire  , 6c  par  conféquent  né- 
(i)AjiwuJ.t.it-  Allatius  {i)  la  confond  vifiblement  avec  l’onciale  t 

quelques-uns  même  femblent  la  confondre  avec  la  curfive 
ou  la  minufcule  , dont  ils  fupofent  que  toutes  les  lettres 
étoient  capitales  de  la  plus  petite  forme.  Mais  tous  convien-  ' 
nent  que  cette  écriture  a été  employée  par  les  anciens  6c' 
dans  les  livres  6c  dans  les  monumens  publics.  Au  xi  1 1'.  fiè- 
tle  la  forme  rpnde  (c)  des  lettres  capitales  l’emporta  fur  U 
' carée. 

(tDDtrtMpiom  habiles  (d)  parlent  fouventde  l’é- 

^.^7.  criture  capitale  , ou  majufcule  cubitale  , fans  nous  en  don-' 

Rii^  ner  une  idée  bien  diftinûe.  Plaute  {e)  eft  le  plus  ancien  au- 
' teur  qui  ait  parlé  de  lettres  cubitales,  cubitum  longæ  iute- 
rte.  Allatius  {f)  prétend  qu’on  entendoit  toujours  chez  les  an- 
{/)  AnimMi.  écriture  capitale,  foit  qu’elle  fut  repréfentéc 

*\t)  OvU.  liv. ,.  par  les  {,g)  auteurs  , comme  grande  , tr^grande  , longue 
Trjff.  PUuh  in  d’une  coudée  , foit  qu’elle  fût  apelce  écriture  menue  , tircs- 
^’fùf'“plin  1 raenue , carée  ou  longue.  Nous  aimons  mieux  croire  , que 
7.T  II.  Stnic.  récriture  ciAitale  étoit  formée  de  lettres  oblongues  , 6c 
9s.  d’une  hauteur  exceflive  ; telle  que  font  les  lettrçs  initiales  de 

(h)V.pi.xvili.  c«taios  (b)  mlT.  6c  celles  qui  formoient  {i)  l’infcription  de 
».  114.  l’arc  de  triomphe  érigé  en  l’honneur  de  Septime  Sevére. 

L’écriture  capitale  élégante  eft  celle  que  l’on  trouve  or-  •* 
dinairement  fur  les  anciens  marbres  6c  les  bronzes  , 8c  du 

(k)  Str$rv.  dê  cri-  ( l ) (*)  fMmHUri  fcrihndi  more  poti$- 

fnjf.  *.^,14.  ffmm  Êaehmmur{Komsnip)  IHttris  retundisy 
non  quA  in  fphrré  modum  obvoiverentnry  & 
k mnjufcidis  tffetU  dtvrrfA  \fedqtu  oh  eeU- 
riorem  feriptionem  tjuafi  in  il^ulos  fnrvn^ 

Tfntm.  QhmIè  firipmrd  eodttes  mli^noi 


tiqmijpmor  m Vstiennâ  eontinrri  téfintnr 
Léo  Alinnus  in  Mnimmdv.  nd  Ingbirnmiff"»» 
p.  S* ‘ fimpiUior  Romnnorum  étnr  ' 

in  monj  n.tmis  pMici$ef$to^  tnli linfrntn^  ’ 
rd  fn$rit  u n ^mx  tx  frsimenio  legii  rO>nn~ 
fU  mpnà  MniHiontim  j /•  54T*  ^ 

haut 


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DE  DIPLOMATIQUE.  fof 
haut  fimpire  , dans  quelques  mlT.  rares , &c  encore  auÿounlui 
dans  les  titres  des  livres  de  nos  meilleures  imprimeries.  Elld 
pareit  dans  toute  fa  beauté  dans  notre  XXV*.  planche  , &c 
dans  le  Virgile  (il  de  la  bibliothèque  de  MM.  Pithou.  h. 

L’écriture  capitale  ruftique  paroit  venir  direèlement  de  la 
plus  ancienne  des  Romains.  Les  lettres  en  font  formée*vec 
moins  (a)  de  foin  plus  de  hardilTe.  On  n’y  obferve  ni  les 
pleins  , ni  les  déliés  ; ou  fi  l’on  le  fait , c’eft  d’une  manière 
qui  paroit  fouvent  forcée  & peu  naturelle.  Les  bafes  Sc  les 
traverlès  font  omifes  , ou  tirées  fans  nul  agrément.  Cette 
écriture  paroit  dans  les  anciennes  (i)  infcriptions  : elle  s’eft 
conftamment  foutenue  , &c  a peutctre  été  moins  fujète  aux 
variations  que  les  autres  , du  moins  jufqu’au  x.  ouxi'.  fiècle. 
II  eft  vrai  qu’on  celTa  d’alTez  bonne  heure  d’écrire  des  mfl'. 
entiers  en  cette  écriture  : elle  étoit  cependant  encore  fou- 
vent  employée  à cetufage  aux  v.  &:  vi'.  ficelés.  On  peut  diP. 
puter  fi  elle  le  fut  aux  fuivans.  11  eft  certain  qu’encore  au 
ix'.  on  écrivoit  des  pages  entières  en  ces  caraâères  ; mais 
la  dificulté  eft  de  favoir , fi  l’on  s’en  fervoit  pour  des  livres 
entiers.  Il  femble  qu’elle  devint  rare  au  vi  i.  &:  vi  1 1.  avant 
Charlemagne.  Depuis  le  renouvellement  des  lettres  qn  ocuré 
par  ce  grand  monarque  , cette  écriture  parut  bien  plus  fré- 
quemment dans  les  mlT , &:  furtouc  dans  les  titres , dans  les 
lettres  initiales  des  alinéa  , & même  des  phrafes. 

• Les  écritures  capitales  nationales  ne  font  autres  que  les 
caraâæres  ftu^alcules  romains , aftbrtis  au  goût  des  peuples 
barbates  qüi  les  ont  adoptés.  Ils  fe  font  pour  la  plupart  main- 
tenus dans  les  infcriptions  , les  médailles  & les  titres  des  li- 
vres , jufqu’au  renouvellement  des  belles  lettres.  Il  n’en  faut 
excepter  tout  au  plus  que  les  deux  derniers  ficelés  qui  pré- 
cédèrent cette  époque.  Nous  en  avons  pour  l’Efpagne  un 
bon  garant  dans  la  perfone  du  grand  bibliothécaire  du  roi  (c) 
catholique.  Les  infcriptions  , nous  dit-il , des  vi  i.  vi  1 1.  ix. 
X.  xî.  & XI 1 1'.  fiècles  font  en  lettres  romaines  ; & quoique 
quelqoesHtnes  de  ces  lettres' paroiffent  étrangères  , & qu’elles 
reftembleot.à  jcelles  d’UlpIvtla  ; elles  n’en  doivent  pas  moiiu 

î * .1^  f'-A 

(i)  On  peut  voir  un  modèle  de  t'è-  I 6^7,  Nous  en  donnerons  deux  vers  dans 
criture  de  ce  beau  mf.  dans  la  Diploma-  1 U 11*.,  cUtTcdcs  écritures  cirées  des  mlT. 
tique  de  D.  MabiJIon,  i««.  édition,  p.  I • 

Tome///  SCC 


fi.  PARTIE. 
Sec  T.  III. 
Ch  A P.  X. 
AKr\cLM.  lU 


urii  Aaiii.p. 


[h)  SMonMrufiti 
rjfnvat..  frrf.  J>. 
xvi.  V.  le  1 1 
ernre  lie  noire  J>/*Êh‘ 

lieXXir. 


(<■)  Bitlieih.  tenir 
verf.  ete  U Vetyr 
greff.  E/feiZe/n, 
Jel  xvii. 


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I 


«.PARTIE. 
St  CT.  III. 

Chat.  X. 
Articli,  U. 


Qqdle  eft  M- 
inilurc  oociale;  di- 
fire  - 1 - elle  de  U 
capitale  I 

t-  m- 

Sirmi.  dt  cri- 

(c)  Bud*m  /.  1. 
* Aft.^ 


(d)  Mmit.  i»  ) . 
fmt.  c»i»ltf.t*dd. 

•4- 


0)  W r- 

$/)  CtrMuV.G#^- 

WVÙ.f,  1^, 


jo6  ' NOUVEAU  TRAITÉ 
être  regardées  comme  romaines.  Telles  qu’on  les  voit  s’é- 
loigner de  la  forme  de  celles-ci  ; telles  on  les  trouve  dans  ^ 
des  monumens  antérieurs  à l’invafion  des  Goths.  D.  Ma- 
billon  , Muratori , Caflei , Hkkes  ,.Godfroi  Von-Beffel  prou- 
vent la  même  vérité  pour  la  France  , l’Italie  , l’Angleterre 
& l’Rllemagne.  Cetee  perpétuité  des  lettres  capitales  romai- 
nes chez  prefque  tous  les  peuples  d’Europe  eft  une  preuve ,. 
qu’ils  n’ont  point  eu  d’autre  écriture  que  la  romaine  -,  fur- 
tout  depuis  leur  établiftêment  dans  les  oelles  provinces  con- 
quifes  autrefois  par  les  Céfars. 

§.ir. 

Ecriture  onciale, 

I.  Par  écriture  onciale  , nous  entendons  la  tnaiufcule  de* 
forme  ronde  fie  diftinguée  de  la  capitale  par  {a)  certains  élé- 
mens.  Le  terme  d’onciale , pris  à la  rigueur  fie  fuivant  l’an- 
cienne {h)  notion  , déftgne  une  écriture , dont  les  caraélères 
ont  un  (,c)  pouce , ou  douze  lignes  de  hauteur.  II  y avoir  aulll 
des  lettres  demi-oncioles  , qui  n’avoient  c^ue  (ix  lignes  d’éle- 
vation.  Les  unes  fie  les  autres  n’étoient  guère  mifes  en  ufage , 

2ue  dans  les  titres  des  livres.  Il  lêmble  néanmoins  par  plu- 
eurs  anciens  textes  , que  le  nom  d’onciale  avoir  plus  d’é- 
tendue , fie  que  des  livres-  entiers  étoient  écrits  en  ces  ca- 
raâères.  Aura  les  favans  auteurs  du  catalogue  de  la  biblio- 
thèque du  roi  nous  avertÜTent-ils  que  {d)  la  plupart  des 
critiques  font  convenus  d’apeler  onciales  toutes  les  ancien- 
nes lettres  majufcules , foie  rondes  ou  carées.  C’eft  un  langa- 
ge , auquel  nous  ne  &ifons  pas  difîculté  de  nous  conformer^, 
quoiqu’il  ne  âille  pas  le  prendre  à la  rigueur. 

Les  lettres  majuicules  , dont  Bertran  écrivain  de  la  cour 
de  Louis  le  débonaire  fôilbit  ulâge , étoient  alors  nommées 
onciales  par  quelques-uns  , fie  Loup  abbé  de  Ferriexes  les 
apcle  antiques  dans  C«)  la  lettre , qu’il  écrivit  à Eginhart , pour 
le  prier  de  lui  en  envoyer  la  méfure.  Mais , li  l’on  en  croit  {/) 
l'abbé  de  Godxric  , Loup  n’avoit  point  en  vue  des  lettres 
d’une  once.  Les  tnaju&ules , qu’on  empioyoit  dans  lesmlT. 
des  v 1 1 . fie  V 1 1 1 '.  fiècles , étoienr  moins  élévées  fie  n'avoient 
point  de  méfure  fixe. 

Comme  nous  diftinguons  récrinue  onciale  de  la  capitale  ;. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  J07 

il  eft  eflentiel  d’avertir  en  quoi  nous  fâiTons  encore  conCfter  ^ 

cette  diltinâion.  Quand  S.  Jérôme  parloir  (a)  d’écriture  on-  * jj**^**^^**’ 
ciale  , nous  ne  pouvons  alTurer,  qu’il  prétendît  la  dilUnguet  ch  a»,  x.*** 
delà  capitale.  Nous  penfons  même  que  ce  qu’il  en  dit  pou-  Aaticlc.  h. 
voit  également  tomber  fur  l’une  &c  l’autre  écriture.  Peutètre  t*)  ">  •f*** 

n’auroit-il  pas  meme  fait  dificulté  de  l’atribuer  à l’écriture 
minufcule  & curdve  alongée  , telle  qu’on  la  trouve  (buvent 
à la  tête  de  beaucoup  d’anciens  diplômes , où  elle  a quelque- 
fois autant  de  hauteur  que  la  capitale.  On  entendoit  alors , 
ou  du  moins  on  avoir  entendu  d’abord  par  écriture  onciale 
celle  qui  avoir  un  pouce  d’élévation  ; pareeque  le  pouce  étoit 
au  pié  ce  que  l’oilce  étoit  à la  livre.  Telle  & plus  grande 
encore  peut-on  la  voir  (b)  dans  nos  deux  planches  des  fron-  n)  pi_  xm. 
cifpices  d’écritures  mérovingietmes  , lombardiques  ôc  faxo-  P.  xnil, 
nés  , que  nous  qualifions  capitales  & onciales  de  m(T.  Ces 
deux  lottes  d’écriture  de  mÆ  Ibnt  affez  fufcepcibles  de  cette 
grandeur  rigoureufement  onciale  ; quoiqu’il  fût  très-rare , 
qu’on  la  leur  donnât  « (1  ce  n’eft  dans  quelques  (c)  titres  (t)DtnJifUm, 
rrontifpices  de  livres.  Celle , que  nons  apelons  onciale  , eft  f-  +7- 
préciféraent  la  même , à laquelle  pour  l’ordinaire  les  lavant 
donnent  ce  nom  , fans  néanmoins  apUquer  une  autre  déno- 
mination à la  capitale.  En  éfèt  , les  mÎT.  en  cette  dernière 
écriture  font  très-rares  en  comparaifon  des  autres.  Audi  le 
nom  d’onciale  convienc-il  tellement  à ceux-ci , qu’on  penle 
à peine  à ceux-là , quand  on  fe  ferc  de  ce  terme,  Nous  ne 
faifons  donc  que  nous  conformer  au  langage  des  gens  de 
lettres  , dans  l’ufage  que  nous  failbns  du  nom  d’écriture 
onciale.  Mais  en  même  tems  nous  croyons  devoir  diftinguer 
cette  écriture  de  la  capitale  , revêtue  d’une  forme  à pluileurs 
égards  très-dilérente.  La  dillemblance  eft  aifez  conlidérable  . 
pour  conftituer  deux  genres  d’écriture.  C’eft  ce  qui  fe  mani- 
leftera  plus  clairement  dans  notre  IIP.  torae^  ou  nous  don- 
nerons des  modèles  de  l’une  6c  de  l’autre , tirés  des  mlT. 

II.  La  plupart  des  auteurs  n’ont  fait  nulle  atention  aux  Ectltnre  ondale 
lettres  qui  caraâérilènt  l’écriture  onciale.  Plus  frapés  de  fa  confondue  avec 
hauteur  que  de  fa  forme  , ils  l’ont  confondue  avec  les  autres 
écritures.  Le  P.  Papebroc  Jéfuite  apèle  (a)  onciales  les  let-  Lnnds  : fea  efpd- 
tres  curfivcs  alongées , qui  forment  la  première  ligne  ôc  la  “*• 
foufeription  du  roi  dans  les  anciens  diplômes  : comme  fi  la 

S f f ij 


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/ 


yo8  NOUVEAU  TRAITÉ 

figure  des  unes  & des  autres  ne  difëroic  pas  cfTentiellement  ï 
Lorfque  l’écriture  onciale  eft  petite,  ou  quelle  n’a  point  la. 
c H A ?.  X.  jufte  mefiire , qu’on  lui  fupole  ; fouvent  on  la  qualifie  (a) 

A »T  icn  II.  Je  demi-onciale  \ fans  conlidérer , que  celle-ci  dans  les  mlT.' 
(a)Ltgiftmü<ii/-  n’eft  qu’un  mélange  de  lettres  onciales  &c  minufcules.  D. 
fin.  1.  f.  I U-  Mabillon  lui-même  confond  l’écriture  (/>)  onciale  avec  la  pe- 
tice  capitale  , qu’il  apcle  minufcule.  11  diftingue  deux  fortes 
d’onciales.  L’une  proprement  dite  n’étoit  pas  d’un  ulage  or- 
dinaire. On  s’en  fervoit  feulement  dans  les  infcriptions  fie 
les  livres  , où  l’on  afedolt  la  plus  grande  magnificdice.  L’au- 
tre plus  commune  fie  plus  petite  , mais  toujours  de  la  meme 
forme  que  la  première  , étoit  employée' à écrire  les  mlT. 
moins  fomptueux  , dont  plufieurs  font  parvenus  jufqu’à  nous, 

■ ' quoiqu’écrits  il  y a onze  à douze  cents  ans.  Le  favant  Béné- 

didin  ne  veut  pas  qu’on  nomme  onciale  cette  fécondé  écri- 
ture , dont,  félon  lui  , le  viii^  fiècle  vit  prefque  la  fin.. 

V Cette  idée  au  refte  , quoique  fingulière , a été  adoptée  pat 

. la  plupart  des  antiquaires  modernes. 

Les  caraderes  arondis  de  l’écriture  onciale  lui  ont  fait  don- 
ner le  nom  de  ronde  par  les  favans.  Ainfi  qualifia-t-on  ,raais 
♦r)  chmic.Gêd-  improprement  , le  caradere  gothique  moderne  ou  (c)  mo- 
•nief.  TU  nacal , fii  l’écriture  renouvelé  auxv'.  liccle.  Celle-ci  difère  / 
prefque  autant  de  l’onciale  ^ que  le  petit  romain  eft  diftin- 
gué  de  la  capitale  de  nos-ioifqntnei^ies-  L’écriture  minufcula 
W ot,fiu.  «f-  des  Grecs  {d)  eR  auJfi.  apdég|ciÉ4p  par  le  marquis  MafFéi ,, 

!*■  6^  l’on  ne  refufc’pas  aujourdui^ce  nom  à notre  écriture  fi- 

nancière j quoiqu’elle  n’ait  nul  raport  avec  l’onciale.  Celle 
des  Grecs^ÿ.cooiûae  celle  des  Latins  ^ eft  fufceptible  de  ron- 
deur fi£  deeafliré  dans  plufieurs  élémens.  Audi  l’apele  - 1 - on 
r«)  ?»Ui)xrafh.  qud(ni(&û  (^)  ronde  fie  carée.  On  peut  obferver  le  palTage 
^fonaitare  capitale  à l’écriture  onciale  dans  les  vers  mis  au 
du  Virgile  de  Florence.  • Les  lettres  font,  onciales  j 
mais  le  tour  répond  encore  aux  lettres  capitales. 

' ' Les  anciens  mlT.  ofrent  à ceux , qui  en  ont  fait  une  étude 

fiiivie  , plufieurs  fortes  d’écriture  onciale.  Outre  qu’on  peut 
la  diftinguer  pat  âges  fie  par  fiècles  ; il  femble  qu’on  en  peut 
remarquer  au  moins  quatre  cfpèces  principales.  i°.  A dou- 
ble trait  ; tel  eft  le  mf.  du  chapitre  de  Péroufe  , fie  des  épitres 
de^  S..  Paul  apartenant  à l’abbaie  de  S.  Germain  des  Prés.. 


DigitizecLby  Co-ugle 


II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 
Chat.  X. 
Auticu.  II. 


DE  DIPLOMATIQUE.  yoj 
1®.  A fimple  trait  : tel  eft  l’évangile  de  S.  Eulcbe  de  Ver- 
ceil  , auquel  on  peut  joindre  le  pfeautier  de  Vérone,  j®.  A 
plein  trait  : tel  eft  le  mf.  de  fainte  Julie  de  Brixia  , & les 
évangiles  de  Vérone.  C’eft  l’écriture  , qui  paroit  la  plus  belle 
& la  plus  régulière  en  ce  genre.  4°.  A traits  obliques  : cela  eft 
furtout  trcs-fenfible  dans  les  F , J , P , R , dont  la  queue  dé- 
cline vers  la  gauche.  On  peut  donner  pour  exemple  de  cette 
écriture  le  mh  des  évangiles  de  V ienne  ; quoiqu’il  tienne  plutôt 
de  cette  écriture,  qu’il  ne  la  repréfente  parfaitement.  On  dit 
lingue  encore  dans  les  mlT.  l’onciale  élégante  , l’anguleufe , 
la  malfive , la  tortueufe  , la  pure.  On  y trouve  des  onciales 
plus  hautes  que  larges , &c  plus  larges  que  hautes  , tendant 
vers  la  carure  , tirant  fur  la  curfive , a queue  inférieure  ex- 
cédante , &c  courbe  , tranchées  obliquement  , à lettres 
ferrées  du  ix®.  ficcle.  Autre  eft  l’onciale  du  règne  (a)  de  (*)  Ccuji.vmJi'.. 
( I ) Charlemagne  , autre  celle  de  fes  fucceflêurs  immédiats^  1- 

Dans  les  heures  de  Cliarle  le  cliauve  les  lettres  onciales  le 
touchent  fouvent.  Il  y a des  écritures  onciales  oblonguesj 
panchées  &cc.  Sans  parler  ici  des  gallicane , allemande  , & au- 
tres nationales  , doiu  on  trouvera  des  modèles  dans  la  II'. 
clalTe  des  écritures , tirées  des  mlT. 

III.  Croiroit-on  que  , dans  un  ficcle  éclairé  comme  le 


(i)  Ce  monarque  renouveila  l'éeritare 
onciale  Sc  lui  donna  une  forme  plus  polie. 
Sous  Louis  le  débonaire  , elle  idcouvra 
prcfque  l'éldgance  Sc  la  forme  , qu'elle 
avoir  eue  dans  fes  plus  beaux  jours.  Le 
P.  du  Moulinet , au  lieu  de  dire  que  ces 
deux  empereurs  favorifèrcnc  l'ufage  des 
beaux  caraâcces , ptdtend  que  ceux  des 
Romains  , donc  en  admire  l'dldgance  & 
h netteté  , firent  entièremem  corom- 
pus & difparureot  pendant  quatre  ou  emq 
cents  ans.  Cependant  il  cR  bien  certain  , 
qn*on  n'avoic  point  celléd'cn  làirc  nfâge. 
Le  favant  chanoine  régolict  coolbnd  aufli 
l’écriture  onciale  des  viii.  & ix'^.  iïé- 
eles  avec  la  capitale  antique  ; lorfqu'il 
parle  ainfi  dn  rtnouTellçment  des  lettres 
iôus  Charlemagne  h fon  fuccelfeur  : 
» Apres  (é)  donc  que  CCS  beaux  caraélcrcs 
» romains  curent  été  perdui  8c  enricre- 
3»  ment  cotompus  duraat  quatre  ou  cinq 
M liédei  i ils  conuacncctent  de  teTirte 


» Ibus  l'empire  de  Charlemagne  8c  de  / 

» Louis  le  débonaire  , comme  on  le  re- 
» marque  en  leurs  muuoics  ; 8c  ils  re- 
» trouvèrent  enfin  leur  dernière  perfec- 
» tion  fous  ce  florilfant  empire.  Ceci  Ce 
» juliific  par  un  mf.  de  la  bibliothèque 
n de  fainte  Geneviève , qui  cil  no  livre 
n des  quatre  évarigiles , écrit  fur  du  vé- 
•>  lin  en  lettre  d'or  , vers  le  tems  de  Louis 
U le  débonaire  ou  de  Charic  le  chauve. 

» Le  commencement  de  chaque  évangile 
» eft  en  grandes  lettres  capitales  , qu'ils 
» apeloicnt  onciales  , à caufe  qu'elles 
U avoteot  une  once , c'eft-à-dfre  un  pou- 
» ce  ou  environ  de  hauteur.  Elles  (bnc 
» fcmblablesanxcataélères  du  temsd'Au- 
» gnfte.  ...  11  y a encore  un  de  ces  mÆ 
» en  lettres  d'or  , en  i'abba'ie  de  S.  Mé* 

U dard  de  Soilibns , 8c  qui  eft  incontefta-  (Jj  Ttrnnal  du 
» blement  du  tems  de  Louis  le  débo-  feveet  du  ft  .Je». 
unaire  , qui  en  a frit  préfensi  cette  S'(rri8l4.  s.  ir.. 
O églife.  «•  ' 


byt-'-iyU 


11.  PARTIE. 

S 1 c r.  1 1 1. 
CK4r.  X. 
Aaricit  II. 

IBB.,  fclooCaflc)’  ! 
Ccc  auteur  a-c-il 
eu  raifbu  de  nier 
l'ezUlence  de  cet- 
te dcriture } 

{•)  A cMimltg.  >f 
tkt  mff.  tbt  frifuc. 
f.  xvtj. 

(i)  Tm.  f.furi. 
i.p.  Ml.&fiuv. 

(t)Vr$f/U.in}fb. 


(f)  S,  Hurm. 
tfir.t.  i.(W.7P8. 


119  NOUVEAU  TRAITÉ 

nôtre , des  favans  cufTent  ofé  nier  l’exiftence  de  l’écricure 
onciale  & méconoicre  les  ralT.  où  elle  eft  confignée  ? C’eft 
cependant  ce  qu’ont  fait  (a)  David  Cafley  Bc  l’auteur  (^)  de 
la  Bibliothèque  britannique  , éblouis  par  une  nouvelle  in- 
terprétation du  texte  , où  S.  Jérôme  s’élève  contre  le  luxe 
des  mlT.  en  écriture  onciale.  » Qu’on  (c)  acheté , fi  l’on  veut 
» dit  le  S.  Doéleur,  d’anciens  livres , écrits  fur  du  vélin  cou- 
>•  leur  de  pourpre , en  lettres  d’or  & d’argent , ou  en  lettres 
•»  qu’on  apèle  communément  onciales  , & qui  font  plutôt 
» des  fardeaux  que  des  fivres  ; pourvu  qu’on  me  permette 
..  à moi  &:  à mes  amis  d’avoir  des  mlT.  en  petit  caraélère 
..  Sc  qui  foient  plus  recommandables  par  l’exaûitude  de  là 
..  correûion  , que  par  leur  magnificence.  Habeant  qui  vo- 
•.  lunt  veteres  libros  vel  in  membranis  purpureis  , aura  ar- 
» gentoque  ieferiptos  , vel  uncialibus  , ut  vulgà  aiunt  , 
» literis  , onera  magis  exaraxa  , quàm  codices  ; iummoib 
•>  mihi  meifque  permutant  pauperes  habere  fchedulas  , & non  ’ 
» tam  pulclros  codices  , quàm  emendatos.  C’efl:  ainfi  que 
• l’on  imprime  , ou  qu’on  cite  toujours  ce  pafiage  ; mais  au 
» lieu  de  ces  mots  uncialibus  literis  , les  lettres  onciales  ou 
..  d’un  pouce  , M.  Cafley  croit  qu’il  faut  lire  initialibus  li- 
» teris  des  lettres  initiales , ôd  il  fo  fonde  fur  l’autorité  de 
>»  ( I ) plufieurs  mlT.  & fur  la  manière  ufitee  de  lire  de  tels 
w mots  ambigus  , qui  eft  de  choilîr  la  leçon  , qui  s’acorde 
>»  le  mieux  avec  le  bon  fens.  On  comprend  d’abord  , dit  M. 

»•  Cafley , que  par  initialibus  literis  , il  faut  entendre  les  let- 
» très  , qu’on  a coutume  de  mettre  au  commencement  des 
» livres  , des  chapitres  , ou  des  paragraphes  , lefquelles  on 
«•  apele  capitales  : & fi  un  livre  étoit  tout  écrit  de  ces  let- 
..  tres-là  i ce  feroit  véritablement  un  fardeau  plutôt  qu’un 
« livre  , comme  le  remarque  S.  Jérôme,  Et  nous  avons  en.. 
» corc  aujourdui  de  vieux  livres  de  cene  elpcce.  Mais  que 


(i)  Lci  a(T.  dont  Callcy  l'aBCorilc  , 
fooc  aparammcnc  Ici  mémci  , c|nc  Ict 
nouveaux  ddiccuri  de  S.  jdrôme  cicenc 
daai  leur  noce  : Dut  (t)  »$ii  im  mf.  frt 
mtfUUhii  Ifgwu  teJm  ftnfn  imii/ûihii, 
Mail  CCI  favans  ont  fait  fi  peu  de  cas  de 
ce  petit  nombre  de  mil',  (.cuifcre  iôrc 
recens , cju’ils  ont  coufervd  dans  le  texte 


muUlHut.  La  diücultd  de  lire  les  plus 
anciens  mlT.  a fait  &ire  beaucoup  de 
fautes  à ceux  ijui  les  ont  copiés  dans  des 
tems  éloignés.  Un  eopiile  mal  habile 
n'aura  point  entenda  le  terme  d'onciatc. 
Il  lui  aora  !ublbtué  celui  d'ininale  plut 
connu  , 3c  plus  ordinaire. 


Diyi  1^.-;  i;y  Coogk 


DE  diplomatique:  JII 

■m  faire  de  ces  litene  unciaUs  , ces  lettres  tondues  d’un  pou» 
i>  ce  ? Où  a-t-on  trouvé  , que  les  anciens  écrivoient  des  li- 
u 'vres  d’un  fi  monllrueux  caraâère  ? Et  fi  l’on  en  a écrit  de 
» tels  i d’où  vient  qu’il  n’en  relie  pas  la  moindre  trace  ? •• 
On  peut  voir  dans  la  Bibliothèque  britannique  , d’où  ceci 
. cil  extrait  , les  railbnemens  par  lefquels  le  lavant  Anglois 
s’éforce  d’étayer  fa  conjcélure  , & les  conlcquences  erro- 
nées , qu’il  en  tire  contre  l’exiftencc  &c  la  vérité  des  écri- 
tures onciale  &:  minufcule  au  tems  de  S.  Jérôme. 

Mais  les  éforts  de  M.  Cafley  & de  fon  panegyrille  n’ont 
pas  fort  ébranlé  les  antiquaires  (a)  d'Italie . Quelques  - uns 
néanmoins  frapés  de  la  prétendue  découverte  du  docle  An- 
glois prièrent  M.  Afiemani  , célèbre  par  fa  profonde  érudi- 
tion , de  confulter  les  meilleurs  mlT.  de  la  bibliotlièque  du 
Vatican  ; afin  de  s’afl'urer  une  bomre  fois  de  la  véritable  le- 
çon du  texte  de  S.  Jérôme,  Le  favant  prélat  , après  les  avoir 
bien  examinés,  atelle  (b)  qu’ils  dépofent  unanimement  con- 
tre la  prétention  de  Calley.  Parmi  ces  mlT.  il  y en  a plu- 
fieurs  des  VII.  & viii*.  fiècles.  Tous  fans  exception  por- 
tent la  leçon  contellée  , uncialibus  , ut  vulgb  aiunt , liieris. 
C’ell  ainfi  que  les  conjeâures  trop  hardies  de  nqj  critiques 
modernes , fe  trouvent  fouvent  combatues  par  les  monumens 
de  la  vénérable  antiquité. 

Du  relie  on  a toujours  vu  (r)  dans  le  paflagc  de  S.  Jérôme 
des  lettres  d’une  once  , &c  jamais  des  lettres  initiales , donc 
la  melure  n’a  rien  de  fixe.  Plufieurs  planches  de  notre  IIP. 
tome , repréfentant  des  pages  entières  de  mlT.  en  onciale , 
ou  plus  qu’en  onciale,  prouveront  que  Cafley , ou  l’auteur  de 
b Bibliothèque  britannique , dit  à tort  qu’il  ne  relie  pas  la 
moindre  trace  de  cette  écriture.  La  capitale  étant  fufcep- 
cible  de  diferentes  grandeurs  , a pu  être  apelée  onciale  au 
lèns  de  S.  Jérôme.  Celle  dont  il  parle  , quoiqu’elle  eût  été 
originairement  haute  d’un  pduce  , éc  qu’elle  eût  emprunté 
le  nom  de  fa  méfure  , pouvoit  bien  ne  l’être  plus  en  rigueur 
de  Ibn  tems.  11  l’infinue  par  ces  mots  , ut  aiunt  : mais  les 

(i)  V»eUla  liitr»i  (c)  HùnnjmHi  I ociginaitcincnc  la  hauteur dci  letttei  on- 
muUigiitlMupcUifü  cTmfftmdimt  txvMdi.  I cialca  { maii  non  pasla^ng^âw  , comme 
Kutialrm  {J)  MbiiuJlium  ftHiturtm  iwttl-  j le  rdpite  le  grand  OiUiooaire  de  Tidroux 
tiH  yid  4fi , diiiti  fjf  tritntu.  Telle  droit  f de  la  dernière  cdicion. 


II.  PARTIE. 
SacT.  III. 
CHa».  X. 
AiiTic ti.  IL 


(m)  Blxnfhini 
vindic,  cMn.fcript^ 
f.  CCCXCVIII. 


(S)  M/d, 


(«)  Sydtmm.  r. 

dt»g*. 

(d)  IM.  lit.  T. 


DiOi  iZ(  : by  Googli 


II.  partie. 
s t CT.  III. 
Ch  AP.  X. 

/^1LTICI.1.  II. 

ITfige  de  récti- 
luic  onciale  : là 
dutde  & fa  fia. 


(«)  Dtnüfin" 
1-47. 


(t)  Hitict  t.  l 
frtfat.f.  }1. 

(c)  Dt  re  dtflom. 
t-  47- JI- 


j,i  NOUVEAU  TRAITÉ 

lettres  ne  laiflbient  pas  que  d’en  être  encore  fort  g^an-' 
des , telles  que  celles  des  épitres  de  S.  Paul  , gardées  à S. 
Germain  des  Prés,  &:  celles  du  fameux pfeautier  de  la  même 

«bbaïe.  _ _ , . 

IV.  Lorfque  S.  Jérôme  préfère  aux  mil.  en  écriture  on- 
ciale les  Tiens  qui  n’avoient  point  d’autrç  mérite  que  l’e-  . 
xaêlinide  ; il  femble  dire  que  l’onciale  n’étoit  employée  qu’en 
faveur  des  riches  & pour  écrire  les  livres , qui  dévoient  fer- 
vit  dans  les  églifes.  On  peut  donc  croire  qu’aux  iv.  & tt'. 
ficdes  l’ufage  de  la  minufcule  & la  curfive  étoit  bien  plus 
fréquent , que  celui  de  l’onciale  ou  de  la  capitale.  Le  meme 
goîit  dura  encore  jufqu’.au  milieu  du  vi'.  fiècle.  Mais  l’igno- 
rance  &:  la  barbarie  gagnant  toujours,  , les  moines  & les 
Clercs  écrivirent  peu  eu  minufcule  , &c  furtout  en  curlive. 
Ces  deux  écritures  deniandoient  trop  d habileté.  Cat  il  eft 
vifiblc  , qu’il  laloit  alors  bien  un  autre  capacité  qu’aujour- 
dui , pour  écrire  en  curfive.  Excepté  les  gens  d’afaires  ; on 
n’écrivit  donc  nrefoue  plus  pendant  la  fin  du  vi'.  fiècle,  le 
vil'.  & la  moitié  du  viii'.  qu’en  onciale.  Au  viii'  l’u- 
fage  de  la  curfive  devint  plus  fréquent  ; pareeque  les  études 
le  renoiivellcrent.  Nous  croyons  meme  que  1 écriture  , mais 
non  pas  forthographe  , avoir  commencé  à fe  rcnouyeller 
avant  Charlemagne.  Le  grand  ulage  de  1 onciale  , qui  de- 
mande très-peu  de  capacité  &c  beaucoup  de  patience  convient 
donc  aux  ficelés  barbares.  Aufil  dans  le  mlT.  936.  de  l’abbaïe 
de  S.  Germain  des  Prés , voyons-nous , apres  le  milieu  du  vi'. 
fiècle , abandonner  l’écriture  minufcule  un  peu  mêlée  de  cur- 
five, pour  s’en  tenir  a l’onciale. 

si  avant  nous  on  eût  diftingué  cette  écriture  de  la  capi- 
tale ; quelques  auteurs  auroient  peutêtre  exclu  la  première 
des  marbres  &:  des  bronzes , comme  ils  en  ont  bani  malàpro- 
pos  la  minufcule  la  curfive.  On  trouve  cependant  l’on- 
. ciale  dans  les  (<2)  anciennes  inferiptions  lapidaires  & métal- 
liques, Quelques-unes  de  ce  volume  nous  en  fourniront  bien- 
tôt de  nouvelles  preuves.  Les  titres  &:  les  premières  pages  des 
mil'.  Taxons  les  plus  antiques  font  {b)  en  lettres  onciales.  Cette 
’ prérogative  leur  eft  commune  avec  les  mil',  wifigothiques  , 
..  mérovingiens  , lombardiques  , & carolms.  S’il  s^git  de 
la  totalité  des  livres  3 D.  Mabillon  (c)  borne  lufage  de 

l’onciale 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jiJ 
fonciale  aux  plus  magnifiques,  tels  que  font  les  Heures  de 
Charle  le  chauve. 

Notre  favant  antiquaire  (a)  dit  que  l’écriture  romaine  & 
par  conféquent  l’onciale  fut  d’un  grand  ulàge  en  Italie  jifT- 
qu’au  v‘=.  ficelé  ; mais  qu’alors  les  Goths  la  coiompirent.  Cette 
oemicre  fiipofition  eft  fiififamment  détruite  par  les  (i)  mé- 
dailles des  rois  ^oths  , lefquelles  ont  prefque  confèrvé  la 
beauté  du  caraélcre  romain.  D.  Mabillon  (b)  ajoute  , qu’en 
France  on  continua  de  Te  fervir  de  l’écriture  onciale  jufqu’a 
la  fin  du  vi‘.  fiècle,  & meme  jufqu’au  milieu  du  vi  i‘.  A-t-il 
prétendu  par  là  borner  abfolument  la  durée  de  cette  écri- 
ture ; enforte  que  depuis  la  dernière  époque  jufqu’au  renou- 
vellement des  caradères  fous  Charlemagne , elle  n’ait  jamais 
été  employée  ? Ceft  une  conféquence  fophifUque  du  goût 
du  ( c ) P.  Germon.  Mais  quand  on  dit , que  l’uMge  de  l’on- 
ciale a duré  jufqu’en  6jo.  il  ne  s’enfuit  (d)  pas  qu’il  ait  alors 
totalement  celle  : cela  lignifie  que  peu  à peu  on  lui  en  (a) 
fubfUtua  un  autre.  Difbns  mieux  : D.  Mabillon , fondé  fiir 
les  feuls  mlT.  qui  fubfiftent  aèhiellement , a parlé  de  l’ufagê 
ordinaire.  On  n’en  peut  donc  rien  conclure , ni  contre  l’em- 
ploi des  écritures  minufcules  curfives  avant  le  milieu  du 
VI 1°.  fiècle , ni  contre  l’ufàge  moins  fréquent  de  l’onciale , 
depuis  ce  tems  jufqu'au  règne  de  Charlemagne. 

. Le  P.  Bianchini  (e)  ne  fe  fëpare  point  du  grand  nombre 
des  favans , qui  fixent  la  fin  de  cette  écriture  vers  le  vi  i‘. 
fiècle.  Mais  peutétre  n’ont-ils  égard  qu’à  fa  forme  ancienne , 


( I } M Le  vulgaire  Jet  corieaz , die  (/) 
» le  P.  lobert , les  apèle  gothiqacsj  mais 
•>  c'eft  abufer  du  nom  je  faire  sort  aux 
» rois  gechs , du  moins  i certains  d'eux , 
» dont  il  nous  rede  des  médailles , qui 
» ont  confèrvé  quelque  choie  de  la  lao- 
» ne  Sc  de  la  majefté  romaine.  Telles 
» lonc  celles  de  Théodoric , d'Athalaric  , 
« de  Théodahat,  de  Baduela , de  Vicigés, 
9>de  Tejas  , donc  la  ^brique  ed  belle  , 
M le  relief  confid&able  , fie  le  carac. 
9»  tère  coutafait  romain.  Telles  pa- 
« roüTcnr  encore  celles  de  quelques  rois 
* vrandales  fie  goths , que  rapone  An- 
Btoo.  Augudinns  , comme  de  Cuntha- 
n mundus  , midème  toi  des  Wandales 

Tome  IL 


•a  en  Afrique  , de  Chindtsvrindus  roi  des 
» Goths  dans  la  Gaule  naibonoifefiec.  << 
(a)  L'ufage  (remplacer  d'autres  écri- 
tutes,  que  la  majulcole  oneiale  , avoit 
commencé  long  tenu  avant  le  milieu  du 
VII*.  dccle.  La  première  coUeélioa  des 
canons  , connue  du  (g)  P. 'Coudant , 
quoiqu'il  eu  dife , n'ed  point  onciale.  Les 
mlT.  en  curlive  , ou  en  demi-corfive  , 
u'on  avoit  beaucoup  de  peine  i lire , 
epuis  le  z*.  décle , ont  dû,  pendant  les 
cinq  cenit  ans , qui  l'ont  précédé , être 
plutât  détruits , que  les  ma.  en  onciale. 
La  beauté  de  ceux-ci  les  ikilbic  fouveuc 
épaigoer.  D'aiUenis  on  pouvoic  les  lire 
avec  use  méditme  aplicatioii. 

Ttt 


/ 

n.  partie. 

SXCT.  III. 
c H a r.  X.' 
Auticli.  II. 

(a) 

- . A 

(i)IW.Mi. 


(e)Dtv«tr.hà- 
wr.p.440.  441. 
(d)  Vmdic.  vttir. 


(«)  riisdic.ranm.  . 
firift.f.  etxvia. 


( f j Lm  feiairt  t’.'; 
ttUdsilJei.  nnv. 
Uit.f.  }1}.  JI4. 


(g)  Viiulif.  vdtr. 


Digitizsd  by  Google 


•,i4  NOUVEAU  TRAITÉ 

(ans  la  confidérer  comme  revcme  des  traies  accidentels  ' 
II.  P A « 1 1 1.  qu’elle  contrafta  dans  les  tems  pôftérieiirs  ; furtout  lorfqu’ellc 
stcT.  lit  mains  des  peuples  barbares.  Sous  ce  point 

vue,  elle  dura  encore  pluüeurs  fièçles  depuis  le  vu®, 
î).  Bernard  de  Montfaucon  , qui  avoir  fait  ime  étude 
V » . , -A  particulière  des  mlT.  grecs  , atefte  (a)  tfen  ay.oir  vu  aur 
ïun  en  écriture  onciale , qui  fut  poftérieur  au  x'»  fiecle. 
U parle  de  mlT.  des  S S.  Pçrcs  & des  autres  auteurs.  Car 
pour  les  livres  en  onciale  oblongue  , deftinés.  à l’ufage  des 
. , . éelifes  ; il  en  ayoit  trouvé  de  plus  récens.  M.  MafFéi  {b) 

defeendre  jufqu’au  xi®.  fiçcle  là  durée  de  l’onciale  latine.  S’il 
î’agit  de  mlT.  entiers  , écrits  en  ce  car^cre  } il  nom.  per- 
mettra d’en  douter.  Alors  l’éctiture  çapkale  Sc  l’onciale  m- 
tent  tellement  confondues , qu’il  n’eft  pluspoffible  de  les  dif- 
tingucr.  La  confufion  vient  furtout  de  ce  qu’op  a mêlé  cn- 
femble  des  lettres  de  divers  ordre? , de  diverfes  claffes  , dç 

■ ' divers  genres , de  diverfes  efpcces. 


' A R T I C L E I I I. 

£tat  Je  Récriture  majufcuU , conjîdérü  Ja/u  fis  principaux 
genres  , depuis  les  premiers  tems  , jufiu'à  la  renaiffitnc^ 
des  Belles-Lettres  , au  xv^Jücle.  Coup  d’tml  dss  révo- 
lutions de  toutes  les  écritures  latines, 

• I 

POUR  bien  faire  conoitre  l’état  & les  révolutions  ÿ ré- 
criture latine  ; B faut  remonter  aux  tems  de  la  Répu- 
blique & de  l’empire  romam , & defeendre  jufqu’au  dei^t 
renouvellement  des  lettres.  Nous  ofons  nous  flater  que  1 nil- 
toire  abrégée  de  l’écriture  latine  ne  déplaira  pas  aiix  ama- 
teurs de  l’antiquité.  Nous  ne  leur  préfentons  à la  vérité  qu’un 
elfai  -,  mais  c’eft  le  fruit  d’une  infinité  de  réfléxions  & de 

recherches.  . • ± » > 

I.  L’écriture  latine  de  la  plus  haute  antiquité  comparée  a 
HiftoireJe  Fi-  ’ d’Augufte  ; en  étoh  non  feulement  dilhn^ée 

nituteantHuede.  qvmUtés  acculenteUes  ; mais  auffi  par  la  fmme  effen- 

SIS”  toits  te  4 ^ 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jrïy 
5arl’ah  3^3.  avant  J.  C.  Tite-Live  (i)  rapellè  one  vi^e 
ici , écrite  en  lettres  antiques , qui  , lèlon  ( 1)  Quintilien , 
ne  relTembloient  pas  à celles  de  Ibn  tems.  Voila  donc  dès 
le  conunencemcnt  de  l’empire  , au  moins  deux  fortes  d’é- 
critures latines  bien  cataâérifées.  Des  témoignages  certaihs 
en  conftatent  l’exiftence  , & ne  laiflcnt  aucune  relTource  au 
doute.  On  n’en  doit  pourtant  pas  conclure  , que  l’ufage  de 
l’écriture  antique  fut  alors  totalement  aboli  , nuis  qu'il  n’é- 
toit  plus  à la  mode. 

Pouroit-on  fe  flâter  de  voir  rétracer  fous  nos  yeux  cette 
ancienne  écriture  , d’après  des  originauk  inconteftables  ? 
C’elb  furquoi  nous  ne  croyons  pas  , qu’on  piiilTe  hélîter  ub 
moment.  Refte  à favoir  jufqu’à  quel  degré  a’antiqiüté  il  fàilL 
dra  les  reculer.  Peutêtre  ne  fauroir-on  produire  aucun  mo^ 
nument  , dont  la  date  précile  devance  de  plus  de  300. 
ans  la  nailfance  dü  Sauveur  ; il  ell  cependant  très-probai- 
ble  , qu’il  eh  exilte  encore  de  plus  anciens , au  moins  de  deox 
fiècles.  I 

Si  deiix  des  tables  de  Gubio  égaloient  par  leur  antiquité 
celle  des  Pélalges , à qui  l’on  en  atribue  la  compofition  -,  ü 
fie  feroit  pas  polllble  dé  montrer  un  plus  ancien  modèle  des 
lettres  latines.  Mais  leur  conformité  avec  les  caraâcres  d'eii- 
viroh  deux  cents  ans  avant  J.  C.  les  a fait  te^rder  par  pliu 
fieurs  favatlÿ , plutôt  comme  des  copies  ou  pièces  renouve- 
lées, que  comme  de  véritables  prototypes.  Elles  (3)  ne  (ea 
ront  donc  miles  > qu’au  niveau  des  Loix  romaines  agraires^ 
du  Sénatus-confulte  contre  les  Bacchanales , de  quelques  mé- 
dailles eonfûlaires  , Ou  couc  au  plus  de  rÉilctîpciOn  drelT^ 
en  l’hônneur  de  Lucius-Barbatus.  Au  défaut  d’une  antiquité 
ptodigieufe , que  fembloienc  aflurér  à notre  écrihtré  ces  ta* 
oies  eugubines  , eftiméesde  plus  de  trois  mille  ans  ; les  inl^ 
cripcions  de  la  fécondé  Sc  ttoiüème  eQièce  du  premier  genre 


II.  PARTIE. 
SiCT.  ni. 
Ch*».  X. 

Aa-rict».  ‘rn. 

ouiiircules  oa  ca> 
piules  <hi  fiètlc 
d'Augufte  , l'an* 
cicooe  te  la  nou- 
velle : monujiKAs 
de  la  iHcmiéit  : 
elle  fe  divilë  jn 
irrdgulüre  de  tof* 
tique  , en  tfgitm 
Uît«  te  fblie. 


(j)  vtlufl»  fjt  frifiii  Uurùvtr- 

ii/jnt  ut  ^ frâur  mMUmut 

fit  , idihut  Stfttt^Akut  liuvitm  fmM. 

(1)  lit»  (i)  vttli/Hfimtt  trtutfet  lem- 
, Ijmlmi  é>  ftutàtrêt  tttttd,  me  fi- 
müu  hit  neftrit  tmrum  ftrmd  futruta. 

(?)  Notte  première  pliathc  des  écri-  

mecs  lapidaires  te  mètaUiqocs  repedfeate  J genre  tcc. 


1.  modèles  eu  lettrés  latiaes  des  abfèséè  WT*. 

Gubio.  [.genre. j^c^éce,aota.l'’.tC4'*  7- 

Ceux  de  la  loi  tomaine , du  Sènaeus-con-  ,,  ^ , 

fuite  , te  de  Lucius  BèÂacns  leïnpURent 

ue  toute  la  V.  efpèèe.  Let  mèdUF-  7* 


pcelque 


iss  indiquées  dans  le  teite  iôat  Mtôc 
de  la  même  c^dce  te  de  la  t*.  dn 


T etÿ 


Dig.V  ' ’ >y  Goog 


jii  NOUVEAU  TRAITÉ 

^SSSSSSS^  (Je  nos  écritures  lapidaires  & métalliques  , quoique  de 
II.  PARTIE,  beaucoup  poftérieures  à cette  époque  , répondront  fufifam- 
Chap.  ‘X.  ment  aux  caraûères , qu’avoient  en  vue  Quintilien,  Tite- 
Axticls.  III,  Live  & les  autres  anciens.  Ceft  tout  dire  qu’elles  font  tirées, 
d’après  ce  que  l’Italie  a déterré  de  plus  antique  , depuis  trois 
fiècles.  Avant  leur  découverte  , les  tables  eugubines  mifes 
à part  ; le  monument  érigé  à Lucius  Barbatus  ne  cédoit  le 
premier  rang  à nul  autre , fi  ce  n’eft  peutetre  à quelques  mé- 
<«)  Vfit-m  U dailles.  La  colone  roftrale  de  Duilius  (a)  eft  à la  vérité  d’une 
date  plus  ancienne.  Les  antiquaires  (é)  tôutefois  paroifTenc 
(i)  sirmmdi  •-  moûis  difpofés  à la  croire  originale , que  rétablie.  Ne  pouf- 
jçj  pijjj  JqJjj  Ig  dénombrement  des  inferiptiotK  an- 
riques.  Il  fufit  de  jeter  les  yeux  fur  les  quatre  premières  ef- 
pèces  de  notre  premier  genre  des  écritures  lapidaires  ôcmé- 
talliques  , pour  y voir  ralTemblé  tout  qu’à  cet  égard  l’anti* 
quitc  nous  a tranfmis  de  plus  précieux.  Ces  morceaux  peu- 
vent (e  partager  en  trois  âges.  Les  plus  récens  précèdent 
rère  chrétienne  de  près  de  deux  cents  ans.  Plufieurs  des  gen- 
res fiiivans  renferment  encore  quelques  pièces  , qui  ne  re- 
montent pas  moins  haut. 

Déjà  l’infcription  de  Lucius  Barbatus  , les  épitaphes  des 
Furius  , les  loix  agraires  & romaines  , & autres  monumens 
encore  plus  antiques  , avoient  perdu  quelque  choie  de  l’an- 
cienne rudefie  des  écritures  latines  ; lorlqu’on  vit  paroitre, 
fi  meme  on  ne  doit  pas  la  faire  remonter  bien  plus  haut , 
une  fécondé  branche  de  vieille  écriture , mais  plus  polie  &c 
particulièrement  afeûée  aux  médailles.  Touche-t-elle  à l’ori- 
gine des  caraâères  LuiusîEll-clle  cm.anée  de  cette  écriture  rude 
& grolfière , cftimée  la  plus  antique  ? Seroit-elle  née  du  com- 
merce des  Romains  avec  les  Grecs  , long  tems  avant  (jue  les 
derniers  eulTent  fubi  le  joug  de  l’empire  ? C’eft  furquoi  nous 
ne  voyons  pas  qu’on  puilTe  aifément  fe  décider.  Pour  l’or- 
dinaire on  fe  contente  de  la  reculer  jufqu’à  la  première 
guerre  Punioue.  Mais  on  a des  As  d’une  écriture  à peu  près 
mmblable , de  beaucoup  antérieurs  à cette  époque.  Il  fem- 
• ’ ii\0  ( ) bleroit  donc , que  dès  la  plus  liaute  antiquité  , les  Romains" 
auroienc  au  moins  eu  deux  fortes  d’écritures  capitales;  l’une 
impolie  , & qu’on  peut  traiter  de  ruftique  ; l’autre  plus  ré- 
gulière , ôc  donc  on  ufoic  , furtouc  dans  les  fabriques  des 

3 3 'i' 


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DE  DIPLOMATIQUE.  nj 
monoles.  Quoiqu’il  en  foit , fi  les  monumehs  de  cette  écri. 
ture  n’égalent  pas  ceux  de  l’autre  en  antiquité  ; l’on  ne  ûu-  partie. 
roit  prouver , qu’ils  s’en  éloignent  confidérablement.  , c*h  a^p.*x.' 

U,  Le  caraâcre  le  plus  univerfel  des  anciennes  écritures  a.  r t i c i.  * lir. 
latines  fe  manifefte  par  des  traits  ordinairement  obliques,  fans  Quelle  droit  u 
bafes  ni  fommets.  L’égalité  des  hauteurs  fe  trouve  mal  obfer-  écriture 
vée  dans  la  ruftique.  Si  certaines  lettres  de  l’une  & de  l’autre  la^nSi- 

éprouvent  des  altérations  de  figures, capables  d’embaralTer  ; la  que. 
plupart  ne  font  pourtant  pas  fort  dificiles  à reconoitre.  A peine 
en  excepterons-nous  celles  de  quelques  vieux  monumens,donc 
l’écriture  ofte  d’abord  un  coup  d’œil  afle;t  étrange.  Là,  pout 
ne  point  relever  ces  tournures  infectes , que  prennent  quel^ 

auefois  d’autres  ëlémens  ; les  A D E F^L  O P Q font  fujets  ^ 
es  irrégularités  de  forme  & meme  à des  variations  , qui  leur 
donnent  un  air  bien  diférent  de  celui  des  belles  inferiptions 
du  ficelé  d’Augufte.  Mais  fi  les  CMaûcres  de  ces  deux, écri- 
tures antiques  ne  s’acordent  pas  toujours  avec  les  nôtres 
quant  à la  figure-;  les  traits  hétéroclites  & grolTiers  n’afeç- 
tent  que  la  ruftique.  Exemtedes  irr^ularités  de  la  grollière  „ 
l’autre  donne  à toutes  fes  lettres  une  égale  hauteur.  Mais 
fes  extrémités ‘font  ordinairement  plutôt  arondies , que  tran- 
chées. Leur  ancienne  forpie  oblique  ne  fe  redrefle , qu’a.-i 
vec.laplus  grande  lenteur..  Si  leur  contour  & leurs  repris 
n’ont  rien  de  choquant  ; ils  ne  fe  diftinguent  pas  non  plus 
par  cette élé^te  iymmétrie,  propre  aux  écritures,  qui  pré- 
cédèrent qu. ^virent  inunédratemeiu  rincatnation  du  Fils 
de  Dieu.  La  belle  écriture  ..s’acréditoit  de  toutes  parts , que^ 
la  ruftique  ( r)  fç  .nudiuoipit  eocore  datuquelquec.cpinsidpi 
ren>pir«*  .Il  fem^e  meme  , nu|eUe  qic  epujoup  à Romefeçt 
panilànSï  Totalement  banie,û<3,mé^iftçs.;  pllq  qe  celH^r  j%f> 
niais  de  fe.  montrer  de  tems  çp,  tems  & lut  le  l^^ç^e 
le  marbre.  i 'i'’,  t'-  ■ «f  ''  i’.'i  ■ o r' , ,j 

' Mefuret  la  durée  de  fa  primitive' f^plicité  fur  celle  des 
moeurs  dé  la  République  comaine  ,avatKÎes  gnerre^Puniquq$;i 

; iD  'J  . 'J.  -,  i;  'J  T -j!»  ^ ’Wulij  (n) 

^coU  ra^:^au  licnqDÿ 
lU  caiÜél  lia  moini  cèllc-cî  le, 

^ue  U grèqoe , donc  il  ('agit , a plui  d'a> 

' :aTccaoa«o(KialC. 


let  exploits  d'Hercule  étoient 

CNiuac  fui  dciix  («iDiKa.  Ma^  cote  I 



...  r.i*. 


.n.‘. 

(s)  Animjuh.  i 
/.  «I. 


Digitizt;d  l)y  Googl 


II.  PARTIE, 
si  CT.  III. 
Cha».  X 
A X T 1 C L Z.  III. 


•jif  NOUV’EAÜ  TRAITÉ 

c’eft  une  ïîipofiticHî  avsmcee  lëgéremeift  , & démentie  pat 
les  faits.  Il  eft  des  commcncemens  de  réformacion  d’écritu- 
re certainement  antérieurs  à l’époque  énoncée.  D’un  autre 
, côté  les - preuves  d’une  continuation  poftérieure  du  caraftère 
krégidiet'  font-  fans  nombre  , &:  fc  fuccèdent  de  fiècle  eU 
fiècie.  Malgré  le  changement  de  l’écriture  antique  en  mieux  , 
' «ne'dë  -fes  wanches  perpétuée  fur  les  marbres  3c  fur  les  ta- 
' blés  d’airain-,  avec  le  tems  lîm]d£6ée  de  plus  en  plus  , in-t 
fcrifiblemcnt  dégagée  de  la  fflupatt  de  les  traits  grofliers  SC 
ftipetHus  , parvint  enfin  vers  le  milieu  du  fécond  liècle  à 
coûte  la  perîéélion , qu’cllfe  pouvoir  prétendre  , lins  changer 
dé  nature.  Ainfi  réformée  par  degrés , elle  pouvoir  quelque- 
fois ne  pas  déplaire.  Elle  atok  au  moins  i’avaâca^e  d’étre 
fort  aifée  à tracer  ; au  lieu  que  l’élégànte  dela^idoïc  Autant 
d’adrelTe,  que  de  foins  & d’atentions.  S’il  étoît  prouvé,  qu’elle 
fut  diférente  de  l'ancienne  éxsirare  tllllique  j on  ne  pouroic 
difeonvenk  , qu’elle' n’en  tînt  beaucoup  , -pat  l’iité^àtlcé 
tant  dé  lés  traits  , que  de  là  forme.  Comiéé  elle  , touvédît 
on  la  ckwve  négligée , jufqu’i  ne  êtté  garnie  de  fomi 
mets  Sc  de  bafes.  La  refiémUançe  de  l’àncique  à l’antiquè 
grolGère  de  divers  ^es  n’eft  pas  plus  grxMle  j que  celle  dé 
ht  raftiquedu  premier  fideté  ^éc  là^'|Aus! 

deroe.  On  a donc  fojet  de  étoite  V “'ea  forinSefié:* 
méat  qn\me  contmuatSéiii' rfh  : -, 
Ses  plus  anct<ms^(r)  nibdÊIâi)  1!  l’on  pPétend  la  diftinguet 
de  l’antique  , lemontaont  fédque  au  commencement  du 
premier  fièdé  r ténls  aUqt^  les  ■ lettres  capicale!s  des  Ro- 
maiiu  aŸtd^îflftSill' 1^  Làut  pdinc  de  perfoâÂon.  Or 
n’ell-ce  m B|fetfeRer  de  hien  jpi^  iüx  ldetniérs  mohuitiens 
dé'liviâiBë  laftüfe  ? Quahd  éû-felte^les  pièces  de  coit^rf 
ièntj'pehdant  tm  ou  deôxEecles  : fi  La  chaîne 
des  tapons  n’eft  pas  encore  rompue  au  bouc  d’un  li  long  elpace;^ 
Ikr^têBve  de  là  dèfifëudânce  inunédiace  dé' tes  deux  écri- 
niR£  ,n’endeVilaitfi!a-queplusdëdfîVe,'Gntkpaiez  le  otsStfà 
U4Ü  JJUr.  (a)  d’hofoitalité  , de  Patronat , fie  de  Clientèle  entre  Caius 
difUm.f.  }i.  55^  AViolac  à^üSie  part,  fie  lè  féoac  fie  la  ville  de Th^- 

én  Afxiiÿié  dé Taucie  :jcôinpatez-Ie  , difoos>nous 

* ' t ^i)  Oâtre  dxHteof  ae  cette  I oeftÎAaai .wi geotc 

icnnKVÿ^vs^M^AM^ciafiaaii^a  | catict  £uic  coooim 


DE  DIPLOMATÉQU.F. 

avec  le  Sénati«  confulte  contre  les  Bacckanales  ; vous  y rc^ 
jçnarquerez  nioms  de  diférence  , qu’on  n’en  devroit  atendre 
d’une  difUnce  de  zoo.  ans  dans  le  meme  genre  d’écriturv. 
L’hooncce  congé  , acordé  L’^n  $8.  à des  vétérans  par  l’em- 
perçur  Galba , ne  s’éloigne  pas  beaucoup  pins  du  goût  aa. 
çiem  Pliilippe  dc^  la  Tout»  éycqued’Adru,  dans  fes  Frag, 
tnçns,  Cfl.)  d’mfcriptions  4es  Frères,  Arvales  , a fait  gra^i 
deux  modelés  (4)j  d’écriture  ruftique.  Les  lettres  y font  fort 
irréguliètas , mais  un  peu  moins  dans  la  première , que  dans  la 
füçonde.  AulUçeUc-la  fut-elle  drelTée  l’an  8 1.  & celle-ci 
l’an,  1,85.  Si  pendant  l’intervale  de.  l’une  à l’autre , le  carac- 
tère élégant  perdit  quelques  degrésr  de,  là  beauté  ; faut-il  s’é* 
tonner  de  voir  le  ruftiqun. devenir  ua  peu  plus  mauvais 
fans  pourtant  ramener  toutafait  le.  tour  antique  ni' s’en 
écarter  au  point  de  le  rendre  méconnoilTable  ? ’ 

Avant  la  dernière  date  , elle  avoir  aquis  infenfiWement 
une  forte  de  rcgulanté  , rjui  lêmbU  l’avoir  élevée»  entre  le 
çommencoBejîit  fif;.le,milieu,da  fécond  fiècle  au  d®nk» 
période  de  foq  élé|^e.  Mais  ce^  élégance  , inife  en 
rallcle  avec  de  la  belle  écruuœ  , paroit  ime  véritable 
barbarie.  Du  moins  fimple  & négligée , fi  die  cft  tracée 
avec  beaucoup  d’aifapce  ; n’eû-eüe  jamais  travaillée  ni  avec 
art  ni  avec  délicateffe.  On  en  peut  juger  p.ir  la  pièce  (i) 
diplomauquc,  raportée  à la  page  70.  de  la  Bulle  d'or  des 
enlans  romains  de  qualité,  que  nous  pourons  repréfen- 
ter  ailleurs,  L’mfluence  du  bon  goût  général  jufque  fur  l’é- 
criturc  ruftique  , fut  bientôt  luivie  d’une  grolfiéreté  plus 
marquée  ; qiioiqu’avec  les  raqmcs  giadations,  pat  lelqueyes 
r écriturq  anuque  s’étoit  peu  à ;pea  dépouillée  de  fa  Ptimicîvd 

(i)  Lts  caraâères,  dit  M.'Tîcsroni  , âwc‘'piii» 'je  ’Ji 

»n  foDt  U)  un  peu  rufti<iuej  iodgaux  l'es  blus  habHef Tonoüfeî^ Au 
& rouTcnc  lids  les  uns  avec  les  autres,  l'inlctiption  comparée  aux  écrituru  a» 
SiU  o^çoienr  pas  ptécifémeut  leur  même  genre  , inSicienre^fc  ‘ 

«»-»  con-  oe  poulie,  Æ dTp3af,^aSn2î^  ' 

lUiflC  tdQt  dc^Vrrr  on^  <kaKini*n  • »a1  r 1 /*\  t _ . ^ 0f>VCD«15 


détcrminetolt  aifé^ntl  ” p7cm.c^Ticirr:c2m;  f 

«fcr.pt.onaux  bas  fiieles;  fameux  a les.  c[empl”eo„t4 

Woure  en  vue  As  critiques  fupetficiels  , noméM»Sa»conféqu«(t 

^81  fur  oae  légère  teinture  de raoriquité  ..  ... 


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fto  NOUVEAU  TRAITÉ 

rudeïTe.  Encore  ne  faût-il  pas  s’imaginer , que  cette  écri- 
II.  PARTIE,  cure  alant  une  fois  de  mal  en  pis  , ait  tout  d’un  coup 
c*h7'?”x!  également  répandu  la  dépravation  fur  tous  les  monumens, 
A a T I c 1 1. . ilL  gravés  de  cette  manière.  En  cela  comme  en  toute  autre  cho- 


le  plufieurs  réclamations  de  fait  éclatèrent  en  faveur  du  bon 
gow.,  ou; d’un  goût  moins  mauvais  ; avant  que  la  corrup- 
tion, gagnit  partout  & devint  univerfelle.  On  pouroit  ici 
multiplier  les  exemples  ; mais  pour  favoir  à quoi  s’en  tenir , 
par  raport  à l’état  de  l’écriture  ruftique  , depuis  le  premier 
ficelé  , iufqu’au  vi'.  il  fufit  (i)  de  donner  un  coup  d’œil  fur 
le  fécond  genre  (i)  de  la  planche  XXIV.  En  le  compa- 
rant avec  le  premier , on  verra  cette  écriture  retomber  affez 
promptement  dans  une  (3)  rufticité  plus  grande  , que  celle," 
d’où  elle  étoit  fonde.  Après  avoir  obfervé  l’écriture  grot 
fière  dans  des  monumens  du  tems  des  empereurs  (4)  Galba , 
Tite , &c  Commode , 6c  l'avoir  fuivie  , pour  ainli  dire , fans 
interruption  durant  les  1 1 1.  iv.  6c  v'.  fiècles  ; comment  un 
antiquaire  de  la  force  de  M.  Buonarruoti  n’a-t-il  pas  aper- 
çu , qu’elle  ne  pouvoir  être  qu’une  émanation  de  l’antique 
latine.  : Eft-ce  pour  avoir  perdu  lé  fil  , qui  les  unifibit  en- 
femble  , ou  pour  n’avoir  vu  dans  l’ecriture  ruftique  des  qua- 
tre piemiers  fiècles  , qu’un  dépéiiftement  des  plus  beaux 


■j  ) ■ 

(0  Oa  peut  aufli  conruiccr  les  inf- 
ctlptioHS en  cette  ccritute  des  ni.  iv. 
te  v'.  liècles  , recueillies  par  M.  Buo- 
oarmoti  , dans  Tes  Obfcivacions  , tou- 
chant quelques  ftagmens  de  eaics  anti- 
qucide  verre  Nous  n'en  Ipdcifions  qnp 
«rois , qui  portent  lem  date  • b première 
cft  de  l’an  ijj  : bTefoadc  de  M7.  ou. 
S JO.  Touter  les  dcua  font  contenues  dans 
Icj'.genrede  la  l'.dnrdîon  de  nos  deritu. 
tes  lapidaires  St  mdlolfi^s.  La  j*.de  l'an 
jj».oeDpcIe4*-nu>S<^'>*  !*• 

1.  genre  , l*.  dirUion  , radine  claSê. 

(1)  La  S*.  Ibnrniraplulîcuis  raorccaua 
dans  le  mime  goût.  Notre  i*.  diviCon 
en  reofcirae  auRi  divers  modèles. 

( j)  Que  penfer  après  cela  de  cette  (a) 
cè^e  de  Struve  : plus  les  lettres  de  l'an- 
cienne detsture  romaine  font  indgales  te 
iadgulièrct  j plus  elles  font  antiques  ? 
PInneurs  auteurs  ne  laiiTcot  pas  de  pro- 
fokt  comme  fuie  use  règle  lipeaciâât. 


Veytt-Ufrif.  dXrià  fut  U mf.  iltt 

pitt  de  S.  Btfiit  dt  Vmtil. 

(4)  L'hondte  congé  , qu'il  fit  ddli- 
vrer  à des  foldats  vétérans , fut  expofé 
l'an  <8,  au  Capitole  fur  une  table  de  , 
bronze.  Tcanfetit , comme  pour  fervit 
(Texpddition  à quelques-uns  d'cna'cax, 
fur  une  tablette  de  : cuivre  r M.  MaRdI 
l'a  (ait  reptdfcnter  d'après  l'original  dans 
fon  hifloire  diplomatique.  Les  caractè- 
res en  font  gremers  te  dans  le  goût  ami- 
nue.  Ce  goût  fe  montre  encore  plus  k 
découvert  fur  deux  autres  ublcttea  écri- 
tes l'an  17.  de  J.  C.  te  Egutéep.  j8.  do 
même  livre.  L'écriture  ne  le  cède  guère, 
en  rudefic  aux  plus  anciennes  j te  cepen- 
dant toutes  ces  tablettes  furent  ttanferi- 
tes  te  gravées  à Rome  même.  Les  deux 
tables  arvales , dont  Philippe  de  la  Tour 
a bit  tirer  des  modèles  a ne  furent  pas 
drclTécs  avec  moini  de  (olemnité  tee. 

caraéleres  è 


DE  DIPLOMATIQUE.  -yir 

.Câtaftcres  ? Comme  fi  l’ufage  de  cette  excellente  écriture  eût 
ceflé  pour  lors,  ou  qu’il  eut  difcontinué  d’être  aulli  ordinaire 
qu’au paravant  dès  la  fin  du  premier  ficcle  ! Une  fi  grande  cha?.‘  X. 
antiquité  de  la  prétendue  corruption  devoir  infpircr  d’au-  Aatrcn.  1U« 
très  penfées.  L’ancienne  écriture  des  Romains  ne  fiit  jamais 
totalement  abolie.  Les  plus  polis  d’entr’eux  réformèrent , il 
eft  vrai , leurs  lettres , leur  goût  &c  leurs  arts  fur  ceux  des 
Grecs  : viüoribus  le^es  dederunt  ,•  mais  l’écriture  re- 

nouvelée , quoique  plus  a la  mode  ne  donna  l’exclufion  à 
l’autre  , que  fur  les  monumens  érigés  , au  nom  de  la  Répu- 
blique ou  de  l’empire  , ou  par  les  foins  des  conoifleurs  & de 
gens  atentifs  fur  les  travaux  des  artiftes.  Il  y a plus  : ce  n’eft 
pas  fur  cette  écriture  ; mais  fur  ^e  autre  plus  régulière , que 
l’élégante  fut  réformée. 

III.  On  a tout  lieu  de  penfer  , que  l’écriture  aifée  ou  Ecrirai  capiu- 
eroffière  , foit  comme  ancienne,  foit  comme  ruftique , pafia  leruiUqucoupiui 
dans  (i)  les  mfi:&:  s’y  maintint  perfévér^ment  , pendant  empi^y*e"dlns^l« 
une  longue  durée- de  fiècles  : tandis  que  l’écriture  élégante  ma. 

& •réformée'*h’en  ocupa  jamais  toute  l’étendue.  Des  titres 
&c  des  commencemens  de  livres  lui  furent  quelquefois  aban- 
donnés : mais  au  plus  pour  quelques  lignes  de  fuite.  Dans  le 
premier  cas  , foiivent  elles  furent  entremêlées  de  la  capitale 
fimple  & négligée.  Plus  fbuvenc  encore  la  dernière  y flic 


( I ) Oo  U voie  dans  ceux , dont  Tan- 
tiquiié  cjl  la  p|us  ayècée.  Mais, comme 
nous  n'en  connoiaons  aucun  inconceda- 
blcmcnc  ancécieuc  au  iv*.  iïcclc  : nous 
ne  pcdtcudoDS  pas  faire  remontée  plus 
bautcctce  écriture  avec  une  certitude  cn- 
licte.  Les  traits  hardis  Sc  conftans  , qui 
la  caradUrifent , anoneenr  cependant  un 
âge  bien  fupérieur.  On  en  pouroit  alé- 
gner  de  nouvelles  preuves  , tirées  des 
notes  de  Tyron.  Do  refte  cette  écriture 
rend  dans  les  ma.  une  forme  lî  régu- 
cre  ; qu'on  ne  peut  qu'improprement  la 
traiter  de  ruftique  : le  feulement  i eaufo 
d'une  certaine  analogie  de  tour  & de  fi- 
gures , qui  naiaent  de  la  facilité  de  fes 
traits.  Aua  parait  - elle  dans  ces  livres 
b'baqcoup  plus  polie  , que  fur  les  mar- 
brés '.qêrre  politeae  ne  perte  nulle 
attinte  à une  maxime  tcconnne  pas 

Tome  II. 


les  plus  habiles  antiquaires;  c’eft  que 
l'élégance  ou  la 'barbarie  des  ^écritu- 
res) de  médailles  d'inlcrTpcions  lapi- 
daires S:  métalliquès , eft  proportionée 
à celle  des  mft  : ce  qui  ne  doit  pas  s'en- 
tendre d'une  proportion  tigoureufe , mais 
d'une  conformité  de  goût , de  génie  , de 
traits  , de  caraâére.  Deux  belles  écri- 
tures , l'une  fur  le  bronze  ou  le  mar- 
bre it  l'autre  propre  des  mft.  auront  tou- 
jours des  qualités  diftinâives , & qui  ne 
fauroient  pafter  des  unes  aux  autres?  La 
fécherefte  des  lettres  les  plus  élégantes  , 
mais  taillées  an  cizeau  ou  gravées  an 
burin  & les  traitS  moelleux  peints  fut  le 
vélin  on  le  papier  par  une  excellente 
main  mettront  toujours  une  diférence 
confidérable  entre  les  éeritnres , qui  pou- 
ront  en  réfulter  , quoique  d’ailleurs  foK 
reffcmblantes. 

Vutt 


■ I 


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II.  PARTIE. 
S X c T.  1 1 1. 
C H A P.  X. 

Artigi.1.  III. 


Belle  cipitilc,  fa 
forme  , fes  com- 
mcnerincns  , fes 
principales  cTpc- 
ees  , (Jurait  le 
liaut.l  as&  moyea 
emplie  : pr^fages 
Je  la  chute. 


yzt  NOUVEAU  TRAITÉ 

admife  avec  l’onciale  tour  à tour , ou  même  feule  avec  l’al- 
ternative de  couleur  rouge  & noire.  On  ne  doit  donc  pas 
être  fort  furpn's , qu’anciennement  des  graveurs  de  lettres  peu 
diférens  fans  doute  de  ces  écrivains  , apelés  antiquaices  ou 
calligraphes  , fe  raprochalTent  en  quelque  façon  fur  les  mar- 
bres &c  bronzes  de  l’écriture  des  manuferits,  dont  ils  faifoient 
leur  principale  ocupation.il  n’étoit  pas  nécelTaire , qu’exercés 
■dans  la  curfive  , ili  revinlTent  comme  naturellement  à un 
genre  d’écriture  , qu’on  fupofe  avoir  du  leur  être  plus  fami- 
lier. Auflfi  bien  des  inferiptions  en  lettreJ  hiftiques  & groC- 
lit  res  ne  laiflent-elles  pas  entrevoir  la  plus  légère  trace  d’é- 
crirure  curfive.  Mais  l’antique  devenue  propre  des  m(T.  les 
plus  anciens  , fans  qu’on  puifle  déterminer  l’age  , auquel 
elle  y fut  reçue  , s’y  revêtit  d’une  forte  d’élégance  , dont 
elle  n’étoit  pas  flifceptible , en  tant  que  métallique  ou  lapi- 
daire , & s’y  (butine  avec  éclat , au  moins  durant  cinq  ou 
fix  ficelés.  Aux  X.  & XI.  déchue  des  avantages  , qui  l’a  re- 
levoient  , & chargée  de  beaucoup  d’alliage  , elle  alla  (c  per- 
dre dans  le  gothique  moderne  : û toutefois  fe  dernier  re- 
Tiouvellement  des  lettres  ne  fut  pas  le  vrai  terme  de  fa  durée. 

IV.  Quoique  plufieurs  ficelés  avant  Augufte  , le  progrès 
des  lettres  vers  la  perfèftion  fe  fit  fentir  d’age  en  âge  ; il 
futalfez  lent  fur  les  marbres  & les  tables  de  bronze,  avant  (i) 
l’an  600.  de  Romc,&mcmc  au-delà.  Tant  que  les  figures  les 
plus  antiques  des  lettres , infenfiblement  changées  meme  dans 
la  ruftiqne  ancienne , en  d’autres  plus  aflTonies  à notre  goût , 
ne  furent  pas  abandonnées  prefque  univerfellement  ; l’an-  * 
tique  régulière  ne  ceffa  de  les  employer.  Mais  dès  que  l’u- 
fage  contraire  eut^révalu,  deux  fiècles  environ  avant  Cc- 
far  ; elle  n’afbfta  plus  ces  traits  furanés.  La  grande  réforme , 
qu’elle  éprouva  bientôt  après , tomba  (pécialement  fur  l’ex- 
trémité de  fês  jambages.  Auparavant  ils  avoient  coutume 


, <i)  Sans  didinguer  l'dciirarc  des  mé- 
Jdlks  de  celle  des  autres  bronzes  Sc  des 
(•)Dtniin.mf.  ««»«*»<:$  , Sriuve  <«)  lait  durer  les  an- 
y.  ]c,  etennes  IcKtes  lasiaes  , juiqu’au  tems 

de  Sylla.  C'oH  depuis  , li  Ion  s'en  ra- 
fsntc  à lui«  qu’elles  cofflaicncctaoi  in- 
dénfîbleiiienT  à le  cbaogeien  mieux.  On 
ditoit  même  , (ju'il  doni^crou  pour  Tes 
garans  Tacite  ou  Fliae.  Mais  nous  n'y 


trouvons  nulle  trace  de  ce  prétendu  chan- 
gement. D'ailleurt  U démcntiroit  d'une 
parc  grand  nombre  de  médailles , de 
beaucoup  asnéiicures , qui  ne  retiennent 
pielquc  rien  de  la  forme  amique  : & de 
j'auuc  beaucoup  de  pierres  , de  marbres 
de  de  bronzes  , qui  ia  ooofctYcitnt  long 
icms  après. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  jij 
d’aboutir  en  rond  ou  d’être  coupés  net.  On  en  voit  «ncotte  — 

de  bons  reftes  fous  Jules  Céfar.  On  avoir  à la  vérité  traricbé  n.  partie, 
par  de  Amples  bafes , quoique  peu  réguUèrement , quel<^u^  c«*J'  Ijr' 
piés  des  caraûères  groffiers.  Mais  la  belle  capitale  terminée  RnxiVi».  iit 
par  des  bafes  Sc  des  fommets  corrélatifs  les  uns  aux  autres, 
avec  une  exaûe  fymmétrie,  ne  commence  guère  fin  les  (\) 
monoies  , que  deux  Cèdes  , avant  la  naiffance  de  J,  C,  5c 
c’eft  , à proprement  parler  , ce  qui  conftitue  la  nouvelle  écri- 
ture , & qui  la  diférentie  de  l’ancienne  , en  fupofant  néan- 
moins une  abolition  de  quelques  caraélères  antiques.  Voila 
donc  cette  écrimre  , que  Tite-Live  & Quintilien  diCiq-  ' 

guoient  de  l’ancienne.  Quant  à celle-ci , plus  atentifs  aux  ^ 
gu  res  de  certaines  lettres  , qu’à  leur  fymmétrie,  ils  regardoient 
également  comme  antiques  les  deux  efpèces , dont  nçus  éta- 
bliCbns  principalement  la  diférence  fur  leur  plus  ou  moins 
de  régularité  , fut  leur  plus  ou  moins  de  ppUtelTe. 

Un  Cède  avant  Céfar , l’écriture  réformée  couroit  à fa  pet- 
feélion  par  des  progrès , d’autant  plus  rapides  , qu’elle  ep . 
aprochou  davantage.  La  figure  des  lettres  capitales , 
lors  la  même  , que  celle  des  nôtres  , ne  lailfa  pourtant  pas 
d’acqnerir  encore  dans  la  fuite  certains  agrémens  avec  des 
proportions  plus  gracieufes.  Avec  le  tems  devenue  partout 
dominante , elle  s’empara  des  médailles  , jufqu’à  n’en  per- 
mettre l’entrée  à nulle  autre  efpèce  de  caraâcres  : tandis  que 
l'airain  &c  le  marbre  fe  relêrvèrent  le  droit  de  recevoir  d’au- 
tres fortes  d’écriture , fie  fiirtout  l’antique  irrégulière. 

La  nouvelle  cependant  iè  revêtit  de  fes  belles  propor- 
tions , fie  de  ces  traiu  délicats  fie  charmans  , qu’on  admire 
toujours  , qu’on  n’a  pu  rendre  qu’avec  peine  , auxquels  on 
n’a  pas  fù  le  fixer.  Tranfportée  iiu'  les  marbres  fie  les  tables  , 

de  bronze , die  n’y  fut  pas  feulement  reçue  avec  toute  la 
faveur  Sc  la  dillinélion  pollible  : mais  elle  y prima  , mais 
elle  y réunit  avec  la  noblelTe  de  l’expreflion  , les  traits  les 
mieux  finis  fie  les  proportions  les  plus  exaâes  , dont  elle  < 


(i)  On  en  Roave  plnGean  exemples 
^DS  les  médailles  des  fxinilles  romaines 
de  r^Jicion  de  HaYCtcamp.  ' Le  P.  do 
Molinct  en  ptodnit  noe  , qn'il  pedmod 
iToit  itifétiti  ftui  It  CmfidM  dt  tiMm 


PiStr  i c'eft-i-dirc  l’an  iSt.  ou  lif. 
avant  J.  C.  V.  Nî/I,  delà  ftrtmt  itt  Ut- 
tnt  niuMiut  dant  II  JmriuU  dis  fmMSH 
du  Limdi  )i.  Jtmv.  UI4. 

Vuu  i; 


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II.  PARTIE. 

S ■ C T.  III. 
C H A P,  X. 
>ATICA1  111. 


(a)  Pêlr!  Stgul» 
fiU3.  muni/mul». 
f.90. 


yz4  NOUVEAU  TRAITÉ 
fut  fufceptible.  Arivée  au  comble  de  l’élégance  fous  l’empire 
d’Augufte , fa  forme  fe  fixe  , à peine  elfuie-t-elle  quelque 
•légère  altération  , pendant  plus  d’un  fiècle.  Si  depuis  elle 
commence  à dépérir  fur  les  médailles  ; c’eft  par  les  degrés 
les  moins  fenfibles.  A commencer  au  fiècle  d’Auçufte  juf. 
qu’au  v'.  une  fi  excellente  manière  d’écrire  ou  plutôt  de  gra- 
ver fe  conferva  , du  moins  fur  quelques  marbres , fans  pref- 
ques  éprouver  de  déchets  notables. 

Plufieurs  autres  fortes  d’écritures  du  meme  genre  ne  laif- 
foient  pas  d’avoir  cours.  Celle  , qui  l’emportoit  fur  toutes 
les  autres  , avoir  plus  de  hauteur , que  de  largeur.  Une  au- 
tre moins  dégagée  fe  montre  fur  divers  monumens.  Sa  durée 
égale  celle  de  la  précédente  , &c  la  furpafle  même  de  plu- 
fieurs fiècles.  Une  troifième  branche  de  la  même  écriture 
devint  écrafée , & parut  plus  large  que  haute.  Les  fomraets. 
qui  commencèrent  à trancher  les  &:  autres  parties  fupé- 
rieures  des  lettres , dès  (a)  letems  de  JuleCélar,  fèmblent 
lui  avoir  donné  naiffance  , ou  du  moins  lui  avoir  préparé 
les  voies.  Ses  angles  s’aplatirent  au  iii*.  fiècle  , & fuccé- 
dèrent  en  partie  aux  bafes  &c  fommets  , qui  les  coupoient 
en  les  carant.  Souvent  alors  , & même  deux  fiècles  aupa- 
ravant , on  vit  fur  les  médailles  , les  jambages  des  lettres 
aboutir  en  grifes.  Mais  , après  les  bafes  & Ibmmets  Am- 
ples ; ceux  qui  (cmbloient  naitre  des  extrémités  évafëes  des 
lettres  , préfentent  la  fiiçonla  plus  ordinaire  de  les  terminer. 
Ces  deux  écritures  , d’ailleurs  parfaitement  femblables  pour 
les  contours  , furent  prefque  également  cultivées  , durant  les  • 
fiècles , où  régna  le  goût  le  plus  exquis.  L’une  & l’autre  rem- 
plilfent  les5.  genres  de  notre  première  clalTe.  La  trian- 
gulaire ocupe  le  fuivant  , mais  trouve  bien  moins  de  mo- 
dèles dans  la  haute  antiquité.  Elle  prit  faveur  , au  moyen 
âge,  renfermé  entre  les  vu.  & xiii®.  fiècles.  Les  écritures 
régulières  &c  bien  proportionnées  , à traits  cxcédens  &c  fu- 
perflus  , droits  ou  courbes  , tiennent  un  milieu  entre  les 
belles  capitales  les  rulliques  ; mais  ordinairement  elles 
ont  alTez  d«  rudelTe  pour  être  abandonnées  aux  dernières. 
Notre  VIII.  genre  ofre  des  modèles  & des  unes  & des  au- 
tres. Quelques-uns  apartiennent  du  moins  au  fécond  fiècle  , 
fi  elles  ne  remontent  pas  plu^  haut. 


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DE  DIPLOMATIQUE..  jzj 

V.  Perfuadés  que  les  Romains  n’avoient  qu’une  forte  d’é- 
criture , la  plupart  des  auteurs  la  font  dégénérer  en  moins 
d’un  dècle.  Bornés  à un  petit  nombre  de  monumens  ; ils  n’ont 
pas  connu  l’exiftence  limultanée  d’écritures  polies  , médio- 
cres &c  groflicres  de  diverfes  efpèces  , de  diférens  genres  , 
toutes  contemporaines.  Les  trois  &c  quatre  premiers  ficelés 
en  foumilTent  cependant  plufieurs  exemples.  Ce  qu’on  peut 
dire  à l’avant^e  du  premier  ; c’eft  que  les  exceUens  mo- 
dèles y paroillent  multipliés  avec  une  profùfion  , qu’on  ne 
retrouve  pas  dans  les  fuivans. 

Au  milieu  d’une  infinité  d’inferiptions  d’un  goût  admi- 
rable , tombe-t-on  fur  quelques-unes , dont  les  carafteres  re- 
produifent  foit  les  antiques , foit  ceux  qui  répondent  aux  ré- 
formations  fucceffives , antérieures  à cette  perfeéÜon  d’écri- 
ture, à laquelle  il  ne  fut  plus  pofllble  de  rien  ajouter  5 on  croie 
apercevoir  le  premier  fignal  de  fa  corruption.  A ce  compte 
on  pouroit  la  regarder  comme  déchue  , avant  qu’elle  fut 
arivée  au  plus  haut  dégré  de  fon  élégance.  La  méprife  eft 
grande  , mais  excufable  , par  raport  à des  tems  fi  éloignés. 
Le  fénateur  Buonarruoti  recherche , d’où  peut  venir  une  cor- 
ruption , qui  défigure  fi  confidérablement  plufieurs  lettres  de 
notre  alphabet , mr  quelques  monumens  des  ficelés  les  plus 
polis  de  l’empire  romain.  Il  en  indique  deux  fources  : la  pre- 
mière , l’ignorance  & le  peu  (a)  d’habileté  de  certains 
fculpteurs  : la  fécondé  , leur  origine  (i)  étrangère.  Mais  , 
au  lieu  d’infifter  fur  leur  impéritie  , leurs  caprices , leurs 
erreurs  , comme  fur  autant  de  caufes  de  la  dépravation 
du  beau  caraftère  ; il  juge  plus  à propos  de  s’en  prendre  au 
penchant , qu’avoient  ces  graveurs  à fe  raprocher  de  l’ufage 
déjà  reçu  par  les  écrivains  , de  fe  fervir  d’une  efpèce  de  cur- 
five.  Que  des  fculpteurs  étrangers  Grecs,  Syriens  ou  de  tout, 
autre  pais  , acoutûmés  qu’ils  étoient , ou  qu’on  les  fupofe, 
à former  d’autres  caradères  , & furtout  des  Grecs , livraifent, 
par  un  goût  national  , leur  cizeau  ou  leur  burin  à des  traits 
grolfiers  & ruftiques  , tels  qu’il  fêroit  dificile  d’en  montrer 
alors  de  pareils  dans  l’écriture  grèque  : c’eft  imaginer  une 
caufe,  finon  chimérique  du  moins  bien  peu  capable  d’avoir 
produit  une  révolution  générale  dans  les  belles  écritures.  11 
c’eft  pas  d’ailleurs  pofiible  d’acordet  cette  caufe  avec  celle , 


1 1.  partie! 

Sect.  III. 

Chap.  X. 
Article.  III. 

Décadence  de 
toutes  les  crp^ces 
de  capitales  co- 
maioes. 


)a)  OJftrvMumi 
ftfrM  rntiimi  frmm- 
miiui.f  xvi. 

(S)  liùl,  f.  xvü. 


Diyiiized  by  G --Ogk 


II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 

Chai.  X. 
Aiticie.  III 


NOUVEAU  TRAITÉ, 
qui  Clic  tomber  l’altération  des  caraâcres  fur  le  goût  des 
graveurs  pour  la  curfive  romaine  , dans  laquelle  des  étran- 
gers ne  dévoient  pas  être  fort  exercés. 

Plufieurs  ( I ) autres  favans  d’Italie  ont  également  atribué 
les  écritures  grolfiérement  tracées  à l’ignorance  toute  pure 
des  ouvriers.  Ceux  des  grandes  villes  , a les  entendre  , n’é- 
toient  pas  fujcts  à de  femblables  mécomptes.  Les  infcriptions 
bifares  & mal  faites  ne  fe  rencontrent  , que  dans  les  bour- 
gades ic  les  villes  obfcures.  Ne  feroit-ce  pas  plutôt,  parce- 
que  les  artilles  des  villes  célèbres  , fe  piquoient  de  bon  goût 
& de  fe  conformer  à la  mode  ? Les  autres  tinrent  plus  long 
tems  aux  anciennes  manières  , aprifes  de  pères  en  fils  ? Du 
relie  ne  rencontre-t-on  jamais  dans  les  villes  les  plus  fa- 
meufes  de  monumens  en  écriture  groflière  également  pro- 
pres à conftater  & fa  perpétuité  8c  la  defcentknce  de  l’an- 
tique ? Les  fiècles  les  plus  brillans  en  manquent-ils  d’exem- 
ples , 8c  n’en  avons-nous  pas  déjà  rapotté  plufieurs , tirés  de 
Rome  même  î 

Ces  premières  méprifes  fur  la  vraie  caufê  de  la  corruption 
des  belles  écritures  romaines  , font  fuivies  d’autres  encore 
plus  importantes.  Diftraits  fur  l’age  de  monumens  des  iii. 
8c  iv'.  fiècles  ; nos  érudits,  à la  vue  des  anciennes  écritures 
en  capitales  ordinaires  , mêlées  de  ruftiqucs  , 8c  même  de 
minufcules  8c  de  curfives  , fe  font  récriés  contre  les  Goths  ; 
comme  s’ils  euffent  été  les  premiers  auteurs  de  ces  défor- 
dres.  Ici  ces  fortes  de  lettres  répandues  dans  les  infcriptions 
des  Romains  paroiffent  aux  yeux  de  nos  modernes  non  feu- 
lement gothiques  , mais  encore  aportées  (a)  par  les  Goths. 


(i)  Ezccptoo]-cn  M.  Eicotoni.  Il  ialï- 
nne  (*)  «loûiment,  que  cette  écriture 
I ' pouvott  jtie  d'uD  uTage  ordinaire.  II  en 

rt.f.Tt.  Jonoe  mdme  quelques  exemples  : mais 

il  n’a  pas  connu  fon  union  avec  l’anriquc. 

(i)  M.  Fonunini , datu  Ta  DilTectation 
fur  (aime  Colombe  vierge , regarde  l'd- 
, _ . - etinrte  de  (J)  fon  dpirapne  , comme  bien 

^ Je  l'ancienne  éldgance  des  let- 

très  romaines.  Impolie  .grofliire  & bar- 

«wyi  4 • bjue  ^ elle  exprime  la  forme  , qu’elle 

commenta  de  prendre  un  peu  avant  la 
fin  du  v'.  fièelc  : QwiUt »>ut  ftadi 
* ' y,  ftr\  ùùimm  ijft  «ripir.  la  lettre  A y 


m.  s 


paroitfons  trois  figures.  La  i*.  reficni- 
blc  i celle  des  anciens  Larios  : la  x'.  ell 
dépourvue  de  traverfe  : la  j *.  l’a  brifée , 
avec  un  jambage  alongé.  Ccü  précilE- 
menr  T A tel  que  les  Gorns  le  peignirent , 
dans  leur  alphabet  mocibgothique , lè- 
lon  Hickes , on  dans  leur  tunique , fui- 
vant  Wotmius.  Ainli  parle  le  favaru  pré- 
lat. Aux  conclufiens  tirées  de  cescarac- 
téies  , & d'autres  pareils  en  faveur  de 
rinfluencc  des  Goibts  fur  l'écriture  ; on 
en  peut  opofer  te  de  contraires  te  de  bien 

§lus  jolies.  1°.  Une  iafeription  mêlée 
e prétendues  letties  gothiques  avant  le 


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II.  PARTIE. 
S ICT.  ni. 

C H A ï,  X. 

A R N I c 1 E . m. 


DE  DIPLOMATIQUE.  jiy 

Là , félon  eux  , on  voit  (a)  des  lettres  ( i ) gauloifes  avec  des 
romaines  dans  une  épitaphe  : donc  toutes  les  lettres  font  ro- 
maines hors  L 6*  S , qui  font  barbares.  Et  cependant  toutes 
. fans  exception  doivent  être  mifes  au  rang  des  latines  , quoi- 
que de  diférens  ordres.  On  ne  trouve  (b)  point , nous  dit-on  (a)  D»iinüi»n 
encore  , A’ écriture  de  la  i®.  race  de  nos  rois  , qui  ne  fait 
mélée  de  lettres  romaines  & de  lettres  barbares.  Mais  on 
n’a  qu’à  jeter  un  coup  d’oeil  fur  le  traité  des  monoies  deM. 
le  Blanc , pour  le  convaincre  du  contraire.  Combien  de  mé-  ‘‘"''’i-  '■  '• 
.dailles  de  Thcodebert , de  Childebert , de  Clotaire  premiers 
de  leur  nom  Sec.  en  écriture  purement  romaine  ? Les  carac- 
tères romains , quoiqu’incomparablemenc  fupérieurs  en  nom- 
bre à ces  prétendues  lettres  barbares , avec  lefquelles  ils  con- 
courent , n’ont  pu  ouvrir  les  yeux  à ces  MelGeurs.  Les  Ro- 
mains , à leur  avis  , n’avoienc  qu’une  feule  écriture  capitale. 

■ Point  de  minulaile , point  de  curlive , point  de  majufcule  de 
diférentes  fortes , pomt  de  capitale  , qui  pût  être  diftinguée 
en  (duBeurs  genres.  Les  monumens  contradiâoires , malgré 

■ leur  mulcicuoe  , ne  font  que  des  faits  ifolés  , Sc  qu’il  faut  re- 
jeter fur  la  maladrelTe  du  graveur  ou  fur  le  goût  de  l’étran- 
ger. Ces  préjugés  ont  répandu  de  fombres  nuages  fur  la  foien- 

. ce  des  écritures  anciennes , & jeté  les  auteurs  (c)  dans  bien 
des  écarts.  Parcourons  maintenant  d’un  coup  d'oeil  les  prin- 


commcDCcmcoe  du  v°.  Cccle  , prouve 
^uc  Tes  fcmblablcs  ne  fiuroicnc  être  im- 
putdet  aux  Goclit  ; puiliju’ilt  n'avoicBi 
B3S  alors  «nis  -k  pk  en  Italie.  a°.  Les 
lettres  antiques  des  Latins  , mélécs  avec 
d’amres  d'on  ^oût  réoent , font  aperce- 
voir une  des  iaurces  de  la  comiption  de 
l’écticuic  dans  k «ndlange  de  ces  carac- 
tères. j”.  TI  en  riTulte  , que  les  lettres 
- antiques  s'ètOienc  maintenues  , jaiqu’i 
Ja  finde  l’emptse.  4*.  L'A  Tans  ttaverfe 
.cft  cqopte  d'une  figure  antique  ^ 8t  don- 
*06  uanTance  à une  conclu/ion  , qui  vient 
àl'apuide  la  précédente.  5°.  Enfin  I'  j!^ 
.^ptéteodn  goiliàqne  cft  téeUemeiK  une 
lettre,  qui  des  Grecs  palTa  chea  les  6ot  ht, 
.comme  chez  kt  Coptes  & les  Latins.  Il 
■ . a'eft  donc  pas  plut  é^Rnaot , qu'on  la 
.«stmivc  , dam  l'alphabet  des  (tremiers, 
^QC  dans  icdui  des  antres.  Au  ftirplus 
•OUI  voyoat  hke  k-oôeé  gauche  dci'vL 


moclogothiquc  de  Hickespcolougé.mais 
nullement  la  travetfc  brifée.  A cct  égard, 
Sc  même  à toac  prendre  , la  rcftcrablan- 
ce  de  ces  lettres  Te  réduit  prerque  à rien. 

(i)  Ces  deux  lettres  qualifiées  gan- 
loifes  ou  barbares  ne  Ibnt  que  l*L  ma]uf- 
cnlc  latine  étl'  Y*  corfre  tranchée.LxA 
des  Grecs  poutoit  au  bcToin  nous  feor- 
nir  une  origine  fort  naturelle  de  IX  , 
prétendue  barbare.  Depuis  le  v*-.  ftétle 
furtouc , le  mélaogc  de  quelques-uns  de 
leurs  caraéiètes  avec  l'éctiturc  latine  n'cft 
point  douceuz.  Mais  alTcz  de  monumens 
U de  mlT.  latins  renferment  des  L,  dont 
la  ttavcrlê  aa  lieu  d'être  botizootale  de- 
vient oblique , St  part  même  de  dircts 
points  au-deftns  du  bouc  inâriatt  du 
nmnant , pont  æ pas  noos  tionuer  obli- 
gés d'avoir  icooats  i dea  fôunxs  éaan- 
gèles.  - . 


(r)  Gtrmon  iif. 
crfi.  i.f.  ji.  ji.. 
Difitft.  1.  f.  4y. 
&(■ 


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yi8  NOUVEAU  TRAITÉ 

Il  PARTIE  révolutions  des  belles  écritures  romaines , & tâchons 

sr CT.  I II.  • de  découvrir  les  véritables  caufês  de  leur  dépérilTement. 

Ch  AP.  X.  VI.  Quoique  la  figure  des  lettres  fe  Ibutienne  aflez  bien  , 
A RT  1 c I r.  ni.  pendant  les  trois  premiers  ficelés  j elle  ne  laifle  pas  de  per- 
coup  d cril  Jes  dre  infenfiblement  quelque  chofe  de  fes  belles  proportions , 
«5°Mdc'cUiHcna-  ^ Surtout  de  cette  élégance  , qui  caradérife  fi  bien  l’em- 
nnes.  pire  d’Auguftc  & de  les  fuccefieurs  immédiats.  Les  déclins 

de  récriture  , furent'd’abôrd  prefque  imperceptibles.  Mais, 
des  le  1 1 1'.  ficelé  , elle  fe  dégrada  trop  fenliblement , poiir 
qu’il  foit  poUible  de  fe  dillimuler  fa  décadence.  La  forme 
des  lettres  ne  fut  pas  moins  altérée  fur  la  monoie  , que  leurs 
proportions.  On  cara  les  lettres  anguleufês  , on  arondit  les 
carées.  Les  omemens  fuperflus  , déjà  trop  fréquens  , le  de- 
- vinrent  encore  davantage'  fur  les  marbres  &c  les.  tables  de 
bronze.  On  vit  éclore  de  nouveaux  genres  d'écriture  , qui 
fouvent  expofés  à des  variations  promtes  6c  fuivies  , le  mul- 
tiplièrent en  tant  d’efpcces , qu’il  eft  dificile  d’en  fixer  le 
nombre.  Les  monumens  métalliques  6c  lapidaires  , fans  don- 
ner l'exclufion  aux  caraûcres  irréguliers  6c  rulliques , 6c  fans 
fe  réduire  aux  plus  parfaits  , continuèrent  , il  eft  vrai , juC- 
qu’au  v'.  ficelé  de  repréfènter  l’écriture  réformée  , telle  à 
peu. près  qu’elle  fe  montra  ; lorfqu’on  la  vit  toucher  à l’a- 
pogée de  Ton  élégance:  Elle  n’eut  pas  un  fort  auflî  favora- 
'■  ■ ble  fur  les  jnédailles..  Ses  .pertes  &.  fi:s  déchets  n’y  furent 

pourtant  pas  d’abord  bien  marqués.  Les  premières  ateintes 
• ■ portées  à fa  beauté  s’y  font  fêntir  , mais  bien  foiblement , 
dès  la  fin  du  I . fiècle.  Durant  toute  l’étendue  du  1 1 . fa  dé- 
cadence n’avance  pour  ainfi  dire  que  pas  à pas.  Au  contraire 
depuis  le  milieu  du  1 1 1'.  elle  fe  manifefte  fur  les  ( i ) médailles 
6c  les  rnonoies  aux  yeux  les  moins  atenti  fs , 6c  fembleme- 
rucer  l’écriture,  d’ùnci.  ru.ine  totale  6c  pfécipitée.  L’excès  du 
mal  en  fut  le  remède.  Dès  le  commencement  du  iv'.  fic- 
elé , on  corigea  cetre  écriture  métallique  : 6c  fi  fou 


(•)Ufànttd4i  (O  Sur  les  m^daillef  » rets  («)  le 
midtilltr  MMV.  » tems  de  Dece  ou  comroeafa  à aperce- 

(dù,  />  } f (a  “ l'aJtéraiion  dans  le  caniâdce , 

U qui  perd  fa  rondeur  & (à  netteté  , juf- 
' n qà'àdeTenir  dificile  à lire  , les  N éuot  ' 
•>  faites  comme  des  Af . ainfi  que  l'on  peut 
s>Toii  dans  le  rcrers  P/mtm»  de 


U fcmblables.  Ce'^'H  y à de  particulier  { 
» c'cTl  que  quelque  tems  après  le  carac- 
» tère  fe  rétablit  te  demeure  aficr  beau  , 
» jufqu’à  JulVin  , qu'il  commence  à s'al- 
» térer  de  noi^èaa  , pour  tomber  en- 
» fin  dans  . Ia<  dernière  barbarie  foue 
» Micbel  « couioooé  CB  tii. ‘ 

ancienne 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

ancienne  élégance  ne  fût  pas  toutafaic  rapelée  , on  s’ea  râ- 
•procha  beaucoup.  La  réforme  ne  s’étendit  pourtant , qu'aux  ïi'  f ARXife. 
fabriques  de  monoies , & même  ne  s’y  foutint  pas  plus  d’un  g ^ 
ficelé.  Le  mal  gagnoit  cependant  fur  les  marbres  & autres  A » t i c î t.  ïlr. 
matières  dures  de  toutes  parts. 

- Mais  pourquoi  , comment  &c  par  quels  degrés  l’écriture 
romaine  fe  corrompit-elle  ? Le  plus  ou  le  moiru  d’ufage , 
qu’on  fit  de  la  manière  d’écrire  la  plus -élégante  ôc  la  mieux 
proportionée  , peut  également  fixer  & fon  état  le  plus  flo-  ' 

ridant  & le  premier  degré  de  fa  décadence.  Le  caraéfère 
écrafé , avec  les  aplatifiemens  des  angles  en  lurent  le  fécond. 
L’introdu&ion  de  quelques  lettres  de  dÜérentes  efpèces  avéc 
-celles  du  meme  genre  doit  être  regardée  comme  le  troifiè^. 

Tant  qu’on  fe  renferma  dans  ces  altérations  légères  ; fi  l’é- 
légance de  l’écriture  fouftit  un  peu , fa  forme  elTentielle  rie 
iiit  pas  corompue.  Mais  tout  lût  perdu  ; quand  on  eut  com-  , 
mencé  d’ajouter  la  confufion  des  divers  genres  d’écriture  aux 
premières  ateintes  données  à la  beauté  de  lès  traits.  Ce  fut 
donc  là  le  quatrième  degré  de  fa  décadence.  ' Une  autre 
-forte  de  corruption  ne  tarda  pas  à fuivre.  Elle  confiftoic  à 
mêler  ou  réunir  dans  la  même  inlcription  des  caraâères  de 
divers  ordres  : par  exemple  le  minufcule  ou  le  curfif  avec  le 
capital . Nous  en  voyons  les  préludes,  dès  le  commencement 
du  iv‘.  fiocle  y & même  dès  la  fin  du  1 1 1‘.  Le  mal  ne  fit 
qu’augmenter  dans  la  luire.,  ' ' ["l'-.-i'  >.  . > 

c Au  V*.  le  dépërHTemenc  deTécriture  devint  fi  commua, 

& quelquefois  C énorme , qu’on  a cru  depuis  le  renouvelle- 
ment des  belles  lettres  devoir  en  faire  un  crime  aux  Goths 
ic  aux  Wifigots.  On  les  a même  voulu  charger 'de  l’horri- 
ble invention  de  l’écriture  cürCve  , trop  dificile  à lire  au- 
jourdui  , pour  être  l’ouvrage  des  Romains  , & néanmoins 
trop  ordinaire  dans  leurs  tribunaux  , avant  l’établilTemenc 
des  Goths  en  Italie  , pour  être  celui  de  ces  barbares.  Après  . / 

cela  comment  n’auroit-on  pas  mis  fur  le  compte  des  Francs, 
des  Lombards  &:  des  Angîo-faxons  les  écritures  francogal- 
liques  ou  mérovingiennes  , lombardiques  & faxones  ? Sur 
qui  rejeteroit-on  la  dépravation  de  toutes  les  fortes  ( f ) 

(i)Qaclquei]épraTatioD<]ue  les-v.  vi.  I tontes  les  fortes  d'écritures  ; aucune  d'ea- 
VI  I.&  VI  1 1‘.  Cccles  aient  porté  dans  I ir’cUes  ne  Ait  anéantie.  Peutétte  même 

Tome  IL  Xxx 


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II.  PARTIE. 
S 1 CT.  Ji  I. 

CH«f.  X. 
Axrici.1.  UIc 


fjo  T40UTEA-U  TRAITÉ 
ai’écritutes  aax  v*.  6c  vu',  fiodes  , s’ils  n’en  étoient  pas 
coupabfes  ? Voila  fionc  les  caraâètes  latins  changés  & co~ 
rompus  par  les  WÜtgots  , les  Francs , les  Lombards  , les 
> Saxons  , «n  £(pagne dans  les  <«aules  , on  Italie  , dans  la 
grande  Brëtagne.  Ces  vaines  acufations  feconc  düdipées  aij- 
- fcuES  ; les  ddcnficms  , où  elles  nous  jecesoienc  , dé- 
, coarneraâent  tr<^  long  cems  nos  regards  , tjoi  ne  idotiveac 
. éoe  ici  fixés  , que  Tor  les  continuelles  révolusioEffi  <des  deti- 


(«)  Hifi.  Uuir. 
t.  4./.  10. 


cures. 

Arive  le  glorieux  Dcgae  de  Charlemagne  t lléccieme  & 
renouvelle  : les  tbeUes-capitades  (1)  romaines  {btK  retmies-en 
honnenr , ou  emirivées  atioc  .pins  4e  fiain.  Tous  les  caraâèces 
acpicrent  quelques  xkgrés  de  politeâè  ou  de  fimpücioé.  L’on 
fixe  la  minmbule  , on  la  pesib£iknite , nn  l’acrédioe  : 6c  fi  l’on  ne 
ioi  fait  pas  encan:  reniriteu  de  coûtes  les  autres  ëcôcures  ; du 
moitu  renploce^-on  dans  preTqtie  tontes  les  fi»tes  de|âèoes, 
où  l’on  fe  {ètvah  auparavant  de  la  ca|ûtalë  , i’onciale  M 
de  la  curfive.  £lle  foufie  pen  de  déxdiet  jufqu’an  xi  1'.  üc- 
cle  , auquel  -elle  lè  tranafboae  en  gothique  par  Je  chan}^> 
ment  de  lès  rondeurs,  foiten  angles.,  fiiiM  en  atrës.  JLe  go- 
thique l’avait  déjà  ibamilê  à fa  tytanie , qu’il  a’avoit  alors 
livré  , que  de  légères  araqiias  à la  majidcote.  r 

Juiqu’an  ax*.  fiàcle  .,  Tufage  le  plus  mtorifé  par  la  pt»- 
xique  ne  peuneccoit  guère  (de  .confond  ies  divers,  ordres 
d’écriture.  Il  étoit  rare  de  tranfpoMer  Ids  lettres  d’une  claHè 
À une  autre  r de  fi  qndqœlbis  on  ÊaiKhifibit  cette  ligne 
-de  féparanon  ; les  lettres  empruntées  le  trouvoiefit  prevue 


«xag^-c  M bww«v  Icor  coinyiion  : 
clic  D'cil  pw  tfilAvcaicot  aufli  conlid^- 
lablc.qu’on  le  Bablic.  Il  fe  glina  ftm 
4mm  BDabic  de  birateiki  (u  les  iof- 
■am/mam  ’i  mak  il  s’eo  tcncontre 
iSean  en  majurcules  alTcz  belles  8c  meme 
Trffez  puces.  Les  livres  furent  encore 
jaoios  erpoffs  à ces  dcüsrdrcs.  Ceft  ps^- 
dl&nenc  8c  ptefque  uniquemcoe  des  qua 
CK  £éclcs  mencionnds  , que  nous  vieo- 
«ent  les  nilT.en  leceset  onculea  -i  otcoc- 
(^cs  eouniiaic  dnns  le  goût  romain  , -& 
tbuvcni  d'uue  élfgince  achevée.  Si  quel- 
.«ocs-Dns  ont  été  ctaités  de  barbares  par  1 

de  .gzandt  homme*  i U l'-Cil  £wt  bien,  I 


u'ils  aient  pu  céalilèT  lents  Ibupçons  par 
es  preuves  Iblides  ou  du  moins  impo- 
faotes. 

(iJ  L'écriture  capiale  él^ante  /ht 
tcnouvclléc.  C’eft  ce  qui  paioit  , » dit 
« (4)  D.  Rivet  , pat  le  monogramc  8c 
» les  pièces  de  monoie  de  Charlemagne  , 
» & par  quetqncs  snlT.  qui  nous  relient 
» de  ce  tems  là.  « Cependant  nous  n'a- 
vons point  va  de  mil.  entiers  du  régne 
de  oe  prince , en  ce  beau  caiaâére.  line 
faut  guère  le  ebetcher , qu'à  la  tête  des 
chapitres  8t  des  livres  éciits  depuis  les 
vut.  ic  tx‘.  ûéclM. 


Dig(t^=:ud  by  Googk 


DE  DIPLOMATIQUE. 
toi^oats  en  petit  nombre  ; mais  depuis  le  conunencé , 
licence  a’eut  plus  de  bornes.  Toujours  elle  alla  croiflant , . 
jafqu’à  ce  qu’elle  eik  enfanté  cet  aR-eux  ^hique  , donc  1k>  ca.A».  x. 
renouvellement  des  lettres,  après  trois  finies  de  combats  ,->^*^<*>'*<1  ûln 
n^a  pas  encore  totalement  délivré  l’Europe.  La  tendance  des 
écritures  à ce  gothique  moderne  le  fait  lèntir  aux  perlbnes- 
atentives  ; dès  que  le  mélange  des  diférentes  fortes  d'écri-' 
ture  commence  à le  montrer.  Quoique  du  Iv^  au  ix‘.  lié. 
de  , il  le  fût  glilTé  dans  l’écriture  oien  des  bilàreries  : que 
des  traits  & des  lettres  , qui  plus  elt , toiacalàit  barbares  , en- 
eulTenc  fou  vent  délîguré  la  beauté  ; néanmoins  il  eft  vrai  de  ^ 
dire  . qu'elle  s’avançoic  d’un  pas  ctès-lrat  vêts  ce  nouveau 
gothique.  - • , 

Le  goût  du  beau  & furtouc  d’une  écriture  alTez  propre 
qui  s’écoit  palTablement  maintenu  durant  le  ix^.  liècle , dé> 

^néra  par  degrés  en  afe^tion  puérile.  Aux  omeraens  re-^ 
cherché  hors  du  lèin  de  la  belle  nature , fuccéda  la  manie 
d’abord  pour  Fextraordinaire , enfuice  pour  le  ridicule  6c  lé 
grorefque.  Le  mal  ne  fie  qu’empirer  jufqu’au  xtii*.  liècle 
waie  époque  du  fi)  gothique  régnant.  Au  xiv.  les  excès' 
pour  ne  pas  dire  les  extravagances , fiirent  portés  à leur  com- 
ble en  écriture  , comme  en  architeâuce.  L’une  & l’aucrc' 
pamt  alors  plus  furchargée  de  colifichets  , plus  hérilTée  de 
pointes , 8c  conféquemment  plus  afteulè.  Le  gotliique  majuf-j 
cule  fondé  lur  le  mélange  ae  la  capitale  , de  la  minufcule  ' 

6c  de  l’onciale  , eut  pour  efieiKe  6c  marque  caraâérilHq^ue  ' 
les  coupes , les  bâfes  6c  les  Ibéimets  trattsformës''ën  parties 
intégrantes  de  lès  lectres.  Il  fimt  pourtant  avouer , qu’au: 
milieu  de  fes  plus  épailTes  ténèbres  j on  ne  kiflè  pas  de  ren- 
contrer quelques  imeriprions  fon  courtes , telles  que  celles 
des  monoies  6c  des  fceaux , qui  ne  fe  fentent  > que  peu  ou> 
point  de  fa  corruption.  • ' 

La  curfive  , en  tant  que  bien  difërentiée  de  la  minufcule 
fc  tint  plus  long  tems  qu’clk  , 6c  que  la  majufcule  même , 

fl  , *'lr 

(i).  » On  voic.(4)  Irçôj,  me.le  cant- 
Mtère  Utin  c(l  ahra  (Uni  tUoficiws  oé- 
n iUillcs,  &;  ^u'il  a ié^iDcti  en  gotiii- 
~que  , aulTi  bien  let  i^crif- 

utionitc  dans  les  mlKll  fulit  d'avenir 


l 


. ..I 


'»  ici.<]ae  bien low  que  i;e  foie  noeiuar- 


.£  >.n.'f 

‘ >>  que  d’aaçiquitd  ni  dans  les  uns  ni  dana 

;»  les  antres  > c'eft  an  contuirc  une  ptett>  '«■J*®*  i. 

[ » ve  eondaoce  , qu'ils  pe  root  qne  des  ' ’ 

X XX  ij  ' ■■ 


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jjr  .NOUVEAU  'TR  AIT  É ’ 
couvert  de  la  dépravation  du  gothique.  Mais  au  xiii®, 
II.  PARTIE.  (Igcle  il  pénétra  partout  : &c  û quelque  pièce  en  particuliet 
ChYf.  X.  > prélèrvée  ; en  général  nulle  forte  d’écriture  n’en  fut 

A «T  ICI  Z III.  exerate.  Ses  foccès  fo  nmltiplipient  de  jour  en  jour  : à.  vue 
d’œil  il  fembloit  gagner  du  terrein.  Rarement  toutefois  par-  - 
vint-il  dans,  la . majufcule  à furpafler  en  nombre  toutes  les 
autres  lettres  5 avant  lé  xiv',.  nècle..  Quelque  étendue  que-, 
fut  au  xv'.  fa  domination  ; il  ceffa  dès-lors  de  jouir  tran- 
quillement de’  fes  conquêtes.  Si  quelque  monoie  , fi  quelque 
fceau  fut  auparavant  fouftrait!^  fcs  ateintes  ; ce, fut  comme 
par  hazard  fans  coufoquence..  Le  gotlûque-alloit  toujours 
fon  train,  & ne. pouvait  manquer,,. félon  le  coun  Ordinaire, 
des  chofes  , de  tout  envahir  , fans  que  rien  put  mettre  des 
bornes  à fes  entreprifes. 

Cependant  il  Ce  répandit  en  Italie  un  goût  pour  les  belles 
lettres  & pour  les  amiquités  romaines  ,i  qui  ne.  tarda  pas  à 
rapeler  celui  des  anciens  carâ£lères..SQS,çommencemen$  fu-i 
rent  foiWes  , Scîfiiivirent  au  mpiiis  de  près  fi)  ceux  du  xv^. 
fiècle.  Ses  progrès  étoient  déjà  conlidtr^blés  avant,  fon,  mi- 
lieu : mais  depuis  ils  devinrent  rapides.  Si  caufèrcnc  une 
grande  révolurion  , dans  tous  les  genres  d’écriture.  Aufli  , 

' dès  qiic  l’art  de  .l’imprimerie  parut  en  (1}  Italie  , y reçut-il  un 


(m)  Blllioth.  uni- 
VtrJ.  tic  In  Pcly 
grnpb.  tffétnoln  ^ 
frcUi.fol.  xiv. 


(^)  Nox'4  uB»  t- 
rndit.  menf.  De- 
ctmhh  1741. 

(f)  Syllo^i  VMfio^ 

Tum  dtflomMarU  ■ 

rnm.f.  401.  401. 

' (rf)  Lihr» 
d'impnrmrê  i 
vcrc 

feum  UaU(*  /•  *• 
/.  6,. 


(i)  Ea  Italie  (a)  <Ièc enviroaran  i4fo. 
le  bon  goût  des  aoeiens  lïcclcs  romains 
i'4toic  renouvelle  par  raporr  à r^ritnte-j 
comme  par  taport  aint  beau*  arts.  Don 
Nalfatrc  cite  un  médaillon  d'AUbnfe  le 
face  de  l’an  1440.  qui  fe  voit  dans  la 
bibliotlièque  du  nii  d’Elpafpne  avec  .cette 
ipTuiptioa  en  beaua,«J<»*^f**'S  PtVUS 
ALl’HONSUS  RÈX. . 

(1)  Ce  fat  doat  l*<W»i<?dcSHblac,  qu’oi) 

en  fit  les  premiers  elïâis.  Id  citMitna 
lnudihin  diundum  StnedicUais  , <]Mtd  mr- 
lit,  'V'’*  V 

lisii*  S' se  mTtér- 
siim^tri^Jiidfriitu.  SiiUiuin/i 

firmii  futliiii  Jefcri^Hi  fuit  L»Hkniim 
annt  I4«f.  m fdit,  Optimo 
IT'  qUldEM  ZOMANO  CHAkAliTMl'T', 
fà  MlhihttJ  Vündohmnfi fdüm  oftmb. 
Hie  h»  fnitm  ; fnb  amo  Demiai 
MaCCCLXIK  fimi^aiis  Pauli  Papa 
II.  aana  ajat /icHnda  , ladiSitna  XIII.  ihi 


.1,  l • ■ ■ . j IG..-,  i - 

(«ri  aatafaaid^aiA  ^ mtafia  CaSabrit  . 
lavraarahili  monafliTia  Sailaieaji.  11  faut 
lire  144  J.  GuJenus  {f]T,  auteur  alfcman, 
tendant  compte  d'un  Laâancc  de  la 
mémcyddiiion , apaitcnant  à la  biblio- 
thèque de  l'.ègliîe  métropolitaine  de 
Mayence  , aie  II  ylas  lomÛ  dans  cette 
inèprife  ;.  fi  ce  n'cil'  pas  plutôt  uuc  faute 
d l'mpiclTion,  _ • 

‘Ün  timoi'gtiage  glorieu»  à notre  na- 
Oopidans  la'boache'.  d'un  iciioyea  ro- 
roam  , qui  dcnvoit  il  y a plus  de  deux 
ceqts  ans , mérite' de  trouver  tel  une  pla- 
ce. fean  Bipiill6(d)  Palatino  dans  fan 
épiag  jdédipatom  au  cardipardc  Lénon- 
coutt  , que  l'dn  de  rimprimetie  , 
invemd  par  Scan  Gutemberg  allcman 
à MaycnCrbn  cafi.  fut  un  peu  après 
por^è  au  degré  de  [Anfeélion  , où  il  fc 
voyoic  de  (bn  terni  , par  Jaufon  fraa- 
{ois  f établi  à Ycoife. 

■ . J /L  ^ 4M  ....  .. 


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DE'  DIPLOMATI;QUE. 
nouveau  degré  de  perfeûlon , par  TuTage , que  pluÇe,ux$ 
lent  du  caraâère  romain , au  préjudice  du  gothique  , em- 
ployé par  tout  ailleurs.  Sur  le  déclin  du  meme  fiècle  , l’é- 
criture roi^ine  réfulcitée  palTa  les, Alpes.  Mais  quoique  re- 
çue pour  toujours  fur  le  fceau  de  l’empereur  -,  elle  n’eut  (a) 
cours  , que  dans  la  (haute  Allemagne.  Le  rede  fut  pour  elle 
un  pais  impénétrable , où  l’empire  du  gothique  ne  pouvant 
plus  s’étendre  , fe  changea  dans  la  plus  horrible  tyranie.  Les 
fiéclës  fuivans  eurent  beaucoup  de  peine  à fecouer  en  par- 
tie le  joug  d’une  coutume  trop  invétérée.  Depuis  que  le  go- 
thique s’eft  vu  clialTé  des  imprimeries  latines  d’Allemagne }, 
il  a conferyé  allez  de  crédit  ^ pour  mamtemr  l'es  droits  fur- 
tout  ce  qui  s’écrit  en  alleman  , Sc  même  fur  toutes  les  écri-. 
tures  curfives.  Un  de , nos  meilleurs  écrivains  le  voyant  û' 
enraciné  dans  ce  pals  , a cru  , qu’on  auroit  dû  l’apeler  plu- 
tôt alleman  que  gothique.  Mais  û les  Allenun9  y font  de- 
meurés, plus  long  tems  atachés  , que  prefque  toutes  les  na-^ 
tiom  d’Europe  dîne  ferqic  pas ' di£cilé  oe  prouver  , que^ 
Ipin  d^en  ê|rc  les; auteurs  » ils  s’en  préfervoient  encore,  ouj 

3ue  du  moips  ils  n’en  étoient  pas  totalement  infeâés  j taj>< 
is  qu’il  dominoit  pailiblement  chez  leurs  voilins.  ll  ne  fe- 
roit  donc  pas  jufte  de  leur  imputer  en  particulier  uae'ccri- 
ture  odieufe  , qui  leur  fut  long  tems  commune  avec  tant 
d’autres  peuples.  j ' 

Des  ayant  la  moitié  du  xvl'.  Cède  , la  France  l’a  voit, 
prefque  totalement  exclue  de  fes  inlcriptions  lapidaires  8c 
métalliques , aulfi  bien  que  de  fes  ( i ) imprimeries.  Elle  ceCTai 


(i  j Le  caraMie  rond  te  romain  At 
aporté  en  Fiance  avec  l'imprimerie  par 
Ulric  Géring  Sc  fes  alTociA  , Martin 
Cranez  te  Michel  Fnburger  l'an  1470. 
Deux  nouveaux  allemans  . Pierre  Caria* 
ris  8c  Jean  Stol  employèrent  , trois  ans 
après  , des  cataâercs  un  pen  moins 
beaux.  Us  ne  furent  pas  les  leuls,  qui 
a'acachèieni  d'abord  aux  lentes  romai- 
nes. Mais  bientôt  on  fe  raprocha  des 
impicdions  de  Mayence  à demi  gothi 
qnes.  Gèring  concinuoic  cependant  <)c 
pcrfcèlionec  fon  art , 8c  mit  au  jour  des 
éditions  , qni  n'en  cèdoient  point  anx 
plia  belles  de  VeniTc.  D'un  autre  côté 


. /..■  i 

;le  guibkpie  âvbit  depuis  long  Cerne  fea> 
I imprimeurs  , dans  les  pais  èttaugers  ; Sc 
ne  maaquoic  pas  en  France  de  partifana« 
'Ce  At  (ans  doute  pour  le  couArmer  ô. 
leur  goût,  que  les  ptciTcs  roulèrent  fut 
le  pur  gothique  i Paris  même  , douze' 
ans  après  que  l'imprifflerir  y fut  établie. 
Le  fuccès , qu'il  eut , multiplia  ces  prelV 
fes.  Gèring  fe  lailTa  , comme  Tes  autres,, 
emrainer  au  torrent.  On  èroit  I!  cnchan- 
I tè  de  ce  vilain  gothique  , qu'on  voyoic 
ics  imprimeurs  tirer  vanité  d’avoir  cm- 
- ployé  ces  lettres  admirables , fmilimi  lil- 
UT»nm  tfiit,  ces  caraâèrcs  eharmans 
ehsrtiStrt  jmtttdijimt , ces  formes  uèa^ 


U.  PARTIS. 

S tCT.  III. 

Ch  AP.  X. 

A RT  1 Ote.  lu., 

^*1  vmtk- 

rum  VifUmniM- 
rurum,  f.  J41.  * 
I4t. 


.7 .7 -■ 


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II.  PARTIE. 
SiCT.Iir. 

C H A P.  X. 
Article  III. 

(«)  Lt  Blunt. 
/•57I. 


(i)  Art.  t.tt.III. 
/.  48S. 


fj4  NOUVEAU  TRAITÉ 

encieremenc  fiir  les  monoies  fa)  fous- Henri  II.  Notre  cur- 
five  ne  fit  pas  le  même  aaieil  à b romaine.  Elle  lui  donna 
néanmoins  entrée  avant  la  fin  du  xvi*.  ficelé.  Celle-ci  put 
bien  y produire  infenfiblement  quelque  réfisrme  : mais  elle 
ne  prît  le  dtflfus , que  depuis  le  milieu  du  xvi  1 . 11  feut  même, 
l’avouer  : le  gothique  s’y  eft  ménagé  bien  des  rélêrves.  Nous 
ne  pouwjns  pas  encore  nous  glorifier  d’avoir  épuré  toutes 
nos  écritures  courantes  de  cette  lèpre.  Heureux  mêmes  , fi 
nous  ne  voyons  pas  un  jour  les  reftes  du  gothique  , qui  la 
deshonorent , reprendre  le  delTus  & caulèr  une  révolution, 
dont  nous  croyons  apercevoir  les  préludes. 

Jnfqu’ici  nous  avons  tâché  de  faire  conoitre  l’écriture  la- 
tine , en  nous  atachant  néatunoins  plus  particulièremenc 
la  majufcule  tant  capitale  qu’onciale.  Nous  pouvions  à pré- 
(bnt  dotuier  les  notions  cataâériltiqucs  de  la  minulcule , 
curfive  & mîxte  ; fi  nous  n’étions  obligés  de  les  rejeter 
dans  le  III*.  tome  , pour  fuivre  le  fyftèmc  de  nos  plan^ 
ches  , de  la  divifion  des  écritures  , que  nous  avons  éta- 
blie dans  ce  (é)  chapitre.  Après  avoir  parlé  2 fefprit  ; nous 
alons  déformais  parler  aux  yeux  en  ex^iquant  les  dix  plan* 
ches  , qui  renferment  la  i‘.  claflê  des  éaitures  latines. 


(t)  Dis.  I.  f.  4M 
KMI  Tfijr.  f.  }l7. 


^Wgaatet  tbfmntiffimt  tyfû  , et»  carac- 
tères d'une  politeflè  & d'une  beauté  par- 
fiike  8cc.  On  parlait  encore  ror  ce  ton 
en  1)10.  8r  Mais  cela  n'empè- 

cbckit  pas  , axt  les  cataâères  ramaias 
n'eulTeot  aun  leurs  défendeurs  , Sctju'on 
ne  continuât  d'en  faire  urve  dans  nos 
imprimeries.  Quoioue  , dés  le  commen- 
oetnent  du  zrl  lîack  , il  fiiit  foni  des 
prelTet  de  Iode  Bade  ptericurs  ooTtagee 
en  ces  caraéléref , il  nt  fil  défit  pas  peur 
eela  du  gochime,  Aàifi  cefiirent  Simon 
de  Coline , Robert  Etitnnv  , & Mlcbel 
Vaicofan , <)ui  eontribuérrne  le  pins,  tant 
â réiablifi'einciK  du  pins  btan  caraâéie 
romain , ^'â  l'dMlkloa  dn  gorbt^n*  en 


Iranee.  L*  manuel  des  pséties  en  latia  . . 
imprimé  pat  Kervet  en  i{74.  à Paris., 
y tut  peutétie  le  dernier  foupir  de  ce 
goût  baibare.  Quelques  années  aupara- 
Taot  le  gothique  aimprimoic  eocoie  en 
Italie , comme  eu  Efpague.  A peine  les. 
Angrois-I'ont-ils  totalement  abandoné 
de  nos  jonrs.  Voyez  l'origine  de  t'im- 
I ptimerie  de  Paris  par  Chevillict  i‘.  & z', 
patrie:  Si  l'oa  s'en  tapa  rte  â (r)  Bayle , 
Thofi  imprimeoi  le  Itbraircinie  en  lU. 

I nivci&é  de  Péris  contribua  beancoop  à.' 

II  perieélioner  en  France  lea  caraélerea 
I d’imprimerie.  Claude  Garamond,  qui  fit 

les  matrices  psar  Ut  frn  csrMSirti  ra- 
; laiaiau  , fiu  ioa  éléve. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 


• Î5I 


CHAPITRE  XL 

Etrlturts  gravées , empreintes  , tracées  ou  peintes  fur 
' tes  métaux  , les  marbres , les  pierres , l’ivoire , les 
vtfes  de  terre  au  de  verre  , les  briques  , la  cire  <&c. 

1.  T ’ÉcRiTUiLE  Jiplotnacique  eft  , à proprement  parler  , 

I i la  curiîve.  Mais , outre  que  coûtes  les  fortes  d’écri- 
ture  ne  laiHènt  pas  d’encrer  dam  les  chartes  ^ quoique  plus 
carement  : AOtre  objet  ne  fe  borne  pas  à la  conoilTance  des 
i£uls  diplômes  j il  s’étend  encore  à celle  .des  tnTT , & dès- 
Jocs  nul  genre  d’écriture  ,a^ui  ne  Ibic  du  relToctde  nos  re- 
cherches. Quand  les  caraâcres  employés  dans  les  aâes  pu- 
blics n’auroient  aucune  conformité  avec  les  inlcripcions  mé- 
talliques & lapidaires  ; leurs  tapons  avec  les  mC  font  il 
grands  & C otainaires , qu’il  n’eft  pas  poffible  de  traiter  exac- 
aemeiu  la  matière  des  anciennes  écritures , fans  les  confidé- 
Tcr , entant  qae  peintes  ou  gravées  fur  toutes  fortes  de  pier- 
res , de  marbres , de  verres , de  métaux , de  terres  cuites , de 
hois  &c. 

En  vain  aurions-nous  voulu  nous  reirfèrmer  dans  des  bor- 
nes plus  étroites  ; les  mlT.  &c  les  diplômes  mêmes  nous  ramè- 
nent nécelTairemenc  aux  inferiptions  lapidaires  & métalli- 
ques. Leurs  lettres  & leurs  écritures  doivent  être  comparées: 
elles  doivent  fe  prêter  des  édaircilTemens  les  unes  aux  autres. 
Les  inferiptions  fournilTent  des  moyens  éficaces  pour  dilcer- 
ner  les  (beaux  fallifiés  des  véritables , & pour  s’alTurer  de  l’age 
des  unes  6c  des  autres.  Elles  jullifient  le  ftyleéc  l’orthograpM 
barbares  des  anciens  diplômes.  Elles  fervent  à conftater  l’e- 
xiftetu:e  des  caraélères  minufcules  6c  curh^  chez  les  anciens 
Romains  ; fans  parler  des  autees  avantages , qui  refultent  de 
la  connoilTance  de  l’écrituce  des  marbres , des  piettes , des 
bronzes  6cc.  relativenunt  à la  Diplomatique. 

II.  D’ailleurs  nous  ne  pourrions  négliger  les  inferiptions , 
fans  nous  écarter  du  plan  d’ime  Diplomatique  générale , où 
l’on  s’elt  propofé  d’éclaircir  tout  ce  qui  concerne  les  aâes 


M.  PARTIE. 
Si  Cl.  III. 


NiceUïté  de  trai- 
ter des  écritures 
métalliques  Sc  la- 
pidaires. 


AAes  publies  jt 
particuliers  for  lea 
marbres  & les  mé- 
taui  : ifiTcriptioiiS 


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II.  PARTIE. 

S ter.  I II. 

C H A r.  XI. 

cnTÎfagécs  comme 
des  archives  pu- 
bliques ; nécemté 
de  les  bien  conoi- 
ccc  , pour  en  faite 
le  dircememeat. 

(a)  Vaj/n  tutrt 
1.  iQDit  fart.  a. 
f.  448.  ô'f'ûv. 

{h)  icurti.  dis  fa- 
vans.  Stft.  1714. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
publics  parûculiers , dont  les  marbres , les  pierres  les 
métaux  ont  fouvent  (a)  été  & font  encore  les  plus  fursCi  ) 
dépofitaires.  Les  inferiptions  peuvent  en  quelque  forte  tenir 
lieu  d’archives  publiques.  Audi  les  Tribunaux  de  la  juftice 
y ont-ils  (il  recours  , pour  la  déciûon  des  procès.  S’il  s’eft 
trouvé  des  fabticateurs  de  {b)  faufles  inferiptions  -,  notre  fic- 
elé a vu  mettre  ( 3 ) les  plus  indubitables  au  rang  des  impofi 
turcs.  Il  eft  donc  nécefiaire  de  favoir  difeerner  les  inferiptions 
fupofées  des  véritables.  Or  ce  difeernement  dépend  futtouc 
de  la  connoilTance  des  écritures  lapidaires  & métalliques. 
C’eft  à les  faire  coiinoitre , que  nous  avons  pris  des  peines 
incroyables.  Si  tous  nos  efforts  ne  peuvent  fupléer  à un  Art 
critique  lapidaire , fi  nécefiaire  au  public  ; du  moins  lui  ren- 
drons-nous quelque  fervice , en  mettant  fur  les  voyes  , ceux 
qui  voudront  lire  les  anciens  monumens.  Quand  même 


(c)  Uir.  Ualic.  (■)  Tintôt  on  cnregiftra  (c)  fur  le 

tari  I » IA*  marbre  les  traités  de  paix  , les  ligues, 

r ' ' • Ijj  Jictets  . les  loix  , les  teftaraens.  Tan- 

(d)  Grigtr.  eftr.  tôt  on  écrivit  (d)  fur  des  pierres  à la 
nim.  tdit.  i.  4.  f,  potte  des  églifes  les  donations  , t)ui  leur 
]s8.  & fiq.  avoieot  été  faites  , & les  regîtres  de 

leurs  revenus.  Lorfque  S.  Grégoire  le 
(f)  Marthit.  1.  grand  (f)  eut  fait  deux  legs  conlidérables 
Viyagiliiitr.f.7}.  » l'églife  de  S.  Pierre  j U les  fit  graver 
fur  deux  tables  de  marbre , qui  labfif- 
tent  encore.  Dans  la  cioilile  du  midi  de 
(/)  fltari  hijl.  la  cathédrale  d'Arras,  on  voit 
aceUf.  t.  X.  f.toi.  yéc  fur  la  muraille  du  chœur  ta  charte , 
Laibi  concU.  1.  7.  par  laquelle  Philippe  aogttlle  acorde  la 
p.  I0«8.  régale  à cette  églife.  Combien  d'autres 

(f)  Chrm.  Cad-  aéles  publics  K paiâcoliert  , écrits  fut 
wic.  f.  17  J.  dcstablcS  ‘(jf)u**S*®^»^“^ôcs(h.^co- 
{h)DiridifUm.  lones,(0  f*»»»  & d'autres  matières 
p.  ; 8.  doiea  , ne  poorions-nous  pas  faire  palTer 

(/)  FltHri  hif.  et~  ici  cfli  rdvuc  ? 
cUf.t.  XVIII.  (t)  U Par  arèt  (*)  du  14.  Mars  I f8i. 

p.  } ) 4.  M Autoine  de  la  Potte  , de  Lion  , ( per- 

lé) Plaidffirs  » fonage  d’honneur  St  de  vertu  , qui 
stExfilly  , i‘.  A3  avoit  fait  un  grand  amas  de  choies 
tdit.ch.  8o.p.l88.  „ rares  & en  avoit  dtelTé  un  des  cicel- 
(/)  Mf  <iU.  A 3,  lens  cabinets  de  l’Europe  , ) fut  dé- 
di  ta  bibl.  du  ni,  » daté  gentilhomme  de  race  : ayant 
p.  194.  >1  prouvé  fa  noblellc  par  une  iiifcription, 

(m)  V^nli ma-  „ laquelle  fe  trouva  à Provins,  en  l'é- 
vtam  Gatlia  ctrri-  m glife  de  S.  Pierre  , en  date  du  der- 
/liaaa.t.7.t»\.ii.  r>  nier  de  Mai  1401.  en  laquelle  un  de 


31  fes  ayeux  , apelé  Pierre  de  la  70110,’ 
31  duquel  il  montrôic  être  defeeodu , eft 
33  qualifié  écuyer,  a 

( ) ) Le  P.  Hardouin  (/)  fait  main  balle 
fur  les  anciennes  épitaphes  des  églifes  de 
Paris.  11  n'en  reconoit  aucune . qui  re- 
monte au  XI  i'.  ficelé.  En  K99.  lotf- 
qu'on  démolit  le  grand  autel  de  Notre- 
Dame  ; on  trouva  le  tombeau  de  Phi- 
lippe , fils  de  Louis  le  gros  St  archi- 
diacre de  Paris  avec  cette  infcription  : 
Hic  jaett  Philfftu  , filius  Ladrvici  Crafi 
R.  Fraanrxm  ; arehidiaemu  cccltfi» 
Parifitnfis  , qui  ehiit  an.  iiSi.  Au  ju- 
gement du  ïéfuite  , les  caraélères  de 
cette  infcription  font  les  mêmes  , qu'on 
voit  fur  la  tombe  de  Pierre  Lombard , 
dans  l’églife  de  S Marcel.  Ces  deux  in(- 
criptions  , dit-il , ont  été  fabriquées  après 
coup , pour  téalifer  la  fable  de  l’épifco- 
pat  (m)  de  Pieire  Lombard.  La  plus  for- 
te preuve  qu’il  en  donne  ; c’eft  que  les 
lettres  gothiques  marquent  tout  au  plus 
le  déclin  du  xiv‘.  fiècle.  Un  novice  an- 
tiquaire les  auroit  fait  remonter  du  moins 
au  XI 1 1'.  Nous  prouverons  bientôt ^e 
le  gothique  commenta  dès  le  fiècle 
cèdent.  Mais  l’art  critique  lapidaire  du 
P,  Hardouin  écoic  afibiti  à fon  fyftèmc 
pyrthooieo. 


(«) 


Digitized  b 


y GiiOgK* 


DE  DIPLOMATIQUE.'  yj7 
(a)  on  ne  réuflîroit  pas  dans  une  entteprifè  fi  dlEcile  ; on 
diminura  toujours  le  travail  de  ceux  qui  auront  le  courage 
d’entrer  dans  la  meme  carière. 


Article  I. 

Ecritures  capitales  lapidaires  & métalliques  , fans  mélange 
de  lettres  onciales  , minufculesdr  curjives  : i®.  divifion. 
- Ecriture  étrufque  précurfive  de  la  romaine  antique  : plan- 
. ches  XXIV.  XXV.  XXVI,  & XXVII.  expliquées. 

INdependamment  de  la  grandeur  ou  de  la  perirefle  des  ca- 
radcres  ; l’écriture  capitale  lapidaire  & métallique  produit 
une  diverfité  étonante  de  genres  &c  d’efpèces.  Le  fyftème  &c 
l’explication  de  nos  planches  vont  mettre  dans  tout  fon  jour 
cette  variété  d’écritures  antiques.  Mais  avant  que  d’en  venir 
là  ; quelques  obrervations  préliminaires  nous  paroifTent  in- 
dilpenfables. 

Dans  nos  planches , les  genres  font  marques  par  des  chf- 
fres  romains  blancs.  Ces  genres  font  féparés  les  uns  des  au- 
tres par  des  lignes  doubks,  ou  acompagnées  de  points  &c  tou- 
jours beaucoup  plus  aparentes , que  celles , qui  diftinguent 
les  efpcccs.  Celles-ci  font  défignéespar  des  chifres  romains 
noirs.  Chaque  infcription,qui  fert  à reprefenter  ces  efpèces,  eft 
numérotée  avec  des  chifres  arabes,  & fèparée  de  fês  voifines 
par  des  lignes  plus  légères  &c  moins  fenfibles  que  les  autres. 

Les  lettres  tirées  d’après  les  monumens  font  fouvent  re- 
préfentées  dans  les  gravures  , tantôt  à traits  fimples  , tantôt 
blanches  ou  à doubles  traits  , tantôt  hachées  en  diférens 
fens.  Mais  il  faut  toujours  fupofèr , que  dans  les  originaux 
ces  écritures  font  pleines , fans  vuide  ni  hachures.  Nosgra- 
veurs  ont  quelquefois  pris  la  meme  liberté  fur  cet  article  , 
que  leurs  prédéceffeurs  feifont  donnée.  Ces  diférentes  ma- 
nières fervent  à l’ornement  des  planches  &c  à donner  du  re- 
lief aux  écritures.  Ce  ne  font  donc,  là  que  des  variétés  de 
la  main  de  l’artifte  &c  non  dés  monumens.  Il  ne  faut  point 
fupofer , qu’elles  en  foient  une  exprolfion  fidèle. 

Nous  aurions  pu  ranger  nos  écritures  par  âges  &c  parfièclcs. 
Tome  II.  T y y 


II.  PARTI  t. 

s I C T.  III. 

Chaf.  XI. 

(4)  CMÿf.  VM- 
dic.  vtttr.  ctd. 
ttnfrm.f.  toj. 


e. 


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_ n8  NOUVEAU  TRAITÉ 

Mais , outre  que  cc«  Of4re  ne  convient  pas  ^ ce  volume 
^sTct^Til'  élémentaire  ; il  eût  falo  lè  réfoudre  à lailTer  re- 

éHA*.  xi.  gner  une  confufion  étrange  d«s  genres  it  des  efpcces  , qui 
é*vicn.i.  auroienc  enjambé  fans  ceflê  les  unes  dans  les  autres  ; ou  fi 
l’on  eût  voulu  les  réduire  en  fyftcme  ; on  auroit  été  forcé 
de  tomber  dans  des  répétitions  perpétuelles.  Les  mêmes  gen- 
res & les  mêmes  efpcces  d’écritures  , furcout , par  raport  aux 
capitales  , fe  retrouvent  fouvent  à peu  de  chofes  près , les 
memes  dans  des  ficelés  très-éloignés.  Il  vaut  mieux  les  fui- 
vre  jufqu’au  bout  d’age  en  âge  , en  conunençaiv  dans  cha- 
que efpècc  par  les  plus  anciennes  , autant  que  le  permet  la 
K>rme  des  planches  , dont  les  diférens  morceaux  ne  fe  prê- 
tent pas  toujours  au  rang  quePon  pouroitleur  donner.  C’eft 
le  moyen  de  mieux  apercevoir  les  degrés,  par  lefquels  ces  let- 
tres fe  font  perfeêlionnées  & par  lefqueb  elles  ontaégénéré  de 
leur  ancienne  beauté.  On  n’en  fentira  pas  moins  le  goût  de 
chaque  ficelé. 

Rien  n’empcche  jpouftant , fi  Fon  veut , de  parcourir  nos 
écritures  capitales  , félon  l’ordre  des  tems.  On  verra  , pour 
ainfi  dire  , naitre  nos  caraâères  latins  de  l’ancien  grec  , du 
pélafgien  , & fi  l’on  veut , même  du  phénicien  - fatnaritain 
dans  les  anciens  As  romaim  , les  tables  de  Cubio  , l’inf- 
cription  de  Paleftrine  , 6c  dans  quelques  autres  , qui  nous^ 
ont  été  envoyées  par  fon  Eminence  M.  le  cardinal  Paflîo- 
néi , 6c  aportées  pat  M.  de  Sainte  Palaie  , à fon  retour  de 
Rome. 

§.  I. 


Ectiturts  prànitivet  de«  Etrufytw  , L»«irkt  & Romai/u, 
Explication  dk  la  Phne-ht  aXIV^  oà  font  rtnftrmés 
kj  I.  If.  m.  & IV.  genres  de  J»  i‘.  fli^e  il  de  la 
t*.  iivijion  des  écritures  Utpidairss  ù rndtalk^es. 

Ecrirait  pniniii-  I.  Les  écriturcs  éttufqaes  , précutftm  de  la  Hmaine , 
»e  des  ttrufsucf  dérivées  immédiatement  du  grec , de-Farcadien  âc  du 
«deUi^re.  pélafgien.  Elles  ftmt  rewferméses  dans  nOffC'  XXXI V*- plan- 
che , avec  les  quatre  premiers  gerraa  d’éerieaee  latine  âc  leurs 
foudivifions. 

(«)  SymM.  ih-  Lj  manière  d’écrire  de  drtûteàgaache',<  ancienne  chez 
ur4r.v»i.  i.f.  II.  Grecs ,,  fût  en  ufage  eKez  bM  (a)  Etmîques  Sc  dana  les 


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sr 


Iv/yg  loV(sl 

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l.  TJ  A 


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IIL. 


KT"RJ^MATV7><  TVRrÛEjo 


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Q-^OVRI  O A P. 


AT R. O/VA  je  rov^  Al  rji 


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AT/MA 
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P POV  c I 


fomikToi 
^IVfA  DR  DA 


OA'COIA/0  AO/RN^-CQ/EVTIOW  ^ iS 


IDVOWOOPTWO-FV/JE-VIKO  ^ 

LVC/0a\-J"CIP/0A/£'Fr/,/05fiARB/fcS^y 


CONSOl.CE/ViORAlDIUS-HIC-FVE  « 

HEC.CEP/TCORS/CAAtERIAQVE  V<>  DÀDR 


DEDET-T£^PESW£BVM\OEyVll 


;STP!F1LA 


^BEI)(eRiT.  PRKfR^ 
qN/  otienis  Q.V0i  s ^ 
aVOD  SINE  ^^^L 


^AARCIVS^T  i DOSTVAf-^^^ 
pVEtONAI.  SCAFrAA-a/^iî 
kSElVr.iTAE><PElCEMpVM< 
E5EivraVEi.5IBEI*DElcERENr*^™ 


O^’AîJHlS 
’Y^aniA/ 
^CvN 

iv; 

+PR4-" 
iITJi 

3. 


y: 


iinf 


DE  diplomatique.  f}, 
yüks  A’Icalie.  L«ÿ  6*  morceaux  4’éQÛtme  félafgicjue  pu 
écru/<}ue  ^ repréfeotéf  au  commenemceot  de  cette  .planclie  , i * R t i e. 

prouvent  cette  ^rkA  II  s’agit  de  les  lire  &:  de  les  ex.pli<juer.  çhIV.  *xi. 

r“.Les  crois  lignesjtirdcs  de  la  fécondé  table  eugubmefe  i. 

lifent  ainli  ; Efunu  : fuia  : tJurt«r:/uttu:  uJUtt  çnu^Jù^u  ; {,)  ««*. 

uruafiant  ;ihuM.  ak:  vvke  : pmmu  :pfmtu  : Vwei  Jlatraduc-  ‘• 
tioB  de  M.  l’abbdGori  : {h)  EJhu,fil^perâtffi,jinù4  'vi^^  (t)  Uuf. 

jtmfi  odorameiuomm  , rfimdiun  fyga  m-/.  j-t. 

tremi  >(  *xâü  ) Npi^  ma)eidens  nûeux  aadurre  de 

ceae  i^tte  : $aps.(tÿ  exçeptiou  y(a)  ^fatiSj  (})tou$  tant  que 
vous  «ces , (4)  oMipez  , aUuai^  fpc  eew  ,^)  urops 

J(«u<^ce{dôus)«jdeios(83idepat4MW<i9tMl^Ii^^  , 


( i)  M.  Gotl  pccQiLiUps  la.ffljme  pJccc 
tfuau  pour  tftau  Sc  fiau  ; au  lieu  (jn'oo  j 
peae  uKctpr^Kt  k mut  .^akmeot  par 
ia  aniati , aW  tmiim  , 4li  jguic  < 

( r)  Du  inoc  iù{.  Noos  n'avons  tien  1 
ajouicr  aux  explications , que  M.  Oori 
donne  de  fui»  iiï  ce  n'eft  peuedtre  qu’on  ' 
peut  .ptendie  ce  cetnsc  , .cçaivac  on  . 
dans  fa  fuite  iivui»»  , pour  la  jcunelTe  , 
jmtnt», 

{^)  -M.  Gnri  a teconrs  aq  lat^i^e  de 
nos  paiTans  , pour  expdquec  de  U 
fécondé  ligne,  lis  entendant  , dit-il  , 
par  ce-tcimc  , naar  , annl«  , moiosenant. 
Cette  exptelTion  ne  nous  e(l  pas  connue  ; 
mais  peutêcre  n'en  eft-cllc  pas  moins 
uGtde  dans  qnelque  canton.  On  dit- 
SDdmee^.eo  oonkanfois , dans  un  fens,  . 
qui  n'cft.pas  fort  éloigad  de  celui-ci,  • 
Mais  il  èll  ttès,ccnain  que  nos  paifans  ' 
pour  lignifier  seau  dilêot  tmuui , pcin-  ! 
cipaletnent  quand  ils  veulent  banit  toute 
exception.  On  ne  (êta  pas  forpris  qu'il  - 
foie  futveiiu  quelque  enangcsient  dwis 
la  terminailbn  du  mSine  mot. 

(4,1  11  parait  plut  natutel  de  rendre  . 
ySma par prmu  , que.pat j£nnl.  Les  ter- 
rninailbtis  n'dtoiem  pas  encoK  segulif- 
res , ontte  la  rai(bn  qu'on  donnera  fur  . 
la  npcelnivanie. 

( r)  On  ne  i’dcaBeta  point  de  tex-  . 
.plicatinn  de.M.  Gotiàl'dgatdd'slfirr,  On  | 
.iàh  que  las  termes  coUéâsls  fineuliers 
a'aeordenc  âveede  pluriel  le  avec  le  fin- 
P;ulicr. 

(4)  Apatamment  quela^eBnflflê  d’on 


certain  .agç  de  ce  pepplc  , acabld  de 
fldauz  k trouvoit  rédnre  ê iCx  centa  : 
ê anoins  qu'on  n'aime  mieux  eqccpdte  ce 
urqie  d'un  nqmbtBinddctrnûnd  , conupe 
-en  latin  , fixieniî,  ScAcntas  pout/rx- 
centmi  eft  (i  lcmblablc , qu'on  trouve  (on- 
jveoc,pJ«sj!n.di$ltap«  enlre  le  menu  mot, 
od  qu'd  s'^crivoe  au  tcuss  de  Cicrron.le 
deux  cents  ans  avant  lui.  ti  faut  obfer- 
vqr  , qu'entte  lcr  le  là  de yqïoitpyiiira  il 
n'y  a,qp’uo  point , ap  iiep  cpi'on  xn  trou- 
ve deux  aptes  les  mots  abfolument  [i- 
paids  les  uns  des  autres.  Ici  fix  (ê  joint 
avec  cents.  C'eft  poqr  (c(a  qu'op  -futt 
un  point  ; fi  cependant  on  peut  cppip- 
ter  .fur  ce  point.  Car  dans  la  table  angu- 
binc  de  Dentpuer  , iln’en  parait  aucun. 
Sifhtft^r»  n’p  fax  qu’un  fêul  .tqpt  . 
,(âts  aucune  diyifien',  ni  intervàllc.  Am 
tçrrainant/iglrnrai  ne  doit  pas  plutfiirede 
.dificaied , ladfinji'ieukM.  fip  (ont  des 
tettniuaifdns  propres  ê l'ancien  drrarque. 

(7]  Rien  ne  ,p«uc  embarailêr  dans  «r- 
flqÀsnp.  U cjl  paild  :4p  chapitre  XVI. 
des  -Nombtec  de  deux  cents  cinquante 
hommes  avec  ajo.cncenlqits.qni  ,vm- 
luicnc  par  une  cém^itd  crimioeUc  plrir 
de  l'enccns  au  Scigpqpc.  Cetee  entr^ti- 
fe  dtpil  (âns.doute  cnqlûtmea^^ulages 
des  nations , donc  r«xe«npte  avoir  pp  qn- 
.gagecles  «nfiinsdc  Ldvi  pana  cet  qtentac. 

(Ij  On  cftd'acord  avec  M..Gotifac 
Iq  tern^deVx,  parfpm.pcuxdctç  piienc 
I 3e  facci£ca$quc  on  fie  ,1tv|xJ<  , 

I apaKcnanc  aux  (àcrifices. 

Y yy  ij 


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II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

Ch  A».  XI. 
A KT  I c L I.  I. 


(a)  Tt$i.  vu. 
f.  tXKvi. 


(1)  Ci-dnâxt 
?.»7I. 


J40  NOUVEAU  TRAITÉ 

(i)  & (i)  fermez  (j)  l’abîme  ( de  maux  ) ouvert  ( pour  nous 
engloutir.  ) Dans  ce  premier  modèle  d’écriture  étrafque  ou 
pélargique  , les  lettres  n’ont  ni  bafes  ni  foramets  , & plis- 
fieurs  d’entr’eHes  font  panchées  du  côté  gauche.  Les  mots 
font  le  plus  ordinairement  féparés  par  deux  points. 

z°.  M.  Gori  , dans  fa  Dérenfe  (a)  de  Tancien  alphabet 
des  Tofcans  , nous  donne  le  fécond  modèle  d’écriture  étruf- 
que.  C’eft  la  légende  d’une  ancienne  monoie  , qu’il  crok 
^artenir  à la  villede  Todi , anciennement  Tuderte.  On  lit  ; 
Tutere  , en  caraélères  étrufques  maffifs.  Les  T y font  en  forme 
de  {h)  croix , ainfi  que  dans  les  trois  lignes  précédentes.  Les 
Antiquités  de  la  Galérie  du  college  romain  ofrent  les  inf- 
criptions  fuivantes  en  caraélères  étrufques  ; mais  plus  droits  , 
& un  peu  plus  aprochans  de  ceux  des  Romains. 

3°.  Les  mots  Lafa  Fecu  Menrva  paroilfent  fur  une  cou- 
pe ou  patère  de  bronze  , ornée  de  deux  figures.  Ils  fêmblenc 
dire  Genius  (4)  Fecialis  Minerva^ 

. 4“.  Sur  une  autre  coupe  chargée  de  trois  figures  : on  lit 

Tumus  Tinta  Apulu , qui  fignifient  Mercure  , Jupiter  Apol- 
k)n  , dans  la  langue  étrulque. 

f°.  Au  tour  d’une  coupe  de  bronze  , où  quatre  fimires 
font  repréfentées  on  trouve  ces  mots  , Laran  Turan  men-‘ 
rea  Aplu  , qu’on  interprète  Pâris  , Venus  . Minerve  y 
Apollon. 

6°.  Sur  une  longue  lame  de  bronze  , on  lit  Save  , 
qui  fè  prend  pour  farcofagus  , & Pies  Mûris  , qu’on  ne 
peut  interpréter  furement.  Ce  font  les  termes  du  P.  Con- 
luccio.  Contucci  , garde  de  la  Galerie  du  Collège  romain  ^ 


(l)  Ak  eft  touclitin.  Il  ftinblc  que 
tien  n’eblige  ici  de  recourir  au  grec. 
D'ailleurs  il  fervira  k former  un  fens 
plut  net  ; fi  l'on  rraduii  thmi»k  par  des 
ftcri/it/uniTi.  H ne  faudra  làire  qu'un 
mot  de  celui-ci  avec  le  prdeddeor.  11 
n'ed  pas  ffeâivemeoc  pattagd  en  deui 
dans  la  féconde  table  de  Dempfler. 

fa)  Deux  caraâètes  d'una  figure  conf- 
lanmienc  difdrente  , M.  CorI  les  rend 
ar  la  même  lettre.  Oo'  croit  pouvoir 
te  inkt  au  lieu  de  tmke , le  faire  venir 
ce  terme  du  veibe  grec  Cm  , tilum. 

() } On  convient  ptcfque  avec  M.  Gori 


fur  les  deux  autres  termes  } dont  il  dd- 
rivc  le  premier  de  -rfe/uif  & le  fécond 
de  «troa.  Notre  defTeio'  ne  nous  per- 
met pas  de  ponlTcr  plus-  loin  nos  re- 
cherches. Si  le  peu  que  nous  en  avons 
faites  en  pafTant  font  gourdes  ; nous  nous 
‘en  croirems  redevables  aux  travaux  dd 
M.  Gori.  Si  elles  ne  le  font  pas  •,  nous 
' ne  ferons  point  lâchds , que  la  traduc- 
tion de  ce  favanc  rduniflê  tons  les  fii- 
’ fiages.  Elle  mdrite  au  moins  des  dioges. 

(4)  Diane  dtoit  apelde  Dtx  fafetlù  par 
les  anciens.  Ce  mot  n'efl  pas  fort  dloi- 
‘god  èefuiaUii. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
dans  une  lettre  écrite  (iir  ce  fujet  à M.  le  cardinal  Paffioo^.  ♦tt-ti- 
Le  favant  Jéfuite  croit  néanmoins  que  ce  n’eft  autre  chofe  L 

que  le  nom  du  mort.  Du  refte  toutes  ces  explications  font  chap.  xi.’ 
fondées  fur  les  alphabets  Tofeans  de  MM.  Buonarruât^ 

Gori  & Mafiéi  , & fur  les  fibres  connues  d'ailleurs , aux- 
quelles  répondent  les  infcriçtions  étrufques. . . , ' 

II.  Les  Tofeans  abandoncrenc  infenfibleménc  la  manière  E^tore  latine 
d’écrire  de  droite  à gauche.  Leurs  caraâçres  lè  raprochè- 
rent  peu  à peu  de  ceux  des  Latins , donc  les  plus  anciennes  ‘ 

infcnpcions  vont  de  gauche  à droite.  On  en  a d’écrufques , 
écrites  (a)  en  caraâères  purement  latins.  Toutes  nos  plan-  (•)  Amijuit.  tx- 
ches  tendent  à faire  conoicre  ces  derniers , félon  les  diver-  ’• 

fes  formes , qu’ils  ont  pris  pendant  plus  de  trois  mille  ans. 

'Pour  ne  point  trop  multiplier  les  fubdivifions  d’écritures  I.  CLASSE, 
majufcules  ou  capitales  ; nous  avertilTons  , que  le  corps  des  / . DIVISION. 
lettres  des  fix  premiers  genres  de  notre  clalTe , n’ad- 
. mec  peint  oïdinairemcuc  de  courbes  ; (1  ce  n’ell  dans  les 
lettres  , où  elles  font  en  polTeflîon  d’entrer , fitivanc  notre 
alphabet  vulgaire , ou  dans  un  arondilTemenc  de  plan,  tels  que  .... 
des  bâtons,  & des  perles  pofées  en  lignes  droites.  ^ '' l. 

Les  lettres  des  plus  anciennes  écritures  capitales  , lapi-  f . 

daires  &C  métalliques , font  fans  bafes  comme  fans  fommets 
à leurs  extrémités.  Telles  font  celles  , qui  encrent  dans  le 
premier  genre  de  notre  1'.  divifioiu 

La  première efpèce de  ce  genre  d’écriture  apartient  au  i.  i.  genre. 
âge  i c’eft-à-dire  ,aux  tems  inconnus.  Elle  paroit  i°.  dans  j,  ^sp^ck. 
cette  phrale,  tirée  de  la  VI'.  table  ^b)  eugubine  : E fie. per- 
fclo.  aveis.  aferiater.  enttu.  que  nous  interprétons  auiE:  iM  xifxl.  p. 
Efiis  { I ) perculfi  : (i)  habetis  (il  ajjfertorem  {4}  iiuus.  *"*• 


. (>)  parok  meineut  qu'^«>.  L'i 
k change  en  t , encore  plua  ches  les  an- 
ciens , qui  Tupciineot  Ibuvent  l's.  cft 
4onc  pour 

(i)  Nous  pilfinot  ftrrtiljl  k ptrtxffi , 
ftrfcU  frapés  de  âdaux  , comme  on  l'cft 
, de  piialyJie  : vmm  itet  ptrclxi.  Notre  ftr- 
êlxs  peut  bien  venit  de  là  i t'i  du  milieu 
s'diani  perdue.  L’a  s’eft  changd  en  * St 
. finale  ne  s'exprime  point  dans  tflt. 

, ())  Avtt!  , hubtth,  vous  axez.  Ob 

|OOToii  fupldcc  av  moins  quelquelôis 


l’arpiration  h.  Le  fieft  changd  en  a : aJnlî 
il  ne  manque  que  1er , pour  avoir  hxtetii. 
Le  <B4Û  ell  luprirnd  comme  chez  les 
Oiicntaux , qui  ometienr  fouvent  les  par- 
ticules , Turtout  en  poefie.. 

(4)  AJftrutim  , MftriMtr.  1er  anciens  ^ 

. Latins  ne  metcoient  fré^emmenr  qu'une 
./ pour  deux , comme  l'bn  voir  dans  l'inf- 
cription  contre  les  Bacck^ialcs , et  dans 
. celle  de  Scipion  fils'  de  Barbatus.  L'r  8c  l'.r 
felbnc  perdus  avec  le  tems.  Ainfi  nous 
avons  xjlfrur  d'où  x^tntr.  DànS'  le» 


Uigit  '«j  i;y  ('-  iOgle 


I>.  PARTit. 

St  CT.  llf. 
C H A ?.  XI. 
Akticlc.  i. 


(a)  V.  Gtri  Muf. 
nmfe.  & W'f* 
4tlt  Mlfabttt  6'^- 

JI.  ESPECE- 


(I)  Ijler.  difUm. 
f.  1J4.  Mfr.  1. 
».  4. 


(f)  Ibid.  ttb.  la 

».  tv. 


\ 


j4t  NOUVEAU  TRAITÉ 

(t)  Vous  êtes  frapés  de  calamités;  mais  vous  avec  au  mUioti 
dë  vous  un  <i)  protedeur.  1®.  La  VIT',  table  de  Gabio  con- 
tient ces  mots  : Sururcnt  < 5 ^ pefnimamo  fururo  , c’eft-k- 
dire  : trahunt  ptjjima.  •.  trahutu  , ou  pejffma  fuburvnt  &c. 
Des  malheurs  étranges  nous  défolent , àc  nous  conromeac  ; 
oui  des  malheurs  nous  confutnent. 

On  peut  obferver  , dans  ces  deux  morceaux  d’écriture  pé- 
lafgique  latine  , TA  , dont  la  travée  ji’dl  point  enticre  , 
les  P.  femblables  à ceux  des  anciens  Grecs  , Sc  la  con- 
jondion  de  l’S  avec  l’V.  Les  mots  font  quelquefois  fépa- 
rés  par  des  points  de  diférentes%arcs.  Ce  feroit  trop  nous  - 
écarter  , que  d’entreprendre  i'hiftoire  de  Ja  découverte  4c 
de  la  fortune  des  famenfes  (a)  tables  de  Gubio  , d^où  foat 
empruntées  les  deux  phrafes , que  nous  venons  d’expliquer. 

Des  traies  & des  traverfes  fonvent  obliques  caradérifeat 
la  fécondé  efpcce  des  écricnres  capitales  du  i . genre.  Elle 
contient  les  lettres  du  fécond  âge  , ou  des  rems  connus , 
depuis  les  Confuls , jufqu’aprcs  les  guerres  Puniques,  i®.  Nous 
empruntons  d’une  médaille  , publiée  par  [b)  M.  Maflféi  , Je 
mot  Roma  en  petite  capitale.  La  ligne  moyenne  de  l’A 
part  de  fon  côté  droit  : marque  de  la  plus  haute  antiquité. 
z«.  Une  coupe  de  bronze  , ornée  de  crois  fibres  , porte 
cette  inferipcion  : JuNO  Heroele  Jo  y El  :Junon  , Her- 
cule , Jove  ou  Jupiter.  Dans  ce  modèle  d’écriture , les  mou- 
tans  de  l’E  defeendent  au-deUbos  des  traverfes.  La  même 
chofe  fe  voit  encore , bien  des  fficcles  apres  , fur  une  mé- 
daille du  roi  Reccaredç.  Dans  le  mot  iuno  l’O  eft  ouvert 
par  le  haut.  Les  montans  de  l’V  êc  de  l’N  font  un  peuaron- 
dis  , ainfi  que  ceux  de  l’-H  du  mot  fuiyant.  ^°.  Le  nom 
Cale  N O , gravé  fur  une  (r)  médaille  antique  , ^ préfente  des 
carafkeres  plus  réguliers  ; quoique  le  pié  de  l’L  foie  oblique , 
comme  dans  les  autres  inferiptions  , qui  compofent  cette 
fécondé  efpcce.  4°.  JLofna  , Palaces  , Amuces  : Luna  ,Pol- 
lux  , Amicus , roi  de  Bébricie  ou  de  Bythinie.  Ceft  la  triple 


rtymoloeict  , on  fiit  qoe  les  voyelles 
font  fl  Æjétesau  chsngtmem  , qu’on  les 
compte  1 cef  Igartf  jKjlir  rien. 

(f)  Bj««  n'eft  pss  pins  éloi^é  tf/»- 
tm  , qu’A/iiT4»cr  d'ejfimr,  uUt»  eft 
4ooc  pour  inuu  , fuivant  tes  ptiocipcs 


expofés  foc  le  changement  de  Xt  en  i , 
Bc  far  la  fitprelTion  de  l'r. 

(»)  De  nt{»  irtht , on  pluidt y»r«r»»» 
fera  pour  fitfenaïutt , «u  fHftrvtnmmt. 

(j;  Tefiùmum»  , pour  , 

ou  (eulcmeac  pfi^aM. 


; 7 


D 


DE  DIPEOHATJQUE.  y^j 

ioTctipiùon  d’ua  (i)  vaiê  cUWonx»  , chargé  de  crois  fig^rcs. 
y".  Sous  le  groi^  de  trois  fibres,  tepréfêiacées  liir  un  aum 
vare,eo  lie  : DwÆ,a,  MMolnia  (i) ^ea.  dedii  (3)  Novi^' 
Plautigs  (4)  mâd.  (i)  RoauL  {6)  ficid.  Dans  cet  ancien  mo-i 
aument  delà  langue  & de  l’écriiuce  latine,  les  O font  quel- 
quefois ouveits  pat  le  haut  & toujours  par  le  bas.  La  ligue 
tranfverfale  de  l'A  part  du  câté  gauche. 

L’écti|ue  du  3'.  âge  ptéfente  des  traits  plus  réguliers  ; aaais 
phi6eurs%i  iês  lettres  fe  diflûngjiKnt  par  des  traverfes  obli- 
ques. Ç’efteo  qui  conûiciie  la  trohicme  eiÿèce  de  notre  pre- 
mier genre.  Elle  lê  paouve  par  ouze  exemples  , repréfentés 
dans  notre  pkuKhe.  1°.  Matrc  (7)  matuta  doao  (g>  ^dfo 
Mucuria  Pola  Lèvia  fj)  <Uda.  Cette  inscription  a été  pu- 
bliée ÿ a»ais  fans  nulle  e^c^ion , par  le  matchs  (<4  MatSéi. 

L.  TuuPLfiio  L.  F.  C’eft-à^te  :Z«crô  TurpUwy 
y£^û>.Dom  Bernard  de  Montfaucoo  croit  que  TurpUio  qft 
mis  pour  TuifUio  y non»  d’une  Samille  roiwùie.  3°.  A Faw. 
Agrippm  Fm>io.  Ce  dernier  mot  oft  mis  pour  Furio , à la 
mantere  antique.  Nous  trouvons  daus  les  Faftes  couifulaicej 
un  Agrippa  Furius  Fufus  l’an  30I.  <jk  la  feindatioB  de  Rome , 
44^.  ans  avant  la  nailTance  de  notre  Sauveur.  Il  n’eft  donc 
pas  lur  de  Uie  Aulo  Fatiria  , comme  fait  notre  lavant 


(i)  Ce  vaTc  , aoÆbiea  ^ne  la  pitjte 
fiir  laquelle  paroit  l’inrctiptioo  Giivauce  , 
•nt  été  (Mcouecitt  prie  dci  murs  île  Pa- 
Mlrioe  . aiicijcnDe  ville , aflêz  voifine  de 
Home.  Cci  deux  aniiquci  feoc  partie 
des  rares  moouoicns  de  1a  belle  eald- 
lie  du  fiolldÿc  toataiu  des  PP.  Jétuices. 

(s)  Filta  pour  flia.  Kieo  de  plus.com- , 
mua  ebex  les  anciens  que  le  «tungeimt  1 
,ds  IV  en».  I 

())  Newes  tlamias , b b manidre  des 
Grecs , pour  Kevim  Plamim. 

(4)  Atd.  pour  nw.  Quincilieo  (r)  re- 
marque qie  les  anciens  aÿootoienr  fou- 
vent  le  D bla  lin  des  roots  t Lalinit  vt- 
Hfitm  D flaràmii  in  varhu  ultimmm  aJ- 
jtllaa, 

i f)  Rtmni , au  lieu  db  Rama  , par  on 
tbaneemeni  très  comnrnn  de  l’ae  en  ai. 

{t)  t/aii  pour/ror.  Le  dungement  du 
a CD  d n'eft  pas  rare  dans  les  anciens  mo- 
BBiaens.  Après  ce  peu»  commcitraiic  j » 


il  eft  tàfè  de  rendre  aiob  rinlcriptioa  : 
DindU  Uacatma  flia  dadit  : Naviat 
Ptautms  ma  Rama 

(7)  Matra  matuta  fcmble  mis  pour 
Matai  matuta  , la  DèelTc  de  fAurorc. 
Eo  fait  de  monuœcns  de  cette  antiqui- 
té , le  changcmcot  de  voyelles  ne  doit 
pat  arèter. 

(t)  Dudra.  C’eft  peutdrre  le  mot  grec 
, dont  le  r ul  retranebé.  Dans 
cette  Topolition  dana  diidra  voudra  dire 
daaa  farfadania  , un  don  , une  ofranje 
acoféc.  Peucécre  s'agit-il  d'un  vafe  def- 
tiné  aux  libatioDS  , te  oTett  b quelque 
Oivinité- 

f»)  Dada  eft  peutètre  pour  dtdi.  Nous 
fommes  d'autant  plus  porté  à le  croire, 
qn' alors  la  langue  latine  n'étoit  pas  for- 
mée  .ni  lé»  termioaifons  des  verbes  bien 
réglées,  ainlï  notre  infeription  peut  fe 
rendre  ainC  : Uaeathaa  Dta  dana  par- 
'frfa  matrana  Matt^  Pala  Livia.  dadi. 


IL  PARTIE. 

SacT.  111. 

Cjtar.  XI. 

Aayjçti  I, 


III.  ESPECE. 


(a)  Mufium  I . - 

ran.f.  470. 

(i)  Anai^tli.  ax- 
ft.  ».  f.  fart.  r. 
fl.  XTI I». 


(rj  7- 


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>44  NOUVEAU  TRAITÉ' 

* anciquairc.  4°.  Q,  F ou  Rio.  A,  F.  Quinto  Fourio  Aenppa 

* Sec  P'  mot,  qufpuuTe 

ChaV.  xi!  autorifèr  cette  leçon.  j“.  M.  F,  Marco  Fourio.  On  trouve 
Articie.  I.  un  M.  Furius  Fufus  , tribun  militaire  , quatre  cents  trois 
ans  avant  l’cre  chrétienne.  6^.  C.  Four.  M.  F.  Camillo 
, Fourio  Marci  fiUo.  L’an  401.  avant  la  nailTance  de  J.  C. 
Camillus  Furius  étoit  tribun  militaire.  Cependant  D.  Ber- 
nard à lu  Caio  Fourio.  7®.  C Four.  Caio  Fouf^.i^.  P. 
Four.  C.  F.  PubUo  Fourio  Caii filio.  Nous  trouvons  un  P, 
Furius  Philus  conful  1x3.  ans  avant  l’Incarnation.  Cesinfcrip- 
tions  du  tombeau  de  la  famille  des  Furius  , font  conlîdé- 
rables  tant  par  leur  haute  antiquité  -,  que  par  la  figure  de 
leurs  caraûeres.  La  lefture  en  eft  fort  dihcile  , furtout  à 
caufe  des  (i)  figles  ou  lettres  uniques  employées  pour  ex- 
primer des  mots  entiers.  90.  Junone  (1)  Keg.  (3)  ma  trôna 
.*  ' [i^)  Pifaurefe  dono  {^)  dedron.  C’ett  une  des  infcriptions 

{•)  Mtiftum  Vt-  découvertes  près  la  ville  de  Péfaro  5c  publiées  par  (a)  M. 
«»./>.  470. 471.  Mafféi.  10.  Cifula  Atilia  {6)  Dundianii  (y)  nomelia{%)  dede. 
(W  itiJ.  Cette  infcription  de  Péfaro  a été  publiée  par  le  même  mar- 
quis {b) , fans  y joindre  aucun  éclairciirement.  11°.  Feronia 

A (j)  Les  figles  ou  lettres  ioîdales  des 
noms  étant  Aifceptibles  de  plufteurs  Ci- 

foi£cations  dtfércnccs  ; 00  pouroic  peut* 
tre  imerpiéter  autrement  les  épitaphes 
du  tombeau  des  Furius.  Nos  antinuaircs 
trouvent  dans  ces  figles  le  nom  ou  père 
de  chaque  défunt  & l'F  fîgoi£e  toujours 
fliks.  Mais  ne  pouroit-oo  pas  expliquct 
cette  lettre  par  Fourius  & le  ilgle  qui  la 
précède  par  un  prénom  ? On  coooitroit 
alors  celui  chaque 

««"C  , au  lieu 

de  lAtMjUjMê  Lstcü  fiiio , on  liroit , 
tsidits  On  trouve 

dftahcibcnt  un  Lucius  Furius  , tribun 
'^^^^icaue.4U-  uns  uvant  }.C.  AinCdcs 
3'  liiBtt»»-  (fpitaphes.  Ccil  à nos  favans  k 
jadicicus  antiquaires  de  l'académie  roya- 
le des  Infcriptions  k Bcllcs-Icttrcs  à dé- 
cider lï  cette  nouvelle  explication  peut 
frre  aJmifc. 

(1)  Jmntne  cil  là  pour  Juiimi.  Rtg.  eft 
fans  doute  l’abréviation. de  Krjiiia. 

(j)  Httrcn»  au  fingulier  peut  être 
pris  ici  comme  un  nom  colIeéUf. 

Feronia 


^ . . êjmmtfi*  En  ajoutant  i s & IV 
fuprimées  dans  ce  mot  on  a Vifmuunfti , » 

ou  n/tjurenjît , en  changeant  IV  eo  i , à 
la  manière  des  andens. 

(5)  Didron  pour  dedertmt.  LV  du  mi- 
lieu du  mot  & le  / de  la  fin  font  re- 
tranchés. LV  tient  la  place  de  IV  Ce 
cbangcmenc  c(l  ordinaire  dans  les  mo- 
numens  antiques.  Le  fens  de  cette  inf- 
cription eft  donc  : Les  Dames  de  Péfaro 
ont  fait  ce  ptéfent  à la  reine  Juoon  , 
époufe  de  Jupiter. 

(6)  Le  mot  D^ndisnii  peut  fc  rapor- 
ter  à Cifula  Atilia  , donc  il  aura  été 
le  père  ou  le  mari.  On  peut  auflî  le  lier 
avec  le  mot  fuivanr. 

{7)  NomtÜA  vient  peutetre  du  root  grec 
, dijirihmh. 

(8)  Dedt  , pour  dedu  L*i  fe  change 
trcs-fréquemmcnt  en  e , même  dans  les 
bas  cems»  On  peut  rendre  ainfi  en'  la- 
tin ordinaire  cette  infcription  : Ciftdm 
Atilim  DendsMÜ  donativs  dfdi.  Nous 
n'ofons  cependant  gaiantir  cette  expli- 
cation. ’ ^ 


by  Cî>ogl(-' 


DE  DIPLOMATIQUE. 

StatUio  dede  , ŸOm.dtdi.  On  eft  encore  re4evable  au  même, 
auteur  de  ce  modèle  d’écriture  antique. 

,,  L’écriture  latine  , d’où  réfulte  la  quatrième  efpèce,  fe  ra-^ 
jjorte  aux  rrois  fiècles  , qui  précédèrent  la  naiflance  du  Sau- 
veur du  monde.  Ces  tems,  que  nous  apelons  le  quatrième 
âge  , ont  produit  des  écritures  lapidaires  & métalliques  , 
dont  les  lettres  n’ayant  que.destraverfçs  peu  obliques  ,,apro- 
client  de  la  majufcule  ou  capitale  oadlnaire.  Telle  eft  r».  U 
fameufe  infcription  faite  en  l’hormeur  de  Lucius  Scipion , 
environ  i j?.  ans  avant  J.  C.  En  voici  la  leâure  : Honc  (r) 
oino.  ploirumt.  cofentiont.  R duonoro.  optumo  fuifi.  vira 
Luciom.  Scipione,  filios  Barbati  confol^  unfor.  aidius,  Hk. 
ftut.  ahec.  cepit  Corjica.  AUriaqiu.  urbe.  Dedct.  Tempef 
tatebus.  aide,  mereto.  On  peut  juger  par,  ce  modèle , ain^ 
que  par  les  précédens  & les  fuivans , de  ce  que  difent  Ci- 
céron ôc  Quintilien  du  ftyle  barbare  confus  des  anciens 
Romains.  Le  célèbre  P.  Sirmond  déploie  (æ)  fon  érudition  , 
pour  juftiâer  les  folécifraes  U la  mauvaife  ortKo«apfie  de  l’mf; 
cription  de  Lucius  Barbatus.  On  juftifîroit  aufli  bien  les  an- 
ciens diplômes  , réprouvés  par  (a.1  le  P.  Germon, à caufe 


II.  PARTIE. 
S.I  CT.  I II. 

■’r 

I., 

IV.  ESPScE. 


.1 

(.i 


{t)  Voici  comment  le  P.  Sirmood  e» 
pU<]oe  {k)  cette  inrcciption  lapidaire  ; 
Hune  $tnum  flursmi  confntiitMt  Rom*  ko- 
nonuH  ofrimum  fftiffo  vimm  Ltieium  Soi- 
ftoium.  Fiiim  Barkmii,  eonful.  , tJHit 
kit  fuit.  Hit  ttfit  CtrJicMm  Altrimmjiit 
utktm.  Dtikt  Ttmftfiiutkmi  uUm  nwn'r). 
Ced-i-dire  ; la  plopart  coavienneoi  à 
Rome  tjoe  Lncioi  Scipion  droit  le  plus 
honndte  homme  des  gens  de  probité  II 
dtoic-  fils  de  Barbatus  : il  fut  conful  , 
bebfcur  i édile.  Il  pritTilc  deCotfe  8c  la 
ville  (fAletta.  Il  lit  bâtir  un  temple  aux 
Tempêtes,  avec  beaucoup  de  rairon.Les^ 
■ mots  A /./r.  ’«pt>  peuvent  lignifier  . Ai' 
Lu  ctfit , on  fimplement  mtetfh  } mais 
non  pas,  Hietefii.  Ovide  an  livre  i.  des 
Fades  ooas  aprend  <]oe  Lucins  Scipion. 
voyant  fa  Bote  prête  à être  Ihbmergde 
devant  file  de  Cotlè , fit  veto  de  confa- 
crer  un  temple  à la  Tempête.  Si  ton  en 
croit  (e)  Tite-Live  , Lucius  Scipion , qui 
's'empara  de  111e  dC'Cecfe  , étoit  fils  de 
'Fnblins  Scipion  Sc  non  pas  de  Barbarot. 
Le  P.  Sirmon  veut  «lo’oh  itù  raportc  plt- 

Tome  II. 


côtà  l'infcription  qn'àl'bidorien.  En  dfer, 
les  monumens  antiques  font  plus  fuis  {i) 
que  l'hidohe.  |- 

(t)  Il  faut  que  ce  Jdruite  n'ent  pas 
la  plus  légère  notion  des  anciens  inonu- 
mens , ou  qa'il  checchit  à faire  illution. 
On  verra  dans  la  fuite  de  ce  chapitre  , 
qae  les  termes  8c  prefqne  tout  ce  qu'il 
coodamne  dans  les  plus  anciens  diplô- 
mes , fe  trouve  dans  les  iofcttpcions  lapi- 
daires 8c  métalliques.  La  vraie  raifôn  de 
la  barbarie  do  dyle  8c  de  l'onhographe , 
qui  régne  dans  les  chattes  des  vi.  vi  t. 
8c  VIII*.  fiécles  , vient  de  Pétât  od 
étoit  alors  la  langue  latine.  Elle  cd  de 
telle  nature  , qu'ii  ed  ttés-dificile  de  la 
potier  bien,  à moins  qu'on  ne  Pécudie, 
ou  qu'on  n'ait  de  converfation  , qu'avec 
ceux  qui  la  parlent  parfihiement.  I Cela 
n'a  pu  Ib  retKontrer  que  pendant  peu 
de  tems  même  à Rome.  Le  latin  'devint 
pins  poli)  lorfqn'on  l’étudia  i mais  H re- 
tomba dans  fon  premier  état  de  barba- 
rie , quand  les  études  furent  abandon- 
née*'.’ Aalfi  voyons-nous  des  traces  bien 

Zz  Z 


(4)  Sirmend. 
^r.i.  4*  tcio  J 

& H- 


{b)  Jhid.  C0l.  587. 

(r^  Ub.  9- 

(J)  V.  n*trê  T. 
fm*.  p.  54. 
fiÙVo 


DiÇ,  ' llÿlf 


II.  PARTIE. 
S 1 et.  III. 
ÇllA>.  XI. 
Articlï.  I. 

(4)  SiutrilU 
f.  8S. 

(I)  IM-t-  tt. 


(c)  Dt  n diftm. 
/•  3 4 J. 


U)  Dt  nuit  R*- 
maijfir.  p,  il 4. 

. ' 


S46  hîÔUVËAU  traité  * 

âe  la  batbàïié  ée  leur  ftylè  & de  leur  orthographe.  2».  Le 
mot  Roma  fur  une  rnédallle  du  cabinet  de  S.  Germain  des 
Prés  de  fur  ufié  molioie  (a)  de  la  RéOtiblic^ue  rontaine  , ofre 
un  A dont  !à  ligwe Moyenne  delceAd  du  côté  droit,  j®.  Roma 
for  (B)  une  aùrte  monoie  i pfelr  ptès  du  même  rems  préfen- 
*e  tio  A ttayetfé  Oàt  Urte  ligne  ordinaire.  4®»  Deixitii 
(i)  ¥raéiot(t)  ex  k.  l.  i'|)  quairé  (4J  tipa  (f)  Huatels  [6) 
liS}  N.  ù.  M.  (7)  {^ttoüens  [9)’qüotHqUi  bif.  in  Uno,  ubi 
dkai  pàrtéi  Ùè.  Ôuod'JÎHe  niafo  {9)  ptqulàtum  fiat.  (10) 
/•/.  quel  &c.  Ü.'Mabilfon  , ^ui  ’ a publié  (c)  ce  fragment 
d’une  loi  rdtttai^  , Yéft  ihftetm  d’en  fixer  le  férM  èt  la  lec-» 
tùre'.  Efi  éfèt  , èè-ij|ndttütttfen.t  eff  três-obfc^  ; pour  ht  pas 
dite  mfotelÜgiôle'v'  Ptirceÿlé  kîi  'déux  deéniètes  lignes  font 
coupées  pat  oes'ècdj  Léif  iBittWii  Y fonfifTex  régulières  |‘fî 
ce  h’eft  fes'  tlnéi  font  plus  grandes  cjue  lei  autres.  Dsltls 
le  mot  eifià  ^ le  P a la  flg;ute  dit  f gl^.  Les  figures  deS  P, 
Qj'S,  wi^it  beaucoup  dans  Tefpace  de  ces  trois'  lignes 

d’fctiWré  tWtitfue.'’ Y*.  Lé'Senafus  icortfolte  ■ithdü'  f lb) 

fTii  t'3;  ri'jrt  1 ■*,  m,  . , i,  , i i r'.i  . 


iMfqntcSda  llfHr  8tt  Roitiiini,' 
étoit  ton.  ans  avant  i'crc  chrétienne  , 
dans  les  mlT.  U («sdiploaMSÿurtin’n  ia^> 
fiècle  A idCbm  Ai.delà  ca  cenaiBa  püs. 
Le  latin  im^Ii  Te  maintint  caiiiOon  dans 
les  c4a)pagMt  i camatc  «'y  1 maiixtent 
noue  vietuc  gaulais.  Cafia.s‘d|W)S  lotat- 
leaKOt  cariotnpii , <ao2  par  U , dénr 
deaae  dbt  étosks , ^e.pai  l'iitagC:  > 

Creoc  ks  nationa  baébans , ileliNUMMiér 
liuie*  à aos  la^iKS  vidgairear  ir< 
{1)  OrÙMnIr  PraPMr,  oa  tiea<k  Diti*- 
tit  Prtttr.  ..!■•  : . ■ ,i .. 

(1)  S»  h.h  Cea"4tfR  iktitiatkMiS  6- 
gaiJicnt,«J(Ji*i«(i(jlji»9t  îni.h  , . 

( >)  gaakracHCW  p«»fwe  k premier 
Inot  de  UlaÂtM*MM«>CB  vccttide  la- 
aiielle  le  pMki>T  devoir  proneaeer.  Peu- 
^ akC  p«a»r4  «^->1  peor  ftttii  rt,  tfm 

. . . - J : . ji  i.,  . . ■ j 

c /lii'lÿan  ApanraBtac  da  Mot  geecj 


Okarrlrpautdlrant. 

•s  H S.  Nv  te  peeaikie  abrdviurant  ^ 
.figjâiM  kftetcesi  A l'N  «MiMim  qa  aa«e-j  j 
.minm.  La  figure  , gui  eerntiac  iàf  ga-|  | 
.4M  plaache  la  peeckièie  üÿÊt-,  sm%*{l 


ttfc"  Ètr  t?  lé  Vin  .M;  tt  lignifie  rmfSnfc 
mUU»  , félon  D.  Mabillon  , qui  cepea. 
4*at  n'ea  aponeaucuae  weuve.  La  »(me 
figure  rcavcilllc  vaut  du  mille  daas  (1^ 
Vtjsu.  1 

I <7l  I2a«'««»  aa  Ucade  jgna- 

.r-  . 

t >-}MaéParulB<><»  pour  featUim.  Le  p 
.lünt  MUTCDt  la  place  du  r , dans  les  mo- 
hoaiens  les  plus  anhquca. 

Pr.  qtui  : ('câ^-dite  , Prttarfti. 
Quoique  pcefquc  tous  les  mpes,  qoicoin- 
pofcat.ee  fta^cut  Ibieat  claks;llcft 
crci-difictja  d’y  trouver  un  koi  aer  A 
fuivik  Et  c’eO  peutétte  pour  oetee  rai- 
fo«i  qu'oa  ne  le,  ceacoocie  |to<nspata>i  ks 
reflet  des  aBciCBBps  loiz,  que  Ig.  Ter- 
raliÔB  U recueillies  daat  foa  Hiftoire  de 
la  Jurilpmdcace  tomaioe. 

.(la)  tfiaibieu  Egiu  ,.  dans. foa  ex- 
plkoiida  du  SeatitM  coufuite  cooncles 
Êacchaaalcf , e>ara3ae  ea  ddnil  tout  ce 
quietneerpe  casKies  du  pagaoifme  Gn 
,BC  peur  Ike  fiais , kdair  d^orrciB  ks 
tabakuMiions  ^ )0C  oulce  .infàafil  des 
payiktj  4ui  prétcadoieat  boaoMr  kats 
fiw»  Diana  pas  datenotas  U dca  foliet< 


D:  iiîizüij  bv  Godc^U 


DE  D IP  EO  MA  TIQUE. 
contre  les  bacchanales  i86.  aas  avant  J,C>TBft4iWi«.6çriwçf  ^SS^SS^ 
‘moins  polie.  Nous  le  donnpcis  d’aprèsJe  nlP4ète  , .n.  ipaat.ie. 

publié  ■(«)  Matliieu  Egypcio  ou  Egûsi.  3U  esft  çiré  d’unie  t»- 
ble  de  bronze  du  a^ûiec  4é  TE^potuiir.  jNou$  je  JaToiw  a R«XCt.C„  X. 
ftinfi  : ....  Li)  Marcûff.  L.  F.  S.  h.  F.  Qof.  $4t 

natum  (i)  confolueniM.  N.  03pb..  apu^  wdtm,  {j) 
elDnai.Jc.  aff.  (4)  M.  CUudi  M.  F.  l.  ViiUri.P..  Q.  F.  AC  ^ '' 

nuei.  C.  F.  de  Bacandibus \%)  g.Uei  feidenttei  t^nt.  itfi 
exdeicendum.  cenfuere.  Nei  quis  epruM.  \6^  Sopmed.  iitr 
buife.  C7)  vekt. ( %).fei  ques  - efemj'aveh  {»)  fiketi.  deieer 
rent.  {16)  aec^us.  tfe.  Bacanal.  bd/ere.  {il)  et^.  uni.  ad 
Pr.  {n)  .urhanum,  Datks  ce  modèle  li’ectimre  antique  ;ln 


qui  foDC  rougir.  Rien  n'eft  plus  propre 
i faire  conoitre  dans  ^ucl  abîme  de  td- 
odbrcs  4c  de  fsnatifme  dioienc  plongées 
les  nuions  les  plus  policées  > aranc  gne 
le  Sauveur  du  monde  eue  répandu  fur 
la  terre  la  lumière  de  Ton  Evangile. 

(i)  Deux  lecrtes ne  patoUTenc  pus  fur 
la  crible  de  brome , lavoir  le  Q 4c  l'M. 
On  a rétabli  cçcce  dernière  dans  notre 
iplanche. 

, (s)C«is/Mw<r«ar  pcsnrwryâifiinini/.  les 
anciens  tendcyienc  I* iôn  de i’v  par  la. Ils 
dJfoicnr  vchh  pour  vuttis  8cc. 

( ) ) ÜKtUnMi  . lirOmM  , pour  Séttt- 
«4.  pa  dilbic  anciennemem  dtumm  pour 
beans  y diuHum  pour  btUian  &c.  On  peut 
l'cmarcjucr  ici  rancic|uirè  de  'l'orage  de 
: drefti  ica  aâtt  pdiljis  dans  les  tensples. 

(4)  MaibicuEgkiactudevoirJircfè) 
ARF  au  lieu  d'AFF  ; parccqu*U  n'a 
pas  connu  la  première  F , ^ui  rcITeiBblc 
un  peu  à l'R.  Il  a interprète  eette  abié-' 
viacion  par  »dfutruni.  Mais  afutrtmi  cil 
la  vraie  leçon.  Serlbnda  afuttkni  cil 
une  ibtnuile  ttcsxoonne.  Ellejssprimc 
la  prèfencc  des  auteurs  8c  des  témoins  de 
l'ahc  dielTè.  Nous  en  avons  un  a«KC, 
exemple  dans  le  Sénatus  coofultc  donné 
(-)  en  faveur  des  Juifs. 

is)  S.“‘‘  foideraui  tfinl , pour  faderMii 
rjftnt.  La  dipbronguc  grèque  lî  s’cH  chan- 
gée en  M cher  les  Latins.  L'nfagc  de  ne 
point  redoubler  les  demi-voyelles  com- 
me dans  tftttl  dura  jufqu'ii  Ennius  , qui , 
le  changea.  Avant  lui  on  difoit  ftcitfi 
pour  fuiffi.  Ce  fut  du  icms  de  Cicéroii 


T,> 

è>  V . 

qu'on  dc>pb|al^  ,qni  fe  tnwspit  afn  .«q- 
Heu  ôù  à la  rnice  des  voyelles  longues 
eomne  dans  sènvjÎMMr.  • (é)  ïUJ.f.  Mt- 

(<)  pflqr,p4«ÿBal,  pmyije  • t . ■■■ 

bévue  nunifefle  de  l'attifte  , grava  çe  . 
fameux  Dccrcc  fur  le  bronze.  ' ' ’ ' 

(y)  ilniauyisWt/rpoar  AsénÿiWrX'Jcs 
^eieiisfcjootfouv^nf  lÿiliiiis  de.r«^i)Ojlt  •«'»• 

‘l'i.  Ilsdifoient  ctfa,txemn^»rpta/i/.  <iefi  i4.'f,ç.i 
Set.  pcmr  erptr,  extmk,  trmndt,  -eirittif. 

isj  &i(s^>nr.  Bottt/îpMiiÿhrr.l^  ) 

lîngalier  fnù  , les  andensont  formé  le 
pluriel  fuii , dont  lé  datif  n'efl  pas  ym/i, 
mais  fmbm  : comme  'le  datif  de  civti 
ell  civilms.  -, 

jjX  Sibei  dti<erml  pour  Jî^  dictrtfu. 

On  trouve  foirvent  riant  les  infcriptions 
ttfüâcttjtniUi  ,Jéttn»iyftUm,  yjtiv».  ~ ' i ‘I  . i 
Lucilim,,a«  laMrc-.dc  puipdUen. , {d)  Lié.  1. 1.  7- 
vouloit  qn'on  ccrivâc  futrti  , au  lieu  de 
pMrri. 

premier  mot  aéré  jpaiéciit  par  le  graveur 
de  la  Uble.de  bronze.  ' 

v)  Efwpoufeû.  Dans  CsutcrZC'Fot- 
vius  UrCnus  ce  mot  cil  prcfquc  tonjouts 
écrit  ieit.  Après  ti> , il  faut  fuplécr  daps 
notcc  modèle  txdictndum  tjft. 

( I z)  Après  notre  petit  commentaire  -, 
il  cfl  allé  de  rendre  linfi  en  latin  or- 
dinaire le  Sénatus-confultc.  Murcixt  Ut- 
tii  filim  , Sfuriui  Pe^xmiu  .LuciifUm  , 

C«s|/Mrr  SttnUKm  uafnlutTHM  Hmù  Oc- 
Ictrh  »fu4  idem  Bcttûni.  Scribenio  jf- 
fittruBt  M,  CliHdixs  Hiati  filùu  , 
cm  VxteriM  Pnblii  fiUm.  Ô.  Minucim 

Zzz  ij 


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j4*  ^NOUVEAU  Traité 

tête<lu  P s’arontlic  fid  perd  la  forme  du  r.  Les  A font  tra- 
II.  PARTIE,  yeffés  far  uirè  ligne  horizontale. 

Ch  aI.  xi,  'La  cinquième  clpèce  eft  à lettres  hautes  & d’une  forme 
Articli.  I.  un  peu  ruftiqiie,-  EÛe  fe  mdniiêfbe  dans  quatre  infcriptions  ■ 
V.  ESPECE,  poftérieurès  à l’cre  chrétienne'.' Ld  première  eft  une  ancienne 
(«)  Butnamoii  épitaphe,  trouvée  (a)  dans  les  cimetières  de  Rome.  Pref- 
a vtri.  f.  i«4-  que  toutes  les  fyllabes  y font  féparées  par  des  points.  On 
y fait  une -prière  pour'le.  rfepbs  de  l’ame  du  défunt , auquel 
on  porte  la  parole.  Eu.  ho,  di.  oni.  ma.  ri.  to  Ty.  che  (\) 
cum,  quemfecit.an,  nos  xvrii.Spi.n^tus.tù.ustn  [i)f>acèi 
La  fécondé  , L.  Pomponio  Vtrio  Cof.  c’eft*à-dire  Confuli , 
eft  tirée  d’un  monument 'Ç  dont  nous  avons  perdu  l’indi- 
cation. Nous  en  fommes  d’autant  plus  fâchés  , que  le  nom 
de 'ce  conful  ne  fe' trouve  pc|int  dans  les  Faftes  confulâires. 
,r  La  troillème  eft  gravée  en  r4icf  fur  .une  lame  de  cuivre  , 

(t)  y.iimicr.  an-  deftinée  th)  à former  la  fignature  de  celui  à qui  elle  apar- 
'■  ’■  tenoir.  Cette  infeription  n’a  que  ces  trois  noms  : P.  Pot. 
Ly.  c’eft-à-dirc  Publii  , Potamii , ou  Potentini  owPotiti, 
(f)  Sn/pUm.  * Lyfimachi  ou  Lyfandri.  La  quatrième  publiée  d’abord  par  (c) 
r,difhm.f.  u4-  p)  Mabiùon , ôd ‘cnfuite  pat  le  fénateur  {d)  Buonaruoti , 
(/)  offmmtieni  eft  de  l’an'^  jS.  tic  J.C.  Nous  n’en  donnons  ici  que  trois 
;.  xvj.  lignes  eh  écriture  capitale  un  peu  alongée.  On  les  lit  ainfi  : 

Anime  innocenti  Gaudentiae  , <jue  vixit  annos  v,  menfes 
VII.  dits  XX.  in  pace.  Dans  cette  épitaphe  l'e  fimple  prend 
deux  fois  la  place  de  la  diphtongue  <c. 
yy. ESPECE.  Une  écriture  tres-maflive  caraâérife  b (ixième  efpèce  du 
premier  genre  des  lettres  capitales.  Un  feul  modèle  fufit 
pour  la  repréfenter  au  naturel.  C’eft  une  forte  de  médaille 
(f)  Sufim.  a (e)  de  terre  cuite , fur  laquelle  , en  commençant  à gauche 
rwj.  ,xfi.  1. 3.  pjf  le  pins  grand  cercle  , en  finiflant  par  le  plus  petit , 

pLtf.n.t.  * j„  c.:.„  .1  D AA 


nous  liions  tout  de  fuite  Marco  Ponpeio  Macrino 

faire  feocir  le  torc<je  ceux  qui  ont  ata- 


CipV //iML  BatMitAtibus  qui  fœtterAii 
tÿini  1/^  tdittnAutn  ttnfuiht  : nt  tfuis 
r$tm  BseMMAl  habtnjpi  x/tlUt.  Si  qui 
qui  ftbi  dicertm  necejfum  ejpt  BacAHMi  h*-, 
htrt  iii  tai*' Md  P àtertm  urbaMum 
(Kamam  vittirtMf,  J ' 

(j  ) Ckm  qntm  TOUf  eum  que*  Nous  nci 
'itmarquoni  ces  fel^cïfincs  fi  ordinaires 
dans  les  inlcriptions  iomainc$  >qae  pour' 


les  chartes  mérovingiennes  du  côté 
U Ayle  Sc  de  la  mauvaife  larioicé,  qui 
ne  fe  montre  pas  moins  k découvert 
dans  les  monumens  lapidaires  & métal- 
liques. 

(i)  II  faut  toujours  après  I/f  par/ tous* 
entendre  requiefiat  , ou  quelque  autre 
mot  fcmblable. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  j45> 

Vuhllo  Juventio  Celfo  confulibus  ex  pecunia  Flautia  qui  do. 

Cette  infcription  capable  (i)  d’arctcr  nos  plus  habiles  anti-  P*» tu, 
quaires  eft  ae  l’an  164.  de  J.  C.  ^ c^HA*p.*xr. 

La  dernière  efpèce  fe  diftingue  par  une  écriture  grolfière  a »t  i ci  r,  it. 
& ruftique  , qui  a duré  depuis ‘l’empereur  Condantin  juf.  yil‘.  ESPECE. 
qu’au  XI®.  Cède.  Le  premier  exemple,  que  nous  en  donnons, 
eft  cette  infcription  (a)  du  fceau  de  Childebert  III.  Chil-  DtTtUfim 
z>£. ...  R£X  f racorum.  Dans  ce  dernier  mot  l’N  eft;.j»i. 


Ciprimée.  A ce  modèle  du  vi  1 1®.  Cède  fuccède  dans  notre  ' ' 

planche  une  infcription  des  phis  barbares  de  la  fin  du  ix®. 

Elle  fait  partie  du  \)>)  Dyptique  facré  & profane  d’Oddric  SuppUm.  a 
abbé  de  Rambona  dans  la  marche  d’Ancone.  On  y aprend  '' 

qu’Ageltmde  , époufe  de  l’empereur  Gai,  fie  bâtir  ce  mo-^  ' 

naftère.  Confefforis  (lyDomim  fanclis  (3!  Gregorius  , Sil-> 
vefiro  , {i{)  Flayiard  (3)  cekobio  Roodjoaa  Ageltruda  conf-^ 
truxï.  C’eft  moi , Açedtrudé qui  m fiât  bâtir  ce  monaftère , 
en  l’honneur  des  faints  confélTeurs  du  Seigneur , Grégoire  , 

Silveftre  & Flavien.  Le  troiCème  exemple  d’écriture  grof- 
Cère  & malBve  parait  fur  la  couverture  oe  l’Evangile,  qu’on  > . i 
prétend  écrit  de  h.  main  de  S,  Eulèbe  de  Verceil.  Aù  x®.  "•  '• 

ficelé  le  roi  Bcreilger  (c).  fit  couvrir  ce  précieux  raf.  de  la-  (^)  BUiuhbii  ’ 
mes  d’argent  , fur  Icfquelles  il  fit  repréfenter  S.  Eulcbe  ; 
au-deiius  duqud  font  gravés  ces  deux  vers  ^ tcHxàx.  < 


Praeful  hic  Eufebius  fcripjît  , folvitque  vetujlas  : 

Rex  Berengarius  ^fed  reparavit  idem.  ^ 

Dans  ce  modèle  d’écriture  la  traverle  de  l’A  formé  une  lo- 
fange.  Le  B & le  D font  ouverts  par  le  bas.  • ’ 

III.  Si  l’on  compare  les  modèles  dé  la  plus  ancienne  écri-  jc  u™itt's^ari 
tute  des  Romains  avec  ceux  qui  reprélèntent  l’écriture  cieonc  du  launs. 

( I ) On  pouroic  pcuidirc  encore  mieux  ejue  ce>  ùtans  te  tOtrex  , qui  .ont 
Tire  en  commençant  par  le  plus  petit  voulu  expliquer  eette  inrciiption  n'aiint 
cercle  : Opus  dtlixn  tx  frdJ»  PUuiUni  pas  fait  ufage  de  l’O  K du  D renfet- 
QuinetHUni , ou  comme  veut  le  P.  Bo-  més  dans  le  petit  cercle  concentrique, 
nanni  , A^uinxtis  , Mxrco  Ponptio  M»-  (i)  Ctnftffms  an  lieu  de  ronfejfcrilrttt. 

frino  PuiÛo  iuvintiff  fonfuUèut.  Il  y a (])  Gre^ortiu  pour  Gre^arra. 

nn  Plauius  Ptauiianus  parmi  les  confuls  (4)  F/4vr«»i  pour  F/avrana.' 

le  un  Plautus  Quindlillus.  D.  de  Mont-  ( 5 ) Ctnchio  Kcmf  a»«  à U place  de  Ca- 

faucon  regarde  la  leçon  du  P.  Bonanni  nUimm  Ksmtenxm.  £ff-il  un  diplôme  , 
comme  harardfe , aiufi  que  plufieurs  au-  dont  lo  ftylc  foir  plus  barbare  ! 
très  du  Q>djne  auteur.  U eft  plus  lïoguUci 


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II.  PARTIE. 
S 1 C T,  III. 

Ch  AF.  XI. 

A A T I c L Z I. 

(*)  Ci-dtffiu, 
f.  fof. 

II.  GENRE. 


V.  ESPECE. 


(t)  Mnmineiit. 
vrUr,Aatiif.}t^. 


Dt  Ttman* 
D.Ptiri 

tfifcepMtu.  Vlert»- 
tid  I74t-f.  IJ4. 

JI.  ESPECE. 


yyo  NOUVEAU  TRAITÉ 

lullique;  on  aperçott  ftupreaûer  coup  d’ocil  que  celle-ci  des- 
cend en  dtoice  :de  h pteaûère.  Les  /lettres  de  récritu- 
re ruftique  (aj  font  peintes  ou  rtacées  nég%emnient  Sc  fans 
nulle  élégance.  Cieft  à la  repréiènleef  (ôus  ces  divetlès  for- 
mes , que  le  iêcond  genre  de  nos  écritures  lapidaires  Sc  mé- 
talliques eft  deftiné.  11  n’eft  cependant  cotnpofé  que  de  cinq 
elpcces..'  ...  .. 

Là  première  eft  id'ime ^écriture  antique  , boftuei,  tortue, 
âc  (pielqueËais  tsrminée  par  ideux  pointes  , en  petits  croif. 
fans  , ou  en  bouts  alongés  & fuperflus.  En  voici  un  mâdèle , 
ciré  des  deux  infcriptions  lapidaires  des  Frères  Arvales,  pu- 
bliées par  (S)  Philippe  de  la  Tour , évêque  d’Adria  : In  luco 
Deae.  In  luco  De<u  Diae.  c’eft-à-dire  , /dans  le  bois  làcré 
de  la  Déefte  (i)  Dia.  Dans  la  jprttnière  kifcripcion  ,qui  eft 
de  l’an  8 1 . de  J.  C.  les  mots  lonc  féparés  par  des  points  , 
& l’on  voit  un  accent  aigu  liir  lùco.  Rién  de  femblàble  ne 
fe  montre  dans  la  lêconde  qui  eft  de  l’an  183.  Le  fécond 
modèle  de  cette  efpi^  d’écnture  ruftique  eft  une  épitaphe , 
publiée  par  (c)  M.  roggini.  Voici  conunent  die  doit  ccte 
(i)  lue  ; Bona  'memoria  FaJite  Péri  Amtii  filial  dulàjfimte  , 
vixü  anno  i.  Dans  cette  inlcription  les  thavecfes  des  A 
ont  crès-irrégulieres , ainfi  que  les  bafes  & les  Ibmmets. 

Une  écriture  médiocrcmaitruftiqHe  ,8c  chargée  de  quel- 
ques traits  obliques  8c  lingi^^s,conftkue  la  fécondé  efpcce. 
Son  premier  modèle  elVcettfe  iiilcrîption  : Deo  Mercurto  & 
Rofmerte  Cayitiiii  T^ti  fitius'ejc  'Veto.  C’eft-à-dire  : Cantius 
fils  de  Titc  » oftrt  ce  voeu  i Mercure  ( Dieu  du  négoce 
chez  les  Gaulois , )'&  à Rofraerce  ( DéelTe  des  plaines  ou  des 
campagnes.  >Cette  inlcbipcion,  ('i)  gravée  lûr  une  piene  , 

( I ) Selon  (d)  Straboo , Du  cA  Hcb^  , 

Dé^fTe  de  la 

(1)  M.  Eoggini  croit  rioTciiptian  chtd- 
ticnoe , paceeque  B.  M.  c'eA-â-dire  Bc- 
tummtrid  en  tdec  coovicnc  aux  chié- 
aiens  s au  lieu  <)ue  ccUcz  des  payens  fi- 
jùAenc  par  Brui  mernu^.  Dans  la  m(me 
note  U ajoute  : ÿiud  *à  rumm 

VtriMiHi  ( rpril  £>it  d'uoicul  mot  ) a*mi- 
.mm  Ulu  , dtfiàtM*  Uh“^  UtinA  , toià 
nui  rcmimd  nfttUieÀfMOMm  tfi , umHl- 
IM  miditkri»  ntmin»  "hiuic  fiii  ' mtfrnti 


ttrmm»timtm.  On  ne  conteAe  point  le 
/aie  i mais  oo  eA  per/uadd  qu'il  /jut 
lire  X'tri  Aruni  : ce  qui  en  fine  di[}<aroi- 
ne  l'apliCatlon 

(t)  Toute  (impie  qu’elle  eA.clle  a don- 
nd  de  l'exercice  à D.  lacqoe  Mariin. 
i”.  Au  lieu  de  Refmtie  , qui  fe  montre 
fiins  aucun  nuage  dans  l'infcripcion  , il 
a lu  Pojvtrte  ou  Privent , la  DdelTc  des 
acouciscniefis.  i°.  Au  lieu  de  C»ntmi , 
il  a lu , d’aptds  Gruter , Ca>»>  Antiui.  Cc- 
peudaor  là  C <A  cooôgu  à l'A  & n'en  c A 


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DE.  DIPLOMATIQUE.  j.ji 
trouvée  à Langres  , repréfencaoc  les  bultes  de  Mtirtiure  &: 
d’une  DéelTe  , a.  cauTé  de  pands  (a)  embarras  aux  atuw 
quaires  , quoiqu’elle  foie  cres-aifée  à lue. 

Le  fécond  modèle  eft  tiré  d’un  ancien  monument , qu’on 
peut  qualifier  diplôme  autentique  de  l’empereur  Galba.  Ce 
font  deux  tablettes  de  cuivre , qui  contiennent  l’hottéce  con.- 
gé  acotdë  par  ce  prince  à des  fokiats  vétérans.  Voici  iss 
trois  lignes  , que  nous  en  avons  &it  grivet  , d’après  (^)  M. 
Madéi  : Drfcrif  inm  & reeognitwn  ex  tabula  aenea  , auae, 
fixa,  efl,  Romae  in  Capitolio  in  ara  gentis  Juliae.  Dans 
cet  inilrument  de  l’an  6i.  de  J.C.  la  conjonéHon  du  P avec 
le  T > âc  de  l’M  avec  l’A  mérite  d’être  remarquée. 

La  troiüème  efpèce  d’écriture  rultiqiie  eft  des  plus  irré^ 
gulieres.  Ses  caraâères  font  ferrés  & chargés  de  traits  fit- 
perflus.  Notre  planche  en  ofre  un  exemple  infigne  dans  l’é- 
pitaphe chrétienne  , publiée  par  i’ilUdlre  fénateur  (c>  Buc»- 
namioti.  Voici  de  queUe  manière  elle  doit  être  lue  : 

'■  ï X 0 T C. 

Ceft-à-dire  : Jàsus  Christus  Deï  FilWS  Saivator. 
I.  Pofiumius.  EutJujÿaa  tfideüs  , qui  gratia  (i)  fanSa  con-^ 
fecutus  , 

X.  Priait  natdli  (i)  fuo  ferotina  hora.  rtidit  dthitum.  vitae 

fitae  J (^i  vixit  i 

0.  Annis  fex  , & depofitus  fT.  idus  julias  die  Jovis.  quo  & 
natus  efl.  Cujus  ; 

Y.  Anima  cam  (3)  fanSos  in.  pat*.  FUio  béai  mererui.  (4) 

Poflumii  F elicijjîmus 

C.  iV.  & Èutheaia.  & Ftfla.  avia  (3)  iffiius.  M 1 


JK>ÎD[  l^pari  ptr  no  point  ou  pat  quel- 
que  choTc  <1  cquivaleot.  Quelques  autres 
antiquaiies  ttourrnt  fimiirte  , où  de 
bons  j^enz  o'apcicevtoct  jamais  que 
Rifmtru.  Ce  deioiet  Dosi  oout  Icmolc 
purement  gaulois  ou  celtique.  Il  eft 
compord  de  rw  ou  ref  pleine  , Sc  de 
tntT  gardien  , ou  de  mim , qui  lînific  (J)  l 
avoir  l'intendance  & veÜlcT  à la  gude 
de  quelque  cbolè.  » L'alliance  de  Mcc- 
•>  cure,  8c  de  Poftvcrtc,ditb.JaqucMar- 
» tin,  eft  quelque  cboTc  de  bien  imgnlicr  1 
» 8c  de  bien  tare  dans  tous  les  monu- 
« mois  , qui  icftcat  de  l'antiqaité.  « ' 


Mais  quand  on  Ct  rinrcrÿtiôh  , com- 
me elle  doit  {CK  ;|q«e  ^ la  ' iiogalariçt 
dirparpit  , 8e  raltiance  de  Mcrcute  & 
de  Poflyarte  dcTicnt  c.liimdiique. 

( I ) Gracia jourjrariam  /âiiSaà». 
Nons^enccndoi»  c^i  püots  dû  baptême, 
qu’on  n'acordvit  aiif  cnCuit , que  lotir 
qu'ils  dtoiant  ça  dai^er  de  mon.  Ob  .y 
joignoit  alors'  la  Cob£rmation  8C  l’Xu- 
chaciftie,  fil  au  lieu  de  iifar 

utiii  fiù.  (JJ  Càm  fiiiSiii  eft  mis  pour 
cHm  fl^u.iù  P(^*aw»eftvraircmblat)ie- 
inent  pour  1 j ) Ipftiiu  foai  ip^. 

(<)  Au  haut  8c  au  côté  sauebe  de  cette 


II.  PARJTIE. 

Stic  Tr-'III. 

Ch*».  Kl. 
A a T I c-ia,  I, 

(a)  La  Etlifien 
dts  CmuI.  I.  I. 

^ 314-  m. 

(i)  1/hr.  dipltm. 

t-  JO-  5'. 


IJl*.  ESPECE. 


(c)  Oÿirv4iMiii 
Jàpra  fram.  dt  vô- 
tre p.iy.iMveU 


\ 

. ...’ù.  .a 

(d)  V.  le  RMwntat 
Diâita,  th  li  daa- 
ptrihéé.  ee  ni.- 
tiqœ. 


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II.  PARTIE 
SiCT.  III. 
CHAf.  XI. 
AjLricii.  L 


JT.  ESPECE. 

(a)  Süflem.  A 
r And»,  txfl.  t.  } • 
fJ.  Vlll. 


(t)  Di  Btfdfm, 

C.  !.. 

(r)  SnfUm.  A 


yfi  NOUVEAU  TRAITÉ 

Voici  la  craduAion  de  cette  belle  épitaphe:  » Jesus- 
» Christ  Fils  de  Dieu  notre  Sauveur.  Ici  repolè  Poftu- 
••  mius  Euthenion  du  nombre  des  fidèles  , qui  apres  avoir 
» reçu  la  grâce  du  faint  Baptême , la  veille  du  jour  de  fa  naif- 
..  fance  , mourut  fur  le  foir  , n’ayant  vécu  que  fix  ans.  Il  fut 
>•  mis  dans  le  tombeau  le  jeudi  1 1‘=.  de  Juillet , le  meme  jour 
« qu’il  étoit  venu  au  monde.  Que  fon  ame  jouilTe  de  la  paix 
A»  avec  les  faints.  Poftumius  Feliciflimus,N.  Euthenia,&  Fefta 
" fa  grande-mère  ont  fait  faire  cette  épitaphe  à leur  fils  , qui 
» a bien  mérité  cet  honneur.  ••  Dans  cet  ancien  monument 
de  la  piété  chrétienne , l’A  manque  prefque  toujours  de  tra* 
verfe  , le  B eft  ouvert  par  le  bas  , l’I  reflemble  quelquefois 
à l’E  & l’A  à l’R.  On  y voit  le  C caré  &c  des  T extrêmement 
finguliers.  ^ 

La  quatrième  efpèce  eft  d’une  écriture  longue  & maigre. 
L’infcription  (a)  du  Dyptique  de  Balile  ( i ) conful  en  donne 
le  premier  modèle.  Elle  fe  lit  ainfi  : Anicius  Fauflus  AU 
binus B ajîlius  vir  clariJJîmus.'LeÇtconà  modèle  eft  la  xi  1 1'. 
infeription  de  M.  Foggini,qui  n’a  pas  déchifré  les  dernières  li- 
gnes. Nous  la  lifons  ainll  en  entier.  Bonà  Memoria, 
nie  (i)  jacit  Segetius  de  fchola^  gentilium  qui  vixit 


iafeription  peincc  fur  un  morceau  de 
verte  , on  voit  le  mot  grec  I X © T C , 
poilTon.  Il  eft  compofé  de  cinq  lettret, 
qui  piifcs  repar^mcot  forment  cet  noms 
adorables  : IiViv;  XjiVw  > 8*»” 

T»g.  Jefns-Chrift , Fils  de  Dieu  . notre 
Sauveur.  Le  mot  \x  ““  fymbolt 

que  les  premiers  Chrdtieni  fiûlbient  gra- 
ver fut  leurs  cachets  , .leurs  anneaux  , 
fur  les  lampes , les  lothbeaax  & les  ur- 
nes fépulclirales  avec  la  figure  d'un  poif- 
fon.  Ce  pieux  ufage  failoit  allufien  aux 
eaux  fiierees  du  Baptdmc , od  les  fiddies 
foor  tfgdnérés  & aqudrent  la  vie  fpiri- 
racl.c  de  la  graee  ; comme  le  poilTon 
eft  engendré  dans  l'eau  & ne  peut  vivre 
bots  de  cec  élément.  Aullt  {t)  Terrul- 
üen  apellé-c-il  les  Chrétiens  petits  poif- 
fons.  N«  fifàcHÜ  ftamium  ix  hdr  ntf- 
tntm  Ufitm  Chrÿlaim  , r»  qtte  nMfcimwr, 
La  piété  éclairée  des  premiers  Chrétiens 
leur  âilbit  encore  voir  dans  le  poifibn 
une  figure  Icnfible  de  notre  Seigneur 
JcfuS'Chrift , qui  a cballé  le  démoo  & 


rendu  la  vue  au  geure  humain  j comme 
ce  grand  8t  myftérienx  poilTon  , dont 
le  jeune  Tobie  fe  fetvic  par  ordre  de 
,TAnge,  chaira  le  démon,  Sl  tendit  U 
vue  au  faint  vieillard  Tobie. 

(r)  » Ceft  Bsfile  (r)  apellé  dans  les 
» Faites  Bnfiliiu  junifr , tc  c'eft  le  det- 
» nier  des  Confuls.  Il  fiic  élu  conful  en 
» 54t.  & dans  les  années  fuivantes  ou 
>•  compta  , Afrh  U cmfulat  dt  B»fU  /‘«à 
» 1 1.  t rr . !v.  6-  /«/qx'Axviti.  « 11  y 
a plus  : on  compta  de  la  forte  jufqux 
l'année  y<f.  qui  étoit  la  14*.  du  Poft- 
confulat  de  Bafilc , félon  quelques  auû 
teurs.  En  jSy.  on  compta  de  la  pre- 
I miéte  du  Poftconfulat  de  luftrn  le 
jeune  , & cette  manière  de  compter 
les  années  du  Poftconfulat  des  empe- 
reurs fubfifta  jafqu’en  448,  qui  étoit  la 
s4*.  du  Poftconfulat  de  l'empereur  CoD- 
ftant , petit  fils  <THeraclius. 

(i)  dacit  pour  /'aert , par  un  change- 
ment ordinaire  de  l'«  bu  i. 

(j)  Après  le  D , U faut  fupléer  l'E 

* • (4.  annus 


Dhj  ■ -^ed  by  Joogle 


DE  DIPLOMATIQUE/  jy, 

(i)ànnus  iriginta&  oclo ,depoJîtus  fextoidus  februarü.  Dans 
cette  épitaphe  le  G , l’F  & le  Q font  remarquables.  Le  troifième 
modelé  eft  cette  infeription  qu’on  trouve  au  haut  d’un  (a) 
Dyptique  anonyme  : Et  inlujlris  ex  comité  domejlicorum 
Patricius  conful  ordinarius.  M.  Buonarruoti  (b)  croit  que 
les  lettres  de  cette  infeription  font  femblables  à celle  du 
Dyptique  de  Bafde.  Il  en  conclut  que  l’un  n’apartient  pas 
moins  que  l’autre  à ce  conful. 

Les  lettres  tortues  , & à traits  demi  tremblans  conlHtuent 
une  cinquième  efpcce  d’écriture  ruftique.  Un  feul  exem- 
ple la  fera  conoitre.  C’eft  la  légende  d’une  (c)  médaille  de 
la  fin  du  x'.  liccle , fur  laquelle  eft  repréfenté  Crefcence  Nu- 
mantianus  Patrice  romain  , qui  chafta  le  Pape  Grégoire  V. 
de  fon  fiege , &c  tenta  de  rétablir  le  Confulat  &c  même  l’Em, 
pire  à Rome.  On  lit  en  abrégé  fur  le  type  : C refendus  impera- 
tor.Ciffnr  Augujlus  ,Pater  Patriœ.  Et  furie  revers  : Éxer- 
citus  y Sénat  us  confultà.  Senatus  , Populufque  Romanus. 
Le  P de  la  première  infeription  de  cette  médaille  ne  difere 
point  de  celui  des  anciens  Grecs. 

IV.  Les  lettres  à jambages  prelque  en  forme  de  batans 
caraélérilent  l’écriture  ordinaire  des  médailles  antérieures  à 
la  naiflance  de  J.  C.  Ces  lettres  le  foutinrent  encore  après; 
mais  infênûblement  elles  devinrent  plus  rares.  Elles  le  mon- 
trent dans  les  fept  efpèces  , d’où  réfulte  le  troifième  genre , 
à traits  ou  jambages  arondis  par  les  bouts. 

La  première  el^ce  eft  diftinguée  par  divers  modèles  d’é- 
criture ordinaire  , dont  les  lettres  fe  terminent  en  batans. 
i“-  fur  une  monpie  {d)  romaine  ; au-deftbus  d’un  beuf  , 
qu’elle  repréfente  , on  lit  Roma,  & au-deftiis  L.  qui  ligni- 
fie libra.  a®.  Une  autre  monoie,  firapéeàRome,  aoa.  ans 
avant  J.  C.  nous  donne  {e)  l’infeription  , P.  Païtus.  C’eft 
Publius  Paetus  conful  avec  Cneius  Lentulus.  3®.  Sur  une 
médaille,  figurée  dans  le  Prologue  (f)  de  la  bibliothèque 
univerfelle  oe  la  Polygraphic  elpagnole , on  lit  O b u l c o. 


n PARTIE. 
Si  CT.  III. 
Chai.  XI. 
Articii  I. 

(m)  Uid.  fl.  Ji. 
(t)  Ibid.f.  tty. 


r.  ESPECE. 

(f)  Mnÿêi  IV- 
roK/i  illMjlr,  G*Uf 
rit.  etl.  171.  171. 


dint  t'originil.  L'école  militaire  deifj) 
Gentils , dont  il  e(I  ici  parlé  , étoic  noe 
tronpc  de  gens  de  gnetee  tità  des  na- 
tioM 'barbares , auxquelles  (b)  on  don- 
Doit  le  nom  de  Gentils.  Il  j avoit  aulli 

Tome  II. 


des  écoles , on  les  Chrétiens  aprenoient 
l'an  militaiic  arec  les  autres  fujetx  de 
l'empire. 

( I)  Aaïuu  fe  tronre  fiéqDemmeot  dans 
las  iorciiptioiu  pour  omat. 

A aaa 


Ecriture  à traits 
arondis  par  les 
bouts. 


III.  genre. 
t’.ESPEC  E. 

(d)  BonttreHC. 
t-  74- 

(r)  The/Mur.  riM- 
nu/m.MtrtI.f.  t. 

7. 

{ f)  Ftl.  V.  vtrft 

».  4. 

(r)  SjmmM^Ht 
tib.  7.  }i. 

KtiiiiM  diptit.  Im- 
ftr.  Lmbbi.f.  *0. 
idit.  itfi. 

(h)  Ctd.  Thetd. 
dt  nitfini  GnuU. 
lib. },  lit.  14- 


II.  PARTIE. 

S E C T.  III 

Chaf.  XI. 
A X T I c L I.  I. 

(*;  Thiftw. 
f.  I.  1. 


(i)  VAmlq.tXfl. 

t.  ;.  fmrt,  i.  fl. 

1)8./.  ii;.  1)0. 

(r)  Arinfhim.  t. 

x.I.4.f.)7./.i«;. 


(J) 

/.  >4). 

'44- 

n.  ESPECE. 

(f)  TbffuHr.  Mt- 
irl.f.  174. 


ff4  NOUVEAU  TRAITÉ 
Ceft  l’ancien  nom  de  la  petite  ville  de  Porcuna  dans  l’An- 
dalouGe.  4®.  Remo  eft  la  légende  d’une  petite  médaille  , que 
nous  avons  en  original.  j®.L*infcriptionr.  Accoleitu  Larüco- 
lus  fe  lit  fur  une  monoie  publiée  par  (a)  Morel.  Ce  Larif- 
colus  fut  décoré  du  titre  de  citoyen  romain,  6c  créé  triumvir 
monétaire  par  Jule  Céfar.  6°.  Une  médaille , que  nous  pofle- 
dons,  porte  fur  le  type  :lMv.Di\i.Y.ImperatonsDiyiftUcuas: 
ou  Imptraton  Dïvi  filio\6L  fur  le  revers,Coi.NEM;c’cft-à-dire: 
Colonia  Nemaufenfis.  La  colonie  romaine  de  Nifmes  fit  fn- 
per  cene  médaille  en  l’honneur  d’Augufte  , à qui  la  flaterie 
avoir  décerné  les  honnetus  divins.  7°.  Un  cachet  de  forme 
carée  Sc  oblongue  6c  des  plus  (6)  finguliers  , trouvé  à Mar- 
feille  , nous  a donné  ceae  infcripcion  en  trois  Ci)  lignes  : 
Pu6/ii  Hileyi  , Seximaci  Paullini.  D.  de  Montfaucon , par 
inadvertance  fans  doute  , a lu  Sexti  Maccii.  g".  Le  dernier 
modèle  eft  cette  (c)  infeription  peinte  fur  du  verre  , au  tour 
de  l’image  de  S.  Cyprien  : Hilaris  vivas  cumiuis  ftUciter^ 
femper  refrigeris  in  pace  Del.  Selon  M.  fiuonarruoti , Refri- 
gens  eft  là  pour  reyigereris . C’eft  une  alluiion  aux  agapes  , 
que  les  premiers  Chrétiens  célébroient  fur  les  tombeaux  des 
SS.  Martyrs  aux  jours  de  leurs  fêtes.  Les  anciens  auteurs  ec- 
cléfiaftiques  emploient  fouvent  le  terme  refi-igeria , pour  (d\ 
fignifier  ces  repas  de  charité. 

Des  écritures  capitales  minuftules  , dont  les  lettres  font 
terminées  en  batans  , forment  la  féconde  elpéce.  Son  pre- 
mier modde  eft  l’inlcription  (e)  de  la  première  médaille 
Mefcinia  du  tems  d'Augufte.  On  lit  fur  le  type  : Jovi  opti~ 
mo  maximo,  Senatus  populufque  Romanus  ( votum  folvit 

(i)  A l«  fin  de  11  pttmicrc  ligne  ,on 
T0«  un  caducée.  Ce  l/mboie  dn  adgoce 
figoifie  que  ce  caclicc  Icoti  celui  de  deux 
aircliands  MacTeitloit  afibeids.  » Une 
» thofè  Ton  fingulicfc,  die  D.  Bcroaid , 

» ed  que  le  ptemiee  aom.  P.  Htltyi  a 
»dtd  Oté  k «ITein)  en  forte  pourtanr, 

» qu'on  le  peut  encore  fort  bien  lire.  Car 
» comme  lei  jainbci  deaictttet  -font  fort 
a>  profondei  ; on  s’eft  contencé  d* en  6(cr 
a>  tout  ce  qui  dtoic  ndeeflaire  pour  fiûce 
H rempreiote  co  cire  ou  en  ancre  maeidre 
M propre  k fccUet  ) eaforic  qne  le  aom 


» fotvant  «'imprime  feul  ) Cêb*  que  le 
B premier  fe  puilTc  jamaix  imprinier  ) 
a parceqne  les  traces  du  nom  lonr  trop 
» baffes , pour  que  ,1a  cire  ou  une  autre 
U maodte  j puifTe  jamais  ateindre.  Le 
a même  vernit , qui  eft  fur  tout  le  ca^ 
à cbet , le  trouve  fur  cat  indmes  traces: 
a ce  qui  £iic  ji^er  , que  la  focidtd  Âr 
a ndgoce  ayant  cefTd  a la  mort  de  Piv- 
" blius  Hileyus  , Sextus  Macius  ( il  (a- 
» lois  dite  Seximacas  ) Paallinns  , fora 
a alTocid , aura  fait , laucer  ü»  aom.  àt» 
a cachet,  a 


i 


Dii'—ibyCoogli 

I 


II.  PARTIE 
S s ç T.  III. 
Chaf.  XI. 

AM.TtCI.IL,  I. 


(i}  ItiJ.  4i». 
tsk,  4.  n.  IV. 


DE  DIPLÔM  ATIQUE.  jy; 

pro  falute  Jmperatoris  ) Ctefaris  , quoi  per  eum  Rejpuiiic^ 
in  amphore  ataue  tranquilliore  Jlatu  ejl.  Nous  ne  croyons 
, que  la  dinculté  de  rendre  les  finies  des  mots  renfer- 
més entre  les  deux  parenchcfes  , les  ait  fait  omettre  à M, 

Havercamp  , fans  en  avertir  , 8c  l’ait  réduit  à lire  Impera->  ^ - 

tort  Ctefan  au  lieu  à’imperatoris  Ccefaris.  U n’eft  pas  croya'' 
ble  , qu’un  fi  habile  homme  fut  pris  au  dépourvu  a ce  point 
dans  une  matière  fi  aifée.  Sur  le  revers  , dans  la  couronne 
de  chêne , on  lit  Luciuf  Mefcinius  III.  VIR.  Et  fur  la  co- 
lone  : Imperatori  Ceefari  Âuguflo  communi  confenfu.  Aux 
côtés  • S.  C.  c’eft-à-dire  : Senatus  confulto.  La  féconde  mé- 
daille (a)  Vinicia  nous  a donné  le  fécond  modèle  , qui  eft  {«)IW.a.44o.4 
cette  légende  ; Senatus  populufque  ^omanus  Imperatori  C<9~ 
fari  , quoi  vite  munita  funt  ex  ei  pecuniâ  , quam  is  ai 
ararium  ietulit.  Le  troifième. modèle  eft  cette  légende  de 
la  huitième  médaille  {b)  Vipfania  : Marcus  Agrippa  conftd 
tertiùm  Coffus  Lentulus.  Et  dans  le  plus  grand  cercle  : înt- 
perator  Ceefar  Trajanus  Augujlus  Germanicus  Dacius  Pa- 
ter Patrite  reflituit.  Le  revers  nous  fournit  le  q|ptrièrae  mo^ 
dcle  dans  ces  mots  Senatus  populufque  Romarius  Imperato^ 
ri  Ctefari.  Remarquez  l’Æ  dans  cette  légende.  Celle  de  la 
première  rnédaille  Vipfania  (c)  nous  fert  de  cinquième  mo-  (c)  uum. 
dèle.  On  lit  fur  le  revers  : Marcus  Agrippa  conful  ieji- 
gnatus. 

Des  écritures  perlées  diftinguent  la  troifième  efpèce.  No-  espece. 
tre  planche  en  orre  fept  modèles,  i*.  InviSo  Camuli  Ca- 
mulo.  C’eft  la  légende  d’un  (</)  médaillon  , qui  repréfente  (V)  SntUm 
Mars  enchaîné  , fous  le  nom  de  Camulus.  a*.  Roma  , tiré  'xpii.",, 
fur  une  petite  monoie  , que  nous  avons  en  original,  j®.  ^ f 
Koma  , copié  fur  (e)  un  denier  d’argent  apellé  Quinarius 
chez  les  Romains.  4“.  Koma,  deftlné  fur  une  mraaille  du  t,,  m*- 
cabinet  de  S.  Germain  des  Prés  , repréfentant  une  tête  de  ®4. 
Mertmre  avec  un  navire,  y*.  Koma , tiré  fur  une  monoie  (/)  (/)  iM.f.  *j. 
romaine  , apeliée  fefterce.  6°.  Colunia  civet,  c’eft-à-dirc  , 

Colonia  civitas.  C’eft  la  légende  d’une  M monoie  frapée  à Ct)  U SImc, 
Cologne , fous  la  première  race  des  rois  de  France.  7^.  D N,  i’»’""'*""»»*»". 
Carlus  rex—^lavia  Luca.  Cette  double  légende  eft  em- 
preinte  fur  une  (A)  monoie  de  Charlemagne,  frapée  à Luque.  1‘  *'• 

aaa  ij 


II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  AF.  XI. 
Article.  I. 

ir.  ESPECE. 


y.  ESPECE. 


) 

[m) 

f.  1X1. 


‘jy?  NOUVEAU  TRAITÉ 

ville  (x)  d’Italie.  Ces  deux  lettres  (i)  DN  (ignilîent  Domu 

nus  nofler.  ■ >’ 

Une  écriture  totalement  compofée  de  perles  fines  conf- 
titue  la  quatrième  elpcce  du  troifième  genre.  Notre  planche 
n’en  donne  que  ce  modèle  fingulier  : Catulus.  Malheureu- 
fement  nous  avons  oublié  à marquer  le  monument  antique , 
d’où  nous  l’avons  tiré.  Il  n’eft  pas  étonant  que  dans  un  tra- 
vail , tel  que  celui  que  nous  avons  effuyé  dans  ce  volume  , 
nous  aions  perdu  de  vue  bien  des  choies. 

La  cinquième  efpèce  eft  d’une  écriture  demi  - perlée  , 
avec  des  lettres  fingulières  ou  même  barbares.  Notre  plan- 
che en  donne  fix  modèles.'  i V..emus  Æ.  C’eft  la  légende 
d’une  {a)  monoie  de  Thierri  ou  Théodoric  , roi  de  France, 
frapée  à Reims.  Kemus  eft  là  pour  Kemis  , comme  l’on  écri- 
voit  Parifius  pour  Panjtis.  Du  côté  de  la  croix  on  lit 
vou  ; c’dfc-à-dire  vovec  , 8c  Filaharius  , qui  eft  le  nom  du 
monétaire , pris  par  M.  Bouteroue  pour  un  comte  de  Reims.- 
Le  favant  confeiller  en  la  cour  des  monoies  , croit  que  l’O 
eft  un  fimpl^globe  placé  fous  la  croix.  Il  prend  le  caraêlère 
f^i  fuit  pour  deux  II.  Mais  \'u  compofé  de  deux  1 1.  n’a 
rien  de  choquant,  8c  l’Angleterre  nous  en  fournit  de  la  forte, 
non  feulement  pour  lignifier  des  u , mais  des  H , des  M 
acdcsN.  r®.  Victoria (j)  Avioi^.  xa.  vou.  Conob.  Ceft 


(i)  I«c«  i.  Lac)iie,  eft  faiBoromiîe 
"BUrvu  ; paiceq'ue  le  roi  des  Lombards 
Aotaris  & fes  ftccelTeurs  ayant  pris  le 
nom  de  Flavios , ce  furnom  fut  donné 
aux  principalci  villes  du  royaume  de 
Lombardie. 

(t)  D N.  Te  trouvent  larement  fur 
les  monoies  de  nos  rois.  Les  premiers 
Céfars  avoicnr  reftifé  le  cirre  de  Dtmmiii, 
Seigneur , «|ui  fcmblc  en  éfet  ne  eonve-. 
nie  <]u'i  l'Ecte  fupiène.  On  commença 
à le  donner  aux  empereurs  fous  Aiire- 
lien , à qui  l'on  frapa  une  médaille  , 
Dm  tir  Demiai  naSt  AttnUatu.  Sous  le' 
bas  empire , il  y eut  peu  de  médaillesou 
de  monoies  . où  cet  deux  Icmcs  D N 
ne  le  montralTeot  au-devaiK  du  nom  des 
empereurs,  loir  de  Rome, loir  de  Conftan- 
tinople.  C'eft  peutétre  de  là  qu'eft  venu 
le  titre  de  Stigaeitr  Rci , donné  depuis 
long  rems  à nos  monarques. 


; (j)  Rccearcde  I.  toi  des  Wilîgots  em- 
bralia  la  foi  de  l'Eglife  catholique  l’an 
587.  te  remporta  une  grande  viéloire  fur 
l'armée  du  toi  Contran  , près  de  Cat- 
calTonne  en  588.  C'eft  fans  doute  de 
cette  viéloire  , qu'il  faut  entendre  Vic- 
toria Aviotum  de  notre  monoie  vifigo- 
thique.  L'X  & l'A  placés  aux  deux  cotét 
de  la  croix  voudront  dite  Chriftm  vineit , 
OU  Chrifia  viéioh  ; fi  l’on  prend  le  der- 
nier caraâèrc  pour  un  V renvetfé.  VOII , 
fignifie  vovti.  Quant  aux  cinq  Icttret 
myftérieufcs  Conob  , ipi'on  lit  dans  fc- 
xergne  ; elles  font  diverfement  inter- 
prétées pat  nos  plus  favans  medailliftes. 
La  plupart  leur  font  lignifier,  que  la  mo- 
noie  a été  marquée  a Conftantinople  , 
ConjiafttinopoUohJïgaata.  on  Cottfianimo- 
ftU  , oÿicma  monaaria  /tcmda.  Mais 
cette  explication  ne  peut  guère  fc  foute-  ^ 
nit  ; pnifque  Comob  cil  empreint  fur 


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DÈ  'diplomatique. 


rlnfcription  entière  , qu’on  lit  au  revers  d’une  monoie  du 
roi  Reccarede , donnée  par  (a)  M.  le  Blanc.  Ce  favant  mé- 
daillifte  a lu  Avioiiv.  fans  l’expliquer  , & a lailTé  en  fouf-' 
fiance  les  carafières  qui  font  aux  côtés  & au  pié  de  la  croix. 
3®.  Pipinus  eft  la  légende  d’une  (l>)  monoie  fiançoife  du 
VI 1 1*.  liècle.  Le  P.  8c  l’U  placés  entre  deux  I , avec  l’N  ôc 
rS  contournées  donnent  ce  nom.  » Je  ne  fai , dit  M.  le  (c) 
..  Blanc , ce  que  fignifient  les  deux  lettres  R P qui  font  de 
..  l’autre  côté.  « Elles  fignifient  Rear  ou  Rix  Pipinus  ; ou 
fl  l’on  veut  prendre  le  P pour  l’F  , ce  qui  n’eft  pas  fans  ("i) 
exemple  , on  lira  Rex  Francorum  , comme  fur  les  autres 
monoies  du  roi  Pépin.  4“.  TnjeS  eft  le  nom  de  la  ville  d’U- 
trecht , Trajectum  , empreint  fur  une  [d)  monoie  de  Char- 
lemagne. Tul.  civiT.C’eft  en  abrégé  le  nom  de  la  ville  de 

Toul,  quenous  avons  découvert  furune  («)  monoie  du  meme 
Prince.  M.  le  Blanc  veut  qu’on  life  Tuvanna  Sc  prétend  que 
c’eft  Terouenne.  Nous  ne  croyons  ni  l’un  ni  l’autre.  Quand  on 
y pouroit  lire  Tuvanna  ; cela  ne  feroit  pas  Terouenne  , où 
l’R  doit  toujours  entrer.  Il  nous  femble  donc  qu’il  faut  lire 
Tul.  civil.  Notre  auteur  (f)  nous  aprend  que  plufieurs  mo- 
noies des  rois  de  la  fécondé  race  furent  fiapées  à Toul  , 
Tullo  civitate.  Le  C.  eft  tourné  à contre  fens , comme  celui 
de  la  troificme  monoie.  Le  T ne  peut  pas  faire  de  dificulté. 
L’U  compofé  de  deux 1 1.  eft  fréquent,  furtout  en  Angleterre. 
George  Eckhart  [g)  avoue  que  notre  légende  eft  obfcure.  Il 
ajoute  pourtant  : Video r mihi  videre  TuMum  civitas  , qua 
nota  efl.  6°.Redyla.  monetarius.  Une  monoie  de  (h)  Wiglaf 
roi  des  Merciens , porte  au  revers  cette  infeription.  Le  cheva- 
lier Fountaine  a lu  Reduad,8c  apalTé  l’autre  mot  fous  fileace. 

. -î-  > . li 


les  monoies  de  l'empereur  Honorins  & 
de  Tes  ruceclTcars  , (ur  celles  de  nos  rois 
Théodebetc,  Cbildcben  , Cbilderic  II. 
& fur  celles  des  anciens  rois  Wibgorbs  , 
lcrquelles  conflammenc  n'ont  poinr  dtd 
francs  à Cooftantinople.  Maigri!  les  con- 
jedures  & les  rdponfcs  inginieufes  de 
nos  antii]uairct  ; le  mot  CURoa  cil 
encore  une  dnigme , dont  on  ne  donnera 
pas  fitôr  une  explication  ratisfaifance. 

( 1)  En  Anglecene  l'f  prcooii  quelque- 
fois la  ligure  de  l'aacico  rgrcc.  Oc  la 
focmrde 'celai  delà  raouotc  de  Pépin 


aproche  encore  plus  de  l'F  ; puirqn'elle  ne 
pdchc  que  parceqo'eu  prolongeant  un 
peu  trop  les  rominets  desnavcrfcsion 
les  a unies.  L'F  en  foime  de  P remonte 
à la  plut  haute  antiquité } puilqu'elle  fi- 
gure dans  les  épitaphes  du  tombeau  de 
la  famille  Fucia.  M.  le  Blanc  ne  tait  à 
quelle  fin  on  a mis  plufieurs  points  ou 
boules  difperféesdans le  chanip  des  œo- 
noics  de  Pépin.  Ne  feroit-cc  point  der 
marques  de  leac^valenr  ! Les  as  de  la 
Répiiblique  romaine  en  portoienc  de  fem- 
bbrirles,'  ' , 


IL  PARTIE. 

SlCT.  III. 
Ch  A P.  XI. 
Art  ICI  t.  I. 

(•)  Trtùié  dit 

tntn.p. 

(F)  Itid.  f.  Tl. 

«.4. 

(<)  71. 


(d)  ïhid,  p,  87. 

M.  IX. 

(f)  lldd.  p.ît, 

II.  J. 


(f) 


(j)  Frsne.Oritnt, 
t,  x.p. 

{h)  fiumifin.  Mit* 
glo^faxpn.  itUtfitM- 
tm  Mh  Andrtm 
fiuntMine  tub.ïX, 


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IL  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  AP.  XI. 
An  T 1 c L I.  I. 

W.  ESPECE. 

(a)  LtBUmf. 
f.70. 

PII.  ESPECE. 

(i)  Fieerm fitm- 
ii  MUifU.  f.  III. 
».  «. 

(<)  Itûl.  f.  lot. 
».  I. 

(JjlHJm.K.it. 
(ej  Uidtm.f.  III. 
n.  J- 

(/}  Smluri  nm- 
mifm.  t.  !./.<]  1. 


àtlHV.f,  to. 


W PH'  n-& 

fimi. 


<0  ph-  & 

/mv. 


yyg  NOUVEAU  TRAITÉ* 

Des  lettres  terminées  en  oflelets  par  le  bas  conftituetit  la 
lixicme  elpèce.  Pipinus  Francorum  rex  , qu’on  lit  fur  un 
(fl)  denier  d’areent  du  roi  Pépin  , eft  le  feul  exemple  que 
nous  donnons  de  cette  écriture.  On  y remarque  des  carac. 
tères  barbares , arondis  par  les  extrémités  , en  forme  de  dpu» 
ble  &c  triple  olTelet  ou  grolTe  perle. 

Sept  modèles  d’écriture  , donc  les  lettres  (ont  terminées 
en  boutons  , caraâérilenc  la  dernière  efpèce  du  croifième 
genre.  i“.  Une  petite  médaille  de  plomb  , reprélbntant  {b) 
l’épéron  de  la  proue  d’un  navire  , porte  ce  mot  , Lom. 
a*.  Le  P.  qui  fuit , fe  fait  voir  au  milieu  d’une  couronne 
de  laurier , fut  une  petite  pièce  (c)  de  plomb  aOtique.  3®. 
Une  médaille  de  mune  mnal  nous  a donné  les  deux  (igles 
F.  V.  terminés  (d)  en  boutons.  4“.  Une  autre  [e)  médaille 
(i)  de  plomb',  au  revers  de  laquelle  Minerve  & l’Abondan- 
ce font  reprélentées , porte  pourinfeription.  Janvar.  y°.  Un 
médaillon  (/)  de  Jiminien  donne  cette  légende , écrite  de 
haut  en  bas , Anno  xv.  Ce  fiic  vers  l’an  y 18.  que  l’on  com- 
mença \ marquer  (ûr  les  monoies  l’année  de  l’empire  par 
la  formule  anno.  Dans  la  fuite  au  lieu  à’anno  , on  ne  fit 


3^ue  répéter  des  N.  L’M,  qui  ocupe  le  champ  veut  (a)  dire 
mperium  ou  Imperator.  Le  B , qui  paroit  entre  les  jambages 


(i)  Ixt  uti^auic*  oe  Coat  pat  E*- 
coed  for  l'u  (âge  , iju’oat  pafiûrcaocicnr 
DCmenc  de  ces  petites  piccet  de  plomb. 
Ix  P.  du  Moulioet  (g)  les  prend  pout  des 
moooiet  antiques , qui  ont  en  cours  en 
ceitains  teint  chez  les  Romaiot.  M.  Bau- 
delot  daoslbn  Ime  îiieitDid  VViilMEu 
1 admet  cette  c^ee  de  monoie  i 
Buis  U pi^teud  au'elle  n'avoit  cours  , 
qu'aux  jouit  des  retetSaturoalcs.  M.  Fi- 
cotoui  dans  le  Ctraai  ouTtage  , qui  a 
poux  titre  I fitmH  aaiùki,  reiute  {h)  dos 
deux  autcuis  , tt  répond  aux  textes 
des  anaens  pat  Idqaèk  oo  a touIu 
ptouTcr  que  le  peuple  rouiata  t'eft  (ê»i 
de  monoie  de  pbmb  dans  le  commerce , 
•U  pont  acheter  ou  vendre  les  menus  be- 
loias.  Quel  ulâge  fiùiâis.4m  donc  de  eu 
piècu  ou  petites  mddaillet  de  plomb  i 
Notre  lavant  Itahea  Xr)  aDnjeâiire  que 
ceux  qui  annent  rinten^ace  des  Tpcoa- 
cks  publia  fâilolcnc  faite  cm  mfdaiUu  , 


pour  les  dÜlribnet  aux  rpcâateurs  . afin 
qu'ils  eullênt  des  plaça  alTurfes  : de  la 
mdmc  manière,  qu'on  prend  encore  au- 
jontdtti  da  billets , pour  avoir  entrée  aux 
IpeOatla  , à l'Open , à la  Comédie , 
^i  fout  da  relies  du  paganilme.  En  un 
mot , on  Ce  fetvoit  ancienDemeat  de  bil- 
lets ^ ploodr  i au  lieu  que  cesa  de  uotie 
tems  font  de  papier. 

(s)  Si  l'on  en  croii  ims  médaillifta  la 
pksacrédités  ; ca  M , ca  ne , ca  K éc 
autres  caraéléta  , qui  fe  trouvent  feula 
8t  comme  ilblés  fut  la  médailles  da  ern- 
pcRutt  de  Conftantioople  depuis  le  v*. 
uécle,  marquent  la  valeur  da  moooia. 
Mais  nous  croyons  que  par  l'M  il  6ui 
tnteadre  Imftrü  ou  L'M, 

ha  A JP  la  T , qui  s'y  ttouveat  quelque- 
fins  joiats  eaiteat  dans  la  compolïtioa 
du  mots  quoiqu'il  ÿyfcacontrc  aulE  des 
lettra , qui  maïqucat  Cculciacnt  le  ou- 
meso  da  b mnaoia  ou  de  £ts  aaNtices. 


Dioiîizcc'  ' V - MOgle 


DE  DIPLOMATIQUE.  jj, 
de  rM,  marque  le  numéro  de  la  (i^  monoîe.  La  ibale  des  *!— — ■ 
médailliftes  voir  dans  ces  crois  lettres Com. Tabregé  de  Con^  H-  partic. 
ftantinopU.  6®.  Le  modèle  fuivanc  cft  le  revers  d’une  mé- 
daille  (a)  de  l’empereur  Juftin.  L’M  renferme  l’I.  Ces  deux  A»riVi.i^r. 
lewes  font  initiales  du  mot  Imperii  ou  Imptratoris,  Le  r (»)/*«.* 
placé  entre  les  jambages  de  l’M  marque  le  numéro  III.  qui  *' 

eft  celui  de  cette  monoie,  fabriquée  à Conftantinople.  7®. 

Une  autre  {h)  médaille  de  Phocas , défigné  par  F K , joints  (VjtmM.t.  t 
enlèmble  ,nous  a donné  une  M ornée  d’une  grolTe  perle  ou  t-  <77. 
bouton. 

V.  Il  n’eft  pas  rare  (tj  de  rencontrer  , fur  les  marbres , v.  Eerimre  la- 
ies bronzes  Sc  les  autres  matières  dures  , des  écritures  indi-  cUa^<  en  diren 
nées  tantôt  vers  la  droite , tantôt  vers  la  gauche  , & quel* 
quefois  mêlées  de  lettres  droites.  Cet  écritures  forment  no* 
ne  IV®.  genre  , que  nous  fobdivifons  en  quatre  efpècesdifé>  IV.  gemre. 
rentes  les  unes  des  autres. 

La  première  renferme  fepe  modèles  d’écriture  inclinée  vers  r.  espec e. 
la  droite,  i®.  2>.  M.M.  Julio  Auguftiano  M.  Juüus  Ani- 
mttus  jratri  B.  M.  F.  Les  dernières  lettres  fignifîent  Béni 
merenti  fecit.  Cette  infeription  (c)  d’une  urne  fépulchrale 
veut  dire  en  françois  : Aux  Dieux  Mânes  & à M.  Jules  Au-  '■  s-  *'• 
guftianus  : c’eft  Julius  Animetus  , qui  a érigé  ce  monument  *®- 

a Ibn  digne  frère,  a®.  L.  Ahuccius  Htrmes.  C’eft  finferip- 
tion  ('<0  de  la  première  niche  d’un  monument  apelé  C<7/am-  -mi.  fi.  n'^ 
barium^  où  l’on rerdêrmwc  les  urnes  cinéraires , fur  lefquetles  /•  4«- 
étoient  gravés  les  noms  des  morts,  j®.  Diis  Manibus  P. 

EgTuuü  Nietphori.  Au  bas  de  l’uiBe  fépukrale  , qui  porte 


Les  9 C K ddligneot  le  ConTalv  , qiti 
commcoça  à Te  coofondtc  avec  Tempire 
fan  fS-^.Le  P K tnarque  le  PoUconru- 
bt  , oui  tevtent  aa  nMiBe.  Comme  l'M 
cft  veritabkinCBC  un  I te  on  M coo- 
joints  i 17  Tetll  a la  mtme  lignification. 

(i)  On  eiplicjue  ordinairenient  les  A , 
B , C Sec.  par  ilmttMrU  êfftin*  frim»  , 
fuiaU»  , tâTti»  <S*f.  Nous  aimeeioos 
mieux  dire  tout  fimplement  , que  ces 
lettres  matquept  le  numéro  de  la  monoie 
®o  de  fes  matrices  de  diiilrcotes  gran- 
deurs, Par  exempte  la  monoie  que  nous 
expliquons  aftuellement , te  qui  eft  mar- 
^tidcBcftplas  grande  qa«  U fiûnutc, 


. marqude  G.  On  peut  doaeftirefignifini 
ces  lettres  : monoie  de  la  Tcoonde  > de  la 
troiCdme  elpdce  ou  grandeur, 

(a)  La  plancba  xxi.  de  rXniiaaltd 
expliquée  tome  i.  patxia  ii*'.  pidloatc 
ooe  infeription  lépulctale  de  neuf  lignes  , 
dont  roux  les  canâéres  btins  font  in« 
ctinés  vos  la  dnalK.  LaMéogn^e  de 
D.  de  Monbucon , feomit  àuantltéd’e-  (*J  Pag.  xji. 
xemplcsifécricuias  pancbécs(^)du  ffiémé 
cété.  Aïoli  les  lettres  capitales  de  l'dtli* 
ture  aldine  , ne  fw  pas  de  CÔTemnisi 
d'Alde  Manoce.  Il  n'a  bit  .qti'imitex 
l'antiquité , en  introdoilànc  l’écritUre  in- 
clinée Tcn  la  daoite.  . ' 


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ytfo 


NOUVEAU  TRAITÉ 


^SSSSSSS?  (a)  cette  infcription  on  lit  : In  fr.  p.  xviii  In  agr.  p.  xvü. 
II.  PARTIE.  D.  Bernard  n’a  pas  lèulement  entrepris  d’expliquer  ces  abré- 
Ch"»  *x  i viations  alTez  fréquentes  fur  les  anciens  tombeaux  ,dont  les 
A » T I C l I.  i.  chemins  de  Rome  étoient  bordés.  Elles  ûgnifiem  : In  fronte 
(•)  4mùi.  txfi.  pedes  oBoiecim  : in  pedes  feptem  decim.  C’eft-à-dire  , 
t.  f.  fan.  I.  fl.  que  l’efpace  pour  la  fèpufture  avoir  du  côté  du  chemin  dix- 
XXX.  f.  6i.  ^ ^ dix-fept  du  œré  des  champs.  4°,  £>iû  mani- 

(t)  lin/. fl.  xi.  bus  tlaviae  Geminae.  La  forme  de  cette  infcription  (b)  eft 
f.  ji.  fingulière.  D.  M.  au  lieu  d’être  placées  au  haut , font  pa- 

vées féparément  au-deffous  de  la  première  ligne  , aux  <Ieux 
extrémités  d’une  ovale  firuée  horizontalement  au-defllis 
d’une  urne  fépulcrale.  j°.  Deo  inviSo  Mithir  Secundinus  dat. 
(e)  SxfUm.  a Cette  (r)  infcription  ell:  gravée  en  très-beaux  caraâères  in- 
raati^.  txft.1.  I.  clinés  , fur  un  cippe  ou  pierre  carée , trouvée  à Lion  , & fur 
^ii)'Ktiif  iti  laquelle  le  Dieu  Mithras  eft  repréfenté.  D.  Jaque  (d)  Mar- 
cJl.i.uf.^t).  tin,  qui  le  dernier  a publié  cet  antique,  veut  qu’on  life 
Mithr.  6°.  D.  M.  Cn.  Ebutius  Cn.f.  Stolo  Orphitus.  Pr. 
(e)  SufUm.  i Leg.  vi.  adjuc.  c’eft-à-dire  ; Aux  Dieux  ( e)  Mânes.  Cneius 
».  j.fi.  £butius , fils  de  Cneius , Stolo  Orphitus , Préfet  de  la  vi'. 
xxxr.  Légion  furnommée  adjutrix.  Ceft  l’infcription  d’une  pierre 

fépulcrale  trouvée  à Mets.  7**.  Anis  çretarue  defunÜo , qui 
vix  'u  annos  XXXI.  menfes  //.  0 Amatorue  Aniijtùbx  ma- 
tri  ejus  vivat , (^uintus  Caratullius  , amator  Jratri  Cf  matn 
poni  curavit  , ob  Jufctptum  votum  rût»//,  Cruter  6c  D.  Ber- 
nard ne  font  pas  d’acord  fur  le  fens  6c  la  leélure  de  cette 
infcription',  rafee  par  Quintus  Caratullius , pour  fa  mère  en- 
core vivante  6c  pour  fon  frère  , qui  avoit  exercé  l’art  de 
(/)  nu.f.  >j.  préparer  là  craie.  Notre  favant  Bénédiûin  (/)  conjeaure 
p.xmxvi.  oue  les  initiales  O.  S.  V.  T.  L.  peuvent  fignifier  ; 

vejîru  terra  ievis  Mais  la  dernière  lettre  de  l’ori- 
ginal  eft  un  I non  pas  une  L.  D’ailleurs  la  fignificauon , que 
nous  donnons  à ces  figles  , eft  fondée  fur  l’iifage  6c  les 
moeurs  des  anciens , & mr  des  exemples. 

^ L’écriture  capitale  panchée  vers  la  gauche  conftitue  la  fe- 
il.  ^ncÉ-  conde  efrcee.  Notre  planche  n’en  donne  que  ce  modèle  fort 
court ^uinto'  TurpUio  Lucii  filto.  C’eft  l’infçription  tres-' 
(/)  Axtiq.  txfi.  ancienne  (g)  de  la  fécondé  urne  du  tombeau  de  la  famille 
'.  Furia. 

Ui,  EéPECE‘  La  troifième  cfpcce  eft  ..d’une  écriture  mêlée  dp  lettres 

droites 


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\ Genres  de  la  première  dtvision  des  Capd 


CBVROVI I AVLERCO 


TIB'CAESAR 

AVOI  OVl  OPl 

MAXSVWO^ 

NAVTA&PARlSf 

'PmiCG'POSI 


]miDB  + ECCEVlCITLEOD 
IVDARADTX  DAVI 


iVLIAPIA  r*HUX 
SJG 

MAtAVCQ  WAT 
$BN  lA  PAïa 
S G 


rr 

PE 


7 


I 


i 


r 


) 

r 

i 

I 


iv 

V 

S' 


DE  ‘ DIPLOMATIQUE.  jtfi 
droices  ou  perpendiculaires  & d’inclinées  vers  la  droite  ou  vers 
la  gauche.  Voici  l’explication  des  modèles  reprélencés  dansno- 
treplanche.  ^^.OJfa  amanda Elenchio  : htecvixitan.yiii.H. 
Bernard  de  Monrfaucon  (a)  avoue  , qu’il  ne  fait  pas  le  fens  de 
cette  épitaphe  d’une  fille  de  huit  ans  , di^ne  de  la  tendrefle 
d’Elenchius.  Nous  croyons  pouvoir  l’expliquer  de  cette  for- 
te : Ici  repofent  des'oflemens  chers  à Elenchius.  La  jeune 
fille  , à làquelle  ils  ont  apartenu  , n’a  vécu  que  huit  ans. 
'i,*'.  Crt.  Fourio,  Ceft  la  dernière  {b)  infctiption  du  tombeau 
'ée  la  famille  des  Furius.  Ce  monument , dit  D.  Bernard , 
eft  des  plus  anciens  , qu’on  voie  en  Italie,  comme.il paroit 
par  le  caraétère  des  épitaphes.  Il  faut  en  excepter  deux  qui 
' font  d’un  tems  plus  bas. 

La  quatrième  efpccc  d’écriture  inclinée,  fe  diftingue  par 
des  lettres  formées  d’une  manière  plus  ou  moins  barbare. 
'i°.  Tel  eû  le  mot  (c)  Pippinus  empreint  fur  un  denier  d’ar- 

fent.  a®.  Tel  eft  le  meme  nom  fur  une  pareille  monoie  de 
epin  , premier  roi  de  France  de  la  fécondé  race.  3“.  Ou- 
dalricus  Dei  gratta  Pacavienjîs  epifcopus.  Ce  dernier  mo- 
dèle eft  {d)  l’infcription  du  fceau  d’Üdalric , évêque  de  PafTau 
en  1 1 08.  ' , ' ‘ 

■ §.  //• 

Explication  dt  la  planche  XXV.  renfermant  les  V.  VI.  & 
r II.  genres  des  écritures  latines  , tirées  des  marbres  , des 
^ pierres  , des  métaux  &c. 

I • - 

' I.  Les  plus  belles  écritures  lapidaires  & métalliques  font 
celles , donc  lés  lettres  font  tranchées  par  des  bafes  fimples 
Zc.  régulières.  Nous  en  avons  formé  le  cinquième  genre  de 
notre  première  divifion.  Sous  ce  genre  font  renfermées  fix 
efpcces, d’écriture  plus  ou  ipoins  élégante,  à proportion  qu’elle 
aproche  ou  s’éloigne  du  fiècle  d’Augufte. 

La^  première  efpèce  eft  d’une  écriture  ordinaire , mais 
d’uue  hauteur  des  mieux  proportionnées.  Notre  planche  en 
donne  fix  modèles,  r*.  Roma  écrit  avec  l’A  antique  , eft 
l’infcription  (c)  d’une  monoie  romaine  des  premiers  tems. 
Elle  repréfente  d’un  côté  la  tête  d’Hercule  & trois  boules 
ou  points  blancs';  <mi  marquent  la  valeur  de  l’As,  de  l’au- 
tre un  taureau  irrite,  a®,  Suefano  eft  la  légende  (/)  d’une 
Tome  II,  B b b b ' 


i 


II.  PARTIF. 
S c c T.  III. 
Ch  AP.'Xt. 
Airc^cLi  II. 

(«)  Ibii.  fl.  ti. 
^ J 7. 


(i)  ItiJ.  fl. 
XK//I. 


IK  ESPECE. 
(O  Lt  BUiu. 

f.  71. 


(J)  AufirtM  illid/’- 
tTMt»  >«(,1.7.174. 


Ecrmire  ^I^an- 
rc . diIHnguéc  par 
1rs  bares  & les 
roaimrta  de  Tes  ca> 
raOèrcs. 

V'.GENR*. 

I . ESPECE. 


(f)  IfitT.  difltm. 
f.iS\.n.  a. 


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NOUVEAU  TRAITÉ 


médaille  du  premier  âge  , publiée  par  le  marquis  Mafféi. 
* Si c c’eft-à-dire  ( 1 5 Latino  , fert  de  légende  à une 
Ch* P.,  XI.  très-ancienne  (a)  monoie  , frapée  fous  le  nomrfu  peuple  la- 
Articii.  II.  tin  J quoiqu’il  fut  alors  fournis  aux  Romains.  4".  Manius 
(»)  BcmerNit.  Acilius,  Roma.  C’eft  la  légende  d’une  (b)  médaille  frapée 
^ Thtf.Mml  deux  cents  onze  ans  avant  J.C.  j°.  Lmius  Sulla  imperator. 
ixi.  1.  C’eft  le  revers  d’un  denier  {c)  d’argent , fait  après  le  triom- 

(0  Btntneut.  p|jg  acordé  à Sylla , lorlqu’il  eut  défait  Mithridate.  6°.  Lu- 
dus  Flaminius  , Titus  Flaminius  , Ludi  Nepos  , Quatuor- 
vir,  aurum  , ar^entum  , as  flari  fedt.  Cette  légende  en 
(i0/.»7.».  >0.  forme  de  (d)  croix  de  S.  André , avec  cinq  lettres  initiales, 
eft  empreinte  fur  une  médaille  de  deux  Quatuorvirsou  in- 
tendans  de  la  fabrique  des  monoies  , établis  par  Jule  Céfàr. 
7".  Indulgentia  (t)  Au^fla.  Moneta  impetrcua.  On  lit  cette 
(t)  Stpim.  Ser  mfeription  («1  autour  de  la  tête  de  Junon  , ou  plutôt  de  Li- 
/«s.  numifiiuu.  yja  femme  d’Augufte  fur  un  médaillon  , frapé  l’an  ai.  de 
J.C.  par  la  ville  de  Fatras.  On  lit  au  revers  : Cafari  Au- 
gttjlo  , &r  dans  l’exergue  : Col.  A.  A P,  e’eft-à-dire  : Colo- 
nia  augujla  Aroe  Patrtnfis.  8®.  Imperatori  Cafari  Nerva 
Trajano  , optimo  , Germanico  , Dado  , Pontijid  maximo 
Tribunitiâ  potejlate  , Confuli  fextùm  , Patri  Patrîa.  Sena- 
(f)VMtlMt.ui.  tus  populuf(jue  Romanus,  Cette  belle  (/)  légende  eft  celle 
/•  •47-  d’une  médaille  frapée  en  l’honneur  de  Trajan,  par  ordre  du 

Sénat  & du  peuple  romain,  ÿ®.  Juliae  Mamia  Cj)  matris 
(x)  Autig.  txfi.  Augujli  nojlri.  Ces  paroles  font  gravées  fur  un  tuyau  (gî  de 
*.  plomb,  deftiné  à conduire  l’eau  des  thermes  alexandrins, 

//.  exxr.  particulier  de  Marnée  , mère  de  l’empereur 

Aléxandre  Sévère.  iq°.  Childirid  r<gis,  L’aneau  d’or  de 


t.f. 


^i)  »l.cD  (]ui  (fc)  eft  à la  fin  de  la  Kgcn- 
» de  dtoiE  ordinaiTCtoont  a;oot4  pat  tes 
» ancieni  la  fin  des  mots  . qui  Ce  tee- 
n ainoieiK  |ai  des  voydks  , comme  il 
3>  paroit  dans  ce  qui  nous  cefte  de  la  co- 
M lone  toftralc  oc  Rome  , it  mois  de 
» msxnmed  pour  méut  m» , fupumJeil , 
H pour  pMgaMnde  , fendit  pour  fende.  Et 
a>  pour  le  U,  (mi  eft  dans  le  moi  ao  lieu 
bM  T , ce  ehangemcot  droit  encore 
n allez  ocdiBaiie , (faBcam  que  le  D n’cft 
n qu'une  diroinaiion  & un  adoncilTement 
» du  T , & que  l'un  te  l'autie  Ce  pconoo' 


n ce  par  la  mdme  partie  de  la  bouche.  « 

(i  ) 'Voici  Iq  üo»  de  ecetoinfètiprioa  : 
La  Tillooir.BDlociie  , fandde  ptamwaq- 
mciK  fous  le  nom  d'Aroa  , pat  Sume- 
lius,  & apcife  Carras  du  nam  de  Pa- 
rieus  , BCVC4I  ifA^cnot , tds^ie  pat  Aa- 
gufte,  ayant  obetna  lapctmQliQo  de  bat- 
tre monoie  , & fraper  cette  médaille  k 
rhonneur  de  Cdlâi  Aonfte  , ébo  bien- 
fàiieo*. 

( 3 ) Mnmin  pont  Umn.  On  peut  don- 
ner à l'N  la  fignificadon  de  aej!i  , c^ûi 
patoM  allêi  aaauRUt. 


DE  DIPLOMATIQUE. 

Chil<kric  L porte  cette  (a)  inscription  au  tour ‘de  Sa  (t)  fi- 
gure. Lé  G eft  oncial  & l’S  eft  contournée  dans  ce  modèle. 

La  Seconde  efpcce  eSl  d’une  écriture  trcs-élégante  , mais 
un  peu  haute  6c  moins  bien  proportionnée  que  la  précé- 
dente. Notre  planche  en  fournit  fept  modèles  i®.  D.  Sila- 
Nus  L.  F.  Roma.  C’eSl-à-dire  : Detimm  Silanus  Lucii  ft- 
tius.  Roma.  C'eSl  la  légende  (^)  d’un  médaillon  , frape  1 
Rome  I }6.  ans  avant  J.  C.  i®.  Dec.  Initl.  vir.  Augustal. 
P;  Olitiô.  Apolonio  (ij  InuL  vir.  auc.  C’eft-à-dîrc  : 
Decius  Sexvir  augujlalis  Publia  Olitio  Apollonio  Sexviro 
augujlali.  Cette  phraSe  fait  partie  de  l’infcription  miSè  (c) 
Sur  le  bas  relief  de  la  ftatue  , que  les  ^évirs  aiigultales , ou 
les  fix  Prêtres  de  Narbonne , confacrés  au  culte  d’Auguste  , 
érigctent  à la  mémoire  de  P.  Olitius  Apolonius  leur  collè- 
gue. J®.  Tiberio  Claudio  Auguflo  quintùm , Servio  , Corne- 
lio  Orphito  Confulibus.  Ces  noms  font  tirés  d’une  table  dé 
marbre  , trouvée  (d)  fous  les  ruines  de  l’ancienne  Antiunà. 
Cette  table  contient  les  noms  des  oSiciers  de  la  maifon  de 
l’empereur  avec  un  calendrier.  On  y trouve  les  fondions  des 
domestiques  , qui  fervoient  le  prince  ; lorfqu’il  fe  retiroit  à 
Antium  , pour  goûter  plus  aifément  les  délices  de  la  cam- 
pagne. Les  noms  des  conS’uls , qui  y font  marqués  , com- 
mencent l’an  42.  de  J.  C.  & finiSTenten  ji.  C’eSt  donc  vers 
ce  tems  là,  que  ce  monument  aura  été  dreSTé.  4®.  Impera- 
tori  Cœfari  Marco  Aurelio  Antonino  auguflo  , pio  , felici  , 
Arabica  , Adiabenico  , Parthico , Maximo  Britannica  : Ma- 
xtmo  Germanico  yMaximo  PatriPatrûe,  Narbonenfes.  Telfe 
eSt  {e)  l’inScription  , que  la  ville  de  Narbonne  fit  mettre  au 
bas  de  la  Statue ,,  qu’elle  érigea  à l’empereur  Marc  - Aurèle. 
5®.  M.  CoEuo.  P.  F.  VET.  Lec.  xTï  Fulm.  Félix,  lib.  y. 


il)  On  rtfardc  comme  ont  fin^uta- 
, qoe  Cliilderie , p^re  du  grand  Clo- 
vii , loit  reprlffeoai  fiir  (ôo  cadier.  Les 
autief  rois  barbares  n'tToienr  [t)  pas  la 
libend  de  &ire  imprimer  leurs  images 
fur  lenn  moooieb  , cMme  Ateue  nos 
premiers  rots  de  Franed  U loue  c^o- 
dunc  excepter  Akric  ni  des  Wifigoths , 
<)ui  à l'exemple  des  empereurs  , (ê  fît 
(d)  repfdfcDter  rurtesamnioi. 

(i)  n Ceft  mat  ifosfo$ , dit  le  lâ- 


» Tant  (&)'hi(lorien  de'  Languedoc  , que 
M Catel  a lenancbd  dans  ploueuis  inicrip- 
n rions  , qfu'il  a nponéét  le  preaier  Ce 
» le  deroier  des  deud  II  anmdri'qnes  po- 
.1  lifs  db'la  maiiidre  IbiTaoce  ; InuT,  ce 
M qui’défigne  CCS  Sdviis  Augaffalcs.  Cet 
, » suceur  aura  pris  pewdtre  cet  deux  II 
m numdriqnes  , pour  des  paccothèlës  , 
» pareequ’eU  éfet  cet  cfaiira  (ont  pins 
n grands  que  les  quatre  autres  . ^Ut 
H tenforineiit.  <• 

Bbbbij 


II,  partie, 

s * C.T.  1 I I. 
Ch  A a.  XI. 

A XT  IC  L I.  n. 

(«)  Btuitnit. 
18I.  Mai.  e* 
Jift.f.  ijf 

//*.  ESP£Ce. 

(t)  Th,/.  M,,,/. 
I.  I.  r«i,  a.p.aio. 

t.  I.  p.  lol.  ô" 
frtm/.f.  a. 


(J)  ViJfi  v,tm 
L»timm  fnftinmm. 
rti.lK  f, 

fii- 


I.  t.  Prnni.f.  |. 

».  t.&t'  “!• 


(f)  %k»maâ.  m 
Avit.  sp.  7t. 

(A) 

iUd.  f,  fgOt 


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II.  PARTIE. 

S ï C T.  III 
C H A r.  XI. 
Akticlr  II. 


(a)  StleSm  ii- 
flm.  «J-  mm.ifm. 
Scuit  thif/atr.  tnl. 
VI. 

(i)  L»  felmct  Jti 
mtj/ùlUi,  I,  I. 
p.  14«. 

■m.  MSPSCE. 


(c)  SkpUm.  i 
I’mhiIj.  txpl.  I.  f, 
pi.49-P-  117. 

(V)  liiJ.  t.  4. 

pl' 


f64  NOUVEAU  TRAITÉ 

CoELiA  Misecunda-  C’cft-à-dirc  : Marco  Coelio  , Publil 
filio  , Veterano  Legionis  duodecinue  fulmlnatricis  , Félix 
lihens  vovit  Coelia  Mifecunda.  Gerce  infcription  lapidaire 
tirée  du  Recueil  de  la  bibliothcque  du  roi  , nous  paroic 
erre  du  1 1 . ou  du  1 1 1 Cède  au  plus  tard.  Le  T du  mot  Ve- 
terano  difere  peu  de  l’I.  Mais  les  T toucafait  lèmblables  ne 
font  pas  rares  dans  les  anciens  monumens.  L’explication  , 
que  nous  donnons  de  celui-ci  eft  peutétre  un  peu  hafardée^ 
Mais  elle  poura  donner  lieu  à quelqu’un  de  nos  favans  Aca- 
démiciens d’en  trouver  une  meilleure.  6*.  D’à  & xpÔ  mi- 
SERANTE  UM.  HOC  cTT.  ÎÔ  tT  E.  ANNO  IIII.  CS  VaLENTINIA- 
NO  AUG.  VI.  111.  KL.  ÎT  xvnil.  ANNO.  ËpTÜS  RuSTI.  NoUS 
rendons  ainfi  ce  texte  : Ddp  ù Chrijlo  miferante  : limen 
hoc  coüocatum  ejt  anno  quarto  confule  Valentiniano  Au- 
gujlo  fextàm  , tertio  Katendas  Decembris  , decimo  nono 
anno  epifcopatùs  Ruflici.  Ce  n’eft  ici  que  le  commence-  ' 
ment  d’une  grande  infcription  de  l’an  44  j.  de  J.  C.  où  l’on 
aprend  de  quelle  manière  l’évêque  S.  Ruftique  conftniifit 
de  nouveau  l’Eglife  de  Narbonne.  La  date  de  l’épifcopat 
employée  dès  avant  le  milieu  du  vi'.  Cède  eft  remarqua- 
ble. 7**.  Ymago  Edgari  Scottorum  BaJlUi.  Le  fceau  pen- 
dant (a)  d’Edgard  , roid’Ecofte  en  10518.  ofre  cette  inferip- 
tion  au  tour  de  fon  image.  L’Y  y tient  la  place  de  l’I.  Le 
titre  de  ffajlleus  fut  quelquefois  donné  par  les  Grecs  aux 
empereurs  ; quoique  [b)  jamais  ils  n’aient  foufèrt  , qu’ils 
priflent  le  nom  de  ReXy  qu’ils  méprifoienr. 

L’écriture  capitale  ou  majufcule  très-élégante  , mais  fort 
élevée  & q^uelquefbis  maigre  , caraélérife  la  troiCème  efpècc. 
Trois  modèles  nous  ont  paru  fufifans  pour  la  reprélênter. 

1®.  Valcrio  Viernae  optimo  & fidelijfimo  lÀierto  , V^aUrixtt 
Efficax  ù Agatha  Tyche.  A Valerius  elclave  né  dans  la  mai- 
Ibn , très-excellent  & très-fidèle  fervitcur  ; Valerius  Efficax 
& Agathe  Tyche  ont  fait  faire  ce  monument.  C’eft  l’infcrip- 
tion  d’une  belle  (c\  urne  fépulcrale  du  cabinet  de  l’abbaie 
de  S.  Germain  des  Près.  a®.  Pm  falute  imperatoris  MarciAu- 
relii  Antonini  y pii  ,felicu.  Ce  n’eft  que  le  commencement 
<f  une  infcription  lapidaire  dreflee  (</)  pour  la  lânté  de  l’em- 
pereur Marc-Aurèle.  Les  deux  N du  mot  Antonini  portem 
i’i  avec  elles.  L’O  & l'S  font  remarquables.  3®.  E^.  Sac 


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DE  DIPLOMATIQUE,. 

SfÂk  ETM.  M.  P.  OR.  Ëâc.cToK..CesabréviationsfeIi(êntainfi: — ~ 

Ex  comité  facrijlabuli  & magi^o  militiœ  ^er  Orientemf  Vi/*' 

ex  confule  conjul  ordinarius.  Cette  inscription  fingulière  , Chat.  xi. 
écrite  en  lettres  longues  & plus  hautes  les  unes  que  les  autres , Artichii, 
(ê  voit  far  le  (a)  Diptique  de  Stilicon , maitre  de  la  milice  (,)  un,  ,,  j 
fous  le  grand  Théodofe. 

La  quatricme  efpèce  eft  d’une  écriture  im  peu  écrafée  avec  jy,  espece 
quelques  traits  triangulaires.  Notre  planche  en  donne  qua- 
tre exemples.  i°,Imperator  Cafar  AuguJlusm^AuguJîa  ma-  • 

ter  Patrice.  Ces  deux  légendes  (b)  paroti^t  fur  une  mé-  {iyVùUmt.t.x. 
daille  frapée  en  l'honneur  d’Augufte  & de  Livia.  Les  mo-  t-  < 

netaires  & les  foulpteurs  varioient  dans  l’orthographe  dès 
les  premiers  tems.  Dans  les  fept  & neuvième  modèles  de  la 
P.  elpcce  , on  a TU  la  diphtongue  Æ.  Ici  elle  eft  tracée 
féparément , A E.  a°.  Pro  imperatore  Caejare  Auguflo , Pâ- 
tre patries  , Pontifice  maxime  , Tribunicia  potejlace  XXXf^. 

Conjuge  , liberis  , Genteque  ejus  , Senatu  , populoque  Ro- 
mano  , colonie  incolifque.  Ce  beau  modèle ^d’écrkurc  élé- 
gante fait  partie  des  loix  établies  (c)  à Narbonne  , pour  le  (t)  h p j.  r^ny, 
culte  deda  divinité  d’Augufte , & gravées  fur  un  côté  de  l’au-  *•  *• 
tel  de  marbre  blanc  , confacré  à cet  empereur  , onze  ans  *" 
après  la  naiffance  temporelle  du  Fils  de  Dieu.  3°.  Imperator 
C,  Marcus  Claudius  Tacitus  Auguflus.  C’eft  la  légende  ^ 
d’une  (d)  médaille  , frapée  au  iii*.  ficcle  en  l’honneur  de 
l’empereur  Tacite.  4®,  S'igAlum  Ludovici  defignati  Regis.  h jt». 

Cette  légende  du  fceau  (e)  de  Louis  VI.  dit  le  gros,  déligné  (t)  Oert  dtpim 
roideFrancel’an  io99.ofreuneécriture,quiaprochadecelle 
des  plus  beaux  jours  du  haut  empire.  Cfomment  peut-on 
donc  alfurer  (/)  dans  un  ouvrage  fameux  , que  le  caraâèce  (/)  £<ujtcUpei. 
romain  n’a  été  d’ufage  que  jufqu’au  v'.  ficcle  ? 

H.  Les  Romains  avoient  fans  doute  des  écritures  très-  Voyn. 
petiKS  , quoiqu’en  lettres  capitales.  Ceft  ainfi  que  plufieurs  ^ 
fiivans  entandênt  encore  aujourdui  les  lettres  minufcules  , 
dont  parlent  quelquefois  les  anciens.  Sans  être  d'acordavec  Teste ^mmm. 
les  modernes  for  la  non  exiftence  des  vrais  caraélères  mi- 
nufcules îk  cuififs  diez  les  Romains  ; on  pouroit  leur  pafièr 
que  les  àutetirs  létins  ont  pu  quelquefois  donner  le  nom  de 
minufcules  à des  lettres  véritablement  majufcules  ; mais  dans 
' ŒJC  fqrme  très-petite.  C’eft  ce  petit  caraâète  capital  qui  conf-  especs 


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^66  N O U V E A U TRAITÉ 
ftituc  la  cinquième  efpcce  d’écriture  à baies  & ibmmets.  Le4 
**  exemples  qu'en  préfente  notre  planche,  ne  paroiflent  pas  tous 

Ch  A».  XI.  être  pour  la  grandeur  abfolument  conformes  aux  originaux. 
Article  II.  Les  gtavcurs  en  auront  réduit  quelques-uns  : mais  réduits  ou 
non  , nos  modèles  n’en  repréfentent  pas  moins  bien  la  pe- 
tite capitale  de  ceux-ci.  D’ailleurs  ceux  qui  font  tirés  des 
médailles  ne  femblentpas  iufceptibles  de  réduûion. 

Cette  v«.erpèce  d’écnture  capitale  minuiculc  fe  montre  dans 
(«)  Agùij.  exfi.  les  neuf  exemples  fuivans.  Lucius  (a}  Munatius  , Lucii 

t.v.fMTt.i.fl.iii.  Lucii  nepos  , Lucii Pronepos , PUneus  ConfuI , eenfor^ 

imperator  iteriim  , Septemvir  epulonum  , triumphay  'a  ex 
Rhetis  , ccdem  Saturni  fecit  de  maauhi'u  , agros  divijù  in 
Italia  Beneventi , in  Gallia  colonias  deduxit  Lugdunum  & 
Rauncam.  Cette  iTKignifique  ('i)  infcription  dumaufoléede 
Munatius  Pbnciis  eft  anterieure  à l’ère  chrétienne.  On  y re- 
marque rX  & la  diphtongue  conjointe  Æ.  i“.  C.  Julius 
Stirax  ai  epif.  lat.  Les  derniers  mots  lignifient  ai  epifiulis 
{l)UU.t!.xvii.  laiinis.  C'eft  une  des  inferiptions  des  tombeaux  apelés 
columbaria  , trouvés  à Rome  près  de  la  porte  Capène  , & 
deftinés  à recevoir  les  urnes  cinéraires  des  o£ciers  de  la  maU 
fon  d’Augufte.  Elle  nous  aprend  que  C.  Jule  Stirax  étoit 
ion  Secrétaire  pour  les  lettres  latines.  3".  Titius  Augujli  & 
• Augujite  libertus  ; Cytioforus  medicus  ocularis  hic  fitus  eft. 
En  François  : Ici  repofent  Titius  Julius,  afranchi  de  l’empereur 
• Augufte  & de  l’impératrice,  & Cytioforus  médeciuoculifte. 
On  fait  ufage  de  l’Y  grec  dans  cette  épitaphe , tirée  du  meme 
monument  , ainfi  que  les  deux  fuivantes.  4“.  Lucius  Vale- 
nus  Sta3us  ab  epiftulis  grxcis.  Voila  un  fécond  fecrétaire, 
pour  écrire  les  lettres  grct^ues  de  l’empereur,  EpiftuLa  pour 
epiftola  fe  trouve  dans  les  inferiptions  & meme  diis  les  au- 
• tcurs  pendant  bien  des  fîècles.  y“.  Caius  Julius  Claudius 

Pkronimus  à Bibliotheca  grteci.  Nous  aprenons  de  cette  épi- 
taphe qu’ Augufte  , outre  fa  bibliothèque  de  livres  latins , 


(i)  Ce  monament  eft  ptécieox  pour 
rhiftaicc  des  GruIo.  En  voici  U traduc- 
•lon  : Lucius  Munatius  Plancus  Els  de  Lu 
dus , petic-fils  de  Lucius , atiète  pceic-fils 
de  Lucius , confûl , ceorcur  , empereur 
pour  la  Tccondc  fois  , Septemvir  ou  in- 
tendant des  feftint  Aerds  a tiiompbd  des 


Grifons , a bâti  de  leurs  dépouilles  un 
temple  à Saturne , a diviA  les  fonds  de 
terre  à Bcodvent  en  Italie  , a mené  des 
eolonies  dans  les  Gaules,à  Lyion  , à Rau- 
riea.  Cette  dernière  ville  a porté  le  nom 
Elle  droit  fitude  tûiz  près  da 
lieu , od  Balle  eft  aujourd’oi. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
en  avoit  une  formée  de  livres  grecs  , & dont  C.  Claudius 
Phronimus  étoit  bibliothécaire.  6®.  Ptolomeus  Rex,  C’eft 
la  légende  d’une  (a)  médaille  de  Ptolomée , fils  de  Cléo- 
pâtre , &c  roi  de  Mauritanie , mis  à mort  par  la  perfidie  de 
Caligula.  7®.  Marcus  P lautius  Marci  filius  , Auli  nepos  , 
Silvanus  , conful  , Septemvir  Epulonum.  Huit  fenatus 
triumphalia  omamenta  decrevit  ob  res  in  lllyrico  benè  ^ef- 
tas.  Lartia  Gneii  filia  uxor.  Marcus  Plautius  Marci plius 
Urgulanius  vixit  annos  ix.  Cette  infeription , {b)  gravée  fur 
le  maufolée  des  Plautietu  , bâti  en  forme  de  grande  tour  , 
regarde  trois  perfoncs.  L’N  eft  fiiprimée  dans  le  mot  oma- 
menta : dans  decrevit , le  & Ve  font  conjoints.  8".  Lucius 
Septimius  Severus  , Aumfius  imperator  undecies  , Panhi- 
cus  maximus.  C’eft  la  légende  d’une  {c\  médaille  d’or  de 
Septime  Sévère , proclame  empereur  par  l’armée , qu’il  com- 
mandoit,  l’an  ipj.  9°.  Dominas  Bajîlifcus,  Pater  Patrix , 
AuguJIus^—Fiaforia  Auggg.  H.  Ces  deux  abréviations  veu- 
lent dire  : ViSoriâ  trium  Auguflarum  odava.  Le  Seigneur 
Bafilirque  , père  do  la  Patrie  , Augufte.  Huitième  viftoire 
des  empereun  ( Bafilifque  , Léon  IL  & Zénon.  ) La  mé- 
daille a'or  , qui  porte  ces  légendes  , eft  de  Bafilifque , 
proclamé  empereur  l’an  477.  Remarquez  dans  ce  modèle 
le  b minufcule  mêlé  avec  les  petites  capitales. 

L’écriture , plus  ou  moins  carée  dans  quelques  - unes  de 
fes  lettres  , caraôérife  la  fixicme  efpcce , dont  voici  les  mo- 
dèles repréfentés  dans  la  planche  XXV.  i“.  Manias  Aci- 
' tiusDlàirio  P rotonfui.  — Imperator  Caefar  Dnù  fiiius  , 
Auguftus , conful  novies.  Ce  font  les  deux  légendes  d’une 
(d)  médaille  célèbre  , que  Manius  Acilius  fit  fraper  , pour 
congratuler  Céfar  Augufte  des  vidloires  remportées  vingt- 
cinq  ans  avant  l’ère  chrétienne,  a®.  Spurinnia  filia  Eleutne- 
ndis.  Une  urne  de  marbre  (p)  pone  cette  infeription  , où 
rV  commence  à fe  carer  par  le  cas.  5°.  Imperator  C,  Ma- 
ximianus  , pius  , felix  , Augufius.  Tels  (ont  les  titres  , 
qu’on  donne  fur  une  ( f)  médaille  d’or  , au  plus  cruel  enne- 
mi du  culte  du  vrai  Dieu.  Du  refte  cette  légende  prouve  que 
dès  la  fin  du  ni'.  Cède  les  A & les  V carés  commençoient 
à devenir  ordinaires.  4®.  Turfinus.  Ce  (g)  nom  eft  empreint 
au  tour  de  la  tete  du  grand  Clovis  fur  un  Tiers  de  fol  d’or , 


n.  Partie. 
SïCT,  IIJ. 
Chat.  X I. 
Axticii,  IJ. 

(•) 

h 404. 


{h)  Ami^.  exp. 
I.  f -l'art.  I.  p, 

cxiy. 


(f)  yaiiUr.iC.  L, 
t-  ‘4SI- 


n.  ESPECE. 


(Vj  Xht/aur.  Mx- 

Ttl.  tnt.  t./.  4. 

(<•)  .ln/ij.  exp. 
t-  f.  I.  fart,  p, 

xxy.f.fS. 

Xf]  HxittlHrir. 
f.  47. 1».  t. 


( ) Haxteratif, 
f.  loé. 


II.  PARTIE. 
Sect.  III. 
Chef.  XL 
A K T I c L I.  II. 


(t)  L*  Blanc, 
f.  loo. 


(r)  Ihidem, 


(W)  Ibid.f.  loi. 


(<)  H^inuc  ’uuÀt 
SifUlû.  f.  }$,  ' 


ni.  ESPECE. 


r 


(/)  Trait!  du 
lOOb 


I 


' NOUVEAU  TRAITÉ 
dont  le  revers  repréfente  une  croix  pofée  fur  une  anchre. 
C’eft:  un  fymbole  de  l’efpérance  ferme  des  Chrétiens , ou 
plutôt  de  ratFermilfement  de  la  vraie  Religion  dans  les  Gau- 
les fous  le  rèçne  de  ce  premier  roi  Chrétien,  Dans  ce  mo- 
dèle , on  voit  rS  couchée  , qui  devint  affez  ordinaire  lut 
les  monoies.  j".  Aurelianis  civitate.  C’eft  la  légende  d’une 
(a)  monoie  , dans  le  champ  de  laquelle  il  y a un  monogram- 
me, que  M.  Bouteroue  n’a  pu  déJiifrcr.  Nous  y découvrons 
le  nom  de  Gontram , roi  de  Bourgogne  &c  d’Orléans,  Le  C 
du  mot  civitate  eft  caré.  6®.  Hludowigus  imper ator— .Ca- 
maracus.  Le  denier  {b)  d’argent  de  l’empereur  Louis  le 
débonaire , monoyé  à Cambrai  , nous  a fourni  ce  modèle. 
Nous  avons  dit  ailleurs  que  le  G s’employoit  pour  le  C & 
le  C pour  le  G.  Cette  monoie  &c  la  fuivante  en  lont  une  nou- 
velle preuve.  7®.  Le  fécond  (c)  denier  d’aVgent  du  meme  mo- 
narque prélêiite  cette  légende  : Hludowicus  in.  C’eft-a- 
dire , imperator.  L’N  eft  là  pour  l’M.  Au  revers  : XPIS- 
TIANA  RELIC.  M.  le  Blanc  (ij  obferve  que  (</)  cette  inf. 

••  cription  » porte  des  marques  de  la  piété  de  ce  Prince , 

■ qui  , fuivant  l’exenaple  de  fon  père  , avoit  ordonné  ^e 
•»  mettre  fur  les  monoies  un  temple  , au  milieu  duquel  Ic- 
» roit  élevée  une  croix  & pour  légende  XPISTIANA 
•>  R ELI  CIO,  pour  Chrîfiiana  Religio.  « %* . Bemhardus 
Dfi  grcuiâ  Hildenfe/iieiw  àpifeopus.  C’eft  la  légende  d’un 
Iceau  (a)  de  cire  , apliqué  au  bas  d’une  charte  du  xii'^. 
fiècie.  H repréfente  un  évêque  tenant  d’une  main  fa 
cjolTe  , &c  de  l’autre  le  livre  des  évangiles  , avec  l’infcrip- 
tion  ; Bernard  par  la  grâce  de  Dieu  évêque  d’Hildesheim 
en  Saxe.  ^ ^ 

Plulîeurs  lettres  lingulières  produllèiit  la  feptième^clpcce 

M.  Il  ae  masque  qu'un  petit  trait  couine 
de  conjonâion  dans  I I Sc  l'O  pour  for- 
mer une  r&  un  d.  Il  liloie  faire  aten- 
don  que  l'N  fuivame  portolc  1*1 , qui  la 
précède  , comme  lettre  conjointe,  Aiufi 
mtmm  divintun  fc  trouve  parfait  , fini 
recourir  , comme  a (âir  M.  le  Blanc  à 
des  tianfpolîiioni  de  tertres  , dent  on 
peut  ordinairement  fc  palTec  dans  des 
écritures  , qui  ne  font  point  purement 
moasgeammatiques. 

des  . 

I 


(i)  Ce  UTant  homme  a fait  graver, 
avec  la  dcmicrc  exaélitude  les  Tctties , 
qui  font  au  revers  de  la  fécondé  des  deux 
monoies  d'or  de  Louis  le  débonaire  , 
dont  (/)  il  donne  l’explication.  Il  fem- 
ble , dit-il , qu’on  y pouroit  ttouver  en 
lettres  tranf^fecs  munus  divikvm. 
Cette  Ufoo  ne  nous  paroit  pas  douteufe. 
S'il  avoit  pu  comparer  cetre  monoie 
avec  celles  d'Angleterre  du  meme  tems  ; 
il  n'auroit  eu  aucune  diliculié  à re 
conoitte  dans  l'N  k l'I  raprcchés  une 


Digilized  bv  Go 


DE  ‘ diplomatique!  ^^69' 

des  (écticiires  tranchées  par  des  bafes  & des  fommets  fim-  ^ 

pies.  Notre  planche  en  donne  trois  exemples,  dont  voici  le  pre-  * ,*'c  t*^7i 
mier,  delliné  fur  nne  urne  de  pierre , trouvée  à {a)  Brignolles  : c h * p.  X i.‘ 

I?iis  Manihis  Taetaniae  Caii  filiae  Pacatae.  La  forme  des  Akticle  ir. 

A eft  extraordinaire.  Les  deux  premiers.  T font  fcmblables'  a , 

au  r majafçule  des  Grecs.  , ‘ 

Le  fécond  exemple  eft  la  légende  d’une  monoie  d’or  de 
Théodebert , roi  d’Auftrafie  , u.apée  à Mets  au  -vi'.  ftccle.  V 

On  lit  au  \h)  revers  : ViSoria  Tkeodiberti , & dans  le  champ  (4)  Btumut. 
on  voit  une  colone  couronnée  , (lir  hiquelle  il  y a une  croix  ^ 
furmontée  d’un  O &c  tenninée  en  bas  par  un  A avec  ce’ 
mot  Mettis.  L’E  eft  femiblalMe  à nn  I tranché  par  le  milieu.  ’ 

M.  Bouteroue  n’a  pas  pris  la  peine  de  lire  ce  revers.  Les  ’ 

deux  lettres  du  haut  & du  bas  de  la  croix  y ont  été  mifes-  ’ 

pour  X alpha.  & , tracés  fi  fouvent  fur  les  anciennes  ' 

épitaphes  , pour  exprimer  le  nom  de  J.  C.  & qu’on  retrou-  ' 

ve  dans  les  diplômes  & les  fignatures,  furtout  des  XI.  & XI  i'.'  1'  ■ ? 

ficelés.  , 

Le  dernier  exemple  eft  l’infcriptlon  Benedicti  Pape  ‘ ' ' ' 

qu’on  lit  (c)  fur  le  fceau  du  pape  Benoit  III.  l.’I  terminé  U) 
en  crofle  & l’A  antique  , dont  la  ligne  moyenne  part  du 
côté  gauche,  fans  ateindre  le  droit,  doivent  être  remarqués,  <uuichi.fr  o. 

Ce  fceau  de  plomb  , ataché  à une  bulle  donnée  le  7.  Oc-‘ 
tobre  8yy.  la  première  année  du  pontificat^de  Benoit  IIL’ 
fufiroit  feule-,  pour  anéantir  la  fable  de  la  Papefle  Jeanne  , . . ' i 

qu’on  place  fur  le  faint  ficge  entre  Léon  IV.  mort  le  17.  ■ 

Juillet  de  la  même  année  fie  Benoit  , qui  fiit  prefque  aulfi-  ' ' ' ' 

tôt  élu  Pape.  Cette  fable  a fait  beaucoup  de  oruit  dans  le  • • ■ - 

inonde  ; mrtout  depuis 'le  fchifme  déplorable  des  Protef--’ 
taiK.  Les  plus  fages  fie  les  plus  éclairés  d’entr’eux  en  ont- 
démontré  fie  reconnu  la  faufteté.  Elle  eft  cependant  confi*)  ' ' , 

f née  dans  plufieurshiftoires,  même  ancie'nnes.  Et  l’on  vien-'  ‘ 

ra  nous  donner  pour  règle  générale  de  diplomatique  , qu’il 
faut  examiner  ,1a  vérité  f 5)  des ' chartes  parThiftoire,  fie  , que  [ (<0 
c’eft  celle-ci  , qui  rend  témoignage  pour  ou  contre  le  diplôme 
Quand  on  écrit  fut  une  matière  ; il  faudroik  au  raoutt  l’a-';.  fi.é'fiùv. 
voir  étudiée.' ...  ■ « -1 

III.  Les  marbes  , les  bronzes , les  pierres  6c  les  autres  ma-' ■ 
rières  dures  nous  ùfreht  des  caraûèrcs  latins  , donc  les  bafes  l«  b»fa  & let 
Tome  II.  C c c c 


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II.  PARTIE. 
Sec  T.  III. 

C H A r.  XI. 
Article.  H, 

rommcis  nai<Tent 
da  corps  des  let- 
tres. 

Vr.GENRE. 
/.  ESPECE. 


U)  Amijmi.itMl’ 
».  j.«/.  II». 

(i)  lUJ. 

{t)Uid.  r«I.i)0. 
(d)  IHd.  al. lia. 


Il)  FiVmar  I 
piimii  Mniithi. 
f»rt.  i.f.  ff. 

JP.  ESPECE. 


(/)  BiKiireMi. 
f.  41- 

{X)lM.t.  44- 


J70  NOUVEAU  TRAITÉ 

& les  fommets  nailTent  du  corps  de  ces  mêmes  lettres.  Nous 
en  avons  formé  le  vi*.  genre  des  écritures  romaines  , apar- 
tenant  à notre  première  divifion  des  capitales  fans  mêlaor 
ge.  Ce  genre  eft  fubdivifé  en  douze  efpcces  , ^uenousalons 
expofer  les  unes  après  les  autres , le  plus  brièvement  qu’il 
nous  fera  poflible.  ! 

La  première  eft  caraélérifée  par  des  lettres  , dont  les  ba- 
fes  & les  fommets  s’étendent  peu  , ou  vont  en  pointe  plus 
d’un  côté  que  de  l’autre  , & dont  les  montans  & les  tra- 
verfes  font  coupées  à angles  obtus.  Notre  planche  n’en  four> 
nit,  que  cinq  exemples.  i°.  Publii  CornelU  Aceraei.  Les 
caraélères  de  cette  infeription  font  gravés  en  relief  fur  un 
ajUcienfeeaude  bronze , publié  par  (a)  M.  Muratori.  XPE, 
c’eft-iMiirc  , Çhrifie  ^adjuva  Hiotariiun  Augufium.  C’eft  la 
légende  d’un  fceau  en  cire , apliqué  au  bas  d'un  diplôme  au- 
thentique {h)  de  l’en^ereut  Lothairel.  l’aii  83 f.  3°.  Saiu 
àus  Petrus.  Cette  inlcription  {c)  règne  au  tour  de  l’im^c  de 
S.  Pierre,  fur  le  fceau  ( i ) de  la  ville  d’Antioche.  4®.  M.  iemp. 
Prifei.  Ces  mots  en  caraékères  faillans , fur  un  \d)  fceau  de 
cuivre  , lignifient  que  Marcus  Sempronius  Prifeus  s’en  fervoit, 
foit  pour  apofer  um  nom  fur  le  papier  , foit  pour  l’impri- 
mer fur  des  tablettes , enduites  de  craie  ou  de  cire.  Remar- 
que:t  la  figure  des  points  , qui  féparent  les  mots.  Les  uns 
croient  que  ce  font  des  cœurs  , les  autres  jugent  que  ce  font 
des  feu^s  d’arbres  ou  de  plantes.  j°.  Theodori  Papae.  C’eft 
l’infcription  d’un  fceau  ou  bulle  (e)  de  plomb  du  pape  Théo- 
dore 1.  qui  monta  fur  le  faint  liège  l’an  64.1. 

Les  bafes  & les  fommets  des  lettres  de  la  feoonde  efpèce^ 
ne  font  ni  trop  aigus , ni  trop  obtus , comme  il  paroit  par 
les  modèles  fuivans.  1®.  Eburovl—AuUrco,  Une  monoie 
{f  ) gauloife  , fabriquée  par  les  peuplesr  d’Evreux  , donne 
cette  (1)  légende,  a*.  Durnaco  la  légende  (g)  d’une  autre 

Aiilirn  , qui  remble^tre  au  <!acif.  U y 
a un  lângliet  <Ie  Tautre  côi^  , fous. le- 
quel on  voie  uo  ' demi  cercle  , que  M. 
Bouteroue  apeVe  dmi*  rcndiuht.  On  lit 
au-dcfliis  Ehtrni , qui  eft  un  ooninatif. 
Au  lien  de  faire  dire  à cene  légende 
Eiurni  Anitrd  , lei  peuples  d'Evrcua 
Douuiés  Auletques  i.Bc.fciBblC'k-ellc  pas- 


(i)  Gc  fceau  hit  aparcmmenc  mci 
torfque  foc. la  finduxi*.  (iècle  , cette 
ville  de  Sprié  déliTtéc  des  Sarazina , palTa 
fous  l'olÉéiilâoce.  de  Btzmoud  , prince 
■orman , & de  fes  focccHêurs. 

(i)  Cette  pièce  de  cuivre  repcéfeate 
(ton  c6té  ou  courfiér  , au-deflbus  duquel 
pauùc  une  conftellacion.  On  lit  au-deuiis, 


.vV  .•  . 


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DE  DIPLOMATIQUE.  f7i 

iBQnoie  d’argent  gauloift,  que  nou*  «voir  ^ ^ 

frapée  à Tournai.  Le  changement  du  T en  D & de  l’Oc»  H-  tartie. 
U n’eft  point  rare  chez  les  anciens.  3°.  Dumacus  eft  le  aV  xi' 
meme  nom  empreint  fur  une  autre  {a)  monoie  de  mémcT  akhicie.  ii. 
efpcce.  4®.  Tiberio  Caefare  Au^uflo  , Jovi  optummo  max~ 
fumo.  Nautae.  Panjiaci.  publice.  pojîerunt.  Eurifes',  Senani^ 

Vcilo C’eft-à-dire  ; fous  l’empire  de  Tibère  Céfar  Au- 

gufte  , les  marchands  du  pais  de  Paris  , fâilànt  commerce 
par  eau , ont  confacré  avec  folennicé  ce  monument  à Jupiter 
très-bon  , très-grand  -,  conjointement  avec  les  navigateurs 
ou  marchands  des  pais  d’Evreux  , de  Sens  te  de  Rouen.  Cette 
fâmeuTe  inlcription  (i)  du  premier  te  du  plus  confîdérable 


lîgoifier , par  ces  mots  Aaltrtt  tturm  , 
que  les  peuples  d’bvreui  ooi  fkJc  batte 
cette  monoie  en  rhoQoeac  d'Anlercus,  i 
qui  aiua  M quelqne  Arinicé  aaoloilè  , 
Honorée  dans  le  pais , ou  quelque  chef  I 
on  prince  de  la  nation  I 

(1)  Noosravom£ntdel(iiier  (iir  l'an-  ' 
tique  même , qiTon  garde  au  cabinet  de  j 
facadémie  royale  des  Infcriptions.  Tl  eQ  j 
Singulier  que  cous  ceim  qui  ont  Voulu 
eapUqner  ce  monument  gaulois , (ê  van-  ! 
tent  de  l'avoir  fait  tiret  avec  la  plus 
fcnipulculê  exaétimde.  Cependant  tou- 
tes les  eftampes  qu'on  en  a &it  graver , i 
dilSrcnt  enix'clles.  ILeft  encore  plus  éto-  | 
nant  que  nos  antiquaires  n'aient  pu  s'a-  i 
curdei  far  la  maniéré  de  lire  1rs  lept  li- 
gnes , que  mas  donnons  dans  notre  plao- 
cbe.  Les  nos  y ont  va  au  mot  Oftmitm». 
une  écritnte  mnfttophcdooe.  Les  antres 
«ne  remarqué  l'W  dans  VâU  , qui  t/y 
fiit  jamais.  Noua  avioni  cru  voir  un 
poini  après  l'V  , qui  commence  ce  demi  - 
mot  , Sc  nous  l'avons  fait  rcpréfèiiter. 
Mais  après  un  fécond  examen  i nous 
•'avons  a^fu  qu'un  cofûnccmeat  £ùt 
par  les  iomumens  des  oavtiets , qui  oot 
déterré  le  bas  relièf.  Les  cinq  ptemiètes 
lignes  , qu'on  lit  liir  un  edêé  de  cette 
malle  de  pierre  carée  , ne  (ôofreqt  plut 
aujoutdoi  de  dlficolcé.  Le  root 
ne  doit  point  furprendre.  Les  anciens 
difoient  fcp  pour  féfiù.  Mais  les  mots 
Emrifis , Senmi , V$iU . . . grsvés  for  les 
autres  côtés  de  la  même  pierre  font  en- 
cor ede  la  peine.  MU.  Baudeloc  , de 


I Maatour , deLeibnits  , Eckhart,  D.  Lo- 
I bincau  de  O.  Jaque  Martin , ont  prodigué 
I l'elprit  de  l'éroditioa  pour  expliquer  cca 
I trots  mots , lâns  qu'on  fâcbc  encore  au 
I jade  leur  véticable  figoificacion.  Qu'il 
nous  foit  donc  permis  <f  inliftet  fur  l'ex- 
.plicatioo  toute  lîmple  que  nous  en  don- 
nons dans  le  texte.  i°.  Ces  roots  . Emi- 
ftt  , Snuuii  , VtU»  . . . fonc  gravés  fur  la  ^ 

même  pierre, où  on  lit  que  les  marchands, 
ou  navigaieors  du  Pari  lis,  ont  dédié  fo- 
leonellemenc  un  autel  à Jupiter  : 11  eft 
donc  naturel  de  peaferque  ces  noms  dé- 
Cgnent  leurs  coterpoodans  , marchands 
ou  navigarencs  les  plus  voifins  , qui  le 
feront  trouvés  à cette  fîte.  i*.  il  fine 
(e  fouventr , qo'll  s'igit  ici  d'un  monu- 
ment cekiqne.  Il  ne  ^ngne  pat,qu’oa 
y ait  cumloyé  des  mots  nfîtés  parmi  les 
marchands , dc  qui  D'écoient  pas  encore 
bien  Istinifés.  Ceci  fapoG  i on  voit  an 
premier  coup  d'oàt  duis  Ewijin  des  ha- 
bituis  du  pa'is d'Evteux , atrole  paria  ri- 
vière d'Eure.  Emrifei  ne  femble-t  il  pas 
Tabiegé  d'£éw»t«c«!  Le  mot  celtique 
SntMÙ  ne  difère  de  Ssitmer  que  par  l'« 
de  la  termioaifon.  Il  peut  donc  bien  (i- 
gnifiet  les  peuples  , ou  les  marchands 
de  Sent  de  des  «tvitooc.  » Pour  Veilê  , 

” ÎTÎ  ‘P*'  W t- 

ttlesCioIottdoaiioientaDgajdcchéne.H  , . 

Soit  : mais  e'eft  aalTi  une  partie  du  mot  * 

Vtiltctÿii.  Notre  auteur  a ton  do  pren-  ‘‘ 
dre  l'in!*  pour  un  mot  paifak , indépen- 
damment des  lettres  contisues  dc  prefque 
eotiètcaicatéâcécs,  qni  Miveot.  Si  |'n« 

C c c c ij 


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11.  PARTIE. 
S t C T.  III, 
Chap.  XI. 
AUTICLi.  II. 

j.v.  J. 

{t)  mji.  it  tA- 
(aâ.  dés  Infcrif. 

».  J./,  17<. 


(/)  Seltüm  iii', 
Srcttê  ihffAur.tAi . 

xxvni. 


UL  ESPECE. 


(d)  LA  feincidts 
midAtUt . t.  1. 

P*  1/4. 


.1 


yyi  NQUVEAU  T R A.1  T É 
des  bas  reliefs  gaulois, trouvés  à Notre-Dame  de  Paris  en'iyt  rt 
a donné  bcauconp  d’exercice  aux  plus  favans  antiquaires  de 
ce  ficcle  y®.  Ecce  vieil  Lto  de  tribu  Juda  , radix  David  : 
’Voici  le  lion  de  la  tribu  de  Juda  , le  rejetton  de  David  , 
qui  a vaincu.  Ces  paroles  de  l’Apocalypfe  (a)  font  gravées 
au  tour  d’un  léopard  ou  d’un  lion  léopardé  au  champ  de 
geules  , fur  une  pierre  , qui  couvroit  le  tombeau  {i)  d’un 
jeune  enfant , nommé  Robert , qu’on  croit  fils  de  Richard  I-. 
furnommé  fans  peur , duc  de  Normandie.  L’épitaphe  d’où 
nous  avons  tiré  ce  modèle  , flit  découverte  en  1711.  fous 
les  ruines  d’une  chapelle  de  la  célèbre  abbaïe  de  Fécam; 
Elle  nous  aprend  , que  le  jeune  prince  mourut  peu  de  tems 
après  avoir  reçu  le  faint  Baptême.  Qui  cum  fufeeptus  ejfet 
de  facro  fonte  , indutus  vefUbus  in  alb'is  fuis  perrexit  ad 
Dom  'inum.  Mais  ce  qui  revient  plus  à notre  objet  ;c’eft  que  ce 
monument  du  x'.  fiècle  prouve  que  les  beaux  caraftères  ro- 
mains étoient  alors  en  ulage  en  France , & dans  la  Norman- 
die. 6°.  tvillelmus,  Deo  reclore  , Rex  Scottorum.C'ç(ï\cL  lé- 
gende (c)  du  fceau  pendant  de  Guillaume  , roi  d’Ecoffe,  l'an 
1 1 6 y . Ce  prince  eft  furnommé  le  lion  , à caufe  de  la  gran- 
deur d’ame  & du  courage , qu’il  fit  paroitre  dans  fa  bonne 
&c  mauvaife  fortune. 

Une  écriture  plus  ou  moins  carée  , à pointes  , <^ui  s’écha- 
pent  des  deux  côtés , diftingue  la  troifième  efpece  , dont 
notre  pjànçhe  fournit  les  lêpt  exemples  fuivans.  1.'.  Julià 
pia  jelix  augufla  , mater  Augujlorum  , mater  Senatûs  , 
mater  Patrice.  Senatus  confuitb.  Telle  clf  la  légende  d'une 
médaille  du  Cabinet  de  l’abbaïe  de  S.  Germain  des  Prés^ 
Elle  eft  de  Julia  Domna  , nsère  des  empereurs  Géra  & Ca- 
racalla.  Car  cette  princefle  , félon  le  (d)  P.  Jobert  Jéfuite  , 
eft  la  feule  de  toutes  les  fiû^mes  , qui  aie  ofé  s’apeler  pia , 
feEix  , augufa  ; les  Romains  in’ayant  pas  cédé  aux  Dames  fi 
libéralement  que  nous  la  qualité  de  fexe  dévot.  « z®.  Julia 
•Mamaea  Auguf  a — Venus  vicirix.  Senatus  confuitb.  Les 
deux  côtés  d’une  médaille  du  même  Cabinet  nous  ont  donné 


ApICfr  c!^t  , dn  Mra  U'üoin  dei  hl-| 
■ bttans  di>  Vdiia  &’dn' cnviroaA  de  la! 
ville' de  Rouen,  tpelliet'ri/tcÆ^Mm  n- 
viut.  <Du.  tcft»  nom  oe  dooaoiu  coac. 


'ced  yue'cenime  conJeâirà.'Ix  public 
ddcidcra  , fl  nous  avons  iid  plus,  heureux 
<]oe  tes  ravani  'j  non  onc  fravé.lc 
chtmin.u  '."t  ' 


DitJ"l  ' bv  - -Og 


DE  DIPLOMATIQUE.  j7j 
te  'modelé  d’écriture.  Le  Sénat  fit  fraper  cette  médaille  en  — ~ 

l’honneur  de  Julia  Mama-a  , mère  de  l'empereur  Aléxandre. 

Imperator  Marcus  Julius  Philippus  AuguJIus.Æurnitas  chap.  X I. 

La  médaille , qui  donne  cette  légende  ell  encore  du  AaTicn.  ii. 
Cabinet  de  S.  Germain  des  Prés.  Elle  tut  frapée  par  ordre 
du  Sénat  à la  gloire  de  l’empereur  Philippe  , qui  ne  régna 
que  cinq  ans  & quelques  mois.  On  croit  avec  beaucoup  de 
fondement , quec’eft  le  premier  empereur , qui  ait  fait  pro.. 
fdlion  de  la  Religion  chrétienne.  Remarquez  dans  ce  mo- 
dèle la  forme  du  T , de  l’R , de  i’N , & l’abréviation  Augg. 
qui  devroit  fignifier  un  pluriel  comme  dans  les  autres  mé- 
dailles , & qui  ne  marque  dans  celle-ci  , que  le  fingulier. 

4°.  Dominus  Honorius  Auguflus  , cft  la  légende  (a)  d’une  B-uurene. 
monoie  de  bronze  , carëe  , & repréfentanc  la  figure  de 
l’empereur  Honorius.  y”.  Carias  imperator  : autre  légende 
d’un  denier  d’argent , attibué  {b)  à l’empereur  Charlemagne,  (i)  if  BUnc. 
6°.  Hludovicus  (cl  cft  empreint  fur  une  monoie  de  Louis 
empereur  , fils  de  Louis  le  débonaire.  7“.  Otto^  imperator  ' ' * 

Auguflus.  Le  grand  fceau  d’Otton  II.  empereur  d’Allema- 
gne , nous  a donné  ce  modèle.  Ce  fceau  rond  eft  (fl)  apli-  (J  cirmit.CtJ-- 
qué  au  bas  d’un  diplôme  original  , acordé  à l’abbaïe  de  S. 

Emmeran  de  Ratilbône  , 8c  daté  de  l’an  5*83.  de  l’Incarna- 
tion de  notre  Seigneur.  8”.  Sigillum  Henrici  comitis  Nor- 
humberlandie,  C’eft  l’infcription  du  fceau  pendant  («)  de  (t)  StUdm  dip. 
Henri,  comte  de  Northumberland  , fils  de  David  I.  qui 
monta  furie  trône  d'Ecolfe  l’an  1114.  L’e  timple  tient  ici 
, lieu  de  la  difphtongue  Nous  en  avons  vu  des  exemples  dès 
les  premiers  tems. 

Les  lettres  , dont  les  baies  font  pâtées  en  grife  , ou  à 
doubles  points  , tendant  .1  fe  réunir  , conftituent  la  qua-  jy  £sp£cb. 
trième  efpèce.  Nous  en  donnons  fix  exemples  dans  notre 
planche.  Voici  les  médailles  8c  les  fceaux,  qui  nous  les  ont* 
fournis.  i“.  Une  médaille  du  Cabinet  de  S.  Germain  des 
Prés  a d’un  côté  , Antonia  Augufla  , Sc  de  l’autre , Tiberius 
Claudius  Caefar  Auguflus  , Pontifex  maximus  tribunitia 
poteflate  , Imperator , Pater  Patriae.  Senatûs  confultb.  a®. 

Autre  légende  d’une  médaille  de  Néron.:  Imperator  Nero 
Caefar  Atigùflus  , Pontifix  maximus  tribunitia  poteflate  , 

Pour  Patriae..  Senatûs  confitlto,  3.”.  Sur  une  médaille  de 


D 


II.  PARTIE. 
S i C T.  III. 

Chat.  XI. 

A X T 1 c L l.  II. 


( a)  Dt  rt  diftcK, 

/.  447- 

(4)  Muni  ejftr- 
VAtimi  ftprÀ  il  /!- 
fil.  I.  i.  f.  lox. 

(f)  y^tz  ti-dtf- 
fiu.f.  45  J. 


y.  ESPECE. 


lél)  Ttm.  5.  fl. 
*S-t-  «7J. 


(a)  La  P.du  iluh. 
UnetCmUmiide  Su 
Gauvihn.f,  xj. 


f74  NOUVEAU  TRAITÉ. 

Maxiinin  nous  lifons  : Imperator  Maximinus  pius  Augufliu. 
Salus  Augufli.  4°,  Une  autre  médaille  de  Balbin  a d’un  côté 
cette  légende  : Imperator  Caefar  Decimus  Caelius  Balbinus 
Augufius  : au  revers  , F ides  muiua  Auguflorum.  Balbin  & 
Maxime  ayant  été  élus  empereurs  l’an  237.  par  le  Sénat  ; 
furent  malfacrés  par  les  Prétoriens  peu  de  tems  après.  Cet 
trois  dernières  médailles  font  entre  nos  mains  en  original. 
L’écriture  en  eft  toutafait  fingulière  & d’un  mauvais  goût. 
Cependant  à commencer  au  tems  d’Augufte  , nous  trouvons 
dans  Vaillant  de  l’édition  de  Rome  beaucoup  de  médail- 
lons en  ce  caradère.  y®.  Le  fceau  de  plomb  de  Pafcal  H. 
pendant  (a)  à une  bulle , donnée  l’an  de  notre  Seigneur  1x03. 
porte  cette  infeription  : Pafchalis  Papa  fecundus.  6°,  On 
lit  fur  le  fceau  (é)  de  l’Hôpital  du  S.  Efprit  à Florence  : 
S.  Fratemitas.  Hofpitali.  S.  Spiritus.  de  Flores.  Ce  Iceau 
nous  paroit  plus  ancien  que  le  rétablilTement  des  fignatures 
(c)  nunuelles.  La  première  S eft  tranchée  dans  l’original.  Dans 
le  dernier  mot  l’S  eft  mife  pour  le  T,&  l’N  eft  fuprimée.  Cette 
infeription  fe  lit  ainfi  : Signât  ou  Jigillat  Fratemitas  Hof- 
pitalis  fanlti  Spiritus  de  Florentia. 

L’écriture  de  la  cinquième  efpèce  eft  un  peu  maigre  & 
commence  à devenir  catée.  La  carure  , dont  il  s’agit , tombe 
fur  les  angles  de  quelques  lettres  comme  A , M , N , V ; 
mais  rarement  afede-t-elle  meme  toutes  ces  lettres  , d’une 
manière  conftante.  Le  fuplément  à l’Antiquité  expliquée  nous 
a fourni  (d)  trois  modèles  de  cette  écriture.  Ce  font  les  inC- 
criptions  d’autant  ( i ) de  fceaux  parallellogranunes.  » Ils 
» lervoient , dit  D.  Bernard  de  Montfaucon  , à fceller  ces 
» grands  vafes  de  terre  cuite  , qu’on  employoit  anciennement 
U au  lieu  de  tonneaux  , pour  conferver  le  vin  & les  autres 


(1)  Les  anciens  Romains  ne  fe  fer- 
Toienc  pas  fenicment  de  leurs  anneaux 
pour  fccller  ; ils  fàifoient  encore  gra- 
TCt  leurs  noms  tançât  en  CKUx  , tantôt 
en  bolTe  fur  des  lames  & des  plaques  de 
cuivre  Sc  d'auues  métaux.  Ces  eipcees 
de  fceaux  lent  fervoient  quelquefois  i 
imprimer  leurs  noms  avec  de  l'encre  au 
bas  des  aâcs  , qu'ils  fai'foient  drelTcr  , 
ou  fans  encre  fur  la  cire , la  craie  5c  les 
ancres  maciéces  fafceptiblcs  d'impreflion. 


» Il  y a fu)ec  de  s'écotraer , dit  un  (>)  (à- 
» vanc  du  dernier  lîécle  , que  les  Ro- 
» mains  , qui  écoienc  <i  fpicnuels  5c  li 
U indulbieux  , ayant  l'uf^e  de  fembla* 
» bles  cachets , n'ayenc  point  trouvé  l'in- 
» vention  de  rimptimerie.  « Céioicua 
fecret  que  Dieu  refervoic  aux  nations., 
qui  ont  détruit  l'empire  romain , 5c  i un 
bécle  d'ignorance  , au  moins  dans  fes 
cammcncemcos. 


Dig, 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

» liqueurs  & pour  marquer  aufli  les  charges  & les  ballots  ~~* 

>•  de  marchandifes.  « Le  premier  fceau  porte  cette  inlcrip-  partie. 

tion  : M.  VaUri  Cerdonis.  Ceft  le  fceau  de  Marcus  Vale-  Ch*k  xî. 
rius  Cerdo.  Le  fécond  eft  chargé  de  ces  caraûcres  : Q.  Macici  ^ «t  i c l i.  ii. 
Paterni.  Ceft-à-dire  : le  fceau  de  Quintus  Maticiis  Pater- 
nus.  Le  troifième  eft  fort  remarquable.  Il  a pour  infcription  : 

Félix.  Chors.  Prima.  C’eft  le  fceau  de  la  première  cohorte 
apellée  Félix  oul’heureufe.  Chors  pour  conors  le  trouve  Ibu- 
vent  dans  les  infcriptions. 

La  ûxicme  efpcce  eft  compofée  de  caraflcres , dont  les  ba- 
fes  & les  fommets  étendent  des  pointes  aigues  des  deux  cô-  ^ e&pec 
tés.  En  voici  le  premier  modèle  : D.  {a)  M.  Claüd.  Vie- 

TORl.  Eq.  SING.  DN.  VIX.  ANN.  XXVII.  MIL.  AN.  VII.  M.  AüR.  (,)  „ 

UrSINUS.  CA.  HERES.  AMICO  B.  M.  V.  DUs  (l)  Manihus..  tl*>. 

Claudio  FiSori  , Equiti  (t)  jlngulari  Domini  noftri.  Vixit  *>• 

annos  viginti  feptem  , mUitavit  annos  fepterh,  Marcus  yiu- 
relius  Urjînus  , {3)  carijjtmus  heres  , amico  benè  mertnti 
pojuit.  Remarquez  dans  cette  infcription  fépulchrale  les 
points  à triple  pointe  , pour  Icparer  les  mots.  On  en  voit 
im  même  à la  fin  d’une  ligne  ; quoique  dans  l’original  le 
mot  foit  achevé.  Il  y a des  infcriptions  , dont  les  mots  font 
féparés  par  des  virgules  , au  lieu  de  points. 

Le  fécond  exemple  eft  une  épitaphe  , dont  le  fens  eft 
obfcur.  D.  de  Montfeucon  la  {b)  publiée  , fans  la  lire  & 

Cuis  l’expliquer.  Nous  la  lifons  & l’expliquons  ainfi  : Diis  (t)  our.  à»iu. 
Maniius.  Titus  Aurelius  fummus  eques  Jingularis  Augujli  , ^ , 

Claudio  Vinim  , natione  Norico  , ( Vixit  annos  vi^nti 
feptem  : militavU  annos  novem  , ) Pofuit.  Aelius  Severus 
heres  amico  ootimo  fecit.  Aux  Dieux  Mânes.  Titus  Au- 
relius , chef  ae  la  troupe  des  cavaliers  de  l’empereur  , 
fiirnommés  Singuliers , a pofé  ce  monument  en  l’honneur 


(1)  Ceft-à-dire  ; Ara  Diera  mânes.  A 
Claude  Viâot,  cavalier  de  rempereur, 
de  la  troupe  d'élite  ou  des  Siafulitri. 
Il  a vécu  vingc-(èpt  ans , dont  il  en  a 
palTé  Tept  à porter  les  armes.  Marc  An- 
réle  Urfin  fon  très  cher  héritier  lui  a éri- 
gé ce  monument.  C eft  un  honneur  qui 
lui  étoit  bien  dû. 

(1)  On  apeloit  «juir»  finpiltm  nne 
trpupe  de  caraliett  comaios  , ^ 


combatoient  à la  gauche  de  l’cropereut  j 
au  lieu  que  les  Prétoriens  combatoiem  à 
Ta  droite. 

(l)  Nons  expliquons  ainlî  C A.  que 
O,  BcmardalailTéicn  foufrance.  En  hi- 
polânt  que  le  Ceft  un  e oacial  ou  tond, 
donc  la  traverTe  aura  été  oubliée  oa 
éfacée  } il  fâudroic  lire , ex  aÿë  htrei  ; 
ce  qui  /croit  on  très-boa  fens. 


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II.  P.^RTIE. 
S E C T.  III. 

C H A n XI. 
Article.  II. 

yil.  ESPECE. 


rllL  ESPECE. 


(*)  Numif.  s»' 
itpfMX.  t»b.  ix. 


IX'.  ESPECE. 


(i)  Ttm.  i.fxrt. 
^.fl.  157. 


r76  NOUVE'AU  TïlAITÉ^ 

de  Claude  Virunus , Norique  de  naUTance , qui  a vécu  vinjjt- 
fept  ans  , & en  a pafTé  neuf  dans  le  fervice  militaire.  Æluis 
Sévère  fon  héritier  a fait  cette  é^ntaphe  en  mémoire  de  fon 
ami  , qui  ’a  mérité  cet  honneur.  ■ - i 

- L’écriture  de  la  feptièrae  efpèce  eft  formée  de  lettres  à' 
bafes  &:  fommets  ruftiquemem  naiflans.  Nous  n’en  donnons 
qu’un  modèle , defliné  fur  une  pierre  du  Cabinet  de  l’Acadé- 
mie royaledeslnfcriptions&Belles- Lettres.  Voici  rinfcription,  ' 
dont  les  caraèlères  font  réduits  d’un  tiers  : Dits  Manibus, 
PeUia  'Epiclejîs  PlacidB  Ca^^aris  ex  flatione  (jUûdrageJîma 
Galliarum  Jecit  Cf  fibi  fuis  <,■  Uhertis  Ubertabufque  pojlej!*- 
rifque  eorum.  A«x  Dieux  Mânes.  Pedia  Epiètefis  a fait  faire* 
ce  tombeau  ptiur  I^acide  ,*  ibidat  du  quarantième  corps  des  ’ 
croies  ‘de  l'empereur  dans  les  Gaules  , pour  elle-même  & 
les  tiens , pour  fês  af^chb  & fes  afranchies  & leur  poftérité.  ' 

La  huitième  efpcce  renferme  quatre  modèles  d’écriture' 
carée  ordinaire , dontdes  lettres  n’excèdent  ni  dans  leurs 
bafes , ni  dans  leurs  fommets.  i®.  Une  médaille  du  Cabinet , 
de  l’abbaie  de  S.  Germain  des  Prés  nous  donne  d’un  côté  : 
Divus  Antoninus  ^ & de  l'autre,  eonfecrtuio.  S.C.  Ces  deux 
tigles  fignifient , Senatùs  confultb.  z°.  Une  autre  du  meme 
Cabinet  porte  : Imperator  Catfar  Publius  Helvius  Peninax 

Augujlus Diis  cujlodibus,  Sefüttûs  confulto.  3®.  Nous 

a^ons  en  origioal  une  médaille  / dont  la  légende  ell  telle  : 
Imp  c m CASS  i(Af  PostujKus  P Fa06  : C’eft-^-dire  : Jmpera- 
tor  Caius  Marcus  Caffius  Latienus  Poflumus  plus  Jèlix  Au-- 
gujlus.  Ce  Poftumus  ou  Poftumius  , gaulois , & homme 
d’une  pandè  ' valeur , s’étant  foule vé  contre  Gallien  vers\. 
l’a»  2*4'.  ïê  fit  déclater  empereur',  & fiit  apellé  le  reftaura-^ 
teuc^es  Gaules.  4®.  Sur  une  monoie  anglo-faxone , publiée 
paf<a/  le  chevalier  Fountaine  ,'*on  lit  d’un  côté  Plegmund 
archiep.  &c  de  l’autre  Eicmund  mo.  C’eft-à-dire  : Plegmun- 
dtu  archiepicopus . Eicmund  monetarius.  Plegmond  fiit  élu 
archevêque  de  Cantorberi  l’an  850.  Son  églife  jouiflbit  dès>- 
lors  du  droit  de  batte  monoie.  ... 

Une  écriture  haute,  longue  & tarée  dans  plufieurs de fês 
lettres  , conftitue  la  neuvième  efpèce.  En  voici  un  exemple , 
tiré  de  l’Antiquité  (^)  expliquée  : Sab.  Aureliani.  C’eft  l’inf- 
cription  d’un  cachet  parallellogramme  , deftiné  (à  marquer 

le 


DE  DIPLOMATIQUE. 

les  marchandifes  &c  les  grands  vafes  de  terre  ciiica  , Oà  les 

anciens  gardoicnt  leurs  liqueurs.  ' ) il.  partie. 

La  dixième  efpèce  eft  d’une  écriture  carée  , à baies  & cnlV.  xl. 
fommets  fouvent  aigus , avec  des  A portant  leurs  traverles  A * t i c l i.  ii. 
obliques.  En  voici  les  modèles  repréfentés  dans  notre  plan-  X‘.  ESPECE. 
che , où  les  cliifres  font  dérangés , par  romilTion  du  premier 
numéro.  i°.  Le  mot  Papae  eft  empreint  fur  le  revers  d’une 
bulle  ( I ) de  plomb  , qui  {a)  porte  le  nom  d’Etienne.  Il  eft  di-^  f»)  Ummtt.An- 
iîcile  de  déterminer  précifément , auquel  desPapes  de  ce  nom  j ,V 

apartient  ce  fceau.  Cependant , G l’on  en  examine  bien  les 
caraélères  ; on  le  donnera  à un  des  trois  Etiennes,  qui  mon-  ■ .'v. 

tèrent  fur  le  S.  fiège , après  le  milieu  du  vi  1 1*.  Gècle.i*',  Pa- 
pae paroit  [6)  fur  le  revers  d’un  fceau  de  plomb  , portant 
le  nom  de  Marin.  M.  Muratori  croit , que  c'eft  Marin  I. 
élu  en  88a.  Le  meme  mot  Papae  fert  (c)  d’infeription 
au  revers  d’une  bulle  de  plomb  , fur  laquelle  on  lit  en  let- 
tres monogrammatiques , Joannes.  Il  y a toute  aparence  que 
c’eft  Jean  IX.  moine  Bénédiâtn  , qui  fuccéda  a Théodore 
en  85>8.  4°.  Leonis  Papae  eft  la  légende  d’un  (beau  de 
plomb  , publié  (<t)  par  M.  Ficoroni.  La  reftemblance  des 
A avec  ceux  du  modèle  précédent  , nous  autorilê  à l’ad- 
juger au  pape  Léon  V.  qui  fut  ordonné  à la  place  de  Be- 
noit IV.  l’an  P03.  y°.  La  même  infeription , Leonis  Papae  , 
paroit  («}  fur  un  autre  fceau  de  même  métal.  Les  caraâè- 
res  plus  récens  femblent  anoncer  le  pape  Léon  VIII.  placé 
fur  leS.  Gège  en  963.  6*.  Papae  le  lit  au  (f)  revers  d’une 


».  IX. 

(t)  Itid.ctl.  I ;i. 

».  X. 


(1/)  I «»* 
lichipart.  l.p.ff. 
».  1. 


(«)  Uid.  ».  ) . 


(i  ) M.  Muratori  (/ ) obrerve  JaÆcicu- 
rcoienc.que  les  bulles  de  plomb  ries  papes 
ibnt  plus  aneicones  , que  ne  Pont  pcold 
plulieurs  favans.  Eo  général  ces  Tceaux  rie 
plomb  Tou  d'un  âge  fort  reculé.  Celui 
de  Marc  Auréle  & rie  Lucius  Veius , e(l 
U percé  (i)  riu  haut  en  bas , pour  j paC 
■a  Ter  la  cordelette  , qui  tcfoit  la  bulle 
» ataebée  aux  diplômes  ries  empereurs. 
>>  Cette  bulle  de  plomb  bit  antique  au 
» Jugement  de  cous  les  habiles , & prou- 
» ve  que  cet  ul^c  ries  bulles  eft  plus  an- 
ncien  que  pluucuts  ne  croient.  Les  vi- 
M (âges  rie  Marc  Auréle  & rie  L.  Verus , 
oj'unri'un  côté  St  l'autre  de  l'autre,  y 
M font  d'abord  reconnoilTables  rie  de  bon 
U gode.  « On  ne  fait  pas  piricilÜfflcnt  en 

Tome  II. 


if)  ItU.  P 7». 

».  1. 

(f)  Aatif.  irit. 
I.  J.  »/.  1 sp. 

(A)  Antiquité  ex~ 
plsj.  I.  ] . X.  part, 
p.  xjo. 


quel  tenu  on  a commencé  â mettre  des 
bulles  aux  aéles  publics.  Heineccius  (i) 
en  aporte  une  de  Galla  Placidia,  Elle 
du  grand  Théodofe,  <c  (exur  des  empe- 
reurs Arcade  & Honotius.  Le  doâc  Al- 
leman  (bupçonne  que  cette  pièce  de 
plomb  cil  plutôt  (k)  une  médaille  qu'un  (i)  De 
fceau.  Mais  le  P.  du  Moulinet  (t)  lève  tôt.  t.».  i, 
ce  fcmpulci  lorfqu'U  alTiue  qu'il  p a 
«»  trm  au  travttt  dans  ttpaijftur  , par  ' ' 

Mt  m pafftit  H»  lots  , qui  nttnait  et  fera».  I ' f ' ’ > ' 

M.  Ficoroni  (m)  a publié  deux  autres  bol-  (1)  CtUiui  d$ 
les  de  plomb  , Tune  du  Pape  Dm  dtdit , Su  Gtneuiivt. 
qui  commença  à gouverner  l'Eglife  roi  p.ty. 
mainc  en  «i+.  & l’autre  de  Vita-  (m)  ) pirrnti  am- 
lien,  qui  monta  fur  le  S.  Siège  l'an  <p7.  lithi.  p.yi.  pl.i}. 

Dddd 


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vtyg  NOUVEAU  TRAITÉ 

balte  de  j>lomb  d’un  Pape  Jean.  On  peut  croire  avec  beau- 
*s  vraifemblance  , que  c'eft  Jean  XIII.  qui  fiit  in- 

ChVp’.  XI.  rfironif<l  l'an  96^.  7°.  Sur  une  ancre  bulle  (a)  de  plomb , 
Aktich.  II.  portant  le  nom  de  Benoit  , on  trouve  Papae.  Lcj  carac- 

(0)  uu.n.4-  cères  remblenc  indiquer  Benoit  VIII. , qui  fut  élévé  lur  le 

JO.  S.  Siège  Tan  loit.  Au  revers  d’une  médaille  (é)  de  plçtnb, 
tepr^ntanc  la  fainte  Vierge  avec  l’enfant  Jésus  , piiroit  un 
chi^e  DU  plutôt  un©  écriture  monogranunacique  , fort  difi- 
cile  à lire.  M.  Ficoroni  y trouve  cette  prière  : State  Poule 
Apofiole  adjuva.  9®.  Mocontia  eil  écrit  pour  Mogwuia. 
(r)  U buju.  fur  le  revets  d’une  monoie  de  (c)  Chaclenugne  , fabriquée 
y.  «s.».  ».  ^ Mayence.  • 1 * 

XI'.  ESPECE.  Plufieurs  letOfes  .de  l’onzième  elpèce  ont  des  jambages 
pleins  te  «t»ffifs,qui  ne  fe  touchent  que  par  une  pointe  in- 
terne , ^ y laiÉe  un  efpace  vuide.  Le  premier  modèle  de 

[1)  Le  Bime.  cctte  éctltute  fioguUère,  eft  Luoo'wicus  , gravé  (</)  fur  une 

f.  loi.  i.  ».  J 6.  le  débonaite.  Le  fécond  eft,  Papae  , marqué 

(«)  Fieertm  ibid.  ^ plomb , portant  le  nom  de  Jean,  dans  le 

/.  70.  ».  I . cbamp.de  la  pièce.C’eft  probablement  Jean VIII  .qui  couronna 

\.)  empereur  Charte  le  chauve  le  jour  de  Noël  l’an  87 j.  Le 
troiiicine  modèle  eft  le  même  mot  Papae  , imprimé  fur  le 
( ».  s-  revers  d’un  fceau  de  (/)  plomb , qui  porte  aalC  le  nom  de 

Jean*. écrit  enicercle,  autour  d’une  rofette.  Le  raport  des 
caraâcces  avec  la  bulle  précédente  , nous  porte  à croire  , 
que  celle  dont  il  s’agit-  ici , apanient  ï Jean  X.  qui  mar- 
. . , cha  à la  tête  d’une  armée  contre  les  Sarazins  & les  défit  en 
916.  Le  quatrième  modèle  eft  Manno  monetarius , empreint 
(f)  feierntiiu  fur  ig)  une  fUonoie  anglofaxone  du  règne  de  S.  Edmond , 
t»b.  V.  roi  dcs  Orientaux  ,&  qui  foufrit  le  martyre  l’an  ^46. 

“■  “■  Dansdeswux  motSjl'M  &c.  l’N  prennent  la  forme  de  l’H. 

(h) ih,d.  t.vtii.  Le  eidqôicme  modèle  eft  la  légende  du  revers  {h)  d’une  mo- 
v.eteu.n.  ».  goie  ^ Harolde , dernier  roi  anglofaxon , à qui  Guillaume 
le  bâtard  , duc  de  Normandie  , enleva  la  couronne  & la  vie 
fan  1066.  M.  Fountaine  rend  ainfi  cctte  infeription  ; 
Bronnstan  on  Theotf.  Il  fâloit  lire  : Brunujla  moneta~. 
' iius  de  Otford.  Il  eft  furprenantque  le  doéle  Anglois  ait  conll 
. tamment  lu  on  aux  monoies  de  Harolde  te  autres  lèm- 
Wables  ; fans  s’apercevoir  que  c’eft  l’abréviation  de  mone- 
. - tarïus. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  m 
' La  dernière  efpèce  eft  compose  de  lettres  à bâfès  tit 
fommets  en  parcie  tranchés , & en  partie  nail&m  du  corps^de 
ces  lettres.  En  voici  un  exemple  delfiné  fur  un  denier  d’ar- 
geiu  de  Raoul,  ou  Rodolfe,  qui  fuéélu  par  les  faâieux,&: 
iàcré  roi  de  France  à S.  Médard  de  SoÜfbfts  l’iui  9^y  par 
Vautier  archevêque  de  Sens.  On  lit  d'tml  c&té  Rodvs  rbx  ; 
c’eft-à-dire  Rodi^us  «x  : au  revers  Lmc»i'  cots.  Ceft 

en  abrégé  , Lingonum  civiteu.  M.  le  (<t)  Blanc  a lu  (i)  ith- 
clitus , mpofatK  fans  nécefllcé  des  lettres  tranfpofées. 

III.  Les  écritures  lapidaires  & métalliques  lôiK  (<mvenc 
formées  de  lettres  triangulaires  , ou  aprochant  de  cette  fr- 
gure.  Nous  les  voyons  terminées  par  des  triangles  , des  coins’, 
& des  angles  faillans  ou  rentrans  , Ibit  au  dedans  , (bit  au 
dehors.  Ces  formes  accidentelles  font  allez  (enfibles  , pour 
fonder  un  fcpticme  genre  d’écriture  capitale.  II  ne  renfèf- 
me  dans  notre  planche  X X v!  que  ftt  el^ces' ,-  qu’il  (kw 
décrire  ici  les  unes  après  les  autres.  , .> 

La  première  cift  cstnée,  à aagteS  rentrans  , Il  coupe  obli- 

3ue.  Nous  en  troimms  ' le  peemier  modèle  (or  une  (è)  buite 
e plomb  , qui  prélênce  d’un  côté  le  nom  Sergi  , & de  Fautif 
Papas.  Selon  M.  Muracori , on  peut  rapotter  ce  fceau  pa- 
pal k Serge  II.  ou  III.  La  grolfiereté  des  caraâères  lemble 
indiquer  ce  dernier  , qui  par  la  faftion  du  marquis  AdaL 
bert  s’empara  du  $.  Siège  l’an  904.  & aprouva  la  procédüre  d’E- 
ticnneVI  .cona«  Formofe.  Le  fécond  modèle  elt  Finlcfiption  , 
JoHANMis  Papas  , empreinte  (or  une  bulle  de  [ç)  plomb.  Elle 
nous  (êmble  apatnsnir  à lew  XII.  qui  s’empara  du  S. Siège 
Fan  pyB.  n’étant  âgé  que  de  <&c>huit  ans.  CTeft, 2 eè  qu'on 
prétend , le  premier  pape , qui  ait  changé  de  nom  i fon  or- 
dination. Le  eroifième  modèle  eft  la  légende  èFUn  (beau  de 
{d)  plonds , Aont  un  côté  donne  Paschaus  , & Faune  Pa- 
pas. M.  Momori  croit  qu’il  s'agit  ici  de  Pafcal  IL  d’abord 


(i)  Od  Kpraelic  i nt  habite  homme 
d'avoir  encore  mal  eipUqnè  {>)  ta  4;*. 
piiee  de  (es  monétaires.  La  figure  d'one 
ptétendae  Viâoire  chrétienne  affife  a dé- 
tctininé  M,  Eckhan  C/)h  donner  ceite  mo- 
Doie  an  roi  Clotaire  II.  qui  fégna  d’abord 
damlaNeathie,tc  fisviâotieoxdeSigcbert 
lâns  combatie,  Ab  tour  de  cette  viétoire 
ce  lavant  aatenr  lit  9.timü  , an  ben  de 


Rouen.  MM.  le  Blanc  te  Boote- 
rone  ont  In  Kedtnit.  Ce  n'elt,  dit'4>n,  ÿie 
(bus  ta  fécondé  tace  de  nos  rois , qu’ejn 
voit  for  tes  monoies  Jffndtms  chnt/u  , 
Rennes  en  Btétagne.  On  trooveta  ce- 
pendant an  dernier  tome  de  ta  noa- 
vetle  Hlftoiic  de  Brécagne , des  raonoiet 
fripées  daas  cette  ville  dès  le  ccemmen- 
ecment  de  la  première  race. 

Ddddij 


II.  PARTIS. 
Sict.  III. 
Chip.  XI. 
A ■¥ IC  LE  n. 

XUé  SSTECE- 


(«)  "RaiUdtsmr- 
ntm.f.  I4f.  4- 

Scriiorc  i trian- 
gles, coins,  le  an- 
gles faillans  Ce 
reatraaS. 


Vn.  GENRE. 

•?»)É'SPECE. 
(é)  Antijuit.  ittU» 

sal.  I )t.  a.  VI. 


(e)  létd.  est.  1 14- 


• Il  ■>  " , .J 

[fi  UÎ4.  a.  iir. 


(t)  Lt  Bèsae. 
f.  st.d. 

( ff  Ctmmunlar, 
dê  rn.  Franc.  O- 
risW.  t.  l.f.  tff. 


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II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Chat.  XI. 
Artic  L e.  II. 

(«)  De  re  diplem. 
t-  4+7- 


(t)  ] ploirii  dnii- 
éhi.  f.  J 1.  tdb.xv. 


■'.V  iù  .nv 


JI-.  ESPECE. 


(<}  t'e-’.'Titaine 
l’.i.  IX.  Siirie. 
X.  1. 1.  1 bU. 


(./)  Pe  re  diplem 
p.  441.  Iltiiuc- 
iiHS  de  Si^H.tdb.f 
(f)  Le  fUdHe. 
p.  !)«.«.>. 


(/)  lUd.  ».  II 


NOUVEAU  TRAITÉ 
moine  de  Cluni , & enfuice  élu  pape  d’un  confentetnenc  una- 
nime l’an  109?.  Mais  la  bulle  de  plomb  de  ce  pape  , pu- 
bliée par  (a)  D.  Mabillon  , eft  d’un  caraélcre  fi  àférent  ; 
que  nous  ne  balançons  pas  à donner  au  pape  PaTcal  I.  celle 
qui  nous  ferc  ici  de  modèle.  Ce  pontife  romain  couronna 
à Rome  en  813.  Lothaire  , que  Louis  le  débonaire  avoir 
envoyé  en  Italie  , pour  rendre  la  juftice.  Le  quatrième  mo- 
dèle eft  l’infcription  , Damiani  notari , pour  notant.  Elle 
paroit  fur  un  fceau  de  plomb  , dont  le  revers  repréfente 
un  aigle.  M.  Ficoroni  {b)  croit  avec  raifon  que  Damien 
étoit  un  de  ces  notaires  impériaux  , qui  commencèrent  à 
être  en  vogue  au  xi  il,  üècle.  Le  cinquième  modèle  eft  la 
légende  d’une'  monoie  d’or  de  Louis  VlL.frapée  à Bour- 
ses : Ludovicus  Rix.  Urbs  Biturita.Sm  les  monoies,R/x  fe 
trouve  fréquemment,  pour  Ç’eft  ici  une  des  premières , 
où  l’on  trquvç  le  nom  âturhi  au^eu  de  civittu  , donné  à 
des  villes  archiépifcopales;  ; aiJ  ; • rJ  . 

La  fécondé  e^jèce'.eft.  nawio,  de  quelques  bafesou  fom- 
mets  folides  ou  aj^àwu  déSingués  du  corps  des  lettres.  No- 
tre planche  en  r^wé^s?**  modèles»  1°.  Sitric.  Cunyng. 
A.  Ascolï^  MOMBTAR-  C’eft-à-dire  : Sitric.  Cuning.  ou  rex 
■Anglorum,,i4f^fy  inùnttaiius.  C’aft  la  légende  (c)  d’une 
monoie  .îH^oImCOne  de  Sitric  , roi  de  Northumberland , en 
.ïtA)PAÇ.;Ge  mot,  dont.les  A font  fi  remarquables  , 
poM^r^ie  mvefs  d’une  bulle  de  plomb  du  pape  Ni- 
ilévé  fur  le  fiège  apoftolique  l’an  8j8.  3°.  Aure- 
~ji0Ùs  çivitas.  C’eft  la  légende  d’une  monoie  (e)  de  Phi- 
frapée  jdans  la  ville  d’Orléans.  4°.  La  répétition 
taUs  ' Aurelianis  ^tivitas  , en  caraéleres  un  peu  difë- 
•tçns. , fe  trouve  fur  une  aiitre  monoie  (/)  du  meme  roi  de 
.France.  ^°.-,Stampis  caMlum  , eft  [g)  encore  la  légende 
4’une  monoie , frapée  a Etampes  fous  le  même  (i)  règne. 


..-.ua  ■ 

! . .1 

B Idtiei' 


,,  (i)  Ce?  Irpis  nvinoies  de  U rccoodc 
.colonc  de  M.  le  BÙhe  p.  i JT-  oni 
embarade  cet  habile  , ddehifieut . Sur 
les  côtés  ,o4  patpii  le  nom  da  roi  , il  y 
'a  d.e?  lettres  iranfporées  & entteaic- 
lées'.  done  o0>  dela  peioe  à Ibtniet  un 
fini.  Sur  la  ' neuTiime  . outre  l’X  , 
oui  efl  faoi  doute  la  lettre  iailitlle  de 

- J_  .c  «f*!*..  « T\  — 


pdlid.  M.  le  Blanc  n’a  point  là  l’onziè- 
me. Elle  porte  : Dei  dexird  fit  bnedielu. 
Sur  la  I)'.  nous  lifuns  : Phitippiu  rex 
Dei  pdtid.  Notre  favanc  antiquaire  (A) 
avoue  . qu’il  n’a  pu  deviner  le  lignilîr 
cation  de  deux  A , qui  ront  dans  les  an- 
gles de  la  croix. Ces  deux  caraélèrts  joints 
aux  branches  de  la  croix  , qui  renferment 


QUI  eu  tans  OOUtc  la  auruoc-  — ..  

Xr$m  , nous  lifoiw , Philipptu  Rex  Dei  [ le  r & deux  L.  fotment  le  mot  Gain*. 


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UE  DIPLOMATIQUE.  581 

Aurelianis  civitas  , en  caraûcres  alTez  fêmblables  à ceux 
des  monoies  précédentes  , fe  trouvant  (a)  fur  un  denier  qui 
poixe  le  nom  de  Louis  ; on  doit  plutôt  l’atribuer  à Louis  VI. 
qu’à  Louis  VIL  La  plus  ancienne  monoie  fur  laquelle  on 
voit  des  fleurs  deJys  , eft  celle  que  {b)  M.  le  Blanc  atribue 
à l’un  ou  à l’autre  de  ces  deux  Princes. 

La  troifième  efpcce  eft  à triangles  unis  & traverlës  déta- 
.chées  d’un  air  barbare  , à baies  &c  Ibmmets  Iblides  & déf- 
unis  dans  quelques  lettres.  Nous  en  avons  fait  graver  qua- 
tre exemples,  i.  Bernea  monetarius.  r.  Beagita  monetarius. 
Le  chevalier  Fountaine  a lu  Beagna.  ^.Ethelul  monetarius. 
/4.  Diarylf  monetarius.  Ces  modèles  Ibnt  (c)  tirés  des  mo- 
noies li.  15.  io.  1 1 . de  Burgrede  ou  Burhède , roi  des Mcr- 
ciens  en  Angleterre,  l’an  8y  1.  . . 

La  quatrième  efpcce  à traverfes  & jambaçes  trian^aires 
ou  prelque  triangulaires,  eft  féconde  en  modelés.  i^.Sabbati 
dulcis  anima  , pete  & roga  pro  fratres  & fodales  tuos.  Ame 
de  Sabbatius  pleine  de  douceur  , demandez  &c  priez  pour 
vos  frères  & vos  compagnons.  C’eft  ici  une  ancietme  [d) 
épitaphe , trouvée  à Rome,  dans  le  cimetière  des  SJ.  Gor- 
dien &c  Epimaque.  On  y voit  l’ufage  de  fe  recommander  aux 
prières  des  Bienheureux , & d’invoquer  furtout  ceux  qui  ont 
foufèrt  pour  J.  C.  Au  lieu  de  fratribus  & fodalibus  , on  y 
lit  fratres  & fodales  tuos.  Les  anciennes  inferiptions  four- 
millent de  pareils  folécifmes.  On  ne  peut  trop  le  remarquer , 
pour  confondre  ces  demi  fa  vans , oui  mépriiènt  les  chartes  &c 
les  diplômes,  dès  qu’ils  y voient  des  flmtes  contre  la  Gram- 
maire. 1°.  Imp.  C.  Gal.  Val.  Maximianus  P.  F.  Ave. — 
Genio  Imperatoris.  — ERP. — HL  B.  Les  deux  côtés 
d’une  médaille  du  Cabinet  de  S.  Germain  des  Prés  dorment 
cette  légende  , que  nous  expliquons  ainli  ; Imperator  Caius' 

Galerius  Valerius  Maximianus  Pius  Félix  Augujhts 

Genio imperatoris.  — Erario publico . Heliopoli . mo- 

neta  ficunda.  Les  figles  E R P.&  H L B.  foufrent  fi)  dificulté. 
J®.  Framric  monetarius  eft  la  (e)  légende  d’une  monoie  de 
' ■ * I 

(i)  On  pouroit  ^galemcnr  faire  dire  } de  en  Ex  candèrea  ; il  faodroic  flüre des 
axx  trois  première]  lettres  , tngmndM  fe-  I recherches  , qui  nous  ècarteroieoi  trop 
tumM  , te  aux  trois  dernières , ïlriiefeieti  I de  notre  principal  objet. 

Lepent  ysrrMida.  Poiu  fixer  la  iigiii£catioo  1 


II.  PARTIE. 

Sic  T.  III. 
Ch  A P.  XI. 
Artich.  II. 

(4)  lUJ.f.  I <4. 
».  10. 

(i)  IM,  ».  I . 
111’.  ESPEECE. 


(e)  Fêtait,  mt.  j . 


m.  ESPECE. 


(J)  Pitenttrueti 
ejfervesjcni,  itt, 
xxiv.  f.  167. 


(e)  Fetuu.tti.  ).■ 
».  J. 


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U.PARTIE. 

sicT.  ni. 

Ch  AF.  XI. 
Articiz.  II 

(«}  lUd.  isi.9, 

H.  l.f.  Itl. 

(h)  liùl.  tak.  1, 
n.  >1.  f.  171. 


(e)  ti  BUnt. 
/.  M<.».  7. 


{i)  IbU.f.  iji. 
a.  I. 


*)  IM.  a.  t. 


(/)  IM.  a.  <. 


(t)  IM.f.  t$7. 


ll>)IM.f,xo, 


jit  NOUVEAU  TRAITÉ 
’ Buriicde , roi  de  Mercie.  4®.  Tin.nr a monetarius.  Une  mo- 
noie  de  l'archevêque  de  Cancorberi  (a)  ofre  cette  inicrip- 
tioii , où  l’M  & l’N  ont  la  forme  d’un  I à double  trait.  M. 

■ Fountaine  n’a  pu  la  déchifrer.  y®.  Edeljlan  re  Saxorum. — 
Hegenredes  monetarius  de  Deorabyi.  Q’eft  la  double  lé- 
gende d’une  monoie  {b)  d’Ethelftan  , fils  d’Edouard  l’an- 
cien. Le  chevalier  Fouiuaine  a mal  lu  Rex  Axorum  : c’eft 
Res  ou  Rex  Saxorum.  On  pouroit  même  en  rigueur  lire  Sa- 
xonum.  L’s  de  rex  a deux  uf^es  : chofe  fort  ordinaire  dans 
les  monoies  , de  l’aveu  de  M M.  Fountaine  & le  Blanc.  Il 
en  eft  de  même  des  mlT.  où  Ibuvent  l’s  finale  d’un  mot  lcrt 
à commencer  le  fùivant.  Metalo,  Ce  nom  paroit  au  revers 
d’une  (c)  monoie  de  Charle  le  fimple.  Metalum,Metallum^Me- 
tullum  , Metulum  étoit  un  lieu  célèbre  pour  les  monoies.  On 
croit  communément  que  c’eft  Melle  en  Poitou.  7°.  Gratta 

Dei  Dux. Parijîus  civitas.  Un  denier  (d)  d’argent  fin 

donne  ces  deux  légendes.  Le  monogramme  de  Hugue  prou- 
ve que  cette  monoie  eft  de  Hugue  le  grand , ou  de  Hugue 
capet  avant  qu’il  fut  roi.  L’un  Sc  l’autre  furent  maitres  de 
la  ville  de  Paris  &c  portèrent  le  titre  de  Duc  de  France , ou 
des  François  par  la  grâce  de  Dieu.  8®.  Sur  une  (ej  monoie 
d’argent , dans  le  champ  de  laquelle  le  mot  Rex  eft  mar- 
qué , on  lit , Hugo  Francorum  & Parijîus  civitas.  Cette 
monoie  apartient  donc  à Hugue  capet , chef  de  la  troifième 
race  de  nos  rois.  9®.  Un  denier  d’argent  (f)  de  Henri  I.  a 
d’un  côté  pour  l^ende  Hainricus  Rex  A Cl,  &c  de  l’autre 
Paijîus  civitas.  Poilus  eft  ici  poMt  Pari^us  , & (i)  Hain- 
ricus pour  Henricus.  L’A  &c  l’n  paroiflent  louvent  fur  les 
anciennes  monoies  de  France  , dans  les  infcriptions , à la 
tête  des  chartes  Sc  dans  les  fignatures.  Dès  les  premiers  fiècles 
du  Chriftianiline  ces  deux  lettres  étoienc  en  ufage  , pour 
exprimer  le  nom  de  notre  Seigneur.  On  fait  qu’il  a dit  lui- 

les  anciens  monumeos  Upidaiies  & 
niliques , que  la  manière  diférence  <fd- 
crire  les  memes  noms  de  liens  & deper- 
Tooes.  Quelle  eft  donc  'la  tdmdrite  de 
ccDz  qai  ptdtendcnt  d^gradei  les  diplô- 
mes Ions  prétexte , que  les  mêmes  doow 
y font  diTcrfcmem  onlwgc^dùéi  1 


( ()  M Le  nom  de  Hemi , dit  M.  le  (f) 
» Blanc  , eft  écrit  difétemment  foc  ces 

> deniers.  Sur  le  premier  il  y a Htnricm 
» Krx  de  for  le  fécond  Hinricos  : & 
» j'en  ai  tu  d'autres  ùapkt  à Paris  , far 

> lefqueli  il  ^ avoit  HanirUm  te  Ham- 
>•  ricm , de  ou  Paris  étoit  nommé  Paipm , 
» tce.  O Rien  de  plus  oïdinain  (i)  dans 


Digitized  by  G<  - )gle 


DE  DIPLOMATIQUE. 
même  ; Je  fias  (a)  l’alpha  & l’omiea  , U principe  & la^ 
de  toutes  chofes,  lo®.  Landonis  cafta.  Cet  abrégé  veut  «urc 
caftallum  , qui  eft  mis  pour  cafteÜum.  Cette  légende  eft  fur 
le  revers  d’un  [b)  denier  d’or  du  Roi  Louis  VU.  monoyé  à 
Çhateau-Landon  dans  le  Gatinois.  ii®.  Un  gros  Tournois 
(c)  d’argent  du  Roi  Charle  V.  porte  au  revers  Turanus  ci-^ 
vis.  Ce  dernier  mot  eft  l’abtegé  de  civitas.  n®.  Le  nom 
de  la  ville  de  Tours , Turonus , paroit  encore  au  revers  (</) 
d’une  monoie  du  même  monarque.  Et  c’eft  le  dernier  mo- 
• dcle  de  la  quatrième  efpèce  d’écriture  de  notre  lèpticme 
genre. 

La  cinquième  efpèce , à triangles  ou  coins  enfoncés  dans 
le  corps  UC  quelques  lettres  , en  guife  de  bafes  ou  de  fom- 
mets  , eft  repréfenrée  dans  notre  planche  par  les  exemples 
fuivans.  i°.  Roma  fur  une  {e)  monoie  ftapée  à Rome  qui 
porte  d’un  côté  l’image  &c  le  nom  de  S.  Pierre.  Sur  le  re- 
vers il  y a un  monograme  , que  M.  le  Blanc  n’a  pu  expli- 
quer. Nous  y découvrons  le  mot  Hadrianus.  Comme  cette 
monoie  eft  rangée  parmi  celles  des  empereurs  du  nom  de 
Charle  ; c’eft  le  pape  Adrien  III.  qui  l’aura  fait  fraper  ; lorf- 
que  Charle  le  gros  devint  imbéciÛe  , & fut  abandonné  de 
tous  les  feigneurs  de  Germanie,  a*.  Lunowcus  imp.— scs 
Petrus.  Ludowicus  Imperator , SanSus  Petrus.  C’eft  la  dou-* 
ble  légende  d'une  autre  ( f)  monoie  faite  à Rome  , 6c  ^ue 
M.  le  Blanc  a mal  placée  parmi  celles  de  Louis  le  d^onaue. 
Pendant  fon  règne  nul  pape  du  nom  d’Adrien  n’ocupa  le 
S.  Siège.  Or  cette  monoie  porte  Hadrianus  en  monogramme  : 
ce  qui  doit  s’entendre  du  pape  Adrien  IL  qui  gouverna  l’é- 
glife  romaine  , pendant  que  Louis  IL  fils  de  Lothaitc  gou- 
vemoit  l’Empire,  j*.  Siudeicur  — Suddeur  monetarii.  Ce 
font  les  noms  de  deux  monoyeuts  , qui  ont  firapé  la  monoie 
anglofaxone,  que  (^)  M.  Fountaine,  favant  antiquaire  , m^  à 
la  tête  des  incertaines.  11  apèle  ainfi  toutes  celles  , qu’on  ne 
làuroic  atribuer  à quelque  Roi  en  particulier.  Cependant  le 
monogramme , qui  remplit  le  champ  de  cette  pièce  d’ar- 
gent , fignifie  allez  clairement  Atheljlan  , qui  fut  êlévé  fut 
le  trône  d’Angleterre  , par  le  confentemcnt  du  clergé  & de 
la  noblelTe  , l’an  914.  4*.  Lodowicus  Imperator.  C’eft  le 
nom  de  l’empereur  Louis  II,  gmvé  au  revers  d’une  [h)  monoie. 


II.  PARTIE. 
St  CT.  III. 
Ch  A P.  XI. 
Articli.  II. 

(«)  t, 

8. 

(*;  U Btmu. 

f.  I«4.  ».  II. 

(c)  Ibid.  f.  lit. 
• t.tcl.  ».  ;. 

(d)  Ibid.  fl.  181. 
b.  a.  t. 


F.  £SP£CI. 


(t)  lUd.  f.  91. 

».  J. 


(f)  Ibid.f.iai. 
b.m.  )f. 


(i)Tab.  9.f.tSS. 


(h)  te  Slenr. 
f.  108..».  II. 


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II.  PARTIE. 

S ECT.  III. 
Ch>  P.  XI. 

Article.  II. 

(4]  liai.  f.  108. 
».  it. 


(I)  liid.n.  M- 
W'.  ESPECE. 


(c)  Antiquit.  ix- 
pliq.t.  ).  fxrt.  1. 
fl.  IJ4- 


(W)  Axntl.  Btntd. 
».  t f.  <>7* 


(>)  lê  Blmu. 

f. 


,84  NOUVEAU  TRAITÉ 

q^ui  reprëfente  de  l’autre  côté  S.  Pierre  avec  cette  légende 
S.  P.  Benediû.  P.  On  n’a  pas  de  peine  à reconoitre  ici  le 
pape  Benoit  III.  qui  fuccéda  immédiatement  à Leon  IV.  l’an 
8y  y.  Hludowicus  Impr.  C’eft  la  légende  d’une  (a)  monoie 
du  même  empereur  , frapée  à Benevent.  Car  on  lit  au  re; 
vers , Benebentum.  Le  b fait  très-fréquemment  les  fondions 
de  l’v.  Dans  cette  infeription  comme  dans  la  précédente  , on 
peut  remarquer  l’S  tenverfée  & couchée  , & la  variation  de 
l’orthographe  dans  le  nom  de  Louis.  6°.  Hlotharus  Rex  eft 
empreint  l’ur  une  monoie  , frapée  (b)  à Verdun  , dont  Loi-- 
thaire,  roi  de  Loraine  , s’empara  l’an  984. 

La  dernière  efpèce  du  feptième  genre  d’écriture  capitale 
aproche  de  la  forme  triangulaire.  Elle  eft  prolongée  dans  les 
bafes  Sc  fommets  de  quelqu’unes  de  lès  lettres.  Voici  fes  mo- 
dèles. i“.  B A.  To.  NI.  Cette  infeription  (c)  fépulcrale , dont 
les  fyllabes  font  diftinguées  par  trois  triangles  , eft  celle  d’un 
fameux  gladiateur.  Caracalla  l’obligea  de  fe  battre  fuccefli- 
vement  dans  un  meme  jour  contre  trois  autres  gladiateurs. 
Bâton  fut  tué  par  le  troifième,&  l’empereur  lui  fit  faire  un 
tombeau.  Cette  infeription  eft  remarquable  par  les  traverfes 
prifes  dans  le  corps  des  lettres  , 6c  par  les  jambages  de  l’N 
qui  fe  traverlent.  z°.  1 1 1 1 1 A M.  C’eft-à-dire  Quarto  jam. 
Ces  mots  font  partie  d’une  infeription  trouvée  en  169 3. fous 
un  autel  au  diocèfe  de  Coutance  6c  publiée  {d)  par  D.  Ma- 
billon.  En  les  uniflant  avec  ce  qui  précède  6c  ce  qui  fuit, 
on  a la  date  de  la  fondation  d’un  ancien  monaftère  bâti  par 
S.  Fromond  dans  le  Cotentin  : Anno  quarto  jam  régnante 
(i)  Theodorico  rege  in  Francia.  L’orthographe  de  cette  inf- 
eription lapidaire  ne  vaut  pas  mieux  que  celle  des  diplômes 
mérovingiens  du  même  tems.  3°.  Une  monoie  (c)  efpagnole 
a d’un  coté  pour  légende  y Reccaredus  Rex  ; 6c  de  l’autre 
paij  pius.  Ces  deux  derniers  mots  n’en  font  qu’un  fur  la  pièce. 
Mais  ils  doivent  être  féparés  : Ifpali  eft  Séville,  où  la  monoie  a 
été  frapée  , & pius  eft  l’épithète  de  Rex  écrit  de  l’autre  côté. 


(i)  Il  s'agit  ici  de  Thierri  III.  roi  de 
Neulhie  & de  Bourgogne.  PluCeurs  fa- 
Taos  font  perTaadds  qu'il  a comptd  les 
aondes  de  (on  règne  du  jour  de  la  mort 
de  Ton  frète  Chïldetic  , arivèe  au  mois 
de  Septembre  <74.  A ce  compte  1a  qua- 


trième anode  de  Thierri  tombe  en  l'an- 
née <7<.  D.  Mabillon  , qui  fuit  une  au- 
tre chronologie , r»otte  à l'an  47-7.  la 
(bodatiou  du  mooallcce  de  Ham  ap  Co- 
tcncio. 

Ceft 


! h'-  - ■:  ,Ogl 


II.  PARTIE 
Si  CT.  III. 
Chat.  XI. 

A K T I C L E.  H. 

(sJ  im.  ».  I r. 
it)Uî4i.».  14. 


D E - D I P t O M A T I Q U E.  y 
C:cft  une  imitation  des  derniers  empereurs  romains  , qui 
^noient  le  titre  de  plus  fur  leurs  monoies.  4“.  Wittericus 
Rex  , eft  la  légende  d’une  autre  (a)  monoie  d’Efpagne  , au 
revers  de  laquelle  on  lit  : Plus  Ifpali.  j“.  IN  DI  N M 
V V A M B A Ceft  encore  la  lé^nde  d’une  (b)  monoie 
▼iligothique  frapée  à Cordoue.  On  lit  au  revers  ; Cordoba. 

Patricia.  M.  le  Blanc  n’a  pas  bien  lu  en  entier  cette  dou- 
ble  infcription  , à laquelle  on  peut  donner  ce  lêns  en  tranf- 
pofant  l’M  de  la  première  ligne  à la  troilïème.  In  Del  no- 
mme Wamba  Rex,  Cordoba.  Moneta  Patricia.  On  lait  que 
les  empereurs  & les  rois  ont  Ibuvent  pris  le  titre  de  Patrice. 

Ainfi  la  monoie  patricienne  lera  la  meme  choie  que  la  mo- 
noie du  roi.  M.  le  Blanc  croit  qu’il  faut  rapotter  l’épithète 
Patricia  à Cordoba.  C’elt  fur  quoi  nous  ne  dilputerons  pas. 

6®.  Hludowicus  imperator,  paroit  fur  une  monoie  (c)  de  Louis  (e)  nu.  p.  lot/ 
le  débonaire.  Rotumagus  écrit  au  revers  lignifie,  qp’ellea 
été  frapée  à Rouen.  7°.  Hludowicus  imperator  eft  la  légen-' 
de  d’une  (d)  autre  monoie  du  même  ' enqieteur  François , la*  (Ji  IM.  f.  lot. 
quelle  porte  au  revers  , Viridunum  , Verdun.  8®.  Aquita- 
ma.  Ce  mot  remplit  le  revers  d’une  monoie  (e)  de  Pépin  roi  {•)  uu.t.  i»;. 
d’Aquitaine  , fils  de  Louis  le  débonaire.  9®.  Strasburgus  ci-  **  i- 
vitas  eft  l’infcription  (f)  d’un  denier  de  Lothaùe  , roi  de  (/)  iw./.ioi. 
Loraine , dont  la  ville  de  Stralbou^  dépendoit.  10®.  Aqui-  ”<  ‘i* 
tania.  Ce  nom  (i)  le  montre  lut  le  revers  d’une  monoie 
{g)  qm porte,  Carlus  Rex.  Ceft  ûms  doute  Charle  le  chauve, 
qui  fit  ralër  & renfermer  dans  un  monaftère  Pépin  II.  fon 
neveu  , & le  fit  couroimer  roi  d’Aquitaine.  1 1*.  Ludovic 
eft  la  légende  (A)  d’une  monoie  , que  M.  le  Blanc  donne 
à Louis  fils  de  Louis  le  bègue.  On  lit  au  revers  Metnllum  , ** 

Melle  en  Poitou.  Notre  lavant  antiquaire  convient  (i)  lui^  (0  liid.t.  14t. 
même  que  ce  fils  de  Louis  le  bègue  eut  en  partage  la  Neuftrie 


{l)UU.t.t\9. 

».  I. 


(0  Le  mot  A/fUmtm,  au<\<U  rutjlcj 
mosoia , moatte  aoe  l'Aqnitaine  mit 
coeore  it  la  Fiance  Ibot  la 

feeoaAe  lace  de  nos  mis  ; œmme  elle 
raroit  dtd  de  la  Gaule  du  tems  des  Ro- 
mains. En  éfet  , les  peuples  nommét 
ÂfàuHtti  fc  Kgardoietit  comme  fépa- 
ids  des  Ftaoçoia.  » 11  n'en  £mi  point 
M d'auites  preuvds , dit  M.  le  (I)  Blanc , 
» que  la  manière  .dont  Us  datoicot  Icuts 

Tome  //. 


M aâes  . après  que  Châtie  le  limple  eut  (S)  Ptg.  lof. 

•>  éti  fiût  prilôniec , Sc  que  les  Fraaqrà  * 

» entent  dis  roi  Rodolié  en  ù place. 

O ddtM  (!)  «»M ....  fmmfiddts  Fr»»*  (()  CMptuL  I.  a. 
» à ttpm  fimm  KMrthm  fù,  II)4> 

n nmt  él'  Riuhlfim  s»  friatiftm  tltp- 
» nbu.  U eft  bien  dtidcnc , qu'ils  ne  lé 
O eompRBoient  pas  loDS  le  nom  de  Fr»»- 
» ci } poirqu'its  les  tegardoieat  comme 
» des  tcheUes  àknt  légitime  toi.  « 

£eee 


t 


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(t) 

tth. 

».  I. 

{()IUd.».i. 


fis  KOUiVE'AU  TkAlTÉ’ 

— ^ Sc  laiflTa  rAquitaine  , où  l’on  place  Melle  , ù Carloman,' 
*!•  ***  jJ,”’  G’eftdonc  à Louis  le  bègue  lui -même  qu’apattient  cette 
CfiA  i.  X I.  monoie  , s’il  eft  vrai  que  Metallum  , où  elle  a été  fabriquée , 
/nTicit.  II.  fbit  Melle  en  Poitou,  it*.  BUfianis  tajho.  C’eft  ainfi  qu’il 
(j)  ïM-f.  MJ.  £iut  lire  cette  infcription  d’une'fa)  monoie  du  roi  Euàs 
frapée  à Blois  ; parceque  l'L  eft  renfermée  dans  le  B.  13®. 
Eremhbarti  moneta.  Cette  légende  eft  au  revers  (^}  d’une 
mqnoie  d’Edmond  , qui  monta  lur  le  trône  des  Anglofaxons 
Pan  940.  14®.  Eaiçard  monetarius  (de)  Northwic.  Une' 
monoie  du  même  prince  a d’un  côté  (c)  cette  légende  , dont 
les  caraâères  font  très-dificiles  à déchifter. 

§,  I II. 

Explication  de  la  planche  XXVI.' 

r Ecrinirc  ik  tm»  I-  li  ^ ^ écritures  lapidaires  & métalliques  , dont  les 
fuperSus , briC» . lettres  font  garnies  de  traits  fuperflus,  perpendiculaires , bri- 
na^kc?*  fés  , & qui  excèdent , tantôt  par  le  haut , i tantôt  par  les  cô- 
tés. Nous  en  avons  formé  le  huitième  genre  de  nos  écritures- 
capitales.  Ceft  le  leul  qui  foie  renfeimé  dans  notre  plan- 
vni'.  GENRE,  che  XXVI.  Ce  genre  eft  liibdivifé  en  fix  elpcces  , que  nous 
alons  caraâérilèr.  . 

I . ESPECE.  La  première  eft  \ traits  horboncaux.  Notre  p^cheea 
fournit  quatone  exemples.  l'^.  Cloda  ABtino  ycoarwat/tntm 
Jugatis  eopüs  ,Prote3ori  Galéianm.,  Attgujla  ^ Lu^dunen~ 

• Jîum  libenatu  adversàs  Sevenim  attmmiOi  vindiu.  .Cette. 
belle  infeription  de  I^pereur  Albin , protcâeut  des  Gau- 
ii)  Wji.  J*  r A-  les , a été  favammenc  expliquée  6c  défendue  par  M.  de  (^> 
So*®-  Ce  w'elle  a de  plus  remarquable  ^ «port  à notre 

objet , ce  font  les  traies , qu’on  voit  au-oélhis  des  A.  Cette' 

fingularité  les  a fait  nommer  des  Aà  queue , par  quelques  an-! 
tiquûres.  M.  Spon  a eu  tort  de  foupçonner  l’infcription  , a 
■>  caufe  de  cette  forme  d’A , que  noiu  retrouvons  dans  le  mo- 
dèle fuivanc.  tP.  hnperator  Càffar  Deeimus  Clodiuj  Albi- 
{,)  iM.f.  iij.  nus.  C’eft  la  légenoe  ^d’une  médaille  du  même  (e)  Albin  , 
qui  fe  fit  proclamer  empereur  en  Angleterre  l’an  de  J.,  C., 
Buêtutmat'  horizontal  au-deftiisdo  l’un  des  A,  gravé  fut 

cette  médaille,  n’échapera  pas  aux  antiquaires  clairvoyans. 

104.  30,  Petrus  f Laurentius , Pauîus,  Ces  ttois  noms  font 


Oigilized  by  Gooÿlf 


Pt.J^VT.  T.  1T.p.5i6. 


>irc  (^c  capùa/c<f  a traùj-  carct/cns  et  supcr/^net_  ^ . 


virnr 

ŒFWm\lo 

prit^LVrLEI 

inWVro-Yiyi 

UBE.Um; 


A k ^ ON  I&RTÆ  DEbifAuiT 
^ BAjEUCHIf  H/Nδr 

5 (TA  J-(?EMARIAE  b M / 

- 7 1VNIA5  BACAÜD4 

D IN  I tP5CP5 


IMPCAESD 
ALBIN  AV( 


ETi^MEMORÎÆ^M 


lA 


FYÎ 

AGHEFiO  ^ S!¥E  ^•. 

YIJ 


L.COR  lXS\iAe  et  TYCHES 


P^ÎJLA'3'irL 

-IT  SIBl  ET  COl^N  riLIO  ET  SVIS 
IBERTIS  LIBERt'XbVSQ_.P05TER1SQ. 


'V’Iïl.Bll 


LOTXIÜVSI 


5^^  - AP-AEj-Nlvj-Püi 

^ r » ... 


MITIW.S'P/V 
^ YA^KJTfRrGVL 
Bl'Vir.VUO 
>iiS‘j:Ecsm 


r-a^ip^-d 


7 

IV^N.BAsi 
X.LII.  aJ 
TVRA  N 
VIII 

Ei 


e. 


5. 


-^T^BRILTi 

VvARCEUxEàT 

/Vj^ELlC/TATf 


D yî 

C^vniio 
FRohrrohi 
ILIB- 
B . >f 

c>/)o)^/r 

FKdklb. 


BlTAUXhr/S^ 

• fmaAlviri 
COlY6<'t'BF>f} 
Imir^te  /ai  pacb 


jvi.TE^^ERA  M P AGA 
NICAM  L-VE  R A 
TI  V.S  FELlClSvS'l 
MV^TATRONV.S 
PAGANI5.PAGI 
TOLENTINE^HO^ 
T I AShVSTRLTTESSK 
AEREXVOTOLDD 
VI D MAi^  FELICIT 


Chnvt  parl}tàhntdhi%j, 


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v^  -- 


H.  PARTIS, 
StCT.  III. 
Cha»,  XI. 
AtTicki.  n.. 


DE  DIPLOMATIQUE, 
peines  fur  un  ancien  fragment  de  verte , où  S.  Laurent  eft 
repréfenté  ailis  fur  un  trône , au  milieu  de  S.  Pierre  & de  5. 

Paul.  Ces  deux  Apôtres  le  félicitent  de  fon  arivée  au  ciel  \ 

& lui  cèdent  la  première  place  fur  leur  propre  trône  ,commb 
à un  nouvel  hôte  de  la  fainte  cité.  On  fait  quels  égards  on 
avoir  pour  les  voyageurs,  & comment  oO  exerçoit  l’holpka., 
lité , ^ les  premiers  ficelés  de  l’Eglife.  On  faifoit  afleou  au  , „ 

premier  rang  les  évêques  étrangers, nouvellement  auivés  dans 

l’alTemblée  du  clergé  & des  fidèles  révcqucdiocélàin  leur 
cédoit  la  place.  4^.  PurgatiJJvni  apofloUci^ueviri  EndUani. 

Ce  bel  éloçe  eft  le  commencement  do  l’épitaphe  («>  du  faint 
moine  Emilien  ou  Milhan , qui  après  avoir  dignement  gou- 
verné  la  paroifle  de  Vergeye  au  diocèfe  de  Tataçonc  , fût  •f*'- 
chaflé  de  fa  cure  , par  fon  proore  évêque , & retourna  dans 
la  folirude  , où  il  mourut  apttt  un  ficclc  de  vie  , vers  l’an 
y 74.  Dans  ce  modèle  d’écriture,  les  jambages  de  TA  & de 
l'M  font  tronqués  du  côté  droit,  y*.  P alatina  moneta  ,02^ 
roit  au  revers  d’un  denier  d’argent,  ftapé  dans  {b)  le  palais: 
de  l’empereur  Charlemagne  ouCharle  le  chauve.  Quantité^/. 
de  pièces  monoyées  dans  des  lieux  , qui  n’étoieüt  confidé- 
rablcs  que  par  le  féjour  de  nos  monarques , prouvent , qu’une 
f^rique  de  monoies  fuivoit  toujours  la  Cour.  Aquita^ 
ma  fe  lit  au  revers  d’une  monoie  (c)  de  Louis  le  tfebonairoi 
fait  en  naifiant  roi  d Aquitaine,  par  Ion  père  Charlemagne.  ^ 

La  lettre  Q eft  d'une  rorme  fingulière  fiir  cette  monoie.’ 

Celles  de  Pépin  I.  roi  d’Aquitaine  la  reproduilcnt.  7*. 
mea  monetarius.  On  trouve  cette  légende  au  revers  d’une 
{d)  monoie  de  Berthulfe  , roi  des  Merciens  ou  Anglois  oc-  1 

“ 839.  Le  chevalier  Fountaine (e) a lu  VuUheah, 

& a été  obligé  d avouer  qu’il  ignoroit  la  fignification  de  ce  f'J 
terme.  Notre  leçon  eft  conforme  à fa  propre  table  alphabé- 
tique. 8®.  Leonis  P apae.  C’eft  la  légende  ( f [ d’une  bulle  de 
plomb  , que  nous  croyons  devoir  atribuer  au  pape  LéonlV 
dont  l’éleûion  fe  fit  le  xi.d’Avril  847.  avec^LeftSo^ 
que  Ion  ne  prétendoit  point  déroger  à la  fidélité  dueàl’em- 
pereur  Loth^re.  9®.  Lotarius  imperator.  Un  denier  (p\  de  ar 
ce  Prince , faWqué  dans  fon  palais , porte  cene  légende  /•  *<>»•  »• 
ou  fon  nom  eft  autrement  orthographié  , que  fur  les  autres’ 
monoies, qui  portent  Hlo:hanuj  oa. Hlotarius.  10».  Manna 


:s,qui 

è 


Eeee  ij 


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VI.  Eadud.».  j 
(h)  Ihid.  isb.  S 
isimund.  n.  ii. 

(c)  Itid.  isb,  7. 
».  41. 


;»8  NOUVÉÀU  Traité' 

monetarius , eft  gravé  fur  une  (a)  monoie  d’Eadred , qui  fuc- 
n.  PARTIE,  céda  à S.  Edmond  martyr  , roi  d’Angleterre  , l’an  94^.  ii». 
Cha  r XI  EaAmund  Rex.  Cette  légende  d’une  (i)  autre  monoie  an- 
AsTtoLi.  II.  glofaxone  défigne  Edmond  II.  dit  Côte-de-fer  , qui  monta 
(«)  F«wi/.  M*.  l’an  1016.  fut  le  trône  des  Anglois.  11®.  Vlfkel  moneta~ 
nus  de  £oyêrM//c , York.  C’eft  la  légende  d’une  monoie  (c) 
du  rois.  Édouard  le  confelTeur,  qui  l’an  io<Sy.  inftkuapour 
fon  héritier  à la  couronne  d’Angleterre  Guillaume  duc  de 
Normandie^ 'fon  coufiny.fon  ami  , & fon  bienfaiteur,  ij®. 
Honorius  Papa  ttnius , eft  l’infcription  d’une  bulle  de  plomb 
{ti  MitrM.  Am-  {d)  d’Honorius  , qui'fut  élévé  lur  le  S.  Siège  l’an  iii€. 
tij.àMiut.  i.  al.  14*.  S PA  S PE.  C’eft-à-dire  , fanSus  Paulus  , fandus 
1)4-  »•  Peints,  C’eft  alnftqae  les  noms  des  deux  faints  Apôtres  font 

(0  ihid  M 14.  imprimas  Éir  une  (e)  bulle  de  plomb  de  Bonifàce  VIII- 
''  Les  lettres  i à traits  fopécieurs  droits  Sc  perpendiculaires  , 

lI'.ESPECEt  conftituenc  la  fécondé  lelpèce  d’écriture  du  huitième  genre- 
Notre  planche  en  ofte  deux  modèles , dont  nous  lifons  ainfi 
le  premier  : In  nomine  Domini  confecrata  eclefia  fanRe  Ma- 
.X  .rie  in  (i\<atolico  , die  primo  idas  apritis  , anno  féliciter  pri- 
mo remi  Domini  noftri  gloriojijjimi  Flavii  Reccaredi  Ré- 
gis , Era  oexxx.  La  date  de  l’ère  d’Efpagnc  «30.  revient 
a l’an  de  J.  C.  y 9 a.  Cette  infeription  efpagnole  a été  pu- 
bliée (fi' fat  Don  Naftate , qui  n’a  pas  fait  conoitre  l’églife , 
dont  elle:  raporte  la  confécration.  Les  D y prennent  prefque 
la  forme  du  B.  Le  fécond  modèle  eft  emprunté  d’une  mo- 
(/)  F««./4i.  ▼.  noie  {g)  anglofaxone  du  roi  Edmond  , fucceftèur  d’Adelftanl 
■ Il  ne  confifte  que  dans  ces  deux  mots  : Cugca  monetarius. 

(I,)  ikii.f.  ni,  M.  Fountaine  dit  (/4)  n’avoir  pu  expliquer  cette  légende.  La 
feule  dificulté  confifte  à diftingûer  le  nom  propre  du  mo- 
nétaire de  celui  de  fon  emploi  ; les  lettres  demeurant  tou  joui  s 
les  mêmes,  excepté  la  dernière.  On  lit  donc  Cugca  moneta, 
ou  Cugcamone  m ; c’eft-à-dite  monetarius.  Il  faut  toujours 
' Ce  fouvenir  que  deux  II.  valent  tantôt  l'M  , Sc  tantôt  l’N 
Eit  les  anciennes  monoies  d’Angleterre. 

La  troifième  efpèce  fe  diftingue  par  fes  traits  obliquement 


/>  Pf  'ttrMfh. 
f»ji.  fol^ 
vtrf.xixil. 


ni>.  ESPECE. 


.1»  I 


{<)  CMMg.GhffM. 

iii/iMu  GreûiMtix.  (ij  Ct$  mou  fttltfi»  ô»  cMtUif*  fi-  | anciennement  des  fbnn  baptirmanr.  D. 
al.  Si7-  n».  enifient  (.)  non  feulement  l égl'fc  ca-  I .Mnttcne  (i)  a prouvé  que  pluficuisteli-, 

thédrale  d onc  vjlle  épifeopale  j mais  I fes  monaftitjdes  avoient  des  Baptincics 
Kiiiiiai.  I.  ttiit.  encore  càutds  celles  , oii  il  y ’avoii  | dés  les  f ttauets  tems. 

s.».'.. .4.  WJ.  ^3^  i 


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DE  DIPLOMATIQUE.  fg, 
lirifés  dans  les  jambages  des  ieares , ou  prolongés  dans  leurs  ■ " ' .Jy 
craverfes.  Notre  planche  en  fournie  quatre  exemples  , dont  partir 
voici  l’explication,  i®.  Aceti  eft  l’inicription  {a)  d’un  feeau 
parallellograme.  On  ne  fait  fi  ce  mot  fignifie,  ()ue  la  vafe  aktic  i.i’ir. 
marqué  de  ce  cachet  lêrvoit  à ednferver  le  vinaigre  , ou  fi  («)  Sgffbm.  a 
c’eft  un  nom  propre  d’homme,  a*,  /n  hoc  (6)  tumulo  jacet  fa-  j. 

muliu  Dei  Gregorius  , vixit  anos  plus  minus  L.  Rt- 
cejfitinpace.  Depojuusu.  nonas  februarias.EraDLXXXii.  »/fom:fd.xnu 
Cette  inlcription  de  l’an  de  J.  C.  ^44.  n’a  point  été  expli* 
quée  par  Don  Nafiare,  ainfi  que  la  plupart  de  celles  , qu’il 
a publiées.  On  y doit  fiirtout  remarquer  l’abrégé  do  mot 
Depofitus , la  %ure  des  chifres  ou  lettres  numérales,  & k»' 
maniéré  de  dater  , II.  nonas  februarias  , au  lieu  de  Pridie 
nonas  Februarü  , qui  eft  le  4*.  jour  de  Février.  Le  titre 
honorable  de  famulus  ou  fervus  Dei  ëtoic  anciennement  (c)  (») 
donné  aux-clercs  & aux  moines  par  préférence,  j®.  L’inferip-  "/•45<-4j7. 
rion  fijivante  , gravée  fur  une  pierre  , qui  fert  de  piedeftal 
au  bénitier  A^‘(d)  S,  Jean  de  Cabra  en  Andaloufie  , eftpab  Paiy^r^fh. 

en  trois  colones  , que  nous  lifons  ainfi  tout  de  fiute  : •/foT.fii.  xvi. 
y^ra  fonda  Domini,  Conjecrata  ejl  Bafelica  fuec  fanSae  Ma-  " ‘‘ 
riae  , II.  Kalendas  junias  ^ Era  DCLXXXVin.  Dedica- 
yu  hane  adem  Deo  maximo  (1)  facram  Bacauda  epifeopus. 

L’ère  d’Efpagne  6i$.  revient  à l’an-éjo.  de  J.  C.  L’jf  cur- 
five  , barée  par  deux  fois  dans  la  date , vaut  lxxx.  On 
trouve  un  évêque  du  nom  de  Bacaode  au  vrii®.  concile 
de  Tolède , célébré  en  65  3.  Les  A de  la  première  colone , 

& les  D de  la  dernière  , transformés  en  b , font  très-remar- 
quables. 4**.  SanBorum  maswrum  CHtasrt  Jesv  Faufii,  Ja- 
nuariit  & Manialis,  Zoyü.  & Acifcli...  arUA,..,  ats...  n.Cette 
infeription  eft  dans  un  reliquaire,  dont  l’églifoparoiifialedeS. 

Pierre  de  Cordoue  a été  enrichie.  Les  A y font  femblables 
à ceux  de  la  première  colone  de  rinfoription  précédènte , Sc 
anoncent  le  vi  1®.  fiècle.  Remarquez  lès  points  , faits  en 
forme  de  cceur.  Don  Naflarré  rend  au  hafard  les  quatre 


( I } les  fîgics,  D M s,  fooroient  peut- 
tue  ugoifict  Dmimu  oa  De»  omiim 
fmi.  Ces  deroiers  mots  joints  aoi  pré- 
eddeds  Toadroieaedite , tjae  Bacaude  a 
6Ù  laiffidnc  H de  fes  praptes  nains  te 


dddicace  de  eeac  dglife.  Mais  l'eipUea- 
lion- , qoe  noos  donnons  dans  le  texte 
eft  plus  confomie  aaftpic  bpidaitedts 
aaàem. 


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IL  PARTIE. 

S I C T.  III. 

Chàv.  XI. 
Aitrici.1.  H, 

/F.  ESPECE. 


(•)  UMfmm  Fr- 
rm.f.  400. 


(I)  Hif.  it  rA- 
lad.  itt  infciipt. 

KHit. 

dtt  GwM/.  t.  1. 
/.M<. 


(c)  Ajuifm».  ixfi. 
U s-fC  XCV. 


j96  nouveau  traité 

dernières  lettres  par  £ra  nona.  Morales  {1.I  les  explique  au> 
tremenc.  11  eft  dificile  de  deviner  au  jufte  leur  vériuble  C- 
gnificacion. 

Des  traies  plus  ou  moins  courbes  , quelquefois  en  forme 
de  cornes , & portés  de  droite  à gauche  , ou  de  gauche  à 
droite  , caraâérilênt  la  quatrième  efpèce , donc  notre  plan* 
chc  ofre  cinq  modèles,  i".  C.  Volwm^ms.  Memor.  M.  Maf- 
féi  (a)  donne  ces  mots  pour  échantillon  de  l’écriture  d’un 
aâ:e  public  , gravé  fur  une  table  de  bronze  de  dix  piés  Scy 
demi  de  longueur , fur  cinq  piés  &c  demi  de  hauteur.  Ce  (z) 
rare  monument , dont  l’écriture  eft  part^ée  en  fept  colooes, 
eft  du  tems  de  l’empereur  Trajan.  x°.  Dus  Manibus  & mt- 
morue  aeternae  Hylatis  Dyrnachero  , five  &c.  C’eft  le  com- 
mencement d’une  {b)  infeription , gravée  fur  un  marbre  blanc 
d’un  pié  en  caté  , qu’on  découvrit  à «S.  Juft  de  Lion  au 
mois  de  Novembre  1714.  ^ D qui  commence  la  lirae  fur 
notre  planche,  & l’M  , qui  la  termine  , anoncent  d’abord 
une  épitaphe  confacrée  aux  Dieux  Meutes.  On  ajoute  en- 
fuite  y & à la  mémoire  iHylas  , gladiateur  à deux  épies. 
Tous  ceux  <^ui  ont  expliqué  cette  infeription. ont  raporté 
Dymachero  a Hylatis.  11  fiut  donc  qu’il  y ait  un  folécume, 
ou  qu’on  fupofe  un  point  entre  ces  deux  mots.  Dans  le  der- 
nier cas  l’inicription  aura  été  mai  expliquée.  Quoiqu’il  en 
foie  i la  conjonâion  du  T avec  l’I  , qui  forme  une  croix , 
les  cornes  de  l’Y , & la  diphtongue  ÂE.,  ne  font  pas  moins 
remarquables  , que  les  feuilles  de  palmier , qui  tienneiu  lieu 
de  points  ,^ur  féparer  les  mots.  3*.  Ojfa  (c)  Lucii  Conulii 
Lamiae  & Tyches.  Fecü fibi  & Comelio  filio  & fuis  ù Ube~ 
nis  lihertabufque  pojlerifjue.  Ici  repofent  les  0$  de  Lucius  Cor- 


(t)  Ce  Cmnt  Efpagoolerehqa’irtiit 
fA , Clic  Acucu , maormem  odc  cm 
4eiu  letttet , te  aotaoc  i ta  bo  ifAaiTA. 
Selon  loi , on  peut  lire  KaaiTATis  ou 
CiAaiTATis.  Aranc  An,  il  a|>erfoit  on 
refte  àe  la  qoeoe  de  l'R , qm  aura  été 
ftétidi  d'on  E.  Voila  donc  le  mot  Erm. 
Il  prend  le  T ejoi  fnic  pour  aùtU  , l'S 
pool  frixmu  ou  fnx»mt-£x  , te  PN 
pour  nmx.  On  lira  donc , Era  mllifixm 
fiftmxfipxut  nm».  Ainli  rinfeription  fera 
derandej.  C 1041.  tiaia elle  eft  !>eaa- 
coop  plus  aacieaœ. 


(t)  lia  /et  ddcocrerr  dam  le  Plaiftn- 
cin  en  1747.  Ccc  aâe  lîngatier , publié 
par  M.  Maftéi  , remplit  vingt  pa- 
ges in  folio  en  lettres  capitales.  Les  deux 
premières  lignes  du  litre  i^nxot  fun 
bout  i raviic  au-dclTus  des  up t colonca 
d'écriture.  Ce  titre  commence  ainli  : 
OUiixti»  frxtdiorxm  ti  H S dtcimt  f »4- 
Jrxpat»  fXMixtr  wullix  , ut  tx  ixduJgtn 
tU  ifùm  xtxximijxt  frixtifit  mftrxtcrit 
Cifmtit  Nervae  Trxjxni  aar/apK  ftuti 
ftûUxfxt  xlimentx  xeeifitat  de. 


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DE  DIPLOMATIQUE. 
nelius  Latnia , & de  Tyché.  Il  a ^cce  tombeau  pour  hil^  pour 
Cornélius  Ton  fils, pour  tes  proches,(e$  afnnchis , pour  (es  afran- 
chies  & fa  poftërué.  4®.  (a)  Manihus,  Quinto  Aufidio 

F rontoniLeiberto  béni  merenn^Cntins  Domiùus Fronto.  Aux 
Dieux  Mânes.  Cneius  Domitius  Fronto  a érigé  ce  monu- 
ment à la  mémoire  de  Quintus  Aufîdius  Fronto  (bn  a&an- 
chi , qui  a bien  mérité  cet  honneur.  Cette  épitaphe  eft  trcs- 
remarq^ble  par  les  traits  finguliers  de  (es  lettres.  Fa- 
briles  Marcellae  noflrae  aetemam  fèlicitatem.  Cette  inlcrip- 
tion  , peinte  {b)  fur  une  amphore  , deftinée  à mettre  des  li- 
queurs , contient  une  aciamation  & un  fouhait  , que  font 
les  ouvriers  en  poterie  à Marcelle  leur  patrone  ou  leur  pro- 
teôrice , en  lui  faifant  prélènt  (i)  de  ce  va(è  de  terre  cuite. 
Dans  le  dernier  mot  l’M  eft  fuprimée.  On  a une  infinité 
d’exemples  du  retranchement  de  cette  lettre  à la  fin  des  mots. 

II.  On  rencontre  (buvent  (lir  les  marbres  , les  bronzes  & 
les  autres  matières  dures  des  lettres  obliquement  prolongées. 
Notre  planche  réunit  un  nombre  confidérable  d’exemples  de 
cette  écriture  , qui  cara£téri(e  la  cinquième  efpcce  de  ce 
huitième  genre,  i*.  Juliae  Caii  libenae  Acme  , Caius  Ju- 
lius Geminus , ^ Caius  Julius  Clams  pater  matri  carijflmce. 
On  ne  (àifit  pas  tout  d’un  'coup  lé  (1)  fcns  de  cette  (c)  épi- 
taphe/trouvée  à Anvers  en  1710.  Elle  aproche  du  tems 
d’Augufte  & l’on  y voit  l’Æ.  a".  Genio  Similis  , Familia. 
Un  ancien  marbre  romain  donne  cette  (d)  infcription.  C’eft 
un  voeu  que  font  les  domeftiques  de  Similis  (j)  au  génie  dé 


(i)  Ces  (oitet  de  préftas  ou  Oetto- 
■KS  , «ustjucjs  oo  joteoDit  des  voeux  , Te 
fxifoicnc  aux  £êtcs  faiuroales  & dans  les 
i^oaidânccs  i>nMi()Bex.  Le  itibt  ■ FaSri- 
/»  figot£f  ici  fsfaàaiià  , fiBUUrii  , 
Vnumtnurü.  Ou  ne  ciouvc  foist  F«- 
trilti  dans  les  bons  aucems  : il  lênc  le 
Syle  pea  dWgant  du  bat  âge;  Le  feuliatt 
tau  Mobcui  deernei  o«ui  poctereit  i 
croire  que  les  vrr'ir  de  ces  aiuTaos  en  va- 
fes  de  terre  cuite  s'adrelTcni  à une  Daine 
chrétienne.  Ainli  cette  écricute  ne  fera 
que  du  IV.  ou  V*.  hècle  tout  au  plus. 

(1}  » Cette  inferiptioa  . dit  (>)  D. 
» Bernard , peut  avoir  deux  Zens  ; l'un  qui 
» patoïc  plus  confbcmc  à la  lettre  , cil 


» t^t  O^as  Tuliw  Genainus , fib  de  Ji^ 
» lia  Acme  , atrcncfaie  de  Caias,  & Caim 
» Julius  Clarqs  père  de  la  même  aftait- 
n'chie  , ont  £rït  âire  cette  pierre  A- 
» pulctale . tua  pont  oiécx  , tauere 
» poui  fa  fille.  L'avere  fcns , que  ja  cr«i« 
sie  véritable,  ell  que  Caius  Julius  Ge- 
n mtiHis  a fidt  mettre  cette  pierte  avec 
» l'inCsiptioo  peur  Jitba  Acme  fa  iséte , 
U conjoiotemeot  avec  C.  Julius  Clams, 
» père  de  Jidius  Geminus  & mari  de  U- 
» défunte.  « 

( ; ) Oa  croie  aae  ce  Similis  ell  celui 
qui , du  rems  de  1 empereur  Adrien  , fat 
préfet  do  Pidraitc.  Sept  ans  avaiK  fit 
mon , il  fc  démit  de  fa  charge , pour  vi- 


II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
Ch  AP.  XJ. 

A XTI  CLI.  II. 

(a)  Sufltm.  m 
exfl.  i,  j, 
pl-  17.  f.  >7. 


(4)  Dmi  inferif;, 
«WIJ.  ptÊf.  f. 
Jxxxt/i, 


Ecriture  capitale 
à traits  obliques 
excédent  U cour- 
bes. 

K ESPECE. 


(c)  SmfUm.  à 
tAmiq.txfl.  t.  J. 
pl.L. 

(d)  lUd.  t.  I. 

p/.  77-».  ?• 


(t)  SHfUm.  ».  f. 
t‘  »»I*. 


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» 


fji  NOUVEAU  TRAITÉ 

«E^SSSSr  leur  maître  encore  vivant.  3".  Dits  Manibus,  C.  Urvini. 
II.  PARTIE.  Sabiniani  fecerunt.  P.Calpumius  Brocchus&  C.  Catius. 

XI  Callijlion.  Tutores.  JUiaefororis.  ejus.  Nous  croyons  quel'S, 
i^aVicLi.  il.  qui  luit  le  mot filiae  , fignifie  fororis.  L’E  du  mot  tutores 
reflemble  au  r des  Grecs.  L’auteur  du  livre  intitulé,  Marma- 
ra Pifaurenjîa , contre  fa  coutume  , s’eft  contenté  de  pu- 
(e)  Vf,  <4.  ».  blier  (a)  cette  infcription  , fans  rien  dire  pour  l’explicjuer. 
^civi.  40^  Marco  CrajfoFrugi  , Lucio  Calpurnio  Pifone  conjulibus, 

tertio  no  nas  februarias  : civitas  Themetra  ex  Africâ  hofpi- 
tiumfecit  cum  CaioSilio,  Cad filio,  Fab.Aviola  6’c.Voilale 
commencement  du  célèbre  contrat  (b)  paffé  l’an  17.  de  l’ère 
(V)  ifitr.üflm.  j-j^r^ûenne  entre  deux  villes  d’Afrique , &:  Caius  Silius  àc  Fa.- 
’ ' bius  Aviola  , préfet  des  ouvriers  ou  intendant  des  manufac- 

tures , leurs  emans  & toute  leur  poftérité.  Ces  villes  les  pren- 
nent pour  leurs  patrons , &c  ceux-ci  les  reçoivent  fous  leur 

f>roteaion.  M-  MafFéi  a publié  cet  ancien  ade  , gravé  fur 
e bronze.  On  lui  a donné  le  nom  de  contrat  d’hofpitalité\ 
quoique  ce  droit  ne  foit  qu’une  fuite  de  la  proteûion  ou 
clientèle  acordée  aux  villes  contraélantes.  y°.  D.  M.  Appius 
Annius.  Primitivus.  Patrajler.  Cad.  Fibi.  Vitalionis.  fecit 
fibi.  Cette  infcription  fépulcrale  , gravée  fur  une  petite  urne 
J..  JJ  J de  marbre  de  forme  carée  , fe  trouve  dans  les  fa  vantes  (c) 
Oblèrvations  du  fénateur  Buonarruoti , fur  quelques  anciens 
fragmens  de  verre.  Les  A & les  T de  cette  épitaphe  anon- 
cent  une  haute  antiquité.  6°.  Bitalianus  fecu  Felici  Aneti 
cojugi  fuae  benè  merente  in  pace.  Cette  épitaphe  publiée  par 
{j)fufét.f.xx.  le  même  (J)  auteur  donne  heu  à plufieurs  obfervations.  On 
y aperçoit  quelques  lettres  curllves  , telles  que  1/aprcs  le 
premier  mot  & l’a  après  cojugi.  Nous  avions  pris  d’abord 
ces  deux  caraâères  pour  des  points.  Le  B tient  la  place  de 
rV  dans  Bitalianus  & le  T prend  la  forme  curfive  ou  dur 
grec.  Comme  dans  quelques  anciens  diplômes  , cojugi  eft 
mis  pour  conjugi.  Au  lieu  de  merenti  , il  y a merente  , par 
un  changement  alTez  ordinaire  de  l’i  en  e.  7°.  Junius  Baf- 
fus  f vir  confularis  , qui  vixit  annis  Xlll,  menjibus  II.  in 

vie  CO  foo  paiticalier.  Se  voyant  pris  de  I 

la  mort  , il  ordonna  qu’on  ictivlc  Tur  I »'««OTr  vdt»  fufift  «or. 

(ôo  cojabeau  : Ci  SimUU , «a»  « vit»  I 

*i,  . . ' -itC>  ^1^  “ * 

ipsi 


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y- 


DE  DIPLOMATIQUE.  . • î>j 

Ï'  sd  Ÿra.tfcSturâ  ntofitus  lit  a</(i)  Deum  viri.  Katendas  

•.ptembrias  , Eufebio  & Ypatio  conJuUbus,  Ici  repofe  Ju-  cT*^m** 
ni  us  Ba/Tus  , homme  confuiaire , qui  a vécu  quarante  - deux  c h a r.  x i.‘ 
ans  & deux  mois.  Etant  préfet  de  Rome  & nouvcHeraent  Aatici.»  l 
baptifé  , il  alla  à Dieu  , le  mercredi  . iour  d'Aout , fous  * . 

le  confulat  d’Eulèbe  & d’Ypatius  : c’eft-à-dire  l’an  j f 9. Cette  i 

infcription  cft  gravée  au  haut  du  (a)  maufolée  de  Junius  r,*. 
BalTus.  Ce  beau  monument  fut  découvert  au  Vatican  l’an  r*»-  W.  t.  «.  1. 
I f lorfque  Clément  VIII.  fàifoit  travailler  à la  décoration 
de  la  confelTion  ou  tombeau  de  S.  Pierre.  8“.  Des  le  pre- 
mier ficelé  de  1 cre  chrétienne  onoblèrvoit  dans  l’écriture  capiw 
cale  des  alongemens  de  lettres  extraordinaires^  furtoutdans  les 
M & les  N.  Notre  planche  en  donne  cet  exemple  remarquable  : 


iVii/jc  amor , & nomm  fuperejl  de  corpore  toto  , 
Quod  fpargit  lacrymis  maefius  uterque  parens  : 
Sena  mihi  fiorefque  novos  mea  gaudia  ponunt. 


Ces  vers  font  partie  de  l’épitaphe  de  Tiberius  Claudius  Ti- 
berinus  , poëte  romain  , que  M.  Ficoroni , de  l’Académié 
royale  de  Paris , elUme  (b)  avoir  été  afranchi  de  l’empereur  (i)  i* 
Claude.  9°.  Domino  Aefculapio  & Hygiae  : ex  permijfu  & 

eorum  negotiationis  fahana.  C’eft  le  commencement  d’une 
infcription  crès-lingulicre , publiée  (c)  par  le  même  M.  Fico-  (e)  uiMsftn 
roni.  On  y fait  une  o&ande  & des  aâions  de  grâce  au  lëi- 
gneur  Efculape  & à la  déelTe  de  la  Santé , avec  la  permif 
lion  de  leurs  marchands  de  (1)  fèves.  Dans  ce  modèle  d’é- 
criture le  Ç.  relTemble  presque  à VI  curfive  , l’E  à l’F  &:  le  G 
;m C ordiiuire  vic  ies  lettres  font  fort  inégales. 

Plufieurs  lettres , terminées  par  des  petits  traits  courbes 
conditueut  la  iixième  efpèçe  du  huitième  genre.  Notre  plan-  gsp £cs, 

çhe  n’en  fournit  que  l’exemple  fuivant  : Tefferam  pagani-, 
çam.  Lucius  Yeratius  FeliciJJimus  , patronus  Paganis 
pagi  Tolentines , hofliaf  lujlrales  Cf  ufferam  aeream  ex  vpt» 


( i)  Dans  ce  mot , l’M  porte  TV  4vec 
elle.  Ces  conjoneions  de  lettres  tendent 
Ibavem  lalcâoie  desaocient  momimeas 
dtficUe. 

(i)  Ceft  le  Tenc  gdnptal  qu'on  peut 
donner  aux  termes  mm»  ntgHimimit  fa- 

Tome  II. 


iarid  > à moins  qu'on  ne  les  entende  fîra- 
plement  du  commerce.qui  Te  fairoic  dans 
une  tic  de  Fhfe  nommde  Btrkum  & que 
letRomains  ont  apellde  Faiaria , à canfe 
de  l'abondaoce  des  filTet  ; qu'on  y tecncil- 
lott. 

Ffff 


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,P4  NOUVEAU  TRAITÉ 

r ^ ^ iihaïur  dedicavit  v.  idus  maias  , féliciter.  Ce  modèle  d’é- 
ii.^  PARTIE  çfluixc  cRdans  le  goik  du  premier  ilècle.  On  y voit  un  point 
c X I.  en  forme  de  cœur.  C’eû  {a)  l’infcription  d’un  bas  relief,  fur 

A K T 1 c L I.  I.  lequel  la  ftatue  de  Junon  à rai^otps  eft  pofée.  Elle  fiait  j>ar 
(«)  Aatii-  ixpi.  féliciter  \ formule  fi  fréquente  dans  les  plus  anciens  diplômes. 
t.  1.  f»rt.  d-  ^ eft  apellé  ujfera  , qui  veut  dire  un  mémorial  , une 
" * jjoarque.  Ce  mt  Lucius  Veradus  patron  des  habitans  du  can- 
QU  du  vilagede  Tokntin  , qui  purifia  les  viâimes  , ôc 
tjui  pour  faâsuire  à fon  vœu  , ofrit  de  bon  cœur  ce  mémo- 
rial de  bronze  , le  cinquième  des  ides  de  Mai  : c'cft-à  dire 
ie  tj.  de  ce  mois. 

$.  IV. 


Ectitatc  mcl^e 
^ lettres,  dont  les 
jambages , les  tra- 
verres  & les  bafes 
uulesfommcts  pa- 
[oilTenc  courbes. 

IX.  GENRE. 


T.£SP£C£. 
W MJ- 


Planche  xxviJ.  expliquée. 

I.  Cette  planche  contient  les  neuf  &c  dixième  genres  de 
notre  première  diviûon  des  écritures  lapidaires  & naétalli- 
ques.  Sous  ces  deux  genres  font  renfermées  les  inferiptions 
en  pures  capitales  , extraordinairement  courbées , eiKlavécs 
& conjointes 

Quoique  le  ix*.  genre  foit  diftingué  par  les  courbes  , qui 
entrent  dans  la  ftru^re  de  plufieurs  de  fes  lettres  ; la  plu- 
part n’en  font  pas  pour  cela  moins  droites  , dans  ce  qui  en  fait 
le  corps  i pareeque  leur  courbure  nait  de  deux  traits  cour- 
bes , qui  étant  apliqués  l’un  contre  l’autre  , fe  prêtent  mu- 
tuellement à la  formation  d’une  perpendiculaire.  Les  lettres 
de  ce  genre  diferent  des  lettres  a bouts  arondis , en  ce  que 
celles-ci  préfentent  au-dehors  une  figure  convexe  ; au  heu 
que  le  préfent  genre  n’ofre  dans  fes  déhors  que  des  traits 
concaves , mais  toujours  réguliers.  Quand  fes  fommers  oufes 
bafes  font  courbes  ; ce  font  moins  quelquefois  de  véritables 
bafes  où  fommets , que  la  prolongation  des  concaves  adof- 
ftes.  Seulement  il  y en  a quelques-unes  , dont  les  bouts  ne 
font  terminés  ni  par  des  droites  , ni  par  d’autres  courbes  , 
comme  le  font  les  lettres  de  quelques  autres  genres. 

Nous  diftinguons  fept  efpèces  d’écritures  a lettres  régu- 
lières , dont  plufieurs  jambages  , traverfes,  bafes,  ou  fon»- 
mets  font  courbes.  Les  molles  de  la  première , repréfentés 
dans  cette  planche , font  au  nombre  de  fopt , dont  le  P'^®" 
mier  eft  tiré  (b)  de  la  Diplomatique  de  D.  MabiUon.  C’eft 


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3X 

q: 

1 

I 

'A 


II.  H 


'r.'r,ciVt/nordmaifr/ncn(  couri>éciS,  c/u/md&s' et  con/out tc,x . | 

fvS  No  AFBRAN^KHIN^O^KAtÆA 

ü. 

TKI«V®ilp. 

/t-N- 

Ni»  H/NTToLlA  f^KPlSA  H IL  P£R!P 

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IH  face  poî£^ 
MOK.1E  PAlfNoFE 
ÇVl  VJXIT  PtVS 
mKVS  ANNYS 
V 


^ BA-BVl  RPNiA 

7-  L-PUO^MASI 



AlXXXIl 

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TICtAV-TFf- 

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1.XXV 

MWC 


Ijo. 


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IMPTc  (pVAiTA 


AîJn  ;<  îlEpNDo 
Nos  TEVPEÏVE 


kfc- 


PR  A-f  CLAi^ET- Qf\  Æ AWT  E*  i« 

|I\’^  M«WI  I PWAiA  I ^ MBIOKIX I EB\RP 

T.  

IM  MYGVSTYSTRia.  POTES -XZ 

CÆSjVGVS-  cn  dom  a/ç-  c^e  latg- 

fi  VIR. 


M,'  N-  CA;  I • I M P-AVGV5 
OiPiv; . 


fi'VlR  LBÆBIO-  PAESTIO 


M.ato 

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IVUÆ  MAMPtMATR15AV&N 


V. 


PCÆ.  DlOCPf 


TVJiMENA^Ë  LiaSTI 

S VSCIPE  CLAffiJM 

' VI«)VN  OFiTTç|^Æ©ERTEDMOp+  DYRAND  l70hE 

1,1,. i ■ ^ . I 


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<i  KARLXMAHYS R 7 /ELpRED  RHX 


PI  ■ 

Itv/1  ET  INHONO/^F  SCO/? 
T ViT/liS/RRIiVITAT  HVf 
^ d^C/R0LoRE6£  ArNKUlll 
HiciRiororsf 


^ *HL°H-nRIV5  IPPKV  [9-  » DRlNTt^EROW>AL 
^^EGIR  |\T.*I»CireirYrw YS  RX 


r^eô/?iiinD  DŒn^fiis... 


+ HV/HIC^I3/\RVAflf 
{PVIiycW/^E/nBRA 
Glh£Sl  PAPE  PoN7EflClX. 
ALGR/1N<rDEA\oNDO /Al 
PEI^AAEE  Pf^ENCEPf  FRAN 
CORVA\REGE 


FRAÆVCTCRF^  FRfipycENH 


Google 


DIgilIzed  by  Gbogle 


DÈ  DITLOMATIQUE.' 
un  fragment  de  la  loi  agraire , gravée  fur  une  table  de  bron- 
ze du  Cabinet  du  roi  à Fontainebleau  , du  tems  de  Charle 
IX.  C’eft  lut  le  deflein  de  Hamon,fecrétaire  de  ce  monarque, 
que  le  favant  BénédiéHn  a publié  ce  modèle  d'écriture  ; mais 
il  n’a  point  entrepris  de  le  lire , 6c  encore  moins  d’en  fixer 
le  fens.  Toute  la,  difieulté  vient  des  figles  , qu’on  ne  peut 
expliquet  qu’en  devinant  ; furtout  lorfqu’on  n’a  pas  l’origi- 
nal entier  fous  les  yeux.  En  vain  avons- nous  cherché  a éclair- 
cir ce  texte  au  moyen  des  Fragmens  des  Loix  des  douze  ta-' 
blcs , & de  la  nouvelle  Hiftoite  de  la  jurifptudence  romaine. 
Nous  fommes  réduits  à rendre  chaque  mot  en  latin  ordi- 
naire,& à fuivre  Sertorius  dans  l’interprétation,qa’il  donne  aux 
figles  ou  notes  des  Romains.  pro  agris  , locis  , adifi~ 
ciis  , qui  fuperius  fcripto  populo  deberetur  debebiturve  , aii- 
ter  exigere  ^Jîc  ratur  : cuque  utique  in  hao  lege  fcriptunt 
ejl  ; Quœ  fuprà  fcripta , funto  arbitrio  Prêtons  , qui  inter 
cives  tum  Romajus  dicet  fatis  fubjîgnato.  Nous  li^otu  dans^ 
ce  texte  ratur , que  nous  croyons  être  mis  pour  retur^  cen*- 
fet,  t*.  Marco  Vallio  , Caii  filio  , Quiro  Rufo  , equo  pu- 
idico  exomato  à divo  Antonino  augujlo  pio  ,-  Plebs  Gauli- 
tana  , ex  aere  eonlato ,ob mérita  & injolacium  CaiiValli Pof- 
tumi y Patroni  municipii  patris  ejus.  Le  monument  liir  le-' 
quel  eft  gravée  cette  mfcription  fépulcrale  , fût  érigé  aux* 
nais  du  peuple  de  ta.  ville  œ Gozo , voiltne  de  Make.,  pour* 
honorer  la  mémoire  de  Marcus  ValliusQuirus,  décoré  du  titre' 
de  Chevalier  romain  par.  l’empereur.  Antonin.  M.  lexomte- 
}ean-Antoine  Ciamar.  n’a.  (n>'  rapené  cette  épicaphe  que  par 
ocafion  dans  la  dillèttation , publiée  en- 174#.  ) tleratüi 
(b)  Macufçno  & Haevce  Ulpia  Lupi  defun3i  & Ulpia  Am- 
mava  pro  natis  votum  folvunt  ! liben/tes  mérité.  Avoir  lü  cette 
infcription  , c’eû  en  avoir  découvert  le  fens.  Elle  eft  au 
moins  du  1 v?;  ficcle.  Le  0 , qu’on  y trouve , eft  le  ligne  de  lai 
mon , 6C  Ce  nnd  çu  defitnàusi  La  choie  eft  trop  cormue, 
pour  que  nous  lbyoRs>  t^ligés  d’en  donner,  des  p/euves.  4pi 
I^llu.  Ces  fept  lettres  , aprochant  de  l’écriture  coosante’&l 
expéditive.,  gravées  au.^  d’unç  figure  Ciy'gauloifé , 

, (i)  Chnlc)<î«iiM»<«».l«ctf»  do  &.  I moK*.  Oo  fcar  voit  Jattt  ltr4(ttigié»  Jh 
•OKv^uûeBt  xfnf(xjaée».4u».^  ton-  I Cfm/Mcpk'eUeiMit'fafigiüfiaMioadetn 
beaux  avec  les  ccn<licsdi>4«w  fSWcMM  I r^atbokt.  >.  . . 

Ffff  ij 


I I.  PARTIE., 
StCT,  III. 
Ch  A P.  XI. 

Ann  CL  a.  !.. 


• M 


(4)  De 

oeffT  tfv 

fqfi  i»  Mtliu  «r-‘ 
t*.  Di£irl.  f.  6. 
(i)  Saftmm  te 

t.  l.p.Si. 


■< 

'.  V.'n 


(Toogle 


II.  PARTIE. 

S I C T.  III. 

C H A ».  XI. 
Aat  1 C1.1.  I, 


(4)  Rms 
t-  }>«• 


(I).  Orign.  m 

J ti.Uk.  3. 


//.  ESPECE. 


{c)  ftmuamt. 
h «<4- 


Ç/)Uié/.uS.x. 


(<)  £«  BUi$e. 

f. 

. ) 

(/)  Mf.  A. 

SW.Ai.p.  a?}* 


F.  h nnmim 
aàitm.  Bntm  tm 
ultifm. 


y9<r  NOUVEAU  TRAITÉ 
compose  d’une  pâte  de  terre  grifàtre  & reprëféntant  une 
femme  , qui  étreint  & embraife  un  petit  enfant.  D.  de 
Montfaucon  n’a  pas  voulu  hafarder  FexpHcatitm  de  ces  ca- 
raâères.  Mais  D.  Jaque  (i)  Martin  a été  moins  timide,  y®. 
Irene  (i)  ia.  calda  : Agape  mifet  mi.  Cette  in6;ription  (ë- 
pulcrale  {a)  eft  une  demande  que  l’on  fait  an  Dieu  de  Paix 
& de  Charité,  pour  en  obtenir  du  foulagement  : c’eft  même 
une  invitation  aux  fklcles  de  venir  faire  des  prières,  à J,  C^ 
fur  le  tombeau  du  déflint  , & d’y  prendre  & d’y  donner  aux 
pauvres  des  repas  de  charité^  félon  l’ufage  de  la  (é)  primitive; 
Ëglifê. 

Des  lettres  formées  d’un  fêul  trait  te  intrinféquemenc 
courbées  diftinguent  la  féconde  efpèce  ,dont  notre  planche 
préfente  quatre  modèles.  x“.  Hereoertk  eft  la  légende  d'une 
(c)  mcmoie  de  Ceolvufroi  des  Merciensen  819.  Ce  rK>nr„ 
dit  le  chevalier  Fountaine  lignifie  en  faxon ctarm  in  ar- 
mis  te  en  dano-fâxon  , Dominas  iUufiris.  If  prétend  prou- 
ver par  la  refTemblance  de  ce  nonv  avec  celui  ÜHorbept  ^ 
porté  par  le  comte  de  Pembroke  te  de  Montgoenmeri , que 
la  fiinulle  de  ce  feigneur  étok  déjailluflre  il  y a près  de  mille 
ans.  Cependant  ce  nom  fore  conatnua  enNornâandie , n’eft 
gravé  au  revers  de  cette  pièce  de  monoie , que  pour  faire 
conoitte  celui  qui  l’a  firapée.  a*.  Edelret  Rex , eft  la  légende 
d’une  autre  nnonoie  (d)  atiglofaxone  , au  revers  de  laquelle 
le  monétaire  s’eft  apeÙé  Broder.  M.  Fountaine  i^a  nas  bien  dér- 
chifié  cette  monoie.  3®.  /fago/Jex,  eft  empreint  fur  un  («)  de- 
nier d’argent  deHugue  capet.Dans  cette  légende  fiedans  la  pré- 
cédente, l’X  prend  la  fijrme  ordinaired’unectoix.4‘’.  Si^lunt 


(>)  Il  »t  *ote  pM  (/)  ne 

lêieoc  detu  meo  gaolois  . mais  dont  la 
Ügni^rinn  c<{  celle  de  ces  dei»  grecs 
iu  ri\te , triiitDtm , pour  payer  Irttt- 

l)Qt:c'eft-à-dire,poorle  pria  du  padàge 
dp  cette  vie  it  reteniiid.  te  dc^me  de 
l'iimnottaliid  de  l'ame  , aaffi  ancien  «jne 
k monde , n'avAic  paini  M oabrii  cnea 
iei  Gaulois.  TtUm  te  TaUtu  en  langne 
teltk]ue  Tein  dire  payement  & TmUm 
payer.  Mais  iftilltt  ne  viendcoit-il  pas 
ploràr  do  asot  * , ^ui  f/)  %niSe  fc 
de  Titf , tarie  gradé,  d^eroj^e  St  rod- 
kc  arec  da  ira  ! Ces  atou  n'fxprimtnc 

l 


peatdtre  qoe  fa  qnalitd  dé  ^argile , donc 
la  figure  eft  compolée. 

(t)  Irmc  te  Afmft  linr  deux  noms- 
gtecs,  qui  fignîMnt  b Fais  & bCba- 
lité.  Cmda  eu  mis  pour  tslid» , mi  pour 
mM.  Va  tomBeau  bit  en  fiirmc  d’as— 
eide  , ^s  I*  cimetiire  romain  des  SS. 
matty»  Pierre  <c  Marcellin  , repidkaie' 
an  haut  J.  C.  Ibos  b %ure  du  Mo  PaC' 
teor  , an-dcdolk  duquel  eirlit  nacre  inC- 
criptioo.  Eoroicé  paroit  une  cable  en  de- 
mt-cerck,coarerce  de  mets,  & fia  coarih 
ses  , dont  l'an  eft  debout  II  tiaat  ane 
eoapc  i la  aiaia. 


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II.  PARTIE. 
Sicr.  III. 
Ch*o.  XI. 
Articii.  I, 

(•J  M*Ux  Ftn 

I, 


DE  DIPLOMATIQUE.  J57 

C«nftantie  de  Lega.  Lefceau  ,qui  porte  cette  infcrùption  , eft 
du  règne  de  Henri  III.  roi  d’Angleterre.  Ainfi  les  beaux  cai- 
laâères  romains  , aportés  dans  cette  île  par  les  Normans, 
y étoient  encore  en  ufage  , vers  la  moitié  du  xi  1 1‘.  (lècle; 
quoique  le  gothique  modère  eut  dé>a  £ût  de  grands  pro- 
grès en  Europe.  Ce  [a)  fceau^ndanc  eft  de  figure  oblongue , 
terminée  haut  & bas  en  ogive , comme  ceux  des  femmes.  Il 
repréfente  une  dame  , portant  un  oifeau  fur  fa  main  gau- 
che , & tenant  en  là  droite  un  bâton , terminé  en  fleur  de  lys. 

La  troiiième  efpèce  eft  à demi  courbe  , ou  mêlée  foit  de  ESPECEt 
, jambages  , foit  de  traverfes  droites  Sc  courbées  en  queue , 
dans  quelques  lettres.  Envoie!  les  exemples,  figurés  lur  no- 
tre planche.  1°.  VJI.  quoque  idus  januarii  , quâ  die  pri-  ' , 

mum  imperium  or^  terrarum  aufpicatus  ejl  , thure  , vina 
fuplicent , & hojtiat  JùiguU  immolent  / Ct  colonit  incolifque 
mus  , yinum  , eâ  die  prcejlent.  Ceci  £iic  partie  de  {b)  l'mC- 
cription^  gravée  fur  un  autel  de  marbre  btânc , que  la  ville  ou 
colonie  oe  Narbone  érigea  l’an  xi,  de  J.  C.  à la  divinité  de  .. 

Üempereur  Augufte.  Les  Sévirs  (e)  dévoient  <»  immoler cha-  (t)  itu.f.  i*t. 
n cun  une  viâime  fur  cec  .autel  & diftribuer  de  l’encens  8c 
. O du  vin  aux  citoyens  & aux  habitans  de  Narbone,  pour  en 
» faite  des  libations  à l’honneur  d’ Augufte.  « a*.  Lucius  Ae~ 
miüus  Carpus  Sextufgvir  augufialis  , item  Dendrophorus 
vires  excepit  & à Vaticano  tranfiuUt  , aram  Ù bucranium 
fuo  inpendio  confecravit.  Ce  n’eft  ki  qu’une  partie  de  l’inf- 
cription  du  (ij  Taurobole  trouvé  à Lion  ,&  repréfenté  danc 
ïAntiquké  (d)  exfdicpée.  Au  milieu  de  l’infcription  eft  une 
tête  de  taureau.  Le  lens  des  paroles , qui  nous  fervent  ici  de 
modèle, eft:  Lucius  Æmilius  Carpus  Sévit  auguftale  ( ou 
Ean  des  fix  prêtres  d’ Augufte  ) 8c  (tj  Doidrophore  a reçu  la 
tête  & les  cornes  (du  uureau  1 & les  a tranfpor^  du  Vati- 
can. Il  a confacré  à Tes  dépens  l’autel  & le  ctâne  du  taureau. 


(I)  Pifi.  Jt 
!•  I-  Pnm  f,  I, 


(W)  Tm,  1.  fmrt, 
1.//.74./.  ir<- 


. (i)LeTantoboIeAoitDnccér£inonic, 


tOc  coofiAoit  i égorger  do  taoieaa  le  ï 
Çûcc  tomber  Toa  for  no  prêtre , pli- 
« ttao)  tme  foflé , et  qui  recevoir  cette 
floie  de  (âne  Tur  fa  tete , for  Coa  corps 
It  (or  les  baoits.  Les  payeos  , û ton  en 
«•ic  qaelqim  aKawa  , iaTtatitene  k$ 


Taarobolef,  pcmr  resopofet  ao  Baptême 
des  Chrétiens. 

(s)  Oa  apclloit  Dmdrtfheri  chex  le* 
payent , ceini  qui  ponoit  des  arbres  o* 
des  branches  d’arbres  dans  les  cérémo- 
nies. Cétok  I»  o&e  de  lent  ËwiTç  tel»- 
gion» 


.•1  . 


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II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
CHAr.  XI. 
AATtC-LE  I. 


(a)  Cic.  Oral. 
. fnSlatt*. 


{h)  It  B’.Mt. 
p.fi..n.  }. 


(c)  RW«f.  lUi 
Ctutl.i.  i.f.iai. 


(J)  L$  Blanc, 
f,  lOO.  ».  A. 


y, 8^  NOTJVEAtr  TRAITÉ* 

^^.Ludllàii)  AguftaVirgo  , çfli l'infcri^cion  (a^  d’im ancien 
cachée  en  forme  de  bague , du  Cabinec  de  (àince  Geneviève.  > 
On  employoic  canrôc  la  craie  afiacique  , & tantôt  la  cire  ' 
pour  fceller  Bc  cacheter  les  lettres,  4®.  Accenfor  enfi  tvafit, 
C’eft-à-dire  : L’incendiaire  s’eQ^uvé , l’épée  à la  main.  Ces 
mots  , qu’wi  n’a  point  entendu^  ni  bien  lus  ("z)  jufqu’à  pré- 
fent , font  gravà  fur  une  porte  à demi  ruinée  de  la  ville  < 
d’Ephefe.  Ne  feroient-ils  point  rélacifo  à l’atentac  d’Erof- . 
trate , qui  pour  immortaliler  Ton  nom , brûla  le  magnifique 
temple  d’Ephèfe  , plus  de  trois  cents  cinquante  ans  avant 
J.  C ?*y*.  Cratia  Dei  imptratorl  Ici  le  C tient  la  place. du  G. 
Cette  formule  fi  ordinaire  dans  les  diplômes  , fe  lit  au  re- 
vers d’un  denier  [b)  d’argent  , firapé  à Tonnerre.  M.  le  Blanc  • 
donne  cette  monoie  à Charlemagne , ajoute  que  c’eft  la 
plus  ancienne  , qu’il  ait  vue  avec  cette  infeription.  6°.  Deat  , 
B ibradi  Publias  Caprilus  Pacatus,Sextumvir  augufialis^vO' 
tum  folvit  libens  merito.  Cette  infeription  , (c)  gravée  fur 
une  plaque  de  bronze  , fut  trouvée  dans  la  ville  (fAutun  en 
1679^  Elle  anonce  un  vœu  , fait  par  un  des  prêtres  ou  fe- 
virs  augùftales  à la  DéelTe  tutelaire  de  Bibraûé  , ville  capi- 
tale des  Eduens  , & qu’on  croit  être  Aucun  en  Bourgogne. 
7®.  Dominus  Hludowicus  imptrator  aueujlus.  C’eft  la  lé-' 
gende  d’un  fol  (d)  d’or  fin  de  Louis  l»tftbonaire.  Au  revers- 
nous  trouvons  ces  caraûères  M A N A-IO I A N A I N.  On-ne- 
peut  en  former  un  feos , qu’en  fiipofànt  que  quelqu’une  fiant  ■ 


(i)  Aii^a.AtûspeaiAt^a,iya-  1 
lit^  (jov  De.f cat  conveoic  qu'à  la  fcmnic , 
à la  fi\Ie  QU  à la  fœur  <Tuo  empereut. 
Cent  bague  «a  cachet  antique  ie  bronze, 
{t)CaUntlJtSlt  dpane , Tqlon  I?  P.  du  (e)  Molinet,  la 

Gtnav.  P-  17.  figW  ^ ‘ 

' Loeios  Venu , ou'on  dit  dans  ^çlques 

i4isiaaiicaJdgCQ4et,  aaoia  did  peilddde  du 
(/)  Snpim.  i démon  , & dclivtdepar  un  faint  dvéque 
FAmiq.  txfl.  I.  J.  dTiwy^lis.  Le  titre  de  KiV/a  dans  l’inf- 
//.  J4.p.  t)i.  OTlition  , femble  marquer  une  autre  L«- 
Æf.  L'empereur  Commode  eut  une  (ôenr 
^^e  nom.  Elle  fut  violée  par  fon  pro- 
(r)  Btlat.  dn  ^ joignant  la  cruauté  la  plus 

wyage  dn  Levant,  tqibate  à.  la  plus^onteufe  padion  , l'e- 
r.  a.p.  Jty.  dans  Hle  de  Captée  , oïl  il  la  fît 

mourir  quelque  tems  apres. 

(1)  O.  de  Moniàucoo  (/*)  a lu  Acenfe 


.renfié'  -^fiae  t d'où  il  a conclu,  que  cette, 
inéription  mntilét  ne  fait  aucun  feni.  ^ 
Avant  lui  , M.  de  Tournefort  (i)  avoir 
avoué  qu'il  n'y  cottiptcneit  tien.  Dans  ce 
dernier  auteur  , rpitcciptioa  ell  ainlï  diT-. 
pofée  ; 

Accznsorensi 
Z T Astat. 

,11  e/l  très-probable  que  Iç  premier  Cia- 
[veur  n'a  point  prétendu  tendre  le  deflei»^ 
'de  l'infcription  de  M.  de  Tournefort.’ 
*Mais  le  graveur  deD.  Bernard  aura  fui- 
vi  Ton  dclTein.  Autrement  il  n'autoitpa»' 
' teptéfebeé  cette  infetiption  avec  des  ca-‘ 
raélércs , qui  ne  redemblent  tontafut 
aut  romains  ordinaiict.j  tc_  beaucoi^ 
'-moins  à ritalique. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  5,9 
renTCrfës  , tranfpofës  , &c  qu’on  a oublié  d’ajouter  à l’O  '^SSSÊÊÊBS^ 
une  pointe  courbée  vers  la  gauche , & à l’I  une  autre  pointe  >*•  p a r t lÈ. 
inclinée  vers  la  droite  , ce  qui  donne  le  oncial , & l’f  mi-  ^ « aV  x*f 
nufcule.  Dans  cette  hypothcfe  , on  trouve Muaus  divinum:  Axtici.t.  i. 
légende  qui  paroit  fur  une  autre  médaille  du  même  empe- 
reur. 8°.  Aquitania  remplit  (a)  le  revers  d’une  autre  raonoie 
du  même  moiurque  , qui  polféda  le  royaume  d’Aquitaine 
jufqu’en  814. 

Des  lettres  à traits  courbes  adod'és  , & tranchés  haut  ic  IK  £SP£C£. 


bas , par  des  bafes  &:  des  fommets , produilèoc  la  quatrième 
cfpcce  des  écritures  capitales  courbées.  Nous  en  avons  fait 
graver  quatre  modèles.  1°.  SPQR.  Ces  quatre (igies figni- 
hent  : Senatus  Populufque  Romanus.  C’eft  la  légende  d’une  (b)  (t)  Tkcrni  J 
médaille  de  plomb , portant  au  revers  le  fyn^ole  de  k vie-  ^ 

toire.  t°.  Edirin  Rex  Anglorum.  Walker  (c)  croit  que  la  *(’/ 
monoie  , qui  porte  cette  légende  , apartient  à Edwin  , roi  pi-ym  t-  ‘*»- 
de  Northumberland  en  617;  En  ce  cas  , c’eft  la  plus  ancienne 
pièce  anglofaxorme  , qu’on  connoilTe.  l.’W  y prend  la  figure 
du  P.  3°.  Otto  Dei  gratiâ  Rex.  C’eft  l’infcription  (<^d’un  (li)  chr»»ù.Gnt- 
fceau  , apliqué  au  bas  d’un  diplôme  d’Otton , dit  le  grand,  '**• 
roi  de  Germanie  , Sc  premier  empereur  alleman.  L’écriture 
fingulière  de  cette  légende  difère  de  celle , qui  paroit  Air 
plufieurs  autres  fceaux  (e)  du  même  Prince.  Il  n’elt  pas  éto-  {»)  lîtintccim  ié 
nant  qu’à  chaque  mutation  de  fceau,  on  change  de  caraâères.  *• 

Fridericus  Dei  gratia  Romanonim  imperator  augufius. 

Cette  légende  du  fceau  {f)àe  Frédéric  I.  montre  pmiieuts  (f)chmic. 
lettres  dans  le  goût  de  celles  de  la  précédente.  Cette  écri-  G»rfiw./p.  jf». 
ture  par  conféquent  ne  doit  pas  être  fufpeéle.  Les  conjonc- 
tions de  rV  avec  l’S  &c  de  l’O  avec  l’R  font  remarquables. 

La  cinquième  efpcce  d’écriture  capitale  à double  demi-  espece. 


cercle  , dans  les  E &:  les  G , n’eft  p.as  rare.  On  voit  des  E de 


cette  figure  non  feulement  chez  les  Grecs  ; mais  encore  chez 

les  {g)  Latins,  dès  le  fécond  fiècle.  Notre  planche  n’en  donne  W 

que  trois  exemples.  1°.  Pauli  epifeopi.  Ces  mots  font  furie 

revers  d’une  ancienne  bulle  de  plomb  , publiée  par  {h)  Fico- 

roni.  Ce  favant  homme  ne  doute  point  qu’elle  n’apartienne 

à un  des  deux  évêques  de  Naples , du  nom  de  Paul  ; lefqoels 

vécurent  au  viii®.  fiècle.  1®.  Sigillum  Rotbeni  Averfani  (•)  Mktm.  smif. 

epifeopi.  Cette  infeription  eft  empreinte  fur  un  {i)  fceau  de 


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?oo‘  NOÜVE'AtJ  TRAITÉ 

cire  , ataché  à une  charte  deiRobcrt  évêque  d’Averiâno  ^ 

donnéel’aB  iiij.  j®.  £K/?o/giï.  Ce  nom  paroit  fur  un  fceau' 
'(?  ¥ * ».  X r.  deftiné  à marquer  le  nom  de  fon  polTefleur,  plutôt  fur  la  cire 
a>Ticii.  I.  ou  la  craie  préparée,  que  (a)  fiir  le  papier. 

Les  jambages  des  lettres  de  la  Cxieme  efpcce  font  terrai- 
rp.ESPBCS,  nés  par  des  croilTans  internes.  Ils  leur  tiennent  lieu  pour  l’or- 
dinaire de  bafes  & de  fommets.  Voici  les  modèles  de  cette 
écriture , repréfentés  dans  notre  XXVIl®.  planche,  i®.  Une 
f»)  U n'Mt,  (^)  monoie  de  l’empereur  Louis  le  débonaire  donne  au  pic. 
lOi.  ».  ».  40.  mier  côté  Ludowicus  imperator , & dans  le  champ  Jioma  en 

monogramme  ; au  revers  , SanSus  Peints  , & dans  le  mi- 
lieu , Pafckalis  , autour  d’ÿpe  croix.  C’eft  le  pape  Pafcal  I. 
dont  il  s’açit  ici.  a®.  Pari , c’eft-à-dire  Panjius  , eft  gravé 
U)  BmtntMi.  fur  un  denier  d’argent , repréfentant  ("c)  la  tête  de  Clotaire 
/'  ‘57-  II.  avec  un  diadème  perlé  & une  croix  , plantée  fur  le  front. 

De  l’autre  côté  , M.  Bouteroue  ne  voit  que  la  croix  fans  lé- 
gende. 11  n’eft  pourtant  pas  diôcile  d’y  découvrir  Clotarius 
en  monogramme,  j®.  Maximinus  monetarius  Ancoté 
(«5  iM.t.  148.  médaille , au  revers  de  laquelle  on  lit 

CharibertusRex ,t^ . Diis  Manibus.  Tito  AelioAuguJli  libeno ^ 
Titiano  Proximo , à Uhris  Sacerdotalibus  , defunSo  Camun~ 
si  annos’  xm.  menfes  iii.  dies  x/x.  marito  virgini  dulcijUi- 
mo  Ù incomparabili  benèqut  mérita  : quem  Jitneravit  Flavia 
Ampelis  coniux  parijUîma,&  reliquias  ejus  gehnijfulmperatoris 
ipfa  penulit  eonfecravitque.  Cum  quo  vixa  annos  xii.  menfei 
III..  dies  XXI. fine  ulld  querella.  Dans  cectç  belle  épitaphe  ( i ) 

(i)  Nous  fcxfliqaons  sin<!  en  no  tir 
Jangne.  » Aux  Dieux  Manet.  A T*t“s 
» Ælius , afranchi  d'Augufle  , & fur- 
M nommé  Tiriamu  Proiimus.  Il  eut  la 
>>  garde  de*  livtes  faeerdotaos,  U mou- 
X nie  à Camonte  , après  quanmie  - deux 
X aps , trois  mois  , dix- neuf  jours  de  vie. 

•>  Ce  fur  un  mari  ineoni^rable , & d'une 
.extrême  douceur  envers  fa  jeune  & 

X très  - cbere  époolê  Flavia  Ampelis. 

X Après  l'avoir  nCeveli  , die  a con- 
.1  duit  fa  pombe  funèbre  : elle  a porté 
X elle-même  fes  os  & Tes  cendres  , avec 
» la  petmiffim  de  l'empereur , & les  a 
xconCutésaux  Mânes.  Elle  a vécu  avec 
X fan  digne  epoux  douze  ans , trois  mois, 

du 


» 8c  vingt  8e  un  jours , lâns  aucun  liijec 
» de  plainte.  « Depuis  <]ue  les  empe- 
reurs romains  eurent  emporté  par  bri- 
gues le  fouverain  Ponti6car  ; ils  encenc  à 
leur  difpolicion  les  livret  racerdotan  , 
où  éroient  renfermés  les  myftères  abo- 
minables du  paganifmc.  Augulle  , e» 
qualité  de  fouverain  Poniife , permet  à 
Ampelis  de  faire  cllc-méme  , 8(  fans  le 
minillère  des  prêtres  , la  confécratioa 
des  os  de  Ibo  mari  ; quoique  ce  fit  une 
cérémonie  religieufe.  On  peut  voir  foc 
cette  inferiprioD  , outre  le  livre  cité  dans 
le  tcxre , les  mélanges  de  M.  d'Orville 
t.  j.p.  ISO.  8c  la  4*.  DilTert.  rTAdricn 
Reland  , de  mimm.  Saxutrii.  pt  iti.  , 


Diç::L..J  by  C'=-  -ogls 


DE’  D I P L O M A T I Q Ü E.  «o  t 
du  premier  ficelé  , publiée  fa)  par  M.  Papenbroc  , les  extré- 
mités de  quelques  lettres  font  terminées  en  croilTanc  , & les 
E ôc  les  L un  peu  courbées.'  j®.  Jacobus  IIJI.  D^i  graiiâ 
Rex  Scotorum,  C’eft  la  légende  (b)  du  premier  ( i ) médailr 
Ion,  qui  ait  été  frapé  en  Ecofle.  6«-  Papia  eft  le  nom  de 
la  ville  de  Pavie  , gravé  au  revers  (c)  d’une  monoie  de  (i) 
Charlemagne. 

L’écritufe  de  la  lêptième  efpcce  a des  traits  courbes  adof- 
fés  & prolongés  en  demi-cercle  au  moins  par  le  haut.  Notre 
planche  en  préfente  deux  exemples.  i°.  Eadward  Rex.  C’eft 
la  légende  d'une  {d)  monoie  ae  S.  Edouard  le  confefTeur , 
roi  d’Angleterre , après  le  milieu  du  x i *.  ficelé,  a®.  Sans  plus., 
fans  plus.  C’eft  une  devilè  du  xv'.  dont  le  fens  nous  eft 
ablblument  inconnu.  Elle  eft  peinte  en  caraâcres  renou- 
vellés  , au  bas  du  (d)  tableau  , où  Pierre  le  Baud  préfente  à 
Jean  de  Chateaugiron  fon  livre  de  l’iiiftoire  de  Brétagne. 

II.  L’écriture  conjointe  & enclavée , mais  formée  de  pu- 
res lettres  latines  capitales , carées  & mixtes  , fans  mélange 
d’onciales  , de  minufcules , de  curfives  , de  barbares  &c  d’ir- 
régulicres  , eft  renfermée  dans  notre  dixième  genre  , com- 
'pofé  de  lêpt  elpèces. 

La  première  n’admet  dans  fes  lettres  ni  ba&s  ni  fommets. 
En  voici  deux  modèles.  : ’ 

1°.  Precor  ego  Ilpericus  non  auferantur  hinc  offa  mea. 

Tempore  nullo  vola  hinc  tollantur  offa  Hilperici. 

L’an  1643.  on  découvrit  dans  le  préaü  du  cloître  de  l’ab- 
ba'ie  de  S.  Germain  des  Prés  un  tombeau  de  pierre  avec  ces 
deux  inferiptioBs.  La  (e)  première , peinte  en  vermillon , fut 
trouvée  au  dedans  du  cercueil.  L^econde  étoit  gravée  fur 
le  côté  extérieur  de  la  pierre  , qui  couvrok  le  tombeau.  On 


(i)  Il  cfb  rare  <le  trouver  des  mé- 
d4ÜIc^  proprcmcnc  dires  , frappes  dans  ta 
grande  Batagnc  * avant  le  rcgnc  d*Eli- 
fabet.  L'ufage  n’en  cû  devenu  frd.^ncnc 
et)  Europe  qu’au  ivi',  Eccic.  Ce  fut  le 
pape  Paul  11.  qui  cooimcnça  à faire  fra* 
uerdcsiTi^daitlcï , pour  les  mettre  dans 
les  fbndcmcns  des  ddiBces  publics  , qu’il 
üiifoic  conilruire  ; afin  d’ea  marquer  le 

Tome  II. 


crms  à la  poftéiicé.  En  quoi  il  imiioic 
les  anciens  empereurs.  Voyez  Platine 
daj»  la  vie  de  ce  Pape. 

(1)  Cette  monoie  a pour  l^cnde  du 
côté  de  la  croix  : Cttrltii  Rex  Frxneerxm. 
Ce  titre  ne  peur  convenir  qu'à  Cfaarlc- 
rnagne  , qui  le  tendit  maitte  ds  riialie 
avant  que  d'être  empereur. 

Cggg 


II.  PARTIE. 

S*CT.  III. 
C«*P,  XI.S 
A»tÏci.i.  I. 

(x)  Bmitveter. 

memanent.dêfirif. 
<ferx  Fr.  Oxdn- 
derfii.p.  lo.  no, 
(ê)  SeleélHs 
<■>7».  t3>  diplern. 
SettU  thefeur.  ftt- 
fxt.p.i*. 

(r)  t-e  Btsne. 
f,  8*.  tel.  i.  ».io. 

m.  ESPECE. 

rhenxrch.  fr.  /.  t 

tl.ii. 

Ecricanp  en  pore* 
lettre*  capitales  , 
coojoitues  & en- 
clavées. 

X.  genre. 

I . ESPECBt 


(e)  Ah«*1.  BmeJ. 
t.i  P,  lip.W/l.dë 
CM.  de  S,  Garas. 
p.  II. 


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ri.  PARTIE, 
SiCT.  III. 
Ch  AF.  XI. 
Akticii.  I. 


il'.  ESPECE. 


{m)  Tbef*ur,  Mo~ 
fel.  iti.  I f.  88. 


(h)  Iltiil.  f.  I <. 

tjih.  J .7». 


{c)  ThefmHr.  Mt- 
rtl,  ^.88.  tab.  i. 
n.  V. 

(iMhU.f  5.1. 
(t)  Ibid.  f.  84. 

tàb.  X.,|7.  4. 

^/)  fbid,  tab.  i. 
».  J. 


601  NOUVEAU  TRAITÉ 
croit  que  ce  Hilperic  étoit  quelque  perfone  de  qualité  & 
peurctre  un  prince  de  la  maifon  royale  de  la  première  race 
qui  avoir  fa  fépulture  dans  cette  abbaïe.  Dans  les  deux  li- 
gnes d’écriture  de  ce  monument , la  même  perfone  eft  apel- 
léc  Ilptrkus  & Hilpericus.  Les  lettres  n’en  font  point  on- 
ciales , comme  l’a  cru  D.  Mabillon.  x°.  Ht  funt  Reliquie 
Beau  Tecle  , virginis  & martyris^  que  Hiconie  oriunda  fuit. 
De  Aine  'veto  à Paulo  Apofioio  converfa  Seluciam  requievit. 
Cette  infeription , gravée  fur  une  plaque  de  plomb , fut  trou- 
vée  en  j699-  lorfqu’on  ouvrit  (i)  la  châfTe  de  fainte  Thé- 
cle  , pour  en  tirer  une  portion  des  reliques  de  cette  illulbre 
vierge  &c  martyre.  Dans  ce  modèle  d’écriture  enclavée,  l’« 
tient  toujours  la  place  de  l’«. 

Des  lettres  à traits  arondis  par  le  bout  des  jambages  dif- 
tin^uent  la  fécondé  cfpèce.  Notre  planche  lui  fournit  dix 
modelés.  I®,  CLf^.  Tibenus  Claudius  , Tièerii  filius  , Ap- 
pii  nepos.  On  lit  ces  noms  écrits  z49.  ans  avant  J.  C.  dans 
l’exergue  d’une  (a)  médaille  de  la  famille  Claudia.  M.  Ha- 
vercamp  eft  porté  à croire  que  les  lettres  clv  défignent  le 
numéro  des  matrices  de  cette  monoie.  a“.  Lucius  Antejlius. 
Roma.  C’eft  la  légende  d’une  {b)  médaille,  frapée  à Rome, 
iii.  ans  avant  l’ère  chrétienne  , & dans  le  tems  de  la  fé- 
condé guerre  Punique  contre  Annibal,  j®.  Appius  Clast-. 
dius  , Titus  Manlius  , Quintus  Marcius.  Une  médaille  fra- 
pée 174.  ans  avant  J.  C.  donne  (c)  les  noms  de  ces  trium- 
virs monétaires.  Goltzius  & Vaillant  (</)  ont  mal  rendu  les 
trois  derniers  figles  de  cette  légende.  4°.  Csuîus  Calpur- 
nius.  Roma.  Ces  mots  fout  gravés  for  (<)  une  médaille  , fra- 
pée à Rome  , 14^.  ans  avant  l’cre  chrétienne.  Calpurnius 
étoit  fils  de  Lucius  Manius  Acilius  Illvir. 

Valetudinarius . C’eft  laHégende  (/)  d’une  médaille  , qui 


(i)  Cette  cbîlTc  eft  conrervée  dans  l'd- 
gUrc  dfc  ChamaBdies.  C’eft  un  ancien 
monàftdré  ,'*Int  on  a fait  une  Collé- 
giale. La  ponion  de  ni  wéeleufes  reli- 
tjues  ftit  donnée  i M.  rârenevêoue  de  Pa- 
lis , louis  Antoine  de  Noailles.  Voici 
l’infcription  en  françois  ; » Ce  font  ici 
les  ReEques  de  la  bienheutenre  Thé- 
m de  , TÎctgc  le  martyre , qui  naquit  à 
» IcoDC.  Mais  ayant  été  convetiic  à ta  I 


» foi , par  l'Apôtre  S.  Paul  5 elle  finit  fes 
'»  jouts  à Séléucic.  n On  trouve  grand 
nombre  d’écritures  dans  le  goût  de  cette 
infeription.  Voyei  ei-apres  , Oirifion  II. 
genre  Vni.  elpécel.  Polygraphie  elpa- 
gnole  planche  I. apres  le  folio  xvi  i.  Mu- 
raror.  Antiq.  irai.  col.  iip.  n.  x.  ti  8. 
Mém.  de  l'Académ.  des  lofoript.  t.  8. 


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DE  DIPLOM  A‘TrQUÈ.\  . 

reprëfence  la  Déell'e  de  la  fanté.  Acilius  écoic  mi  des  'trium-  -r* 

virs  chargés  de  veiller  à l’entretien  & à la  décoration  du-  teni-  1 1.  partie, 

pleidecette  Divinité.  6®.  ,^a/iaj./îo772a.Cesmots(elilent  du 

côté  de  la  tête,  fie  Manius  Aciliiu , au  revers  (a)  d’une  mé-  ARri*c‘i.  *r 
daille  , ftapée  à Rome  131.  ans  , avant  J.  C.  Au  lieu  de  U)iUd.,.^. 
Manius  j nous  aimerions  mieux  lire  Munatius  5 furtout  li 
rV  n’èll”p’oint  un  A renverfé.  7°.  Lucius  Pifo  Frugi  ^Rorna. 

Lxxy.  C’eft  ainfi  que  nous  lifons  le  revers  d’une  {b)  mé-  H)  nu.  p. 
daille  de  la  famille  Calpurnia.  Elle  fut  ftapée  au  tems  de  '**•  i-  ”•  '*• 
Cicéron.  Le  mot  Roma  y eft  écrit  en  monogramme  .-  ce  qui 
prouve , que  cette  maniéré  d’écrire  les  noms  , remonte  à la 
plus  haute  antiquité.  Les  chifres  de  la  médaille  marquent  le 
numéro  des  matrices  , ou  peutetre  la  valeur  de  cette  mo- 
lioie.  8*.  AjjXXXII.  Tiberius  Claudius  Tijperii  filius 
A§ii  nepos.  Nous  trouvons  (c)  douze  médailles  avec  cette  M nu.  p.  *8. 
infeription,  excepté  les  chifres.  On  y voit  les  memes  conjonc-  i-  d-  f.  s»i. 

tions  de  lettres.  Lei  renverfé  vaut  cinquante,  comme  dans  la' 
loi  romame  , dont  le  P,  Mabillon  a {d}  publié  unftagnKnft^  W d,  rtUptom. 
L’A , qui  précède  le  T renverlë,  marque  qu’il  né  faut  compter  ^ i ♦f- 
(e)  qu’une  fois  Lxxxii.  9^.  Marcus  Kargunteius.  C’eftlenom  (»)  v»Ur.  Vrohi 
d’un  des  triumvirs  monétaires  , au  tems  de  la  fécondé  guerre  Rofpan.  //- 
Punique.  Il  eft  gravé  for  une  (J)  médaille  de  la  famille  An- 
teftia.  10°.  FræJeBus  Claffi  fi-  orœ  niaridmæ.  Ex  Senatus^  *{f)rVfIur‘.tn- 
confultb.  Une  médaille  , ftapée  pis  ordre  du  Sénat  en  l’hon-' *-P- 
neur  de  Sexte  Pompée  , dans  les  premières  années  d’Au- 
gufte  , porte,  (g-)  cette  légende,  te  Tréfor  de  Morel  , dans  (g)nu.p.  ,i>- 
la  planche  foivance  , donne  cinq  médailles  , avec  la  même 
infoription  fie  les  mêmes  conjonctions  de  lettres , fons  en  ex- 
cepter l’Æ.  Les  lettres  conjointes  ne  font  donc  pas  de  l’in-- 
vention  des  Gocs , ni  des  autres  peuples  barbares , qui  ont 
rtiiné  l’empire  romain  ; comme  l’ont  prétendu  quelques  fa- 
vàns. 


Une  écriture  inclinée  au  moins  dans  les  baies  Sc  les  fommets, 
caraCtérife  la  troiftème  efpèce  de  capitales  conjointes  fie  en-  ///.  espece. 
clavées.  Notre  planche  n’en  donne  , qu’un  modèle  déjà  pu- 
bll^  par  divers  auteurs.;  C’eft  l’épitaphe  luivante  : Hic  re- 
quiejcit  in  pace  bone  tnemoAe  FaUnopt  , qui  vixit  plus 
•Mtius  annus  ...’..  V r . Obiit  X.  KaUndas  nunias  ; ' ' 

indiSione  quana  anno  xl  régnante  Domino  nbfiro 
• Ggggij 


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II.  PARTIE. 
S £ C T.  III. 

Cha!>.  XI. 

A ■ T 1 C L I.  I. 


tr.  ESPECE. 


(«)  EtMUTMtt. 

p.  4». 


(t)  Thtf.MtrtL 
g.  i fi.j.  i.  n.  9- 


(f)  Wd.g.  i(. 

((I)  lUJ.g.  x>8 


li)Grtpr.Turm. 
•gft.tA.  S).. 


go4  NOUy^EAU  TRAITÉ. 

(i)  Teudere.  Cette  infcription  fépulcrale  du  vi'.  ficcle  , (cu^ 
ptée  fur  un  marbre  blanc  , le  voit  dans  l’Eglife  de  S.  Loup , 
hors  la  ville  de  Narbonne.  C’eft  un  monument  important 
pour  la  Diplomatique  ; puifqu’on  y trouve  les  dates  de  l’in- 
didion  &c  du  règne  d’un  prince  , à qui  une  grande  partie 
de  la  France  méridionale  obéifTdit.  Les  antiquaires  y remar- 
queront encore  , outre  les  figures  du  G , de  l’H  & du  Q.  les 
mots  menus  &c  annus , mis  pour  minus  ’&  annos.. 

Les  lettres  de  la  quatrième  efpècc  ont  leurs  fommets  ic 
leurs  bafes  tranchés  à l’ordinaire.  Sept  modèles  , 'gravés  fur 
notre  planche  , en  font  la  preuve.  i°.  Marcus  Aburius 
Roma.  La  première  médaille  du  Tréfbr  numifinatique  de 
Morel , porte  cette  légende  au  revers.  Cet  Aburius  fut  tribun 
du  peuple  l’an  dè'Rome  : c’eft-i-dire  ipj.  ans  avant 
J.  C.  z".  Ambiorïx.  ' Eburo.  Le  premier  mot  eft  gravée 
côté  de  la  tête,  fur  une  (a)  monoie  gauloife  d'argent  , du 
poids  du  denier  romain.  Le  fécond  fe  montre  au  revers. 
Quand  Céfar  fit  la  conquête  des  Gaules  , Ambiorix  étoit  roi 
des  Liégeois  , nammts  Eburones.  ^ Imperator  Au^Jlus 
Tnbunitia  potejlate  XX.—^Ciefarea  aueujla  ^Cneio  Domi- 
tio  Amplo  , Caio  Vetio  Languido  , Duumviris.  Telle  eft 
la  légende  entière  d’une  belle  (è)  médaille , frapée  trois  ans. 
avant  l’ère  chrétienne , en  l’honneur  d’Augufte  , par  la  ville 
de  Sarragofle  en  Efpagne  , fous  le  Duutnv^t  des  deux  mo- 
nétaires nommés  au  revers.  4“.  MunicipiuM  Çeaà^ris  Julia 
In^eratoA  Augujlô  ,.IIviris  Lueïo  t Ruhlio  Antejlio. 
Les  deux  côtés  d’une  (c)  médaille  , qui  lai  ville  de  Calahorra, 
fur  les  confins  de  la  GafcogtM  ,"'&;  mpei'à  la  gloire  du  même 
empereur  , donne  cette  légiemlei’  f".  Opeimius  eft  écrit  en 
lettres  monogrammatfques  (<t)  médaille  dé  la  famille 

romaine  Opeimia.  L’S  eft^retranchée  à la  fin  du  mot, 
félon  l’ancienne  maiièrt.  On  6x(oit  Najidiu  , Opimiu  ùc. 
pour  Najidius  ^Opunius.  6®.  Marcus  Cato  ,.eft  la  légende 

( I ) De  (OUI  Jbr  . Tlirodoticj 

& Theudit  i <)ctnicr  , à 

i]ai  la  date  jpdilT^  con- 

venir. Elle-tM^'ea  l'année  j^r.  ’ dt- 
xièiAe  roi,  des  Wi/igotha  , 

iodiâkaaqlMpMiDe.  D.  Roinard  ( i > ptd- 
(tod  ÿc  çOk  Théodohe  I.  Si  l'on  fait 


ce  fentiinent  r' on  fijrce  le  nom  duToi;‘ 
l'écrintte  dn  temt  & la  chronologie.  On> 
peut  voit  cette  iofeription  dans  le  pro- 
logue de  la  Polygrapdiie  elpagnole  fol. 
xvt,  dans  la  nouvelle  faifloire  de  Lac  ' 
guedoc  tora.  i . Preuves  pag.  j.oum.  7. 
&dàas  Ct'égoice  dé  Tous  coL  tjS*. 


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Gt  -Ogll 


DE  DIPLOMATIQUE.  <îoj 
j’une  monoie  romaine  de  la  valeur  [a)  de  celles  qu’on  £z- 
briquoit  en  Efclavonie  , & dont  on  faifoit  grand  commerce. 
Elle  a au  revers  ViSrix , fous  une  vidoire  tenant  une  palme. 
7®.  Juliœ  Mam  'ue  matris  Aueu^i  nojlri.  C’ell  {b)  l’infcrip- 
tion  d’un  tuyau  de  plomb  , fait  pour  conduire  l’eau  dans  les 
bains  de  Marnée  , mère  de  l’empereur  Alexandre  Sévère. 

La  cinquième  efpècc  d’écriture  conjointe  porte  des  bafes 
& des  fommets  naiüam  du  corps  des  lettres  ; comme  l’on 
voit  dans  les  modèles  fuivans,  gravés  fur  notre  planche  XXVII. 
1°.  Publius  Cxlius  Diogne  ou  Dicgnetus.  Ces  mots  font 
gravés  fur  une  (c)  bague  ou  anneau  de  cuivre,  qui  ofre  la  fi- 
gure d’un  dauphin,  a*’.  Tu  pro  me  navem  iujuijli  ^fufcipe  cla- 
vem.  Ce  vers  hexametre  eft  empreint  fur  les  {d)  bulles  de 
plomb  de  Victor  ü.  Ce  Pape  voulut  qu’elles  repréfentalfent 
S.  Pierre  , recevant  une  clé  , oferte  par  une  main  fortant  du 
ciel.  Ces  bulles  de  plomb  font  déclarées  fâuffes  par  le  (é)  P. 
Hardouin.  Mais  c’eft  un  titre  de  leur  vérité  , d’autant  plus  va- 
lable , que  ce  Jéfuite  ne  donne  aucune  preuve  de  fon  opinion 
fingulière  ; à moins  qu'on  ne  prenne  pour  une  preuve  la  folle 
chimère  d’une  troupe  de  fauffaires  , qui  n’ont  celTé  de  for- 
ger des  monumens  dans  toute  l’Europe  jufqu’au  ( y)  tems  de 
l’empereur  Charle-Quint.  3".  Virduno  yî/w/- , eft  la  légende 
d’une  ancienne  (g-)  monoie  , frapée  à Verdun.  Fitur  , eft  là 
pour  fit.  Lorfque  le  P.  Hardouin  rencontre  de  pareils  mots 
dans  les  diplômes  ; il  ne  manque  pas  de  dire  que  les  fauf- 
faires ont  afeélé  un  langage  barbare.  4".  Æthertktd  mone- 
tarius.  C’eft  le  nom  de  celui  qui  a frapé  la  {h)  foixante  & 
deuxième  monoie  du  roi  Edouard  l’ancien.  Le  chevalier  Foun- 
taine  a lu  Æthened \ faute  d’.itention  à li  conjonélion  du  T 
avec  l'E.  Durand  monetarius  : monétaire  , qui  fi- 

fure  fur  ime  monoie  (i)  d’Eadgard  , qui  monta  fur  lé  trône 
’ Angleterre  l’àn  959.  ff®.  Hcarlemanus  Rex  , eft  la  légende 
d’une  monoie  {k)  de  Carloman , fils  de  Louis  le  bègue  , fra- 
pée  à Auxerre.  7®.  Ælfred  Rex.  Oli  lit  ces  mots  fur  une  (/) 
monoie  d’Alfred  le  grand  , le  plus  lavant  & le  meilleur  des' 
princes , qui  aient  porté  la  couronne  en  Angleterre.  8®.  Hlo- 
taniu  imperator  Augufius . — C’en  la  légende  d’une 
(m)  monoie  , à Venife  , qui  obéiftbit  à l’empereur 

Lothaire,  9®.  Drihtfiir  monetarms  de  Waîingefiord.  Cette 


ir.  PARTIE. 
SïCT.  III. 
Chat.  XI. 
AïTICli.  l. 

(<)  Sffnter0i/t. 
P-9S- 

(i)  ÀHliy,  txfl, 
t,  J..^,  Ilj.n. 

V.  ESPECE. 


(c)  Murxttr.  an- 
tiifiiit.  itai.  t.  i. 
tôt,  1 10, 

(J)  Htintr.  dt 
mi. i.a.io. 

(*)  Mf.  du  Rti. 


(/)  JUd.  p.  fu 

(i)  Btuttrtut. 
p.  J 70.».  ;. 


lai.  J.. 


{.!)liid.t.f,n.f... 


(t)  ht  Étant, 
p.  141. ivl.  i.n.j; 
(I)  Fnau,  lai.  i.. 


{n:}.  iidi  lai.  pZ- 
n.ii. 


Jjiaitizad  by  Google 


II.  PARTIE. 

S E C T.  III. 

C H A P.  XI. 

Article.  I. 
yl . ESPECE. 


(a)  ht  H/iEffr. 
p.  ji ly. 


(h)  l'olitm.  I, 
f.  141.  I4J. 


W/.  ESPECE. 


(f ) Ment.  Jt  t A- 
faAem.ties  înferipi, 
l.é.p.  *67. 


J 


(<0  UiJ.  p.  «(4: 

(t)  1U4.  t.  ri. 
p.  «4. 


(P  T«>».l.^^f4. 
\g)  Mém.  iftA- 
e*d.  t.  f.  p,  é^^. 

**h 


60S  NOUVEAU  TRAITÉ 


légende  , d’une  (n)  monoie  de  S.  Edouard  le  confefleur , roi 
d’Angleterre  , n’a  pas  été  bien  déchifrée  par  le  chevalier 
Fountaine.  Ce  favant , làns  avoir  égard  à la  tranfpofition  des 
lettres  fi  commune  fur  les  médailles  , a lu  Drintmer  on  de 
ff^alingeford. 

Les  lettres  , qui  caraélérifent  la  fixicme  efpèce  du  dixième 
genre  , ont  des  traits  excédons  & fuperflus.  Notre  planche  en 
ofre  deux  modèles.  1°.  Dominas  Cindafwinthus  Rex.  C’eft 
la  légende  du  côté  de  la  tête  d’une  médaille  ou  monoie  {a) 
wifigotlîique,  frapée  à Cordoue  enEfpagne.  Remarquer  1’ V, 
qui  prend  la  forme  de  lY  , dès  le  v 1 1 fiècle.  a".  Aelfred 
me  fecit  geuwrcan.  Selon  (i)  Hickes , cela  fignifie  , ALfredus 
me  jujfit  fabricari.  CettQ  inlcription  faxone  du  ix'.  fiècle, 
eft  gravée  fur  une  platjue  d’or  , terminée  en  cône  , fur  la- 
quelle l’image  d’un  roi  &c  la  figure  d'un  poilTon  fijnt  repré- 
fentées  avec  un  art  admirable. 

La  dernière  efpèce  eft  à traits  courbes  dans  un  plus  grand 
nombre  de  lettres  qu’à  l’ordinaire.  Voici  les  quatre  exemples, 
qu’en  donne  notre  planche.  1°.  ^ In  nomine  Del  fummi  & 
in  honore  fanSorum  martyrum  Agriguli  dr  Vitalis  Arverno- 
rum  civitatis  , hanc  capfam  ex  eumoniâ  , Carolo  Rege  anno 
dteimo  oitavo  regni  Jui  , neenon  HiSerio  comité.  C’eft  (c) 
rinfeription  (i)  aun  reliquaire  , confervé  dans  l’églilè  ca- 
thédrale de  Clermont  en  Auvergne  , depuis  le  règne  de 
Charlemi^e.  Dans  l'original  il  y a Arr , qu’on  peut  rendre 
par  Arvemte  ou  par  Arvernorum.  Capfa  y eft  écrit  pour  cap- 
fam , 8c  Agriguli  pour  Agricoli.  La  croix  , marquée  à la 
tête  de  l’inlcription  , eft  une  invocation  implicite  du  nom 
de  J.C.  z”.  \HV.  Hic  fub  arva.  requiifcunt  membra  Genefl 

Pape  Ponteficis Megrans  de  monda  , imperame  Pren- 

cepe  Francorum  Rege.  Ce  n’eft  ici , que  le  commencement 
& la  fin  de  {d)  l’épitaphe  de  S.  Geneft  , évêque  de  la  ville 
d’ Auvergne  ou  de  Clermont,  qui  mourut  en  661.  M.  Lan-’ 
cek)t  {z)  prétend  (e)  que  cette  infeription  a été  faite  au  v 1 1 1 . 


(r)  Elle  cil  de  la  xtiii'.  aatiéc  de 
Cbaiicmagne  , & noo  de  Châtie  le  lim- 
pl.5  comme  Foot  pi^cendu  les  aateim 
do  nouveau  (/}  GmlU»  ChrMjmi.  Ils  ont 
cm  que  pai  Elatunia , il  woit  entendre 
ht  Lhnagne.  Mah  ce  mot  ne  veoc  dite 
autre  chofe  cju’eUmi^M.  Voyei  les 


Mémoires  de  littdraiure  de  l'Acaddmic 
des  Itllcriptions.  toin.  vr.  p.  «y. 

(l)  Ce  farast  Acaddmiciea  (g)  a fait 
pluGcnis  remarques  importantes  Fur  cette 
épitaphe,  i°.  » Le  tems  que  S.  Geoefl  a 
» tenu  le  fidge  dpilcopal  avait  été  lai/ld 
» en  blanc  : quelque  curieux  l'a  temph 


Diÿiti^eti  by  '.^oogle 


DE  DIPLOMATIQUE.  ^07 

ou  IX'.  ficelé.  11  cft  vifible  par  les  caraûères , qu’elle  eft  du  — - 
même  tems  que  la  précédente.  Les  e y prennent  la  place  des  partie. 
i , & les  Q la  figure  du  P.  La  croix  f & les  H V , qui  précè-  xi. 

dent  Hic  , nous  fcmblent  fignificr  Christo  Iesu  ou  Crux 
Jesu.  5°.  Haddehertus  epifeopus  , in  Bononiâ  civitatt  , /'a- 
tente  Carolo  Rcgi  ,recipit  jefto  eorum  iv.  idus  Dccembris. 

Cette  infeription  {a)  d’une  chifle  des  SS.  martyrs  Agricole  & (*)  * pa. 

Vital  nous  aprend  , que  leurs  reliques  furent  tirées  de  Bou- 

logne  en  Italie , par  Hadebert  évêque  de  Qermont , fur  les 

ordres  du  roi  Cliarle  : ce  qui  ne  peut  s’entendre  de  Charte 

te  fimple  , quLn’avoit  rien  en  ce  pais  ; mais  de  Charlemagne, 

qui  s’eu  étoit  rendu  le  maître  des  l’an  774.  4®.  Franci  f^ic- 

tores  : Parthi  fugientes.  Les  François  font  vainqueurs  : les 

Parthes  , c’eft-à-dire , les  Turcs  prennent  la  fuite.  C’eft  l’inC- 

cription  d’un  tableau  peint , (b)  du  tems  de  l’abbé  Suger  fur 

tes  vitres  de  l’églife  de  S.  Denys  en  France  , ou  la  prife  de  t»  m»nttfch,fr4nf. 

Nicéc  en  1097.  par  l’armée  des  croifés , eft  repréfentée. 


Article 


Ecritures  capitales  mêlées  de  lettres  onciales  , minufculei , 
curfives  , renverfées  ; de  lettres  grèques  & barbares.  II.  Di- 
vifion. Explication  des yjZfl/icA«xxvm.xxix.xxx.6’  xxxi. 

« 

Le  mélange  des  lettres  onciales  , minufcules  & curfives 
avec  les  capitales  , a fouvent  foit  prendre  le  change  aux  plus 
habiles  littérateurs  , fur  l’écriture.  De  ce  que  les  caraûcres 
majufcules  fe  trouvent  mêlés  avec  d’autres  lettres  de  divers 
genres  & de  diférentes  clafles  ; ils  ont  conclu  que  fut  le  dé- 
clin de  l’Empire  les  beaux  caraélcres  romains  (c)  perdirent , 

99  du  Dombcc  de  lxii.  mais  il  ne  l'a  iàic  ans.  » Cette  billoirc  fi  contntre  à la  yi- 
üjii  avec  goût  ni  avec  adrefie.  Il  eft  im-  » licd , n'eft  fondée  , tjue  fui  le  mot  de 
ùpoffiblc  de  ne  pas  s'aperceroir  cjnc  » fmft , qui  fe  trouve  dans  l'infcripcioD, 

* LXII.  a été  aioucé  depuis  fort  peu  de  » que  l'auteur  de  la  légende  a entendu 
» tems  : les  caraâcrcs  n'en  font  qu'à  » par  celui  de  Pape  ( pris  au  lêns  dans  le. 

>1  fleur  du  marbre;  au  lieu  que  les  autres  » quel  il  eft  entendu  depuis  fept  cents 
J.  ont  beaucoup  plus  de  creux  : la  main  » ans  ; ) quoiqu'il  foit  connu  de  tout  le 
i>  en  étoit  tremblante , elle  ne  s'eft  point  «monde,  que  Papa  a été  le  fynoniiBO 
a>  fervi  du  cifeau.  « i".  La  légende  de  S.  >>  Stfifctfm , te  que  ee  n'eft  que  depniU' 
Ceneft  lupofe,  qu'étant  allé  à Rome  , il  » Grcggire  VII.  qn'il  a été  plus  ( patti- 
y fut  élu  Pape  , Se  qn'il  gouverna  cette  >»  culieccmcut  ) afeéié  à l'évéque  dc  Ror 
prtmiéte  églife  du  monde  pendant  ll‘  » me.  « 


« 


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II.  PARTIE. 

' S £ C T.  1 1 t. 

Ch  A F.  XI. 
Article  II. 

(a)  Honoré  dt  Su 
Mnrù.  ^^ex.fttr 
Ueritij.  /. 


IIDIVISIGN. 


Méluge  d'écri- 
p<n  onciale  avec 
{ capitale. 


I.  GENRE, 
/.  ESPECE. 


goi  NOUVEAU  TRAITÉ 

leur  forme  , &c  fe  corrompirent  long  teins  avant  le  go- 
thique moderne. ..  Cette  corruption  des  carafteres  , dit  un 
«de  nos  plus  favans  (a)  critiques,  fe  remarque  en  France  auffi 
..  bien  qu’ailleurs  -,  &c  on  ne  trouve  point  d’écriture  de  la 
.»  première  race  de  nos  rois  , qui  ne  fort  mêlée  de  lettres  ro- 
« maines  &c  de  lettres  barbares.  « Cependant  ces  caraûères 
prétendus  barbares  des  vi,  vu.  & vi  1 1'.  ficdes  , font  ro- 
jnains  , comme  les  autres  ; mais  ils  apartiennent  aux  écri- 
tures onciale  , minufcule  , & curlive  , oont  l’iifage  étoit  jour- 
nalier dans  l’Empire  romain. 

Le  mélange  de  lettres  de  diverlès  écritures  avec  la  capitale 
,cft  une  fource  féconde  de  genres  Sc  d’efpèces  , qui  va  four- 
nir la  matière  de  cet  article.  Et  pour  n’en  pas  faire  à deux  ' 
fois  ; nous  y faifons  aulfi  entrer  les  écritures  capitales  , qui 
admettent  des  leares  renverfées , couchées  en  diférens  fens, 
des  lettres  grcques  , barbares , irrégulières.  En  un  mot , tout 
mélange  avee  les  capitales  ; pourvu  qu’il  ne  foit  - pas  en^ 
tiérement  gothique , au  moins  dans  quelques-uns  de  fes  ca- 
raûères  , feit  le  fujet  de  notre  fécondé  divifion  de  la  Claife 
des  écritures  lapidaires  &c  métalliques. 

§.  I. 

Planche  XXViu.  contenant  le  /.  & //.  genre  des  écritures 
• capitales  mélangées. 

I.  Cette  planche  repréfente  , fous  le  premier  genre  , des 
écritures  renfermant’ diverles  fortes  de  mélangés  de  lettres 
onciales  avec  les  capitales,  pendant  près  de  douze  fiècles  : 
c’eft-à-dire  depuis  les  rems  fi)  les  plus  brillans  de  1 Empire 
romain  , jufqu’à  l’étabUifement  proprement  dit  des  lettres 
gothiques,  dont  la  renailfance  des  beaux  arts  a commencé  à 
nous  Faire  fecouer  le  joug.  Notre  premier  genre  eft  fub^- 
vifë  en  douze  elpèces  , dont  la  première  eft  onciale  dans  les 
C (i.)  feulement.  Notre  planche  en  ofre  fix  exemples, 

(i,)  Ce  cnraOèrc  oncial  corpmeiice  as 
pliii  carda  fc  montrer  Cur  les  médailles 
vers  le  milieu  du  m*.  (lècle.  Quoiqu il 
ne  fur  pas  encore  ordinaire  fiir  la  fin  de 
ce  fwclc  fle  au  commencement  du  fuivancj 

\°.Jovi 


(i)  Ce<]ue  nous  apcilons  U belle  an- 
U<|uicé  , quoique  fore  déchue  depuis  le 
1 1 1*.  fipck , n'cflccnféc  finir  qU||p  tems 
de  l’cmpcreur  Tbéodofe  le  jeune , qui  ré- 


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iiiio/Mi'n 
INp  ^C£- 

-^eAyrçc/r 

^^CHI.iJTAklVe^REX 

(itei 

■"‘3’PIPin 

^NbASILIJCVfPPAVC  l‘ 

'DI>TIU.CONi7HNPPAVr  jlV  .gijgj 

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SCI- PE 
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NACDE 


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s AncTÏ  PRVL I M <TR€V€R< 


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MIIA1ICA 


S’  Ct>| 
DikUil 


FiPiîPP 


^laAiesioRB^  I #^L7W®lgïMiiîiîî)iHiirir>5f^ 


Je 


Digilized  by  Gobg[ 


DE  DIPLOMATIQUE.  609 


T®.  Jovi  optimo  maximo  & Larihus  Puteolarue  civitaiis...  -■  ■ ^ 

ImcÎo  Aruntio  & Caio  Claudio  Marcello  , confulibus . Ce 
n’eft  ki  qu’une  partie  de  l’infcription  (a)  gravée  fur  un  beau  chat!  xi. 
marbre  , confacré  à Jupiter  &c  aux  Lares  de  la  ville  de  Auticie.  ii. 
Pouzol , fous  le  confulat  de  Lucius  Aruntius  , &c  de  Caius  (»)  Sufitm.  à 
Claudius  Marcellus:  c’eft-à-dire,  l’an  zi.  de  J.  C.  z®.  Hu-  ’’ 

jus  fepulcri  jus  ad  heredes  pertinet.  Cette  phrafe  eft  tirée  ^ 
de  l’infcription  {b)  du  tombeau  de  Flavius  Eleutherius , placé  t*)  f* 
fur  le  bord  du  grand  chemin  près  de  Rome.  5®,  Utere  felix.  # 

Cette  formule  ou  compliment  , dont  ufoient  les  anciens , 
fert  d’infcription  à un  iceau  de  plomb  , publié  {c)  par  M.  . W J /««W  *■- 
Ficoroni.  Ce  favant  n’ofe  en  faire  remonter  l’age  aux  pre-  'f 
miers  ficelés  , à caufe  de  l’6  arondi  en  forme  de  croifiant  ; 


mais  les  inlcri prions  précédentes  , o ’ (e  tr''>uve  ce  car.r£lcre 

oncial , lèvent  tout  (crupulc.  NouscroyCiis  donc  que  ce  fceau 

de  plomb  eft  du  iv.  ou  v'.  fiècle  au  plus  tard.  4®.  Flureas 

femper.  On  voit  dans  ces  deux  mots , gravés  fu'-  [d)  une  mé-  (a)  TSa::-  ■>,  i:>- 

daille  du  vi'.  fiècle,!’ 0 oncial,l’V  mis  pour  l’0,&:  l’S  revêtue 

de  la  figure  du  Z.  y®.  Dextera  Domini  Jecit  virtutem  : dex- 

tera  Domini  exaliavit  me.  Roggerius  Dei  gratià  Rex  Si- 

cilie  , Ducatus  Apulie  & Principaiûs  Capue.  C'eft  l’infcrip- 

tion  (e)  d’une  bulle  de  plomb,  pendant  à un  diplôme  de  Ro-  (0  Mumer. 

ger  , prince  norman,  & couronné  premier  roi  de  Sicile  , le  '' 

zy.  Décembre  de  l’an  1 1 jo.  6®.  Une  médaille  de  (f)  Théo- 

dora,  fécondé  femme  de  l’empereur  Conftance  Chlore  , a t- 

pour  légende  au  revers  , Pietas  romana  , & dans  l’exergue , 

Confecratia. 

La  fécondé  efpèce  n’eft  onciale  que  dans  fes  Cette  fi-  il.  ESPECE, 
gute  le  montre  dans  les  modèles  fuivans.  1®.  Hic  quiefeit 


il  fc  IaUTc  voir  aflez  fouveot.  On  le  uoa- I duirent  audi  fur  les  rases  igalemenc 
ve  dans  |>lu(ieuis  médailles  de  Gallien  , ifolées.  a°.  Ce  qui  patoit  plus  concluanr, 
d'Anrelien , de  Probe  & dans  quelques  ou  du  moins  plus  probable  j e'cfl  que 
auites.Mais  comme  il  ne  s’y  iliontre  qu'eu  bientôt  aptôs  ces  G euttèreue  dans  le 
qualité  de  lettre  déraebée  , Ibit  ligle , corps  meme  des  mots  latins  fur  les  mé- 

foit  nombre , & que  bien  d'autres  lettres  datllcs,  On  en  compte  plus  de  trente 

gtéques  s'y  rencontrent  également  ; on  avant  Dioclétien  dans  la  leule  colicâioa 
peut  doutée  fi  cet  G P**  numiCnatique  de  Dom  Anfelme  Banduri. 

tre  gréque.  Ce  qui  pouroii  perruader  du  C'eft  donc  faute  d'examen  , que  le  P. 

^nttaire  , c'eft  i".  que  parmi  ces  let-  Lupi  Jéfuite  dit  que  (/)  ce  cataélète  a (f)  Ifittfh.  de- 
ttes, plnficurs  latines  , qui  ne  fauroient  été  tatcjoc&c  employé  avant  le  v*.  fiècle.  vera  mirtjr.  ih 

feconibndre  avec  les  gtéques  , fe  pro-  h^r.%,  iy> 

Tome  II.  H h h h 


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II.  PARTIE. 

Si  CT.  III. 

C M À r.  XI. 
Akticli  II. 

(«)  SmfUm.  i 
tAatiq.  txfl.l.f. 
fl.f7.  ».  7 h »*■ 

(i)  liui.fl.  JJ. 

».  f. 


(f)  F«îb»»». 
f.  joo. ».  i(. 

(J)  ifttr. 

Hiflcm.  f.  111. 


((]  Baldttlut  tuf. 

»i»i  dt  difit  MT- 
genieo.  r,  14.  ^,40. 
fûggijù  dt  Pétri  iti~ 
nert.  f.  4S0. 


(f)  Heinttehtt  de 
Sigilht.f.  14  J. 


Jir.  ESPECE. 


{/)  Meffei  Ifier. 
iLfIem.f.  JO. 


tio  NOUVEAU  TRAITÉ 

Cajiorius  1 qui  vixit  annos  plus  minus  lx.  Cette  inicrtp- 
tion  (a)  (ëpulcrale  eft  chrétienne.  Le  ftyle  , le  monogramme 
de  J.  C.  ic  de  la  croix  entre  deux  colombes  , en  font  foi. 
2“.  Caio  Rhefiano  Colliberto  Callijlio  CoUibtnus.  C’eft  l’inf- 
cription  (^)  d’un  tombeau  dreffé  par  les  foins  de  CaiusCallif. 
tio  afranchi , pour  Caius  Rhefianus  Ibn  camarade , également 
(i)  afranchi  3**.  Bonx  Memorue.  Hic  requiefeit  in  pace 
Aqilia  Paulina  , Lucii  filia  , (joa  lauiabilis  jemina  ) quae 
vixit  annos  plus  minus  lx.  Depojîta  die  vil,  Kalendas 
Odohris  , confulibus  Ifidoro  & Senatore , viris  clarijUimis  , 
confuübus.  Cette  épitaphe  ('c)eft  de  l’an  43<.  M.  Fogeini  a 
lu  die  fexto  KaL  U ndoit  )à.Kfeptimo.  Il  eft  important  ûc  re- 
marquer , que  le  premier  chifre  {d)  vaut  vi.  Dans  le  mot 
Aqilia , le  q porte  fuavec  foi.  4“.  Afellu  benè  mberenti  qui 
viexit  annu  Jex  mefis  o3o  dies  xxviii.  Cette  ancienne  épi- 
taphe d’un  (ej  jeune  chrétien  , nommé  Afellus  , fe  rend  ainû 
en  latin  ordinaire  : Afello  benè  merenti  , qui  vixit  annos 
fex  , menfes  o3o , dies  xxviii.  Nous  croyons  cette  infaip- 
tion  lapidaire  poftérieure  au  iv'.  ûècle.  On  voit  fur  cette 
pierre  fépuicrale  S.  Pierre , qui  ocupe  le  premier  rang  &c 
S.  Paul  le’  fécond,  avec  cette  infeription:  Petrus.  Paulus: 
au  lieu  que  furies  bulles  des  pq>es  S.  Pierre  paroit  (f)  céder  la 
première  place  à S.  Paul.  Ce  monument  fut  découven  dans  le 
cimetière  de  S.  Hyppoltœ  .furie  chemin  de  Tivoli,  & pré- 
festè  à démène  XL  qui  le  fk  dépofet  dans  le  Cabinet  de 
fa  famille  Albani. 

La  troificme  efpèce  eft  onciale  dans  d’autres  lettres  d’une 
feule  forte  Ji  la  fois.  Les  quatre  modèles , figurés  dans  notre 
planche  , en  font  la  preuve.  Le  premier  ofre  l’U  oncial  dans 
ces  mots  : Tiberii  Claudii  , Caii  Julii  Cad  filii  , ColUna  , 
Tiberius  Fonteius.  Dans  ces  [g)  noms , tirés  de  l’honorable 
congé  , que  l’empereur  Galba  acorda  aux  foldats  vétérans  , 
ri  & l’L  , l’F  ac  l’E  fè  confondent  aifément , à caufe  de  leur 
reffemblance.  Le  fécond  modèle  nous  donne  le  o oncial  r 
Caius  Julius  , Cau  Julii  Otuaneuni  filius  , Rufus  , Caii 
Julii  Cedomonis  nepos  , Epotfbrovidi  pronepos  , Sacerdos 


(0  Scniigcr , dans  lôn  Uboricnx  Index  conffqucBcc  il  a In  ; Cttie 
du  Ttéfot  de  Gruter  , a cm  fans  fonde-  CtUipio  CeUiterim. 
ment , que  Calliftio  droit  on  datif , 4c  en 


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DE  DIPLOMATIQUE.  tfii 
Roma  & Aumjîo  ad  aram  qua  ejl  ad  confluentem  , Pra/àc-  » 

tus  fabrûm  dedicavit.  inlcription  {a)  du  monumenc,  n.  partie. 
ëlévé  fur  le  peut  de  la  Charente  à l’entrée  de  la  ville  de  y/' 

Saintes , doit  s’entendre  ainfi  ; Caius  Julius  futnommé  Ru-  autjcli  i r. 
lus  , fils  de  Caius  Julius  Otuaneunus , petit-fils  de  Caius  Jut  («)  ^ i-a- 

lius  Cedoœon  , aricre  petit-fils  d’Epoifbroyidus , Prêtre  de  buu*. 

Rome  & d’Ai^fte  , à l'autel  qui  eft  au  confinant  ( de  U su^m.  a^rV«! 
Saône  & du  Rhône,  ) Préfet  des  ouvriers  , a dédié  ce  mo-  expi.i.^.fi.ii. 
nument  ( à Tibère  Céfàr.  ) M.  Mahudel  & D.  de  Montfau- 
con  ont  lu  OSuaneunus  &c  Gedcmon  , autrement  écrits  dans 
l’original.  Le  troifième  modèle  nous  prélênte  le  Q oncial  : 

Dominas  legem  dat  Valerio  Severo  , Eutropi  vivas.  C’efi: 
l’infcription  de  la  fâmeufe  (é)  lampe  antique  du  Cabinet  du  WDeUchaafe 
grand  duc  de  Tofcâne.Elle  repréfente  S.  Pierre,  qui  conduit 
un  petit  navire  fort  élégant , du  milieu  duquel  s’élève  un  mât  Lucent.  f<*n.  5. 
avec  des  voiles  enflées  par  les  vents.  Au  fommet  eft  ata-  f'^  J'-^'"'* 
chée  une  table  de  bronze , fur  laquelle  on  a inféré  des  lee- 
très  d’argent , qui  expriment  notre  inicripcion  , dont  le  fêns 
n’eft  pas  dificile  à fatfir.  Le  quatrième  modèle  donne  le  q) 
oncial  dans  le  nom  Cheldebert  , gravé  (c)  fur  une  monoie  (c)  Le  BUne. 
du  roi  Childebert  I.  qui  publia  l’an  jf  j.  une  ordonancc  J®-»-  '• 
touchant  la  célébration  des  fêtes  , & pour  abolir  les  reftes 
de  l’idolâtrie. 

L’écriture  de  la  quatrième  efpèce  réunit  plufieurs  lettres  jy,  espece. 
onciales , ou  qui  tendent  à le  devenir  ; comme  l’on  peut  s’en 
convaincre  par  les  onze  modèles  , livrés  dans  notre  plan- 
che. I®.  Eoba  monetarius^Ai.Cynetnrit  regina.C^ii  la  dou- 
ble légende  d’une  monoie  (</)  de  la  reine  des  Merciens  , {d)  fountain* 
époufc  du  roi  Olïà  , qui  l’an  794.  augmenta  le  tribut  apellé 
Romefcot  ; c’eft-à-dire  , tribut  de  Rome  , ou  denier  de  S. 

Pierre.  Le  chevalier  Fountaine  n’a  pas  aperçu  au  revers  de 

cette  monoie  une  fO  onciale, qui  lignifie  monétaire.  z°.Afz- 

rat  innocentiae  Draconti  , qui^  vixit  annos  v.  menfes  x. 

dits  xi.  Dormit  in  pace.  On  loue  dans  cette  ancienne  {e)  1')  'B>u»»muti 

épitaphe  l’innocence  d’un  jeune  enfant  chrétien , qui  n’avoit  t' 

pas  encore  fix  ans  acomplis.  3®.  Hic  in  pace  requiefcit  Co- 

luba  virgo  facrata  Dei  , que  vixit  in  Domino  annos  plus 

minus  nonaginta.  Depojîta  fub  die  viil.  idus  aguflas.  Opi- 

lione  vira  confulari  Confule.  In  ftcula,  C’eft  fépitaphe  de 

Hhhlx  ij 


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II.  PARTIE. 
Si  CT.  III. 
Chat.  XI. 
Akti  c L I.  II. 

(a)  Di  SanfCt- 
Itmis  vtrf.  tm- 
mtnt»r.  Rtmâ. 

I71«. 

(I)  Lt  Blsnc. 
p.  l.».  4. 


{c)  ASjt  trtuUt. 
mnfitApril.ipio, 


H)  Rejlex.  fur  l» 
eriiiq.i.  i.p.  ff. 


(f)  Ttm.  4- 

p.  1011. 


eii  NOUVEAU  TRAITÉ 


faince  Colombe  vierge,  qui  après  avoir  fervi  Dieu  , auquel 
elle  s’étoit  confacrée  , pendanc  quatre-vingt  dix  ans  , mou- 
rut en  paix  l’an  jz4.  Ce  précieux  (i)  monument  a été  (a) 
expliqué  avec  beaucoup  de  lumière , par  M.  Fontanini , ar- 
chevêque d’Ancyre , & l’un  des  plus  favans  antiquaires  de 
notre  ûècle.  4°.  Sigebertus.  Ce  leul  nom  fournit  deux  let- 
tres onciales.  Il  eft  empreint  fur  une  (,b)  mUnoic  fabriquée 
à Marfeille,  & que  Bouteroue  donne  à Sigebert  I.  roid’Auf- 
tralie  ; fans  douce  à caufe  de  la  ré^laricé  des  caraâères. 
5®.  Valdolina  hic  rtquiifcit  in  pacc.  Vixit  annus  xxx.  De- 
fun3a  eft  f ubi  fait  Julius  dies  xxiii.  Cette  (a)  épitaphe 


(i)  On  y voit  l'uCige  de  emei  des 
croix  Tyr  les  tombeaux  en  mémoire  de 
I.  C.  aiachd  à la  croix  pour  aorte  lâtui. 
Ctlub»  eft  derit  pour  Crltani»  , & Di 
pour  Dà , mgifitu  pour  , non 

far  la  faute  du  graveur  ; mais  félon 
ancien  ufage.  Les  diphtongues  te  les 
points  font  nanis  de  cette  infeription  , 
dont  récriture  paroit  au  coup  d'ocil  wro- 
cbet  de  celle  des  plus  anciens  mil.  en 
capitale.  Seulement  il  y a cjuclques  vir- 
gules ou  petites  lignes , qui  marquent  les 
abréviations.  La  formule  Is  p«cr  eft  équi- 
valente ü celles  ci  : In  pnn  Dmiai , In 
part  Chrifl» , In  paet  fiiti  caihatica. 
Elle  lignifie  que  la  mort  des  Chrétiens  eft 
un  repos  . un  fbmmeil . dont  ils  Ibrtt- 
ront  un  jour.  Il  n'apattieni  qu'aux  mau- 
vais Pliilolbphes  & aux  Libertins  de  la 
regarder  comme  l’ancancilTcmcnt  de 
l'homme.  Les  termes  Kirj>  facrata  Dti 
marquent  que  faintc  Colombe  avoir  fait 
un  vceu  perpétuel  de  virginité.  Dans  les 
premiers  ficelés  du  Chriteianifine  . ces 
voeux  étoient  fort  communs.  Mais  les 
Vierges  les  obfervoient  dans  la  maifon 
paternelle  te  dans  leur  famille.  Ces  mots, 
In  faeata  font  ici  une  aclamation  , qui 
exprime  le  défit  te  l'elpérance , que  l'on 
■ du  bonheur  éternel  des  fidèles , mdtts 
dans  la  charité  de  I.  C.  te  qui  repofent 
dans  le  tombeau  : In yâc«/n  vivas. 

Quelques  favans  (c}  ont  cru  voit  dans 
cette  infeription  fiipulcralela  corruption, 
te  la  décadence  des  caraéléres  romains. 
U Depuis  Augufte  jafqu'au  fiècle  des  An- 
a tonins , dit  le  (d)  P.  Honoré  de  faintc 
n Marie , ou  fe  fctvii  de  caraâcru  ca- 


» rés  d'une  juftelTe  admirable  ; mais  . . . 
a toutes  chofes  déclinant  avec  l'empire  , 
a les  caraâetes  romains  perdirent  cette 
a belle  forme  . . . d'abord  ils  devinrent 
a obliques  . . . enfuite  ils  s'alongérent , 
a i la  fin  dégénérant  en  grolEcreté  , ils 
a parurent  tootafait  gothiques.  « Mak 
ceux  qui  voudront  prendre  la  peine  d'é- 
tudier nos  qnatte  planches  précédentes , 
ne  trouveront  dans  cet  alongement  tc 
cette  obliquité  de  lettres , que  la  conti- 
nuation des  anciens  cacaAércs  romains, 
alités  jufqu'Xu  tems  du  gothique  mo- 
derne. 

(t)  Ce  feul  monument  jullifiroit  le 
ftyle  te  Torthographe  des  diplômes  de  la 
première  race  de  nos  rek.  On  lit  dans 
l'un  , comme  dans  les  autres  Tt^aiiffii 
pour  rttjMitfcit , amaj  pour  aaaai  , fitit 
our  fecii.  Avant  nous  , M.  Bonteroue  a 
bferve , que  (t)  a cette  &(on  de  par- 
a 1er , Uii  fuit , étoit  ordinaire  vers  l'aa 
aSpo.  te  700.  te  jufqu'â  la  première 
a race , te  an  commencement  de  la  fé- 
condé . « Cela  n'a  pas  empéché  les  con- 
tradiéiears  des  diplômes  de  les  débiÿr  ; 
pateeque  le  même  ftyle  te  la  même  or- 
thographe y font  employés.  Le  P.  Ger- 
mon eft  celui  de  tons  qui  a plus  pris  k 
tâche  de  faire  valoir  cette  objeélion  , ou 
plutôt  cette  chicane , qui  n'anonce  pas 
un  critique  fort  verfé  dans  la  cotmifian- 
ce  de  l'Anriqoité.  Cependant  il  ne  tiendra 
pas  à l'auteur  de  l'article  Dtplemanyaie, 
inféré  dans  la  nouvelle  {f)  Encyclopé- 
die , que  le  public  n'admire  les  diffirta- 
timi  fi  favanttt  <y  fi  jaittuafn  da  /*. 
Gtrmtn  d$  la  Cbmpagau  di  Jtfai. 


■ DE  DIPLOMATIQUE.  6ii 
chrétienne  , gravée  fur  une  (a)  pierre  de  la  hauteur  d’un 
pié  , eft  du  vu*  ficcle.  EUe  fut  trouvée  en  1660.  dans  un  *’artie. 
tombeau,  <près  de  l’abbaie  de  S.  Acheul  , hors  la  ville  Chap  xr* 
d’Amiens.  6*.  Angio  monetarius  fe  monrre  au  revers  a»tich.  ir". 
d’une  monoie  (b)  de  France  , ftapée  à \fic.  Cette  ville  (•)Buutruu. 
& Rouen  font  jointes  enfemble  dans  plulieurs  anciens 
titres  (c)  de  Charlemagne  , & de  fês  fuccelTeurs  : preu-  »*«i. 

ve  qu’elles  n’étoient  pas  fort  éloignées  l’une  de  l’autre.  Ce  (0  <7. 

n’eft  donc  pas  Quentovic , fitué  à l’embouchure  de  la  Can- 
che  , & par  conséquent  allez  éloigné  de  Rouen.  7*.  Meio- 
lus  pour  Metulus  eft  la  légende  d’une  monoie  de  Charle-  (i^  nu.},  ti. 
magne,  frapée  à Melle,  qu’on  place  ordinairement  en  Poitou,  »•  *■ 

& qu’on  pouroir  peutctre  également  trouver  en  Norman- 
die, en  fupofant  que  c’eft  un  nom  de  lieu.  8*.  Othuuin.  1») /«i.  ». 
C’eft  un  nom  propre  , écrit  au  revers  d’une  {e)  monoie  "■**' 
d’Offa  , roi  des  Merciens.  M.  Fountaine  avoue  , qu’il 
n’a  pu  déchifrer  cette  légende.  9“.  Offa  Rex  Mercio-  1 j l 

Tum. Lalnud.  Une  (/)  monoie  d Angleterre  , frapée  au  ».  «i. 

VI 1 1*.  llècle,  porte  ces  dqpx  noms,  l’un  au  côté  de  la  tête 
& l’autre  au  revers.  Le  chevalier*  Fountaine  prend  le  der- 
nier pour  un  des  grands  du  royaume  , aulfibien  <\a'Eoba. 

Nous  avons  vu , que  celui-ci  n’étoit  qu’un  monétaire.  Il  en 
eft  de  même  aparemment  àlEalrued.  10®.  Johannes  & De-  j 
cibilis  VP  A.  M.  Ficoroni  prend  pour  un  chifre  les  trois 
derniers  caraâcres  , & avoue  en  même  rems  qu’il  en  ignore  (*)^»"}»«.  ««/. 
h lignification.  M.  Muratori  (é)  les  explique  par  *•  J ‘57. 

tricii.  Mais  ils  fignifient  [/pati , c’eft-à-dire  Conjules.  M.  Mu-  (0  f»l- 
ratori  cite  (1)  lui-même  d’anciens  auteurs , qui  donnent  ce  ti-  '>5-  ‘5J. 
tre  à ces  deux  ducs  ou  princes  de  Gayette.  La  bull^de  plomb , 
liir  laquelle  leurs  noms  font  empreints  , porte  au  revers  ; 

Sandus  Erafmus.  ii“.  Notre,  dernier  modèle  eft  cetre. Ci), 
épitaphe  en  vers  ïambes. 

Hic  Speciofa  eondita 

Simul  cubât  cum  filia 

Tranquilla  facra  virgine  r (k)  Lm  ttrmûg  dt 

Que  novies  centejimâ 

(i)  Elle  a M poblUe  en  lentes  otdi-  J Au  lieu-  fjÉr»  , eelui.ci  a lu  tns  , te  (0  Pdypsfh. 
mires  par  (k)  Ambtofio  Motalés  & en  j l'ancre  tru  ; parceiju'ils  n’ont  pas  pris  gat-  Bfpân.  freltg.  fijt 
cataaèta  antique!  par  (/)  DonNafairc,  | de,  que  fl  prefqgc  joint  à l'E  produit  l’Æ.  Mirn. 


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n.  PARTIE. 

S I CT.  III. 
Cm  AK  XI. 
Art  10 II.  II. 


^14  NOUVEAU  TRAITÉ 

Quintaque  Sexagejîmâ 
Ærâ  fubivit  fanera  ,•  • 

PoJkjuam  mater  mUlefmâ 
Quand  receffu  ultima. 

Cette  infcription  fêpulcrale  d’uii  goût  Cngulicr  , eft  gravée 
fur  un  caré  de  marbre  , da,ns  l’églilè  de  S.  André  ^ Cor- 
doue.  En  voici  la  craduûion  : Ici  eft  inliumée  Speciofa  avec 
TranquUU  là  fille  , qui  confacra  à Dieu  fa  virginité  & finit 
lès  jours  l’an  de  J.  C.  J17.  Sa  màe  mourut  la  dernière  ,1’an 


966. 

y.  £SPEC£.  Les  lettres  de  la  cinquième  efpèce  ont  leurs  baies  &c  fom- 
mets  courbes.  Notre  planche  n’en  donne  point  d’autres  exem- 
ples que  CCS  deux  mots  : P' enetus — Chario.  Us  lèrvent  de 
(a)  l,  Bimc  légendes  à une  ancienne  (a)  monoie  , frapée  à Vannes  en 
i8.f.  ».  ji.  Bretagne.  Chardo  eft  le  nom  du  monétaire.  •»  Dom  Luc  (é) 
{h)Uid.f.M.  ^ nous  a donné  un  titre  , dans  lequel  le  mot  de 

U monetarius  lignifie  aufli  Fermier  ou  Maître  de  la  monoie,  “ 
Plus  ou  moins  de  lettres  à longues  queues  & en  volutes , 

VI’  £SP£C£  tendant  au  nouveau  gothil^ue , conftituent  la  lixièrae  efpèce 
d’écriture,  mêlée  d’onciales.  En  voki deiw modèles  fingu- 
licrs  , 

m9nmrch,  fr.  t.  i.  rîc  L 

/I.  II. •.}./.!<•. njainw^  • j;  , 

' commencement  du  xi®.  fiècle  •*  d’un  caraâcre  , qui  dégé- 
•*  ncre  en  ce  que  nous  apellons  gothique mais  gomique , 
••  qui  n’eft  pas  encore  bien  formé.  “ Cependant  cette  infcrip- 
tion paroit  nlus  ancienne  , &c  c’eft  beaucoup  , li  l’on  y remar- 
que des  dilpofitions  prochaines  au  gothique  , qui  ne  com- 
^nça  tout  de  bon  qu’au  xi  i'.  fiède.  x°.  Æduwen  meaga. 
gehy.  O Drihten  Drihten  hine  a WarU  the  me  hire  at  Jerte 
bâton  hyome  feUe  hire  agenes  JvilUs.  Cette  infaipt«m  Dano- 
faxone , gravée  fur  la  circonférence  d’un  bouclier  ( i ) d argent. 


gravés  fur  notre  planche.  i'’.Kex  t^kUpencus  hoc  te- 
apide.  C’eft  rinfcripcion  fëpulcrale  (c)  du  roi  Chilpe- 
inhumédans  la  Bafilique  de  S.  Vincent  ou  de  S.  Ger- 


(i)  Ce  boneUer  fat  dfeouTert  en  An- 
gleterre , fur  U fin  do  dernier  fideje , avec 
cinq  anneaux  d'or  d‘un  grand  prix  , cent 
pidee»  d'argent , ftapd«  1«  «g"' 
iGuillaoinc  le  con<îuétaii*  » ^ un  plat  <lc 
sttec  BidtaJ.  üidat  eoBjeâate  que  ®e 


tidfor  aura  dtd  eachd en  retre  .par  quel- 
que feigneuT  Angloii , qui  foofrant  im- 
patiemmenr  la  domination  du  monarque 
noitnun , fe  retira  dam  le*  matais  de  111e 
d'Hi , a^s  stoe  tewM  cosaïc  fan  lou- 
veiaia. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  «rj 

Hickes  (a)  la  traduit  ainfi  en  latin  : O Domine  , Domine , 
ilium  femper  de  fende  , qui  me  fecum  circumgejlaverit  : illi  partie. 
vota  jua  concédé.  Le  favant  Anglois  prend  ces  paroles  pour  c,îf // 
une  forte  d’encbantement  magique  , & avoue  qu’il  n’entend  a » t i e 1 1.  i i, 
pas  les  crois  premiers  mots;  Mais  en  les  raprochtnc  de  ce  (»)  Dijin. 
qu’il  die  dans  fa  Grammaire  {h)  francothéotiique  , on  peut 
bien  leur  Ëdre  lignifier  : ma  gagné , dans  le  combat.  (*)V»/. 

Des  lettres  fans  bafes  ni  fommets , à traits  quelquefois  fé- 
patés , forment  la  lêpticme  eft>cce , donc  notre  planche  ofre  pu,  espece 
deux  exemples.  Le  premier  eft  cette  {c)  épitaphe  : Calenice , (o  B$murrncti 
dulces  in  pace  ; c’eft-à-dite , dulcit  in pace  vivas.  Le  fécond 
eft  ceae  inlcription  d’un  fceau  en  ttiangle  ifocelle  : Sigillum 
Bemardi  Ÿaganeli.  Ce  fceau  (d)  eft , lelon  M.  Manni , celui  {d)  M»mi  ppi 
d’un  feigneur  de  la  Emilie  du  pape  Eugène  III.  dilciple  de  *»">*'•  f.  j. 
S.  Bernard.  Paganelus  , Paganellus , en  françois,/’azy«e/,eft 
le  nom  d’une  illuftre  &:  ancienne  £imille  de  baffe  Norman» 
die  , à qui  l’églife  fut  redevable  au  xi  i=.  lièclede  quelques 
fondations  (e)  confidérables.  U ne  iêtoit  pas  étonant , qu’un  (,j 
Pagatulus  eut  paffé  en  Italie , avec  ces  héros  normans , qui  p-  su.  «j-  hl'*’ 
fondèrent  dans  ce  beau  pais  des  duchés  , des  principautés  ic 
des  royaumes. 

Le  jambage  du  milieu  de  quelques  M abaiffé  , 6c  les  deux 
autres  élévés , donnem  la  huitième  efpèce  d’éctiture  capitale , pju.  espece 
mêlée  d’onciale.  Voici  les  deux  exemples , reprélèntés  dans 
notte  planche.  i°.  Brith  nwnetarius.  C’eft  la  (f)  légende,  (y; 
qu’on  croüve  au  revers  d’une  monoie  d’Ethelvulf,  roi  d’An-  ».»."* 
gletene  en  837.  2,“.  WiglafRex  Merciorum.  On  lit  ces  mots 
fur  une  autre  [g)  monoie  anglofâxonc  , du  côté  de  la  tête. 

Wiglaf  régnoit  l’an  8 1 y.  fin  les  Meteiens  ou  Anglois  occi-  » »• 
dentaux. 

• Une  ou  plufieurs  fortes  de  lettres  terminées  pat  des  cour-  ix  . espece. 
bes , qtmiqu’elles  n’aient  pas  coutume  de  l’être  ; conftituenc 
la  neuvième  efpèce.  Notre  planche  en  dorme  trois  modèles, 
ï®.  ^^lum  majus  Ahatiffe  mottafteriiParad^.  C’eft  l’inf- 
cripsi^  du  grand  fceau , en  ovale  pointue , de  l’abbeffis  du  ^ 

Paradis  près  de  Florence.  Chaque  moc  efti^aié  partUrpoint,.  p-  if- 
fait  en  forme  d’étoile.  L’écriture  en  eft  affez  belle,  quoique 
du  commencement  du  xv'.  fiècle.  2.*.  Lotharlus  Dei  gratia 
Romanorum  impercuor  Augu^us»  C’eft  la  légende  du  grand 


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II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  AP.  XI. 
Axticie.  .II. 
(»)  P*/.  }i7. 


(I)  Ta»,  t.  ».  >. 


JP.  ESPECE. 


(f)  Eifi.  dt  Ltr- 
TMine.  t.  1.  fl.  4. 
».  iS.  V. 


XI‘.  ESPECE. 


(d)  Lé  BUnt. 
f.  4».  ».  X. 


(,)  IW./.  14. 
m.  1. 


616  NOUVEAU  TRAITÉ 

(beau  de  l’empereur  (i  ) Lothaire  II.  couronné  à Aix-la-Cha- 
pelle le  15.  Septembre  riay.  Elle  eft  repréfentée,  fur  notre 
planche  , telle  qu’elle  eft  dans  la  célèbre  Chronique  {a)  de 
Godwic.  Mais  nous  croyons  que  le  C du  commencement  de 
la  dernière  ligne  , doit  être  à la  fin , pour  y faire  la  fonûion 
du  G.  i°.Sigillu/n  Ulrici  de  CAa/>e//e.  Ce  fceau  d’un  parti- 
culier eft  de  l’an  laSo.  Il  a été  publié  par  Dom  Hueber, 
Bénédiain  alleman  , dans  fon  ifi)  Autriche  illuftrée. 

Des  lettres  avec  des  fommets  &c  des  bafes  arondies , en  for- 
me d’offelets , &c  quelques  S en  double  ovale  , caraûérifenc 
la  dixième  efpèce.  Nous  nous  fommes  contentés  d’en  faire 
graver  un  modèle.  Le  voici  : Anthonii  Del  ^ratiâ  Calabrix^ 
Lothoringie  & Bari  Ducis  , Pomifinonfoni  marqionis , Pro- 
vincie  ,Vaudemontis  comitis.  C’eft  l’infcriptiou  du  grand  (c) 
fceau  d’Antoine  , duc  de  Lorraine  depuis  ijo8.  jufqu’en 
I J 44.  Anthonii  y eft  clairement  marqué  : cependant  D.  Cal- 
met  a lu  , Anthonius. 

Plufieurs  fortes  d’onciales  , avec  d’autres  lettres  étrangères 
d’une  figure  extraordinaire  ou  bifare  , diftinguent  l’onzième 
efpèce  du  premier  genre  d’écritures  mélangées.  Cette  efpèce^ 
eft  repréfentée,  par  fept  modèles, dans  notre  planche.  i“.  M^e~ 
roveus.  Un  tiers  de  loi  (d)  d’or  donne  cette  légende  du  côté 
de  la  tête  , qui  eft  ornée  d’un  diadème.  Si  l’on  en  croit  M. 
le  Blanc,  la  croix  qui  eft  fur  le  revers  , fait  voir  , que  cette 
monoie  ne  peut  pas  être  du  roi  Mérovée  , qui  étoit  payen. 
La  preuve  eft  foible.  C’étoient  des  Chréaens , qui  fondoienc 
ou  gravoient  les  monoies  de  ces  rois  barbares.  Leur  peuple 
tout  militaire  n’avoit  aucune  conoilTance  des  arts.  D ailleurs, 
fl  l’on  atribue  ce  fol  d’or  à Mérovée,  fils  de  Chiloéric  ; il  eft 
dificile  de  l’aveu  de  notre  favant  médaillifte , de  devmer , 
pourquo’i  ce  prince  , qui  ne  fiit  jamais  roi  fit  batte  de  la 
monoie.  a®.  Clodovius  Rex.  C’eft  la  légende  W d une  mo- 
noie gravée  autour  du  bufte  de  Clovis  I.  dont  toute  la  tete 
eft  ornée  d’uç  diadème.  De  l’autre  côté  il  y a mie  croix  enr 
tre  alpha  & oméga.  Ces  deux  lettres  fignificatives  du  nom 
de  J.  Ç.ontpaffl  des  inferiptions  Upidaires  & métalliques 

filUthaite  Ce  dit  aflex  fonventdanj  I riens  luli’ens.  Ceft  fans 
fes^  diplômes  Kcmdné-  \ qu’iU  comptent  ^haite  “ 

J*»  ; cc  HW  cftfMTi  pat  U»  bifto- 1 «*.  fiicle , p«i  le  prcfluci  d?  ““'J 


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DE  DIPLOMATIQUE.  «17 
dans  les  chartes  & les  fienatures  ou  foufcripcions.  ^°.Theup  — . sr 

Theupo  , qui  fervent  d’infcriptions  (a)  a deux  médailles  de 
l’empereur  Juftinien,  font  des  abrégés  de  Théopolis.  Antio-  cha  p.  xr. 
che  fiic  rebâtie  fous  ce  beau  nom  , après  les  grands  tremble-  a r r i c 1 1. 1 1. 
mens  de  terre,  quelle  éprouva  l’an  jx8.  Les  deux  chifres  , (■•) 
gravés  fur  ces  médailles  , peuvent  marquer  , l’un  l’année  de  * 

Juftinien  , 6c  l’autre  celui  du  réta,bliftcment  de  cette  grande 
ville.  Mal-à-propos  Dom  Banduri  donne-t-il  ces  deux  mé- 
dailles à ftmpeteur  Juftin  , mort  des  le  premier  d’Août  de 
l'an  J 17.  4*.  Theup.  c’eft-à-dire  , Thiopolis  , fe  lit  encore 
dans  l’exergue  d’une  C3)  médaille  , qui  porte  fans  équivoque  (j)  t-*n- 

le  nom  de  Juftinien.  Dominas  Jujlinianus  Pater  Patrice, 

La  (c)  médaille  , qui  porte  cette  légende  du  côté  de  la  tête,  (,)  uu.f.  dt. 
prélënte  au  revers  des  lettres  renverfées  fie  barbares  , qui  fi-  »•  *• 
gnifient  Viüoria  Augujlorum.  6®.  aUntia.  Rex  Luivigil- 
dus,  C’eft  ainfi  qu’on  doit  lire  les  deux  côtés  d’une  [i)  mo-  w Le  m*ne. 
noie  ^ligothique , frapée  à Valence  en  Efpagne  ; fie  non  / 
pas  Liuvigildus  Rex  Valent,  comme  fait  M.  le  Blanc.  7®, 

Ludovicus  Rix  pour  Rex  , eft  la  légende  (e)  d’une  monoie  (e)Uid.f. 

(i)  de  Louis  le  jeune.  Et  pour  marquer  le  lieu  , où  elle  a été 
frapée , elle  porte  au  revers  , L/ris  Biturica , Bourges. 

L’écriture  capitale  mêlée  d’onciales  avec  des  M , dont  le  xii’  isfcee 
jambage  du  milieu  eft  élevé  , pendant  que  les  deux  autres 
font  abailTés  , apartient  à la  douzième  efpèce.  Voici  les  mo- 
dèles de  cette  écriture  figurés  fur  notre  planche.  1°.  Cunradus 
Dei  gratta  Romanorum  Rex  III.  Telle  eft  l’infcription  (f)  f/j 
du  grand  fceau  de  Conrad  , élu  roi  des  Romains  ou  de  Ger-  * *• 

manie  , dans  l’alfemblée  de  Coblents l’an  1138.  Dans  le  mo- 
dèle de  Heineccius  , on  voit  des  points , fur  les  trois  I nu- 
mériques. C’eft  fans  doute  une  bévue  du  graveur  ou  du  def- 
finateur.  Les  points  fur  les  i n’étoient  point  en  ulage  dans 
ce  tems  là.  r®.  Haroldus  Dax  Anglorum  & fui  milites 
exultant  ad  Bosham.  C’eft  une  des  {g)  inferiptions  de  l’an-  uém.ietA- 
cienne  6c  curieufe  tapilTerie  de  la  cathédrale  de  Bayeux  , fur  iifirifi. 
laquelle  eft  repréfentée  la  fameufe  expédition  de  Guillaume  '' 


( i)  » La  (A)  coaronne  . <jâe  le  roi  por- 
» te  , ell  faite  en  forme  de  bonnet  caré, 
n avec  des  fleurons  ou  des  fleurs  de  lys 
» aux  eitrfuùtds.  Lothairc  dernier  en 

Tome  II. 


O porte  une  fcmblable , fut  un  de  Tes 
» Iceanx  , que  nous  a donuf  le  Lavant  (t) 
» P.  Mabilloo.  << 


{h)  le  BUne, 
f.  ue, 

(>J  De  re  Jiflem. 


liii 


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« 


tfi8  NOUVEAU  TRAITÉ  ‘ 

- * le  bâtard,  duc  de  Normandie,  en  Angleterre.  Simon  Dux 

^<^rchio.  Ceft  la  légende  (a)  du  fceau  de  Si- 
cha  j.  XI.  mon  II.  duc  de  Lorraine  , qui  régna  depuis  1 176.  julqu’en 
A K TI  eu  II.  1107.  D.  Calmet  a lu  et  devant  Marchio.  La  figure  , qu’H 
{•)  Hÿt.  dt  Ltt-  a prife  pour  cette  conjonâion , dent  lieu  de  point , comme 
MM».  ».  1.  fl.  ».  beaucoup  d’autres  anciennes  inferiptions. 

Ecritures  capita-  monoies  de  Conftantinople  en  commençant  à 

les  œcWet  de  let-  Tibère  Conftantin  , le  mélange  des  minufcules  eft  alTez  or- 
ne» iDiDufcules.  dinaire , furtoutpar  raport  aux  b m n t u.  Le  t étoi^éja  com- 
mun fous  Juftimen.  Nous  pouvons  ici  revendiquer  les  Tkeu- 
polis  , qui  commencèrent  fous  lui  & durèrent  fous  fon  fuc- 
cefleur.  Mais  ce  ne  font  pas  feulement  les  médailles  , qui 
admettent  tm  mélange  d’écriture  minufcule  , parmi  un  plus 
grand  nombre  de  lettres  capitales  &c  quelquefois  d’onciales  j 
II*.  GEN&E.  notre  fécond  genre  laifle  voir  ce  mélange  dans  un  nombre 
d’autres  inferiptions  lapidaires  &c  métalliques.Nous  diftinguons 
dans  cette  planche  XXVIII.  jufqu’à  fept  fortes  ou  t^èces 
d’écritures  mélangées. 

La  première  eft  demi-onciale  ; c’eft-à-dire  mélangée  de 
lettres  onciales  & de  minufcules.  Elle  tend  même  à l’écri- 
ture curfive  j comme  il  paroit  par  ce  modèle  ; Domiti  > in 
pace.  Lea  fecit.  Cette  épitaphe  , aufli  tendre  que  laconique , 
étoit  peinte  {b)  en  lettres  rouges  dans  un  des  cimetières  ^ 
Rome.  Lea,  qui  fit  dreffer  cette  infcription  , parle  au  mort, 
& lui  fouhaite  la  paix  du  Seigneur. 

La  fécondé  efpcce  fe  fait  remarquer  par  des  r minufcules  , 
ou  aprochantes  des  minufcules  ; outre  les  jambages  terminés 
en  triangles , en  croilTans , avec  quelques  autres  fingularités 
dans  l’écriture.  t^.Chlotarius  Rex.  On  lit  ces  mots  au  re- 
vers d’une  monoie  , frapée  à Marfeille.  Bouteroue  (c)  la  donne 
au  roi  Clotaire  I.  r**.  Rex  Otbren — Eanaa  Rex.  C’eft  la 
double  légende  d’une  monoie  anglolaxone.  Ces  deux  rois 
ne  paroilTcnt  point  fur  h dixième  planche  du  chevalier  Foun- 
taine.  On  ne  Içait  comment  cet  habile  antiquaire  a pu  lire 
X.  O/-  (d)  fur  cette  monoie  , Oshright,  qui  eft  le  nom  d’un  roi  ou 
S'  iatrapejde  Northumberland.  ^°.Sigibertus  Rix^Celit  aure- 
ff)  U BUttc.  vers  d’une  <e)  monoie  , frapée  à Marfeille.  Si  l’on  sien  ra- 
4j.  ».  J.  porte  à M.  Bouteroue  j on  la  donnera  à Sigebert  II.  4“^  fuc- 
céda  dans  le  royaume  d’Auftrafie  à Dagobert  L l’an 


l'.ESPECE. 


it)  Bmnimtitii 

vtiri.  f.  i6i. 

II . ESPECE. 


(»)  pAf.  117. 
».  4.  J. 


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de  diplomatique.  6t9 

4®.  Eanred  Rex — WJfred  Rex.  Les  deux  côtés  d’une  mo- 

noie  anglofaxone  du  ix'.  fiècle  , donnent  cette  (a)  légende,  n.  partie. 

ɰ.  Pipinus  Rex  Equitaniorum.  M.  le  Blanc  {b)  a lu  Equi-  J ‘ 
nariorum.  U croit  que  la  monoie  , qui  porte  cette  légende , a r t i c’^*.  ii. 
eft  de  Pépin  I.  roi  d’Aquitaine  , & fils  de  Louis  le  débonaire.  (»)  f.*»».  us.  x. 

Un  mélange  de  minufcules  , antérieur  au  vu',  ficelé  , ^mni.n.  i. 
diftingue  la  troifième  efpcce,  dont  notre  planche  fournit  dix 
modèles.  I ® . Dominas  Bajilifcus , Pater  Patrice  , Augujlus.  jjj 
Cette  légende  eft  gravée  , du  côté  de  la  tète  , fur  une  (c)  x. 

médaille  de  l’empereur  Bafilifque  , qui  fut  rélégué  en  Cap-  i. 

padoce  , où  l’on  le  fit  mourir  par  la  faim  , Tan  477.  a". 

Dominas  Tiberias  Conjlantinus  , Pater  Patrice  , Auga^as. 

C’eft  la  légende  d’une  {d)  médaille  de  l’empereur  Tibere  , WJUJ.  f.  Sfr. 
qui  fuccéda  à Juftin  l’an  578.  3**.  ^ In  pace  anima  dut- 
cis  Pauli  ( ou  Paulini  ) presbyteri  fancle  PrifciUe  Cette  ins- 
cription • tirée  des  Marbres  de  (e)  Pefaro  , a pam  impor- 
tante  (i)  à l’auteur  de  ce  livre.  4°.  Le  revers  d’une  médaille  »•  i<<- 
de  (/)  Jullinien  , préfênte  un  I Surmonté  d’une  croix  , aux  (/■) 
deux  côtés  duquel  on  lit  anno  xxiv.  écrit  perpendiculaire-  '• 
ment.  Cela  veut  dire  imperii  anno  xxiv.  Crin  , qu’on  voit 
dans  l’exerme  , peut  être  le  nom  abrégé  du  monétaire.  3®. 

Dominas  Mauritius  Tiberias  , perpétuas  Augujlus.  Dans 

cette  légende  C^)  du  vi'.  fiècle  , l’A  eft  tranfpofé  , l’V  ren-  (s)  Bmdmi. 

verfé , & l’abréviation  9 pour  us  eft  employée.  6®.  Dominas  "■  ' *• 

Tiberias  Conjlantinus  y perpétuas  Augujlus.  C’eft  la  légende 

d’un  {h)  médaillon  de  l’empereur  Tibere  Conftantin.  7°.  Zin-  (j,)  nu.f.  es-', 

num  loci  Quintini  & Marturiae.  Cette  infeription  (t)  a été  (1)  SimurrHeii 

tirée  du  cimetière  de  Prétextât  à Rome.  Zinnum  loci  eft  la  f- *• 

même  chofe  que  Jîgnum  loci  ; c’eft-à-dire  , la  marque  du 

lieu  , où  Quentin  &c  Marturie  furent  inhumés.  8°.  IhS 

Crijlus  Rex  regnantium.—~ Dominas  Jujlinianus  , fervus 

Chrifti  Dei.  Cette  légende  d’une  {k)  médaille  de  Juftinien  BW«r»  » 1 

eft  fort  remarquable,  par  l’abréviation  des  noms  de  Jésus, 


^i)Le  labarum  ou  monoeramme  de 
1.  C.  placé  au  milieu  du  haut  de  rioTcrip- 
tion  , £iic  juger  qu  il  en  manque  pref- 
que  la  moitié.  L'auteur  dans  fes  (/)  no. 
tes  la  juge  tics-aocienne.  E^uidm  , dit- 
il  , muiijuim  mihi  vidtiur  h*e  inferiptu 
ttUktrrimd  ilU  , }«a  «d  Ditmm  Pttriim 


in  -vinc$du  vifitnr  , mdn^iu  fumenc  in  frt- 
»'<  hnhend»  , ^ttnm  Prtpytmtm  Komtnt 
Ecclefî*  cum  fut  tante  neiii  exhitemi. 

Nous  croyons  que  celui  qui  a fait  faite  //>  yUrmer.  Pi- 
cette  épitaphe  , aura  fait  anoncer  ce  que  fnnrtnt.f.ios. 
lui  éioit  ce  Prêtre  .avant  le  mot  d«/n>, 
conune//» , /rntrii  &c. 

I i i i ij 


II.  PARTIE. 

St  CT.  III. 

Chat.  XI. 
Axt(Cie.  II. 

(«)  Lt  Blmt. 
f.  }. 

(*)  Ihid.}.  I«. 
4.  n.  14. 
ly.  ESPECE. 


(c)  TtHtit.  t»h.  ;. 

».  4. 

{4)  Le  BImu. 

f.  t)6. 

(e)  Fieermi  fl.f. 
U.  f.p.  i». 


(/)  Ihid.p.  60. 

fl.  lZ.~.  *. 


îg)  Feitnlaine. 
I.  2..&f  l?l. 


(,')  ! f VUnc. 
[.  14I  »'  >• 


('}  Foutrt.  tab.  8. 
•(k)  Ibid.  Off$. 

».  4. 


€to  NOUVEAU  TRAITÉ 
& de  Dieu , par  l’orthographe  & par  la  forme  des  caraûcres, 
9°.  Erpone  monetarius,  La  monoie , qui  (a)  donne  cette  lé- 
gende , fot  ftapée  à Aix  , Aquis  fit.  Ce  peut  être  la  vill|| 
d’Aix-la-Chapelle  , où  nos  rois  de  la  première  race  avoieriP 
un  palais.  10^.  Bertoaldus  monetarius  eft  gravé  au  revers 
d’une  {b)  ancienne  monoie  françoife  , qui  ne  porte  le  nom 
d’aucun  roi , quoiqu’elle  en  repréfente  la  figure. 

La  quatrième  efpèce  de  mélange  fe  diftingue  par  une  écri- 
ture capitale  mêlée  de  minufcule , depuis  le  vu*,  fiècle  , 
jufqu’au  xi'.  On  en  trouve  huit  exemples  dans  notre  plan- 
che. 1°.  Eûdmund.  Rex.  C’eft  la  légende  d’une  (c)  monoie 
d’Edmond , roi  d’Angleterre  en  940.  a®.  Eo^o  gracia  Dei 
Rex  : autre  légende  d’un  denier  {d)  d’argent  de  Bozon , cou- 
ronné roi  de  Provence  l’an  879.  ^^.Gaudentii  — Primicirii. 
Un  ancien  (e)  fceau  de  plomb  donne  d’un  côté  le  premier 
mot , & de  l’autre  le  fécond.  Anciennement  dans  TEglife  le 
Primicier  étoit  le  chef  des  notaires  & des  diacres.  Il  étoit 
chargé  de  veiller  fur  les  clercs  & de  leur  faire  oblèrver  la 
difcipline  écléfiaftiquc.  4°.  Thoma  eft  l’infcription  {f)  d’une 
autre  bulle  de  plomb.  M.  Ficoroni  lit  au  revers  Domine 
Jesu  , ou  Dominas  Jésus.  N’y  liroit-on  pas  mieux  , notarii  ? 
On  fait  que  l’N  a counime  de  fe  déguifer  fous  la  figure  de 
l’H.  Aethelweard  Rex  Anglorum.  La  monoie  (g)  anglo- 
faxone  du  vi  1 1'.  fiède  qui  donne  cette  légende  , porte  au 
fevers  Ennebe  Raex.  Le  chevalier  FwKaine  avoue  , qu’il 
n’entend  pas  le  dernier  mot.  C’eft  Rex:  tae  pourl’e  étant 
fréquent  chez  les  Anglofaxons  ; on  ne  peut  en  douter.  6°. 
Odo  gratiâ  Dei  Rex,  On  lit  cette  formule  fur  une  {h)  mo- 
noie , frapée  dans  la  ville  d’Angen  ; en  commençant  par  les 
lettres  , qui  rempliffent  le  champ.  On  voit  fur  cette  pièce  le 
monogramme , qui  fervoit  de  fignature  au  roi  Eudes  dans 
fes  diplômes.  7®.'  P'^iberehtus . Ce  nom  paroit  au  revers  d’une 
(i)  monoie  «PEcbert,  qui  au  ix*^.  fiècle  réunit  fiicceflivement 
fous  fa  domination  les  fept  petits  royaumes  d’Anglererre. 
8°.  Lulla  eft  le  nom  d’un  monétaire,  gravé  fiir  le  revers /I:) 
d’une  monoie  d’Oft'a , roi  des  Merciens  en  757.  Les  trois  o, 
ou  points  blancs , entourés  de  perles , fervent  à féparer  les 
lettres,  & fignifient  en  même  tems  monetarius.  Soaxvix.  on 
trouve  l’O  feul  pour  exprimer  ce  mot  en  abrégé. 


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de  diplomatique.  62.1 

Les  lettres  eapitales  mêlées  de  minulcules  depuis  le  Com-  ^ 

mencement  du  xi'.  ficelé , font  renfermées  fous  la  cinquième 

cfpèce  , dont  notre  planche  préfente  ces  cinq  exemples.  chVp.  xi. 

1 ®.  Ex  bénéficia  fanSte  Crucis > per  Johanntm  epijcopum  Ù per  A » t i c 1 1.  il. 
Albertum  fanAte  Crucis  cafatum  ,fa3us  eft  liber  Letbertus  : y.  ESPECE, 
tefte  hac  jaaSâ  Ecclefiâ.  Cette  infeription  fingulicre  , gra- 
vée fur  un  des  piliers  de  la  grande  porte  de  l’ancienne  égliie 
de  fainte  Croix  d’Orléans , a été  publiée  par  (a)  D.  MabiUon,  (4)  Bt~ 
& depuis  par  M.  Polluche , un  de  nos  plus  favans  antiquai-  »•*■*.  s-t-  fu- 
ies. Ceft  un  aâe  de  manumilfion , qui  fait  foi , que  Letbert 
a été  mis  en  liberté  , par  Jean  évêque  &c  par  Albert  Vafial  de 
cette  églife,  en  préfence  de  laquelle  fut  faite  la  (0  cérémo- 
nie de  cet  afranchi/Temeilt.  La  formule  , Tefie  hac  fanSâ  cc- 
clejlâ  , la  conjonûion  du  T avec  l’E  , les  abréviations  , ôc 
furtout  la  figure  d’une  croix  pour  fignîSer  Crucis  , méritent 
d’être  remarquées,  x®.  Gerardus  cames  Vadanicefis  , c’eft-à- 
dire,  Vadcuiice^.  C’eft  l’infcription  {b)  du  fceau  de  Gérard  h,'!. 

IL  comte  de  Yaudemont,  Ce  fceau  ell  pris  d’un  titre  de  * inramc.t.  1. 
ed’an  1174.  i°.  Sigülum  Nicolai  fanSi  Pétri  ad  vincula  , 

Presbyteri  cardinalis  de  Cufa.  Le  grand  (c)  fceau  en  ovale  (c)  A.i?r:M,iiHf,r. 

pointue  du  favant  cardinal  de  Cufa  de  l’an  14^1.  donfie  » s- 

cette  légende , dont  les  caraûcres  font  aflex  beaux  , & anon- 

cent  un  renouvellement  d’écriture.  Le  ^ tourné  à gauche  fait 

l’ofice  du  D , comme  fur  la  médaille  de  JufUnien  , d’où  nous 

avons  tiré  le  huitième  modèle  de  la  trotûème  efpèce  , & l’N 

emprunte  une  fois  la  figure  de  l’H.  4°.  Sigillum  Bajlardi  Da- 

mini  Atti  d’i  Safih  ferato.  C’eft  l’infcription  d’un  fceau  du 

XV®.  fiède , que  M.  Manni  a publié  dans  fes  Oblêrvations  (dj  (i)  Ttm.  1.  Si- 

hiftoriques  furies  fceaux  des  bas  tems.  j°.  Sigillum  Adel-  S'^/»»"»- 

beronis  Prepajiti  fanSi  Paulini  Treverenjîs.  Un.fceau  pendant 

( I ) Depuis  ipic  les  empereurs  eurcm 
embralliî  le  Chridianirme  , Icsairanchif- 
Tcmen;  ne  Te  fîicnc  plus  dans  les  temples 
des  £sai  dieux.  On  condoiroit  rcrcloTC 
dans  «ne  dgbfe  , où  l'oisnftpit  fur  l'autel. 

& oa  liloic  l'ade , par  lecjucl  un  maître 
afraBchilToit  fon  efdaxe.  Un  duphifieurs 
dcldfitlii^ues  (igooient  oct  aâe  i lorfque 
les  lignarures  etoicae  en  ufage  i le  tiers 
le  cetf  ou  rcfclave  devenoie  libre.  Cette 
mauitte  d'afrandtir,  aenimde  imnsiuiifT- 


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Ji0  m féur9  fimSis  ecrlefas  devinr  fort  a la 
mode.  Les  afianebis  furent  apcilds  ecké- 
fialliques  te  tabulaires  J paTcequ'cn  leur 
donnant  la  liberté  dans  les  dglî£tt  < on 
eu  dcrivoitraâefutdes  tables.  Us  ^toient 
eux  te  leur  poderite  fous  la  protcflion 
de  l'Eglife,  ijui  leur  fuccddoii  ond^ue- 
. tbis  au  ddiàiit  d'cnfans.  Ce  n'eCl  pas  iei 
le  lieu  daprofondir  cette  matidie  , donc 
. nous  patlcrons  ailleuts. 


Vil  Nouveau  traité 

(a)  d’Adelberon , fils  de  Sigefroi  premier  comte  de  Luxem- 
II.  PARTIE,  bourg  , &:  Prévôt  de  S.  Paulin  de  Trêves  en  1037.  donne 
Ch  A P ” E infèription. 

A R T I c i I.  Il,  La  fixicme  efpcce  eft  caraâérifée  par  des  lettres  ou  des 
(m)  CMimtt  h^.  traits  détachés.  Nous  en  avons  fait  graver  trois  modèles,  i». 
de  UrrMne.  1. 1.  Mambus  Aviani  Califii  Avianus  Viirinus filius  libenur 

ESPECE  votum  patri  debitum.  Don  Naflarre  {b)  a publié  cette 

infcription  fépulcrale  ; fans  dire  un  mot  qui  puilTe  faciliter 
effl,^j!^Pr*j!f.  levure  ^ l’intelligence  de  l’original.  Nous  avons  lu  Avia- 
fei.  XXV.  ».  IJ.  ni  ; parceque  nous  prenons  les  deux  caraâères , qui  fui  vent 
Avia  pour  une  N , dont  on  a omis  la  ligne  du  milieu,  & que 
cette  lettre  porte  fouvent  un  I avec  elle.  .SigillumChino 
{e)Tem.^.SitiU.  Ce  fccau  publié  par  (c)  M.  Manni  eft  de  la  fin  du 

xiv.oudu  xv',  riccleconimencé.}°.Erigermonetar{usCelKz\x 
(i)  Temi.txt.  ».  rcvcrs  d’une  monoie  (d)  d’Eadvic,  roi  des  Anglofaxons  en  9 j 9. 
Exdvif.  ».  J.  La  dernière  efpcce  d’écriture  mélangée  du  fécond  genre 
yjl.  ESPECE,  fe  diftingue  par  des  lettres  terminées  en  étoiles , ou  par  trois 
pointes.  En  voici  deux  modèles, qui  font  les  derniers  de  notre 
planche.  i^.Eadred  Rex-^Unbein  moneiarius.  C’eft  la  lé-* 
(f)  lUd.  txh.  6.  gende  d’une  («)  monoie  d’Eadred  , roi  d’Angleterre  l’an  946. 
Estired.  ».  f . a®.  Ciolvulf  Rcx  Merciorum.  Une  autre  monoie  ( f)  de  Ceol- 

(f)  yyif  ^ qyj  f^gnoit  l’an  S 19.  fur  les  Anglois  occidentaux  , 

" ”■  porte  cette  infcription , dont  le  chevalier  Fountaine  n’a  point 

déchifré  le  dernier  mot  3 quoiqu’il  ait  donné  à Ceolvlf  le 
titre  de  roi  des  Merciens. 

§.  II. 

Ecriture  curjive  che:^  Us  anciens  Romains , confiatée  par  les 
Ectitutc  majaf-  injcfiptions  : planche  XXIX.  renfermant  les  m. 

? I V.  V.  fi"  v I . genres  de  la  fécondé  Divifion. 

mctâlh^ac  «clée  o J J 

criptions  totale-  I.  L’écriturc  cutfivc  a été  expofée  à mille  contradiâions  , 
ment  en  ce  caiac-  dcpuis  le  renouvellement  des  lettres  & des  beaux  arts.  La 
Supem.  de re  plupiiTt  des  littérateurs  des  derniers  fiècles  ont  nié  l’exiftence 
dipem.f.  ii<.  de  ce  caraâère  chez  les  Romains  , & ont  Eût  honneur  de 
{h)Dtredifltm.  fon  mventkm  aux  nations  barbares,  qui  ont  partagé  l’Em- 
lut.  5».  p.  45».  pire.  L’épitaphe  de  (g)  Gaudence , mêlée  de  cîxrfive  , les  £â- 
^(i)‘'p*/.  i\o.  meules  chanes  de  Ravenne  ,wbÜées  par  (A)  D.Mabillon  , 
tV/pfj.  6c  celles  que  le  marquis  Ma^  (i)  a fart  imptimei  dans  foo 


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III  IV;  K et  ll^Genre.? 

ïn^  ^ 

5XTv^iVi 
-i?ipiX"\)ÊWEi^TX  vxok 
fECŸX  ET  Stéi 
J^<^TEklÉ  ép^E  SVIS 
jii  p^ct 

c>ec€  K6r  Tr 


(iepç/^4  ■ III  id-  (Va>  iJUMTe» 


^ co^&IT[lr^fé^^)àt^^  id arfiou^o 

'^fj^drpol&o)o(gffi 

’ mNOCBtMCQHiVtlX^HÇ^i^ 
f^AÉCVM^MVIXlTmjm 
Aftmx  oi^smp^oM 
‘^^ù£SABCVt^VXiB\T^ 
ÏAjB\flr^V^^/f(^CA!hîo  €&H£  ■ 

'_•  ÛL 


f 


DE  DIPLOMATIQUE. 
hiïloire  diplomatique  , ont  dû  faire  revenir  les  (àvans  de 
leurs  préjugés , &c  leur  faire  comprendre  , que  l’écrimre  cou-  partie. 
rante  ne  vient  pas  moins  des  Romains  que  la  capitale  ou  ma-  c h * p.  *xi 
jufcule.  A»  Tic  II.  O. 

Pcrfone  n'a  mieux  prouvé  l’exiftence  du  caraûcre  curfif 
romain , que  M.  Buonaruoti.  Cet  illuftre  fénateur  a fu  (a)  {•)Of€tvmK.So. 
diftinguer , dans  les  anciennes  infcriptions , avant  M.  Maffci , * w- 

le  caraâcre  majufcule  de  celui  , dont  lê  fèrvoient  les  Ro- 
mains  dans  l’ufage  ordinaire.  Il  prouve  cette  écriture  cur- 
five  par  des  monumens  fi  certains  , que  les  Germons  & les 
Hardouins  mêmes  auroient  de  la  peine  a en  contefter  la  vé- 
rité. La  planche , dont  nous  donnons  l'explication  , repré-  ' ^ ' 
fente  une  partie  de  ces  monumens  , renfermés  fous  le  troi- 
fiicme  genre  d’écriture  mélangée.  Ses  efpèces  font  curfivesen  iii'.  genre. 
tout  ou  en  partie. 

La  première  ofre  une  écriture  capitale  antique,  à traits  esp  ec  E 

prolongés , vers  la  droite  , bc  vers  la  gauche  , courbée  dans 
plufieurs  de  fes  jambages  , fie  tendant  a l’éçriture  curfive , ou 
la  fupofant.  Notre  planche  donne  trois  modèles  de  cette 
eÿcce.  i®.  Diis  Manibus  Sexti  Manlii  Saturnini  Vipia. 

Keneria  uxor  fecit  & fibi  pojierifque.  Cette  ancienne  (b)  vnÇ- 
cription  fépulcrale  n’a  pas  befoin  d’éclaircilTement.  a°.  Sab- 
batio  (c)  in  pace  Chrijti  KaUndis  Decembris,  On  doit  fous-  ‘“i'. 
entendre  defunSo.  3“.  Depojla  , c’eft-à-dire  , depojîta  ni. 
idus  junii  in  pace.  Cette  {d)  épitaphe  chrétiemie  , au/fi  bien 
que  la  précédente  , lailTe  voir  lin  mélange  trcs-lênfible  de 
lettres  airfives. 

La  féconde  efpèce  fé  diftingue  par  une  écriture  capitale 
^maffive,  à bouts  arondis,  mêlée  de  minufcule  Sc  de  curfi- 
ve. Le  modèle  gravé  fur  notre  planche  eft  une  infcripriôn 
fépulcrale  , trouvée  dans  le  cimetière  de  S.  Sévérin-lez-Bor- 
deaux.  Il  eft  évident  quelle  n’eft  pas  entière.  Nous  lalifons 
ainfi  : Pirgus,  Saucilia  Pafcajîa  argenta  ou  aura  invenit  ti- 
tulum  fepulcri.  Les  quatre  derniers  mots  font  exprimés  fur 
notre  planche  par  ces  figles.  A.  i u.  tit.  s.  Pirgus  eft  un 
mot  tiré  du  grec  , , qui  fignifie  une  tour , un  monu- 

ment. Ce  mot  étoit  lié  avec  ce  qui  eft  perdu  de  l’infcrip- 
lion.  Telle  qu’elle  eft , M.  Baudelot  (e)  la  fupofe  chrétienne  c*d.  déi  fn/frili 
fans  trop  de  fondement.  U la  fait  remonter  vers  l’an  330.  t.i.f  ico. 


(i)  Eoi  ftirdAn- 
4- 


(d)  (iid.f.  i;7. 


//'.  ESPECE^ 


.* 

t.  ■ 


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II.  PiRTII. 

SlCT.  III. 
Ch  AF.  XI. 

A K T 1 Cl  F.  II. 

II/',  ESPEECE. 
Çm)  Le  Blme. 


ir,  ESPECE. 

(I)  Butnetmiui 
Vetri.f.  XXI. 


(f)  Menumentp- 
vt  CelHtnburàm. 


(d)  OfftrvMtitni 

f.  lYI. 

(<}  D(  Tê  dipltm 
f.  114. 


«14  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  Jefus  - Chrift  8c  l’explique  ( i ) autrement  que  nous. 

La  troifième  efpcce  eft  du  moyen  âge  , 6c  mêlée  de  mi- 
nufcule  6c  curflve.  Le  revers  d’une  (a)  monoie  de  Charle- 
magne nous  fert  ici  d’exemple.  M.  le  Blanc  reconoit  qu’il 
n’a  pu  former  aucun  mot  ni  aucun  fens  de  cette  légende.  Nous 
y trouvonsMeriu/o, qu’on  prend  vulgairement  pour  le  lieu  où  la 
monoie  fut  frapée.  C’eft  la  même  fabrique,  dont  il  raporte  trois 
monoies  de  fuite , dans  la  planche  fuivante  du  même  prince. 

L’écriture  cûrfive  antique  toute  pure  , ou  mêlée  feulement 
de  quelques  onciales  6c  minufcules  , conftitue  la  quatrième 
efpèce,  dont  quatre  modèles  figurent  fur  notre  planche.  i°i 
Opus  Atticianis  Afrodijienis.  Cette  infcription  (i)  eft  gra- 
vée fur  une  ftatue  , qui  repréfente  une  des  Mufes.  Cet  an- 
tique eft  dans  la  galerie  du  grand  duc  de  Tofcane.  M.  Buo- 
naruoti  croit  ({n  Afrodijienis  eft  écrit  pour  Afrodifienjis  ; 
mais  il  vaut  mieux  ne  rien  changer.  i“.  Rujtidus  ferbus. 
Le  dernier  mot  eft  pour  ftrvus.  M.  Gori  {c)  a pubUé  cette 
infcription  peinte  fur  une  ancienne  brique.  Cet  h^ile  an- 
tiquaire y réconoit  (2,)  l’écritùtej  qu’on  apelle  cuçGve , & dont 
les  Romains  faifoient  un  ufage  ordinaire  j lorfqu’ils  vouloient 
écrire  plus  vite  6c  avec  moins  de  peiné!  La  lettre  S s’y  mon- 
tre fous  la  figure  qu’elle  a dans  les  Pandeôesde  Florence. 
3*.  Mercurius  pater  jUiae"' defunàae  vi.  idus  Novembris  ^ 
Urfo  & Polemio  cdnfuübiu.  M.  Bonaruoti  {d)  lit  JUiae  de., 
pojîta  , 6c  D.  Mabillon  [e)  depàfiue.  Nous  préférons  defunSa. 
II  yaau-defliiS  de  la 'même  infcription  , dies  xxi.  marqué 
également  par  un  D tranché.  Ces  deux  favans  ont  publié  ce 
modèle  d’«f3Snne  écriture  curCve.  Ce  n’eft  qu’une  portion 
de  l’épitâ^wûé  Gaudence , datée  du  confulat  d’Urfus  & de 
Polemiàs  J c’eft-à-dire  de  l’an  338.  de  Jefus-Chrift.  Quoique 


(/)  P.  neirt  I. 
tcm.p.  II.  &ptiv. 
f.  I6i.  I<7. 

Il)  Tem.  4. 

p.  loia. 

(h  J Mmuo».  pi» 
Cflnmt»r.p.  J*. 


) prend  deux  fois  TA  pour 

l'Æ  oublie  fS  pUedt  ao-delTus  de 
Pitpi.  Sans  s'embaralTet  de  la  ügnifica- 
cion  la  plus  ordinaire  des  filles  A.  I U ; il 
lit  ainn  rinfetiption  i PtrgHt.  AueilU 
Psfiap*  nqmumici  jurit , ou  Aftiitait , 
ou  Aqumptjievenis  ufà  titHlefue.  M.  Bau- 
delor  avou  e , qu’il  a plutôr  denné  que 
lu.  Nous  fommes  perfaadds  , qu'il  na 
bien  foie  ni  l'un  ni  l'autre,  Il  n’étoit  Rudre 
plus  heureux  en  expliquant  les  inferip- 


tions*qu'en  fiifaoc  le  difcemcmenc  (f) 
des  anciens  diplômes;  quoiqu’on  aicafcc- 
ti  dans  la  nouvelle  Encyclopédie  (f)  de 
le  citer  comme  juge  fort  expert  en  cette 
matièce  ; après  que  nous  avions  fait  voie 
fes  écarts. 

(a)  Scripticnis  (E)  heeienus  snlijÈettitf , 
aerpva  , nt  dickmr  , pmllmmm  ep  , vel 
tppjpamm  tp , qtu  cemmunitir  utthMatHr , 
cum  vellent  m»jtri  velecktu  ccmimdi- 
I4le  firibtri.  , . . 

M.  Bianchmi 


DE  DIPLOMATIQUE.'  tfiy 

M.  Bianchini  eut  feit  tirer  cette  infcription  fur  l’original, 
qu’il  en  eût  fourni  le  modèle  d’une  part  à D.  Mabillon  & 
de  l’autre  à M.  Buonaruoti  : cependaiu  ces  deux  modèles  ne 
laiiTent  pas  de  diférer  confidérablement.  L’inlcription  eft  à 
fimple  trait , dans  les  obièrvàtions  de  M.  Buonaruoti  fur  les 
anciens  fragmens  de  verre.  Comme  nous  ne  voulons  pas  dé- 
cider, quel  eftle  modèle  le  pkis  conforme  à l’original  ; nous 
avons  ajouté  dans  notre  planche  celui  du  favant  Italien , qui 
paroit  toutefois  réduit.  4*.  Mercurius  pater  filiae  defiinaae 
VI.  idus  Novtmhris  , Urfo  & Polemio  confulibus.Me&.è'iï- 
dent  par  ces  infcriptions , que  l’écriture  curûve  étoit  en  ufage 
à Rome  dès  les  premiers  (i)  fiècles. 

Une  écriture  antique  , niftique  , mélangée  de  capitale  , 


(1)  Les  écrivains  , qui  ^toicot  nntât 
Grecs , tantôt  Syriens  , & acoutum^  à 
la  forme  de  leurs  caraâères  particaliets , 
dlropioient  fouvent  le  caraâere  romain& 
le  rfasifoient  pcefqae  à Ia  forme  du  leur. 
D'où  il  ativoit  que  l'écriture  curfÎTe  va- 
liait  félon  les  diférenies  maint  , qui 
remployaient  , comme  il  arive  encote 
aujourdui.  On  remarque  cette  variété 
dans  la  charte  de  pleine  fécuriré  , pu- 
bliée par  D.  Mabillon,  & dans  celle  de 
l'an  J 04.  donnée  par  Lambecius  au  v 1 1 
tome  de  la  bibliothèque  de  l’Empereur. 
On  trouve  encore  plulîenrs  antres  preu- 
ves de  l’exillencc  des  caraâctet  curlifs 
chez  les  Romains  dans  les  anciennes  tof- 
criptioDS  chrétiennes  des  cimetières , ra- 
poitées  par  Fabrctti , Bolius  , Boldetri  , 
& Lupi  léfuite.  Il  faut  lite  rczplication 
que  ce  dernier  a donnée  de  l'épitaphe  de 
lainte  Sévère  martyre.  M.  Baureuet  dans 
Ibn  (a)  mf.  gardé  à la  biblioth^ue  dn 
roi  , ne  parle  pas  d’après  les  raonumens 
antiques  fufifammenc  examinés  i lorfqu’il 
réduit  à des  lettres  monogrammatiques 
Sr  conjointes , toutes  les  minufcules  Sc 
curlïves , qui  s'y  rencontrent.  » Il  eft 
» vrai , dit-il,  qu'on  trouve,  dans  les  tné- 
» daillcs  8c  dans  les  infcriptions  antiqnes , 
V.  cettaines  lettres  jointes  ; mais  c'étoient 
n des  efpèces  de  monogrammes , qui  fer- 
» voient  lïmplement  pour  abréger  les 
» légendes  des  médailles  ou  les  infcrip- 
" puons.  « Mais  le  (avant  ptofèlTeur  de 

Tome  II, 

/ 


Neuchâtel  ne  carde  pas  à reconoitre  chez 
les  Romains  une  écriture  liée  , coulée 
8c  cutlive  proprement  dite.  » On  a auflî 
U découvert  , poutfuii-il,  i Rome  une 
» iofetiption  antique  , que  j'ai  vue  chez 
U M.  BiacKhioi.  Les  dernières  lignes  font' 
n en  cataâèrrs  courans  ; pareeque  Tef- 
» pace  manquoic  à la  pierre.  D.  Mabillon 
» !'a  frit  imprimer  dans  le  Suplémcnc  à 
» Ton  ouvrage  dr  r*  diflemmticâ.  J'ai  au(0 
» vu  à Milan  le  Jofeph  de  la  traduébon 
» de  Rufn , qui  eft  écrit  fut  des  feuilles 
» d'arbres  , ou  pour  mieux  dite  , fur  une 
» efpèce  de  papier , compofé  de  filamens, 
» cirés  de  l'écorce  de  quelque  arbre. 
» ( C'eft  le  papier  d'Egypte.  ) Les  carac- 
» rères  de  ce  mf.  qui  eft  du  tems  de 
» Tfaéodofe  font  liés, aigus  , 8c  alTez  di- 
u ficiles  à lire.  Tout  cela  prouve  , qu'il 
U fc  peut  (aire  , que  les  Syriens  8c  les 
» Ataues  aientufé  de  caraélèies  liés  depuis 
» plus  de  treize  à quatorze  cents  ans.  « 
Mais  cela  prouve  encore  mieux  que  le  P. 
Germon  (k)  a parlé  au  hazard  Sc  en 
homme^peu  inftruit  i lorfqu’il  a exclu  des 
marbres  8c  des  médailles  l'écriture cur- 
fivr,uf  tée  en  France  du  tems  des  rois  Mé- 
rovingiens,8c  qui  n’eft  autre  dans  le  (bnd 
que  celle  des  Romains.  S'il  y a des  difé- 
rences;  elles  ne  (ont  qu’accidentelles.  L'et- 
xenr  du  Jéfuite  eft  principalement  venue 
dece  qu'il  n'a  conna,qu'ane  forte  d'écriture 
latine  dans  l'empire  tomain.Cettp  erreur  an 
refte  lui  eft  commune  avec  d’autres  favans. 

Kkkk 


II.  PARTIE. 
S E CT.  III. 
Ch  A P.  XI. 

A a T IC  LE.  II. 


F*.  ESPECE. 


4 


{*)  Têm.  1, 
f.  47-  4». 

(»)  DiferpiSti»  t , 
p.  ft. 

Di/ctfi.  i.f.  4». 


Digitized  by 


M NOUVEAU  TRAITÉ 


II.  PARTIE. 
S I C T.  III. 

C H A P.  XI. 

A R T 1 c l E.  11. 


(4)  Batnimuti 
y ciri.f.xfi  1 1. 


(I)  liU.f.zls. 


n . ESPECE. 


d’onciale , & de  curfive , diftingue  la  cinquième  cfpcce.  No- 
tre planche  lui  fournit  trois  modèles.  Le  premier  eft  cette 
infcription  peinte  fur  un  ancien  (i)  vafe  , deftiné  à conferver 
le  vin  J Lthrarum  pondo  l.Ex  cellario  L.  PurelUGemelUM. 
La  dernière  lettre  feule  peut  fignifîer  Mafficumo\x  Mameni~ 
num  vinum..  La  ligne  perpendiculaire  au  côté  droit  nous 
donne  Cn,  Lu,  , c’eft-àl-dire  , Crieio  Lucio  Munatio. 
Gette  manière  de  lire  poura  paroitte  un  peu  hafardée  ; mais 
nous  la  croyons  plus  fuportable  , que  celle  de  M.  Bianchini , 
qui  lit  Caefanniae  , & croit-  que  c’eft  le  nom  d’une  dame, 
fiir  le  fond  de  laquelle  le  vin  avoir  été  recueilli. 

Le  fécond  modèle  eft  -cette  épitaphe  {a)  de  l’an  19  j.  de 
J.  C : Statilia  jilexandra  , annorutft  qucuuordecim  virgo  : 
mortua  efi  Tufeo  & Annullino  confuliêus  , ix.  Kalendas 
Septemhris.  Ici  le  t minufcule  prend  la  forme  de  l’i  fie  de  L 
& le  T majufcule , qui  termine  le  mot  est  , fert  encore  à 
commencer  le  mot  Tufeo.  Ces  obfervations  peuvent  lèrvir 
à déchifrer  plulleurs  autres  monumens. 

Le  troilième  modèle  eft  cette  ancienne  infcription  (b)  fé- 
pulcrale  : Diogenia  ftliae  bonae  , quae  vixit  annos  fexs  , 
menfes  decem  , Diogenes  pater  infelix.  Il  faut  (busentendre 
pofuit.  Diogetùa  eft  mis  pour  Diogeuiae.  Dans  ce  modèle 
rS  eft  prefque  femblablc  au  T des  Grecs*  On  en  trouve^  de 
cette  figure  dans  les  fameufês  Pandeûss  florentines. 

Quelques  lettres  curfives , pluCeurs  minufcules  , & beau- 
coup d’irrégulières  caraâérifent  la  fixième  efpèce  de  ce  troi- 
fièmc  genre.  Quatre  inferiptions  , écrites  dans  ce  goût  , fi- 
gurent fur  notre  planche.  1®.  Dits  Manibus  Q.  Terentii 


( i)  C’eft  une  imptore  Je  cinq  palmes 
romaines  de  bantcat.  Elle  fut  diicouvcrtc 
en  1718.  dans  le  jardin  latndre.  M. 
(fjPaX.LXixii.  Goti  l'a  rcptdfenti!c  dans  la  favanie(c) 
Prdface , qn'ii  a mile  à la  tête  des  an 
ciennes  inlcriptions  de  M/  Ooni  • Pa- 
trice de  Florence.  La  première  ligne  de 
notre  modèle  eft  très  dificilc  à lire.  M. 
Bianchini , qui  a paiTè  pour  le  plus  Ta- 
xant homme  d Italie  dans  la  conoilTaiice, 
iks  anciens  caraftvfts , ne  l’a  point  Hc-  | 
chifrée.  M;  GonJuf*mcme>a  la  modcftic 
^invoquer  le  fccours  d’autrui  cn  cette 
ocaljonj  mais  en  même  teois  , U donne 


la  clé  de  réoigme , en  infînuant  que  ces 
ctraéHres  peuvent  marquer  la  quantité 
de  vio  , que  le  rafe  coorenoic.  La  ligne 
collatérale  Sc  perpendiculaire  nefl  pas 
moins  di/icile  à déchifrer.  M . Bianchini 
Y trouve  Cntf»nniMy  M.  Gori  ne  paroit 
pas  fatisfatt  de  cette  leçon*  Mais  lupo* 
Tant  qu'oo  peut  l’admettre  j il  croit  que 
cela  {ignihe  , que  la  pcrfonc  de  ce  aom 
aura  reçu  ce  vin  en  préfent  ou  écreoocs- 
aux  fctcs  de  Saturne.  Ceci  peut  être  apli^ 
qué  à CnciusLucius  Munatius,  que  nous 
croyons  voit  dans  cette  partie  de  rinf- 
ctiption» 


Dig”' — ' by  ■ lOgle 


DE  DIPLOMATIQUE. 

Prifciani.  Fixit  annis  quatuor  , menJîBus  feptem.  Fruméntun 
pullicum  accepit  menjibus  novem.  Terentia  Sabina  alumno 
fccit.  Cette  épitaphe  d’un  enfent  de  quatre  ans  & fept  mois , 
nouri  aux  dépens  du  public  ,fut  (a)  trouvée  l’an  1^96.  dans 
Je  cimetière  de  S.  Laurent , hors  les  murs  de  Rome.  On  y 
voit  des  U femblables  à ceux  des  diplômes.  Le  b ne  difère 
prefque  pas  desjf  , que  l’on  trouve  dans  les  chartes  de  nos 
rois  de  la  première  race.  Les  points  prennent  la  figure  d’un 
petit  V , renyerfé  vers  la  droite.  1».  Èvagr^ni  filiae  carijjimc 
berü  merenti  , que  vixit  annos  novemdecim  , menfeJ  feptem  i 
v^inti  très  ; Maximus  & Palame  parentes  fecerunt, 
DeceJJit  quarto  nonas  OSobris.  Cette  infcription  {b)  fépul- 
crale  tirée  du  même  cimetière  , ne  varie  pas  moins, dans 
1 orthographe  , que  nos  plus  anciens  diplômes.  La  diphton- 
gue «e  y paroit  dans  un  mot  , & Ve  (impie  prend  fâ  place 
en  deux  autres.  Si  le  nom  Evagreni  eft  celui  de  la  fille 
comme  l’on  n’en  peut  guère  douter  ; on  a un  nom  féminin 
^ec  la  terminailbn  malculine.  j®.  Innocentia  conjunx  If- 
fimans  , quae  cum  eum  vixit  bene  annis  decem  dies  duo- 
decim  , quae  de  faeculo  exibit  id'tbus  auguftis  , Gaüicano 
confule.  Cette  épitaphe  de  l’an  317.  ou  330  a été  copiée 
{c)  dans  le  cimetiere  de  Prifcille  à Rome,  Elle  n’en  ofre  pas 
moms  un  langage  barbare.  Conjunx  pour  conjux  \ cum  eum  , 
pour  cum  eo  , exibit  pour  exivit  , prouvent  que  les  règles 
de  lagramimire  nécoient  pas  (Iiivies  ,mcmc  dans  la  capital 
le  de  1 Empire  romain.  Les  lettres  B , G,  N , L de  cette 
infcripuon  font  remarquables.  4».  Domitia  Julianeti  filU 

^ mefis  decem  , oras  Xex. 
SVotts  dejunta  ejt  idus  ma^as.  Cette  épitaphe  (d)  du  meme 
cirnetiere  enchérit  fur  la  pr&édente , pour  la  barbarie  du  ftyle 
& de  l orthographe.  Nous  la  rendons  ainfi  en  latin  ordinaire  : 
Domuite  Julianeti  JU'm  in  pace  : quee  vixit  annis  quatuor, 
nunfes  decem,  horas  fex.  JVotis  defunSa  efi  idus  'maias.  Il 
elt  Imeulier  aue  l’X  At.  PC  l—  *7 ii.. 


il.  PARTIE, 
StCT.  III. 
Cm  AT.  XI. 

A » T 1 c 1 1 1 1. 

(a)  ItH.fMtll. 


(4)  lilj.  f.  xxiri 


(c)  ïbiJ.f.  XXX. 


[J)ll>id.p.  Si. 


* ..  UC  J,  Vj, 

La  dermere  efpèce  de  mélanges  eft  efpagnole  âc  des  bas 
tt^.  Le  modelé  que  nous  en  donnons  , d’après  Don  (e) 
Nallarre , eft  mêlé  de  capitale  à traits  ordinairement  courbes. 

Kkkk  ij 


ylt>.  ESPECE. 

Ftffifg.  fti. 


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II.  PARTIE. 
Si  CT.  III> 

C H A F.  XI. 

A R T ICI  I-  II- 


Eeriiure  tournée 
dan»  de»  fens  con- 
traires ^ fa  pofi- 
lion  naturelle. 

(a)  A»«f.  €Xfl. 
I.  i.fl.Tf- 
• (b)  Ntv»  m9»t- 
rudil.  me»/»  /4- 
ttuar,  I7if‘ 


IV'.  GENRE. 


'6t%  NOUVEAU  TRAITÉ 

Voici  comment  nous  le  lifons  ; Aqui  ja^e  Martino  Meniti 
de  Hohoad  B aoqufco.  Ceft  une  épitaphe  de  l’Eglife  de  fainte 
Marie  de  Peraza  , dans  l’archevêché  de  Brague.  Nous  aurions 
pu  acumuler  beaucoup  d’exemples  de  l’écriture  inoderne  , 
mêlée  de  curfive.  Mais  nous  n’avons  donné  celui-ci  , que 
comme  Cngulier  en  lui-même  : quoique  trop  recent , pour  • 
prouver  l’exiftence  de  l’ancienne  écriture  curfive. 

II.  Les  écritures  bifares  font  de  tous  les  tems.  Il  y en  a 
(ij  de  renverfées , qu’on  ne  peut  lire  qu’avec  le  fecours  d’un 
miroir.  11  n’eft  pas  rare  de  rencontrer  dans  les  (a)  infcrip- 
tions  & même  dans  les  mlT.  des  (t)  écritures  à rebours.  On 
peut  raporter  à ces  bifareries  la  manière  d’écrire  en  cer- 
cles , expliquée  par  (3)  quelques  favans.  Cette  manière  d’é- 
crire* étoit  employée  dans  lesteftamens  ; lorfque  les  maitres 
vouloient  afranchir  leurs  efclaves  au  préjudice  des  loix  , 
qui  avoient  mis  des  bornes  à ces  manumilTions.  Les  lettres 
couchées  , renverfées  , tranfpofées  , tournées  en  des  fens 
contraires  à leur  fituation  ordinaire  , venant  à fe  gliffer  de 
diférentes  façons  dans  les  écritures  , forment  le  quatrième 
genre  de  la  planche  , que  nous  expliquons.  Il  fe  fubdivife 
en  douze  efpcces,  qu’il  &ut  lire  Sc  expliquer  ks  unes  après 
les  autres. 


(f)  Jti/s- 

vani  NfiVtfnbr, 

>7Vf- <7J- 


(-0  * '■*- 
ftiJeixUiiim.  I.  }• 

t-  JJ°- 


,(»)  Trttx-'iu  i* 

frimâ  fcrih.  trig. 
f.  il.  <). 


("i)  •>  La  plupart  (t)  des  dcflcins  de  j 
» Ldo:>ard  de  Vinci , célèbre  peintre  flo- 
» temin  , qui  fleuriiToiti  lanndu  ivi'. 
n (iècle  Sc  au  commencement  du  fuivant, 
»>  qu'on  garde  dans  la  bibliothèque  am- 
» broilscnne  à Milan  , font  acompaçnés 
» d'eaplications  écrite»  de  1a  droite  a la 
» gauche  , qu'on  ne  peut  lire  que  dans 
» le  miroir.  C'étoit  la  manière  d’écrire  de 
M Léonard.  On  ignore  la  carafe  de  cette 
»•  bifarreiie.  «•  , 

(a)  » Dans  le»  anciens  (d)  mif.  de  la 
•>  lettre  ( de  Raban  abbé  de  Fiilde  è Hé- 
» ribolde  évéque  d'Auxctre,)  les  noms 
U iHthmfii»,SacT»mtntum , & ptulieuis 
••  autre» -font  écrits  à rebours  ; enfotte 
J,  que  les  dernière»  lettre»  font  les  pre- 
«mières.  « i jj 

) Lptti  (r)  hif  aixiUm  mtditm  fcri- 
ÜMli  fntfuifinguUrm  jctularem , jw 

Rtmaat  bli  fflttanl , fi  qiimnih  ftrvoi  in 
fraudtm  crcditmun  v*l  legù  fifit  C*ni- 


niani  i^amtnta  marumUim  animmm  ia~ 
Jtutrtni.  Scilictt  nomina  firutrum  incit- 
culo  fcriitbant  , lajUai  jaa  fcriflura  «r. 
dintm  ftnaïutt  primam  & dtincipi  riU- 
Mti  tanquam  itftalcri  magh  diltSti , ad 
ItgHimwn  ufqnt  numermn  , liUrtait  do- 
naiant  , bat  paila  iUadntri.  Verim  pla- 
çait «mats  in  fervùati  rtihifrt  ptcpitr 
cireali  iaetriitiuUncm  ....  Ntipat  iaftli- 
tam  DtUribas  asadam  firibtadi  ta  trit 
tcreti  faiff*  rvidtntijpsni  probat  Aaftnias 
in  Ludo  feptctn  fapicntium  , abi  Stlt- 
atm  fie  Itjatntcm  facit. 

Reéiè  oUm  ioeptum  Delphicus  lulic 
Dca» 

I Quxrencem  qaifmm  primus  fapieo- 
nim  foret  > 

Ut  in  orbe  teretî  nomina  eorum  ioi^ 
ctibetei , 

Ne  primas  effet , ne  tel  imus  quiT- 
quam. 


- • i a»  A 


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DE  DIPLOMATIQUE.  <19  

La  première  alanc  lîmplement  à rebours  ou  de  droite  à 

gauche  , en  tout  ou  en  partie,  le  vérifie  par  dix  exemples.  stA^Jn' 
1°.  Tiberius  Caefar,  Augufii  jiLiiii \ imperator feptiès , Une  Chap.  xi.' 
médaille  de  la  première  grandeur  , également  rare  & élé-  n. 

gante  donne  cette  légende.  M.  Vaillant  (a)  a lu  V.  pour  VII.  ^ ’ 

1°.  Imperator  Cajfius  Pofiumus  , plus  , felix  , Augujlus. 

C’cft  la  légende  d’une  {b)  médaille  du  plus  célèbre  des  ty- 
rans  , qui  fe  révoltèrent  contre  l’empereur  Gallien.  Polhime 
fut  maitre  des  Gaules  pendant  fept  ans.  3°.  Constantius 
MOBC.  Les  quatre  dernières  lettres  pouroient  lignifier  Nobi- 
lis  Caefar  ,•  à moins  qu’en  les  tranlpofant , on  ne  life  Con  B. 
c’eft-à-mre  Conjlantinopoli  morte  ta  fecunda.  C’eft  le  revers 
d’une  (c)  médaille  de  Conftantius  , dont  les  lettres  font  pla-  (‘)  uu.  1. 1. 
cées  a rebours  ; tandis  qu’elles  font  dans  leur  fens  naturel 
fur  le  premier  côté.  4®.^  Childerici  Regis.  Cette  infcription 
de  (d)  l’anneau  d’or  du  roi  Chilperic  I,  eft  orbiculaire  ; c’eft- 
à-dire  , écrite  au  tour  de  la  tête  de  ce  prince.  y°.  Carolus  , i.».  4.  a/a4///»b, 
liir  une(e)  monoiede  Cliarlcmagne  , commence  par  la  droite 
vers  la  gauche,  Sc  finit  de  gauche  à droite.  6°.  W^iniwl mo-  ;. 
netarius,  C’eft  le  revers  (j')  d’une  monoie  d’Edmond , roi  ( / j fuaumt. 
d’Angleterre  en  946.  L’W  y paroit  fous  la  figure  du  P ; en-  '**•  n 
forte  qu’on  liroit  fans  peine  Pipini  ; fi  l’on  n’étoit  pas  inf- 
• truit  de  l’alphabet  anglofaxon.  7°.  Ethelflan  monetarius  fe 
lit  au  revers  d’une  (^)  monoie  du  roi  Alfred.  8®.  Ædljlan  i. 

Rex  eft  la  légende  d’une  autre  (b)  monoie  du  roi  Ethelftan. 

9*.  Ridt  monetarius  eft  le  revers  d’une  (z)  monoie  du  meme 
prince  anglofaxon.  10®.  Modur  monetarius.  C’eft  la  légende  (»;/w.».  ij. 
d’une  monoie  (k)  du  roi  Eadred.  M.  Fountaine  , n’ayant  pas  s 

fait  atention  au  renverfement  & à la  ttanfpofition  des  let-  ® »• 
très,  a lu  Thurmod  monetarius. 

La  féconde  efpèce  alant  de  gauche  à droite  , mais  dont  IV.  £SPECE. 
toutes  les  lettres  font  tournées  à contre  féns , lé  prouve  par  les 
modèles  fuivans.  1°.  Abertee  monetarius  Eolfric.  Cette  lé- 
gende eft  fur  le  revers  d’une  (l)  monoie  du  roi  Ethelftan.  (/)  nu.  un.  ». 
Au  lieu  à' Eolfric,  le  chevalier  Fountaine  lit  de  Eofertric  , f-  tit.m.n. 
York.  Z*.  Iborace  civitas  eft  le  revers  d’une  (m)  monoie,  i.m)  iM.iai.f. 
qui  porte  le  nom  de  S.  Pierre.  Le  doâe  Anglican  la  croit  • *• 
na^e  par  l’autorité  de  l’archevêque  d’York  , plutôt  pour 
l’uiage  du  public , que  pour  payer  au  fuccelTeur  de  S.  Pierre. 


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tfjo  NOUVEAU  TRAITÉ 

~ le  tribut , que  les  Anglois  s’étoienc  engagés  de  lui  payer  ,* 
II.  PARTIE,  pour  l’entretien  de  leur  Collège  de  Rome.  5°.  Eanred  Rex 
Ch'aV.  XL  légende  d’une  fa)  raonqie  d’un  roi  de  Northumbrie. 

A R N I c 1 1.  il.  4°.  Connani  filius  Comitis.  Filius  eft  ici  pour  filU.  Cette  int 
{*)nu.t  x.rt.r.  cription  paroit  fur  le  contrefeel  (b)  de  Conan,  fils  de  Henri, 
(i)Hmee.dtSi  comtc  de  Pentlîiévre  , au  xi  i'.  ficelé, 
î'iw  Uans  la  troifième  efpèce  des  écritures  tournées  en  fens 

/.  X.  ».  t.  contraires , la  première  ligne  eft  la  fécondé  , la  fécondé  la 
///■,  ESPACE,  première , &c  la  troifième  reprend  fon  rang.  Quelquefois  la 
première  eft  la  dernière  , la  féconde , & la  troifième  devient 
la  première  &c  la  fécondé.  Ces  obfervations  néceffaires , pour 
déchifrer  les  ançiens  monumens  , font  prouvées  par  les  exem- 
pies  repréfentés  fur  notre  planche.  1®,  Offa  {c)Rex  Mercio- 
"(dilbU  lui  monetarius.  3°.  Hi^a  {e)  monetarius. 

».  If. ' * * Ces  trois  légendes  d’autant  de  monoies  anglofaxones  , ne 
(c)  iiid.  Burptd.  formetoient  point  de  fens  ; fi  elles  étoient  lues  à la  manière 
- ordinaire. 

IVLES  P ECE.  Dans  la  quatrième  efpèce,  la  première  ligne  eft  Ja  fécondé  ; 

la  féconde  ayant  fes  lettres  à contreféns  eft  la  première  , fie 
( f]  Uid.  «i. }.  la  troifième  eft  difpofée  à l’ordinaire.  M.  Foimtaine  (f  ) nous 
"■  ‘*  en  a fourni  un  exemple  dans  la  fixième  monoie  de  Bürgred  . 

roi  des  Merciens.  La  vraie  légende  eft  Duicci  monetarius. 
Le  favant  Anglois  a fupofé  que  la  ligne  du  milieu  marchoit 
de  droite  à gauche  , fie  fur  ce  pié  il  a lu  ^cedud  monetarius. 
Mais  la  croix  placée  de  l’autre  côté  avertit , qu’il  faut  de  là 
commencer  à lire , fie  que  les  lettres  procèdent  de  gauche  à 
droite  ; mais  qu’elles  font  tournées  à contrefens. 
r-.  ESPECE.  Dans  la  cinquième  efpèce  , la  fécondé  ligne  montant  à la 
première  , fie  la  première  defeendant  à la  fécondé  ; les  au-  • 
très  lignes  reprennent  leur  marche  ordinaire.  Cela  fé  prouve 
(t)  Uid.  ub.  t.  par  une  (g)  monoie  du  roi  Ethelftan.  Elle  a pour  légende 
».  i).  Eboraca  , écrit  au  tour  de  l’églife  cathédrale  d’York  fie  i2e- 

gnal  monetanus  , dans  l’exergue. 

W'.  ESPECE.  La  fixième  efpèce  va  de  droite  à gauche  , fie  fes  lettres 
{h)ibid.i.9Ji.t.  font  fort  défeélueufes.  Une  monoie  (h)  de  S.  Pierre,  frapée 
dans  la  ville  d’Y ork  en  donne  un  modèle.  On  lit  au  premier 
côté  SanSi  Pétri  moneta.  1 

yip.  ESPECE.  La  feptième  efpèce  procède  de  gauche  à droite  , fie  de. 

droite  à gauche  en  di^rens  fens.  En  voici  des  exemples.. 


Dir"  ■■  by  G ’-OgU 


DE  DIPLOMATIQUE.  6}i 

1®,  ViSoria  Principum.  C’eft  la  légende  d’une  (a)  médaille 
de  Theodahat , roi  des  Gots  en  Italie.  On  trouve  des  D en 
formé  .de  P fur  les  monoies  de  Clovis  , de  Reccarede  , & 
de  Juftinien.  a®.  ViSuria  Chlotarii  eft  la  légende  d’une  (A) 
monoie  de  Clotaire  II.  frapée  à Marfoille.  Le  nom  de  cette 
-ville  eft  clairement  exprimé  par  les  caraélcres  qui  font  dans 
le  champ  de  la  médaille , aux  deux  côtés  d’une  croix  , po- 
fée  for  un  petit  globe. 

Dans  la  huiuème  efpèce , la  première  ligne  fuit  le  train 
acoutumé , & la  fécondé  eft  renverfée  & marche  de  droite  à 
gauche , comme  on  le  voit  fur  une  {c)  monoie  de  Louis  le 
débonaire  , dont  la  légende  a paru  indéchifirable  à M.  le 
Blanc.  Elle  préfenie  ces  cara£lères  :Sitdamciiti.  Si  l’on  fait 
atention  â la  reftemblance  de  l’M  & de  l’N  , du  T & de  L 
des  anciens  , &:  au  peu  d’habileté  des  graveurs  &;  des  mo- 
noyeurs  du  ix*.  fiècle  ; on  trouvera  facilement  , 

Senlis , dans  cette  légende. 

Les  lettres  de  la  neuvième  efpèce  font  renverses  de  haut 
en  bas  &:  vont  de  droite  à gauche.  Notre  planche  en  ofre 
Trois  exemples.  i^.Marci  Aurelii  Antonini.  C’eft  l’mfcrip- 
tion  d’un  {i)  entonoir  de  bronze  , qui  fervoit  à l’empereur 
Marc  Aurèle.  z".  Publii  Helvii  Pertinacis.  On  lit  ces  mors 
fur  un  plus  grand  (e)  va(e  de  meme  figure  , lequel  a fervi  à 
l’empereur  Pertinax.  3°.  Thtupolis.  Anno  //.  imperii.  C’eft 
la  légende  d’une  (f)  médaille  , frapée  à Antioche  la  fécon- 
dé année  de  l’empire  de  Phocas.  Ce  tyran  ayant  fait  égor- 
ger l’empereur  Maurice  , fut  couronné  par  le  Patriarche  de 
Conftantinople  au  mois  de  Novembre  6oi. 

La  X*.  efpcce  obfervela  marche  ordinaire  ; mais  elle  a quel- 
ques lettresrenverfées,tournéesàcontre  fens  ou  couchées.Nous 
en  donnons  treize  modèles  dans  notre  planche.  1°.  Eburo- 
vices  , gravé  [g)  fur  une  monoie  gauloife.  i°,  Coios  , em- 
preint fur  une  {h)  pièce  d’argent  des  Gaulois  Helvétiens. 
Ce  mot  eft  pris  par  Bouteroue  pour  le  nom  de  quelque  ville 
ou  bourg.  3°.  Parifîis  civitas.  Cette  légende  fe  montre  au 
revers  d’un  (i)  tiers  de  fols  d’or  de  Clovis  I.  4°.  Dominus 
Juûinianus  ; &:  au  revers  , Viüoria  AuguJU.  Cette  légende 
eft  tirée  d’une  médaille  (^)  de  l’empereur  Juftinien.  y “ . Fe- 
lurias  femper  eft  le  revers  d’une  {l)  médaille  de  Baduela  , 


II-PARTIE. 
StCT.  III. 

c H A P.  XI. 
article.  II. 

Ca)  BmdMri.lt, 

f.  ill.  ».  17. 

(i)  i»  B/mmi. 
f-  iS-n.  J. 


Vin.  ESPECE. 


(e)  l4  B!mc. 

f.  loi.  M.  n.ii. 


IJf.  ESPECE, 


{d)  dniijiii/.exfj, 

».  I. 

(e)  Itid.  ».  i, 

f /)  BmdMti. 
I.X.f.  <71.».  II,. 


X . ESPECE. 


(gj  Bouimur. 

f.  41.  ».  I. 

(*)  liid.f.  Si. 


(ï,  Le  SUiK. 
p.  14.».  1. 

(k)  Benduri.  t.i. 
^ i- 
(!)  Ibid.f. 


Diçi-"  J b.,  -Ogli 


(<)  uu.f.  iii. 
».  jl. 


(t)  Lt  Blttnc. 
p.  JJ  ».  7. 

(0  ÏHd.p.  )S. 


U)  U BInt. 

p.  if.  ».  I. 


NOUVEAU  TRAITÉ 
roi  des  Goths  en  Italie  l’an  j 4 1 .11  n’eft  belbin  d’aTcrtir,  que 

*S  1 c r *^ni  * pour  floreas.  6°.  Vicuoriai  augufiorum.  MuUa 

Chai*.  XL  Vota  : anno  u.  Conob.  Les  deux  premiers  mots  fignifient 
Art  te  II  II.  .yiSorùe  ou  VlSoria  Augujlorum.  Il  paroit  par  cette  ins- 
cription d’une  (a)  médaille  de  l’empereur  Maurice  , & par 
plufieurs  autres,  que  dès  le  vi*.  Siècle , les  monétaires  d’en- 
tre les  Grecs  ne  lavoient  plus  alTez  de  latin , pour  les  com- 
pofer.  j°.  ViSoriam  regis.  Majjllia.  Cette  légende  paroit  au 
revers  d’une  {b)  monoie  de  Clotaire  II.  Au  haut  d’une  croix 
une  CO  onciale  renversée  & un  A donnent  le  nom  latin  de 
la  ville  de  Marlèille.  Cependant  M.  le  Blanc  (c)  dit  que  le 
lieu  où  la  pièce  a été  ^briquée  n’eft  point  marqué.  Il  aura 
pris  l’M  onciale  , tournée  à contre  Sens , pour  ïomiga  , le- 
quel joint  à X alpha  exprime  le  nom  de  J.  C.  8“.  Hcariber- 
tus  Rex.  C’eft  ainfi  qu’on  doit  lire  , & non  pas  Ntariber- 
tus  , comme  a fait  [d)  M.  le  Blanc  y Sans  faire  atention  que 
l’H  &c  l’N  Se  prêtent  mutuellement  leurs  figures.  La  monoie 
d’or , qui  porte  cette  légende  , eft  de  Cherebert  I.  qui  ré- 
gnoit  à Paris  l’an  ^61.9°.  Majjliia  eft  la  légende  d’une  au- 
tre monoie  d’un  roi  du  nom  de  (ij  Cherebert.  Elle  eft  mar- 
quée B.  ce  qui  pouroit  fignifier  fecundus  , pour  diftinguer 
ce  Roi 'Cherebert  du  premier.  Quoiqu’il  en  Soit  , celui-ci 
n’a  pu  faire  batre  monoie  à MarSeille  , dont  Sigebert  Son 
frère  étoit  maitre  ; comme  il  paroit  par  une  de  Ses  monoies , 
dont  voici  la  légende  : 10°.  Sigebertus  Rix.  MaJ/îlia.  Ainli 
la  monoie  précédente  eft  de  Charibert , fils  de  Clotaire  IL 
&c  roi  de  ToulouSe , à qui  l’Agenois , le  Querci , le  Périgord 
&c  la  Novempopulanie  huent  cédés  l’an  6 jb.  11°.  Lauduno , 
(#)  IW./.JI.  *.  '“'fi  monoie,  qui  (e)  ne  porte  le  nom  d’aucun  roi , prou- 

».  JO.  ve  qu’elle  a été  frapée  à Laon.  Le  nom  de  cette  ville  eft 

écrit  avec  une  L placée  à contre  Sens  , &c  le  Surnom  Cloato 
pour  clavato  paroit  au  revers.  1 1”.  Sareburco  eft  la  légende 
(/)  ihid  p.  J»,  d’une  pareille  monoie  , frapée  à Sarbourg.  M.  le  Blanc  (/) 
»•  <7.  a lu  Areburcos  & la  mit  au  rang  des  lieux  inconus  , où  l’on 

batoit  monoie  , Ibus  la  première  race  des  rois  de  France. 
13°.  Agnetis  vico.  Ce  nom  de  lieu  pareillement  inconnu  à 


tf)PM.  41.  (*)  M.  leBlaoc  (j)  icntngue  que  le 

* nom  de  Cttcrebcit'  cH  ccric  de  qoR;re 
rnaaièKS  dil&taces  [ut  nuoicr  1 


HcHAIIBIRTUS,  CHARlIIRTytiCHt-- 
ftUflVi,  HlRlIIRrVt, 

M. 


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U.  PARTIE. 
S I CT,  III. 
Ch  A t.  XI. 
AK  Tl  c 1.  t.  II. 


(«)  IbU. 


n.  |. 


DE  DIPLOMATIQUE. 

M.  le  Blanc  eft  marqué  (a)  fur  la  troificme  pièce  de  lès  mo- 
nécaires  L’V  du  dernier  mot  termine  la  croix  , qui  ocupe 
le  revers  de  cette  monoie.  La  forme  de  cette  croix  paroit 
monogrammatique.  On  y découvre  aifément  le  T , l’U  , qui 
peut  fervir  à deux  ulâges  , deux  L renverlées , l’O , l’F  & l’I  : 
ce  qui  forme  tout  naturellement  TuUo  fit  ; &c  dcs-lors  le  lieu , 
où  cette  monoie,  qu’on  fupofe  de  la  première  race , fut  fra- 

Eée  , n’eft  plus  inconnu.  En  commençant  par  le  centre  , on 
ra  tout  de  fuite  ; Tullo  fit , Agnetis  vico. 

La  marche  de  droite  à*  gauche , avec  quelcjues  lettres  cou-  XI'.  ESPECS; 
chées  & renverfées  , conftitue  l’onzième  efpece , dont  notre 
planche  ofre  les  deux  exemples  fui  vans.  i".  Majfilia  , fur 
une  {b)  monoie  de  Sigebert  I.  Après  ce  mot , on  trouve  une 
R , [dacée  au-delTus  d'une  croix  , acompagnée  des  lettres 
MA.  E(l-ce  trop  hafarder  , que  d’expliquer  cette  écriture 
monogrammatique  par  Rex  ou  rtgnat  Chrtflus  Majfili»  ? 

Z*.  Eardtf'lf  fur  une  monoie  (c)  anglofaxone.  C’eft  le  nom 
d’un  roi  de  Northumberland  , qui  fe  retira  à la  cour  de 
Charlemagne  l’an  808. 

Les  lettres  de  la  dernière  efpèce  de  notre  quatrième  genre  Xll.  espece. 
font  confondues.  Notre  planche  en  fournit  trois  exemples  , 


fi)  tM.f.  4;. 

. n.  4. 


fc)  Fnmt.  («i.  ». 
«.  4. 


tirés  des  monoies  de  (^/)  Philippe  I.  Roi  de  France,  i*.  P Ai-  M)  l*  Btmc. 

- - - - - - - . . ^ 

10. 


Ecriture  irr^u- 
lierc  dans  la  for- 
me, 00  U poficiou 


lipus  Del  dtxttrâ  Rex.  z*.  Rex  Del  iexteri.  PhiLipus.  3“. 

Philipus  Del  dexterâ  Rex.  Ces  trois  monoies  ont  été  frapécs 
ùOrléans. 

III.  Nousn’apelons  pas  ici  écriture  irrégulière  celle , qui  eft 
mélangée  de  lettres  grcques  & barbares  , capitales  & on- 
ciales , minufcules  & curfives  , couchées  & tournées  lèns  de 
delTus  deftbus  ^ conjointes  & enclavées  , gothiques  de  tou- 
tes les  façons.  Les  autres  genres  renferment  les  premières , 

&:  les  gothiques  font  la  matière  de  notre  troilième  divifion. 

Le  cinquième  genre  de  la  XX1X‘.'  planche  , que  nous  ex-  Y'.  GENKe» 
pliquons , réfulte  feulement  de  lettres  ou  d’écritures  irrégu- 
lières , foit  dans  leur  forme  , foit  dans  leur  arangement.  Ce 
genre  eft  (ôudivifé  en  cinq  efpcces. 

La  première  , irrégulièrement  inclinée , le  manifèfte  fur  P-ESPECE; 
deux  monoies  anglofaxones  , publiées  par  M.  Fountaine , à 
la  fin  de  la  DilTettation  épiftolaire  de  George  Hickes.  i". 
Athelulfjnonetanus , eft  le  revers  d’une  {e)  monoie  d’Elfred, 
lome  II.  LUI 


(<}  Fnmt.  tA. 

n.  I. 


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tfj4  NOUVEAU  TRAITÉ 

" "‘****  roi  de  Notthumbrie.  z®.  Diaruali  monetarius  fe  lit  au  re- 

II.  PARTIE,  vers  d’une  autre  monoie  {a)  du  meme  Prince , firapée  à Can- 
Ch aV  XI.  torberi. 

A R T I C L 1.  il.  La  fécondé  elpèce  eft  hëtéroclyte  dans  la  forme  de  fes  ca^ 

(»)  IM.  ».  I*.  taâcres  , comme  l’on  voit  dans  ces  trois  modèles , repréfen- 
ESPECE,  tés  fur  notre  planche,  i*.  AlredRex.  C’eft  la  légende  (b) 

(i)  IM  » I d’une  monoie  d’un  roi  anglofaxon , qui  régnoit  en  Northum- 
brie  l’an  7^  Z®.  eft  le  nom  d’un  autre  roi  du  même 

(t)  IM.  ».  L.  ^ Vigmuni  eft  celui  du  ^bricateur  de  la  (c)  monoie  , 

qui  porte  ces  légendes.  3®.  Eadmand  monetarius  fe  lit  au 
(rf)  Ihu.  /A*.  J.  *«vers  d’une  (</)  monoie  du  roi  Edmond  I.  qui  fût  affaftiné 
>1. 11.  l’an  94é.  Dans  cette  légende  , on  voit  un  D.  revêtu  de  la 

figure  du  b minufcule. 

///'.  ESPECE.  • Les  lettres  de  la  troifième  efpcce  font  irrégulières  feule- 
ment dans  leur  difpofition.  Les  unes  font  chauées  de  la  li- 
gne , Ce  les  autres  melinées  de  curé , à droite  & à gauche  ; 
quoique  très-régulières , quant  à leur  figure.  Notre  planche 
(,)  U S/Mt.  donne  un  exemple  , emprunté  d’une  monoie  de  fe)  Louis 
/>.  1 01 . 4.  ».  17.  le  débonaire.  On  ht  au  revers  Stratburgus.  C’eft  le  nom , que 
la  ville  de  Stralbomg  portoic , dès  le  tenu  de  S.  Grégoire  de 
, Tours. 

IV . ESPECE.  La  quatrième  efpèceeft  irréguUère  dans  la  forme  & l’é--  , 
lévation  de  fes  lettres.  Cette  manière  de  tracer  les  caraâè- 
res  fe  montre  fiir  deux  nKMioies  anglofaxones  des  vi  i r.  Ce. 
IX®.  fiècles.  I®.  Ojffa  Rex — Ethelvad.  Ces  deux  noms  fe 
{f)  Tnnt.tth.i.  lifenc  fur  tme  monoie  (/)  d’OÆi  , roi  de  Mercie  en  Angle- 
» '1-  terre,  z®.  Jf^erbald.  monetarius.  C’eft  le  nom  du  monoyeur  , 

(c)  IM.  t»i.  8.  marqué  fiir  le  revers  d’une  (g')  pièce  de  Ludica , roi  des 
tuUicsn.  I.  Merciens , l’an  8 z 3 . Dans  ce  modèle  l’V , fermé  par  le  haiR  , 
a la  valeur  de  Tv. 

P . ESPECE.  La  cinquième  efpèce  fe  diftingue  par  des  lettres  de  d^ 
rentes  hauteurs  , dont  plufieurs  font  conjointes  , carées  Ce 
renverfées.  Voici  les  exemples  de  cette  écriture  irrégulière 
gravés  fin  notre  planche.  1®.  Coao/up.  Ce  nom  eft  empreint , 

(t)  i«  EU»c.  au  premier  côté  d’une  {h)  monme  de  Charlenugne.  z®.  Wu~ 

7.' «7.». }.  duin — Aurelianis.  Un  denier  d’ament  (t)  de  Louis  le  dé-  ' 

J'I  ‘®®-  bonaire  donne  cette  légende.  Hluduin  , pour  Hludovicus  , 
ocupe  un  côté  de  cette  monoie , Ce  le  nom  latin  de  la  ville 
d’Orléans  remplit  le  revers.  Si  l’on  s’en  taportok}  à M.  le 


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DE  DIPLOMATIQUE/  tfjj 
(i)  Blanc  ; au  lieu  èiAureliams  on  liroic  Arvermii^*.  Ca~  ii  partie. 
raàu  cft  l'infctiption  d’une  monoie  (a)  de  Charlemagne.  Il  s« ct.  ni. 

.y  a au  revers  une  croix  cantonnée  de  ces  qu^  lettm 
•H  A SS.  qui  femblent , dit  notre  favant  médaillifte  , faire  ^ ^ 

partie  du  nom  do  Hajfia,l3.  HeUè.  Il  faloit  fe  fouvenir  que 
TA  emprunte  quelquefois  la  figure  de  l’H , & que  la  lettre 
fuivante  eft  fouvent  un  V renverfé.  Les  caraâères  de  ce  re- 
vers , joints  à la  figme  de  la  (i)  croix  , fisrment  un  mono- 
gramme , où  l’on  découvre  facil||iwnc  le  mot  Au^uflui. 

4°.  Le  nom  de  la  ville  de  Cantorberi , Dorohemia  civitas , 
for  de  {b)  légende  à une  monoie  anglolâxone  d’un  roi  , cu~  (4)  »• 

ning  , dont  le  nom  ri’eft  point  marqué,  j*.  Tkeodofii  Prtf- 
byteri , e(l  l’infcripcion  d’un  fceau  de  plomb  , fur  lequel  font 
repréfencées  les  têtes  de  S.  Pierre  &:  de  S.  Paul , & au  mi- 
lieu une  croix  patriarchale.  S.  Pierre  iêmble  n’ocuper  que  le 
fécond  rang  , comme  fur  les  bulles  de  plomb  oes  Papes. 

M.  Ficorom  (c)  prend  celle , qui  nous  fert  ici  de  modelé , u)  i pUmti  nti- 
pour  le  fceau  d’un  Prêtre  , cardinal  de  la  fàinee  Eglife  ro-  "• 

maine. 

IV.  Les  lettres  grcques  , furtout  les  majufcules  , ont  été  Ecriture  méian- 
fbuvenc  employées  a écrire  des  infcripcions  purement  latines, 

On  en  peut  voir  de  cette  forte  dans  les  Antiquités  (J)  d’Ita-  xm.  t.p.u. 
lie  de  Muratori , & dans  les  Réflexions  fur  la  critique  , par 
(e)  le  P.  Honoré  de  Sainte  Marie.  Au  contraire  dans  les  mfT.  t»«.  j.;.  n. 
on  rencontre  des  phrafés  Sc  des  mots  grecs , écrits  en  carac- 
tères (/)  latins.  Jordan,  dans  fon  H'iMire  d!ua  veyage  là-  (/) H/Vk«/.'S,i. 
tinin , dit  avoir  (g)  vu  dans  la  bUfliochèque  de  Sorbonne  ^ 

’ 'O  ^ (f)Pj,X.:ti. 


( I ) U donne  (i)  pont  un  lerei*  «aiâ- 
rtmtiu  ftmUMt  celui  de  le  (ecoode  mo- 
poic  de  Citailemagiie , où  il  lui  Temblc 
pouToit  lire  Anrnnis  : mait  oout  n'y 
ttoDvons  peint  cette  ptdtendae  lelTcm- 
lùaiice.  Oo  ne  voit  pouu  d'V  ni  dX  for 
celle  de  Cliailemagne  , ni  nidaie  den 
R , mais  une  fenleioeac.  Pont  lite  ain£ 
la  dcxnidte  fyllabe  d'drwraw  i il  £iat 
(kiie  noe  tianrpolitioo  fant  exemple. 
Quant  au  tevett  de  la  ptdlènce  monoie , 
on  ne  peut  y lite  Arvmû , Cua  prendte 
un  A pour  un  E (âat  ajouter  une  R.  Si 
Ton  vouloir  ajouter  ; il  vandtoit  mieux 
fuppldcr  un  T , qui  d'ailleata  ttwiretoit 


on  fondement  dant  la  — bâte,  ijni  do- 
mine fut  toute  l'inrcciptian  : & ùot  autre 
addition , on  liroii  tout  de  fuite  TarMM- 
mil,  Tetouenne.  Maû  Mutètte  eft-il  plus 
(impie  , comme  il  e({  d’un  uiâge  plus 
ordinaire  , de  prendre  la  bâte  pour 
ui^  marine  ifal^iation  { Sc  en  lilâne 
daiM  , (ûtkaomd  d'une  ligne  | il  fera 
tout  naturel  <le  lite  Amriliimit. 

(i)  Cette  croix  feule  produit  les  les. 
très  r T V , qui  jmntet  k eeUes  , qui 
font  dans  le  champ  de  la  monoie  ou  cài- 
daille  , donaeoc  le  mot  Amp^iu  , qui 
rd|K>nd  i Cmnbu,  empreint  fur  le  pi«- 
mter  côcd. 

LUI  ij 


{h)  ht  BUnc. 
/.SI. 


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II.  PARTIE. 
Sicr.  III. 

C H * F.  XI 
A R T I C 1 E.  II. 

• 

!a)  Aansl.  Bt- 
atd.t.  ).f.  487. 


TI'.  GENRE. 


P.  ÇSPECM. 


('^)P4^,  é(. 

».  tixiü. 

(f)  tMlupmfh. 
Ut.  t.f.  7«.  77. 


(J)  L»  fcince  du 
mtéUilUs.  f. 

(»)  Theftur.  Ma- 
rti. I.  I.  f.  )i<. 
uti.  1. 

If)  Marmarm 
Pifuumt.f.  lox. 


eré  'NOUVEAU  TRAITÉ 

an  P/eautier  grec  & latin  fort  ancien.  Mais  ce  qu’il  y a de  par> 
ticalier  , ajoute-t-il  , c’eft  que  le  grec  & le  latin  font  en 
mêmes  caraâères.  Le  grec  a palTé  jufque  dans  nos  cliartes. 
Au  x'.  ficelé  , Théotolon  , archevêque  de  Tours , les  fîgnoic 
(a)  en  ce  caraâère.  Nous  nous  en  tenons  ici  aux  écritures 
(i)  mêlées  des  pierres , des  marbres  & des  métaux.  Les  inf> 
criptions  , mélangées  de  caraâères  grecs  & latins  , nous 
ocupent  uniquement.  Ce  mélange  compofe  le  fixicme  gen- 
re oe  notre  fécondé  dia^on , & ce  genre  eft  foudivifé  fur 
notre  planche  en  fêpt  efpcces. 

La  première  en  langue  grèque  admet  un  mélange  de  ca- 
raûcres  grecs  Sc  latins.  Cinq  modèles , gravés  fur  notre  plan- 
che X3QX.  en  font  la  preuve,  1».  Aw'oxopoc.  îi»ùxXtipo(. 
iàxu/iî9t>.  it  xpiiri.  itTn.  oV.  uipaxa'ft.  fll  K«A.  pap.  ù-7nra%  7« 
’ApiMtd.  K.  Vv^tn.  Diofeorus  NaucUrus  hic  dormit  in  pace. 
Vixit  annos  LXXVI.  Depofitus  ix.  Kalendas  manias  f 
confulibus  Arcadio  Cxfare  & Rufino.  Cette  infeription  fê 
trouve  parmi  les  ijb)  Marbres  (r)  de  Pefaro.  La  f^re  du 

(1)  D.  Bernati'  de  Mootfaucon  (r] 
a proavé  l'ofage  de  rndlicr  les  letties  grj- 
ejues  avec  les  lacioes.  Ce  mclaoge  dora  eo 
Orient  jafijoe  vers  la  fin  du  xi*.  ficelé. 

Il  e(l  üdtjnent  dans  les  exergues  des  mé- 
dailles des  le  commencemer.t  du  iv*. 
fiécle  y Sr  même  dds  la  fin  du  précédent. 

Il  ne  ierriroic  de  rien  d'alégnet  , que 
CCS  moDoies  ont  été  fabriquées  dans  les 
villes  gtéques  ; pufqur  des  lettres  ro- 
maines , qui  ne  pouvoienr  plus  être  cen- 
lécs  grcques  alors  , t ^oiit  partout  mê- 
lées ! ce  qui  prouve  toujours  le  mélan- 
ge. On  voit  des  lettres  tournées  à con- 
tre lent , parmi  d’autres , qui  ne  le  font 
pas.  M On  trouve , dit  le  [d)  Pi  Jobert , 

» un  mélange  de  latin  & de  grec , non 
» reniement  dans  le  bas-  empire  , od  la 
n barbarie  légnoit  ; mais  même  dans 
» les  colonies  du  haut  empire.  $ , R , F, 

U lenres  latines  , fe  trouvent  pour  le 
U C , P,  O grecs.  M.  Spanbeim  eo  donne 
» des  exemples.  Il  faut  donc  bien  pren- 
>>  dre  garde  il  ne  pat  condamner  ailé- 
» ment  les  médailles  , à caufe  de  quel- 
» ques  lettres  niifes  tes  unes  pour  les 
» autres.  Car  c’en  étse  novice  dans  le 
X métier  j que  de  ne  pas  lâvoit , qae. 


, a ibttveoe  on  a mis  E pour  H Sce.  » 
Quoique  depuis  le  grand  Conftantm  juf- 
' qu'à  Michel  Rhangabé  , c‘c(l-à-dirc  , 

{tendant  près  de  cinq  cents  ans  , la  feule 
angne  latine  ait  régné  fut  les  moooies 
batuet  à Condancioople  i on  trouve  ce- 
pendant fut  le  revers  des  caraâcrcs  grecs, 
qui  tantôt  fervent  de  monogrammes  , 
comme  dans  Focas  9 K , & dans  Léon 
' niàariquc  A K 7 tantôt  marquent  les  di- 
vers monétaites.  De  meme  qu'il  fc  trou- 
ve des  lettres  grèques  ifolécs  fur  les  mé- 
dailles latines  ; on  en  rencontre  anSi  de 
latines  fur  les  gréques  : par  exemple, 
(bus  Tibère  Claude  (e)  empereur. 

(t)  L’auteur  (/)  dit  fut  la^axar»: 
Marmararii  fvecai  diitit  mendum  hic  r/i. 
Il  obfcrve  qu'Arcade  fut  créé  Céfar  en 
' ; 8 7.  C’èd  pourquoi  il  conjcélure  que  le 
fculpteur  aura  mis  le  K au  lieu  du  B.  qui 
' devoir  marquer  le  fécond  conlùlat  d'At- 
’eade  en  19t.  Il  croit  fiiivant  une  loi 
d'Hoooré  8r  if  Arcade, que  le  nom  de  Rufin 
(ut  éfacé  de  tous  Ibs  Inofiumcns  publics; 
’ mais  que  ceux  des  Chrétiens  le  coofervè- 
icenr.  Le  i feul  lignifie  tvava  frfalmi  fàit 
ou  plutôt  ï &«ri , tmrmm  cjl.l 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

monogramme  de  J.  C.  y fert  de  point  , pout  féparer 
chaque  mot.  Ce  monument  eft  peutétre  le  (eul , où  l’on 
trouve  les  noms  des  confuls  Arcade  & Rufin  enfemble, 
1°.  Ko»çw7<»o<  <Ô  Ai(wr  é ri«ç.  C’eft  l’inlcription  d’une  (a)  mé- 
daille , atribuée  mal-à-propos  à l’empereur  Léon  l’Ifaurien 
qui  perfécuta  les  gens  de  lettres  , & fit  brûler  la  biblio- 
thèque de  Conftantinople  , avec  ceux  qui  en  avoient  la  gar- 
de. Cette  médaille  apartient  à Léon  IV.  furnommé  Cha- 
zare  ^ alTocié  à l’empire  l’an  yy  i.  par  Gonllantin  copronyme. 
J®.  'E’ipnvn  ^ttviP^tan-  Ces  mots  (ont  gravés  en  caraâcres  prêt 
que  tous  latins  fur  une  (b)  médaille  aufli  rare  que  fingu- 
hcre.  Elle  repréfente  l’impératcice  Irène , tenant  dans  fa  main 
droite  un  globe  furmonté  d’une  croix  , & dans  fa  gauche  un 
fceptre  terminé  p^  ce  meme  fymbolc  de  notre  rédemption, 
4°.  Utxttix  ©leViAoî.  C’eft  la  légende  (c)  d’une  médaille 
des  empereurs  Michel  le  bègue  & de  fon  fils  Théophile  ; l’un 
& l’autre  grands  perfécuteurs  des  Catholiques  ,•  &:  furtout 
des  Moines.  y°.  Kijiç»»7/ro{  <è  Aiw  n Qiâ  /3«<riA<ç 

‘Pomûi.  D.  Banduri.  (d)  donne  la  médaille,  qui  porte  cette 
légende  ,.à  Bafile  le  macédonien.  Mais  elle  apartient  à fes 
deux  fils Conftantin,  déclaré  Augufte  l’an  &«8.  &Léon  fur- 
nommé  le  fage  ; quoique  fes-  mœurs  fùlTent  très -déréglées. 

La  fécondé  efpcce  eft  en  langue  & en  lettres  , partie 
grcques  & partie  latines.  Notre  planche  n’en  fournit  point 
d’autre  exemple  . que  cette  légende  d’une  (e)  médaille  de 
Jean  Zimifque  ; Ibfus  Xrijlus  BafiUus  bafiléon.  Cet  empe- 
reur d’Orient  , apelé  Zinufque  , à caufe  de  la  petitelfe  de  ù. 
taille  , pafte  pour  le  premier , qui  ait  fait  graver  l’image  de 
notre  Sauveur  fur  la  monoie  ^ avec  f’inlcription  ; Jesus- 
Christ  , Roi  DES  Rois- 

La  troificme  efpèce  eft  en  langue  latine  , avec  mélange  de 
lettres  grèques  &c  romaines.  Voici  les  cinq  modèles  , que 
nous  en  avons  fait  graver,  i».  jS  Concorii  — Theup.  Ces 
mots  empreints  au  revers  d’une  ( f)  médaille  de  Juftinien 
s expliquent  par,  Btntti  Concorditr,  'Th'copoLiSt  Ce  dernier 
qu’on  lit  dans  l’exergue,  & les  deux.chifres.qui  fontdans  lé 
champ , aux  côtés  d’un  grapd  I furmonté  d’une  croix  , figm- 
ficnr,  que  cette  tnonoica  étéfranée  à Antioche  laiA'.annéede 
l’empire  de  Juftinien  y c’elLà-^e  , l’an  y4i.  i«,  Dominus 


n.  PARTIE. 

SïCT.  III. 
Ch  A».  XI. 

A * I ic  1 1.  II. 
Biuiduri.t.i, 

f.  70  U 


(0  IIU.  f'yosi 


(J)  lUJ.p,  714. 


U’.  ESPECE. 


(*)  Ihid.p.  7}  J. 


HP.  ESPECE. 


(f)  nu.  p.  fil. 


II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 
Ch  À P.  XI. 
Articii.  II. 

{«)  /W.  f. 

(i)  nib.  f.  7E4. 


le)  IM.f.7^4- 
n.  |l. 


((/)  OJftrwt.  ft- 
pri  fr*m.  ü vttri, 
p.  II. 

/r.  ESPECE. 


(>)  te  Bhme. 
p.  10.  «.  I- 

(/)  lUd.  ». 

(xJ  IbiJ.p.  ig.i. 
(i>)  Cemmeut.  Je 
rehés  Fr/iiu,  O* 
riem.t.  t.p.  iff. 


(i)  l*  BUat, 


tfj*  NOUVEAU  TRAITÉ 

Mauritius  Ttberius  , Pater  Pturice  , Augufius.  C’eft  la  légen- 
de {a)  d’une  médaille  de  l’empereur  Maurice  Tibère.  j^.IAs 
Xs,  ou  Jefus  Chri^s,  Rex  regnantium.  Cette  belle  légende  eft 
gravée  fur  une  (o)  médaille  , qui  porte  les  noms  de  Baille  &c 
de  Condantin.  Ces  deux  frères  montèrent  fur  le  trône  l’an 
97$.  & régnèrent  enfemble  pendant  cinquante  ans.  On  ne 
fait  comment  nos  médailliftes  ont  pu  donner  cette  monoie 
à Balile  le  macédonien.  4°.  Domiiue  Zoe  & Theodora.  C’eft 
l’infcription  II  ) d’une  (c)  médaille  de  deux  foeurs,à  qui  l’empire 
d’Orient  fe  fournit  l’an  1 041.  Les  lettres  Con  Rom , {dacées 
dans  l’une  Sc  l’autre  exergue , délignent  les  villes  de  ConC- 
tantinople&:  de  Rome.  y®.  Gemello.  béni,  merenti.  Bi[it 
annos  xt.  Koun.  Ko.  zou.  ge  fou.  a annis  viiii.  Zotdi.  a. 
C’eft-à-dire  ; Gemello  oeni  merenti.  Vixit  annos  quadragin~ 
ta , cum  conjuge  fuâ  annis  novem  Juüâ,  M.  Buonaruoti  {d) 
a publié  cette  infeription  , principalement  pour  prouver  , 
que  rj  confone  le  enangeoit  en  Z chez  les  anciens. 

La  quatrième  efpèce  eft  un  mclai^e  de  lettres  grèques  dans 
les  anciennes  infcriptioiu  lapidaires  & métalliques  de  France. 
Notre  planche  en  donne  les  exemples  fuivans.  1°.  Daga~ 
bertus.  Ou  atribue  à Dagobert  I.  la  monoie  , qui  {e)  porte 
cette  légende.  a“.  Dagobertut  Rex.  C’eft  l’inlcription  d’une 
autre  (/)  monoie  du  même  roi.  3®.  Redonis  eft  le  nom  de 
la  ville  de  Rennes , gravé  lùr  la  43^.  monoie  (g)  des  moné- 
taires inconmu.  M.  Eckhart  (b)  s’eft  égaré  en  voulaiu  re- 
drellbr  M.  le  Blanc.  Le  premier  a lu  Redomis  d’un  côté  , 
& Janterellus  de  l’autre  3 au  lieu  de  Redonis  Sc  de  Came- 
rellus.  En  vain  prétend-c-il  que  cette  monoie  a été  &apée  à 
caule  de  la  viâoire  de  Clotaire  IL  fur  Sigebert.  On  peut 
nier  avec  fondement , <jue  la  ligure  nue  & affilé  teptelén- 
cée  fur  la  médaille , foit  une  viâoire  -,  comme  le  liipofe 
le  doâe  aUeman.  4”.  DruSoaldus  monetanus.  C’eft  le  nom 
du  monoyeur  , qui  a fabriqué  (ij  la  des  monoies , qui 


(1)  D.  Acfïlme  taiuluti  penc  ^u’on 
dooic  Je  la  fiacéticé  de  ceite  médaille  j 
pareeqoe  rimperairicc  Zoe  y eft  reptd- 
{êntée  roos  l'habit  des  Piiacefta  du  fté- 
cle  de  ThéodoTe.  Mais  ne  lapeUe-t-on 
pas  quelqoeibit  les  aocieones  modes  par 
taptiee  ob  par  ifaïuitt  narift  ! Le  te- 1 


yen  , ijome  notre  Béoédiâia  italien  , 
o'eft  pas  conforme  H ceux  da  rems.  Ce- 
dant on  n'y  voir  qu'aoe  croix  au-def- 
de  deox  X , qoi  iêinbleat  narqner 
deux  fois  Xrifiai  ; fans  donte  i canfc  des 
deux  Irapétaoiccs  , repréfentées  ûu  U 
médaille. 


Dlgitizedny  Gc:-ogle 


II.  PARTIE. 
S I c T.  III. 
c H A F.  XI. 
A RTI  C Ll.'Ii. 

(»)  Uùkm. 


DE  DIPLOMATIQUE.  6^9 

ne  portent  le  nom  d’aucun  roi.  Une  croix  , & les  lettres 
T V dans  le  champ  donnent  TuUo  en  monogramme.  C’cft 
donc  à Toul , où  la  pièce  a été  fabriquée.  5°.  Maidcmundus 
eft  le  nom  du  mon&aire  , qui  frapa  dans  la  ville  de  Vienne 
la  tfi',  des  mêmes  (à)  monoies.  6°.  Hic  jacct  inclufiu  Te- 
tapi  {i)  de  jUrpe  creatus  Herluiniu ^undam  voeatus  nomincf 
qui  obiit  quinquagenarius.  Cette  infcription  d’un  tombeau 
de  pierre , trouvé  en  1 7^4.  dans  le  parvis  de  S.  Sulpice  à Pa- 
ris , pouroit  être  du  vi.  ou  vu*,  liccle.  La  croix  du  com- 
mencement marque  la  fépulcure  d’un  Chrétien.  Il  eft  dit 
dans  le  petit  difcours,  qui  acompagne  cette  infcription  dans 
le  Merctxre  de  Mai  172.4.  que  l’auteur  de  l’Ecrit  ou  de  la 
Diftertation  fur  les  dates , inférée  daixs  ce  Mercure  , fit  tranf. 
porter  la  pierre  dans  un  lieu  plus  commode  , pour  l’exami- 
ner à loifir.  Nous  avons  été  curieux  de  filvoir  de  M.  l’abbé 
Lebeuf  quel  étoit  cet  auteur  : & il  nous  a apris , que  c’étoic 
Dom  Nicolas  Touftain,  favanc  Religieux  de  notre  Congré- 
gation ^ Ircfe  de  Dom  Charles-François  Touftain  Ton  ca- 
det. Ce  oemier  a achevé  ce  que  fon  ainé  avoir  commencé , 
en  déchifrant  cette  infcription.  Ceft  fur  fa  copie , que  M. 

Lebeuf  l’a  publiée  , dans  fon  Hiftoiie  de  la  ville  [b)  & de  (t)  Ttw.  j. 
tout  le  diocèle  de  Paris, 

La  cinquième  efpèce  eft  un  mélange  de  lettres  grèques  & especx. 
latines  en  Efpagne.  1°.  Liuvigildus . . . Rex.  Valenùa.  C’eft 
la  légende  d’une  monok  (c>  vifigothique  du  roi  Leuvigiide , (,)  i, 
qui  l’an  57a.  réunit  les  deux  Efpagnes  , l’ultérieute  ouMi.o.i. 


U)  Aa  hende  Tntfi  on  poonât  ItK 
TtJpi  ou  Ttttpidi.  Si  I'od  veut  avoir  U 
clé  de  ccRc  inlcripiion  fiagulière  j il  faut 
prendre  pour  des  TopeUcs  pluGeurs  con- 
Iboes  , <pii  les  ruiTcor.  On  y renaraue 
ÿhtfieors  lettres  gtéijucs , le  T ou  C , des 
H en  forme  d'R  ou  de  K , tels  qu’on  en 
trouve  dans  d'autres  infcripcioos  , des  C , 
des  Y.  Il  y a dans  cette  infcription  , 
comme  ailleurs  des  A en  larme  de  B > 
des  £ en  forme  cTF , des  1 en  forme  d’L , 
des  O en  forme  de  D & de  P.  On  trouve 
un  IR  en  conjooâiaa  & quelques  let- 
tres enclavées.  Celles  qui  font  abailTées 
à la  lin  peuveu  marquer . que  l'épluphe 
ne  procède  plus  pat  vers.  II  le  petu 
bien  laite , que  quelques  lettres  de  fépi- 


Hpbe  n'aient  pas  $ti  bien  titde* , ou  que 
le  fculpreur  ait  &ic  qnclques  fautes.  Ou  , 
pouroit  s’imaginer , qu’il  fiodroit  Hte  il  ' 
la  fin  J^ainsM  ou  faune  Ka/mdu  De- 
etmiris  L.  Mais  1°.  cette  équivoque  de 
V.  ou  IV.  qu’oo  pouvoic  Icvei  ailcmenc 
par  un  chiite  , prouve  que  ce  Q ne  fi- 
gaifie  ni  l’un  ni  l'autre.  1°.  On  ne  dé- 
ligne pas  les  chifres  par  la  première  let- 
tre du  nom  dans  les  moonmens.  y°.  On 
ne  met  point  le  nom  de  CnUtul.  dans 
une  autre  lettre.  4°,  Le  K ell  vifible- 
ment  le  iC  ou  TH , qu’on  tend  par  I dans 
oette  pièce.  Il  ell  nnunaicc  d’exprimer  i' 
la  fin  d’une  épitaphe , que  tel  ell  morï 
an  moias  à tel  âge. 


\ 


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II.  PARTIE, 
Si  CT.  III. 
Chai.  XI. 
Articie  II. 
{«;  IM  ».  II. 


(t)  Pilygr^h. 
•ffém.  Prtltf.  fojl 
f»i.  xvüj, 

n,  ESPECB, 

(f)  Mickrslik,  i. 
/.  lyo- 

(</)  VfiMni.  Uêh.t. 

Ojf*,  ».  1. 


(r)  JlôÀ.  I, 
».  S*&f-  *70. 


f7/.  .£5i»£C£. 


(/)  Mmrm^r.Fi- 
/kmr,  f.  10  J. 


tf4o  NOUVEAU  TRAITÉ 
Efpagne  proprement  dite  , &c  la  citérieure  ou  Septimanle. 
Apres  Liuvigtlius  , on  aperçoit  un  C , & un  V renveri'é  au 
pié  d’une  croix  : ce  qui  peut  bien  lignifier , Chrijlo  vovet 
Z®.  Recefvînthus  Rex  : autre  légende  d’une  (a)  monoie  de 
Recefvinde,  roi  des  Vifigoths,airociéau  trône  parfon  père  , 
l’an  6 J 3.  i" .Innomme Dotnini,  Locuber aefi  indignus  abbas 
fccit  , & duos  coros  is  conjiruxit  , & facrate  funt  fandorum 
Del  Eglejie  pridie  idus  martias  anno  xxviiii.  quarto 

Zo  gloriofi  Domini  nojlri  Egicani.  Cette  infeription  (i) 
giiole , datée  de  la  quatrième  année  du  règne  d’Egica 
roi  des  Wifigoths,  & par  conféquent  de  l’an  690.  de  J.  C. 
a été  (b)  publiée  par  Don  Naflare.  Il  l’a  meme  déchifrée  , 
à l’exception  de  deux  mots. 

La  fixième  efpèc.e  renferme  un  mélange  de  grèques  arec 
les  latines  en  Angleterre.  Ce  mélange  avoir  lieu  non  feule- 
ment dans  les  inferiptions  ; mais  encore  dans  (c)  les  mfT.  de 
ce  pals.  ^,Ipusnous  fommes  bornés  à deux  exemples , tirés  des 
monoies  anglofaxones.  i*.  Offa  Rex  Merciorum.  La  mo- 
noie , qui  porte  (d)  cette  légende, eft  d’Offa,  célèbre  par  fes 
viâoires  -,  mais  devenu  odieux  à la  poftérité  par  le  meurtre 
d’Ethelbert  roi  d’EftaMÜe , qu’il  fît  mourir , par  la  perfidie 
la  plus  indigne.  1".  Leofrig  monetarius  Centuariens 
Cantuanenjis,  C’eft  la  légende  d’une  (e)  monoie  , que  M. 
Fountaine  atribue  au  roi  Ætheired  I.  qui  régnoit  en  866. 
Mais  le  favant  Anglots  n’en  aporte  aucune  preuve.  On  au- 
roit  autant  de  raifon  de  la  donner  au  roi  Æchelrcd  IL  qui 
fut  obligé  l’an  1015.  de  fe  réfugier  à la  cour  de  Richard  IL 
duc  de  Normandie. 

Il  y alongtemsqueles  fa  vans  (1)  ont  remarqué  un  mélange 
de  lettres  grèques  avec  les  latines  > dans  les  monumens  la- 
pidaires âc  métalliques  d’Italie.  La  feptième  efpèce  renfèrme* 

(i)  On  J renurejut  rvo  au  lieu  de 
rW.i , Eilt/it  pour  tccUJîd  Sc  trois  points 
entre  les  mots.  Nous  rendons  ainli  en  la- 
tin toiite  l'inrcription  Au  nom  de  notre 
Seieneur.  Locuber  abbd  , quoiqu'indigoe, 
a &t  bâtir  ces  dgliCci  , & y a lait  conr- 
(ruire  deux  chtnirs.  Ces  dglifes  ont  été 
cenfacrifes  Tous  le  nom  des  (aines  de 
Dieu  le  14'.  jour  de  Macs, la  t;'.  année 
de  Tagc  de  notre  glorieux  feigoeut  £gica, 

M 


8t  la  4*.  de  Ton  regne.  La  formule 
jturu  rtfno  , pour  quMnt  sait  rtgni  ou 
rignmie  , e(l  (ingolicre. 

(1)  Ldtmdi  infcTifiimn , dit  un  fa- 
vant  (/)  Italien  , fr*cii  lianit 
t»t  fifnmmm  fmijft  tiiri  dtSi  amim- 
advertmmi  , (imftfyitt  hnjufci  tri  m- 
vtiitartau  , qmn  vrftrAtTt  iW 
fftrt  frttiim. 


Dig:"  :ed  by  Cf  -o^l 


■Ta..- 


DE  DIPLOMATIQUE;'  e^t 

un  nombre  d’infcriptions  mélangées  de  la  forte.  i°.  Ro-  — ^ 

mana.  dulcifma.  C.  reqefcit.  i.  diem  jud  dep.  iii  K.mart. 

Var.  Tenu.  Cette  infcription  publiée  (a)  parmi  les  marbres  chY».  x i. 
de  Pefaro  s’explique  ainû  : Romana  dulcijjima  conjux  requief-  A » t i c le  ii. 
cit  in  diem  judicii  : depojita  tertio  Kedendas  martias  , V^a-  (■•)  Ai»n»»»r.  Pi- 
rane  ou  Karari  & TertuÛo  confulibus.  L’auteur  du  livre  {b) 
cité  a lu  qua  ou  hic  , où  nous  lifons  'conjux.  L’efpérance  de  la 
refiureûion  des  corps  eft  clairement  marquée  dans  cette  inC- 

cription  chrétienne  de  l’an  410.  1°.  Ser^i Papae.  La 

bulle  de  (c)  plomb , qui  porte  cette  légende , eft  vtaifembla-  (c)  Futrnt  j 
blement  du  Pape  Sergius  IL  dont  Lothaire  fit  examiner  Sc 
confirmer  l’ordination  l’an  844.  3°.  Gregorii — -Papae  C’eft 
la  légende  {d)  d’un  autre  fceau  de  plomb  de  Grégoire  IV.  W "•  ' 

qui  mt  tiré  de  force  de  l’églife  des  faints  martyrs  Coftne  ‘ 

Damien  l’an  8 1.7.  pour  être  placé  fur  le  liège  apoftolique. 

Dans  ces  deux  modèles  Ie_r  grec  eft  mis  pour  le  G.  latin. 

4®,  In  nomine  Domini  iHr  XP I.  De  donis  fanSiJu- 


mis  fa, 

itannes  Baptefle  edificatus  ejl  hanc  civorius  , fub  tempore 


vv  Vidaliano 


T ancol 


Domno  nojm  Idoprando  rege  , ù vb  Patemo  domrûco 
epefeopo  , Ù cojlodes  ejus  vv  Vidaliano  & T ancol 
Prbris , (t  Refol  Gafialdto.  Gondelme  indignus  diaco~ 
nus  fcripfi.  Cette  infcription  (i)  lapidaire  , publiée  par  (e)  (,)  Tr- 
ie marquis  MafFéi , eft  du  tems  de  Luitprand,  roi  des  Lom-  mnji.  f.  elxxxi. 


& Refol  Gafialdio.  Gondelme  indignus  diaco~ 
nus  fcripfi.  Cette  infcription  (i)  lapidaire  , publiée  par  (e)  (,)  Tr- 
ie marquis  MafFéi , eft  du  tems  de  Luitprand,  roi  des  Lom-  mnji.  f.  elxxxi, 
bards  , qui  retira  à prix  d’argent  des  mains  des  Sarafins  l’an 


yiz.  les  précieufes  Reliques  de  S.  Auguftin , & les  fit  tranf- 
porter  à Pavie.  Vrfis  magefier  cum  difeepolis  fuis  3u- 
ventino  & Juviano  edificavet  hanc,  civorium.  Vergondus  , 
Téodoed  f Fofeari.  Cette  infcription , [i)  non  moins  barbare 


(i]  Elle  eft  fort  claire  ; S Ton  veut  la  I tlont  du  P encre  l'M  ic  TN.  Les  dm 
leddrc  ainlï  : f»  nmùnt  Dtmini  Jtfu  prcmicrcs  lectrct  ont  viCblemcncdidcon- 
Clnqii.  Dr  tUmii  fimSi  Sthummii  fervées  du  grec  XPICFOC.  Les  gardiens 

M , tiifctttum  htc  cAtrium,  JM  itm-  ou  euftodes , donc  il  eft  parlé  dans  l'inf-  ‘ 
ftrt  Drnror  mtflri  LimlfrMtJi  Rr{ir  , (3*  cription,  étoiem  des  prêtres  ou  des  clercs 
fM  Pjtunt  dmrimcc  tfifitf»  , îfcujiê-  chatgésdu  foin  dcséglifcs,ou  qui  aroicne 
dibm  tjtu  vmrMUAiu  Vuâiim»»  ér  Is  garde  des  combeaui  ou  desRelitjoes 
TancrI  fnflyttrit  (3*  Rtfêl  Gtljliddu.  des  Maaprt,  Les  Lombards  apcUoicnt 
L'abréviation  X P S , lï  fréquente  dans  GmJlaUn  les  officiers  du  Prince  qui 
toutes  forces  de  monumens  , n'a  rien  avoient  l'intendance  de  Ton  domaine,  on 
4e  commun  avVc  l'inttodnéiion  barbare  qui  rendoient  la  jufticc  en  qoalitéde  pre- 
du  P dans  calmmfmUri , pour  cMimimimri,  miers  magifteats  des  villes, 
dans  éUmfnum  pour  ismman  , dans  (i)  Voici  cette  infcription  en  latin , 
itmfHm  pour  dtmmm  , te  autres  infer-  J te  en  ortliographe  régnlière  ; Urfiu  n>«- 

Tome  II,  M m m m 


II,  PARTIE. 

S E C T.  III. 

C H > r.  XI. 
AitricLE.  II. 

(«)  »iV. 

(i).  OJirvm,, 
frrf.  f.  xxiv. 


(t)  Pxs.  (9. 
m.  ctxxz. 

(i)  Uid.  f.  iC4. 


Ectirarc  mjUe 
de  lentes  eftim^es 
barbares. 


VII'.  GEN  RE. 


<?4i  NOUVEAU  TRAITÉ 
pour  le  ftyle  que  la  précédente , a été  donnée  par  (a)  le  même 
auteur.  La  reiremblance  des  caraûcres  de  l’une  &:  de  l'au- 
tre ne  permet  pas  de  leur  afligner  une  époque  diférente. 
6°.  Sarina  vixit  annos  xviiii.  menfes  Vt.  dits  xui.Ser-^ 
na  fecit  fe  bibo.  Ce  dernier  mot  eft  pour  vivo.  M.  Buona- 
ruori  (é)  a copié  cette  épitaphe  dans  le  cimetière  de  S.  Lau- 
rent à Rome.  On  y voit  le  » grec  , & le  é y prend  la  place 
de  l’v  confone,  7“.  Auxenthio.  pkilio.  dulkijjimo.  e béni, 
merethi,  AJlhianus  nath.  Bindeluus  dekurio,  Scutariorum. 
Eudocia.  Nice  parenthes.  In  pace.Vikfîth  ann.  l.  m.  i.  Or> 
trouve  cette  infeription , mélangée  de  caraélères  grecs  &c 
latins , dans  le  recueil  des  Marbres  (c)  de  Péfaro.  L’auteur  (d) 
la  rendainlî  : Augentio  y feu  Auxentio  filio  iulcijfimo  ù béni 
merenti  AJhanus  natione  Bindelicus  { feu  Vindelicus  ) ,De- 
atrio  Scutariorum  & Eudocia  Nice  Parentes  in  pace.  Vixit 
annos  L.  menfem  i.  Le  favant  Italien  oblèrve  que  le  P de 
flio  eft  un  P & non  une  R.  Le  .corps  des  troupes,  apelées 
Scutariiy  faifoit  partie  des  gardes  du  Palais  impérial.  Ce  nom 
vient  de  ce  qu’ils  fe  fervoient  de  boucliers  , pour  fe  mettre 
à couvert  des  coups  de  l’ennemi. 

§.  III. 

Ecritures  capitales,  , mêlées  de  lettres  réputées  barbares  , 
kitéroclites  , grtques  , enclavées  , conjointes  &c.  expli- 
cation de  la  planche  XXX , renfermant  les  yxt.  & Vili.. 
genres  de  la  fécondé  Divifon. 

I.  Les  inferiptions  de  France  ,d’Efpagne, d’Angleterre  &c. 
Admettent  un  m^ange  fi  fréquent  de  lettres  latines  de  divers 
ordres  , grcques  , enclavées  , conjointes  & irrégulièrement 
difpofées  ; que  la  plupart,  des  favans  les  ont  qualifiées  bar- 
bares ; quoique  chaque  caraéfère  en  particulier  fe  retrouve 
dans  les  anciens  monumens  romains.  Notre  (èpticme  genre 
commence  à faire  difeemer  ces  caraâères  prétendus  étran- 
gers de  ceux  qui  ne  le  font  pas.  Nous  l’avons  fubdivifé  en. 
cinq  efpèces , toutes  tirées  des  monoies  ou  médailles. 

fiftT  emm  iifeifêdis  f$ûs  Jmuntina  Jar-  I diem  de  regUfe  , dans  laijacHc  Urfus  £c 

viano  âdifcMvà  hêc  ciborium.  VcTgmdm  I conflruîrc  un  ciboire  ou  labcraada^ 
Theodalf  Ces  crois  derniers  noms  I Voyez  du  Cai^c  au  moc 

dôsx  ceux  d‘aucaat  de  cuAodes  ou  gai- 1 . i . i 

..  " r» 


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enciat 'tes  amfcùites,  irri^mlimynuû'sfwccs. 


[VtiL. 

XLOM'vrvS  • 
3 4 DAÇOBBRThVj 


BÉCCARCtVS  L 

Rr* 


iMlENl-OS'KtÀE 

B-  LO  CVM  -ST^TvAM  V 


^ /IV?-LEC'--A7G'I'I^PK''Rc 

•‘XEtôRENV'S-S'À'rtïlï’NJG'Wff 


3 ♦ ZlliFERl/' 


^ avffqôT  E 

H 

V€E 

K^^pa'^ 

pRVM_ 
!T-  G LL  N' 

lÏÏlN-ra- 

3 -liSADtRiWvR-T- 

ECS^^-E 

4-  HnnAROLPi^ 


HICRESVIESaJllsj  P/\ 

TE  B OMrt:  M OPI O J*AE'  ü 

4HSHVl\i¥ITPhVS[^ENVS 

j^WOSmvoblETSVMiE 

l:AKAWSrASiN4lCTlOhE 

¥VAhH  OvlIJIREmoiO 

M^ÎNOSTJilKEOVJUIIiEBIS 


EXOmA  "MCI 


^ i 


2CÇIBeRTVZ/j^y^ 

RBV 


CAHTOKIAHOIFI 


Kn 

DP 


RO 


+ kEVDEkINVK. 

HIE.REWISUT 

IN.PÆE.VIXIT. 

ANMVKk.DE^ 

[^VNTVr.  ErT. 

VBl.fICiT.ÇEN 

/^IVK  DlEKXy 


1 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

La  pretnlcre  cft  un  mélange  de  lettres  eftimées  faxenes  en 
France.  Voici  fes  modèles.  i°.Clodovius  iîea:.  Un  tiers  (a) 
de  fol  d’or  , repréfentant  le  bufte  du  grand  Clovis  , ceint 
d’un  diadème,  porte  cette  infcriptipn.  Il  y a au  revers  une 
croix  entre  un  A & un  n.  Les  madcmes  enrichis  de  perles 
^ de  pierreries  devinrent  à la  mode  depuis  Conllanlîin  le 
grand.  Nos  rois  s’en  fervirent  à l’imitation  des  Empereurs 
romains.  Clodovius  Rex.  La  monoie  , (i)  (jui  donne 
cette  légende  , eft  encore  atribuée  à Clovis  I.  Mais  la  difé- 
rence  de  quelques  lettres  , de  l’orthogr^he  & du  bulle , 
nous  oblige  de  la  donner  à Clovis  II.  3°.  Ùagobenhus  Rex. 
M.  le  Blanc  croit  que  la  [c)  monoie  , qui  porte  cette  inf- 
cription , ell  de  Dagobert  I.  à caufe  que  la  tête  a de  la  barbe 
& paroit  être  d’un  homme  âgé.  Cependant  cette  tête  difère 
totalement  de  celles  des  autres  monoies , qu’il  donne  à ce 
Prince. 

La  fécondé  efpêce  ell  mélangée  de  lettres  réputées  là- 
xones  en  Efpagne.  Elle  n’a  que  deux  modèles  , empruntés 
des  monoies  de  cepaïs.  1^ . Reccaredus  Rex.  hi.(d)  pièce, 
qui  ofire  cette  légende,  doit  être  de  Reccarede  II.  roi  des 
Vrifigots  l’an  6to  ; li  l’on  en  juge  par  la  relTemblance  des 
lettres  avec  celles  qui  font  gravées  fur  les  monoies  de  fon 
fuccelTeur.  Cordoba.  Pius.  Ces  mots  font  au  revers  d’une 


II.  PARTIE. 
Se  CT.  III. 

Ch  A P.  XI. 

An  T I CL  I.II. 

I‘.  ESPECE. 

(«)  Lt  Blant, 
f.  14.  ».  I. 


cti.  1.  ».  I».  <3> 

t-n- 


IP.  ESPECE. 


(•)  IM.  f.  )t. 
».  7. 


{•)  UU.  ».  K. 


monoie  du  roi  Suincila  , qui  fuccéda  à Reccarede  II.  l’an 
6ti.  &c  devint  l’an  613.  monarque  de  toute  l’Efpagne.  L’é- 
pithète pius  fe  rapone  à ce  Prince , dont  le  nom  &c  la  tête 
îbif  gravés  au  premier  côté  de  la  monoie. 

La  troilième  efpèce  eft  mêlée  de  lettres  réputées  faxones  ///.  ESPECE; 
en  Angleterre , & d’autres  encore  plus  barbares  avec  les  la- 
tines. i".  Walter  Eadweardi  monetarius.  VP.,  fuit  Wal- 
ter, eft  la  lettre  initiale  ^Eadtreardi.  M.  Fountaine  (/)  ne  (/)  f»»»»»;»». 
s’en  étant  point  aperçu  , a lu  Waltere  monetarius.  La  mo-  Mi.7.  ».«j. 
noie,  qui  porte  cette  légende , eft  d’Edouard  l’ancien  , qui 
ïégnoit  en  Angleterre  l’an  901. 

dinenjîs.  C’eft  le  revers  d’une  {^)  monoie  d’Edgard  , qui  is)  tai-  u 
monta  fur  le  trône  des  Anglofaxons  l’an  937.  3*.  cigfermo-  *' 
jietarius  de  Legeeeafier  , aujourdui  Chefler.  M.  Fountaine 
(A)  rend  le  premier  mot  par  Sigeferth  , prenant  pour  th  un  (i)  un.  tai.  i; 
id  reoverfé  6c  conjoint  .avec  un  e.  Cette  légende  eft  gravée  •• 

M m m m ij 


DiaiîizL  ' 4y  Google 


II.  PA  F TI  E. 
SICT.  III. 
Chat.  XI. 
A R T 1 c l ï.  II. 

'(«)  IMm 


(l)  Hiili  ut.  1. 
a.  11. 


U)  liiJ.  n.  )o 
&i- 170. 


lp\  ESFECB. 

(J)  IM.  tMt.  9 
»■  5- 


(e)  HiJ.  tsh,  6. 
tsiircil,  a.  1. 


(/)  liJt.ut.  It. 
n.  I. 

K.  ESPECE. 


It)  C,  Bl»r.€. 
16.  n.  1. 


«44  NOUVEAU  TRAITÉ 
fur  une  monole  d’EcheUbu»  ou  Aldeftan  roi  d’Angleterre  > 
au  x'.  ficelé.  4°.  Eainow  monetarius.  C’eft  la  légende  du 
revers  de  la  zz®.  (a)  monoie  du  même  Prince.  Il  eft  fiirpre- 
nanc  qu’un  aulfi  habile  homme  que  le  chevalier  Fountaine 
ait  lu  Eandnodmd , Sc  qu’il  ait  prétendu  trouver  EaJmond 
dans  cet  afiemblage  bifare  de  caraâères.  Branting  mo- 
netarius Northwieenjîs.  On  lit  cette  (h)  infeription  au  revers 
d’une  monoie  d’Ethelred  II.  qui  fut  facré  &r  couronné  rot 
d’Angleterre  par  S.  Dunllan  l’an  978.  6».  Winjlan  moneta- 
rius  IVincheJlrienfis.  C’eft  la  légende  d’une  autre  pièce  de 
(c)  monoie  du  meme  monarque.  Quoiqu’il  ait  été  aeufë  d’im- 
piété par  des  auteurs  contemporains  ; on  lit  dans  le  champ 
de  cette  médaille  Cntx  au  tour  d’une  croix.  La  monoie  pré- 
cédente montre  une  main  entre  A & fl  : ce  qui  defigne  , 
dit  M.  Fountaine  , la  confiance  que  ce  Prince  avoir  en  la  di- 
vine providence. 

- La  quatrième  efpèce  eft  un  autre  mélange  de  lettres*  de 
figure  bifare  avec  les  romaines  en  Angleterre.  1°.  Swefnerd 
monetarius.  La  monoie  anglofaxone  , qui  {d)  porte  cette 
légende  , a dans  le  champ  , Dorovemia  civitas  : M.  Founi- 
tame  n’en  dit  rien  , & met  cette  pièce  au  nombre  de  celles , 
qu’on  ne  peut  atribucr  à perfone.  Mais  ne  lêroit-ellé  pas  de 
l’archeveque  de  Cantorberi  f z® . Sarrow  monetarius.  M.  Foun- 
tainc  a lu  Saryyrd.  C’eft  le  revers  d’une  («)  monoie  du  roi 
Edrède',  qui  luccéda  à Edmond  !,  l’an  9^6.  3®.  Eadmund 
Rex.'- — Eremhbart  morutarius.  La  monoie  , qui  donne  cette 
légende,  fi  l’on  en  croit  M.  Fountaine,  apartient  à Edmoi^roi 
des  Anglofaxons  orientaux  , qui  foufrit  le  martyr  l’an  1017. 
Mais  lare llèmblance  des  lettres  avec  celles  de  la  précédentè 
légende  , nous  porte  à donner  cette  monoie  à Edmond  fuc- 
ceffeur  d’Adelftan.'4?.  Harold  Rex  Anglorum.  C’eft  la  lé- 
gende d’une  monoie  de  (/)  Harold  , qui  fuccéda  l’an  1036'. 
a Canut  le  grand  ; au  royaume  d’Angleterre. 

La  demiere  efiièce  de  ce  genre  eft  un  mélange  de  lettres 
barbares  & de  ^gures  hétéroclites  en  France.  En  voici  dix 
exemples.  1".  Exona  fici.  Une  monoie  atribuée  à (a)  Clo^ 
vis  I.  porte 'cette  légende  , qui  nous  aprend  qu’elle  fut  fta- 
péc  à Eftbne  dans  le  Parifis.  Mais  le  mot  fici , nous  lèmble 
étrelà  pour/ïd,  plutôt  que  pour  r".  icutUriw.CQ  mec. 

mm  • 


Dioitizfid  hv  C.f  J luU 
^ - .. 


DE  DIPLOMATIQUE.  <?4j 

paroic  fur  une  monoie  du  côté  de  la  tête.  De  l’autre  côté , — 

» dit  M.  le  (a)  Blanc,  il  y ale  monogramme  de  Chriflusbc  pour  * partie. 
» légende  Araftes.’‘  Nous  croyons  y voir  bien  clairement  Ara  ^ y 
fanda  ChriJHfiwAra  fanclte  crucis.Ccaeïeçon  convient  mieux  A r t » c i e.  ir. 
à la  croix  , qui  remplit  le  champ  de  cette  monoie  de  Théo-  (»)  inj.  p.  j,. 
doric  I.ou  II.  .Sigebertus . MaJJîlia3oax.tro\ie  (b)  àonnela 
monoie , qui  porte  cette  légende , à Sigeben  1. 4°.  Segibertus  (“j  lVbu«c' 
Rex.  La  monoie , fur  laquelle  on  lit  cette  (c)  infcription , peut  P-  +)•  »■  »■ 
bien  erre  de  Sigebert  II.  à caufe  de  b diférence  des  lettres. 
y°.  Rimualdus  monetarius.  Ces  mots  font  au  revers  d’une 
{i)  monoie  frapée  dans  l’ancienne  ville  d’Alet , dont  on  voit 
les  ruines  à deux  mille  de  Saint-Malo.  6®.  Cantovicino  Jù. 

M.  le  Blanc  (e)  a mal  rendu  cette  légende  d’une  monoie  , 
qu’on  peut  avec  quelque  fondement  donnera  DabobertIL  (fjitij.f.jo 
Il  a lu  Cantofiako.  ft.  7®.  Mettulo.  M.  le  Blanc  {f)  n’a 
pu  fornaer  aucun  mot  des  caraûcres  , marqués  fur  le  revers 
d’une  monoie  de  Charlemagne  (i)  , où  nous  lifons  ce  mot.  . . 

8®.  MwGWTTCette  légended’une(^)autre  monoie  du  même  ».  4.  ' 
Prince  eft  du  nombre  de  celles  , que  notre  favant  médaillifle 
lailTe  à deviner.  Ces  caraélères  expriment  , b ville 

de  Mayence.  9®.  Mwgw , Mougu  ou  Mougut  pour  Mon- 
gontia.  Ce  nom  de  b même  ville  paroic  encpre  au  revers 
d’une  monoie  {h)  de  Charlemagne.  Ces  deux  revers  n’ont  pu 
être  déchiftés  par  M.  le  Blanc.  Ils  font  (j.)  éfeélivemenr 


( 1)  M.  Eckhart  dans  fa  France  ( foricn- 
cale  oc  prend  point  Mettulum  pour  an  lieu 
parcicuiier.  Nmmmi^^i'Wj.MtdolusyHe- 
tHllttm  ti4ri  t 4tque  tn  tti*m 

Bjtrbsrt  fît*  implicat}  feriptum  »Jiindunt, 
TAêtMllum  Jîvg  M^olum  Vnleputin  Pie- 
imvur^b  cetnitatu  fseert  nune  hUUi 
dici  exiftim/ft.  Al  te/erra  idem  io  Burdegs- 
tinfi  trxâH  t ^ quidem  in  lare  Medpc  va* 
uuê  refinre  putnt.  ^ Vide  tfftA  de  eedem 
in  numnùs  Pippini  Btps  diximm.  Il  ajou- 
te & prouve  méme^  que  , M#- 

itUlnm  &c.  veut  dire  une  fabrique  àt 
rnonoiesou  roffictnci  où  Ton  les  fâir.  M. 
Eckhart  donne  une  page  entière  de  mo 
Aoics  de  CbaTlemagnc.  la  quatrième 
porte  d'un  côté  Cnrelms  & fur  le  revers 
Akrincus  en  lettres  conjointes  de  bétéro- 
dttes.  Le  doéle  Allcman  a lu  Bmna.  On 
aoù  pat  ccc  exemple  de  par  bcaacoop 


d'autres  combietr  on  a fait  de  fautes  en 
lifaoclcr  anciens  monumensiparcequoia 
n'a  pas  bien  connu  les  caraâcrcs. 

(»)  Ils  marquent  la  ville  de  Majreaee y 
où  l*on  voit  de  plus  d'aotres  moootes  fous* 
. Charlemagne  , à qui  celles-ci  apanieo-- 
OCQC.  Les  monoies  furtouc  de  ce  mooar* 
que,  ont  des  a forts  petits  , que  M.  le 
Blanc  qualifie  d'o  micron,  lis  paroifTena' 
dans  leur  plus  grande  petitefTc  fur  l'uno. 
te  l'autre  pièce.  La  lettre  pof?e  en  di- 
fifrens  fens  , ef{  celte  de  toutes  , qui  a 
dûparoitre  laples  dificilc  à deviner.  Mais 
nous  avons  des  lettres  fur  les  monoier 
anglofàxones  de  la  même  figure.  Elle»* 
ont  précifémeot  la  même  valeur.  La  fi- 
ruation  un  peu  difércme  ne  doit  pas  beau- 
coup inquiéter  ; après  avoir  va  tous  les* 
reoverfemcDS  de  lettres  nficés  dans  eer 
. fièclc  & les  précédent.  Les  «xcmplca^. 


(i)Tem,up,si^ 


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^4^  NOUVEAU  TRAITE: 

trés-di<îciles.  lo®.  Rodulfus  hic  fit  Rex,  C’eft  la  légende  (a) 
^sicT*  in  '*  monoie  de  Rodolphe  , frapée  à Sens,  Elle  nous  aprend 

Ch^a  't.  XI.  que  Rodolphe,  duc  de  Bourgogne  , fut  élu  dans  cette  ville 
A K T I Cl  I.  II.  roi  de  France  par  les  Faélieux  , apres  la  mort  de  Robert, 
{•jiuj.f.  I4J.  duc  de  France,  & frère  du  roi  Eudes.  M.  le  Blanc  lit  Rex 
inclitus , prenant  l’F  pour  une  L. 

fcriturcj  encii-  II.  Le  huitième  genre , repréfenté  dans  la  xxx'.  planche, 
riîteùhiKmcnT  ’ compofé  d’écriturcs  capitales  , mêlées  de  lettres  con- 
ji^fiScs.hiitiro-  jointes , enclavées , irrégulicrcment  difpofées  , grèques  , bar^ 
dites  «te.  bares  &:  monogrammaciques.  C’eft  le  précis  de  tous  les  gen- 
res de  notre  fécondé  divilion.  C’eft  ainli  que  le  dixième  de 
la  première  nous  ofre  , pour  ainli  dire , une  récapitulation 
exade  de  tous  ceux , qui  l’avoient  précédé  ; pareeque  dans 
l’une  comme  dans  l’autre  divilion  , prefque  tous  les  mêmes 
genres  d'écritures  s’y  reproduifent  , fous  la  nouvelle  forme 
vin'.  GENRE,  de  lettres  conjointes  , enclavées  monogrammatiques.  Ce 
huitième  genre  n’eft  Ibudivifé  qu’en  quatre  elpèces  , dont 
voici  l’expolition. 

I*.  E s ? ECE.  La  première  eft  un  mélange  de  lettres  couchées , renver- 
fées  , tournées  à contre  fens  &c.  Onze  inferiptions  lui  lêr- 
vent  de  modèles  dans  notre  planche.  i°,  uiis  Manibus. 
Félix  Taurinus  filius  Cafiuonis  eerarii  fratri  pofuit,  M.  Le- 
(h)  Dijptrt.  I.  beuf en  publiant  (e)  cette  inlcription  , lims  la  lire , dit  qu’il  y a 
/•  A-  !•  à deviner.  Mais  pendant  qu'il  ne  veut  dm  qu’on  devine  ; il  ne 
doute  nullement , qu’il  ne  faille  lire  Taurinus,  Son  graveur  a 
négligé  de  faire  lentir  la  conjondion  de  l’I  & de  l’N. 
1°.  Claudiae  V arenillae  Claudii  V areni  confuLis  filiae  civi- 
tas  Fiüonum  funus  , locum , fiatuam , monimentum public}  : 
Marcus  Cenforinus  Pavius  o\xPaulus,Legionis  aueufiee  Præ* 
feSus  , Praefes  Provincîae  Aquitanicae  , Confiai  defignatus , 
maritus  honore  contentas  , fiuâ  pecuniâ  cunSa  ponenda  cur~ 
avit.  Cette  infeription  , qui  fe  voit  daiu  l’églife  cathédrale 


fx>us  en  avons  rmrt^s  » pooroicoc 
tm  apuyés  d'une  inooité  d'autres.  L*N 
de  la  ruicme  monoie  e(l  d*unc  figure 
cxcraordioairc  $ mais  d ne  lui  manque 
prefque  nco  » pour  rcflcroblcr  à TN  de 
(e)  iOM,  HJuduio , qu'on  peut  voir  dans  le  (d)  cin- 

quième  genre.  Pour  ce  qui  regarde  le  T » 
Je  la  fepticme  monoie  ; libre  de  ne  le 
prendre  que  poar  une  croix  , qui  d^rer* 


mine  le  commencement  Sc  la  fin  du  mot. 
Si  le  nom  de  Ma/igm  ou  Aùâfwi  ou 
/Mvr , oc  paroic  pas  repr^fenter  Tufifam- 
mcot  le  coramencemenc  du  nom  de  Ma* 
XHjitie  ( on  peut  croire  , qu'il  eft  ici  en 
allcinanf  tel  qu’on  le  parlote  du  tenu  de 
Cbailcmagne;  ainfi  que  dans  la  monoie 
précédente  , le  mot  alicman  to^êld  cft 
placé  ùxx  le  letcrs. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  «47 
de^oitiers  ,cft  au  plus  tard  du  commencement  du  i v*.  ficelé. 
Elle  a été  lue  diverfement  (i)par(a)  D.  Mabillon  & {i>)  D. 


(i)  » Un  ttès-liabile  homme  , que 
••  jai  confult^  fur  cette  infcripiion  , dit 
n (()  M.  du  Radier  , la  lit  ainli  : CIkm- 
tt  renillt  Cluimni  cm/ûlis  fiUt  troitas 
■9  fUlrntm  funu! , /««m  , > nu- 

ta nimtnium  fntlUnm  M,  Ctnfcr  Pnvim 
a Ltittut  Augnfti , fTefrttnr  ( ou  frtfrti- 
»•  ftt  ) frcvincu  Ajuiitniet  , emfiil  dt- 
a figHmtU! , mnrilHi  hm»»t  cnitntui  ,fna- 
m (fit  cm»  ( ou  etnditint  ) fmndmn  en- 
ta ravit.  Quelque  déféreoce , ajoute  l’au- 
a teur , que  je  doive  à (es  tumicrci , je 
a peofe  qu'il  lâut  lire  , CtutdU  Vmt- 
a nill»  CUttdü  V*rnù  cnfttiit  ; ayant  re- 
a marqué  des  points  entre  Cl.  & le  mot 
a Varenillz  , ainli  qu'entre  Cl.  & V»- 
a ttni.  " La  remarque  e(l  très  judicieu- 
tt  dt  dans  le  goût  romain. 

» Je  regarde  comme  une  faute  la  fa- 
a çon  de  rendre  stiaq.  c.  par  fudjtu 
ta  euri , e»»fi  ou  cmdHimt.  La  lettre  q 
a n’ell  peint  un  Q dans  les  anciens  ca- 
a taûcrcs  romains,  a II  autoit  mieux 
valu  dire  dans  cette  infcription  : Nous 
ne  femmes  point  perfuadés  , que  les 
anciens  o’culTent  pas  le  q oncial  , qui 
k trouve  dans  des  mlT.  très-anciens  & 
qu'on  croit  au  moins  du  iv'.  (iccle.  Mais 
écoutons  encore  M.  du  Radier.  » Cette 
a figure  ètoir  , je  penic  , inconue  , pour 
a valoir  le  Q.  C'ell  un  P renverl?  , il  le 
a C eli  l'abregè  du  mot  cmjngt  ; de  ma- 
a nière  que  je  Hs  avec  un  fens  jullc  fit» 
a pro  cntjngc  pcundnm  emmvit.  Il  y a 
a dans  celte  inferiprion  même  la  preuve 
a de  ce  qne  je  dis  à l'égard  de  la  figure  du 
a q pour  un  p dans  le  mot  Prcvinci*  , 
aa  qui  ell  la  fin  de  la  précédente  ligne  , 
a & au  commencement  de  celle-ci.  écrit 
a comme  on  voit  par  un  P , tracé  avec 
a la  meme  figure  , auquel  efl  joint  une 
a R en  cette  forte.  Ç « Cette  dernière 
figure  fe  trouve  fur  plufieurs  autres  mo- 
numens  pour  lignifier  P R. 

Nous  avions  déjà  fait  tirer  cette  inf 
cription  ; quand  nous  l'avons  trouvée 
dans  le  Journal  hiftoriqne , te  nous  l'a- 
vions lue  comme  M.  du  Radier,  à quel 

2ue$  exceptions  près.  11  fCmblc  qu'on 
si;  liie  Ctnftrmm  ti  non  pas  Cmftr. 


On  ne  voit  point  ce  nom  parmi  ceux 
des  anciennes  familles  romaines  ; au  lieu 
que  le  premier  ett  fort  connu.  Peutètre 
vaedroit  il  mieux  lire  l’aniiu  que  P»- 
vîm.  Le  premier  nom  cil  célèbre  parmi 
les  Ronuiins  : les  exemples  du  lecond 
ne  fc  voient  point,  où  font  très- rares. 
Dailleurs  on  trouve  fouvent  dans  les  an- 
ciennes inferiptions  3t  les  mlT.  des  L 
abfolunenc  fcmblabtes  i des  I.  On  le 
voit  même  ici  dans  tUiae.  Nous  ne  rc- 
jettons  pas  Ligatas  Angafii  Propriter- 
On  fiiit  pooriant  un  fens  également  bon 
avec  Ltgimit  Augt^a  frafcHut  , Prafet. 
Quoique  fitâ  fro  ecajage  falTc  un  fens 
allez  raifonablc  ; en  voici  un  qui  pa- 
coit  encore  plus  lâtisfiùlânc  •-  faâ  pua- 
aid  cmtSa  ptatada  taravit.  La  ville  de 
Poitiers  décerne  des  oblîiqoes , un  lieu 
pour  y énger  une  llacuc , te  un  monu- 
metK  public  à la  mémoire  de  Varenille, 
Mais  Cenforin  fou  mari  , content  de 
cet  honneur  , fait  faire  de  fon  propre 
argent  toutes  ces  chofes  , qui  dévoient 
être  exécutées  aux  déms  du  Public.  Il  y 
a de  plus  une  rédondance,  qu’on  évite 
dans  les  inferiptions , <f  exprimer  dans  la 
même  ligae  Ion  mari  tt  fon  époufe  ; 
puifqne  l'un  des  deux  en  difoit  alTcz.  La 
formule  fàâ  pumiâ  ell  fréquente  dans 
les  anciens  monumens  , te  l'on  ne  l’ex- 
prime d'ordinaire  que  par  le  figle  P. 

Noos  trouvons  un  Marcat  Ctnftriaat 
confui , huit  ans  avant  l'ère  chrétienne. 
D’un  antre  cété  nous  avons  deux  Va- 
tanes , l'un  confui  00410.  te  l'autre  en 
4f<.  Mais  fi  l'infcription  regarde  quel- 
qu'un de  ces  perfonages il  n'ell  pas  pof- 
dble  de  les  ajufler  enfemble. 

Une  autre  anriquité  poitevine  n'a  guère' 
moins  donné  d'exercice  aux  fâvans.  C'cA 
l'infcription  gravée  fur  la  clé  de  ta  voûte 
du  choeur  de  l'églife  cathédrale  de  Poi- 
tiers , au-delTas  de  l'ancien  fanâuaire. 
BelU  en  a donné  une  vingtaine  d'expli- 
i carions,  lâns  donner  la  véritable.  On  peux 
les  voir  à la  fin  des  Annales  d’Aquitaine 
par  Bouchet.  La  dificulté  d'expliquer 
cette  infcription  cil  venne  de  ce  qu'on  l’a 
! mal  lac.  La  voici  tcllq  qu’on  l'a  publiée: 


II.  PARTIF.. 
S EC  T.  III. 
Ch  A P.  XI. 
Aa  T i c 1 1.  II. 

(a)  Saplem.  dt 

T»  dtplem.  p,  I r y, 
(i)  I . l't/agc  ht- 
tu.  p,  I.  (ja  y. 

(c)  Jnmal  dê 
Vudaa.  Décttab. 
i7Jo.p.  4}j.  & 
A}4. 


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II.  PARTIE. 
S Z C T.  III. 

C H A F.  XI. 
A > T I C L Z.  II. 

f»)  Jnirnul  it 
Vtrdxn  Déetmiit 
nso.f. 

/«IV.  Mm  1 7 1 1 • 
f 54*-  <y /««. 

(h)  Mém.  dt  lit- 
ttfMt.  de  l'Acsd, 
des  Infeript,  r. 

/-  704* 


(f)  $$ÊfUm,  À 
rÀ^ti^.  expi»  t»  fé 

fi.xr.f.  41. 


^48  NOUVEAU  TRAITÉ 
Martcne  , MM.  du  (a)  Radier  & l’abbé  (i)  Belley.  Elle  eft 
renfermée  en  quatre  lignes  , gravées  fur  un  marbre  blanc 
long  de  lept  piés  , un  pouce  &c  huit  lignes  , &c  large  d’un 
pié  neuf  pouces  &c  une  ligne.  Les  lettres  de  chaque  ligne 
font  à très -peu  de  chofe  près  de  la  même  hauteur  ; mais  ces 
lignes  vont  toujours  en  üiminuant  ; parceque  le  marbre  n’a 
pas  alfez  de  largeur  , pour  contenir  quatre  lignes  en  aufli 
gros  caraêlères  que  ceux  de  la  première.  Le  C.  initial  a 
quatre  pouces  moins  une  ligne  de  hauteur  Sc  autant  de  lar- 
geur. Dom  Fonteneau  , qui  travaille  avec  fuccès  à l’hiftoire 
du  Poitou  , a bien  voulu  , à notre  confidération  , employer 
quatre  jours  de  fuite  , pour  déchifrer&  examiner  avec  la  plus 
Icrupuleufe  exaûitude  toute  l’infcription  , les  abréviations , 
les  points  & les  autres  traits , qui  l’acomp^nent.  Un  favant  & 
curieux  mémoire  de  dix-huit  pages  in-jolio  a été  le  réfultat 
de  fon  travail.  Non  feulement  il  y donne  im  alphabet  des 
lettres,  qui  entrent  dans  l’infcription;  mais  il  examine  en- 
core chaque  mot  en  particulier  &c  anatomife  tous  les  carac- 
tères les  uns  après  les  autres.  C’eft  fur  fon  mémoire  que  nous 
avons  fait  defliner  &:  réduire  l’infcription , telle  qu’on  la  voit 
fur  notre  planche.  1°,  Aurelio  SaturninoVeierano  defunSo 
annos  quadraginta  quinque  , & Aurd'uxSecundinx  conjugi 
defuncù  annos  viginti  quinque,ô‘Aurelio  Secundino  fratri  de- 
funclo  annos....  Cette  infeription  (c)  fépulcrale , copiée  par 
BoilTard  à Gratz  en  Stirie , ofre  quelques  particularités  ; telles 
que  la  figure  des  ET  , du  chifre  xxv.  & des  © , qui  mar- 
quent, que  les  perfbnes  font  mortes.  4".  Diis  manibus 

0 Ayo 

M V II  bx 

1 O I 1 

DomFoQienin  , Religieux  de  notre  Gtn- 
grégatioo,  dont  fut  les  lieux, l'a  examinée 
lui- même  arec  le  feceutsd'une  lunette  à 
longne  vue , te  a lu  irès-diHiuélcment. 

A.  y 

M.  vîl  ix“ 

I U AT 

L'A  veut  dire  Aaiu  ; l'V  formonté  d'nne 
bare  lîgnifîe  VnH  -,  l'o  placé  fur  l'M. 
donne  militjim»  } le  C renvcrlé  , mis  au- 
dclTut  du  vil,  cil  un  O , qui  o'eft  pas 

M. 


bien  fermé  , te  qui  Urt  d'ab;éviation  i 
ce  chifre  ; ainfi  que  l'o  gravé  fur  l'X. 
Le  b de  l'infcriprion  de  Bedi  cil  une 
chimère. L’I  de  la  dernière  ligne  vent  dire 
tN  te  le  C reoverfé  carnati.  D.  Fon- 
cencau  a cm  qu'il  lîgnifioit  CJbrÿli , te  que 
l'N  avec  le  petit  trait  , qui  ell  fous  ia 
diagonale  pouteir  fe  tendre  par  ntmau. 
D'abord  ce  lavant  Religieux  a donc  lu  i 
ta  dernière  ligne , Ii>  Chrijii  atmint.  Mais 
depuis  il  c(i  convenu  avec  nous  , qu'il  va- 
loir mieux  lire  IncamMi.  Voici  donc 
l'infcription  expliquée  : Anno  vtaai 

MIlLtSIMO  SirriMO  SZFTVAOZSIMO 
INCARMATI. 


Di.: 


DE  .DIPLOM  ATIQirE.'  €^^9 

Marci  Conceneti  Manellini  Mareas  Congius  Ju^inus.  Si  ma- 
jor auSoritas  patrimonii  mei  fuijfet  ; ampliori  titulo  te  proje- 
cutus  fuijfem , piiffime  pater.  M.  le  nurquis  Maifëi  a puBlié  Sc 
expliqué  cette  épitaphe  dans  fon  Mufeum  (a)  Veronenfe  , 
ainli  que  la  fuivante.  Diis  manibus  {J))  PubliiVirucate 
P.  F.  Maximi  & V alerta  P.  F,  Urfee , Pubüi  Virucate  Ma- 
ximinus & Tertius  parentibus  benè  merentibus  : quorum  oh 
memoriam  dederunt  coUegio  nautarum  Vico  Arilica  (vel  Ari- 
licenjî)  confijlentium  fejtertiûm  quatuor  millia  numûm\  ut  ex 
reditu  èjus  \ fummm  ) quodannis  ( id  eft  quotannis  ) rofas  ( rofce  ) 
eis  deducantur  & cibos  ponendum  , ficus  (juxtà  ) veterem  con- 
fuetudinem.Fioai  avons  fuivi  l’expUcation  du  doâe  Italien  en 
rendant  la  valeur  des  chifies , qui  expriment  la  fomme  léguée, 
pour  aporter  tous  les  ans  des  mets  U des  rofes, furie  tombeau  des 
deuxVirucates.  Dans  cette  inlcripdon,  les  lefterces  valant  deux 
as  ou  deux  livres  t£ demie , font  marquées  par  L-L-S.  Les  im- 

Srimeurs , pour  leur  commodité,  ont  mis  une  H en  la  place  des 
eux  LL.  qui  faifoient  livres  èc  ont  retenu  l’S  qui  fignihe 
femi.  De  forte  , dit  Dom  (c)  Lancelot , que  fejlertius  eft  dit 
pour  femijlertius  6°.  Telafius  monetarius.  La  monoie  , qui 
porte  (d)  cette  légende , eft  réputée  apartenir  au  roi  Chere- 
bert  I.  à caufe  qu’elle  repréfente , comme  les  autres  monoies 
de  ce  prince , un  calice  à deux  anfês,  avec  une  croix  audelTus. 
7*.  Carolus  rex  F rancorum.  C’eft  l’inlcription  d’une  (e)  mo- 
noie de  Charlemagne.  8®.  Une  autre  monoie  a d'un  côté  : 

Carolus  imperator , Roma  , & de  l’autre  : SanSus  Petrus  ; 
& en  monc^rame  Stephanus.  M.  le  Blanc  n’a  pu  déchifrer 
ce  nom , qui  ne  peut  être  que  celui  du  pape  Eaenne  V.  Ce 
qui  prouve  que  cette  pièce  ne  devoit  pomt  être  rangée  par- 
mi les  monoies  de  Charlemagne , mais  de  Charle  le  gros. 
Les  deux  fuivantes  portent  dans  leur  monograme  Johannes  : 
ce  qui  prouve  encore  que  ces  monoies  ne  conviennent  ( i ) pas 


( i)  Nous  Toyons  aiofi  8c  même  d’une 
manière  plus  claire,  parmi  les  monoies  de 
Louis  le  oâmnaire , les  monogrames  if  A- 
drien  8c  de  Pafcal , 8c  d'nne  manière  plus 
obfcure  cemi  de  Valentin  , de  Bènoit  8c 
de  Nicolas.  Mais  c’en  une  taiTon  pour 
dcet  è Louis  le  dâionaire  les  monoies 
1<.  fc,  }t.  de  la  los*.  page  de  M.  le 

Tome  IL 


Blanc , pour  les  refliniec  à Louis  II.  fils 
de  Loihaire.  Ceft  encore  une  preure  , 
qu’on  lui  a donné  comme  è Cita  ayeul 
le  titre  de  fittuc  Gtr  Tes  monotes.  An  fur- 
plus  la  formule  de  cet  monogrames  ou 
plutôt  de  ces  iofcriptioni  en  figlet  , 
S R.  E N , c'efl-i-dire  , SmtSt  Rmutms 
B(d<^  tfi/afm  IIM*m  , rupofe  que  la 

Nnaa 


II.  PARTIE. 

SacT.  Ilf. 
CHsr.  XI. 
A UT  IC  t s.  II. 

(»)  P*;.  CUL Ttl. 

{i)  ItùUm. 


(t)  MithJ.  Utim. 
f.  6fO. 

(d)  Li  Rtamr. 
f.  4»  ».  I. 


(«)  UU.  f.  I7. 

(/)  nU.f.,z, 

».  4. 


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II. 


ijo  NOUVEAU  TRAITÉ 

à Charlemagne,  mais  à Cliarle  le  gros  ou  à Charlc  le  chauve. 
Par  TiE.  5|o.  Hbthanusimperatorpius.Té\ï&  eft  la  légende  d’une  autre 
y {•  monoie  de  {«)  Lothaire , alTocié  à l’empire  par  Louis  le  dé- 


Sect. 
Ch  AP 


Ae"iVÎi.  II.  bonaire,  l’an  817.  & couronné  à Rome  le  j.  avril  8zjt,  par 
(a)  P*i-  loi.  le  pape  Pafcal  I.  M.  le  Blanc  avoue  que  la  fi|nification  des 
ta.  figles , gravés  datu  le  champ  de  la  pièce , du  coté  du  revers , 

lui  eft  mconnue.  Nous  voyons  clairemenc  dans  ces  figles  : 
Pafcalis  Papa  fanSa  romana  EccUJùe  nofirca  epifcopus , 10°. 
Q.  Fa6i  Uermetis.  Cette  (i)  infcuption  eft  gravée  en  creux 
fur  une  petite  planche , qui  lotfqu’tm  la  noircit  avec  de  l’en- 
cre , rena  les  lettres  blanches  fur  un  fond  noir.  Elle  a pu  lêr- 
vir  egalement  à cacheter  fur  la  cire  , & à former  des  figna- 
nires  ou  Ibufcriptions.  11°.  Qic  jac  ou  Hic  jacet  Pindhia. 
Cette  infetiption  fepulcrale  fe  trouve  dans  le  (c)  Prologue  de 
la  polygraphie  cfpagnole.  Mais  Don  NalTare  en  la  publiant, 
a.  laiflé  à lès  leûeurs  le  foin  &c  la  peine  de  la  déchifrer.  Les 
À y prenent  la  figure  du  B.  renverfé  &c  contourné. 

La  féconde  efpècc  des  écritures  enclavées , & conjointes , 
eft  mêlée  de  lettres  eftimées  barbares.  Notre  planche  nç  lui 
donne  que  ces  trois  modèles.  1“  Hic  rtquicfcit  in  pace  ho  ne 
memorieOrios Leodanus.  ,quivixit plus  menus  annos  xxxy. 
obiet  fub  die  Ealendas  aeujlas , indiUiont  xy.  annos  xiiiJ. 
rtgno  donini  nojln  Leovildl  re^is.  Cette  épitaphe  (i)  le  voit 
dans  l’églife  paroilliale  de  T rouillas  fur  le  caïul  de  Languedoc , 


(t)  Umrtutri  mh- 
tij.  itsl.  t.  ].  ut. 

II». 


[t)Ttl,XK.U.  I. 


IV.  ESPECE. 


fa)  l.e  BUm. 
f.71. 


X*.  lettre  eft  une  R , à laquelle  manque 
un  trait  : quoique  nous  en  trouvions 
alors  fous  cette  ibttac  j S:  que  l’E  fert 
à . deux  fouclioos  I il  i 

fm.  Mais  cet  ufage  peut  fc  prouver  pat; 
{à)  beaucoup  d’eiemples  patcils.  Lrr 
dçut  n.  ont  «R  ttaic  de  réuoioo  faprujiti 
ce  qui  éioit  Rfors  fort  cotnmua.dans  les 
raonoics  d'Angleterre.  La  deuxième  inf- 
ciiprion  portera  S^mHm  Komsm 
fu  tpifetpHt  Vultnimm.  Il  n'cft  queftion 
qM  de  dounci  à TB  le  même  double 
niage  , qu'on  lui  atribuc  dans  la  rodnoie 
piéci'dentc.  La  troiCème  aura  cette  inf- 
etiption , Kmxpu  Bofirt  EteUfid.  tpifetput 
BpatScliu.  Cette  fotinulc  fo  itouve  dans 
les  bulles  mimes  des  Papes , au  lieu  de 
SMiHi  Rtmatt*  udeJU.  De  plusl'I  fêta 
uq  £ mal  fatc  ou  mal  tcpiircncd.  Si  l'oo 

U i;  U i l 


cxplitiue  mieux  ces  ligles  i nous  fommei 
prm  a y dounet  les  mains  : c'eft  affez 
pout  noos  d'en  avoir  tenid  rexpiication. 

Ony  douve  l'rpoui  l'i  dans*»' 
aufte  oiiet  >,qui  font  mis  pour  mimu  Bc 
Mit.  eft  dcric  pour  «NjiqCar  , 

comme  dans  pluüauiE  anciennes  iedecip- 
uons.  Le  fcruimcnclc  plus  commun.eft) 
que  les  indidiions  ont  commeued  le  4. 
Septembic  de  Pah  jit.  La  ly*.  indie- 
tion  , jointe  aux  Calendes  d'Août  dans 
l'infcripiion  » indique  l'an  jSi.  pour  la 
14'.  atmdc  du  i^e  de  Lcovigilde  , 
mort  en  f*  J.  II  «ut  donc  que  ce  roi* 
des  WUigoths  ait  monté  fnt  le  trône  dès 
l'an  fit.  Ainfi  notre  infetiption  peut  fer- 
vit  à corriger  les  liiftotiens , qui  le  font 
td^ec  deux  années  plus  tard. 

V • 


DE  ATlOUÉ.  6fi 

^‘rès  le  pont  de  SefTé  8£  le  Somail.  EUe'nous  à été  cOm-» 
nraniquM  par  M.  l’Abbé  Belley  de  l’Academie  Royale  dfc* 
Infcriptions&  Belles'lettrcs.  Dora  Thierri  Ruinait  (a)  & DôA 
NalTate  (é)  l’avoienr tléja  publiée,  fam  la  liie.  Ces  deuil  fk» 
vans  ont  fi  peu  veillé  fur  leur  graveur , qu’ils  lui  ont  pi<R 
les  points  , qu’il  a mis  ftial“à-propoS  fiït  les  i-.  ^.Carûlvi  eft 
la  légende  au  premier,  côté  (r)  d’urte  mOftoie  de  Charles 
magne  : elle  a au  revers  Narbo,  Au  lieu  de  ce  mot , M.  li 
Blanc , lit  Ntufirite  rex.  Bononia , ou , comme  il  ajoute , toute 
autre  ville , qui  commence  de  même.  U étoit  plus  fimple  dè 
lire  Nario  , comme  a fait  \i)  M.  Eckhart. , L’^  renferme 
auffi-bien  un  A qu’un  X.  On  ne  voit  point  que  Charlemagne 
ait  pris  fur  fes  monoies,  ni  peutctre  ailleurs  le  titre  de  Neujtrié 
Rex.  Quand  on  met  alors  une  grande  croix  fur  le  revers  des 
monoies , les  intervalles  des  quatre  angles  font  toujours  rem- 
plis de  lettres  , qui  forment  le  nom  de  la  ville  , oÛ  elles  ont 
été  fabriquées,  3®.  Æthelreirex  Anglorum.  La  monoie , qui 
(e)  porte  cette  légende, apartient  au  roi  Etheircd  lï.  qui  montà 
fur  le  trône  des  Anglois  Pan  578  ; quoique  le  diCvalier  Foun- 
taine  l’ait  donnée  à Etbeked  I,  qui  fucceda  à fbn  frere  Ethd- 
bert  l’an  %66. 


II.  PARtiE. 
itrt.  III. 
CUai-.  XI. 
A*t rcia.  ’lt. 

(«)  Gregor.  T«- 
rm.^ir.cfk  i iwl 

(l) 

EJhmn.ffl.  XVI. 

(c)  Le  Blmmc 
f.  S7.,.». 


(i)  Frxw.  «riffli. 
I.  x.f.  95. 


(f)  Feimt.  mt.  t . 


La  troifième  efpcce  de  ce  huitième  genre  eft  un  mélange  ESPrEê^ 
de  lettres  irrégulières  dans  leur  forme  ou  leur  arangement. 

Notre  planche  lui  fournit  quatre  modèles.  1*.  Carlm.  Ces 
cinq  lettres  compofenr  le  monograme  deCatloman  , gravé 
fiir  une  (f)  monoie  , au  revers  de  laquelle  M.  le  Blanc  Ik 
Aufirafiorum  rex.  Nous  aim^ions  mieux  lire  Arelate , Arles , 
où  cette  pièce  aura  été  fabriquée,  a”.  Carolüi.  La  monoie 
de  Cliarlemagne , qui  porte  cette  incription , eft  une  des 
Ex  , dont  ce  favant  n’a  pu  déchifrer  le  revers.  Nous  y trou- 
vons en  monograme  €adurci,  Cahots.  3*.  Carolus.  C’eft  le 
nom  du  même  prince , gravé  for  le  pretmet  côté  d’une  autre 
(h)  pièce , dont  le  revers  n’a  pas  été  hi  par  M.  le  Blanc.  Nous 
criions  y voir  Benebentum , Benevent.  4®.  CarolusSilva- 
neâi.  Une  médaille  de  Charlemagne , dont  nous  pollédOns 
l’original , nous  a donné  cesdeux  légendes.  Elle  n’eft  point  danS 
le  Traité  des  monoies  de  M.  le  Blanc.  Nulle  autre  ne  porte 
ân  revers  le  monograme  de  la  ville  de  Senlis , où  la  pi^  a 
été  fobriquée  : ce'qtd  la  rend  ttès-fingulicre.  On  Ht  SUra^ 

N nnn  i} 


(/)  le 
f.  «7.».  I. 


(g)  IHJ.  e.  1. 


(t)  ïUd.  m.  7. 


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II.  PARTIE. 
Si  c T.  III. 

C H A P.  XL 

A A T 1 c 1 1.  ,11. 


IV  . ESPECB. 


(a)  Prtlei.  fffl 
fri.  xviii. 


m p-i- 17«- 

(f)  Jour»,  dtt ft- 
vmi  in  ImriU  f i . 
lirai’. 


E:rinires  cacla- 
léci.avec  un  mÉ- 
bogc  de  leoxcs 
•ocalci. 


Eft  NOUVEAU  traité  - 

Tuafi  dans  ce.monograme  SLVAT.  Dans  les  monoies  les  mé' 
ines  craies  onc  (buvent  plufieurs  ufàges.  Ainll  on  trouvera  fans 
peine  dans  celle-ci , inecis.  Il  faut  fe  fouvenir , qu’alors  le 
nom  de  la  ville  ocupoiç  ordinairement  tout  le  revers  des 
monoies.  ^ ^ i ■'rivt  ■;»!  ù ■»  . , 

La  quatrième  elpèce  des  écritures  capitalj^  enclavées  Se 
conjointes,  eil  mêlée  de  lettres  ncques  U de  latines  minufi 
cules  &c  curfives.  Notre  planche  eS  terminée  par  deux  inferip- 
tions  de  cette  forte,  i®.  Maria  fidelis  Chrtfti  in  v'uâ  fui ^ 
hune  dili^ens  locunt,  ibique  fummùm  manens  Çf  rebus  qua- 
tuor déni  uno  fupervixit  annos  , eum  penitentiâ  rece^  in 
pace  , die  feptimo  idus  manias  , fecundo  Reccifvinti  regnan- 
tis  cum  pâtre  principis  anno.  Cette  inlcripcion  lépulcrale  (ê 
trouve  dans  la  (a)  Polygraphie  d’efpagne.  Ce  monument  fin- 
gulier , pour  le  ftyle  & les  cataâères , eil  daté  de  la  féconde 
année  du  roi  Recefvince  régnant  avec  Ton  père  : ce  qui  revient 
à l’an  6 y O.  de  l’cte  chrétienne,  a®.  Leuaelinus  hic  requifeit 
in  paee.  Vixit  camus  L.  defuntus  efl , ubi  ficit  Genuarius 
dies  XV.-  La  croix , qui  commence  cette  épiuphe , prouve 
qu’elle  eft  chrétienne.  Elle  fut  découverte  dans  un  tombeau  de 
pierre,  auprès  de  l’abbaie  de  S.  Acheul  d’Amiens  l’an  i£^o. 
On  la  trouve  dans  les  {J>\Recherches  curieufes  des  monoies  de 
France  , par  M.  Boutetoue.  Le  P.  du  Molinet  (c)  y voyok 
des  lettres  gauloifés  fi£. barbares,  furtout  l’L  &c  l’S.  Mais  la 
première  eft  purement  grèqiie , Sc  la  féconde  eft  l’f  curfive 
des  Romains.  Du  refte  cette  infcrïption  &;  la  précédente  font 
par£ütement  conformes  aux  diplômes  du  vu®,  ûècle , quant 
m ftylé  & à l’orthograp^.  j., 

*..  > t‘>'i  llt>  . ni  c:r  ' ' jyi  ' ’t.;'  - ' ' 

Mélanges  des  lettres  onciales  , minufcuUs  & curfives  avec  U» 
capitales  enclavées  & conjointes.  Explication  de  la  planche 
XXXI.  contenant  U ix®.  genre  de  la  fécondé  Divifion. 

I.  Quoique  cette  planche  ne  fbit  qu’une  fuite  de  la  pré- 
cédente ; elle  a cependant  cela  de  particulier , qu’elle  réunit 
les  écritures  capitales  , enclavées  , conjointes  & monogram- 
matiques  , avec  des  lettres  de  diférentes  claflés  fie  de  divers 
ordres , introduites  dans  les  ^criptions  métaUtques  fe 

r ■ ' r.W  ■ 


Digitized 


ile^,  minti^cuics  et  ctmeives,  avec  IcJ-  capitales  enclavées  et  con/ointcs. 


JS  LoevLvmj* 


RiSVTORg  ^ 


V -s 


y^HiWbOEN^> 


îçaeTooausj* 


^/ICTMODOMteR'o 

pCirOfflffîAVlA  ^ 
&AlM‘j[EW 

Maeitere&t 

•IlIrARLl 

LsfSîtoMc 

^3IESeT lA 

KinlD’i 

'lOKAtDO 


’treMOTCMlHXÎîFtoi''. 

l 


>€Tünx»soipeRïWGVsTüs 


• B 


RATÎK 

:hs:s.<^ 


Digitized  by  C^ogle 


DE  DIPLOMATIQUE.  ^J3 


daires.  Ce  mélange  compofe  le  dernier  genre  de  notre  fe- 

conde  divifion.  Nous  l’avons  diltingué  en  trois  efpcces.  H.  partie. 

La  première  eft  mêlée  de  lettres  onciales.  Elle  le  mani-  ^ y*’ 
fefte  dans  les  neuf  infcriptions  , que  nous  avons  fait  graver,  AuticIe  ii. 
pour  lui  fervir  de  modèles.  i°.  In  hoc  loco  rcconditus  Amaf-  ix'.  genre. 
vindu  monacus  , onejlus  & mamijicus  & karitate  fervidtu  , j especb 
qui  fuit  mente  fobrius  Chrijli  Del  egregius  , &c.  Ceft  ici  le 
commencement  d’une  épitaphe  e^agnole  du  (i)  x‘.  fiècle, 
publiée  par  (a)  Aldrette  , Dom  (o)  Mabillon  , & Don  An-  (,j  ^ 

tonio  ^c)  Naflarre.jCe  dernier  a mal  lu  quelques  mots.  <u  u Un^ 
1?.  Hic  paufante  JTq  Germano  in  die  Tranftationis  dédit  ei 
Rex  P ipinus  fifeum  Palatiolum  , cum  appenditiis  fuis  om-  (î)  Dtrtn  difi. 
nibus.  Cette  infeription  du  v 1 1 1 '.  fiècle , qui  conftatc  la  do-  P-  4 1 f . 
nation  du  fife  &c  de  la  terre  de  Palaifeau  , faite  par  le  roi  Pe- 
pin  à l’églife  de  S.  Germain  des  Prés  , a déjà  été  publiée  ' 

plufieurs  w fois.  Elle  fert  de  bordure  à im  cartouche  de  U)  Hijf.  de  i At- 

marbre  en  caré  , au  milieu  duquel  on  voit  une  croix  an-  *?''  ^ 

crée  Sc  d’un  marbre  paniculier.  L’S  y paroit  fous  la  figure 
du  Z.  Les  lettres  y font  inférées  les  unes  dans  les  autres  avec  ». 
beaucoup  d’art.  D.  Jaque  Martin  expliquant  ce  monument , 
en  prend  ocafion  de  reprocher  à Voflius  d’avoir  pris  la  let- 
tre Q pour  un  G.  C’ell,  dit  notre  Bénédiâin  , une  véritable 
S.  A la  vérité  on  trouve  des  S , qui  aprochent  de  cette  fi- 
gure; maisnos  alphabets  grecs  & launs  prouvent , que  Voflius 
n’a  pas  eu  tort  de  croire , que  c’eftim  véritable  G , de  forme 

onciale.  3“ Idem  autoritate  mandatas fortis ....  ijftudjudig- 

Jium  CO  ....  ^ uriem  huic  tivitati  f. . . enAu^fia  Gemella 
Tuccitana idem....  Varcum midtarum eft  oBuntuuU  a...  bftata 
converfa  res  ita  popuü  qu.  ef. . . . tuUafti  auftlium  Salva- 
toris  eterno  Deo  cyus  jurati  pus  f.  ...  in  ...  {q)  uos  funt 
adverfario  cum  mautia  egrejfto  in  popuü  freofe ....  viSoria 

&^ufto(üa  funt  fanSe  Colombe  regu q Populi  cum 

gaudiofalv  deftjanÜo  Marty  ris  Siprano.  Amen.  On  croit  que 
cette  Infeription  de  Martos  en  Efpagne  elf  relative  au  tombeau 


(i)  VoicrU  date  de  cette  inlcnprioD 
'fipolcraie  > KuUtndM  jiuuunM  dteim» , 
mur  , ttrd  fuUtrtmfiu  caa<», 

dtrmivil  , Et  vmrii  htt  <3>ét  erd  m- 
tim  dtttm  UfyiÊt  dttitt.  JLig»»ut  X)t- 
•uat  Ihtfn  cihjh  aitifimt.  Ccft-i'dict , 


qo'Araafvinde  motarat  keemltedi , la*. 
joui  de  Ddceaibte  de  l’an  }8t.  Le  titm 
de  Pmfitr  , (]ne  lui  donne  l'dpitaphe  .. 
ne  pennet  pas  de  douter  , qu’il 
abud. 


] 

•J 

S 

I 


H.  PARTIE. 
SlCT,  III. 
Ch  A P XI. 

A ft  T 1 C L 1 II. 


(.)  nu,  fa. 

vtrf»  ZT. 


Vî4  NOUVEAU  TRAITÉ 

de  fainte  Colombe  , qui  fbufric  le  martyre  à Cordouc  l’an 
8 J 3 . Il  y eft  aufli  |«rl^  «le  S.  Cyprien  & de  l’ancienne  ville 
Augujla  Gemella  Tuccitana  , fort  connue  dans  l’antiquité. 
Don  Naflarre  s’eft  contenté  de  publier  cette  infeription  mu- 
tilée & d’un  ftyle  barbare , comme  un  modèle  de  l’écriture 
ancienne , que  les  Efpagnols  délivrés  de  la  tyrannie  des  Mau- 
res ou  Mahométahs  ont  toujours  conlèrvée  ; mais  il  n’a  point 
entrepris  de  la  lire  , &c  encore  moins  de  l’expliquer.  U en 
a ufé  de  même  à l’égard  de  la  fuivante  , qu’il  croit  Portu- 
gaife  j quoiqu’en  qualité  d’Efpaçnol  la  cliofe  dût  peu  lui 
coûter.  4”.  Aullio  o j'aitt  , o rétamas  offert  ceo  , con  erî 
mil  y fateta  ou  fetenta.  Santaulio  a fait  ceci  , Petamas  l’a 
ofert , l’an  mil  foixante  & dix  de  l’cre  ; c’eft-à-dire  , l’an 
1031.  de  J.  C.  L’écriture  de  (a)  cette  infeription  eft  mêlée 
de  lettres  minufcules  &L  conjointes  fans  conjondion  aparente. 
Plufieurs  de  fes  caraderes  étant  douteux  &;  fort  équivoques  j 
il  eft  très-dificile  de  la  lire  furement.  Auflî  ne  la  donnons- 
nous  , que  comme  un  modèle  d’écriture  latine  extraordi- 
naire’; fans  prétendre  abfolument garantir  l'explication,  que 
nous  lui  donnons , après  avoir  confulté  de  très-habiles  gens. 
3°.  Cornes  Stephanus  & Adela  comitiffa  ,fuique  heredes  per- 
donaverunt  hominibus  ifiius  Patrie  hutagium  in  perpetuum  i 
eo  pa3o  ut  ipfius  caflellum  muro  claudeUnt.  (^uod  fi  quis 
violaverit  , anathema  fit  , Dathan  quoque  & Zihiron  ma~ 
lediüionem  habeat.  Cette  infcilpclon  lapidaire  du  xi*.  Cè- 
de , gravée  fur  la  porte  de  Blois  , a été  oubliée  par  Bemier 
dans  l’hiftoire  de  cette  ville.  Elle  eft  dans  le  ^le  & la 
forme  des  ades  du  tems  , ou  plutôt  c’eft  une  vraie  notice , 
dreÂTée  pour  conftaterà  la  poftérité  l’acord  fait  entre  le  comte 
& la  comtefle  de  Blois  d’une  part , leurs  fujets  de  l’autre.  La 
voici  en  franÇob  : Le  comte  Etienne  & la  comtefle  Adèle , 
tant  pour  eux  que  pour  leurs  héritiers;  ont  remis  à perpétuité' 
aux  habitans  de  ce  pa  is  le  droit  de  boutage,  ( ou  les  prefbtions 
de  vin  ; ) à condition  qu’ils  conftruiroicnt  un  mut  au  tour  du 
château.  Si  quelqu’un  donne  ateinte  à cet  acord  ; qu’il  foie 
anathème  , & encoure  la  malédidion , prononcée  contre  Da- 
than &c  Abiron.  On  voit  ici  l’ufage  d’employer  des  impré- 
cations dans  les  ades.  On  fera  voir  ailleurs , qu’il  remonte  a la 
plus  haute  antiquité.  On  trouve  la  fignificarion  de  boutagium 


D „ -ridbyCoogk 


de  diplomatique,' 

ou  butagium  dans  le  du  Gange  de  la  nouvelle  édition,  i " . Les  ■ ■ ■■  * 

vers  fuivans  font  partie  d’une  ancienne  infcripcion  mutilée, 
découverte  en  iJ44.  & dépofée  dans  l’églile  des  Domini-  chae.'  xi.' 
cains  de  Cordoue  ; . arteci,.  ri. 

. , , Ambitns  fcLcri  glonam.  de.  merci  cnioru 
Rex  tribuit  eui  coronam  perfeSa  fiuura 
Tu  'aaque  nutihus  Martir  nos  manda  divinis. 

Idem  fub  erâ  nobles  centum  jugulatur. 

Sexagies  & uno  , feptem  de  KaUndis 
' . ^ ^ ta  Aprilis. 

Don  Nâflarre , en  publiant  (a)  cette  infcription  , ne  nous 
fait  point  conoitre  le  nom  du  faînt  Martyr  , dont  elle  fait  nffsn.  fJ.Kliû 
l’éloge.  .Elle  nous  aprend  , qu’il  lut  couronné  le  lêpticme  ' 
des  Kalendes  d’ Avril , de  l’cre  efpagnole  96 1 : c’eft-à-dire  le 
16*.  jour  de  Mars  de  Fan  9zj.  de  J.  C.  Les  T de  ce  modèle 
d’écriture  doivent  lurtoutêtfe  remarqués.  7®  . In  erâ  mcc. 
quando  mandata  eft  eetlefia  fancü  Martini  Qfme  per 
Omalp.  Petrus  Garcia  pefi  ou  petit  romamum  (i)  ou  com- 
mune concdium.  Cette  mfcription  de  l’an  de  notre  Seigneur 
1167.  eft  trcs^dilicile  à déchi&er.  Elle  figure  dans  (J>)  la  Po- 
lygraphie  efpagnole;  mais  l’auteur  a oublié  de  l’éclaircir  nai  XXV,  n,  Ti.< 

de  nous  en  fâciliterja  leéhire.  8^/«  nomine  Del  fumi  , in 
honore  /iî  Mariae , fti  Pétri  ^ & fd  Marcialit  , vef  quorum 
Roliquiae  hic  candhte  fuot  f Iladdebertus  epifcopus  fier  jufiii. 

( id  efi)fieri  jujfi.  Cectc  Infcription  d’un  reliquaire  , qu’oiv 

conlerve  dans  la  cathédrale  de  Clermont  depuis  l’an  786.  x 

été- publiée  par  le  célèbre  M.  Lancelot , dans  les  Mémoires 

(0  de  littérature  de  l’Acadérrne  royale  de»  Infbriptions  «c  (c)Tom.f.tter 

Belles*L«tnes,  Cet  habile  antiquaire  nous  apœnd  , que  lér 

lettres  en  font  à filigranes  , Sc  rdève  modellemenc  quelques- 

fàvans^qui  ont  lu  Andebertus  pour  Haddebertua , &;  qui  n’ont 

pas  repréfenté  l’infcription  telle  qu’elle  eft  dans  l’originali  Mais, 

par  inadvertance  fans  doute  , il  ptend  l’E  du  mot  Mariao 

pour  une  F.  Quelquefois  la  diférence  de  çes  deux  let-, 

nés  eft  peu  feniible  dans  les  anciens  monumensi,  & ibuveno. 

. I' 

' ('t)  P<ulc(te  s ici  du CodcHc  de  Sc  Eblanc  toQi  Ict>(b|9a  do-  lêr^ 

l.atrandclEn  11E7.0Ù  le  P<pc  Atexanr  l’^eot  de  Hdéiizé , Èl’excixiple  doGrc|[#i£EF 
dre  111.  «communia  rcmpeieui  f rddd-  liVU.  . 1 

.•  r, 


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6S6  NOUVEAU  TRAITÉ 
leur  relTemblance  eft  parfaite.  5“.  Le  fécond  côté  (a)  d’u» 
l’empereur  Frédéric  II.  nous  donne  ce  vers  hexa> 
cÙIt.'  XI.  mètre  pour  épigraphe  ; 

Akticii.  II.  Roma  caput  mundi  régit  Oriis  frena  rotundi. 

L’ancienne  BaClique  de  S.  Pierre  de  Rome  eft  repcéfentée 
dans  le  champ  de  ce  revers. 

Ectimrei  eoch-  IL  La  lèconde  efpcce  de  ce  neuvième  genre  eft  mêlée 
minufcules.  Cinq  infcriptions  , gravées  fur  notre 
sc  curfivea.  planche , lui  apartiennent.  La  première  eft  une  épiuphe  en 
//*.  ESPECE,  vers,  inccuftée  dans  un  mur  du  cloicre  de  l’abbaie  de  S.  Ger- 
main d’Auxerre.  Après  l’avoir  tirée  nous  mêmes  , avec  la 
plus  grande  exaêlicude  -,  nous  l’avons  fait  réduire  & graver 
telle  qu’elle  paroit  fur  notre  planche.  Voici  comment  on 
doit  la  lire  : 


Hic  fupjpUx  ora  , quantum  jvnplex  tenet  hora  ^ 
Quifquis  fuppojuum  forte  le  gis  loculum. 

Ac  non  ignores  pro  quo  rogitaris  ut  ores  , 

Profert  hic  titulus  quem  teneat  tumuUis. 

Hic  Teodericus  fitus  ejl  omninh  dolendus  , 

Gnarus  & infgrUs  ù ^afer  & docilis. 

Hune  , augufie  , tue  nobis  rapuére  kalende. 

Et  levita  fimul  hue  recubat  Stephanus. 

Cette  inicriptionfépulcrale  eft  de  la  compoCtion  deGlaber 
Radulphe,  moine  Bénédiêlin  de  S.  Germain  d’Auxerre , & qui 
nous  a lailTé  l’hiftoire  de  fon  tems  en  cinq  livres.  Il  moumt  vers 
{h)ïiim.cnm-  l’an  lofo.  lèlon  M.  l’abbé  (^.ILebeuf.  Ce  lavant  Academi- 
^ publié  notre  épitaphe  en  caraâères  ordinaires.  Les 
fautes  multipliées  , qu’il  a ( 1 )faites  en  la  lilânt , prouvent  la 
nécelfité  de  recourir  louvent  aux  originaux  j les  copies  mêmes 
de  là  main  d’un  habile  antiquaire  âant  li  défeêhieulës. 

Le  fécond  modèle  de  la  deuxième  elpèce  eft  un  fragment 


( i)  Il  lit  iiaïuUmm  à la  féconde  ligne , 
•a  lien  de  ImiUim  : à la  cioifidine  , «rM- 
rù  pont  rffkms  : à la  qnattidme,  r»^  . 
pour  fttfm  , ou  fnfirt.  Il  prend  le  P 
wee  la  marque  d’abedeiadon  pour  une 
R de  on  £.  A la  cioqnidme  ligne  il  palTe 
le  mot  IST  entimd  par  une  S cauchde, 
æompagndc  de  deux  pointa , placés  i’un 
aa-delfons  de  l'autre  an-dedits  : abiévia- 


don  tontclbit  ordinaire  dans  les  anciena 
mlT,  A la  fepdème  ligneij  lit  om;  an  lien 
que  lut  la  pierre  oo  trouve  uu  par  nn  # 
tople.  Enfin  1 la  dernière  ligne  il  Ut 
Kir , oii  Todginal  porte  ebirement  Smc. 
En  relevant  ces  méprifea,  noos  n’oablioni 
pas,  qne  nous  fonunea  capables  de  tosabet 
dans  de  plu  grandes. 

d'iarcnpcioA 


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DE  DIPLOMATIQUE. 

^ infcriptlon  gravée  fur  lin  marbre  blanc  , & publiée  {a)  dans 
le  prologue  de  la  Polygraphic  d’Efpagne.  Ce  que  l’on  en  peut 
lire  fe  réduit  à ce  texte  mutilé  : . . a cia.  . excelfum  Domi- 
num  men  . . . pofcit  ù veniam  ChriJîL  Jlebil. . . incUte  quem 
éignis  tumulabi . . .feus  & inlujîris  htrus.  Léo ....  cunBis  quoi 
profuit  ad  ffem  ....ob  quoi  continue  leSor  Dominum  pof- 
cens  , ut  venia  maneat  eterna  & vivat  perpétua  vita  ma . . . 
era  Dccc Don  Naflare  dit  peu  dvcnolês  de  cette  épi- 

taphe , & le  peu  qu’il  en  dit , git  en  conjeétures  aflez  foibles. 
Ce  qui  paroit  certain,  c’eft  qu’elle  eft  du  ix'.  ficelé,  ou  de 
la  fin  du  viii'. 

Le  troillème  exemple  d’écriture  capitale  enclavée  & mêlée 
de  caraéleres  minufcules,  eft  de  l’an  921.  C’eft  encore  une 
épiraphe,  publiée  par  (ê)  le  même  favant  efpagnol. 

Clari  teSa  anteflis  Martini  quoque  membra 
Hic  bujîorum  Jacrâ  more  pontif  & aulâ  : 

Qui  Chriflo  Jamulans  petiit  vitam  adulefcens 
Monaflicam , poUens  que  regulariter  egit  , 
jyiigitanam  epifeopii  rexit  in  arce 
Églejlam  y ad  eroas  latus  eft  ilich  nempè  , 

Sculptâ  in  marmore  erâ  nobles  & centeftmâ 
Sexagefimâ  nonâ  maiar.  tertio  idus. 

Ledor  commenda  & Dominum  piè  oranio. 

Cette  épitaphe  poétique  contient  l’éloge  d’un  moine  ver- 
tueux , nommé  Martin  , qui  fut  élevé  fur  le  fiege  épifcopal 
de  la  ville  d’Ecya , apellée  Augufta  ftrma  dans  Pline.  Nous 
avons  déjà  trouvé  nobies  pour  nov  'us  dans  d’autres  inferiptions 
efpagnoles.  Celle-ci  n’a  pas  été  bien  lue  par  Don  Naftare. 
Au  lieu  àlepifcopii  rexit , il  ^ lu  epifeopi  irexit , &C  maiar, 
uno  tertio  idus,  pour  maiarum  tertià  idus.  Le  mot  anteftis  eft 
mis  au  ptemier  vers  pour  antiftitis , au  fécond , /nore  pontife 
pour  more  pontificum  ^ & au  troificme  adulefcens  au  lieu 
à'adolefcens.  Le  fécond  vers  attelle , qu’au  x'.  fiècle  on  ne 
donnoit  la  fépulture  dans  les  églifes , qu’aux  feuls  évêques. 

Le  quatrième  modèle  eft  cette  infeription  (c)  du  fceau  de 
l’empereur  Louis  de  Bavière  : Ludovicus  quartus  Dei  gratiâ 
Romanorum  imperator  femper  Auguftus.  Les  caraélères  en 
font  aflez  beaux , quoiqu’antérieurs  à la  moitié  du  x;  v' . fiècle. 
Tome  II.  O b O O 


H.  PARTIE. 
S* CT.  ni. 

Chat.  XI. 
A*  r 1 c 1 1.  II. 

{•)  Fol.  nOi. 
XVIÜ. 


(i)  IkU-  ptfi  fat. 
mil.  n.  t. 


(t)  Ilrimccim  dt 
Sifil.  14b.  iS.n.t. 


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éj8  NOUVEAU  TRAITÉ 

**'**^"*"^  Le  dernier  modèle  de  la  feconde'cfpèce  (a)  eft 

ter Çende  du  fceau  de  Thierry  I.  de  la  maifon  de  Lorraine,  qui 
Ch  A P.  X I.  rut  fait  comte  de  Flandre  en  i iz8  : Thiodoricus  Dei  gratiâ 
(m)  Cslmti  hijl.  Flandrenfium  cornes. 

ieUrr.  t.i.pl.d.  La  ttoificme  efpcce  du  neuvième  genre  de  notre  féconde 
».  xAAii/.  divifion  eft  un  mélange  de  lettres  curfives.  Notre  planche 
III.  ESPECE.  XXXI  en  ofre  un  modèle , dont  les  lettres  liées  d’une  façon 
extraordinaire , fon»  crès-diiiciles  à déchifrer.  C’eft  une  épi- 
{h)  PMf.  tt.  taphe  publiée  dans  {b)  le  livre  intitulé  Marmara  Vifaurenfia. 

En  commençant  par  la  figure  du  labarum , ou  monograme 
de  J.  C.  , on  lit  enfuite  : Locus  Tertuli.  vixitann.  xxi. 
La  fimplicité  de  cette  infeription  fepulcrale  prouve,  qu’elle 
eft  ancienne. 

Article  III. 

Ecriture  gothique  moderne  : fis  notions  , fon  origine  , fes 
commencemens  , jon  progrès  , fa  durée  , fes  genres  & fes 
efpices.  1 1 1*.  Divifion  de  la  claffe  des  écritures  lapidaires 
& métalliques. 

Le  mélange  de  lettres  capitales  , onciales , minufcules  &: 
curfives,  de  lettres  renverlëes , tournées  à contre  fens,grè- 
ques,  conjointes  & barbares,  offre,  comme  l’on  a vu,  un  fource 
très-abondante  de  genres  &:  d’efpcces.  C’eft  furtout  ce  mélan- 
ge , qui  a produit  ce  que  nous  apellons  vulgairement  écriture 

Sothique.  Il  eft  difficile  , Sc  peutetre  mcqie  feroit-il  ennuyeux 
e la  fuivre  dans  toutes  fes  branches.  Jamais  la  bifarenc  &c 
le  mauvais  goût  de  concert  ne  fe  font  donnés  plus  d’effort 
que  dans  cette  écriture,  née  avec  la  fcholaftique,  & dans  la  dé- 
cadence des  arts  &c  des  bonnes  études.  La  nvatière  eft  fi  abon- 
dante par  la  proximité  des  fièclei,  qui  en  ont  fait  ufage , qu’on 
furchargeroit  le  public  à coup  fur  ; fi  l’on  ne  vouloit  rien 
omettre.  Sous  ce  prétexte  néanmoins , nous  ne  nous  croyons 
pas  difpenfés  de  doimcr  des  idées  fufifantes  d’une  écriture  , 
dont  les  principales  efpcces  méritent  d’être  connues  ; pourvu 
qu’en  les  expofant,  on  fâche  fe  tenir  dans  les  bornes  d’une  fage 

Quclcftlccatjc  ro^ocrité.» 

tère  goihic)uc , & I.  Le  gothique  moderne  n’eft  autre  choie  que  1 écriture 
dénomînànon^''  ^*^**^^  dégénérée  , &c  chargée  de  traits  bifares  , abfurdes  5c 
coZncacc'mcas.”  fupcrflus.  Cette  dénomination  ne  lui  fut  point  donnée , ni 


Digitiz"^  ■ - - '■  otjle 


DE  DIPLOMATIQUE. 

dès  le'tems  de  fa  naiffance , ni  lors  meme  qu’il  exerçoit  une  - ' ^ 

tyrannie abfolue  , fur  prefque  toutes  les  écritures  de  l’Europe. 

On  croyoit  alors  voir  des  agrémens  & des  beautés , qu’on  chap.  Xf. 
n’apercevoit  plus  dans  la  noble  fimplicité  des  caraélères  a»-  article  ni. 
tiques.  Mais  à proportion , que  le  goût  de  la  belle  littérature 
reprit  fes  anciens  droits  ; on  fe  pafliona  pour  les  vraies  lettres 
latines , & l’on  traita  de  gothiques  celles , qui  s’en  étoient 
écartées.  Sous  la  plume  des  premiers  reftaurateurs  des  belles 
lettres  , les  caraéleres , qu’ils  trouvèrent  en  ufage  furent  dé- 
clarés gothiques.  Et  comme  ils  ne  pouvoient  les  atribuer  aux 
anciens  Romains  ; ils  les  mirent  fur  le  compte  des  Goths , 
qui  avoient  renverfé  leur  empire.  * 

Cés  premiers  littérateurs  partant  des  écritures  , dont  ils 
étoient  environnés , pour  fe  tianfporter  tout  d’un  coup  dans 
les  ûccles  les  plus  florilTans  de  la  domination  romaine  , ne 
pouvoient  pas  avoir  des  idées  bien  juftes  de  la  fuccellion  des 
écritures.  Ils  n’en  avoient  pas  étudié  les  révolutions  &c  les 
métamorphofes. 

A proprement  parler , nous  pouvons  feire  commencer  le 
gothique  moderne  au  xii'.  ficelé.  On  lui  donneroit  une  ori- 
gine plus  reculée  ; fi  l’on  recherchoit  les  premiers  dépérifle- 
mens  de  l’écriture , qui  nous  l’ont  anoncé.  M.  le  marquis 
(a)  MafFéi  combat  le  fentiment  de  D.  B.  de  Montfaucon  ; [M)Vcnn.ilh^r. 
pareequ’il  fait  remonter  le  gothique  au  xi'.  ficelé.  Voici  les"^- 
paroles  du  premier.  » Dans  la  préface  generale  fur  les  anti- 
•i  quités  (1.1  figurées,  il  eft  dit,  que  le  caraâcre  gothique 


(r)  Cette  manière  de  dèGgner  rAnci' 
quîté  expliquée  ,jrouroit  bien  n’étre  rien 
moins  que  âaeeuie  poor  Uom  Bernard  de 
Montfaucon  D'un  autre  côté  le  iîccJe  de 
mille,  pour  le  xi^  /îècle , neprcfcnic 
pas  une  idée  fort  claire  : mais  il  uuc  pré- 
fumer  • quelle  clf  dans  le  goût  italien. 
Au  furplus  le  (avant  Bincdiâin  , dans  la 
préface  aléguée  , ne  die  pas  un  fcul  mot 
au  fujec  des  lettres  ou  caraâèrcs  gothi- 
ques. 11  n'y  parle  {k)  que  de  Tordre  go- 
tnique  , qu’il  fait  remonter  an  xi  fiècle. 
Nous  ne  prétendons  au  refie  rélever  ici 
qu’un  défaut  d'exaâitDde.  O.  de  Mont- 
nocoD  a réellement  aillcnia  avancé  l'opi- 
nion , que  M.  Maiféi  lui  atribue.  Par- 
lant de  kteres  romaines  , qu’il  croyoit 


apartenir  au  yi*.  fiècle  ; elles  n’avoient  (^) 

!»  n point  eocore  , dic-il  , changé  de  ex//,  t.  t . pre/. 
w forme,  comme  celles , que  nous  voyons  p.  xvi, 
«RUR.fcxi'.Wcle,  qui  iigioitètent  * /- 

» enfin  en  ce  car.aere  , que  nou.  apc  - /«»;. 

Ions  gothique  : ce  qui  ariva  dans  1 ^ r / 

» fiècle  . . . Ceft  pcincipalcmcnt  de-  * ' f ^ ‘ 

>3  puis  Tan  mille  , que  ce  (ont  faits  ces  /jx 

U changcmeiis  de  caraâèrcs  en  ce  qne 

» nous  apellons  gothique.  Nous  les 

» voyons  dans  les  inferiptions  fépul-  ' 

» craies  , & nous  y remarquons  fucccffi- 

dÉvement  l’altération  faite  dans  les  lec- 

M très  romaines  , qui  aloit  toujours  en 

13  augmentant  depuis  le  commencement 

» du  ZI*,  fièclc  , & en  s’écartant  de  plus 

*>  en  plus  de  la  première  forme.  Nous 

O O O O ij 

/• 

« 


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II.  PARTIE. 
S £ C T.  III. 
Chap.  XI. 
AkTIC££.  111. 


( m)  Vcfn  ncirt 
ftmht  XXXII. 

Comment  le  go- 
tfaiqae  moderne 
s'eu  il  formé  ! 
Sources  diTcrfcs 
de  ce  cvaâèie. 


(t)P4f.  itf. 

(c)  fan.  i./tS.f. 
ilajf,  1,  n.  41. 


6io  NOUVEAU  TRAITÉ 

.1  commença  des  le  ficelé  de  mille  : quoique  dans  la  vérité  lè 
» caradère  , auquel  on  donna  depuis  le  nom  de  gothique 
..  n’ait  régné  fur  les  marbres  , qu’au  xiv'.  ficelé  , & corn- 
..jnencé  que  vers  la  fin  (O  du  précédent.  » Mais  qui  pou- 
roit  fe  perfuader  , que  les  inferiptions  des  fceaux  de  Louis  le 
Jeune  de  l’an  1167,  l’Hiftoire  de  Languedoc  de  l’an 
1 188  , de  la  Polygraphie  efpagnole  des  années  1 141.  1 1^4. 
1188  , de  Gattola  de  1 130.  & de  tant  d’autres  ne  (a)  tien- 
nent rien  du  gothiejue  ? 

IL  La  fource  primitive  du  gothique  eft  Farondifleraenc 
des  lettres  carées  ou  droites , ou  plutôt  des  jambages  perpen- 
diculaires*, obliques,  horizontaux.  Cet  arondiuement  eft- 
aulTi  fenfible  qu’ancien  dans  les  6.  Celui  des  U le  fuivit  de 
près.  Si  l’on  en  juge  par  les  notes  tyroniennes , à peine  avoit- 
il  commencé  à fe  produire  fur  les  marbres  ; qu’il  étoit  déjà 
d’un  ufage  ordinaire  dans  les  mCT,  L’  Cf)  exaûement  ronde 
femble  devoir  auili  fa  naififance  aux  mlT.  Indépendamment- 


donneront  dans  !a  Tyite  par  fièctet  ces 
M caraûèrcs  gothiqaet  , depuis 
ficelé,  jufau'au  xvi*.  ou  iJsonc  fîni, 
» aux  premières  années  do  règne  de 
»)  François  I.  « Noos  n'avons  point  vu 
les  rccQcils  de  gochique  de  D.  Bernard 
de  Montfaucon.  Ils  Tonr  aparamment  per* 
dus  ou  égarés.  Si  nous  en<  avions  eu 
communicattoiv}  peutérre  nous  ferions' 
nous  un  peu  raprochés  de  Ton  fyftème. 
Mais  CO  jugeant  des  commencenieot  du 
goibi^uc  formé  par  les  monumeni  ^ les 
livres  , <^uc  nous  avons  confulcés  ; nous 
ne  pouvons  guère  les  faire  remonter  plus 
haut  que  le  milieu  du  xri*.  Hccle  , ni 
placer  Ton  abolition  en  France  avant  le 
règne  de  Heuti  U.  Nous  parlons  furcout 
des  inferiptions  lapidaires^  métalliques. 
Heinccciu$,dans  (on  (f;  traité  des  fceaux, 
s'éloigne  un  peo  de  l'opinioii  de  D. 
Bernard  fur  le  cena'de  la  nailTancc  du 
gothique.  U Onoc  (kuroit  dire  ^ajoutc- 
» t'i!  , avec  quelle  rapidité  cette  nou* 
»vel]e  manière  d’écrire  fc  répandit  par 
n tout  le  monde  chrétien.  Car  dès  Teq^ 
« tréc  dnxiii*.  fiècle,  en  France  comme 
» en  Danemark  , les  monoies  commen- 
n cèrent  à recevoir  l’infcription  des  Ict 
M très  rondes  > au  lieu  quaupaiavanc  les 


» caraâères  romains  iiaaçots  avoient 
M cours  par  tour.  « Surquoi  il  renvoie 
au  Cabinet  royal  de  Danemark.  Son 
. auteur  Jacobzus-  dit  éfeéHvemeot  | que 
(c)  depuis  Valdemar  II.  contemporaia 
de  Philippe  augufle  , les  caraéUtes  ro< 
mains  François  commencèrent  k âire 
place  aux  ronds  ou  monacaux.  Ce  fono 
précifémcnc  ceux , que  nous  apelloos  go-< 
chiques.  Une  diffcrcation  fur  les  com- 
menccmens  , & les  progrès  de  la  Typo 
graphie  de  Liphk,  imprimée  en  1740.. 

10  4"-  convient , qu’il  ne  faut  pas  déri- 
. ver  le  gothique  moderne  de  l'écriture  der 

aneiens  Gotnsj  mais  de  la  minufeule  du^ 
XII*.  fièclc  3t  de  la  curfîve  romaine. 
Cette  obfcrvation  ne  fauroit  être  apli- 
quée  à la  majufcule  gothique  ; mais  feu* 
lement  à la  minufeule  & à la  cur/îve. 

{i)  La  fîxacioD  du  commencement  du^ 
gothique  à la  lin  du  xixi*.  hècle  n'ed 
pas  cxaâc.  Une  foule  de  momimens  dé- 
pofenc  contre  cette  prétenrion.  On  en 
trouve  même  dès  lors  un  bon  nombre, 

011  il  régne  fans  réferve.  Nous  aurons 
fouvent  ocafîon  de  doner  des  preuves  de- 
l'une  & de  Paucre  propofirion  , A:  furrout 
de  la  première  , dans  les  p'ar.chcs  du 
gothique  moderne  , qui  vont  fuivre. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  t6x 

je  toute  conjeÛTire  ; nous  pouvons  établir  fon  antiquité  fur 
des  monumens  antérieurs  au  iv«.  fiécle.  Les  qj  pouroient 
bien  remonter  encore  plus  haut.  Les  mêmes  noces  font  trcs- 
fâvorables  à cette  prétention.  Les  autres  lettres  n’ont  point 
contraûé  de  rondeur  ou  de  courbure  univerfelle  dans  leur 
contour , avant  le  plein  gothique  : mais  plulieurs  de  leurs 
traits , de  droits  qu’ils  étoient  auparavant , fe  cambrèrent  de 
diverfes  façons. 

Les  AF  G b K LP  X Z éprouvèrent  bientôt  ces  altérations 
dans  un  ou  deux  de  leurs  jambages  : mais  avant  tous  les  autres , 
le  P ne  retint  que  fa  halle  de  la  quadrature , qui  formoic 
auparavant  fa  tete.  Le  q au  contraire  perdit  une  p9rcie  de 
là  rondeur  en  s’élévant  fur  ime  perpendiculaire  : quoiqu’il  y 
ait  tout  lieu  de  déférer  au  q la  prérogative  de  l’antiquité. 
Malgré  les  courbures  & les  changemens  arivés  à toutes  ces' 
lettres  ; elles  ne  celToient  pas  d’être  réputées  majufcules.  C’ell 
furtout  dans  les  mlT.  qu’elles  dominuient , & c’eft  là  qu’elles 
produifoienc  ce  que  nous  apellons  écriture  onciale. 

De  nouveaux  arondilTemens  , de  nouvelles  altérations 
quoique  crès^anciennes  , abaillcrent  les  lettres  à la  condition 
de  minufcules  &c  de  curlives.  Le  mélange  avec  les>  majuf- 
cules ouvrit  une  fécondé  fource  au  gothique  moderne.  Rien 
de  plus  ordinaire  que  d’y  voir  figurer  \'n  & le  r avec  les  ca- 
pitales. Ces  difpofitions  au  gothique  étoient  encore  éloignées. 
En  voici  de  plus  prochaines. 

Une  troificme  fource  du  gothique  fe  trouve  dans  la  pro- 
longation des  baies  &c.  des  fommets  de  chaque  lettre.  C’efl: 
là  la  marque  la  plus  caraâérilfique  du  gothique.  Elle  parut 
néanmoins  llifceptible  de  nouveaux  acroilTemens.  Ces  baies 
& ces  fommets  fe  courbant  en  lignes  convèxes  vers  le  corps 
de  la  lettre  ^ donnèrent  le  gothique  majufcule  le  plus  pur  &c 
le  mieux  décidé.  En  même  tems  chaque  lettre  ne  manqua 
guère  d’être  écrafée  :.les  rondeurs  excédèrent  de  beaucoup  l’é- 
tendue de  la  halle  : & le  contralle  des  pleins  les  plus  mallifs  avec 
les  déliés  les  plus  fins , ne  laillërent  rien  à defirer  pour  la  con- 
formation du  plus  parfait  gothique.  Tout  ce  qui  va  plus  loin 
en  ce  genre  n’eft  qu’afeélation  fur  afedation  , barbarie  fur 
baib.irie.  Telles  font  relativement  au  gothique  toujours  ma- 
jufculc  les  pointes  èc  les  angles  multipliés , lesjamb.iges  rom.- 


n.  P A RTIE 
Se  CT.  III. 
Ch  AP.  XI. 
Aatlcle.  111 


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II.  PARTIE. 
Se c T.  III. 
Chat.  XI. 
Article.  III. 


(«)  IVrtf»  ilh^Tm 
h1.  3JJ.  3J<. 


(S)  WJl.  <U  U 
viil*  de  Pétris»  M. 
h9S‘9i- 


(f)  Xhid.  Âvtrùf. 

f.  KXV, 


6€t  N.  O U V E A U ‘ T R A I T É 

pus  en  angles  faillans  & rentrans.  Mais  à l’égard  du  minull 
eule  ( I ) les  angles  & les  pointes  contribuent  à fon  eflcnce.. 
Il  ne  lui  eft  guère  moins  ertentiel  d’être  roide  & ferré  ; quoi- 
que quelques-unes  de  lès  efpèces  le  foient  plus  que  les  autres. 
Mais  ce  caraftcre  convient  aufli  à d’autres  fortes  d’écritures 
& furtout  à la  faxone.  ■> 

M,  MafFéi  (a)  fait  naicre  le  gothique  du  dégoût  qu’on  avoit 
de  fuivre  toujours  la  forme  uutée , de  l’envie  de  mieux  faire,. 
&c  de  la  paflion  pour  les  otnemens.  Cette  contagion  avoit 
déjà  fait  bien  du  progrès  avant  la  fin  du  ix'.  ficcle , & M.  le 
marquis  eft  fort  éloigné  de  porter  û haut  l’origine  du  nou- 
veau gcAhique.  Les  changemens  furvenus  dans  l’architeûure 


montrer,  qu’au  xiii'.  fiècle.  Alors,  continue  M.  Mafféi , 
l’écriture  gothique  commença  par  cousber  les  traits  des  lettres. 
On  en  ajouta  quelques-uns  à leurs  extrémités.  A force  de 
les  étaidre  &c  de  les  prolonger , la  figure  de  celles-ci  fe  trouva 
totalement  changée.  Il  n’auroit  pas  été  inutile  que  nôtre  fa-. 
vant  auteur  eût  dillingué  les  extrémités  des  lettres  de  celles 
de  leurs  bafcs  & Commets.  Les  unes  n’en  font  que  des  qua- 
lités accidentelles , les  autres  en  font  les  parties  intégrantes. 
Si  les  commenccmens  du  gothique  récent  doivent  en  géné-. 
ral  fe  tirer  de  la  courbure  de  certains  traits , &c  de  l’alonge- 
ment  de  quelques  autres  aux  extrémités  des  lettres  ; on  fera 
remonter  aifément  ce  gothique  jufqu’aux  1 1 & ni'.  Cèdes. 
Combien  en  éfet  ne  découvre-t-on  pas  de  traits  fuperflus  &c 
de  caraûères  arondis  , de . droits  qu’ils  étoient  auparavant  , 


(i)  M.  l'abbe  Lcbçuf  fcmble  r^doire 
toutes  l<s  elpèces  de  gothique  ji  ce  ca- 
taâire.  » En  maticte  d'éctitute  , dit-il , 
» te  (I)  véritable  gothique  confïAc  dans 
” ces  lettres  de  lirres  d'dglire  toutes  rem- 
» plies  de  pomies  , qui  ont  fort  du- 
» fage  , depuis  $.  Louis  , jufque  fous 
» François  I.  ic  fes  trois  premiers  fuc- 
M cefTcnrs.  " Mais  il  reconoii  sllleurt  (r) 
le  gothique  miiurculc  , qu'il  défiiiit  N*r 
rrfrt/nuiitn  dts  Imrri  euftimlei  remainei 
Mit  fm  Jififutéu.  Ne  pourait-oD  pas  dire 
k même  choFc  du  cacadlctc  majufctik 


lombard , Wifigmhiqoe  , faxon  8t  mé- 
rovingien , donc  les  Ictries  foiK  égalei. 
ment  romainesS:  un  pen  altérées  i D'ail- 
leurs li  notre  (avant  Académicien  veut 
Te  donner  la  peine  de  comparer  les  ca- 
raébères  du  gothique  majnrculc  ; il  con- 
viendra avec  nous  que  plulïeuts  (ont  em- 
pruntes du  petit  romain.  Il  nous  per- 
mettra donc  de  aonclure.qn‘i]  n'a  pat  ca- 
taéWrifé  le  gothique  moderne  avec  cette 
précifioo , qu'on  a droit  d'atendre  d'un 
antiquaire  aufli  verfé  que  hii.daos  l'étude 
des  momunem  du  baaage. 


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de  diplomatique.  6éi 

dans  les  deux  précédentes  divifions  d’écrimres  lapidaires  Sc  T 

métalliques  î Et  cependant  ce  ne  font  que  des  échantillons  partie. 

de  lettres  femblables  , dont  un  bien  plus  grand  nombre  de  chVp.  xi! 

monumens  antiques  font  remplis.  Combien  n’en  aperçoit-  a » t i c 1 1.  ii'. 

on  pas  dans  nos  alphabets  latins  antérieurs  au  x‘.  ficelé  ? £c 

qu’eft-ce  toutefois  que  ces  lettres , en  comparaifon  d’une  in- 

faîité  d’autres  , qu’on  pouroit  produire  î Des  mil',  bien  plus 

anciens , on  ne  dit  pas  que  le  xni*.  ficelé , mais  même  que 

le  IX.  enfoumilTent  des  exemples  fans  nombre.  La  manière 

avec  laquelle  on  caraâérife  ici  le  gothique  moderne  ne  pa- 

foit  donc  pas  aflez  aprofondie. 

III.  Depuis  le  commencement  du  xi  1 1'.  ficelé,  le  gothi-  tions^uà 
que  établit  fon  empite  dans  tous  les  états  d’Europe,  où  l’écri-  Uc  a^îui^â 
turc  latine  étoit  reçue.  Durant  fon  cours  8c  celui  du  fuivant,  du  gothique  nu  - 
fes  progrès  fiirent  grands  & rapides.  Mais  tandis  qu’aux  xv  &c  * ““lui- 
XVI.  d’une  part  il  s’abolifibit  8c  perdoit  tous  les  jours  de  fon 
crédit  j de  l’autre  il  étoit  acueilli  favorablement  8c  porté  aux 
dernier(  excès.'  • * * 

Il  eft  fort  fingulier,  qu’aux  fiècles  précédons,  où  il  fem- 
bloit  avoir  afermi  fa  domination  de  tous  côtés  ; on  ne  laifi'oit 
pas  de  réclamer  par  des  ( i ) faits  alTez  fréquens  contre  la  bar- 
barie de  cette  écriture.  Ces  exceptions  à la  vérité  tombent 
plutôt  fur  les  monumens  lapidaires,  que  fur  les  ('z)  mlT;  plutôt 
iür  les  métaux , que  fur  les  marbres  & les  pierres.  Il  en  eft 
peu  néanmoins , qui  fe  foient  totalement  prefervées  du  go- 
thique. 11  eft  plus  d’ufage , que  la  forme  antique  n’afefle  que 
quelques  lettres , qu’un  quart , qu’un  tiers , qu’une  moitié  de 


. <i)  Leparramtta&mcmet'Æs'étoit 
aHczblcn  confcxvé  fur  lc$rc£4iux  ca  Lor- 
raine,en  Bohcmc&  en  plufieurs  autres  pais, 
comme  on  en  peut  juger , pour  ne  point 
parler  des  autres,  parles  fceaux  Lvi.  LX. 
1.x  11.  de  rhifh>ire  de  Lorraine  par  D. 
Cairoec.  Le  premier  de  i'an  iifS. 
le  fécond  de  taai.  & le  troindme  du 
commcoccmenc  du  xiv^.  fiécle , fuivanc 
rhillorien.  Mais  il  fcmble  qu‘il  faut  lire 
au  fécond  nit.  Excepté  l'Æ,  les  fceaux 
LXii.  de  l’an  t } (4 , xc.  de  i a)  t , xcix 
de  1199  ne  prouvent  pas  moins  en  fa 
Tcur  de  la  durée  du  pur  romain  , juf 
^u'au  milieu  du  xiv*,  /îéde.  Mais  cette 


pzédileâioo  de  quclc|ues>  uns  pour  l’an- 
cien romain  n’cmpècboic  pas  ie  progrct 
du  goibiquc  , ni  que  l'ufage  ordinaire  ne 
Rit  depuis  le  xii*.  (iécle-dc  s’employer 
que  Te  pour  \‘x  ou  l'ae. 

(t)  Prefque  tous  les  écrivains  des  rofT. 
s’étoient  jetés  dans  le  goût  gothique  , Rir  ^ 

la  fin  du  XII*.  ûécle.  Les  caradères  , 
dont  ils  fc  fervoicnt , s’éloignem  des  ro> 
mains  par  degrés.  « Les  poirtres  («}  sV  (*)  tsheufU^, 
n introduihrent  vers  le  XI 1 1*.  fîécic  ( 9 ^ P«rii. /.  1. 

9 mtmt  plutôt)  & s'y  multirliéreiit  dans  /«ararv. 

» les  deux  fuivaus  j enlbrtc  que  pour  fbr- 
» mer  la  lettre  O , on  vit  ( ) 

» oaitre  üx  poUces.  ** 


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664  NOUVEAU  TRAITÉ, 

l’infcription  des  monoies  , &c  racme  fouvent  des  fceaux , juf- 

3u’au  xiv'.  fiècle.  Si  donc  par  raport  aux  monumens  lapi- 
aires , 6c  plus  encore  par  raport  aux  métalliques  , on  pré- 
tendoit  diftinguer  un  gothique  commençant  , un  gothi- 
que croifTant , un  démigothique  , un  gothique  dominant  6c 
un  pur  gothique  ; on  ne  pouroit  pas  toujours  les  régler  par 
l’ordre  destems.  Ùn  pareil  fyftcme  entr^neroit  des  exceptions 
fort  nombreufes , 6c  par-là  jetteroit  fouvent  dans  la  coniufion; 
Il  vaut  donc  mieux  établir  les  diftinétions  d’écritures  gothiques 
lapidaires  & métalliques , fans  avoir  égard  aux  ficelés  : faufà 
tenir  d’ailleurs  regître  d’indices  plus  propres  à les  caraélérifor. 

« l.Tl-.l*  • t»- 


fe  diftingue  par  le  maffif  de  fes  lettres , par  la  barbarie  ôc  Tirré- 
gularité  de  les  traits  6c  le  mclai^é  de  fes  caraâères.  Les  figures 
les  plus  ordinaires  du  gothique  majufcule  font  celles-ci  • 

Le  caraûère  gothique  minufçule  eut  peu  d'accès  fur  les 
monoies  j mais  il  fut  en  grande  vogue  6c  fur  les  fceaux  6c  fur 
les  monumens  lapidaires.  Il  ne  paroit  murtant  pas , qu’il  y 
ait  été  reçu  avant  le  xiv.  fiècle.  Ce  ne  fut  même  que  fur  fon 
déclin , que  l’ufage  en  devint  fréquent.  Au  fuivant  il  prit 
abfolument  le  demis  fur  le  ( i)  gothique  majufoule.  Mais  ce- 
lui-ci ne  laifla  pas  de  fc  foutenir  aflez  bien , jufqu’à  ce  qu’il 
commençât  à faire  place  aux  beaux  6c  anciens  caraâères  ro- 
mains , renouvellés  d’abord  en  Italie  , puis  en  France  , en- 
fuite  dans  les  autres  royaumes , où  l’écriture  latine  avoit  cours. 

Nous  pouvons  placer  çe  renouvellement  fur  les  focaux  des 
Papes  avant  l’an  1430.  S’il  fit  alors  de  grands  progrès  en  Ita- 
lie , où  il  avoit  déjà  fait  bien  des  conquêtes , depuis  le  com- 
mencement du  XV®.  fiècle  ; la  France  n’y  prit  part,  que  fous 
le  règne  de  (a)  Charle  VIII.  Ses  monoies  6c  particulièrement 


( I ) M Lorfqu'on  voit  (.t)  une  écritare 
® » en  capitales  gothiques  j il  eft  commu- 
' U n^em  certain  , qu'elle  eA  d'une  date 
•>  plus  ancienne  que  l’écricoce  , qui  cft 
ft  gothique  minutcutc.  n Depuis  les  der- 
nières années  du  xiv*.  fiècle  , Tune  & 
l’autre  furent  empbpèes  dans  les  inf- 
' criptions  jurqu’à  Louis  XII.  La  règle  de 
M.  Lebenf  eA  par  confèquenr  fujette  à 
Men  des  exceptions , {c  il  ne  feioit  pas 


Gàr  de  s'y  arfter  ; à snoins  qu'on  ne  la 
ceArcigne  aux  rems  , qui  ont  précédé  la 
, fin  du  xiv‘.  fiècle.  : * 

(x)  Son  épitaphe  Alt  écrite  en  carac- 
tères romains.  C’eA  la  plus  ancienne  de 
celles  de  nos  rois  de  l'abbaie  de  S.  De- 
nis en  France  , où  l'on  ait  celTé  de  Ce  fer- 
vir  du  gothique , comme  la  plus  ancienne 
en  gothique  minufçule  eA  celle  du  roi 
Châtie  V.  mort  le  16.  Septembre  tjto. 

celles , 


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DE  D ITLOM  ATI  QUE.  66} 
celles , qui  forent  frapées  en  Italie  cbmmenqcténtàTO-pim 
montrer , que  des  légendes  en  vrais  caraÛères  romains.  In-^ 
fenlîblement  nos  fobriques  de  monoies  fe  défirent  du  gothi- 
que , (bus  les  rois  foivans.  Mais  il  n’en'fot  totalement  bani , 
que  fous  Henri  IL  Le  même  ficelé  vit  abolir  le  gothique  eni 
France  &:  for  les  fceaux  & for  lesunarbres Ac  dans  les  ( i ) ûa> 
primeries.  Il  s’eft  enraciné  davantage  dont  les  i|rayaunfes  du 
Nord.  A peine  les  Anglois  y ont-ils  abroluraènt- renoncé  de 
nos  joun  par  rapottà  leur  langue.  Mais  lesAllènaans  ne  croi- 
coienr  pas  s’exprimer  en  bon  dlesnan  ; s’ils  n’employdicm;  en- 
core les, caraâeres. gothiques.  Ce  qu’U  y;de  plus  forprenantJ, 
c'efi  qu’encore  aujourdui  dans  les  divers  Tribunaux:  dé  Ko« 
me  , on  peint  cei  caraélères  d’une! manière  fi barbare i^tqu’il 
faut  avoir  recours  aux  Banquiers  pour  déciiiâet'les  expédia 
tions,  qu’ik  font  venir  de  ce  païs-là,  ■ >.  n.,<  no 

a Pour  reveoirauxAllemans  l'an  1470.  au  phis  tard  leur 
empereur  Frédéric  avoir  fok  givteribr  fiqi  fceaui’ancienfa- 
raâcre  romain.  Une  cardapas  àmouvet'desâmitac^islMabcq 
ne  fot  qu’aii iicclefoivant , que  les  exetnplès  s’èiifoulhipliètciiiri 
Sur  ion  déclin  déjà  le  gothique  majnfcuie  patoiiTok  Com- 
munément banni  des  iceaux.  Mais  rien  ne  nous  a plus  for- 
pris,  que  de  voir  le  petit  romain  renouvellé  ouplutâe'confervé 
for  des  {a)  fceaux  aÛemansdu  oommencemenr  fiècte. 

Ce  romain  minufcule  s’y  dV montré  avant  le  petib  gothique. 
Car  le  plus  ancien  ufage  exduoit  des  fceaux , comme  des  mo- 
noies le  pur  minufcule.  Dès  l’an,  r; ta.  Dom  Hueber  nous 
préfente  trois  fceaux  en  caraékères  {x)  minufcules , purement 


(1)  Xjc  P.  du  Moulinet  (S)  a prétendit  ' 
que  Jo/Tc  Bade  ell  le  premier  qui  ait 
spoité  en  Fnnce  letcanâéret  roniHou 
tomainiŸ  St  <]u'avant  lui  coiù.lei  impri- 
meurs  du  royaume  s'étoient  fervis  de 
cataâèrct  goiinquet.  Bade  vint 
en  France  environ  tan  ijoo.u  Le  P.  du, 
H Moulinet  (r)  oublie  que  Badius  s'a> 
» cécqtircaioogcenii  ^ Um  aratit  que: 
n ds  vqâu Au  tcAeM,.Cheril- 
U lier  a"pmavé  que  nmprimerie  de 
’»  France  na  {mot  pemmencé  par  le 
<0  tjiiquc } *£  qvoa  y a ,!%it  <k»  impfyf- 
».fiqBS  en  lettres  rogiaiaçs , avant  le 
*>  ràas  de  Jolfe  Bade,  u Voyez  ccqnb 
jKHii  avons  dit  à ce  rùiet  ü:defbimK. 

Time  //. 


$55-  ■•41.4'.'  . i.  -r  !V 

(t)  L'niiloire  de  Lorra^oe  de  D.  Cal- 
mer , fecauzzili  fait  voir  oMinf- 
.cripùondoüao  iivunp  femblabitécti- 
tute.  On  y remarque  de  plus  le  Técan 
xtiTi  mais:poAéttesrà)li.iMritid  di4zT*. 
.fiécle.  Quoiqu'on  ne  manque  pas  d'e- 
ZcUplù  de  fceauz  ceitaincmcnc  oieo  an- 
cériearsii  U date  des  chattes , aazquelles 
àls'faoracaebés;  on  ne  peut  pas  dise  { 
que  ce  Icçau  ni  ceux  , qunn  apoitc  dans 
de  texte",  remontent  au  tems  od  lé'gV- 
thique  ■ÿéétit  vas  'tocare  pw  nftgcj  Les 
nqijns  dts  peytona^Oi  , qu'ilspetten(,  ne 
le  p'ennettent  ÿas.  .. 
l .r  . .-O  l..)iilVIWt|.,l  . ..  .i'  /i 


U PART  lE. 
SeIct.III. 
Chav.  XI. 
ASTI  cas.  lu. 


(*)  jlitfiriji  ilU^r. 
l»b.  S. 


[b]  Jtmn.  du  ft- 
VMHs  da  ) I . Jaav. 


■■II*  . -n 

■ 1 >:  i--  ' 

(r)  BafU  I.  I.a 
Tarr.  de  Bedim. 
p.  *a*. 

,{d)Orij,df/m- 
frim.  de  l‘MtÜ: 

p.  î+.é*«o*- 


‘Coogl 


^é8  NVUYi  E AU  T R AI  TÉ 

* roèptDS*  & .l«->traier  fceaa  <^^^  publie  «n  minufcule  gothi* 

'sitir.^uî'  ie  Tan  13^1.  Encore  ce  gôthiqiic  eft-il  mêlé 

c 11  A r.  X L avec. le  petit  romain.  Ce  dertxiec  caraâore , qui  dans  la  fuite 

aiiica£  m.  du:atiV®..ficelèièmbltiit  avoir  pris  une  JBUitarc  de  gothique, 
pmac.  réiisnça.ielleràu  Kv^..juRia^|nroitre' dominant  en  cer- 
tains cambBa^'comrac  l’Ânait:liei.BiIaib  en  d’autres  coixrées 
dé)  l’Allemagne , Sc  'peutccr&'d;bu,  iès  mômes  , le  gothique 
étoit  coujotirs  le  cdraâèxe  «iominaac.'  U peifbvcre  encore  au- 
jourdui  dans  les  livres  idrics.  m aUeman.  C'ed  fans  doute 
ce  qui  dégoûte  les  kkrQs^nstions  d.'aprendre  cette  langue  , ôc 
les.  pcive  de  b:  leâorç  Üsjjbeaucaup  de  bons  livres , que  pro» 
duit  l’AUemagde.iEnfidnaele. gothique  ne  parole  plus  dans 
les.'impriinscKSt  fi’iieiti^ell  eiiiquelques  villes  de  povince  , 
qui  imprâhcncriciiéiàre'ia'  Civilité , & d’autres  petits  livres , 
où  l’on  fait  aprendre  à.  lire  aux  enfâns  ; aha  de  les  préparer 
à la  üeâuGds^  vretcir  L’écriture  ltançoife:,'im^e 

lapktsiWftLrdé'lià  plàsicércoâe^  n’éft  pas.  encore  abfolamens 
pmi^  du  ’ gothique.  iiPhiûsurs  lentes  de  ce  caraâcre  n’ont 
puisibiliçiSh.rde  la  dëiiguicr.  L’ufage  fréquent 'de  ce  qu’on 
aprile  vfcih/o/’e’ poutoic  bien  un  jour  faite  revivre  cé 
gothiqùç , dom  nous  avons  taché  de  donner  des  notions 
éxaéles.  .Mais  le  fyfiiôinc  des  deinc  demictes  .planches  de  ce 
vsüume  fèraienoomnieux  conoitte  ia  âlnne  ^ le  commem 
“ ■ * ' œmeriev  le  J progrès  , le  regoe  la  hideur  de  cette  écrh 
tare  veaiment  i>acbate.y  & qui  décèle,  le.  mauvais  goût  deS . 
fiôcksiybù  fclle  a été  cultivée.!  . . 1 .v.  ...üm.  •■ 

§.  fir  - ' ' ' ' 


» j I Çothi<jue  mitalUque  ^ hpid(âtttit  fmrHpimj'ufcuU.Eiipli~ 
..'V  'i  ' >1  * cau(^n  dfe  l(t  piàn'ché  XXXJ^’,  où  font  réprifemh  les  cinq 

premers  gtmrt  de  iatif  .ï^ivifmn  dtsicrituru  capitules^ 

O&nuntiKcnieiit  il.  Noas'  mtendocs  par  «ijthiqne  commençant-,  non  les 
^ gothique  mo-  premiéts.  tcliiS , OÙ  réttftj^fem  de  ce  caraélere  bifare’j  mais 
l’éctiture.,  où  l’on  admetpen  4c  gothique,  par  exemple;  une 
■ \ léfne  fct  fcpt  rm;ht*èt.  ^eft  ptr-là  c^e  nous  commençons  h.. 
ÉLDIVISION-  tmiûémè,divifîqiq.,4é  la  clafïeides  écritures  lapidaires  & mé- 
. «sdliques.  PDarjpracéder<avecplusde  clarté  &- de  méthode,nous. 
Ïubdivifoïis  le'  g^thique  ittodiine  en  majufculé&minufcule., 
te.  svBcivmcm.  Notre  P.  fidxiiviubnofreüntics  grand  nombre. d’inferipuonss 

.1.  ..V 


Digi 


Googh 


Diçidian  éa'Jhu\ 


■ï^ïfoRAIMVIMîIDI  C ©@5)JITII4" 


3. 

* PIiILI  PPV.riDEI  iGRTÇîFRAn  CrORVM  : REV 


lyoos 

■jRRTet 


TJL 


a>scii 

ntEB 


ET  JDVX  ^ WITAlr^  t 

n]v.  ' ‘HB 

4- LI  vpoxbvi-- Dàais 


bVXAUSTieAG 


ts  :ct^piTVLi  ;*Qaai/6Sia 
Gijiiscveiisis. 


|^l:1 


-iëuâ 

■|RTV®j 

UDWI 

■rTlUfè 

DOÀ 

-Xor: 
M-wc 


* XPCTiVinaiT.XPGCïRCffN^rrîXPa  ümPGTRTÇT 


»-w«- 


Mgi.iCKj  by  Googk: 


en  lettres  majufcules  ou  capitales.  La  planche  , 4oac  il  s'agit 
ici  de  donner  l’explication  la  plus  .courte  & la  plus  nette 
qu’il  fera  poflîble,  contient  cinq  genres  d’écrkures  j plus  ou 
moins  mêlées  de  gothique.  Le  premier  renferme  lé  gothique 
commençant , & le  partage  en  dix  efpcces., _ n:  jû 

La  prençdere  eft  d’une  écriture  ordinaire  t mais  tranthée. 
En  voici  les  modèles , gravés  fur  notre  planche,  j*.  Sigillum 
Haimundi  comUif.C<&  la  légende  d’on  fceau  (a)  pendant  à 
une  charte  donnée  en  i o8  8.  par  Raymond  de  S.  Gilles  > comte 
de  Touloufe.  Ce  fceau  ofre  au  revers  ou  contrefcél  laqtoix  de 
Touloufe  en  plein.  D’où  il  réfulte  que  les  armoiries  des  ptim» 
ces  Sc  des  grands  feigneurs  commencèrent  a être  en  ulage , 
plufieurs  années  avant  la  première  croifade.  a**..  Maria  Dtt 
^atiâ  Romanorum  imperatrix  femper  Augufi<^  On  lit  cette 
infcription  fur  le  grand  (è)  fceau  de  l’impétarrice  Marie,  fille 
du  duc  de  Brabant , & femme  de  l’empereur  Otion  LY.  ebu- 
ronné  dans  l’églife  de  S.  Pierre  à Rome  < par  Innoceiit  lil; 
l’an  iao9.  Marie  eft  repréfentde  fut  c^  liteau  ^ tenant  en  fa 
main  droite  une  âeiu:  de  lys , dans  fa  gaucha  un  glotx:  fans 
croix , avec  les  fymbolesdu  foleil  & de  la  lune,  PhMippus 
Dei  grand  Francorum  Rex.  Une  (c)  monoie  d’or  fin,  ape^ée 
^ros  royAl,  porte  cette  légende.  Elle  eft  de  Pbilippetle.Bel , 
qui  fuccéda  à Philippe  le  Hardi , an  mois  d’oêlobre 
I J.8  r . 4'’.  Sigillum  Àldcberti  Dei  gracia  yîvaritnjts,epi^ppi. 
Le  Iceau  de  plomb,  qui  porte  cçtte  {dj  légende,  dl  d’Ah 
bert  de  Peyre  évêque  de  Viviers  en  1 30^.  ' 

La  fécondé  efpèce  eft  d’une  écriture  à bafes  &,fonunecs 
natlTans.  Notre  planche  en  donne  deux  modèles.  >i^;'iLe  (ié) 
fceau  de  Louis  le  jeune,  après  qu’il  eut  époulë:  Eléonore  L*u- 
chelTe  de  Guyenne , porte  au  premier  doté  9 iLudovûeut.  D«i 
gracia  Francorum  Rex  ; 6C  au  revers  : Et  dux  Aqvxcaaonmt. 
Ce  fceau  eft  antérieur  à la  dÜTolution  du  mariage  de  Louis 
avec  Eleonore  en  1 1 y a.  Par-là  cette  reine  demeura  dans  la 
pleine  polTeilion  de  la  Guyeuac  , du  Eoirou  detla^Siin- 
conge  , & porta  pour  la  doc  ces  tcois  proviacesà  Henti  lL 
duc  de  Normandie,  qu’elle  époufa.  z'’.  Sigilicao' Adalbenà 
niarchionis  & ducis  Locc.  D.  Calmer  f f ) rapporte  le  fceau', 
qui  donne  cette  infer^ion,  au  duc  Adelbett , fondateur  de 
Boozonville  > ât  lui  alugne  pour  dernière  époque  l’aQMo;7. 

Pppp  îj 


IL  PARTIE.- 
S I e r.  I i I, 
Chat.  X 1. 

CA  f.  UR 

/v  £SP£CS. 

• ■Jti' 

tutd.  I.  J.  fl,  1, 
».  }. 

.'U 

,i  i''w»'T  ,A) 

• 1’,:  .«■ 

(^)  Hnniccim  i* 


.7  . A .<Oi  -t 

(f)  Lr  BUmt. 

V.Wx'rrx 


{i)  Hifi>  dt  Lan- 
gutd.t.  f.  fl.  t. 

».  if. 

ït,  £SP£CÉ. 

• 'rt  Or>*  dlf^tCd. 


.V.'t 


raint.  r.  t.  lai.  I. 
».  I. 


î 


NOUVEAtT  TRAITÉ 

**— — ***^-  Mais  le  concrcfcel l’aigle  eployée,  qui  paroit  delTus,  & fur- 
n.  PARTIE,  tout  certains  caradcres  purement  gothiques,  ne  permettent 
St  CT.  III.  J 1^  donner  tant  d’antiquité. 

Citup.  XI.-'  r , ^ 1 r*-  , , , 

A K r 1 « t f.  -'La  trojnemc  eipcce  du  gotluque  commençant,  a les  bafes 
/;/;  ESPSCB.  & fes  l'ommets  en -talus.  Nous  n’enavons  fait  graver  fur  notre 
planche  qu’un  modèle  , tiré  d’une  monoie  (a)'danoife  du 
fi*,n  rriikm  ftH.  xt  t'^i  fiècle.  Ellc  a d.’un  côté  pour  légende  Valdemarus  M , 
y.iAi,  if.  a.  4*-  ^ jg  l’autre,  Rex  Z^anorum.  Ce  roi  de  Dannemark  étoit 
contemporain  de  Philippe  Augufte. 

If . ESPECE.  La  quatrième  efpcce  eft  à gtifes  , en  guifede  bafes  U de 
fommets*  L’unique  exemple  , qu’en  donne  notre  planche  , 
(i)  TUntkt  I.  eft  tiré  de  l’Autriche  (é)illuftrée,  où  le  (ceau  du  Duc  d’Au- 
a.  4.  f.  194-  irkhe  donne  cette  légende  •.  Liupoldut  Dti  gracia  Dux 
yJujUe  [id  eji  , Aujlrics  ) ac  Stirie,  Dom  Hueber  place  la 
date  de  ce  (ceau  entre  les  années  i i99'Sc  1103. 
y*.  ESPECE.  - La  cinquième  eft  carafVérifée  par  des  E formés  d’un  O 
trahché  Sc  d’un-C>  L’exemple  qué  nous  en  donnons,  eft  une 
|f)  it  suac.  (^)  monoie  de  Plûlippe  le  Bel;  Elle  porte  au  premier  côté , 
/.  loi.  ».  7-  Philippus  Rex,  3c  au  fécond  Moneca  duplex  Turonenjisi 
Le  nom  de  double  fut  donné  à cette  monoie  de  billon  ; par* 
ccqu’elle  valoir  le  double  du  denier  Tounrois  ou  Parifis. 

VI.  ESPECE:  Î-La  futième  cfpèce^  eft  à traits  arondis  par  les  bouts  dans 
le*  C‘&  les  E; pendant  q\ie  les  autres  lettres  ont  leurs  baies 
enpié  de  marmite  ou  queue  d’aronde.  Le  Iccau  duCliapitre 
-Mt’  -'  A\  :•  dé  béglife  de  Glilgou  , appofô  à une  cliarte  originale  de 
Robert  1 1.  roi  d’EcolTe , nous  a fourni  un  modèle  de  cette 
(i)  Ml  écriture  , dans  cette  infcription  (</)  du  revers  ou  contrefcel  : 

Aoj*  SigiUuoi  capüuü  ecclefie  GlaJ'guenfis.  La  charte  eft  de  l’an 
• I 3t  s.  Robcn  Stuart  ou  Sénéchal  d’Ecoftè  en  devint  roi  l’an 

1370;  par  le -droit  de  fa  mère,  fille  aînée  de  Robert  I.  fur-^ 
nommé  de  Brus.  La  dignité  de  grand  Sénéchal  donnoit  en 
ce  royaume  la  même  autorité , que  les  Maires  du  Palais 
avoienc  en  France  fous  la  première  race; 
yij.  ESPECE.  L’éefiture  de  la  (èpcième  efpèce  eft  carée  & longue,  SC 
qüel^ues-ones  de  fes  bafes  ne  font  portées  que  d’un  coté.  Le 
modac  y que  nous  en  donnons , eft  cette  infcriprion , tirée  de 
(1)  W.*r.»,ii.  Ja  Polygraphic  d’EfMgne:Lucu  Pbtr.  E.  M.  cxxx.  vmi-. 
-f  > C’eft-à-dire Lucas  Presb^ter.  Era  millefima  eentejîma 
' feptuagefima  nona.  Cette  uifccipûoo  «ft  doQc.de  l’an  1 141 

Il 


Digitized 


DE  DIPLOMATIQUE.  €6^ 

Je  râfe  chrétienne  , qui  ne  commence  que  trente-huit  ans  ^ 

^rcs  celle  d’Efpagne.  D.ins  la  Polygraphie  efpagnole  on  lit  : ” 

Lucius  fresbyter  , era  niclxxx.  & on  remarque  que  la  Cha».  xi. 
figure  numérale,  qui  (îiit  le  centième,  relTemble  parfaite-  Amcit.  iii. 
ment  à notre  chifre  r.  Dans  la  réalité  c’eft  une  L qui  vaut 
cinquante.  I.’X  fermée  par  une  ligne  ondée  ou  ferpentine  a 
la  valeur  de  deux  X X.  qui  valent  vingt. 

LaJiuitième  efpèce  eft  enclavée , conjointe  & liée.  On  en  viii.especx. 
voit  quatre  modèles  dans  notre  planche.  i°.  Le  grand  fceau 
de  Roger,  prince  norman  & duc  de  la  Fouille , porte  dans 
Ibn  plus  grand  cercle  cette  légende- 

D^ux  femper  vivas  plus  & clemens  omni  vas. 

Après  une  t croix  cantonée  de  quatre  points,  on  lit  cet  autre' 
vers  dans  le  fécond  cercle  : 

Hac  cruce  fignata  Jlabunt  nttnquam  violata.- 

Aux  quatre  angles  de  la  croix , qui  occupe  l’aire  du  Iceau', 
eft  gravée  cette  fignature  \ Ego  Rogerius  , qui  fuprà  , Dei 
Çratiâ  dux  Apulie:  Le  fceau  d'or  C a-) , qui  donne  ces  trois  Gmt^»  ad  '■ 
tnlcriptions , eft  attaché  à un  diplôme  original,  de-l’an  1 1 50;  aiimtia  cmf~ 
te  gardé  dans  les  archives  du  Mont-callin,  Roger  prenoit ^ 
dans  fes  chartes  le  titre  de  Chrijiianorum  adjutor  & clipeusi 
Le  jour  de  Noël  de  l’an- 1 rjo.  il  fe  fit  couronner  roi  de  Si- 
eile.  ll  ajoute  à ce  titre  celtûde  roi  d’kalie,  dans  des  diplo-> 
mes  des  années  1133.  & 1 1 i®.  Sigiüum  Partis  ecUfis 

d’ Cajlro  vWai^ciaat.G’eft  la  légende  d’un  fceau  du  xi  v^  Cède 
ou  environ  M.  Manni  l’a  publié  (b)  dans. fes  oblêrvations  {h)Tmm  f.Shit 
hiftoriques  fur  les  fceaux  des  bas  liècles.  3".  Sigiüum  Mai^ca  xi.f.  1 jj.  ' 
uxons  Antonii  de  Lendénaria.  Le  (e)  fceau  ^ qui  porte  cette  (')  lUJ.  t.  t. 
légende^  paroit  dù-xni'.  11  repréfente  - une  dame  portant 
far  fa  main  un  faucon.  4*^.  Era  ht.  cccxxvr.  PlabUis  Mihini 
Mas  feeit  hoc  templum.  Legrand  bibliothécaire  du  roi  d’Ef- 
pagne , publiant  ("df  cette. infeription,  incruftée  dans  le  mur  - 

d’une  églife  du  diocclè  de  Brague , a lailTé  au  leâeur  la  peine  efpâa.  Pr^.  f4. . 
dé  là  déchifrer.  Elle  eft  del’aiv  de- J.  G.  iz88.  *xv.».  y. 

La  neuvième  efpèce  de  gothique  commençant  fa  diftîn--  IX’.  ESPEC£^- 

gie  par  des  lettres  renverfées.  En  voici  deux  exemples 'gravés 
r notre*  planche,  i®.  Philippus  Rtx-  Francorumj  'Lz  mo- 
Bsie  ■,  qui  porte  .cetee-  («>  légcaoe , a été  fabriquée-  dans  la.  ville 


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II.  PARTIE. 

Si  CT.  III. 

C H A P.  XI. 

Article.  III. 

(«)  Ibiii.  f.  144. 
b,  cel,  1.  KMm. 


JT.  ESPECE. 


(b)IbiJ.f.  17  t. 
n.  I. 

(0  P*f.  I <4. 


(éi)  ftl.  XX. 


Progrès  de  Pècti- 
tsre  gocliiquc. 

JI.  GENRE. 


I‘. ESPECE. 


(e)rp»s.i./.  Ij. 


«70  NOUVEAU  TRAITÉ 

d’Arns,  & apRrtient  iiiconccftablement  à Philippe  Ai^ufte-, 
qui  polTéda  l’Artois  l’an  119t.  après  la  mort  de  Philippe  d’AU 
face  , comte  de  Flandres.  PAiüfpus  Rex  Francorum.  La 
pièce  de  monoie  , qui  donne  cette  infcription , eft  dans  le 
goût  de  la  précédente.  Cependant  M.  le  Blanc  (a)  l’a  inférée 
parmi  celles  de  Philippe  de  Valois.  Ne  faudroit-il  pas  la  lel^ 
tituer  à Philippe  Augufte  ? 

La  dixième  efpèce  eft  mêlée  de  quelques  lettres  grèques  ; 
comme  on  peut  le  remarquer  dans  ces  deux  exemples  de  no- 
tre  planche.  i«.  XPS  vincit,  XPS  régnât , XPS  imperat.  La 
monoie  (i)  d’or  fin  , qui  porte  cette  belle  légende  du  côté 
de  la  croix , eft  encore  de  Philippe  Augufte.  Selon  (c)  M.  le 
Blanc , la  plus  ancienne  monoie  où  l’on  trouve  cette  infcrip- 
tion , apartient  à Louis  le  Gros  ou  à Louis  le  Jeune.  Mais 
rS  grèque  en  forme  de  C latin  n’y  eft  pas  encore  gothique. 
Elle  continue  d’être  gothique  depuis  Philippe  Augufte  juf- 
qu’à  Louis  XL  Sous  Charle  Vlll.  l’S  de  Christus  tantôt 
conferve  la  figure  du  C gothique  , tantôt  fe  change  en  S. 
Mais  les  deux  autres  lettres  grèques , fa  voir  X P ne  s’écartent 
jamais  de  leur  ancienne  figure.  Au  refte  l'infcription  Chrijius 
vinciz  &c.  fiu  le  mot  de  l’armée  chrétienne  , dans  une  ba- 
taille , qu’elle  livra  aux  Sarrafins , fous  le  règne  de  Philippe  I. 
a°.  C.  Era  Mcc  & iiJi.  Uber  ColoJ'co  venerabilLs  epïf~ 
copus  me  feca.  On  voit  cette  kdcripcion  de  l’an  de  J.  C. 
1x66.  fiir  la  .porte  de  l’cglife  de  Servaens , bâtie  par  un  évê- 
que de  Ségovie , à une  lieue  de  la  ville  de  Prado  en  Efpagne. 
Nous  l’avons  tirée  dt  (J)  h Polywaplûe  efpagnole.  Mais  il 
n’y  finit  pas  chetcber  les  moyens  de  la  déchifrer.  Ee  C caté, 
phuré  au-defius  de  la  première  ligne , peut  fignifier  Christo. 

. 11.  On  entend  par  gothique  croiftant  celui,  ou  l’pn  trouve 
un  tiers  ou  un  quart  de  letAes  gothiques  modernes.  C’eft  ce 
qui  cotnpofe  le  lêcond  genre  de  notre  première  fubdivifion. 
Les  efpèces  renfermées  fous  ce  genre  font  au  nombre  de 
quatre.  • , « , 

La  première  d’une  éccicore  ordinaire , n’a  que  deux  mo« 
dcles  gravés  fiir  imcre  planche,  i ° SigUlum  Raymondi  Vice- 
tomitis  Turenm.  Lé  uxau  • qui  donne  au  premier  côté 
cene  infcription  , eft  aocériair  à la  moitié  du  xi  1 1‘.  fiècle.- 
M.  Baluze  l’a  Eût  gravet  dans  l’hiftoire  (<)  de  la  Maifoa 


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DE  DIPLOMATIQUE.  <571 

«T Auvergne.  J PTû/id  F rancorumRex . La  mo- 

noie  d’or  fin  de  Chai  le  (a)  VIL  d’où  nous  avons  tiré  cette 
légende , cft  probablement  un  de  ces  écus  d’or  à la  couronne^ 
que  Jacque  Cœur , maître  de  la  monoie  , fît  fabriquer  ; lorf- 
qu’en  1436.  Paris  eut  été  réduit  fous  l’obéifTance  de  Ton  roi 
légitime. 

La  fécondé  efpcce  de  gothique  croifTant  fe  diflingue  par 
des  lettres  à bafcs  naiffantes  des  jambages.  Nous  avons  fait 
graver  fur  notre  planche  trois  modèles  de  cerre  écriture. 
1®,  Si^iUum  Frederici  Ducis  Lothorin^e  & Marckionis. 
C’eft  l’infcription  du  [h)  fceau  de  Ferry  II.  duc  de  Lorraine , 
depuis  1107.  jufqu’en  11,13.1°.  Sigillum  Henrici  de  Avau- 

for.  Cette  légende  eft  empreinte  fut  le  fceau  (c)  de  Henri 
’ Avaugour , fils  d’Alain  comte  de  Penthievre.  Les  hilloriens 
de  Bretagne  àffiment  à ce  fceau  l’an  11x9.  pour  époque. 
3°.  Alexander  Deo  rtüore  Rex  Scottorum.  La  chaire,  à la- 
quelle (lend  le  (d)  fceau  , qui  porte  cette  légende,  efl  de  l’an 
1x37.  C’eft  fous  le  règne  de  cet  Alexandre  IL  que  le  go- 
diique  commence  fur  les  fceaux  des  rois  d’Ecofle. 

La  troifième  efpcce  eft  tranchée  direélcment , & quelques- 
unes  de  fes  lettres  font  compliquées.  Nous  nous  fommes  con- 
tentés dans  notre  planche  d’en  donner  cet  exemple , tiré  du 
Formulaire  anelican  («)  de  Madox  : Secretum  Jokannis  de 
Lafcy  comiiis  Lincolnienjîs  & conjlabularii  Cejlrienjis,  Cette 
infcriptioii , gravée  au  contrefeel  du  comte  de  Lincolne , co- 
nétable  de  Chefter  en  Angleterre , eft  du  conrmencement 
du  X 1 1 1 *.  fiècle. 

La  quatrième  efpèce  eft  longue , conjointe,  mêlée  de  lettres 
fbuvent  f^  bafes , Sc  de  caraâèrcs  minufcules.  Notre  plan- 
che en  o^re  un  modèle  , déjà  publié , mais  fort  mal  lu  dans 
la  (f)  Polygraphie  efpagnole.  C’eft  une  infeription  lapidaire 
de  l’an  1x71.  Voici  de  quelle  manière  nous’ la  lifons  : Sil- 
vejlris  Hotavius  in  erâ  Mccc.  ix.  fecit  iflam  pontem  Jokan- 
nis Stéphanie  Pro  anime  fue  iftud  fiât  in  menfe  decemhris. 
Cujlavu  centum  marabitinês.  On  ne  fera  pas  furpris  de  trou- 
ver dflnscetteinfcriptiond’Efpagne  plufieursfolécifmes;  après 
qu^on  en  a vu  un  plus  grand  nombre  dans  celles  d’Italie , où 
l-’on  a toujours  mieux  parlé  latin  qu’ailleurs.  L»  dernière 
j^afe  de  l’infttiption  fignifie  » que  le  pont  ,.donc  il  s’agit,.. 


n.  PARTIF. 
S ICI.  in. 
Cha  P.  Xi. 
A*  Tien.  il/. 

(•)  Lt  EI<ok. 
f-  300.  l.  a,  1. 
h loi. 

n«.  ESPECE. 


(I  ) Wfi.  dt  Ltr- 
ramt.  fl.  i.a.jo. 

U)  Labia,  hif.  dt 
t.  JuMt 

VII. 


(d)  Selt3.  nmaif. 
fi.  30. 


IIP.  £SP£C£. 


W Tai.  I. 


IP.  ESPECE. 


(f)  Etl,  XXV.. 

».  4. 


11.  PARTIE. 

.S  IC  T.  iir. 

C H A P.  XI. 
Ak  T 1 C l E.  III. 

Ecriture  capitale 
à demi  gothi<]uc. 

III'.  GENRE. 
ESPECE. 


{•)  TMl-.in-i’ 

«.J. 


(h)  Lit,  it  mûri- 
èus  mit/,  cmiM. 
C0f.y. 


I1‘.  ESPECE. 


(r)  Leh.  Pijl.  dt 
Prêt.  t.  1.  fl.  4. 
n.  19. 

(d)  lUd.  I.  1 . 

/.  181. 


éjt  NOUVEAU  TRAITÉ 

coûta  cent  marabotins.  La  monoie  d’or , apellée  maraèotini^ 
doit  fon  origine  à l’Efpagne. 

III.  On  entend  ici  par  demigothique , celui , dont  envi- 
ron une  moitié  des  lettres  font  exadement  gothiques , ou  qui 
par  la  grolCéreté  & les  bifareries  de  leurs  traits  aprochent  du 
put  gothique.  Le  troihcme  genre  de  la  préfente  foudiviUoa 
renferme  ce  demigothique  dillingué  en  fix  cfpèces. 

La  première  eft  repréfentée  dans  notre  planche  par  quatre 
exemples , dont  l’écriture  n’a  rien  d’extraordinaire.  1°.  Blan- 
cha  Regina  Ludovicl  Francorum  Regis  mater.  C’eft  l’in- 
fcription  d’une  monoie  d’or  apellée  chaife,  & fabriquée  avant 
la  moitié  du  xii  i*.  (iccle.  On  ne  fait  pourquoi  M.  le  Blanc 
(a)  la  rangée  parmi  celles  de  Louis  VIII.  Nous  croirions 
plutôt  qu’elle  fût  frapée , pendant  que  S.  Louis  étoit  fous  la 
tntcle  de  Blanche  de  Caftille  fa  mère.  1®.  Sigillum  comUatus 
BUfenJîs  in  Blefenjî.  Cette  légende  eft  gravée  fur  ua  foeau 
rond  de  la  Chambre  des  comptes  de  Blois.  Ilparoit  ^ xiiii  à 
-XIV®.  Cède.  3®.  Sigillum  P itenciarUfanSi  Germani  dePratis 
juxta  Parifios.  Le  fceau  en  ogive , qui  donne  cette  légende, 
-eft  du  XIV®.  fiècle.  L’original  fe  conferve  dans  le  cabinet  de 
4’abbaie  de  S.  Germain  des  Près.  Le  Religieux  , qui  exerçok 
alors  l’office  de  Pitancier  y paroit  de  bout , la  tête  décou- 
verte , tenant  de  fa  droite  un  couteau  &c  de  fa  gauche  un 
■poillbn.  Ce  fyrabole  (èmble  marquer,  que  l’abftinence  de  la 
viande  étoit  religieufomentobforvée  dani  cette  célèbre  abbaie; 
comme  elle  l’étoit  par  tous  les  moines,  du  tetns  de  (i)  S.  Au- 
guftin  Sc  long-tems  avant  S.  Benoît.  Le  champ  du  fceau  eft 
en  échiquier.  Sous  les  piés  du  Pitancier , paroit  un  écuftbn 
chargé  d’une  efpèce  de  burette  , furmontée  de  deux  tour- 
'teaux,  avec  une  bordure  de  fleurs  de  lis.  4®.  Séel  Demi^iele 
Jehanein  Dalinei.  Lc  fceau  du  xiv®.  fiècle , qui  donne  cette 
légende  ftançoife,  repréfente  la  demoifelle  jehanin  de  bout, 
de  front  &c.  tenant  un  écuflbn  chargé  de  lofanges.  . y 

La  fécondé  efpèce  eft  d’une  écriture , dont  les  lettres  ont 
leurs  bafes-fit  leurs  fommers  évafet.  Notre  planche  en  préfente 
un  modèle  de  la  fin  du  xa®.  fiècle  > ou  du  commencement 
du  xiii*..C’eft  cette  infeription  du  fceau/c)  de  Bernard  de 
Machecou  ; Sigillum  Benardi  i Macheco.  Ce  feigneur  bré- 
ton.eftun  des  témoins  (d)  de  l’aâe  de  l«k  foodatiotn  ^ l’abbaie 
de  Villeneuve  en  1 10 1.  La 


DÉ  DIPLOMATIQUE. 

' La  troificme  efpcce  cft  caraftérifce  par  des  lettres , dont  les 
b.rfes  & les  fommcts  font  a demi-grifeSk  Une  infctiption  (a) 
cfpagnole  de  l’an  iij8.  de  notre  ère  vulgaire  , nous  a fourni 
le  modèle  fiiivant  : Fino  Don  Pedro  Perei  ie.Villamthar  , 
Alcalde  dcl  Rei  en  Cordoba,  en  die?  e fine  dias  de  febterà^ 
era  MCC.  nouaenta  féfia.  Maefire  Uaniel  mefiecit  : Deux  lo 
benediga.  Amen.  OÙ  nous  liions  nouaenta , en  prenant  la 
lettre  antépénultième  pour  une  n , dont  le  lecond  jambage 
ne  defeend  pasalTez  -,  Don  Naflarre  a lu  nova  epta  ; ce  (pii  ne 
forme  aucun  fens.  Morales  lit  Erâ  Mcc.doys  feriajextui 
faute  de  bien  conoitre  les  caradères  gothiques  modernes. 

Les  lettres  de  la  quatrième  cfpèce  font  terminées  par  des 
fommets  &:  des  baies  en  grifes.  Voici  les  deux  modèles  de 
cette  écriture  gravés  fur  notre  planche.  i^.Sigillum  C antis 
de  Scala  militis.  Ce  Iceau  d’un  chevalier  d’une  ancienne  no- 
blefle  de  Florence  , eft  de  l’an  12.9;.  ou  environ.  Il  a été  (c) 
publié  par  Manni  au  fécond  tome  de  lès  Obfervations  fur  les 
anciens  fceaux  des  bas  llècles.  1®.  Rudolfus  quartus  Del  gra^ 
tia  Palatinus  Archidux  Aufirie,  Stirie  , Karinthie  , Suevie  , 
& Alfatie  , Dominas  Carniole  , Marchie  ac  Portus-naonis  i 
natus  anno  Doniini  mcccxxx.  Le  grand  fceau  de  {d)  Ro- 
dolfe  IV-  archiduc  d’Autriche  , donne  cette  longue  inferip- 
.tion.  Ce  Irenu  efl  apole  à une  chaiie  de  l'au  1359. 

La  cinquième  efpcce  fe  dilüngue  par  des  lignes  en  zigzac. 
Nous  en  avons  un  modèle,  dans  une  monoie  (e)  du  roi  Jean , 
laquelle  donne  cette  légende  au  premier  côté  ; Benediüum 
fit  nomen  Domini  nojlri  Jefu  Chrifli  : Et  dans  le  champ , 
Johannes  Rex.  Ces  (derniers  mots  font  écrits  en  zigzac  : ce 
qui  en  rend  la  leâure  alTez  dihcile. 

- La  dernière  efpcce  du  troilième  genre  admet  des  lettres 
xontournées.  Un  Iceau  du  xiv.  au  xv'.  liècle  nous  en  a fourni 
ce  modèle  : Sigillum  fratris  Pétri  Aturbatenfis , pour  Atreba- 
tenfis.  Ce  fceau  eft  du  cabinet  de  l’abbaïe  de  S.  Germain 
des  Prés.  On  voit  dans  le  champ  une  Vierge  debout  , cou- 
ronnée, & tenant  l’enfant  Jésus. 

" IV.  On  trouve  beaucoup  d’inferiptions  lapidaires  &:  mé- 
•talliques  , où  le  cara(ftère  gothique  prend  le  deftùs.  Elles  for- 
ment le  quatrième- genre  de  notre  première  lubdivilion  , &c 
le  diftinguent  en  douze  efpèces , dont  notre  plancheXXXlI. 
' Tome  II,  Q q *1 4 


II.  PARTIS. 
S E CT.  1 II. 
C«  AF.  iX  I. 
A t.T  I C l E.  lU. 

JU'.  ESPECE. 
■ f»)  ftljrgrsfb. 

t/fâit.  ftt.  XVH, 

tt.  }. 


(i)  Et  ctrmict 
fentrtl  dt  Effàta 

lib.  iS.fet,  tïS. 

virpt.  1. 

IV\  ESPECE. 


(c)  Ptg.  f(.  Si- 
gil.  vii. 


(d)  Au/Jrit  iîlujlr. 
ttb.  18.  n.  f. 


y . ESPECE. 

(t)  it  Bltnc. 
p.  158.  t,  €oi,  1. 
».  J. 


VIS.  ESPECE, 


Eciitutes  capita- 
les , où  le  gothi- 
que cil  dominaot. 


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tf74  NOUVEAU  TRAITÉ 

fournit  des  modèles.  Ceux  de  la  première  font  i“.  Secretum 
II.  PARTIE.  Domine  YoUndis,  C’eft  la  légende  du  (a)  contrelcel  d’Yo- 
chII  XI*  ^ Brétagne  , dame  de  Penthiévre  & comtelTe  d’An- 
Arti  C I.Ï.1II.  goulcme , en  1147.  2.°.  Sigillum  Pétri  de  Rojlrentn  militis. 
IV'.  GENRE.  Le  fceau  , qui  porte  (^)  cette  infcription  , eft  de  l’an  1179. 
V.  ESPECE.  Cette  date  eft  du  moins  celle  de  la  charte  , à laquelle  il  eft 
(•)LMn.h^.dt  apofé.  }°.  Sit  nomen  Dominl  benediSum.  Ce  verièt  1.  du 
irtt.fiiM  7>.  pfeaume  1 1 1.  fert  de  légende , au  moins  en  partie , à une  mo- 
(i)  JW.  fct»»  jjpjg  {j’argent  du  roi  Charle  VIL  L’écriture  de  ces  trois 
(#)  U Blanc,  modèles  eft  ordinaire. 

p.  }oo.i.  cti.i.  La  fécondé  efpèceeft  à bafes  & Ibmmecs  évafés  &:  naiffans 
’‘lJ.  ESPECE.  lettres.  Cinq  modèles  de  ce  gothique  figurent  fur 

notre  planche.  i“.  mcclxxxx.  in  die  viiii.  ai  Novebre.  Le 
fceau  {d)  italien  , qui  porte  cette  infcription  , reprélènte  un 
(,/)  Uanni  t.  J.  horrible  dragon  ou  fêrpent  combattant  avec  un  militaire  , 
S'iti  XV.  p.  141.  armé  d’un  bouclier  8c  d’un  glaive.  M.  Manni  parcourt  tous  les 
' ^ ’ hiftoriens  d’Italie,  qui  ont  lait  mention  de  femblables  lèrpens, 

8c  s’arête  à celui,  que  rencontra  un  jour  le  cavalier  Marzuc- 
co.  Il  croit  que  c’eft  ce  dernier  événement  , qu’on  a voulu 
repréfenter  fur  le  fceau  , daté  du  9.  Novembre  12.90,  Ce 
lavant  a lu  1 19 } . prenant  in  pour  1 1 1 . z°.  Ferrarian  cor- 
(f  ) Uuratm.  an-  di  teneas  , ô famé  Georgi.  Ce  vers  eft  gravé  fur  le  Iceau  (e) 
ihuii.  iul.  /.J.  la  ville  de  Fcnanr.  S«ix>c  C«nrge  Ibn  patron  y eft  repré- 
fenté  à cheval,  boaé  , épéroné,  8c  perçant  un  lerpent  avec 
un  dard.  Ce  fceau  eft  de  l’an  1 300.  ou  environ.  3®.  Sigillum 
fratris  Matei  de  Ordine  fanSi  Spiritâs  in  Saxiâ  de  u^e.  Le 
fceau , qui  donne  cette  légende , eft  du  cabinet  de  la  biblio^ 
thèque  de  S.  Germain  des  Prés.  Il  eft  elliptique  & reprélënte 
une  croix  patriarchale  , fur  le  bout  de  laquelle  une  colombe 
porte  fon  bec,en  dépendant.  Sur  le  lècond  croifillon  Ce  voient 
quelques  caraûères  prdque  éfâcés  , 8c  qui  pouroient  bien  fi- 
gnifier,  F ratris  MatMi.  Le  long  de  la  croix,  il  y a fix  têtes  de 
chaque  côté  , les  unes  fur  les  autres.  Nous  croyons  ce  fceau 
du  XIV®.  iiède.  L’Ordre  du  S.  Efpritde  Montpellier  fut  apellé 
de  Saffîâ  en  Italie  , du  nom  de  aeatee  Marûe  in  Saxiâ , bâ- 
tie à Rouie,  par  Ina  roi  anglolâxon.  4®.  Sigillum  CaflellanU 
Fra3evallis.  Ceft  l’inlcription  du  fceau  de  la  châtellenie  de 
Fretteval  en  Beauce  , reflbrtilTant  au  Baëliage  de  Blois.  Ce 
fceau  rond  du  xiv®.  fiècle  eft  du  même  cabinet.  U porte  le* 


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DE  DIPLOMATIQUE.  671 
même  écu  que  celui  de  la  ville  de  Chaceaudun  •,  ü ce  n’eft  qüe 
dans  le  champ  il  n’y  a qu’une  étoile  à droite.  Il  eft  fouvenc 
£ût  mention  de  Fretteval  dans  les  diplômes  des  rois  6c  des 
Princes.  j“.  SigiUum  Curie  Comitatâs  Sabinenjis . Le  fceau, 
fur  lequel  nous  liions  cette  inlcription  , eft  gardé  dans  le  ca- 
binet de  S.  Germain  des  Prés.  U eft  rond , Bc  porte  deux  clés 
en  fautoir , llirmontées  d’une  croix  pâtée  ; pour  lignifier,  que 
le  comté  de  la  Sabina  eft  de  l’Etat  écléll;dtique. 

La  troificme  elpcce  eft  compofée  de  lettres  ,dont  les  baies 
6l  les  Ibmmets  font  prefque  nuis.  Voici  les  deux  exemples  , 

?ue  nous  en  donnons , dans  notre  planche,  i".  Fede  Acatii 
loretino.  Le  fceau  , qui  montre  cette  légende  , eft  un  des 
plus  anciens  de  la  colleékion  de  (a)  M.  Manni  ; quoiqu’il  ne 
fbit  que  de  l’année  12,68.  Le  D du  mot  Fede  reflemble  à im 
O ; parcequ’on  n’y  a point  ajouté  une  pointe  lùpérieure,  tour- 
née  vers  la  gauche.  2®.  Sigillum  Cafiriduni  in  Dunejio.  C’eft 
l’infcriprion  du  Iceau  de  la  ville  de  Châteaudun  en  Dunois. 
Nous  le  croyons  du  x i r i . au  xi  v®.  llècle.  Il  eft  du  nombre  de 
ceux  , qu’on  conlèrve  au  cabinet  de  S.  Germain  des  Prés. 

Les  lettres  de  la  quatrième  efpcce  font  à lignes  ondées. 
Cette  forme  paroit  fur  (b)  un  gros  blanc  du  roi  Jean.  Au  pre- 
mier coté  , dans  le  petit  cercle,  nn  lir  • Jnltnnnrt  T)*i graciâ  ; 
6c  au-dellous  de  la  couronne  du  revers  , Francorum  Rex. 
C’eft  dans  ces  deux  mots  que  l’ondulation  fe  manifefte. 

La  cinquième  efpèce  eft  diférentiée  des  autres  par  des  let- 
tres ondées  6c  à grires.  Notre  planche  en  doime  crois  modèles, 
i”.  Sieilum  civium  de  fanSo  îpolito.  Le  fceau,  qui  ofte  cette 
légende  de  l’an  1250,  a été  publié  (c)  par  Raymond  Duel- 
lius , dans  fes  Extraits  génésdogiques  6c  hiftoriques.  2“.  Si- 
Mlum  Ottonis  Pomer.  Le  même  auteur  [d]  a fait  graver  le 
fceau  de  l’an  i j<î8  , dont  l’infcription  nous  fèrt  ici  de  mo- 
dèle. En  général  l’ondulation  6c  les  grifès  font  fréquentes 
dans  les  écritures  d’Allemagne  au  xrv®.  fiècle. 

Les  lettres  de  la  fixième  efpècc  font  ondées  6c  en  méme- 
lems  hérilTécs  de  pointes.  Notre  planche  ofre  deux  inferiprions 
dans  ce  goût  bifare.  i*.  Calochus  von  Olam.  Ce  modèle, 
tiré  du  meme  (e)  compilateur , eft  de  l’an  1321.  2”.  Sigillum 
Geo  rit  epifeopi  Patavienjis.  Duellius  lit  Georgii.  Le  fceau  de 
l’évêque  de  Paftau,  qui  porte  cette  légende,  eft  de  (/)  l’an- 
nce  1394. 


II.  PARTIE. 
Sec  T.  III. 
C H * P.  XI. 

Article.  III. 


III.  ESPECE. 


(»)  Ttm.  t.  Sifil. 


ir.  ESPECÉ. 
{b)  Lt  Bivtc. 

4.  COi.  J. 


r.  ESPECE, 


(r)  P^^.  17: 

».  If. 

(I)  IbiJ.  f.  lÿ  j, 

B,  10}. 


VI.  ESPECE. 


179. 

».  47. 

[f)lbU.  B.  Iff. 

n.  19  t. 


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n.  PARTIE. 
S £ CT.  III. 

C H > P.  XI. 

Al.TlC.LE.  III. 
VIL  ESPECE. 

(<«)  Poljt’rath. 
tf/à.i.  fui.  XXV. 
a.  1 1. 


l'in.  ESPECE. 


(1}  Aujirix 
tàh,  4.  a.  J . 

(c)  Ibût.  Ixb.  6. 
n,  f. 


(i<;  OJJtrvxt.  [»■ 
fr»  il  jigH.  ».  7. 
Sigit.  ii.f.  140. 

14«. 

IX  , ESPECE. 


(r)  Jbii.  ».  x,Si~ 
g,l.4.{.  il. 

if)  P*g-  >»o- 

a <4, 

X ESPECE, 
(g)  T»«.  i.Sigil. 
X-t-  1. 


676,.  NOUVEAU  fTRAITE  ' 

L’écriture  de  la  lèptième.  efpècé  eft  apellée  françoife  pâr 
les  Elpagnols.  Les  traverfes  de  fes  lettres  font  fouvent  diC- 
joinres  ; comme  l’on  peut  voir  par  le  modèle  , que  nous  avons 
emprunté  -de  Don  (a)^  Naflarre.'  Nousjle  lifons,  ainli  : Era 
MCCC.LXii.  anos,  Foi  efia  ton  começada  yiii^  diat  de 
Maio  emandova  fq^eVomui  notre  Don  Dints  Rfi  de  Por~- 
tugal  e do  Algarve.^e  foi  acahada...  fragnaent  d’infcription 
eft  de  l'année  i Ji4-  qu’on  croit  être  la  dernière  de  Denys. 
roi  de  Ponugal , furnommé  le  libéral  &:  le  père  de  ta  Patrie» 

La  huitième  efpèce  eft  caraé^érilée,  j^at.la  maigreur  de  lès 
lettres.  Les  trois  modèles  de  cette  éçriture  , gravés  fur  notre 
planche  ,{bnt  i*»  Sigillum.  Markuerdi  de  Alnartsperg.  C’eft 
rinfcription 'd’im  fccau  alleman  de  l’an  i publié  par  (é) 
D.  Hueber.  Sigillum  Gerungi  Deigratiâ  ahbatis  ecclefie 
Medelicenfs.  Le  (c)  fceau , qui  porte  cette  légende , eft  apofë 
à une  charte  de  l’année  1 177.  gardée  dans  les  archives  de 
l’abbaie  de  Melk  en  Autriche,  j®,  Jefu  Chrijîe fili  Del  viVi, 
miferere  michi  fratri  Nicolao  peccatori.  jCette  prière  eft  gra- 
vée fur  un  fceau  en  ovale  pointue  de  la  fin  du  xti  i'.  fiècle. 
M.  Manni  {d)  le  donne  à Nicolas  Boccafino  , Général  des 
Dominicains , cardinal  & depuis  Pape , fous  le  nom  de  Be*- 
noît  XI,  IJl  favorifa  la  France,  6c  l’églifc  l’honore  fous  le  titre 
de  Bienheureux.  , " '7^ 

Les  lettres  de  la  neuvième  efpèce  font  ovaliques  ou  à jam-i 
bages  epurbes.  Voici  les  trois  modèles  gravés  dans  notre 
planche»  i Alfonfus  Rex.  C’eft  la  légende  d’une  monoie,  qui, 
nous  a été  communiquée  par  notre  refpeéiable.  6c  dofte  ami 
D.  Pernot,  bibliothécaire  de  S»  Martin  d^s.  Champs.  Elle  eft 
probablement ;d’Alfonfe  XI.  roi,  de  Caftille,  qui  gagna  l’an, 
1340.  lafameufe  bataille  de  Salado,ou  plus  de  deux  cents  mille 
Mahoraétans  perdirent  la  vie.  .z“.  S.  Mahwus.  B.  M : c’eft- 
à-dire  , Sigillum  Mannus  Benincafee  Ald.nmu.ci.  C’eft  ainfi,. 
que  M;  Manni  lit  {e\  cette  infeription  d’un  Iceau  italien  du, 
commencement  du  xi  v*,.  fiècle.  ÿ' .Sigillum  iVilholmi  decani: 
dePilichdorf.  Lc  fceau  alleman  de  l’a^  r 3Ji._qui  donne  cettft 
légende,  a ^té .publié  pat  U)  UueMius..  .'  . ..v»  ai^- 

' La  dixième  eft  d’une  écriture  allemande  ôc  ferrée  ,.  avec, 
quelques  angles  faillâns.  Notre  planche  eu  donne  un  modèle» 
uté'des  obfervations  ((f)  3e.  M.  Manni.  Cdlcettc.iufcriptioni 


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DE  DIPLOMATIQUE.-  ^77 
du  grand  fceau  de  Ladiflas  V.  Roi  de  Hongrie  &■  de  Bohè- 
me : Ladijlaus  Dei  graciâ  Hungarie  , Bohenûe  , Dalmatie  , 
CroacK , &c.  Rex  : Auflrie^  Surit  Ù Luç^emburge  Dvx  ^ ac 
' Moravie  marchio  1451.  Nous  trouvons  id  pour  la  première 
fois  l’abréviation  (fc.  &c  les  chifres  vulgaires , auxquels  on  a 
donné  le  nom  d’arabes. Le  1'.  *chifre  ell  notre  4.  le  3'.  cil  no- 
tre y.  fuivid’un  petit  trait,  que  nous  prenons  pour  i.  Ce  y au- 
roit  du  faire  comprendre  à M.  Manni,  que  le  fceau  qui  donne 
cette  légende,  ne  peut  être  de  Ladidas  IV.  roi  de  Hongrie, 
tué  à la  bataille  de  Varnes , gagnée  par  les  Ottomans  l’an 
1444.  Ce  fceau  apartient  inconteftablement  à Ladiflas  V. 
fils  d’Albert  d’Autriche.  Il  fut  empoifonné  à Prague  par  les 
Hudites,  aux  progrès  defquels  il  s’étoit  fortement  opofé.  Les 
antiquaires  attentifs  ne  manqueront  pas  d’obfetver , que  les 
caraâères  de  cette  infcription  gothique  du  milieu  du.  xv'. 
fiècle,  font  (il  nujufcules. 

Une  écritute  lâche  caraûérife  l’onzième  efpèce.  Notre 
planche  n’en  ofre  point  d’autre  exemple  , que  cette  infcrip- 
tion (d)  du  fceau  de  Rodolphe  de  Halbourg  .*  Rudolfus  Dei 
graciâ  Romanorum  Rex  femper  Augujlus.  Rodolphe  I.  fût 
couronné  empereur  à Aix-la-Chapelle  l’an  1174.  &c  mourut 
à Spire  l’an  1191. 

Les  lettres  la  f1r>nTîAtr>c  vipécc  tlc  gotlilquc  dominant 
font  conjointes.  En  voici  un  modèle  gravé  lur  notre  plan- 
che : Sigillum  Balthafans  Dei  graciâ  Thuringie  Lantgravii  , 
marchionis  Mifnenjis.  C’eft  la  légende  du  {b)  iceau  de  Baltlia- 
far  , Landgrave  de  Turinge  dans  la  liante  Saxe , vers  l’an  1349. 

V.  Les  inferiptions  précédentes  nous  ont  donné  un  gothi- 
que plus  ou  moins  mêlé  de  lettres  romames.  Le  cinquième 
genre,  qui  termme  cette  xxxii'.  planche,  contient  le  put 


II-  l'ARTIE. 
S*  CT.  1 II. 

C H A F.  XI. 

ARTlClt.Ur, 


* Dans  riiircrir- 
tion  gothique  ,de 
Tours  puhhccd.Tns 
le  Journal  de 
Verdun  , Février 
I7f  J.on  rend  les 
quatre  chifres.  p.ir 
i)ij.  Ils  lïgni. 
fieiit  147,.  Ui 
Mtm,  dt  Trfvfiux 
Sipumb.  1707. 
or».  111. p.  1611. 
é"  fiùv. 


XI  . ESPECE. 
{•YHtimtcimé 

t»b.  IX, n.  4. 


XII.  ESPECE. 


(b)  Ibid,  lui,  tj, 

».  9. 

Ecriture  capi- 
tale puremeoc  go- 
thique. 

V'.  GENRE. 


(i)  Nous  ne  pouvons  nous  dirpenfer 
de  réléver  une  néprifc  du  célébré  M,  Se- 
cooITc  , fur  la  durée  du  gothique  iiiajuf- 
culc.  n Pour  peu  , dit  ce  c)  (avant  acadé- 
••  imcien  , qa'on  conoilTe  les  monm  ens 
V»  du  moyen  age  ; on  fait  que  l'ufagc  d«i 
Aicaraflé  e socl)i,|ue  maisircule  oucapi 
» tal  a cédé  vers  la  fn  du  xiv'.  (ièrie. 
Environ  cent  ans  après  cette  époque  , le 
gothique  inajiicttlc  paruic  cncot.  dais 
les  Icgcndejdcs  l'ccaux.  & dcimunoieb 


La  plupart  de  celles , qoe  Louis  XI.  St 
Louis  Xll.  firent  fraper  en  France , por- 
tent l'cttipreiate  de  ce  caraélcre  capital. 

Il  ell  à préfumer  , qu'au  lieu  du  xtv‘. 

(iccle  , M.  SccoulTc  aura  voulu  parler  du  UIJI.  it  VA* 
xv'.  & que  c’eft  tout  au  plus  une  faute  infeript. 

dimprsrllion  ou  de  copi  Ile  ; faute  cepen-  '• 

•tant, qui  poutoit  devei'it  de  conféquence, 
fe  trouvant  conligncc  dans  l'Hifloire  dc 
i'Acadérnic  royale  des  Infctipuons.  ' 


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DE  DIPLOMATIQUE, 
bataille  de  Floddenfield,  où  il  perdit  la  vie  le  Septembre 
de  l’an  1J13.  ^ n.  partie. 

Les  bafes  & les  fommets  de  la  quatrième  efpcce  montrent  ^ ^ H’  x î 
des  grifes.  Notre  planche  ofire  fix  modèles  de  ce  gothique.  Article,  iir. 
I®.  Cou  ( id  efl  contrafigillum  ) Johannis  Ducis  Britatmie  , iv , ESPECE, 
comit  'u  Montfortis  & Richemondi.  C’eft  l’infctiption  du  con- 
trefcel  de  Jean  de  Montfort  duc  de  Brétagnc.  La  date  de  ce  . 
monument  eft  de  l’an  t38o.  a“.  Sigillum  Jacobi  de  Refaro.  B*]i. 

Le  fceau  ou  type  rond,  qui  donne  cette  légende , le  trouve  '<t. 
dans  le  cabinet  de  S.  Germain  des  Prés , &c  paroit  du  x i v'.  fiè- 
cle.  Il  porte  un  cimier  ou  plutôt  une  tête  en  cafque , avec  les 
ornemens  & au-deflbus  un  petit  éculTon.  3®.  Jacobus  Dei 
gratiâ  Rex  Scotorum.  C’eft  la  légende  d’une  {b)  monoie  d’or  (t)  SeM.  ««. 
de  Jacques  I.  troifième  Roi  d’Ecorte  de  la  famille  des  Stuarts.  ‘Hft-Scu. 
Après  une  prifon  de  dix-huit  ans , il  fut  rais  en  liberté  par 
les  Anglois , 6c  monta  fur  le  trône  l’an  1414.  4*’.  Une  mo- 
noie de  Louis  XII , que  M.  Doyen  , ancien  avocat  au  Par- 
lement , nous  a communiquée , porte  d’un  côté  en  caraûères 
majufcules , parfaitement  gothiques  : Ludovicus  Dei  gratiâ 
Francorum  Rex  ,•  &c  de  l’autre  , Chrijlus  vincit  , Chrijlus 
régnât , Chrijlus  imperat.  Lous  XII.  (umommé  le  père  du 
Peuple , fut  facré  à Reims  par  le  Cardinal  Briçonnet  le  7. 
avril  1498.  J®.  Sigillum  curie  Eeneralts  Pntrîn:or)ii  btati  Pétri 
in  Tufciâ.  Un  fceau  ou  type  du  cabinet  de  S.  Germain  des 
Prés  porte  cette  infcription.  Sur  ce  type  de  figure  ronde , 

S.  Pierre  eft  re^réfenté,  tenant  deux  clés  de  fa  gauche,  aftis 
fous  un  portail  a trois  tours , dont  la  principale  eft  furmontée 
de  deux  autres  clés  en  fautoir.  6®.  Jacobus  Dei  graciâ  Rex 
Scotorum.  C’eft  l’infcription  du  grand  fceau  (c)  de  Jacquell. 
roid’Ecofte,  qui  rè^na  depuis  l’an  1437.  jufqu’cn  1440. 

La  cinquième  efpcce  eft  en  grifes  à traits  détachés.  Nous  ^ ESPECE. 
en  donnons  ,dans  notre  planche  , ce  modèle  de  l’an  143  y : 

Sigillum  Generoji  militis  Domini  Francifci  de  Ufeppis.  Le 
fceau  de  l’ancienne  famille  d’Ufeppi,  fur  lequel  paroit  cette 
infcription  dificile  à déchifrer,  a été  publié,  &c  lâvamment 
expliqué  par  fif)  M.  Manni.  7.10t. 

Les  bafes  de  la  fixlème  efpèce  du  pur  gothique  capital  font  yfj' 
feulement  en  grifes.  L’unique  exemple.,  que  nous  en  don- 
nons, eft  cette  mfcription  de  l’an  142$  : Sigillum  Marini  Dei 


I 


1 r.  PARTIE. 
Sec  T.  li  I. 
Ch  A P.  X r. 
A K T I c L E.  III. 

(aJ  Pflj.  lOJ. 

H.  )7I- 

l'/I'.  ESPECE, 
(i)  PȔ.  I8i. 
n.  8p. 

rai'.  ESPECE, 
(r)  IHd.f.IfS. 
».  }»7. 


IX.ESPECE. 

(i#)  Jucihti  M«- 
y««/n  rtgium.  tah, 
17-  ».  4'. 


X.£5P£C£. 


(«)  UitrMtri  mr.- 
ti<j,  il»l.  I,  ). 
c«/.  114. 


(/J  Mannil,  5. 
Siji/.  II. 


(^)  M*/. 

t£g,t*b,  I.  ».  1. 

xr.  ESPECE. 


680  NOUVEAU  TRAITÉ 

gracia  epifcopi  Racanati  Le  fceau,  fur  lequel  cette  infcription 
eft  gravée  , fe  trouve  dans  les  Extraits  (a  ) généalogiques  de 
Duellius. 

Les  lettres  de  la  fepticme  efpèce  font  à grifes  ondées.  Le 
même  auteur  (b)  nous  en  a fourni  le  modèle  fuivant  : Si- 
gillum  Bernharii  de  Medlico.  Le  fceau  qiii  porte  cette  lé- 
gende , eft  de  l’an  1 344. 

L’écriture  gothique  capitale  de  la  huitième  efpèce  eft  com- 
pofée  de  lettres  ondées.  Un  fceau  alleman  (c)  nous  en  a donné 
cet  exemple  : Sigillum  Martini  de  Planckenflain.  Cette  écri- 
ture eft  de  l’an  1403, 

La  neuvième  efpèce  eft  fingulierement  courbée  dans  les 
jambages  de  plufieurs  lettres.  Les  deux  modèles , que  nous 
en  avons  tait  graver,  font  1°.  cette  légende  d’une  {d)  monoic 
danoife  : VaLdemarus  Rex  Danorum.  Au  revers  , Nicholaus 
epifeopus  Roeskildenfis.CmevQonoiQ  eft  de  ValdemarlI.  qui 
ocupoit  le  trône  de  Dannemark , en  même-tems , que  Philippe 
augufte  regnoie  fur  les  François.  Les  caraétères  de  cette  lé- 
gende , font  femblables  à ceux,  dont  on  ufoit  alors  en  France. 
z°.  Sigillum  Beate  Marie  de  Malins.  Cette  infeription  eft 
gravée  fur  un  fceau  en  ogive  du  cabinet  de  S.  Germain  des 
Prés,  Il  pft  du  xiv'.  fiècle , & repréfente  plutôt  un  homme 
qu’une  femme , tenant  l’enfant  Jésus. 

Les  carafteres  de  la  dixième  elpôce  de  pur  gothique  font 
un  peu  maigres.  On  le  voit  par  les  trois  modèles  fuivans  gra- 
ves fur  notre  planche.  i“.  Sigillum  Abbatis  facri  conventûs 
nwnajlerii  fan3i  Pétri  Mutinenfis.  Le  fceau  de  (e)  bronze 
en  ogive , qui  donne  cette  infeription  , étoit  à l’ufage  de 
l’abbé  de  S.  Pierre  de  Modène.  S.  Pierre  y eft  repréfenté  te- 
nant des  clés  &:  le  livre  des  Evangiles , &c  S.  Benoît  y paroit  à 
gauche,  portant  d’une  main  fa  crofleôc  de  l’autre  le  livre  de  fa 
Réglé.  Dans  cette  infeription  du  xiv',  ficelé  le  T gothique 
ne  difère  point  de  l’M  pour  \a.fi^\xK.z° .Jhouannes  Neronis  ar- 
chiepifeopus  Floretinus.  Le  fereau , qui  porte  (f)  cette  épi- 
graphe, eft  de  l’an  1468.  3“,  Johannes  Dei  gratiâ  Rex 
Dacie. — Moneta  aurea  regni  Dacie.  C’eft  la  légende  d’une 
[g)  monoie  d’or  du  roi  Jean  I.  qui  régna  en  Dannemark  , 
£puis  l’an  149$,  jufqu’en  1^14. 

L’onzième  efpèce  eft  d’une  écriture  alongée.  Le  modèle , 

que 


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> 

\ 


DE  DIPLOMATIQUE.  ^8r 

Îuenous  en  avons  fàic  graver,  felit  ainfi  : Convocat  hic  natos 
.udovicus  ù inftruit  ipfos.  Ce  vers  (a)  hexamètre  eft  peint 
fur  les  vitres  de  la  fàcrillie  de  l’abbaie  de  Denis  en  France , 
où  l’on  voir  huit  peintures , qui  concernent  la  vie  , les  prin- 
cipales aftions , la  mort  & les  miracles  du  roi  S.  Louis.  Cette 
infcription  eft  d’environ  l’an  1 3 10, 

Les  lettres  de  la  douzième  eipèce  font  anguleulês.  Le  fceaii 
de  la  ville  de  Verone,  publié  par  {b)  le  marquis  MafFéi , nous 
a fourni  le  mot , Verona  , écrit  en  ce  goût.  Noos  nécrosons 
pas  l’écriture  de  ce  modèle  plus  ancienne  que  le  xi  1 1'.  ficelé. 

La  treizième  efpèce  eft  diférentiée  des  autres,  par  des  lettres 
liées , conjointes  & fans  grifes.  En  voici  trois  exemples , re- 
préfentés  fur  notre  planche.  1°.  Sigillum  Officialium  Domi- 
norum  Judicum  Curie  Peticionum.  Un  fceau  ( c)  tond  ,'re- 
préfentant  faint  Marc , donne  cette  infcription  du  xi  v'.  liècle. 
La  cour  ou  chambre  des  Requêtes , qu’elle  fait  conoitre  , 
étoit  établie  à Venife  dès  l’an  1x44.  comme  il  paroit  par  les 
réglémens  ,que  fit  la  République  , pour  la  dilcipline  de  ce 
Tribunal.  z“.  Sigillum  Albeni  Marchionis  EJlenfLs , Vicarii 
civitatu  Ferrariepro  fandâ  romand  Ecclejîâ,  ac  Mutine  Do- 
mini  generalis.  Cette  infcription  du  fceau  ( d)  d’Albert , mar- 
quis d’Eft , lieutenant  de  l’églife  romaine  dans  le  Ferrarois , 
& Prince  Ibuverainde  Modène,cft  de  l’an  1489.  ^'‘.Sigillum 
Adam  de  Marcoci.  Le  cachet  rond  du  cabinet  de  S.  Germain 
des  Prés , qui  donne  cette  légende , eft  du  xi  v au  xv'.  fiècle. 
L’écu  porte  une  N , qui  paroit  encore  à l’autre  bout  du  ca- 
chet. Les  généalogiftes  diront  mieux  que  nous , quel  eft  cet 
Adam  de  Marcouflis. 

Les  lettres  de  la  quatorzième  efpèce  (ont  conjointes , en 
grifès  & renverfées.  Notre  planche  en  offre  trois  exemples. 
I.  Sigillum  Albeni  Ducis  Bavarie  , comitis  Patavienfis  , 
confiliarii  fratris  fui  Willelmi.  Le  fceau  {e)  d’Albert  ,duc  de 
Bavière,  ic  comte  de  Pafifau , fur  lequel  ces  titres  font  gravés , 
eft  de  l’an  1337.  1°.  Sigillum  Ântoni  Capulupi  epifeopi 
Montis  Corbini.  Le  fceau  (f  ) en  ogive  , qui  donne  cette 
infcription,  apu  fervit  depliis  1368.  jufqu’en  1399.  3®.  Si- 

E'ilum  Enrici  Dei  graciâ  Regis  Cajlelle  & Legionis.  C’eft 
légende  (g)  d’un  meau  de  plomb  , pendant  à un  privilège 
accordé  l’an  1391.  par  Henri  111.  roi  de  Caftille  & de  Leon. 
Tome  II  R r r r 


n.  PARTIE. 
S«CT.  III. 
Chat.  XI. 

A * T ic  1 1 III. 

(«)  Memtm.  JiU 
mtnareb.  frtnf, 
t.  i.fl.  tj. 

XII'.  ESPECE. 

{h)  Verm.illujlr. 
f*rt.  I.  la,  f. 
ctl.  131. 

XIII*.  ESPCEE. 


(e)  Mmmu.  i.  (. 

f.  X, 


nu.  t.  7. 

Sipl.  I. 


Zli'.  ESPECE. 


(t) 

ttt.  i8.n.  1. 


(f)  Maiuu.  t.  X. 

SixU.  S. 


U)  Pffyp“t^- 

S»i/*  14- 
S>iU.  1. 


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II.  PARTIE. 
SiCT.  III. 
Chap.  XI. 

A RT  1 CL£.  ni. 

xy . ESPECE. 

(a)  Jâcobâi  Muf. 
tel-  fiS.vjtb.xV. 
n JJ- 


Ecriture  ««pitale 
goihiquc  mainvc. 


VI*.  GENRE. 


/ .£  S P r c £. 

(ÿ)  Mmuni.  /.  J. 
Sigil.  14. 

II*.  ESPECE. 

(f)  Antiquit.  itaf. 
/.}.«/.  117.  ^ 


IIP.  ESPECE 


. (A)  Mmailt.  t. 
Sijfî.  8.  . .. 


(f)  /.  r. 

Stx«/.  4.p.  JJ. 


<;8z  NOUVEAU  TRAITE 

La  dernière  efpèce  de  ce  cinquième  genre  préfente  des  ca- 
radcres  gothiques  renverfés.  Ils  parodient  tels  dans  le  mo- 
dèle, qui  termine  cette  planche,  il  efl:  tiré  d’une  (a)  monoie 
d’Eric  VII.  roi  de  Dannemark.  Au  premier  côté, pour  légende  > 
Ericus  , & au  revers  Rex  Danorum.  Cette  monoie  eft  du 
XIII.'  fiècle.  L’auteur  du  Mufeum  regium  a lu  Amplement 
Eric  Rex  \ ne  s’apercevant  pas,  que  les  montans  & la  traverfe 
de  la  croix  donnent  1’ V & l’f,  & ^ue  la  figure , qu’il  a prife 
pour  un  triangle,  eft  un  A grec , initial  àcOanorum  ou  J^anite^ 

§.  II. 

Suite  de  la  première  fubdivijîon  des  écritures,  gothiques  : ex~ 

plication  de  la  partie  de  la  planche  xxxiii,  où  font  ren^ 

fermés  Us  vi.  & genres  du  gothique  majufcuU. 

I.  Cette  dernière  planche  repréfente  le  gothique  dans  Ibre 
dernier  état  ; c’eft-à-dire  , dans  fa  forme  la  plus  grollière  & 
la  plus  difgracieufe.  On  rencontre  fréquemment  fur  les 
fceaux  & les  monoies  des  écritures  gothiques  mallives. 
Nous  en  avons  formé  le  fixième  genre  de  notre  première 
fubdivifion.  Il  eft  partagé  en  neuf  efpcces , dont  la  première' 
fe  diftingue  par  des  baies  & des  fommets  Amples  & prolon- 
gés à l’excès.  La  première  infeription  de  cette  xxxi  1 1*.  plan- 
che en  eft  la  preuve.  Elle  lè  lit  {b)  alnA  ; Sigillum  civttatii- 
Haemburgenjts . L’écriture  de  ce  monument  nous  paroit  du 
xiv'.  Aècle.  Haimbourg  ou  Haymberg  eft  une  ville  de  lai 
balTe  Autriclie  , Air  les  confins  de  la  Hongrie. 

■ La  fécondé  efpèce  de  gothique  maflif  eft  tranchée  en  ta- 
lus. Le  fteau  de  l’ancienne  ville  d’Aquilée  , publié  par  {c). 
M.  Muratoti  nous  en  a Ahutu  un  modèle , dans  ce  vers  in- 
forme , qui  lui  fert  d’infeription  : Urbs  hec  Aquilegie  ca- 
pud  efl  Italie.  Cette  écriture  eft  du  xi  11*.  ficcîo. 

• Les  lettres  de  la  troifième  efpèce  font  à baies  & fommets 
nailTans.  Notre  planche  en  ofre  trois  modèles  , tirés  Air  au- 
tant de  fceaux  italiens.  1®.  Sigillum  Collegii  judicum  Luca-' 
ne  civitatis.  Cette  infcription  du  foeau  du  {</)  Collège  des 
Juges  de  la  ville  du  Luque  eft  du  commencement  du  x i v*.. 
fiècle.  z“.  Sigillum  Partis  commuais  & Populi  Pifani.  Le 
A:eau  de  la  {e}  Commune  8c  du  Peuple  de  Pife , fur  lequel 
eft  gravée  cette  légende  , eft  du  xiv*.  Aècle  commenvîii^A 


Jy 


fi  Si. 


i/at  rni\f  au/res  CimIn}Yu^raUtesj4:ï^idaires,mfùiIIi\jue.'!  K’c. 


loat: 


V*v 


,C5^l! 


su 


tS’.'^êbâ'^o'dw; 


eomf^  :ù^:  n 


>i^S(î:  s tjfiuiiijSjû$tjpiana:  tf  ouu  ùlij)  cimtmt 


Al 


oip  teconienv  flbbehCtf  fafüntdrmt? 


s ifo?  vvtceme-  ie  ned 


m’g  Wââ  l K ^ 


\ 1 


WOolfiuquapeji/  dctgf^ia  dvcfyslliff^ 


wccpi^VonufiCLVue  * JiiictfCLCO 
• mgmt»^  • ru;*A?» 

Meftflcdfr: 


"M  MËSm  ffiMïlIfil®  fE. 
SiEilïlîK  Mfflf  dlRF  »sr 


'ÏÏîPi^atmmtrff: 
.lîûrîieinm* 


?v 


* : ca)ïttnin  : 

coUeiîmijeîmèîettâbeia 


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DE  DIPLOMATIQUE.  ^83 

3°.  Sigillum  fedis  epifcopatâs  Fefulani.  C’eft  l’infcription 
dufceau  (a)cpifcopal  de  Fiefble  en  Tofcane.  Nous  le  croyons 
du  meme  fiècle. 

- La  quatrième  efpèce  eft  triangulaire  , fes  jambages  font 
détachés  & fes  bafes  & fommets  font  pointus.  Voici  lesqua* 
tre  modèles , que  nous  en  donnons  dans  notre  planciie.  i°.Un 
gros  Tournois  porte  au  premier  côté  Philippus  Rex , & au  re- 
vers Turonus  civis  ( idejlcivitas.  ) Quoiqu’on  ne  trouve  point, 
dans  le  Traité  des  monoies  de  M.  le  Blanc , de  gros  Tour- 
nois parfaitement  femblables  à celui-ci  ; il  nous  en  ofre  un 
4e  Philippe  le  bel , qui  en  aproche  plus , que  ceux  des  au- 
tres Philippes.  i».  Une  monoie,  qui  nous  a été  communi- 
quée , a d’un  côté , Eudo  Dei  gratiâ  Dux  ; & de  l’autre , 
Burgundie  , Marie.  Eude  IV.  ouc  de  Bourgogne,  le  devint 
de  la  Morée  l’an  1310.  3®.  Un  autre  gros  Tournois  a d’un 
côté  pour  légende  : Philippus  Dux  , & de  l’autre  Turonus. 
Ducis.  Cette  monoie  de  Philippe  le  Hardi  , duc  de  Bour- 
gogne , doit  avoir  été  batue  après  l’creftion  de  la  Touraine 
en  Duché  , faite  par  le  roi  Jean  en  1 360.  & avant  l’homage 
du  Duché  de  Bourgogne  , rendu  en  1 3^4.  au  roi  Charle  V. 
auquel  Philippe  remit  le  Duché  de  Touraine.  4®.  Une  pièce , 
à peu  près  du  meme  tenis  , donne  au  premier  côté  : Petrus 
Charpentier  de  Chefoi  clericus  3 & au  revers  : Mandatant 
novum  do  vobis.  Cette  monoie  a été  probablement  batue, 
pour  être  dillribifée  aux  pauvres  , à qui  l’on  avoit  lavé  les 
piés  le  Jeudi-faint.  Perfone  n’ignore  , que  cette  religieufe  & 
ancienne  cérémonie  , qui  retrace  à nos  yeux  l’humilité  in- 
compréhenfible  d’un  Dieu  fait  homme  , pour  être  notre  mo- 
dèle , eft  apellée  Mandatum  , du  premier  mot  de  l’antienne , 
qu’on  y chante. 

La  cinquième  efpèce  montre  des  lenres  , dont  les  baies 
& les  fommets  font  en  grifes.  Le  Tréfor  choill  des  médailles 
& des  diplômes  (i)  d’EcolTe  nous  a fourni  ce  modèle  : Ja- 
cobus  Dei  gracia  Rex  Scotorum.  C’eft  la  légende  , qu’on 
voit  au  premier  côté  du  fl||pd  fceau  rond  de  J.ique  IL  qui 
gouverna  le  royaume  d’E^^e  avec  beaucoup  de  fagefte  juf- 
qu’en  1460.  qu’il-fût  tué  d’un  éclat  de  canon  , au  ficge  de 
Roxoborough. 

La  lixième  fe  diftingue  par  des  grilès,  des  angles  faillans  , 

, Rrrr  ij 


II.  PARTIE. 

SiCT.  111. 

C H A P.  XI. 
Article  III. 

(a)  HiJ.  t.  4. 

4. 

tV’.  ESPECE. 


V‘  ESPECE. 


(h'  Ta'y.  83 . 


Vî‘.  ESPECE. 


11.  PARTIE. 
S I C T.  III. 

C H A P.  XI. 

A I T 1 c {.  E.  11I< 


K/I*.  ESPECE. 


(a)  Tm>.  5.  »/. 

lit. 


(*)  P'.gnrt , 
tjfict  XI  11,  ».  X. 


rill.  ESPECE. 


(r)  SiUS.  »»- 
mifm.  d-fUm. 
ScM.  thtfmr.  ut. 
4J. 


{d)Uid.t*i.JS*. 

tci.  X,  »,  ], 


(#}  AntijuU.  itM. 
t.  i.ttl.  ij}. 


«84  NOUVEAU  TRAITÉ 


it  des  conjondtions  de  lettres.  Parmi  les  fceaux  en  types  du 
cabinet  de  1’abb.iïe  de  S.  Germain  des  Prés  , nous  en  avons 
trouvé  un  , qui  nous  a donné  ce  modèle  : Sigillum  Galaoti 
de  Malatejlis.  Ce  grand  fceau  rond  montre  une  tête  de  pro- 
fil très-faillante  fi£  aflez  bien  faite , devant  une  étoile  à nuit 
Trayons,  Le  champ  eft  femé  d’autres  étoiles  femblables  , mais 
plus  petites  & par  tombes  en  treillis.  On  voit  encore  au  tour 
un  cercle  d’étoiles.  Ce  beau  type  eft  du  xiv.  au  xv®.  ficelé. 

Les  lettres  de  la  fepticme  efpcce  font  conjointes  & un 
peu  lèrrées.  Les  Antiquités  italiemies  du  moyen  âge  nous 
ont  donné  (a)  ce  modèle  : Alberti  marchionis  Efienfis  , P7- 
carii  civitatis  Ferrarie  , pro  fan3â  romana  EccUJîi , ac  Mu- 
tine Domini  generaiis.  Le  fceau  d’Albert,  marquis  d’Eft,  re- 
préfente une  aigle  éployée.  L’infeription  que  nous  donnons 
ici,  difere  un  peu  pour  les  caraûcres  de  celle,  que  nous  avons 
raponée  vers  la  fin  de  la  planche  (i)  précédente.  Mais  cet 
illuftre  marquis  ayant  vécu  jufqu’en  139}.  eut  le  tems  de 
faire  retoucher  & renouveller  fon  fceau  ; fi  toutefois  la  di- 
férence  des  caraâcres  ne  vient  pas  des  delQnateurs  ou  des 
graveurs. 

Des  angles  faillans  Sc  rentrans  caraftérifent  les  lettres  da 
la  huitième  efpèce  , dont  voici  les  quatre  modèles  , figurés 
fur  notre  plance.  i*.  Johannes  Dei  graciâRex  Scottorum. 
C’eft  l’infcription  fei  du  grand  Iceau  de  Jean  Bailtol  ou  Bail- 
leul  placé  , mr  le  trône  d’Ecoflè  en  1191.  par  Edouard  L dé- 
trôné par  le  même  roi  d’Angleterre  l’an  1x96.  &c  contraint 
de  fe  réfugier  en  Normandie  , fa  patrie  , où  fa  famille  fub- 
fifte  encOTe  avec  diftinétion.  Ce  fceau  étoit  apofé  à un  di- 
plôme de  l’an  1 198  , donné  au  nom  du  roi  Jean  Bailleul  , 
par  Guillaume  Wallace  , à qui  la  garde  &c  le  gouvernement 
d'EcolTe  avoient  été  donnés.  i“.  David  Dei  gracia  Rex 


Scotorum. — Dominus  profeSor  meus.  Villa  Ediabur^h.  La 
première  partie  de  cette  légende  eft  empreinte  du  coté  de 
la  tête , & la  fécondé  au  revers  d’une  (d)  monoie  d’argent 
de  David  IL  qui  fuccèda  l’an  à Robert  de  Brus  , le 
reftaurateur  de  la  monarchie  d’Ec^re.  3“.  Gregorius  PapaXl. 
C’eft  la  Jéeende  d’une  («)  bulle  de  plomb  de  Grégoire  XL  qui 
ocupa  le  laint  Siège  depuis  1370.  jufqu’en  1378.  4®.  Une 
monoie  de  la  ville  de  Cametino  en  Ombiie  a pour  légende 


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DE  'DIPLOMATIQUE. 

(fl)  du  côté  de  la  croix  SanSus  tnantius  , & au  revers  De 
Camerino. 

Les  lettres  de  la  dernière  efpèce  du  gothique  maflif  font 
à jambages  doubles  & triples.  Un  grand  fceau  en  o|^ive  , 
publié  pair  {i>)  Thomas  Madox , nous  a fourni  im  modèle  de 
cette  écriture  finguliere.  Voici  l’infcription  : Sigillum  eccU- 
Jîe  fan3e  Marie  de  Mertonâ.  Ce  Iceau  eft  du  règne  de  Hen- 
ri VIII.  qui  monta  fur  le  trône  d’Angleterre  l’an  ifop.  &c 
qui  par  une  fuite,  de  l’ignorance  , qui  regnoit  encore  après 
les  commencemens  du  xvi‘.  fiècle,  fut  déclaré,  au  giynd 
étonement  du  monde  chrétien  , chef  fuprème  de  VEglife  an- 
glicane , par  le  Parlement  de  la  nation. 

1 1.  Le  gothique  moderne  majufcule  devint  de  plus  en  plus 
irrégulier,  barbare  &:  rullique.  Ces  qualités  conftituent  le 
lêptième  genre  de  notre  première  fubdivilion.  Nous  l’avons 
diftingué  en  lêpt  efpèces , plus  hétéroclites  &c  plus  lii^ulieres 
les  unes  que  les  autres. 

La  première  eft  d’une  écriture  tranchée  , 8c  à queues 
courbes  relévées.  Le  modèle , que  nous  en  donnons  d^s 
notre  planche  , n’eft  qu’une  partie  d’une  infcription  publiée 
par  (c)  M.  Manni.  Elle  commence  ainli  : jinno  Domini 
MCCCXXVl.  die  Marti  Terra  de  Signia  dejîrutta  fuit  per 
Cajlruccium  & GibeUinos  de  Signe.  Notre  favant  Italien  a 
raifon  de  donner  cette  inlcriptioii  lapidaire,comme  un  exem- 
ple de  la  grolCéreté  du  cizeau  8c  de  l’ignorance  des  artiftes 
du  xv®,  ficelé. 

Le  gothique  capital  de  la  fécondé  efpèce  eft  danois.  Ses 
lettres  font  courbes , brifées  8c  anguleufes.  L’infcription , que 
nous  ofrons  pour  exemple  dans  notre  planche , eft  cirée  de 
l’ouvrage  (d)  d’Olaus  Wormius  , imprimé  en  1643.  le 
titre  de  Danicorum  monumentorum  libri  fex.  Ce  lavant  la 
rend  ainfi  en  danois  8c  en  latin  : Eftter  Guds  Byrd  cio  cidlv, 
ca  lac  Gangulff.  Indgrawa  Wigatarone  oc  hans  ïon  Oluff. 
AnatoChrifo  MCDLV.  has  Hueras  & charaSeres fcuîpi  cu- 
ravit  Wulfangus  & filius  ejus  Olaits.  Les  caraâères  de  cette 
infcription  lapidaire  forment  ( 1 ) une  croix>  Notre  auteur 

( I ) S*w  («)  mtllitri  , GtihlMM-  I quMm  amiil  eircumi  nfcriftimii  cmôntnt 

MtÊim  tji/eitt , fsiricMM  tÜ  crux  qian^m  I fantm  , cum  nUqtmm  teiuMI  crmù  tranf- 
(treiur  $U»artim  altitmUn*  , Uu» , | vttfaU  , thaiU  indafMm  ^ traehdim- 


U.  PART  U. 
SïCT.  III 
Chap.  XI. 
Artpcii.  III. 

(•)  ArgtUii 
mennis  Iialix  lai. 
4f.  ».  J. 

JX«.  ESPECE. 

(i)  Fmnularc 
anglic.tai.  i.  n.Z. 


Ecriture  potht- 
<]ue  capitale  irré- 
gulière  ou  plus 
Barbare. 

VII'.  GENRE. 
I'.  ESPECE, 


(f)  OJfcrvai.  fo- 
frà  ifigil.  aniiein, 
c.  i.^.  1 10. 


W.ESPECE. 


(J;  Pag.  »4J- 


C')  lUJ.t- 


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II.  PARTIE. 
S E C T.  III. 

C H A P.  XI. 

Article.  III. 
Jir.  ESPECE. 


IP.  ESPECE. 


(a)  De  Sigil.  ImS. 
1 J.  n.  II. 


P.  £5 PE  CE. 


(l)  Telypnfh. 
tjfàn.  f*l. 

xxiv.  vtrf9. 


6%6  NOUVEAU  TRAITÉ 

trouve  dans  les  chifres  i4n-  qui  eft  la  huitièrae  année  du 
rcgnedeChriftiernl.  roi  de  Danemark.  Il  a cru  qu’ils  étoient 
gothiques  ; mais  ils  font  romains  & défignent  l’an  i j j j . 

La  troificme  efpèce  eft  françoife , anguleufe  , & pointue  : 
fes  bafes  & fes  fommecs  font  conjoints.  Un  type  ou  fceau 
rond  en  forme  de  cachet , emprunté  du  cabinet  de  l’abbaie 
de  S.  Germain  des  Prés , nous  a donné  ce  modèle  ; Séel  G. 
de  Tre^es.  Au  milieu  de  ce  cachet  du  xiv.  au  xv'.  fiècle, 
on  voit  une  Vierge  de  bout , de  front,  CQuronnée  , tenant 
l’ei^nt  Jésus  , acompagnée  de  deux  rainceaux , chargés  de 
fleurs,  en  forme  de  lêps  de  vigne. 

Les  lettres  de  la  quatrième  efpèce  Yont  allemandes  : elles 
tendent  à devenir  carées  ou  triangulaires , & plufieurs  de  leurs 
rondeurs  fe  changent  en  pointes.  Nous  en  avons  trouvé  un 
exemple  dans  l’infcription  fuivante  : Sigillum  Comeniatons 
domùs  ordinis  Teutonici  in  Prujfiâ  & Livoniâ.  Le  fceau  , 
qui  porte  cette  légende  a été  publié  par  (a)  Heineccius , qui 
n’a  point  déchifré  le  dernier  mot.  Le  grand  maitre  de  l’or- 
d9  Teutonnique  s’en  fervoit  vers  la  fin  du  xiv®.  fiècle, 
au  commencement  du  fiiivant.  11  repréfente  la  fainte  Vierge 
avec  l’enfant  Jésus  fuyant  en  Egypte  , & S.  Jofeph  à pié , 
tenant  la  bride  de  l’âne  , qui  leur  fert  de  monture. 

La  cinquième  efpèce  eft  portugaife  , conjointe , liée  , & 
malhve.  Voici  fon  modèle  : Odemtro  d^,  cudode 

Defcurlibcyro.  do.  Arcebifpo.  Dont  Johane.  Epasqoc.  x.dias 
de  Oclubo  , da  erâ  Afcc. ...  Cette  épitaphe  de  l’an  ii6i. 
de  J.  C,  eft  gravée  fur  une  pierre  , ^u’on  voit  dans  l’églife 
de  S.  Martin  de  Soalhaens  , au  diocefe  de  Porto  en  Lufita- 
nie.  Don  NalTarre  l’a  (b)  donnée  en  entier;  mais  fans  la  lire, 
Sc  fans  en  faire  conoitre  le  contenu.  Les  trois  mots , qui  fui- 
vent  O do  ou  Odemiro  ,ont  paru  ('i  J inintelligibles  à d'habiles 
Portugais  , que  nous  avons  confultés  , pour  en  avoir  l’expli- 
cation. ^ • 

( I ) £a  atcndant  de  nouvelles  lumièrci , 
Doai  lêta-t-il  pennis  de  liarardcr  l'cxpli- 
cation  de  ce  fragment  d'fpiiaphc  ! En  de- 
vinant nous  y trouvons  ce  fers  : Ci  git 
Odemir , endormi  dans  le  repos  k les  tii- 
nèbtes  ( le  tombeau  ) , où  l’a  mis  l'ar- 
ebevêrjue  Don  Jean  Épafeoe  le  dixiè- 
me joue  d'Oâobte  de  l'cic  u c c.  La 


ftrftnditHUre  dlverpt  nUis  ùpfaiimm  tfl 
nttu,  txirtmiuitt^Mmr  Evemielifiienim 
tbimni  nemtut  , iis  tet  fui  Luem  , yau 
iafi  ujfignutui , Ubyrrnthi  ferfleui  elium 
ceafficiMitir  item.  Les  notes , dont  parle 
W otmius  font  des  croix.  Les  noms  M«- 
tht , Mure  font  au  haut  du  càié  gauche  : 
k/uui  k Seiuth  au  côté  droit. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  6ij 

La  fixicme  efpcce  eft  encore  portugaife  , &:  fes  lettres  font 
maflives  & fi  confufes  , que  notre  favant  (a)  Polygraplie  ef- 
pagnol  , ni  Don  Criftoval  n'ont  pu  décliifrer  l’infcription 
(cpulcrale,  qui  nous  fert  ici  de  modèle.  Le  premier  avertit  » 
qu’il  ne  la  publie , que  pour  exciter  les  favans  à l’expliquer. 
Nous  la  lifons  ainfi  tant  bien  que  mal  : Odo  Ovaa^  ecce  obit^ 
Camo  Tapperque  dccejjît  Kal.  decembris  , quum  eerâ  M ccc. 
Cette  épitaphe  de  l’an  de  J.  C.  1161.  eft  gravée  fur  une  (i) 
tombe, que  Don  Nafl'arre  a cru  trîs-ancienne. 

La  fepticme  efpcce  eft  provençale  , anguleufe , brifée  , 
disjointe , à -angles  faillans  & tentrans , &c  mêlée  de  quelques 
lettres  minufcules.  Le  modèle  , que  nous  donnons  de  ce  go- 
thique fingulier , nous  a été  communiqué  par  M.  l’abbé 
Lebeuf.C’eft  une  infcription  repérée  quatre  fois,  dans  le  cercle 
intérieur  d’un  vieux  grand  ballin.de  léton  , apanenant  à la 
Confrérie  de  faint  Pierre  de  Riez  en  Provence.  Nous  la  li- 
fons ainfi  : Fa  ne  cavan  a page.  Des  pcrfones  habiles  &:  du 
pais  n’ont  pu  nous  dire  ce  que  ces  mots  fignifient.  Probable- 
ment les  quêteurs  de  la  Confrérie  les  prononçoient , en  pré- 
fentant  le  balTin , pour  recevoir  les  (a)  aumônes  des  alliftans; 

III.  Le  gothique  capital  fe  trouve  fouveiu  mêlé  de  mi- 
nufcule , dans  les  infcriptions  lapidaires  &c  métalliques.  Ce 
mélange  forme  le  huitième  &c  dernier  genre  de  notre  pre- 
mière (ubdivifion.  Sous  ce  genre  font  renfermées  cinq  efpcces  » 
donc  il  s’agit  d’aifigner  les  diférences. 

La  première  eft  compofée  de  lettres  majufcules  &c  minuf- 
cules a grifes  &c  prcfque  é-galemenc  nomb^îiifes.  Elle  a dans 
notre  planche  pour  snodcle  cette  infcription  : Sigillum  Jo- 


li- PARTIE. 

s E c T.  III. 

Chao.  XI. 
Article.  III. 
VI'.  ESPECE.. 

(*)  IlU.fit.  t,r- 
fixix.  a.  it. 


W . ESPECE. 


Ecrirare  gothr- 
quc,  mclie  de  let- 
tres majarcules  5: 
minufcules. 

VIII'.GENRE. 
1'.  ESPECS. 


paiticulc  Jt , dans  le  diflionaire  Porcu 
gais , lignifie  4 ou  mh.  Le  mot  Dt  ii^cKr- 
hhtjTt  pouioit^ctc  aullilenom  dccjucl 
i)uc  Office  de  U mailbn  de  rarchcvcque. 
LC  en  ce  cas  m3t(|ucroit  le  génitif. 

(i)ElleeflpIa.^c  dans  la  grande  cha- 
pelle du  monallcic  loyal  de  faint  Maiiin 
(TAcova.  Elle  rcprfrcntc  une  femme  , 
dont  rhabit  fcmble  être  celui  d'une  re- 
ligicufe , ponant  une  grande  croix  fur 
£1  poiniiK  , 8c  un  chapelet  de  cint]  di- 
aaincs  atachd  à fon  cou.  Au-dclfinis  d'un 
petit  manteau  , tjui  defccnd  à mi-coips  , 
no  voit  un  rang  de  globules  . ouiouiie 


qui  tombe  jirfqo'au  bas  de  la  robe. 

(1)  Ces  aumônes  po%iroiencècia  dcfli- 
nées  i faire  dire  des  Méfiés  & des  prières, 
pour  le  repos  des  âmes  des  TrdpalKs  , ou 
a (aire  inhumer  les  pauTics.  Le  mot  C4- 
«44  vient  fans  doute  de  C4V4r  , qui  fi- 
gnific  chez  les  Efpagnols  8c  les  Italiens  , 
creufer , folToycr.  ht  nt  CMvan  4 ftet^ 
vondrapeutftredire  : Faites  que  les  morts 
ne  foient  pas  enterrés . privés  de  la  paiZw 
CcII  tout  ce  que  nous  pouvons  dire  d'une 
infcription , dune  le  langage  nous  cA  ia- 
connu. 


II.  PARTIE. 
Sic  r.  III. 
Ch  A P.  XI. 

Article.  III. 

II'.  ESPECE. 

^ (.l)  Lob.  hij}.  do 
Prêt.  t.  1.  fttÆU 

m\  ESPECE, 
(h)  Ibid,  fciiut. 
Kl. 

(()  Ibid,  fit/ui. 

III. 

ir.  ESPECE. 


fdi  Tmb.  llJl.t. 
y-.  ESPECE. 


\e,Tab.  y.  n.  5. 


( f)  Mf.  dtla  W* 
bliêtki^  du  roi 


Ecriture  en  put 
petit  tomaip. 

1I‘.  SUBDIVI- 
SION. 

I.  GENRE. 


J*.  ESPECE. 


g«8  NOUVEAU  TRAITÉ 

hannis  Victcomitis  dt  Rohan.  Le  fceau , d’où  nous  l’avons  tt-; 

rée,  eft  de  (a)  l’an  ij8o. 

La  fécondé  efpcce  eft  la  meme  ; fi  ce  n’eft  que  (es  lettres 
font  fans  grifes.  Voici  fon  modèle  : Sigillum  Pétri  Caboumes. 
Le  fceau  de  Pierre  de  Caboumais  eft  daté  de  l’an  1395.  dans 
l’Hiftoire  {b)  de  Brétagne. 

Dans  la  troificme  efpèce , la  minufcule , tant  demi-romaine 
anguleufe  que  demi-gothique  , eft  dominance.  L’exemple , 
que  nous  en  donnons , eft  cette  légende  : Séel  Jean  de  la  . 
Bouexiere.  Ce  fceau  (c)  eft  de  l’année  i^oi. 

La  quatrième  efpèce  ne  difére  de  la  précédente  , qu’en  ce 
qu’file  eft  mêlée  de  pur  petit  romain  de  de  gothique  à pointes. 
Notre  planche  en  ofre  un  modèle , ciré  d’uii  fceau  alleman , 
qui  porte  cette  infeription  : Sigillum  Erkardi  Prepofiti  eccle~ 
fie  in  Undersdorff.  Ce  fceau  en  ogive  de  l’an  142.4.  a été 
donaé  par  D.  Hueber , dans  Ibn  Autriche  [d)  illuftrée. 

Le  caratftère  minufcule  à txjintes  & angles , domine  dans  la. 
cinquième  efpèce.  Son  modèle , gravé  fur  notre  planche  , eft 
cette  infeription  d’im  fceau  impérial  du  xiv*.  ficelé  -.Karo- 
lus  quartus  divina  favente  clemenciâ  Romanorum  imperator 
femper  Augujlus  & Boemie  Rex.  Ce  fceau  de  Charle  IV.  a 
été  publié  par  (e)  Heineccius.  Tous  les  anciens  monumens 
où  les  empereurs  &c  les  rois  s’apellent  premier,  fécond,  troi- 
liéme , quatrième  &:c.  font  mis  au  nombre  des  jm^ftores 
par  (J)  le  P.  Hardouin.  Si  cette  imâginatign  faifoit  fortune; 
quel  abatis  dans  toutes  les  archives  d’Europe  ! 

§.  III. 

Gothique  minufcule  , & autres  écritures  contemporaines  , 

lapidaires  & métalliques  : IP.  Subdivifion.  Explication 
de  la  fkeonde  partie  de  la  planche  XXXfiI. 

I.  Le  caraélère  minufcule  gothique  n’a  pas  tellement  do- 
miné dans  les  inferiptions , qu’il  en  ait  totalement  exclu- le 
petit  romain.  Notre  fécondé  fiibdivi/ion  eft  employée  à fiiire 
conoitre  ces  deux  écritures  contemporaines , clont  nous  dif- 
cinguons  cinq  genres. Le  premier  renferme  le  pur  petit  romain, 
qui  fut  en  ufage  entre  la  fin  du  xn  i'.  fiècle  le  milieu  du 
XV®.  Paflbns  à fes  efpèces. 

La  première  n’a  rien  que  d’ordinaire.  Elle  eft  repréfentée 

dans 


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DE  diplomatique:  <8, 

dans  notre  planche,  par  trois  infcriptions.  Peter  Chajlner-  S* 

C’eft  la  légende  d’un  fceau  (a)  de  l’an  1 3 1 z.  confervé  dans  les 

archives  de  Vienne  en  Autriche,  x**.  Sigillum  Bernharii  chat.  xi. 

Mander.  Dom  Hueber  lit  Manier.  Le  {b)  fceau,  qui  porte  Articli.  m. 

ce  nom  eft  de  la  même  année  &:  des  memes  archives.  3°.  Si-  ^ ^ 

gillum  officii  Cameranatûs  collegii  Revereniijjimorum  Do- 

minorum  fancle  Romane  ecdejie  Cardinalium,  Le  même  au-  *•  «• 

teur  a lu  Cameratus.  Le  (c)  fceau,  au  tour  duquel  on  lit  cette  (f)  n, 

infeription  , eft  de  l’an  1419.  Il  eft  en  give , & l’on  voit  au 

haut  l’image  de  J.  C.  à mi-corps,  beniftant  de  la  main  droite, 

& tenant  un  globe  furmonté  d’une  efpèce  de  trident  dans  fa 
gauche.  Au-dcftbus  font  aflîs  fur  un  trône  S.  Pierre , portant 
^ une  double  clé , &:  S.  Paul  tenant  un  glaive  élévé.  Sous  leurs 
piés , paroit  un  éeuffon  chargé  .de  deux  clés  en  (autoir. 

fécondé  efpèce  de  petit  romain  eft  fort  maigre.  Notre  n*.  ESTEce, 
planche  n’en  fournit  que  deux  exemples.  i“.  ALbenus  Dei 
gratiâ  iux  Aujirie , Stirie  , Karinthie  & Carniole , dominas 
Marchief  Sdavonie  ae  Portufnaonis  , Cornes  in  Mabspurg^ 

Tyrol , &c.  Le  grand  {d)  fceau  rond  d’Albert  V.  Archiduc  (J)  itis.  ut.  iir, 

d’Autriche  , qui  donne  cette  infeription,  lèrvoit  en  14x0. 

à fceller  les  diplômes  de  ce  Prince,  qui  dans  la  feule  année 

1438.  réunit  fur  fa  tête  les  couronnes  de  Hongrie  , de  Bohe-  « 

me  &c  d’Allemagne,  x”.  Séei  Jehanne  Conteje  de  Foix.  Le 

fceau  (e)  de  Jeanne  d’Albret,comteflede  Foix,eft  de  l’an  143  x.  (»)  iVfl. 

II.  Le  caraûère  minufcule  ou  petit  romain  , fans  alliage  '•  J'  F-  5* 
de  gothique , fe  montre  dans  les  mferiptions  ; mais  fouvent  "ʫiture  co  petit 
il  y eft  mêlé  de  lettres  majufcules  & curfives.  Ce  mélange  romain , mêlée  de 
conftitue  le  lêcond  genre  de  la  préfente  fubdivihon.  Nous  ^ 

l’avons  partagé  en  quatre  efpcces  , dont  les  modèles  font  ii.  c Ê N R E. 
allemans  , François  &c  lorains. 

La  première  eft  mêlée  de  quelques  majufcules  feulement.  j«.  ejpech. 
Le  fceau  (J)  rond  de  Leonard  évêque  de  PalTau  en  J438.  (f)  AnjirU  uinfir. 
nous  préfente  un  exemple  de  ce  mélange.  Voici  l’infcription,  »•  ‘ï* 
tranfportéc  fur  notre  planche  : Sigillum  Leonarii  epifeopi 
ecdefùe  Patavienjts.  La  dipthongue  conjointe  ce  , négligée 
pendant  long,  tems  , fe  montre  dans  cene  légende, 
t La  fécondé  efpèce  eft  mêlée  de  curfives.  Nous  en  donnons  jj,  ^ sr  ECt 
un  modèle  , tiré  de  l’hiftoire  de  (g)  Languedoc.  C’eft  l’inf-  f.fi.s. 

cripcion  fuiyante  1 Séel  Hugues  feigneur  Daipaiou.  Ce  ».  jp, 

Tom^e  //,'  S fff 


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II  PARTIE. 
SXCT.'  III. 
Chap.  XI. 
‘Axticix.  111. 


ur.  ESPECE. 


{•)  Culrntt  hifi. 
dt  Ltrr.  t.  i. 
ftIM  XI, 


r. 

jy.  ESPECE. 


f. 

(c)  Aufir,  iUif/h. 
tmi.  ij.  a.  15. 


Ecriture  minur- 
cule,  mjliBg^de 
giiihiquc. 

UI*.  GENRE. 

I*.  ESPECE. 


(tflT.  If.M.XJO. 


• {/]  T»t.  >1.  a. 

I7^.^  i>j. 

JJ  ESPECE. 


00  NOUVEAU  TRAITÉ’ 
iléAiîer  mot  Vft  ^c*it  ainfi  far  le  fccaude  Hugue,  fire  d’Ar-', 
pajon  , vicomte  de  Laucrec  , en  1419.  Mais  le  premier  i eft 
une  r defticuée  de  fon  petit  trait  , & Vu  final  fe  prend  ici 
pour  une  n.  Nous  avons  remarqué  ailleurs  , que  ces  deux 
lettres  minufcules  fe  confondent  tellement  pendant  deux  fic- 
elés , qu’il  n’y  a que  la  force  du  lens  , qui  puifiTe  les  faire 
dillinguer. 

La  troificme  efpcce  admet  un  mélange  de  lettres  majuf- 
cules  & curfives.  Notre  planche  lui  fournit  deux  modèles. 
1°.  Si^illum  Karoli  Ducis  Lotharingûe  ù Marchionis.CcVt 
l’infcription  (a)  du  Iceau  de  Châtie  II.  duc  de  Lorraine,  de- 
puis l’an  1 390.  )ufqu’en  1431.  On  y voit  l’at , qui  eft  d’au- 
tant plus  remarquable , que  des  favans , fort  célèbres  à Paris  » 
ont  tenu  pour  fulpeâs  des  aâes  tranferits  dans  ces  bas  fiècles  ; 
uniquement  parcequ’ils  y avoient  rencontré  cette  diphtongue. 
X®,  SigUlum  Johannis  Deigratiâ  comuu  Fuxi.  Le  (l>)  fceau, 
qui  porte  cette  légende  , eft  de  Jean  de  Grailli  , corme  de 
Foix , & gouverneur  de  Languedoc  en  14x5. 

La  quatrième  efpèce  eft  mêlée  de  curfives  romaines  , de 
maiufcules  & de  minufcules.  Notre  planche  n’en  préfente 
point  d’autre  modèles  (|ue  ces  mots  : F ridrich  Herr  [u  Ho- 
nenberg.  Cene  infcription  allemande  eft  gravée  fur  un  fceau 
(c)  rond  de  l’an  1433.  Le  mot  herr  y qui  fignifie  feigneury  n’y 
paroit  pas  ; nous  l’avons  ajouté  par  forme  d’e^Ücation , d’a^ 
près  Dora  Hueber. 

III.  On  remarque  fur  les  fceaux  des  écritures  minufcules, 
qui  tiennent  partie  du  caraâère  romain , partie  du  gothique. 
Nous  en  avons  formé  le  troifième  geme  de  notre  fécondé 
fubdivifion  , compofé  de  trois  efpèces. 

La  première  eft  plus  romaine  que  gothique  ; comme  il  par> 
roit  par  les  deux  modèles,  gravà  fur  notre  planche.  i“.  Si- 
gülum  Marchardi  de  Tirenfiain.  Le  fceau , qui  ofie  cette 
légende, eft  de  l’année  1 349.  Raymond  Duelhus  ,qui  Ta  pu- 
blié , dans  fes  Extraits  (d)  généalogiques  & hiftoriques , a la 
S.  Marquarc&de  Timjlain  ; aparamment  pour  fùivre  l’ortho- 
graphe moderne  d’Allemagne.  x*,Si^um  Pcaüi  Haufeha* 
mer.  Le  même  (e)  auteur  au^l’vE  1 390.  au  fceau  qui  porte 
cette  infcnpdon. 

La  fécondé  efpcce  eft  on  mélange  de  pur  petit  romain 


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DE  diplomatique; 


69t 


Italique,  avec  le  gothique  à pointes.  Pour  en  donner  un  exem- 

pie  , nous  avons  fait  graver  fur  notre  planche  cette  inlcrip- 

tion  : Séel  Jehan  de  toix  Viconte  de  Narbonne.  Ce  {a)  fceau  c h x i. 

fcrvoit  à donner  l’authenticité  aux  aâesen.14^7.  Aancti.  ui. 

La  troificme  efpcce  eft  mêlée  de  petit  romain  de  go- 
thique.  Notre  planche  ofredeux  exemples  dp  œ mélange.  ^ 
i®.  Rauol  de  Flandres.  Rauol  eft  écrit  pour  Raoul.  Le  ca- 
cher  rond  , qui  donne  cetre  légende , repréfente  un  écureuil 
(lirune  bare,  &c  n’eft  que  du  xv®.ficcle  tout  au  plus.  Ilapartienc 
au  cabinet  de  la  bibliothèque  de  S.  Germain  des  Prés. 
gUlum  JorigHaJib.  1477.  Cette  époque  eft  marqt^ée  par  des 
chifres  communs,  qui  ne  reftemblent  prefque  point  à ceux,  que 
nous  apellons  arabes.  Dom  Hueber , qui  a publié  (b)  ce  fceau , (jj  Xa/Jr.  uu^tr. 
oe  dit  point  fur  <^uoi  fondé,  il  leur  donne  la  valeur  de  1484.  }t.  s.  i. 

IV.  Le  caraûcrc  demi-gothique  étoit  fort  en  ufagé,  fur-.  Ecriture  minof- 
tout  au  XI  v',  liccle.  Il  caraâérilè  le  quatrième  genre  de  l’é-  cuic  à demi -go- 
criture  minufcule  de  la  fécondé  fubdiviflon.  Trois  *^pcces 
font  fubordonnées  à ce  genre,  dans  notre  planche. 

La  première  eft  angloilê , françoife  , & plus  ou  moins  an-  /.  espece. 
guleule.  Voici  lès  modèles.  1°.  Secretum  Édwardi  primo ge~ 
niti  regis  Anglie  & Francie , Pnncipis  Wallie , DucLs  Cor- 
nuvalïie , & Comitis  Cejlrienjis.  Cette  infcription  ( c)  eft  gra-  umJUx  ftrm, 
vée  au  tour  du  fceau  fecret  ou  contrefcel  d’Edouard  , créé  nifu.iai.t. 
Prince  de  Galles  l’an  i j4j.  Ce-eontrcftel  a pu  être  en  ufage 
depuis  ce  tems-là  jufqu’en  1 3 ^ j . Edouard  ayant  alors  ajouté 
à ^s  titres  celui  de  Duc  de  Giiienne  , qui  ne  paroit  point 
dans  l’infcription.  t®.  Siel  Alein  de  Quebriac.  Ce  Seigneur 
bréton  (d)  vivoiten  1 370. 3°.  Séel  d’ Alain ySire  du  (e)  Per~  (j)  * 

rier  & du  Plefeir  baliclon  & de  Queftamhert.  Alain  du  Per-  ®"'-  '•  »• 
lier  étoit  marécnal  de  Brétagne  l’an  1387.  itu.  fitM» 

La  fécondé  efpèce  du  caraélère  minufcule  demi-gothique  ii>t. 
eft  anguleufe  à pointes.  Nous  en  donnons  pour  exemplecette  • especes 
infcription  ; Sigillum  Sifridi  Dei gratta  abbatis  MeUicenJîs. 

Sigefroi  gouvemoic  ea  1 3 8 1 . la  célèbre  abhaïe  de  Meik ,7/^; 

dans  la  bafte  Aurriche.  mS.  ■».  ».  n. 

La  troiûème  efpcce  eft  à pointes.  & un  peu  forrée.  Le  iir.  espece; 
foeau  de  Louis,  Duc  de  Bavière , nous  en  fournit  un  modèle 
dans  cette  légende  : Sigillum  Ludvici  comitis  palatini  Reni 
inurioris  & fuperioris , Bavarie  Dttâs.  L’aâe  (g’)  fcellé 
foeaudecePrinceeftdel’année  13;  I.  Sfffij 


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II.  PARTIE. 
S C C T.  III. 
Ch  AP.  XI. 

A AT  I c L I.  111. 

Ecritare  minof- 
ctile  purement  go- 
(faiqix. 

V.  GENRE. 
i.  ESPECE. 


(»)  Lit.  hijt.  it 
1. 1. 

1*7. 


(I)  StleH.Himifm. 
9 àîpltm.  Scu. 
thtf.tti.  il. 

n ESPECE. 


69i  NOUVEAU  TRAITÉ. 

V.  Depuis  les  dernières  années  du  xiv'.  ficcle  jufiju^aa 
XVI.  le  pur  gothique  minufcule  eut  grande  vogue  dans  les^ 
inferiptions  lapidaires  & métalliques.  On  s’eo  lervit  furtout 
en  France  , en  ficofle,  en  Angleterre , en  Allemagne  & dans- 
les  Etats  voifins.  Ce  caraélere  forme  le  cinquième  genre  de 
k fécondé  fuhdivifiôn  des  écritures  gothiques.  Ce  dernier 
genre  comprend  dix  efpèces  , qui  enchérirent  les  unes  fur 
les  autres  en  laideur  &c  en  bifareries. 

La  première  eft  françoife  & écofloife,  & fe  diftingue  par 
fes  angles.  En  voici  trois  modèles , qui  figurent  dans  notre 
planche.  i°.  S ici  du  Bailliage  de  Rueil  en  Brie.  Le  fceau 
rond , qui  porte  cette  épigraphe  , eft  du  xiv.  auxv*-  fiècle» 
On  le  conferve  dans  le  cabinet  de  la  bibliothèque  de  S.  Ger- 
main des  Prés.  U reprélènte  deux  perfonages , qui  femblent 
être  les  Apôtres  S.  Pierre  8c  S.  Paul , aux  deux  côtés  d’une 
croix  maçonée  8c  (bus  une  voûte  d’Eglilè.  Des  rainceaux  pa- 
roilTent  de  chaque  côté.  a*.  Séel  Jehan  Duc  de  Britaigne  ^ 
comte  de  RichemontÇf  de  Montfort.  Le  (a)  grand  fceau  , qui 
donne  cette  légende  , eft  de  Jean  V.  t^ui  régna  fur  les  Bré- 
tons  depuis  le  commencement  du  xv'.  fiecle , jufqu’en  1 442. 
3«.  Sigillum  Robeni  Ducis  Albanie  , Guhernatoris  Scotie. 
C’eft  l’infeription  du  fceau  du  Duc  d’Albanie , qui  gouverna 
le  royaume  d’EcolTe  pendant  l’interrègne , caufé  par  la  mort 
de  Robert  111.  8C  la  prHb»  Jaque  L Co-iccao-  (4)  eft  tiré 
d’une  charte  de  l’an  14IJ. 

La  fécondé  efpèce  françoife  eft  anguleulè  8c  ferrée.  Les 
deux  exemples , que  nous  en  donnons  dans  notre  planche , 
(ont  I*.  Sigillum.  : Telorum  candor  jplenduit  , novum  fidus 
emieuit.  Le  fceau  en  pleine  ogive  , (ur  lequel  cette  inferip- 
tion  eft  gravée  , n’eft  que  du  xv*.  fiècfe  , 8c  apartient  à la 
bibliothccjue  de  S.  Germain  des  Prés.  Ce  type  repréfente 
S.  François  dans  une  églife  , 8c  recevant  les  ftigmares  d’un 
Séraphin.  11  y a au-delTous  un  écuftbn,  repté(èntant  trois  tours 
fur  une  porte.  2°.  Sigillum  Katherine  de  Comiers  abbatijfè 
Bellimonris.  Le  fceau  de  plomb  en  relièf,  qui  donne  cette 
légende , eft  un  moule  ou  type  confêrvé , avec  les  antiques  du 
cabinet  de  la  meme  bibliothèque.  L’abefte  de  Beaumonc-les- 
Tours , à lac^uelle  il  apartenoit , mourut  en  1490.  félon  les 
Frères  de  famte  Marche.  U repréfente  une  Vierge , tenant 


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DE  DIPLOMATIQUE.  69i 
feulement  l’enfant  Jésus  fur  fon  bras  gauche.  Elle  paroit 
debout  à l’entrée  du  portail  d’une  églife  gothique. 

La  troifième  efpcce  eft  allemande  , anguleufe  & un  peu 
ferrée.  Raymond  Duellius  a publié  trois  fceaux  , dont  les 
légendes  nous  ont  fervi  de  modèles.  i°.  Sigillum  Gregorii 
archiepifcopi  Sal^burgenjis.  Le  fceau  portant  cette  infcrip- 
rion  , eft  (a)  de  l'an  1 399.  i“.  Sigillum  iohannis  Pincernt 
de  Ried.  En  1400.  on  (b)  faifoit  ufage  du  fceau  , qui  donne 
cene  légende.  3®.  Sigillum  Georgii  Dei  gracia  epifeopi  ec- 
cltjîe  Patavienjis.  Dans  cette  infeription  (c)  du  grand  fceau 
donc  l’évêque  de  Paftâufe  fervoic  en  1413.  l’n  &:  l’u  font 
entièrement  femblables« 

La  quatrième  efpèce  eft  françoife  y ferrée  , maigre  & an- 

gtleufe.  On  n’en  trouve  dans  notre  planche  qu’un  modèle 
n court.  C’eft  le  mot  Mellun  y gravé  fur  un  fceau  , ou 
cachet  rond  , du  xv®.  ûccle  , du  cabinet  de  S.  Germain 
des  Prés.  L’infeription  eft  en  forme  d’écriteau  fur  une  croix 
haute,  fleurdelifée  Sc  furmontée  d’une  crolTe.^ 

• La  cinquième  efpèce  eft  angloife  , anguleufe  & en  grifes. 
Le  modèle  que  nous  en.  donnons  eft  fort  coun.  11  conüfte  en 
ces  deux  mots  ; Johan  : gratiâ , qui  font  [et)  partie  de  l’inf- 
cripcion , qu’on  lifoit  fur  le  fceau  de  Jean  évêque  de  Durham. 
Ce  prélat  vivoit  fous  le  règne  de  Richard  II.  roi  d’Angle- 
terre ; c’eft-à-dire  vers  la  fin  du  xi  v'-  fiècle- 
• La  fixiètne  efpèce  eft  allemande  Se  diverfemenc  ondée. 
Les  crois  modèles  ,.qui  lui  apartiennent  dans  notre  planche , 
font  empruntés  de  Duellius.  1°.  Sigillum  Hertne^i  von- 
Hert^ogpirbau.  Le  fceau  rond , char^  de  cette  infeription , 
apartient  (e)  à l’an  1387.  Duellius  a \\x  Henntidi  de  Her^og- 
pirpaum.  a®.  Sigillum  Johanis  IVaafx,  Duellius  lit  (/)  Wajer, 
&c  donne  l’ann&  1400.  pout  époque  au  fceau  , qui  porte 
cette  légende.  Sigillunfohctninu  y olsnkayfer  ou  F olhuyjer. 
Notre  doâe  alleinan  (g)  3.  hi  Jannis  Holtehayfer  ^ a<uté 
de  l’an  14^4.  le  fceau , fur  lequel  eft  gravée  cette  infeription , 
très-dificile  à déchifrer. 

• La  feptième  efpèce  de  pur  gothique  eft  encore  allemande. 
Outre  cette  qualité  , elle  eft  un  peu  ferrée  & montre  des 
pointes.  Dom  Hueber  nous  a fourni  les  deux  inferiptions  , 
qui  nous  ont  fervi  de  modèles.  1^.  Rodulftu  quartui  Dû 


II.  PARTIE. 
Seci.  III. 

Ch  AP.  XI. 
Aaticli.  III.. 

I/i',  ESPEECE. 


(«)  DHtUi  Exetr- 
pl»  tiitixlcf. 
p.  197-n.  ioi. 
(i)  IbU.  ».  J I J. 
(f)  Ihid.f.  100; 
tMb.  16.».  )44. 


ESPECE. 


y.  ESPECE. 

(d)  Msdtx  F*r. 
DuU.  xxglie.ixi.i. 


yi.  ESPECE, 


(l)  DiuEËxurp», 

p.  I$4./»S.  AO. 

».  A <4.. 

{f)lUd.p.  tf». 
tMb.  A4.  ».  ) 14. 
(s)  Ibid.p.  A07. 

».  4A». 

ni.  ES^CE. 


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n.  PARTIE. 
Sect.  III. 

C H A ?.  XI. 

Aktic l E.  III. 
(m)  Anfir. 

ùi.ll.B,  I. 


(,1)  IM.téit.tf. 

B.  lE. 


nu.  ESPECE. 

♦ 


IX.  ESPECE. 


(t)  Pf»!m.  71. 

«.  II. 

(i;  AfKBij/ff.if, 

«.  it. 


E94  nouveau  traité 

gracld  archedux  Aujlrie  , Stirie  & KarintkU  , dotmnm  Cani 
nioU  t Marchie  ac  Portusnaonis  , cornes  in  Habspurg  , 
Ternis  & Kihurgj  Marchio  Borga  ac  Lantgravius  { Alfatie.  ) 
Le  (a)  fceaii  rond  , d’où  nous  avons  tiré  cette  légende  , ell 
d’une  grandeur  plus  qu’ordinaire.  Il  s’eft  fconlcrvé  depuis  l’an 
1} 6a.  dans  les  archives  de  l’abbaïe  de  Mtlck  en  Autriche. 
t°.  Princeps  gloriojijjime  Michael  archangele  , memor  nofirta 
(legationis.  ) Le  dernier  mot  eft  Ibus-entendu.  Cette  inlcrip- 
tion  eft  (é)  gravée  fur  un  grand  fceau  en  ogive , repréfentanc 
S.  Michel  debout , en  aube  , & l’étole  croilite  fur  la  poitrine.. 
On  voit  à fes  piés  un  Cardinal  en  prières.  Ce  fceau  étoit  à< 
l’ufage  de  Julien  cardinal  du  titre  de  S.  Ange  , Sc  Légac 
apoftolique  en  Allemagne  l’an  14}). 

La  huitième  efpèce  eft  partie  anguleufe  & partie  trian* 
gulaire.  Nous  en  avons  nouvë  un  modèle , fur  un  fceau  rond 
en  forme  de  grand  cachet , apartenant  à la  bibliothèque  de 
S.  Germain  des  Prés.  Ce  tipe  du  xv'.  fiècle  a pour  légende  r 
Séel  delà  Vicomté  faim  Philleben  fusRille,  dansl’EleéHoa 
de  Ponteaudemer.  Le  champ  eft  fémé  d’étoiles.  On  voit  une 
mitre  à gauche , une  main  tenant  une  crofte  à droite , 
au-deftus  une  coquille. 

La  neuvième  efpèce  Ce  diftingue  de  toutes  les  autres  pac 
des  pointes  triangulaires , qui  lui  fervent  de  bafes.  Dans 
beaucoup  d’églifes  de  la  campagne  . on  lè  lcrt  encore  de  li- 
vres écrits  en  ce  vilain  caraâère.  Nous  en  donnons  quatre 
modèles  , tirés  fur  autant  d’originaux  du  cabinet  de  S.  Ger- 
main des  Prés.  i“.  Adorabunt  {c)  eum  omnes  reges  , omnes 
gentes  fervient  ei  : quoniam  (d)  ipfe  efl  Rex  regum  & Do- 
minas dominantium.  Ces  deux  verfets  de  1 Ecriture  font  gra- 
vés fur  un  diptyque  d’ivoire  , que  nous  ne  croyons  pas  plus 
ancien  que  le  xv'.  liècle.  a®.  SéÀ  de  Henri  Milles  ou  Vitller. 
C’eft  l’iqfcriptien  d’un  cachet  rond  du  même  tenu.  Dans  le 
champ  on  aperçoit  une  Hcouronnéede  fleurs  de  lys.  }°.SéA 
Cure  de  Pavart.  Le  cachet  ou  petit  fèau  portant  cette  lé* 
gende  eft  du  même  Cède.  Il  repréfente  un  Prêtre  en  habits 
tacerdotaux  & tenant  le  faint  Ciboire.  4°.  Sigillum  Pnora- 
tus  janSi  Manini  de  Calteciâ.  Le  fceau  en  ogive , fur  lequel 
on  lit  cette  infeription  , eft  pareillement  du  xv'.  Cède.  On 
y voit  faint  Martin  monté  fur  un  cheval , &C  coupant  ioia 
manteau  y pour  en  revêtir  un  pauvre. 


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DE  DIPLOMATIQUE.  €9^ 

la  dhdème  efpcce  da  pur  gothique  «ft  ferrée  & Wriffée 
de  pointes  fblides'Sc  latérales.  Nous  en  donnons  pour  exem- 
ple cette  légende  d’un  fceau  du  xv'.  Cède  : Sigillum  Decâtù 
& Capituli  ColUgii  Beau  Marie  de  Lamb'alâ.  Ce  fceau  ori- 
ginal du  Chapitre  de  Lambale  nous  a été  communiqué  par 
le  R.  P.  Bibliothécaire  de  l’abbaïe  de  S.  Germain  des  Prés  • 
ainfi  que  la  plupart  des  autres  monumens , employés  dans  nol 
tre  ouvrage.  Les  armes  de  Bréugne  font  fémées  dans  le  champ 
de  ce  fceau.  On  y voit  une  Vierge  debout , couronnée , tenant 
TEnfant  Jésus  , fous  un  portail  d’églife.  A côté  paroit  un 
Chevalierà  genoux,&  tourné  vers  l’image  de  la  mère  de  Dieu 
& au-delTus  un  éculTon  aux  armes  de  Brétagne.  * 


Fin  dü  second  Tome. 


APPROBATION 

^ Salzijsx  , de  tAcadimie  Franfoiji  , & 
Un  ^ Belles-Lettres  , Profejfeur  royal  en 

Mibreu  , Garde  de  la  Bibliothèque  du  Roi , Cenfeur 
Royal. 

Pai  lu  par  ordre  Monfeigneur  le  Ghancelier  le  Tome  II.  du  nouvea» 
Traité  de  Diplomatique , & je  a’y  ai  rien  trouvé  qui  put  en  empêchet 
l'imprelEon.  J'ai  cru  que  le  Public  lecevtoit  avec  fadsfaâion  , des  re- 
cherches  aulli  étendues , & aulü  utiles,  que  le  Ibnc  celles  de  ce  Traité. 
A Paris  le  17.  Mars  1755.  S ALLIER. 

*' 


% 


II.  PARTIE. 

St  CT.  II  I. 
Ch  A P.  XI. 
A ar  I c L I Iir. 

X . ESPECE. 


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69f 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS. 

Tome  I. 


Ags  jjp,  ligne  t!.  avant  ces 
mots  J les  lettres  , ajoute^  : 
On  pouroit  d'après  Loup  de  Fer- 
rières épijl.  122.  dilUnguer  les  let- 
tres régulières  des  éclcIialHques  ou 
pontificales  -,  pareeque  les  premiè- 
res éroient  données  par  des  abbés 
tç  les  fécondés  par  des  évêques. 
Tes  unes  & les  autres  tenoient  lieu 
de  démilToire  , ou  de  certificat  de 
vie  0c  de  mœurs. 

Pttg.  SJ7-  lignes  14.  j au  lieu 
ie  ces  mots , la  confiitution  du  ty- 
ran Confiantin  , lifex  ; la  confii- 
tution  d’Honoré  6c  m Théodole 
J|e  jeune  J faulTement  atribuée  par 
quelques  auteurs  au  tycaa  Conf- 
laptin.  _ 

Pag.  sSo.  lig.  17.  Le  premier 
mot  explique  la  nature  &c.  lifev  : 
Le  ptemier  mot  explique-t-il  1^ 
nature  du  cirographe , qui  devoir 
être  également  partagé  encre  les 

parties  Conci^âant«c  • ni^ 
anonce-t-il  le  fceau  capitulaire  dif- 
ringué  de  ceux  des  enanoifies  di- 
gnitaires ou  pacticuliets  ! 

Pag.  jij.  lig.  I.  2.  retranche^ 
tes  mots  : de  la  fin  du"  xuj', 
fiècle  , ou  du  commencement  du 
fuivant,  & life:[  du  milieu  du  xiii*. 
fiècle. 

Pag.  4J7.  dans  la  note  lig.  3. 
d'Anecy  , lifc\  , du  Pui  en  Vêlai. 
Ala  finie  la  note  ajouter  : 11  y a 
encore  à la  bibliothèque  dû  rpi  ^n 
nombre  d’autres  canulaires  , très- 
intérefiàns  , donc  nous  n’avons 
point  parlé  : tels  font  ceux  de 
Champagne , le  regilhe  de  Phi- 
lippe Augufie  0cc^ 


Pag.  460.  not.  col.  J.  lig.  27^ 
une  Abbaïe , life:[  j un  Prieucé. 

Pag.  616.  ô fuiv.  11  ne  faut  re- 
garder,dans  les  explications  de  no- 
creplanche,que  comme  des  chifiws, 
toutes  les  lettres  étrangères  aux 
noms  propres , qui  fuivenc  les  mots 
(itAii.  6c  Kcfâ-  Ainfi  nous  prenons 
les  deux  premières  lettres  ae  notre 
infcripcion  un  pour  48.  l*i  de  la  fé- 
condé ligne  pour  5.  Ici  M.  l'abbé 
Bartheimi  ajoute  un  A , qui  peut 
être  fbn  bon  . mais  que  nous  n’a- 
vons point  trouvé  fur  la  pièce  de 
la  bibuothèque  du  roi.  Le  K de  la 
4*.  ligne  fera  pour  10.  les  K/i  de 
la  5‘.  pour  14.  les  r<  de  la  6‘.  poiîr 
5 0.  Il  hiut  ^ue  M.  B.  ait  eu  com- 
munication d’une  copie  diférente 
de  la  porte  ; puifque  celle-ci  pone 
feulement  N pour  chifre , 6c  au 
mot  fuivant  KAMAMONA  : au 
lieu  que  la  fienne  ofre  AMOMO- 
NA  précédé -du -chifteE.  Le  fi  de 
7'.  ligne  lîgnifira  40.  le  a de  la  9». 
) O.  ou  peocècre  3 1 : Ki  de  la  i o^ 
15.  ICI  de  1 1*.  51.  a delà  i^'.  30. 
A la  même  ligne  M.  B.  ccoit  qu’il 
y a un  K poucao.  où  nous  n’avons 
aperçu  qu’un  refte  de  lettre  eh  for- 
me a accent  grave.  A la'  1 3 *.  ligne 
Ka  vaudra  x 1 ; d la  14°.  rC  , 5 a ;1 
la  15'.  «,  / itS’.y,  3 :àla  ly'. 
K^'.  14  : i \ft  ao'.  K , ao  : à la  ai”. 
i(,/;dIaaa*.K,  ao:â  la  même 
ligne.K,  a'o:àlaa3'.  C , a : i la 
^4^  > , 8.  à Id  a5°.C,  a.  Le  doâe 
Académicien  lit  ici  : M E E A E £ I- 
K AsT  A , où  nous  n’avons  vu  que 
MEEAESITA.  La  railbn  de 
pes  diféientes  manières  de  lire  la 
même 


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ADDITIONS  ET 

même  infcription  , vient  de  ce 
que  la  copie  , «ju’on  nous  a com- 
muniquée à la  bibliothèque  du  roi» 
n’eft  pas  fi  exaâe , que  celles,  dont 
t’eft  lervi  M.  l’abbé  Barthelémi. 
C'eft  un  fait  que  nous  tenons  de 
lui-mcme>  Enfin  le  K«  de  la  16°. 
ligne  voudta  dite  ai.  Pat  confé- 
'quent  il  faut  cbriger  toutes  nos 
notes  lelatives  à cene  infcription 
conformément  à ceschifres,&  s’en 
tenir  i l’explication  de  l’un  de  nos 
plus  favans  antiquaites.  Un  aurte 
monument , également  découvert 
dans  les  ruines  d’Amyclée  , & 
certainement  antérieur  dans  l’or- 
dre des  faits  hiftoriques  , mais 
poftérieur  pour  des  caraâcres , lui 
afervi  de  dénoument.  Ce  qui  nous 
a le  plus  fait  regreter  de  n’avoir 
pas  vu  cette  nouvelle  inlcription  ; 
c’ell  qu'elle  nous  auroit  fau  évi- 
ter plufieurs  mécomptes  j qft  nous 
nous  fommes  déterminé  a réfor- 
mer fur  fa  première  infpeâion. 

Le  public  ne  tardera  pas  à jouir 
des  favantes  Remanjutsac  M.  l’ab- 
bé Barthelémi  fur  notre  infcrip- 
tion , contenant  une  fuite  de  Pie- 
frellês  d’Apollon  Amycléen.  Ces 
remarquesdoi  vent  paroitre  dans  les 
Mémoires  , dont  l’Académie  des 
Infcriptions enrichit  de  plus  en  plus 
la  Rqmblique  des  Lettres-  > 

Pag.  6} J.  ajoutt\  kla  jindela 
note  col.  J M.  d’Orville  a publié 
en  17}^.  une  diilêrtanon  , où  il 
fixe  l’age  des  infcriptions  Dclia- 
ques.  Nous  gênons  par  la  préface 
de  la  Défenle  de  l’alphabet  de  M. 
Gori , qu’il  rend  ainfi  notre  inf- 
eiiption  , O Af  TTOT  AieOT 
EIM’  ANAPIAS  KAI  1 O 
2 e E A A Z.  Ejufdem  lapidu  fum 
fiatua  & bafis.  Cette  explication 

Tome  II, 


CORRECTIONS.  €97 

revient  à la  nôtre.  Mais  il  n’étoit 
point  nécefiaire  de  changer  a F ï- 
T-a  AiTft  en  aFttot  AiTor. 

TOME  IL 

PA  a E S2.  col.  /.  ligne  / 3.  j*. 
mais , li/e^  préfixé  jamais. 
Pag.  di.  aorisla  i.  note  ajoute^i 
Quoique  le  fameux  Photius  ait  fa- 
briqué une  généalogie  (a)  de  l’em- 
pereur Bafile  le  macédonien  fut 
du  papier  antique  en  lettre  ale- 
xandrines , à peine  pouvons-nous 
croire , que  leur  difimâton  d’avec 
les  gtèquet  ordinaires  remonte  au- 
deUus  du  vii°.  fiècle.  Les  tiès- 
aoidens  m(T.  alexandrins  de  France 
& d’Angleterre  ne  difèrent  point 
des  autres  du  meme  tems  par  ra- 
port  au  caraâère.  Au  relie  nous 
avons  averti  ailleurs  , que  le  grec 
de  l'Egypte  6c  de  l’ille  de  Chipre 
prit  dans  la  fuite  une  forme  apro- 
chant  du  Coptique.  C'ell  apara- 
ment  certe  écriture , que  Plrâtius 
üe  propolâ  pour  modèle. 

Pag.  ys.nou  i.àlafin  de  la  li~ 
gne  /.  ajoute\  : que  nous  avons  co- 

Eées  , d'après  lé  papiers  de  Oom 
Pelletier. 

Pag. 74.  col.  I.  après  la  lig.  ip. 
ajoiue:^  .*  M-  Freion  (b)  prétend 
hiftifier  comme  fort  authentique 
l'alphabet  publié  par  (c)  le  P.  Gré- 
goire de  Roftrenen  capucin , & de- 

ris  (d)  par  D.  Taillandier.  Dans 
préface  du  Diâionaire  (e)  Bas- 
Bteton , celui -ci  a bien  voulu  s’an- 
torifer  de  notm  fufrage , pour  ré- 
léguer fi»s  deux  alphabets  armori- 
cams  au  rang  des  ouvrages  de  ti- 
magination.  C^la  figoifiër-il  qu'ur» 
homme  fenfi  tel  que  Fétoit  D.  le 
Pelletier  auroit  dmml  la  torture  tc 
fin  ùnagination  j pour  fabrûpter 
Ttcc 


(«]  Ctneil.LeUe. 
1. 1.  Ctl.  11(1. 


(l)  Leur.  xi.  dit 
x8.  Nw.  I75j. 
p. 

(r)  DiLitéfisirê 
VrMnt. 

30. 

(^)  DifiiênMtrt  J9 
Is  lén^ut  Irtunt, 
f,  xli.  tnuL  vij, 

(<*)  Ihid'  f.  $Xir 

mtèl.  üj. 


69S  ADDITIONS  ET 

deux  alphabets  '?  Loin  d avoir 
adopté  un  jugement  -fi  faux  > D- 
Taillandier  ni  nous  n’avons  jamais 
fotmc  le  plus  léger  foupçon  fur  la 
bonne  foi  de  D.  le  Pelletier.  Cet 
aiireut  n’énonce  point  dou  il  a 
tiré  fos  alphabets  : & quand  il  les 
les  auroit  pris  lui-mcnie  fur  des 
monumens,  relleroit  eijcote  à dif- 
cuter  , quelle  eft  leur  authenticité 
& leur  antiquité.  Car  il  ne  fufit 
pas  d’indiquer  un  calice  , une 
croix  , des  pierres  d’un  vieux  châ- 
teau , comme  font  le  P.  de  Rof- 
trenen  fe  M.  Freron  , pour  conf- 
tater  un  ou  deux  alphabets  pro- 
pres des  Brétons.  Un  vrai  alpha- 
bet celtique  doit  être  apuyé  fur 
des  monumens  de  la  même  lan- 
gue anciens  au  moins  d’environ 
un  millier  d'années.  S’ils  font  en 
latin  &c  pat  exemple  poftéricurs  à 
Charlemagne  , cjui  nous  garan- 
tira , qu’ils  font  r«llement  en  ca- 
roélctes  particuliers  aux  Brétonsî 
S’il  fulit  de  rencontrer  dans  une 
province  quelques  monumens  en 
lenres  extraordinaires  , fam  ou 
«une  date , qiû  en  fixe  Page  ; nous 
érigerons  en  autant  d alphabets 
nationaux  de  la  plus  haute  ariti- 
quité  de  miférables  caraûèr«  d’un 
gothique  finguUer  ; n’eût-il  que 
trois  a quatre  cents  ans.  Sont-ce 
donc  là  des  alphabets  en  u%e 
chez  les  Bt^ons  du  tems  de  Cé- 
far , ou  lorfqu’ils  s’établirent  dans 
les  Gaules  J Mais  ignore-^t-on  , & 
Célâr  ne  l’a-t-il  pas  dit  dans  les 
termes  Jes  plus  précis  3 que  les 
Druides  n’ecrivoient  rien  , .li  ce 
n’eft  en.caraûères  grecs  î Les  mo- 
numens d’ailleurs  en  Bréton , que 
D.  le  PeUerier , malgré  toutes  fei 
iccbetches  > a pu  découvrit  , né 


CORRECTIONS. 

font-ils  pas  de  fon  propre  aveu  des 
plus  bas  fiécles  î Oomnien  de  mo-' 
nnmensen  France  , en  Efpagne, 
en  Portugal  ficc.  dont  les  carac- 
tères aparticnnent  à la  cryptogra- 
phie , ou  ne  peuvent  paflêr  que 
pour  des  jeux  d’imagination  1 hn 
faudra-t-îl  former  des  alphabets  na-, 
tionaux  ? Qu’on  nousptouve  donc, 
que  les  trois  inferiptions  cirées 
ne  font  pas  des  ouvrages  de  gra- 
veurs ignorant,  ou, qui  ont  vou-' 
lu  donner  des  énigmes  à deviner. 
Qu’on  nous  pouve  encore , qu’il 
n’eft  pas  poftible  de  les  raporter  à 
quelque  mauvais  gothique.  Les 
antiquaires  ne  nous  demanderont 
pas  fans  doute  à. leur  tour  des 
preuves  des  faits  , que  nous  avan- 
çons. Si  quelqu’un  le  faifoir  , nous  ’ 
n’aurions  qu’à  le  renvoyer  à la  Po-  0 
Ivgraphie  efpagnole  & aux  deux 
demièllls  planches  de  ce  volume. 

S’il  exigeoit  de  plus  une  aplica- 
tion  plus  détaillée  de  nos  remar- 
ques aux  lettres  des  deux  alpha- 
Mts  prétendus  Btétons  ; nous  di- 
rions, qu’on  peut  aifément  y re-' 
conoitre  l’A  , l’F  , le  G , l’H  , PI 
& l’Y  gothiques.  On  y voit  plu-  • 
fleurs  lettres  grèques  tant  foir  peu 
défigurées  , comme  le  A , le  K , 
le  P , le  S > le  il  & beaucoup 
de  latines  tarées  ou  contour- 
nées , comme  les  B . C E L 
M N O R U &c.  11  y a plus  t 
nous  pourions  même  auiirer,  qu’il  * 
n’eft  prefque  aucune  lente  de  ces 
deux  alphabets  , dont  on  ne  pût 
découvrir  la  femblable  , ou  du 
moins  la  trcs-aptochanre  dans  l’un 
ou  l’autre  de  nos  alphabets , foir 
des  marbres  & des  bronzes , foit 
des  majufcules  puifées  -dans  les 
mif.  iadns. 


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ADDITIONS  ET 

Pag.  Si.  noc.  col.  2.  avant  la 
derr.nre  figure  , èface\  un  \era. 

Pag.  çi.  note  4.  ajouteiç^  : On 
peut  concilier  les  deux  opinions  , 
en  difant  que  les  Loix  des  douze 
tables  furent  gravées  fur  l'ivoire  , 
avant  le  fac  de  Rome  par  les  Gau- 
lois , & qu'enfuite  elles  le  furent 
fut  l’airain. 

Pag.  gi.  lig.  If.  après  confuU , 
ajoute^  : Le  Pape  Léon  HL  alar- 
mé des  fuites  , que  pouvoir  avoir 
l'addition  Filioq.ue^  faite  dans  les 
Eglifes  de  France  & d’Efpagne  au 
fymbole  vulgairement  dit  de  Ni- 
cée  , le  fit  graver  en  grec  & en 
latin  fur  deux  tables  d’atgent , ex- 
pofées  à la  vue  du  public , dans  la 
oafilique  de  S.  Pierre.  Léon  IV. 
fit  aum  graver  eu  8 5 j . fur  les  por- 
tes d’argent  de  l’égbfedu  Vatican , 
les  aâes  de  dépofition  ic  d'ex- 
communication , drelTés  dans  le 
concile  de  Rome  contre  Anallafe 
cardinal  du  titre  de  S.  Marcel. 
Concil.  Lab.  t.  S.  p.  /2ç.  & feqq. 

Pag.  106.  lig.  g.  après  grifes , 
<ûoute\  : Je  ne  fai  fi  nous  devons 
faite  une  mention  particulière  des 
Heures  , que  D.  Martène  trouva 
dans  la  bibliothèque  de  Fonte- 
vrauld  écrites  fur  du  talc  en  let- 
tres d'argent , & qu’on  croit  avoir 
été  i l’ufage  d'un  Duc  de  Btéta- 
gne.  P" oyage  littér.  part.  2.  pag.  i, 

Pag,  i/T.  col.  2.  lig.  jg.  après 
fiècle  , cqouter  : quoiqu’il  s’en 
xtQuve  déjà  dès  le  précédent.  Zigtie 


r- 

CORRECTIONS.  €99 

17.  ajoute^  : Ce  qui  n’empêche 
pas  que  l’a  ne  fiât  admis  dans  les 
diplômes  d’Efpagne  dès  le  x'. 

Pag.  162.  note  /.  ligne  r.  life^t 
On  trouve  quelquefois  cette  eipèce 
d’i  dans  la  curfive  Wiligothique  i 
mais  il  ne  paroit  jamais  dans  la 
faxone.  Pag.  igg.  l.  g.  le  tfo.  U- 
fer  le  6.  Pag.  igo.  lig.  14.  s’élève,  • 
lijcç^,  fe  pone.  igi.  lig.  12. 
l’y  J i«y-  P“g-  ^ss-ug.  14. 

au  lieu  de  , à eft  peu  près  , lifrg  ^ 
eft  i peu  près.  Pag.  sjg.  11  jr  a 
plufieurs  «rations  dérangées  vis-â- 
vis  de  la  note  i . 

Pag.  6oi.  lig.  I.  au  lieu  de  ees 
mots  : publiée  par  M.  Papenbroc , 
lifnf^  : publiée  en  1746.  par  M. 
François  Oudendorp.  Ce  lavant  a 
lu  l’infcription  autrement  que 
nous  en  trois  endroits. 

Pag.  6 S4-  lig.  II.  & 12.  ajou- 
ter : Cette  manière  de  lire  notre 
inicription  pottugaife  , dont  les 
cataûères  font  de  beaucoup  pof- 
térieurs  au  xi%  fiècle  , eft  fiijète 
1 de  grandes  dificultés.  Tout  bien 
confidéré  , nous  aimerions  mieux 
lire  ainfi  : St.  Anvio  o foin.  O fe 
jama  fofeji  ( ou  jamas  ofiji  ) capo 
con  feivily  fanea.  C’eft-à-dire  : 
Saint  Anvio  la  fait.  O fi  jamais 
quelqu’un  lui  fait  injure  ; qu’on 
lui  calTe  la  tête  , avec  les  clavi- 
cules : ou  , J’ai  faitfaint  Antoine. 
J’engage  ma  tête  &’  mon  cou , que 
jamais  il  ne  manquera. 


COS'L(>7^dZ. 


Diqi^  Google 


i9T. 


f igitizedijy  CoogI 


* - 


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